L'évolution de la demande locative sociale en 2012
LE GOFF, Sylvain
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Entre les 1ers janvier 2012 et 2013, la demande locative sociale croît en moyenne de 5,2 %, plus fortement en Sarthe et en Mayenne. À l'échelle régionale, la concentration et la tension tendent à se renforcer.<br /><br />Cette progression de la demande concerne davantage les petits logements, notamment les T1 ; les problèmes financiers ainsi que localement la mobilité et le cadre de vie en sont les principaux déterminants. La progression touche plus particulièrement les familles monoparentales et les personnes seules, les ménages de plus de 40 ans, les demandeurs sans activité pérenne, dont les ressources mensuelles sont inférieures à 1 250 ¤, occupant des logements précarisés, et venant de l'extérieur du territoire convoité. Elle est d'autant plus pressante qu'elle est ancienne.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
donnée statistique
;indicateur social
;parc locatif social
;type de logement
;usager du logement
;demande de logement
Descripteur écoplanete
accès au logement
;analyse statistique
Thème
Construction
;Habitat - Logement
Texte intégral
1
service
connaissance
des territoires
et évaluation
Juin 2013
n° 162
L?évolution de la demande locative sociale
en 2012
Entre les 1ers janvier 2012 et 2013, la demande locative sociale croît en moyenne de
5,2 %, plus fortement en Sarthe et en Mayenne. À l?échelle régionale, la concentration et la
tension tendent à se renforcer.
Cette progression de la demande concerne davantage les petits logements, notamment
les T1 ; les problèmes financiers ainsi que localement la mobilité et le cadre de vie en
sont les principaux déterminants.
La progression touche plus particulièrement les familles monoparentales et les
personnes seules, les ménages de plus de 40 ans, les demandeurs sans activité pérenne,
dont les ressources mensuelles sont inférieures à 1 250 ¤, occupant des logements
précarisés, et venant de l?extérieur du territoire convoité. Elle est d?autant plus pressante
qu?elle est ancienne.
Entre les 1ers janvier 2012 et 2013, la demande locative sociale a progressé au rythme de 5,2 %,
passant de 77 286 à 81 317 logements. Demande interne et externe ont crû à des rythmes
sensiblement voisins (respectivement 5,3 % et 5,1 %), de sorte que la part de la demande totale
émanant du parc HLM reste globalement stable et correspond à 37 % de la demande totale.
La poussée de la demande a été élevée dans la Sarthe et en Mayenne (respectivement 9,7 % et
12,0 %) ? et ce dans ses deux composantes ; elle a été nettement plus modeste dans le Maine-et-
Loire (0,4 %) et de surcroît limitée à la demande interne. En Vendée (7,3 %), elle a été principalement
impulsée par la demande externe, en Loire-Atlantique (5,5 %), un peu plus par la demande interne que
par l?externe. Elle a été surtout forte dans les banlieues des principales agglomérations (demandes
interne et externe) ainsi que sur le littoral (demande externe).
Cette progression d?ensemble a été globalement plus élevée dans les territoires les plus convoités : +
5,6 % pour les cantons dont la demande est supérieure ou égale à 300 logements au 1er janvier 2013,
qui concentrent 80 % du total régional, + 3,8 % ailleurs. La concentration s?en trouve renforcée.
La croissance a été généralement
plus marquée là où la demande
locative est la plus pressante au
regard de l?offre globale de
logements sociaux ? la part
moyenne régionale de demandeurs
par rapport au parc HLM existant:
étant de 41,5 %) : + 7,1 % là où
cette part de la demande correspond
à plus de la moitié du parc social
existant, + 9,2 % lorsqu?elle est
supérieure à 100 % du parc. La
tension s?en trouve renforcée.
La croissance a davantage été le fait
de demandeurs extérieurs à la
région (11,5 %) que de demandeurs
résidant déjà en Pays de la Loire
(4,8 %).
Source : DREAL / Créha Ouest ?
demande locative sociale
2
En dehors d?un léger recul de la part de l?individuel essentiellement imputable à la demande interne en Sarthe et en
Mayenne, on ne note pas de grosse évolution dans la répartition de la demande selon le type de logements sollicité.
