Les marchés fonciers naturels et ruraux dans la région Pays de la Loire en 2007-2008
Auteur moral
Société d'aménagement foncier et d'établissement rural Maine-Océan
;Société de conseil pour l'aménagement foncier rural (Paris)
;Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Ce document est la deuxième mise à jour de l'étude lancée en 2004 par la DRE des Pays de la Loire pour permettre d'établir un état des lieux du marché des biens agricoles et naturels de la région. L' étude primaire avait portée sur la période 1999-2004, période à forte augmentation de la pression foncière dans tout le pays. La première mise à jour, réalisée en 2007 et portant sur les années 2005-2006, confirmait la montée de la pression foncière dans la région. Un retournement de tendance nationale, entamé en 2007, a mis fin au cycle de hausse généralisé des prix immobiliers engagés en 1997.<br /><br />Cette nouvelle mise à jour a donc pour objet d'évaluer la perturbation des marchés fonciers agricoles et naturels liée aux marchés de l'urbanisation et de l'artificialisation sur la période 2007-2008, afin, en particulier, de voir si les marchés fonciers régionaux ont évolué dans le même sens que la tendance nationale. L'évolution est proposée, à la fois sous forme d'une analyse régionale et à la fois par une présentation sur les territoires connaissant une pression particulière via une analyse des aires urbaines (aire urbaine nantaise, aire urbaine d'Angers, SCOT Laval-Loiron, aire urbaine du Mans et littoral Vendéen). Tous les termes et indicateurs présentés dans cette étude sont définis dans le document méthodologique annexé au rapport.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
donnée statistique
;occupation du sol
;propriété foncière
;bâtiment d'habitation
;bâtiment agricole
;maison rurale
;aménagement foncier rural
;urbanisation
;terrain à bâtir
Descripteur écoplanete
recueil de données
;analyse statistique
;valeur foncière
;bâti
;maîtrise de l'urbanisation
Thème
Construction
;Aménagement du territoire
;Aménagement urbain
Texte intégral
Les marchés fonciers naturels et ruraux
dans la région Pays de la Loire
en 2007-2008
juillet 2010
Terres d'Europe-Scafr
91, rue du Fg Saint Honoré
75008 PARIS
Safer Maine-Océan
94, rue de Beaugé
72021 LE MANS CEDEX
Safer Poitou-Charentes
347, avenue de Limoges
BP133
79005 NIORT CEDEX
INTRODUCTION
La deuxième mise à jour d'une étude réalisée en 2005
Cette étude est la deuxième mise à jour d'une étude commandée en 2005 par la direction régionale
de l'Equipement (DRE) des Pays de la Loire dans le cadre d'une étude de préfiguration d'un EPF
d'Etat régional. Il s'agissait alors d'établir un état des lieux du marché des biens agricoles et naturels
de la région, sur le modèle d'une étude équivalente réalisée pour le compte de la DRE de Bretagne.
Il était apparu à l'époque à l'époque que la base de données Safer était relativement peu connue des
services de l'Equipement. Or, l'amélioration de ce fichier depuis 1999 en faisait un bon complément à
la vision du marché apporté par les bases de données Sitadel sur la construction, Oeil sur les
transactions et Perval sur le marché immobilier urbain.
Cette étude avait porté sur la période 1999-2004, période de forte augmentation de la pression
foncière dans tout le pays.
Les principaux résultats avaient été restitués à un groupe de travail réunissant les services de l'Etat
(DRE et DDE), des collectivités locales (Conseil régional, Conseil général de Loire-Atlantique, grands
EPCI) et des acteurs du secteur (Agences d'urbanisme, ADIL).
Même si le principe de création d'un EPF n'a finalement pas été retenu, une première mise à jour de
l'étude a été effectuée en 2007 portant sur les années 2005-2006. Cette mise à jour n'a fait que
confirmer la montée de la pression foncière dans la région.
Un retournement de tendance national entamé en 2007
La principale évolution notable de contexte entre la remise du rapport de la première mise à jour et la
commande de cette seconde mise à jour est le retournement des marchés immobiliers observé à
l'échelle nationale depuis 2007, mettant fin à un cycle de hausse généralisée des prix immobiliers
entamé en 1997.
Un des enjeux de cette étude sera de voir si les marchés fonciers régionaux ont évolué comme la
tendance nationale ou non.
Au niveau national, le retournement a commencé sur des biens « de confort » (espaces de loisirs,
biens agricoles de grande surface acquis libres (sans bail rural) par des non-agriculteurs).
Il a porté ensuite sur les biens d'origine agricole ou naturelle proches des marchés immobiliers urbains
(maisons à la campagne, terrains agricoles et naturels destinés à l'urbanisation).
Une annexe méthodologique
Tous les termes et indicateurs présentés dans cette étude sont définis dans le document
méthodologique annexé à ce rapport.
page 2
TABLE DES MATIERES
Partie I Evolution des marchés fonciers en 2007-2008
I.1 Analyse régionale page 4
Section 1 : Le marché foncier naturel : les volumes globaux
notifiés en 2007-2008 page 8
Section 2 : Les marchés des maisons à la campagne et des
biens de loisirs page 13
Section 3 : Le marché de l'urbanisation en 2007-2008 par
rapport à 2000-2001 page 26
Section 4 : Le marché foncier agricole et forestier en 2007-2008 page 43
Section 5 : Les prix des marchés en 2007-2008 page 56
I.2 Analyse par aires urbaines page 61
Section 1 : Le volume du marché agricole et rural page 63
Section 2 : Le marché des maisons à la campagne et des
espaces de loisirs page 69
Section 3 : Le marché de l'urbanisation page 84
Section 4 : Le marché agricole page 93
Partie II Définitions d'indicateurs d'étalement urbain
Annexe Méthodologie
page 3
I.
Analyse régionale
page 4
PREAMBULE.
Nombre et surface notifiés par sous-marché et par
département en 2000-2001 et 2007-2008
page 5
VOLUMES DE TRANSACTIONS ENREGISTREES* PRINCIPAUX MARCHES
Marché total Marché agricole Marché des
Loisirs
Marché
des maisons à
la campagne
Marché des biens
en voie
d?urbanisation
Marché forestier
DEPARTEMENT 2000-2001 2007-
2008 2000-2001 2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
LOIRE-ATLANTIQUE 7379 9088 3775
51%
4005
44%
1879
22%
2180
24%
588
8%
1163
13%
1043
14%
1529
17%
62
0.8%
122
1.3%
MAINE ET LOIRE 5931 7178 3671
62%
3680
51%
1216
25%
1340
19%
555
9%
794
11%
323
5%
1060
15%
114
1.9%
276
3.8%
MAYENNE 3890 4439 2063
53%
2558
58%
573
21%
566
13%
869
22%
662
15%
344
9%
549
12%
28
0.7%
83
1.9%
SARTHE 5587 6432 2545
46%
2638
41%
1141
15%
1486
23%
866
16%
921
15%
736
13%
885
14%
236
4.2%
783
7.5%
VENDEE 8975 9761 4251
47%
3975
41%
2106
23%
2061
21%
1192
13%
1448
14%
1263
14%
2121
22%
72
0.8%
81
0.8%
TOTAL REGION 31762 36898 16305
51%
16856
46%
6915
22%
7633
21%
4070
13%
4988
14%
3709
12%
6144
17%
512
1.6%
1045
2.8%
? + Part du segment sur le marché global
page 6
SURFACE TOTALE NOTIFIEE (en ha)* PRINCIPAUX MARCHES
Marché total Marché agricole Marché des
Loisirs
Marché
des maisons à
la campagne
Marché des biens
en voie
d?urbanisation
Marché forestier
DEPARTEMENT 2000-2001 2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
LOIRE-ATLANTIQUE 14015 18482 11807
83%
14517
79%
565
3%
560
3%
446
3%
654
4%
928
7%
1676
9%
239
1.7%
928
5%
MAINE ET LOIRE 18080 21040 16135
89%
16311
78%
487
4%
475
2%
600
3%
764
4%
408
2%
1686
8%
324
1.8%
1728
8.2%
MAYENNE 16433 21782 14221
87%
17363
80%
289
3%
259
1%
919
6%
745
3%
748
5%
1895
9%
226
1.4%
1455
6.7%
SARTHE 18764 19572 14205
76%
14413
74%
528
2%
683
3%
1026
5%
996
3%
1699
9%
1343
7%
1133
6%
2085
10.7%
VENDEE 17734 18671 14431
81%
13650
73%
621
4%
576
3%
746
4%
751
5%
1609
9%
3255
17%
161
0.9%
320
1.7%
TOTAL REGION 85025 99547 70801
83%
76164
77%
2490
3%
2554
3%
3737
4%
3910
4%
5393
6%
9855
10%
2082
2.4%
6516
6.5%
? Part du segment sur le marché global
page 7
SECTION 1
Le marché foncier naturel :
les volumes globaux notifiés en 2007-2008
page 8
1.1 le nombre de transactions enregistrées en 2007-2008
? Graphique 1
Le marché notifié à la SAFER dans
la région Pays de la Loire représente
pour la période 2007-2008, près de
38 700 ventes soit une augmentation
de plus de 16 % par rapport à 2000-
2001 (+ 12 % au niveau
métropolitain).
A l?image des études antérieures, la
Vendée (9 750 transactions en 2007-
2008) et la Loire-Atlantique (9 100)
demeurent en 2007-2008 (graphique
1), les territoires enregistrant le plus
grand nombre de transactions ces
deux dernières années devant le
Maine-et-Loire (7 200), la Sarthe
(6 450) et la Mayenne (4 450).
? Tableau 1
En comparant ces volumes à ceux de 2000-2001, les 5
départements enregistrent une croissance significative,
de + 8,5 % en Vendée à + 23 % en Loire-Atlantique
dans un contexte national de contraction en fin de
période du fait de la crise économique(Tableau 1).
On peut toutefois souligner que l?on observe un net
ralentissement d?activité en Vendée depuis 2007 par
rapport aux volumes annuels observés de 2004 à
2006. Cette contraction explique l?écart de progression
avec les 4 autres départements.
page 9
Nombre de notifications enregistrées
par département depuis 2000
1000
2000
3000
4000
5000
6000
44 49 53 72 85
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
Département
Evolution
du nombre de
transactions
(2007-2008 /2000-2001)
Loire-Atlantique 23,10 %
Maine-et-Loire 21,00 %
Mayenne 14,10 %
Sarthe 15,10 %
Vendée 8,70 %
Pays de la Loire 16,20 %
? Carte 1
Source : Safer et Terres d'Europe-Scafr
Les cantons enregistrant les plus importants volumes de transactions (carte 1) restent en 2007-2008
les secteurs viticoles, les zones bocagères généralement non remembrées (Vendée), les zones de
marais (Presqu?île guérandaise), les zones forestières (sud Sarthe) et le littoral vendéen.
1.2 Les surfaces enregistrées en 2007-2008
? Graphique 2
La surface totale notifiée à l?échelle
régionale est de 99 500 hectares en 2007-
2008, soit une progression de 17 % en
surface par rapport à 2000-2001 (7 % en
surface au niveau métropolitain). La
structure des marchés départementaux en
en surface ne reflète pas la structure des
marchés en nombre de transactions, du fait
du poids variable du marché agricole d'un
département à l'autre et de la différence de
surface moyenne des biens agricoles
vendus (voir section IV).
En surface (graphique 2), la Mayenne est
le premier marché régional avec près de
21 800 hectares en deux ans devant le
Maine-et-Loire (21 000 ha), la Sarthe
(19 500 ha) et les deux départements
littoraux (18 500 ha chacun). Cette hiérarchie est assez récente, puisque le Maine-et-Loire et la
Vendée étaient jusqu?en 2005, les 2 premiers territoires sur cette variable?
page 10
Surface totale notifiée
par départem ent depuis 2000 (en ha)
0
2000
4000
6000
8000
10000
12000
14000
44 49 53 72 85
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
? Tableau 2
En terme d?évolution, les surfaces sont également
en augmentation dans les 5 départements par
rapport à 2000-2001, de l?ordre de 4 à 5 % en
Sarthe et en Vendée, de 16,5 % dans le Maine-et-
Loire, de 32 % en Loire-Atlantique et en Mayenne
(tableau 2).
? Carte 2
Source : Safer et Terres d'Europe-Scafr
La distribution géographique des surfaces notifiées (carte 2) reste naturellement conditionnée par la
Surface Agricole Utile.
Tous les secteurs dont le marché présente des surfaces conséquentes se situent en dehors des aires
urbaines : bocage angevin (Maine-et-Loire et Loire-Atlantique), Bocage sabolien (Sarthe), Haut
Bocage et bocage de Chantonnay (Vendée), Bocage des Alpes Mancelles et zones d?élevage
(Mayenne).
Il faut toutefois souligner que la structure des propriétés influe parfois sur la fermeture du marché
foncier local. Ainsi dans le Nord-Est et le Sud?Est du Maine-et-Loire (cantons de Noyant, de Beaugé,
de Gennes, Montreuil-Bellay, Doué-la-Fontaine), dans le Nord et l?Est de la Sarthe (cantons de La
Fresnay-sur-Chedouet, Vibraye), au sein de la Presqu?île guérandaise (Loire-Atlantique), dans les
cantons de Couptrain et de Pré-en-Pail en Mayenne ou le canton de Talmont-Saint-Hilaire en Vendée,
le marché est gelé dans certaines communes en raison de la faible mobilité de grandes propriétés
privées familiales (de plus de 100 ha) le plus souvent louées à des exploitants.
A contrario, certaines évolutions constatées à l?échelle cantonale peuvent être générées par quelques
opérations agricoles, forestières ou publiques (projets routiers en particulier) qui impactent sur
l?évolution des flux en surface. A titre d?exemple, plusieurs cessions comprises entre 100 et
250 hectares ont été enregistrées en 2007-2008 et tendent à « gonfler » le régime foncier local (carte
2). C?est notamment le cas de la cession de plusieurs propriétés (agricoles) au nord de la Loire-
Atlantique (Nozay, Chateaubriant), dans le Maine-et-Loire (Le Lion-d?Angers) et de mutations de
page 11
Département
Evolution
des surfaces notifiées
(2000-2001/2007-2008)
Loire-Atlantique 31,80 %
Maine-et-Loire 16,30 %
Mayenne 32,50 %
Sarthe 4,30 %
Vendée 5,20 %
Pays de la Loire 17,10 %
massifs boisés en Mayenne (Bais, Gorron, Mayenne-Ouest), dans le Maine-et-Loire (Le Louroux-
Beconnais, Seiches-sur-le-Loir), en Loire-Atlantique (Derval) et en Sarthe (Parigné-l?Evêque).
On enregistre également des évolutions négatives en 2007-2008 en raison d'une transaction agricole
atypique en 2000-2001 (cantons de Ballon, Conlie, La Ferté-Bernard, Mamers) ou forestière (La Suze-
sur-Sarthe).
1.3 La surface moyenne notifiée en 2007-2008
? Tableau 3 Surface moyenne notifiée
En 2007-2008, la surface moyenne notifiée est
stable au niveau régional avec 2,7 ha, commeen
2000-2001 (France : recul de 2,6 à 2,4 ha).
La Mayenne est le seul département qui enregistre
une hausse significative (Tableau 3 : de 4,2 à
4,9 ha) alors que la Sarthe enregistre une baisse
sensible (de 3,3 à 3 ha). La situation est assez
stable dans les autres territoires. Les deux départements littoraux présentent toujours une surface
moyenne notifiée faible (2 ha), qui s'explique essentiellement par une structure particulière du
parcellaire (départements peu remembrés dominés par le microparcellaire)
? Carte 3
Source : Safer et Terres d'Europe-Scafr
La surface moyenne notifiée est donc en augmentation en Mayenne et particulièrement dans la moitié
Est du territoire où le lot moyen notifié dépasse 5 hectares (carte 3).
Dans les autres départements, cette surface moyenne reste stable et comparable à la situation
observée en 2000-2001. On observe cependant quelques secteurs où la surface moyenne des lots
notifiés tend à se réduire, notamment dans:
- l?ensemble du sud Sarthe (« Triangle » La Flèche ? Le Mans ? Château-du-Loir)
- les cantons ligériens du Maine-et-Loire
- les cantons de la presqu?île guérandaise
- le littoral vendéen autour de Saint-Gilles-Croix-de-Vie
- le nord de l?aire urbaine yonnaise
page 12
Dpt Surface moyenne (ha)
00-01 07-08
44 1,9 2
49 3 2,9
53 4,2 4,9
72 3,4 3
85 2 1,9
région 2,7 2,7
SECTION 2
Les marchés des maisons à la campagne
et des biens de loisirs
page 13
LES POINTS A RETENIR
? BAISSE D?ACTIVITE DES DEUX SEGMENTS DEPUIS DEUX OU TROIS ANS?
? ?MAIS BONNE RESISTANCE DU MARCHE DES MAISONS A LA CAMPAGNE EN LOIRE-
ATLANTIQUE ET DES TERRAINS DE LOISIRS EN SARTHE
? ?ET EXPANSION GEOGRAPHIQUE DES DEUX MARCHES AUX MARGES DES AIRES
URBAINES ET DANS LES CANTONS RURAUX
? RECUL DES JEUNES PRIMO-ACCEDANTS DANS LES AIRES URBAINES
2.1 Les segment des maisons à la campagne:
Les volumes enregistrés en 2007-2008
En 2007-2008, le marché des maisons à la campagne représentait à l?échelle des Pays de la Loire,
près de 5 000 transactions pour 3 900 hectares de terrain, soit une augmentation de près de 23 % en
nombre de transactions et de 4,5 % en surface par rapport à 2000-2001.
? Tableau 1 : Evolution du marché en nombre de transactions entre 2000-2001 et 2007-
2008
La Vendée restait en 2007-2008 (Tableau 1.) le premier marché régional avec 1 450 mutations en
deux ans (+ 21 %) pour 750 ha (=).
La Loire-Atlantique enregistre la plus forte croissance régionale puisque le nombre de transactions a
presque doublé entre les deux périodes avec 1 150 mutations (+ 98 %) pour 650 ha (+ 47 %).
Le Maine-et-Loire enregistre également une progression substantielle (800 ventes ;+43% pour
760 ha ;+ 27 %).
La dynamique est moins forte en Sarthe avec 920 transactions (+6,5%) pour 1 000 ha (-3%).
La Mayenne avec 660 ventes pour 750 ha voit son marché chuter de près de 24% en nombre et 19%
en surface.
DPT Marché global
Marché
des
maisons à
la
campagne
44 23,10 % + 98 %
49 21,00 % + 43 %
53 14,10 % - 24 %
72 15,10 % + 6 %
85 8,70 % + 21 %
région 16,20 % + 23 %
page 14
Un marché dans la tourmente
? Graphique 1
Si le segment des maisons à la campagne
a enregistré entre les 2 périodes étudiées
une progression substantielle en terme de
transactions (à l?exception de la
Mayenne), l?observation des volumes
annuels laisse apparaître une première
baisse suivant les départements entre
2005 et 2007 suivie par une forte
contraction généralisée en 2008
(Graphique 1).
- En Vendée, à peine 650 transactions
étaient enregistrées en 2008 contre 950
en 2004,
- dans le Maine-et-Loire, 350 contre 600
en 2005,
- en Mayenne, 300 contre 650 en 200,4,
- en Sarthe, 425 contre près de 600 en 2005.
Seul le marché de Loire-Atlantique semblait résister à cette tendance jusqu?en 2007 (550 mutations en
2008 contre plus de 600 pour l?année précédente).
2.2 Le segment des biens de loisirs:
Les volumes enregistrés en 2007-2008
Près de 7 650 biens de « loisirs » ont été notifiés en 2007-2008 en région Pays de la Loire, soit une
progression de l?ordre de 10 % par rapport à 2000-2001. En revanche, les volumes notifiés en surface
sont restés similaires à la première période (2 500 ha).
Les 2 départements littoraux présentent toujours des volumes très nettement supérieurs aux 3 autres
départements. Ceci s'explique à la fois par une forte demande et un marché alimenté par le micro-
parcellaire du littoral.
? Tableau 2
La Loire-Atlantique reste en tête en 2007-2008 sur
ce segment avec 2 180 transactions en deux ans
(+ 16 %) et 560 ha (=) devant la Vendée (2 060
ventes ;- 2 % pour 570 ha ;- 7 %).
La Sarthe avec près de 1 500 transactions notifiées
en 2007-2008 (680 ha), est le département
enregistrant la plus forte progression tant en
nombre (+ 30 %) qu?en surface (+ 29,5 %).
Le Maine-et-Loire (1 350 mutations pour 475 ha)
présente les taux les plus proches de la moyenne
régionale (+ 10 % ; - 2 %).
Le marché reste toujours faible en Mayenne (560
mutations pour 260 ha) et assez similaire aux
volumes de 2000-2001 (- 1 %) avec une baisse en surface (- 11 %).
page 15
Evolution du marché en nombre de transactions
entre 2000-2001 et 2007-2008
DPT Marché
global
Marché des
biens
de loisirs
44 23,10 % + 16 %
49 21,00 % + 10 %
53 14,10 % - 1 %
72 15,10 % + 30 %
85 8,70 % - 2 %
région 16,20 % + 10 %
Nombre de "maisons à la campagne"
notifiées depuis 2000
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
44 49 53 72 85
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
? Graphique 2
A l?image du marché des maisons à la
campagne, le segment des loisirs semble
connaître une certaine stagnation voire
baisse de régime depuis 2004-2005
(graphique 2).
- la Loire?Atlantique est passée de 1 225
mutations en 2004 à moins de 1 050 en
2008.
- dans le Maine-et-Loire, le régime est de
650 mutations en 2008 contre 850 en 2004
(même si l?érosion est moins forte depuis
2006).
- en Vendée, la chute est plus spectaculaire
en passant de 1 450 transactions en 2005 à
moins de 1 000 en 2008.
2.3 La part des deux segments sur le marché notifié
? Tableau 3 : Part des deux marchés fonciers
En dépit d'une baisse du nombre de mutations
observé sur les deux segments depuis 3 ou
4 ans et plus particulièrement pour 2008, le
poids cumulé de ces deux marchés reste
finalement comparable entre les 2 périodes
étudiées (35 % en nombre et 7 % en surface au
niveau régional). Entre 2003 et 2005, cette part
était montée à près de 39,5 % en nombre et 14,5 % en surface.
Les évolutions par rapport à 2000-2001 sont toutefois assez inégales entre les départements.
En Loire-Atlantique, en raison du maintien du marché des maisons à la campagne, la part cumulée
des deux segments a augmenté de plus de 4 points en nombre de transactions (37 %) et reste stable
en surface (7 %).
La Sarthe enregistre également une évolution positive passant de 33 à 37 % en raison
essentiellement de la résistance du marché des biens de loisirs.
A contrario, ces 2 marchés ne représentent plus que 27 % des transactions dans le département de la
Mayenne, soit une baisse de 9 points par rapport à 2000-2001 et de 4 points en surface (4 %) en
raison de l?effondrement du marché résidentiel.
En Vendée et dans le Maine-et-Loire, la part des deux segments est restée identique sur les deux
variables entre les 2 périodes de référence mais cette part était entre 2003 et 2005, de près de 41 %
en Vendée et de 36,5 % dans le Maine-et-Loire (en nombre de transactions).
2.4 Les facteurs de la baisse de régime des marchés
2.4.1 Le marché des maisons à la campagne
Les effets de la crise financière et économique ont particulièrement pesé sur ce marché en 2008 en
raison notamment du relèvement drastique des conditions d?obtention de prêts par les banques. A ce
titre, les volumes enregistrés par la SAFER Maine-Océan ont baissé de plus de 25 % au dernier
trimestre 2008 par rapport au même trimestre de 2007, mouvement conforme à la tendance nationale.
page 16
DPT Nombre Surface
00-01 07-08 00-01 07-08
44 33 % 37 % 7 % 7 %
49 30 % 30 % 6 % 6 %
53 36 % 27 % 8 % 4 %
72 33 % 37 % 8 % 9 %
85 36 % 36 % 7 % 8 %
région 35 % 35 % 7 % 7 %
Nombre de biens de loisirs
notifiés par département
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
44 49 53 72 85
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
Néanmoins, on observait déjà une certaine dégradation ou tassement de l?activité du marché entre
2005-2007 (voir carte de prix section V).
L'analyse des marchés immobiliers montre que les capacités d'endettement des acquéreurs
approchaient de leur limite dès mi-2007, les prix ayant monté beaucoup plus que les revenus depuis
le point bas de 1997. Le marché a été soutenu pendant quelques mois de plus par la mesure fiscale
sur la déductibilité des intérêts d'emprunt, qui n'a fait que retarder la contraction.
Le relèvement du prix du baril de pétrole à partir de 2005 ( de 40 $ à 140 $ mi 2008 contre 25 $ en
moyenne entre 2000 à 2004) et des taux d?intérêt immobiliers en 2006 a sans doute eu une incidence
sur la dégradation du marché.
On peut rappeler que le développement du marché des maisons à la campagne a été favorisé dans la
première moitié de la décennie 2000 par plusieurs facteurs favorisant la libération de bâtiments
agricoles en raison notamment:
- de mesures de préretraite en 1998-2000 (décret 98-311 du 23/03/98) en faveur des
agriculteurs âgés de 55 à 60 ans afin de faciliter la cessation de leur activité en raison
de difficultés économiques ou de graves problèmes de santé. Ils ont eu le droit de
vendre alors qu'auparavant, ils devaient louer leur bien pour pouvoir bénéficier de la
préretraite,
- des effets du premier programme PMPOA 1* (*Plan de Maîtrise des Pollutions
d?Origines Agricoles) entre 1996 et 2000 puis de manière plus modérée par le PMPOA
2 et les Plans de Modernisation des Bâtiments d?Elevage depuis 2005 (hors zones
vulnérables). Certains bâtiments agricoles anciens qui ne pouvaient être réutilisés pour
un usage agricole ont alors été vendus pour être transformés en résidences.
- de l?incidence des règles d?urbanisme : les règlements des zones NC des POS
donnaient plus de possibilité de changement d'usage des bâtiments agricoles que ceux
des zones A des PLU qui les remplacent progressivement.
En plus de ces éléments favorisant l?offre sur ce marché, d?autres facteurs ont eu pour effet de
générer une plus forte demande sur ce type de biens, notamment :
- la valeur plus modérée des maisons en zone rurale comparée à celle de l?immobilier
urbain ;
- la baisse régulière du taux du crédit immobilier entre 2001 et 2006 (de 5,75 % à
3,56 %)
- les mesures fiscales en faveur de la donation familiale (2005) qui ont permis à des
jeunes primo-accédants de boucler leur financement. En effet, il est devenu possible en
2005 de faire des donations défiscalisées et sans droits de succession de 150 000 ¤
par enfant ou petit-enfant tous les 10 ans, Cela a permis à un certain nombre de primo-
accédants de disposer d'un apport personnel plus conséquent. Au niveau national, la
part des acquéreurs de moins de 30 ans a augmenté après la mise en place de cette
mesure, alors qu'elle baissait régulièrement depuis le début du cycle de hausse des
prix immobiliers entamé en 1997 ;
- la stabilité des prix de l?énergie qui a permis à de nombreux acquéreurs d'envisager
l'achat d'une résidence éloignée du lieu de travail puisque les coûts de transport
restaient stables.
2.4.2 Le segment des biens de loisirs
La baisse des volumes notifiés sur le marché des « loisirs », que l?on commençait à observer en 2004-
2006 (voir études SAFER des années antérieures) et qui s?est confirmée depuis, n?est pas un
phénomène propre à la région Pays de la Loire puisqu?on observe cette évolution à l?échelle
métropolitaine depuis 2005.
Cette tendance s?explique essentiellement par l?augmentation continue des prix de l?immobilier depuis
1998 (+ 142 % en 10 ans d?après la base notariale « Perval ») et plus globalement des prix de tous les
types de biens fonciers depuis leur point bas en 1997, alors que l'augmentation du revenu des
acquéreurs n'a pas suivi celle des prix du foncier. Le premier marché à se replier en nombre (une fois
les capacités maximales d'endettement des acquéreurs atteintes) a été celui portant sur les biens les
moins indispensables.
page 17
On ne peut écarter également la baisse de pouvoir d?achat des ménages (suite à l?augmentation du
prix des produits énergétiques entre 2006 et mi-2008) qui a pu impacter ce marché « coup de coeur ».
2.5 La dynamique du marché des maisons à la campagne à l?échelle cantonale
? Carte 1
2.5.1 Loire-Atlantique : un marché en expansion sur tout le territoire
Le doublement du nombre de transactions enregistrées dans le département de la Loire-Atlantique
reste unique dans la région. Cette spécificité réside dans l?amplitude géographique d?expansion du
marché puisque la quasi totalité des cantons du département ont vu leur volume augmenter de 50 %
ou plus (carte 1).
Pour les cantons situés au sein de l?aire urbaine nantaise, du littoral et de l?estuaire ou riverains avec
la Vendée au sud, le nombre de transactions a au moins doublé et parfois quadruplé par rapport à
2000-2001.
En volume brut, le marché reste malgré tout concentré au nord de la Loire, historiquement le long de
l?axe Nantes ? Saint Nazaire (RN165) et plus récemment le long de la liaison Nantes-Rennes
(RN137 : cantons La Chapelle-sur-Erdre, Nort-sur-Erdre et Nozay).
2.5.2 Vendée : une double dynamique
Dans le département de la Vendée, l?axe Les Herbiers - La Roche-sur-Yon - Les Sables d?Olonne
(D160/A87) constitue la frontière entre un marché particulièrement important et dynamique au nord de
cette ligne et un marché plus fermé au sud (carte 1).
L?impact de l?amélioration des réseaux routiers menée par le Conseil Général et l?influence des
départements voisins explique pour partie le développement du marché dans la moitié septentrionale
du territoire.
page 18
2.5.3 Sarthe :un marché qui poursuit son développement au sud de l?agglomération mancelle
jusqu?à la vallée du Loir
Le marché résidentiel sarthois reste toujours dynamique au sud et à l?est de l?aire urbaine mancelle
(carte 1 : cantons d?Ecommoy, Le Mans-Est, La Suze-sur-Sarthe) avec une progression dans le
canton de Pontvallain. On peut souligner que le marché s?est particulièrement développé aux marges
sud de l?aire urbaine, de la Chartre-sur-le-Loir jusqu?à la Flèche (cantons de la vallée du Loir et de la
Sarthe).
L?activité du marché dans le reste de la Sarthe ne semble pas progresser en raison probablement de
la dynamique des filières agricoles locales (au Nord et à l?Ouest), du tassement de l?offre (canton de
Ballon, le marché ayant connu son embellie quelques années auparavant suite à la mise en service
de l?A28 au début de la décennie), ou bien de la situation peu attractive de certains secteurs
(Calaisien en particulier) peu dynamiques économiquement et démographiquement.
2.5.4 Maine-et-Loire : un marché angevin structurellement limité
Contrairement aux aires nantaise ou mancelle, l?activité du marché des maisons à la campagne
demeure modeste au sein de l?aire urbaine angevine (carte 1).
Cette situation peut s?expliquer probablement par le fait que ce marché s?est développé, aux dires des
notaires, plus précocement, dans les années 90. (Rappelons que les notaires n?ont pas l'obligation de
notifier aux SAFER les transactions portant sur des biens ruraux n?ayant plus ni usage ni vocation
agricole au moment de la transaction. Cela signifie que les anciens bâtiments agricoles qui ont déjà
changé d'usage ne sont pas notifiés quand ils sont remis sur le marché). De plus, le potentiel d'offre
de bâtiments agricoles est historiquement limité dans les territoires inondables de l?aire urbaine (peu
d?exploitations dans ces communes).
Malgré ces volumes modestes, on observe un report du marché de l?Est vers l?Ouest de l?aire
angevine (en raison probablement de l?effondrement de l?offre dans les basses vallées). On peut
d?ailleurs supposer que l?ouverture du contournement nord d?Angers (A11) a pu participer à cette
évolution.
Dans le reste du département, les volumes cantonaux sont également faibles.
Les secteurs les plus dynamiques sur ce segment se situent dans des cantons ruraux compris dans la
zone Angers - Cholet- Saumur (Chemillé, Vihiers, Longué-Jumelles et à moindre degré Montfaucon),
ou aux marges des aires urbaines (Tiercé, Le Lion-d?Angers).
L?incidence du réseau routier explique essentiellement le développement du marché ces dernières
années (autour du Choletais en particulier). Par endroits, les difficultés du secteur agricole peuvent
également favoriser le développement du marché (Tiercé, Longué-Jumelles), tandis que l?influence de
l?activité équestre autour du Lion-d?Angers peut être un vecteur de la dynamique locale du marché.
2.5.5 Mayenne : un marché qui continue à se fermer
Dans le département de la Mayenne, le marché recule partout (carte 1) notamment le long de l?axe
Mayenne - Laval - Château-Gontier (RN162), probablement en raison du tassement de l?offre.
On peut souligner que le marché mayennais avait été particulièrement actif au début de la décennie
en raison des mesures de pré-retraites et de mises aux normes des bâtiments d?élevage qui avaient,
en raison de la structure particulière des exploitations (très petites exploitations) favorisé plus que
dans les autres départements, la libération d?un fort potentiel de biens bâtis d?origine agricole.
A ce titre, de nombreux acquéreurs étrangers (anglais essentiellement) avaient racheté ces biens pour
une valeur souvent modique (dans le nord ?est en particulier) en raison de la mise en place d?un
réseau de « commercialisation » couvrant également la Basse Normandie.
La réduction de l'offre (du fait de la meilleure santé de l'activité agricole) a concouru à une forte
fermeture de ce marché dans le département depuis 2005.
page 19
2.6 L?activité du marché des biens de loisirs en 2007-2008 à l?échelle cantonale
2.6.1 Les foyers du marché en 2007-2008
? Carte 2
Les secteurs les plus actifs sur ce marché restaient en 2007-2008 assez identiques à ceux observés
en 2000-2001 (cartes 2) à savoir:
- Les cantons touristiques du littoral (Pornic, Guérande-La Baule, St-Gilles-Croix-de-Vie)
- Les cantons de la vallée de la Loire et du Layon au sud d?Angers (Ponts-de-Cé et Thouarcé)
- Le canton ligérien du Louroux-Bottereaux à l?Est de Nantes, les cantons de l?Estuaire de la
Loire à l?Ouest (Saint-Etienne-de-Montluc ? le Pellerin) ainsi que le canton de Saint-Philbert
de-Grand-Lieu au sud (lac).
- Les cantons boisés au sud du Mans (La Suze, Ecommoy, le Mans ?Est) ainsi que le canton
de Montfort-le-Gesnois (vallée de l?Huisne) et de Ballon (vallée de la Sarthe).
- Le canton de Maillezais au sud de la Vendée (Marais Mouillé), l?aire urbaine yonnaise.
Dans la très grande majorité de ces cantons, plusieurs facteurs concomitants : attractivité paysagère
du secteur (mer, lac, fleuve, rivière, fonds de vallées, coteaux, massifs boisés, marais), structure du
foncier (parcellaire très morcelé et peu remembré) et influence d?un pôle urbain ou touristique
(combiné à un mitage important de l?habitat), expliquent des volumes 2 à 3 fois plus importants que
dans le reste de la région.
A contrario, certaines zones de la région comprennent peu de transactions dans ce segment.
On peut citer notamment la quasi-totalité du département de la Mayenne (avec une influence
négligeable de l?agglomération lavalloise), les secteurs de grandes cultures ou de polycultures-
élevage intensives tels que le Saosnois, le Sabolien, le Plateau calaisien en Sarthe, le Candéen, le
Baugeois, le Vihersois et la partie sud du Saumurois dans le Maine-et-Loire et enfin la plaine
vendéenne.
page 20
2.6.2 Les secteurs les plus dynamiques en 2007-2008
Si l?on excepte le Belinois en Sarthe qui continue de progresser en 2007-2008, les foyers du marché
évoqués au point précédent enregistrent des volumes comparables à 2000-2001 ou une sensible
dégradation.
La dynamique du marché semble se reporter sur les marges des aires urbaines ou plus généralement
dans les cantons ruraux et notamment (carte 2):
En Loire-Atlantique :
- Le nord de l?aire urbaine nantaise : cantons de Nozay, Blain, Nort-sur-Erdre, Moisdon-la -Rivière,
Riaillé (Rivière de l?Erdre, Canal de Brest à Nantes);
- Le canton de Pontchateau (Brières) au sein de la presqu?île guérandaise;
? Le canton de Legé dans l?extrême sud du département (vallée de la Logne).
Dans le Maine-et-Loire :
- les cantons entre la vallée de Loire et de l?Authion (canton de Beaufort-en-Vallée en
particulier);
- les cantons du Choletais, des Mauges ainsi que le Segréen.
En Sarthe :
- L?ensemble des cantons situés au sud de l?aire urbaine mancelle entre la Flèche et la Chartre-
sur-le-Loir (Vallée de la Sarthe - Vallée du Loir).
Le ralentissement plus ou moins important de l?activité du marché dans les cantons périurbains ou
littoraux s?explique probablement par le niveau de prix élevé enregistré dans ces secteurs dans un
contexte de tassement de l?offre conjugué depuis quelques mois à la crise économique.
On ne peut exclure également l?intervention publique au travers des documents d?urbanisme pour
expliquer ces baisses, avec dans certains cas une intervention de la SAFER afin de limiter la
spéculation foncière et de faire respecter les zonages des documents d'urbanisme.
A contrario, le développement du marché des biens de loisirs aux marges des aires urbaines (nord de
Nantes en particulier) ou au sein de certains cantons ruraux (sud Sarthe, Mauges) s?explique par le
développement préalable du marché des maisons à la campagne mais surtout par l?augmentation du
nombre de constructions individuelles dans ces secteurs (données DRE-SITADEL) en raison de la
valeur plus modérée du foncier.
Pour certains secteurs, on ne peut également exclure l?impact de la création d?une desserte
autoroutière ou de l?amélioration du réseau routier pour expliquer la croissance plus conséquente du
marché des espaces de loisirs dans le cadre d?un développement urbain plus global (ex : canton de
Chemillé, des Herbiers).
2.6.3 Le « Bélinois « (Sarthe) : un marché qui ne faiblit pas?
Cas assez atypique au niveau régional, le Bélinois et le Gesnois (Sud et Est de l?aire urbaine
mancelle) demeurent des foyers dynamiques depuis près de 10 ans sur les deux marchés.
La forte pression de l?habitat liée au développement des bourgs combiné à un mitage particulièrement
dense complexifie le maintien de l?activité agricole dans ce secteur, tant en raison de la pression
foncière non agricole qui s?y exerce que de la problématique des conflits d?usage qui s?y amplifient
(notamment en matière de règles de réciprocité ou de problématiques environnementales en raison
d?élevages hors-sol).
Le secteur combine d?autres inconvénients qui entretiennent le maintien du marché des loisirs ou du
résidentiel : un parcellaire très morcelé, une valeur foncière agricole faible et un faible renouvellement
de la population agricole avec des perspectives de reprises ou d?installations limitées (étude ADASEA
-2007).
A en juger par la teneur des débats sur le foncier à laquelle la Safer a été conviée dans la Sarthe, il
semble que la sensibilité des collectivités locales sur la problématique du maintien de l'activité agricole
locale est très inégale pour le moment.
page 21
Tous ne prennent pas mesure du fait que la maîtrise à long terme du foncier est un facteur important
pour la bonne conduite de l'exploitation.
Enfin, l'irréversibilité de la consommation du foncier agricole est souvent négligée.
2.7 Le profil des biens et de leurs acquéreurs
2.7.1 La surface moyenne notifiée sur le segment des loisirs
? Tableau 3 : Surface moyenne notifiée en m²
La surface moyenne notifiée sur ce segment
a légèrement diminué se situant à l?échelle
régionale autour de 3 300 m² en 2007-2008
contre 3 600 m² en 2000-2001 avec de
sensibles écarts suivant les départements
(dans le même temps, la moyenne nationale
a peu changé, passant de 3 800 m² en 2000-
2001 à 3 600 en 2007-2008). L?augmentation
de la valeur des prix du foncier est un facteur de cette baisse de surface des lots.
? Carte 3
Le marché des loisirs concerne toujours des parcelles
de très faible surface.
Ainsi, on peut souligner que la surface moyenne
notifiée sur ce segment est dans les deux
départements littoraux 30 à 50 % moins importante
que dans les 3 autres territoires. Cette différence est
liée à la structure du parcellaire et surtout au prix plus
élevé.
La typologie des usages à des fins de loisirs est
variable et il est difficile d?en dessiner une
cartographie exhaustive sans procéder à des
enquêtes de terrain par échantillon.
Toutefois, aux dires des conseillers fonciers SAFER,
les achats de biens situés à proximité du littoral et le
long des rivières sont généralement motivés par
l'installation d'une caravane ou d'un bungalow (le plus
souvent en dépit des règles d?urbanisme) ainsi que
pour la chasse et la pêche.
Dans les secteurs les plus proches des grandes
agglomérations, ce type d?acquisition est plus souvent
motivé par l'étoffement du périmètre de la propriété
bâtie (Belinois), l?activité équestre, le jardinage et
parfois par la spéculation foncière (en vue d'obtenir
le classement en terrain constructible).
page 22
DPT Marché des loisirs
2000-2001 2007-2008
44 3 000 2 600
49 4 000 3 500
53 5 000 4 600
72 4 500 4 600
85 3 000 2 800
région 3 600 3 300
2.7.2 La surface moyenne notifiée sur le segment des maisons à la campagne
? Tableau 4 : Evolution de la surface moyenne (m²)
A l?image du marché des loisirs, la surface
moyenne des lots notifiés sur ce segment a
sensiblement baissé se situant à l?échelle
régionale autour de 7 800 m² en 2007-2008
contre 9 200 m² en 2000-2001. Ce recul concerne
plus particulièrement les biens notifiés dans les
cantons ruraux. On soulignera également que
cette surface est deux fois moins importante dans
les départements littoraux (autour de 5 000 m² en
moyenne, Tableau 4) qu'en Mayenne ou que
dans la Sarthe (plus de 10 000 m²).
La moyenne nationale est quant à elle de
7 500 m² en 2007-2008 contre ,8 900 m² en
2000-2001.
? Carte 4
2.7.3 L?origine géographique des acquéreurs sur le marché des maisons à la campagne
? Tableau 5
Le marché des maisons à la campagne est dans la
région Pays de la Loire un marché d?acquéreurs locaux :
près de 76% résidaient dans le département du bien
notifié sur la période 2006-2008 (taux identique à 2000-
2002) contre 54 % en 2006-2008 à l?échelle
métropolitaine.
En 2006-2008, ce taux de résidents dans le
département est particulièrement important et en augmentation en Loire-Atlantique (87 %- Tableau 5),
stable dans le Maine-et-Loire (81 %) et en Vendée (69 %) mais en sensible diminution en Mayenne
( 65 %, - 6 points) et Sarthe (75,5 %, - 4,5 points).
page 23
DPT
Part des acquéreurs
« départementaux »
2000-2002 2006-2008
44 85 % 87 %
49 81 % 81 %
53 71 % 65 %
72 80 % 75,50 %
85 69 % 69 %
région 76 % 76 %
DPT
Marché
« des maisons
à la campagne »
00-01 2007-
2008
44 7 600 5 600
49 10 800 9 600
53 10 600 11 300
72 11 800 10 800
85 6 300 5 200
région 9 200 7 800
? Carte 5
En Loire-Atlantique, le taux de résidents du département est supérieur à 75 % dans la quasi-totalité
des cantons à l?exception des territoires frontaliers avec les autres départements ou du littoral (Le
Croisic en particulier). On peut présumer que le marché est dans ce département orienté
massivement vers la résidence principale (à l?exception du littoral) ce qui explique l?augmentation des
volumes notifiés et l?amplitude géographique de la croissance du marché.
Dans le Maine-et-Loire, le marché est essentiellement local dans l?aire urbaine angevine, dans le
Choletais et plus globalement dans l?ensemble des cantons traversés par des axes autoroutiers et
reliant les principales agglomérations. Dans le Saumurois et le Beaugeois, ce taux est un peu plus
faible en raison de l?acquisition de biens par des étrangers ou de personnes originaires d?Ile-de-
France (résidence secondaire). On observe également un taux sensiblement moins important dans les
cantons de Montfaucon, Montrevault ou Champtoceaux, où une fraction des biens est acquise par des
personnes originaires de Loire-Atlantique à la recherche d?une résidence principale plus abordable.
En Sarthe, le marché est exclusivement local dans les aires urbaines du Mans, de la Flèche et de
Sablé-sur-Sarthe (résidences principales). Seul le Perche est a priori concerné par les résidences
secondaires (influence de l'Ile-de-France). On trouve des des situations intermédiaires dans le nord et
le sud-est du département.
Dans la Mayenne, le profil des acquéreurs est surtout atypique dans les cantons du nord sous
influence soit de l?agglomération d?Alençon (Villaines-la-Juhel, Pré-en-Pail) soit d?acquéreurs
extérieurs au département ou d'Anglais.
La Vendée est comme la Mayenne un département où ce taux est inférieur à la moyenne régionale.
Si l?incidence de l?achat de résidences secondaires est historiquement importante sur la façade Ouest
du département en raison de l?attractivité du littoral, on observe que le taux de résidents du
département a faibli dans les cantons du quart Nord-Est (Mortagne-sur-Sèvre, Rocherservière et
Montaigu) en raison de l?influence de l?agglomération choletaise et de la métropole nantaise.
En revanche, le marché reste résolument local dans le triangle La Roche-sur-Yon / Les Herbiers /
Challans, secteurs présentant les flux les plus conséquents dans le département.
L?incidence de l?amélioration du réseau routier vendéen, combinée à l?explosion des prix de
l?immobilier en Loire-Atlantique, est probablement à l?origine de ces évolutions dans la moitié nord du
département.
page 24
2.7.4 La part des jeunes acquéreurs sur le marché des maisons à la campagne
? Tableau 6
La part des acquéreurs âgés de moins de 35 ans (a
priori plutôt des primo-accédants) est en recul ces 3
dernières années avec 45,3 % des biens acquis sur ce
segment contre 51,2 % entre 2000 et 2002.
Cette tendance est générale avec des baisses de
l?ordre de 3 à 10 points selon les départements
(Tableau 6). Ce recul est cependant nettement plus
faible en Vendée (? 3 points) que dans les autres
départements.
L'augmentation relevée dans certains cantons correspond à des zones de faible activité globale, ce
qui ne change pas la tendance globale de recul.
? Carte 6
Ce recul s?explique par le retrait des jeunes acquéreurs de tous les secteurs périurbains en 2007-2008
alors que ce profil était dominant au début de la décennie, notamment :
- dans les cantons d?Ecommoy, de Le Mans-Est, Campagne-en-Sarthe et de Ballon au sein de
l?aire urbaine mancelle,
- dans la totalité de l?aire urbaine angevine ou choletaise,
- dans la majorité des cantons de l?aire urbaine nantaise ou lavalloise,
- dans les cantons de la pointe de la presqu?île guérandaise.
Cette catégorie représente désormais à peine le tiers des acquéreurs de la première couronne
mancelle, angevine ou nantaise et moins de la moitié dans la seconde couronne ou troisième
couronne. En Vendée, le marché du littoral tiré par les résidences secondaires diminue le poids des
jeunes acquéreurs dans la moitié ouest, tandis que dans les aires d'influence des agglomérations
choletaises et nantaises, on constate également un recul de la part des primo-accédants dans les
cantons de Montaigu ou de Mortagne-sur-Sèvre.
Parallèlement à cette tendance, la part des moins de 35 ans reste majoritaire ou augmente
dorénavant en dehors des aires urbaines ou sur leurs marges. On observe particulièrement bien cette
structuration en Sarthe, Maine-et-Loire ou Loire-Atlantique.
L?augmentation de la valeur de l?immobilier urbain combinée à la croissance de la valeur moyenne des
maisons à la campagne a évincé une partie des jeunes actifs autour des pôles urbains au profit de
tranches intermédiaires (35-50 ans) disposant de moyens financiers plus élevés.
page 25
DPT Part des 35 ans et moins
2000-2002 2006-2008
44 57 % 49,50 %
49 56 % 46 %
53 50,50 % 43,50 %
72 55 % 47 %
85 44,50 % 41,50 %
région 51,20 % 45,30 %
SECTION 3
Le marché de l?urbanisation en 2007-2008 par
rapport à 2000-2001 :
page 26
LES POINTS A RETENIR
? MARCHE FONCIER ENREGISTRANT LA PLUS FORTE CROISSANCE AU NIVEAU
REGIONAL EN 2007-2008 COMPARE A 2000-2001
? FORTE AUGMENTATION DES VOLUMES DANS TOUS LES DEPARTEMENTS SAUF EN
SARTHE
? TRES FORTE INTERVENTION DES PERSONNES PUBLIQUES EN VENDEE
3.1 Les volumes enregistrés en 2007-2008
Près de 6 150 transactions ayant pour objet une urbanisation future ont été notifiées en 2007-2008 en
région Pays de la Loire, soit une hausse de presque 66 % en nombre par rapport à 2000-2001, pour
une hausse de près de 83 % en surface (9 850 ha contre 5 400 ha).
? Tableau1 : Evolution des volumes
2007-2008/2000-2001
A l?échelle régionale, le segment de l?urbanisation
est le marché foncier ayant connu la plus forte
progression de ses volumes par rapport à 2000-
2001. A l?exception de la Sarthe, l?ensemble des
départements ont enregistré une croissance
continue notamment en surface (volumes multipliés
de 2 à 4). Le Maine-et-Loire a connu la plus forte
progression entre les deux périodes (+ 413 % en
surface) en raison d?un niveau d?activité
particulièrement faible en 2000-2001.
? Graphiques 1 et 2
page 27
"Biens destinés à l'artificialisation"
Surface totale notifiée depuis 2000
(tous types)
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
44 49 53 72 85
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
DPT Marché global Marché de
« l?urbanisation »
Nbre Surf Nbre Surf
44 +23,1
% +6% % +47 % +81 %
49 +21 % +0,2 % +328 % +413 %
53 +14,1
% +24 % +60 % +253 %
72 +15,1
% +3,6 % +20 % -21 %
85 +8,7
% -6,5 % +68 % +202 %
région +16,2
%
+17,1
% +66 % +83 %
Nombre de "biens destinés à l'artificialisation"
notifiés depuis 2000 (tous types)
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
1100
1200
44 49 53 72 85
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
En volume brut, la Vendée demeure en 2007-2008, le premier marché régional avec plus de 2 120
mutations pour 3 250 hectares en deux ans devant la Loire-Atlantique avec 1 530 transactions et
1 670 hectares (Graphiques 1 et 2).
