Atlas des paysages de Loire-Atlantique

Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement ; Loire-Atlantique. Direction départementale des territoires et de la mer
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">La démarche de réalisation des atlas de paysages s'inscrit dans le cadre des politiques nationales. Ainsi le Ministère en charge de l'environnement gère depuis 1993 la politique des paysages. Pour assurer une cohérence et un niveau de connaissance partagée des paysages, il a mis en place la réalisation des atlas départementaux des paysages.<br /><br />L'élaboration de l'atlas des paysages du département de Loire Atlantique, qui s'inscrit dans la prise de conscience de l'importance du paysage, se justifie par trois objectifs fondamentaux : le premier tient à la définition du concept même de paysage car ce terme est difficile à cerner tant sa dimension est polysémique ; le second a pour objectif de couvrir la totalité du territoire départemental et le troisième se trouve non seulement dans la nécessité de permettre une lecture commune et cohérente du territoire départemental, mais aussi d'identifier des enjeux paysagers. En effet, les paysages sont porteurs d'indices et de signes qui permettent non seulement de reconstituer une géographie et une histoire, mais aussi de discerner les mutations et les bouleversements, reflets des choix politiques ou des orientations de développement et de protection. Mais il est acquis aussi qu'ils ne recouvrent pas une seule signification et qu'il n'y a pas une seule manière de les saisir. De multiples formes ont été utilisées pour les voir et les décrire, depuis celles des peintres, des écrivains, des cartographes, des photographes, des praticiens de l'aménagement du territoire à celles des scientifiques.<br /><br />Puisqu'il est difficile de s'entendre sur une définition universelle qui satisfasse tous les acteurs, il faut alors admettre la diversité des points de vue, qui est la réalité sociale, et tenter de la mettre en oeuvre à travers un outil dynamique et évolutif. L'originalité de la démarche de l'atlas des paysages de Loire atlantique est de proposer la mise en place d'outils permettant la large diffusion des contenus de l'atlas. Ils s'appuient notamment sur la création d'un site internet interactif et totalement réactualisable pour offrir la diffusion la plus large possible et la mise à jour régulière des connaissances en matière de paysage ; d'une cartographie interactive consultable en ligne qui permette d'intégrer plus facilement les couches d'informations paysage dans les outils classiques de planification à l'échelle du territoire. Le site de l'atlas propose différentes entrées pour découvrir les paysages : par familles de paysages, par la cartographie, par communes ou par le texte. L'atlas a été conçu pour donner un même niveau d'information sur chaque unité et sous unité paysagère.<br /><br />Le département a été découpé en 15 unités de paysages, regroupées en quatre familles : paysages de plateaux, paysages ligériens, paysages urbains et paysages littoraux. Chaque unité est décrite comme suit : présentation des ambiances paysagères ; description structurelle de l'unité (le socle physique : géologie - relief - hydrographie - végétation - occupation du sol) ; l'empreinte humaine : histoire - habitat ; l'architecture et l'urbanisme : infrastructure - agriculture et économie - analyse structurelle ; la qualification des limites paysagères de l'unité ; la description des sous-unités paysagères ; la perception des tendances d'évolution et la définition des enjeux de l'unité.<br /><br />Le site internet présente également une partie Observatoire qui permettra de suivre sur le long terme l'évolution des paysages.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
protection de l'environnement
Descripteur écoplanete
atlas des paysages ; lecture du paysage ; politique du paysage ; protection du paysage ; unité paysagère
Thème
Environnement - Nature ; Environnement - Paysage ; Aménagement du territoire
Texte intégral
2 4 IInnttrroodduuccttiioonn Piloté par les services de la DREAL des Pays de la Loire (avec l?appui de Catherine Dutard dont la mission de paysagiste-conseil a été ciblée sur cette unique mission) et de la DDTM de Loire-Atlantique, l?atlas des paysages de Loire-Atlantique est le fruit d?un travail de co-construction de 3 ans avec ses concepteurs (le bureau d?études, chef de file, « Vu d?ici » pour l?approche paysagère et ses co-traitants de l?Agence Rousseau pour la réflexion urbaine, d?ALTHIS pour le système d?information géographique et d?AQUALAN pour le site internet). Cette réalisation au long cours, engagée en fin d?année 2008, a été menée à terme grâce à la bonne et constante synergie existante entre la maîtrise d?ouvrage, l?équipe de maîtrise d?oeuvre et les services associés d?abord au sein d?un comité technique (le CAUE et le STAP) qui s?est tenu 17 fois, puis dans le cadre de 5 comités de pilotage, en principe élargis mais qui en définitive ne l?ont été que de manière limitée, du fait d?une faible participation des autres structures (Conseil régional, Conseil général, CAP Atlantique, CARENE, Nantes Métropole, Chambre départementale d?agriculture et Parc naturel régional de Brière) conviées à participer à la démarche à partir du 14 octobre 2009, date à laquelle une unité paysagère test avait pu être traitée. Le financement des prestataires extérieurs (184.465 ¤ dans la convention initiale, abondée par les intérêts moratoires produits par quelques anicroches comptables générées par la mise en place du nouveau système comptable Chorus), a été assuré à parité par le ministère en charge de l?environnement et l?Union européenne (au travers de la mesure n°2.1.1 du programme opérationnel régional du FEDER). L?investissement en temps de contribution des équipes de la DREAL et de la DDTM ? dans leurs doubles compétences d?approche paysagère et de conception numérique ? a été un élément majeur pour la finalisation du projet. La spécificité de cet atlas est d?avoir l?ambition de faire évoluer la méthodologie classique vers une production qui facilite l?usage ultérieur de l?ensemble des services de l?Etat, ce qui sous-entendait dès le départ une implication forte à la fois de la maîtrise d?ouvrage et de la maîtrise d?oeuvre pour constituer ce nouvel outil à la mesure des usages des services. L?année 2008 a constitué la période de conception du cahier des charges (associant de manière forte la conception paysagère et sa matérialisation numérique), puis de sélection du prestataire dans le cadre d?un appel d?offre européen lancé par la DIREN dans sa dernière année d?existence. En dépit d?une trentaine de dossiers d?appel d?offre retirés, celui-ci n?a finalement abouti qu?au dépôt de 8 offres de cabinets français (le nombre d?