Conséquences sur les disparités sociales et l'organisation sur le territoire - La voiture carbure à l'étalement urbain
DOUILLARD, Denis
Auteur moral
Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes)
;Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Les liens entre périurbanisation, infrastructures de transports et mobilité des ménages sont très forts. Pendant plusieurs siècles, l'étalement de l'urbanisation s'est effectué en « doigts de gants » le long des axes de communication, routiers et ferroviaires. Il est aujourd'hui plus homogène sur le territoire en raison de la généralisation de la seconde voiture dans les ménages.<br /><br />L'amélioration des réseaux de transports et la motorisation croissante des habitants constituent ainsi des facteurs aggravant l'extension de l'habitat à la périphérie des villes. La périurbanisation favorise plus spécifiquement l'usage de l'automobile. D'une part, la voiture particulière est le mode de transport le mieux adapté aux espaces dont l'urbanisation est diffuse et peu dense. D'autre part, les transports collectifs y sont peu présents ou de qualité médiocre, ceux-ci n'étant efficaces que lorsqu'il est possible d'acheminer un nombre élevé d'usagers vers une destination commune.<br /><br />L'abaissement des densités urbaines renforce la tendance générale à une augmentation de la part des déplacements en automobile au détriment des autres modes de transport.</div>
Editeur
INSEE Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
transport individuel
;étalement urbain
;mobilité
;mode de transport
;urbanisation
;développement périurbain
;voiture
;moyen de transport
;lieu de travail
Descripteur écoplanete
Thème
Économie - Société
;Circulation
;Transports
;Aménagement du territoire
Texte intégral
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Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
Les habitants des communes
périurbaines se distinguent de
ceux des autres territoires par
des niveaux de revenus supérieurs,
un âge moyen faible, des ménages de
taille importante, un taux d?activité fort
et une part élevée d?actifs navetteurs,
c?est-à-dire qui quittent chaque jour
leur commune de résidence pour aller
travailler. Ces spécificités expliquent
pour une large part la dépendance
des périurbains à l?automobile. Au
fil du temps, celle-ci est devenue
indispensable tant pour se rendre sur
son lieu de travail que pour amener les
enfants sur leur lieu d?études, ou encore
pour les autres motifs de déplacements
(achats, accompagner ou aller chercher
quelqu?un, loisirs,?).
L?équipement en voiture
atteint son plafond dans les
communes périurbaines
En 2006, 86 % des ménages de la
région disposent d?au moins une voiture
particulière, contre 84 % en 1999
et 80 % en 1990. Pour ce critère, la
région des Pays de la Loire se place
au 2e rang des régions françaises
après Poitou-Charentes. Elle occupe
la 1re place pour ce qui est de la multi-
motorisation : près de quatre ménages
sur dix disposent d?au moins deux
voitures en 2006, soit dix points de
plus qu?en 1990.
Cette forte motorisation s?explique au
niveau national par le développement
Les liens entre périurbanisation, infrastructures de transports et mobilité des ménages sont très
forts. Pendant plusieurs siècles, l?étalement de l?urbanisation s?est effectué en « doigts de gants »
le long des axes de communication, routiers et ferroviaires. Il est aujourd?hui plus homogène sur
le territoire en raison de la généralisation de la seconde voiture dans les ménages. L?amélioration
des réseaux de transports et la motorisation croissante des habitants constituent ainsi des
facteurs aggravant l?extension de l?habitat à la périphérie des villes.
La périurbanisation favorise plus spécifiquement l?usage de l?automobile. D?une part, la voiture
particulière est le mode de transport le mieux adapté aux espaces dont l?urbanisation est diffuse
et peu dense. D?autre part, les transports collectifs y sont peu présents ou de qualité médiocre,
ceux-ci n?étant efficaces que lorsqu?il est possible d?acheminer un nombre élevé d?usagers vers
une destination commune. L?abaissement des densités urbaines renforce la tendance générale
à une augmentation de la part des déplacements en automobile au détriment des autres modes
de transport.
