Conséquences sur les disparités sociales et l'organisation sur le territoire - La voiture carbure à l'étalement urbain

DOUILLARD, Denis

Auteur moral
Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes) ; Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Les liens entre périurbanisation, infrastructures de transports et mobilité des ménages sont très forts. Pendant plusieurs siècles, l'étalement de l'urbanisation s'est effectué en « doigts de gants » le long des axes de communication, routiers et ferroviaires. Il est aujourd'hui plus homogène sur le territoire en raison de la généralisation de la seconde voiture dans les ménages.<br /><br />L'amélioration des réseaux de transports et la motorisation croissante des habitants constituent ainsi des facteurs aggravant l'extension de l'habitat à la périphérie des villes. La périurbanisation favorise plus spécifiquement l'usage de l'automobile. D'une part, la voiture particulière est le mode de transport le mieux adapté aux espaces dont l'urbanisation est diffuse et peu dense. D'autre part, les transports collectifs y sont peu présents ou de qualité médiocre, ceux-ci n'étant efficaces que lorsqu'il est possible d'acheminer un nombre élevé d'usagers vers une destination commune.<br /><br />L'abaissement des densités urbaines renforce la tendance générale à une augmentation de la part des déplacements en automobile au détriment des autres modes de transport.</div>
Editeur
INSEE Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
transport individuel ; étalement urbain ; mobilité ; mode de transport ; urbanisation ; développement périurbain ; voiture ; moyen de transport ; lieu de travail
Descripteur écoplanete
Thème
Économie - Société ; Circulation ; Transports ; Aménagement du territoire
Texte intégral
42 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Les habitants des communes périurbaines se distinguent de ceux des autres territoires par des niveaux de revenus supérieurs, un âge moyen faible, des ménages de taille importante, un taux d?activité fort et une part élevée d?actifs navetteurs, c?est-à-dire qui quittent chaque jour leur commune de résidence pour aller travailler. Ces spécificités expliquent pour une large part la dépendance des périurbains à l?automobile. Au fil du temps, celle-ci est devenue indispensable tant pour se rendre sur son lieu de travail que pour amener les enfants sur leur lieu d?études, ou encore pour les autres motifs de déplacements (achats, accompagner ou aller chercher quelqu?un, loisirs,?). L?équipement en voiture atteint son plafond dans les communes périurbaines En 2006, 86 % des ménages de la région disposent d?au moins une voiture particulière, contre 84 % en 1999 et 80 % en 1990. Pour ce critère, la région des Pays de la Loire se place au 2e rang des régions françaises après Poitou-Charentes. Elle occupe la 1re place pour ce qui est de la multi- motorisation : près de quatre ménages sur dix disposent d?au moins deux voitures en 2006, soit dix points de plus qu?en 1990. Cette forte motorisation s?explique au niveau national par le développement Les liens entre périurbanisation, infrastructures de transports et mobilité des ménages sont très forts. Pendant plusieurs siècles, l?étalement de l?urbanisation s?est effectué en « doigts de gants » le long des axes de communication, routiers et ferroviaires. Il est aujourd?hui plus homogène sur le territoire en raison de la généralisation de la seconde voiture dans les ménages. L?amélioration des réseaux de transports et la motorisation croissante des habitants constituent ainsi des facteurs aggravant l?extension de l?habitat à la périphérie des villes. La périurbanisation favorise plus spécifiquement l?usage de l?automobile. D?une part, la voiture particulière est le mode de transport le mieux adapté aux espaces dont l?urbanisation est diffuse et peu dense. D?autre part, les transports collectifs y sont peu présents ou de qualité médiocre, ceux-ci n?étant efficaces que lorsqu?il est possible d?acheminer un nombre élevé d?usagers vers une destination commune. L?abaissement des densités urbaines renforce la tendance générale à une augmentation de la part des déplacements en automobile au détriment des autres modes de transport. La voiture carbure à l?