Évaluer la capacité d'accueil et de développement des territoires littoraux - Approche et méthode - Synthèse
CHADENAS, Céline ;POUILLAUDE (Agnès) ;POTTIER, Patrick ;STRUILLOU, Jean-François
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Ce travail vise à faciliter la prise en compte des forces à l'oeuvre sur le littoral (croissance démographique, affluence touristique, installation d'activités économiques non maritimes, attaques portées à la richesse environnementale...) dans les projets de territoire et les documents d'urbanisme. Il présente une méthode d'évaluation de la capacité d'acceuil et de développement des territoires littoraux dont l'absence faisait défaut aux collectivités et aux services de l'Etat pour apprécier cet élément de la loi Littoral (art. L146-2 du code de l'Urbanisme).<br /><br />Les résultats présentent une approche de la capacité d'accueil ancrée dans le développement durable et en cohérence avec la création du ministère de l' Ecologie, de l'Energie, du Développement Durable et de la Mer ; un élargissement de la réflexion à la notion de "capacité de développement" ; une méthode d'évaluation ayant vocation à aider les acteurs de terrain à inscrire la capacité d'accueil et de développement dans les projets de territoires littoraux et des exemples à partir de deux territoires ateliers régionaux. Les résultats sont le fruit d'une recherche scientifique interdisciplinaire (géographie, droit, économie), marquée par des échanges avec les services de l'Equipement et la participation des collectivités locales à la mise en oeuvre dans deux territoires-ateliers, situés sur la façade atlantique - l'un étant une commune insulaire d'environ 5000 habitants, l'autre un EPCI de 15 communes (dont 10 côtières) de près de 70000 habitants.<br /><br />Pour une diffusion large des principaux résultats, une synthèse de l'étude sous la forme d'un quatre pages a également été réalisé.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
aménagement du littoral
;développement territorial
;document d'urbanisme
;plan local d'urbanisme
;milieu naturel
Descripteur écoplanete
évaluation environnementale
;loi littoral 86-2
;milieu littoral
;projet territorial de développement durable
;SCOT
Thème
Aménagement du territoire
;Ville - Urbanisme
;Tourisme - Loisirs
;Environnement - Paysage
Texte intégral
Pa
ys
d
e
la
L
oi
re
ca
hi
er
n
°
2
Évaluer
la capacité d?accueil
et de développement
des territoires littoraux
juin 2009
Patrick POTTIER (1)
Céline CHADENAS (1)
Agnès POUILLAUDE (2)
Jean-François STRUILLOU (3)
(1) Géographes, Géolittomer - LETG UMR 6554 CNRS
(2) Économiste, LEMNA, EA 4272
(3) Juriste, DCS UMR 6225 CNRS
Université de Nantes
Approche et méthode
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Évaluer
la capacité d?accueil
et de développement
des territoires littoraux
Approche et méthode
PPaattrriicckk PPOOTTTTIIEERR 11,,
CCéélliinnee CCHHAADDEENNAASS 11,,
AAggnnèèss PPOOUUIILLLLAAUUDDEE 22,,
JJeeaann--FFrraannççooiiss SSTTRRUUIILLLLOOUU 33
1 Géographes, Géolittomer - LETG UMR 6554 CNRS
2 Économiste, LEMNA, EA 4272
3 Juriste, DCS UMR 6225 CNRS
Université de Nantes
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Édition
DREAL Pays de la Loire
10 Bd Gaston Serpette BP 32 205
44 022 NANTES Cedex 1
Maquettage, mise en page
A. DUBOIS, IGARUN
Université de Nantes
Impression
LNG
Sainte-Luce Sur Loire, 44 - Loire-Atlantique
Achevé d?imprimer : Juin 2009
Dépôt légal : Juin 2009
ISBN 978-2-11-098758-7
Document téléchargeable :
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/
Publication à citer sous la référence :
Pottier P. (coord.), Chadenas C., Pouillaude A., Struillou J-F., 2009, évaluer la capacité d?accueil et de
développement des territoires littoraux Approche et méthode. DREAL des Pays de la Loire. 88 p
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Sommaire
INTRODUCTION...........................................................................................................................
PARTIE 1. APPROCHE INTÉGRÉE DE LA CAPACITÉ D?ACCUEIL ET DE DÉVELOPPEMENT
DES TERRITOIRES LITTORAUX..................................................................................................
1. Poser plus globalement la question de la pression humaine dans les approches et les pratiques de
planification.....................................................................................................................................
1.1 Sortir des démarches sectorisées de la capacité d?accueil...............................................................
1.2 La capacité d?accueil : une notion d?application difficile dans les documents d?urbanisme...................
2. Centrer l?approche sur le capital de ressources du territoire sous pression........................................
2.1 La fragilité des ressources littorales mise en exergue par la capacité d?accueil..................................
2.2 Observer systématiquement les ressources littorales.....................................................................
3. Vers le projet de territoire : de la capacité d?accueil à la capacité de développement.........................
3.1 Mettre en perspective le territoire avec une « capacité de développement ».......................................
3.2 Les particularités du capital de ressources dans le projet de territoire..............................................
4. La capacité d?accueil ne se calcule pas, elle se co-construit..............................................................
4.1 Une prise en compte hiérarchisée des ressources..........................................................................
4.2 La concertation au cours de l?évaluation.......................................................................................
4.3 Les états de référence................................................................................................................
Conclusion de la partie 1....................................................................................................................
PARTIE 2. MÉTHODOLOGIE D?ÉVALUATION DE LA CAPACITÉ D?ACCUEIL
ET DE DÉVELOPPEMENT DES TERRITOIRES LITTORAUX.......................................................
1. Procédure de co-construction de l?évaluation de la capacité d?accueil et de développement.................
1.1 Étape 1 : mettre en lumière les ressources posant question...........................................................
1.2 Étape 2 : questionner les atteintes portées aux ressources............................................................
1.3 Étape 3 : le système d?alerte et de veille pour mesurer et apprécier la fragilité des ressources, résultats
de l?évaluation................................................................................................................................
2. De la capacité d?accueil à des scénarios de développement des territoires littoraux ?........................
3. Portée normative de la méthode.....................................................................................................
3.1 L?étude entreprise est extérieure à l?ordonnancement juridique.......................................................
3.2 L?étude peut néanmoins influer sur l?interprétation de la notion de capacité d?accueil.........................
3.3 L?étude s?inscrit dans les évolutions prévisibles du droit..................................................................
Conclusion de la partie 2 : synthèse de la méthode.............................................................................
CONCLUSION................................................................................................................................
RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES...........................................................................................
ANNEXES.......................................................................................................................................
9
13
15
15
16
20
20
21
26
26
26
28
28
29
30
31
33
35
37
39
48
56
57
58
59
60
60
63
67
71
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Préambule
Le Plan Urbanisme Construction Architecture, la Direction régionale de l?Équipement Pays de la Loire et la
Maison des Sciences de l?Homme de Nantes ont engagé en 2006 une réflexion commune sur la capacité d?accueil
et de développement des territoires littoraux.
La loi Littoral fait mention de la « capacité d?accueil » (art. L. 146-2 du code de l?Urbanisme). Ce concept
apparaît cependant d?application difficile en raison de l?absence de méthode faisant référence pour apprécier cet
élément du droit. Ainsi, les juges qui sont interpellés à ce sujet peuvent faire intervenir des critères d?appréciation
variables, d?une part, et les collectivités locales qui sont engagées dans des démarches de planification type Plans
Locaux d?Urbanisme (PLU) ou Schémas de Cohérence Territoriale (SCoT) sont demandeuses de précisions sur
cette thématique, d?autre part.
À partir d?un état de la connaissance nationale et internationale sur la notion de capacité d?accueil (Pottier et al.,
2006 et 2007), la démarche dont les résultats sont présentés ici s?est attachée à :
- définir la capacité d?accueil suivant une approche ancrée dans la prise de conscience de l?importance du
Développement durable et en cohérence avec la création du ministère de l?Écologie, de l?Énergie, du
Développement durable et de l?Aménagement du territoire ;
- élargir la réflexion à la notion plus large de « capacité de développement » ;
- produire une méthode d?évaluation à destination des services de l?État, des collectivités locales, des
professionnels de l?aménagement et des juristes, ayant vocation à aider les acteurs de terrain à inscrire la
capacité d?accueil et de développement dans les projets de territoires littoraux.
La méthode a été co-construite entre l?équipe de recherche réunissant trois disciplines : géographie
(laboratoire Géolittomer, Littoral Environnement Télédétection Géomatique, UMR 6554 LETG-CNRS), droit (Droit
et Changement Social, UMR 6225 CNRS) et économie (Laboratoire d?Économie et de Management de Nantes-
Atlantique, EA 4272), et le groupe de travail animé par la Direction régionale de l?Équipement des Pays de la Loire
qui a réuni les services Aménagement des Directions départementales de l?Équipement et de l?Agriculture de la
Loire-Atlantique et de la Vendée, ainsi que la division urbaine du CETE de l?Ouest.
Au moment de l?expérimentation dans deux territoires-ateliers littoraux des Pays de la Loire, les collectivités
locales ont également été associées à la mise au point de la méthode.
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Groupe de travail
Erwan Audran, Direction départementale de l?Équipement de Vendée, Service Urbanisme et Aménagement
Céline Chadenas, docteur en géographie, chercheur contractuel à temps plein sur le programme, associée au
laboratoire Géolittomer, LETG UMR 6554 CNRS
Fabien Clémenceau, étudiant à l?Institut de Géographie de l?Université de Nantes, Master 2 professionnel
« Cartographie et gestion des espaces à fortes contraintes »
Gwénaelle Coat, étudiante à l?Institut de Géographie de l?Université de Nantes, Master 1 recherche
Laure Després, professeur émérite d?économie, Institut d?Économie et de Management de l?Université de
Nantes, Laboratoire d?Économie et de Management de Nantes-Atlantique, EA 4272
Jean-Louis Detante, chef du service Urbanisme et Aménagement, Direction départementale de l?Équipement de
Vendée
Jean-Charles Gérard, chef du service Aménagement, Direction régionale de l?Équipement des Pays de la Loire
Roland Gomez, chargé de mission, DGUHC, PUCA
Maryvonne Guyonvarch, Service Aménagement et Habitat, Politiques territoriales, Direction départementale de
l?Équipement de Loire-Atlantique
Alain Laplanche, responsable du groupe Aménagement-Économie-Habitat, CETE de l?Ouest
Alain Laville-Fournier, directeur régional, Direction régionale de l?Équipement des Pays de la Loire
Gwénaelle Le Bourhis, Service Aménagement, Direction régionale de l?Équipement des Pays de la Loire
Géraldine Leclercq, responsable de l?unité Planification Urbaine Missions de l?État, Service d?Urbanisme et
Aménagement, Direction départementale de l?Équipement de Vendée
Christelle Lemaître, étudiante à l?Institut de Géographie de l?Université de Nantes, Master 2 professionnel
« Développement durable, conflits d?usage et GIZC »
Philippe Letellier, responsable de la division du Littoral, Direction départementale de l?Équipement de Loire-
Atlantique
Thomas Léveiller, étudiant à l?Institut de Géographie de l?Université de Nantes, Master 2 professionnel
« Développement durable, conflits d?usage et GIZC »
Dominique Pichereau, Service Aménagement, Direction régionale de l?Équipement des Pays de la Loire
Patrick Pottier, maître de Conférences, Institut de Géographie de l?Université de Nantes, Géolittomer, LETG UMR
6554 CNRS
Agnès Pouillaude, docteur en économie, chercheur contractuel à temps plein sur le programme, associée au
Laboratoire d?Économie et de Management de Nantes-Atlantique, EA 4272, Institut d?Économie et de Management
de Nantes
Héloïse Rousseau, étudiante à la Faculté d?Économie de l?Université de Nantes, Master 2 « Économie du
Développement local et de l?Emploi »
Pierre Spieth, chef du Service Urbanisme et Aménagement, Direction départementale de l?Équipement de
Vendée
Jean-François Struillou, chargé de recherche au CNRS, Droit et Changement Social, UMR 6225, Faculté de Droit
et des Sciences Politiques de Nantes
Angélique Thuillier, Service Aménagement et Habitat, Politiques territoriales, Direction départementale de
l?Équipement de Loire-Atlantique
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Le littoral présente de multiples particularités qui en
font un espace géographique à part. À l?interface terre-
mer, il est de fait original, tant du point de vue de la
biodiversité unique de ses milieux naturels, que par
l?ampleur et l?intensité de la pression humaine qui s?y
exerce. Or, depuis plusieurs décennies, son évolution
est marquée par des déséquilibres de plus en plus
nombreux et des dégradations de plus en plus évi-
dentes. Les principales raisons de ces changements
sont la densification de la présence de populations et
d?activités et l?intensification de l?utilisation des res-
sources des territoires littoraux.
Comment dans ces conditions, appréhender
l?ampleur des pressions qui s?exercent sur ces
territoires fragiles ? Comment les mettre en perspective
avec la question du déséquilibre, de la saturation, de
l?altération ou de la disparition de certaines ressources
sociales, environnementales et économiques des
territoires littoraux ? Évaluer les conséquences de ces
situations ne serait-il pas un bon moyen d?éclairer
l?intensité et le niveau de maîtrise de la charge
anthropique ?
La question de la capacité d?accueil est au centre de
cette problématique de connaissance et de gestion
territoriale, de cette équation qui est loin d?être
évidente, puisqu?il s?agit de concilier, lorsque c?est
possible, une pression humaine exceptionnelle et
croissante, et un territoire particulièrement original et
sensible. Sa prise en compte dans les projets de
territoire appelle la mise en oeuvre d?une méthode
permettant d?apprécier la situation du territoire. Dans
le domaine de l?évaluation d?une capacité d?accueil
ayant une réelle portée pratique, la question des
critères d?appréciation n?est ainsi pas encore tranchée.
Cette situation pose à la fois des questions d?ordre
juridique sur « la portée d?une notion présente dans la
loi Littoral (L. 146-2) et dont le contenu tend à
s?affermir », d?ordre économique face au constat
d?absence totale « d?étude transversale évaluant
simultanément les coûts en aménagements, en
équipements collectifs, en services publics de l?accueil
supplémentaire de populations et d?activités »,
mais également d?ordre géographique, dans un
contexte français marqué par « l?enfermement de la
question dans le carcan spatial et urbano-centré du
L. 146-2 de la loi Littoral » (Pottier et al., 2006).
Dans un système juridique qui, de plus en plus, doit
tenir compte de nouveaux impératifs environne-
mentaux, la capacité d?accueil apparaît comme une
notion clef. Il s?agit alors de montrer dans quelle me-
sure elle pourrait constituer une source d?inspiration
pour une meilleure intégration des préoccupations du
Développement durable dans les documents de pla-
nification, notamment sur le littoral pour la méthode
proposée ici.
Si le maniement de cette notion présente un intérêt
certain dans ce contexte de prise en compte du
Développement durable et d?articulation des diffé-
rentes politiques publiques sur un territoire (transport,
eau, déchets?), le droit est ici loin de fournir aux
intéressés une définition précise de ce qu?il faut
entendre par capacité d?accueil. Les dispositions de
l?article L. 146-2 du code de l?urbanisme, issues de
l?article 3 de la loi Littoral du 3 janvier 1986, se
bornent en effet à préciser que « pour déterminer la
capacité d?accueil des espaces urbanisés ou à
urbaniser, les documents d?urbanisme doivent tenir
compte :
- de la préservation des espaces et milieux
mentionnés à l?article L. 146-6 ;
- de la protection des espaces nécessaires au
maintien ou au développement des activités
agricoles, pastorales, forestières et maritimes ;
- des conditions de fréquentation par le public des
espaces naturels, du rivage et des équipements
qui y sont liés.
Dans les espaces urbanisés, ces dispositions ne font
pas obstacle à la réalisation des opérations de
rénovation des quartiers ou de réhabilitation de
l?habitat existant, ainsi qu?à l?amélioration, l?extension
ou la reconstruction des constructions existantes ».
Pour l?heure, aucune autre règle nationale n?est
venue préciser davantage ces dispositions, ni le
pouvoir législatif, ni le pouvoir réglementaire n?ayant
jugé utile (du moins dans un texte à portée
normative) de donner davantage de consistance à la
notion de capacité d?accueil. Aussi, faute de définition
plus précise dans les textes (ou encore, dans les
travaux parlementaires) est-on ici confronté à ce que
les juristes appellent un « standard » (Rials, 1980 ;
Perelman et Vander Elst, 1984), « une notion fixe à
Introduction
9
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
contenu variable, qui évolue par conséquent en
fonction du contexte, une norme souple ne fournissant
pas au « décideur » de solution préétablie, qui, et c?est
son objet même, laisse aux autorités compétentes une
certaine marge d?appréciation à l?occasion de l?examen
de chaque dossier sur lequel celles-ci sont appelées à
intervenir » (Hostiou, 2006).
Le contexte juridique français pouvait par
conséquent conduire à une multitude d?approches de
la capacité d?accueil et, par là même, à un certain flou
autour des critères d?appréciation de ladite notion. À
l?avenir, cette situation risque néanmoins d?évoluer
avec l?émergence du droit international et du droit
européen. En effet, très récemment, la notion de
capacité d?accueil a été consacrée sous une autre
dénomination, la « capacité de charge », par le
Protocole relatif à la Gestion intégrée des zones
côtières de la Méditerranée ; cette législation
internationale a concomitamment posé des critères
plus précis pour permettre de mieux appréhender les
contours de ces nouvelles normes. S?il ne s?agit là que
d?un premier pas, celui-ci implique néanmoins de
revisiter notre droit interne pour qu?il intègre
davantage l?idée de « capacité de charge » des zones
côtières ; des dispositions, des pratiques dont la
régularité n?était jusqu?à présent guère sérieusement
contestée pouvant désormais être remises en cause
au regard de ces nouvelles dispositions.
Les évolutions en cours amènent par conséquent à
s?interroger sur la manière dont la norme législative et
les pratiques pourraient aujourd?hui être rénovées,
dans la mesure où la définition textuelle de la capacité
d?accueil donnée par l?article L. 146-2 du code de
l?urbanisme est loin d?épouser les contours nouveaux
que la législation internationale, les scientifiques ou
les personnes impliquées dans l?élaboration des
documents de planification urbaine donnent à cette
notion. D?une manière générale, cette notion pourrait
également voir son contenu et sa portée évoluer pour
prendre davantage en compte d?autres textes
européens et internationaux qui ont conforté l?inter-
pénétration du droit de l?urbanisme et du droit de
l?environnement 1.
Aujourd?hui, cette évolution de la notion est
également rendue nécessaire par l?introduction dans la
gestion territoriale du Développement durable et de la
Gestion intégrée des zones côtières. Ceux-ci im-
pliquent une nouvelle approche intégrée des domaines
économiques, sociaux et environnementaux, mais
aussi la nécessaire responsabilité vis-à-vis des
générations futures et une prise de conscience
renforcée des dégradations environnementales
majeures.
Dans ce contexte institutionnel et juridique en
mutation au niveau national, et face à une évolution
majeure de l?approche des grands enjeux
contemporains à l?échelle internationale, comment
donner aujourd?hui un nouveau contenu à la notion de
capacité d?accueil ? Comment permettre son
appropriation collective et concevoir la mise en place
méthodologique de son évaluation dans un cadre
opérationnel ? Quel outil mettre en place pour que
l?évaluation de la capacité d?accueil et de
développement reflète le fonctionnement des
territoires littoraux dans ses multiples dimensions ?
Comment le faire dans un contexte institutionnel
nouveau, de décentralisation et de redéfinition des
relations entre les services de l?État et les collectivités
locales, de nouvelles responsabilités partagées
s?accompagnant de modes de gouvernance auxquels
notre pays est peu entraîné et un peu hésitant à
mener concertation, participation et co-construction ?
Comment, enfin, produire une évaluation qui
n?intervienne pas seulement a posteriori pour dresser
le constat des situations de rupture approchées sur le
littoral, voire atteintes, mais qui éclaire également a
priori les chemins de développement possibles, le
projet de territoire ?
L?objectif de la présente publication est d?apporter
les éclairages à la fois conceptuels, juridiques et
méthodologiques nécessaires à une mise en oeuvre
renouvelée de l?évaluation de la capacité d?accueil et
de développement des territoires littoraux. S?appuyant
sur un rappel des principales approches de la capacité
d?accueil jusqu?à présent pratiquées en France et en
Europe, les pages qui suivent présentent les principes
et les éléments de définition d?une approche intégrée
de la capacité d?accueil et de développement des
territoires littoraux (partie 1). Ils apportent les
fondements de la méthode d?évaluation de la capacité
d?accueil et de développement, centrée sur la question
des ressources du littoral et des pressions qui
s?exercent sur elles du fait de l?accroissement des
populations et des activités qui y sont présentes et
projetées. La partie 2 en expose les étapes-clés.
1 On pense, par exemple, aux textes relatifs à l?évaluation des incidences des documents d?urbanisme sur l?environnement. cf. Ordonnance
n° 2004-489 du 3 juin 2004 portant transposition de la directive n° 2001-42-CE relative à l?évaluation des incidences de certains plans et
programmes sur l?environnement.
10
La méthodologie présentée ici suit le chemi-
nement propre à la conception d?une procédure
d?évaluation de la capacité d?accueil et de
développement des territoires littoraux. Elle rend
compte des modalités de sa construction
scientifique, marquée par des échanges avec les
services de l?Équipement et la participation des
collectivités locales de deux territoires-ateliers. En
effet, pour trouver des réponses méthodologiques,
une place importante a été accordée à la recherche-
action, à la mise en oeuvre opérationnelle dans ces
deux territoires-ateliers situés sur la façade
atlantique, l?un couvrant un espace insulaire de
23 km2 constitué d?une commune d?environ 5 000
habitants, l?autre un EPCI de 15 communes (dont 10
côtières) couvrant près de 400 km2, pour une façade
littorale de 60 kilomètres de linéaire et une
population d?environ 70 000 habitants.
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux 11
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
PARTIE 1
Approche intégrée de
la capacité d?accueil et de développement
des territoires littoraux
13
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La lecture des différentes méthodes d?évaluation
élaborées jusqu?à présent (Pottier et al., 2006 ;
Pottier, Chadenas, Pouillaude, Struillou, 2009), et
l?analyse juridique des éléments de référence
mentionnés dans les principaux documents d?urba-
nisme, mettent en évidence les pratiques actuelles
d?évaluation d?un niveau de pression anthropique et, le
cas échéant, les critères d?appréciation utilisés
(mesure quantitative ou qualitative de la pression
humaine sur les espaces à forte pression
démographique) pour évaluer la capacité d?accueil.
Elles apportent des éléments méthodologiques
importants à l?avancée de la démarche de déter-
mination de la capacité d?accueil, tout en présentant
des limites indéniables.
Ce tour d?horizon fait en outre ressortir le lien fort
qui existe entre la manière dont la capacité d?accueil
est appréhendée et la forme de l?évaluation proposée
(chiffre, fourchette de population présente, tableau de
bord, système d?indicateurs?). Il montre enfin, dans
un contexte généralisé de Développement durable et
de Gestion intégrée des zones côtières, l?opportunité
de changer de méthode.
1.1 Sortir des démarches sectorisées
de la capacité d?accueil
Jusqu?à présent, la notion de capacité d?accueil et
son évaluation ont essentiellement été développées
dans les cadres suivants :
une capacité d?accueil centrée sur l?espace urbanisé
La capacité d?accueil induit une réflexion sur la
planification des territoires littoraux en fonction du
potentiel de développement urbain. Ce dernier est
soumis à des corrections apportées par des facteurs
limitants impliquant que la capacité d?accueil de-
meure satisfaisante non seulement du point de vue
de la protection de l?environnement naturel et humain
des territoires littoraux concernés, mais également en
termes d?équipements publics et de services rendus à
la population (relatifs aux transports, déplacements,
hébergement, sécurité et salubrité publique?).
L?évaluation s?appuie finalement sur la détermination
de la capacité d?accueil spatiale essentiellement
traduite en capacité résiduelle d?urbanisation.
une capacité d?accueil qui ne s?étend qu?aux services
aux populations
L?approche spatiale est ainsi prolongée par une
approche fonctionnelle et technique de la planification
urbaine où la capacité d?accueil est déterminée par les
capacités à assurer les services essentiels à
l?implantation de nouveaux logements, tels ceux liés
aux filières eau-assainissement et déchets ménagers,
ainsi qu?aux conditions financières et managériales de
fourniture de ces services (Joardar, 1998).
Dans ce cas, l?évaluation proposée n?a toutefois que
peu de portée sur le temps long. En effet, elle n?éclaire
alors ni le rythme auquel ces infrastructures vont
arriver à saturation ni les impacts non urbanistiques de
cette saturation.
une capacité d?accueil qui se confond
avec une capacité d?hébergement
En fonction des types d?hébergement, des
coefficients préalablement définis permettent
d?estimer le nombre de personnes susceptibles d?être
hébergées simultanément.
Cette approche de la capacité d?accueil fondée sur
la capacité d?hébergement apparaît cependant limitée.
En effet, les touristes excursionnistes à la journée
s'ajoutent à la masse des touristes hébergés,
augmentant la pression humaine. Elle soulève par
ailleurs la question de l?appréciation très difficile de la
fréquentation des espaces littoraux, dont la
connaissance est quasi nulle en dehors de quelques
enquêtes ponctuelles ou d?estimations ap-
proximatives, notamment pendant les périodes d?af-
fluence touristique !
une capacité de charge touristique décisive
pour la stratégie de développement touristique
Les approches de la capacité d?accueil développées
pour les espaces littoraux balnéaires par Coccossis et al.
(2003) se distinguent de la capacité d?accueil assimilée
à la capacité d?hébergement par la compréhension
qu?elles apportent des mécanismes de fonctionnement
des territoires littoraux.
Ces derniers sont appréhendés comme un
ensemble dans lequel les composantes physiques,
écologiques, socio-économiques et politiques fonc-
tionnent conjointement. La capacité de charge
touristique est abordée comme un élément fondateur
de la stratégie de développement touristique d?un
espace particulier. La question des impacts du
développement est au coeur du processus de pilotage
et de gestion du développement touristique.
Cette approche cherche à optimiser le niveau et la
forme du développement touristique en tenant compte
1. Poser plus globalement la question de la pression
humaine dans les approches et pratiques de planification
15
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
2 Les schémas de mise en valeur de la mer sont des documents d?urbanisme (CE, 7 juillet 1997, Mme Madaule : Rec. tables, p. 1115 ; RDP
1998, p. 303 ; BJDU 5/1997 p. 35, concl. J.-Cl. Bonichot).
des espaces naturels. Elle se limite à la fréquentation
saisonnière sans tenir compte des nouveaux habitants.
une capacité d?accueil négociée,
à l?origine de scénario de développement du territoire
PAP/CAR (1997) et PNUE-PAM (2003) introduisent la
capacité d?accueil pour déterminer le niveau de
fréquentation touristique souhaitable, sous la forme
d?une fourchette chiffrée, dans un contexte de
Développement durable. Ils l?inscrivent dans un
processus de gestion du territoire plutôt que
d?élaboration d?une stratégie sectorielle. L?évaluation
de la capacité d?accueil est donc co-construite avec les
acteurs et fondée sur un diagnostic approfondi du
territoire littoral. Plusieurs niveaux de fréquentation
sont proposés à l?issue d?une négociation entre les
différents acteurs de la destination touristique ; les
effets de cette présence sur les composantes
physiques, écologiques, sociales, économiques et
politiques du territoire sont appréhendés parallè-
lement. L?évaluation de plusieurs capacités d?accueil
permet ainsi de mettre en évidence les scenarii de
développement entre lesquels les acteurs du territoire
peuvent choisir. Malheureusement, ce travail éclaire
peu sur la méthodologie utilisée pour parvenir aux
résultats. Ceci hypothèque sa reproductibilité sur
d?autres espaces littoraux.
une capacité d?accueil intégrée,
outil d?observation et de pilotage du territoire
La dernière approche de la capacité d?accueil, qui
rassemble les travaux de N. Crinquant (2005),
S. Roussel et E. Bordat (2006), puis de J.-F. Vera
Rebollo et J.-A. Ivars Baidal (2003), présente quatre
points communs essentiels avec les précédentes :
1. elle s?inscrit dans un contexte d?évaluation
opérationnelle de la durabilité des espaces
littoraux ou de mise en oeuvre de la Gestion
intégrée des zones côtières (GIZC) ;
2. l?élaboration des méthodologies d?évaluation
vise à aider à la gouvernance des territoires
littoraux en apportant des outils pour la
planification urbaine et la gestion touristique aux
échelles « régionale » et « locale » ;
3. elle accorde une place particulière à la
question spatiale au travers de l?observation du
marché foncier dans un espace restreint ;
4. elle est intégrée, prônant une vision du terri-
toire où les effets de la pression humaine sur les
besoins en services collectifs, sur l?environne-
ment et sur le ressenti par les sociétés littorales
contribuent par exemple à déterminer la capacité
d?accueil.
Mais elle élude des questions essentielles de la
pression humaine tels que les arbitrages nécessaires
quant à l?usage des sols et limite sa mesure de la
capacité environnementale aux impacts des effluents
des stations d?épuration et du traitement des déchets
ménagers.
La nature de l?évaluation proposée différencie
cependant fondamentalement cette approche des
précédentes. La méthodologie vise non pas à calculer
une ou des capacités d?accueil, mais à mettre en place
un outil d?observation et d?alerte du territoire qui soit
étroitement articulé avec les enjeux et les
préoccupations des acteurs du territoire. Un système
d?indicateurs de la capacité d?accueil est donc mis en
place. En corollaire, la croissance urbaine et le
développement touristique sont abordés simultanément
afin de mieux rendre compte de la réalité littorale où
l?attractivité saisonnière renforce la pression humaine
déjà créée par l?installation de nouvelles populations
permanentes.
La synthèse des approches de la capacité
d?accueil et des formes de son évaluation (Pottier
et al., 2006), montre que :
1. les approches sectorisées sont limitées
dans leur portée : elles privilégient une mesure
unique, sous la forme d?un chiffre ou d?une four-
chette de population touristique ou permanente
possible ;
2. un système d?indicateurs apparaît mieux à
même de rendre compte des liens entre les
différents déterminants de la capacité
d?accueil : capacités résiduelles des équipements
collectifs, effets de la présence humaine sur
l?environnement, sur l?arbitrage entre les diffé-
rentes utilisations de l?espace? Autrement dit, il
apparaît plus adapté à une approche inté-
grée de la capacité d?accueil, en établissant des
liens entre les différentes « capacités d?accueil »
sectorisées.
1.2 La capacité d?accueil :
une notion d?application difficile
dans les documents d?urbanisme
Avant d?analyser la question de l?application des
dispositions de l?article L. 146-2 dans les documents
d?urbanisme, rappelons que cet article impose à ces
documents (PLU, SCoT, SMVM 2) de déterminer « la
capacité d?accueil des espaces urbanisés ou à urbaniser ».
16
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
littoral, mais « de rendre possible la communication
entre tous ceux que cette tâche mobilise concrè-
tement » (Caillosse, 1993) et, sans doute, de
« cadrer » un tant soit peu cette communication.
Cela éclairé, il s?agit maintenant de présenter les
points forts de l?analyse de l?application des
dispositions de l?article L. 146-2 à l?occasion de
l?élaboration des documents d?urbanisme de l?un des
territoires-ateliers et aussi de certains SCoT (Pottier,
Chadenas, Pouillaude, Struillou, 2009).
Plusieurs enseignements peuvent être tirés de ces
observations.
Il apparaît, tout d?abord, que les services de l?État
sont toujours soucieux du respect des dispositions de
l?article L. 146-2 par les communes, lorsque ces
dernières sont amenées à élaborer un document de
planification urbaine. La lecture des courriers par
lesquels le préfet porte à la connaissance des maires
les normes et les contraintes supracommunales que
ces documents doivent respecter indique générale-
ment « qu?au titre des dispositions de la loi Littoral, le
rapport de présentation doit argumenter la
détermination de la capacité d?accueil des espaces
urbanisés ou à urbaniser ».
Ce rappel du droit montre parallèlement qu?aux
yeux des services de l?État, la capacité d?accueil doit en
principe être précisée dans le rapport de présentation
des anciens POS ou dans celui des PLU, même si cela
n?a pas été précisé par le droit de l?urbanisme.
S?agissant des SCoT analysés, la situation paraît sur ce
point beaucoup plus ambiguë, l?indétermination de la
règle ayant ici conduit à des pratiques très hétéroclites
(Pottier, Chadenas, Pouillaude, Struillou, 2009). Si dans
le SCoT de la Métropole Nantes Saint-Nazaire les
contours de la capacité d?accueil sont définis dans le
document d?orientations générales, ce qui peut
conférer à cette notion une portée juridique plus
grande, en revanche, dans le SCoT du canton de
Noirmoutier, elle est essentiellement précisée dans le
Projet d?Aménagement et de Développement durable.
Quant au SCoT de Marennes-Oléron, la question de la
capacité d?accueil est abordée par bribes dans
l?ensemble des documents composant le schéma. Face
à ces pratiques éclatées, il serait peut-être bon à
l?avenir de dégager une ligne de conduite claire quant
au document du SCoT dans lequel la capacité d?accueil
doit être définie.
Il a ensuite été constaté que la vérification du
respect des dispositions de l?article L. 146-2 donnaient
fréquemment lieu, en amont du contrôle de légalité
stricto sensu, à des échanges et controverses entre les
services de l?État, d?une part, et les services des
collectivités locales en charge de l?élaboration des PLU
À cet effet, ces documents doivent tenir compte d?un
certain nombre d?éléments expressément mentionnés :
la préservation des espaces remarquables et carac-
téristiques du littoral, la protection des espaces
nécessaires au maintien des activités traditionnelles, ou
encore les conditions de fréquentation par le public des
espaces naturels et des équipements qui y sont liés.
Pour l?heure aucune autre règle nationale n?est
intervenue pour préciser davantage ces dispositions. Ce
« retrait » du droit quant à la définition de la notion de
capacité d?accueil peut s?expliquer par plusieurs raisons.
Tout d?abord, il est avancé que cette « non-
définition » permet aux autorités locales, lors de
l?élaboration des documents d?urbanisme, de mieux
épouser la réalité géographique, économique et sociale
du littoral, pour autant que des règles plus rigides
s?appliqueraient difficilement à des situations chan-
geantes et à la variété infinie de celles-ci. Si la loi est
ainsi affectée « d?un très puissant coefficient d?incer-
titude », c?est donc d?abord pour s?adapter à une réalité
complexe et hétérogène couvrant près de 7 000
kilomètres de côtes, de la Méditerranée à l?Atlantique
(Tanguy, 2005).
Ensuite, il semble également que l?imprécision de la
norme ait été souhaitée par le législateur pour donner
aux collectivités locales, dans un contexte de
décentralisation, la possibilité de concourir à la
production du droit intermédiaire, en habilitant ces
collectivités à définir elles-mêmes la capacité d?accueil
de leur territoire. Le législateur a donc ici voulu que les
autorités locales se saisissent de ces normes au
niveau local et que celles-ci précisent elles-mêmes,
dans leurs documents d?urbanisme, les dispositions
contenues dans la loi. D?où le recours, dans la loi
Littoral, à de très nombreuses notions floues laissées
à l?interprétation des acteurs locaux sous le contrôle
du juge administratif parmi lesquelles figurent, outre
la notion de capacité d?accueil, celles « d?espaces
proches du rivage », « d?extension limitée de l?urbani-
sation », de « zones urbanisées », ou encore « d?espa-
ces remarquables et caractéristiques du littoral » ?
Parallèlement, si la capacité d?accueil n?a pas été
davantage définie par le législateur c?est aussi sans
doute pour faciliter les arbitrages entre les intérêts
divergents qui s?expriment sur le littoral, la règle
jouant ici comme une sorte de « structure d?ajus-
tement » destinée à concilier le développement des
activités humaines avec un certain degré de protection
des espaces naturels et agricoles, sans toutefois
éliminer totalement les tensions entre ces intérêts
contradictoires (Lascoumes, 1995). En d?autres mots,
la règle a ici pour mission, non pas de fabriquer la
réalité (fonction que n?a pas le droit) ou de faire le
17
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
ou des SCoT, d?autre part. Par exemple, les avis qui
doivent être formulés par l?État au cours de la
fabrication de ces documents 3, révèlent qu?il n?est
pas exceptionnel que le préfet soit amené à
demander aux collectivités locales de mieux préciser
ou de revoir la définition de la capacité d?accueil
figurant dans le projet arrêté. Ce jeu des
interprétations possibles autour d?une notion
particulièrement floue a plus notamment été observé
au cours de l?élaboration du SCoT de la métropole
Nantes-Saint-Nazaire.
L?étude de site montre enfin, et ce sera le point qui
nous retiendra le plus, que les communes littorales
rencontrent certaines difficultés pour appliquer les
dispositions de l?article L. 146-2. En effet, malgré
l?intérêt que peut ici présenter le flou des dispositions
légales 4, ce flou peut aussi faire obstacle à l?application
de la règle ou, tout au moins, aboutit à une application
éclatée de cette dernière, les collectivités intéressées
n?ayant pas toutes la même conception de la notion
étudiée. C?est dire tout l?intérêt de la méthode qui est
ici proposée, celle-ci visant non pas à compléter ou à
amender le droit existant, mais à en proposer une
interprétation pertinente ou, tout au moins, plausible.
Plus précisément, l?une des principales difficultés à
laquelle sont confrontés les auteurs des documents de
planification urbaine tient à la définition même de la
notion de capacité d?accueil et, concomitamment, des
critères qui sont susceptibles d?être utilisés pour
appréhender ladite notion. Il est vrai que sur ce point
l?article L. 146-2 impose, comme il l?a été dit, de
prendre en compte un critère spatial, la capacité
d?accueil devant être déterminée en recherchant un
certain équilibre entre développement de
l?urbanisation et protection des espaces naturels.
Mais, dans le même temps, certains destinataires de
ces règles sont aussi conscients que ce critère spatial,
qui est loin d?être obsolète, est en lui-même
insuffisant pour appréhender une notion aussi riche et
complexe. Pour ces derniers, il est donc patent qu?il
est aussi nécessaire d?appréhender la capacité
d?accueil à travers d?autres paramètres ou, dit
autrement, une autre méthode intégrant des critères
environnementaux, sociaux, économiques.
Il résulte donc de ce contexte juridique, comme le
montrent les documents d?urbanisme analysés, une
variété d?approches de la capacité d?accueil et des
critères d?appréciation ou, dit autrement, une
application très hétérogène de la capacité d?accueil.
Trois principaux cas de figure ont été observés :
- dans certains documents d?urbanisme analysés,
l?approche retenue ne paraît pas répondre aux
exigences, pourtant a minima, posées par l?article
L. 146-2, en ce sens que lesdits documents ne
contiennent aucune réflexion sur la capacité
d?accueil. Il a ainsi été constaté que des SCoT
littoraux approuvés (mais aussi d?anciens POS
toujours en vigueur) soit ne contiennent aucune
analyse de cette question et, par là même,
méconnaissent apparemment les dispositions
légales, soit sont particulièrement flous sur cette
question. Ainsi, certains SCoT sont silencieux sur
cette notion 5, même si, très certainement, la
notion de capacité d?accueil peut, en filigrane,
avoir été traitée. Ce constat soulève la question
de la sécurité juridique de ces schémas ;
- d?autres documents d?urbanisme sont un peu
plus précis, les planificateurs s?étant alors
appuyés sur le critère spatial posé par la loi
pour dégager le sens de la capacité d?accueil.
Reste qu?ici aussi les réflexions engagées à
partir de ce critère sont plus ou moins
approfondies selon les documents. Dans
certaines hypothèses, l?approche est purement
formelle, le rapport de présentation se bornant
à reproduire les dispositions de l?article L. 146-
2 sans comporter davantage de précision. Dans
d?autres situations, l?analyse de la capacité
d?accueil paraît plus poussée ;
- enfin, il a également été constaté dans
quelques documents d?urbanisme une évolution
quant à la manière d?y appréhender la capacité
d?accueil. L?étude empirique montre en effet que
certaines collectivités locales avec le soutien de
l?État ne se sont pas bornées à analyser cette
notion à partir du critère spatial, mais ont mené
une réflexion plus large sur cette question en se
basant sur des paramètres nouveaux comme
l?offre en matière d?équipements publics, de
voirie, de réseaux, d?assainissement, de
traitement des effluents, de services,
d?hébergements, ou encore « d?hébergement
touristique à vocation sociale »?
Ces constatations montrent, en creux, les limites
des dispositions de l?article L. 146-2. En effet, dès lors
que les planificateurs attachent un prix à la définition
de la capacité d?accueil, ces derniers ne se bornent pas
à l?analyser exclusivement à partir du critère spatial,
3 Avis du préfet sur le projet arrêté en qualité d?autorité environnementale et de personne publique associée.
4 cf. supra.
5 cf. en ce sens, Marianne Peuron, La capacité d?accueil. Une transcription du Développement durable dans la planification territoriale. Mémoire,
Master 2 « Villes et territoires », Université de Nantes, 2007, 72 p + annexes.
18
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
mais mènent une réflexion plus poussée à partir de
critères complémentaires.
Faut-il pour autant conclure qu?il est nécessaire
d?abroger l?article L. 146-2 ? La réponse est bien
évidemment négative. En revanche, l?évolution des
pratiques, comme le souci de prendre en compte à
l?avenir les exigences du droit international quant à la
détermination de la capacité de charges des zones
côtières, plaident pour que ces dispositions soient
enrichies ou, tout au moins, complétées par une
méthode d?interprétation qui répond davantage à ce
que les différents acteurs attendent de cette notion.
C?est d?ailleurs ce à quoi cherche à répondre le travail
qui a ici été engagé.
Au-delà de ces interrogations autour des para-
mètres d?appréciation de la capacité d?accueil, la
définition même de la notion étudiée pose également
problème. L?étude de terrain montre en effet que
parfois les autorités administratives s?interrogent sur
le point de savoir :
- si cette notion doit être interprétée à la lumière
des objectifs généraux assignés à la loi Littoral,
auquel cas elle aurait essentiellement pour objet
de faciliter la prise en compte des différents
intérêts en présence dans les documents
d?urbanisme (aménagement, mise en valeur et
protection) ;
- ou si, au contraire, il faut donner à la notion
une toute autre portée, auquel cas celle-ci
imposerait aux décideurs de déterminer dans ces
documents si les milieux environnementaux,
sociaux sont effectivement aptes à supporter le
développement urbain envisagé.
On voit bien que ces deux interprétations n?ont pas
la même portée, dans la mesure où la seconde, plus
conforme aux évolutions en cours, favorise davantage
la prise en compte des objectifs du Développement
durable dans les documents de planification. Là
encore, cette question mériterait à l?avenir d?être plus
clairement tranchée par le droit.
Une évolution dans la manière d?interpréter la
capacité d?accueil paraît d?autant plus utile qu?en
l?occurrence le statu quo n?est pas sans danger.
D?une part, certaines évolutions jurisprudentielles
laissent à penser qu?à l?avenir, le juge administratif
pourrait être amené à intensifier son contrôle sur le
respect des dispositions de l?article L. 146-2 et, par là
même, à soumettre l?action de l?Administration à des
contraintes plus strictes lorsque cette dernière est
appelée à définir la capacité d?accueil (Pottier,
Chadenas, Pouillaude, Struillou, 2009). Dans un
jugement en date 29 juillet 2004, le Tribunal
Administratif de Nantes a en effet estimé que pour
déterminer la capacité d?accueil des espaces urbanisés
ou à urbaniser, les auteurs d?un document local
d?urbanisme ne devaient pas se borner à assurer un
certain équilibre spatial entre le développement de
l?urbanisation et la préservation des zones naturelles,
mais qu?ils étaient également tenus de vérifier si les
équipements publics existants ou prévus (eau,
assainissement, traitement des déchets) étaient
suffisants pour répondre à l?extension de l?urba-
nisation prévue 6. Aux yeux des juges du fond, les
dispositions de l?article L. 146-2 relatives à la capacité
d?accueil peuvent par conséquent être méconnues non
seulement lorsque le développement de l?urbanisation
porte une atteinte disproportionnée aux espaces
naturels, mais aussi lorsque l?état des équipements
publics nécessaires au développement de l?urbani-
sation est insuffisant. Même s?il ne s?agit là que d?un
jugement d?espèce, cette décision est néanmoins
symptomatique d?une tendance lourde, celle d?adopter
une interprétation plus pertinente de la capacité
d?accueil, c?est-à-dire davantage en conformité avec
l?esprit même de cette notion.
D?autre part, l?absence de règles adaptées à l?action
administrative ou, tout au moins, l?absence d?inter-
prétation claire de ces règles est susceptible de
paralyser l?activité juridique tout en favorisant les
stratégies de contournement par les acteurs locaux et,
au-delà, porte atteinte aux conditions de la régulation
sociale. L?insuffisance des textes ou leur caractère par
trop hermétique peut aussi être de nature à miner
l?énergie des services chargés de mettre en oeuvre ces
dispositions. Faute de ligne directrice claire en la
matière ou, dit autrement, faute d?avoir dégagé de
manière intelligible et cohérente les objectifs de la
notion de capacité d?accueil, ces derniers peuvent être
tentés de répercuter a minima les règles relatives à la
capacité d?accueil dans les documents d?urbanisme.
On pourrait, en effet, être très près d?une réaction de
rejet des opérateurs qui, faute de contenu et de sens
à cette obligation, n?y verraient qu?un foyer
d?insécurité juridique ou une simple formalité
supplémentaire et inutile.
Face à ces ambiguïtés ou à ces ambivalences du
droit, la méthode proposée ici pour apprécier la
capacité d?accueil peut être un moyen pour les
autorités locales de surmonter les difficultés qui
viennent d?être évoquées. Cette méthode qui relève de
6 TA Nantes, 29 juillet 2004, Association de défense de l?environnement en Vendée et Association « Les amis de l?île d?Yeu » : req. n° 0004558.
19
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
l?infra droit vise en effet à dégager un mode opératoire
d?interprétation de la capacité d?accueil et, ainsi, est
susceptible de faciliter la mise en oeuvre de cette
notion : elle tend alors à rendre opérationnelles des
dispositions abstraites contenues dans le cadre juri-
dique de référence. Cette démarche paraît d?autant
plus utile et d?actualité qu?il est fort probable qu?à l?ave-
nir la notion franco-française de capacité d?accueil ne
puisse rester dans le carcan légal qui est aujourd?hui le
sien, eu égard aux exigences posées en la matière par
le droit international.
La pratique de la détermination de la capacité d?accueil
dans les documents d?urbanisme comme les méthodes
sectorisées disponibles jusqu?alors n?ont jamais permis
d?engager une véritable réflexion sur une approche
réellement intégrée de la capacité d?accueil.
Pourtant, dans un contexte de réflexion désormais
élargi, fortement marqué par les concepts de
Développement durable, de Gestion intégrée des zones
côtières, la nécessité se fait plus pressante :
- de percevoir de façon plus globale les impacts
de la pression anthropique sur l?environnement,
la société et l?économie ;
- de souligner les interactions en jeu ;
- et de mettre en perspective l?évaluation de la
capacité d?accueil avec les enjeux du territoire.
Par conséquent, la méthodologie d?évaluation de la
capacité d?accueil d?un territoire doit être appréhendée
dans une perspective intégrée pour construire un
système d?alerte et de suivi des ressources du littoral,
articulé avec les préoccupations et les enjeux du
territoire.
2. Centrer l?approche sur le capital de ressources
du territoire sous pression
Face à la concentration des populations sur le
littoral et au renforcement de sa fonction touristique et
résidentielle, l?approche de la capacité d?accueil des
territoires littoraux est motivée par la crainte de
déséquilibres immédiats ou à court/moyen
terme entre :
- l?accueil supplémentaire de populations perma-
nentes comme saisonnières ;
- et les ressources du territoire mises en jeu par
les logiques des acteurs.
Ce difficile équilibre invite à évaluer la
ponction et la création de ressources engendrées
par l?accueil supplémentaire de populations
(croissance démographique et fréquentation
touristique), puis à les comparer aux stocks de
ressources du territoire.
Si, pour l?instant, les approches de la capacité
d?accueil ont essentiellement été focalisées sur un
secteur (capacité de charge, capacité financière,
capacité d?urbanisation?), il convient de noter que le
contexte de la réflexion a évolué. La démarche
rejoint aujourd?hui de plus en plus celle du
Développement durable qui réintègre l?environne-
ment dans la problématique des choix de territoire et
introduit la notion d?un capital naturel critique à ne pas
consommer au risque d?engendrer sa fragilisation,
voire sa disparition totale et irréversible, que ce soit à
une échelle fine ou plus globale.
2.1 La fragilité des ressources littorales
mise en exergue par la capacité d?accueil
La détermination de la capacité d?accueil se justifie
par la prise de conscience qu?il y a des ressources
fragiles et épuisables et que leur altération ou leur
disparition pure et simple constitue un danger, un
dommage, pour les sociétés et les générations à venir.
Cette notion de ressource renvoie à une multitude
d?objets (Kébir, 2006) comme la mer, les plages, les
écosystèmes, les forêts, le sol, le capital financier, le
travail et les compétences, le capital matériel et
immatériel, le capital social ou encore les savoir-faire,
les bâtiments d?art, le paysage? En fait, une ressource
n?est identifiée comme telle que si elle est reconnue
par la société qui l?exploite pour créer ainsi de la
richesse au sens économique, de l?intérêt au sens
environnemental ou de la qualité de vie au sens social.
Cette reconnaissance se produit donc :
- à un moment donné, sur un espace donné :
dans une région littorale une activité comme la
pêche est essentielle, elle est ancienne, ancrée
dans le paysage et la culture et représente un
poids économique important. Dans une autre
région, elle peut être marginale ;
- pour une société donnée, c?est-à-dire dans ses
composantes et ses rapports d?intérêt : pour une
société le paysage dans son équilibre
minéral/végétal est important, pour une autre
20
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
présentant les mêmes caractéristiques non, car
ce principe n?est pas reconnu/perçu par les
acteurs les plus influents comme contribuant à la
richesse du territoire.
On entend par ressource,
un élément reconnu comme nécessaire au
projet de territoire, contribuant à la
richesse ou à la qualité qu?offrent le milieu
et les sociétés qui l?occupent.
La capacité d?accueil maximum est atteinte
quand le constat de l?altération sous la presssion
humaine d?une ou plusieurs ressources est fait,
et que cette altération est jugée inacceptable.
Ce constat rend alors nécessaire le suivi des
ressources exposées à la pression anthropique. Il faut
éclairer leurs processus d?évolution (fragilisation,
consolidation ou accroissement) par des indicateurs.
Dans la perspective de choisir des stratégies de
territoire, il apparaît alors indispensable de préciser la
marge de manoeuvre des décideurs publics en matière
de ressources restant à répartir au travers du calcul de
capacités résiduelles notamment, d?identifier les seuils
déjà atteints ou encore d?estimer l?ampleur des
désajustements entre ponction et dotation en
ressources de manière statique et dynamique.
Cette approche de la détermination de la capacité
d?accueil est centrée sur le capital de ressources d?un
territoire. C?est le système de ressources du
territoire.
Le système de ressources du territoire est :
un ensemble organisé d?interactions entre
les ressources d?un espace approprié par
une communauté pour assurer la satis-
faction de ses besoins présents et futurs.
La capacité d?accueil est définie comme :
le niveau maximum de pression exercée par
les activités et les populations perma-
nentes et saisonnières que peut supporter
le système de ressources du territoire sans
mettre en péril ses spécificités.
La détermination de la capacité d?accueil ne peut
se réduire à un chiffre ou un ensemble de quelques
chiffres de capacités résiduelles, mais plutôt
s?orienter vers l?appréciation d?une situation plus
globale, celle du système de ressources du territoire,
déclinée en domaines de l?environnement, de la
société et de l?économie, eux-mêmes en interaction.
2.2. Observer systématiquement
les ressources littorales
L?observation des ressources représente une étape
essentielle de la méthode d?évaluation de la capacité
d?accueil et de développement à construire. Une
classification des « éléments reconnus comme néces-
saires au projet de territoire, contribuant à la richesse
ou à la qualité qu?offrent le milieu et les sociétés qui
l?occupent » 7 a été recherchée. Mais, en l?absence
d?une typologie interdisciplinaire et intégrée, il est
apparu nécessaire de construire une classification
spécifique suivant les trois axes du Développement
durable : environnement, société, économie (fig. 1).
Cette classification dresse un tableau le plus
complet possible des grandes ressources qui
pourraient être mises en péril si les capacités d?accueil
et de développement ne sont pas maîtrisées. Elle est
centrée sur les ressources littorales susceptibles d?être
transformées, altérées par l?augmentation saisonnière
ou permanente des populations et des activités. À
cette fin, sont avant tout inventoriées les ressources
pouvant être l?objet d?un enjeu particulier sur le littoral
et notamment celles qui, par leur qualité exceptionnelle,
peuvent présenter une vulnérabilité face à des
pressions humaines ou à leur accroissement.
La décomposition des ressources objective le
contenu du système de ressources du territoire et
établit les liens étroits avec le vécu des espaces
littoraux. Elle offre une grille générique, dans laquelle
chaque territoire peut être abordé principalement par
quelques éléments, retenus en fonction des enjeux
forts et spécifiques qui s?y attachent. Elle facilite ainsi
la lecture intégrée des ressources qui entrent en jeu
dans la détermination de la capacité d?accueil et de
développement des territoires littoraux en se référant
aux trois piliers du développement durable.
Du point de vue de la méthode d?évaluation, la
classification proposée ici répond à quatre objectifs :
1. permettre d?asseoir la connaissance du
territoire dont la capacité d?accueil et de
développement est évaluée ;
2. standardiser l?évaluation de la capacité
d?accueil ;
3. organiser les points d?entrée dans une réalité
littorale complexe ;
4. être un outil-support en vue de la reproduc-
tibilité de la méthode d?évaluation dans d?autres
territoires littoraux.
7 Définition de « ressource »
21
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Fig. 1 : le système de ressources du territoire confronté à la pression anthropique
22
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Il en découle deux niveaux de classification :
- le premier concerne les ressources principales.
Elles sont communes à tous les territoires. Elles
en font leur richesse et leur qualité ;
- le second décline une à une ces ressources
principales en plusieurs éléments à enjeux pour
l?accueil de populations et d?activités sur le
littoral. Ils attirent particulièrement l?attention
car ils contribuent à préciser la capacité d?accueil.
Cette classification n?a pas vocation à être
exhaustive. Elle doit permettre de mettre en évidence
les ressources devant être considérées dans le cadre
d?une évaluation de la capacité d?accueil et de
développement d?un territoire littoral. Nous invitons le
lecteur à se référer à Pottier, Chadenas, Pouillaude,
Struillou, 2009 pour une explication détaillée de
chaque ressource ou élément à enjeu.
a. La sphère environnementale des ressources
Les enjeux liés à cette sphère de ressources sont
principalement liés à deux caractéristiques : la
première est la valeur intrinsèque des milieux
naturels. Leur diminution éventuelle ou leur disparition
totale met en péril leur cohérence. La seconde peut
être abordée sous un angle plus socioéconomique à
travers les services rendus par les écosystèmes à la
société : la forêt participe à la régulation du climat, les
zones humides peuvent être utilisées pour épurer les
eaux usées, et plus directement encore, concernant la
capacité d?accueil des territoires littoraux, la spécificité
de leurs écotones 8 est un facteur d?attractivité
touristique (plages, dunes, paysages singuliers?).
Dans le domaine de l?environnement naturel (fig. 1),
les cinq ressources principales, nécessaires à la qualité
et à la richesse qu?offre le territoire sont : l?eau, l?air,
le sol, la faune et la flore 9.
8 Un écotone est une zone de transition et de contact entre deux écosystèmes.
9 Contrairement à la pratique courante qui ne distingue pas la faune de la flore (= la biodiversité), le choix a été fait ici de distinguer ces deux
ressources principales. En effet, concernant l?évaluation de la capacité d?accueil et de développement d?un territoire littoral, leur prise en compte
est très différente : par exemple, la gestion d?un stock de coques n?a que peu de choses à voir avec la préservation d?un massif dunaire fortement
dégradé sous l?effet d?un piétinement excessif.
L?eau : précipitations, nappes phréatiques, cours d?eau, mer
La variabilité géographique et temporelle de la disponibilité en eau sur un territoire et son renouvellement aléatoire sont deux
éléments importants à prendre en compte pour l?évaluation de la capacité d?accueil. Les ponctions sur cette ressource sont d?autant
plus préjudiciables qu?elles ne tiennent pas compte de ces particularités : l?eau est en effet consommée de manière accrue en période
estivale par le tourisme, l?agriculture, à une période où elle est moins disponible. Par ailleurs, la notion de cycle de l?eau est
primordiale pour comprendre les enchaînements en boucle des effets d?une pollution, par exemple, sur l?ensemble des composantes
de ce cycle, depuis l?amont des cours d?eau jusqu?à la mer.
L?air : climat, air respiré, vent
Pour permettre l?accueil supplémentaire de populations, l?air doit être de bonne qualité : le « bon » air n?attire t-il pas certains
touristes ? Avec l?air, le vent constitue un autre élément pour lequel des activités se sont développées. Ce dernier peut aujourd?hui
être considéré comme une ressource liée à l?environnement à travers le développement des énergies renouvelables, telles que les
éoliennes.
Le sol : estran, dunes, falaises, zones humides, zones topographiques singulières (plaine littorale, versant
montagneux, vallée côtière?), sous-sol
C?est le support de la vie. Il peut être tout à fait quelconque ou au contraire être considéré comme extraordinaire. L?enjeu
fondamental lié au sol, c?est son caractère particulièrement limité sur le littoral. Sa mise en valeur est liée à ses composantes et à
son accessibilité : il est plus facile de mettre en valeur une plaine, qu?une colline (agriculture, urbanisation).
La faune : aquatique, aérienne, terrestre
La faune est une ressource fondamentale pour l?accueil supplémentaire de populations à travers deux formes :
- la faune élevée, contrôlée, assure les besoins alimentaires de la population : l?augmentation de la pression anthropique entraîne
une croissance des besoins ;
- la faune sauvage contribue au maintien du cycle de vie/et à une image « naturelle » du territoire. Elle est sensible à certaines
périodes cruciales de son cycle et donc liée à la saisonnalité de la fréquentation.
La flore : formations aquatiques, formations ou espèces singulières
La flore est une ressource fondamentale pour l?accueil supplémentaire de population à travers deux formes :
- la flore cultivée assure les besoins alimentaires et énergétiques de la population ;
- la flore sauvage contribue au maintien du cycle de vie, elle participe par exemple, à la lutte contre l?effet de serre (forêt = puits
de carbone), elle contribue à la qualité de l?eau et des sols et à une image « naturelle » recherchée par certains touristes.
23
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La culture : identité locale, architecture, paysage
Le plus souvent identifiées comme des éléments patrimoniaux qui se transmettent d?une génération à une autre, ces ressources
peuvent subir des transformations sous la pression croissante des activités et des populations. La société fait alors le sacrifice d?une
partie de son identité, de son histoire ou de ses constructions collectives. Les enjeux rattachés à cette dégradation peuvent pourtant
être déterminants, souligner la possible perte d?une partie ou de la totalité de l?image (la représentation) que la société et le territoire
renvoient vers l?extérieur, et donc de son attrait.
La démographie : composition par âge, répartition par sexe, densité de population
La composition démographique équilibrée d?un territoire est importante pour son développement. L?hypothèse selon laquelle cette
richesse serait altérée par une augmentation des pressions anthropiques peut être confirmée par un déséquilibre de la composition
par âge, la baisse de la population en âge d?être active, ou une densité touristique excessive par rapport à la population permanente.
Le mode de vie des individus : éducation, famille, santé, règles de vie en société
Les composantes essentielles de la société peuvent être mises à mal par une pression accrue venue notamment de l?extérieur ou
générée par un rythme de vie atypique ou déstructurant (saisonnier). Les nuisances provoquées par l?augmentation de la circulation,
des vols et des bagarres, ou encore la multiplication des dépôts sauvages de déchets altèrent alors les conditions de vie locale et
amènent à poser la question de l?impact d?une croissance non maîtrisée de populations et d?activités.
Le mode d?habiter : habité permanent, habité temporaire
La qualité de l?habitat est devenue un élément fondamental de la qualité de la vie. Elle représente donc une richesse qui peut être
aussi remise en cause par une pression extérieure qui génère le plus souvent exclusion, ségrégation, disparition de la diversité des
formes d?hébergement?
Le mode de travail : formation et savoir-faire, part et caractéristiques de l?emploi, mixité sociale, localisation du travail
L?hypothèse principale s?attache à reconnaître que chaque territoire et chaque société qui l?occupe peut renfermer une richesse en
termes de savoir-faire, que l?accès à l?emploi est un facteur de cohésion sociale ou encore que la possibilité de travailler à proximité
de son domicile contribue à la qualité de la vie.
La vie collective (structure sociale) : autorités publiques, fédérations professionnelles, associations, citoyens
La question principale s?appuie sur l?hypothèse qu?un débat entre intérêts contradictoires représente une richesse et un équilibre qu?il
faut préserver. Cette ressource qui traduit la bonne santé des relations entre les groupes d?intérêts ou d?acteurs peut être altérée
par une pression anthropique non maîtrisée, s?accompagnant de nombreuses frictions (plaintes, recours au tribunal administratif,
augmentation exceptionnelle d?associations de riverains?).
b. La sphère sociale des ressources
Dans le domaine de la construction sociale, comme
dans celui de l?environnement ou de l?économie,
certaines composantes représentent par leur qualité et
leur richesse des ressources reconnues comme
essentielles pour un territoire donné et les sociétés qui
l?occupent : par exemple, certains héritages architec-
turaux contribuent à la richesse de stations balnéaires
(anciennes villas des premiers bains de mer) ; la
diversité sociale préservée grâce à une offre d?héber-
gement adaptée garantissant l?accès du littoral au plus
grand nombre ; ou encore le savoir-faire d?un groupe
professionnel qui exerce sur le littoral une activité très
spécifique et remarquable (les paludiers, les
pêcheurs?). Certaines de ces ressources confrontées
à l?augmentation de la pression anthropique peuvent
être transformées, mises en danger, être
endommagées, détériorées, voire s?épuiser.
Six grands domaines de ressources peuvent être
associés aux questions de société (fig. 1) : la culture,
la démographie, le mode de vie des individus, le mode
d?habiter, de travailler, et la vie collective (de la
structure sociale).
c. La sphère économique des ressources
Les sociétés qui occupent le littoral peuvent
s?appuyer sur des ressources économiques, en sus des
ressources environnementales et sociales, afin de
susciter l?arrivée supplémentaire de populations et
d?activités ou d?accompagner cette pression
anthropique accrue. En particulier, la question de la
gestion de la saisonnalité de la présence des
populations, qui demande en réponse de mobiliser les
ressources économiques sur une base saisonnière, se
pose de manière récurrente pour l?ensemble des
ressources économiques.
Dans une perspective de bien-être matériel, cinq
ressources économiques principales (fig. 1) sont
mobilisées pour satisfaire les besoins, plus importants
en volume et évolutifs en qualité, des populations
présentes : le capital matériel, le capital financier, le
tissu économique local, l?offre de services d?intérêt
général et le mode d?organisation du capital productif.
24
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Le capital matériel : équipements collectifs d?accueil des populations, équipements collectifs facteurs d?attractivité,
infrastructures
Le capital matériel est ici entendu dans un sens technique de facteur de production. Il recouvre l?ensemble des moyens matériels mis
en oeuvre pour aboutir à la production d?un bien, d?un service marchand ou non marchand. Le volume du capital matériel permet-il
d?assurer l?accueil supplémentaire de populations saisonnières comme permanentes dans des conditions normales de fonctionnement ?
Le niveau et la qualité technique du capital matériel permettent-ils d?amoindrir les impacts environnementaux et sociaux de la pression
anthropique qui s?exerce sur les territoires littoraux ? Le niveau d?équipement du territoire contribue-t-il à son attractivité ?
Le capital financier : finances publiques locales, subventions d?investissement externes, capital privé boursier et
bancaire, finances solidaires
Le capital financier recouvre les moyens pécuniaires mobilisables ou mobilisés pour permettre les créations d?entreprises ou leur
extension, ainsi que la production de biens publics. Dans les deux cas, leurs possibilités de financement sont déterminantes car
l?accueil supplémentaire de populations crée le besoin de faire évoluer tant l?offre de biens issue du tissu économique local que l?offre
de services d?intérêt général, même si les sources de financement de l?activité peuvent être extérieures au territoire littoral.
Le tissu économique local : tourisme, activités récréatives et culturelles, commerce, bâtiment, immobilier, pêche et
aquaculture, agriculture et saliculture
Le tissu économique local détermine les possibilités d?offre de biens et de services aux populations accueillies sur le territoire. L?arrivée
de nouvelles populations, de touristes ou de nouvelles activités peut provoquer sur le temps court comme sur le temps long un
ajustement de l?appareil productif, au travers par exemple d?une augmentation saisonnière de l?activité ou bien d?une évolution de la
place respective des activités traditionnelles et des activités touristiques. Les secteurs se différencient en effet par leur dynamisme,
les uns présentent une croissance (progression du chiffre d?affaires?) tandis que les autres peinent à se maintenir pour des raisons
qui ne sont pas exclusivement liées au territoire (exemple répartition des quotas de pêche européens). Réciproquement, le tissu
économique local peut, par sa nature, susciter une arrivée supplémentaire de populations : la construction permet l?accroissement du
nombre de résidences secondaires. De plus, les secteurs possèdent des perspectives différenciées de capter la dépense touristique.
Enfin, le tissu économique local questionne au-delà du seul domaine économique : l?emploi saisonnier ou permanent est un enjeu
fort, de même que l?intérêt économique d?une eau de qualité par exemple.
L?offre de services d?intérêt général : services médicaux, services postaux, sécurité et sûreté des personnes, éducation,
petite enfance, vieillesse
Quelles transformations de l?offre de services publics et privés l?accueil temporaire ou permanent supplémentaire de populations et
d?activités engendre-t-il ? Le changement de dimension de la population ne fait-il pas apparaître des situations de carences dans
l?offre de services d?intérêt général ? Quelles adaptations de l?offre de services d?intérêt général seraient nécessaires afin de l?ajuster
aux demandes, éventuellement en évolution, des personnes et des familles du territoire ?
Le mode d?organisation du capital productif : entreprises, entrepreneurs
Le mode d?organisation du capital productif local contribue à la capacité du territoire à assurer la production de biens et de services
demandée par la population supplémentaire présente de manière permanente ou saisonnière. Il s?agit pour la société de gérer une
croissance rapide liée à l?accueil touristique en s?appuyant sur ses entreprises et ses entrepreneurs. Quels liens clients-fournisseurs
entre les entreprises permanentes et celles qui sont exclusivement saisonnières ?
d. Les ressources complexes,
à la croisée des trois sphères
Cette classification des ressources s?appuie
essentiellement sur des éléments simples reconnus
comme nécessaires au projet de territoire et
contribuant à la richesse ou à la qualité qu?offrent le
milieu et les sociétés qui l?occupent. D?autres
éléments, également perçus comme déterminants
pour le territoire en évaluation, sont d?une
construction plus complexe et ne peuvent donc pas,
pour cette raison, être assimilés à une ressource au
sens retenu dans cette classification. Il s?agit
d?éléments transversaux, couvrant deux ou/et trois
sphères du Développement durable (environnement,
société et économie), dont l?émergence est liée à un
ensemble de ressources simples en interaction les
unes avec les autres.
Par exemple, le foncier est un élément complexe
qui ne peut être limité à une ressource simple. Sa
transversalité associe les domaines :
- de l?environnement : il concerne alors direc-
tement la ressource sol. Son étendue plus ou
moins importante et l?augmentation du prix du
foncier augmentent la pression sur cette
ressource, particulièrement dans certains
secteurs sensibles. Le risque est de voir se
réduire, par endroit, la diversité des usages ;
- de la société : il concerne directement le mode
d?habiter qui, par la concurrence pour accéder à
la propriété foncière, subie l?exclusion d?une
partie de la population à faible revenu ;
25
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
- et enfin de l?économie : il concerne directement
le capital financier public qui, sous l?effet du prix
du foncier, voit se réduire ses capacités de
mobilisation financière pour répondre à l?en-
semble des besoins en équipement notamment.
La prise en compte du foncier, dans sa complexité et
sa transversalité, doit donc se situer à un autre niveau
de la mise en oeuvre de la démarche, celui de la
reconnaissance du principe de « partage du foncier »
comme un enjeu essentiel pour l?avenir du territoire.
Il permet ainsi, son possible éclairage par un sous-
ensemble d?indicateurs parmi la totalité de ceux
retenus pour l?évaluation plus globale de la capacité
d?accueil (voir partie II).
3. Vers le projet de territoire :
de la capacité d?accueil à la capacité de développement
3.1. Mettre en perspective le territoire
avec une « capacité de développement »
L?enjeu fondamental de la démarche de
détermination de la capacité d?accueil des territoires
littoraux est d?aider les collectivités locales à mener
un projet qui ne mette pas en péril le système de
ressources de leur territoire. Il s?agit en effet d?éviter
que les impacts négatifs de la pression
démographique et de la fréquentation touristique
puissent entraîner les territoires littoraux vers une
dynamique involutive d?érosion/épuisement des res-
sources telle, que leur pénurie pourrait hypothéquer
jusqu?au développement local. Ceci incite à évaluer et
suivre le degré d?usage des ressources des territoires
littoraux. La finalité de l?évaluation est alors de mettre
le territoire en projet, comme le demande la loi SRU.
Il s?agit d?adopter une démarche davantage tournée
vers l?avenir, qui étende la réflexion aux changements
de nature à l?oeuvre sur un territoire littoral.
Le concept de capacité d?accueil s?imbrique ainsi
dans une notion plus large de capacité de
développement, marquant un changement
d?échelle dans la réflexion en portant ainsi à la fois
sur le besoin de cadrage et le besoin d?orientation
de l?action territoriale.
La capacité de développement est définie
comme
l?ensemble des possibilités offertes par le
système de ressources du territoire dans la
perspective de mise en place de son projet.
3.2. Les particularités du capital
de ressources dans le projet de territoire
Cette capacité d?accueil et de développement
repose sur trois manières d?aborder les ressources et
leurs évolutions sur les territoires littoraux :
- la transversalité qui interroge sur la complexité
du système de ressources du territoire et met en
relief les interactions entre les ressources ;
- la prise en compte de la saisonnalité des
pressions ;
- l?interrogation spécifique des mutations en
cours qui affectent les différents stocks de capital
(naturel ou environnemental, social ou humain,
économique ou financier).
a. Une vision transversale des ressources
L?approche transversale de la capacité d?accueil est
fondée sur une vision territoriale des ressources
littorales. Elle permet de dépasser les approches
verticales basées sur l?analyse de secteurs particuliers.
Elle tient compte de trois éléments déterminants de
la capacité d?accueil d?un territoire littoral :
1- Les facteurs limitants de l?accueil sup-
plémentaire de populations et d?activités
proviennent essentiellement du fait que
certaines ressources sont présentes en quantité
limitée à un instant t ou à long terme sur un
territoire.
2- La probabilité des situations de
saturation, de dysfonctionnement, de
vulnérabilité des ressources, voire de leur
épuisement, est augmentée du fait que
plusieurs secteurs et acteurs puisent dans
les mêmes stocks de ressources ou les
utilisent simultanément, soit en ignorant
l?interdépendance de leurs usages, soit en tenant
compte de leur rareté relative par des stratégies
de concurrence.
3- La dépendance mutuelle indirecte entre
les différents acteurs et activités : une
activité qui transforme la qualité d?une
ressource a un impact sur celles qui
26
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
l?utilisent également. Elle pourrait prendre une
forme d?autant plus active que l?usage des
ressources s?accompagne de situations de
saturation, de dysfonctionnements et de
vulnérabilité. Les impacts pour le territoire du
respect du niveau de capacité d?accueil ou de son
dépassement portent sur l?ensemble du système
de ressources du territoire.
La détermination de la capacité d?accueil oblige à
une démarche transversale (fig. 2). En introduisant le
système de ressources du territoire, elle permet une
vision horizontale du processus, intégrée à la fois aux
niveaux spatial, temporel et sectoriel.
b. La saisonnalité des pressions
Actuellement, la discussion sur la capacité d?accueil
porte sur la période estivale et reste souvent limitée
à la question de la capacité d?hébergement touris-
tique. Pourtant, la saisonnalité de la fréquentation
constitue à la fois :
- un facteur de pression et de prélèvement
aggravé sur les ressources littorales en raison
des différentes formes que prend la fréquen-
tation du littoral.
La saison touristique estivale traditionnelle et son
cortège de saturations produisent des impacts sur le
milieu naturel et sur les populations résidentes
(ressenti comme un dérangement plus ou moins
important lié à la capacité d?accueil) : densité de
population, d?équipements collectifs, de résidences
secondaires?
Cette fréquentation peut également être très
ponctuelle, le temps d?un week-end de grandes
marées, qui augmente les prélèvements sur le milieu
nécessitant la mise en place de seuils de cueillette sur
le milieu en fonction des espèces prélevées.
- un facteur de perturbations environne-
mentales car les ressources ont des pas de
temps différents.
Pour la détermination de la capacité d?accueil, la
période estivale représente un temps important de
pression et/ou de ponction sur les ressources. Mais
d?autres périodes caractérisées par une moindre
fréquentation constituent néanmoins des temps
critiques pour nombre de ressources : le piétinement
sur les dunes, au printemps, est préjudiciable pour les
oiseaux qui y nichent (risque de destruction des nids).
c. Les mutations en cours
Aujourd?hui, la vision de la capacité d?accueil est
figée dans un chiffrage fixe sans suivi (taux de
remplissage des structures d?hébergement par
exemple), alors qu?elle évolue de fait dans le temps et
dans l?espace, avec le territoire.
Il est donc nécessaire de tenir compte des trois
éléments présents (fig. 3) :
- le temps long : aujourd?hui, il y a un déficit de
prise en compte du temps long dans l?action, car
le projet de territoire se base essentiellement sur
le temps politique qui est un temps court. Ce
déficit est facteur de déséquilibres, notamment
du fait qu?une ressource doit aussi être perçue,
voire gérée, à l?échelle du temps long. Le temps
long, c?est autant le passé que l?avenir. Ceci
implique une réflexion de durabilité prospective,
un suivi à long terme des décisions sur la capa-
cité d?accueil et de développement du territoire ;
Fig. 2 : la prise en compte des interactions entre les ressources
Système de ressources du territoire
ressources
interactions
interactionsinteractions
DDEA 85 / SUE / EA
Université de Nantes (Chadenas C., Pottier P., Pouillaude A.),
PUCA-DRE Pays de la Loire, 2009
économieenvironnement
société
27
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
- les échelles territoriales variées : les cartes
des EPCI sont systématiquement représentées
avec les limites communales. Or, leurs super-
ficies présentent souvent des différences rendant
les comparaisons absurdes, alors que les
processus sont le plus fréquemment transver-
saux, attachés à la proximité du rivage (espaces
proches), à la prise en compte de territoires
fragiles (terres agricoles de culture spécialisée,
L. 146-6, ZNIEFF?), ou encore de polarisations
qui structurent l?occupation humaine sans tenir
compte des limites communales (front balnéaire,
pôle urbain et son bassin de vie?) ;
- et les changements structurels : ils sont
subis ou générés par le territoire. Ils induisent
une modification du système de ressources du
territoire et donc de la capacité d?accueil et de
développement. Ainsi, le changement climatique
s?accompagnera d?une élévation du niveau de la
mer risquant de réduire la profondeur des
plages et donc leur capacité d?accueil.
Déficit de prise en compte
Déséquilibre des ressources
Les ressources doivent être
perçues et gérées à l?échelle
du temps long
Les ressources ne se
comprennent qu?à des
échelles différentes
Le fonctionnement des
ressources concerne le
territoire et peut le dépasser
Changements structurels subis
ou générés par le territoire
Modification du système de
ressources du territoire
Un
ive
rs
ité
d
e
Na
nt
es
(C
ha
de
na
s C
.,
Po
ttie
r P
.,
Po
uil
lau
de
A
.)
