La périurbanisation : facteurs et état des lieux - Les maisons poussent comme des champignons... dans les champs

PIROT, Philippe ; RODRIGUES, Amandine

Auteur moral
Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes) ; Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Avec 1 million d'habitants supplémentaires depuis 1962, la démographie des Pays de la Loire est l'une des plus dynamiques de France. Comme dans la majorité des régions françaises, la croissance de l'espace périurbain est marquée par un premier pic entre 1975 et 1982, puis un second entre 1999 et 2006.<br /><br />Si les centres urbains accueillent nombre des arrivées de la région, de par la richesse de leur emploi et de leur offre locative, les espaces périurbains et ruraux bénéficient largement des migrations internes à la région, du fait d'une offre foncière plus attractive. Face à cette croissance démographique et à la réduction de la taille moyenne des ménages, le parc de logements connaît une dynamique encore plus forte que celle de la population. Ceci entraîne une offre de terrains en tension par rapport à la demande. La hausse des prix induite par ce déséquilibre contraint les personnes disposant d'un budget moindre à s'éloigner des zones les plus chères pour réaliser leur souhait d'accès à la propriété. Ainsi, une partie des zones agricoles ou naturelles des périphéries urbaines se transforme en zones dites « artificialisées », principalement sous l'effet de la construction de logements individuels, grands consommateurs d'espace. La frontière entre l'urbain et le rural s'éloigne de plus en plus des villes-centres et tend même à devenir plus floue.<br /><br />Récemment, l'étalement urbain très important de la dernière décennie semble néanmoins se modérer. La forte progression du prix des carburants observée de début 2007 à l'été 2008 et la prise de conscience de nombreuses collectivités ont, sans doute, contribué à dissuader certains ménages de trop s'éloigner des villes-centres, au risque de voir trop augmenter le poste déplacements de leur budget.</div>
Editeur
INSEE Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
artificialisation des sols ; urbanisation ; occupation du sol ; périurbain ; logement ; usager du logement ; parc de logements
Descripteur écoplanete
maîtrise de l'urbanisation
Thème
Aménagement du territoire ; Environnement - Paysage
Texte intégral
6 La périurbanisation : facteurs et état des lieux Dans la plupart des régions, sous l?effet de la croissance démographique, l?extension spatiale des villes a été particulièrement importante depuis le début des années 1960. Le phénomène s?est étendu de proche en proche, toujours plus loin des centres urbains, transformant des zones agricoles ou naturelles en zones urbaines, principalement sous l?effet de la construction de logements individuels. La maîtrise de la consommation d?espace est désormais devenue un enjeu majeur pour les politiques d?aménagement du territoire, se traduisant en objectif de développement durable dans le Grenelle de l?environnement notamment. Pays de la Loire, un pic de périurbanisation entre 1975 et 1982 Depuis 1962, la région des Pays de la Loire a gagné 1 million d?habitants, passant de 2,4 à 3,4 millions d?habitants. Elle se situe au 5e rang des régions métropolitaines tant par sa taille que par le rythme de sa croissance démographique, et au 4e rang pour le nombre de personnes supplémentaires « accueillies » sur son territoire depuis 45 ans, derrière l?Île-de-France, Rhône- Alpes et Provence-Alpes-Côte d?Azur. C?est en Loire-Atlantique et en Vendée que le dynamisme démographique a été le plus fort, tandis que la Sarthe et la Mayenne sont les départements de la région où la population a le moins augmenté. Ce sont en particulier les communes constituant la deuxième couronne des centres urbains, appelée espace périurbain, qui ont le plus contribué à cette croissance : elles ont ainsi absorbé un tiers des nouveaux habitants. Entre 1962 et 1975, la croissance démographique a d?abord concerné les communes de la première couronne des centres urbains de la région, Avec 1 million d?habitants supplémentaires depuis 1962, la démographie des Pays de la Loire est l?une des plus dynamiques de France. Comme dans la majorité des régions françaises, la croissance de l?espace périurbain est marquée par un premier pic entre 1975 et 1982, puis un second entre 1999 et 2006. Si les centres urbains accueillent nombre des arrivées de la région, de par la richesse de leur emploi et de leur offre locative, les espaces périurbains et ruraux bénéficient largement des migrations internes à la région, du fait d?une offre foncière plus attractive. Face à cette croissance démographique et à la réduction de la taille moyenne des ménages, le parc de logements connaît une dynamique encore plus forte que celle de la population. Ceci entraîne une offre de terrains en tension par rapport à la demande. La hausse des prix induite par ce déséquilibre contraint les personnes disposant d?un budget moindre à s?éloigner des zones les plus chères pour réaliser leur souhait d?accès à la propriété. Ainsi, une partie des zones agricoles ou naturelles des périphéries urbaines se transforme en zones dites « artificialisées », principalement sous l?effet de la construction de logements individuels, grands consommateurs d?espace. La frontière entre l?urbain et le rural s?