équipes capables de combiner une approche paysagère et des compétence en systèmes numériques étant extrêmement limité), parmi lesquels 2 équipes se détachaient. Le choix, finalement réalisé le 28 octobre 2008, s?est fait principalement sur la qualité de l?approche paysagère et sur la capacité d?adaptation du prestataire aux propositions faites en comité technique et en comité de pilotage. On peut également noter l?appui constant apporté par la chargée de mission des atlas des paysages au sein du bureau du paysage du ministère de l?écologie, du développement durable, des transports et du logement, vis-à- vis de ce projet d?atlas des paysages dont le caractère novateur l?a amené à demander à la DREAL et au cabinet « Vu d?ici » de venir présenter son état d?avancement lors de réunions au MEDDTL et d?une formation à l?IFORE. Des présentations du même type ont été réalisées à destination des agents de la DDTM et de la DREAL. Cette présentation du fort investissement budgétaire, nécessaire pour couvrir le temps d?intervention des prestataires (travail de terrain, de conception, d?échanges et de formalisation) et de la toute aussi majeure implication du service maître d?ouvrage et des services associés pour apporter leurs propres connaissances du territoire, vise à alerter tout autant les prochains initiateurs d?autres atlas de paysages que l?administration centrale sur ces pré-requis dont dépend la bonne finalisation d?un tel outil de connaissance partagée. Atlas des paysages de Loire-Atlantique ? Document de synthèse 5 UUNN AATTLLAASS DDEESS PPAAYYSSAAGGEESS ?? LLee ccaaddrree ddee llaa ddéémmaarrcchhee nnaattiioonnaallee La démarche de réalisation des atlas de paysages s'inscrit dans le cadre des politiques nationales. Ainsi le Ministère en charge de l?environnement gère depuis 1993 de la politique des paysages. Pour assurer une cohérence et un niveau de connaissance partagée des paysages, il a engagé une politique de soutien à la mise en place d?atlas des paysages. Ainsi Jean-Marc Michel, directeur de la Nature et des Paysages à l?époque, traduit cette orientation forte en ces termes : « La politique des paysages conçue par la direction de la nature et des paysages s'appuie sur les atlas de paysages, documents pivots du développement de la connaissance. C'est en effet à partir de ces atlas que les différents inventaires et systèmes d'observation vont être mis en relation. Les atlas de paysages sont la formulation d'un état de référence partagé. Ils permettent à chaque collectivité publique, dès lors qu'elle aura participé à leur élaboration à un titre ou à un autre, de définir, dans le cadre de ses compétences, les objectifs de qualité paysagère sur les territoires dont elle est responsable. Ils apportent à l'ensemble des collectivités publiques, une somme de connaissances et de références partagées sur les paysages, leurs représentations sociales et leurs dynamiques, suffisantes pour qu'ils puissent définir leurs politiques, qu'elles soient de paysage ou qu'elles concernent d'autres préoccupations, dans un principe de cohérence territoriale et paysagère. Puissent les atlas de paysages contribuer à la réalisation de l'ambition inscrite en ouverture du code de l'environnement : « Les paysages font partie du patrimoine commun de la nation » et offrir l'occasion d'un partenariat actif entre l'État et les collectivités locales. Portant sur l'ensemble de l'espace, les atlas de paysages enrichissent la connaissance tant sur les milieux urbains que dans les campagnes, dans les territoires dégradés comme dans ceux de grande qualité, dans les espaces remarquables comme dans ceux du quotidien. Ils permettent également de prendre en compte l'évolution de notre société et de ses aspirations nouvelles en matière de nature, de patrimoine et de cadre de vie. Enfin, les atlas, en identifiant et qualifiant les paysages, répondent aux objectifs de la Convention européenne du paysage. » Le paysage est un des enjeux majeurs de l?aménagement du territoire toujours d?actualité auquel s?était attachée à répondre la loi du 8 Janvier 1993 dite « Loi Paysage ». Cette prise en compte du paysage par le législateur a initié la possibilité d?une meilleure intégration de la dimension paysagère dans les démarches d?aménagement. Si le paysage reste au coeur de beaucoup de problématiques d?aménagement, la prise de conscience et la sensibilisation réelle des acteurs du territoire à cette dimension reste encore aujourd?hui un élément clé pour composer de manière équilibrée les paysages de demain. 6 LLee ppaayyssaaggee,, uunn tteerrmmee ppoollyysséémmiiqquuee :: Le terme même de paysage est difficile à cerner tant sa dimension est polysémique (chacun lui donne son propre sens). Il est donc primordial dans le cadre d'un atlas des paysages d'envisager les sens que peut prendre le terme et surtout d'envisager la définition qui sera retenue. On peut dans un premier temps noter que le paysage renvoie systématiquement à la notion de perception et de représentation individuelle ou sociale d'un espace bâti ou non. Le paysage pictural Ainsi le terme de paysage prend au départ une dimension plutôt picturale. Au XVIème siècle, il renvoie à un genre de peinture réaliste (ou au tableau lui-même) désignant la représentation d'un site le plus souvent champêtre. Les paysages de peintres ont eu plusieurs essors : A la renaissance, les paysages deviennent des thèmes privilégiés de l'école hollandaise avec notamment Dürer, Van Eyck et Bruegel, ainsi que de l'école italienne avec Bellini et Mantegna. En France, les paysages apparaîtront plus tard, notamment au travers des tableaux de Poussin et Lorrain La période romantique va complètement exacerber la dimension de perception, pour ne laisser place qu'à l'exaltation des sentiments de l'artiste. Le paysage représente donc la nature comme reflet des sentiments intimes de l'artiste et de sa tourmente. Le peintre allemand Friedrich