DR
E
Pa
ys
d
e
la
Lo
ire
-M
SH
, 2
00
8
La capacité d?accueil évolue
dans le temps et dans l?espace
avec le territoire
L?évaluation de la capacité d?accueil et de développement doit intégrer :
- le temps long
- des échelles
territoriales
variées
- des changements
structurels
Vision figée de
la capacité d?accueil
Vision figée de
la capacité d?accueil
Fig. 3 : les mutations en cours
4. La capacité d?accueil ne se calcule pas,
elle se co-construit
L?intégration de la transversalité, de la
saisonnalité et des mutations en cours modifie
finalement l?approche méthodologique de
détermination de la capacité d?accueil et de
développement en repositionnant les questions de
concertation entre les acteurs, comme celles des
états de référence, au coeur de la démarche.
4.1 Une prise en compte hiérarchisée des
ressources.
L?ensemble des équilibrages relève de choix
politiques qui consistent en un questionnement sur :
- ce qui doit être considéré comme les res-
sources prioritaires ou à fort enjeu d?un
28
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
territoire : la démarche de détermination de la
capacité d?accueil passe forcément par la prise
en compte de la capacité de développement qui
exprime des choix hiérarchisés quant à
l?importance des ressources et va ainsi, sur un
territoire donné, mettre l?accent sur certaines
ressources particulièrement vulnérables.
Ainsi, les plages réduites en surface de certaines
régions littorales représentent une ressource vite
saturée et facteur de limitation de la capacité
d?accueil, alors que dans d?autres régions, leur
reconnaissance comme ressource prioritaire à
fort enjeu n?est pas de mise, car leur étendue est
vaste ou simplement la pression touristique qui
s?y exerce n?est pas susceptible de les saturer ;
- ce que sont les principes fondamentaux,
orientant la gestion du système de
ressources du territoire. Ils constituent les
orientations et sont déclinés différemment
suivant les acteurs : le projet de territoire
s?appuie inévitablement sur des principes
fondamentaux qui sont liés au projet lui-même
ou aux contextes dans lequel il s?élabore (DTA,
lois et principes nationaux, recommandations et
protocoles européens?). Son intégration avec la
démarche de détermination de la capacité
d?accueil peut alors s?imaginer comme une
traduction des principes fondamentaux du projet
de territoire dans la capacité de développement,
par la prise en compte de certaines ressources
reconnues comme prioritaires, car directement
concernées par ces principes fondamentaux ;
- les seuils au-delà desquels la situation
est jugée dommageable ou inacceptable
pour la société : le fait que l?accueil de
populations soit porteur de changements ou de
mutations pouvant constituer un risque pour les
milieux naturels, comme pour les corps
sociaux, économiques et institutionnels, appelle
les acteurs publics et la société civile à se
positionner quant au degré de changement
qu?ils souhaitent arrêter comme base de leur
développement local littoral.
Le risque est considéré ici au regard des effets
produits par la pression humaine mal contrôlée
sur les ressources environnementales, sociétales
et économiques, c?est-à-dire par l?évaluation des
modifications et atteintes qui leur sont ainsi
portées. L?acceptation du risque dépend alors de
critères retenus et de leur ajustement à l?aide de
valeurs seuils. Il en ressort ainsi que certaines
ressources apparaissent plus vulnérables que
d?autres, que certaines ressources semblent plus
durablement détériorées, épuisées que d?autres.
Le sens de la démarche implique la
concertation et l?échange sur les priorités qui
doivent être retenues dans l?exercice de
détermination de la capacité d?accueil, et notamment
au sujet des ressources à enjeu et de l?évaluation de
leur niveau d?évolution et de leur mise en danger.
4.2 La concertation au cours de l?évaluation
La prise en compte élargie et intégrée des
critères d?appréciation de la capacité d?accueil
impose une approche nouvelle et notamment
l?ouverture à la concertation entre les différents
acteurs impliqués dans le projet de territoire à
mettre en place, par exemple.
Ainsi, la capacité d?accueil se co-construit
autant qu?elle se calcule. Son évaluation relève de
plusieurs niveaux de décision, impliquant tant les
collectivités locales que les services déconcentrés de
l?État, mais également d?une participation plus large
au niveau du territoire, impliquant les principaux
acteurs de la vie locale, acteurs économiques,
associations, résidents permanents associés à des
acteurs extérieurs, opérateurs touristiques, chambres
consulaires, universitaires, résidents temporaires?
La diversité des acteurs dans le processus
d?évaluation de la capacité d?accueil impose la
confrontation des points de vue, des stratégies et
d?intérêts quelquefois contradictoires, voire conflic-
tuels. Elle apparaît indispensable à l?émergence d?une
nouvelle gouvernance dont la concertation, la co-
construction et au-delà la co-décision s?imposent
comme des modes d?éclairage apportés à la question
de ce que le système de ressources du territoire est en
mesure de supporter comme pression humaine,
comme usages et comme pratiques.
La démarche n?est pas toujours simple à engager.
Elle dépend des rapports entretenus entre les acteurs
locaux et des conditions déjà existantes des
échanges entre les collectivités et les services de
l?État. Elle nécessite du temps et une volonté
d?aboutir, une réelle maîtrise d?oeuvre et des moyens
financiers et humains.
Dans la méthode d?évaluation de la capacité
d?accueil proposée, la démarche comporte une
succession d?étapes importantes. La procédure se
conduit au sein d?un comité de pilotage composé des
représentants de la collectivité locale, éventuellement
élargi à leur initiative, et au sein d?une équipe projet
constituée par les services de la maîtrise d?ouvrage et
le maître d?oeuvre, associant le plus souvent les
services territoriaux de l?État et les structures de
concertation existantes (Conseil économique et social?)
ainsi que les experts reconnus des questions à traiter.
29
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La contribution du groupe de réflexion élargi est
essentielle. Trois étapes se dessinent pour évaluer
la capacité d?accueil du territoire expertisé :
- le repérage des ressources à enjeu du
territoire, celles qui en font l?originalité et la
richesse, celles reconnues comme faisant partie
du capital de départ qu?il convient de ne pas
hypothéquer, mais au contraire de renforcer et
de préserver ;
- l?émergence de questionnements, qui
s?attache à évaluer les situations de
déséquilibre provoquées par l?augmen-
tation de populations et d?activités sur le
système de ressources du territoire. Elle
implique la reconnaissance de relations entre les
ressources et, au-delà, des principes
fondamentaux qui vont structurer la démarche
en articulant les capacités d?accueil et de
développement ;
- la mise en place du système d?indicateurs
et notamment le choix des données à prendre en
compte et surtout des seuils qui vont permettre
l?évaluation des situations de déséquilibre des
ressources.
Si la démarche s?inscrit de façon évidente dans une
négociation, elle doit être aussi et avant tout l?occasion
d?une réelle interrogation collective. Le rôle de
l?animation du comité de pilotage élargi est essentiel,
car de sa qualité vont dépendre la richesse de la
réflexion et la valeur qui lui sera alors accordée.
L?enjeu de la co-construction est particulièrement
évident dans la mise en place du système
d?indicateurs et de l?évaluation des ressources, car
c?est à ce moment que se produit la véritable
détermination de la capacité d?accueil, puis de la
capacité de développement.
4.3 Les états de référence
L?identification des seuils ou limites au-delà
desquelles une ressource est modifiée, voire mise en
danger, se fait non seulement par interrogation des
pressions qui s?exercent sur cette ressource, mais
également par reconnaissance du niveau atteint et de
son acceptabilité ou non.
Dans certains domaines souvent techniques et
faisant intervenir des instances de régulation, il est
possible d?utiliser des seuils normalisés et établis,
soit juridiquement comme pour la qualité de l?eau,
soit par expertise comme pour la densité
d?occupation des plages ou l?appréciation de la
capacité résiduelle d?urbanisation (Clémenceau,
2007). Mais dans beaucoup d?autres domaines, la
référence est plus incertaine, car les objectifs et les
programmes n?existent pas (Lemaître, 2007).
L?évaluation va alors dépendre de la négociation
entre les acteurs et des rapports d?intérêt et de force
qui vont se jouer sur le territoire.
Il existe enfin un domaine dans lequel la référence
est importante à considérer, quoique difficile à évaluer,
c?est la référence sociale du ressenti ou de la perception
collective spontanée. Les références, les normes
utilisées par les sociétés ont en effet un caractère
subjectif accentuant la difficulté de leur prise en
compte, mais elles n?en sont pas moins importantes et
à considérer.
30
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Les fondements conceptuels et méthodologiques
développés dans les pages qui précèdent posent les
bases d?une approche intégrée de la capacité d?accueil
et de développement des espaces littoraux.
Celle-ci pose comme hypothèse centrale que tout
espace littoral présente un capital en termes de
ressources à la fois humaines, environnementales et
économiques. Ce capital, qu?il est possible de décrire
comme le système de ressources du territoire, est
directement mis en jeu par l?augmentation des
populations, temporaires et/ou permanentes et des
activités. Il en découle alors que déterminer la
capacité d?accueil d?un territoire littoral revient à
faire évaluer le niveau maximum de pression
pouvant y être exercé par cet apport supplé-
mentaire, sans altérer le capital de départ, c?est-à-
dire sans mettre en péril les spécificités du système de
ressources du territoire littoral mis en étude.
La démarche s?accompagne de positions
méthodologiques qui découlent logiquement des
contours conceptuels qui sont proposés. Tout d?abord,
l?évaluation du système de ressources du territoire ne
peut se faire que dans le cadre d?une approche
intégrée :
- non seulement par la prise en compte globale
des ressources appartenant aux trois sphères du
Développement durable (environnement, société,
économie), mais également par le souci de
placer les interactions entre ressources au coeur
de l?évaluation ;
- mais aussi, par la proposition d?une approche
pragmatique qui s?appuie sur l?éclairage des
déséquilibres des ressources d?un territoire,
révélant ainsi autant de situations de non-
maîtrise de l?apport supplémentaire de
populations et d?activités et, par extension, de
dépassement de la capacité d?accueil.
Enfin, cette construction s?inscrivant inévitablement
dans le cadre d?un projet de territoire, c?est en
privilégiant la concertation entre les acteurs que ces
situations de déséquilibre peuvent être mises au jour,
discutées puis évaluées.
À la suite de cette étape de construction, il semble
à présent essentiel d?engager la réflexion sur le choix
des variables d?observation et d?évaluation les plus
adaptées à la perception des situations de sur-
exploitation, de maintien, de conservation/restau-
ration, voire de croissance et d?accumulation, élément
de ressource par élément de ressource. Cette nouvelle
étape devra alors poser les critères de référence qui
pourront permettre cette évaluation, au regard
d?aspects juridiques, d?expertise, de comparaison
d?une époque à une autre, d?un littoral à un autre ou
de choix fondamentaux exprimés par les principaux
groupes d?acteurs.
Conclusion de la partie I
31
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
PARTIE 2
Méthodologie d?évaluation de
la capacité d?accueil et de développement
des territoires littoraux
33
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Qu?est-ce que déterminer sa capacité d?accueil et
de développement pour une collectivité locale ?
C?est évaluer si l?accueil de populations et
d?activités, permanentes ou saisonnières, que la
collectivité envisage est compatible avec les
ressources disponibles et les objectifs qu?elle
porte pour son territoire.
La capacité d?accueil maximum est atteinte quand
apparaît l?altération inacceptable d?une ou plusieurs
ressources, quand le « capital de ressources du
territoire » apparaît mis en péril. Par conséquent, il
s?agit de questionner les ressources du territoire dans
leur ensemble (environnementales, sociales et
économiques) au regard de la pression humaine.
La méthode d?évaluation proposée aboutit à éclairer
la maîtrise ou la non-maîtrise de la capacité d?accueil
et de développement du territoire par un système
d?alerte et de veille, qui identifie les marges de
manoeuvre, les risques de rupture et les situations de
saturation des ressources.
1. Procédure de co-construction de l?évaluation
de la capacité d?accueil et de développement
Avant de mettre en oeuvre la mesure, il s?agit de
définir concrètement ce que l?on a besoin de mesurer.
Pour limiter le risque que l?évaluation intégrée
(environnement, société, économie) ne prétende à
une évaluation exhaustive impossible à mettre en
oeuvre, le référentiel de questionnements des
ressources délimite en amont le système d?indicateurs
d?un territoire particulier. Il constitue les deux
premières étapes de l?évaluation (fig. 4).
L?ambition de l?évaluation est bien d?apporter une
information sélective correspondant aux enjeux et aux
choix du territoire expertisé. Elle est adaptée à ses
spécificités.
L?évaluation de la capacité d?accueil et de
développement se co-construit en trois étapes
(fig. 4) :
? Étape 1 : la mise en péril des ressources sur un
territoire spécifique est abordée par les acteurs du
territoire - collectivités locales, services de l?État,
experts, société civile - afin de mettre en lumière
leur éventuelle fragilisation, leur altération, leur
épuisement ou au contraire, leur consolidation, du fait
de la pression humaine.
Par exemple, sur le site de l?étang de Thau dans le Languedoc-
Roussillon, le problème de la pollution de la ressource « eau »
est reconnu comme un enjeu central du territoire.
En fonction du niveau de réflexion déjà engagé sur
le territoire et compte tenu des procédures en cours,
les parties prenantes peuvent associer aux ressouces
à enjeux choisies quelques principes fondamentaux
qui tiennent un rôle stratégique dans la gestion du
capital de ressources du territoire.
L?élaboration du SCoT de l?étang de Thau prolonge la
question de la pollution de l?eau au principe fondamental de
la « Gestion et préservation de l?eau ». Ce principe cherche
à rendre plus compatibles les activités et les usages de
l?étang de Thau, les uns étant source de pollution de la
ressource, les autres nécessitant une bonne qualité de l?eau
(Crinquant, 2005).
Cette étape 1 est facilitée par l?utilisation de la
classification des ressources (fig. 1, p. 22).
? Étape 2 : l?expertise territoriale consiste ensuite à
questionner ressource par ressource, les atteintes
portées sur elles par la pression démographique et
touristique. Ce travail s?appuie sur une grille
méthodologique d?évaluation de la capacité d?accueil et
de développement axée sur les enjeux en matière de
fragilité des ressources mis en avant à l?étape 1.
Prolongeant l?exemple précédent, le niveau et les différents
types de pollution de l?eau sont l?objet d?une attention
particulière afin de qualifier l?atteinte portée à cette
ressource. Les origines démographiques et touristiques de
la dégradation de l?eau sont interrogées, les effluents des
stations d?épuration sont aussi pris en considération sous
l?angle de leur qualité et du lieu de rejet (proximité des
plages, des parcs aquacoles). Enfin, les conséquences des
différentes pollutions sur les autres ressources sont
interrogées. En particulier, quelles sont les incidences
des effluents des stations d?épuration sur la qualité
des stocks de coquillages ? Sur le mode de travail des
conchyliculteurs ? Sur la valeur ajoutée créée par les
secteurs touristique et aquacole ? (Crinquant, 2005).
? Étape 3 : la troisième et dernière étape vise à
mesurer la situation de maîtrise ou de non-
maîtrise des ressources identifiées dans les étapes
1 et 2, en élaborant un système d?indicateurs.
L?évaluation menée sur l?Étang de Thau pourrait ainsi
dégager des indicateurs relatifs à la qualité des eaux au
point de captage ou encore de capacité résiduelle de la
35
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Fig. 4 : procédure d?évaluation de la capacité d?accueil et de développement
Un
iv
er
si
té
d
e
Na
nt
es
(C
ha
de
na
s
C.
, P
ot
tie
r P
.,
Po
ui
lla
ud
e
A.
) -
D
RE
P
ay
s
de
la
L
oi
re
-
M
SH
, 2
00
8
3a : choix des indicateurs3a : choix des indicateurs
3b : choix des données3b : choix des données
3c : mobilisation des données3c : mobilisation des données
traitement traitement
3e : synthèse des indicateurs3e : synthèse des indicateurs
3d : choix des états de référence3d : choix des états de référence
=> fiches indicateurs=> fiches indicateurs
=> tableau de bord
=> tableau synoptique
des indicateurs
=> tableau synoptique
des indicateurs
validation
des niveaux acceptables
d'altération des ressources
validation
des niveaux acceptables
d'altération des ressources
validationvalidation
3f : matérialiser les relation3f : matérialiser les relation3f : matérialiser les relation3f : matérialiser les relationss
entre les indicateurentre les indicateurentre les indicateurentre les indicateur
Étape 3
Mesurer et apprécier
la fragilité des ressources
système de veille et d?alerte sur la maîtrise ou la non-maîtrise de la capacité d?accueil
validationvalidationGrille d?évaluation : questionnements et
hypothèses de situations de déséquilibres posés
les enjeux du territoire
=> quel niveau de pression pour le territoire ?
comité de pilotage
conduite et
animation du projet
validationvalidation
ré
un
io
ns
d
e
tra
va
il,
ré
un
io
ns
d
e
tra
va
il
en
qu
êt
es
d
e
te
rr
ai
n.
..
élaboration
de la grille
co
ns
ul
ta
tio
n
év
en
tu
el
le
d
?e
xp
er
ts
co
ns
ul
ta
tio
n
év
en
tu
el
le
d
?e
xp
er
ts
co
ns
ul
ta
tio
n
év
en
tu
el
le
d
?e
xp
er
t
identification des
ressources à enjeux
Étape 1
Mettre en lumière
les ressources posant question
Étape 2
Questionner les atteintes
portées aux ressources
par la pression anthropique
Ressources à enjeux identifiées
Le territoire expertisé et ses ressources équipe projet
36
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
station d?épuration et la valeur ajoutée du tourisme, de
l?aquaculture ; des états de référence pour apprécier la
situation actuelle au regard de normes, de situations
passées, de comparaisons nationales ou internationales, du
ressenti de la population? (Crinquant, 2005).
Ainsi, conformément aux préconisations de
l?AFNOR 10 pour la mise en oeuvre d?un outil
d?évaluation, la grille méthodologique de question-
nement des ressources construite aux étapes 1 et 2,
permet de définir la structure du système d?alerte et
de veille (mis en place à l?étape 3).
La première étape fait émerger les ressources
centrales concernées par la capacité d?accueil et de
développement du territoire expertisé. La deuxième
étape précise le contenu du système d?indicateurs de
ce territoire, en capitalisant un certain nombre de
questions posées au territoire confronté à un accueil
supplémentaire de populations et d?activités. Le
chiffrage des indicateurs de la capacité d?accueil par
des données et leur seuillage viendront ensuite
positionner le territoire quant à l?état de ses
ressources lors de l'étape 3 (fig. 4).
1.1. Étape 1 : mettre en lumière
les ressources posant question
a. Déroulé
L?évaluation de la capacité d?accueil commence par
le repérage des principales ressources à enjeu sur le
territoire expertisé. Elles en font son originalité et sa
richesse ; elles sont reconnues comme faisant partie
du capital de départ qu?il convient de ne pas
hypothéquer, mais au contraire de renforcer et de
préserver.
Ce questionnement est mené par l?équipe projet,
composé des élus locaux, des techniciens de la
collectivité locale expertisée (commune, inter-
communalité?), du conseil économique et social
local?. Il s?appuie sur la classification des ressources
(fig. 1, p. 22). Deux à trois réunions sont nécessaires
pour faire émerger les principales ressources à enjeu et
les principes fondamentaux qui s?attachent au territoire
en étude. Le déséquilibre d?une ressource peut
également ressortir de la consultation de différents
documents (fig. 5).
Parallèlement aux discussions au sein de l?équipe
projet, les documents d?urbanisme en vigueur, les
diagnostics territoriaux et les projets de territoire
associés sont étudiés (rapport de présentation du/des
PLU et leur(s) PADD, diagnostic préalable à
l?établissement d?un SCoT?) ainsi que des études
scientifiques qui apportent une connaissance
supplémentaire sur le territoire.
b. La contribution essentielle du comité de pilotage
élargi à l?évaluation
En pratique, les échanges au sein de l?équipe projet
s?organisent autour de la classification des ressources
(c?est-à-dire du système de ressources du territoire,
voir fig. 1). La discussion la plus large, entre les
différents acteurs, sur les ressources perçues comme
vulnérables et potentiellement en danger est
fondamentale car elle oriente la démarche sur un
nombre limité d?objets de réflexion et laisse de côté
+ =
Interrogation des ressources en jeu
Principes fondamentaux identifiés
U niversité de N antes ( C hadenas C ., P o ttier P ., P o uillaude A .) , P U C A - D R E P ay s de la L o ire, 2 0 0 9
réunions de l'équipe projet
et du comité de pilotage
consultation de documents
- monographies,
- rapports scientifiques,
- documents stratégiques.
bâtiments
construction
C apital
matériel
O rganisation
du capital
productif
C apital
f inancier
finances
publiques locales
subventions
d'investissement
externes
capital privé boursier
et bancaire
finances solidaires
entreprises
entrepreneurs
éducation
Services
d'intérêt
général
sécurité et sûreté
des personnes
services postaux
transports publics
services médicaux
petite enfance
vieillesse
immobilier
pêche
aquaculture
Tissu
économique
local
tourisme
activités récréatives
et culturelles
commerces
agriculture
saliculture
é
c
o
n
o
m
i
e
équipements collectifs
d'accueil des populations
équipements collectifs
facteurs d'attractivité
infrastructures
R esso urc es princ ipales,
néc essaires à la qualité et à la
ric hesse qu' o f f re le territo ire
Elém ents à enj eux
po ur l' ac c ueil supplém entaire
de po pulatio ns et d' ac tivités.
C u l ture
Démographie
M ode de vie
des individus
M ode
d'habiter
M ode
de
travail
Vie
collective
s
o
c
i
é
t
é
l'architecture
les pay sages
l'identité locale
la composition par âge
la répartition par sexe
la densité
l'éducation
la famille
la santé
les règles de vie
en société
l'habité permanent
l'habité temporaire
L a mixité sociale
les localisations
du travail
les formations et
savoir- faire
la part
et les caractéristiques
de l'emploi
les fédérations
professionnelles
les associations
les citoy ens
autorités publiques
R esso urc es princ ipales,
néc essaires à la qualité et à la
ric hesse qu' o f f re le territo ire
Elém ents à enj eux
po ur l' ac c ueil supplém entaire
de po pulatio ns et d' ac tivités.
Eau
A ir / c l imat
F aune
F lore
e
n
v
i
r
o
n
n
e
m
e
n
t
Sol
précipitations
nappes phréatiques
cours d'eau
mer
vent
air qu'on respire
climat océanique
climat méditerranéen
faune aquatique
faune aérienne
faune terrestre
formations aquatiques
formations ou espèces
singulières
dunes
estran
z ones topographiques
singulières
sous- sol
falaises
z ones humides
R esso urc es princ ipales,
néc essaires à la qualité et à la
ric hesse qu' o f f re le territo ire
Elém ents à enj eux
po ur l' ac c ueil supplém entaire
de po pulatio ns et d' ac tivités.
Fig. 5 : la mise en évidence des ressources affectées par des déséquilibres
10 Le groupe AFNOR mène une mission d?intérêt général dans le domaine de la normalisation délivrant les marques NF et AFAQ.
37
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
d?autres pour lesquels aucune observation ni
appréciation ne s?avèrent nécessaires dans l?immédiat.
La mise en péril des ressources sur un
territoire spécifique est abordée au travers d?un
faisceau de questionnements :
- quelles ressources y sont particulièrement en
danger ? particulièrement saturées ?
- quels éléments contribuant à la richesse ou à la
qualité qu?offre le territoire/le milieu souhaite-t-
on voir consolider ?
- quels sont les processus perturbateurs à
l?oeuvre qui risquent de réduire ou d?altérer ses
ressources spécifiques dans un contexte
d?accueil supplémentaire de populations et
d?activités ?
- quelles sont les grandes orientations, politiques
ou réglementaires, qui guident la gestion du
territoire et de ses ressources ?
Deux constructions sont alors possibles pour
faire émerger les ressources à enjeu :
1. la voie la plus directe consiste à interroger
une à une les ressources risquant d?être
déséquilibrées par un accueil supplémentaire de
populations et d?activités sur le territoire en
étude. Elle se fait à partir de la classification des
ressources.
Le résultat de la voie directe est
l?émergence des ressources à enjeu.
2. la seconde voie permet une exploration plus
poussée des ressources du territoire expertisé.
Elle s?appuie sur un premier diagnostic permet-
tant de faire ressortir les deux ou trois res-
sources qui apparaissent centrales pour le
territoire. Ce choix est opéré soit en raison du
déséquilibre qui touche ces ressources, suite à
l?accueil de populations et d?activités, soit en
raison d?une volonté forte accordée à leur
consolidation.
Exemple : l?installation d?une nouvelle population aisée sur
le littoral s?accompagne d?une demande de terrains
constructibles. Cette dernière entraîne des tensions sur les
marchés fonciers et immobiliers qui connaissent une
augmentation des prix. Ceci se traduit à la fois par un
enrichissement des habitants permanents vendeurs de leur
patrimoine et par une éviction des jeunes issus de familles
locales dépourvues de capital foncier, dans l?incapacité de
se loger sur place.
La collectivité locale, les acteurs économiques et la société
civile, les services de l?État ou les experts estiment que par
son ampleur, la tension sur le Sol fragilise globalement le
capital du territoire par un enchaînement d?interactions
successives mettant en jeu plusieurs ressources. Le Sol,
reconnu comme élément principal de ce processus,
représente ainsi une ressource centrale pour le territoire
littoral considéré.
Le résultat de la seconde voie est l?émergence
des principes fondamentaux de développement
(qui peuvent déjà avoir émergés lors des discussions
préalables à un projet de territoire ou les constituer
par la suite).
Ces principes essentiels orientent la gestion du
système de ressources du territoire. Ils énoncent la
volonté de maîtriser un processus éventuellement
perturbateur dans un contexte d?accueil
supplémentaire de populations et d?activités. Ils
peuvent aussi refléter l?attention particulière accor-
dée à la préservation d?un capital de ressources. Ces
principes fondamentaux peuvent être mis en avant
par l?État, au travers de la loi et des enjeux qu?il
porte sur un territoire, ou par les collectivités locales,
au travers de leur projet de territoire, notamment
traduit dans les documents d?urbanisme.
On peut également penser que les principes
fondamentaux ne sont pas seulement édictés par le
territoire, mais que certains peuvent intervenir à un
autre niveau d?analyse, par une échelle supra-
territoriale, nationale ou internationale. Celle-ci peut
alors orienter l?avenir d?un territoire : soit en
établissant au niveau international des concepts
fondamentaux, tel que le Développement durable,
sur la base desquels des acteurs peuvent choisir de
bâtir un projet de territoire ; soit en mettant en place
des réglementations telles que la loi Grenelle 1 en
France. Les lois sont aussi porteuses d?une
interrogation systématique de certains principes
fondamentaux, comme la densité urbaine ou la
mixité sociale portées par la loi SRU.
Les quelques ressources centrales associées
aux principes fondamentaux ne sont pas les
seules à être interrogées. Elles orientent simple-
ment le sens du questionnement qui est porté à
l?ensemble des ressources du territoire.
Qu?il s?agisse de la voie la plus directe ou de la
seconde, l?objectif est de disposer, à la fin de
l?étape 1, des quelques ressources posant ques-
tion sur le territoire expertisé, afin d?aborder
l?étape 2.
Exemple : le travail de co-construction mené
sur le territoire-atelier nous a conduit à faire
émerger :
- deux principes fondamentaux pour le premier
territoire-atelier (une commune) :
? le principe fondamental n° 1 Partage du
foncier dans un contexte insulaire subissant
un fort processus d?étalement urbain met en
jeu la ressource centrale « sol » ;
38
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
? le principe fondamental n° 2 Préservation et
de la gestion de la spécificité de ce territoire
littoral met en jeu les ressources « mode
d?habiter » et « mode de travail insulaire ».
- trois principes fondamentaux ont été mis en
évidence pour le second territoire-atelier (un
EPCI) :
? le principe fondamental n° 1 la Maîtrise de
l?étalement urbain au regard de la
disponibilité spatiale, met en jeu la ressource
centrale « sol » ;
? le principe fondamental n° 2 Maintien de la
diversité des usages pour éviter la
spécialisation du territoire et l?appau-
vrissement des milieux naturels met en jeu
les ressources centrales « Sol » et « Tissu
économique » ;
? le principe fondamental n° 3 Limiter la
croissance des déplacements en voiture et
favoriser les modes de circulation douces
met en jeu les ressources centrales « Capital
matériel » et « Mode d?habiter ».
1.2 Étape 2 : questionner les atteintes
portées aux ressources
a. Déroulé
Cette étape 2 s?appuie sur la co-construction
d?une grille méthodologique d?évaluation de la
capacité d?accueil (fig. 6) par l?équipe projet (fig. 4
et 5). Il est fait appel ponctuellement à des experts,
pour d'éventuelles précisions techniques (degré de
déséquilibre d?une ressource supposé/avéré par
exemple). Son but est d?apprécier si la capacité
d?accueil maximum du territoire est loin d?être
atteinte, en passe de l?être ou déjà atteinte.
Autrement dit, il s?agit de poser collectivement des
hypothèses d?altération d?une ressource, ou d?un
ensemble de ressources en interactions, du fait de
l?accueil supplémentaire de populations et/ou
d?activités. À cette fin, sa construction permet de
définir les objectifs de l?évaluation pour chaque
ressource (dans l?étape 3 seront choisis les indicateurs
pertinents qui qualifieront le déséquilibre, le
dysfonctionnement ou la saturation de la (des)
ressource(s).
Avec la grille méthodologique proposée (fig. 6), les
étapes 1 et 2 évitent de tomber dans le travers
courant de choisir des indicateurs avant de savoir ce
qui se passe sur le territoire et de retenir, parmi les
dynamiques à l?oeuvre, celles qui ont besoin d?être
évaluées. Ces premières étapes sont essentielles pour
l?opérationnalité de l?évaluation, dans une démarche
territoriale de la capacité d?accueil. Sans elles, le
système d?indicateurs mis en place risque de dépasser
largement les questions de capacité d?accueil, d?être
démesuré en nombre d?indicateurs tout en oubliant
des dimensions importantes de la pression humaine
sur le littoral (le plus souvent les impacts sont
oubliés). À l?issue de l?étape 2, l?évaluation est
complètement adaptée au territoire expertisé.
Le système d?indicateurs le sera également.
La co-construction des grilles d?évaluation de la
capacité d?accueil sur un territoire spécifique consiste
à réaliser un diagnostic approfondi des enjeux majeurs
du territoire en étude, mis en évidence par l?équipe
projet, à l?étape 1.
b. L?utilisation de la grille méthodologique d?évaluation
de la capacité d?accueil
La construction d?une grille méthodologique
adaptée au territoire expertisé vise à questionner les
déséquilibres affectant les ressources à enjeu
identifiées à l?étape 1. Les questionnements sont
directement articulés avec la classification des
ressources (fig. 1, p. 22).
La procédure de questionnements s?articule
en deux volets (fig. 6) :
1. un volet de questionnements sert à
préciser les atteintes portées aux ressources
du territoire par l?arrivée supplémentaire de
populations et d?activités (permanentes ou
saisonnières). Il correspond aux trois premières
colonnes de la grille d?évaluation (fig. 6).
La première colonne reprend les ressources à
enjeu sélectionnées parmi la classification
proposée et mises en évidence à l?étape 1.
Dans la deuxième colonne, une question est
formulée. Elle précise la nature de l?atteinte
portée aux ressources sur ce territoire par
l?accueil supplémentaire de populations et
d?activités (saisonnières ou permanentes). Elle
permet de qualifier les effets de la pression
anthropique sur la ressource que l?on veut
évaluer. C?est l?objectif d?évaluation.
Chaque question se prolonge dans une troisième
colonne en interrogeant la capacité du
territoire à éviter la mise en péril de la
ressource considérée ou sa capacité à favo-
riser sa consolidation. Dans une perspective
de capacité de développement, les capacités par
ressource appellent à tester l?aptitude du
système des ressources du territoire à
accompagner la pression démographique et
touristique. Elles renvoient ainsi à l?évaluation
des possibilités offertes par les ressources du
territoire.
39
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Fig. 6 : grille méthodologique d?évaluation de la capacité d?accueil et de développement d?un territoire
40
Et
ap
e
1
E
ta
pe
2
E
ta
pe
3
C
ap
ac
ité
à
é
vi
te
r
la
m
is
e
en
p
ér
il
de
la
r
es
so
ur
ce
à
e
nj
eu
x
E
cl
ai
ra
ge
d
es
s
itu
at
io
ns
de
d
és
éq
ui
lib
re
s
de
la
re
ss
ou
rc
e
à
en
je
ux
e n v i r o n n e m e n t s o c i é t é
E
a
u
A
ir
/c
li
m
at
S
o
l
F
au
n
e
F
lo
re
M
od
e
d'
or
ga
ni
sa
t i
on
du
c
ap
it
al
p
ro
du
ct
if
C
ap
it
al
f
in
an
ci
er
Ti
ss
u
é
co
no
m
iq
ue
lo
ca
l
C
u
lt
u
r e
D
é
m
o
g
ra
p
h
ie
M
o
d
e
d
e
v
ie
d
e
s
i
n
d
iv
i d
u
s
M
o
d
e
d
'h
a
b
i t
e
r
M
o
d
e
d
e
t
ra
v
a
i l
V
ie
c
o
ll
e
c
ti
v
e
O
ffr
e
de
s
er
vi
ce
d'
in
té
rê
t g
én
ér
al
C
ap
it
al
m
at
ér
ie
l
é c o n o m i e
L
es
é
ta
p
es
d
e
l'é
va
lu
at
io
n
d
e
la
c
ap
ac
it
é
d
'a
cc
u
ei
l e
t
d
e
d
év
el
o
p
p
em
en
t
d
u
t
er
ri
to
ir
e
ex
p
er
ti
sé
U
ni
ve
rs
ité
d
e
N
an
te
s
(C
ha
de
na
s
C.
,
Po
tt
ie
r
P.
,
Po
ui
lla
ud
e
A.
),
P
U
CA
-
D
RE
P
ay
s
de
la
L
oi
re
,
20
09
Choix des re
ss
ou
rc
es
à
e
nj
eu
x
1. sur u
n te
rri
toi
re
p
ar
tic
ul
ie
r e
t
2. par l?
accu
eil s
up
pl
ém
en
ta
ire
d
e
po
pu
la
tio
ns
d?activ
ité
s,
pe
rm
an
en
te
s
ou
s
ai
so
nn
iè
re
s
L'
in
di
ca
te
ur
a
ss
ur
e
la
co
nn
ec
tio
n
en
tr
e
l'o
bj
ec
tif
d'
év
al
ua
tio
n
af
fic
hé
e
t l
a
si
tu
at
io
n
m
es
ur
ée
d
e
m
aî
tr
is
e
ou
d
e
no
n-
m
aî
tr
is
e
de
la
c
ap
ac
ité
d
'a
cc
ue
il
et
d
e
dé
ve
lo
pp
em
en
t d
u
te
rr
ito
ire
M
is
e
en
lu
m
iè
re
d
e
la
v
ul
né
ra
bi
lit
é,
l'a
lté
ra
tio
n
et
d
e
l'é
pu
is
em
en
t d
es
re
ss
ou
rc
es
Al
er
te
s
ur
la
n
on
-m
aî
tr
is
e
de
la
c
ap
ac
ité
d
'a
cc
ue
il
et
d
e
dé
ve
lo
pp
em
en
t
du
t
er
ri
to
ir
e
O
bj
ec
tif
s
d'
év
al
ua
tio
n
de
s
ef
fe
ts
d
e
la
pr
es
si
on
a
nt
hr
op
iq
ue
su
r l
a
re
ss
ou
rc
e
pr
in
ci
pa
le
R
es
so
ur
ce
s
pr
in
ci
pa
le
s,
né
ce
ss
ai
re
s
à
la
q
ua
lit
é
et
à
la
r
ic
he
ss
e
qu
'o
ff
re
le
te
rr
ito
ir
e
R
es
so
ur
ce
s
pr
in
ci
pa
le
s
à
pr
en
dr
e
en
c
om
pt
e
da
ns
la
d
ét
er
m
in
at
io
n
de
la
ca
pa
ci
té
d
'a
cc
ue
il
Q
ue
st
io
n
po
sé
e
en
te
rm
es
d
e
ca
pa
ci
té
d
'a
cc
ue
il
su
pp
lé
m
en
ta
ir
e
de
p
op
ul
at
io
ns
et
d
'a
ct
iv
ité
s,
pe
rm
an
en
te
s
ou
s
ai
so
nn
iè
re
s
M
es
ur
e
de
l'
in
di
ca
te
ur
de
d
és
éq
ui
lib
re
d
e
la
re
ss
ou
rc
e
à
en
je
ux
Le
q
ue
st
io
nn
em
en
t
co
rr
es
po
nd
a
u
ch
am
p
co
uv
er
t
pa
r
le
f
ut
ur
s
ys
tè
m
e
d'
in
di
ca
te
ur
s
A
pt
itu
de
d
u
sy
st
èm
e
de
re
ss
ou
rc
es
d
u
te
rr
ito
ire
à
év
al
ue
r l
a
m
is
e
en
p
ér
il
de
s
re
ss
ou
rc
es
en
vi
ro
nn
em
en
ta
le
s,
s
oc
ia
le
s
et
é
co
no
m
iq
ue
s
1
2
3
4
5
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
2. Un volet d?alerte débute à la 4e colonne de
la grille d?évaluation. Il vise à signaler la non-
maîtrise de la capacité d?accueil et de
développement du territoire.
Il apporte un éclairage sur les situations de
déséquilibres en mettant en lumière, dans la
4e colonne, la vulnérabilité, l?altération ou l?épuise-
ment éventuel de la ressource à enjeu considérée.
Toutes les ressources possiblement en déséqui-
libre suite à la pression humaine sont ainsi
explorées, ce qui aboutit à la construction
d?une grille d?évaluation articulée à un
ensemble d?hypothèses de déséquilibres,
qu?il faudra alors ensuite éclairer par des
mesures et des éléments d?appréciation de la
maîtrise de la capacité d?accueil lors de la
dernière phase d?évaluation.
Ressource
à enjeu
Question posée en termes de
capacité d?accueil supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou permanentes
Capacité à éviter la
mise en péril de la
ressource à enjeu
Éclairages des situations de
déséquilibres
Consommation d?espace par l?urbanisation
excessive
Offre de terrains constructibles inadaptée
à la demande
Faible densité des espaces urbanisés
Dispersion spatiale exagérée et disparition
des coupures entre les bourgs
SOL La part du sol à vocation urbaine réservée
à l?accueil supplémentaire de populations
et d?activités est-elle de nature à favoriser
l?étalement urbain (gaspillage de la
ressource sol) ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine 6
Procédures d?urbanisme opérationnel et
politique de maîtrise foncière insuffisantes
Exemple de questionnement et d?alerte sur la ressource à enjeu SOL
Dans la pratique, les colonnes n° 2, 3 et 4
servent de points d?entrée pour remplir la grille
d?évaluation (fig. 6) aux acteurs de l'équipe-
projet.
Afin d?éviter une trop grande dispersion des propos
dans le volet de questionnements, la formulation des
problématiques qui s?attachent à ces ressources à
enjeu doit toujours se faire en termes de pres-
sions exercées par l?arrivée de populations et
d?activités, en particulier saisonnières.
Exemples :
1. La part du sol à vocation urbaine réservée à l?accueil
supplémentaire est-elle de nature à favoriser l?étalement
urbain (gaspillage de la ressource Sol) ?
2. Sous la pression du développement urbain, la
concurrence sur le sol est-elle de nature à limiter ou
perturber les autres usages ?
3. Face à l?arrivée massive de populations saison-
nières, les pratiques sociales locales se perdent-elles,
remettant en cause la spécificité de ce territoire ?
4. Sous l?effet du développement, le capital matériel
(équipements collectifs et infrastructures) répond-il aux
besoins des populations en croissance ?
5. L?équilibre du capital financier public local est-il mis à
mal par le coût excessif de l?accueil supplémentaire
de population ?
Pour remplir le tableau, les acteurs préfèrent
souvent commencer par la colonne 4. Elle fait appel,
la plupart du temps, à des connaissances empiriques
sur des situations de déséquilibres des ressources
provoquées par une non-maîtrise de la pression
humaine, vérifiées puis validées par l'équipe-projet.
Dès lors, cette entrée est plus facile qu'une
formulation par la capacité, par exemple (colonne 3).
11 Dans la colonne « Capacité », le numéro renvoie aux fiches « Capacité » qui vont être construites dans l'étape 3.
Ressource
à enjeu
Capacité à éviter la mise en péril de la
ressource à enjeu11
SOL La part du sol à vocation urbaine réservée à l?accueil supplémentaire
de populations et d?activités est-elle de nature à favoriser
l?étalement urbain (gaspillage de la ressource sol) ?
Capacité à maîtriser l?extension urbaine 6
Question posée en termes de capacité d?accueil
supplémentaire de populations et d?activités,
saisonnières ou permanentes
Exemple de questionnement sur la ressource à enjeu SOL
41
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Les déséquilibres associés aux exemples ci-dessus peuvent
être :
1. consommation excessive d?espace par les nouvelles
constructions, faible densité des espaces urbanisés,
disparition des coupures entre les bourgs?
2. manque de disponibilités foncières pour les activités
économiques, transformation ou disparition des habitats
naturels, forte régression des terres agricoles?
3. identité culturelle locale en régression?
4. capacité d?assainissement des eaux usées insuffisantes
en qualité et/ou en quantité, saturation du réseau viaire
et/ou des parkings?
5. solvabilité financière locale mise en danger, renoncement
à un certain nombre d?actions publiques importantes faute
de moyens financiers, surreprésentation de la TH et de la
TFB dans les bases d?imposition communale?
Cette deuxième étape aboutit à une grille re-
groupant l?ensemble des questionnements et alertes,
adaptée au territoire expertisé. Sa réalisation néces-
site plusieurs moments d?échanges au sein de
l?équipe projet et avec le comité de pilotage (fig. 5)
pour proposer/formuler les éléments de la grille, les
assembler et les valider.
Afin de faciliter la mise en oeuvre de cette
étape 2, une grille méthodologique exemple est
proposée (à suivre). Elle regroupe à titre indicatif les
atteintes récurrentes portées aux ressources litto-
rales, sous la forme de 30 questions incontournables
en termes d?évaluation de la capacité d?accueil sur le
littoral, associées à 34 capacités à éviter la mise en
péril de la ressource à enjeu. Cette grille ne cons-
titue pas un recueil exhaustif des états de res-
sources devant systématiquement être évalués lors
d?une démarche d?évaluation de la capacité
d?accueil. En effet, certaines interrogations n?ont pas
forcément de sens sur des territoires particuliers,
d?autres au contraire demandent à être plus préci-
sément détaillées. Chaque grille méthodologique est
spécifique au territoire en étude.
Ce point est encore plus évident dans le cadre d?une
évaluation systématique et positionnée par rapport
aux enjeux du territoire (2e voie de construction struc-
turée autour de principes fondamentaux, étape 1). La
méthodologie comprend alors la construction de
plusieurs grilles d?évaluation, une par ressource
centrale ou par principe fondamental, selon le choix
qui a été fait sur le territoire expertisé et en prise
directe avec son projet de développement (seconde
voie proposée dans l?étape 1, voir p. 38). Ces grilles ne
sont ensuite assemblées que dans un second temps,
pour produire une grille synthétique permettant la
mise en place du système d?alerte et de veille.
R
e
ss
o
u
rc
e
s
à
e
n
je
u
x
Question posée en
termes de capacité
d?accueil supplémentaire
de populations et
d?activités, saisonnières
ou permanentes
Capacité à éviter la mise
en péril de la ressource à
enjeux
Éclairages des situations de
déséquilibres de la ressource à enjeu
Mesure
de l?indicateur de déséquilibre
de la ressource à enjeu
Indicateurs fondamentaux
Indicateurs complémentaires
E N V I R O N N E M E N T
Capacité résiduelle de production
d?eau potable et volume annuel d?eau
importée
Dépassement de la capacité nominale
de production d?eau et/ou surcoût
excessif de l?approvisionnement
Coût du m d'eau pour le
consommateur et pour la collectivité
La pression humaine en
période estivale contraint-
elle l?approvisionnement en
eau des populations et des
activités ?
Capacité à garantir le bon
accès à l?eau 1
Accroissement des restrictions de la
consommation d?eau
Nb de jours de restriction par arrêté
préfectoral
Qualité des eaux de ruissellement
Qualité des eaux de baignade
Dégradation de la qualité des eaux
souterraines et de surface
(ruissellement et baignade)
Classement des dispositifs individuels
d?assainissement suivant la qualité du
rejet
Taux de nitrates Dégradation de la qualité de l?eau liée
à une agriculture peu respectueuse de
l?environnement
Présence d?espèces animales ou
végétales, témoins de la qualité de
l?eau
Déclassement de la production
conchylicole par contamination
bactériologique
Nb de jours d?interdiction de
commercialisation
La qualité de l?eau est-elle
menacée par
l?intensification des usages
et/ou des activités
polluantes qui limitent son
partage ?
Capacité à préserver une
qualité de l?eau
compatible avec les
différents usages du
bassin-versant et de la
mer 2
Interdictions de plus en plus
fréquentes ou prolongées de la pêche,
de la pêche à pied
Nb de jours d?interdiction de pêche à
pied
E
A
U
Grille exemple à utiliser comme cadre méthodologique regroupant
30 questions incontournables pour l'évaluation de la capacité d?accueil
42
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Question posée en termes de
capacité d?accueil
Capacité à ? Éclairages des situations de déséquilibres
Mesure
de l?indicateur
Encombrement, voire saturation
répétée du plan d?eau
Comptages pendant les périodes
d?affluence
Mécontentement, voire conflits
répétés entre différents usagers du
plan d?eau
Enquête et entretiens
Enquête de terrain
L?occupation du plan d?eau
maritime révèle-t-elle une
situation de développement
non maîtrisée de différents
usages ?
Capacité à gérer la
diversité des usages sur le
plan d?eau maritime 3
Rejets importants de déchets en mer
par la plaisance Coût financier de la collecte
La spécialisation touristique
du territoire provoque-t-elle
des nuisances sonores ?
Capacité à garantir un
niveau sonore raisonnable 4
Augmentation des activités bruyantes
(notamment nocturnes)
Plaintes et appels pour tapage
nocturne ou nuisance sonore
L?accroissement des
activités est-il de nature à
mettre en péril la qualité de
l?air ?
Capacité à garantir la
qualité de l?air 5
Dégradation de la qualité de l?air Suivi des niveaux de pollution de l?air
Tranche modale des surfaces
construites
Pression urbaine ressentie
Consommation d?espace par
l?urbanisation excessive
Surface totale occupée par
l?urbanisation
Offre de terrains constructibles
inadaptée à la demande
Capacité résiduelle d?urbanisation
Faible densité des espaces urbanisés Densité des espaces urbanisés et des
processus d?urbanisation, COS
réglementaires, densité minimale
Dispersion spatiale exagérée et
disparition des coupures entre les
bourgs
Dispersion spatiale de la construction
et étalement de la tâche
d?urbanisation
Part de surface totale du territoire en
ZAC/ZAD, lotissement et réserve
foncière
La part du sol à vocation
urbaine destinée à l?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités
est-elle de nature à
favoriser l?étalement
urbain ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine 6
Procédures d?urbanisme opérationnel
et politique de maîtrise foncière
insuffisantes
Usage du DPU
Manque de disponibilités foncières
pour les activités économiques
Surface disponible et taux
d?occupation des ZAE
Régression des terres agricoles Surface Agricole Utile et zonage
agricole dans le PLU
Surface totale du territoire en zone
naturelle (occupation du sol)
Surface totale des zones humides
comblées
Transformation ou disparition des
habitats naturels
Proportion de la superficie en ZNIEFF
classée (ZPS, ZSC, site inscrit/classé)
Sacrifice des espaces
fragiles/sensibles situés dans des
zones à vocation urbaine des PLU
Surface des espaces fragiles situés en
zone urbaine
Envolée des prix du foncier (pression
foncière excessive)
Prix des terrains à bâtir achetés et
évolution
Sous la pression du
développement urbain, la
concurrence sur le sol est-
elle de nature à limiter ou
perturber les autres
usages ?
Capacité à préserver les
espaces nécessaires aux
autres usages 7
Difficulté à trouver un site approprié
pour le transit des déchets
Surface disponible pour
l?enfouissement, le transit et le
stockage, rapportée au tonnage de
déchets à traiter en haute saison
Concurrence exacerbée entre
l?extension des parcs aquacoles et
l?occupation touristique du trait de
côte et du plan d?eau
Enquête de terrain
Saturation des plages (baignade,
chenal, jeux, restauration?)
Comptages et calculs du taux
d?occupation (densité) des plages
Sous la pression croissante
des pratiques touristiques,
la diversité des usages du
domaine public est-elle
remise en cause ?
Capacité à partager
équitablement le domaine
public (terrestre et
maritime) 8
Encombrement supplémentaire et
excessif de certains espaces collectifs
(centre-ville, port, remblais?)
Comptages, encombrement ressenti
Niveau de fréquentation des espaces
fragiles à vocation naturelle
Ouverture de nouveaux sentiers par
la fréquentation
Pratiques excessives et
déstabilisatrices des espaces
sensibles, par une utilisation non
maîtrisée des parties vulnérables du
territoire
Parkings aménagés aux abords des
espaces sensibles
L?intensité des pratiques
touristiques sur certains
espaces sensibles du littoral
favorise t-elle leur
dégradation ?
Capacité à éviter des
pratiques déstabilisatrices
sur les sites naturels
sensibles 9
Dégradation du profil de l?ensemble
plages-dunes sous l?effet du
piétinement
Relevés de terrain
E
A
U
A
I
R
S
O
L
43
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Capacité à ?
Éclairages des situations de déséquilibres
Mesure de l?indicateur
Nb d?espèces Perte de la diversité faunistique et
diminution des individus
emblématiques
Taille des populations communes et
emblématiques
Capacité à préserver la
faune littorale 10
Pratiques concurrentielles sur l?estran
en période sensible pour les oiseaux
d?eau
Mise en place de zones de tranquillité
Chasse au gibier d?eau excessive Nb de procès-verbaux pour les cas de
braconnage
F
A
U
N
E
Les espèces faunistiques
(notamment aquatiques),
sont-elles mises en péril
sous l?effet des pressions
humaines (qualité du
milieu menacée) ?
Capacité à éviter le
dérangement de la faune
sauvage 11
Fort développement du kite-surf en
période de migration et d?hivernage
des oiseaux d?eau
Relevés de terrain
Uniformisation de la flore locale Présence d?espèces invasives
Nb et surface des herbiers de
zostères
Diminution des populations végétales
Nb d?espèces messicoles
Piétinements anarchiques de la flore
dunaire
Évolution de la surface de végétation
dunaire
Capacité à préserver les
espèces floristiques
indigènes 12
Disparition des algues et du goémon Relevés de terrain
Mise en péril de la continuité des
formations végétales
Surface des entités végétales
remarquables
F
L
O
R
E
Les espèces floristiques
sont-elles mises en péril
sous l?effet des pressions
humaines ?
Capacité à maintenir une
trame verte cohérente 13
Mauvais état de conservation des
biotopes
Surface de landes à bruyères et des
pelouses maritimes
S O C I É T É
Expression de la culture locale altérée Nb d?associations culturelles,
sportives et artistiques actives et
adhérents, de journées
événementielles et poids de la
période estivale
Face à l?arrivée massive de
populations saisonnières,
les pratiques sociales
locales se perdent-elles,
remettant en cause la
spécificité de ce territoire ?
Capacité à préserver
l?identité locale (pratiques
culturelles, identité
maritime?) 14
Identité culturelle locale en régression Enquête sur les mécontentements
exprimés à ce sujet
Permis de démolir
Evolution spatiale de l?urbanisation
Les caractéristiques
urbaines traditionnelles
sont-elles mises en péril
par les nouvelles
constructions ?
Capacité à maintenir le
caractère local du
patrimoine bâti 15
Destruction du bâti ancien
traditionnel, dissolution des villages
anciens dans la tache urbaine,
uniformisation, banalisation des
caractères architecturaux
Etude architecturale
Transformations paysagères dues au
développement de l?urbanisation
(construction et infrastructures) et à
l?abandon de l?agriculture extensive
Nb de dispositifs de gestion
contractuelle sur les espaces protégés
et évolution des peuplements des
haies
Appauvrissement de la spécificité
paysagère locale
Nb d?oliviers vendus par les
paysagistes locaux
Evolution ressentie du paysage
C
U
L
T
U
R
E
Sous la pression
démographique et les
évolutions économiques,
l?identité paysagère est-elle
menacée ?
Capacité à préserver les
spécificités et la qualité
paysagères 16
Perte de la qualité paysagère due à la
multiplication et la mauvaise
intégration des infrastructures de
déplacements
Étude de terrain
Nb d?habitants permanents
Projection démographique dans les
documents d?urbanisme
Solde migratoire selon l?âge et la CSP
Crainte d?une évolution
démographique déséquilibrée
Nb d?habitants dont le lieu de
résidence 5 ans auparavant n?était
pas la commune et répartition par
âge
De moins en moins de jeunes au sein
de la population locale
Part des tranches d?âges - de 25 ans
et + 60 ans
Solde migratoire par âge et par
catégorie socio-professionnelle
D
É
M
O
G
R
A
P
H
I
E
Le développement de
l?activité touristique
génère-t-il un déséquilibre
démographique ?
Capacité à assurer le
maintien et le
renouvellement des
populations permanentes
17
Baisse de la population permanente
en âge d?être active et
surreprésentation des inactifs chez les
nouveaux résidents
Nb d?habitants entre 15 et 60 ans
Question posée en termes ...
Prélèvement excessif ou/et
non-sélectif ou/et défaillance du
contrôle des quantités et des tailles
Proportion d'engins de pêche sélectifs
(casier, filet, palangre, chalut sélectif...)
Absence ou faiblesse de mesures
collectives de gestion
Mise en place et types de mesures
collectives (systèmes de licences et
permis de pêche spéciaux, prise en
compte des frayères et nourriceries,
récifs de protection et de production...)
Respect des réglementations
Evolution des stocks (poissons et
coquillages)
44
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Capacité à ? Éclairages des situations de déséquilibres
Niveau de fréquentation touristique
connue ou estimée (y compris pour le
touriste à la journée) et rapport à la
population permanente
Fréquentation et densité touristique
excessive par rapport à la population
permanente
Densité mesurée et ressentie des
populations permanentes et
saisonnières
D
E
M
O
G
R
A
P
H
I
E
La population saisonnière
et touristique n?est-elle pas
trop importante par rapport
à la population
permanente et à l?espace
disponible ?
Capacité à maintenir un
équilibre démographique
entre les populations
permanente et temporaire
18
Concentration des populations âgées
permanentes sur le trait de côte et
des jeunes ménages dans les
communes rétrolittorales
Migrations intercensitaires et
domicile-travail des populations au
départ du secteur littoral vers les
espaces voisins rétrolittoraux
Encombrements observés Difficultés de circulation
Temps de trajet moyen au km sur
certains itinéraires
Difficultés de plus en plus grandes de
trouver un stationnement proche de
son logement
Saturation des espaces de
stationnement
Nb d?accidents corporels de la
circulation rapporté au trafic routier
et part de ceux survenus en été
La qualité du mode de vie
local est-elle remise en
cause en raison de
l?augmentation des
déplacements ?
Capacité à maintenir des
conditions de vie
acceptables 19
Recrudescence des accidents entre
circulations douce et motorisée
pendant l?été
Risque ressenti de danger de
circulation
Non-respect du Code de la Route par
les vacanciers
Interventions et procès-verbaux
recensés par la gendarmerie et la
police municipale rapportés à la
population présente
Augmentation marquée des vols et
des bagarres l?été
Poids de l?été dans le nombre
d?interventions de la police municipale
Ressenti sur la propreté des lieux Multiplication des dépôts sauvages de
déchets Nb de poubelles publiques pour 1 000
habitants l?été
M
O
D
E
D
E
V
I
E
D
E
S
I
N
D
I
V
I
D
U
S
La qualité de la vie liée aux
règles sociales est-elle
altérée par l?apport d?une
population extérieure ou la
densité d?individus
atteinte ?
Capacité à préserver le
fonctionnement social
propre au territoire 20
Nécessité de vivre en horaires
"décalés" pour se déplacer et accéder
aux services
Enquête directe
Répartition entre les résidences
principales et secondaires
Difficultés pour la population
permanente de se loger sur place
Commune d?origine des demandeurs
de permis de construire
Saturation des structures
d?hébergement touristiques
Capacité et niveau de fréquentation
par type d?hébergement
Coût total médian et moyen des
transactions immobilières
Difficultés de transmission des biens
immobiliers entre les générations et
difficultés à assurer des parcours
résidentiels
Nb de logements en primo-accession
destinés aux jeunes ménages
Perte de la diversité résidentielle et
sociale au sein de la population
permanente
Nb de logements sociaux par
habitants et structure par âge des
occupants
Demande de logements locatifs
annuels non satisfaite
Fonctionnement du parc locatif public
(taux de vacance, de rotation, délai
d?attente?)
Difficulté d?accès au logement pour
les étudiants et/ou les saisonniers
Etendue de la pratique de mise à
disposition d?un logement par les
employeurs ou Nb d?emplacements de
campings occupés par des saisonniers
Évolution du prix du foncier
Capacité à assurer la mixité
résidentielle et sociale 21
Ségrégation spatiale entre les
résidences secondaires et principales
à proximité de la mer Localisation des nouvelles résidences
principales et secondaires
Structure de l?offre d?hébergement Disparition de la diversité des formes
d?hébergement touristique, éviction
du tourisme social
Revenu des résidents secondaires et
profil par CSP des touristes en séjour
M
O
D
E
D
?H
A
B
I
T
E
R
La pression qui s?exerce sur
le foncier littoral
s?accompagne-t-elle d?un
processus
d?exclusion/ségrégation des
modes d?habiter
temporaires ou
permanents, au fil des
générations ?
Capacité à diversifier l?offre
d?hébergement touristique
22
Quartiers de résidences secondaires
aux volets clos trop systématiques
Durée d?occupation des résidences
secondaires
Évolution du volume de l?emploi et
taux de chômage (DEFM 1) au 31
janvier et 31 juillet
M
O
D
E
D
E
T
R
A
V
A
I
L
Face au développement
d?activités dédiées à
l?accueil des populations
saisonnières ou
permanentes, les emplois
et les métiers restent-ils
représentés dans leur
diversité sur le territoire ?
Capacité à maintenir
localement les emplois
permanents et les
diversifier 23
Emplois nombreux mais fortement
saisonniers
Types des demandeurs d?emploi
(annulation par reprise, saisonniers,
activité réduite)
Question posée en termes ... Mesure de l?indicateur
45
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Question posée en termes ... Capacité à ?
Éclairages des situations de déséquilibres
Part de l?emploi saisonnier dans
l?emploi
Répartition de l?emploi par secteur Perte de la diversité des emplois
(directs et indirects) par resserrement
sur le tourisme et la construction
Créations d?emplois liées au tourisme,
rapportées aux pertes dans les autres
secteurs
Indicateur de concentration spatiale
de l?emploi
Baisse des possibilités de "Vivre et
Travailler au pays"
Volume des migrations domicile-
travail
Perte de la diversité des fonctions de
l?urbain
Part de la résidentialisation dans le
tissu urbain
Appauvrissement du vivier de
compétences locales
Répartition de la population
permanente par niveaux de formation
et tranches d?âges
Manque de main-d?oeuvre qualifiée
pour certains emplois non pourvus
Perte de l?adéquation entre formation
et emploi
Nb important de femmes peu
qualifiées
M
O
D
E
D
E
T
R
A
V
A
I
L
La spécialisation touristique
génère-t-elle la perte de
savoir-faire locaux ?
Capacité à entretenir des
savoir-faire locaux 24
Disparition des savoir-faire de la
filière maritime
Effectifs des métiers spécifiques
(marins, charpentiers de marine,
conchyliculteurs, paludiers?)
Relations conflictuelles entre
populations autochtones et
allochtones
Nb de plaintes déposées sur les livres
d?or de l?office de tourisme et
Les impacts du
développement touristique
sont-ils sources de
mécontentements et de
conflits qui perturbent la
vie collective ?
Capacité à maintenir un
débat politique apaisé entre
les intérêts contradictoires
25 Expression radicalisée du
mécontentement par les associations
ou les individus
Nb de recours auprès du tribunal
administratif
Augmentation exceptionnelle du
nombre d?associations de riverains
Nb d?associations NIMBY
V
I
E
C
O
L
L
E
C
T
I
V
E
Les nouveaux arrivants
influencent-ils la vie
citoyenne et le pouvoir
local ?
Capacité à assurer la
participation à la vie
communale 26 Poids de plus en plus fort des
nouveaux retraités dans le conseil
municipal
Part des retraités dans le conseil
municipal
É C O N O M I E
Capacité d?assainissement des eaux
usées insuffisante en qualité et/ou en
quantité
Capacité résiduelle de la station
d?épuration annuelle
Volume annuel de déchets collectés Capacité de traitement des déchets
insuffisante sur le territoire et fortes
variations saisonnières de la collecte
Coût par foyer de la collecte et de
l?évacuation des déchets suivant la
saison (montant de la TEOM)
Allongement démesuré des circuits de
collecte des déchets ménagers par
rapport au nombre de foyers
desservis
Nb des foyers desservis rapporté aux
kilomètres parcourus par les circuits
de collecte
Écart entre le volume consommé
d?eau potable et la capacité de
stockage
Nb de jours où la réserve en eau est
inférieure au seuil de précaution
Variation saisonnière très importante
de l?utilisation des installations
d?approvisionnement et de
distribution d?eau potable
Nb de jours de chute de la pression et
débit du réseau de distribution de
l?eau suivant la saison
Niveau d?encombrement du trafic
routier pendant la période estivale
Offre et accessibilité des transports
collectifs
Saturation de la voirie et/ou des
parkings
Équipements deux-roues et piétons
Lenteur ou inaccessibilité des réseaux
de télécommunications pendant l?été
Débit du réseau ADSL et téléphonie
mobile (nb de jours et fréquence des
problèmes de transmission)
Délai d?attente pour un anneau ou 1
mouillage à l?année net des doubles
inscriptions
Capacité à adapter les
équipements collectifs au
pic de fréquentation
(dimensionnement, qualité)
et à bien les faire
fonctionner toute l?année
27
Saturation des ports de plaisance
et/ou augmentation des mouillages
non réglementés
Nb de mouillages sauvages
C
A
P
I
T
A
L
M
A
T
É
R
I
E
L
Le capital matériel
(équipements collectifs et
infrastructures) répond-il
en toute saison, aux
besoins évolutifs de
populations en croissance ?
Capacité à maintenir la
diversité des utilisateurs
des équipements et
infrastructures 28
Conciliation difficile entre les ports de
plaisance et de pêche professionnelle
Plaintes dans le livre d?or du port de
plaisance, au comité local des pêches
Mesure de l?indicateur
de la mairie
46
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Question posée en termes ... Capacité à ?
Éclairages des situations de déséquilibres
Accès inégal à l?eau entre le tourisme,
les autres activités et les populations
locales
Nb de jours où les restrictions d?usage
concernent les activités et les
populations non touristiques
Coefficient d?autofinancement courant
Capacité d?autofinancement
Taux d?équipement
Solvabilité financière locale fortement
réduite par l?arrivée de nouveaux
habitants et de touristes
Volume du poste « aménagement et
services urbains » dans le budget
Montant des bases d?imposition de la
TH et de la TFB
Surreprésentation de la Taxe
d?habitation (TH) et de la Taxe sur le
foncier bâti (TFB) dans les bases
d?imposition communales Recettes fiscales directes et taxes
issues des touristes/dépenses
d?équipement
Montant des dépenses foncières
communales pour les opérations de
lotissements et zones d?aménagement
Surcoût de la maîtrise foncière pour la
collectivité locale
Charge financière de la constitution
de réserves foncières
Coefficient de mobilisation du
potentiel fiscal
Renoncement à des actions publiques
importantes faute de moyens
financiers ou forte demande vis-à-vis
des ressources de l?État, d?autres
collectivités locales
Contribution des subventions
d?équipement et exceptionnelles à
l?investissement
Alourdissement considérable des
charges de fonctionnement de la
collectivité pour la période touristique
au regard de la contribution fiscale
des touristes
Surpoids de la masse salariale dans
les dépenses de fonctionnement du
budget local
C
A
P
I
T
A
L
F
I
N
A
N
C
I
E
R
La spécialisation touristique
et l?urbanisation réduisent-
elles la marge de
manoeuvre financière des
budgets publics locaux ?
Capacité à maîtriser
financièrement
l?urbanisation (équipements
collectifs et services) et la
spécialisation touristique
29
Charges élevées des opérations de
réparation des milieux naturels
dégradés par rapport aux opérations
préventives de protection
Montant budgétaire des opérations de
réparation des milieux
Répartition des entreprises par
secteur d?activités
Tourisme et Bâtiment concentrent
l?essentiel de l?activité économique
locale Nb de créations et de défaillances
d?entreprises par activité (dont
tourisme) selon l?ancienneté
Gênes occasionnées par l?activité
touristique sur d?autres secteurs
Enquête directe
Le développement
touristique remet-il en
question l?équilibre entre
les activités présentes sur
le territoire ?
Capacité à maintenir la
diversité du tissu
économique local 30
Perception des effets du tourisme par
la population permanente
Enquête directe
Déséquilibre annuel de l?offre
commerciale (suréquipement,
diminution de l?offre de
commerces/réductions des horaires
d?ouverture en hiver)
Nb de commerces de détail par
catégorie en été et en hiver
Contribution de la saison (juin à
septembre) au chiffre d?affaires
annuel
T
I
S
S
U
É
C
O
N
O
M
I
Q
U
E
L
O
C
A
L
L?enrichissement apporté
par l?arrivée de populations
et d?activités n?est-il pas
amoindri par son caractère
saisonnier ?
Capacité à maintenir une
activité économique hors
saison 31
Rentabilité annuelle des entreprises
locales très dépendante du chiffre
d?affaires estival
Nb de mois où l?activité est sous le
seuil de rentabilité
Ratios (été/hiver) de médecins,
d?infirmières, de pharmaciens, de
dentistes pour 1 000 habitants
Temps pour atteindre l?hôpital
Difficultés d?accès aux services de la
santé
Demandes non satisfaites de prise en
charge en hôpital moyen séjour
Eviction de la population active
réduisant l?offre de services à la
personne
Nb de salariés travaillant dans les
services à la personne
Carence de divers services d?intérêt
général
Ratios annuels facteurs, gendarmes,
policiers, employés muni./1 000 hab
L?augmentation temporaire
ou permanente de la
demande s?accompagne-t-
elle de carences de l?offre
de services d?intérêt
général ?
Capacité à adapter l?offre
de services d?intérêt
général, à une population
changeante en nombre et
en composition 32
Carence de desserte en transports
collectifs
Indicateur d?accessibilité aux
transports en commun
D
U
C
A
P
IT
A
L
P
R
O
D
U
C
T
IF
Le développement des
activités liées à l?arrivée de
nouveaux habitants ou de
touristes remet-il en cause
la cohésion des filières
économiques existantes ?
Capacité à développer les
complémentarités entre les
entreprises 33
Indépendance économique totale vis-
à-vis des établissements d?autres
secteurs
Volume de salariés / d?entreprises
avec une double activité touristique et
traditionnelle
O
R
G
A
N
IS
A
T
IO
N
Mesure de l?indicateur
O
FF
R
E
D
E
S
E
R
V
IC
E
S
D
?I
N
T
É
R
Ê
T
G
É
N
É
R
A
L
47
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
1.3 Étape 3 : le système d?alerte et de veille
pour mesurer et apprécier la fragilité des
ressources, résultats de l?évaluation
La procédure d?évaluation de la capacité d?accueil et
de développement des territoires littoraux se termine
par une troisième étape qui consiste à mettre en place
le système d?indicateurs.
Cet outil d?observation marque une avancée
significative par rapport au simple chiffrage, aux
fourchettes de populations, de touristes, qui ont pu
être donnés comme mesure de la capacité d?accueil
par le passé. D?autres outils offrent une vision élargie
de la situation d?un territoire littoral (tableau de bord,
indicateur synthétique). Aussi, apparaît-il important
d?expliquer la spécificité du système d?indicateurs pro-
posé ici qui, seul, peut constituer le système d?alerte
et de veille quant à la maîtrise de la capacité d?accueil
et de développement recherchée.
Cette dernière étape apporte une mesure des
situations de saturation, de dysfonctionnement et de
déséquilibres des ressources. Elle permet ainsi de
confronter les fragilités attendues du système de
ressources à celles effectivement observées sur le
territoire. Cette étape permet de conclure à la
maîtrise ou à la non-maîtrise de la capacité
d?accueil sur le territoire considéré, au moyen
des fiches Capacité et du tableau synoptique des
indicateurs de la capacité d?accueil.
La mise en place réussie du système d?indicateurs
repose sur quelques clés méthodologiques à mettre
en oeuvre, tant pour reproduire l?évaluation sur un
autre territoire, que pour assurer la cohérence entre
les observations apportées par les indicateurs sur la
fragilité des ressources et les questions posées sur
les atteintes portées aux ressources par la pression
anthropique ciblées sur quelques principes fonda-
mentaux (contenues dans la grille d?évaluation
construite aux étapes 1 et 2).
R
e
ss
o
u
rc
e
à
e
n
je
u
Question posée en termes
de capacité d?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la
mise en péril de la
ressource à enjeu
Eclairages de ls situations
de déséquilibres
Mesure de l?indicateur
fondamental
complémentaire
Tranche modale des surfaces
construites Consommation d?espace par
l?urbanisation excessive
Pression urbaine ressentie
Offre de terrains
constructibles inadaptée à la
demande
Capacité résiduelle brute
d?urbanisation
Densité des espaces urbanisés,
COS réglementaires, (densité
minimale) Faible densité des espaces
urbanisés
Surface totale occupée par
l?urbanisation
Dispersion spatiale exagérée
et disparition des coupures
entre les bourgs
Dispersion spatiale de la
construction et étalement de la
tâche d?urbanisation
Surfaces des ZAC/ZAD,
lotissement et réserve foncière
S
O
L
La part du sol à vocation
urbaine réservée à l?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités est-
elle de nature à favoriser
l?étalement urbain (gaspillage
de la ressource sol) ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine 6
Procédures d?urbanisme
opérationnel et politique de
maîtrise foncière
insuffisantes Usage du Droit de Préemption
Urbain
Exemples d'indicateurs sur la resssource à enjeu SOL
Question posée en termes ... Capacité à ? Éclairages des situations de déséquilibres
Fuite d?une part importante des
revenus touristiques liés à un
approvisionnement hors territoire
Part des exploitations de produits de
la mer ou de l?agriculture vendant
dans des circuits courts (marché, ?)
Difficultés d?installation des
établissements à proximité de la
mer (filière des produits de la mer,
agriculture, commerces?)
Enquête et relevé terrain
La pression urbaine ou
touristique entrave-t-elle
la localisation profitable de
certaines entreprises ?
Capacité à offrir des
implantations adaptées
aux besoins des
entreprises 34
Renchérissement des loyers mettant
à mal la rentabilité
Montant des baux commerciaux
Mesure de l?indicateur
O
R
G
A
N
I
S
A
T
I
O
N
D
U
C
A
P
I
T
A
L
P
R
O
D
U
C
T
I
F
48
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Le système d?indicateurs est développé dans le sens
d?une vision territoriale des ressources, d?une appré-
hension de la saisonnalité des pressions et d?une prise
en compte des changements structurels que vont
connaître les ressources du territoire. Le dispositif
d?alerte et de veille quant à la maîtrise de la capacité
d?accueil et de développement s?oriente de ce fait vers
un système d?indicateurs intégré et dynamique qui
offre des perspectives de suivi dans la durée.
a. Comment obtenir un système d?indicateurs de la
capacité d?accueil et de développement ?
À partir des situations de déséquilibres non sou-
haitées et pourtant pressenties par les acteurs, le
système d?indicateurs est mis en place en complétant
les grilles d?évaluation par une nouvelle colonne (n° 5,
fig. 6). Elle fait apparaître les indicateurs de mise en
péril des ressources qui doivent être mesurés.
Le choix de l?indicateur est important, car il est
impératif de vérifier qu?il assure bien la connexion
entre l?objectif d?évaluation affiché (question posée) et
la situation mesurée (voir fig. 6).
Pour que les acteurs disposent d?un système
d?alerte et de veille de la capacité d?accueil opéra-
tionnel (fig. 7), il faut alors :
1. choisir pour chaque indicateur les
données qui vont éclairer les déséquilibres
sur les ressources --> quelles informations
sur les ressources sont recherchées ?
2. mobiliser les données et les traiter -->
que se passe-t-il sur le territoire ?
À ce stade, indicateurs/données ne forment
qu?un tableau de bord. Pour mettre en oeuvre un
système d?alerte et de veille, il faut mener trois
actions supplémentaires :
3. discuter et établir des états de référence
avec les acteurs (référence juridique, d?expert,
par comparaison ou simplement par choix poli-
tique et social local) et des seuils
d?évaluation --> Comment se situe le terri-
toire ? Par rapport à quelles valeurs cibles ?
Les situations de déséquilibres sont-elles
avérées ? Cette étape de la construction est
formalisée par une fiche d?indicateurs ;
4. produire une première synthèse à partir
de l?ensemble des indicateurs, sous la
forme d?un tableau synoptique faisant
apparaître les situations de déséquilibre
maîtrisées, réelles mais en partie maîtrisées, et
importantes --> Le territoire maîtrise-t-il
globalement sa capacité d?accueil ?
5. matérialiser les relations entre les
indicateurs --> Quelles sont les inter-
dépendances entre les différentes capacités
du système d?indicateurs ? Les déséquilibres
se propagent-ils aux autres ressources ?
Cette dernière étape touche aux pistes d?action et
aux réponses apportées par les différentes collectivités
territoriales et/ou la société civile. Chacune de ces
étapes est détaillée dans les pages qui suivent.
b. Le choix des indicateurs et des données associées
Cette étape s?inscrit toujours dans un processus de
co-construction. L?indicateur doit satisfaire à l?objectif
d?évaluation. Autrement dit, il est impératif de vérifier
que l?indicateur assure bien la connexion entre la ques-
tion posée dans la grille méthodologique d?évaluation et
la situation mesurée. L?indicateur doit être choisi en
fonction du sens qui pourra être attribué au résultat
après traitement des données associées. Ce choix est
important, car l?indicateur apporte une information très
restrictive par rapport à la question initialement posée
en termes de capacité d?accueil. Enfin, aucune restric-
tion n?est retenue a priori, surtout pas celle qui pourrait
être liée à la disponibilité de la donnée, car l?objectif
est de faire admettre le principe que pour
déboucher sur une évaluation pertinente, il faut
disposer des données d?observation adéquates.
Fig. 7 : les éléments nécessaires à l'élaboration d'un
système d'alerte et de veille
La grille exemple des pages précédentes
propose 105 situations de déséquilibre,
éclairées par 158 indicateurs (131
fondamentaux et 27 complémentaires). Après
adaptation au territoire insulaire d'étude, les
acteurs ont retenu 72 situations de
déséquilibre, introduisant 104 indicateurs.
Ceux-ci sont séparés en deux sous-ensembles :
un premier regroupe 79 indicateurs
fondamentaux ; un second totalise 25
indicateurs complémentaires. Ces derniers
sont sollicités uniquement pour un éclairage plus
approfondi d?une situation de déséquilibre révélée
préoccupante par les résultats du ou des
indicateurs fondamentaux mobilisés pour son
évaluation.
Indicateurs
Données
Régulations Liens
Etats de référence
valeurs cibles
Système
d'alerte et de veille
Université de Nantes (Chadenas C., Pottier P., Pouillaude A.), PUCA - DRE Pays de la Loire, 2008
49
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
c. Mobiliser les données
Il s?agit de disposer des données nécessaires à
l?analyse. Pour cela, il est important de mutualiser
les données en faisant appel aux portails de statis-
tiques, notamment géographiques, qui se mettent
en place comme aux observatoires statistiques lo-
caux et de réutiliser les informations déjà mobilisées
par ailleurs (évaluation environnementale des
projets, diagnostics de territoire ou préalables à un
Programme Local de l?Habitat, INSEE, Géokit, SIG
littoral, Portail Géopal, etc.).