éloigne de plus en plus des villes- centres et tend même à devenir plus floue. Récemment, l?étalement urbain très important de la dernière décennie semble néanmoins se modérer. La forte progression du prix des carburants observée de début 2007 à l?été 2008 et la prise de conscience de nombreuses collectivités ont, sans doute, contribué à dissuader certains ménages de trop s?éloigner des villes-centres, au risque de voir trop augmenter le poste déplacements de leur budget. Les maisons poussent comme des champignons ? dans les champs Philippe PIROT (Dreal) et Amandine RODRIGUES (Insee) Une dynamique du périurbain et du rural plus marquée en Pays de la Loire qu?au niveau national Comparaison des taux de croissance annuels moyens régionaux et nationaux du périurbain et du rural (en %) -1,0 -0,5 0 0,5 1,0 1,5 2,0 2,5 3,0 62/68 68/75 75/82 82/90 90/99 99/06 Pays de la Loire périurbain France métropolitaine périurbain Pays de la Loire rural France métropolitaine rural insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Source : Insee, recensements de la population 1962 à 2006. 7 La périurbanisation : facteurs et état des lieux qui constituent les banlieues. Celles- ci se sont nettement densifiées : la croissance annuelle moyenne de la population s?y est élevée à + 3,4 % sur la période contre + 2,5 % pour les banlieues au niveau national. Cette phase a commencé après la Seconde Guerre mondiale, avec un afflux important de nouveaux habitants dans les villes en provenance des campagnes. Elle est très marquée en Sarthe et en Mayenne, avec un taux de croissance annuel moyen supérieur à 5 % dans les banlieues de ces départements. En revanche, en Vendée, la densification de la première couronne des villes-centres se situe en deçà de celle observée au niveau régional comme national (1,1 % par an). A partir de 1975, l?espace disponible pour construire commençant à se raréfier et l?attrait pour la maison individuelle restant intact, la population s?installe davantage dans les espaces périphériques que dans les pôles urbains que constituent les villes-centres et leurs banlieues. C?est le phénomène de la périurbanisation : l?espace éponyme, constitué de la deuxième couronne des centres urbains, se densifie au rythme de + 2,6 % de personnes supplémentaires par an en moyenne entre 1975 et 1982, soit 0,4 point de plus que la moyenne nationale. Cette densification des espaces périphériques s?accompagne de l?essor de la multi-motorisation, la voiture devenant indispensable à la plupart des déplacements. Dans le même temps, les villes-centres perdent de la population. La périurbanisation a été plus marquée dans le Maine-et- Loire et en Vendée, avec des taux de croissance annuels moyens respectifs de 3,2 % et 2,8 % pour les espaces périurbains de ces départements. En revanche, en Sarthe, le phénomène est beaucoup moins fort (+ 1,7 %). Si cette périurbanisation reste intense jusqu?en 1990 au niveau national, le phénomène s?atténue dès 1982 dans tous les départements des Pays de la Loire. Le regain de croissance du périurbain Entre 1982 et 1999, les rythmes de croissance démographique de l?espace périurbain et des banlieues restent élevés et ont tendance à se rapprocher. Cependant, depuis le début de la décennie 2000, la périurbanisation reprend de l?ampleur dans les Pays de la Loire : la population de l?espace périurbain augmente de 1,9 % par an. Cette reprise du périurbain est spécifique aux Pays de la Loire, puisqu?au niveau national la croissance se poursuit à un rythme inférieur à celui des années antérieures. Seul le Maine-et-Loire n?est pas concerné par ce regain, tandis qu?en Loire-Atlantique et en Vendée le phénomène est très marqué (+2,2 % par an dans le périurbain). Au contraire, si la croissance démographique des villes-centres et des banlieues reprend au niveau national depuis une petite dizaine d?années, elle reste positive mais moins importante que lors de la décennie précédente en Pays de la Loire. Les pôles urbains vendéens et les villes-centres de Loire-Atlantique font néanmoins exception. Parallèlement à la reprise de la périurbanisation, la population s?installe encore plus loin des villes dans la région, dans des espaces encore considérés comme ruraux il y a quelques années. Ce phénomène peut être nommé « rurbanisation » (+1,2 % dans l?espace rural). Là encore, il concerne surtout la Loire-Atlantique et la Vendée (respectivement +2,1 % et +1,5 % par an). Ainsi, l?augmentation des prix de l?immobilier dans l?espace urbain impulse une périurbanisation qui semble s?étendre aux campagnes. Ce regain de croissance de l?espace rural peut aussi être relié au maillage important de petites villes dans la région, qui fait que le rural isolé y occupe une place moins importante qu?ailleurs. En définitive, les Pays de la Loire, comme la moitié des régions françaises et comme toutes celles du littoral atlantique et de la Manche, se caractérisent par une croissance moyenne des espaces périurbains marquée par un pic entre 1975 et 1982 et un net regain entre 1999 et 2006. La frontière entre l?urbain et le rural s?éloigne des villes-centres La périurbanisation, et la densification de la population dans les espaces périphériques qui en découle, a des conséquences sur le développement des surfaces urbanisées autour des villes : on assiste alors à un phénomène d?