Le Maine-et-Loire a enregistré 1 060 notifications pour 1 690 ha, la Sarthe 890 cessions pour 1 350 ha
et la Mayenne 550 acquisitions pour 1 900 ha.
Ainsi, l?activité du marché dans les 2 départements littoraux, est sur ces deux dernières années,
supérieur à la somme des trois autres départements.
Contrairement aux tendances observées sur les segments des loisirs et des maisons à la campagne
depuis 3 ans, le segment est plus dynamique depuis 2006 ou 2007 excepté en Sarthe et en Loire-
Atlantique,
En 2008, le marché de l'urbanisation de la Vendée qui était déjà le plus important malgré une chute en
2005 reste de loin en tête en 2007 et 2008, Néanmoins, le marché a un peu baissé en nombre entre
2007 et 2008.
Il est probable que le marché connaisse un début de retournement de tendance.
3.2 Les volumes du marché à l?échelle cantonale en 2007-2008
? Cartes 1
3.2.1 Les flux du marché : une distribution très hétérogène
En Loire-Atlantique, le nombre de transactions enregistrées sur ce segment demeure
particulièrement important dans les cantons de la presqu?île guérandaise (Herbignac ou Pontchateau :
plus de 60 transactions en 2007-2008).
Au sein de l?aire urbaine nantaise, l'activité oscille généralement entre 35 et 60 mutations par canton,
les secteurs viticoles et de la presqu'île guérandaise étant parmi les plus actifs. Les volumes sont plus
faibles pour les cantons du littoral ou de l?estuaire (entre 20 à 35 opérations) et sont modestes dans le
quart nord-est (mois de 20 transactions).
page 28
En surface, cette distribution est plus hétérogène. Entre 30 et 60 hectares de surfaces agricoles ont
été consommés par canton au sein de l?aire urbaine nantaise et dans la presqu?île guérandaise. Dans
les cantons ruraux du nord-nord/est ou les cantons du littoral, les volumes dépassent rarement plus de
15 hectares ces deux dernières années.
Dans le Maine-et-Loire, le marché a été particulièrement actif en 2007-2008 dans le quart sud-ouest
du département, du canton des Ponts-de-Cé aux cantons du Choletais et des Mauges. Plus d?une
quarantaine de mutations ont été enregistrées en moyenne dans les cantons de ces secteurs contre
moins d?une vingtaine en début de décennie. Dans le Sud-Est du département, l?activité du marché est
essentiellement significative dans les cantons urbains de Saumur (plus de 60 ventes pour Saumur-
sud). Pour l?ensemble des cantons situés au nord de la Loire, l?activité est plus faible (moins d?une
vingtaine de transactions y compris pour les cantons de l?aire urbaine angevine) Elle est peu
significative dans le quart nord-est (cantons de Noyant ou Baugé).
En cohérence avec la distribution en nombre de transactions, les surfaces notifiées sont importantes
en 2007-2008 dans le sud-ouest du département (plus de 60 ha dans les cantons du Choletais).
Au sein de l?aire urbaine angevine, les volumes sont deux fois plus conséquents dans la partie Ouest
(plus de 30 ha en moyenne par canton) que dans la partie Est. Les cantons urbains d?Angers
absorbent malgré tout l?essentiel du marché (plus de 100 ha cumulés).
Dans le reste du département, les volumes restent modestes et fréquemment inférieurs à une
quinzaine d?hectares à l?exception du Segréen (plus de 60 ha).
En Mayenne, les volumes de transactions enregistrées dépassent rarement plus d?une vingtaine
d?opérations par canton ces deux dernières années et sont inférieurs à la dizaine dans les cantons les
plus ruraux. Loiron est le seul canton enregistrant des flux conséquents en 2007-2008 (plus d?une
soixantaine).
A contrario, les surfaces notifiées sont particulièrement conséquentes dans les cantons de la moitié
Est où les volumes dépassent fréquemment plus de 100 hectares par canton contre une trentaine
dans la moitié Ouest ou Nord-Est.
La Sarthe est probablement le département où le marché se concentre le plus clairement au sein des
aires urbaines (Le Mans, La Flèche, Sablé-sur-Sarthe, La Ferté-Bernard et à moindre degré Alençon).
Dans la très grande majorité des cantons compris dans ces périmètres, les volumes dépassaient plus
de 60 transactions ces deux dernières années contre à peine une vingtaine dans les cantons ruraux.
En surface, si l?on excepte quelques cantons ruraux où une transaction atypique fait monter le total,
les surfaces agricoles consommées se concentrent essentiellement dans les cantons péri-urbains
manceaux (plus de 60 ha en moyenne) alors que les volumes dépassent rarement une trentaine
d?hectares ailleurs.
En Vendée, la distribution géographique du marché est assez exceptionnelle par rapport aux
tendances observées dans les 4 autres départements. Dans la très grande majorité des cantons
vendéens, notamment les cantons ruraux, le nombre de transactions a dépassé 60 unités en 2007-
2008.
En surface, on observe également des volumes très conséquents dépassant souvent plus d?une
centaine d?hectares dans les cantons situés au nord de la RN 160 contre soixante hectares au sud.
page 29
3.2.2 Les évolutions constatées par rapport à 2000-2001
? Carte 2
Les taux de croissance des volumes enregistrés sur ce segment (tant en nombre qu?en surface)
doivent être nuancés en raison des volumes extrêmement faibles observés en 2000-2001 dans une
très forte majorité de cantons.
A ce titre, il est nécessaire de rester mesuré concernant la hausse de l?activité des marchés du
Saumurois et du Segréen dans le Maine-et-Loire, du nord mayennais ou des territoires du nord-est de
la Loire-Atlantique ou du sud-est vendéen.
Parmi les principales tendances significatives en surface, on peut notamment évoquer:
? la progression de l?urbanisation au nord de l?aire urbaine nantaise, dans le Choletais, le
Sabolien et l?Est Mayennais.
? la croissance globale du marché vendéen
? l?augmentation sensible du marché à l?ouest de l?aire urbaine angevine.
? la diminution des surfaces notifiées au sein du département de la Sarthe,
Parmi les explications liées à cette augmentation des surfaces artificialisées, il est important de
souligner que la SAFER a enregistré une augmentation importante de la cession de biens de plus de
10 hectares. Dans ce cas, il ne s'agit pas d'habitat individuel.
En Loire-Atlantique, plus de 25 transactions ont été enregistrées sur cette tranche des biens de plus
de 10 hectares en 2007 -2008 (moins de 5 en 2000-2001). Ces transactions représentent au total plus
du tiers des surfaces notifiées ces deux dernières années (plus de 500 ha) et sont à l?origine de la
croissance du marché de certains cantons (Guéméné, Nozay, Ancenis Ligné en particulier).
Parmi les principales transactions, on enregistre l?acquisition de plus de 60 hectares de terres
agricoles par une société spécialisée dans le stockage de déchets ménagers (projet de centre
d'enfouissement technique) sur le canton de Guéméné-Penfao. On observe un projet similaire porté
par un syndicat mixte dans les cantons de Nozay et de Savenay (près de 35 ha dont la moitié
rétrocédée par la SAFER). On dénombre également plus d?une demi-douzaine d?acquisitions
comprises entre 10 et 30 hectares par des intercommunalités ou des communes (cantons de Vallet,
Blain,Vertou, Legé, Ancenis, Nozay?).
page 30
Dans le Maine-et-Loire, on dénombre plus d?une trentaine de transactions de plus de 10 hectares
ces deux dernières années contre une dizaine en 2000-2001. Parmi les plus conséquentes mutations,
on peut citer des acquisitions réalisées par des carriers (mises en réserve de foncier à Durtal, Le
Louroux-Beconnais, Cholet 1er canton, Chemillé), par des entreprises du B.T.P, de la logistique et des
transports (60 hectares sur le canton de Beaupreau, 30 hectares dans le canton d?Angers nord ou de
Saumur Nord). Les opérations publiques les plus conséquentes se sont concentrées sur le canton de
Chemillé (près de 55 hectares acquis par l?intercommunalité).
En Mayenne, près d?une cinquantaine de transactions de plus de 10 hectares ont été observées en
2007-2008 (seulement une dizaine en 2000-2001). Plus du tiers de ces mutations ont été réalisées
par des sociétés d?extraction minière (dont des cimentiers), acquisitions se concentrant quasi
exclusivement dans la moitié Est du département (cantons d?Evron, Sainte-Suzanne, Meslay du
Maine, Argentré,et Mayenne Est). La majorité des lots dépassent 25 hectares (près de 100 ha pour le
seul canton de Mayenne Est).
Contrairement aux autres départements, la Sarthe a enregistré une diminution de ce marché entre les
deux périodes étudiées. La baisse de ces flux est essentiellement liée à des opérations
exceptionnelles en 2000-2001 : rétrocession de plus de 450 hectares par la SAFER aux Autoroutes du
Sud de La France (emprise A 28 : Alençon- Le Mans) sur les cantons de Saint Paterne, Beaumont sur
Sarthe, Ballon, Le Mans Est Campagne et Ecommoy auxquels on peut ajouter une cinquantaine
d?hectares pour les projets routiers connexes (Conseil Général) et autant pour le développement
économique de la Communauté de Communes de l?Orée Bercé Bélinois (canton d?Ecommoy) en lien
avec le projet autoroutier .
Au total plus d?une trentaine de transactions de plus de 10 hectares ont été enregistrées en 2000-
2001 à l?échelle départementale (les 2/3 rattachées au projet autoroutier) contre moins d?une vingtaine
en 2007-2008.
Les rares acquisitions de plus de 10 hectares observées ces deux dernières années sont le fait
d?entreprises d?extraction minière (ou assimilées): près de 130 hectares ont été acquis par un
cimentier dans le canton de la Chartre sur le Loir, une quarantaine par une autre société dans le
canton de Loué.
Le niveau exceptionnel des surfaces notifiées en Vendée s'explique par l'augmentation du nombre de
transactions et de la surface moyenne des lots notifiés ces deux dernières années : près de
1,8 hectare en moyenne pour une collectivité en 2007-2008 (contre 1,5 ha en 2000-2001) et
1,7 hectare pour les personnes morales privées (contre 1,3 ha). Ce département est le seul avec la
Mayenne à enregistrer une hausse de la surface moyenne achetée pour ces deux profils.
Dans les autres départements, la surface moyenne achetée notamment par la « sphère publique » a
soit stagné comme en Loire-Atlantique (stabilité à 1,2 ha) ou diminué comme en Sarthe (de 1,7 à
1,4 ha) et dans le Maine-et-Loire (de 2,9 à 1,5 ha).
Le département a également enregistré quelques transactions importantes. On dénombre ainsi plus
d'une trentaine d'opérations de plus de 15 hectares, dont les 2/3 sont des acquisitions
d'intercommunalités ou de communes. A noter que ces acquisitions publiques se localisent
essentiellement dans les cantons de Montaigu, la Rocherservière (projet divers) et Fontenay le Comte
(Vendéopôle).
L'activité des aménageurs tels que « Vendée expansion », « Vendée Aménagement » et « Vendée
Habitat » est elle aussi non négligeable ces deux dernières années avec plus d'une centaine
d'hectares acquis en une dizaine d'opérations. Les promoteurs immobiliers sont également actifs*
dans la moitié nord du département et le long du littoral notamment dans le canton de Talmont Saint-
Hilaire (*en étant majoritaires sur les lots compris entre 1 et 5 hectares). L'activité des carriers n'est
pas aussi forte qu'en Mayenne ou dans le Maine-et-Loire et se concentre essentiellement dans les
communes de Saint Christophe de Ligneron et de Langon.
page 31
3.2.3 Le poids du marché en 2007-2008 dans le marché global
? Tableau2 : Evolution de la part du marché de l?urbanisation
En 2007-2008, le segment de l?urbanisation
représente à l?échelle régionale près de
17 % des transactions (contre 12 % en
2000-2001) et plus de 10 % des surfaces
notifiées (contre 6 %). Ces taux sont assez
proches de la moyenne métropolitaine
observée en 2007-2008 (19 % en nombre
et 8 % en surface).
Dans 4 départements, cette part a augmenté (Tableau 2) jusqu?à 10 points en nombre pour le Maine-
et-Loire et de plus de 8 points en surface pour la Vendée. Dans ce département, près du cinquième
des volumes notifiés à la SAFER est orienté sur ce segment ces deux dernières années (moins d?un
dixième en surface pour les 4 autres départements).La Sarthe est le seul département à avoir
enregistré une stagnation voire un recul du poids de ce marché en cette fin de décennie (- 2 points en
surface par rapport à 2000-2001).
? Carte 3
Si la répartition des volumes enregistrés et les taux de progression observés à l?échelle cantonale sont
assez hétérogènes suivant les départements, la part du segment permet d?identifier toutefois plusieurs
tendances géographiques ces deux dernières années (carte 3).
? dans l?ensemble des cantons urbains de la région, le segment représente en moyenne une
transaction sur quatre et un hectare notifié sur cinq,
? dans les cantons péri-urbains des principales aires urbaines, ce ratio est de l?ordre d?un
cinquième en nombre et d?environ un dixième en surface,
? dans les cantons ruraux (en dehors des aires urbaines), le marché représente en général
moins du dixième des transactions et du vingtième des surfaces,
page 32
DPT Nombre Surface
00-01 07-08 00-01 07-08
44 14 % 17 % 7 % 9 %
49 5 % 15 % 2 % 8 %
53 9 % 12 % 5 % 9 %
72 13 % 14 % 9 % 7 %
85 14 % 22 % 9 % 17 %
région 12 % 17 % 6 % 10 %
? pour les cantons du littoral vendéen, cette répartition est d?un quart en nombre et d?un
cinquième en surface,
? dans l?estuaire de la Loire et le littoral de Loire-Atlantique, le marché cantonal représente une
transaction sur dix et au minimum un hectare sur dix,
? enfin, on observe que dans les cantons vendéens riverains de la Loire-Atlantique et du Maine-
et-Loire, le segment représente plus du quart des surfaces notifiées.
3.3 Profil des acquéreurs sur le marché
* + Part du segment sur le marché global
page 33
Type d'acquéreur
Particuliers Personnes
publiques
Personnes
morales privées
DEPARTEMENT VARIABLE 2000-
2001
2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
2000-
2001
2007-
2008
LOIRE-ATLANTIQUE
Nombre total de
transactions*
480
46%
650
42.5%
289
28%
507
33%
274
26.5%
372
24.5%
Surface totale * 234 ha
25%
362 ha
21.5%
327ha
35.5%
636ha
38%
366ha
39.5%
677ha
40.5%
Surface
moyenne (m²)
4900
m²
5600
m²
11 000
m²
13 000
m²
13 000
m²
18 000
m²
MAINE ET LOIRE
Nombre total de
transactions*
114
35.5%
262
22.5%
148
46%
575
54.5%
61
19%
223
21%
Surface totale * 92 ha
24.5%
150 ha
9%
217ha
53%
832ha
49.5%
99ha
24.5%
704ha
41.5%
Surface
moyenne (m²)
8000
m²
5700
m²
14 500
m²
14 500
m²
16 000
m²
31 000
m²
MAYENNE
Nombre total de
transactions*
126
36.5%
158
29%
145
42%
268
35%
73
21%
123
22.5%
Surface totale * 104 ha
14%
497 ha
26.5%
263ha
49%
502ha
26.5%
381ha
51%
896ha
47.5%
Surface
moyenne (m²)
8000
m²
31 000
m²
18000
m²
19 000
m²
52 000
m²
73 000
m²
SARTHE
Nombre total de
transactions*
408
55.5%
396
44.5%
179
24.5%
278
21%
149
20.5%
211
24%
Surface totale * 288 ha
17%
292 ha
22%
353 ha
31.5%
367ha
27.5%
1058 ha
62.5%
684 ha
51%
Surface
moyenne (m²)
7000
m²
7400
m²
19000
m²
13000
m²
71 000
m²
32 000
m²
VENDEE
Nombre total de
transactions*
546
43%
493
23%
456
36%
1086
51%
261
20.5%
542
25.5%
Surface totale * 564 ha
36%
262 ha
8%
683 ha
42.5%
1983 ha
61%
362ha
22.5%
1010ha
31%
Surface
moyenne (m²) 10 000 m² 5300
m²
15 000
m²
19 000
m²
14 000
m²
18 000
m²
TOTAL REGION
Nombre total de
transactions*
1674
45 %
1959
32 %
1217
33 %
2714
44 %
818
22 %
1471
24 %
Surface totale * 1281 ha
24 %
1 564
ha
16 %
1844 ha
34 %
4321 ha
44 %
2268 ha
42 %
3971 ha
40 %
Surface
moyenne (m²) 7700 m² 8000 m² 15 200
m²
15 900
m²
27 700
m²
27 000 m
²
3.3.1 : Les volumes acquis par les particuliers
? Graphique 3
Les acquisitions réalisées par des
particuliers en vue d?artificialiser le
foncier (terrains à bâtir) ont augmenté
significativement en 2007-2008, en Loire-
Atlantique (+ 35 % / 2000-2001),
désormais premier marché foncier
régional sur ce type de profil (Graphique
3) devant la Vendée (où les volumes ont
baissé de l?ordre de 10 %) et la Sarthe
( - 3%).
Dans le Maine-et-Loire, les volumes
enregistrés ont été multipliés par 2 entre
nos deux périodes et le marché a
augmenté de plus de 25 % en Mayenne.
Il faut rester cependant mesuré
concernant ces augmentations dans ces
deux départements en raison des
volumes qui restent modestes
(équivalent à 1 mutation ou moins par
commune et par an).
? Graphique 4
Les surfaces correspondant à ces
transactions sont logiquement en
augmentation dans les trois départements
où le nombre de ventes a progressé
(Graphique 4).
Elles ont augmenté de plus de 55 % en
Loire-Atlantique, 63 % dans le Maine-et-
Loire et presque quintuplé en Mayenne.
En revanche, les surfaces ont chuté en
Vendée (- 54 %) et sont restées stables
en Sarthe.
La surface moyenne du lot acheté par des
particuliers en 2007-2008 est de 5 600 m²
en Loire-Atlantique (4 900 m² en 2000-
2001), 5 300 m² en Vendée (contre
10 000 m²), 5 700 m² dans le Maine-et-
Loire (contre 8 000 m²), 7 400 m² en
Sarthe (=).
En Mayenne, cette surface est de plus de 3,3 hectares, valeur à modérer au regard de l?échantillon
départemental et de la nature des fonds notifiés (seule une fraction du bien est réellement
constructible). Il peut notamment s'agir de constructions de résidences principales d'agriculteurs en
zone agricole de PLU).
? Tableau 3 : Evolution de la part des particuliers sur le marché de l?urbanisation
Malgré l?augmentation des volumes notifiés sur ce
sous-segment dans trois départements, le poids des
particuliers sur le marché de l?urbanisation tend à
diminuer (Tableau 3.)
page 34
Surfaces achetées par des personnes
physiques - en hectares
0
75
150
225
300
375
450
525
600
Personne privée
physique 2000-2001
Personne privée
physique 2007-2008
44 49 53 72 85
Nombre d'acquisitions réalisées par des
personnes physiques - comparaison
0
75
150
225
300
375
450
525
600
675
750
Personne privée
physique 2000-2001
Personne privée
physique 2007-2008
44 49 53 72 85
DPT 2000-2001 2007-2008
Nbre Surf Nbre Surf
44 46% 25% 42.5% 21.5%
49 35.5
% 24.5% 22.5% 9%
53 36.5
% 14% 29% 26.5%
72 55.5
% 17% 44.5% 22%
85 43% 36% 23% 8%
région 45 % 24 % 32 % 16 %
En nombre, cette baisse est au minimum de 3 points en Loire-Atlantique et au maximum de 20 points
pour la Vendée.
En surface, la baisse est particulièrement prononcée en Vendée (moins 28 points) et dans le Maine-
et-Loire (moins 15,5 points).
? Cartes 4 et 5
La distribution géographique des acquisitions réalisées en 2007-2008 par des particuliers reste assez
hétérogène. On observe quelques secteurs où le segment est particulièrement actif (presqu?île
guérandaise et Gesnois en Sarthe) et une grande majorité de secteurs où les volumes notifiés sont
faibles rapportés à la dimension du territoire.
Cette distribution est probablement conditionnée par la politique menée par les collectivités en matière
d?aménagement de leur territoire au travers de leur document d?urbanisme.
Dans les précédentes études, nous avions supposé que les P.O.S en vigueur favorisaient le
développement du marché par rapport aux dispositions prévues dans les P.L.U (loi S.R.U).
page 35
La révision des documents d?urbanisme en P.L.U ne semble pas pour autant avoir restreint le marché.
Une comparaison de l?état de la planification des documents d?urbanisme (étude SITADEL) semble
indiquer que ces révisions ou élaborations ont été des vecteurs d?ouverture de foncier agricole à la
construction.
De manière plus générale, on observe une bonne corrélation entre les communes où la base
SITADEL indique une construction individuelle importante tous zonages de POS ou PLU confondus et
les communes où la Safer est notifiée de beaucoup d'acquisitions de terrains constructibles par des
particuliers.
3.3.2 : Les volumes acquis par les personnes publiques
? Graphique 4
Le nombre d?acquisitions réalisées par des
personnes publiques a particulièrement
augmenté entre les deux périodes de
référence (Graphique 4).
Les flux pour le marché vendéen (près de
1 100 acquisitions publiques en 2007-
2008), ont été multipliés par 2,5 par rapport
à 2000-2001, par 4 dans le Maine-et-Loire
(plus de 570 acquisitions), et ont augmenté
de 75 % en Loire-Atlantique (plus de 500
acquisitions), de 85 % en Mayenne (270)
et de 55 % en Sarthe (280)
? Graphique 5
Les surfaces achetées par le secteur public
(Graphique 5) sont également en augmentation
avec un taux de progression spectaculaire pour
la Vendée (près de 300% pour environ
2 000 ha), le Maine-et-Loire (près de 400 % -
830 ha), la Loire-Atlantique (+ 94 % - 620 ha) et
la Mayenne (+ 91 % - 500 ha). Seule la Sarthe
voit une quasi-stagnation» (+ 4 % : 370 ha)
La surface moyenne du lot achetée par les collectivités et assimilés n?est pas significative en raison de
la variabilité des projets publics (zone d?activités ou lotissement communal par exemple).
A titre indicatif, la surface moyenne acquise ces deux dernières années, est d?environ 13 000 m² en
Loire-Atlantique et Sarthe, 14 500 m² dans le Maine-et-Loire et 19 000 m² en Vendée et Mayenne.
page 36
Nombre d'acquisitions réalisées par des
personnes publiques - comparaison
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
1100
Personne publique
2000-2001
Personne publique
2007-2008
44 49 53 72 85
Surfaces acquises par des personnes
publiques - comparaison
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
2000
Personne publique 2000-
2001
Personne publique 2007-
2008
44 49 53 72 85
? Tableau 4 : Evolution de la part des personnes publiques sur le marché de l?urbanisation
Dans le département de la Vendée (Tableau 4), les personnes publiques sont en 2007-2008 les
moteurs de l?urbanisation, puisqu?elles sont à l?origine de près des deux tiers des acquisitions en
surface
(+ 18,5 points). Ce poids n?est pas aussi flagrant dans les autres départements, même s'il a progressé
d'environ 10 points en moyenne en nombre et en surface,
DPT 2000-2001 2007-2008
Nbre Surf Nbre Surf
44 28% 35.5% 33% 38%
49 46% 53% 54.5% 49.5%
53 42% 49% 35% 26.5%
72 24.5% 31.5% 21% 27.5%
85 36% 42.5% 51% 61%
région 33 % 34 % 44 % 44 %
? En Loire-Atlantique, la part des personnes publiques a sensiblement augmenté par rapport à
2000-2001, en captant désormais plus du tiers des volumes;
? dans le Maine-et-Loire, elles sont à l?origine de plus de la moitié des acquisitions en 2007-
2008 (part en augmentation) mais leur poids a légèrement diminué en surface (près de la
moitié) ;
? en Mayenne, elles sont encore à l?origine du tiers des acquisitions et ont capté le quart des
surfaces ;
? en Sarthe, elles ne sont à l?origine que du cinquième des transactions et du quart des
surfaces.
page 37
3.3.3 : L?intervention des personnes publiques : des rythmes inégaux entre départements
? Cartes 6 et 7
L'explosion de l?intervention publique en Vendée s?explique notamment par la politique de
désenclavement du territoire entreprise depuis plus de 10 ans par le Conseil Général via l?amélioration
des liaisons routières (cf. l'objectif politique : « chaque Vendéen doit être à moins de 20 minutes d?une
2x2 voies »?).
Si en 2007-2008, les projets routiers d?ampleur ne sont plus à la source de l?intervention publique , de
très nombreux projets ont vu le jour suite à cette politique de désenclavement. Parmi les principaux,
on peut citer les Vendéopôles en cours de création ou d?agrandissement, les projets de zones
d?activités intercommunautaires, les projets de zones artisanales, les projets de lotissements
communaux et les projets de déviation de bourgs ou de contournement d?agglomération (La Roche-
sur-Yon). Ces projets sont particulièrement nombreux dans la moitié nord du département,
En Loire-Atlantique, où l?amélioration du réseau routier est plus ancienne qu?en Vendée, les surfaces
appréhendées par la sphère publique restent malgré tout toujours conséquentes en raison notamment
du développement des zones d?activités. Ce développement semble s?inscrire ces dernières années
dans une logique d?agrandissement des parcs existants* (besoins fonciers à court terme) et/ou dans la
constitution de réserves foncières en vue d?anticiper les besoins privés à moyen terme (*en 2008 : 469
parcs d?activités couvrant 10 900 ha dont 645 ha disponibles ? source CODELA).
Une constante semble toutefois perdurer en 2007-2008 puisque les lots achetés par les collectivités
sont toujours plus conséquents au nord de la Loire qu?au sud (ex carte 6 et 7). Cette différence de
consommation semble s?expliquer dans le nord par le développement d?importantes zones d?activités
page 38
(plus de 100 ha : Nozay, Blain) le long des grands axes structurants de la Loire-Atlantique (RN165 ?
RN 171 - RN 137 ? A11). Dans la partie sud, on observe généralement des acquisitions publiques
plus réduites en surface mais plus nombreuses en nombre, en raison probablement d?un tissu plus
dense de parcs d?activités de petites surfaces.
Il est difficile pour le moment de mesurer l?incidence du futur ( ?) aéroport de Notre Dame des Landes
sur les politiques menées par les collectivités puisque l?on n?observe pas véritablement d?emballement
des projets publics locaux dans les cantons concernés. L?impact de la création des futures Zones
d?Intérêt Départemental ( 6 zones de plus de 150 ha) n?est pas encore observé statistiquement mais
cette politique menée par le Conseil Général ne semble pas être un frein pour les projets
intercommunaux .
Dans le Maine-et-Loire, l?intervention publique a été particulièrement importante en 2007-2008 dans
le sud-ouest du département (zone d?emplois du Choletais).
L?exemple le plus flagrant concerne la Communauté de Communes du canton de Chemillé qui est
l?une des collectivités les plus consommatrices de surfaces agricoles ces dernières années dans le
Maine-et-Loire. En raison du désenclavement généré par l?ouverture de l?A87 en 2002, cette
intercommunalité a développé l?un des plus grands parcs d?activités économiques du département de
ces dernières années (100 ha commercialisés en 2007). En 2008, elle a acquis plus de 50 hectares
pour des mises en réserves foncières en vue d?agrandir la zone d?activités intercommunale des 3
routes.
De manière plus globale, l?amélioration de la qualité de la desserte et des réseaux de communication
dans le sud-ouest du département (RN160 ? RN 249 ? A87), semble être un vecteur du renforcement
de l?attractivité économique et démographique du territoire que les collectivités s?emploient à exploiter
au travers de nombreux projets économiques et urbains (parc d?activité et projets immobiliers).
Au sein de l?aire urbaine angevine, l?intervention publique est essentiellement conséquente en surface
au sein du périmètre « d?Angers Loire Métropole », via notamment l?agrandissement du « Pôle 49 »
sur la commune de Saint Sylvain d?Anjou. Toutefois, les réserves foncières de l?intercommunalité en
vue d?accueillir de grandes entreprises sont faibles et s?opèrent par des acquisitions en « flux tendu »
pour le moment (dans l?attente d?une stratégie plus globale de développement avec l?élaboration du
SCOT).
Dans le reste de l?aire urbaine angevine et plus globalement du département, l?activité des collectivités
est plus limitée. Les zones d?activités existantes même d?intérêt départemental (« Anjou Actiparc »)
peinent généralement à commercialiser leurs lots (notamment dans l?Est), ce qui peut expliquer que
les surfaces acquises par les personnes publiques sont généralement faibles (à l?exception du
Segréen où un projet d?extension de la zone d?activités d?intérêt départemental est en cours).
En Mayenne, l'achat de foncier d'origine agricole par des collectivités reste plus faible en surface ces
deux dernières années (le quart du marché de l?urbanisation). Seuls les cantons de Loiron et
d?Argentré enregistrent des acquisitions importantes par des personnes publiques.
Sur Argentré, près de 15 hectares ont déjà été acquis par Laval Agglomération dans le cadre de la
création d?une plate forme multimodale de plus de 50 ha (ouverture vers 2012 ou 2013). Le canton de
Loiron enregistre quant à lui une certaine dynamique économique et démographique en raison de sa
situation entre Laval et Rennes : les projets communaux et intercommunaux sont particulièrement
nombreux (zone d?activités de la Gravelle). On peut également ajouter l?acquisition de plusieurs
hectares par le Conseil Général en vue de réimplanter des entreprises directement impactées par
l?emprise de la LGV Bretagne.
En Sarthe, l'intervention publique en vue d'artificialiser le foncier agricole est restée plus faible ces
deux dernières années. Aucune acquisition publique de plus de 10 hectares n' a été enregistrée en
2007-2008. Une majorité écrasante des lots ne dépassent pas deux hectares; ils se concentrent
essentiellement dans les communes des cantons urbains ou les chefs lieux de canton du
département. Parmi tous les départements de la région Pays-de-Loire, la Sarthe est le département
qui présentait a priori le plus de projets modestes en surface.
page 39
3.3.4 L?impact de la LGV « Bretagne »
L?impact de l?emprise de la ligne LGV « Bretagne » n?est pas encore visible dans les statistiques de la
présente étude. La SAFER est missionnée par Réseau Ferré de France afin de dégager environ
1 000 hectares en Mayenne et autant en Sarthe pour la constitution de l?emprise (objectifs quasi
atteints). Ces surfaces sont aujourd'hui dans le stock de la SAFER,mais ne seront observables dans
les statistiques qu'au terme de la procédure d?aménagement foncier à savoir fin 2012.
3.3.5 : Les volumes acquis par les personnes morales privées
? Graphique 6
Le nombre d?acquisitions réalisées par
des personnes morales privées a
particulièrement progressé entre les
deux périodes de référence (Graphique
4).
Les flux pour le marché vendéen ont été
multipliés par 2 par rapport à 2000-2001
(près de 550 acquisitions en 2007-
2008), par 3,5 dans le Maine-et-Loire
(plus de 220 acquisitions), et ont
augmenté de 36 % en Loire-Atlantique
(plus de 370 acquisitions), de 70 % en
Mayenne (120) et de 42 % en Sarthe
(210)
? Graphique 7
Si l?on excepte la Sarthe où les
surfaces acquises par des personnes
morales privées ont baissé en 2007-
2008 (680 ha) par rapport à 2000-2001
( 1 060 ha dont 450 ha rétrocédés par
la SAFER au profit de Cofiroute ?
A28), les surfaces acquises par ce
profil d'acquéreur ont été multipliées
par 7 dans le Maine-et-Loire (700 ha),
par plus de 2 en Mayenne et en
Vendée et ont crû de 85 % en Loire-
Atlantique (670 ha).
La surface moyenne du lot acheté par
des personnes morales privées
présente des écarts importants entre départements en 2007-2008 : plus de 7 hectares en Mayenne,
environ 3 hectares en Sarthe et dans le Maine-et-Loire et à peine 2 hectares en Vendée et Loire-
Atlantique.
page 40
Surfaces acquises par des personnes
physiques morales - comparaison
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
1100
Personne m orales
privées 2000-2001
Personne m orales
privées 2007-2008
44 49 53 72 85
Nombre d'acquisitions réalisées par des
personnes physiques morales -
comparaison
0
75
150
225
300
375
450
525
600
Personne m orales
privées 2000-2001
Personne m orales
privées 2007-2008
44 49 53 72 85
? Tableau 5 : Evolution de la part des personnes morales privées sur le marché de
l?urbanisation
Malgré des volumes en hausse, la part prise par les
personnes morales privées reste en 2007-2008,
assez comparable en nombre d?acquisitions aux taux
observés en 2000-2001 (de 20 à 25 % suivant le
département ).En surface, on peut observer des
nuances assez importantes entre la Sarthe (51 %
des volumes) ou la Vendée (31 %). Les variations de
la part en surface sont plus fortes que celles de la
part en nombre : +17 points dans le Maine-et-Loire
et -11,5 points dans la Sarthe,
? Cartes 8 et 9
page 41
DPT 2000-2001 2007-2008
Nbre Surf Nbre Surf
44 26,50
%
39,50
% 24,50 % 40,50 %
49 19 % 24,50
% 21 % 41,50 %
53 21 % 51 % 22,50 % 47,50 %
72 20,50
%
62,50
% 24 % 51 %
85 20,50
%
22,50
% 25,50 % 31 %
région 22 % 42 % 24 % 40,00%
Par rapport aux volumes observés en 2000-2001, le nombre d?acquisitions réalisées par des
personnes morales privées a particulièrement augmenté en Vendée (carte 8) notamment dans les
cantons du littoral, du rétro littoral et à moindre degré dans les cantons du nord-ouest, secteurs où
l?intervention publique est déjà particulièrement importante sur le foncier.
Dans les autres départements, les volumes sont moins conséquents mais ils tendent à progresser
dans la quasi totalité des cantons de Loire-Atlantique. Ces achats deviennent moins rares dans le
Maine-et-Loire et au sein des aires urbaines de la Sarthe.
Ces augmentations sont essentiellement liées à une plus forte acquisition de foncier par des
promoteurs immobiliers et des aménageurs privés notamment en Loire-Atlantique (dans la quasi-
totalité du département), en Sarthe (cantons urbains manceaux), dans le Choletais et plus
globalement en Vendée. Le poids des S.E.M mandatées par les collectivités reste minime dans
l?augmentation de ces volumes, à part peut-être en Vendée (via « Vendée Expansion »).
En surface, les flux sont tirés depuis deux ans par d?importantes acquisitions de surfaces agricoles par
des carriers et des cimentiers dans l?Est de la Mayenne, dans le Maine-et-Loire et dans la moitié sud
de la Sarthe. Ces acquisitions se situent généralement à proximité de gisements déjà exploités, les
sociétés se constituant des réserves qu?elles s?engagent à exploiter dans les 5 ans. Pour la Mayenne,
on peut supposer que les acquisitions sont liées à la construction de la future LGV Bretagne, dont les
besoins en granulat entre le Mans et Rennes (hors ballast) sont estimés à près de 10 millions de
tonnes. On ne peut également écarter l'hypothèse que certaines acquisitions dans le Choletais ont
pour objet d?alimenter les bassins nantais et angevins.
La problématique d?enfouissement des déchets (ménagers ou inertes) à l?échelle régionale se
retranscrit par d?importantes acquisitions de foncier par des sociétés privées : 65 hectares en Loire-
Atlantique (canton de Guéméné Penfao) et deux lots de plus de 30 hectares dans le Maine-et-Loire;
page 42
SECTION 4
Le marché foncier agricole et forestier
en 2007-2008
page 43
LES POINTS A RETENIR
? DES FLUX AGRICOLES EN AUGMENTATION CES DERNIÈRES ANNÉES DANS TOUTE
LA RÉGION SAUF EN VENDÉE.
? MAIS LA DEMANDE EN BIENS AGRICOLES N?EST PLUS MAJORITAIRE EN NOMBRE.
? UNE CROISSANCE DES FLUX AGRICOLES PLUS FORTE EN MAYENNE ET EN LOIRE-
ATLANTIQUE.
? UNE LIBÉRATION DE FONCIER AGRICOLE QUI NE PROFITE PAS FORCÉMENT AUX
JEUNES AGRICULTEURS.
? UN RECUL DU MARCHÉ VENDÉEN ESSENTIELLEMENT STRUCTUREL ET NON
CONJONCTUREL.
? UN MARCHÉ FORESTIER LIMITÉ MAIS QUI CONNAÎT UN CERTAIN GAIN D?INTÉRÊT
CES DERNIÈRES ANNÉES.
4.1 Les volumes agricoles départementaux enregistrés en 2007-2008
4.1.1 Evolutions observées
? Graphique 1
Plus de 18 650 transactions agricoles ont
été enregistrées en région Pays-de-Loire
en deux ans en 2007-2008, volume en
hausse de plus de 3% par rapport à la
période 2000-2001. Ces mutations
représentent plus de 76 150 hectares sur
ces deux dernières années (+ 7,5 %).
page 44
Nombre de biens agricoles
notifiés par département
500
1000
1500
2000
2500
44 49 53 72 85
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
? Tableau 1 : Evolution du marché foncier agricole en nombre et surface (00-01/07-08)
Les deux départements littoraux restent les
marchés fonciers agricoles les plus actifs en
nombre de transactions (4 000 mutations chacun
en 2007-2008) de la région Pays-de-Loire,
marchés conditionnés par le fort morcellement des
parcelles.
Toutefois, on observe des contextes d?évolution
assez différents entre la Loire-Atlantique où les flux
annuels ont progressé depuis 3 ans (Graphique 1)
et la Vendée, en recul régulier.
Cette différence de régime est telle que les
volumes notifiés en Vendée en 2007-2008 sont en
baisse de 6,5 % (Tableau 1) par rapport à 2000-
2001 contre une hausse de plus de 6 % en Loire-
Atlantique.
Si la Mayenne demeure encore en 2007 ou 2008, le marché le plus faible en nombre de transactions
agricoles (Graphique 1) elle enregistre cependant l?augmentation la plus importante des 5
départements entre les deux périodes étudiées (+ 24 %). En Sarthe, la progression n?est que de 4 %,
alors qu'elle est nulle pour le Maine-et-Loire.
? Graphique 2
Cette baisse du nombre de transactions
agricoles dans le département de la
Vendée se répercute logiquement en
surface, avec 13 500 hectares notifiés en
2007-2008, volumes en baisse de 6 %
par rapport à 2000-2001 (Graphique 2).
A contrario, la Mayenne enregistre une
très forte ouverture de son foncier
agricole (+ 22 % avec 17 400 ha) pour
devenir le premier marché régional
depuis 2006. De même, le marché de
Loire-Atlantique s?est particulièrement
« emballé » ces dernières années
(14 500 ha au total) soit des volumes qui ont été multipliés par près d?un quart par rapport à 2000-
2001 (+ 23 %).
Les tendances sont plus stables en Sarthe (14 400 ha : + 1,5 %) et dans le Maine-et-Loire
(16 300 ha : + 1 %).
page 45
Surfaces agricoles
notifiées par département (ha)
0
1000
2000
3000
4000
5000
6000
7000
8000
9000
10000
44 49 53 72 85
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
2007
2008
DPT
Marché
global Marché agricole
Nbre Surf Nbre Surf
44 23,10
% +6% +6% +23%
49 +21% 0,20% = +1%
53 14,10
% +24% + 24% +22%
72 15,10
% 3,60% +4% +1%
85 8,70% -
6,50% -6,50% -6%
région 16,20
%
17,10
% +3,4 % +7,6 %
La surface moyenne des lots notifiés
Carte 1
? Tableau 2 : Surface moyenne des biens
agricoles notifiés (en ha)
La surface agricole moyenne notifiée est en légère
augmentation au niveau régional passant de
4,3 hectares en 2000-2001 à 4,5 hectares en 2007-
2008, ce qui est proche de la moyenne nationale de
4,3 ha (rappel : tous biens confondus la moyenne
nationale 2007-2008 est de 2,4 ha),
Cette « croissance » est tirée par les flux en
Mayenne et en Loire-Atlantique (Graphique 2 -
Tableau 2).
Il faut rappeler que la surface moyenne agricole notifiée reflète à la fois la structure de la propriété
et/ou du parcellaire et l?orientation des production agricoles.
A titre d?exemple (carte 1), on observe toujours les plus faibles transactions dans l?est nantais
(secteurs viticoles et maraîchers caractérisés par leur microparcellaire) tandis que le lot moyen est
conséquent dans les zones d?élevage extensif de l?Est Mayennais et du Nord-Ouest angevin, secteurs
généralement remembrés où le marché agricole est composé en grande partie de cessions
d?importantes propriétés.
Parmi les tendances observées ces deux dernières années, on peut souligner que cette surface
moyenne reste finalement stable dans la très grande majorité des cantons et tend même à augmenter
en dehors des aires urbaines (carte 1). Cette surface ne baisse ostensiblement que dans quelques
secteurs restreints de la région : aire urbaine mancelle, sud Sarthe et Mauges en particulier, zones où
les marchés non agricoles sont en plein développement,
page 46
DPT
Marché
global
(en ha)
Marché
Agricole (en ha)
00-
01 07-08 00-01 07-08
44 1,9 2 3,1 3,6
49 3 2,9 4,4 4,4
53 4,2 4,9 6,9 6,9
72 3,4 3 5,6 5,5
85 2 1,9 3,4 3,4
région 2,7 2,7 4,3 4,5
4.2 Les principales tendances d?évolution du marché agricole
4.2.1 Les évolutions constatées entre 2000-2001 et 2007-2008
Carte 2 :
Carte 3 :
L?évolution des flux fonciers agricoles (cartes 2-3) indique plusieurs tendances.
Les volumes ont globalement reculé tant en nombre qu?en surface dans les zones d?élevage :
page 47
? sur la façade littorale de Loire Atlantique, de la presqu?île guérandaise jusqu?au sud de
l?estuaire de la Loire et du lac de Grand Lieu.
? dans la quasi-totalité des cantons inclus dans l?aire urbaine mancelle ainsi qu?au sud de la
Sarthe (Vallée du Loir) et dans le Perche autour de La Ferté-Bernard.
? dans les cantons situés dans les secteurs dits des basses vallées angevines (Maine-et-Loire).
? dans plus de la moitié des cantons vendéens en nombre de transactions (et au mieux une
relative stabilité pour les autres cantons) et plus particulièrement dans le quart nord-ouest en
surface.
Contrebalançant ces tendances locales et masquant ces reculs au niveau départemental, les secteurs
de grandes cultures (céréales), ou orientés en polycultures, lait et élevage intensif (hors sol)
enregistrent une plus forte activité foncière :
? le quart Nord-Est de la Loire-Atlantique, du Pays de Chateaubriant jusqu?aux marges de l?aire
nantaise, dans les cantons de Blain, Nozay, Nort sur Erdre et la Chapelle sur Erdre,
? dans le Maine-et-Loire, le bocage angevin (quart nord Ouest), les Mauges ainsi que le
Baugeois sont les secteurs où les mouvements fonciers agricoles tendent à augmenter (sauf
en nombre pour le Baugeois),
? en Sarthe, les cantons de la Plaine d?Alençon, du Plateau calaisien, partiellement le secteur
du Saosnois et du Bocage sabolien enregistrent une réelle dynamique,
? en Vendée, les zones où le marché foncier agricole croît s?observent essentiellement en
surface (le nombre de transactions agricoles reculant presque partout) : au nord dans les
cantons de Montaigu et de Saint-Fulgent et au sud dans la plaine vendéenne,
? dans le département de la Mayenne, l?ouverture du foncier agricole est quasi systématique
dans tout le territoire si ce n?est dans les cantons d?Ernée et de Chailland où le marché est
plus fermé,
Cette dynamique des flux du foncier agricole pour la période 2007-2008 ne fait que confirmer les
tendances que nous avions déjà évoqué dans les précédentes études.
4.2.2 Les facteurs de croissance du marché de ces dernières années
La forte croissance des flux fonciers agricoles notifiés depuis 2006 en région Pays-de-Loire (à
l?exception de la Vendée) s?explique pour partie par le départ à la retraite des chefs d?exploitation de la
génération du « baby boom ». Ces départs ont été des vecteurs conséquents de libération de foncier
lorsque celui-ci était exploité en faire-valoir direct sans repreneur familial.
Toutefois, ces libérations n?ont pas profité en priorité aux jeunes agriculteurs. Ainsi, les surfaces
agricoles achetées par des jeunes exploitants (moins de 40 ans) sont entre 2006 et 2008 tant à
l?échelle régionale (40 000 ha) que départementale, très nettement inférieures aux volumes
enregistrés entre 2000 et 2002 (73 500 ha au total).
page 48
Carte 4 :
A ce titre, la carte 4 illustrant la part de surfaces agricoles acquises par les moins de 40 ans montre en
2007-2008 l?ampleur du recul des exploitants les plus jeunes sur le marché pour la quasi-totalité des
cantons de la région.
Cette tendance induit qu?une large partie du foncier libéré a donc été achetée par des exploitants plus
âgés en vue généralement d'un agrandissement, ou par des propriétaires bailleurs louant à de
nouveaux fermiers (« jeunes » ou non).
Le rachat du foncier par les fermiers en place est un des autres facteurs de l?augmentation des
volumes depuis 2006. Cette tendance peut s?expliquer par plusieurs facteurs :
- après les années d?incertitudes liées à la mise en place de la nouvelle PAC marquée par une
baisse des flux fonciers agricoles (2002-2004), les fermiers en place rachètent « de
nouveau », les terres qu?ils exploitent afin de renforcer la stabilité foncière de leur exploitation
- cet objectif de stabilité a été « facilité » en 2007 mi-2008 par la hausse des revenus agricoles
permettant aux fermiers de disposer de plus de liquidités afin d'acheter le foncier loué ou libre.
De manière plus générale, la croissance des flux fonciers agricoles semble aussi traduire une
anticipation des exploitants agricoles pour faire face aux durcissements potentiels des contraintes
environnementales notamment dans l?Ouest mayennais, le Choletais, l?Est Vendéen (directive nitrate
et phosphate) et au regard de la demande future en produits végétaux,
4.2.3 Les facteurs du recul du marché local
Un facteur est valable dans toutes les zones de vallées : la mise en place de mesures agri-
environnementales ne compense pas la faible rentabilité de l'élevage dans ces secteurs. La crise
générale du marché de la viande depuis 2007 n'a fait qu'empirer la situation.
le cas particulier vendéen
La baisse des flux observés ces dernières années sur le marché vendéen est assez atypique au
regard des tendances observées dans les quatre autres départements de la région Pays-de-Loire.
Cette tendance s?expliquerait par différents facteurs :
page 49
- d?après des études de l?ADASEA, les départs à la retraite de la génération « baby-boom » se
seraient concentrés en 2005-2006 dans ce département. Le rachat d?années de cotisation
ayant été important sur cette courte période, la libération de foncier se serait essoufflée dès
2007, une fois cet effet atténué,
- dans les plaines du sud vendéen (zone céréalière), de nombreux exploitants agricoles
susceptibles de prendre leur retraite préfèrent garder le statut d?exploitant agricole car les
revenus apportés entre autres par les droits à paiement uniques (DPU) seraient supérieurs au
montant de la retraite à laquelle ils pourraient prétendre,
- le montage sociétaire afin de contourner le droit de préemption SAFER et le contrôle de la
commission départementale des structures serait également un facteur qui expliquerait le
recul des volumes notifiés à la SAFER, notamment dans le quart nord-ouest du département
où la pratique se serait répandue.
L?importance de l?urbanisation des surfaces agricoles semble aussi entraîner un blocage des flux du
marché foncier agricole.
Sur le littoral et en zone périurbaine, la spéculation foncière est un facteur de reflux des mouvements
fonciers agricoles, les propriétaires attendent en vue de céder leurs terres à des prix constructibles, Le
cas échéant, ils refusent de louer sous le statut du fermage, quitte à favoriser l'enfrichement .
Loire-Atlantique : recul de l?activité foncière dans les zones humides de l?ouest
Malgré des volumes en augmentation à l?échelle départementale, les flux du marché foncier agricole
sont en recul dans la quasi-totalité des cantons de la façade Ouest du département, de la presqu?île
guérandaise, aux cantons de l?estuaire et du littoral jusqu?au Pays de Retz (cartes 2-3).
Pour des raisons structurelles, le marché foncier y est freiné en raison de la très forte complexité de la
nature des propriétés et du parcellaire de ces secteurs (non remembrés), rendant toujours très difficile
la possibilité de maîtriser en faire-valoir direct le foncier exploité (multiples bailleurs). Cette situation
favorise une exploitation en fermage, souvent sous la forme d?un accord verbal (et parfois sans
contrepartie financière).
Le recul des flux fonciers agricoles observé ces dernières années dans ces cantons est surtout lié à la
baisse récurrente des revenus pour les exploitations orientées en viande bovine (production principale
des cantons de l?estuaire et de la presqu?île guérandaise).
A dire d?expert, les contraintes naturelles (zones humides) et l?accumulation des réglementations
environnementales dans les zones humides (presqu?île guérandaise et zone de l?estuaire) sont
également des facteurs qui semblent freiner l?exploitation, en faire valoir direct ou par location, de
certains fonds difficiles d?accès ou complexes à entretenir.
La Mayenne n'est pas vraiment concernée par le recul
Recul de l?activité dans les basses vallées angevines
Les secteurs ayant subi une fermeture de leur foncier agricole concernent dans le Maine-et-Loire
essentiellement les basses vallées angevines. Cette baisse de l?activité foncière (carte 2-3) ces deux
dernières années est l?expression d?un long processus d?évolution de l?utilisation des sols combiné aux
enjeux environnementaux.
Historiquement orientés vers l?élevage, le secteur des basses vallées angevines a subi une déprise
agricole importante à la fin des années 1980, lié à un vieillissement de la population agricole, à ses
difficultés à s?adapter à une agriculture plus productiviste en raison de la nature inondable du secteur
et d?un niveau des taxes locales très importante (« héritage fiscal » lorsque l?élevage était l?un des
modes de production les plus rémunérateurs).
Se substituant à une agriculture en perte de vitesse et à la baisse de la valeur vénale des terres, la
culture des peupliers devenait une alternative économique, favorisée par des aides financières
importantes. Ce type de plantation a été l?un des principaux vecteurs des mouvements fonciers
jusqu?au début des années 2000.
page 50
En 2002, les basses vallées angevines ont été retenues par la France comme site « Natura 2000 ».