La voiture carbure à l?étalement urbain
Denis DOUILLARD (Dreal)
Les principaux déterminants de l?équipement
des ménages en voiture
Trois facteurs principaux influent sur l?équipement des ménages en voiture. Le premier
est relatif au niveau de revenu. Les ménages non motorisés sont pour l?essentiel des
personnes disposant de ressources financières modestes. On observe ainsi que les
cadres sont nettement plus motorisés que les employés et les chômeurs : en Pays de
la Loire, 97 % des ménages dont la personne de référence est cadre ou issue d?une
profession intellectuelle supérieure disposent d?au moins une voiture contre 87 %
pour les employés et 60 % pour les personnes sans activité professionnelle (autres
que retraités). Cet effet « revenu » est le déterminant le plus robuste en ce sens qu?il
est peu sensible aux autres caractéristiques socio-économiques des ménages.
Un effet « âge » peut également être mis en évidence. A revenus égaux, les adultes
jeunes sont plus motorisés que les personnes âgées. Ces dernières effectuent moins
de déplacements quotidiens, sont en part relative moins nombreuses à posséder
le permis de conduire et ont plus recours aux transports collectifs. A l?inverse, les
couples avec enfant sont ceux où le multi-équipement en voiture est le plus fréquent :
le nombre de voitures dont dispose un ménage est étroitement corrélé au nombre de
personnes qui le compose.
Le troisième déterminant est lié à la densité de l?habitat. L?équipement automobile
est d?autant plus fréquent que le maillage urbain est lâche. Plus une zone est dense,
plus les transports collectifs sont efficaces et les difficultés de circulation automobile
importantes. La motorisation est ainsi plus forte dans les territoires périurbains
que dans les agglomérations, car les zones d?activités et de résidences y sont plus
dispersées, tandis que l?offre de modes alternatifs à la voiture est inexistante ou peu
compétitive.
L?analyse géographique (par commune) et temporelle (entre les recensements de la
population de 1990, 1999 et 2006) de la motorisation des ménages en Pays de la Loire
permet d?illustrer ces trois phénomènes.
de l?habitat à la périphérie des
agglomérations, qui a induit une
dissociation croissante entre les lieux
de domicile et de travail, et le départ
de plus en plus tardif des étudiants
et jeunes actifs du domicile parental.
Elle est également liée à plusieurs
facteurs relatifs aux Pays de la Loire :
taux d?emploi élevé (à rapprocher
de l?augmentation du taux d?activité
des femmes), attrait pour la maison
individuelle (plus fortement pourvue en
stationnement automobile que l?habitat
collectif), nombre important de familles,
etc.
Les caractéristiques des territoires
périurbains coïncident avec les
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Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
déterminants de la motorisation des
ménages (cf. encadré). Ainsi, de
nombreux couples avec enfant s?étant
installés dans l?espace périurbain, plus
de la moitié des ménages y dispose
d?au moins deux voitures particulières.
Ce seuil de la moitié de ménages multi-
motorisés est notamment dépassé
dans nombre de communes situées
entre les agglomérations de Nantes,
Cholet et La Roche-sur-Yon. Il en est de
même au nord de la Loire entre Nantes
et Saint-Nazaire, dans la majorité des
bassins qui entourent Angers et à un
degré moindre autour du Mans.
En Pays de la Loire, les motorisations les
plus importantes sont ainsi atteintes à
Treillières, Grandchamps-des-Fontaines,
Sucé-sur-Erdre pour la Loire-Atlantique,
ainsi que Bouchemaine dans le Maine-
et-Loire ; il s?agit principalement de
communes des deuxième ou troisième
couronne des grandes agglomérations
nantaise et angevine. Dans ces
communes, où les revenus médians par
habitant sont particulièrement élevés,
plus de 96 % des ménages possèdent
une voiture.
Le taux de motorisation est en revanche
nettement inférieur dans les principales
villes-centres de la région, autour de
75 % à Nantes, Angers et Le Mans.
Cette opposition entre ville-centre,
banlieue et couronne périurbaine
est d?autant plus marquée que l?aire
urbaine est peuplée. La commune
des Sables-d?Olonne a pour spécificité
d?être la moins motorisée des Pays de
la Loire (72 % de ménages motorisés
en 2006) : de densité très importante,
cette commune se distingue aussi par
une forte proportion de personnes
âgées.
