Projection des ménages - En Pays de la Loire, 17 000 nouveaux ménages à loger chaque année d'ici 2040
BONNEFOY, Vincent ;LEGENDRE, Delphine ;GICQUEL, Chloé
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
;Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Issue d'un partenariat entre l'INSEE et la DREAL des Pays de la Loire, cette étude prospective estime le nombre de logements nécessaires à l'horizon 2040 sur la base de tendances démographiques, comportementales et des besoins en logement sur le territoire régional, il s'agit de 17000 nouveaux ménages à loger chaque année d'ici 2040. Ce document a également été publiée dans la collection Etudes de l'INSEE, n° 108 de septembre 2012.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
donnée statistique
;logement
;usager du logement
;prospective
Descripteur écoplanete
analyse statistique
;indicateur économique
Thème
Économie - Société
;Habitat - Logement
Texte intégral
Projection de ménages
En Pays de la Loire :
17 000 nouveaux ménages à
loger chaque année d?ici 2040
Si les tendances démographiques et les comportements se poursuivaient, les Pays de la Loire
pourraient chaque année gagner jusqu?à 17 000 nouveaux ménages d?ici 2040. La baisse du
nombre moyen de personnes par ménage se poursuivrait, principalement sous l?effet du
vieillissement de la population. Les personnes seules et les plus de 60 ans seraient ainsi les
plus grands contributeurs à la croissance du nombre de ménages. L?augmentation du nombre de
ménages ne ralentirait qu?à partir de 2030, sous l?effet du « papy-boom ». Les besoins en logements
devraient donc demeurer élevés.
Les politiques d?aménagement et d?habitat seront confrontées à des enjeux localisés
entre, d?une part, les zones en tension du littoral et des grands pôles urbains et, d?autre
part, les zones à croissance modérée à l?est de la région. Face aux difficultés des ménages
à pouvoir accéder en ville au logement de leur choix, pouvoirs publics et observateurs
ont pris aujourd?hui conscience de la nécessité de mener des politiques concertées
d?aménagement des territoires, notamment périurbains. L?augmentation très sensible du
nombre de personnes âgées et de ménages d?une personne pose quant à elle des questions de
cohésion sociale et de politiques de lutte contre l?isolement.
direction régionale de l?environnement, de l?aménagement
et du logement des Pays de la Loire
Septembre
2012
O
B
SE
R
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ST
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ES
Collection
n° 98
Service
Intermodalité
Aménagement
Logement
Ministère de l?Écologie, du Développement durable, des transports et du logement
Entre 1990 et 2010, la région des Pays de la Loire a gagné plus de 20 000 ménages en moyenne
chaque année, soit une croissance bien supérieure à la moyenne nationale (+ 1,6 % en moyenne
annuelle contre + 1,2 % en France métropolitaine). Vigueur démographique alimentée par les
naissances et les apports migratoires, et diminution du nombre moyen de personnes par ménage
sont les principales raisons de cet accroissement.
Le phénomène de desserrement des ménages (les ménages sont de plus en plus petits) a
de multiples causes : vieillissement de la population (départ des enfants du foyer familial,
décès du conjoint), mise en couple plus tardive des jeunes, séparations plus nombreuses.
L?augmentation des nombres de ménages composés de personnes seules (+ 11 000 en moyenne
annuelle) et de couples sans enfant (+ 8 700) a le plus contribué à la croissance du
nombre de ménages au cours de ces vingt dernières années. Le nombre de couples avec
enfants a diminué sur la période (- 1 500 en moyenne annuelle) tandis que le nombre de familles
monoparentales augmentait dans les mêmes volumes. Le nombre de ménages dont la personne de
référence est âgée de plus de 40 ans a également fortement augmenté (+ 18 000). Conséquence
du desserrement des ménages et de la dynamique démographique, le parc de logements s?est
accru de 23 000 unités en moyenne par an dans la région au cours des vingt dernières années.