Les expériences pilotes menées sur les secteurs-
ateliers ont souligné la difficulté de mobiliser des
sources statistiques dispersées. En outre, sur l?un
des territoires-ateliers près de 20 % des données
sont soit difficiles d?accès (données à caractère
commercial), soit inexistantes. La démarche visant
par ailleurs à comparer la situation observée sur le
territoire d?étude à d?autres pouvant servir de
situation de référence, accroît sensiblement ce travail
de mobilisation des données. Le temps nécessaire à
cette étape de la démarche est conséquent.
Concrètement, sur le secteur d'étude insulaire, le
bilan des indicateurs pris en compte et des indicateurs
non collectés est :
politiques et la société en général », Virtual center,
FAO, 2008).
Par conséquent, l?appréciation du niveau de pression
exercée, de manière saisonnière ou permanente, par
les populations et les activités sur le « capital » de
ressources du territoire, repose sur une mise en per-
spective de la situation territoriale avec des éléments
de seuillage permettant d?apprécier le niveau de
pression exercée et de saturation éventuelle.
La perspective est d?attribuer à chaque situation de
déséquilibre évaluée, un niveau simplifié de :
Ressource
Indicateur
sans donnée
Nb d?indicateurs
pris en compte
9
7
5
34
40
30
Société
Environnement
Economie
Total 21 104
d. Discuter et établir des états de référence avec les
acteurs
Le véritable enjeu d?une évaluation de la capacité
d?accueil consiste à savoir si le niveau de pression
observée, exercée par les activités et les populations
permanentes et saisonnières, est le maximum que
puisse supporter le système de ressources du
territoire (SRT). Elle vise également à apprécier les
marges de manoeuvre existantes.
L?une des particularités de ce système d?indicateurs
est d?être non seulement un outil de veille sur les
ressources, mais également un système d?alerte qui
apprécie la position par rapport à un seuil maximal,
par rapport à un seuil d?alerte (« les seuils sont
uniques, et peut-être même la base la plus
importante de toute évaluation. En général, le
franchissement d?un seuil de durabilité clairement
défini devrait envoyer un signal fort vers les décideurs
déséquilibre réel mais en partie maîtrisé
situation maîtrisée
absence de donnée
déséquilibre important
Pour mener à bien l?évaluation, le positionnement
du territoire ramène tout d?abord au processus des
pressions/impacts et des origines des situations de
déséquilibre observées. Par exemple, sur un espace
littoral subissant un fort développement, quelle est la
part de la réduction des surfaces agricoles liées au
contexte structurel de l?agriculture, et celle effec-
tivement provoquée par la trop forte pression anthro-
pique et donc à l?incapacité de sa bonne maîtrise ?
Quelle est la part de l?augmentation des prix du foncier
liée au contexte national du logement et à l?évolution
globale du marché, comparée à celle d?une pression
locale forte provoquée par une demande non contenue
et sans régulation ?
Si cette question doit être éclairée au coup par coup,
il nous semble pour autant important de baliser cette
démarche d?appréciation de situations de déséquilibre
qui se trouvent ainsi en interrogation collective.
La détermination de la capacité d?accueil ne
peut ainsi se passer de normes et de références,
de guides d?appréciation :
1. Pour certains indicateurs, le seuillage de
l?évaluation peut être apporté par des
normes juridiques qui fixent les seuils de
tolérance de ce qui est admis ou non (le taux de
raccordement aux réseaux d?assainissement, le
pourcentage de logements sociaux?). Mais,
cette régulation juridique n?est finalement qu?ex-
ceptionnelle. Pour l?essentiel des indicateurs pris
en compte, aucune norme établie ne permet
d?évaluer la situation de façon nette et objective.
Comment, en effet, peut-on fixer le seuil d?ac-
ceptation concernant le nombre de jours d?inter-
diction de pêche à pied sur l?estran, situation de
déséquilibre due à une mauvaise gestion des
eaux usées et donc une non-maîtrise des pres-
sions exercées sur le territoire ? Le principe
50
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
accepté est-il la tolérance « zéro » ? Ou alors,
peut-on admettre qu?il s?agit là d?un « dommage
collatéral » du développement littoral et des
pressions qui s?y exercent, d?accidents ponctuels
acceptables et non d?une situation structurelle
inquiétante, et que cela fait à présent partie du
modèle admis de gestion de ces espaces à forte
pression ? Ainsi, même si l?objectif est de ra-
mener cette situation au plus bas, finalement 5,
10 ou 30 jours d?interdiction apparaissent ac-
ceptables. Dans ces conditions, où peut-on fixer
la norme ? Quelle est la référence, est-elle la
même pour tous les acteurs, élus, techniciens et
experts, services de l?État ou citoyens ? En l?ab-
sence d?une théorie ou d?une méthode établie,
qu?elle soit de la valeur, des prix hédonistes ou
encore d?évaluation contingente, ces champs de
ressources locales restent pour l?essentiel sans
véritable moyen d?évaluation.
2. Ensuite, des domaines de connaissance
peuvent faire référence, au titre d?expertises
issues d?une observation minutieuse et d?une
appréciation globale de questions quelquefois
complexes. C?est le cas pour l?appréciation d?un
certain nombre de dégradations environne-
mentales (seuil de renouvellement des es-
pèces, niveau de concentration de polluants
ayant des répercussions sur le milieu?), de
perturbations sociales (part d?allochtones dans
une population autochtone), ou enfin de dé-
séquilibres économiques (capacité d?autofinan-
cement insuffisante, bilan d?exploitation d?équi-
pement déficitaire, coefficient de mobilisation du
potentiel fiscal insuffisant?).
3. Pour compléter ces avis d?experts, la com-
paraison d?une situation locale par rapport
à d?autres territoires ou par rapport à une
autre période est souvent riche d?ensei-
gnement, car susceptible de fournir des points
de comparaison utiles à sa propre évaluation.
Ainsi, la perception de la perte de la biodiversité
d?un estran, semblant minime d?une année sur
l?autre, apparaît de façon plus évidente grâce à
la prise en compte d?une référence temporelle
éloignée, de plusieurs décennies par exemple.
Les comparaisons spatiales apportent également
des éclairages permettant de mieux fixer le seuil
de son propre niveau de maîtrise d?une situation
de déséquilibre également connue par d?autres.
Ainsi, la densité d?occupation d?un espace littoral
pendant la période de pointe n?est pas simple à
évaluer dans l?absolu. En revanche, sa confron-
tation à d?autres niveaux enregistrés à la même
période, sur d?autres espaces similaires, permet
d?en apprécier un peu mieux l?importance, par
simple comparaison. Une capacité résiduelle
d?urbanisation offrant trente années de poursuite
d?urbanisation à un rythme élevé peut par
ailleurs paraître acceptable pour certains élus lo-
caux, soucieux d?offrir une réponse à la hauteur
de la demande de construction sur leur territoire.
Comparée toutefois à d?autres territoires
confrontés à une demande similaire et offrant
majoritairement une offre beaucoup plus
contenue, permettant ainsi d?économiser la
ressource du sol, la situation en étude apparaît
par le fait sous un autre aspect, exceptionnelle et
facteur de déséquilibre ou de détérioration d?une
ressource vitale pour l?avenir. Cette méthode
d?évaluation du type des analyses comparatives
(proche du benchmarking, Despres, 2009) doit
être privilégiée, car elle permet de mieux
appréhender la valeur cible d?une situation alors
jugée collectivement comme le but à atteindre
(de ce point de vue, des comparaisons avec des
situations européennes, dépassant le strict cadre
national français, pourraient s?avérer particuliè-
rement utiles pour prendre conscience que
d?autres formes de développement que ceux pri-
vilégiées chez nous sont aussi possibles et qu?ils
permettent une meilleure mise en valeur durable
des ressources à enjeu sur les espaces littoraux).
4. Enfin, la détermination de la capacité d?ac-
cueil étant une question de négociation sociale,
normes et références peuvent être tout
simplement posées par les acteurs locaux.
L?évaluation de la situation de la ressource, au
regard des pressions anthropiques qui s?exer-
cent sur elle, est alors le résultat d?une négo-
ciation qui consiste à échanger les points de vue
et les niveaux d?acceptation, à les argumenter et
leur donner une légitimité collective.
À l?issu de ce temps, sont produites les fiches
« capacité » présentant les indicateurs chiffrés
et évalués retenus lors des étapes précédentes (des
exemples de fiches complètes sont présentés en
annexes).
Une fiche ne correspond pas strictement à un indi-
cateur, mais à un sous-ensemble regroupant les situa-
tions de déséquilibre portées en hypothèse dans le
cadre d?une interrogation de la capacité du
territoire à éviter la mise en péril d?une res-
source particulière (colonne 3 de la grille
d?évaluation). Cette structuration du système d?indi-
cateurs permet de centrer l?évaluation sur les
questions retenues au départ, celles cherchant à
préciser la nature de l?atteinte portée aux ressources
du territoire par l?arrivée supplémentaire de popula-
tions et d?activités (colonne 2 de la grille d?évaluation).
51
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Ainsi, pour la zone-atelier insulaire retenue, les 34
capacités du territoire à éviter la mise en péril d?une
ressource particulière débouchent sur la réalisation de
34 fiches « capacité ». Trois sont présentées en
annexe. En pratique, certaines fiches peuvent ne
contenir qu?un seul indicateur : la capacité à maintenir
l?accès à la plage ne concerne que l?évaluation du
niveau de saturation des sites de pêche à la ligne ;
d?autres peuvent en regrouper jusqu?à six : la capacité
à adapter le dimensionnement et la qualité des
équipements collectifs concerne l?évaluation de la
capacité résiduelle de la station d?épuration, du coût
par foyer de la collecte des déchets selon la saison, du
nombre de foyers desservis rapportés au linéaire des
circuits de collecte, du coût global de stockage et
d?évacuation des déchets, de l?écart entre le volume
consommé d?eau potable et la capacité de stockage
suivant la saison et du dysfonctionnement des réseaux
de communication en été.
Les questions abordées lors de cette étape de
l?évaluation, pour chaque fiche « capacité », doivent
permettre de situer le territoire par rapport à la res-
source en évaluation, de convenir de valeurs cibles en
fonction d?objectifs définis pour l?avenir et, finalement,
de statuer sur les situations de déséquilibres, avérées
ou non. Pour cette raison, cette étape est centrale
dans la démarche, car elle offre un moment d?é-
changes qui permet d?évaluer collectivement l?état de
la ressource et de mettre en débat l?ensemble des
pressions qui s?exercent sur elle.
Il est enfin particulièrement important que
cette démarche ne soit pas entreprise comme une
évaluation critique dans le mauvais sens du terme
(visant à attribuer des bonnes et des mauvaises
notes), mais comme une mise en discussion de
situations perçues bien souvent sous des angles
différents, par des acteurs aux points de vue, aux
missions et aux stratégies différenciées.
e. Le tableau synoptique : synthèse des indicateurs
L?étape suivante consiste à produire une synthèse à
partir de l?ensemble des indicateurs, sous la forme d?un
tableau synoptique faisant apparaître la totalité des
situations de maîtrise de la pression sur la ressource
(vert), de déséquilibre de la ressource en partie
maîtrisé (orange), et de déséquilibre important non-
maîtrisé de la ressource (rouge). Ce tableau présente
la synthèse des fiches « capacité », regroupées par
ressource potentiellement mise en danger.
Il s?agit d?apprécier globalement le niveau de
maîtrise des pressions qui s?exercent sur le territoire.
Le tableau synoptique offre pour cela un résultat visuel
où la couleur dominante donne une première indication
qui peut être soit perçue ressource par ressource (l?une
peut présenter une dominante rouge, une autre verte),
ou plus globalement pour l?ensemble des indicateurs.
C?est ce premier niveau de perception qui doit être
privilégié, car il apporte les éléments fins de l?appré-
ciation, avec la possibilité d?appréhender les résultats
propres à chaque situation de déséquilibre en évalua-
tion, tout en offrant la possibilité d?une perception
globale rendue possible par le traitement graphique
du tableau synoptique.
Ressource principale potentiellement en danger : l?eau
Indicateur 1a1
Indicateur 1a2
Capacité à garantir le bon accès à l?eau 1
Indicateur 1b
Indicateur 2a1
Indicateur 2a2
Indicateur 2a3
Capacité à préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages du
bassin-versant et de la mer 2
Indicateur 3a
Indicateur 3b
Indicateur 3c1
Capacité à gérer la diversité des usages sur le plan d?eau maritime 3
Indicateur 3c2
Ressource principale potentiellement en danger : l?air
Capacité à garantir un niveau sonore raisonnable 4 Indicateur 4
Capacité à garantir la qualité de l?air 5 Indicateur 5
déséquilibre important
révélant une non-maîtrise
déséquilibre réel mais
en partie maîtrisé
situation maîtrisée
absence de donnée
Tableau synoptique des indicateurs de la capacité d'accueil d'un territoire
Il est associé à la grille exemple des pages précédentes. L'indicateur 1a3 renvoyant à la capacité 1, déséquilibre
a, indicateur 3. Le tableau ne comporte pas l'ensemble des indicateurs de la grille mais seulement ceux ayant
un intérêt pour le territoire. Les couleurs sont données à titre indicatif, elles ne reflètent pas la situation d'un
territoire-atelier.
52
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Ressource principale potentiellement en danger : le sol
Indicateur 6a1
Indicateur 6a2
Indicateur 6a3
Indicateur 6b
Capacité à maîtriser l?extension urbaine 6
Indicateur 7a
Indicateur 7b
Indicateur 7c
Indicateur 7d
Indicateur 7e
Capacité à préserver les espaces nécessaires aux autres usages 7
Indicateur 7f
Indicateur 8a
Indicateur 8b
Capacité à partager équitablement le domaine public (terrestre et maritime) 8
Indicateur 8c
Indicateur 9a1
Indicateur 9a2
Indicateur 9a3
Capacité à éviter des pratiques déstabilisatrices sur les sites naturels sensibles 9
Indicateur 9b
Ressource principale potentiellement en danger : la faune
Indicateur 10a1
Ressource principale potentiellement en danger : la flore
Indicateur 10a2
Indicateur 10b
Capacité à préserver la faune littorale 10
Indicateur 11a
Indicateur 11b
Capacité à éviter le dérangement de la faune 11
Indicateur 11c
Indicateur 12a
Indicateur 12b1
Indicateur 12b2
Capacité à préserver les espèces floristiques indigènes 12
13 Indicateur 13aCapacité à assurer la continuité de la trame verte
Indicateur 13b
Ressource principale potentiellement en danger : la culture locale
Indicateur 14aCapacité à préserver l?identité locale (pratiques culturelles, identité maritime?) 14
15
Indicateur 14b
Indicateur 15a
Indicateur 15b
Capacité à maintenir le caractère local du patrimoine bâti
Indicateur 15c
Indicateur 16a
Indicateur 16b
Capacité à préserver les spécificités et la qualité paysagères 16
Ressource principale potentiellement en danger : la démographie
Indicateur 17a
Indicateur 17b
Indicateur 17c1
Capacité à assurer le maintien et le renouvellement des populations permanentes 17
Indicateur 17c2
Indicateur 18a1
Indicateur 18a2
Capacité à maintenir un équilibre démographique entre les populations permanente et
temporaire 18
Ressource principale potentiellement en danger : le mode de vie des individus
Indicateur 19a1
Indicateur 19a2
Indicateur 19b
Capacité à maintenir des conditions de vie acceptables 19
Indicateur 20a
Indicateur 20b
Indicateur 20c1
Indicateur 20c2
Capacité à préserver le fonctionnement social propre au territoire 20
53
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Ressource principale potentiellement en danger : le mode d?habiter
Indicateur 21a1
Indicateur 21a2
Indicateur 21b
Indicateur 21c1
Indicateur 21c2
Capacité à assurer la mixité résidentielle et sociale 21
Indicateur 22a1
Indicateur 22a2
Capacité à diversifier l?offre d?hébergement touristique 22
Indicateur 22b
Ressource principale potentiellement en danger : le mode de travail
Indicateur 23a
Indicateur 23b
Capacité à maintenir localement les emplois permanents et les diversifier 23
Indicateur 24a
Indicateur 24b1
Capacité à entretenir des savoir-faire locaux 24
Indicateur 24b2
Indicateur 24c
Ressource principale potentiellement en danger : la vie collective
Indicateur 25a Capacité à maintenir un débat politique apaisé entre les intérêts contradictoires 25
Indicateur 25b
Indicateur 26a Capacité à assurer la participation à la vie communale 26
Indicateur 26b
Ressource principale potentiellement en danger : le capital matériel
Indicateurs 27a
Indicateurs 27b1
Indicateurs 27b2
Indicateur 27c
Indicateur 27d
Capacité à adapter les équipements collectifs au pic de fréquentation
(dimensionnement, qualité) et à bien les faire fonctionner toute l?année 27
Indicateur 28a Capacité à maintenir la diversité des utilisateurs des équipements et infrastructures 28
Indicateur 28b
Ressource principale potentiellement en danger : le capital financier
Indicateur 29a1
Indicateur 29a2
Indicateur 29a3
Indicateur 29a4
Capacité à maîtriser financièrement l?urbanisation (équipements collectifs et services)
et la spécialisation touristique 29
Ressource principale potentiellement en danger : le tissu économique local
Indicateur 30a1
Indicateur 30a2
Indicateur 30b
Capacité à maintenir la diversité du tissu économique local 30
Indicateur 30c
Indicateur 31a
Indicateur 31b1
Capacité à maintenir une activité économique hors saison 31
Indicateur 31b2
Ressource principale potentiellement en danger : l?offre de services d?intérêt général
Indicateur 32a1
Indicateur 32a2
Indicateur 32b
Indicateur 32c
Capacité à adapter l?offre de services d?intérêt général, à une population changeante en
nombre et en composition 32
Indicateur 32d
Ressource principale potentiellement en danger : l?organisation du capital productif
Indicateur 33a Capacité à développer les complémentarités entre les entreprises 33
Indicateur 33b
Indicateur 34a Capacité à offrir des implantations adaptées aux besoins des entreprises 34
Indicateur 34b
54
f. Matérialiser les relations entre les indicateurs
La dernière étape doit orienter l?évaluation vers la
prise en compte de sous-ensembles d?indicateurs liés
entre eux par des interactions. L?objectif est alors :
- d?évaluer comment une situation de déséqui-
libre peut se propager pour créer ou amplifier
d?autres situations de déséquilibre ;
- de recomposer des sous-systèmes fonctionnels
au sein du système de ressources du territoire.
Il s?agit ainsi de favoriser une approche intégrée,
permettant le passage du tableau de bord à un véri-
table système d?indicateurs.
Chaque fiche contient une rubrique mentionnant les
capacités liées. Elles correspondent à des situations de
déséquilibre dont il est reconnu qu?elles peuvent être
en lien avec celles qui sont déclinées dans la fiche.
Cette question doit être débattue lors de la phase de
remplissage des fiches « capacité », car elle permet
ainsi de poser les hypothèses de ces interactions et de
cerner les sous-systèmes sur lesquels l?attention devra
être portée de façon intégrée, en cas de résultat
soulignant la non-maîtrise des pressions exercées sur
les ressources du territoire. Par exemple, la fiche 6
concernant « la capacité à maîtriser l?extension
urbaine », adaptée à un territoire insulaire (en
annexe), met en hypothèse six situations de dé-
séquilibres. Ces situations de déséquilibre sont alors
intégrées à un ensemble de 40 situations de désé-
quilibre regroupées dans 12 fiches d?interrogation de
la capacité du territoire à éviter la mise en péril d?une
ressource particulière.
Ces domaines d?analyse croisée ne sont pas
forcément et exclusivement concentrés sur les
interactions exprimées au travers des liens formalisés
dans les fiches « capacité », entre pressions exer-
cées/situations de déséquilibre associées. D?autres
sous-ensembles problématiques peuvent être explo-
rés. Tout d?abord, le retour sur les principes fon-
damentaux orientant la gestion de ressources cen-
trales est souhaitable. La synthèse du système
d?indicateurs est alors redistribuée selon ces orien-
tations stratégiques. Par exemple, sur 104 indicateurs
retenus pour le site insulaire en zone-atelier, 49 se
regroupent autour du premier principe du Partage du
foncier dans un contexte insulaire subissant un fort
processus d?étalement urbain (ressource centrale en
domaine ressource à enjeu capacité liée
Capacité 2 : préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages du
bassin-versant ou de la mer
Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usagesenvironnement
Capacité 13 : assurer une trame verte cohérente
Capacité 15 : maintenir le caractère local du patrimoine bâti
Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
société
Capacité 25 : maintenir un débat politique apaisé entre les intérêts contradictoires
Capacité 27 : adapter les équipements collectifs
Capacité 29 : maîtriser financièrement l?urbanisation (équipements collectifs et services)
économie
Capacité 30 : maintenir la diversité du tissu économique local
Capacité 32 : adapter l?offre de services d?intérêt général toute l?année
Eau
Sol
Flore
Culture
Mode
d?habiter
Mode
d?habiter
Vie
collective
Capital
financier
Tissu
économique
local
Services
d?intérêt
général
Capital
matériel
Capacités liées à la capacité 6 « Maîtriser l?extension urbaine » (voir en annexe la fiche complète)
56 La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux 55
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
jeu, le sol), et 55 autour du second principe de la
Préservation et de la gestion de la spécificité de ce
territoire littoral (ressource centrale en jeu, mode
d?habiter et de travailler insulaire).
Ces quelques propositions ne sont que des
exemples particuliers qui s?attachent à l?éclairage de
situations propres à quelques territoires. Pour avoir
une portée opérationnelle ou d?aide à la décision, ce
système d?indicateurs de la capacité d?accueil ne doit
pas apparaître sous une forme rigide, mais plutôt être
conçu comme un outil de réflexion au service d?une
approche pragmatique, qui doit apporter des éléments
de réponse à des questions constamment refor-
mulées. Il doit conserver une dimension essentielle-
ment négociée, y compris pour l?analyse globale d?une
situation qui ne peut être réduite à quelques indices
synthétiques. De ce point de vue, ce système d?indica-
teurs n?est qu?un moyen de mise en éclairage d?un
certain nombre de situations non souhaitées de dégra-
dation de ressources jugées essentielles pour un terri-
toire et son futur. Il ne peut être une finalité en soi.
2. De la capacité d?accueil à des scénarios
de développement des territoires littoraux
Le véritable enjeu d?une évaluation de la capacité
d?accueil consiste à savoir si le niveau de pression
exercée par les activités et les populations perma-
nentes et saisonnières, est le maximum que puisse
supporter le système de ressources du territoire
(SRT). De ce point de vue, l?une des particularités du
système d?indicateurs élaboré est d?être non seule-
ment un outil de veille sur les ressources, mais éga-
lement un système d?alerte qui apprécie la position par
rapport à un seuil maximal d?alerte. Il s?agit ainsi
d?apprécier les marges de manoeuvre existantes au
travers de la mesure des possibilités offertes par le
SRT dans la démarche indissociable d?évaluation de la
capacité de développement.
Une première approche ébauche la prise en compte
de la capacité d?accueil dans le projet de territoire. Au
fur et à mesure de la démarche d?évaluation, lors de
la prise en compte et de la discussion sur les situations
de déséquilibre de la ressource par l?équipe-projet, la
démarche propose quelques points clés formalisés
dans chaque fiche d?indicateurs. À la suite des
rubriques « données, traitement, résultats et éva-
luations », déclinées pour chaque indicateur,
suivent en effet non seulement la mise en place
d?une « valeur cible », mais également des « pistes
d?actions » pour atteindre l?objectif retenu (voir
fiches détaillées en annexe).
Évaluation : la capacité brute d?urbanisation est ici limitée aux terrains nus et ne tient donc pas compte du renouvellement
urbain possible dans les années à venir (densification des espaces actuellement urbanisés), jusqu?à présent
limité dans les espaces urbains du littoral régional.
Il n?existe pas de règles s?appliquant à ce qu?un PLU doit raisonnablement offrir comme terrains à bâtir en
fonction de la demande qui s?exprime sur un territoire. On peut toutefois partir du principe qu?un PLU est un
document de planification à court terme (5 ans, 10 ans maximum) et que par conséquent un potentiel
équivalent à 15 ans de constructions sur un rythme identique à celui observé sur la dernière décennie écoulée
est acceptable et conforme à une gestion rigoureuse de l?espace.
==> Avec 21 années de réserve d?urbanisation, le PLU de l?île en étude offre encore des surfaces pour la
construction à vocation résidentielle trop largement dimensionnées. Concernant les surfaces immédiatement
urbanisables, le PLU de l?île en étude est le plus « généreux » de ceux utilisés en référence (19 ans de réserve,
contre 18, 14, 6 et 5).
Valeur cible : l?offre de terrains constructibles pourrait être réduite sensiblement, pour atteindre une réserve équivalente à
15 années de construction au rythme des dix dernières années écoulées.
Piste d?actions : pour atteindre cet objectif, il est possible de réduire les surfaces constructibles dans le cadre actuel du PLU, en
transférant une partie en réserve d?urbanisation future et en envisageant le déclassement d?une autre partie.
Une taxe sur la vente des terrains nus constructibles par leur classement dans le PLU peut être envisagée.
Cette taxe instaurée récemment dans une commune de l'agglomération nantaise a été fixée à 10 % des deux
tiers du prix du terrain vendu. Cette taxe rétablit un équilibre entre les propriétaires fonciers, tout en
répartissant plus équitablement la rente d?urbanisation et notamment en renforçant la fiscalité locale et ainsi
sa capacité à aménager et équiper les zones urbanisées.
Extrait de la fiche capacité 6 « Maîtriser l?extension urbaine » du site insulaire retenu en zone-atelier, pour l?indicateur
6c capacité résiduelle brute d?urbanisation
56
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Au-delà de ce premier travail, une autre dimension,
plus ambitieuse, peut être perçue. Il s?agit de l?inté-
gration des résultats obtenus à la mise en oeuvre du
projet de territoire.
Tout d?abord, les discussions et les résultats de
l?évaluation de la capacité d?accueil doivent trouver
leur place dans une démarche de diagnostic. Elle
peut plus précisément être perçue comme une
extension de l?évaluation environnementale. Elle
la chevauche alors en partie et a en commun avec elle
des principes méthodologiques assez similaires. Par
l?ensemble des questionnements posés sur le
territoire face à l?augmentation de populations et
d?activités, la démarche doit permettre de mieux
cerner les fragilités potentielles de ce territoire ;
notamment, celles qui présentent des enjeux
déterminants pour l?avenir. Cette question des pres-
sions anthropiques qui s?exercent sur des territoires
littoraux dont on connaît la vulnérabilité, et, au-delà,
de leur maîtrise pour ne pas hypothéquer ce qui fait
leur richesse, est en fait centrale à toute réflexion
portant sur leur développement. La démarche d?éva-
luation de la capacité d?accueil ne peut donc que s?y
intégrer « naturellement », le système d?indicateurs
qui l?accompagne permettant par ailleurs d?élargir la
veille nécessaire à l?évaluation des choix retenus. En
s?appuyant sur le système de ressources du territoire,
l?analyse de la situation des territoires littoraux
permet bien de mettre en lumière la prospective
demandée dans les documents de planification
territoriale, par exemple.
Les discussions et les résultats de l?évaluation de la
capacité d?accueil doivent également s?inscrire
dans une démarche prospective, qui planifie pour
l?avenir les objectifs d?accueil supplémentaire de
populations et d?activités. Le premier niveau d?inté-
gration concerne tout simplement les faiblesses cons-
tatées lors de l?examen des indicateurs, faiblesses qui
doivent être réduites et pour lesquelles on peut même
imaginer qu?elles puissent déboucher sur des solutions
avant que ne soit envisagée la poursuite du dévelop-
pement. Sur l?île étudiée, c?est bien ce principe qui a
motivé le tribunal administratif de Nantes « à cen-
surer, pour erreur manifeste d?appréciation, la révision
du plan d?occupation des sols qui prévoyait une
extension de l?urbanisation, aux motifs que cette
modification ne tenait pas suffisamment compte de
l?état des équipements publics présents sur l?île
(capacité de l?assainissement, possibilités de traite-
ment des déchets) au regard des objectifs de
construction ». Le projet de développement proposé
est ainsi soumis à la capacité à adapter le dimen-
sionnement des équipements collectifs, c?est-à-dire à
la remise à niveau de la ressource du capital matériel,
jugée trop altérée pour offrir une capacité résiduelle
destinée à l?accueil supplémentaire de population. Par
extension, c?est l?ensemble des situations avérées de
déséquilibres qui doivent donner lieu à un examen
attentif. Pour chaque indicateur traduisant une
situation de déséquilibre importante et non-maîtrisée
de la ressource (couleur rouge), voire une situation de
déséquilibre en partie maîtrisée de la ressource
(couleur orange), il est nécessaire de mettre en
perspective le niveau d?altération de la
ressource et l?évaluation de son aggravation
possible, compte tenu des projections démo-
graphiques ou des choix de développement
d?activités qui sont posés pour l?avenir.
Le système d?indicateurs dédié à l?évaluation de la
capacité d?accueil, conçu comme un outil d?aide à la
réflexion, devient alors un outil réel d?alerte et de
veille. Sa mise en place doit accompagner le projet de
territoire, en proposant le principe d?une évaluation
permanente et donc d?un suivi des observations.
Celui-ci pourra être prolongé par une révision des
indicateurs, dans le cas où la situation de déséquilibre
constatée aurait évolué. De nouvelles ressources à
enjeu peuvent également être progressivement
intégrées en fonction de nouvelles situations de
déséquilibre pressenties, ou de nouveaux choix poli-
tiques centrés sur des principes fondamentaux refor-
mulés ; conduisant à la mise à jour périodique du
système d?indicateurs et de l?évaluation.
3. Portée normative de la méthode
Au cours des échanges qui ont nourri ce travail
interdisciplinaire et de terrain, les autorités locales,
administrateurs, géographes, économistes ont soulevé
une question d?importance à propos de la proposition
méthodologique qu?il présente: quels peuvent être ses
effets au niveau de l?ordonnancement juridique ?
Les données de cette interrogation peuvent se
décomposer comme suit :
1. quelle force juridique s?attache aux différents
éléments inscrits dans l?étude ? S?agit-il ici de
« lignes impératives » s?imposant aux auteurs
des documents de planification urbaine ou, au
57
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
contraire, de simples « directives » dépourvues
de caractère obligatoire ? Quelle situation ces
éléments occupent-ils par rapport à l?ordon-
nancement juridique et quelle place leur est
éventuellement réservée dans la hiérarchie des
actes ?
2. quelle autorité politique revêt la méthode
retenue ? À quels organes, le cas échéant,
s?imposent-elles ? Les suggestions formulées ou
les explications proposées pour interpréter la
notion de capacité d?accueil présentent-elles un
caractère obligatoire ou, à l?inverse, laissent-
elles au pouvoir local la faculté de ne pas en tenir
compte, de les modifier ou de les contrarier au
cours de l?élaboration des schémas de cohérence
territoriale ou des plans locaux d?urbanisme ?
Notre réponse sera la suivante : la démarche qui a
conduit à élaborer cette méthode et à engager une
réflexion sur la définition et sur les contours de la
notion légale de « capacité d?accueil » n?est pas une
opération normative, même si, quelque part, elle
aboutit à la mise en place d?éléments dont on sait bien
qu?ils peuvent avoir quelque chose à voir avec le droit.
Cette démarche est donc extérieure à l?ordonnan-
cement juridique et, par conséquent, à la hiérarchie
des actes. Il n?en demeure pas moins que ces travaux
expriment avec une certaine solennité (notamment
parce que des autorités administratives y ont parti-
cipé) des lignes directrices dont sont susceptibles de
s?inspirer les pouvoirs publics sans que, pour autant,
leur pouvoir d?appréciation s?en trouve limité.
3.1 L?étude entreprise est extérieure
à l?ordonnancement juridique
En elle-même, la méthode d?évaluation proposée ici
ne revêt aucune force juridique, dans la mesure où
« un rapport, même remarquable, n?est point un acte
juridique » (Rivero, 1947), c?est-à-dire « une
opération par laquelle des normes juridiques sont
posées, édictées » (Eisenmann, 1983). Alors même
qu?il s?agit ici d?éclairer le sens de dispositions légis-
latives et, ainsi, de formuler une certaine interpré-
tation du droit en vigueur, cette activité intellectuelle
ne saurait, pour autant, être confondue avec un
processus normatif. Cela est d?autant plus vrai que les
auteurs de l?étude ne sont pas institutionnellement
habilités à édicter des règles, c?est-à-dire à fixer des
mesures dont la vocation spécifique est, soit de créer
des droits et des obligations, soit d?imposer une
interprétation du droit applicable en vue de l?édiction
de décisions.
Ce qui fait que l?on ait pu ici hésiter est dû très
certainement à la particularité même de l?étude entre-
prise, celle-ci ayant aussi pour objet de dégager le
sens et la portée d?une règle juridique qui, dans
certaines circonstances, impose aux collectivités
locales de déterminer la capacité d?accueil des
communes littorales. Cette étude contient par
conséquent des instructions, des recommandations,
ou encore des explications sur la façon dont les
dispositions de l?article L. 146-2 du code de
l?urbanisme peuvent être appliquées. L?étude constitue
ainsi un commentaire de cet article et en interprète les
dispositions ; elle indique d?une manière détaillée la
façon dont la capacité d?accueil est susceptible d?être
déterminée, ou encore les précautions à prendre en la
matière. D?aucuns pouvaient dès lors être tentés de
considérer que l?interprétation qui est ainsi formulée
sur l?application du droit a une portée obligatoire,
c?est-à-dire qu?elle s?impose aux planificateurs à
l?occasion de l?élaboration des documents d?urba-
nisme. Ce travail donnerait, en quelque sorte, une
interprétation impérative du droit que l?Administration
a pour mission de mettre en oeuvre.
Les critiques, informations, interprétations,
propositions qui ont été émises dans ce travail sont de
simples opinions et non des prescriptions qu?il
conviendrait de suivre à la lettre, et ceci alors même
que la formulation ou les caractères des mesures ainsi
fixées seraient imprégnés par l?idée d?obligation,
d?autorité ou de prescription.
La méthode retenue échappe par conséquent à
l?ordonnancement juridique stricto sensu : elle lui est
extérieure ; elle s?inscrit dans un système dépourvu
de communication avec le bloc de légalité, le droit de
critique ou d?interprétation du commentateur ne
s?accompagnant pas du droit de poser des règles.
Il en résulte que le contenu du rapport ne peut
en principe limiter en quoi que ce soit
l?importante marge de manoeuvre dont
disposent les autorités locales pour déterminer,
dans les documents de planification urbaine, la
capacité d?accueil des communes littorales 12.
Ceci signifie que, juridiquement, ces autorités ne sont
en rien tenues d?appliquer la présente démarche mais,
au contraire, gardent toute latitude pour reprendre
l?interprétation qui est ici préconisée, ou au contraire,
pour l?amender, l?enrichir, la réfuter ou la contredire.
La grille d?analyse ne saurait par conséquent entraîner
en elle-même la moindre obligation juridique à la
charge des organes chargés d?appliquer l?article
L. 146-2 du code de l?urbanisme.
12 Sur cette marge de manoeuvre, cf. supra.
5958
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Corrélativement, aucun contrôle juridictionnel de
l?application de la méthode n?est concevable. Du moins
en est-il ainsi tant que l?une ou l?autre des
interprétations émises n?a pas été « reçue » dans un
des actes constitutifs de la légalité, par exemple, dans
un plan local d?urbanisme ou dans un schéma de
cohérence territoriale. En vertu de son statut, la mé-
thode proposée ici n?est ni opposable à l?Adminis-
tration, ni invocable devant le juge administratif par
les administrés, que ce soit pour en réclamer
l?application ou pour alléguer de son illégalité. Un
requérant ne peut donc, par exemple, faire valoir
qu?un plan local d?urbanisme est illégal parce qu?il n?a
pas été pris conformément à l?une ou l?autre des
orientations définies dans l?étude.
D?une manière générale, la méconnaissance de la
capacité d?accueil ne peut être contestée devant le
Tribunal administratif au regard des éléments
contenus dans la présente étude mais uniquement en
se fondant sur l?article L. 146-2. Ajoutons que le
tribunal administratif qui se fonderait sur ce rapport
pour conclure à la légalité ou à l?illégalité d?un
document d?urbanisme commettrait une erreur de
droit, dans la mesure où il se prononcerait au regard
d?un « texte » qui n?appartient pas au bloc de légalité.
Recherche et ordonnancement juridique appar-
tiennent ainsi à deux univers différents. Face à ce
constat, il pourrait être tentant de conclure que la
présente méthode « parlerait pour ne rien dire ».
Celle-ci cultiverait ainsi la déception des uns (ceux qui
entendraient y trouver un certain degré de norma-
tivité pour encadrer un tant soit peu les pouvoirs dont
disposent les planificateurs pour définir la capacité
d?accueil) tout en laissant les autres ignorer une
interprétation pertinente dès lors que cette mécon-
naissance ne peut être sanctionnée. Cette étude serait
donc, en quelque sorte, un coup d?épée dans l?eau, ou
une addition de « bons principes » et de « lieux com-
muns », dès lors que les orientations qu?elle définit en
la matière ne bénéficieraient pas du soutien de la
règle, les leviers du droit ne pouvant ici être actionnés
pour sanctionner la méconnaissance de son contenu.
Cette vision des choses est néanmoins par trop
simpliste.
3.2 L?étude peut néanmoins influer sur
l?interprétation de la notion de capacité d?accueil
Si la présente étude ne peut, comme il vient d?être
montré, créer du droit, cela ne signifie pas pour autant
que celle-ci soit dénuée de toute portée, ou de toute
efficacité. Cette réflexion ou, dit autrement, cette
édiction d?éléments « non-normatifs » a très
certainement une certaine force matérielle dans la
mesure où, en établissant des données objectives
nécessaires à la discussion et à l?établissement de la
capacité d?accueil, elle peut, à l?instar de l?article
L. 146-2, servir la communication sociale. L?étude peut
ainsi stimuler les échanges à l?occasion de
l?élaboration des documents de planification, ou
encore favoriser à cette occasion les mises en
relations. Elle peut aussi fournir l?échelle des
possibilités entre lesquelles il faudra choisir pour
dégager la capacité d?accueil, ou encore enrichir le jeu
des interprétations plausibles de cette notion et la
sélection de l?une d?entre elles. Elle donne, en quelque
sorte, un fondement intelligible à la prise de décision.
Notons encore que la méthode retenue est
également utile pour faciliter la mise en oeuvre
d?autres règles ou principes du droit de l?urbanisme
qui s?imposent aux planificateurs, lorsque ces
derniers élaborent un plan local d?urbanisme ou un
schéma de cohérence territoriale. Cette réflexion
pourrait notamment faciliter l?application dans les
documents d?urbanisme du principe d?économie
d?espace, ou des principes de mixité sociale et de
mixité urbaine 13, ou encore faciliter la définition
d?une politique durable des transports qui réponde à
des exigences utilitaires envers l?habitat, les activités,
l?environnement et les espaces publics. Elle devrait
également permettre de déterminer plus aisément, à
l?occasion de l?élaboration d?un PLU ou d?un SCoT, les
conditions permettant d?assurer la préservation de la
qualité de l?air, de l?eau, du sol et du sous-sol, des
écosystèmes, des espaces verts, des milieux, sites et
paysages naturels urbains, ou encore la prévention
des risques technologiques, naturels ou sanitaires.
Cette étude, par la réflexion qu?elle entend engager,
peut ainsi aider à la création des dispositions
juridiques qui seront inscrites dans ces documents en
vue, par exemple, de conforter les protections
environnementales, de lutter contre les pollutions, ou
encore d?assurer la diversité sociale au sein des cités.
En amont, cette méthode apparaît aussi comme un
outil précieux pour réaliser le diagnostic ou l?étude
environnementale, lesquels doivent figurer dans le
rapport de présentation des documents de plani-
fication urbaine, ou encore pour définir le projet
d?aménagement et de Développement durable. D?une
manière plus générale, les résultats de cette entre-
prise pourraient également servir de base à la
rédaction d?une circulaire ministérielle à destination
des services qui viendrait fixer le mode d?inter-
prétation des dispositions de l?article L. 146-2.
13 C urb., art. L. 121-1.
60 59
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Cette étude a donc essentiellement une vertu
pédagogique, la lecture et l?explication de ces travaux
permettant aux autorités locales de mieux cerner les
contours de la capacité d?accueil, mais aussi de
prendre davantage conscience des défis environ-
nementaux, sociaux et économiques auxquels les
territoires littoraux sont aujourd?hui confrontés. Dans
certaines circonstances, la recherche pourrait aussi
servir de source d?inspiration pour traduire en normes
contraignantes les orientations ou les objectifs qui y
sont définis, même si l?on voit bien que la finalité
première de la démarche n?est pas là. Elle n?est pas là
parce que, selon nous, la notion de capacité d?accueil
ne fait pas « bon ménage » avec le droit traditionnel,
dès lors que cette notion ne peut être que très
difficilement traduite en règles rigides, c?est-à-dire en
règles dont la vocation instrumentale est de con-
traindre les planificateurs à se plier strictement à
l?observation desdites règles. Pour que cette notion
remplisse sa fonction, il ne faut donc pas seulement
compter sur le ressort de la règle, le droit n?ayant pas
ce pouvoir démiurge qu?on lui prête parfois. Il faut
autre chose, un autre principe d?efficacité qui, sans
doute, passe par l?explication et par l?adhésion
(Rivero, 1965). C?est à cette oeuvre d?adhésion et
d?explication que contribue le caractère participatif de
la démarche proposée.
3.3 L?étude s?inscrit dans les évolutions
prévisibles du droit
Pour conclure, la méthode retenue revêt
aujourd?hui une importance toute particulière dans le
nouveau contexte juridique issu du droit international.
Celui-ci tend à affermir la « consistance juridique » ou,
dit autrement, le contenu et la portée juridique de la
notion de capacité d?accueil.
C?est ainsi que le très récent protocole sur la ges-
tion intégrée des zones côtières (GIZC) qui a été signé
à Madrid le 21 janvier 2008 lors de la 15e Conférence
des Parties Contractantes à la Convention de
Barcelone a non seulement consacré la notion de
capacité d?accueil sous la dénomination de « capacité
de charge des zones côtières », mais aussi imposé aux
États signataires plusieurs critères précis (environ-
nementaux, sociaux, économiques, qui figurent dans
l?étude) pour définir les contours de cette notion
proche de celle de capacité d?accueil. Il est ainsi
indiqué que les parties à la convention sont guidées
pour mettre en oeuvre cette convention par les
principes suivants : « prendre en considération de
manière intégrée l?ensemble des éléments relatifs aux
systèmes hydrologiques, géomorphologiques, clima-
tiques, écologiques, socio-économiques et culturels
pour ne pas dépasser la capacité de charge de la zone
côtière et pour prévenir les effets négatifs des
catastrophes naturelles et du développement »
(article 6). Les parties à la convention doivent égale-
ment définir des « indicateurs de développement des
activités économiques en vue d?assurer l?utilisation
durable des zones côtières et de réduire les pressions
excédant la capacité de charge de celles-ci »
(article 9). Enfin d?une manière tout à fait intéressante
le protocole impose aussi de conforter les évaluations
environnementales des projets publics et privés
pouvant avoir d?importants effets sur l?environnement
des zones côtières, en prenant en compte dans ces
études la capacité de charge des zones côtières. Il est
ainsi indiqué que les « évaluations environnementales
devraient tenir compte des impacts cumulatifs sur les
zones côtières, notamment en accordant une attention
particulière à leurs capacités de charge » (article 19).
Nul doute que la ratification de ce protocole (qui
représente une avancée décisive pour la notion de
« capacité d?accueil ») par la France et par l?Union
européenne conférerait aux critères d?appréciation ainsi
fixés par le droit international une force obligatoire en
les faisant entrer dans l?ordre juridique français et, par
là même, aurait pour effet de donner encore davantage
de légitimité à la méthode qui a ici été retenue.
Conclusion de la partie II : synthèse de la méthode
Le prolongement de la démarche conceptuelle à la
mise en place opérationnelle de la méthode, s?accom-
pagne d?une succession d?étapes dont l?objectif est de
fournir aux décideurs des éléments tangibles d?appré-
ciation de la capacité d'accueil et de développement.
Le formalisme proposé s?appuie sur la construction
de grilles d?évaluation de la capacité d?accueil, conçues
comme des grilles de questionnement et d?appréciation
des niveaux d?altération du Système de Ressources du
Territoire (SRT). Ces grilles intègrent tout d?abord un
référentiel de questionnement des ressources du
territoire, au regard de l?arrivée supplémentaire de
populations et d?activités. Leur construction s?appuie
sur la mise en lumière des ressources posant question
en termes de fragilité, d?altération, d?épuisement ou
de consolidation sur le territoire expertisé. Le but de
ces grilles d?évaluation est bien d?être en mesure
60
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
d?apprécier si la capacité d?accueil maximum du
territoire est loin d?être atteinte, en passe de l?être ou
déjà atteinte. Pour cela, la construction des grilles se
poursuit ensuite jusqu?à la mise en place d?un système
d?indicateurs, qui permet une entrée ponctuelle par
les situations de déséquilibre de la ressource, mais
aussi globale avec le tableau synoptique. La grille
complète offre donc une articulation continue, depuis
le questionnement sur la nature du déséquilibre
pouvant affecter la ressource, jusqu?à la mesure de
son niveau d?altération, en passant par la
caractérisation précise de l?aptitude du système de
ressources du territoire (SRT) à supporter la pression
humaine, ou encore des situations de déséquilibre ou
de vulnérabilité qui en découlent.
Le sens principal de la démarche ne peut
cependant se limiter à un cheminement purement
technique, voire mécanique, de l?évaluation. Le prin-
cipe central adopté est celui d?une négociation sociale
et donc d?une co-construction de ces grilles d?éval-
uation de la capacité d?accueil, associant l?ensemble
des acteurs principaux concernés et impliqués par la
gestion territoriale.
61
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Une conception renouvelée
de la capacité d?accueil, intégrée et
attachée à la dynamique du littoral
En centrant la réflexion sur les ressources du na-
turel, de l?humain et de l?économie, sur le système de
ressources du territoire (SRT) et les impacts pro-
voqués par l?accroissement des pressions humaines
sur le littoral, le présent travail aboutit à une concep-
tion totalement renouvelée de la capacité d?accueil.
Cette réflexion contribue aux actions d?appui à la
gouvernance et aux démarches d?intégration des con-
cepts de Développement durable et de gestion inté-
grée des zones côtières dans l?évaluation des politi-
ques d?aménagement des littoraux. Elle s?inscrit dans
le mouvement actuel qui voit des études entreprises
sur d?autres territoires français et sur des probléma-
tiques apparentées, proposer des approches et des
méthodes étonnamment proches de celle-ci (Lazzeri
et Planque (dir.), 2006 - CETE Méditerranée ? 2007,
Mazouni et Rey-Valette, 2008). Le concept de
Développement durable et les systèmes d?indicateurs
aptes à en évaluer la bonne prise en compte y tiennent
une place de choix pour permettre d?adopter une
approche intégrée et non sectorisée, notamment dans
les schémas de cohérence territoriale (SCoT).
De plus, en proposant d?aboutir non pas à un chiffre
de capacité d?accueil mais à un ensemble de situations
acceptables ou non de vulnérabilité ou d?altération des
ressources, la démarche amène à évoluer d?une vision
de la capacité d?accueil appréhendant le territoire
comme un contenant à une approche centrée sur les
possibilités du territoire, plus précisément de son
« capital de ressources ».
Il s?agit dès lors de réguler la capacité d?accueil non
plus en arrêtant un nombre d?habitants maximal ou
une fourchette de fréquentation touristique souhai-
table, mais en attirant plutôt l?attention sur des situa-
tions de saturation, voire de crise, qu?entraîne la pré-
sence humaine, sur des risques de ruptures environ-
nementales, sociales ou économiques tout en s?ap-
puyant pleinement sur les marges de manoeuvre que
conforte cette présence de populations et d?activités
sur le littoral, à l?année ou le temps d?une saison.
La démarche invite finalement à une réflexion plus
qualitative sur les modes de développement des terri-
toires. Elle soutient, comme d?autres initiatives déjà
en cours (Gestion intégrée des zones côtières,
agendas 21 locaux, charte des espaces côtiers?) la
mise en place de projets de territoire qui
s?attacheraient à regagner des marges de manoeuvre
en intervenant notamment sur les situations de crise,
et à anticiper les risques de rupture et les conflits
d?usage liés à l?arrivée de populations et d?activités
permanentes ou saisonnières sur le littoral.
Avec une entrée par la présence humaine, cette
méthode d?évaluation a été conçue à destination des
territoires sous pression, en particulier touristiques,
sur lesquels les acteurs concernés ont besoin d?être à
même de consolider, d?épargner les ressources qui
sont autant de facteurs d?attractivité pour aujourd?hui
et pour demain.
La mise en place du système d?indicateurs demande
la mobilisation de données couvrant de nombreux
domaines. Il est donc important de mutualiser les
données en faisant appel aux observatoires locaux
comme aux portails statistiques qui se mettent en
place. Les informations déjà mobilisées par ailleurs
(évaluation environnementale, diagnostics terri-
toriaux, etc) peuvent être réutilisées. Certaines
données nécessaires à l?évaluation de la capacité
d?accueil sont encore difficiles d?accès, voire inexis-
tantes. C?est là un obstacle à la compréhension globale
des pressions qui s?exercent sur les espaces littoraux
et sur l?évaluation de la durabilité des projets de
territoire. Disposer d?un système d?indicateurs est
aussi un moyen de pointer du doigt des situations de
tension sur lesquelles, jusqu?alors, l?attention n?était
pas portée. Ceci rend indispensable la construction
d?un système d'observation du territoire adapté à une
nouvelle gouvernance et de nouvelles régulations
compatibles avec un développement durable, ce qui
nécessitera du temps et des moyens financiers.
Pour éclairer la maîtrise ou la non-maîtrise de la
capacité d?accueil et de développement d?un territoire
particulier, il est ici proposé une construction participa-
tive et partenariale d?un système d?alerte et de veille.
Cette dimension est essentielle, car elle montre
bien que la grille d?évaluation constitue un outil
Conclusion
63
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
d?accompagnement de la réflexion, comme le confirme
la portée juridique de la méthode (Cf. infra). Ce qui est
important, c?est aussi et peut-être surtout, la nature
des échanges qui se produisent dans le cadre de
l?évaluation. C?est l?acceptation d?une confrontation de
points de vue et de stratégies quelquefois difficilement
conciliables. L?approche globale du territoire demande
notamment le décloisonnement des logiques de
métiers interservices, la mise en commun autour
d?une ressource impliquant différents acteurs, la
mutualisation d?expertises variées ou encore la
territorialisation des politiques publiques. C?est, enfin,
la recherche d?une évaluation partagée des pressions
anthropiques qui s?exercent sur un territoire particulier
dont on a identifié et reconnu les richesses, tenté
d?imaginer et discuté de ce qui serait acceptable ou
non pour son avenir et pour les générations futures.
Elle produit une appréciation de la situation modulée
suivant les enjeux du territoire.
La mise en oeuvre de la démarche d'évaluation de
la capacité d'accueil nécessite qu?une négociation
sociale s'engage à l'instigation des élus locaux. Ils
vont ainsi expliciter leurs objectifs, vérifier leurs
intuitions, mesurer les impacts de l?arrivée de
nouveaux habitants, de nouveaux touristes et
recadrer l?action territoriale, sans achopper sur
l?objectivation de certains déséquilibres observables
sur leur territoire. La mise en place d?un système
d?indicateurs de cette forme s?inscrit en effet dans un
mouvement plus large, auquel participent les
collectivités locales et l?État, positionnant l?évaluation
au coeur de l?élaboration des politiques publiques.
Placée en amont de l?élaboration des projets de
territoire, l?évaluation de la capacité d?accueil et de
développement se pose comme un diagnostic des
forces, des faiblesses, des opportunités et des
contraintes, habituel dans le type de résultats
produits, plus innovant par son caractère global et la
place importante accordée aux impacts sur le
territoire. Sans doute aurait-elle également sa place à
d?autres moments de la vie du territoire ?
L'aboutissement de la démarche dépend donc de la
nature des relations entre les acteurs locaux et de
l?animation de l?équipe projet, l?objectif n?étant pas de
mettre en place un outil contraignant les procédures
d?élaboration des documents d?urbanisme ou les pro-
cédures opérationnelles d?aménagement du territoire,
mais bien d?enrichir la réflexion et de provoquer une
prise de conscience structurée des enjeux qui s?atta-
chent à la reconnaissance des richesses des territoires
littoraux et des risques que l?accroissement des pres-
sions humaines fait porter sur elles.
Cette approche de la capacité d?accueil et de
développement comme la méthode proposée pour son
évaluation s?éloignent nettement d?une capacité d?ac-
cueil déterminée mécaniquement par les caractéris-
tiques du territoire. Pour cette raison, les grilles d?éva-
luation ne peuvent être considérées comme des nor-
mes juridiques stricto sensu de la capacité d?accueil,
mais bien comme des outils de dialogue.
Quelle portée juridique ?
S?agissant de la portée normative, il faut retenir
que cette méthode issue d?un programme de recher-
che ne revêt en elle-même aucune force juridique :
elle est extérieure à l?ordonnancement juridique ou,
dit autrement, au monde des règles juridiques stricto
sensu même si, quelque part, elle aboutit à la mise en
place d?éléments dont on sait bien qu?ils peuvent avoir
quelque chose à voir avec le droit. Il ne peut en aller
autrement, les auteurs de ce travail n?ayant pas été
habilités à poser des normes. Aussi, même si la
méthode préconisée contient des instructions, des
recommandations, ou encore des explications sur la
façon dont les dispositions de l?article L. 146-2 du code
de l?urbanisme sont susceptibles d?être appliquées,
ceci n?a pas pour autant pour effet de lui conférer un
caractère obligatoire. Il s?agit donc ici plus de sug-
gestions ou de recommandations à destination des
autorités administratives locales, que d?une ligne de
conduite que ces dernières devraient suivre impéra-
tivement lorsqu?elles sont appelées à déterminer la
capacité d?accueil des communes littorales.
Il n?en demeure pas moins que cette méthode est
susceptible de constituer le socle (et c?est là tout son
intérêt) sur lequel il est possible de s?appuyer pour
donner sens à la notion de capacité d?accueil. En effet,
bien que la démarche retenue n?ait qu?un très faible
taux de positivité, elle a néanmoins une force maté-
rielle, une vertu pédagogique : elle établit des don-
nées objectives nécessaires à la discussion et à
l?établissement de la capacité d?accueil. Par là même,
cette méthode, qui sert la communication sociale, est
de nature à stimuler les échanges à l?occasion de l?éla-
boration des documents de planification, ou encore à
favoriser à cette occasion les mises en relations. Elle
fournit aussi l?échelle des possibilités entre lesquelles
il faudra choisir pour dégager la capacité d?accueil, et
enrichit le jeu des interprétations plausibles de cette
notion et la sélection de l?une d?entre elles. Elle donne,
en quelque sorte, un fondement intelligible à la prise
de décision.
Ajoutons que la méthode réalisée revêt aujourd?hui
un intérêt tout particulier dans un contexte dans lequel
le droit international tend, non seulement à reconnaître
la notion de capacité d?accueil, mais aussi à imposer un
certain nombre de critères pour permettre de mieux
cerner son contenu. C?est ainsi que le protocole de
64
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Barcelone sur la Gestion intégrée des zones côtières,
signé en janvier 2008, ne se borne pas à consacrer la
notion de « capacité de charge des zones côtières », ce
texte impose également aux États plusieurs critères
(que l?on retrouve dans l?évaluation proposée ici) pour
définir les contours de cette notion proche de celle de
capacité d?accueil. Nul doute que la ratification de ce
protocole par la France ou par l?Union européenne
conférerait à ces critères une force obligatoire en les
faisant entrer dans l?ordre juridique français et, par là
même, aurait pour effet de donner encore davantage
de légitimité à la méthode qui a été retenue ici.
Quelles perspectives ?
Tout d?abord, assurer une large diffusion des
résultats obtenus. La publication dans le courant de
l'année 2009 d'un guide méthodologique à portée
opérationnelle aidera les maîtres d?ouvrage et les
maîtres d?oeuvre à évaluer la capacité d?accueil d?un
territoire dans le cadre de la conception d'un docu-
ment d?urbanisme ou d'une stratégie territoriale, et à
organiser le suivi de l?évolution des ressources des
espaces littoraux.
Ce travail devra également se poursuivre par une
réflexion sur la mise en place de systèmes d?infor-
mation appropriés, comme dans d?autres domaines
touchant au Développement durable. La présente
démarche, en appréciant par comparaison la
situation décrite à l?aide des indicateurs, nécessite
en effet la mobilisation de lots de données sur
plusieurs territoires analogues. Elle demandera une
coordination entre les services de l?État et les
acteurs institutionnels et territoriaux impliqués sur
le littoral pour aboutir à une bonne connaissance des
pressions humaines sur ces territoires remarquables
mais fragiles.
65
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
ADEV, 2001. À la recherche de la capacité d?accueil.
Bulletin annuel de l?ADEV, mai 2001, pp. 35-54.
BOULANGER P-M, 2004. Les indicateurs de
Développement durable : un défi scientifique, un
enjeu démocratique. Les séminaires de l?Iddri, n° 12.
CAILLOSSE J., 1993. Qui a peur du littoral ?, RJE n° 4,
p. 513.
CETE Méditerranée, 2007. SCoT et développements
durables, méthode pour évaluer les SCoT au regard
des principes du Développement durable et définir les
indicateurs environnementaux à mettre en place.
Application au cas de l?agglomération de Montpellier.
CERTU, 91 p.
CETE Méditerranée, 2007. Plans locaux d?urbanisme,
petit guide pratique à destination des chargés d?étude
pour une meilleure prise en compte de l?envi-
ronnement en Languedoc-Roussillon. DRE Languedoc-
Roussillon, 18 p.
CLEMENCEAU F., 2007. La capacité résiduelle d?urba-
nisation comme indicateur fondamental dans
l?évaluation de la capacité d?accueil et de dévelop-
pement des espaces littoraux. Mémoire de stage,
Université de Nantes ? IGARUN, Direction régionale de
l?Équipement des Pays de la Loire.
COCCOSSIS H., MEXA A., COLLOVINI A.,
PARPAIRIS A., KONSTANDOGLOU M. (UE), 2003.
Définir, mesurer et évaluer la capacité de charge dans
les destinations touristiques européennes. Rapport
final. UE DG environnement, Athènes, 52 p.
CRINQUANT N., 2005. La capacité d?accueil des
territoires littoraux. De la recherche d?indicateurs per-
tinents à leur exploitation dans une étude de cas.
Mémoire de fin d?études, École Nationale Supérieure
d?Agronomie, Montpellier, 188 p.
DATAR-DIACT, 2004. Construire ensemble un dévelop-
pement équilibré du littoral. La documentation
française, 2004.
DESPRES L., CHADENAS C., POUILLAUDE A.,
BAGOULLA C.,du CREST A., 2009. Les indicateurs de
Développement durable : leçons de quelques
expériences locales. In Le Développement durable de
l?estuaire de la Loire, chapitre 21, ss la dir. de
DESPRÉS L., PUR, Rennes, à paraître.
DIACT, Secrétariat Général à la Mer, 2007. Rapport du
gouvernement au parlement portant bilan de la loi
Littoral et des mesures en faveur du littoral, Paris,
DIACT, 127 p.
Direction régionale de l?Équipement des Pays de la
Loire, 2006. Le parc de logements des communes
l i t torales ,http://www.pays-de-lo ire.equipe-
ment.gouv.fr, novembre, 5 p.
EISENMANN C., 1983. Cours de droit administratif,
T. II, LGDJ, p. 348 et s.
FRUSTIER P., (dir.), 2007. Les identités insulaires face
au tourisme, Siloé, Nantes, 226 p.
GILLON et al., 2000. Du bon usage des ressources
renouvelables, IRD Éditions, collection Latitude 23,
Paris, 471 p.
HOSTIOU, 2006. Expropriation et expertise judiciaire.
Le commissaire-enquêteur et le commissaire du
gouvernement, Actualité juridique. Droit immobilier,
Juin 2006, p. 443.
INEA/IFEN, 2003. Observatoire Littoral et Montagne :
indicateurs de suivi de la loi Littoral, étude de
faisabilité. HERMES, Sommières.
INSEE Pays de la Loire, 2007. Huit enjeux pour le lit-
toral de la Loire?Atlantique, Dossier n° 26, sep-
tembre, 20 p.
JEAMMAUD A., 1991. Le droit au Musée ? Les avocats
du déclin. Économie et Humanisme, n° 328, Juillet-
septembre, p. 7.
JOARDAR S.D., 1998. Carrying capacities and
standards as based towards urban infrastructure
planning in India : a case of urban water supply
and sanitation. Habitat International, Vol. 22, Issue
3, pp. 327-337
KEBIR L., 2006. Ressource et développement régional,
quels enjeux ? Revue d?Économie Régionale et
Urbaine, n° 5, pp. 701-723.
LAZZERI Y., PLANQUE B. (dir.), 2006. Élaboration
d?indicateurs pour un système de suivi-évaluation du
Références bibliographiques
67
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Développement durable. Tome I, principes et métho-
dologies de construction du référentiel, METLTM?
DGUHC, Université d?Aix-Marseille III, 87 p.
LEMAITRE C., 2007. Détermination des états de
référence nécessaires à la mise en place des systèmes
d?indicateurs pour l?évaluation et le suivi de la capacité
d?accueil des territoires littoraux. Mémoire de stage,
Université de Nantes, IGARUN, Laboratoire Géolit-
tomer, UMR 6554-CNRS, 137 p.
LETELLIER P., GUYONVARCH?M., THUILLIER A., 2008.
Les enjeux de l?État sur le littoral de la Loire- Atlantique,
Nantes, CODELA, Cahier littoral, n° 16, 12 p.
LEVEILLER T., 2007. Les indicateurs environne-
mentaux dans la démarche d?évaluation de la capacité
d?accueil et de développement des espaces littoraux.
Mémoire de stage, Université de Nantes, IGARUN,
Direction départementale de l?Équipement de la Loire-
Atlantique, 84 p.
MAZOUNI N., REY-VALETTE H., 2008. Appui à
l?élaboration d?indicateurs territoriaux de la GIZC dans
la logique d?intégration et de partage des connais-
sances. Actes du colloque international pluridis-
ciplinaire « Le littoral : subir, dire, agir », Lille, France,
16-18 janvier 2008, 9 p.
OCDE 1993. Corps central d?indicateurs de l?OCDE
pour les examens des performances environne-
mentales. Rapport de synthèse du Groupe sur l?État de
l?Environnement. Monographies sur l?environnement
n° 83, Paris, 41 p.
PERELMAN Ch., VANDER ELST R., 1984. Les notions à
contenu variable en droit, Bruxelles, Bruylant.
POTTIER P. (coord.), CHADENAS C., POUILLAUDE A.,
STRUILLOU J-F., 2009. Capacités d?accueil et de
développement des territoires littoraux, rapport scien-
tifique final. Partenariat de recherche PUCA/DRE Pays
de la Loire/MSH Nantes. Laboratoires Géolittomer
(CNRS, LETG-UMR 6554), LEMNA (EA 4272), DCS
(CNRS, UMR 6225). Université de Nantes, décembre
2008. 233 p.
POTTIER P. (coord.), CHADENAS C., CHOBLET C.,
POUILLAUDE A., STRUILLOU J-F et TROUILLET B.,
2006. Capacités d?accueil et de développement des
communes littorales, rapport d?étape (1e phase).
Partenariat de recherche PUCA/DRE Pays de la
Loire/MSH Nantes. Laboratoires Géolittomer (CNRS,
LETG-UMR 6554), LEN (EA 2154), CERP3E (CNRS,
FRE2794). Université de Nantes, mai 2006, 239 p.
POTTIER P. (coord.), CHADENAS C., CHOBLET C.,
LAMBERTS C., POUILLAUDE A., STRUILLOU J-F et
TROUILLET B., 2006. La capacité d?accueil et de
développement des communes littorales ; synthèse
bibliographique, Ministère des Transports, de l?Équipe-
ment, du tourisme et de la Mer, 2007, 77 p. et docu-
ment de synthèse en 4 pages.
POUILLAUDE A. (coord), BONNET A-S., CHADENAS C.,
CHOBLET C., 2008. Le tourisme littoral. In GUILLOTREAU
G. (coord.), 2008, Mare economicum. Enjeux et avenir
de la France maritime et littorale, Presses Universitaires
de Rennes, pp. 397-456.
Programme d?Actions Prioritaires/Centre d?Activités
Régionales (PAP/CAR), 1997. Directives pour l?éva-
luation de la capacité d?accueil en matière de tourisme
dans les régions littorales méditerranéennes. PAP-
9/1997.G1. Split (Croatie), Centre d?activités régionales
pour le Programme d?actions prioritaires, viii + 51 p.
PNUE, 1995. Directives concernant la Gestion intégrée
des régions littorales, avec une référence particulière
au bassin méditerranéen. Split, Croatie, PAP/CAR
(PAM-PNUE), Rapport et études des Mers régionales,
n° 161, 89 p.
PNUE-PAM, 2003. Évaluation de la capacité d?accueil
pour le développement du tourisme dans les régions
côtières méditerranéennes. stage de formation. Publi-
cation du PNUE, Split, 63 p.
Protocole sur la Gestion intégrée des zones côtières
(GIZC) en zone méditerranéenne.
REY VALETTE H., ROUSSEL S., 2007. Integrated
Coastal Zone Management (ICZM) and Valuation of
Socio-Economic Impacts, ENCORA 1rst Multifunc-
tionality and Valuation Thematic Network Conference,
Fondazione Eni Enrico Mattei (FEEM), Venise, 12-13
Mars 2007.
RIAL, 1980. Le juge administratif et la technique du
standard. Essai sur le traitement juridictionnel de
l?idée de normalité, Paris, LGDJ.
RIVERO J., 1947, Le Plan Monnet et le Droit, D. 1947,
doctr., XXXIII.
RIVERO J., 1965. Le plan et le droit. In La planification
comme processus de décision, Librairie Armand Collin,
121 p.
ROUSSEAU H., 2008. Les gains économiques des
choix de développement alternatifs au tout-urbain,
Mémoire de stage, Université de Nantes, Faculté des
Sciences Économiques et de Gestion, Direction
Départementale de l?Équipement de la Loire-Atlantique.
ROUSSEL S., CRINQUANT N., BOURDAT E., 2006. À la
recherche de la durabilité de la zone côtière par la
construction d?indicateurs de capacité de charge :
enseignements à partir du cas d?étude de la lagune de
68
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Thau (région Languedoc-Roussillon, France). Colloque
« Usages des indicateurs de Développement durable ».
Université de Montpellier, Montpellier (France), 3-4 avril.
SCE?DRE Pays de la Loire?DDE44, 1997. Application
de la loi Littoral ; la notion de capacité d?accueil.
Document d?étude, Nantes, 23 p.
SMVM Baie de Bourgneuf, 1994. Capacité d?accueil des
communes du littoral ; approche pour une méthode de
calcul. Annexe 3 du rapport du SMVM, pp. 105-112.
The Natural Resources Institute, Livestock,
Environment and Development Initiative (LEAD)
Département production et santé animale,
http://www.virtualcentre.org/fr/dec/toolbox/Index.htm
FAO, Centre virtuel LEAD pour l?Élevage,
l?Environnement et le Développement, 1999
TANGUY Y., 2005. Évolutions récentes du droit du
littoral. Actualité Juridique Droit Administratif, 21
février, pp. 354-360.
TRZPIT J.-P., 1999. Le vent, une composante fonda-
mentale de l?environnement en milieu littoral :
l?exemple du littoral normand. In Les documents de la
maison de la recherche en sciences humaines de Caen,
n° 10, pp. 59-70.
VERA REBOLLO J.-F., IVARS BAIDAL J.-A., 2001.
Planificación y gestión del desarrollo turístico sos-
tenible : propuestas para la creación de un sistema de
indicadores. (Planificación y gestión sostenible del
turismo. Propuesta metodológica y aplicación de un
sistema de información turística. Proyecto METASIG,
CICYT-FEDER. Referencia 1FD97-0403). Documento
de trabajo. Instituto Universitario de Geografía ?
Universidad de Alicante, Alicante, 75 p.
VERA REBOLLO J.-F., IVARS BAIDAL J.-A., 2003.
Measuring Sustainability in a Mass Tourist Destination :
Pressures, Perceptions and Policy Responses in
Torrevieja, Spain. Journal of Sustainable Tourism, 11
(1-2), pp. 181-203.
69
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Annexes
71
Les fiches « Capacité » suivantes sont présentées à titre d'exemple et s?appuient sur la grille « modèle »
d?évaluation de la capacité d'accueil située pages 42 à 48.
Annexe 1 : Domaine de l?environnement
Ressource SOL
Fiche Capacité 6 : Maîtriser l?extension urbaine..................................................................................p. I
Annexe 2 : Domaine de la société
Ressource DÉMOGRAPHIE
Fiche Capacité 18 : Maintenir un équilibre démographique entre populations permanente et temporaire..p. IX
Annexe 3 : Domaine de l?économie
Ressource TISSU ÉCONOMIQUE LOCAL
Fiche Capacité 30 : Maintenir la diversité du tissu économique local.................................................p. XIII
I
ANNEXE 1 - Domaine de l?environnement
F i c h e C a p a c i t é 6
M a î t r i s e r l ? e x t e n s i o n u r b a i n e
Constats et enjeux de la pression humaine
La question de l?urbanisation est omniprésente dans la problématique du développement durable des littoraux, car elle occupe une place de plus en
plus importante des espaces les plus proches de la côte. À l?échelle nationale, l?urbanisation représente ainsi 50 % des espaces situés à moins d?un
kilomètre du rivage, sur le site d?étude retenu, 26 %.
L?évaluation de la capacité d?accueil passe inévitablement par la prise en compte des impacts du développement de l?urbanisation, car les processus
mal maîtrisés du développement de la construction provoquent le plus souvent l?altération de nombreuses ressources essentielles à la qualité des
territoires littoraux.
Le sol ou l?espace en quantité de surface est la première de ces ressources à être mise en danger, car ses dimensions sont limitées et les processus
d?urbanisation le plus souvent très consommateurs de surface.
Question posée en termes de
capacité d?accueil
supplémentaire de populations
et d?activités, saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la
mise en péril de la
ressource à enjeu
Eclairages des situations de
déséquilibres
Indicateurs
fondamentaux
complémentaires
Tranche modale des surfaces
construites
Consommation d?espace par
l?urbanisation excessive
Pression urbaine ressentie
Offre de terrains constructibles
inadaptée à la demande
Capacité résiduelle brute
d?urbanisation
Densité des espaces urbanisés, COS
réglementaires, (densité minimale)
Faible densité des espaces
urbanisés
Surface totale occupée par
l?urbanisation
Disparition des coupures entre les
bourgs
Dispersion spatiale de la construction
et étalement de la tâche
d?urbanisation exagérés
Surfaces des ZAC/ZAD, lotissement et
réserve foncière
La part du sol à vocation urbaine
réservée à l?accueil
supplémentaire de populations et
d?activités est-elle de nature à
favoriser l?étalement urbain
(gaspillage de la ressource sol) ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine
Procédures d?urbanisme
opérationnel et politique de
maîtrise foncière insuffisantes
Usage du Droit de Préemption Urbain
II
Synthèse de la capacité
Bilan des effets mesurés de la capacité d?accueil sur la mise en danger de la ressource à enjeu.
Indicateur 6a : tranche de surfaces des parcelles construites
Indicateur 6b : pression urbaine ressentie
Indicateur 6c : capacité résiduelle brute d?urbanisation
Indicateur 6d : densité des espaces urbanisés
Indicateur 6e : dispersion spatiale, étalement de la tâche d?urbanisation
Indicateur 6f : part de l?urbanisme opérationnel (ZAC/ZAD, lotissement, réserve foncière)
Situation de déséquilibre :
importante en partie maîtrisée maîtrisée absence de données
Capacités liées à la capacité 6 ?Maîtriser l?extension urbaine?
domaine ressource à enjeu capacité liée
Eau
Capacité 2 : préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages
du bassin-versant ou de la mer
Sol
Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usages
environnement
Flore
Capacité 13 : maintenir une trame verte cohérente
Culture
Capacité 15 : maintenir le caractère local du patrimoine bâti
Mode d?habiter
Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Mode d?habiter
Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
société
Vie collective
Capacité 25 : maintenir un débat politique apaisé entre les intérêts contradictoires
Capital matériel
Capacité 27 : adapter les équipements collectifs au pic de fréquentation et à bien les faire
fonctionner toute l?année
Capital financier
Capacité 29 : maîtriser financièrement l?urbanisation (équipements collectifs et services) et la
spécialisation touristique
Tissu
économique local
Capacité 30 : maintenir la diversité du tissu économique local
économie
Services d'intérêt
général
Capacité 32 : adapter l?offre de services d?intérêt général à une population changeante en nombre et
en composition
III
Mesure des indicateurs
Indicateur 6a : tranches de surface des parcelles construites
Données : fichier DRE ? SITADEL, surface des terrains sur lesquels a été déposée une demande de permis de construire pour une construction
neuve à usage d?habitation. Prise en compte à la date d?ouverture du chantier (DOC) sur une période de 10 ans (1996 à 2006).
Traitement : somme des déclarations par tranches de surfaces des parcelles en 14 tranches détaillées (- de 250 m² ; 251 à 500 ; 501 à 750 ;
751 à 1 000 ; 1 001 à 1 500 ; 1 501 à 2 000 ; 2001 à 2 500 ; 2 501 à 3 000 ; 3 001 à 3 500 ; 3 501 à 4 000 ; 4 501 à 5 000 ;
5 001 à 10 000 ; + de 10 000), regroupées en 6 classes :
- petite parcelle : ? de 500 m²
- parcelle moyenne : 501 à 1 000 m²
- parcelle moyenne supérieure : 1 001 à 2 000 m²
- parcelle grande : 2 001 à 3 000 m²
- parcelle très grande : 3 001 à 5 000 m²
- parcelle exceptionnelle : + de 5 000 m²
Résultats : les résultats sont présentés en classes regroupées car le niveau en 14 tranches détaillées n?apporte pas d?éclairage supplémentaire.
Ils sont présentés avec une référence par comparaison, car aucune norme de cadrage n?est reconnue de façon unanime. Les
communes de comparaison ont été choisies en fonction du processus d?urbanisation, proche en quantité (nombre total de
logements au RGP 99 et nombre de logements neufs par an à peu près équivalents ? moyenne annuelle calculée entre 1996 et 2006,
données SITADEL).
Ile en étude Comparaison 1 2 3 4
Nb total logements 5 061 6 248 3 498 4 302 5 265
Nb de logements neufs (10ans) 604 633 441 840 589
Parcelles ? de 500 m² 12,2 % 30,2 % 9,8 % 14 % 4,1 %
501 à 1 000 m² 38,8 % 53,2 % 43,5 % 47,3 % 72,4 %
1 001 à 2 000 m² 35 % 13,3 % 34,7 % 25,2 % 15,4 %
2 001 à 3 000 m² 8,7 % 2,1 % 8 % 9,1 % 3,3 %
3 001 à 5 000 m² 3,4 % 0,9 % 2 % 2,9 % 2,4 %
+ de 5 000 m² 1,9 % 0,3 % 2 % 1,5 % 2,4 %
surface moyenne d?un terrain construit 1 275 m² 798 m² 1 318 m² 1 176 m² 1 165 m²
surface médiane 1 000 m² 608 m² 1 000 m² 857 m² 730 m²
consommation moyenne d?espace par logement
construit (1996-2006)
1 149 m² 794 m² 1 184 m² 651 m² 772 m²
Évaluation : La surface moyenne d?une parcelle construite sur l?île en étude entre 1996 et 2006 pour un nouveau bâtiment à usage
d?habitation a été de 1 275 m², ce qui représente une consommation d?espace relativement élevée. Parmi les communes de
référence, seule celle de la commune 3 présente une surface moyenne supérieure, celle de la commune 1 étant de 37 %
inférieure à celle enregistrée sur l?île en étude.
