En Pays de la Loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne
DOUILLARD, Denis ;PIROT, Philippe ;VIGNERON, Philippe ;COLLOBERT, Jean ;GICQUAUD, Nicole ;RODRIGUES, Amandine ;SIGLER, Nicolas
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
;Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">L'aménagement du territoire constitue un enjeu stratégique pour les Pays de la Loire, au coeur des préoccupations quotidiennes des habitants et des politiques publiques menées par les acteurs nationaux, régionaux ou locaux. Dans une région qui accueille chaque année plus de 30 000 nouveaux habitants, cette question est primordiale.<br /><br />En particulier, la densification des communes situées dans la périphérie des villes, phénomène connu sous le nom de périurbanisation, suscite de nombreuses interrogations, notamment en termes de développement durable. En s'étendant, en devenant moins compactes, les villes deviennent plus consommatrices d'énergie, de réseaux et d'espace. A cela vient s'ajouter dans notre région, le « mitage » accentué de l'espace rural, du fait d'une artificialisation deux fois plus importante que sur le reste du territoire. Cette extension s'accompagne d'une forte consommation foncière et de nombreuses zones agricoles sont ainsi transformées en lotissements, routes ou zones commerciales. Ce phénomène recompose les paysages, entraîne une fragmentation des habitats naturels et nuit à la biodiversité. Par ailleurs, la périurbanisation a un impact direct sur la vie quotidienne des habitants des espaces périurbains : accessibilité à l'emploi, aux équipements et aux services, accession à la propriété, longueur des déplacements domicile-travail, généralisation de l'usage de la voiture pour se déplacer... La confrontation dans les territoires ruraux d'une logique urbaine et d'une logique rurale est de nature à modifier profondément certains équilibres environnementaux et socio-économiques.<br /><br />L'Insee et la Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal) ont collaboré afin de rendre compte de la situation dans les Pays de la Loire. Par une analyse approfondie des différentes facettes de la périurbanisation, l'objet de cette étude est d'éclairer les politiques publiques en matière de logement, d'infrastructures de transports et d'équipements, ainsi que d'aménagement de l'espace. Cet ouvrage est structuré en deux grandes parties. La première partie dresse un état des lieux de la périurbanisation en Pays de la Loire et en établit la liste des déterminants. La seconde partie fait le point sur les conséquences du phénomène, tant du point de vue des disparités sociales que de celui de l'organisation du territoire et des déplacements. Une classification des bassins de vie de la région au regard de leurs caractéristiques complète ce dossier. Cette étude s'accompagne d'une vidéo sur l'évolution des densités de population entre 1876 et 2006, téléchargeable également sur le site insee.fr.</div>
Editeur
INSEE Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
donnée statistique
;analyse
;artificialisation des sols
;étalement urbain
;développement périurbain
Descripteur écoplanete
maîtrise de l'urbanisation
Thème
Économie - Société
;Transports
;Habitat - Logement
;Aménagement du territoire
Texte intégral
www.insee.fr/pays-de-la-loire
N° 38. Octobre 2010
En Pays de la Loire,
la ville déborde
de plus en plus
sur la campagne
INSTITUT NATIONAL
DE LA STATISTIQUE
ET DES ÉTUDES ÉCONOMIQUES
La réalisation de cet ouvrage a été coordonnée par la Direction
régionale de l?Insee et la Direction régionale de l?environnement,
de l?aménagement et du logement (Dreal) des Pays de la Loire.
Les organismes suivants ont été associés à la réalisation de
cette étude :
- la Direction régionale de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt
(Draaf) ;
- l?Agence pour le développement durable de la région nazairienne
(ADDRN) ;
Le comité de pilotage de l?étude était composé de :
- Philippe PIROT, Christian RINCE, Philippe VIGNERON (Dreal) ;
- Patrice MILLON, Bernard ROBERT (Draaf) ;
- Claire VICTOIRE (ADDRN) ;
- Nicole GICQUAUD, David MARTINEAU, Amandine RODRIGUES,
Nicolas SIGLER et Sébastien SEGUIN (Insee) ;
Cette étude s?accompagne d?une vidéo sur l?évolution des densités de
population entre 1876 et 2006, téléchargeable sur le site insee.fr. Cette
vidéo n?aurait pu être réalisée sans l?aide de François SEMECURBE,
chef de la mission « Cartographie, études, diffusion » au pôle de
service de l?action régionale « Analyse territoriale », localisé à l?Insee
Provence-Alpes-Côte d?Azur. Il est ici chaleureusement remercié.
Sont également remerciées Michelle Burnet et Valérie Texier (Carene)
pour les éléments apportés sur le cas de la commune de Saint-André-
des-Eaux.
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION
Jean-Paul FAUR
REDACTEUR EN CHEF
David MARTINEAU
SECRETAIRES DE REDACTION
Véronique REMONDINI
Charlotte RIEGL
Clémence CULY
CONCEPTION-COORDINATION
Amandine RODRIGUES (Insee)
REDACTION
Denis DOUILLARD, Philippe PIROT,
Philippe VIGNERON (Dreal), Jean COLLOBERT
Nicole GICQUAUD, Amandine RODRIGUES,
Nicolas SIGLER (Insee)
EXPLOITATION DES DONNEES
Brigitte ALLAIN,
François LONGEAUD DESBROSSES,
Nicole GICQUAUD, Nicolas SIGLER (Insee)
CARTOGRAPHIE
Maxime SIMONOVICI
MISE EN PAGE- IMPRIMEUR
La Contemporaine - Sainte-Luce-sur-Loire
Photo?:?Fotolia
Dépôt?légal?4ème?trimestre?2010?
ISBN?978-2-11-056132-7
ISSN?1637-665X
CODE?SAGE?IDOS03844
©?Insee?Pays?de?la?Loire?-?Octobre?2010
INSEE?Pays?de?la?Loire
105,?rue?des?Français?Libres
BP?67401?-?44274?NANTES?Cedex?2
Tél.?:?02?40?41?75?75?-?Fax?:?02?40?41?79?39
Informations?statistiques?au?09?72?72?4000
(prix?d?un?appel?local)
www.insee.fr/pays-de-la-loire
L
?aménagement du territoire constitue un enjeu stratégique pour les Pays de la Loire, au coeur des
préoccupations quotidiennes des habitants et des politiques publiques menées par les acteurs nationaux,
régionaux ou locaux. Dans une région qui accueille chaque année plus de 30 000 nouveaux habitants, cette
question est primordiale.
En particulier, la densification des communes situées dans la périphérie des villes, phénomène connu sous
le nom de périurbanisation, suscite de nombreuses interrogations, notamment en termes de développement
durable. En s?étendant, en devenant moins compactes, les villes deviennent plus consommatrices d?énergie, de
réseaux et d?espace. A cela vient s?ajouter dans notre région, le « mitage » accentué de l?espace rural, du fait
d?une artificialisation deux fois plus importante que sur le reste du territoire.
Cette extension s?accompagne d?une forte consommation foncière et de nombreuses zones agricoles sont ainsi
transformées en lotissements, routes ou zones commerciales. Ce phénomène recompose les paysages, entraîne
une fragmentation des habitats naturels et nuit à la biodiversité.
Par ailleurs, la périurbanisation a un impact direct sur la vie quotidienne des habitants des espaces périurbains :
accessibilité à l?emploi, aux équipements et aux services, accession à la propriété, longueur des déplacements
domicile-travail, généralisation de l?usage de la voiture pour se déplacer? La confrontation dans les territoires
ruraux d?une logique urbaine et d?une logique rurale est de nature à modifier profondément certains équilibres
environnementaux et socio-économiques.
L?Insee et la Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement (Dreal) ont collaboré afin
de rendre compte de la situation dans les Pays de la Loire. Par une analyse approfondie des différentes facettes
de la périurbanisation, l?objet de cette étude est d?éclairer les politiques publiques en matière de logement,
d?infrastructures de transports et d?équipements et d?aménagement de l?espace.
Cet ouvrage est structuré en deux grandes parties. La première partie dresse un état des lieux de la périurbanisation
en Pays de la Loire et en établit la liste des déterminants. La seconde partie fait le point sur les conséquences
du phénomène, tant du point de vue des disparités sociales que de celui de l?organisation du territoire et des
déplacements. Une classification des bassins de vie de la région au regard de leurs caractéristiques complète
ce dossier.
L?ensemble de l?étude, co-pilotée par l?Insee et la Dreal, a également associé la Direction régionale de l?alimentation,
de l?agriculture et de la forêt (Draaf) et l?Agence pour le développement durable de la région nazairienne (ADDRN).
Nous formons tous le voeu que ce travail alimente de façon constructive le débat sur la périurbanisation et
l?étalement urbain.
Le directeur régional de l?environnement,
de l?aménagement et du logement
des Pays de la Loire
Hubert FERRY-WILCZEK
Le directeur régional de l?Insee
des Pays de la Loire
Jean-Paul FAUR
S o m m a i r e
AvANT-PROPOS 1
SyNTHèSE ET PERSPECTIvES 3
LA PéRIURBANISATION : FACTEURS ET éTAT DES LIEUX
LES MAISONS POUSSENT COMME DES CHAMPIGNONS... DANS LES CHAMPS
LES EMPLOIS RESTENT EN VILLE
L?ARTIFICIALISATION DES SOLS GAGNE DU TERRAIN
6
15
21
CONSéqUENCES SUR LES DISPARITéS SOCIALES ET L?ORGANISATION SUR LE TERRITOIRE
DIS-MOI Où TU VIS, JE TE DIRAI QUI TU ES
DÉPLACEMENTS DOMICILE-TRAVAIL : çA BOUCHONNE
LA VOITURE CARBURE à L?ÉTALEMENT URBAIN
28
34
42
TyPOLOGIE DU TERRITOIRE 47
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3 insee pays de la loire - les transports et déplacements des habitants des pays de la loire - avril 20103 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Synthèse et perspectives
Périurbanisation, rurbanisation, artificialisation :
état des lieux, conséquences et alternatives
Amandine RODRIGUES (Insee)
Les Pays de la Loire connaissent,
depuis plus de vingt années
maintenant, un dynamisme démo-
graphique incontestable qui s?accroît
sur la période récente. Depuis 1999,
la population augmente ainsi chaque
année de 32 500 habitants. Cette
population nouvelle représente une
croissance de 1 % par an contre 0,7 %
au niveau national. Les Pays de la Loire
se positionnent ainsi au quatrième
rang des régions françaises pour le
dynamisme démographique, derrière
la Corse, Midi-Pyrénées et Languedoc-
Roussillon.
La croissance de la population de la
région découle de deux phénomènes
combinés : l?apport du solde naturel, qui
résulte de l?excédent des naissances sur
les décès, et celui du solde migratoire,
qui mesure l?écart entre les entrées et
les sorties du territoire. Contrairement
aux autres régions dynamiques du
sud et de l?ouest de la France, l?élan
démographique des Pays de la Loire
n?est pas uniquement tiré par le
moteur des migrations. En effet, avec
une population plus jeune qu?ailleurs
et une fécondité plus importante, le
nombre élevé des naissances dépasse
largement celui des décès.
Une densification de la
population plus loin des
villes
Les centres urbains accueillent nombre
des arrivées dans la région, de par la
richesse des offres d?emplois qu?ils
proposent et leur parc locatif important.
Mais les espaces périurbains et ruraux
bénéficient largement des migrations
internes à la région, du fait d?une offre
foncière plus attractive. La possibilité
d?accéder à la propriété, notamment
en logement individuel, incite un
nombre important de familles de la
région à déménager toujours plus loin
des villes, ce qui éloigne les ménages
les plus modestes des pôles d?emploi.
La région des Pays de la Loire se
trouve ainsi soumise à deux formes
d?urbanisation : la périurbanisation et la
rurbanisation. La première désigne la
densification de la deuxième couronne
des villes quand la seconde définit le
« retour » des citadins à la campagne.
Pour faire face à la croissance
démographique, mais aussi à la
diminution de la taille moyenne des
ménages, la croissance annuelle
moyenne du parc de logements
régional est encore plus vive que
celle de la population : + 1,4 % en
moyenne par an entre 1999 et 2007,
ce qui représente environ 190 000
logements supplémentaires sur la
période. Ceci entraîne une offre de
terrains disponibles en tension : pour
de nombreuses familles de classes
« moyennes », il devient nécessaire
de s?éloigner des villes-centres pour
espérer accéder à la propriété. Sans
surprise, c?est donc dans les communes
appartenant à l?espace périurbain que
le parc de logements a progressé
le plus rapidement : + 2,2 % par an
en moyenne entre 1999 et 2007. On
assiste donc bien à un étalement de la
ville à ses franges et au-delà.
Cet étalement urbain très important
lors de la dernière décennie, qui
avait pu paraître hors contrôle pour
de nombreux observateurs, semble
néanmoins se modérer récemment.
La forte progression du prix des
carburants intervenue de début 2007
à l?été 2008 et la prise de conscience
de nombreuses collectivités ont, sans
doute, contribué à dissuader certains
ménages de s?éloigner des villes-
centres, pour limiter l?augmentation du
poste déplacements de leur budget.
Les maisons grignotent les
champs
Face à la croissance de l?urbanisation,
de nombreuses zones agricoles
sont reconverties pour accueillir
les lotissements, routes ou zones
commerciales qui répondent aux
besoins des nouvelles populations.
Cette artificialisation des sols, déjà
élevée dans la région, progresse de
façon très forte : les Pays de la Loire
sont même la région de métropole où
l?accroissement de l?artificialisation est
le plus élevé.
Au regard de la situation dans d?autres
régions attractives, le dynamisme
démographique des Pays de la
Loire n?est pas l?unique cause de
ce phénomène. Dans la région, la
prédominance de la construction de
maisons individuelles amplifie en effet
la consommation d?espace. La maison
représente ainsi 70 % de l?ensemble
des constructions de la région,
contre seulement 54 % au niveau
national. La surreprésentation de la
maison individuelle et des résidences
secondaires, mais aussi les fortes
consommations d?espace des
locaux professionnels ou agricoles,
permettent de mieux comprendre cette
artificialisation galopante.
La région est riche en terres agricoles.
Ces terres sont donc fortement
sollicitées, plus particulièrement le
bocage. En Pays de la Loire, la quasi-
totalité des surfaces artificialisées
entre 2000 et 2006 a été prélevée sur
les territoires agricoles, à la différence
des régions riches en forêts et milieux
semi-naturels comme l?Aquitaine ou
Provence-Alpes-Côte-d?Azur, où ces
territoires peuvent fournir jusqu?à
40 % de la surface nouvellement
artificialisée.
L?artificialisation et sa croissance très
au-dessus de la moyenne traduisent
l?urbanisation toujours plus loin des
pôles urbains, de façon accentuée
dans l?espace rural, avec en corollaire
l?augmentation de l?usage de la voiture.
Pour les deux départements littoraux,
ce phénomène transforme des villages
ruraux, de plus en plus loin des centres
urbains, en cités-dortoirs dont la
plupart des nouveaux habitants utilisent
la voiture pour aller travailler.
Au-delà de la diminution des ressources
naturelles et agricoles, l?artificialisation
entraîne une recomposition des
paysages, une fragmentation des
habitats naturels et pèse sur la
biodiversité. Ce phénomène présente
aussi des enjeux forts en termes
de tensions foncières et d?éventuels
conflits d?usage entre activités
agricoles, habitat et développement
économique.
4
Synthèse et perspectives
Après l?exode rural, place à
l?évasion urbaine
Historiquement, les Pays de la Loire ont
connu comme le reste de la France un
exode rural : les villes-centres étaient
alors les espaces les plus attractifs au
détriment des campagnes. Aujourd?hui
la donne a changé : certains territoires
très attractifs par le passé peinent
aujourd?hui à conserver leur population,
quand d?autres, auparavant boudés,
font à présent jouer tous leurs atouts.
Les territoires éloignés gagnent en
attractivité relativement aux territoires
centraux, qui ont des difficultés
à offrir des logements à des prix
abordables pour certaines catégories
de population. Ainsi, comme dans la
majorité des régions françaises, les
Pays de la Loire ont connu, entre 1999
et 2006, un second pic de croissance
de la population dans l?espace
périurbain après celui de la période
1975 et 1982.
La région a connu un phénomène
de déversements successifs de la
population des grandes agglomérations
vers le périurbain, proche d?abord,
puis plus lointain, voire vers certaines
zones rurales qui bénéficient depuis
peu d?un regain d?intérêt autour des
aires urbaines les plus étendues. Le
périurbain « pur » est aujourd?hui en
perte de vitesse, laissant la place
à des territoires à la frontière de
l?espace périurbain et du rural. Ainsi
les campagnes pourraient-elles bientôt
devenir le prochain réceptacle de cet
exode urbain.
L?éloignement progressif des villes-
centres est manifeste : les familles
ligériennes recherchent du foncier
plus accessible financièrement, quitte
à rallonger leurs trajets domicile-
travail. Toutefois, ce mouvement n?a
pas la même intensité en Mayenne
qu?en Loire-Atlantique ou en Vendée,
particulièrement attractives.
Périurbanisation et
rurbanisation : les mêmes
causes mais des effets
différents
Les causes de la périurbanisation et
de la rurbanisation sont communes ;
elles sont liées à l?abandon du cadre
urbain. L?automobile en est l?un des
instruments : elle permet de relier le
monde urbain, riche en emplois, en
équipements et en services, au monde
périurbain et rural, qui en est moins bien
pourvu, et qui est, en particulier, pauvre
en transports collectifs. L?amélioration
de ces derniers conjuguée à la qualité
du maillage routier qui facilite le multi-
équipement des ménages en automobile,
favorise l?implantation des familles dans
l?espace périurbain et à la campagne.
Cette évasion urbaine est motivée
par un désir très fort d?accéder à la
propriété d?une maison avec jardin,
tout en conservant le style de vie des
citadins. Les Pays de la Loire sont
ainsi une région de propriétaires :
63 % des ligériens possèdent leur
domicile, qu?il s?agisse d?une maison
ou d?un appartement, contre 57 % au
niveau national. Les prix du foncier ne
permettent pas aux ménages modestes
d?acheter une maison individuelle en
ville. Les espaces périphériques, quant
à eux, sont beaucoup plus accessibles.
La voiture, l?équipement ménager,
la télévision et internet unifient les
modes de vie et permettent de vivre
plus ou moins à la mode urbaine à la
campagne.
Si les causes de la périurbanisation et
de la rurbanisation sont identiques, leurs
conséquences diffèrent. Dans l?espace
périurbain, qui est situé par définition
entre l?espace urbain et l?espace rural,
les nouvelles constructions peuvent
s?incorporer dans des quartiers intégrés
à l?agglomération. Il n?en est pas de
même à la campagne, où l?habitat
« rurbain » a vocation à demeurer rural.
Cette distinction apporte un élément
important de différenciation entre
périurbanisation et rurbanisation. En
effet, la périurbanisation se présente
comme une extension urbaine et à
vocation à être reliée à un pôle urbain.
Ainsi, l?espace périurbain peut offrir
à ses habitants l?essentiel de ce qu?ils
sont en droit d?attendre, sur le plan de
la vie quotidienne, d?une zone urbaine.
A contrario, la rurbanisation ne prétend
pas offrir à ses adeptes les facilités
qu?on ne trouve habituellement pas à la
campagne.
Des conséquences sur
l?organisation des territoires
Par ailleurs, la rurbanisation ne
s?accompagne pas à ce jour d?un
volet économique. En effet, emplois et
populations continuent de se localiser
à des endroits très différents. Si l?on
observe un transfert d?emplois de
la ville-centre vers la périphérie, ce
phénomène demeure très restreint. Il
trouve ses limites tant en nombre - les
emplois restent largement concentrés
dans les pôles urbains - qu?en termes
de distance : ce transfert n?atteint pas
les campagnes.
La « métropolisation » est à l?oeuvre : le
territoire des Pays de la Loire s?organise
de plus en plus autour de ses grands
pôles urbains, qui concentrent une part
croissante de l?activité économique,
engendrant autour d?eux des espaces
de forts déplacements.
Lieu d?emploi et lieu d?habitat sont
donc souvent disjoints. De fait, les
mouvements de population liés à la
périurbanisation et à la rurbanisation
ont des conséquences sur l?organisation
des territoires et notamment les
déplacements domicile-travail qui
s?en trouvent amplifiés. De plus en
plus de personnes font des navettes
domicile-travail et les trajets de ces
dernières sont de plus en plus longs.
L?accessibilité à l?emploi diffère en effet
selon le caractère urbain ou rural du
lieu de résidence : les actifs résidant
dans l?espace périurbain ou le rural ont
moins de chances de trouver un emploi
près de chez eux que ceux qui habitent
un pôle urbain.
La carte des mouvements de la
population se superpose largement à
celle des prix des terrains à bâtir. En
suivant la carte dessinée par le marché
du foncier, les migrations résidentielles
conduisent souvent à une logique de
ségrégation. Face au désir de maison
individuelle et à l?offre disponible,
chacun a tendance, selon son âge
ou son groupe social, à répliquer le
comportement de son semblable. La
ségrégation socio-spatiale prend alors
tout son sens.
Ainsi, étalement urbain et mixité sociale
ne vont pas naturellement de pair, et
le lieu de résidence peut devenir un
marqueur social. Aussi, la répartition
des groupes sociaux sur le territoire
est-elle fortement liée à la catégorie
socioprofessionnelle et au niveau de
revenus des habitants. Les cadres
sont ainsi largement représentés dans
les pôles urbains, quand la présence
des ouvriers est plus marquée à la
campagne.
Avec la périurbanisation, les écoles des
pôles urbains peinent parfois à remplir
leurs classes, tandis que le mode de
garde des jeunes enfants devient un
véritable enjeu dans le périurbain. En
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
5
Synthèse et perspectives
réduisant les difficultés d?organisation
des familles périurbaines, la présence
de crèches, de nourrices agréées
et de services périscolaires influe
positivement sur le maintien en emploi
des femmes. L?espace périurbain
n?étant pas l?espace privilégié pour
l?accès à l?emploi, aux équipements et
aux services, le choix parfois contraint
d?y résider entraîne bien souvent
l?acquisition d?un second véhicule dans
le ménage pour rejoindre son travail,
transporter ses enfants ou réaliser
d?autres déplacements pour motifs
personnels.
L?évasion urbaine en débat
La périurbanisation, la rurbanisation
et l?étalement urbain ont des
conséquences tant sur l?organisation
des territoires, que sur l?environnement
ou la mixité sociale. De nombreux
observateurs et décideurs ont posé,
posent et continueront de poser cette
question : faut-il lutter contre l?évasion
urbaine ? En première approche,
les « bénéficiaires » de ce mode de
développement sont, d?une part, les
ménages qui profitent par ce biais d?une
accession facilitée à la maison avec
jardin et d?un cadre de vie paysager
qui leur convient. D?autre part, les
collectivités bénéficiaires peuvent
y trouver leur intérêt, puisque ces
mouvements de population permettent
de redynamiser les campagnes. En Pays
de la Loire, rares sont les territoires
dont la croissance démographique
n?est pas positive. L?évasion urbaine
concernant essentiellement des
couples avec enfants, les territoires
récepteurs se trouvent par conséquent
rajeunis. C?est un atout majeur pour
nombre de campagnes qui étaient
vieillissantes.
Cependant, l?évasion urbaine ne
présente pas que des avantages.
En tout premier lieu, elle représente
un risque d?ultra-spécialisation des
usages des villes qui pourraient, à
terme, se tourner très fortement vers
leurs seules fonctions économiques
et de formation. Entre 1999 et 2006,
la croissance de la population des
villes-centres a été très faible dans
la région. Elle est uniquement due
à un excédent des naissances sur
les décès, le solde migratoire étant
négatif. à l?exception des étudiants et
des jeunes actifs, toutes les catégories
de la population fuient la ville-centre.
Cela a des conséquences en termes
de dynamisme et de gestion des
infrastructures, notamment scolaires.
Les inconvénients liés à ce mode
de développement touchent aussi le
périurbain et le rural. Si les prix du
foncier sont plus abordables dans ces
espaces qu?en ville, ils restent élevés.
Avec le développement du recours à
des emprunts de plus en plus longs,
l?accession à la propriété dans ces
zones peut entraîner un surendettement
des ménages modestes et faisant
face à des coûts d?usages élevés
via l?utilisation de leur(s) véhicule(s)
individuel(s). Le multi-équipement
des ménages en automobiles est
particulièrement marqué en Pays de
la Loire, 83 % des couples bi-actifs
résidant dans l?espace périurbain
possèdent ainsi deux voitures ou plus.
Par ailleurs, un étalement urbain non
maîtrisé engendre une artificialisation
excessive et donc une consommation
inutile d?espace. Pour 100 hectares
de terrains artificialisés entre 2000 et
2006 en France, 12 le sont en Pays de
la Loire, faisant ainsi de la région la plus
grande consommatrice de surfaces.
Le périurbain et le rural sont les
espaces privilégiés de la construction
individuelle et de l?utilisation de la
voiture. Les maisons consomment
beaucoup plus d?énergie par habitant
que les appartements, tandis que les
voitures en consomment davantage
que les transports collectifs.
L?évasion urbaine entraîne donc
une consommation supplémentaire
d?énergie et une pollution par habitant
plus importante.
Enfin, ces mouvements de population
ne sont pas sans impact sur la mixité
sociale. L?évasion urbaine est très liée
au prix du foncier et la ségrégation
socio-spatiale persiste et progresse.
De l?étalement au
renouvellement urbain ?
Comment mieux concilier les attentes
des ménages en matière d?habitat
tout en minimisant les inconvénients
qui en résultent le plus souvent ? Une
voie semble aujourd?hui être privilégiée
et trouve déjà sa traduction dans de
nombreux documents d?urbanisme
ou d?aménagement des communes
ou intercommunalités (Plan local de
l?habitat, Plan local d?urbanisme) :
celle de la densification urbaine. Les
densités élevées présentent en effet de
nombreux avantages, en particulier des
consommations d?espace et d?énergie
plus faibles par habitant. Du point de vue
de la consommation foncière comme
de la consommation énergétique, des
formes d?habitat plus denses semblent
répondre aux enjeux de demain.
Au-delà de la densification, c?est la
question du renouvellement urbain, de
la reconstruction de la ville sur elle-
même qui est posée. Si les grandes-
villes connaissent et mettent en oeuvre
depuis de nombreuses années des
stratégies de renouvellement urbain,
les communes périurbaines et rurales
semblent aujourd?hui vouloir s?en
saisir.
A titre d?illustration, on peut citer la
commune de Saint-André-des-Eaux
qui a connu, sur la dernière décennie,
une très forte croissance (près de
5% de population supplémentaire
chaque année, plus de 70 nouveaux
logements). Son développement s?est
accompagné d?une consommation
foncière particulièrement forte du fait
d?un modèle uniquement basé sur la
maison individuelle implantée sur un
parcellaire avoisinant souvent plus de
1 000 m2 (45 ha consommés entre
1999 et 2004 par exemple). Pour
enrayer ce phénomène et créer un
parc adapté notamment aux jeunes
ménages, la commune s?engage
avec la Carene dans un projet de
renouvellement urbain dans un
périmètre de 300 m autour du centre-
bourg : la Zac centre-bourg développera
ainsi plus de 400 logements dont
30 % de logements sociaux, ainsi
qu?une gamme diverse d?offres et
de typologies allant du collectif à la
maison individuelle principalement en
bande sur un parcellaire de village. La
diversité du programme de logement
vise à répondre aux besoins d?une
population avec des revenus médians.
Au-delà de cet exemple, la généra-
lisation de la problématique de la
construction de la ville sur elle-même
aux centres-bourgs est une piste que
de nombreux acteurs (politiques,
urbanistes) cherchent à promouvoir. ?
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
6
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
Dans la plupart des régions,
sous l?effet de la croissance
démographique, l?extension
spatiale des villes a été particulièrement
importante depuis le début des années
1960. Le phénomène s?est étendu de
proche en proche, toujours plus loin
des centres urbains, transformant
des zones agricoles ou naturelles
en zones urbaines, principalement
sous l?effet de la construction de
logements individuels. La maîtrise
de la consommation d?espace est
désormais devenue un enjeu majeur
pour les politiques d?aménagement
du territoire, se traduisant en objectif
de développement durable dans le
Grenelle de l?environnement notamment.
Pays de la Loire, un pic de
périurbanisation entre 1975
et 1982
Depuis 1962, la région des Pays de
la Loire a gagné 1 million d?habitants,
passant de 2,4 à 3,4 millions
d?habitants. Elle se situe au 5e rang
des régions métropolitaines tant par sa
taille que par le rythme de sa croissance
démographique, et au 4e rang pour le
nombre de personnes supplémentaires
« accueillies » sur son territoire depuis
45 ans, derrière l?Île-de-France, Rhône-
Alpes et Provence-Alpes-Côte d?Azur.
C?est en Loire-Atlantique et en Vendée
que le dynamisme démographique a
été le plus fort, tandis que la Sarthe et
la Mayenne sont les départements de
la région où la population a le moins
augmenté. Ce sont en particulier les
communes constituant la deuxième
couronne des centres urbains, appelée
espace périurbain, qui ont le plus
contribué à cette croissance : elles ont
ainsi absorbé un tiers des nouveaux
habitants.
Entre 1962 et 1975, la croissance
démographique a d?abord concerné les
communes de la première couronne
des centres urbains de la région,
Avec 1 million d?habitants supplémentaires depuis 1962, la démographie des Pays de la Loire
est l?une des plus dynamiques de France. Comme dans la majorité des régions françaises, la
croissance de l?espace périurbain est marquée par un premier pic entre 1975 et 1982, puis
un second entre 1999 et 2006. Si les centres urbains accueillent nombre des arrivées de la
région, de par la richesse de leur emploi et de leur offre locative, les espaces périurbains et
ruraux bénéficient largement des migrations internes à la région, du fait d?une offre foncière
plus attractive. Face à cette croissance démographique et à la réduction de la taille moyenne
des ménages, le parc de logements connaît une dynamique encore plus forte que celle de la
population. Ceci entraîne une offre de terrains en tension par rapport à la demande. La hausse
des prix induite par ce déséquilibre contraint les personnes disposant d?un budget moindre à
s?éloigner des zones les plus chères pour réaliser leur souhait d?accès à la propriété. Ainsi, une
partie des zones agricoles ou naturelles des périphéries urbaines se transforme en zones dites
« artificialisées », principalement sous l?effet de la construction de logements individuels, grands
consommateurs d?espace. La frontière entre l?urbain et le rural s?éloigne de plus en plus des villes-
centres et tend même à devenir plus floue. Récemment, l?étalement urbain très important de la
dernière décennie semble néanmoins se modérer. La forte progression du prix des carburants
observée de début 2007 à l?été 2008 et la prise de conscience de nombreuses collectivités ont,
sans doute, contribué à dissuader certains ménages de trop s?éloigner des villes-centres, au
risque de voir trop augmenter le poste déplacements de leur budget.
Les maisons poussent comme des champignons ?
dans les champs
Philippe PIROT (Dreal) et Amandine RODRIGUES (Insee)
Une dynamique du périurbain et du rural plus marquée en Pays de la
Loire qu?au niveau national
Comparaison des taux de croissance annuels moyens régionaux et nationaux du périurbain et du rural (en %)
-1,0
-0,5
0
0,5
1,0
1,5
2,0
2,5
3,0
62/68 68/75 75/82 82/90 90/99 99/06
Pays de la Loire
périurbain
France
métropolitaine
périurbain
Pays de la Loire
rural
France
métropolitaine
rural
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Insee, recensements de la population 1962 à 2006.
7
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
qui constituent les banlieues. Celles-
ci se sont nettement densifiées : la
croissance annuelle moyenne de la
population s?y est élevée à + 3,4 %
sur la période contre + 2,5 % pour les
banlieues au niveau national. Cette
phase a commencé après la Seconde
Guerre mondiale, avec un afflux
important de nouveaux habitants dans
les villes en provenance des campagnes.
Elle est très marquée en Sarthe et en
Mayenne, avec un taux de croissance
annuel moyen supérieur à 5 % dans
les banlieues de ces départements. En
revanche, en Vendée, la densification de
la première couronne des villes-centres
se situe en deçà de celle observée au
niveau régional comme national (1,1 %
par an).
A partir de 1975, l?espace disponible
pour construire commençant à se
raréfier et l?attrait pour la maison
individuelle restant intact, la population
s?installe davantage dans les espaces
périphériques que dans les pôles urbains
que constituent les villes-centres et
leurs banlieues. C?est le phénomène de
la périurbanisation : l?espace éponyme,
constitué de la deuxième couronne des
centres urbains, se densifie au rythme de
+ 2,6 % de personnes supplémentaires
par an en moyenne entre 1975 et 1982,
soit 0,4 point de plus que la moyenne
nationale. Cette densification des
espaces périphériques s?accompagne
de l?essor de la multi-motorisation, la
voiture devenant indispensable à la
plupart des déplacements. Dans le
même temps, les villes-centres perdent
de la population. La périurbanisation
a été plus marquée dans le Maine-et-
Loire et en Vendée, avec des taux de
croissance annuels moyens respectifs
de 3,2 % et 2,8 % pour les espaces
périurbains de ces départements. En
revanche, en Sarthe, le phénomène est
beaucoup moins fort (+ 1,7 %). Si cette
périurbanisation reste intense jusqu?en
1990 au niveau national, le phénomène
s?atténue dès 1982 dans tous les
départements des Pays de la Loire.
Le regain de croissance
du périurbain
Entre 1982 et 1999, les rythmes
de croissance démographique de
l?espace périurbain et des banlieues
restent élevés et ont tendance à se
rapprocher. Cependant, depuis le début
de la décennie 2000, la périurbanisation
reprend de l?ampleur dans les Pays
de la Loire : la population de l?espace
périurbain augmente de 1,9 % par an.
Cette reprise du périurbain est spécifique
aux Pays de la Loire, puisqu?au niveau
national la croissance se poursuit à
un rythme inférieur à celui des années
antérieures. Seul le Maine-et-Loire n?est
pas concerné par ce regain, tandis
qu?en Loire-Atlantique et en Vendée le
phénomène est très marqué (+2,2 %
par an dans le périurbain).
Au contraire, si la croissance
démographique des villes-centres et
des banlieues reprend au niveau national
depuis une petite dizaine d?années, elle
reste positive mais moins importante
que lors de la décennie précédente
en Pays de la Loire. Les pôles
urbains vendéens et les villes-centres
de Loire-Atlantique font néanmoins
exception. Parallèlement à la reprise
de la périurbanisation, la population
s?installe encore plus loin des villes
dans la région, dans des espaces
encore considérés comme ruraux il y a
quelques années. Ce phénomène peut
être nommé « rurbanisation » (+1,2 %
dans l?espace rural). Là encore, il
concerne surtout la Loire-Atlantique et
la Vendée (respectivement +2,1 % et
+1,5 % par an). Ainsi, l?augmentation
des prix de l?immobilier dans l?espace
urbain impulse une périurbanisation
qui semble s?étendre aux campagnes.
Ce regain de croissance de l?espace
rural peut aussi être relié au maillage
important de petites villes dans la
région, qui fait que le rural isolé y
occupe une place moins importante
qu?ailleurs.
En définitive, les Pays de la Loire,
comme la moitié des régions
françaises et comme toutes celles
du littoral atlantique et de la Manche,
se caractérisent par une croissance
moyenne des espaces périurbains
marquée par un pic entre 1975 et 1982
et un net regain entre 1999 et 2006.
La frontière entre l?urbain et
le rural s?éloigne
des villes-centres
La périurbanisation, et la densification
de la population dans les espaces
périphériques qui en découle, a des
conséquences sur le développement
des surfaces urbanisées autour des
villes : on assiste alors à un phénomène
d?étalement urbain. La distance à
parcourir depuis les villes-centres
pour atteindre des espaces, certes
sous influence des centres urbains,
mais dont les aspects paysagers ont
souvent un caractère rural, continue
d?augmenter. Depuis 1962, cette
distance a augmenté dans les six plus
grands pôles urbains de la région. Au
niveau France entière, cette distance a
crû de façon continue jusqu?en 1990 et
stagne depuis. Dans la région, Le Mans
et Angers suivent ce modèle. Pour
Nantes, en revanche, cette distance à
parcourir s?est accrue jusqu?en 1999.
Les autres grands pôles urbains de
la région, au contraire, continuent de
s?étendre. A Laval, l?étalement urbain
est ininterrompu depuis 1962, mais
reste très limité. Saint-Nazaire n?a vu
ce phénomène apparaître qu?à partir
de 1975, mais depuis il est continu et
assez fort. Le pôle urbain de la Roche-
sur-Yon s?est d?abord contracté entre
1962 et 1975, avant de s?étendre ; son
étalement s?est arrêté entre 1990 et
1999, mais il a repris vigoureusement
depuis.
- 0 ,5
0
0 ,5
1 ,0
1 ,5
2 ,0
2 ,5
3 ,0
3 ,5
4 ,0
4 ,5
62/68 68/75 75/82 82/90 90/99 99/06
Villes-centres
des pôles urbains
Banlieues
des pôles urbains
Périurbain
Rural
Regain de périurbanisation
Pays de la Loire : taux annuels d?évolution des sous-espaces des aires urbaines (en %)
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Insee, recensements de la population 1962 à 2006.
8
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
La frontière entre urbain et rural s?éloigne des villes-centres
Seuil de distance théorique tel que la densité soit inférieure à 80 hbts/km2 (en km)
0
2
4
6
8
10
12
14
16
18
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005
Laval
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
0
5
10
15
20
25
30
35
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005
Nantes
St-Nazaire
Angers
Seuil de distance théorique tel que la densité soit inférieure à 40 hbts/km2 (en km)
0
2
4
6
8
10
12
14
16
18
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005
Laval
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
0
5
10
15
20
25
30
35
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005
Nantes
St-Nazaire
Angers
Périurbain et pôles urbains :
les pouponnières de la région
La dynamique démographique, facteur
potentiel d?étalement urbain, résulte de
deux phénomènes combinés : l?apport
du solde naturel, qui représente
l?excédent des naissances sur les
décès, et celui du solde migratoire,
qui mesure les écarts entre les entrées
et sorties du territoire. Contrairement
aux autres régions dynamiques du
sud et de l?ouest de la France, l?élan
démographique des Pays de la Loire
n?est pas uniquement tiré par le moteur
des migrations. En effet, sa population
plus jeune qu?ailleurs et une fécondité
plus élevée lui permettent de bénéficier
d?un excédent naturel, avec un nombre
de naissances très nettement supérieur
à celui des décès.
Avec un solde naturel de 0,4 % par
an entre 1999 et 2006, les Pays de
la Loire sont proches de la moyenne
nationale et se classent au 6e rang
des régions métropolitaines. Le solde
naturel reste largement positif et stable
dans l?ensemble des départements
de la région. Globalement, au niveau
régional, la contribution du solde
naturel à la croissance de la population
entre 1999 et 2006 est d?environ
40 %. Cette contribution est faible pour
entre les deux périodes s?explique-t-il
par l?évolution des migrations.
Le pôle urbain attire les
nouveaux arrivants dans la
région?
L?attractivité de la région des Pays de la
Loire, déjà observée lors de la dernière
décennie, ne s?est pas démentie depuis
1999. En effet, les Pays de la Loire
ont bénéficié entre 2001 et 2006
d?un apport migratoire en provenance
des autres régions françaises de
plus de 11 000 personnes par an
en moyenne. Au total, durant cette
période, 240 000 personnes sont
ainsi arrivées dans la région, tandis
que 184 000 l?ont quittée. Les Pays
de la Loire ont donc gagné par le jeu
des migrations externes à la région
38 habitants supplémentaires par an
pour 10 000 habitants présents. Ce
résultat n?est toutefois pas exceptionnel
au niveau national et moins élevé que
dans les autres régions dynamiques
du littoral : il place la région au 7e rang
des régions de France métropolitaine
derrière le Languedoc-Roussillon, Midi-
Pyrénées, Aquitaine, Corse, Bretagne
et Poitou-Charentes. Il n?explique donc
pas à lui seul les phénomènes de
périurbanisation et d?étalement urbain à
l?oeuvre dans la région.
Tous les types de territoires, urbains,
périurbains comme ruraux sont
excédentaires à ce jeu des migrations
entre régions. Les nouveaux venus
le rural, moyenne pour le périurbain et
très forte en banlieue et dans les villes-
centres de la région. Ainsi le périurbain,
comme les pôles urbains, bénéficie-t-il
d?une dynamique liée à un solde naturel
positif. Ces disparités entre territoires en
termes de solde naturel ont peu évolué
entre les périodes 1982-1999 et 1999-
2006. Aussi, l?essentiel des contrastes
Le pôle urbain attire les nouveaux arrivants dans la région mais perd au
jeu des migrations internes
Migrations résidentielles sur 5 ans
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
Source : Insee, recensements de la population 1962 à 2005.
Lecture : La distance à parcourir pour passer sous un certain seuil de densité de population illustre l?étalement des
agglomérations. Le seuil varie selon les villes concernées. Il doit permettre d?appréhender la distance à parcourir pour
atteindre des espaces certes sous influence des pôles urbains, mais dont les aspects paysagers ont déjà souvent un
caractère rural.
Pôle urbain
Périurbain
Rural
Hors région
64 000
38 000
+ 26 000
43 000
29 000
+ 14 000
133 000
117 000
+ 16 00082 000
+ 34 000
48 000
49 000
+ 7 000
42 000
23 000
+ 8 000
31 000
Le pôle urbain attire les nouveaux arrivants dans la région mais perd au jeu des migrations internes
Migrations résidentielles sur 5 ans
Source : Insee, Recensement de la population 2006
9
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
dans la région en provenance d?autres
régions métropolitaines s?installent
cependant très majoritairement dans
les pôles urbains, où se concentrent
l?emploi et l?offre locative. En effet, plus
d?un nouvel arrivant dans la région sur
deux s?installe dans un pôle urbain, plus
d?un sur quatre dans l?espace rural et à
peine un sur cinq dans le périurbain.
? mais perd au jeu des
migrations internes
En revanche, au jeu des migrations
résidentielles internes à la région,
l?espace urbain est déficitaire. Dans les
échanges avec les autres territoires
qui constituent la région, il perd
34 000 habitants par an au profit de
l?espace périurbain et 7 000 au profit
du rural. Ce dernier gagne également
8 000 habitants en provenance de
l?espace périurbain, illustrant le fait
que l?habitat se déconcentre de plus en
plus loin de la ville-centre. La possibilité
d?accession à la propriété, notamment
en logement individuel et à un coût moins
élevé sans trop s?éloigner des pôles
d?emploi grâce aux infrastructures de
transport, incite un nombre grandissant
d?habitants de la région à déménager
vers ces territoires périphériques.
Globalement, les pôles urbains de la
région attirent majoritairement des
jeunes de 15 à 24 ans, qui viennent
poursuivre leurs études ou rechercher
un emploi. Ils attirent aussi, mais dans
une moindre mesure, des retraités
qui cherchent à se rapprocher des
commerces et services plus acces-
sibles en ville. En revanche, les pôles
urbains perdent de très nombreux
habitants entre 25 et 39 ans. Il s?agit
pour l?essentiel de familles récemment
constituées qui s?installent plus souvent
dans les espaces périurbains, où les
prix de l?immobilier moins élevés leur
permettent d?accéder à la propriété
d?une maison individuelle.
Parmi les six plus grands pôles de la
région (Nantes, Saint-Nazaire, Angers,
Le Mans, Laval, La Roche-sur-Yon),
certains se démarquent quelque peu
de ce schéma régional. Les pôles
d?Angers, du Mans, de Laval et de Saint-
Nazaire perdent au jeu des migrations
externes à la région. Au Mans et à La
Roche-sur-Yon, le pôle attire davantage
d?habitants des alentours qu?il n?en
perd. En termes de migrations selon
l?âge, Le Mans et Nantes attirent peu
les retraités. La Roche-sur-Yon et Laval
sont attractives pour les jeunes de
15 à 19 ans. Saint-Nazaire attire une
population âgée de 40 ans ou plus,
avec un phénomène très marqué pour
les retraités, sûrement lié à la présence
de la façade maritime.
Des logements concentrés
en ville et à la campagne
La croissance démographique affecte
la consommation d?espace, du fait
de la nécessité de loger la population
supplémentaire et de prévoir les infra-
structures routières et les équipements
nécessaires à ses activités. En 2007, la
région des Pays de la Loire comptabilise
1 777 000 logements, soit 5,5 % des
logements du territoire national pour
5,6 % de la population de la France
métropolitaine. La concentration de
logements est importante sur les
centres urbains. Plus d?un tiers de
ces logements sont situés sur le
département de la Loire-Atlantique et la
seule commune de Nantes concentre
156 500 logements, soit 8,8 % du
parc régional. La bande littorale, quant
à elle, concentre 15 % du parc. En Pays
de la Loire, un logement sur trois est
localisé en ville-centre et autant dans
le rural. Le périurbain, quant à lui,
concentre un logement sur cinq. Avec à
peine un logement sur six, les banlieues
constituent le territoire qui regroupe le
moins de logements.
Décohabitation oblige,
le parc des résidences
principales croît plus vite
que la population
Entre 1999 et 2006, le parc de
résidences principales s?est accru plus
vite que la population. Cela s?explique
par l?évolution des conditions et modes
-50
-40
-30
-20
-10
0
10
20
30
5 à 9
ans
10 à
14 ans
15 à 19
ans
20 à
24
ans
25 à
29
ans
30 à
34
ans
35 à
39
ans
40 à
44
ans
45 à
49
ans
50 à
54 ans
55 à
59 ans
60 à
64
ans
65 à
69
ans
70 à
74 ans
75 à
79 ans
80 à
84
ans
85 à
89
ans
90 à
94
ans
95 à
99
ans
Plus
de
100
ans
Le pôle urbain attire les jeunes mais pas les familles
Taux annuel de migration nette du pôle urbain (en ?)
Nantes n?attire plus autant
Sur la période 1990-1999, Nantes et
Toulouse étaient les deux premières
villes de plus de 200 000 habitants
pour la croissance annuelle moyenne,
avec respectivement + 1,1 % et + 0,9 %.
Bordeaux était loin derrière, se classant
en 6e position sur 11 avec un gain de
population + 0,3 % par an en moyenne.
La contribution à la croissance
démographique de l?excédent des
naissances sur les décès était totale
pour Bordeaux et de 0,7 point pour
Nantes comme pour Toulouse. Entre
1999 et 2006, Nantes chute à la 7e place
du classement, avec une croissance de
+ 0,6 % par an en moyenne, laissant la
1ère place à Toulouse (+ 1,7 % par an).
Bordeaux quant à elle monte en 3e posi-
tion avec + 1,1 % par an en moyenne. Une
fois encore l?essentiel des contrastes
entre les deux périodes s?explique par
les migrations. La contribution du solde
naturel aux croissances démographiques
nantaise et toulousaine est stable entre
les deux périodes. Entre 1999 et 2006,
Nantes bénéficie d?un apport migratoire
à peine suffisant pour couvrir les sorties
de son territoire. De leur côté, Toulouse
et Bordeaux ont des soldes migratoires
largement positifs, dont la contribution
à la croissance démographique s?élève à
1 point pour la première et 0,6 point pour
la seconde.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Insee, recensement de la population de 2006 - exploitation complémentaire.
10
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
de vie. Le vieillissement de la population
induit la constitution de ménages de
plus petite taille. La durée des études
s?allonge, mais les étudiants sont de
plus en plus nombreux à s?installer
dans un logement en ville, qui les
rapproche de leur lieu d?études. Avec
les divorces, les familles se divisent,
adoptant de plus en plus souvent le
mode monoparental. Ces différentes
causes de décohabitation réduisent
le nombre moyen d?occupants par
logement, qui diminue depuis de
nombreuses décennies. La taille
moyenne des ménages est ainsi
passée de 2,4 personnes en 1999 à
2,3 en 2006. Dans la grande majorité
des communes, la croissance du parc
de résidences principales est donc plus
rapide que celle de la population.
Ces phénomènes de décohabitation
influent fortement sur le nombre
de logements nécessaires pour
loger l?ensemble de la population.
Pour l?ensemble de la région,
55 % de la croissance du parc de
logements intervient en réponse à
la décohabitation, les 45 % restants
relevant d?une offre permettant l?accueil
de nouveaux arrivants et donc de la
croissance démographique.
Le phénomène de réduction de la taille
des ménages n?est pas spécifique
aux Pays de la Loire. Sur la dernière
décennie, il y est d?ailleurs un peu moins
marqué qu?ailleurs et ce, quel que soit
le département. En effet, entre 1999 et
2006, la taille moyenne des ménages
a diminué de 0,12 personne, tandis
qu?au niveau national hors Île-de-France
elle se réduisait de 0,15 personne. Les
départements de Vendée et du Maine-
et-Loire, où la taille des ménages était
la plus élevée en 1999, sont ceux où
elle s?est le plus réduite depuis. Cela
conduit peu à peu à une uniformisation
de la situation entre départements en
termes de taille moyenne des ménages,
les spécificités territoriales s?effaçant
au profit de ce mouvement de fond qui
traverse la société française.
Globalement, c?est dans les banlieues
des pôles urbains que la baisse de
la taille des ménages est la plus
marquée sur la période récente, avec
- 0,19 personne. Les villes-centres
restent néanmoins l?espace où la
taille moyenne des ménages est la
plus faible avec 2,01 personnes. Au
contraire, c?est toujours dans l?espace
périurbain, qui accueille de nombreuses
familles, que le taux d?occupation des
résidences principales est le plus fort,
avec 2,62 personnes par ménage.
L?écart entre ces deux extrêmes est le
même qu?en 1999. Dans les grandes
villes et sur le littoral, les ménages
sont généralement de petite taille, du
fait d?une forte proportion d?étudiants
et de retraités, selon les cas. La taille
des ménages augmente ainsi à mesure
que l?on s?écarte des centres urbains.
Passé une certaine distance, elle se
réduit peu à peu, dans les zones qui
échappent à la périurbanisation et où
l?on trouve beaucoup d?agriculteurs
retraités. Mais le maillage très serré
du territoire régional fait que ce dernier
phénomène est moins marqué que dans
les autres régions françaises.
Les logements poussent
comme des champignons
autour des villes
Pour faire face à la forte croissance
démographique mais aussi à la
diminution de la taille moyenne des
ménages, la croissance annuelle
moyenne du parc de logements
1968 1975 1982 1990 1999 2006
3,5
3
2,5
2
1,5
1
0,5
0
La taille moyenne des ménages diminue depuis des décennies
Évolution de la taille des ménages
Source : Insee, Recensements de la population de 1968 à 1990 dénombrements et exploitations principales.
Un taux d?occupation des résidences principales plus fort dans
le périurbain
Taille moyenne des ménages par commune en 2006
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Nombre moyen de personnes
par ménage
Entre 2,66 et 3,47
Entre 2,53 et 2,66
Entre 2,39 et 2,53
Entre 1,72 et 2,39
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Un taux d'occupation des résidences principales plus fort dans
le périurbain
Taille moyenne des ménages par commune en 2006
11
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
régional a donc été plus vive que
celle de la population : + 1,4 % contre
+ 1 % au niveau national entre 1999
et 2007, ce qui représente environ
190 000 logements supplémentaires.
La Vendée et la Loire-Atlantique se
démarquent, une fois encore, avec
des hausses respectives de + 1,9 % et
+ 1,5 % par an en moyenne.
C?est dans les communes appartenant
à l?espace périurbain que le parc
de logements a progressé le plus
rapidement : + 2,2 % par an en
moyenne entre 1999 et 2007. Dans
le même temps, le parc a augmenté
de + 1,5 % par an en moyenne dans
les banlieues et de + 1,1 % dans les
villes-centres. On assiste donc bien
à un étalement urbain prononcé au
cours de ces huit dernières années.
La progression dans l?espace rural est
plus faible que la moyenne régionale,
avec une croissance annuelle moyenne
de 1,2 % sur la période observée.
Retour vers les villes ?
Au cours des années 1990, le rythme
de construction de logements est
passé de 16 250 en 1990 à 22 000
pour l?année 2000. Ensuite, l?activité
dans le secteur de la construction s?est
encore accélérée, pour culminer à
32 000 logements au cours de l?année
2007. Au cours de la dernière décennie,
262 000 logements ont été construits
au total dans la région, soit 17 % du
parc existant en 1999 ou encore une
construction pour environ 12 habitants.
Le phénomène d?étalement urbain a
donc été très important du début des
années 2000 jusqu?en 2006. L?activité
de construction a été d?autant plus
intense sur les communes rurales et
dans l?espace périurbain. En particulier,
ce phénomène a été marqué pour les
communes appartenant au triangle
formé par les communes de Nantes,
Angers et La Roche-sur-Yon.
Avec la crise, en 2008, le nombre
de logements construits a fortement
reculé : 23 000 mises en chantier ont
été enregistrées en Pays de la Loire,
ce qui représente 6,1 % des mises en
chantier métropolitaines. Il s?agit là d?un
important repli de 28 % par rapport à
2007, plus marqué encore qu?au niveau
national (- 16 %). Il ramène à un niveau
de construction proche de celui du
début des années 2000. L?année 2008
a en effet signifié un fort ralentissement
de la dynamique de construction.
Cette chute de la construction
régionale, conjuguée à une moindre
concentration dans les communes
éloignées des villes-centres, entraîne
une décélération de l?étalement urbain.
A titre d?exemple, le poids du pôle
urbain de Nantes est passé de 39 %
à 47 % des constructions réalisées
en Loire-Atlantique entre 2007 et
2008. La forte progression du prix des
carburants intervenue de début 2007
à l?été 2008 et la prise de conscience
de nombreuses collectivités ont, sans
doute, contribué à dissuader certains
ménages de s?éloigner des villes-
centres, pour limiter l?augmentation du
poste déplacements de leur budget.
En 2009, 22 300 logements ont été
réalisés, soit une baisse de 3 % contre
- 17 % observé au niveau national. La
part de la région atteint ainsi 7 % de
la construction métropolitaine. 42%
des constructions régionales sont
concentrées sur le seul département
de la Loire-Atlantique.
Les maisons, gourmandes
en espaces, prolifèrent à la
périphérie des villes
La consommation moyenne de terrain
par logement dépend directement des
parts respectives de l?habitat individuel
et de l?habitat collectif dans l?ensemble
des constructions. La consommation
foncière est en effet huit fois plus élevée
pour un logement individuel qu?elle
ne l?est pour un logement collectif
(respectivement 985 m² et 126 m² en
2008, pour une moyenne à 716 m²).
Dans la région, la prédominance de
la construction de maisons amplifie la
consommation d?espace : la maison
représente ainsi encore 70 % de
l?ensemble des constructions de la
région, contre seulement 54 % au
niveau national. De fait, la surface
de terrain consommée par logement
est plus faible dans les principaux
pôles urbains et sur la zone littorale,
où les logements collectifs sont plus
nombreux. Le parc individuel représente
40 % des logements au sein des villes-
centres, 68 % dans les banlieues et
94 % dans le périurbain. Le poids de
la maison individuelle en périurbain est
ainsi comparable à celui observé pour
les communes rurales (90 %).
La Vendée et la Mayenne sont les
départements de la région où la part
des habitations individuelles est la plus
élevée dans le parc existant. Ce sont
aussi ceux qui affichent les plus forts
taux de logements individuels dans
la construction régionale en 2008 :
respectivement 88 % et 86 %. La Loire-
Atlantique, du fait de la présence des
pôles nantais et nazairien, présente, en
2008, un équilibre entre constructions
individuelles et collectives. Au début
des années 2000 cette répartition
était plus favorable aux logements
individuels. En effet, à l?époque en
Loire-Atlantique, seulement un logement
sur trois était un logement collectif.
Depuis 2004, on observe un retour
du collectif qui est devenu beaucoup
plus visible ces dernières années avec
la chute du logement individuel dans
le département en 2008. Dans le
Maine-et-Loire, si 60 % des logements
construits à la fin des années 1990
étaient individuels, cette proportion est
montée à presque 90 % au début des
années 2000, avant de redescendre
à 74 % en 2008. La part de l?habitat
individuel dans la construction selon le
type d?espace ne remet par ailleurs pas
en cause les disparités en termes de
structure du parc déjà existant : 90 %
des nouvelles constructions dans les
espaces périurbains et ruraux sont des
maisons individuelles.
Le rythme de la construction de
logements individuels est passé de
10 000 par an au début des années
1990 à 12 000 dans les années
1994 à 1997, puis 16 000 dans les
années 1998 à 2001, avant d?exploser
dans les années 2000, pour atteindre
22 000 maisons construites en 2006.
L?année 2008 est, là encore, une
année de rupture avec une chute à
15 700 maisons confirmée par les
15 300 maisons construites en 2009.
Toutefois, le rythme de la construction
de logements individuels reste encore
très élevé. La forte augmentation
constatée début 2000 s?est par ailleurs
accompagnée d?une nouvelle répartition
géographique des constructions. Alors
que la construction des logements
individuels s?effectuait essentiellement
au sein des unités urbaines et sur la
bande littorale jusqu?au milieu des
années 1990, les constructions se sont
par la suite éloignées de ces zones, sous
l?effet des prix du foncier, pour couvrir
un territoire plus large, principalement
en Loire-Atlantique et en Vendée. Cette
situation résulte d?une disponibilité des
terrains insuffisante au regard de la
demande, qui induit une hausse des
prix et oblige les personnes disposant
12
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Une consommation foncière beaucoup plus importante dans le rural...
Carte cantonale de la surface moyenne des terrains dans la construction de maisons individuelles en 2008
d?un budget moindre à s?éloigner de ces
zones chères pour réaliser leur souhait
d?accès à la propriété.
Des terrains de plus en plus
petits
La consommation moyenne de terrain
a augmenté jusqu?au début des années
2000. Depuis 2002, elle est en
revanche en recul, du fait de la baisse
de la surface moyenne des parcelles
dans l?habitat individuel : - 20 % sur les
six dernières années. Depuis vingt ans,
la baisse de la consommation foncière
par logement a été particulièrement
nette en Loire-Atlantique et dans le nord
de la Vendée, où la construction est
très active. La consommation foncière
continue en revanche de progresser
dans les zones rurales de la Sarthe,
de la Mayenne et du sud-est vendéen.
Dans les zones touchées par le
développement urbain, les demandes
restent fortes, mais les offres de
foncier se réduisent. Ainsi, les parcelles
proposées tendent-elles à diminuer en
taille et à se renchérir, dans le but de
rentabiliser au maximum les terrains.
L?évolution de la forme urbaine vers des
villes densifiées apporte une réponse à
la demande d?espace.
Les consommations les plus fortes se
retrouvent dans les communes rurales
(1 020 m² par logement) et dans le
périurbain (960 m² par logement).
Pour ces deux territoires, la surface
consommée a reculé fortement dès
le début des années 2000, après une
stabilité au cours des années 1990.
Dans les communes de banlieues, la
surface nécessaire pour un nouveau
logement est passée d?environ 690 m²
au début des années 2000 à 500 m².
Les consommations les plus faibles
sont observées sans surprise dans
les villes-centres, avec 260 m² par
logement en moyenne en 2008.
Un marché immobilier sous
pression, surtout dans les
banlieues des pôles urbains
En 2007, 5,9 % du parc de logement
régional est vacant, soit un taux
beaucoup plus faible que les 8,4 %
de logements vacants au niveau
national. C?est le signe d?une tension
spécifique sur le marché immobilier
en Pays de la Loire. Cette pression
est moindre en Mayenne et dans la
Sarthe (respectivement 7,7 % et 7,6 %
de vacance), même si elle reste plus
élevée que la moyenne nationale.
Elle est en revanche particulièrement
prononcée en Loire-Atlantique (5,5 % de
vacance) et surtout en Vendée (4,5 %).
Par ailleurs, elle est plus marquée pour
les logements individuels que pour les
appartements ; l?écart avec le niveau
national est en outre plus net pour les
maisons individuelles : 1,8 point de taux
de vacance en moins dans la région
qu?au niveau national, contre -1,4 pour
les logements collectifs.
Depuis 1999, le taux de vacance
régional est en repli de 0,2 point, ce
qui dénote une légère accentuation de
la tension sur le marché immobilier.
Néanmoins, dans le même temps, la
situation s?est encore plus dégradée
au niveau national avec un recul de
0,6 point. Le bilan par département est
contrasté. La tension est de moins en
moins forte dans la Sarthe, où le taux de
vacance est passé de 6,9 % en 1999 à
7,6 % en 2007 ; en revanche, elle s?est
fortement accentuée en Vendée, le taux
passant de 5,3 % en 1999 à 4,5 % en
2007.
D?une manière générale, c?est sur le
littoral et à proximité des principales
villes-centres que les tensions sur
le marché immobilier sont les plus
fortes. A l?opposé, elle sont très faibles
dans certaines communes rurales :
25 communes rurales de la région,
localisées principalement en Sarthe et
en Mayenne, ont un taux de vacance
supérieur à 15 %. La pression est ainsi
modérée dans les communes rurales
(7,0 % de vacance) et dans les villes-
centres de la région (7,7 %) ; elle est
assez soutenue dans le périurbain
(5,7 %) et très forte dans les banlieues
(4,6 % de vacance).
Les prix flambent
Dans la région des Pays de la Loire,
le coût moyen des terrains ayant fait
l?objet d?une autorisation de construire
en 2008 est de 57 500 ¤. Ce montant
est inférieur de 16 % au coût moyen
constaté au niveau national. Entre
2007 et 2008, le budget destiné
à l?achat du terrain a néanmoins
augmenté de 8 % en Pays de la Loire
(et de 21 % en 2 ans) contre 4 % au
niveau national (14 % en 2 ans). Ce
budget terrain en Pays de la Loire est
presque trois fois moins élevé que le
budget nécessaire en Île-de-France ou
en Provence-Alpes-Côte d?Azur, et loin
derrière les 95 000 ¤ observés en
Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon. Il
est plus proche des 55 000 ¤ investis
en Bretagne, alors que pour la Basse-
Normandie, Poitou-Charentes et en
région Centre, le budget fluctue entre
42 000 ¤ et 47 000 ¤.