Que la demande soit interne ou externe, son rythme de
croissance diminue avec la taille. Le nombre ainsi que la
part des T2 et surtout des T1 croissent fortement d?une
année sur l?autre (part passant de 31,0 % + 6,1 % =
37,1 % à 31,3 % + 7,0 % = 38, 3% des demandes),
cette hausse étant plus spécialement forte en Mayenne
(3,4 points), Vendée (3,3 points) et dans une moindre
mesure en Sarthe (1,5 point). L?essor de la demande de
T4 et + est beaucoup plus faible et presque
exclusivement interne.
La part des demandes internes imputable à une
décohabitation recule de 16,6 % à 10,4 % au profit de
chacun des autres motifs. L?évolution des motifs de
demande externe est sensiblement plus limitée.
Qu?elle soit interne ou externe, l?augmentation de la
demande s?explique en Mayenne et dans la Sarthe plus
spécifiquement par la mobilité, en Vendée, par la
recherche d?un meilleur cadre de vie. Néanmoins, à
l?échelle régionale, la demande de logement social pour
cause de problèmes financiers croît de 10,0 % quand la
demande due à d?autre motifs diminue (de 1,7 %).
-5% 0% 5% 10% 15% 20% 25%
T1
T2
T3
T4
T5 ou +
total
externe
interne
total
Evolution de la demande en fonction de la taille du logements
sollicité
0% 2% 4% 6% 8% 10%
personne seule
couple
famille
famille
monoparentale
externe
interne
total
Evolution de la demande en fonction de
la composition familiale du ménage
Le rythme de progression de la demande est plus
marqué pour les familles monoparentales (7,7 %).
Celui des demandeurs isolés est lui aussi
relativement élevé (5,8 %). La demande des
familles (4,4 %) et surtout celle des couples sans
enfant (2,1 %) croissent plus modérément.
S?agissant des familles monoparentales comme
des personnes isolées, la progression de la
demande externe est surtout le fait de ménages
ayant un homme à leur tête (10,3 % et 7,5 %
contre respectivement 7,3 % et 4,3 % pour ceux
ayant une femme).
Au contraire, pour ces deux situations familiales,
l?augmentation de la demande interne est plus le
fait de ménages ayant une femme à leur tête (8,1
% et 6,1 %) contre respectivement 3,4 % et 4,4 %
pour ceux qui ont un homme.
Les croissances les plus importantes de la
demande sont le fait des ménages de 3
personnes (5,6 %) et plus encore de 4
personnes (6,7 %). Toutefois, l?intensité de
progression des ménages de 4 personnes est
due à la demande externe qui connaît un
bond remarquable de 10,5 %, lorsque son
homologue interne est limitée à 3,4 %. La
progression des ménages de 3 personnes est
commune aux deux origines.
0% 2% 4% 6% 8% 10% 12%
1
2
3
4
5 ou +
externe
interne
Total
Evolution de la demande en fonction du nombre de personnes
du ménage
3
Pour leur part, les ménages comptant 1 à 3 enfants connaissent une progression de demande (6,4 %) supérieure à
celle des ménages sans enfant (4,5 %) ou des ménages de 4 enfants et plus (4,4 %). À la différence de la
progression des ménages sans enfant ou de moins de 4 enfants partagée entre demandes internes et externes, la
progression du nombre de ménages de 4 enfants ou plus est imputable à la demande interne (7,0 % contre 0,7 %
pour la demande externe).
0% 2% 4% 6% 8% 10%
moins de 25
25-29
30-39
40-49
50-59
60-69
70 et plus
Externe
Interne
total
Evolution de la demande en fonction de
l'âge du référent ménage
La demande atteint ses croissances les plus élevées
chez les ménages âgés de 40 à 70 ans,
particulièrement 60 à 70.
Entre 40 et 60 ans, cette croissance est largement
impulsée par la demande externe, alors qu?entre 60 et
70, les deux origines conjuguent une forte poussée,
supérieure à 7%.
La demande interne connaît un autre pic de
croissance chez les ménages ayant moins de 30 ans,
alors que la croissance de la demande externe
associée à cette tranche d?âge est nettement plus
modérée.
Le souhait de changer de cadre de vie croît
particulièrement chez les ménages âgés de 60 ans ou
davantage (chez lesquels il progresse de 19 %). Les
demandes fondées sur des problèmes financiers se
développent fortement dans toutes les tranches d?âge à
l?exception des extrêmes (moins de 25 ans, 70 ans ou
plus).