étalement urbain. La distance à parcourir depuis les villes-centres pour atteindre des espaces, certes sous influence des centres urbains, mais dont les aspects paysagers ont souvent un caractère rural, continue d?augmenter. Depuis 1962, cette distance a augmenté dans les six plus grands pôles urbains de la région. Au niveau France entière, cette distance a crû de façon continue jusqu?en 1990 et stagne depuis. Dans la région, Le Mans et Angers suivent ce modèle. Pour Nantes, en revanche, cette distance à parcourir s?est accrue jusqu?en 1999. Les autres grands pôles urbains de la région, au contraire, continuent de s?étendre. A Laval, l?étalement urbain est ininterrompu depuis 1962, mais reste très limité. Saint-Nazaire n?a vu ce phénomène apparaître qu?à partir de 1975, mais depuis il est continu et assez fort. Le pôle urbain de la Roche- sur-Yon s?est d?abord contracté entre 1962 et 1975, avant de s?étendre ; son étalement s?est arrêté entre 1990 et 1999, mais il a repris vigoureusement depuis. - 0 ,5 0 0 ,5 1 ,0 1 ,5 2 ,0 2 ,5 3 ,0 3 ,5 4 ,0 4 ,5 62/68 68/75 75/82 82/90 90/99 99/06 Villes-centres des pôles urbains Banlieues des pôles urbains Périurbain Rural Regain de périurbanisation Pays de la Loire : taux annuels d?évolution des sous-espaces des aires urbaines (en %) insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Source : Insee, recensements de la population 1962 à 2006. 8 La périurbanisation : facteurs et état des lieux La frontière entre urbain et rural s?éloigne des villes-centres Seuil de distance théorique tel que la densité soit inférieure à 80 hbts/km2 (en km) 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 Laval Le Mans La Roche- sur-Yon 0 5 10 15 20 25 30 35 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 Nantes St-Nazaire Angers Seuil de distance théorique tel que la densité soit inférieure à 40 hbts/km2 (en km) 0 2 4 6 8 10 12 14 16 18 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 Laval Le Mans La Roche- sur-Yon 0 5 10 15 20 25 30 35 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 Nantes St-Nazaire Angers Périurbain et pôles urbains : les pouponnières de la région La dynamique démographique, facteur potentiel d?étalement urbain, résulte de deux phénomènes combinés : l?apport du solde naturel, qui représente l?excédent des naissances sur les décès, et celui du solde migratoire, qui mesure les écarts entre les entrées et sorties du territoire. Contrairement aux autres régions dynamiques du sud et de l?ouest de la France, l?élan démographique des Pays de la Loire n?est pas uniquement tiré par le moteur des migrations. En effet, sa population plus jeune qu?ailleurs et une fécondité plus élevée lui permettent de bénéficier d?un excédent naturel, avec un nombre de naissances très nettement supérieur à celui des décès. Avec un solde naturel de 0,4 % par an entre 1999 et 2006, les Pays de la Loire sont proches de la moyenne nationale et se classent au 6e rang des régions métropolitaines. Le solde naturel reste largement positif et stable dans l?ensemble des départements de la région. Globalement, au niveau régional, la contribution du solde naturel à la croissance de la population entre 1999 et 2006 est d?environ 40 %. Cette contribution est faible pour entre les deux périodes s?explique-t-il par l?évolution des migrations. Le pôle urbain attire les nouveaux arrivants dans la région? L?attractivité de la région des Pays de la Loire, déjà observée lors de la dernière décennie, ne s?est pas démentie depuis 1999. En effet, les Pays de la Loire ont bénéficié entre 2001 et 2006 d?un apport migratoire en provenance des autres régions françaises de plus de 11 000 personnes par an en moyenne. Au total, durant cette période, 240 000 personnes sont ainsi arrivées dans la région, tandis que 184 000 l?ont quittée. Les Pays de la Loire ont donc gagné par le jeu des migrations externes à la région 38 habitants supplémentaires par an pour 10 000 habitants présents. Ce résultat n?est toutefois pas exceptionnel au niveau national et moins élevé que dans les autres régions dynamiques du littoral : il place la région au 7e rang des régions de France métropolitaine derrière le Languedoc-Roussillon, Midi- Pyrénées, Aquitaine, Corse, Bretagne et Poitou-Charentes. Il n?explique donc pas à lui seul les phénomènes de périurbanisation et d?étalement urbain à l?oeuvre dans la région. Tous les types de territoires, urbains, périurbains comme ruraux sont excédentaires à ce jeu des migrations entre régions. Les nouveaux venus le rural, moyenne pour le périurbain et très forte en banlieue et dans les villes- centres de la région. Ainsi le périurbain, comme les pôles urbains, bénéficie-t-il d?une dynamique liée à un solde naturel positif. Ces disparités entre territoires en termes de solde naturel ont peu évolué entre les périodes 1982-1999 et 1999- 2006. Aussi, l?essentiel des contrastes Le pôle urbain attire les nouveaux arrivants dans la région mais perd au jeu des migrations internes Migrations résidentielles sur 5 ans insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Source : Insee, Recensement de la population 2006. Source : Insee, recensements de la population 1962 à 2005. Lecture : La distance à parcourir pour passer sous un certain seuil de densité de population illustre l?