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Surface moyenne des terrains
pour les constructions individuelles
Plus de 1300
Entre 900 et 1300
Moins de 900
Non disponible
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal, Enquête sur le Prix des Terrains à Bâtir 2008
Principaux pôles urbains
Une consommation foncière beaucoup plus importante
dans le rural...
Carte cantonale de la surface moyenne des terrains dans la construction
de maisons individuelles en 2008
(en m²)
13
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Si le coût moyen est de 57 500 ¤ au
niveau régional, la moitié des terrains
est achetée pour une somme inférieure
à 47 200 ¤. L?éventail des prix est
important puisque 10 % des terrains
ont coûté moins de 23 000 ¤, tandis
que 10 % ont été achetés pour un
montant dépassant 105 000 ¤. Ces
différences de prix sont la conséquence
de disponibilités de foncier et d?attrait
des territoires très hétérogènes sur
la région. L?analyse des prix au niveau
départemental illustre cette disparité.
Avec un coût moyen de 79 300 ¤,
le département de Loire-Atlantique
présente des prix deux fois supérieurs
à ceux pratiqués en Mayenne et dans
la Sarthe. Plus le prix moyen au m² est
élevé et plus les terrains sont petits.
Pour les terrains de 300 à 3 000 m²,
le prix baisse progressivement ; de
190 ¤ par m² pour les terrains de 300
à 400 m² à moins de 20 ¤ par m² pour
les terrains de plus de 2 600 m². Cette
situation résulte de deux phénomènes.
Tout d?abord, les terrains vendus sont
d?autant plus petits qu?il existe une
pénurie de foncier, donc une pression
forte et inévitablement des prix élevés.
Par ailleurs, le phénomène de « coût
d?entrée » pour l?accès à la propriété
d?un terrain fait que tout mètre-carré
supplémentaire acheté est moins cher.
En 2008, l?achat du terrain pèse pour
30 % dans le budget des constructions
en région Pays de la Loire, contre
... là où le foncier est disponible à des prix moins élevés
Carte cantonale des prix des terrains ayant fait l?objet d?un permis de construire en 2008
Définitions
? L?étalement urbain désigne le
phénomène de développement des
surfaces urbanisées en périphérie des
villes ; son étude nécessite l?emploi
d?outils et de sources spécifiques
mesurant l?évolution de l?occupation
du sol.
? La périurbanisation a trait au
comportement des populations ayant
quitté les centres urbains pour aller
vivre dans les zones périphériques.
? La rurbanisation, néologisme
apparu en 1976 à partir de rural
et d?urbain, désigne le processus
de « retour » des citadins dans des
espaces qualifiés de ruraux.
? Les analyses qui figurent dans
cet article s?appuient sur le zonage
en aires urbaines et espaces
ruraux (ZAUER), défini sur la base
du recensement de 1999, et qui
divise le territoire en deux grands
ensembles :
? l?espace à dominante urbaine,
composé des pôles urbains et du
périurbain (couronnes périurbaines
et communes multipolarisées) ;
? l?espace à dominante rurale,
qui comprend des petites unités
urbaines et des communes rurales.
Un pôle urbain est une unité
urbaine (ensemble d?une ou plusieurs
communes présentant une continuité
du tissu bâti et comptant au moins
2 000 habitants) offrant au moins
5 000 emplois.
Les banlieues des pôles urbains
sont composées des communes
qui ne sont pas villes-centres. Si une
commune représente plus de 50 %
de la population du pôle urbain, elle
est seule ville-centre. Dans le cas
contraire, toutes les communes qui
ont une population supérieure à la
moitié de celle de la commune la plus
importante, ainsi que cette dernière,
sont villes-centres.
Le périurbain est composé des
communes sous influence urbaine
du fait des déplacements domicile-
travail : communes des couronnes
périurbaines et communes multi-
polarisées.
Un pôle urbain et sa couronne
périurbaine constituent une aire
urbaine.
33 % au niveau France entière, soit
une légère progression par rapport à
2007. Ce poids fluctue de 20 % pour
le département de la Mayenne à 36 %
pour la Loire-Atlantique. En définitive, si
le prix des terrains augmente, la part du
budget des constructions consacrée à
son achat reste assez stable. Poussés
par leur désir de maison individuelle
et les contraintes budgétaires, les
ligériens achètent donc des terrains de
plus en plus loin des villes-centres. ?
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Prix moyen des terrains
pour les constructions individuelles
Entre 65 000 et 100 000
Entre 35 000 et 65 000
Moins de 35 000
Non disponible
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal, Enquête sur le Prix des Terrains à Bâtir 2008
Principaux pôles urbains
... là où le foncier est disponible à des prix moins élevés
Carte cantonale des prix des terrains ayant fait l'objet d'un permis de construire en 2008
(en euros)
Plus de 100 000
14
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Beaucoup de maisons de vacances en Vendée
En 2007, on dénombre 186 000 résidences
secondaires en Pays de la Loire, soit
10,5 % du parc régional de logements.
Cette proportion est légèrement
supérieure à la moyenne nationale
(9,3 %). Elle est en repli depuis 1999, avec
une baisse de 0,6 point au niveau régional
contre - 0,2 point au niveau national. En
termes de répartition entre logements
individuels et collectifs, elle est identique
à celle de l?ensemble du parc régional de
logements.
Les résidences secondaires sont
très concentrées sur le territoire,
principalement dans les communes
littorales. On compte ainsi 26 communes
du littoral où les résidences secondaires
représentent plus de la moitié du parc ;
la palme revient aux communes de la
Faute-sur-Mer et de la Tranche-sur-Mer,
avec plus de trois résidences secondaires
pour une résidence principale.
Le parc de résidences secondaires est
également assez développé dans le sud de
la Vendée, ainsi que dans les communes
les plus rurales de Mayenne et de Sarthe.
On dénombre ainsi 24 % de résidences
secondaires en Vendée contre 10 % en
Loire-Atlantique, 6 % en Mayenne, 5 % en
Sarthe et seulement 3 % dans le Maine-
et-Loire.
Pour en savoir plus
Julé M., « En Pays de la Loire, en 2006, des emplois en ville, des logements à la campagne », Insee
Pays de la Loire Études, n° 77, juillet 2009.
Baccaïni B. et Sémécurbe F., « La croissance périurbaine depuis 45 ans », Insee Première, n° 1240, juin
2009.
Laganier J. et Vienne D., « Recensement de la population de 2006. La croissance retrouvée des espaces
ruraux et des grandes villes », Insee Première, n° 1218, janvier 2009.
Gicquaud N., Rodrigues A., Rortais C., « En Pays de la Loire, une densification de la population plus loin
des villes », Insee Pays de la Loire Études, n° 74, janvier 2009.
Bisault L., « La maison individuelle grignote les espaces naturels », Agreste Primeur n° 219, ministère de
l?Agriculture et de la Pêche, janvier 2009.
Roux E. et Vanier M., Délégation interministérielle à l?aménagement et à la compétitivité des territoires (Diact)
(ex- Datar), « La périurbanisation : problématiques et perspectives », la Documentation Française, Travaux
n° 8, 2008.
Pirot P., « Le coût de construction des maisons en Pays de la Loire pour les permis autorisés en
2008 », Chiffres & analyses, Dreal des Pays de la Loire, octobre 2009.
Pour comprendre ces résultats
Densité de population selon la distance au centre des pôles urbains
Les nombreux travaux relatifs à l?étalement des villes la décrivent en ayant recours à des fonctions reliant la densité de
population en chaque point d?une aire urbaine à la distance au centre. La forme la plus traditionnelle de ces fonctions
est une exponentielle négative, proposée dès 1951 par Clark.
Elle peut s?écrire sous la forme :
D(x) = D0e
-bx
où : D(x) est la densité
D0 est la densité extrapolée au centre de la ville
x est la distance au centre
b est le gradient de densité, i.e. le taux de variation de la densité selon la distance au centre
L?interprétation des paramètres de cette fonction en termes d?étalement urbain est simple : la décroissance du paramètre
b (en valeur absolue) correspond à une extension de la ville sur des distances de plus en plus lointaines du centre. Cet
étalement urbain peut s?accompagner d?une baisse de la densité centrale sans que cela soit systématique.
15
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Sous l?effet de la croissance
démographique et de la raré-
faction de l?espace disponible
à la construction dans les centres
urbains, l?espace périurbain, constituant
la deuxième couronne des villes,
se densifie. Ce phénomène appelé
périurbanisation constitue un enjeu
majeur en termes d?accessibilité à
l?emploi, s?il ne s?accompagne pas d?un
volet économique. En effet, certains
territoires périphériques qui attirent des
populations sans pouvoir leur offrir les
emplois qu?ils recherchent, peuvent se
trouver déséquilibrés. Les conséquences
de cette discordance emploi/logement
se portent principalement sur le nombre
de déplacements domicile-travail, les
distances et durées de parcours, ainsi
que sur les besoins en infrastructures
de transport pour relier lieu d?emploi et
lieu d?habitat.
A contrario, le développement éco-
nomique des territoires périurbains
ou ruraux permet de réduire les
conséquences sociales et environ-
nementales liées à l?allongement des
déplacements, la plupart du temps
effectués en voiture, des populations
vivant en dehors des centres urbains.
Toutefois, ce développement contribue
aussi à l?étalement urbain par les
besoins qu?il entraîne. En effet, la
croissance économique affecte la
consommation d?espace, du fait
de la nécessité de construire des
bâtiments pour abriter les activités et
de prévoir les infrastructures routières
et les équipements nécessaires à ces
dernières. Dans les zones sous pression
foncière se pose, encore plus qu?ailleurs,
le problème de la localisation des
fonctions résidentielles et économiques
et des interactions entre elles. En effet,
certaines nuisances (odeurs, bruit,
poussières, risques, impact visuel,
trafic, pollution de l?air et du sol) rendent
difficilement conciliable la juxtaposition
de ces fonctions. Certaines activités
sont incompatibles avec la présence
de logements, d?autres ne peuvent
pas toujours cohabiter sur un territoire
restreint (industries et tourisme par
exemple).
Une croissance économique
qui s?accompagne de locaux
toujours plus nombreux et
plus grands
Depuis 1990, la croissance du produit
intérieur brut (PIB) des Pays de la
Loire a été supérieure à la moyenne
nationale. Elle s?est accompagnée d?une
forte croissance de l?emploi. Seules
quatre régions du sud de la France à
la croissance démographique élevée
ont fait mieux sur la décennie passée.
Cette croissance s?est appuyée sur
plusieurs moteurs, le tissu productif
régional étant très diversifié : deuxième
région agricole française, industrie
forte qui a mieux résisté qu?ailleurs,
construction tirée par le dynamisme
démographique, rattrapage du « retard
régional » dans le secteur tertiaire.
Avec 1,5 million d?emplois en 2006, les
Pays de la Loire représentent 5,7 % des
emplois métropolitains, soit à peu près
l?équivalent de son poids en termes de
population (5,6 %). La région figure ainsi
parmi les cinq régions françaises dont
le poids de l?emploi comme celui de la
population se renforcent en métropole,
après Languedoc-Roussillon, Provence-
Alpes-Côte d?Azur, Midi-Pyrénées et
Aquitaine.
Conséquence de cette croissance
économique, le nombre de locaux
non-résidentiels autorisés chaque
année en Pays de la Loire se situe à
un niveau élevé : il fluctue entre 6 000
et 8 000 depuis 1990. Après une
baisse progressive de 2000 à 2004, il
a augmenté jusqu?en 2006 et se situait
aux alentours de 6 500 en 2007.
De surcroît, l?emprise de ces nouveaux
locaux non-résidentiels sur le territoire
est croissante : la surface moyenne des
locaux autorisés a en effet fortement
progressé depuis 1990, pour passer
de 520 à 753 m² en 2007. Cette
année-là, les surfaces autorisées ont
atteint un total de 4,9 millions de m²
dans la région. Les Pays de la Loire
contribuent ainsi à 10 % des surfaces
de locaux construites sur l?ensemble du
territoire français, soit bien plus que ce
que représente la région dans l?emploi
En Pays de la Loire, comme dans la majorité des autres régions de province, emplois et
populations ne se localisent pas aux mêmes endroits. Alors que la population investit l?espace
périurbain et le rural, les nouveaux emplois se concentrent toujours essentiellement sur les pôles
urbains. Même si on observe un transfert notable des emplois de la ville-centre vers la périphérie,
ce phénomène ne s?accompagne pas d?une attractivité marquée de l?espace rural pour l?emploi.
La construction de bâtiments non-résidentiels est cependant l?un des moteurs de l?extension
urbaine actuelle. Ainsi, outre une activité agricole spécifique, consommatrice d?espace, certaines
activités, à faible potentiel en emplois, s?installent dans l?espace rural en raison des faibles coûts
d?implantation et de fonctionnement. Les pôles urbains, quant à eux, accueillent la moitié des
activités présentielles, qui représentent une part croissante du nombre de locaux autorisés dans
la région. Les fonctions de production sont mieux réparties entre villes-centres et rural. Elles ont
en outre tendance à s?éloigner de la ville-centre pour gagner la périphérie.
Les emplois restent en ville
Nicole GICQUAUD (Insee) et Philippe PIROT (Dreal)
16
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
(5,7 %) ou dans la superficie du territoire
national (à peine 6 %). La contribution
régionale est particulièrement forte
dans le secteur agricole (15 %), en
lien avec la place qu?occupe les Pays
de la Loire dans la production agricole
française et en particulier en ce qui
concerne le maraîchage et l?élevage,
activités qui consomment beaucoup
d?espace. Un tiers des surfaces
autorisées le sont en Loire-Atlantique,
quand un quart le sont en Vendée et un
cinquième dans le Maine-et-Loire.
On travaille en ville et
on habite à la campagne
Dans les Pays de la Loire, comme
ailleurs, l?activité économique reste
fortement concentrée dans les pôles
urbains : 62 % des nouveaux emplois
y sont localisés, contre seulement
19 % des nouveaux habitants. Cette
déconnection emploi-population est en
outre plus marquée que la moyenne
dans les villes-centres des Pays de la
Loire. La tertiarisation de l?appareil
productif et le déclin de l?emploi
agricole figurent parmi les causes de
cette discordance spatiale.
De 1982 à 1999, la concentration des
emplois dans les pôles urbains a ainsi
été croissante, dans les Pays de la Loire
comme au niveau national. Toutefois,
depuis le début des années 2000,
cette attractivité économique des
villes-centres est moins nette que par
le passé. On observe ainsi un transfert
notable d?emplois de la ville-centre vers
la périphérie, aussi bien vers la banlieue
que vers l?espace périurbain.
Ce desserrement spatial de l?appareil
productif n?atteint pour autant que
partiellement l?espace rural. En effet,
la « rurbanisation » observée depuis
le début de la décennie comprend
essentiellement un volet résidentiel
- l?installation de nouvelles populations -
car son volet économique est plus
limité : l?espace rural n?offre pas autant
de nouveaux emplois qu?il accueille de
nouveaux habitants. Ainsi, si l?espace
rural rassemble 37 % des nouveaux
habitants, il accueille seulement 19 %
des nouveaux emplois. Certes, la part
des emplois se maintient dans les
pôles d?emplois (bourgs, petites unités
urbaines), mais elle s?amoindrit dans le
rural plus éloigné.
Attirant en nombre des populations
nouvelles, la Loire-Atlantique et la
De nombreux locaux autorisés en Loire-Atlantique et en vendée
Écart à la moyenne du nombre de locaux autorisés par commune en 2007
Des locaux de plus en plus grands
Surface hors oeuvre nette moyenne des locaux autorisés selon le type d?espace en 1990 et 2007 (en m2)
0
200
400
600
800
1 000
1 200
V il le - ce n tre B a n lie u e P é riu rb a in R u ra l P a ys d e la Lo ire
1990 2007
Discordance spatiale de l?emploi et de l?habitat
Répartition de l?emploi et de la population selon le type d?espace en 2006 (en %)
Source : Insee, recensement de la population 2006.
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5
10
15
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30
35
40
45
50
Ville - cen tre Ban lieue P ériu rbain R u ra l
population emplois
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Écart à la moyenne du nombre
de locaux autorisés par commune
(en points)
Plus de 10
Entre 0 et 10
Entre - 3 et 0
Entre - 5 et - 3
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal, Sitadel
Principaux pôles urbains
De nombreux locaux autorisés en Loire-Atlantique et en vendée
Écart à la moyenne du nombre de locaux autorisés par commune en 2007
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation des locaux autorisés. A l'inverse, un écart
à la moyenne négatif montre une sous-représentation des locaux autorisés.
Source : Dreal, Sitadel.
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation des locaux autorisés. à l?inverse, un écart à la
moyenne négatif montre une sous-représentation des locaux autorisés.
17
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Un transfert des emplois de la ville-centre vers la périphérie
Répartition des emplois selon le type d?espace (en %)
Source : Insee, recensements de la population 1999 et 2006.
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Ville- centre Ban lieue Périurba in R ura l
Part des emplois en 1999 Part des emplois créés entre 1999 et 2006
Vendée sont aussi les départements
de la région qui offrent logiquement le
plus de nouveaux emplois. En 1999,
35 % des emplois de la région étaient
ainsi localisés en Loire-Atlantique ; le
poids de ce département se renforce
nettement puisqu?il a accueilli 47 % des
emplois créés depuis 1999. Quant à
la Vendée, qui représentait 17 % des
emplois en 1999, elle compte pour
21 % des emplois créés depuis lors.
Des fonctions
métropolitaines dans les
villes, des agriculteurs dans
les champs
Ces dynamiques différenciées de
l?emploi selon le type de territoire
trouvent leur source dans la répartition
inégale des secteurs d?activité dans
l?espace. De surcroît, cette répartition
inégale est amplifiée par les dynamismes
économiques distincts de ces secteurs
d?activité. La forte croissance
économique de la région s?est ainsi
accompagnée d?un redéploiement de
l?appareil productif : il s?est « allégé »
de secteurs structurellement en déclin
(agriculture, industrie de main-d?oeuvre),
tandis qu?il s?est renforcé dans les
créneaux plus riches en valeur ajoutée
que sont notamment les services aux
entreprises et les services financiers.
Or ces activités tertiaires, en fort
développement, se concentrent pour
l?essentiel dans les centres urbains,
tandis qu?en dehors des villes, l?emploi
agricole décline.
Première illustration de l?inégale
répartition des grandes fonctions
économiques sur le territoire, les
fonctions de gestion, de conception-
recherche, de prestations intellec-
tuelles, de commerce inter-entreprises
et de culture-loisirs - qui représentent
un emploi sur cinq dans la région - se
concentrent dans les trois plus grandes
aires urbaines : Nantes, Angers et le
Mans en abritent les deux tiers. Cette
surreprésentation de ces fonctions
dans les métropoles, en Pays de la
Loire comme ailleurs, explique qu?elles
soient qualifiées de « métropolitaines »,
c?est-à-dire propres aux villes. Depuis
25 ans, ces activités se développent :
leur poids dans l?emploi régional a
augmenté de 6 points. Les fonctions
liées à l?administration publique sont
également très concentrées dans les
centres urbains, puisque les services
régionaux et départementaux de
l?État, comme les grandes collectivités
territoriales, emploient la plupart de
leurs agents dans les chefs-lieux de
région et de départements.
Au contraire, les emplois agricoles,
qui ne représentent plus que 5 % de
l?ensemble des emplois dans les Pays
de la Loire, reculent au rythme de 3,4 %
par an depuis 1982. Même si le rythme
est moins élevé que par le passé,
la région a ainsi perdu 57 % de ses
emplois agricoles depuis le début des
années 1980, une baisse un peu plus
soutenue qu?au niveau national. Avec
9 % des emplois agricoles nationaux,
la région se positionne néanmoins en
tête des régions françaises. Activités
rurales par excellence, les fonctions
agricoles restent aussi présentes dans
l?espace périurbain régional : si l?emploi
agricole est concentré à 60 % dans
l?espace rural, l?espace périurbain en
compte 28 %.
Les activités présentielles
se déconcentrent beaucoup
moins loin que la population
Si les implantations des fonctions
métropolitaines, de l?administration
publique et de l?agriculture sont très
liées au caractère urbain ou rural des
territoires, les autres grandes fonctions
sont mieux réparties sur les différents
types de territoires. Elles sont en
outre susceptibles de se développer
dans les espaces périphériques, de
relayer l?emploi agricole qui décline
et de contribuer ainsi à un moindre
resserrement des emplois dans les
pôles urbains. Il en est ainsi notamment
des fonctions dites « présentielles »,
liées à la distribution, aux services de
proximité, à la santé et au social, à
l?éducation et à la formation. En théorie,
leur implantation dans l?espace est
fortement liée à la présence d?individus
sur le territoire considéré, qu?ils y
résident à l?année (les habitants), y
passent une grande partie de leurs
journées de travail (les actifs entrants)
ou y séjournent quelques heures ou
jours (les touristes). Ces fonctions sont
en expansion, plus encore qu?au niveau
national, en lien avec la croissance
démographique et les besoins crois-
sants en services de la population.
Elles rassemblent à présent un tiers
des emplois régionaux, soit 7,5 points
de plus qu?en 1982.
Pour autant, les fonctions présentielles
restent davantage concentrées dans les
pôles urbains que dans l?espace rural.
Alors que les ensembles constitués des
villes-centres des pôles urbains d?une
part et des communes rurales d?autre
part abritent chacun environ un tiers de
la population régionale, les premières
regroupent 47 % des fonctions présen-
tielles contre seulement 23 % pour
l?espace rural. En effet, les villes-centres
présentent un plus fort potentiel pour
ces fonctions : elles sont plus denses
en termes d?habitants et accueillent
de nombreux migrants alternants, qui
viennent y travailler mais aussi y réaliser
d?autres activités (achats, loisirs,
formalités administratives, consultations
médicales?). Aussi concentrent-elles
les équipements et services les plus
rares et qui emploient une main-d?oeuvre
importante, tels que les hôpitaux, les
lycées ou encore les universités.
Entre 1982 et 2006, au niveau régional
comme au niveau national, l?emploi des
18 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
fonctions présentielles a augmenté
au même rythme que la population.
Toutefois, la déconcentration de
ces fonctions a été beaucoup moins
forte que celle de la population. Si la
population a quitté les villes-centres
et les banlieues pour s?installer assez
massivement dans l?espace périurbain
voire même l?espace rural, les fonctions
présentielles se sont seulement légè-
rement desserrées, des villes-centres
vers les banlieues.
La déconnection entre la présence
de population et celle d?activités
présentielles est en outre davantage
marquée dans les Pays de la Loire
qu?au niveau national. En effet, au
niveau national, la part des activités
présentielles dans le rural n?est inférieure
que de 4 points à celle de la population,
contre 8 points dans la région. Les
Pays de la Loire sont ainsi la 2e région
présentant le plus gros écart sur ce
critère derrière la Champagne-Ardenne.
Dans la région, la déconnection est par
ailleurs encore plus importante dans
les communes périurbaines que dans
l?espace rural : la part des fonctions
présentielles dans le périurbain est
deux fois moins importante que celle
de la population.
Les fonctions de production
s?éloignent des villes-centres
De leur côté, les fonctions de production
concrète (fabrication, bâtiment et
travaux publics) ne nécessitent pas la
proximité des grandes villes. Le prix
de l?immobilier et du foncier, ainsi que
le relativement faible niveau de qualifi-
cation de la main-d?oeuvre recherchée,
peuvent inciter les entreprises de ce
secteur à se localiser à l?écart des
grands pôles urbains, sous condition
d?une desserte adéquate en réseau de
transports de marchandises.
Si les fonctions de production ne
représentent plus qu?un emploi sur
cinq en 2006 dans les Pays de la Loire
contre un sur trois en 1982, cette
baisse a été moins marquée qu?au
niveau national. L?industrie a en effet
davantage résisté qu?ailleurs. Aussi, les
Pays de la Loire sont-ils passés du 11e
au 4e rang des régions de province ayant
la plus forte proportion de fonctions de
production dans l?emploi. De plus, la
région présente pour spécificité que
les emplois de production sont aussi
nombreux dans les villes-centres que
dans les communes rurales ; chacun
de ces deux ensembles en compte
un tiers environ, alors qu?au niveau
national l?espace rural n?abrite qu?un
quart des emplois de production. Ceci
est à relier à l?existence de nombreux
pôles d?emploi ruraux, bien répartis
sur l?ensemble de la région et qui
accueillent pour une bonne partie
d?entre eux des établissements des
industries agroalimentaires de taille
assez importante.
Depuis 1982, dans les Pays de la Loire,
la diminution des effectifs des fonctions
de production a ainsi davantage touché
les centres urbains que l?espace
rural : la part des villes-centres pour
les fonctions de production concrète
a diminué de 7 points, alors que celle
de l?espace rural est restée la même.
Les fonctions de production concrète
se sont par contre étalées de la ville-
centre vers les espaces périphériques :
la part de ces fonctions dans l?espace
périurbain et, dans une moindre
mesure dans la banlieue, a augmenté
sur la période. Ce phénomène de
desserrement a également été observé
au niveau national. Mais s?il s?est arrêté
en 1990 au niveau national, il s?est
poursuivi jusqu?en 1999 dans la région,
avec une intensité plus faible que sur la
période précédente.
Les fonctions de
transports-logistique
gagnent les campagnes
Dans la région, comme au niveau
national, les fonctions d?entretien-
réparation (nettoyage, maintenance et
certains métiers liés à l?environnement)
et des transports-logistique représen-
tent chacune environ 8 % des emplois.
Elles regroupent des professions en
relation directe aussi bien avec les
entreprises que les ménages. La part
de ces deux activités a progressé entre
1982 et 2006, de manière plus intense
Une déconcentration des activités présentielles moins forte que celle de
la population
Répartition de la population et des activités présentielles en 1982 et 2006 selon le type d?espace (en %)
Source : Insee, recensements de la population 1982 et 2006.
population 1982 population 2006 activités présentielles 1982 activités présentielles 2006
0
10
20
30
40
50
60
Ville - centre Ban lieu e P ériu rba in R u ra l
Les fonctions de production quittent les villes-centres pour gagner les
espaces périphériques
Répartition des fonctions de production selon le type d?espace en 1982 et 2006 (en effectifs)
Source : Insee, recensements de la population 1982 et 2006.
0
20 000
40 000
60 000
80 000
100 000
120 000
140 000
Vil le - cen tre Banlieue Périu rba in R u ra l
1982
2006
19 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
en Pays de la Loire que la moyenne
nationale. Les fonctions de transports-
logistique sont assez bien réparties sur
le territoire régional : quatre emplois
sur dix sont dans une ville-centre, un
sur trois dans le rural et un sur cinq
dans une commune de banlieue.
Entre 1982 et 2006, la fonction
transports-logistique s?est déconcen-
trée : la part des villes-centres a
fortement diminué (- 14 points) pour
se reporter sur les trois autres types
d?espaces : banlieue, périurbain et rural.
Ce desserrement est à relier au
besoin d?espace de ces activités et
l?implantation de surfaces de stockage
de taille importante dans certains
territoires ruraux, dans le Choletais ou
autour des Herbiers notamment.
Les locaux les plus
gourmands en espace
envahissent les champs
Les besoins en locaux des différents
secteurs d?activité ne sont pas
proportionnels au nombre de personnes
qu?ils emploient. Ainsi, en 2007, le
secteur agricole représente encore
41 % des locaux autorisés en Pays de la
Loire. Ces locaux à usage agricole ont
une surface moyenne de 715 m². Le
secteur tertiaire a la progression la plus
forte avec 36 % des locaux autorisés
de la région en 2007. Néanmoins, les
locaux qui lui sont destinés présentent
la plus petite surface moyenne avec
630 m². Le secteur industriel est quant
à lui stable en termes de nombre de
locaux autorisés. Toutefois, c?est le
secteur qui a la surface hors oeuvre
nette la plus importante avec 1 025 m²
en moyenne par local autorisé.
Ainsi les activités liées à l?agriculture
représentent 40 % des surfaces1 de
locaux construites dans la région, le
reste se partageant à parts égales
entre le secteur industriel et le
secteur tertiaire. Les Pays de la Loire
se distinguent en se positionnant,
sur le plan national, comme la plus
grande consommatrice de surfaces
agricoles, juste devant la Bretagne.
Cela s?explique par le fait que ces deux
régions sont les deux principales zones
d?élevage en France (bovins, porcins
et volailles). Les surfaces de locaux
autorisés pour le secteur agricole sont
dans neuf cas sur dix des bâtiments
agricoles, le reste étant destiné au
stockage. La construction de locaux
dans le secteur agricole est regroupée
pour moitié sur les communes rurales.
Elle est également très présente dans
le périurbain.
Les territoires ont connu dans les années
passées des développements différents,
plus ou moins choisis, qui expliquent
aujourd?hui la répartition des activités :
concentration des activités industrielles
dans certaines zones en fonction des
infrastructures disponibles, étalement
des activités sur le territoire avec mise
en place du maillage nécessaire à ce
type de développement. Pour le secteur
industriel, les surfaces hors oeuvre nettes
de locaux autorisés sont dans neuf cas
sur dix des bâtiments industriels, le
reste étant destiné au stockage. Les
locaux du secteur industriel sont assez
bien répartis sur le territoire même s?ils
sont moins présents sur les zones les
plus denses et les zones peu peuplées.
On retrouve 43 % de la construction de
locaux industriels dans les banlieues
et les espaces périurbains. En ce
qui concerne le secteur tertiaire, les
surfaces hors oeuvre nettes de locaux
autorisés sont dans deux cas sur trois
des bâtiments commerciaux ou des
bureaux. La construction de locaux dans
le secteur tertiaire est plus concentrée.
Elle est regroupée pour moitié dans les
pôles urbains avec un poids identique
entre villes-centres et banlieues.
Le léger desserrement observé pour
l?emploi s?accompagne d?un report
récent des locaux autorisés des villes-
centres vers le périurbain. Toutefois, en
lien avec la suprématie agricole dans la
consommation de locaux de la région,
ils restent très largement concentrés sur
l?espace rural. En effet, un local autorisé
sur deux est situé dans l?espace rural,
un sur trois dans le périurbain, le reste
Les fonctions de transports-logistique se déconcentrent
Répartition des fonctions de transports-logisitique selon le type d?espace en 1982 et 2006 (en effectifs)
Source : Insee, recensements de la population 1982 et 2006.
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
35 000
40 000
45 000
50 000
V ille-centre Banlieue Périurbain Rural
1982
2006
1. Jusqu?en 2007, les surfaces hors oeuvre bru-
tes (SHOB) étaient également comptabilisées dans
les surfaces agricoles. Si on ne comptabilise que
la surface hors oeuvre nette (SHON) pure, le poids
des surfaces agricoles commencées est plus faible
et passe en 2009 à 16 %.
Des locaux de plus en plus gourmands en espace envahissent les champs
Surface hors oeuvre nette totale des locaux autorisés selon le type d?espace entre 2000 et 2007 (en m2)
0
1 000 000
2 000 000
3 000 000
4 000 000
5 000 000
6 000 000
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007
Rural
Périurbain
Banlieue
Ville-centre
Source : Dreal, Sitadel.
20 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
Pour en savoir plus
Van Puymbroeck C., Reynard R., « Répartition géographique
des emplois - Les grandes villes concentrent les fonctions
intellectuelles, de gestion et de décision », Insee première, n° 1278,
février 2010.
« Analyse fonctionnelle des emplois et cadres des fonctions
métropolitaines », Insee, données communales et documentation, février
2010.
Collobert J., Longeaud-Desbrosses F., « 30 000 emplois de conception
et de recherche en Pays de la Loire », Études, n°85, Insee Pays de la
Loire, janvier 2010.
Fouchard C., Gicquaud N., « La logistique occupe une place croissante
dans l?économie des Pays de la Loire », Études, n°76, Insee Pays de la
Loire, juin 2009.
Pirot P., Saupin C., « Les statistiques de la construction neuve au
2ème trimestre 2008 », Chiffres & analyses, Dreal des Pays de la Loire,
février 2009.
Pour comprendre ces résultats
Analyse fonctionnelle des emplois
Une nouvelle nomenclature a été
réalisée par l?Insee pour mieux
rendre compte de la spécialisation
économique d?un territoire. Elle
complète les approches en secteurs
par une analyse des fonctions
exercées. La grille d?analyse fonc-
tionnelle des emplois a été constituée
par des regroupements de professions
et catégories socioprofessionnelles,
dans le but de faire apparaître de
grandes fonctions transversales aux
secteurs d?activité. Une codification
des professions avait déjà été
réalisée dans les années 1990. Il a
paru nécessaire de la faire évoluer
dans son contenu, pour mieux
décrire les activités de services et
leur spécificité, mais aussi dans les
dénominations des fonctions, pour
les rendre plus accessibles.
Définitions
? Les fonctions métropolitaines
Les cinq fonctions suivantes consti-
tuent les fonctions métropolitaines :
conception-recherche, prestations
intellectuelles, commerce inter-
entreprises, gestion et culture-loisirs.
? Les sphères présentielles et non
présentielles
La partition de l?économie en
deux sphères, présentielle et non-
présentielle, permet de mieux
comprendre les logiques de spa-
tialisation des activités et de mettre
en évidence le degré d?ouverture
des systèmes productifs locaux.
Elle permet aussi de fournir une
grille d?analyse des processus
d?externalisation et autres mutations
économiques à l?oeuvre dans les
territoires.
Les activités présentielles sont les
activités mises en oeuvre localement
pour la production de biens et de
services visant la satisfaction des
besoins de personnes présentes dans
la zone, qu?elles soient résidentes ou
touristes.
Les activités non-présentielles sont
déterminées par différence. Il s?agit
des activités qui produisent des biens
majoritairement consommés hors de
la zone et des activités de services
tournées principalement vers les
entreprises de cette sphère.
? Le secteur tertiaire
Il recouvre un vaste champ d?activités
qui va du commerce à l?administration,
en passant par les transports, les
activités financières et immobilières,
les services aux entreprises et services
aux particuliers, l?éducation, la santé
et l?action sociale. Le périmètre du
secteur tertiaire est de fait défini par
complémentarité avec les activités
agricoles et industrielles (également
dénommés respectivement secteurs
primaire et secondaire).
? Le zonage en aire urbaine
(cf. p.13)
se partageant entre la ville-centre et la
banlieue.
Entre 1990 et 2007, la part de la surface
de locaux autorisés diminue pour la ville-
centre et se reporte sur le périurbain et
dans une moindre mesure sur le rural.
Ainsi l?espace rural cumule 43 % de la
surface de locaux autorisés dans la
région et l?espace périurbain en compte
26 %, le reste se répartissant à parts
égales entre la ville-centre et la banlieue.
Comme en 1990, la surface moyenne
autorisée en 2007 est nettement plus
grande en banlieue et en ville-centre.
C?est toujours dans le rural qu?elle est la
plus petite, mais c?est aussi là qu?elle a
augmenté le plus. ?
21 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
Avec 6 % de son sol artificialisé, les Pays de la Loire sont la 9e région la plus artificialisée de
France. Entre les périodes 1990-2000 et 2000-2006 l?artificialisation s?est accélérée. Pour 100
hectares de terrains artificialisés en France, 12 le sont en Pays de la Loire, faisant ainsi de la
région la plus grande consommatrice de surfaces. Le dynamisme démographique ne suffit pas à
expliquer ce phénomène. La région est extrêmement riche en terres agricoles ; elles sont donc
fortement sollicitées pour l?artificialisation, plus particulièrement le bocage. La prépondérance
des maisons et la présence de résidences secondaires font de la Vendée une cible privilégiée
de l?artificialisation ; c?est ainsi le département français qui a subi la plus forte progression du
phénomène sur la période récente. L?urbanisation s?intensifie sur les communes où les contraintes
sont moins fortes. L?artificialisation progresse donc fortement toujours plus loin des villes et du
littoral, dans l?espace rural et en arrière du trait de côte. Ce phénomène transforme des villages
ruraux, de plus en plus loin des centres urbains, en cités-dortoirs où les habitants sont contraints
d?utiliser la voiture pour aller travailler.
L?artificialisation des sols gagne du terrain
Philippe VIGNERON (Dreal)
Dans ce qui suit, l?enquête Corine Land
Cover a été utilisée pour analyser
l?occupation du territoire. L?étude
intitulée « En Pays de la Loire, les
maisons grignotent les champs »
(Études, n° 79, Insee Pays de la Loire,
octobre 2009), était basée sur des
données issues de l?enquête Teruti-
Lucas. Si ces deux sources donnent
des résultats différents pour le niveau
de l?artificialisation, en partie du
fait de la méthode de mesure, elles
diffèrent très peu pour la comparaison
entre les régions et convergent pour
mettre en évidence la forte hausse de
l?artificialisation en Pays de la Loire.
Face à la croissance de la popu-
lation, de nombreuses zones
agricoles sont artificialisées : elles
sont transformées en lotissements,
routes, zones commerciales? Au-
delà de la diminution des ressources
naturelles et agricoles, ce phénomène
entraîne une fragmentation des
habitats naturels, une dégradation des
paysages et pèse sur la biodiversité.
L?artificialisation présente des enjeux
forts en termes de tensions foncières
et d?éventuels conflits d?usage
entre activités agricoles, habitat et
développement économique.
Une artificialisation marquée,
mais comparable à celle des
régions de même densité de
population
Les Pays de la Loire sont la 9e région
la plus artificialisée de France. En effet,
les territoires artificialisés occupent
6 % de l?espace régional, soit 1 point de
plus que pour la France métropolitaine
(hors Île-de-France). Ainsi, la densité de
population, 108 habitants au km2 en
2006 et 8e rang national, explique pour
une bonne part ce taux d?artificialisation
élevé dans la région. En effet, les Pays
de la Loire ne se démarquent pas
des régions comparables en termes
de densité de population. Comme au
niveau national, les zones urbanisées
occupent les trois-quarts des territoires
artificialisés. Les zones industrielles
ou commerciales et les réseaux de
communication, quant à eux, comptent
pour un sixième.
Des sols artificialisés pour
l?urbanisation...
La croissance de la surface régionale
artificialisée entre 2000 et 2006 a
été particulièrement élevée dans les
Pays de la Loire. Avec plus de 10 000
hectares consommés sur 82 000 pour
le niveau national, les Pays de la Loire
sont la région la plus gourmande en
surface, nettement devant Rhône-Alpes
(7 500 ha) ou les régions littorales
telles que la Bretagne ou le Languedoc-
Roussillon, dont l?artificialisation a
augmenté de 5 500 hectares sur la
même période. La surface utilisée à
Pays de la Loire la 9e région la plus artificialisée
Taux d?artificialisation par région en 2006
Taux d'artificialisation en 2006
(en %)
Plus de 10,1
Entre 5,6 et 10,1
Entre 3,7 et 5,6
Moins de 3,7
Pays de la Loire la 9e région la plus artificialisée
Taux d'artificialisation par région en 2006
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
22 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
Plus la population est dense, plus les sols sont artificialisés
Taux d?artificialisation et densité de population des régions en 2006
des fins d?artificialisation en Pays de
la Loire équivaut à celle consommée
par l?ensemble des régions du littoral
méditerranéen. De surcroît, les
surfaces artificialisées ont augmenté
de 12 % entre 1990 et 2006. Au final,
depuis 1990, ce sont près de 21 000
hectares qui ont été artificialisés.
Sur la période récente, la moitié
de l?artificialisation nouvelle dans la
région a été consacrée aux zones
urbanisées. C?est nettement supérieur
à la moyenne nationale de 35 %, mais
proche de ce que l?on observe sur les
régions atlantiques voisines comme la
Bretagne ou le Poitou-Charentes, ainsi
que le Languedoc-Roussillon. Les autres
motifs d?artificialisation sont ensuite les
zones industrielles et commerciales,
pour un quart, puis les chantiers pour
un autre quart des surfaces ; ces
motifs d?artificialisation occupent une
place dans la région assez conforme à
la norme nationale.
... que le dynamisme
démographique ne suffit pas
à expliquer
Alors que le rythme annuel moyen
de l?artificialisation n?a pas accéléré
au niveau national entre les périodes
1990-2000 et 2000-2006 (il s?établit à
0,5 % par an en moyenne), il progresse
de moitié dans les Pays de la Loire,
passant de 0,6 à 0,9 % par an. Les
Pays de la Loire ont ainsi le plus fort
accroissement de l?artificialisation des
régions de métropole. Alors que des
régions littorales dynamiques comme
le Languedoc-Roussillon, l?Aquitaine,
Provence-Alpes-Côte-d?Azur, la Breta-
gne ont connu des accroissements
de leur population équivalents ou
supérieurs à celui des Pays de la
Loire, l?artificialisation de leurs sols
ne s?est pas accélérée. Le dynamisme
démographique des Pays de la Loire
n?est donc pas l?unique cause de ce
phénomène. La surreprésentation de
la maison individuelle et des résidences
secondaires dans la région, mais aussi
les fortes consommations d?espace
des locaux professionnels ou agricoles,
permettent de mieux comprendre ce
processus.
Le bocage en première ligne
La région des Pays de la Loire est très
majoritairement couverte de terres
agricoles, largement au-dessus de
la moyenne nationale : 84 % contre
60 %. Cette prédominance est une
caractéristique des territoires d?un
grand quart nord-ouest de la France ;
les Pays de la Loire se situent au 2e rang
derrière la Basse-Normandie sur ce plan
là. En contrepartie, la part des forêts ou
autres espaces semi-naturels est faible
dans la région : moins de 9 %, contre
34 % au niveau national, les régions
de massifs montagneux tirant cette
moyenne vers le haut. Si la portion
de surfaces agricoles est nettement
supérieure à celle du niveau national,
la répartition entre les différents modes
d?occupation diffère quelque peu : les
contributions respectives des terres
arables et des zones de bocage
sont proches du niveau national ; la
© IGN - Insee 2010
Sources : Dreal - Corine Land Cover 2000 et 2006
Note : les polygones de changement ont été épaissis par souci de lecture
Espaces artificialisés en 2000
Extension de l'artificialisation
entre 2000 et 2006
Département
Région
Les Pays de la Loire, la région la plus gourmande en surfaces artificialisées
Extension de l'artificialisation entre 2000 et 2006
Les Pays de la Loire, la région la plus gourmande en surfaces artificialisées
Extension de l?artificialisation entre 2000 et 2006
Autres régions Droite de régression linéairePays de la Loire
0
2
4
6
8
10
12
14
16
0 50 100 150 200 250 300 350
Ta
ux
d
'a
rt
ifi
ci
al
is
at
io
n
(e
n
%
)
Densité de population (en nombre d'habitants au km2)
Source : Dreal Corine Land Cover 2006 ; Insee, recensement de la population 2006.
Lecture : Une région qui se situe au-dessus de la droite de régression linéaire présente un taux d?artificialisation plus élevé
au regard de sa densité. à l?inverse une région située sous la droite de régression linéaire a un taux d?artificialisation faible
sachant sa densité.
23
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Corine Land Cover 2000 et 2006, Dreal des Pays de la Loire.
Lecture : Les régions qui se situent au-dessus de la droite de régression connaissent une accélération de leur
artificialisation.
Une artificialisation qui s?accélère en Pays de la Loire
Évolutions annuelles moyennes de l?artificialisation 1990-2000 et 2000-2006 des régions
Pays de la Loire, une région essentiellement recouverte de terres agricoles
Occupation biophysique du territoire en 2006
Source : Corine Land Cover 2006, fond cartographique BD Carthage®, ©Ign 2006
©MEEDDM-DREAL Pays de la Loire (Nantes, mars 2010)
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
Pays de la Loire, une région essentiellement recouverte de terres agricoles
Occupation biophysique du territoire en 2006
Zones urbanisées
Zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication
Mines, décharges et chantiers
Espaces verts artificialisés, non agricolesTerres arables
Cultures permanentes
Prairies
Zones agricoles hétérogènes
Forêts
Milieux à végétations arbustive et/ou herbacée
Espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation
Zones humides intérieures Zones humides maritimes
Eaux continentales Eaux maritimes
Nomenclature de niveau 2
40 % de la surface nouvellement
artificialisée (Aquitaine, Provence-Alpes-
Côte-d?Azur). Un premier tiers provient
de terres arables, plutôt épargnées car
celles-ci occupent 46 % de l?ensemble
des terres agricoles ; 30 % proviennent
des prairies permanentes, la même
proportion que dans l?ensemble. Quant
au bocage, qui n?occupe que 19 % de
l?ensemble des territoires agricoles, il
fournit 36 % des terres artificialisées
entre 2000 et 2006. C?est donc l?espace
qui pâtit le plus de l?artificialisation.
Une artificialisation élevée
en vendée
Les départements littoraux, où les
résidences secondaires viennent s?ajou-
ter aux résidences principales, ont les
taux d?artificialisation les plus élevés de
la région. La Loire-Atlantique, cumulant
la métropole de Nantes-Saint-Nazaire
et le littoral, a un taux d?artificialisation
de 9 % ; la Vendée est artificialisée à
hauteur de 7 %, la moyenne se situant à
6 % pour le littoral atlantique. Ces deux
départements dépassent nettement
le Maine-et-Loire (5 %), qui compte
pourtant l?agglomération d?Angers, la
Sarthe (4,5 %) et la Mayenne (3 %).
Parmi les départements littoraux
français, la Loire-Atlantique a un taux
d?artificialisation voisin de celui de
départements possédant des agglo-
mérations importantes et une densité
de population proche, comme la Seine-
Maritime ou le Var. En revanche, la
Vendée affiche un taux d?artificialisation
plus proche de départements ayant
des niveaux de densité bien plus
élevés comme la Gironde ou l?Hérault
(respectivement 88 contre 137 et 160).
D?autres départements littoraux de
densité proche de celle de la Vendée,
comme la Charente-Maritime ou les
Pyrénées-Atlantiques, ont un taux
d?artificialisation inférieur à 5 %.
Parmi les facteurs expliquant, au moins
en partie, ce niveau d?artificialisation
élevé, la Vendée est le département où
la proportion de maisons dans le parc
de logements est la plus élevée de
notre région en 2006 ; elle se classe
au 5e rang national. Ce département
présente aussi une part des résidences
secondaires ou logements occasionnels
élevée, approchant les 25 %, contre
10,5 % au niveau régional ou encore
9,3 % au niveau national. La Vendée
se distingue encore des autres dépar-
tements avec une part de l?urbanisation
dans les territoires artificialisés élevée :
Év
ol
ut
io
n
an
nu
el
le
m
oy
en
ne
d
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rt
ifi
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al
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io
n
20
00
-2
00
6
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n
%
)
0
0,5
1,0
0 0,5 1,0
Évolution annuelle moyenne de l?artificialisation 1990-2000 (en %)
Paca
Languedoc-Roussillon
Pays de la Loire
Limousin
Aquitaine
Auvergne
Alsace
Lorraine
Champagne-Ardennes
Poitou-Charentes Bretagne
France
Midi-Pyrénées
Franche-Comté
part des prairies permanentes est en
revanche supérieure à la moyenne. Les
zones humides, emblématiques de nos
territoires littoraux, comptent pour une
faible part : moins de 1 % de l?espace
régional, mais trois fois plus qu?au
niveau national.
En Pays de la Loire, la quasi-totalité
des surfaces artificialisées entre
2000 et 2006 a été prélevée sur les
territoires agricoles, à la différence
des régions riches en forêts et
milieux semi-naturels, où ces derniers
territoires peuvent fournir jusqu?à
24
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Un taux d?artificialisation élevé en Loire-Atlantique et en vendée
Taux d?artificialisation par département en 2006
Une croissance de l?artificialisation très forte en vendée
Taux d?artificialisation par département en 2006 et variation nette de l?artificialisation entre 2000 et 2006 (en %)
Source : Corine Land Cover 2000 et 2006 . (cf. définitions p. 13 et 27)
Catégorie de commune Données 44 49 53 72 85 Pays de
la Loire France
Ensemble
des communes
Taux d?artificialisation 2006 9 5 3 4,5 7 6 5
Evolution annuelle moyenne 2000-2006 0,6 1,1 1,1 0,5 1,4 0,9 0,5
Pôles urbains
Taux d?artificialisation 2006 33 28 23 23 23 28 28
Evolution annuelle moyenne 2000-2006 0,4 0,8 1,4 0,6 1,4 0,7 0,4
Espace à dominante
rurale
Taux d?artificialisation 2006 3 3 2 2,5 4,5 3 2
Evolution annuelle moyenne 2000-2006 0,8 1,1 0,6 0,4 1,2 0,9 0,4
83 % contre 76 % au niveau Pays de la
Loire ou France et 75 % pour la Loire-
Atlantique.
Trois départements des Pays de la
Loire figurent parmi les cinq premiers
de France pour la surface artificialisée
entre 2000 et 2006. La Vendée, avec
3 750 hectares, se situe ainsi au
premier rang ; le Maine-et-Loire et la
Loire-Atlantique suivent respectivement
aux 4e et 5e rangs avec 2 550 et 2 000
hectares. Même la Mayenne et la Sarthe,
avec 1 000 et 875 hectares, font partie
des 50 premiers départements de
métropole pour l?artificialisation.
En ce qui concerne le taux d?accrois-
sement, si la Vendée est encore en
tête des départements métropolitains
avec 1,4 % d?augmentation par an entre
2000 et 2006, le triple de la moyenne
nationale, la Mayenne rejoint le Maine-
et-Loire dans les premières places avec
1,1 %. En revanche, la Loire-Atlantique et
la Sarthe ont un rythme d?accroissement
équivalent à la moyenne nationale.
La Sarthe présente la particularité
d?avoir connu une « désartificialisation »
notable d?anciens chantiers de l?A28,
entre 2000 et 2006 équivalente à la
surface des nouveaux chantiers qui
se sont ouverts sur la même période.
De ce fait, elle dépasse nettement
les autres départements de la région
pour la part utilisée par l?urbanisation :
68 % contre environ 50 %. Néanmoins,
l?urbanisation reste majoritaire dans tous
les départements des Pays de la Loire,
alors que sa part dans l?artificialisation
nationale n?est que de 35 %.
Taux d'artificialisation en 2006
(en %)
Plus de 6,8
Entre 4,2 et 6,8
Entre 2,5 et 4,2
Moins de 2,5
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
La vendée se démarque
Taux d?artificialisation et densité de population des départements en 2006
Source : Dreal, Corine Land Cover 2006, Insee, recensement de la population 2006.
Lecture : Les départements situés au-dessus de la droite de régression ont un taux d?artificialisation plus élevé que ce qu?il
devrait être étant donné leur densité.
Mayenne
Sarthe
Loire-Atlantique
Maine-et-Loire
0
2
4
6
8
10
12
0 50 100 150 200 250 300
Vendée
Densité de population (en nombre d'habitants au km2)
Ta
ux
d
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rt
ifi
ci
al
is
at
io
n
(e
n
%
)
25
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Grenelle de l?environnement : les enjeux de la trame verte et bleue
L?artificialisation de nos territoires, qu?elle résulte de l?urbanisation, de la création de zones d?activités ou d?infrastructures,
est consommatrice d?espace. Elle a dans tous les cas un impact sur la biodiversité et elle induit une fragmentation des
habitats naturels. Ainsi, elle limite les déplacements vitaux de certaines espèces et peut induire la colonisation de nouveaux
territoires. La disparition d?espaces et la fragmentation apparaissent aujourd?hui comme l?une des principales causes
d?érosion de la biodiversité.
La trame verte et bleue, issue des travaux du Grenelle de l?environnement, a notamment pour objectif de chercher à
limiter cette fragmentation. Elle vise à maintenir et reconquérir les continuités écologiques les plus stratégiques pour la
biodiversité. L?ambition est de constituer un véritable maillage écologique du territoire, à toutes les échelles spatiales,
via notamment une intégration de ses principes dans l?aménagement du territoire. Ce nouvel outil d?aménagement du
territoire, très transversal, va donc au-delà des politiques de protection de la nature existantes. Il leur est complémentaire
en s?intéressant à toute la biodiversité, même la plus ordinaire.
Les leviers qui guideront la définition et la mise en oeuvre de la trame sont multiples : un schéma régional de cohérence
écologique va être réalisé dans chaque région. Il spatialisera les enjeux régionaux, proposera une « boîte à outils »
aux collectivités, et devra être pris en compte par les documents d?urbanisme. Le code de l?urbanisme est par ailleurs
modifié. Les documents d?urbanisme à venir devront, à toutes les étapes de leur élaboration, respecter un principe de
préservation et de remise en bon état des continuités écologiques. Les infrastructures linéaires de l?État devront quant à
elles être compatibles avec le schéma régional.
Il s?agit donc d?une nouvelle entrée pour parler d?économie d?espaces, de densification ou encore d?opportunité de
maintien d?une agriculture périurbaine dynamique. Derrière la trame, et dans un objectif de biodiversité, la question des
projets de territoires, à travers les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) notamment est posée.
Une artificialisation très marquée sur les aires urbaines du littoral
Taux d?artificialisation en 2006 par aire urbaine
De forts niveaux
d?artificialisation
sur le littoral
L?ensemble des 25 aires urbaines de
la région comptabilise 2 275 000
habitants en 2006. Elles regroupent
les deux-tiers de la population des
Pays de la Loire sur le tiers de la
surface régionale. Ces aires urbaines
présentent des taux d?artificialisation
très hétérogènes autour d?une moyenne
régionale de 10 %, semblable à la
moyenne nationale. L?armature urbaine
dense de la région, au regard des
autres régions de métropole, ne semble
donc pas jouer de rôle particulier dans
le surcroît d?artificialisation des Pays de
la Loire.
Les petites aires compactes du littoral
vendéen comme Saint-Gilles-Croix-de-
Vie, Les Sables-d?Olonne ou Challans
dépassent les 20 %, le double de la
moyenne régionale. L?aire de Saint-
Nazaire approche encore 18 %. Les
grands pôles urbains, dont l?aire
d?attraction s?étend largement, ont un
taux proche de la moyenne régionale :
8 % pour Le Mans, 10 % pour Angers
et jusqu?à 12 % pour Nantes et ses
satellites Ancenis et Clisson. Cette
situation est semblable à celle qu?on
observe sur les autres régions littorales,
particulièrement le littoral atlantique.
quand la campagne accueille
de plus en plus de citadins
Sur les communes du littoral, le taux
d?artificialisation grimpe jusqu?à 17 %,
dont 19 % en Loire-Atlantique avec
Saint-Nazaire et 15 % en Vendée avec
Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Les Sables-
d?Olonne. Pour les communes en arrière
du trait de côte, le taux d?artificialisation
reste encore inférieur aux moyennes
des deux départements littoraux de la
région.
L?artificialisation dans les Pays de
la Loire est proche de la moyenne
nationale pour les zones urbaines. En
revanche l?espace rural « isolé », qui
couvre la moitié de la région, présente
une artificialisation supérieure à 3 %
contre 2 %. Selon les départements, ce
Taux d'artificialisation en 2006
(en %)
Plus de 15
Entre 11 et 15
Entre 8 et 11
Moins de 8
Une artificialisation très marquée sur les aires urbaines du littoral
Taux d'artificialisation en 2006 par aires urbaines
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
26
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
taux varie de 2 % en Mayenne jusqu?à
4,5% en Vendée. Les campagnes des
Pays de la Loire se sont densifiées en
termes d?habitants et moins en emplois,
transformant ainsi certains villages à la
périphérie des villes en nouvelles cités-
dortoirs.
Sur le littoral, le contraste est très net
entre les communes du littoral et celles
du rétro-littoral pour l?augmentation du
taux d?artificialisation entre 2000 et
2006. L?écart est ainsi fort avec une
évolution de 0,6 % par an sur le littoral
pour 1,4 % par an pour le rétro-littoral.
Il y a donc un repli de l?urbanisation vers
les communes où les contraintes liées
à l?urbanisation sont moins fortes.
Que ce soit en milieu urbain ou dans
l?espace rural, la croissance de
l?artificialisation de la région entre
2000 et 2006 est toujours supérieure
à la moyenne nationale. Toutefois, les
plus grands écarts sont observés dans
Pour comprendre ces résultats
L?enquête Corine Land Cover (CLC)
a été utilisée pour l?analyse de
l?occupation du territoire présentée
dans ce chapitre.
Il s?agit d?une base de données
représentant l?occupation biophysique
du sol européen et réalisée par
la photo-interprétation d?images
satellitaires. On dispose des résultats
pour les campagnes 1990, 2000
et 2006. Corine Land Cover utilise
une nomenclature hiérarchisée
en trois niveaux qui permet de
couvrir l?ensemble du territoire ; elle
comprend 5 postes au niveau 1, 15
au niveau 2 et 44 au niveau 3. Elle est
produite dans le cadre du programme
européen Corine de coordination de
l?information sur l?environnement.
L?échelle de production est le
1 : 100 000, la surface minimale
cartographiée étant de 25 ha pour
un poste de la nomenclature et de
5 ha pour les changements de poste
observés entre 2000 et 2006.
Du fait de cette maille de 25 ha,
Corine Land Cover « voit » mal l?habitat
dispersé des territoires ruraux et
la plupart des routes, avec pour
conséquence une sous-estimation du
taux réel d?artificialisation. Il convient
donc de privilégier les comparaisons
entre territoires ou les évolutions dans
le temps.
Pour la lecture de ce chapitre,
le niveau 1 de la nomenclature CLC
« Territoires artificialisés » se décline
au niveau 2 en 4 postes :
- zones urbanisées ;
- zones industrielles ou commerciales
et réseaux de communications ;
- mines, décharges et chantiers ;
- espaces verts artificialisés, non
agricoles.
Pour faciliter la compréhension, le
terme de « bocage » utilisé dans le
texte concerne les espaces occupés
par des « systèmes culturaux
parcellaires et complexes » (code
242 de la nomenclature Corine Land
Cover) qui sont la juxtaposition de
petites parcelles de cultures annuelles
diversifiées, de prairies et/ou de
cultures permanentes. Mais pas tout
le bocage, puisque les prairies
permanentes (code 231) comprennent
les zones avec haies.
D?autres enquêtes de mesure de
l?occupation du territoire existent,
en particulier Teruti, qui est réalisée
par le service de la statistique et
de la prospective du ministère de
l?Agriculture, de l?alimentation et
de la pêche. Elle a pour objectif de
connaître les différentes catégories
d?occupation du sol et d?usage de
l?ensemble du territoire (agricole,
naturel et urbanisé), essentiellement
au niveau métropolitain, régional et
départemental. Cette enquête est
effectuée tous les ans par sondage.
C?est une enquête aréolaire à deux
degrés. L?emplacement des points
est désormais géoréférencé depuis
2005 avec la nouvelle enquête Teruti-
Lucas. Pour les Pays de la Loire, les
18 000 points de sondage utilisés
ne permettent pas de descendre en
dessous de la maille départementale.
les zones rurales. En effet, l?espace à
dominante rurale a une croissance du
taux d?artificialisation plus de deux fois
supérieure dans la région par rapport
au niveau national avec 0,9 % contre
0,4 % par an. Au niveau départemental,
la Vendée et la Mayenne sont nettement
au-dessus de la moyenne régionale dans
les espaces urbains, notamment dans
les communes situées en deuxième
couronne des villes, où le taux de
croissance est supérieur à 1,6 % par
an pour 0,7 % par an en moyenne en
France. La Vendée encore et le Maine-
et-Loire tirent quant à eux la moyenne
vers le haut pour les zones rurales, avec
un taux de croissance près de trois fois
supérieur à la moyenne nationale.
L?artificialisation et sa croissance, très
au-dessus de la moyenne pour ces
territoires, traduisent l?urbanisation
toujours plus loin des pôles urbains,
de façon accentuée dans l?espace
rural, avec en corollaire l?augmentation
de l?usage de la voiture. En Pays de
la Loire, la part des transports locaux
en automobile a augmenté de plus de
5 points entre 1994 et 2008, passant
de 66 % à 71 % sur cette période, ce
qui représente plus du double de ce
que l?on a pu observer pour la France
de province, où le différentiel est de
2,3 points, avec une part de 69 % en
2008. Dans la région, au moins jusqu?à
une période assez récente, cela s?est
fait au détriment des transports doux
(marche à pied, bicyclette), tandis que
la part des transports collectifs stagnait
autour de 6 %. ?
27
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Pour en savoir plus
Pageaud D. et Carré C., « La France vue par Corine Land Cover, outil européen de suivi de l?occupation
des sols », Le point sur, n°10, MEEDDM-Commissariat général au développement durable, avril 2009.
Naizot F., « Les changements d?occupation des sols de 1990 à 2000 : plus d?artificiel, moins de prairies
et de bocages », Les données de l?environnement, n°101, Ifen, mars 2005.
La rubrique internet du MEEDDM sur Corine Land Cover : http://www.stats.environnement.developpement-
durable.gouv.fr/bases-de-donnees/occupation-des-sols-corine-land-cover.html?taille=target%253D_self
Définitions
? On parle d?artificialisation du sol lorsque des zones agricoles ou naturelles sont transformées par l?homme en zones
artificielles (lotissements, routes, zones commerciales...). Cette artificialisation conduit, entre autres conséquences, à
une diminution des ressources naturelles et agricoles, à la fragmentation des habitats naturels et à la dégradation des
paysages.
? Le zonage en aire urbaine (cf. p.13)
28
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La densification des communes à la périphérie des villes s?accompagne, parfois, d?une intensification
des disparités sociales. Ainsi, alors que les villes-centres attirent toujours les étudiants et les
jeunes actifs, du fait de leur offre de formation, de la richesse des emplois proposés et de leur
parc locatif abondant, les autres catégories de la population sont largement attirées par les
communes de la deuxième couronne. Dans ces zones, les contraintes foncières sont moins
fortes et donc les prix plus modérés. Les familles sont logiquement tentées de venir s?installer sur
ce type de territoire où l?accession à la propriété est plus aisée. En contrepartie, elles doivent faire
face à des problématiques de déplacements plus complexes : l?utilisation de la voiture devient
indispensable.