L?exercice théorique de projection du nombre de ménages proposé par la suite vise à faire ressortir les
enjeux en matière de politiques d?aménagement et de logement qui découlent à la fois des fondements
démographiques (vieillissement) et des évolutions démographiques plus récentes (forte attractivité).
Jusqu?à 17 0000 ménages supplémentaires par an d?ici 2040
Le dynamisme démographique dans la région et la diminution de la taille moyenne des ménages
continueraient d?alimenter fortement la croissance du nombre de ménages d?ici 2040. Si les
tendances récentes en termes de fécondité, de mortalité et de migrations se poursuivaient, la région
OBSERVATION ET STATISTIQUES I N° 98 I Septembre 2012
2 I Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
compterait alors près de 4,4 millions d?habitants. La
démographie serait ainsi toujours dynamique (+ 0,7 % en
moyenne annuelle) en dépit de l?augmentation du nombre
de décès inhérent au « papy-boom ». Ce dynamisme
démographique serait accompagné d?une diminution du
nombre moyen de personnes par ménage (2,3 en 2010
contre 2,1 en 2040), principalement sous l?effet du
vieillissement de la population.
Selon le scénario de projection dit « central » qui repose
sur l?hypothèse d?une poursuite de la décohabitation,
520 000 ménages supplémentaires résideraient dans la
région en 2040, soit en moyenne 17 000 ménages de plus
chaque année dont 3 000 imputables à l?évolution des
comportements de cohabitation à âge et sexe donnés
(mises en couple, séparations, colocations, etc.). Ainsi,
ces évolutions de comportement de cohabitation pour
lesquelles les incertitudes sont fortes à l?horizon 2040
n?affecteraient que pour une faible part l?évolution
future du nombre de ménages, au regard du phénomène
plus massif que constituent le vieillissement de la
population et la dynamique démographique de la région.
L?augmentation du nombre de ménages, de 14 000 par
an d?ici 2040 si les comportements de cohabitation
se stabilisent, à 17 000 par an si la part des personnes
seules augmente à chaque âge, placerait ainsi la région,
avec Provence-Alpes-Côte d?Azur, au 3e ou 4e rang des
régions ayant le plus fort accroissement du nombre de
ménages, derrière Île-de-France et Rhône-Alpes, et devant
Aquitaine et Bretagne.
L?accroissement du nombre de ménages ne serait pas
uniforme sur toute la période : une augmentation
jusqu?en 2030 (+ 18 000 en moyenne chaque
année) précéderait un fort ralentissement (+ 14 000
ménages), avec l?arrivée progressive aux grands âges des
générations nombreuses du « baby-boom ». Conséquence
de ce vieillissement, l?augmentation du nombre de ménages
serait principalement portée par des ménages âgés de plus
de 60 ans (+ 7 300 ménages en moyenne annuelle) et les
personnes seules (+ 11 700).
L?évolution sociétale vers des ménages de plus en plus
petits et plus âgés n?est pas sans soulever des questions de
cohésion sociale, de dépendance et de politique de lutte
contre l?isolement, même si ce dernier renvoie à des
notions plus larges de fragilité sociale.
Par ailleurs, devant la forte augmentation à venir du
nombre de personnes âgées vivant seules, l?adaptation
des logements s?avère un enjeu majeur. Dans un contexte
de forte croissance du nombre de personnes âgées
dépendantes et de politiques visant à renforcer les
dispositifs d?accompagnement à domicile, le développement
d?une offre d?habitat à la fois plus adéquate et centralisée
sera un axe de réponse possible.
Loire-Atlantique et Vendée en première ligne
Les deux tiers des nouveaux ménages (l?équivalent du
nombre de ménages que compte actuellement le
Maine-et-Loire) s?installeraient en Loire-Atlantique et en
Vendée. La Loire-Atlantique gagnerait 210 000 ménages
d?ici 2040. L?attractivité de la métropole nantaise et de
sa couronne contribuerait pour moitié à cette augmentation.