étalement des agglomérations. Le seuil varie selon les villes concernées. Il doit permettre d?appréhender la distance à parcourir pour atteindre des espaces certes sous influence des pôles urbains, mais dont les aspects paysagers ont déjà souvent un caractère rural. Pôle urbain Périurbain Rural Hors région 64 000 38 000 + 26 000 43 000 29 000 + 14 000 133 000 117 000 + 16 00082 000 + 34 000 48 000 49 000 + 7 000 42 000 23 000 + 8 000 31 000 Le pôle urbain attire les nouveaux arrivants dans la région mais perd au jeu des migrations internes Migrations résidentielles sur 5 ans Source : Insee, Recensement de la population 2006 9 La périurbanisation : facteurs et état des lieux dans la région en provenance d?autres régions métropolitaines s?installent cependant très majoritairement dans les pôles urbains, où se concentrent l?emploi et l?offre locative. En effet, plus d?un nouvel arrivant dans la région sur deux s?installe dans un pôle urbain, plus d?un sur quatre dans l?espace rural et à peine un sur cinq dans le périurbain. ? mais perd au jeu des migrations internes En revanche, au jeu des migrations résidentielles internes à la région, l?espace urbain est déficitaire. Dans les échanges avec les autres territoires qui constituent la région, il perd 34 000 habitants par an au profit de l?espace périurbain et 7 000 au profit du rural. Ce dernier gagne également 8 000 habitants en provenance de l?espace périurbain, illustrant le fait que l?habitat se déconcentre de plus en plus loin de la ville-centre. La possibilité d?accession à la propriété, notamment en logement individuel et à un coût moins élevé sans trop s?éloigner des pôles d?emploi grâce aux infrastructures de transport, incite un nombre grandissant d?habitants de la région à déménager vers ces territoires périphériques. Globalement, les pôles urbains de la région attirent majoritairement des jeunes de 15 à 24 ans, qui viennent poursuivre leurs études ou rechercher un emploi. Ils attirent aussi, mais dans une moindre mesure, des retraités qui cherchent à se rapprocher des commerces et services plus acces- sibles en ville. En revanche, les pôles urbains perdent de très nombreux habitants entre 25 et 39 ans. Il s?agit pour l?essentiel de familles récemment constituées qui s?installent plus souvent dans les espaces périurbains, où les prix de l?immobilier moins élevés leur permettent d?accéder à la propriété d?une maison individuelle. Parmi les six plus grands pôles de la région (Nantes, Saint-Nazaire, Angers, Le Mans, Laval, La Roche-sur-Yon), certains se démarquent quelque peu de ce schéma régional. Les pôles d?Angers, du Mans, de Laval et de Saint- Nazaire perdent au jeu des migrations externes à la région. Au Mans et à La Roche-sur-Yon, le pôle attire davantage d?habitants des alentours qu?il n?en perd. En termes de migrations selon l?âge, Le Mans et Nantes attirent peu les retraités. La Roche-sur-Yon et Laval sont attractives pour les jeunes de 15 à 19 ans. Saint-Nazaire attire une population âgée de 40 ans ou plus, avec un phénomène très marqué pour les retraités, sûrement lié à la présence de la façade maritime. Des logements concentrés en ville et à la campagne La croissance démographique affecte la consommation d?espace, du fait de la nécessité de loger la population supplémentaire et de prévoir les infra- structures routières et les équipements nécessaires à ses activités. En 2007, la région des Pays de la Loire comptabilise 1 777 000 logements, soit 5,5 % des logements du territoire national pour 5,6 % de la population de la France métropolitaine. La concentration de logements est importante sur les centres urbains. Plus d?un tiers de ces logements sont situés sur le département de la Loire-Atlantique et la seule commune de Nantes concentre 156 500 logements, soit 8,8 % du parc régional. La bande littorale, quant à elle, concentre 15 % du parc. En Pays de la Loire, un logement sur trois est localisé en ville-centre et autant dans le rural. Le périurbain, quant à lui, concentre un logement sur cinq. Avec à peine un logement sur six, les banlieues constituent le territoire qui regroupe le moins de logements. Décohabitation oblige, le parc des résidences principales croît plus vite que la population Entre 1999 et 2006, le parc de résidences principales s?est accru plus vite que la population. Cela s?explique par l?évolution des conditions et modes -50 -40 -30 -20 -10 0 10 20 30 5 à 9 ans 10 à 14 ans 15 à 19 ans 20 à 24 ans 25 à 29 ans 30 à 34 ans 35 à 39 ans 40 à 44 ans 45 à 49 ans 50 à 54 ans 55 à 59 ans 60 à 64 ans 65 à 69 ans 70 à 74 ans 75 à 79 ans 80 à 84 ans 85 à 89 ans 90 à 94 ans 95 à 99 ans Plus de 100 ans Le pôle urbain attire les jeunes mais pas les familles Taux annuel de migration nette du pôle urbain (en ?) Nantes n?attire plus autant Sur la période 1990-1999, Nantes et Toulouse étaient les deux premières villes de plus de 200 000 habitants pour la croissance annuelle moyenne, avec respectivement + 1,1 % et + 0,9 %. Bordeaux était loin derrière, se classant en 6e position sur 11 avec un gain de population + 0,3 % par an en moyenne. La contribution à la croissance démographique de l?excédent des naissances sur les décès était totale pour Bordeaux et de 0,7 point pour Nantes comme pour Toulouse. Entre 1999 et 2006, Nantes chute à la 7e place du classement, avec une croissance de + 0,6 % par an en moyenne, laissant la 1ère place à Toulouse (+ 1,7 % par an). Bordeaux quant à elle monte en 3e posi- tion avec + 1,1 % par an en moyenne. Une fois encore l?essentiel des contrastes entre les deux périodes s?explique par les migrations. La contribution du solde naturel aux croissances démographiques nantaise et toulousaine est stable entre les deux périodes. Entre 1999 et 2006, Nantes bénéficie d?un apport migratoire à peine suffisant pour couvrir les sorties de son territoire. De leur côté, Toulouse et Bordeaux ont des soldes migratoires largement positifs, dont la contribution à la croissance démographique s?