Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
;Cellule économique du bâtiment et des travaux publics (Pays de la Loire)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Dans un contexte de raréfaction des ressources fossiles et de diminution indispensable des émissions de gaz à effet de serre, les "filières vertes" sont de plus en plus mises en avant comme filières porteuses d'avenir. Parmi celles-ci, les "matériaux biosourcés pour la construction et l'isolation des bâtiments", constituent un domaine prometteur, car valorisant des matériaux locaux, à faible contenu énergétique et vecteur d'emplois non délocalisables.<br /><br />Forte de ce constat, la DREAL des Pays de la Loire a confié en 2012 à la CERBTP une étude sur la « connaissance de la filière des matériaux biosourcés pour la construction en Pays de la Loire», qui s'est terminée en février 2013. L'étude aborde des matériaux comme le chanvre, le lin, la paille, le coton recyclé, la ouate de cellulose, le roseau et la fibre de bois. Le rapport détaille les structures régionales existantes depuis la production des matières premières jusqu'à leur mise en oeuvre dans les bâtiments, en passant par la transformation en isolant et leur distribution. Un focus sur les formations existantes et les réseaux associatifs, très actifs sur le sujet biosourcé, est également réalisé. Des maîtres d'ouvrage ont également été consulté. Cette étude permet ainsi de brosser le panorama de la filière dans la région et de dresser une première liste de freins et leviers locaux à son développement.<br /><br />Afin d'illustrer les possibilités offertes par les matériaux biosourcés pour la construction, la DREAL a réalisé en 2012 des fiches descriptives sur des bâtiments exemplaires situés en Pays de la Loire.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
chanvre
;bio-matériau
;logement écologique
;matériau de construction
;code de la construction
;paille
;lin
Descripteur écoplanete
biotechnologie
;réglementation technique
;économie de matières premières
;habitat écologique
;coton
;matériau écologique
;règle de construction
;roseau
Thème
Construction
;Economie
;Habitat - Logement
Texte intégral
direction régionale de l?environnement, de l?aménagement
et du logement Pays de la Loire
Pays de la Loire
RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
PRÉFET
DE LA RÉGION
PAYS DE LA LOIRE
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S
E
T
C
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N
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A
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Collection
Connaissance de la filière
des matériaux bio-sourcés
pour la construction
en Pays de la Loire
service
intermodalité,
aménagement
et logement
janvier 2013
n° 74
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
2
Préambule
Face aux enjeux environnementaux mis en avant lors du Grenelle de l'Environnement, le Ministère de
l'Écologie, du Développement Durable et de l'Énergie (MEDDE) s'inscrit dans une démarche
d'incitation au développement des filières vertes. Parmi ces filières, celle des matériaux de
construction bio-sourcés représente un enjeu fort. En apportant une alternative à l'utilisation de
matières premières non renouvelables, les matériaux bio-sourcés, dont les performances thermiques
et hygrométriques sont reconnues et qui disposent d'une faible énergie grise, constituent un vecteur
d'emplois locaux non délocalisables. Ces filières ancrées sur le territoire peuvent également permettre
la mise en avant des spécificités régionales.
Un plan d'action national réunissant de nombreux acteurs de la filière est actuellement engagé par le
MEDDE sur des thématiques telles que : la formation, l'analyse de cycle de vie, la professionnalisation
des acteurs, la certification des matériaux...
Dans ce contexte, la Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement des
Pays de la Loire (DREAL) a confié la Cellule Economique Régionale du BTP des Pays de la Loire une
étude sur la filière régionale des matériaux de construction bio-sourcés. Cette étude, réalisée en 2012,
doit permettre de mieux comprendre l'organisation de la filière, de la production à la mise en oeuvre et,
d'identifier les freins éventuels au développement de ces matériaux. Ce travail régional ne procède en
aucun cas à une analyse critique des différents matériaux, mais apporte une connaissance locale de
la filière, en parallèle du plan d'action national mené par le MEDDE auquel certains acteurs locaux
prennent part.
Si le terme de "matériaux de construction bio-sourcés" est sujet à diverses interprétations, nous
retiendrons ici la définition apportée par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment 1:
"L'ensemble des matériaux et produits dont une partie des matières premières est issue du monde du
vivant (biomasse végétale et animale incluant les matières recyclées. Fibres de bois comprises mais
hors bois d?oeuvre.)"
Cette définition ne prend pas en compte le matériau terre, qui ne sera donc pas traité dans le rapport,
mis à part de manière indirecte, comme produit associé et complémentaire aux matériaux bio-sourcés.
Nous avons finalement retenu les matériaux : chanvre, lin, ouate de cellulose, fibres de bois, paille,
liège, fibres de coton recyclées, plume de canard, laine de mouton et roseaux.
Un groupe de travail régional s'est réuni à plusieurs reprises en 2012, dans un premier temps pour
valider la liste des matériaux entrant dans le champ de cette étude, puis pendant la réalisation de
l'étude afin d'orienter les enquêtes à réaliser. Le groupe de travail s'est organisé autour de différents
acteurs institutionnels, professionnels et associatifs : la DIRECCTE Pays de la Loire, la Direction
Régionale de l'ADEME, la FFB Pays de la Loire, l'Union Régionale de la CAPEB, la Fédération Ouest
des SCOP BTP, les associations Niveau à Bulle et Eclat ainsi que la coopérative Tierrhabitat.
La DREAL et la CERBTP remercient l'ensemble des acteurs qui ont contribué à la réalisation de ce
document et plus particulièrement les personnes présentes aux groupes de travail.
1 Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction ? juillet 2008
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire 3
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
4
Sommaire
Préambule .............................................................................................................................................. 3
Sommaire ............................................................................................................................................... 4
Introduction ............................................................................................................................................ 7
Partie I- Réglementation, certification et assurabilité ....................................................................... 8
I- Évaluations techniques, certifications des produits et procédés de construction .................................................................. 8
1. Les exigences de base ............................................................................................................................................ 8
2. Les procédés de construction .................................................................................................................................. 9
3. L'évaluation technique volontaire ........................................................................................................................... 10
4. La certification........................................................................................................................................................ 12
II- L'accès à l'assurance ....................................................................................................................................................... 12
Partie II- Les matériaux bio-sourcés retenus et leurs caractéristiques techniques .................... 15
I- Le chanvre ........................................................................................................................................................................ 15
1. Historique .............................................................................................................................................................. 15
2. Description du matériau ......................................................................................................................................... 15
3. L'utilisation du chanvre dans la construction .......................................................................................................... 16
4. Caractéristiques techniques ................................................................................................................................... 17
II- Le lin ................................................................................................................................................................................ 18
1. Historique .............................................................................................................................................................. 18
3. L'utilisation du lin dans la construction ................................................................................................................... 19
4. Caractéristiques techniques ................................................................................................................................... 20
III- La ouate de cellulose ...................................................................................................................................................... 21
1. Historique .............................................................................................................................................................. 21
2. Description du matériau ......................................................................................................................................... 21
3. L'utilisation de la ouate de cellulose dans la construction ....................................................................................... 21
4. Caractéristiques techniques ................................................................................................................................... 22
IV- La fibre de bois ............................................................................................................................................................... 23
1. Historique .............................................................................................................................................................. 23
2. Description du matériau ......................................................................................................................................... 23
3. L'utilisation de la fibre de bois dans la construction ................................................................................................ 23
4. Caractéristiques techniques ................................................................................................................................... 24
V- La paille ........................................................................................................................................................................... 25
1. Historique .............................................................................................................................................................. 25
2. Description du matériau ......................................................................................................................................... 25
3. L'utilisation de la paille en construction .................................................................................................................. 25
4. Caractéristiques techniques ................................................................................................................................... 26
VI- Les matériaux d'origine animale ...................................................................................................................................... 27
1. La laine de mouton ................................................................................................................................................ 27
2. La plume ................................................................................................................................................................ 28
VIII- Le coton ........................................................................................................................................................................ 29
1. Description du matériau ......................................................................................................................................... 29
2. L'utilisation du coton en construction ...................................................................................................................... 29
3. Caractéristiques techniques ................................................................................................................................... 29
IX- Le liège ........................................................................................................................................................................... 30
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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1. Description du matériau ......................................................................................................................................... 30
2. L'utilisation du liège en construction ....................................................................................................................... 30
3. Caractéristiques techniques ................................................................................................................................... 30
X- Le roseau......................................................................................................................................................................... 31
1. Description du matériau ......................................................................................................................................... 31
2. L'utilisation du roseau en construction .................................................................................................................... 31
3. Caractéristiques techniques ................................................................................................................................... 31
Partie III- Le marché français des matériaux de construction bio-sourcés .................................. 32
Partie IV- La filière des matériaux bio-sourcés en Pays de la Loire............................................... 35
I- Le contexte ....................................................................................................................................................................... 35
II- Structuration de la filière ................................................................................................................................................... 36
1. Les acteurs de la filière .......................................................................................................................................... 36
2. Organisation de la filière de production des matières premières ............................................................................ 36
3. Organisation de la filière de transformation des matériaux ..................................................................................... 37
4. Aperçu des acteurs de la filière industrielle des matériaux bio-sourcés en Pays de la Loire ................................... 37
4. Organisation de la filière de distribution des matériaux .......................................................................................... 40
5. Organisation de l'environnement associatif ............................................................................................................ 40
III- La production des matières premières ............................................................................................................................. 44
1. Le chanvre ............................................................................................................................................................. 44
2. Le lin ...................................................................................................................................................................... 45
3. La paille ................................................................................................................................................................. 46
4. Focus sur le roseau ............................................................................................................................................... 47
IV- La transformation ............................................................................................................................................................ 48
1. Le chanvre ............................................................................................................................................................. 48
2. Le lin ...................................................................................................................................................................... 50
3. Le coton ................................................................................................................................................................. 51
4. La fibre de bois ...................................................................................................................................................... 52
5. La ouate de cellulose ............................................................................................................................................. 52
6. La paille ................................................................................................................................................................. 53
V- La distribution .................................................................................................................................................................. 55
1. Les circuits de distribution d'Effireal ....................................................................................................................... 55
2. Les circuits de distribution de Cavac Biomatériaux................................................................................................. 56
3. Le circuit de distribution d'Igloo Cellulose ............................................................................................................... 56
4. La pose directe sur chantier par Isopaille ............................................................................................................... 57
5. L'association Chanvre et Paysans et le groupe paille du Civam 44 ........................................................................ 57
6. Les distributeurs de matériaux de construction ...................................................................................................... 57
VI- La mise en oeuvre des matériaux .................................................................................................................................... 59
1. Les métiers concernés ........................................................................................................................................... 59
2. L'accès à l'assurance décennale ............................................................................................................................ 59
3. L'approvisionnement en matériaux ......................................................................................................................... 59
4. Les difficultés rencontrées ..................................................................................................................................... 60
5. L'information liée au produit ................................................................................................................................... 60
VII- La formation sur les matériaux de construction bio-sourcés en Pays de la Loire ............................................................ 60
1. La Maison Familiale Rurale de Riaillé .................................................................................................................... 60
2. L'association Noria et Compagnie .......................................................................................................................... 62
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3. ADB Formation ...................................................................................................................................................... 63
4. Le Greta Pays de la Loire ...................................................................................................................................... 64
5. L'AFPA Pays de la Loire ........................................................................................................................................ 64
6. Le GEP Atlantique ................................................................................................................................................. 65
7. L'IUT de Saint-Nazaire ........................................................................................................................................... 65
9. Les autres actions de formation recensées ............................................................................................................ 65
VIII- Les matériaux bio-sourcés dans la construction : point de vue de la maîtrise d'ouvrage publique ................................. 67
IX- Zoom sur des initiatives locales ...................................................................................................................................... 68
1. Le projet Echobat ................................................................................................................................................... 68
2. La coopérative Eclore ............................................................................................................................................ 68
3. Un groupement de commande d'isolants durables ................................................................................................. 69
4. Baticréateurs44 pôle éco-construction ................................................................................................................... 69
5. Groupe Ecoconstruction de la CAPEB Mayenne .................................................................................................... 69
Partie V- Identification des freins et des leviers d'action éventuels au développement de la
filière ..................................................................................................................................................... 70
I- Les matériaux de construction bio-sourcés face aux matériaux de construction conventionnels ........................................ 70
1. Le prix des matériaux bio-sourcés ......................................................................................................................... 70
2. Un secteur en émergence, mais encore peu structuré pour répondre à une demande de masse ........................... 70
3. Un accès difficile à l'évaluation du produit? .......................................................................................................... 70
4. ?Qui entraîne des difficultés d'ordre assurantiel ................................................................................................... 71
5. Des difficultés d'ordre technique ............................................................................................................................ 71
6. Les critères techniques retenus défavorables aux matériaux bio-sourcés .............................................................. 71
7. Des difficultés d'ordre réglementaire ...................................................................................................................... 72
8. Un manque de soutien des pouvoirs publics .......................................................................................................... 72
9. Une représentation encore faible des acteurs de la filière ...................................................................................... 73
II- Les difficultés de structuration des filières courtes ............................................................................................................ 73
1. La normalisation du produit .................................................................................................................................... 73
2. La disponibilité du produit ...................................................................................................................................... 73
3. Le prix des matériaux ............................................................................................................................................. 74
4. Vers une meilleure anticipation des chantiers ........................................................................................................ 74
5. Le contact entre producteurs et consommateurs .................................................................................................... 74
Conclusion ........................................................................................................................................... 75
Annexes ................................................................................................................................................ 76
Lexique ................................................................................................................................................................................ 76
Liste des acteurs interrogés.................................................................................................................................................. 77
Quelques avis techniques de produits fabriqués en Pays de la Loire .................................................................................... 78
Opérations exemplaires en Pays de la Loire ......................................................................................................................... 79
Bibliographie ........................................................................................................................................................................ 79
Introduction
L'objet de cette étude réside dans la réalisation d'un état des lieux de la filière des matériaux de
construction bio-sourcés en Pays de la Loire, balayant l'ensemble des étapes, de la production et de
la transformation de matières premières à la mise en oeuvre des produits de construction en passant
par la distribution et la formation des acteurs de l'acte de construire.
Le chiffrage des volumes de matériaux bio-sourcés produits en Pays de la Loire, des flux entrants et
sortants a été rendu difficile pour des raisons de confidentialité liées à la concurrence forte qui
s'exerce sur ce marché. Ce travail a néanmoins permis de comprendre l'organisation de la filière en
Pays de la Loire.
Ce diagnostic a été réalisable grâce à l'implication des acteurs locaux, consultés par entretiens
téléphoniques ou en face à face. Plus de quarante acteurs ont été sollicités, chacun d'entre eux
apportant sa connaissance de la filière régionale et/ou nationale.
Ces échanges ont permis de souligner un certain nombre de difficultés et de freins qui entravent le
développement de la filière des matériaux de construction bio-sourcés en Pays de la Loire ou plus
globalement en France.
Avant d?aborder la filière régionale, il convient d?expliquer dans une première partie le contexte
réglementaire des matériaux de construction. La recherche de pérennité des bâtiments implique une
surveillance des techniques et des procédés utilisés. Les matériaux et les techniques de construction
sont donc sujets à normes et règles afin de minimiser les risques de sinistralité. Des évaluations
techniques permettent également d'apporter des garanties aux assureurs quant à l'aptitude des
matériaux non couverts par les DTU ou les règles professionnelles. La définition de ces éléments et
leurs liens avec la garantie décennale font l'objet de la première partie de ce rapport.
Les matériaux retenus dans le cadre de ce travail, leur utilisation dans le domaine de la construction
ainsi que leurs spécificités techniques sont abordés dans la deuxième partie de ce travail.
Une troisième partie propose une approche de la filière économique des matériaux de construction
bio-sourcés au niveau national. Les conclusions d'études économiques sur la filière des matériaux de
construction bio-sourcés sont proposées ainsi que les éléments collectés dans le cadre d'entretiens
avec les acteurs de la filière. L'information économique étant rare sur le sujet, les éléments de
réponse apportés dans cette section sont souvent davantage qualitatifs que quantitatifs.
La quatrième partie se focalise sur la filière des matériaux de construction bio-sourcés en Pays de la
Loire. Les acteurs de la filière, les étapes de fabrication des matériaux ainsi que leur distribution, leur
mise en oeuvre et la formation des professionnels sont examinés.
Enfin, la dernière partie de ce document concerne les difficultés évoquées lors des entretiens réalisés
auprès des différents acteurs de la filière et les leviers d'actions éventuels qui permettraient un
développement des matériaux de construction bio-sourcés.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire 7
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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Partie I- Réglementation, certification et assurabilité
La loi Spinetta du 4 janvier 1978 a instauré des obligations en matière d'assurance construction aussi
bien pour le constructeur que pour le particulier. Le constructeur doit ainsi assurer sa responsabilité
décennale et le particulier doit souscrire un contrat de dommage-ouvrage.
Préalablement aux travaux, l'entrepreneur va donc contacter son assureur afin de déclarer
précisément les techniques qui seront mises en oeuvre et ce afin de bien délimiter l'étendue
d'application de la garantie. Une absence de déclaration préalable sur des techniques non courantes
fait peser le risque de sanctions en cas de dommage. Les conditions d'assurances des techniques
non courantes varient selon les assureurs.
L'activité de l'assureur consiste à anticiper les risques encourus en s'appuyant sur l'expérience et
donc sur le passé. En matière d'innovation, il est impossible de s'appuyer sur les retours d'expérience.
Toutefois, l'assureur peut estimer les risques liés à la mise en oeuvre de nouveaux matériaux en
s'adossant sur l'évaluation technique destinée à fournir des informations quant à leur fiabilité.
I- Évaluations techniques, certifications des produits et procédés de construction
La construction de bâtiments implique de pouvoir s'appuyer sur des matériaux et des procédés
appropriés. Pour cela, les évaluations et documents techniques ont pour objectif d'apporter une
appréciation destinée à fournir des informations fiables aux acteurs de la construction dans leur choix
et dans l'exercice de leurs responsabilités. Les informations présentées ci-après sont issues de
sources officielles que sont le CSTB2, l'AQC3 et l'ACERMI4.
