Conséquences sur les disparités sociales et l'organisation sur le territoire - Déplacement domicile-travail, ça bouchonne

GICQUAUD, Nicole ; RODRIGUES, Amandine

Auteur moral
Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes) ; Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">En 2006, en Pays de la Loire, 60 % des actifs changent de commune pour aller travailler. Les actifs résident de plus en plus loin de leur travail, les emplois demeurant largement concentrés dans les pôles urbains. La mobilité, amplifiée par la densification des espaces à la périphérie des villes, a donc nettement augmenté depuis 1999. L'accessibilité à l'emploi diffère selon que l'on réside en ville ou à la campagne. En effet, les actifs résidant dans l'espace périurbain ou le rural ont moins de chances de trouver un emploi près de chez eux que ceux qui habitent un pôle urbain.<br /><br />Avec l'intensification des navettes domicile-travail, les trajets s'allongent et les encombrements routiers progressent. Sous l'effet de l'allongement et de l'augmentation des déplacements domicile-travail, les pôles étendent leur aire d'attraction : la métropolisation, déjà assez marquée dans la région, se renforce.</div>
Editeur
INSEE Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
transport individuel ; étalement urbain ; lieu de travail ; trajet domicile-travail ; mobilité ; mode de transport ; urbanisation
Descripteur écoplanete
Thème
Économie - Société ; Circulation ; Transports ; Aménagement du territoire
Texte intégral
34 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 En 2006, en Pays de la Loire 60 % des actifs changent de commune pour aller travailler. Les actifs résident de plus en plus loin de leur travail, les emplois demeurant largement concentrés dans les pôles urbains. La mobilité, amplifiée par la densification des espaces à la périphérie des villes, a donc nettement augmenté depuis 1999. L?accessibilité à l?emploi diffère selon que l?on réside en ville ou à la campagne. En effet, les actifs résidant dans l?espace périurbain ou le rural ont moins de chances de trouver un emploi près de chez eux que ceux qui habitent un pôle urbain. Avec l?intensification des navettes domicile-travail, les trajets s?allongent et les encombrements routiers progressent. Sous l?effet de l?allongement et de l?augmentation des déplacements domicile-travail, les pôles étendent leur aire d?attraction : la métropolisation, déjà assez marquée dans la région, se renforce. Déplacements domicile-travail : ça bouchonne Nicole GICQUAUD et Amandine RODRIGUES (Insee) La métropolisation se renforce Le territoire des Pays de la Loire s?organise de plus en plus autour de ses grands pôles qui concentrent une part croissante de l?activité économique. Près de la moitié des emplois de la Sur la période récente, l?aug- mentation des prix de l?immobilier dans l?espace urbain a impulsé une nouvelle vague de densification de la deuxième couronne des villes : on parle de périurbanisation. Ce phénomène gagne aussi les campagnes1. En effet, parallèlement à la reprise de la périurbanisation, la population de la région s?installe encore plus loin des villes dans des espaces encore considérés comme ruraux il y a quelques années. On peut nommer ce second phénomène rurbanisation. Alors que la population ne cesse de se loger de plus en plus loin des villes-centres, l?emploi reste encore largement concentré dans les pôles urbains2. La périurbanisation, ainsi que la densification de la population dans les espaces périphériques qui en découle, ont des conséquences sur le développement des surfaces urbanisées autour des villes : on assiste alors à de l?étalement urbain et à une intensification des déplacements domicile-travail. Cela a des conséquences sur l?organisation du territoire. L?accessibilité à l?emploi peut varier d?une catégorie de la population à une autre et selon le lieu de résidence. La ségrégation socio- spatiale prend alors tout son sens. De plus, avec la prépondérance de l?usage de la voiture dans la région, l?augmentation de ces navettes n?est pas sans peser sur le budget des ménages les plus éloignés (qui sont souvent les moins aisés), ou poser des difficultés de circulation et des problèmes environnementaux (surconsommation d?