En Pays de la Loire les maisons grignotent les champs
MILLON, Patrice ;ROBERT, BERNARD ;PIROT, Philippe ;VIGNERON, Philippe ;RODRIGUES, Amandine
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt
;Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
;Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">L'urbanisation croissante place aujourd'hui les Pays de la Loire au 6e rang des régions métropolitaines les plus artificialisées. La croissance démographique, par le biais du logement, et la croissance économique, par celui des bâtiments non résidentiels, sont les deux principaux moteurs de l'extension urbaine actuelle. Cette dernière consomme essentiellement des sols agricoles. Les communes littorales et péri-urbaines sont aujourd'hui les plus gourmandes en foncier.<br /><br />Une gestion durable du sol, passant notamment par une densification des formes urbaines, permettra d'amoindrir tensions foncières et conflits d'usage entre activités agricoles, habitat et développement économique.</div>
Editeur
INSEE Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
aménagement foncier rural
;aménagement foncier urbain
;artificialisation des sols
;développement périurbain
;aménagement urbain
;étalement urbain
;occupation du sol
;urbanisation
;zone urbanisée
Descripteur écoplanete
gestion durable
;maîtrise de l'urbanisation
;espace périurbain
;agriculture périurbaine
Thème
Aménagement du territoire
;Foncier - Propriété
;Habitat - Logement
;Economie
Texte intégral
www.insee.fr/pays-de-la-loire
N° 79. Octobre 2009
La région des Pays de la Loire
se caractérise par l?importance
de ses surfaces agricoles, qui
représentent 73 % de son territoire en
2008 contre 54 % à l?échelle nationale.
En contrepartie, comme dans l?ensemble
de l?Ouest de la France, la région dispose
de peu d?espaces naturels et boisés
(13 % contre 26 % à l?échelle nationale) et
de sols classés sans usage (2,5 % contre
10 %). Avec un taux d?artificialisation de
son territoire qui atteint 12 % contre
10 % pour le territoire national, la région
des Pays de la Loire figure en 2008
au 6e rang des régions métropolitaines
les plus artificialisées et au 4e rang des
régions littorales.
Une artificialisation rapide
L?artificialisation des sols est rapide
dans la région. Ainsi, de plus de
4 000 ha par an entre 1995 et 2000,
le rythme grimpe à 5 500 ha par an
entre 2000 et 2003, pour atteindre
10 500 ha par an entre 2006 et 2008.
Lors de cette dernière période, les Pays
de la Loire apparaissent comme l?une
des régions les plus gourmandes en
surfaces pour répondre à ses besoins
de développement. Sur quinze ans,
l?artificialisation régionale a progressé
plus vite que la moyenne nationale.
Ainsi de 1995 à 2003, ce sont environ
50 000 ha du territoire régional qui ont
changé d?usage, dont les trois quarts
pour être artificialisés. Deux tiers de
ces surfaces nouvellement artificialisées
répondent aux besoins de l?habitat et aux
surfaces associées (pelouses, jardins,
parking?). Le tiers restant est utilisé
pour le développement des réseaux
de transports (14 %), des activités des
secteurs industriels et tertiaires (13,5 %),
et, enfin, des espaces liés aux sports
et loisirs de plein-air (6 %).
Les terres agricoles
fournissent l?essentiel
des sols consommés
En réponse à ces besoins, les sols
agricoles, toujours très présents dans
la région, sont fortement sollicités : ils
fournissent environ 85 % des surfaces
En Pays de la Loire,
les maisons grignotent
les champs
L?urbanisation croissante
place aujourd?hui les Pays de
la Loire au 6e rang des régions
métropolitaines les plus
artificialisées. La croissance
démographique, par le biais
du logement, et la croissance
économique, par celui des
bâtiments non résidentiels,
sont les deux principaux
moteurs de l?extension urbaine
actuelle. Cette dernière
consomme essentiellement
des sols agricoles. Les
communes littorales et
périurbaines sont aujourd?hui
les plus gourmandes en
foncier. Une gestion durable
du sol, passant notamment
par une densification des
formes urbaines, permettra
d?amoindrir tensions foncières
et conflits d?usage entre
activités agricoles, habitat et
développement économique.
