Qualité et performance énergétique des logements locatifs sociaux en région des Pays de la Loire depuis 2005 - Bilan 2011
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Dans un contexte de crise du logement (plan de cohésion social en 2005 et volet logement du plan de relance de l'économie de 2009), la DREAL des Pays de la Loire a réalisé quatre études thématiques sur la production, le financement, la typologie et la qualité des logements locatifs sociaux aidés en 2011, ainsi que sur les évolutions depuis 2005. Les choix des territoires de gestion des aides à la pierre et le zonage Scellier comme références ont permis de réaliser une analyse continue sur une large période même si des évolutions ont eu lieu depuis 2005. Ces études se basent sur l'Infocentre SISAL qui extrait les informations quotidiennement des outils d'instruction d'aides à la pierre, à partir des décisions de financements datées et signées.<br /><br />Les deux principaux enjeux en termes de développement durable du parc de logements locatifs sociaux sont la réduction de l'impact énergétique et la diminution des charges des ménages. Depuis le début des années 2000, la réglementation thermique (RT) française fixe une limite maximale de consommation énergétique des bâtiments neufs. Les bailleurs sociaux présents en Pays de la Loire se sont engagés dans une démarche de réduction des consommations énergétiques.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
économie d'énergie
;isolation thermique
;rénovation énergétique
;donnée statistique
;efficacité énergétique
;enquête
;bilan énergétique
Descripteur écoplanete
performance environnementale
;analyse statistique
Thème
Énergie - Climat
;Habitat - Logement
;Construction
Texte intégral
La labellisation des logements neufs
Depuis le début des années 2000, la réglementation thermique (RT) française fixe une limite
maximale de consommation énergétique des bâtiments neufs pour le chauffage, la ventilation, la
climatisation, la production d?eau chaude sanitaire et l?éclairage. En 2006, le label « haute
performance énergétique » (HPE) vient compléter la réglementation thermique de 2005 (RT 2005).
Dans un projet de construction, le maître d?ouvrage peut s?appuyer sur organisme de certification qui
suit l?opération jusqu?à la livraison et la certification de l?atteinte d?une performance énergétique.
Quatre niveaux de classification sont considérés :
? Le label « BBC » (bâtiment basse
consommation) représente une consommation
énergétique de 50 kWhep/m²/an en énergie
primaire (arrêté ministériel du 8 mai 2007).
? Le label « THPE » (très haute performance
énergétique) atteste que les consommations
d?énergies sont inférieures d?au moins 20 % par
rapport à la consommation maximale et de
référence.
? Le label « HPE » (haute performance
énergétique) correspond aux constructions dont
les consommations conventionnelles sont
inférieures à 10 % de la consommation maximale
et de référence.
? Sans label : ces logements respectent la RT
en vigueur au moment du dépôt du permis de
construire mais n?ont pas fait l?objet d?une
certification auprès d?un bureau d?études techniques (BET).
Ces dernières années, les bailleurs sociaux se sont engagés dans une démarche de réduction des
consommations énergétiques. Une étude sur la performance énergétique du parc locatif social
régional, réalisée par l?Union sociale pour l?habitat des Pays de la Loire en 2010, indique que 79 %
des logements sont classés B, C et D du diagnostic de performance énergétique (DPE).
La réglementation thermique 2012 (RT 2012) qui succède à la RT 2005, est applicable pour les
permis de construire :
? déposés depuis le 28 octobre 2011 pour certains bâtiments neufs du secteur tertiaire (bureaux,
bâtiments d?enseignement primaire et secondaire, établissements d?accueil de la petite enfance) et
les bâtiments à usage d?habitation construits en zone ANRU (Agence nationale rénovation urbaine) ;
? déposés à partir du 1er janvier 2013 pour tous les autres bâtiments neufs à usage d?habitation
(maisons individuelles ou accolées, logements collectifs, cités universitaires, foyers de jeunes
travailleurs) hors zone ANRU.
Service
Intermodalité,
Aménagement
et Logement
Décembre
2012
Qualité e t performance
énergé tique des logements
locatifs sociaux en région
des pays de la Loire
depuis 2005
Bilan 2011
n° 70
Labellisation et RT 2005 - Région des Pays de la Loire
Source : DREAL des Pays de la Loire
Les labels énergétiques des Logements Locatifs Sociaux (LLS)
ordinaires¹ aidés en région des Pays de la Loire
Le suivi des logements labellisés permet d?avoir un focus sur le niveau de performance énergétique des LLS
aidés dans le respect de la RT des logements non labellisés. De manière globale, l?année 2011 est marquée
par une importante part de logements labellisés (58 %) par rapport à celle entre 2005 et 2011 (38 %) alors
que la norme basse consommation conforme à la RT 2012 n?était pas encore imposée (hors zone ANRU).