en donne le plus parfait exemple. A la fin du XIXème, les peintres sortent des ateliers pour peindre le paysage « sur le motif ». C'est le cas de Constable, Turner, Corot, l'école de Barbizon et les impressionnistes ainsi que Van Gogh et Cézanne. Le land-art pousse au XXème cette notion à son paroxysme en faisant du paysage à la fois l'objet et l'oeuvre offrant ainsi une lecture instantanée, sur site, de la perception de l'artiste. L'objet n'est pas ici de retracer l'histoire de l'art des paysages mais bien de comprendre comment très tôt le mot paysage renvoie à la subjectivité et à l'intimité de la perception de l'artiste. Cette acception est cependant nuancée dès le milieu du XVIème siècle et le paysage devient une étendue de pays que l'oeil peut embrasser. La Loire à Mauves ? Turner ?Aquarelle vers 1828-183 National Gallery, Londres Le paysage objectif ou subjectif ? Durant le XIXème et le début du XXème siècle, le paysage est longtemps resté un objet d'études de la géographie. Il devient un espace visible avec ses différents plans jusqu'à l'horizon. Le paysage est donc dans ce cadre objectif et connaissable : le paysage image et les objets qui le composent sont confondus. On rejoint là la dimension géographique qu'exprime le terme même d'atlas (recueil de cartes géographiques). Le paysage devient un objet d'étude scientifique objectivable et cartographiable. Il entre même dans le champ de compétences de l'écologie où il prend la dimension d'une échelle d'étude permettant la compréhension des relations entre les écosystèmes. Avec l'ouverture vers les sciences humaines, les approches nouvelles placent le paysage moins sur le plan matériel qu'idéel. Il devient strictement la représentation individuelle, sociale ou culturelle d'un espace donné à voir comme à vivre. C'est donc une évocation d'un existant en fonction d'un idéal. Le paysage devient purement subjectif ou réaliste. Atlas des paysages de Loire-Atlantique ? Document de synthèse 7 A la croisée des regards Pour les aménageurs et les paysagistes, le paysage est à la fois réel et idéel, objectif et subjectif. Il renvoie au territoire et sa réalité géographique tout en tenant compte de sa perception et de la dimension sensible du vécu. Le paysage, chargé de valeurs d'usage, peut du coup être considéré comme moteur de la construction des territoires. Il est devenu objet d'études à la fois dans la réalité de l'environnement objectif qu'il constitue et de son appréhension subjective. Ainsi, en 2001, la Direction de l'espace rural et de la forêt définit le paysage de la manière suivante : « Le paysage est l'expression d'une relation dynamique entre le territoire concret et celui qui le perçoit. » De même, la Convention de Florence de 2000 garde la définition suivante : « Le paysage est une partie de territoire telle qu'elle est perçue par les populations, dont le caractère résulte de l'action de facteurs naturels et/ou humains et de leurs interrelations. » Ces deux définitions que nous retiendrons dans le cadre de cet atlas induisent un nouveau champ dans l'approche des paysages : l'observateur par la prise de conscience de sa perception propre des paysages (ou par la perception sociale ou culturelle) va influer en tant qu'acteur sur l'espace réel de son territoire : de là découle la notion de « faire du paysage » ou d'aménagement paysager. Ces interrelations sous-tendent une dimension dynamique et donc une évolution dans le temps à prendre en compte à la fois dans la réalité du territoire mais aussi dans la subjectivité de sa perception. L'atlas se veut donc dans un premier temps un outil de connaissance permettant une lecture partagée du territoire afin d'envisager les enjeux de ses évolutions. Il s?appuie pour cela sur la définition d?unités paysagères. La notion d?unité paysagère ne repose pas sur un paysage homogène car un paysage est fondamentalement hétérogène mais sur son caractère unique. Lorsqu?il s?agit de délimiter des unités, la principale difficulté est de faire la synthèse entre des caractères physiques et sociaux des paysages tout en prenant en compte leurs dynamiques respectives. Aussi, l?unité paysagère se détermine par rapport à ses voisines, c?est-à-dire qu?elle acquiert son individualité par comparaison avec les paysages environnants. En dessous : plutôt : composantes paysagères marquantes - Suppression de l?espace après le s de « s ?articule » Schéma de définition des unités paysagères après le l de « l ?unité », Rajouter un ? à « sous unités » 8 UUNN AATTLLAASS PPOOUURR LLEESS PPAAYYSSAAGGEESS DDEE LLAA LLOOIIRREE AATTLLAANNTTIIQQUUEE :: LLeess oobbjjeeccttiiffss ddee ll''aattllaass àà ll''éécchheellllee dduu ddééppaarrtteemmeenntt ddee LLooiirree--AAttllaannttiiqquuee :: L'élaboration de l'atlas des paysages du département de Loire-Atlantique constitue un acte essentiel s'inscrivant parfaitement dans cette prise de conscience de l'importance du paysage aujourd'hui. Elle se justifie par trois objectifs fondamentaux : ? Le premier objectif tient à la définition du concept même de paysage. Cette notion acquiert un sens différent selon les individus, les sensibilités, les institutions, les cultures, les milieux socio-professionnels. Le paysage qui s'offre à tous est le même, pourtant chacun le voit d'une façon différente. Il importe donc de définir une lecture partagée des paysages, afin que nous disposions d'un référent commun permettant une évaluation justifiée de ceux-ci. La richesse et la diversité des paysages de Loire-Atlantique qui constituent un « patrimoine paysager » important doivent être clairement identifiées : des « grands paysages » connus et reconnus (comme le Val de Loire, le littoral atlantique, les marais de Brière et de Guérande...), à des paysages certes plus modestes mais non moins dénués d'intérêts comme les plateaux bocagers du nord du département, le vignoble nantais, les vallées des rivières et les grandes zones humides ou les paysages urbains... ? L'atlas a pour second objectif de couvrir la totalité du territoire départemental, afin de déceler l'intérêt ou la problématique de chaque secteur du territoire. Il ne s'agit donc pas de définir un « classement » ou une « hiérarchie » des paysages, mettant en valeur certains secteurs pour leur intérêt paysager et en délaissant d'autres. ? Le troisième objectif annoncé se trouve non seulement dans la nécessité