La situation des transports en Pays de la Loire - Les flux de marchandises par conduites en 2011
DOUILLARD, Denis
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
;Observatoire régional des transports (Pays-de-la-Loire)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">En tant que pôle énergétique d'importance nationale, les Pays de la Loire disposent de réseaux spécifiques pour le transport d'hydrocarbures. En 2011, environ 5,3 millions de tonnes de pétrole et de gaz naturel ont ainsi été acheminés par conduites (oléoducs et gazoducs) au départ de la région, soit le plus bas niveau des quinze dernières années.<br /><br />Ces flux sont issus de la transformation, dans l'Estuaire de la Loire (raffinerie de Donges et terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne), d'hydrocarbures importés et réceptionnés au Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire. Ils alimentent principalement les régions du Grand Ouest et l'Île-de-France. En 2011, la baisse des flux par conduites (- 18 %) a concerné en premier lieu le gaz naturel. La chute de l'activité de regazéification du GNL du site de Montoir-de-Bretagne est liée à la montée en charge du terminal méthanier de Fos-Cavaou (Bouches-du-Rhône). En relation avec le recul de la consommation nationale de pétrole, l'acheminement de produits raffinés au départ de Donges s'est tassé, suivant en cela la tendance des années précédentes. En volume transporté, les transports par conduite demeurent toutefois le 3ème mode de la région, après la route et la voie maritime, mais devant le chemin de fer.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
donnée statistique
;transport d'énergie
Descripteur écoplanete
analyse statistique
;hydrocarbure
Thème
Transports
;Economie
Texte intégral
service
connaissance
des territoires
et évaluation
Ministère de l'Écologie, du Développement durable et de l?Énergie
direction régionale de l'environnement,
de l'aménagement et du logement des Pays de la Loire
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Collection
La situation des transports
en Pays de la Loire
Les flux de marchandises
par conduites en 2011
En tant que pôle énergétique d'importance nationale, les Pays de la Loire disposent de réseaux
spécifiques pour le transport d?hydrocarbures. En 2011, environ 5,3 millions de tonnes de pétrole
et de gaz naturel ont ainsi été acheminés par conduites (oléoducs et gazoducs) au départ de la
région, soit le plus bas niveau des quinze dernières années. Ces flux sont issus de la
transformation, dans l'estuaire de la Loire (raffinerie de Donges et terminal méthanier de Montoir-
de-Bretagne), d'hydrocarbures importés et réceptionnés au Grand Port Maritime de Nantes Saint-
Nazaire. Ils alimentent principalement les régions du Grand Ouest et l'Île-de-France.
En 2011, la baisse des flux par conduites
(? 18 %) a concerné en premier lieu le gaz
naturel. La chute de l'activité de
regazéification du GNL du site de Montoir-
de-Bretagne est liée à la montée en
charge du terminal méthanier de Fos-
Cavaou (Bouches-du-Rhône). En relation
avec le recul de la consommation
nationale de pétrole, l'acheminement de produits raffinés au départ de Donges s?est tassé, suivant en
cela la tendance des années précédentes. En volume transporté, les transports par conduite demeurent
toutefois le 3ème mode de la région, après la route et la voie maritime, mais devant le chemin de fer.
Répartition par produit des transports par conduites
en Pays de la Loire (en milliers de tonnes de marchandises)
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1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011
Sources : MEDDE - DGEC, Société Française Donges-Metz, Port Atlantique Nantes Saint-Nazaire
Gaz naturel (gazoducs)
Pétrole raffiné (oléoducs)
décembre
2012
n° 109
Flux de marchandises par conduites
en 2010 et 2011 dans les Pays de la Loire
2010 2011 Evolution
Pétrole raffiné (oléoducs) 1 486 1 408 ? 5,2 %
Gaz naturel (gazoducs) 4 907 3 854 ? 21,5 %
Ensemble 6 393 5 262 ? 17,7 %
Unité : millier de tonnes
Sources : MEDDE - DGEC, SFDM, Port Atlantique Nantes Saint-Nazaire
OBSERVATION ET STATISTIQUES I N° 109 I Décembre 2012
2 I Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
1 ? Le transport de pétrole raffiné par oléoducs
Environ un quart de la production de la raffinerie de Donges est distribué par conduites. Les oléoducs en exploitation sont celui
reliant Donges au dépôt pétrolier de Vern-sur-Seiche en Ille-et-Vilaine (93 kilomètres) et celui reliant Donges à Metz via Melun
(627 kilomètres). Les flux sortants de la raffinerie acheminés sur ces deux canalisations représentent 2 % de l?ensemble des
produits bruts et finis transportés en France par oléoducs et 3,5 % du tonnage national du seul pétrole raffiné.