étalement urbain Denis DOUILLARD (Dreal) Les principaux déterminants de l?équipement des ménages en voiture Trois facteurs principaux influent sur l?équipement des ménages en voiture. Le premier est relatif au niveau de revenu. Les ménages non motorisés sont pour l?essentiel des personnes disposant de ressources financières modestes. On observe ainsi que les cadres sont nettement plus motorisés que les employés et les chômeurs : en Pays de la Loire, 97 % des ménages dont la personne de référence est cadre ou issue d?une profession intellectuelle supérieure disposent d?au moins une voiture contre 87 % pour les employés et 60 % pour les personnes sans activité professionnelle (autres que retraités). Cet effet « revenu » est le déterminant le plus robuste en ce sens qu?il est peu sensible aux autres caractéristiques socio-économiques des ménages. Un effet « âge » peut également être mis en évidence. A revenus égaux, les adultes jeunes sont plus motorisés que les personnes âgées. Ces dernières effectuent moins de déplacements quotidiens, sont en part relative moins nombreuses à posséder le permis de conduire et ont plus recours aux transports collectifs. A l?inverse, les couples avec enfant sont ceux où le multi-équipement en voiture est le plus fréquent : le nombre de voitures dont dispose un ménage est étroitement corrélé au nombre de personnes qui le compose. Le troisième déterminant est lié à la densité de l?habitat. L?équipement automobile est d?autant plus fréquent que le maillage urbain est lâche. Plus une zone est dense, plus les transports collectifs sont efficaces et les difficultés de circulation automobile importantes. La motorisation est ainsi plus forte dans les territoires périurbains que dans les agglomérations, car les zones d?activités et de résidences y sont plus dispersées, tandis que l?offre de modes alternatifs à la voiture est inexistante ou peu compétitive. L?analyse géographique (par commune) et temporelle (entre les recensements de la population de 1990, 1999 et 2006) de la motorisation des ménages en Pays de la Loire permet d?illustrer ces trois phénomènes. de l?habitat à la périphérie des agglomérations, qui a induit une dissociation croissante entre les lieux de domicile et de travail, et le départ de plus en plus tardif des étudiants et jeunes actifs du domicile parental. Elle est également liée à plusieurs facteurs relatifs aux Pays de la Loire : taux d?emploi élevé (à rapprocher de l?augmentation du taux d?activité des femmes), attrait pour la maison individuelle (plus fortement pourvue en stationnement automobile que l?habitat collectif), nombre important de familles, etc. Les caractéristiques des territoires périurbains coïncident avec les 43 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 déterminants de la motorisation des ménages (cf. encadré). Ainsi, de nombreux couples avec enfant s?étant installés dans l?espace périurbain, plus de la moitié des ménages y dispose d?au moins deux voitures particulières. Ce seuil de la moitié de ménages multi- motorisés est notamment dépassé dans nombre de communes situées entre les agglomérations de Nantes, Cholet et La Roche-sur-Yon. Il en est de même au nord de la Loire entre Nantes et Saint-Nazaire, dans la majorité des bassins qui entourent Angers et à un degré moindre autour du Mans. En Pays de la Loire, les motorisations les plus importantes sont ainsi atteintes à Treillières, Grandchamps-des-Fontaines, Sucé-sur-Erdre pour la Loire-Atlantique, ainsi que Bouchemaine dans le Maine- et-Loire ; il s?agit principalement de communes des deuxième ou troisième couronne des grandes agglomérations nantaise et angevine. Dans ces communes, où les revenus médians par habitant sont particulièrement élevés, plus de 96 % des ménages possèdent une voiture. Le taux de motorisation est en revanche nettement inférieur dans les principales villes-centres de la région, autour de 75 % à Nantes, Angers et Le Mans. Cette opposition entre ville-centre, banlieue et couronne périurbaine est d?autant plus marquée que l?aire urbaine est peuplée. La commune des Sables-d?Olonne a pour spécificité d?