Labellisation des LLS ordinaires selon les territoires de délégation (%)
Labels 2011
Nantes Métropole 70% 1% 5% 76% 24% 39% 61%
CG 44 64% 4% 68% 32% 45% 55%
Loire Atlantique 67% 1% 5% 73% 27% 41% 59%
ALM 33% 6% 7% 46% 54% 49% 51%
CG 49 5% 5% 95% 16% 84%
Maine et Loire 25% 4% 7% 36% 64% 40% 60%
Laval Agglomération 89% 4% 2% 95% 5% 43% 57%
44% 5% 22% 71% 29% 23% 77%
Mayenne 70% 4% 11% 85% 15% 36% 64%
Le Mans Métropole 70% 8% 78% 22% 62% 38%
CG 72 84% 1% 85% 15% 55% 45%
Sarthe 76% 5% 81% 19% 59% 41%
100% 12% 88%
CG 85 3% 3% 97% 9% 91%
Vendée 3% 3% 97% 9% 91%
Pays de la Loire 51% 2% 5% 58% 42% 38% 62%
Label BBC
2011
Label THPE
2011
Label HPE
2011
Sans label
2011
Labels
2005/2011
Sans label
2005/2011
Etat 53
La Roche sur Yon Agglomération
Source : Infocentre SISAL
Des disparités de labellisation sont
toutefois observables entre les territoires.
Ces contrastes sont généralement dus
aux stratégies patrimoniales des maîtres
d?ouvrage. En effet, labelliser une
opération induit un coût supplémentaire
en raison de l?intervention d?un BET pour
la certifier. En contre partie, cela permet
d?obtenir une majoration des subventions
et surtout la garantie pour les futurs
ménages de réaliser des économies de
charges.
En 2011, les opérateurs des
départements de la Loire-Atlantique
(73 %), de la Sarthe (81 %) et de la
Mayenne (85 %) ont fait le choix de
labelliser une forte part de leurs LLS
avec une place importante accordée au
BBC ce qui met en évidence la qualité
des logements neufs du parc public. Une
concentration autour de l?agglomération
mancelle est constatée avec plus de
50 %, voire plus de 70 % de LLS
labellisés pour chaque EPCI.
A l?inverse, les opérateurs de Maine-et-
Loire et de la Vendée ont très peu
labellisé leurs opérations. Ces logements
sans label respectent la RT en vigueur.
Part des LLS ordinaires labellisés entre 2005 et 2011 pour
chaque Établissement Public de Coopération
Intercommunale (EPCI)
Source : Infocentre SISAL
2
Sur la période 2005-2011, le nombre
de LLS labellisés n?a cessé
d?augmenter sur l?ensemble de la
région des Pays de la Loire.
Depuis l?arrêté de 2007 fixant les
conditions d?attribution des labels, la
labellisation des opérations est en
nette augmentation. Les années
2010 (62 %) et 2011 (58 %) sont
marquées par une forte
augmentation des logements
labellisés, notamment grâce au
BBC.
Le label BBC, défini en 2006,
ne voit son succès s?étendre
qu?en 2010 suites aux
orientations du Grenelle de
l?environnement. Ce label est
alors mis en avant sur la
production de logements.
Evolution de la part des LLS labellisés entre 2005 et 2011
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Années
Sans label HPE THPE BBC Moyenne sans label 2005/2011
Source : Infocentre SISAL
Depuis 2009, la part des logements locatifs sociaux non labellisés est inférieure à la moyenne annuelle de la
période 2005-2011 (62 %).
Si la tendance générale reste identique entre les opérations en individuel² et celles en collectif³, des
différences sont observables dans le rythme de labellisation.
Evolution de la part des LLS labellisés en collectif
(hors opérations mixtes) entre 2005 et 2011
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Années
Sans label HPE THPE BBC Moyenne sans label 2005/2011
Source : Infocentre SISAL
Evolution de la part des LLS labellisés en individuel
(hors opérations mixtes) entre 2005 et 2011
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Années
Sans label HPE THPE BBC Moyenne sans label 2005/2011
Entre 2005 et 2011, la part de LLS en collectif avec label est passée de 2 % à 68 % ce qui indique une
augmentation rapide des labellisations. Sur cette même période, la proportion de logements en individuel
labellisés est passée de 10 % à 47 % soit une croissance plus progressive.
