Gestion quantitative de la ressource en eau - Zoom sur les retenues de substitution
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Cette fiche est un zoom sur le développement des retenues de substitution, réponse qui peut être apportée pour lutter contre la pénurie d'eau tout en gardant à l'esprit qu'il convient en priorité de maîtriser l'irrigation pour ne pas remettre en cause les objectifs environnementaux de la Directive Cadre sur l'Eau. Pour guider les maîtres d'ouvrage et les bureaux d'études, les services de l'Etat et de ses établissement publics ont rédigé un guide régional sur les retenues de substitution. Celui-ci, téléchargeable sur le site de la DREAL des Pays de la Loire, détaille les procédures à mener ainsi que les points sur lesquels les services de police de l'eau sont vigilants lors de l'instruction des dossiers.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
gestion de l'eau
;ressources naturelles
;sécheresse
Descripteur écoplanete
gestion des ressources en eau
;évaluation environnementale
;retenue d'eau
;politique de l'eau
Thème
Collectivités territoriales
;Environnement - Nature
;Ressources - Nuisances
Texte intégral
« L'économie d'eau doit être envisagée en priorité, et mon ministère a
donc demandé aux préfets d'encourager les bonnes pratiques
d'irrigation et de développement de projets locaux visant l'évolution
vers des systèmes culturaux et des filières moins consommateurs en
eau. [?] Si les mesures d'économie d'eau ne suffisent pas, la
construction de retenues supplémentaires peut faire partie des actions
à envisager localement, dès lors que cela ne remet pas en cause les
objectifs environnementaux de la Directive Cadre sur l'Eau. »
Cette déclaration de Nathalie Kosciusko-Morizet, alors ministre de l?Écologie, du
Développement Durable, des Transports et du Logement, en réponse à une question posée au
gouvernement en juin 2011, pose clairement la stratégie de l'État en matière de réduction des
impacts de l'irrigation sur les milieux naturels.
Cette stratégie passe donc par une approche technico-économique des pratiques
d'irrigation sur un terroir donné, stratégie qui doit être mise en perspectives avec les objectifs
de reconquête des équilibres quantitatifs.
Si les prélèvements directs dans le milieu pour l'irrigation sont incompatibles avec la
préservation des écosystèmes et ou d'autres usages de l'eau comme l'alimentation en eau
potable, la possibilité de stocker l'eau l'hiver et de pouvoir l'utiliser l'été sans contrainte peu
être une solution intéressante.
Toutefois, la décision de création de retenues de substitution ne constitue qu'une partie
des réponses pouvant être apportées.
Sauf sur quelques secteurs très particuliers ou pour des productions spécialisées très
demandeuses en eau (horticulture, maraîchage, arboriculture, semences), l'irrigation pratiquée
en région des Pays de la Loire est principalement destinée à sécuriser l'approvisionnement en
fourrage. Ainsi, agriculture irriguée et pluviale cohabitent et l'irrigation relève, dans une
certaine mesure, plus d'un choix que d'une obligation absolue remettant en cause l'existence
même de l'exploitation agricole.
La décision d'investir dans une retenue de substitution doit donc être le fruit d'une
réflexion individuelle et collective afin de mesurer quelle pourra être la rentabilité de
l'investissement, et de mesurer si une évolution vers une système moins irrigué voire un
système pluvial pur ne constitue pas une alternative économiquement raisonnable. Des
solutions existent pour réduire la dépendance d'une exploitation à l'irrigation. Cela passe par
le choix des rotations, des variétés (notamment pour le maïs) ou encore par un pilotage fin de
l'irrigation en suivant sur le terrain l'état d'hydratation des sols (par tensiométrie par exemple)
et les besoins réels de la culture. Ces diverses solutions peuvent apporter des gains
significatifs soit en réduisant les quantités d'eau nécessaires soit en décalant les besoins
pendant des périodes où l'eau est plus abondante (variétés de maïs précoces pas exemple). Ces
propositions alternatives ne sont pas en opposition avec l'idée de créer une retenue de
substitution mais doivent permettre au contraire d'explorer toutes les options et peut être de
trouver une solution combinant plusieurs approches : réduction des besoins de l'exploitation et
création d'une retenue de plus petit volume que le prélèvement direct antérieur.
Enfin, il convient d'explorer toutes les ressources existantes à proximité et en
particulier la valorisation des eaux en sortie de station d'épuration qui peut dans certains cas
représenter une solution extrêmement intéressante tant pour l'agriculteur que pour la
collectivité.
service
ressources
naturelles et
paysages
Mai
2012
Zoom s ur les re tenues de s ubs titution
n°22
Il est préconisé que cette réflexion puisse être conduite dans un cadre collectif ou sous
l'égide d'un SAGE ou d'une structure de gestion de bassin versant mais cela n'est pas une
obligation, chaque exploitant, confronté à cette difficulté, peut porter une solution individuelle
répondant à sa situation spécifique.
Le projet de retenue de substitution.
Une fois que les réflexions évoquées ci-dessus ont démontré la pertinence pour
l'exploitant concerné de créer une retenue de substitution , il convient d'envisager sa création
en prenant en considération les points clé ci dessous.
Le choix du site.
Outre les contraintes liées au foncier et à l'organisation du parcellaire, le site envisagé
ne doit pas être situé sur une zone humide ou en travers d'un cours d'eau. Ce type de dispositif
est en effet totalement proscrit pour tout type de retenue. Il doit également éviter toute
destruction d'espèces protégées.
Le mode de remplissage.