Les parcelles mises en construction sur l?île en étude sont de surfaces à peu près comparables à celles des communes de
référence (exception faite de la commune 1) avec, toutefois, une tendance à disposer de moins de terrains bâtis de petite
surface et de plus de terrains bâtis de surface supérieure. En effet, la part des parcelles de moins de 1 000 m², qui représentent
50,2 % du total sur l?île en étude, est plus limitée que sur la commune 2 (53 %), la commune 3 (61 %) et surtout la commune 1
(83,4 %). Celle des 1 000 à 3 000 m² est de 44,4 % contre 42,7 %, 34,3 et 15,3. Celle des plus de 3 000 m² de 5,4 %, contre
4 %, 4,4 et 1,2 %.
==> Au regard des surfaces des terrains urbanisés sur l?île en étude depuis 10 ans, il ressort que le sol est
consommé par l?urbanisation dans des proportions importantes et majoritairement supérieures à ce qui est
observé pour des situations similaires. Cette situation est liée à un processus d?urbanisation consommateur
IV
d?espace, s?accompagnant d?une sous-représentation des terrains à bâtir les plus petits et d?une sur-
représentation des terrains les plus grands. Au total, la consommation moyenne d?espace pour la construction
d?un logement se situe à un niveau élevé (1 149 m²), incompatible avec une gestion économe du sol.
Valeur cible : l?objectif à atteindre dans le cadre d?une maîtrise plus forte des extensions urbaines est d?augmenter la part des parcelles de
surface inférieure à 1 000 m² dans le processus d?urbanisation.
Cette part pourrait atteindre une valeur proche de celle enregistrée sur la commune 2, c?est-à-dire d?environ 55 % des terrains
construits, ce qui représenterait une économie annuelle de 2,2 ha de surface urbanisée (sur 10 ans, 22 terrains bâtis d?une
surface inférieure à 1 000 m², venant remplacer 22 terrains d?une surface d?environ 2 000 m² qui auraient sinon été construits).
Piste d?actions : la marge de manoeuvre de la collectivité est limitée, puisque c?est la structure foncière qui détermine les surfaces des terrains
mis à la vente, puis construits. Toutefois, il est sans doute possible d?encourager les divisions de parcelle les plus grandes par
exemple par une taxation sur les constructions réalisées sur des parcelles de plus de 1 000 m².
Une attention doit également être portée sur les COS réglementaires qui contraignent le processus d?urbanisation.
Indicateur 6b : pression urbaine ressentie
Les données traitées se limitent à celles de l?exploitation d?une enquête directe auprès de la population, permanente et temporaire, à
partir d?un questionnaire sur la perception du territoire de l?île en étude et des pressions diverses qui s?exercent sur lui. Elles sont
donc partielles et ne peuvent à elles seules éclairer le ressenti de la pression urbaine.
Données : enquête réalisée pendant l?été 2007 sur l?île en étude par la MSH Ange Guépin dans le cadre de la mission PUCA-DRE des Pays de
la Loire. Les questionnaires utilisés concernent 260 personnes interrogées sur l?île à la fin du mois de juillet 2007, dont 54
résidents permanents et 206 résidents temporaires.
Traitement : la perception du développement urbain sur l?île peut être appréciée au travers de la question 3.5 (Depuis que vous venez sur
l?Ile, avez-vous noté des changements dans la nature/paysages ? 13 choix possibles de réponse, dont Davantage de maisons et
des maisons qui se ressemblent toutes) et de la question 4.4 (À votre avis la fréquentation touristique pose-t-elle des problèmes
aux territoires qui l?accueillent ? 13 choix possibles de réponse, dont le problème lié à la Pression immobilière et foncière).
Résultats : * à la question 3.5 (Depuis que vous venez sur l?île, avez-vous noté des changements dans la nature/paysages ?), 56,4 % des
résidents permanents s?étant exprimées ont déclaré comme premier changement visible celui du nombre croissant de maisons,
48,5 % des résidents temporaires. L?uniformité architecturale n?est mentionnée que pour 3,6 % des changements visibles de
1ère et 2ème importance pour les résidents permanents et 0 % des résidents temporaires.
* à la question 4.4 (À votre avis la fréquentation touristique pose-t-elle des problèmes aux territoires qui l?accueillent ?), 22 %
des résidents permanents s?étant exprimées ont mentionné la pression immobilière et foncière en 1ère et 2ème niveau
d?importance parmi les problèmes perçus, 8,7 % des résidents temporaires.
Évaluation : l?intensité du développement urbain est diversement ressentie. Son ampleur est certes perçue (1er changement d?ampleur
mentionné), mais ne semble pas poser de problèmes majeurs en termes d?évolution du territoire de l?île. Même parmi les
résidents permanents, 3 sur 4 n?ont pas mentionné la pression immobilière et foncière comme un problème évident lié à l?activité
touristique et à la résidentialisation du territoire.
==> Cette enquête directe montre que la consommation de l?espace insulaire par l?urbanisation n?est pas
majoritairement perçue comme un processus aux conséquences néfastes. Le sentiment de mettre en danger
cette ressource en sol/espace, qui est limitée et circonscrite, n?apparaît pas de façon évidente.
Indicateur 6c : capacité résiduelle d?urbanisation
Données : capacité brute d?urbanisation rendue possible dans le cadre actuel des PLU, obtenue par extraction des parcelles actuellement
non bâties (fichier cadastral sous forme numérique, DDE) et situées dans une zone à vocation urbaine résidentielle, actuelle et
future, du PLU (fichier du zonage du PLU, DDE).
Traitement : s?effectue en plusieurs étapes :
- extraction des parcelles non bâties situées dans les zones à vocation urbaine du PLU ;
V
- suppression des parcelles présentant une surface trop limitée pour être bâties (fonction des règles édictées dans le
PLU ; COS et surface minimale des terrains constructibles), ainsi que celles visiblement trop enclavées pour être
urbanisées ;
- remplissage de ces parcelles, de façon manuelle tenant compte de la morphologie des espaces environnants (densité,
accès?) et du règlement du PLU (notamment pour les zones d?urbanisation groupée), de façon à déboucher sur le
nombre de nouvelles constructions possibles sur ces parcelles constructibles ;
- un taux de rétention de 20 % est ensuite appliqué, intégrant le gel d?un certain nombre de terrains qui ne pourront être
construits dans le cadre actuel du PLU (situation géographique, héritage, spéculation?).
Résultats : les résultats sont présentés avec une référence par comparaison aux communes littorales 1, 2, 3 et à une commune
intérieure 4, qui présentent toutes un espace à urbaniser similaire en nombre total de logements, ainsi qu?un processus
d?urbanisation (nombre de nouvelles constructions par an) à peu près identique à ce qui est observé sur l?île en étude.
Ile d?étude Comparaison 1
(île)
2 3 4
Nb total logements 5 061 6 248 3 498 4 302 5 265
Nb de logements neufs (10ans) 604 633 441 840 589
consommation moyenne d?espace par logement construit
(1996-2006)
1 149 m² 794 m² 1 184 m² 651 m² 824 m²
Zones urbaines (IPLI) 665 ha 596 ha 415 ha 445 ha 995 ha
Surfaces disponibles en zones actuellement urbanisables 142 ha 90 ha 73 ha 36 ha 44 ha
Logements constructibles en zones actuellement
urbanisables
1 115 logt 1 131 logt 619 log 546 logt 535 logt
Nb d?années de réserve 19 ans 18 ans 14 ans 6 ans 4 ans
Surfaces disponibles en zones d?urbanisation future 39 ha 43 ha 30 ha 35 ha 110 ha
Logements constructibles en zones d?urbanisation future 390 logt 430 logt 300 logt 350 logt 1 110 logt
Nb d?années de réserve 6 ans 7 ans 7 ans 4 ans 9 ans
Surfaces totales disponibles en zones à vocation urbaine 181 ha 133 ha 103 ha 71 ha 154 ha
Total logements constructibles en zones à vocation urbaine 1 505 logt 1 561 logt 919 logt 896 logt 1 645 logt
Total logements constructibles en zones à vocation urbaine
(rétention 20 %)
1 204 logt 1 250 logt 735 logt 717 logt 1 316 logt
Nb total d?années de réserve 25 ans 25 ans 21 ans 11 ans 14 ans
Nb total d?années de réserve avec taux rétention 20 % 21 ans 21 ans 16 ans 10 ans 13 ans
Évaluation : la capacité brute d?urbanisation est ici limitée aux terrains nus et ne tient donc pas compte du renouvellement urbain possible dans les
années à venir (densification des espaces actuellement urbanisés), jusqu?à présent limité dans les espaces urbains du littoral régional.
Il n?existe pas de règles s?appliquant à ce qu?un PLU doit raisonnablement offrir comme terrains à bâtir en fonction de la
demande qui s?exprime sur un territoire. On peut toutefois partir du principe qu?un PLU est un document de planification à court
terme (5 ans, 10 ans maximum) et que par conséquent un potentiel équivalent à 15 ans de constructions sur un rythme
identique à celui observé sur la dernière décennie écoulée est acceptable et conforme à une gestion rigoureuse de l?espace.
==> Avec 21 années de réserve d?urbanisation, le PLU de l?île en étude offre encore des surfaces pour la
construction à vocation résidentielle trop largement dimensionnées. Concernant les surfaces immédiatement
urbanisables, le PLU de l?île en étude est le plus « généreux » de ceux utilisés en référence (19 ans de réserve,
contre 18, 14, 6 et 5).
VI
Valeur cible : l?offre de terrains constructibles pourrait être réduite sensiblement, pour atteindre une réserve équivalente à 15 années de
construction au rythme des dix dernières années écoulées.
Piste d?action : pour atteindre cet objectif, il est possible de réduire les surfaces constructibles dans le cadre actuel du PLU, en transférant une
partie en réserve d?urbanisation future et en envisageant le déclassement d?une autre partie.
Une taxe sur la vente des terrains nus constructibles par leur classement dans le PLU peut être envisagée. Cette taxe instaurée
récemment sur une commune de l?agglomération nantaise, a été fixée à 10 % des deux tiers du prix du terrain vendu. Cette
taxe rétablit un équilibre entre les propriétaires fonciers, tout en répartissant plus équitablement la rente d?urbanisation et
notamment en renforçant la fiscalité locale et ainsi sa capacité à aménager et équiper les zones urbanisées.
Indicateur 6d : densité des espaces urbanisés
Données : nombre de logements au recensement 1999, zones urbaines à dominante résidentielle de la BD occupation du sol de l?IPLI (DDE,
2000).
Traitement : rapport du nombre total de logements à la surface des zones urbaines résidentielles.
Résultats : les résultats sont présentés avec une référence par comparaison à des communes littorales 1, 2, et 3 qui présentent un
nombre total de logements à peu près identique à ce qui est observé sur l?île en étude.
Ile d?étude Comparaison 1 (île) 2 3
Nb total logements 5 061 6 248 4925 4 302
Zones urbaines résidentielles (IPLI) 568 ha 458 ha 436 ha 304 ha
Nb de logt à l?hectare 8,9 ha 13,6 ha 11,3 ha 11,5 ha
Évaluation : la densité de logements sur l?île en étude est nettement la plus faible comparée à des situations d?autres communes littorales
similaires. Il n?existe pas de règles normatives de densité moyenne acceptable et conforme à une gestion rigoureuse et économe
de l?espace, toutefois, la valeur de 12 logements à l?hectare est souvent utilisée comme référence technique (MEDAT, FNAU?).
==> Avec à peine 9 logements à l?hectare, la densité des espaces urbains résidentiels est faible sur l?île en étude. En
termes réglementaires, le PLU confirme une tendance à l?autorisation d?un processus d?urbanisation peu dense
(54 % des surfaces communales urbanisables pour la fonction résidentielle sont réglementés avec un COS < à
0,1) et par conséquent consommateur d?espace.
Valeur cible : compte tenu des niveaux de densité enregistrés dans des communes littorales similaires, il semble possible de dépasser le seuil
des 10 logements à l?hectare.
Piste d?action : pour atteindre cet objectif, la municipalité doit intervenir sur son PLU, en augmentant les COS autorisés et en incitant les divisions de
parcelles les plus grandes (exemple, par une taxation sur les constructions réalisées sur des parcelles de plus de 1 000 m²).
Indicateur 6e : dispersion spatiale de la construction et étalement de la tâche d?urbanisation exagérés
Données : bâtiments en dur de la base de données cadastrales (mairie).
Traitement : agrégation des espaces situés à moins de 100 mètres d?une construction, produisant la tache d?urbanisation. La continuité de
l?urbain est ainsi prise en compte jusqu?à une distance de séparation de 200 mètres entre les bâtiments. Au-delà, la tache
d?urbanisation est discontinue.
Résultats : les résultats sont présentés sous forme cartographique, faisant apparaître à la fois l?étendue de la tache d?urbanisation et sa
continuité, avec une référence par comparaison à une commune littorale également insulaire et touristique, disposant d?un
nombre de logements légèrement supérieur à l?île en étude.
VII
Évaluation : la tache d?urbanisation couvre 1 468 hectares, soit 61,5 % de la surface de la commune (pour 5 061 logements). Rapportée à la
surface des zones urbaines IPLI, la tache d?urbanisation couvre une surface 2,2 fois supérieure (2 peut être considéré comme
une valeur seuil).
==> La tache d?urbanisation dans l?île en étude est étendue en surface. Ce point confirme donc l?indicateur
précédent. Mais surtout, elle révèle l?étalement et la dispersion (2,2 fois les espaces urbains au sens IPLI, pour
1,7 fois pour la commune en comparaison) et la continuité du bâti qui a réduit et limité les coupures
d?urbanisation entre les pôles d?habitat ancien.
(commune de comparaison, également île touristique avec 6 248 logements, même échelle)
Valeur cible : la tache d?urbanisation actuelle ne peut être réduite en surface, sauf en cas de destruction de bâtiments. L?attention doit donc
être portée sur les extensions futures, de façon à réduire la progression de cette tache d?urbanisation au profit d?une
densification de ce qui est déjà bâti.
VIII
Piste d?action : il est particulièrement difficile de revenir sur cet étalement urbain et cette dispersion de la construction. Les pistes d?action
envisageables sont, comme pour les indicateurs précédents, du domaine du PLU, des COS autorisés et des incitations aux
divisions de parcelles les plus grandes.
Indicateur 6f : surfaces des ZAC/ZAD, lotissement et réserve foncière
Données : indisponibles
Traitement :
Résultats :
Évaluation :
==>
IX
ANNEXE 2 - Domaine de la société
F i c h e C a p a c i t é 1 8
M a i n t e n i r u n é q u i l i b r e d é m o g r a p h i q u e
e n t r e p o p u l a t i o n s p e r m a n e n t e
e t t e m p o r a i r e
Constats et enjeux de la pression humaine
La population saisonnière et touristique n?est-elle pas trop importante par rapport à la population permanente et à l?espace disponible ? L?apport
supplémentaire de population ne peut être illimité, car il peut provoquer une situation de saturation, d?encombrement mal ressentie et
déséquilibrante pour la population locale.
La ressource démographique est un élément constitutif du dynamisme et de l?équilibre de la société. Toutefois, les questions de l?ampleur de
l?apport d?une population temporaire, de sa concentration saisonnière et du poids démographique temporaire qui pèse sur la population permanente,
sont centrales dans l?évaluation de l?équilibre de cette ressource démographique.
Dans ce contexte, la capacité à maintenir un équilibre démographique entre population permanente et temporaire est essentielle à la qualité de vie
locale. À l?inverse, une population locale subissant une trop forte pression compte tenu de l?ampleur de l?apport d?une population temporaire, peut
être amenée à remettre en cause le choix de développement retenu ou celui des moyens mis en oeuvre pour les aménagements nécessaires à son
acceptation. Cette situation traduit alors une capacité d?accueil dépassée, mal maîtrisée, car déstabilisatrice pour la ressource démographique locale.
Question posée en termes
de capacité d?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la mise
en péril de la ressource à
enjeu
Eclairages des situations de
déséquilibres
Indicateurs
fondamentaux
complémentaires
Fréquentation touristique excessive
par rapport à la population
permanente
Niveau de fréquentation touristique
connue ou estimée dont le nombre
de touristes à la journée, rapport à
la population permanente
Densité de population estivale trop
importante pour le territoire
Densité mesurée et ressentie des
populations permanentes et
saisonnières
La population saisonnière et
touristique n?est-elle pas trop
importante par rapport à la
population permanente et à
l?espace disponible ?
Capacité à maintenir un
équilibre démographique
entre populations
permanente et
temporaire
Concentration des populations âgées
permanentes sur le trait de côte et
des jeunes ménages dans les
communes rétrolittorales
Migrations intercensitaires et
domicile-travail des populations au
départ du secteur littoral vers les
espaces voisins rétrolittoraux
X
Synthèse de la capacité
Bilan des effets mesurés de la capacité d?accueil sur la mise en danger de la ressource à enjeu.
Indicateur 18a : niveau de fréquentation touristique connue ou estimée dont le nombre de touristes à la journée,
rapport à la population permanente
Indicateur 18b : densité mesurée et ressentie des populations permanentes et saisonnières
Indicateur 18c : migrations intercensitaires et domicile-travail des populations au départ du secteur littoral vers les
espaces voisins rétrolittoraux
Situation de déséquilibre :
importante en partie maîtrisée maîtrisée absence de données
Capacités liées à la capacité 18 ?Maintenir un équilibre démographique entre populations
permanente et temporaire?
domaine ressource à enjeu capacité liée
Sol
Capacité 6 : maîtriser l?extension urbaine
Sol
Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usages environnement
Sol
Capacité 9 : éviter des pratiques trop déstabilisatrices sur les sites naturels sensibles
Culture
Capacité 14 : préserver l?identité locale
Démographie
Capacité 17 : assurer le maintien et le renouvellement des populations permanentes
Mode de vie des individus
Capacité 19 : maintenir des conditions de vie acceptables
Mode de vie des individus
Capacité 20 : préserver le fonctionnement social propre au territoire
Mode d?habiter
Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Mode d?habiter
Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
Mode de travail
Capacité 23 : maintenir localement les emplois permanents et les diversifier
société
Mode de travail
Capacité 26 : assurer la participation à la vie communale
Capital matériel Capacité 27 : adapter les équipements collectifs au pic de fréquentation
Services d?intérêt général Capacité 32 : offre de services d?intérêt général, à une population changeante économie
Organisation du capital
productif
Capacité 34 : offrir des implantations adaptées aux besoins des entreprises
XI
Mesure des indicateurs
Indicateur 18a : Niveau de fréquentation touristique connue ou estimée dont le nombre de touristes à la journée,
rapport à la population permanente
Données : données INSEE, recensements 1999, direction du tourisme 1999. Extrait de l?Observatoire du littoral de l?IFEN (les îles de
l?Atlantique, la nature sous la pression touristique, octobre 2008, 4 p.).
Traitement : en l?absence de données précises concernant la fréquentation touristique, les données ici traitées concernent le taux de fonction
touristique et la densité touristique, rapport de la capacité d?hébergement (en nombre de lits) à la population résidente pour le
premier, à la surface du territoire insulaire pour le second.
Résultats : les résultats sont présentés avec une référence par comparaison aux 15 autres îles de la façade atlantique.
IFEN, 2008, les îles de l?Atlantique, la nature sous la pression touristique, 4 p.
Évaluation : l?absence de données fiables concernant la fréquentation touristique réelle, y compris pour le tourisme à la journée, rend difficile
cette appréciation du caractère excessif de la fréquentation touristique par rapport à la population permanente. Malgré tout, les
données ici traitées permettent d?apporter un éclairage sur la pression comparée exercée potentiellement par le tourisme
résidentiel.
L?île en étude présente de ce point de vue une situation intermédiaire, avec un taux de fonction touristique relativement faible en
comparaison avec d?autres îles proches typologiquement. Certaines îles se situent juste en dessous, mais Belle Ile et l?île de
comparaison 1 sont au dessus. Il en est de même pour la densité touristique qui positionne le territoire insulaire en étude à
proximité de la densité moyenne calculée pour l?ensemble des 16 îles en étude.
==> La pression exercée sur l?île au regard de sa fréquentation reste à éclairer plus en détail. Le taux de fonction
touristique qui peut approcher (de loin?) cette question de la fréquentation traduit une situation
intermédiaire sur le territoire en étude.
Indicateur 18b : Densité mesurée et ressentie des populations permanentes et saisonnières
Les données traitées se limitent à celles de l?exploitation d?une enquête directe auprès de la population, permanente et temporaire, à
partir d?un questionnaire sur la perception du territoire de l?île en étude et des pressions diverses qui s?exercent sur lui. Elles sont
donc partielles et ne peuvent à elles seules éclairer le ressenti de la pression urbaine.
Données : enquête réalisée pendant l?été 2007 sur le territoire insulaire en étude par la MSH Ange Guépin dans le cadre de la convention
de recherche PUCA-DRE des Pays de la Loire. Les questionnaires utilisés concernent 260 personnes interrogées sur l?île à la fin
du mois de juillet 2007, dont 54 résidents permanents et 206 résidents temporaires.
XII
Traitement : la perception d?une trop forte densité estivale peut être appréciée au travers de la question 4.1 (A votre avis, en ce moment ici,
les personnes présentes sont ? 1- trop nombreuses ; 2- le bon nombre ; 3- pas assez nombreuses ; 4- sans opinion).
Résultats : les résultats obtenus sont comparés à ceux observés dans le cadre d?une enquête similaire sur le territoire intercommunal en
étude (EPCI de 15 communes).
Réponses des résidents permanents Ile en étude EPCI en étude
1. personnes trop nombreuses 45% 78%
2. bon nombre 45% 15%
Réponses des résidents temporaires et touristes à la journée Ile en étude EPCI en étude
1. personnes trop nombreuses 78% 86%
2. bon nombre 18% 10%
Évaluation : l?intensité de la densité humaine ressentie sur l?île en étude reste modérée. Seulement 45 % des résidents permanents estiment
que le niveau de pression exercée par l?activité touristique est trop important (contre 78 % dans l?EPCI en étude). Ce sont
paradoxalement les touristes qui ressentent plus la gêne provoquée par la pression humaine sur le territoire (78 %, toutefois
moindre que dans l?EPCI en étude où ils sont 86 %).
==> La gêne est donc réelle, mais sans être excessive. Plus de 3 touristes sur 4 avouent cependant qu?il y a trop
de monde sur l?île en étude, contre « seulement » 1 résident permanent sur 2.
Indicateur 18c : Migrations intercensitaires et domicile-travail des populations au départ du secteur littoral vers
les espaces voisins rétrolittoraux
Cet indicateur est impossible à mesurer puisqu?il ne s?applique pas à un territoire insulaire.
XIII
ANNEXE 3 - Domaine de l?économie
F i c h e C a p a c i t é 3 0
M a i n t e n i r l a d i v e r s i t é d u t i s s u
é c o n o m i q u e l o c a l
Constat et enjeux de la pression humaine
Le tissu économique local est la ressource des territoires littoraux qui détermine les possibilités d?offrir des biens et des services aux populations
présentes sur le territoire. Les entreprises des différents secteurs d?activités constituent une source d?enrichissement en créant de la valeur ajoutée,
des emplois et en contribuant aux recettes fiscales. Le territoire pilote compte 428 établissements actifs à la fin 2006, soit autant que des pôles
ruraux comme Surgères ou Argenton sur Creuse.
Dans les territoires balnéaires, la spécialisation touristique, qui accompagne le tourisme de masse depuis les années 1960, fait évoluer le tissu
économique local au profit des activités captant la dépense touristique (tourisme, commerce, bâtiment, immobilier, activités récréatives et
culturelles,?). Comme pour toute spécialisation économique marquée, le tissu économique local s?expose davantage aux risques d?une baisse de
l?activité dans un seul domaine, par nature volatile, dans un contexte où la demande touristique pour le bord de mer français se stabilise depuis le
début des années 2000 et la concurrence des destinations étrangères, parfois proches, s?accentue. Ceci amène à appréhender la concentration de
l?essentiel de l?activité économique locale dans quelques secteurs comme un déséquilibre possible.
Réciproquement, le tissu économique local peut, du fait de ses caractéristiques, susciter une arrivée supplémentaire de populations : la construction
permet l?accroissement du nombre de résidents secondaires et le tourisme fixe la capacité de l?hébergement marchand du territoire. Cette ressource
influe alors sur le niveau de pression humaine et la maîtrise de sa capacité d?accueil. Le tourisme pourrait éventuellement occasionner des gênes à
certaines activités pour lesquelles l?afflux de populations est notamment synonyme de concurrences d?usage (Cf. capacités liées).
L?intensité de la spécialisation balnéaire interroge l?équilibre entre les activités présentes sur le territoire. Equilibre dont l?appréciation repose sur
l?évolution dans le temps, la comparaison à d?autres espaces mais aussi, localement, sur la perception des effets du tourisme par la population
permanente.
Question posée en termes
de capacité d?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la mise
en péril de la ressource
à enjeu
Eclairages des situations de
déséquilibres
Indicateurs
fondamentaux
complémentaires
Répartition des entreprises par secteur
d?activités
Tourisme et Bâtiment concentrent
l?essentiel de l?activité économique
locale
Nb de créations et de défaillances
d?entreprises par activité (dont
tourisme)
Gênes occasionnées par l?activité
touristique sur d?autres secteurs
Enquête directe
Le développement touristique
remet-il en question
l?équilibre entre les activités
présentes sur le territoire ?
Capacité à maintenir la
diversité du tissu
économique local
Perception négative des effets du
tourisme par la population
permanente
Enquête directe
XIV
Synthèse de la capacité
Bilan des effets mesurés de la capacité d?accueil sur la mise en danger de la ressource à enjeu.
Indicateur 30a : répartition des entreprises par secteur d?activités
Indicateur 30b : nombre de créations et de défaillances d?entreprises par activité (dont tourisme)
Indicateur 30c : gênes occasionnées par l?activité touristique sur d?autres secteurs
Indicateur 30d : perception des effets du tourisme par la population permanente
Situation de déséquilibre :
importante en partie maîtrisée maîtrisée absence de données
Capacités liées à la capacité 30 ?Maintenir la diversité du tissu économique local?
domaine ressource à enjeu capacité liée
Eau
Capacité 2 : préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages
du bassin-versant ou de la mer
Eau Capacité 3 : gérer la diversité des usages sur le plan d?eau maritime
Sol Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usages
Faune Capacité 11 : éviter le dérangement de la faune
environnement
Flore Capacité 12 : préserver les espèces floristiques indigènes
Démographie Capacité 17 : assurer le maintien et le renouvellement des populations permanentes
Démographie
Capacité 18 : maintenir un équilibre démographique entre les populations permanente et
temporaire
Mode d?habiter Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Mode de travail Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
Mode de travail Capacité 23 : maintenir localement des emplois permanents et à les diversifier
société
Mode de travail Capacité 24 : entretenir des savoir-faire locaux
Capital matériel
Capacité 28 : maintenir la diversité des utilisateurs des équipements collectifs et des
infrastructures
Capital financier
Capacité 29 : maîtriser financièrement l?urbanisation et la spécialisation touristique
Tissu économique local Capacité 31 : maintenir une activité économique hors saison
Organisation du capital
productif
Capacité 33 : développer les complémentarités entre les entreprises
économie
Organisation du capital
productif
Capacité 34 : offrir des implantations adaptées aux besoins des entreprises
XV
Mesure des indicateurs
Indicateur 30a : Répartition des entreprises par secteur d?activités
Données : © Insee, Connaissance Locale de l'Appareil Productif (CLAP) (hors agriculture), http://www.statistiques-
locales.insee.fr/esl/baseTelechSource.asp, Nombre d'établissements actifs au 31/12/2006 par activité en NES 16 ; Agriculture :
Nombre d?exploitations agricoles professionnelles en 1988, en 2000, Ministère de l?Agriculture et de la pêche, Scees ?
Recensement général de l?agriculture, http://www.statistiques-locales.insee.fr/esl/baseTelechSource.asp ; Pêche : Flotte de pêche
par quartier maritime, LEMNA, Université de Nantes, d?après données DPMA.
Traitement : Les activités du tourisme se situent essentiellement dans la catégorie Services aux personnes qui recouvrent les hôtels et
restaurants, les activités récréatives et les services personnels et domestiques.
Etant donné le poids antérieur de la pêche dans la diversité économique du territoire, la répartition des établissements par activité
présente également les données pour le secteur primaire.
Résultats : Pour les secteurs de la pêche et de l?agriculture, l?évaluation se fait par comparaison dans le temps.
La flotte de pêche comptait 126 navires en 1990, 62 en 2000. Elle n?en compte plus que 48 en 2007.
Le nombre d?exploitations agricoles professionnelles est passé de 5 en 1988 à 4 en 2000. Leur surface agricole utilisée a
augmenté malgré le contexte de concurrence foncière ressentie.
Le graphique suivant présente la structure du tissu économique pour les autres secteurs. L?évaluation se fait par comparaison
avec d?autres territoires. Les cas 1 et 2 sont deux territoires insulaires balnéaires, leur tissu économique est plus dense en
terme de nombre d?établissements actifs. Les cas 3 et 4 sont deux pôles d?emplois ruraux, comme le territoire pilote, avec autant
d?établissements mais sensiblement plus riches en emploi (Cf. Capacité 23 :maintenir localement des emplois permanents et à les
diversifier).
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
territoire pilote Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Industrie automobile
Energie
Industries des biens
intermédiaires
Industrie des biens de
consommation
Industries des biens
d'équipement
Administration
Industries agricoles et
alimentaires
Activités financières
Transports
Éducation, santé, action
sociale
Services aux entreprises
Activités immobilières
Construction
Services aux particuliers
Commerce
Évaluation : Le niveau d?équipement commercial du territoire évalué est équivalent à celui de petites villes rurales à la population légèrement
supérieure. Ceci est cohérent avec l?existence d?une clientèle insulaire captive (zone de chalandise limitée) et l?arrivée de
?consommateurs? supplémentaires en saison touristique. A la lecture de la part des services aux particuliers, le caractère
touristique se révèle du même ordre que dans les deux autres îles balnéaires atlantiques (environ 20% des établissements). La
spécialisation touristique est cependant minorée ici du fait du champ statistique couvert (hors période estivale (31 décembre),
hors activité de location d?hébergement développée par des particuliers). L?importance des secteurs de la construction et de
l?immobilier est nettement supérieure dans les 3 îles touristiques que dans les 2 pôles d?emplois ruraux. La part de la construction
est même deux fois plus importante dans le territoire pilote que dans le cas 4 qui connaît pourtant une augmentation continue de
sa population.
==> Le tissu économique local est en train de perdre de sa diversité au détriment des activités de production
(pêche, agriculture, artisanat). La majorité des établissements contribuent au développement touristique et
captent la dépense des touristes consommateurs temporaires. Une accentuation de la spécialisation
XVI
touristique par rapport à la situation actuelle risque de rendre l?économie locale plus vulnérable encore aux
variations de l?affluence estivale. Le lien entre construction et tourisme apparaît étroit, ce qui invite à une
réflexion autour d?un mode de développement touristique davantage orienté vers l?hébergement marchand
(hôtellerie, camping, chambres d?hôtes, ?) que vers la résidence secondaire.
Indicateur 30b : Nombre de créations et de défaillances d?entreprises par activité (dont tourisme)
Données : INSEE, REE (Sirene), Création d?entreprises par secteur d?activité en 2007, INSEE Chiffres clés ? Démographie des entreprises ;
activités marchandes hors agriculture et pêche.
Traitement : Le taux de création d?entreprises est le rapport du nombre des créations d?entreprises d?une année au stock d?entreprises au 1er
janvier de cette même année.
Résultats : L?évaluation se fait par comparaison avec d?autres territoires (mêmes territoires que pour l?indicateur 30a précédent).
Territoire évalué Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Ensemble 28 8,6 80 11 36 8,6 32 10,2 31 9,7
Industrie 2 7,1 9 7,1 1 2,7 2 5 1 2,1
Construction 10 15,4 7 6,7 10 12 5 13,5 3 7,3
Commerce 6 8,5 29 19,6 1 1,2 12 13,5 7 9,2
Services 10 6,2 35 10,1 24 11,3 13 8,8 20 13
Évaluation : Le taux de création d?entreprises du territoire est plus faible que dans le territoire insulaire touristique n°2 ainsi que dans les
deux pôles ruraux. Le tissu économique local s?y renouvelle plus lentement. Cette dynamique est essentiellement portée par la
construction.
==> Les résultats marquent un renforcement de la spécialisation du tissu économique dans la construction. D?un
côté, ceci pourrait s?expliquer par un report des activités en déclin vers d?autres secteurs. De l?autre, ceci
laisse entrevoir une plus forte sensibilité de l?économie locale aux fluctuations conjoncturelles de cette
activité par nature cyclique.
Indicateur 30c : Gênes occasionnées par l?activité touristique sur d?autres secteurs
Données : Non disponible. Les gênes occasionnées par l?activité touristique sur d?autres secteurs n?ont pas fait l?objet d?une enquête directe
auprès des acteurs économiques.
Indicateur 30d : Perception des effets du tourisme par la population permanente
Données : Les données sont issues de l?exploitation d?une enquête directe par questionnaire auprès de la population permanente et
temporaire. Le questionnaire porte sur la perception du territoire et des pressions diverses qui s?exercent sur lui.
enquête réalisée pendant l?été 2007 sur le territoire insulaire en étude par la Maison des Sciences de l?Homme Ange Guépin de
Nantes dans le cadre du programme de recherche PUCA - DRE des Pays de la Loire ? MSH Ange Guépin. Les questionnaires
utilisés concernent 260 personnes interrogées sur l?île à la fin du mois de juillet 2007, dont 54 résidents permanents et 206
résidents temporaires.
Traitement : Question 4.2 (La période touristique a des effets, parmi la liste suivante, pouvez-vous en classez 3 par ordre d?importance ?).
Résultats : Sur 3 effets classés, 53 % sont des conséquences positives de la période touristique (Enrichissement / Emploi ; Animation ; Mise
en valeur de l?identité locale ; rencontres avec la famille ou les amis) et 47 % correspondent à des effets négatifs (Pollution,
déchets ; Baisse de la qualité de vie ; Vols et agressions ; Bruit ; Autre items cités dans les verbatim).
Un habitant permanent sur deux indique que le 1er effet du tourisme est l?enrichissement et la création d?emplois. On notera que
cet item apparaît finalement peu en 2ème ou 3ème ordre ce qui laisse penser que les perceptions sur les retombées économiques
sont assez tranchées. D?ailleurs, un habitant sur 5 perçoit le tourisme avant tout comme une source de pollution et de déchets ou
de baisse de la qualité de vie. Ces deux impacts sont fréquemment cités au titre du 2ème et du 3ème effet du tourisme.
L?animation fait partie des effets importants de la saison touristique les plus cités (20 % de l?ensemble des réponses). Les
XVII
rencontres avec la famille ou les amis, globalement peu citées, sont reconnues comme un effet du tourisme, au 3ème ordre.
D?une manière générale, l?accueil estival de populations est ainsi ressenti comme procurant un bien être social (animation,
rencontres) par un quart environ des habitants permanents. Le bruit ainsi que les vols et les agressions sont tous deux cités par
13 % des habitants comme le 3ème effet le plus important de la période touristique.
Classement obtenu pour les 3 effets cités, par ordre d?importance (pourcentage).
Liste des effets proposés Effet n°1 Effet n°2 Effet n°3 Résultat sur 3 réponses
Enrichissement / Emploi 53 2 8 23
Animation 17 31 13 20
Pollution / Déchets 13 18 18 16
Baisse de la qualité de vie 8 12 18 12
Bruits 2 10 13 8
Rencontre avec la famille, les amis 2 6 13 6
Vols et agressions 2 6 13 6
Mise en valeur de l?identité locale 4 10 3 6
Autres 0 4 5 3
Total 100 % 100 % 100 % 100 %
n 53 49 40 142
Évaluation :
==> La perception des effets du tourisme marque la reconnaissance de sa contribution à l?économie locale mais
aussi une tolérance limitée vis-à-vis de ses impacts négatifs.
Direction régionale de l?Environnement, de l?Aménagement et
du Logement des Pays de la Loire
Plan Urbanisme Construction Architecture
Direction générale de l?Aménagement, du Logement et de la Nature
avec le soutien de la MSH Ange Guépin et du CETE de l?Ouest
Contacts :
DREAL Pays de la Loire
Service Intermodalité, Aménagement, Logement
sial.dreal-pays-de-la-loire@developpement-durable.gouv.fr
Coordinateur du programme :
Patrick POTTIER
patrick.pottier@univ-nantes.fr
Université de Nantes
Géolittomer, LETG UMR 6554 - CNRS
(ATTENTION: OPTION
comité de pilotage
conduite et
animation du projet
validationvalidation
ré
un
io
ns
d
e
tra
va
il,
ré
un
io
ns
d
e
tra
va
il
en
qu
êt
es
d
e
te
rr
ai
n.
..
élaboration
de la grille
co
ns
ul
ta
tio
n
év
en
tu
el
le
d
?e
xp
er
ts
co
ns
ul
ta
tio
n
év
en
tu
el
le
d
?e
xp
er
ts
co
ns
ul
ta
tio
n
év
en
tu
el
le
d
?e
xp
er
t
identification des
ressources à enjeux
Étape 1
Mettre en lumière
les ressources posant question
Étape 2
Questionner les atteintes
portées aux ressources
par la pression anthropique
Ressources à enjeux identifiées
Le territoire expertisé et ses ressources équipe projet
36
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
station d?épuration et la valeur ajoutée du tourisme, de
l?aquaculture ; des états de référence pour apprécier la
situation actuelle au regard de normes, de situations
passées, de comparaisons nationales ou internationales, du
ressenti de la population? (Crinquant, 2005).
Ainsi, conformément aux préconisations de
l?AFNOR 10 pour la mise en oeuvre d?un outil
d?évaluation, la grille méthodologique de question-
nement des ressources construite aux étapes 1 et 2,
permet de définir la structure du système d?alerte et
de veille (mis en place à l?étape 3).
La première étape fait émerger les ressources
centrales concernées par la capacité d?accueil et de
développement du territoire expertisé. La deuxième
étape précise le contenu du système d?indicateurs de
ce territoire, en capitalisant un certain nombre de
questions posées au territoire confronté à un accueil
supplémentaire de populations et d?activités. Le
chiffrage des indicateurs de la capacité d?accueil par
des données et leur seuillage viendront ensuite
positionner le territoire quant à l?état de ses
ressources lors de l'étape 3 (fig. 4).
1.1. Étape 1 : mettre en lumière
les ressources posant question
a. Déroulé
L?évaluation de la capacité d?accueil commence par
le repérage des principales ressources à enjeu sur le
territoire expertisé. Elles en font son originalité et sa
richesse ; elles sont reconnues comme faisant partie
du capital de départ qu?il convient de ne pas
hypothéquer, mais au contraire de renforcer et de
préserver.
Ce questionnement est mené par l?équipe projet,
composé des élus locaux, des techniciens de la
collectivité locale expertisée (commune, inter-
communalité?), du conseil économique et social
local?. Il s?appuie sur la classification des ressources
(fig. 1, p. 22). Deux à trois réunions sont nécessaires
pour faire émerger les principales ressources à enjeu et
les principes fondamentaux qui s?attachent au territoire
en étude. Le déséquilibre d?une ressource peut
également ressortir de la consultation de différents
documents (fig. 5).
Parallèlement aux discussions au sein de l?équipe
projet, les documents d?urbanisme en vigueur, les
diagnostics territoriaux et les projets de territoire
associés sont étudiés (rapport de présentation du/des
PLU et leur(s) PADD, diagnostic préalable à
l?établissement d?un SCoT?) ainsi que des études
scientifiques qui apportent une connaissance
supplémentaire sur le territoire.
b. La contribution essentielle du comité de pilotage
élargi à l?évaluation
En pratique, les échanges au sein de l?équipe projet
s?organisent autour de la classification des ressources
(c?est-à-dire du système de ressources du territoire,
voir fig. 1). La discussion la plus large, entre les
différents acteurs, sur les ressources perçues comme
vulnérables et potentiellement en danger est
fondamentale car elle oriente la démarche sur un
nombre limité d?objets de réflexion et laisse de côté
+ =
Interrogation des ressources en jeu
Principes fondamentaux identifiés
U niversité de N antes ( C hadenas C ., P o ttier P ., P o uillaude A .) , P U C A - D R E P ay s de la L o ire, 2 0 0 9
réunions de l'équipe projet
et du comité de pilotage
consultation de documents
- monographies,
- rapports scientifiques,
- documents stratégiques.
bâtiments
construction
C apital
matériel
O rganisation
du capital
productif
C apital
f inancier
finances
publiques locales
subventions
d'investissement
externes
capital privé boursier
et bancaire
finances solidaires
entreprises
entrepreneurs
éducation
Services
d'intérêt
général
sécurité et sûreté
des personnes
services postaux
transports publics
services médicaux
petite enfance
vieillesse
immobilier
pêche
aquaculture
Tissu
économique
local
tourisme
activités récréatives
et culturelles
commerces
agriculture
saliculture
é
c
o
n
o
m
i
e
équipements collectifs
d'accueil des populations
équipements collectifs
facteurs d'attractivité
infrastructures
R esso urc es princ ipales,
néc essaires à la qualité et à la
ric hesse qu' o f f re le territo ire
Elém ents à enj eux
po ur l' ac c ueil supplém entaire
de po pulatio ns et d' ac tivités.
C u l ture
Démographie
M ode de vie
des individus
M ode
d'habiter
M ode
de
travail
Vie
collective
s
o
c
i
é
t
é
l'architecture
les pay sages
l'identité locale
la composition par âge
la répartition par sexe
la densité
l'éducation
la famille
la santé
les règles de vie
en société
l'habité permanent
l'habité temporaire
L a mixité sociale
les localisations
du travail
les formations et
savoir- faire
la part
et les caractéristiques
de l'emploi
les fédérations
professionnelles
les associations
les citoy ens
autorités publiques
R esso urc es princ ipales,
néc essaires à la qualité et à la
ric hesse qu' o f f re le territo ire
Elém ents à enj eux
po ur l' ac c ueil supplém entaire
de po pulatio ns et d' ac tivités.
Eau
A ir / c l imat
F aune
F lore
e
n
v
i
r
o
n
n
e
m
e
n
t
Sol
précipitations
nappes phréatiques
cours d'eau
mer
vent
air qu'on respire
climat océanique
climat méditerranéen
faune aquatique
faune aérienne
faune terrestre
formations aquatiques
formations ou espèces
singulières
dunes
estran
z ones topographiques
singulières
sous- sol
falaises
z ones humides
R esso urc es princ ipales,
néc essaires à la qualité et à la
ric hesse qu' o f f re le territo ire
Elém ents à enj eux
po ur l' ac c ueil supplém entaire
de po pulatio ns et d' ac tivités.
Fig. 5 : la mise en évidence des ressources affectées par des déséquilibres
10 Le groupe AFNOR mène une mission d?intérêt général dans le domaine de la normalisation délivrant les marques NF et AFAQ.
37
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
d?autres pour lesquels aucune observation ni
appréciation ne s?avèrent nécessaires dans l?immédiat.
La mise en péril des ressources sur un
territoire spécifique est abordée au travers d?un
faisceau de questionnements :
- quelles ressources y sont particulièrement en
danger ? particulièrement saturées ?
- quels éléments contribuant à la richesse ou à la
qualité qu?offre le territoire/le milieu souhaite-t-
on voir consolider ?
- quels sont les processus perturbateurs à
l?oeuvre qui risquent de réduire ou d?altérer ses
ressources spécifiques dans un contexte
d?accueil supplémentaire de populations et
d?activités ?
- quelles sont les grandes orientations, politiques
ou réglementaires, qui guident la gestion du
territoire et de ses ressources ?
Deux constructions sont alors possibles pour
faire émerger les ressources à enjeu :
1. la voie la plus directe consiste à interroger
une à une les ressources risquant d?être
déséquilibrées par un accueil supplémentaire de
populations et d?activités sur le territoire en
étude. Elle se fait à partir de la classification des
ressources.
Le résultat de la voie directe est
l?émergence des ressources à enjeu.
2. la seconde voie permet une exploration plus
poussée des ressources du territoire expertisé.
Elle s?appuie sur un premier diagnostic permet-
tant de faire ressortir les deux ou trois res-
sources qui apparaissent centrales pour le
territoire. Ce choix est opéré soit en raison du
déséquilibre qui touche ces ressources, suite à
l?accueil de populations et d?activités, soit en
raison d?une volonté forte accordée à leur
consolidation.
Exemple : l?installation d?une nouvelle population aisée sur
le littoral s?accompagne d?une demande de terrains
constructibles. Cette dernière entraîne des tensions sur les
marchés fonciers et immobiliers qui connaissent une
augmentation des prix. Ceci se traduit à la fois par un
enrichissement des habitants permanents vendeurs de leur
patrimoine et par une éviction des jeunes issus de familles
locales dépourvues de capital foncier, dans l?incapacité de
se loger sur place.
La collectivité locale, les acteurs économiques et la société
civile, les services de l?État ou les experts estiment que par
son ampleur, la tension sur le Sol fragilise globalement le
capital du territoire par un enchaînement d?interactions
successives mettant en jeu plusieurs ressources. Le Sol,
reconnu comme élément principal de ce processus,
représente ainsi une ressource centrale pour le territoire
littoral considéré.
Le résultat de la seconde voie est l?émergence
des principes fondamentaux de développement
(qui peuvent déjà avoir émergés lors des discussions
préalables à un projet de territoire ou les constituer
par la suite).
Ces principes essentiels orientent la gestion du
système de ressources du territoire. Ils énoncent la
volonté de maîtriser un processus éventuellement
perturbateur dans un contexte d?accueil
supplémentaire de populations et d?activités. Ils
peuvent aussi refléter l?attention particulière accor-
dée à la préservation d?un capital de ressources. Ces
principes fondamentaux peuvent être mis en avant
par l?État, au travers de la loi et des enjeux qu?il
porte sur un territoire, ou par les collectivités locales,
au travers de leur projet de territoire, notamment
traduit dans les documents d?urbanisme.
On peut également penser que les principes
fondamentaux ne sont pas seulement édictés par le
territoire, mais que certains peuvent intervenir à un
autre niveau d?analyse, par une échelle supra-
territoriale, nationale ou internationale. Celle-ci peut
alors orienter l?avenir d?un territoire : soit en
établissant au niveau international des concepts
fondamentaux, tel que le Développement durable,
sur la base desquels des acteurs peuvent choisir de
bâtir un projet de territoire ; soit en mettant en place
des réglementations telles que la loi Grenelle 1 en
France. Les lois sont aussi porteuses d?une
interrogation systématique de certains principes
fondamentaux, comme la densité urbaine ou la
mixité sociale portées par la loi SRU.
Les quelques ressources centrales associées
aux principes fondamentaux ne sont pas les
seules à être interrogées. Elles orientent simple-
ment le sens du questionnement qui est porté à
l?ensemble des ressources du territoire.
Qu?il s?agisse de la voie la plus directe ou de la
seconde, l?objectif est de disposer, à la fin de
l?étape 1, des quelques ressources posant ques-
tion sur le territoire expertisé, afin d?aborder
l?étape 2.
Exemple : le travail de co-construction mené
sur le territoire-atelier nous a conduit à faire
émerger :
- deux principes fondamentaux pour le premier
territoire-atelier (une commune) :
? le principe fondamental n° 1 Partage du
foncier dans un contexte insulaire subissant
un fort processus d?étalement urbain met en
jeu la ressource centrale « sol » ;
38
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
? le principe fondamental n° 2 Préservation et
de la gestion de la spécificité de ce territoire
littoral met en jeu les ressources « mode
d?habiter » et « mode de travail insulaire ».
- trois principes fondamentaux ont été mis en
évidence pour le second territoire-atelier (un
EPCI) :
? le principe fondamental n° 1 la Maîtrise de
l?étalement urbain au regard de la
disponibilité spatiale, met en jeu la ressource
centrale « sol » ;
? le principe fondamental n° 2 Maintien de la
diversité des usages pour éviter la
spécialisation du territoire et l?appau-
vrissement des milieux naturels met en jeu
les ressources centrales « Sol » et « Tissu
économique » ;
? le principe fondamental n° 3 Limiter la
croissance des déplacements en voiture et
favoriser les modes de circulation douces
met en jeu les ressources centrales « Capital
matériel » et « Mode d?habiter ».
1.2 Étape 2 : questionner les atteintes
portées aux ressources
a. Déroulé
Cette étape 2 s?appuie sur la co-construction
d?une grille méthodologique d?évaluation de la
capacité d?accueil (fig. 6) par l?équipe projet (fig. 4
et 5). Il est fait appel ponctuellement à des experts,
pour d'éventuelles précisions techniques (degré de
déséquilibre d?une ressource supposé/avéré par
exemple). Son but est d?apprécier si la capacité
d?accueil maximum du territoire est loin d?être
atteinte, en passe de l?être ou déjà atteinte.
Autrement dit, il s?agit de poser collectivement des
hypothèses d?altération d?une ressource, ou d?un
ensemble de ressources en interactions, du fait de
l?accueil supplémentaire de populations et/ou
d?activités. À cette fin, sa construction permet de
définir les objectifs de l?évaluation pour chaque
ressource (dans l?étape 3 seront choisis les indicateurs
pertinents qui qualifieront le déséquilibre, le
dysfonctionnement ou la saturation de la (des)
ressource(s).
Avec la grille méthodologique proposée (fig. 6), les
étapes 1 et 2 évitent de tomber dans le travers
courant de choisir des indicateurs avant de savoir ce
qui se passe sur le territoire et de retenir, parmi les
dynamiques à l?oeuvre, celles qui ont besoin d?être
évaluées. Ces premières étapes sont essentielles pour
l?opérationnalité de l?évaluation, dans une démarche
territoriale de la capacité d?accueil. Sans elles, le
système d?indicateurs mis en place risque de dépasser
largement les questions de capacité d?accueil, d?être
démesuré en nombre d?indicateurs tout en oubliant
des dimensions importantes de la pression humaine
sur le littoral (le plus souvent les impacts sont
oubliés). À l?issue de l?étape 2, l?évaluation est
complètement adaptée au territoire expertisé.
Le système d?indicateurs le sera également.
La co-construction des grilles d?évaluation de la
capacité d?accueil sur un territoire spécifique consiste
à réaliser un diagnostic approfondi des enjeux majeurs
du territoire en étude, mis en évidence par l?équipe
projet, à l?étape 1.
b. L?utilisation de la grille méthodologique d?évaluation
de la capacité d?accueil
La construction d?une grille méthodologique
adaptée au territoire expertisé vise à questionner les
déséquilibres affectant les ressources à enjeu
identifiées à l?étape 1. Les questionnements sont
directement articulés avec la classification des
ressources (fig. 1, p. 22).
La procédure de questionnements s?articule
en deux volets (fig. 6) :
1. un volet de questionnements sert à
préciser les atteintes portées aux ressources
du territoire par l?arrivée supplémentaire de
populations et d?activités (permanentes ou
saisonnières). Il correspond aux trois premières
colonnes de la grille d?évaluation (fig. 6).
La première colonne reprend les ressources à
enjeu sélectionnées parmi la classification
proposée et mises en évidence à l?étape 1.
Dans la deuxième colonne, une question est
formulée. Elle précise la nature de l?atteinte
portée aux ressources sur ce territoire par
l?accueil supplémentaire de populations et
d?activités (saisonnières ou permanentes). Elle
permet de qualifier les effets de la pression
anthropique sur la ressource que l?on veut
évaluer. C?est l?objectif d?évaluation.
Chaque question se prolonge dans une troisième
colonne en interrogeant la capacité du
territoire à éviter la mise en péril de la
ressource considérée ou sa capacité à favo-
riser sa consolidation. Dans une perspective
de capacité de développement, les capacités par
ressource appellent à tester l?aptitude du
système des ressources du territoire à
accompagner la pression démographique et
touristique. Elles renvoient ainsi à l?évaluation
des possibilités offertes par les ressources du
territoire.
39
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Fig. 6 : grille méthodologique d?évaluation de la capacité d?accueil et de développement d?un territoire
40
Et
ap
e
1
E
ta
pe
2
E
ta
pe
3
C
ap
ac
ité
à
é
vi
te
r
la
m
is
e
en
p
ér
il
de
la
r
es
so
ur
ce
à
e
nj
eu
x
E
cl
ai
ra
ge
d
es
s
itu
at
io
ns
de
d
és
éq
ui
lib
re
s
de
la
re
ss
ou
rc
e
à
en
je
ux
e n v i r o n n e m e n t s o c i é t é
E
a
u
A
ir
/c
li
m
at
S
o
l
F
au
n
e
F
lo
re
M
od
e
d'
or
ga
ni
sa
t i
on
du
c
ap
it
al
p
ro
du
ct
if
C
ap
it
al
f
in
an
ci
er
Ti
ss
u
é
co
no
m
iq
ue
lo
ca
l
C
u
lt
u
r e
D
é
m
o
g
ra
p
h
ie
M
o
d
e
d
e
v
ie
d
e
s
i
n
d
iv
i d
u
s
M
o
d
e
d
'h
a
b
i t
e
r
M
o
d
e
d
e
t
ra
v
a
i l
V
ie
c
o
ll
e
c
ti
v
e
O
ffr
e
de
s
er
vi
ce
d'
in
té
rê
t g
én
ér
al
C
ap
it
al
m
at
ér
ie
l
é c o n o m i e
L
es
é
ta
p
es
d
e
l'é
va
lu
at
io
n
d
e
la
c
ap
ac
it
é
d
'a
cc
u
ei
l e
t
d
e
d
év
el
o
p
p
em
en
t
d
u
t
er
ri
to
ir
e
ex
p
er
ti
sé
U
ni
ve
rs
ité
d
e
N
an
te
s
(C
ha
de
na
s
C.
,
Po
tt
ie
r
P.
,
Po
ui
lla
ud
e
A.
),
P
U
CA
-
D
RE
P
ay
s
de
la
L
oi
re
,
20
09
Choix des re
ss
ou
rc
es
à
e
nj
eu
x
1. sur u
n te
rri
toi
re
p
ar
tic
ul
ie
r e
t
2. par l?
accu
eil s
up
pl
ém
en
ta
ire
d
e
po
pu
la
tio
ns
d?activ
ité
s,
pe
rm
an
en
te
s
ou
s
ai
so
nn
iè
re
s
L'
in
di
ca
te
ur
a
ss
ur
e
la
co
nn
ec
tio
n
en
tr
e
l'o
bj
ec
tif
d'
év
al
ua
tio
n
af
fic
hé
e
t l
a
si
tu
at
io
n
m
es
ur
ée
d
e
m
aî
tr
is
e
ou
d
e
no
n-
m
aî
tr
is
e
de
la
c
ap
ac
ité
d
'a
cc
ue
il
et
d
e
dé
ve
lo
pp
em
en
t d
u
te
rr
ito
ire
M
is
e
en
lu
m
iè
re
d
e
la
v
ul
né
ra
bi
lit
é,
l'a
lté
ra
tio
n
et
d
e
l'é
pu
is
em
en
t d
es
re
ss
ou
rc
es
Al
er
te
s
ur
la
n
on
-m
aî
tr
is
e
de
la
c
ap
ac
ité
d
'a
cc
ue
il
et
d
e
dé
ve
lo
pp
em
en
t
du
t
er
ri
to
ir
e
O
bj
ec
tif
s
d'
év
al
ua
tio
n
de
s
ef
fe
ts
d
e
la
pr
es
si
on
a
nt
hr
op
iq
ue
su
r l
a
re
ss
ou
rc
e
pr
in
ci
pa
le
R
es
so
ur
ce
s
pr
in
ci
pa
le
s,
né
ce
ss
ai
re
s
à
la
q
ua
lit
é
et
à
la
r
ic
he
ss
e
qu
'o
ff
re
le
te
rr
ito
ir
e
R
es
so
ur
ce
s
pr
in
ci
pa
le
s
à
pr
en
dr
e
en
c
om
pt
e
da
ns
la
d
ét
er
m
in
at
io
n
de
la
ca
pa
ci
té
d
'a
cc
ue
il
Q
ue
st
io
n
po
sé
e
en
te
rm
es
d
e
ca
pa
ci
té
d
'a
cc
ue
il
su
pp
lé
m
en
ta
ir
e
de
p
op
ul
at
io
ns
et
d
'a
ct
iv
ité
s,
pe
rm
an
en
te
s
ou
s
ai
so
nn
iè
re
s
M
es
ur
e
de
l'
in
di
ca
te
ur
de
d
és
éq
ui
lib
re
d
e
la
re
ss
ou
rc
e
à
en
je
ux
Le
q
ue
st
io
nn
em
en
t
co
rr
es
po
nd
a
u
ch
am
p
co
uv
er
t
pa
r
le
f
ut
ur
s
ys
tè
m
e
d'
in
di
ca
te
ur
s
A
pt
itu
de
d
u
sy
st
èm
e
de
re
ss
ou
rc
es
d
u
te
rr
ito
ire
à
év
al
ue
r l
a
m
is
e
en
p
ér
il
de
s
re
ss
ou
rc
es
en
vi
ro
nn
em
en
ta
le
s,
s
oc
ia
le
s
et
é
co
no
m
iq
ue
s
1
2
3
4
5
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
2. Un volet d?alerte débute à la 4e colonne de
la grille d?évaluation. Il vise à signaler la non-
maîtrise de la capacité d?accueil et de
développement du territoire.
Il apporte un éclairage sur les situations de
déséquilibres en mettant en lumière, dans la
4e colonne, la vulnérabilité, l?altération ou l?épuise-
ment éventuel de la ressource à enjeu considérée.
Toutes les ressources possiblement en déséqui-
libre suite à la pression humaine sont ainsi
explorées, ce qui aboutit à la construction
d?une grille d?évaluation articulée à un
ensemble d?hypothèses de déséquilibres,
qu?il faudra alors ensuite éclairer par des
mesures et des éléments d?appréciation de la
maîtrise de la capacité d?accueil lors de la
dernière phase d?évaluation.
Ressource
à enjeu
Question posée en termes de
capacité d?accueil supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou permanentes
Capacité à éviter la
mise en péril de la
ressource à enjeu
Éclairages des situations de
déséquilibres
Consommation d?espace par l?urbanisation
excessive
Offre de terrains constructibles inadaptée
à la demande
Faible densité des espaces urbanisés
Dispersion spatiale exagérée et disparition
des coupures entre les bourgs
SOL La part du sol à vocation urbaine réservée
à l?accueil supplémentaire de populations
et d?activités est-elle de nature à favoriser
l?étalement urbain (gaspillage de la
ressource sol) ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine 6
Procédures d?urbanisme opérationnel et
politique de maîtrise foncière insuffisantes
Exemple de questionnement et d?alerte sur la ressource à enjeu SOL
Dans la pratique, les colonnes n° 2, 3 et 4
servent de points d?entrée pour remplir la grille
d?évaluation (fig. 6) aux acteurs de l'équipe-
projet.
Afin d?éviter une trop grande dispersion des propos
dans le volet de questionnements, la formulation des
problématiques qui s?attachent à ces ressources à
enjeu doit toujours se faire en termes de pres-
sions exercées par l?arrivée de populations et
d?activités, en particulier saisonnières.
Exemples :
1. La part du sol à vocation urbaine réservée à l?accueil
supplémentaire est-elle de nature à favoriser l?étalement
urbain (gaspillage de la ressource Sol) ?
2. Sous la pression du développement urbain, la
concurrence sur le sol est-elle de nature à limiter ou
perturber les autres usages ?
3. Face à l?arrivée massive de populations saison-
nières, les pratiques sociales locales se perdent-elles,
remettant en cause la spécificité de ce territoire ?
4. Sous l?effet du développement, le capital matériel
(équipements collectifs et infrastructures) répond-il aux
besoins des populations en croissance ?
5. L?équilibre du capital financier public local est-il mis à
mal par le coût excessif de l?accueil supplémentaire
de population ?
Pour remplir le tableau, les acteurs préfèrent
souvent commencer par la colonne 4. Elle fait appel,
la plupart du temps, à des connaissances empiriques
sur des situations de déséquilibres des ressources
provoquées par une non-maîtrise de la pression
humaine, vérifiées puis validées par l'équipe-projet.
Dès lors, cette entrée est plus facile qu'une
formulation par la capacité, par exemple (colonne 3).
11 Dans la colonne « Capacité », le numéro renvoie aux fiches « Capacité » qui vont être construites dans l'étape 3.
Ressource
à enjeu
Capacité à éviter la mise en péril de la
ressource à enjeu11
SOL La part du sol à vocation urbaine réservée à l?accueil supplémentaire
de populations et d?activités est-elle de nature à favoriser
l?étalement urbain (gaspillage de la ressource sol) ?
Capacité à maîtriser l?extension urbaine 6
Question posée en termes de capacité d?accueil
supplémentaire de populations et d?activités,
saisonnières ou permanentes
Exemple de questionnement sur la ressource à enjeu SOL
41
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Les déséquilibres associés aux exemples ci-dessus peuvent
être :
1. consommation excessive d?espace par les nouvelles
constructions, faible densité des espaces urbanisés,
disparition des coupures entre les bourgs?
2. manque de disponibilités foncières pour les activités
économiques, transformation ou disparition des habitats
naturels, forte régression des terres agricoles?
3. identité culturelle locale en régression?
4. capacité d?assainissement des eaux usées insuffisantes
en qualité et/ou en quantité, saturation du réseau viaire
et/ou des parkings?
5. solvabilité financière locale mise en danger, renoncement
à un certain nombre d?actions publiques importantes faute
de moyens financiers, surreprésentation de la TH et de la
TFB dans les bases d?imposition communale?
Cette deuxième étape aboutit à une grille re-
groupant l?ensemble des questionnements et alertes,
adaptée au territoire expertisé. Sa réalisation néces-
site plusieurs moments d?échanges au sein de
l?équipe projet et avec le comité de pilotage (fig. 5)
pour proposer/formuler les éléments de la grille, les
assembler et les valider.
Afin de faciliter la mise en oeuvre de cette
étape 2, une grille méthodologique exemple est
proposée (à suivre). Elle regroupe à titre indicatif les
atteintes récurrentes portées aux ressources litto-
rales, sous la forme de 30 questions incontournables
en termes d?évaluation de la capacité d?accueil sur le
littoral, associées à 34 capacités à éviter la mise en
péril de la ressource à enjeu. Cette grille ne cons-
titue pas un recueil exhaustif des états de res-
sources devant systématiquement être évalués lors
d?une démarche d?évaluation de la capacité
d?accueil. En effet, certaines interrogations n?ont pas
forcément de sens sur des territoires particuliers,
d?autres au contraire demandent à être plus préci-
sément détaillées. Chaque grille méthodologique est
spécifique au territoire en étude.
Ce point est encore plus évident dans le cadre d?une
évaluation systématique et positionnée par rapport
aux enjeux du territoire (2e voie de construction struc-
turée autour de principes fondamentaux, étape 1). La
méthodologie comprend alors la construction de
plusieurs grilles d?évaluation, une par ressource
centrale ou par principe fondamental, selon le choix
qui a été fait sur le territoire expertisé et en prise
directe avec son projet de développement (seconde
voie proposée dans l?étape 1, voir p. 38). Ces grilles ne
sont ensuite assemblées que dans un second temps,
pour produire une grille synthétique permettant la
mise en place du système d?alerte et de veille.
R
e
ss
o
u
rc
e
s
à
e
n
je
u
x
Question posée en
termes de capacité
d?accueil supplémentaire
de populations et
d?activités, saisonnières
ou permanentes
Capacité à éviter la mise
en péril de la ressource à
enjeux
Éclairages des situations de
déséquilibres de la ressource à enjeu
Mesure
de l?indicateur de déséquilibre
de la ressource à enjeu
Indicateurs fondamentaux
Indicateurs complémentaires
E N V I R O N N E M E N T
Capacité résiduelle de production
d?eau potable et volume annuel d?eau
importée
Dépassement de la capacité nominale
de production d?eau et/ou surcoût
excessif de l?approvisionnement
Coût du m d'eau pour le
consommateur et pour la collectivité
La pression humaine en
période estivale contraint-
elle l?approvisionnement en
eau des populations et des
activités ?
Capacité à garantir le bon
accès à l?eau 1
Accroissement des restrictions de la
consommation d?eau
Nb de jours de restriction par arrêté
préfectoral
Qualité des eaux de ruissellement
Qualité des eaux de baignade
Dégradation de la qualité des eaux
souterraines et de surface
(ruissellement et baignade)
Classement des dispositifs individuels
d?assainissement suivant la qualité du
rejet
Taux de nitrates Dégradation de la qualité de l?eau liée
à une agriculture peu respectueuse de
l?environnement
Présence d?espèces animales ou
végétales, témoins de la qualité de
l?eau
Déclassement de la production
conchylicole par contamination
bactériologique
Nb de jours d?interdiction de
commercialisation
La qualité de l?eau est-elle
menacée par
l?intensification des usages
et/ou des activités
polluantes qui limitent son
partage ?
Capacité à préserver une
qualité de l?eau
compatible avec les
différents usages du
bassin-versant et de la
mer 2
Interdictions de plus en plus
fréquentes ou prolongées de la pêche,
de la pêche à pied
Nb de jours d?interdiction de pêche à
pied
E
A
U
Grille exemple à utiliser comme cadre méthodologique regroupant
30 questions incontournables pour l'évaluation de la capacité d?accueil
42
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Question posée en termes de
capacité d?accueil
Capacité à ? Éclairages des situations de déséquilibres
Mesure
de l?indicateur
Encombrement, voire saturation
répétée du plan d?eau
Comptages pendant les périodes
d?affluence
Mécontentement, voire conflits
répétés entre différents usagers du
plan d?eau
Enquête et entretiens
Enquête de terrain
L?occupation du plan d?eau
maritime révèle-t-elle une
situation de développement
non maîtrisée de différents
usages ?
Capacité à gérer la
diversité des usages sur le
plan d?eau maritime 3
Rejets importants de déchets en mer
par la plaisance Coût financier de la collecte
La spécialisation touristique
du territoire provoque-t-elle
des nuisances sonores ?
Capacité à garantir un
niveau sonore raisonnable 4
Augmentation des activités bruyantes
(notamment nocturnes)
Plaintes et appels pour tapage
nocturne ou nuisance sonore
L?accroissement des
activités est-il de nature à
mettre en péril la qualité de
l?air ?
Capacité à garantir la
qualité de l?air 5
Dégradation de la qualité de l?air Suivi des niveaux de pollution de l?air
Tranche modale des surfaces
construites
Pression urbaine ressentie
Consommation d?espace par
l?urbanisation excessive
Surface totale occupée par
l?urbanisation
Offre de terrains constructibles
inadaptée à la demande
Capacité résiduelle d?urbanisation
Faible densité des espaces urbanisés Densité des espaces urbanisés et des
processus d?urbanisation, COS
réglementaires, densité minimale
Dispersion spatiale exagérée et
disparition des coupures entre les
bourgs
Dispersion spatiale de la construction
et étalement de la tâche
d?urbanisation
Part de surface totale du territoire en
ZAC/ZAD, lotissement et réserve
foncière
La part du sol à vocation
urbaine destinée à l?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités
est-elle de nature à
favoriser l?étalement
urbain ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine 6
Procédures d?urbanisme opérationnel
et politique de maîtrise foncière
insuffisantes
Usage du DPU
Manque de disponibilités foncières
pour les activités économiques
Surface disponible et taux
d?occupation des ZAE
Régression des terres agricoles Surface Agricole Utile et zonage
agricole dans le PLU
Surface totale du territoire en zone
naturelle (occupation du sol)
Surface totale des zones humides
comblées
Transformation ou disparition des
habitats naturels
Proportion de la superficie en ZNIEFF
classée (ZPS, ZSC, site inscrit/classé)
Sacrifice des espaces
fragiles/sensibles situés dans des
zones à vocation urbaine des PLU
Surface des espaces fragiles situés en
zone urbaine
Envolée des prix du foncier (pression
foncière excessive)
Prix des terrains à bâtir achetés et
évolution
Sous la pression du
développement urbain, la
concurrence sur le sol est-
elle de nature à limiter ou
perturber les autres
usages ?
Capacité à préserver les
espaces nécessaires aux
autres usages 7
Difficulté à trouver un site approprié
pour le transit des déchets
Surface disponible pour
l?enfouissement, le transit et le
stockage, rapportée au tonnage de
déchets à traiter en haute saison
Concurrence exacerbée entre
l?extension des parcs aquacoles et
l?occupation touristique du trait de
côte et du plan d?eau
Enquête de terrain
Saturation des plages (baignade,
chenal, jeux, restauration?)
Comptages et calculs du taux
d?occupation (densité) des plages
Sous la pression croissante
des pratiques touristiques,
la diversité des usages du
domaine public est-elle
remise en cause ?
Capacité à partager
équitablement le domaine
public (terrestre et
maritime) 8
Encombrement supplémentaire et
excessif de certains espaces collectifs
(centre-ville, port, remblais?)
Comptages, encombrement ressenti
Niveau de fréquentation des espaces
fragiles à vocation naturelle
Ouverture de nouveaux sentiers par
la fréquentation
Pratiques excessives et
déstabilisatrices des espaces
sensibles, par une utilisation non
maîtrisée des parties vulnérables du
territoire
Parkings aménagés aux abords des
espaces sensibles
L?intensité des pratiques
touristiques sur certains
espaces sensibles du littoral
favorise t-elle leur
dégradation ?
Capacité à éviter des
pratiques déstabilisatrices
sur les sites naturels
sensibles 9
Dégradation du profil de l?ensemble
plages-dunes sous l?effet du
piétinement
Relevés de terrain
E
A
U
A
I
R
S
O
L
43
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Capacité à ?
Éclairages des situations de déséquilibres
Mesure de l?indicateur
Nb d?espèces Perte de la diversité faunistique et
diminution des individus
emblématiques
Taille des populations communes et
emblématiques
Capacité à préserver la
faune littorale 10
Pratiques concurrentielles sur l?estran
en période sensible pour les oiseaux
d?eau
Mise en place de zones de tranquillité
Chasse au gibier d?eau excessive Nb de procès-verbaux pour les cas de
braconnage
F
A
U
N
E
Les espèces faunistiques
(notamment aquatiques),
sont-elles mises en péril
sous l?effet des pressions
humaines (qualité du
milieu menacée) ?
Capacité à éviter le
dérangement de la faune
sauvage 11
Fort développement du kite-surf en
période de migration et d?hivernage
des oiseaux d?eau
Relevés de terrain
Uniformisation de la flore locale Présence d?espèces invasives
Nb et surface des herbiers de
zostères
Diminution des populations végétales
Nb d?espèces messicoles
Piétinements anarchiques de la flore
dunaire
Évolution de la surface de végétation
dunaire
Capacité à préserver les
espèces floristiques
indigènes 12
Disparition des algues et du goémon Relevés de terrain
Mise en péril de la continuité des
formations végétales
Surface des entités végétales
remarquables
F
L
O
R
E
Les espèces floristiques
sont-elles mises en péril
sous l?effet des pressions
humaines ?
Capacité à maintenir une
trame verte cohérente 13
Mauvais état de conservation des
biotopes
Surface de landes à bruyères et des
pelouses maritimes
S O C I É T É
Expression de la culture locale altérée Nb d?associations culturelles,
sportives et artistiques actives et
adhérents, de journées
événementielles et poids de la
période estivale
Face à l?arrivée massive de
populations saisonnières,
les pratiques sociales
locales se perdent-elles,
remettant en cause la
spécificité de ce territoire ?
Capacité à préserver
l?identité locale (pratiques
culturelles, identité
maritime?) 14
Identité culturelle locale en régression Enquête sur les mécontentements
exprimés à ce sujet
Permis de démolir
Evolution spatiale de l?urbanisation
Les caractéristiques
urbaines traditionnelles
sont-elles mises en péril
par les nouvelles
constructions ?
Capacité à maintenir le
caractère local du
patrimoine bâti 15
Destruction du bâti ancien
traditionnel, dissolution des villages
anciens dans la tache urbaine,
uniformisation, banalisation des
caractères architecturaux
Etude architecturale
Transformations paysagères dues au
développement de l?urbanisation
(construction et infrastructures) et à
l?abandon de l?agriculture extensive
Nb de dispositifs de gestion
contractuelle sur les espaces protégés
et évolution des peuplements des
haies
Appauvrissement de la spécificité
paysagère locale
Nb d?oliviers vendus par les
paysagistes locaux
Evolution ressentie du paysage
C
U
L
T
U
R
E
Sous la pression
démographique et les
évolutions économiques,
l?identité paysagère est-elle
menacée ?
Capacité à préserver les
spécificités et la qualité
paysagères 16
Perte de la qualité paysagère due à la
multiplication et la mauvaise
intégration des infrastructures de
déplacements
Étude de terrain
Nb d?habitants permanents
Projection démographique dans les
documents d?urbanisme
Solde migratoire selon l?âge et la CSP
Crainte d?une évolution
démographique déséquilibrée
Nb d?habitants dont le lieu de
résidence 5 ans auparavant n?était
pas la commune et répartition par
âge
De moins en moins de jeunes au sein
de la population locale
Part des tranches d?âges - de 25 ans
et + 60 ans
Solde migratoire par âge et par
catégorie socio-professionnelle
D
É
M
O
G
R
A
P
H
I
E
Le développement de
l?activité touristique
génère-t-il un déséquilibre
démographique ?
Capacité à assurer le
maintien et le
renouvellement des
populations permanentes
17
Baisse de la population permanente
en âge d?être active et
surreprésentation des inactifs chez les
nouveaux résidents
Nb d?habitants entre 15 et 60 ans
Question posée en termes ...
Prélèvement excessif ou/et
non-sélectif ou/et défaillance du
contrôle des quantités et des tailles
Proportion d'engins de pêche sélectifs
(casier, filet, palangre, chalut sélectif...)
Absence ou faiblesse de mesures
collectives de gestion
Mise en place et types de mesures
collectives (systèmes de licences et
permis de pêche spéciaux, prise en
compte des frayères et nourriceries,
récifs de protection et de production...)
Respect des réglementations
Evolution des stocks (poissons et
coquillages)
44
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Capacité à ? Éclairages des situations de déséquilibres
Niveau de fréquentation touristique
connue ou estimée (y compris pour le
touriste à la journée) et rapport à la
population permanente
Fréquentation et densité touristique
excessive par rapport à la population
permanente
Densité mesurée et ressentie des
populations permanentes et
saisonnières
D
E
M
O
G
R
A
P
H
I
E
La population saisonnière
et touristique n?est-elle pas
trop importante par rapport
à la population
permanente et à l?espace
disponible ?
Capacité à maintenir un
équilibre démographique
entre les populations
permanente et temporaire
18
Concentration des populations âgées
permanentes sur le trait de côte et
des jeunes ménages dans les
communes rétrolittorales
Migrations intercensitaires et
domicile-travail des populations au
départ du secteur littoral vers les
espaces voisins rétrolittoraux
Encombrements observés Difficultés de circulation
Temps de trajet moyen au km sur
certains itinéraires
Difficultés de plus en plus grandes de
trouver un stationnement proche de
son logement
Saturation des espaces de
stationnement
Nb d?accidents corporels de la
circulation rapporté au trafic routier
et part de ceux survenus en été
La qualité du mode de vie
local est-elle remise en
cause en raison de
l?augmentation des
déplacements ?
Capacité à maintenir des
conditions de vie
acceptables 19
Recrudescence des accidents entre
circulations douce et motorisée
pendant l?été
Risque ressenti de danger de
circulation
Non-respect du Code de la Route par
les vacanciers
Interventions et procès-verbaux
recensés par la gendarmerie et la
police municipale rapportés à la
population présente
Augmentation marquée des vols et
des bagarres l?été
Poids de l?été dans le nombre
d?interventions de la police municipale
Ressenti sur la propreté des lieux Multiplication des dépôts sauvages de
déchets Nb de poubelles publiques pour 1 000
habitants l?été
M
O
D
E
D
E
V
I
E
D
E
S
I
N
D
I
V
I
D
U
S
La qualité de la vie liée aux
règles sociales est-elle
altérée par l?apport d?une
population extérieure ou la
densité d?individus
atteinte ?