élève à 1 point pour la première et 0,6 point pour la seconde. insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Source : Insee, recensement de la population de 2006 - exploitation complémentaire. 10 La périurbanisation : facteurs et état des lieux insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 de vie. Le vieillissement de la population induit la constitution de ménages de plus petite taille. La durée des études s?allonge, mais les étudiants sont de plus en plus nombreux à s?installer dans un logement en ville, qui les rapproche de leur lieu d?études. Avec les divorces, les familles se divisent, adoptant de plus en plus souvent le mode monoparental. Ces différentes causes de décohabitation réduisent le nombre moyen d?occupants par logement, qui diminue depuis de nombreuses décennies. La taille moyenne des ménages est ainsi passée de 2,4 personnes en 1999 à 2,3 en 2006. Dans la grande majorité des communes, la croissance du parc de résidences principales est donc plus rapide que celle de la population. Ces phénomènes de décohabitation influent fortement sur le nombre de logements nécessaires pour loger l?ensemble de la population. Pour l?ensemble de la région, 55 % de la croissance du parc de logements intervient en réponse à la décohabitation, les 45 % restants relevant d?une offre permettant l?accueil de nouveaux arrivants et donc de la croissance démographique. Le phénomène de réduction de la taille des ménages n?est pas spécifique aux Pays de la Loire. Sur la dernière décennie, il y est d?ailleurs un peu moins marqué qu?ailleurs et ce, quel que soit le département. En effet, entre 1999 et 2006, la taille moyenne des ménages a diminué de 0,12 personne, tandis qu?au niveau national hors Île-de-France elle se réduisait de 0,15 personne. Les départements de Vendée et du Maine- et-Loire, où la taille des ménages était la plus élevée en 1999, sont ceux où elle s?est le plus réduite depuis. Cela conduit peu à peu à une uniformisation de la situation entre départements en termes de taille moyenne des ménages, les spécificités territoriales s?effaçant au profit de ce mouvement de fond qui traverse la société française. Globalement, c?est dans les banlieues des pôles urbains que la baisse de la taille des ménages est la plus marquée sur la période récente, avec - 0,19 personne. Les villes-centres restent néanmoins l?espace où la taille moyenne des ménages est la plus faible avec 2,01 personnes. Au contraire, c?est toujours dans l?espace périurbain, qui accueille de nombreuses familles, que le taux d?occupation des résidences principales est le plus fort, avec 2,62 personnes par ménage. L?écart entre ces deux extrêmes est le même qu?en 1999. Dans les grandes villes et sur le littoral, les ménages sont généralement de petite taille, du fait d?une forte proportion d?étudiants et de retraités, selon les cas. La taille des ménages augmente ainsi à mesure que l?on s?écarte des centres urbains. Passé une certaine distance, elle se réduit peu à peu, dans les zones qui échappent à la périurbanisation et où l?on trouve beaucoup d?agriculteurs retraités. Mais le maillage très serré du territoire régional fait que ce dernier phénomène est moins marqué que dans les autres régions françaises. Les logements poussent comme des champignons autour des villes Pour faire face à la forte croissance démographique mais aussi à la diminution de la taille moyenne des ménages, la croissance annuelle moyenne du parc de logements 1968 1975 1982 1990 1999 2006 3,5 3 2,5 2 1,5 1 0,5 0 La taille moyenne des ménages diminue depuis des décennies Évolution de la taille des ménages Source : Insee, Recensements de la population de 1968 à 1990 dénombrements et exploitations principales. Un taux d?occupation des résidences principales plus fort dans le périurbain Taille moyenne des ménages par commune en 2006 Laval Angers Nantes Saint- Nazaire Le Mans La Roche- sur-Yon Nombre moyen de personnes par ménage Entre 2,66 et 3,47 Entre 2,53 et 2,66 Entre 2,39 et 2,53 Entre 1,72 et 2,39 © IGN - Insee 2010 Source : Insee, Recensement de la population 2006 Principaux pôles urbains Un taux d'occupation des résidences principales plus fort dans le périurbain Taille moyenne des ménages par commune en 2006 11 La périurbanisation : facteurs et état des lieux insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 régional a donc été plus vive que celle de la population : + 1,4 % contre + 1 % au niveau national entre 1999 et 2007, ce qui représente environ 190 000 logements supplémentaires. La Vendée et la Loire-Atlantique se démarquent, une