énergie, pollution). L?organisation des infrastructures de transports, dont les transports collectifs, sur le territoire devient un enjeu de plus en plus fort. 1. Cf le chapitre « En Pays de la Loire, les maisons poussent comme des champignons... dans les champs » 2. Cf le chapitre « Les emplois restent en ville » Pays de la Loire, un maillage très serré des pôles d?attractivité de l?emploi Les pôles d?attractivité de l?emploi et leur aire d?influence en 2006 Pays de la Loire, un maillage très serré des pôles d'attractivité de l'emploi Les pôles d'attractivité de l'emploi et leur aire d'influence en 2006 © IGN - Insee 2010 Source : Insee, Recensement de la population 2006 Nantes Laval Angers Le Mans La Roche- sur-Yon Saint- Nazaire Lecture : Les pôles d'attractivité de l'emploi sont des communes qui polarisent un grand nombre des navettes quotidiennes. L'aire d'influence d'un pôle est constituée de communes dont au moins la moitié des actifs résidents travaille dans le pôle ou dont le flux de sortants maximum est dirigé vers ce pôle, dans la limite d'un minimum de 50 individus. 35 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 région est ainsi concentrée sur les sept plus grands pôles urbains. Les pôles de Nantes, Angers et Le Mans rassemblent plus d?un emploi régional sur trois (36 %). L?attraction du pôle nantais ne se dément pas : en 2006, il concentre à lui seul un emploi sur cinq. L?attractivité de ces pôles engendre ainsi des espaces de forts déplacements, notamment autour de Nantes, Angers et Le Mans. Les ménages cherchent à échapper à l?augmentation des prix du foncier et s?installent dans des zones moins urbanisées. De ce fait, les actifs résident de plus en plus loin de leur lieu de travail. On peut définir des aires d?attraction autour des six plus grands pôles de la région : Nantes, Angers, Le Mans, Laval, La Roche-sur-Yon et Saint-Nazaire. Toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans un de ces pôles fera partie de l?aire d?attraction correspondante. En 2006, sur les 1 502 communes de la région, 298 font partie des aires d?attraction des six plus grands pôles d?emploi, soit 45 communes supplémentaires depuis 1999 : la métropolisation se renforce. Presque 180 000 navetteurs supplémentaires En 2006, dans la région des Pays de la Loire, près d?1,5 million de personnes occupent un emploi. 60 % d?entre elles quittent leur commune de résidence pour se rendre sur leur lieu de travail. Depuis 1999, ce taux de mobilité a progressé de six points. C?est un rythme plus soutenu que pour la France de province où, dans le même temps, le taux de mobilité n?a augmenté que de 4 points. En effet, c?est dans les Pays de la Loire que l?écart entre l?augmentation du nombre d?actifs et celle du nombre de navetteurs a été le plus important. Ce sont ainsi près de 180 000 personnes supplémentaires qui se déplacent quotidiennement pour seulement 177 000 actifs en plus. La région se place au 4e rang des régions dont le nombre d?actifs changeant de commune pour aller travailler a le plus augmenté (25 %), derrière la Corse, le Languedoc-Roussillon et Midi- Pyrénées. Une mobilité très forte dans le périurbain et le rural? Si les distances parcourues s?accrois- sent sur l?ensemble de la région, les disparités entre les territoires persistent. Ainsi, les actifs qui résident dans les pôles urbains, communes riches en emplois, sont moins contraints de se déplacer. Moins d?un sur deux change de commune pour aller travailler, moins d?un sur trois pour les seuls résidents de la ville-centre d?un pôle urbain. Au niveau national, les actifs urbains sont plus mobiles que ceux de la région (52,6 % contre 47,2 %). Toutefois, la situation de la région est assez remarquable en ce qui concerne le nombre de grandes villes qu?elle abrite : 36 communes de plus de 10 000 habitants et Nantes, Angers et Le Mans qui figurent parmi les 25 plus grandes villes françaises par la taille de leur population. En Pays de la Loire, comme dans les autres régions françaises, les emplois restant très concentrés dans les pôles urbains, les actifs y résidant ont plus de chances qu?ailleurs de trouver un travail dans la même commune. Dès lors, ils ne sont pas considérés comme « mobiles », leurs distances et temps de trajet étant arbitrairement fixés à zéro, alors que dans les faits la situation est bien différente. Cette définition des mobiles comme étant les actifs qui quittent leur commune pour aller travailler et la structure particulièrement urbaine des Pays de la Loire créent un artéfact, non mesurable, qui explique une partie de l?