La proportion de ménages de l?espace
périurbain et de l?espace rural disposant
d?autant de voitures que de membres
adultes s?est donc fortement accrue
dans la région. En conséquence,
dans deux tiers des déplacements
réalisés en voiture dans la région, le
véhicule n?est occupé que par le seul
conducteur. Comme au niveau national,
la proportion de déplacements en
voiture avec au moins un passager a
baissé en quinze ans.
Plus de déplacements entre
l?espace rural et les centres
urbains qu?ailleurs
Les échanges entre les différents
espaces constituant le territoire de la
Source : Insee, recensements de la population de 1990, 1999 et 2006.
La motorisation des ménages est plus élevée en Pays de la Loire que
dans les autres régions françaises
Équipement des ménages en voiture (population en %)
Pays de la Loire France métropolitaine
1990 1999 2006 1990 1999 2006
Ménages non motorisés 19,7 16,2 13,9 24,4 20,9 19,5
Ménages ayant 1 voiture 51,2 48,6 46,9 50,5 48,8 47,4
Ménages ayant 2 voitures
ou plus 29,0 35,2 39,1 25,0 30,3 33,1
Ensemble 100 100 100 100 100 100
Plus de la moitié des ménages périurbains possèdent au moins
deux voitures
Proportion de ménages équipés en véhicules automobiles dans les Pays de la Loire en 2006 (en %)
Source : Insee, recensement de la population 2006 - exploitation principale.
24,3
42,8
55,7
44,9
53,5
46,2 37,7 44,8
0
20
40
60
80
100
Ville-centre Banlieue Périurbain Rural
1 voiture
2 voitures ou plus
24,3
42,8
55,7
44,9
53,5
46,2 37,7 44,8
0
20
40
60
80
100
Ville-centre Banlieue Périurbain Rural
1 voiture
2 voitures ou plus
Les habitants de la périphérie des villes sont fortement motorisés
Equipement des ménages en voiture dans les Pays de la Loire
selon la commune de résidence en 2006
Laval
Angers
Nantes
Saint-
Nazaire
Le Mans
La Roche-
sur-Yon
© IGN - Insee 2010
Source : Insee, Recensement de la population 2006
Principaux pôles urbains
Part des ménages ayant
au moins une voiture
(en %)
Les habitants de la périphérie sont fortement motorisés
Équipement des ménages en voitures dans les Pays de la Loire
selon la commune de résidence en 2006
Plus de 95
Entre 90 et 95
Entre 85 et 90
Moins de 85
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Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
région se sont fortement développés
ces dernières années, en lien avec le
fait qu?on travaille de moins en moins
souvent à proximité de l?endroit où
l?on habite. Mais la croissance des
déplacements entre espaces n?est
pas seulement due aux navettes
entre le domicile et le lieu de travail
ou d?études. En s?installant dans des
zones rurales, de nombreux citadins se
sont en effet éloignés aussi de certains
établissements d?enseignement ou de
commerces.
Plus encore que dans les autres régions,
ce sont les trajets internes à l?espace
rural ou nécessitant d?aller de l?espace
périurbain ou de l?espace rural à une
ville-centre qui représentent la plus
grande part des distances parcourues
en voiture. Si les déplacements
internes aux villes-centres sont en effet
les plus nombreux (trois sur dix), les
déplacements entre les villes-centres
et l?espace périurbain ou rural ont un
poids bien plus élevé dans l?ensemble
des distances parcourues que dans le
nombre total de déplacements, du fait
de leur longueur plus élevée (19 km en
moyenne).
Ces trajets entre les différents espaces
du territoire sont réalisés pour des
motifs qui varient assez fortement : un
jour de semaine, environ un déplacement
sur deux est ainsi lié à un motif
professionnel ou aux études, contre un
déplacement sur trois de ce type au sein
d?une ville-centre ou de la banlieue. Par
ailleurs, le motif « accompagner ou aller
chercher » explique un cinquième des
déplacements à l?intérieur de l?espace
périurbain de la Loire-Atlantique, contre
moins d?un déplacement sur dix entre
ville-centre et banlieue ou périphérie
plus lointaine. Ceci illustre les nombreux
déplacements que doivent réaliser
les parents habitant une commune
périurbaine pour accompagner leurs
enfants à l?école ou à des activités.