fois encore, avec des hausses respectives de + 1,9 % et + 1,5 % par an en moyenne. C?est dans les communes appartenant à l?espace périurbain que le parc de logements a progressé le plus rapidement : + 2,2 % par an en moyenne entre 1999 et 2007. Dans le même temps, le parc a augmenté de + 1,5 % par an en moyenne dans les banlieues et de + 1,1 % dans les villes-centres. On assiste donc bien à un étalement urbain prononcé au cours de ces huit dernières années. La progression dans l?espace rural est plus faible que la moyenne régionale, avec une croissance annuelle moyenne de 1,2 % sur la période observée. Retour vers les villes ? Au cours des années 1990, le rythme de construction de logements est passé de 16 250 en 1990 à 22 000 pour l?année 2000. Ensuite, l?activité dans le secteur de la construction s?est encore accélérée, pour culminer à 32 000 logements au cours de l?année 2007. Au cours de la dernière décennie, 262 000 logements ont été construits au total dans la région, soit 17 % du parc existant en 1999 ou encore une construction pour environ 12 habitants. Le phénomène d?étalement urbain a donc été très important du début des années 2000 jusqu?en 2006. L?activité de construction a été d?autant plus intense sur les communes rurales et dans l?espace périurbain. En particulier, ce phénomène a été marqué pour les communes appartenant au triangle formé par les communes de Nantes, Angers et La Roche-sur-Yon. Avec la crise, en 2008, le nombre de logements construits a fortement reculé : 23 000 mises en chantier ont été enregistrées en Pays de la Loire, ce qui représente 6,1 % des mises en chantier métropolitaines. Il s?agit là d?un important repli de 28 % par rapport à 2007, plus marqué encore qu?au niveau national (- 16 %). Il ramène à un niveau de construction proche de celui du début des années 2000. L?année 2008 a en effet signifié un fort ralentissement de la dynamique de construction. Cette chute de la construction régionale, conjuguée à une moindre concentration dans les communes éloignées des villes-centres, entraîne une décélération de l?étalement urbain. A titre d?exemple, le poids du pôle urbain de Nantes est passé de 39 % à 47 % des constructions réalisées en Loire-Atlantique entre 2007 et 2008. La forte progression du prix des carburants intervenue de début 2007 à l?été 2008 et la prise de conscience de nombreuses collectivités ont, sans doute, contribué à dissuader certains ménages de s?éloigner des villes- centres, pour limiter l?augmentation du poste déplacements de leur budget. En 2009, 22 300 logements ont été réalisés, soit une baisse de 3 % contre - 17 % observé au niveau national. La part de la région atteint ainsi 7 % de la construction métropolitaine. 42% des constructions régionales sont concentrées sur le seul département de la Loire-Atlantique. Les maisons, gourmandes en espaces, prolifèrent à la périphérie des villes La consommation moyenne de terrain par logement dépend directement des parts respectives de l?habitat individuel et de l?habitat collectif dans l?ensemble des constructions. La consommation foncière est en effet huit fois plus élevée pour un logement individuel qu?elle ne l?est pour un logement collectif (respectivement 985 m² et 126 m² en 2008, pour une moyenne à 716 m²). Dans la région, la prédominance de la construction de maisons amplifie la consommation d?espace : la maison représente ainsi encore 70 % de l?ensemble des constructions de la région, contre seulement 54 % au niveau national. De fait, la surface de terrain consommée par logement est plus faible dans les principaux pôles urbains et sur la zone littorale, où les logements collectifs sont plus nombreux. Le parc individuel représente 40 % des logements au sein des villes- centres, 68 % dans les banlieues et 94 % dans le périurbain. Le poids de la maison individuelle en périurbain est ainsi comparable à celui observé pour les communes rurales (90 %). La Vendée et la Mayenne sont les départements de la région où la part des habitations individuelles est la plus élevée dans le parc existant. Ce sont aussi ceux qui affichent les plus forts taux de logements individuels dans la construction régionale en 2008 : respectivement 88 % et 86 %. La Loire- Atlantique, du fait de la présence des pôles nantais et nazairien, présente, en 2008, un équilibre entre constructions individuelles et collectives. Au début des années 2000 cette répartition était plus favorable aux logements individuels. En effet, à l?époque en Loire-Atlantique, seulement un logement sur trois était un logement collectif. Depuis 2004, on observe un retour du collectif qui est devenu beaucoup plus visible ces dernières années avec la chute du logement individuel dans le département en 2008. Dans le Maine-et-Loire, si 60 % des logements construits à la fin des années 1990 étaient individuels, cette proportion est montée à presque 90 % au début des années 2000, avant de redescendre à 74 % en 2008. La part de l?habitat individuel dans la construction selon le type d?espace ne remet par ailleurs pas en cause les disparités en termes de structure du parc déjà existant : 90 % des nouvelles constructions dans les espaces périurbains et ruraux sont des maisons individuelles. Le rythme de la construction de logements individuels est passé de 10 000 par an au début des