Parmi les dispositions préservant la biodiversité, différentes mesures soit réglementaires
(reconduction d?une réglementation des boisements), soit incitatives financièrement (suppression des
rejets après abattages) ont été prises, notamment contre le développement des peupleraies. Si on y
ajoute la maladie de l?essence, ceci explique le nombre important de coupes de ces dernières années.
Recul de l?activité dans le sud Sarthe
Le recul de l?activité agricole dans le Sud Sarthe s?explique certes par une pression urbaine forte.
Toutefois, en raison de la qualité très moyenne des sols et donc de leur faible valeur agronomique
(d'où l'importance des prairies naturelles), les revenus agricoles ont toujours été modestes dans ce
secteur. Les outils de productions se sont donc faiblement modernisés.
Le secteur n?a pas été concerné par le renouvellement des générations agricoles constaté à l?échelle
régionale ces trois dernières années, en raison de la taille économique « critique » des exploitations et
du coût des mises aux normes, qui n?ont guère incité à la reprise de l?exploitation hors cadre familial,
ni même à des reprises partielles sur le foncier agricole libéré (peu de candidat aux rétrocessions
SAFER).
L?ensemble de ces facteurs entretiennent la déprise agricole du secteur qui s?accélère par la pression
de l?urbanisation.
4.2.4 L?impact de la ligne LGV Bretagne sur le marché foncier agricole.
Contrairement à ce qui avait été observé pour l?A28, le projet de LGV n?a pas bloqué le marché foncier
agricole à proximité des faisceaux en raison de la procédure d?aménagement foncier et de la
constitution de réserves foncières par la SAFER pour les besoins de l?emprise (1 000 hectares en
Mayenne et autant en Sarthe).
Si l?essentiel du foncier agricole libre(sans bail en cours) a été acquis à l?amiable par la SAFER depuis
2005 (foncier actuellement stocké par la SAFER qui sera rétrocédé en 2012-2013 et qui apparaîtra
alors dans le marché de l?urbanisation), on peut observer que le marché foncier des cantons traversés
par le projet de la ligne LGV n?enregistre pas de baisse spectaculaire en 2007-2008 par rapport à
2000-2001.
Cette situation est liée à un rachat massif des fermiers en place pour les biens loués. S?il s?agit parfois
de foncier racheté par l?exploitant proche de la retraite (en vue de préparer la transmission) ou
d?opportunité, on ne peut écarter également la volonté de garder la maîtrise foncière de son
exploitation face aux craintes et incertitudes (quel genre de craintes ?)liées à ce projet public de
grande ampleur.
4.2.5 Le poids du segment agricole sur le marché notifié
Tableau 3 : Part du marché foncier agricole (en %)
Malgré des volumes départementaux généralement
en augmentation (points précédents), l?écart de
progression entre les volumes du marché foncier
agricole» (+ 3 % en nombre et + 7,5 % en surface
au niveau régional entre 2000-2001 et 2007-2008)
et le marché foncier total (+ 16 % en nombre et
17 % en surface) induit que la part de l?activité
foncière agricole diminue au profit des différents
marchés non agricoles.
Ainsi à l?échelle régionale et entre les 2 périodes de
référence, la part du marché agricole a perdu 5 points en nombre de transactions (de 51 à 46 %) et 6
points en surface (de 83 à 77 %). Si la demande en biens agricoles n?est désormais plus majoritaire
en nombre, les taux régionaux restent malgré tout supérieurs à la moyenne nationale (38 % pour les
transactions et 64 % pour les surfaces en 2007-2008).
page 51
DPT
Nombre Surface
00-
01 07-08 00-01 07-08
44 51 % 44 % 84 % 79 %
49 62 % 51 % 89 % 78 %
53 53 % 58 % 87 % 80 %
72 46 % 41 % 76 % 74 %
85 47 % 41 % 81 % 73 %
région 51 % 46 % 83 % 77 %
Carte 5 :
A l?échelle départementale (Tableau 3), le recul est compris entre 5 et 11 points en nombre et de 2 à
11 points en surface. Le Maine-et-Loire est le département où le poids du foncier agricole a le plus
reculé.
Dans la majorité des cantons, cette part est en diminution en 2007-2008 (carte 5), notamment dans
l?aire urbaine angevine mais aussi dans un grand nombre nombre de cantons ruraux où le marché
n?est désormais plus majoritaire comme c?était le cas en 2000-2001. Seul le département de la
Mayenne est épargné par cette évolution qui traduit une demande de plus en plus forte de foncier
naturel à des fins non agricoles.
page 52
Carte 6 :
En surface (carte 6), la part du marché agricole reste généralement dominante (+ de 65 % des
surfaces notifiées). Toutefois, on observe une baisse en gradient en se rapprochant des pôles urbains
et surtout une diminution plus massive au sein de la presqu?île guérandaise, des cantons du littoral et
du rétrolittoral vendéen ainsi que dans le Sud de la Sarthe.
4.3 Le marché forestier en 2007-2008
? Graphique 3
Le marché forestier (hors
landes et friches) est un
segment du marché assez
modeste dans la région Pays
de la Loire.
Avec un peu plus 1 000
transactions en 2007-2008
dans l?ensemble de la région,
le segment représente à peine
plus de 3 % des transactions
sur ces deux dernières
années.
En surface, plus de 6 500
hectares de terrains boisés ont
été notifiés à la SAFER ces
deux dernières années, soit
6,5 % des volumes.
page 53
Volumes du marché forestier
en 2000-2001 et 2007-2008
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
2100
44 49 53 72 85
2000-2001 nombre
2007-2008 nombre
2000-2001 surface
2007-2008 surface
Avec seulement 11 % de surfaces boisées, la région Pays-de-Loire reste très en dessous de la
moyenne des régions du Grand Ouest (15 %) et de la France Métropolitaine (28 %). Ce ratio explique
le faible dynamisme du segment. Toutefois, la part de la forêt privée (conditionnant le marché notifié
aux SAFER) est de plus de 88,5 % des surfaces boisées en région Pays-de-Loire, valeur largement
supérieure à la moyenne nationale (73,7 %) (source : Agreste).
A l?échelle départementale, le nombre de transactions est véritablement significatif ces deux dernières
années en Sarthe (graph 1) avec près de 500 transactions au total pour 2 100 hectares (7,5 % des
mutations et 11 % des surfaces notifiées), suivie du Maine-et-Loire (1 700 hectares, soit 8,2 % et 325
mutations soit 4 %) et de la Mayenne (1 450 hectares ; 7 %).
Les marchés forestiers de Loire-Atlantique et surtout de Vendée (moins de 2 % des transactions et
5 % des surfaces) sont des segments marginaux.
Ces différences de volume sont naturellement conditionnées par la surface boisée de chaque
département, le taux de boisement de la Sarthe étant plus de 3 fois supérieur (17,9 %) à celui de la
Vendée (5 %).
Malgré la faible part qu?il représente sur les volumes régionaux et départementaux, le marché forestier
est le segment ayant enregistré les plus importantes transactions en surface, ces deux dernières
années : plus de 325 hectares sur le canton de Mayenne Ouest, 277 hectares sur le canton du
Louroux Beconnais (49), 260 hectares dans le canton du Mans Est Campagne, 216 hectares dans le
canton de Gorron (53) et 202 hectares dans le canton de Derval,
Même si les mutations de moins de 10 hectares sont très nettement majoritaires (92 % des
transactions en 2007-2008 en SAFER Maine Océan contre 85 % au niveau métropolitain), l?un des
premiers constats observé sur le marché foncier forestier des Pays-de-Loire concerne l?augmentation
du nombre de grosses cessions ces dernières années.
En 2007-2008, plus d?une trentaine de mutations de plus de 50 hectares étaient enregistrées dans les
quatre départements d?intervention de la SAFER Maine Océan contre moins de 5 en 2000-2001 et
près de 60 étaient compris entre 10 et 50 hectares contre une quinzaine en début de décennie. Ce
sont ces transactions qui sont à l?origine de l?emballement des surfaces enregistrées sur le marché
ces deux dernières années (Graphique 3)
Le second constat est une augmentation sensible du nombre de transactions dans tous les
départements entre 2000-2001 et 2007-2008. Ce volume a été multiplié par deux en Sarthe et en
Vendée et de 4 à 6 dans les autres départements. L?ensemble des segments sont concernés par ces
augmentations et notamment les lots de moins de 2 hectares, principale fraction du marché (plus de
550 mutations ont été enregistrées en 2007-2008 à l?échelle de la SAFER Maine-Océan contre à
peine 300 en 2000-2001).
Plusieurs facteurs semblent expliquer l?augmentation des flux du marché ces dernières années :
- l'augmentation des prix du bois depuis 2006,
- l?encouragement des pouvoirs publics à investir dans la forêt via de nombreuses mesures
fiscales en vue de développer notamment une filière « bois » sous exploitée en France
métropolitaine en raison de ses intérêts environnementaux (bio-matériaux, énergie
renouvelables?),
- l?augmentation du prix des matières énergétiques ces dernières années qui a eu pour effet de
redonner un attrait pour les particuliers pour la forêt (bois de chauffage) expliquant
l?augmentation des transactions de « petites » superficies.
page 54
Carte 7 : un marché se calquant sur les grands massifs de la région
page 55
SECTION 5
Les prix des marchés
en 2007-2008
page 56
5.1 Les prix du foncier agricole
Carte 1
note : dans les tableaux de prix, « 2005 »=2004-2006 et « 2007 »=2006-2008
En « 2007 » :
moyenne régionale : 3 000 ¤/ha
moyenne nationale : 4 700 ¤/ha
Source : Terres d?Europe-Scafr d?après
Safer
Le prix moyen des terres et prés libres (non bâtis) en région Pays-de-Loire reste en « 2007 » très en
dessous de la moyenne nationale. Pour le dernier exercice, la différence avec la référence nationale
est d?environ 1 700 ¤/ha, écart que l?on observe dans la très grande majorité des régions orientées
vers l?élevage (Poitou-Charentes, Limousin, Bourgogne, Franche Comté).
L?évolution des prix départementaux en 2 ans (« 2005 »- « 2007 ») est globalement dans la moyenne
nationale (+ 9,6 %). Toutefois, la Mayenne continue de se détacher avec des prix qui ont progressé de
page 57
Terres et prés libres (prix/ha)
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 1 760 ¤ 1 920 ¤ 9%
Maine-et-Loire 2 350 ¤ 2 550 ¤ 9%
Mayenne 3 790 ¤ 4 450 ¤ 17%
Sarthe 3 260 ¤ 3 380 ¤ 4%
Vendée 2 340 ¤ 2 580 ¤ 10%
17 %. Dans ce département, les références tendent aux dires des conseillers fonciers SAFER, à
s?emballer (prix dépassant 10 000 ¤/ha dans certaines communes du nord-ouest, carte 1).
L?exceptionnelle pression agricole qui s?exerce dans ce département est liée à plusieurs facteurs dont
la nature même des exploitations agricoles en recherche d?augmentation de leur productions (petites
unités orientées dans l?élevage intensif), reprises par des jeunes, dynamiques (qui bénéficient de prêts
bonifiés), Elles sont confrontées à des problématiques environnementales fortes (zone en excédent
structurel dans la moitié Ouest du département), ce qui pousse à rechercher des surfaces
d'épandage.
Cette croissance des prix tend désormais à dépasser les frontières mayennaises puisque le nord-
ouest du Maine-et-Loire ainsi que la façade Ouest de la Sarthe semblent être influencés par ces
augmentations?
5.2 Les prix du foncier pratiqués sur les biens de loisirs
Carte 2
En « 2007 » :
moyenne régionale : 21 800 ¤/ha
moyenne nationale : 35 010 ¤/ha
Source : Terres d?Europe-Scafr d?après Safer
Les prix de marché des terrains de loisirs de moins de 1 ha continuent à monter dans les
départements littoraux où la valeur moyenne (environ 40 000 ¤/ha en « 2007 ») est deux fois
page 58
Terrains de loisirs (prix/ha)
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 23 480 ¤ 40 400 ¤ 72%
Maine-et-Loire 14 600 ¤ 18 800 ¤ 29%
Mayenne 17 730 ¤ 21 200 ¤ 20%
Sarthe 19 870 ¤ 20 500 ¤ 3%
Vendée 30 340 ¤ 38 400 ¤ 27%
supérieure à celle des autres départements. Ces augmentations sont liées notamment à
l?emballement des références dans les cantons littoraux mais aussi dans le rétrolittoral vendéen ou la
presqu?île guérandaise (carte 2).
Les prix sont également en augmentation dans les aires urbaines et particulièrement dans les
secteurs d'agriculture spécialisée (viticulture, maraîchage) où l'offre est plus faible. Ces augmentations
de prix expliquent peut-être le développement du marché des loisirs dans des territoires plus ruraux.
En raison d?une déprise agricole assez forte, les prix dans le sud manceau ne progressent guère,
l'offre étant abondante, ce qui entretient l'activité du marché en nombre de transactions.
5.3 La valeur moyenne des maisons à la campagne
Carte 4
En « 2007 » :
moyenne régionale : 206 000 ¤
moyenne nationale : 234 000 ¤
Source : Terres d?Europe-Scafr d?après Safer
Pour la première fois depuis le début de la décennie, l?évolution pluriannuelle des prix du marché des
maisons à la campagne n?est pas à deux chiffres.
Comme nous l?avions évoqué au cours des précédentes études, le rythme annuel d?augmentation des
prix du marché était compris en moyenne entre 10 et 15 % par an entre 2000 et 2006. Le tableau ci-
dessus indique la progression n?est que 3 à 8 % suivant les départements entre « 2005 » et « 2007 »
avec un recul de près de 2 % des références pour la Loire-Atlantique.
page 59
Maisons à la campagne
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 168 000 ¤ 165 000 ¤ -1,80%
Maine-et-Loire 159 000 ¤ 170 000 ¤ 6,90%
Mayenne 113 000 ¤ 119 000 ¤ 5,30%
Sarthe 128 000 ¤ 138 000 ¤ 7,80%
Vendée 146 000 ¤ 150 000 ¤ 2,70%
On assiste à un retournement de tendance du marché comme à l'échelle nationale.
5.4 Le prix des terrains constructibles (acquis par des particuliers)
En « 2007 » :
moyenne régionale : 8,60 ¤/m²
moyenne nationale : 14 ¤/m²
Les références de prix observées sur ce marché méritent d'être considérées avec précaution,
notamment dans les départements de la Mayenne et du Maine-et-Loire et dans la majorité des
cantons sarthois en raison de la faiblesse des volumes notifiés.
On rappelle qu'il s'agit de terrains a priori non viabilisés, ce qui explique en partie la faiblesse des prix.
Toutefois, l'une des principales certitudes concerne l'augmentation des prix malgré une conjoncture
peu favorable.
L'exemple le plus pertinent demeure le marché de Loire-Atlantique avec un resserrement des écarts
de prix entre Nantes, Saint Nazaire et le littoral . En Vendée, la proximité au littoral reste un facteur
explicatif de prix élevé mais l'on observe une progression sensible des références à l'intérieur des
terres, mais de manière moins marquée dans la frange orientale du territoire.
page 60
Terrains constructibles m² (particuliers)
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 18,2 ¤ 23,7 ¤ 30%
Maine-et-Loire 8,4 ¤ 12,9 ¤ 53%
Mayenne 3,7 ¤ 10,2 ¤ 276%
Sarthe 6,2 ¤ 8,5 ¤ 36%
Vendée 17,7 ¤ 21,0 ¤ 19%
II.
Analyse par aires urbaines
page 61
Avertissement :
L?analyse du marché et le rendu cartographique qui suivent sont issus d?un traitement pluriannuel à
l?échelle communale sur deux périodes (1999-2003 et 2004-2008), de manière à s?assurer à disposer
de volumes si possible conséquents.
Néanmoins, l?interprétation des données foncières traitées à l?échelle communale doit être prise avec
un certain recul au regard de la faiblesse des échantillons considérés et de l'hétérogénéité des biens,
qui entraînent une grande variabilité des tendances d?évolution, notamment en surface.
page 62
SECTION 1
Les volumes du marché agricole et rural
page 63
1.1 Les volumes notifiés
1.1.1 Le nombre de transactions : comparaisons
? Graphique 1 :
Nombre de notifications enregistrées
par périmètre depuis 1999
6980
3779
1194
5025
2401
8025
4125
1372
5286
2341
500
1500
2500
3500
4500
5500
6500
7500
8500
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Une dynamique forte au sein de l?aire urbaine nantaise
Avec un volume de transactions en progression de 15 % en 2004-2008 par rapport à 1999-2003,
l?activité foncière observée au sein de l?aire urbaine nantaise est nettement supérieure aux
dynamiques enregistrées dans les aires urbaines mancelles (+ 5 %) ou angevine (+ 9 %).
Ce niveau de progression à Nantes est d?autant plus important que les volumes enregistrés en début
de décennie étaient déjà conséquents (Graphique 1). A titre d?exemple, la progression du nombre de
mutations dans le périmètre du SCOT Laval-Loiron est également de 15 %, mais pour un volume
2004-2008 presque 7 fois moins important.
Dans ce contexte de nettes hausses du marché de l?aire urbaine nantaise et du périmètre lavallois
(3 %/an depuis 2004) et de hausses plus modérées pour Angers ou Le Mans (de 1 à 2 %/an), l?activité
foncière sur le littoral vendéen (SCOT Saint-Gilles-Croix-de-Vie- Les Sables d?Olonne) est la seule a
avoir légèrement reculé (- 2,5 %).
page 64
Carte 1 :
La cartographie ci-dessus (carte 1) confirme que les marchés communaux les plus importants en
1999-2003 tels qu?Héric, Saint-Etienne-de-Montluc, Saint-Philbert-de- Grand-Lieu, Saint-Julien-de-
Concelles en Loire-Atlantique, Changé, Parigné-l?Evêque en Sarthe, Olonnes-sur-Mer ou Saint-
Hilaire-de-Riez en Vendée (plus de 150 transactions) le restent en 2004-2008 mais avec des volumes
qui deviennent comparables avec ceux des communes voisines telles que Nort-sur-Erdre, Vigneux-
de-Bretagne ou Saint-Mars- d?Outillé.
L'évolution des marchés communaux constatée au niveau de l'aire urbaine apparaît donc globale pour
l?aire urbaine nantaise, forte et ciblée dans le sud-est manceau et faible et répartie dans l?aire urbaine
angevine ou les périmètres mayennais et vendéen (le seul en baisse).
La croissance de ces volumes qui témoigne de l?augmentation de la demande en matière de foncier
agricole ou naturel s?explique par le développement de certains marchés comme nous le verrons
ultérieurement. Toutefois, l?importance des écarts entre communes est d?abord d?origine structurelle.
Ainsi, on peut observer que les volumes communaux du marché nantais sont, quelle que soit la
période considérée, de deux à cinq fois supérieurs aux volumes de la plupart des communes
angevines, lavalloises ou mancelles. Cet écart s?explique tout simplement par l?importance de la
superficie des communes nantaises qui influe logiquement sur l?importance des volumes. A titre
d?exemple, si l?aire urbaine nantaise est la plus importante (environ 232 000 hectares), elle ne compte
que 82 communes contre 89 communes pour l?aire urbaine angevine (152 000 ha) ou 101 communes
pour l?aire mancelle (163 000 ha).
Comme nous l?avions précisé dans le volet régional de la présente étude, la structure parcellaire est
elle aussi un facteur influant fortement sur les volumes du marché.
D?après le traitement des bases MAJIIC 2 de 2007, la surface moyenne des parcelles au sein de l?aire
urbaine nantaise ou du périmètre vendéen oscille entre 2 500 et 5 000 m² (hors communes urbaines)
alors que cette surface est, par exemple, comprise entre 5 000 et 7 500 m² dans l?aire urbaine
angevine et entre 7 500 et 10 000 m² dans l?aire urbaine mancelle ou le périmètre du SCOT lavallois.
Ces écarts influent donc d?autant plus sur les volumes qu?il faut par hypothèse réaliser deux à trois fois
plus d?acquisitions (si le propriétaire est différent) pour constituer un îlot d?un hectare dans l?aire
nantaise que dans les autres territoires.
page 65
La connaissance de la structure du parcellaire est donc essentielle à la compréhension des volumes
surtout lorsqu?elle se combine aux spécificités du terroir local : secteurs viticoles de l?est nantais et du
sud angevin ou forestier du sud-est manceau?
1.1.2 les surfaces notifiées
? Graphique 2 :
Surface totale notifiée (ha)
par périmètre depuis 1999
10699
9459
6021
13025
4040
11626
9517
5825
12496
3093
500
1500
2500
3500
4500
5500
6500
7500
8500
9500
10500
11500
12500
13500
14500
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Forte ouverture dans l?aire nantaise, effondrement dans le périmètre vendéen
En raison probablement d?un volume de transactions en forte progression, l?aire urbaine nantaise est
le seul des 5 territoires où le marché foncier s?est ouvert en surface en 2004-2008 par rapport à 1999-
2003 (+ 11,5 %). Dans les autres périmètres, les volumes sont, au mieux, restés stables en surface
dans l?aire urbaine angevine (Graphique 2), mais ont généralement reculé, sensiblement comme dans
l?aire urbaine mancelle ou le périmètre lavallois (- 3 à ? 4 %) voire se sont effondrés dans le littoral
vendéen (- 24,5 %). Pour l'aire vendéenne, la fermeture en surface est particulièrement forte
comparée à la quasi-stagnation du nombre de transactions.
Des volumes en hausse aux marges des périmètres
La carte 2 (ci-dessous) illustre les surfaces notifiées dans chaque commune entre nos deux périodes
de référence.
L?une des principales tendances que l?on observe à l?échelle locale, malgré les écarts de progression
du marché entre chacun des 5 périmètres, est l?augmentation des surfaces notifiées en 2004-2008
dans la majorité des communes situées aux marges des aires urbaines nantaise, angevine et à
moindre degré lavalloise et une plus grande hétérogénéité pour les communes de la deuxième ou
troisième couronne (notamment entre le nord et le sud du Mans).
Le périmètre du SCOT vendéen apparaît être la seule zone où les volumes sont en recul partout.
page 66
Carte 2
A ce titre, la surface agricole utile (SAU) et les superficies naturelles expliquent en grande partie,
quelle que soit la période considérée, les différences de volumes entre les communes (rapport allant
parfois de 1 à 6) et influent par répercussion sur le nombre et la surface des ventes notifiées à la
SAFER.
Toutefois, on peut observer que si l?écart est important en nombre de transactions, entre l?aire urbaine
nantaise et les aires mancelle ou angevine par exemple, il l?est beaucoup moins en surface puisque le
périmètre manceau est le plus actif sur cette variable (12 500 ha en 2004-2008) et l?écart avec l?aire
urbaine angevine (9 500 ha contre 11 600 ha pour le nantais) n?est pas proportionnellement aussi
important que la différence de superficie entre les deux aires (152 000 ha contre 237 000 ha).
Ces nuances s?expliquent par plusieurs facteurs:
- le ratio entre la SAU et la superficie communale dépasse rarement 30 % dans les communes
périurbaines nantaises (d?après le RGA 2000) ;
- l?importance des cultures spécialisées dans l?aire urbaine nantaise (viticulture et maraîchage)
qui traditionnellement mutent moins et concernent des exploitations de petite surface ;
- le taux particulièrement élevé de fermage en Loire-Atlantique conduit à une fermeture du
marché, les agriculteurs n'ayant pas besoin d'acheter des terres pour les exploiter ;
- l?importance des massif forestiers au sud-est de l?aire urbaine mancelle qui sont des moteurs
de l?activité foncière en surface (en raison il est vrai de quelques mutations très importantes).
page 67
1.1.3 La surface moyenne notifiée
Carte 3
Des lots plus petits
Dans l?ensemble des aires et périmètres, la surface moyenne des lots notifiés est en baisse en 2004-
2008 par rapport à 1999-2003 :
- pour Laval, celle-ci est de 4,2 hectares contre 5 en début de décennie ;
- dans les aires urbaines mancelle et angevine, la surface moyenne comme le niveau de
diminution sont similaires : de 2,5 hectares à 2,3 hectares ;
- pour le périmètre vendéen, la chute est proportionnellement assez marquée : de 1,7 ha à
1,3 ha ;
- dans l?aire urbaine nantaise, cette taille moyenne du lot ne régresse que faiblement (de
1,55 ha à 1,45 ha).
Cette baisse semble géographiquement concerner la moitié nord de l?aire urbaine mancelle, le sud et
l?est angevin, l?ouest lavallois, la première couronne nantaise et le périmètre vendéen dans sa
globalité.
Au-delà de cette baisse de surface du lot moyen notifié (qui est liée dans la plupart des communes à
une dynamique plus forte des marchés non agricoles à laquelle s'ajoute une baisse de surface
moyenne des marchés non agricoles), on observe que structurellement le lot moyen nantais ou
vendéen reste d?un hectare inférieur aux marchés angevins ou manceaux, et de 3 hectares par
rapport au marché lavallois.
Cette différence confirme l?incidence de la structure du parcellaire sur le marché.
On peut d?ailleurs observer à l?intérieur de certains périmètres les nuances concernant la taille des lots
notifiés : une distribution classique en couronnes dans l?aire urbaine nantaise avec une diminution de
la taille des lots vers le centre et une répartition plus hétérogène au sein de l?aire angevine entre
l?ouest où les propriétés sont grandes et les parcelles aussi, et le sud avec des secteurs viticoles à
microparcellaire.
page 68
SECTION 2
Le marché des maisons à la campagne et des
espaces de loisirs
page 69
2.1 L?activité du marché des maisons à la campagne
2.1.1 le volume de transactions
Nombre de transactions
par périmètre depuis 1999
493
412
201
834
362
911
430
226
859
407
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
« Boom » des transactions dans l?aire nantaise?
Le niveau de progression du marché des « maisons à la campagne » dans l?aire urbaine nantaise a
été exceptionnel entre 1999-2003 et 2004-2008 (Graphique 1).
Le nombre de transactions a ainsi presque doublé (+ 85 %) entre les deux périodes alors que les
rythmes sont nettement plus modérés pour l?aire urbaine angevine ou mancelle (+ 3 à 4 %) et les
périmètres lavallois et vendéen (+ 12,5 %). En prenant en référence l?année 2003, le marché nantais a
ainsi progressé de 17% par an entre 2004 et 2008 contre à peine 1 % pour Le Mans ou Angers ou
2,5 % pour les deux autres secteurs.
? qui témoigne de sa croissance démographique
Ce niveau de progression exceptionnel du marché des maisons à la campagne nantais témoigne de la
dynamique démographique soutenue de cette aire urbaine.
D?après une étude comparative menée par l?Agence d?Urbanisme d?Angers (« Population » de mars
2009), concernant l?évolution de la population dans les aires urbaines de l?Ouest de la France, le
rythme de progression annuel de la population de l?aire urbaine nantaise était de 1,05 % par an entre
1999 et 2006, soit un taux deux fois plus élevé que pour l?aire angevine (0,54 %) ou mancelle (0,5 %).
Cette dynamique démographique nantaise est d?autant plus importante qu?elle est essentiellement due
au solde migratoire très largement positif (0,6 point /an) contrairement aux aires urbaines mancelles
ou angevines (où il est nul ou négatif).
Une étude de l?Agence d?urbanisme de la Agglomération nantaise de 2005 (Aire urbaine de Nantes :
dynamisme démographique de 1999 à 2005 et projection de la population en 2020), illustrait plus
précisément la dynamique démographique interne de cette aire, avec une augmentation de la
population au sein du périmètre de « Nantes métropole » de 3,9 % (entre 1999 et 2005) et de plus de
16 % en moyenne dans le reste du territoire.
page 70
A ce facteur démographique essentiel pour comprendre l?emballement du marché nantais s?y sont
adjoints d?autres facteurs que l?on retrouve dans la majorité des autres territoires :
- les départs à la retraite de nombreux agriculteurs de la génération du papy-boom, départs qui en
l?absence de repreneur, ont ouvert le parc potentiel des maisons à la campagne,
- les campagnes de mises aux normes des bâtiments agricoles (voir section II de la partie étude
régionale),
- la flambée des prix de l?immobilier urbain depuis 1998.
Carte 1
La carte 1 illustre la croissance de l?activité foncière au sein de l?aire urbaine nantaise en 2004-2008.
On peut observer que cette croissance concerne la quasi totalité des communes situées au nord de la
Loire alors que le marché reste plus modéré dans la partie sud (comme en 1999-2003).
Un élément qui doit être relevé est l'expansion du marché dans la partie nord : concentré dans
quelques communes de la seconde couronne en 1999-2003 (Vigneux-de-Bretagne, Saint-Julien-de-
Concelles, la Chapelle-Basse-Mer), le marché s'est particulièrement développé dans les communes
de la troisième et quatrième couronne, avec pour colonne vertébrale les grands axes structurants de
la Loire Atlantique, à savoir Nantes-Saint-Nazaire (RN 165) et Nantes-Rennes (RN 137).
Par ailleurs, l'offre semble plus limitée dans le sud de l'agglomération, compte tenu du nombre moins
important d'exploitations dans le pays de Retz et de la spécialisation des biens dans les secteurs
viticoles et maraîchers.
page 71
Carte 2
La progression du marché n?est pas aussi lisible dans les autres territoires.
La cartographie du marché angevin est quasi similaire entre les deux périodes étudiées avec un
marché assez symbolique dans la majorité des communes (rythme de une ou deux ventes par an et
par commune), si ce n?est dans les basses vallées angevines où le parc des potentielles maisons à la
campagne reste sans doute alimenté par la déprise agricole. On peut rappeler que le marché angevin
est plus restreint ces dernières années en raison d?un développement plus ancien du marché (années
1990 selon les notaires) réduisant le stock de biens potentiellement « notifiables » à la SAFER pour la
décennie 2000-2009.
Le recul de la dynamique démographique angevine qui concerne également son solde migratoire
(sauf au nord-est, autour de Tiercé) peut expliquer également la stabilité du marché .
Au sein du périmètre du SCOT Laval-Loiron, le marché n?est pas suffisamment conséquent pour tirer
des conclusions. On peut toutefois noter un certain effondrement dans le secteur de Loiron tandis que
la commune de Changé a absorbé près du quart du marché entre 2004 et 2008.
Pour le périmètre du SCOT vendéen, on peut souligner que le marché reste concentré dans la partie
nord, notamment dans les communes de Saint-Hilaire-de-Riez et de Commequiers. Toutefois
l?amélioration du réseau de voirie semble avoir été un facteur de développement du marché,
notamment dans les communes du rétro-littoral tels que le Le Fenouiller, Givrand et l?Aiguillon-sur-Vie.
page 72
Carte 3
Le marché dans l?aire urbaine mancelle (carte 3) reste concentré essentiellement dans la partie Est et
Sud-Est du territoire autour des communes de Parigné-l?Evêque, Changé, Savigné-l?Evêque et Yvré-
l?Evéque. On observe également une diffusion de ce marché dans les communes du sud, notamment
autour de Cérans-Foulletourte.
Au sein de cette aire, l'activité de ce marché reste probablement, influencée par les axes structurants
de l?Est manceau (autour de l?A28), combinée à la déprise agricole qui alimente le marché et à la
pression urbaine.
On peut observer que dans les secteurs où l?activité agricole reste dynamique, le marché des maisons
à la campagne ne progresse pas (à l?ouest) ou régresse (au nord) en raison de la fermeture de l'offre.
2.1.2 La flambée des prix se confirme partout
carte 3
page 73
L?augmentation des prix de l?immobilier urbain a affecté également le prix des maisons à la
campagne.
Une comparaison de la valeur moyenne pratiquée entre les deux périodes de référence démontre la
croissance des références, qui ont généralement plus que doublé:
- De 90 k¤ à 190 k¤ dans l?aire urbaine nantaise
- De 95 k¤ à 220 k¤ dans l?aire angevine
- De 70 à 145 k¤ dans l?aire mancelle
- De 75 à 150 k¤ dans le périmètre lavallois
- De 80 à 180 k¤ dans lé périmètre vendéen
Cette comparaison des références doit d?ailleurs être prise avec précaution, car sur la période
considérée, le point haut a été atteint en 2007 ou 2008 selon les territoires. La comparaison sur des
périodes de cinq ans lisse donc des variations très différentes d'une année sur l'autre, avec des taux
annuels approchant de 15 % entre 2004 et 2007 suivi d'un début de retournement à partir de mi-2007.
Le faible nombre mensuel de ventes par aire étudiée ne permet pas de déterminer le moment du
retournement avec précision.
La carte 3 illustre cette progression des prix entre les deux périodes qui aboutit à une distribution en
couronnes à partir des villes centres et du littoral, avec des prix plus élevés le long de certains grands
axes.
carte 4
Une des incidences de l?augmentation des prix du marché est la réduction de la surface moyenne
notifiée : dans l?aire urbaine nantaise ou mancelle, le bien moyen couvrait en 2004-2008 une surface
de terrain de 6 000 m² contre 7 500 m² en 1999-2003.
On retrouve cette baisse dans l?aire angevine (de 11 000 à 10 000 m²) ou dans le périmètre vendéen
(6 000 à 5 400 m²). Seul le périmètre lavallois enregistre une augmentation (de 10 000 à 12 0000 m²)
liée essentiellement à quelques ventes de grands terrains, ce qui fausse la moyenne.
page 74
2.1.3 Les primo-accédants restent généralement les moteurs du marché
Carte 4
Dans un contexte d?augmentation plus ou moins conséquente du marché des maisons à la campagne,
le pourcentage d'acquisitions réalisées a priori par les primo-accédants, et plus particulièrement par
les acquéreurs de moins de 35 ans, est soit en recul comme à Angers (de 51,5 % à 38,5 % des
acquisitions entre les deux périodes) ou Laval (62 à 50,5 %), soit se déplace : la distribution
géographique se modifie comme à Nantes ou Le Mans avec une très forte concentration de leurs
acquisitions aux marges de l?aire urbaine au détriment des communes de la seconde ou de la
troisième couronne.
La carte 4 illustre cette nouvelle distribution ou ce recul. Malgré ces baisses, le marché des maisons à
la campagne reste tiré par les acquéreurs de moins de 35 ans, puisqu?ils sont à l?origine de plus de
58 % des acquisitions en 2004-2008 à l?échelle de l?aire nantaise (contre 62 % en 1999-2003) et ils
restent également majoritaires au sein de l?aire urbaine mancelle (taux stabilisé à 53 %).
L?exceptionnelle activité du marché nantais, alimentée par les jeunes primo-accédants, n?est pas un
phénomène immobilier atypique puisqu?il s?inscrit dans un processus plus large de « l?exode urbain
des jeunes couples en Loire-Atlantique »* lié notamment à l?emballement des prix de l?immobilier
urbain (* titre de la publication universitaire de Danielle Rappetti dans la revue « Mappemonde »
d?avril 2007).
Le marché du périmètre vendéen est le seul à ne pas être alimenté par la demande des jeunes en
majorité primo-accédants (seulement 37,5 % des acquisitions en 2004-2008 contre 42 % en 1999-
2003). Comme nous l?avions évoqué dans le cadre de l?étude régionale, il ne s?agit pas d?une
spécificité propre au secteur mais d?un phénomène assez récurrent dans les zones littorales où
l?activité du marché est motivée par l?acquisition de résidences secondaires par des acquéreurs plus
âgés et en provenance d'autres régions, dont les moyens financiers sont plus élevés.
page 75
2.2 L?activité du marché des terrains de loisirs
2.2.1 Les volumes du marché
L?activité foncière du marché des terrains de loisirs n?a pas enregistré entre les deux périodes
étudiées une envolée spectaculaire comme celle observée pour le marché des maisons à la
campagne dans l?aire urbaine nantaise (+ 87 %).
Le marché a néanmoins progressé de plus de 5,5 % dans l?aire angevine, de près de 8 % dans l?aire
nantaise, de 19 % pour l?aire mancelle et de 25 % pour le périmètre lavallois (avec des volumes qui
restent malgré tout très faibles dans ce territoire). Le littoral vendéen est le seul territoire enregistrant
un certain recul (-14 %).
Si le niveau de progression du nombre de transactions sur les biens de loisirs est, en dehors du cas
vendéen, largement au-dessus de la moyenne du marché global (voir paragraphe 1.1.1), les
présentes statistiques mettent en évidence une relative baisse d?activité du marché des espaces de
loisirs depuis 2006 dans ces territoires, contrecoup de la hausse continue des valeurs de l?immobilier
(voir la partie analyse régionale section II).
Carte 5
page 76
Nombre de transactions
par périmètre depuis 1999
1934
1051
186
1246
714
2083
1110
233
1484
617
0
150
300
450
600
750
900
1050
1200
1350
1500
1650
1800
1950
2100
2250
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
La distribution géographique du marché des terrains de loisirs n?est pas structurée de manière
concentrique et elle s?appuie généralement (carte 5) sur les zones naturelles de chaque territoire, à
l?exception peut-être du marché lavallois où l?activité foncière est uniforme.
Carte 6 :
les volumes du marché dans l?aire nantaise et le périmètre SCOT de Saint- Gilles-Croix-de- Vie
La distribution géographique du développement du marché nantais (carte 6) révèle que le marché est
en progression dans l?ensemble des communes, notamment dans les communes de la première et
seconde couronne .
L?importance et la dynamique du marché des loisirs nantais est liée à plusieurs facteurs qui sont :
? la nature du parcellaire local (petites parcelles) très favorable structurellement au
développement de ce marché,
? la croissance démographique
? l?expansion de l?habitat sur le territoire (puisqu?il s?agit souvent d?un marché de complément lié
à la résidence principale ou secondaire), comme en témoignait le marché des maisons à la
campagne,
? enfin, la présence d'espaces naturels attractifs que sont la vallée de la Loire, son estuaire, le
lac de Grand Lieu ou la vallée de l?Erdre. La motivation « chasse et pêche » explique
généralement les volumes plus élevés dans ces communes avec parfois l'achat pour
installation de bungalows (le long de l?Erdre notamment).
La distribution du marché dans le périmètre vendéen est assez classique pour un territoire littoral.
L?activité se concentre dans les communes littorales. L?explication du recul de l?activité foncière dans
ce périmètre tend probablement à se justifier par l?augmentation des prix du foncier (voir sous-chapitre
suivant), mais surtout par la rétention foncière de la part des propriétaires qui aboutissent à des
friches spéculatives.
Apparemment, les communes concernées n'auraient pas mis en place de dispositif de maîtrise
foncière (convention de veille foncière avec les SAFER).
page 77
Carte 7 : les volumes du marché dans l?aire urbaine angevine
La distribution géographique du marché angevin est plus conditionnée par les espaces naturels de ce
territoire que par l?expansion de l?habitat.
On retrouve des marchés actifs dans les basses vallées angevines au nord, expansion facilitée par
une déprise foncière agricole, et dans les communes ligériennes ou bordant l?Authion au sud
(motivations : chasse ?pêche et cheval pour le loisir).
Carte 8 : les volumes du marché dans l?aire urbaine mancelle
A l?inverse du marché angevin, le marché manceau est nettement plus conditionné par le
développement de l?habitat dans le sud et l?est du territoire. On observe à ce titre que les foyers de
développement du marché sont assez proches de ceux du marché des maisons à la campagne.
page 78
Avec un mitage important et une pression urbaine forte, les motivations d?acquisition sont
essentiellement orientées vers l?acquisition de la parcelle contiguë à son logement afin de conforter sa
tranquillité. L?activité cheval de loisir (mise au pré) est un second élément motivant ce type
d?acquisition par des particuliers.
Le niveau d?activité du marché dans les communes traversées par la Sarthe ou l?Huisne n?est pas
particulièrement élevé. Ce marché existe depuis longtemps dans ces espaces, ce qui a abouti à une
baisse de l'offre.
2.2.2 Les prix du marché
Carte 9
A l?image du marché des maisons à la campagne, la valeur moyenne des terrains de loisirs a plus que
doublé voire presque triplé entre les deux périodes considérées.
- De 0,75 ¤/m² en 1999-2003 à 2,5 ¤/m² en 2004-2008 dans l?aire urbaine nantaise
- De 0,6 ¤/m² à 1,4 ¤/m² dans l?aire angevine
- De 0,85 ¤/m² à 2 ¤/m² dans l?aire mancelle
- De 1,1 à à 2,5 ¤/m² dans le périmètre lavallois
- De 2,5 à 5,6 ¤/m² dans le périmètre vendéen
Ces augmentations ne sont toutefois pas spatialement uniformes : les prix ont augmenté massivement
dans toute l?aire nantaise et les périmètres lavallois et vendéen. La distribution reste plus concentrique
autour d?Angers, tandis que les prix les plus élevés constatés dans l?aire urbaine mancelle sont
observés dans les communes du nord et de l?ouest .
page 79
Carte 10
Carte 11
L?incidence de cette augmentation des prix foncier à des fins de loisirs est double et est assez
similaire à ce que l?on a pu observer sur le marché des maisons à la campagne.
En premier lieu, la surface moyenne achetée est en sensible diminution, notamment dans l?aire
mancelle (de 4 500 à 4 000 m²), nantaise (de 2 600 à 2 400 m²), les périmètres lavallois (3 500 à
3 300 m²) ou vendéen (2 600 à 2 400 m²) mais se maintient dans l?aire angevine (3 000 m²).
page 80
En second lieu, l?augmentation des références des prix de terrain de loisirs semble avoir fait reculer
les jeunes acquéreurs (carte 11) aux marges des territoires, les exemples manceau et nantais étant
les plus manifestes.
2.3 Le poids pris par les marchés des loisirs et des maisons à la campagne en
surface
Surface cumulée (ha)
par périmètre depuis 1999
887
794
292
1404
389
1063
805
367
1410
354
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Dans ce contexte d?augmentation du nombre de transactions observé sur le marché des loisirs et des
maisons à la campagne dans tous les départements (sauf en Vendée pour les loisirs), les surfaces
correspondantes à ces deux segments ont progressé proportionnellement selon une même
dynamique, à l?exception du département sarthois :
- Dans l?aire urbaine nantaise, les surfaces notifiées sur ces deux marchés ont augmenté de
près de 20 %* entre les deux périodes contre 23,5 %* en nombre de transactions (*cumul
des deux segments).
- Au sein du périmètre lavallois, les surfaces ont augmenté de 25,6 % (18,5 % en nombre).
- Dans l?aire urbaine angevine, les surfaces sont restées quasi stables alors que le volume de
transaction a augmenté (+ 5,5 %)
- Le périmètre vendéen enregistre une baisse de près de 9 % (- 5 % en nombre)
- Dans l?aire mancelle, l?écart est plus important puisque les surfaces sont restées quasi
constantes (+ 0,5 %) alors que le volume de transactions a progressé de plus de 12 % (ce
qui induit que la surface moyenne des lots notifiés s?est réduite).
Les surfaces notifiées augmentent dans le périmètre lavallois sous les effets cumulés de la
progression du nombre de transactions sur les deux segments tandis que le marché nantais
progresse en surface en raison de l?exceptionnelle croissance du nombre de mutations des maisons à
la campagne.
Il faut toutefois rester assez mesuré sur l?incidence de ces progressions au regard des volumes
considérés dans certains périmètres (notamment lavallois).
page 81
Carte 12
En 2004-2008, les deux marchés ne représentent « que » 6,5 % de la surface totale notifiée dans le
périmètre du SCOT lavallois (3,8 % en 1999-2003). Dans les autres territoires, cette part est compris
entre 8,5 % (Angers) et un peu plus de 11 % (Le Mans) ces cinq dernières années, taux qui n?ont
finalement augmenté que de quelques dixièmes de point.
Si la part en surface des deux segments n?a pas spectaculairement augmenté à l?échelle des aires et
périmètres SCOT, on observe un certain bouleversement dans la distribution géographique du poids
des ces deux segments.
La carte 12 illustre que la part de ces deux segments s?est accrue en 2004-2008 dans les communes
de la première couronne urbaine (plus du quart des surfaces notifiées), alors que cette part est
devenu assez marginale ailleurs (moins de 5 % dès la troisième couronne). Seul le périmètre vendéen
échappe à cette logique en raison d?un effondrement plus important des surfaces agricoles notifiées
par rapport à ces deux marchés.
Si le poids plus ou moins important en surface de ces deux marchés reste généralement conditionné à
la dynamique du marché agricole, on peut également estimer que l?augmentation générale des prix du
foncier sur ces segments non agricoles est à l'origine de la baisse observée, notamment dans les
communes périurbaines (voir chapitre 2.1.2 et 2.2.2).
En raison de la disparition de l?activité agricole et de la présence d?acheteurs à fort pouvoir d?achat, ce
marché représente plus du quart du marché notifié dans les communes de la première couronne.
page 82
Carte 13
Le but de cet indicateur (cf. annexe pour sa définition) est de mettre en évidence les espaces où le
marché des biens résidentiels ou de loisirs exerce une forte pression sur l'espace agricole qui est
censé le rester d'après les documents d'urbanisme,
On retrouve des phénomènes classiques : pression forte dans les grandes agglomérations qui décroît
avec l'éloignement au centre (Angers et Nantes) ou du littoral vers le rétro-littoral (Vendée).
La pression se concentre sur quelques communes autour de Laval mais est finalement assez faible
dans cette ville-centre,
Enfin, l'agglomération du Mans présente une structure originale, avec une spécialisation des
espaces : la pression est forte au sud-est et dans quelques communes du sud-ouest de
l'agglomération et relativement faible et en diminution dans le quart nord-ouest. La spécificité de cet
espace, qui apparaît déjà exceptionnel pour de nombreux indicateurs, ne fait que se confirmer,
Par ailleurs, quelle que soit l'agglomération, la pression semble préférentiellement concerner les
communes proches de grands axes de circulation, notamment à Nantes, Angers et le Mans.
L'intensité de la pression semble avoir diminué dans la plupart des espaces entre les deux périodes, à
l'exception notable du quart sud-est de l'agglomération du Mans.
page 83
SECTION 3
Le marché de l'urbanisation
page 84
3.1 L?activité du marché
3.1.1 Les volumes artificialisés
L?évolution des surfaces artificialisées dans les cinq territoires étudiés est particulièrement
hétérogène.
Dans l?aire urbaine nantaise ou le périmètre vendéen, les surfaces artificialisées ont progressé
respectivement de 41 % et de 72 % entre les deux périodes considérées (graphique ci-dessus). A
contrario, l?aire urbaine mancelle enregistre une baisse de plus de 37 % tandis que la situation reste
assez stable pour l?aire angevine (-2 %) ou lavalloise (+5 %).
La très forte hétérogénéité de l?évolution de ces volumes s?explique d?abord par l'évolution de la
distribution spatiale de ce marché.
Sur la carte 14 (ci-après), on peut observer que les volumes ont particulièrement augmenté dans les
communes périurbaines et plus particulièrement rurales de l?aire urbaine nantaise et dans les
communes du rétro-littoral pour le périmètre vendéen.
Dans l?aire urbaine mancelle, les communes où les flux de ce marché sont importants sont grosso
modo les mêmes dans les deux périodes (les communes traversées par l?A28) mais avec une baisse
d'activité particulièrement importante depuis 2004.
Dans l?aire urbaine angevine, les surfaces artificialisées n?étaient véritablement significatives que dans
quelques communes de première couronne entre 1999 et 2003 : Saint-Sylvain- d?Anjou ,Trélazé ,
Beaucouzé (plus de 40 ha par commune). Entre 2004 et 2008, l?activité du marché semble se
concentrer dans un pôle à l?ouest d?Angers.
Le périmètre lavallois est le seul territoire qui conserve une distribution stable en couronne des flux du
marché autour de la ville-centre.
page 85
Surface artificialisée (ha)
par périmètre depuis 1999
971
678
782
1600
394
1370
666
825
1014
677
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Carte 14
Carte 15
Carte 15
A l?image des marchés non agricoles évoqués précédemment (loisirs et « résidentiels ») , la part du
marché de l?urbanisation a particulièrement progressé dans les communes de la première couronne et
de la seconde couronne urbaine (carte 15). En 2004-2008, les surfaces notifiée ayant pour objet une
urbanisation future représentent au minimum le dixième du marché dans ces communes.
On enregistre cependant des tendances d?évolution différentes : dans l?aire urbaine mancelle, le poids
relatif du marché diminue ces 5 dernières années autour de son pôle urbain et dans le quart sud-est
page 86
alors que dans l?aire urbaine nantaise, cette part de marché est désormais importante jusqu?aux
marges du périmètre.
L?augmentation du poids du marché de l?urbanisation dans les communes du rétro-littoral vendéen
semble liée à la fermeture du marché foncier agricole.
3.1.2 Les tendances par périmètre
Carte 16 : les volumes du marché dans l?aire nantaise et le périmètre SCOT de Saint-Gilles-
Croix-de-Vie
? aire urbaine nantaise : un marché tiré par les collectivités
L'augmentation de surfaces artificialisées dans l'aire nantaise s'explique avant tout par une acquisition
nettement plus importante des collectivités (et assimilées) ces cinq dernières années.
En 1999-2003, elles avaient pris un peu plus du tiers de surfaces du marché avec des volumes
comparables aux personnes morales privées. En 2004-2008, elles sont à l'origine de plus des deux
tiers du marché notifié avec des volumes qui ont presque été multipliés par 2,5 par rapport à la
période antérieure (et par 3 en nombre d'acquisitions).
L'intervention des personnes morales privées (dont les promoteurs) est en augmentation en surface
mais leur part reste assez similaire sur les deux périodes. Les effets de la crise économique actuelle
ont commencé à impacter ces acteurs du marché, ce qui se traduit par un certain recul de leur activité
en 2008 (au final, le nombre d'acquisitions réalisé par cette catégorie est équivalent entre les deux
périodes).
Les surfaces acquises par les personnes morales privées ont été multipliées par trois (et par deux en
nombre) entre les deux périodes, mais elles ne représentent plus que 15 % des surfaces artificialisées
avec un impact souvent marginal à l'échelle communale (une vente par an en moyenne).
Comme nous l'avions évoqué dans l'étude régionale, on observe que les surfaces achetées par les
collectivités en vue d'étendre l'habitat et plus généralement de créer ou d'agrandir une zone d'activités
portent sur des lots conséquents au nord de la Loire tandis que les biens achetés au sud sont
généralement plus modestes.
page 87
L'intervention des collectivités sur ce marché s'est amplifiée depuis 2004 dans la majorité des
communes alors que les promoteurs immobiliers historiquement plus actifs dans la première couronne
urbaine et au sud de la Loire investissent dans les communes situées au nord de l'aire urbaine ou
périphériques à Notre-Dame-des-Landes.