En Vendée, 120 000 ménages supplémentaires seraient
présents en 2040 (+ 1,3 % par an en moyenne). La
plus forte augmentation se concentrerait sur le littoral
avec une augmentation de 60 000 ménages, soit près
de la moitié de l?accroissement total du département.
Le Maine-et-Loire gagnerait quant à lui 100 000
ménages (+ 0,8 % par an en moyenne). Entre 2010
et 2040, le nombre de ménages augmenterait plus
modérément dans la Sarthe (+ 60 000) et dans la Mayenne
(+ 30 000).
Le besoin en logements restera élevé
La forte augmentation du nombre de ménages devrait se
traduire par d?importants besoins en logements. Si elle en
représente un élément fondamental, l?évolution du nombre
de ménages n?est toutefois pas la seule composante de
l?évaluation des besoins en logements.
La place importante qu?occupe le logement secondaire dans
la région (11,2 % contre 9,6 % en France métropolitaine)
constitue, via les transformations de résidences principales
en résidences secondaires et inversement, un aléa à
l?évaluation des besoins en logements, en particulier le
long du littoral. L?évolution de la vacance, laquelle s?avère
particulièrement faible dans la région
mais inégale selon les territoires, en
est également un autre déterminant. La
remise sur le marché des logements
vacants est un axe de réponse possible
à la demande. Dans une précédente
étude, la Dreal des Pays de la Loire a
chiffré l?effort de construction à l?horizon
2025 à 26 000 logements en moyenne par
an pour couvrir les besoins.
Ceux-ci ne sont pas homogènes sur le
territoire. Dans les zones en tension,
principalement le long du littoral et dans
les grandes agglomérations, la question
Une forte augmentation du nombre de ménages d?ici 2040
dans les Pays de la Loire
Nombre de ménages
Évolution du
nombre de
ménages (volume)
Taux d?accroissement
annuel moyen des
ménages
Nombre de
personnes
par ménage
Estimation
en 2010
Projection
en 2040
2010-2040 2010-2040 2010 2040
Loire-Atlantique 560 000 770 000 210 000 1,1 2,27 2,06
Maine-et-Loire 330 000 430 000 100 000 0,8 2,30 2,12
Mayenne 130 000 160 000 30 000 0,7 2,30 2,09
Sarthe 240 000 300 000 60 000 0,7 2,26 2,06
Vendée 270 000 390 000 120 000 1,3 2,30 2,08
Pays de la Loire 1 530 000 2 050 000 520 000 1,0 2,28 2,08
Source : Insee, Omphale 2010 scénario central.
Projection de ménages I En Pays de la Loire : 17 000 nouveaux ménages à loger chaque année d?ici 2040
3 I Service connaissance des territoires et évaluation - Division de l?observation, des études et des statistiques
du volume de logements à construire
est centrale. Selon le type de
territoire et de marché du logement,
il s?agit de produire une offre
équilibrée et diversifiée - locatif
social, locatif libre, accession sociale
à la propriété et accession libre à la
propriété - qui corresponde à l?éventail
des revenus des habitants. À l?inverse,
dans les zones à croissance modérée
à l?est et au nord de la région, qui
se caractérisent par des taux de
vacance plus élevés, c?est la question
de l?inadéquation entre l?offre et la
demande qui est posée et qui soulève,
au-delà de la réponse apportée par la
politique du logement, des enjeux
d?attractivité des territoires.
À partir de 2030, avec l?arrivée des
« papy-boomers » aux âges élevés,
les questionnements sur une offre d?habitat inadaptée
pourraient resurgir de manière plus intense dans certains
territoires moins attractifs.
Faudra-t-il réguler la croissance entre les
grandes villes et leur périphérie ?
Pendant plus d?une décennie, la vigueur démographique
de la région s?est accompagnée d?un étalement urbain
conséquent et parfois anarchique, résultat de la difficulté
pour les ménages de concilier désir d?accession à la
propriété individuelle et contrainte budgétaire suite à
l?augmentation des prix du foncier dans les pôles urbains.