années 1990 à 12 000 dans les années 1994 à 1997, puis 16 000 dans les années 1998 à 2001, avant d?exploser dans les années 2000, pour atteindre 22 000 maisons construites en 2006. L?année 2008 est, là encore, une année de rupture avec une chute à 15 700 maisons confirmée par les 15 300 maisons construites en 2009. Toutefois, le rythme de la construction de logements individuels reste encore très élevé. La forte augmentation constatée début 2000 s?est par ailleurs accompagnée d?une nouvelle répartition géographique des constructions. Alors que la construction des logements individuels s?effectuait essentiellement au sein des unités urbaines et sur la bande littorale jusqu?au milieu des années 1990, les constructions se sont par la suite éloignées de ces zones, sous l?effet des prix du foncier, pour couvrir un territoire plus large, principalement en Loire-Atlantique et en Vendée. Cette situation résulte d?une disponibilité des terrains insuffisante au regard de la demande, qui induit une hausse des prix et oblige les personnes disposant 12 La périurbanisation : facteurs et état des lieux insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Une consommation foncière beaucoup plus importante dans le rural... Carte cantonale de la surface moyenne des terrains dans la construction de maisons individuelles en 2008 d?un budget moindre à s?éloigner de ces zones chères pour réaliser leur souhait d?accès à la propriété. Des terrains de plus en plus petits La consommation moyenne de terrain a augmenté jusqu?au début des années 2000. Depuis 2002, elle est en revanche en recul, du fait de la baisse de la surface moyenne des parcelles dans l?habitat individuel : - 20 % sur les six dernières années. Depuis vingt ans, la baisse de la consommation foncière par logement a été particulièrement nette en Loire-Atlantique et dans le nord de la Vendée, où la construction est très active. La consommation foncière continue en revanche de progresser dans les zones rurales de la Sarthe, de la Mayenne et du sud-est vendéen. Dans les zones touchées par le développement urbain, les demandes restent fortes, mais les offres de foncier se réduisent. Ainsi, les parcelles proposées tendent-elles à diminuer en taille et à se renchérir, dans le but de rentabiliser au maximum les terrains. L?évolution de la forme urbaine vers des villes densifiées apporte une réponse à la demande d?espace. Les consommations les plus fortes se retrouvent dans les communes rurales (1 020 m² par logement) et dans le périurbain (960 m² par logement). Pour ces deux territoires, la surface consommée a reculé fortement dès le début des années 2000, après une stabilité au cours des années 1990. Dans les communes de banlieues, la surface nécessaire pour un nouveau logement est passée d?environ 690 m² au début des années 2000 à 500 m². Les consommations les plus faibles sont observées sans surprise dans les villes-centres, avec 260 m² par logement en moyenne en 2008. Un marché immobilier sous pression, surtout dans les banlieues des pôles urbains En 2007, 5,9 % du parc de logement régional est vacant, soit un taux beaucoup plus faible que les 8,4 % de logements vacants au niveau national. C?est le signe d?une tension spécifique sur le marché immobilier en Pays de la Loire. Cette pression est moindre en Mayenne et dans la Sarthe (respectivement 7,7 % et 7,6 % de vacance), même si elle reste plus élevée que la moyenne nationale. Elle est en revanche particulièrement prononcée en Loire-Atlantique (5,5 % de vacance) et surtout en Vendée (4,5 %). Par ailleurs, elle est plus marquée pour les logements individuels que pour les appartements ; l?écart avec le niveau national est en outre plus net pour les maisons individuelles : 1,8 point de taux de vacance en moins dans la région qu?au niveau national, contre -1,4 pour les logements collectifs. Depuis 1999, le taux de vacance régional est en repli de 0,2 point, ce qui dénote une légère accentuation de la tension sur le marché immobilier. Néanmoins, dans le même temps, la situation s?est encore plus dégradée au niveau national avec un recul de 0,6 point. Le bilan par département est contrasté. La tension est de moins en moins forte dans la Sarthe, où le taux de vacance est passé de 6,9 % en 1999 à 7,6 % en 2007 ; en revanche, elle s?est fortement accentuée en Vendée, le taux passant de 5,3 % en 1999 à 4,5 % en 2007. D?une manière générale, c?est sur le littoral et à proximité des principales villes-centres que les tensions sur le marché immobilier sont les plus fortes. A l?opposé, elle sont très faibles dans certaines communes rurales : 25 communes rurales de la région, localisées principalement en Sarthe et en Mayenne, ont un taux de vacance supérieur à 15 %. La pression est ainsi modérée dans les communes rurales (7,0 % de vacance) et dans les villes- centres de la région (7,7 %) ; elle est assez soutenue dans le périurbain (5,7 %) et très forte dans les banlieues (4,6 % de vacance). Les prix flambent Dans la région des Pays de la Loire, le coût moyen des terrains ayant fait l?objet d?une autorisation de construire en 2008 est de 57 500 ¤. Ce montant est inférieur de 16 % au coût moyen constaté au niveau national. Entre 2007 et 2008, le budget destiné à l?achat du terrain a néanmoins augmenté de 8 % en Pays de la Loire (et de 21 % en 2 