écart observé entre la mobilité des citadins au niveau national et celle au niveau régional. De leur côté, les actifs qui résident dans les couronnes périurbaines et les communes rurales, moins bien pourvues en emplois, sont beaucoup plus nombreux à changer de commune pour se rendre au travail (respectivement 78 % et 63 %). Pour les résidents de ces espaces dans les Pays de la Loire, le taux de mobilité est quasiment identique à la moyenne des régions de province. Toutefois, les actifs qui habitent dans des communes rurales « isolées » (hors pôles d?emploi du rural et leurs couronnes) de la région sont près de 68 % à quitter leur De plus en plus de mobiles Taux de mobiles par commune en 1999 et 2006 De plus en plus de mobiles Taux de mobiles par commune en 1999 et 2006 Principaux pôles urbains © IGN - Insee 2010 Source : Insee, Recensement de la population 1999 Plus de 80 Entre 70 et 80 Entre 60 et 70 Entre 50 et 60 Laval Angers Nantes Saint- Nazaire La Roche- sur-Yon Le Mans Moins de 50 Taux de mobiles par commune en 1999 (en %) Principaux pôles urbains © IGN - Insee 2010 Source : Insee, Recensement de la population 2006 Taux de mobiles par commune en 2006 (en %) Plus de 80 Entre 70 et 80 Entre 60 et 70 Entre 50 de 60 Laval Angers Nantes Saint- Nazaire La Roche- sur-Yon Le Mans Moins de 50 36 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire commune de résidence pour se rendre à leur travail, soit 4 points de plus que la moyenne française. Cette mobilité plus marquée est à rapprocher du maillage particulièrement serré du territoire en termes de pôle d?attractivité de l?emploi. En effet, la plupart des communes de la région sont sous l?influence d?un pôle d?attractivité de l?emploi, de taille variable. Ainsi, dans la région, le rural « isolé » est plus rare qu?ailleurs. ?renforcée par la périurbanisation et la rurbanisation La concentration de l?emploi dans les pôles et le choix des ménages de s?installer toujours plus loin des villes renforcent l?accroissement des déplacements domicile-travail. Ainsi, entre 1999 et 2006, le taux de mobilité a peu varié pour les actifs résidant dans les pôles urbains. à l?opposé, il a fortement augmenté pour ceux qui résident dans les couronnes périurbaines et les espaces ruraux (respectivement + 5 et + 9 points). Sur les 880 000 actifs mobiles de la région, plus de trois sur cinq - soit 577 000 personnes - habitent une commune située dans un espace périurbain ou rural. Ainsi, le fait que les phénomènes de périurbanisation et de rurbanisation ne s?accompagnent pas d?un desserrement des emplois dans les espaces périurbains et les campagnes, favorise l?amplification des navettes domicile-travail. Entre 1999 et 2006, les trajets parcourus par les actifs résidant dans l?espace rural ont augmenté de 2 kilomètres. Les trajets domicile-travail sont restés stables pour les actifs qui résident dans les espaces urbains et périurbains en termes de distance. En revanche, la durée des trajets augmente plus fortement pour les habitants des couronnes périurbaines que pour ceux des pôles urbains. Les difficultés de circulation sont d?autant plus fortes que la voiture est le moyen de locomotion privilégié dans ces zones peu pourvues en réseau de transports en commun. Le lieu de travail n?est pas le lieu de résidence En 2006, les pôles urbains regroupent 60 % de l?emploi salarié de la région, quand n?y réside que 44 % de la population active. Cette déconnection emploi-habitat génère un déséquilibre et donc des inégalités dans l?accès à l?emploi selon le lieu de résidence. Les pôles urbains regroupent ainsi 136 emplois pour 100 actifs résidents. Ce ratio est largement tiré vers le haut par les villes-centres. A contrario, les couronnes périurbaines abritent plus d?actifs résidents que d?emplois : on y dénombre ainsi 2 actifs pour 1 emploi. L?espace périurbain est donc un important réservoir d?actifs. L?espace à dominante rurale, pour sa part, présente un équilibre relatif, avec 85 emplois pour 100 actifs résidents. Toutefois, au sein du rural, les pôles d?emploi ruraux se distinguent. Ils ont un comportement similaire à celui des pôles urbains dans les Pays de la Loire : ils offrent 129 emplois pour 100 actifs. Un actif résidant dans un pôle urbain a donc potentiellement plus de chances de trouver un emploi près de chez lui qu?un actif périurbain. Cependant, les emplois proposés à proximité de son domicile ne sont pas forcément en adéquation avec ses compétences. Ainsi un ouvrier résidant dans un pôle urbain aura moins de chances de trouver un emploi sur sa commune qu?un ouvrier résidant dans l?espace périurbain ou le rural. En effet, le ratio entre le nombre d?emplois et le nombre d?habitants, en fonction du caractère urbain ou rural d?un territoire, varie selon les catégories socio-professionnelles. Les sept principales aires d?attraction de la région ont plus d?emplois que d?actifs résidents. Avec respectivement 127 