1. Les exigences de base
a. La Directive européenne des Produits de Construction (DPC)
Mise au point par la Commission Européenne, elle garantit en Europe la libre circulation des produits
de construction en assurant un minimum de qualité et de sécurité de ces produits. Elle agit comme
une harmonisation des réglementations nationales en définissant des exigences en matière de :
? résistance mécanique et stabilité,
? sécurité en cas d?incendie,
? hygiène, santé et environnement,
? sécurité d?utilisation,
? protection contre le bruit,
? économies d?énergie et isolation thermique.
En juillet 2013, la DPC sera remplacée par la Réglementation Produit de Construction (RPC).
b. Le marquage CE
Le marquage CE est indispensable pour attester, à sa mise sur le marché, qu?un produit de
construction est en conformité avec les exigences essentielles des directives européennes dont la
Directive européenne Produits de Construction. Tous les produits de construction sont concernés.
Le marquage CE d?un produit de construction permet :
? de mettre le produit sur le marché et en libre circulation en Europe,
? d'attester de l'aptitude à l'usage conventionnel du produit : usage auquel le fabricant
destine son produit de manière générale, sans préjuger de contraintes spécifiques
2 Centre Scientifique et Technique du Bâtiment
3 Agence Qualité Construction
4 Association pour la CERtification des Matériaux Isolants
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
9
réglementaires, contractuelles ou fonctionnelles concernant l'utilisation effective du
produit sur un chantier donné,
? au fabricant, d?affirmer que le système d?attestation préconisé a été appliqué à son
produit : qu?il dépende d?une norme européenne harmonisée ou qu?il fasse référence
à un Agrément Technique Européen.
Pour apposer ce marquage, le fabricant ou le distributeur du produit doit procéder à :
? des essais initiaux d?évaluation technique,
? des contrôles internes de production.
? pour ces opérations, il doit, dans certains cas, faire appel à un organisme tiers pour
réaliser des essais, évaluer le contrôle de production ou attester de la conformité des
produits issus de la production. Ces opérations sont effectuées sur la base, soit :
. de la norme harmonisée de référence pour le produit considéré,
. en l?absence de norme harmonisée de référence, d?un Agrément Technique
Européen, qui devra avoir été obtenu préalablement.
Il faut savoir que :
? le marquage CE est apposé sous la responsabilité du fabricant ou de l?importateur,
? le marquage CE n?est pas un signe distinctif de qualité,
? le marquage CE ne distingue pas un produit par rapport à un autre : sa vocation est
de figurer sur tous les produits parce qu?ils satisfont à des critères obligatoires. Il est
accompagné d?informations sur les performances du produit au regard des exigences
essentielles de la DPC. Ces informations sont données sous la forme prévue par les
normes européennes ou les ATE correspondants (valeurs utiles, classes
d?appartenance?). C'est aux constructeurs d?ouvrages de vérifier qu?elles sont
compatibles avec ce qui est nécessaire pour l?ouvrage qu?ils réalisent.
a. L'Agrément Technique Européen (ATE)
L?Agrément Technique Européen constitue la reconnaissance de l?aptitude à un usage prévu d?un
produit destiné à être marqué CE, non couvert par les normes européennes harmonisées. Ainsi :
? il constitue, dans le champ couvert par la DPC5, une étape préalable obligatoire, pour
les produits non normalisés, à leur mise sur le marché européen,
? il affirme, sous la responsabilité du fabricant, l?aptitude à un usage prévu du produit,
? il définit les dispositions du contrôle de production mises en place par le fabricant et
éventuellement supervisées par un organisme notifié.
L?ATE est délivré par un organisme habilité, désigné auprès de la Commission Européenne par l?Etat
dont il dépend, sur des critères de compétence. En France, le CSTB est l?organisme d?agrément
désigné et notifié par l?Etat.
2. Les procédés de construction
a. Document Technique Unifié (DTU)
Les DTU sont des cahiers des charges types pour les travaux, utilisables comme références pour
l?établissement des clauses contractuelles de chaque marché de travaux pour la réalisation d?un
ouvrage donné. Ils ont le statut de norme (NF DTU) et sont élaborés par des commissions de
normalisation sous le contrôle général de l?AFNOR6. A ce titre, ils demeurent strictement optionnels et
contractuels, même s?ils jouissent d?une forte reconnaissance comme représentatifs des bonnes
pratiques capables d?assurer aux ouvrages réalisés les résultats attendus en termes de qualité, de
comportement à l?usage et de durabilité. Les délais de rédaction des DTU représentent environ 3 ans.
5 Directive Produits de Construction
6 Association française de normalisation
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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En Juillet 2013, lors du passage de la DPC à la RPC, les DTU deviendront des Documents
d'Evaluation Européenne (DEE).
b. Les Règles Professionnelles
Socle naturel pour la conception des futurs DTU (document technique unifié), les règles
professionnelles sont éditées par les filières professionnelles soucieuses de formaliser le cadre de
leurs métiers.
À leur demande, la C2P7 étudie ces textes en apportant sa vision « sinistralité », et édite la liste des
règles professionnelles acceptées par la C2P. Les textes qui ne sont pas sur cette liste sont par défaut
« mis en observation ».
Dans sa publication semestrielle de juillet 2012, la C2P accepte les règles professionnelles d'ouvrages
en béton et mortier de chanvre rédigées à l'initiative de Construire en Chanvre. Toute entreprise qui
souhaite mettre en oeuvre les bétons et mortiers de chanvre doit se conformer aux Règles
professionnelles et se rapprocher de son assureur. Ces règles feront l?objet d?un suivi de retour
d?expérience pour que l?acceptation soit renouvelée dans deux ans. Cette exigence s?explique par le
fait que le matériau utilisé, la chènevotte de chanvre, n?est pas normalisé et que ses caractéristiques
peuvent présenter des variations.
Les règles professionnelles de la construction paille sont également acceptées par la C2P depuis
janvier 2012, avec le même statut que le chanvre, à savoir un suivi du retour d'expérience par la C2P
afin de procéder ou non à la prolongation de la durée d'acceptation. Les règles ont été rédigées à
l'initiative du Réseau Français de la Construction en Paille.
3. L'évaluation technique volontaire
L'évaluation technique est une démarche volontaire de la part du fabricant qui vise à apporter de
l'information à l'ensemble des acteurs de la construction. L'information repose sur :
? les domaines d'emploi et les conditions de mise en oeuvre
? les niveaux de performance
? la constance dans le temps
a. L'Avis Technique (ATec)
L?Avis Technique est délivré par la commission chargée de formuler les Avis Techniques.
Une vingtaine de groupes d?experts, représentant les constructeurs, gère la délivrance des ATec et
DTA (Document Technique d'Application) dans des domaines d?application très larges : structures,
isolation thermique et acoustique, traitement des eaux, revêtements de sols, baies et vitrages,
installations de génie climatique?
L?Avis Technique est destiné à fournir, à tous les participants à l?acte de construire, une opinion sur les
produits, procédés et équipements nouveaux, pour un emploi défini. Il indique notamment dans
quelles mesures le procédé ou produit :
? satisfait à la réglementation en vigueur,
? est apte à l?emploi en oeuvre,
? dispose d?une durabilité en service.
Les Avis Techniques sont des documents non obligatoires et n?ont aucun caractère réglementaire
particulier.
7 La Commission Prévention Produits mis en oeuvre, dite C2P, est une commission constituée au sein de l'AQC. Elle intervient
sur les familles de produits et les textes qui en définissent la mise en oeuvre.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
11
Le Document Technique d'Application (DTA) constitue une forme particulière de l'Avis Technique. Il
désigne l?avis formulé pour l?emploi d?un produit ou composant relevant du marquage CE.
Avis Techniques et DTA sont délivrés pour un couple procédé/emploi pour une durée de 2 à 7 ans. Le
coût d'un Atec/DTA représente de 7 000 à 12 000 euros. Le coût pour le fabricant est plus important :
il faut également ajouter les coûts des essais, de l'ingénierie et de la conception du produit. Le délai
moyen de la procédure est de 9 mois actuellement.
b. L'Appréciation Technique d'Expérimentation (ATEx)
Le CSTB formule chaque année une centaine d'ATEx, à l?origine desquelles se trouve le plus souvent
l?entreprise intervenant sur le chantier correspondant. Parce que les maîtres d?oeuvre et les assureurs
manquent d?éléments pour apprécier les risques encourus, que les contrôleurs techniques hésitent à
accompagner les maîtres d?ouvrage dans l?aventure de l?expérimentation ou la mise au point d?une
nouveauté, l?Appréciation Technique d?Expérimentation (ATEx) est mise à disposition des innovateurs
pour les aider à promouvoir des produits, des composants nouveaux. C?est pourquoi, en évaluant les
premières utilisations d?un procédé innovant, l?ATEx :
? facilite l?intégration des expérimentations dans la construction,
? favorise l?identification des risques et leur prévention en permettant aux assureurs de
les prendre en compte en connaissance de cause et de manière équilibrée,
? incite les maîtres d?ouvrage à favoriser l?expérimentation.
Le délai de la procédure de l'ATEx est de 3 à 6 mois.
c. Pass Innovation
Le Pass Innovation est un dispositif volontaire qui permet aux entreprises, aux contrôleurs techniques
et aux assureurs de disposer d'une première évaluation technique des produits ou procédés, dans un
délai réduit (de 3 mois à 8 mois). Il apporte les garanties de maîtrise nécessaires à la mise sur le
marché, avant de s'engager vers l'Avis Technique, dont il représente une étape facultative.
Le Pass' Innovation se déroule en trois étapes : la définition du procédé, l'analyse de l'aptitude à
l'emploi, le rapport final. Celui-ci donne, en fonction des domaines d'emploi, un diagnostic synthétique
des atouts et des risques associés au procédé. Le rapport final se conclut soit par :
? Feu vert : le risque est très limité et peut être maîtrisé par des recommandations sur la mise
en oeuvre et/ou le suivi. Le produit ou procédé est considéré comme pouvant être mis en
oeuvre. Le cas échéant, la procédure d'Avis Technique est lancée parallèlement. Dans les
deux années suivant le rapport final, le client s'engage à apporter au CSTB un retour
d'information sur chacun des chantiers qui auront utilisé le procédé, selon des modalités
précisées dans le rapport. Dans ce cas, une synthèse du rapport est mise en ligne sur le site
Internet du CSTB.
? Feu orange : le risque est "réservé". L'applicabilité du produit ou procédé est vérifiée sur un
chantier pilote, par exemple via une Appréciation Technique d'Expérimentation.
? Feu rouge : le risque n'est pas maîtrisé, la technique n'est pas aboutie en l'état. Le diagnostic
est accompagné d'une analyse des lacunes du produit et, le cas échéant, des actions
envisageables pour les pallier.
a. Récapitulatif des évaluations techniques
La baisse observée sur le Pass Innovation est en partie expliquée par les difficultés rencontrées par
les fabricants de photovoltaïque dont le marché est en baisse.
Evaluation technique Délai de procédure Nombre délivré en 2011 Tendance observée par
le CSTB
Atec / DTA 9 mois 598 dont 195 nouveaux
ATEx de 3 à 6 mois 95
Pass Innovation de 3 à 8 mois 84
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
12
4. La certification
La certification ACERMI est le résultat d'un double engagement, celui du fabricant d'une part qui
s'engage à mettre en place un système qualité et les moyens nécessaires pour contrôler la qualité
de ses produits et celui du certificateur, organisme indépendant, dont le rôle est de garantir la
véracité des caractéristiques annoncées et de les réévaluer périodiquement. Le contrôle se
déroule de la façon suivante :
? vérification du niveau du système qualité du fabricant
? prélèvement de produits en usine deux fois par an
? contrôle des produits prélevés par les laboratoires CSTB et LNE8 du certificateur.
II- L'accès à l'assurance
En matière de construction, la loi Spinetta a instauré la notion de présomption de responsabilité.
En conséquence, la loi établit des obligations d'assurance construction aussi bien pour le
constructeur que pour le particulier. Le particulier doit souscrire un contrat de dommage ouvrage
et le constructeur garantir sa responsabilité décennale.
Chaque entreprise qui met en oeuvre des travaux doit donc être assurée en «décennale».
L?entreprise doit ainsi trouver un assureur qui la couvre sur une période de 10 ans à compter de la
fin du chantier pour les techniques et les produits qu?elle met en oeuvre. Cette obligation nécessite
une certaine vigilance de l?ensemble des acteurs de la construction.
Afin d'appréhender au mieux les risques de sinistralité, les assurances ont élaboré un système de
classification des techniques constructives. Les produits de la construction peuvent être classés
en deux grandes catégories :
? Relevant de techniques dites traditionnelles
Le système de règlementation encadré par l?application d?outils de référence délimite le domaine
traditionnel. Les professionnels du secteur doivent respecter certaines obligations provenant de
différentes sources :
? les règles de l?art, pratiques éprouvées de longue date, parfois
même non codifiées, qui régissent le savoir-faire d?une profession ;
? les normes, édictées par l?AFNOR, qui définissent les normes de
performance des produits et matériaux ;
? les DTU ou Documents Techniques Unifiés (ou NF DTU : normes
françaises homologuées dans un contexte européen) qui traitent des
conditions de mise en oeuvre des produits traditionnels ;
? les règles professionnelles, rédigées par les organisations
professionnelles représentatives et qui constituent, parfois, le stade
préparatoire à l?élaboration ou à la révision d?un DTU.
? Relevant de techniques non traditionnelles 9
Les techniques qui dérogent aux techniques traditionnelles. L'évolution des matériaux et procédés
utilisés constituent ce domaine non traditionnel. Les produits utilisés peuvent faire l'objet
d'évaluations volontaires (afin d'assurer un niveau de confiance auprès des acteurs de la
construction et en particulier des assureurs).
8 Laboratoire national de métrologie et d'essais
9 Il faut comprendre le terme traditionnel dans le sens "usuel" ou "conventionnel".
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
13
Par ailleurs, les produits de la construction peuvent également être classés selon la fiabilité de sa
certification. Deux familles de produits existent :
? Les produits relevant de techniques courantes
Elles regroupent les produits relevant des techniques traditionnelles auxquels sont ajoutés les
produits régis par des avis techniques en cours de validité et ne relevant pas d?une famille mise en
observation par la Commission Prévention Produit, ainsi que des Pass Innovation "feu vert" en
cours de validité.
? Les produits relevant de techniques non courantes
Elles regroupent les travaux non décrits par des textes officiels, ou relevant de Règles
Professionnelles non acceptées par la C2P, ou bénéficiant d'ATec ou de DTA faisant l'objet d'une
mise en observation par la C2P, ou titulaires d'une ATex ou d'une Enquête de Techniques
Nouvelles ou d?un Pass?Innovation orange ou rouge, ou encore d?un ATE non validé par un DTA.
L'obtention de l'assurance n'est généralement pas problématique pour les entreprises qui mettent en
oeuvre des produits de construction dont les performances sont reconnues et les techniques de pose
maîtrisées. En revanche, les nouveaux produits et les techniques nouvelles de pose impliquent une
certaine prudence de la part des assurances qui peuvent alors s'appuyer sur les avis techniques et les
avis techniques d'expérimentation avant d'accorder une assurance à l'entreprise.
Généralement, les assureurs acceptent de garantir les travaux qui relèvent des techniques
courantes. Dans le cas contraire, l'entreprise doit demander une extension de garantie.
La déclaration préalable de recours à des techniques non courantes doit être réalisée le plus tôt
possible afin que l'assureur procède à l'évaluation des risques présentés et se prononce sur les
Domaine traditionnel Domaine non traditionnel
Normalisé Non normalisé
Atec
ATE+DTA
Règles
professionnelles
non examinées ou
non acceptées par
la C2P
Atex ETN Autres
Normes et
DTU
Règles
professionnelles
acceptées par la
C2P
Liste verte
Mises en
observation
par la C2P
Techniques courantes Techniques non courantes
La technique courante
Domaine traditionnel
Normes françaises et normes harmonisées
européenne AFNOR
DTU
Règles professionnelles
Domaine non traditionnel
ATEC
ATE
DTA
Pass'Innovation "Feu vert"
La technique non courante
ATEx
Enquête de Techniques Nouvelles
Pass'Innovation " Feu orange"
Pass'Innovation "Feu rouge"
Les ATEC et DTA relèvent de la technique
courante si et seulement s?ils ne sont pas placés
en liste d?observation par la C2P. Il faut savoir que
97% des ATEC sont acceptés par la C2P.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
14
possibilités d'extension de la garantie et les conditions financières (la surprime n'étant pas
automatique).
? Le cas des matériaux de construction bio-sourcés
Les matériaux bio-sourcés relèvent également de cette classification. Par exemple, des règles
professionnelles de mise en oeuvre du matériau chanvre sont acceptées par la C2P et sont donc
assimilables à de la technique courante (enduits en mortier de chanvre, murs en béton de chanvre,
isolations de sols en béton de chanvre, ouvrage en béton de chanvre : isolation de toitures). Il en est
de même pour les règles professionnelles de construction en paille. Toutefois, dans les faits, aux dires
des professionnels, l'accès à la garantie décennale n'est pas toujours assuré sur les techniques de
mises en oeuvre de ces matériaux pourtant couverts par les règles professionnelles.
Il existe par ailleurs des ATec et ATE portant sur des produits d'isolation naturelle comme le chanvre,
la ouate de cellulose, la fibre de bois, la paille.
Une entreprise ou un artisan qui ne parvient pas à faire assurer son activité peut s'adresser au BCT
(Bureau Central de Tarification) qui imposera à l'assureur la couverture de l'entreprise ou de l'artisan
et établira le tarif du contrat.
L'établissement d'un contrat d'assurance en garantie décennale reste toutefois possible pour la mise
en oeuvre de matériaux qui ne relève pas des techniques courantes. Il s'agit généralement de
dérogations attribuées au cas par cas.
Dans le cadre de l'auto-construction, la mise en oeuvre de matériaux bio-sourcés sans contrat
d'assurance est assez fréquente. Concernant les entreprises, la pratique est plus rare mais existe.