de permettre une lecture commune et cohérente du territoire départemental mais aussi d'identifier des enjeux paysagers. Les paysages sont constamment en évolution, chacun à des niveaux différents agit sur ceux-ci. Définir les enjeux paysagers doit permettre à chaque acteur ayant ses propres finalités d'intégrer de façon cohérente par rapport à chaque entité territoriale, la dimension paysagère. L'atlas doit ainsi constituer un outil d'aide à la décision à l'échelle de chaque territoire. C'est « une grammaire qui permet de lire et de réécrire le paysage ». A ce titre l'originalité de la démarche de l'atlas des paysages de Loire atlantique est de proposer la mise en place d'outils permettant la large diffusion des contenus de l'atlas. Ils s'appuient notamment sur la création : ? d'un site internet interactif et totalement réactualisable pour offrir la diffusion la plus large possible et la mise à jour régulière des connaissances en matière de paysage ; ? d'une cartographie interactive consultable en ligne qui permette d'intégrer plus facilement les couches d'informations paysage dans les outils classiques de planification à l'échelle du territoire. La démarche mise en oeuvre pour réaliser cet atlas s?est non seulement appuyée sur un travail bibliographique et de recherche documentaire important mais aussi sur un travail de terrain considérable permettant de faire émerger la réalité des ambiances paysagères et de mieux comprendre la structure des paysages départementaux. Ce travail s?est enrichi des échanges réguliers avec le comité technique et le comité de pilotage qui ont constitué tout au long de l?élaboration de l?atlas une véritable ressource et une force de proposition. Atlas des paysages de Loire-Atlantique ? Document de synthèse 9 PPrréésseennttaattiioonn ddee ll??oouuttiill :: «« uunnee ggrraammmmaaiirree ppoouurr mmiieeuuxx lliirree eett ééccrriirree lleess ppaayyssaaggeess »» Imaginer un atlas des paysages avec une large diffusion sur internet ou par système d?informations géographiques (SIG), c?est aussi proposer un accès différent et facilité à l?information. Ainsi, le site de l?atlas propose différentes entrées pour découvrir les paysages : par familles de paysages, par la cartographie, par communes ou par le texte. L?atlas a été conçu pour donner un même niveau d?information sur chaque unité et sous-unité paysagère. Ce contenu formel et sa mise en forme (notamment en ce qui concerne la cartographie) a été longuement travaillé par un comité de pilotage réunissant un groupe d?experts ou d?acteurs de terrain en prenant comme support une unité paysagère « test » complexe, à savoir la couronne viticole composite (celle-ci fait ainsi l?objet d?un développement un peu spécifique dans le site). Chaque Unité est donc décrite comme suit : 1. Présentation des ambiances paysagères ? Bloc diagramme illustrant les caractéristiques de l?unité ? Carte de l?unité et description des limites ? Carte de localisation dans le département ? Croquis de synthèse des ambiances (hyperpanorama) ? Un extrait pictural et écrit d?expression d?artistes sur l?unité ? Une description sensible et une expression des principaux composants paysagers (la terre, l?eau, l?architecture, l?économie et déplacements) 2. Description structurelle de l?unité ? Le socle physique : géologie ? relief ? hydrographie - végétation (occupation du sol) ? L?empreinte humaine : histoire ? habitat, architecture et urbanisme ? infrastructure - agriculture et économie ? analyse structurelle 3. Qualification des limites paysagères de l?unité 4. Description des sous-unités paysagères ? Introduction sur les critères déterminant les sous unités ? Carte de détail de la sous unité paysagère et de ses composantes ? Bloc diagramme synthétique de la sous-unité ? Texte illustré de description de la sous-unité 5. Perception des tendances d?évolution ? Approche statistique et documentaire des évolutions de l?unité ? Blocs diagrammes ou croquis d?évolution réalisés à partir de données cartographiques historiques sur un territoire emblématique des évolutions de l?unité ? Description illustrée des évolutions et mise en lumière du caractère dynamique des paysages 6. Définition des enjeux de l?unité ? Carte des enjeux ? Texte illustré des enjeux liés aux évolutions perçues, projetées ou pressenties des paysages. Le site internet présente également une partie observatoire qui permettra de suivre sur le long terme l?évolution des paysages. La navigation du site internet permet de retrouver rapidement l?information souhaitée et des modules d?édition au format pdf autorisent le téléchargement d?une version mise en forme pour l?impression du contenu du site. Les cartographies peuvent être téléchargées séparément et peuvent être mises en forme de manière interactive sur l?interface Carmen du ministère. Le report sur SIG de la cartographie s?est appuyé sur un travail spécifique des fonds de carte, des limites et continuités paysagères, un repérage spécifique des éléments de paysage marquants. L?ensemble de la saisie de ces données a été réalisé à une échelle 1/25 000ème. 10 LL??eessqquuiissssee dd??uunn tteerrrriittooiirree dd??iinntteerrffaaccee mmooddeelléé ppaarr lleess eeaauuxx Lorsque l?on dresse un portrait rapide de la Loire-Atlantique en essayant de caractériser l?ensemble de ses paysages sous une forme synthétique, réduite à l?extrême, il devient tout de suite évident que l?eau est le fil conducteur qui va permettre d?en saisir les contours. En effet, celle-ci est partout présente, sous les formes les plus diverses, à géométrie variable, introduisant de subtiles nuances au fil des saisons, à la fois marine et fluviale, jusqu?à composer le nom même de ce département. Elle est la clé de compréhension de l?installation des abbayes et des châteaux, du développement des ports, des industries et des villes riveraines, des échanges entre les hommes, de la grande richesse écologique et de la diversité des formes végétales des territoires qu?elle inonde. Il suffit d?emprunter les voies d?eau et de se laisser porter par le courant pour mesurer tous les efforts faits pour la domestiquer, contrôler les niveaux, irriguer, nourrir, transporter. Les multiples ouvrages (canaux, quais, écluses, vannages, cales, etc.) alors rencontrés sont les ultimes témoignages patrimoniaux de cette intense activité humaine, même si, beaucoup encore sont utilisés pour gérer l?