et 125 emplois pour 100 actifs résidents, les taux de couverture de l?emploi (nombre d?emplois sur nombre d?actifs résidents) dans les aires Une mobilité renforcée par la périurbanisation et la rurbanisation Taux de mobiles (actifs changeant de commune pour aller travailler) selon le type d?espace en 2006 90 80 70 60 50 40 30 20 10 0 Pôle urbain Espace périurbain Pôle rural Autre commune de l'espace rural Ensemble Pays de la Loire France de province Les emplois plutôt dans les pôles, les actifs résidents plutôt dans le périurbain Taux de couverture de l?emploi (ratio emplois sur actifs résidents) selon le type d?espace en 2006 180 160 140 120 100 80 60 40 20 0 Ville-centre d'un pôle urbain Banlieue d'un pôle urbain Espace périurbain Pôle rural Autres communes rurales Ensemble Pays de la Loire France de province Source : Insee, Recensement de la population 2006, exploitation complémentaire. Champ : Actifs de 15 à 64 ans ayant un emploi. Lecture : Dans les villes-centres des pôles urbains des Pays de la Loire, on compte 151 emplois pour 100 actifs résidents. insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Source : Insee, Recensement de la population 2006, exploitation complémentaire. Champ : Actifs de 15 à 64 ans ayant un emploi. 37 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire d?attraction de Cholet et La Roche-sur- Yon dépassent largement ceux des plus grandes aires de la région. En effet, celles de Nantes, Angers et Le Mans offrent respectivement 107, 105 et 103 emplois pour 100 actifs résidents. Laval et Saint-Nazaire occupent une position intermédiaire. Une déconnection emploi- habitat de plus en plus forte Entre 1999 et 2006, le volume d?emploi augmente. Tandis que le nombre d?emplois des pôles urbains progresse de 14 %, le nombre d?actifs résidents y augmente seulement de 8 %. Dans les couronnes périurbaines, le nombre d?emplois augmente de 20 % et reste légèrement devancé par le nombre d?actifs résidents. Le taux de couverture de l?emploi subit ainsi de fortes variations selon les types d?espace et les écarts continuent de se creuser. En progression de 8 points dans les pôles urbains, le rapport emplois sur actifs résidents diminue de 5 points dans l?espace rural. Ainsi, les pôles urbains se positionnent de plus en plus comme des réservoirs d?emploi. La discordance entre le nombre d?actifs et le nombre d?emplois reste toujours aussi marquée dans l?espace périurbain et est de plus en plus forte dans le rural. L?inadéquation entre lieu d?emploi et lieu d?habitat est de plus en plus marquée. Ainsi, le phénomène de rurbanisation peut amener certains villages en périphérie des grandes villes à devenir de nouvelles cités-dortoirs, les actifs résidents des campagnes partant travailler dans les villes. La répartition de la population et des emplois de la région est relativement comparable à celle de la moyenne des régions de province. Le poids des pôles urbains et celui des pôles d?emploi de l?espace rural dépassent largement ceux des espaces périurbains et ruraux. Dans les aires d?attraction de La Roche-sur-Yon et de Cholet, le nombre d?emplois a progressé plus vite que le nombre d?actifs résidents : leur taux de couverture de l?emploi a ainsi fortement progressé (+ 8 points pour l?aire de Cholet et + 7 pour celle de La Roche- sur-Yon). Le taux de couverture de l?emploi progresse aussi dans les cinq autres principales aires d?attraction de la région, mais dans une moindre mesure. Un travail toujours plus loin du domicile Non seulement le nombre de navetteurs augmente, mais les distances parcou- rues pour aller travailler s?allongent : les actifs habitent de plus en plus loin de leur lieu de travail. En 2006, dans les Pays de la Loire, trois actifs sur cinq quittent leur commune de résidence pour se rendre sur leur lieu de travail. Ils effectuent en moyenne des trajets de 17 kilomètres et d?une durée de 25 minutes en heures pleines. Pour la moitié d?entre eux, le trajet domicile-travail est supérieur à 12 kilomètres et 22 minutes. En Pays Les emplois offerts près du domicile ne correspondent pas forcément à la qualification des actifs résidents Taux de couverture de l?emploi (ratio emplois sur actifs résidents) selon le type d?espace et la catégorie socioprofessionnelle 160 140 120 100 80 60 40 20 0 Pôle urbain Périurbain Rural cadres professions intermédiaires employés ouvriers Source : Insee, Recensement de la population 2006. Lecture : Dans le pôle urbain, il y a 110 emplois de cadres pour 100 cadres y résidant. Dans l?espace rural, il y a 142 emplois d?ouvriers pour 100 ouvriers y