Patrice MILLON (DRAAF)
Bernard ROBERT (DRAAF)
Philippe PIROT (DREAL)
Philippe VIGNERON (DREAL)
Amandine RODRIGUES (INSEE)
artificialisées sur cette période. Les sols
sans usage et dans certains périmètres
les espaces naturels et boisés, apportent
le complément. Ce phénomène de
sollicitation forte et régulière des sols
agricoles se retrouve dans la plupart des
autres régions littorales, mais aussi en
Alsace, en Île-de-France et dans le Centre,
en lien avec la taille et la morphologie de
ces territoires.
Si l?artificialisation, qui représente les
trois quarts des surfaces ayant changé
d?usage de 1995 à 2003, constitue le
principal moteur de la consommation
foncière régionale, la progression des
espaces naturels et boisés explique
le quart restant. En flux nets, ces
derniers progressent grâce à la double
contribution de conversion des sols
agricoles et des sols sans usage.
Toutes destinations confondues, les sols
à usage agricole ont finalement fourni
70 % des sols consommés entre 1995
et 2003, les surfaces classées sans
usage ayant fourni le reste. La diminution
assez régulière des surfaces sans usage
apparaît comme un indicateur révélateur
de la pression exercée sur le foncier
régional, de même que la progression
des mises en chantier de bâtiments et
d?infrastructures.
Le littoral, sous forte pression
foncière
Dans les Pays de la Loire comme au
niveau national, l?artificialisation est plus
accentuée dans les zones littorales. En
2008, les taux d?artificialisation atteignent
ainsi 16,5 % en Loire-Atlantique et 13 %
en Vendée contre 10,8 % en Maine-et-
Loire, 10,1 % en Sarthe et 7,4 % en
Mayenne. Ils sont les plus élevés dans
les zones d?emploi littorales de l?ouest
vendéen et surtout de Saint-Nazaire
(23 %), ainsi que dans celle de Nantes.
L?habitat constitue, comme au niveau
régional, la principale composante de
l?artificialisation en Loire-Atlantique et
en Vendée, avec environ un hectare sur
deux. Le reste se répartit, presque à
parts égales, entre les emprises liées aux
réseaux et transports et celles générées
par les activités socio-économiques non
agricoles, zones d?activités notamment.
L?artificialisation et
la densification des
couronnes périphériques
Entre 1995 et 2003, les dynamiques
les plus fortes concernent trois des
quatre zones d?emploi vendéennes,
Le Mans et le nord-est de la Sarthe, la
zone nantaise, mais aussi le choletais
et la Mayenne-Nord-et-Est. Pour faire
face à ces rythmes élevés, certains
territoires répondent en sollicitant toutes
les ressources foncières présentes, y
compris les espaces naturels et boisés.
C?est plus particulièrement le cas en
Vendée et dans le nord de la Sarthe.
Sur cette même période, les rythmes
d?artificialisation sont d?autant plus
élevés qu?en début de période, le taux
d?artificialisation du territoire est faible.
Aussi les communes multipolarisées et
communes rurales ne faisant pas partie
d'un pôle d?emploi de l?espace rural sont
les plus concernées. En effet, après avoir
élargi leur zone d?influence, qu?ils soient
urbains ou ruraux, les pôles « densifient
et artificialisent » leurs couronnes
périphériques.
2 insee pays de la loire - en pays de la loire, les maisons grignotent les champs - octobre 2009
En Pays de la Loire,
les maisons grignotent les champs
Pays de la Loire, une artificialisation forte et rapide,
à l'image des autres régions littorales
Taux d'artificialisation en 2003 et évolution de l'artificialisation
entre 1995 et 2003 par région
Les taux d'artificialisation de 2008, commentés dans le texte ne pourront être cartographiés et ce en regard
des évolutions de l'artificialisation entre 1995 et 2008, à cause d'une rupture de série.