Conséquence visible de l?étalement urbain, le lieu de résidence apparaît comme un marqueur
social pour les communes qui hébergent de nouveaux habitants aux caractéristiques proches.
Dis-moi où tu vis, je te dirai qui tu es
Le périurbain, espace des familles
Jean COLLOBERT et Nicole GICQUAUD (Insee)
La question de la mixité sociale
est un enjeu fort des politiques
de la ville, de la cohésion sociale
et du logement. L?analyse fine des
dynamiques récentes des territoires
de la région des Pays de la Loire
est révélatrice de disparités, voire
d?inégalités. La ségrégation socio-
spatiale articule toutes les formes
d?inégalités, qu?elles concernent le
revenu, la formation, l?accès à l?emploi
ou encore l?accès aux équipements et
services.
Les cadres en ville, les ouvriers à la campagne
Écart à la moyenne par commune de la part de cadres et d?ouvriers en 2006
Les cadres en ville, les
ouvriers à la campagne
Le lieu de résidence est aujourd?hui
un marqueur social. La répartition
des groupes sociaux sur le territoire
est ainsi fortement liée à la catégorie
socioprofessionnelle et au niveau de
revenus des habitants. Le coût du
foncier est en effet plus ou moins
élevé selon le caractère urbain ou
rural des territoires. Ainsi, les cadres
sont largement représentés dans les
pôles urbains, et plus particulièrement
dans les villes-centres, alors qu?ils sont
sous-représentés dans les espaces
périurbains et ruraux. Leur niveau de
revenu leur permet le plus souvent de
choisir leur lieu d?habitation et de se
positionner dans les zones où le marché
de l?emploi est favorable.
A contrario, le coût du foncier contraint
une frange de la population aux revenus
plus modestes ou moyens de s?éloigner
des pôles. Cela peut engendrer
des problèmes d?accès à l?emploi,
notamment pour les employés. Ainsi,
Les cadres en ville, les ouvriers à la campagne
Écart à la moyenne par commune de la part de cadres et d'ouvriers en 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part de
cadres par commune (en points)
Plus de 0
Entre - 5 et 0
Entre - 7,5 et - 5
Entre - 12 et - 7,5
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part
d'ouvriers par commune (en points)
Plus de 10
Entre 0 et 10
Entre - 3 et 0
Entre - 5 et - 3
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation de la présence de cadres ou d'ouvriers. A l'inverse, un écart à la moyenne négatif pointe une sous-
représentation de la part de cadres ou d'ouvriers.
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation de la présence de cadres ou d?ouvriers. à l?inverse, un écart à la moyenne négatif pointe une sous-représentation de la part de
cadres ou d?ouvriers.
Les cadres en ville, les ouvriers à la campagne
Écart à la moyenne par commune de la part de cadres et d'ouvriers en 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part de
cadres par commune (en points)
Plus de 0
Entre - 5 et 0
Entre - 7,5 et - 5
Entre - 12 et - 7,5
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part
d'ouvriers par commune (en points)
Plus de 10
Entre 0 et 10
Entre - 3 et 0
Entre - 5 et - 3
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation de la présence de cadres ou d'ouvriers. A l'inverse, un écart à la moyenne négatif pointe une sous-
représentation de la part de cadres ou d'ouvriers.
29
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
alors que la moitié d?entre eux habite
le périurbain ou le rural, ces espaces
n?offrent que 48 emplois d?employés
pour 100 employés y résidant. La
présence des ouvriers est surtout
marquée dans les espaces ruraux, et,
dans une moindre mesure, dans les
couronnes périurbaines ; les ouvriers
sont en revanche sous-représentés dans
les pôles urbains. Cela ne s?assortit pas
de problème d?accès à l?emploi, étant
donné que les espaces périurbains et
ruraux offrent plus d?emplois d?ouvriers
qu?il n?y a d?ouvriers résidant sur ces
mêmes territoires.
Les villes-centres perdent
leurs actifs résidents au
profit de l?espace périurbain
Entre 1999 et 2006, avec le
phénomène de périurbanisation, la
population s?est davantage installée
dans les espaces périphériques que
dans les pôles urbains que constituent
les villes-centres et leurs banlieues.
Les disparités entre territoires en
termes de solde naturel (excédent des
naissances sur les décès) ayant peu
évolué entre les périodes 1982-1999 et
1999-2006, l?essentiel des contrastes
entre les deux périodes s?explique
par l?évolution des migrations. Ces
mouvements de population ont dessiné
une nouvelle géographie humaine des
espaces urbains, périurbains et ruraux
dans la région des Pays de la Loire1.
En termes d?intensité migratoire,
cadres et professions intermédiaires
sont les champions de la mobilité,
devant les employés, les ouvriers
et les personnes sans activité
professionnelle. Quant aux retraités,
les principaux mouvements migratoires
concernent des échanges avec les
autres régions ; ils se traduisent par un
excédent des arrivées dans la région
sur les départs de celle-ci. Si le cadre
ligérien réside préférentiellement dans
une ville-centre, sa destination de
prédilection est d?abord le périurbain,
ensuite la banlieue et l?espace rural.
La ville-centre constitue ainsi un espace
déficitaire en termes de migrations
résidentielles internes à la région et
ce, quelle que soit la catégorie socio-
professionnelle des migrants. En effet,
les habitants des villes-centres quittent
cet espace, où le foncier est devenu
trop cher, pour s?installer en périphérie
des villes, où l?accession à la propriété
est plus aisée. Cadres et professions
intermédiaires sont les deux catégories
sociales les plus concernées par
les migrations de la ville-centre vers
l?espace périurbain ou la banlieue.
Ouvriers et employés présentent ce
même tropisme vers ces espaces,
mais de façon plus atténuée.
L?espace périurbain est donc le grand
bénéficiaire des migrations résiden-
tielles, avec une balance annuelle
globale de + 1 %. Les cadres et les
professions intermédiaires arrivent
surtout des villes-centres, mais aussi
d?autres régions. L?espace rural se
caractérise également par une
forte attractivité : + 0,8 % par an,
toutes catégories confondues. Cette
attractivité concerne à la fois l?ensemble
des catégories sociales et l?ensemble
des origines géographiques.
De son côté, la banlieue est sans
doute l?espace géographique le
plus stable sociologiquement : son
solde migratoire globalement positif
s?explique d?abord par l?arrivée de
cadres et plus marginalement de
professions intermédiaires. Mais
son attractivité demeure réduite aux
apports issus de la ville-centre et des
autres régions.
Les flux et reflux de population
résidente ont un impact sur la
composition sociale des villes-
centres, des banlieues, des espaces
périurbains et ruraux. Étalement urbain
et mixité sociale ne vont pas de pair :
l?arrivée de cadres et de professions
intermédiaires dans l?espace périurbain
y amène une connotation « classe
moyenne supérieure ».
1Cf. le chapitre « En Pays de la Loire, les maisons
poussent comme des champignons... dans les
champs »
0
5
10
15
20
25
30
35
40
45
50
Banlieue Rural
ensemble de la population
migrants
Périurbain
Banlieue, périurbain et rural : les espaces gagnants au jeu des
migrations internes à la région
Répartition de la population et des migrants selon les territoires
Lecture : En 2006, sur 100 personnes, 22 habitent en banlieue ; au cours des cinq dernières années, pour 100 personnes
qui ont déménagé, 47 se sont installées dans le périurbain.
Des freins à la mixité
sociale
Les mouvements de population
observés en Pays de la Loire, comme
sur de nombreux autres territoires
métropolitains, recèlent une logique
ségrégationniste. Ainsi, les familles
aisées viennent principalement
s?installer dans les espaces où elles sont
déjà le mieux représentées ; de leur
côté, les familles de classes moyennes
s?implantent quasi exclusivement là où
elles sont les plus nombreuses, les plus
démunies n?ayant parfois pas d?autres
choix que les quartiers défavorisés.
Les ménages les plus aisés choisissent
leur lieu de résidence de préférence
dans les villes-centres, mieux à même
de leur procurer un environnement
riche matériellement et culturellement,
ce qui a pour effet de maintenir le prix
des logements à des niveaux élevés.
De plus, en lien avec les évolutions
du tissu productif, la distribution de
la population selon la catégorie socio-
professionnelle a beaucoup changé :
le nombre d?ouvriers a reculé quand
les cadres ont gagné en importance.
Alors qu?en 1982, 100 000 cadres
résidaient dans la région des Pays de
la Loire, on en dénombre 166 000
en 2006. Si ce chiffre témoigne d?un
grand dynamisme de la région, dont la
capacité d?attraction est forte, il pèse
en retour sur les évolutions des prix
du marché immobilier. Ainsi, de par
leur nombre, les cadres représentent
près de 10 % des actifs ; en outre,
de par leurs moyens financiers, une
offre immobilière aux prix élevés peut
se développer. Sans politique publique
de l?habitat, peut apparaître, au fur et
à mesure de la « gentrification » des
quartiers, un phénomène d?exclusion
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
30
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
des classes moyennes qui se
retrouvent poussées à la périphérie
des villes. Les plus défavorisés sont
alors conduits à habiter à la campagne
ou dans certains quartiers de la ville
bien pourvus en logements sociaux.
Si la richesse matérielle
est discriminante?
Ainsi, en Pays de la Loire comme
dans les autres régions de province,
les niveaux de vie en zone urbaine
sont plus élevés qu?en zone rurale.
Toutefois, les Pays de la Loire sont,
avec l?Aquitaine, les deux seules
régions où le niveau de vie médian
en couronne périurbaine est très
légèrement inférieur à celui du pôle
urbain, alors qu?il est globalement
supérieur de 8 % pour l?ensemble
des régions de province. Cela est dû
notamment aux évolutions récentes
des prix de l?immobilier, qui ont
entraîné un afflux massif de familles
appartenant aux classes moyennes
vers les couronnes périurbaines. Le
revenu étant un critère déterminant
pour l?accession à la propriété,
il devient discriminant en ce qui
concerne le lieu de résidence, sous
l?effet du prix différencié du foncier
d?une zone à une autre.
De plus, dans la région comme au
niveau national, les inégalités sont
nettement plus fortes dans les pôles
urbains que dans les autres types
d?espaces. Le rapport entre le revenu
des 10 % les plus riches et des 10 %
les plus modestes est ainsi de 3,3
en pôle urbain, alors qu?il oscille
entre 2,5 et 2,8 dans les autres
types d?espaces pour les Pays de la
Loire. Ceci s?explique par la présence
simultanée de nombreux ménages
à très faibles revenus et à hauts
revenus dans les villes-centres ou
leur banlieue proche. Ces inégalités
de niveau de vie sont, quel que soit le
type d?espace, plus modérées dans la
région qu?en France de province.
?le niveau de diplôme l?est
encore plus
Le niveau de diplôme joue, lui aussi,
un rôle prépondérant dans le choix
du lieu de résidence : plus on est
diplômé, plus le choix se porte vers
un pôle urbain. Le diplôme est, dans
ce domaine, encore plus déterminant
que la catégorie socioprofessionnelle.
Ainsi, dans les Pays de la Loire, près d?un
diplômé de l?enseignement supérieur
sur deux réside dans la ville-centre d?un
pôle urbain, lieu de résidence privilégié
des ménages les plus aisés.
Certains diplômés de l?enseignement
supérieur ont une catégorie socio-
professionnelle qui n?est pas en
adéquation avec leur niveau d?études.
Ces diplômés qui occupent un emploi
d?ouvrier ou d?employé vont être
largement surreprésentés dans les
pôles urbains, alors que ces mêmes
catégories, lorsqu?elles ne sont pas
diplômées de l?enseignement supérieur,
sont surreprésentées dans l?espace
périurbain et le rural. Ainsi les ouvriers et
employés diplômés de l?enseignement
supérieur habitent dans 63 % des cas un
pôle urbain, soit 21 points de plus que
l?ensemble des ouvriers et employés.
Les diplômés qui occupent un
emploi d?ouvrier ou d?employé sont
majoritairement très jeunes. Si un
quart des cadres ou professions
intermédiaires résidant dans un pôle
urbain a moins de 30 ans, la proportion
de jeunes diplômés qui occupent
un emploi d?ouvrier ou d?employé et
habitent ce même type d?espace est
d?un sur deux. La recherche d?une vie
culturelle et de loisirs généralement
plus riche dans les communes
urbaines - théâtre, concerts mais aussi
bibliothèques mieux approvisionnées
ou spécialisées - n?est pas seule en
cause. Les diplômés qui occupent un
emploi d?ouvrier ou d?employé ont des
possibilités d?avenir professionnel plus
en adéquation avec leur niveau d?études.
En effet, s?il n?est pas synonyme de
salaire élevé, un diplôme de niveau
supérieur confère une forme de statut,
ce qui présente des perspectives plus
solides face à l?avenir.
Le niveau de diplôme l?emporte sur le niveau de revenu
Répartition des diplômés de l?enseignement supérieur selon la catégorie socioprofessionnelle
et le lieu de résidence (en %)
0
10
20
30
40
50
60
70
Pôle urbain Périurbain Rural
cadres et professions intermédiaires
employés et ouvriers
ensemble de la population
Source : Insee, recensement de la population 2006.
Les familles dans le
périurbain, les jeunes en ville
Si la catégorie socioprofessionnelle,
le revenu et le niveau de diplôme ont
une influence sur le lieu de résidence,
l?avancement dans le « cycle de vie »
joue également un rôle majeur. En effet,
les moyens matériels et l?intérêt pour
s?installer dans une zone plutôt qu?une
autre diffèrent sensiblement selon que
la personne est étudiante, vient de
fonder une famille ou est à la retraite.
Au regard des caractéristiques socio-
démographiques de la population, les
couronnes périurbaines se caractérisent
ainsi comme l?espace privilégié des
familles avec enfants, tandis que les pôles
urbains constituent celui des personnes
seules.
En 2006, la part des jeunes âgés
de moins de 20 ans et celle des 40 à
59 ans est plus élevée dans le périurbain,
voire les communes rurales lorsque
les deux parents exercent une activité
professionnelle. Ce choix résidentiel a
cependant pour conséquence d?aug-
menter la nécessité et la fréquence
des déplacements. La concentration de
l?emploi mais aussi des services dans
les pôles urbains d?une part, la difficulté
d?offrir des transports collectifs dans un
espace périurbain2 peu dense d?autre
part, engendrent un accroissement de la
mobilité et par conséquent du nombre de
véhicules automobiles.
Le choix de résidence en zone périurbaine
entraîne donc le plus souvent l?acquisition
et l?utilisation d?un second véhicule dans
le ménage, pour rejoindre son travail,
transporter ses enfants ou réaliser
d?autres déplacements pour motifs
2 Pour plus d?informations, cf. les chapitres
« Déplacements domicile-travail : ça bouchonne » et
« La voiture carbure à l?étalement urbain ».
31
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
personnels. Ainsi, plus de huit ménages
périurbains intégrant un couple bi-actif
sur dix possèdent deux automobiles,
contre sept sur dix dans les pôles
urbains.
Cette proportion augmente encore
avec l?arrivée des enfants dans le
foyer. En effet, le fait d?avoir un enfant
viendra ajouter à la problématique de
rejoindre son lieu de travail, celle de
faire garder l?enfant puis de l?emmener
à l?école. Avec la périurbanisation, les
écoles des pôles urbains perdent des
élèves, alors que l?offre de modes de
garde devient un véritable enjeu dans
le périurbain. La présence de crèches,
de nourrices agréées et de services
périscolaires réduit les difficultés
d?organisation des déplacements des
familles périurbaines. Cela influe aussi
sur le maintien en emploi des femmes,
l?espace périurbain n?étant pas l?espace
privilégié pour l?accès à l?emploi, aux
équipements et aux services.
Si les familles privilégient l?espace
périurbain, les 20 à 39 ans, tranche
d?âge des étudiants et des jeunes
actifs, sont fortement présents dans
les pôles urbains. Ces lieux concentrent
en effet les structures d?enseignement
supérieur, les emplois et les logements
accessibles en location. Les familles
monoparentales, le plus souvent des
Le périurbain, l?espace des familles
Écart à la moyenne de la part des familles par commune en 2006
femmes aux revenus modestes avec
leurs enfants, sont également très
présentes dans les pôles urbains. Elles
peuvent ainsi bénéficier de la proximité
des services et équipements, mais
surtout d?un parc de logements locatifs
et sociaux plus important.
Après le départ des enfants et à l?âge
de la retraite, ou plus largement après
60 ans, les ligériens restent plus sou-
vent dans les communes rurales, alors
qu?ils sont nettement sous-représentés
dans les couronnes périurbaines. Ils
sont également très présents sur le
littoral, où ils représentent plus du tiers
de la population. Dans neuf cas sur
dix, ces ménages de retraités résidant
sur le littoral vivent en couple. A un
âge plus avancé, au-delà de 80 ans,
certains retournent vers les villes et
leurs infrastructures nombreuses, dans
le domaine de la santé notamment.
Enfants de moins de 15 ans,
jeunes en formation, jeunes
actifs, adultes, seniors :
autant de profils migratoires
typés
L?analyse des migrations résidentielles
sur la période récente illustre ce lien
de plus en plus fort entre position
dans le « cycle de vie » et localisation
dans l?espace. Si ces migrations
résidentielles touchent la plupart
des tranches d?âges de la population
des Pays de la Loire, l?influence de
ces mouvements démographiques
est très différente d?un territoire à
l?autre. En effet, l?âge et l?avancement
dans le « cycle de vie » sont des
caractéristiques qui privilégient les
déménagements vers une zone plutôt
qu?une autre.
Entre 2001 et 2006, les villes-
centres ont perdu en moyenne
6 000 personnes par an, soit environ
3 % de l?ensemble de leur population
en cinq ans. Sur la période, si elles
bénéficient d?un apport de 6 000 jeunes
âgés de 15 à 25 ans par an, elles
perdent en revanche 9 000 adultes
âgés de 25 à 39 ans par an. Elles
perdent aussi des quadragénaires et
des quinquagénaires, mais dans une
moindre mesure. Aux deux extrémités
de la pyramide des âges, la ville-
centre perd des enfants âgés de 5 à
14 ans et gagne quelques poignées
de retraités. Le bilan démographique
se traduit donc pour la ville-centre par
un poids accru des jeunes en formation
(lycéens, étudiants, apprentis) ou en
début d?activité, au détriment des
autres catégories d?âges.
Le bilan migratoire de la banlieue
est positif pour l?ensemble des
catégories d?âges, hormis pour les
20 à 29 ans. Entre 2001 et 2006,
la banlieue a en effet perdu plus de
1 000 de ces jeunes adultes par an en
moyenne. En contrepartie, elle attire
un nombre équivalent de trentenaires,
accompagnés de leurs enfants en bas
âge. Pour autant, l?effet démographique
des migrations résidentielles reste
assez marginal en banlieue : le solde
positif de 1 200 migrants par an en
moyenne ne représente qu?un peu plus
de 1 % de l?ensemble de la population
en cinq ans.
L?effet des migrations résidentielles
est particulièrement fort dans l?espace
périurbain : + 7 800 personnes en
solde net, soit plus de 5 % de la
population en cinq ans. Ce solde
migratoire reste négatif pour les jeunes
âgés de 15 à 24 ans. Il est ensuite
largement positif pour les adultes de
25 à 40 ans et leurs enfants âgés de
5 à 14 ans : + 8 700 personnes par
an. Les flux migratoires des adultes
se tassent ensuite avec la montée en
âge.
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Écart à la moyenne de la part des
familles par commune (en points)
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Le périurbain, l'espace des familles
Écart à la moyenne de la part des familles par commune en 2006
Plus de 14
Entre 10 et 14
Entre 6 et 10
Entre 0 et 6
Moins de 0
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation des familles. A l'inverse, un écart à la
moyenne négatif signale une sous-représentation des familles.
32
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
L?espace rural présente certaines
similitudes avec l?espace périurbain
quant aux soldes migratoires constatés
sur les pyramides des âges : afflux de
jeunes enfants et de jeunes adultes,
reflux de jeunes âgés de 15 à 24 ans.
L?influence du solde migratoire est
importante, supérieure à 4 %. Les
soldes migratoires des adultes sont
plus dispersés : ils sont au plus haut
entre 30 et 34 ans, puis baissent avec
l?avancée en âge. L?espace rural se
démarque de l?espace périurbain par
sa forte attractivité pour les seniors :
+ 2 800 personnes âgées de 50 à
69 ans par an en moyenne.
Les cadres achètent un
logement en ville, les
ouvriers à la campagne
Dans les Pays de la Loire, l?accès à la
propriété reste largement un objectif
pour chaque catégorie de population :
63 % des ménages sont propriétaires
de leur logement contre 57 % pour
la moyenne des ménages français.
Cependant les disparités sont grandes
entre les différents types d?espace.
Les pôles urbains n?attirent que les étudiants et les jeunes actifs
Répartition des migrations dans le pôle urbain selon l?âge des migrants
Lecture : Au cours des cinq dernières années, pour 108 jeunes de 15 à 24 ans qui se sont installés en pôle urbain,
170 adultes de 25 à 39 ans l?ont quitté.
-200
-150
-100
-50
0
50
100
150
solde migratoire
5 à moins
de 15 ans
15 à 24 ans
25 à 39 ans
40 à 59 ans
60 ans et plus
Source : Insee, recensement de la population 2006.
Les espaces périurbains et ruraux attirent surtout les familles
Répartition des migrations dans l?espace périurbain et le rural selon l?âge des migrants
Lecture : Au cours des cinq dernières années, pour 69 adultes de 25 à 39 ans qui se sont installés dans les espaces
périurbains ou ruraux, 32 jeunes de 15 à 24 ans ont quitté ces espaces.
Source : Insee, recensement de la population 2006.
-40
-20
0
20
40
60
80
60 ans et plus
solde migratoire
5 à moins
de 15 ans
15 à 24 ans
25 à 39 ans 40 à 59 ans
Ainsi, dans le périurbain, près de huit
ménages sur dix sont propriétaires
de leur logement, contre sept sur dix
pour les ménages qui résident dans
une commune rurale ou de banlieue.
Cette proportion dépasse à peine
quatre sur dix dans les villes-centres.
En contrepartie, le parc locatif est très
concentré dans les villes-centres : on
y trouve 60 % des habitats à loyers
modérés (HLM) et 50 % des locations
non-HLM.
Le coût du foncier et la catégorie
sociale sont les principaux facteurs
déterminants dans le choix de
l?accession à la propriété. Ainsi, plus de
sept cadres sur dix sont propriétaires
contre moins de quatre sur dix pour
les ménages employés, et un ménage
ouvrier sur deux. Si les cadres
supérieurs privilégient les villes-centres
pour l?achat d?un logement, les classes
moyennes, professions intermédiaires
et employés sont le plus souvent
propriétaires dans les couronnes
périurbaines. Les ouvriers, aux revenus
plus modestes, accèdent à la propriété
principalement dans les communes
rurales, où le coût du foncier est plus
attractif. Par ailleurs, la probabilité de
devenir propriétaire de son logement
croît avec l?âge. Si seulement 15 % des
moins de 30 ans sont propriétaires,
la proportion est de plus d?un sur
deux pour les trentenaires, puis elle
augmente régulièrement pour atteindre
huit ménages sur dix après 60 ans.
Quel que soit leur âge, les ménages
sont plus souvent propriétaires dans
les couronnes périurbaines. ?
Pour comprendre
ces résultats
L?étude des migrations
résidentielles dans le
recensement de la population
Jusqu?en 1999, le recensement
de la population résidant en
France était réalisé de manière
exhaustive, tous les six à neuf ans.
Depuis 2004, il est organisé par
enquêtes annuelles concernant
successivement tous les terri-
toires communaux au cours d?une
période de cinq ans.
Les informations de cette étude
sont issues d?une question figu-
rant dans le bulletin individuel
du recensement et portant sur
le lieu de résidence (commune)
cinq ans plus tôt. Pour l?enquête
de recensement de 2009, la
question était : « Où habitiez-
vous le 1er janvier 2004 ? ». Dans
les recensements classiques, il
s?agissait du lieu de résidence
au 1er janvier de l?année du
recensement antérieur. Ainsi
pour le recensement de 1999,
la question portait sur le lieu de
résidence au 1er janvier 1990. Du
fait de ce changement de la durée
d?observation des migrations,
il est délicat de comparer la
mobilité dans le temps.
Les statistiques sur les migrants
ne concernent que les per-
sonnes âgées de plus de
5 ans. Leurs caractéristiques
sociodémographiques (âge,
catégorie socioprofessionnelle...)
sont celles déclarées lors de
l?enquête de recensement. Ainsi,
lorsque l?on parle des migrations
de cadres, il s?agit de migrations
d?individus qui sont cadres à
l?issue de la migration.
33
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Pour en savoir plus
Maurin É., « Le ghetto français, enquête sur le séparatisme social », Seuil, 2004.
Roux E. et Vanier M., Délégation interministérielle à l?aménagement et à la compétitivité des territoires (Diact) (ex- Datar),
« La périurbanisation : problématiques et perspectives », la Documentation Française, Travaux n° 8, 2008.
Baccaïni B. et Levy D., « Les migrations entre départements : le Sud et l?Ouest toujours très attractifs », Insee
Première, n°1129, mars 2010.
Définitions
On appelle migrations résiden-
tielles les changements de lieu
de résidence. Dans le passé, la
résidence antérieure était celle au
1er janvier de l?année du précédent
recensement ; les deux dernières
périodes intercensitaires, 1982-
1990 et 1990-1999, étaient res-
pectivement de huit ans et de
neuf ans. Désormais, la résidence
antérieure est celle au 1er janvier
cinq ans auparavant. La période
observée est plus courte, donc
elle permet de « coller » de plus
près aux migrations. En effet,
le recensement ne saisit pas
les migrations intermédiaires.
En particulier, une personne qui
habite la même commune aux
deux dates peut très bien avoir
changé de commune de résidence
entre-temps. La probabilité d?un tel
événement ou d?enchaîner plusieurs
migrations est plus forte sur une
période de huit ou neuf ans que sur
une période de cinq ans. On peut
penser aussi que la question faisant
référence à une situation moins
ancienne, la déclaration est plus
fiable.
Les enfants de moins de 5 ans
n?étant pas nés à la date de référence
de la résidence antérieure, ils ne
sont pas inclus dans la population
susceptible d?avoir migré.
Le solde migratoire d?une zone
est la différence entre le nombre
d?entrants dans la zone, en prove-
nance du reste de la métropole, et
le nombre de sortants de la zone,
vers le reste de la métropole.
Un ménage fiscal est un ménage
ordinaire constitué par le regrou-
pement des foyers fiscaux réper-
toriés dans un même logement.
Le revenu fiscal correspond à la
somme des ressources déclarées
par les contribuables sur la
déclaration des revenus avant
abattement. C?est un revenu avant
redistribution et avant impôts.
Le nombre d?Unités de Consom-
mation (UC) d?un ménage permet
de tenir compte des économies
d?échelle résultant de la vie en
groupe. Il est évalué comme suit
: le premier adulte compte pour 1
UC, les autres personnes de plus
de 14 ans pour 0,5 UC chacune,
et les enfants de moins de 14 ans
pour 0,3 UC chacun.
La médiane du revenu fiscal par
unité de consommation partage
les personnes en deux groupes : la
moitié des personnes appartient à
un ménage dont le revenu déclaré
par UC est inférieur à la médiane,
et l?autre moitié un revenu par UC
supérieur.
Le seuil des bas revenus correspond
à la limite du 1er décile : 10 %
des personnes appartiennent à un
ménage qui déclare un revenu par
UC inférieur à cette valeur. Le seuil
des hauts revenus correspond à
la limite du 9e décile : 10 % des
personnes appartiennent à un
ménage qui déclare un revenu par
UC supérieur à cette valeur.
Le rapport interdécile est utilisé
pour mesurer la dispersion du
revenu. Il établit le rapport entre les
hauts et les bas revenus (9e décile/
1er décile).
34
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
En 2006, en Pays de la Loire 60 % des actifs changent de commune pour aller travailler. Les actifs
résident de plus en plus loin de leur travail, les emplois demeurant largement concentrés dans les
pôles urbains. La mobilité, amplifiée par la densification des espaces à la périphérie des villes, a
donc nettement augmenté depuis 1999. L?accessibilité à l?emploi diffère selon que l?on réside en
ville ou à la campagne. En effet, les actifs résidant dans l?espace périurbain ou le rural ont moins
de chances de trouver un emploi près de chez eux que ceux qui habitent un pôle urbain.
Avec l?intensification des navettes domicile-travail, les trajets s?allongent et les encombrements
routiers progressent. Sous l?effet de l?allongement et de l?augmentation des déplacements
domicile-travail, les pôles étendent leur aire d?attraction : la métropolisation, déjà assez marquée
dans la région, se renforce.
Déplacements domicile-travail : ça bouchonne
Nicole GICQUAUD et Amandine RODRIGUES (Insee)
La métropolisation se
renforce
Le territoire des Pays de la Loire
s?organise de plus en plus autour de ses
grands pôles qui concentrent une part
croissante de l?activité économique.
Près de la moitié des emplois de la
Sur la période récente, l?aug-
mentation des prix de l?immobilier
dans l?espace urbain a impulsé
une nouvelle vague de densification
de la deuxième couronne des
villes : on parle de périurbanisation.
Ce phénomène gagne aussi les
campagnes1. En effet, parallèlement
à la reprise de la périurbanisation, la
population de la région s?installe encore
plus loin des villes dans des espaces
encore considérés comme ruraux il y a
quelques années. On peut nommer ce
second phénomène rurbanisation.
Alors que la population ne cesse
de se loger de plus en plus loin des
villes-centres, l?emploi reste encore
largement concentré dans les pôles
urbains2. La périurbanisation, ainsi
que la densification de la population
dans les espaces périphériques qui en
découle, ont des conséquences sur le
développement des surfaces urbanisées
autour des villes : on assiste alors à de
l?étalement urbain et à une intensification
des déplacements domicile-travail. Cela
a des conséquences sur l?organisation
du territoire. L?accessibilité à l?emploi
peut varier d?une catégorie de la
population à une autre et selon le lieu
de résidence. La ségrégation socio-
spatiale prend alors tout son sens.
De plus, avec la prépondérance de
l?usage de la voiture dans la région,
l?augmentation de ces navettes n?est pas
sans peser sur le budget des ménages
les plus éloignés (qui sont souvent les
moins aisés), ou poser des difficultés
de circulation et des problèmes
environnementaux (surconsommation
d?énergie, pollution). L?organisation des
infrastructures de transports, dont les
transports collectifs, sur le territoire
devient un enjeu de plus en plus fort.
1. Cf le chapitre « En Pays de la Loire, les maisons
poussent comme des champignons... dans les
champs »
2. Cf le chapitre « Les emplois restent en ville »
Pays de la Loire, un maillage très serré des pôles d?attractivité de
l?emploi
Les pôles d?attractivité de l?emploi et leur aire d?influence en 2006
Pays de la Loire, un maillage très serré des pôles d'attractivité
de l'emploi
Les pôles d'attractivité de l'emploi et leur aire d'influence en 2006
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Nantes
Laval
Angers
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Saint-
Nazaire
Lecture : Les pôles d'attractivité de l'emploi sont des communes qui polarisent un grand nombre des navettes
quotidiennes. L'aire d'influence d'un pôle est constituée de communes dont au moins la moitié des actifs
résidents travaille dans le pôle ou dont le flux de sortants maximum est dirigé vers ce pôle, dans la limite d'un
minimum de 50 individus.
35
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
région est ainsi concentrée sur les
sept plus grands pôles urbains. Les
pôles de Nantes, Angers et Le Mans
rassemblent plus d?un emploi régional
sur trois (36 %). L?attraction du pôle
nantais ne se dément pas : en 2006, il
concentre à lui seul un emploi sur cinq.
L?attractivité de ces pôles engendre ainsi
des espaces de forts déplacements,
notamment autour de Nantes, Angers
et Le Mans. Les ménages cherchent à
échapper à l?augmentation des prix du
foncier et s?installent dans des zones
moins urbanisées. De ce fait, les actifs
résident de plus en plus loin de leur lieu
de travail.
On peut définir des aires d?attraction
autour des six plus grands pôles de
la région : Nantes, Angers, Le Mans,
Laval, La Roche-sur-Yon et Saint-Nazaire.
Toute commune dont au moins 40 %
des actifs résidents travaillent dans
un de ces pôles fera partie de l?aire
d?attraction correspondante. En 2006,
sur les 1 502 communes de la région,
298 font partie des aires d?attraction
des six plus grands pôles d?emploi, soit
45 communes supplémentaires depuis
1999 : la métropolisation se renforce.
Presque 180 000 navetteurs
supplémentaires
En 2006, dans la région des Pays de la
Loire, près d?1,5 million de personnes
occupent un emploi. 60 % d?entre elles
quittent leur commune de résidence
pour se rendre sur leur lieu de travail.
Depuis 1999, ce taux de mobilité
a progressé de six points. C?est un
rythme plus soutenu que pour la France
de province où, dans le même temps,
le taux de mobilité n?a augmenté que
de 4 points. En effet, c?est dans les
Pays de la Loire que l?écart entre
l?augmentation du nombre d?actifs et
celle du nombre de navetteurs a été le
plus important. Ce sont ainsi près de
180 000 personnes supplémentaires
qui se déplacent quotidiennement pour
seulement 177 000 actifs en plus. La
région se place au 4e rang des régions
dont le nombre d?actifs changeant
de commune pour aller travailler a
le plus augmenté (25 %), derrière la
Corse, le Languedoc-Roussillon et Midi-
Pyrénées.
Une mobilité très forte dans
le périurbain et le rural?
Si les distances parcourues s?accrois-
sent sur l?ensemble de la région,
les disparités entre les territoires
persistent. Ainsi, les actifs qui résident
dans les pôles urbains, communes
riches en emplois, sont moins
contraints de se déplacer. Moins d?un
sur deux change de commune pour
aller travailler, moins d?un sur trois pour
les seuls résidents de la ville-centre
d?un pôle urbain. Au niveau national,
les actifs urbains sont plus mobiles
que ceux de la région (52,6 % contre
47,2 %). Toutefois, la situation de la
région est assez remarquable en ce qui
concerne le nombre de grandes villes
qu?elle abrite : 36 communes de plus
de 10 000 habitants et Nantes, Angers
et Le Mans qui figurent parmi les 25
plus grandes villes françaises par la
taille de leur population. En Pays de la
Loire, comme dans les autres régions
françaises, les emplois restant très
concentrés dans les pôles urbains, les
actifs y résidant ont plus de chances
qu?ailleurs de trouver un travail dans la
même commune. Dès lors, ils ne sont
pas considérés comme « mobiles »,
leurs distances et temps de trajet
étant arbitrairement fixés à zéro, alors
que dans les faits la situation est bien
différente. Cette définition des mobiles
comme étant les actifs qui quittent
leur commune pour aller travailler et la
structure particulièrement urbaine des
Pays de la Loire créent un artéfact, non
mesurable, qui explique une partie de
l?écart observé entre la mobilité des
citadins au niveau national et celle au
niveau régional.
De leur côté, les actifs qui résident
dans les couronnes périurbaines
et les communes rurales, moins
bien pourvues en emplois, sont
beaucoup plus nombreux à changer
de commune pour se rendre au travail
(respectivement 78 % et 63 %). Pour
les résidents de ces espaces dans les
Pays de la Loire, le taux de mobilité
est quasiment identique à la moyenne
des régions de province. Toutefois, les
actifs qui habitent dans des communes
rurales « isolées » (hors pôles d?emploi
du rural et leurs couronnes) de la
région sont près de 68 % à quitter leur
De plus en plus de mobiles
Taux de mobiles par commune en 1999 et 2006
De plus en plus de mobiles
Taux de mobiles par commune en 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 1999
Plus de 80
Entre 70 et 80
Entre 60 et 70
Entre 50 et 60
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 50
Taux de mobiles par commune
en 1999 (en %)
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Taux de mobiles par commune
en 2006 (en %)
Plus de 80
Entre 70 et 80
Entre 60 et 70
Entre 50 de 60
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 50
36
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
commune de résidence pour se rendre
à leur travail, soit 4 points de plus que la
moyenne française. Cette mobilité plus
marquée est à rapprocher du maillage
particulièrement serré du territoire en
termes de pôle d?attractivité de l?emploi.
En effet, la plupart des communes
de la région sont sous l?influence d?un
pôle d?attractivité de l?emploi, de taille
variable. Ainsi, dans la région, le rural
« isolé » est plus rare qu?ailleurs.
?renforcée par
la périurbanisation et
la rurbanisation
La concentration de l?emploi dans
les pôles et le choix des ménages
de s?installer toujours plus loin des
villes renforcent l?accroissement des
déplacements domicile-travail. Ainsi,
entre 1999 et 2006, le taux de
mobilité a peu varié pour les actifs
résidant dans les pôles urbains. à
l?opposé, il a fortement augmenté pour
ceux qui résident dans les couronnes
périurbaines et les espaces ruraux
(respectivement + 5 et + 9 points).
Sur les 880 000 actifs mobiles de
la région, plus de trois sur cinq - soit
577 000 personnes - habitent une
commune située dans un espace
périurbain ou rural. Ainsi, le fait que
les phénomènes de périurbanisation
et de rurbanisation ne s?accompagnent
pas d?un desserrement des emplois
dans les espaces périurbains et les
campagnes, favorise l?amplification des
navettes domicile-travail.
Entre 1999 et 2006, les trajets
parcourus par les actifs résidant
dans l?espace rural ont augmenté de
2 kilomètres. Les trajets domicile-travail
sont restés stables pour les actifs qui
résident dans les espaces urbains et
périurbains en termes de distance. En
revanche, la durée des trajets augmente
plus fortement pour les habitants des
couronnes périurbaines que pour ceux
des pôles urbains. Les difficultés de
circulation sont d?autant plus fortes que
la voiture est le moyen de locomotion
privilégié dans ces zones peu pourvues
en réseau de transports en commun.
Le lieu de travail n?est pas le
lieu de résidence
En 2006, les pôles urbains regroupent
60 % de l?emploi salarié de la région,
quand n?y réside que 44 % de la
population active. Cette déconnection
emploi-habitat génère un déséquilibre
et donc des inégalités dans l?accès
à l?emploi selon le lieu de résidence.
Les pôles urbains regroupent ainsi
136 emplois pour 100 actifs résidents.
Ce ratio est largement tiré vers le haut
par les villes-centres. A contrario, les
couronnes périurbaines abritent plus
d?actifs résidents que d?emplois :
on y dénombre ainsi 2 actifs pour
1 emploi. L?espace périurbain est
donc un important réservoir d?actifs.
L?espace à dominante rurale, pour sa
part, présente un équilibre relatif, avec
85 emplois pour 100 actifs résidents.
Toutefois, au sein du rural, les pôles
d?emploi ruraux se distinguent. Ils ont
un comportement similaire à celui
des pôles urbains dans les Pays de
la Loire : ils offrent 129 emplois pour
100 actifs.
Un actif résidant dans un pôle urbain a
donc potentiellement plus de chances
de trouver un emploi près de chez lui
qu?un actif périurbain. Cependant, les
emplois proposés à proximité de son
domicile ne sont pas forcément en
adéquation avec ses compétences.
Ainsi un ouvrier résidant dans un pôle
urbain aura moins de chances de
trouver un emploi sur sa commune
qu?un ouvrier résidant dans l?espace
périurbain ou le rural. En effet, le ratio
entre le nombre d?emplois et le nombre
d?habitants, en fonction du caractère
urbain ou rural d?un territoire, varie selon
les catégories socio-professionnelles.
Les sept principales aires d?attraction
de la région ont plus d?emplois que
d?actifs résidents. Avec respectivement
127 et 125 emplois pour 100 actifs
résidents, les taux de couverture de
l?emploi (nombre d?emplois sur nombre
d?actifs résidents) dans les aires
Une mobilité renforcée par la périurbanisation et la rurbanisation
Taux de mobiles (actifs changeant de commune pour aller travailler) selon le type d?espace en 2006
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Pôle urbain Espace périurbain Pôle rural Autre commune de
l'espace rural
Ensemble
Pays de la Loire France de province
Les emplois plutôt dans les pôles, les actifs résidents plutôt dans le périurbain
Taux de couverture de l?emploi (ratio emplois sur actifs résidents) selon le type d?espace en 2006
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
Ville-centre
d'un pôle urbain
Banlieue
d'un pôle urbain
Espace
périurbain
Pôle rural Autres communes
rurales
Ensemble
Pays de la Loire France de province
Source : Insee, Recensement de la population 2006, exploitation complémentaire.
Champ : Actifs de 15 à 64 ans ayant un emploi.
Lecture : Dans les villes-centres des pôles urbains des Pays de la Loire, on compte 151 emplois pour 100 actifs
résidents.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006, exploitation complémentaire.
Champ : Actifs de 15 à 64 ans ayant un emploi.
37
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
d?attraction de Cholet et La Roche-sur-
Yon dépassent largement ceux des plus
grandes aires de la région. En effet,
celles de Nantes, Angers et Le Mans
offrent respectivement 107, 105 et
103 emplois pour 100 actifs résidents.
Laval et Saint-Nazaire occupent une
position intermédiaire.
Une déconnection emploi-
habitat de plus en plus forte
Entre 1999 et 2006, le volume
d?emploi augmente. Tandis que le
nombre d?emplois des pôles urbains
progresse de 14 %, le nombre d?actifs
résidents y augmente seulement de
8 %. Dans les couronnes périurbaines,
le nombre d?emplois augmente de
20 % et reste légèrement devancé par
le nombre d?actifs résidents. Le taux
de couverture de l?emploi subit ainsi
de fortes variations selon les types
d?espace et les écarts continuent de
se creuser. En progression de 8 points
dans les pôles urbains, le rapport
emplois sur actifs résidents diminue de
5 points dans l?espace rural. Ainsi, les
pôles urbains se positionnent de plus
en plus comme des réservoirs d?emploi.
La discordance entre le nombre d?actifs
et le nombre d?emplois reste toujours
aussi marquée dans l?espace périurbain
et est de plus en plus forte dans le rural.
L?inadéquation entre lieu d?emploi et lieu
d?habitat est de plus en plus marquée.
Ainsi, le phénomène de rurbanisation
peut amener certains villages en
périphérie des grandes villes à devenir
de nouvelles cités-dortoirs, les actifs
résidents des campagnes partant
travailler dans les villes. La répartition
de la population et des emplois de la
région est relativement comparable
à celle de la moyenne des régions de
province. Le poids des pôles urbains
et celui des pôles d?emploi de l?espace
rural dépassent largement ceux des
espaces périurbains et ruraux.
Dans les aires d?attraction de La
Roche-sur-Yon et de Cholet, le nombre
d?emplois a progressé plus vite que le
nombre d?actifs résidents : leur taux de
couverture de l?emploi a ainsi fortement
progressé (+ 8 points pour l?aire de
Cholet et + 7 pour celle de La Roche-
sur-Yon). Le taux de couverture de
l?emploi progresse aussi dans les cinq
autres principales aires d?attraction
de la région, mais dans une moindre
mesure.
Un travail toujours plus loin
du domicile
Non seulement le nombre de navetteurs
augmente, mais les distances parcou-
rues pour aller travailler s?allongent :
les actifs habitent de plus en plus
loin de leur lieu de travail. En 2006,
dans les Pays de la Loire, trois actifs
sur cinq quittent leur commune de
résidence pour se rendre sur leur lieu
de travail. Ils effectuent en moyenne
des trajets de 17 kilomètres et d?une
durée de 25 minutes en heures
pleines. Pour la moitié d?entre eux, le
trajet domicile-travail est supérieur à
12 kilomètres et 22 minutes. En Pays
Les emplois offerts près du domicile ne correspondent pas forcément à
la qualification des actifs résidents
Taux de couverture de l?emploi (ratio emplois sur actifs résidents) selon le type d?espace et la catégorie
socioprofessionnelle
160
140
120
100
80
60
40
20
0
Pôle urbain Périurbain Rural
cadres
professions intermédiaires
employés
ouvriers
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
Lecture : Dans le pôle urbain, il y a 110 emplois de cadres pour 100 cadres y résidant. Dans l?espace rural, il y a
142 emplois d?ouvriers pour 100 ouvriers y résidant.
Des trajets de plus en plus longs
Distance médiane parcourue par les actifs résidents pour rejoindre leur lieu de travail en 1999 et 2006
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Des trajets de plus en plus en longs
Distance médiane parcourue par les actifs résidents pour rejoindre leur lieu de travail en 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 1999
Plus de 13
Entre 10 et 13
Entre 7 et 10
Entre 4 et 7
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 4
Distance médiane parcourue
en 1999 (en km)
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Plus de 13
Entre 10 et 13
Entre 7 et 10
Entre 4 et 7
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 4
Distance médiane parcourue
en 2006 (en km)
38
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
de la Loire, 271 000 actifs parcourent
plus de 20 kilomètres en 2006, soient
77 000 actifs de plus qu?en 1999. Ainsi
le poids des trajets longs se renforce
de 3 points. Entre 1999 et 2006, les
trajets domicile-travail augmentent en
moyenne d?1 kilomètre pour l?ensemble
des actifs. Rapportée à la longueur
des trajets moyens, c?est une distance
supplémentaire conséquente.
Les actifs qui résident en Loire-
Atlantique travaillent plus souvent
hors de leur commune de résidence
que ceux qui résident dans les autres
départements de la région (62 %
contre moins de 60 %). Ils travaillent
également plus loin de leur domicile. Ils
parcourent en moyenne 16 kilomètres
quand leurs homologues mayennais,
à l?autre extrême, parcourent
12 kilomètres. La moitié des actifs qui
résident en Loire-Atlantique parcourt
plus de 8 kilomètres, soit deux fois
plus que ceux qui résident en Mayenne.
Les temps de trajet sont également
plus longs en Loire-Atlantique que dans
les autres départements. C?est pour
les habitants de la Mayenne qu?ils sont
les plus courts, mais ils se sont accrus
plus vite qu?ailleurs depuis 1999, avec
une augmentation de 5 minutes en
heures pleines contre 3 minutes dans
les autres départements de la région.
Une circulation moins fluide
dans l?espace urbain
Si l?augmentation des distances en
kilomètres a un impact évident sur le
budget essence des ménages, elle ne
suffit pas à rendre compte des temps
de trajet, qui eux ont un impact sur
le « budget temps » des ménages.
En effet, à distance égale, le temps
de trajet peut être variable. Il dépend
beaucoup du lieu de travail et est
bien sûr beaucoup plus long en cas
d?utilisation de l?automobile dans des
zones très urbanisées. La vitesse de
circulation étant plus réduite dans les
zones urbaines, les écarts entre les
temps de trajet en zones urbaines
et rurales sont plus faibles que ne le
sont les distances. Ainsi, en heures
pleines, la durée des trajets pour les
actifs domiciliés dans l?espace rural
est inférieure à celle des résidents de
l?espace périurbain (16 minutes contre
22 minutes), alors qu?ils parcourent
des distances presque égales
(16 kilomètres et 17 kilomètres), soit
une vitesse moyenne de 60 km/h pour
les actifs de l?espace rural et 46 km/h
pour ceux de l?espace périurbain.
Cette vitesse plus élevée dans l?espace
rural est à relier au fait que les actifs
y résidant sont moins nombreux que
dans le périurbain à aller travailler dans
un pôle urbain, où les conditions de
circulation sont les plus difficiles.
Pour l?ensemble des actifs de la région,
un trajet effectué en heures pleines est
supérieur de 3 minutes en moyenne
à la durée d?un même trajet effectué
en heures creuses. Cet écart entre la
Des trajets plus courts dans les pôles urbains mais une vitesse réduite
Distance et vitesse de déplacement en 2006 selon le ZAUER
vitesse (en km/h) distance moyenne (en km)
0 10 20 30 40 50 60 70
littoral
rural
périurb.
ville-centre
banlieue
région
Des trajets plus courts dans les pôles urbains
mais une vitesse réduite
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
durée des trajets varie selon la zone de
résidence.
Dans les départements où sont situées
les trois plus grandes métropoles de la
région (Nantes, Angers et Le Mans), les
écarts sont plus importants. Ainsi, en
Loire-Atlantique, les trajets effectués en
heures pleines ont une durée supérieure
de 4 minutes en moyenne à celle des
mêmes trajets effectués en heures
creuses. Dans le Maine-et-Loire et dans
la Sarthe, l?écart est de 3 minutes en
moyenne. C?est dans le département
Si les trajets sont plus longs dans le périurbain, ils prennent plus de
temps dans les pôles
Temps de trajet médians en 2006 des actifs résidents
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Temps de trajet médian
(en minutes)
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Si les trajets sont plus longs dans le périurbain, ils prennent plus
de temps dans les pôles
Temps de trajet médian des actifs résidents en 2006
Plus de 20
Entre 15 et 20
Entre 10 et 15
Entre 0 et 10
0
Lecture : Pour les actifs travaillant et résidant dans la même commune les temps et distances de trajet sont
considérés comme étant nuls. Par conséquent, lorsque plus de la moitié des actifs d'une commune est dans
ce cas le temps de trajet médian est nul.
39
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
Plus on s?éloigne de la ville-centre, plus l?écart entre heures creuses et
heures pleines diminue
Écart entre trajets en heures pleines et heures creuses en 2006 en minutes
de la Mayenne, moins urbanisé, qu?il
est le moins significatif.
Toujours pour des raisons de circulation
plus difficile pour les actifs qui résident
en milieu urbain, l?écart entre la durée
d?un même trajet effectué en heures
pleines ou en heures creuses est
plus élevé qu?ailleurs. Ainsi, pour les
actifs résidant dans une commune de
banlieue d?un pôle urbain, la durée du
trajet moyen varie de 5 minutes selon
qu?ils font leur parcours en heures
pleines ou en heures creuses. Cet écart
est de 3 minutes en moyenne pour les
actifs qui résident dans le périurbain.
Ce sont les actifs qui résident dans
l?espace rural qui subissent le moins
de variations : ils mettent 1 minute de
plus en moyenne pour rejoindre leur
travail lorsque le parcours est réalisé
en heures pleines plutôt qu?en heures
creuses.
Les cadres se déplacent
moins souvent mais plus loin
La facilité d?accès à l?emploi est
donc variable selon le caractère
urbain ou rural du lieu d?habitat. Or,
la population n?est pas répartie de
façon uniforme sur le territoire : la
catégorie socioprofessionnelle joue
un rôle prépondérant dans le lieu
d?implantation des actifs. Les cadres
et les professions intermédiaires sont
surreprésentés dans les pôles urbains,
où l?accès à l?emploi est plus aisé,
quand les ouvriers et les employés sont
surreprésentés dans le périurbain et le
rural, plus pauvres en emploi. Toutefois,
la structure des emplois proposés n?est
pas forcément en adéquation avec les
populations présentes sur un territoire.
Ainsi, les cadres et les employés
changent moins souvent de commune
pour aller travailler que les ouvriers et les
professions intermédiaires. Cependant,
lorsqu?ils quittent leur commune pour
aller travailler, les cadres sont ceux
qui ont les plus longs trajets domicile-
travail. Ainsi, la moitié des cadres
travaille dans une commune située à
plus de 14 kilomètres et 28 minutes
de leur lieu de résidence. A l?opposé,
les employés sont ceux qui travaillent le
plus près de chez eux : la moitié d?entre
eux parcourt moins de 11 kilomètres
pour se rendre au travail en 21 minutes.
Les écarts de distance et de temps de
trajet pour aller travailler ne s?expliquent
donc pas uniquement par des choix
ou des contraintes qui conduiraient
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5
Ensemble Pays de
la Loire
Littoral
Espace rural
Couronne périurbaine
Pôle urbain
Source : Insee, recensement de la population 2006.
certaines catégories de la population à
habiter plus ou moins loin de leur lieu
de travail. En effet, les cadres ont les
trajets les plus longs alors qu?ils sont
surreprésentés dans les pôles urbains
(62 % d?entre eux y vivent contre 47 %
des actifs en moyenne), espace où les
déplacements domicile-travail sont les
plus courts en moyenne. Enfin, 80 %
des employés sont des femmes et 70 %
des cadres des hommes. Les hommes
sont plus mobiles et ont des trajets
plus longs que les femmes, quelle que
soit la catégorie socioprofessionnelle :
cette répartition hommes-femmes des
cadres et des employés vient elle aussi
justifier les spécificités observées en
termes de déplacements domicile-
travail.
Les ouvriers sont les plus mobiles. En
effet, sept ouvriers sur dix quittent leur
commune de résidence pour se rendre
sur leur lieu de travail. Les trajets
qu?ils effectuent sont proches de la
moyenne en termes de distance. En
revanche leurs temps de trajets sont
plus courts que pour l?ensemble des
actifs. Cela s?explique par le fait que
les ouvriers sont surreprésentés dans
l?espace périurbain et le rural, espaces
où la circulation est plus fluide et où il
est très facile pour eux de trouver un
emploi, étant donné la structure du
marché du travail dans ces zones.
Les grands pôles de
la région : vers un
polycentrisme de l?emploi
ou un étalement contrasté
L?analyse conjointe des mobilités
résidentielles et des déplacements
domicile-travail fait ressortir plusieurs
schémas de développement des
espaces urbains. Dans certaines aires
urbaines, on observe un polycentrisme
de l?emploi. C?est le cas des plus grandes
aires urbaines françaises, notamment
les capitales régionales comme Paris,
Lyon, Marseille, Bordeaux? En Pays de
la Loire, cela concerne Nantes, Angers,
La Roche-sur-Yon et Saint-Nazaire. Les
espaces urbains s?y caractérisent par
un phénomène de périurbanisation très
marqué. L?étalement de la population
s?accompagne d?un relatif étalement
de l?emploi, marqué par l?émergence
de pôles d?emploi secondaires. Par
conséquent les trajets domicile-travail
ne s?y allongent pas ou peu.
Dans d?autres aires, comme Laval ou
Le Mans, l?étalement est contrasté.
Cette catégorie d?aires urbaines se
caractérise par un double mouvement :
étalement urbain et resserrement
autour du pôle urbain. L?étalement
urbain se manifeste au travers des
déménagements d?habitants des
villes-centres vers la banlieue et le
périurbain. Toutefois, les nouveaux
habitants de l?espace périurbain ne sont
pas uniquement des citadins : certains
viennent des communes rurales. Ainsi,
l?éloignement des centres-villes est
modéré par un resserrement du rural
vers le périurbain, l?emploi restant
polarisé au sein du pôle urbain.
Les grands pôles étendent
leur attraction
Les grandes métropoles de la région
continuent d?étendre leur influence.
Ainsi, l?aire d?attraction de Nantes s?étale
sur 340 km² supplémentaires, gagnant
près de 43 000 habitants. L?influence de
la capitale angevine s?étend, elle aussi,
en conquérant 290 km² additionnels
pour 22 200 habitants de plus. L?aire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
40
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
Des couloirs de déplacements se dessinent
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d?attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour
communes satellites toute commune dont au moins 20 % des actifs résidents travaillent dans le pôle
Les pôles étendent leur aire d?influence
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d?attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour
communes satellites toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle
d?attraction du Mans gagne 120 km² et
7 500 habitants supplémentaires contre
140 km² et 5 000 habitants pour Laval.
Les aires d?attraction de Saint-Nazaire
et La Roche-sur-Yon présentent, quant
à elles, une certaine stabilité.
Les aires d?Angers et de Laval
s?étendent concentriquement, alors
que Nantes gagne du terrain, surtout
à l?est, et semble s?étirer le long d?un
axe nord-sud. L?aire du Mans, quant à
elle, étend son influence au nord-ouest
et au sud-est. Par l?étalement urbain,
certaines aires d?attraction pourraient
se rejoindre, voire se chevaucher. Ainsi,
si on considère comme communes
satellites celles qui envoient 20 % de
leurs actifs résidents travailler dans
le pôle au lieu des 40 % habituels, un
couloir de déplacement apparaît alors
entre Nantes et Saint-Nazaire. Prinquiau,
La Chapelle-Launay et Lavau-sur-Loire
seraient à la fois sous influence nantaise
et nazairienne.
Des trajets plus longs autour
des grandes métropoles
Les trajets domicile-travail sont
généralement plus longs tant en
termes de distance que de durée pour
les actifs qui résident et travaillent
dans les aires d?attraction des grandes
métropoles de la région. Ainsi, autour
de Nantes et de Saint-Nazaire, les
trajets font en moyenne 13 kilomètres
contre 11 kilomètres dans les aires
d?attraction d?Angers et du Mans. Les
actifs résidents des aires de Laval et
de La Roche-sur-Yon parcourent en
moyenne 9 et 10 kilomètres pour aller
travailler. La durée moyenne des trajets
pour les actifs de l?aire de Nantes est de
28 minutes, devançant ceux de Saint-
Nazaire de 2 minutes et ceux d?Angers
de 3 minutes. Dans l?aire du Mans, il
faut en moyenne 23 minutes pour se
rendre sur son lieu de travail. Dans les
aires de Laval et la Roche-sur-Yon, les
actifs mettent 15 minutes.
Ces distances et temps de trajet ont peu
évolué au sein des aires d?attraction.
Ainsi, les trajets moyens ont augmenté
de 1 kilomètre seulement autour de
Nantes et de Laval. ?
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
Des couloirs de déplacements se dessinent
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d'attraction des 6 plus grands pôles de la région avec
pour communes satellites toute commune dont au moins 20 % des actifs résidents travaillent
dans le pôle
Sous double influence
Apparue
Stable
Disparue
Statut des communes satellites
Lecture : Le statut «apparue» signifie que la commune n'était pas satellite du pôle en 1999 mais l'est devenue
en 2006. à l'inverse, le statut «disparue» signifie que la commune était satellite du pôle en 1999 et ne l'est
plus en 2006. Les communes «sous double influence» sont satellites de deux pôles distincts en 2006.
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
Les pôles étendent leur aire d'influence
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d'attraction des 6 plus grands pôles de la région avec
pour communes satellites toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent
dans le pôle
Apparue
Stable
Disparue
Statut des communes satellites
Lecture : Le statut «apparue» signifie que la commune n'était pas satellite du pôle en 1999 mais l'est devenue
en 2006. à l'inverse, le statut «disparue» signifie que la commune était satellite du pôle en 1999 et ne l'est
plus en 2006.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
41
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
Définitions
Le taux de mobilité est le ratio
des actifs résidents changeant de
commune pour aller travailler sur le
nombre total d?actifs résidents.
Le taux de couverture de l?emploi
est le ratio du nombre d?emplois sur le
nombre d?actifs résidents.
L?aire d?attraction d?un pôle urbain
est composée de l?ensemble des
communes du pôle, ainsi que des
communes satellites de ce pôle. On
entend par commune satellite toute
commune dont au moins 40 % des
actifs résidents travaillent dans le pôle.
Le concept d?aire d?attraction diffère
donc de celui d?aire urbaine. En effet,
une aire urbaine est un ensemble de
communes, d?un seul tenant et sans
enclave, constitué par un pôle urbain,
et par des communes rurales ou
unités urbaines (couronne périurbaine)
dont au moins 40 % de la population
résidente ayant un emploi travaille
dans le pôle ou dans des communes
attirées par celui-ci.
L?accessibilité à l?emploi ne doit pas
être confondue avec l?accès à l?emploi,
l?accessibilité n?étant qu?une possibilité
d?accès.
Pour comprendre ces résultats
Les flux de déplacements domicile-
travail sont issus des résultats
statistiques du recensement de la
population 2006.
Les distances et temps de trajet
Le temps de trajet est un temps
calculé et non un temps déclaré par
l?enquêté, comme dans les enquêtes
Déplacements ou l?enquête nationale
Transports : c?est le temps nécessaire
pour se rendre de sa commune de
résidence à sa commune de travail en
automobile. La distance est mesurée
entre le centre de la commune de
résidence et le centre de la commune
de travail. En conséquence, pour
ceux qui résident et travaillent dans la
même commune, la distance est nulle.
Par ailleurs, changer de commune ne
signifie pas nécessairement parcourir
une longue distance, les deux
communes pouvant être très proches,
voire limitrophes.
Les relations distance-temps ainsi
établies de façon conventionnelle n?ont
qu?une valeur indicative quant aux
vitesses moyennes implicites qu?elles
révèlent : elles permettent cependant
de préciser la diversité des situations
d?arbitrage distance-temps de trajet
selon les types d?espaces.
Le distancier utilisé pour le calcul des
distances routières et temps de trajet
entre communes a été fourni par l?Inra.
Il est utilisé pour les données 2006
et 1999 mais il utilise les données
de structure routière 2005. Il s?agit
seulement de mesurer l?impact de
l?évolution des flux.
Pour en savoir plus
« Les transports et déplacements des habitants des Pays de la Loire », Dossier, n°35, Insee Pays de la
Loire, avril 2010.
Sigler N., Victoire C., « L?attractivité de Saint-Nazaire : plus loin des villes et de la côte, les habitants
roulent toujours plus », Études, n°81, Insee Pays de la Loire, novembre 2009.
Hubert J-P., « Dans les grandes agglomérations, la mobilité quotidienne des habitants diminue, et elle
augmente ailleurs », Insee Première, n°1252, juillet 2009.
Julé M., « La périurbanisation fait augmenter les déplacements domicile-travail - L?année
économique et sociale 2007 dans les Pays de la Loire », Dossier, n°29, Insee Pays de la Loire, mai
2008.
Baccaïni B., Sémécurbe F. et Thomas G., « Les déplacements domicile-travail amplifiés par la
périurbanisation », Insee Première, n°1129, mars 2007.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
42
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Les habitants des communes
périurbaines se distinguent de
ceux des autres territoires par
des niveaux de revenus supérieurs,
un âge moyen faible, des ménages de
taille importante, un taux d?activité fort
et une part élevée d?actifs navetteurs,
c?est-à-dire qui quittent chaque jour
leur commune de résidence pour aller
travailler. Ces spécificités expliquent
pour une large part la dépendance
des périurbains à l?automobile. Au
fil du temps, celle-ci est devenue
indispensable tant pour se rendre sur
son lieu de travail que pour amener les
enfants sur leur lieu d?études, ou encore
pour les autres motifs de déplacements
(achats, accompagner ou aller chercher
quelqu?un, loisirs,?).