L'utilisation de matériaux et de techniques anciennes, en restauration de patrimoine par exemple, peut
amener certaines entreprises à assumer seules les risques de sinistralité éventuels consécutifs à leur
activité. La non-déclaration de la part de l'entreprise de travaux faisant appel à des techniques non
courantes peut entrainer une absence d'indemnité en cas de sinistre. Dans ce cas l'entreprise prend le
risque de devoir refaire le travail à ses frais.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
15
Partie II- Les matériaux bio-sourcés retenus et leurs caractéristiques
techniques
Sans définition précise d'un matériau bio-sourcé, le groupe de travail s'est appuyé sur une définition
apportée par le CSTB : peuvent être considérés comme matériaux bio-sourcés "l'ensemble des
matériaux et produits dont une partie des matières premières est issue du monde du vivant (biomasse
végétale et animale incluant les matières recyclées. Fibres de bois comprises mais hors bois
d'oeuvre)". Le groupe de travail a donc choisi de se concentrer sur les matériaux décrits dans cette
partie, parce qu'ils répondent à cette définition et parce qu'ils font l'objet d'une présence non
négligeable en Pays de la Loire.
I- Le chanvre
1. Historique
Destinée historiquement à l'utilisation dans la
marine (voiles, filets de pêche, cordage) la
culture du chanvre a représenté jusqu'à
200 000 hectares en France au cours du XIXe
siècle. Peu à peu remplacée par d'autres
matériaux, la culture du chanvre a connu un
fort ralentissement jusqu'à disparaître presque
entièrement au cours du XXe siècle.
L'apparition de nouveaux débouchés, en
particulier l'industrie papetière, a permis à la
production de se développer à nouveau
jusqu'à la fin des années 90. Actuellement, de
nouveaux marchés s'intéressent aux
caractéristiques de la plante, en particulier le
secteur du bâtiment. La France est
aujourd'hui leader européen avec une
production de chanvre estimée à 50 000
tonnes pour une surface cultivée de près
de 8 000 hectares.
Plusieurs bassins de production concentrent
l'essentiel de la surface de chanvre cultivée en
France : les Chanvrières de l'Aube
(Champagne-Ardenne), Eurochanvre
(Franche-Comté), Agrofibre (Haute-Garonne),
et la Coopérative Centrale des Producteurs de
Semences de Chanvre (Pays de la Loire), seul
organisme habilité par l'Etat français pour la
reproduction des semences.
2. Description du matériau
Le chanvre est implanté de fin avril à fin mai. Les producteurs doivent s'approvisionner en semence
auprès d'un organisme agréé : la Coopérative Centrale des Producteurs de Semences de Chanvre
(CCPSC), située à Beaufort-en-Vallée dans le Maine-et-Loire. Cette réglementation issue de textes
européens permet d'assurer une production de chanvre à faible teneur en THC
(TétraHydroCannabinol) et donc de se dissocier du chanvre utilisé comme stupéfiant.
Lors de la récolte, ou parfois avant, intervient la séparation du chènevis (graines) de la paille de
chanvre. Ces graines sont ensuite revalorisées en huile de chanvre, ou en autres coproduits. Une fois
la paille séparée de ses graines, les fibres de la plante (filasse) sont séparées de la partie structurelle
(chènevotte). Pour cela, le chanvre est laissé à l?air afin que chènevotte et filasse soient dissociées
par des micro-organismes. Cette étape est nommée "rouissage".
La paille est ensuite défibrée mécaniquement. Sont récupérées, d?un côté, la chènevotte qui est
dépoussiérée puis triée en fonction de sa granulométrie et, de l?autre, la filasse. Cette étape de
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
16
défibrage est également nommée "première transformation". La filasse est ensuite affinée et calibrée
afin d?obtenir un produit homogène.
Dans le bâtiment, la chènevotte est utilisée en tant qu?isolant en vrac, ou en mélange avec un liant
comme la chaux pour réaliser des bétons de chanvre.
La filasse peut subir une deuxième transformation, le nappage, afin d'en faire une laine isolante à
base de chanvre sous forme de rouleaux ou de panneaux. Durant cette étape, un liant de type
polyester est mélangé aux fibres, ce mélange est alors chauffé pour que fibres naturelles et
synthétiques se lient et forment un matelas.
Les éléments issus du chanvre et leurs débouchés
3. L'utilisation du chanvre dans la construction
La première transformation du chanvre permet
donc d'obtenir divers éléments, aux
caractéristiques propres à chacun, et qui vont
permettre une utilisation spécifique pour le
secteur du Bâtiment.
a. Le béton de chanvre
Il est réalisé par un mélange d'eau, de liant à
base de chaux et de chènevotte. Il peut être
utilisé en isolation thermo-acoustique répartie
pour dallages sur terre-plein ou sur plancher
d'étage et banchage sur ossature bois noyée ou à
colombages apparents.
Plasturgie
Chanvre
Chènevis
Fibres de
chanvre
Chènevotte Poussières
Oisellerie
Alimentation
Pêche
Papeterie
Bâtiment
isolation
Automobile
Paillage animal et
horticole
Bâtiment
Granulats pour
chape
Valorisation
biomasse
Chanvre
Béton de
chanvre
Briques de
chanvre
Enduits de
chanvre
Isolation en
chènevotte
Isolation
en laine
de
chanvre
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
17
b. La brique de chanvre
La brique de chanvre est fabriquée à partir de la chènevotte et d'un liant à base de chaux aérienne
et/ou hydraulique. Elle peut être utilisée en tant que murs non porteurs et cloisons en constructions
neuves ou rénovation et pour l'isolation répartie des murs, extérieure ou intérieure, et isolation de
toiture.
c. L'enduit de chanvre
L'enduit de chanvre est obtenu par mélange d'eau, de liant à base de chaux et de fibres de chanvre.
L'enduit va être utilisé comme revêtement isolant de murs extérieurs ou intérieurs.
d. L'isolation en chènevotte
La chènevotte peut être appliquée en vrac, par déversement dans les vides de construction :
planchers, combles, cloisons, doublages, toitures.
e. L'isolation en fibres de chanvre
Les fibres de chanvre sont obtenues lors de la première transformation du chanvre. Elles peuvent être
utilisées en vrac ou en panneaux et rouleaux. Les panneaux ou rouleaux à base de fibres de chanvre
sont fabriqués lors de la deuxième transformation décrite précédemment. Leur utilisation est alors
similaire à celle des laines minérales.
4. Caractéristiques techniques
Les caractéristiques
techniques des produits de
construction à base de
chanvre
Béton de
chanvre
Brique de
chanvre
Enduit de
chanvre
Chènevotte
Laines à base
de fibres de
chanvre
Densité
350 à 450
kg/m3
300 à 330
kg/m3
700 à 950
kg/m3
100 à 150 kg/m3 25 à 40 kg/m3
Conductivité thermique ?
0,11 à 0,18
W/m.K
0,07 à 0,075
W/m.K
0,11 à 0,13
W/m.K
0,048 à 0,060
W/m.K 0,041 W/m.K
Perméabilité à la vapeur d?eau
µ
8 4,5 6 à 12 - 1 à 2
Résistance au feu - A ou B - - D ou E
Affaiblissement acoustique Rw - 50dB à 59dB - - -
Énergie grise 90 kWh/m3
200 MJ/m2 - Très faible 30 à 48 kWh/m3
Source CSTB ? Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction ? Juillet 2008
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
18
II- Le lin
1. Historique
Si le lin est cultivé par l'homme depuis
plusieurs millénaires, sa généralisation en
France remonte au XIe siècle. Le recours au
coton dans l'habillement notamment
entraînera une chute de la production en
France au XIXe siècle. Aujourd'hui la
mécanisation agricole et la sélection des
variétés a permis à la France de devenir le
premier producteur de lin (77 292 hectares
en 2011 source MAAPRAT), avec près de la
moitié de la production mondiale.
Nécessitant un climat tempéré et supportant
mal les chaleurs excessives, la culture du lin
en France est essentiellement localisée sur
les régions de Normandie, du Nord, de
Picardie et d'Ile-de-France.
2. Description du matériau
Deux familles de lin coexistent en France :
? le lin textile (ou lin fibre) cultivé pour la hauteur de ses tiges : son rendement en graine
est faible, il est cultivé essentiellement pour l'utilisation de la fibre,
? Le lin graine (ou lin oléagineux) : cultivé principalement pour l'exploitation des graines.
A l'issue de l'arrachage de la plante, l'égrainage permet de dissocier la paille du lin de ses graines.
Les graines sont principalement utilisées pour en extraire l'huile mais elles peuvent également être
destinées à la conception de matériaux de construction de type linoleum.
La transformation de la plante en fibres textiles se réalise en plusieurs étapes. Après l?arrachage du lin
arrivé à maturité et la récupération de la graine, la première étape de transformation est le rouissage.
Lors de cette étape, similaire à celle du chanvre, le lin est laissé à l?air pendant 3 à 7 semaines, afin
que l?anas (structure de la tige) se dissocie de la fibre sous l?action de micro-organismes. La deuxième
étape est le teillage, qui consiste à broyer et battre cette paille afin de séparer l?anas des fibres teillées
(longues) et des étoupes (fibres courtes). De nombreux débouchés existent pour les produits issus du
teillage du lin. Les fibres longues sont principalement valorisées par les secteurs du textile et de la
corderie, les fibres courtes par les secteurs de la construction (isolation thermique, acoustique,
revêtement sols et murs), de la papeterie, de l'automobile et de la plasturgie, l'anas par les secteurs
de la construction (panneaux agglomérés), de l'horticulture, de l'élevage et du chauffage.
Les fibres courtes peuvent être dans un troisième temps peignées, puis cardées, de manière à
produire des couches superposées de fibres, liées entre elles grâce à 15 à 20 % de fibres polyester.
Des expérimentations sont en cours afin de valoriser l'anas en béton et brique de lin.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
19
Les éléments issus du lin et leurs débouchés
3. L'utilisation du lin dans la construction
a. Le revêtement de sol
Utilisé en revêtement de sol intérieur, le linoleum
est composé d'huile de lin, de résine de pin, de
poudre de liège et de bois et de toile de jute. Il
dispose de propriétés bactéricides.
b. L'isolation en laine de lin
La laine de lin peut être utilisée en vrac ou sous
forme de panneaux et de rouleaux. La pose de
la laine de lin est similaire à celle des laines
minérales.
Agriculture
Lin
Graines
Etoupes Fibres teillées Anas
Alimentation
Construction
Elevage
Construction
Textile
Textile
Corderie
Construction
Elevage
Papeterie
Automobile
Plasturgie
Horticulture
Chauffage
Pailles
Lin
Revêtement de
sol type linoléum
Isolation
en laine
de lin
Anas de
lin en vrac
Sous couche
acoustique
Béton de
lin
Enduit de
lin
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
20
c. L'enduit de lin
Il est obtenu par mélange d'eau, d'anas de lin et d'un liant à base de chaux. Souvent associé à de la
terre, l'enduit à base de lin permet de créer une masse d'inertie thermique en application intérieure.
d. Le béton de lin
Composé d'un liant hydraulique et d'anas de lin, le béton de lin est notamment utilisé pour la
fabrication de parpaings. Le béton de lin présente des propriétés thermiques intéressantes mais
également des propriétés mécaniques suffisantes au montage d?une structure d?un étage.
e. Les anas de lin en vrac
Les anas de lin (également appelés "paillettes") peuvent être utilisés comme matière de remplissage
pour isolation de caissons de toitures ou pour isolation de plancher.
f. Le lin en sous-couche acoustique
Composée principalement de fibres courtes, la sous-couche acoustique en lin peut se présenter sous
forme de rouleaux ou de panneaux et permet d'assurer une isolation acoustique des sols.
4. Caractéristiques techniques
Les caractéristiques
techniques des produits de
construction à base de
chanvre
Isolant en laine de lin Revêtement de sol en
linoleum
Sous-couche acoustique
en lin
Densité 25 à 40 kg/m3
- 140 à 270 kg/m3
Conductivité thermique ? 0,041 à 0,053 W/m.K 0,17 W/m.K 0,04 à 0,08 W/m.K
Perméabilité à la vapeur d?eau
µ
1 - 1 à 2
Résistance au feu B C ou D D ou E
Affaiblissement acoustique Rw 55 - 55
Énergie grise Très faible Faible Faible
Source CSTB ? Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction ? Juillet 2008
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
21
III- La ouate de cellulose
1. Historique
La ouate de cellulose est utilisée depuis longtemps en Amérique du Nord. Son utilisation s'est
généralisée durant les années 1970 lorsque l'isolation est devenue un enjeu majeur suite à la crise
pétrolière des années 1973-1974. Le matériau est également largement utilisé dans les pays
scandinaves depuis le début du XXe siècle.
2. Description du matériau
Les fibres de cellulose utilisées dans la construction
proviennent des déchets de papier car les fibres sont trop
dégradées.
Ces déchets de papier sont défibrés et réduits en flocons, puis
traités avec diverses substances ignifugeantes et fongiques,
variables selon les fabricants. La ouate de cellulose est
composée en général à 90 % de papier. L'utilisation du sel de
bore est aujourd'hui interdite dans la conception des ouates en France. La ouate peut être utilisée en
vrac par projection notamment et également en panneaux isolants.
3. L'utilisation de la ouate de cellulose dans la construction
a. Les panneaux semi-rigides
Une fois le papier transformé en ouate de cellulose, la
matière peut être nappée afin d'obtenir des panneaux
semi-rigides. Ceux-ci conviennent pour l'isolation des
cloisons, des planchers, des plafonds et des rampants.
b. La ouate en vrac par projection humide
ou flocage
La projection humide nécessite l'utilisation de caissons.
De l'eau est ajoutée au matériau afin d'activer le liant
naturel de la cellulose.
c. La ouate en vrac par insufflation
L'utilisation de caissons est également nécessaire pour cette utilisation. Un tuyau d'insufflation est
introduit dans le caisson afin de déverser la ouate de cellulose.
d. La ouate en vrac soufflée
La technique consiste à souffler la ouate de cellulose à sec sur une surface horizontale ouverte.
Ouate de
cellulose
Panneaux semi-
rigides
Vrac en
projection
humide
Vrac
insufflée
Vrac soufflée
ou déversée
manuelleme
nt
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
22
4. Caractéristiques techniques
Source CSTB ? Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction ? Juillet 2008
Caractéristiques techniques des
isolants en ouate de cellulose
Isolant en ouate de cellulose
Densité 25 à 65 kg/m3
Conductivité thermique ? 0,039 à 0,048 W/m.K
Perméabilité à la vapeur d?eau µ 1 à 2
Résistance au feu A2 ou B
Affaiblissement acoustique Rw -
Énergie grise 50 à 100 kWh/m3
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
23
IV- La fibre de bois
1. Historique
Utilisée depuis l'après-guerre mais plus confidentielle que les laines minérales, la laine à base de
fibres de bois connaît un renouveau depuis plus d'une décennie. L'opération de défibrage du bois
nécessite un outillage particulier et conséquent dont les scieries sont rarement équipées.
2. Description du matériau
L'opération de défibrage du bois peut être réalisée par un procédé
thermomécanique ou chimique. La fibre ainsi obtenue va permettre
la conception d'isolants.
La transformation en laine isolante est réalisée :
? par feutrage puis mélange avec des liants et additifs
afin d?assurer la protection contre le feu et les attaques biologiques. Ce bois feutré est
ensuite compacté jusqu?à obtenir la densité souhaitée,
? par transformation en pâte par adjonction d?eau, qui est ensuite coulée, laminée et
séchée pour produire des panneaux agglomérés de diverses densités et épaisseurs.
3. L'utilisation de la fibre de bois dans la construction
a. L'isolation thermique et acoustique
Le matériau fibre de bois qui possède des qualités
thermiques peut être appliqué en vrac ou sous forme
de panneaux ou rouleaux. Il convient pour de
nombreuses applications en isolation, en intérieur
comme en extérieur.
b. La sous-couche acoustique
Réalisée à base de fibres de bois, le produit est
adapté pour l'isolation acoustique de sols.
c. Le béton de bois
Le béton de bois résulte de l'utilisation de copeaux de bois ou de granulats de bois dans la conception
du béton. Il peut être utilisé sous forme de blocs pour la construction et sous forme de béton pour la
réalisation de chappes.
d. Le bardage extérieur
Constitué de fibres de bois pressées, de résine phénolique et de cire, le produit permet un bardage
rapporté.
e. Les lames de terrasses et revêtement de sol
Elles sont fabriquées à partir d'un mélange homogène de fibres de bois et de polyoléfines. Elles
peuvent se présenter sous forme de dalles ou de panneaux.
f. Les dalles pour plafonds
Fibres de
bois
Isolation
thermique et
acoustique
Sous-couche
acoustique
Béton de
bois
Dalles
plafond
Lames de
terrasses
Bardage
extérieur
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
24
Les dalles pour faux-plafond à base de fibres de bois peuvent se présenter sous forme mélaminées
ou revêtue d'un placage.
4. Caractéristiques techniques
Caractéristiques
techniques des isolants à
base de fibres de bois
Laines de bois (rouleaux
et panneaux semi-
rigides)
Fibres de bois
(panneaux rigides) Béton de bois
Densité 40 à 55 kg/m3
140 kg/m3 De 500 à 1 500 kg/m3
Conductivité thermique ? 0,038 à 0,051 W/m.K 0,038 W/m.K 0,11 W/m.K
Perméabilité à la vapeur
d?eau µ
1 à 5 5 -
Résistance au feu E E A
Affaiblissement acoustique
Rw
46 ? 63 dB - 55 dB
Énergie grise 60 à 220 kWh/m3
- -
Source CSTB ? Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction ? Juillet 2008
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25
V- La paille
1. Historique
Appliquée sous forme de torchis ou de chaume, la paille est un matériau utilisé depuis longtemps
dans la construction. A partir de la fin de XIXe siècle, les techniques de construction en paille
progressent avec la méthode dite Nebraska et l'utilisation de botteleuses mécaniques.
La paille connaît un renouveau depuis une trentaine d'années. Des associations telles qu'Approche-
Paille ou les Compaillons travaillent pour le développement de la construction en paille, notamment
sur la définition des règles professionnelles aujourd'hui validées ou pour la mise en place d'un label
"produits bio-sourcés pour le bâtiment".