résidant. Des trajets de plus en plus longs Distance médiane parcourue par les actifs résidents pour rejoindre leur lieu de travail en 1999 et 2006 insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Des trajets de plus en plus en longs Distance médiane parcourue par les actifs résidents pour rejoindre leur lieu de travail en 1999 et 2006 Principaux pôles urbains © IGN - Insee 2010 Source : Insee, Recensement de la population 1999 Plus de 13 Entre 10 et 13 Entre 7 et 10 Entre 4 et 7 Laval Angers Nantes Saint- Nazaire La Roche- sur-Yon Le Mans Moins de 4 Distance médiane parcourue en 1999 (en km) Principaux pôles urbains © IGN - Insee 2010 Source : Insee, Recensement de la population 2006 Plus de 13 Entre 10 et 13 Entre 7 et 10 Entre 4 et 7 Laval Angers Nantes Saint- Nazaire La Roche- sur-Yon Le Mans Moins de 4 Distance médiane parcourue en 2006 (en km) 38 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire de la Loire, 271 000 actifs parcourent plus de 20 kilomètres en 2006, soient 77 000 actifs de plus qu?en 1999. Ainsi le poids des trajets longs se renforce de 3 points. Entre 1999 et 2006, les trajets domicile-travail augmentent en moyenne d?1 kilomètre pour l?ensemble des actifs. Rapportée à la longueur des trajets moyens, c?est une distance supplémentaire conséquente. Les actifs qui résident en Loire- Atlantique travaillent plus souvent hors de leur commune de résidence que ceux qui résident dans les autres départements de la région (62 % contre moins de 60 %). Ils travaillent également plus loin de leur domicile. Ils parcourent en moyenne 16 kilomètres quand leurs homologues mayennais, à l?autre extrême, parcourent 12 kilomètres. La moitié des actifs qui résident en Loire-Atlantique parcourt plus de 8 kilomètres, soit deux fois plus que ceux qui résident en Mayenne. Les temps de trajet sont également plus longs en Loire-Atlantique que dans les autres départements. C?est pour les habitants de la Mayenne qu?ils sont les plus courts, mais ils se sont accrus plus vite qu?ailleurs depuis 1999, avec une augmentation de 5 minutes en heures pleines contre 3 minutes dans les autres départements de la région. Une circulation moins fluide dans l?espace urbain Si l?augmentation des distances en kilomètres a un impact évident sur le budget essence des ménages, elle ne suffit pas à rendre compte des temps de trajet, qui eux ont un impact sur le « budget temps » des ménages. En effet, à distance égale, le temps de trajet peut être variable. Il dépend beaucoup du lieu de travail et est bien sûr beaucoup plus long en cas d?utilisation de l?automobile dans des zones très urbanisées. La vitesse de circulation étant plus réduite dans les zones urbaines, les écarts entre les temps de trajet en zones urbaines et rurales sont plus faibles que ne le sont les distances. Ainsi, en heures pleines, la durée des trajets pour les actifs domiciliés dans l?espace rural est inférieure à celle des résidents de l?espace périurbain (16 minutes contre 22 minutes), alors qu?ils parcourent des distances presque égales (16 kilomètres et 17 kilomètres), soit une vitesse moyenne de 60 km/h pour les actifs de l?espace rural et 46 km/h pour ceux de l?espace périurbain. Cette vitesse plus élevée dans l?espace rural est à relier au fait que les actifs y résidant sont moins nombreux que dans le périurbain à aller travailler dans un pôle urbain, où les conditions de circulation sont les plus difficiles. Pour l?ensemble des actifs de la région, un trajet effectué en heures pleines est supérieur de 3 minutes en moyenne à la durée d?un même trajet effectué en heures creuses. Cet écart entre la Des trajets plus courts dans les pôles urbains mais une vitesse réduite Distance et vitesse de déplacement en 2006 selon le ZAUER vitesse (en km/h) distance moyenne (en km) 0 10 20 30 40 50 60 70 littoral rural périurb. ville-centre banlieue région Des trajets plus courts dans les pôles urbains mais une vitesse réduite Source : Insee, Recensement de la population 2006. durée des trajets varie selon la zone de résidence. Dans les départements où sont situées les trois plus grandes métropoles de la région (Nantes, Angers et Le Mans), les écarts sont plus importants. Ainsi, en Loire-Atlantique, les trajets effectués en heures pleines ont une durée supérieure de 4 minutes en moyenne à celle des mêmes trajets effectués en heures creuses. Dans le Maine-et-Loire et dans la Sarthe, l?