? Périmètre vendéen
L'urbanisation reste depuis le début de la décennie soutenue autour de l'agglomération des Sables-
d'Olonne. Le développement du Vendéopôle, des zones d'activités, de lotissements et plus
récemment du Pôle Santé (Château-d'Olonne et Olonne-sur-Mer) restent les piliers de l'activité de ce
marché foncier.
Sur le secteur de la Communauté de Communes du Pays des Achards, l'urbanisation reste
essentiellement liée à l'agrandissement de la zone d'activités intercommunautaire bordant la RN 160
ces quatre dernières années.
Plus au nord, l'activité a été particulièrement soutenue depuis 2004 sur la commune de Coex
essentiellement en raison du développement du pôle « Golf ».
Carte 17
? aire urbaine angevine: un marché stable en volume malgré un report de l'activité vers
l'Ouest du territoire
L'intervention des collectivités reste très largement majoritaire dans le périmètre angevin puisqu'elles
sont à l'origine de plus des deux tiers des surfaces artificialisées quelle que soit la période considérée.
On observe cependant une petite baisse des surfaces acquises en 2004-2008 au profit des personnes
morales privées. Contrairement à la période 1999-2003 où l'activité publique avait été gonflée en
surface par une dizaine de grosses opérations foncières de plusieurs dizaines d'hectares (à
Beaucouzé ou Saint-Sylvain-d'Anjou), les acquisitions portent sur des lots plus « modestes » en
surface, mais dont le nombre a été multiplié par presque deux entre les deux périodes.
La commune de Saint-Sylvain-d'Anjou reste un foyer actif sur ce marché au travers de programmes
d'habitats et de création de zones commerciales. On observe cependant que les surfaces
artificialisées ont particulièrement augmenté à l'ouest d'Angers, à Beaucouzé (zone commerciale),
Saint-Jean-de-Linières et Saint-Léger-des-Bois (zone d'activités). La rétrocession par la SAFER à
page 88
Cofiroute de l'emprise foncière du contournement nord d'Angers (plus de 70 ha) en 2008 participe
également à cette forte activité dans ce secteur
Contrairement à l'aire urbaine nantaise, les surfaces acquises par les collectivités demeurent
modestes au sein de l'aire angevine et se correspondent depuis 2000 à quelques hectares acquis en
vue d'étendre le bourg ou la zone artisanale dans la majorité des communes.
Les contraintes environnementales (zones inondables) mais plus globalement la politique concertée
de développement des pôles d'activités d'intérêt départemental, la procédure de révision des
documents d'urbanisme (validés en 2007) et les réserves foncières d'Angers Loire Métropole
constituées progressivement depuis 2000 expliquent probablement la stabilité de la surface achetée
par la sphère publique entre les deux périodes.
Les surfaces achetées par des particuliers en vue de faire construire restent assez marginales,
représentant à peine le dixième des volumes de ce marché en nombre. On note cependant que le
nombre d'acquisitions a été multipliée par 3 entre les deux périodes et qu'elles ont augmenté dans les
communes des basses vallées, autour de Tiercé dans le nord de l'aire et plus ponctuellement dans
certaines communes du sud-ouest.
Carte 18
? aire urbaine mancelle: un marché soutenu par la sphère privée
L'aire urbaine mancelle présente comme spécificité d'avoir enregistré une baisse significative de ses
surfaces artificialisées entre les deux périodes (cas unique parmi les cinq territoires).
Comme nous l'avions évoqué dans l'étude régionale, cette baisse s'explique très largement par
l'emprise foncière de l'A28 rétrocédée par la SAFER à Cofiroute dans la première moitié de la
décennie (plusieurs centaines d'hectares), opérations qui ne s'est pas renouvelée entre 2004 et 2008
avec une incidence statistique évidente.
Le second facteur de cette baisse est la diminution des surfaces achetées par les collectivités (- 25 %
entre les deux périodes - un peu moins du tiers des volumes de ce marché depuis 2004). Cette baisse
est essentiellement liée au projet autoroutier de l'A28 puisqu'entre 1999-2003, des lots importants
avaient été achetées par des intercommunalités ou des communes (à Changé, Parigné et Saint-Mars-
d'Outillé en particulier) en vue de constituer des réserves foncières afin de relier les futurs zones
page 89
aménagées à l'infrastructure autoroutière. On enregistre d'ailleurs d'autres acquisitions importantes de
foncier (lot de plus de 5 ha) par la sphère publique durant cette période 1999 -2003 (au sud-ouest et
au nord du Mans). Entre 2004 et 2008, ce type d'opération s'est raréfié.
Si le marché avait quelque peu été déformé par les acquisitions de Cofiroute entre 1999 et 2003, la
spécificité de cette aire urbaine est la forte intervention des promoteurs et aménageurs privés. Entre
2004 et 2008, ils ont acheté plus de la moitié de surfaces notifiées, essentiellement à l'est et au sud-
est du Mans et plus ponctuellement dans certaines communes du sud ou du nord. La crise semble
toutefois avoir tempéré leurs acquisitions à partir de 2008. La part prise par les particuliers (terrains
constructibles) n'est pas négligeable puisqu'ils représentent la majorité en nombre pour seulement 4 à
5 % des surfaces notifiées (activité importante dans le sud et l'est de l'aire).
Carte 19
? Périmètre lavallois: une montée en puissance des collectivités
Les volumes achetés par les collectivités ont presque doublé entre les deux périodes étudiées dans le
périmètre lavallois. Entre 2004 et 2008, elles ont ainsi capté plus de la moitié des surfaces notifiées
contre à peine un tiers entre 1999 et 2003.
Les surfaces achetées par les personnes morales privées sont en légère diminution de telle sorte
qu'elles ont perdu la première place qu'elles avaient entre 1999 et 2003.
L'essentiel de l'activité des personnes morales publiques ou privés reste concentrée dans la première
couronne urbaine lavalloise.
Tous les types de personnes publiques, que ce soit les communes, l'intercommunalité de Laval
agglomération (à Louverné), le Conseil Général (Montigné-le-Brillant) ainsi que les opérateurs sociaux
(Changé, Saint-Berthevin) sont nettement plus actifs ces cinq dernières années.
Les aménageurs privés tendent à être un peu plus actifs dans ces dernières années notamment dans
la commune de Bonchamp-lès-Laval. En revanche, les surfaces achetées par les carriers ou
cimentiers ont légèrement reculé depuis 2004, mais ils demeurent des acheteurs majeurs dans cette
catégorie
A noter que la part captée par les particuliers restent très marginale (moins de 10% du marché en
nombre) et qu'elle représente deux ventes par commune sur 10 années.
page 90
3.2 le prix des terrains constructibles acquis par les particuliers
Carte 20
Malgré des volumes parfois marginaux (dans le périmètre lavallois et angevin en particulier), les
références pratiquées sur le marché des terrains constructibles acquis par des particuliers traduisent
une augmentation substantielle de la valeur de ce foncier :
? Dans l'aire urbaine nantaise, la moyenne est de 35 ¤/m² entre 2004 et 2008 contre 9 ¤/m²
entre 1999 et 2003. Cette augmentation n'est pas concentrique comme pour d'autres marchés
ruraux puisque l'on observe des prix élevés jusqu'aux marges de l'aire (carte 20);
? Dans le périmètre vendéen, les prix ont été multipliés par 4 (de 10 à 40 ¤/m²), les références
des communes du rétro-littoral rattrapant désormais celles du littoral;
? Dans le périmètre sarthois, en comparaison, les prix n'ont que doublé (de 5,5 à 13 ¤/m²) en
raison probablement d'une offre importante liée à la déprise agricole, à la forte pression
d'urbanisation et au contrôle limité des communes, bien que les prix tendent à bondir dans
quelques communes du sud-est.
- Pour l'aire angevine, les références sont d'environ 23¤ /m² en moyenne entre 2004 et 2008 (contre
4 ¤ entre 1999 et 2003) et de 12,5 ¤/m² dans le périmètre lavallois (contre 8,5 ¤).
Il est à noter qu'une partie de cette augmentation du prix au m² s'explique par la diminution de la
surface moyenne du lot, observée dans les agglomérations où le marché est actif (Nantes, littoral de
Vendée et agglomération du Mans sauf au sud-est).
page 91
3.3 le rythme d'urbanisation de la S.A.U
Carte 21
Comme souvent pour cet indicateur (voir sa définition en annexe), le rythme d'urbanisation de la SAU
est particulièrement élevé (plus de 4 fois la moyenne nationale) dans le centre des agglomérations où
la surface agricole ne représente plus dans la plupart d'entre elles qu'une faible part de la surface du
territoire.
Dans l'aire urbaine du Mans, on constate que les flux importants entre 1999 et 2003 liés à la création
d'autoroutes et de zones d'activités ont ralenti dans les communes traversées par ces axes.
L'évolution la plus préoccupante entre les deux périodes est la diffusion de l'urbanisation : les taux
particulièrement élevés se concentrent désormais dans les pôles et dans certains cas le long d'axes
structurants (vallée de la Loire) alors que les taux moyens (proches de la moyenne nationale ou du
même ordre de grandeur, soit de 0,1 à 0,2 % de la SAU par an) deviennent la règle dans les
communes de deuxième ou troisième couronne ou du rétro-littoral, alors même que ces communes
conservent encore une SAU communale relativement importante.
page 92
SECTION 4
Le marché agricole
page 93
4.1 L?activité du marché agricole
4.1.1 Le nombre de transactions
Nombre de transactions agricoles
par périmètre depuis 1999
3555
1963
563
1736
690
3704
1962
617
1578
604
300
800
1300
1800
2300
2800
3300
3800
4300
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Le volume de transactions agricoles n'a progressé véritablement que dans l'aire urbaine nantaise
(+4 % en 2004-2008/ 1999-2003) et le périmètre lavallois (+6,5 %).
Dans les autres périmètres, le volume de transactions est aux mieux stable (aire urbaine angevine) ou
en baisse, de 10 % pour l'aire mancelle et de 12,5 % pour le littoral vendéen.
En comparant ces taux d'évolution du marché agricole au marché global (chapitre 1,1,1), on peut
observer que la dynamique de ce segment du marché est partout plus faible que celle des autres
segments du marché voire à la baisse, à l'inverse de ce qui est observé dans les autres segments(ex :
le Mans).
Cette tendance traduit que la poids du marché agricole est en recul dans la majorité des périmètres.
Comme l'illustre la carte 22 (ci après), on observe que ce segment peine à rester majoritaire en
nombre en 2004-2008 dans la majorité des communes de l'aire nantaise, mancelle ou du périmètre
vendéen et à moindre degré angevin ou lavallois.
Carte 22
page 94
4.1.2 les surfaces agricoles notifiées
Les tendances d'évolution sont assez similaires en surface.
Les volumes ont sensiblement progressé dans l'aire nantaise (+9 %) et le périmètre lavallois (+6 %).
En revanche, ils ont sensiblement diminué dans l'aire angevine
(-4 %) et ont lourdement chuté dans l'aire mancelle (-14 %) et surtout le périmètre vendéen
(-37 %).
Le marché agricole est donc pour une grande part à l'origine de l'effondrement du marché global
vendéen en surface (-24 %) et de la baisse du marché manceau.
Carte 23
Le marché agricole nantais conserve une certaine dynamique en surface en raison du renouvellement
des générations des exploitants agricoles depuis 2004, notamment dans le nord de l'aire urbaine où
d'importants lots fonciers ont changé de mains en raison de départs à la retraite.
page 95
Surface agricole notifiée (ha)
par périmètre depuis 1999
3555
7466
4241
8371
3126
3704
7178
4496
7208
1973
500
1500
2500
3500
4500
5500
6500
7500
8500
9500
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Le segment agricole reste en 2004-2008 globalement dominant, représentant même plus de 80 % des
surfaces notifiées dans les communes septentrionales et généralement plus de 66 % des volumes au-
delà de la première couronne urbaine. En revanche, dans cette dernière, le marché n'est plus
majoritaire (carte 23).
Les flux fonciers et la part du marché agricole sur le périmètre SCOT de Laval-Loiron restent assez
similaires entres les deux périodes de référence avec une légère augmentation des surfaces sur la
seconde période. Les mouvements fonciers restent donc dynamiques en raison d'une part du
renouvellement de la profession agricole et d'autre part d'une demande toujours forte sous l'effet de
l'impact ponctuel des projets d'aménagement public et surtout de l'emprise nécessaire à la LGV
Bretagne.
A ce titre, et d'après l'analyse des conseillers fonciers de la SAFER, ces besoins fonciers publics crée
une concurrence agricole encore plus «féroce » en dehors du périmètre du SCOT, notamment sur le
Pays d'Ernée.
Dans l'aire urbaine mancelle, on observe en revanche une activité foncière à deux vitesses (carte 24).
Dans l'Ouest et le Nord, l'activité foncière agricole reste dynamique et représente plus des deux tiers
des surfaces notifiées localement. En revanche dans le sud et l'Est, la part du marché ne cesse de
diminuer (moins de 50 % des surfaces en 2004-2008). Si le poids du marché forestier ne doit pas être
négligé, les volumes sont dans ces secteurs en chute faute de preneurs, en raison de la déprise
agricole.
Carte 24
Le périmètre vendéen, troisième territoire présentant une tendance lourde a vu son marché agricole
chuter, notamment dans les communes du rétro-littoral où le marché était traditionnellement important
et largement dominant (carte 25, ci après).
Cette chute du poids du marché agricole (de plus de 80% entre 1999 et 2003 à 50 à 60 % entre 2004
et 2008) aurait pour raison principale le projet de barrage sur l'Auzance (adopté par « Vendée Eau »
en 2004) avec pour incidence la fermeture du marché foncier (crainte pour les propriétaires de se voir
préemptés par la SAFER).
page 96
Carte 25
4. 2 Le niveau d'ouverture de la S.A.U
Voir la définition en annexe
Par rapport à la moyenne nationale qui est de 1,3 à 1,4 % de la SAU par an depuis une dizaine
d'années, les 5 aires urbaines montrent un fonctionnement assez différent :
page 97
? l'ouverture a augmenté dans toute la deuxième couronne et au sud en troisième couronne de
Nantes, en raison semble-t-il du renouvellement de la profession agricole. Elle est passée
d'un niveau plutôt faible à un niveau moyen.
? elle se maintient à un niveau moyennement élevé à Laval ;
? dans l'aire d'Angers, le marché était très actif au centre et en périphérie de l'agglomération
entre 1999 et 2003. Entre 2004 et 2008, le niveau d'ensemble est moyen avec de grosses
différences d'une commune à l'autre ;
? au Mans, le marché présente une activité moyenne. On constate deux effets particuliers. Le
marché s'est fermé dans un groupe de communes situées au nord et au nord-est de la ville-
centre. Par contre, le quart sud-est qui présente d'après l'analyse des autres marchés de forts
signes de résidentialisation conserve une activité moyenne pour ce marché, alors qu'on
pourrait s'attendre à une fermeture ;
? l'ouverture de ce marché a plutôt diminué en Vendée, notamment sur le rétro-littoral, ce qui
accrédite l'hypothèse de rétention des propriétaires.
page 98
DREAL Pays de la Loire
Les marchés fonciers naturels
et ruraux de la région pays de la Loire
ANNEXE METHODOLOGIQUE
juillet 2010
S O M M A I R E
I GLOSSAIRE............................................................................................................3
II DÉFINITIONS........................................................................................................4
II.1 La base de données Safer............................................................................................4
II.2 La segmentation du marché.........................................................................................6
III INDICATEURS......................................................................................................8
page 2
I GLOSSAIRE
L'origine de ces termes est diverse : Code rural, dispositions de la politique agricole commune (PAC),
métier Safer ou termes généraux liés au foncier.
Artificialisation : changement d'usage d'un bien naturel, agricole ou forestier vers un sol
imperméabilisé (construit, bétonné, bitumé ou compacté).
Bien libre : bien dont le propriétaire peut disposer librement car ce bien n'est concerné par aucune
forme d'occupation par un tiers.
Bien loué : bien mis à disposition d'un tiers avec un bail écrit ou verbal. Pour les biens agricoles, le
statut le plus courant est le fermage. En cas de contentieux, le Code rural assimile un certain nombre
de cas d'occupation au statut du fermage, qui est protecteur pour le fermier. Il existe aussi des formes
plus rares d'occupation : bail emphytéotique, convention de pâturage pour les estives...
Déclaration d'intention d'aliéner (DIA): formulaire de description de la consistance d'un bien envoyé
par le notaire chargé d'instrumenter une vente aux bénéficiaires de droits de préemption, au moment
de la signature de la promesse de vente entre vendeur et acquéreur.
Droit à paiement unique (DPU) : les aides directes versées aux agriculteurs sont calculées sur la
base de l'historique des aides perçues par les exploitations entre 2000 et 2002. Pour bénéficier des
primes, il faut à la fois exploiter des terres et disposer du nombre de DPU correspondants à la surface
cultivée. Les DPU peuvent être transférés entre agriculteurs avec ou sans transfert de foncier.
Droit de préemption : droit de préférence donné par la réglementation à un acteur privé ou public en
cas de projet de vente d'un bien. Il existe le cas où un même bien est concerné par plusieurs droits de
préemption. La réglementation définit alors les droits qui priment.
Dans le cas de la Safer, la préemption doit être motivée par un ou plusieurs des 9 motifs de l'article
L143-2 du Code rural et validée par les 2 commissaires du gouvernement de la Safer.
Enfrichement : apparition progressive de friches sur un bien qui n'est plus exploité. Il peut être
volontaire ou de fait (déprise agricole, parcelles abandonnées ou de propriétaire inconnu...). Il peut
aussi exister des friches spéculatives, qu'un propriétaire laisse volontairement dans cet état afin de
demander un classement de terres en zone constructible.
Exemption (à un droit de préemption) : cas prévu par la réglementation où un droit de préemption ne
s'applique pas.
Fermage ou statut du fermage : statut particulier de location des biens agricoles. Il est généralement
de 9 ans ou plus et doit être dénoncé au moins 18 mois à l'avance en cas de projet de reprise par le
propriétaire. Le loyer est appelé fermage. Son montant (fourchette de prix) et son évolution sont
encadrés par la réglementation via un arrêté préfectoral, pour un ordre de grandeur de 120 ¤/ha/an.
Le locataire ou fermier dispose d'un droit de préemption sur le bien si le propriétaire souhaite vendre.
Seul le droit de préemption des cohéritiers, parents, alliés jusqu?au 4ème degré inclus ou des co-
indivisaires du propriétaire prime celui du fermier.
Microparcellaire: parcellaire constitué de parcelles de très petite taille (parfois quelques mètres
carrés). Fréquent dans les zones non remembrées et/ou occupées historiquement par la viticulture, le
maraîchage ou l'horticulture. Pose des problèmes de gestion.
Mutation : transfert de propriété d'un bien, à titre onéreux ou gratuit.
Notification: dans le métier Safer, une notification est une DIA correspondant à une mutation
d'immeubles ruraux à titre onéreux.
Cela exclut les cas suivants :
- donations,
- ventes d'usufruit,
- emphytéoses (sauf baux emphytéotiques Safer),
- ventes d?indivisions partielles.
page 3
Par contre, les ventes en nue-propriété en font partie.
Une faible fraction d'entre elles (environ 0,7 %) fait ensuite l'objet d'une préemption.
Remembrement : procédure réglementée et concertée d'échanges de parcelles entre propriétaires
pour obtenir des regroupements de parcelles en unités plus grandes dans un périmètre donné. Le but
est de faciliter l'exploitation agricole ou forestière en diminuant la dispersion des unités et en
constituant des unités assez grandes pour faire diminuer le coût de production. La procédure de
remembrement a été remplacée par celle d'aménagement foncier.
Rétrocession : revente des biens acquis à l'amiable ou par préemption par la Safer après appel à
candidatures, avisdu comité technique départemental (instance regroupant les acteurs du monde
rural), décision du conseil d'administration et accord des 2 commissaires du gouvernement.
Surface agricole utile (SAU) : Surface de l'ensemble des terres dédiées à l'activité agricole. Sont donc
exclus les sols des bâtiments et cours, les landes non productives et les friches, les peupleraies en
plein, les taillis, bois et forêts de l'exploitation ainsi que les territoires non agricoles.
La SAU comprend les terres arables (y compris pâturages temporaires, jachères, cultures sous verre,
jardins familiaux...), les surfaces toujours en herbe et les cultures permanentes (vignes, vergers...).
Il existe également le concept de surface agricole utilisée, repris notamment par Eurostat. Dans la
pratique, on peut assimiler les deux définitions.
Surface minimale d'installation (SMI) : au niveau de chaque petite région, surface en deçà desquelles
les installations ne doivent plus être encouragées. Elle a ainsi été définie à l'origine comme la surface
d'une exploitation de polyculture élevage sur laquelle un jeune ménage pourra disposer d'un revenu
minimum. La SMI est fixée par arrêté ministériel pour chaque département.
Elle est fixée dans chaque département par zone (par exemple zone de plaine ou zone dite
défavorisée), et est pondérable selon le type de cultures (SMI différente selon les cultures : pâturages,
terres mécanisables, vignes, arboriculture, etc). Les SMI en production hors-sol sont nationales (ce
sont les mêmes dans tous les départements).
Urbanisation : changement d'usage d'un bien naturel, agricole ou forestier vers un sol artificialisé ou
une pelouse.
II DÉFINITIONS
II.1 La base de données Safer
Le droit de préemption Safer a été institué par une loi de 1962.
Conformément à l?article R.143-4 du Code rural conférant aux Safer le droit de préemption, les
notaires sont tenus de les informer de tout projet de vente de biens agricoles et forestiers, afin qu?elles
puissent juger de l?opportunité de préempter.
« Lors d?une vente, d?un échange ou d?un apport en société, portant sur un fonds agricole ou un
terrain à vocation agricole1 situé dans une zone où la SAFER est autorisée à exercer le droit de
préemption, le notaire chargé d?instrumenter est tenu, deux mois avant la date envisagée pour cette
aliénation, de faire connaître à ladite société la consistance du bien, sa localisation, le cas échéant la
mention de sa classification dans un document d'urbanisme, s'il en existe, le prix et les conditions
demandées ainsi que les modalités de l?aliénation projetée. En outre le notaire fait connaître à la
société, les nom, domicile et profession de la personne qui se propose d?acquérir le bien. »
1 Un fonds agricole a un usage agricole au moment de la vente. Un bien à vocation agricole est un bien dont le
dernier usage connu est agricole, qui n?a pas pris un autre usage depuis et qui n?est pas utilisé au moment de la
vente. L?usage agricole est défini par l?article L 311-1 du code rural : « Sont réputées agricoles toutes les
activités correspondant à la maîtrise et à l'exploitation d'un cycle biologique de caractère végétal ou animal et
constituant une ou plusieurs étapes nécessaires au déroulement de ce cycle ainsi que les activités exercées par un
exploitant agricole qui sont dans le prolongement de l'acte de production ou qui ont pour support l'exploitation. »
Cela inclut par exemple la vente directe ou les gîtes ruraux liés à une exploitation.
page 4
La liste des informations communiquées dans la déclaration d'intention d'aliéner (DIA) envoyée par le
notaire à la Safer est complétée par les articles R.143-9 et L.143-10 du Code rural.
Il faut bien noter que c'est la nature des biens qui rend la notification obligatoire, et pas la situation
professionnelle des acquéreurs ou des vendeurs. Ainsi, le marché étudié ici comprend à la fois les
transactions des agriculteurs professionnels et des autres acquéreurs (particuliers et personnes
morales privées et publiques).
L'obligation de notification a progressivement été élargie par plusieurs textes de loi et décrets à un
certain nombre de cas où la Safer ne peut pas préempter, afin de lui permettre d'améliorer sa
connaissance du marché et donc de remplir sa mission d'information du public sur le marché foncier.
Cela correspond notamment aux cas d'exemption au droit de préemption de la Safer et de droits de
préemption qui priment celui de la Safer1.
Les biens notifiés non préemptables correspondent entre autres aux situations suivantes :
- l'acquisition par le fermier en place (pour les biens agricoles sous le statut du fermage),
- l'acquisition par des cohéritiers ou indivisaires,
- l'acquisition d'une collectivité ou d'un établissement public exerçant un droit de préemption
urbain ou un autre droit de préemption (espace naturel sensible, conservatoire du littoral, zone
d'aménagement différé...),
- les biens forestiers ne pouvant pas être défrichés2,
- les biens destinés à la construction ou à l'aménagement (logement, zones d'activités, emprises
d'infrastructures...),
- les biens dont la surface est inférieure au seuil de préemption de la Safer (de 50 ares à 0 selon
les communes, les zones de document d'urbanisme)3
Même si le bien relève d'une exemption au droit de préemption de la Safer ou d'un droit de
préemption qui prime celui de la Safer, les notaires sont tenus de notifier à la Safer, car il revient à la
Safer et non aux notaires de vérifier le caractère préemptable des biens.
Les DIA sont compilées dans chaque Safer pour constituer une base de données, dont le schéma de
codification est unique.
Compte tenu des obligations légales des notaires, la base peut être considérée comme quasi-
exhaustive sur les ventes de biens d'origine ou à vocation agricole depuis la loi d?orientation agricole
(LOA)4 de 1999 qui a considérablement élargi les obligations de notification, notamment pour les
petites parcelles.
Il peut arriver que certaines forêts non défrichables ne soient pas notifiées à la Safer, certains notaires
pensant que l'obligation de notifier est limitée aux biens agricoles.
Il existe également des formes d'aliénation de biens d'origine ou à vocation agricole où la personne
chargée d'instrumenter n'est pas un notaire et dont la Safer devrait être notifiée (cf. articles R 143-8 et
R 143-9 du Code rural). Dans les faits, la notification de ce type de transactions n'est pas
systématique. Cela concerne les ventes de collectivités locales faites sous forme d'actes administratifs
et des ventes de parts de société faites sous seing privé.
La distribution des surfaces du marché notifié aux Safer dans les Pays de la Loire est proche de la
structure parcellaire observée dans la région, ce qui tend à prouver que le biais est limité.
1 Pour certains biens, il peut exister des droits de préemption successifs qui sont purgés les uns après les autres après
envoi de la DIA.
2 Un bien forestier défrichable au sens juridique peut être préempté par la Safer
3 Le périmètre du droit de préemption de chaque Safer est précisé par décret valable 5 ans. Pour les 4 départements hors
Vendée (Maine-Océan), il s'agit actuellement d'un décret du 24 avril 2006 et pour la Safer Poitou-Charentes, qui
comprend la Vendée, d'un décret du 24 août 2006.
4 Loi n°99-574 du 9 juillet 1999
page 5
II.2 La segmentation du marché
II.2.1 méthode de classement des biens dans un sous-marché
Pour considérer le marché foncier dans une région donnée, on considère l'ensemble des notifications
et des rétrocessions Safer. Ce choix permet de considérer l'usage final des biens sans double
compte.
Si la Safer est surtout connue pour son droit de préemption, dans les faits, la préemption ne
représente que de l?ordre de 0,7 % du total des notifications et moins de 10 % en nombre des
acquisitions des Safer. Environ 90 % des transactions Safer sont faites à l?amiable. Cela inclut entre
autres la constitution suite à des conventions passées avec des collectivités de réserves agricoles
pour compenser l?emprise d?un projet public et aider à la restructuration des exploitations concernées
par ce projet.
Chaque transaction est ensuite classée dans un sous-marché défini selon la destination la plus
probable des biens après la vente. Plusieurs critères sont utilisés pour effectuer ce classement :
nature cadastrale, profession de l?acquéreur, surface, situation locative, exemption au droit de
préemption de la Safer?
L?exemption est un des critères les plus importants de l?algorithme de segmentation, car les
exemptions enregistrées dans le fichier Safer ont été validées après envoi de la DIA. De plus, a priori,
si une exemption s?applique, le notaire n?a aucun intérêt à ne pas l?indiquer.
Ce critère est par exemple prioritaire sur la profession de l?acquéreur. C?est ainsi que des acquisitions
de biens agricoles ou forestiers par une personne publique sans exemption liée à la construction se
retrouveront respectivement dans le marché agricole ou forestier, voire dans le marché des espaces
de loisirs pour des biens de petite surface et non dans le marché de l'urbanisation.
Côté profession, on regroupe dans la catégorie agriculteurs plusieurs catégories : personne physique
agricole, personne morale agricole, groupement foncier agricole (GFA), double actif (une personne
ayant 2 activités professionnelles dont une agricole), double revenu (ménage dont un des membres
est agriculteur) et retraité agricole. Les retraités agricoles ont été inclus dans cet échantillon car une
analyse statistique a montré que les prix qu?ils pratiquent sont plus proches de ceux des autres
agriculteurs que de ceux pratiqués par les autres personnes physiques. Ceci s?explique en partie par
le fait que la législation leur accorde le droit de continuer à exploiter une demi-SMI (surface minimale
d?installation) après leur départ en retraite et qu?ils peuvent aussi acheter des biens agricoles pour les
louer à leurs enfants.
Dans la catégorie particuliers (utilisée pour les terrains constructibles), on regroupe toutes les
catégories de personnes physiques : agricoles, non agricoles, retraités agricoles ou non, sans
profession, agriculteurs doubles actifs ou double revenu et non déclaré.
II.2.2 Les marchés des espaces naturels
- Le marché des terrains à destination agricole est un marché de biens acquis dans une
perspective supposée d?exploitation agricole. Il se décompose en marchés des terres et prés,
des vignes, des cultures spéciales (maraîchage, cultures légumières, horticulture, pépinières,
tunnels et serres, marais salants, parcs à huîtres, vergers, etc.) et des biens mixtes (biens
comprenant plusieurs natures de cultures).
- Le marché forestier comprend tous les biens à dominante forestière qui n?ont pas vocation à
être urbanisés. Il est constitué à la fois des forêts acquises pour la production et d?autres
acquises pour la chasse, la production individuelle de bois de chauffage ou l?agrément, sachant
que certaines forêts présentant un bon potentiel productif sont aussi louées pour la chasse
privée.
Ce marché est associé à celui des landes, friches et étangs, qualifié de « non productif » et
situé entre le marché à destination non agricole et le marché foncier agricole ou forestier, la
friche étant un état transitoire. Ces biens peuvent être acquis en vue d?une utilisation de loisirs
page 6
(cas des étangs par exemple), de la protection de l?environnement (forêts et landes), d?une
urbanisation ultérieure ou d?une production agricole ou forestière après défrichement.
II.2.3 Les marchés résidentiels, de loisirs et de l?urbanisation
Le marché de l?espace résidentiel et de loisirs inclut :
- le marché des maisons à la campagne : il s?agit des achats de bâtiments d?origine agricole à
usage de résidence principale et/ou secondaire situés sur des terrains de moins de 5 ha (7 500
m² en moyenne en 2007), réalisés par des citadins ou des ruraux non agriculteurs ;
- le marché des espaces résidentiels et de loisirs : il s?agit de petites parcelles non bâties
acquises par des non agriculteurs, urbains ou ruraux, dans le but d?améliorer le cadre de vie, d?y
pratiquer une « agriculture de loisirs » (parcs à chevaux, potagers, petits élevages?) ou de
renforcer l?isolement et la tranquillité, alors qu?elles devraient garder un usage agricole au
regard des règles d?urbanisme. Ce marché inclut aussi des biens destinés à une activité
économique liée aux loisirs en milieu rural comme les campings.
Le marché de l?espace rural destiné à l?urbanisation concerne :
- les terrains constructibles, en théorie non viabilisés, acquis par les personnes physiques et les
personnes morales, dont les promoteurs et les collectivités. Ces biens ont vocation à être bâtis
dans les 5 ans après acquisition, par engagement de l?acquéreur ;
- les biens acquis en vue d?équipements collectifs industriels, artisanaux ou commerciaux, soit
par le secteur public, soit par le secteur privé ;
- les emprises d?infrastructures (axes routiers et autoroutiers, lignes à grande vitesse) acquises
par l?État, les collectivités ou des sociétés privées ;
? les carrières.
?
NB : dans les deux études précédentes, ce marché était désigné par marché des biens
destinés à l'artificialisation. La nomenclature utilisée par Teruti-Lucas a incité à revoir cette
appellation, car les biens notifiés à la Safer relèvent bien d'une sortie de l'usage naturel, agricole ou
forestier, tant vers des sols imperméabilisés que vers les pelouses (voir glossaire).
Un des choix importants de cette segmentation est le classement des parcelles soit dans le marché
agricole, soit dans le marché de loisirs. En effet, si l?usage agricole d?un bien agricole acheté loué ou
d?un bien libre acquis par un agriculteur ne fait que peu de doute, il n?en est pas de même pour les
biens libres acquis par des non-agriculteurs. Le choix fait ici est de considérer que si un tel bien non-
bâti fait moins de 1 ha, il a une très forte probabilité de devenir un espace de loisirs et est classé dans
ce segment. Pour le bâti, le seuil passe à 5 ha avec un contrôle supplémentaire sur le type de
bâtiment.
Attention :
A la différence des enquêtes par satellite (Corine land cover) ou par sondage (Teruti-Lucas), il s?agit
d?une urbanisation future quasi-certaine mais dans un délai qui lui n?est pas certain et non d?un flux
constaté a posteriori. Ces flux ne comprennent que les biens qui passent par le marché. Ils constituent
une sous-estimation des espaces urbanisés. On ne peut pas donc pas observer l?urbanisation des
terrains qui ne changent pas de propriétaire ou transmis par héritage ou donation.
De même, l?enfrichement de parcelles non entretenues lié à de la rétention ne sera pas observé par le
fichier Safer si ces parcelles ne passent pas sur le marché. Le marché Safer des friches et landes est
de toute façon faible dans la mesure où le stock l?est. Dans les pays de la Loire, seule la Sarthe a un
marché des landes et friches potentiellement non négligeable.
Dans les zones de forte extension urbaine, l?extension des friches se traduit souvent par une
fermeture du marché à destination agricole. Les propriétaires attendent dans l?espoir de mettre leurs
biens sur le marché des terrains à bâtir ou à aménager.
page 7
III INDICATEURS
F L U X D U M A R C H É
Contexte
Le marché immobilier « urbain » peut être appréhendé sous plusieurs angles (nombre et type
d?opérations, financement?) grâce à plusieurs bases de données. Par contre, pour décrire le marché
foncier d?origine ou à vocation agricole, seule la base de données Safer paraît adaptée.
Définition
- nombre de transactions par marché puis par sous-marché
- proportion en nombre de chaque sous-marché par rapport à l'ensemble du marché notifié
- surface des biens vendus (en ha) par marché puis par sous-marché
- surface moyenne des transactions (en ha) par sous-marché
- proportion en surface de chaque sous-marché par rapport à l'ensemble notifié
Tous ces indicateurs sont calculés par canton et département et pour la région.
Objectifs
Caractériser le marché foncier d?origine ou à vocation agricole et son évolution dans le temps (flux par
marché et part relative de chaque marché). Voir les blocages et dynamiques des différents marchés
de l?espace rural (agricole, forestier, résidentiels et loisirs, urbanisation).
Attention, l?urbanisation notifiée à la Safer correspond à une urbanisation future quasi certaine de
terrains d?origine agricole, à la différence d?autres sources de données comme Corine land cover et
Teruti qui montrent l?urbanisation déjà effectuée. (voir la comparaison entre les notifications Safer et le
cadastre en partie 2).
L?urbanisation notifiée à la Safer permet d?observer la première phase du processus de construction,
au moment où le terrain agricole est acquis par un promoteur, une collectivité ou particulier pour être
viabilisé et le cas échéant divisés en lots. Les étapes suivantes du cycle de promotion doivent être
observées à partir d?autres sources de données.
Autre différence, il n?est pas possible de descendre à un niveau infradépartemental avec Teruti. Pour
Corine landcover, il est possible d?aller à des niveaux infradépartementaux, mais compte tenu de la
maille d?observation, les surfaces urbanisées sont sous-estimées en milieu rural. Le cadastre est un
fichier fiscal qui permet de décrire le stock foncier. Normalement, pour des raisons fiscales, les
terrains qui passent d?une nature de culture « agricole ou naturelle » à une nature « urbaine » voient
leur nature cadastrale mise à jour. Le fichier du cadastre peut ainsi permettre de suivre les
changements d?usage entre « l?agricole, le naturel » et « l?urbain ». Toutefois, les natures de cultures
liées aux espaces naturels et agricoles peuvent ne pas être à jour,
page 8
Indicateurs à relier
Flux rapportés à la surface agricole utile (SAU), pour lisser les écarts d?importance du marché dus à la
différence de surface agricole entre communes ou cantons.
Prix des biens : pour voir comment la concurrence d?accès au foncier se traduit dans le prix des biens,
et ce en fonction des principaux sous-marchés.
Champs géographiques
La saisie des transactions est faite à la parcelle depuis quelques années. Les données peuvent être
agrégées de la commune au niveau national, en utilisant des données pluriannuelles aux échelles les
plus fines.
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
Les transactions présentes dans la base de données sont enregistrées en continu et consolidées
chaque année.
page 9
F L U X R A P P O R T E S À L A S A U
Contexte
Une des particularités des biens immobiliers (foncier nu et bâtiments) d?origine ou à vocation agricole
est la variété des usages qu?ils peuvent prendre après mutation. L?idée de ces indicateurs est
d?évaluer les flux vers les grands types d?usage possibles par rapport au stock de foncier utilisé, la
surface agricole utile.
Définition
Moyenne annuelle sur 5 ans de la surface d'un sous-marché rapportée à la surface agricole utile
(SAU) 2000 (d'après le recensement général agricole ou RGA) :
Objectifs
- pour le marché agricole, ce ratio équivaut à l'ouverture annuelle du marché. Un blocage peut
s?interpréter selon les espaces soit comme le signe d?une rétention par les propriétaires en
vue de profiter des plus-values d?urbanisation (surtout dans le périurbain), soit comme la
conséquence de difficultés économiques de la profession agricole, qui annoncent souvent une
baisse des prix du foncier ;
- pour le marché résidentiel et de loisirs (maisons à la campagne + espaces de loisirs), ce ratio
représente la sortie de l'usage agricole vers un usage résidentiel, qui est en partie réversible.
Il s?agit donc d?un indicateur d?extension de l?espace résidentiel et de loisirs ;
- pour le marché de l'urbanisation, il correspond au prélèvement irréversible de SAU pour des
usages urbains. Il s?agit donc d?un indicateur de consommation d?espace naturel par
l?urbanisation.
Il est rappelé que les friches ne rentrent dans aucun de ces 3 marchés, donc les surfaces
considérées au numérateur et la SAU du dénominateur de ces indicateurs sont bien de nature
comparable.
NB : la SAU considérée est celle de la commune dans le RGA 2000. Dans les RGA précédents, la
donnée disponible était la SAU des exploitations dont le siège est dans la commune qui peut être
sensiblement différente, puisque la plupart des exploitations ont des parcelles dans plusieurs
communes. La comparaison avec des stocks de SAU plus anciens est donc impossible à une échelle
fine pour cette raison. L?erreur sur le dénominateur devient sans doute tolérable à partir du niveau
départemental.
On rappelle que tout le marché des biens acquis par des collectivités ne se retrouve pas dans le flux
de l?urbanisation. Parmi les biens acquis par des personnes publiques, seuls les biens acquis avec
une exemption construction rentrent dans le marché de l?urbanisation.
Attention, le flux de SAU vers des usages résidentiels et de loisirs est légèrement surestimé car
certains biens peuvent être notifiés plusieurs fois.
page 10
Evolution des flux
L'évolution est calculée comme la différence entre le flux d'une période donnée et celui de la
période précédente.
On a fait ce choix car l?évolution entre 2 périodes devient ainsi un flux supplémentaire (ou non) en
ha/an.
Indicateurs à relier
La comparaison de l?évolution relative des 3 types de flux montre si la zone considérée a un
fonctionnement relevant plutôt de la campagne résidentielle (forte activité des 3 flux) ou de la
campagne résiduelle (blocage du flux agricole, extension limitée des espaces résidentiels et forte
consommation d?espace).
Champs géographiques
Commune, en calculant une moyenne sur 5 ans ou canton, en calculant une moyenne sur 3 ans
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 11
I N D I C E D E P E R T U R B A T I O N D U M A R C H E A G R I C O L E
Contexte
L?indicateur de perturbation du marché agricole (IPMA) permet d?apprécier la pression foncière de la
part des urbains ou des ruraux non agriculteurs sur l?espace à vocation agricole qui, au regard des
documents d?urbanisme, doit rester agricole.
En considérant l?importance des achats du marché des loisirs et de biens libres par des non-
agriculteurs à des valeurs incompatibles avec une activité agricole productive, il permet de mettre
en évidence les territoires dans lesquels le marché agricole est perturbé par des non-agriculteurs à
la recherche de foncier d?origine agricole pour des usages résidentiels ou de loisirs.
NB : Par définition, cet indicateur ne rend pas compte de l'importance des changements d'usage qui
s'effectuent conformément aux règles d'urbanisme (construction de logements, équipements,
infrastructures). Ceux-ci sont mis en évidence par les flux de consommation de la SAU.
définition
Le calcul de l?IPMA est réalisé en plusieurs étapes ; il ne concerne que les biens libres agricoles,
acquis par des non-agriculteurs :
1) Les transactions reflétant la pression urbaine sont sélectionnées suivant plusieurs
critères :
o sur le marché des terres et prés, landes et friches, les transactions retenues
sont celles dont le montant est supérieur à 15 000 euros/ha ;
o sur le marché des cultures spécialisées, les transactions retenues ont une
valeur supérieure à 30 000 euros/ha ;
Ces seuils ont été choisis car ils représentent environ le triple du prix moyen national
pour ce type de biens, niveau de prix qui compromet l'intérêt de l'achat pour un usage
productif.
o est également retenue l?intégralité du marché des loisirs : biens dont la
surface est inférieure à 1 ha, libres et acquis par un non-agriculteur.
2) Les surfaces et valeurs des biens de l?échantillon ainsi construit sont ramenées à la
surface agricole utile (SAU) communale afin d?éliminer l?effet de taille dû à la différence de
superficie des communes.
3) La moyenne nationale de ces rapports devient la base 100 de l?IPMA.
Note : les seuils de prix ont été définis nationalement (cf le ratio avec la moyenne nationale), ce qui
fait que dans des secteurs où le foncier n?est pas cher, on sous-estime le phénomène car le seuil
devient éloigné des valeurs du marché. Il n?est pas prévu de revenir sur ce choix méthodologique.
Par contre, il est vrai que si cet indicateur doit être calculé à l?avenir à un moment où les prix agricoles
auront beaucoup monté (ou inversement), il faudrait revaloriser ces seuils.
Les surfaces associées aux maisons à la campagne ne sont pas comptabilisées dans ce calcul, car
on ne sait pas donner une valeur individuelle au terrain par rapport au bâti. Même si une ventilation de
prix figure dans la DIA, notamment pour des raisons fiscales, elle n?est pas significative, le prix
négocié portant sur l?ensemble du bien vendu.
page 12
Objectifs
On considère tout le marché qui peut perturber le marché agricole, en dehors de l?urbanisation
certaine (repérée par une exemption au droit de préemption Safer). Il peut y avoir de l?urbanisation
non déclarée dans les flux comptabilisés dans cet indicateur. La probabilité que de l?urbanisation
déclarée en fasse partie est faible, car le notaire n?a aucun intérêt à ne pas déclarer à la Safer une
exemption construction si celle-ci est valable.
IPMA en surface : concurrence agriculteurs ? non-agriculteurs ou risque de mitage du foncier
agricole
En surface, l?indicateur est exprimé en pourcentage de surface agricole.
L?indicateur en surface indique des zones où les surfaces mutées qui risquent de changer d?usage
représentent une fraction plus importante de la surface agricole utile communale que la moyenne
nationale. Cela n?implique toutefois pas que leur prix soit déconnecté des prix agricoles. En effet, si
la demande des agriculteurs sur certains types de parcelles (souvent les moins productives :
parcelles humides, en pente ou des parcelles non remembrées) est faible voire nulle, les non
agriculteurs peuvent acheter à des prix proches de celui des terres et prés, voire légèrement
inférieurs. Quand l?IPMA en surface est fort avec des prix faibles, l?indicateur peut caractériser des
zones de déprise agricole, avec le cas échéant des risques de mitage.
Ces nouveaux usages représentent d?une certaine manière l?éviction de l?usage productif.
IPMA en valeur : concurrence entre non-agriculteurs
En valeur, l?indicateur est exprimé en euros par hectare de surface agricole.
A contrario, l?indicateur en valeur peut prendre des valeurs élevées alors que seule une petite partie
du territoire communal peut changer d?usage. C?est notamment le cas lorsqu?il existe une
concurrence entre non-agriculteurs à fort pouvoir d?achat pour de petits terrains parce que la
commune est bien située ou dispose d?un patrimoine naturel attractif. C?est bien sûr encore plus net
pour des lots dont le potentiel de déclassement (constructibilité) est élevé.
L?objectif est d?alerter les décideurs sur la nécessité de préserver un espace « cultivable ».
Aujourd?hui, le foncier agricole ne faisant l?objet d?aucune protection particulière devient le support
privilégié des changements d?usage, car de nombreux espaces naturels (zones Natura 2000, Znieff,
ENS, bande littorale des 100 m, espaces boisés classés des POS/PLU?) sont quant à eux
relativement protégés, surtout dans le cas de zonages opposables.
Or, ce foncier « banal » a de l?intérêt au regard des besoins futurs d?espaces agricoles et forestiers
et doit à ce titre être préservé. Il peut de plus avoir un intérêt important pour la biodiversité et la
trame verte et bleue.
Indicateurs à relier
L?IPMA montre la pression exercée par le flux d?extension des espaces résidentiels et de loisirs sur le
flux du marché agricole rapporté à la SAU.
L?augmentation de IPMA en surface précède souvent l?augmentation de l?IPMA en valeur. En effet, la
concurrence entre non-agriculteurs pour accéder à du foncier résidentiel ou de loisirs ne devient
significative que lorsque la proportion de non-agriculteurs parmi les acquéreurs devient importante.
Il peut également être intéressant de comparer l?évolution de l?IPMA sur une période assez longue à
l?évolution du prix des terrains de loisirs et des maisons à la campagne.
Champs géographiques
Commune, en calculant une moyenne sur 5 ans ou canton, en calculant une moyenne sur 3 ans
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 13
P R I X
contexte
De manière encore plus prononcée que pour l?immobilier urbain, les prix des biens d?origine agricole
sont très variables selon la localisation. De plus, la valeur d?un même bien agricole peut être très
différente selon l?usage prévu après mutation.
En effet, un agriculteur n?achète un terrain agricole que si le revenu qu?il peut espérer tirer de son
exploitation et le coût du crédit sont compatibles avec son activité professionnelle. A contrario, le
particulier vivant à la campagne souhaitant acquérir plus de terrain pour son jardin ou pour de
l?agriculture de loisirs sera prêt à accepter un prix de convenance, voire un prix très élevé s?il peut
espérer y installer une habitation légère en bord de mer par exemple.
Enfin, le promoteur ou l?aménageur calcule le prix qu?il est prêt à payer du foncier destiné à
l?urbanisation par un compte à rebours à partir du prix de sortie. Par rapport au coût de viabilisation et
de construction, le prix qui serait payé pour un usage agricole est négligeable.
définition
A l'intérieur d'un marché, détermination d'un sous-ensemble homogène pour calculer un prix
moyen :
1 pour le marché agricole, restriction aux terres et prés libres (sans bail rural en cours) acquis par
des agriculteurs.
2 pour le marché de loisirs, pas de restriction car la définition du sous-marché est déjà restrictive.
3 pour les maisons à la campagne, pas de restriction car la définition du sous-marché est déjà
restrictive.
4 Pour le marché de l'urbanisation, restriction aux terrains constructibles acquis par des
particuliers
Le prix moyen est calculé comme la valeur totale du marché considéré rapportée à la surface totale
du marché considéré sur une période de 3 ans. La valeur des transactions de la première et de la
troisième année est converties en euro de l'année médiane en corrigeant le montant des
transactions par l'évolution du prix du même marché pour l'ensemble de la région par rapport à
l'année médiane. Le but est de raisonner sur les prix en excluant l?effet de l?inflation à l?intérieur de la
période considérée. Par contre, comparer les valeurs obtenues à des périodes différentes revient
bien à étudier l?évolution en monnaie courante.
Il faudrait reconvertir une nouvelle fois les prix triennaux obtenus en fonction d?un indice pour obtenir
des prix en monnaie constante.
Dans cette étude, le déflateur utilisé est l?indice des prix à la consommation hors tabac.
Il est possible de passer pour de prochaines mises à jour à l?indice de prix du PIB.
page 14
Calcul de ratios entre ces prix
On rapporte pour une unité géographique donnée le prix moyen des biens d'un sous-marché à celui
des biens d'un autre marché :
- le ratio de prix entre terrains constructibles acquis par des particuliers et terres et prés libres
acquis par des agriculteurs montre la plus ?value potentielle que le propriétaire peut espérer
réaliser si son terrain agricole devient constructible. Un ratio élevé peut donc inciter à la
rétention de terrains agricoles et à une demande de révision des documents d?urbanisme
auprès des élus.
- le ratio de prix entre espaces de loisirs et terres et prés libres acquis par des agriculteurs
montre la concurrence entre agriculteurs et particuliers pour acheter des terres non
urbanisables a priori.
Objectifs
On peut évaluer l?attractivité résidentielle à partir du prix des terrains constructibles (en n?oubliant
pas qu?ils ne sont a priori pas viabilisés) et des maisons à la campagne, qui représentent une
fraction du marché de l?immobilier ancien.
Indicateurs à relier
La pression foncière urbaine sur les espaces naturels peut être mise en évidence à partir des
ratios de prix entre marchés, qui traduisent les concurrences entre usages.
Toutefois, il faut distinguer les secteurs où les flux de consommation d?espace sont élevés, car
dans ce cas, la pression tend à augmenter sur les espaces agricoles, de ceux où, avec de fortes
différences de prix entre usages, l?extension urbaine reste limitée.
La comparaison sur longue période des flux par rapport à la SAU, des prix et des ratios de prix
montre la dynamique des marchés.
Les marchés les plus proches de l?urbain (maisons à la campagne, terrains constructibles et dans
une moindre mesure espace de loisirs) réagissent depuis les années 1970 selon la même
dynamique que l?immobilier urbain : en période de montée des prix, les flux augmentent et en
phase de retournement, les flux se bloquent avant une baisse des prix, si la fiscalité reste
équivalente.
Le marché agricole réagit plutôt en fonction des fondamentaux agricoles (revenus des
agriculteurs, liés au cours des matières premières agricoles et au niveau de subventions, et taux
d?intérêt).