Différentes techniques d'application du matériau existent à présent. La plus utilisée étant la technique
ossature bois qui consiste à placer les bottes de paille en colonne dans l'ossature.
2. Description du matériau
La paille est un matériau constitué de tiges des céréales récoltées à maturité
et après avoir séparé le grain. Les différentes céréales qui fournissent de la
paille sont le blé, l?avoine, le riz, le seigle, le triticale et l?orge.
La paille est un coproduit de la filière agricole qui est soit utilisée en litière,
brûlée ou enfouie, soit laissée à pourrir sur le champ afin de le ressourcer. La
réutilisation de la paille dans le domaine de la construction est une alternative
en cas de surplus de production. En France, on observe plusieurs techniques
de construction en paille, qui ont pour point commun, l?utilisation du ballot de
paille parallélépipédique, utilisés en murs porteurs ou en remplissage d?ossature bois. Il faut toutefois
noter que les règles professionnelles ne s'appliquent pas à la paille porteuse.
3. L'utilisation de la paille en construction
Selon les estimations du Réseau Français de la Construction en Paille, la construction d'une maison
de 100m² au sol représente environ 500 bottes de paille, soit 10 tonnes de paille.
Différentes techniques de construction à base de paille existent :
a. La technique Nebraska
Appelée également technique des ballots
porteurs, elle ne fait pas appel à une
ossature bois. Les ballots de paille sont
comprimés et utilisés comme éléments
porteurs.
b. L'ossature bois
Technique la plus rependue en France, la
paille est utilisée comme matériau
d'isolation et est comprimée.
c. Les poteaux poutres
Une ossature bois dans laquelle vient se
glisser la paille est associée à la structure
porteuse du bâtiment en poteaux poutres.
Paille
Bottes de
paille en
murs
porteur
Technique
Nebraska
Technique
maçonnée
Technique
Cellule Sous
Tension (CST)
Bottes de
paille en
isolation
d'une
ossature
bois
Technique
GREB
Terre-paille
bâché
Isolation dans la
masse des murs
et des toits
Panneaux de
paille
compressée
Isolation des
cloisons et
doublage
intérieur
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
26
d. La Cellule Sous Tension© (CST)
Développée par Tom Rijven et soutenue par l'association Botmobil, la paille contribue à la structure du
bâtiment. La technique fait appel également à une ossature légère.
e. La technique du GREB
Soutenue par l'association Approche Paille, la technique recourt à une double ossature bois légère. La
paille introduite est recouverte d'un mortier coulé.
D'autres techniques sont également utilisées, faisant parfois appel aux différentes méthodes décrites
précédemment.
La méthode se prête facilement à l'auto-construction et à l'insertion par l'économique.
f. Les panneaux de paille compressé
Sous forme rigide, le panneau est constitué de paille compressée à chaud et d'un revêtement
généralement en carton recyclé. Il peut être utilisé pour des murs et des cloisons autoporteurs allant
jusqu?à 3,5 m de hauteur, pour des plafonds et des planchers.
4. Caractéristiques techniques
Source CSTB ? Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction- Juillet 2008
Caractéristiques techniques de
la paille
Botte de paille Paille en remplissage de
caisson de bois
Panneau de paille
compressée
Densité 80 à 150 kg/m3
- 150 à 600 kg/m3
Conductivité thermique ? 0,04 à 0,07 W/m.K 0,054 W/m.K 0,081 W/m.K
Perméabilité la vapeur d?eau µ 1 1 -
Résistance au feu A2 ou B - -
Affaiblissement acoustique Rw 48 à 57 dB - 32 à 35 dB
Énergie grise < 35 kWh/m3
Faible -
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
27
VI- Les matériaux d'origine animale
1. La laine de mouton
a. Description du matériau
En fonction de sa race, un mouton peut fournir entre 0,5 kg et 4 kg de laine
brute par toison. Cette laine est constituée de fibres kératiniques et près de
80% de son volume est constitué d?air. Cette structure lui confère des
propriétés isolantes. La laine qui ne convient pas pour l?industrie textile pour
des raisons esthétiques ou du fait de fibres trop grossières, peut être
valorisée dans le domaine de la construction.
Quatre étapes sont nécessaires à sa fabrication : la tonte, le lavage, le
traitement et le cardage. Les produits de tonte sont d?abord lavés au savon et à la soude afin
d?éliminer les impuretés et surtout le suint (sécrétion de l?épiderme de l?animal). La laine lavée reçoit
ensuite un traitement insecticide et un traitement contre le feu. Puis elle est cardée et peut être
texturée au moyen de fibres thermofusibles, telles que le polyester pour obtenir de la laine thermoliée.
b. L'utilisation de la laine de mouton en construction
L'isolation en laine de mouton peut prendre des formes
différentes. Il est possible de l'utiliser en vrac par
remplissage manuel ou par soufflage pour l'isolation de
planchers, murs en ossature bois, toitures en rampants et
combles. La laine de mouton peut également être utilisée
en écheveaux pour le calfeutrage des maisons en
rondins. Mais son application la plus courante de pose est
réalisée à partir de panneaux et de rouleaux. Ceux-ci
conviennent pour l'isolation des combles, des toitures, des
murs, des cloisons et des planchers.
La laine de mouton est également utilisée sous forme
de moquettes.
c. Caractéristiques techniques
Caractéristiques techniques de la laine
de mouton
Isolation en laine de mouton
Densité 14 à 35 kg/m3
Conductivité thermique ? 0,044 à 0,06 W/m.K
Perméabilité à la vapeur d?eau µ 1 à 2
Résistance au feu D
Affaiblissement acoustique Rw 20 dB
Énergie grise 56 kWh/m3
Source CSTB ? Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction- Juillet 2008
Laine de
mouton
Isolation
thermique et
acoustique
Sous-
couche
acoustique
Revêtement
de mur
Revêtement
de sol
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
28
2. La plume
a. Description du matériau
Les plumes utilisées dans le bâtiment proviennent de deux sources :
? les plumes brutes : plumes qui sont prélevées
directement sur les oiseaux lors de leur plumaison.
? les plumes de récupération : ces plumes proviennent
essentiellement de la collecte des textiles usagés ayant
contenu des plumes.
Les plumes subissent différents traitements : triages, lavages, étuvages et stérilisation,
dépoussiérage. Pour le domaine de la construction, sont utilisées notamment les plumes qui ne
satisfont pas les exigences de l?industrie textile.
b. L'utilisation de la plume en construction
La plume est utilisée comme isolant thermique et acoustique. Elle peut être mise en oeuvre en vrac
par remplissage manuel ou à l'aide d'une souffleuse-cardeuse. Elle est également disponible sous la
forme de rouleaux et de panneaux semi-rigides ainsi que sous forme de feutres en sous-couche
accoustique.
c. Caractéristiques techniques
Caractéristique techniques de la
plume
Isolation en plumes de canard
Densité 26 à 34 kg/m3
Conductivité thermique ? 0,044 W/m.K
Perméabilité à la vapeur d?eau µ 1 à 2
Résistance au feu -
Affaiblissement acoustique Rw 32 ? 56 dB
Énergie grise
-
Source CSTB ? Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction- Juillet 2008
Plumes
Isolation
thermique et
acoustique
Sous-couche
acoustique
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
29
VIII- Le coton
1. Description du matériau
Le matériau coton présenté ici est issu du recyclage de textiles (vêtements non
réutilisables, chutes de l'industrie textile?).
Dans le domaine de la construction, les matières premières pour la fabrication
de produits de construction à base de coton sont :
? les fibres de coton brut (les fibres « neuves »),
? les fibres recyclées à partir de déchets de l?industrie textile (chutes de textiles, vieux
vêtements non recyclables dans l?état).
Cette deuxième catégorie entre plus particulièrement dans le champ des matériaux définis dans le
cadre de ce rapport.
En France, « Le Relais », structure membre d?Emmaüs, intervient sur la collecte, le tri et la valorisation
des vieux vêtements. 40% des vêtements récoltés sont réemployés en état et 60% restent à
revaloriser. Face à la baisse globale de qualité des textiles mis sur le marché, le réemploi en l?état a
fortement baissé et la valorisation dans le domaine de la construction est devenue un nouveau
débouché pour ces matières premières secondaires. Une fois triés, les vieux vêtements sont
découpés, hachés et effilochés jusqu?à obtenir des fibres textiles. Ces dernières sont liées pour
constituer des panneaux ou rouleaux isolants. Les produits finaux sont composés à 70 % de coton,
15 % de laine et d?acrylique et à 15 % de fibres de polyester qui servent de liant.
2. L'utilisation du coton en construction
a. L'isolation thermique et acoustique
Le coton peut être mis en oeuvre en vrac. Dans ce cas, il
sera destiné à l'isolation des combles et des toitures en
rampants, par application avec une machine. Il peut
également être mis en oeuvre sous forme de panneaux et
de rouleaux pour l'isolation des combles, des rampants
sous toitures, des planchers, des murs et des cloisons.
b. Revêtement des sols et des murs
Le coton peut également être destiné à l'application sur
sol ou sur mur. Dans le premier cas, le revêtement peut
prendre la forme de dalles de coton recyclé. Dans le
second cas, le coton peut être appliqué sous forme de
tissu ou peut prendre la forme de poudre à mélanger avec de l'eau. La pâte ainsi réalisée servira de
revêtement de mur.
3. Caractéristiques techniques
Caractéristiques technique du coton Isolation en laine de coton
Densité 25 à 70 kg/m3
Conductivité thermique ? 0,039 à 0,045 W/m.K
Perméabilité à la vapeur d?eau µ 0,29
Résistance au feu E
Affaiblissement acoustique Rw _
Énergie grise _
Source CSTB ? Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction- Juillet 2008
Coton
Isolation
thermique et
acoustique
Revêtement
de mur
Revêtement
de sol
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
30
IX- Le liège
1. Description du matériau
Le liège est un matériau obtenu à partir de l?écorce d?une espèce
particulière de chêne vert présente dans diverses régions du bassin
méditerranéen. L?isolant à base de liège expansé est obtenu à partir de
l?écorce de l?arbre qui est d?abord séchée puis réduite en grains de taille
régulière. Ceux-ci sont ensuite agglomérés soit par ajout d?un liant, soit
par cuisson à haute température. Il est également possible de recycler
les bouchons en liège afin de les reconditionner comme granulés.
La particularité du matériau réside dans sa structure cellulaire avec une
forte porosité (90 à 95 %) et une très faible densité du matériau brut.
2. L'utilisation du liège en construction
a. L'isolation thermique et acoustique
Elle est mise en oeuvre sous forme de panneaux de
liège expansé. Elle peut également prendre la forme
de granulés de liège expansé en remplissage des
doubles cloisons en plancher et en plafond, en
préparation des chapes légères et isolantes phoniques
et thermiques et en isolation de combles. Le liège est
aussi utilisé en sous-couche acoustique.
b. Le béton de liège
Les granulats de liège sont mélangés à de l'eau, du
sable et du ciment ou de la chaux hydraulique. Le
béton de liège convient pour la réalisation des toitures
terrasses et pour l'amélioration de l'isolation thermique
et acoustique des sols intérieurs.
c. Le revêtement de sol
Ils sont commercialisés sous forme de revêtement à
coller ou à clipper.
3. Caractéristiques techniques
Caractéristiques techniques
du liège
Isolation en liège Béton de liège
Densité 105 à 125 kg/m3
600 kg/m3
Conductivité thermique ? 0,036 à 0,049 W/m.K 0.34 à 0,54 W/m.K
Perméabilité à la vapeur d?eau µ 1 à 30 -
Résistance au feu E -
Affaiblissement acoustique Rw 34 dB -
Énergie grise 85 à 450 kWh/m3
-
Source CSTB ? Nouvelles matières premières d'origine animale et végétale pour la construction- Juillet 2008
Liège
Isolation thermique et
acoustique
Béton de liège
Revêtement de
sol
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
31
X- Le roseau
1. Description du matériau
Plante semi-aquatique, le roseau possède des caractéristiques
hygroscopiques intéressantes pour l'usage en construction. Le matériau
est utilisé depuis longtemps comme isolant, comme couverture ou comme
support d'enduit. Le roseau brûle facilement, mais n'émet pas de fumées
toxiques lors de la combustion sauf lorsqu'il est mélangé à d'autres
produits toxiques.
2. L'utilisation du roseau en construction
a. L'isolation thermique
Les panneaux de roseaux sont liés avec du fil de fer
galvanisé et peuvent s'utiliser sur du torchis, de la pierre
et de la brique. La structure des panneaux peut servir de
support pour enduit terre ou enduits chaux, extérieur ou
intérieur.
b. La couverture des chaumières
Le roseau est également utilisé comme couverture des
toitures de chaumières. Les méthodes de mise en
oeuvre diffèrent selon les régions.
c. La préfabrication de cloison
Le roseau est également utilisé sous forme d'éléments préfabriqués avec montants intégrés qui
permettent la construction de cloisons intérieures.
3. Caractéristiques techniques
Caractéristiques techniques
du roseau
Isolation en panneau
Densité 200 à 400 kg/m3
Conductivité thermique ? 0,056 W/m.K
Perméabilité à la vapeur d?eau µ 2
Résistance au feu -
Affaiblissement acoustique Rw -
Énergie grise -
Roseau
Isolation thermique
Couverture
Elements de
cloisons
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
32
Partie III- Le marché français des matériaux de construction bio-sourcés
Le marché des produits de construction bio-sourcés en France fait l'objet de peu d'études
économiques.
En 2009, le marché français de l'isolation en
construction s'élevait à environ 1,5 milliard
d'euros10. Les laines minérales pèsent pour 50% de
parts de marché, suivies par les mousses
alvéolaires (polystyrène extrudé et expansé) pour
environ 40% de parts de marché. Dès lors, la place
est restreinte pour les autres isolants (isolants bio-
sourcés et isolants minces) qui se partagent les
10% restants de parts de marché. Les isolants à
base de fibres de bois représenteraient la moitié
des 10% restants, le reste serait réparti entre les
autres matériaux bio-sourcés.
En 2002, la part des isolants bio-sourcés en France
était estimée à 2% du marché de l'isolation. Aujourd'hui, les interlocuteurs rencontrés dans le cadre de
cette étude estiment entre 5% et 12% la part de marché des isolants bio-sourcés sur le marché de
l'isolation, dont près de 40% pour les isolants à base de fibres de bois.
Selon l'Ademe11, le marché des laines isolantes végétales représentait 5 000 tonnes en 2005. Quatre
scénarios sont envisagés sur la base d'une notation affectée à chaque composante de l'évolution
(économique, sociétale et technologique) afin d'estimer le volume des bioproduits industriels à
échéance 2015 et 2030. En suivant le scénario n°3 (Un contexte géopolitique plutôt conflictuel
entrainant une augmentation des cours du pétrole et une prise de conscience sociétale en ce qui
concerne les "bio-produits". Une recherche se mettant en place et se concentrant davantage sur les
bioproduits), l'Ademe, par le biais de l'agence Alcimed, estime que le marché des laines isolantes
végétales pourrait atteindre 119 300 tonnes en 2015 et 206 700 tonnes en 2030. Les laines végétales
représenteraient alors 5,43% du marché global des laines isolantes en 2015 et 13,16% en 2030. A
noter cependant que la conjoncture actuelle du bâtiment et de l'économie en général impacte bien
entendu ces prévisions.
Toujours sur la base de cette étude, l'Ademe et Alcimed estiment la consommation de béton de
chanvre à environ 4 000 tonnes en 2005. En suivant le scénario décrit précédemment, la
consommation de béton de chanvre pourrait atteindre 438 200 tonnes en 2015.
Le chanvre
Selon Construire en Chanvre, le matériau chanvre représente aujourd'hui moins de 5% du marché de
l'isolation. Le secteur de la construction fait également face à la concurrence d'autres
débouchés, en particulier celui de la papeterie. Le secteur de la plasturgie porte également un intérêt
sur le matériau ainsi que celui de l'automobile (feutres de plage arrière par exemple). Selon le Centre
Technique Interprofessionnel des Oléagineux et du Chanvre, le secteur de la papeterie capte 90% de
la production de fibres.
Selon Interchanvre, le marché est aujourd'hui handicapé par les prix des matériaux. Toutefois, la
différence de prix avec les laines minérales devrait s'amoindrir avec d'une part la hausse des prix des
énergies fossiles (la fabrication des laines minérales demande d'atteindre des températures
importantes pour fondre la matière première) et d'autre part la massification de la fabrication qui
devrait engendrer des économies d'échelle.
10 Source : ALCIMED, d?après nrGaïa, Green Valley, Artisans & Bois
11 Marché actuel des Bioproduits Industriels et des Biocarburants & Evolutions Prévisibles à Echéance 2015/2030 ? Avril 2007 ?
Cabinet ALCIMED
Laines
minérales
50%
polystyrène
expansé
40%
Autres
5%
Fibre de bois
2,5%
Autres
isolants bio-
sourcés
2,5%
Isolant bio-
sourcés
5%
Répartition du chiffre d'affaires de l'isolation
dans la construction en France
Source : Alcimed - 2009
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
33
Habitations
89,5%
Usages
professionnels
5,0%
Lieux publics
1,5%
Non identifiés
4,0%
89% des projets recensés sont destinés à l'habitation :
En 2011, 7 145 hectares de chanvre ont été cultivés en France métropolitaine, pour une production de
47 979 tonnes.
Le lin
L'institut technique du lin (Eure) observe une chute de la demande de lin depuis 2007. Différents
facteurs sont à prendre en considération : chute de la consommation textile notamment aux Etats-
Unis, stratégie des filateurs chinois?
La part du secteur de la construction dans les débouchés du lin est relativement faible au regard des
débouchés traditionnels comme le textile et l'habillement qui représentent 56% des débouchés des
fibres ou le linge de maison avec 19% des débouchés.
En 2011, 77 292 hectares de lin ont été cultivés en France (lin fibre et lin graine compris), pour une
production de 321 918 tonnes.
La ouate de cellulose
Bien que relativement récente sur le marché français, la ouate de cellulose est utilisée depuis
longtemps, notamment dans les pays scandinaves. Aujourd'hui, il est difficile d'estimer la part de
marché du matériau. Il semble cependant que celui-ci connaisse une croissance importante liée à un
prix proche de celui des laines minérales. Six fabricants se partagent le marché français.