L?équipement en voiture
atteint son plafond dans les
communes périurbaines
En 2006, 86 % des ménages de la
région disposent d?au moins une voiture
particulière, contre 84 % en 1999
et 80 % en 1990. Pour ce critère, la
région des Pays de la Loire se place
au 2e rang des régions françaises
après Poitou-Charentes. Elle occupe
la 1re place pour ce qui est de la multi-
motorisation : près de quatre ménages
sur dix disposent d?au moins deux
voitures en 2006, soit dix points de
plus qu?en 1990.
Cette forte motorisation s?explique au
niveau national par le développement
Les liens entre périurbanisation, infrastructures de transports et mobilité des ménages sont très
forts. Pendant plusieurs siècles, l?étalement de l?urbanisation s?est effectué en « doigts de gants »
le long des axes de communication, routiers et ferroviaires. Il est aujourd?hui plus homogène sur
le territoire en raison de la généralisation de la seconde voiture dans les ménages. L?amélioration
des réseaux de transports et la motorisation croissante des habitants constituent ainsi des
facteurs aggravant l?extension de l?habitat à la périphérie des villes.
La périurbanisation favorise plus spécifiquement l?usage de l?automobile. D?une part, la voiture
particulière est le mode de transport le mieux adapté aux espaces dont l?urbanisation est diffuse
et peu dense. D?autre part, les transports collectifs y sont peu présents ou de qualité médiocre,
ceux-ci n?étant efficaces que lorsqu?il est possible d?acheminer un nombre élevé d?usagers vers
une destination commune. L?abaissement des densités urbaines renforce la tendance générale
à une augmentation de la part des déplacements en automobile au détriment des autres modes
de transport.
La voiture carbure à l?étalement urbain
Denis DOUILLARD (Dreal)
Les principaux déterminants de l?équipement
des ménages en voiture
Trois facteurs principaux influent sur l?équipement des ménages en voiture. Le premier
est relatif au niveau de revenu. Les ménages non motorisés sont pour l?essentiel des
personnes disposant de ressources financières modestes. On observe ainsi que les
cadres sont nettement plus motorisés que les employés et les chômeurs : en Pays de
la Loire, 97 % des ménages dont la personne de référence est cadre ou issue d?une
profession intellectuelle supérieure disposent d?au moins une voiture contre 87 %
pour les employés et 60 % pour les personnes sans activité professionnelle (autres
que retraités). Cet effet « revenu » est le déterminant le plus robuste en ce sens qu?il
est peu sensible aux autres caractéristiques socio-économiques des ménages.
Un effet « âge » peut également être mis en évidence. A revenus égaux, les adultes
jeunes sont plus motorisés que les personnes âgées. Ces dernières effectuent moins
de déplacements quotidiens, sont en part relative moins nombreuses à posséder
le permis de conduire et ont plus recours aux transports collectifs. A l?inverse, les
couples avec enfant sont ceux où le multi-équipement en voiture est le plus fréquent :
le nombre de voitures dont dispose un ménage est étroitement corrélé au nombre de
personnes qui le compose.
Le troisième déterminant est lié à la densité de l?habitat. L?équipement automobile
est d?autant plus fréquent que le maillage urbain est lâche. Plus une zone est dense,
plus les transports collectifs sont efficaces et les difficultés de circulation automobile
importantes. La motorisation est ainsi plus forte dans les territoires périurbains
que dans les agglomérations, car les zones d?activités et de résidences y sont plus
dispersées, tandis que l?offre de modes alternatifs à la voiture est inexistante ou peu
compétitive.
L?analyse géographique (par commune) et temporelle (entre les recensements de la
population de 1990, 1999 et 2006) de la motorisation des ménages en Pays de la Loire
permet d?illustrer ces trois phénomènes.
de l?habitat à la périphérie des
agglomérations, qui a induit une
dissociation croissante entre les lieux
de domicile et de travail, et le départ
de plus en plus tardif des étudiants
et jeunes actifs du domicile parental.
Elle est également liée à plusieurs
facteurs relatifs aux Pays de la Loire :
taux d?emploi élevé (à rapprocher
de l?augmentation du taux d?activité
des femmes), attrait pour la maison
individuelle (plus fortement pourvue en
stationnement automobile que l?habitat
collectif), nombre important de familles,
etc.
Les caractéristiques des territoires
périurbains coïncident avec les
43
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
déterminants de la motorisation des
ménages (cf. encadré). Ainsi, de
nombreux couples avec enfant s?étant
installés dans l?espace périurbain, plus
de la moitié des ménages y dispose
d?au moins deux voitures particulières.
Ce seuil de la moitié de ménages multi-
motorisés est notamment dépassé
dans nombre de communes situées
entre les agglomérations de Nantes,
Cholet et La Roche-sur-Yon. Il en est de
même au nord de la Loire entre Nantes
et Saint-Nazaire, dans la majorité des
bassins qui entourent Angers et à un
degré moindre autour du Mans.
En Pays de la Loire, les motorisations les
plus importantes sont ainsi atteintes à
Treillières, Grandchamps-des-Fontaines,
Sucé-sur-Erdre pour la Loire-Atlantique,
ainsi que Bouchemaine dans le Maine-
et-Loire ; il s?agit principalement de
communes des deuxième ou troisième
couronne des grandes agglomérations
nantaise et angevine. Dans ces
communes, où les revenus médians par
habitant sont particulièrement élevés,
plus de 96 % des ménages possèdent
une voiture.
Le taux de motorisation est en revanche
nettement inférieur dans les principales
villes-centres de la région, autour de
75 % à Nantes, Angers et Le Mans.
Cette opposition entre ville-centre,
banlieue et couronne périurbaine
est d?autant plus marquée que l?aire
urbaine est peuplée. La commune
des Sables-d?Olonne a pour spécificité
d?être la moins motorisée des Pays de
la Loire (72 % de ménages motorisés
en 2006) : de densité très importante,
cette commune se distingue aussi par
une forte proportion de personnes
âgées.
La proportion de ménages de l?espace
périurbain et de l?espace rural disposant
d?autant de voitures que de membres
adultes s?est donc fortement accrue
dans la région. En conséquence,
dans deux tiers des déplacements
réalisés en voiture dans la région, le
véhicule n?est occupé que par le seul
conducteur. Comme au niveau national,
la proportion de déplacements en
voiture avec au moins un passager a
baissé en quinze ans.
Plus de déplacements entre
l?espace rural et les centres
urbains qu?ailleurs
Les échanges entre les différents
espaces constituant le territoire de la
Source : Insee, recensements de la population de 1990, 1999 et 2006.
La motorisation des ménages est plus élevée en Pays de la Loire que
dans les autres régions françaises
Équipement des ménages en voiture (population en %)
Pays de la Loire France métropolitaine
1990 1999 2006 1990 1999 2006
Ménages non motorisés 19,7 16,2 13,9 24,4 20,9 19,5
Ménages ayant 1 voiture 51,2 48,6 46,9 50,5 48,8 47,4
Ménages ayant 2 voitures
ou plus 29,0 35,2 39,1 25,0 30,3 33,1
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Plus de la moitié des ménages périurbains possèdent au moins
deux voitures
Proportion de ménages équipés en véhicules automobiles dans les Pays de la Loire en 2006 (en %)
Source : Insee, recensement de la population 2006 - exploitation principale.
24,3
42,8
55,7
44,9
53,5
46,2 37,7 44,8
0
20
40
60
80
100
Ville-centre Banlieue Périurbain Rural
1 voiture
2 voitures ou plus
24,3
42,8
55,7
44,9
53,5
46,2 37,7 44,8
0
20
40
60
80
100
Ville-centre Banlieue Périurbain Rural
1 voiture
2 voitures ou plus
Les habitants de la périphérie des villes sont fortement motorisés
Equipement des ménages en voiture dans les Pays de la Loire
selon la commune de résidence en 2006
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Part des ménages ayant
au moins une voiture
(en %)
Les habitants de la périphérie sont fortement motorisés
Équipement des ménages en voitures dans les Pays de la Loire
selon la commune de résidence en 2006
Plus de 95
Entre 90 et 95
Entre 85 et 90
Moins de 85
44
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
région se sont fortement développés
ces dernières années, en lien avec le
fait qu?on travaille de moins en moins
souvent à proximité de l?endroit où
l?on habite. Mais la croissance des
déplacements entre espaces n?est
pas seulement due aux navettes
entre le domicile et le lieu de travail
ou d?études. En s?installant dans des
zones rurales, de nombreux citadins se
sont en effet éloignés aussi de certains
établissements d?enseignement ou de
commerces.
Plus encore que dans les autres régions,
ce sont les trajets internes à l?espace
rural ou nécessitant d?aller de l?espace
périurbain ou de l?espace rural à une
ville-centre qui représentent la plus
grande part des distances parcourues
en voiture. Si les déplacements
internes aux villes-centres sont en effet
les plus nombreux (trois sur dix), les
déplacements entre les villes-centres
et l?espace périurbain ou rural ont un
poids bien plus élevé dans l?ensemble
des distances parcourues que dans le
nombre total de déplacements, du fait
de leur longueur plus élevée (19 km en
moyenne).
Ces trajets entre les différents espaces
du territoire sont réalisés pour des
motifs qui varient assez fortement : un
jour de semaine, environ un déplacement
sur deux est ainsi lié à un motif
professionnel ou aux études, contre un
déplacement sur trois de ce type au sein
d?une ville-centre ou de la banlieue. Par
ailleurs, le motif « accompagner ou aller
chercher » explique un cinquième des
déplacements à l?intérieur de l?espace
périurbain de la Loire-Atlantique, contre
moins d?un déplacement sur dix entre
ville-centre et banlieue ou périphérie
plus lointaine. Ceci illustre les nombreux
déplacements que doivent réaliser
les parents habitant une commune
périurbaine pour accompagner leurs
enfants à l?école ou à des activités.
Les modes alternatifs à la
voiture sont très peu utilisés
par les habitants de l?espace
périurbain
Le recours aux modes de transports
alternatifs à l?automobile (transports
collectifs, marche à pied et deux-
roues) est proportionnel à la densité
de l?habitat. En ville, les distances
de déplacement sont plus faibles
qu?ailleurs (6 km en moyenne dans la
0
5
10
15
20
25
30
35
Interne
ville-centre
Ville-
centre-
Banlieue
Ville-
centre-
Périphérie
Banlieue-
Banlieue
Banlieue-
Périphérie
Interne
périurbain
Périurbain-
Rural
Interne
rural
Nombre de déplacements Distance parcourue
Les déplacements entre villes-centres et périphérie lointaine
représentent plus du quart des distances parcourues
Répartition des déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %)
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
Lecture : Sur 100 déplacements effectués par des habitants des Pays de la Loire, 11 sont réalisés entre une ville-centre et
une périphérie des centres urbains (espace périurbain ou rural) ; ce type de trajets représente 27 % de la distance totale
parcourue par les habitants des Pays de la Loire du lundi au vendredi pour leurs déplacements locaux.
Un quart des déplacements entre banlieue et périphérie concernent
l?accompagnement
Répartition des motifs de déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %)
0
5
10
15
20
25
30
35
40
Travail fixe Autres motifs
professionnels
Études Achats Loisirs,
vacances
Accompagner
ou aller
chercher
Visites Soins,
démarches
Interne ville-centre Ville-centre-Banlieue Ville-centre-Périphérie
Banlieue-Banlieue Banlieue-Périphérie Interne périurbain
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
région, contre 10 km pour les habitants
des territoires périurbains), favorisant
en cela la pratique des modes doux
(marche et bicyclette). L?offre en
transports collectifs y est, en outre,
plus développée.
En revanche, dans les communes
périurbaines, la part de la voiture
dépasse 80 % dans les déplacements
locaux des habitants, soit 10 points de
plus que pour l?ensemble de la population
de la région. Cette part est même
supérieure pour deux types de trajets :
ceux reliant les espaces périurbains et
ruraux (96 %) et ceux réalisés entre les
territoires périurbains et les communes
de banlieue (94 %).
L?espace périurbain présente la
triple particularité d?être le territoire
de la région où la pratique des
transports collectifs, de la marche
à pied et des deux-roues est la plus
faible. L?allongement des distances
de déplacement, provoqué par la
périurbanisation, est le déterminant
principal du recul de la part des modes
doux.
La prédominance de la
voiture s?explique aussi par
la qualité du maillage routier
De par sa position excentrée, la région
des Pays de la Loire se trouve à l?écart
45
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
57
71
81 76 71
27
17
12
14
17
7 6
3 5 6
9 7 4 5 6
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Villes-centres de la
région
Banlieues de la
région
Espace périurbain
régional
Espace rural
régional
Ensemble des Pays
de la Loire
Véhicule automobile Marche à pied Deux-roues Transports collectifs
La voiture est omniprésente dans l?espace périurbain
Répartition des déplacements locaux par mode de transport un jour de semaine (en %)
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
Sources : SETRA, D.G.C.L.
7 % du réseau routier français est en Pays de la Loire
Longueur du réseau routier au 31 décembre 2008 (en km)
Autoroutes Routes
nationales
Routes dépar-
tementales
Voies com-
munales Ensemble
Loire-Atlantique 91 235 4 444 12 102 16 872
Maine-et-Loire 194 41 4 949 9 957 15 141
Mayenne 57 144 3 687 4 121 8 008
Sarthe 241 0 4 292 8 199 12 732
Vendée 163 6 4 583 10 408 15 160
Pays de la Loire 746 426 21 955 44 787 67 913
France métropolitaine 11 042 9 765 377 984 629 000 1 027 791
Région / France 6,8 % 4,4 % 5,8 % 7,1 % 6,6 %
des grands courants d?échanges. Elle
dispose néanmoins aujourd?hui d?un
réseau routier performant, modernisé
et développé activement au cours
des trois dernières décennies, sous
l?impulsion des collectivités territoriales
et avec l?aide de l?Etat. La région a
notamment fourni un effort conséquent
en matière d?équipement autoroutier,
comblant ainsi le retard accumulé
depuis l?après-guerre par rapport au
reste du territoire national.
La région est maintenant desservie par
un réseau maillé de routes à 2 x 2 voies.
Depuis 1990, le réseau autoroutier de
la région a plus que doublé, passant
de 325 à 746 kilomètres. Cette
progression de 130 % est deux fois
plus élevée que la moyenne nationale.
Les 68 000 kilomètres de voies
revêtues qui constituent le réseau
routier régional représentent 6,6 %
du total national, soit un point de plus
que le poids démographique de la
région. La longueur des infrastructures
routières des Pays de la Loire, ramenée
à la population ou à la superficie, est
assez nettement supérieure à celle de
la France métropolitaine.
Le lien de causalité entre périurbani-
sation et infrastructures de transports
est à double sens. Le développement
des réseaux routiers entraîne en
premier lieu une urbanisation en
tentacules le long des axes de
transport. En retour, la croissance
démographique sur ces territoires
sature les nouvelles infrastructures, en
générant un allongement des distances
de déplacement et de nouveaux besoins
de mobilité par la dissociation entre les
lieux d?habitat, d?emploi et d?achat.
Le réseau ferroviaire des
Pays de la Loire, en cours
de modernisation, est de
faible envergure
Les infrastructures ferroviaires sont en
décalage par rapport au réseau routier.
En dépit d?une dorsale reliant en TGV
les principales agglomérations de la
région (Saint-Nazaire, Nantes, Angers
et Le Mans) avec Paris, le réseau
ferroviaire de voyageurs offre encore
des potentialités d?améliorations,
quantitativement et qualitativement.
Le réseau ouvert au trafic de voyageurs
comprend 1 200 kilomètres de lignes
en Pays de la Loire. Cela représente
seulement 4,8 % du réseau national,
contre 5,1 % en 1990. Le niveau
d?équipement ferroviaire des Pays de
la Loire est en effet inférieur au niveau
moyen des autres régions françaises.
L?indice de dotation ferroviaire de la
région est ainsi de 0,33 kilomètres
de voies ouvertes au trafic voyageurs
pour 1 000 habitants contre 0,38 en
France métropolitaine. Cette sous-
représentation des Pays de la Loire
est un héritage du passé, le réseau
ferré national ayant été construit au
XIXe siècle pour répondre aux besoins
de l?industrie sidérurgique, implantée
principalement dans la partie est de la
France.
Le recours au train dans des
déplacements de moins de 80 kilo-
mètres des habitants des Pays de la
Loire reste très modeste : en 2008
comme en 1994, le train assure
3,5 % des déplacements effectués en
transports collectifs, soit seulement
0,2 % de l?ensemble. Entre 2003 et
2008, la fréquentation des lignes
gérées par la Région des Pays de la
Loire a néanmoins grimpé de 45 %
(en nombre de voyages) et le trafic
- mesuré en voyageurs-kilomètres -
s?est accru de 51 %.
Le réseau ferroviaire est structuré
autour des deux étoiles ferroviaires de
Nantes et Le Mans. La Loire-Atlantique
et la Sarthe sont ainsi correctement
reliées aux infrastructures ferroviaires.
La situation est en revanche plus
contrastée dans les autres dépar-
tements. Avec seulement 68 kilomètres
de voies ouvertes au trafic de
46
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
voyageurs, la Mayenne est le territoire
de la région le moins bien loti en la
matière. Le département est certes
desservi d?est en ouest par la ligne
Rennes/Le Mans/Paris ; les liaisons
nord-sud ne sont en revanche assurées
que par des services routiers (TER ou
cars départementaux).
Mais plus que l?insuffisant maillage
du réseau, c?est davantage la qualité
variable des infrastructures ferroviaires
qui constitue un frein à une circulation
optimale des trains de voyageurs en
Pays de la Loire. Les voies électrifiées
ne représentent ainsi que 46 % de
l?ensemble du réseau régional (49 % au
niveau français). En particulier, la partie
de la région située au sud de la Loire
possède un réseau essentiellement à
voie unique et ne disposait, jusqu?en
2009, d?aucune voie électrifiée.
L?électrification récente de la liaison
Nantes/Les Sables-d?Olonne, qui per-
met désormais des relations directes
Paris/Nantes/La Roche-sur-Yon/
Les Sables-d?Olonne par TGV,
témoigne de l?effort de modernisation
mené par Réseau Ferré de France, le
propriétaire du réseau ferré national.
Pour autant les infrastructures
régionales se caractérisent par un
haut degré d?hétérogénéité et par une
relative vétusté. Une partie du réseau
régional, tels que les tronçons Savenay/
Montoir-de-Bretagne, Savenay/Redon
- dont les travaux de rénovation se
sont achevés en juillet 2010 - Sainte-
Pazanne/ Pornic, Sainte-Pazanne/Saint-
Gilles-Croix-de-Vie ou Clisson/Cholet,
est dans un état moyen, signe d?une
fatigue accrue et du vieillissement de
Source : SNCF.
5 % du réseau ferroviaire français est en Pays de la Loire
Longueur du réseau ferroviaire au 31 décembre 2008 (en km)
Longueur
totale
Voies
électrifiées
Voies
uniques
Ouvertes au
trafic voya-
geurs (2005)
Loire-Atlantique 445 206 235 328
Maine-et-Loire 280 153 150 217
Mayenne 114 68 45 68
Sarthe 372 196 69 294
Vendée 293 73 169 271
Pays de la Loire 1 503 697 669 1 179
France métropolitaine 31 233 15 312 14 584 24 528
Région / France 4,8 % 4,5 % 4,6 % 4,8 %
la voie (qualité du ballast et des postes
de signalisation insuffisantes). Pour des
raisons de sécurité, certaines sections
sont soumises à des ralentissements
permanents, fruit du retard dans le
renouvellement des investissements.
Un réseau de « tram-train » va voir le
jour en Loire-Atlantique à compter de
2010. Combinant les avantages du
tramway et du TER, il desservira la
ligne Nantes/Clisson en mars 2011,
puis les futures lignes Nantes/Nort-
sur-Erdre en septembre 2011 et Nort-
sur-Erdre/Châteaubriant en 2012. Le
tram-train vise à offrir une alternative
supplémentaire à la voiture dans les
territoires périurbains. Sa mise en place,
en région nantaise, s?accompagnera de
la réouverture et de l?électrification de
l?ancienne ligne Nantes/Châteaubriant,
qui était fermée depuis 1980.
Des lignes régulières
d?autocars peu fréquentées
mais en forte croissance
Hors ramassage scolaire, la fréquen-
tation des lignes régulières d?autocars
est estimée à 15 000 déplacements
quotidiens, représentant 0,1 % de
l?ensemble des déplacements des
habitants de la région. Le nombre de
voyageurs transportés sur les lignes
régionales a augmenté de 19 %
entre 2005 et 2008. Sur les réseaux
départementaux, la désaffection de la
clientèle scolaire a conduit les conseils
généraux à restructurer leur offre de
transport au cours des cinq dernières
années. Ces actions ont notamment
consisté à renforcer la desserte des
communes périurbaines et à adopter
des tarifications attractives. La Loire-
Atlantique et la Sarthe font ainsi partie
des vingt départements français à
avoir instauré la tarification unique. Ces
mesures ont eu un impact certain sur
l?usage des lignes régulières ; dans la
plupart des réseaux départementaux
de la région, la clientèle non-scolaire
affiche des taux de croissance annuelle
à deux chiffres.
Les politiques de couverture territoriale
adoptées par les conseils généraux
sont nettement différenciées selon
le département. Si on observe une
couverture fine de l?espace en Loire-
Atlantique et dans le Maine-et-Loire, les
réseaux de cars sont plus clairsemés
en Mayenne (à mettre en relation avec
la faiblesse des densités de population)
et en Sarthe (contrebalancée par un
réseau ferroviaire qui, partant de l?étoile
du Mans, dessert une grande partie du
département). En Vendée, la desserte
est limitée à un nombre restreint de
lignes régulières ; le conseil général met
la priorité sur la population scolaire, la
plupart des liaisons ne fonctionnant pas
en période de vacances. Les scolaires
constituent la clientèle majoritaire de
ces lignes régulières d?autocars (75 %
en Loire-Atlantique et dans la Sarthe,
80 % dans le Maine-et-Loire, 85 % en
Mayenne, 90 % en Vendée). ?
Dans une région très attractive, chaque territoire tente de tirer son épingle du jeu. Ses aménités, ses
caractéristiques intrinsèques et durables (proximité de la mer, climat...) jouent un rôle primordial
dans sa dynamique. Cette dernière dépend aussi de paramètres plus personnels (cadre de vie,
proximité de l?emploi et des services, coût du foncier...) qui influencent les individus selon leur
âge, leur activité ou leurs revenus. Ces critères évoluent avec le temps. Manifestement, certains
territoires très attractifs par le passé peinent ainsi aujourd?hui à conserver leur population, quand
d?autres, auparavant boudés, récoltent à présent le fruit de leurs atouts.
Une classification des bassins de vie face à l?étalement
urbain
Une classification des territoires de la région a été réalisée au regard de leurs caractéristiques en matière de croissance
de population, d?attractivité et de rythme de construction, croisées avec d?autres données comme le coût du foncier
ou les déplacements domicile-travail. Elle permet notamment de faire ressortir clairement les vagues successives
d?attractivité des territoires et la position de chaque type d?espace dans ce cycle.
On met ainsi en évidence un phénomène d?éloignement progressif des villes-centres : les ménages recherchent du foncier
plus accessible, quitte à rallonger les trajets vers le lieu de travail. Mais ce mouvement n?a pas la même intensité en Mayenne
qu?en Loire-Atlantique ou en Vendée, particulièrement attractives.
Carte des bassins de vie selon leur classe d?appartenance
« Les agglomérations à la peine »
« Le périurbain cossu »
« Au sommet de la vague »
« Le rural qui s'éveille »
« Les pôles excentrés »
Le littoral
Carte des bassins de vie selon leur classe d'appartenance
© IGN - Insee 2010
Sources : Dreal - DGI, Filocom 1999 et 2007
Dreal, Sitadel 1990, 2000 et 2009
Insee, Recensements de la population de 1962 à 2006
Insee, Clap 2006
Classe d'appartenance
Hors champ
Typologie du territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Nicolas SIGLER (Insee)
47
Typologie du territoire
Le cas des bassins de vie du littoral, abritant de nombreuses résidences secondaires et attirant davantage les retraités que
les actifs, s?inscrit dans une logique qui lui est propre.
Les grandes agglomérations peinent à retenir les familles
Cette classe rassemble les pôles urbains de Nantes, Angers et Saint-Nazaire ainsi que les villes du Mans, de Laval et de La
Roche-sur-Yon. Le bassin de vie insulaire de L?Île-d?Yeu, atypique, y figure également.
Ces territoires urbains, qui ont souvent connu une forte croissance de leur population dans les années 1960 (+ 1,8 % par an
en moyenne entre 1962 et 1975), se caractérisent à présent par un déficit d?attractivité démographique : le solde migratoire
y est négatif. Il s?agit généralement d?importants pôles d?emploi, dans lesquels une frange très importante de la population
fait face à des prix du foncier et de l?immobilier élevés au regard de ses revenus et se trouve parfois contrainte à s?éloigner
des centres pour élire domicile à l?extérieur. Cette tranche est principalement constituée de ménages jeunes qui construisent
leur famille et appartiennent aux classes moyennes.
Si ces territoires subissent directement l?envolée des prix des dix dernières années, leur attractivité intrinsèque reste pour
autant élevée, comme en témoigne leur dynamisme en termes de créations d?emploi. Les ménages les plus modestes y
trouvent paradoxalement des opportunités de logement du fait de la présence d?un parc social beaucoup plus développé
que sur le reste du territoire. Les cadres, pour lesquels la barrière budgétaire est moins pénalisante, continuent largement à
privilégier le logement dans ces villes, qui leur offrent un bouquet de services très large.
Denses, ces zones font une large part à l?habitat collectif (près de la moitié du parc de logements). Même si le logement
social y est plus répandu qu?ailleurs et que la proportion de ménages à bas revenus y est importante, le revenu médian est
assez élevé. Dans ces agglomérations, la taille des ménages (2,2 personnes en moyenne) est significativement inférieure à
la moyenne.
Malgré un rythme de construction ralenti et une superficie moyenne consommée par les nouveaux logements particulièrement
réduite (371 m², contre 1 055 m² pour l?ensemble des bassins de vie considérés), la consommation foncière est néanmoins
très forte lorsqu?on la rapporte aux superficies des communes concernées.
La présence de l?emploi sur place explique des déplacements domicile-travail réduits et donc à la fois un taux de mobilité assez
faible (39 % seulement des actifs résidents travaillent dans une autre commune) et un moindre équipement en voiture.
Si les caractéristiques de l?Île-d?Yeu s?écartent sensiblement de cette description, sa présence dans cette classe se justifie
principalement par son manque d?attractivité : sa population stagne, son solde migratoire est négatif et son rythme de
construction est faible. Par ailleurs, son caractère insulaire explique que la quasi-totalité des actifs travaille sur place.
Le périurbain cossu, en perte de vitesse
Cette classe réunit le nord du bassin de vie de Nantes et les bassins de vie de Treillières, Saint-Étienne-de-Montluc, Saint-
Julien-de-Concelles, La Chapelle-Basse-Mer et Bouaye ; le nord et le sud du bassin de vie d?Angers, ainsi que les bassins de
vie de Brain-sur-l?Authion, Brissac-Quincé et Saint-Georges-sur-Loire ; tout le bassin de vie du Mans (ville du Mans exceptée) et
le bassin de vie de Champagné ainsi que la banlieue de Laval.
Après la vague de croissance qui a touché les grandes agglomérations, ce fut le tour des territoires périurbains les plus
proches. En moyenne, leur population a progressé de 2,7 % par an sur la période 1975-1990 (et même + 3,7 % par an sur
la seule période 1975-1982). Ce rythme s?est beaucoup ralenti aujourd?hui.
« Le périurbain
cossu »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
++ ++++ ++ + +
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
= + +++ + ++++ ++++
48 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
« Les
agglomérations
à la peine »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
++ = = + =
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
? ? ? ? ? ? ? ? ? +++++ + ?
Typologie du territoire
49 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Témoignage de ce dynamisme passé, les résidents de ces territoires sont jeunes et vivent en famille (on compte 2,7 personnes
par ménage en moyenne), les propriétaires sont nombreux. Ils se sont éloignés de la ville précisément pour offrir à leur famille
davantage d?espace. Leurs revenus sont élevés, car le foncier - bien que moins cher qu?en ville - y reste coûteux, tandis que le
logement social est rare (comme les ménages à bas revenus). Moins présents qu?en agglomération, les cadres sont encore
nombreux.
Parce que les populations résidant dans ces territoires travaillent souvent dans le pôle urbain associé, le rapport du nombre
d?emplois au lieu de travail sur le nombre d?actifs résidents y est faible. En conséquence, la mobilité est élevée (78 % des
actifs occupés travaillent dans une commune autre que leur commune de résidence), de même que le temps de trajet
domicile-travail (24 minutes en heures pleines). Pour effectuer ces trajets, l?automobile est souvent indispensable : un ménage
possède en moyenne 1,6 voiture.
Aux frontières du périurbain et du rural, la Loire-Atlantique et la vendée au sommet de la
vague
Cette classe regroupe pour l?essentiel des territoires périurbains ou ruraux de Loire-Atlantique et de Vendée. Font exception
le territoire périurbain du bassin de vie de Laval et les bassins de vie de Tiercé (dans le Maine-et-Loire) et de Sainte-Jamme-
sur-Sarthe (dans la Sarthe).
Plus éloignés des grandes agglomérations que ceux constituant le périurbain cossu, ces territoires ont connu, dans leur
sillage, une première période de fort dynamisme démographique entre 1975 et 1982. Depuis le début du siècle, c?est à leur
tour d?être au sommet de la vague : forte croissance de la population sur la période récente (+ 2,2 % par an entre 1999 et
2006), vive attractivité (mesurée par le solde migratoire) et en conséquence, forte hausse du parc de logements. Tous les
indices concordent : de nombreux logements récents, mais peu de logements vacants. L?habitat individuel y règne en maître
tandis que le logement social y tient une place marginale.
Signe probable de l?intérêt croissant pour ces territoires et de la hausse concomitante du coût du foncier, la superficie
moyenne des terrains des logements commencés a baissé de plus de 2 % par an. Sur les 15 dernières années, le foncier
reste moins cher que dans le périurbain cossu : accepter de s?éloigner davantage permet de retrouver des terrains à un prix
un peu plus abordable. La contrepartie est un allongement relatif des trajets domicile-travail à effectuer, même si des pôles
d?emploi secondaires peuvent également se trouver à proximité.
La population de ces territoires est jeune et la taille des ménages élevée (2,6 personnes par ménage). Ces caractéristiques,
et d?autres, comme le coût du foncier, la mobilité domicile-travail, les revenus, la proportion de cadres et de professions
intermédiaires parmi les actifs, le nombre de voitures par ménages, prennent des valeurs intermédiaires entre celles du périurbain
cossu et celles des territoires qui s?éveillent, souvent plus ruraux. Toutefois, c?est dans cette classe que l?on relève le plus fort
taux d?emploi (72 % de la population âgée de 15 à 64 ans est en emploi) et les plus longues distances domicile-travail.
Il n?est pas surprenant de retrouver dans cette classe en plein essor de nombreux bassins de vie de Loire-Atlantique et de
Vendée, départements littoraux particulièrement attractifs. Côté vendéen, il s?agit principalement de la zone rétro-littorale,
au fonctionnement spécifique. En effet, pour ces zones, l?emploi se trouve à la fois dans les pôles urbains et sur le littoral.
Comme il s?agit d?emplois peu qualifiés et que les revenus sont plus faibles, les ménages concernés ne peuvent pas se loger
sur les communes littorales et s?installent donc en arrière du trait de côte.
La présence du périurbain lavallois, comme celle du bassin de vie de Tiercé (au nord d?Angers), atteste d?une croissance
démographique élevée sur la période récente, comme d?une forte hausse du parc de logements. Le bassin de vie sarthois
de Sainte-Jamme-sur-Sarthe (au nord du Mans), qui figure également dans cette classe, peut s?enorgueillir d?une attractivité
record (taux de migration nette de + 2,9 % par an entre 2001 et 2006).
Des territoires verts qui s?éveillent
Peu représentée en Mayenne (seuls les bassins de vie ruraux de Cossé-le-Vivien et de Meslay-du-Maine appartiennent à cette
catégorie), cette classe est présente dans tous les autres départements, à l?interface entre des territoires dynamiques
plus proches des agglomérations, et d?autres plus excentrés et asthéniques (à l?exception des bassins de vie de Legé, de
« Au sommet
de la vague »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
+ ++ + + +++
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
+++ ++++ ++ = = ++
« Les pôles
excentrés »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
= = = = =
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Typologie du territoire
50 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
« Le rural qui
s?éveille »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
= + = = ++
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
+ = + ? ? ? ? =
Vieillevigne ou de Paimboeuf, en Loire-Atlantique, qui côtoient d?autres territoires en vogue). Hormis le bassin de vie urbain
de La Flèche (en Sarthe) et la partie ligérienne du bassin de vie d?Alençon, ces territoires sont le plus souvent ruraux, parfois
périurbains.
Ces territoires peu denses, aux caractéristiques situées dans la moyenne, se distinguent essentiellement par leur éveil
démographique récent. La population de ces territoires a longtemps stagné ; entre 1999 et 2006, elle a au contraire
progressé au rythme soutenu de 1,5 % par an. Cette attractivité nouvelle n?est que le prolongement des mouvements
déjà décrits, où l?on recherche un foncier moins cher, au prix d?un éloignement croissant des agglomérations, et donc
des principaux gisements d?emploi. En l?occurrence, le prix du terrain y est effectivement nettement plus abordable que
dans la classe précédente, ce qui autorise une surface moyenne de terrain par logement commencé bien supérieure. Avec
l?installation de nouveaux arrivants provenant des agglomérations et qui y travaillent, le taux de couverture de l?emploi (rapport
du nombre d?emplois proposés sur place au nombre d?actifs résidents) est en baisse sensible entre 1999 et 2006, tandis que
les trajets domicile-travail s?allongent en temps comme en distance. Parce que nombre d?emplois ruraux restent des emplois
de proximité, les différents indicateurs de mobilité professionnelle (part des actifs résidents qui travaillent dans une autre
commune, trajets domicile-travail, nombre de voitures par ménage) sont toutefois paradoxalement toujours inférieurs à ceux
des territoires en vogue.
La présence dans cette classe des bassins de vie de Legé, Vieillevigne et Paimboeuf tient au fait que ces territoires n?avaient
pas connu de forte dynamique auparavant (tous ont vu leur population baisser entre 1962 et 1975) et que l?évolution actuelle
de la construction y est toujours plus faible que dans les territoires qui connaissent leur apogée. La mobilité domicile-travail
dans ces trois bassins de vie est également modérée.
Des pôles d?emploi secondaires excentrés, toujours boudés
Cette classe est majoritaire en Mayenne et très présente également en Sarthe et dans le Maine-et-Loire, où elle intègre en
particulier les façades est de ces départements. Elle est en revanche peu représentée en Loire-Atlantique et en Vendée.
Côtoyant des bassins de vie ruraux, on note ici la présence de plusieurs territoires urbains secondaires : Châteaubriant (Loire-
Atlantique), Cholet, Saumur et Segré (Maine-et-Loire), Château-Gontier et Mayenne (Mayenne), La Ferté-Bernard et Sablé-sur-
Sarthe (Sarthe), Fontenay-le-Comte (Vendée).
Depuis 1962, ces territoires n?ont jamais connu de dynamique démographique. Malgré un coût du foncier bien moins élevé
qu?ailleurs et la présence d?emplois sur place, leur population stagne. Le rythme de construction de nouveaux logements
est très faible ; il y a peu de logements récents et beaucoup de logements vacants (9 % du parc). La superficie moyenne de
terrain par logement a beau être importante, la consommation foncière récente, rapportée aux superficies des communes,
est infime.
Ces territoires pâtissent manifestement de leur éloignement des grands centres urbains. Cet éloignement a, par ailleurs,
parfois contribué à leur forger une image difficile à contrecarrer. La population est plutôt âgée, les revenus sont faibles, et les
ménages à bas revenus nombreux ; le logement social est d?ailleurs assez développé. Il y a peu de cadres ou de professions
intermédiaires parmi les actifs.
Le taux d?emploi de la population des 15-64 ans est plutôt faible. Pourtant, du fait de la présence de pôles d?emploi secondaires,
il y a quasiment autant d?emplois que d?actifs résidents. Ainsi, le nombre d?actifs amenés à travailler dans une autre commune
est réduit, comme les trajets domicile-travail. L?équipement en automobiles (1,3 voiture par ménage) est d?ailleurs plutôt
faible.
Le littoral
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
+ + + + ++
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
+++ = ? ? ++++ + ? ? ? ?
Typologie du territoire
51 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Le littoral, très attractif mais contraint
Cette classe atypique rassemble pratiquement tous les bassins de vie du littoral de Loire-Atlantique et de Vendée, à l?exception
du pôle urbain nazairien et de Challans (bassin de vie étendu, dont les caractéristiques tiennent davantage au pôle urbain de
Challans à l?intérieur des terres qu?à son littoral réduit et limité à la commune de Bouin).
Sortant du schéma d?éloignement progressif des autres classes, cette classe est caractérisée par un effet littoral propre.
La population augmente fortement sur la période 1999-2006 (+ 1,9 % par an), le solde migratoire y étant effectivement
élevé. La consommation foncière rapportée aux superficies des communes concernées est élevée comme dans les grosses
agglomérations, mais le rythme de construction est modéré (l?espace disponible faisant probablement défaut) ; il n?y a que
3 % de logements vacants. Le prix du terrain est très élevé, pratiquement autant que dans les grandes agglomérations, ce qui
n?empêche pas que la superficie moyenne de terrain par logement commencé, assez réduite, soit en augmentation sensible
depuis les années 1990-1994.
Ces bassins de vie du littoral ont d?autres caractéristiques. Touristiques, la moitié du parc de logements est constituée de
résidences secondaires ; dans certains bassins de vie du littoral vendéen, cette proportion dépasse 60 %. Le niveau de
l?emploi touristique est très élevé, comme l?emploi présentiel. La part importante de retraités parmi ces populations explique
tout à la fois un indice de jeunesse et un taux d?emploi particulièrement faibles. La taille des ménages est également réduite
(2,2 personnes par ménage). Parmi les actifs résidents, la proportion de cadres est plutôt faible.
Le niveau de revenus, assez élevé, n?atteint pas celui du périurbain cossu ou des grandes agglomérations. Malgré la présence
non négligeable de ménages à bas revenus, le logement social est réduit à la portion congrue.
Enfin, la présence de l?emploi sur place justifie à la fois un taux de mobilité domicile-travail assez faible (guère plus d?un actif
sur deux travaille dans une autre commune que sa commune de résidence), et un recours à l?automobile limité (1,3 voiture
par ménage).
Parmi les territoires de cette classe, les trois bassins de vie de Loire-Atlantique ont un profil un peu moins marqué : la
proportion de résidences secondaires est moindre, le nombre d?emplois sur place également, ce qui induit une mobilité
légèrement supérieure. Dans ces bassins de vie, il y a davantage de logements sociaux, les revenus sont plus élevés et la
part de cadres est plus importante.
Après le développement du périurbain, c?est maintenant le rural qui s?éveille
Taux d?accroissement annuel moyen de la population des bassins de vie selon la classe et la période considérée (en %)
Taux d'accroissement annuel moyen de la population des bassins de vie selon la classe
et la période considérée
-1
0
1
2
3
4
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
« Les agglomérations
à la peine »
« Le périurbain cossu »
« Au sommet de la
vague »
« Le rural qui s'éveille »
« Les pôles excentrés »
Le littoral
Lecture : Le taux moyen représenté ici est la moyenne non pondérée des taux d?accroissement annuels de la population observés dans les bassins de vie constituant chaque classe.
Ce graphique n?illustre pas l?évolution de la population, mais l?évolution des taux d?accroissement de la population selon la période. Ainsi, sur la période 1999-2006, même si les courbes
orange et verte semblent à peu près parallèles, l?évolution de la population a été beaucoup plus forte dans les bassins de vie « au sommet de la vague » (rythme de 2,4 % annuel) que dans
les bassins de vie du « rural qui s?éveille » (rythme de 1,5 % annuel).
Méthodologie
Cette classification porte sur les 137
bassins de vie des Pays de la Loire
(limités à leur partie ligérienne) auxquels
on a adjoint la partie ligérienne du bassin
de vie d?Alençon (soit 25 communes,
sarthoises pour la plupart). Les bassins
de vie des six principales agglomérations
de la région (Nantes, Angers, Le Mans,
Saint-Nazaire, Laval et La Roche-sur-Yon),
très étendus, ont été scindés en 3 ou 4
unités distinctes : leur ville-centre, leur
banlieue, les communes restantes au
nord, les communes restantes au sud.
Finalement, la classification porte sur
152 entités (bassins de vie ou morceaux
de bassins de vie).
La classification a été réalisée grâce à
une analyse en composantes principales
(ACP), suivie d?une classification
ascendante hiérarchique (CAH) sur les
principaux axes ressortant de l?ACP.
Les variables utilisées (51 variables au
total, dont 22 retenues comme variables
actives) portent sur des thématiques
diverses :
Population :
- population,
- densité de population,
- évolution de la population sur
différentes périodes,
- taux de solde migratoire et taux de
migration nette,
- indice de jeunesse (rapport entre la
population âgée de moins de 20 ans et
la population âgée de 60 ans et plus) et
évolution de cet indice,
- taille des ménages,
- revenus fiscaux médians par unité de
consommation,
- part de la population appartenant à un
ménage à bas revenus.
Logements et consommation
foncière :
- évolution du parc de logements et taux
de construction,
- parts de l?habitat individuel (et évolution
de cette part), des logements récents,
des logements vacants, des logements
occupés par leur propriétaire, des
logements occupés par un locataire
HLM, des résidences secondaires,
- SHON (surface hors oeuvre nette) des
locaux autorisés et évolution de cette
SHON,
- surfaces de terrains consommées,
rapport entre ces surfaces et les
superficies communales,
- superficie moyenne de terrain
consommée par logement commencé
et évolution de cette superficie
moyenne.
Coût du foncier :
- prix moyen du terrain,
- prix moyen du m² de terrain,
- prix moyen d?une maison neuve hors
terrain,
- prix moyen du m² de maison neuve
hors terrain.
Emploi et déplacements domicile-
travail :
- taux d?emploi des 15-64 ans,
- taux de couverture de l?emploi (rapport
entre le nombre d?emplois au lieu de
travail et le nombre d?actifs occupés
au lieu de résidence) et évolution de
ce taux,
- part des cadres et professions
intermédiaires parmi les actifs,
- parts des emplois présentiels, de
l?emploi touristique,
- taux de mobilité (proportion d?actifs
occupés résidant dans une commune
et travaillant dans une autre) et
évolution de ce taux,
- distance moyenne du trajet domicile-
travail et durée moyenne de ce trajet
en heures pleines, évolution de cette
distance et de cette durée,
- taux d?équipement des ménages en
voitures,
- nombre moyen de voitures par
ménage.
Pour un certain nombre de ces variables
jugées significatives, les valeurs
moyennes prises par les bassins de vie
de chaque classe figurent dans le tableau
récapitulatif ci-après.
Typologie du territoire
52 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
www.insee.fr/pays-de-la-loire
INSEE Pays de la Loire
105, rue des Français Libres
BP 67401
44274 Nantes cedex 2
L?ensemble de l?étude, co-pilotée par l?Insee et la Direction régionale de
l?environnement, de l?aménagement et du logement, a également associé :
- la Direction régionale de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt (Draaf)
- l?Agence pour le développement durable de la région nazairienne (ADDRN)
ISBN 978-2-11-056132-7 - ISSN 1637-665X
Code Sage IdoS03844 - oCToBRe 2010 - PRIX 14,50 E
www.insee.fr/pays-de-la-loire
N° 38. Octobre 2010
En Pays de la Loire,
la ville déborde
de plus en plus
sur la campagne
(ATTENTION: OPTION iée
de l?artificialisation ; c?est ainsi le département français qui a subi la plus forte progression du
phénomène sur la période récente. L?urbanisation s?intensifie sur les communes où les contraintes
sont moins fortes. L?artificialisation progresse donc fortement toujours plus loin des villes et du
littoral, dans l?espace rural et en arrière du trait de côte. Ce phénomène transforme des villages
ruraux, de plus en plus loin des centres urbains, en cités-dortoirs où les habitants sont contraints
d?utiliser la voiture pour aller travailler.
L?artificialisation des sols gagne du terrain
Philippe VIGNERON (Dreal)
Dans ce qui suit, l?enquête Corine Land
Cover a été utilisée pour analyser
l?occupation du territoire. L?étude
intitulée « En Pays de la Loire, les
maisons grignotent les champs »
(Études, n° 79, Insee Pays de la Loire,
octobre 2009), était basée sur des
données issues de l?enquête Teruti-
Lucas. Si ces deux sources donnent
des résultats différents pour le niveau
de l?artificialisation, en partie du
fait de la méthode de mesure, elles
diffèrent très peu pour la comparaison
entre les régions et convergent pour
mettre en évidence la forte hausse de
l?artificialisation en Pays de la Loire.
Face à la croissance de la popu-
lation, de nombreuses zones
agricoles sont artificialisées : elles
sont transformées en lotissements,
routes, zones commerciales? Au-
delà de la diminution des ressources
naturelles et agricoles, ce phénomène
entraîne une fragmentation des
habitats naturels, une dégradation des
paysages et pèse sur la biodiversité.
L?artificialisation présente des enjeux
forts en termes de tensions foncières
et d?éventuels conflits d?usage
entre activités agricoles, habitat et
développement économique.
Une artificialisation marquée,
mais comparable à celle des
régions de même densité de
population
Les Pays de la Loire sont la 9e région
la plus artificialisée de France. En effet,
les territoires artificialisés occupent
6 % de l?espace régional, soit 1 point de
plus que pour la France métropolitaine
(hors Île-de-France). Ainsi, la densité de
population, 108 habitants au km2 en
2006 et 8e rang national, explique pour
une bonne part ce taux d?artificialisation
élevé dans la région. En effet, les Pays
de la Loire ne se démarquent pas
des régions comparables en termes
de densité de population. Comme au
niveau national, les zones urbanisées
occupent les trois-quarts des territoires
artificialisés. Les zones industrielles
ou commerciales et les réseaux de
communication, quant à eux, comptent
pour un sixième.
Des sols artificialisés pour
l?urbanisation...
La croissance de la surface régionale
artificialisée entre 2000 et 2006 a
été particulièrement élevée dans les
Pays de la Loire. Avec plus de 10 000
hectares consommés sur 82 000 pour
le niveau national, les Pays de la Loire
sont la région la plus gourmande en
surface, nettement devant Rhône-Alpes
(7 500 ha) ou les régions littorales
telles que la Bretagne ou le Languedoc-
Roussillon, dont l?artificialisation a
augmenté de 5 500 hectares sur la
même période. La surface utilisée à
Pays de la Loire la 9e région la plus artificialisée
Taux d?artificialisation par région en 2006
Taux d'artificialisation en 2006
(en %)
Plus de 10,1
Entre 5,6 et 10,1
Entre 3,7 et 5,6
Moins de 3,7
Pays de la Loire la 9e région la plus artificialisée
Taux d'artificialisation par région en 2006
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
22 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
Plus la population est dense, plus les sols sont artificialisés
Taux d?artificialisation et densité de population des régions en 2006
des fins d?artificialisation en Pays de
la Loire équivaut à celle consommée
par l?ensemble des régions du littoral
méditerranéen. De surcroît, les
surfaces artificialisées ont augmenté
de 12 % entre 1990 et 2006. Au final,
depuis 1990, ce sont près de 21 000
hectares qui ont été artificialisés.
Sur la période récente, la moitié
de l?artificialisation nouvelle dans la
région a été consacrée aux zones
urbanisées. C?est nettement supérieur
à la moyenne nationale de 35 %, mais
proche de ce que l?on observe sur les
régions atlantiques voisines comme la
Bretagne ou le Poitou-Charentes, ainsi
que le Languedoc-Roussillon. Les autres
motifs d?artificialisation sont ensuite les
zones industrielles et commerciales,
pour un quart, puis les chantiers pour
un autre quart des surfaces ; ces
motifs d?artificialisation occupent une
place dans la région assez conforme à
la norme nationale.
... que le dynamisme
démographique ne suffit pas
à expliquer
Alors que le rythme annuel moyen
de l?artificialisation n?a pas accéléré
au niveau national entre les périodes
1990-2000 et 2000-2006 (il s?établit à
0,5 % par an en moyenne), il progresse
de moitié dans les Pays de la Loire,
passant de 0,6 à 0,9 % par an. Les
Pays de la Loire ont ainsi le plus fort
accroissement de l?artificialisation des
régions de métropole. Alors que des
régions littorales dynamiques comme
le Languedoc-Roussillon, l?Aquitaine,
Provence-Alpes-Côte-d?Azur, la Breta-
gne ont connu des accroissements
de leur population équivalents ou
supérieurs à celui des Pays de la
Loire, l?artificialisation de leurs sols
ne s?est pas accélérée. Le dynamisme
démographique des Pays de la Loire
n?est donc pas l?unique cause de ce
phénomène. La surreprésentation de
la maison individuelle et des résidences
secondaires dans la région, mais aussi
les fortes consommations d?espace
des locaux professionnels ou agricoles,
permettent de mieux comprendre ce
processus.
Le bocage en première ligne
La région des Pays de la Loire est très
majoritairement couverte de terres
agricoles, largement au-dessus de
la moyenne nationale : 84 % contre
60 %. Cette prédominance est une
caractéristique des territoires d?un
grand quart nord-ouest de la France ;
les Pays de la Loire se situent au 2e rang
derrière la Basse-Normandie sur ce plan
là. En contrepartie, la part des forêts ou
autres espaces semi-naturels est faible
dans la région : moins de 9 %, contre
34 % au niveau national, les régions
de massifs montagneux tirant cette
moyenne vers le haut. Si la portion
de surfaces agricoles est nettement
supérieure à celle du niveau national,
la répartition entre les différents modes
d?occupation diffère quelque peu : les
contributions respectives des terres
arables et des zones de bocage
sont proches du niveau national ; la
© IGN - Insee 2010
Sources : Dreal - Corine Land Cover 2000 et 2006
Note : les polygones de changement ont été épaissis par souci de lecture
Espaces artificialisés en 2000
Extension de l'artificialisation
entre 2000 et 2006
Département
Région
Les Pays de la Loire, la région la plus gourmande en surfaces artificialisées
Extension de l'artificialisation entre 2000 et 2006
Les Pays de la Loire, la région la plus gourmande en surfaces artificialisées
Extension de l?artificialisation entre 2000 et 2006
Autres régions Droite de régression linéairePays de la Loire
0
2
4
6
8
10
12
14
16
0 50 100 150 200 250 300 350
Ta
ux
d
'a
rt
ifi
ci
al
is
at
io
n
(e
n
%
)
Densité de population (en nombre d'habitants au km2)
Source : Dreal Corine Land Cover 2006 ; Insee, recensement de la population 2006.
Lecture : Une région qui se situe au-dessus de la droite de régression linéaire présente un taux d?artificialisation plus élevé
au regard de sa densité. à l?inverse une région située sous la droite de régression linéaire a un taux d?artificialisation faible
sachant sa densité.
23
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Corine Land Cover 2000 et 2006, Dreal des Pays de la Loire.
Lecture : Les régions qui se situent au-dessus de la droite de régression connaissent une accélération de leur
artificialisation.
Une artificialisation qui s?accélère en Pays de la Loire
Évolutions annuelles moyennes de l?artificialisation 1990-2000 et 2000-2006 des régions
Pays de la Loire, une région essentiellement recouverte de terres agricoles
Occupation biophysique du territoire en 2006
Source : Corine Land Cover 2006, fond cartographique BD Carthage®, ©Ign 2006
©MEEDDM-DREAL Pays de la Loire (Nantes, mars 2010)
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
Pays de la Loire, une région essentiellement recouverte de terres agricoles
Occupation biophysique du territoire en 2006
Zones urbanisées
Zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication
Mines, décharges et chantiers
Espaces verts artificialisés, non agricolesTerres arables
Cultures permanentes
Prairies
Zones agricoles hétérogènes
Forêts
Milieux à végétations arbustive et/ou herbacée
Espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation
Zones humides intérieures Zones humides maritimes
Eaux continentales Eaux maritimes
Nomenclature de niveau 2
40 % de la surface nouvellement
artificialisée (Aquitaine, Provence-Alpes-
Côte-d?Azur). Un premier tiers provient
de terres arables, plutôt épargnées car
celles-ci occupent 46 % de l?ensemble
des terres agricoles ; 30 % proviennent
des prairies permanentes, la même
proportion que dans l?ensemble. Quant
au bocage, qui n?occupe que 19 % de
l?ensemble des territoires agricoles, il
fournit 36 % des terres artificialisées
entre 2000 et 2006. C?est donc l?espace
qui pâtit le plus de l?artificialisation.
Une artificialisation élevée
en vendée
Les départements littoraux, où les
résidences secondaires viennent s?ajou-
ter aux résidences principales, ont les
taux d?artificialisation les plus élevés de
la région. La Loire-Atlantique, cumulant
la métropole de Nantes-Saint-Nazaire
et le littoral, a un taux d?artificialisation
de 9 % ; la Vendée est artificialisée à
hauteur de 7 %, la moyenne se situant à
6 % pour le littoral atlantique. Ces deux
départements dépassent nettement
le Maine-et-Loire (5 %), qui compte
pourtant l?agglomération d?Angers, la
Sarthe (4,5 %) et la Mayenne (3 %).
Parmi les départements littoraux
français, la Loire-Atlantique a un taux
d?artificialisation voisin de celui de
départements possédant des agglo-
mérations importantes et une densité
de population proche, comme la Seine-
Maritime ou le Var. En revanche, la
Vendée affiche un taux d?artificialisation
plus proche de départements ayant
des niveaux de densité bien plus
élevés comme la Gironde ou l?Hérault
(respectivement 88 contre 137 et 160).
D?autres départements littoraux de
densité proche de celle de la Vendée,
comme la Charente-Maritime ou les
Pyrénées-Atlantiques, ont un taux
d?artificialisation inférieur à 5 %.
Parmi les facteurs expliquant, au moins
en partie, ce niveau d?artificialisation
élevé, la Vendée est le département où
la proportion de maisons dans le parc
de logements est la plus élevée de
notre région en 2006 ; elle se classe
au 5e rang national. Ce département
présente aussi une part des résidences
secondaires ou logements occasionnels
élevée, approchant les 25 %, contre
10,5 % au niveau régional ou encore
9,3 % au niveau national. La Vendée
se distingue encore des autres dépar-
tements avec une part de l?urbanisation
dans les territoires artificialisés élevée :
Év
ol
ut
io
n
an
nu
el
le
m
oy
en
ne
d
e
l'a
rt
ifi
ci
al
is
at
io
n
20
00
-2
00
6
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n
%
)
0
0,5
1,0
0 0,5 1,0
Évolution annuelle moyenne de l?artificialisation 1990-2000 (en %)
Paca
Languedoc-Roussillon
Pays de la Loire
Limousin
Aquitaine
Auvergne
Alsace
Lorraine
Champagne-Ardennes
Poitou-Charentes Bretagne
France
Midi-Pyrénées
Franche-Comté
part des prairies permanentes est en
revanche supérieure à la moyenne. Les
zones humides, emblématiques de nos
territoires littoraux, comptent pour une
faible part : moins de 1 % de l?espace
régional, mais trois fois plus qu?au
niveau national.
En Pays de la Loire, la quasi-totalité
des surfaces artificialisées entre
2000 et 2006 a été prélevée sur les
territoires agricoles, à la différence
des régions riches en forêts et
milieux semi-naturels, où ces derniers
territoires peuvent fournir jusqu?à
24
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Un taux d?artificialisation élevé en Loire-Atlantique et en vendée
Taux d?artificialisation par département en 2006
Une croissance de l?artificialisation très forte en vendée
Taux d?artificialisation par département en 2006 et variation nette de l?artificialisation entre 2000 et 2006 (en %)
Source : Corine Land Cover 2000 et 2006 . (cf. définitions p. 13 et 27)
Catégorie de commune Données 44 49 53 72 85 Pays de
la Loire France
Ensemble
des communes
Taux d?artificialisation 2006 9 5 3 4,5 7 6 5
Evolution annuelle moyenne 2000-2006 0,6 1,1 1,1 0,5 1,4 0,9 0,5
Pôles urbains
Taux d?artificialisation 2006 33 28 23 23 23 28 28
Evolution annuelle moyenne 2000-2006 0,4 0,8 1,4 0,6 1,4 0,7 0,4
Espace à dominante
rurale
Taux d?artificialisation 2006 3 3 2 2,5 4,5 3 2
Evolution annuelle moyenne 2000-2006 0,8 1,1 0,6 0,4 1,2 0,9 0,4
83 % contre 76 % au niveau Pays de la
Loire ou France et 75 % pour la Loire-
Atlantique.
Trois départements des Pays de la
Loire figurent parmi les cinq premiers
de France pour la surface artificialisée
entre 2000 et 2006. La Vendée, avec
3 750 hectares, se situe ainsi au
premier rang ; le Maine-et-Loire et la
Loire-Atlantique suivent respectivement
aux 4e et 5e rangs avec 2 550 et 2 000
hectares. Même la Mayenne et la Sarthe,
avec 1 000 et 875 hectares, font partie
des 50 premiers départements de
métropole pour l?artificialisation.
En ce qui concerne le taux d?accrois-
sement, si la Vendée est encore en
tête des départements métropolitains
avec 1,4 % d?augmentation par an entre
2000 et 2006, le triple de la moyenne
nationale, la Mayenne rejoint le Maine-
et-Loire dans les premières places avec
1,1 %. En revanche, la Loire-Atlantique et
la Sarthe ont un rythme d?accroissement
équivalent à la moyenne nationale.
La Sarthe présente la particularité
d?avoir connu une « désartificialisation »
notable d?anciens chantiers de l?A28,
entre 2000 et 2006 équivalente à la
surface des nouveaux chantiers qui
se sont ouverts sur la même période.
De ce fait, elle dépasse nettement
les autres départements de la région
pour la part utilisée par l?urbanisation :
68 % contre environ 50 %. Néanmoins,
l?urbanisation reste majoritaire dans tous
les départements des Pays de la Loire,
alors que sa part dans l?artificialisation
nationale n?est que de 35 %.
Taux d'artificialisation en 2006
(en %)
Plus de 6,8
Entre 4,2 et 6,8
Entre 2,5 et 4,2
Moins de 2,5
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
La vendée se démarque
Taux d?artificialisation et densité de population des départements en 2006
Source : Dreal, Corine Land Cover 2006, Insee, recensement de la population 2006.
Lecture : Les départements situés au-dessus de la droite de régression ont un taux d?artificialisation plus élevé que ce qu?il
devrait être étant donné leur densité.
Mayenne
Sarthe
Loire-Atlantique
Maine-et-Loire
0
2
4
6
8
10
12
0 50 100 150 200 250 300
Vendée
Densité de population (en nombre d'habitants au km2)
Ta
ux
d
'a
rt
ifi
ci
al
is
at
io
n
(e
n
%
)
25
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Grenelle de l?environnement : les enjeux de la trame verte et bleue
L?artificialisation de nos territoires, qu?elle résulte de l?urbanisation, de la création de zones d?activités ou d?infrastructures,
est consommatrice d?espace. Elle a dans tous les cas un impact sur la biodiversité et elle induit une fragmentation des
habitats naturels. Ainsi, elle limite les déplacements vitaux de certaines espèces et peut induire la colonisation de nouveaux
territoires. La disparition d?espaces et la fragmentation apparaissent aujourd?hui comme l?une des principales causes
d?érosion de la biodiversité.
La trame verte et bleue, issue des travaux du Grenelle de l?environnement, a notamment pour objectif de chercher à
limiter cette fragmentation. Elle vise à maintenir et reconquérir les continuités écologiques les plus stratégiques pour la
biodiversité. L?ambition est de constituer un véritable maillage écologique du territoire, à toutes les échelles spatiales,
via notamment une intégration de ses principes dans l?aménagement du territoire. Ce nouvel outil d?aménagement du
territoire, très transversal, va donc au-delà des politiques de protection de la nature existantes. Il leur est complémentaire
en s?intéressant à toute la biodiversité, même la plus ordinaire.
Les leviers qui guideront la définition et la mise en oeuvre de la trame sont multiples : un schéma régional de cohérence
écologique va être réalisé dans chaque région. Il spatialisera les enjeux régionaux, proposera une « boîte à outils »
aux collectivités, et devra être pris en compte par les documents d?urbanisme. Le code de l?urbanisme est par ailleurs
modifié. Les documents d?urbanisme à venir devront, à toutes les étapes de leur élaboration, respecter un principe de
préservation et de remise en bon état des continuités écologiques. Les infrastructures linéaires de l?État devront quant à
elles être compatibles avec le schéma régional.
Il s?agit donc d?une nouvelle entrée pour parler d?économie d?espaces, de densification ou encore d?opportunité de
maintien d?une agriculture périurbaine dynamique. Derrière la trame, et dans un objectif de biodiversité, la question des
projets de territoires, à travers les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) notamment est posée.
Une artificialisation très marquée sur les aires urbaines du littoral
Taux d?artificialisation en 2006 par aire urbaine
De forts niveaux
d?artificialisation
sur le littoral
L?ensemble des 25 aires urbaines de
la région comptabilise 2 275 000
habitants en 2006. Elles regroupent
les deux-tiers de la population des
Pays de la Loire sur le tiers de la
surface régionale. Ces aires urbaines
présentent des taux d?artificialisation
très hétérogènes autour d?une moyenne
régionale de 10 %, semblable à la
moyenne nationale. L?armature urbaine
dense de la région, au regard des
autres régions de métropole, ne semble
donc pas jouer de rôle particulier dans
le surcroît d?artificialisation des Pays de
la Loire.