© IGN - Insee 2009
Source : Agreste, enquête TERUTI 1995 à 2003
10,1
24,5 6,9
8,912,6
7,7
7,2
6,0
15,8
7,7
12,2
6,811,0
10,9
7,7
10,0
6,7
6,4
9,5
5,5
6,9
3,4
Pays de la Loire, une artificialisation forte et rapide,
à l'image des autres régions littorales
Taux d'artificialisation en 2003 et évolution de l'artificialisation entre 1995 et 2003 par région
© IgN - Insee 2009
Source : Agreste - Enquête TERUTI 1995 à 2003
moyenne nationale : 10,2
Taux d'artificialisation
(en %)
Évolution
de l'artificialisation
(en %)
14 ou plus
de 11 à moins de 14
de 8 à moins de 11
moins de 8
8,8moyenne nationale :
Pays de la Loire, une artificialisation plus marquée
sur le littoral
Taux d'artificialisation en 2003 et évolution de l'artificialisation
entre 1995 et 2003 par zone d'emploi
16,2
23,3
6,3
13,1
10,1
11,8
6,2
12,0
4,6
12,9
8,9
5,8
12,8
8,6
9,0
16,3
Pays de la Loire, une artificialisation plus marquée
sur le littoral
Taux d'artificialisation en 2003 et évolution de l'artificialisation entre 1995 et 2003
par zone d'emploi
© IgN - Insee 2009
Source : Agreste - Enquête TERUTI 1995 à 2003
Évolution
de l'artificialisation (en %)
18 ou plus
de 12 à moins de 18
de 6 à moins de 12
moins de 6
moyenne régionale : 11,8
Taux
d'artificialisation (en %)
moyenne régionale : 11,0
© IGN - Insee 2009
Source : Agreste, enquête TERUTI 1995 à 2003
La croissance
démographique, premier
moteur de l?artificialisation
La croissance démographique et
l?activité économique sont les deux
principaux moteurs de l?artificialisation
du territoire. Avec en 2006, près de
3,5 millions d?habitants occupant
1,5 million de logements et 1,5 million
d?emplois, la région des Pays de la Loire
représente 5,5 % du parc de logements,
5,6 % de la population et 5,7 % des
emplois de la France métropolitaine.
La concentration de logements est
importante sur les centres urbains - la
Loire-Atlantique regroupe un tiers des
logements de la région - mais également
sur toute la bande littorale, qui représente
15 % du parc. Un quart de l?ensemble des
logements est ainsi situé dans la ville-
centre d?une des huit principales aires
urbaines de la région (Nantes, Angers,
Le Mans, Saint-Nazaire, Laval, La Roche-
sur-Yon, Cholet, Saumur), tandis qu?un
tiers supplémentaire se partage entre
la banlieue et l?espace périurbain de ces
villes. L?habitat collectif est encore plus
concentré : il est localisé pour près des
deux tiers dans ces villes-centres.
Entre 1999 et 2006, la croissance
démographique des Pays de la Loire a
été supérieure à la moyenne nationale,
avec une hausse annuelle moyenne de
la population de + 1 %. La Vendée et la
Loire-Atlantique figurent en très bonne
place parmi les départements français les
plus dynamiques, avec des croissances
annuelles moyennes respectives de
+ 1,5 % et + 1,2 %. La croissance
démographique est particulièrement
forte sur le littoral, et plus encore dans
les communes en arrière du trait de
côte. La période récente se caractérise
3 insee pays de la loire - en pays de la loire, les maisons grignotent les champs - octobre 2009
Les sols agricoles fournissent l'essentiel de l'ensemble
des sols consommés
Nombre d'hectares et origine des sols consommés entre 1995 et 2003
par zone d'emploi (soldes nets)
© IGN - Insee 2009
Source : Agreste, enquête TERUTI
Les sols agricoles fournissent l'essentiel de l'ensemble
des sols consommés
Nombre d'hectares et origine des sols consommés entre 1995 et 2003
par zone d'emploi (soldes nets)
Zones d'emploi
des Pays de la Loire
Limites départementales
- Surface (en ha)
12 000
6 000
1 200
surface agricole
surface sans usage
surface naturelle
- Origine des sols