L'enquête paille
L'association Empreinte dont l'objet est de développer et de promouvoir l'habitat sain, passif et à faible
impact écologique et sur tous les thèmes relatifs à l'habitat et son environnement (mode de vie,
gestion de l'eau, gestion des énergies, matériaux), a lancé avec le Réseau Français de la construction
en paille un recensement des constructions réalisées. En février 2010, 691 constructions paille ont été
recensées sur l'ensemble du territoire métropolitain.
Parmi les projets recensés :
22%
60%
77%
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Projets 100%
autoconstruits
Projets autoconstruits au
moins à 80%
Projets autoconstruits au
moins à 50%
76,5% des projets font intervenir au moins 50%
d'autoconstruction :
96%
43%
16% 19%
0%
20%
40%
60%
80%
100%
Remplissage des
murs
Isolation de la
toiture
Isolation du
plancher
Remplissage des
cloisons
Utilisation de la paille : 96% des projets utilisent la
paille en remplissage des murs :
Source : Enquête sur la construction en paille en France ? Association Empreinte et
Réseau Français de la Construction en Paille
Constructions
en cours
55%
Projets prévus
pour 2009 ou
2010
28%
Constructions
achevées et en
utilisation
17%
16,5% de projets achevés et en utilisation :
Source : Enquête sur la construction en paille en France ? Association Empreinte et
Réseau Français de la Construction en Paille
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
34
Les constructions en paille recensées par
l'association Empreinte sont essentiellement
destinées à l'usage d'habitation. L'auto-
construction est largement représentée dans
les constructions recensées : près d'un quart
des projets ont été auto-construits à 100%.
L'utilisation la plus courante de la paille
consiste à utiliser le matériau en remplissage
des murs sur une ossature.
Bottes entre
ossatures
69%
Technique du GREB
14%
Technique Nebraska
6%
Paille banchée
1,50%
Autres techniques
9,50%
69% des projets font appel à la technique des bottes de paille entre
ossature bois :
Source : Enquête sur la construction en paille en France ? Association Empreinte et
Réseau Français de la Construction en Paille
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
35
Partie IV- La filière des matériaux bio-sourcés en Pays de la Loire
Cette section propose une synthèse des différentes informations qui ont pu être collectées dans le
cadre d'entretiens avec les producteurs, transformateurs, distributeurs, applicateurs et différentes
associations impliquées sur le sujet en Pays de la Loire.
Dans ce marché émergent et fortement concurrentiel, les transformateurs ne diffusent que
partiellement les volumes de production. Il est donc difficile d'estimer un volume global de matériaux
de construction produits en Pays de la Loire.
La filière des matériaux bio-sourcés en Pays de la Loire rassemble de nombreux acteurs, aussi bien
sur la production que sur la transformation, la distribution ou la mise en oeuvre de matériaux bio-
sourcés.
Une approche par étape de la filière sera retenue pour présenter ces résultats en déclinant ensuite les
différents matériaux présents en Pays de la Loire.
I- Le contexte
Avant d'aborder l'organisation de la filière en Pays de la Loire, il convient bien comprendre la place
occupée par la construction en matériaux bio-sourcés dans l'ensemble de l'activité bâtiment.
La sphère de l'éco-construction représente une partie de l'ensemble du secteur d'activité bâtiment.
L'éco-construction peut être définie comme l'ensemble des techniques et procédés de construction
visant à réduire la consommation énergétique des constructions en agissant sur la conception,
l'isolation, l'installation d'équipements favorisant les énergies renouvelables. L'éco-construction évolue
constamment, en parallèle des innovations techniques du secteur d'activité et des réglementations
thermiques notamment. Les labels relatifs à l'éco-construction évoluent. Jusqu'à la réglementation
2012, les constructions BBC pouvaient être considérées comme relevant de la sphère de l'éco-
construction. Aujourd'hui, le BBC étant la norme dans la construction neuve, de nouveaux labels
apparaîtront pour promouvoir des constructions toujours plus performantes énergétiquement.
L'éco-construction en matériaux bio-sourcés cherche à prendre en considération le cycle de vie des
matériaux. La notion d'énergie grise des matériaux apparaît alors. Ce terme désigne la quantité
d'énergie utilisée lors du cycle de vie d'un matériau, de sa production à sa fin de vie. Le champ pris en
compte dans ce document, à savoir la construction en matériaux bio-sourcés, entre dans ce cadre
auquel il est possible d'ajouter d'autres matériaux parmi lesquels la terre.
Enfin, toujours dans l'optique de limiter l'énergie grise dépensée pour le matériau de construction, la
notion de circuits courts apparaît. Le transport du matériau est pris en compte dans l'énergie grise
dépensée. L'idée est donc de réduire l'énergie utilisée pour le transport des matériaux en préférant un
circuit de distribution local et direct entre producteur et consommateur. L'idée d'une relocalisation de
Secteur
d'activité
Bâtiment
Eco-
construction
Eco-
construction
en matériaux
bio-sourcés
Eco-
construction
en matériaux
bio-sourcés
en circuits
courts
Ensemble du secteur d'activité Construction de bâtiments.
Construction qui vise à consommer moins d'énergie par une conception bioclimatique, une
meilleur isolation, des équipements techniques favorisant les énergies renouvelables.
Le cycle de vie et l'aspect sanitaire des matériaux utilisés sont pris en compte dans la
construction de bâtiments.
Le transport du produit est également pris en compte dans l'énergie dépensée pour le
matériau utilisé (notion d'énergie grise). La démarche est souvent portée par le milieu
associatif.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
36
l'économie sur le territoire par la promotion de matériaux ancrés localement s'inscrit également dans
la démarche. Le thème est essentiellement porté par les associations. En Pays de la Loire, le Civam
et l'association Chanvre et Paysans intègrent cette logique à leur démarche. La notion de circuits
courts peut parfois être associée à une logique d'insertion par l'économie et à une approche sociale et
solidaire du bâtiment.
II- Structuration de la filière
1. Les acteurs de la filière
La structuration de la filière des matériaux de
construction bio-sourcés s'organise autour d'un
certain nombre d'acteurs. Les branches
traditionnelles du secteur d'activité du bâtiment sont
représentées : fabrication des matériaux de
construction, distributeurs de matériaux, entreprises
de mise en oeuvre, maîtrise d'oeuvre, maîtrise
d'ouvrage, formation. La particularité de la filière
réside dans la présence forte du monde associatif
d'une part, et dans la diversité et les caractéristiques
des acteurs qui composent chacune des branches
de la filière d'autre part.
L'implication des structures associatives intervient sur différentes étapes de la filière, de la
représentation des producteurs et fabricants de matériaux à l'appui technique des entreprises et des
auto-constructeurs en passant par la formation et l'organisation de la filière. Les schémas suivants
proposent une représentation graphique de différentes branches d'activité de la filière. Ils n'ont pas
vocation à recenser de façon exhaustive l'ensemble des structures existantes, mais de rendre compte
de la diversité et de l'organisation des acteurs qui composent la filière des matériaux de construction
bio-sourcés.
2. Organisation de la filière de production des matières premières
Il convient, lors de la présentation de la branche
"production des matières premières", de
différencier la production issue du monde
végétal ou animal de la production issue du
recyclage. Dans le premier cas sont recensés
les acteurs du monde agricole. La matière
première affectée au secteur de la construction
peut être destinée soit à une mise en oeuvre
directe, soit à la transformation. Les acteurs de
la production peuvent être identifiés en tant que
producteurs individuels (producteurs de
chanvre, de paille?), en tant que coopératives
agricoles (mise en commun des productions) ou
comme groupes d'agriculteurs. En Pays de la
Loire, cette dernière forme émane de la volonté
de producteurs de valoriser les surplus ou les
co-produits de production en alimentant une
filière en circuits courts.
La production de matières premières issues du
recyclage relève des filières de la récupération
de papiers ou de vêtements qui ne sont pas réutilisables par l'industrie papetière et textile, mais qu'il
est possible de valoriser par la production d'isolants. Ces structures de récupération vont fournir la
matière première aux fabricants de matériaux d'isolation. En Pays de la Loire, ces structures assurent
Acteurs de la
production de
matières
premières
Coopérative
agricole
Groupe
Cavac
Groupes de
producteurs
Civam 44
groupe
paille
Chanvre
et
PaysansCollecte de
matériaux
recyclables
Le RelaisPaprec
Agriculteurs
individuels
Filière des
matériaux de
construction
bio-sourcés
Production
de matières
premières
Transformation
Distribution
Mise en
oeuvreFormation
Associations
Maîtrise
d'ouvrage
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
37
l'approvisionnement de matière première pour la fabrication de ouate de cellulose et pour la
fabrication de laines isolantes en fibres de coton.
3. Organisation de la filière de transformation des matériaux
La structure de la filière transformation des
matériaux bio-sourcés destinés à la construction
peut se dissocier entre filière industrielle et
filière non industrielle. Ces deux catégories sont
représentées en Pays de la Loire. Dans la filière
industrielle sont regroupés les fabricants
d'isolants destinés à alimenter le marché
national voir international. Ces matériaux
peuvent bénéficier d'une certaine
reconnaissance institutionnelle par le biais des
évaluations techniques notamment.
En Pays de la Loire, la filière non industrielle est
portée par un environnement d'associations,
d'artisans, d'auto-constructeurs et d'agriculteurs
désireux de développer une filière en circuits
courts. Souvent destinés à alimenter la demande de matériaux en vue d'une auto-construction, les
matières premières peuvent être transformées par le producteur (mise en botte de paille par exemple)
ou par l'utilisateur (défibrage manuel du chanvre par exemple). Les quantités produites sont moins
importantes que celles de la filière industrielle.
4. Aperçu des acteurs de la filière industrielle des matériaux bio-sourcés en Pays de la
Loire
Plusieurs entreprises localisées en Pays de la Loire opèrent sur le marché des matériaux de
construction bio-sourcés en Pays de la Loire. Certaines sont spécialisées sur un matériau en
particulier et d'autres sont équipées pour travailler différents matériaux. Les entreprises locales sont
essentiellement orientées sur le marché de l'isolation et leur production est destinée au marché
national voire extérieur.
? Cavac Biomatériaux (Vendée)
Filiale du groupe agro-alimentaire Cavac (4 000
agriculteurs), la coopérative Cavac Biomatériaux est
spécialisée dans le défibrage des pailles de chanvre
et de lin ainsi que dans le nappage des laines
isolantes. La coopérative est née de la volonté des
adhérents de valoriser les co-produits de l'agriculture,
en particulier des pailles, sur les marchés non
alimentaires. La coopérative emploie actuellement 20
personnes sur son site de Sainte-Gemme-la-Plaine
(85). Elle dispose d'un outil de défibrage et de
nappage de laine isolante sur ce même site. La
coopérative travaille également d'autres matériaux
comme la ouate de cellulose ou les fibres textiles.
Certains produits de la gamme bénéficient d'ATec,
ATE ou de la certification ACERMI.
Acteurs de la
transformation
Filière
industrielle
Cavac
Biomatériaux
Effireal
Igloo
Cellulose
Isopaille
Filière non-
industrielle
Transformati
on du
produit par
l'agriculteur
ou l'artisan
Matériel
mécanique
mobile
Cavac
Biomatériau
x
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
38
Schéma récapitulatif de l'activité de Cavac Bio-matériaux
? Effireal (Maine-et-Loire)
La coopérative Effireal, créée il y a plus de deux
siècles était à l'origine une filature de tissage. L'activité
s'est ensuite orientée vers le recyclage puis le secteur
de la matelasserie jusqu'au début des années 2000. A
la fin des années 1990, l'entreprise s'intéresse à la
fibre végétale et développe la production de produits
d'isolation pour le bâtiment et de produits de paillage
en fibres de jute et en chanvre pour l'arboriculture. Au
même moment, l'entreprise (alors SARL) est intégrée
à Technichanvre (Finistère) avant de passer en
société coopérative et participative (SCOP) en octobre
2010. La coopérative emploie actuellement 16
salariés. L'activité d'Effireal porte à 70% sur la
production de laines isolantes et à 25% sur
l'activité paillage. L'entreprise fut pionnière en France dans la fabrication de laines isolantes
végétales lorsqu'elle développa l'activité. D'autres acteurs importants du secteur de la fabrication de
matériaux isolants se sont ensuite positionnés sur le marché réduisant la capacité de production
d'Effireal a environ 5% de la capacité de production française. La coopérative travaille les matériaux
chanvre, lin, fibres textiles, fibres de bois. Un seul des produits manufacturés par Effireal en sous-
traitance bénéficie d'un Atec. Effireal est positionnée sur le nappage de laines isolantes, mais
n'intervient pas sur la première transformation de défibrage.
Effireal
Groupe Cavac
Production de lin oléagineux
Production de chanvre en rotation
Pailles de lin et de chanvre
Cavac Biomatériaux
Ouate de
cellulose
Nappage des laines,
thermoliage
Fibres textiles
recyclées
Conditionnement
Laines à base de
fibres textiles
Fabricant breton
de ouate de
cellulose
Travail en sous-
traitance
Laine chanvre et
ouate de
cellulose
Laine de chanvre
Laine de chanvre
et lin
Ouate de
cellulose en vrac
Granulats pour
chapes sèches
Chènevottes
pour bétons de
chanvre
Fibres lin et chanvre Fines Chènevottes
Gamme de produits Cavac
Défibrage chanvre et lin
Compression
Nappage de laines
thermoliage
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
39
Schéma récapitulatif de l'activité d'Effireal
? Isopaille (Sarthe)
Isopaille exerce une activité de charpentier couvreur
spécialisée dans la construction d'ossatures bois avec
une isolation en paille compressée : le bloc Isopaille.
L'ensemble du procédé bénéficie d'un avis technique
depuis octobre 2010 sous le nom de "ECOVILLA®
Mur" facilitant l'accès aux assurances et à la garantie
décennale.
L'entreprise, sous la forme juridique de société
anonyme, fabrique les éléments de structure dans son
atelier situé à Cherré (72) avant d'assurer la pose sur
le chantier à l'aide d'une grue (2 à 3 jours sur
chantier). La préfabrication peut prendre la forme de
structures murs, de couverture ou encore d'éléments
de plancher.
L'effectif de l'entreprise représente 6 emplois pour la fabrication en atelier et la pose.
? Igloo Cellulose (Vendée)
L'entreprise a été créée en janvier 2010. Son
activité première était alors l'importation de ouate
de cellulose en provenance du Canada. En Avril
2011, Igloo Cellulose a construit une usine de
production de ouate de cellulose sur la commune
de La Chapelle-Achard (85). Un seul produit est
fabriqué sur le site. La ouate de cellulose
convient pour l'isolation des combles et des murs
et dispose d'un avis technique et d'une
certification ACERMI.
Siège social
Les Sables-d'Olonne
Usine de production
La Chapelle-Achard
Chanvre défibré
Producteur de
fibres de bois
Lin 2000 Le Relais Technichanvre
Lin défibré
Fibres de bois Sous-traitance
Vente locale Commercialisation
Nappage des laines, thermoliage
Fibres textiles
Lin 2000 Le Relais Technichanvre
EFFIREAL
Atelier Isopaille
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
40
4. Organisation de la filière de distribution des matériaux
Au-delà de la distribution classique des
matériaux de construction bio-sourcés (négoces
de matériaux, grandes surfaces de bricolage,
coopératives d'achat) existent des circuits de
distribution spécifiques. Les commerces de
matériaux de construction écologiques sont
présents sur l'ensemble du territoire et
distribuent des matériaux bio-sourcés non
seulement aux auto-constructeurs mais
également aux artisans. Les réseaux
d'applicateurs de ouate de cellulose qui forment
des artisans à l'application assurent également
la distribution de la ouate. Les fabricants des
matériaux bio-sourcés proposent parfois une
vente directe aux entreprises de bâtiment,
permettant ainsi de dispenser des conseils
quant à la mise en oeuvre. Enfin, la distribution
en circuits courts se développe en Pays de la
Loire, portée par des acteurs qui souhaitent
limiter au maximum l'énergie grise du matériau
utilisé. La pluralité des acteurs de la distribution et leur structuration diverse rend difficile sinon
impossible l'estimation du volume de matériaux bio-sourcés distribué et donc mis en oeuvre sur les
Pays de la Loire.
5. Organisation de l'environnement associatif
De nombreuses associations ont pour objet une
thématique proche de celle des matériaux de construction
bio-sourcés. Elles peuvent être entièrement dédiées à cette
filière (association de représentation des transformateurs
de chanvre, de représentation des fabricants de laines
végétales) ou peuvent être impliquées sur un champ plus
vaste. C'est le cas des associations oeuvrant sur l'éco-
construction. Afin de décrire cet environnement associatif,
trois sous-familles ont été retenues.
Les associations nationales de représentation des
filières
Elles regroupent notamment les associations de représentation des producteurs de chanvre, des
transformateurs de chanvre, des transformateurs et des utilisateurs de paille et des fabricants de
laines végétales.
Les associations qui oeuvrent sur la structuration de la filière
Le rôle de ces associations dans la structuration de la filière repose sur la mise en relation de
différents acteurs du monde du Bâtiment, mais également sur le partage des savoir-faire et sur la mise
en commun des techniques voire des outils de travail.
Les associations qui apportent un appui technique aux auto-constructeurs
Elles peuvent prendre la forme d'associations de formation sur la construction en matériaux bio-
sourcés ou d'associations qui mettent en place des chantiers participatifs destinés à former artisans et
auto-constructeurs aux techniques de construction en matériaux bio-sourcés.
Acteurs de la
distribution
Circuits
classiques
Négoces de
matériaux
Grandes
surfaces de
bricolage
Coopératives
d'achats
Circuits
spécifiques
Commerces de
matériaux
écololgiques
Vente directe
de la part du
fabricant
Réseaux
d'applicateurs
Circuits
courts
Environnement
associatif
Représentation de
la filière
Structuration
de la filière
Appui
technique
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
41
L'objet de ce travail ne consiste pas en un recensement exhaustif des associations de la filière
en Pays de la Loire. De nombreuses associations qui participent au développement de la filière de
par leur objet ne sont pas mentionnées dans ce document.
a. Les associations nationales de représentation des filières
Au sein de l'environnement associatif, des associations assurent la représentation des professionnels
de la filière des matériaux de construction bio-sourcés.