Capacité à préserver le
fonctionnement social
propre au territoire 20
Nécessité de vivre en horaires
"décalés" pour se déplacer et accéder
aux services
Enquête directe
Répartition entre les résidences
principales et secondaires
Difficultés pour la population
permanente de se loger sur place
Commune d?origine des demandeurs
de permis de construire
Saturation des structures
d?hébergement touristiques
Capacité et niveau de fréquentation
par type d?hébergement
Coût total médian et moyen des
transactions immobilières
Difficultés de transmission des biens
immobiliers entre les générations et
difficultés à assurer des parcours
résidentiels
Nb de logements en primo-accession
destinés aux jeunes ménages
Perte de la diversité résidentielle et
sociale au sein de la population
permanente
Nb de logements sociaux par
habitants et structure par âge des
occupants
Demande de logements locatifs
annuels non satisfaite
Fonctionnement du parc locatif public
(taux de vacance, de rotation, délai
d?attente?)
Difficulté d?accès au logement pour
les étudiants et/ou les saisonniers
Etendue de la pratique de mise à
disposition d?un logement par les
employeurs ou Nb d?emplacements de
campings occupés par des saisonniers
Évolution du prix du foncier
Capacité à assurer la mixité
résidentielle et sociale 21
Ségrégation spatiale entre les
résidences secondaires et principales
à proximité de la mer Localisation des nouvelles résidences
principales et secondaires
Structure de l?offre d?hébergement Disparition de la diversité des formes
d?hébergement touristique, éviction
du tourisme social
Revenu des résidents secondaires et
profil par CSP des touristes en séjour
M
O
D
E
D
?H
A
B
I
T
E
R
La pression qui s?exerce sur
le foncier littoral
s?accompagne-t-elle d?un
processus
d?exclusion/ségrégation des
modes d?habiter
temporaires ou
permanents, au fil des
générations ?
Capacité à diversifier l?offre
d?hébergement touristique
22
Quartiers de résidences secondaires
aux volets clos trop systématiques
Durée d?occupation des résidences
secondaires
Évolution du volume de l?emploi et
taux de chômage (DEFM 1) au 31
janvier et 31 juillet
M
O
D
E
D
E
T
R
A
V
A
I
L
Face au développement
d?activités dédiées à
l?accueil des populations
saisonnières ou
permanentes, les emplois
et les métiers restent-ils
représentés dans leur
diversité sur le territoire ?
Capacité à maintenir
localement les emplois
permanents et les
diversifier 23
Emplois nombreux mais fortement
saisonniers
Types des demandeurs d?emploi
(annulation par reprise, saisonniers,
activité réduite)
Question posée en termes ... Mesure de l?indicateur
45
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Question posée en termes ... Capacité à ?
Éclairages des situations de déséquilibres
Part de l?emploi saisonnier dans
l?emploi
Répartition de l?emploi par secteur Perte de la diversité des emplois
(directs et indirects) par resserrement
sur le tourisme et la construction
Créations d?emplois liées au tourisme,
rapportées aux pertes dans les autres
secteurs
Indicateur de concentration spatiale
de l?emploi
Baisse des possibilités de "Vivre et
Travailler au pays"
Volume des migrations domicile-
travail
Perte de la diversité des fonctions de
l?urbain
Part de la résidentialisation dans le
tissu urbain
Appauvrissement du vivier de
compétences locales
Répartition de la population
permanente par niveaux de formation
et tranches d?âges
Manque de main-d?oeuvre qualifiée
pour certains emplois non pourvus
Perte de l?adéquation entre formation
et emploi
Nb important de femmes peu
qualifiées
M
O
D
E
D
E
T
R
A
V
A
I
L
La spécialisation touristique
génère-t-elle la perte de
savoir-faire locaux ?
Capacité à entretenir des
savoir-faire locaux 24
Disparition des savoir-faire de la
filière maritime
Effectifs des métiers spécifiques
(marins, charpentiers de marine,
conchyliculteurs, paludiers?)
Relations conflictuelles entre
populations autochtones et
allochtones
Nb de plaintes déposées sur les livres
d?or de l?office de tourisme et
Les impacts du
développement touristique
sont-ils sources de
mécontentements et de
conflits qui perturbent la
vie collective ?
Capacité à maintenir un
débat politique apaisé entre
les intérêts contradictoires
25 Expression radicalisée du
mécontentement par les associations
ou les individus
Nb de recours auprès du tribunal
administratif
Augmentation exceptionnelle du
nombre d?associations de riverains
Nb d?associations NIMBY
V
I
E
C
O
L
L
E
C
T
I
V
E
Les nouveaux arrivants
influencent-ils la vie
citoyenne et le pouvoir
local ?
Capacité à assurer la
participation à la vie
communale 26 Poids de plus en plus fort des
nouveaux retraités dans le conseil
municipal
Part des retraités dans le conseil
municipal
É C O N O M I E
Capacité d?assainissement des eaux
usées insuffisante en qualité et/ou en
quantité
Capacité résiduelle de la station
d?épuration annuelle
Volume annuel de déchets collectés Capacité de traitement des déchets
insuffisante sur le territoire et fortes
variations saisonnières de la collecte
Coût par foyer de la collecte et de
l?évacuation des déchets suivant la
saison (montant de la TEOM)
Allongement démesuré des circuits de
collecte des déchets ménagers par
rapport au nombre de foyers
desservis
Nb des foyers desservis rapporté aux
kilomètres parcourus par les circuits
de collecte
Écart entre le volume consommé
d?eau potable et la capacité de
stockage
Nb de jours où la réserve en eau est
inférieure au seuil de précaution
Variation saisonnière très importante
de l?utilisation des installations
d?approvisionnement et de
distribution d?eau potable
Nb de jours de chute de la pression et
débit du réseau de distribution de
l?eau suivant la saison
Niveau d?encombrement du trafic
routier pendant la période estivale
Offre et accessibilité des transports
collectifs
Saturation de la voirie et/ou des
parkings
Équipements deux-roues et piétons
Lenteur ou inaccessibilité des réseaux
de télécommunications pendant l?été
Débit du réseau ADSL et téléphonie
mobile (nb de jours et fréquence des
problèmes de transmission)
Délai d?attente pour un anneau ou 1
mouillage à l?année net des doubles
inscriptions
Capacité à adapter les
équipements collectifs au
pic de fréquentation
(dimensionnement, qualité)
et à bien les faire
fonctionner toute l?année
27
Saturation des ports de plaisance
et/ou augmentation des mouillages
non réglementés
Nb de mouillages sauvages
C
A
P
I
T
A
L
M
A
T
É
R
I
E
L
Le capital matériel
(équipements collectifs et
infrastructures) répond-il
en toute saison, aux
besoins évolutifs de
populations en croissance ?
Capacité à maintenir la
diversité des utilisateurs
des équipements et
infrastructures 28
Conciliation difficile entre les ports de
plaisance et de pêche professionnelle
Plaintes dans le livre d?or du port de
plaisance, au comité local des pêches
Mesure de l?indicateur
de la mairie
46
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Question posée en termes ... Capacité à ?
Éclairages des situations de déséquilibres
Accès inégal à l?eau entre le tourisme,
les autres activités et les populations
locales
Nb de jours où les restrictions d?usage
concernent les activités et les
populations non touristiques
Coefficient d?autofinancement courant
Capacité d?autofinancement
Taux d?équipement
Solvabilité financière locale fortement
réduite par l?arrivée de nouveaux
habitants et de touristes
Volume du poste « aménagement et
services urbains » dans le budget
Montant des bases d?imposition de la
TH et de la TFB
Surreprésentation de la Taxe
d?habitation (TH) et de la Taxe sur le
foncier bâti (TFB) dans les bases
d?imposition communales Recettes fiscales directes et taxes
issues des touristes/dépenses
d?équipement
Montant des dépenses foncières
communales pour les opérations de
lotissements et zones d?aménagement
Surcoût de la maîtrise foncière pour la
collectivité locale
Charge financière de la constitution
de réserves foncières
Coefficient de mobilisation du
potentiel fiscal
Renoncement à des actions publiques
importantes faute de moyens
financiers ou forte demande vis-à-vis
des ressources de l?État, d?autres
collectivités locales
Contribution des subventions
d?équipement et exceptionnelles à
l?investissement
Alourdissement considérable des
charges de fonctionnement de la
collectivité pour la période touristique
au regard de la contribution fiscale
des touristes
Surpoids de la masse salariale dans
les dépenses de fonctionnement du
budget local
C
A
P
I
T
A
L
F
I
N
A
N
C
I
E
R
La spécialisation touristique
et l?urbanisation réduisent-
elles la marge de
manoeuvre financière des
budgets publics locaux ?
Capacité à maîtriser
financièrement
l?urbanisation (équipements
collectifs et services) et la
spécialisation touristique
29
Charges élevées des opérations de
réparation des milieux naturels
dégradés par rapport aux opérations
préventives de protection
Montant budgétaire des opérations de
réparation des milieux
Répartition des entreprises par
secteur d?activités
Tourisme et Bâtiment concentrent
l?essentiel de l?activité économique
locale Nb de créations et de défaillances
d?entreprises par activité (dont
tourisme) selon l?ancienneté
Gênes occasionnées par l?activité
touristique sur d?autres secteurs
Enquête directe
Le développement
touristique remet-il en
question l?équilibre entre
les activités présentes sur
le territoire ?
Capacité à maintenir la
diversité du tissu
économique local 30
Perception des effets du tourisme par
la population permanente
Enquête directe
Déséquilibre annuel de l?offre
commerciale (suréquipement,
diminution de l?offre de
commerces/réductions des horaires
d?ouverture en hiver)
Nb de commerces de détail par
catégorie en été et en hiver
Contribution de la saison (juin à
septembre) au chiffre d?affaires
annuel
T
I
S
S
U
É
C
O
N
O
M
I
Q
U
E
L
O
C
A
L
L?enrichissement apporté
par l?arrivée de populations
et d?activités n?est-il pas
amoindri par son caractère
saisonnier ?
Capacité à maintenir une
activité économique hors
saison 31
Rentabilité annuelle des entreprises
locales très dépendante du chiffre
d?affaires estival
Nb de mois où l?activité est sous le
seuil de rentabilité
Ratios (été/hiver) de médecins,
d?infirmières, de pharmaciens, de
dentistes pour 1 000 habitants
Temps pour atteindre l?hôpital
Difficultés d?accès aux services de la
santé
Demandes non satisfaites de prise en
charge en hôpital moyen séjour
Eviction de la population active
réduisant l?offre de services à la
personne
Nb de salariés travaillant dans les
services à la personne
Carence de divers services d?intérêt
général
Ratios annuels facteurs, gendarmes,
policiers, employés muni./1 000 hab
L?augmentation temporaire
ou permanente de la
demande s?accompagne-t-
elle de carences de l?offre
de services d?intérêt
général ?
Capacité à adapter l?offre
de services d?intérêt
général, à une population
changeante en nombre et
en composition 32
Carence de desserte en transports
collectifs
Indicateur d?accessibilité aux
transports en commun
D
U
C
A
P
IT
A
L
P
R
O
D
U
C
T
IF
Le développement des
activités liées à l?arrivée de
nouveaux habitants ou de
touristes remet-il en cause
la cohésion des filières
économiques existantes ?
Capacité à développer les
complémentarités entre les
entreprises 33
Indépendance économique totale vis-
à-vis des établissements d?autres
secteurs
Volume de salariés / d?entreprises
avec une double activité touristique et
traditionnelle
O
R
G
A
N
IS
A
T
IO
N
Mesure de l?indicateur
O
FF
R
E
D
E
S
E
R
V
IC
E
S
D
?I
N
T
É
R
Ê
T
G
É
N
É
R
A
L
47
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
1.3 Étape 3 : le système d?alerte et de veille
pour mesurer et apprécier la fragilité des
ressources, résultats de l?évaluation
La procédure d?évaluation de la capacité d?accueil et
de développement des territoires littoraux se termine
par une troisième étape qui consiste à mettre en place
le système d?indicateurs.
Cet outil d?observation marque une avancée
significative par rapport au simple chiffrage, aux
fourchettes de populations, de touristes, qui ont pu
être donnés comme mesure de la capacité d?accueil
par le passé. D?autres outils offrent une vision élargie
de la situation d?un territoire littoral (tableau de bord,
indicateur synthétique). Aussi, apparaît-il important
d?expliquer la spécificité du système d?indicateurs pro-
posé ici qui, seul, peut constituer le système d?alerte
et de veille quant à la maîtrise de la capacité d?accueil
et de développement recherchée.
Cette dernière étape apporte une mesure des
situations de saturation, de dysfonctionnement et de
déséquilibres des ressources. Elle permet ainsi de
confronter les fragilités attendues du système de
ressources à celles effectivement observées sur le
territoire. Cette étape permet de conclure à la
maîtrise ou à la non-maîtrise de la capacité
d?accueil sur le territoire considéré, au moyen
des fiches Capacité et du tableau synoptique des
indicateurs de la capacité d?accueil.
La mise en place réussie du système d?indicateurs
repose sur quelques clés méthodologiques à mettre
en oeuvre, tant pour reproduire l?évaluation sur un
autre territoire, que pour assurer la cohérence entre
les observations apportées par les indicateurs sur la
fragilité des ressources et les questions posées sur
les atteintes portées aux ressources par la pression
anthropique ciblées sur quelques principes fonda-
mentaux (contenues dans la grille d?évaluation
construite aux étapes 1 et 2).
R
e
ss
o
u
rc
e
à
e
n
je
u
Question posée en termes
de capacité d?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la
mise en péril de la
ressource à enjeu
Eclairages de ls situations
de déséquilibres
Mesure de l?indicateur
fondamental
complémentaire
Tranche modale des surfaces
construites Consommation d?espace par
l?urbanisation excessive
Pression urbaine ressentie
Offre de terrains
constructibles inadaptée à la
demande
Capacité résiduelle brute
d?urbanisation
Densité des espaces urbanisés,
COS réglementaires, (densité
minimale) Faible densité des espaces
urbanisés
Surface totale occupée par
l?urbanisation
Dispersion spatiale exagérée
et disparition des coupures
entre les bourgs
Dispersion spatiale de la
construction et étalement de la
tâche d?urbanisation
Surfaces des ZAC/ZAD,
lotissement et réserve foncière
S
O
L
La part du sol à vocation
urbaine réservée à l?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités est-
elle de nature à favoriser
l?étalement urbain (gaspillage
de la ressource sol) ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine 6
Procédures d?urbanisme
opérationnel et politique de
maîtrise foncière
insuffisantes Usage du Droit de Préemption
Urbain
Exemples d'indicateurs sur la resssource à enjeu SOL
Question posée en termes ... Capacité à ? Éclairages des situations de déséquilibres
Fuite d?une part importante des
revenus touristiques liés à un
approvisionnement hors territoire
Part des exploitations de produits de
la mer ou de l?agriculture vendant
dans des circuits courts (marché, ?)
Difficultés d?installation des
établissements à proximité de la
mer (filière des produits de la mer,
agriculture, commerces?)
Enquête et relevé terrain
La pression urbaine ou
touristique entrave-t-elle
la localisation profitable de
certaines entreprises ?
Capacité à offrir des
implantations adaptées
aux besoins des
entreprises 34
Renchérissement des loyers mettant
à mal la rentabilité
Montant des baux commerciaux
Mesure de l?indicateur
O
R
G
A
N
I
S
A
T
I
O
N
D
U
C
A
P
I
T
A
L
P
R
O
D
U
C
T
I
F
48
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Le système d?indicateurs est développé dans le sens
d?une vision territoriale des ressources, d?une appré-
hension de la saisonnalité des pressions et d?une prise
en compte des changements structurels que vont
connaître les ressources du territoire. Le dispositif
d?alerte et de veille quant à la maîtrise de la capacité
d?accueil et de développement s?oriente de ce fait vers
un système d?indicateurs intégré et dynamique qui
offre des perspectives de suivi dans la durée.
a. Comment obtenir un système d?indicateurs de la
capacité d?accueil et de développement ?
À partir des situations de déséquilibres non sou-
haitées et pourtant pressenties par les acteurs, le
système d?indicateurs est mis en place en complétant
les grilles d?évaluation par une nouvelle colonne (n° 5,
fig. 6). Elle fait apparaître les indicateurs de mise en
péril des ressources qui doivent être mesurés.
Le choix de l?indicateur est important, car il est
impératif de vérifier qu?il assure bien la connexion
entre l?objectif d?évaluation affiché (question posée) et
la situation mesurée (voir fig. 6).
Pour que les acteurs disposent d?un système
d?alerte et de veille de la capacité d?accueil opéra-
tionnel (fig. 7), il faut alors :
1. choisir pour chaque indicateur les
données qui vont éclairer les déséquilibres
sur les ressources --> quelles informations
sur les ressources sont recherchées ?
2. mobiliser les données et les traiter -->
que se passe-t-il sur le territoire ?
À ce stade, indicateurs/données ne forment
qu?un tableau de bord. Pour mettre en oeuvre un
système d?alerte et de veille, il faut mener trois
actions supplémentaires :
3. discuter et établir des états de référence
avec les acteurs (référence juridique, d?expert,
par comparaison ou simplement par choix poli-
tique et social local) et des seuils
d?évaluation --> Comment se situe le terri-
toire ? Par rapport à quelles valeurs cibles ?
Les situations de déséquilibres sont-elles
avérées ? Cette étape de la construction est
formalisée par une fiche d?indicateurs ;
4. produire une première synthèse à partir
de l?ensemble des indicateurs, sous la
forme d?un tableau synoptique faisant
apparaître les situations de déséquilibre
maîtrisées, réelles mais en partie maîtrisées, et
importantes --> Le territoire maîtrise-t-il
globalement sa capacité d?accueil ?
5. matérialiser les relations entre les
indicateurs --> Quelles sont les inter-
dépendances entre les différentes capacités
du système d?indicateurs ? Les déséquilibres
se propagent-ils aux autres ressources ?
Cette dernière étape touche aux pistes d?action et
aux réponses apportées par les différentes collectivités
territoriales et/ou la société civile. Chacune de ces
étapes est détaillée dans les pages qui suivent.
b. Le choix des indicateurs et des données associées
Cette étape s?inscrit toujours dans un processus de
co-construction. L?indicateur doit satisfaire à l?objectif
d?évaluation. Autrement dit, il est impératif de vérifier
que l?indicateur assure bien la connexion entre la ques-
tion posée dans la grille méthodologique d?évaluation et
la situation mesurée. L?indicateur doit être choisi en
fonction du sens qui pourra être attribué au résultat
après traitement des données associées. Ce choix est
important, car l?indicateur apporte une information très
restrictive par rapport à la question initialement posée
en termes de capacité d?accueil. Enfin, aucune restric-
tion n?est retenue a priori, surtout pas celle qui pourrait
être liée à la disponibilité de la donnée, car l?objectif
est de faire admettre le principe que pour
déboucher sur une évaluation pertinente, il faut
disposer des données d?observation adéquates.
Fig. 7 : les éléments nécessaires à l'élaboration d'un
système d'alerte et de veille
La grille exemple des pages précédentes
propose 105 situations de déséquilibre,
éclairées par 158 indicateurs (131
fondamentaux et 27 complémentaires). Après
adaptation au territoire insulaire d'étude, les
acteurs ont retenu 72 situations de
déséquilibre, introduisant 104 indicateurs.
Ceux-ci sont séparés en deux sous-ensembles :
un premier regroupe 79 indicateurs
fondamentaux ; un second totalise 25
indicateurs complémentaires. Ces derniers
sont sollicités uniquement pour un éclairage plus
approfondi d?une situation de déséquilibre révélée
préoccupante par les résultats du ou des
indicateurs fondamentaux mobilisés pour son
évaluation.
Indicateurs
Données
Régulations Liens
Etats de référence
valeurs cibles
Système
d'alerte et de veille
Université de Nantes (Chadenas C., Pottier P., Pouillaude A.), PUCA - DRE Pays de la Loire, 2008
49
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
c. Mobiliser les données
Il s?agit de disposer des données nécessaires à
l?analyse. Pour cela, il est important de mutualiser
les données en faisant appel aux portails de statis-
tiques, notamment géographiques, qui se mettent
en place comme aux observatoires statistiques lo-
caux et de réutiliser les informations déjà mobilisées
par ailleurs (évaluation environnementale des
projets, diagnostics de territoire ou préalables à un
Programme Local de l?Habitat, INSEE, Géokit, SIG
littoral, Portail Géopal, etc.).
Les expériences pilotes menées sur les secteurs-
ateliers ont souligné la difficulté de mobiliser des
sources statistiques dispersées. En outre, sur l?un
des territoires-ateliers près de 20 % des données
sont soit difficiles d?accès (données à caractère
commercial), soit inexistantes. La démarche visant
par ailleurs à comparer la situation observée sur le
territoire d?étude à d?autres pouvant servir de
situation de référence, accroît sensiblement ce travail
de mobilisation des données. Le temps nécessaire à
cette étape de la démarche est conséquent.
Concrètement, sur le secteur d'étude insulaire, le
bilan des indicateurs pris en compte et des indicateurs
non collectés est :
politiques et la société en général », Virtual center,
FAO, 2008).
Par conséquent, l?appréciation du niveau de pression
exercée, de manière saisonnière ou permanente, par
les populations et les activités sur le « capital » de
ressources du territoire, repose sur une mise en per-
spective de la situation territoriale avec des éléments
de seuillage permettant d?apprécier le niveau de
pression exercée et de saturation éventuelle.
La perspective est d?attribuer à chaque situation de
déséquilibre évaluée, un niveau simplifié de :
Ressource
Indicateur
sans donnée
Nb d?indicateurs
pris en compte
9
7
5
34
40
30
Société
Environnement
Economie
Total 21 104
d. Discuter et établir des états de référence avec les
acteurs
Le véritable enjeu d?une évaluation de la capacité
d?accueil consiste à savoir si le niveau de pression
observée, exercée par les activités et les populations
permanentes et saisonnières, est le maximum que
puisse supporter le système de ressources du
territoire (SRT). Elle vise également à apprécier les
marges de manoeuvre existantes.
L?une des particularités de ce système d?indicateurs
est d?être non seulement un outil de veille sur les
ressources, mais également un système d?alerte qui
apprécie la position par rapport à un seuil maximal,
par rapport à un seuil d?alerte (« les seuils sont
uniques, et peut-être même la base la plus
importante de toute évaluation. En général, le
franchissement d?un seuil de durabilité clairement
défini devrait envoyer un signal fort vers les décideurs
déséquilibre réel mais en partie maîtrisé
situation maîtrisée
absence de donnée
déséquilibre important
Pour mener à bien l?évaluation, le positionnement
du territoire ramène tout d?abord au processus des
pressions/impacts et des origines des situations de
déséquilibre observées. Par exemple, sur un espace
littoral subissant un fort développement, quelle est la
part de la réduction des surfaces agricoles liées au
contexte structurel de l?agriculture, et celle effec-
tivement provoquée par la trop forte pression anthro-
pique et donc à l?incapacité de sa bonne maîtrise ?
Quelle est la part de l?augmentation des prix du foncier
liée au contexte national du logement et à l?évolution
globale du marché, comparée à celle d?une pression
locale forte provoquée par une demande non contenue
et sans régulation ?
Si cette question doit être éclairée au coup par coup,
il nous semble pour autant important de baliser cette
démarche d?appréciation de situations de déséquilibre
qui se trouvent ainsi en interrogation collective.
La détermination de la capacité d?accueil ne
peut ainsi se passer de normes et de références,
de guides d?appréciation :
1. Pour certains indicateurs, le seuillage de
l?évaluation peut être apporté par des
normes juridiques qui fixent les seuils de
tolérance de ce qui est admis ou non (le taux de
raccordement aux réseaux d?assainissement, le
pourcentage de logements sociaux?). Mais,
cette régulation juridique n?est finalement qu?ex-
ceptionnelle. Pour l?essentiel des indicateurs pris
en compte, aucune norme établie ne permet
d?évaluer la situation de façon nette et objective.
Comment, en effet, peut-on fixer le seuil d?ac-
ceptation concernant le nombre de jours d?inter-
diction de pêche à pied sur l?estran, situation de
déséquilibre due à une mauvaise gestion des
eaux usées et donc une non-maîtrise des pres-
sions exercées sur le territoire ? Le principe
50
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
accepté est-il la tolérance « zéro » ? Ou alors,
peut-on admettre qu?il s?agit là d?un « dommage
collatéral » du développement littoral et des
pressions qui s?y exercent, d?accidents ponctuels
acceptables et non d?une situation structurelle
inquiétante, et que cela fait à présent partie du
modèle admis de gestion de ces espaces à forte
pression ? Ainsi, même si l?objectif est de ra-
mener cette situation au plus bas, finalement 5,
10 ou 30 jours d?interdiction apparaissent ac-
ceptables. Dans ces conditions, où peut-on fixer
la norme ? Quelle est la référence, est-elle la
même pour tous les acteurs, élus, techniciens et
experts, services de l?État ou citoyens ? En l?ab-
sence d?une théorie ou d?une méthode établie,
qu?elle soit de la valeur, des prix hédonistes ou
encore d?évaluation contingente, ces champs de
ressources locales restent pour l?essentiel sans
véritable moyen d?évaluation.
2. Ensuite, des domaines de connaissance
peuvent faire référence, au titre d?expertises
issues d?une observation minutieuse et d?une
appréciation globale de questions quelquefois
complexes. C?est le cas pour l?appréciation d?un
certain nombre de dégradations environne-
mentales (seuil de renouvellement des es-
pèces, niveau de concentration de polluants
ayant des répercussions sur le milieu?), de
perturbations sociales (part d?allochtones dans
une population autochtone), ou enfin de dé-
séquilibres économiques (capacité d?autofinan-
cement insuffisante, bilan d?exploitation d?équi-
pement déficitaire, coefficient de mobilisation du
potentiel fiscal insuffisant?).
3. Pour compléter ces avis d?experts, la com-
paraison d?une situation locale par rapport
à d?autres territoires ou par rapport à une
autre période est souvent riche d?ensei-
gnement, car susceptible de fournir des points
de comparaison utiles à sa propre évaluation.
Ainsi, la perception de la perte de la biodiversité
d?un estran, semblant minime d?une année sur
l?autre, apparaît de façon plus évidente grâce à
la prise en compte d?une référence temporelle
éloignée, de plusieurs décennies par exemple.
Les comparaisons spatiales apportent également
des éclairages permettant de mieux fixer le seuil
de son propre niveau de maîtrise d?une situation
de déséquilibre également connue par d?autres.
Ainsi, la densité d?occupation d?un espace littoral
pendant la période de pointe n?est pas simple à
évaluer dans l?absolu. En revanche, sa confron-
tation à d?autres niveaux enregistrés à la même
période, sur d?autres espaces similaires, permet
d?en apprécier un peu mieux l?importance, par
simple comparaison. Une capacité résiduelle
d?urbanisation offrant trente années de poursuite
d?urbanisation à un rythme élevé peut par
ailleurs paraître acceptable pour certains élus lo-
caux, soucieux d?offrir une réponse à la hauteur
de la demande de construction sur leur territoire.
Comparée toutefois à d?autres territoires
confrontés à une demande similaire et offrant
majoritairement une offre beaucoup plus
contenue, permettant ainsi d?économiser la
ressource du sol, la situation en étude apparaît
par le fait sous un autre aspect, exceptionnelle et
facteur de déséquilibre ou de détérioration d?une
ressource vitale pour l?avenir. Cette méthode
d?évaluation du type des analyses comparatives
(proche du benchmarking, Despres, 2009) doit
être privilégiée, car elle permet de mieux
appréhender la valeur cible d?une situation alors
jugée collectivement comme le but à atteindre
(de ce point de vue, des comparaisons avec des
situations européennes, dépassant le strict cadre
national français, pourraient s?avérer particuliè-
rement utiles pour prendre conscience que
d?autres formes de développement que ceux pri-
vilégiées chez nous sont aussi possibles et qu?ils
permettent une meilleure mise en valeur durable
des ressources à enjeu sur les espaces littoraux).
4. Enfin, la détermination de la capacité d?ac-
cueil étant une question de négociation sociale,
normes et références peuvent être tout
simplement posées par les acteurs locaux.
L?évaluation de la situation de la ressource, au
regard des pressions anthropiques qui s?exer-
cent sur elle, est alors le résultat d?une négo-
ciation qui consiste à échanger les points de vue
et les niveaux d?acceptation, à les argumenter et
leur donner une légitimité collective.
À l?issu de ce temps, sont produites les fiches
« capacité » présentant les indicateurs chiffrés
et évalués retenus lors des étapes précédentes (des
exemples de fiches complètes sont présentés en
annexes).
Une fiche ne correspond pas strictement à un indi-
cateur, mais à un sous-ensemble regroupant les situa-
tions de déséquilibre portées en hypothèse dans le
cadre d?une interrogation de la capacité du
territoire à éviter la mise en péril d?une res-
source particulière (colonne 3 de la grille
d?évaluation). Cette structuration du système d?indi-
cateurs permet de centrer l?évaluation sur les
questions retenues au départ, celles cherchant à
préciser la nature de l?atteinte portée aux ressources
du territoire par l?arrivée supplémentaire de popula-
tions et d?activités (colonne 2 de la grille d?évaluation).
51
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Ainsi, pour la zone-atelier insulaire retenue, les 34
capacités du territoire à éviter la mise en péril d?une
ressource particulière débouchent sur la réalisation de
34 fiches « capacité ». Trois sont présentées en
annexe. En pratique, certaines fiches peuvent ne
contenir qu?un seul indicateur : la capacité à maintenir
l?accès à la plage ne concerne que l?évaluation du
niveau de saturation des sites de pêche à la ligne ;
d?autres peuvent en regrouper jusqu?à six : la capacité
à adapter le dimensionnement et la qualité des
équipements collectifs concerne l?évaluation de la
capacité résiduelle de la station d?épuration, du coût
par foyer de la collecte des déchets selon la saison, du
nombre de foyers desservis rapportés au linéaire des
circuits de collecte, du coût global de stockage et
d?évacuation des déchets, de l?écart entre le volume
consommé d?eau potable et la capacité de stockage
suivant la saison et du dysfonctionnement des réseaux
de communication en été.
Les questions abordées lors de cette étape de
l?évaluation, pour chaque fiche « capacité », doivent
permettre de situer le territoire par rapport à la res-
source en évaluation, de convenir de valeurs cibles en
fonction d?objectifs définis pour l?avenir et, finalement,
de statuer sur les situations de déséquilibres, avérées
ou non. Pour cette raison, cette étape est centrale
dans la démarche, car elle offre un moment d?é-
changes qui permet d?évaluer collectivement l?état de
la ressource et de mettre en débat l?ensemble des
pressions qui s?exercent sur elle.
Il est enfin particulièrement important que
cette démarche ne soit pas entreprise comme une
évaluation critique dans le mauvais sens du terme
(visant à attribuer des bonnes et des mauvaises
notes), mais comme une mise en discussion de
situations perçues bien souvent sous des angles
différents, par des acteurs aux points de vue, aux
missions et aux stratégies différenciées.
e. Le tableau synoptique : synthèse des indicateurs
L?étape suivante consiste à produire une synthèse à
partir de l?ensemble des indicateurs, sous la forme d?un
tableau synoptique faisant apparaître la totalité des
situations de maîtrise de la pression sur la ressource
(vert), de déséquilibre de la ressource en partie
maîtrisé (orange), et de déséquilibre important non-
maîtrisé de la ressource (rouge). Ce tableau présente
la synthèse des fiches « capacité », regroupées par
ressource potentiellement mise en danger.
Il s?agit d?apprécier globalement le niveau de
maîtrise des pressions qui s?exercent sur le territoire.
Le tableau synoptique offre pour cela un résultat visuel
où la couleur dominante donne une première indication
qui peut être soit perçue ressource par ressource (l?une
peut présenter une dominante rouge, une autre verte),
ou plus globalement pour l?ensemble des indicateurs.
C?est ce premier niveau de perception qui doit être
privilégié, car il apporte les éléments fins de l?appré-
ciation, avec la possibilité d?appréhender les résultats
propres à chaque situation de déséquilibre en évalua-
tion, tout en offrant la possibilité d?une perception
globale rendue possible par le traitement graphique
du tableau synoptique.
Ressource principale potentiellement en danger : l?eau
Indicateur 1a1
Indicateur 1a2
Capacité à garantir le bon accès à l?eau 1
Indicateur 1b
Indicateur 2a1
Indicateur 2a2
Indicateur 2a3
Capacité à préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages du
bassin-versant et de la mer 2
Indicateur 3a
Indicateur 3b
Indicateur 3c1
Capacité à gérer la diversité des usages sur le plan d?eau maritime 3
Indicateur 3c2
Ressource principale potentiellement en danger : l?air
Capacité à garantir un niveau sonore raisonnable 4 Indicateur 4
Capacité à garantir la qualité de l?air 5 Indicateur 5
déséquilibre important
révélant une non-maîtrise
déséquilibre réel mais
en partie maîtrisé
situation maîtrisée
absence de donnée
Tableau synoptique des indicateurs de la capacité d'accueil d'un territoire
Il est associé à la grille exemple des pages précédentes. L'indicateur 1a3 renvoyant à la capacité 1, déséquilibre
a, indicateur 3. Le tableau ne comporte pas l'ensemble des indicateurs de la grille mais seulement ceux ayant
un intérêt pour le territoire. Les couleurs sont données à titre indicatif, elles ne reflètent pas la situation d'un
territoire-atelier.
52
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Ressource principale potentiellement en danger : le sol
Indicateur 6a1
Indicateur 6a2
Indicateur 6a3
Indicateur 6b
Capacité à maîtriser l?extension urbaine 6
Indicateur 7a
Indicateur 7b
Indicateur 7c
Indicateur 7d
Indicateur 7e
Capacité à préserver les espaces nécessaires aux autres usages 7
Indicateur 7f
Indicateur 8a
Indicateur 8b
Capacité à partager équitablement le domaine public (terrestre et maritime) 8
Indicateur 8c
Indicateur 9a1
Indicateur 9a2
Indicateur 9a3
Capacité à éviter des pratiques déstabilisatrices sur les sites naturels sensibles 9
Indicateur 9b
Ressource principale potentiellement en danger : la faune
Indicateur 10a1
Ressource principale potentiellement en danger : la flore
Indicateur 10a2
Indicateur 10b
Capacité à préserver la faune littorale 10
Indicateur 11a
Indicateur 11b
Capacité à éviter le dérangement de la faune 11
Indicateur 11c
Indicateur 12a
Indicateur 12b1
Indicateur 12b2
Capacité à préserver les espèces floristiques indigènes 12
13 Indicateur 13aCapacité à assurer la continuité de la trame verte
Indicateur 13b
Ressource principale potentiellement en danger : la culture locale
Indicateur 14aCapacité à préserver l?identité locale (pratiques culturelles, identité maritime?) 14
15
Indicateur 14b
Indicateur 15a
Indicateur 15b
Capacité à maintenir le caractère local du patrimoine bâti
Indicateur 15c
Indicateur 16a
Indicateur 16b
Capacité à préserver les spécificités et la qualité paysagères 16
Ressource principale potentiellement en danger : la démographie
Indicateur 17a
Indicateur 17b
Indicateur 17c1
Capacité à assurer le maintien et le renouvellement des populations permanentes 17
Indicateur 17c2
Indicateur 18a1
Indicateur 18a2
Capacité à maintenir un équilibre démographique entre les populations permanente et
temporaire 18
Ressource principale potentiellement en danger : le mode de vie des individus
Indicateur 19a1
Indicateur 19a2
Indicateur 19b
Capacité à maintenir des conditions de vie acceptables 19
Indicateur 20a
Indicateur 20b
Indicateur 20c1
Indicateur 20c2
Capacité à préserver le fonctionnement social propre au territoire 20
53
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Ressource principale potentiellement en danger : le mode d?habiter
Indicateur 21a1
Indicateur 21a2
Indicateur 21b
Indicateur 21c1
Indicateur 21c2
Capacité à assurer la mixité résidentielle et sociale 21
Indicateur 22a1
Indicateur 22a2
Capacité à diversifier l?offre d?hébergement touristique 22
Indicateur 22b
Ressource principale potentiellement en danger : le mode de travail
Indicateur 23a
Indicateur 23b
Capacité à maintenir localement les emplois permanents et les diversifier 23
Indicateur 24a
Indicateur 24b1
Capacité à entretenir des savoir-faire locaux 24
Indicateur 24b2
Indicateur 24c
Ressource principale potentiellement en danger : la vie collective
Indicateur 25a Capacité à maintenir un débat politique apaisé entre les intérêts contradictoires 25
Indicateur 25b
Indicateur 26a Capacité à assurer la participation à la vie communale 26
Indicateur 26b
Ressource principale potentiellement en danger : le capital matériel
Indicateurs 27a
Indicateurs 27b1
Indicateurs 27b2
Indicateur 27c
Indicateur 27d
Capacité à adapter les équipements collectifs au pic de fréquentation
(dimensionnement, qualité) et à bien les faire fonctionner toute l?année 27
Indicateur 28a Capacité à maintenir la diversité des utilisateurs des équipements et infrastructures 28
Indicateur 28b
Ressource principale potentiellement en danger : le capital financier
Indicateur 29a1
Indicateur 29a2
Indicateur 29a3
Indicateur 29a4
Capacité à maîtriser financièrement l?urbanisation (équipements collectifs et services)
et la spécialisation touristique 29
Ressource principale potentiellement en danger : le tissu économique local
Indicateur 30a1
Indicateur 30a2
Indicateur 30b
Capacité à maintenir la diversité du tissu économique local 30
Indicateur 30c
Indicateur 31a
Indicateur 31b1
Capacité à maintenir une activité économique hors saison 31
Indicateur 31b2
Ressource principale potentiellement en danger : l?offre de services d?intérêt général
Indicateur 32a1
Indicateur 32a2
Indicateur 32b
Indicateur 32c
Capacité à adapter l?offre de services d?intérêt général, à une population changeante en
nombre et en composition 32
Indicateur 32d
Ressource principale potentiellement en danger : l?organisation du capital productif
Indicateur 33a Capacité à développer les complémentarités entre les entreprises 33
Indicateur 33b
Indicateur 34a Capacité à offrir des implantations adaptées aux besoins des entreprises 34
Indicateur 34b
54
f. Matérialiser les relations entre les indicateurs
La dernière étape doit orienter l?évaluation vers la
prise en compte de sous-ensembles d?indicateurs liés
entre eux par des interactions. L?objectif est alors :
- d?évaluer comment une situation de déséqui-
libre peut se propager pour créer ou amplifier
d?autres situations de déséquilibre ;
- de recomposer des sous-systèmes fonctionnels
au sein du système de ressources du territoire.
Il s?agit ainsi de favoriser une approche intégrée,
permettant le passage du tableau de bord à un véri-
table système d?indicateurs.
Chaque fiche contient une rubrique mentionnant les
capacités liées. Elles correspondent à des situations de
déséquilibre dont il est reconnu qu?elles peuvent être
en lien avec celles qui sont déclinées dans la fiche.
Cette question doit être débattue lors de la phase de
remplissage des fiches « capacité », car elle permet
ainsi de poser les hypothèses de ces interactions et de
cerner les sous-systèmes sur lesquels l?attention devra
être portée de façon intégrée, en cas de résultat
soulignant la non-maîtrise des pressions exercées sur
les ressources du territoire. Par exemple, la fiche 6
concernant « la capacité à maîtriser l?extension
urbaine », adaptée à un territoire insulaire (en
annexe), met en hypothèse six situations de dé-
séquilibres. Ces situations de déséquilibre sont alors
intégrées à un ensemble de 40 situations de désé-
quilibre regroupées dans 12 fiches d?interrogation de
la capacité du territoire à éviter la mise en péril d?une
ressource particulière.
Ces domaines d?analyse croisée ne sont pas
forcément et exclusivement concentrés sur les
interactions exprimées au travers des liens formalisés
dans les fiches « capacité », entre pressions exer-
cées/situations de déséquilibre associées. D?autres
sous-ensembles problématiques peuvent être explo-
rés. Tout d?abord, le retour sur les principes fon-
damentaux orientant la gestion de ressources cen-
trales est souhaitable. La synthèse du système
d?indicateurs est alors redistribuée selon ces orien-
tations stratégiques. Par exemple, sur 104 indicateurs
retenus pour le site insulaire en zone-atelier, 49 se
regroupent autour du premier principe du Partage du
foncier dans un contexte insulaire subissant un fort
processus d?étalement urbain (ressource centrale en
domaine ressource à enjeu capacité liée
Capacité 2 : préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages du
bassin-versant ou de la mer
Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usagesenvironnement
Capacité 13 : assurer une trame verte cohérente
Capacité 15 : maintenir le caractère local du patrimoine bâti
Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
société
Capacité 25 : maintenir un débat politique apaisé entre les intérêts contradictoires
Capacité 27 : adapter les équipements collectifs
Capacité 29 : maîtriser financièrement l?urbanisation (équipements collectifs et services)
économie
Capacité 30 : maintenir la diversité du tissu économique local
Capacité 32 : adapter l?offre de services d?intérêt général toute l?année
Eau
Sol
Flore
Culture
Mode
d?habiter
Mode
d?habiter
Vie
collective
Capital
financier
Tissu
économique
local
Services
d?intérêt
général
Capital
matériel
Capacités liées à la capacité 6 « Maîtriser l?extension urbaine » (voir en annexe la fiche complète)
56 La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux 55
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
jeu, le sol), et 55 autour du second principe de la
Préservation et de la gestion de la spécificité de ce
territoire littoral (ressource centrale en jeu, mode
d?habiter et de travailler insulaire).
Ces quelques propositions ne sont que des
exemples particuliers qui s?attachent à l?éclairage de
situations propres à quelques territoires. Pour avoir
une portée opérationnelle ou d?aide à la décision, ce
système d?indicateurs de la capacité d?accueil ne doit
pas apparaître sous une forme rigide, mais plutôt être
conçu comme un outil de réflexion au service d?une
approche pragmatique, qui doit apporter des éléments
de réponse à des questions constamment refor-
mulées. Il doit conserver une dimension essentielle-
ment négociée, y compris pour l?analyse globale d?une
situation qui ne peut être réduite à quelques indices
synthétiques. De ce point de vue, ce système d?indica-
teurs n?est qu?un moyen de mise en éclairage d?un
certain nombre de situations non souhaitées de dégra-
dation de ressources jugées essentielles pour un terri-
toire et son futur. Il ne peut être une finalité en soi.
2. De la capacité d?accueil à des scénarios
de développement des territoires littoraux
Le véritable enjeu d?une évaluation de la capacité
d?accueil consiste à savoir si le niveau de pression
exercée par les activités et les populations perma-
nentes et saisonnières, est le maximum que puisse
supporter le système de ressources du territoire
(SRT). De ce point de vue, l?une des particularités du
système d?indicateurs élaboré est d?être non seule-
ment un outil de veille sur les ressources, mais éga-
lement un système d?alerte qui apprécie la position par
rapport à un seuil maximal d?alerte. Il s?agit ainsi
d?apprécier les marges de manoeuvre existantes au
travers de la mesure des possibilités offertes par le
SRT dans la démarche indissociable d?évaluation de la
capacité de développement.
Une première approche ébauche la prise en compte
de la capacité d?accueil dans le projet de territoire. Au
fur et à mesure de la démarche d?évaluation, lors de
la prise en compte et de la discussion sur les situations
de déséquilibre de la ressource par l?équipe-projet, la
démarche propose quelques points clés formalisés
dans chaque fiche d?indicateurs. À la suite des
rubriques « données, traitement, résultats et éva-
luations », déclinées pour chaque indicateur,
suivent en effet non seulement la mise en place
d?une « valeur cible », mais également des « pistes
d?actions » pour atteindre l?objectif retenu (voir
fiches détaillées en annexe).
Évaluation : la capacité brute d?urbanisation est ici limitée aux terrains nus et ne tient donc pas compte du renouvellement
urbain possible dans les années à venir (densification des espaces actuellement urbanisés), jusqu?à présent
limité dans les espaces urbains du littoral régional.
Il n?existe pas de règles s?appliquant à ce qu?un PLU doit raisonnablement offrir comme terrains à bâtir en
fonction de la demande qui s?exprime sur un territoire. On peut toutefois partir du principe qu?un PLU est un
document de planification à court terme (5 ans, 10 ans maximum) et que par conséquent un potentiel
équivalent à 15 ans de constructions sur un rythme identique à celui observé sur la dernière décennie écoulée
est acceptable et conforme à une gestion rigoureuse de l?espace.
==> Avec 21 années de réserve d?urbanisation, le PLU de l?île en étude offre encore des surfaces pour la
construction à vocation résidentielle trop largement dimensionnées. Concernant les surfaces immédiatement
urbanisables, le PLU de l?île en étude est le plus « généreux » de ceux utilisés en référence (19 ans de réserve,
contre 18, 14, 6 et 5).
Valeur cible : l?offre de terrains constructibles pourrait être réduite sensiblement, pour atteindre une réserve équivalente à
15 années de construction au rythme des dix dernières années écoulées.
Piste d?actions : pour atteindre cet objectif, il est possible de réduire les surfaces constructibles dans le cadre actuel du PLU, en
transférant une partie en réserve d?urbanisation future et en envisageant le déclassement d?une autre partie.
Une taxe sur la vente des terrains nus constructibles par leur classement dans le PLU peut être envisagée.
Cette taxe instaurée récemment dans une commune de l'agglomération nantaise a été fixée à 10 % des deux
tiers du prix du terrain vendu. Cette taxe rétablit un équilibre entre les propriétaires fonciers, tout en
répartissant plus équitablement la rente d?urbanisation et notamment en renforçant la fiscalité locale et ainsi
sa capacité à aménager et équiper les zones urbanisées.
Extrait de la fiche capacité 6 « Maîtriser l?extension urbaine » du site insulaire retenu en zone-atelier, pour l?indicateur
6c capacité résiduelle brute d?urbanisation
56
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Au-delà de ce premier travail, une autre dimension,
plus ambitieuse, peut être perçue. Il s?agit de l?inté-
gration des résultats obtenus à la mise en oeuvre du
projet de territoire.
Tout d?abord, les discussions et les résultats de
l?évaluation de la capacité d?accueil doivent trouver
leur place dans une démarche de diagnostic. Elle
peut plus précisément être perçue comme une
extension de l?évaluation environnementale. Elle
la chevauche alors en partie et a en commun avec elle
des principes méthodologiques assez similaires. Par
l?ensemble des questionnements posés sur le
territoire face à l?augmentation de populations et
d?activités, la démarche doit permettre de mieux
cerner les fragilités potentielles de ce territoire ;
notamment, celles qui présentent des enjeux
déterminants pour l?avenir. Cette question des pres-
sions anthropiques qui s?exercent sur des territoires
littoraux dont on connaît la vulnérabilité, et, au-delà,
de leur maîtrise pour ne pas hypothéquer ce qui fait
leur richesse, est en fait centrale à toute réflexion
portant sur leur développement. La démarche d?éva-
luation de la capacité d?accueil ne peut donc que s?y
intégrer « naturellement », le système d?indicateurs
qui l?accompagne permettant par ailleurs d?élargir la
veille nécessaire à l?évaluation des choix retenus. En
s?appuyant sur le système de ressources du territoire,
l?analyse de la situation des territoires littoraux
permet bien de mettre en lumière la prospective
demandée dans les documents de planification
territoriale, par exemple.
Les discussions et les résultats de l?évaluation de la
capacité d?accueil doivent également s?inscrire
dans une démarche prospective, qui planifie pour
l?avenir les objectifs d?accueil supplémentaire de
populations et d?activités. Le premier niveau d?inté-
gration concerne tout simplement les faiblesses cons-
tatées lors de l?examen des indicateurs, faiblesses qui
doivent être réduites et pour lesquelles on peut même
imaginer qu?elles puissent déboucher sur des solutions
avant que ne soit envisagée la poursuite du dévelop-
pement. Sur l?île étudiée, c?est bien ce principe qui a
motivé le tribunal administratif de Nantes « à cen-
surer, pour erreur manifeste d?appréciation, la révision
du plan d?occupation des sols qui prévoyait une
extension de l?urbanisation, aux motifs que cette
modification ne tenait pas suffisamment compte de
l?état des équipements publics présents sur l?île
(capacité de l?assainissement, possibilités de traite-
ment des déchets) au regard des objectifs de
construction ». Le projet de développement proposé
est ainsi soumis à la capacité à adapter le dimen-
sionnement des équipements collectifs, c?est-à-dire à
la remise à niveau de la ressource du capital matériel,
jugée trop altérée pour offrir une capacité résiduelle
destinée à l?accueil supplémentaire de population. Par
extension, c?est l?ensemble des situations avérées de
déséquilibres qui doivent donner lieu à un examen
attentif. Pour chaque indicateur traduisant une
situation de déséquilibre importante et non-maîtrisée
de la ressource (couleur rouge), voire une situation de
déséquilibre en partie maîtrisée de la ressource
(couleur orange), il est nécessaire de mettre en
perspective le niveau d?altération de la
ressource et l?évaluation de son aggravation
possible, compte tenu des projections démo-
graphiques ou des choix de développement
d?activités qui sont posés pour l?avenir.
Le système d?indicateurs dédié à l?évaluation de la
capacité d?accueil, conçu comme un outil d?aide à la
réflexion, devient alors un outil réel d?alerte et de
veille. Sa mise en place doit accompagner le projet de
territoire, en proposant le principe d?une évaluation
permanente et donc d?un suivi des observations.
Celui-ci pourra être prolongé par une révision des
indicateurs, dans le cas où la situation de déséquilibre
constatée aurait évolué. De nouvelles ressources à
enjeu peuvent également être progressivement
intégrées en fonction de nouvelles situations de
déséquilibre pressenties, ou de nouveaux choix poli-
tiques centrés sur des principes fondamentaux refor-
mulés ; conduisant à la mise à jour périodique du
système d?indicateurs et de l?évaluation.
3. Portée normative de la méthode
Au cours des échanges qui ont nourri ce travail
interdisciplinaire et de terrain, les autorités locales,
administrateurs, géographes, économistes ont soulevé
une question d?importance à propos de la proposition
méthodologique qu?il présente: quels peuvent être ses
effets au niveau de l?ordonnancement juridique ?
Les données de cette interrogation peuvent se
décomposer comme suit :
1. quelle force juridique s?attache aux différents
éléments inscrits dans l?étude ? S?agit-il ici de
« lignes impératives » s?imposant aux auteurs
des documents de planification urbaine ou, au
57
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
contraire, de simples « directives » dépourvues
de caractère obligatoire ? Quelle situation ces
éléments occupent-ils par rapport à l?ordon-
nancement juridique et quelle place leur est
éventuellement réservée dans la hiérarchie des
actes ?
2. quelle autorité politique revêt la méthode
retenue ? À quels organes, le cas échéant,
s?imposent-elles ? Les suggestions formulées ou
les explications proposées pour interpréter la
notion de capacité d?accueil présentent-elles un
caractère obligatoire ou, à l?inverse, laissent-
elles au pouvoir local la faculté de ne pas en tenir
compte, de les modifier ou de les contrarier au
cours de l?élaboration des schémas de cohérence
territoriale ou des plans locaux d?urbanisme ?
Notre réponse sera la suivante : la démarche qui a
conduit à élaborer cette méthode et à engager une
réflexion sur la définition et sur les contours de la
notion légale de « capacité d?accueil » n?est pas une
opération normative, même si, quelque part, elle
aboutit à la mise en place d?éléments dont on sait bien
qu?ils peuvent avoir quelque chose à voir avec le droit.
Cette démarche est donc extérieure à l?ordonnan-
cement juridique et, par conséquent, à la hiérarchie
des actes. Il n?en demeure pas moins que ces travaux
expriment avec une certaine solennité (notamment
parce que des autorités administratives y ont parti-
cipé) des lignes directrices dont sont susceptibles de
s?inspirer les pouvoirs publics sans que, pour autant,
leur pouvoir d?appréciation s?en trouve limité.
3.1 L?étude entreprise est extérieure
à l?ordonnancement juridique
En elle-même, la méthode d?évaluation proposée ici
ne revêt aucune force juridique, dans la mesure où
« un rapport, même remarquable, n?est point un acte
juridique » (Rivero, 1947), c?est-à-dire « une
opération par laquelle des normes juridiques sont
posées, édictées » (Eisenmann, 1983). Alors même
qu?il s?agit ici d?éclairer le sens de dispositions légis-
latives et, ainsi, de formuler une certaine interpré-
tation du droit en vigueur, cette activité intellectuelle
ne saurait, pour autant, être confondue avec un
processus normatif. Cela est d?autant plus vrai que les
auteurs de l?étude ne sont pas institutionnellement
habilités à édicter des règles, c?est-à-dire à fixer des
mesures dont la vocation spécifique est, soit de créer
des droits et des obligations, soit d?imposer une
interprétation du droit applicable en vue de l?édiction
de décisions.
Ce qui fait que l?on ait pu ici hésiter est dû très
certainement à la particularité même de l?étude entre-
prise, celle-ci ayant aussi pour objet de dégager le
sens et la portée d?une règle juridique qui, dans
certaines circonstances, impose aux collectivités
locales de déterminer la capacité d?accueil des
communes littorales. Cette étude contient par
conséquent des instructions, des recommandations,
ou encore des explications sur la façon dont les
dispositions de l?article L. 146-2 du code de
l?urbanisme peuvent être appliquées. L?étude constitue
ainsi un commentaire de cet article et en interprète les
dispositions ; elle indique d?une manière détaillée la
façon dont la capacité d?accueil est susceptible d?être
déterminée, ou encore les précautions à prendre en la
matière. D?aucuns pouvaient dès lors être tentés de
considérer que l?interprétation qui est ainsi formulée
sur l?application du droit a une portée obligatoire,
c?est-à-dire qu?elle s?impose aux planificateurs à
l?occasion de l?élaboration des documents d?urba-
nisme. Ce travail donnerait, en quelque sorte, une
interprétation impérative du droit que l?Administration
a pour mission de mettre en oeuvre.
Les critiques, informations, interprétations,
propositions qui ont été émises dans ce travail sont de
simples opinions et non des prescriptions qu?il
conviendrait de suivre à la lettre, et ceci alors même
que la formulation ou les caractères des mesures ainsi
fixées seraient imprégnés par l?idée d?obligation,
d?autorité ou de prescription.
La méthode retenue échappe par conséquent à
l?ordonnancement juridique stricto sensu : elle lui est
extérieure ; elle s?inscrit dans un système dépourvu
de communication avec le bloc de légalité, le droit de
critique ou d?interprétation du commentateur ne
s?accompagnant pas du droit de poser des règles.
Il en résulte que le contenu du rapport ne peut
en principe limiter en quoi que ce soit
l?importante marge de manoeuvre dont
disposent les autorités locales pour déterminer,
dans les documents de planification urbaine, la
capacité d?accueil des communes littorales 12.
Ceci signifie que, juridiquement, ces autorités ne sont
en rien tenues d?appliquer la présente démarche mais,
au contraire, gardent toute latitude pour reprendre
l?interprétation qui est ici préconisée, ou au contraire,
pour l?amender, l?enrichir, la réfuter ou la contredire.
La grille d?analyse ne saurait par conséquent entraîner
en elle-même la moindre obligation juridique à la
charge des organes chargés d?appliquer l?article
L. 146-2 du code de l?urbanisme.
12 Sur cette marge de manoeuvre, cf. supra.
5958
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Corrélativement, aucun contrôle juridictionnel de
l?application de la méthode n?est concevable. Du moins
en est-il ainsi tant que l?une ou l?autre des
interprétations émises n?a pas été « reçue » dans un
des actes constitutifs de la légalité, par exemple, dans
un plan local d?urbanisme ou dans un schéma de
cohérence territoriale. En vertu de son statut, la mé-
thode proposée ici n?est ni opposable à l?Adminis-
tration, ni invocable devant le juge administratif par
les administrés, que ce soit pour en réclamer
l?application ou pour alléguer de son illégalité. Un
requérant ne peut donc, par exemple, faire valoir
qu?un plan local d?urbanisme est illégal parce qu?il n?a
pas été pris conformément à l?une ou l?autre des
orientations définies dans l?étude.
D?une manière générale, la méconnaissance de la
capacité d?accueil ne peut être contestée devant le
Tribunal administratif au regard des éléments
contenus dans la présente étude mais uniquement en
se fondant sur l?article L. 146-2. Ajoutons que le
tribunal administratif qui se fonderait sur ce rapport
pour conclure à la légalité ou à l?illégalité d?un
document d?urbanisme commettrait une erreur de
droit, dans la mesure où il se prononcerait au regard
d?un « texte » qui n?appartient pas au bloc de légalité.
Recherche et ordonnancement juridique appar-
tiennent ainsi à deux univers différents. Face à ce
constat, il pourrait être tentant de conclure que la
présente méthode « parlerait pour ne rien dire ».
Celle-ci cultiverait ainsi la déception des uns (ceux qui
entendraient y trouver un certain degré de norma-
tivité pour encadrer un tant soit peu les pouvoirs dont
disposent les planificateurs pour définir la capacité
d?accueil) tout en laissant les autres ignorer une
interprétation pertinente dès lors que cette mécon-
naissance ne peut être sanctionnée. Cette étude serait
donc, en quelque sorte, un coup d?épée dans l?eau, ou
une addition de « bons principes » et de « lieux com-
muns », dès lors que les orientations qu?elle définit en
la matière ne bénéficieraient pas du soutien de la
règle, les leviers du droit ne pouvant ici être actionnés
pour sanctionner la méconnaissance de son contenu.
Cette vision des choses est néanmoins par trop
simpliste.
3.2 L?étude peut néanmoins influer sur
l?interprétation de la notion de capacité d?accueil
Si la présente étude ne peut, comme il vient d?être
montré, créer du droit, cela ne signifie pas pour autant
que celle-ci soit dénuée de toute portée, ou de toute
efficacité. Cette réflexion ou, dit autrement, cette
édiction d?éléments « non-normatifs » a très
certainement une certaine force matérielle dans la
mesure où, en établissant des données objectives
nécessaires à la discussion et à l?établissement de la
capacité d?accueil, elle peut, à l?instar de l?article
L. 146-2, servir la communication sociale. L?étude peut
ainsi stimuler les échanges à l?occasion de
l?élaboration des documents de planification, ou
encore favoriser à cette occasion les mises en
relations. Elle peut aussi fournir l?échelle des
possibilités entre lesquelles il faudra choisir pour
dégager la capacité d?accueil, ou encore enrichir le jeu
des interprétations plausibles de cette notion et la
sélection de l?une d?entre elles. Elle donne, en quelque
sorte, un fondement intelligible à la prise de décision.
Notons encore que la méthode retenue est
également utile pour faciliter la mise en oeuvre
d?autres règles ou principes du droit de l?urbanisme
qui s?imposent aux planificateurs, lorsque ces
derniers élaborent un plan local d?urbanisme ou un
schéma de cohérence territoriale. Cette réflexion
pourrait notamment faciliter l?application dans les
documents d?urbanisme du principe d?économie
d?espace, ou des principes de mixité sociale et de
mixité urbaine 13, ou encore faciliter la définition
d?une politique durable des transports qui réponde à
des exigences utilitaires envers l?habitat, les activités,
l?environnement et les espaces publics. Elle devrait
également permettre de déterminer plus aisément, à
l?occasion de l?élaboration d?un PLU ou d?un SCoT, les
conditions permettant d?assurer la préservation de la
qualité de l?air, de l?eau, du sol et du sous-sol, des
écosystèmes, des espaces verts, des milieux, sites et
paysages naturels urbains, ou encore la prévention
des risques technologiques, naturels ou sanitaires.
Cette étude, par la réflexion qu?elle entend engager,
peut ainsi aider à la création des dispositions
juridiques qui seront inscrites dans ces documents en
vue, par exemple, de conforter les protections
environnementales, de lutter contre les pollutions, ou
encore d?assurer la diversité sociale au sein des cités.
En amont, cette méthode apparaît aussi comme un
outil précieux pour réaliser le diagnostic ou l?étude
environnementale, lesquels doivent figurer dans le
rapport de présentation des documents de plani-
fication urbaine, ou encore pour définir le projet
d?aménagement et de Développement durable. D?une
manière plus générale, les résultats de cette entre-
prise pourraient également servir de base à la
rédaction d?une circulaire ministérielle à destination
des services qui viendrait fixer le mode d?inter-
prétation des dispositions de l?article L. 146-2.
13 C urb., art. L. 121-1.
60 59
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Cette étude a donc essentiellement une vertu
pédagogique, la lecture et l?explication de ces travaux
permettant aux autorités locales de mieux cerner les
contours de la capacité d?accueil, mais aussi de
prendre davantage conscience des défis environ-
nementaux, sociaux et économiques auxquels les
territoires littoraux sont aujourd?hui confrontés. Dans
certaines circonstances, la recherche pourrait aussi
servir de source d?inspiration pour traduire en normes
contraignantes les orientations ou les objectifs qui y
sont définis, même si l?on voit bien que la finalité
première de la démarche n?est pas là. Elle n?est pas là
parce que, selon nous, la notion de capacité d?accueil
ne fait pas « bon ménage » avec le droit traditionnel,
dès lors que cette notion ne peut être que très
difficilement traduite en règles rigides, c?est-à-dire en
règles dont la vocation instrumentale est de con-
traindre les planificateurs à se plier strictement à
l?observation desdites règles. Pour que cette notion
remplisse sa fonction, il ne faut donc pas seulement
compter sur le ressort de la règle, le droit n?ayant pas
ce pouvoir démiurge qu?on lui prête parfois. Il faut
autre chose, un autre principe d?efficacité qui, sans
doute, passe par l?explication et par l?adhésion
(Rivero, 1965). C?est à cette oeuvre d?adhésion et
d?explication que contribue le caractère participatif de
la démarche proposée.
3.3 L?étude s?inscrit dans les évolutions
prévisibles du droit
Pour conclure, la méthode retenue revêt
aujourd?hui une importance toute particulière dans le
nouveau contexte juridique issu du droit international.
Celui-ci tend à affermir la « consistance juridique » ou,
dit autrement, le contenu et la portée juridique de la
notion de capacité d?accueil.
C?est ainsi que le très récent protocole sur la ges-
tion intégrée des zones côtières (GIZC) qui a été signé
à Madrid le 21 janvier 2008 lors de la 15e Conférence
des Parties Contractantes à la Convention de
Barcelone a non seulement consacré la notion de
capacité d?accueil sous la dénomination de « capacité
de charge des zones côtières », mais aussi imposé aux
États signataires plusieurs critères précis (environ-
nementaux, sociaux, économiques, qui figurent dans
l?étude) pour définir les contours de cette notion
proche de celle de capacité d?accueil. Il est ainsi
indiqué que les parties à la convention sont guidées
pour mettre en oeuvre cette convention par les
principes suivants : « prendre en considération de
manière intégrée l?ensemble des éléments relatifs aux
systèmes hydrologiques, géomorphologiques, clima-
tiques, écologiques, socio-économiques et culturels
pour ne pas dépasser la capacité de charge de la zone
côtière et pour prévenir les effets négatifs des
catastrophes naturelles et du développement »
(article 6). Les parties à la convention doivent égale-
ment définir des « indicateurs de développement des
activités économiques en vue d?assurer l?utilisation
durable des zones côtières et de réduire les pressions
excédant la capacité de charge de celles-ci »
(article 9). Enfin d?une manière tout à fait intéressante
le protocole impose aussi de conforter les évaluations
environnementales des projets publics et privés
pouvant avoir d?importants effets sur l?environnement
des zones côtières, en prenant en compte dans ces
études la capacité de charge des zones côtières. Il est
ainsi indiqué que les « évaluations environnementales
devraient tenir compte des impacts cumulatifs sur les
zones côtières, notamment en accordant une attention
particulière à leurs capacités de charge » (article 19).
Nul doute que la ratification de ce protocole (qui
représente une avancée décisive pour la notion de
« capacité d?accueil ») par la France et par l?Union
européenne conférerait aux critères d?appréciation ainsi
fixés par le droit international une force obligatoire en
les faisant entrer dans l?ordre juridique français et, par
là même, aurait pour effet de donner encore davantage
de légitimité à la méthode qui a ici été retenue.
Conclusion de la partie II : synthèse de la méthode
Le prolongement de la démarche conceptuelle à la
mise en place opérationnelle de la méthode, s?accom-
pagne d?une succession d?étapes dont l?objectif est de
fournir aux décideurs des éléments tangibles d?appré-
ciation de la capacité d'accueil et de développement.
Le formalisme proposé s?appuie sur la construction
de grilles d?évaluation de la capacité d?accueil, conçues
comme des grilles de questionnement et d?appréciation
des niveaux d?altération du Système de Ressources du
Territoire (SRT). Ces grilles intègrent tout d?abord un
référentiel de questionnement des ressources du
territoire, au regard de l?arrivée supplémentaire de
populations et d?activités. Leur construction s?appuie
sur la mise en lumière des ressources posant question
en termes de fragilité, d?altération, d?épuisement ou
de consolidation sur le territoire expertisé. Le but de
ces grilles d?évaluation est bien d?être en mesure
60
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
d?apprécier si la capacité d?accueil maximum du
territoire est loin d?être atteinte, en passe de l?être ou
déjà atteinte. Pour cela, la construction des grilles se
poursuit ensuite jusqu?à la mise en place d?un système
d?indicateurs, qui permet une entrée ponctuelle par
les situations de déséquilibre de la ressource, mais
aussi globale avec le tableau synoptique. La grille
complète offre donc une articulation continue, depuis
le questionnement sur la nature du déséquilibre
pouvant affecter la ressource, jusqu?à la mesure de
son niveau d?altération, en passant par la
caractérisation précise de l?aptitude du système de
ressources du territoire (SRT) à supporter la pression
humaine, ou encore des situations de déséquilibre ou
de vulnérabilité qui en découlent.
Le sens principal de la démarche ne peut
cependant se limiter à un cheminement purement
technique, voire mécanique, de l?évaluation. Le prin-
cipe central adopté est celui d?une négociation sociale
et donc d?une co-construction de ces grilles d?éval-
uation de la capacité d?accueil, associant l?ensemble
des acteurs principaux concernés et impliqués par la
gestion territoriale.
61
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Une conception renouvelée
de la capacité d?accueil, intégrée et
attachée à la dynamique du littoral
En centrant la réflexion sur les ressources du na-
turel, de l?humain et de l?économie, sur le système de
ressources du territoire (SRT) et les impacts pro-
voqués par l?accroissement des pressions humaines
sur le littoral, le présent travail aboutit à une concep-
tion totalement renouvelée de la capacité d?accueil.
Cette réflexion contribue aux actions d?appui à la
gouvernance et aux démarches d?intégration des con-
cepts de Développement durable et de gestion inté-
grée des zones côtières dans l?évaluation des politi-
ques d?aménagement des littoraux. Elle s?inscrit dans
le mouvement actuel qui voit des études entreprises
sur d?autres territoires français et sur des probléma-
tiques apparentées, proposer des approches et des
méthodes étonnamment proches de celle-ci (Lazzeri
et Planque (dir.), 2006 - CETE Méditerranée ? 2007,
Mazouni et Rey-Valette, 2008). Le concept de
Développement durable et les systèmes d?indicateurs
aptes à en évaluer la bonne prise en compte y tiennent
une place de choix pour permettre d?adopter une
approche intégrée et non sectorisée, notamment dans
les schémas de cohérence territoriale (SCoT).
De plus, en proposant d?aboutir non pas à un chiffre
de capacité d?accueil mais à un ensemble de situations
acceptables ou non de vulnérabilité ou d?altération des
ressources, la démarche amène à évoluer d?une vision
de la capacité d?accueil appréhendant le territoire
comme un contenant à une approche centrée sur les
possibilités du territoire, plus précisément de son
« capital de ressources ».
Il s?agit dès lors de réguler la capacité d?accueil non
plus en arrêtant un nombre d?habitants maximal ou
une fourchette de fréquentation touristique souhai-
table, mais en attirant plutôt l?attention sur des situa-
tions de saturation, voire de crise, qu?entraîne la pré-
sence humaine, sur des risques de ruptures environ-
nementales, sociales ou économiques tout en s?ap-
puyant pleinement sur les marges de manoeuvre que
conforte cette présence de populations et d?activités
sur le littoral, à l?année ou le temps d?une saison.
La démarche invite finalement à une réflexion plus
qualitative sur les modes de développement des terri-
toires. Elle soutient, comme d?autres initiatives déjà
en cours (Gestion intégrée des zones côtières,
agendas 21 locaux, charte des espaces côtiers?) la
mise en place de projets de territoire qui
s?attacheraient à regagner des marges de manoeuvre
en intervenant notamment sur les situations de crise,
et à anticiper les risques de rupture et les conflits
d?usage liés à l?arrivée de populations et d?activités
permanentes ou saisonnières sur le littoral.
Avec une entrée par la présence humaine, cette
méthode d?évaluation a été conçue à destination des
territoires sous pression, en particulier touristiques,
sur lesquels les acteurs concernés ont besoin d?être à
même de consolider, d?épargner les ressources qui
sont autant de facteurs d?attractivité pour aujourd?hui
et pour demain.
La mise en place du système d?indicateurs demande
la mobilisation de données couvrant de nombreux
domaines. Il est donc important de mutualiser les
données en faisant appel aux observatoires locaux
comme aux portails statistiques qui se mettent en
place. Les informations déjà mobilisées par ailleurs
(évaluation environnementale, diagnostics terri-
toriaux, etc) peuvent être réutilisées. Certaines
données nécessaires à l?évaluation de la capacité
d?accueil sont encore difficiles d?accès, voire inexis-
tantes. C?est là un obstacle à la compréhension globale
des pressions qui s?exercent sur les espaces littoraux
et sur l?évaluation de la durabilité des projets de
territoire. Disposer d?un système d?indicateurs est
aussi un moyen de pointer du doigt des situations de
tension sur lesquelles, jusqu?alors, l?attention n?était
pas portée. Ceci rend indispensable la construction
d?un système d'observation du territoire adapté à une
nouvelle gouvernance et de nouvelles régulations
compatibles avec un développement durable, ce qui
nécessitera du temps et des moyens financiers.
Pour éclairer la maîtrise ou la non-maîtrise de la
capacité d?accueil et de développement d?un territoire
particulier, il est ici proposé une construction participa-
tive et partenariale d?un système d?alerte et de veille.
Cette dimension est essentielle, car elle montre
bien que la grille d?évaluation constitue un outil
Conclusion
63
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
d?accompagnement de la réflexion, comme le confirme
la portée juridique de la méthode (Cf. infra). Ce qui est
important, c?est aussi et peut-être surtout, la nature
des échanges qui se produisent dans le cadre de
l?évaluation. C?est l?acceptation d?une confrontation de
points de vue et de stratégies quelquefois difficilement
conciliables. L?approche globale du territoire demande
notamment le décloisonnement des logiques de
métiers interservices, la mise en commun autour
d?une ressource impliquant différents acteurs, la
mutualisation d?expertises variées ou encore la
territorialisation des politiques publiques. C?est, enfin,
la recherche d?une évaluation partagée des pressions
anthropiques qui s?exercent sur un territoire particulier
dont on a identifié et reconnu les richesses, tenté
d?imaginer et discuté de ce qui serait acceptable ou
non pour son avenir et pour les générations futures.
Elle produit une appréciation de la situation modulée
suivant les enjeux du territoire.
La mise en oeuvre de la démarche d'évaluation de
la capacité d'accueil nécessite qu?une négociation
sociale s'engage à l'instigation des élus locaux. Ils
vont ainsi expliciter leurs objectifs, vérifier leurs
intuitions, mesurer les impacts de l?arrivée de
nouveaux habitants, de nouveaux touristes et
recadrer l?action territoriale, sans achopper sur
l?objectivation de certains déséquilibres observables
sur leur territoire. La mise en place d?un système
d?indicateurs de cette forme s?inscrit en effet dans un
mouvement plus large, auquel participent les
collectivités locales et l?État, positionnant l?évaluation
au coeur de l?élaboration des politiques publiques.
Placée en amont de l?élaboration des projets de
territoire, l?évaluation de la capacité d?accueil et de
développement se pose comme un diagnostic des
forces, des faiblesses, des opportunités et des
contraintes, habituel dans le type de résultats
produits, plus innovant par son caractère global et la
place importante accordée aux impacts sur le
territoire. Sans doute aurait-elle également sa place à
d?autres moments de la vie du territoire ?
L'aboutissement de la démarche dépend donc de la
nature des relations entre les acteurs locaux et de
l?animation de l?équipe projet, l?objectif n?étant pas de
mettre en place un outil contraignant les procédures
d?élaboration des documents d?urbanisme ou les pro-
cédures opérationnelles d?aménagement du territoire,
mais bien d?enrichir la réflexion et de provoquer une
prise de conscience structurée des enjeux qui s?atta-
chent à la reconnaissance des richesses des territoires
littoraux et des risques que l?accroissement des pres-
sions humaines fait porter sur elles.
Cette approche de la capacité d?accueil et de
développement comme la méthode proposée pour son
évaluation s?éloignent nettement d?une capacité d?ac-
cueil déterminée mécaniquement par les caractéris-
tiques du territoire. Pour cette raison, les grilles d?éva-
luation ne peuvent être considérées comme des nor-
mes juridiques stricto sensu de la capacité d?accueil,
mais bien comme des outils de dialogue.
Quelle portée juridique ?
S?agissant de la portée normative, il faut retenir
que cette méthode issue d?un programme de recher-
che ne revêt en elle-même aucune force juridique :
elle est extérieure à l?ordonnancement juridique ou,
dit autrement, au monde des règles juridiques stricto
sensu même si, quelque part, elle aboutit à la mise en
place d?éléments dont on sait bien qu?ils peuvent avoir
quelque chose à voir avec le droit. Il ne peut en aller
autrement, les auteurs de ce travail n?ayant pas été
habilités à poser des normes. Aussi, même si la
méthode préconisée contient des instructions, des
recommandations, ou encore des explications sur la
façon dont les dispositions de l?article L. 146-2 du code
de l?urbanisme sont susceptibles d?être appliquées,
ceci n?a pas pour autant pour effet de lui conférer un
caractère obligatoire. Il s?agit donc ici plus de sug-
gestions ou de recommandations à destination des
autorités administratives locales, que d?une ligne de
conduite que ces dernières devraient suivre impéra-
tivement lorsqu?elles sont appelées à déterminer la
capacité d?accueil des communes littorales.
Il n?en demeure pas moins que cette méthode est
susceptible de constituer le socle (et c?est là tout son
intérêt) sur lequel il est possible de s?appuyer pour
donner sens à la notion de capacité d?accueil. En effet,
bien que la démarche retenue n?ait qu?un très faible
taux de positivité, elle a néanmoins une force maté-
rielle, une vertu pédagogique : elle établit des don-
nées objectives nécessaires à la discussion et à
l?établissement de la capacité d?accueil. Par là même,
cette méthode, qui sert la communication sociale, est
de nature à stimuler les échanges à l?occasion de l?éla-
boration des documents de planification, ou encore à
favoriser à cette occasion les mises en relations. Elle
fournit aussi l?échelle des possibilités entre lesquelles
il faudra choisir pour dégager la capacité d?accueil, et
enrichit le jeu des interprétations plausibles de cette
notion et la sélection de l?une d?entre elles. Elle donne,
en quelque sorte, un fondement intelligible à la prise
de décision.
Ajoutons que la méthode réalisée revêt aujourd?hui
un intérêt tout particulier dans un contexte dans lequel
le droit international tend, non seulement à reconnaître
la notion de capacité d?accueil, mais aussi à imposer un
certain nombre de critères pour permettre de mieux
cerner son contenu. C?est ainsi que le protocole de
64
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Barcelone sur la Gestion intégrée des zones côtières,
signé en janvier 2008, ne se borne pas à consacrer la
notion de « capacité de charge des zones côtières », ce
texte impose également aux États plusieurs critères
(que l?on retrouve dans l?évaluation proposée ici) pour
définir les contours de cette notion proche de celle de
capacité d?accueil. Nul doute que la ratification de ce
protocole par la France ou par l?Union européenne
conférerait à ces critères une force obligatoire en les
faisant entrer dans l?ordre juridique français et, par là
même, aurait pour effet de donner encore davantage
de légitimité à la méthode qui a été retenue ici.
Quelles perspectives ?
Tout d?abord, assurer une large diffusion des
résultats obtenus. La publication dans le courant de
l'année 2009 d'un guide méthodologique à portée
opérationnelle aidera les maîtres d?ouvrage et les
maîtres d?oeuvre à évaluer la capacité d?accueil d?un
territoire dans le cadre de la conception d'un docu-
ment d?urbanisme ou d'une stratégie territoriale, et à
organiser le suivi de l?évolution des ressources des
espaces littoraux.