Les petites aires compactes du littoral
vendéen comme Saint-Gilles-Croix-de-
Vie, Les Sables-d?Olonne ou Challans
dépassent les 20 %, le double de la
moyenne régionale. L?aire de Saint-
Nazaire approche encore 18 %. Les
grands pôles urbains, dont l?aire
d?attraction s?étend largement, ont un
taux proche de la moyenne régionale :
8 % pour Le Mans, 10 % pour Angers
et jusqu?à 12 % pour Nantes et ses
satellites Ancenis et Clisson. Cette
situation est semblable à celle qu?on
observe sur les autres régions littorales,
particulièrement le littoral atlantique.
quand la campagne accueille
de plus en plus de citadins
Sur les communes du littoral, le taux
d?artificialisation grimpe jusqu?à 17 %,
dont 19 % en Loire-Atlantique avec
Saint-Nazaire et 15 % en Vendée avec
Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Les Sables-
d?Olonne. Pour les communes en arrière
du trait de côte, le taux d?artificialisation
reste encore inférieur aux moyennes
des deux départements littoraux de la
région.
L?artificialisation dans les Pays de
la Loire est proche de la moyenne
nationale pour les zones urbaines. En
revanche l?espace rural « isolé », qui
couvre la moitié de la région, présente
une artificialisation supérieure à 3 %
contre 2 %. Selon les départements, ce
Taux d'artificialisation en 2006
(en %)
Plus de 15
Entre 11 et 15
Entre 8 et 11
Moins de 8
Une artificialisation très marquée sur les aires urbaines du littoral
Taux d'artificialisation en 2006 par aires urbaines
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
26
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
taux varie de 2 % en Mayenne jusqu?à
4,5% en Vendée. Les campagnes des
Pays de la Loire se sont densifiées en
termes d?habitants et moins en emplois,
transformant ainsi certains villages à la
périphérie des villes en nouvelles cités-
dortoirs.
Sur le littoral, le contraste est très net
entre les communes du littoral et celles
du rétro-littoral pour l?augmentation du
taux d?artificialisation entre 2000 et
2006. L?écart est ainsi fort avec une
évolution de 0,6 % par an sur le littoral
pour 1,4 % par an pour le rétro-littoral.
Il y a donc un repli de l?urbanisation vers
les communes où les contraintes liées
à l?urbanisation sont moins fortes.
Que ce soit en milieu urbain ou dans
l?espace rural, la croissance de
l?artificialisation de la région entre
2000 et 2006 est toujours supérieure
à la moyenne nationale. Toutefois, les
plus grands écarts sont observés dans
Pour comprendre ces résultats
L?enquête Corine Land Cover (CLC)
a été utilisée pour l?analyse de
l?occupation du territoire présentée
dans ce chapitre.
Il s?agit d?une base de données
représentant l?occupation biophysique
du sol européen et réalisée par
la photo-interprétation d?images
satellitaires. On dispose des résultats
pour les campagnes 1990, 2000
et 2006. Corine Land Cover utilise
une nomenclature hiérarchisée
en trois niveaux qui permet de
couvrir l?ensemble du territoire ; elle
comprend 5 postes au niveau 1, 15
au niveau 2 et 44 au niveau 3. Elle est
produite dans le cadre du programme
européen Corine de coordination de
l?information sur l?environnement.
L?échelle de production est le
1 : 100 000, la surface minimale
cartographiée étant de 25 ha pour
un poste de la nomenclature et de
5 ha pour les changements de poste
observés entre 2000 et 2006.
Du fait de cette maille de 25 ha,
Corine Land Cover « voit » mal l?habitat
dispersé des territoires ruraux et
la plupart des routes, avec pour
conséquence une sous-estimation du
taux réel d?artificialisation. Il convient
donc de privilégier les comparaisons
entre territoires ou les évolutions dans
le temps.
Pour la lecture de ce chapitre,
le niveau 1 de la nomenclature CLC
« Territoires artificialisés » se décline
au niveau 2 en 4 postes :
- zones urbanisées ;
- zones industrielles ou commerciales
et réseaux de communications ;
- mines, décharges et chantiers ;
- espaces verts artificialisés, non
agricoles.
Pour faciliter la compréhension, le
terme de « bocage » utilisé dans le
texte concerne les espaces occupés
par des « systèmes culturaux
parcellaires et complexes » (code
242 de la nomenclature Corine Land
Cover) qui sont la juxtaposition de
petites parcelles de cultures annuelles
diversifiées, de prairies et/ou de
cultures permanentes. Mais pas tout
le bocage, puisque les prairies
permanentes (code 231) comprennent
les zones avec haies.
D?autres enquêtes de mesure de
l?occupation du territoire existent,
en particulier Teruti, qui est réalisée
par le service de la statistique et
de la prospective du ministère de
l?Agriculture, de l?alimentation et
de la pêche. Elle a pour objectif de
connaître les différentes catégories
d?occupation du sol et d?usage de
l?ensemble du territoire (agricole,
naturel et urbanisé), essentiellement
au niveau métropolitain, régional et
départemental. Cette enquête est
effectuée tous les ans par sondage.
C?est une enquête aréolaire à deux
degrés. L?emplacement des points
est désormais géoréférencé depuis
2005 avec la nouvelle enquête Teruti-
Lucas. Pour les Pays de la Loire, les
18 000 points de sondage utilisés
ne permettent pas de descendre en
dessous de la maille départementale.
les zones rurales. En effet, l?espace à
dominante rurale a une croissance du
taux d?artificialisation plus de deux fois
supérieure dans la région par rapport
au niveau national avec 0,9 % contre
0,4 % par an. Au niveau départemental,
la Vendée et la Mayenne sont nettement
au-dessus de la moyenne régionale dans
les espaces urbains, notamment dans
les communes situées en deuxième
couronne des villes, où le taux de
croissance est supérieur à 1,6 % par
an pour 0,7 % par an en moyenne en
France. La Vendée encore et le Maine-
et-Loire tirent quant à eux la moyenne
vers le haut pour les zones rurales, avec
un taux de croissance près de trois fois
supérieur à la moyenne nationale.
L?artificialisation et sa croissance, très
au-dessus de la moyenne pour ces
territoires, traduisent l?urbanisation
toujours plus loin des pôles urbains,
de façon accentuée dans l?espace
rural, avec en corollaire l?augmentation
de l?usage de la voiture. En Pays de
la Loire, la part des transports locaux
en automobile a augmenté de plus de
5 points entre 1994 et 2008, passant
de 66 % à 71 % sur cette période, ce
qui représente plus du double de ce
que l?on a pu observer pour la France
de province, où le différentiel est de
2,3 points, avec une part de 69 % en
2008. Dans la région, au moins jusqu?à
une période assez récente, cela s?est
fait au détriment des transports doux
(marche à pied, bicyclette), tandis que
la part des transports collectifs stagnait
autour de 6 %. ?
27
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Pour en savoir plus
Pageaud D. et Carré C., « La France vue par Corine Land Cover, outil européen de suivi de l?occupation
des sols », Le point sur, n°10, MEEDDM-Commissariat général au développement durable, avril 2009.
Naizot F., « Les changements d?occupation des sols de 1990 à 2000 : plus d?artificiel, moins de prairies
et de bocages », Les données de l?environnement, n°101, Ifen, mars 2005.
La rubrique internet du MEEDDM sur Corine Land Cover : http://www.stats.environnement.developpement-
durable.gouv.fr/bases-de-donnees/occupation-des-sols-corine-land-cover.html?taille=target%253D_self
Définitions
? On parle d?artificialisation du sol lorsque des zones agricoles ou naturelles sont transformées par l?homme en zones
artificielles (lotissements, routes, zones commerciales...). Cette artificialisation conduit, entre autres conséquences, à
une diminution des ressources naturelles et agricoles, à la fragmentation des habitats naturels et à la dégradation des
paysages.
? Le zonage en aire urbaine (cf. p.13)
28
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La densification des communes à la périphérie des villes s?accompagne, parfois, d?une intensification
des disparités sociales. Ainsi, alors que les villes-centres attirent toujours les étudiants et les
jeunes actifs, du fait de leur offre de formation, de la richesse des emplois proposés et de leur
parc locatif abondant, les autres catégories de la population sont largement attirées par les
communes de la deuxième couronne. Dans ces zones, les contraintes foncières sont moins
fortes et donc les prix plus modérés. Les familles sont logiquement tentées de venir s?installer sur
ce type de territoire où l?accession à la propriété est plus aisée. En contrepartie, elles doivent faire
face à des problématiques de déplacements plus complexes : l?utilisation de la voiture devient
indispensable.
Conséquence visible de l?étalement urbain, le lieu de résidence apparaît comme un marqueur
social pour les communes qui hébergent de nouveaux habitants aux caractéristiques proches.
Dis-moi où tu vis, je te dirai qui tu es
Le périurbain, espace des familles
Jean COLLOBERT et Nicole GICQUAUD (Insee)
La question de la mixité sociale
est un enjeu fort des politiques
de la ville, de la cohésion sociale
et du logement. L?analyse fine des
dynamiques récentes des territoires
de la région des Pays de la Loire
est révélatrice de disparités, voire
d?inégalités. La ségrégation socio-
spatiale articule toutes les formes
d?inégalités, qu?elles concernent le
revenu, la formation, l?accès à l?emploi
ou encore l?accès aux équipements et
services.
Les cadres en ville, les ouvriers à la campagne
Écart à la moyenne par commune de la part de cadres et d?ouvriers en 2006
Les cadres en ville, les
ouvriers à la campagne
Le lieu de résidence est aujourd?hui
un marqueur social. La répartition
des groupes sociaux sur le territoire
est ainsi fortement liée à la catégorie
socioprofessionnelle et au niveau de
revenus des habitants. Le coût du
foncier est en effet plus ou moins
élevé selon le caractère urbain ou
rural des territoires. Ainsi, les cadres
sont largement représentés dans les
pôles urbains, et plus particulièrement
dans les villes-centres, alors qu?ils sont
sous-représentés dans les espaces
périurbains et ruraux. Leur niveau de
revenu leur permet le plus souvent de
choisir leur lieu d?habitation et de se
positionner dans les zones où le marché
de l?emploi est favorable.
A contrario, le coût du foncier contraint
une frange de la population aux revenus
plus modestes ou moyens de s?éloigner
des pôles. Cela peut engendrer
des problèmes d?accès à l?emploi,
notamment pour les employés. Ainsi,
Les cadres en ville, les ouvriers à la campagne
Écart à la moyenne par commune de la part de cadres et d'ouvriers en 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part de
cadres par commune (en points)
Plus de 0
Entre - 5 et 0
Entre - 7,5 et - 5
Entre - 12 et - 7,5
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part
d'ouvriers par commune (en points)
Plus de 10
Entre 0 et 10
Entre - 3 et 0
Entre - 5 et - 3
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation de la présence de cadres ou d'ouvriers. A l'inverse, un écart à la moyenne négatif pointe une sous-
représentation de la part de cadres ou d'ouvriers.
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation de la présence de cadres ou d?ouvriers. à l?inverse, un écart à la moyenne négatif pointe une sous-représentation de la part de
cadres ou d?ouvriers.
Les cadres en ville, les ouvriers à la campagne
Écart à la moyenne par commune de la part de cadres et d'ouvriers en 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part de
cadres par commune (en points)
Plus de 0
Entre - 5 et 0
Entre - 7,5 et - 5
Entre - 12 et - 7,5
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part
d'ouvriers par commune (en points)
Plus de 10
Entre 0 et 10
Entre - 3 et 0
Entre - 5 et - 3
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation de la présence de cadres ou d'ouvriers. A l'inverse, un écart à la moyenne négatif pointe une sous-
représentation de la part de cadres ou d'ouvriers.
29
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
alors que la moitié d?entre eux habite
le périurbain ou le rural, ces espaces
n?offrent que 48 emplois d?employés
pour 100 employés y résidant. La
présence des ouvriers est surtout
marquée dans les espaces ruraux, et,
dans une moindre mesure, dans les
couronnes périurbaines ; les ouvriers
sont en revanche sous-représentés dans
les pôles urbains. Cela ne s?assortit pas
de problème d?accès à l?emploi, étant
donné que les espaces périurbains et
ruraux offrent plus d?emplois d?ouvriers
qu?il n?y a d?ouvriers résidant sur ces
mêmes territoires.
Les villes-centres perdent
leurs actifs résidents au
profit de l?espace périurbain
Entre 1999 et 2006, avec le
phénomène de périurbanisation, la
population s?est davantage installée
dans les espaces périphériques que
dans les pôles urbains que constituent
les villes-centres et leurs banlieues.
Les disparités entre territoires en
termes de solde naturel (excédent des
naissances sur les décès) ayant peu
évolué entre les périodes 1982-1999 et
1999-2006, l?essentiel des contrastes
entre les deux périodes s?explique
par l?évolution des migrations. Ces
mouvements de population ont dessiné
une nouvelle géographie humaine des
espaces urbains, périurbains et ruraux
dans la région des Pays de la Loire1.
En termes d?intensité migratoire,
cadres et professions intermédiaires
sont les champions de la mobilité,
devant les employés, les ouvriers
et les personnes sans activité
professionnelle. Quant aux retraités,
les principaux mouvements migratoires
concernent des échanges avec les
autres régions ; ils se traduisent par un
excédent des arrivées dans la région
sur les départs de celle-ci. Si le cadre
ligérien réside préférentiellement dans
une ville-centre, sa destination de
prédilection est d?abord le périurbain,
ensuite la banlieue et l?espace rural.
La ville-centre constitue ainsi un espace
déficitaire en termes de migrations
résidentielles internes à la région et
ce, quelle que soit la catégorie socio-
professionnelle des migrants. En effet,
les habitants des villes-centres quittent
cet espace, où le foncier est devenu
trop cher, pour s?installer en périphérie
des villes, où l?accession à la propriété
est plus aisée. Cadres et professions
intermédiaires sont les deux catégories
sociales les plus concernées par
les migrations de la ville-centre vers
l?espace périurbain ou la banlieue.
Ouvriers et employés présentent ce
même tropisme vers ces espaces,
mais de façon plus atténuée.
L?espace périurbain est donc le grand
bénéficiaire des migrations résiden-
tielles, avec une balance annuelle
globale de + 1 %. Les cadres et les
professions intermédiaires arrivent
surtout des villes-centres, mais aussi
d?autres régions. L?espace rural se
caractérise également par une
forte attractivité : + 0,8 % par an,
toutes catégories confondues. Cette
attractivité concerne à la fois l?ensemble
des catégories sociales et l?ensemble
des origines géographiques.
De son côté, la banlieue est sans
doute l?espace géographique le
plus stable sociologiquement : son
solde migratoire globalement positif
s?explique d?abord par l?arrivée de
cadres et plus marginalement de
professions intermédiaires. Mais
son attractivité demeure réduite aux
apports issus de la ville-centre et des
autres régions.
Les flux et reflux de population
résidente ont un impact sur la
composition sociale des villes-
centres, des banlieues, des espaces
périurbains et ruraux. Étalement urbain
et mixité sociale ne vont pas de pair :
l?arrivée de cadres et de professions
intermédiaires dans l?espace périurbain
y amène une connotation « classe
moyenne supérieure ».
1Cf. le chapitre « En Pays de la Loire, les maisons
poussent comme des champignons... dans les
champs »
0
5
10
15
20
25
30
35
40
45
50
Banlieue Rural
ensemble de la population
migrants
Périurbain
Banlieue, périurbain et rural : les espaces gagnants au jeu des
migrations internes à la région
Répartition de la population et des migrants selon les territoires
Lecture : En 2006, sur 100 personnes, 22 habitent en banlieue ; au cours des cinq dernières années, pour 100 personnes
qui ont déménagé, 47 se sont installées dans le périurbain.
Des freins à la mixité
sociale
Les mouvements de population
observés en Pays de la Loire, comme
sur de nombreux autres territoires
métropolitains, recèlent une logique
ségrégationniste. Ainsi, les familles
aisées viennent principalement
s?installer dans les espaces où elles sont
déjà le mieux représentées ; de leur
côté, les familles de classes moyennes
s?implantent quasi exclusivement là où
elles sont les plus nombreuses, les plus
démunies n?ayant parfois pas d?autres
choix que les quartiers défavorisés.
Les ménages les plus aisés choisissent
leur lieu de résidence de préférence
dans les villes-centres, mieux à même
de leur procurer un environnement
riche matériellement et culturellement,
ce qui a pour effet de maintenir le prix
des logements à des niveaux élevés.
De plus, en lien avec les évolutions
du tissu productif, la distribution de
la population selon la catégorie socio-
professionnelle a beaucoup changé :
le nombre d?ouvriers a reculé quand
les cadres ont gagné en importance.
Alors qu?en 1982, 100 000 cadres
résidaient dans la région des Pays de
la Loire, on en dénombre 166 000
en 2006. Si ce chiffre témoigne d?un
grand dynamisme de la région, dont la
capacité d?attraction est forte, il pèse
en retour sur les évolutions des prix
du marché immobilier. Ainsi, de par
leur nombre, les cadres représentent
près de 10 % des actifs ; en outre,
de par leurs moyens financiers, une
offre immobilière aux prix élevés peut
se développer. Sans politique publique
de l?habitat, peut apparaître, au fur et
à mesure de la « gentrification » des
quartiers, un phénomène d?exclusion
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
30
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
des classes moyennes qui se
retrouvent poussées à la périphérie
des villes. Les plus défavorisés sont
alors conduits à habiter à la campagne
ou dans certains quartiers de la ville
bien pourvus en logements sociaux.
Si la richesse matérielle
est discriminante?
Ainsi, en Pays de la Loire comme
dans les autres régions de province,
les niveaux de vie en zone urbaine
sont plus élevés qu?en zone rurale.
Toutefois, les Pays de la Loire sont,
avec l?Aquitaine, les deux seules
régions où le niveau de vie médian
en couronne périurbaine est très
légèrement inférieur à celui du pôle
urbain, alors qu?il est globalement
supérieur de 8 % pour l?ensemble
des régions de province. Cela est dû
notamment aux évolutions récentes
des prix de l?immobilier, qui ont
entraîné un afflux massif de familles
appartenant aux classes moyennes
vers les couronnes périurbaines. Le
revenu étant un critère déterminant
pour l?accession à la propriété,
il devient discriminant en ce qui
concerne le lieu de résidence, sous
l?effet du prix différencié du foncier
d?une zone à une autre.
De plus, dans la région comme au
niveau national, les inégalités sont
nettement plus fortes dans les pôles
urbains que dans les autres types
d?espaces. Le rapport entre le revenu
des 10 % les plus riches et des 10 %
les plus modestes est ainsi de 3,3
en pôle urbain, alors qu?il oscille
entre 2,5 et 2,8 dans les autres
types d?espaces pour les Pays de la
Loire. Ceci s?explique par la présence
simultanée de nombreux ménages
à très faibles revenus et à hauts
revenus dans les villes-centres ou
leur banlieue proche. Ces inégalités
de niveau de vie sont, quel que soit le
type d?espace, plus modérées dans la
région qu?en France de province.
?le niveau de diplôme l?est
encore plus
Le niveau de diplôme joue, lui aussi,
un rôle prépondérant dans le choix
du lieu de résidence : plus on est
diplômé, plus le choix se porte vers
un pôle urbain. Le diplôme est, dans
ce domaine, encore plus déterminant
que la catégorie socioprofessionnelle.
Ainsi, dans les Pays de la Loire, près d?un
diplômé de l?enseignement supérieur
sur deux réside dans la ville-centre d?un
pôle urbain, lieu de résidence privilégié
des ménages les plus aisés.
Certains diplômés de l?enseignement
supérieur ont une catégorie socio-
professionnelle qui n?est pas en
adéquation avec leur niveau d?études.
Ces diplômés qui occupent un emploi
d?ouvrier ou d?employé vont être
largement surreprésentés dans les
pôles urbains, alors que ces mêmes
catégories, lorsqu?elles ne sont pas
diplômées de l?enseignement supérieur,
sont surreprésentées dans l?espace
périurbain et le rural. Ainsi les ouvriers et
employés diplômés de l?enseignement
supérieur habitent dans 63 % des cas un
pôle urbain, soit 21 points de plus que
l?ensemble des ouvriers et employés.
Les diplômés qui occupent un
emploi d?ouvrier ou d?employé sont
majoritairement très jeunes. Si un
quart des cadres ou professions
intermédiaires résidant dans un pôle
urbain a moins de 30 ans, la proportion
de jeunes diplômés qui occupent
un emploi d?ouvrier ou d?employé et
habitent ce même type d?espace est
d?un sur deux. La recherche d?une vie
culturelle et de loisirs généralement
plus riche dans les communes
urbaines - théâtre, concerts mais aussi
bibliothèques mieux approvisionnées
ou spécialisées - n?est pas seule en
cause. Les diplômés qui occupent un
emploi d?ouvrier ou d?employé ont des
possibilités d?avenir professionnel plus
en adéquation avec leur niveau d?études.
En effet, s?il n?est pas synonyme de
salaire élevé, un diplôme de niveau
supérieur confère une forme de statut,
ce qui présente des perspectives plus
solides face à l?avenir.
Le niveau de diplôme l?emporte sur le niveau de revenu
Répartition des diplômés de l?enseignement supérieur selon la catégorie socioprofessionnelle
et le lieu de résidence (en %)
0
10
20
30
40
50
60
70
Pôle urbain Périurbain Rural
cadres et professions intermédiaires
employés et ouvriers
ensemble de la population
Source : Insee, recensement de la population 2006.
Les familles dans le
périurbain, les jeunes en ville
Si la catégorie socioprofessionnelle,
le revenu et le niveau de diplôme ont
une influence sur le lieu de résidence,
l?avancement dans le « cycle de vie »
joue également un rôle majeur. En effet,
les moyens matériels et l?intérêt pour
s?installer dans une zone plutôt qu?une
autre diffèrent sensiblement selon que
la personne est étudiante, vient de
fonder une famille ou est à la retraite.
Au regard des caractéristiques socio-
démographiques de la population, les
couronnes périurbaines se caractérisent
ainsi comme l?espace privilégié des
familles avec enfants, tandis que les pôles
urbains constituent celui des personnes
seules.
En 2006, la part des jeunes âgés
de moins de 20 ans et celle des 40 à
59 ans est plus élevée dans le périurbain,
voire les communes rurales lorsque
les deux parents exercent une activité
professionnelle. Ce choix résidentiel a
cependant pour conséquence d?aug-
menter la nécessité et la fréquence
des déplacements. La concentration de
l?emploi mais aussi des services dans
les pôles urbains d?une part, la difficulté
d?offrir des transports collectifs dans un
espace périurbain2 peu dense d?autre
part, engendrent un accroissement de la
mobilité et par conséquent du nombre de
véhicules automobiles.
Le choix de résidence en zone périurbaine
entraîne donc le plus souvent l?acquisition
et l?utilisation d?un second véhicule dans
le ménage, pour rejoindre son travail,
transporter ses enfants ou réaliser
d?autres déplacements pour motifs
2 Pour plus d?informations, cf. les chapitres
« Déplacements domicile-travail : ça bouchonne » et
« La voiture carbure à l?étalement urbain ».
31
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
personnels. Ainsi, plus de huit ménages
périurbains intégrant un couple bi-actif
sur dix possèdent deux automobiles,
contre sept sur dix dans les pôles
urbains.
Cette proportion augmente encore
avec l?arrivée des enfants dans le
foyer. En effet, le fait d?avoir un enfant
viendra ajouter à la problématique de
rejoindre son lieu de travail, celle de
faire garder l?enfant puis de l?emmener
à l?école. Avec la périurbanisation, les
écoles des pôles urbains perdent des
élèves, alors que l?offre de modes de
garde devient un véritable enjeu dans
le périurbain. La présence de crèches,
de nourrices agréées et de services
périscolaires réduit les difficultés
d?organisation des déplacements des
familles périurbaines. Cela influe aussi
sur le maintien en emploi des femmes,
l?espace périurbain n?étant pas l?espace
privilégié pour l?accès à l?emploi, aux
équipements et aux services.
Si les familles privilégient l?espace
périurbain, les 20 à 39 ans, tranche
d?âge des étudiants et des jeunes
actifs, sont fortement présents dans
les pôles urbains. Ces lieux concentrent
en effet les structures d?enseignement
supérieur, les emplois et les logements
accessibles en location. Les familles
monoparentales, le plus souvent des
Le périurbain, l?espace des familles
Écart à la moyenne de la part des familles par commune en 2006
femmes aux revenus modestes avec
leurs enfants, sont également très
présentes dans les pôles urbains. Elles
peuvent ainsi bénéficier de la proximité
des services et équipements, mais
surtout d?un parc de logements locatifs
et sociaux plus important.
Après le départ des enfants et à l?âge
de la retraite, ou plus largement après
60 ans, les ligériens restent plus sou-
vent dans les communes rurales, alors
qu?ils sont nettement sous-représentés
dans les couronnes périurbaines. Ils
sont également très présents sur le
littoral, où ils représentent plus du tiers
de la population. Dans neuf cas sur
dix, ces ménages de retraités résidant
sur le littoral vivent en couple. A un
âge plus avancé, au-delà de 80 ans,
certains retournent vers les villes et
leurs infrastructures nombreuses, dans
le domaine de la santé notamment.
Enfants de moins de 15 ans,
jeunes en formation, jeunes
actifs, adultes, seniors :
autant de profils migratoires
typés
L?analyse des migrations résidentielles
sur la période récente illustre ce lien
de plus en plus fort entre position
dans le « cycle de vie » et localisation
dans l?espace. Si ces migrations
résidentielles touchent la plupart
des tranches d?âges de la population
des Pays de la Loire, l?influence de
ces mouvements démographiques
est très différente d?un territoire à
l?autre. En effet, l?âge et l?avancement
dans le « cycle de vie » sont des
caractéristiques qui privilégient les
déménagements vers une zone plutôt
qu?une autre.
Entre 2001 et 2006, les villes-
centres ont perdu en moyenne
6 000 personnes par an, soit environ
3 % de l?ensemble de leur population
en cinq ans. Sur la période, si elles
bénéficient d?un apport de 6 000 jeunes
âgés de 15 à 25 ans par an, elles
perdent en revanche 9 000 adultes
âgés de 25 à 39 ans par an. Elles
perdent aussi des quadragénaires et
des quinquagénaires, mais dans une
moindre mesure. Aux deux extrémités
de la pyramide des âges, la ville-
centre perd des enfants âgés de 5 à
14 ans et gagne quelques poignées
de retraités. Le bilan démographique
se traduit donc pour la ville-centre par
un poids accru des jeunes en formation
(lycéens, étudiants, apprentis) ou en
début d?activité, au détriment des
autres catégories d?âges.
Le bilan migratoire de la banlieue
est positif pour l?ensemble des
catégories d?âges, hormis pour les
20 à 29 ans. Entre 2001 et 2006,
la banlieue a en effet perdu plus de
1 000 de ces jeunes adultes par an en
moyenne. En contrepartie, elle attire
un nombre équivalent de trentenaires,
accompagnés de leurs enfants en bas
âge. Pour autant, l?effet démographique
des migrations résidentielles reste
assez marginal en banlieue : le solde
positif de 1 200 migrants par an en
moyenne ne représente qu?un peu plus
de 1 % de l?ensemble de la population
en cinq ans.
L?effet des migrations résidentielles
est particulièrement fort dans l?espace
périurbain : + 7 800 personnes en
solde net, soit plus de 5 % de la
population en cinq ans. Ce solde
migratoire reste négatif pour les jeunes
âgés de 15 à 24 ans. Il est ensuite
largement positif pour les adultes de
25 à 40 ans et leurs enfants âgés de
5 à 14 ans : + 8 700 personnes par
an. Les flux migratoires des adultes
se tassent ensuite avec la montée en
âge.
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Écart à la moyenne de la part des
familles par commune (en points)
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Le périurbain, l'espace des familles
Écart à la moyenne de la part des familles par commune en 2006
Plus de 14
Entre 10 et 14
Entre 6 et 10
Entre 0 et 6
Moins de 0
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation des familles. A l'inverse, un écart à la
moyenne négatif signale une sous-représentation des familles.
32
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
L?espace rural présente certaines
similitudes avec l?espace périurbain
quant aux soldes migratoires constatés
sur les pyramides des âges : afflux de
jeunes enfants et de jeunes adultes,
reflux de jeunes âgés de 15 à 24 ans.
L?influence du solde migratoire est
importante, supérieure à 4 %. Les
soldes migratoires des adultes sont
plus dispersés : ils sont au plus haut
entre 30 et 34 ans, puis baissent avec
l?avancée en âge. L?espace rural se
démarque de l?espace périurbain par
sa forte attractivité pour les seniors :
+ 2 800 personnes âgées de 50 à
69 ans par an en moyenne.
Les cadres achètent un
logement en ville, les
ouvriers à la campagne
Dans les Pays de la Loire, l?accès à la
propriété reste largement un objectif
pour chaque catégorie de population :
63 % des ménages sont propriétaires
de leur logement contre 57 % pour
la moyenne des ménages français.
Cependant les disparités sont grandes
entre les différents types d?espace.
Les pôles urbains n?attirent que les étudiants et les jeunes actifs
Répartition des migrations dans le pôle urbain selon l?âge des migrants
Lecture : Au cours des cinq dernières années, pour 108 jeunes de 15 à 24 ans qui se sont installés en pôle urbain,
170 adultes de 25 à 39 ans l?ont quitté.
-200
-150
-100
-50
0
50
100
150
solde migratoire
5 à moins
de 15 ans
15 à 24 ans
25 à 39 ans
40 à 59 ans
60 ans et plus
Source : Insee, recensement de la population 2006.
Les espaces périurbains et ruraux attirent surtout les familles
Répartition des migrations dans l?espace périurbain et le rural selon l?âge des migrants
Lecture : Au cours des cinq dernières années, pour 69 adultes de 25 à 39 ans qui se sont installés dans les espaces
périurbains ou ruraux, 32 jeunes de 15 à 24 ans ont quitté ces espaces.
Source : Insee, recensement de la population 2006.
-40
-20
0
20
40
60
80
60 ans et plus
solde migratoire
5 à moins
de 15 ans
15 à 24 ans
25 à 39 ans 40 à 59 ans
Ainsi, dans le périurbain, près de huit
ménages sur dix sont propriétaires
de leur logement, contre sept sur dix
pour les ménages qui résident dans
une commune rurale ou de banlieue.
Cette proportion dépasse à peine
quatre sur dix dans les villes-centres.
En contrepartie, le parc locatif est très
concentré dans les villes-centres : on
y trouve 60 % des habitats à loyers
modérés (HLM) et 50 % des locations
non-HLM.
Le coût du foncier et la catégorie
sociale sont les principaux facteurs
déterminants dans le choix de
l?accession à la propriété. Ainsi, plus de
sept cadres sur dix sont propriétaires
contre moins de quatre sur dix pour
les ménages employés, et un ménage
ouvrier sur deux. Si les cadres
supérieurs privilégient les villes-centres
pour l?achat d?un logement, les classes
moyennes, professions intermédiaires
et employés sont le plus souvent
propriétaires dans les couronnes
périurbaines. Les ouvriers, aux revenus
plus modestes, accèdent à la propriété
principalement dans les communes
rurales, où le coût du foncier est plus
attractif. Par ailleurs, la probabilité de
devenir propriétaire de son logement
croît avec l?âge. Si seulement 15 % des
moins de 30 ans sont propriétaires,
la proportion est de plus d?un sur
deux pour les trentenaires, puis elle
augmente régulièrement pour atteindre
huit ménages sur dix après 60 ans.
Quel que soit leur âge, les ménages
sont plus souvent propriétaires dans
les couronnes périurbaines. ?
Pour comprendre
ces résultats
L?étude des migrations
résidentielles dans le
recensement de la population
Jusqu?en 1999, le recensement
de la population résidant en
France était réalisé de manière
exhaustive, tous les six à neuf ans.
Depuis 2004, il est organisé par
enquêtes annuelles concernant
successivement tous les terri-
toires communaux au cours d?une
période de cinq ans.
Les informations de cette étude
sont issues d?une question figu-
rant dans le bulletin individuel
du recensement et portant sur
le lieu de résidence (commune)
cinq ans plus tôt. Pour l?enquête
de recensement de 2009, la
question était : « Où habitiez-
vous le 1er janvier 2004 ? ». Dans
les recensements classiques, il
s?agissait du lieu de résidence
au 1er janvier de l?année du
recensement antérieur. Ainsi
pour le recensement de 1999,
la question portait sur le lieu de
résidence au 1er janvier 1990. Du
fait de ce changement de la durée
d?observation des migrations,
il est délicat de comparer la
mobilité dans le temps.
Les statistiques sur les migrants
ne concernent que les per-
sonnes âgées de plus de
5 ans. Leurs caractéristiques
sociodémographiques (âge,
catégorie socioprofessionnelle...)
sont celles déclarées lors de
l?enquête de recensement. Ainsi,
lorsque l?on parle des migrations
de cadres, il s?agit de migrations
d?individus qui sont cadres à
l?issue de la migration.
33
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Pour en savoir plus
Maurin É., « Le ghetto français, enquête sur le séparatisme social », Seuil, 2004.
Roux E. et Vanier M., Délégation interministérielle à l?aménagement et à la compétitivité des territoires (Diact) (ex- Datar),
« La périurbanisation : problématiques et perspectives », la Documentation Française, Travaux n° 8, 2008.
Baccaïni B. et Levy D., « Les migrations entre départements : le Sud et l?Ouest toujours très attractifs », Insee
Première, n°1129, mars 2010.
Définitions
On appelle migrations résiden-
tielles les changements de lieu
de résidence. Dans le passé, la
résidence antérieure était celle au
1er janvier de l?année du précédent
recensement ; les deux dernières
périodes intercensitaires, 1982-
1990 et 1990-1999, étaient res-
pectivement de huit ans et de
neuf ans. Désormais, la résidence
antérieure est celle au 1er janvier
cinq ans auparavant. La période
observée est plus courte, donc
elle permet de « coller » de plus
près aux migrations. En effet,
le recensement ne saisit pas
les migrations intermédiaires.
En particulier, une personne qui
habite la même commune aux
deux dates peut très bien avoir
changé de commune de résidence
entre-temps. La probabilité d?un tel
événement ou d?enchaîner plusieurs
migrations est plus forte sur une
période de huit ou neuf ans que sur
une période de cinq ans. On peut
penser aussi que la question faisant
référence à une situation moins
ancienne, la déclaration est plus
fiable.
Les enfants de moins de 5 ans
n?étant pas nés à la date de référence
de la résidence antérieure, ils ne
sont pas inclus dans la population
susceptible d?avoir migré.
Le solde migratoire d?une zone
est la différence entre le nombre
d?entrants dans la zone, en prove-
nance du reste de la métropole, et
le nombre de sortants de la zone,
vers le reste de la métropole.
Un ménage fiscal est un ménage
ordinaire constitué par le regrou-
pement des foyers fiscaux réper-
toriés dans un même logement.
Le revenu fiscal correspond à la
somme des ressources déclarées
par les contribuables sur la
déclaration des revenus avant
abattement. C?est un revenu avant
redistribution et avant impôts.
Le nombre d?Unités de Consom-
mation (UC) d?un ménage permet
de tenir compte des économies
d?échelle résultant de la vie en
groupe. Il est évalué comme suit
: le premier adulte compte pour 1
UC, les autres personnes de plus
de 14 ans pour 0,5 UC chacune,
et les enfants de moins de 14 ans
pour 0,3 UC chacun.
La médiane du revenu fiscal par
unité de consommation partage
les personnes en deux groupes : la
moitié des personnes appartient à
un ménage dont le revenu déclaré
par UC est inférieur à la médiane,
et l?autre moitié un revenu par UC
supérieur.
Le seuil des bas revenus correspond
à la limite du 1er décile : 10 %
des personnes appartiennent à un
ménage qui déclare un revenu par
UC inférieur à cette valeur. Le seuil
des hauts revenus correspond à
la limite du 9e décile : 10 % des
personnes appartiennent à un
ménage qui déclare un revenu par
UC supérieur à cette valeur.
Le rapport interdécile est utilisé
pour mesurer la dispersion du
revenu. Il établit le rapport entre les
hauts et les bas revenus (9e décile/
1er décile).
34
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
En 2006, en Pays de la Loire 60 % des actifs changent de commune pour aller travailler. Les actifs
résident de plus en plus loin de leur travail, les emplois demeurant largement concentrés dans les
pôles urbains. La mobilité, amplifiée par la densification des espaces à la périphérie des villes, a
donc nettement augmenté depuis 1999. L?accessibilité à l?emploi diffère selon que l?on réside en
ville ou à la campagne. En effet, les actifs résidant dans l?espace périurbain ou le rural ont moins
de chances de trouver un emploi près de chez eux que ceux qui habitent un pôle urbain.
Avec l?intensification des navettes domicile-travail, les trajets s?allongent et les encombrements
routiers progressent. Sous l?effet de l?allongement et de l?augmentation des déplacements
domicile-travail, les pôles étendent leur aire d?attraction : la métropolisation, déjà assez marquée
dans la région, se renforce.
Déplacements domicile-travail : ça bouchonne
Nicole GICQUAUD et Amandine RODRIGUES (Insee)
La métropolisation se
renforce
Le territoire des Pays de la Loire
s?organise de plus en plus autour de ses
grands pôles qui concentrent une part
croissante de l?activité économique.
Près de la moitié des emplois de la
Sur la période récente, l?aug-
mentation des prix de l?immobilier
dans l?espace urbain a impulsé
une nouvelle vague de densification
de la deuxième couronne des
villes : on parle de périurbanisation.
Ce phénomène gagne aussi les
campagnes1. En effet, parallèlement
à la reprise de la périurbanisation, la
population de la région s?installe encore
plus loin des villes dans des espaces
encore considérés comme ruraux il y a
quelques années. On peut nommer ce
second phénomène rurbanisation.
Alors que la population ne cesse
de se loger de plus en plus loin des
villes-centres, l?emploi reste encore
largement concentré dans les pôles
urbains2. La périurbanisation, ainsi
que la densification de la population
dans les espaces périphériques qui en
découle, ont des conséquences sur le
développement des surfaces urbanisées
autour des villes : on assiste alors à de
l?étalement urbain et à une intensification
des déplacements domicile-travail. Cela
a des conséquences sur l?organisation
du territoire. L?accessibilité à l?emploi
peut varier d?une catégorie de la
population à une autre et selon le lieu
de résidence. La ségrégation socio-
spatiale prend alors tout son sens.
De plus, avec la prépondérance de
l?usage de la voiture dans la région,
l?augmentation de ces navettes n?est pas
sans peser sur le budget des ménages
les plus éloignés (qui sont souvent les
moins aisés), ou poser des difficultés
de circulation et des problèmes
environnementaux (surconsommation
d?énergie, pollution). L?organisation des
infrastructures de transports, dont les
transports collectifs, sur le territoire
devient un enjeu de plus en plus fort.
1. Cf le chapitre « En Pays de la Loire, les maisons
poussent comme des champignons... dans les
champs »
2. Cf le chapitre « Les emplois restent en ville »
Pays de la Loire, un maillage très serré des pôles d?attractivité de
l?emploi
Les pôles d?attractivité de l?emploi et leur aire d?influence en 2006
Pays de la Loire, un maillage très serré des pôles d'attractivité
de l'emploi
Les pôles d'attractivité de l'emploi et leur aire d'influence en 2006
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Nantes
Laval
Angers
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Saint-
Nazaire
Lecture : Les pôles d'attractivité de l'emploi sont des communes qui polarisent un grand nombre des navettes
quotidiennes. L'aire d'influence d'un pôle est constituée de communes dont au moins la moitié des actifs
résidents travaille dans le pôle ou dont le flux de sortants maximum est dirigé vers ce pôle, dans la limite d'un
minimum de 50 individus.
35
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
région est ainsi concentrée sur les
sept plus grands pôles urbains. Les
pôles de Nantes, Angers et Le Mans
rassemblent plus d?un emploi régional
sur trois (36 %). L?attraction du pôle
nantais ne se dément pas : en 2006, il
concentre à lui seul un emploi sur cinq.
L?attractivité de ces pôles engendre ainsi
des espaces de forts déplacements,
notamment autour de Nantes, Angers
et Le Mans. Les ménages cherchent à
échapper à l?augmentation des prix du
foncier et s?installent dans des zones
moins urbanisées. De ce fait, les actifs
résident de plus en plus loin de leur lieu
de travail.
On peut définir des aires d?attraction
autour des six plus grands pôles de
la région : Nantes, Angers, Le Mans,
Laval, La Roche-sur-Yon et Saint-Nazaire.
Toute commune dont au moins 40 %
des actifs résidents travaillent dans
un de ces pôles fera partie de l?aire
d?attraction correspondante. En 2006,
sur les 1 502 communes de la région,
298 font partie des aires d?attraction
des six plus grands pôles d?emploi, soit
45 communes supplémentaires depuis
1999 : la métropolisation se renforce.
Presque 180 000 navetteurs
supplémentaires
En 2006, dans la région des Pays de la
Loire, près d?1,5 million de personnes
occupent un emploi. 60 % d?entre elles
quittent leur commune de résidence
pour se rendre sur leur lieu de travail.
Depuis 1999, ce taux de mobilité
a progressé de six points. C?est un
rythme plus soutenu que pour la France
de province où, dans le même temps,
le taux de mobilité n?a augmenté que
de 4 points. En effet, c?est dans les
Pays de la Loire que l?écart entre
l?augmentation du nombre d?actifs et
celle du nombre de navetteurs a été le
plus important. Ce sont ainsi près de
180 000 personnes supplémentaires
qui se déplacent quotidiennement pour
seulement 177 000 actifs en plus. La
région se place au 4e rang des régions
dont le nombre d?actifs changeant
de commune pour aller travailler a
le plus augmenté (25 %), derrière la
Corse, le Languedoc-Roussillon et Midi-
Pyrénées.
Une mobilité très forte dans
le périurbain et le rural?
Si les distances parcourues s?accrois-
sent sur l?ensemble de la région,
les disparités entre les territoires
persistent. Ainsi, les actifs qui résident
dans les pôles urbains, communes
riches en emplois, sont moins
contraints de se déplacer. Moins d?un
sur deux change de commune pour
aller travailler, moins d?un sur trois pour
les seuls résidents de la ville-centre
d?un pôle urbain. Au niveau national,
les actifs urbains sont plus mobiles
que ceux de la région (52,6 % contre
47,2 %). Toutefois, la situation de la
région est assez remarquable en ce qui
concerne le nombre de grandes villes
qu?elle abrite : 36 communes de plus
de 10 000 habitants et Nantes, Angers
et Le Mans qui figurent parmi les 25
plus grandes villes françaises par la
taille de leur population. En Pays de la
Loire, comme dans les autres régions
françaises, les emplois restant très
concentrés dans les pôles urbains, les
actifs y résidant ont plus de chances
qu?ailleurs de trouver un travail dans la
même commune. Dès lors, ils ne sont
pas considérés comme « mobiles »,
leurs distances et temps de trajet
étant arbitrairement fixés à zéro, alors
que dans les faits la situation est bien
différente. Cette définition des mobiles
comme étant les actifs qui quittent
leur commune pour aller travailler et la
structure particulièrement urbaine des
Pays de la Loire créent un artéfact, non
mesurable, qui explique une partie de
l?écart observé entre la mobilité des
citadins au niveau national et celle au
niveau régional.
De leur côté, les actifs qui résident
dans les couronnes périurbaines
et les communes rurales, moins
bien pourvues en emplois, sont
beaucoup plus nombreux à changer
de commune pour se rendre au travail
(respectivement 78 % et 63 %). Pour
les résidents de ces espaces dans les
Pays de la Loire, le taux de mobilité
est quasiment identique à la moyenne
des régions de province. Toutefois, les
actifs qui habitent dans des communes
rurales « isolées » (hors pôles d?emploi
du rural et leurs couronnes) de la
région sont près de 68 % à quitter leur
De plus en plus de mobiles
Taux de mobiles par commune en 1999 et 2006
De plus en plus de mobiles
Taux de mobiles par commune en 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 1999
Plus de 80
Entre 70 et 80
Entre 60 et 70
Entre 50 et 60
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 50
Taux de mobiles par commune
en 1999 (en %)
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Taux de mobiles par commune
en 2006 (en %)
Plus de 80
Entre 70 et 80
Entre 60 et 70
Entre 50 de 60
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 50
36
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
commune de résidence pour se rendre
à leur travail, soit 4 points de plus que la
moyenne française. Cette mobilité plus
marquée est à rapprocher du maillage
particulièrement serré du territoire en
termes de pôle d?attractivité de l?emploi.
En effet, la plupart des communes
de la région sont sous l?influence d?un
pôle d?attractivité de l?emploi, de taille
variable. Ainsi, dans la région, le rural
« isolé » est plus rare qu?ailleurs.
?renforcée par
la périurbanisation et
la rurbanisation
La concentration de l?emploi dans
les pôles et le choix des ménages
de s?installer toujours plus loin des
villes renforcent l?accroissement des
déplacements domicile-travail. Ainsi,
entre 1999 et 2006, le taux de
mobilité a peu varié pour les actifs
résidant dans les pôles urbains. à
l?opposé, il a fortement augmenté pour
ceux qui résident dans les couronnes
périurbaines et les espaces ruraux
(respectivement + 5 et + 9 points).
Sur les 880 000 actifs mobiles de
la région, plus de trois sur cinq - soit
577 000 personnes - habitent une
commune située dans un espace
périurbain ou rural. Ainsi, le fait que
les phénomènes de périurbanisation
et de rurbanisation ne s?accompagnent
pas d?un desserrement des emplois
dans les espaces périurbains et les
campagnes, favorise l?amplification des
navettes domicile-travail.
Entre 1999 et 2006, les trajets
parcourus par les actifs résidant
dans l?espace rural ont augmenté de
2 kilomètres. Les trajets domicile-travail
sont restés stables pour les actifs qui
résident dans les espaces urbains et
périurbains en termes de distance. En
revanche, la durée des trajets augmente
plus fortement pour les habitants des
couronnes périurbaines que pour ceux
des pôles urbains. Les difficultés de
circulation sont d?autant plus fortes que
la voiture est le moyen de locomotion
privilégié dans ces zones peu pourvues
en réseau de transports en commun.
Le lieu de travail n?est pas le
lieu de résidence
En 2006, les pôles urbains regroupent
60 % de l?emploi salarié de la région,
quand n?y réside que 44 % de la
population active. Cette déconnection
emploi-habitat génère un déséquilibre
et donc des inégalités dans l?accès
à l?emploi selon le lieu de résidence.
Les pôles urbains regroupent ainsi
136 emplois pour 100 actifs résidents.
Ce ratio est largement tiré vers le haut
par les villes-centres. A contrario, les
couronnes périurbaines abritent plus
d?actifs résidents que d?emplois :
on y dénombre ainsi 2 actifs pour
1 emploi. L?espace périurbain est
donc un important réservoir d?actifs.
L?espace à dominante rurale, pour sa
part, présente un équilibre relatif, avec
85 emplois pour 100 actifs résidents.
Toutefois, au sein du rural, les pôles
d?emploi ruraux se distinguent. Ils ont
un comportement similaire à celui
des pôles urbains dans les Pays de
la Loire : ils offrent 129 emplois pour
100 actifs.
Un actif résidant dans un pôle urbain a
donc potentiellement plus de chances
de trouver un emploi près de chez lui
qu?un actif périurbain. Cependant, les
emplois proposés à proximité de son
domicile ne sont pas forcément en
adéquation avec ses compétences.
Ainsi un ouvrier résidant dans un pôle
urbain aura moins de chances de
trouver un emploi sur sa commune
qu?un ouvrier résidant dans l?espace
périurbain ou le rural. En effet, le ratio
entre le nombre d?emplois et le nombre
d?habitants, en fonction du caractère
urbain ou rural d?un territoire, varie selon
les catégories socio-professionnelles.
Les sept principales aires d?attraction
de la région ont plus d?emplois que
d?actifs résidents. Avec respectivement
127 et 125 emplois pour 100 actifs
résidents, les taux de couverture de
l?emploi (nombre d?emplois sur nombre
d?actifs résidents) dans les aires
Une mobilité renforcée par la périurbanisation et la rurbanisation
Taux de mobiles (actifs changeant de commune pour aller travailler) selon le type d?espace en 2006
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Pôle urbain Espace périurbain Pôle rural Autre commune de
l'espace rural
Ensemble
Pays de la Loire France de province
Les emplois plutôt dans les pôles, les actifs résidents plutôt dans le périurbain
Taux de couverture de l?emploi (ratio emplois sur actifs résidents) selon le type d?espace en 2006
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
Ville-centre
d'un pôle urbain
Banlieue
d'un pôle urbain
Espace
périurbain
Pôle rural Autres communes
rurales
Ensemble
Pays de la Loire France de province
Source : Insee, Recensement de la population 2006, exploitation complémentaire.
Champ : Actifs de 15 à 64 ans ayant un emploi.
Lecture : Dans les villes-centres des pôles urbains des Pays de la Loire, on compte 151 emplois pour 100 actifs
résidents.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006, exploitation complémentaire.
Champ : Actifs de 15 à 64 ans ayant un emploi.
37
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
d?attraction de Cholet et La Roche-sur-
Yon dépassent largement ceux des plus
grandes aires de la région. En effet,
celles de Nantes, Angers et Le Mans
offrent respectivement 107, 105 et
103 emplois pour 100 actifs résidents.
Laval et Saint-Nazaire occupent une
position intermédiaire.
Une déconnection emploi-
habitat de plus en plus forte
Entre 1999 et 2006, le volume
d?emploi augmente. Tandis que le
nombre d?emplois des pôles urbains
progresse de 14 %, le nombre d?actifs
résidents y augmente seulement de
8 %. Dans les couronnes périurbaines,
le nombre d?emplois augmente de
20 % et reste légèrement devancé par
le nombre d?actifs résidents. Le taux
de couverture de l?emploi subit ainsi
de fortes variations selon les types
d?espace et les écarts continuent de
se creuser. En progression de 8 points
dans les pôles urbains, le rapport
emplois sur actifs résidents diminue de
5 points dans l?espace rural. Ainsi, les
pôles urbains se positionnent de plus
en plus comme des réservoirs d?emploi.
La discordance entre le nombre d?actifs
et le nombre d?emplois reste toujours
aussi marquée dans l?espace périurbain
et est de plus en plus forte dans le rural.
L?inadéquation entre lieu d?emploi et lieu
d?habitat est de plus en plus marquée.
Ainsi, le phénomène de rurbanisation
peut amener certains villages en
périphérie des grandes villes à devenir
de nouvelles cités-dortoirs, les actifs
résidents des campagnes partant
travailler dans les villes. La répartition
de la population et des emplois de la
région est relativement comparable
à celle de la moyenne des régions de
province. Le poids des pôles urbains
et celui des pôles d?emploi de l?espace
rural dépassent largement ceux des
espaces périurbains et ruraux.
Dans les aires d?attraction de La
Roche-sur-Yon et de Cholet, le nombre
d?emplois a progressé plus vite que le
nombre d?actifs résidents : leur taux de
couverture de l?emploi a ainsi fortement
progressé (+ 8 points pour l?aire de
Cholet et + 7 pour celle de La Roche-
sur-Yon). Le taux de couverture de
l?emploi progresse aussi dans les cinq
autres principales aires d?attraction
de la région, mais dans une moindre
mesure.
Un travail toujours plus loin
du domicile
Non seulement le nombre de navetteurs
augmente, mais les distances parcou-
rues pour aller travailler s?allongent :
les actifs habitent de plus en plus
loin de leur lieu de travail. En 2006,
dans les Pays de la Loire, trois actifs
sur cinq quittent leur commune de
résidence pour se rendre sur leur lieu
de travail. Ils effectuent en moyenne
des trajets de 17 kilomètres et d?une
durée de 25 minutes en heures
pleines. Pour la moitié d?entre eux, le
trajet domicile-travail est supérieur à
12 kilomètres et 22 minutes. En Pays
Les emplois offerts près du domicile ne correspondent pas forcément à
la qualification des actifs résidents
Taux de couverture de l?emploi (ratio emplois sur actifs résidents) selon le type d?espace et la catégorie
socioprofessionnelle
160
140
120
100
80
60
40
20
0
Pôle urbain Périurbain Rural
cadres
professions intermédiaires
employés
ouvriers
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
Lecture : Dans le pôle urbain, il y a 110 emplois de cadres pour 100 cadres y résidant. Dans l?espace rural, il y a
142 emplois d?ouvriers pour 100 ouvriers y résidant.
Des trajets de plus en plus longs
Distance médiane parcourue par les actifs résidents pour rejoindre leur lieu de travail en 1999 et 2006
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Des trajets de plus en plus en longs
Distance médiane parcourue par les actifs résidents pour rejoindre leur lieu de travail en 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 1999
Plus de 13
Entre 10 et 13
Entre 7 et 10
Entre 4 et 7
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 4
Distance médiane parcourue
en 1999 (en km)
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Plus de 13
Entre 10 et 13
Entre 7 et 10
Entre 4 et 7
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 4
Distance médiane parcourue
en 2006 (en km)
38
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
de la Loire, 271 000 actifs parcourent
plus de 20 kilomètres en 2006, soient
77 000 actifs de plus qu?en 1999. Ainsi
le poids des trajets longs se renforce
de 3 points. Entre 1999 et 2006, les
trajets domicile-travail augmentent en
moyenne d?1 kilomètre pour l?ensemble
des actifs. Rapportée à la longueur
des trajets moyens, c?est une distance
supplémentaire conséquente.
Les actifs qui résident en Loire-
Atlantique travaillent plus souvent
hors de leur commune de résidence
que ceux qui résident dans les autres
départements de la région (62 %
contre moins de 60 %). Ils travaillent
également plus loin de leur domicile. Ils
parcourent en moyenne 16 kilomètres
quand leurs homologues mayennais,
à l?autre extrême, parcourent
12 kilomètres. La moitié des actifs qui
résident en Loire-Atlantique parcourt
plus de 8 kilomètres, soit deux fois
plus que ceux qui résident en Mayenne.
Les temps de trajet sont également
plus longs en Loire-Atlantique que dans
les autres départements. C?est pour
les habitants de la Mayenne qu?ils sont
les plus courts, mais ils se sont accrus
plus vite qu?ailleurs depuis 1999, avec
une augmentation de 5 minutes en
heures pleines contre 3 minutes dans
les autres départements de la région.
Une circulation moins fluide
dans l?espace urbain
Si l?augmentation des distances en
kilomètres a un impact évident sur le
budget essence des ménages, elle ne
suffit pas à rendre compte des temps
de trajet, qui eux ont un impact sur
le « budget temps » des ménages.
En effet, à distance égale, le temps
de trajet peut être variable. Il dépend
beaucoup du lieu de travail et est
bien sûr beaucoup plus long en cas
d?utilisation de l?automobile dans des
zones très urbanisées. La vitesse de
circulation étant plus réduite dans les
zones urbaines, les écarts entre les
temps de trajet en zones urbaines
et rurales sont plus faibles que ne le
sont les distances. Ainsi, en heures
pleines, la durée des trajets pour les
actifs domiciliés dans l?espace rural
est inférieure à celle des résidents de
l?espace périurbain (16 minutes contre
22 minutes), alors qu?ils parcourent
des distances presque égales
(16 kilomètres et 17 kilomètres), soit
une vitesse moyenne de 60 km/h pour
les actifs de l?espace rural et 46 km/h
pour ceux de l?espace périurbain.
Cette vitesse plus élevée dans l?espace
rural est à relier au fait que les actifs
y résidant sont moins nombreux que
dans le périurbain à aller travailler dans
un pôle urbain, où les conditions de
circulation sont les plus difficiles.
Pour l?ensemble des actifs de la région,
un trajet effectué en heures pleines est
supérieur de 3 minutes en moyenne
à la durée d?un même trajet effectué
en heures creuses. Cet écart entre la
Des trajets plus courts dans les pôles urbains mais une vitesse réduite
Distance et vitesse de déplacement en 2006 selon le ZAUER
vitesse (en km/h) distance moyenne (en km)
0 10 20 30 40 50 60 70
littoral
rural
périurb.
ville-centre
banlieue
région
Des trajets plus courts dans les pôles urbains
mais une vitesse réduite
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
durée des trajets varie selon la zone de
résidence.
Dans les départements où sont situées
les trois plus grandes métropoles de la
région (Nantes, Angers et Le Mans), les
écarts sont plus importants. Ainsi, en
Loire-Atlantique, les trajets effectués en
heures pleines ont une durée supérieure
de 4 minutes en moyenne à celle des
mêmes trajets effectués en heures
creuses. Dans le Maine-et-Loire et dans
la Sarthe, l?écart est de 3 minutes en
moyenne. C?est dans le département
Si les trajets sont plus longs dans le périurbain, ils prennent plus de
temps dans les pôles
Temps de trajet médians en 2006 des actifs résidents
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Temps de trajet médian
(en minutes)
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Si les trajets sont plus longs dans le périurbain, ils prennent plus
de temps dans les pôles
Temps de trajet médian des actifs résidents en 2006
Plus de 20
Entre 15 et 20
Entre 10 et 15
Entre 0 et 10
0
Lecture : Pour les actifs travaillant et résidant dans la même commune les temps et distances de trajet sont
considérés comme étant nuls. Par conséquent, lorsque plus de la moitié des actifs d'une commune est dans
ce cas le temps de trajet médian est nul.
39
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
Plus on s?éloigne de la ville-centre, plus l?écart entre heures creuses et
heures pleines diminue
Écart entre trajets en heures pleines et heures creuses en 2006 en minutes
de la Mayenne, moins urbanisé, qu?il
est le moins significatif.
Toujours pour des raisons de circulation
plus difficile pour les actifs qui résident
en milieu urbain, l?écart entre la durée
d?un même trajet effectué en heures
pleines ou en heures creuses est
plus élevé qu?ailleurs. Ainsi, pour les
actifs résidant dans une commune de
banlieue d?un pôle urbain, la durée du
trajet moyen varie de 5 minutes selon
qu?ils font leur parcours en heures
pleines ou en heures creuses. Cet écart
est de 3 minutes en moyenne pour les
actifs qui résident dans le périurbain.
Ce sont les actifs qui résident dans
l?espace rural qui subissent le moins
de variations : ils mettent 1 minute de
plus en moyenne pour rejoindre leur
travail lorsque le parcours est réalisé
en heures pleines plutôt qu?en heures
creuses.
Les cadres se déplacent
moins souvent mais plus loin
La facilité d?accès à l?emploi est
donc variable selon le caractère
urbain ou rural du lieu d?habitat. Or,
la population n?est pas répartie de
façon uniforme sur le territoire : la
catégorie socioprofessionnelle joue
un rôle prépondérant dans le lieu
d?implantation des actifs. Les cadres
et les professions intermédiaires sont
surreprésentés dans les pôles urbains,
où l?accès à l?emploi est plus aisé,
quand les ouvriers et les employés sont
surreprésentés dans le périurbain et le
rural, plus pauvres en emploi. Toutefois,
la structure des emplois proposés n?est
pas forcément en adéquation avec les
populations présentes sur un territoire.
Ainsi, les cadres et les employés
changent moins souvent de commune
pour aller travailler que les ouvriers et les
professions intermédiaires. Cependant,
lorsqu?ils quittent leur commune pour
aller travailler, les cadres sont ceux
qui ont les plus longs trajets domicile-
travail. Ainsi, la moitié des cadres
travaille dans une commune située à
plus de 14 kilomètres et 28 minutes
de leur lieu de résidence. A l?opposé,
les employés sont ceux qui travaillent le
plus près de chez eux : la moitié d?entre
eux parcourt moins de 11 kilomètres
pour se rendre au travail en 21 minutes.
Les écarts de distance et de temps de
trajet pour aller travailler ne s?expliquent
donc pas uniquement par des choix
ou des contraintes qui conduiraient
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5
Ensemble Pays de
la Loire
Littoral
Espace rural
Couronne périurbaine
Pôle urbain
Source : Insee, recensement de la population 2006.
certaines catégories de la population à
habiter plus ou moins loin de leur lieu
de travail. En effet, les cadres ont les
trajets les plus longs alors qu?ils sont
surreprésentés dans les pôles urbains
(62 % d?entre eux y vivent contre 47 %
des actifs en moyenne), espace où les
déplacements domicile-travail sont les
plus courts en moyenne. Enfin, 80 %
des employés sont des femmes et 70 %
des cadres des hommes. Les hommes
sont plus mobiles et ont des trajets
plus longs que les femmes, quelle que
soit la catégorie socioprofessionnelle :
cette répartition hommes-femmes des
cadres et des employés vient elle aussi
justifier les spécificités observées en
termes de déplacements domicile-
travail.
Les ouvriers sont les plus mobiles. En
effet, sept ouvriers sur dix quittent leur
commune de résidence pour se rendre
sur leur lieu de travail. Les trajets
qu?ils effectuent sont proches de la
moyenne en termes de distance. En
revanche leurs temps de trajets sont
plus courts que pour l?ensemble des
actifs. Cela s?explique par le fait que
les ouvriers sont surreprésentés dans
l?espace périurbain et le rural, espaces
où la circulation est plus fluide et où il
est très facile pour eux de trouver un
emploi, étant donné la structure du
marché du travail dans ces zones.