Les études doivent garantir que le remplissage ne porte pas atteinte au milieu naturel.
La retenue peut être remplie de différentes façon (prélèvement d'eau de surface, d'eau
souterraine, ruissellement, drainage, en fonction de la situation locale) mais le dispositif de
prélèvement choisi devra dans tous les cas pouvoir être arrêté ou déconnecté pendant la
période d'étiage. Ce point doit pouvoir être contrôlé par la police de l'eau. La retenue doit elle
même être suffisamment étanche pour ne pas capter des écoulements souterrains notamment
si elle est implantée à proximité d'un cours d'eau. C'est à cette double condition que le volume
stocké pourra être utilisé l'été sans restriction. En cas de doute sur la déconnexion de la
retenues, les restrictions applicables au cours d'eau seront également applicable à la retenue.
La réglementation applicable.
La création d'une retenue est soumise à une procédure d'autorisation ou de déclaration
prévue par le code de l'environnement.
Cette procédure vise à vérifier que l'impact de la création de la retenue sur le milieu
naturel est acceptable. Ainsi la localisation précise de la retenue, sa géométrie, son mode
d'alimentation et le cas échéant de vidange vont faire l'objet d'une analyse par le service de
police de l'eau. En cas d'impact, des mesures compensatoires devront être proposées. Le
dossier doit préciser la compatibilité du projet vis à vis du SDAGE et le cas échéant du SAGE
concerné.
Le dossier doit également présenter l'incidence du projet sur Natura 2000 y compris si
le projet n'est pas situé à l'intérieur ou à proximité immédiate d'une zone Natura 2000. Cette
analyse doit être proportionnée aux enjeux et pourra être très simple dans la majorité des cas.
A noter que dans les zones Natura 2000, les projets en-dessous des seuils de la Police de l'Eau
pourront tout de même être soumis à autorisation.
La direction départementale des territoires (et de la mer) de votre département qui
assure la police de l'eau pourra vous apporter des précisions sur ces démarches.
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La réalisation de ces études et le montage de ces dossiers peu être assez complexes et
nécessitent l'intervention d'un bureau d'études spécialisé à la charge du maître d'ouvrage (ce
n'est toutefois pas une obligation).
Pour guider les maîtres d'ouvrage et les bureau d'études, les services de l?État et de ses
établissements publics ont rédigé ensemble un guide régional sur les retenues de substitution.
Ce guide détaille toutes les procédures à mener, ainsi que les points sur lesquels les services
de police de l'eau seront vigilants lors de l'instruction des dossiers. Ce guide est téléchargeable
sur le site internet de la DREAL des Pays de la Loire (http://www.pays-de-la-loire.developpement-
durable.gouv.fr/quelques-outils-pour-la-gestion-a1223.html).
Le projet pourra également être soumis à d'autres réglementations et en particulier
celles liées à l'urbanisme ou à la protection du risque inondation.
Les financements publics mobilisables
Il existe des mesures d'accompagnement des territoires qui font le choix d'une
réduction des prélèvements pour l'irrigation. Cela concerne essentiellement de l'animation
territoriale et la possibilité de souscrire une mesure agro-environnementale spécifique appelée
«MAE désirrigation», ou une mesure visant à introduire des cultures de légumineuses,
économes en eau au sein d'un assolement irrigué. Le montage d'un tel projet de territoire doit
être portée par une structure collective.
Un cofinancement du FEADER est possible en contrepartie des financements de
l'agence de l'eau et/ou des collectivités, sous réserve des crédits disponibles, à hauteur de 20%
des dépenses et dans la limite de 80% d'aides publiques totales.
Comme les retenues de substitution contribuent à l'amélioration du fonctionnement
des milieux aquatiques, elles sont éligibles, sous certaines conditions aux aides de l'agence de
l'eau Loire-Bretagne. Ce dispositif apporte un soutien à la création des réserves mais pas à la
création des réseaux de distribution des eaux stockées. Pour l'heure, ces cofinancements sont à
hauteur de :
- 70% dans les bassins versants à fort déficit quantitatif (Marais poitevin et
Clain), sous réserve de la mise en place d'un contrat territorial gestion
quantitative (CTGQ). Le choix du taux d'aide est soumis à avis du
Conseil d'Administration de l'agence ;
- 40% dans les autres Zones de Répartition des Eaux (Thouet) ou dans les
bassins versants à fort déficit quantitatif qui n'ont pas souscrit de contrat
territorial ;
- 30% dans tous les autres cas.
Le CTGQ ne doit pas comporter uniquement des mesures de type création de réserves
de substitution également d?autres mesures dites d?accompagnement (changement
d?assolement, MAE, ?).
Pour inciter aux mesures d'économie d'eau, les projets seront financés s'ils présentent
une retenue de substitution correspondant à 80% du maximum prélevé durant les années
antérieures depuis 2004.
Enfin, il existe également des aides de certains Conseil Généraux. Les critères
d'éligibilité et les modalités de subvention sont disponibles directement auprès d'eux.
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http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/quelques-outils-pour-la-gestion-a1223.html
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/quelques-outils-pour-la-gestion-a1223.html
Pour en savoir plus.
Pour tous renseignements complémentaires, n'hésitez pas à vous rapprocher de la
direction départementale des territoires de votre département, de l'Agence de l'Eau Loire
Bretagne, ou de la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du
Logement des Pays de la Loire.
Service ressources
naturelles et paysages
Tél : 02.40.99.58.53
Fax : 02.40.99.58.78
2115-9998