Les associations qui regroupent des producteurs
ou des transformateurs de matériaux bio-sourcés
ont pour vocation de regrouper au sein d'une
même entité des acteurs ayant des intérêts
communs. Elles peuvent être organisées par
"matériau" comme c'est le cas pour la FNPC
(Fédération Nationale des Producteurs de
Chanvre) et Interchanvre. La FNPC regroupe les
agriculteurs qui mettent du chanvre en culture,
Interchanvre assure la représentation des
transformateurs de chanvre. Ces associations,
situées toutes les deux au Mans (72) assurent une
représentation nationale.
Multi-matériaux mais uniquement placée sur la
fabrication des laines isolantes à base de végétaux
(bois, cellulose, chanvre, coton, lin?), l'Asiv
(Association Syndicale des Industriels de l'Isolation
Végétale) assure la représentation des fabricants.
L'association a pour vocation de représenter ses membres auprès des pouvoirs publics notamment,
de défendre les intérêts des fabricants et d'engager des actions de promotion des isolants végétaux.
Les associations placées du côté de la mise en oeuvre des matériaux ont également une approche par
matériaux. Le Réseau Français de la Construction en Paille, également nommé les Compaillons
rassemble des acteurs issus de l'artisanat, de l'auto-construction, de la maîtrise d'oeuvre, de la
maîtrise d'ouvrage de la formation et du milieu associatif. L'association travaille sur la reconnaissance
de la paille comme matériau de construction. Elle a notamment contribué à la validation des règles
professionnelles de construction paille. L'association émet aujourd'hui le souhait de se régionaliser.
L'association Construire en Chanvre est née de la volonté de professionnels du bâtiment de
promouvoir le matériau chanvre. Elle a pour objet le rassemblement des compétences et l'échange
d'expériences. L'association a mis en place une procédure d'agrément des formateurs destinés aux
professionnels du bâtiment qui souhaitent dispenser des formations à la mise en oeuvre des matériaux
chanvre conformément aux règles professionnelles et documents normatifs en vigueur.
Enfin, dans le cadre des travaux du MEDDE sur les filières des matériaux de construction bio-sourcés,
l'association Constructions et Bioressources a été créée afin d'offrir à la filière une plateforme
structurelle. Elle intervient sur l'ensemble des matériaux dits bio-sourcés et sur l'ensemble des étapes
de la filière.
Représentation
des filières
Transversales
Constructions et
Bioressources
Production
Association
Syndicale des
Industriels de
l'Isolation Végétale
Fédération
Nationale des
Producteurs de
Chanvre
Interchanvre
Mise en
oeuvre
Réseau
Français de la
Construction
en Paille
Construire
en
Chanvre
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
42
b. Les associations qui oeuvrent sur la structuration de la filière
Les associations abordées dans la section
précédente participent également à la structuration
de la filière au niveau national. Cependant, les
associations qui font l'objet de cette partie
participent à la mise en réseau d'acteurs en Pays
de la Loire et contribuent ainsi à la structuration
régionale de la filière.
Parmi cet ensemble d'associations, trois sous-
familles ont été identifiées. Ce classement a été
retenu pour faciliter la compréhension de
l'environnement associatif, mais reste imparfait tant
les frontières entre les associations sont minces et
tant l'imbrication des associations entre elles est
fréquente. Les associations représentées dans
l'illustration peuvent relever de deux ou trois sous-
groupes différents.
? La structuration d'une grappe d'acteurs
de l'éco-construction pour un projet commun de promotion et de développement de l?éco-
construction
? Le partage du savoir-faire et des techniques
? La mise en relation d'acteurs
La mise en relation d'acteurs regroupe des associations telles que les Civam 4412 , l'association
Chanvre et Paysans ou encore l'association Habitats et Energie Naturelle (HEN).
Les Civam sont fédérés au niveau national, régional et parfois départemental comme c'est le cas en
Loire-Atlantique. L'association de type loi 1901 oeuvre pour le développement agricole et rural et la
recherche d'autonomie des territoires ruraux. Les adhérents de l'association sont agriculteurs, artisans
ou particuliers. Le Civam est constitué de différents groupes de travail. Chanvre et Paysans ainsi que
HEN découlent de ces groupes et sont aujourd'hui constituées en associations. Le groupe Chanvre et
Paysans est composé de 15 agriculteurs qui produisent du chanvre destiné à être commercialisé en
circuits courts, d'artisans, de la scop Tierrhabitat et d'autres partenaires. L'association HEN constitue
l'un des groupes du Civam44. Elle est elle-même composée de différents groupes de travail et
d'actions autour de l'éco-construction (groupements d'achat, chantiers participatifs?) et regroupe
uniquement des auto-constructeurs.
Le partage du savoir-faire, des connaissances, des techniques liées à l'éco-construction et la
mutualisation des ressources est porté par certaines associations identifiées en Pays de la Loire.
L'association Niveau à Bulle (Indre-44) a pour mission de développer l'échange et la mutualisation des
savoirs et des ressources entre ses adhérents (accès aux matériaux, aux outils, à la documentation,
aux retours d'expérience?). L'association participe également à la structuration de la filière par la
mise en relation d'acteurs professionnels et non professionnels du Bâtiment. Le Niveau à Bulle réalise
également des missions de conseil pour les particuliers et les professionnels, organise et accompagne
des chantiers participatifs et des formations sur les techniques de construction avec des matériaux
naturels (paille, bois, chanvre...) et assure la sensibilisation du grand public aux techniques d'éco-
construction par le biais de salons et de démonstrations.
L'association Eco-Construction Ligérienne Atlantique (Eclat) a pour objet l'information et
l'accompagnement de ses membres sur des projets de construction et de rénovation du bâtiment.
L'association cherche à promouvoir les pratiques de construction qui s'inscrivent dans une démarche
12 Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural (Loire-Atlantique)
Structuration
de la filière
Structuration d'une
grappe d'acteurs de
l'éco-construction
Echobat
Mise en
relation
d'acteurs
Civam 44
Chanvre et
Paysans
Habitats et
Energies
Naturelles
Partage du
savoir-
faire, des
techniques
Le Niveau à
Bulle
Eco-
Construction
Ligérienne
Atlantique
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
43
pérenne de développement soutenable. De par ses missions, l'association Eclat contribue au
développement et à la structuration de la filière des matériaux de construction bio-sourcés. Elle réalise
notamment des chantiers participatifs sur la construction paille.
La structuration de la filière passe également par des projets menés par une grappe d'acteurs de
l'éco-construction. L'association Echobat Développement en est l'illustration. Elle regroupe le Comité
de Bassin d?Emploi du pays d?Ancenis, la Maison Familliale Rurale de Riaillé, le chantier d?insertion
Erdre et Loire Initiatives, la Scop TierrHabitat (Ligné) et la SARL Artibois (Oudon). L?association Une
famille Un toit est associée à Echobat dans la réalisation d'un projet de construction de logements
sociaux économes en énergie, faisant appel à des matériaux sains et autour d'une démarche
d'insertion professionnelle. Ce projet est détaillé dans la suite du document.
c. Les associations qui apportent un appui technique aux constructeurs
La formation des acteurs de la construction, qu'ils soient auto-constructeurs ou artisans, constitue une
branche de l'environnement associatif. Cette branche est proche de la partie précédente, en particulier
du sous-groupe "partage du savoir-faire et des techniques".
L'appui technique aux constructeurs en matériaux bio-sourcés consiste principalement en de la
formation sur les différentes techniques et différents matériaux. La formation sur les techniques de
construction en matériaux bio-sourcés peut prendre différentes formes. En particulier une voie de
formation plus "classique" comme c'est le cas pour la Maison Familiale Rurale de Riaillé, Noria et
Compagnie, ou l'organisation de
chantiers participatifs, comme ceux
proposés par Botmobil pour la
construction paille, ou encore par les
associations Eclat et Niveau à Bulle.
Les chantiers participatifs
représentent une voie importante de
l'apprentissage des techniques en
auto-construction, en particulier pour
le matériau paille.
Les actions de formations portées par
la Maison Familiale Rurale de Riaillé
et par l'association Noria et Compagnie sont décrites plus précisément dans la partie du document
traitant des formations.
Appui
technique
Actions de
formation
Maison Familiale
Rurale de Riaillé
Noria et
Compagnie
Chantiers
participatifs
Botmobil
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
44
Cavac
Biomatériaux
Coopérative Centrale des
Producteurs de
Semences de Chanvre
Chanvre et Paysans
Quelques hectares
à destination de la
Cavac notamment.
Pas du surfaces en 2010
mais parfois quelques
hectares à destination
d?Agrochanvre.
86 615
236 176
40 057
75 828
1 129
4 187
471
1 271
-1 000
1 000
3 000
5 000
7 000
9 000
0
50 000
100 000
150 000
200 000
250 000
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Evolution de la surface de chanvre cultivée et de la
production associée en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Production (100 kg) Surface cultivée
III- La production des matières premières
La région Pays de la Loire ne recense pas d'outils de production sur l'ensemble des matériaux qui font
l'objet de cette étude. Certains matériaux sont bien implantés localement mais n'alimentent pas
uniquement le secteur de la construction.
1. Le chanvre
La culture du chanvre en Pays de la
Loire a connu une période de forte
croissance au début des années 2000
liée à l'activité papeterie. L'usine de
défibrage située à Spay en Sarthe
nécessite alors une production locale
importante en chanvre. En 2007, la fin
de l'activité de PDM Industries
(transformation du chanvre en papier) à
Spay entraîne la chute de la demande
de chanvre en Sarthe et dans les
départements limitrophes. La filière
chanvre disparaît alors peu à peu avant
de bénéficier de nouveaux débouchés en particulier dans le secteur de la construction. Depuis 2008,
la région observe une croissance des mises en cultures de chanvre.
Près de 1 271 hectares de chanvre sont cultivés en 2011, dont près de 700 hectares sont valorisés
sur la filière Bâtiment. Les Pays de la Loire se placent comme la deuxième région française
productrice, derrière la Champagne Ardenne (Chanvrières de l'Aube). Toutefois, une partie importante
des mises en culture est liée à la production de semences. La Coopérative Centrale des Producteurs
de Semence de Chanvre (CCPSC), située en Maine-et-Loire, à Beaufort-en-Vallée est "multiplicateur
exclusif"13 des variétés de chanvre. La CCPSC cultive environ 500 hectares de chanvre destinés à la
production de semences. Hors production de semences, les Pays de la Loire sont la quatrième région
française en termes de production
de chanvre, devancés également
par Midi-Pyrénées et Ile-de-France.
Avec une filière complète, de la
culture du chanvre à la production
de laines isolantes, la Vendée est
le premier département producteur
en Pays de la Loire. La surface
cultivée est estimée à 600 hectares
en 2011 et est destinée à fournir
l'entreprise Cavac Biomatériaux. La
coopérative de transformation
s'approvisionne également dans
les Deux-Sèvres (environ 250
hectares). En 2013, la Cavac
devrait mettre en culture 1 400
hectares de chanvre.
Historiquement grand producteur
de chanvre, la Sarthe a vu sa
production chuter jusqu'à
disparaître complètement cette
année suite à la fin de l'activité
chanvre de PDM. Les années précédentes, quelques hectares étaient encore cultivés complétant
ainsi la production vendéenne de chanvre à destination de Cavac Biomatériaux.
13 Les producteurs de chanvre doivent ainsi se fournir en semences auprès de cet organisme agréé
Les surfaces de chanvre mis en culture en Pays de la Loire et
leurs débouchés pour la construction
Source : Agreste 2010 et entretiens avec les acteurs locaux
(Ha)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
45
Loire-
Atlantique
11% Maine-et-
Loire
20%
Mayenne
6%
Sarthe
14%
Vendée
49%
Répartition de la surface de lin cultivé en Pays de la Loire en
2011
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
La Mayenne a également vu sa production de chanvre diminuer à la suite de la fermeture de PDM.
Elle dispose aujourd'hui d'un nouveau débouché avec l'entreprise AgroChanvre située dans la
Manche. AgroChanvre est spécialisée dans l'extrusion du chanvre et du PVC. Elle distribue également
des blocs de chanvre liés à de la chaux. En 2009, environ 50 hectares, principalement destinés à
Agrochanvre, étaient cultivés en Mayenne.
La Loire-Atlantique dispose d'une production locale, initiée par un regroupement d'agriculteurs
désireux de développer une filière chanvre en circuits courts. Ils sont regroupés depuis 10 ans sous
l'association Chanvre et Paysans animée par le Civam 44 14 . Le groupe appartient au réseau
Chanvriers en Circuits Courts
15. Le chanvre est cultivé en rotation et représente entre 1 et 6 hectares
par agriculteur soit une surface de 25 à 35 hectares annuels pour l'ensemble du groupe.
2. Le lin
Deux variétés de lin coexistent. Le lin fibre
(ou textile) est principalement destiné à
l'industrie textile; le lin oléagineux (ou
graine) est quant à lui utilisé par l'industrie
agro-alimentaire. La première variété n'est
pas ou peu cultivée en Pays de la Loire. Le
lin oléagineux est en revanche bien
présent localement : 2 225 hectares ont
été cultivés en 2011, soit près de 15% de
la superficie cultivée en France (hors
TOM) pour une production de plus de 3
638 tonnes, soit près de 12% de la
production nationale. Près de la moitié de
la surface régionale cultivée est située en
Vendée. Le lin oléagineux est mis en
culture en novembre et récolté en juin/juillet.
La culture est peu exigeante en eau.
La surface de lin mise en culture par la
Cavac est destinée à l'activité agro-
alimentaire du groupe. Seules les graines
du lin étaient utilisées. Les adhérents de la
coopérative ont alors cherché à valoriser les
co-produits liés aux activités agricoles.
Cavac créé en 2009 la filiale Cavac
Biomatériaux afin d'exploiter les fibres de lin
jusqu'ici non utilisées. La coopérative
exploite du lin graine dont le rendement en
fibres est moindre, son débouché principal
étant l'agroalimentaire.
La surface de lin mise en culture
annuellement par la coopérative représente
environ 2 500 hectares (en Pays de la Loire mais également en Poitou-Charentes).
14 Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural de Loire-Atlantique
15 L?association Chanvriers en Circuits Courts est une association de producteurs-transformateurs de chanvre pour l?éco-
construction. Elle est animée par l?Afipar et un collectif d?associations de développement rural (Réseau Civam, Alter?énergies,
Eco-Pertica ...)
41 660
36 381
2 412
2 225
0
500
1 000
1 500
2 000
2 500
3 000
5 000
15 000
25 000
35 000
45 000
Evolution de la surface de lin cultivée et de la production
associée en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Production (100 kg) Surface cultivée (Ha)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
46
26 201 190
31 036 025
423 730
506 160
0
100 000
200 000
300 000
400 000
500 000
600 000
15 000 000
20 000 000
25 000 000
30 000 000
35 000 000
40 000 000
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Evolution de la surface de céréales cultivée et de la
production associée en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistique agricoles annuelles
Production (100kg)
Surface (Ha)
3. La paille
Les cultures de céréales (blé, orge,
avoine et triticale) représentent 506 160
hectares en Pays de la Loire pour l'année
2011. La production régionale est estimée
à 3,1 millions de tonnes sur cette même
année, soit 6,6% de la production
nationale sur ces types de céréales.
La paille de blé est la plus utilisée dans les
constructions paille. En 2011, 2,5 millions de
tonnes de blé ont été produites en Pays de
la Loire. La production de paille de céréales
est essentiellement destinée aux élevages et
aux sols. La Vendée se place comme le
premier producteur de céréales en Pays de
la Loire, avec 24% de la production
régionale sur ces types de céréales.
La production de paille de céréales
destinées à la construction n'est pas
clairement identifiée en Pays de la Loire.
Une initiative organisée autour du Civam 44
regroupe des producteurs de paille qui
souhaitent valoriser des excédents de
production de paille pour la construction en
circuits courts a été active jusqu'en 2009,
suivant la dynamique des règles
professionnelles de construction en paille.
Cependant, les dernières années marquées
par la sécheresse et un rendement
consécutif moindre n'ont pas permis de
dégager des excédents pour la construction.
Blé tendre
76%
Blé dur
6%
Orge
8%
Avoine
0%
Triticale
10%
Répartition de la production de céréales par type
de culture en Pays de la Loire en 2011
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Loire-
Atlantique
14%
Maine-et-
Loire
21%
Mayenne
20%
Sarthe
21%
Vendée
24%
Répartition départementale de la production de
céréales en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
47
4. Focus sur le roseau
Le matériau a fait l'objet d'un état des lieux réalisé par l'Office National de la Chasse et de la Faune
Sauvage entre 2006 et 2008. Au total, 14 709 hectares de roselières ont été recensés en Pays de la
Loire, essentiellement sur le département de la Loire-Atlantique.
Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ? Les roselières des Pays de la Loire état des lieux sur la base de visites de terrain entre 2006 et 2008
Le parc de Brière (Loire-Atlantique) regroupe le plus grand nombre de chaumières en France avec
plus de 3 000 couvertures recensées soit 60% des chaumières françaises.
Paradoxalement, 80% du roseau utilisé pour les toitures proviennent de Camargue, où la
transformation est mécanisée. L'absence de mécanisation en Brière et le manque d'homogénéité des
roseaux rend difficile son exploitation. Le Parc Naturel Régional de Brière travaille sur la possibilité de
disposer d'un coupeur de roseaux professionnel16. En 2006, 13 entreprises de couverture en chaume
étaient recensées sur le territoire du parc.
Des aides financières de l'Etat dans un premier temps puis du Conseil Régional des Pays de la Loire
ont permis de restaurer un grand nombre de chaumières du parc. En 2006 et depuis le lancement des
aides, près de 1 600 chaumières ont bénéficié d'une subvention dans le cadre d'une construction ou
d'une réhabilitation.