Ce travail devra également se poursuivre par une
réflexion sur la mise en place de systèmes d?infor-
mation appropriés, comme dans d?autres domaines
touchant au Développement durable. La présente
démarche, en appréciant par comparaison la
situation décrite à l?aide des indicateurs, nécessite
en effet la mobilisation de lots de données sur
plusieurs territoires analogues. Elle demandera une
coordination entre les services de l?État et les
acteurs institutionnels et territoriaux impliqués sur
le littoral pour aboutir à une bonne connaissance des
pressions humaines sur ces territoires remarquables
mais fragiles.
65
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
ADEV, 2001. À la recherche de la capacité d?accueil.
Bulletin annuel de l?ADEV, mai 2001, pp. 35-54.
BOULANGER P-M, 2004. Les indicateurs de
Développement durable : un défi scientifique, un
enjeu démocratique. Les séminaires de l?Iddri, n° 12.
CAILLOSSE J., 1993. Qui a peur du littoral ?, RJE n° 4,
p. 513.
CETE Méditerranée, 2007. SCoT et développements
durables, méthode pour évaluer les SCoT au regard
des principes du Développement durable et définir les
indicateurs environnementaux à mettre en place.
Application au cas de l?agglomération de Montpellier.
CERTU, 91 p.
CETE Méditerranée, 2007. Plans locaux d?urbanisme,
petit guide pratique à destination des chargés d?étude
pour une meilleure prise en compte de l?envi-
ronnement en Languedoc-Roussillon. DRE Languedoc-
Roussillon, 18 p.
CLEMENCEAU F., 2007. La capacité résiduelle d?urba-
nisation comme indicateur fondamental dans
l?évaluation de la capacité d?accueil et de dévelop-
pement des espaces littoraux. Mémoire de stage,
Université de Nantes ? IGARUN, Direction régionale de
l?Équipement des Pays de la Loire.
COCCOSSIS H., MEXA A., COLLOVINI A.,
PARPAIRIS A., KONSTANDOGLOU M. (UE), 2003.
Définir, mesurer et évaluer la capacité de charge dans
les destinations touristiques européennes. Rapport
final. UE DG environnement, Athènes, 52 p.
CRINQUANT N., 2005. La capacité d?accueil des
territoires littoraux. De la recherche d?indicateurs per-
tinents à leur exploitation dans une étude de cas.
Mémoire de fin d?études, École Nationale Supérieure
d?Agronomie, Montpellier, 188 p.
DATAR-DIACT, 2004. Construire ensemble un dévelop-
pement équilibré du littoral. La documentation
française, 2004.
DESPRES L., CHADENAS C., POUILLAUDE A.,
BAGOULLA C.,du CREST A., 2009. Les indicateurs de
Développement durable : leçons de quelques
expériences locales. In Le Développement durable de
l?estuaire de la Loire, chapitre 21, ss la dir. de
DESPRÉS L., PUR, Rennes, à paraître.
DIACT, Secrétariat Général à la Mer, 2007. Rapport du
gouvernement au parlement portant bilan de la loi
Littoral et des mesures en faveur du littoral, Paris,
DIACT, 127 p.
Direction régionale de l?Équipement des Pays de la
Loire, 2006. Le parc de logements des communes
l i t torales ,http://www.pays-de-lo ire.equipe-
ment.gouv.fr, novembre, 5 p.
EISENMANN C., 1983. Cours de droit administratif,
T. II, LGDJ, p. 348 et s.
FRUSTIER P., (dir.), 2007. Les identités insulaires face
au tourisme, Siloé, Nantes, 226 p.
GILLON et al., 2000. Du bon usage des ressources
renouvelables, IRD Éditions, collection Latitude 23,
Paris, 471 p.
HOSTIOU, 2006. Expropriation et expertise judiciaire.
Le commissaire-enquêteur et le commissaire du
gouvernement, Actualité juridique. Droit immobilier,
Juin 2006, p. 443.
INEA/IFEN, 2003. Observatoire Littoral et Montagne :
indicateurs de suivi de la loi Littoral, étude de
faisabilité. HERMES, Sommières.
INSEE Pays de la Loire, 2007. Huit enjeux pour le lit-
toral de la Loire?Atlantique, Dossier n° 26, sep-
tembre, 20 p.
JEAMMAUD A., 1991. Le droit au Musée ? Les avocats
du déclin. Économie et Humanisme, n° 328, Juillet-
septembre, p. 7.
JOARDAR S.D., 1998. Carrying capacities and
standards as based towards urban infrastructure
planning in India : a case of urban water supply
and sanitation. Habitat International, Vol. 22, Issue
3, pp. 327-337
KEBIR L., 2006. Ressource et développement régional,
quels enjeux ? Revue d?Économie Régionale et
Urbaine, n° 5, pp. 701-723.
LAZZERI Y., PLANQUE B. (dir.), 2006. Élaboration
d?indicateurs pour un système de suivi-évaluation du
Références bibliographiques
67
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Développement durable. Tome I, principes et métho-
dologies de construction du référentiel, METLTM?
DGUHC, Université d?Aix-Marseille III, 87 p.
LEMAITRE C., 2007. Détermination des états de
référence nécessaires à la mise en place des systèmes
d?indicateurs pour l?évaluation et le suivi de la capacité
d?accueil des territoires littoraux. Mémoire de stage,
Université de Nantes, IGARUN, Laboratoire Géolit-
tomer, UMR 6554-CNRS, 137 p.
LETELLIER P., GUYONVARCH?M., THUILLIER A., 2008.
Les enjeux de l?État sur le littoral de la Loire- Atlantique,
Nantes, CODELA, Cahier littoral, n° 16, 12 p.
LEVEILLER T., 2007. Les indicateurs environne-
mentaux dans la démarche d?évaluation de la capacité
d?accueil et de développement des espaces littoraux.
Mémoire de stage, Université de Nantes, IGARUN,
Direction départementale de l?Équipement de la Loire-
Atlantique, 84 p.
MAZOUNI N., REY-VALETTE H., 2008. Appui à
l?élaboration d?indicateurs territoriaux de la GIZC dans
la logique d?intégration et de partage des connais-
sances. Actes du colloque international pluridis-
ciplinaire « Le littoral : subir, dire, agir », Lille, France,
16-18 janvier 2008, 9 p.
OCDE 1993. Corps central d?indicateurs de l?OCDE
pour les examens des performances environne-
mentales. Rapport de synthèse du Groupe sur l?État de
l?Environnement. Monographies sur l?environnement
n° 83, Paris, 41 p.
PERELMAN Ch., VANDER ELST R., 1984. Les notions à
contenu variable en droit, Bruxelles, Bruylant.
POTTIER P. (coord.), CHADENAS C., POUILLAUDE A.,
STRUILLOU J-F., 2009. Capacités d?accueil et de
développement des territoires littoraux, rapport scien-
tifique final. Partenariat de recherche PUCA/DRE Pays
de la Loire/MSH Nantes. Laboratoires Géolittomer
(CNRS, LETG-UMR 6554), LEMNA (EA 4272), DCS
(CNRS, UMR 6225). Université de Nantes, décembre
2008. 233 p.
POTTIER P. (coord.), CHADENAS C., CHOBLET C.,
POUILLAUDE A., STRUILLOU J-F et TROUILLET B.,
2006. Capacités d?accueil et de développement des
communes littorales, rapport d?étape (1e phase).
Partenariat de recherche PUCA/DRE Pays de la
Loire/MSH Nantes. Laboratoires Géolittomer (CNRS,
LETG-UMR 6554), LEN (EA 2154), CERP3E (CNRS,
FRE2794). Université de Nantes, mai 2006, 239 p.
POTTIER P. (coord.), CHADENAS C., CHOBLET C.,
LAMBERTS C., POUILLAUDE A., STRUILLOU J-F et
TROUILLET B., 2006. La capacité d?accueil et de
développement des communes littorales ; synthèse
bibliographique, Ministère des Transports, de l?Équipe-
ment, du tourisme et de la Mer, 2007, 77 p. et docu-
ment de synthèse en 4 pages.
POUILLAUDE A. (coord), BONNET A-S., CHADENAS C.,
CHOBLET C., 2008. Le tourisme littoral. In GUILLOTREAU
G. (coord.), 2008, Mare economicum. Enjeux et avenir
de la France maritime et littorale, Presses Universitaires
de Rennes, pp. 397-456.
Programme d?Actions Prioritaires/Centre d?Activités
Régionales (PAP/CAR), 1997. Directives pour l?éva-
luation de la capacité d?accueil en matière de tourisme
dans les régions littorales méditerranéennes. PAP-
9/1997.G1. Split (Croatie), Centre d?activités régionales
pour le Programme d?actions prioritaires, viii + 51 p.
PNUE, 1995. Directives concernant la Gestion intégrée
des régions littorales, avec une référence particulière
au bassin méditerranéen. Split, Croatie, PAP/CAR
(PAM-PNUE), Rapport et études des Mers régionales,
n° 161, 89 p.
PNUE-PAM, 2003. Évaluation de la capacité d?accueil
pour le développement du tourisme dans les régions
côtières méditerranéennes. stage de formation. Publi-
cation du PNUE, Split, 63 p.
Protocole sur la Gestion intégrée des zones côtières
(GIZC) en zone méditerranéenne.
REY VALETTE H., ROUSSEL S., 2007. Integrated
Coastal Zone Management (ICZM) and Valuation of
Socio-Economic Impacts, ENCORA 1rst Multifunc-
tionality and Valuation Thematic Network Conference,
Fondazione Eni Enrico Mattei (FEEM), Venise, 12-13
Mars 2007.
RIAL, 1980. Le juge administratif et la technique du
standard. Essai sur le traitement juridictionnel de
l?idée de normalité, Paris, LGDJ.
RIVERO J., 1947, Le Plan Monnet et le Droit, D. 1947,
doctr., XXXIII.
RIVERO J., 1965. Le plan et le droit. In La planification
comme processus de décision, Librairie Armand Collin,
121 p.
ROUSSEAU H., 2008. Les gains économiques des
choix de développement alternatifs au tout-urbain,
Mémoire de stage, Université de Nantes, Faculté des
Sciences Économiques et de Gestion, Direction
Départementale de l?Équipement de la Loire-Atlantique.
ROUSSEL S., CRINQUANT N., BOURDAT E., 2006. À la
recherche de la durabilité de la zone côtière par la
construction d?indicateurs de capacité de charge :
enseignements à partir du cas d?étude de la lagune de
68
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Thau (région Languedoc-Roussillon, France). Colloque
« Usages des indicateurs de Développement durable ».
Université de Montpellier, Montpellier (France), 3-4 avril.
SCE?DRE Pays de la Loire?DDE44, 1997. Application
de la loi Littoral ; la notion de capacité d?accueil.
Document d?étude, Nantes, 23 p.
SMVM Baie de Bourgneuf, 1994. Capacité d?accueil des
communes du littoral ; approche pour une méthode de
calcul. Annexe 3 du rapport du SMVM, pp. 105-112.
The Natural Resources Institute, Livestock,
Environment and Development Initiative (LEAD)
Département production et santé animale,
http://www.virtualcentre.org/fr/dec/toolbox/Index.htm
FAO, Centre virtuel LEAD pour l?Élevage,
l?Environnement et le Développement, 1999
TANGUY Y., 2005. Évolutions récentes du droit du
littoral. Actualité Juridique Droit Administratif, 21
février, pp. 354-360.
TRZPIT J.-P., 1999. Le vent, une composante fonda-
mentale de l?environnement en milieu littoral :
l?exemple du littoral normand. In Les documents de la
maison de la recherche en sciences humaines de Caen,
n° 10, pp. 59-70.
VERA REBOLLO J.-F., IVARS BAIDAL J.-A., 2001.
Planificación y gestión del desarrollo turístico sos-
tenible : propuestas para la creación de un sistema de
indicadores. (Planificación y gestión sostenible del
turismo. Propuesta metodológica y aplicación de un
sistema de información turística. Proyecto METASIG,
CICYT-FEDER. Referencia 1FD97-0403). Documento
de trabajo. Instituto Universitario de Geografía ?
Universidad de Alicante, Alicante, 75 p.
VERA REBOLLO J.-F., IVARS BAIDAL J.-A., 2003.
Measuring Sustainability in a Mass Tourist Destination :
Pressures, Perceptions and Policy Responses in
Torrevieja, Spain. Journal of Sustainable Tourism, 11
(1-2), pp. 181-203.
69
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Annexes
71
Les fiches « Capacité » suivantes sont présentées à titre d'exemple et s?appuient sur la grille « modèle »
d?évaluation de la capacité d'accueil située pages 42 à 48.
Annexe 1 : Domaine de l?environnement
Ressource SOL
Fiche Capacité 6 : Maîtriser l?extension urbaine..................................................................................p. I
Annexe 2 : Domaine de la société
Ressource DÉMOGRAPHIE
Fiche Capacité 18 : Maintenir un équilibre démographique entre populations permanente et temporaire..p. IX
Annexe 3 : Domaine de l?économie
Ressource TISSU ÉCONOMIQUE LOCAL
Fiche Capacité 30 : Maintenir la diversité du tissu économique local.................................................p. XIII
I
ANNEXE 1 - Domaine de l?environnement
F i c h e C a p a c i t é 6
M a î t r i s e r l ? e x t e n s i o n u r b a i n e
Constats et enjeux de la pression humaine
La question de l?urbanisation est omniprésente dans la problématique du développement durable des littoraux, car elle occupe une place de plus en
plus importante des espaces les plus proches de la côte. À l?échelle nationale, l?urbanisation représente ainsi 50 % des espaces situés à moins d?un
kilomètre du rivage, sur le site d?étude retenu, 26 %.
L?évaluation de la capacité d?accueil passe inévitablement par la prise en compte des impacts du développement de l?urbanisation, car les processus
mal maîtrisés du développement de la construction provoquent le plus souvent l?altération de nombreuses ressources essentielles à la qualité des
territoires littoraux.
Le sol ou l?espace en quantité de surface est la première de ces ressources à être mise en danger, car ses dimensions sont limitées et les processus
d?urbanisation le plus souvent très consommateurs de surface.
Question posée en termes de
capacité d?accueil
supplémentaire de populations
et d?activités, saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la
mise en péril de la
ressource à enjeu
Eclairages des situations de
déséquilibres
Indicateurs
fondamentaux
complémentaires
Tranche modale des surfaces
construites
Consommation d?espace par
l?urbanisation excessive
Pression urbaine ressentie
Offre de terrains constructibles
inadaptée à la demande
Capacité résiduelle brute
d?urbanisation
Densité des espaces urbanisés, COS
réglementaires, (densité minimale)
Faible densité des espaces
urbanisés
Surface totale occupée par
l?urbanisation
Disparition des coupures entre les
bourgs
Dispersion spatiale de la construction
et étalement de la tâche
d?urbanisation exagérés
Surfaces des ZAC/ZAD, lotissement et
réserve foncière
La part du sol à vocation urbaine
réservée à l?accueil
supplémentaire de populations et
d?activités est-elle de nature à
favoriser l?étalement urbain
(gaspillage de la ressource sol) ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine
Procédures d?urbanisme
opérationnel et politique de
maîtrise foncière insuffisantes
Usage du Droit de Préemption Urbain
II
Synthèse de la capacité
Bilan des effets mesurés de la capacité d?accueil sur la mise en danger de la ressource à enjeu.
Indicateur 6a : tranche de surfaces des parcelles construites
Indicateur 6b : pression urbaine ressentie
Indicateur 6c : capacité résiduelle brute d?urbanisation
Indicateur 6d : densité des espaces urbanisés
Indicateur 6e : dispersion spatiale, étalement de la tâche d?urbanisation
Indicateur 6f : part de l?urbanisme opérationnel (ZAC/ZAD, lotissement, réserve foncière)
Situation de déséquilibre :
importante en partie maîtrisée maîtrisée absence de données
Capacités liées à la capacité 6 ?Maîtriser l?extension urbaine?
domaine ressource à enjeu capacité liée
Eau
Capacité 2 : préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages
du bassin-versant ou de la mer
Sol
Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usages
environnement
Flore
Capacité 13 : maintenir une trame verte cohérente
Culture
Capacité 15 : maintenir le caractère local du patrimoine bâti
Mode d?habiter
Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Mode d?habiter
Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
société
Vie collective
Capacité 25 : maintenir un débat politique apaisé entre les intérêts contradictoires
Capital matériel
Capacité 27 : adapter les équipements collectifs au pic de fréquentation et à bien les faire
fonctionner toute l?année
Capital financier
Capacité 29 : maîtriser financièrement l?urbanisation (équipements collectifs et services) et la
spécialisation touristique
Tissu
économique local
Capacité 30 : maintenir la diversité du tissu économique local
économie
Services d'intérêt
général
Capacité 32 : adapter l?offre de services d?intérêt général à une population changeante en nombre et
en composition
III
Mesure des indicateurs
Indicateur 6a : tranches de surface des parcelles construites
Données : fichier DRE ? SITADEL, surface des terrains sur lesquels a été déposée une demande de permis de construire pour une construction
neuve à usage d?habitation. Prise en compte à la date d?ouverture du chantier (DOC) sur une période de 10 ans (1996 à 2006).
Traitement : somme des déclarations par tranches de surfaces des parcelles en 14 tranches détaillées (- de 250 m² ; 251 à 500 ; 501 à 750 ;
751 à 1 000 ; 1 001 à 1 500 ; 1 501 à 2 000 ; 2001 à 2 500 ; 2 501 à 3 000 ; 3 001 à 3 500 ; 3 501 à 4 000 ; 4 501 à 5 000 ;
5 001 à 10 000 ; + de 10 000), regroupées en 6 classes :
- petite parcelle : ? de 500 m²
- parcelle moyenne : 501 à 1 000 m²
- parcelle moyenne supérieure : 1 001 à 2 000 m²
- parcelle grande : 2 001 à 3 000 m²
- parcelle très grande : 3 001 à 5 000 m²
- parcelle exceptionnelle : + de 5 000 m²
Résultats : les résultats sont présentés en classes regroupées car le niveau en 14 tranches détaillées n?apporte pas d?éclairage supplémentaire.
Ils sont présentés avec une référence par comparaison, car aucune norme de cadrage n?est reconnue de façon unanime. Les
communes de comparaison ont été choisies en fonction du processus d?urbanisation, proche en quantité (nombre total de
logements au RGP 99 et nombre de logements neufs par an à peu près équivalents ? moyenne annuelle calculée entre 1996 et 2006,
données SITADEL).
Ile en étude Comparaison 1 2 3 4
Nb total logements 5 061 6 248 3 498 4 302 5 265
Nb de logements neufs (10ans) 604 633 441 840 589
Parcelles ? de 500 m² 12,2 % 30,2 % 9,8 % 14 % 4,1 %
501 à 1 000 m² 38,8 % 53,2 % 43,5 % 47,3 % 72,4 %
1 001 à 2 000 m² 35 % 13,3 % 34,7 % 25,2 % 15,4 %
2 001 à 3 000 m² 8,7 % 2,1 % 8 % 9,1 % 3,3 %
3 001 à 5 000 m² 3,4 % 0,9 % 2 % 2,9 % 2,4 %
+ de 5 000 m² 1,9 % 0,3 % 2 % 1,5 % 2,4 %
surface moyenne d?un terrain construit 1 275 m² 798 m² 1 318 m² 1 176 m² 1 165 m²
surface médiane 1 000 m² 608 m² 1 000 m² 857 m² 730 m²
consommation moyenne d?espace par logement
construit (1996-2006)
1 149 m² 794 m² 1 184 m² 651 m² 772 m²
Évaluation : La surface moyenne d?une parcelle construite sur l?île en étude entre 1996 et 2006 pour un nouveau bâtiment à usage
d?habitation a été de 1 275 m², ce qui représente une consommation d?espace relativement élevée. Parmi les communes de
référence, seule celle de la commune 3 présente une surface moyenne supérieure, celle de la commune 1 étant de 37 %
inférieure à celle enregistrée sur l?île en étude.
Les parcelles mises en construction sur l?île en étude sont de surfaces à peu près comparables à celles des communes de
référence (exception faite de la commune 1) avec, toutefois, une tendance à disposer de moins de terrains bâtis de petite
surface et de plus de terrains bâtis de surface supérieure. En effet, la part des parcelles de moins de 1 000 m², qui représentent
50,2 % du total sur l?île en étude, est plus limitée que sur la commune 2 (53 %), la commune 3 (61 %) et surtout la commune 1
(83,4 %). Celle des 1 000 à 3 000 m² est de 44,4 % contre 42,7 %, 34,3 et 15,3. Celle des plus de 3 000 m² de 5,4 %, contre
4 %, 4,4 et 1,2 %.
==> Au regard des surfaces des terrains urbanisés sur l?île en étude depuis 10 ans, il ressort que le sol est
consommé par l?urbanisation dans des proportions importantes et majoritairement supérieures à ce qui est
observé pour des situations similaires. Cette situation est liée à un processus d?urbanisation consommateur
IV
d?espace, s?accompagnant d?une sous-représentation des terrains à bâtir les plus petits et d?une sur-
représentation des terrains les plus grands. Au total, la consommation moyenne d?espace pour la construction
d?un logement se situe à un niveau élevé (1 149 m²), incompatible avec une gestion économe du sol.
Valeur cible : l?objectif à atteindre dans le cadre d?une maîtrise plus forte des extensions urbaines est d?augmenter la part des parcelles de
surface inférieure à 1 000 m² dans le processus d?urbanisation.
Cette part pourrait atteindre une valeur proche de celle enregistrée sur la commune 2, c?est-à-dire d?environ 55 % des terrains
construits, ce qui représenterait une économie annuelle de 2,2 ha de surface urbanisée (sur 10 ans, 22 terrains bâtis d?une
surface inférieure à 1 000 m², venant remplacer 22 terrains d?une surface d?environ 2 000 m² qui auraient sinon été construits).
Piste d?actions : la marge de manoeuvre de la collectivité est limitée, puisque c?est la structure foncière qui détermine les surfaces des terrains
mis à la vente, puis construits. Toutefois, il est sans doute possible d?encourager les divisions de parcelle les plus grandes par
exemple par une taxation sur les constructions réalisées sur des parcelles de plus de 1 000 m².
Une attention doit également être portée sur les COS réglementaires qui contraignent le processus d?urbanisation.
Indicateur 6b : pression urbaine ressentie
Les données traitées se limitent à celles de l?exploitation d?une enquête directe auprès de la population, permanente et temporaire, à
partir d?un questionnaire sur la perception du territoire de l?île en étude et des pressions diverses qui s?exercent sur lui. Elles sont
donc partielles et ne peuvent à elles seules éclairer le ressenti de la pression urbaine.
Données : enquête réalisée pendant l?été 2007 sur l?île en étude par la MSH Ange Guépin dans le cadre de la mission PUCA-DRE des Pays de
la Loire. Les questionnaires utilisés concernent 260 personnes interrogées sur l?île à la fin du mois de juillet 2007, dont 54
résidents permanents et 206 résidents temporaires.
Traitement : la perception du développement urbain sur l?île peut être appréciée au travers de la question 3.5 (Depuis que vous venez sur
l?Ile, avez-vous noté des changements dans la nature/paysages ? 13 choix possibles de réponse, dont Davantage de maisons et
des maisons qui se ressemblent toutes) et de la question 4.4 (À votre avis la fréquentation touristique pose-t-elle des problèmes
aux territoires qui l?accueillent ? 13 choix possibles de réponse, dont le problème lié à la Pression immobilière et foncière).
Résultats : * à la question 3.5 (Depuis que vous venez sur l?île, avez-vous noté des changements dans la nature/paysages ?), 56,4 % des
résidents permanents s?étant exprimées ont déclaré comme premier changement visible celui du nombre croissant de maisons,
48,5 % des résidents temporaires. L?uniformité architecturale n?est mentionnée que pour 3,6 % des changements visibles de
1ère et 2ème importance pour les résidents permanents et 0 % des résidents temporaires.
* à la question 4.4 (À votre avis la fréquentation touristique pose-t-elle des problèmes aux territoires qui l?accueillent ?), 22 %
des résidents permanents s?étant exprimées ont mentionné la pression immobilière et foncière en 1ère et 2ème niveau
d?importance parmi les problèmes perçus, 8,7 % des résidents temporaires.
Évaluation : l?intensité du développement urbain est diversement ressentie. Son ampleur est certes perçue (1er changement d?ampleur
mentionné), mais ne semble pas poser de problèmes majeurs en termes d?évolution du territoire de l?île. Même parmi les
résidents permanents, 3 sur 4 n?ont pas mentionné la pression immobilière et foncière comme un problème évident lié à l?activité
touristique et à la résidentialisation du territoire.
==> Cette enquête directe montre que la consommation de l?espace insulaire par l?urbanisation n?est pas
majoritairement perçue comme un processus aux conséquences néfastes. Le sentiment de mettre en danger
cette ressource en sol/espace, qui est limitée et circonscrite, n?apparaît pas de façon évidente.
Indicateur 6c : capacité résiduelle d?urbanisation
Données : capacité brute d?urbanisation rendue possible dans le cadre actuel des PLU, obtenue par extraction des parcelles actuellement
non bâties (fichier cadastral sous forme numérique, DDE) et situées dans une zone à vocation urbaine résidentielle, actuelle et
future, du PLU (fichier du zonage du PLU, DDE).
Traitement : s?effectue en plusieurs étapes :
- extraction des parcelles non bâties situées dans les zones à vocation urbaine du PLU ;
V
- suppression des parcelles présentant une surface trop limitée pour être bâties (fonction des règles édictées dans le
PLU ; COS et surface minimale des terrains constructibles), ainsi que celles visiblement trop enclavées pour être
urbanisées ;
- remplissage de ces parcelles, de façon manuelle tenant compte de la morphologie des espaces environnants (densité,
accès?) et du règlement du PLU (notamment pour les zones d?urbanisation groupée), de façon à déboucher sur le
nombre de nouvelles constructions possibles sur ces parcelles constructibles ;
- un taux de rétention de 20 % est ensuite appliqué, intégrant le gel d?un certain nombre de terrains qui ne pourront être
construits dans le cadre actuel du PLU (situation géographique, héritage, spéculation?).
Résultats : les résultats sont présentés avec une référence par comparaison aux communes littorales 1, 2, 3 et à une commune
intérieure 4, qui présentent toutes un espace à urbaniser similaire en nombre total de logements, ainsi qu?un processus
d?urbanisation (nombre de nouvelles constructions par an) à peu près identique à ce qui est observé sur l?île en étude.
Ile d?étude Comparaison 1
(île)
2 3 4
Nb total logements 5 061 6 248 3 498 4 302 5 265
Nb de logements neufs (10ans) 604 633 441 840 589
consommation moyenne d?espace par logement construit
(1996-2006)
1 149 m² 794 m² 1 184 m² 651 m² 824 m²
Zones urbaines (IPLI) 665 ha 596 ha 415 ha 445 ha 995 ha
Surfaces disponibles en zones actuellement urbanisables 142 ha 90 ha 73 ha 36 ha 44 ha
Logements constructibles en zones actuellement
urbanisables
1 115 logt 1 131 logt 619 log 546 logt 535 logt
Nb d?années de réserve 19 ans 18 ans 14 ans 6 ans 4 ans
Surfaces disponibles en zones d?urbanisation future 39 ha 43 ha 30 ha 35 ha 110 ha
Logements constructibles en zones d?urbanisation future 390 logt 430 logt 300 logt 350 logt 1 110 logt
Nb d?années de réserve 6 ans 7 ans 7 ans 4 ans 9 ans
Surfaces totales disponibles en zones à vocation urbaine 181 ha 133 ha 103 ha 71 ha 154 ha
Total logements constructibles en zones à vocation urbaine 1 505 logt 1 561 logt 919 logt 896 logt 1 645 logt
Total logements constructibles en zones à vocation urbaine
(rétention 20 %)
1 204 logt 1 250 logt 735 logt 717 logt 1 316 logt
Nb total d?années de réserve 25 ans 25 ans 21 ans 11 ans 14 ans
Nb total d?années de réserve avec taux rétention 20 % 21 ans 21 ans 16 ans 10 ans 13 ans
Évaluation : la capacité brute d?urbanisation est ici limitée aux terrains nus et ne tient donc pas compte du renouvellement urbain possible dans les
années à venir (densification des espaces actuellement urbanisés), jusqu?à présent limité dans les espaces urbains du littoral régional.
Il n?existe pas de règles s?appliquant à ce qu?un PLU doit raisonnablement offrir comme terrains à bâtir en fonction de la
demande qui s?exprime sur un territoire. On peut toutefois partir du principe qu?un PLU est un document de planification à court
terme (5 ans, 10 ans maximum) et que par conséquent un potentiel équivalent à 15 ans de constructions sur un rythme
identique à celui observé sur la dernière décennie écoulée est acceptable et conforme à une gestion rigoureuse de l?espace.
==> Avec 21 années de réserve d?urbanisation, le PLU de l?île en étude offre encore des surfaces pour la
construction à vocation résidentielle trop largement dimensionnées. Concernant les surfaces immédiatement
urbanisables, le PLU de l?île en étude est le plus « généreux » de ceux utilisés en référence (19 ans de réserve,
contre 18, 14, 6 et 5).
VI
Valeur cible : l?offre de terrains constructibles pourrait être réduite sensiblement, pour atteindre une réserve équivalente à 15 années de
construction au rythme des dix dernières années écoulées.
Piste d?action : pour atteindre cet objectif, il est possible de réduire les surfaces constructibles dans le cadre actuel du PLU, en transférant une
partie en réserve d?urbanisation future et en envisageant le déclassement d?une autre partie.
Une taxe sur la vente des terrains nus constructibles par leur classement dans le PLU peut être envisagée. Cette taxe instaurée
récemment sur une commune de l?agglomération nantaise, a été fixée à 10 % des deux tiers du prix du terrain vendu. Cette
taxe rétablit un équilibre entre les propriétaires fonciers, tout en répartissant plus équitablement la rente d?urbanisation et
notamment en renforçant la fiscalité locale et ainsi sa capacité à aménager et équiper les zones urbanisées.
Indicateur 6d : densité des espaces urbanisés
Données : nombre de logements au recensement 1999, zones urbaines à dominante résidentielle de la BD occupation du sol de l?IPLI (DDE,
2000).
Traitement : rapport du nombre total de logements à la surface des zones urbaines résidentielles.
Résultats : les résultats sont présentés avec une référence par comparaison à des communes littorales 1, 2, et 3 qui présentent un
nombre total de logements à peu près identique à ce qui est observé sur l?île en étude.
Ile d?étude Comparaison 1 (île) 2 3
Nb total logements 5 061 6 248 4925 4 302
Zones urbaines résidentielles (IPLI) 568 ha 458 ha 436 ha 304 ha
Nb de logt à l?hectare 8,9 ha 13,6 ha 11,3 ha 11,5 ha
Évaluation : la densité de logements sur l?île en étude est nettement la plus faible comparée à des situations d?autres communes littorales
similaires. Il n?existe pas de règles normatives de densité moyenne acceptable et conforme à une gestion rigoureuse et économe
de l?espace, toutefois, la valeur de 12 logements à l?hectare est souvent utilisée comme référence technique (MEDAT, FNAU?).
==> Avec à peine 9 logements à l?hectare, la densité des espaces urbains résidentiels est faible sur l?île en étude. En
termes réglementaires, le PLU confirme une tendance à l?autorisation d?un processus d?urbanisation peu dense
(54 % des surfaces communales urbanisables pour la fonction résidentielle sont réglementés avec un COS < à
0,1) et par conséquent consommateur d?espace.
Valeur cible : compte tenu des niveaux de densité enregistrés dans des communes littorales similaires, il semble possible de dépasser le seuil
des 10 logements à l?hectare.
Piste d?action : pour atteindre cet objectif, la municipalité doit intervenir sur son PLU, en augmentant les COS autorisés et en incitant les divisions de
parcelles les plus grandes (exemple, par une taxation sur les constructions réalisées sur des parcelles de plus de 1 000 m²).
Indicateur 6e : dispersion spatiale de la construction et étalement de la tâche d?urbanisation exagérés
Données : bâtiments en dur de la base de données cadastrales (mairie).
Traitement : agrégation des espaces situés à moins de 100 mètres d?une construction, produisant la tache d?urbanisation. La continuité de
l?urbain est ainsi prise en compte jusqu?à une distance de séparation de 200 mètres entre les bâtiments. Au-delà, la tache
d?urbanisation est discontinue.
Résultats : les résultats sont présentés sous forme cartographique, faisant apparaître à la fois l?étendue de la tache d?urbanisation et sa
continuité, avec une référence par comparaison à une commune littorale également insulaire et touristique, disposant d?un
nombre de logements légèrement supérieur à l?île en étude.
VII
Évaluation : la tache d?urbanisation couvre 1 468 hectares, soit 61,5 % de la surface de la commune (pour 5 061 logements). Rapportée à la
surface des zones urbaines IPLI, la tache d?urbanisation couvre une surface 2,2 fois supérieure (2 peut être considéré comme
une valeur seuil).
==> La tache d?urbanisation dans l?île en étude est étendue en surface. Ce point confirme donc l?indicateur
précédent. Mais surtout, elle révèle l?étalement et la dispersion (2,2 fois les espaces urbains au sens IPLI, pour
1,7 fois pour la commune en comparaison) et la continuité du bâti qui a réduit et limité les coupures
d?urbanisation entre les pôles d?habitat ancien.
(commune de comparaison, également île touristique avec 6 248 logements, même échelle)
Valeur cible : la tache d?urbanisation actuelle ne peut être réduite en surface, sauf en cas de destruction de bâtiments. L?attention doit donc
être portée sur les extensions futures, de façon à réduire la progression de cette tache d?urbanisation au profit d?une
densification de ce qui est déjà bâti.
VIII
Piste d?action : il est particulièrement difficile de revenir sur cet étalement urbain et cette dispersion de la construction. Les pistes d?action
envisageables sont, comme pour les indicateurs précédents, du domaine du PLU, des COS autorisés et des incitations aux
divisions de parcelles les plus grandes.
Indicateur 6f : surfaces des ZAC/ZAD, lotissement et réserve foncière
Données : indisponibles
Traitement :
Résultats :
Évaluation :
==>
IX
ANNEXE 2 - Domaine de la société
F i c h e C a p a c i t é 1 8
M a i n t e n i r u n é q u i l i b r e d é m o g r a p h i q u e
e n t r e p o p u l a t i o n s p e r m a n e n t e
e t t e m p o r a i r e
Constats et enjeux de la pression humaine
La population saisonnière et touristique n?est-elle pas trop importante par rapport à la population permanente et à l?espace disponible ? L?apport
supplémentaire de population ne peut être illimité, car il peut provoquer une situation de saturation, d?encombrement mal ressentie et
déséquilibrante pour la population locale.
La ressource démographique est un élément constitutif du dynamisme et de l?équilibre de la société. Toutefois, les questions de l?ampleur de
l?apport d?une population temporaire, de sa concentration saisonnière et du poids démographique temporaire qui pèse sur la population permanente,
sont centrales dans l?évaluation de l?équilibre de cette ressource démographique.
Dans ce contexte, la capacité à maintenir un équilibre démographique entre population permanente et temporaire est essentielle à la qualité de vie
locale. À l?inverse, une population locale subissant une trop forte pression compte tenu de l?ampleur de l?apport d?une population temporaire, peut
être amenée à remettre en cause le choix de développement retenu ou celui des moyens mis en oeuvre pour les aménagements nécessaires à son
acceptation. Cette situation traduit alors une capacité d?accueil dépassée, mal maîtrisée, car déstabilisatrice pour la ressource démographique locale.
Question posée en termes
de capacité d?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la mise
en péril de la ressource à
enjeu
Eclairages des situations de
déséquilibres
Indicateurs
fondamentaux
complémentaires
Fréquentation touristique excessive
par rapport à la population
permanente
Niveau de fréquentation touristique
connue ou estimée dont le nombre
de touristes à la journée, rapport à
la population permanente
Densité de population estivale trop
importante pour le territoire
Densité mesurée et ressentie des
populations permanentes et
saisonnières
La population saisonnière et
touristique n?est-elle pas trop
importante par rapport à la
population permanente et à
l?espace disponible ?
Capacité à maintenir un
équilibre démographique
entre populations
permanente et
temporaire
Concentration des populations âgées
permanentes sur le trait de côte et
des jeunes ménages dans les
communes rétrolittorales
Migrations intercensitaires et
domicile-travail des populations au
départ du secteur littoral vers les
espaces voisins rétrolittoraux
X
Synthèse de la capacité
Bilan des effets mesurés de la capacité d?accueil sur la mise en danger de la ressource à enjeu.
Indicateur 18a : niveau de fréquentation touristique connue ou estimée dont le nombre de touristes à la journée,
rapport à la population permanente
Indicateur 18b : densité mesurée et ressentie des populations permanentes et saisonnières
Indicateur 18c : migrations intercensitaires et domicile-travail des populations au départ du secteur littoral vers les
espaces voisins rétrolittoraux
Situation de déséquilibre :
importante en partie maîtrisée maîtrisée absence de données
Capacités liées à la capacité 18 ?Maintenir un équilibre démographique entre populations
permanente et temporaire?
domaine ressource à enjeu capacité liée
Sol
Capacité 6 : maîtriser l?extension urbaine
Sol
Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usages environnement
Sol
Capacité 9 : éviter des pratiques trop déstabilisatrices sur les sites naturels sensibles
Culture
Capacité 14 : préserver l?identité locale
Démographie
Capacité 17 : assurer le maintien et le renouvellement des populations permanentes
Mode de vie des individus
Capacité 19 : maintenir des conditions de vie acceptables
Mode de vie des individus
Capacité 20 : préserver le fonctionnement social propre au territoire
Mode d?habiter
Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Mode d?habiter
Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
Mode de travail
Capacité 23 : maintenir localement les emplois permanents et les diversifier
société
Mode de travail
Capacité 26 : assurer la participation à la vie communale
Capital matériel Capacité 27 : adapter les équipements collectifs au pic de fréquentation
Services d?intérêt général Capacité 32 : offre de services d?intérêt général, à une population changeante économie
Organisation du capital
productif
Capacité 34 : offrir des implantations adaptées aux besoins des entreprises
XI
Mesure des indicateurs
Indicateur 18a : Niveau de fréquentation touristique connue ou estimée dont le nombre de touristes à la journée,
rapport à la population permanente
Données : données INSEE, recensements 1999, direction du tourisme 1999. Extrait de l?Observatoire du littoral de l?IFEN (les îles de
l?Atlantique, la nature sous la pression touristique, octobre 2008, 4 p.).
Traitement : en l?absence de données précises concernant la fréquentation touristique, les données ici traitées concernent le taux de fonction
touristique et la densité touristique, rapport de la capacité d?hébergement (en nombre de lits) à la population résidente pour le
premier, à la surface du territoire insulaire pour le second.
Résultats : les résultats sont présentés avec une référence par comparaison aux 15 autres îles de la façade atlantique.
IFEN, 2008, les îles de l?Atlantique, la nature sous la pression touristique, 4 p.
Évaluation : l?absence de données fiables concernant la fréquentation touristique réelle, y compris pour le tourisme à la journée, rend difficile
cette appréciation du caractère excessif de la fréquentation touristique par rapport à la population permanente. Malgré tout, les
données ici traitées permettent d?apporter un éclairage sur la pression comparée exercée potentiellement par le tourisme
résidentiel.
L?île en étude présente de ce point de vue une situation intermédiaire, avec un taux de fonction touristique relativement faible en
comparaison avec d?autres îles proches typologiquement. Certaines îles se situent juste en dessous, mais Belle Ile et l?île de
comparaison 1 sont au dessus. Il en est de même pour la densité touristique qui positionne le territoire insulaire en étude à
proximité de la densité moyenne calculée pour l?ensemble des 16 îles en étude.
==> La pression exercée sur l?île au regard de sa fréquentation reste à éclairer plus en détail. Le taux de fonction
touristique qui peut approcher (de loin?) cette question de la fréquentation traduit une situation
intermédiaire sur le territoire en étude.
Indicateur 18b : Densité mesurée et ressentie des populations permanentes et saisonnières
Les données traitées se limitent à celles de l?exploitation d?une enquête directe auprès de la population, permanente et temporaire, à
partir d?un questionnaire sur la perception du territoire de l?île en étude et des pressions diverses qui s?exercent sur lui. Elles sont
donc partielles et ne peuvent à elles seules éclairer le ressenti de la pression urbaine.
Données : enquête réalisée pendant l?été 2007 sur le territoire insulaire en étude par la MSH Ange Guépin dans le cadre de la convention
de recherche PUCA-DRE des Pays de la Loire. Les questionnaires utilisés concernent 260 personnes interrogées sur l?île à la fin
du mois de juillet 2007, dont 54 résidents permanents et 206 résidents temporaires.
XII
Traitement : la perception d?une trop forte densité estivale peut être appréciée au travers de la question 4.1 (A votre avis, en ce moment ici,
les personnes présentes sont ? 1- trop nombreuses ; 2- le bon nombre ; 3- pas assez nombreuses ; 4- sans opinion).
Résultats : les résultats obtenus sont comparés à ceux observés dans le cadre d?une enquête similaire sur le territoire intercommunal en
étude (EPCI de 15 communes).
Réponses des résidents permanents Ile en étude EPCI en étude
1. personnes trop nombreuses 45% 78%
2. bon nombre 45% 15%
Réponses des résidents temporaires et touristes à la journée Ile en étude EPCI en étude
1. personnes trop nombreuses 78% 86%
2. bon nombre 18% 10%
Évaluation : l?intensité de la densité humaine ressentie sur l?île en étude reste modérée. Seulement 45 % des résidents permanents estiment
que le niveau de pression exercée par l?activité touristique est trop important (contre 78 % dans l?EPCI en étude). Ce sont
paradoxalement les touristes qui ressentent plus la gêne provoquée par la pression humaine sur le territoire (78 %, toutefois
moindre que dans l?EPCI en étude où ils sont 86 %).
==> La gêne est donc réelle, mais sans être excessive. Plus de 3 touristes sur 4 avouent cependant qu?il y a trop
de monde sur l?île en étude, contre « seulement » 1 résident permanent sur 2.
Indicateur 18c : Migrations intercensitaires et domicile-travail des populations au départ du secteur littoral vers
les espaces voisins rétrolittoraux
Cet indicateur est impossible à mesurer puisqu?il ne s?applique pas à un territoire insulaire.
XIII
ANNEXE 3 - Domaine de l?économie
F i c h e C a p a c i t é 3 0
M a i n t e n i r l a d i v e r s i t é d u t i s s u
é c o n o m i q u e l o c a l
Constat et enjeux de la pression humaine
Le tissu économique local est la ressource des territoires littoraux qui détermine les possibilités d?offrir des biens et des services aux populations
présentes sur le territoire. Les entreprises des différents secteurs d?activités constituent une source d?enrichissement en créant de la valeur ajoutée,
des emplois et en contribuant aux recettes fiscales. Le territoire pilote compte 428 établissements actifs à la fin 2006, soit autant que des pôles
ruraux comme Surgères ou Argenton sur Creuse.
Dans les territoires balnéaires, la spécialisation touristique, qui accompagne le tourisme de masse depuis les années 1960, fait évoluer le tissu
économique local au profit des activités captant la dépense touristique (tourisme, commerce, bâtiment, immobilier, activités récréatives et
culturelles,?). Comme pour toute spécialisation économique marquée, le tissu économique local s?expose davantage aux risques d?une baisse de
l?activité dans un seul domaine, par nature volatile, dans un contexte où la demande touristique pour le bord de mer français se stabilise depuis le
début des années 2000 et la concurrence des destinations étrangères, parfois proches, s?accentue. Ceci amène à appréhender la concentration de
l?essentiel de l?activité économique locale dans quelques secteurs comme un déséquilibre possible.
Réciproquement, le tissu économique local peut, du fait de ses caractéristiques, susciter une arrivée supplémentaire de populations : la construction
permet l?accroissement du nombre de résidents secondaires et le tourisme fixe la capacité de l?hébergement marchand du territoire. Cette ressource
influe alors sur le niveau de pression humaine et la maîtrise de sa capacité d?accueil. Le tourisme pourrait éventuellement occasionner des gênes à
certaines activités pour lesquelles l?afflux de populations est notamment synonyme de concurrences d?usage (Cf. capacités liées).
L?intensité de la spécialisation balnéaire interroge l?équilibre entre les activités présentes sur le territoire. Equilibre dont l?appréciation repose sur
l?évolution dans le temps, la comparaison à d?autres espaces mais aussi, localement, sur la perception des effets du tourisme par la population
permanente.
Question posée en termes
de capacité d?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la mise
en péril de la ressource
à enjeu
Eclairages des situations de
déséquilibres
Indicateurs
fondamentaux
complémentaires
Répartition des entreprises par secteur
d?activités
Tourisme et Bâtiment concentrent
l?essentiel de l?activité économique
locale
Nb de créations et de défaillances
d?entreprises par activité (dont
tourisme)
Gênes occasionnées par l?activité
touristique sur d?autres secteurs
Enquête directe
Le développement touristique
remet-il en question
l?équilibre entre les activités
présentes sur le territoire ?
Capacité à maintenir la
diversité du tissu
économique local
Perception négative des effets du
tourisme par la population
permanente
Enquête directe
XIV
Synthèse de la capacité
Bilan des effets mesurés de la capacité d?accueil sur la mise en danger de la ressource à enjeu.
Indicateur 30a : répartition des entreprises par secteur d?activités
Indicateur 30b : nombre de créations et de défaillances d?entreprises par activité (dont tourisme)
Indicateur 30c : gênes occasionnées par l?activité touristique sur d?autres secteurs
Indicateur 30d : perception des effets du tourisme par la population permanente
Situation de déséquilibre :
importante en partie maîtrisée maîtrisée absence de données
Capacités liées à la capacité 30 ?Maintenir la diversité du tissu économique local?
domaine ressource à enjeu capacité liée
Eau
Capacité 2 : préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages
du bassin-versant ou de la mer
Eau Capacité 3 : gérer la diversité des usages sur le plan d?eau maritime
Sol Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usages
Faune Capacité 11 : éviter le dérangement de la faune
environnement
Flore Capacité 12 : préserver les espèces floristiques indigènes
Démographie Capacité 17 : assurer le maintien et le renouvellement des populations permanentes
Démographie
Capacité 18 : maintenir un équilibre démographique entre les populations permanente et
temporaire
Mode d?habiter Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Mode de travail Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
Mode de travail Capacité 23 : maintenir localement des emplois permanents et à les diversifier
société
Mode de travail Capacité 24 : entretenir des savoir-faire locaux
Capital matériel
Capacité 28 : maintenir la diversité des utilisateurs des équipements collectifs et des
infrastructures
Capital financier
Capacité 29 : maîtriser financièrement l?urbanisation et la spécialisation touristique
Tissu économique local Capacité 31 : maintenir une activité économique hors saison
Organisation du capital
productif
Capacité 33 : développer les complémentarités entre les entreprises
économie
Organisation du capital
productif
Capacité 34 : offrir des implantations adaptées aux besoins des entreprises
XV
Mesure des indicateurs
Indicateur 30a : Répartition des entreprises par secteur d?activités
Données : © Insee, Connaissance Locale de l'Appareil Productif (CLAP) (hors agriculture), http://www.statistiques-
locales.insee.fr/esl/baseTelechSource.asp, Nombre d'établissements actifs au 31/12/2006 par activité en NES 16 ; Agriculture :
Nombre d?exploitations agricoles professionnelles en 1988, en 2000, Ministère de l?Agriculture et de la pêche, Scees ?
Recensement général de l?agriculture, http://www.statistiques-locales.insee.fr/esl/baseTelechSource.asp ; Pêche : Flotte de pêche
par quartier maritime, LEMNA, Université de Nantes, d?après données DPMA.
Traitement : Les activités du tourisme se situent essentiellement dans la catégorie Services aux personnes qui recouvrent les hôtels et
restaurants, les activités récréatives et les services personnels et domestiques.
Etant donné le poids antérieur de la pêche dans la diversité économique du territoire, la répartition des établissements par activité
présente également les données pour le secteur primaire.
Résultats : Pour les secteurs de la pêche et de l?agriculture, l?évaluation se fait par comparaison dans le temps.
La flotte de pêche comptait 126 navires en 1990, 62 en 2000. Elle n?en compte plus que 48 en 2007.
Le nombre d?exploitations agricoles professionnelles est passé de 5 en 1988 à 4 en 2000. Leur surface agricole utilisée a
augmenté malgré le contexte de concurrence foncière ressentie.
Le graphique suivant présente la structure du tissu économique pour les autres secteurs. L?évaluation se fait par comparaison
avec d?autres territoires. Les cas 1 et 2 sont deux territoires insulaires balnéaires, leur tissu économique est plus dense en
terme de nombre d?établissements actifs. Les cas 3 et 4 sont deux pôles d?emplois ruraux, comme le territoire pilote, avec autant
d?établissements mais sensiblement plus riches en emploi (Cf. Capacité 23 :maintenir localement des emplois permanents et à les
diversifier).
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
territoire pilote Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Industrie automobile
Energie
Industries des biens
intermédiaires
Industrie des biens de
consommation
Industries des biens
d'équipement
Administration
Industries agricoles et
alimentaires
Activités financières
Transports
Éducation, santé, action
sociale
Services aux entreprises
Activités immobilières
Construction
Services aux particuliers
Commerce
Évaluation : Le niveau d?équipement commercial du territoire évalué est équivalent à celui de petites villes rurales à la population légèrement
supérieure. Ceci est cohérent avec l?existence d?une clientèle insulaire captive (zone de chalandise limitée) et l?arrivée de
?consommateurs? supplémentaires en saison touristique. A la lecture de la part des services aux particuliers, le caractère
touristique se révèle du même ordre que dans les deux autres îles balnéaires atlantiques (environ 20% des établissements). La
spécialisation touristique est cependant minorée ici du fait du champ statistique couvert (hors période estivale (31 décembre),
hors activité de location d?hébergement développée par des particuliers). L?importance des secteurs de la construction et de
l?immobilier est nettement supérieure dans les 3 îles touristiques que dans les 2 pôles d?emplois ruraux. La part de la construction
est même deux fois plus importante dans le territoire pilote que dans le cas 4 qui connaît pourtant une augmentation continue de
sa population.
==> Le tissu économique local est en train de perdre de sa diversité au détriment des activités de production
(pêche, agriculture, artisanat). La majorité des établissements contribuent au développement touristique et
captent la dépense des touristes consommateurs temporaires. Une accentuation de la spécialisation
XVI
touristique par rapport à la situation actuelle risque de rendre l?économie locale plus vulnérable encore aux
variations de l?affluence estivale. Le lien entre construction et tourisme apparaît étroit, ce qui invite à une
réflexion autour d?un mode de développement touristique davantage orienté vers l?hébergement marchand
(hôtellerie, camping, chambres d?hôtes, ?) que vers la résidence secondaire.
Indicateur 30b : Nombre de créations et de défaillances d?entreprises par activité (dont tourisme)
Données : INSEE, REE (Sirene), Création d?entreprises par secteur d?activité en 2007, INSEE Chiffres clés ? Démographie des entreprises ;
activités marchandes hors agriculture et pêche.
Traitement : Le taux de création d?entreprises est le rapport du nombre des créations d?entreprises d?une année au stock d?entreprises au 1er
janvier de cette même année.
Résultats : L?évaluation se fait par comparaison avec d?autres territoires (mêmes territoires que pour l?indicateur 30a précédent).
Territoire évalué Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Ensemble 28 8,6 80 11 36 8,6 32 10,2 31 9,7
Industrie 2 7,1 9 7,1 1 2,7 2 5 1 2,1
Construction 10 15,4 7 6,7 10 12 5 13,5 3 7,3
Commerce 6 8,5 29 19,6 1 1,2 12 13,5 7 9,2
Services 10 6,2 35 10,1 24 11,3 13 8,8 20 13
Évaluation : Le taux de création d?entreprises du territoire est plus faible que dans le territoire insulaire touristique n°2 ainsi que dans les
deux pôles ruraux. Le tissu économique local s?y renouvelle plus lentement. Cette dynamique est essentiellement portée par la
construction.
==> Les résultats marquent un renforcement de la spécialisation du tissu économique dans la construction. D?un
côté, ceci pourrait s?expliquer par un report des activités en déclin vers d?autres secteurs. De l?autre, ceci
laisse entrevoir une plus forte sensibilité de l?économie locale aux fluctuations conjoncturelles de cette
activité par nature cyclique.
Indicateur 30c : Gênes occasionnées par l?activité touristique sur d?autres secteurs
Données : Non disponible. Les gênes occasionnées par l?activité touristique sur d?autres secteurs n?ont pas fait l?objet d?une enquête directe
auprès des acteurs économiques.
Indicateur 30d : Perception des effets du tourisme par la population permanente
Données : Les données sont issues de l?exploitation d?une enquête directe par questionnaire auprès de la population permanente et
temporaire. Le questionnaire porte sur la perception du territoire et des pressions diverses qui s?exercent sur lui.
enquête réalisée pendant l?été 2007 sur le territoire insulaire en étude par la Maison des Sciences de l?Homme Ange Guépin de
Nantes dans le cadre du programme de recherche PUCA - DRE des Pays de la Loire ? MSH Ange Guépin. Les questionnaires
utilisés concernent 260 personnes interrogées sur l?île à la fin du mois de juillet 2007, dont 54 résidents permanents et 206
résidents temporaires.
Traitement : Question 4.2 (La période touristique a des effets, parmi la liste suivante, pouvez-vous en classez 3 par ordre d?importance ?).
Résultats : Sur 3 effets classés, 53 % sont des conséquences positives de la période touristique (Enrichissement / Emploi ; Animation ; Mise
en valeur de l?identité locale ; rencontres avec la famille ou les amis) et 47 % correspondent à des effets négatifs (Pollution,
déchets ; Baisse de la qualité de vie ; Vols et agressions ; Bruit ; Autre items cités dans les verbatim).
Un habitant permanent sur deux indique que le 1er effet du tourisme est l?enrichissement et la création d?emplois. On notera que
cet item apparaît finalement peu en 2ème ou 3ème ordre ce qui laisse penser que les perceptions sur les retombées économiques
sont assez tranchées. D?ailleurs, un habitant sur 5 perçoit le tourisme avant tout comme une source de pollution et de déchets ou
de baisse de la qualité de vie. Ces deux impacts sont fréquemment cités au titre du 2ème et du 3ème effet du tourisme.
L?animation fait partie des effets importants de la saison touristique les plus cités (20 % de l?ensemble des réponses). Les
XVII
rencontres avec la famille ou les amis, globalement peu citées, sont reconnues comme un effet du tourisme, au 3ème ordre.
D?une manière générale, l?accueil estival de populations est ainsi ressenti comme procurant un bien être social (animation,
rencontres) par un quart environ des habitants permanents. Le bruit ainsi que les vols et les agressions sont tous deux cités par
13 % des habitants comme le 3ème effet le plus important de la période touristique.
Classement obtenu pour les 3 effets cités, par ordre d?importance (pourcentage).
Liste des effets proposés Effet n°1 Effet n°2 Effet n°3 Résultat sur 3 réponses
Enrichissement / Emploi 53 2 8 23
Animation 17 31 13 20
Pollution / Déchets 13 18 18 16
Baisse de la qualité de vie 8 12 18 12
Bruits 2 10 13 8
Rencontre avec la famille, les amis 2 6 13 6
Vols et agressions 2 6 13 6
Mise en valeur de l?identité locale 4 10 3 6
Autres 0 4 5 3
Total 100 % 100 % 100 % 100 %
n 53 49 40 142
Évaluation :
==> La perception des effets du tourisme marque la reconnaissance de sa contribution à l?économie locale mais
aussi une tolérance limitée vis-à-vis de ses impacts négatifs.
Direction régionale de l?Environnement, de l?Aménagement et
du Logement des Pays de la Loire
Plan Urbanisme Construction Architecture
Direction générale de l?Aménagement, du Logement et de la Nature
avec le soutien de la MSH Ange Guépin et du CETE de l?Ouest
Contacts :
DREAL Pays de la Loire
Service Intermodalité, Aménagement, Logement
sial.dreal-pays-de-la-loire@developpement-durable.gouv.fr
Coordinateur du programme :
Patrick POTTIER
patrick.pottier@univ-nantes.fr
Université de Nantes
Géolittomer, LETG UMR 6554 - CNRS
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION l
ta
tio
n
év
en
tu
el
le
d
?e
xp
er
ts
co
ns
ul
ta
tio
n
év
en
tu
el
le
d
?e
xp
er
ts
co
ns
ul
ta
tio
n
év
en
tu
el
le
d
?e
xp
er
t
identification des
ressources à enjeux
Étape 1
Mettre en lumière
les ressources posant question
Étape 2
Questionner les atteintes
portées aux ressources
par la pression anthropique
Ressources à enjeux identifiées
Le territoire expertisé et ses ressources équipe projet
36
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
station d?épuration et la valeur ajoutée du tourisme, de
l?aquaculture ; des états de référence pour apprécier la
situation actuelle au regard de normes, de situations
passées, de comparaisons nationales ou internationales, du
ressenti de la population? (Crinquant, 2005).
Ainsi, conformément aux préconisations de
l?AFNOR 10 pour la mise en oeuvre d?un outil
d?évaluation, la grille méthodologique de question-
nement des ressources construite aux étapes 1 et 2,
permet de définir la structure du système d?alerte et
de veille (mis en place à l?étape 3).
La première étape fait émerger les ressources
centrales concernées par la capacité d?accueil et de
développement du territoire expertisé. La deuxième
étape précise le contenu du système d?indicateurs de
ce territoire, en capitalisant un certain nombre de
questions posées au territoire confronté à un accueil
supplémentaire de populations et d?activités. Le
chiffrage des indicateurs de la capacité d?accueil par
des données et leur seuillage viendront ensuite
positionner le territoire quant à l?état de ses
ressources lors de l'étape 3 (fig. 4).
1.1. Étape 1 : mettre en lumière
les ressources posant question
a. Déroulé
L?évaluation de la capacité d?accueil commence par
le repérage des principales ressources à enjeu sur le
territoire expertisé. Elles en font son originalité et sa
richesse ; elles sont reconnues comme faisant partie
du capital de départ qu?il convient de ne pas
hypothéquer, mais au contraire de renforcer et de
préserver.
Ce questionnement est mené par l?équipe projet,
composé des élus locaux, des techniciens de la
collectivité locale expertisée (commune, inter-
communalité?), du conseil économique et social
local?. Il s?appuie sur la classification des ressources
(fig. 1, p. 22). Deux à trois réunions sont nécessaires
pour faire émerger les principales ressources à enjeu et
les principes fondamentaux qui s?attachent au territoire
en étude. Le déséquilibre d?une ressource peut
également ressortir de la consultation de différents
documents (fig. 5).
Parallèlement aux discussions au sein de l?équipe
projet, les documents d?urbanisme en vigueur, les
diagnostics territoriaux et les projets de territoire
associés sont étudiés (rapport de présentation du/des
PLU et leur(s) PADD, diagnostic préalable à
l?établissement d?un SCoT?) ainsi que des études
scientifiques qui apportent une connaissance
supplémentaire sur le territoire.
b. La contribution essentielle du comité de pilotage
élargi à l?évaluation
En pratique, les échanges au sein de l?équipe projet
s?organisent autour de la classification des ressources
(c?est-à-dire du système de ressources du territoire,
voir fig. 1). La discussion la plus large, entre les
différents acteurs, sur les ressources perçues comme
vulnérables et potentiellement en danger est
fondamentale car elle oriente la démarche sur un
nombre limité d?objets de réflexion et laisse de côté
+ =
Interrogation des ressources en jeu
Principes fondamentaux identifiés
U niversité de N antes ( C hadenas C ., P o ttier P ., P o uillaude A .) , P U C A - D R E P ay s de la L o ire, 2 0 0 9
réunions de l'équipe projet
et du comité de pilotage
consultation de documents
- monographies,
- rapports scientifiques,
- documents stratégiques.
bâtiments
construction
C apital
matériel
O rganisation
du capital
productif
C apital
f inancier
finances
publiques locales
subventions
d'investissement
externes
capital privé boursier
et bancaire
finances solidaires
entreprises
entrepreneurs
éducation
Services
d'intérêt
général
sécurité et sûreté
des personnes
services postaux
transports publics
services médicaux
petite enfance
vieillesse
immobilier
pêche
aquaculture
Tissu
économique
local
tourisme
activités récréatives
et culturelles
commerces
agriculture
saliculture
é
c
o
n
o
m
i
e
équipements collectifs
d'accueil des populations
équipements collectifs
facteurs d'attractivité
infrastructures
R esso urc es princ ipales,
néc essaires à la qualité et à la
ric hesse qu' o f f re le territo ire
Elém ents à enj eux
po ur l' ac c ueil supplém entaire
de po pulatio ns et d' ac tivités.
C u l ture
Démographie
M ode de vie
des individus
M ode
d'habiter
M ode
de
travail
Vie
collective
s
o
c
i
é
t
é
l'architecture
les pay sages
l'identité locale
la composition par âge
la répartition par sexe
la densité
l'éducation
la famille
la santé
les règles de vie
en société
l'habité permanent
l'habité temporaire
L a mixité sociale
les localisations
du travail
les formations et
savoir- faire
la part
et les caractéristiques
de l'emploi
les fédérations
professionnelles
les associations
les citoy ens
autorités publiques
R esso urc es princ ipales,
néc essaires à la qualité et à la
ric hesse qu' o f f re le territo ire
Elém ents à enj eux
po ur l' ac c ueil supplém entaire
de po pulatio ns et d' ac tivités.
Eau
A ir / c l imat
F aune
F lore
e
n
v
i
r
o
n
n
e
m
e
n
t
Sol
précipitations
nappes phréatiques
cours d'eau
mer
vent
air qu'on respire
climat océanique
climat méditerranéen
faune aquatique
faune aérienne
faune terrestre
formations aquatiques
formations ou espèces
singulières
dunes
estran
z ones topographiques
singulières
sous- sol
falaises
z ones humides
R esso urc es princ ipales,
néc essaires à la qualité et à la
ric hesse qu' o f f re le territo ire
Elém ents à enj eux
po ur l' ac c ueil supplém entaire
de po pulatio ns et d' ac tivités.
Fig. 5 : la mise en évidence des ressources affectées par des déséquilibres
10 Le groupe AFNOR mène une mission d?intérêt général dans le domaine de la normalisation délivrant les marques NF et AFAQ.
37
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
d?autres pour lesquels aucune observation ni
appréciation ne s?avèrent nécessaires dans l?immédiat.
La mise en péril des ressources sur un
territoire spécifique est abordée au travers d?un
faisceau de questionnements :
- quelles ressources y sont particulièrement en
danger ? particulièrement saturées ?
- quels éléments contribuant à la richesse ou à la
qualité qu?offre le territoire/le milieu souhaite-t-
on voir consolider ?
- quels sont les processus perturbateurs à
l?oeuvre qui risquent de réduire ou d?altérer ses
ressources spécifiques dans un contexte
d?accueil supplémentaire de populations et
d?activités ?
- quelles sont les grandes orientations, politiques
ou réglementaires, qui guident la gestion du
territoire et de ses ressources ?
Deux constructions sont alors possibles pour
faire émerger les ressources à enjeu :
1. la voie la plus directe consiste à interroger
une à une les ressources risquant d?être
déséquilibrées par un accueil supplémentaire de
populations et d?activités sur le territoire en
étude. Elle se fait à partir de la classification des
ressources.
Le résultat de la voie directe est
l?émergence des ressources à enjeu.
2. la seconde voie permet une exploration plus
poussée des ressources du territoire expertisé.
Elle s?appuie sur un premier diagnostic permet-
tant de faire ressortir les deux ou trois res-
sources qui apparaissent centrales pour le
territoire. Ce choix est opéré soit en raison du
déséquilibre qui touche ces ressources, suite à
l?accueil de populations et d?activités, soit en
raison d?une volonté forte accordée à leur
consolidation.
Exemple : l?installation d?une nouvelle population aisée sur
le littoral s?accompagne d?une demande de terrains
constructibles. Cette dernière entraîne des tensions sur les
marchés fonciers et immobiliers qui connaissent une
augmentation des prix. Ceci se traduit à la fois par un
enrichissement des habitants permanents vendeurs de leur
patrimoine et par une éviction des jeunes issus de familles
locales dépourvues de capital foncier, dans l?incapacité de
se loger sur place.
La collectivité locale, les acteurs économiques et la société
civile, les services de l?État ou les experts estiment que par
son ampleur, la tension sur le Sol fragilise globalement le
capital du territoire par un enchaînement d?interactions
successives mettant en jeu plusieurs ressources. Le Sol,
reconnu comme élément principal de ce processus,
représente ainsi une ressource centrale pour le territoire
littoral considéré.
Le résultat de la seconde voie est l?émergence
des principes fondamentaux de développement
(qui peuvent déjà avoir émergés lors des discussions
préalables à un projet de territoire ou les constituer
par la suite).
Ces principes essentiels orientent la gestion du
système de ressources du territoire. Ils énoncent la
volonté de maîtriser un processus éventuellement
perturbateur dans un contexte d?accueil
supplémentaire de populations et d?activités. Ils
peuvent aussi refléter l?attention particulière accor-
dée à la préservation d?un capital de ressources. Ces
principes fondamentaux peuvent être mis en avant
par l?État, au travers de la loi et des enjeux qu?il
porte sur un territoire, ou par les collectivités locales,
au travers de leur projet de territoire, notamment
traduit dans les documents d?urbanisme.
On peut également penser que les principes
fondamentaux ne sont pas seulement édictés par le
territoire, mais que certains peuvent intervenir à un
autre niveau d?analyse, par une échelle supra-
territoriale, nationale ou internationale. Celle-ci peut
alors orienter l?avenir d?un territoire : soit en
établissant au niveau international des concepts
fondamentaux, tel que le Développement durable,
sur la base desquels des acteurs peuvent choisir de
bâtir un projet de territoire ; soit en mettant en place
des réglementations telles que la loi Grenelle 1 en
France. Les lois sont aussi porteuses d?une
interrogation systématique de certains principes
fondamentaux, comme la densité urbaine ou la
mixité sociale portées par la loi SRU.
Les quelques ressources centrales associées
aux principes fondamentaux ne sont pas les
seules à être interrogées. Elles orientent simple-
ment le sens du questionnement qui est porté à
l?ensemble des ressources du territoire.
Qu?il s?agisse de la voie la plus directe ou de la
seconde, l?objectif est de disposer, à la fin de
l?étape 1, des quelques ressources posant ques-
tion sur le territoire expertisé, afin d?aborder
l?étape 2.
Exemple : le travail de co-construction mené
sur le territoire-atelier nous a conduit à faire
émerger :
- deux principes fondamentaux pour le premier
territoire-atelier (une commune) :
? le principe fondamental n° 1 Partage du
foncier dans un contexte insulaire subissant
un fort processus d?étalement urbain met en
jeu la ressource centrale « sol » ;
38
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
? le principe fondamental n° 2 Préservation et
de la gestion de la spécificité de ce territoire
littoral met en jeu les ressources « mode
d?habiter » et « mode de travail insulaire ».
- trois principes fondamentaux ont été mis en
évidence pour le second territoire-atelier (un
EPCI) :
? le principe fondamental n° 1 la Maîtrise de
l?étalement urbain au regard de la
disponibilité spatiale, met en jeu la ressource
centrale « sol » ;
? le principe fondamental n° 2 Maintien de la
diversité des usages pour éviter la
spécialisation du territoire et l?appau-
vrissement des milieux naturels met en jeu
les ressources centrales « Sol » et « Tissu
économique » ;
? le principe fondamental n° 3 Limiter la
croissance des déplacements en voiture et
favoriser les modes de circulation douces
met en jeu les ressources centrales « Capital
matériel » et « Mode d?habiter ».
1.2 Étape 2 : questionner les atteintes
portées aux ressources
a. Déroulé
Cette étape 2 s?appuie sur la co-construction
d?une grille méthodologique d?évaluation de la
capacité d?accueil (fig. 6) par l?équipe projet (fig. 4
et 5). Il est fait appel ponctuellement à des experts,
pour d'éventuelles précisions techniques (degré de
déséquilibre d?une ressource supposé/avéré par
exemple). Son but est d?apprécier si la capacité
d?accueil maximum du territoire est loin d?être
atteinte, en passe de l?être ou déjà atteinte.
Autrement dit, il s?agit de poser collectivement des
hypothèses d?altération d?une ressource, ou d?un
ensemble de ressources en interactions, du fait de
l?accueil supplémentaire de populations et/ou
d?activités. À cette fin, sa construction permet de
définir les objectifs de l?évaluation pour chaque
ressource (dans l?étape 3 seront choisis les indicateurs
pertinents qui qualifieront le déséquilibre, le
dysfonctionnement ou la saturation de la (des)
ressource(s).
Avec la grille méthodologique proposée (fig. 6), les
étapes 1 et 2 évitent de tomber dans le travers
courant de choisir des indicateurs avant de savoir ce
qui se passe sur le territoire et de retenir, parmi les
dynamiques à l?oeuvre, celles qui ont besoin d?être
évaluées. Ces premières étapes sont essentielles pour
l?opérationnalité de l?évaluation, dans une démarche
territoriale de la capacité d?accueil. Sans elles, le
système d?indicateurs mis en place risque de dépasser
largement les questions de capacité d?accueil, d?être
démesuré en nombre d?indicateurs tout en oubliant
des dimensions importantes de la pression humaine
sur le littoral (le plus souvent les impacts sont
oubliés). À l?issue de l?étape 2, l?évaluation est
complètement adaptée au territoire expertisé.
Le système d?indicateurs le sera également.
La co-construction des grilles d?évaluation de la
capacité d?accueil sur un territoire spécifique consiste
à réaliser un diagnostic approfondi des enjeux majeurs
du territoire en étude, mis en évidence par l?équipe
projet, à l?étape 1.
b. L?utilisation de la grille méthodologique d?évaluation
de la capacité d?accueil
La construction d?une grille méthodologique
adaptée au territoire expertisé vise à questionner les
déséquilibres affectant les ressources à enjeu
identifiées à l?étape 1. Les questionnements sont
directement articulés avec la classification des
ressources (fig. 1, p. 22).
La procédure de questionnements s?articule
en deux volets (fig. 6) :
1. un volet de questionnements sert à
préciser les atteintes portées aux ressources
du territoire par l?arrivée supplémentaire de
populations et d?activités (permanentes ou
saisonnières). Il correspond aux trois premières
colonnes de la grille d?évaluation (fig. 6).
La première colonne reprend les ressources à
enjeu sélectionnées parmi la classification
proposée et mises en évidence à l?étape 1.
Dans la deuxième colonne, une question est
formulée. Elle précise la nature de l?atteinte
portée aux ressources sur ce territoire par
l?accueil supplémentaire de populations et
d?activités (saisonnières ou permanentes). Elle
permet de qualifier les effets de la pression
anthropique sur la ressource que l?on veut
évaluer. C?est l?objectif d?évaluation.
Chaque question se prolonge dans une troisième
colonne en interrogeant la capacité du
territoire à éviter la mise en péril de la
ressource considérée ou sa capacité à favo-
riser sa consolidation. Dans une perspective
de capacité de développement, les capacités par
ressource appellent à tester l?aptitude du
système des ressources du territoire à
accompagner la pression démographique et
touristique. Elles renvoient ainsi à l?évaluation
des possibilités offertes par les ressources du
territoire.
39
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Fig. 6 : grille méthodologique d?évaluation de la capacité d?accueil et de développement d?un territoire
40
Et
ap
e
1
E
ta
pe
2
E
ta
pe
3
C
ap
ac
ité
à
é
vi
te
r
la
m
is
e
en
p
ér
il
de
la
r
es
so
ur
ce
à
e
nj
eu
x
E
cl
ai
ra
ge
d
es
s
itu
at
io
ns
de
d
és
éq
ui
lib
re
s
de
la
re
ss
ou
rc
e
à
en
je
ux
e n v i r o n n e m e n t s o c i é t é
E
a
u
A
ir
/c
li
m
at
S
o
l
F
au
n
e
F
lo
re
M
od
e
d'
or
ga
ni
sa
t i
on
du
c
ap
it
al
p
ro
du
ct
if
C
ap
it
al
f
in
an
ci
er
Ti
ss
u
é
co
no
m
iq
ue
lo
ca
l
C
u
lt
u
r e
D
é
m
o
g
ra
p
h
ie
M
o
d
e
d
e
v
ie
d
e
s
i
n
d
iv
i d
u
s
M
o
d
e
d
'h
a
b
i t
e
r
M
o
d
e
d
e
t
ra
v
a
i l
V
ie
c
o
ll
e
c
ti
v
e
O
ffr
e
de
s
er
vi
ce
d'
in
té
rê
t g
én
ér
al
C
ap
it
al
m
at
ér
ie
l
é c o n o m i e
L
es
é
ta
p
es
d
e
l'é
va
lu
at
io
n
d
e
la
c
ap
ac
it
é
d
'a
cc
u
ei
l e
t
d
e
d
év
el
o
p
p
em
en
t
d
u
t
er
ri
to
ir
e
ex
p
er
ti
sé
U
ni
ve
rs
ité
d
e
N
an
te
s
(C
ha
de
na
s
C.
,
Po
tt
ie
r
P.
,
Po
ui
lla
ud
e
A.
),
P
U
CA
-
D
RE
P
ay
s
de
la
L
oi
re
,
20
09
Choix des re
ss
ou
rc
es
à
e
nj
eu
x
1. sur u
n te
rri
toi
re
p
ar
tic
ul
ie
r e
t
2. par l?
accu
eil s
up
pl
ém
en
ta
ire
d
e
po
pu
la
tio
ns
d?activ
ité
s,
pe
rm
an
en
te
s
ou
s
ai
so
nn
iè
re
s
L'
in
di
ca
te
ur
a
ss
ur
e
la
co
nn
ec
tio
n
en
tr
e
l'o
bj
ec
tif
d'
év
al
ua
tio
n
af
fic
hé
e
t l
a
si
tu
at
io
n
m
es
ur
ée
d
e
m
aî
tr
is
e
ou
d
e
no
n-
m
aî
tr
is
e
de
la
c
ap
ac
ité
d
'a
cc
ue
il
et
d
e
dé
ve
lo
pp
em
en
t d
u
te
rr
ito
ire
M
is
e
en
lu
m
iè
re
d
e
la
v
ul
né
ra
bi
lit
é,
l'a
lté
ra
tio
n
et
d
e
l'é
pu
is
em
en
t d
es
re
ss
ou
rc
es
Al
er
te
s
ur
la
n
on
-m
aî
tr
is
e
de
la
c
ap
ac
ité
d
'a
cc
ue
il
et
d
e
dé
ve
lo
pp
em
en
t
du
t
er
ri
to
ir
e
O
bj
ec
tif
s
d'
év
al
ua
tio
n
de
s
ef
fe
ts
d
e
la
pr
es
si
on
a
nt
hr
op
iq
ue
su
r l
a
re
ss
ou
rc
e
pr
in
ci
pa
le
R
es
so
ur
ce
s
pr
in
ci
pa
le
s,
né
ce
ss
ai
re
s
à
la
q
ua
lit
é
et
à
la
r
ic
he
ss
e
qu
'o
ff
re
le
te
rr
ito
ir
e
R
es
so
ur
ce
s
pr
in
ci
pa
le
s
à
pr
en
dr
e
en
c
om
pt
e
da
ns
la
d
ét
er
m
in
at
io
n
de
la
ca
pa
ci
té
d
'a
cc
ue
il
Q
ue
st
io
n
po
sé
e
en
te
rm
es
d
e
ca
pa
ci
té
d
'a
cc
ue
il
su
pp
lé
m
en
ta
ir
e
de
p
op
ul
at
io
ns
et
d
'a
ct
iv
ité
s,
pe
rm
an
en
te
s
ou
s
ai
so
nn
iè
re
s
M
es
ur
e
de
l'
in
di
ca
te
ur
de
d
és
éq
ui
lib
re
d
e
la
re
ss
ou
rc
e
à
en
je
ux
Le
q
ue
st
io
nn
em
en
t
co
rr
es
po
nd
a
u
ch
am
p
co
uv
er
t
pa
r
le
f
ut
ur
s
ys
tè
m
e
d'
in
di
ca
te
ur
s
A
pt
itu
de
d
u
sy
st
èm
e
de
re
ss
ou
rc
es
d
u
te
rr
ito
ire
à
év
al
ue
r l
a
m
is
e
en
p
ér
il
de
s
re
ss
ou
rc
es
en
vi
ro
nn
em
en
ta
le
s,
s
oc
ia
le
s
et
é
co
no
m
iq
ue
s
1
2
3
4
5
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
2. Un volet d?alerte débute à la 4e colonne de
la grille d?évaluation. Il vise à signaler la non-
maîtrise de la capacité d?accueil et de
développement du territoire.