Les modes alternatifs à la
voiture sont très peu utilisés
par les habitants de l?espace
périurbain
Le recours aux modes de transports
alternatifs à l?automobile (transports
collectifs, marche à pied et deux-
roues) est proportionnel à la densité
de l?habitat. En ville, les distances
de déplacement sont plus faibles
qu?ailleurs (6 km en moyenne dans la
0
5
10
15
20
25
30
35
Interne
ville-centre
Ville-
centre-
Banlieue
Ville-
centre-
Périphérie
Banlieue-
Banlieue
Banlieue-
Périphérie
Interne
périurbain
Périurbain-
Rural
Interne
rural
Nombre de déplacements Distance parcourue
Les déplacements entre villes-centres et périphérie lointaine
représentent plus du quart des distances parcourues
Répartition des déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %)
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
Lecture : Sur 100 déplacements effectués par des habitants des Pays de la Loire, 11 sont réalisés entre une ville-centre et
une périphérie des centres urbains (espace périurbain ou rural) ; ce type de trajets représente 27 % de la distance totale
parcourue par les habitants des Pays de la Loire du lundi au vendredi pour leurs déplacements locaux.
Un quart des déplacements entre banlieue et périphérie concernent
l?accompagnement
Répartition des motifs de déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %)
0
5
10
15
20
25
30
35
40
Travail fixe Autres motifs
professionnels
Études Achats Loisirs,
vacances
Accompagner
ou aller
chercher
Visites Soins,
démarches
Interne ville-centre Ville-centre-Banlieue Ville-centre-Périphérie
Banlieue-Banlieue Banlieue-Périphérie Interne périurbain
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
région, contre 10 km pour les habitants
des territoires périurbains), favorisant
en cela la pratique des modes doux
(marche et bicyclette). L?offre en
transports collectifs y est, en outre,
plus développée.
En revanche, dans les communes
périurbaines, la part de la voiture
dépasse 80 % dans les déplacements
locaux des habitants, soit 10 points de
plus que pour l?ensemble de la population
de la région. Cette part est même
supérieure pour deux types de trajets :
ceux reliant les espaces périurbains et
ruraux (96 %) et ceux réalisés entre les
territoires périurbains et les communes
de banlieue (94 %).
L?espace périurbain présente la
triple particularité d?être le territoire
de la région où la pratique des
transports collectifs, de la marche
à pied et des deux-roues est la plus
faible. L?allongement des distances
de déplacement, provoqué par la
périurbanisation, est le déterminant
principal du recul de la part des modes
doux.
La prédominance de la
voiture s?explique aussi par
la qualité du maillage routier
De par sa position excentrée, la région
des Pays de la Loire se trouve à l?écart
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Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
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57
71
81 76 71
27
17
12
14
17
7 6
3 5 6
9 7 4 5 6
0
10
20
30
40
50
60
70
80
90
100
Villes-centres de la
région
Banlieues de la
région
Espace périurbain
régional
Espace rural
régional
Ensemble des Pays
de la Loire
Véhicule automobile Marche à pied Deux-roues Transports collectifs
La voiture est omniprésente dans l?espace périurbain
Répartition des déplacements locaux par mode de transport un jour de semaine (en %)
Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à
l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile.
Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008.
Sources : SETRA, D.G.C.L.
7 % du réseau routier français est en Pays de la Loire
Longueur du réseau routier au 31 décembre 2008 (en km)
Autoroutes Routes
nationales
Routes dépar-
tementales
Voies com-
munales Ensemble
Loire-Atlantique 91 235 4 444 12 102 16 872
Maine-et-Loire 194 41 4 949 9 957 15 141
Mayenne 57 144 3 687 4 121 8 008
Sarthe 241 0 4 292 8 199 12 732
Vendée 163 6 4 583 10 408 15 160
Pays de la Loire 746 426 21 955 44 787 67 913
France métropolitaine 11 042 9 765 377 984 629 000 1 027 791
Région / France 6,8 % 4,4 % 5,8 % 7,1 % 6,6 %
des grands courants d?échanges. Elle
dispose néanmoins aujourd?hui d?un
réseau routier performant, modernisé
et développé activement au cours
des trois dernières décennies, sous
l?impulsion des collectivités territoriales
et avec l?aide de l?Etat. La région a
notamment fourni un effort conséquent
en matière d?équipement autoroutier,
comblant ainsi le retard accumulé
depuis l?après-guerre par rapport au
reste du territoire national.