écart est de 3 minutes en moyenne. C?est dans le département Si les trajets sont plus longs dans le périurbain, ils prennent plus de temps dans les pôles Temps de trajet médians en 2006 des actifs résidents insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 Laval Angers Nantes Saint- Nazaire Le Mans La Roche- sur-Yon Temps de trajet médian (en minutes) © IGN - Insee 2010 Source : Insee, Recensement de la population 2006 Principaux pôles urbains Si les trajets sont plus longs dans le périurbain, ils prennent plus de temps dans les pôles Temps de trajet médian des actifs résidents en 2006 Plus de 20 Entre 15 et 20 Entre 10 et 15 Entre 0 et 10 0 Lecture : Pour les actifs travaillant et résidant dans la même commune les temps et distances de trajet sont considérés comme étant nuls. Par conséquent, lorsque plus de la moitié des actifs d'une commune est dans ce cas le temps de trajet médian est nul. 39 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire Plus on s?éloigne de la ville-centre, plus l?écart entre heures creuses et heures pleines diminue Écart entre trajets en heures pleines et heures creuses en 2006 en minutes de la Mayenne, moins urbanisé, qu?il est le moins significatif. Toujours pour des raisons de circulation plus difficile pour les actifs qui résident en milieu urbain, l?écart entre la durée d?un même trajet effectué en heures pleines ou en heures creuses est plus élevé qu?ailleurs. Ainsi, pour les actifs résidant dans une commune de banlieue d?un pôle urbain, la durée du trajet moyen varie de 5 minutes selon qu?ils font leur parcours en heures pleines ou en heures creuses. Cet écart est de 3 minutes en moyenne pour les actifs qui résident dans le périurbain. Ce sont les actifs qui résident dans l?espace rural qui subissent le moins de variations : ils mettent 1 minute de plus en moyenne pour rejoindre leur travail lorsque le parcours est réalisé en heures pleines plutôt qu?en heures creuses. Les cadres se déplacent moins souvent mais plus loin La facilité d?accès à l?emploi est donc variable selon le caractère urbain ou rural du lieu d?habitat. Or, la population n?est pas répartie de façon uniforme sur le territoire : la catégorie socioprofessionnelle joue un rôle prépondérant dans le lieu d?implantation des actifs. Les cadres et les professions intermédiaires sont surreprésentés dans les pôles urbains, où l?accès à l?emploi est plus aisé, quand les ouvriers et les employés sont surreprésentés dans le périurbain et le rural, plus pauvres en emploi. Toutefois, la structure des emplois proposés n?est pas forcément en adéquation avec les populations présentes sur un territoire. Ainsi, les cadres et les employés changent moins souvent de commune pour aller travailler que les ouvriers et les professions intermédiaires. Cependant, lorsqu?ils quittent leur commune pour aller travailler, les cadres sont ceux qui ont les plus longs trajets domicile- travail. Ainsi, la moitié des cadres travaille dans une commune située à plus de 14 kilomètres et 28 minutes de leur lieu de résidence. A l?opposé, les employés sont ceux qui travaillent le plus près de chez eux : la moitié d?entre eux parcourt moins de 11 kilomètres pour se rendre au travail en 21 minutes. Les écarts de distance et de temps de trajet pour aller travailler ne s?expliquent donc pas uniquement par des choix ou des contraintes qui conduiraient 0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 3,5 4 4,5 Ensemble Pays de la Loire Littoral Espace rural Couronne périurbaine Pôle urbain Source : Insee, recensement de la population 2006. certaines catégories de la population à habiter plus ou moins loin de leur lieu de travail. En effet, les cadres ont les trajets les plus longs alors qu?ils sont surreprésentés dans les pôles urbains (62 % d?entre eux y vivent contre 47 % des actifs en moyenne), espace où les déplacements domicile-travail sont les plus courts en moyenne. Enfin, 80 % des employés sont des femmes et 70 % des cadres des hommes. Les hommes sont plus mobiles et ont des trajets plus longs que les femmes, quelle que soit la catégorie socioprofessionnelle : cette répartition hommes-femmes des cadres et des employés vient elle aussi justifier les spécificités observées en termes de déplacements domicile- travail. Les ouvriers sont les plus mobiles. En effet, sept ouvriers sur dix quittent leur commune de résidence pour se rendre sur leur lieu de travail. Les trajets qu?ils effectuent sont proches de la moyenne en termes de distance. En revanche leurs temps de trajets sont plus courts que pour l?ensemble des actifs. Cela s?explique par le fait que les ouvriers sont surreprésentés dans l?espace périurbain et le rural, espaces où la circulation est plus fluide et où il est très facile pour eux de trouver un emploi, étant donné la structure du marché du travail dans ces zones. Les grands pôles de la région : vers un polycentrisme de l?emploi ou un étalement contrasté L?analyse conjointe des mobilités résidentielles et des déplacements domicile-travail fait ressortir plusieurs schémas de développement des espaces urbains. Dans certaines aires urbaines, on observe un polycentrisme de l?emploi. C?est le cas des plus grandes aires urbaines françaises, notamment les capitales régionales comme Paris, Lyon, Marseille, Bordeaux? En Pays de la Loire, cela concerne Nantes, Angers, La Roche-sur-Yon et Saint-Nazaire. Les espaces urbains s?y caractérisent par un phénomène de périurbanisation très marqué. L?