être la moins motorisée des Pays de la Loire (72 % de ménages motorisés en 2006) : de densité très importante, cette commune se distingue aussi par une forte proportion de personnes âgées. La proportion de ménages de l?espace périurbain et de l?espace rural disposant d?autant de voitures que de membres adultes s?est donc fortement accrue dans la région. En conséquence, dans deux tiers des déplacements réalisés en voiture dans la région, le véhicule n?est occupé que par le seul conducteur. Comme au niveau national, la proportion de déplacements en voiture avec au moins un passager a baissé en quinze ans. Plus de déplacements entre l?espace rural et les centres urbains qu?ailleurs Les échanges entre les différents espaces constituant le territoire de la Source : Insee, recensements de la population de 1990, 1999 et 2006. La motorisation des ménages est plus élevée en Pays de la Loire que dans les autres régions françaises Équipement des ménages en voiture (population en %) Pays de la Loire France métropolitaine 1990 1999 2006 1990 1999 2006 Ménages non motorisés 19,7 16,2 13,9 24,4 20,9 19,5 Ménages ayant 1 voiture 51,2 48,6 46,9 50,5 48,8 47,4 Ménages ayant 2 voitures ou plus 29,0 35,2 39,1 25,0 30,3 33,1 Ensemble 100 100 100 100 100 100 Plus de la moitié des ménages périurbains possèdent au moins deux voitures Proportion de ménages équipés en véhicules automobiles dans les Pays de la Loire en 2006 (en %) Source : Insee, recensement de la population 2006 - exploitation principale. 24,3 42,8 55,7 44,9 53,5 46,2 37,7 44,8 0 20 40 60 80 100 Ville-centre Banlieue Périurbain Rural 1 voiture 2 voitures ou plus 24,3 42,8 55,7 44,9 53,5 46,2 37,7 44,8 0 20 40 60 80 100 Ville-centre Banlieue Périurbain Rural 1 voiture 2 voitures ou plus Les habitants de la périphérie des villes sont fortement motorisés Equipement des ménages en voiture dans les Pays de la Loire selon la commune de résidence en 2006 Laval Angers Nantes Saint- Nazaire Le Mans La Roche- sur-Yon © IGN - Insee 2010 Source : Insee, Recensement de la population 2006 Principaux pôles urbains Part des ménages ayant au moins une voiture (en %) Les habitants de la périphérie sont fortement motorisés Équipement des ménages en voitures dans les Pays de la Loire selon la commune de résidence en 2006 Plus de 95 Entre 90 et 95 Entre 85 et 90 Moins de 85 44 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 région se sont fortement développés ces dernières années, en lien avec le fait qu?on travaille de moins en moins souvent à proximité de l?endroit où l?on habite. Mais la croissance des déplacements entre espaces n?est pas seulement due aux navettes entre le domicile et le lieu de travail ou d?études. En s?installant dans des zones rurales, de nombreux citadins se sont en effet éloignés aussi de certains établissements d?enseignement ou de commerces. Plus encore que dans les autres régions, ce sont les trajets internes à l?espace rural ou nécessitant d?aller de l?espace périurbain ou de l?espace rural à une ville-centre qui représentent la plus grande part des distances parcourues en voiture. Si les déplacements internes aux villes-centres sont en effet les plus nombreux (trois sur dix), les déplacements entre les villes-centres et l?espace périurbain ou rural ont un poids bien plus élevé dans l?ensemble des distances parcourues que dans le nombre total de déplacements, du fait de leur longueur plus élevée (19 km en moyenne). Ces trajets entre les différents espaces du territoire sont réalisés pour des motifs qui varient assez fortement : un jour de semaine, environ un déplacement sur deux est ainsi lié à un motif professionnel ou aux études, contre un déplacement sur trois de ce type au sein d?une ville-centre ou de la banlieue. Par ailleurs, le motif « accompagner ou aller chercher » explique un cinquième des déplacements à l?intérieur de l?espace périurbain de la Loire-Atlantique, contre moins d?un déplacement sur dix entre ville-centre et banlieue ou périphérie plus lointaine. Ceci illustre les nombreux déplacements que doivent réaliser les parents habitant une commune périurbaine pour accompagner leurs enfants à l?