étrange alchimie que constitue la rencontre des eaux douces et des eaux marines. Elle est aussi, parfois, inaccessible, cachée, insoupçonnable, et sa connaissance intime nous est alors seulement révélée par les générations de riverains qui ont su composer avec sa présence constante et ses caprices. Mais ce département, qui correspond sensiblement à l'ancien comté nantais, a aussi une autre caractéristique majeure : c?est une "frontière" à la lisière de la Bretagne, de l'Anjou et du Poitou. Sa façade maritime échancrée, traversée par la Loire, son relief peu accentué et sa position « stratégique » ont attisé toutes les convoitises. Cette bordure instable entre l?océan et « les marches de Bretagne » , a subit tous les assauts, de l?antiquité à la seconde guerre mondiale, laissant de nombreux témoignages et de multiples vestiges de systèmes de défenses, de remparts et d'édifices fortifiés, souvent remaniés ou détruits, puis reconstruits au fil des conquêtes et des invasions. Les limites restent floues, les architectures se mélangent, mariant habilement le grès, le schiste, le tuffeau ou la terre cuite, l?ardoise, la tuile ou le roseau. Les systèmes agraires s?adaptent aux contraintes des milieux, du climat et de l?économie, favorisant tour à tour l?élevage ou les cultures céréalières, la récolte du sel, l?extraction de la tourbe, l?exploitation des roselières et même l?installation d?un vignoble. Les communautés agricoles et maritimes se côtoient, sans vraiment se confondre, même si elles adoptent parfois les mêmes techniques. Cette esquisse un peu sommaire, ébauchée à grands traits, ne décrit cependant pas l?imbrication spatiale subtile des différentes composantes paysagères. Une analyse fine des composantes paysagères du département va donc constituer la trame de cet atlas. Au regard de la complexité de ce territoire fortement marqué par des dynamiques à la fois naturelles et humaines, l?atlas devra permettre par la synthèse qu?il propose de mieux comprendre la configuration des paysages, leurs dynamiques d?évolutions et les enjeux qui en découlent. Atlas des paysages de Loire-Atlantique ? Document de synthèse 11 IINNVVEENNTTAAIIRREE DDEESS PPAAYYSSAAGGEESS DDEE LLOOIIRREE--AATTLLAANNTTIIQQUUEE :: L?étude des paysages de la Loire-Atlantique nous a conduits à un découpage du département en 15 unités de paysages, regroupées en quatre familles : ? Les paysages de plateaux qui comprennent la presqu?île guérandaise, la couronne viticole composite, le plateau bocager méridional, le plateau viticole, le bocage suspendu du sillon de Bretagne, Les contreforts ligériens du pays d?Ancenis, les marches de Bretagne orientales et occidentales, ? Les paysages ligériens qui rassemblent, la Loire des promontoires, la ville rivulaire, la Loire estuarienne, la Loire monumentale ? Les paysages urbains qui comprennent la ville rivulaire, l?agglomération nantaise, la côte urbanisée ? Les paysages littoraux et de marais qui réunissent la côte urbanisée, la presqu?île guérandaise, et les grands marais. 12 LLaa LLooiirree ddeess pprroommoonnttooiirreess Par sa topographie et la réelle mise en scène du fleuve par des effets de belvédère, le val de Loire compose sur cette unité des paysages remarquables qui gardent encore une forte dimension patrimoniale. On lit encore la structure ancienne de ses bourgs structurés sur les coteaux ou ses espaces urbains portuaires et ses nombreux châteaux mis en scène dans leur vaste parc paysager. La fragilité de ce paysage tient à la fois au maintien de l?ouverture du fond de vallée et la persistance du patrimoine spécifique lié à la gestion hydraulique, la protection des inondations et aux espèces spécifiques de ces milieux. La prédominance des coteaux dans ce paysage constitue également un élément majeur de qualité de ces paysages. L?évolution de l?occupation du sol y est particulièrement lisible, notamment en ce qui concerne l?urbanisation et la diminution de la viticulture ou le boisement. L?interaction entre ces espaces de coteau et de fond de vallée concentre la majeure partie des enjeux de cette unité. LLaa vviillllee rriivvuullaaiirree La ville rivulaire compose sur les berges de la confluence fluviale de la Loire, la Sèvre nantaise et l?Erdre, des paysages sans cesse renouvelés. Territoire en perpétuelle mutation, les espaces urbains se recyclent en l'espace de quelques décennies au gré du dynamisme économique de la zone portuaire et des dynamiques urbaines de l'agglomération nantaise. Chaque époque laisse une marque, un pan de ville, une trame de base sur ces quartiers où sédimentent les strates de la ville. Il en ressort un paysage de plus en plus complexe et composite, à la fois riche de sa diversité mais aussi hétérogène et sans véritable identité si ce n'est son caractère mutagène. L'enjeu le plus fort de cette unité paysagère réside certainement dans la capacité de la ville à tisser des liens avec son fleuve. LLaa LLooiirree eessttuuaarriieennnnee Les paysages de val de Loire dans l?estuaire se distinguent des autres paysages ligériens par leur amplitude et le contraste qu?ils offrent entre de vastes espaces agro-naturels inondables dans le contexte très anthropique du pôle Nantes/Saint Nazaire. Remis en lecture par les intentions artistiques de la manifestation de l?estuaire, ces espaces, peu desservis par les voies routières, sont en fait encore très tournés vers la Loire et son trafic fluvial (même si celui-ci a largement diminué). Les bourgs insulaires ou implantés en pieds de coteau présentent presque tous des façades portuaires fluviales et pour la plupart une configuration insulaire. Le développement industriel de la basse Loire marque encore aujourd?hui fortement le paysage avec notamment la centrale thermique de Cordemais, la raffinerie de Donges et la zone industralo-portuaire de l?agglomération nantaise. Si ce territoire semble avoir été plus évité qu?investi (par rapport aux territoires voisins), il garde aujourd?hui des espaces naturels exceptionnels qui en font toute sa fragilité au regard des pressions à la fois urbaines et industrielles qui ont parfois radicalement changé sa physionomie au cour de ces dernières décennies. Atlas des paysages de Loire-Atlantique ? Document de synthèse 13 LLaa LLooiirree mmoonnuummeennttaallee Cette unité termine le long cordon des paysages ligériens dans un jeu d?