Principales infrastructures pétrolières en France
Dépôt
pétrolier
Raffinerie
Oléoduc
de produits
raffinés
100 km50250
Saint-
Baussant
Strasbourg
Brest
Lorient
Bassens
Port-la-Nouvelle
La Pallice
Lyon
Châlons-en-
Champagne
Toulouse
Vern-sur-
Seiche
Le Mans La Ferté-
Alais
Dijon
Fos
Cournon
Brive
Frontignan
Mulhouse
Valenciennes
Puget
Tours
Orléans
Valence
Chignin
Annecy
Paris
Tarnos
Caen
Le Havre
Donges
Rouen
Dunkerque
Grigny
Gonfreville
Port-
Jérôme
Petit-Couronne
Grandpuits
Reichstett
(fermeture
été 2011)
Feyzin
La Mède
Lavéra
Berre
Donges ? Melun ? Metz (DMM)
ODC 2
ODC 3
Point d'inter-
connexion
du DMM
Levesville
Champeaux
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ODC 2
ODC 3
PMR
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1
LHP
Ambès
Angers
ODC 3
Sources : UFIP, CPDP
L'oléoduc Donges ? Vern-sur-Seiche a été construit en 1964. Il était à l?origine un pipeline de pétrole brut qui fournissait la
raffinerie Antar de Vern-sur-Seiche en matières premières. Cette dernière, située en banlieue rennaise, a fonctionné durant
quinze ans, de 1965 à 1979, avant sa transformation, après les chocs pétroliers, en unité de stockage et de distribution.
L'oléoduc a dès lors changé d?affectation. Il alimente désormais la Bretagne en produits raffinés, principalement du fioul
La situation des transports en Pays de la Loire I Les flux de marchandises par conduites en 2011
Service connaissance des territoires et évaluation ? Division de l'observation, des études et des statistiques I 3
domestique et du gazole. La canalisation est la propriété de Total, qui en est l?unique utilisatrice. Son trafic, voisin d?un million
de tonnes, a peu fluctué au cours de vingt dernières années.
Transport de pétrole raffiné par oléoducs dans les Pays de la Loire
(en million de tonnes de marchandises)
0,00
0,25
0,50
0,75
1,00
1,25
1,50
1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011
Source : MEDDE - Direction Générale de l'Energie et du Climat, Société Française Donges-Metz
Donges (44) ? Vern-sur-Seiche (35)
Donges (44) ? Melun (77) ? Metz (57)
L'oléoduc Donges ? Melun ? Metz, connu aussi sous l'abréviation DMM, est un outil essentiel de l'activité de la raffinerie de
Donges et indirectement du Grand Port Maritime. Ses installations comprennent le pipeline de 627 km reliant Donges à Saint-
Baussant (près de Metz), des stations de pompages, des dépôts pétroliers et des points d?interconnexions avec d?autres
oléoducs. Il est détenu par l?État français et est exploité par la Société Française Donges-Metz (SFDM), dont Bolloré Énergie
est devenu l?actionnaire majoritaire en 2000 (90 % du capital puis 95 % en 20081).
Suite à un accord franco-américain de juin 1953, le DMM a été mis en service en 1956, pour le compte de l'OTAN, dans le
double but d'assurer le ravitaillement en carburant des forces américaines stationnées en Europe (dans les régions de l?est de
la France et en Allemagne) et de constituer une réserve stratégique en cas de conflit. L?ouvrage a été construit entre 1954 et
1956 puis exploité de 1956 à 1988 par la Société des Transports Pétroliers par Pipeline (Trapil), implantée initialement en
Basse-Seine. Partant de Donges, unique terminal pétrolier de l?Atlantique, le pétrole raffiné était acheminé jusqu?en Moselle
sur l?intégralité du parcours du DMM puis à la jonction de Saint-Baussant empruntait l?oléoduc de défense commune (ODC)
assurant ainsi la desserte de l?Allemagne.