La région est maintenant desservie par
un réseau maillé de routes à 2 x 2 voies.
Depuis 1990, le réseau autoroutier de
la région a plus que doublé, passant
de 325 à 746 kilomètres. Cette
progression de 130 % est deux fois
plus élevée que la moyenne nationale.
Les 68 000 kilomètres de voies
revêtues qui constituent le réseau
routier régional représentent 6,6 %
du total national, soit un point de plus
que le poids démographique de la
région. La longueur des infrastructures
routières des Pays de la Loire, ramenée
à la population ou à la superficie, est
assez nettement supérieure à celle de
la France métropolitaine.
Le lien de causalité entre périurbani-
sation et infrastructures de transports
est à double sens. Le développement
des réseaux routiers entraîne en
premier lieu une urbanisation en
tentacules le long des axes de
transport. En retour, la croissance
démographique sur ces territoires
sature les nouvelles infrastructures, en
générant un allongement des distances
de déplacement et de nouveaux besoins
de mobilité par la dissociation entre les
lieux d?habitat, d?emploi et d?achat.
Le réseau ferroviaire des
Pays de la Loire, en cours
de modernisation, est de
faible envergure
Les infrastructures ferroviaires sont en
décalage par rapport au réseau routier.
En dépit d?une dorsale reliant en TGV
les principales agglomérations de la
région (Saint-Nazaire, Nantes, Angers
et Le Mans) avec Paris, le réseau
ferroviaire de voyageurs offre encore
des potentialités d?améliorations,
quantitativement et qualitativement.
Le réseau ouvert au trafic de voyageurs
comprend 1 200 kilomètres de lignes
en Pays de la Loire. Cela représente
seulement 4,8 % du réseau national,
contre 5,1 % en 1990. Le niveau
d?équipement ferroviaire des Pays de
la Loire est en effet inférieur au niveau
moyen des autres régions françaises.
L?indice de dotation ferroviaire de la
région est ainsi de 0,33 kilomètres
de voies ouvertes au trafic voyageurs
pour 1 000 habitants contre 0,38 en
France métropolitaine. Cette sous-
représentation des Pays de la Loire
est un héritage du passé, le réseau
ferré national ayant été construit au
XIXe siècle pour répondre aux besoins
de l?industrie sidérurgique, implantée
principalement dans la partie est de la
France.
Le recours au train dans des
déplacements de moins de 80 kilo-
mètres des habitants des Pays de la
Loire reste très modeste : en 2008
comme en 1994, le train assure
3,5 % des déplacements effectués en
transports collectifs, soit seulement
0,2 % de l?ensemble. Entre 2003 et
2008, la fréquentation des lignes
gérées par la Région des Pays de la
Loire a néanmoins grimpé de 45 %
(en nombre de voyages) et le trafic
- mesuré en voyageurs-kilomètres -
s?est accru de 51 %.
Le réseau ferroviaire est structuré
autour des deux étoiles ferroviaires de
Nantes et Le Mans. La Loire-Atlantique
et la Sarthe sont ainsi correctement
reliées aux infrastructures ferroviaires.
La situation est en revanche plus
contrastée dans les autres dépar-
tements. Avec seulement 68 kilomètres
de voies ouvertes au trafic de
46
Conséquences sur les disparités sociales
et l?organisation sur le territoire
insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010
voyageurs, la Mayenne est le territoire
de la région le moins bien loti en la
matière. Le département est certes
desservi d?est en ouest par la ligne
Rennes/Le Mans/Paris ; les liaisons
nord-sud ne sont en revanche assurées
que par des services routiers (TER ou
cars départementaux).
Mais plus que l?insuffisant maillage
du réseau, c?est davantage la qualité
variable des infrastructures ferroviaires
qui constitue un frein à une circulation
optimale des trains de voyageurs en
Pays de la Loire. Les voies électrifiées
ne représentent ainsi que 46 % de
l?ensemble du réseau régional (49 % au
niveau français). En particulier, la partie
de la région située au sud de la Loire
possède un réseau essentiellement à
voie unique et ne disposait, jusqu?en
2009, d?aucune voie électrifiée.