16
Le chaume, une spécificité de la Brière, bilan de la politique d'aide à l'emploi du chaume dans le parc. Parc Naturel Régional
de Brière
Pays de la
Loire
Loire-
Atlantique
Maine-et-Loire Mayenne Sarthe Vendée
Superficie
totale 32 126 km² 6 893 km² 7 131 km² 5 171 km² 6 210 km² 6 721 km²
Roselières 147 km² 144 km² 1 km² 0,2 km² 0,8 km² 1,4 km²
Pourcentage
du territoire 0,46% 2,05% 0,014% 0,004% 0,012% 0,021%
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
48
Cavac
Biomatériau
x
Agrochanvre
Chanvre défibré
en provenance
des chanvrières
importantes :
Chanvrières de
l?Aube,
Eurochanvre?
Le chanvre non
défibré est
cultivé par des
agriculteurs
diffus en Loire-
Atlantique.
A la fermeture
de PDM,
quelques
agriculteurs
fournissent la
Cavac. Cette
année, aucune
culture n'est
mise en place.
Quelques cultures de
chanvre destinées à
alimenter Agrochanvre en
chanvre non défibré.
Le chanvre non
défibré est collecté
dans un rayon de
100 km,
essentiellement en
Vendée et en Deux-
Sèvres.
Effireal
Chanvre et
Paysans
IV- La transformation
1. Le chanvre
a. L'approvisionnement en chanvre
Les deux coopératives qui travaillent sur la transformation du chanvre en Pays de la Loire, Cavac Bio-
matériaux et Effireal, nécessitent un approvisionnement en matière première. Mais les deux situations
sont différentes :
? Cavac Bio-matériaux est en mesure d'assurer le défibrage du chanvre sur son site
de production et peut donc accueillir les pailles de chanvre brutes.
? Effireal ne possède pas de ligne de défibrage et doit donc se fournir en chanvre
préalablement défibré.
Pour la coopérative Cavac Biomatériaux, l'approvisionnement en matière première est assuré par
l'activité agricole du groupe Cavac. Le chanvre cultivé dans le cadre de l'activité du groupe agro-
alimentaire est regroupé sur le site de Sainte-Gemme La Plaine avant d'être soumis à la première
transformation.
La coopérative Effireal doit quant
à elle faire appel à des
chanvrières capables de garantir
cette première transformation
avant d'engager son activité, à
savoir la deuxième transformation
(nappage des laines isolantes).
En 2012, la coopérative a acheté
250 tonnes de fibres pour la
production de laines. Les fibres
utilisées proviennent
essentiellement des Chanvrières
de l'Aube en Champagne-
Ardenne. Aucune fibre de chanvre
travaillée par Effireal n'est issue
d'une production régionale.
Flux de chanvre défibré et non défibré en Pays de la Loire
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
49
b. Le défibrage du chanvre ou première transformation
Le défibrage du chanvre est l'étape durant laquelle la paille de chanvre est broyée afin de séparer la
fibre de la chènevotte. Cette opération est essentiellement mécanique et ne fait pas appel à des
procédés chimiques.
Actuellement, seule Cavac Biomatériaux dispose d'un outil de défibrage du chanvre en Pays de la
Loire. La paille de chanvre est placée sur la chaîne de production puis broyée afin de séparer la
chènevotte et les fibres. Les fibres et la chènevotte sont ensuite séparées et les poussières aspirées.
La chènevotte est stockée et conditionnée pour être ensuite distribuée à usage de mortier pour béton
de chanvre. Les fibres sont quant à elles acheminées vers la deuxième étape de la fabrication de
laines isolantes : le nappage.
L'association Chanvre et Paysans est actuellement en phase d'acquisition d'un matériel de défibrage
du chanvre. Une demande d'aide à l'investissement a été réalisée auprès du conseil général de Loire-
Atlantique. L'outil de défibrage doit être mobile car les agriculteurs du groupe sont disséminés sur
l'ensemble du département. Cet outil devrait permettre de trouver de nouveaux débouchés. Il est
actuellement difficile pour l'association de capter les artisans sans assurer un défibrage du chanvre.
c. Le nappage des laines ou seconde transformation
Les fibres végétales et la fibre de liage (fibres polyester) sont mélangées. Ce mélange est ensuite
homogénéisé par peignage. Les éléments mal mélangés sont extraits à la sortie cette étape puis
réinsérés à l?entrée, afin d?être de nouveau peignés (boucle fermée). La nappe est ensuite constituée
avant d'être liée par thermofixation. Le produit est ensuite découpé et conditionné.
Deux unités de fabrication de laine de chanvre sont situées en Pays de la Loire. Il s'agit de Cavac
Biomatériaux en Vendée et d'Effireal en Maine-et-Loire. Le chanvre est l'un des différents matériaux
travaillés par ces deux coopératives. Effireal, placée exclusivement sur le marché de la deuxième
transformation (fabrication de laines isolantes) produit actuellement 600 tonnes de laines
isolantes, dont approximativement 200 tonnes de laines de chanvre. Effireal produit les isolants
de la voie sèche pour Technichanvre, commercialisés sous la marque Technilaine. Une autre unité de
production localisée dans le Finistère produit les isolants en voie humide à base de chanvre.
Cavac Biomatériaux fabrique différentes laines isolantes à base de chanvre. Une laine à base
de fibres de chanvre uniquement, une laine à base de fibres de chanvre et de fibres de lin
associées, une laine à base de fibres de chanvre et de ouate de cellulose. La laine de chanvre et
de lin bénéficie d'un avis technique CSTB et de l'Acermi. La laine de chanvre dispose d'un avis
technique européen. La laine à base de chanvre et de ouate de cellulose devrait obtenir un avis
technique européen prochainement.
Cavac Biomatériaux n'a pas souhaité communiquer sur les volumes de production des différents
matériaux fabriqués par l'entreprise. Cependant, Cavac Biomatériaux indique que la capacité de
production de l'usine représente la fabrication d'isolants pour 5 000 ou 6 000 maisons par an soit
environ 250 000 m² d'isolant par an. D'autres lignes de production peuvent être ajoutées à celles déjà
présentes.
d. La production d'autres matériaux à base de chanvre
La production de matériaux de construction d'Effireal porte exclusivement sur la fabrication de laines
isolantes. Néanmoins, Effireal distribue des briques de chanvre de la marque Chanvribloc et dispose
d'une activité de paillage pour l'arboriculture.
La ligne de défibrage de Cavac Biomatériaux permet la production des fibres de chanvre nécessaires
à la conception des laines isolantes mais également l'extraction de la chènevotte. Cette partie de la
paille est utilisée comme mortier pour la réalisation de béton de chanvre. Elle représente entre 55% et
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
50
60% de la paille. La coopérative extrait la chènevotte, puis la conditionne et la distribue pour la
conception d'enduits ou pour l'utilisation en litière.
Par ailleurs, les poussières issues de la première transformation de la paille de chanvre (et de lin) sont
utilisées pour la fabrication de granulats isolants pour chape. Les poussières sont agglomérées par
compression sans utilisation de liant. L'entreprise réalise également des produits de paillage avec la
fibre et la chènevotte.
2. Le lin
a. L'approvisionnement en lin
Proche et parfois associé au
chanvre, le lin est utilisé dans la
fabrication d'isolants dans des
volumes moins importants que le
chanvre.
Les deux coopératives de fabrication
de laines isolantes bio-sourcées en
Pays de la Loire utilisent du lin dans
la conception de leurs produits.
Cavac Biomatériaux utilise les fibres
de lin dans la conception des laines
Biofib Duo (ou Calin) en les associant
à des fibres de chanvre.
Effireal produit une laine isolante de
lin destinée à la coopérative Lin 2000
située dans l'Oise. Lin 2000 défibre le
lin et commercialise les laines sous la
marque Natur'lin. Effireal assure le
nappage des isolants. La production
de laine de lin est moins conséquente que la production de laine de chanvre : en moyenne Effireal
utilise 50 tonnes de fibres de lin par an pour la production de laines isolantes contre 250 tonnes de
chanvre.
b. Le défibrage du lin
Le lin récolté par les agriculteurs est transporté jusqu'aux entreprises de première transformation sous
forme de balles de paille de lin. La phase de décortication consiste ensuite à séparer par une
opération mécanique la fibre des granulats (anas de lin). Les éléments sont triés en trois
composantes : fibres, anas et poussières.
En Pays de la Loire, seule Cavac Biomatériaux dispose de l'outil nécessaire à cette opération. Ce
même outil est capable d'assurer à la fois le défibrage du chanvre et du lin.
De la même façon que pour le chanvre, les fibres de lin sont acheminées vers la ligne de fabrication
des laines isolantes. Dans le cas de Cavac Biomatériaux, les fibres de lin seront associées à des
fibres de chanvre.
c. Le nappage des laines
Dans son activité de sous-traitance en deuxième transformation du lin, Effireal procède au nappage
des laines, de la même façon que pour le chanvre. Les fibres naturelles sont mélangées à des fibres
synthétiques qui vont jouer le rôle de liant. Le mélange est ensuite nappé selon la densité et
l'épaisseur voulues avant d'être porté à une certaine température qui va permettre une fonte partielle
Le lin non défibré
est collecté dans un
rayon de 100 km,
essentiellement en
Vendée et en Deux-
Sèvres.
Cavac
Biomatériaux
Effireal
Lin défibré en provenance
de la coopérative agricole
lin 2000 dans l'Oise
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
51
du liant synthétique. Le matériau est ensuite découpé et conditionné. Un avis technique est en cours
d'instruction auprès du CSTB concernant ce produit.
La coopérative Cavac Biomatériaux utilise les fibres de lin pour la fabrication de ses laines isolantes
en les associant à des fibres de chanvre. Le processus de fabrication est similaire à celui décrit dans
la partie IV.1.c. L'isolant commercialisé sous le nom Biofib Duo bénéficie d'un avis technique et de
l'Acermi.
3. Le coton
a. L'approvisionnement en fibres de coton
Dans le cadre de l'activité d'Effireal,
la fibre de coton utilisée dans la
production de laines isolantes est
issue du défibrage de vêtements non
réutilisables par Le Relais. 60 000
tonnes de textiles sont ainsi
recyclées par an par Le Relais en
France. Les fibres récupérées une
fois l'effilochage réalisé sont
transmises à Effireal. De la même
façon que pour la laine de chanvre
ou la laine de lin, la coopérative
Effireal ne procède pas à la première
transformation de défibrage.
Travaillant également en sous-
traitance pour la fabrication d'isolants
en fibres de coton, Cavac
Biomatériaux n'assure pas non plus
l'effilochage. La coopérative n'a pas
souhaité communiquer sur la provenance des fibres de coton.
b. Le nappage des laines
Effireal dispose des fibres de coton fournies par Le Relais et assure la fabrication de laines isolantes
de la marque Métisse. Les laines isolantes Métisse représentent les 2/3 de la production annuelle
d'isolants par Effireal, soit environ 400 tonnes. Une deuxième usine de fabrication du produit est en
cours de construction dans le nord de la France.
Les procédés de fabrication des laines sont identiques à ceux des fibres végétales décrites
précédemment.
Fourniture de fibres textiles
pour un marché spécifique.
La provenance n'est pas
communiquée.
Cavac Biomatériaux
Effireal
Fibres textiles issues du
recyclage des vêtements non
réutilisables (Le Relais).
L'usine Minot Recyclage
Textile (Nord-Pas-de-Calais)
assure l'effilochage.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
52
4. La fibre de bois
a. L'approvisionnement en fibres de bois
Effireal lance actuellement une
production d'isolants en fibres de
bois sous sa propre marque
Effibois. La production de fibres de
bois ne se fait pas localement, les
fibres sont produites par une
entreprise de la région lyonnaise.
Selon la coopérative, les scieries
sont rarement équipées pour
produire des fibres de bois. La
production de fibres de bois
nécessite des installations
conséquentes.
b. La fabrication des isolants en fibres de bois
Seule la coopérative Effireal travaille ce matériau dans la conception de laines isolantes en Pays de la
Loire. Le procédé de nappage reste identique à celui des autres fibres végétales décrites
précédemment. Les volumes de production sont encore marginaux, l'activité étant en phase de
démarrage.
5. La ouate de cellulose
a. L'approvisionnement en papier recyclé
Seul fabricant de ouate de cellulose en
Pays de la Loire, l'entreprise Igloo
Cellulose nécessite un approvisionnement
en papier, la ouate de cellulose étant
composée à 90% de papier recyclé.
L'entreprise dispose d'un contrat avec le
groupe de recyclage Paprec qui lui assure
une mise à disposition de matière pour la
production de ouate. En 2011, Igloo
Cellulose a consommé 5 000 tonnes de
journaux recyclés pour la production de
ouate de cellulose. En 2012, l'entreprise
estime avoir consommé entre 6 000 et
7 000 tonnes de journaux recyclés.
Effireal
Fibres de bois en
provenance de la
région lyonnaise.
Le nom du
fournisseur n?est
pas communiqué
Paprec :
Collecte déchets dont papier
(journaux essentiellement)
Igloo
Cellulose
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
53
Isopaille
Civam 44
Groupe
paille
Paille de blé en
provenance
essentiellement
du Loir-et-Cher
Les céréales sont
cultivées partout mais
destinées en priorité au
paillage ou à
l?alimentation des
animaux
Dynamique jusqu?en
2009. Actuellement
inactif car peu de paille
est disponible
(sécheresse)
b. La fabrication de la ouate de cellulose
La principale transformation de la matière première réside dans le broyage du papier issu du
recyclage. Des produits ignifugeants et fongicides sont ajoutés avant la compression de la ouate et le
conditionnement. La production annuelle de ouate de cellulose par l'entreprise Igloo Cellulose
représente environ 5 500 tonnes en 2011 et devrait atteindre près de 7 000 tonnes en 2012.
Le marché français se partage entre six fabricants, dont un seul est localisé en Pays de la Loire.
c. La fabrication de laines isolantes à base de ouate de cellulose
La gamme de produits fabriquée par
Cavac Biomatériaux comprend une laine
isolante constituée de fibres de chanvre
et de ouate de cellulose. La coopérative
ne fabrique pas de ouate de cellulose.
Selon Cavac Biomatériaux,
l'approvisionnement est trop difficile à
assurer. L'entreprise fait donc appel à un
fournisseur localisé en Bretagne (le nom
n'a pas été communiqué) pour
s'approvisionner en ouate de cellulose.
La ouate est défibrée et intégrée aux
fibres de chanvre afin de réaliser une
isolation chanvre et ouate de cellulose
associés sous forme de panneaux et
principalement destinée à l'isolation
acoustique. Le produit est commercialisé
sous le nom Biofib Ouate et un avis
technique européen est en cours de
validation.
6. La paille
a. L'approvisionnement en paille
L'approvisionnement en paille de
la société Isopaille est
essentiellement réalisé auprès
d'un agriculteur situé dans le
département du Loir-et-Cher, à
environ 30 km de l'entreprise.
L'agriculteur dispose d'une
capacité de stockage importante
de la paille. Celle-ci peut être
conservée pendant deux à trois
années. L'entreprise ne connaît
pas de difficultés particulières
d'approvisionnement. La
localisation de l'entreprise aux
portes de la Beauce lui permet
de profiter de paille disponible à
proximité.
Isopaille dispose d'une capacité
de stockage de paille de l'ordre de 40 tonnes. Selon les propos de son dirigeant, Isopaille pourrait
utiliser entre 200 et 300 tonnes de paille pour son activité en 2012.
Cavac
Biomatériaux
Producteur de
ouate de cellulose
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
54
b. La fabrication des éléments préfabriqués ossature bois et isolation en paille
compressée
Après réception des bottes de paille intervient la phase de fabrication des Blocs Isopaille. Les bottes
de paille sont chargées sur un tapis d'entrée, les liens sont retirés. Un décompacteur permet ensuite
d'introduire la paille en vrac à l'entrée de la presse. La paille est orientée et comprimée dans un canal
qui va permettre d'obtenir la masse volumique souhaitée. Le produit est alors formaté en un
parallélépipède et ficelé. Les liens utilisés peuvent être de nature synthétique ou naturelle.
L'ossature bois réalisée en atelier est comblée avec les Blocs Isopailles. Les liens sont sectionnés afin
que la paille maintenue sous pression se libère et vienne occuper l'espace par une expansion
horizontale.
7. Récapitulatif des matériaux produits en Pays de la Loire
Matériaux Produits Description
Production
matière
première
Transformation Distribution
Chanvre
Bio fib'chanvre
Panneaux semi-
rigides et
rouleaux
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Technilaine Panneaux
Chanvrières de
tailles
conséquentes :
Chanvrières de
l'Aube?
Effireal à Chemillé Par Technichanvre en
ventre directe
Biofib'chape
Granulats de
poussières de
chanvre et de lin
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Paille de
chanvre brute
Pailles de
chanvre non
défibrées
Chanvre et
Paysans
Transformation
manuelle par
l'acheteur
Circuits courts par le
biais de l'association
Chanvre et Paysans
Lin
Biofib'duo Panneaux et
rouleaux
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Natur'lin
Panneaux semi-
rigides et
rouleaux
Lin 2000 (Oise) Effireal à Chemillé
(49)
Par Lin 2000 sous la
marque Natur'Lin
Ouate de
cellulose
Biofib'ouate Panneaux
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Igloo Cellulose Vrac
Recyclage du
papier - Paprec
Igloo Cellulose à La
Chapelle-Achard (85) Réseau d'applicateurs
Paille
Blocs Isopaille
pour procédé
Ecovilla Mur
Ossature bois et
isolation en
blocs de paille
compressée
Producteurs
céréaliers en Loir-
et-Cher
Isopaille à Cherré Pose sur chantier
Fibres de
bois
Effibois Panneaux Région Lyonnaise Effireal à Chemillé
(49)
Commercialisé
régionalement
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
55
V- La distribution
1. Les circuits de distribution d'Effireal
Les produits à base de fibres de
chanvre fabriqués par Effireal et
commercialisés par Technichanvre
ne sont pas distribués par le biais
des distributeurs conventionnels.
Technichanvre peut, de cette façon,
apporter des précisions sur les
techniques de pose à l'utilisateur.
Technichanvre vend donc
directement sa gamme et propose
des stages de formation à
l'application de certains matériaux
qu'elle commercialise.