A la fin de la guerre froide, en 1988, l'OTAN rétrocéda le DMM à la France qui chercha alors à lui assurer une reconversion
civile. Deux entreprises se portèrent candidat à la reprise de l?oléoduc : la SFDM, société créée pour l?occasion dont Elf
(intégré depuis au groupe Total) était à l?époque l?actionnaire principal (à 49 %) et Trapil, le précédent exploitant. Par un
décret du 24 février 1995, l?État concéda l?exploitation de la canalisation pour une durée de 25 ans à la SFDM, à compter du
1er mars 1995. Le concessionnaire retenu confia le fonctionnement et l?entretien des installations à Trapil jusqu?en 1998 puis
à la Société d?Exploitation du Pipeline Atlantique-
Lorraine (Sepal), filiale de la SFDM, jusqu?en
2003 (année où la SFDM et la Sepal ont
fusionné).
L?attribution de la concession de l?oléoduc à la
SFDM, favorable pour le développement
économique de la Basse Loire, a conforté
l'activité du groupe Total dans la région en
faisant fonctionner le DMM dans le sens ouest /
est. Un autre choix aurait conduit à le faire
fonctionner dans le sens est-ouest, donc à réduire
1 Le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire détient les 5 % restants du capital de la SFDM.
Transport de pétrole raffiné par oléoducs
en 2010 et 2011 dans les Pays de la Loire
En millier de tonnes 2010 2011 Evolution
Donges (44) ? Vern-sur-Seiche (35) 951 945 ? 0,6 %
Donges (44) ? Melun (77) ? Metz (57) 535 463 ? 13,5 %
Ensemble 1 486 1 408 ? 5,2 %
En million de tonnes-kilomètres 2010 2011 Evolution
Donges (44) ? Vern-sur-Seiche (35) 89 88 ? 0,6 %
Donges (44) ? Melun (77) ? Metz (57) 166 125 ? 24,3 %
Ensemble 254 213 ? 16,1 %
Source : MEDDE - Direction Générale de l'Energie et du Climat, SFDM
OBSERVATION ET STATISTIQUES I N° 109 I Décembre 2012
4 I Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
le fonctionnement de la raffinerie de Donges1. L'oléoduc DMM consolide également le fonctionnement de la raffinerie en la
reliant aux sites de stockage et aux autres installations de production du groupe pétrolier, notamment la raffinerie de
Grandpuits près de Melun et les activités pétrochimiques de Carling près de Metz. En revanche, à la différence de l'oléoduc
Donges ? Vern-sur-Seiche, l?exploitant du DMM n?a pas l?exclusivité de son utilisation. L?ouvrage est ainsi ouvert à des tiers :
raffineurs internationaux, enseignes de la grande distribution, détaillants indépendants, etc.
Les points d'entrée des produits du DMM se situent à :
? Donges (raffinerie et dépôt de stockage) ;
? Levesville (28) et Champeaux (77), points d'interconnexion avec le pipeline LHP (Le Havre - Paris) d?où proviennent les
produits finis des raffineries et dépôts de la Basse-Seine ainsi que ceux de la raffinerie de Grandpuits ;
? Vatry (51), point d'interconnexion avec la branche 2 de l?ODC reliée aux dépôts de Dunkerque et aux ports pétroliers du
Benelux (Amsterdam, Rotterdam et Anvers) ;
? Saint-Baussant (54), point d'interconnexion avec les branches 3 de l?ODC affectées à l?acheminement de la production des
raffineries du Sud-Est.
Les points de sorties de l?oléoduc sont constitués :
? d'une part par les dépôts de stockage qui font partie du DMM (La Ferté-Alais, Châlons-en-Champagne et Saint-Baussant) ;
? d'autre part par les dépôts et pipelines connectés au DMM (dépôt EPR du Mans, connexion à Levesville vers les dépôts
d'Orléans et de Tours, connexion à Saint-Baussant vers l'ODC 3 à destination de l'Allemagne).