ans) contre 4 % au niveau national (14 % en 2 ans). Ce budget terrain en Pays de la Loire est presque trois fois moins élevé que le budget nécessaire en Île-de-France ou en Provence-Alpes-Côte d?Azur, et loin derrière les 95 000 ¤ observés en Rhône-Alpes et Languedoc-Roussillon. Il est plus proche des 55 000 ¤ investis en Bretagne, alors que pour la Basse- Normandie, Poitou-Charentes et en région Centre, le budget fluctue entre 42 000 ¤ et 47 000 ¤. Laval Angers Nantes Saint- Nazaire Le Mans La Roche- sur-Yon Surface moyenne des terrains pour les constructions individuelles Plus de 1300 Entre 900 et 1300 Moins de 900 Non disponible © IGN - Insee 2010 Source : Dreal, Enquête sur le Prix des Terrains à Bâtir 2008 Principaux pôles urbains Une consommation foncière beaucoup plus importante dans le rural... Carte cantonale de la surface moyenne des terrains dans la construction de maisons individuelles en 2008 (en m²) 13 La périurbanisation : facteurs et état des lieux insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Si le coût moyen est de 57 500 ¤ au niveau régional, la moitié des terrains est achetée pour une somme inférieure à 47 200 ¤. L?éventail des prix est important puisque 10 % des terrains ont coûté moins de 23 000 ¤, tandis que 10 % ont été achetés pour un montant dépassant 105 000 ¤. Ces différences de prix sont la conséquence de disponibilités de foncier et d?attrait des territoires très hétérogènes sur la région. L?analyse des prix au niveau départemental illustre cette disparité. Avec un coût moyen de 79 300 ¤, le département de Loire-Atlantique présente des prix deux fois supérieurs à ceux pratiqués en Mayenne et dans la Sarthe. Plus le prix moyen au m² est élevé et plus les terrains sont petits. Pour les terrains de 300 à 3 000 m², le prix baisse progressivement ; de 190 ¤ par m² pour les terrains de 300 à 400 m² à moins de 20 ¤ par m² pour les terrains de plus de 2 600 m². Cette situation résulte de deux phénomènes. Tout d?abord, les terrains vendus sont d?autant plus petits qu?il existe une pénurie de foncier, donc une pression forte et inévitablement des prix élevés. Par ailleurs, le phénomène de « coût d?entrée » pour l?accès à la propriété d?un terrain fait que tout mètre-carré supplémentaire acheté est moins cher. En 2008, l?achat du terrain pèse pour 30 % dans le budget des constructions en région Pays de la Loire, contre ... là où le foncier est disponible à des prix moins élevés Carte cantonale des prix des terrains ayant fait l?objet d?un permis de construire en 2008 Définitions ? L?étalement urbain désigne le phénomène de développement des surfaces urbanisées en périphérie des villes ; son étude nécessite l?emploi d?outils et de sources spécifiques mesurant l?évolution de l?occupation du sol. ? La périurbanisation a trait au comportement des populations ayant quitté les centres urbains pour aller vivre dans les zones périphériques. ? La rurbanisation, néologisme apparu en 1976 à partir de rural et d?urbain, désigne le processus de « retour » des citadins dans des espaces qualifiés de ruraux. ? Les analyses qui figurent dans cet article s?appuient sur le zonage en aires urbaines et espaces ruraux (ZAUER), défini sur la base du recensement de 1999, et qui divise le territoire en deux grands ensembles : ? l?espace à dominante urbaine, composé des pôles urbains et du périurbain (couronnes périurbaines et communes multipolarisées) ; ? l?espace à dominante rurale, qui comprend des petites unités urbaines et des communes rurales. Un pôle urbain est une unité urbaine (ensemble d?une ou plusieurs communes présentant une continuité du tissu bâti et comptant au moins 2 000 habitants) offrant au moins 5 000 emplois. Les banlieues des pôles urbains sont composées des communes qui ne sont pas villes-centres. Si une commune représente plus de 50 % de la population du pôle urbain, elle est seule ville-centre. Dans le cas contraire, toutes les communes qui ont une population supérieure à la moitié de celle de la commune la plus importante, ainsi que cette dernière, sont villes-centres. Le périurbain est composé des communes sous influence urbaine du fait des déplacements domicile- travail : communes des couronnes périurbaines et communes multi- polarisées. Un pôle urbain et sa couronne périurbaine constituent une aire urbaine. 33 % au niveau France entière, soit une légère progression par rapport à 2007. Ce poids fluctue de 20 % pour le département de la Mayenne à 36 % pour la Loire-Atlantique. En définitive, si le prix des terrains augmente, la part du budget des constructions consacrée à son achat reste assez stable. Poussés par leur désir de maison individuelle et les contraintes budgétaires, les ligériens achètent donc des terrains de plus en plus loin des villes-centres. ? Laval Angers Nantes Saint- Nazaire Le Mans La Roche- sur-Yon Prix moyen des terrains pour les constructions individuelles Entre 65 000 et 100 000 Entre 35 000 et 65 000 Moins de 35 000 Non disponible © IGN - Insee 2010 Source : Dreal, Enquête sur le Prix des Terrains à Bâtir 2008 Principaux pôles urbains ... là où le foncier est disponible à des prix moins élevés Carte cantonale des prix des terrains ayant fait l'objet d'un permis de construire en 2008 (en euros) Plus de 100 000

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