Illustrant ce phénomène, la part des logements de la
région mis en chantier en périphérie des sept plus
importantes aires urbaines s?est élevée de 14 % au début
des années 1990 à 27 % dans les années 2000 à 2002,
pendant que celle des pôles urbains correspondants
baissait de 48 % à 30 %.
Les spécificités du parc ligérien se sont alors renforcées.
L?augmentation, durant la même période de 45 % à 66 %
de la part des logements « individuels purs » parmi les
logements construits, a été supérieure à celle observée
sur l?ensemble de la France métropolitaine, passée
de 37 % à 52 %. Or, ces logements sont en moyenne
nettement plus grands et plus consommateurs en foncier
que les « individuels groupés » et les collectifs.
Si les tendances actuelles venaient à se poursuivre
jusqu?en 2040, indépendamment des effets des politiques
locales, les écarts de croissance du nombre de
ménages resteraient importants entre les grandes
agglomérations de la région et leurs périphéries. Les
agglomérations du Mans, d?Angers, de Laval et de Nantes
connaîtraient ainsi une croissance annuelle moyenne
inférieure à 0,8 %. Cette croissance génèrerait un volume
de ménages modéré, excepté pour la métropole nantaise
(+ 70 000 ménages d?ici 2040), étant donné sa taille.
À l?inverse, la périphérie de la métropole nantaise, avec
une croissance annuelle moyenne de 1,6 %, contribuerait
pour 13 % à l?augmentation du nombre de ménages dans
la région d?ici 2040. Celle-ci serait également plus
élevée dans les zones en périphérie des autres grandes
agglomérations (Angers, Laval, La Roche-sur-Yon et Le
Mans) mais avec un accroissement en volume modéré,
à l?exception de la périphérie angevine.
Autres zones à la fois dynamiques et qui attireraient de
nombreux ménages, la Vendée (hors aire urbaine de La
Roche-sur-Yon) et la Loire-Atlantique (hors aire urbaine de
Nantes), contribueraient respectivement à hauteur de 20 %
et 16 % à l?augmentation du nombre de ménages dans la
région, soit au total 250 000 ménages, sous l?effet conjoint
de l?attractivité du littoral et du vieillissement de la
population.
Les statistiques récentes montrent un recentrage des
constructions dans les pôles urbains au détriment des
couronnes périurbaines : en 2010, 48 % des mises en
chantier se font dans les pôles urbains des grandes
aires urbaines, contre 20 % dans leurs couronnes. Cette
évolution est à mettre en regard de la nature des
logements en chantier : les logements « individuels purs »
ne représentent plus que 46 % des logements
commencés en 2010 dans les Pays de la Loire, soit la
même part qu?au début des années 1990. Parallèlement,
leur taille tend à se réduire : la surface hors oeuvre
nette des logements s?élève en moyenne à 94 m² en 2010,
contre 113 m² au cours de la période 2000 à 2002. La
taille moyenne des logements diminue également pour
chacun des types de logement.
Il est cependant trop tôt pour pouvoir affirmer l?émergence
d?un retournement de tendance. La forte baisse du
Une croissance des ménages portée par les personnes seules et les seniors
Augmentation du nombre de ménages entre 2010 et 2040 par âge et mode de cohabitation
(en milliers).
- 50
0
50
100
150
200
250
Couples Familles monoparentales Hors famille dans
un ménage de
plusieurs personnes
Personnes vivant seules
25 à 39
40 à 54
Moins de 25 ans
65 et plus
55 à 64
Source : Insee, Omphale 2010 scénario central.
OBSERVATION ET STATISTIQUES I N° 98 I Septembre 2012
4 I Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
nombre de logements « individuels purs »
mis en chantier depuis 2007 laisse à penser
que cette évolution est liée à la crise
économique. L?augmentation progressive
du nombre de logements collectifs depuis
le début des années 2000 rend cependant
envisageable l?hypothèse d?un retournement
de fond auquel les politiques publiques
ont pu contribuer, notamment à travers
l?élaboration de plans locaux de l?habitat.