La raffinerie et le dépôt de stockage de Donges ne contribuent que pour une faible part à l?activité du DMM (moins du quart
en 2011). En outre, cette part a fortement baissé depuis une dizaine d?années, passant de 53 % des tonnes-kilomètres
réalisées en 2000 à 22 % en 2011. Le DMM est en effet principalement utilisé sur sa partie est. Ainsi, en 2011, 57 % du
trafic de l?oléoduc s?est effectué entre le point d'entrée de Champeaux et le point de sortie de Saint-Baussant.
Le trafic global du DMM a augmenté de 6 % en 2011 par
rapport à l'année précédente, avec un trafic de 2,8 millions
de tonnes. Cette évolution est liée d?une part au bas niveau
du Rhin, limitant l'approvisionnement par barges, d?autre
part à la fermeture de la raffinerie de Reichstett (Bas-
Rhin), phénomènes qui ont accru la demande en produits
pétroliers de l'est de la France, notamment en gazole, à
partir des raffineries de la Basse-Seine et de Grandpuits.
En revanche, les expéditions au départ de Donges ont
fortement reculé en 2011 (de 13 % en tonnes et de 24 %
en tonnes-kilomètres). Le recul a principalement concerné
les livraisons vers le dépôt pétrolier de Saint-Baussant :
elles se sont élevées à 45 000 tonnes en 2011, un niveau
intermédiaire entre l?étiage de 2009 (24 000 tonnes) et le
sommet de 2010 (111 000 tonnes).
Au total, depuis les infrastructures du groupe Total en Basse-Loire, 463 000 tonnes de produits pétrolier représentant 125
millions de tonnes-kilomètres ont été acheminés en 2011 sur l'oléoduc Donges ? Melun ? Metz. Ce flux de transport est le
plus faible depuis 1995, année de reconversion civile du DMM. Il témoigne du recul de la demande nationale en produits
pétroliers résultant de l?atonie de l?activité économique, de la concurrence des énergies alternatives (gaz et électricité) et de la
tendance haussière des cours du pétrole.
1 Cette concession a permis de rééquilibrer le transport par pipeline au profit de la Basse Loire, les Pays de la Loire étant jusqu'en 1994
essentiellement approvisionnés en produits pétroliers, par l'oléoduc Le Havre ? Paris (LHP), provenant des ports du Havre et de Rotterdam.
Transport par destination au départ de Donges
de pétrole raffiné de l'oléoduc DMM
En millier de tonnes 2010 2011 Evolution
Le Mans (72) 347 331 ? 5 %
La Ferté-Alais (91) 53 56 + 6 %
Châlons-en-Champagne (51) 24 31 + 29 %
Saint-Baussant (54) 111 45 ? 59 %
Ensemble 535 463 ? 13 %
En million de TK 2010 2011 Evolution
Le Mans (72) 63,3 60,5 ? 5 %
La Ferté-Alais (91) 18,8 19,8 + 6 %
Châlons-en-Champagne (51) 12,5 16,1 + 29 %
Saint-Baussant (54) 71,0 29,0 ? 59 %
Ensemble 165,6 125,4 ? 24 %
Source : Société Française Donges-Metz (SFDM)
La situation des transports en Pays de la Loire I Les flux de marchandises par conduites en 2011
Service connaissance des territoires et évaluation ? Division de l'observation, des études et des statistiques I 5
Source : MEDDE - Direction Générale de l'Energie et du Climat, Société Française Donges-Metz
Destinations au départ de Donges du transport de pétrole raffiné par oléoducs en 2011
En tonnes-kilomètres
Saint-
Baussant
14%
Châlons-
en-Champagne
8%
La Ferté-
Alais
9%
Le Mans
28%
Vern-sur-
Seiche
41%
En tonnes
La Ferté-Alais
4%
Vern-sur-
Seiche
67%
Le Mans
24%
Saint-Baussant
3%
Châlons
2%
La raffinerie de Donges : la deuxième de France par sa capacité de production
Seul centre de raffinage de la façade atlantique, le site de Donges est par sa capacité le 2ème de France après celui
situé à Gonfreville-l'Orcher, en Seine-Maritime. La raffinerie, ouverte à l?exploitation en 1932, a été reconstruite de
1945 à 1947 après avoir été partiellement détruite pendant la seconde guerre mondiale. Elle appartient aujourd?hui au
groupe Total.