école ou à des activités. Les modes alternatifs à la voiture sont très peu utilisés par les habitants de l?espace périurbain Le recours aux modes de transports alternatifs à l?automobile (transports collectifs, marche à pied et deux- roues) est proportionnel à la densité de l?habitat. En ville, les distances de déplacement sont plus faibles qu?ailleurs (6 km en moyenne dans la 0 5 10 15 20 25 30 35 Interne ville-centre Ville- centre- Banlieue Ville- centre- Périphérie Banlieue- Banlieue Banlieue- Périphérie Interne périurbain Périurbain- Rural Interne rural Nombre de déplacements Distance parcourue Les déplacements entre villes-centres et périphérie lointaine représentent plus du quart des distances parcourues Répartition des déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %) Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile. Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008. Lecture : Sur 100 déplacements effectués par des habitants des Pays de la Loire, 11 sont réalisés entre une ville-centre et une périphérie des centres urbains (espace périurbain ou rural) ; ce type de trajets représente 27 % de la distance totale parcourue par les habitants des Pays de la Loire du lundi au vendredi pour leurs déplacements locaux. Un quart des déplacements entre banlieue et périphérie concernent l?accompagnement Répartition des motifs de déplacements selon le type de trajet dans les Pays de la Loire (en %) 0 5 10 15 20 25 30 35 40 Travail fixe Autres motifs professionnels Études Achats Loisirs, vacances Accompagner ou aller chercher Visites Soins, démarches Interne ville-centre Ville-centre-Banlieue Ville-centre-Périphérie Banlieue-Banlieue Banlieue-Périphérie Interne périurbain Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile. Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008. région, contre 10 km pour les habitants des territoires périurbains), favorisant en cela la pratique des modes doux (marche et bicyclette). L?offre en transports collectifs y est, en outre, plus développée. En revanche, dans les communes périurbaines, la part de la voiture dépasse 80 % dans les déplacements locaux des habitants, soit 10 points de plus que pour l?ensemble de la population de la région. Cette part est même supérieure pour deux types de trajets : ceux reliant les espaces périurbains et ruraux (96 %) et ceux réalisés entre les territoires périurbains et les communes de banlieue (94 %). L?espace périurbain présente la triple particularité d?être le territoire de la région où la pratique des transports collectifs, de la marche à pied et des deux-roues est la plus faible. L?allongement des distances de déplacement, provoqué par la périurbanisation, est le déterminant principal du recul de la part des modes doux. La prédominance de la voiture s?explique aussi par la qualité du maillage routier De par sa position excentrée, la région des Pays de la Loire se trouve à l?écart 45 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 57 71 81 76 71 27 17 12 14 17 7 6 3 5 6 9 7 4 5 6 0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 Villes-centres de la région Banlieues de la région Espace périurbain régional Espace rural régional Ensemble des Pays de la Loire Véhicule automobile Marche à pied Deux-roues Transports collectifs La voiture est omniprésente dans l?espace périurbain Répartition des déplacements locaux par mode de transport un jour de semaine (en %) Champ : Personnes de 6 ans et plus, résidant dans le territoire considéré ; déplacements effectués du lundi au vendredi à l?occasion d?activités situées dans un rayon de 80 km autour du domicile. Source : Insee - SoeS - Inrets, enquête nationale transports et déplacements 2007-2008. Sources : SETRA, D.G.C.L. 7 % du réseau routier français est en Pays de la Loire Longueur du réseau routier au 31 décembre 2008 (en km) Autoroutes Routes nationales Routes dépar- tementales Voies com- munales Ensemble Loire-Atlantique 91 235 4 444 12 102 16 872 Maine-et-Loire 194 41 4 949 9 957 15 141 Mayenne 57 144 3 687 4 121 8 008 Sarthe 241 0 4 292 8 199 12 732 Vendée 163 6 4 583 10 408 15 160 Pays de la Loire 746 426 21 955 44 787 67 913 France métropolitaine 11 042 9 765 377 984 629 000 1 027 791 Région / France 6,8 % 4,4 % 5,8 % 7,1 % 6,6 % des grands courants d?