Pour que ces tendances se concrétisent par
un rééquilibrage démographique au profit
des pôles urbains, les logements collectifs
nouvellement construits devront être occupés :
à cet égard, le suivi de la vacance dans les
grands pôles urbains sera utile à la
compréhension des évolutions récentes.
Préférence des ménages, prix,
offre : trois ingrédients à concilier
De plus en plus, les politiques menées par
l?État et les collectivités territoriales tentent
de mieux maîtriser l?étalement urbain, jugé
consommateur d?espaces naturels et agricoles
coûteux en aménagements et engendrant
des dépenses de déplacements pouvant être
importantes pour les actifs : attendue par de nombreux
observateurs, l?augmentation du prix de l?essence risque
d?engendrer à terme une paupérisation des ménages
modestes implantés en périurbain, éloignés des centres
d?emploi et des réseaux de transports en commun.
Les objectifs de maîtrise de l?étalement urbain sont
constamment mis en avant dans les programmes locaux
de l?habitat adoptés par la plupart des établissements
publics de coopération intercommunale (61 % de la
population régionale), dans les schémas de cohérence
territoriale et dans les plans départementaux de l?habitat.
Les collectivités et l?État affichent leur volonté de
promouvoir le développement de l?habitat familial dans
les pôles urbains et de densifier les quartiers d?habitat autour
des équipements principaux, notamment les transports
collectifs. Ces actions de régulation visent également à
lutter contre l?intensification des disparités socio-spatiales,
tant le lieu de résidence est devenu un marqueur social.
L?augmentation de la périurbanisation, en dépit des effets
des politiques locales, montre que la régulation de l?évasion
urbaine se heurte à d?importants défis. La maîtrise de
la croissance en périphérie des villes pose la question
de la capacité des grands pôles urbains à absorber la
forte demande en logements dans les années à venir.
Elle se heurte également aux aspirations des ménages : la
localisation en centre-ville demeure connotée négativement
pour une frange de la population et le désir d?accéder
à la propriété d?un grand logement individuel est fort,
alors qu?il est, pour bon nombre de ménages, inabordable
financièrement dans les grands pôles urbains. À
l?exception des familles monoparentales nombreuses, la taille
des logements a augmenté dans la région pour tous les
types de ménages entre 1999 et 2008, y compris pour les
personnes seules et les couples sans enfant qui ont
le plus contribué à la croissance du nombre de ménages.
Les politiques de renouvellement urbain doivent prendre
en considération le lien entre le type de logement proposé
et le type de ménage qui l?occupe. Dans la région
en 2008, les personnes seules occupent en effet en moyenne
un logement composé de plus de 3 pièces et les ménages
de deux personnes, un logement composé de 4 à 5 pièces.
Les réflexions sur les formes urbaines et plus généralement
sur l?aménagement des grandes villes, permettant de concilier
les attentes des ménages et le développement régulé des zones
d?habitat, restent encore à approfondir, à l?image des objectifs
affichés par la politique de la ville durable et des écoquartiers.
La dynamique se concentre à l?ouest de la région dans les Pays de la Loire
Augmentation du nombre de ménages entre 2010 et 2040 selon un zonage infra-départemental
d?observation proposé par la Dreal
Le Mans
La Roche-sur-Yon
Nantes
Laval
Angers
La dynamique se concentre à l?ouest de la région dans les Pays de la Loire
Évolution du nombre de ménages
entre 2010 et 2040 :
121 000
12 000
40 000
Augmentation du nombre de ménages entre 2010 et 2040 selon un zonage infra-départemental
d?observation proposé par la Dreal
© IGN - Insee 2012
zonage infra-départemental d'observation proposé par la Dreal des Pays de la Loire.
Taux de croissance annuel moyen
entre 2010 et 2040 (en %) :
De 1,2 à moins de 1,8
De 0,8 à moins de 1,2
De 0,5 à moins de 0,8
Source : Insee, modèle Omphale (scénario central).