La croissance de la demande, interne comme externe,
affecte en premier lieu les chômeurs (10,4 %), puis les
ménages actifs soumis à un travail précaire (6,2 %) ?
tandis qu?elle est contenue au sein des ménages dont le
statut est plus pérenne (CDI, retraités, dont le nombre
progresse respectivement de 3,2 % et 2,1 %).
Les demandes fondées sur des problèmes financiers se
développent tout particulièrement au sein de ces deux
catégories (chez lesquelles elles progressent de 13 % ou
davantage). Mais elles croissent également chez les
ménages en CDI (+ 9,4 %), moins (+ 4,0 %) parmi les
retraités. La progression de la demande des chômeurs
mettant en cause des questions de mobilité ou de cadre
de vie est également supérieure à 10%.
Le nombre de demandes liées à une décohabitation ou à
un logement inadapté diminue ou se stabilise dans
presque toutes les catégories d?activités.
0% 2% 4% 6% 8% 10% 12% 14%
1 - CDI (ou
fonctionnaire)
2 - CDD, stage,
intérim
3 - Retraité
4 - Etudiant
5 - Chômeur
externe
interne
total
Evolution de la demande en fonction de l'activité principale du
ménage
-20% -10% 0% 10% 20% 30%
Moins de 750 ¤
750 - 1250 ¤
1250 - 1500 ¤
Plus de 1500 ¤
externe
interne
total
Evolution de la demande en fonction
du niveau de ressources du ménage
Le niveau de ressources est fortement discriminant
puisque la demande augmente de 20,2 % chez les
ménages titulaires de ressources comprises entre 750
et 1 000 ¤ par mois, et de 31,4 % chez ceux qui
disposent de 1 000 à 1 250 ¤ de ressources (avec des
records en Mayenne). Elle croît encore de 12,2 % chez
les ménages percevant moins de 750 ¤. Elle augmente
très modérément (1,9 %) chez les ménages disposant
de plus de 1 500 ¤.
La demande des ménages dont les ressources se
situent dans la tranche charnière 1 250 ? 1 500 ¤ est
en revanche en baisse sensible (- 13,7 %).
Au regard des plafonds HLM, l?accroissement le plus
élevé correspond à la tranche 100 ? 119 % où il est de
12,1 %. Il est encore de 6,6 % pour la tranche
inférieure à 60 %. Il est de 4,9 % pour la tranche 60 ?
100 %.
L?origine externe ou interne est indifférente à ce critère.
4
La demande externe conjugue un niveau limité
de croissance émanant de ménages ayant une
certaine stabilité de logement (1,1 % pour les
propriétaires, 2,3 % pour les locataires privés)
et un niveau beaucoup plus élevé provenant de
« précarisés » (ménages occupant un logement
précaire ou hébergés chez des parents ou
amis), en hausse de 8,4 %.
Dans la première catégorie, les facteurs de
hausse sont essentiellement le cadre de vie et
les problèmes financiers. Dans la seconde, il
faut y ajouter la décohabitation, l?inconfort du
logement actuel, et la mobilité.
0% 1% 2% 3% 4% 5% 6% 7% 8% 9%
1 - Propriétaire
occupant
2 - Locataire privé
3 - Locataire HLM
4 - Logement
précarisé
Evolution de la demande en fonction du statut d'occupation actuel du
ménage
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60%
1 - Même commune
2 - Autre commune
du département
3 - Autre commune
de la région
4 - Extérieur région
externe
interne
total
Evolution de la demande en fonction
de la localisation actuelle du ménage
Les ménages résidant actuellement en Pays de la
Loire mais dans un autre département que celui de
la commune sollicitée représentent 4,6 % de la
demande en cours au 1er janvier 2013 : c?est eux
qui sont à l?origine de la plus grosse progression
(+ 32,2 %), suivis des demandeurs extérieurs à la
région (7,2 % de la demande, + 11,5 %). La
croissance du nombre de demandeurs résidant
dans le département, qui réunissent près de 90 %
du total des demandeurs, est limitée à 3,7 %.
Les demandes en cours de moins de 6 mois
et de plus de 5 ans au 1er janvier 2013
(respectivement 31,5 % et 5,2 % du total) ont
des effectifs quasiment stables.
Hormis les plus anciennes (au-delà de 5 ans),
le nombre de ces demandes progresse
d?autant plus qu?elles datent. La progression
du délai moyen d?attente de 16,8 mois à 17,0
mois est d?ailleurs tirée par celle des
demandes de 2 à 5 ans.