Champs géographiques
Commune, en calculant une moyenne sur 5 ans ou canton, en calculant une moyenne sur 3 ans
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 15
C A R A C T É R I S T I Q U E S D E S A C Q U É R E U R S
Contexte :
Les marchés agricoles sont essentiellement un marché de proximité, car les agriculteurs ont intérêt à
avoir un parcellaire regroupé pour limiter leurs frais de structure. Toutefois, plus la surface du bien est
importante, plus les candidats à l?acquisition peuvent habiter loin.
Par contre, pour les marchés résidentiels et de l?urbanisation, si le territoire est attractif, des
personnes originaires de centres urbains éloignés peuvent constituer une proportion non négligeable
des acquéreurs. Cela peut correspondre à l?achat de résidence secondaires, éventuellement en
prévision de la retraite, ou à une arrivée dans une nouvelle région.
définition
origine géographique
Pour un sous-marché donné, nombre de transactions dont l'acquéreur réside dans une unité
(département, région, pays) comparée à l?unité géographique correspondante du bien vendu
rapporté au nombre total de transactions dans le même sous-marché pendant la même période.
Il s?agit bien ici du lieu de résidence et pas de la nationalité quand on considère des pays différents.
Ici , calcul du pourcentage d?acquéreurs résidant dans le département du bien
Age
Pour un sous-marché donné, nombre de transactions dont l?acquéreur est âgé de moins de X ans
rapporté au nombre total de transactions dans le même sous-marché pendant la même période.
Ici, seuil établi à 35 ans pour viser a priori les primo-accédants
Objectifs
Ce ratio d?origine géographique permet d?estimer l?importance relative du marché local à l'intérieur
d'un bassin de vie ou d'une aire urbaine et de l'attraction résidentielle extérieure (arrivée d'actifs
venant d'autres départements, de futurs retraités et/ou de résidents secondaires).
Lorsque la proportion d?acquéreurs originaires d?autres régions ou de l?étranger est élevée et que les
prix sont élevés, on peut craindre des difficultés pour les jeunes agriculteurs à trouver des bâtiments
lors de leur installation.
Sur le marché résidentiel, on peut craindre également une éviction des jeunes ménages originaires du
territoire et souhaitant acquérir leur premier logement. Ils sont alors obligés de se reporter sur des
espaces plus éloignés.
Le calcul de la proportion de moins de 35 ans permet de savoir s?il s?agit plutôt d?un marché de primo-
accédants ou non.
Attention, les données Safer ne permettent pas de savoir si les maisons à la campagne ou les terrains
constructibles sont acquis pour de la résidence principale ou secondaire. On ne peut que le présumer
en croisant âge et origine géographique.
Indicateurs à relier
Prix des maisons à la campagne, des terrains constructibles et des espaces de loisirs
Champs géographiques
Niveaux agrégés (au moins le canton) et sur une période pluriannuelle pour avoir un nombre de
transactions suffisant pour être significatif.
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 16
(ATTENTION: OPTION la
Mayenne est épargné par cette évolution qui traduit une demande de plus en plus forte de foncier
naturel à des fins non agricoles.
page 52
Carte 6 :
En surface (carte 6), la part du marché agricole reste généralement dominante (+ de 65 % des
surfaces notifiées). Toutefois, on observe une baisse en gradient en se rapprochant des pôles urbains
et surtout une diminution plus massive au sein de la presqu?île guérandaise, des cantons du littoral et
du rétrolittoral vendéen ainsi que dans le Sud de la Sarthe.
4.3 Le marché forestier en 2007-2008
? Graphique 3
Le marché forestier (hors
landes et friches) est un
segment du marché assez
modeste dans la région Pays
de la Loire.
Avec un peu plus 1 000
transactions en 2007-2008
dans l?ensemble de la région,
le segment représente à peine
plus de 3 % des transactions
sur ces deux dernières
années.
En surface, plus de 6 500
hectares de terrains boisés ont
été notifiés à la SAFER ces
deux dernières années, soit
6,5 % des volumes.
page 53
Volumes du marché forestier
en 2000-2001 et 2007-2008
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
2100
44 49 53 72 85
2000-2001 nombre
2007-2008 nombre
2000-2001 surface
2007-2008 surface
Avec seulement 11 % de surfaces boisées, la région Pays-de-Loire reste très en dessous de la
moyenne des régions du Grand Ouest (15 %) et de la France Métropolitaine (28 %). Ce ratio explique
le faible dynamisme du segment. Toutefois, la part de la forêt privée (conditionnant le marché notifié
aux SAFER) est de plus de 88,5 % des surfaces boisées en région Pays-de-Loire, valeur largement
supérieure à la moyenne nationale (73,7 %) (source : Agreste).
A l?échelle départementale, le nombre de transactions est véritablement significatif ces deux dernières
années en Sarthe (graph 1) avec près de 500 transactions au total pour 2 100 hectares (7,5 % des
mutations et 11 % des surfaces notifiées), suivie du Maine-et-Loire (1 700 hectares, soit 8,2 % et 325
mutations soit 4 %) et de la Mayenne (1 450 hectares ; 7 %).
Les marchés forestiers de Loire-Atlantique et surtout de Vendée (moins de 2 % des transactions et
5 % des surfaces) sont des segments marginaux.
Ces différences de volume sont naturellement conditionnées par la surface boisée de chaque
département, le taux de boisement de la Sarthe étant plus de 3 fois supérieur (17,9 %) à celui de la
Vendée (5 %).
Malgré la faible part qu?il représente sur les volumes régionaux et départementaux, le marché forestier
est le segment ayant enregistré les plus importantes transactions en surface, ces deux dernières
années : plus de 325 hectares sur le canton de Mayenne Ouest, 277 hectares sur le canton du
Louroux Beconnais (49), 260 hectares dans le canton du Mans Est Campagne, 216 hectares dans le
canton de Gorron (53) et 202 hectares dans le canton de Derval,
Même si les mutations de moins de 10 hectares sont très nettement majoritaires (92 % des
transactions en 2007-2008 en SAFER Maine Océan contre 85 % au niveau métropolitain), l?un des
premiers constats observé sur le marché foncier forestier des Pays-de-Loire concerne l?augmentation
du nombre de grosses cessions ces dernières années.
En 2007-2008, plus d?une trentaine de mutations de plus de 50 hectares étaient enregistrées dans les
quatre départements d?intervention de la SAFER Maine Océan contre moins de 5 en 2000-2001 et
près de 60 étaient compris entre 10 et 50 hectares contre une quinzaine en début de décennie. Ce
sont ces transactions qui sont à l?origine de l?emballement des surfaces enregistrées sur le marché
ces deux dernières années (Graphique 3)
Le second constat est une augmentation sensible du nombre de transactions dans tous les
départements entre 2000-2001 et 2007-2008. Ce volume a été multiplié par deux en Sarthe et en
Vendée et de 4 à 6 dans les autres départements. L?ensemble des segments sont concernés par ces
augmentations et notamment les lots de moins de 2 hectares, principale fraction du marché (plus de
550 mutations ont été enregistrées en 2007-2008 à l?échelle de la SAFER Maine-Océan contre à
peine 300 en 2000-2001).
Plusieurs facteurs semblent expliquer l?augmentation des flux du marché ces dernières années :
- l'augmentation des prix du bois depuis 2006,
- l?encouragement des pouvoirs publics à investir dans la forêt via de nombreuses mesures
fiscales en vue de développer notamment une filière « bois » sous exploitée en France
métropolitaine en raison de ses intérêts environnementaux (bio-matériaux, énergie
renouvelables?),
- l?augmentation du prix des matières énergétiques ces dernières années qui a eu pour effet de
redonner un attrait pour les particuliers pour la forêt (bois de chauffage) expliquant
l?augmentation des transactions de « petites » superficies.
page 54
Carte 7 : un marché se calquant sur les grands massifs de la région
page 55
SECTION 5
Les prix des marchés
en 2007-2008
page 56
5.1 Les prix du foncier agricole
Carte 1
note : dans les tableaux de prix, « 2005 »=2004-2006 et « 2007 »=2006-2008
En « 2007 » :
moyenne régionale : 3 000 ¤/ha
moyenne nationale : 4 700 ¤/ha
Source : Terres d?Europe-Scafr d?après
Safer
Le prix moyen des terres et prés libres (non bâtis) en région Pays-de-Loire reste en « 2007 » très en
dessous de la moyenne nationale. Pour le dernier exercice, la différence avec la référence nationale
est d?environ 1 700 ¤/ha, écart que l?on observe dans la très grande majorité des régions orientées
vers l?élevage (Poitou-Charentes, Limousin, Bourgogne, Franche Comté).
L?évolution des prix départementaux en 2 ans (« 2005 »- « 2007 ») est globalement dans la moyenne
nationale (+ 9,6 %). Toutefois, la Mayenne continue de se détacher avec des prix qui ont progressé de
page 57
Terres et prés libres (prix/ha)
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 1 760 ¤ 1 920 ¤ 9%
Maine-et-Loire 2 350 ¤ 2 550 ¤ 9%
Mayenne 3 790 ¤ 4 450 ¤ 17%
Sarthe 3 260 ¤ 3 380 ¤ 4%
Vendée 2 340 ¤ 2 580 ¤ 10%
17 %. Dans ce département, les références tendent aux dires des conseillers fonciers SAFER, à
s?emballer (prix dépassant 10 000 ¤/ha dans certaines communes du nord-ouest, carte 1).
L?exceptionnelle pression agricole qui s?exerce dans ce département est liée à plusieurs facteurs dont
la nature même des exploitations agricoles en recherche d?augmentation de leur productions (petites
unités orientées dans l?élevage intensif), reprises par des jeunes, dynamiques (qui bénéficient de prêts
bonifiés), Elles sont confrontées à des problématiques environnementales fortes (zone en excédent
structurel dans la moitié Ouest du département), ce qui pousse à rechercher des surfaces
d'épandage.
Cette croissance des prix tend désormais à dépasser les frontières mayennaises puisque le nord-
ouest du Maine-et-Loire ainsi que la façade Ouest de la Sarthe semblent être influencés par ces
augmentations?
5.2 Les prix du foncier pratiqués sur les biens de loisirs
Carte 2
En « 2007 » :
moyenne régionale : 21 800 ¤/ha
moyenne nationale : 35 010 ¤/ha
Source : Terres d?Europe-Scafr d?après Safer
Les prix de marché des terrains de loisirs de moins de 1 ha continuent à monter dans les
départements littoraux où la valeur moyenne (environ 40 000 ¤/ha en « 2007 ») est deux fois
page 58
Terrains de loisirs (prix/ha)
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 23 480 ¤ 40 400 ¤ 72%
Maine-et-Loire 14 600 ¤ 18 800 ¤ 29%
Mayenne 17 730 ¤ 21 200 ¤ 20%
Sarthe 19 870 ¤ 20 500 ¤ 3%
Vendée 30 340 ¤ 38 400 ¤ 27%
supérieure à celle des autres départements. Ces augmentations sont liées notamment à
l?emballement des références dans les cantons littoraux mais aussi dans le rétrolittoral vendéen ou la
presqu?île guérandaise (carte 2).
Les prix sont également en augmentation dans les aires urbaines et particulièrement dans les
secteurs d'agriculture spécialisée (viticulture, maraîchage) où l'offre est plus faible. Ces augmentations
de prix expliquent peut-être le développement du marché des loisirs dans des territoires plus ruraux.
En raison d?une déprise agricole assez forte, les prix dans le sud manceau ne progressent guère,
l'offre étant abondante, ce qui entretient l'activité du marché en nombre de transactions.
5.3 La valeur moyenne des maisons à la campagne
Carte 4
En « 2007 » :
moyenne régionale : 206 000 ¤
moyenne nationale : 234 000 ¤
Source : Terres d?Europe-Scafr d?après Safer
Pour la première fois depuis le début de la décennie, l?évolution pluriannuelle des prix du marché des
maisons à la campagne n?est pas à deux chiffres.
Comme nous l?avions évoqué au cours des précédentes études, le rythme annuel d?augmentation des
prix du marché était compris en moyenne entre 10 et 15 % par an entre 2000 et 2006. Le tableau ci-
dessus indique la progression n?est que 3 à 8 % suivant les départements entre « 2005 » et « 2007 »
avec un recul de près de 2 % des références pour la Loire-Atlantique.
page 59
Maisons à la campagne
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 168 000 ¤ 165 000 ¤ -1,80%
Maine-et-Loire 159 000 ¤ 170 000 ¤ 6,90%
Mayenne 113 000 ¤ 119 000 ¤ 5,30%
Sarthe 128 000 ¤ 138 000 ¤ 7,80%
Vendée 146 000 ¤ 150 000 ¤ 2,70%
On assiste à un retournement de tendance du marché comme à l'échelle nationale.
5.4 Le prix des terrains constructibles (acquis par des particuliers)
En « 2007 » :
moyenne régionale : 8,60 ¤/m²
moyenne nationale : 14 ¤/m²
Les références de prix observées sur ce marché méritent d'être considérées avec précaution,
notamment dans les départements de la Mayenne et du Maine-et-Loire et dans la majorité des
cantons sarthois en raison de la faiblesse des volumes notifiés.
On rappelle qu'il s'agit de terrains a priori non viabilisés, ce qui explique en partie la faiblesse des prix.
Toutefois, l'une des principales certitudes concerne l'augmentation des prix malgré une conjoncture
peu favorable.
L'exemple le plus pertinent demeure le marché de Loire-Atlantique avec un resserrement des écarts
de prix entre Nantes, Saint Nazaire et le littoral . En Vendée, la proximité au littoral reste un facteur
explicatif de prix élevé mais l'on observe une progression sensible des références à l'intérieur des
terres, mais de manière moins marquée dans la frange orientale du territoire.
page 60
Terrains constructibles m² (particuliers)
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 18,2 ¤ 23,7 ¤ 30%
Maine-et-Loire 8,4 ¤ 12,9 ¤ 53%
Mayenne 3,7 ¤ 10,2 ¤ 276%
Sarthe 6,2 ¤ 8,5 ¤ 36%
Vendée 17,7 ¤ 21,0 ¤ 19%
II.
Analyse par aires urbaines
page 61
Avertissement :
L?analyse du marché et le rendu cartographique qui suivent sont issus d?un traitement pluriannuel à
l?échelle communale sur deux périodes (1999-2003 et 2004-2008), de manière à s?assurer à disposer
de volumes si possible conséquents.
Néanmoins, l?interprétation des données foncières traitées à l?échelle communale doit être prise avec
un certain recul au regard de la faiblesse des échantillons considérés et de l'hétérogénéité des biens,
qui entraînent une grande variabilité des tendances d?évolution, notamment en surface.
page 62
SECTION 1
Les volumes du marché agricole et rural
page 63
1.1 Les volumes notifiés
1.1.1 Le nombre de transactions : comparaisons
? Graphique 1 :
Nombre de notifications enregistrées
par périmètre depuis 1999
6980
3779
1194
5025
2401
8025
4125
1372
5286
2341
500
1500
2500
3500
4500
5500
6500
7500
8500
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Une dynamique forte au sein de l?aire urbaine nantaise
Avec un volume de transactions en progression de 15 % en 2004-2008 par rapport à 1999-2003,
l?activité foncière observée au sein de l?aire urbaine nantaise est nettement supérieure aux
dynamiques enregistrées dans les aires urbaines mancelles (+ 5 %) ou angevine (+ 9 %).
Ce niveau de progression à Nantes est d?autant plus important que les volumes enregistrés en début
de décennie étaient déjà conséquents (Graphique 1). A titre d?exemple, la progression du nombre de
mutations dans le périmètre du SCOT Laval-Loiron est également de 15 %, mais pour un volume
2004-2008 presque 7 fois moins important.
Dans ce contexte de nettes hausses du marché de l?aire urbaine nantaise et du périmètre lavallois
(3 %/an depuis 2004) et de hausses plus modérées pour Angers ou Le Mans (de 1 à 2 %/an), l?activité
foncière sur le littoral vendéen (SCOT Saint-Gilles-Croix-de-Vie- Les Sables d?Olonne) est la seule a
avoir légèrement reculé (- 2,5 %).
page 64
Carte 1 :
La cartographie ci-dessus (carte 1) confirme que les marchés communaux les plus importants en
1999-2003 tels qu?Héric, Saint-Etienne-de-Montluc, Saint-Philbert-de- Grand-Lieu, Saint-Julien-de-
Concelles en Loire-Atlantique, Changé, Parigné-l?Evêque en Sarthe, Olonnes-sur-Mer ou Saint-
Hilaire-de-Riez en Vendée (plus de 150 transactions) le restent en 2004-2008 mais avec des volumes
qui deviennent comparables avec ceux des communes voisines telles que Nort-sur-Erdre, Vigneux-
de-Bretagne ou Saint-Mars- d?Outillé.
L'évolution des marchés communaux constatée au niveau de l'aire urbaine apparaît donc globale pour
l?aire urbaine nantaise, forte et ciblée dans le sud-est manceau et faible et répartie dans l?aire urbaine
angevine ou les périmètres mayennais et vendéen (le seul en baisse).
La croissance de ces volumes qui témoigne de l?augmentation de la demande en matière de foncier
agricole ou naturel s?explique par le développement de certains marchés comme nous le verrons
ultérieurement. Toutefois, l?importance des écarts entre communes est d?abord d?origine structurelle.
Ainsi, on peut observer que les volumes communaux du marché nantais sont, quelle que soit la
période considérée, de deux à cinq fois supérieurs aux volumes de la plupart des communes
angevines, lavalloises ou mancelles. Cet écart s?explique tout simplement par l?importance de la
superficie des communes nantaises qui influe logiquement sur l?importance des volumes. A titre
d?exemple, si l?aire urbaine nantaise est la plus importante (environ 232 000 hectares), elle ne compte
que 82 communes contre 89 communes pour l?aire urbaine angevine (152 000 ha) ou 101 communes
pour l?aire mancelle (163 000 ha).
Comme nous l?avions précisé dans le volet régional de la présente étude, la structure parcellaire est
elle aussi un facteur influant fortement sur les volumes du marché.
D?après le traitement des bases MAJIIC 2 de 2007, la surface moyenne des parcelles au sein de l?aire
urbaine nantaise ou du périmètre vendéen oscille entre 2 500 et 5 000 m² (hors communes urbaines)
alors que cette surface est, par exemple, comprise entre 5 000 et 7 500 m² dans l?aire urbaine
angevine et entre 7 500 et 10 000 m² dans l?aire urbaine mancelle ou le périmètre du SCOT lavallois.
Ces écarts influent donc d?autant plus sur les volumes qu?il faut par hypothèse réaliser deux à trois fois
plus d?acquisitions (si le propriétaire est différent) pour constituer un îlot d?un hectare dans l?aire
nantaise que dans les autres territoires.
page 65
La connaissance de la structure du parcellaire est donc essentielle à la compréhension des volumes
surtout lorsqu?elle se combine aux spécificités du terroir local : secteurs viticoles de l?est nantais et du
sud angevin ou forestier du sud-est manceau?
1.1.2 les surfaces notifiées
? Graphique 2 :
Surface totale notifiée (ha)
par périmètre depuis 1999
10699
9459
6021
13025
4040
11626
9517
5825
12496
3093
500
1500
2500
3500
4500
5500
6500
7500
8500
9500
10500
11500
12500
13500
14500
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Forte ouverture dans l?aire nantaise, effondrement dans le périmètre vendéen
En raison probablement d?un volume de transactions en forte progression, l?aire urbaine nantaise est
le seul des 5 territoires où le marché foncier s?est ouvert en surface en 2004-2008 par rapport à 1999-
2003 (+ 11,5 %). Dans les autres périmètres, les volumes sont, au mieux, restés stables en surface
dans l?aire urbaine angevine (Graphique 2), mais ont généralement reculé, sensiblement comme dans
l?aire urbaine mancelle ou le périmètre lavallois (- 3 à ? 4 %) voire se sont effondrés dans le littoral
vendéen (- 24,5 %). Pour l'aire vendéenne, la fermeture en surface est particulièrement forte
comparée à la quasi-stagnation du nombre de transactions.
Des volumes en hausse aux marges des périmètres
La carte 2 (ci-dessous) illustre les surfaces notifiées dans chaque commune entre nos deux périodes
de référence.
L?une des principales tendances que l?on observe à l?échelle locale, malgré les écarts de progression
du marché entre chacun des 5 périmètres, est l?augmentation des surfaces notifiées en 2004-2008
dans la majorité des communes situées aux marges des aires urbaines nantaise, angevine et à
moindre degré lavalloise et une plus grande hétérogénéité pour les communes de la deuxième ou
troisième couronne (notamment entre le nord et le sud du Mans).
Le périmètre du SCOT vendéen apparaît être la seule zone où les volumes sont en recul partout.
page 66
Carte 2
A ce titre, la surface agricole utile (SAU) et les superficies naturelles expliquent en grande partie,
quelle que soit la période considérée, les différences de volumes entre les communes (rapport allant
parfois de 1 à 6) et influent par répercussion sur le nombre et la surface des ventes notifiées à la
SAFER.
Toutefois, on peut observer que si l?écart est important en nombre de transactions, entre l?aire urbaine
nantaise et les aires mancelle ou angevine par exemple, il l?est beaucoup moins en surface puisque le
périmètre manceau est le plus actif sur cette variable (12 500 ha en 2004-2008) et l?écart avec l?aire
urbaine angevine (9 500 ha contre 11 600 ha pour le nantais) n?est pas proportionnellement aussi
important que la différence de superficie entre les deux aires (152 000 ha contre 237 000 ha).
Ces nuances s?expliquent par plusieurs facteurs:
- le ratio entre la SAU et la superficie communale dépasse rarement 30 % dans les communes
périurbaines nantaises (d?après le RGA 2000) ;
- l?importance des cultures spécialisées dans l?aire urbaine nantaise (viticulture et maraîchage)
qui traditionnellement mutent moins et concernent des exploitations de petite surface ;
- le taux particulièrement élevé de fermage en Loire-Atlantique conduit à une fermeture du
marché, les agriculteurs n'ayant pas besoin d'acheter des terres pour les exploiter ;
- l?importance des massif forestiers au sud-est de l?aire urbaine mancelle qui sont des moteurs
de l?activité foncière en surface (en raison il est vrai de quelques mutations très importantes).
page 67
1.1.3 La surface moyenne notifiée
Carte 3
Des lots plus petits
Dans l?ensemble des aires et périmètres, la surface moyenne des lots notifiés est en baisse en 2004-
2008 par rapport à 1999-2003 :
- pour Laval, celle-ci est de 4,2 hectares contre 5 en début de décennie ;
- dans les aires urbaines mancelle et angevine, la surface moyenne comme le niveau de
diminution sont similaires : de 2,5 hectares à 2,3 hectares ;
- pour le périmètre vendéen, la chute est proportionnellement assez marquée : de 1,7 ha à
1,3 ha ;
- dans l?aire urbaine nantaise, cette taille moyenne du lot ne régresse que faiblement (de
1,55 ha à 1,45 ha).
Cette baisse semble géographiquement concerner la moitié nord de l?aire urbaine mancelle, le sud et
l?est angevin, l?ouest lavallois, la première couronne nantaise et le périmètre vendéen dans sa
globalité.
Au-delà de cette baisse de surface du lot moyen notifié (qui est liée dans la plupart des communes à
une dynamique plus forte des marchés non agricoles à laquelle s'ajoute une baisse de surface
moyenne des marchés non agricoles), on observe que structurellement le lot moyen nantais ou
vendéen reste d?un hectare inférieur aux marchés angevins ou manceaux, et de 3 hectares par
rapport au marché lavallois.
Cette différence confirme l?incidence de la structure du parcellaire sur le marché.
On peut d?ailleurs observer à l?intérieur de certains périmètres les nuances concernant la taille des lots
notifiés : une distribution classique en couronnes dans l?aire urbaine nantaise avec une diminution de
la taille des lots vers le centre et une répartition plus hétérogène au sein de l?aire angevine entre
l?ouest où les propriétés sont grandes et les parcelles aussi, et le sud avec des secteurs viticoles à
microparcellaire.
page 68
SECTION 2
Le marché des maisons à la campagne et des
espaces de loisirs
page 69
2.1 L?activité du marché des maisons à la campagne
2.1.1 le volume de transactions
Nombre de transactions
par périmètre depuis 1999
493
412
201
834
362
911
430
226
859
407
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
« Boom » des transactions dans l?aire nantaise?
Le niveau de progression du marché des « maisons à la campagne » dans l?aire urbaine nantaise a
été exceptionnel entre 1999-2003 et 2004-2008 (Graphique 1).
Le nombre de transactions a ainsi presque doublé (+ 85 %) entre les deux périodes alors que les
rythmes sont nettement plus modérés pour l?aire urbaine angevine ou mancelle (+ 3 à 4 %) et les
périmètres lavallois et vendéen (+ 12,5 %). En prenant en référence l?année 2003, le marché nantais a
ainsi progressé de 17% par an entre 2004 et 2008 contre à peine 1 % pour Le Mans ou Angers ou
2,5 % pour les deux autres secteurs.
? qui témoigne de sa croissance démographique
Ce niveau de progression exceptionnel du marché des maisons à la campagne nantais témoigne de la
dynamique démographique soutenue de cette aire urbaine.
D?après une étude comparative menée par l?Agence d?Urbanisme d?Angers (« Population » de mars
2009), concernant l?évolution de la population dans les aires urbaines de l?Ouest de la France, le
rythme de progression annuel de la population de l?aire urbaine nantaise était de 1,05 % par an entre
1999 et 2006, soit un taux deux fois plus élevé que pour l?aire angevine (0,54 %) ou mancelle (0,5 %).
Cette dynamique démographique nantaise est d?autant plus importante qu?elle est essentiellement due
au solde migratoire très largement positif (0,6 point /an) contrairement aux aires urbaines mancelles
ou angevines (où il est nul ou négatif).
Une étude de l?Agence d?urbanisme de la Agglomération nantaise de 2005 (Aire urbaine de Nantes :
dynamisme démographique de 1999 à 2005 et projection de la population en 2020), illustrait plus
précisément la dynamique démographique interne de cette aire, avec une augmentation de la
population au sein du périmètre de « Nantes métropole » de 3,9 % (entre 1999 et 2005) et de plus de
16 % en moyenne dans le reste du territoire.
page 70
A ce facteur démographique essentiel pour comprendre l?emballement du marché nantais s?y sont
adjoints d?autres facteurs que l?on retrouve dans la majorité des autres territoires :
- les départs à la retraite de nombreux agriculteurs de la génération du papy-boom, départs qui en
l?absence de repreneur, ont ouvert le parc potentiel des maisons à la campagne,
- les campagnes de mises aux normes des bâtiments agricoles (voir section II de la partie étude
régionale),
- la flambée des prix de l?immobilier urbain depuis 1998.
Carte 1
La carte 1 illustre la croissance de l?activité foncière au sein de l?aire urbaine nantaise en 2004-2008.
On peut observer que cette croissance concerne la quasi totalité des communes situées au nord de la
Loire alors que le marché reste plus modéré dans la partie sud (comme en 1999-2003).
Un élément qui doit être relevé est l'expansion du marché dans la partie nord : concentré dans
quelques communes de la seconde couronne en 1999-2003 (Vigneux-de-Bretagne, Saint-Julien-de-
Concelles, la Chapelle-Basse-Mer), le marché s'est particulièrement développé dans les communes
de la troisième et quatrième couronne, avec pour colonne vertébrale les grands axes structurants de
la Loire Atlantique, à savoir Nantes-Saint-Nazaire (RN 165) et Nantes-Rennes (RN 137).
Par ailleurs, l'offre semble plus limitée dans le sud de l'agglomération, compte tenu du nombre moins
important d'exploitations dans le pays de Retz et de la spécialisation des biens dans les secteurs
viticoles et maraîchers.
page 71
Carte 2
La progression du marché n?est pas aussi lisible dans les autres territoires.
La cartographie du marché angevin est quasi similaire entre les deux périodes étudiées avec un
marché assez symbolique dans la majorité des communes (rythme de une ou deux ventes par an et
par commune), si ce n?est dans les basses vallées angevines où le parc des potentielles maisons à la
campagne reste sans doute alimenté par la déprise agricole. On peut rappeler que le marché angevin
est plus restreint ces dernières années en raison d?un développement plus ancien du marché (années
1990 selon les notaires) réduisant le stock de biens potentiellement « notifiables » à la SAFER pour la
décennie 2000-2009.
Le recul de la dynamique démographique angevine qui concerne également son solde migratoire
(sauf au nord-est, autour de Tiercé) peut expliquer également la stabilité du marché .
Au sein du périmètre du SCOT Laval-Loiron, le marché n?est pas suffisamment conséquent pour tirer
des conclusions. On peut toutefois noter un certain effondrement dans le secteur de Loiron tandis que
la commune de Changé a absorbé près du quart du marché entre 2004 et 2008.
Pour le périmètre du SCOT vendéen, on peut souligner que le marché reste concentré dans la partie
nord, notamment dans les communes de Saint-Hilaire-de-Riez et de Commequiers. Toutefois
l?amélioration du réseau de voirie semble avoir été un facteur de développement du marché,
notamment dans les communes du rétro-littoral tels que le Le Fenouiller, Givrand et l?Aiguillon-sur-Vie.
page 72
Carte 3
Le marché dans l?aire urbaine mancelle (carte 3) reste concentré essentiellement dans la partie Est et
Sud-Est du territoire autour des communes de Parigné-l?Evêque, Changé, Savigné-l?Evêque et Yvré-
l?Evéque. On observe également une diffusion de ce marché dans les communes du sud, notamment
autour de Cérans-Foulletourte.
Au sein de cette aire, l'activité de ce marché reste probablement, influencée par les axes structurants
de l?Est manceau (autour de l?A28), combinée à la déprise agricole qui alimente le marché et à la
pression urbaine.
On peut observer que dans les secteurs où l?activité agricole reste dynamique, le marché des maisons
à la campagne ne progresse pas (à l?ouest) ou régresse (au nord) en raison de la fermeture de l'offre.
2.1.2 La flambée des prix se confirme partout
carte 3
page 73
L?augmentation des prix de l?immobilier urbain a affecté également le prix des maisons à la
campagne.
Une comparaison de la valeur moyenne pratiquée entre les deux périodes de référence démontre la
croissance des références, qui ont généralement plus que doublé:
- De 90 k¤ à 190 k¤ dans l?aire urbaine nantaise
- De 95 k¤ à 220 k¤ dans l?aire angevine
- De 70 à 145 k¤ dans l?aire mancelle
- De 75 à 150 k¤ dans le périmètre lavallois
- De 80 à 180 k¤ dans lé périmètre vendéen
Cette comparaison des références doit d?ailleurs être prise avec précaution, car sur la période
considérée, le point haut a été atteint en 2007 ou 2008 selon les territoires. La comparaison sur des
périodes de cinq ans lisse donc des variations très différentes d'une année sur l'autre, avec des taux
annuels approchant de 15 % entre 2004 et 2007 suivi d'un début de retournement à partir de mi-2007.
Le faible nombre mensuel de ventes par aire étudiée ne permet pas de déterminer le moment du
retournement avec précision.
La carte 3 illustre cette progression des prix entre les deux périodes qui aboutit à une distribution en
couronnes à partir des villes centres et du littoral, avec des prix plus élevés le long de certains grands
axes.
carte 4
Une des incidences de l?augmentation des prix du marché est la réduction de la surface moyenne
notifiée : dans l?aire urbaine nantaise ou mancelle, le bien moyen couvrait en 2004-2008 une surface
de terrain de 6 000 m² contre 7 500 m² en 1999-2003.
On retrouve cette baisse dans l?aire angevine (de 11 000 à 10 000 m²) ou dans le périmètre vendéen
(6 000 à 5 400 m²). Seul le périmètre lavallois enregistre une augmentation (de 10 000 à 12 0000 m²)
liée essentiellement à quelques ventes de grands terrains, ce qui fausse la moyenne.
page 74
2.1.3 Les primo-accédants restent généralement les moteurs du marché
Carte 4
Dans un contexte d?augmentation plus ou moins conséquente du marché des maisons à la campagne,
le pourcentage d'acquisitions réalisées a priori par les primo-accédants, et plus particulièrement par
les acquéreurs de moins de 35 ans, est soit en recul comme à Angers (de 51,5 % à 38,5 % des
acquisitions entre les deux périodes) ou Laval (62 à 50,5 %), soit se déplace : la distribution
géographique se modifie comme à Nantes ou Le Mans avec une très forte concentration de leurs
acquisitions aux marges de l?aire urbaine au détriment des communes de la seconde ou de la
troisième couronne.
La carte 4 illustre cette nouvelle distribution ou ce recul. Malgré ces baisses, le marché des maisons à
la campagne reste tiré par les acquéreurs de moins de 35 ans, puisqu?ils sont à l?origine de plus de
58 % des acquisitions en 2004-2008 à l?échelle de l?aire nantaise (contre 62 % en 1999-2003) et ils
restent également majoritaires au sein de l?aire urbaine mancelle (taux stabilisé à 53 %).
L?exceptionnelle activité du marché nantais, alimentée par les jeunes primo-accédants, n?est pas un
phénomène immobilier atypique puisqu?il s?inscrit dans un processus plus large de « l?exode urbain
des jeunes couples en Loire-Atlantique »* lié notamment à l?emballement des prix de l?immobilier
urbain (* titre de la publication universitaire de Danielle Rappetti dans la revue « Mappemonde »
d?avril 2007).
Le marché du périmètre vendéen est le seul à ne pas être alimenté par la demande des jeunes en
majorité primo-accédants (seulement 37,5 % des acquisitions en 2004-2008 contre 42 % en 1999-
2003). Comme nous l?avions évoqué dans le cadre de l?étude régionale, il ne s?agit pas d?une
spécificité propre au secteur mais d?un phénomène assez récurrent dans les zones littorales où
l?activité du marché est motivée par l?acquisition de résidences secondaires par des acquéreurs plus
âgés et en provenance d'autres régions, dont les moyens financiers sont plus élevés.
page 75
2.2 L?activité du marché des terrains de loisirs
2.2.1 Les volumes du marché
L?activité foncière du marché des terrains de loisirs n?a pas enregistré entre les deux périodes
étudiées une envolée spectaculaire comme celle observée pour le marché des maisons à la
campagne dans l?aire urbaine nantaise (+ 87 %).
Le marché a néanmoins progressé de plus de 5,5 % dans l?aire angevine, de près de 8 % dans l?aire
nantaise, de 19 % pour l?aire mancelle et de 25 % pour le périmètre lavallois (avec des volumes qui
restent malgré tout très faibles dans ce territoire). Le littoral vendéen est le seul territoire enregistrant
un certain recul (-14 %).
Si le niveau de progression du nombre de transactions sur les biens de loisirs est, en dehors du cas
vendéen, largement au-dessus de la moyenne du marché global (voir paragraphe 1.1.1), les
présentes statistiques mettent en évidence une relative baisse d?activité du marché des espaces de
loisirs depuis 2006 dans ces territoires, contrecoup de la hausse continue des valeurs de l?immobilier
(voir la partie analyse régionale section II).
Carte 5
page 76
Nombre de transactions
par périmètre depuis 1999
1934
1051
186
1246
714
2083
1110
233
1484
617
0
150
300
450
600
750
900
1050
1200
1350
1500
1650
1800
1950
2100
2250
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
La distribution géographique du marché des terrains de loisirs n?est pas structurée de manière
concentrique et elle s?appuie généralement (carte 5) sur les zones naturelles de chaque territoire, à
l?exception peut-être du marché lavallois où l?activité foncière est uniforme.
Carte 6 :
les volumes du marché dans l?aire nantaise et le périmètre SCOT de Saint- Gilles-Croix-de- Vie
La distribution géographique du développement du marché nantais (carte 6) révèle que le marché est
en progression dans l?ensemble des communes, notamment dans les communes de la première et
seconde couronne .
L?importance et la dynamique du marché des loisirs nantais est liée à plusieurs facteurs qui sont :
? la nature du parcellaire local (petites parcelles) très favorable structurellement au
développement de ce marché,
? la croissance démographique
? l?expansion de l?habitat sur le territoire (puisqu?il s?agit souvent d?un marché de complément lié
à la résidence principale ou secondaire), comme en témoignait le marché des maisons à la
campagne,
? enfin, la présence d'espaces naturels attractifs que sont la vallée de la Loire, son estuaire, le
lac de Grand Lieu ou la vallée de l?Erdre. La motivation « chasse et pêche » explique
généralement les volumes plus élevés dans ces communes avec parfois l'achat pour
installation de bungalows (le long de l?Erdre notamment).
La distribution du marché dans le périmètre vendéen est assez classique pour un territoire littoral.
L?activité se concentre dans les communes littorales. L?explication du recul de l?activité foncière dans
ce périmètre tend probablement à se justifier par l?augmentation des prix du foncier (voir sous-chapitre
suivant), mais surtout par la rétention foncière de la part des propriétaires qui aboutissent à des
friches spéculatives.
Apparemment, les communes concernées n'auraient pas mis en place de dispositif de maîtrise
foncière (convention de veille foncière avec les SAFER).
page 77
Carte 7 : les volumes du marché dans l?aire urbaine angevine
La distribution géographique du marché angevin est plus conditionnée par les espaces naturels de ce
territoire que par l?expansion de l?habitat.
On retrouve des marchés actifs dans les basses vallées angevines au nord, expansion facilitée par
une déprise foncière agricole, et dans les communes ligériennes ou bordant l?Authion au sud
(motivations : chasse ?pêche et cheval pour le loisir).
Carte 8 : les volumes du marché dans l?aire urbaine mancelle
A l?inverse du marché angevin, le marché manceau est nettement plus conditionné par le
développement de l?habitat dans le sud et l?est du territoire. On observe à ce titre que les foyers de
développement du marché sont assez proches de ceux du marché des maisons à la campagne.
page 78
Avec un mitage important et une pression urbaine forte, les motivations d?acquisition sont
essentiellement orientées vers l?acquisition de la parcelle contiguë à son logement afin de conforter sa
tranquillité. L?activité cheval de loisir (mise au pré) est un second élément motivant ce type
d?acquisition par des particuliers.
Le niveau d?activité du marché dans les communes traversées par la Sarthe ou l?Huisne n?est pas
particulièrement élevé. Ce marché existe depuis longtemps dans ces espaces, ce qui a abouti à une
baisse de l'offre.
2.2.2 Les prix du marché
Carte 9
A l?image du marché des maisons à la campagne, la valeur moyenne des terrains de loisirs a plus que
doublé voire presque triplé entre les deux périodes considérées.
- De 0,75 ¤/m² en 1999-2003 à 2,5 ¤/m² en 2004-2008 dans l?aire urbaine nantaise
- De 0,6 ¤/m² à 1,4 ¤/m² dans l?aire angevine
- De 0,85 ¤/m² à 2 ¤/m² dans l?aire mancelle
- De 1,1 à à 2,5 ¤/m² dans le périmètre lavallois
- De 2,5 à 5,6 ¤/m² dans le périmètre vendéen
Ces augmentations ne sont toutefois pas spatialement uniformes : les prix ont augmenté massivement
dans toute l?aire nantaise et les périmètres lavallois et vendéen. La distribution reste plus concentrique
autour d?Angers, tandis que les prix les plus élevés constatés dans l?aire urbaine mancelle sont
observés dans les communes du nord et de l?ouest .
page 79
Carte 10
Carte 11
L?incidence de cette augmentation des prix foncier à des fins de loisirs est double et est assez
similaire à ce que l?on a pu observer sur le marché des maisons à la campagne.
En premier lieu, la surface moyenne achetée est en sensible diminution, notamment dans l?aire
mancelle (de 4 500 à 4 000 m²), nantaise (de 2 600 à 2 400 m²), les périmètres lavallois (3 500 à
3 300 m²) ou vendéen (2 600 à 2 400 m²) mais se maintient dans l?aire angevine (3 000 m²).
page 80
En second lieu, l?augmentation des références des prix de terrain de loisirs semble avoir fait reculer
les jeunes acquéreurs (carte 11) aux marges des territoires, les exemples manceau et nantais étant
les plus manifestes.
2.3 Le poids pris par les marchés des loisirs et des maisons à la campagne en
surface
Surface cumulée (ha)
par périmètre depuis 1999
887
794
292
1404
389
1063
805
367
1410
354
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Dans ce contexte d?augmentation du nombre de transactions observé sur le marché des loisirs et des
maisons à la campagne dans tous les départements (sauf en Vendée pour les loisirs), les surfaces
correspondantes à ces deux segments ont progressé proportionnellement selon une même
dynamique, à l?exception du département sarthois :
- Dans l?aire urbaine nantaise, les surfaces notifiées sur ces deux marchés ont augmenté de
près de 20 %* entre les deux périodes contre 23,5 %* en nombre de transactions (*cumul
des deux segments).
- Au sein du périmètre lavallois, les surfaces ont augmenté de 25,6 % (18,5 % en nombre).
- Dans l?aire urbaine angevine, les surfaces sont restées quasi stables alors que le volume de
transaction a augmenté (+ 5,5 %)
- Le périmètre vendéen enregistre une baisse de près de 9 % (- 5 % en nombre)
- Dans l?aire mancelle, l?écart est plus important puisque les surfaces sont restées quasi
constantes (+ 0,5 %) alors que le volume de transactions a progressé de plus de 12 % (ce
qui induit que la surface moyenne des lots notifiés s?est réduite).
Les surfaces notifiées augmentent dans le périmètre lavallois sous les effets cumulés de la
progression du nombre de transactions sur les deux segments tandis que le marché nantais
progresse en surface en raison de l?exceptionnelle croissance du nombre de mutations des maisons à
la campagne.
Il faut toutefois rester assez mesuré sur l?incidence de ces progressions au regard des volumes
considérés dans certains périmètres (notamment lavallois).
page 81
Carte 12
En 2004-2008, les deux marchés ne représentent « que » 6,5 % de la surface totale notifiée dans le
périmètre du SCOT lavallois (3,8 % en 1999-2003). Dans les autres territoires, cette part est compris
entre 8,5 % (Angers) et un peu plus de 11 % (Le Mans) ces cinq dernières années, taux qui n?ont
finalement augmenté que de quelques dixièmes de point.
Si la part en surface des deux segments n?a pas spectaculairement augmenté à l?échelle des aires et
périmètres SCOT, on observe un certain bouleversement dans la distribution géographique du poids
des ces deux segments.
La carte 12 illustre que la part de ces deux segments s?est accrue en 2004-2008 dans les communes
de la première couronne urbaine (plus du quart des surfaces notifiées), alors que cette part est
devenu assez marginale ailleurs (moins de 5 % dès la troisième couronne). Seul le périmètre vendéen
échappe à cette logique en raison d?un effondrement plus important des surfaces agricoles notifiées
par rapport à ces deux marchés.
Si le poids plus ou moins important en surface de ces deux marchés reste généralement conditionné à
la dynamique du marché agricole, on peut également estimer que l?augmentation générale des prix du
foncier sur ces segments non agricoles est à l'origine de la baisse observée, notamment dans les
communes périurbaines (voir chapitre 2.1.2 et 2.2.2).
En raison de la disparition de l?activité agricole et de la présence d?acheteurs à fort pouvoir d?achat, ce
marché représente plus du quart du marché notifié dans les communes de la première couronne.
page 82
Carte 13
Le but de cet indicateur (cf. annexe pour sa définition) est de mettre en évidence les espaces où le
marché des biens résidentiels ou de loisirs exerce une forte pression sur l'espace agricole qui est
censé le rester d'après les documents d'urbanisme,
On retrouve des phénomènes classiques : pression forte dans les grandes agglomérations qui décroît
avec l'éloignement au centre (Angers et Nantes) ou du littoral vers le rétro-littoral (Vendée).
La pression se concentre sur quelques communes autour de Laval mais est finalement assez faible
dans cette ville-centre,
Enfin, l'agglomération du Mans présente une structure originale, avec une spécialisation des
espaces : la pression est forte au sud-est et dans quelques communes du sud-ouest de
l'agglomération et relativement faible et en diminution dans le quart nord-ouest. La spécificité de cet
espace, qui apparaît déjà exceptionnel pour de nombreux indicateurs, ne fait que se confirmer,
Par ailleurs, quelle que soit l'agglomération, la pression semble préférentiellement concerner les
communes proches de grands axes de circulation, notamment à Nantes, Angers et le Mans.
L'intensité de la pression semble avoir diminué dans la plupart des espaces entre les deux périodes, à
l'exception notable du quart sud-est de l'agglomération du Mans.
page 83
SECTION 3
Le marché de l'urbanisation
page 84
3.1 L?activité du marché
3.1.1 Les volumes artificialisés
L?évolution des surfaces artificialisées dans les cinq territoires étudiés est particulièrement
hétérogène.
Dans l?aire urbaine nantaise ou le périmètre vendéen, les surfaces artificialisées ont progressé
respectivement de 41 % et de 72 % entre les deux périodes considérées (graphique ci-dessus). A
contrario, l?aire urbaine mancelle enregistre une baisse de plus de 37 % tandis que la situation reste
assez stable pour l?aire angevine (-2 %) ou lavalloise (+5 %).
La très forte hétérogénéité de l?évolution de ces volumes s?explique d?abord par l'évolution de la
distribution spatiale de ce marché.
Sur la carte 14 (ci-après), on peut observer que les volumes ont particulièrement augmenté dans les
communes périurbaines et plus particulièrement rurales de l?aire urbaine nantaise et dans les
communes du rétro-littoral pour le périmètre vendéen.
Dans l?aire urbaine mancelle, les communes où les flux de ce marché sont importants sont grosso
modo les mêmes dans les deux périodes (les communes traversées par l?A28) mais avec une baisse
d'activité particulièrement importante depuis 2004.
Dans l?aire urbaine angevine, les surfaces artificialisées n?étaient véritablement significatives que dans
quelques communes de première couronne entre 1999 et 2003 : Saint-Sylvain- d?Anjou ,Trélazé ,
Beaucouzé (plus de 40 ha par commune). Entre 2004 et 2008, l?activité du marché semble se
concentrer dans un pôle à l?ouest d?Angers.
Le périmètre lavallois est le seul territoire qui conserve une distribution stable en couronne des flux du
marché autour de la ville-centre.
page 85
Surface artificialisée (ha)
par périmètre depuis 1999
971
678
782
1600
394
1370
666
825
1014
677
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Carte 14
Carte 15
Carte 15
A l?image des marchés non agricoles évoqués précédemment (loisirs et « résidentiels ») , la part du
marché de l?urbanisation a particulièrement progressé dans les communes de la première couronne et
de la seconde couronne urbaine (carte 15). En 2004-2008, les surfaces notifiée ayant pour objet une
urbanisation future représentent au minimum le dixième du marché dans ces communes.
On enregistre cependant des tendances d?évolution différentes : dans l?aire urbaine mancelle, le poids
relatif du marché diminue ces 5 dernières années autour de son pôle urbain et dans le quart sud-est
page 86
alors que dans l?aire urbaine nantaise, cette part de marché est désormais importante jusqu?aux
marges du périmètre.
L?augmentation du poids du marché de l?urbanisation dans les communes du rétro-littoral vendéen
semble liée à la fermeture du marché foncier agricole.
3.1.2 Les tendances par périmètre
Carte 16 : les volumes du marché dans l?aire nantaise et le périmètre SCOT de Saint-Gilles-
Croix-de-Vie
? aire urbaine nantaise : un marché tiré par les collectivités
L'augmentation de surfaces artificialisées dans l'aire nantaise s'explique avant tout par une acquisition
nettement plus importante des collectivités (et assimilées) ces cinq dernières années.
En 1999-2003, elles avaient pris un peu plus du tiers de surfaces du marché avec des volumes
comparables aux personnes morales privées. En 2004-2008, elles sont à l'origine de plus des deux
tiers du marché notifié avec des volumes qui ont presque été multipliés par 2,5 par rapport à la
période antérieure (et par 3 en nombre d'acquisitions).
L'intervention des personnes morales privées (dont les promoteurs) est en augmentation en surface
mais leur part reste assez similaire sur les deux périodes. Les effets de la crise économique actuelle
ont commencé à impacter ces acteurs du marché, ce qui se traduit par un certain recul de leur activité
en 2008 (au final, le nombre d'acquisitions réalisé par cette catégorie est équivalent entre les deux
périodes).
Les surfaces acquises par les personnes morales privées ont été multipliées par trois (et par deux en
nombre) entre les deux périodes, mais elles ne représentent plus que 15 % des surfaces artificialisées
avec un impact souvent marginal à l'échelle communale (une vente par an en moyenne).
Comme nous l'avions évoqué dans l'étude régionale, on observe que les surfaces achetées par les
collectivités en vue d'étendre l'habitat et plus généralement de créer ou d'agrandir une zone d'activités
portent sur des lots conséquents au nord de la Loire tandis que les biens achetés au sud sont
généralement plus modestes.
page 87
L'intervention des collectivités sur ce marché s'est amplifiée depuis 2004 dans la majorité des
communes alors que les promoteurs immobiliers historiquement plus actifs dans la première couronne
urbaine et au sud de la Loire investissent dans les communes situées au nord de l'aire urbaine ou
périphériques à Notre-Dame-des-Landes.
? Périmètre vendéen
L'urbanisation reste depuis le début de la décennie soutenue autour de l'agglomération des Sables-
d'Olonne. Le développement du Vendéopôle, des zones d'activités, de lotissements et plus
récemment du Pôle Santé (Château-d'Olonne et Olonne-sur-Mer) restent les piliers de l'activité de ce
marché foncier.
Sur le secteur de la Communauté de Communes du Pays des Achards, l'urbanisation reste
essentiellement liée à l'agrandissement de la zone d'activités intercommunautaire bordant la RN 160
ces quatre dernières années.
Plus au nord, l'activité a été particulièrement soutenue depuis 2004 sur la commune de Coex
essentiellement en raison du développement du pôle « Golf ».
Carte 17
? aire urbaine angevine: un marché stable en volume malgré un report de l'activité vers
l'Ouest du territoire
L'intervention des collectivités reste très largement majoritaire dans le périmètre angevin puisqu'elles
sont à l'origine de plus des deux tiers des surfaces artificialisées quelle que soit la période considérée.
On observe cependant une petite baisse des surfaces acquises en 2004-2008 au profit des personnes
morales privées. Contrairement à la période 1999-2003 où l'activité publique avait été gonflée en
surface par une dizaine de grosses opérations foncières de plusieurs dizaines d'hectares (à
Beaucouzé ou Saint-Sylvain-d'Anjou), les acquisitions portent sur des lots plus « modestes » en
surface, mais dont le nombre a été multiplié par presque deux entre les deux périodes.