MAINE-ET-LOIRE
SARTHE
MAYENNE
LOIRE-ATLANTIQUE
VENDÉE
Source : Dreal Pays de la Loire, Sitadel 2 (données exprimées en date réelle).
La part des logements collectifs dans les mises
en chantier augmente dans la région
Évolution de la part des différents types de logements (en %) dans le total
des logements (en milliers, échelle de droite) mis en chantier dans les
Pays de la Loire
16
18
20
22
24
26
28
30
32
34
0
10
20
30
40
50
60
70
80
1986 1990 1994 1998 2002 2006 2010
Collectifs
Individuels groupés
Individuels purs
Nombre de logements
mis en chantiers
5 I Service connaissance des territoires et évaluation - Division de l?observation, des études et des statistiques
Projection de ménages I En Pays de la Loire : 17 000 nouveaux ménages à loger chaque année d?ici 2040
AU : grande aire urbaine
Source : Insee, Omphale 2010 scénario central.
Des écarts de croissance entre les métropoles et leurs périphéries
Nantes Métropole
Maine-et-Loire hors AU Angers
0
5
10
15
20
25
20
0 0,2 0,8 1 1,2 1,4 1,6 1,8 Co
nt
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2
01
0
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2
04
0
Croissance annuelle moyenne du nombre de ménages entre 2010 et 2040
Effet littoral et périurbain de Nantes : fort
volume et forte croissance
Périurbain des agglomérations (hors
Nantes) : volume modéré et forte croissance Métropoles (hors Nantes et La Roche-sur-Yon) :
volume et croissance modérés
Le Mans Métropole
Mayenne hors AU Laval
Angers Loire Métropole Sarthe hors AU Le Mans
Laval Agglomération
La Roche-sur-Yon Agglomération
Loire-Atlantique hors AU Nantes
Vendée hors AU La Roche-sur-Yon
AU Nantes hors Nantes Métropole
AU Laval hors Laval Agglomération
AU Angers hors Angers Métropole
AU Le Mans hors Le Mans Métropole
AU La Roche-sur-Yon hors La Roche-
sur-Yon Agglomération
0,4 0,6
Les besoins en logements à l?horizon 2025 dans les Pays de la Loire
Afin de disposer d?une méthode de répartition par territoire des aides de l?État en faveur du logement social, dans le contexte global des marchés
du logement, la Dreal des Pays de la Loire a produit en 2007 une « étude prospective sur les besoins en logements à 20 ans en région Pays de la Loire ».
Cette étude était fondée sur des projections démographiques réalisées par l?Insee en 2005 sur des territoires d?au moins 50 000 habitants (respectant
les limites départementales) et sur des estimations concernant le renouvellement du parc de logements (démolitions-constructions, locaux transformés en
logements et inversement), les évolutions de la vacance et le rôle des résidences secondaires. En effet, les évolutions concernant les résidences
principales sont liées à celles des autres catégories de logements.
Ces éléments avaient permis d?estimer la construction neuve nécessaire annuellement afin de répondre aux besoins de logements des ménages selon
la formule suivante :
Besoin en logements = évolution du nombre de ménages + (solde résidences principales / résidences secondaires) + variation du nombre de
logements vacants + renouvellement du parc de logements. Ainsi la construction neuve nécessaire était estimée, pour la période 2005-2025, à 26 000
logements à réaliser annuellement sur la région. Cette évaluation a vocation à être actualisée en fonction des informations nouvelles disponibles.
Le parc de logements en Pays
de la Loire en quelques chiffres
En 2009, le parc ligérien, qui a doublé en 40 ans,
est composé de 1,8 million de logements, dont 72 %
de logements individuels (54 % au plan national).