Forte progression du parc de logements dans l'espace
périurbain et sur le littoral
Évolution annuelle moyenne du nombre de logements par commune
entre 1999 et 2007
© IGN - Insee 2009
Source : MEEDDM, Filocom 2007 et 1999 d'après DGFiP
Une densification de la population plus loin des villes
Évolution annuelle moyenne de la population par commune entre 1999 et 2006
© IgN - Insee 2009
Source : Insee - recensements de la population
Forte progression du parc de logements
dans l'espace périurbain et sur le littoral
Évolution annuelle moyenne du nombre de logements par commune entre 1999 et 2007
© IgN - Insee 2009
Source : MEEDDM - Filocom 2007 et 1999 d'après DgI
Évolution annuelle
moyenne de la population
(en %)
3,1 ou plus
de 1,8 à moins de 3,1
de 0,7 à moins de 1,8
de 0,2 à moins de 0,7
de - 0,2 à moins de 0,2
moins de - 0,2
Principaux
pôles urbains
Nantes
La Roche-
sur-Yon
Angers
Laval
Le Mans
Évolution annuelle moyenne
du nombre de logements
(en %)
3,1 ou plus
de 2,0 à moins de 3,1
de 1,3 à moins de 2,0
de 0,7 à moins de 1,3
de 0 à moins de 0,7
moins de 0
Nantes
La Roche-
sur-Yon
Angers
Laval
Le Mans
Principaux
pôles urbains
Saint-Nazaire
Cholet
Saumur
Saint-Nazaire
Cholet
Saumur
Une densification de la population
plus loin des villes
Évolution annuelle moyenne de la population par commune
entre 1999 et 2006
© IGN - Insee 2009
Source : Insee, recensements de la population
Une densification de la population plus loin des villes
Évolution annuelle moyenne de la population par commune entre 1999 et 2006
© IgN - Insee 2009
Source : Insee - recensements de la population
Forte progression du parc de logements
dans l'espace périurbain et sur le littoral
Évolution annuelle moyenne du nombre de logements par commune entre 1999 et 2007
© IgN - Insee 2009
Source : MEEDDM - Filocom 2007 et 1999 d'après DgI
Évolution annuelle
moyenne de la population
(en %)
3,1 ou plus
de 1,8 à moins de 3,1
de 0,7 à moins de 1,8
de 0,2 à moins de 0,7
de - 0,2 à moins de 0,2
moins de - 0,2
Principaux
pôles urbains
Nantes
La Roche-
sur-Yon
Angers
Laval
Le Mans
Évolution annuelle moyenne
du nombre de logements
(en %)
3,1 ou plus
de 2,0 à moins de 3,1
de 1,3 à moins de 2,0
de 0,7 à moins de 1,3
de 0 à moins de 0,7
moins de 0
Nantes
La Roche-
sur-Yon
Angers
Laval
Le Mans
Principaux
pôles urbains
Saint-Nazaire
Cholet
Saumur
Saint-Nazaire
Cholet
Saumur
Pays de la Loire, une artificialisation plus marquée
sur le littoral
Taux d'artificialisation en 2003 et évolution de l'artificialisation
entre 1995 et 2003 par zone d'emploi
également par le retour d?une dynamique
démographique dans l'espace rural :
l'augmentation de population y est
sensiblement plus élevée que lors de
la décennie précédente. L'élévation
des coûts de l?immobilier dans les
villes-centres et les banlieues profite
par ailleurs à l?espace périurbain, très
dynamique également.
Forte progression du nombre
de logements, en particulier
dans l?espace périurbain et
sur le littoral
Dans le même temps, pour faire face
à la forte croissance démographique
mais aussi à la diminution de la taille
moyenne des ménages, la croissance
annuelle moyenne du parc régional
de logements a été encore plus vive
que celle de la population : + 1,4 %
contre + 1 % au niveau national entre
1999 et 2007. La Vendée et la Loire-
Atlantique se démarquent une fois
encore, avec des hausses respectives de
+ 1,9 % et + 1,5 %. C?est dans l?espace
périurbain que le nombre de logements
a progressé le plus rapidement
(+ 2,2 % en moyenne annuelle contre
+ 1,3 % dans les banlieues et + 0,8 %
dans les villes-centres), ce qui traduit un
étalement urbain prononcé.