La commune de Saint-Sylvain-d'Anjou reste un foyer actif sur ce marché au travers de programmes
d'habitats et de création de zones commerciales. On observe cependant que les surfaces
artificialisées ont particulièrement augmenté à l'ouest d'Angers, à Beaucouzé (zone commerciale),
Saint-Jean-de-Linières et Saint-Léger-des-Bois (zone d'activités). La rétrocession par la SAFER à
page 88
Cofiroute de l'emprise foncière du contournement nord d'Angers (plus de 70 ha) en 2008 participe
également à cette forte activité dans ce secteur
Contrairement à l'aire urbaine nantaise, les surfaces acquises par les collectivités demeurent
modestes au sein de l'aire angevine et se correspondent depuis 2000 à quelques hectares acquis en
vue d'étendre le bourg ou la zone artisanale dans la majorité des communes.
Les contraintes environnementales (zones inondables) mais plus globalement la politique concertée
de développement des pôles d'activités d'intérêt départemental, la procédure de révision des
documents d'urbanisme (validés en 2007) et les réserves foncières d'Angers Loire Métropole
constituées progressivement depuis 2000 expliquent probablement la stabilité de la surface achetée
par la sphère publique entre les deux périodes.
Les surfaces achetées par des particuliers en vue de faire construire restent assez marginales,
représentant à peine le dixième des volumes de ce marché en nombre. On note cependant que le
nombre d'acquisitions a été multipliée par 3 entre les deux périodes et qu'elles ont augmenté dans les
communes des basses vallées, autour de Tiercé dans le nord de l'aire et plus ponctuellement dans
certaines communes du sud-ouest.
Carte 18
? aire urbaine mancelle: un marché soutenu par la sphère privée
L'aire urbaine mancelle présente comme spécificité d'avoir enregistré une baisse significative de ses
surfaces artificialisées entre les deux périodes (cas unique parmi les cinq territoires).
Comme nous l'avions évoqué dans l'étude régionale, cette baisse s'explique très largement par
l'emprise foncière de l'A28 rétrocédée par la SAFER à Cofiroute dans la première moitié de la
décennie (plusieurs centaines d'hectares), opérations qui ne s'est pas renouvelée entre 2004 et 2008
avec une incidence statistique évidente.
Le second facteur de cette baisse est la diminution des surfaces achetées par les collectivités (- 25 %
entre les deux périodes - un peu moins du tiers des volumes de ce marché depuis 2004). Cette baisse
est essentiellement liée au projet autoroutier de l'A28 puisqu'entre 1999-2003, des lots importants
avaient été achetées par des intercommunalités ou des communes (à Changé, Parigné et Saint-Mars-
d'Outillé en particulier) en vue de constituer des réserves foncières afin de relier les futurs zones
page 89
aménagées à l'infrastructure autoroutière. On enregistre d'ailleurs d'autres acquisitions importantes de
foncier (lot de plus de 5 ha) par la sphère publique durant cette période 1999 -2003 (au sud-ouest et
au nord du Mans). Entre 2004 et 2008, ce type d'opération s'est raréfié.
Si le marché avait quelque peu été déformé par les acquisitions de Cofiroute entre 1999 et 2003, la
spécificité de cette aire urbaine est la forte intervention des promoteurs et aménageurs privés. Entre
2004 et 2008, ils ont acheté plus de la moitié de surfaces notifiées, essentiellement à l'est et au sud-
est du Mans et plus ponctuellement dans certaines communes du sud ou du nord. La crise semble
toutefois avoir tempéré leurs acquisitions à partir de 2008. La part prise par les particuliers (terrains
constructibles) n'est pas négligeable puisqu'ils représentent la majorité en nombre pour seulement 4 à
5 % des surfaces notifiées (activité importante dans le sud et l'est de l'aire).
Carte 19
? Périmètre lavallois: une montée en puissance des collectivités
Les volumes achetés par les collectivités ont presque doublé entre les deux périodes étudiées dans le
périmètre lavallois. Entre 2004 et 2008, elles ont ainsi capté plus de la moitié des surfaces notifiées
contre à peine un tiers entre 1999 et 2003.
Les surfaces achetées par les personnes morales privées sont en légère diminution de telle sorte
qu'elles ont perdu la première place qu'elles avaient entre 1999 et 2003.
L'essentiel de l'activité des personnes morales publiques ou privés reste concentrée dans la première
couronne urbaine lavalloise.
Tous les types de personnes publiques, que ce soit les communes, l'intercommunalité de Laval
agglomération (à Louverné), le Conseil Général (Montigné-le-Brillant) ainsi que les opérateurs sociaux
(Changé, Saint-Berthevin) sont nettement plus actifs ces cinq dernières années.
Les aménageurs privés tendent à être un peu plus actifs dans ces dernières années notamment dans
la commune de Bonchamp-lès-Laval. En revanche, les surfaces achetées par les carriers ou
cimentiers ont légèrement reculé depuis 2004, mais ils demeurent des acheteurs majeurs dans cette
catégorie
A noter que la part captée par les particuliers restent très marginale (moins de 10% du marché en
nombre) et qu'elle représente deux ventes par commune sur 10 années.
page 90
3.2 le prix des terrains constructibles acquis par les particuliers
Carte 20
Malgré des volumes parfois marginaux (dans le périmètre lavallois et angevin en particulier), les
références pratiquées sur le marché des terrains constructibles acquis par des particuliers traduisent
une augmentation substantielle de la valeur de ce foncier :
? Dans l'aire urbaine nantaise, la moyenne est de 35 ¤/m² entre 2004 et 2008 contre 9 ¤/m²
entre 1999 et 2003. Cette augmentation n'est pas concentrique comme pour d'autres marchés
ruraux puisque l'on observe des prix élevés jusqu'aux marges de l'aire (carte 20);
? Dans le périmètre vendéen, les prix ont été multipliés par 4 (de 10 à 40 ¤/m²), les références
des communes du rétro-littoral rattrapant désormais celles du littoral;
? Dans le périmètre sarthois, en comparaison, les prix n'ont que doublé (de 5,5 à 13 ¤/m²) en
raison probablement d'une offre importante liée à la déprise agricole, à la forte pression
d'urbanisation et au contrôle limité des communes, bien que les prix tendent à bondir dans
quelques communes du sud-est.
- Pour l'aire angevine, les références sont d'environ 23¤ /m² en moyenne entre 2004 et 2008 (contre
4 ¤ entre 1999 et 2003) et de 12,5 ¤/m² dans le périmètre lavallois (contre 8,5 ¤).
Il est à noter qu'une partie de cette augmentation du prix au m² s'explique par la diminution de la
surface moyenne du lot, observée dans les agglomérations où le marché est actif (Nantes, littoral de
Vendée et agglomération du Mans sauf au sud-est).
page 91
3.3 le rythme d'urbanisation de la S.A.U
Carte 21
Comme souvent pour cet indicateur (voir sa définition en annexe), le rythme d'urbanisation de la SAU
est particulièrement élevé (plus de 4 fois la moyenne nationale) dans le centre des agglomérations où
la surface agricole ne représente plus dans la plupart d'entre elles qu'une faible part de la surface du
territoire.
Dans l'aire urbaine du Mans, on constate que les flux importants entre 1999 et 2003 liés à la création
d'autoroutes et de zones d'activités ont ralenti dans les communes traversées par ces axes.
L'évolution la plus préoccupante entre les deux périodes est la diffusion de l'urbanisation : les taux
particulièrement élevés se concentrent désormais dans les pôles et dans certains cas le long d'axes
structurants (vallée de la Loire) alors que les taux moyens (proches de la moyenne nationale ou du
même ordre de grandeur, soit de 0,1 à 0,2 % de la SAU par an) deviennent la règle dans les
communes de deuxième ou troisième couronne ou du rétro-littoral, alors même que ces communes
conservent encore une SAU communale relativement importante.
page 92
SECTION 4
Le marché agricole
page 93
4.1 L?activité du marché agricole
4.1.1 Le nombre de transactions
Nombre de transactions agricoles
par périmètre depuis 1999
3555
1963
563
1736
690
3704
1962
617
1578
604
300
800
1300
1800
2300
2800
3300
3800
4300
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Le volume de transactions agricoles n'a progressé véritablement que dans l'aire urbaine nantaise
(+4 % en 2004-2008/ 1999-2003) et le périmètre lavallois (+6,5 %).
Dans les autres périmètres, le volume de transactions est aux mieux stable (aire urbaine angevine) ou
en baisse, de 10 % pour l'aire mancelle et de 12,5 % pour le littoral vendéen.
En comparant ces taux d'évolution du marché agricole au marché global (chapitre 1,1,1), on peut
observer que la dynamique de ce segment du marché est partout plus faible que celle des autres
segments du marché voire à la baisse, à l'inverse de ce qui est observé dans les autres segments(ex :
le Mans).
Cette tendance traduit que la poids du marché agricole est en recul dans la majorité des périmètres.
Comme l'illustre la carte 22 (ci après), on observe que ce segment peine à rester majoritaire en
nombre en 2004-2008 dans la majorité des communes de l'aire nantaise, mancelle ou du périmètre
vendéen et à moindre degré angevin ou lavallois.
Carte 22
page 94
4.1.2 les surfaces agricoles notifiées
Les tendances d'évolution sont assez similaires en surface.
Les volumes ont sensiblement progressé dans l'aire nantaise (+9 %) et le périmètre lavallois (+6 %).
En revanche, ils ont sensiblement diminué dans l'aire angevine
(-4 %) et ont lourdement chuté dans l'aire mancelle (-14 %) et surtout le périmètre vendéen
(-37 %).
Le marché agricole est donc pour une grande part à l'origine de l'effondrement du marché global
vendéen en surface (-24 %) et de la baisse du marché manceau.
Carte 23
Le marché agricole nantais conserve une certaine dynamique en surface en raison du renouvellement
des générations des exploitants agricoles depuis 2004, notamment dans le nord de l'aire urbaine où
d'importants lots fonciers ont changé de mains en raison de départs à la retraite.
page 95
Surface agricole notifiée (ha)
par périmètre depuis 1999
3555
7466
4241
8371
3126
3704
7178
4496
7208
1973
500
1500
2500
3500
4500
5500
6500
7500
8500
9500
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Le segment agricole reste en 2004-2008 globalement dominant, représentant même plus de 80 % des
surfaces notifiées dans les communes septentrionales et généralement plus de 66 % des volumes au-
delà de la première couronne urbaine. En revanche, dans cette dernière, le marché n'est plus
majoritaire (carte 23).
Les flux fonciers et la part du marché agricole sur le périmètre SCOT de Laval-Loiron restent assez
similaires entres les deux périodes de référence avec une légère augmentation des surfaces sur la
seconde période. Les mouvements fonciers restent donc dynamiques en raison d'une part du
renouvellement de la profession agricole et d'autre part d'une demande toujours forte sous l'effet de
l'impact ponctuel des projets d'aménagement public et surtout de l'emprise nécessaire à la LGV
Bretagne.
A ce titre, et d'après l'analyse des conseillers fonciers de la SAFER, ces besoins fonciers publics crée
une concurrence agricole encore plus «féroce » en dehors du périmètre du SCOT, notamment sur le
Pays d'Ernée.
Dans l'aire urbaine mancelle, on observe en revanche une activité foncière à deux vitesses (carte 24).
Dans l'Ouest et le Nord, l'activité foncière agricole reste dynamique et représente plus des deux tiers
des surfaces notifiées localement. En revanche dans le sud et l'Est, la part du marché ne cesse de
diminuer (moins de 50 % des surfaces en 2004-2008). Si le poids du marché forestier ne doit pas être
négligé, les volumes sont dans ces secteurs en chute faute de preneurs, en raison de la déprise
agricole.
Carte 24
Le périmètre vendéen, troisième territoire présentant une tendance lourde a vu son marché agricole
chuter, notamment dans les communes du rétro-littoral où le marché était traditionnellement important
et largement dominant (carte 25, ci après).
Cette chute du poids du marché agricole (de plus de 80% entre 1999 et 2003 à 50 à 60 % entre 2004
et 2008) aurait pour raison principale le projet de barrage sur l'Auzance (adopté par « Vendée Eau »
en 2004) avec pour incidence la fermeture du marché foncier (crainte pour les propriétaires de se voir
préemptés par la SAFER).
page 96
Carte 25
4. 2 Le niveau d'ouverture de la S.A.U
Voir la définition en annexe
Par rapport à la moyenne nationale qui est de 1,3 à 1,4 % de la SAU par an depuis une dizaine
d'années, les 5 aires urbaines montrent un fonctionnement assez différent :
page 97
? l'ouverture a augmenté dans toute la deuxième couronne et au sud en troisième couronne de
Nantes, en raison semble-t-il du renouvellement de la profession agricole. Elle est passée
d'un niveau plutôt faible à un niveau moyen.
? elle se maintient à un niveau moyennement élevé à Laval ;
? dans l'aire d'Angers, le marché était très actif au centre et en périphérie de l'agglomération
entre 1999 et 2003. Entre 2004 et 2008, le niveau d'ensemble est moyen avec de grosses
différences d'une commune à l'autre ;
? au Mans, le marché présente une activité moyenne. On constate deux effets particuliers. Le
marché s'est fermé dans un groupe de communes situées au nord et au nord-est de la ville-
centre. Par contre, le quart sud-est qui présente d'après l'analyse des autres marchés de forts
signes de résidentialisation conserve une activité moyenne pour ce marché, alors qu'on
pourrait s'attendre à une fermeture ;
? l'ouverture de ce marché a plutôt diminué en Vendée, notamment sur le rétro-littoral, ce qui
accrédite l'hypothèse de rétention des propriétaires.
page 98
DREAL Pays de la Loire
Les marchés fonciers naturels
et ruraux de la région pays de la Loire
ANNEXE METHODOLOGIQUE
juillet 2010
S O M M A I R E
I GLOSSAIRE............................................................................................................3
II DÉFINITIONS........................................................................................................4
II.1 La base de données Safer............................................................................................4
II.2 La segmentation du marché.........................................................................................6
III INDICATEURS......................................................................................................8
page 2
I GLOSSAIRE
L'origine de ces termes est diverse : Code rural, dispositions de la politique agricole commune (PAC),
métier Safer ou termes généraux liés au foncier.
Artificialisation : changement d'usage d'un bien naturel, agricole ou forestier vers un sol
imperméabilisé (construit, bétonné, bitumé ou compacté).
Bien libre : bien dont le propriétaire peut disposer librement car ce bien n'est concerné par aucune
forme d'occupation par un tiers.
Bien loué : bien mis à disposition d'un tiers avec un bail écrit ou verbal. Pour les biens agricoles, le
statut le plus courant est le fermage. En cas de contentieux, le Code rural assimile un certain nombre
de cas d'occupation au statut du fermage, qui est protecteur pour le fermier. Il existe aussi des formes
plus rares d'occupation : bail emphytéotique, convention de pâturage pour les estives...
Déclaration d'intention d'aliéner (DIA): formulaire de description de la consistance d'un bien envoyé
par le notaire chargé d'instrumenter une vente aux bénéficiaires de droits de préemption, au moment
de la signature de la promesse de vente entre vendeur et acquéreur.
Droit à paiement unique (DPU) : les aides directes versées aux agriculteurs sont calculées sur la
base de l'historique des aides perçues par les exploitations entre 2000 et 2002. Pour bénéficier des
primes, il faut à la fois exploiter des terres et disposer du nombre de DPU correspondants à la surface
cultivée. Les DPU peuvent être transférés entre agriculteurs avec ou sans transfert de foncier.
Droit de préemption : droit de préférence donné par la réglementation à un acteur privé ou public en
cas de projet de vente d'un bien. Il existe le cas où un même bien est concerné par plusieurs droits de
préemption. La réglementation définit alors les droits qui priment.
Dans le cas de la Safer, la préemption doit être motivée par un ou plusieurs des 9 motifs de l'article
L143-2 du Code rural et validée par les 2 commissaires du gouvernement de la Safer.
Enfrichement : apparition progressive de friches sur un bien qui n'est plus exploité. Il peut être
volontaire ou de fait (déprise agricole, parcelles abandonnées ou de propriétaire inconnu...). Il peut
aussi exister des friches spéculatives, qu'un propriétaire laisse volontairement dans cet état afin de
demander un classement de terres en zone constructible.
Exemption (à un droit de préemption) : cas prévu par la réglementation où un droit de préemption ne
s'applique pas.
Fermage ou statut du fermage : statut particulier de location des biens agricoles. Il est généralement
de 9 ans ou plus et doit être dénoncé au moins 18 mois à l'avance en cas de projet de reprise par le
propriétaire. Le loyer est appelé fermage. Son montant (fourchette de prix) et son évolution sont
encadrés par la réglementation via un arrêté préfectoral, pour un ordre de grandeur de 120 ¤/ha/an.
Le locataire ou fermier dispose d'un droit de préemption sur le bien si le propriétaire souhaite vendre.
Seul le droit de préemption des cohéritiers, parents, alliés jusqu?au 4ème degré inclus ou des co-
indivisaires du propriétaire prime celui du fermier.
Microparcellaire: parcellaire constitué de parcelles de très petite taille (parfois quelques mètres
carrés). Fréquent dans les zones non remembrées et/ou occupées historiquement par la viticulture, le
maraîchage ou l'horticulture. Pose des problèmes de gestion.
Mutation : transfert de propriété d'un bien, à titre onéreux ou gratuit.
Notification: dans le métier Safer, une notification est une DIA correspondant à une mutation
d'immeubles ruraux à titre onéreux.
Cela exclut les cas suivants :
- donations,
- ventes d'usufruit,
- emphytéoses (sauf baux emphytéotiques Safer),
- ventes d?indivisions partielles.
page 3
Par contre, les ventes en nue-propriété en font partie.
Une faible fraction d'entre elles (environ 0,7 %) fait ensuite l'objet d'une préemption.
Remembrement : procédure réglementée et concertée d'échanges de parcelles entre propriétaires
pour obtenir des regroupements de parcelles en unités plus grandes dans un périmètre donné. Le but
est de faciliter l'exploitation agricole ou forestière en diminuant la dispersion des unités et en
constituant des unités assez grandes pour faire diminuer le coût de production. La procédure de
remembrement a été remplacée par celle d'aménagement foncier.
Rétrocession : revente des biens acquis à l'amiable ou par préemption par la Safer après appel à
candidatures, avisdu comité technique départemental (instance regroupant les acteurs du monde
rural), décision du conseil d'administration et accord des 2 commissaires du gouvernement.
Surface agricole utile (SAU) : Surface de l'ensemble des terres dédiées à l'activité agricole. Sont donc
exclus les sols des bâtiments et cours, les landes non productives et les friches, les peupleraies en
plein, les taillis, bois et forêts de l'exploitation ainsi que les territoires non agricoles.
La SAU comprend les terres arables (y compris pâturages temporaires, jachères, cultures sous verre,
jardins familiaux...), les surfaces toujours en herbe et les cultures permanentes (vignes, vergers...).
Il existe également le concept de surface agricole utilisée, repris notamment par Eurostat. Dans la
pratique, on peut assimiler les deux définitions.
Surface minimale d'installation (SMI) : au niveau de chaque petite région, surface en deçà desquelles
les installations ne doivent plus être encouragées. Elle a ainsi été définie à l'origine comme la surface
d'une exploitation de polyculture élevage sur laquelle un jeune ménage pourra disposer d'un revenu
minimum. La SMI est fixée par arrêté ministériel pour chaque département.
Elle est fixée dans chaque département par zone (par exemple zone de plaine ou zone dite
défavorisée), et est pondérable selon le type de cultures (SMI différente selon les cultures : pâturages,
terres mécanisables, vignes, arboriculture, etc). Les SMI en production hors-sol sont nationales (ce
sont les mêmes dans tous les départements).
Urbanisation : changement d'usage d'un bien naturel, agricole ou forestier vers un sol artificialisé ou
une pelouse.
II DÉFINITIONS
II.1 La base de données Safer
Le droit de préemption Safer a été institué par une loi de 1962.
Conformément à l?article R.143-4 du Code rural conférant aux Safer le droit de préemption, les
notaires sont tenus de les informer de tout projet de vente de biens agricoles et forestiers, afin qu?elles
puissent juger de l?opportunité de préempter.
« Lors d?une vente, d?un échange ou d?un apport en société, portant sur un fonds agricole ou un
terrain à vocation agricole1 situé dans une zone où la SAFER est autorisée à exercer le droit de
préemption, le notaire chargé d?instrumenter est tenu, deux mois avant la date envisagée pour cette
aliénation, de faire connaître à ladite société la consistance du bien, sa localisation, le cas échéant la
mention de sa classification dans un document d'urbanisme, s'il en existe, le prix et les conditions
demandées ainsi que les modalités de l?aliénation projetée. En outre le notaire fait connaître à la
société, les nom, domicile et profession de la personne qui se propose d?acquérir le bien. »
1 Un fonds agricole a un usage agricole au moment de la vente. Un bien à vocation agricole est un bien dont le
dernier usage connu est agricole, qui n?a pas pris un autre usage depuis et qui n?est pas utilisé au moment de la
vente. L?usage agricole est défini par l?article L 311-1 du code rural : « Sont réputées agricoles toutes les
activités correspondant à la maîtrise et à l'exploitation d'un cycle biologique de caractère végétal ou animal et
constituant une ou plusieurs étapes nécessaires au déroulement de ce cycle ainsi que les activités exercées par un
exploitant agricole qui sont dans le prolongement de l'acte de production ou qui ont pour support l'exploitation. »
Cela inclut par exemple la vente directe ou les gîtes ruraux liés à une exploitation.
page 4
La liste des informations communiquées dans la déclaration d'intention d'aliéner (DIA) envoyée par le
notaire à la Safer est complétée par les articles R.143-9 et L.143-10 du Code rural.
Il faut bien noter que c'est la nature des biens qui rend la notification obligatoire, et pas la situation
professionnelle des acquéreurs ou des vendeurs. Ainsi, le marché étudié ici comprend à la fois les
transactions des agriculteurs professionnels et des autres acquéreurs (particuliers et personnes
morales privées et publiques).
L'obligation de notification a progressivement été élargie par plusieurs textes de loi et décrets à un
certain nombre de cas où la Safer ne peut pas préempter, afin de lui permettre d'améliorer sa
connaissance du marché et donc de remplir sa mission d'information du public sur le marché foncier.
Cela correspond notamment aux cas d'exemption au droit de préemption de la Safer et de droits de
préemption qui priment celui de la Safer1.
Les biens notifiés non préemptables correspondent entre autres aux situations suivantes :
- l'acquisition par le fermier en place (pour les biens agricoles sous le statut du fermage),
- l'acquisition par des cohéritiers ou indivisaires,
- l'acquisition d'une collectivité ou d'un établissement public exerçant un droit de préemption
urbain ou un autre droit de préemption (espace naturel sensible, conservatoire du littoral, zone
d'aménagement différé...),
- les biens forestiers ne pouvant pas être défrichés2,
- les biens destinés à la construction ou à l'aménagement (logement, zones d'activités, emprises
d'infrastructures...),
- les biens dont la surface est inférieure au seuil de préemption de la Safer (de 50 ares à 0 selon
les communes, les zones de document d'urbanisme)3
Même si le bien relève d'une exemption au droit de préemption de la Safer ou d'un droit de
préemption qui prime celui de la Safer, les notaires sont tenus de notifier à la Safer, car il revient à la
Safer et non aux notaires de vérifier le caractère préemptable des biens.
Les DIA sont compilées dans chaque Safer pour constituer une base de données, dont le schéma de
codification est unique.
Compte tenu des obligations légales des notaires, la base peut être considérée comme quasi-
exhaustive sur les ventes de biens d'origine ou à vocation agricole depuis la loi d?orientation agricole
(LOA)4 de 1999 qui a considérablement élargi les obligations de notification, notamment pour les
petites parcelles.
Il peut arriver que certaines forêts non défrichables ne soient pas notifiées à la Safer, certains notaires
pensant que l'obligation de notifier est limitée aux biens agricoles.
Il existe également des formes d'aliénation de biens d'origine ou à vocation agricole où la personne
chargée d'instrumenter n'est pas un notaire et dont la Safer devrait être notifiée (cf. articles R 143-8 et
R 143-9 du Code rural). Dans les faits, la notification de ce type de transactions n'est pas
systématique. Cela concerne les ventes de collectivités locales faites sous forme d'actes administratifs
et des ventes de parts de société faites sous seing privé.
La distribution des surfaces du marché notifié aux Safer dans les Pays de la Loire est proche de la
structure parcellaire observée dans la région, ce qui tend à prouver que le biais est limité.
1 Pour certains biens, il peut exister des droits de préemption successifs qui sont purgés les uns après les autres après
envoi de la DIA.
2 Un bien forestier défrichable au sens juridique peut être préempté par la Safer
3 Le périmètre du droit de préemption de chaque Safer est précisé par décret valable 5 ans. Pour les 4 départements hors
Vendée (Maine-Océan), il s'agit actuellement d'un décret du 24 avril 2006 et pour la Safer Poitou-Charentes, qui
comprend la Vendée, d'un décret du 24 août 2006.
4 Loi n°99-574 du 9 juillet 1999
page 5
II.2 La segmentation du marché
II.2.1 méthode de classement des biens dans un sous-marché
Pour considérer le marché foncier dans une région donnée, on considère l'ensemble des notifications
et des rétrocessions Safer. Ce choix permet de considérer l'usage final des biens sans double
compte.
Si la Safer est surtout connue pour son droit de préemption, dans les faits, la préemption ne
représente que de l?ordre de 0,7 % du total des notifications et moins de 10 % en nombre des
acquisitions des Safer. Environ 90 % des transactions Safer sont faites à l?amiable. Cela inclut entre
autres la constitution suite à des conventions passées avec des collectivités de réserves agricoles
pour compenser l?emprise d?un projet public et aider à la restructuration des exploitations concernées
par ce projet.
Chaque transaction est ensuite classée dans un sous-marché défini selon la destination la plus
probable des biens après la vente. Plusieurs critères sont utilisés pour effectuer ce classement :
nature cadastrale, profession de l?acquéreur, surface, situation locative, exemption au droit de
préemption de la Safer?
L?exemption est un des critères les plus importants de l?algorithme de segmentation, car les
exemptions enregistrées dans le fichier Safer ont été validées après envoi de la DIA. De plus, a priori,
si une exemption s?applique, le notaire n?a aucun intérêt à ne pas l?indiquer.
Ce critère est par exemple prioritaire sur la profession de l?acquéreur. C?est ainsi que des acquisitions
de biens agricoles ou forestiers par une personne publique sans exemption liée à la construction se
retrouveront respectivement dans le marché agricole ou forestier, voire dans le marché des espaces
de loisirs pour des biens de petite surface et non dans le marché de l'urbanisation.
Côté profession, on regroupe dans la catégorie agriculteurs plusieurs catégories : personne physique
agricole, personne morale agricole, groupement foncier agricole (GFA), double actif (une personne
ayant 2 activités professionnelles dont une agricole), double revenu (ménage dont un des membres
est agriculteur) et retraité agricole. Les retraités agricoles ont été inclus dans cet échantillon car une
analyse statistique a montré que les prix qu?ils pratiquent sont plus proches de ceux des autres
agriculteurs que de ceux pratiqués par les autres personnes physiques. Ceci s?explique en partie par
le fait que la législation leur accorde le droit de continuer à exploiter une demi-SMI (surface minimale
d?installation) après leur départ en retraite et qu?ils peuvent aussi acheter des biens agricoles pour les
louer à leurs enfants.
Dans la catégorie particuliers (utilisée pour les terrains constructibles), on regroupe toutes les
catégories de personnes physiques : agricoles, non agricoles, retraités agricoles ou non, sans
profession, agriculteurs doubles actifs ou double revenu et non déclaré.
II.2.2 Les marchés des espaces naturels
- Le marché des terrains à destination agricole est un marché de biens acquis dans une
perspective supposée d?exploitation agricole. Il se décompose en marchés des terres et prés,
des vignes, des cultures spéciales (maraîchage, cultures légumières, horticulture, pépinières,
tunnels et serres, marais salants, parcs à huîtres, vergers, etc.) et des biens mixtes (biens
comprenant plusieurs natures de cultures).
- Le marché forestier comprend tous les biens à dominante forestière qui n?ont pas vocation à
être urbanisés. Il est constitué à la fois des forêts acquises pour la production et d?autres
acquises pour la chasse, la production individuelle de bois de chauffage ou l?agrément, sachant
que certaines forêts présentant un bon potentiel productif sont aussi louées pour la chasse
privée.
Ce marché est associé à celui des landes, friches et étangs, qualifié de « non productif » et
situé entre le marché à destination non agricole et le marché foncier agricole ou forestier, la
friche étant un état transitoire. Ces biens peuvent être acquis en vue d?une utilisation de loisirs
page 6
(cas des étangs par exemple), de la protection de l?environnement (forêts et landes), d?une
urbanisation ultérieure ou d?une production agricole ou forestière après défrichement.
II.2.3 Les marchés résidentiels, de loisirs et de l?urbanisation
Le marché de l?espace résidentiel et de loisirs inclut :
- le marché des maisons à la campagne : il s?agit des achats de bâtiments d?origine agricole à
usage de résidence principale et/ou secondaire situés sur des terrains de moins de 5 ha (7 500
m² en moyenne en 2007), réalisés par des citadins ou des ruraux non agriculteurs ;
- le marché des espaces résidentiels et de loisirs : il s?agit de petites parcelles non bâties
acquises par des non agriculteurs, urbains ou ruraux, dans le but d?améliorer le cadre de vie, d?y
pratiquer une « agriculture de loisirs » (parcs à chevaux, potagers, petits élevages?) ou de
renforcer l?isolement et la tranquillité, alors qu?elles devraient garder un usage agricole au
regard des règles d?urbanisme. Ce marché inclut aussi des biens destinés à une activité
économique liée aux loisirs en milieu rural comme les campings.
Le marché de l?espace rural destiné à l?urbanisation concerne :
- les terrains constructibles, en théorie non viabilisés, acquis par les personnes physiques et les
personnes morales, dont les promoteurs et les collectivités. Ces biens ont vocation à être bâtis
dans les 5 ans après acquisition, par engagement de l?acquéreur ;
- les biens acquis en vue d?équipements collectifs industriels, artisanaux ou commerciaux, soit
par le secteur public, soit par le secteur privé ;
- les emprises d?infrastructures (axes routiers et autoroutiers, lignes à grande vitesse) acquises
par l?État, les collectivités ou des sociétés privées ;
? les carrières.
?
NB : dans les deux études précédentes, ce marché était désigné par marché des biens
destinés à l'artificialisation. La nomenclature utilisée par Teruti-Lucas a incité à revoir cette
appellation, car les biens notifiés à la Safer relèvent bien d'une sortie de l'usage naturel, agricole ou
forestier, tant vers des sols imperméabilisés que vers les pelouses (voir glossaire).
Un des choix importants de cette segmentation est le classement des parcelles soit dans le marché
agricole, soit dans le marché de loisirs. En effet, si l?usage agricole d?un bien agricole acheté loué ou
d?un bien libre acquis par un agriculteur ne fait que peu de doute, il n?en est pas de même pour les
biens libres acquis par des non-agriculteurs. Le choix fait ici est de considérer que si un tel bien non-
bâti fait moins de 1 ha, il a une très forte probabilité de devenir un espace de loisirs et est classé dans
ce segment. Pour le bâti, le seuil passe à 5 ha avec un contrôle supplémentaire sur le type de
bâtiment.
Attention :
A la différence des enquêtes par satellite (Corine land cover) ou par sondage (Teruti-Lucas), il s?agit
d?une urbanisation future quasi-certaine mais dans un délai qui lui n?est pas certain et non d?un flux
constaté a posteriori. Ces flux ne comprennent que les biens qui passent par le marché. Ils constituent
une sous-estimation des espaces urbanisés. On ne peut pas donc pas observer l?urbanisation des
terrains qui ne changent pas de propriétaire ou transmis par héritage ou donation.
De même, l?enfrichement de parcelles non entretenues lié à de la rétention ne sera pas observé par le
fichier Safer si ces parcelles ne passent pas sur le marché. Le marché Safer des friches et landes est
de toute façon faible dans la mesure où le stock l?est. Dans les pays de la Loire, seule la Sarthe a un
marché des landes et friches potentiellement non négligeable.
Dans les zones de forte extension urbaine, l?extension des friches se traduit souvent par une
fermeture du marché à destination agricole. Les propriétaires attendent dans l?espoir de mettre leurs
biens sur le marché des terrains à bâtir ou à aménager.
page 7
III INDICATEURS
F L U X D U M A R C H É
Contexte
Le marché immobilier « urbain » peut être appréhendé sous plusieurs angles (nombre et type
d?opérations, financement?) grâce à plusieurs bases de données. Par contre, pour décrire le marché
foncier d?origine ou à vocation agricole, seule la base de données Safer paraît adaptée.
Définition
- nombre de transactions par marché puis par sous-marché
- proportion en nombre de chaque sous-marché par rapport à l'ensemble du marché notifié
- surface des biens vendus (en ha) par marché puis par sous-marché
- surface moyenne des transactions (en ha) par sous-marché
- proportion en surface de chaque sous-marché par rapport à l'ensemble notifié
Tous ces indicateurs sont calculés par canton et département et pour la région.
Objectifs
Caractériser le marché foncier d?origine ou à vocation agricole et son évolution dans le temps (flux par
marché et part relative de chaque marché). Voir les blocages et dynamiques des différents marchés
de l?espace rural (agricole, forestier, résidentiels et loisirs, urbanisation).
Attention, l?urbanisation notifiée à la Safer correspond à une urbanisation future quasi certaine de
terrains d?origine agricole, à la différence d?autres sources de données comme Corine land cover et
Teruti qui montrent l?urbanisation déjà effectuée. (voir la comparaison entre les notifications Safer et le
cadastre en partie 2).
L?urbanisation notifiée à la Safer permet d?observer la première phase du processus de construction,
au moment où le terrain agricole est acquis par un promoteur, une collectivité ou particulier pour être
viabilisé et le cas échéant divisés en lots. Les étapes suivantes du cycle de promotion doivent être
observées à partir d?autres sources de données.
Autre différence, il n?est pas possible de descendre à un niveau infradépartemental avec Teruti. Pour
Corine landcover, il est possible d?aller à des niveaux infradépartementaux, mais compte tenu de la
maille d?observation, les surfaces urbanisées sont sous-estimées en milieu rural. Le cadastre est un
fichier fiscal qui permet de décrire le stock foncier. Normalement, pour des raisons fiscales, les
terrains qui passent d?une nature de culture « agricole ou naturelle » à une nature « urbaine » voient
leur nature cadastrale mise à jour. Le fichier du cadastre peut ainsi permettre de suivre les
changements d?usage entre « l?agricole, le naturel » et « l?urbain ». Toutefois, les natures de cultures
liées aux espaces naturels et agricoles peuvent ne pas être à jour,
page 8
Indicateurs à relier
Flux rapportés à la surface agricole utile (SAU), pour lisser les écarts d?importance du marché dus à la
différence de surface agricole entre communes ou cantons.
Prix des biens : pour voir comment la concurrence d?accès au foncier se traduit dans le prix des biens,
et ce en fonction des principaux sous-marchés.
Champs géographiques
La saisie des transactions est faite à la parcelle depuis quelques années. Les données peuvent être
agrégées de la commune au niveau national, en utilisant des données pluriannuelles aux échelles les
plus fines.
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
Les transactions présentes dans la base de données sont enregistrées en continu et consolidées
chaque année.
page 9
F L U X R A P P O R T E S À L A S A U
Contexte
Une des particularités des biens immobiliers (foncier nu et bâtiments) d?origine ou à vocation agricole
est la variété des usages qu?ils peuvent prendre après mutation. L?idée de ces indicateurs est
d?évaluer les flux vers les grands types d?usage possibles par rapport au stock de foncier utilisé, la
surface agricole utile.
Définition
Moyenne annuelle sur 5 ans de la surface d'un sous-marché rapportée à la surface agricole utile
(SAU) 2000 (d'après le recensement général agricole ou RGA) :
Objectifs
- pour le marché agricole, ce ratio équivaut à l'ouverture annuelle du marché. Un blocage peut
s?interpréter selon les espaces soit comme le signe d?une rétention par les propriétaires en
vue de profiter des plus-values d?urbanisation (surtout dans le périurbain), soit comme la
conséquence de difficultés économiques de la profession agricole, qui annoncent souvent une
baisse des prix du foncier ;
- pour le marché résidentiel et de loisirs (maisons à la campagne + espaces de loisirs), ce ratio
représente la sortie de l'usage agricole vers un usage résidentiel, qui est en partie réversible.
Il s?agit donc d?un indicateur d?extension de l?espace résidentiel et de loisirs ;
- pour le marché de l'urbanisation, il correspond au prélèvement irréversible de SAU pour des
usages urbains. Il s?agit donc d?un indicateur de consommation d?espace naturel par
l?urbanisation.
Il est rappelé que les friches ne rentrent dans aucun de ces 3 marchés, donc les surfaces
considérées au numérateur et la SAU du dénominateur de ces indicateurs sont bien de nature
comparable.
NB : la SAU considérée est celle de la commune dans le RGA 2000. Dans les RGA précédents, la
donnée disponible était la SAU des exploitations dont le siège est dans la commune qui peut être
sensiblement différente, puisque la plupart des exploitations ont des parcelles dans plusieurs
communes. La comparaison avec des stocks de SAU plus anciens est donc impossible à une échelle
fine pour cette raison. L?erreur sur le dénominateur devient sans doute tolérable à partir du niveau
départemental.
On rappelle que tout le marché des biens acquis par des collectivités ne se retrouve pas dans le flux
de l?urbanisation. Parmi les biens acquis par des personnes publiques, seuls les biens acquis avec
une exemption construction rentrent dans le marché de l?urbanisation.
Attention, le flux de SAU vers des usages résidentiels et de loisirs est légèrement surestimé car
certains biens peuvent être notifiés plusieurs fois.
page 10
Evolution des flux
L'évolution est calculée comme la différence entre le flux d'une période donnée et celui de la
période précédente.
On a fait ce choix car l?évolution entre 2 périodes devient ainsi un flux supplémentaire (ou non) en
ha/an.
Indicateurs à relier
La comparaison de l?évolution relative des 3 types de flux montre si la zone considérée a un
fonctionnement relevant plutôt de la campagne résidentielle (forte activité des 3 flux) ou de la
campagne résiduelle (blocage du flux agricole, extension limitée des espaces résidentiels et forte
consommation d?espace).
Champs géographiques
Commune, en calculant une moyenne sur 5 ans ou canton, en calculant une moyenne sur 3 ans
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 11
I N D I C E D E P E R T U R B A T I O N D U M A R C H E A G R I C O L E
Contexte
L?indicateur de perturbation du marché agricole (IPMA) permet d?apprécier la pression foncière de la
part des urbains ou des ruraux non agriculteurs sur l?espace à vocation agricole qui, au regard des
documents d?urbanisme, doit rester agricole.
En considérant l?importance des achats du marché des loisirs et de biens libres par des non-
agriculteurs à des valeurs incompatibles avec une activité agricole productive, il permet de mettre
en évidence les territoires dans lesquels le marché agricole est perturbé par des non-agriculteurs à
la recherche de foncier d?origine agricole pour des usages résidentiels ou de loisirs.
NB : Par définition, cet indicateur ne rend pas compte de l'importance des changements d'usage qui
s'effectuent conformément aux règles d'urbanisme (construction de logements, équipements,
infrastructures). Ceux-ci sont mis en évidence par les flux de consommation de la SAU.
définition
Le calcul de l?IPMA est réalisé en plusieurs étapes ; il ne concerne que les biens libres agricoles,
acquis par des non-agriculteurs :
1) Les transactions reflétant la pression urbaine sont sélectionnées suivant plusieurs
critères :
o sur le marché des terres et prés, landes et friches, les transactions retenues
sont celles dont le montant est supérieur à 15 000 euros/ha ;
o sur le marché des cultures spécialisées, les transactions retenues ont une
valeur supérieure à 30 000 euros/ha ;
Ces seuils ont été choisis car ils représentent environ le triple du prix moyen national
pour ce type de biens, niveau de prix qui compromet l'intérêt de l'achat pour un usage
productif.
o est également retenue l?intégralité du marché des loisirs : biens dont la
surface est inférieure à 1 ha, libres et acquis par un non-agriculteur.
2) Les surfaces et valeurs des biens de l?échantillon ainsi construit sont ramenées à la
surface agricole utile (SAU) communale afin d?éliminer l?effet de taille dû à la différence de
superficie des communes.
3) La moyenne nationale de ces rapports devient la base 100 de l?IPMA.
Note : les seuils de prix ont été définis nationalement (cf le ratio avec la moyenne nationale), ce qui
fait que dans des secteurs où le foncier n?est pas cher, on sous-estime le phénomène car le seuil
devient éloigné des valeurs du marché. Il n?est pas prévu de revenir sur ce choix méthodologique.
Par contre, il est vrai que si cet indicateur doit être calculé à l?avenir à un moment où les prix agricoles
auront beaucoup monté (ou inversement), il faudrait revaloriser ces seuils.
Les surfaces associées aux maisons à la campagne ne sont pas comptabilisées dans ce calcul, car
on ne sait pas donner une valeur individuelle au terrain par rapport au bâti. Même si une ventilation de
prix figure dans la DIA, notamment pour des raisons fiscales, elle n?est pas significative, le prix
négocié portant sur l?ensemble du bien vendu.
page 12
Objectifs
On considère tout le marché qui peut perturber le marché agricole, en dehors de l?urbanisation
certaine (repérée par une exemption au droit de préemption Safer). Il peut y avoir de l?urbanisation
non déclarée dans les flux comptabilisés dans cet indicateur. La probabilité que de l?urbanisation
déclarée en fasse partie est faible, car le notaire n?a aucun intérêt à ne pas déclarer à la Safer une
exemption construction si celle-ci est valable.
IPMA en surface : concurrence agriculteurs ? non-agriculteurs ou risque de mitage du foncier
agricole
En surface, l?indicateur est exprimé en pourcentage de surface agricole.
L?indicateur en surface indique des zones où les surfaces mutées qui risquent de changer d?usage
représentent une fraction plus importante de la surface agricole utile communale que la moyenne
nationale. Cela n?implique toutefois pas que leur prix soit déconnecté des prix agricoles. En effet, si
la demande des agriculteurs sur certains types de parcelles (souvent les moins productives :
parcelles humides, en pente ou des parcelles non remembrées) est faible voire nulle, les non
agriculteurs peuvent acheter à des prix proches de celui des terres et prés, voire légèrement
inférieurs. Quand l?IPMA en surface est fort avec des prix faibles, l?indicateur peut caractériser des
zones de déprise agricole, avec le cas échéant des risques de mitage.
Ces nouveaux usages représentent d?une certaine manière l?éviction de l?usage productif.
IPMA en valeur : concurrence entre non-agriculteurs
En valeur, l?indicateur est exprimé en euros par hectare de surface agricole.
A contrario, l?indicateur en valeur peut prendre des valeurs élevées alors que seule une petite partie
du territoire communal peut changer d?usage. C?est notamment le cas lorsqu?il existe une
concurrence entre non-agriculteurs à fort pouvoir d?achat pour de petits terrains parce que la
commune est bien située ou dispose d?un patrimoine naturel attractif. C?est bien sûr encore plus net
pour des lots dont le potentiel de déclassement (constructibilité) est élevé.
L?objectif est d?alerter les décideurs sur la nécessité de préserver un espace « cultivable ».
Aujourd?hui, le foncier agricole ne faisant l?objet d?aucune protection particulière devient le support
privilégié des changements d?usage, car de nombreux espaces naturels (zones Natura 2000, Znieff,
ENS, bande littorale des 100 m, espaces boisés classés des POS/PLU?) sont quant à eux
relativement protégés, surtout dans le cas de zonages opposables.
Or, ce foncier « banal » a de l?intérêt au regard des besoins futurs d?espaces agricoles et forestiers
et doit à ce titre être préservé. Il peut de plus avoir un intérêt important pour la biodiversité et la
trame verte et bleue.
Indicateurs à relier
L?IPMA montre la pression exercée par le flux d?extension des espaces résidentiels et de loisirs sur le
flux du marché agricole rapporté à la SAU.
L?augmentation de IPMA en surface précède souvent l?augmentation de l?IPMA en valeur. En effet, la
concurrence entre non-agriculteurs pour accéder à du foncier résidentiel ou de loisirs ne devient
significative que lorsque la proportion de non-agriculteurs parmi les acquéreurs devient importante.
Il peut également être intéressant de comparer l?évolution de l?IPMA sur une période assez longue à
l?évolution du prix des terrains de loisirs et des maisons à la campagne.
Champs géographiques
Commune, en calculant une moyenne sur 5 ans ou canton, en calculant une moyenne sur 3 ans
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 13
P R I X
contexte
De manière encore plus prononcée que pour l?immobilier urbain, les prix des biens d?origine agricole
sont très variables selon la localisation. De plus, la valeur d?un même bien agricole peut être très
différente selon l?usage prévu après mutation.
En effet, un agriculteur n?achète un terrain agricole que si le revenu qu?il peut espérer tirer de son
exploitation et le coût du crédit sont compatibles avec son activité professionnelle. A contrario, le
particulier vivant à la campagne souhaitant acquérir plus de terrain pour son jardin ou pour de
l?agriculture de loisirs sera prêt à accepter un prix de convenance, voire un prix très élevé s?il peut
espérer y installer une habitation légère en bord de mer par exemple.
Enfin, le promoteur ou l?aménageur calcule le prix qu?il est prêt à payer du foncier destiné à
l?urbanisation par un compte à rebours à partir du prix de sortie. Par rapport au coût de viabilisation et
de construction, le prix qui serait payé pour un usage agricole est négligeable.
définition
A l'intérieur d'un marché, détermination d'un sous-ensemble homogène pour calculer un prix
moyen :
1 pour le marché agricole, restriction aux terres et prés libres (sans bail rural en cours) acquis par
des agriculteurs.
2 pour le marché de loisirs, pas de restriction car la définition du sous-marché est déjà restrictive.
3 pour les maisons à la campagne, pas de restriction car la définition du sous-marché est déjà
restrictive.
4 Pour le marché de l'urbanisation, restriction aux terrains constructibles acquis par des
particuliers
Le prix moyen est calculé comme la valeur totale du marché considéré rapportée à la surface totale
du marché considéré sur une période de 3 ans. La valeur des transactions de la première et de la
troisième année est converties en euro de l'année médiane en corrigeant le montant des
transactions par l'évolution du prix du même marché pour l'ensemble de la région par rapport à
l'année médiane. Le but est de raisonner sur les prix en excluant l?effet de l?inflation à l?intérieur de la
période considérée. Par contre, comparer les valeurs obtenues à des périodes différentes revient
bien à étudier l?évolution en monnaie courante.
Il faudrait reconvertir une nouvelle fois les prix triennaux obtenus en fonction d?un indice pour obtenir
des prix en monnaie constante.
Dans cette étude, le déflateur utilisé est l?indice des prix à la consommation hors tabac.
Il est possible de passer pour de prochaines mises à jour à l?indice de prix du PIB.
page 14
Calcul de ratios entre ces prix
On rapporte pour une unité géographique donnée le prix moyen des biens d'un sous-marché à celui
des biens d'un autre marché :
- le ratio de prix entre terrains constructibles acquis par des particuliers et terres et prés libres
acquis par des agriculteurs montre la plus ?value potentielle que le propriétaire peut espérer
réaliser si son terrain agricole devient constructible. Un ratio élevé peut donc inciter à la
rétention de terrains agricoles et à une demande de révision des documents d?urbanisme
auprès des élus.
- le ratio de prix entre espaces de loisirs et terres et prés libres acquis par des agriculteurs
montre la concurrence entre agriculteurs et particuliers pour acheter des terres non
urbanisables a priori.
Objectifs
On peut évaluer l?attractivité résidentielle à partir du prix des terrains constructibles (en n?oubliant
pas qu?ils ne sont a priori pas viabilisés) et des maisons à la campagne, qui représentent une
fraction du marché de l?immobilier ancien.
Indicateurs à relier
La pression foncière urbaine sur les espaces naturels peut être mise en évidence à partir des
ratios de prix entre marchés, qui traduisent les concurrences entre usages.
Toutefois, il faut distinguer les secteurs où les flux de consommation d?espace sont élevés, car
dans ce cas, la pression tend à augmenter sur les espaces agricoles, de ceux où, avec de fortes
différences de prix entre usages, l?extension urbaine reste limitée.
La comparaison sur longue période des flux par rapport à la SAU, des prix et des ratios de prix
montre la dynamique des marchés.
Les marchés les plus proches de l?urbain (maisons à la campagne, terrains constructibles et dans
une moindre mesure espace de loisirs) réagissent depuis les années 1970 selon la même
dynamique que l?immobilier urbain : en période de montée des prix, les flux augmentent et en
phase de retournement, les flux se bloquent avant une baisse des prix, si la fiscalité reste
équivalente.
Le marché agricole réagit plutôt en fonction des fondamentaux agricoles (revenus des
agriculteurs, liés au cours des matières premières agricoles et au niveau de subventions, et taux
d?intérêt).
Champs géographiques
Commune, en calculant une moyenne sur 5 ans ou canton, en calculant une moyenne sur 3 ans
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 15
C A R A C T É R I S T I Q U E S D E S A C Q U É R E U R S
Contexte :
Les marchés agricoles sont essentiellement un marché de proximité, car les agriculteurs ont intérêt à
avoir un parcellaire regroupé pour limiter leurs frais de structure. Toutefois, plus la surface du bien est
importante, plus les candidats à l?acquisition peuvent habiter loin.
Par contre, pour les marchés résidentiels et de l?urbanisation, si le territoire est attractif, des
personnes originaires de centres urbains éloignés peuvent constituer une proportion non négligeable
des acquéreurs. Cela peut correspondre à l?achat de résidence secondaires, éventuellement en
prévision de la retraite, ou à une arrivée dans une nouvelle région.
définition
origine géographique
Pour un sous-marché donné, nombre de transactions dont l'acquéreur réside dans une unité
(département, région, pays) comparée à l?unité géographique correspondante du bien vendu
rapporté au nombre total de transactions dans le même sous-marché pendant la même période.
Il s?agit bien ici du lieu de résidence et pas de la nationalité quand on considère des pays différents.
Ici , calcul du pourcentage d?acquéreurs résidant dans le département du bien
Age
Pour un sous-marché donné, nombre de transactions dont l?acquéreur est âgé de moins de X ans
rapporté au nombre total de transactions dans le même sous-marché pendant la même période.
Ici, seuil établi à 35 ans pour viser a priori les primo-accédants
Objectifs
Ce ratio d?origine géographique permet d?estimer l?importance relative du marché local à l'intérieur
d'un bassin de vie ou d'une aire urbaine et de l'attraction résidentielle extérieure (arrivée d'actifs
venant d'autres départements, de futurs retraités et/ou de résidents secondaires).