échelles monumentales : par la largeur du fleuve à son embouchure, par les gigantesques infrastructures portuaires et par l?ampleur du pont de Saint Nazaire qui marque physiquement une porte entre la Loire et l?océan Atlantique. Cette unité révèle un contraste saisissant entre la rive sud qui garde une certaine dimension patrimoniale avec l?ancien port de Paimboeuf qui constituait autrefois le point d?arrêt obligé à l?entrée de l?estuaire et les infrastructures monumentales des terminaux portuaires de Montoir et Donges sur la rive Nord. Cette évolution radicale du paysage traduit la mutabilité rapide d?un territoire qui peut radicalement se transformer en moins d?un siècle. L?enjeu aujourd?hui de cet espace tient autant dans la préservation d?un patrimoine original que dans la pérennité des infrastructures portuaires qui marquent aujourd?hui le paysage. LLeess ggrraannddss mmaarraaiiss Par leur ampleur et leur diversité les grands marais représentent une famille de paysages spécifiques et marquante dans les identités départementales. Paysages d?eau par excellence, ils jouent sur l?horizontale et dans les cuvettes géologiques qu?ils occupent, ils sont souvent le creuset d?une culture spécifique et de modes d?appropriation particuliers du territoire en lien avec le rythme des inondations. Ce sont également les paysages les moins peuplés du département et constituent de fait des espaces naturels remarquables et de grande amplitude, ce qui leur vaut des niveaux de protection souvent très importants. Si pour la plupart ce sont des paysages construits et riches d?une histoire où l?eau prend une part importante, ce sont aujourd?hui des espaces fragiles car dépendant de mode de gestions ruraux, parfois anciens, qui ont souvent du mal à perdurer en tout équilibre avec l?environnement spécifique qu?ils constituent. Cela se traduit parfois par des dynamiques naturelles qui tendent à refermer complètement ces paysages par un boisement progressif. Ce sont par ailleurs des territoires le plus souvent sous une forte pression urbaine, ce qui pose inéluctablement l?enjeu majeur de l?évolution de ces paysages. 14 LLaa pprreessqquu??îîllee GGuuéérraannddaaiissee La presqu'île guérandaise offre des paysages remarquables mêlant à la fois terre et eau. Ainsi alternent les étendues ouvertes de marais salants qui font la renommé de ce terroir et les plateaux bocagers avec des bourgs et une cité à l'identité résolument bretonne. Cerné par des espaces naturels remarquables (marais de Brière, de Guérande, du Mès) et par le littoral, ce territoire est clairement délimité. Sous la pression urbaine rétro-littorale et sous l'influence de la proximité de l'agglomération nazairienne et bauloise, ce territoire est donc particulièrement fragile au regard de la spécificité de ses paysages. C'est notamment sur la persistance de la trame bocagère et sur l'intégrité des coteaux qui cadrent les marais que les enjeux se concentrent le plus. LLaa ccôôttee uurrbbaanniissééee Si la continuité urbaine tend à uniformiser les ambiances paysagères de la côte, le littoral de Loire-Atlantique révèle une véritable diversité liée à la configuration naturelle originale des cotes : les plissements géologiques ont dessiné des falaises rocheuses souvent orientées suivant la direction nord ouest / sud est entre lesquelles se sont intercalées des plages de sables qui ont pour certaine fait la renommée du département comme destination balnéaire. Le dessin de la côte est par ailleurs infléchi par l?estuaire de la Loire qui induit des jeux de covisibilités entre les deux côtes réunies par le pont monumental de Saint Nazaire. La continuité de l?urbanisation essentiellement d?habitat secondaire de type pavillonnaire contribue aujourd?hui à accentuer la perte de lisibilité de ce contexte paysager côtier en s?épaississant progressivement sur le plateau rétro-littoral. Cela pose la question de la structuration de ces tissus urbains, du repérage nécessaire dans ces agglomérations et surtout de la limite à donner à ce développement en épaisseur qui franchit de plus en plus la route bleue. LL??aagggglloomméérraattiioonn NNaannttaaiissee Si comme toute ville l'agglomération nantaise présente des paysages urbains variés, cette unité traduit par ses grands ensembles relativement homogènes la croissance rapide de la tâche urbaine ces cinq dernières décennies. Ainsi entre le coeur de ville historique à la fois carrefour et confluence, la ville s'est développées sur des anneaux viaires successifs (boulevards de ceinture, puis périphérique) pour phagocyter les bourgs périphériques. Ces croissances par à-coups se traduisent par de grands quartiers, zones d'activités ou grands ensembles qui se juxtaposent et s'intercalent entre les vallons secondaires de l'Erdre et la Loire qui gardent leur caractère semi- naturel. Atlas des paysages de Loire-Atlantique ? Document de synthèse 15 En promontoire sur ses vallées l'agglomération compose un paysage urbain véritablement à l'échelle du département. Cette échelle macroscopique de la ville pose d'emblée la question de l'approche paysagère qu'on peut en avoir. Si les paysagistes interviennent communément sur l'espace public ou à l'échelle des quartiers, la composition du paysage à cette échelle d'agglomération n'est pas courante. Pourtant la composition de cette ville se prête particulièrement à une lecture "panoramique" qui permet de révéler à la fois la subtilité de sa topographie et de ses systèmes hydrographiques, la prédominance de ses repères et de ses belvédères, la diversité de ses ambiances et la problématique de ses interfaces multiples. Si la législation actuelle et les réflexions en cours tendent à limiter drastiquement les expansions tentaculaires de la ville ses dernières décennies, le renouvellement urbain que cela induit va indubitablement changer parfois profondément les identités urbaines, l'enjeu qui en découle en matière de paysagère est certainement de savoir si cela ira dans le sens d'un éclatement de la mosaïque urbaine en des morceaux plus fins ou la préservation dans le temps de grandes entités homogènes. LLaa ccoouurroonnnnee vviittiiccoollee ccoommppoossiittee Le caractère composite est véritablement ce qui identifie aujourd'hui cette unité. Ainsi sont agglomérés les lambeaux du paysage de vignoble qui ceinturait jadis le lac de Grandlieu, les ensembles boisées qui ponctuent le paysage, les nombreuses infrastructures qui rayonnent depuis l?agglomération nantaise, les nappes de tissus pavillonnaires qui ont étendu les bourgs et les zones d?activités qui jalonnent les échangeurs. Cette unité est un véritable kaléidoscope passé au prisme de la pression urbaine qui compose les ambiances au gré des associations de facettes paysagères ; on passe souvent de clairières viticoles à des zones urbaines étendues où l?on se perd facilement si l?on sort des grands axes. L?enjeu de cette unité se concentre véritablement sur la notion de lisibilité des éléments de structure du paysage : les grandes vallées qui l?entourent qui se referment, les continuités agricoles fragiles car menacées de déprise? et les zones urbaines qui s?