Les grands pôles de
la région : vers un
polycentrisme de l?emploi
ou un étalement contrasté
L?analyse conjointe des mobilités
résidentielles et des déplacements
domicile-travail fait ressortir plusieurs
schémas de développement des
espaces urbains. Dans certaines aires
urbaines, on observe un polycentrisme
de l?emploi. C?est le cas des plus grandes
aires urbaines françaises, notamment
les capitales régionales comme Paris,
Lyon, Marseille, Bordeaux? En Pays de
la Loire, cela concerne Nantes, Angers,
La Roche-sur-Yon et Saint-Nazaire. Les
espaces urbains s?y caractérisent par
un phénomène de périurbanisation très
marqué. L?étalement de la population
s?accompagne d?un relatif étalement
de l?emploi, marqué par l?émergence
de pôles d?emploi secondaires. Par
conséquent les trajets domicile-travail
ne s?y allongent pas ou peu.
Dans d?autres aires, comme Laval ou
Le Mans, l?étalement est contrasté.
Cette catégorie d?aires urbaines se
caractérise par un double mouvement :
étalement urbain et resserrement
autour du pôle urbain. L?étalement
urbain se manifeste au travers des
déménagements d?habitants des
villes-centres vers la banlieue et le
périurbain. Toutefois, les nouveaux
habitants de l?espace périurbain ne sont
pas uniquement des citadins : certains
viennent des communes rurales. Ainsi,
l?éloignement des centres-villes est
modéré par un resserrement du rural
vers le périurbain, l?emploi restant
polarisé au sein du pôle urbain.
Les grands pôles étendent
leur attraction
Les grandes métropoles de la région
continuent d?étendre leur influence.
Ainsi, l?aire d?attraction de Nantes s?étale
sur 340 km² supplémentaires, gagnant
près de 43 000 habitants. L?influence de
la capitale angevine s?étend, elle aussi,
en conquérant 290 km² additionnels
pour 22 200 habitants de plus. L?aire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
40
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
Des couloirs de déplacements se dessinent
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d?attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour
communes satellites toute commune dont au moins 20 % des actifs résidents travaillent dans le pôle
Les pôles étendent leur aire d?influence
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d?attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour
communes satellites toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle
d?attraction du Mans gagne 120 km² et
7 500 habitants supplémentaires contre
140 km² et 5 000 habitants pour Laval.
Les aires d?attraction de Saint-Nazaire
et La Roche-sur-Yon présentent, quant
à elles, une certaine stabilité.
Les aires d?Angers et de Laval
s?étendent concentriquement, alors
que Nantes gagne du terrain, surtout
à l?est, et semble s?étirer le long d?un
axe nord-sud. L?aire du Mans, quant à
elle, étend son influence au nord-ouest
et au sud-est. Par l?étalement urbain,
certaines aires d?attraction pourraient
se rejoindre, voire se chevaucher. Ainsi,
si on considère comme communes
satellites celles qui envoient 20 % de
leurs actifs résidents travailler dans
le pôle au lieu des 40 % habituels, un
couloir de déplacement apparaît alors
entre Nantes et Saint-Nazaire. Prinquiau,
La Chapelle-Launay et Lavau-sur-Loire
seraient à la fois sous influence nantaise
et nazairienne.
Des trajets plus longs autour
des grandes métropoles
Les trajets domicile-travail sont
généralement plus longs tant en
termes de distance que de durée pour
les actifs qui résident et travaillent
dans les aires d?attraction des grandes
métropoles de la région. Ainsi, autour
de Nantes et de Saint-Nazaire, les
trajets font en moyenne 13 kilomètres
contre 11 kilomètres dans les aires
d?attraction d?Angers et du Mans. Les
actifs résidents des aires de Laval et
de La Roche-sur-Yon parcourent en
moyenne 9 et 10 kilomètres pour aller
travailler. La durée moyenne des trajets
pour les actifs de l?aire de Nantes est de
28 minutes, devançant ceux de Saint-
Nazaire de 2 minutes et ceux d?Angers
de 3 minutes. Dans l?aire du Mans, il
faut en moyenne 23 minutes pour se
rendre sur son lieu de travail. Dans les
aires de Laval et la Roche-sur-Yon, les
actifs mettent 15 minutes.
Ces distances et temps de trajet ont peu
évolué au sein des aires d?attraction.
Ainsi, les trajets moyens ont augmenté
de 1 kilomètre seulement autour de
Nantes et de Laval. ?
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
Des couloirs de déplacements se dessinent
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d'attraction des 6 plus grands pôles de la région avec
pour communes satellites toute commune dont au moins 20 % des actifs résidents travaillent
dans le pôle
Sous double influence
Apparue
Stable
Disparue
Statut des communes satellites
Lecture : Le statut «apparue» signifie que la commune n'était pas satellite du pôle en 1999 mais l'est devenue
en 2006. à l'inverse, le statut «disparue» signifie que la commune était satellite du pôle en 1999 et ne l'est
plus en 2006. Les communes «sous double influence» sont satellites de deux pôles distincts en 2006.
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
Les pôles étendent leur aire d'influence
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d'attraction des 6 plus grands pôles de la région avec
pour communes satellites toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent
dans le pôle
Apparue
Stable
Disparue
Statut des communes satellites
Lecture : Le statut «apparue» signifie que la commune n'était pas satellite du pôle en 1999 mais l'est devenue
en 2006. à l'inverse, le statut «disparue» signifie que la commune était satellite du pôle en 1999 et ne l'est
plus en 2006.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
41
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
Définitions
Le taux de mobilité est le ratio
des actifs résidents changeant de
commune pour aller travailler sur le
nombre total d?actifs résidents.
Le taux de couverture de l?emploi
est le ratio du nombre d?emplois sur le
nombre d?actifs résidents.
L?aire d?attraction d?un pôle urbain
est composée de l?ensemble des
communes du pôle, ainsi que des
communes satellites de ce pôle. On
entend par commune satellite toute
commune dont au moins 40 % des
actifs résidents travaillent dans le pôle.
Le concept d?aire d?attraction diffère
donc de celui d?aire urbaine. En effet,
une aire urbaine est un ensemble de
communes, d?un seul tenant et sans
enclave, constitué par un pôle urbain,
et par des communes rurales ou
unités urbaines (couronne périurbaine)
dont au moins 40 % de la population
résidente ayant un emploi travaille
dans le pôle ou dans des communes
attirées par celui-ci.
L?accessibilité à l?emploi ne doit pas
être confondue avec l?accès à l?emploi,
l?accessibilité n?étant qu?une possibilité
d?accès.
Pour comprendre ces résultats
Les flux de déplacements domicile-
travail sont issus des résultats
statistiques du recensement de la
population 2006.
Les distances et temps de trajet
Le temps de trajet est un temps
calculé et non un temps déclaré par
l?enquêté, comme dans les enquêtes
Déplacements ou l?enquête nationale
Transports : c?est le temps nécessaire
pour se rendre de sa commune de
résidence à sa commune de travail en
automobile. La distance est mesurée
entre le centre de la commune de
résidence et le centre de la commune
de travail. En conséquence, pour
ceux qui résident et travaillent dans la
même commune, la distance est nulle.
Par ailleurs, changer de commune ne
signifie pas nécessairement parcourir
une longue distance, les deux
communes pouvant être très proches,
voire limitrophes.
Les relations distance-temps ainsi
établies de façon conventionnelle n?ont
qu?une valeur indicative quant aux
vitesses moyennes implicites qu?elles
révèlent : elles permettent cependant
de préciser la diversité des situations
d?arbitrage distance-temps de trajet
selon les types d?espaces.
Le distancier utilisé pour le calcul des
distances routières et temps de trajet
entre communes a été fourni par l?Inra.
Il est utilisé pour les données 2006
et 1999 mais il utilise les données
de structure routière 2005. Il s?agit
seulement de mesurer l?impact de
l?évolution des flux.
Pour en savoir plus
« Les transports et déplacements des habitants des Pays de la Loire », Dossier, n°35, Insee Pays de la
Loire, avril 2010.
Sigler N., Victoire C., « L?attractivité de Saint-Nazaire : plus loin des villes et de la côte, les habitants
roulent toujours plus », Études, n°81, Insee Pays de la Loire, novembre 2009.
Hubert J-P., « Dans les grandes agglomérations, la mobilité quotidienne des habitants diminue, et elle
augmente ailleurs », Insee Première, n°1252, juillet 2009.
Julé M., « La périurbanisation fait augmenter les déplacements domicile-travail - L?année
économique et sociale 2007 dans les Pays de la Loire », Dossier, n°29, Insee Pays de la Loire, mai
2008.
Baccaïni B., Sémécurbe F. et Thomas G., « Les déplacements domicile-travail amplifiés par la
périurbanisation », Insee Première, n°1129, mars 2007.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
42
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Les habitants des communes
périurbaines se distinguent de
ceux des autres territoires par
des niveaux de revenus supérieurs,
un âge moyen faible, des ménages de
taille importante, un taux d?activité fort
et une part élevée d?actifs navetteurs,
c?est-à-dire qui quittent chaque jour
leur commune de résidence pour aller
travailler. Ces spécificités expliquent
pour une large part la dépendance
des périurbains à l?automobile. Au
fil du temps, celle-ci est devenue
indispensable tant pour se rendre sur
son lieu de travail que pour amener les
enfants sur leur lieu d?études, ou encore
pour les autres motifs de déplacements
(achats, accompagner ou aller chercher
quelqu?un, loisirs,?).
L?équipement en voiture
atteint son plafond dans les
communes périurbaines
En 2006, 86 % des ménages de la
région disposent d?au moins une voiture
particulière, contre 84 % en 1999
et 80 % en 1990. Pour ce critère, la
région des Pays de la Loire se place
au 2e rang des régions françaises
après Poitou-Charentes. Elle occupe
la 1re place pour ce qui est de la multi-
motorisation : près de quatre ménages
sur dix disposent d?au moins deux
voitures en 2006, soit dix points de
plus qu?en 1990.
Cette forte motorisation s?explique au
niveau national par le développement
Les liens entre périurbanisation, infrastructures de transports et mobilité des ménages sont très
forts. Pendant plusieurs siècles, l?étalement de l?urbanisation s?est effectué en « doigts de gants »
le long des axes de communication, routiers et ferroviaires. Il est aujourd?hui plus homogène sur
le territoire en raison de la généralisation de la seconde voiture dans les ménages. L?amélioration
des réseaux de transports et la motorisation croissante des habitants constituent ainsi des
facteurs aggravant l?extension de l?habitat à la périphérie des villes.
La périurbanisation favorise plus spécifiquement l?usage de l?automobile. D?une part, la voiture
particulière est le mode de transport le mieux adapté aux espaces dont l?urbanisation est diffuse
et peu dense. D?autre part, les transports collectifs y sont peu présents ou de qualité médiocre,
ceux-ci n?étant efficaces que lorsqu?il est possible d?acheminer un nombre élevé d?usagers vers
une destination commune. L?abaissement des densités urbaines renforce la tendance générale
à une augmentation de la part des déplacements en automobile au détriment des autres modes
de transport.
La voiture carbure à l?étalement urbain
Denis DOUILLARD (Dreal)
Les principaux déterminants de l?équipement
des ménages en voiture
Trois facteurs principaux influent sur l?équipement des ménages en voiture. Le premier
est relatif au niveau de revenu. Les ménages non motorisés sont pour l?essentiel des
personnes disposant de ressources financières modestes. On observe ainsi que les
cadres sont nettement plus motorisés que les employés et les chômeurs : en Pays de
la Loire, 97 % des ménages dont la personne de référence est cadre ou issue d?une
profession intellectuelle supérieure disposent d?au moins une voiture contre 87 %
pour les employés et 60 % pour les personnes sans activité professionnelle (autres
que retraités). Cet effet « revenu » est le déterminant le plus robuste en ce sens qu?il
est peu sensible aux autres caractéristiques socio-économiques des ménages.
Un effet « âge » peut également être mis en évidence. A revenus égaux, les adultes
jeunes sont plus motorisés que les personnes âgées. Ces dernières effectuent moins
de déplacements quotidiens, sont en part relative moins nombreuses à posséder
le permis de conduire et ont plus recours aux transports collectifs. A l?inverse, les
couples avec enfant sont ceux où le multi-équipement en voiture est le plus fréquent :
le nombre de voitures dont dispose un ménage est étroitement corrélé au nombre de
personnes qui le compose.
Le troisième déterminant est lié à la densité de l?habitat. L?équipement automobile
est d?autant plus fréquent que le maillage urbain est lâche. Plus une zone est dense,
plus les transports collectifs sont efficaces et les difficultés de circulation automobile
importantes. La motorisation est ainsi plus forte dans les territoires périurbains
que dans les agglomérations, car les zones d?activités et de résidences y sont plus
dispersées, tandis que l?offre de modes alternatifs à la voiture est inexistante ou peu
compétitive.
L?analyse géographique (par commune) et temporelle (entre les recensements de la
population de 1990, 1999 et 2006) de la motorisation des ménages en Pays de la Loire
permet d?illustrer ces trois phénomènes.
de l?habitat à la périphérie des
agglomérations, qui a induit une
dissociation croissante entre les lieux
de domicile et de travail, et le départ
de plus en plus tardif des étudiants
et jeunes actifs du domicile parental.
Elle est également liée à plusieurs
facteurs relatifs aux Pays de la Loire :
taux d?emploi élevé (à rapprocher
de l?augmentation du taux d?activité
des femmes), attrait pour la maison
individuelle (plus fortement pourvue en
stationnement automobile que l?habitat
collectif), nombre important de familles,
etc.
Les caractéristiques des territoires
périurbains coïncident avec les
43
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
déterminants de la motorisation des
ménages (cf. encadré). Ainsi, de
nombreux couples avec enfant s?étant
installés dans l?espace périurbain, plus
de la moitié des ménages y dispose
d?au moins deux voitures particulières.
Ce seuil de la moitié de ménages multi-
motorisés est notamment dépassé
dans nombre de communes situées
entre les agglomérations de Nantes,
Cholet et La Roche-sur-Yon. Il en est de
même au nord de la Loire entre Nantes
et Saint-Nazaire, dans la majorité des
bassins qui entourent Angers et à un
degré moindre autour du Mans.
En Pays de la Loire, les motorisations les
plus importantes sont ainsi atteintes à
Treillières, Grandchamps-des-Fontaines,
Sucé-sur-Erdre pour la Loire-Atlantique,
ainsi que Bouchemaine dans le Maine-
et-Loire ; il s?agit principalement de
communes des deuxième ou troisième
couronne des grandes agglomérations
nantaise et angevine. Dans ces
communes, où les revenus médians par
habitant sont particulièrement élevés,
plus de 96 % des ménages possèdent
une voiture.
Le taux de motorisation est en revanche
nettement inférieur dans les principales
villes-centres de la région, autour de
75 % à Nantes, Angers et Le Mans.
Cette opposition entre ville-centre,
banlieue et couronne périurbaine
est d?autant plus marquée que l?aire
urbaine est peuplée. La commune
des Sables-d?Olonne a pour spécificité
d?être la moins motorisée des Pays de
la Loire (72 % de ménages motorisés
en 2006) : de densité très importante,
cette commune se distingue aussi par
une forte proportion de personnes
âgées.
La proportion de ménages de l?espace
périurbain et de l?espace rural disposant
d?autant de voitures que de membres
adultes s?est donc fortement accrue
dans la région. En conséquence,
dans deux tiers des déplacements
réalisés en voiture dans la région, le
véhicule n?est occupé que par le seul
conducteur. Comme au niveau national,
la proportion de déplacements en
voiture avec au moins un passager a
baissé en quinze ans.
Plus de déplacements entre
l?espace rural et les centres
urbains qu?ailleurs
Les échanges entre les différents
espaces constituant le territoire de la
Source : Insee, recensements de la population de 1990, 1999 et 2006.
La motorisation des ménages est plus élevée en Pays de la Loire que
dans les autres régions françaises
Équipement des ménages en voiture (population en %)
Pays de la Loire France métropolitaine
1990 1999 2006 1990 1999 2006
Ménages non motorisés 19,7 16,2 13,9 24,4 20,9 19,5
Ménages ayant 1 voiture 51,2 48,6 46,9 50,5 48,8 47,4
Ménages ayant 2 voitures
ou plus 29,0 35,2 39,1 25,0 30,3 33,1
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Plus de la moitié des ménages périurbains possèdent au moins
deux voitures
Proportion de ménages équipés en véhicules automobiles dans les Pays de la Loire en 2006 (en %)
Source : Insee, recensement de la population 2006 - exploitation principale.
24,3
42,8
55,7
44,9
53,5
46,2 37,7 44,8
0
20
40
60
80
100
Ville-centre Banlieue Périurbain Rural
1 voiture
2 voitures ou plus
24,3
42,8
55,7
44,9
53,5
46,2 37,7 44,8
0
20
40
60
80
100
Ville-centre Banlieue Périurbain Rural
1 voiture
2 voitures ou plus
Les habitants de la périphérie des villes sont fortement motorisés
Equipement des ménages en voiture dans les Pays de la Loire
selon la commune de résidence en 2006
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Part des ménages ayant
au moins une voiture
(en %)
Les habitants de la périphérie sont fortement motorisés
Équipement des ménages en voitures dans les Pays de la Loire
selon la commune de résidence en 2006
Plus de 95
Entre 90 et 95
Entre 85 et 90
Moins de 85
44
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
région se sont fortement développés
ces dernières années, en lien avec le
fait qu?on travaille de moins en moins
souvent à proximité de l?endroit où
l?on habite. Mais la croissance des
déplacements entre espaces n?est
pas seulement due aux navettes
entre le domicile et le lieu de travail
ou d?études. En s?installant dans des
zones rurales, de nombreux citadins se
sont en effet éloignés aussi de certains
établissements d?enseignement ou de
commerces.
Plus encore que dans les autres régions,
ce sont les trajets internes à l?espace
rural ou nécessitant d?aller de l?espace
périurbain ou de l?espace rural à une
ville-centre qui représentent la plus
grande part des distances parcourues
en voiture. Si les déplacements
internes aux villes-centres sont en effet
les plus nombreux (trois sur dix), les
déplacements entre les villes-centres
et l?espace périurbain ou rural ont un
poids bien plus élevé dans l?ensemble
des distances parcourues que dans le
nombre total de déplacements, du fait
de leur longueur plus élevée (19 km en
moyenne).
Ces trajets entre les différents espaces
du territoire sont réalisés pour des
motifs qui varient assez fortement : un
jour de semaine, environ un déplacement
sur deux est ainsi lié à un motif
professionnel ou aux études, contre un
déplacement sur trois de ce type au sein
d?une ville-centre ou de la banlieue. Par
ailleurs, le motif « accompagner ou aller
chercher » explique un cinquième des
déplacements à l?intérieur de l?espace
périurbain de la Loire-Atlantique, contre
moins d?un déplacement sur dix entre
ville-centre et banlieue ou périphérie
plus lointaine. Ceci illustre les nombreux
déplacements que doivent réaliser
les parents habitant une commune
périurbaine pour accompagner leurs
enfants à l?école ou à des activités.
Les modes alternatifs à la
voiture sont très peu utilisés
par les habitants de l?espace
périurbain
Le recours aux modes de transports
alternatifs à l?automobile (transports
collectifs, marche à pied et deux-
roues) est proportionnel à la densité
de l?habitat. En ville, les distances
de déplacement sont plus faibles
qu?ailleurs (6 km en moyenne dans la
0
5
10
15
20
25
30
35
Interne
ville-centre
Ville-
centre-
Banlieue
Ville-
centre-
Périphérie
Banlieue-
Banlieue
Banlieue-
Périphérie
Interne
périurbain
Périurbain-
Rural
Interne
rural
Nombre de déplacements Distance parcourue
Les déplacements entre villes-centres et périphérie lointaine
représentent plus du quart des distances parcourues
Répartition des déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %)
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
Lecture : Sur 100 déplacements effectués par des habitants des Pays de la Loire, 11 sont réalisés entre une ville-centre et
une périphérie des centres urbains (espace périurbain ou rural) ; ce type de trajets représente 27 % de la distance totale
parcourue par les habitants des Pays de la Loire du lundi au vendredi pour leurs déplacements locaux.
Un quart des déplacements entre banlieue et périphérie concernent
l?accompagnement
Répartition des motifs de déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %)
0
5
10
15
20
25
30
35
40
Travail fixe Autres motifs
professionnels
Études Achats Loisirs,
vacances
Accompagner
ou aller
chercher
Visites Soins,
démarches
Interne ville-centre Ville-centre-Banlieue Ville-centre-Périphérie
Banlieue-Banlieue Banlieue-Périphérie Interne périurbain
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
région, contre 10 km pour les habitants
des territoires périurbains), favorisant
en cela la pratique des modes doux
(marche et bicyclette). L?offre en
transports collectifs y est, en outre,
plus développée.
En revanche, dans les communes
périurbaines, la part de la voiture
dépasse 80 % dans les déplacements
locaux des habitants, soit 10 points de
plus que pour l?ensemble de la population
de la région. Cette part est même
supérieure pour deux types de trajets :
ceux reliant les espaces périurbains et
ruraux (96 %) et ceux réalisés entre les
territoires périurbains et les communes
de banlieue (94 %).
L?espace périurbain présente la
triple particularité d?être le territoire
de la région où la pratique des
transports collectifs, de la marche
à pied et des deux-roues est la plus
faible. L?allongement des distances
de déplacement, provoqué par la
périurbanisation, est le déterminant
principal du recul de la part des modes
doux.
La prédominance de la
voiture s?explique aussi par
la qualité du maillage routier
De par sa position excentrée, la région
des Pays de la Loire se trouve à l?écart
45
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
57
71
81 76 71
27
17
12
14
17
7 6
3 5 6
9 7 4 5 6
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Villes-centres de la
région
Banlieues de la
région
Espace périurbain
régional
Espace rural
régional
Ensemble des Pays
de la Loire
Véhicule automobile Marche à pied Deux-roues Transports collectifs
La voiture est omniprésente dans l?espace périurbain
Répartition des déplacements locaux par mode de transport un jour de semaine (en %)
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
Sources : SETRA, D.G.C.L.
7 % du réseau routier français est en Pays de la Loire
Longueur du réseau routier au 31 décembre 2008 (en km)
Autoroutes Routes
nationales
Routes dépar-
tementales
Voies com-
munales Ensemble
Loire-Atlantique 91 235 4 444 12 102 16 872
Maine-et-Loire 194 41 4 949 9 957 15 141
Mayenne 57 144 3 687 4 121 8 008
Sarthe 241 0 4 292 8 199 12 732
Vendée 163 6 4 583 10 408 15 160
Pays de la Loire 746 426 21 955 44 787 67 913
France métropolitaine 11 042 9 765 377 984 629 000 1 027 791
Région / France 6,8 % 4,4 % 5,8 % 7,1 % 6,6 %
des grands courants d?échanges. Elle
dispose néanmoins aujourd?hui d?un
réseau routier performant, modernisé
et développé activement au cours
des trois dernières décennies, sous
l?impulsion des collectivités territoriales
et avec l?aide de l?Etat. La région a
notamment fourni un effort conséquent
en matière d?équipement autoroutier,
comblant ainsi le retard accumulé
depuis l?après-guerre par rapport au
reste du territoire national.
La région est maintenant desservie par
un réseau maillé de routes à 2 x 2 voies.
Depuis 1990, le réseau autoroutier de
la région a plus que doublé, passant
de 325 à 746 kilomètres. Cette
progression de 130 % est deux fois
plus élevée que la moyenne nationale.
Les 68 000 kilomètres de voies
revêtues qui constituent le réseau
routier régional représentent 6,6 %
du total national, soit un point de plus
que le poids démographique de la
région. La longueur des infrastructures
routières des Pays de la Loire, ramenée
à la population ou à la superficie, est
assez nettement supérieure à celle de
la France métropolitaine.
Le lien de causalité entre périurbani-
sation et infrastructures de transports
est à double sens. Le développement
des réseaux routiers entraîne en
premier lieu une urbanisation en
tentacules le long des axes de
transport. En retour, la croissance
démographique sur ces territoires
sature les nouvelles infrastructures, en
générant un allongement des distances
de déplacement et de nouveaux besoins
de mobilité par la dissociation entre les
lieux d?habitat, d?emploi et d?achat.
Le réseau ferroviaire des
Pays de la Loire, en cours
de modernisation, est de
faible envergure
Les infrastructures ferroviaires sont en
décalage par rapport au réseau routier.
En dépit d?une dorsale reliant en TGV
les principales agglomérations de la
région (Saint-Nazaire, Nantes, Angers
et Le Mans) avec Paris, le réseau
ferroviaire de voyageurs offre encore
des potentialités d?améliorations,
quantitativement et qualitativement.
Le réseau ouvert au trafic de voyageurs
comprend 1 200 kilomètres de lignes
en Pays de la Loire. Cela représente
seulement 4,8 % du réseau national,
contre 5,1 % en 1990. Le niveau
d?équipement ferroviaire des Pays de
la Loire est en effet inférieur au niveau
moyen des autres régions françaises.
L?indice de dotation ferroviaire de la
région est ainsi de 0,33 kilomètres
de voies ouvertes au trafic voyageurs
pour 1 000 habitants contre 0,38 en
France métropolitaine. Cette sous-
représentation des Pays de la Loire
est un héritage du passé, le réseau
ferré national ayant été construit au
XIXe siècle pour répondre aux besoins
de l?industrie sidérurgique, implantée
principalement dans la partie est de la
France.
Le recours au train dans des
déplacements de moins de 80 kilo-
mètres des habitants des Pays de la
Loire reste très modeste : en 2008
comme en 1994, le train assure
3,5 % des déplacements effectués en
transports collectifs, soit seulement
0,2 % de l?ensemble. Entre 2003 et
2008, la fréquentation des lignes
gérées par la Région des Pays de la
Loire a néanmoins grimpé de 45 %
(en nombre de voyages) et le trafic
- mesuré en voyageurs-kilomètres -
s?est accru de 51 %.
Le réseau ferroviaire est structuré
autour des deux étoiles ferroviaires de
Nantes et Le Mans. La Loire-Atlantique
et la Sarthe sont ainsi correctement
reliées aux infrastructures ferroviaires.
La situation est en revanche plus
contrastée dans les autres dépar-
tements. Avec seulement 68 kilomètres
de voies ouvertes au trafic de
46
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
voyageurs, la Mayenne est le territoire
de la région le moins bien loti en la
matière. Le département est certes
desservi d?est en ouest par la ligne
Rennes/Le Mans/Paris ; les liaisons
nord-sud ne sont en revanche assurées
que par des services routiers (TER ou
cars départementaux).
Mais plus que l?insuffisant maillage
du réseau, c?est davantage la qualité
variable des infrastructures ferroviaires
qui constitue un frein à une circulation
optimale des trains de voyageurs en
Pays de la Loire. Les voies électrifiées
ne représentent ainsi que 46 % de
l?ensemble du réseau régional (49 % au
niveau français). En particulier, la partie
de la région située au sud de la Loire
possède un réseau essentiellement à
voie unique et ne disposait, jusqu?en
2009, d?aucune voie électrifiée.
L?électrification récente de la liaison
Nantes/Les Sables-d?Olonne, qui per-
met désormais des relations directes
Paris/Nantes/La Roche-sur-Yon/
Les Sables-d?Olonne par TGV,
témoigne de l?effort de modernisation
mené par Réseau Ferré de France, le
propriétaire du réseau ferré national.
Pour autant les infrastructures
régionales se caractérisent par un
haut degré d?hétérogénéité et par une
relative vétusté. Une partie du réseau
régional, tels que les tronçons Savenay/
Montoir-de-Bretagne, Savenay/Redon
- dont les travaux de rénovation se
sont achevés en juillet 2010 - Sainte-
Pazanne/ Pornic, Sainte-Pazanne/Saint-
Gilles-Croix-de-Vie ou Clisson/Cholet,
est dans un état moyen, signe d?une
fatigue accrue et du vieillissement de
Source : SNCF.
5 % du réseau ferroviaire français est en Pays de la Loire
Longueur du réseau ferroviaire au 31 décembre 2008 (en km)
Longueur
totale
Voies
électrifiées
Voies
uniques
Ouvertes au
trafic voya-
geurs (2005)
Loire-Atlantique 445 206 235 328
Maine-et-Loire 280 153 150 217
Mayenne 114 68 45 68
Sarthe 372 196 69 294
Vendée 293 73 169 271
Pays de la Loire 1 503 697 669 1 179
France métropolitaine 31 233 15 312 14 584 24 528
Région / France 4,8 % 4,5 % 4,6 % 4,8 %
la voie (qualité du ballast et des postes
de signalisation insuffisantes). Pour des
raisons de sécurité, certaines sections
sont soumises à des ralentissements
permanents, fruit du retard dans le
renouvellement des investissements.
Un réseau de « tram-train » va voir le
jour en Loire-Atlantique à compter de
2010. Combinant les avantages du
tramway et du TER, il desservira la
ligne Nantes/Clisson en mars 2011,
puis les futures lignes Nantes/Nort-
sur-Erdre en septembre 2011 et Nort-
sur-Erdre/Châteaubriant en 2012. Le
tram-train vise à offrir une alternative
supplémentaire à la voiture dans les
territoires périurbains. Sa mise en place,
en région nantaise, s?accompagnera de
la réouverture et de l?électrification de
l?ancienne ligne Nantes/Châteaubriant,
qui était fermée depuis 1980.
Des lignes régulières
d?autocars peu fréquentées
mais en forte croissance
Hors ramassage scolaire, la fréquen-
tation des lignes régulières d?autocars
est estimée à 15 000 déplacements
quotidiens, représentant 0,1 % de
l?ensemble des déplacements des
habitants de la région. Le nombre de
voyageurs transportés sur les lignes
régionales a augmenté de 19 %
entre 2005 et 2008. Sur les réseaux
départementaux, la désaffection de la
clientèle scolaire a conduit les conseils
généraux à restructurer leur offre de
transport au cours des cinq dernières
années. Ces actions ont notamment
consisté à renforcer la desserte des
communes périurbaines et à adopter
des tarifications attractives. La Loire-
Atlantique et la Sarthe font ainsi partie
des vingt départements français à
avoir instauré la tarification unique. Ces
mesures ont eu un impact certain sur
l?usage des lignes régulières ; dans la
plupart des réseaux départementaux
de la région, la clientèle non-scolaire
affiche des taux de croissance annuelle
à deux chiffres.
Les politiques de couverture territoriale
adoptées par les conseils généraux
sont nettement différenciées selon
le département. Si on observe une
couverture fine de l?espace en Loire-
Atlantique et dans le Maine-et-Loire, les
réseaux de cars sont plus clairsemés
en Mayenne (à mettre en relation avec
la faiblesse des densités de population)
et en Sarthe (contrebalancée par un
réseau ferroviaire qui, partant de l?étoile
du Mans, dessert une grande partie du
département). En Vendée, la desserte
est limitée à un nombre restreint de
lignes régulières ; le conseil général met
la priorité sur la population scolaire, la
plupart des liaisons ne fonctionnant pas
en période de vacances. Les scolaires
constituent la clientèle majoritaire de
ces lignes régulières d?autocars (75 %
en Loire-Atlantique et dans la Sarthe,
80 % dans le Maine-et-Loire, 85 % en
Mayenne, 90 % en Vendée). ?
Dans une région très attractive, chaque territoire tente de tirer son épingle du jeu. Ses aménités, ses
caractéristiques intrinsèques et durables (proximité de la mer, climat...) jouent un rôle primordial
dans sa dynamique. Cette dernière dépend aussi de paramètres plus personnels (cadre de vie,
proximité de l?emploi et des services, coût du foncier...) qui influencent les individus selon leur
âge, leur activité ou leurs revenus. Ces critères évoluent avec le temps. Manifestement, certains
territoires très attractifs par le passé peinent ainsi aujourd?hui à conserver leur population, quand
d?autres, auparavant boudés, récoltent à présent le fruit de leurs atouts.
Une classification des bassins de vie face à l?étalement
urbain
Une classification des territoires de la région a été réalisée au regard de leurs caractéristiques en matière de croissance
de population, d?attractivité et de rythme de construction, croisées avec d?autres données comme le coût du foncier
ou les déplacements domicile-travail. Elle permet notamment de faire ressortir clairement les vagues successives
d?attractivité des territoires et la position de chaque type d?espace dans ce cycle.
On met ainsi en évidence un phénomène d?éloignement progressif des villes-centres : les ménages recherchent du foncier
plus accessible, quitte à rallonger les trajets vers le lieu de travail. Mais ce mouvement n?a pas la même intensité en Mayenne
qu?en Loire-Atlantique ou en Vendée, particulièrement attractives.
Carte des bassins de vie selon leur classe d?appartenance
« Les agglomérations à la peine »
« Le périurbain cossu »
« Au sommet de la vague »
« Le rural qui s'éveille »
« Les pôles excentrés »
Le littoral
Carte des bassins de vie selon leur classe d'appartenance
© IGN - Insee 2010
Sources : Dreal - DGI, Filocom 1999 et 2007
Dreal, Sitadel 1990, 2000 et 2009
Insee, Recensements de la population de 1962 à 2006
Insee, Clap 2006
Classe d'appartenance
Hors champ
Typologie du territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Nicolas SIGLER (Insee)
47
Typologie du territoire
Le cas des bassins de vie du littoral, abritant de nombreuses résidences secondaires et attirant davantage les retraités que
les actifs, s?inscrit dans une logique qui lui est propre.
Les grandes agglomérations peinent à retenir les familles
Cette classe rassemble les pôles urbains de Nantes, Angers et Saint-Nazaire ainsi que les villes du Mans, de Laval et de La
Roche-sur-Yon. Le bassin de vie insulaire de L?Île-d?Yeu, atypique, y figure également.
Ces territoires urbains, qui ont souvent connu une forte croissance de leur population dans les années 1960 (+ 1,8 % par an
en moyenne entre 1962 et 1975), se caractérisent à présent par un déficit d?attractivité démographique : le solde migratoire
y est négatif. Il s?agit généralement d?importants pôles d?emploi, dans lesquels une frange très importante de la population
fait face à des prix du foncier et de l?immobilier élevés au regard de ses revenus et se trouve parfois contrainte à s?éloigner
des centres pour élire domicile à l?extérieur. Cette tranche est principalement constituée de ménages jeunes qui construisent
leur famille et appartiennent aux classes moyennes.
Si ces territoires subissent directement l?envolée des prix des dix dernières années, leur attractivité intrinsèque reste pour
autant élevée, comme en témoigne leur dynamisme en termes de créations d?emploi. Les ménages les plus modestes y
trouvent paradoxalement des opportunités de logement du fait de la présence d?un parc social beaucoup plus développé
que sur le reste du territoire. Les cadres, pour lesquels la barrière budgétaire est moins pénalisante, continuent largement à
privilégier le logement dans ces villes, qui leur offrent un bouquet de services très large.
Denses, ces zones font une large part à l?habitat collectif (près de la moitié du parc de logements). Même si le logement
social y est plus répandu qu?ailleurs et que la proportion de ménages à bas revenus y est importante, le revenu médian est
assez élevé. Dans ces agglomérations, la taille des ménages (2,2 personnes en moyenne) est significativement inférieure à
la moyenne.
Malgré un rythme de construction ralenti et une superficie moyenne consommée par les nouveaux logements particulièrement
réduite (371 m², contre 1 055 m² pour l?ensemble des bassins de vie considérés), la consommation foncière est néanmoins
très forte lorsqu?on la rapporte aux superficies des communes concernées.
La présence de l?emploi sur place explique des déplacements domicile-travail réduits et donc à la fois un taux de mobilité assez
faible (39 % seulement des actifs résidents travaillent dans une autre commune) et un moindre équipement en voiture.
Si les caractéristiques de l?Île-d?Yeu s?écartent sensiblement de cette description, sa présence dans cette classe se justifie
principalement par son manque d?attractivité : sa population stagne, son solde migratoire est négatif et son rythme de
construction est faible. Par ailleurs, son caractère insulaire explique que la quasi-totalité des actifs travaille sur place.
Le périurbain cossu, en perte de vitesse
Cette classe réunit le nord du bassin de vie de Nantes et les bassins de vie de Treillières, Saint-Étienne-de-Montluc, Saint-
Julien-de-Concelles, La Chapelle-Basse-Mer et Bouaye ; le nord et le sud du bassin de vie d?Angers, ainsi que les bassins de
vie de Brain-sur-l?Authion, Brissac-Quincé et Saint-Georges-sur-Loire ; tout le bassin de vie du Mans (ville du Mans exceptée) et
le bassin de vie de Champagné ainsi que la banlieue de Laval.
Après la vague de croissance qui a touché les grandes agglomérations, ce fut le tour des territoires périurbains les plus
proches. En moyenne, leur population a progressé de 2,7 % par an sur la période 1975-1990 (et même + 3,7 % par an sur
la seule période 1975-1982). Ce rythme s?est beaucoup ralenti aujourd?hui.
« Le périurbain
cossu »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
++ ++++ ++ + +
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
= + +++ + ++++ ++++
48 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
« Les
agglomérations
à la peine »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
++ = = + =
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
? ? ? ? ? ? ? ? ? +++++ + ?
Typologie du territoire
49 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Témoignage de ce dynamisme passé, les résidents de ces territoires sont jeunes et vivent en famille (on compte 2,7 personnes
par ménage en moyenne), les propriétaires sont nombreux. Ils se sont éloignés de la ville précisément pour offrir à leur famille
davantage d?espace. Leurs revenus sont élevés, car le foncier - bien que moins cher qu?en ville - y reste coûteux, tandis que le
logement social est rare (comme les ménages à bas revenus). Moins présents qu?en agglomération, les cadres sont encore
nombreux.
Parce que les populations résidant dans ces territoires travaillent souvent dans le pôle urbain associé, le rapport du nombre
d?emplois au lieu de travail sur le nombre d?actifs résidents y est faible. En conséquence, la mobilité est élevée (78 % des
actifs occupés travaillent dans une commune autre que leur commune de résidence), de même que le temps de trajet
domicile-travail (24 minutes en heures pleines). Pour effectuer ces trajets, l?automobile est souvent indispensable : un ménage
possède en moyenne 1,6 voiture.
Aux frontières du périurbain et du rural, la Loire-Atlantique et la vendée au sommet de la
vague
Cette classe regroupe pour l?essentiel des territoires périurbains ou ruraux de Loire-Atlantique et de Vendée. Font exception
le territoire périurbain du bassin de vie de Laval et les bassins de vie de Tiercé (dans le Maine-et-Loire) et de Sainte-Jamme-
sur-Sarthe (dans la Sarthe).
Plus éloignés des grandes agglomérations que ceux constituant le périurbain cossu, ces territoires ont connu, dans leur
sillage, une première période de fort dynamisme démographique entre 1975 et 1982. Depuis le début du siècle, c?est à leur
tour d?être au sommet de la vague : forte croissance de la population sur la période récente (+ 2,2 % par an entre 1999 et
2006), vive attractivité (mesurée par le solde migratoire) et en conséquence, forte hausse du parc de logements. Tous les
indices concordent : de nombreux logements récents, mais peu de logements vacants. L?habitat individuel y règne en maître
tandis que le logement social y tient une place marginale.
Signe probable de l?intérêt croissant pour ces territoires et de la hausse concomitante du coût du foncier, la superficie
moyenne des terrains des logements commencés a baissé de plus de 2 % par an. Sur les 15 dernières années, le foncier
reste moins cher que dans le périurbain cossu : accepter de s?éloigner davantage permet de retrouver des terrains à un prix
un peu plus abordable. La contrepartie est un allongement relatif des trajets domicile-travail à effectuer, même si des pôles
d?emploi secondaires peuvent également se trouver à proximité.
La population de ces territoires est jeune et la taille des ménages élevée (2,6 personnes par ménage). Ces caractéristiques,
et d?autres, comme le coût du foncier, la mobilité domicile-travail, les revenus, la proportion de cadres et de professions
intermédiaires parmi les actifs, le nombre de voitures par ménages, prennent des valeurs intermédiaires entre celles du périurbain
cossu et celles des territoires qui s?éveillent, souvent plus ruraux. Toutefois, c?est dans cette classe que l?on relève le plus fort
taux d?emploi (72 % de la population âgée de 15 à 64 ans est en emploi) et les plus longues distances domicile-travail.
Il n?est pas surprenant de retrouver dans cette classe en plein essor de nombreux bassins de vie de Loire-Atlantique et de
Vendée, départements littoraux particulièrement attractifs. Côté vendéen, il s?agit principalement de la zone rétro-littorale,
au fonctionnement spécifique. En effet, pour ces zones, l?emploi se trouve à la fois dans les pôles urbains et sur le littoral.
Comme il s?agit d?emplois peu qualifiés et que les revenus sont plus faibles, les ménages concernés ne peuvent pas se loger
sur les communes littorales et s?installent donc en arrière du trait de côte.
La présence du périurbain lavallois, comme celle du bassin de vie de Tiercé (au nord d?Angers), atteste d?une croissance
démographique élevée sur la période récente, comme d?une forte hausse du parc de logements. Le bassin de vie sarthois
de Sainte-Jamme-sur-Sarthe (au nord du Mans), qui figure également dans cette classe, peut s?enorgueillir d?une attractivité
record (taux de migration nette de + 2,9 % par an entre 2001 et 2006).
Des territoires verts qui s?éveillent
Peu représentée en Mayenne (seuls les bassins de vie ruraux de Cossé-le-Vivien et de Meslay-du-Maine appartiennent à cette
catégorie), cette classe est présente dans tous les autres départements, à l?interface entre des territoires dynamiques
plus proches des agglomérations, et d?autres plus excentrés et asthéniques (à l?exception des bassins de vie de Legé, de
« Au sommet
de la vague »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
+ ++ + + +++
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
+++ ++++ ++ = = ++
« Les pôles
excentrés »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
= = = = =
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Typologie du territoire
50 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
« Le rural qui
s?éveille »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
= + = = ++
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
+ = + ? ? ? ? =
Vieillevigne ou de Paimboeuf, en Loire-Atlantique, qui côtoient d?autres territoires en vogue). Hormis le bassin de vie urbain
de La Flèche (en Sarthe) et la partie ligérienne du bassin de vie d?Alençon, ces territoires sont le plus souvent ruraux, parfois
périurbains.
Ces territoires peu denses, aux caractéristiques situées dans la moyenne, se distinguent essentiellement par leur éveil
démographique récent. La population de ces territoires a longtemps stagné ; entre 1999 et 2006, elle a au contraire
progressé au rythme soutenu de 1,5 % par an. Cette attractivité nouvelle n?est que le prolongement des mouvements
déjà décrits, où l?on recherche un foncier moins cher, au prix d?un éloignement croissant des agglomérations, et donc
des principaux gisements d?emploi. En l?occurrence, le prix du terrain y est effectivement nettement plus abordable que
dans la classe précédente, ce qui autorise une surface moyenne de terrain par logement commencé bien supérieure. Avec
l?installation de nouveaux arrivants provenant des agglomérations et qui y travaillent, le taux de couverture de l?emploi (rapport
du nombre d?emplois proposés sur place au nombre d?actifs résidents) est en baisse sensible entre 1999 et 2006, tandis que
les trajets domicile-travail s?allongent en temps comme en distance. Parce que nombre d?emplois ruraux restent des emplois
de proximité, les différents indicateurs de mobilité professionnelle (part des actifs résidents qui travaillent dans une autre
commune, trajets domicile-travail, nombre de voitures par ménage) sont toutefois paradoxalement toujours inférieurs à ceux
des territoires en vogue.
La présence dans cette classe des bassins de vie de Legé, Vieillevigne et Paimboeuf tient au fait que ces territoires n?avaient
pas connu de forte dynamique auparavant (tous ont vu leur population baisser entre 1962 et 1975) et que l?évolution actuelle
de la construction y est toujours plus faible que dans les territoires qui connaissent leur apogée. La mobilité domicile-travail
dans ces trois bassins de vie est également modérée.
Des pôles d?emploi secondaires excentrés, toujours boudés
Cette classe est majoritaire en Mayenne et très présente également en Sarthe et dans le Maine-et-Loire, où elle intègre en
particulier les façades est de ces départements. Elle est en revanche peu représentée en Loire-Atlantique et en Vendée.
Côtoyant des bassins de vie ruraux, on note ici la présence de plusieurs territoires urbains secondaires : Châteaubriant (Loire-
Atlantique), Cholet, Saumur et Segré (Maine-et-Loire), Château-Gontier et Mayenne (Mayenne), La Ferté-Bernard et Sablé-sur-
Sarthe (Sarthe), Fontenay-le-Comte (Vendée).
Depuis 1962, ces territoires n?ont jamais connu de dynamique démographique. Malgré un coût du foncier bien moins élevé
qu?ailleurs et la présence d?emplois sur place, leur population stagne. Le rythme de construction de nouveaux logements
est très faible ; il y a peu de logements récents et beaucoup de logements vacants (9 % du parc). La superficie moyenne de
terrain par logement a beau être importante, la consommation foncière récente, rapportée aux superficies des communes,
est infime.
Ces territoires pâtissent manifestement de leur éloignement des grands centres urbains. Cet éloignement a, par ailleurs,
parfois contribué à leur forger une image difficile à contrecarrer. La population est plutôt âgée, les revenus sont faibles, et les
ménages à bas revenus nombreux ; le logement social est d?ailleurs assez développé. Il y a peu de cadres ou de professions
intermédiaires parmi les actifs.
Le taux d?emploi de la population des 15-64 ans est plutôt faible. Pourtant, du fait de la présence de pôles d?emploi secondaires,
il y a quasiment autant d?emplois que d?actifs résidents. Ainsi, le nombre d?actifs amenés à travailler dans une autre commune
est réduit, comme les trajets domicile-travail. L?équipement en automobiles (1,3 voiture par ménage) est d?ailleurs plutôt
faible.
Le littoral
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
+ + + + ++
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
+++ = ? ? ++++ + ? ? ? ?
Typologie du territoire
51 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Le littoral, très attractif mais contraint
Cette classe atypique rassemble pratiquement tous les bassins de vie du littoral de Loire-Atlantique et de Vendée, à l?exception
du pôle urbain nazairien et de Challans (bassin de vie étendu, dont les caractéristiques tiennent davantage au pôle urbain de
Challans à l?intérieur des terres qu?à son littoral réduit et limité à la commune de Bouin).
Sortant du schéma d?éloignement progressif des autres classes, cette classe est caractérisée par un effet littoral propre.
La population augmente fortement sur la période 1999-2006 (+ 1,9 % par an), le solde migratoire y étant effectivement
élevé. La consommation foncière rapportée aux superficies des communes concernées est élevée comme dans les grosses
agglomérations, mais le rythme de construction est modéré (l?espace disponible faisant probablement défaut) ; il n?y a que
3 % de logements vacants. Le prix du terrain est très élevé, pratiquement autant que dans les grandes agglomérations, ce qui
n?empêche pas que la superficie moyenne de terrain par logement commencé, assez réduite, soit en augmentation sensible
depuis les années 1990-1994.
Ces bassins de vie du littoral ont d?autres caractéristiques. Touristiques, la moitié du parc de logements est constituée de
résidences secondaires ; dans certains bassins de vie du littoral vendéen, cette proportion dépasse 60 %. Le niveau de
l?emploi touristique est très élevé, comme l?emploi présentiel. La part importante de retraités parmi ces populations explique
tout à la fois un indice de jeunesse et un taux d?emploi particulièrement faibles. La taille des ménages est également réduite
(2,2 personnes par ménage). Parmi les actifs résidents, la proportion de cadres est plutôt faible.
Le niveau de revenus, assez élevé, n?atteint pas celui du périurbain cossu ou des grandes agglomérations. Malgré la présence
non négligeable de ménages à bas revenus, le logement social est réduit à la portion congrue.
Enfin, la présence de l?emploi sur place justifie à la fois un taux de mobilité domicile-travail assez faible (guère plus d?un actif
sur deux travaille dans une autre commune que sa commune de résidence), et un recours à l?automobile limité (1,3 voiture
par ménage).
Parmi les territoires de cette classe, les trois bassins de vie de Loire-Atlantique ont un profil un peu moins marqué : la
proportion de résidences secondaires est moindre, le nombre d?emplois sur place également, ce qui induit une mobilité
légèrement supérieure. Dans ces bassins de vie, il y a davantage de logements sociaux, les revenus sont plus élevés et la
part de cadres est plus importante.
Après le développement du périurbain, c?est maintenant le rural qui s?éveille
Taux d?accroissement annuel moyen de la population des bassins de vie selon la classe et la période considérée (en %)
Taux d'accroissement annuel moyen de la population des bassins de vie selon la classe
et la période considérée
-1
0
1
2
3
4
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
« Les agglomérations
à la peine »
« Le périurbain cossu »
« Au sommet de la
vague »
« Le rural qui s'éveille »
« Les pôles excentrés »
Le littoral
Lecture : Le taux moyen représenté ici est la moyenne non pondérée des taux d?accroissement annuels de la population observés dans les bassins de vie constituant chaque classe.
Ce graphique n?illustre pas l?évolution de la population, mais l?évolution des taux d?accroissement de la population selon la période. Ainsi, sur la période 1999-2006, même si les courbes
orange et verte semblent à peu près parallèles, l?évolution de la population a été beaucoup plus forte dans les bassins de vie « au sommet de la vague » (rythme de 2,4 % annuel) que dans
les bassins de vie du « rural qui s?éveille » (rythme de 1,5 % annuel).
Méthodologie
Cette classification porte sur les 137
bassins de vie des Pays de la Loire
(limités à leur partie ligérienne) auxquels
on a adjoint la partie ligérienne du bassin
de vie d?Alençon (soit 25 communes,
sarthoises pour la plupart). Les bassins
de vie des six principales agglomérations
de la région (Nantes, Angers, Le Mans,
Saint-Nazaire, Laval et La Roche-sur-Yon),
très étendus, ont été scindés en 3 ou 4
unités distinctes : leur ville-centre, leur
banlieue, les communes restantes au
nord, les communes restantes au sud.
Finalement, la classification porte sur
152 entités (bassins de vie ou morceaux
de bassins de vie).
La classification a été réalisée grâce à
une analyse en composantes principales
(ACP), suivie d?une classification
ascendante hiérarchique (CAH) sur les
principaux axes ressortant de l?ACP.
Les variables utilisées (51 variables au
total, dont 22 retenues comme variables
actives) portent sur des thématiques
diverses :
Population :
- population,
- densité de population,
- évolution de la population sur
différentes périodes,
- taux de solde migratoire et taux de
migration nette,
- indice de jeunesse (rapport entre la
population âgée de moins de 20 ans et
la population âgée de 60 ans et plus) et
évolution de cet indice,
- taille des ménages,
- revenus fiscaux médians par unité de
consommation,
- part de la population appartenant à un
ménage à bas revenus.
Logements et consommation
foncière :
- évolution du parc de logements et taux
de construction,
- parts de l?habitat individuel (et évolution
de cette part), des logements récents,
des logements vacants, des logements
occupés par leur propriétaire, des
logements occupés par un locataire
HLM, des résidences secondaires,
- SHON (surface hors oeuvre nette) des
locaux autorisés et évolution de cette
SHON,
- surfaces de terrains consommées,
rapport entre ces surfaces et les
superficies communales,
- superficie moyenne de terrain
consommée par logement commencé
et évolution de cette superficie
moyenne.
Coût du foncier :
- prix moyen du terrain,
- prix moyen du m² de terrain,
- prix moyen d?une maison neuve hors
terrain,
- prix moyen du m² de maison neuve
hors terrain.
Emploi et déplacements domicile-
travail :
- taux d?emploi des 15-64 ans,
- taux de couverture de l?emploi (rapport
entre le nombre d?emplois au lieu de
travail et le nombre d?actifs occupés
au lieu de résidence) et évolution de
ce taux,
- part des cadres et professions
intermédiaires parmi les actifs,
- parts des emplois présentiels, de
l?emploi touristique,
- taux de mobilité (proportion d?actifs
occupés résidant dans une commune
et travaillant dans une autre) et
évolution de ce taux,
- distance moyenne du trajet domicile-
travail et durée moyenne de ce trajet
en heures pleines, évolution de cette
distance et de cette durée,
- taux d?équipement des ménages en
voitures,
- nombre moyen de voitures par
ménage.
Pour un certain nombre de ces variables
jugées significatives, les valeurs
moyennes prises par les bassins de vie
de chaque classe figurent dans le tableau
récapitulatif ci-après.
Typologie du territoire
52 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
www.insee.fr/pays-de-la-loire
INSEE Pays de la Loire
105, rue des Français Libres
BP 67401
44274 Nantes cedex 2
L?ensemble de l?étude, co-pilotée par l?Insee et la Direction régionale de
l?environnement, de l?aménagement et du logement, a également associé :
- la Direction régionale de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt (Draaf)
- l?Agence pour le développement durable de la région nazairienne (ADDRN)
ISBN 978-2-11-056132-7 - ISSN 1637-665X
Code Sage IdoS03844 - oCToBRe 2010 - PRIX 14,50 E
www.insee.fr/pays-de-la-loire
N° 38. Octobre 2010
En Pays de la Loire,
la ville déborde
de plus en plus
sur la campagne
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION contraintes
sont moins fortes. L?artificialisation progresse donc fortement toujours plus loin des villes et du
littoral, dans l?espace rural et en arrière du trait de côte. Ce phénomène transforme des villages
ruraux, de plus en plus loin des centres urbains, en cités-dortoirs où les habitants sont contraints
d?utiliser la voiture pour aller travailler.
L?artificialisation des sols gagne du terrain
Philippe VIGNERON (Dreal)
Dans ce qui suit, l?enquête Corine Land
Cover a été utilisée pour analyser
l?occupation du territoire. L?étude
intitulée « En Pays de la Loire, les
maisons grignotent les champs »
(Études, n° 79, Insee Pays de la Loire,
octobre 2009), était basée sur des
données issues de l?enquête Teruti-
Lucas. Si ces deux sources donnent
des résultats différents pour le niveau
de l?artificialisation, en partie du
fait de la méthode de mesure, elles
diffèrent très peu pour la comparaison
entre les régions et convergent pour
mettre en évidence la forte hausse de
l?artificialisation en Pays de la Loire.
Face à la croissance de la popu-
lation, de nombreuses zones
agricoles sont artificialisées : elles
sont transformées en lotissements,
routes, zones commerciales? Au-
delà de la diminution des ressources
naturelles et agricoles, ce phénomène
entraîne une fragmentation des
habitats naturels, une dégradation des
paysages et pèse sur la biodiversité.
L?artificialisation présente des enjeux
forts en termes de tensions foncières
et d?éventuels conflits d?usage
entre activités agricoles, habitat et
développement économique.
Une artificialisation marquée,
mais comparable à celle des
régions de même densité de
population
Les Pays de la Loire sont la 9e région
la plus artificialisée de France. En effet,
les territoires artificialisés occupent
6 % de l?espace régional, soit 1 point de
plus que pour la France métropolitaine
(hors Île-de-France). Ainsi, la densité de
population, 108 habitants au km2 en
2006 et 8e rang national, explique pour
une bonne part ce taux d?artificialisation
élevé dans la région. En effet, les Pays
de la Loire ne se démarquent pas
des régions comparables en termes
de densité de population. Comme au
niveau national, les zones urbanisées
occupent les trois-quarts des territoires
artificialisés. Les zones industrielles
ou commerciales et les réseaux de
communication, quant à eux, comptent
pour un sixième.
Des sols artificialisés pour
l?urbanisation...
La croissance de la surface régionale
artificialisée entre 2000 et 2006 a
été particulièrement élevée dans les
Pays de la Loire. Avec plus de 10 000
hectares consommés sur 82 000 pour
le niveau national, les Pays de la Loire
sont la région la plus gourmande en
surface, nettement devant Rhône-Alpes
(7 500 ha) ou les régions littorales
telles que la Bretagne ou le Languedoc-
Roussillon, dont l?artificialisation a
augmenté de 5 500 hectares sur la
même période. La surface utilisée à
Pays de la Loire la 9e région la plus artificialisée
Taux d?artificialisation par région en 2006
Taux d'artificialisation en 2006
(en %)
Plus de 10,1
Entre 5,6 et 10,1
Entre 3,7 et 5,6
Moins de 3,7
Pays de la Loire la 9e région la plus artificialisée
Taux d'artificialisation par région en 2006
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
22 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
Plus la population est dense, plus les sols sont artificialisés
Taux d?artificialisation et densité de population des régions en 2006
des fins d?artificialisation en Pays de
la Loire équivaut à celle consommée
par l?ensemble des régions du littoral
méditerranéen. De surcroît, les
surfaces artificialisées ont augmenté
de 12 % entre 1990 et 2006. Au final,
depuis 1990, ce sont près de 21 000
hectares qui ont été artificialisés.
Sur la période récente, la moitié
de l?artificialisation nouvelle dans la
région a été consacrée aux zones
urbanisées. C?est nettement supérieur
à la moyenne nationale de 35 %, mais
proche de ce que l?on observe sur les
régions atlantiques voisines comme la
Bretagne ou le Poitou-Charentes, ainsi
que le Languedoc-Roussillon. Les autres
motifs d?artificialisation sont ensuite les
zones industrielles et commerciales,
pour un quart, puis les chantiers pour
un autre quart des surfaces ; ces
motifs d?artificialisation occupent une
place dans la région assez conforme à
la norme nationale.
... que le dynamisme
démographique ne suffit pas
à expliquer
Alors que le rythme annuel moyen
de l?artificialisation n?a pas accéléré
au niveau national entre les périodes
1990-2000 et 2000-2006 (il s?établit à
0,5 % par an en moyenne), il progresse
de moitié dans les Pays de la Loire,
passant de 0,6 à 0,9 % par an. Les
Pays de la Loire ont ainsi le plus fort
accroissement de l?artificialisation des
régions de métropole. Alors que des
régions littorales dynamiques comme
le Languedoc-Roussillon, l?Aquitaine,
Provence-Alpes-Côte-d?Azur, la Breta-
gne ont connu des accroissements
de leur population équivalents ou
supérieurs à celui des Pays de la
Loire, l?artificialisation de leurs sols
ne s?est pas accélérée. Le dynamisme
démographique des Pays de la Loire
n?est donc pas l?unique cause de ce
phénomène. La surreprésentation de
la maison individuelle et des résidences
secondaires dans la région, mais aussi
les fortes consommations d?espace
des locaux professionnels ou agricoles,
permettent de mieux comprendre ce
processus.
Le bocage en première ligne
La région des Pays de la Loire est très
majoritairement couverte de terres
agricoles, largement au-dessus de
la moyenne nationale : 84 % contre
60 %. Cette prédominance est une
caractéristique des territoires d?un
grand quart nord-ouest de la France ;
les Pays de la Loire se situent au 2e rang
derrière la Basse-Normandie sur ce plan
là. En contrepartie, la part des forêts ou
autres espaces semi-naturels est faible
dans la région : moins de 9 %, contre
34 % au niveau national, les régions
de massifs montagneux tirant cette
moyenne vers le haut. Si la portion
de surfaces agricoles est nettement
supérieure à celle du niveau national,
la répartition entre les différents modes
d?occupation diffère quelque peu : les
contributions respectives des terres
arables et des zones de bocage
sont proches du niveau national ; la
© IGN - Insee 2010
Sources : Dreal - Corine Land Cover 2000 et 2006
Note : les polygones de changement ont été épaissis par souci de lecture
Espaces artificialisés en 2000
Extension de l'artificialisation
entre 2000 et 2006
Département
Région
Les Pays de la Loire, la région la plus gourmande en surfaces artificialisées
Extension de l'artificialisation entre 2000 et 2006
Les Pays de la Loire, la région la plus gourmande en surfaces artificialisées
Extension de l?artificialisation entre 2000 et 2006
Autres régions Droite de régression linéairePays de la Loire
0
2
4
6
8
10
12
14
16
0 50 100 150 200 250 300 350
Ta
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(e
n
%
)
Densité de population (en nombre d'habitants au km2)
Source : Dreal Corine Land Cover 2006 ; Insee, recensement de la population 2006.
Lecture : Une région qui se situe au-dessus de la droite de régression linéaire présente un taux d?artificialisation plus élevé
au regard de sa densité. à l?inverse une région située sous la droite de régression linéaire a un taux d?artificialisation faible
sachant sa densité.
23
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Corine Land Cover 2000 et 2006, Dreal des Pays de la Loire.
Lecture : Les régions qui se situent au-dessus de la droite de régression connaissent une accélération de leur
artificialisation.
Une artificialisation qui s?accélère en Pays de la Loire
Évolutions annuelles moyennes de l?artificialisation 1990-2000 et 2000-2006 des régions
Pays de la Loire, une région essentiellement recouverte de terres agricoles
Occupation biophysique du territoire en 2006
Source : Corine Land Cover 2006, fond cartographique BD Carthage®, ©Ign 2006
©MEEDDM-DREAL Pays de la Loire (Nantes, mars 2010)
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
Pays de la Loire, une région essentiellement recouverte de terres agricoles
Occupation biophysique du territoire en 2006
Zones urbanisées
Zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication
Mines, décharges et chantiers
Espaces verts artificialisés, non agricolesTerres arables
Cultures permanentes
Prairies
Zones agricoles hétérogènes
Forêts
Milieux à végétations arbustive et/ou herbacée
Espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation
Zones humides intérieures Zones humides maritimes
Eaux continentales Eaux maritimes
Nomenclature de niveau 2
40 % de la surface nouvellement
artificialisée (Aquitaine, Provence-Alpes-
Côte-d?Azur). Un premier tiers provient
de terres arables, plutôt épargnées car
celles-ci occupent 46 % de l?ensemble
des terres agricoles ; 30 % proviennent
des prairies permanentes, la même
proportion que dans l?ensemble. Quant
au bocage, qui n?occupe que 19 % de
l?ensemble des territoires agricoles, il
fournit 36 % des terres artificialisées
entre 2000 et 2006. C?est donc l?espace
qui pâtit le plus de l?artificialisation.