Lorsque la proportion d?acquéreurs originaires d?autres régions ou de l?étranger est élevée et que les
prix sont élevés, on peut craindre des difficultés pour les jeunes agriculteurs à trouver des bâtiments
lors de leur installation.
Sur le marché résidentiel, on peut craindre également une éviction des jeunes ménages originaires du
territoire et souhaitant acquérir leur premier logement. Ils sont alors obligés de se reporter sur des
espaces plus éloignés.
Le calcul de la proportion de moins de 35 ans permet de savoir s?il s?agit plutôt d?un marché de primo-
accédants ou non.
Attention, les données Safer ne permettent pas de savoir si les maisons à la campagne ou les terrains
constructibles sont acquis pour de la résidence principale ou secondaire. On ne peut que le présumer
en croisant âge et origine géographique.
Indicateurs à relier
Prix des maisons à la campagne, des terrains constructibles et des espaces de loisirs
Champs géographiques
Niveaux agrégés (au moins le canton) et sur une période pluriannuelle pour avoir un nombre de
transactions suffisant pour être significatif.
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 16
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION ché agricole reste généralement dominante (+ de 65 % des
surfaces notifiées). Toutefois, on observe une baisse en gradient en se rapprochant des pôles urbains
et surtout une diminution plus massive au sein de la presqu?île guérandaise, des cantons du littoral et
du rétrolittoral vendéen ainsi que dans le Sud de la Sarthe.
4.3 Le marché forestier en 2007-2008
? Graphique 3
Le marché forestier (hors
landes et friches) est un
segment du marché assez
modeste dans la région Pays
de la Loire.
Avec un peu plus 1 000
transactions en 2007-2008
dans l?ensemble de la région,
le segment représente à peine
plus de 3 % des transactions
sur ces deux dernières
années.
En surface, plus de 6 500
hectares de terrains boisés ont
été notifiés à la SAFER ces
deux dernières années, soit
6,5 % des volumes.
page 53
Volumes du marché forestier
en 2000-2001 et 2007-2008
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
1100
1200
1300
1400
1500
1600
1700
1800
1900
2000
2100
44 49 53 72 85
2000-2001 nombre
2007-2008 nombre
2000-2001 surface
2007-2008 surface
Avec seulement 11 % de surfaces boisées, la région Pays-de-Loire reste très en dessous de la
moyenne des régions du Grand Ouest (15 %) et de la France Métropolitaine (28 %). Ce ratio explique
le faible dynamisme du segment. Toutefois, la part de la forêt privée (conditionnant le marché notifié
aux SAFER) est de plus de 88,5 % des surfaces boisées en région Pays-de-Loire, valeur largement
supérieure à la moyenne nationale (73,7 %) (source : Agreste).
A l?échelle départementale, le nombre de transactions est véritablement significatif ces deux dernières
années en Sarthe (graph 1) avec près de 500 transactions au total pour 2 100 hectares (7,5 % des
mutations et 11 % des surfaces notifiées), suivie du Maine-et-Loire (1 700 hectares, soit 8,2 % et 325
mutations soit 4 %) et de la Mayenne (1 450 hectares ; 7 %).
Les marchés forestiers de Loire-Atlantique et surtout de Vendée (moins de 2 % des transactions et
5 % des surfaces) sont des segments marginaux.
Ces différences de volume sont naturellement conditionnées par la surface boisée de chaque
département, le taux de boisement de la Sarthe étant plus de 3 fois supérieur (17,9 %) à celui de la
Vendée (5 %).
Malgré la faible part qu?il représente sur les volumes régionaux et départementaux, le marché forestier
est le segment ayant enregistré les plus importantes transactions en surface, ces deux dernières
années : plus de 325 hectares sur le canton de Mayenne Ouest, 277 hectares sur le canton du
Louroux Beconnais (49), 260 hectares dans le canton du Mans Est Campagne, 216 hectares dans le
canton de Gorron (53) et 202 hectares dans le canton de Derval,
Même si les mutations de moins de 10 hectares sont très nettement majoritaires (92 % des
transactions en 2007-2008 en SAFER Maine Océan contre 85 % au niveau métropolitain), l?un des
premiers constats observé sur le marché foncier forestier des Pays-de-Loire concerne l?augmentation
du nombre de grosses cessions ces dernières années.
En 2007-2008, plus d?une trentaine de mutations de plus de 50 hectares étaient enregistrées dans les
quatre départements d?intervention de la SAFER Maine Océan contre moins de 5 en 2000-2001 et
près de 60 étaient compris entre 10 et 50 hectares contre une quinzaine en début de décennie. Ce
sont ces transactions qui sont à l?origine de l?emballement des surfaces enregistrées sur le marché
ces deux dernières années (Graphique 3)
Le second constat est une augmentation sensible du nombre de transactions dans tous les
départements entre 2000-2001 et 2007-2008. Ce volume a été multiplié par deux en Sarthe et en
Vendée et de 4 à 6 dans les autres départements. L?ensemble des segments sont concernés par ces
augmentations et notamment les lots de moins de 2 hectares, principale fraction du marché (plus de
550 mutations ont été enregistrées en 2007-2008 à l?échelle de la SAFER Maine-Océan contre à
peine 300 en 2000-2001).
Plusieurs facteurs semblent expliquer l?augmentation des flux du marché ces dernières années :
- l'augmentation des prix du bois depuis 2006,
- l?encouragement des pouvoirs publics à investir dans la forêt via de nombreuses mesures
fiscales en vue de développer notamment une filière « bois » sous exploitée en France
métropolitaine en raison de ses intérêts environnementaux (bio-matériaux, énergie
renouvelables?),
- l?augmentation du prix des matières énergétiques ces dernières années qui a eu pour effet de
redonner un attrait pour les particuliers pour la forêt (bois de chauffage) expliquant
l?augmentation des transactions de « petites » superficies.
page 54
Carte 7 : un marché se calquant sur les grands massifs de la région
page 55
SECTION 5
Les prix des marchés
en 2007-2008
page 56
5.1 Les prix du foncier agricole
Carte 1
note : dans les tableaux de prix, « 2005 »=2004-2006 et « 2007 »=2006-2008
En « 2007 » :
moyenne régionale : 3 000 ¤/ha
moyenne nationale : 4 700 ¤/ha
Source : Terres d?Europe-Scafr d?après
Safer
Le prix moyen des terres et prés libres (non bâtis) en région Pays-de-Loire reste en « 2007 » très en
dessous de la moyenne nationale. Pour le dernier exercice, la différence avec la référence nationale
est d?environ 1 700 ¤/ha, écart que l?on observe dans la très grande majorité des régions orientées
vers l?élevage (Poitou-Charentes, Limousin, Bourgogne, Franche Comté).
L?évolution des prix départementaux en 2 ans (« 2005 »- « 2007 ») est globalement dans la moyenne
nationale (+ 9,6 %). Toutefois, la Mayenne continue de se détacher avec des prix qui ont progressé de
page 57
Terres et prés libres (prix/ha)
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 1 760 ¤ 1 920 ¤ 9%
Maine-et-Loire 2 350 ¤ 2 550 ¤ 9%
Mayenne 3 790 ¤ 4 450 ¤ 17%
Sarthe 3 260 ¤ 3 380 ¤ 4%
Vendée 2 340 ¤ 2 580 ¤ 10%
17 %. Dans ce département, les références tendent aux dires des conseillers fonciers SAFER, à
s?emballer (prix dépassant 10 000 ¤/ha dans certaines communes du nord-ouest, carte 1).
L?exceptionnelle pression agricole qui s?exerce dans ce département est liée à plusieurs facteurs dont
la nature même des exploitations agricoles en recherche d?augmentation de leur productions (petites
unités orientées dans l?élevage intensif), reprises par des jeunes, dynamiques (qui bénéficient de prêts
bonifiés), Elles sont confrontées à des problématiques environnementales fortes (zone en excédent
structurel dans la moitié Ouest du département), ce qui pousse à rechercher des surfaces
d'épandage.
Cette croissance des prix tend désormais à dépasser les frontières mayennaises puisque le nord-
ouest du Maine-et-Loire ainsi que la façade Ouest de la Sarthe semblent être influencés par ces
augmentations?
5.2 Les prix du foncier pratiqués sur les biens de loisirs
Carte 2
En « 2007 » :
moyenne régionale : 21 800 ¤/ha
moyenne nationale : 35 010 ¤/ha
Source : Terres d?Europe-Scafr d?après Safer
Les prix de marché des terrains de loisirs de moins de 1 ha continuent à monter dans les
départements littoraux où la valeur moyenne (environ 40 000 ¤/ha en « 2007 ») est deux fois
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Terrains de loisirs (prix/ha)
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 23 480 ¤ 40 400 ¤ 72%
Maine-et-Loire 14 600 ¤ 18 800 ¤ 29%
Mayenne 17 730 ¤ 21 200 ¤ 20%
Sarthe 19 870 ¤ 20 500 ¤ 3%
Vendée 30 340 ¤ 38 400 ¤ 27%
supérieure à celle des autres départements. Ces augmentations sont liées notamment à
l?emballement des références dans les cantons littoraux mais aussi dans le rétrolittoral vendéen ou la
presqu?île guérandaise (carte 2).
Les prix sont également en augmentation dans les aires urbaines et particulièrement dans les
secteurs d'agriculture spécialisée (viticulture, maraîchage) où l'offre est plus faible. Ces augmentations
de prix expliquent peut-être le développement du marché des loisirs dans des territoires plus ruraux.
En raison d?une déprise agricole assez forte, les prix dans le sud manceau ne progressent guère,
l'offre étant abondante, ce qui entretient l'activité du marché en nombre de transactions.
5.3 La valeur moyenne des maisons à la campagne
Carte 4
En « 2007 » :
moyenne régionale : 206 000 ¤
moyenne nationale : 234 000 ¤
Source : Terres d?Europe-Scafr d?après Safer
Pour la première fois depuis le début de la décennie, l?évolution pluriannuelle des prix du marché des
maisons à la campagne n?est pas à deux chiffres.
Comme nous l?avions évoqué au cours des précédentes études, le rythme annuel d?augmentation des
prix du marché était compris en moyenne entre 10 et 15 % par an entre 2000 et 2006. Le tableau ci-
dessus indique la progression n?est que 3 à 8 % suivant les départements entre « 2005 » et « 2007 »
avec un recul de près de 2 % des références pour la Loire-Atlantique.
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Maisons à la campagne
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 168 000 ¤ 165 000 ¤ -1,80%
Maine-et-Loire 159 000 ¤ 170 000 ¤ 6,90%
Mayenne 113 000 ¤ 119 000 ¤ 5,30%
Sarthe 128 000 ¤ 138 000 ¤ 7,80%
Vendée 146 000 ¤ 150 000 ¤ 2,70%
On assiste à un retournement de tendance du marché comme à l'échelle nationale.
5.4 Le prix des terrains constructibles (acquis par des particuliers)
En « 2007 » :
moyenne régionale : 8,60 ¤/m²
moyenne nationale : 14 ¤/m²
Les références de prix observées sur ce marché méritent d'être considérées avec précaution,
notamment dans les départements de la Mayenne et du Maine-et-Loire et dans la majorité des
cantons sarthois en raison de la faiblesse des volumes notifiés.
On rappelle qu'il s'agit de terrains a priori non viabilisés, ce qui explique en partie la faiblesse des prix.
Toutefois, l'une des principales certitudes concerne l'augmentation des prix malgré une conjoncture
peu favorable.
L'exemple le plus pertinent demeure le marché de Loire-Atlantique avec un resserrement des écarts
de prix entre Nantes, Saint Nazaire et le littoral . En Vendée, la proximité au littoral reste un facteur
explicatif de prix élevé mais l'on observe une progression sensible des références à l'intérieur des
terres, mais de manière moins marquée dans la frange orientale du territoire.
page 60
Terrains constructibles m² (particuliers)
Département « 2005 » « 2007 » Evol 07/05
Loire-Atlantique 18,2 ¤ 23,7 ¤ 30%
Maine-et-Loire 8,4 ¤ 12,9 ¤ 53%
Mayenne 3,7 ¤ 10,2 ¤ 276%
Sarthe 6,2 ¤ 8,5 ¤ 36%
Vendée 17,7 ¤ 21,0 ¤ 19%
II.
Analyse par aires urbaines
page 61
Avertissement :
L?analyse du marché et le rendu cartographique qui suivent sont issus d?un traitement pluriannuel à
l?échelle communale sur deux périodes (1999-2003 et 2004-2008), de manière à s?assurer à disposer
de volumes si possible conséquents.
Néanmoins, l?interprétation des données foncières traitées à l?échelle communale doit être prise avec
un certain recul au regard de la faiblesse des échantillons considérés et de l'hétérogénéité des biens,
qui entraînent une grande variabilité des tendances d?évolution, notamment en surface.
page 62
SECTION 1
Les volumes du marché agricole et rural
page 63
1.1 Les volumes notifiés
1.1.1 Le nombre de transactions : comparaisons
? Graphique 1 :
Nombre de notifications enregistrées
par périmètre depuis 1999
6980
3779
1194
5025
2401
8025
4125
1372
5286
2341
500
1500
2500
3500
4500
5500
6500
7500
8500
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Une dynamique forte au sein de l?aire urbaine nantaise
Avec un volume de transactions en progression de 15 % en 2004-2008 par rapport à 1999-2003,
l?activité foncière observée au sein de l?aire urbaine nantaise est nettement supérieure aux
dynamiques enregistrées dans les aires urbaines mancelles (+ 5 %) ou angevine (+ 9 %).
Ce niveau de progression à Nantes est d?autant plus important que les volumes enregistrés en début
de décennie étaient déjà conséquents (Graphique 1). A titre d?exemple, la progression du nombre de
mutations dans le périmètre du SCOT Laval-Loiron est également de 15 %, mais pour un volume
2004-2008 presque 7 fois moins important.
Dans ce contexte de nettes hausses du marché de l?aire urbaine nantaise et du périmètre lavallois
(3 %/an depuis 2004) et de hausses plus modérées pour Angers ou Le Mans (de 1 à 2 %/an), l?activité
foncière sur le littoral vendéen (SCOT Saint-Gilles-Croix-de-Vie- Les Sables d?Olonne) est la seule a
avoir légèrement reculé (- 2,5 %).
page 64
Carte 1 :
La cartographie ci-dessus (carte 1) confirme que les marchés communaux les plus importants en
1999-2003 tels qu?Héric, Saint-Etienne-de-Montluc, Saint-Philbert-de- Grand-Lieu, Saint-Julien-de-
Concelles en Loire-Atlantique, Changé, Parigné-l?Evêque en Sarthe, Olonnes-sur-Mer ou Saint-
Hilaire-de-Riez en Vendée (plus de 150 transactions) le restent en 2004-2008 mais avec des volumes
qui deviennent comparables avec ceux des communes voisines telles que Nort-sur-Erdre, Vigneux-
de-Bretagne ou Saint-Mars- d?Outillé.
L'évolution des marchés communaux constatée au niveau de l'aire urbaine apparaît donc globale pour
l?aire urbaine nantaise, forte et ciblée dans le sud-est manceau et faible et répartie dans l?aire urbaine
angevine ou les périmètres mayennais et vendéen (le seul en baisse).
La croissance de ces volumes qui témoigne de l?augmentation de la demande en matière de foncier
agricole ou naturel s?explique par le développement de certains marchés comme nous le verrons
ultérieurement. Toutefois, l?importance des écarts entre communes est d?abord d?origine structurelle.
Ainsi, on peut observer que les volumes communaux du marché nantais sont, quelle que soit la
période considérée, de deux à cinq fois supérieurs aux volumes de la plupart des communes
angevines, lavalloises ou mancelles. Cet écart s?explique tout simplement par l?importance de la
superficie des communes nantaises qui influe logiquement sur l?importance des volumes. A titre
d?exemple, si l?aire urbaine nantaise est la plus importante (environ 232 000 hectares), elle ne compte
que 82 communes contre 89 communes pour l?aire urbaine angevine (152 000 ha) ou 101 communes
pour l?aire mancelle (163 000 ha).
Comme nous l?avions précisé dans le volet régional de la présente étude, la structure parcellaire est
elle aussi un facteur influant fortement sur les volumes du marché.
D?après le traitement des bases MAJIIC 2 de 2007, la surface moyenne des parcelles au sein de l?aire
urbaine nantaise ou du périmètre vendéen oscille entre 2 500 et 5 000 m² (hors communes urbaines)
alors que cette surface est, par exemple, comprise entre 5 000 et 7 500 m² dans l?aire urbaine
angevine et entre 7 500 et 10 000 m² dans l?aire urbaine mancelle ou le périmètre du SCOT lavallois.
Ces écarts influent donc d?autant plus sur les volumes qu?il faut par hypothèse réaliser deux à trois fois
plus d?acquisitions (si le propriétaire est différent) pour constituer un îlot d?un hectare dans l?aire
nantaise que dans les autres territoires.
page 65
La connaissance de la structure du parcellaire est donc essentielle à la compréhension des volumes
surtout lorsqu?elle se combine aux spécificités du terroir local : secteurs viticoles de l?est nantais et du
sud angevin ou forestier du sud-est manceau?
1.1.2 les surfaces notifiées
? Graphique 2 :
Surface totale notifiée (ha)
par périmètre depuis 1999
10699
9459
6021
13025
4040
11626
9517
5825
12496
3093
500
1500
2500
3500
4500
5500
6500
7500
8500
9500
10500
11500
12500
13500
14500
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Forte ouverture dans l?aire nantaise, effondrement dans le périmètre vendéen
En raison probablement d?un volume de transactions en forte progression, l?aire urbaine nantaise est
le seul des 5 territoires où le marché foncier s?est ouvert en surface en 2004-2008 par rapport à 1999-
2003 (+ 11,5 %). Dans les autres périmètres, les volumes sont, au mieux, restés stables en surface
dans l?aire urbaine angevine (Graphique 2), mais ont généralement reculé, sensiblement comme dans
l?aire urbaine mancelle ou le périmètre lavallois (- 3 à ? 4 %) voire se sont effondrés dans le littoral
vendéen (- 24,5 %). Pour l'aire vendéenne, la fermeture en surface est particulièrement forte
comparée à la quasi-stagnation du nombre de transactions.
Des volumes en hausse aux marges des périmètres
La carte 2 (ci-dessous) illustre les surfaces notifiées dans chaque commune entre nos deux périodes
de référence.
L?une des principales tendances que l?on observe à l?échelle locale, malgré les écarts de progression
du marché entre chacun des 5 périmètres, est l?augmentation des surfaces notifiées en 2004-2008
dans la majorité des communes situées aux marges des aires urbaines nantaise, angevine et à
moindre degré lavalloise et une plus grande hétérogénéité pour les communes de la deuxième ou
troisième couronne (notamment entre le nord et le sud du Mans).
Le périmètre du SCOT vendéen apparaît être la seule zone où les volumes sont en recul partout.
page 66
Carte 2
A ce titre, la surface agricole utile (SAU) et les superficies naturelles expliquent en grande partie,
quelle que soit la période considérée, les différences de volumes entre les communes (rapport allant
parfois de 1 à 6) et influent par répercussion sur le nombre et la surface des ventes notifiées à la
SAFER.
Toutefois, on peut observer que si l?écart est important en nombre de transactions, entre l?aire urbaine
nantaise et les aires mancelle ou angevine par exemple, il l?est beaucoup moins en surface puisque le
périmètre manceau est le plus actif sur cette variable (12 500 ha en 2004-2008) et l?écart avec l?aire
urbaine angevine (9 500 ha contre 11 600 ha pour le nantais) n?est pas proportionnellement aussi
important que la différence de superficie entre les deux aires (152 000 ha contre 237 000 ha).
Ces nuances s?expliquent par plusieurs facteurs:
- le ratio entre la SAU et la superficie communale dépasse rarement 30 % dans les communes
périurbaines nantaises (d?après le RGA 2000) ;
- l?importance des cultures spécialisées dans l?aire urbaine nantaise (viticulture et maraîchage)
qui traditionnellement mutent moins et concernent des exploitations de petite surface ;
- le taux particulièrement élevé de fermage en Loire-Atlantique conduit à une fermeture du
marché, les agriculteurs n'ayant pas besoin d'acheter des terres pour les exploiter ;
- l?importance des massif forestiers au sud-est de l?aire urbaine mancelle qui sont des moteurs
de l?activité foncière en surface (en raison il est vrai de quelques mutations très importantes).
page 67
1.1.3 La surface moyenne notifiée
Carte 3
Des lots plus petits
Dans l?ensemble des aires et périmètres, la surface moyenne des lots notifiés est en baisse en 2004-
2008 par rapport à 1999-2003 :
- pour Laval, celle-ci est de 4,2 hectares contre 5 en début de décennie ;
- dans les aires urbaines mancelle et angevine, la surface moyenne comme le niveau de
diminution sont similaires : de 2,5 hectares à 2,3 hectares ;
- pour le périmètre vendéen, la chute est proportionnellement assez marquée : de 1,7 ha à
1,3 ha ;
- dans l?aire urbaine nantaise, cette taille moyenne du lot ne régresse que faiblement (de
1,55 ha à 1,45 ha).
Cette baisse semble géographiquement concerner la moitié nord de l?aire urbaine mancelle, le sud et
l?est angevin, l?ouest lavallois, la première couronne nantaise et le périmètre vendéen dans sa
globalité.
Au-delà de cette baisse de surface du lot moyen notifié (qui est liée dans la plupart des communes à
une dynamique plus forte des marchés non agricoles à laquelle s'ajoute une baisse de surface
moyenne des marchés non agricoles), on observe que structurellement le lot moyen nantais ou
vendéen reste d?un hectare inférieur aux marchés angevins ou manceaux, et de 3 hectares par
rapport au marché lavallois.
Cette différence confirme l?incidence de la structure du parcellaire sur le marché.
On peut d?ailleurs observer à l?intérieur de certains périmètres les nuances concernant la taille des lots
notifiés : une distribution classique en couronnes dans l?aire urbaine nantaise avec une diminution de
la taille des lots vers le centre et une répartition plus hétérogène au sein de l?aire angevine entre
l?ouest où les propriétés sont grandes et les parcelles aussi, et le sud avec des secteurs viticoles à
microparcellaire.
page 68
SECTION 2
Le marché des maisons à la campagne et des
espaces de loisirs
page 69
2.1 L?activité du marché des maisons à la campagne
2.1.1 le volume de transactions
Nombre de transactions
par périmètre depuis 1999
493
412
201
834
362
911
430
226
859
407
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
1000
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
« Boom » des transactions dans l?aire nantaise?
Le niveau de progression du marché des « maisons à la campagne » dans l?aire urbaine nantaise a
été exceptionnel entre 1999-2003 et 2004-2008 (Graphique 1).
Le nombre de transactions a ainsi presque doublé (+ 85 %) entre les deux périodes alors que les
rythmes sont nettement plus modérés pour l?aire urbaine angevine ou mancelle (+ 3 à 4 %) et les
périmètres lavallois et vendéen (+ 12,5 %). En prenant en référence l?année 2003, le marché nantais a
ainsi progressé de 17% par an entre 2004 et 2008 contre à peine 1 % pour Le Mans ou Angers ou
2,5 % pour les deux autres secteurs.
? qui témoigne de sa croissance démographique
Ce niveau de progression exceptionnel du marché des maisons à la campagne nantais témoigne de la
dynamique démographique soutenue de cette aire urbaine.
D?après une étude comparative menée par l?Agence d?Urbanisme d?Angers (« Population » de mars
2009), concernant l?évolution de la population dans les aires urbaines de l?Ouest de la France, le
rythme de progression annuel de la population de l?aire urbaine nantaise était de 1,05 % par an entre
1999 et 2006, soit un taux deux fois plus élevé que pour l?aire angevine (0,54 %) ou mancelle (0,5 %).
Cette dynamique démographique nantaise est d?autant plus importante qu?elle est essentiellement due
au solde migratoire très largement positif (0,6 point /an) contrairement aux aires urbaines mancelles
ou angevines (où il est nul ou négatif).
Une étude de l?Agence d?urbanisme de la Agglomération nantaise de 2005 (Aire urbaine de Nantes :
dynamisme démographique de 1999 à 2005 et projection de la population en 2020), illustrait plus
précisément la dynamique démographique interne de cette aire, avec une augmentation de la
population au sein du périmètre de « Nantes métropole » de 3,9 % (entre 1999 et 2005) et de plus de
16 % en moyenne dans le reste du territoire.
page 70
A ce facteur démographique essentiel pour comprendre l?emballement du marché nantais s?y sont
adjoints d?autres facteurs que l?on retrouve dans la majorité des autres territoires :
- les départs à la retraite de nombreux agriculteurs de la génération du papy-boom, départs qui en
l?absence de repreneur, ont ouvert le parc potentiel des maisons à la campagne,
- les campagnes de mises aux normes des bâtiments agricoles (voir section II de la partie étude
régionale),
- la flambée des prix de l?immobilier urbain depuis 1998.
Carte 1
La carte 1 illustre la croissance de l?activité foncière au sein de l?aire urbaine nantaise en 2004-2008.
On peut observer que cette croissance concerne la quasi totalité des communes situées au nord de la
Loire alors que le marché reste plus modéré dans la partie sud (comme en 1999-2003).
Un élément qui doit être relevé est l'expansion du marché dans la partie nord : concentré dans
quelques communes de la seconde couronne en 1999-2003 (Vigneux-de-Bretagne, Saint-Julien-de-
Concelles, la Chapelle-Basse-Mer), le marché s'est particulièrement développé dans les communes
de la troisième et quatrième couronne, avec pour colonne vertébrale les grands axes structurants de
la Loire Atlantique, à savoir Nantes-Saint-Nazaire (RN 165) et Nantes-Rennes (RN 137).
Par ailleurs, l'offre semble plus limitée dans le sud de l'agglomération, compte tenu du nombre moins
important d'exploitations dans le pays de Retz et de la spécialisation des biens dans les secteurs
viticoles et maraîchers.
page 71
Carte 2
La progression du marché n?est pas aussi lisible dans les autres territoires.
La cartographie du marché angevin est quasi similaire entre les deux périodes étudiées avec un
marché assez symbolique dans la majorité des communes (rythme de une ou deux ventes par an et
par commune), si ce n?est dans les basses vallées angevines où le parc des potentielles maisons à la
campagne reste sans doute alimenté par la déprise agricole. On peut rappeler que le marché angevin
est plus restreint ces dernières années en raison d?un développement plus ancien du marché (années
1990 selon les notaires) réduisant le stock de biens potentiellement « notifiables » à la SAFER pour la
décennie 2000-2009.
Le recul de la dynamique démographique angevine qui concerne également son solde migratoire
(sauf au nord-est, autour de Tiercé) peut expliquer également la stabilité du marché .
Au sein du périmètre du SCOT Laval-Loiron, le marché n?est pas suffisamment conséquent pour tirer
des conclusions. On peut toutefois noter un certain effondrement dans le secteur de Loiron tandis que
la commune de Changé a absorbé près du quart du marché entre 2004 et 2008.
Pour le périmètre du SCOT vendéen, on peut souligner que le marché reste concentré dans la partie
nord, notamment dans les communes de Saint-Hilaire-de-Riez et de Commequiers. Toutefois
l?amélioration du réseau de voirie semble avoir été un facteur de développement du marché,
notamment dans les communes du rétro-littoral tels que le Le Fenouiller, Givrand et l?Aiguillon-sur-Vie.
page 72
Carte 3
Le marché dans l?aire urbaine mancelle (carte 3) reste concentré essentiellement dans la partie Est et
Sud-Est du territoire autour des communes de Parigné-l?Evêque, Changé, Savigné-l?Evêque et Yvré-
l?Evéque. On observe également une diffusion de ce marché dans les communes du sud, notamment
autour de Cérans-Foulletourte.
Au sein de cette aire, l'activité de ce marché reste probablement, influencée par les axes structurants
de l?Est manceau (autour de l?A28), combinée à la déprise agricole qui alimente le marché et à la
pression urbaine.
On peut observer que dans les secteurs où l?activité agricole reste dynamique, le marché des maisons
à la campagne ne progresse pas (à l?ouest) ou régresse (au nord) en raison de la fermeture de l'offre.
2.1.2 La flambée des prix se confirme partout
carte 3
page 73
L?augmentation des prix de l?immobilier urbain a affecté également le prix des maisons à la
campagne.
Une comparaison de la valeur moyenne pratiquée entre les deux périodes de référence démontre la
croissance des références, qui ont généralement plus que doublé:
- De 90 k¤ à 190 k¤ dans l?aire urbaine nantaise
- De 95 k¤ à 220 k¤ dans l?aire angevine
- De 70 à 145 k¤ dans l?aire mancelle
- De 75 à 150 k¤ dans le périmètre lavallois
- De 80 à 180 k¤ dans lé périmètre vendéen
Cette comparaison des références doit d?ailleurs être prise avec précaution, car sur la période
considérée, le point haut a été atteint en 2007 ou 2008 selon les territoires. La comparaison sur des
périodes de cinq ans lisse donc des variations très différentes d'une année sur l'autre, avec des taux
annuels approchant de 15 % entre 2004 et 2007 suivi d'un début de retournement à partir de mi-2007.
Le faible nombre mensuel de ventes par aire étudiée ne permet pas de déterminer le moment du
retournement avec précision.
La carte 3 illustre cette progression des prix entre les deux périodes qui aboutit à une distribution en
couronnes à partir des villes centres et du littoral, avec des prix plus élevés le long de certains grands
axes.
carte 4
Une des incidences de l?augmentation des prix du marché est la réduction de la surface moyenne
notifiée : dans l?aire urbaine nantaise ou mancelle, le bien moyen couvrait en 2004-2008 une surface
de terrain de 6 000 m² contre 7 500 m² en 1999-2003.
On retrouve cette baisse dans l?aire angevine (de 11 000 à 10 000 m²) ou dans le périmètre vendéen
(6 000 à 5 400 m²). Seul le périmètre lavallois enregistre une augmentation (de 10 000 à 12 0000 m²)
liée essentiellement à quelques ventes de grands terrains, ce qui fausse la moyenne.
page 74
2.1.3 Les primo-accédants restent généralement les moteurs du marché
Carte 4
Dans un contexte d?augmentation plus ou moins conséquente du marché des maisons à la campagne,
le pourcentage d'acquisitions réalisées a priori par les primo-accédants, et plus particulièrement par
les acquéreurs de moins de 35 ans, est soit en recul comme à Angers (de 51,5 % à 38,5 % des
acquisitions entre les deux périodes) ou Laval (62 à 50,5 %), soit se déplace : la distribution
géographique se modifie comme à Nantes ou Le Mans avec une très forte concentration de leurs
acquisitions aux marges de l?aire urbaine au détriment des communes de la seconde ou de la
troisième couronne.
La carte 4 illustre cette nouvelle distribution ou ce recul. Malgré ces baisses, le marché des maisons à
la campagne reste tiré par les acquéreurs de moins de 35 ans, puisqu?ils sont à l?origine de plus de
58 % des acquisitions en 2004-2008 à l?échelle de l?aire nantaise (contre 62 % en 1999-2003) et ils
restent également majoritaires au sein de l?aire urbaine mancelle (taux stabilisé à 53 %).
L?exceptionnelle activité du marché nantais, alimentée par les jeunes primo-accédants, n?est pas un
phénomène immobilier atypique puisqu?il s?inscrit dans un processus plus large de « l?exode urbain
des jeunes couples en Loire-Atlantique »* lié notamment à l?emballement des prix de l?immobilier
urbain (* titre de la publication universitaire de Danielle Rappetti dans la revue « Mappemonde »
d?avril 2007).
Le marché du périmètre vendéen est le seul à ne pas être alimenté par la demande des jeunes en
majorité primo-accédants (seulement 37,5 % des acquisitions en 2004-2008 contre 42 % en 1999-
2003). Comme nous l?avions évoqué dans le cadre de l?étude régionale, il ne s?agit pas d?une
spécificité propre au secteur mais d?un phénomène assez récurrent dans les zones littorales où
l?activité du marché est motivée par l?acquisition de résidences secondaires par des acquéreurs plus
âgés et en provenance d'autres régions, dont les moyens financiers sont plus élevés.
page 75
2.2 L?activité du marché des terrains de loisirs
2.2.1 Les volumes du marché
L?activité foncière du marché des terrains de loisirs n?a pas enregistré entre les deux périodes
étudiées une envolée spectaculaire comme celle observée pour le marché des maisons à la
campagne dans l?aire urbaine nantaise (+ 87 %).
Le marché a néanmoins progressé de plus de 5,5 % dans l?aire angevine, de près de 8 % dans l?aire
nantaise, de 19 % pour l?aire mancelle et de 25 % pour le périmètre lavallois (avec des volumes qui
restent malgré tout très faibles dans ce territoire). Le littoral vendéen est le seul territoire enregistrant
un certain recul (-14 %).
Si le niveau de progression du nombre de transactions sur les biens de loisirs est, en dehors du cas
vendéen, largement au-dessus de la moyenne du marché global (voir paragraphe 1.1.1), les
présentes statistiques mettent en évidence une relative baisse d?activité du marché des espaces de
loisirs depuis 2006 dans ces territoires, contrecoup de la hausse continue des valeurs de l?immobilier
(voir la partie analyse régionale section II).
Carte 5
page 76
Nombre de transactions
par périmètre depuis 1999
1934
1051
186
1246
714
2083
1110
233
1484
617
0
150
300
450
600
750
900
1050
1200
1350
1500
1650
1800
1950
2100
2250
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
La distribution géographique du marché des terrains de loisirs n?est pas structurée de manière
concentrique et elle s?appuie généralement (carte 5) sur les zones naturelles de chaque territoire, à
l?exception peut-être du marché lavallois où l?activité foncière est uniforme.
Carte 6 :
les volumes du marché dans l?aire nantaise et le périmètre SCOT de Saint- Gilles-Croix-de- Vie
La distribution géographique du développement du marché nantais (carte 6) révèle que le marché est
en progression dans l?ensemble des communes, notamment dans les communes de la première et
seconde couronne .
L?importance et la dynamique du marché des loisirs nantais est liée à plusieurs facteurs qui sont :
? la nature du parcellaire local (petites parcelles) très favorable structurellement au
développement de ce marché,
? la croissance démographique
? l?expansion de l?habitat sur le territoire (puisqu?il s?agit souvent d?un marché de complément lié
à la résidence principale ou secondaire), comme en témoignait le marché des maisons à la
campagne,
? enfin, la présence d'espaces naturels attractifs que sont la vallée de la Loire, son estuaire, le
lac de Grand Lieu ou la vallée de l?Erdre. La motivation « chasse et pêche » explique
généralement les volumes plus élevés dans ces communes avec parfois l'achat pour
installation de bungalows (le long de l?Erdre notamment).
La distribution du marché dans le périmètre vendéen est assez classique pour un territoire littoral.
L?activité se concentre dans les communes littorales. L?explication du recul de l?activité foncière dans
ce périmètre tend probablement à se justifier par l?augmentation des prix du foncier (voir sous-chapitre
suivant), mais surtout par la rétention foncière de la part des propriétaires qui aboutissent à des
friches spéculatives.
Apparemment, les communes concernées n'auraient pas mis en place de dispositif de maîtrise
foncière (convention de veille foncière avec les SAFER).
page 77
Carte 7 : les volumes du marché dans l?aire urbaine angevine
La distribution géographique du marché angevin est plus conditionnée par les espaces naturels de ce
territoire que par l?expansion de l?habitat.
On retrouve des marchés actifs dans les basses vallées angevines au nord, expansion facilitée par
une déprise foncière agricole, et dans les communes ligériennes ou bordant l?Authion au sud
(motivations : chasse ?pêche et cheval pour le loisir).
Carte 8 : les volumes du marché dans l?aire urbaine mancelle
A l?inverse du marché angevin, le marché manceau est nettement plus conditionné par le
développement de l?habitat dans le sud et l?est du territoire. On observe à ce titre que les foyers de
développement du marché sont assez proches de ceux du marché des maisons à la campagne.
page 78
Avec un mitage important et une pression urbaine forte, les motivations d?acquisition sont
essentiellement orientées vers l?acquisition de la parcelle contiguë à son logement afin de conforter sa
tranquillité. L?activité cheval de loisir (mise au pré) est un second élément motivant ce type
d?acquisition par des particuliers.
Le niveau d?activité du marché dans les communes traversées par la Sarthe ou l?Huisne n?est pas
particulièrement élevé. Ce marché existe depuis longtemps dans ces espaces, ce qui a abouti à une
baisse de l'offre.
2.2.2 Les prix du marché
Carte 9
A l?image du marché des maisons à la campagne, la valeur moyenne des terrains de loisirs a plus que
doublé voire presque triplé entre les deux périodes considérées.
- De 0,75 ¤/m² en 1999-2003 à 2,5 ¤/m² en 2004-2008 dans l?aire urbaine nantaise
- De 0,6 ¤/m² à 1,4 ¤/m² dans l?aire angevine
- De 0,85 ¤/m² à 2 ¤/m² dans l?aire mancelle
- De 1,1 à à 2,5 ¤/m² dans le périmètre lavallois
- De 2,5 à 5,6 ¤/m² dans le périmètre vendéen
Ces augmentations ne sont toutefois pas spatialement uniformes : les prix ont augmenté massivement
dans toute l?aire nantaise et les périmètres lavallois et vendéen. La distribution reste plus concentrique
autour d?Angers, tandis que les prix les plus élevés constatés dans l?aire urbaine mancelle sont
observés dans les communes du nord et de l?ouest .
page 79
Carte 10
Carte 11
L?incidence de cette augmentation des prix foncier à des fins de loisirs est double et est assez
similaire à ce que l?on a pu observer sur le marché des maisons à la campagne.
En premier lieu, la surface moyenne achetée est en sensible diminution, notamment dans l?aire
mancelle (de 4 500 à 4 000 m²), nantaise (de 2 600 à 2 400 m²), les périmètres lavallois (3 500 à
3 300 m²) ou vendéen (2 600 à 2 400 m²) mais se maintient dans l?aire angevine (3 000 m²).
page 80
En second lieu, l?augmentation des références des prix de terrain de loisirs semble avoir fait reculer
les jeunes acquéreurs (carte 11) aux marges des territoires, les exemples manceau et nantais étant
les plus manifestes.
2.3 Le poids pris par les marchés des loisirs et des maisons à la campagne en
surface
Surface cumulée (ha)
par périmètre depuis 1999
887
794
292
1404
389
1063
805
367
1410
354
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
AU
Nantes
AU
Angers
SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Dans ce contexte d?augmentation du nombre de transactions observé sur le marché des loisirs et des
maisons à la campagne dans tous les départements (sauf en Vendée pour les loisirs), les surfaces
correspondantes à ces deux segments ont progressé proportionnellement selon une même
dynamique, à l?exception du département sarthois :
- Dans l?aire urbaine nantaise, les surfaces notifiées sur ces deux marchés ont augmenté de
près de 20 %* entre les deux périodes contre 23,5 %* en nombre de transactions (*cumul
des deux segments).
- Au sein du périmètre lavallois, les surfaces ont augmenté de 25,6 % (18,5 % en nombre).
- Dans l?aire urbaine angevine, les surfaces sont restées quasi stables alors que le volume de
transaction a augmenté (+ 5,5 %)
- Le périmètre vendéen enregistre une baisse de près de 9 % (- 5 % en nombre)
- Dans l?aire mancelle, l?écart est plus important puisque les surfaces sont restées quasi
constantes (+ 0,5 %) alors que le volume de transactions a progressé de plus de 12 % (ce
qui induit que la surface moyenne des lots notifiés s?est réduite).
Les surfaces notifiées augmentent dans le périmètre lavallois sous les effets cumulés de la
progression du nombre de transactions sur les deux segments tandis que le marché nantais
progresse en surface en raison de l?exceptionnelle croissance du nombre de mutations des maisons à
la campagne.
Il faut toutefois rester assez mesuré sur l?incidence de ces progressions au regard des volumes
considérés dans certains périmètres (notamment lavallois).
page 81
Carte 12
En 2004-2008, les deux marchés ne représentent « que » 6,5 % de la surface totale notifiée dans le
périmètre du SCOT lavallois (3,8 % en 1999-2003). Dans les autres territoires, cette part est compris
entre 8,5 % (Angers) et un peu plus de 11 % (Le Mans) ces cinq dernières années, taux qui n?ont
finalement augmenté que de quelques dixièmes de point.
Si la part en surface des deux segments n?a pas spectaculairement augmenté à l?échelle des aires et
périmètres SCOT, on observe un certain bouleversement dans la distribution géographique du poids
des ces deux segments.
La carte 12 illustre que la part de ces deux segments s?est accrue en 2004-2008 dans les communes
de la première couronne urbaine (plus du quart des surfaces notifiées), alors que cette part est
devenu assez marginale ailleurs (moins de 5 % dès la troisième couronne). Seul le périmètre vendéen
échappe à cette logique en raison d?un effondrement plus important des surfaces agricoles notifiées
par rapport à ces deux marchés.
Si le poids plus ou moins important en surface de ces deux marchés reste généralement conditionné à
la dynamique du marché agricole, on peut également estimer que l?augmentation générale des prix du
foncier sur ces segments non agricoles est à l'origine de la baisse observée, notamment dans les
communes périurbaines (voir chapitre 2.1.2 et 2.2.2).
En raison de la disparition de l?activité agricole et de la présence d?acheteurs à fort pouvoir d?achat, ce
marché représente plus du quart du marché notifié dans les communes de la première couronne.
page 82
Carte 13
Le but de cet indicateur (cf. annexe pour sa définition) est de mettre en évidence les espaces où le
marché des biens résidentiels ou de loisirs exerce une forte pression sur l'espace agricole qui est
censé le rester d'après les documents d'urbanisme,
On retrouve des phénomènes classiques : pression forte dans les grandes agglomérations qui décroît
avec l'éloignement au centre (Angers et Nantes) ou du littoral vers le rétro-littoral (Vendée).
La pression se concentre sur quelques communes autour de Laval mais est finalement assez faible
dans cette ville-centre,
Enfin, l'agglomération du Mans présente une structure originale, avec une spécialisation des
espaces : la pression est forte au sud-est et dans quelques communes du sud-ouest de
l'agglomération et relativement faible et en diminution dans le quart nord-ouest. La spécificité de cet
espace, qui apparaît déjà exceptionnel pour de nombreux indicateurs, ne fait que se confirmer,
Par ailleurs, quelle que soit l'agglomération, la pression semble préférentiellement concerner les
communes proches de grands axes de circulation, notamment à Nantes, Angers et le Mans.
L'intensité de la pression semble avoir diminué dans la plupart des espaces entre les deux périodes, à
l'exception notable du quart sud-est de l'agglomération du Mans.
page 83
SECTION 3
Le marché de l'urbanisation
page 84
3.1 L?activité du marché
3.1.1 Les volumes artificialisés
L?évolution des surfaces artificialisées dans les cinq territoires étudiés est particulièrement
hétérogène.
Dans l?aire urbaine nantaise ou le périmètre vendéen, les surfaces artificialisées ont progressé
respectivement de 41 % et de 72 % entre les deux périodes considérées (graphique ci-dessus). A
contrario, l?aire urbaine mancelle enregistre une baisse de plus de 37 % tandis que la situation reste
assez stable pour l?aire angevine (-2 %) ou lavalloise (+5 %).
La très forte hétérogénéité de l?évolution de ces volumes s?explique d?abord par l'évolution de la
distribution spatiale de ce marché.
Sur la carte 14 (ci-après), on peut observer que les volumes ont particulièrement augmenté dans les
communes périurbaines et plus particulièrement rurales de l?aire urbaine nantaise et dans les
communes du rétro-littoral pour le périmètre vendéen.
Dans l?aire urbaine mancelle, les communes où les flux de ce marché sont importants sont grosso
modo les mêmes dans les deux périodes (les communes traversées par l?A28) mais avec une baisse
d'activité particulièrement importante depuis 2004.
Dans l?aire urbaine angevine, les surfaces artificialisées n?étaient véritablement significatives que dans
quelques communes de première couronne entre 1999 et 2003 : Saint-Sylvain- d?Anjou ,Trélazé ,
Beaucouzé (plus de 40 ha par commune). Entre 2004 et 2008, l?activité du marché semble se
concentrer dans un pôle à l?ouest d?Angers.
Le périmètre lavallois est le seul territoire qui conserve une distribution stable en couronne des flux du
marché autour de la ville-centre.
page 85
Surface artificialisée (ha)
par périmètre depuis 1999
971
678
782
1600
394
1370
666
825
1014
677
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Carte 14
Carte 15
Carte 15
A l?image des marchés non agricoles évoqués précédemment (loisirs et « résidentiels ») , la part du
marché de l?urbanisation a particulièrement progressé dans les communes de la première couronne et
de la seconde couronne urbaine (carte 15). En 2004-2008, les surfaces notifiée ayant pour objet une
urbanisation future représentent au minimum le dixième du marché dans ces communes.
On enregistre cependant des tendances d?évolution différentes : dans l?aire urbaine mancelle, le poids
relatif du marché diminue ces 5 dernières années autour de son pôle urbain et dans le quart sud-est
page 86
alors que dans l?aire urbaine nantaise, cette part de marché est désormais importante jusqu?aux
marges du périmètre.
L?augmentation du poids du marché de l?urbanisation dans les communes du rétro-littoral vendéen
semble liée à la fermeture du marché foncier agricole.
3.1.2 Les tendances par périmètre
Carte 16 : les volumes du marché dans l?aire nantaise et le périmètre SCOT de Saint-Gilles-
Croix-de-Vie
? aire urbaine nantaise : un marché tiré par les collectivités
L'augmentation de surfaces artificialisées dans l'aire nantaise s'explique avant tout par une acquisition
nettement plus importante des collectivités (et assimilées) ces cinq dernières années.
En 1999-2003, elles avaient pris un peu plus du tiers de surfaces du marché avec des volumes
comparables aux personnes morales privées. En 2004-2008, elles sont à l'origine de plus des deux
tiers du marché notifié avec des volumes qui ont presque été multipliés par 2,5 par rapport à la
période antérieure (et par 3 en nombre d'acquisitions).
L'intervention des personnes morales privées (dont les promoteurs) est en augmentation en surface
mais leur part reste assez similaire sur les deux périodes. Les effets de la crise économique actuelle
ont commencé à impacter ces acteurs du marché, ce qui se traduit par un certain recul de leur activité
en 2008 (au final, le nombre d'acquisitions réalisé par cette catégorie est équivalent entre les deux
périodes).
Les surfaces acquises par les personnes morales privées ont été multipliées par trois (et par deux en
nombre) entre les deux périodes, mais elles ne représentent plus que 15 % des surfaces artificialisées
avec un impact souvent marginal à l'échelle communale (une vente par an en moyenne).
Comme nous l'avions évoqué dans l'étude régionale, on observe que les surfaces achetées par les
collectivités en vue d'étendre l'habitat et plus généralement de créer ou d'agrandir une zone d'activités
portent sur des lots conséquents au nord de la Loire tandis que les biens achetés au sud sont
généralement plus modestes.
page 87
L'intervention des collectivités sur ce marché s'est amplifiée depuis 2004 dans la majorité des
communes alors que les promoteurs immobiliers historiquement plus actifs dans la première couronne
urbaine et au sud de la Loire investissent dans les communes situées au nord de l'aire urbaine ou
périphériques à Notre-Dame-des-Landes.
? Périmètre vendéen
L'urbanisation reste depuis le début de la décennie soutenue autour de l'agglomération des Sables-
d'Olonne. Le développement du Vendéopôle, des zones d'activités, de lotissements et plus
récemment du Pôle Santé (Château-d'Olonne et Olonne-sur-Mer) restent les piliers de l'activité de ce
marché foncier.
Sur le secteur de la Communauté de Communes du Pays des Achards, l'urbanisation reste
essentiellement liée à l'agrandissement de la zone d'activités intercommunautaire bordant la RN 160
ces quatre dernières années.
Plus au nord, l'activité a été particulièrement soutenue depuis 2004 sur la commune de Coex
essentiellement en raison du développement du pôle « Golf ».
Carte 17
? aire urbaine angevine: un marché stable en volume malgré un report de l'activité vers
l'Ouest du territoire
L'intervention des collectivités reste très largement majoritaire dans le périmètre angevin puisqu'elles
sont à l'origine de plus des deux tiers des surfaces artificialisées quelle que soit la période considérée.
On observe cependant une petite baisse des surfaces acquises en 2004-2008 au profit des personnes
morales privées. Contrairement à la période 1999-2003 où l'activité publique avait été gonflée en
surface par une dizaine de grosses opérations foncières de plusieurs dizaines d'hectares (à
Beaucouzé ou Saint-Sylvain-d'Anjou), les acquisitions portent sur des lots plus « modestes » en
surface, mais dont le nombre a été multiplié par presque deux entre les deux périodes.
La commune de Saint-Sylvain-d'Anjou reste un foyer actif sur ce marché au travers de programmes
d'habitats et de création de zones commerciales. On observe cependant que les surfaces
artificialisées ont particulièrement augmenté à l'ouest d'Angers, à Beaucouzé (zone commerciale),
Saint-Jean-de-Linières et Saint-Léger-des-Bois (zone d'activités). La rétrocession par la SAFER à
page 88
Cofiroute de l'emprise foncière du contournement nord d'Angers (plus de 70 ha) en 2008 participe
également à cette forte activité dans ce secteur
Contrairement à l'aire urbaine nantaise, les surfaces acquises par les collectivités demeurent
modestes au sein de l'aire angevine et se correspondent depuis 2000 à quelques hectares acquis en
vue d'étendre le bourg ou la zone artisanale dans la majorité des communes.
Les contraintes environnementales (zones inondables) mais plus globalement la politique concertée
de développement des pôles d'activités d'intérêt départemental, la procédure de révision des
documents d'urbanisme (validés en 2007) et les réserves foncières d'Angers Loire Métropole
constituées progressivement depuis 2000 expliquent probablement la stabilité de la surface achetée
par la sphère publique entre les deux périodes.
Les surfaces achetées par des particuliers en vue de faire construire restent assez marginales,
représentant à peine le dixième des volumes de ce marché en nombre. On note cependant que le
nombre d'acquisitions a été multipliée par 3 entre les deux périodes et qu'elles ont augmenté dans les
communes des basses vallées, autour de Tiercé dans le nord de l'aire et plus ponctuellement dans
certaines communes du sud-ouest.