Au cours des années 1990, le rythme
de construction de logements est passé
de 16 250 en 1990 à 22 000 pour
l?année 2000. Ensuite, l?activité dans le
secteur de la construction s?est encore
accélérée, pour culminer à 32 000
logements au cours de l'année 2007. Le
fort recul observé en 2008 nous ramène
à un niveau proche de celui de début
2000 (23 000 logements).
Au cours de la dernière décennie,
262 000 logements ont été construits
au total dans la région, soit 17 % du
parc existant en 1999 ou encore une
construction pour environ 12 habitants.
Un logement individuel
consomme huit fois plus
de terrain qu?un logement
collectif
La consommation moyenne de terrain
par logement dépend directement
des parts respectives de l?habitat
individuel et de l?habitat collectif dans
l?ensemble des constructions. La
consommation foncière est en effet
huit fois plus élevée pour un logement
individuel que pour un logement
collectif (respectivement 985 m² et
126 m² en 2008, soit 716 m² en
moyenne).
De fait, la surface de terrain consommée
par logement est plus faible dans les
principales unités urbaines et sur la zone
littorale, où les logements collectifs
sont plus nombreux. Dans la région,
la prédominance de la construction
de maisons amplifie la consommation
d?espace : la maison représente
ainsi encore 70 % de l?ensemble des
constructions de la région, contre 54 %
au niveau national.
La forte augmentation constatée début
2000 s?est par ailleurs accompagnée
d?une nouvelle répartition géographique
des constructions. Alors que la
construction des logements individuels
s?effectuait essentiellement au sein des
unités urbaines et sur la bande littorale
jusqu?au milieu des années 1990, les
constructions se sont par la suite, sous
l?effet des prix du foncier, éloignées de
ces zones pour couvrir un territoire plus
large, principalement en Loire-Atlantique
et Vendée.
En 2007 et 2008, si le phénomène
d?étalement se poursuit à proximité des
unités urbaines et sur le rétro-littoral,
il semble, en revanche, nettement
s?atténuer dans les territoires plus
éloignés. La forte progression du prix
des carburants intervenue de début 2007
à l?été 2008 et la prise de conscience
de nombreuses collectivités ont, sans
doute, contribué à dissuader certains
ménages de s?éloigner des villes-centres,
pour limiter l?augmentation du poste
déplacements de leur budget.
La consommation de terrain
par logement est en recul
depuis 2002
La consommation moyenne de terrain
a augmenté jusqu?au début des années
2000. Depuis 2002, elle est en revanche
en recul, du fait de la baisse de la surface
moyenne des parcelles dans l?habitat
individuel : - 20 % sur les six dernières
années. Depuis 20 ans, la baisse de
la consommation foncière par logement
a été particulièrement nette en Loire-
Atlantique et dans le nord de la Vendée,
où la construction est très active. La
consommation foncière continue en
revanche de progresser dans les zones
rurales de la Sarthe, de la Mayenne et
du sud-est vendéen. Dans les zones
touchées par le développement urbain,
les demandes restent fortes, mais les
offres de foncier se réduisent. Ainsi,
les parcelles proposées tendent-elles à
diminuer en taille et à se renchérir, dans
le but de rentabiliser au maximum les
terrains. L?évolution de la forme urbaine
insee pays de la loire - en pays de la loire, les maisons grignotent les champs - octobre 20094
Le logement individuel est plus « gourmand » en espace
que le logement collectif
Surface moyenne de terrain consommée par logement selon le type de construction (en m2)
Source MEEDDM, Sitadel
Le logement individuel est plus « gourmand »
en espace que le logement collectif
Surface moyenne de terrain consommée par logement
selon le type de construction
Source MEEDDM, Sitadel
0
200
400
600
800
1 000
1 200
1 400
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008
0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 20
Autres
communes
Couronne
d'un pôle
d'emploi
Pôle d'emploi
Multipolarisé
Monopolarisé
banlieue
Ville centre
Es
pa
ce
ru
ral
Pé
riu
rb
ain
Pô
le
urb
ain
France métropolitainePays de la Loire
Total
Collectif
Individuel total
Individuel groupé
Individuel pur
En Pays de la Loire,
les maisons grignotent les champs
vers des villes densifiées apporte une
réponse à la demande d?espace.