Une artificialisation élevée
en vendée
Les départements littoraux, où les
résidences secondaires viennent s?ajou-
ter aux résidences principales, ont les
taux d?artificialisation les plus élevés de
la région. La Loire-Atlantique, cumulant
la métropole de Nantes-Saint-Nazaire
et le littoral, a un taux d?artificialisation
de 9 % ; la Vendée est artificialisée à
hauteur de 7 %, la moyenne se situant à
6 % pour le littoral atlantique. Ces deux
départements dépassent nettement
le Maine-et-Loire (5 %), qui compte
pourtant l?agglomération d?Angers, la
Sarthe (4,5 %) et la Mayenne (3 %).
Parmi les départements littoraux
français, la Loire-Atlantique a un taux
d?artificialisation voisin de celui de
départements possédant des agglo-
mérations importantes et une densité
de population proche, comme la Seine-
Maritime ou le Var. En revanche, la
Vendée affiche un taux d?artificialisation
plus proche de départements ayant
des niveaux de densité bien plus
élevés comme la Gironde ou l?Hérault
(respectivement 88 contre 137 et 160).
D?autres départements littoraux de
densité proche de celle de la Vendée,
comme la Charente-Maritime ou les
Pyrénées-Atlantiques, ont un taux
d?artificialisation inférieur à 5 %.
Parmi les facteurs expliquant, au moins
en partie, ce niveau d?artificialisation
élevé, la Vendée est le département où
la proportion de maisons dans le parc
de logements est la plus élevée de
notre région en 2006 ; elle se classe
au 5e rang national. Ce département
présente aussi une part des résidences
secondaires ou logements occasionnels
élevée, approchant les 25 %, contre
10,5 % au niveau régional ou encore
9,3 % au niveau national. La Vendée
se distingue encore des autres dépar-
tements avec une part de l?urbanisation
dans les territoires artificialisés élevée :
Év
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0,5
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0 0,5 1,0
Évolution annuelle moyenne de l?artificialisation 1990-2000 (en %)
Paca
Languedoc-Roussillon
Pays de la Loire
Limousin
Aquitaine
Auvergne
Alsace
Lorraine
Champagne-Ardennes
Poitou-Charentes Bretagne
France
Midi-Pyrénées
Franche-Comté
part des prairies permanentes est en
revanche supérieure à la moyenne. Les
zones humides, emblématiques de nos
territoires littoraux, comptent pour une
faible part : moins de 1 % de l?espace
régional, mais trois fois plus qu?au
niveau national.
En Pays de la Loire, la quasi-totalité
des surfaces artificialisées entre
2000 et 2006 a été prélevée sur les
territoires agricoles, à la différence
des régions riches en forêts et
milieux semi-naturels, où ces derniers
territoires peuvent fournir jusqu?à
24
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Un taux d?artificialisation élevé en Loire-Atlantique et en vendée
Taux d?artificialisation par département en 2006
Une croissance de l?artificialisation très forte en vendée
Taux d?artificialisation par département en 2006 et variation nette de l?artificialisation entre 2000 et 2006 (en %)
Source : Corine Land Cover 2000 et 2006 . (cf. définitions p. 13 et 27)
Catégorie de commune Données 44 49 53 72 85 Pays de
la Loire France
Ensemble
des communes
Taux d?artificialisation 2006 9 5 3 4,5 7 6 5
Evolution annuelle moyenne 2000-2006 0,6 1,1 1,1 0,5 1,4 0,9 0,5
Pôles urbains
Taux d?artificialisation 2006 33 28 23 23 23 28 28
Evolution annuelle moyenne 2000-2006 0,4 0,8 1,4 0,6 1,4 0,7 0,4
Espace à dominante
rurale
Taux d?artificialisation 2006 3 3 2 2,5 4,5 3 2
Evolution annuelle moyenne 2000-2006 0,8 1,1 0,6 0,4 1,2 0,9 0,4
83 % contre 76 % au niveau Pays de la
Loire ou France et 75 % pour la Loire-
Atlantique.
Trois départements des Pays de la
Loire figurent parmi les cinq premiers
de France pour la surface artificialisée
entre 2000 et 2006. La Vendée, avec
3 750 hectares, se situe ainsi au
premier rang ; le Maine-et-Loire et la
Loire-Atlantique suivent respectivement
aux 4e et 5e rangs avec 2 550 et 2 000
hectares. Même la Mayenne et la Sarthe,
avec 1 000 et 875 hectares, font partie
des 50 premiers départements de
métropole pour l?artificialisation.
En ce qui concerne le taux d?accrois-
sement, si la Vendée est encore en
tête des départements métropolitains
avec 1,4 % d?augmentation par an entre
2000 et 2006, le triple de la moyenne
nationale, la Mayenne rejoint le Maine-
et-Loire dans les premières places avec
1,1 %. En revanche, la Loire-Atlantique et
la Sarthe ont un rythme d?accroissement
équivalent à la moyenne nationale.
La Sarthe présente la particularité
d?avoir connu une « désartificialisation »
notable d?anciens chantiers de l?A28,
entre 2000 et 2006 équivalente à la
surface des nouveaux chantiers qui
se sont ouverts sur la même période.
De ce fait, elle dépasse nettement
les autres départements de la région
pour la part utilisée par l?urbanisation :
68 % contre environ 50 %. Néanmoins,
l?urbanisation reste majoritaire dans tous
les départements des Pays de la Loire,
alors que sa part dans l?artificialisation
nationale n?est que de 35 %.
Taux d'artificialisation en 2006
(en %)
Plus de 6,8
Entre 4,2 et 6,8
Entre 2,5 et 4,2
Moins de 2,5
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
La vendée se démarque
Taux d?artificialisation et densité de population des départements en 2006
Source : Dreal, Corine Land Cover 2006, Insee, recensement de la population 2006.
Lecture : Les départements situés au-dessus de la droite de régression ont un taux d?artificialisation plus élevé que ce qu?il
devrait être étant donné leur densité.
Mayenne
Sarthe
Loire-Atlantique
Maine-et-Loire
0
2
4
6
8
10
12
0 50 100 150 200 250 300
Vendée
Densité de population (en nombre d'habitants au km2)
Ta
ux
d
'a
rt
ifi
ci
al
is
at
io
n
(e
n
%
)
25
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Grenelle de l?environnement : les enjeux de la trame verte et bleue
L?artificialisation de nos territoires, qu?elle résulte de l?urbanisation, de la création de zones d?activités ou d?infrastructures,
est consommatrice d?espace. Elle a dans tous les cas un impact sur la biodiversité et elle induit une fragmentation des
habitats naturels. Ainsi, elle limite les déplacements vitaux de certaines espèces et peut induire la colonisation de nouveaux
territoires. La disparition d?espaces et la fragmentation apparaissent aujourd?hui comme l?une des principales causes
d?érosion de la biodiversité.
La trame verte et bleue, issue des travaux du Grenelle de l?environnement, a notamment pour objectif de chercher à
limiter cette fragmentation. Elle vise à maintenir et reconquérir les continuités écologiques les plus stratégiques pour la
biodiversité. L?ambition est de constituer un véritable maillage écologique du territoire, à toutes les échelles spatiales,
via notamment une intégration de ses principes dans l?aménagement du territoire. Ce nouvel outil d?aménagement du
territoire, très transversal, va donc au-delà des politiques de protection de la nature existantes. Il leur est complémentaire
en s?intéressant à toute la biodiversité, même la plus ordinaire.
Les leviers qui guideront la définition et la mise en oeuvre de la trame sont multiples : un schéma régional de cohérence
écologique va être réalisé dans chaque région. Il spatialisera les enjeux régionaux, proposera une « boîte à outils »
aux collectivités, et devra être pris en compte par les documents d?urbanisme. Le code de l?urbanisme est par ailleurs
modifié. Les documents d?urbanisme à venir devront, à toutes les étapes de leur élaboration, respecter un principe de
préservation et de remise en bon état des continuités écologiques. Les infrastructures linéaires de l?État devront quant à
elles être compatibles avec le schéma régional.
Il s?agit donc d?une nouvelle entrée pour parler d?économie d?espaces, de densification ou encore d?opportunité de
maintien d?une agriculture périurbaine dynamique. Derrière la trame, et dans un objectif de biodiversité, la question des
projets de territoires, à travers les Schémas de cohérence territoriale (SCOT) notamment est posée.
Une artificialisation très marquée sur les aires urbaines du littoral
Taux d?artificialisation en 2006 par aire urbaine
De forts niveaux
d?artificialisation
sur le littoral
L?ensemble des 25 aires urbaines de
la région comptabilise 2 275 000
habitants en 2006. Elles regroupent
les deux-tiers de la population des
Pays de la Loire sur le tiers de la
surface régionale. Ces aires urbaines
présentent des taux d?artificialisation
très hétérogènes autour d?une moyenne
régionale de 10 %, semblable à la
moyenne nationale. L?armature urbaine
dense de la région, au regard des
autres régions de métropole, ne semble
donc pas jouer de rôle particulier dans
le surcroît d?artificialisation des Pays de
la Loire.
Les petites aires compactes du littoral
vendéen comme Saint-Gilles-Croix-de-
Vie, Les Sables-d?Olonne ou Challans
dépassent les 20 %, le double de la
moyenne régionale. L?aire de Saint-
Nazaire approche encore 18 %. Les
grands pôles urbains, dont l?aire
d?attraction s?étend largement, ont un
taux proche de la moyenne régionale :
8 % pour Le Mans, 10 % pour Angers
et jusqu?à 12 % pour Nantes et ses
satellites Ancenis et Clisson. Cette
situation est semblable à celle qu?on
observe sur les autres régions littorales,
particulièrement le littoral atlantique.
quand la campagne accueille
de plus en plus de citadins
Sur les communes du littoral, le taux
d?artificialisation grimpe jusqu?à 17 %,
dont 19 % en Loire-Atlantique avec
Saint-Nazaire et 15 % en Vendée avec
Saint-Gilles-Croix-de-Vie et Les Sables-
d?Olonne. Pour les communes en arrière
du trait de côte, le taux d?artificialisation
reste encore inférieur aux moyennes
des deux départements littoraux de la
région.
L?artificialisation dans les Pays de
la Loire est proche de la moyenne
nationale pour les zones urbaines. En
revanche l?espace rural « isolé », qui
couvre la moitié de la région, présente
une artificialisation supérieure à 3 %
contre 2 %. Selon les départements, ce
Taux d'artificialisation en 2006
(en %)
Plus de 15
Entre 11 et 15
Entre 8 et 11
Moins de 8
Une artificialisation très marquée sur les aires urbaines du littoral
Taux d'artificialisation en 2006 par aires urbaines
© IGN - Insee 2010
Source : Dreal - Corine Land Cover 2006
26
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
taux varie de 2 % en Mayenne jusqu?à
4,5% en Vendée. Les campagnes des
Pays de la Loire se sont densifiées en
termes d?habitants et moins en emplois,
transformant ainsi certains villages à la
périphérie des villes en nouvelles cités-
dortoirs.
Sur le littoral, le contraste est très net
entre les communes du littoral et celles
du rétro-littoral pour l?augmentation du
taux d?artificialisation entre 2000 et
2006. L?écart est ainsi fort avec une
évolution de 0,6 % par an sur le littoral
pour 1,4 % par an pour le rétro-littoral.
Il y a donc un repli de l?urbanisation vers
les communes où les contraintes liées
à l?urbanisation sont moins fortes.
Que ce soit en milieu urbain ou dans
l?espace rural, la croissance de
l?artificialisation de la région entre
2000 et 2006 est toujours supérieure
à la moyenne nationale. Toutefois, les
plus grands écarts sont observés dans
Pour comprendre ces résultats
L?enquête Corine Land Cover (CLC)
a été utilisée pour l?analyse de
l?occupation du territoire présentée
dans ce chapitre.
Il s?agit d?une base de données
représentant l?occupation biophysique
du sol européen et réalisée par
la photo-interprétation d?images
satellitaires. On dispose des résultats
pour les campagnes 1990, 2000
et 2006. Corine Land Cover utilise
une nomenclature hiérarchisée
en trois niveaux qui permet de
couvrir l?ensemble du territoire ; elle
comprend 5 postes au niveau 1, 15
au niveau 2 et 44 au niveau 3. Elle est
produite dans le cadre du programme
européen Corine de coordination de
l?information sur l?environnement.
L?échelle de production est le
1 : 100 000, la surface minimale
cartographiée étant de 25 ha pour
un poste de la nomenclature et de
5 ha pour les changements de poste
observés entre 2000 et 2006.
Du fait de cette maille de 25 ha,
Corine Land Cover « voit » mal l?habitat
dispersé des territoires ruraux et
la plupart des routes, avec pour
conséquence une sous-estimation du
taux réel d?artificialisation. Il convient
donc de privilégier les comparaisons
entre territoires ou les évolutions dans
le temps.
Pour la lecture de ce chapitre,
le niveau 1 de la nomenclature CLC
« Territoires artificialisés » se décline
au niveau 2 en 4 postes :
- zones urbanisées ;
- zones industrielles ou commerciales
et réseaux de communications ;
- mines, décharges et chantiers ;
- espaces verts artificialisés, non
agricoles.
Pour faciliter la compréhension, le
terme de « bocage » utilisé dans le
texte concerne les espaces occupés
par des « systèmes culturaux
parcellaires et complexes » (code
242 de la nomenclature Corine Land
Cover) qui sont la juxtaposition de
petites parcelles de cultures annuelles
diversifiées, de prairies et/ou de
cultures permanentes. Mais pas tout
le bocage, puisque les prairies
permanentes (code 231) comprennent
les zones avec haies.
D?autres enquêtes de mesure de
l?occupation du territoire existent,
en particulier Teruti, qui est réalisée
par le service de la statistique et
de la prospective du ministère de
l?Agriculture, de l?alimentation et
de la pêche. Elle a pour objectif de
connaître les différentes catégories
d?occupation du sol et d?usage de
l?ensemble du territoire (agricole,
naturel et urbanisé), essentiellement
au niveau métropolitain, régional et
départemental. Cette enquête est
effectuée tous les ans par sondage.
C?est une enquête aréolaire à deux
degrés. L?emplacement des points
est désormais géoréférencé depuis
2005 avec la nouvelle enquête Teruti-
Lucas. Pour les Pays de la Loire, les
18 000 points de sondage utilisés
ne permettent pas de descendre en
dessous de la maille départementale.
les zones rurales. En effet, l?espace à
dominante rurale a une croissance du
taux d?artificialisation plus de deux fois
supérieure dans la région par rapport
au niveau national avec 0,9 % contre
0,4 % par an. Au niveau départemental,
la Vendée et la Mayenne sont nettement
au-dessus de la moyenne régionale dans
les espaces urbains, notamment dans
les communes situées en deuxième
couronne des villes, où le taux de
croissance est supérieur à 1,6 % par
an pour 0,7 % par an en moyenne en
France. La Vendée encore et le Maine-
et-Loire tirent quant à eux la moyenne
vers le haut pour les zones rurales, avec
un taux de croissance près de trois fois
supérieur à la moyenne nationale.
L?artificialisation et sa croissance, très
au-dessus de la moyenne pour ces
territoires, traduisent l?urbanisation
toujours plus loin des pôles urbains,
de façon accentuée dans l?espace
rural, avec en corollaire l?augmentation
de l?usage de la voiture. En Pays de
la Loire, la part des transports locaux
en automobile a augmenté de plus de
5 points entre 1994 et 2008, passant
de 66 % à 71 % sur cette période, ce
qui représente plus du double de ce
que l?on a pu observer pour la France
de province, où le différentiel est de
2,3 points, avec une part de 69 % en
2008. Dans la région, au moins jusqu?à
une période assez récente, cela s?est
fait au détriment des transports doux
(marche à pied, bicyclette), tandis que
la part des transports collectifs stagnait
autour de 6 %. ?
27
La périurbanisation :
facteurs et état des lieux
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Pour en savoir plus
Pageaud D. et Carré C., « La France vue par Corine Land Cover, outil européen de suivi de l?occupation
des sols », Le point sur, n°10, MEEDDM-Commissariat général au développement durable, avril 2009.
Naizot F., « Les changements d?occupation des sols de 1990 à 2000 : plus d?artificiel, moins de prairies
et de bocages », Les données de l?environnement, n°101, Ifen, mars 2005.
La rubrique internet du MEEDDM sur Corine Land Cover : http://www.stats.environnement.developpement-
durable.gouv.fr/bases-de-donnees/occupation-des-sols-corine-land-cover.html?taille=target%253D_self
Définitions
? On parle d?artificialisation du sol lorsque des zones agricoles ou naturelles sont transformées par l?homme en zones
artificielles (lotissements, routes, zones commerciales...). Cette artificialisation conduit, entre autres conséquences, à
une diminution des ressources naturelles et agricoles, à la fragmentation des habitats naturels et à la dégradation des
paysages.
? Le zonage en aire urbaine (cf. p.13)
28
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
La densification des communes à la périphérie des villes s?accompagne, parfois, d?une intensification
des disparités sociales. Ainsi, alors que les villes-centres attirent toujours les étudiants et les
jeunes actifs, du fait de leur offre de formation, de la richesse des emplois proposés et de leur
parc locatif abondant, les autres catégories de la population sont largement attirées par les
communes de la deuxième couronne. Dans ces zones, les contraintes foncières sont moins
fortes et donc les prix plus modérés. Les familles sont logiquement tentées de venir s?installer sur
ce type de territoire où l?accession à la propriété est plus aisée. En contrepartie, elles doivent faire
face à des problématiques de déplacements plus complexes : l?utilisation de la voiture devient
indispensable.
Conséquence visible de l?étalement urbain, le lieu de résidence apparaît comme un marqueur
social pour les communes qui hébergent de nouveaux habitants aux caractéristiques proches.
Dis-moi où tu vis, je te dirai qui tu es
Le périurbain, espace des familles
Jean COLLOBERT et Nicole GICQUAUD (Insee)
La question de la mixité sociale
est un enjeu fort des politiques
de la ville, de la cohésion sociale
et du logement. L?analyse fine des
dynamiques récentes des territoires
de la région des Pays de la Loire
est révélatrice de disparités, voire
d?inégalités. La ségrégation socio-
spatiale articule toutes les formes
d?inégalités, qu?elles concernent le
revenu, la formation, l?accès à l?emploi
ou encore l?accès aux équipements et
services.
Les cadres en ville, les ouvriers à la campagne
Écart à la moyenne par commune de la part de cadres et d?ouvriers en 2006
Les cadres en ville, les
ouvriers à la campagne
Le lieu de résidence est aujourd?hui
un marqueur social. La répartition
des groupes sociaux sur le territoire
est ainsi fortement liée à la catégorie
socioprofessionnelle et au niveau de
revenus des habitants. Le coût du
foncier est en effet plus ou moins
élevé selon le caractère urbain ou
rural des territoires. Ainsi, les cadres
sont largement représentés dans les
pôles urbains, et plus particulièrement
dans les villes-centres, alors qu?ils sont
sous-représentés dans les espaces
périurbains et ruraux. Leur niveau de
revenu leur permet le plus souvent de
choisir leur lieu d?habitation et de se
positionner dans les zones où le marché
de l?emploi est favorable.
A contrario, le coût du foncier contraint
une frange de la population aux revenus
plus modestes ou moyens de s?éloigner
des pôles. Cela peut engendrer
des problèmes d?accès à l?emploi,
notamment pour les employés. Ainsi,
Les cadres en ville, les ouvriers à la campagne
Écart à la moyenne par commune de la part de cadres et d'ouvriers en 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part de
cadres par commune (en points)
Plus de 0
Entre - 5 et 0
Entre - 7,5 et - 5
Entre - 12 et - 7,5
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part
d'ouvriers par commune (en points)
Plus de 10
Entre 0 et 10
Entre - 3 et 0
Entre - 5 et - 3
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation de la présence de cadres ou d'ouvriers. A l'inverse, un écart à la moyenne négatif pointe une sous-
représentation de la part de cadres ou d'ouvriers.
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation de la présence de cadres ou d?ouvriers. à l?inverse, un écart à la moyenne négatif pointe une sous-représentation de la part de
cadres ou d?ouvriers.
Les cadres en ville, les ouvriers à la campagne
Écart à la moyenne par commune de la part de cadres et d'ouvriers en 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part de
cadres par commune (en points)
Plus de 0
Entre - 5 et 0
Entre - 7,5 et - 5
Entre - 12 et - 7,5
Laval
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Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Écart à la moyenne de la part
d'ouvriers par commune (en points)
Plus de 10
Entre 0 et 10
Entre - 3 et 0
Entre - 5 et - 3
Laval
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Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation de la présence de cadres ou d'ouvriers. A l'inverse, un écart à la moyenne négatif pointe une sous-
représentation de la part de cadres ou d'ouvriers.
29
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
alors que la moitié d?entre eux habite
le périurbain ou le rural, ces espaces
n?offrent que 48 emplois d?employés
pour 100 employés y résidant. La
présence des ouvriers est surtout
marquée dans les espaces ruraux, et,
dans une moindre mesure, dans les
couronnes périurbaines ; les ouvriers
sont en revanche sous-représentés dans
les pôles urbains. Cela ne s?assortit pas
de problème d?accès à l?emploi, étant
donné que les espaces périurbains et
ruraux offrent plus d?emplois d?ouvriers
qu?il n?y a d?ouvriers résidant sur ces
mêmes territoires.
Les villes-centres perdent
leurs actifs résidents au
profit de l?espace périurbain
Entre 1999 et 2006, avec le
phénomène de périurbanisation, la
population s?est davantage installée
dans les espaces périphériques que
dans les pôles urbains que constituent
les villes-centres et leurs banlieues.
Les disparités entre territoires en
termes de solde naturel (excédent des
naissances sur les décès) ayant peu
évolué entre les périodes 1982-1999 et
1999-2006, l?essentiel des contrastes
entre les deux périodes s?explique
par l?évolution des migrations. Ces
mouvements de population ont dessiné
une nouvelle géographie humaine des
espaces urbains, périurbains et ruraux
dans la région des Pays de la Loire1.
En termes d?intensité migratoire,
cadres et professions intermédiaires
sont les champions de la mobilité,
devant les employés, les ouvriers
et les personnes sans activité
professionnelle. Quant aux retraités,
les principaux mouvements migratoires
concernent des échanges avec les
autres régions ; ils se traduisent par un
excédent des arrivées dans la région
sur les départs de celle-ci. Si le cadre
ligérien réside préférentiellement dans
une ville-centre, sa destination de
prédilection est d?abord le périurbain,
ensuite la banlieue et l?espace rural.
La ville-centre constitue ainsi un espace
déficitaire en termes de migrations
résidentielles internes à la région et
ce, quelle que soit la catégorie socio-
professionnelle des migrants. En effet,
les habitants des villes-centres quittent
cet espace, où le foncier est devenu
trop cher, pour s?installer en périphérie
des villes, où l?accession à la propriété
est plus aisée. Cadres et professions
intermédiaires sont les deux catégories
sociales les plus concernées par
les migrations de la ville-centre vers
l?espace périurbain ou la banlieue.
Ouvriers et employés présentent ce
même tropisme vers ces espaces,
mais de façon plus atténuée.
L?espace périurbain est donc le grand
bénéficiaire des migrations résiden-
tielles, avec une balance annuelle
globale de + 1 %. Les cadres et les
professions intermédiaires arrivent
surtout des villes-centres, mais aussi
d?autres régions. L?espace rural se
caractérise également par une
forte attractivité : + 0,8 % par an,
toutes catégories confondues. Cette
attractivité concerne à la fois l?ensemble
des catégories sociales et l?ensemble
des origines géographiques.
De son côté, la banlieue est sans
doute l?espace géographique le
plus stable sociologiquement : son
solde migratoire globalement positif
s?explique d?abord par l?arrivée de
cadres et plus marginalement de
professions intermédiaires. Mais
son attractivité demeure réduite aux
apports issus de la ville-centre et des
autres régions.
Les flux et reflux de population
résidente ont un impact sur la
composition sociale des villes-
centres, des banlieues, des espaces
périurbains et ruraux. Étalement urbain
et mixité sociale ne vont pas de pair :
l?arrivée de cadres et de professions
intermédiaires dans l?espace périurbain
y amène une connotation « classe
moyenne supérieure ».
1Cf. le chapitre « En Pays de la Loire, les maisons
poussent comme des champignons... dans les
champs »
0
5
10
15
20
25
30
35
40
45
50
Banlieue Rural
ensemble de la population
migrants
Périurbain
Banlieue, périurbain et rural : les espaces gagnants au jeu des
migrations internes à la région
Répartition de la population et des migrants selon les territoires
Lecture : En 2006, sur 100 personnes, 22 habitent en banlieue ; au cours des cinq dernières années, pour 100 personnes
qui ont déménagé, 47 se sont installées dans le périurbain.
Des freins à la mixité
sociale
Les mouvements de population
observés en Pays de la Loire, comme
sur de nombreux autres territoires
métropolitains, recèlent une logique
ségrégationniste. Ainsi, les familles
aisées viennent principalement
s?installer dans les espaces où elles sont
déjà le mieux représentées ; de leur
côté, les familles de classes moyennes
s?implantent quasi exclusivement là où
elles sont les plus nombreuses, les plus
démunies n?ayant parfois pas d?autres
choix que les quartiers défavorisés.
Les ménages les plus aisés choisissent
leur lieu de résidence de préférence
dans les villes-centres, mieux à même
de leur procurer un environnement
riche matériellement et culturellement,
ce qui a pour effet de maintenir le prix
des logements à des niveaux élevés.
De plus, en lien avec les évolutions
du tissu productif, la distribution de
la population selon la catégorie socio-
professionnelle a beaucoup changé :
le nombre d?ouvriers a reculé quand
les cadres ont gagné en importance.
Alors qu?en 1982, 100 000 cadres
résidaient dans la région des Pays de
la Loire, on en dénombre 166 000
en 2006. Si ce chiffre témoigne d?un
grand dynamisme de la région, dont la
capacité d?attraction est forte, il pèse
en retour sur les évolutions des prix
du marché immobilier. Ainsi, de par
leur nombre, les cadres représentent
près de 10 % des actifs ; en outre,
de par leurs moyens financiers, une
offre immobilière aux prix élevés peut
se développer. Sans politique publique
de l?habitat, peut apparaître, au fur et
à mesure de la « gentrification » des
quartiers, un phénomène d?exclusion
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
30
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
des classes moyennes qui se
retrouvent poussées à la périphérie
des villes. Les plus défavorisés sont
alors conduits à habiter à la campagne
ou dans certains quartiers de la ville
bien pourvus en logements sociaux.
Si la richesse matérielle
est discriminante?
Ainsi, en Pays de la Loire comme
dans les autres régions de province,
les niveaux de vie en zone urbaine
sont plus élevés qu?en zone rurale.
Toutefois, les Pays de la Loire sont,
avec l?Aquitaine, les deux seules
régions où le niveau de vie médian
en couronne périurbaine est très
légèrement inférieur à celui du pôle
urbain, alors qu?il est globalement
supérieur de 8 % pour l?ensemble
des régions de province. Cela est dû
notamment aux évolutions récentes
des prix de l?immobilier, qui ont
entraîné un afflux massif de familles
appartenant aux classes moyennes
vers les couronnes périurbaines. Le
revenu étant un critère déterminant
pour l?accession à la propriété,
il devient discriminant en ce qui
concerne le lieu de résidence, sous
l?effet du prix différencié du foncier
d?une zone à une autre.
De plus, dans la région comme au
niveau national, les inégalités sont
nettement plus fortes dans les pôles
urbains que dans les autres types
d?espaces. Le rapport entre le revenu
des 10 % les plus riches et des 10 %
les plus modestes est ainsi de 3,3
en pôle urbain, alors qu?il oscille
entre 2,5 et 2,8 dans les autres
types d?espaces pour les Pays de la
Loire. Ceci s?explique par la présence
simultanée de nombreux ménages
à très faibles revenus et à hauts
revenus dans les villes-centres ou
leur banlieue proche. Ces inégalités
de niveau de vie sont, quel que soit le
type d?espace, plus modérées dans la
région qu?en France de province.
?le niveau de diplôme l?est
encore plus
Le niveau de diplôme joue, lui aussi,
un rôle prépondérant dans le choix
du lieu de résidence : plus on est
diplômé, plus le choix se porte vers
un pôle urbain. Le diplôme est, dans
ce domaine, encore plus déterminant
que la catégorie socioprofessionnelle.
Ainsi, dans les Pays de la Loire, près d?un
diplômé de l?enseignement supérieur
sur deux réside dans la ville-centre d?un
pôle urbain, lieu de résidence privilégié
des ménages les plus aisés.
Certains diplômés de l?enseignement
supérieur ont une catégorie socio-
professionnelle qui n?est pas en
adéquation avec leur niveau d?études.
Ces diplômés qui occupent un emploi
d?ouvrier ou d?employé vont être
largement surreprésentés dans les
pôles urbains, alors que ces mêmes
catégories, lorsqu?elles ne sont pas
diplômées de l?enseignement supérieur,
sont surreprésentées dans l?espace
périurbain et le rural. Ainsi les ouvriers et
employés diplômés de l?enseignement
supérieur habitent dans 63 % des cas un
pôle urbain, soit 21 points de plus que
l?ensemble des ouvriers et employés.
Les diplômés qui occupent un
emploi d?ouvrier ou d?employé sont
majoritairement très jeunes. Si un
quart des cadres ou professions
intermédiaires résidant dans un pôle
urbain a moins de 30 ans, la proportion
de jeunes diplômés qui occupent
un emploi d?ouvrier ou d?employé et
habitent ce même type d?espace est
d?un sur deux. La recherche d?une vie
culturelle et de loisirs généralement
plus riche dans les communes
urbaines - théâtre, concerts mais aussi
bibliothèques mieux approvisionnées
ou spécialisées - n?est pas seule en
cause. Les diplômés qui occupent un
emploi d?ouvrier ou d?employé ont des
possibilités d?avenir professionnel plus
en adéquation avec leur niveau d?études.
En effet, s?il n?est pas synonyme de
salaire élevé, un diplôme de niveau
supérieur confère une forme de statut,
ce qui présente des perspectives plus
solides face à l?avenir.
Le niveau de diplôme l?emporte sur le niveau de revenu
Répartition des diplômés de l?enseignement supérieur selon la catégorie socioprofessionnelle
et le lieu de résidence (en %)
0
10
20
30
40
50
60
70
Pôle urbain Périurbain Rural
cadres et professions intermédiaires
employés et ouvriers
ensemble de la population
Source : Insee, recensement de la population 2006.
Les familles dans le
périurbain, les jeunes en ville
Si la catégorie socioprofessionnelle,
le revenu et le niveau de diplôme ont
une influence sur le lieu de résidence,
l?avancement dans le « cycle de vie »
joue également un rôle majeur. En effet,
les moyens matériels et l?intérêt pour
s?installer dans une zone plutôt qu?une
autre diffèrent sensiblement selon que
la personne est étudiante, vient de
fonder une famille ou est à la retraite.
Au regard des caractéristiques socio-
démographiques de la population, les
couronnes périurbaines se caractérisent
ainsi comme l?espace privilégié des
familles avec enfants, tandis que les pôles
urbains constituent celui des personnes
seules.
En 2006, la part des jeunes âgés
de moins de 20 ans et celle des 40 à
59 ans est plus élevée dans le périurbain,
voire les communes rurales lorsque
les deux parents exercent une activité
professionnelle. Ce choix résidentiel a
cependant pour conséquence d?aug-
menter la nécessité et la fréquence
des déplacements. La concentration de
l?emploi mais aussi des services dans
les pôles urbains d?une part, la difficulté
d?offrir des transports collectifs dans un
espace périurbain2 peu dense d?autre
part, engendrent un accroissement de la
mobilité et par conséquent du nombre de
véhicules automobiles.
Le choix de résidence en zone périurbaine
entraîne donc le plus souvent l?acquisition
et l?utilisation d?un second véhicule dans
le ménage, pour rejoindre son travail,
transporter ses enfants ou réaliser
d?autres déplacements pour motifs
2 Pour plus d?informations, cf. les chapitres
« Déplacements domicile-travail : ça bouchonne » et
« La voiture carbure à l?étalement urbain ».
31
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
personnels. Ainsi, plus de huit ménages
périurbains intégrant un couple bi-actif
sur dix possèdent deux automobiles,
contre sept sur dix dans les pôles
urbains.
Cette proportion augmente encore
avec l?arrivée des enfants dans le
foyer. En effet, le fait d?avoir un enfant
viendra ajouter à la problématique de
rejoindre son lieu de travail, celle de
faire garder l?enfant puis de l?emmener
à l?école. Avec la périurbanisation, les
écoles des pôles urbains perdent des
élèves, alors que l?offre de modes de
garde devient un véritable enjeu dans
le périurbain. La présence de crèches,
de nourrices agréées et de services
périscolaires réduit les difficultés
d?organisation des déplacements des
familles périurbaines. Cela influe aussi
sur le maintien en emploi des femmes,
l?espace périurbain n?étant pas l?espace
privilégié pour l?accès à l?emploi, aux
équipements et aux services.
Si les familles privilégient l?espace
périurbain, les 20 à 39 ans, tranche
d?âge des étudiants et des jeunes
actifs, sont fortement présents dans
les pôles urbains. Ces lieux concentrent
en effet les structures d?enseignement
supérieur, les emplois et les logements
accessibles en location. Les familles
monoparentales, le plus souvent des
Le périurbain, l?espace des familles
Écart à la moyenne de la part des familles par commune en 2006
femmes aux revenus modestes avec
leurs enfants, sont également très
présentes dans les pôles urbains. Elles
peuvent ainsi bénéficier de la proximité
des services et équipements, mais
surtout d?un parc de logements locatifs
et sociaux plus important.
Après le départ des enfants et à l?âge
de la retraite, ou plus largement après
60 ans, les ligériens restent plus sou-
vent dans les communes rurales, alors
qu?ils sont nettement sous-représentés
dans les couronnes périurbaines. Ils
sont également très présents sur le
littoral, où ils représentent plus du tiers
de la population. Dans neuf cas sur
dix, ces ménages de retraités résidant
sur le littoral vivent en couple. A un
âge plus avancé, au-delà de 80 ans,
certains retournent vers les villes et
leurs infrastructures nombreuses, dans
le domaine de la santé notamment.
Enfants de moins de 15 ans,
jeunes en formation, jeunes
actifs, adultes, seniors :
autant de profils migratoires
typés
L?analyse des migrations résidentielles
sur la période récente illustre ce lien
de plus en plus fort entre position
dans le « cycle de vie » et localisation
dans l?espace. Si ces migrations
résidentielles touchent la plupart
des tranches d?âges de la population
des Pays de la Loire, l?influence de
ces mouvements démographiques
est très différente d?un territoire à
l?autre. En effet, l?âge et l?avancement
dans le « cycle de vie » sont des
caractéristiques qui privilégient les
déménagements vers une zone plutôt
qu?une autre.
Entre 2001 et 2006, les villes-
centres ont perdu en moyenne
6 000 personnes par an, soit environ
3 % de l?ensemble de leur population
en cinq ans. Sur la période, si elles
bénéficient d?un apport de 6 000 jeunes
âgés de 15 à 25 ans par an, elles
perdent en revanche 9 000 adultes
âgés de 25 à 39 ans par an. Elles
perdent aussi des quadragénaires et
des quinquagénaires, mais dans une
moindre mesure. Aux deux extrémités
de la pyramide des âges, la ville-
centre perd des enfants âgés de 5 à
14 ans et gagne quelques poignées
de retraités. Le bilan démographique
se traduit donc pour la ville-centre par
un poids accru des jeunes en formation
(lycéens, étudiants, apprentis) ou en
début d?activité, au détriment des
autres catégories d?âges.
Le bilan migratoire de la banlieue
est positif pour l?ensemble des
catégories d?âges, hormis pour les
20 à 29 ans. Entre 2001 et 2006,
la banlieue a en effet perdu plus de
1 000 de ces jeunes adultes par an en
moyenne. En contrepartie, elle attire
un nombre équivalent de trentenaires,
accompagnés de leurs enfants en bas
âge. Pour autant, l?effet démographique
des migrations résidentielles reste
assez marginal en banlieue : le solde
positif de 1 200 migrants par an en
moyenne ne représente qu?un peu plus
de 1 % de l?ensemble de la population
en cinq ans.
L?effet des migrations résidentielles
est particulièrement fort dans l?espace
périurbain : + 7 800 personnes en
solde net, soit plus de 5 % de la
population en cinq ans. Ce solde
migratoire reste négatif pour les jeunes
âgés de 15 à 24 ans. Il est ensuite
largement positif pour les adultes de
25 à 40 ans et leurs enfants âgés de
5 à 14 ans : + 8 700 personnes par
an. Les flux migratoires des adultes
se tassent ensuite avec la montée en
âge.
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Écart à la moyenne de la part des
familles par commune (en points)
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Le périurbain, l'espace des familles
Écart à la moyenne de la part des familles par commune en 2006
Plus de 14
Entre 10 et 14
Entre 6 et 10
Entre 0 et 6
Moins de 0
Lecture : Un écart à la moyenne positif indique une surreprésentation des familles. A l'inverse, un écart à la
moyenne négatif signale une sous-représentation des familles.
32
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
L?espace rural présente certaines
similitudes avec l?espace périurbain
quant aux soldes migratoires constatés
sur les pyramides des âges : afflux de
jeunes enfants et de jeunes adultes,
reflux de jeunes âgés de 15 à 24 ans.
L?influence du solde migratoire est
importante, supérieure à 4 %. Les
soldes migratoires des adultes sont
plus dispersés : ils sont au plus haut
entre 30 et 34 ans, puis baissent avec
l?avancée en âge. L?espace rural se
démarque de l?espace périurbain par
sa forte attractivité pour les seniors :
+ 2 800 personnes âgées de 50 à
69 ans par an en moyenne.
Les cadres achètent un
logement en ville, les
ouvriers à la campagne
Dans les Pays de la Loire, l?accès à la
propriété reste largement un objectif
pour chaque catégorie de population :
63 % des ménages sont propriétaires
de leur logement contre 57 % pour
la moyenne des ménages français.
Cependant les disparités sont grandes
entre les différents types d?espace.
Les pôles urbains n?attirent que les étudiants et les jeunes actifs
Répartition des migrations dans le pôle urbain selon l?âge des migrants
Lecture : Au cours des cinq dernières années, pour 108 jeunes de 15 à 24 ans qui se sont installés en pôle urbain,
170 adultes de 25 à 39 ans l?ont quitté.
-200
-150
-100
-50
0
50
100
150
solde migratoire
5 à moins
de 15 ans
15 à 24 ans
25 à 39 ans
40 à 59 ans
60 ans et plus
Source : Insee, recensement de la population 2006.
Les espaces périurbains et ruraux attirent surtout les familles
Répartition des migrations dans l?espace périurbain et le rural selon l?âge des migrants
Lecture : Au cours des cinq dernières années, pour 69 adultes de 25 à 39 ans qui se sont installés dans les espaces
périurbains ou ruraux, 32 jeunes de 15 à 24 ans ont quitté ces espaces.
Source : Insee, recensement de la population 2006.
-40
-20
0
20
40
60
80
60 ans et plus
solde migratoire
5 à moins
de 15 ans
15 à 24 ans
25 à 39 ans 40 à 59 ans
Ainsi, dans le périurbain, près de huit
ménages sur dix sont propriétaires
de leur logement, contre sept sur dix
pour les ménages qui résident dans
une commune rurale ou de banlieue.
Cette proportion dépasse à peine
quatre sur dix dans les villes-centres.
En contrepartie, le parc locatif est très
concentré dans les villes-centres : on
y trouve 60 % des habitats à loyers
modérés (HLM) et 50 % des locations
non-HLM.
Le coût du foncier et la catégorie
sociale sont les principaux facteurs
déterminants dans le choix de
l?accession à la propriété. Ainsi, plus de
sept cadres sur dix sont propriétaires
contre moins de quatre sur dix pour
les ménages employés, et un ménage
ouvrier sur deux. Si les cadres
supérieurs privilégient les villes-centres
pour l?achat d?un logement, les classes
moyennes, professions intermédiaires
et employés sont le plus souvent
propriétaires dans les couronnes
périurbaines. Les ouvriers, aux revenus
plus modestes, accèdent à la propriété
principalement dans les communes
rurales, où le coût du foncier est plus
attractif. Par ailleurs, la probabilité de
devenir propriétaire de son logement
croît avec l?âge. Si seulement 15 % des
moins de 30 ans sont propriétaires,
la proportion est de plus d?un sur
deux pour les trentenaires, puis elle
augmente régulièrement pour atteindre
huit ménages sur dix après 60 ans.
Quel que soit leur âge, les ménages
sont plus souvent propriétaires dans
les couronnes périurbaines. ?
Pour comprendre
ces résultats
L?étude des migrations
résidentielles dans le
recensement de la population
Jusqu?en 1999, le recensement
de la population résidant en
France était réalisé de manière
exhaustive, tous les six à neuf ans.
Depuis 2004, il est organisé par
enquêtes annuelles concernant
successivement tous les terri-
toires communaux au cours d?une
période de cinq ans.
Les informations de cette étude
sont issues d?une question figu-
rant dans le bulletin individuel
du recensement et portant sur
le lieu de résidence (commune)
cinq ans plus tôt. Pour l?enquête
de recensement de 2009, la
question était : « Où habitiez-
vous le 1er janvier 2004 ? ». Dans
les recensements classiques, il
s?agissait du lieu de résidence
au 1er janvier de l?année du
recensement antérieur. Ainsi
pour le recensement de 1999,
la question portait sur le lieu de
résidence au 1er janvier 1990. Du
fait de ce changement de la durée
d?observation des migrations,
il est délicat de comparer la
mobilité dans le temps.
Les statistiques sur les migrants
ne concernent que les per-
sonnes âgées de plus de
5 ans. Leurs caractéristiques
sociodémographiques (âge,
catégorie socioprofessionnelle...)
sont celles déclarées lors de
l?enquête de recensement. Ainsi,
lorsque l?on parle des migrations
de cadres, il s?agit de migrations
d?individus qui sont cadres à
l?issue de la migration.
33
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Pour en savoir plus
Maurin É., « Le ghetto français, enquête sur le séparatisme social », Seuil, 2004.
Roux E. et Vanier M., Délégation interministérielle à l?aménagement et à la compétitivité des territoires (Diact) (ex- Datar),
« La périurbanisation : problématiques et perspectives », la Documentation Française, Travaux n° 8, 2008.
Baccaïni B. et Levy D., « Les migrations entre départements : le Sud et l?Ouest toujours très attractifs », Insee
Première, n°1129, mars 2010.
Définitions
On appelle migrations résiden-
tielles les changements de lieu
de résidence. Dans le passé, la
résidence antérieure était celle au
1er janvier de l?année du précédent
recensement ; les deux dernières
périodes intercensitaires, 1982-
1990 et 1990-1999, étaient res-
pectivement de huit ans et de
neuf ans. Désormais, la résidence
antérieure est celle au 1er janvier
cinq ans auparavant. La période
observée est plus courte, donc
elle permet de « coller » de plus
près aux migrations. En effet,
le recensement ne saisit pas
les migrations intermédiaires.
En particulier, une personne qui
habite la même commune aux
deux dates peut très bien avoir
changé de commune de résidence
entre-temps. La probabilité d?un tel
événement ou d?enchaîner plusieurs
migrations est plus forte sur une
période de huit ou neuf ans que sur
une période de cinq ans. On peut
penser aussi que la question faisant
référence à une situation moins
ancienne, la déclaration est plus
fiable.
Les enfants de moins de 5 ans
n?étant pas nés à la date de référence
de la résidence antérieure, ils ne
sont pas inclus dans la population
susceptible d?avoir migré.
Le solde migratoire d?une zone
est la différence entre le nombre
d?entrants dans la zone, en prove-
nance du reste de la métropole, et
le nombre de sortants de la zone,
vers le reste de la métropole.
Un ménage fiscal est un ménage
ordinaire constitué par le regrou-
pement des foyers fiscaux réper-
toriés dans un même logement.
Le revenu fiscal correspond à la
somme des ressources déclarées
par les contribuables sur la
déclaration des revenus avant
abattement. C?est un revenu avant
redistribution et avant impôts.
Le nombre d?Unités de Consom-
mation (UC) d?un ménage permet
de tenir compte des économies
d?échelle résultant de la vie en
groupe. Il est évalué comme suit
: le premier adulte compte pour 1
UC, les autres personnes de plus
de 14 ans pour 0,5 UC chacune,
et les enfants de moins de 14 ans
pour 0,3 UC chacun.
La médiane du revenu fiscal par
unité de consommation partage
les personnes en deux groupes : la
moitié des personnes appartient à
un ménage dont le revenu déclaré
par UC est inférieur à la médiane,
et l?autre moitié un revenu par UC
supérieur.
Le seuil des bas revenus correspond
à la limite du 1er décile : 10 %
des personnes appartiennent à un
ménage qui déclare un revenu par
UC inférieur à cette valeur. Le seuil
des hauts revenus correspond à
la limite du 9e décile : 10 % des
personnes appartiennent à un
ménage qui déclare un revenu par
UC supérieur à cette valeur.
Le rapport interdécile est utilisé
pour mesurer la dispersion du
revenu. Il établit le rapport entre les
hauts et les bas revenus (9e décile/
1er décile).
34
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
En 2006, en Pays de la Loire 60 % des actifs changent de commune pour aller travailler. Les actifs
résident de plus en plus loin de leur travail, les emplois demeurant largement concentrés dans les
pôles urbains. La mobilité, amplifiée par la densification des espaces à la périphérie des villes, a
donc nettement augmenté depuis 1999. L?accessibilité à l?emploi diffère selon que l?on réside en
ville ou à la campagne. En effet, les actifs résidant dans l?espace périurbain ou le rural ont moins
de chances de trouver un emploi près de chez eux que ceux qui habitent un pôle urbain.
Avec l?intensification des navettes domicile-travail, les trajets s?allongent et les encombrements
routiers progressent. Sous l?effet de l?allongement et de l?augmentation des déplacements
domicile-travail, les pôles étendent leur aire d?attraction : la métropolisation, déjà assez marquée
dans la région, se renforce.
Déplacements domicile-travail : ça bouchonne
Nicole GICQUAUD et Amandine RODRIGUES (Insee)
La métropolisation se
renforce
Le territoire des Pays de la Loire
s?organise de plus en plus autour de ses
grands pôles qui concentrent une part
croissante de l?activité économique.
Près de la moitié des emplois de la
Sur la période récente, l?aug-
mentation des prix de l?immobilier
dans l?espace urbain a impulsé
une nouvelle vague de densification
de la deuxième couronne des
villes : on parle de périurbanisation.
Ce phénomène gagne aussi les
campagnes1. En effet, parallèlement
à la reprise de la périurbanisation, la
population de la région s?installe encore
plus loin des villes dans des espaces
encore considérés comme ruraux il y a
quelques années. On peut nommer ce
second phénomène rurbanisation.
Alors que la population ne cesse
de se loger de plus en plus loin des
villes-centres, l?emploi reste encore
largement concentré dans les pôles
urbains2. La périurbanisation, ainsi
que la densification de la population
dans les espaces périphériques qui en
découle, ont des conséquences sur le
développement des surfaces urbanisées
autour des villes : on assiste alors à de
l?étalement urbain et à une intensification
des déplacements domicile-travail. Cela
a des conséquences sur l?organisation
du territoire. L?accessibilité à l?emploi
peut varier d?une catégorie de la
population à une autre et selon le lieu
de résidence. La ségrégation socio-
spatiale prend alors tout son sens.
De plus, avec la prépondérance de
l?usage de la voiture dans la région,
l?augmentation de ces navettes n?est pas
sans peser sur le budget des ménages
les plus éloignés (qui sont souvent les
moins aisés), ou poser des difficultés
de circulation et des problèmes
environnementaux (surconsommation
d?énergie, pollution). L?organisation des
infrastructures de transports, dont les
transports collectifs, sur le territoire
devient un enjeu de plus en plus fort.
1. Cf le chapitre « En Pays de la Loire, les maisons
poussent comme des champignons... dans les
champs »
2. Cf le chapitre « Les emplois restent en ville »
Pays de la Loire, un maillage très serré des pôles d?attractivité de
l?emploi
Les pôles d?attractivité de l?emploi et leur aire d?influence en 2006
Pays de la Loire, un maillage très serré des pôles d'attractivité
de l'emploi
Les pôles d'attractivité de l'emploi et leur aire d'influence en 2006
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Nantes
Laval
Angers
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Saint-
Nazaire
Lecture : Les pôles d'attractivité de l'emploi sont des communes qui polarisent un grand nombre des navettes
quotidiennes. L'aire d'influence d'un pôle est constituée de communes dont au moins la moitié des actifs
résidents travaille dans le pôle ou dont le flux de sortants maximum est dirigé vers ce pôle, dans la limite d'un
minimum de 50 individus.
35
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
région est ainsi concentrée sur les
sept plus grands pôles urbains. Les
pôles de Nantes, Angers et Le Mans
rassemblent plus d?un emploi régional
sur trois (36 %). L?attraction du pôle
nantais ne se dément pas : en 2006, il
concentre à lui seul un emploi sur cinq.
L?attractivité de ces pôles engendre ainsi
des espaces de forts déplacements,
notamment autour de Nantes, Angers
et Le Mans. Les ménages cherchent à
échapper à l?augmentation des prix du
foncier et s?installent dans des zones
moins urbanisées. De ce fait, les actifs
résident de plus en plus loin de leur lieu
de travail.
On peut définir des aires d?attraction
autour des six plus grands pôles de
la région : Nantes, Angers, Le Mans,
Laval, La Roche-sur-Yon et Saint-Nazaire.
Toute commune dont au moins 40 %
des actifs résidents travaillent dans
un de ces pôles fera partie de l?aire
d?attraction correspondante. En 2006,
sur les 1 502 communes de la région,
298 font partie des aires d?attraction
des six plus grands pôles d?emploi, soit
45 communes supplémentaires depuis
1999 : la métropolisation se renforce.
Presque 180 000 navetteurs
supplémentaires
En 2006, dans la région des Pays de la
Loire, près d?1,5 million de personnes
occupent un emploi. 60 % d?entre elles
quittent leur commune de résidence
pour se rendre sur leur lieu de travail.
Depuis 1999, ce taux de mobilité
a progressé de six points. C?est un
rythme plus soutenu que pour la France
de province où, dans le même temps,
le taux de mobilité n?a augmenté que
de 4 points. En effet, c?est dans les
Pays de la Loire que l?écart entre
l?augmentation du nombre d?actifs et
celle du nombre de navetteurs a été le
plus important. Ce sont ainsi près de
180 000 personnes supplémentaires
qui se déplacent quotidiennement pour
seulement 177 000 actifs en plus. La
région se place au 4e rang des régions
dont le nombre d?actifs changeant
de commune pour aller travailler a
le plus augmenté (25 %), derrière la
Corse, le Languedoc-Roussillon et Midi-
Pyrénées.
Une mobilité très forte dans
le périurbain et le rural?
Si les distances parcourues s?accrois-
sent sur l?ensemble de la région,
les disparités entre les territoires
persistent. Ainsi, les actifs qui résident
dans les pôles urbains, communes
riches en emplois, sont moins
contraints de se déplacer. Moins d?un
sur deux change de commune pour
aller travailler, moins d?un sur trois pour
les seuls résidents de la ville-centre
d?un pôle urbain. Au niveau national,
les actifs urbains sont plus mobiles
que ceux de la région (52,6 % contre
47,2 %). Toutefois, la situation de la
région est assez remarquable en ce qui
concerne le nombre de grandes villes
qu?elle abrite : 36 communes de plus
de 10 000 habitants et Nantes, Angers
et Le Mans qui figurent parmi les 25
plus grandes villes françaises par la
taille de leur population. En Pays de la
Loire, comme dans les autres régions
françaises, les emplois restant très
concentrés dans les pôles urbains, les
actifs y résidant ont plus de chances
qu?ailleurs de trouver un travail dans la
même commune. Dès lors, ils ne sont
pas considérés comme « mobiles »,
leurs distances et temps de trajet
étant arbitrairement fixés à zéro, alors
que dans les faits la situation est bien
différente. Cette définition des mobiles
comme étant les actifs qui quittent
leur commune pour aller travailler et la
structure particulièrement urbaine des
Pays de la Loire créent un artéfact, non
mesurable, qui explique une partie de
l?écart observé entre la mobilité des
citadins au niveau national et celle au
niveau régional.
De leur côté, les actifs qui résident
dans les couronnes périurbaines
et les communes rurales, moins
bien pourvues en emplois, sont
beaucoup plus nombreux à changer
de commune pour se rendre au travail
(respectivement 78 % et 63 %). Pour
les résidents de ces espaces dans les
Pays de la Loire, le taux de mobilité
est quasiment identique à la moyenne
des régions de province. Toutefois, les
actifs qui habitent dans des communes
rurales « isolées » (hors pôles d?emploi
du rural et leurs couronnes) de la
région sont près de 68 % à quitter leur
De plus en plus de mobiles
Taux de mobiles par commune en 1999 et 2006
De plus en plus de mobiles
Taux de mobiles par commune en 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 1999
Plus de 80
Entre 70 et 80
Entre 60 et 70
Entre 50 et 60
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 50
Taux de mobiles par commune
en 1999 (en %)
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Taux de mobiles par commune
en 2006 (en %)
Plus de 80
Entre 70 et 80
Entre 60 et 70
Entre 50 de 60
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 50
36
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
commune de résidence pour se rendre
à leur travail, soit 4 points de plus que la
moyenne française. Cette mobilité plus
marquée est à rapprocher du maillage
particulièrement serré du territoire en
termes de pôle d?attractivité de l?emploi.
En effet, la plupart des communes
de la région sont sous l?influence d?un
pôle d?attractivité de l?emploi, de taille
variable. Ainsi, dans la région, le rural
« isolé » est plus rare qu?ailleurs.
?renforcée par
la périurbanisation et
la rurbanisation
La concentration de l?emploi dans
les pôles et le choix des ménages
de s?installer toujours plus loin des
villes renforcent l?accroissement des
déplacements domicile-travail. Ainsi,
entre 1999 et 2006, le taux de
mobilité a peu varié pour les actifs
résidant dans les pôles urbains. à
l?opposé, il a fortement augmenté pour
ceux qui résident dans les couronnes
périurbaines et les espaces ruraux
(respectivement + 5 et + 9 points).
Sur les 880 000 actifs mobiles de
la région, plus de trois sur cinq - soit
577 000 personnes - habitent une
commune située dans un espace
périurbain ou rural. Ainsi, le fait que
les phénomènes de périurbanisation
et de rurbanisation ne s?accompagnent
pas d?un desserrement des emplois
dans les espaces périurbains et les
campagnes, favorise l?amplification des
navettes domicile-travail.
Entre 1999 et 2006, les trajets
parcourus par les actifs résidant
dans l?espace rural ont augmenté de
2 kilomètres. Les trajets domicile-travail
sont restés stables pour les actifs qui
résident dans les espaces urbains et
périurbains en termes de distance. En
revanche, la durée des trajets augmente
plus fortement pour les habitants des
couronnes périurbaines que pour ceux
des pôles urbains. Les difficultés de
circulation sont d?autant plus fortes que
la voiture est le moyen de locomotion
privilégié dans ces zones peu pourvues
en réseau de transports en commun.
Le lieu de travail n?est pas le
lieu de résidence
En 2006, les pôles urbains regroupent
60 % de l?emploi salarié de la région,
quand n?y réside que 44 % de la
population active. Cette déconnection
emploi-habitat génère un déséquilibre
et donc des inégalités dans l?accès
à l?emploi selon le lieu de résidence.
Les pôles urbains regroupent ainsi
136 emplois pour 100 actifs résidents.
Ce ratio est largement tiré vers le haut
par les villes-centres. A contrario, les
couronnes périurbaines abritent plus
d?actifs résidents que d?emplois :
on y dénombre ainsi 2 actifs pour
1 emploi. L?espace périurbain est
donc un important réservoir d?actifs.
L?espace à dominante rurale, pour sa
part, présente un équilibre relatif, avec
85 emplois pour 100 actifs résidents.
Toutefois, au sein du rural, les pôles
d?emploi ruraux se distinguent. Ils ont
un comportement similaire à celui
des pôles urbains dans les Pays de
la Loire : ils offrent 129 emplois pour
100 actifs.
Un actif résidant dans un pôle urbain a
donc potentiellement plus de chances
de trouver un emploi près de chez lui
qu?un actif périurbain. Cependant, les
emplois proposés à proximité de son
domicile ne sont pas forcément en
adéquation avec ses compétences.
Ainsi un ouvrier résidant dans un pôle
urbain aura moins de chances de
trouver un emploi sur sa commune
qu?un ouvrier résidant dans l?espace
périurbain ou le rural. En effet, le ratio
entre le nombre d?emplois et le nombre
d?habitants, en fonction du caractère
urbain ou rural d?un territoire, varie selon
les catégories socio-professionnelles.
Les sept principales aires d?attraction
de la région ont plus d?emplois que
d?actifs résidents. Avec respectivement
127 et 125 emplois pour 100 actifs
résidents, les taux de couverture de
l?emploi (nombre d?emplois sur nombre
d?actifs résidents) dans les aires
Une mobilité renforcée par la périurbanisation et la rurbanisation
Taux de mobiles (actifs changeant de commune pour aller travailler) selon le type d?espace en 2006
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
Pôle urbain Espace périurbain Pôle rural Autre commune de
l'espace rural
Ensemble
Pays de la Loire France de province
Les emplois plutôt dans les pôles, les actifs résidents plutôt dans le périurbain
Taux de couverture de l?emploi (ratio emplois sur actifs résidents) selon le type d?espace en 2006
180
160
140
120
100
80
60
40
20
0
Ville-centre
d'un pôle urbain
Banlieue
d'un pôle urbain
Espace
périurbain
Pôle rural Autres communes
rurales
Ensemble
Pays de la Loire France de province
Source : Insee, Recensement de la population 2006, exploitation complémentaire.
Champ : Actifs de 15 à 64 ans ayant un emploi.
Lecture : Dans les villes-centres des pôles urbains des Pays de la Loire, on compte 151 emplois pour 100 actifs
résidents.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006, exploitation complémentaire.
Champ : Actifs de 15 à 64 ans ayant un emploi.
37
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
d?attraction de Cholet et La Roche-sur-
Yon dépassent largement ceux des plus
grandes aires de la région. En effet,
celles de Nantes, Angers et Le Mans
offrent respectivement 107, 105 et
103 emplois pour 100 actifs résidents.
Laval et Saint-Nazaire occupent une
position intermédiaire.
Une déconnection emploi-
habitat de plus en plus forte
Entre 1999 et 2006, le volume
d?emploi augmente. Tandis que le
nombre d?emplois des pôles urbains
progresse de 14 %, le nombre d?actifs
résidents y augmente seulement de
8 %. Dans les couronnes périurbaines,
le nombre d?emplois augmente de
20 % et reste légèrement devancé par
le nombre d?actifs résidents. Le taux
de couverture de l?emploi subit ainsi
de fortes variations selon les types
d?espace et les écarts continuent de
se creuser. En progression de 8 points
dans les pôles urbains, le rapport
emplois sur actifs résidents diminue de
5 points dans l?espace rural. Ainsi, les
pôles urbains se positionnent de plus
en plus comme des réservoirs d?emploi.
La discordance entre le nombre d?actifs
et le nombre d?emplois reste toujours
aussi marquée dans l?espace périurbain
et est de plus en plus forte dans le rural.
L?inadéquation entre lieu d?emploi et lieu
d?habitat est de plus en plus marquée.
Ainsi, le phénomène de rurbanisation
peut amener certains villages en
périphérie des grandes villes à devenir
de nouvelles cités-dortoirs, les actifs
résidents des campagnes partant
travailler dans les villes. La répartition
de la population et des emplois de la
région est relativement comparable
à celle de la moyenne des régions de
province. Le poids des pôles urbains
et celui des pôles d?emploi de l?espace
rural dépassent largement ceux des
espaces périurbains et ruraux.
Dans les aires d?attraction de La
Roche-sur-Yon et de Cholet, le nombre
d?emplois a progressé plus vite que le
nombre d?actifs résidents : leur taux de
couverture de l?emploi a ainsi fortement
progressé (+ 8 points pour l?aire de
Cholet et + 7 pour celle de La Roche-
sur-Yon). Le taux de couverture de
l?emploi progresse aussi dans les cinq
autres principales aires d?attraction
de la région, mais dans une moindre
mesure.
Un travail toujours plus loin
du domicile
Non seulement le nombre de navetteurs
augmente, mais les distances parcou-
rues pour aller travailler s?allongent :
les actifs habitent de plus en plus
loin de leur lieu de travail. En 2006,
dans les Pays de la Loire, trois actifs
sur cinq quittent leur commune de
résidence pour se rendre sur leur lieu
de travail. Ils effectuent en moyenne
des trajets de 17 kilomètres et d?une
durée de 25 minutes en heures
pleines. Pour la moitié d?entre eux, le
trajet domicile-travail est supérieur à
12 kilomètres et 22 minutes. En Pays
Les emplois offerts près du domicile ne correspondent pas forcément à
la qualification des actifs résidents
Taux de couverture de l?emploi (ratio emplois sur actifs résidents) selon le type d?espace et la catégorie
socioprofessionnelle
160
140
120
100
80
60
40
20
0
Pôle urbain Périurbain Rural
cadres
professions intermédiaires
employés
ouvriers
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
Lecture : Dans le pôle urbain, il y a 110 emplois de cadres pour 100 cadres y résidant. Dans l?espace rural, il y a
142 emplois d?ouvriers pour 100 ouvriers y résidant.