échanges. Elle dispose néanmoins aujourd?hui d?un réseau routier performant, modernisé et développé activement au cours des trois dernières décennies, sous l?impulsion des collectivités territoriales et avec l?aide de l?Etat. La région a notamment fourni un effort conséquent en matière d?équipement autoroutier, comblant ainsi le retard accumulé depuis l?après-guerre par rapport au reste du territoire national. La région est maintenant desservie par un réseau maillé de routes à 2 x 2 voies. Depuis 1990, le réseau autoroutier de la région a plus que doublé, passant de 325 à 746 kilomètres. Cette progression de 130 % est deux fois plus élevée que la moyenne nationale. Les 68 000 kilomètres de voies revêtues qui constituent le réseau routier régional représentent 6,6 % du total national, soit un point de plus que le poids démographique de la région. La longueur des infrastructures routières des Pays de la Loire, ramenée à la population ou à la superficie, est assez nettement supérieure à celle de la France métropolitaine. Le lien de causalité entre périurbani- sation et infrastructures de transports est à double sens. Le développement des réseaux routiers entraîne en premier lieu une urbanisation en tentacules le long des axes de transport. En retour, la croissance démographique sur ces territoires sature les nouvelles infrastructures, en générant un allongement des distances de déplacement et de nouveaux besoins de mobilité par la dissociation entre les lieux d?habitat, d?emploi et d?achat. Le réseau ferroviaire des Pays de la Loire, en cours de modernisation, est de faible envergure Les infrastructures ferroviaires sont en décalage par rapport au réseau routier. En dépit d?une dorsale reliant en TGV les principales agglomérations de la région (Saint-Nazaire, Nantes, Angers et Le Mans) avec Paris, le réseau ferroviaire de voyageurs offre encore des potentialités d?améliorations, quantitativement et qualitativement. Le réseau ouvert au trafic de voyageurs comprend 1 200 kilomètres de lignes en Pays de la Loire. Cela représente seulement 4,8 % du réseau national, contre 5,1 % en 1990. Le niveau d?équipement ferroviaire des Pays de la Loire est en effet inférieur au niveau moyen des autres régions françaises. L?indice de dotation ferroviaire de la région est ainsi de 0,33 kilomètres de voies ouvertes au trafic voyageurs pour 1 000 habitants contre 0,38 en France métropolitaine. Cette sous- représentation des Pays de la Loire est un héritage du passé, le réseau ferré national ayant été construit au XIXe siècle pour répondre aux besoins de l?industrie sidérurgique, implantée principalement dans la partie est de la France. Le recours au train dans des déplacements de moins de 80 kilo- mètres des habitants des Pays de la Loire reste très modeste : en 2008 comme en 1994, le train assure 3,5 % des déplacements effectués en transports collectifs, soit seulement 0,2 % de l?ensemble. Entre 2003 et 2008, la fréquentation des lignes gérées par la Région des Pays de la Loire a néanmoins grimpé de 45 % (en nombre de voyages) et le trafic - mesuré en voyageurs-kilomètres - s?est accru de 51 %. Le réseau ferroviaire est structuré autour des deux étoiles ferroviaires de Nantes et Le Mans. La Loire-Atlantique et la Sarthe sont ainsi correctement reliées aux infrastructures ferroviaires. La situation est en revanche plus contrastée dans les autres dépar- tements. Avec seulement 68 kilomètres de voies ouvertes au trafic de 46 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 voyageurs, la Mayenne est le territoire de la région le moins bien loti en la matière. Le département est certes desservi d?est en ouest par la ligne Rennes/Le Mans/Paris ; les liaisons nord-sud ne sont en revanche assurées que par des services routiers (TER ou cars départementaux). Mais plus que l?insuffisant maillage du réseau, c?est davantage la qualité variable des infrastructures ferroviaires qui constitue un frein à une circulation optimale des trains de voyageurs en Pays de la Loire. Les voies électrifiées ne représentent ainsi que 46 % de l?ensemble du réseau régional (49 % au niveau français). En particulier, la partie de la région située au sud de la Loire possède un réseau essentiellement à voie unique et ne disposait, jusqu?en 2009, d?aucune voie électrifiée. L?