Carte 18
? aire urbaine mancelle: un marché soutenu par la sphère privée
L'aire urbaine mancelle présente comme spécificité d'avoir enregistré une baisse significative de ses
surfaces artificialisées entre les deux périodes (cas unique parmi les cinq territoires).
Comme nous l'avions évoqué dans l'étude régionale, cette baisse s'explique très largement par
l'emprise foncière de l'A28 rétrocédée par la SAFER à Cofiroute dans la première moitié de la
décennie (plusieurs centaines d'hectares), opérations qui ne s'est pas renouvelée entre 2004 et 2008
avec une incidence statistique évidente.
Le second facteur de cette baisse est la diminution des surfaces achetées par les collectivités (- 25 %
entre les deux périodes - un peu moins du tiers des volumes de ce marché depuis 2004). Cette baisse
est essentiellement liée au projet autoroutier de l'A28 puisqu'entre 1999-2003, des lots importants
avaient été achetées par des intercommunalités ou des communes (à Changé, Parigné et Saint-Mars-
d'Outillé en particulier) en vue de constituer des réserves foncières afin de relier les futurs zones
page 89
aménagées à l'infrastructure autoroutière. On enregistre d'ailleurs d'autres acquisitions importantes de
foncier (lot de plus de 5 ha) par la sphère publique durant cette période 1999 -2003 (au sud-ouest et
au nord du Mans). Entre 2004 et 2008, ce type d'opération s'est raréfié.
Si le marché avait quelque peu été déformé par les acquisitions de Cofiroute entre 1999 et 2003, la
spécificité de cette aire urbaine est la forte intervention des promoteurs et aménageurs privés. Entre
2004 et 2008, ils ont acheté plus de la moitié de surfaces notifiées, essentiellement à l'est et au sud-
est du Mans et plus ponctuellement dans certaines communes du sud ou du nord. La crise semble
toutefois avoir tempéré leurs acquisitions à partir de 2008. La part prise par les particuliers (terrains
constructibles) n'est pas négligeable puisqu'ils représentent la majorité en nombre pour seulement 4 à
5 % des surfaces notifiées (activité importante dans le sud et l'est de l'aire).
Carte 19
? Périmètre lavallois: une montée en puissance des collectivités
Les volumes achetés par les collectivités ont presque doublé entre les deux périodes étudiées dans le
périmètre lavallois. Entre 2004 et 2008, elles ont ainsi capté plus de la moitié des surfaces notifiées
contre à peine un tiers entre 1999 et 2003.
Les surfaces achetées par les personnes morales privées sont en légère diminution de telle sorte
qu'elles ont perdu la première place qu'elles avaient entre 1999 et 2003.
L'essentiel de l'activité des personnes morales publiques ou privés reste concentrée dans la première
couronne urbaine lavalloise.
Tous les types de personnes publiques, que ce soit les communes, l'intercommunalité de Laval
agglomération (à Louverné), le Conseil Général (Montigné-le-Brillant) ainsi que les opérateurs sociaux
(Changé, Saint-Berthevin) sont nettement plus actifs ces cinq dernières années.
Les aménageurs privés tendent à être un peu plus actifs dans ces dernières années notamment dans
la commune de Bonchamp-lès-Laval. En revanche, les surfaces achetées par les carriers ou
cimentiers ont légèrement reculé depuis 2004, mais ils demeurent des acheteurs majeurs dans cette
catégorie
A noter que la part captée par les particuliers restent très marginale (moins de 10% du marché en
nombre) et qu'elle représente deux ventes par commune sur 10 années.
page 90
3.2 le prix des terrains constructibles acquis par les particuliers
Carte 20
Malgré des volumes parfois marginaux (dans le périmètre lavallois et angevin en particulier), les
références pratiquées sur le marché des terrains constructibles acquis par des particuliers traduisent
une augmentation substantielle de la valeur de ce foncier :
? Dans l'aire urbaine nantaise, la moyenne est de 35 ¤/m² entre 2004 et 2008 contre 9 ¤/m²
entre 1999 et 2003. Cette augmentation n'est pas concentrique comme pour d'autres marchés
ruraux puisque l'on observe des prix élevés jusqu'aux marges de l'aire (carte 20);
? Dans le périmètre vendéen, les prix ont été multipliés par 4 (de 10 à 40 ¤/m²), les références
des communes du rétro-littoral rattrapant désormais celles du littoral;
? Dans le périmètre sarthois, en comparaison, les prix n'ont que doublé (de 5,5 à 13 ¤/m²) en
raison probablement d'une offre importante liée à la déprise agricole, à la forte pression
d'urbanisation et au contrôle limité des communes, bien que les prix tendent à bondir dans
quelques communes du sud-est.
- Pour l'aire angevine, les références sont d'environ 23¤ /m² en moyenne entre 2004 et 2008 (contre
4 ¤ entre 1999 et 2003) et de 12,5 ¤/m² dans le périmètre lavallois (contre 8,5 ¤).
Il est à noter qu'une partie de cette augmentation du prix au m² s'explique par la diminution de la
surface moyenne du lot, observée dans les agglomérations où le marché est actif (Nantes, littoral de
Vendée et agglomération du Mans sauf au sud-est).
page 91
3.3 le rythme d'urbanisation de la S.A.U
Carte 21
Comme souvent pour cet indicateur (voir sa définition en annexe), le rythme d'urbanisation de la SAU
est particulièrement élevé (plus de 4 fois la moyenne nationale) dans le centre des agglomérations où
la surface agricole ne représente plus dans la plupart d'entre elles qu'une faible part de la surface du
territoire.
Dans l'aire urbaine du Mans, on constate que les flux importants entre 1999 et 2003 liés à la création
d'autoroutes et de zones d'activités ont ralenti dans les communes traversées par ces axes.
L'évolution la plus préoccupante entre les deux périodes est la diffusion de l'urbanisation : les taux
particulièrement élevés se concentrent désormais dans les pôles et dans certains cas le long d'axes
structurants (vallée de la Loire) alors que les taux moyens (proches de la moyenne nationale ou du
même ordre de grandeur, soit de 0,1 à 0,2 % de la SAU par an) deviennent la règle dans les
communes de deuxième ou troisième couronne ou du rétro-littoral, alors même que ces communes
conservent encore une SAU communale relativement importante.
page 92
SECTION 4
Le marché agricole
page 93
4.1 L?activité du marché agricole
4.1.1 Le nombre de transactions
Nombre de transactions agricoles
par périmètre depuis 1999
3555
1963
563
1736
690
3704
1962
617
1578
604
300
800
1300
1800
2300
2800
3300
3800
4300
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Le volume de transactions agricoles n'a progressé véritablement que dans l'aire urbaine nantaise
(+4 % en 2004-2008/ 1999-2003) et le périmètre lavallois (+6,5 %).
Dans les autres périmètres, le volume de transactions est aux mieux stable (aire urbaine angevine) ou
en baisse, de 10 % pour l'aire mancelle et de 12,5 % pour le littoral vendéen.
En comparant ces taux d'évolution du marché agricole au marché global (chapitre 1,1,1), on peut
observer que la dynamique de ce segment du marché est partout plus faible que celle des autres
segments du marché voire à la baisse, à l'inverse de ce qui est observé dans les autres segments(ex :
le Mans).
Cette tendance traduit que la poids du marché agricole est en recul dans la majorité des périmètres.
Comme l'illustre la carte 22 (ci après), on observe que ce segment peine à rester majoritaire en
nombre en 2004-2008 dans la majorité des communes de l'aire nantaise, mancelle ou du périmètre
vendéen et à moindre degré angevin ou lavallois.
Carte 22
page 94
4.1.2 les surfaces agricoles notifiées
Les tendances d'évolution sont assez similaires en surface.
Les volumes ont sensiblement progressé dans l'aire nantaise (+9 %) et le périmètre lavallois (+6 %).
En revanche, ils ont sensiblement diminué dans l'aire angevine
(-4 %) et ont lourdement chuté dans l'aire mancelle (-14 %) et surtout le périmètre vendéen
(-37 %).
Le marché agricole est donc pour une grande part à l'origine de l'effondrement du marché global
vendéen en surface (-24 %) et de la baisse du marché manceau.
Carte 23
Le marché agricole nantais conserve une certaine dynamique en surface en raison du renouvellement
des générations des exploitants agricoles depuis 2004, notamment dans le nord de l'aire urbaine où
d'importants lots fonciers ont changé de mains en raison de départs à la retraite.
page 95
Surface agricole notifiée (ha)
par périmètre depuis 1999
3555
7466
4241
8371
3126
3704
7178
4496
7208
1973
500
1500
2500
3500
4500
5500
6500
7500
8500
9500
AU Nantes AU Angers SCOT
Laval-
Loiron
AU Le
Mans
Littoral
Vendéen
1999-2003
2004-2008
Le segment agricole reste en 2004-2008 globalement dominant, représentant même plus de 80 % des
surfaces notifiées dans les communes septentrionales et généralement plus de 66 % des volumes au-
delà de la première couronne urbaine. En revanche, dans cette dernière, le marché n'est plus
majoritaire (carte 23).
Les flux fonciers et la part du marché agricole sur le périmètre SCOT de Laval-Loiron restent assez
similaires entres les deux périodes de référence avec une légère augmentation des surfaces sur la
seconde période. Les mouvements fonciers restent donc dynamiques en raison d'une part du
renouvellement de la profession agricole et d'autre part d'une demande toujours forte sous l'effet de
l'impact ponctuel des projets d'aménagement public et surtout de l'emprise nécessaire à la LGV
Bretagne.
A ce titre, et d'après l'analyse des conseillers fonciers de la SAFER, ces besoins fonciers publics crée
une concurrence agricole encore plus «féroce » en dehors du périmètre du SCOT, notamment sur le
Pays d'Ernée.
Dans l'aire urbaine mancelle, on observe en revanche une activité foncière à deux vitesses (carte 24).
Dans l'Ouest et le Nord, l'activité foncière agricole reste dynamique et représente plus des deux tiers
des surfaces notifiées localement. En revanche dans le sud et l'Est, la part du marché ne cesse de
diminuer (moins de 50 % des surfaces en 2004-2008). Si le poids du marché forestier ne doit pas être
négligé, les volumes sont dans ces secteurs en chute faute de preneurs, en raison de la déprise
agricole.
Carte 24
Le périmètre vendéen, troisième territoire présentant une tendance lourde a vu son marché agricole
chuter, notamment dans les communes du rétro-littoral où le marché était traditionnellement important
et largement dominant (carte 25, ci après).
Cette chute du poids du marché agricole (de plus de 80% entre 1999 et 2003 à 50 à 60 % entre 2004
et 2008) aurait pour raison principale le projet de barrage sur l'Auzance (adopté par « Vendée Eau »
en 2004) avec pour incidence la fermeture du marché foncier (crainte pour les propriétaires de se voir
préemptés par la SAFER).
page 96
Carte 25
4. 2 Le niveau d'ouverture de la S.A.U
Voir la définition en annexe
Par rapport à la moyenne nationale qui est de 1,3 à 1,4 % de la SAU par an depuis une dizaine
d'années, les 5 aires urbaines montrent un fonctionnement assez différent :
page 97
? l'ouverture a augmenté dans toute la deuxième couronne et au sud en troisième couronne de
Nantes, en raison semble-t-il du renouvellement de la profession agricole. Elle est passée
d'un niveau plutôt faible à un niveau moyen.
? elle se maintient à un niveau moyennement élevé à Laval ;
? dans l'aire d'Angers, le marché était très actif au centre et en périphérie de l'agglomération
entre 1999 et 2003. Entre 2004 et 2008, le niveau d'ensemble est moyen avec de grosses
différences d'une commune à l'autre ;
? au Mans, le marché présente une activité moyenne. On constate deux effets particuliers. Le
marché s'est fermé dans un groupe de communes situées au nord et au nord-est de la ville-
centre. Par contre, le quart sud-est qui présente d'après l'analyse des autres marchés de forts
signes de résidentialisation conserve une activité moyenne pour ce marché, alors qu'on
pourrait s'attendre à une fermeture ;
? l'ouverture de ce marché a plutôt diminué en Vendée, notamment sur le rétro-littoral, ce qui
accrédite l'hypothèse de rétention des propriétaires.
page 98
DREAL Pays de la Loire
Les marchés fonciers naturels
et ruraux de la région pays de la Loire
ANNEXE METHODOLOGIQUE
juillet 2010
S O M M A I R E
I GLOSSAIRE............................................................................................................3
II DÉFINITIONS........................................................................................................4
II.1 La base de données Safer............................................................................................4
II.2 La segmentation du marché.........................................................................................6
III INDICATEURS......................................................................................................8
page 2
I GLOSSAIRE
L'origine de ces termes est diverse : Code rural, dispositions de la politique agricole commune (PAC),
métier Safer ou termes généraux liés au foncier.
Artificialisation : changement d'usage d'un bien naturel, agricole ou forestier vers un sol
imperméabilisé (construit, bétonné, bitumé ou compacté).
Bien libre : bien dont le propriétaire peut disposer librement car ce bien n'est concerné par aucune
forme d'occupation par un tiers.
Bien loué : bien mis à disposition d'un tiers avec un bail écrit ou verbal. Pour les biens agricoles, le
statut le plus courant est le fermage. En cas de contentieux, le Code rural assimile un certain nombre
de cas d'occupation au statut du fermage, qui est protecteur pour le fermier. Il existe aussi des formes
plus rares d'occupation : bail emphytéotique, convention de pâturage pour les estives...
Déclaration d'intention d'aliéner (DIA): formulaire de description de la consistance d'un bien envoyé
par le notaire chargé d'instrumenter une vente aux bénéficiaires de droits de préemption, au moment
de la signature de la promesse de vente entre vendeur et acquéreur.
Droit à paiement unique (DPU) : les aides directes versées aux agriculteurs sont calculées sur la
base de l'historique des aides perçues par les exploitations entre 2000 et 2002. Pour bénéficier des
primes, il faut à la fois exploiter des terres et disposer du nombre de DPU correspondants à la surface
cultivée. Les DPU peuvent être transférés entre agriculteurs avec ou sans transfert de foncier.
Droit de préemption : droit de préférence donné par la réglementation à un acteur privé ou public en
cas de projet de vente d'un bien. Il existe le cas où un même bien est concerné par plusieurs droits de
préemption. La réglementation définit alors les droits qui priment.
Dans le cas de la Safer, la préemption doit être motivée par un ou plusieurs des 9 motifs de l'article
L143-2 du Code rural et validée par les 2 commissaires du gouvernement de la Safer.
Enfrichement : apparition progressive de friches sur un bien qui n'est plus exploité. Il peut être
volontaire ou de fait (déprise agricole, parcelles abandonnées ou de propriétaire inconnu...). Il peut
aussi exister des friches spéculatives, qu'un propriétaire laisse volontairement dans cet état afin de
demander un classement de terres en zone constructible.
Exemption (à un droit de préemption) : cas prévu par la réglementation où un droit de préemption ne
s'applique pas.
Fermage ou statut du fermage : statut particulier de location des biens agricoles. Il est généralement
de 9 ans ou plus et doit être dénoncé au moins 18 mois à l'avance en cas de projet de reprise par le
propriétaire. Le loyer est appelé fermage. Son montant (fourchette de prix) et son évolution sont
encadrés par la réglementation via un arrêté préfectoral, pour un ordre de grandeur de 120 ¤/ha/an.
Le locataire ou fermier dispose d'un droit de préemption sur le bien si le propriétaire souhaite vendre.
Seul le droit de préemption des cohéritiers, parents, alliés jusqu?au 4ème degré inclus ou des co-
indivisaires du propriétaire prime celui du fermier.
Microparcellaire: parcellaire constitué de parcelles de très petite taille (parfois quelques mètres
carrés). Fréquent dans les zones non remembrées et/ou occupées historiquement par la viticulture, le
maraîchage ou l'horticulture. Pose des problèmes de gestion.
Mutation : transfert de propriété d'un bien, à titre onéreux ou gratuit.
Notification: dans le métier Safer, une notification est une DIA correspondant à une mutation
d'immeubles ruraux à titre onéreux.
Cela exclut les cas suivants :
- donations,
- ventes d'usufruit,
- emphytéoses (sauf baux emphytéotiques Safer),
- ventes d?indivisions partielles.
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Par contre, les ventes en nue-propriété en font partie.
Une faible fraction d'entre elles (environ 0,7 %) fait ensuite l'objet d'une préemption.
Remembrement : procédure réglementée et concertée d'échanges de parcelles entre propriétaires
pour obtenir des regroupements de parcelles en unités plus grandes dans un périmètre donné. Le but
est de faciliter l'exploitation agricole ou forestière en diminuant la dispersion des unités et en
constituant des unités assez grandes pour faire diminuer le coût de production. La procédure de
remembrement a été remplacée par celle d'aménagement foncier.
Rétrocession : revente des biens acquis à l'amiable ou par préemption par la Safer après appel à
candidatures, avisdu comité technique départemental (instance regroupant les acteurs du monde
rural), décision du conseil d'administration et accord des 2 commissaires du gouvernement.
Surface agricole utile (SAU) : Surface de l'ensemble des terres dédiées à l'activité agricole. Sont donc
exclus les sols des bâtiments et cours, les landes non productives et les friches, les peupleraies en
plein, les taillis, bois et forêts de l'exploitation ainsi que les territoires non agricoles.
La SAU comprend les terres arables (y compris pâturages temporaires, jachères, cultures sous verre,
jardins familiaux...), les surfaces toujours en herbe et les cultures permanentes (vignes, vergers...).
Il existe également le concept de surface agricole utilisée, repris notamment par Eurostat. Dans la
pratique, on peut assimiler les deux définitions.
Surface minimale d'installation (SMI) : au niveau de chaque petite région, surface en deçà desquelles
les installations ne doivent plus être encouragées. Elle a ainsi été définie à l'origine comme la surface
d'une exploitation de polyculture élevage sur laquelle un jeune ménage pourra disposer d'un revenu
minimum. La SMI est fixée par arrêté ministériel pour chaque département.
Elle est fixée dans chaque département par zone (par exemple zone de plaine ou zone dite
défavorisée), et est pondérable selon le type de cultures (SMI différente selon les cultures : pâturages,
terres mécanisables, vignes, arboriculture, etc). Les SMI en production hors-sol sont nationales (ce
sont les mêmes dans tous les départements).
Urbanisation : changement d'usage d'un bien naturel, agricole ou forestier vers un sol artificialisé ou
une pelouse.
II DÉFINITIONS
II.1 La base de données Safer
Le droit de préemption Safer a été institué par une loi de 1962.
Conformément à l?article R.143-4 du Code rural conférant aux Safer le droit de préemption, les
notaires sont tenus de les informer de tout projet de vente de biens agricoles et forestiers, afin qu?elles
puissent juger de l?opportunité de préempter.
« Lors d?une vente, d?un échange ou d?un apport en société, portant sur un fonds agricole ou un
terrain à vocation agricole1 situé dans une zone où la SAFER est autorisée à exercer le droit de
préemption, le notaire chargé d?instrumenter est tenu, deux mois avant la date envisagée pour cette
aliénation, de faire connaître à ladite société la consistance du bien, sa localisation, le cas échéant la
mention de sa classification dans un document d'urbanisme, s'il en existe, le prix et les conditions
demandées ainsi que les modalités de l?aliénation projetée. En outre le notaire fait connaître à la
société, les nom, domicile et profession de la personne qui se propose d?acquérir le bien. »
1 Un fonds agricole a un usage agricole au moment de la vente. Un bien à vocation agricole est un bien dont le
dernier usage connu est agricole, qui n?a pas pris un autre usage depuis et qui n?est pas utilisé au moment de la
vente. L?usage agricole est défini par l?article L 311-1 du code rural : « Sont réputées agricoles toutes les
activités correspondant à la maîtrise et à l'exploitation d'un cycle biologique de caractère végétal ou animal et
constituant une ou plusieurs étapes nécessaires au déroulement de ce cycle ainsi que les activités exercées par un
exploitant agricole qui sont dans le prolongement de l'acte de production ou qui ont pour support l'exploitation. »
Cela inclut par exemple la vente directe ou les gîtes ruraux liés à une exploitation.
page 4
La liste des informations communiquées dans la déclaration d'intention d'aliéner (DIA) envoyée par le
notaire à la Safer est complétée par les articles R.143-9 et L.143-10 du Code rural.
Il faut bien noter que c'est la nature des biens qui rend la notification obligatoire, et pas la situation
professionnelle des acquéreurs ou des vendeurs. Ainsi, le marché étudié ici comprend à la fois les
transactions des agriculteurs professionnels et des autres acquéreurs (particuliers et personnes
morales privées et publiques).
L'obligation de notification a progressivement été élargie par plusieurs textes de loi et décrets à un
certain nombre de cas où la Safer ne peut pas préempter, afin de lui permettre d'améliorer sa
connaissance du marché et donc de remplir sa mission d'information du public sur le marché foncier.
Cela correspond notamment aux cas d'exemption au droit de préemption de la Safer et de droits de
préemption qui priment celui de la Safer1.
Les biens notifiés non préemptables correspondent entre autres aux situations suivantes :
- l'acquisition par le fermier en place (pour les biens agricoles sous le statut du fermage),
- l'acquisition par des cohéritiers ou indivisaires,
- l'acquisition d'une collectivité ou d'un établissement public exerçant un droit de préemption
urbain ou un autre droit de préemption (espace naturel sensible, conservatoire du littoral, zone
d'aménagement différé...),
- les biens forestiers ne pouvant pas être défrichés2,
- les biens destinés à la construction ou à l'aménagement (logement, zones d'activités, emprises
d'infrastructures...),
- les biens dont la surface est inférieure au seuil de préemption de la Safer (de 50 ares à 0 selon
les communes, les zones de document d'urbanisme)3
Même si le bien relève d'une exemption au droit de préemption de la Safer ou d'un droit de
préemption qui prime celui de la Safer, les notaires sont tenus de notifier à la Safer, car il revient à la
Safer et non aux notaires de vérifier le caractère préemptable des biens.
Les DIA sont compilées dans chaque Safer pour constituer une base de données, dont le schéma de
codification est unique.
Compte tenu des obligations légales des notaires, la base peut être considérée comme quasi-
exhaustive sur les ventes de biens d'origine ou à vocation agricole depuis la loi d?orientation agricole
(LOA)4 de 1999 qui a considérablement élargi les obligations de notification, notamment pour les
petites parcelles.
Il peut arriver que certaines forêts non défrichables ne soient pas notifiées à la Safer, certains notaires
pensant que l'obligation de notifier est limitée aux biens agricoles.
Il existe également des formes d'aliénation de biens d'origine ou à vocation agricole où la personne
chargée d'instrumenter n'est pas un notaire et dont la Safer devrait être notifiée (cf. articles R 143-8 et
R 143-9 du Code rural). Dans les faits, la notification de ce type de transactions n'est pas
systématique. Cela concerne les ventes de collectivités locales faites sous forme d'actes administratifs
et des ventes de parts de société faites sous seing privé.
La distribution des surfaces du marché notifié aux Safer dans les Pays de la Loire est proche de la
structure parcellaire observée dans la région, ce qui tend à prouver que le biais est limité.
1 Pour certains biens, il peut exister des droits de préemption successifs qui sont purgés les uns après les autres après
envoi de la DIA.
2 Un bien forestier défrichable au sens juridique peut être préempté par la Safer
3 Le périmètre du droit de préemption de chaque Safer est précisé par décret valable 5 ans. Pour les 4 départements hors
Vendée (Maine-Océan), il s'agit actuellement d'un décret du 24 avril 2006 et pour la Safer Poitou-Charentes, qui
comprend la Vendée, d'un décret du 24 août 2006.
4 Loi n°99-574 du 9 juillet 1999
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II.2 La segmentation du marché
II.2.1 méthode de classement des biens dans un sous-marché
Pour considérer le marché foncier dans une région donnée, on considère l'ensemble des notifications
et des rétrocessions Safer. Ce choix permet de considérer l'usage final des biens sans double
compte.
Si la Safer est surtout connue pour son droit de préemption, dans les faits, la préemption ne
représente que de l?ordre de 0,7 % du total des notifications et moins de 10 % en nombre des
acquisitions des Safer. Environ 90 % des transactions Safer sont faites à l?amiable. Cela inclut entre
autres la constitution suite à des conventions passées avec des collectivités de réserves agricoles
pour compenser l?emprise d?un projet public et aider à la restructuration des exploitations concernées
par ce projet.
Chaque transaction est ensuite classée dans un sous-marché défini selon la destination la plus
probable des biens après la vente. Plusieurs critères sont utilisés pour effectuer ce classement :
nature cadastrale, profession de l?acquéreur, surface, situation locative, exemption au droit de
préemption de la Safer?
L?exemption est un des critères les plus importants de l?algorithme de segmentation, car les
exemptions enregistrées dans le fichier Safer ont été validées après envoi de la DIA. De plus, a priori,
si une exemption s?applique, le notaire n?a aucun intérêt à ne pas l?indiquer.
Ce critère est par exemple prioritaire sur la profession de l?acquéreur. C?est ainsi que des acquisitions
de biens agricoles ou forestiers par une personne publique sans exemption liée à la construction se
retrouveront respectivement dans le marché agricole ou forestier, voire dans le marché des espaces
de loisirs pour des biens de petite surface et non dans le marché de l'urbanisation.
Côté profession, on regroupe dans la catégorie agriculteurs plusieurs catégories : personne physique
agricole, personne morale agricole, groupement foncier agricole (GFA), double actif (une personne
ayant 2 activités professionnelles dont une agricole), double revenu (ménage dont un des membres
est agriculteur) et retraité agricole. Les retraités agricoles ont été inclus dans cet échantillon car une
analyse statistique a montré que les prix qu?ils pratiquent sont plus proches de ceux des autres
agriculteurs que de ceux pratiqués par les autres personnes physiques. Ceci s?explique en partie par
le fait que la législation leur accorde le droit de continuer à exploiter une demi-SMI (surface minimale
d?installation) après leur départ en retraite et qu?ils peuvent aussi acheter des biens agricoles pour les
louer à leurs enfants.
Dans la catégorie particuliers (utilisée pour les terrains constructibles), on regroupe toutes les
catégories de personnes physiques : agricoles, non agricoles, retraités agricoles ou non, sans
profession, agriculteurs doubles actifs ou double revenu et non déclaré.
II.2.2 Les marchés des espaces naturels
- Le marché des terrains à destination agricole est un marché de biens acquis dans une
perspective supposée d?exploitation agricole. Il se décompose en marchés des terres et prés,
des vignes, des cultures spéciales (maraîchage, cultures légumières, horticulture, pépinières,
tunnels et serres, marais salants, parcs à huîtres, vergers, etc.) et des biens mixtes (biens
comprenant plusieurs natures de cultures).
- Le marché forestier comprend tous les biens à dominante forestière qui n?ont pas vocation à
être urbanisés. Il est constitué à la fois des forêts acquises pour la production et d?autres
acquises pour la chasse, la production individuelle de bois de chauffage ou l?agrément, sachant
que certaines forêts présentant un bon potentiel productif sont aussi louées pour la chasse
privée.
Ce marché est associé à celui des landes, friches et étangs, qualifié de « non productif » et
situé entre le marché à destination non agricole et le marché foncier agricole ou forestier, la
friche étant un état transitoire. Ces biens peuvent être acquis en vue d?une utilisation de loisirs
page 6
(cas des étangs par exemple), de la protection de l?environnement (forêts et landes), d?une
urbanisation ultérieure ou d?une production agricole ou forestière après défrichement.
II.2.3 Les marchés résidentiels, de loisirs et de l?urbanisation
Le marché de l?espace résidentiel et de loisirs inclut :
- le marché des maisons à la campagne : il s?agit des achats de bâtiments d?origine agricole à
usage de résidence principale et/ou secondaire situés sur des terrains de moins de 5 ha (7 500
m² en moyenne en 2007), réalisés par des citadins ou des ruraux non agriculteurs ;
- le marché des espaces résidentiels et de loisirs : il s?agit de petites parcelles non bâties
acquises par des non agriculteurs, urbains ou ruraux, dans le but d?améliorer le cadre de vie, d?y
pratiquer une « agriculture de loisirs » (parcs à chevaux, potagers, petits élevages?) ou de
renforcer l?isolement et la tranquillité, alors qu?elles devraient garder un usage agricole au
regard des règles d?urbanisme. Ce marché inclut aussi des biens destinés à une activité
économique liée aux loisirs en milieu rural comme les campings.
Le marché de l?espace rural destiné à l?urbanisation concerne :
- les terrains constructibles, en théorie non viabilisés, acquis par les personnes physiques et les
personnes morales, dont les promoteurs et les collectivités. Ces biens ont vocation à être bâtis
dans les 5 ans après acquisition, par engagement de l?acquéreur ;
- les biens acquis en vue d?équipements collectifs industriels, artisanaux ou commerciaux, soit
par le secteur public, soit par le secteur privé ;
- les emprises d?infrastructures (axes routiers et autoroutiers, lignes à grande vitesse) acquises
par l?État, les collectivités ou des sociétés privées ;
? les carrières.
?
NB : dans les deux études précédentes, ce marché était désigné par marché des biens
destinés à l'artificialisation. La nomenclature utilisée par Teruti-Lucas a incité à revoir cette
appellation, car les biens notifiés à la Safer relèvent bien d'une sortie de l'usage naturel, agricole ou
forestier, tant vers des sols imperméabilisés que vers les pelouses (voir glossaire).
Un des choix importants de cette segmentation est le classement des parcelles soit dans le marché
agricole, soit dans le marché de loisirs. En effet, si l?usage agricole d?un bien agricole acheté loué ou
d?un bien libre acquis par un agriculteur ne fait que peu de doute, il n?en est pas de même pour les
biens libres acquis par des non-agriculteurs. Le choix fait ici est de considérer que si un tel bien non-
bâti fait moins de 1 ha, il a une très forte probabilité de devenir un espace de loisirs et est classé dans
ce segment. Pour le bâti, le seuil passe à 5 ha avec un contrôle supplémentaire sur le type de
bâtiment.
Attention :
A la différence des enquêtes par satellite (Corine land cover) ou par sondage (Teruti-Lucas), il s?agit
d?une urbanisation future quasi-certaine mais dans un délai qui lui n?est pas certain et non d?un flux
constaté a posteriori. Ces flux ne comprennent que les biens qui passent par le marché. Ils constituent
une sous-estimation des espaces urbanisés. On ne peut pas donc pas observer l?urbanisation des
terrains qui ne changent pas de propriétaire ou transmis par héritage ou donation.
De même, l?enfrichement de parcelles non entretenues lié à de la rétention ne sera pas observé par le
fichier Safer si ces parcelles ne passent pas sur le marché. Le marché Safer des friches et landes est
de toute façon faible dans la mesure où le stock l?est. Dans les pays de la Loire, seule la Sarthe a un
marché des landes et friches potentiellement non négligeable.
Dans les zones de forte extension urbaine, l?extension des friches se traduit souvent par une
fermeture du marché à destination agricole. Les propriétaires attendent dans l?espoir de mettre leurs
biens sur le marché des terrains à bâtir ou à aménager.
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III INDICATEURS
F L U X D U M A R C H É
Contexte
Le marché immobilier « urbain » peut être appréhendé sous plusieurs angles (nombre et type
d?opérations, financement?) grâce à plusieurs bases de données. Par contre, pour décrire le marché
foncier d?origine ou à vocation agricole, seule la base de données Safer paraît adaptée.
Définition
- nombre de transactions par marché puis par sous-marché
- proportion en nombre de chaque sous-marché par rapport à l'ensemble du marché notifié
- surface des biens vendus (en ha) par marché puis par sous-marché
- surface moyenne des transactions (en ha) par sous-marché
- proportion en surface de chaque sous-marché par rapport à l'ensemble notifié
Tous ces indicateurs sont calculés par canton et département et pour la région.
Objectifs
Caractériser le marché foncier d?origine ou à vocation agricole et son évolution dans le temps (flux par
marché et part relative de chaque marché). Voir les blocages et dynamiques des différents marchés
de l?espace rural (agricole, forestier, résidentiels et loisirs, urbanisation).
Attention, l?urbanisation notifiée à la Safer correspond à une urbanisation future quasi certaine de
terrains d?origine agricole, à la différence d?autres sources de données comme Corine land cover et
Teruti qui montrent l?urbanisation déjà effectuée. (voir la comparaison entre les notifications Safer et le
cadastre en partie 2).
L?urbanisation notifiée à la Safer permet d?observer la première phase du processus de construction,
au moment où le terrain agricole est acquis par un promoteur, une collectivité ou particulier pour être
viabilisé et le cas échéant divisés en lots. Les étapes suivantes du cycle de promotion doivent être
observées à partir d?autres sources de données.
Autre différence, il n?est pas possible de descendre à un niveau infradépartemental avec Teruti. Pour
Corine landcover, il est possible d?aller à des niveaux infradépartementaux, mais compte tenu de la
maille d?observation, les surfaces urbanisées sont sous-estimées en milieu rural. Le cadastre est un
fichier fiscal qui permet de décrire le stock foncier. Normalement, pour des raisons fiscales, les
terrains qui passent d?une nature de culture « agricole ou naturelle » à une nature « urbaine » voient
leur nature cadastrale mise à jour. Le fichier du cadastre peut ainsi permettre de suivre les
changements d?usage entre « l?agricole, le naturel » et « l?urbain ». Toutefois, les natures de cultures
liées aux espaces naturels et agricoles peuvent ne pas être à jour,
page 8
Indicateurs à relier
Flux rapportés à la surface agricole utile (SAU), pour lisser les écarts d?importance du marché dus à la
différence de surface agricole entre communes ou cantons.
Prix des biens : pour voir comment la concurrence d?accès au foncier se traduit dans le prix des biens,
et ce en fonction des principaux sous-marchés.
Champs géographiques
La saisie des transactions est faite à la parcelle depuis quelques années. Les données peuvent être
agrégées de la commune au niveau national, en utilisant des données pluriannuelles aux échelles les
plus fines.
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
Les transactions présentes dans la base de données sont enregistrées en continu et consolidées
chaque année.
page 9
F L U X R A P P O R T E S À L A S A U
Contexte
Une des particularités des biens immobiliers (foncier nu et bâtiments) d?origine ou à vocation agricole
est la variété des usages qu?ils peuvent prendre après mutation. L?idée de ces indicateurs est
d?évaluer les flux vers les grands types d?usage possibles par rapport au stock de foncier utilisé, la
surface agricole utile.
Définition
Moyenne annuelle sur 5 ans de la surface d'un sous-marché rapportée à la surface agricole utile
(SAU) 2000 (d'après le recensement général agricole ou RGA) :
Objectifs
- pour le marché agricole, ce ratio équivaut à l'ouverture annuelle du marché. Un blocage peut
s?interpréter selon les espaces soit comme le signe d?une rétention par les propriétaires en
vue de profiter des plus-values d?urbanisation (surtout dans le périurbain), soit comme la
conséquence de difficultés économiques de la profession agricole, qui annoncent souvent une
baisse des prix du foncier ;
- pour le marché résidentiel et de loisirs (maisons à la campagne + espaces de loisirs), ce ratio
représente la sortie de l'usage agricole vers un usage résidentiel, qui est en partie réversible.
Il s?agit donc d?un indicateur d?extension de l?espace résidentiel et de loisirs ;
- pour le marché de l'urbanisation, il correspond au prélèvement irréversible de SAU pour des
usages urbains. Il s?agit donc d?un indicateur de consommation d?espace naturel par
l?urbanisation.
Il est rappelé que les friches ne rentrent dans aucun de ces 3 marchés, donc les surfaces
considérées au numérateur et la SAU du dénominateur de ces indicateurs sont bien de nature
comparable.
NB : la SAU considérée est celle de la commune dans le RGA 2000. Dans les RGA précédents, la
donnée disponible était la SAU des exploitations dont le siège est dans la commune qui peut être
sensiblement différente, puisque la plupart des exploitations ont des parcelles dans plusieurs
communes. La comparaison avec des stocks de SAU plus anciens est donc impossible à une échelle
fine pour cette raison. L?erreur sur le dénominateur devient sans doute tolérable à partir du niveau
départemental.
On rappelle que tout le marché des biens acquis par des collectivités ne se retrouve pas dans le flux
de l?urbanisation. Parmi les biens acquis par des personnes publiques, seuls les biens acquis avec
une exemption construction rentrent dans le marché de l?urbanisation.
Attention, le flux de SAU vers des usages résidentiels et de loisirs est légèrement surestimé car
certains biens peuvent être notifiés plusieurs fois.
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Evolution des flux
L'évolution est calculée comme la différence entre le flux d'une période donnée et celui de la
période précédente.
On a fait ce choix car l?évolution entre 2 périodes devient ainsi un flux supplémentaire (ou non) en
ha/an.
Indicateurs à relier
La comparaison de l?évolution relative des 3 types de flux montre si la zone considérée a un
fonctionnement relevant plutôt de la campagne résidentielle (forte activité des 3 flux) ou de la
campagne résiduelle (blocage du flux agricole, extension limitée des espaces résidentiels et forte
consommation d?espace).
Champs géographiques
Commune, en calculant une moyenne sur 5 ans ou canton, en calculant une moyenne sur 3 ans
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 11
I N D I C E D E P E R T U R B A T I O N D U M A R C H E A G R I C O L E
Contexte
L?indicateur de perturbation du marché agricole (IPMA) permet d?apprécier la pression foncière de la
part des urbains ou des ruraux non agriculteurs sur l?espace à vocation agricole qui, au regard des
documents d?urbanisme, doit rester agricole.
En considérant l?importance des achats du marché des loisirs et de biens libres par des non-
agriculteurs à des valeurs incompatibles avec une activité agricole productive, il permet de mettre
en évidence les territoires dans lesquels le marché agricole est perturbé par des non-agriculteurs à
la recherche de foncier d?origine agricole pour des usages résidentiels ou de loisirs.
NB : Par définition, cet indicateur ne rend pas compte de l'importance des changements d'usage qui
s'effectuent conformément aux règles d'urbanisme (construction de logements, équipements,
infrastructures). Ceux-ci sont mis en évidence par les flux de consommation de la SAU.
définition
Le calcul de l?IPMA est réalisé en plusieurs étapes ; il ne concerne que les biens libres agricoles,
acquis par des non-agriculteurs :
1) Les transactions reflétant la pression urbaine sont sélectionnées suivant plusieurs
critères :
o sur le marché des terres et prés, landes et friches, les transactions retenues
sont celles dont le montant est supérieur à 15 000 euros/ha ;
o sur le marché des cultures spécialisées, les transactions retenues ont une
valeur supérieure à 30 000 euros/ha ;
Ces seuils ont été choisis car ils représentent environ le triple du prix moyen national
pour ce type de biens, niveau de prix qui compromet l'intérêt de l'achat pour un usage
productif.
o est également retenue l?intégralité du marché des loisirs : biens dont la
surface est inférieure à 1 ha, libres et acquis par un non-agriculteur.
2) Les surfaces et valeurs des biens de l?échantillon ainsi construit sont ramenées à la
surface agricole utile (SAU) communale afin d?éliminer l?effet de taille dû à la différence de
superficie des communes.
3) La moyenne nationale de ces rapports devient la base 100 de l?IPMA.
Note : les seuils de prix ont été définis nationalement (cf le ratio avec la moyenne nationale), ce qui
fait que dans des secteurs où le foncier n?est pas cher, on sous-estime le phénomène car le seuil
devient éloigné des valeurs du marché. Il n?est pas prévu de revenir sur ce choix méthodologique.
Par contre, il est vrai que si cet indicateur doit être calculé à l?avenir à un moment où les prix agricoles
auront beaucoup monté (ou inversement), il faudrait revaloriser ces seuils.
Les surfaces associées aux maisons à la campagne ne sont pas comptabilisées dans ce calcul, car
on ne sait pas donner une valeur individuelle au terrain par rapport au bâti. Même si une ventilation de
prix figure dans la DIA, notamment pour des raisons fiscales, elle n?est pas significative, le prix
négocié portant sur l?ensemble du bien vendu.
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Objectifs
On considère tout le marché qui peut perturber le marché agricole, en dehors de l?urbanisation
certaine (repérée par une exemption au droit de préemption Safer). Il peut y avoir de l?urbanisation
non déclarée dans les flux comptabilisés dans cet indicateur. La probabilité que de l?urbanisation
déclarée en fasse partie est faible, car le notaire n?a aucun intérêt à ne pas déclarer à la Safer une
exemption construction si celle-ci est valable.
IPMA en surface : concurrence agriculteurs ? non-agriculteurs ou risque de mitage du foncier
agricole
En surface, l?indicateur est exprimé en pourcentage de surface agricole.
L?indicateur en surface indique des zones où les surfaces mutées qui risquent de changer d?usage
représentent une fraction plus importante de la surface agricole utile communale que la moyenne
nationale. Cela n?implique toutefois pas que leur prix soit déconnecté des prix agricoles. En effet, si
la demande des agriculteurs sur certains types de parcelles (souvent les moins productives :
parcelles humides, en pente ou des parcelles non remembrées) est faible voire nulle, les non
agriculteurs peuvent acheter à des prix proches de celui des terres et prés, voire légèrement
inférieurs. Quand l?IPMA en surface est fort avec des prix faibles, l?indicateur peut caractériser des
zones de déprise agricole, avec le cas échéant des risques de mitage.
Ces nouveaux usages représentent d?une certaine manière l?éviction de l?usage productif.
IPMA en valeur : concurrence entre non-agriculteurs
En valeur, l?indicateur est exprimé en euros par hectare de surface agricole.
A contrario, l?indicateur en valeur peut prendre des valeurs élevées alors que seule une petite partie
du territoire communal peut changer d?usage. C?est notamment le cas lorsqu?il existe une
concurrence entre non-agriculteurs à fort pouvoir d?achat pour de petits terrains parce que la
commune est bien située ou dispose d?un patrimoine naturel attractif. C?est bien sûr encore plus net
pour des lots dont le potentiel de déclassement (constructibilité) est élevé.
L?objectif est d?alerter les décideurs sur la nécessité de préserver un espace « cultivable ».
Aujourd?hui, le foncier agricole ne faisant l?objet d?aucune protection particulière devient le support
privilégié des changements d?usage, car de nombreux espaces naturels (zones Natura 2000, Znieff,
ENS, bande littorale des 100 m, espaces boisés classés des POS/PLU?) sont quant à eux
relativement protégés, surtout dans le cas de zonages opposables.
Or, ce foncier « banal » a de l?intérêt au regard des besoins futurs d?espaces agricoles et forestiers
et doit à ce titre être préservé. Il peut de plus avoir un intérêt important pour la biodiversité et la
trame verte et bleue.
Indicateurs à relier
L?IPMA montre la pression exercée par le flux d?extension des espaces résidentiels et de loisirs sur le
flux du marché agricole rapporté à la SAU.
L?augmentation de IPMA en surface précède souvent l?augmentation de l?IPMA en valeur. En effet, la
concurrence entre non-agriculteurs pour accéder à du foncier résidentiel ou de loisirs ne devient
significative que lorsque la proportion de non-agriculteurs parmi les acquéreurs devient importante.
Il peut également être intéressant de comparer l?évolution de l?IPMA sur une période assez longue à
l?évolution du prix des terrains de loisirs et des maisons à la campagne.
Champs géographiques
Commune, en calculant une moyenne sur 5 ans ou canton, en calculant une moyenne sur 3 ans
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
page 13
P R I X
contexte
De manière encore plus prononcée que pour l?immobilier urbain, les prix des biens d?origine agricole
sont très variables selon la localisation. De plus, la valeur d?un même bien agricole peut être très
différente selon l?usage prévu après mutation.
En effet, un agriculteur n?achète un terrain agricole que si le revenu qu?il peut espérer tirer de son
exploitation et le coût du crédit sont compatibles avec son activité professionnelle. A contrario, le
particulier vivant à la campagne souhaitant acquérir plus de terrain pour son jardin ou pour de
l?agriculture de loisirs sera prêt à accepter un prix de convenance, voire un prix très élevé s?il peut
espérer y installer une habitation légère en bord de mer par exemple.
Enfin, le promoteur ou l?aménageur calcule le prix qu?il est prêt à payer du foncier destiné à
l?urbanisation par un compte à rebours à partir du prix de sortie. Par rapport au coût de viabilisation et
de construction, le prix qui serait payé pour un usage agricole est négligeable.
définition
A l'intérieur d'un marché, détermination d'un sous-ensemble homogène pour calculer un prix
moyen :
1 pour le marché agricole, restriction aux terres et prés libres (sans bail rural en cours) acquis par
des agriculteurs.
2 pour le marché de loisirs, pas de restriction car la définition du sous-marché est déjà restrictive.
3 pour les maisons à la campagne, pas de restriction car la définition du sous-marché est déjà
restrictive.
4 Pour le marché de l'urbanisation, restriction aux terrains constructibles acquis par des
particuliers
Le prix moyen est calculé comme la valeur totale du marché considéré rapportée à la surface totale
du marché considéré sur une période de 3 ans. La valeur des transactions de la première et de la
troisième année est converties en euro de l'année médiane en corrigeant le montant des
transactions par l'évolution du prix du même marché pour l'ensemble de la région par rapport à
l'année médiane. Le but est de raisonner sur les prix en excluant l?effet de l?inflation à l?intérieur de la
période considérée. Par contre, comparer les valeurs obtenues à des périodes différentes revient
bien à étudier l?évolution en monnaie courante.
Il faudrait reconvertir une nouvelle fois les prix triennaux obtenus en fonction d?un indice pour obtenir
des prix en monnaie constante.
Dans cette étude, le déflateur utilisé est l?indice des prix à la consommation hors tabac.
Il est possible de passer pour de prochaines mises à jour à l?indice de prix du PIB.
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Calcul de ratios entre ces prix
On rapporte pour une unité géographique donnée le prix moyen des biens d'un sous-marché à celui
des biens d'un autre marché :
- le ratio de prix entre terrains constructibles acquis par des particuliers et terres et prés libres
acquis par des agriculteurs montre la plus ?value potentielle que le propriétaire peut espérer
réaliser si son terrain agricole devient constructible. Un ratio élevé peut donc inciter à la
rétention de terrains agricoles et à une demande de révision des documents d?urbanisme
auprès des élus.
- le ratio de prix entre espaces de loisirs et terres et prés libres acquis par des agriculteurs
montre la concurrence entre agriculteurs et particuliers pour acheter des terres non
urbanisables a priori.
Objectifs
On peut évaluer l?attractivité résidentielle à partir du prix des terrains constructibles (en n?oubliant
pas qu?ils ne sont a priori pas viabilisés) et des maisons à la campagne, qui représentent une
fraction du marché de l?immobilier ancien.
Indicateurs à relier
La pression foncière urbaine sur les espaces naturels peut être mise en évidence à partir des
ratios de prix entre marchés, qui traduisent les concurrences entre usages.
Toutefois, il faut distinguer les secteurs où les flux de consommation d?espace sont élevés, car
dans ce cas, la pression tend à augmenter sur les espaces agricoles, de ceux où, avec de fortes
différences de prix entre usages, l?extension urbaine reste limitée.
La comparaison sur longue période des flux par rapport à la SAU, des prix et des ratios de prix
montre la dynamique des marchés.
Les marchés les plus proches de l?urbain (maisons à la campagne, terrains constructibles et dans
une moindre mesure espace de loisirs) réagissent depuis les années 1970 selon la même
dynamique que l?immobilier urbain : en période de montée des prix, les flux augmentent et en
phase de retournement, les flux se bloquent avant une baisse des prix, si la fiscalité reste
équivalente.
Le marché agricole réagit plutôt en fonction des fondamentaux agricoles (revenus des
agriculteurs, liés au cours des matières premières agricoles et au niveau de subventions, et taux
d?intérêt).
Champs géographiques
Commune, en calculant une moyenne sur 5 ans ou canton, en calculant une moyenne sur 3 ans
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
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C A R A C T É R I S T I Q U E S D E S A C Q U É R E U R S
Contexte :
Les marchés agricoles sont essentiellement un marché de proximité, car les agriculteurs ont intérêt à
avoir un parcellaire regroupé pour limiter leurs frais de structure. Toutefois, plus la surface du bien est
importante, plus les candidats à l?acquisition peuvent habiter loin.
Par contre, pour les marchés résidentiels et de l?urbanisation, si le territoire est attractif, des
personnes originaires de centres urbains éloignés peuvent constituer une proportion non négligeable
des acquéreurs. Cela peut correspondre à l?achat de résidence secondaires, éventuellement en
prévision de la retraite, ou à une arrivée dans une nouvelle région.
définition
origine géographique
Pour un sous-marché donné, nombre de transactions dont l'acquéreur réside dans une unité
(département, région, pays) comparée à l?unité géographique correspondante du bien vendu
rapporté au nombre total de transactions dans le même sous-marché pendant la même période.
Il s?agit bien ici du lieu de résidence et pas de la nationalité quand on considère des pays différents.
Ici , calcul du pourcentage d?acquéreurs résidant dans le département du bien
Age
Pour un sous-marché donné, nombre de transactions dont l?acquéreur est âgé de moins de X ans
rapporté au nombre total de transactions dans le même sous-marché pendant la même période.
Ici, seuil établi à 35 ans pour viser a priori les primo-accédants
Objectifs
Ce ratio d?origine géographique permet d?estimer l?importance relative du marché local à l'intérieur
d'un bassin de vie ou d'une aire urbaine et de l'attraction résidentielle extérieure (arrivée d'actifs
venant d'autres départements, de futurs retraités et/ou de résidents secondaires).
Lorsque la proportion d?acquéreurs originaires d?autres régions ou de l?étranger est élevée et que les
prix sont élevés, on peut craindre des difficultés pour les jeunes agriculteurs à trouver des bâtiments
lors de leur installation.
Sur le marché résidentiel, on peut craindre également une éviction des jeunes ménages originaires du
territoire et souhaitant acquérir leur premier logement. Ils sont alors obligés de se reporter sur des
espaces plus éloignés.
Le calcul de la proportion de moins de 35 ans permet de savoir s?il s?agit plutôt d?un marché de primo-
accédants ou non.
Attention, les données Safer ne permettent pas de savoir si les maisons à la campagne ou les terrains
constructibles sont acquis pour de la résidence principale ou secondaire. On ne peut que le présumer
en croisant âge et origine géographique.
Indicateurs à relier
Prix des maisons à la campagne, des terrains constructibles et des espaces de loisirs
Champs géographiques
Niveaux agrégés (au moins le canton) et sur une période pluriannuelle pour avoir un nombre de
transactions suffisant pour être significatif.
Source
Notifications des notaires et rétrocessions Safer (cf partie I-1).
Actualisation possible
La moyenne mobile pluriannuelle peut être recalculée chaque année.
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INVALIDE)