Des emplois en ville,
des logements
à la campagne
La Loire-Atlantique et la Vendée sont
les départements de la région les plus
attractifs pour les nouveaux emplois. En
1999, 35 % des emplois de la région
étaient localisés en Loire-Atlantique. Le
poids de ce département se renforce
nettement puisqu?il a accueilli 47 % des
emplois créés depuis 1999. Quant à
la Vendée, qui représentait 17 % des
emplois en 1999, elle compte pour
21 % des emplois créés depuis lors.
Dans la région, l?emploi est fortement
concentré dans les pôles urbains :
62 % des nouveaux emplois y sont
localisés, contre seulement 19 % des
nouveaux habitants. Cette déconnection
emploi-habitat est particulièrement
marquée en Pays de la Loire.
Les villes-centres sont légèrement moins
attractives que par le passé. On observe
ainsi un transfert notable d?emplois de
la ville-centre vers la périphérie, aussi
bien dans la banlieue que dans l?espace
périurbain.
En revanche, la « rurbanisation »
observée entre 1999 et 2006 est tirée
par la fonction résidentielle car elle ne
s?accompagne pas d?une attractivité de
l?espace rural pour les nouveaux emplois.
En effet, si l?espace rural rassemble
37 % des nouveaux habitants, il accueille
seulement 19 % des nouveaux emplois.
Certes, la part des emplois se maintient
dans les pôles d?emplois (bourgs, petites
unités urbaines), mais elle s?amoindrit
dans le rural plus éloigné.
Des locaux professionnels de
plus en plus consommateurs
d?espace
De 1990 à 2006, la surface hors oeuvre
nette (SHON) des locaux autorisés
en Pays de la Loire fluctue entre 3 et
4,5 millions de m² par an. Si cette SHON
évolue au rythme du nombre de locaux,
on constate que la surface moyenne des
locaux autorisés a fortement progressé
pour passer de 520 à 680 m². En 2007,
cette tendance s?accentue avec une
surface moyenne autorisée de 753 m²
pour un total de 4,9 millions de m².
En 2007, la région des Pays de la Loire
contribue ainsi à 10 % des surfaces de
locaux construites sur l?ensemble du
territoire national, et plus encore dans
le secteur agricole (15 %). Le poids du
secteur agricole dans la construction
est de 39 % contre 31 % pour l?activité
industrielle et 30 % pour le tertiaire.
L?activité agricole est concentrée à
55 % sur les communes rurales, l?activité
industrielle à 43 % sur les banlieues et
espaces périurbains, l?activité tertiaire à
46 % sur les 8 principales villes-centres
de la région.
insee pays de la loire - en pays de la loire, les maisons grignotent les champs - octobre 20095
Le Grenelle de l?environnement constitue un moment clé
dans la prise de conscience et la volonté d?agir vis-à-vis de la
surconsommation d?espaces. Même si cette problématique
majeure n?a pas été formellement retenue comme un des
axes des réflexions thématiques, elle se retrouve en filigrane
des réflexions sur la nécessaire préservation des ressources
naturelles.
Il en est de même dans les lois Grenelle où l?indispensable
maîtrise du développement urbain n?apparaît que
comme une répercussion collatérale de la lutte contre
le changement climatique et de la maîtrise de l?énergie.
La problématique de l?urbanisme fait l?objet de trois engage-
ments spécifiques (sur les 268 engagements du Grenelle)
avec la reconquête des centres villes en déclin (n° 48), les éco-
quartiers (n° 49) et le cadre législatif donnant aux collectivités
des outils adaptés (n° 50).
C?est au titre des objectifs de la loi Grenelle 1 que le cap est
donné en la matière : lutter contre la régression des surfaces
agricoles et naturelles, contre l'étalement urbain, assurer une
gestion économe des ressources et de l'espace. La réponse
semble pouvoir passer par la rationalisation de l?occupation
des sols, et la densification des espaces déjà artificialisés.
État et collectivités territoriales cherchent à présent à réaliser
des opérations d'aménagement durable des territoires,
notamment en créant des outils réglementaires de gestion
pour les collectivités, ainsi que des incitations financières.