L?électrification récente de la liaison
Nantes/Les Sables-d?Olonne, qui per-
met désormais des relations directes
Paris/Nantes/La Roche-sur-Yon/
Les Sables-d?Olonne par TGV,
témoigne de l?effort de modernisation
mené par Réseau Ferré de France, le
propriétaire du réseau ferré national.
Pour autant les infrastructures
régionales se caractérisent par un
haut degré d?hétérogénéité et par une
relative vétusté. Une partie du réseau
régional, tels que les tronçons Savenay/
Montoir-de-Bretagne, Savenay/Redon
- dont les travaux de rénovation se
sont achevés en juillet 2010 - Sainte-
Pazanne/ Pornic, Sainte-Pazanne/Saint-
Gilles-Croix-de-Vie ou Clisson/Cholet,
est dans un état moyen, signe d?une
fatigue accrue et du vieillissement de
Source : SNCF.
5 % du réseau ferroviaire français est en Pays de la Loire
Longueur du réseau ferroviaire au 31 décembre 2008 (en km)
Longueur
totale
Voies
électrifiées
Voies
uniques
Ouvertes au
trafic voya-
geurs (2005)
Loire-Atlantique 445 206 235 328
Maine-et-Loire 280 153 150 217
Mayenne 114 68 45 68
Sarthe 372 196 69 294
Vendée 293 73 169 271
Pays de la Loire 1 503 697 669 1 179
France métropolitaine 31 233 15 312 14 584 24 528
Région / France 4,8 % 4,5 % 4,6 % 4,8 %
la voie (qualité du ballast et des postes
de signalisation insuffisantes). Pour des
raisons de sécurité, certaines sections
sont soumises à des ralentissements
permanents, fruit du retard dans le
renouvellement des investissements.
Un réseau de « tram-train » va voir le
jour en Loire-Atlantique à compter de
2010. Combinant les avantages du
tramway et du TER, il desservira la
ligne Nantes/Clisson en mars 2011,
puis les futures lignes Nantes/Nort-
sur-Erdre en septembre 2011 et Nort-
sur-Erdre/Châteaubriant en 2012. Le
tram-train vise à offrir une alternative
supplémentaire à la voiture dans les
territoires périurbains. Sa mise en place,
en région nantaise, s?accompagnera de
la réouverture et de l?électrification de
l?ancienne ligne Nantes/Châteaubriant,
qui était fermée depuis 1980.
Des lignes régulières
d?autocars peu fréquentées
mais en forte croissance
Hors ramassage scolaire, la fréquen-
tation des lignes régulières d?autocars
est estimée à 15 000 déplacements
quotidiens, représentant 0,1 % de
l?ensemble des déplacements des
habitants de la région. Le nombre de
voyageurs transportés sur les lignes
régionales a augmenté de 19 %
entre 2005 et 2008. Sur les réseaux
départementaux, la désaffection de la
clientèle scolaire a conduit les conseils
généraux à restructurer leur offre de
transport au cours des cinq dernières
années. Ces actions ont notamment
consisté à renforcer la desserte des
communes périurbaines et à adopter
des tarifications attractives. La Loire-
Atlantique et la Sarthe font ainsi partie
des vingt départements français à
avoir instauré la tarification unique. Ces
mesures ont eu un impact certain sur
l?usage des lignes régulières ; dans la
plupart des réseaux départementaux
de la région, la clientèle non-scolaire
affiche des taux de croissance annuelle
à deux chiffres.
Les politiques de couverture territoriale
adoptées par les conseils généraux
sont nettement différenciées selon
le département. Si on observe une
couverture fine de l?espace en Loire-
Atlantique et dans le Maine-et-Loire, les
réseaux de cars sont plus clairsemés
en Mayenne (à mettre en relation avec
la faiblesse des densités de population)
et en Sarthe (contrebalancée par un
réseau ferroviaire qui, partant de l?étoile
du Mans, dessert une grande partie du
département). En Vendée, la desserte
est limitée à un nombre restreint de
lignes régulières ; le conseil général met
la priorité sur la population scolaire, la
plupart des liaisons ne fonctionnant pas
en période de vacances. Les scolaires
constituent la clientèle majoritaire de
ces lignes régulières d?autocars (75 %
en Loire-Atlantique et dans la Sarthe,
80 % dans le Maine-et-Loire, 85 % en
Mayenne, 90 % en Vendée). ?