étalement de la population s?accompagne d?un relatif étalement de l?emploi, marqué par l?émergence de pôles d?emploi secondaires. Par conséquent les trajets domicile-travail ne s?y allongent pas ou peu. Dans d?autres aires, comme Laval ou Le Mans, l?étalement est contrasté. Cette catégorie d?aires urbaines se caractérise par un double mouvement : étalement urbain et resserrement autour du pôle urbain. L?étalement urbain se manifeste au travers des déménagements d?habitants des villes-centres vers la banlieue et le périurbain. Toutefois, les nouveaux habitants de l?espace périurbain ne sont pas uniquement des citadins : certains viennent des communes rurales. Ainsi, l?éloignement des centres-villes est modéré par un resserrement du rural vers le périurbain, l?emploi restant polarisé au sein du pôle urbain. Les grands pôles étendent leur attraction Les grandes métropoles de la région continuent d?étendre leur influence. Ainsi, l?aire d?attraction de Nantes s?étale sur 340 km² supplémentaires, gagnant près de 43 000 habitants. L?influence de la capitale angevine s?étend, elle aussi, en conquérant 290 km² additionnels pour 22 200 habitants de plus. L?aire insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 40 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire Des couloirs de déplacements se dessinent Évolution entre 1999 et 2006 des aires d?attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour communes satellites toute commune dont au moins 20 % des actifs résidents travaillent dans le pôle Les pôles étendent leur aire d?influence Évolution entre 1999 et 2006 des aires d?attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour communes satellites toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle d?attraction du Mans gagne 120 km² et 7 500 habitants supplémentaires contre 140 km² et 5 000 habitants pour Laval. Les aires d?attraction de Saint-Nazaire et La Roche-sur-Yon présentent, quant à elles, une certaine stabilité. Les aires d?Angers et de Laval s?étendent concentriquement, alors que Nantes gagne du terrain, surtout à l?est, et semble s?étirer le long d?un axe nord-sud. L?aire du Mans, quant à elle, étend son influence au nord-ouest et au sud-est. Par l?étalement urbain, certaines aires d?attraction pourraient se rejoindre, voire se chevaucher. Ainsi, si on considère comme communes satellites celles qui envoient 20 % de leurs actifs résidents travailler dans le pôle au lieu des 40 % habituels, un couloir de déplacement apparaît alors entre Nantes et Saint-Nazaire. Prinquiau, La Chapelle-Launay et Lavau-sur-Loire seraient à la fois sous influence nantaise et nazairienne. Des trajets plus longs autour des grandes métropoles Les trajets domicile-travail sont généralement plus longs tant en termes de distance que de durée pour les actifs qui résident et travaillent dans les aires d?attraction des grandes métropoles de la région. Ainsi, autour de Nantes et de Saint-Nazaire, les trajets font en moyenne 13 kilomètres contre 11 kilomètres dans les aires d?attraction d?Angers et du Mans. Les actifs résidents des aires de Laval et de La Roche-sur-Yon parcourent en moyenne 9 et 10 kilomètres pour aller travailler. La durée moyenne des trajets pour les actifs de l?aire de Nantes est de 28 minutes, devançant ceux de Saint- Nazaire de 2 minutes et ceux d?Angers de 3 minutes. Dans l?aire du Mans, il faut en moyenne 23 minutes pour se rendre sur son lieu de travail. Dans les aires de Laval et la Roche-sur-Yon, les actifs mettent 15 minutes. Ces distances et temps de trajet ont peu évolué au sein des aires d?attraction. Ainsi, les trajets moyens ont augmenté de 1 kilomètre seulement autour de Nantes et de Laval. ? Laval Angers Nantes Saint- Nazaire Le Mans La Roche- sur-Yon © IGN - Insee 2010 Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006 Principaux pôles urbains Des couloirs de déplacements se dessinent Évolution