Cette part importante de logements individuels est
associée à une forte proportion de propriétaires
(64 %). Les logements de 4 à 6 pièces sont mieux
représentés dans la région que sur l?ensemble de la
France et la surface moyenne des logements
ligériens est de 84,5 m² (soit 4 m² de plus qu?en
France). Le nombre de pièces des logements est
globalement supérieur au nombre nécessaire sur le
seul critère du nombre de personnes des ménages :
en effet, les personnes seules occupent en moyenne
des logements de 3,15 pièces, les ménages de trois
personnes des logements de près de 5 pièces.
À composition de ménages donnée, le nombre
de pièces des logements en Pays de la Loire est
supérieur à la moyenne nationale.
Les Pays de la Loire se caractérisent par un faible
taux de vacance (6,6 % du parc contre 8,8 % en
France métropolitaine) avec de fortes disparités au
sein du territoire.
Entre 1999 et 2009, le rythme annuel de croissance
du parc, soit 1,45 %, a été supérieur au rythme
national (1,05 %). La contribution des logements
individuels et des grands logements de 4 pièces
et plus à la croissance du parc a été supérieure
à 80 %. Pour autant, les tendances récentes
semblent aller dans le sens d?un retournement des
particularités du parc régional de logements.
Les personnes seules occupent en moyenne un logement
de plus de 3 pièces
Nombre de pièces occupées en fonction de la composition des ménages (en %)
Nombre de pièces
Nombre
moyen
de piècesNombre
de personnes
1 2 3 4 5
6
ou plus
TOTAL
1 4,0 7,6 8,7 6,6 3,4 1,9 32,2 3,15
2 0,2 1,9 6,8 10,4 9,0 6,3 34,6 4,41
3 0,0 0,2 1,8 4,1 4,1 3,2 13,4 4,76
4 0,0 0,0 0,6 3,3 4,6 4,5 13,0 5,17
5 0,0 0,0 0,1 0,9 1,7 2,6 5,4 5,64
6 ou plus 0,0 0,0 0,0 0,2 0,4 0,8 1,4 6,06
TOTAL 4,3 9,7 18,1 25,5 23,0 19,4 100 4,24
Nombre moyen
de personnes
1,07 1,25 1,71 2,30 2,72 3,11 2,29
Source: Insee, Recensement de la population 2008.
www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr
Direction régionale
de l?environnement,
de l?aménagement
et du logement
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Aménagement Logement
34, place Viarme
BP 32205
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Tél : 02 40 99 58 33
Fax : 02 53 46 57 27
Directeur de publication :
Hubert FERRY-WILCZEK
ISSN : 2109-0025
© DREAL 2012
OBSERVATION ET STATISTIQUES I N° 98 I Septembre 2012
Rédaction :
Vincent BONNEFOY
Delphine LEGENDRE (Insee)
Chloé GICQUEL (Dreal)
Mise en page / Imprimeur :
NYL Communication - Nantes
Un ménage est l?ensemble des personnes qui partagent la même
résidence principale, sans que ces personnes soient nécessairement
unies par des liens de parenté.
Une aire urbaine ou « grande aire urbaine » est un ensemble de
communes, d?un seul tenant et sans enclave, constitué par :
- une unité urbaine de plus de 10 000 emplois (pôle urbain) ;
- des communes rurales ou unités urbaines (formant la couronne
périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente
ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des communes
attirées par celui-ci.
Le desserrement des ménages désigne la baisse du nombre
moyen de personnes par ménage.
Le logement individuel pur est une maison individuelle résultant
d?une opération de construction ne comportant qu?un seul logement.
Le logement individuel groupé est une maison individuelle
résultant d?une opération de construction comportant plusieurs
logements individuels ou un seul logement individuel avec des locaux.
Le taux de vacance est la part des logements vacants parmi
les logements locatifs proposés à la location dans l?ensemble des
logements loués ou proposés à la location.
Pour comprendre ces résultats
L?exercice de projection du nombre de ménages à l?horizon 2040
consiste, d?une part, à projeter la population (i) par sexe et âge en
prolongeant les tendances démographiques récentes en termes de
fécondité, de mortalité et de migrations et, d?autre part, à répartir
cette population projetée selon le mode de cohabitation (ii). Enfin,
un taux de personnes de référence est appliqué à cette population
projetée par mode de cohabitation de façon à passer des personnes
aux ménages.