Le Grenelle de l?environnement : enseignements et suites
Un transfert des emplois des villes-centres
vers la périphérie
Répartition des emplois par type d?espace (en %)
Source : Insee, recensement de la population 2006
Espace rural
Pôle d?emploi
de l?espace rural
Périurbain
banlieue
0 5 10 15 20 25 30 35 40 45 50
Un transfert des emplois
des villes-centres vers la périphérie
Source : Insee , recensement de la population 2006
Ville
centre
Répartition des emplois par type d?espace
Un transfert des emplois
des villes-centres vers la périphérie
Répartition des emplois par type d?espace
Communes
rurales
Pôle d?emploi
de l?espace rural
Périurbain banlieue
0
5
10
15
20
25
30
35
40
45
50
Source : Insee, recensement de la population 2006
Part des emplois en 1999
Part des emplois créés
entre 1999 et 2006
6 insee pays de la loire - en pays de la loire, les maisons grignotent les champs - octobre 2009
En Pays de la Loire,
les maisons grignotent les champs
DIRECTEUR DE LA PUbLICATION
Pierre MULLER
RÉDACTEUR EN CHEF
David MARTINEAU
ILLUSTRATEUR
Sylvain bOMMELLE
SECRÉTAIRE DE RÉDACTION - CONTACT PRESSE
Véronique REMONDINI
MISE EN PAgE - IMPRIMEUR
La Contemporaine - Sainte-Luce-sur-Loire
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Dépôt légal 3e trimestre 2009 - ISSN 1633-6283
CPPAP 0707 b 06116 - Coge IETU06744
© INSEE Pays de la Loire - Octobre 2009
INSEE Pays de la Loire
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Informations statistiques au 0825 889 452
(0,15 e la minute)
Pour en savoir plus :
Robert B., « Les surfaces utilisées par l?agriculture reculent de 35 000 hectares en huit ans dans les Pays
de la Loire », Agreste, Direction régionale de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt des Pays de la Loire,
mars 2009.
DRE Pays de la Loire, Les indicateurs du développement urbain
Julé M., « En Pays de la Loire, en 2006, des emplois en ville, des logements à la campagne »,
Insee Pays de la Loire Études, n° 77, juillet 2009.
Baccaïni B. et Sémécurbe F., « La croissance périurbaine depuis 45 ans », Insee Première n° 1240, juin 2009.
Laganier J. et Vienne D., « Recensement de la population de 2006. La croissance retrouvée des espaces
ruraux et des grandes villes », Insee Première n° 1218, janvier 2009.
Gicquaud N., Rodrigues A., Rortais C., « En Pays de la Loire, une densification de la population plus loin
des villes », Insee Pays de la Loire Études, n° 74, janvier 2009.
Bisault L., « La maison individuelle grignote les espaces naturels », Agreste Primeur n° 219, ministère de
l?Agriculture et de la Pêche, janvier 2009.
Roux E., Vanier M., Délégation interministérielle à l'aménagement et à la compétitivité des territoires
(DIACT), « La périurbanisation : problématiques et perspectives », la Documentation Française,
Travaux n° 8, 2008
Coutellier A., « L?artificialisation s?étend sur tout le territoire », Les données de l?environnement n° 80,
Ifen, janvier-février 2003.
Pour comprendre ces résultats
Cette étude a été réalisée en partenariat entre l'Insee, la direction
régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF) et
la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du
logement (DREAL).
? L?enquête Teruti est réalisée par le service de la statistique et de
la prospective du ministère de l'agriculture, de l?alimentation et de
la pêche. Elle a pour objectif de connaître les différentes catégories
d?occupation du sol et d?usage de l?ensemble du territoire (agricole,
naturel et urbanisé), essentiellement au niveau métropolitain, régional
et départemental. Cette enquête est effectuée tous les ans par
sondage. C?est une enquête aréolaire à deux degrés. L?emplacement
des points est désormais géoréférencé. Tous ces points constituent
une base d?enquête. Si l?enquête Teruti génère pour chaque point
observé deux codes (occupation physique et utilisation fonctionnelle),
les chiffres présentés dans cette étude valorisent l?approche
fonctionnelle du territoire. Ce choix peut expliquer une partie des
différences avec d?autres approches privilégiant les nomenclatures
« occupation », comme Corine Land Cover par exemple. Cette
dernière base de données représentant l?occupation du sol européen
est réalisée à partir d?images satellitaires. Elle est produite dans
le cadre du programme européen CORINE de coordination de
l?information sur l?environnement.