électrification récente de la liaison Nantes/Les Sables-d?Olonne, qui per- met désormais des relations directes Paris/Nantes/La Roche-sur-Yon/ Les Sables-d?Olonne par TGV, témoigne de l?effort de modernisation mené par Réseau Ferré de France, le propriétaire du réseau ferré national. Pour autant les infrastructures régionales se caractérisent par un haut degré d?hétérogénéité et par une relative vétusté. Une partie du réseau régional, tels que les tronçons Savenay/ Montoir-de-Bretagne, Savenay/Redon - dont les travaux de rénovation se sont achevés en juillet 2010 - Sainte- Pazanne/ Pornic, Sainte-Pazanne/Saint- Gilles-Croix-de-Vie ou Clisson/Cholet, est dans un état moyen, signe d?une fatigue accrue et du vieillissement de Source : SNCF. 5 % du réseau ferroviaire français est en Pays de la Loire Longueur du réseau ferroviaire au 31 décembre 2008 (en km) Longueur totale Voies électrifiées Voies uniques Ouvertes au trafic voya- geurs (2005) Loire-Atlantique 445 206 235 328 Maine-et-Loire 280 153 150 217 Mayenne 114 68 45 68 Sarthe 372 196 69 294 Vendée 293 73 169 271 Pays de la Loire 1 503 697 669 1 179 France métropolitaine 31 233 15 312 14 584 24 528 Région / France 4,8 % 4,5 % 4,6 % 4,8 % la voie (qualité du ballast et des postes de signalisation insuffisantes). Pour des raisons de sécurité, certaines sections sont soumises à des ralentissements permanents, fruit du retard dans le renouvellement des investissements. Un réseau de « tram-train » va voir le jour en Loire-Atlantique à compter de 2010. Combinant les avantages du tramway et du TER, il desservira la ligne Nantes/Clisson en mars 2011, puis les futures lignes Nantes/Nort- sur-Erdre en septembre 2011 et Nort- sur-Erdre/Châteaubriant en 2012. Le tram-train vise à offrir une alternative supplémentaire à la voiture dans les territoires périurbains. Sa mise en place, en région nantaise, s?accompagnera de la réouverture et de l?électrification de l?ancienne ligne Nantes/Châteaubriant, qui était fermée depuis 1980. Des lignes régulières d?autocars peu fréquentées mais en forte croissance Hors ramassage scolaire, la fréquen- tation des lignes régulières d?autocars est estimée à 15 000 déplacements quotidiens, représentant 0,1 % de l?ensemble des déplacements des habitants de la région. Le nombre de voyageurs transportés sur les lignes régionales a augmenté de 19 % entre 2005 et 2008. Sur les réseaux départementaux, la désaffection de la clientèle scolaire a conduit les conseils généraux à restructurer leur offre de transport au cours des cinq dernières années. Ces actions ont notamment consisté à renforcer la desserte des communes périurbaines et à adopter des tarifications attractives. La Loire- Atlantique et la Sarthe font ainsi partie des vingt départements français à avoir instauré la tarification unique. Ces mesures ont eu un impact certain sur l?usage des lignes régulières ; dans la plupart des réseaux départementaux de la région, la clientèle non-scolaire affiche des taux de croissance annuelle à deux chiffres. Les politiques de couverture territoriale adoptées par les conseils généraux sont nettement différenciées selon le département. Si on observe une couverture fine de l?espace en Loire- Atlantique et dans le Maine-et-Loire, les réseaux de cars sont plus clairsemés en Mayenne (à mettre en relation avec la faiblesse des densités de population) et en Sarthe (contrebalancée par un réseau ferroviaire qui, partant de l?étoile du Mans, dessert une grande partie du département). En Vendée, la desserte est limitée à un nombre restreint de lignes régulières ; le conseil général met la priorité sur la population scolaire, la plupart des liaisons ne fonctionnant pas en période de vacances. Les scolaires constituent la clientèle majoritaire de ces lignes régulières d?autocars (75 % en Loire-Atlantique et dans la Sarthe, 80 % dans le Maine-et-Loire, 85 % en Mayenne, 90 % en Vendée). ?

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