Des trajets de plus en plus longs
Distance médiane parcourue par les actifs résidents pour rejoindre leur lieu de travail en 1999 et 2006
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Des trajets de plus en plus en longs
Distance médiane parcourue par les actifs résidents pour rejoindre leur lieu de travail en 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 1999
Plus de 13
Entre 10 et 13
Entre 7 et 10
Entre 4 et 7
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 4
Distance médiane parcourue
en 1999 (en km)
Principaux pôles urbains
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Plus de 13
Entre 10 et 13
Entre 7 et 10
Entre 4 et 7
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
La Roche-
sur-Yon
Le Mans
Moins de 4
Distance médiane parcourue
en 2006 (en km)
38
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
de la Loire, 271 000 actifs parcourent
plus de 20 kilomètres en 2006, soient
77 000 actifs de plus qu?en 1999. Ainsi
le poids des trajets longs se renforce
de 3 points. Entre 1999 et 2006, les
trajets domicile-travail augmentent en
moyenne d?1 kilomètre pour l?ensemble
des actifs. Rapportée à la longueur
des trajets moyens, c?est une distance
supplémentaire conséquente.
Les actifs qui résident en Loire-
Atlantique travaillent plus souvent
hors de leur commune de résidence
que ceux qui résident dans les autres
départements de la région (62 %
contre moins de 60 %). Ils travaillent
également plus loin de leur domicile. Ils
parcourent en moyenne 16 kilomètres
quand leurs homologues mayennais,
à l?autre extrême, parcourent
12 kilomètres. La moitié des actifs qui
résident en Loire-Atlantique parcourt
plus de 8 kilomètres, soit deux fois
plus que ceux qui résident en Mayenne.
Les temps de trajet sont également
plus longs en Loire-Atlantique que dans
les autres départements. C?est pour
les habitants de la Mayenne qu?ils sont
les plus courts, mais ils se sont accrus
plus vite qu?ailleurs depuis 1999, avec
une augmentation de 5 minutes en
heures pleines contre 3 minutes dans
les autres départements de la région.
Une circulation moins fluide
dans l?espace urbain
Si l?augmentation des distances en
kilomètres a un impact évident sur le
budget essence des ménages, elle ne
suffit pas à rendre compte des temps
de trajet, qui eux ont un impact sur
le « budget temps » des ménages.
En effet, à distance égale, le temps
de trajet peut être variable. Il dépend
beaucoup du lieu de travail et est
bien sûr beaucoup plus long en cas
d?utilisation de l?automobile dans des
zones très urbanisées. La vitesse de
circulation étant plus réduite dans les
zones urbaines, les écarts entre les
temps de trajet en zones urbaines
et rurales sont plus faibles que ne le
sont les distances. Ainsi, en heures
pleines, la durée des trajets pour les
actifs domiciliés dans l?espace rural
est inférieure à celle des résidents de
l?espace périurbain (16 minutes contre
22 minutes), alors qu?ils parcourent
des distances presque égales
(16 kilomètres et 17 kilomètres), soit
une vitesse moyenne de 60 km/h pour
les actifs de l?espace rural et 46 km/h
pour ceux de l?espace périurbain.
Cette vitesse plus élevée dans l?espace
rural est à relier au fait que les actifs
y résidant sont moins nombreux que
dans le périurbain à aller travailler dans
un pôle urbain, où les conditions de
circulation sont les plus difficiles.
Pour l?ensemble des actifs de la région,
un trajet effectué en heures pleines est
supérieur de 3 minutes en moyenne
à la durée d?un même trajet effectué
en heures creuses. Cet écart entre la
Des trajets plus courts dans les pôles urbains mais une vitesse réduite
Distance et vitesse de déplacement en 2006 selon le ZAUER
vitesse (en km/h) distance moyenne (en km)
0 10 20 30 40 50 60 70
littoral
rural
périurb.
ville-centre
banlieue
région
Des trajets plus courts dans les pôles urbains
mais une vitesse réduite
Source : Insee, Recensement de la population 2006.
durée des trajets varie selon la zone de
résidence.
Dans les départements où sont situées
les trois plus grandes métropoles de la
région (Nantes, Angers et Le Mans), les
écarts sont plus importants. Ainsi, en
Loire-Atlantique, les trajets effectués en
heures pleines ont une durée supérieure
de 4 minutes en moyenne à celle des
mêmes trajets effectués en heures
creuses. Dans le Maine-et-Loire et dans
la Sarthe, l?écart est de 3 minutes en
moyenne. C?est dans le département
Si les trajets sont plus longs dans le périurbain, ils prennent plus de
temps dans les pôles
Temps de trajet médians en 2006 des actifs résidents
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
Temps de trajet médian
(en minutes)
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Si les trajets sont plus longs dans le périurbain, ils prennent plus
de temps dans les pôles
Temps de trajet médian des actifs résidents en 2006
Plus de 20
Entre 15 et 20
Entre 10 et 15
Entre 0 et 10
0
Lecture : Pour les actifs travaillant et résidant dans la même commune les temps et distances de trajet sont
considérés comme étant nuls. Par conséquent, lorsque plus de la moitié des actifs d'une commune est dans
ce cas le temps de trajet médian est nul.
39
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
Plus on s?éloigne de la ville-centre, plus l?écart entre heures creuses et
heures pleines diminue
Écart entre trajets en heures pleines et heures creuses en 2006 en minutes
de la Mayenne, moins urbanisé, qu?il
est le moins significatif.
Toujours pour des raisons de circulation
plus difficile pour les actifs qui résident
en milieu urbain, l?écart entre la durée
d?un même trajet effectué en heures
pleines ou en heures creuses est
plus élevé qu?ailleurs. Ainsi, pour les
actifs résidant dans une commune de
banlieue d?un pôle urbain, la durée du
trajet moyen varie de 5 minutes selon
qu?ils font leur parcours en heures
pleines ou en heures creuses. Cet écart
est de 3 minutes en moyenne pour les
actifs qui résident dans le périurbain.
Ce sont les actifs qui résident dans
l?espace rural qui subissent le moins
de variations : ils mettent 1 minute de
plus en moyenne pour rejoindre leur
travail lorsque le parcours est réalisé
en heures pleines plutôt qu?en heures
creuses.
Les cadres se déplacent
moins souvent mais plus loin
La facilité d?accès à l?emploi est
donc variable selon le caractère
urbain ou rural du lieu d?habitat. Or,
la population n?est pas répartie de
façon uniforme sur le territoire : la
catégorie socioprofessionnelle joue
un rôle prépondérant dans le lieu
d?implantation des actifs. Les cadres
et les professions intermédiaires sont
surreprésentés dans les pôles urbains,
où l?accès à l?emploi est plus aisé,
quand les ouvriers et les employés sont
surreprésentés dans le périurbain et le
rural, plus pauvres en emploi. Toutefois,
la structure des emplois proposés n?est
pas forcément en adéquation avec les
populations présentes sur un territoire.
Ainsi, les cadres et les employés
changent moins souvent de commune
pour aller travailler que les ouvriers et les
professions intermédiaires. Cependant,
lorsqu?ils quittent leur commune pour
aller travailler, les cadres sont ceux
qui ont les plus longs trajets domicile-
travail. Ainsi, la moitié des cadres
travaille dans une commune située à
plus de 14 kilomètres et 28 minutes
de leur lieu de résidence. A l?opposé,
les employés sont ceux qui travaillent le
plus près de chez eux : la moitié d?entre
eux parcourt moins de 11 kilomètres
pour se rendre au travail en 21 minutes.
Les écarts de distance et de temps de
trajet pour aller travailler ne s?expliquent
donc pas uniquement par des choix
ou des contraintes qui conduiraient
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5
Ensemble Pays de
la Loire
Littoral
Espace rural
Couronne périurbaine
Pôle urbain
Source : Insee, recensement de la population 2006.
certaines catégories de la population à
habiter plus ou moins loin de leur lieu
de travail. En effet, les cadres ont les
trajets les plus longs alors qu?ils sont
surreprésentés dans les pôles urbains
(62 % d?entre eux y vivent contre 47 %
des actifs en moyenne), espace où les
déplacements domicile-travail sont les
plus courts en moyenne. Enfin, 80 %
des employés sont des femmes et 70 %
des cadres des hommes. Les hommes
sont plus mobiles et ont des trajets
plus longs que les femmes, quelle que
soit la catégorie socioprofessionnelle :
cette répartition hommes-femmes des
cadres et des employés vient elle aussi
justifier les spécificités observées en
termes de déplacements domicile-
travail.
Les ouvriers sont les plus mobiles. En
effet, sept ouvriers sur dix quittent leur
commune de résidence pour se rendre
sur leur lieu de travail. Les trajets
qu?ils effectuent sont proches de la
moyenne en termes de distance. En
revanche leurs temps de trajets sont
plus courts que pour l?ensemble des
actifs. Cela s?explique par le fait que
les ouvriers sont surreprésentés dans
l?espace périurbain et le rural, espaces
où la circulation est plus fluide et où il
est très facile pour eux de trouver un
emploi, étant donné la structure du
marché du travail dans ces zones.
Les grands pôles de
la région : vers un
polycentrisme de l?emploi
ou un étalement contrasté
L?analyse conjointe des mobilités
résidentielles et des déplacements
domicile-travail fait ressortir plusieurs
schémas de développement des
espaces urbains. Dans certaines aires
urbaines, on observe un polycentrisme
de l?emploi. C?est le cas des plus grandes
aires urbaines françaises, notamment
les capitales régionales comme Paris,
Lyon, Marseille, Bordeaux? En Pays de
la Loire, cela concerne Nantes, Angers,
La Roche-sur-Yon et Saint-Nazaire. Les
espaces urbains s?y caractérisent par
un phénomène de périurbanisation très
marqué. L?étalement de la population
s?accompagne d?un relatif étalement
de l?emploi, marqué par l?émergence
de pôles d?emploi secondaires. Par
conséquent les trajets domicile-travail
ne s?y allongent pas ou peu.
Dans d?autres aires, comme Laval ou
Le Mans, l?étalement est contrasté.
Cette catégorie d?aires urbaines se
caractérise par un double mouvement :
étalement urbain et resserrement
autour du pôle urbain. L?étalement
urbain se manifeste au travers des
déménagements d?habitants des
villes-centres vers la banlieue et le
périurbain. Toutefois, les nouveaux
habitants de l?espace périurbain ne sont
pas uniquement des citadins : certains
viennent des communes rurales. Ainsi,
l?éloignement des centres-villes est
modéré par un resserrement du rural
vers le périurbain, l?emploi restant
polarisé au sein du pôle urbain.
Les grands pôles étendent
leur attraction
Les grandes métropoles de la région
continuent d?étendre leur influence.
Ainsi, l?aire d?attraction de Nantes s?étale
sur 340 km² supplémentaires, gagnant
près de 43 000 habitants. L?influence de
la capitale angevine s?étend, elle aussi,
en conquérant 290 km² additionnels
pour 22 200 habitants de plus. L?aire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
40
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
Des couloirs de déplacements se dessinent
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d?attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour
communes satellites toute commune dont au moins 20 % des actifs résidents travaillent dans le pôle
Les pôles étendent leur aire d?influence
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d?attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour
communes satellites toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle
d?attraction du Mans gagne 120 km² et
7 500 habitants supplémentaires contre
140 km² et 5 000 habitants pour Laval.
Les aires d?attraction de Saint-Nazaire
et La Roche-sur-Yon présentent, quant
à elles, une certaine stabilité.
Les aires d?Angers et de Laval
s?étendent concentriquement, alors
que Nantes gagne du terrain, surtout
à l?est, et semble s?étirer le long d?un
axe nord-sud. L?aire du Mans, quant à
elle, étend son influence au nord-ouest
et au sud-est. Par l?étalement urbain,
certaines aires d?attraction pourraient
se rejoindre, voire se chevaucher. Ainsi,
si on considère comme communes
satellites celles qui envoient 20 % de
leurs actifs résidents travailler dans
le pôle au lieu des 40 % habituels, un
couloir de déplacement apparaît alors
entre Nantes et Saint-Nazaire. Prinquiau,
La Chapelle-Launay et Lavau-sur-Loire
seraient à la fois sous influence nantaise
et nazairienne.
Des trajets plus longs autour
des grandes métropoles
Les trajets domicile-travail sont
généralement plus longs tant en
termes de distance que de durée pour
les actifs qui résident et travaillent
dans les aires d?attraction des grandes
métropoles de la région. Ainsi, autour
de Nantes et de Saint-Nazaire, les
trajets font en moyenne 13 kilomètres
contre 11 kilomètres dans les aires
d?attraction d?Angers et du Mans. Les
actifs résidents des aires de Laval et
de La Roche-sur-Yon parcourent en
moyenne 9 et 10 kilomètres pour aller
travailler. La durée moyenne des trajets
pour les actifs de l?aire de Nantes est de
28 minutes, devançant ceux de Saint-
Nazaire de 2 minutes et ceux d?Angers
de 3 minutes. Dans l?aire du Mans, il
faut en moyenne 23 minutes pour se
rendre sur son lieu de travail. Dans les
aires de Laval et la Roche-sur-Yon, les
actifs mettent 15 minutes.
Ces distances et temps de trajet ont peu
évolué au sein des aires d?attraction.
Ainsi, les trajets moyens ont augmenté
de 1 kilomètre seulement autour de
Nantes et de Laval. ?
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
Des couloirs de déplacements se dessinent
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d'attraction des 6 plus grands pôles de la région avec
pour communes satellites toute commune dont au moins 20 % des actifs résidents travaillent
dans le pôle
Sous double influence
Apparue
Stable
Disparue
Statut des communes satellites
Lecture : Le statut «apparue» signifie que la commune n'était pas satellite du pôle en 1999 mais l'est devenue
en 2006. à l'inverse, le statut «disparue» signifie que la commune était satellite du pôle en 1999 et ne l'est
plus en 2006. Les communes «sous double influence» sont satellites de deux pôles distincts en 2006.
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006
Principaux pôles urbains
Les pôles étendent leur aire d'influence
Évolution entre 1999 et 2006 des aires d'attraction des 6 plus grands pôles de la région avec
pour communes satellites toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent
dans le pôle
Apparue
Stable
Disparue
Statut des communes satellites
Lecture : Le statut «apparue» signifie que la commune n'était pas satellite du pôle en 1999 mais l'est devenue
en 2006. à l'inverse, le statut «disparue» signifie que la commune était satellite du pôle en 1999 et ne l'est
plus en 2006.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
41
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
Définitions
Le taux de mobilité est le ratio
des actifs résidents changeant de
commune pour aller travailler sur le
nombre total d?actifs résidents.
Le taux de couverture de l?emploi
est le ratio du nombre d?emplois sur le
nombre d?actifs résidents.
L?aire d?attraction d?un pôle urbain
est composée de l?ensemble des
communes du pôle, ainsi que des
communes satellites de ce pôle. On
entend par commune satellite toute
commune dont au moins 40 % des
actifs résidents travaillent dans le pôle.
Le concept d?aire d?attraction diffère
donc de celui d?aire urbaine. En effet,
une aire urbaine est un ensemble de
communes, d?un seul tenant et sans
enclave, constitué par un pôle urbain,
et par des communes rurales ou
unités urbaines (couronne périurbaine)
dont au moins 40 % de la population
résidente ayant un emploi travaille
dans le pôle ou dans des communes
attirées par celui-ci.
L?accessibilité à l?emploi ne doit pas
être confondue avec l?accès à l?emploi,
l?accessibilité n?étant qu?une possibilité
d?accès.
Pour comprendre ces résultats
Les flux de déplacements domicile-
travail sont issus des résultats
statistiques du recensement de la
population 2006.
Les distances et temps de trajet
Le temps de trajet est un temps
calculé et non un temps déclaré par
l?enquêté, comme dans les enquêtes
Déplacements ou l?enquête nationale
Transports : c?est le temps nécessaire
pour se rendre de sa commune de
résidence à sa commune de travail en
automobile. La distance est mesurée
entre le centre de la commune de
résidence et le centre de la commune
de travail. En conséquence, pour
ceux qui résident et travaillent dans la
même commune, la distance est nulle.
Par ailleurs, changer de commune ne
signifie pas nécessairement parcourir
une longue distance, les deux
communes pouvant être très proches,
voire limitrophes.
Les relations distance-temps ainsi
établies de façon conventionnelle n?ont
qu?une valeur indicative quant aux
vitesses moyennes implicites qu?elles
révèlent : elles permettent cependant
de préciser la diversité des situations
d?arbitrage distance-temps de trajet
selon les types d?espaces.
Le distancier utilisé pour le calcul des
distances routières et temps de trajet
entre communes a été fourni par l?Inra.
Il est utilisé pour les données 2006
et 1999 mais il utilise les données
de structure routière 2005. Il s?agit
seulement de mesurer l?impact de
l?évolution des flux.
Pour en savoir plus
« Les transports et déplacements des habitants des Pays de la Loire », Dossier, n°35, Insee Pays de la
Loire, avril 2010.
Sigler N., Victoire C., « L?attractivité de Saint-Nazaire : plus loin des villes et de la côte, les habitants
roulent toujours plus », Études, n°81, Insee Pays de la Loire, novembre 2009.
Hubert J-P., « Dans les grandes agglomérations, la mobilité quotidienne des habitants diminue, et elle
augmente ailleurs », Insee Première, n°1252, juillet 2009.
Julé M., « La périurbanisation fait augmenter les déplacements domicile-travail - L?année
économique et sociale 2007 dans les Pays de la Loire », Dossier, n°29, Insee Pays de la Loire, mai
2008.
Baccaïni B., Sémécurbe F. et Thomas G., « Les déplacements domicile-travail amplifiés par la
périurbanisation », Insee Première, n°1129, mars 2007.
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
42
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Les habitants des communes
périurbaines se distinguent de
ceux des autres territoires par
des niveaux de revenus supérieurs,
un âge moyen faible, des ménages de
taille importante, un taux d?activité fort
et une part élevée d?actifs navetteurs,
c?est-à-dire qui quittent chaque jour
leur commune de résidence pour aller
travailler. Ces spécificités expliquent
pour une large part la dépendance
des périurbains à l?automobile. Au
fil du temps, celle-ci est devenue
indispensable tant pour se rendre sur
son lieu de travail que pour amener les
enfants sur leur lieu d?études, ou encore
pour les autres motifs de déplacements
(achats, accompagner ou aller chercher
quelqu?un, loisirs,?).
L?équipement en voiture
atteint son plafond dans les
communes périurbaines
En 2006, 86 % des ménages de la
région disposent d?au moins une voiture
particulière, contre 84 % en 1999
et 80 % en 1990. Pour ce critère, la
région des Pays de la Loire se place
au 2e rang des régions françaises
après Poitou-Charentes. Elle occupe
la 1re place pour ce qui est de la multi-
motorisation : près de quatre ménages
sur dix disposent d?au moins deux
voitures en 2006, soit dix points de
plus qu?en 1990.
Cette forte motorisation s?explique au
niveau national par le développement
Les liens entre périurbanisation, infrastructures de transports et mobilité des ménages sont très
forts. Pendant plusieurs siècles, l?étalement de l?urbanisation s?est effectué en « doigts de gants »
le long des axes de communication, routiers et ferroviaires. Il est aujourd?hui plus homogène sur
le territoire en raison de la généralisation de la seconde voiture dans les ménages. L?amélioration
des réseaux de transports et la motorisation croissante des habitants constituent ainsi des
facteurs aggravant l?extension de l?habitat à la périphérie des villes.
La périurbanisation favorise plus spécifiquement l?usage de l?automobile. D?une part, la voiture
particulière est le mode de transport le mieux adapté aux espaces dont l?urbanisation est diffuse
et peu dense. D?autre part, les transports collectifs y sont peu présents ou de qualité médiocre,
ceux-ci n?étant efficaces que lorsqu?il est possible d?acheminer un nombre élevé d?usagers vers
une destination commune. L?abaissement des densités urbaines renforce la tendance générale
à une augmentation de la part des déplacements en automobile au détriment des autres modes
de transport.
La voiture carbure à l?étalement urbain
Denis DOUILLARD (Dreal)
Les principaux déterminants de l?équipement
des ménages en voiture
Trois facteurs principaux influent sur l?équipement des ménages en voiture. Le premier
est relatif au niveau de revenu. Les ménages non motorisés sont pour l?essentiel des
personnes disposant de ressources financières modestes. On observe ainsi que les
cadres sont nettement plus motorisés que les employés et les chômeurs : en Pays de
la Loire, 97 % des ménages dont la personne de référence est cadre ou issue d?une
profession intellectuelle supérieure disposent d?au moins une voiture contre 87 %
pour les employés et 60 % pour les personnes sans activité professionnelle (autres
que retraités). Cet effet « revenu » est le déterminant le plus robuste en ce sens qu?il
est peu sensible aux autres caractéristiques socio-économiques des ménages.
Un effet « âge » peut également être mis en évidence. A revenus égaux, les adultes
jeunes sont plus motorisés que les personnes âgées. Ces dernières effectuent moins
de déplacements quotidiens, sont en part relative moins nombreuses à posséder
le permis de conduire et ont plus recours aux transports collectifs. A l?inverse, les
couples avec enfant sont ceux où le multi-équipement en voiture est le plus fréquent :
le nombre de voitures dont dispose un ménage est étroitement corrélé au nombre de
personnes qui le compose.
Le troisième déterminant est lié à la densité de l?habitat. L?équipement automobile
est d?autant plus fréquent que le maillage urbain est lâche. Plus une zone est dense,
plus les transports collectifs sont efficaces et les difficultés de circulation automobile
importantes. La motorisation est ainsi plus forte dans les territoires périurbains
que dans les agglomérations, car les zones d?activités et de résidences y sont plus
dispersées, tandis que l?offre de modes alternatifs à la voiture est inexistante ou peu
compétitive.
L?analyse géographique (par commune) et temporelle (entre les recensements de la
population de 1990, 1999 et 2006) de la motorisation des ménages en Pays de la Loire
permet d?illustrer ces trois phénomènes.
de l?habitat à la périphérie des
agglomérations, qui a induit une
dissociation croissante entre les lieux
de domicile et de travail, et le départ
de plus en plus tardif des étudiants
et jeunes actifs du domicile parental.
Elle est également liée à plusieurs
facteurs relatifs aux Pays de la Loire :
taux d?emploi élevé (à rapprocher
de l?augmentation du taux d?activité
des femmes), attrait pour la maison
individuelle (plus fortement pourvue en
stationnement automobile que l?habitat
collectif), nombre important de familles,
etc.
Les caractéristiques des territoires
périurbains coïncident avec les
43
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
déterminants de la motorisation des
ménages (cf. encadré). Ainsi, de
nombreux couples avec enfant s?étant
installés dans l?espace périurbain, plus
de la moitié des ménages y dispose
d?au moins deux voitures particulières.
Ce seuil de la moitié de ménages multi-
motorisés est notamment dépassé
dans nombre de communes situées
entre les agglomérations de Nantes,
Cholet et La Roche-sur-Yon. Il en est de
même au nord de la Loire entre Nantes
et Saint-Nazaire, dans la majorité des
bassins qui entourent Angers et à un
degré moindre autour du Mans.
En Pays de la Loire, les motorisations les
plus importantes sont ainsi atteintes à
Treillières, Grandchamps-des-Fontaines,
Sucé-sur-Erdre pour la Loire-Atlantique,
ainsi que Bouchemaine dans le Maine-
et-Loire ; il s?agit principalement de
communes des deuxième ou troisième
couronne des grandes agglomérations
nantaise et angevine. Dans ces
communes, où les revenus médians par
habitant sont particulièrement élevés,
plus de 96 % des ménages possèdent
une voiture.
Le taux de motorisation est en revanche
nettement inférieur dans les principales
villes-centres de la région, autour de
75 % à Nantes, Angers et Le Mans.
Cette opposition entre ville-centre,
banlieue et couronne périurbaine
est d?autant plus marquée que l?aire
urbaine est peuplée. La commune
des Sables-d?Olonne a pour spécificité
d?être la moins motorisée des Pays de
la Loire (72 % de ménages motorisés
en 2006) : de densité très importante,
cette commune se distingue aussi par
une forte proportion de personnes
âgées.
La proportion de ménages de l?espace
périurbain et de l?espace rural disposant
d?autant de voitures que de membres
adultes s?est donc fortement accrue
dans la région. En conséquence,
dans deux tiers des déplacements
réalisés en voiture dans la région, le
véhicule n?est occupé que par le seul
conducteur. Comme au niveau national,
la proportion de déplacements en
voiture avec au moins un passager a
baissé en quinze ans.
Plus de déplacements entre
l?espace rural et les centres
urbains qu?ailleurs
Les échanges entre les différents
espaces constituant le territoire de la
Source : Insee, recensements de la population de 1990, 1999 et 2006.
La motorisation des ménages est plus élevée en Pays de la Loire que
dans les autres régions françaises
Équipement des ménages en voiture (population en %)
Pays de la Loire France métropolitaine
1990 1999 2006 1990 1999 2006
Ménages non motorisés 19,7 16,2 13,9 24,4 20,9 19,5
Ménages ayant 1 voiture 51,2 48,6 46,9 50,5 48,8 47,4
Ménages ayant 2 voitures
ou plus 29,0 35,2 39,1 25,0 30,3 33,1
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Plus de la moitié des ménages périurbains possèdent au moins
deux voitures
Proportion de ménages équipés en véhicules automobiles dans les Pays de la Loire en 2006 (en %)
Source : Insee, recensement de la population 2006 - exploitation principale.
24,3
42,8
55,7
44,9
53,5
46,2 37,7 44,8
0
20
40
60
80
100
Ville-centre Banlieue Périurbain Rural
1 voiture
2 voitures ou plus
24,3
42,8
55,7
44,9
53,5
46,2 37,7 44,8
0
20
40
60
80
100
Ville-centre Banlieue Périurbain Rural
1 voiture
2 voitures ou plus
Les habitants de la périphérie des villes sont fortement motorisés
Equipement des ménages en voiture dans les Pays de la Loire
selon la commune de résidence en 2006
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Part des ménages ayant
au moins une voiture
(en %)
Les habitants de la périphérie sont fortement motorisés
Équipement des ménages en voitures dans les Pays de la Loire
selon la commune de résidence en 2006
Plus de 95
Entre 90 et 95
Entre 85 et 90
Moins de 85
44
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
région se sont fortement développés
ces dernières années, en lien avec le
fait qu?on travaille de moins en moins
souvent à proximité de l?endroit où
l?on habite. Mais la croissance des
déplacements entre espaces n?est
pas seulement due aux navettes
entre le domicile et le lieu de travail
ou d?études. En s?installant dans des
zones rurales, de nombreux citadins se
sont en effet éloignés aussi de certains
établissements d?enseignement ou de
commerces.
Plus encore que dans les autres régions,
ce sont les trajets internes à l?espace
rural ou nécessitant d?aller de l?espace
périurbain ou de l?espace rural à une
ville-centre qui représentent la plus
grande part des distances parcourues
en voiture. Si les déplacements
internes aux villes-centres sont en effet
les plus nombreux (trois sur dix), les
déplacements entre les villes-centres
et l?espace périurbain ou rural ont un
poids bien plus élevé dans l?ensemble
des distances parcourues que dans le
nombre total de déplacements, du fait
de leur longueur plus élevée (19 km en
moyenne).
Ces trajets entre les différents espaces
du territoire sont réalisés pour des
motifs qui varient assez fortement : un
jour de semaine, environ un déplacement
sur deux est ainsi lié à un motif
professionnel ou aux études, contre un
déplacement sur trois de ce type au sein
d?une ville-centre ou de la banlieue. Par
ailleurs, le motif « accompagner ou aller
chercher » explique un cinquième des
déplacements à l?intérieur de l?espace
périurbain de la Loire-Atlantique, contre
moins d?un déplacement sur dix entre
ville-centre et banlieue ou périphérie
plus lointaine. Ceci illustre les nombreux
déplacements que doivent réaliser
les parents habitant une commune
périurbaine pour accompagner leurs
enfants à l?école ou à des activités.
Les modes alternatifs à la
voiture sont très peu utilisés
par les habitants de l?espace
périurbain
Le recours aux modes de transports
alternatifs à l?automobile (transports
collectifs, marche à pied et deux-
roues) est proportionnel à la densité
de l?habitat. En ville, les distances
de déplacement sont plus faibles
qu?ailleurs (6 km en moyenne dans la
0
5
10
15
20
25
30
35
Interne
ville-centre
Ville-
centre-
Banlieue
Ville-
centre-
Périphérie
Banlieue-
Banlieue
Banlieue-
Périphérie
Interne
périurbain
Périurbain-
Rural
Interne
rural
Nombre de déplacements Distance parcourue
Les déplacements entre villes-centres et périphérie lointaine
représentent plus du quart des distances parcourues
Répartition des déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %)
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
Lecture : Sur 100 déplacements effectués par des habitants des Pays de la Loire, 11 sont réalisés entre une ville-centre et
une périphérie des centres urbains (espace périurbain ou rural) ; ce type de trajets représente 27 % de la distance totale
parcourue par les habitants des Pays de la Loire du lundi au vendredi pour leurs déplacements locaux.
Un quart des déplacements entre banlieue et périphérie concernent
l?accompagnement
Répartition des motifs de déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %)
0
5
10
15
20
25
30
35
40
Travail fixe Autres motifs
professionnels
Études Achats Loisirs,
vacances
Accompagner
ou aller
chercher
Visites Soins,
démarches
Interne ville-centre Ville-centre-Banlieue Ville-centre-Périphérie
Banlieue-Banlieue Banlieue-Périphérie Interne périurbain
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
région, contre 10 km pour les habitants
des territoires périurbains), favorisant
en cela la pratique des modes doux
(marche et bicyclette). L?offre en
transports collectifs y est, en outre,
plus développée.
En revanche, dans les communes
périurbaines, la part de la voiture
dépasse 80 % dans les déplacements
locaux des habitants, soit 10 points de
plus que pour l?ensemble de la population
de la région. Cette part est même
supérieure pour deux types de trajets :
ceux reliant les espaces périurbains et
ruraux (96 %) et ceux réalisés entre les
territoires périurbains et les communes
de banlieue (94 %).
L?espace périurbain présente la
triple particularité d?être le territoire
de la région où la pratique des
transports collectifs, de la marche
à pied et des deux-roues est la plus
faible. L?allongement des distances
de déplacement, provoqué par la
périurbanisation, est le déterminant
principal du recul de la part des modes
doux.
La prédominance de la
voiture s?explique aussi par
la qualité du maillage routier
De par sa position excentrée, la région
des Pays de la Loire se trouve à l?écart
45
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
57
71
81 76 71
27
17
12
14
17
7 6
3 5 6
9 7 4 5 6
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Villes-centres de la
région
Banlieues de la
région
Espace périurbain
régional
Espace rural
régional
Ensemble des Pays
de la Loire
Véhicule automobile Marche à pied Deux-roues Transports collectifs
La voiture est omniprésente dans l?espace périurbain
Répartition des déplacements locaux par mode de transport un jour de semaine (en %)
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
Sources : SETRA, D.G.C.L.
7 % du réseau routier français est en Pays de la Loire
Longueur du réseau routier au 31 décembre 2008 (en km)
Autoroutes Routes
nationales
Routes dépar-
tementales
Voies com-
munales Ensemble
Loire-Atlantique 91 235 4 444 12 102 16 872
Maine-et-Loire 194 41 4 949 9 957 15 141
Mayenne 57 144 3 687 4 121 8 008
Sarthe 241 0 4 292 8 199 12 732
Vendée 163 6 4 583 10 408 15 160
Pays de la Loire 746 426 21 955 44 787 67 913
France métropolitaine 11 042 9 765 377 984 629 000 1 027 791
Région / France 6,8 % 4,4 % 5,8 % 7,1 % 6,6 %
des grands courants d?échanges. Elle
dispose néanmoins aujourd?hui d?un
réseau routier performant, modernisé
et développé activement au cours
des trois dernières décennies, sous
l?impulsion des collectivités territoriales
et avec l?aide de l?Etat. La région a
notamment fourni un effort conséquent
en matière d?équipement autoroutier,
comblant ainsi le retard accumulé
depuis l?après-guerre par rapport au
reste du territoire national.
La région est maintenant desservie par
un réseau maillé de routes à 2 x 2 voies.
Depuis 1990, le réseau autoroutier de
la région a plus que doublé, passant
de 325 à 746 kilomètres. Cette
progression de 130 % est deux fois
plus élevée que la moyenne nationale.
Les 68 000 kilomètres de voies
revêtues qui constituent le réseau
routier régional représentent 6,6 %
du total national, soit un point de plus
que le poids démographique de la
région. La longueur des infrastructures
routières des Pays de la Loire, ramenée
à la population ou à la superficie, est
assez nettement supérieure à celle de
la France métropolitaine.
Le lien de causalité entre périurbani-
sation et infrastructures de transports
est à double sens. Le développement
des réseaux routiers entraîne en
premier lieu une urbanisation en
tentacules le long des axes de
transport. En retour, la croissance
démographique sur ces territoires
sature les nouvelles infrastructures, en
générant un allongement des distances
de déplacement et de nouveaux besoins
de mobilité par la dissociation entre les
lieux d?habitat, d?emploi et d?achat.
Le réseau ferroviaire des
Pays de la Loire, en cours
de modernisation, est de
faible envergure
Les infrastructures ferroviaires sont en
décalage par rapport au réseau routier.
En dépit d?une dorsale reliant en TGV
les principales agglomérations de la
région (Saint-Nazaire, Nantes, Angers
et Le Mans) avec Paris, le réseau
ferroviaire de voyageurs offre encore
des potentialités d?améliorations,
quantitativement et qualitativement.
Le réseau ouvert au trafic de voyageurs
comprend 1 200 kilomètres de lignes
en Pays de la Loire. Cela représente
seulement 4,8 % du réseau national,
contre 5,1 % en 1990. Le niveau
d?équipement ferroviaire des Pays de
la Loire est en effet inférieur au niveau
moyen des autres régions françaises.
L?indice de dotation ferroviaire de la
région est ainsi de 0,33 kilomètres
de voies ouvertes au trafic voyageurs
pour 1 000 habitants contre 0,38 en
France métropolitaine. Cette sous-
représentation des Pays de la Loire
est un héritage du passé, le réseau
ferré national ayant été construit au
XIXe siècle pour répondre aux besoins
de l?industrie sidérurgique, implantée
principalement dans la partie est de la
France.
Le recours au train dans des
déplacements de moins de 80 kilo-
mètres des habitants des Pays de la
Loire reste très modeste : en 2008
comme en 1994, le train assure
3,5 % des déplacements effectués en
transports collectifs, soit seulement
0,2 % de l?ensemble. Entre 2003 et
2008, la fréquentation des lignes
gérées par la Région des Pays de la
Loire a néanmoins grimpé de 45 %
(en nombre de voyages) et le trafic
- mesuré en voyageurs-kilomètres -
s?est accru de 51 %.
Le réseau ferroviaire est structuré
autour des deux étoiles ferroviaires de
Nantes et Le Mans. La Loire-Atlantique
et la Sarthe sont ainsi correctement
reliées aux infrastructures ferroviaires.
La situation est en revanche plus
contrastée dans les autres dépar-
tements. Avec seulement 68 kilomètres
de voies ouvertes au trafic de
46
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
voyageurs, la Mayenne est le territoire
de la région le moins bien loti en la
matière. Le département est certes
desservi d?est en ouest par la ligne
Rennes/Le Mans/Paris ; les liaisons
nord-sud ne sont en revanche assurées
que par des services routiers (TER ou
cars départementaux).
Mais plus que l?insuffisant maillage
du réseau, c?est davantage la qualité
variable des infrastructures ferroviaires
qui constitue un frein à une circulation
optimale des trains de voyageurs en
Pays de la Loire. Les voies électrifiées
ne représentent ainsi que 46 % de
l?ensemble du réseau régional (49 % au
niveau français). En particulier, la partie
de la région située au sud de la Loire
possède un réseau essentiellement à
voie unique et ne disposait, jusqu?en
2009, d?aucune voie électrifiée.
L?électrification récente de la liaison
Nantes/Les Sables-d?Olonne, qui per-
met désormais des relations directes
Paris/Nantes/La Roche-sur-Yon/
Les Sables-d?Olonne par TGV,
témoigne de l?effort de modernisation
mené par Réseau Ferré de France, le
propriétaire du réseau ferré national.
Pour autant les infrastructures
régionales se caractérisent par un
haut degré d?hétérogénéité et par une
relative vétusté. Une partie du réseau
régional, tels que les tronçons Savenay/
Montoir-de-Bretagne, Savenay/Redon
- dont les travaux de rénovation se
sont achevés en juillet 2010 - Sainte-
Pazanne/ Pornic, Sainte-Pazanne/Saint-
Gilles-Croix-de-Vie ou Clisson/Cholet,
est dans un état moyen, signe d?une
fatigue accrue et du vieillissement de
Source : SNCF.
5 % du réseau ferroviaire français est en Pays de la Loire
Longueur du réseau ferroviaire au 31 décembre 2008 (en km)
Longueur
totale
Voies
électrifiées
Voies
uniques
Ouvertes au
trafic voya-
geurs (2005)
Loire-Atlantique 445 206 235 328
Maine-et-Loire 280 153 150 217
Mayenne 114 68 45 68
Sarthe 372 196 69 294
Vendée 293 73 169 271
Pays de la Loire 1 503 697 669 1 179
France métropolitaine 31 233 15 312 14 584 24 528
Région / France 4,8 % 4,5 % 4,6 % 4,8 %
la voie (qualité du ballast et des postes
de signalisation insuffisantes). Pour des
raisons de sécurité, certaines sections
sont soumises à des ralentissements
permanents, fruit du retard dans le
renouvellement des investissements.
Un réseau de « tram-train » va voir le
jour en Loire-Atlantique à compter de
2010. Combinant les avantages du
tramway et du TER, il desservira la
ligne Nantes/Clisson en mars 2011,
puis les futures lignes Nantes/Nort-
sur-Erdre en septembre 2011 et Nort-
sur-Erdre/Châteaubriant en 2012. Le
tram-train vise à offrir une alternative
supplémentaire à la voiture dans les
territoires périurbains. Sa mise en place,
en région nantaise, s?accompagnera de
la réouverture et de l?électrification de
l?ancienne ligne Nantes/Châteaubriant,
qui était fermée depuis 1980.
Des lignes régulières
d?autocars peu fréquentées
mais en forte croissance
Hors ramassage scolaire, la fréquen-
tation des lignes régulières d?autocars
est estimée à 15 000 déplacements
quotidiens, représentant 0,1 % de
l?ensemble des déplacements des
habitants de la région. Le nombre de
voyageurs transportés sur les lignes
régionales a augmenté de 19 %
entre 2005 et 2008. Sur les réseaux
départementaux, la désaffection de la
clientèle scolaire a conduit les conseils
généraux à restructurer leur offre de
transport au cours des cinq dernières
années. Ces actions ont notamment
consisté à renforcer la desserte des
communes périurbaines et à adopter
des tarifications attractives. La Loire-
Atlantique et la Sarthe font ainsi partie
des vingt départements français à
avoir instauré la tarification unique. Ces
mesures ont eu un impact certain sur
l?usage des lignes régulières ; dans la
plupart des réseaux départementaux
de la région, la clientèle non-scolaire
affiche des taux de croissance annuelle
à deux chiffres.
Les politiques de couverture territoriale
adoptées par les conseils généraux
sont nettement différenciées selon
le département. Si on observe une
couverture fine de l?espace en Loire-
Atlantique et dans le Maine-et-Loire, les
réseaux de cars sont plus clairsemés
en Mayenne (à mettre en relation avec
la faiblesse des densités de population)
et en Sarthe (contrebalancée par un
réseau ferroviaire qui, partant de l?étoile
du Mans, dessert une grande partie du
département). En Vendée, la desserte
est limitée à un nombre restreint de
lignes régulières ; le conseil général met
la priorité sur la population scolaire, la
plupart des liaisons ne fonctionnant pas
en période de vacances. Les scolaires
constituent la clientèle majoritaire de
ces lignes régulières d?autocars (75 %
en Loire-Atlantique et dans la Sarthe,
80 % dans le Maine-et-Loire, 85 % en
Mayenne, 90 % en Vendée). ?
Dans une région très attractive, chaque territoire tente de tirer son épingle du jeu. Ses aménités, ses
caractéristiques intrinsèques et durables (proximité de la mer, climat...) jouent un rôle primordial
dans sa dynamique. Cette dernière dépend aussi de paramètres plus personnels (cadre de vie,
proximité de l?emploi et des services, coût du foncier...) qui influencent les individus selon leur
âge, leur activité ou leurs revenus. Ces critères évoluent avec le temps. Manifestement, certains
territoires très attractifs par le passé peinent ainsi aujourd?hui à conserver leur population, quand
d?autres, auparavant boudés, récoltent à présent le fruit de leurs atouts.
Une classification des bassins de vie face à l?étalement
urbain
Une classification des territoires de la région a été réalisée au regard de leurs caractéristiques en matière de croissance
de population, d?attractivité et de rythme de construction, croisées avec d?autres données comme le coût du foncier
ou les déplacements domicile-travail. Elle permet notamment de faire ressortir clairement les vagues successives
d?attractivité des territoires et la position de chaque type d?espace dans ce cycle.
On met ainsi en évidence un phénomène d?éloignement progressif des villes-centres : les ménages recherchent du foncier
plus accessible, quitte à rallonger les trajets vers le lieu de travail. Mais ce mouvement n?a pas la même intensité en Mayenne
qu?en Loire-Atlantique ou en Vendée, particulièrement attractives.
Carte des bassins de vie selon leur classe d?appartenance
« Les agglomérations à la peine »
« Le périurbain cossu »
« Au sommet de la vague »
« Le rural qui s'éveille »
« Les pôles excentrés »
Le littoral
Carte des bassins de vie selon leur classe d'appartenance
© IGN - Insee 2010
Sources : Dreal - DGI, Filocom 1999 et 2007
Dreal, Sitadel 1990, 2000 et 2009
Insee, Recensements de la population de 1962 à 2006
Insee, Clap 2006
Classe d'appartenance
Hors champ
Typologie du territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Nicolas SIGLER (Insee)
47
Typologie du territoire
Le cas des bassins de vie du littoral, abritant de nombreuses résidences secondaires et attirant davantage les retraités que
les actifs, s?inscrit dans une logique qui lui est propre.
Les grandes agglomérations peinent à retenir les familles
Cette classe rassemble les pôles urbains de Nantes, Angers et Saint-Nazaire ainsi que les villes du Mans, de Laval et de La
Roche-sur-Yon. Le bassin de vie insulaire de L?Île-d?Yeu, atypique, y figure également.
Ces territoires urbains, qui ont souvent connu une forte croissance de leur population dans les années 1960 (+ 1,8 % par an
en moyenne entre 1962 et 1975), se caractérisent à présent par un déficit d?attractivité démographique : le solde migratoire
y est négatif. Il s?agit généralement d?importants pôles d?emploi, dans lesquels une frange très importante de la population
fait face à des prix du foncier et de l?immobilier élevés au regard de ses revenus et se trouve parfois contrainte à s?éloigner
des centres pour élire domicile à l?extérieur. Cette tranche est principalement constituée de ménages jeunes qui construisent
leur famille et appartiennent aux classes moyennes.
Si ces territoires subissent directement l?envolée des prix des dix dernières années, leur attractivité intrinsèque reste pour
autant élevée, comme en témoigne leur dynamisme en termes de créations d?emploi. Les ménages les plus modestes y
trouvent paradoxalement des opportunités de logement du fait de la présence d?un parc social beaucoup plus développé
que sur le reste du territoire. Les cadres, pour lesquels la barrière budgétaire est moins pénalisante, continuent largement à
privilégier le logement dans ces villes, qui leur offrent un bouquet de services très large.
Denses, ces zones font une large part à l?habitat collectif (près de la moitié du parc de logements). Même si le logement
social y est plus répandu qu?ailleurs et que la proportion de ménages à bas revenus y est importante, le revenu médian est
assez élevé. Dans ces agglomérations, la taille des ménages (2,2 personnes en moyenne) est significativement inférieure à
la moyenne.
Malgré un rythme de construction ralenti et une superficie moyenne consommée par les nouveaux logements particulièrement
réduite (371 m², contre 1 055 m² pour l?ensemble des bassins de vie considérés), la consommation foncière est néanmoins
très forte lorsqu?on la rapporte aux superficies des communes concernées.
La présence de l?emploi sur place explique des déplacements domicile-travail réduits et donc à la fois un taux de mobilité assez
faible (39 % seulement des actifs résidents travaillent dans une autre commune) et un moindre équipement en voiture.
Si les caractéristiques de l?Île-d?Yeu s?écartent sensiblement de cette description, sa présence dans cette classe se justifie
principalement par son manque d?attractivité : sa population stagne, son solde migratoire est négatif et son rythme de
construction est faible. Par ailleurs, son caractère insulaire explique que la quasi-totalité des actifs travaille sur place.
Le périurbain cossu, en perte de vitesse
Cette classe réunit le nord du bassin de vie de Nantes et les bassins de vie de Treillières, Saint-Étienne-de-Montluc, Saint-
Julien-de-Concelles, La Chapelle-Basse-Mer et Bouaye ; le nord et le sud du bassin de vie d?Angers, ainsi que les bassins de
vie de Brain-sur-l?Authion, Brissac-Quincé et Saint-Georges-sur-Loire ; tout le bassin de vie du Mans (ville du Mans exceptée) et
le bassin de vie de Champagné ainsi que la banlieue de Laval.
Après la vague de croissance qui a touché les grandes agglomérations, ce fut le tour des territoires périurbains les plus
proches. En moyenne, leur population a progressé de 2,7 % par an sur la période 1975-1990 (et même + 3,7 % par an sur
la seule période 1975-1982). Ce rythme s?est beaucoup ralenti aujourd?hui.
« Le périurbain
cossu »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
++ ++++ ++ + +
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
= + +++ + ++++ ++++
48 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
« Les
agglomérations
à la peine »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
++ = = + =
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
? ? ? ? ? ? ? ? ? +++++ + ?
Typologie du territoire
49 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Témoignage de ce dynamisme passé, les résidents de ces territoires sont jeunes et vivent en famille (on compte 2,7 personnes
par ménage en moyenne), les propriétaires sont nombreux. Ils se sont éloignés de la ville précisément pour offrir à leur famille
davantage d?espace. Leurs revenus sont élevés, car le foncier - bien que moins cher qu?en ville - y reste coûteux, tandis que le
logement social est rare (comme les ménages à bas revenus). Moins présents qu?en agglomération, les cadres sont encore
nombreux.
Parce que les populations résidant dans ces territoires travaillent souvent dans le pôle urbain associé, le rapport du nombre
d?emplois au lieu de travail sur le nombre d?actifs résidents y est faible. En conséquence, la mobilité est élevée (78 % des
actifs occupés travaillent dans une commune autre que leur commune de résidence), de même que le temps de trajet
domicile-travail (24 minutes en heures pleines). Pour effectuer ces trajets, l?automobile est souvent indispensable : un ménage
possède en moyenne 1,6 voiture.
Aux frontières du périurbain et du rural, la Loire-Atlantique et la vendée au sommet de la
vague
Cette classe regroupe pour l?essentiel des territoires périurbains ou ruraux de Loire-Atlantique et de Vendée. Font exception
le territoire périurbain du bassin de vie de Laval et les bassins de vie de Tiercé (dans le Maine-et-Loire) et de Sainte-Jamme-
sur-Sarthe (dans la Sarthe).
Plus éloignés des grandes agglomérations que ceux constituant le périurbain cossu, ces territoires ont connu, dans leur
sillage, une première période de fort dynamisme démographique entre 1975 et 1982. Depuis le début du siècle, c?est à leur
tour d?être au sommet de la vague : forte croissance de la population sur la période récente (+ 2,2 % par an entre 1999 et
2006), vive attractivité (mesurée par le solde migratoire) et en conséquence, forte hausse du parc de logements. Tous les
indices concordent : de nombreux logements récents, mais peu de logements vacants. L?habitat individuel y règne en maître
tandis que le logement social y tient une place marginale.
Signe probable de l?intérêt croissant pour ces territoires et de la hausse concomitante du coût du foncier, la superficie
moyenne des terrains des logements commencés a baissé de plus de 2 % par an. Sur les 15 dernières années, le foncier
reste moins cher que dans le périurbain cossu : accepter de s?éloigner davantage permet de retrouver des terrains à un prix
un peu plus abordable. La contrepartie est un allongement relatif des trajets domicile-travail à effectuer, même si des pôles
d?emploi secondaires peuvent également se trouver à proximité.
La population de ces territoires est jeune et la taille des ménages élevée (2,6 personnes par ménage). Ces caractéristiques,
et d?autres, comme le coût du foncier, la mobilité domicile-travail, les revenus, la proportion de cadres et de professions
intermédiaires parmi les actifs, le nombre de voitures par ménages, prennent des valeurs intermédiaires entre celles du périurbain
cossu et celles des territoires qui s?éveillent, souvent plus ruraux. Toutefois, c?est dans cette classe que l?on relève le plus fort
taux d?emploi (72 % de la population âgée de 15 à 64 ans est en emploi) et les plus longues distances domicile-travail.
Il n?est pas surprenant de retrouver dans cette classe en plein essor de nombreux bassins de vie de Loire-Atlantique et de
Vendée, départements littoraux particulièrement attractifs. Côté vendéen, il s?agit principalement de la zone rétro-littorale,
au fonctionnement spécifique. En effet, pour ces zones, l?emploi se trouve à la fois dans les pôles urbains et sur le littoral.
Comme il s?agit d?emplois peu qualifiés et que les revenus sont plus faibles, les ménages concernés ne peuvent pas se loger
sur les communes littorales et s?installent donc en arrière du trait de côte.
La présence du périurbain lavallois, comme celle du bassin de vie de Tiercé (au nord d?Angers), atteste d?une croissance
démographique élevée sur la période récente, comme d?une forte hausse du parc de logements. Le bassin de vie sarthois
de Sainte-Jamme-sur-Sarthe (au nord du Mans), qui figure également dans cette classe, peut s?enorgueillir d?une attractivité
record (taux de migration nette de + 2,9 % par an entre 2001 et 2006).
Des territoires verts qui s?éveillent
Peu représentée en Mayenne (seuls les bassins de vie ruraux de Cossé-le-Vivien et de Meslay-du-Maine appartiennent à cette
catégorie), cette classe est présente dans tous les autres départements, à l?interface entre des territoires dynamiques
plus proches des agglomérations, et d?autres plus excentrés et asthéniques (à l?exception des bassins de vie de Legé, de
« Au sommet
de la vague »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
+ ++ + + +++
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
+++ ++++ ++ = = ++
« Les pôles
excentrés »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
= = = = =
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Typologie du territoire
50 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
« Le rural qui
s?éveille »
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
= + = = ++
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
+ = + ? ? ? ? =
Vieillevigne ou de Paimboeuf, en Loire-Atlantique, qui côtoient d?autres territoires en vogue). Hormis le bassin de vie urbain
de La Flèche (en Sarthe) et la partie ligérienne du bassin de vie d?Alençon, ces territoires sont le plus souvent ruraux, parfois
périurbains.
Ces territoires peu denses, aux caractéristiques situées dans la moyenne, se distinguent essentiellement par leur éveil
démographique récent. La population de ces territoires a longtemps stagné ; entre 1999 et 2006, elle a au contraire
progressé au rythme soutenu de 1,5 % par an. Cette attractivité nouvelle n?est que le prolongement des mouvements
déjà décrits, où l?on recherche un foncier moins cher, au prix d?un éloignement croissant des agglomérations, et donc
des principaux gisements d?emploi. En l?occurrence, le prix du terrain y est effectivement nettement plus abordable que
dans la classe précédente, ce qui autorise une surface moyenne de terrain par logement commencé bien supérieure. Avec
l?installation de nouveaux arrivants provenant des agglomérations et qui y travaillent, le taux de couverture de l?emploi (rapport
du nombre d?emplois proposés sur place au nombre d?actifs résidents) est en baisse sensible entre 1999 et 2006, tandis que
les trajets domicile-travail s?allongent en temps comme en distance. Parce que nombre d?emplois ruraux restent des emplois
de proximité, les différents indicateurs de mobilité professionnelle (part des actifs résidents qui travaillent dans une autre
commune, trajets domicile-travail, nombre de voitures par ménage) sont toutefois paradoxalement toujours inférieurs à ceux
des territoires en vogue.
La présence dans cette classe des bassins de vie de Legé, Vieillevigne et Paimboeuf tient au fait que ces territoires n?avaient
pas connu de forte dynamique auparavant (tous ont vu leur population baisser entre 1962 et 1975) et que l?évolution actuelle
de la construction y est toujours plus faible que dans les territoires qui connaissent leur apogée. La mobilité domicile-travail
dans ces trois bassins de vie est également modérée.
Des pôles d?emploi secondaires excentrés, toujours boudés
Cette classe est majoritaire en Mayenne et très présente également en Sarthe et dans le Maine-et-Loire, où elle intègre en
particulier les façades est de ces départements. Elle est en revanche peu représentée en Loire-Atlantique et en Vendée.
Côtoyant des bassins de vie ruraux, on note ici la présence de plusieurs territoires urbains secondaires : Châteaubriant (Loire-
Atlantique), Cholet, Saumur et Segré (Maine-et-Loire), Château-Gontier et Mayenne (Mayenne), La Ferté-Bernard et Sablé-sur-
Sarthe (Sarthe), Fontenay-le-Comte (Vendée).
Depuis 1962, ces territoires n?ont jamais connu de dynamique démographique. Malgré un coût du foncier bien moins élevé
qu?ailleurs et la présence d?emplois sur place, leur population stagne. Le rythme de construction de nouveaux logements
est très faible ; il y a peu de logements récents et beaucoup de logements vacants (9 % du parc). La superficie moyenne de
terrain par logement a beau être importante, la consommation foncière récente, rapportée aux superficies des communes,
est infime.
Ces territoires pâtissent manifestement de leur éloignement des grands centres urbains. Cet éloignement a, par ailleurs,
parfois contribué à leur forger une image difficile à contrecarrer. La population est plutôt âgée, les revenus sont faibles, et les
ménages à bas revenus nombreux ; le logement social est d?ailleurs assez développé. Il y a peu de cadres ou de professions
intermédiaires parmi les actifs.
Le taux d?emploi de la population des 15-64 ans est plutôt faible. Pourtant, du fait de la présence de pôles d?emploi secondaires,
il y a quasiment autant d?emplois que d?actifs résidents. Ainsi, le nombre d?actifs amenés à travailler dans une autre commune
est réduit, comme les trajets domicile-travail. L?équipement en automobiles (1,3 voiture par ménage) est d?ailleurs plutôt
faible.
Le littoral
Croissance de la population
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
+ + + + ++
Attractivité
(migrations)
Constructions
de logements
Mobilité
domicile-travail
Coût du foncier
(m2 de terrain)
Revenus
médians
Indice
de jeunesse
+++ = ? ? ++++ + ? ? ? ?
Typologie du territoire
51 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Le littoral, très attractif mais contraint
Cette classe atypique rassemble pratiquement tous les bassins de vie du littoral de Loire-Atlantique et de Vendée, à l?exception
du pôle urbain nazairien et de Challans (bassin de vie étendu, dont les caractéristiques tiennent davantage au pôle urbain de
Challans à l?intérieur des terres qu?à son littoral réduit et limité à la commune de Bouin).
Sortant du schéma d?éloignement progressif des autres classes, cette classe est caractérisée par un effet littoral propre.
La population augmente fortement sur la période 1999-2006 (+ 1,9 % par an), le solde migratoire y étant effectivement
élevé. La consommation foncière rapportée aux superficies des communes concernées est élevée comme dans les grosses
agglomérations, mais le rythme de construction est modéré (l?espace disponible faisant probablement défaut) ; il n?y a que
3 % de logements vacants. Le prix du terrain est très élevé, pratiquement autant que dans les grandes agglomérations, ce qui
n?empêche pas que la superficie moyenne de terrain par logement commencé, assez réduite, soit en augmentation sensible
depuis les années 1990-1994.
Ces bassins de vie du littoral ont d?autres caractéristiques. Touristiques, la moitié du parc de logements est constituée de
résidences secondaires ; dans certains bassins de vie du littoral vendéen, cette proportion dépasse 60 %. Le niveau de
l?emploi touristique est très élevé, comme l?emploi présentiel. La part importante de retraités parmi ces populations explique
tout à la fois un indice de jeunesse et un taux d?emploi particulièrement faibles. La taille des ménages est également réduite
(2,2 personnes par ménage). Parmi les actifs résidents, la proportion de cadres est plutôt faible.
Le niveau de revenus, assez élevé, n?atteint pas celui du périurbain cossu ou des grandes agglomérations. Malgré la présence
non négligeable de ménages à bas revenus, le logement social est réduit à la portion congrue.
Enfin, la présence de l?emploi sur place justifie à la fois un taux de mobilité domicile-travail assez faible (guère plus d?un actif
sur deux travaille dans une autre commune que sa commune de résidence), et un recours à l?automobile limité (1,3 voiture
par ménage).
Parmi les territoires de cette classe, les trois bassins de vie de Loire-Atlantique ont un profil un peu moins marqué : la
proportion de résidences secondaires est moindre, le nombre d?emplois sur place également, ce qui induit une mobilité
légèrement supérieure. Dans ces bassins de vie, il y a davantage de logements sociaux, les revenus sont plus élevés et la
part de cadres est plus importante.
Après le développement du périurbain, c?est maintenant le rural qui s?éveille
Taux d?accroissement annuel moyen de la population des bassins de vie selon la classe et la période considérée (en %)
Taux d'accroissement annuel moyen de la population des bassins de vie selon la classe
et la période considérée
-1
0
1
2
3
4
1962-1975 1975-1982 1982-1990 1990-1999 1999-2006
« Les agglomérations
à la peine »
« Le périurbain cossu »
« Au sommet de la
vague »
« Le rural qui s'éveille »
« Les pôles excentrés »
Le littoral
Lecture : Le taux moyen représenté ici est la moyenne non pondérée des taux d?accroissement annuels de la population observés dans les bassins de vie constituant chaque classe.
Ce graphique n?illustre pas l?évolution de la population, mais l?évolution des taux d?accroissement de la population selon la période. Ainsi, sur la période 1999-2006, même si les courbes
orange et verte semblent à peu près parallèles, l?évolution de la population a été beaucoup plus forte dans les bassins de vie « au sommet de la vague » (rythme de 2,4 % annuel) que dans
les bassins de vie du « rural qui s?éveille » (rythme de 1,5 % annuel).
Méthodologie
Cette classification porte sur les 137
bassins de vie des Pays de la Loire
(limités à leur partie ligérienne) auxquels
on a adjoint la partie ligérienne du bassin
de vie d?Alençon (soit 25 communes,
sarthoises pour la plupart). Les bassins
de vie des six principales agglomérations
de la région (Nantes, Angers, Le Mans,
Saint-Nazaire, Laval et La Roche-sur-Yon),
très étendus, ont été scindés en 3 ou 4
unités distinctes : leur ville-centre, leur
banlieue, les communes restantes au
nord, les communes restantes au sud.
Finalement, la classification porte sur
152 entités (bassins de vie ou morceaux
de bassins de vie).
La classification a été réalisée grâce à
une analyse en composantes principales
(ACP), suivie d?une classification
ascendante hiérarchique (CAH) sur les
principaux axes ressortant de l?ACP.
Les variables utilisées (51 variables au
total, dont 22 retenues comme variables
actives) portent sur des thématiques
diverses :
Population :
- population,
- densité de population,
- évolution de la population sur
différentes périodes,
- taux de solde migratoire et taux de
migration nette,
- indice de jeunesse (rapport entre la
population âgée de moins de 20 ans et
la population âgée de 60 ans et plus) et
évolution de cet indice,
- taille des ménages,
- revenus fiscaux médians par unité de
consommation,
- part de la population appartenant à un
ménage à bas revenus.
Logements et consommation
foncière :
- évolution du parc de logements et taux
de construction,
- parts de l?habitat individuel (et évolution
de cette part), des logements récents,
des logements vacants, des logements
occupés par leur propriétaire, des
logements occupés par un locataire
HLM, des résidences secondaires,
- SHON (surface hors oeuvre nette) des
locaux autorisés et évolution de cette
SHON,
- surfaces de terrains consommées,
rapport entre ces surfaces et les
superficies communales,
- superficie moyenne de terrain
consommée par logement commencé
et évolution de cette superficie
moyenne.
Coût du foncier :
- prix moyen du terrain,
- prix moyen du m² de terrain,
- prix moyen d?une maison neuve hors
terrain,
- prix moyen du m² de maison neuve
hors terrain.
Emploi et déplacements domicile-
travail :
- taux d?emploi des 15-64 ans,
- taux de couverture de l?emploi (rapport
entre le nombre d?emplois au lieu de
travail et le nombre d?actifs occupés
au lieu de résidence) et évolution de
ce taux,
- part des cadres et professions
intermédiaires parmi les actifs,
- parts des emplois présentiels, de
l?emploi touristique,
- taux de mobilité (proportion d?actifs
occupés résidant dans une commune
et travaillant dans une autre) et
évolution de ce taux,
- distance moyenne du trajet domicile-
travail et durée moyenne de ce trajet
en heures pleines, évolution de cette
distance et de cette durée,
- taux d?équipement des ménages en
voitures,
- nombre moyen de voitures par
ménage.
Pour un certain nombre de ces variables
jugées significatives, les valeurs
moyennes prises par les bassins de vie
de chaque classe figurent dans le tableau
récapitulatif ci-après.
Typologie du territoire
52 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
www.insee.fr/pays-de-la-loire
INSEE Pays de la Loire
105, rue des Français Libres
BP 67401
44274 Nantes cedex 2
L?ensemble de l?étude, co-pilotée par l?Insee et la Direction régionale de
l?environnement, de l?aménagement et du logement, a également associé :
- la Direction régionale de l?alimentation, de l?agriculture et de la forêt (Draaf)
- l?Agence pour le développement durable de la région nazairienne (ADDRN)
ISBN 978-2-11-056132-7 - ISSN 1637-665X
Code Sage IdoS03844 - oCToBRe 2010 - PRIX 14,50 E
www.insee.fr/pays-de-la-loire
N° 38. Octobre 2010
En Pays de la Loire,
la ville déborde
de plus en plus
sur la campagne
INVALIDE)