? Jusqu?en 1999, le recensement de la population résidant en France
était réalisé de manière exhaustive, tous les six à neuf ans (1954,
1962, 1968, 1975 1982, 1990, 1999). Depuis 2004, il est organisé
par enquêtes annuelles tournantes. Le 1er janvier 2009, de nouvelles
populations légales millésimées 2006 sont entrées en vigueur.
? Sitadel : Système d'Information et de Traitement Automatisé des
Données Élémentaires sur les Logements et locaux. Cette base de
données est gérée par le Service de l'Observation et des Statistiques
(SOeS) du MEEDDM (Ministère de l'écologie, de l'énergie, du
développement durable et de la mer) et renseigne sur l'activité de la
construction (logements et locaux). Le système d'information permet
un suivi des différentes étapes de la vie d'un permis de construire
(dépôt, autorisation, mise en chantier, modificatif et achèvement de
travaux) avec des données disponibles depuis 1987.
? Filocom est un fichier construit par la Direction générale des finances
publiques pour les besoins du MEEDDM. Ce fichier est constitué à partir :
? du fichier de la taxe d'habitation ;
? du fichier foncier (des propriétés bâties) ;
? du fichier des propriétaires ;
? du fichier de l'impôt sur les revenus
des personnes physiques.
Il est disponible toutes les années impaires de 1997 à 2007. Il
comporte des données sur le logement, son occupation, les occupants,
le propriétaire et les mutations.
Définitions
Les analyses qui figurent dans cet article
s?appuient sur le zonage en aires urbaines et
espaces ruraux (ZAUER), défini sur la base du
recensement de 1999, et qui divise le territoire
en deux grands ensembles :
l?espace à dominante urbaine, composé
des pôles urbains et du périurbain (couronnes
périurbaines et communes multipolarisées) ;
l?espace à dominante rurale, qui comprend
des petites unités urbaines et des communes
rurales.
Un pôle urbain est une unité urbaine
(ensemble d?une ou plusieurs communes
présentant une continuité du tissu bâti et
comptant au moins 2 000 habitants) offrant
au moins 5 000 emplois.
Les banlieues des pôles urbains sont
composées des communes qui ne sont pas
villes-centres. Si une commune représente
plus de 50 % de la population du pôle urbain,
elle est seule ville-centre.
Dans le cas contraire, toutes les communes
qui ont une population supérieure à la moitié
de celle de la commune la plus importante,
ainsi que cette dernière, sont villes-centres.
Le périurbain est composé des communes
sous influence urbaine du fait des déplacements
domicile-travail : communes des couronnes
périurbaines et communes multipolarisées.
Un pôle urbain et sa couronne périurbaine
constituent une aire urbaine.
Le rétro-littoral désigne les communes en
arrière du trait de côte.
L'étalement urbain est une expression
désignant le phénomène de développement des
surfaces urbanisées en périphérie des villes.
La rurbanisation, néologisme apparu en
1976 à partir de rural et d'urbain, désigne le
processus de « retour » des citadins dans des
espaces qualifiés de ruraux.
On parle d?artificialisation du sol lorsque
des zones agricoles ou naturelles sont
transformées par l'homme en zones artificielles
(lotissements, routes, zones commerciales,?).
Cette artificialisation conduit, entre autres
conséquences, à une diminution de ressources
naturelles et agricoles, à la fragmentation
des habitats naturels et à la dégradation des
paysages.
Par consommation d'espace, il faut
comprendre toute surface de terre sur laquelle
est réalisé un « aménagement » ne permettant
pas d?envisager un retour rapide et aisé de la
parcelle vers son statut initial sans faire appel
à des travaux plus ou moins conséquents de
remise en état.