(i) Les projections de population par sexe et âge sont issues d?un
scénario dit « central », qui prolonge les tendances récentes en
termes de fécondité, d?espérance de vie et de migrations :
- les taux de fécondité par âge sont maintenus sur toute la durée de
projection à leur niveau de 2007 ;
- la mortalité de la région baisserait au même rythme qu?en France
métropolitaine où l?espérance de vie à la naissance atteindrait
83,1 ans pour les hommes et 88,8 ans pour les femmes en 2040
(contre 78,1 ans et 84,8 ans en 2010) ;
- les quotients migratoires calculés entre 2000 et 2008 sont
maintenus sur toute la période de projection.
(ii) La population ainsi projetée par sexe et âge à l?horizon 2040
est ventilée par mode de cohabitation en six catégories :
enfants, adultes en couple (avec ou sans enfants), parents d?une
famille monoparentale, personnes seules, personnes hors famille
(en colocation par exemple), population hors ménages (personnes
vivant en collectivité par exemple). Cette ventilation par mode de
cohabitation se base pour l?année de départ sur l?observation locale
à travers l?enquête annuelle du recensement de la population de
2007. En projection, la population projetée par sexe et âge est
ventilée selon deux scénarii :
- Le scénario central table sur une poursuite de la décohabitation :
les tendances de comportements de cohabitation observées sur
la période 1990-2007 sont ainsi prolongées jusqu?en 2030 puis
stabilisées jusqu?en 2040. Globalement, la part des personnes seules
augmenterait au détriment des autres types de ménages. Selon ce
scénario, le phénomène de desserrement des ménages à l?oeuvre
depuis le milieu des années 1960, se poursuivrait pour deux raisons :
le vieillissement de la population (les ménages de personnes âgées
sont des ménages de taille inférieure à la moyenne suite au départ
des enfants ou au décès du conjoint) et les comportements de
décohabitation (mise en couple plus tardive des jeunes, séparations,
etc.).
- Le scénario alternatif appelé scénario à comportement de
cohabitation inchangé table sur le fait que la répartition
selon le mode de cohabitation de la population projetée en
2040 n?évoluerait pas par rapport à 2007 à âge et sexe donnés.
Selon ce scénario, le nombre moyen de personnes par ménage
diminuerait du seul fait de la modification de la structure de la
population par sexe et âge (impact du vieillissement de la
population).
Sauf mention contraire, les projections de ménages de cette étude
sont réalisées selon les hypothèses du scénario central.
La méthode adossée aux projections
de ménages
Pour en savoir plus
Bonnefoy V., Fouchard C. et Soulas O., Pays de la Loire : 33 000
personnes âgées dépendantes supplémentaires d?ici 2030,
Insee Pays de la Loire, Études n°101, février 2012.
Bonnefoy V. et Gicquaud N., 900 000 habitants de plus en 2040
dans les Pays de la Loire, Insee Pays de la Loire, Études n°90,
décembre 2010.
Rodrigues A. et al., En Pays de la Loire, la ville déborde de
plus en plus sur la campagne, Insee Pays de la Loire, Dossier
n°38, octobre 2010
Allain B., Collobert J. et Fraboul S., Projection de ménages à
l?horizon 2015 : davantage de ménages d?une seule personne,
Insee Pays de la Loire, Études n°39, octobre 2005.
Ledhuy J. et Durand T., Étude prospective sur les besoins en
logements à 20 ans dans les Pays de la Loire, bureaux
d?études CRESGE et GEISTEL, ex-Direction régionale de
l?équipement des Pays de la Loire, octobre 2007.
Le Goff S. et Pirot P., Le parc de logements au 1er janvier
2009 en Pays de la Loire, Dreal Pays de la Loire, Analyses et
connaissance n°16, mars 2011.