En règle générale, les logements locatifs sociaux en collectif sont davantage labellisés que ceux en
individuel, car le coût de labellisation d?une opération par un BET est réparti sur un plus grand nombre de
logements. Le coût de l?intervention pour chaque LLS est ainsi réduit.
3
Le mode de chauffage principal des LLS ordinaires aidés en
région des Pays de la Loire
Majoritairement le chauffage principal, que ce soit en logement individuel ou en collectif, fonctionne au gaz
en 2011. En effet, 78 % des LLS financés ordinaires utilisent ce mode de chauffage.
Les modes de chauffage des LLS
ordinaires collectifs aidés en 2011
Gaz Électricité Autres
NM 90% 9% 1%
CG 44 84% 13% 3%
Loire-Atlantique 88% 10% 2%
ALM 70% 13% 17%
CG 49 31% 69%
Maine-et-Loire 68% 16% 16%
Laval Agglomération 100%
État 53 100%
Mayenne 78% 22%
LMM 95% 5%
CG 72 100%
Sarthe 96% 4%
CARY 100%
CG 85 59% 41%
Vendée 64% 36%
Pays de la Loire 83% 12% 5%
Source : Infocentre SISAL
Les modes de chauffage des LLS
ordinaires individuels aidés en 2011
Gaz Électricité Autres
NM 95% 5%
CG 44 61% 37% 2%
Loire-Atlantique 71% 27% 1%
ALM 78% 22%
CG 49 31% 65% 3%
Maine et Loire 46% 52% 2%
Laval Agglomération 88% 10% 3%
15% 76% 9%
Mayenne 50% 44% 6%
LMM 86% 14%
CG 72 92% 8%
Sarthe 90% 10%
CARY 90% 10%
CG 85 86% 10% 4%
Vendée 87% 10% 3%
Pays de la Loire 69% 29% 2%
Etat 53
En 2011, la part du gaz est la plus
importante quel que soit le type d?habitat
puisque 83 % des logements en collectif
utilisent de système de chauffage et 69 %
en individuel.
Le montant de l?investissement d?un
système de chauffage électrique est
limité car il comprend uniquement
l?achat des radiateurs. En revanche,
le coût à l?usage est cher puisque le
kWh d?électricité est nettement plus
élevé que le prix du kWh de gaz. La
réversibilité est également moins
facile.
Si sur la période 2005-2011, le
phénomène reste encore limité, le Maine-
et-Loire et la Mayenne sont davantage
représentés dans l?utilisation d?énergies
alternatives au gaz et à l?électricité.
Parmi elles, le chauffage urbain arrive en
tête des LLS ordinaires aidés notamment
sur le territoire de Nantes Métropole (5 %)
et celui d?Angers Loire Métropole (6 %).
Le bois se place en seconde position des
énergies alternatives grâce à la
réalisation de LLS à Laval Agglomération
(4 %).
Répartition des LLS aidés avec un mode de chauffage
principal alimenté par une autre énergie que le gaz ou
l?électricité entre 2005 et 2011
Source : Infocentre SISAL
4
Atteindre le niveau BBC avec un chauffage
électrique est beaucoup plus difficile qu?en
RT 2005 du fait de la fin de la dérogation
sur le coefficient de l?énergie primaire de
2,58. En France, un coefficient de
conversion est appliqué à l?électricité, car il
faut 2,58 kWh d?énergie primaire (ep) pour
livrer 1 kWh d?énergie finale (ef). Une part
de l?énergie primaire est perdue lors de la
production et la livraison de l?énergie
électrique. Avec le BBC mais aussi la
RT 2012, une valeur de consommations
maximales de 50 kWhep/m²/an est
décidée ce qui fixe, suite au coefficient
d?énergie primaire, la consommation
d?électricité à 20 kWhef/m²/an.
Entre 2005 et 2009, la répartition entre le gaz et
l?électricité pour le chauffage principal oscille
entre 40 % et 56 % des LLS aidés.
Evolution du mode de chauffage principal des LLS
aidés entre 2005 et 2011
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100%
Électricité
Gaz
Autres
Années
Pa
rt
e
n
po
ur
ce
nt
ag
e
Source : Infocentre SISAL
Depuis 2009, la part du gaz a fortement augmenté passant de 44 % à 78 % en 2011 alors que celle de
l?électricité a nettement diminué pour atteindre 16 %. La prépondérance d?une seule source dans le mode de
chauffage des LLS réalisés expose le parc social aux hausses des prix de cette énergie.
À partir de 2008, les autres modes (chauffage urbain, bois, butane/propane?) ont vu leur part légèrement
progresser offrant ainsi peu à peu d?autres alternatives aux énergies traditionnelles.