Il apporte un éclairage sur les situations de
déséquilibres en mettant en lumière, dans la
4e colonne, la vulnérabilité, l?altération ou l?épuise-
ment éventuel de la ressource à enjeu considérée.
Toutes les ressources possiblement en déséqui-
libre suite à la pression humaine sont ainsi
explorées, ce qui aboutit à la construction
d?une grille d?évaluation articulée à un
ensemble d?hypothèses de déséquilibres,
qu?il faudra alors ensuite éclairer par des
mesures et des éléments d?appréciation de la
maîtrise de la capacité d?accueil lors de la
dernière phase d?évaluation.
Ressource
à enjeu
Question posée en termes de
capacité d?accueil supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou permanentes
Capacité à éviter la
mise en péril de la
ressource à enjeu
Éclairages des situations de
déséquilibres
Consommation d?espace par l?urbanisation
excessive
Offre de terrains constructibles inadaptée
à la demande
Faible densité des espaces urbanisés
Dispersion spatiale exagérée et disparition
des coupures entre les bourgs
SOL La part du sol à vocation urbaine réservée
à l?accueil supplémentaire de populations
et d?activités est-elle de nature à favoriser
l?étalement urbain (gaspillage de la
ressource sol) ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine 6
Procédures d?urbanisme opérationnel et
politique de maîtrise foncière insuffisantes
Exemple de questionnement et d?alerte sur la ressource à enjeu SOL
Dans la pratique, les colonnes n° 2, 3 et 4
servent de points d?entrée pour remplir la grille
d?évaluation (fig. 6) aux acteurs de l'équipe-
projet.
Afin d?éviter une trop grande dispersion des propos
dans le volet de questionnements, la formulation des
problématiques qui s?attachent à ces ressources à
enjeu doit toujours se faire en termes de pres-
sions exercées par l?arrivée de populations et
d?activités, en particulier saisonnières.
Exemples :
1. La part du sol à vocation urbaine réservée à l?accueil
supplémentaire est-elle de nature à favoriser l?étalement
urbain (gaspillage de la ressource Sol) ?
2. Sous la pression du développement urbain, la
concurrence sur le sol est-elle de nature à limiter ou
perturber les autres usages ?
3. Face à l?arrivée massive de populations saison-
nières, les pratiques sociales locales se perdent-elles,
remettant en cause la spécificité de ce territoire ?
4. Sous l?effet du développement, le capital matériel
(équipements collectifs et infrastructures) répond-il aux
besoins des populations en croissance ?
5. L?équilibre du capital financier public local est-il mis à
mal par le coût excessif de l?accueil supplémentaire
de population ?
Pour remplir le tableau, les acteurs préfèrent
souvent commencer par la colonne 4. Elle fait appel,
la plupart du temps, à des connaissances empiriques
sur des situations de déséquilibres des ressources
provoquées par une non-maîtrise de la pression
humaine, vérifiées puis validées par l'équipe-projet.
Dès lors, cette entrée est plus facile qu'une
formulation par la capacité, par exemple (colonne 3).
11 Dans la colonne « Capacité », le numéro renvoie aux fiches « Capacité » qui vont être construites dans l'étape 3.
Ressource
à enjeu
Capacité à éviter la mise en péril de la
ressource à enjeu11
SOL La part du sol à vocation urbaine réservée à l?accueil supplémentaire
de populations et d?activités est-elle de nature à favoriser
l?étalement urbain (gaspillage de la ressource sol) ?
Capacité à maîtriser l?extension urbaine 6
Question posée en termes de capacité d?accueil
supplémentaire de populations et d?activités,
saisonnières ou permanentes
Exemple de questionnement sur la ressource à enjeu SOL
41
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Les déséquilibres associés aux exemples ci-dessus peuvent
être :
1. consommation excessive d?espace par les nouvelles
constructions, faible densité des espaces urbanisés,
disparition des coupures entre les bourgs?
2. manque de disponibilités foncières pour les activités
économiques, transformation ou disparition des habitats
naturels, forte régression des terres agricoles?
3. identité culturelle locale en régression?
4. capacité d?assainissement des eaux usées insuffisantes
en qualité et/ou en quantité, saturation du réseau viaire
et/ou des parkings?
5. solvabilité financière locale mise en danger, renoncement
à un certain nombre d?actions publiques importantes faute
de moyens financiers, surreprésentation de la TH et de la
TFB dans les bases d?imposition communale?
Cette deuxième étape aboutit à une grille re-
groupant l?ensemble des questionnements et alertes,
adaptée au territoire expertisé. Sa réalisation néces-
site plusieurs moments d?échanges au sein de
l?équipe projet et avec le comité de pilotage (fig. 5)
pour proposer/formuler les éléments de la grille, les
assembler et les valider.
Afin de faciliter la mise en oeuvre de cette
étape 2, une grille méthodologique exemple est
proposée (à suivre). Elle regroupe à titre indicatif les
atteintes récurrentes portées aux ressources litto-
rales, sous la forme de 30 questions incontournables
en termes d?évaluation de la capacité d?accueil sur le
littoral, associées à 34 capacités à éviter la mise en
péril de la ressource à enjeu. Cette grille ne cons-
titue pas un recueil exhaustif des états de res-
sources devant systématiquement être évalués lors
d?une démarche d?évaluation de la capacité
d?accueil. En effet, certaines interrogations n?ont pas
forcément de sens sur des territoires particuliers,
d?autres au contraire demandent à être plus préci-
sément détaillées. Chaque grille méthodologique est
spécifique au territoire en étude.
Ce point est encore plus évident dans le cadre d?une
évaluation systématique et positionnée par rapport
aux enjeux du territoire (2e voie de construction struc-
turée autour de principes fondamentaux, étape 1). La
méthodologie comprend alors la construction de
plusieurs grilles d?évaluation, une par ressource
centrale ou par principe fondamental, selon le choix
qui a été fait sur le territoire expertisé et en prise
directe avec son projet de développement (seconde
voie proposée dans l?étape 1, voir p. 38). Ces grilles ne
sont ensuite assemblées que dans un second temps,
pour produire une grille synthétique permettant la
mise en place du système d?alerte et de veille.
R
e
ss
o
u
rc
e
s
à
e
n
je
u
x
Question posée en
termes de capacité
d?accueil supplémentaire
de populations et
d?activités, saisonnières
ou permanentes
Capacité à éviter la mise
en péril de la ressource à
enjeux
Éclairages des situations de
déséquilibres de la ressource à enjeu
Mesure
de l?indicateur de déséquilibre
de la ressource à enjeu
Indicateurs fondamentaux
Indicateurs complémentaires
E N V I R O N N E M E N T
Capacité résiduelle de production
d?eau potable et volume annuel d?eau
importée
Dépassement de la capacité nominale
de production d?eau et/ou surcoût
excessif de l?approvisionnement
Coût du m d'eau pour le
consommateur et pour la collectivité
La pression humaine en
période estivale contraint-
elle l?approvisionnement en
eau des populations et des
activités ?
Capacité à garantir le bon
accès à l?eau 1
Accroissement des restrictions de la
consommation d?eau
Nb de jours de restriction par arrêté
préfectoral
Qualité des eaux de ruissellement
Qualité des eaux de baignade
Dégradation de la qualité des eaux
souterraines et de surface
(ruissellement et baignade)
Classement des dispositifs individuels
d?assainissement suivant la qualité du
rejet
Taux de nitrates Dégradation de la qualité de l?eau liée
à une agriculture peu respectueuse de
l?environnement
Présence d?espèces animales ou
végétales, témoins de la qualité de
l?eau
Déclassement de la production
conchylicole par contamination
bactériologique
Nb de jours d?interdiction de
commercialisation
La qualité de l?eau est-elle
menacée par
l?intensification des usages
et/ou des activités
polluantes qui limitent son
partage ?
Capacité à préserver une
qualité de l?eau
compatible avec les
différents usages du
bassin-versant et de la
mer 2
Interdictions de plus en plus
fréquentes ou prolongées de la pêche,
de la pêche à pied
Nb de jours d?interdiction de pêche à
pied
E
A
U
Grille exemple à utiliser comme cadre méthodologique regroupant
30 questions incontournables pour l'évaluation de la capacité d?accueil
42
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Question posée en termes de
capacité d?accueil
Capacité à ? Éclairages des situations de déséquilibres
Mesure
de l?indicateur
Encombrement, voire saturation
répétée du plan d?eau
Comptages pendant les périodes
d?affluence
Mécontentement, voire conflits
répétés entre différents usagers du
plan d?eau
Enquête et entretiens
Enquête de terrain
L?occupation du plan d?eau
maritime révèle-t-elle une
situation de développement
non maîtrisée de différents
usages ?
Capacité à gérer la
diversité des usages sur le
plan d?eau maritime 3
Rejets importants de déchets en mer
par la plaisance Coût financier de la collecte
La spécialisation touristique
du territoire provoque-t-elle
des nuisances sonores ?
Capacité à garantir un
niveau sonore raisonnable 4
Augmentation des activités bruyantes
(notamment nocturnes)
Plaintes et appels pour tapage
nocturne ou nuisance sonore
L?accroissement des
activités est-il de nature à
mettre en péril la qualité de
l?air ?
Capacité à garantir la
qualité de l?air 5
Dégradation de la qualité de l?air Suivi des niveaux de pollution de l?air
Tranche modale des surfaces
construites
Pression urbaine ressentie
Consommation d?espace par
l?urbanisation excessive
Surface totale occupée par
l?urbanisation
Offre de terrains constructibles
inadaptée à la demande
Capacité résiduelle d?urbanisation
Faible densité des espaces urbanisés Densité des espaces urbanisés et des
processus d?urbanisation, COS
réglementaires, densité minimale
Dispersion spatiale exagérée et
disparition des coupures entre les
bourgs
Dispersion spatiale de la construction
et étalement de la tâche
d?urbanisation
Part de surface totale du territoire en
ZAC/ZAD, lotissement et réserve
foncière
La part du sol à vocation
urbaine destinée à l?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités
est-elle de nature à
favoriser l?étalement
urbain ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine 6
Procédures d?urbanisme opérationnel
et politique de maîtrise foncière
insuffisantes
Usage du DPU
Manque de disponibilités foncières
pour les activités économiques
Surface disponible et taux
d?occupation des ZAE
Régression des terres agricoles Surface Agricole Utile et zonage
agricole dans le PLU
Surface totale du territoire en zone
naturelle (occupation du sol)
Surface totale des zones humides
comblées
Transformation ou disparition des
habitats naturels
Proportion de la superficie en ZNIEFF
classée (ZPS, ZSC, site inscrit/classé)
Sacrifice des espaces
fragiles/sensibles situés dans des
zones à vocation urbaine des PLU
Surface des espaces fragiles situés en
zone urbaine
Envolée des prix du foncier (pression
foncière excessive)
Prix des terrains à bâtir achetés et
évolution
Sous la pression du
développement urbain, la
concurrence sur le sol est-
elle de nature à limiter ou
perturber les autres
usages ?
Capacité à préserver les
espaces nécessaires aux
autres usages 7
Difficulté à trouver un site approprié
pour le transit des déchets
Surface disponible pour
l?enfouissement, le transit et le
stockage, rapportée au tonnage de
déchets à traiter en haute saison
Concurrence exacerbée entre
l?extension des parcs aquacoles et
l?occupation touristique du trait de
côte et du plan d?eau
Enquête de terrain
Saturation des plages (baignade,
chenal, jeux, restauration?)
Comptages et calculs du taux
d?occupation (densité) des plages
Sous la pression croissante
des pratiques touristiques,
la diversité des usages du
domaine public est-elle
remise en cause ?
Capacité à partager
équitablement le domaine
public (terrestre et
maritime) 8
Encombrement supplémentaire et
excessif de certains espaces collectifs
(centre-ville, port, remblais?)
Comptages, encombrement ressenti
Niveau de fréquentation des espaces
fragiles à vocation naturelle
Ouverture de nouveaux sentiers par
la fréquentation
Pratiques excessives et
déstabilisatrices des espaces
sensibles, par une utilisation non
maîtrisée des parties vulnérables du
territoire
Parkings aménagés aux abords des
espaces sensibles
L?intensité des pratiques
touristiques sur certains
espaces sensibles du littoral
favorise t-elle leur
dégradation ?
Capacité à éviter des
pratiques déstabilisatrices
sur les sites naturels
sensibles 9
Dégradation du profil de l?ensemble
plages-dunes sous l?effet du
piétinement
Relevés de terrain
E
A
U
A
I
R
S
O
L
43
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Capacité à ?
Éclairages des situations de déséquilibres
Mesure de l?indicateur
Nb d?espèces Perte de la diversité faunistique et
diminution des individus
emblématiques
Taille des populations communes et
emblématiques
Capacité à préserver la
faune littorale 10
Pratiques concurrentielles sur l?estran
en période sensible pour les oiseaux
d?eau
Mise en place de zones de tranquillité
Chasse au gibier d?eau excessive Nb de procès-verbaux pour les cas de
braconnage
F
A
U
N
E
Les espèces faunistiques
(notamment aquatiques),
sont-elles mises en péril
sous l?effet des pressions
humaines (qualité du
milieu menacée) ?
Capacité à éviter le
dérangement de la faune
sauvage 11
Fort développement du kite-surf en
période de migration et d?hivernage
des oiseaux d?eau
Relevés de terrain
Uniformisation de la flore locale Présence d?espèces invasives
Nb et surface des herbiers de
zostères
Diminution des populations végétales
Nb d?espèces messicoles
Piétinements anarchiques de la flore
dunaire
Évolution de la surface de végétation
dunaire
Capacité à préserver les
espèces floristiques
indigènes 12
Disparition des algues et du goémon Relevés de terrain
Mise en péril de la continuité des
formations végétales
Surface des entités végétales
remarquables
F
L
O
R
E
Les espèces floristiques
sont-elles mises en péril
sous l?effet des pressions
humaines ?
Capacité à maintenir une
trame verte cohérente 13
Mauvais état de conservation des
biotopes
Surface de landes à bruyères et des
pelouses maritimes
S O C I É T É
Expression de la culture locale altérée Nb d?associations culturelles,
sportives et artistiques actives et
adhérents, de journées
événementielles et poids de la
période estivale
Face à l?arrivée massive de
populations saisonnières,
les pratiques sociales
locales se perdent-elles,
remettant en cause la
spécificité de ce territoire ?
Capacité à préserver
l?identité locale (pratiques
culturelles, identité
maritime?) 14
Identité culturelle locale en régression Enquête sur les mécontentements
exprimés à ce sujet
Permis de démolir
Evolution spatiale de l?urbanisation
Les caractéristiques
urbaines traditionnelles
sont-elles mises en péril
par les nouvelles
constructions ?
Capacité à maintenir le
caractère local du
patrimoine bâti 15
Destruction du bâti ancien
traditionnel, dissolution des villages
anciens dans la tache urbaine,
uniformisation, banalisation des
caractères architecturaux
Etude architecturale
Transformations paysagères dues au
développement de l?urbanisation
(construction et infrastructures) et à
l?abandon de l?agriculture extensive
Nb de dispositifs de gestion
contractuelle sur les espaces protégés
et évolution des peuplements des
haies
Appauvrissement de la spécificité
paysagère locale
Nb d?oliviers vendus par les
paysagistes locaux
Evolution ressentie du paysage
C
U
L
T
U
R
E
Sous la pression
démographique et les
évolutions économiques,
l?identité paysagère est-elle
menacée ?
Capacité à préserver les
spécificités et la qualité
paysagères 16
Perte de la qualité paysagère due à la
multiplication et la mauvaise
intégration des infrastructures de
déplacements
Étude de terrain
Nb d?habitants permanents
Projection démographique dans les
documents d?urbanisme
Solde migratoire selon l?âge et la CSP
Crainte d?une évolution
démographique déséquilibrée
Nb d?habitants dont le lieu de
résidence 5 ans auparavant n?était
pas la commune et répartition par
âge
De moins en moins de jeunes au sein
de la population locale
Part des tranches d?âges - de 25 ans
et + 60 ans
Solde migratoire par âge et par
catégorie socio-professionnelle
D
É
M
O
G
R
A
P
H
I
E
Le développement de
l?activité touristique
génère-t-il un déséquilibre
démographique ?
Capacité à assurer le
maintien et le
renouvellement des
populations permanentes
17
Baisse de la population permanente
en âge d?être active et
surreprésentation des inactifs chez les
nouveaux résidents
Nb d?habitants entre 15 et 60 ans
Question posée en termes ...
Prélèvement excessif ou/et
non-sélectif ou/et défaillance du
contrôle des quantités et des tailles
Proportion d'engins de pêche sélectifs
(casier, filet, palangre, chalut sélectif...)
Absence ou faiblesse de mesures
collectives de gestion
Mise en place et types de mesures
collectives (systèmes de licences et
permis de pêche spéciaux, prise en
compte des frayères et nourriceries,
récifs de protection et de production...)
Respect des réglementations
Evolution des stocks (poissons et
coquillages)
44
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Capacité à ? Éclairages des situations de déséquilibres
Niveau de fréquentation touristique
connue ou estimée (y compris pour le
touriste à la journée) et rapport à la
population permanente
Fréquentation et densité touristique
excessive par rapport à la population
permanente
Densité mesurée et ressentie des
populations permanentes et
saisonnières
D
E
M
O
G
R
A
P
H
I
E
La population saisonnière
et touristique n?est-elle pas
trop importante par rapport
à la population
permanente et à l?espace
disponible ?
Capacité à maintenir un
équilibre démographique
entre les populations
permanente et temporaire
18
Concentration des populations âgées
permanentes sur le trait de côte et
des jeunes ménages dans les
communes rétrolittorales
Migrations intercensitaires et
domicile-travail des populations au
départ du secteur littoral vers les
espaces voisins rétrolittoraux
Encombrements observés Difficultés de circulation
Temps de trajet moyen au km sur
certains itinéraires
Difficultés de plus en plus grandes de
trouver un stationnement proche de
son logement
Saturation des espaces de
stationnement
Nb d?accidents corporels de la
circulation rapporté au trafic routier
et part de ceux survenus en été
La qualité du mode de vie
local est-elle remise en
cause en raison de
l?augmentation des
déplacements ?
Capacité à maintenir des
conditions de vie
acceptables 19
Recrudescence des accidents entre
circulations douce et motorisée
pendant l?été
Risque ressenti de danger de
circulation
Non-respect du Code de la Route par
les vacanciers
Interventions et procès-verbaux
recensés par la gendarmerie et la
police municipale rapportés à la
population présente
Augmentation marquée des vols et
des bagarres l?été
Poids de l?été dans le nombre
d?interventions de la police municipale
Ressenti sur la propreté des lieux Multiplication des dépôts sauvages de
déchets Nb de poubelles publiques pour 1 000
habitants l?été
M
O
D
E
D
E
V
I
E
D
E
S
I
N
D
I
V
I
D
U
S
La qualité de la vie liée aux
règles sociales est-elle
altérée par l?apport d?une
population extérieure ou la
densité d?individus
atteinte ?
Capacité à préserver le
fonctionnement social
propre au territoire 20
Nécessité de vivre en horaires
"décalés" pour se déplacer et accéder
aux services
Enquête directe
Répartition entre les résidences
principales et secondaires
Difficultés pour la population
permanente de se loger sur place
Commune d?origine des demandeurs
de permis de construire
Saturation des structures
d?hébergement touristiques
Capacité et niveau de fréquentation
par type d?hébergement
Coût total médian et moyen des
transactions immobilières
Difficultés de transmission des biens
immobiliers entre les générations et
difficultés à assurer des parcours
résidentiels
Nb de logements en primo-accession
destinés aux jeunes ménages
Perte de la diversité résidentielle et
sociale au sein de la population
permanente
Nb de logements sociaux par
habitants et structure par âge des
occupants
Demande de logements locatifs
annuels non satisfaite
Fonctionnement du parc locatif public
(taux de vacance, de rotation, délai
d?attente?)
Difficulté d?accès au logement pour
les étudiants et/ou les saisonniers
Etendue de la pratique de mise à
disposition d?un logement par les
employeurs ou Nb d?emplacements de
campings occupés par des saisonniers
Évolution du prix du foncier
Capacité à assurer la mixité
résidentielle et sociale 21
Ségrégation spatiale entre les
résidences secondaires et principales
à proximité de la mer Localisation des nouvelles résidences
principales et secondaires
Structure de l?offre d?hébergement Disparition de la diversité des formes
d?hébergement touristique, éviction
du tourisme social
Revenu des résidents secondaires et
profil par CSP des touristes en séjour
M
O
D
E
D
?H
A
B
I
T
E
R
La pression qui s?exerce sur
le foncier littoral
s?accompagne-t-elle d?un
processus
d?exclusion/ségrégation des
modes d?habiter
temporaires ou
permanents, au fil des
générations ?
Capacité à diversifier l?offre
d?hébergement touristique
22
Quartiers de résidences secondaires
aux volets clos trop systématiques
Durée d?occupation des résidences
secondaires
Évolution du volume de l?emploi et
taux de chômage (DEFM 1) au 31
janvier et 31 juillet
M
O
D
E
D
E
T
R
A
V
A
I
L
Face au développement
d?activités dédiées à
l?accueil des populations
saisonnières ou
permanentes, les emplois
et les métiers restent-ils
représentés dans leur
diversité sur le territoire ?
Capacité à maintenir
localement les emplois
permanents et les
diversifier 23
Emplois nombreux mais fortement
saisonniers
Types des demandeurs d?emploi
(annulation par reprise, saisonniers,
activité réduite)
Question posée en termes ... Mesure de l?indicateur
45
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Question posée en termes ... Capacité à ?
Éclairages des situations de déséquilibres
Part de l?emploi saisonnier dans
l?emploi
Répartition de l?emploi par secteur Perte de la diversité des emplois
(directs et indirects) par resserrement
sur le tourisme et la construction
Créations d?emplois liées au tourisme,
rapportées aux pertes dans les autres
secteurs
Indicateur de concentration spatiale
de l?emploi
Baisse des possibilités de "Vivre et
Travailler au pays"
Volume des migrations domicile-
travail
Perte de la diversité des fonctions de
l?urbain
Part de la résidentialisation dans le
tissu urbain
Appauvrissement du vivier de
compétences locales
Répartition de la population
permanente par niveaux de formation
et tranches d?âges
Manque de main-d?oeuvre qualifiée
pour certains emplois non pourvus
Perte de l?adéquation entre formation
et emploi
Nb important de femmes peu
qualifiées
M
O
D
E
D
E
T
R
A
V
A
I
L
La spécialisation touristique
génère-t-elle la perte de
savoir-faire locaux ?
Capacité à entretenir des
savoir-faire locaux 24
Disparition des savoir-faire de la
filière maritime
Effectifs des métiers spécifiques
(marins, charpentiers de marine,
conchyliculteurs, paludiers?)
Relations conflictuelles entre
populations autochtones et
allochtones
Nb de plaintes déposées sur les livres
d?or de l?office de tourisme et
Les impacts du
développement touristique
sont-ils sources de
mécontentements et de
conflits qui perturbent la
vie collective ?
Capacité à maintenir un
débat politique apaisé entre
les intérêts contradictoires
25 Expression radicalisée du
mécontentement par les associations
ou les individus
Nb de recours auprès du tribunal
administratif
Augmentation exceptionnelle du
nombre d?associations de riverains
Nb d?associations NIMBY
V
I
E
C
O
L
L
E
C
T
I
V
E
Les nouveaux arrivants
influencent-ils la vie
citoyenne et le pouvoir
local ?
Capacité à assurer la
participation à la vie
communale 26 Poids de plus en plus fort des
nouveaux retraités dans le conseil
municipal
Part des retraités dans le conseil
municipal
É C O N O M I E
Capacité d?assainissement des eaux
usées insuffisante en qualité et/ou en
quantité
Capacité résiduelle de la station
d?épuration annuelle
Volume annuel de déchets collectés Capacité de traitement des déchets
insuffisante sur le territoire et fortes
variations saisonnières de la collecte
Coût par foyer de la collecte et de
l?évacuation des déchets suivant la
saison (montant de la TEOM)
Allongement démesuré des circuits de
collecte des déchets ménagers par
rapport au nombre de foyers
desservis
Nb des foyers desservis rapporté aux
kilomètres parcourus par les circuits
de collecte
Écart entre le volume consommé
d?eau potable et la capacité de
stockage
Nb de jours où la réserve en eau est
inférieure au seuil de précaution
Variation saisonnière très importante
de l?utilisation des installations
d?approvisionnement et de
distribution d?eau potable
Nb de jours de chute de la pression et
débit du réseau de distribution de
l?eau suivant la saison
Niveau d?encombrement du trafic
routier pendant la période estivale
Offre et accessibilité des transports
collectifs
Saturation de la voirie et/ou des
parkings
Équipements deux-roues et piétons
Lenteur ou inaccessibilité des réseaux
de télécommunications pendant l?été
Débit du réseau ADSL et téléphonie
mobile (nb de jours et fréquence des
problèmes de transmission)
Délai d?attente pour un anneau ou 1
mouillage à l?année net des doubles
inscriptions
Capacité à adapter les
équipements collectifs au
pic de fréquentation
(dimensionnement, qualité)
et à bien les faire
fonctionner toute l?année
27
Saturation des ports de plaisance
et/ou augmentation des mouillages
non réglementés
Nb de mouillages sauvages
C
A
P
I
T
A
L
M
A
T
É
R
I
E
L
Le capital matériel
(équipements collectifs et
infrastructures) répond-il
en toute saison, aux
besoins évolutifs de
populations en croissance ?
Capacité à maintenir la
diversité des utilisateurs
des équipements et
infrastructures 28
Conciliation difficile entre les ports de
plaisance et de pêche professionnelle
Plaintes dans le livre d?or du port de
plaisance, au comité local des pêches
Mesure de l?indicateur
de la mairie
46
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Question posée en termes ... Capacité à ?
Éclairages des situations de déséquilibres
Accès inégal à l?eau entre le tourisme,
les autres activités et les populations
locales
Nb de jours où les restrictions d?usage
concernent les activités et les
populations non touristiques
Coefficient d?autofinancement courant
Capacité d?autofinancement
Taux d?équipement
Solvabilité financière locale fortement
réduite par l?arrivée de nouveaux
habitants et de touristes
Volume du poste « aménagement et
services urbains » dans le budget
Montant des bases d?imposition de la
TH et de la TFB
Surreprésentation de la Taxe
d?habitation (TH) et de la Taxe sur le
foncier bâti (TFB) dans les bases
d?imposition communales Recettes fiscales directes et taxes
issues des touristes/dépenses
d?équipement
Montant des dépenses foncières
communales pour les opérations de
lotissements et zones d?aménagement
Surcoût de la maîtrise foncière pour la
collectivité locale
Charge financière de la constitution
de réserves foncières
Coefficient de mobilisation du
potentiel fiscal
Renoncement à des actions publiques
importantes faute de moyens
financiers ou forte demande vis-à-vis
des ressources de l?État, d?autres
collectivités locales
Contribution des subventions
d?équipement et exceptionnelles à
l?investissement
Alourdissement considérable des
charges de fonctionnement de la
collectivité pour la période touristique
au regard de la contribution fiscale
des touristes
Surpoids de la masse salariale dans
les dépenses de fonctionnement du
budget local
C
A
P
I
T
A
L
F
I
N
A
N
C
I
E
R
La spécialisation touristique
et l?urbanisation réduisent-
elles la marge de
manoeuvre financière des
budgets publics locaux ?
Capacité à maîtriser
financièrement
l?urbanisation (équipements
collectifs et services) et la
spécialisation touristique
29
Charges élevées des opérations de
réparation des milieux naturels
dégradés par rapport aux opérations
préventives de protection
Montant budgétaire des opérations de
réparation des milieux
Répartition des entreprises par
secteur d?activités
Tourisme et Bâtiment concentrent
l?essentiel de l?activité économique
locale Nb de créations et de défaillances
d?entreprises par activité (dont
tourisme) selon l?ancienneté
Gênes occasionnées par l?activité
touristique sur d?autres secteurs
Enquête directe
Le développement
touristique remet-il en
question l?équilibre entre
les activités présentes sur
le territoire ?
Capacité à maintenir la
diversité du tissu
économique local 30
Perception des effets du tourisme par
la population permanente
Enquête directe
Déséquilibre annuel de l?offre
commerciale (suréquipement,
diminution de l?offre de
commerces/réductions des horaires
d?ouverture en hiver)
Nb de commerces de détail par
catégorie en été et en hiver
Contribution de la saison (juin à
septembre) au chiffre d?affaires
annuel
T
I
S
S
U
É
C
O
N
O
M
I
Q
U
E
L
O
C
A
L
L?enrichissement apporté
par l?arrivée de populations
et d?activités n?est-il pas
amoindri par son caractère
saisonnier ?
Capacité à maintenir une
activité économique hors
saison 31
Rentabilité annuelle des entreprises
locales très dépendante du chiffre
d?affaires estival
Nb de mois où l?activité est sous le
seuil de rentabilité
Ratios (été/hiver) de médecins,
d?infirmières, de pharmaciens, de
dentistes pour 1 000 habitants
Temps pour atteindre l?hôpital
Difficultés d?accès aux services de la
santé
Demandes non satisfaites de prise en
charge en hôpital moyen séjour
Eviction de la population active
réduisant l?offre de services à la
personne
Nb de salariés travaillant dans les
services à la personne
Carence de divers services d?intérêt
général
Ratios annuels facteurs, gendarmes,
policiers, employés muni./1 000 hab
L?augmentation temporaire
ou permanente de la
demande s?accompagne-t-
elle de carences de l?offre
de services d?intérêt
général ?
Capacité à adapter l?offre
de services d?intérêt
général, à une population
changeante en nombre et
en composition 32
Carence de desserte en transports
collectifs
Indicateur d?accessibilité aux
transports en commun
D
U
C
A
P
IT
A
L
P
R
O
D
U
C
T
IF
Le développement des
activités liées à l?arrivée de
nouveaux habitants ou de
touristes remet-il en cause
la cohésion des filières
économiques existantes ?
Capacité à développer les
complémentarités entre les
entreprises 33
Indépendance économique totale vis-
à-vis des établissements d?autres
secteurs
Volume de salariés / d?entreprises
avec une double activité touristique et
traditionnelle
O
R
G
A
N
IS
A
T
IO
N
Mesure de l?indicateur
O
FF
R
E
D
E
S
E
R
V
IC
E
S
D
?I
N
T
É
R
Ê
T
G
É
N
É
R
A
L
47
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
1.3 Étape 3 : le système d?alerte et de veille
pour mesurer et apprécier la fragilité des
ressources, résultats de l?évaluation
La procédure d?évaluation de la capacité d?accueil et
de développement des territoires littoraux se termine
par une troisième étape qui consiste à mettre en place
le système d?indicateurs.
Cet outil d?observation marque une avancée
significative par rapport au simple chiffrage, aux
fourchettes de populations, de touristes, qui ont pu
être donnés comme mesure de la capacité d?accueil
par le passé. D?autres outils offrent une vision élargie
de la situation d?un territoire littoral (tableau de bord,
indicateur synthétique). Aussi, apparaît-il important
d?expliquer la spécificité du système d?indicateurs pro-
posé ici qui, seul, peut constituer le système d?alerte
et de veille quant à la maîtrise de la capacité d?accueil
et de développement recherchée.
Cette dernière étape apporte une mesure des
situations de saturation, de dysfonctionnement et de
déséquilibres des ressources. Elle permet ainsi de
confronter les fragilités attendues du système de
ressources à celles effectivement observées sur le
territoire. Cette étape permet de conclure à la
maîtrise ou à la non-maîtrise de la capacité
d?accueil sur le territoire considéré, au moyen
des fiches Capacité et du tableau synoptique des
indicateurs de la capacité d?accueil.
La mise en place réussie du système d?indicateurs
repose sur quelques clés méthodologiques à mettre
en oeuvre, tant pour reproduire l?évaluation sur un
autre territoire, que pour assurer la cohérence entre
les observations apportées par les indicateurs sur la
fragilité des ressources et les questions posées sur
les atteintes portées aux ressources par la pression
anthropique ciblées sur quelques principes fonda-
mentaux (contenues dans la grille d?évaluation
construite aux étapes 1 et 2).
R
e
ss
o
u
rc
e
à
e
n
je
u
Question posée en termes
de capacité d?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la
mise en péril de la
ressource à enjeu
Eclairages de ls situations
de déséquilibres
Mesure de l?indicateur
fondamental
complémentaire
Tranche modale des surfaces
construites Consommation d?espace par
l?urbanisation excessive
Pression urbaine ressentie
Offre de terrains
constructibles inadaptée à la
demande
Capacité résiduelle brute
d?urbanisation
Densité des espaces urbanisés,
COS réglementaires, (densité
minimale) Faible densité des espaces
urbanisés
Surface totale occupée par
l?urbanisation
Dispersion spatiale exagérée
et disparition des coupures
entre les bourgs
Dispersion spatiale de la
construction et étalement de la
tâche d?urbanisation
Surfaces des ZAC/ZAD,
lotissement et réserve foncière
S
O
L
La part du sol à vocation
urbaine réservée à l?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités est-
elle de nature à favoriser
l?étalement urbain (gaspillage
de la ressource sol) ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine 6
Procédures d?urbanisme
opérationnel et politique de
maîtrise foncière
insuffisantes Usage du Droit de Préemption
Urbain
Exemples d'indicateurs sur la resssource à enjeu SOL
Question posée en termes ... Capacité à ? Éclairages des situations de déséquilibres
Fuite d?une part importante des
revenus touristiques liés à un
approvisionnement hors territoire
Part des exploitations de produits de
la mer ou de l?agriculture vendant
dans des circuits courts (marché, ?)
Difficultés d?installation des
établissements à proximité de la
mer (filière des produits de la mer,
agriculture, commerces?)
Enquête et relevé terrain
La pression urbaine ou
touristique entrave-t-elle
la localisation profitable de
certaines entreprises ?
Capacité à offrir des
implantations adaptées
aux besoins des
entreprises 34
Renchérissement des loyers mettant
à mal la rentabilité
Montant des baux commerciaux
Mesure de l?indicateur
O
R
G
A
N
I
S
A
T
I
O
N
D
U
C
A
P
I
T
A
L
P
R
O
D
U
C
T
I
F
48
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Le système d?indicateurs est développé dans le sens
d?une vision territoriale des ressources, d?une appré-
hension de la saisonnalité des pressions et d?une prise
en compte des changements structurels que vont
connaître les ressources du territoire. Le dispositif
d?alerte et de veille quant à la maîtrise de la capacité
d?accueil et de développement s?oriente de ce fait vers
un système d?indicateurs intégré et dynamique qui
offre des perspectives de suivi dans la durée.
a. Comment obtenir un système d?indicateurs de la
capacité d?accueil et de développement ?
À partir des situations de déséquilibres non sou-
haitées et pourtant pressenties par les acteurs, le
système d?indicateurs est mis en place en complétant
les grilles d?évaluation par une nouvelle colonne (n° 5,
fig. 6). Elle fait apparaître les indicateurs de mise en
péril des ressources qui doivent être mesurés.
Le choix de l?indicateur est important, car il est
impératif de vérifier qu?il assure bien la connexion
entre l?objectif d?évaluation affiché (question posée) et
la situation mesurée (voir fig. 6).
Pour que les acteurs disposent d?un système
d?alerte et de veille de la capacité d?accueil opéra-
tionnel (fig. 7), il faut alors :
1. choisir pour chaque indicateur les
données qui vont éclairer les déséquilibres
sur les ressources --> quelles informations
sur les ressources sont recherchées ?
2. mobiliser les données et les traiter -->
que se passe-t-il sur le territoire ?
À ce stade, indicateurs/données ne forment
qu?un tableau de bord. Pour mettre en oeuvre un
système d?alerte et de veille, il faut mener trois
actions supplémentaires :
3. discuter et établir des états de référence
avec les acteurs (référence juridique, d?expert,
par comparaison ou simplement par choix poli-
tique et social local) et des seuils
d?évaluation --> Comment se situe le terri-
toire ? Par rapport à quelles valeurs cibles ?
Les situations de déséquilibres sont-elles
avérées ? Cette étape de la construction est
formalisée par une fiche d?indicateurs ;
4. produire une première synthèse à partir
de l?ensemble des indicateurs, sous la
forme d?un tableau synoptique faisant
apparaître les situations de déséquilibre
maîtrisées, réelles mais en partie maîtrisées, et
importantes --> Le territoire maîtrise-t-il
globalement sa capacité d?accueil ?
5. matérialiser les relations entre les
indicateurs --> Quelles sont les inter-
dépendances entre les différentes capacités
du système d?indicateurs ? Les déséquilibres
se propagent-ils aux autres ressources ?
Cette dernière étape touche aux pistes d?action et
aux réponses apportées par les différentes collectivités
territoriales et/ou la société civile. Chacune de ces
étapes est détaillée dans les pages qui suivent.
b. Le choix des indicateurs et des données associées
Cette étape s?inscrit toujours dans un processus de
co-construction. L?indicateur doit satisfaire à l?objectif
d?évaluation. Autrement dit, il est impératif de vérifier
que l?indicateur assure bien la connexion entre la ques-
tion posée dans la grille méthodologique d?évaluation et
la situation mesurée. L?indicateur doit être choisi en
fonction du sens qui pourra être attribué au résultat
après traitement des données associées. Ce choix est
important, car l?indicateur apporte une information très
restrictive par rapport à la question initialement posée
en termes de capacité d?accueil. Enfin, aucune restric-
tion n?est retenue a priori, surtout pas celle qui pourrait
être liée à la disponibilité de la donnée, car l?objectif
est de faire admettre le principe que pour
déboucher sur une évaluation pertinente, il faut
disposer des données d?observation adéquates.
Fig. 7 : les éléments nécessaires à l'élaboration d'un
système d'alerte et de veille
La grille exemple des pages précédentes
propose 105 situations de déséquilibre,
éclairées par 158 indicateurs (131
fondamentaux et 27 complémentaires). Après
adaptation au territoire insulaire d'étude, les
acteurs ont retenu 72 situations de
déséquilibre, introduisant 104 indicateurs.
Ceux-ci sont séparés en deux sous-ensembles :
un premier regroupe 79 indicateurs
fondamentaux ; un second totalise 25
indicateurs complémentaires. Ces derniers
sont sollicités uniquement pour un éclairage plus
approfondi d?une situation de déséquilibre révélée
préoccupante par les résultats du ou des
indicateurs fondamentaux mobilisés pour son
évaluation.
Indicateurs
Données
Régulations Liens
Etats de référence
valeurs cibles
Système
d'alerte et de veille
Université de Nantes (Chadenas C., Pottier P., Pouillaude A.), PUCA - DRE Pays de la Loire, 2008
49
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
c. Mobiliser les données
Il s?agit de disposer des données nécessaires à
l?analyse. Pour cela, il est important de mutualiser
les données en faisant appel aux portails de statis-
tiques, notamment géographiques, qui se mettent
en place comme aux observatoires statistiques lo-
caux et de réutiliser les informations déjà mobilisées
par ailleurs (évaluation environnementale des
projets, diagnostics de territoire ou préalables à un
Programme Local de l?Habitat, INSEE, Géokit, SIG
littoral, Portail Géopal, etc.).
Les expériences pilotes menées sur les secteurs-
ateliers ont souligné la difficulté de mobiliser des
sources statistiques dispersées. En outre, sur l?un
des territoires-ateliers près de 20 % des données
sont soit difficiles d?accès (données à caractère
commercial), soit inexistantes. La démarche visant
par ailleurs à comparer la situation observée sur le
territoire d?étude à d?autres pouvant servir de
situation de référence, accroît sensiblement ce travail
de mobilisation des données. Le temps nécessaire à
cette étape de la démarche est conséquent.
Concrètement, sur le secteur d'étude insulaire, le
bilan des indicateurs pris en compte et des indicateurs
non collectés est :
politiques et la société en général », Virtual center,
FAO, 2008).
Par conséquent, l?appréciation du niveau de pression
exercée, de manière saisonnière ou permanente, par
les populations et les activités sur le « capital » de
ressources du territoire, repose sur une mise en per-
spective de la situation territoriale avec des éléments
de seuillage permettant d?apprécier le niveau de
pression exercée et de saturation éventuelle.
La perspective est d?attribuer à chaque situation de
déséquilibre évaluée, un niveau simplifié de :
Ressource
Indicateur
sans donnée
Nb d?indicateurs
pris en compte
9
7
5
34
40
30
Société
Environnement
Economie
Total 21 104
d. Discuter et établir des états de référence avec les
acteurs
Le véritable enjeu d?une évaluation de la capacité
d?accueil consiste à savoir si le niveau de pression
observée, exercée par les activités et les populations
permanentes et saisonnières, est le maximum que
puisse supporter le système de ressources du
territoire (SRT). Elle vise également à apprécier les
marges de manoeuvre existantes.
L?une des particularités de ce système d?indicateurs
est d?être non seulement un outil de veille sur les
ressources, mais également un système d?alerte qui
apprécie la position par rapport à un seuil maximal,
par rapport à un seuil d?alerte (« les seuils sont
uniques, et peut-être même la base la plus
importante de toute évaluation. En général, le
franchissement d?un seuil de durabilité clairement
défini devrait envoyer un signal fort vers les décideurs
déséquilibre réel mais en partie maîtrisé
situation maîtrisée
absence de donnée
déséquilibre important
Pour mener à bien l?évaluation, le positionnement
du territoire ramène tout d?abord au processus des
pressions/impacts et des origines des situations de
déséquilibre observées. Par exemple, sur un espace
littoral subissant un fort développement, quelle est la
part de la réduction des surfaces agricoles liées au
contexte structurel de l?agriculture, et celle effec-
tivement provoquée par la trop forte pression anthro-
pique et donc à l?incapacité de sa bonne maîtrise ?
Quelle est la part de l?augmentation des prix du foncier
liée au contexte national du logement et à l?évolution
globale du marché, comparée à celle d?une pression
locale forte provoquée par une demande non contenue
et sans régulation ?
Si cette question doit être éclairée au coup par coup,
il nous semble pour autant important de baliser cette
démarche d?appréciation de situations de déséquilibre
qui se trouvent ainsi en interrogation collective.
La détermination de la capacité d?accueil ne
peut ainsi se passer de normes et de références,
de guides d?appréciation :
1. Pour certains indicateurs, le seuillage de
l?évaluation peut être apporté par des
normes juridiques qui fixent les seuils de
tolérance de ce qui est admis ou non (le taux de
raccordement aux réseaux d?assainissement, le
pourcentage de logements sociaux?). Mais,
cette régulation juridique n?est finalement qu?ex-
ceptionnelle. Pour l?essentiel des indicateurs pris
en compte, aucune norme établie ne permet
d?évaluer la situation de façon nette et objective.
Comment, en effet, peut-on fixer le seuil d?ac-
ceptation concernant le nombre de jours d?inter-
diction de pêche à pied sur l?estran, situation de
déséquilibre due à une mauvaise gestion des
eaux usées et donc une non-maîtrise des pres-
sions exercées sur le territoire ? Le principe
50
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
accepté est-il la tolérance « zéro » ? Ou alors,
peut-on admettre qu?il s?agit là d?un « dommage
collatéral » du développement littoral et des
pressions qui s?y exercent, d?accidents ponctuels
acceptables et non d?une situation structurelle
inquiétante, et que cela fait à présent partie du
modèle admis de gestion de ces espaces à forte
pression ? Ainsi, même si l?objectif est de ra-
mener cette situation au plus bas, finalement 5,
10 ou 30 jours d?interdiction apparaissent ac-
ceptables. Dans ces conditions, où peut-on fixer
la norme ? Quelle est la référence, est-elle la
même pour tous les acteurs, élus, techniciens et
experts, services de l?État ou citoyens ? En l?ab-
sence d?une théorie ou d?une méthode établie,
qu?elle soit de la valeur, des prix hédonistes ou
encore d?évaluation contingente, ces champs de
ressources locales restent pour l?essentiel sans
véritable moyen d?évaluation.
2. Ensuite, des domaines de connaissance
peuvent faire référence, au titre d?expertises
issues d?une observation minutieuse et d?une
appréciation globale de questions quelquefois
complexes. C?est le cas pour l?appréciation d?un
certain nombre de dégradations environne-
mentales (seuil de renouvellement des es-
pèces, niveau de concentration de polluants
ayant des répercussions sur le milieu?), de
perturbations sociales (part d?allochtones dans
une population autochtone), ou enfin de dé-
séquilibres économiques (capacité d?autofinan-
cement insuffisante, bilan d?exploitation d?équi-
pement déficitaire, coefficient de mobilisation du
potentiel fiscal insuffisant?).
3. Pour compléter ces avis d?experts, la com-
paraison d?une situation locale par rapport
à d?autres territoires ou par rapport à une
autre période est souvent riche d?ensei-
gnement, car susceptible de fournir des points
de comparaison utiles à sa propre évaluation.
Ainsi, la perception de la perte de la biodiversité
d?un estran, semblant minime d?une année sur
l?autre, apparaît de façon plus évidente grâce à
la prise en compte d?une référence temporelle
éloignée, de plusieurs décennies par exemple.
Les comparaisons spatiales apportent également
des éclairages permettant de mieux fixer le seuil
de son propre niveau de maîtrise d?une situation
de déséquilibre également connue par d?autres.
Ainsi, la densité d?occupation d?un espace littoral
pendant la période de pointe n?est pas simple à
évaluer dans l?absolu. En revanche, sa confron-
tation à d?autres niveaux enregistrés à la même
période, sur d?autres espaces similaires, permet
d?en apprécier un peu mieux l?importance, par
simple comparaison. Une capacité résiduelle
d?urbanisation offrant trente années de poursuite
d?urbanisation à un rythme élevé peut par
ailleurs paraître acceptable pour certains élus lo-
caux, soucieux d?offrir une réponse à la hauteur
de la demande de construction sur leur territoire.
Comparée toutefois à d?autres territoires
confrontés à une demande similaire et offrant
majoritairement une offre beaucoup plus
contenue, permettant ainsi d?économiser la
ressource du sol, la situation en étude apparaît
par le fait sous un autre aspect, exceptionnelle et
facteur de déséquilibre ou de détérioration d?une
ressource vitale pour l?avenir. Cette méthode
d?évaluation du type des analyses comparatives
(proche du benchmarking, Despres, 2009) doit
être privilégiée, car elle permet de mieux
appréhender la valeur cible d?une situation alors
jugée collectivement comme le but à atteindre
(de ce point de vue, des comparaisons avec des
situations européennes, dépassant le strict cadre
national français, pourraient s?avérer particuliè-
rement utiles pour prendre conscience que
d?autres formes de développement que ceux pri-
vilégiées chez nous sont aussi possibles et qu?ils
permettent une meilleure mise en valeur durable
des ressources à enjeu sur les espaces littoraux).
4. Enfin, la détermination de la capacité d?ac-
cueil étant une question de négociation sociale,
normes et références peuvent être tout
simplement posées par les acteurs locaux.
L?évaluation de la situation de la ressource, au
regard des pressions anthropiques qui s?exer-
cent sur elle, est alors le résultat d?une négo-
ciation qui consiste à échanger les points de vue
et les niveaux d?acceptation, à les argumenter et
leur donner une légitimité collective.
À l?issu de ce temps, sont produites les fiches
« capacité » présentant les indicateurs chiffrés
et évalués retenus lors des étapes précédentes (des
exemples de fiches complètes sont présentés en
annexes).
Une fiche ne correspond pas strictement à un indi-
cateur, mais à un sous-ensemble regroupant les situa-
tions de déséquilibre portées en hypothèse dans le
cadre d?une interrogation de la capacité du
territoire à éviter la mise en péril d?une res-
source particulière (colonne 3 de la grille
d?évaluation). Cette structuration du système d?indi-
cateurs permet de centrer l?évaluation sur les
questions retenues au départ, celles cherchant à
préciser la nature de l?atteinte portée aux ressources
du territoire par l?arrivée supplémentaire de popula-
tions et d?activités (colonne 2 de la grille d?évaluation).
51
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Ainsi, pour la zone-atelier insulaire retenue, les 34
capacités du territoire à éviter la mise en péril d?une
ressource particulière débouchent sur la réalisation de
34 fiches « capacité ». Trois sont présentées en
annexe. En pratique, certaines fiches peuvent ne
contenir qu?un seul indicateur : la capacité à maintenir
l?accès à la plage ne concerne que l?évaluation du
niveau de saturation des sites de pêche à la ligne ;
d?autres peuvent en regrouper jusqu?à six : la capacité
à adapter le dimensionnement et la qualité des
équipements collectifs concerne l?évaluation de la
capacité résiduelle de la station d?épuration, du coût
par foyer de la collecte des déchets selon la saison, du
nombre de foyers desservis rapportés au linéaire des
circuits de collecte, du coût global de stockage et
d?évacuation des déchets, de l?écart entre le volume
consommé d?eau potable et la capacité de stockage
suivant la saison et du dysfonctionnement des réseaux
de communication en été.
Les questions abordées lors de cette étape de
l?évaluation, pour chaque fiche « capacité », doivent
permettre de situer le territoire par rapport à la res-
source en évaluation, de convenir de valeurs cibles en
fonction d?objectifs définis pour l?avenir et, finalement,
de statuer sur les situations de déséquilibres, avérées
ou non. Pour cette raison, cette étape est centrale
dans la démarche, car elle offre un moment d?é-
changes qui permet d?évaluer collectivement l?état de
la ressource et de mettre en débat l?ensemble des
pressions qui s?exercent sur elle.
Il est enfin particulièrement important que
cette démarche ne soit pas entreprise comme une
évaluation critique dans le mauvais sens du terme
(visant à attribuer des bonnes et des mauvaises
notes), mais comme une mise en discussion de
situations perçues bien souvent sous des angles
différents, par des acteurs aux points de vue, aux
missions et aux stratégies différenciées.
e. Le tableau synoptique : synthèse des indicateurs
L?étape suivante consiste à produire une synthèse à
partir de l?ensemble des indicateurs, sous la forme d?un
tableau synoptique faisant apparaître la totalité des
situations de maîtrise de la pression sur la ressource
(vert), de déséquilibre de la ressource en partie
maîtrisé (orange), et de déséquilibre important non-
maîtrisé de la ressource (rouge). Ce tableau présente
la synthèse des fiches « capacité », regroupées par
ressource potentiellement mise en danger.
Il s?agit d?apprécier globalement le niveau de
maîtrise des pressions qui s?exercent sur le territoire.
Le tableau synoptique offre pour cela un résultat visuel
où la couleur dominante donne une première indication
qui peut être soit perçue ressource par ressource (l?une
peut présenter une dominante rouge, une autre verte),
ou plus globalement pour l?ensemble des indicateurs.
C?est ce premier niveau de perception qui doit être
privilégié, car il apporte les éléments fins de l?appré-
ciation, avec la possibilité d?appréhender les résultats
propres à chaque situation de déséquilibre en évalua-
tion, tout en offrant la possibilité d?une perception
globale rendue possible par le traitement graphique
du tableau synoptique.
Ressource principale potentiellement en danger : l?eau
Indicateur 1a1
Indicateur 1a2
Capacité à garantir le bon accès à l?eau 1
Indicateur 1b
Indicateur 2a1
Indicateur 2a2
Indicateur 2a3
Capacité à préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages du
bassin-versant et de la mer 2
Indicateur 3a
Indicateur 3b
Indicateur 3c1
Capacité à gérer la diversité des usages sur le plan d?eau maritime 3
Indicateur 3c2
Ressource principale potentiellement en danger : l?air
Capacité à garantir un niveau sonore raisonnable 4 Indicateur 4
Capacité à garantir la qualité de l?air 5 Indicateur 5
déséquilibre important
révélant une non-maîtrise
déséquilibre réel mais
en partie maîtrisé
situation maîtrisée
absence de donnée
Tableau synoptique des indicateurs de la capacité d'accueil d'un territoire
Il est associé à la grille exemple des pages précédentes. L'indicateur 1a3 renvoyant à la capacité 1, déséquilibre
a, indicateur 3. Le tableau ne comporte pas l'ensemble des indicateurs de la grille mais seulement ceux ayant
un intérêt pour le territoire. Les couleurs sont données à titre indicatif, elles ne reflètent pas la situation d'un
territoire-atelier.
52
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Ressource principale potentiellement en danger : le sol
Indicateur 6a1
Indicateur 6a2
Indicateur 6a3
Indicateur 6b
Capacité à maîtriser l?extension urbaine 6
Indicateur 7a
Indicateur 7b
Indicateur 7c
Indicateur 7d
Indicateur 7e
Capacité à préserver les espaces nécessaires aux autres usages 7
Indicateur 7f
Indicateur 8a
Indicateur 8b
Capacité à partager équitablement le domaine public (terrestre et maritime) 8
Indicateur 8c
Indicateur 9a1
Indicateur 9a2
Indicateur 9a3
Capacité à éviter des pratiques déstabilisatrices sur les sites naturels sensibles 9
Indicateur 9b
Ressource principale potentiellement en danger : la faune
Indicateur 10a1
Ressource principale potentiellement en danger : la flore
Indicateur 10a2
Indicateur 10b
Capacité à préserver la faune littorale 10
Indicateur 11a
Indicateur 11b
Capacité à éviter le dérangement de la faune 11
Indicateur 11c
Indicateur 12a
Indicateur 12b1
Indicateur 12b2
Capacité à préserver les espèces floristiques indigènes 12
13 Indicateur 13aCapacité à assurer la continuité de la trame verte
Indicateur 13b
Ressource principale potentiellement en danger : la culture locale
Indicateur 14aCapacité à préserver l?identité locale (pratiques culturelles, identité maritime?) 14
15
Indicateur 14b
Indicateur 15a
Indicateur 15b
Capacité à maintenir le caractère local du patrimoine bâti
Indicateur 15c
Indicateur 16a
Indicateur 16b
Capacité à préserver les spécificités et la qualité paysagères 16
Ressource principale potentiellement en danger : la démographie
Indicateur 17a
Indicateur 17b
Indicateur 17c1
Capacité à assurer le maintien et le renouvellement des populations permanentes 17
Indicateur 17c2
Indicateur 18a1
Indicateur 18a2
Capacité à maintenir un équilibre démographique entre les populations permanente et
temporaire 18
Ressource principale potentiellement en danger : le mode de vie des individus
Indicateur 19a1
Indicateur 19a2
Indicateur 19b
Capacité à maintenir des conditions de vie acceptables 19
Indicateur 20a
Indicateur 20b
Indicateur 20c1
Indicateur 20c2
Capacité à préserver le fonctionnement social propre au territoire 20
53
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Ressource principale potentiellement en danger : le mode d?habiter
Indicateur 21a1
Indicateur 21a2
Indicateur 21b
Indicateur 21c1
Indicateur 21c2
Capacité à assurer la mixité résidentielle et sociale 21
Indicateur 22a1
Indicateur 22a2
Capacité à diversifier l?offre d?hébergement touristique 22
Indicateur 22b
Ressource principale potentiellement en danger : le mode de travail
Indicateur 23a
Indicateur 23b
Capacité à maintenir localement les emplois permanents et les diversifier 23
Indicateur 24a
Indicateur 24b1
Capacité à entretenir des savoir-faire locaux 24
Indicateur 24b2
Indicateur 24c
Ressource principale potentiellement en danger : la vie collective
Indicateur 25a Capacité à maintenir un débat politique apaisé entre les intérêts contradictoires 25
Indicateur 25b
Indicateur 26a Capacité à assurer la participation à la vie communale 26
Indicateur 26b
Ressource principale potentiellement en danger : le capital matériel
Indicateurs 27a
Indicateurs 27b1
Indicateurs 27b2
Indicateur 27c
Indicateur 27d
Capacité à adapter les équipements collectifs au pic de fréquentation
(dimensionnement, qualité) et à bien les faire fonctionner toute l?année 27
Indicateur 28a Capacité à maintenir la diversité des utilisateurs des équipements et infrastructures 28
Indicateur 28b
Ressource principale potentiellement en danger : le capital financier
Indicateur 29a1
Indicateur 29a2
Indicateur 29a3
Indicateur 29a4
Capacité à maîtriser financièrement l?urbanisation (équipements collectifs et services)
et la spécialisation touristique 29
Ressource principale potentiellement en danger : le tissu économique local
Indicateur 30a1
Indicateur 30a2
Indicateur 30b
Capacité à maintenir la diversité du tissu économique local 30
Indicateur 30c
Indicateur 31a
Indicateur 31b1
Capacité à maintenir une activité économique hors saison 31
Indicateur 31b2
Ressource principale potentiellement en danger : l?offre de services d?intérêt général
Indicateur 32a1
Indicateur 32a2
Indicateur 32b
Indicateur 32c
Capacité à adapter l?offre de services d?intérêt général, à une population changeante en
nombre et en composition 32
Indicateur 32d
Ressource principale potentiellement en danger : l?organisation du capital productif
Indicateur 33a Capacité à développer les complémentarités entre les entreprises 33
Indicateur 33b
Indicateur 34a Capacité à offrir des implantations adaptées aux besoins des entreprises 34
Indicateur 34b
54
f. Matérialiser les relations entre les indicateurs
La dernière étape doit orienter l?évaluation vers la
prise en compte de sous-ensembles d?indicateurs liés
entre eux par des interactions. L?objectif est alors :
- d?évaluer comment une situation de déséqui-
libre peut se propager pour créer ou amplifier
d?autres situations de déséquilibre ;
- de recomposer des sous-systèmes fonctionnels
au sein du système de ressources du territoire.
Il s?agit ainsi de favoriser une approche intégrée,
permettant le passage du tableau de bord à un véri-
table système d?indicateurs.
Chaque fiche contient une rubrique mentionnant les
capacités liées. Elles correspondent à des situations de
déséquilibre dont il est reconnu qu?elles peuvent être
en lien avec celles qui sont déclinées dans la fiche.
Cette question doit être débattue lors de la phase de
remplissage des fiches « capacité », car elle permet
ainsi de poser les hypothèses de ces interactions et de
cerner les sous-systèmes sur lesquels l?attention devra
être portée de façon intégrée, en cas de résultat
soulignant la non-maîtrise des pressions exercées sur
les ressources du territoire. Par exemple, la fiche 6
concernant « la capacité à maîtriser l?extension
urbaine », adaptée à un territoire insulaire (en
annexe), met en hypothèse six situations de dé-
séquilibres. Ces situations de déséquilibre sont alors
intégrées à un ensemble de 40 situations de désé-
quilibre regroupées dans 12 fiches d?interrogation de
la capacité du territoire à éviter la mise en péril d?une
ressource particulière.
Ces domaines d?analyse croisée ne sont pas
forcément et exclusivement concentrés sur les
interactions exprimées au travers des liens formalisés
dans les fiches « capacité », entre pressions exer-
cées/situations de déséquilibre associées. D?autres
sous-ensembles problématiques peuvent être explo-
rés. Tout d?abord, le retour sur les principes fon-
damentaux orientant la gestion de ressources cen-
trales est souhaitable. La synthèse du système
d?indicateurs est alors redistribuée selon ces orien-
tations stratégiques. Par exemple, sur 104 indicateurs
retenus pour le site insulaire en zone-atelier, 49 se
regroupent autour du premier principe du Partage du
foncier dans un contexte insulaire subissant un fort
processus d?étalement urbain (ressource centrale en
domaine ressource à enjeu capacité liée
Capacité 2 : préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages du
bassin-versant ou de la mer
Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usagesenvironnement
Capacité 13 : assurer une trame verte cohérente
Capacité 15 : maintenir le caractère local du patrimoine bâti
Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
société
Capacité 25 : maintenir un débat politique apaisé entre les intérêts contradictoires
Capacité 27 : adapter les équipements collectifs
Capacité 29 : maîtriser financièrement l?urbanisation (équipements collectifs et services)
économie
Capacité 30 : maintenir la diversité du tissu économique local
Capacité 32 : adapter l?offre de services d?intérêt général toute l?année
Eau
Sol
Flore
Culture
Mode
d?habiter
Mode
d?habiter
Vie
collective
Capital
financier
Tissu
économique
local
Services
d?intérêt
général
Capital
matériel
Capacités liées à la capacité 6 « Maîtriser l?extension urbaine » (voir en annexe la fiche complète)
56 La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux 55
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
jeu, le sol), et 55 autour du second principe de la
Préservation et de la gestion de la spécificité de ce
territoire littoral (ressource centrale en jeu, mode
d?habiter et de travailler insulaire).
Ces quelques propositions ne sont que des
exemples particuliers qui s?attachent à l?éclairage de
situations propres à quelques territoires. Pour avoir
une portée opérationnelle ou d?aide à la décision, ce
système d?indicateurs de la capacité d?accueil ne doit
pas apparaître sous une forme rigide, mais plutôt être
conçu comme un outil de réflexion au service d?une
approche pragmatique, qui doit apporter des éléments
de réponse à des questions constamment refor-
mulées. Il doit conserver une dimension essentielle-
ment négociée, y compris pour l?analyse globale d?une
situation qui ne peut être réduite à quelques indices
synthétiques. De ce point de vue, ce système d?indica-
teurs n?est qu?un moyen de mise en éclairage d?un
certain nombre de situations non souhaitées de dégra-
dation de ressources jugées essentielles pour un terri-
toire et son futur. Il ne peut être une finalité en soi.
2. De la capacité d?accueil à des scénarios
de développement des territoires littoraux
Le véritable enjeu d?une évaluation de la capacité
d?accueil consiste à savoir si le niveau de pression
exercée par les activités et les populations perma-
nentes et saisonnières, est le maximum que puisse
supporter le système de ressources du territoire
(SRT). De ce point de vue, l?une des particularités du
système d?indicateurs élaboré est d?être non seule-
ment un outil de veille sur les ressources, mais éga-
lement un système d?alerte qui apprécie la position par
rapport à un seuil maximal d?alerte. Il s?agit ainsi
d?apprécier les marges de manoeuvre existantes au
travers de la mesure des possibilités offertes par le
SRT dans la démarche indissociable d?évaluation de la
capacité de développement.
Une première approche ébauche la prise en compte
de la capacité d?accueil dans le projet de territoire. Au
fur et à mesure de la démarche d?évaluation, lors de
la prise en compte et de la discussion sur les situations
de déséquilibre de la ressource par l?équipe-projet, la
démarche propose quelques points clés formalisés
dans chaque fiche d?indicateurs. À la suite des
rubriques « données, traitement, résultats et éva-
luations », déclinées pour chaque indicateur,
suivent en effet non seulement la mise en place
d?une « valeur cible », mais également des « pistes
d?actions » pour atteindre l?objectif retenu (voir
fiches détaillées en annexe).
Évaluation : la capacité brute d?urbanisation est ici limitée aux terrains nus et ne tient donc pas compte du renouvellement
urbain possible dans les années à venir (densification des espaces actuellement urbanisés), jusqu?à présent
limité dans les espaces urbains du littoral régional.
Il n?existe pas de règles s?appliquant à ce qu?un PLU doit raisonnablement offrir comme terrains à bâtir en
fonction de la demande qui s?exprime sur un territoire. On peut toutefois partir du principe qu?un PLU est un
document de planification à court terme (5 ans, 10 ans maximum) et que par conséquent un potentiel
équivalent à 15 ans de constructions sur un rythme identique à celui observé sur la dernière décennie écoulée
est acceptable et conforme à une gestion rigoureuse de l?espace.
==> Avec 21 années de réserve d?urbanisation, le PLU de l?île en étude offre encore des surfaces pour la
construction à vocation résidentielle trop largement dimensionnées. Concernant les surfaces immédiatement
urbanisables, le PLU de l?île en étude est le plus « généreux » de ceux utilisés en référence (19 ans de réserve,
contre 18, 14, 6 et 5).
Valeur cible : l?offre de terrains constructibles pourrait être réduite sensiblement, pour atteindre une réserve équivalente à
15 années de construction au rythme des dix dernières années écoulées.
Piste d?actions : pour atteindre cet objectif, il est possible de réduire les surfaces constructibles dans le cadre actuel du PLU, en
transférant une partie en réserve d?urbanisation future et en envisageant le déclassement d?une autre partie.
Une taxe sur la vente des terrains nus constructibles par leur classement dans le PLU peut être envisagée.
Cette taxe instaurée récemment dans une commune de l'agglomération nantaise a été fixée à 10 % des deux
tiers du prix du terrain vendu. Cette taxe rétablit un équilibre entre les propriétaires fonciers, tout en
répartissant plus équitablement la rente d?urbanisation et notamment en renforçant la fiscalité locale et ainsi
sa capacité à aménager et équiper les zones urbanisées.
Extrait de la fiche capacité 6 « Maîtriser l?extension urbaine » du site insulaire retenu en zone-atelier, pour l?indicateur
6c capacité résiduelle brute d?urbanisation
56
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Au-delà de ce premier travail, une autre dimension,
plus ambitieuse, peut être perçue. Il s?agit de l?inté-
gration des résultats obtenus à la mise en oeuvre du
projet de territoire.
Tout d?abord, les discussions et les résultats de
l?évaluation de la capacité d?accueil doivent trouver
leur place dans une démarche de diagnostic. Elle
peut plus précisément être perçue comme une
extension de l?évaluation environnementale. Elle
la chevauche alors en partie et a en commun avec elle
des principes méthodologiques assez similaires. Par
l?ensemble des questionnements posés sur le
territoire face à l?augmentation de populations et
d?activités, la démarche doit permettre de mieux
cerner les fragilités potentielles de ce territoire ;
notamment, celles qui présentent des enjeux
déterminants pour l?avenir. Cette question des pres-
sions anthropiques qui s?exercent sur des territoires
littoraux dont on connaît la vulnérabilité, et, au-delà,
de leur maîtrise pour ne pas hypothéquer ce qui fait
leur richesse, est en fait centrale à toute réflexion
portant sur leur développement. La démarche d?éva-
luation de la capacité d?accueil ne peut donc que s?y
intégrer « naturellement », le système d?indicateurs
qui l?accompagne permettant par ailleurs d?élargir la
veille nécessaire à l?évaluation des choix retenus. En
s?appuyant sur le système de ressources du territoire,
l?analyse de la situation des territoires littoraux
permet bien de mettre en lumière la prospective
demandée dans les documents de planification
territoriale, par exemple.
Les discussions et les résultats de l?évaluation de la
capacité d?accueil doivent également s?inscrire
dans une démarche prospective, qui planifie pour
l?avenir les objectifs d?accueil supplémentaire de
populations et d?activités. Le premier niveau d?inté-
gration concerne tout simplement les faiblesses cons-
tatées lors de l?examen des indicateurs, faiblesses qui
doivent être réduites et pour lesquelles on peut même
imaginer qu?elles puissent déboucher sur des solutions
avant que ne soit envisagée la poursuite du dévelop-
pement. Sur l?île étudiée, c?est bien ce principe qui a
motivé le tribunal administratif de Nantes « à cen-
surer, pour erreur manifeste d?appréciation, la révision
du plan d?occupation des sols qui prévoyait une
extension de l?urbanisation, aux motifs que cette
modification ne tenait pas suffisamment compte de
l?état des équipements publics présents sur l?île
(capacité de l?assainissement, possibilités de traite-
ment des déchets) au regard des objectifs de
construction ». Le projet de développement proposé
est ainsi soumis à la capacité à adapter le dimen-
sionnement des équipements collectifs, c?est-à-dire à
la remise à niveau de la ressource du capital matériel,
jugée trop altérée pour offrir une capacité résiduelle
destinée à l?accueil supplémentaire de population. Par
extension, c?est l?ensemble des situations avérées de
déséquilibres qui doivent donner lieu à un examen
attentif. Pour chaque indicateur traduisant une
situation de déséquilibre importante et non-maîtrisée
de la ressource (couleur rouge), voire une situation de
déséquilibre en partie maîtrisée de la ressource
(couleur orange), il est nécessaire de mettre en
perspective le niveau d?altération de la
ressource et l?évaluation de son aggravation
possible, compte tenu des projections démo-
graphiques ou des choix de développement
d?activités qui sont posés pour l?avenir.
Le système d?indicateurs dédié à l?évaluation de la
capacité d?accueil, conçu comme un outil d?aide à la
réflexion, devient alors un outil réel d?alerte et de
veille. Sa mise en place doit accompagner le projet de
territoire, en proposant le principe d?une évaluation
permanente et donc d?un suivi des observations.
Celui-ci pourra être prolongé par une révision des
indicateurs, dans le cas où la situation de déséquilibre
constatée aurait évolué. De nouvelles ressources à
enjeu peuvent également être progressivement
intégrées en fonction de nouvelles situations de
déséquilibre pressenties, ou de nouveaux choix poli-
tiques centrés sur des principes fondamentaux refor-
mulés ; conduisant à la mise à jour périodique du
système d?indicateurs et de l?évaluation.
3. Portée normative de la méthode
Au cours des échanges qui ont nourri ce travail
interdisciplinaire et de terrain, les autorités locales,
administrateurs, géographes, économistes ont soulevé
une question d?importance à propos de la proposition
méthodologique qu?il présente: quels peuvent être ses
effets au niveau de l?ordonnancement juridique ?
Les données de cette interrogation peuvent se
décomposer comme suit :
1. quelle force juridique s?attache aux différents
éléments inscrits dans l?étude ? S?agit-il ici de
« lignes impératives » s?imposant aux auteurs
des documents de planification urbaine ou, au
57
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
contraire, de simples « directives » dépourvues
de caractère obligatoire ? Quelle situation ces
éléments occupent-ils par rapport à l?ordon-
nancement juridique et quelle place leur est
éventuellement réservée dans la hiérarchie des
actes ?
2. quelle autorité politique revêt la méthode
retenue ? À quels organes, le cas échéant,
s?imposent-elles ? Les suggestions formulées ou
les explications proposées pour interpréter la
notion de capacité d?accueil présentent-elles un
caractère obligatoire ou, à l?inverse, laissent-
elles au pouvoir local la faculté de ne pas en tenir
compte, de les modifier ou de les contrarier au
cours de l?élaboration des schémas de cohérence
territoriale ou des plans locaux d?urbanisme ?
Notre réponse sera la suivante : la démarche qui a
conduit à élaborer cette méthode et à engager une
réflexion sur la définition et sur les contours de la
notion légale de « capacité d?accueil » n?est pas une
opération normative, même si, quelque part, elle
aboutit à la mise en place d?éléments dont on sait bien
qu?ils peuvent avoir quelque chose à voir avec le droit.
Cette démarche est donc extérieure à l?ordonnan-
cement juridique et, par conséquent, à la hiérarchie
des actes. Il n?en demeure pas moins que ces travaux
expriment avec une certaine solennité (notamment
parce que des autorités administratives y ont parti-
cipé) des lignes directrices dont sont susceptibles de
s?inspirer les pouvoirs publics sans que, pour autant,
leur pouvoir d?appréciation s?en trouve limité.
3.1 L?étude entreprise est extérieure
à l?ordonnancement juridique
En elle-même, la méthode d?évaluation proposée ici
ne revêt aucune force juridique, dans la mesure où
« un rapport, même remarquable, n?est point un acte
juridique » (Rivero, 1947), c?est-à-dire « une
opération par laquelle des normes juridiques sont
posées, édictées » (Eisenmann, 1983). Alors même
qu?il s?agit ici d?éclairer le sens de dispositions légis-
latives et, ainsi, de formuler une certaine interpré-
tation du droit en vigueur, cette activité intellectuelle
ne saurait, pour autant, être confondue avec un
processus normatif. Cela est d?autant plus vrai que les
auteurs de l?étude ne sont pas institutionnellement
habilités à édicter des règles, c?est-à-dire à fixer des
mesures dont la vocation spécifique est, soit de créer
des droits et des obligations, soit d?imposer une
interprétation du droit applicable en vue de l?édiction
de décisions.
Ce qui fait que l?on ait pu ici hésiter est dû très
certainement à la particularité même de l?étude entre-
prise, celle-ci ayant aussi pour objet de dégager le
sens et la portée d?une règle juridique qui, dans
certaines circonstances, impose aux collectivités
locales de déterminer la capacité d?accueil des
communes littorales. Cette étude contient par
conséquent des instructions, des recommandations,
ou encore des explications sur la façon dont les
dispositions de l?article L. 146-2 du code de
l?urbanisme peuvent être appliquées. L?étude constitue
ainsi un commentaire de cet article et en interprète les
dispositions ; elle indique d?une manière détaillée la
façon dont la capacité d?accueil est susceptible d?être
déterminée, ou encore les précautions à prendre en la
matière. D?aucuns pouvaient dès lors être tentés de
considérer que l?interprétation qui est ainsi formulée
sur l?application du droit a une portée obligatoire,
c?est-à-dire qu?elle s?impose aux planificateurs à
l?occasion de l?élaboration des documents d?urba-
nisme. Ce travail donnerait, en quelque sorte, une
interprétation impérative du droit que l?Administration
a pour mission de mettre en oeuvre.
Les critiques, informations, interprétations,
propositions qui ont été émises dans ce travail sont de
simples opinions et non des prescriptions qu?il
conviendrait de suivre à la lettre, et ceci alors même
que la formulation ou les caractères des mesures ainsi
fixées seraient imprégnés par l?idée d?obligation,
d?autorité ou de prescription.
La méthode retenue échappe par conséquent à
l?ordonnancement juridique stricto sensu : elle lui est
extérieure ; elle s?inscrit dans un système dépourvu
de communication avec le bloc de légalité, le droit de
critique ou d?interprétation du commentateur ne
s?accompagnant pas du droit de poser des règles.
Il en résulte que le contenu du rapport ne peut
en principe limiter en quoi que ce soit
l?importante marge de manoeuvre dont
disposent les autorités locales pour déterminer,
dans les documents de planification urbaine, la
capacité d?accueil des communes littorales 12.
Ceci signifie que, juridiquement, ces autorités ne sont
en rien tenues d?appliquer la présente démarche mais,
au contraire, gardent toute latitude pour reprendre
l?interprétation qui est ici préconisée, ou au contraire,
pour l?amender, l?enrichir, la réfuter ou la contredire.
La grille d?analyse ne saurait par conséquent entraîner
en elle-même la moindre obligation juridique à la
charge des organes chargés d?appliquer l?article
L. 146-2 du code de l?urbanisme.
12 Sur cette marge de manoeuvre, cf. supra.
5958
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Corrélativement, aucun contrôle juridictionnel de
l?application de la méthode n?est concevable. Du moins
en est-il ainsi tant que l?une ou l?autre des
interprétations émises n?a pas été « reçue » dans un
des actes constitutifs de la légalité, par exemple, dans
un plan local d?urbanisme ou dans un schéma de
cohérence territoriale. En vertu de son statut, la mé-
thode proposée ici n?est ni opposable à l?Adminis-
tration, ni invocable devant le juge administratif par
les administrés, que ce soit pour en réclamer
l?application ou pour alléguer de son illégalité. Un
requérant ne peut donc, par exemple, faire valoir
qu?un plan local d?urbanisme est illégal parce qu?il n?a
pas été pris conformément à l?une ou l?autre des
orientations définies dans l?étude.
D?une manière générale, la méconnaissance de la
capacité d?accueil ne peut être contestée devant le
Tribunal administratif au regard des éléments
contenus dans la présente étude mais uniquement en
se fondant sur l?article L. 146-2. Ajoutons que le
tribunal administratif qui se fonderait sur ce rapport
pour conclure à la légalité ou à l?illégalité d?un
document d?urbanisme commettrait une erreur de
droit, dans la mesure où il se prononcerait au regard
d?un « texte » qui n?appartient pas au bloc de légalité.
Recherche et ordonnancement juridique appar-
tiennent ainsi à deux univers différents. Face à ce
constat, il pourrait être tentant de conclure que la
présente méthode « parlerait pour ne rien dire ».
Celle-ci cultiverait ainsi la déception des uns (ceux qui
entendraient y trouver un certain degré de norma-
tivité pour encadrer un tant soit peu les pouvoirs dont
disposent les planificateurs pour définir la capacité
d?accueil) tout en laissant les autres ignorer une
interprétation pertinente dès lors que cette mécon-
naissance ne peut être sanctionnée. Cette étude serait
donc, en quelque sorte, un coup d?épée dans l?eau, ou
une addition de « bons principes » et de « lieux com-
muns », dès lors que les orientations qu?elle définit en
la matière ne bénéficieraient pas du soutien de la
règle, les leviers du droit ne pouvant ici être actionnés
pour sanctionner la méconnaissance de son contenu.