étendent toujours. Il s?agit aujourd?hui d?en comprendre les motifs paysagers de ce patchwork pour mieux les recoudre et éviter que cette unité ne bascule complètement dans l?aire urbaine de l?agglomération nantaise avec des bourgs qui se sont étendus sans vraiment se construire comme des villes. 16 LLee ppllaatteeaauu bbooccaaggeerr mméérriiddiioonnaall Cette unité paysagère présente une réelle diversité de par ses composantes (elle rassemble presque tous les types de paysages ruraux) mais aussi de par sa structure complexe tant sur le plan du relief que de l?hydrographie. Profondément rural, ce territoire de transition entre l?agglomération nantaise et le littoral a vu son réseau d?infrastructures se transformer fortement ces dernières décennies. Outre les transformations directes que cela a induit dans le paysage (paysage routier plus prégnant), cela s?est traduit par une expression plus forte des pressions urbaines à la fois des agglomérations de Nantes et Saint Nazaire mais aussi de la pression urbaine rétro-littorale. Les bourgs de l?unité présentent ainsi un développement important de zones pavillonnaires et de zones d?activités implantées le long des contournements. Outre ces mutations urbaines, le territoire se transforme également sous l?effet des évolutions agricoles qui amorcent un développement important des zones de maraîchage. Cette unité paysagère, malgré son identité marquée, est donc l?objet de mutations qui font évoluer fondamentalement ses caractères, ce qui pose la problématique de sa ressemblance progressive aux ambiances de la couronne viticole composite pour sa partie Est et aux zones rétro-littorales pour la partie Ouest. Cette unité semble être amenée à se réduire au profit des unités voisines, ce qui pose d?emblée l?enjeu de la persistance de ses caractères propres. LLee ppllaatteeaauu vviittiiccoollee Ces paysages tirent leur singularité de leur caractère viticole très marqué avec des paysages très ouverts dégageant de profondes perspectives à peines cadrées par les boisements ou les parcs paysagers des châteaux. Ces paysages contrastent avec les vallées encaissées caractérisées par des coteaux boisés et un paysage de chaos granitique. Si l?architecture italianisante tout à fait originale marque le bâti plus ancien, les extensions récentes sont quant à elles plus caractérisées par un tissu pavillonnaire plus banal et d?importantes zones d?activités. Les pressions urbaines sont notamment liées à la proximité de l?agglomération nantaise mais aussi à l?effet catalyseur de l?axe rapide Nantes-Cholet. Les caractères marqués de l?unité tiennent principalement à la vitalité de la filière viticole qui garantit la persistance du vignoble mais dont les signes d'évolution lisibles, notamment vers l?enfrichement ou la mutation en parcelles maraîchères, questionnent. Atlas des paysages de Loire-Atlantique ? Document de synthèse 17 LLee bbooccaaggee ssuussppeenndduu dduu SSiilllloonn ddee BBrreettaaggnnee Véritable territoire de passage, cette unité paysagère se caractérise par une succession d?infrastructures qui marquent fortement ce plateau aux ambiances profondément rurales. Le réseau bocager encore dense dans bien des secteurs de l?unité se distend à l?approche des grands axes Nantes Rennes (à l?est de l?unité) et Nantes Vannes qui s?appuie sur le revers du sillon de Bretagne. Au nord, la présence du canal de Nantes à Brest concentre les eaux d?un vaste bassin hydrographique qui dessine de nombreuses petites vallées encaissées dans le plateau. Cette position de carrefour va encore s?affirmer à l?avenir avec la mise en place du projet aéroportuaire de Notre Dame des Landes et de la liaison entre les deux voies évoquées précédemment. Cela va induire nécessairement des mutations importantes de ce paysage tant sur la trame agro-naturelle que sur la structure des bourgs qui risquent d?évoluer rapidement sous la pression induite par ces nouvelles infrastructures. LLeess ccoonnttrreeffoorrttss lliiggéérriieennss dduu ppaayyss dd??AAnncceenniiss Cette unité paysagère a vu de nombreuses mutations tant sur le plan agricole, qu'urbain et des infrastructures. Sa partie sud qui s'amalgamait il y a quelques siècles à l'unité du plateau viticole du sud Loire, est aujourd'hui profondément transformée par les nombreuses infrastructures qui se sont superposées au nord de la Loire. Le paysage de plateau s'est ouvert laissant apparaître plus fortement des éléments bâtis relevant de l'industriel et des repères marquants comme les châteaux d'eau, les pylônes électriques, les éoliennes qui remplacent aujourd'hui les jeux de covisibilités de clochers à clochers. Les enjeux d'avenir sur cette unité se concentrent sur les revers de plateaux en bordure des grandes vallées de la Loire et de l'Erdre sur lesquels les pressions sont les plus fortes. L'évolution des modes de transport (nouveaux échangeurs autoroutiers, renforcement des dessertes ferroviaires, mise en place de grandes liaisons routières transversales du département) sont autant de sources de pressions à la fois structurelles et urbaines sur les paysage du territoire qu'il faudrait maîtriser pour en préserver la qualité. LLeess mmaarrcchheess ddee BBrreettaaggnnee OOrriieennttaalleess Outre par la présence des châteaux, et notamment celui de Châteaubriant qui marque les positions défensives entre l'Anjou et la Bretagne, la notion de Marches se traduit dans le paysage par la succession de lignes de crêtes parallèles orientées Est/Ouest qui alternent avec des vallées marquées. 