Les modes de chauffage de l?Eau Chaude Sanitaire (ECS) des
LLS ordinaires aidés en région des Pays de la Loire
Les systèmes techniques proposés par les bailleurs pour l?eau chaude sanitaire peuvent fonctionner avec
une énergie différente de la modalité de chauffage principal du logement. Comme pour le mode de
chauffage, le gaz est la principale source d?énergie utilisées pour l?eau chaude. En 2011, le gaz occupe une
place plus importante notamment dans les systèmes d'ECS des LLS collectifs (80 %). Davantage de
logements en individuel possèdent un système d?eau chaude sanitaire alimenté par l?électricité (24 %) ou par
une énergie alternative (18 %).
Les modes de chauffage de l'ECS des
LLS ordinaires en collectif financés en
2011
Les modes de chauffage de l'ECS des
LLS ordinaires en individuel financés
en 2011
5
Gaz Électricité Autres
NM 87% 9% 4%
CG 44 83% 14% 3%
Loire-Atlantique 86% 10% 4%
ALM 70% 13% 17%
CG 49 0% 69% 31%
Maine-et-Loire 67% 16% 18%
Laval Agglomération 14% 86%
État 53 0% 100%
Mayenne 11% 89%
LMM 95% 5%
CG 72 100%
Sarthe 96% 4%
CARY 100%
CG 85 53% 41% 5%
Vendée 46% 36% 18%
Pays de la Loire 80% 12% 8%
Source : Infocentre SISAL
Gaz Électricité Autres
NM 95% 5%
CG 44 56% 39% 6%
Loire-Atlantique 67% 29% 4%
ALM 59% 41%
CG 49 31% 52% 16%
Maine-et-Loire 40% 49% 11%
Laval Agglomération 54% 4% 42%
État 53 28% 72%
Mayenne 26% 17% 57%
LMM 86% 14%
CG 72 92% 8%
Sarthe 90% 10%
CARY 57% 10% 33%
CG 85 64% 10% 26%
Vendée 63% 10% 27%
Pays de la Loire 58% 24% 18%
6
En 2011, les énergies alternatives au gaz
et à l?électricité pour l'ECS sont fortement
développées dans les départements de la
Mayenne (64 %), de Maine-et-Loire (22 %)
et de la Vendée (21 %).
Sur la période 2005-2011, comme pour le
chauffage principal, le chauffage urbain
est le premier système d'ECS alternatif
des LLS ordinaires aidés essentiellement
sur le territoire de Nantes Métropole (5 %)
et celui d?Angers Loire Métropole (6 %).
Le solaire est la seconde source d?énergie
alternative des LLS aidés en Mayenne
(2 %), en Sarthe (2 %) et surtout en
Vendée (9 %).
Arrive ensuite le bois notamment pour les
logements des EPCI centres outre La
Roche-sur-Yon Agglomération. Laval
Agglomération possède la plus forte part
avec 6 % de LLS aidés entre 2005 et 2011
disposant d?une eau chaude sanitaire
alimentée au bois.
Répartition des LLS aidés avec une ECS alimentée par une
autre énergie que le gaz ou l?électricité entre 2005 et 2011
Source : Infocentre SISAL
Evolution du mode d'ECS des LLS aidés entre 2005 et 2011
2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
0%
10%
20%
30%
40%
50%
60%
70%
80%
90%
100% Electricité
Gaz
Autres
Années
Pa
rt
e
n
po
ur
ce
nt
ag
e
Source : Infocentre SISAL
Comme pour le chauffage principal,
l?énergie dominante pour les systèmes
d?eau chaude sanitaire est le gaz.
Entre 2005 et 2009, la répartition entre le
gaz et l?électricité oscille entre 38 % et
54 % des LLS aidés.
Depuis 2009, la part du gaz a fortement
augmenté passant de 40 % à 74 % en
2011 alors que celle de l?électricité a
nettement diminué pour atteindre 14 %.
À partir de 2007, d?autres modes
(chauffage urbain, solaire, bois, pompe à
chaleur?) ont peu à peu vu leur part
progresser offrant ainsi d?autres
fonctionnements alternatifs.
GLOSSAIRE
1. Un logement ordinaire est défini par opposition à un logement en structure collective offrant des
services spécifiques (ex : foyer de personnes âgées).
2. Un logement individuel correspond à une construction qui ne comprend qu?un logement (maison).
3. Un logement collectif appartient à un immeuble collectif c?est-à-dire un bâtiment qui comprend au
moins deux logements (appartement).
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