Avec une capacité de traitement d'environ 11,5 millions de tonnes par an, elle assure environ 10 % du total national de
raffinage de pétrole brut. Sa zone d'influence couvre une large moitié ouest de la France, de Brest à Bordeaux. Elle
alimente également des dépôts pétroliers jusqu?aux États-Unis. Outre les carburants automobiles (gazole), elle produit
du kérosène (carburéacteur), du butane, du propane, des bitumes et des fiouls (fioul domestique et fioul soute pour les
bateaux).
Le site de Donges stocke les hydrocarbures produits avant leur expédition par voies maritime, ferroviaire et routière
ainsi que par canalisations de transport. Son impact sur l'activité du Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire est
considérable : le trafic de la raffinerie ayant emprunté la voie maritime en 2011 (10,0 millions de tonnes de pétrole
brut ou raffinés en entrées ; 4,7 millions de tonnes de produits raffinés en sorties) a représenté 48 % des flux totaux
du port.
2 ? Le transport de gaz naturel par gazoducs
Le gaz naturel transporté par conduites dans les Pays de la Loire est généré par l'activité de transformation du méthane du
terminal de Montoir-de-Bretagne. A l'état liquide, il est acheminé sur mer par des navires méthaniers jusqu'au site montoirin (le
plus important de France). Il est alors regazéifié avant d?être envoyé à haute pression dans le réseau de transport1 puis, après
abaissement de sa pression, dans le réseau de distribution2.
1 Le réseau de transport permet d?acheminer le gaz naturel depuis les points d?importation sur le territoire national jusqu?aux principaux lieux de
livraison (distributions publiques et gros clients industriels) et aux sites de stockage souterrain. Il se compose :
? du réseau principal, dit réseau « grand transport » qui relie principalement les points frontières aux stockages ; il assure également le transit
international. Il s?agit des « autoroutes » du gaz ;
? du réseau régional qui achemine le gaz naturel jusqu?aux distributions publiques et aux plus gros consommateurs industriels.
2 Le réseau de distribution de gaz naturel permet la desserte du gaz naturel aux consommateurs domestiques, tertiaires ou petits industriels, en aval
du réseau de transport. Il est la propriété des collectivités locales et est géré sous le régime de la concession.
OBSERVATION ET STATISTIQUES I N° 109 I Décembre 2012
6 I Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Le réseau de transport français de gaz naturel est exploité aujourd?hui par deux opérateurs :
? GRT Gaz (filiale du groupe franco-belge GDF Suez) présent sur les 4/5 du territoire national1 ;
? TIGF (Total et Infrastructures Gaz France), filiale du groupe Total2, implanté dans le sud-ouest (Aquitaine et Midi-Pyrénées).
Principales infrastructures gazières en France
Beynes
Cerville
Fos-Tonkin
Fos-CavaouCruzy
(point d'interface)100 km50250
Arrivée de gaz naturel
liquéfié par méthanier
Céré-
la-Ronde
Lussagnet
Arrivée de gaz naturel
par gazoduc Castillon-la-Bataille
(point d'interface)
Canalisation TIGF
Canalisation GRT Gaz
Terminal de réception
GDF Suez
Terminal méthanier
Elengy (GDF Suez)
Stockage en aquifère
Storengy (GDF Suez)
Stockage en aquifère TIGF
Stockage en cavités salines
Storengy (GDF Suez)
Montoir-de-Bretagne
Cherré
(station de compression)
Soings-en-
Sologne
Trois-
Fontaines
Dunkerque
Gournay-
sur-Aronde
Saint-Clair-
sur-Epte
Germigny-
sous-
Coulombs
Saint-Illiers-
la-Ville
Taisnières
Chémery
Tersanne
Etrez
Manosque
Obergailbach
Nozay
(station de compression)
Sources : Gaz de France / GRT Gaz
1 Le réseau de GRT Gaz représente 86 % de la longueur du réseau français de gazoducs et 78 % de la capacité nationale de stockage de gaz naturel
liquéfié.