entre 1999 et 2006 des aires d'attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour communes satellites toute commune dont au moins 20 % des actifs résidents travaillent dans le pôle Sous double influence Apparue Stable Disparue Statut des communes satellites Lecture : Le statut «apparue» signifie que la commune n'était pas satellite du pôle en 1999 mais l'est devenue en 2006. à l'inverse, le statut «disparue» signifie que la commune était satellite du pôle en 1999 et ne l'est plus en 2006. Les communes «sous double influence» sont satellites de deux pôles distincts en 2006. Laval Angers Nantes Saint- Nazaire Le Mans La Roche- sur-Yon © IGN - Insee 2010 Sources : Insee, Recensements de la population 1999 et 2006 Principaux pôles urbains Les pôles étendent leur aire d'influence Évolution entre 1999 et 2006 des aires d'attraction des 6 plus grands pôles de la région avec pour communes satellites toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle Apparue Stable Disparue Statut des communes satellites Lecture : Le statut «apparue» signifie que la commune n'était pas satellite du pôle en 1999 mais l'est devenue en 2006. à l'inverse, le statut «disparue» signifie que la commune était satellite du pôle en 1999 et ne l'est plus en 2006. insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010 41 Conséquences sur les disparités sociales et l?organisation sur le territoire Définitions Le taux de mobilité est le ratio des actifs résidents changeant de commune pour aller travailler sur le nombre total d?actifs résidents. Le taux de couverture de l?emploi est le ratio du nombre d?emplois sur le nombre d?actifs résidents. L?aire d?attraction d?un pôle urbain est composée de l?ensemble des communes du pôle, ainsi que des communes satellites de ce pôle. On entend par commune satellite toute commune dont au moins 40 % des actifs résidents travaillent dans le pôle. Le concept d?aire d?attraction diffère donc de celui d?aire urbaine. En effet, une aire urbaine est un ensemble de communes, d?un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci. L?accessibilité à l?emploi ne doit pas être confondue avec l?accès à l?emploi, l?accessibilité n?étant qu?une possibilité d?accès. Pour comprendre ces résultats Les flux de déplacements domicile- travail sont issus des résultats statistiques du recensement de la population 2006. Les distances et temps de trajet Le temps de trajet est un temps calculé et non un temps déclaré par l?enquêté, comme dans les enquêtes Déplacements ou l?enquête nationale Transports : c?est le temps nécessaire pour se rendre de sa commune de résidence à sa commune de travail en automobile. La distance est mesurée entre le centre de la commune de résidence et le centre de la commune de travail. En conséquence, pour ceux qui résident et travaillent dans la même commune, la distance est nulle. Par ailleurs, changer de commune ne signifie pas nécessairement parcourir une longue distance, les deux communes pouvant être très proches, voire limitrophes. Les relations distance-temps ainsi établies de façon conventionnelle n?ont qu?une valeur indicative quant aux vitesses moyennes implicites qu?elles révèlent : elles permettent cependant de préciser la diversité des situations d?arbitrage distance-temps de trajet selon les types d?espaces. Le distancier utilisé pour le calcul des distances routières et temps de trajet entre communes a été fourni par l?Inra. Il est utilisé pour les données 2006 et 1999 mais il utilise les données de structure routière 2005. Il s?agit seulement de mesurer l?impact de l?évolution des flux. Pour en savoir plus « Les transports et déplacements des habitants des Pays de la Loire », Dossier, n°35, Insee Pays de la Loire, avril 2010. Sigler N., Victoire C., « L?attractivité de Saint-Nazaire : plus loin des villes et de la côte, les habitants roulent toujours plus », Études, n°81, Insee Pays de la Loire, novembre 2009. Hubert J-P., « Dans les grandes agglomérations, la mobilité quotidienne des habitants diminue, et elle augmente ailleurs », Insee Première, n°1252, juillet 2009. Julé M., « La périurbanisation fait augmenter les déplacements domicile-travail - L?année économique et sociale 2007 dans les Pays de la Loire », Dossier, n°29, Insee Pays de la Loire, mai 2008. Baccaïni B., Sémécurbe F. et Thomas G., « Les déplacements domicile-travail amplifiés par la périurbanisation », Insee Première, n°1129, mars 2007. insee pays de la loire - en pays de la loire, la ville déborde de plus en plus sur la campagne - octobre 2010

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