Les demandes internes et externes donnent
lieu à des délais d?attente voisins. Toutefois,
le nombre des demandes en attente dans des
délais anormalement longs diminue (- 3,5 %)
en demande interne, et n?augmente que
modérément (+ 1,6 %) en demande externe.
-4% -2% 0% 2% 4% 6% 8% 10% 12% 14% 16%
0 à 6 mois
6 à 12 mois
1 à 2 ans
2 à 5 ans
5 ans et +
externe
interne
total
Evolution de la demande en fonction
de l'ancienneté de la demande du ménage
-6% -4% -2% 0% 2% 4% 6% 8%
0
1
2
3 et +
externe
interne
total
Evolution de la demande en fonction
du nombre de refus du ménage
L?année 2012 se caractérise par une hausse plus
importante du nombre de demandes sans refus (+
5,7 %) qu?avec au moins 1 refus (+ 3,4 %).
Le nombre de demandes externes ayant donné lieu
à 3 refus ou plus est en net recul.
Les évolutions constatées traduisent une
progression plus prononcée du nombre de
personnes qui acceptent d?emblée la proposition
qui leur est faite que de celles qui la refusent - au
moins une fois.
5
Source et concepts
Définition des zonages utilisés : centres, banlieues, périphéries, villes moyennes, rural sous
influence urbaine, rural « pur », littoral
Les concepts utilisés sont dérivés des « zonages en aires urbaines ? 2010 » définis par l?INSEE et fondés sur les résultats du
Recensement de Population millésimé 2008 : grands pôles, moyens pôles et petits pôles urbains à chacun desquels sont
rattachées des couronnes, communes multipolarisées, communes isolées :
- unité urbaine ou agglomération : ensemble d?une ou plusieurs communes présentant une continuité de tissu bâti et
comptant au moins 2 000 habitants ;
- grand pôle : agglomération offrant au moins 10 000 emplois ;
- moyen pôle : agglomération comptant de 5 000 à moins de 10 000 emplois ;
- petit pôle : agglomération comptant de 1 500 à moins de 5 000 emplois ;
- aire urbaine : ensemble de communes, d'un seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle (ou agglomération) et
par des communes dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille dans le pôle ou dans des
communes attirées par celui-ci ;
- couronne : ensemble des communes d?une aire urbaine extérieures au pôle (ou agglomération).
Les concepts de centre, banlieue et périphérie, renvoient dans le présent document à ceux des « grands pôles» comptant au
moins 50 000 habitants ainsi qu?à leur couronne. On en dénombre 7 en Pays de la Loire : Nantes, Angers, Le Mans, Saint-
Nazaire, Laval, La Roche-sur-Yon, Cholet :
- le centre correspond à la commune la plus peuplée ;
- dans la banlieue sont incluses le cas échéant les autres communes du pôle (ou agglomération) ;
- la périphérie réunit les communes de la couronne.
Les villes moyennes (53 en Pays de la Loire) correspondent aux communes centres des pôles autres que les 7 principaux, à
l?exception des communes présentes dans le zonage loi littoral en tant que commune littorale.
L?espace rural sous influence urbaine regroupe les communes des pôles autres que les 7 principaux et autres que les villes
moyennes, ainsi que l?ensemble des communes multipolarisées, à l?exception des communes présentes dans le zonage loi
littoral en tant que commune littorale.
L?espace rural « pur » correspond aux autres communes, à l?exception des communes présentes dans le zonage Loi Littoral
en tant que commune littorale.
Le littoral est composé des communes présentes dans le zonage loi littoral en tant que commune littorale, à l?exception de 4
communes de l?aire urbaine de Saint-Nazaire considérées par convention en tant que composantes de l?aire urbaine et non en
tant que communes littorales.
? DREAL 2013
Rédaction et mise en forme :
Sylvain Le Goff
sylvain.le-goff@developpement-durable.gouv.fr
Service connaissance des
territoires et évaluation
Division de l?Observation des
Etudes et des statistiques
5 rue Françoise Giroud
- CS 16326
44263 NANTES Cedex 2
Tél. 02 72 74 74 40
Directeur
de la publication :
Hubert FERRY-WILCZEK
ISSN : 2109 ? 0025
La demande locative
sociale
Evolution de la
demande locative
sociale-