2 En octobre 2012, Total a annoncé son intention de vendre sa filiale. Selon la presse économique, l?acheteur pourrait être un consortium composé de
fonds de pension chinois et des Émirats arabes unis associé à la Caisse des Dépôts et Consignations.
La situation des transports en Pays de la Loire I Les flux de marchandises par conduites en 2011
Service connaissance des territoires et évaluation ? Division de l'observation, des études et des statistiques I 7
98 % du gaz naturel consommé en France est importé. Les importations sont effectuées pour 75 % par gazoduc au travers
des points d'entrée du nord et de l'est de la France et pour 25 % au travers des terminaux méthaniers de Montoir-de-Bretagne
et Fos-sur-Mer. Le terminal ligérien représente, selon les années, de 10 à 15 % de la consommation nationale de gaz naturel. Il
fournit les consommateurs de l'ouest de la France, couvrant l'intégralité des besoins de la Bretagne et des Pays de la Loire, et
ceux d?une partie de la région parisienne. Il alimente également les réservoirs de stockages souterrains de Chémery (41) et de
Beynes (78).
Transport de gaz naturel par conduites dans les Pays de la Loire
(en millier de tonnes de marchandises)
0
1
2
3
4
5
6
7
1990 1993 1996 1999 2002 2005 2008 2011
Source : Port Atlantique Nantes Saint-Nazaire
En 2011, le site de Montoir-de-Bretagne a réceptionné et traité 3,85 milliers de tonnes de gaz naturel, 21 % de moins que
l?année précédente et 43 % de moins qu?en 2006, millésime le plus élevé du terminal méthanier. Il faut remonter à 1997 pour
trouver un niveau d?activité aussi faible sur le site de Montoir.
La tendance au repli du transport de gaz naturel en sortie du terminal méthanier de Montoir, observé depuis 2006, est due
pour une large part à la concurrence des gazoducs transsibériens qui alimentent le marché français par les points d?entrée de
Dunkerque (59), Taisnières-sur-Hon (59) et Obergailbach (57). La baisse de trafic a été aggravée en 2011 par le
développement de l?activité du terminal méthanier de Fos-Cavaou : le site bucco-rhodanien, mis en service en 2010,
réceptionne désormais le gaz en provenance d?Algérie en lieu et place du terminal de Montoir-de-Bretagne.
D?après les statistiques fournies par le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire, la diminution des approvisionnements en
gaz naturel du terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne s?est accentuée en 2012. En cumul annuel, ils s?élèvent, à la fin
octobre 2012, à 2,03 milliers de tonnes, soit le plus bas niveau depuis 1981, première année pleine d?exploitation du terminal.
Le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne : le plus important de la façade atlantique européenne
Le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne, dont les capacités de stockage et d'émission en font la septième plus
importante réalisation européenne de ce type, est le seul de grande ampleur de la façade atlantique du continent. Il est
détenu et exploité par Elengy, filiale du groupe GDF Suez.
Le terminal a pour mission de livrer au réseau de transport domestique, sous forme gazeuse, le gaz naturel liquéfié
(GNL) qu'il reçoit principalement du Nigeria, du Qatar et d'Egypte. Mis en service en 1980, il présente une capacité
annuelle de 10 milliards de m3 d'émission de gaz.
Le terminal est le deuxième générateur d?activité du port de Nantes Saint-Nazaire, auquel il a fourni en 2011 13 % de
son tonnage. Il est l'un des trois sites de regazéification du méthane actuellement en service en France. Les deux autres
terminaux sont situés dans le département des Bouches-du-Rhône, sur la commune de Fos-sur-Mer (Fos-Tonkin et Fos-
Cavaou). Un quatrième terminal, exploité par EDF, devrait voir le jour en 2015 à Dunkerque.