Cette vision des choses est néanmoins par trop
simpliste.
3.2 L?étude peut néanmoins influer sur
l?interprétation de la notion de capacité d?accueil
Si la présente étude ne peut, comme il vient d?être
montré, créer du droit, cela ne signifie pas pour autant
que celle-ci soit dénuée de toute portée, ou de toute
efficacité. Cette réflexion ou, dit autrement, cette
édiction d?éléments « non-normatifs » a très
certainement une certaine force matérielle dans la
mesure où, en établissant des données objectives
nécessaires à la discussion et à l?établissement de la
capacité d?accueil, elle peut, à l?instar de l?article
L. 146-2, servir la communication sociale. L?étude peut
ainsi stimuler les échanges à l?occasion de
l?élaboration des documents de planification, ou
encore favoriser à cette occasion les mises en
relations. Elle peut aussi fournir l?échelle des
possibilités entre lesquelles il faudra choisir pour
dégager la capacité d?accueil, ou encore enrichir le jeu
des interprétations plausibles de cette notion et la
sélection de l?une d?entre elles. Elle donne, en quelque
sorte, un fondement intelligible à la prise de décision.
Notons encore que la méthode retenue est
également utile pour faciliter la mise en oeuvre
d?autres règles ou principes du droit de l?urbanisme
qui s?imposent aux planificateurs, lorsque ces
derniers élaborent un plan local d?urbanisme ou un
schéma de cohérence territoriale. Cette réflexion
pourrait notamment faciliter l?application dans les
documents d?urbanisme du principe d?économie
d?espace, ou des principes de mixité sociale et de
mixité urbaine 13, ou encore faciliter la définition
d?une politique durable des transports qui réponde à
des exigences utilitaires envers l?habitat, les activités,
l?environnement et les espaces publics. Elle devrait
également permettre de déterminer plus aisément, à
l?occasion de l?élaboration d?un PLU ou d?un SCoT, les
conditions permettant d?assurer la préservation de la
qualité de l?air, de l?eau, du sol et du sous-sol, des
écosystèmes, des espaces verts, des milieux, sites et
paysages naturels urbains, ou encore la prévention
des risques technologiques, naturels ou sanitaires.
Cette étude, par la réflexion qu?elle entend engager,
peut ainsi aider à la création des dispositions
juridiques qui seront inscrites dans ces documents en
vue, par exemple, de conforter les protections
environnementales, de lutter contre les pollutions, ou
encore d?assurer la diversité sociale au sein des cités.
En amont, cette méthode apparaît aussi comme un
outil précieux pour réaliser le diagnostic ou l?étude
environnementale, lesquels doivent figurer dans le
rapport de présentation des documents de plani-
fication urbaine, ou encore pour définir le projet
d?aménagement et de Développement durable. D?une
manière plus générale, les résultats de cette entre-
prise pourraient également servir de base à la
rédaction d?une circulaire ministérielle à destination
des services qui viendrait fixer le mode d?inter-
prétation des dispositions de l?article L. 146-2.
13 C urb., art. L. 121-1.
60 59
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Cette étude a donc essentiellement une vertu
pédagogique, la lecture et l?explication de ces travaux
permettant aux autorités locales de mieux cerner les
contours de la capacité d?accueil, mais aussi de
prendre davantage conscience des défis environ-
nementaux, sociaux et économiques auxquels les
territoires littoraux sont aujourd?hui confrontés. Dans
certaines circonstances, la recherche pourrait aussi
servir de source d?inspiration pour traduire en normes
contraignantes les orientations ou les objectifs qui y
sont définis, même si l?on voit bien que la finalité
première de la démarche n?est pas là. Elle n?est pas là
parce que, selon nous, la notion de capacité d?accueil
ne fait pas « bon ménage » avec le droit traditionnel,
dès lors que cette notion ne peut être que très
difficilement traduite en règles rigides, c?est-à-dire en
règles dont la vocation instrumentale est de con-
traindre les planificateurs à se plier strictement à
l?observation desdites règles. Pour que cette notion
remplisse sa fonction, il ne faut donc pas seulement
compter sur le ressort de la règle, le droit n?ayant pas
ce pouvoir démiurge qu?on lui prête parfois. Il faut
autre chose, un autre principe d?efficacité qui, sans
doute, passe par l?explication et par l?adhésion
(Rivero, 1965). C?est à cette oeuvre d?adhésion et
d?explication que contribue le caractère participatif de
la démarche proposée.
3.3 L?étude s?inscrit dans les évolutions
prévisibles du droit
Pour conclure, la méthode retenue revêt
aujourd?hui une importance toute particulière dans le
nouveau contexte juridique issu du droit international.
Celui-ci tend à affermir la « consistance juridique » ou,
dit autrement, le contenu et la portée juridique de la
notion de capacité d?accueil.
C?est ainsi que le très récent protocole sur la ges-
tion intégrée des zones côtières (GIZC) qui a été signé
à Madrid le 21 janvier 2008 lors de la 15e Conférence
des Parties Contractantes à la Convention de
Barcelone a non seulement consacré la notion de
capacité d?accueil sous la dénomination de « capacité
de charge des zones côtières », mais aussi imposé aux
États signataires plusieurs critères précis (environ-
nementaux, sociaux, économiques, qui figurent dans
l?étude) pour définir les contours de cette notion
proche de celle de capacité d?accueil. Il est ainsi
indiqué que les parties à la convention sont guidées
pour mettre en oeuvre cette convention par les
principes suivants : « prendre en considération de
manière intégrée l?ensemble des éléments relatifs aux
systèmes hydrologiques, géomorphologiques, clima-
tiques, écologiques, socio-économiques et culturels
pour ne pas dépasser la capacité de charge de la zone
côtière et pour prévenir les effets négatifs des
catastrophes naturelles et du développement »
(article 6). Les parties à la convention doivent égale-
ment définir des « indicateurs de développement des
activités économiques en vue d?assurer l?utilisation
durable des zones côtières et de réduire les pressions
excédant la capacité de charge de celles-ci »
(article 9). Enfin d?une manière tout à fait intéressante
le protocole impose aussi de conforter les évaluations
environnementales des projets publics et privés
pouvant avoir d?importants effets sur l?environnement
des zones côtières, en prenant en compte dans ces
études la capacité de charge des zones côtières. Il est
ainsi indiqué que les « évaluations environnementales
devraient tenir compte des impacts cumulatifs sur les
zones côtières, notamment en accordant une attention
particulière à leurs capacités de charge » (article 19).
Nul doute que la ratification de ce protocole (qui
représente une avancée décisive pour la notion de
« capacité d?accueil ») par la France et par l?Union
européenne conférerait aux critères d?appréciation ainsi
fixés par le droit international une force obligatoire en
les faisant entrer dans l?ordre juridique français et, par
là même, aurait pour effet de donner encore davantage
de légitimité à la méthode qui a ici été retenue.
Conclusion de la partie II : synthèse de la méthode
Le prolongement de la démarche conceptuelle à la
mise en place opérationnelle de la méthode, s?accom-
pagne d?une succession d?étapes dont l?objectif est de
fournir aux décideurs des éléments tangibles d?appré-
ciation de la capacité d'accueil et de développement.
Le formalisme proposé s?appuie sur la construction
de grilles d?évaluation de la capacité d?accueil, conçues
comme des grilles de questionnement et d?appréciation
des niveaux d?altération du Système de Ressources du
Territoire (SRT). Ces grilles intègrent tout d?abord un
référentiel de questionnement des ressources du
territoire, au regard de l?arrivée supplémentaire de
populations et d?activités. Leur construction s?appuie
sur la mise en lumière des ressources posant question
en termes de fragilité, d?altération, d?épuisement ou
de consolidation sur le territoire expertisé. Le but de
ces grilles d?évaluation est bien d?être en mesure
60
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
d?apprécier si la capacité d?accueil maximum du
territoire est loin d?être atteinte, en passe de l?être ou
déjà atteinte. Pour cela, la construction des grilles se
poursuit ensuite jusqu?à la mise en place d?un système
d?indicateurs, qui permet une entrée ponctuelle par
les situations de déséquilibre de la ressource, mais
aussi globale avec le tableau synoptique. La grille
complète offre donc une articulation continue, depuis
le questionnement sur la nature du déséquilibre
pouvant affecter la ressource, jusqu?à la mesure de
son niveau d?altération, en passant par la
caractérisation précise de l?aptitude du système de
ressources du territoire (SRT) à supporter la pression
humaine, ou encore des situations de déséquilibre ou
de vulnérabilité qui en découlent.
Le sens principal de la démarche ne peut
cependant se limiter à un cheminement purement
technique, voire mécanique, de l?évaluation. Le prin-
cipe central adopté est celui d?une négociation sociale
et donc d?une co-construction de ces grilles d?éval-
uation de la capacité d?accueil, associant l?ensemble
des acteurs principaux concernés et impliqués par la
gestion territoriale.
61
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Une conception renouvelée
de la capacité d?accueil, intégrée et
attachée à la dynamique du littoral
En centrant la réflexion sur les ressources du na-
turel, de l?humain et de l?économie, sur le système de
ressources du territoire (SRT) et les impacts pro-
voqués par l?accroissement des pressions humaines
sur le littoral, le présent travail aboutit à une concep-
tion totalement renouvelée de la capacité d?accueil.
Cette réflexion contribue aux actions d?appui à la
gouvernance et aux démarches d?intégration des con-
cepts de Développement durable et de gestion inté-
grée des zones côtières dans l?évaluation des politi-
ques d?aménagement des littoraux. Elle s?inscrit dans
le mouvement actuel qui voit des études entreprises
sur d?autres territoires français et sur des probléma-
tiques apparentées, proposer des approches et des
méthodes étonnamment proches de celle-ci (Lazzeri
et Planque (dir.), 2006 - CETE Méditerranée ? 2007,
Mazouni et Rey-Valette, 2008). Le concept de
Développement durable et les systèmes d?indicateurs
aptes à en évaluer la bonne prise en compte y tiennent
une place de choix pour permettre d?adopter une
approche intégrée et non sectorisée, notamment dans
les schémas de cohérence territoriale (SCoT).
De plus, en proposant d?aboutir non pas à un chiffre
de capacité d?accueil mais à un ensemble de situations
acceptables ou non de vulnérabilité ou d?altération des
ressources, la démarche amène à évoluer d?une vision
de la capacité d?accueil appréhendant le territoire
comme un contenant à une approche centrée sur les
possibilités du territoire, plus précisément de son
« capital de ressources ».
Il s?agit dès lors de réguler la capacité d?accueil non
plus en arrêtant un nombre d?habitants maximal ou
une fourchette de fréquentation touristique souhai-
table, mais en attirant plutôt l?attention sur des situa-
tions de saturation, voire de crise, qu?entraîne la pré-
sence humaine, sur des risques de ruptures environ-
nementales, sociales ou économiques tout en s?ap-
puyant pleinement sur les marges de manoeuvre que
conforte cette présence de populations et d?activités
sur le littoral, à l?année ou le temps d?une saison.
La démarche invite finalement à une réflexion plus
qualitative sur les modes de développement des terri-
toires. Elle soutient, comme d?autres initiatives déjà
en cours (Gestion intégrée des zones côtières,
agendas 21 locaux, charte des espaces côtiers?) la
mise en place de projets de territoire qui
s?attacheraient à regagner des marges de manoeuvre
en intervenant notamment sur les situations de crise,
et à anticiper les risques de rupture et les conflits
d?usage liés à l?arrivée de populations et d?activités
permanentes ou saisonnières sur le littoral.
Avec une entrée par la présence humaine, cette
méthode d?évaluation a été conçue à destination des
territoires sous pression, en particulier touristiques,
sur lesquels les acteurs concernés ont besoin d?être à
même de consolider, d?épargner les ressources qui
sont autant de facteurs d?attractivité pour aujourd?hui
et pour demain.
La mise en place du système d?indicateurs demande
la mobilisation de données couvrant de nombreux
domaines. Il est donc important de mutualiser les
données en faisant appel aux observatoires locaux
comme aux portails statistiques qui se mettent en
place. Les informations déjà mobilisées par ailleurs
(évaluation environnementale, diagnostics terri-
toriaux, etc) peuvent être réutilisées. Certaines
données nécessaires à l?évaluation de la capacité
d?accueil sont encore difficiles d?accès, voire inexis-
tantes. C?est là un obstacle à la compréhension globale
des pressions qui s?exercent sur les espaces littoraux
et sur l?évaluation de la durabilité des projets de
territoire. Disposer d?un système d?indicateurs est
aussi un moyen de pointer du doigt des situations de
tension sur lesquelles, jusqu?alors, l?attention n?était
pas portée. Ceci rend indispensable la construction
d?un système d'observation du territoire adapté à une
nouvelle gouvernance et de nouvelles régulations
compatibles avec un développement durable, ce qui
nécessitera du temps et des moyens financiers.
Pour éclairer la maîtrise ou la non-maîtrise de la
capacité d?accueil et de développement d?un territoire
particulier, il est ici proposé une construction participa-
tive et partenariale d?un système d?alerte et de veille.
Cette dimension est essentielle, car elle montre
bien que la grille d?évaluation constitue un outil
Conclusion
63
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
d?accompagnement de la réflexion, comme le confirme
la portée juridique de la méthode (Cf. infra). Ce qui est
important, c?est aussi et peut-être surtout, la nature
des échanges qui se produisent dans le cadre de
l?évaluation. C?est l?acceptation d?une confrontation de
points de vue et de stratégies quelquefois difficilement
conciliables. L?approche globale du territoire demande
notamment le décloisonnement des logiques de
métiers interservices, la mise en commun autour
d?une ressource impliquant différents acteurs, la
mutualisation d?expertises variées ou encore la
territorialisation des politiques publiques. C?est, enfin,
la recherche d?une évaluation partagée des pressions
anthropiques qui s?exercent sur un territoire particulier
dont on a identifié et reconnu les richesses, tenté
d?imaginer et discuté de ce qui serait acceptable ou
non pour son avenir et pour les générations futures.
Elle produit une appréciation de la situation modulée
suivant les enjeux du territoire.
La mise en oeuvre de la démarche d'évaluation de
la capacité d'accueil nécessite qu?une négociation
sociale s'engage à l'instigation des élus locaux. Ils
vont ainsi expliciter leurs objectifs, vérifier leurs
intuitions, mesurer les impacts de l?arrivée de
nouveaux habitants, de nouveaux touristes et
recadrer l?action territoriale, sans achopper sur
l?objectivation de certains déséquilibres observables
sur leur territoire. La mise en place d?un système
d?indicateurs de cette forme s?inscrit en effet dans un
mouvement plus large, auquel participent les
collectivités locales et l?État, positionnant l?évaluation
au coeur de l?élaboration des politiques publiques.
Placée en amont de l?élaboration des projets de
territoire, l?évaluation de la capacité d?accueil et de
développement se pose comme un diagnostic des
forces, des faiblesses, des opportunités et des
contraintes, habituel dans le type de résultats
produits, plus innovant par son caractère global et la
place importante accordée aux impacts sur le
territoire. Sans doute aurait-elle également sa place à
d?autres moments de la vie du territoire ?
L'aboutissement de la démarche dépend donc de la
nature des relations entre les acteurs locaux et de
l?animation de l?équipe projet, l?objectif n?étant pas de
mettre en place un outil contraignant les procédures
d?élaboration des documents d?urbanisme ou les pro-
cédures opérationnelles d?aménagement du territoire,
mais bien d?enrichir la réflexion et de provoquer une
prise de conscience structurée des enjeux qui s?atta-
chent à la reconnaissance des richesses des territoires
littoraux et des risques que l?accroissement des pres-
sions humaines fait porter sur elles.
Cette approche de la capacité d?accueil et de
développement comme la méthode proposée pour son
évaluation s?éloignent nettement d?une capacité d?ac-
cueil déterminée mécaniquement par les caractéris-
tiques du territoire. Pour cette raison, les grilles d?éva-
luation ne peuvent être considérées comme des nor-
mes juridiques stricto sensu de la capacité d?accueil,
mais bien comme des outils de dialogue.
Quelle portée juridique ?
S?agissant de la portée normative, il faut retenir
que cette méthode issue d?un programme de recher-
che ne revêt en elle-même aucune force juridique :
elle est extérieure à l?ordonnancement juridique ou,
dit autrement, au monde des règles juridiques stricto
sensu même si, quelque part, elle aboutit à la mise en
place d?éléments dont on sait bien qu?ils peuvent avoir
quelque chose à voir avec le droit. Il ne peut en aller
autrement, les auteurs de ce travail n?ayant pas été
habilités à poser des normes. Aussi, même si la
méthode préconisée contient des instructions, des
recommandations, ou encore des explications sur la
façon dont les dispositions de l?article L. 146-2 du code
de l?urbanisme sont susceptibles d?être appliquées,
ceci n?a pas pour autant pour effet de lui conférer un
caractère obligatoire. Il s?agit donc ici plus de sug-
gestions ou de recommandations à destination des
autorités administratives locales, que d?une ligne de
conduite que ces dernières devraient suivre impéra-
tivement lorsqu?elles sont appelées à déterminer la
capacité d?accueil des communes littorales.
Il n?en demeure pas moins que cette méthode est
susceptible de constituer le socle (et c?est là tout son
intérêt) sur lequel il est possible de s?appuyer pour
donner sens à la notion de capacité d?accueil. En effet,
bien que la démarche retenue n?ait qu?un très faible
taux de positivité, elle a néanmoins une force maté-
rielle, une vertu pédagogique : elle établit des don-
nées objectives nécessaires à la discussion et à
l?établissement de la capacité d?accueil. Par là même,
cette méthode, qui sert la communication sociale, est
de nature à stimuler les échanges à l?occasion de l?éla-
boration des documents de planification, ou encore à
favoriser à cette occasion les mises en relations. Elle
fournit aussi l?échelle des possibilités entre lesquelles
il faudra choisir pour dégager la capacité d?accueil, et
enrichit le jeu des interprétations plausibles de cette
notion et la sélection de l?une d?entre elles. Elle donne,
en quelque sorte, un fondement intelligible à la prise
de décision.
Ajoutons que la méthode réalisée revêt aujourd?hui
un intérêt tout particulier dans un contexte dans lequel
le droit international tend, non seulement à reconnaître
la notion de capacité d?accueil, mais aussi à imposer un
certain nombre de critères pour permettre de mieux
cerner son contenu. C?est ainsi que le protocole de
64
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Barcelone sur la Gestion intégrée des zones côtières,
signé en janvier 2008, ne se borne pas à consacrer la
notion de « capacité de charge des zones côtières », ce
texte impose également aux États plusieurs critères
(que l?on retrouve dans l?évaluation proposée ici) pour
définir les contours de cette notion proche de celle de
capacité d?accueil. Nul doute que la ratification de ce
protocole par la France ou par l?Union européenne
conférerait à ces critères une force obligatoire en les
faisant entrer dans l?ordre juridique français et, par là
même, aurait pour effet de donner encore davantage
de légitimité à la méthode qui a été retenue ici.
Quelles perspectives ?
Tout d?abord, assurer une large diffusion des
résultats obtenus. La publication dans le courant de
l'année 2009 d'un guide méthodologique à portée
opérationnelle aidera les maîtres d?ouvrage et les
maîtres d?oeuvre à évaluer la capacité d?accueil d?un
territoire dans le cadre de la conception d'un docu-
ment d?urbanisme ou d'une stratégie territoriale, et à
organiser le suivi de l?évolution des ressources des
espaces littoraux.
Ce travail devra également se poursuivre par une
réflexion sur la mise en place de systèmes d?infor-
mation appropriés, comme dans d?autres domaines
touchant au Développement durable. La présente
démarche, en appréciant par comparaison la
situation décrite à l?aide des indicateurs, nécessite
en effet la mobilisation de lots de données sur
plusieurs territoires analogues. Elle demandera une
coordination entre les services de l?État et les
acteurs institutionnels et territoriaux impliqués sur
le littoral pour aboutir à une bonne connaissance des
pressions humaines sur ces territoires remarquables
mais fragiles.
65
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
ADEV, 2001. À la recherche de la capacité d?accueil.
Bulletin annuel de l?ADEV, mai 2001, pp. 35-54.
BOULANGER P-M, 2004. Les indicateurs de
Développement durable : un défi scientifique, un
enjeu démocratique. Les séminaires de l?Iddri, n° 12.
CAILLOSSE J., 1993. Qui a peur du littoral ?, RJE n° 4,
p. 513.
CETE Méditerranée, 2007. SCoT et développements
durables, méthode pour évaluer les SCoT au regard
des principes du Développement durable et définir les
indicateurs environnementaux à mettre en place.
Application au cas de l?agglomération de Montpellier.
CERTU, 91 p.
CETE Méditerranée, 2007. Plans locaux d?urbanisme,
petit guide pratique à destination des chargés d?étude
pour une meilleure prise en compte de l?envi-
ronnement en Languedoc-Roussillon. DRE Languedoc-
Roussillon, 18 p.
CLEMENCEAU F., 2007. La capacité résiduelle d?urba-
nisation comme indicateur fondamental dans
l?évaluation de la capacité d?accueil et de dévelop-
pement des espaces littoraux. Mémoire de stage,
Université de Nantes ? IGARUN, Direction régionale de
l?Équipement des Pays de la Loire.
COCCOSSIS H., MEXA A., COLLOVINI A.,
PARPAIRIS A., KONSTANDOGLOU M. (UE), 2003.
Définir, mesurer et évaluer la capacité de charge dans
les destinations touristiques européennes. Rapport
final. UE DG environnement, Athènes, 52 p.
CRINQUANT N., 2005. La capacité d?accueil des
territoires littoraux. De la recherche d?indicateurs per-
tinents à leur exploitation dans une étude de cas.
Mémoire de fin d?études, École Nationale Supérieure
d?Agronomie, Montpellier, 188 p.
DATAR-DIACT, 2004. Construire ensemble un dévelop-
pement équilibré du littoral. La documentation
française, 2004.
DESPRES L., CHADENAS C., POUILLAUDE A.,
BAGOULLA C.,du CREST A., 2009. Les indicateurs de
Développement durable : leçons de quelques
expériences locales. In Le Développement durable de
l?estuaire de la Loire, chapitre 21, ss la dir. de
DESPRÉS L., PUR, Rennes, à paraître.
DIACT, Secrétariat Général à la Mer, 2007. Rapport du
gouvernement au parlement portant bilan de la loi
Littoral et des mesures en faveur du littoral, Paris,
DIACT, 127 p.
Direction régionale de l?Équipement des Pays de la
Loire, 2006. Le parc de logements des communes
l i t torales ,http://www.pays-de-lo ire.equipe-
ment.gouv.fr, novembre, 5 p.
EISENMANN C., 1983. Cours de droit administratif,
T. II, LGDJ, p. 348 et s.
FRUSTIER P., (dir.), 2007. Les identités insulaires face
au tourisme, Siloé, Nantes, 226 p.
GILLON et al., 2000. Du bon usage des ressources
renouvelables, IRD Éditions, collection Latitude 23,
Paris, 471 p.
HOSTIOU, 2006. Expropriation et expertise judiciaire.
Le commissaire-enquêteur et le commissaire du
gouvernement, Actualité juridique. Droit immobilier,
Juin 2006, p. 443.
INEA/IFEN, 2003. Observatoire Littoral et Montagne :
indicateurs de suivi de la loi Littoral, étude de
faisabilité. HERMES, Sommières.
INSEE Pays de la Loire, 2007. Huit enjeux pour le lit-
toral de la Loire?Atlantique, Dossier n° 26, sep-
tembre, 20 p.
JEAMMAUD A., 1991. Le droit au Musée ? Les avocats
du déclin. Économie et Humanisme, n° 328, Juillet-
septembre, p. 7.
JOARDAR S.D., 1998. Carrying capacities and
standards as based towards urban infrastructure
planning in India : a case of urban water supply
and sanitation. Habitat International, Vol. 22, Issue
3, pp. 327-337
KEBIR L., 2006. Ressource et développement régional,
quels enjeux ? Revue d?Économie Régionale et
Urbaine, n° 5, pp. 701-723.
LAZZERI Y., PLANQUE B. (dir.), 2006. Élaboration
d?indicateurs pour un système de suivi-évaluation du
Références bibliographiques
67
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Développement durable. Tome I, principes et métho-
dologies de construction du référentiel, METLTM?
DGUHC, Université d?Aix-Marseille III, 87 p.
LEMAITRE C., 2007. Détermination des états de
référence nécessaires à la mise en place des systèmes
d?indicateurs pour l?évaluation et le suivi de la capacité
d?accueil des territoires littoraux. Mémoire de stage,
Université de Nantes, IGARUN, Laboratoire Géolit-
tomer, UMR 6554-CNRS, 137 p.
LETELLIER P., GUYONVARCH?M., THUILLIER A., 2008.
Les enjeux de l?État sur le littoral de la Loire- Atlantique,
Nantes, CODELA, Cahier littoral, n° 16, 12 p.
LEVEILLER T., 2007. Les indicateurs environne-
mentaux dans la démarche d?évaluation de la capacité
d?accueil et de développement des espaces littoraux.
Mémoire de stage, Université de Nantes, IGARUN,
Direction départementale de l?Équipement de la Loire-
Atlantique, 84 p.
MAZOUNI N., REY-VALETTE H., 2008. Appui à
l?élaboration d?indicateurs territoriaux de la GIZC dans
la logique d?intégration et de partage des connais-
sances. Actes du colloque international pluridis-
ciplinaire « Le littoral : subir, dire, agir », Lille, France,
16-18 janvier 2008, 9 p.
OCDE 1993. Corps central d?indicateurs de l?OCDE
pour les examens des performances environne-
mentales. Rapport de synthèse du Groupe sur l?État de
l?Environnement. Monographies sur l?environnement
n° 83, Paris, 41 p.
PERELMAN Ch., VANDER ELST R., 1984. Les notions à
contenu variable en droit, Bruxelles, Bruylant.
POTTIER P. (coord.), CHADENAS C., POUILLAUDE A.,
STRUILLOU J-F., 2009. Capacités d?accueil et de
développement des territoires littoraux, rapport scien-
tifique final. Partenariat de recherche PUCA/DRE Pays
de la Loire/MSH Nantes. Laboratoires Géolittomer
(CNRS, LETG-UMR 6554), LEMNA (EA 4272), DCS
(CNRS, UMR 6225). Université de Nantes, décembre
2008. 233 p.
POTTIER P. (coord.), CHADENAS C., CHOBLET C.,
POUILLAUDE A., STRUILLOU J-F et TROUILLET B.,
2006. Capacités d?accueil et de développement des
communes littorales, rapport d?étape (1e phase).
Partenariat de recherche PUCA/DRE Pays de la
Loire/MSH Nantes. Laboratoires Géolittomer (CNRS,
LETG-UMR 6554), LEN (EA 2154), CERP3E (CNRS,
FRE2794). Université de Nantes, mai 2006, 239 p.
POTTIER P. (coord.), CHADENAS C., CHOBLET C.,
LAMBERTS C., POUILLAUDE A., STRUILLOU J-F et
TROUILLET B., 2006. La capacité d?accueil et de
développement des communes littorales ; synthèse
bibliographique, Ministère des Transports, de l?Équipe-
ment, du tourisme et de la Mer, 2007, 77 p. et docu-
ment de synthèse en 4 pages.
POUILLAUDE A. (coord), BONNET A-S., CHADENAS C.,
CHOBLET C., 2008. Le tourisme littoral. In GUILLOTREAU
G. (coord.), 2008, Mare economicum. Enjeux et avenir
de la France maritime et littorale, Presses Universitaires
de Rennes, pp. 397-456.
Programme d?Actions Prioritaires/Centre d?Activités
Régionales (PAP/CAR), 1997. Directives pour l?éva-
luation de la capacité d?accueil en matière de tourisme
dans les régions littorales méditerranéennes. PAP-
9/1997.G1. Split (Croatie), Centre d?activités régionales
pour le Programme d?actions prioritaires, viii + 51 p.
PNUE, 1995. Directives concernant la Gestion intégrée
des régions littorales, avec une référence particulière
au bassin méditerranéen. Split, Croatie, PAP/CAR
(PAM-PNUE), Rapport et études des Mers régionales,
n° 161, 89 p.
PNUE-PAM, 2003. Évaluation de la capacité d?accueil
pour le développement du tourisme dans les régions
côtières méditerranéennes. stage de formation. Publi-
cation du PNUE, Split, 63 p.
Protocole sur la Gestion intégrée des zones côtières
(GIZC) en zone méditerranéenne.
REY VALETTE H., ROUSSEL S., 2007. Integrated
Coastal Zone Management (ICZM) and Valuation of
Socio-Economic Impacts, ENCORA 1rst Multifunc-
tionality and Valuation Thematic Network Conference,
Fondazione Eni Enrico Mattei (FEEM), Venise, 12-13
Mars 2007.
RIAL, 1980. Le juge administratif et la technique du
standard. Essai sur le traitement juridictionnel de
l?idée de normalité, Paris, LGDJ.
RIVERO J., 1947, Le Plan Monnet et le Droit, D. 1947,
doctr., XXXIII.
RIVERO J., 1965. Le plan et le droit. In La planification
comme processus de décision, Librairie Armand Collin,
121 p.
ROUSSEAU H., 2008. Les gains économiques des
choix de développement alternatifs au tout-urbain,
Mémoire de stage, Université de Nantes, Faculté des
Sciences Économiques et de Gestion, Direction
Départementale de l?Équipement de la Loire-Atlantique.
ROUSSEL S., CRINQUANT N., BOURDAT E., 2006. À la
recherche de la durabilité de la zone côtière par la
construction d?indicateurs de capacité de charge :
enseignements à partir du cas d?étude de la lagune de
68
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Thau (région Languedoc-Roussillon, France). Colloque
« Usages des indicateurs de Développement durable ».
Université de Montpellier, Montpellier (France), 3-4 avril.
SCE?DRE Pays de la Loire?DDE44, 1997. Application
de la loi Littoral ; la notion de capacité d?accueil.
Document d?étude, Nantes, 23 p.
SMVM Baie de Bourgneuf, 1994. Capacité d?accueil des
communes du littoral ; approche pour une méthode de
calcul. Annexe 3 du rapport du SMVM, pp. 105-112.
The Natural Resources Institute, Livestock,
Environment and Development Initiative (LEAD)
Département production et santé animale,
http://www.virtualcentre.org/fr/dec/toolbox/Index.htm
FAO, Centre virtuel LEAD pour l?Élevage,
l?Environnement et le Développement, 1999
TANGUY Y., 2005. Évolutions récentes du droit du
littoral. Actualité Juridique Droit Administratif, 21
février, pp. 354-360.
TRZPIT J.-P., 1999. Le vent, une composante fonda-
mentale de l?environnement en milieu littoral :
l?exemple du littoral normand. In Les documents de la
maison de la recherche en sciences humaines de Caen,
n° 10, pp. 59-70.
VERA REBOLLO J.-F., IVARS BAIDAL J.-A., 2001.
Planificación y gestión del desarrollo turístico sos-
tenible : propuestas para la creación de un sistema de
indicadores. (Planificación y gestión sostenible del
turismo. Propuesta metodológica y aplicación de un
sistema de información turística. Proyecto METASIG,
CICYT-FEDER. Referencia 1FD97-0403). Documento
de trabajo. Instituto Universitario de Geografía ?
Universidad de Alicante, Alicante, 75 p.
VERA REBOLLO J.-F., IVARS BAIDAL J.-A., 2003.
Measuring Sustainability in a Mass Tourist Destination :
Pressures, Perceptions and Policy Responses in
Torrevieja, Spain. Journal of Sustainable Tourism, 11
(1-2), pp. 181-203.
69
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
La capacité d?accueil et de développement des territoires littoraux
Annexes
71
Les fiches « Capacité » suivantes sont présentées à titre d'exemple et s?appuient sur la grille « modèle »
d?évaluation de la capacité d'accueil située pages 42 à 48.
Annexe 1 : Domaine de l?environnement
Ressource SOL
Fiche Capacité 6 : Maîtriser l?extension urbaine..................................................................................p. I
Annexe 2 : Domaine de la société
Ressource DÉMOGRAPHIE
Fiche Capacité 18 : Maintenir un équilibre démographique entre populations permanente et temporaire..p. IX
Annexe 3 : Domaine de l?économie
Ressource TISSU ÉCONOMIQUE LOCAL
Fiche Capacité 30 : Maintenir la diversité du tissu économique local.................................................p. XIII
I
ANNEXE 1 - Domaine de l?environnement
F i c h e C a p a c i t é 6
M a î t r i s e r l ? e x t e n s i o n u r b a i n e
Constats et enjeux de la pression humaine
La question de l?urbanisation est omniprésente dans la problématique du développement durable des littoraux, car elle occupe une place de plus en
plus importante des espaces les plus proches de la côte. À l?échelle nationale, l?urbanisation représente ainsi 50 % des espaces situés à moins d?un
kilomètre du rivage, sur le site d?étude retenu, 26 %.
L?évaluation de la capacité d?accueil passe inévitablement par la prise en compte des impacts du développement de l?urbanisation, car les processus
mal maîtrisés du développement de la construction provoquent le plus souvent l?altération de nombreuses ressources essentielles à la qualité des
territoires littoraux.
Le sol ou l?espace en quantité de surface est la première de ces ressources à être mise en danger, car ses dimensions sont limitées et les processus
d?urbanisation le plus souvent très consommateurs de surface.
Question posée en termes de
capacité d?accueil
supplémentaire de populations
et d?activités, saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la
mise en péril de la
ressource à enjeu
Eclairages des situations de
déséquilibres
Indicateurs
fondamentaux
complémentaires
Tranche modale des surfaces
construites
Consommation d?espace par
l?urbanisation excessive
Pression urbaine ressentie
Offre de terrains constructibles
inadaptée à la demande
Capacité résiduelle brute
d?urbanisation
Densité des espaces urbanisés, COS
réglementaires, (densité minimale)
Faible densité des espaces
urbanisés
Surface totale occupée par
l?urbanisation
Disparition des coupures entre les
bourgs
Dispersion spatiale de la construction
et étalement de la tâche
d?urbanisation exagérés
Surfaces des ZAC/ZAD, lotissement et
réserve foncière
La part du sol à vocation urbaine
réservée à l?accueil
supplémentaire de populations et
d?activités est-elle de nature à
favoriser l?étalement urbain
(gaspillage de la ressource sol) ?
Capacité à maîtriser
l?extension urbaine
Procédures d?urbanisme
opérationnel et politique de
maîtrise foncière insuffisantes
Usage du Droit de Préemption Urbain
II
Synthèse de la capacité
Bilan des effets mesurés de la capacité d?accueil sur la mise en danger de la ressource à enjeu.
Indicateur 6a : tranche de surfaces des parcelles construites
Indicateur 6b : pression urbaine ressentie
Indicateur 6c : capacité résiduelle brute d?urbanisation
Indicateur 6d : densité des espaces urbanisés
Indicateur 6e : dispersion spatiale, étalement de la tâche d?urbanisation
Indicateur 6f : part de l?urbanisme opérationnel (ZAC/ZAD, lotissement, réserve foncière)
Situation de déséquilibre :
importante en partie maîtrisée maîtrisée absence de données
Capacités liées à la capacité 6 ?Maîtriser l?extension urbaine?
domaine ressource à enjeu capacité liée
Eau
Capacité 2 : préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages
du bassin-versant ou de la mer
Sol
Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usages
environnement
Flore
Capacité 13 : maintenir une trame verte cohérente
Culture
Capacité 15 : maintenir le caractère local du patrimoine bâti
Mode d?habiter
Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Mode d?habiter
Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
société
Vie collective
Capacité 25 : maintenir un débat politique apaisé entre les intérêts contradictoires
Capital matériel
Capacité 27 : adapter les équipements collectifs au pic de fréquentation et à bien les faire
fonctionner toute l?année
Capital financier
Capacité 29 : maîtriser financièrement l?urbanisation (équipements collectifs et services) et la
spécialisation touristique
Tissu
économique local
Capacité 30 : maintenir la diversité du tissu économique local
économie
Services d'intérêt
général
Capacité 32 : adapter l?offre de services d?intérêt général à une population changeante en nombre et
en composition
III
Mesure des indicateurs
Indicateur 6a : tranches de surface des parcelles construites
Données : fichier DRE ? SITADEL, surface des terrains sur lesquels a été déposée une demande de permis de construire pour une construction
neuve à usage d?habitation. Prise en compte à la date d?ouverture du chantier (DOC) sur une période de 10 ans (1996 à 2006).
Traitement : somme des déclarations par tranches de surfaces des parcelles en 14 tranches détaillées (- de 250 m² ; 251 à 500 ; 501 à 750 ;
751 à 1 000 ; 1 001 à 1 500 ; 1 501 à 2 000 ; 2001 à 2 500 ; 2 501 à 3 000 ; 3 001 à 3 500 ; 3 501 à 4 000 ; 4 501 à 5 000 ;
5 001 à 10 000 ; + de 10 000), regroupées en 6 classes :
- petite parcelle : ? de 500 m²
- parcelle moyenne : 501 à 1 000 m²
- parcelle moyenne supérieure : 1 001 à 2 000 m²
- parcelle grande : 2 001 à 3 000 m²
- parcelle très grande : 3 001 à 5 000 m²
- parcelle exceptionnelle : + de 5 000 m²
Résultats : les résultats sont présentés en classes regroupées car le niveau en 14 tranches détaillées n?apporte pas d?éclairage supplémentaire.
Ils sont présentés avec une référence par comparaison, car aucune norme de cadrage n?est reconnue de façon unanime. Les
communes de comparaison ont été choisies en fonction du processus d?urbanisation, proche en quantité (nombre total de
logements au RGP 99 et nombre de logements neufs par an à peu près équivalents ? moyenne annuelle calculée entre 1996 et 2006,
données SITADEL).
Ile en étude Comparaison 1 2 3 4
Nb total logements 5 061 6 248 3 498 4 302 5 265
Nb de logements neufs (10ans) 604 633 441 840 589
Parcelles ? de 500 m² 12,2 % 30,2 % 9,8 % 14 % 4,1 %
501 à 1 000 m² 38,8 % 53,2 % 43,5 % 47,3 % 72,4 %
1 001 à 2 000 m² 35 % 13,3 % 34,7 % 25,2 % 15,4 %
2 001 à 3 000 m² 8,7 % 2,1 % 8 % 9,1 % 3,3 %
3 001 à 5 000 m² 3,4 % 0,9 % 2 % 2,9 % 2,4 %
+ de 5 000 m² 1,9 % 0,3 % 2 % 1,5 % 2,4 %
surface moyenne d?un terrain construit 1 275 m² 798 m² 1 318 m² 1 176 m² 1 165 m²
surface médiane 1 000 m² 608 m² 1 000 m² 857 m² 730 m²
consommation moyenne d?espace par logement
construit (1996-2006)
1 149 m² 794 m² 1 184 m² 651 m² 772 m²
Évaluation : La surface moyenne d?une parcelle construite sur l?île en étude entre 1996 et 2006 pour un nouveau bâtiment à usage
d?habitation a été de 1 275 m², ce qui représente une consommation d?espace relativement élevée. Parmi les communes de
référence, seule celle de la commune 3 présente une surface moyenne supérieure, celle de la commune 1 étant de 37 %
inférieure à celle enregistrée sur l?île en étude.
Les parcelles mises en construction sur l?île en étude sont de surfaces à peu près comparables à celles des communes de
référence (exception faite de la commune 1) avec, toutefois, une tendance à disposer de moins de terrains bâtis de petite
surface et de plus de terrains bâtis de surface supérieure. En effet, la part des parcelles de moins de 1 000 m², qui représentent
50,2 % du total sur l?île en étude, est plus limitée que sur la commune 2 (53 %), la commune 3 (61 %) et surtout la commune 1
(83,4 %). Celle des 1 000 à 3 000 m² est de 44,4 % contre 42,7 %, 34,3 et 15,3. Celle des plus de 3 000 m² de 5,4 %, contre
4 %, 4,4 et 1,2 %.
==> Au regard des surfaces des terrains urbanisés sur l?île en étude depuis 10 ans, il ressort que le sol est
consommé par l?urbanisation dans des proportions importantes et majoritairement supérieures à ce qui est
observé pour des situations similaires. Cette situation est liée à un processus d?urbanisation consommateur
IV
d?espace, s?accompagnant d?une sous-représentation des terrains à bâtir les plus petits et d?une sur-
représentation des terrains les plus grands. Au total, la consommation moyenne d?espace pour la construction
d?un logement se situe à un niveau élevé (1 149 m²), incompatible avec une gestion économe du sol.
Valeur cible : l?objectif à atteindre dans le cadre d?une maîtrise plus forte des extensions urbaines est d?augmenter la part des parcelles de
surface inférieure à 1 000 m² dans le processus d?urbanisation.
Cette part pourrait atteindre une valeur proche de celle enregistrée sur la commune 2, c?est-à-dire d?environ 55 % des terrains
construits, ce qui représenterait une économie annuelle de 2,2 ha de surface urbanisée (sur 10 ans, 22 terrains bâtis d?une
surface inférieure à 1 000 m², venant remplacer 22 terrains d?une surface d?environ 2 000 m² qui auraient sinon été construits).
Piste d?actions : la marge de manoeuvre de la collectivité est limitée, puisque c?est la structure foncière qui détermine les surfaces des terrains
mis à la vente, puis construits. Toutefois, il est sans doute possible d?encourager les divisions de parcelle les plus grandes par
exemple par une taxation sur les constructions réalisées sur des parcelles de plus de 1 000 m².
Une attention doit également être portée sur les COS réglementaires qui contraignent le processus d?urbanisation.
Indicateur 6b : pression urbaine ressentie
Les données traitées se limitent à celles de l?exploitation d?une enquête directe auprès de la population, permanente et temporaire, à
partir d?un questionnaire sur la perception du territoire de l?île en étude et des pressions diverses qui s?exercent sur lui. Elles sont
donc partielles et ne peuvent à elles seules éclairer le ressenti de la pression urbaine.
Données : enquête réalisée pendant l?été 2007 sur l?île en étude par la MSH Ange Guépin dans le cadre de la mission PUCA-DRE des Pays de
la Loire. Les questionnaires utilisés concernent 260 personnes interrogées sur l?île à la fin du mois de juillet 2007, dont 54
résidents permanents et 206 résidents temporaires.
Traitement : la perception du développement urbain sur l?île peut être appréciée au travers de la question 3.5 (Depuis que vous venez sur
l?Ile, avez-vous noté des changements dans la nature/paysages ? 13 choix possibles de réponse, dont Davantage de maisons et
des maisons qui se ressemblent toutes) et de la question 4.4 (À votre avis la fréquentation touristique pose-t-elle des problèmes
aux territoires qui l?accueillent ? 13 choix possibles de réponse, dont le problème lié à la Pression immobilière et foncière).
Résultats : * à la question 3.5 (Depuis que vous venez sur l?île, avez-vous noté des changements dans la nature/paysages ?), 56,4 % des
résidents permanents s?étant exprimées ont déclaré comme premier changement visible celui du nombre croissant de maisons,
48,5 % des résidents temporaires. L?uniformité architecturale n?est mentionnée que pour 3,6 % des changements visibles de
1ère et 2ème importance pour les résidents permanents et 0 % des résidents temporaires.
* à la question 4.4 (À votre avis la fréquentation touristique pose-t-elle des problèmes aux territoires qui l?accueillent ?), 22 %
des résidents permanents s?étant exprimées ont mentionné la pression immobilière et foncière en 1ère et 2ème niveau
d?importance parmi les problèmes perçus, 8,7 % des résidents temporaires.
Évaluation : l?intensité du développement urbain est diversement ressentie. Son ampleur est certes perçue (1er changement d?ampleur
mentionné), mais ne semble pas poser de problèmes majeurs en termes d?évolution du territoire de l?île. Même parmi les
résidents permanents, 3 sur 4 n?ont pas mentionné la pression immobilière et foncière comme un problème évident lié à l?activité
touristique et à la résidentialisation du territoire.
==> Cette enquête directe montre que la consommation de l?espace insulaire par l?urbanisation n?est pas
majoritairement perçue comme un processus aux conséquences néfastes. Le sentiment de mettre en danger
cette ressource en sol/espace, qui est limitée et circonscrite, n?apparaît pas de façon évidente.
Indicateur 6c : capacité résiduelle d?urbanisation
Données : capacité brute d?urbanisation rendue possible dans le cadre actuel des PLU, obtenue par extraction des parcelles actuellement
non bâties (fichier cadastral sous forme numérique, DDE) et situées dans une zone à vocation urbaine résidentielle, actuelle et
future, du PLU (fichier du zonage du PLU, DDE).
Traitement : s?effectue en plusieurs étapes :
- extraction des parcelles non bâties situées dans les zones à vocation urbaine du PLU ;
V
- suppression des parcelles présentant une surface trop limitée pour être bâties (fonction des règles édictées dans le
PLU ; COS et surface minimale des terrains constructibles), ainsi que celles visiblement trop enclavées pour être
urbanisées ;
- remplissage de ces parcelles, de façon manuelle tenant compte de la morphologie des espaces environnants (densité,
accès?) et du règlement du PLU (notamment pour les zones d?urbanisation groupée), de façon à déboucher sur le
nombre de nouvelles constructions possibles sur ces parcelles constructibles ;
- un taux de rétention de 20 % est ensuite appliqué, intégrant le gel d?un certain nombre de terrains qui ne pourront être
construits dans le cadre actuel du PLU (situation géographique, héritage, spéculation?).
Résultats : les résultats sont présentés avec une référence par comparaison aux communes littorales 1, 2, 3 et à une commune
intérieure 4, qui présentent toutes un espace à urbaniser similaire en nombre total de logements, ainsi qu?un processus
d?urbanisation (nombre de nouvelles constructions par an) à peu près identique à ce qui est observé sur l?île en étude.
Ile d?étude Comparaison 1
(île)
2 3 4
Nb total logements 5 061 6 248 3 498 4 302 5 265
Nb de logements neufs (10ans) 604 633 441 840 589
consommation moyenne d?espace par logement construit
(1996-2006)
1 149 m² 794 m² 1 184 m² 651 m² 824 m²
Zones urbaines (IPLI) 665 ha 596 ha 415 ha 445 ha 995 ha
Surfaces disponibles en zones actuellement urbanisables 142 ha 90 ha 73 ha 36 ha 44 ha
Logements constructibles en zones actuellement
urbanisables
1 115 logt 1 131 logt 619 log 546 logt 535 logt
Nb d?années de réserve 19 ans 18 ans 14 ans 6 ans 4 ans
Surfaces disponibles en zones d?urbanisation future 39 ha 43 ha 30 ha 35 ha 110 ha
Logements constructibles en zones d?urbanisation future 390 logt 430 logt 300 logt 350 logt 1 110 logt
Nb d?années de réserve 6 ans 7 ans 7 ans 4 ans 9 ans
Surfaces totales disponibles en zones à vocation urbaine 181 ha 133 ha 103 ha 71 ha 154 ha
Total logements constructibles en zones à vocation urbaine 1 505 logt 1 561 logt 919 logt 896 logt 1 645 logt
Total logements constructibles en zones à vocation urbaine
(rétention 20 %)
1 204 logt 1 250 logt 735 logt 717 logt 1 316 logt
Nb total d?années de réserve 25 ans 25 ans 21 ans 11 ans 14 ans
Nb total d?années de réserve avec taux rétention 20 % 21 ans 21 ans 16 ans 10 ans 13 ans
Évaluation : la capacité brute d?urbanisation est ici limitée aux terrains nus et ne tient donc pas compte du renouvellement urbain possible dans les
années à venir (densification des espaces actuellement urbanisés), jusqu?à présent limité dans les espaces urbains du littoral régional.
Il n?existe pas de règles s?appliquant à ce qu?un PLU doit raisonnablement offrir comme terrains à bâtir en fonction de la
demande qui s?exprime sur un territoire. On peut toutefois partir du principe qu?un PLU est un document de planification à court
terme (5 ans, 10 ans maximum) et que par conséquent un potentiel équivalent à 15 ans de constructions sur un rythme
identique à celui observé sur la dernière décennie écoulée est acceptable et conforme à une gestion rigoureuse de l?espace.
==> Avec 21 années de réserve d?urbanisation, le PLU de l?île en étude offre encore des surfaces pour la
construction à vocation résidentielle trop largement dimensionnées. Concernant les surfaces immédiatement
urbanisables, le PLU de l?île en étude est le plus « généreux » de ceux utilisés en référence (19 ans de réserve,
contre 18, 14, 6 et 5).
VI
Valeur cible : l?offre de terrains constructibles pourrait être réduite sensiblement, pour atteindre une réserve équivalente à 15 années de
construction au rythme des dix dernières années écoulées.
Piste d?action : pour atteindre cet objectif, il est possible de réduire les surfaces constructibles dans le cadre actuel du PLU, en transférant une
partie en réserve d?urbanisation future et en envisageant le déclassement d?une autre partie.
Une taxe sur la vente des terrains nus constructibles par leur classement dans le PLU peut être envisagée. Cette taxe instaurée
récemment sur une commune de l?agglomération nantaise, a été fixée à 10 % des deux tiers du prix du terrain vendu. Cette
taxe rétablit un équilibre entre les propriétaires fonciers, tout en répartissant plus équitablement la rente d?urbanisation et
notamment en renforçant la fiscalité locale et ainsi sa capacité à aménager et équiper les zones urbanisées.
Indicateur 6d : densité des espaces urbanisés
Données : nombre de logements au recensement 1999, zones urbaines à dominante résidentielle de la BD occupation du sol de l?IPLI (DDE,
2000).
Traitement : rapport du nombre total de logements à la surface des zones urbaines résidentielles.
Résultats : les résultats sont présentés avec une référence par comparaison à des communes littorales 1, 2, et 3 qui présentent un
nombre total de logements à peu près identique à ce qui est observé sur l?île en étude.
Ile d?étude Comparaison 1 (île) 2 3
Nb total logements 5 061 6 248 4925 4 302
Zones urbaines résidentielles (IPLI) 568 ha 458 ha 436 ha 304 ha
Nb de logt à l?hectare 8,9 ha 13,6 ha 11,3 ha 11,5 ha
Évaluation : la densité de logements sur l?île en étude est nettement la plus faible comparée à des situations d?autres communes littorales
similaires. Il n?existe pas de règles normatives de densité moyenne acceptable et conforme à une gestion rigoureuse et économe
de l?espace, toutefois, la valeur de 12 logements à l?hectare est souvent utilisée comme référence technique (MEDAT, FNAU?).
==> Avec à peine 9 logements à l?hectare, la densité des espaces urbains résidentiels est faible sur l?île en étude. En
termes réglementaires, le PLU confirme une tendance à l?autorisation d?un processus d?urbanisation peu dense
(54 % des surfaces communales urbanisables pour la fonction résidentielle sont réglementés avec un COS < à
0,1) et par conséquent consommateur d?espace.
Valeur cible : compte tenu des niveaux de densité enregistrés dans des communes littorales similaires, il semble possible de dépasser le seuil
des 10 logements à l?hectare.
Piste d?action : pour atteindre cet objectif, la municipalité doit intervenir sur son PLU, en augmentant les COS autorisés et en incitant les divisions de
parcelles les plus grandes (exemple, par une taxation sur les constructions réalisées sur des parcelles de plus de 1 000 m²).
Indicateur 6e : dispersion spatiale de la construction et étalement de la tâche d?urbanisation exagérés
Données : bâtiments en dur de la base de données cadastrales (mairie).
Traitement : agrégation des espaces situés à moins de 100 mètres d?une construction, produisant la tache d?urbanisation. La continuité de
l?urbain est ainsi prise en compte jusqu?à une distance de séparation de 200 mètres entre les bâtiments. Au-delà, la tache
d?urbanisation est discontinue.
Résultats : les résultats sont présentés sous forme cartographique, faisant apparaître à la fois l?étendue de la tache d?urbanisation et sa
continuité, avec une référence par comparaison à une commune littorale également insulaire et touristique, disposant d?un
nombre de logements légèrement supérieur à l?île en étude.
VII
Évaluation : la tache d?urbanisation couvre 1 468 hectares, soit 61,5 % de la surface de la commune (pour 5 061 logements). Rapportée à la
surface des zones urbaines IPLI, la tache d?urbanisation couvre une surface 2,2 fois supérieure (2 peut être considéré comme
une valeur seuil).
==> La tache d?urbanisation dans l?île en étude est étendue en surface. Ce point confirme donc l?indicateur
précédent. Mais surtout, elle révèle l?étalement et la dispersion (2,2 fois les espaces urbains au sens IPLI, pour
1,7 fois pour la commune en comparaison) et la continuité du bâti qui a réduit et limité les coupures
d?urbanisation entre les pôles d?habitat ancien.
(commune de comparaison, également île touristique avec 6 248 logements, même échelle)
Valeur cible : la tache d?urbanisation actuelle ne peut être réduite en surface, sauf en cas de destruction de bâtiments. L?attention doit donc
être portée sur les extensions futures, de façon à réduire la progression de cette tache d?urbanisation au profit d?une
densification de ce qui est déjà bâti.
VIII
Piste d?action : il est particulièrement difficile de revenir sur cet étalement urbain et cette dispersion de la construction. Les pistes d?action
envisageables sont, comme pour les indicateurs précédents, du domaine du PLU, des COS autorisés et des incitations aux
divisions de parcelles les plus grandes.
Indicateur 6f : surfaces des ZAC/ZAD, lotissement et réserve foncière
Données : indisponibles
Traitement :
Résultats :
Évaluation :
==>
IX
ANNEXE 2 - Domaine de la société
F i c h e C a p a c i t é 1 8
M a i n t e n i r u n é q u i l i b r e d é m o g r a p h i q u e
e n t r e p o p u l a t i o n s p e r m a n e n t e
e t t e m p o r a i r e
Constats et enjeux de la pression humaine
La population saisonnière et touristique n?est-elle pas trop importante par rapport à la population permanente et à l?espace disponible ? L?apport
supplémentaire de population ne peut être illimité, car il peut provoquer une situation de saturation, d?encombrement mal ressentie et
déséquilibrante pour la population locale.
La ressource démographique est un élément constitutif du dynamisme et de l?équilibre de la société. Toutefois, les questions de l?ampleur de
l?apport d?une population temporaire, de sa concentration saisonnière et du poids démographique temporaire qui pèse sur la population permanente,
sont centrales dans l?évaluation de l?équilibre de cette ressource démographique.
Dans ce contexte, la capacité à maintenir un équilibre démographique entre population permanente et temporaire est essentielle à la qualité de vie
locale. À l?inverse, une population locale subissant une trop forte pression compte tenu de l?ampleur de l?apport d?une population temporaire, peut
être amenée à remettre en cause le choix de développement retenu ou celui des moyens mis en oeuvre pour les aménagements nécessaires à son
acceptation. Cette situation traduit alors une capacité d?accueil dépassée, mal maîtrisée, car déstabilisatrice pour la ressource démographique locale.
Question posée en termes
de capacité d?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la mise
en péril de la ressource à
enjeu
Eclairages des situations de
déséquilibres
Indicateurs
fondamentaux
complémentaires
Fréquentation touristique excessive
par rapport à la population
permanente
Niveau de fréquentation touristique
connue ou estimée dont le nombre
de touristes à la journée, rapport à
la population permanente
Densité de population estivale trop
importante pour le territoire
Densité mesurée et ressentie des
populations permanentes et
saisonnières
La population saisonnière et
touristique n?est-elle pas trop
importante par rapport à la
population permanente et à
l?espace disponible ?
Capacité à maintenir un
équilibre démographique
entre populations
permanente et
temporaire
Concentration des populations âgées
permanentes sur le trait de côte et
des jeunes ménages dans les
communes rétrolittorales
Migrations intercensitaires et
domicile-travail des populations au
départ du secteur littoral vers les
espaces voisins rétrolittoraux
X
Synthèse de la capacité
Bilan des effets mesurés de la capacité d?accueil sur la mise en danger de la ressource à enjeu.
Indicateur 18a : niveau de fréquentation touristique connue ou estimée dont le nombre de touristes à la journée,
rapport à la population permanente
Indicateur 18b : densité mesurée et ressentie des populations permanentes et saisonnières
Indicateur 18c : migrations intercensitaires et domicile-travail des populations au départ du secteur littoral vers les
espaces voisins rétrolittoraux
Situation de déséquilibre :
importante en partie maîtrisée maîtrisée absence de données
Capacités liées à la capacité 18 ?Maintenir un équilibre démographique entre populations
permanente et temporaire?
domaine ressource à enjeu capacité liée
Sol
Capacité 6 : maîtriser l?extension urbaine
Sol
Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usages environnement
Sol
Capacité 9 : éviter des pratiques trop déstabilisatrices sur les sites naturels sensibles
Culture
Capacité 14 : préserver l?identité locale
Démographie
Capacité 17 : assurer le maintien et le renouvellement des populations permanentes
Mode de vie des individus
Capacité 19 : maintenir des conditions de vie acceptables
Mode de vie des individus
Capacité 20 : préserver le fonctionnement social propre au territoire
Mode d?habiter
Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Mode d?habiter
Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
Mode de travail
Capacité 23 : maintenir localement les emplois permanents et les diversifier
société
Mode de travail
Capacité 26 : assurer la participation à la vie communale
Capital matériel Capacité 27 : adapter les équipements collectifs au pic de fréquentation
Services d?intérêt général Capacité 32 : offre de services d?intérêt général, à une population changeante économie
Organisation du capital
productif
Capacité 34 : offrir des implantations adaptées aux besoins des entreprises
XI
Mesure des indicateurs
Indicateur 18a : Niveau de fréquentation touristique connue ou estimée dont le nombre de touristes à la journée,
rapport à la population permanente
Données : données INSEE, recensements 1999, direction du tourisme 1999. Extrait de l?Observatoire du littoral de l?IFEN (les îles de
l?Atlantique, la nature sous la pression touristique, octobre 2008, 4 p.).
Traitement : en l?absence de données précises concernant la fréquentation touristique, les données ici traitées concernent le taux de fonction
touristique et la densité touristique, rapport de la capacité d?hébergement (en nombre de lits) à la population résidente pour le
premier, à la surface du territoire insulaire pour le second.
Résultats : les résultats sont présentés avec une référence par comparaison aux 15 autres îles de la façade atlantique.
IFEN, 2008, les îles de l?Atlantique, la nature sous la pression touristique, 4 p.
Évaluation : l?absence de données fiables concernant la fréquentation touristique réelle, y compris pour le tourisme à la journée, rend difficile
cette appréciation du caractère excessif de la fréquentation touristique par rapport à la population permanente. Malgré tout, les
données ici traitées permettent d?apporter un éclairage sur la pression comparée exercée potentiellement par le tourisme
résidentiel.
L?île en étude présente de ce point de vue une situation intermédiaire, avec un taux de fonction touristique relativement faible en
comparaison avec d?autres îles proches typologiquement. Certaines îles se situent juste en dessous, mais Belle Ile et l?île de
comparaison 1 sont au dessus. Il en est de même pour la densité touristique qui positionne le territoire insulaire en étude à
proximité de la densité moyenne calculée pour l?ensemble des 16 îles en étude.
==> La pression exercée sur l?île au regard de sa fréquentation reste à éclairer plus en détail. Le taux de fonction
touristique qui peut approcher (de loin?) cette question de la fréquentation traduit une situation
intermédiaire sur le territoire en étude.
Indicateur 18b : Densité mesurée et ressentie des populations permanentes et saisonnières
Les données traitées se limitent à celles de l?exploitation d?une enquête directe auprès de la population, permanente et temporaire, à
partir d?un questionnaire sur la perception du territoire de l?île en étude et des pressions diverses qui s?exercent sur lui. Elles sont
donc partielles et ne peuvent à elles seules éclairer le ressenti de la pression urbaine.
Données : enquête réalisée pendant l?été 2007 sur le territoire insulaire en étude par la MSH Ange Guépin dans le cadre de la convention
de recherche PUCA-DRE des Pays de la Loire. Les questionnaires utilisés concernent 260 personnes interrogées sur l?île à la fin
du mois de juillet 2007, dont 54 résidents permanents et 206 résidents temporaires.
XII
Traitement : la perception d?une trop forte densité estivale peut être appréciée au travers de la question 4.1 (A votre avis, en ce moment ici,
les personnes présentes sont ? 1- trop nombreuses ; 2- le bon nombre ; 3- pas assez nombreuses ; 4- sans opinion).
Résultats : les résultats obtenus sont comparés à ceux observés dans le cadre d?une enquête similaire sur le territoire intercommunal en
étude (EPCI de 15 communes).
Réponses des résidents permanents Ile en étude EPCI en étude
1. personnes trop nombreuses 45% 78%
2. bon nombre 45% 15%
Réponses des résidents temporaires et touristes à la journée Ile en étude EPCI en étude
1. personnes trop nombreuses 78% 86%
2. bon nombre 18% 10%
Évaluation : l?intensité de la densité humaine ressentie sur l?île en étude reste modérée. Seulement 45 % des résidents permanents estiment
que le niveau de pression exercée par l?activité touristique est trop important (contre 78 % dans l?EPCI en étude). Ce sont
paradoxalement les touristes qui ressentent plus la gêne provoquée par la pression humaine sur le territoire (78 %, toutefois
moindre que dans l?EPCI en étude où ils sont 86 %).
==> La gêne est donc réelle, mais sans être excessive. Plus de 3 touristes sur 4 avouent cependant qu?il y a trop
de monde sur l?île en étude, contre « seulement » 1 résident permanent sur 2.
Indicateur 18c : Migrations intercensitaires et domicile-travail des populations au départ du secteur littoral vers
les espaces voisins rétrolittoraux
Cet indicateur est impossible à mesurer puisqu?il ne s?applique pas à un territoire insulaire.
XIII
ANNEXE 3 - Domaine de l?économie
F i c h e C a p a c i t é 3 0
M a i n t e n i r l a d i v e r s i t é d u t i s s u
é c o n o m i q u e l o c a l
Constat et enjeux de la pression humaine
Le tissu économique local est la ressource des territoires littoraux qui détermine les possibilités d?offrir des biens et des services aux populations
présentes sur le territoire. Les entreprises des différents secteurs d?activités constituent une source d?enrichissement en créant de la valeur ajoutée,
des emplois et en contribuant aux recettes fiscales. Le territoire pilote compte 428 établissements actifs à la fin 2006, soit autant que des pôles
ruraux comme Surgères ou Argenton sur Creuse.
Dans les territoires balnéaires, la spécialisation touristique, qui accompagne le tourisme de masse depuis les années 1960, fait évoluer le tissu
économique local au profit des activités captant la dépense touristique (tourisme, commerce, bâtiment, immobilier, activités récréatives et
culturelles,?). Comme pour toute spécialisation économique marquée, le tissu économique local s?expose davantage aux risques d?une baisse de
l?activité dans un seul domaine, par nature volatile, dans un contexte où la demande touristique pour le bord de mer français se stabilise depuis le
début des années 2000 et la concurrence des destinations étrangères, parfois proches, s?accentue. Ceci amène à appréhender la concentration de
l?essentiel de l?activité économique locale dans quelques secteurs comme un déséquilibre possible.
Réciproquement, le tissu économique local peut, du fait de ses caractéristiques, susciter une arrivée supplémentaire de populations : la construction
permet l?accroissement du nombre de résidents secondaires et le tourisme fixe la capacité de l?hébergement marchand du territoire. Cette ressource
influe alors sur le niveau de pression humaine et la maîtrise de sa capacité d?accueil. Le tourisme pourrait éventuellement occasionner des gênes à
certaines activités pour lesquelles l?afflux de populations est notamment synonyme de concurrences d?usage (Cf. capacités liées).
L?intensité de la spécialisation balnéaire interroge l?équilibre entre les activités présentes sur le territoire. Equilibre dont l?appréciation repose sur
l?évolution dans le temps, la comparaison à d?autres espaces mais aussi, localement, sur la perception des effets du tourisme par la population
permanente.
Question posée en termes
de capacité d?accueil
supplémentaire de
populations et d?activités,
saisonnières ou
permanentes
Capacité à éviter la mise
en péril de la ressource
à enjeu
Eclairages des situations de
déséquilibres
Indicateurs
fondamentaux
complémentaires
Répartition des entreprises par secteur
d?activités
Tourisme et Bâtiment concentrent
l?essentiel de l?activité économique
locale
Nb de créations et de défaillances
d?entreprises par activité (dont
tourisme)
Gênes occasionnées par l?activité
touristique sur d?autres secteurs
Enquête directe
Le développement touristique
remet-il en question
l?équilibre entre les activités
présentes sur le territoire ?
Capacité à maintenir la
diversité du tissu
économique local
Perception négative des effets du
tourisme par la population
permanente
Enquête directe
XIV
Synthèse de la capacité
Bilan des effets mesurés de la capacité d?accueil sur la mise en danger de la ressource à enjeu.
Indicateur 30a : répartition des entreprises par secteur d?activités
Indicateur 30b : nombre de créations et de défaillances d?entreprises par activité (dont tourisme)
Indicateur 30c : gênes occasionnées par l?activité touristique sur d?autres secteurs
Indicateur 30d : perception des effets du tourisme par la population permanente
Situation de déséquilibre :
importante en partie maîtrisée maîtrisée absence de données
Capacités liées à la capacité 30 ?Maintenir la diversité du tissu économique local?
domaine ressource à enjeu capacité liée
Eau
Capacité 2 : préserver une qualité de l?eau compatible avec les différents usages
du bassin-versant ou de la mer
Eau Capacité 3 : gérer la diversité des usages sur le plan d?eau maritime
Sol Capacité 7 : préserver les espaces nécessaires aux autres usages
Faune Capacité 11 : éviter le dérangement de la faune
environnement
Flore Capacité 12 : préserver les espèces floristiques indigènes
Démographie Capacité 17 : assurer le maintien et le renouvellement des populations permanentes
Démographie
Capacité 18 : maintenir un équilibre démographique entre les populations permanente et
temporaire
Mode d?habiter Capacité 21 : assurer la mixité résidentielle et sociale
Mode de travail Capacité 22 : diversifier l?offre d?hébergement touristique
Mode de travail Capacité 23 : maintenir localement des emplois permanents et à les diversifier
société
Mode de travail Capacité 24 : entretenir des savoir-faire locaux
Capital matériel
Capacité 28 : maintenir la diversité des utilisateurs des équipements collectifs et des
infrastructures
Capital financier
Capacité 29 : maîtriser financièrement l?urbanisation et la spécialisation touristique
Tissu économique local Capacité 31 : maintenir une activité économique hors saison
Organisation du capital
productif
Capacité 33 : développer les complémentarités entre les entreprises
économie
Organisation du capital
productif
Capacité 34 : offrir des implantations adaptées aux besoins des entreprises
XV
Mesure des indicateurs
Indicateur 30a : Répartition des entreprises par secteur d?activités
Données : © Insee, Connaissance Locale de l'Appareil Productif (CLAP) (hors agriculture), http://www.statistiques-
locales.insee.fr/esl/baseTelechSource.asp, Nombre d'établissements actifs au 31/12/2006 par activité en NES 16 ; Agriculture :
Nombre d?exploitations agricoles professionnelles en 1988, en 2000, Ministère de l?Agriculture et de la pêche, Scees ?
Recensement général de l?agriculture, http://www.statistiques-locales.insee.fr/esl/baseTelechSource.asp ; Pêche : Flotte de pêche
par quartier maritime, LEMNA, Université de Nantes, d?après données DPMA.
Traitement : Les activités du tourisme se situent essentiellement dans la catégorie Services aux personnes qui recouvrent les hôtels et
restaurants, les activités récréatives et les services personnels et domestiques.
Etant donné le poids antérieur de la pêche dans la diversité économique du territoire, la répartition des établissements par activité
présente également les données pour le secteur primaire.
Résultats : Pour les secteurs de la pêche et de l?agriculture, l?évaluation se fait par comparaison dans le temps.
La flotte de pêche comptait 126 navires en 1990, 62 en 2000. Elle n?en compte plus que 48 en 2007.
Le nombre d?exploitations agricoles professionnelles est passé de 5 en 1988 à 4 en 2000. Leur surface agricole utilisée a
augmenté malgré le contexte de concurrence foncière ressentie.
Le graphique suivant présente la structure du tissu économique pour les autres secteurs. L?évaluation se fait par comparaison
avec d?autres territoires. Les cas 1 et 2 sont deux territoires insulaires balnéaires, leur tissu économique est plus dense en
terme de nombre d?établissements actifs. Les cas 3 et 4 sont deux pôles d?emplois ruraux, comme le territoire pilote, avec autant
d?établissements mais sensiblement plus riches en emploi (Cf. Capacité 23 :maintenir localement des emplois permanents et à les
diversifier).
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
territoire pilote Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Industrie automobile
Energie
Industries des biens
intermédiaires
Industrie des biens de
consommation
Industries des biens
d'équipement
Administration
Industries agricoles et
alimentaires
Activités financières
Transports
Éducation, santé, action
sociale
Services aux entreprises
Activités immobilières
Construction
Services aux particuliers
Commerce
Évaluation : Le niveau d?équipement commercial du territoire évalué est équivalent à celui de petites villes rurales à la population légèrement
supérieure. Ceci est cohérent avec l?existence d?une clientèle insulaire captive (zone de chalandise limitée) et l?arrivée de
?consommateurs? supplémentaires en saison touristique. A la lecture de la part des services aux particuliers, le caractère
touristique se révèle du même ordre que dans les deux autres îles balnéaires atlantiques (environ 20% des établissements). La
spécialisation touristique est cependant minorée ici du fait du champ statistique couvert (hors période estivale (31 décembre),
hors activité de location d?hébergement développée par des particuliers). L?importance des secteurs de la construction et de
l?immobilier est nettement supérieure dans les 3 îles touristiques que dans les 2 pôles d?emplois ruraux. La part de la construction
est même deux fois plus importante dans le territoire pilote que dans le cas 4 qui connaît pourtant une augmentation continue de
sa population.
==> Le tissu économique local est en train de perdre de sa diversité au détriment des activités de production
(pêche, agriculture, artisanat). La majorité des établissements contribuent au développement touristique et
captent la dépense des touristes consommateurs temporaires. Une accentuation de la spécialisation
XVI
touristique par rapport à la situation actuelle risque de rendre l?économie locale plus vulnérable encore aux
variations de l?affluence estivale. Le lien entre construction et tourisme apparaît étroit, ce qui invite à une
réflexion autour d?un mode de développement touristique davantage orienté vers l?hébergement marchand
(hôtellerie, camping, chambres d?hôtes, ?) que vers la résidence secondaire.
Indicateur 30b : Nombre de créations et de défaillances d?entreprises par activité (dont tourisme)
Données : INSEE, REE (Sirene), Création d?entreprises par secteur d?activité en 2007, INSEE Chiffres clés ? Démographie des entreprises ;
activités marchandes hors agriculture et pêche.
Traitement : Le taux de création d?entreprises est le rapport du nombre des créations d?entreprises d?une année au stock d?entreprises au 1er
janvier de cette même année.
Résultats : L?évaluation se fait par comparaison avec d?autres territoires (mêmes territoires que pour l?indicateur 30a précédent).
Territoire évalué Cas 1 Cas 2 Cas 3 Cas 4
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Nb
Taux de
création
Ensemble 28 8,6 80 11 36 8,6 32 10,2 31 9,7
Industrie 2 7,1 9 7,1 1 2,7 2 5 1 2,1
Construction 10 15,4 7 6,7 10 12 5 13,5 3 7,3
Commerce 6 8,5 29 19,6 1 1,2 12 13,5 7 9,2
Services 10 6,2 35 10,1 24 11,3 13 8,8 20 13
Évaluation : Le taux de création d?entreprises du territoire est plus faible que dans le territoire insulaire touristique n°2 ainsi que dans les
deux pôles ruraux. Le tissu économique local s?y renouvelle plus lentement. Cette dynamique est essentiellement portée par la
construction.
==> Les résultats marquent un renforcement de la spécialisation du tissu économique dans la construction. D?un
côté, ceci pourrait s?expliquer par un report des activités en déclin vers d?autres secteurs. De l?autre, ceci
laisse entrevoir une plus forte sensibilité de l?économie locale aux fluctuations conjoncturelles de cette
activité par nature cyclique.
Indicateur 30c : Gênes occasionnées par l?activité touristique sur d?autres secteurs
Données : Non disponible. Les gênes occasionnées par l?activité touristique sur d?autres secteurs n?ont pas fait l?objet d?une enquête directe
auprès des acteurs économiques.
Indicateur 30d : Perception des effets du tourisme par la population permanente
Données : Les données sont issues de l?exploitation d?une enquête directe par questionnaire auprès de la population permanente et
temporaire. Le questionnaire porte sur la perception du territoire et des pressions diverses qui s?exercent sur lui.
enquête réalisée pendant l?été 2007 sur le territoire insulaire en étude par la Maison des Sciences de l?Homme Ange Guépin de
Nantes dans le cadre du programme de recherche PUCA - DRE des Pays de la Loire ? MSH Ange Guépin. Les questionnaires
utilisés concernent 260 personnes interrogées sur l?île à la fin du mois de juillet 2007, dont 54 résidents permanents et 206
résidents temporaires.
Traitement : Question 4.2 (La période touristique a des effets, parmi la liste suivante, pouvez-vous en classez 3 par ordre d?importance ?).
Résultats : Sur 3 effets classés, 53 % sont des conséquences positives de la période touristique (Enrichissement / Emploi ; Animation ; Mise
en valeur de l?identité locale ; rencontres avec la famille ou les amis) et 47 % correspondent à des effets négatifs (Pollution,
déchets ; Baisse de la qualité de vie ; Vols et agressions ; Bruit ; Autre items cités dans les verbatim).
Un habitant permanent sur deux indique que le 1er effet du tourisme est l?enrichissement et la création d?emplois. On notera que
cet item apparaît finalement peu en 2ème ou 3ème ordre ce qui laisse penser que les perceptions sur les retombées économiques
sont assez tranchées. D?ailleurs, un habitant sur 5 perçoit le tourisme avant tout comme une source de pollution et de déchets ou
de baisse de la qualité de vie. Ces deux impacts sont fréquemment cités au titre du 2ème et du 3ème effet du tourisme.
L?animation fait partie des effets importants de la saison touristique les plus cités (20 % de l?ensemble des réponses). Les
XVII
rencontres avec la famille ou les amis, globalement peu citées, sont reconnues comme un effet du tourisme, au 3ème ordre.
D?une manière générale, l?accueil estival de populations est ainsi ressenti comme procurant un bien être social (animation,
rencontres) par un quart environ des habitants permanents. Le bruit ainsi que les vols et les agressions sont tous deux cités par
13 % des habitants comme le 3ème effet le plus important de la période touristique.
Classement obtenu pour les 3 effets cités, par ordre d?importance (pourcentage).
Liste des effets proposés Effet n°1 Effet n°2 Effet n°3 Résultat sur 3 réponses
Enrichissement / Emploi 53 2 8 23
Animation 17 31 13 20
Pollution / Déchets 13 18 18 16
Baisse de la qualité de vie 8 12 18 12
Bruits 2 10 13 8
Rencontre avec la famille, les amis 2 6 13 6
Vols et agressions 2 6 13 6
Mise en valeur de l?identité locale 4 10 3 6
Autres 0 4 5 3
Total 100 % 100 % 100 % 100 %
n 53 49 40 142
Évaluation :
==> La perception des effets du tourisme marque la reconnaissance de sa contribution à l?économie locale mais
aussi une tolérance limitée vis-à-vis de ses impacts négatifs.
Direction régionale de l?Environnement, de l?Aménagement et
du Logement des Pays de la Loire
Plan Urbanisme Construction Architecture
Direction générale de l?Aménagement, du Logement et de la Nature
avec le soutien de la MSH Ange Guépin et du CETE de l?Ouest
Contacts :
DREAL Pays de la Loire
Service Intermodalité, Aménagement, Logement
sial.dreal-pays-de-la-loire@developpement-durable.gouv.fr
Coordinateur du programme :
Patrick POTTIER
patrick.pottier@univ-nantes.fr
Université de Nantes
Géolittomer, LETG UMR 6554 - CNRS
INVALIDE)