18 Cette structuration en "tôle ondulée" est relayée par la végétation des grands ensembles forestiers qui soulignent les crêtes et le maillage bocager qui quadrille les fonds de vallée. Ces paysages sont profondément ruraux. Cette unité paysagère connaît une mutation urbaine relativement moins rapide et prononcée que dans le reste du département, notamment du fait d'une pression résidentielle faible (éloignement des grands axes). En revanche, les paysages agricoles et naturels ont connu une forte évolution au XXème siècle en lien direct avec les mutations de l'agriculture qui ont conduit à une ouverture progressive des paysages sur les pentes les plus faibles et à un déploiement des hameaux par des hangars ou des bâtiments d'élevage plus imposants. Ces paysages présentent encore une image rurale forte et attractive et les risques de mutations tiennent essentiellement aux développements des réseaux de transports qui pourraient catalyser l'économie résidentielle sur certains secteurs induisant des transformations du paysage comme dans les autres unités du département. LLeess mmaarrcchheess ddee BBrreettaaggnnee OOcccciiddeennttaalleess Cette unité paysagère présente une diversité de paysages liée à l'alternance des plateaux bocagers semi- ouverts, de larges vallées inondables et des grands ensembles forestiers. Cette alternance compose un cadre de vie rural d'intérêt qui reste dans bien des cas relativement préservé. Même le patrimoine vernaculaire est relativement riche et forge l'identité du territoire, il n'en demeure pas moins fragile au regard des mutations qui se lisent sur le territoire. Les voies d'eau ne sont plus au coeur de l'économie de ce territoire comme autrefois mais ce sont les deux voies rapides vers Nantes aux extrémités est et ouest de l'unité qui font sentir leur influence. Cela se traduit pour les bourgs à proximité par une pression urbaine plus forte lisible au travers des extensions pavillonnaires des bourgs, et de la diffusion urbaine linéaire le long des voies d'habitat sur les hameaux de campagne ou d'activités sur les voies principales. Si les évolutions des pratiques agricoles ont conduit à l'ouverture de la trame bocagère ancienne, les tendances d'évolution aujourd'hui conduisent localement à une fermeture du paysage qui tend à en masquer les plus beaux atouts. Il y a sur cette unité une vraie problématique de lisibilité des franges, notamment sur l'interface vallée/plateau qui limite progressivement les perceptions en belvédère et donc la richesse des dynamiques de perception visuelle sur le terrain. L?enjeu aujourd?hui est certainement de préserver le caractère breton qui fait la singularité de cette unité dans le département. Atlas des paysages de Loire-Atlantique ? Document de synthèse 19 DDeess ppaayyssaaggeess ddééppaarrtteemmeennttaauuxx aauuxx eennjjeeuuxx mmuullttiipplleess Ce qui frappe le plus dans la description des dynamiques d?évolution des paysages départementaux, c?est certainement la fermeture de ces paysages qui se traduit par des horizons de plus en plus proches. Le mitage urbain, les boisements par enfrichement des zones de déprise agricole ou dans les nombreux délaissés routiers, le maraîchage avec ses infrastructures de serres constituent autant de nouveaux écrans visuels qui masquent progressivement les paysages. Sur certains secteurs, ce sont d?immenses pans de territoire qui disparaissent de notre perception au quotidien. C?est notamment le cas des paysages de grands marais qui se découvrent au dernier moment. Le département de Loire-Atlantique présente une réelle diversité de zones humides qui sont non seulement des réserves remarquables de biodiversité mais aussi et surtout des paysages singuliers riches de leur diversité. Aux portes des grandes agglomérations (Nantes, Saint-Nazaire) ces paysages constituent certes des espaces de respiration qui contrebalancent l?intensité des paysages urbains mais sont aussi sous la menace de la pression urbaine. Les évolutions progressives constatées posent directement l?enjeu de la maîtrise de ces pressions humaines et peuvent bénéficier du retour d?expérience de l?urbanisation littorale. Cette dernière pose à elle seule la question de la banalisation des paysages au regard des extensions pavillonnaires et des zones d?activités qui ont progressivement scellé le continuum urbain rendant parfois l?accès à la côte illisible. La lecture des paysages urbains au travers de l?atlas montre par ailleurs leur incroyable dynamique de renouvellement (c?est notamment le cas du secteur de l?île de Nantes) qui montre l?enjeu de reposer la question de la cohérence paysagère dans les renouvellements urbains. Et si le socle paysager pouvait ressurgir de ces zones souvent aménagées de manière fonctionnelle ? Un autre enjeu d?avenir pour les paysages de ce territoire départemental concerne les grands projets d?infrastructure en réflexion. Ces derniers posent non seulement la problématique de leur inscription dans un paysage déjà fortement artificialisé et des effets induits (et déjà observés auparavant sur le paysage) sur les territoires proches : catalyse de la pression urbaine (à la fois pavillonnaire et d?activités), rupture de continuité paysagères (et écologiques). Ces pressions et ces mutations pressenties, localisées dans les cartes d?enjeux des unités, révèlent la question de la création d?un paysage aux dépens d?un autre, de l?extension inéluctable de certaines unités paysagères, de la disparition de certaines identités avec l?apparition de nouvelles composantes paysagères. Nous sommes les artisans de la dynamique d?évolution de nos paysages et ils prennent la forme que nous voulons bien leur donner. Si l?histoire des paysages du département de Loire-Atlantique montre les interventions humaines aussi variées que marquantes, les tendances d?évolution montrent une réelle négation progressive de la géographie sur laquelle ces paysages se sont construits. Il ne s?agit pas de retourner nostalgiquement à un âge d?or qui n?existe pas mais bien d?utiliser cet atlas comme un point de départ pour mieux comprendre les paysages, leur structure, et intervenir non pas dans une abstraction totale mais dans la réalité d?un site où il s?agit d?exprimer une identité et non de reproduire des banalités.

puce  Accés à la notice sur le site du portail documentaire du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

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