La situation
des transports
en Pays de la Loire
Service connaissance
des territoires et évaluation
Division de l'observation,
des études et des statistiques
34 Place Viarme - BP 32 205
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de la publication :
Hubert Ferry-Wilczek
ISSN : 2109-0025
© DREAL 2010
Rédaction et mise en forme :
Denis DOUILLARD
denis.douillard@developpement-durable.gouv.fr
www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr
Document téléchargeable sur le site internet de la DREAL :
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/
article.php3?id_article=564
OBSERVATION ET STATISTIQUES I N° 109 I Décembre 2012
12
Annexe ? Les sources statistiques utilisées
Le transport de pétrole par oléoducs
Les données statistiques relatives aux transports par
oléoducs sont la propriété de la Direction Générale de
l'Energie et du Climat (DGEC) du Ministère de l'Écologie,
du Développement durable et de l?Énergie (MEDDE). Elles
sont diffusées dans une publication électronique editée
par le Service de l?Observation et des Statistiques (SOeS)
du même ministère. La publication, intitulée Mémento de
statistiques des transports, est disponible à l'adresse
suivante : http://www.statistiques.developpement-
durable.gouv.fr/donnees-densemble/1869/873/memento-
statistiques-transports.html.
Le chapitre 4 de cette publication fournit pour chacun des
seize oléoducs français de plus de 50 kilomètres trois
indicateurs :
? les tonnes et les tonnes-kilomètres transportées
annuellement depuis 1980,
? la longueur de l?oléoduc exprimée en kilomètre,
? le produit transporté (pétrole brut ou raffiné).
La publication nationale ne donne toutefois pas la
répartition du trafic des oléoducs selon les points
d'entrée et de sortie. Pour l'oléoduc Donges ? Melun ?
Metz, ces informations ont pu être recueillies auprès
de l?exploitant du pipeline,
la Société Française
Donges-Metz (SFDM).
En revanche, les statistiques de trafic de l'oléoduc
Donges ? Vern-sur-Seiche fournies par la DGEC ont été
utilisées en l?état. La canalisation comporte, en effet, un
seul point d'entrée et un seul point de sortie. Il n?a donc
pas été nécessaire de solliciter des informations
complémentaires auprès du groupe Total qui exploite
l?infrastructure.
Le transport de gaz naturel par gazoducs
Les volumes de gaz naturel acheminés par gazoduc sur le
territoire français au départ du terminal méthanier de
Montoir-de-Bretagne ne sont pas connus avec autant de
rigueur que le transport de pétrole par oléoducs. Cette
imprécision tient à la politique restrictive de diffusion des
données d'Elengy, propriétaire et gestionnaire du site, ou
de GRT Gaz, principal exploitant du réseau national de
gaz naturel.
Il est néanmoins possible de quantifier les trafics sortants
du site de Montoir par l'exploitation des statistiques de
trafic du Grand Port Maritime qui
indiquent les tonnages de gaz naturel
liquéfié (GNL) importé annuellement
par le terminal méthanier.
Cette méthode d?estimation des flux suppose néanmoins
que les variations de stocks de gaz naturel du terminal
sont nulles à douze mois d'intervalle. Dans la réalité, cette
hypothèse n'est sans doute pas complètement vérifiée.
Il est cependant établi que les terminaux méthaniers n'ont
pas vocation à constituer de stockages ponctuels dans
la mesure où l'approvisionnement saisonnier des
consommateurs finals, notamment en cas de pointe de
froid, est principalement assuré par les quinze sites de
stockages souterrains de gaz naturel répartis sur le
territoire national.
Le terminal méthanier de Montoir-de-Bretagne ne dispose
en effet que de trois réservoirs de stockage de GNL
pouvant contenir au total 360 000 m3 alors qu'il
regazéifie généralement 7 à 8 milliards de m3 par an. La
capacité de stockage du terminal ne représente ainsi
qu'environ 5 % de sa production totale annuelle.
En outre, l'utilisation des statistiques du Grand Port
Maritime pour mesurer les volumes de gaz naturel
acheminés par gazoduc depuis le terminal méthanier
permet des comparaisons immédiates entre les deux types
de canalisations, les transports de pétrole et de gaz
étant alors exprimés dans la même unité de mesure (en
l'occurrence la tonne)1.
1 En effet, alors que l'unité de mesure du
méthane, à l'état gazeux, est le m3 ou le
kWh (kilowatt-heure), l?acheminement de
GNL peut en revanche être mesuré en
tonne puisque par voie maritime il est
transporté à l'état liquide.