Les laines isolantes à base de
fibres de lin sont commercialisées
par la coopérative Lin 2000 sous la
marque Natur'Lin.
Les laines isolantes Métisse à base de fibres textiles sont fabriquées sur le site de Chemillé mais
commercialisées par Le Relais dont le siège est situé en Pas-de-Calais. La distribution du produit
Métisse est effectuée par Le Relais qui s?appuie sur une équipe de technico-commerciaux et un
réseau de plates-formes commerciales et de distributeurs spécialisés dans les matériaux d?isolation
bio-sourcés et/ou traditionnels.
Effireal dispose également d'une possibilité de vente directe sur les départements des Pays de la
Loire et limitrophes à la région. Elle concerne principalement des particuliers, des artisans ou des
commerces spécialisés. Selon Effireal, la vente directe représente une quantité très faible de la
production : environ 2% du chiffre d'affaires.
La laine de bois commercialisée par Effireal sous la marque Effibois est destinée à être distribuée en
Pays de la Loire.
Technichanvre
Commercialisation des laines
de chanvre par
Technichanvre
Distribution en
vente directe des
laines de chanvre
par Technichanvre
Distribution en vente directe des
laines isolantes sur les
départements limitrophes.
Commercialisation du produit
Effibois en Pays de la Loire.
Commercialisation
des laines à base
de fibres de lin par
Lin 2000,
coopérative
agricole située
dans l'Oise
Effireal
Commercialisation des Métisse par Le
Relais en Pas-de-Calais
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
56
2. Les circuits de distribution de Cavac Biomatériaux
Cavac Biomatériaux utilise
différents réseaux de distribution
pour commercialiser ses
produits. L'entreprise dispose de
six commerciaux en France. Des
partenariats sont réalisés avec
les négoces afin de permettre
une distribution sur l'ensemble
du territoire.
Les produits Cavac Bio-
matériaux sont distribués sous la
gamme Biofib pour les négoces
(Point P, Vendée Matériaux) et
sous la gamme Axton ou Calin
pour les grandes surfaces de
distribution (respectivement
Leroy Merlin et M. Bricolage).
Enfin, une partie de la production est exportée à l'étranger, en particulier vers le Benelux, l'Italie et
l'Angleterre. Ce marché représente environ 20% du chiffre d'affaires. La priorité est donnée au grand
ouest pour des raisons économiques (coûts de transport) et pour permettre aux clients potentiels de
visiter le site de production.
3. Le circuit de distribution d'Igloo Cellulose
L'entreprise de fabrication de ouate de cellulose ne fait pas appel aux négoces ni aux grandes
surfaces de distribution pour distribuer sa production. Igloo Cellulose passe par un réseau
d'applicateurs agréés.
Igloo Cellulose
Distribution par le biais d'un
réseau d'applicateurs agréés
Pour les matériaux à base de
chanvre, lin, ouate de cellulose :
Système de partenariat avec
certains négoces et grande
surfaces de distribution. 6
commerciaux permettent de
couvrir l'ensemble du territoire
français. Par ailleurs, 20% du
chiffre d'affaires est réalisé à
l'export (Bénélux, Italie,
Angleterre)
Pour les matériaux à base de fibres de coton :
Travail en sous-traitance. Le produit n'est pas
destiné à un circuit de distribution classique.
Cavac Biomatériaux
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
57
4. La pose directe sur chantier par Isopaille
La fabrication d'éléments conséquents d'ossature en bois à isolation paille tel que le procédé Ecovilla
Mur (cf Avis technique en annexe) implique une pose sur chantier. Celle-ci est assurée par l'entreprise
à l'aide d'une grue.
5. L'association Chanvre et Paysans et le groupe paille du Civam 44
Les groupes chanvre et paille du Civam 44 sont constitués dans l'idée de développer une distribution
en circuits courts sur le département de Loire-Atlantique. Le groupe chanvre aujourd'hui constitué en
association fait partie du réseau des Chanvriers en Circuits Courts, association qui intervient sur le
développement de micro-filières locales de production de chanvre fermier pour l?éco-construction en
France. Au départ les agriculteurs se sont orientés sur la culture du chanvre à des fins de projets
personnels d'auto-construction, avant de chercher à vendre le chanvre cultivé à une clientèle locale.
Actuellement, les producteurs de Chanvre et Paysans proposent un chanvre brut, non trié, qui
intéresse principalement les auto-constructeurs. La mise en oeuvre est par conséquent plus longue et
plus délicate (le défibrage doit s'effectuer manuellement) et les débouchés éventuels plus restreints.
L'acquisition d'un outil de défibrage mobile est en projet et devrait se concrétiser prochainement.
La culture du chanvre a également permis à certains membres du groupe d'approcher la vente
directe. Dans le cadre du chanvre, cette démarche permet à l'agriculteur de prodiguer des conseils sur
la mise en oeuvre. La distribution se fait en passant par l'association Chanvre et Paysans.
6. Les distributeurs de matériaux de construction
Dans le cadre de ce travail, une enquête qualitative a été réalisée auprès de 10 distributeurs de
matériaux de construction afin de comprendre leur ressenti quant au développement de la filière en
Pays de la Loire. Cinq négoces généralistes, trois grandes surfaces de bricolage et quatre commerces
spécialisés dans les matériaux écologiques ont été approchés.
a. Les négoces de matériaux
La vente de matériaux de construction bio-sourcés est marginale par rapport aux autres matériaux
traditionnels. La part de marché de ces matériaux ne représente que 5% à 12% des ventes d'isolants.
Les négoces interrogés déclarent vendre de la ouate de cellulose (panneau ou vrac), de la laine de
bois (panneaux). Aucun des négoces interrogés ne stocke d'autres matériaux de construction bio-
sourcés, mais peuvent passer commande sur demande.
Isopaille
Pose des élements préfabriqués sur le
chantier à l'aide d'une grue par les
salariés de l'entreprise.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
58
Le prix explique selon eux le faible attrait du public vers ces matériaux. Le terme "élitiste" a été utilisé
pour qualifier la clientèle qui se dirige vers ces produits. Ce sont essentiellement des particuliers auto-
constructeurs qui sont attirés par la réponse environnementale du produit, la qualité et la technicité.
b. Les grandes surfaces de bricolage
Différents matériaux de construction bio-sourcés sont proposés à la vente. La ouate de cellulose
(panneau et vrac), le chanvre seul ou associé au lin (panneau et rouleau), les isolants en fibres de
bois (panneau), la laine de mouton (rouleau). La part des matériaux bio-sourcés dans les ventes
semble toutefois plus importante que celle rencontrée dans les négoces. Une grande surface de
bricolage interrogée sur le sujet estime que les matériaux bio-sourcés représentent entre 16 et 20%
de ses ventes d'isolant. Là encore, les produits sont principalement destinés à des particuliers auto-
constructeurs. Il est à noter qu'il n'existe pas d'affichage distinctif sur ces produits, ni de mise en avant
des spécificités techniques, sauf exception.
c. Les commerces de matériaux écologiques
Les commerces contactés sont positionnés exclusivement sur les matériaux bio-sourcés en matière
d'isolation. Les matériaux proposés à la vente concernent le chanvre (4 commerces sur 5 interrogés),
la fibre de bois (4 commerces sur 5), la ouate de cellulose (4 commerces sur 5), la fibre de coton (4
commerces sur 5), le liège (4 commerces sur 5), la plume de canard (1 commerce sur 5), la laine de
mouton (3 commerces sur 5).
Les commerces proposent des produits notamment fabriqués en Pays de la Loire : la gamme Cavac
est proposée sur les matériaux chanvre/lin. Les produits fabriqués par Effireal sont également
présents via le produit Effibois et par les produits commercialisés sous la marque Technilaine et
Métisse.
Les commerces spécialisés estiment que les produits chanvre s'adressent à la fois aux professionnels
et aux particuliers. La fibre de bois est, selon eux, davantage orientée à un usage professionnel de la
même façon que la ouate de cellulose et le liège. Concernant les autres produits proposés, les
commerçants n'ont pas d'estimations particulières sur la clientèle.
Ils constatent un certain ralentissement des ventes de matériaux à base de chanvre et de fibres de
coton depuis deux ans qui peut être liée aux difficultés économiques rencontrées par le secteur du
bâtiment. Les ventes de produits à base de matériaux d'origine animale observent également un
ralentissement. En revanche, une hausse de la demande est observée sur les matériaux fibres de
bois et ouate de cellulose. Les ventes de matériaux à base de liège semblent stables.
Différentes motivations ont été recensées pour le public qui s'oriente sur ces matériaux :
? une motivation environnementale,
? la qualité des produits proposés,
? la technicité des produits,
? une demande du client final,
? une motivation financière liée aux économies d'énergie qui seront apportées par les
performances thermiques du produit.
En revanche, le prix des produits et le manque de connaissance du public sur ces matériaux
constituent un frein au développement des matériaux de construction bio-sourcés.
Un gérant de commerce spécialisé sur les matériaux écologiques estime que certains préjugés
circulent et persistent sur les matériaux bio-sourcés. Une formation technique des professionnels sur
ces matériaux permettrait une meilleure connaissance de la qualité du produit par le client final.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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Par ailleurs, il a également été relevé le souhait de développer les filières courtes afin de diminuer le
prix des matériaux et l'impact environnemental. Les gérants nous font également part de la complexité
du marché, recouvrant de nombreux acteurs qui se livrent une concurrence forte.
d. La distribution directe entre agriculteur et artisans ou auto-constructeurs
Les différents acteurs de la filière en circuits courts font part de l'existence de nombreuses démarches
de fourniture directe de matériaux entre les agriculteurs (chanvre et paille principalement) ou les
fabricants d'une part et les artisans ou les auto-constructeurs d'autre part. Cette forme de distribution
est courante dans la filière des matériaux de construction bio-sourcés. Elle permet aux uns de
prodiguer des conseils de mise en oeuvre et aux autres d'exprimer des attentes quant aux
caractéristiques souhaitées des produits. Les acteurs qui cherchent à structurer la filière souhaitent
souvent conserver cette spécificité.
VI- La mise en oeuvre des matériaux
1. Les métiers concernés
Les différents entretiens auprès des acteurs de la filière ont apporté un éclairage sur les métiers
concernés par la mise en oeuvre de matériaux bio-sourcés.
Les différents métiers concernés par la mise en oeuvre regroupent les plâtriers, les
peintres/enduiseur/façadiers (isolation par l'extérieur notamment), les charpentiers, les couvreurs, les
poseurs de sol (liège par exemple) et les maçons.
Au cours des différents entretiens réalisés auprès des acteurs du secteur de la construction et en
particulier des acteurs de la filière des matériaux bio-sourcés, il a été possible de comprendre quels
métiers sont les plus impliqués dans l'utilisation de ces matériaux. Les métiers peuvent varier selon le
type de matériaux dit bio-sourcés. La pose de matériaux isolants bio-sourcés va davantage concerner
les métiers de plâtrier, façadier, charpentier ou poseur de sols. La paille est essentiellement utilisée
comme isolant en ossature bois et est donc souvent liée au métier de charpentier/menuisier. Les
matériaux bio-sourcés sous forme d'enduit vont généralement être associés aux métiers de peintre,
d'enduiseur, de façadier et plus particulièrement aux métiers qui touche la restauration de patrimoine.
2. L'accès à l'assurance décennale
Les relations entre les entrepreneurs interrogés dans le cadre de l'étude et les assurances diffèrent
selon les cas. L'accès à l'assurance décennale est rendu difficile sur des techniques d'exécution
particulières. La parution de règles professionnelles construction paille et exécution d'ouvrage en
béton et mortier de chanvre et leur validation par la C2P rendent plus accessibles l'assurance
décennale pour les entreprises de bâtiment qui mettent en oeuvre ces techniques. Toutefois, la
pratique montre que la garantie n'est pas automatique selon les assureurs sur ces techniques.
Ce constat amène parfois l'artisan à devoir travailler sans déclaration préalable auprès de leur
assureur des matériaux et techniques utilisés. L'entreprise porte alors le risque de supporter elle-
même les coûts d'un sinistre éventuel. Toutefois, les artisans semblent confiants dans leur savoir-faire
et les matériaux utilisés et n'envisagent pas de changer leurs techniques de travail. Ils estiment par
ailleurs qu'une certaine frilosité des assureurs envers ces matériaux freine le développement de
nouvelles techniques de travail et les innovations sur ces matériaux.
3. L'approvisionnement en matériaux
L'approvisionnement en matériaux varie en fonction de l'activité de l'entreprise, de la fréquence de ses
chantiers sur ce type de matériaux, de l'importance qu'elle attache à la proximité des matériaux et à
ses qualités environnementales.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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Si une majorité des entreprises interrogées disent attacher une importance à la provenance des
matériaux, elles sont souvent dans l'obligation d'utiliser des matériaux non locaux. Ces choix peuvent
résulter de raisons économiques, d'habitudes de travail, d'un manque de connaissance de
producteurs locaux ou d'un besoin d'homogénéité des matériaux. Cette dernière raison concerne plus
spécialement la mise en oeuvre de fibres de chanvre. Les entreprises interrogées (en particulier les
entreprises de restauration du patrimoine) qui cherchent à mettre en oeuvre un chanvre défibré sont
souvent dans l'impératif d'utiliser un chanvre issu de chanvrières reconnues afin de s'assurer une
continuité dans la granulométrie de la fibre notamment.
Globalement, les entreprises dont l'activité porte essentiellement sur la pose d'isolants à base de
matériaux bio-sourcés semblent s'approvisionner principalement auprès des commerces spécialisés
en éco-matériaux ou directement auprès des fabricants.
La ouate de cellulose, moins confidentielle aujourd'hui, dispose, en plus des circuits de distribution
classiques, de réseaux d'applicateurs qui assurent l'approvisionnement en matériaux.
4. Les difficultés rencontrées
Les entretiens auprès des différents acteurs, aussi bien de la mise en oeuvre que de la production ou
de la distribution ainsi qu'auprès des associations, ont permis de faire remonter un certain nombre de
difficultés observées lors de la mise en oeuvre. Elles relèvent principalement d'aspects techniques et
de relation avec les assureurs.
5. L'information liée au produit
La question du besoin d'informations à la fois côté entreprise et côté clientèle a été posée aux
entreprises contactées. Certaines entreprises font part d'un souhait d'informations sur les différents
producteurs de matériaux et sur les prix pratiqués. Ils déclarent manquer d'informations sur les
produits proposés par la filière et optent donc pour une continuité des matériaux qu'ils mettent en
oeuvre.
L'information auprès du public qui relève davantage des associations de promotion des différents
matériaux semble porter ses fruits puisque les professionnels observent une progression de la
demande de mise en oeuvre de produits bio-sourcés aussi bien du côté des particuliers que du côté
des collectivités.
VII- La formation sur les matériaux de construction bio-sourcés en Pays de la Loire
Les matériaux de construction bio-sourcés font l'objet d'une offre de formation importante en Pays de
la Loire. Les formations sont parfois regroupées sous la notion plus large d'éco-construction mais
abordent dans les référentiels ces matériaux de façon théorique et/ou pratique. D'autres formations
sont exclusivement axées sur la mise en oeuvre de ces matériaux. Ces formations peuvent également
être longues et sanctionnées par un diplôme ou être davantage initiatique en formation courte. Trois
centres de formation sont plus particulièrement orientés sur des formations en lien avec les matériaux
de construction bio-sourcés mais également avec les matériaux terre et bois d'oeuvre : la Maison
Familiale Rurale de Riaillé, Noria et Compagnie et ADB Formation.
1. La Maison Familiale Rurale de Riaillé
L'établissement de statut associatif propose des formations aux jeunes et aux adultes par alternance
(statut scolaire, apprentissage, contrat de professionnalisation ou formation continue) ainsi qu'un
accompagnement social et professionnel.
La MFR de Riaillé dispense différentes formations autour de l'éco-construction et des travaux
paysagers. Elle fait partie du réseau Eco-construire (Fédération Nationale des Organismes de
Formations Professionnelles à l?Eco-construction).
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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Dans le domaine de l'éco-construction, une formation longue est proposée ainsi que différentes
formations courtes.
a. La formation longue "ouvrier spécialisé en éco-construction"
Sur une période de 8 mois, la formation propose aux stagiaires d'acquérir les connaissances et les
compétences techniques en éco-construction pour exécuter des travaux neufs et en réhabilitation sur
de l?habitat individuel ou du petit collectif. La formation s'adresse à tous les publics et est en cours de
reconnaissance par un titre de niveau V. Les matériaux de construction bio-sourcés font l'objet d'une
attention particulière, notamment les matériaux bois, chanvre et paille. Les stagiaires apprennent
également à mettre en oeuvre les matériaux fibres de bois et ouate de cellulose.
Quatre sessions ont déjà été dispensées par la MFR de Riaillé et une cinquième démarrera en mars
2013. En moyenne, le centre accueille entre 10 et 12 personnes par session sur cette formation.
b. Les formations courtes
Plusieurs formations sont proposées sur divers domaines liés à l'éco-construction. Cinq formations
courtes touchent plus spécifiquement le domaine des matériaux de construction bio-sourcés. Elles
sont également inscrites dans la formation longue en éco-construction proposée par la MFR de Riaillé.
? La formation "construction paille sur ossature bois"
Sur une durée de cinq jours, les stagiaires sont formés aux techniques de construction de maisons en
bottes de paille associées à une ossature bois spécialement adaptée. La formation insiste sur les
détails d'exécution et sur d'autres spécificités liées à l'utilisation de la paille.
? La formation "bétons et enduits en chaux chanvre"
La formation doit permettre aux stagiaires de maîtriser les différentes techniques d?application du
chaux chanvre et de connaître les intérêts et les domaines d?utilisation du mélange. La formation est
proposée sur deux jours.
? La formation "isolation naturelle par l'extérieur"
Durant deux jours, les stagiaires sont formés aux techniques et à la mise en oeuvre spécifique de
l?isolation par l?extérieur avec des matériaux naturels. Le traitement des ponts thermiques est
également abordé durant la formation.
? La formation "techniques et matériaux de l'éco-construction"
Durant deux jours, les stagiaires sont formés sur les enjeux et la démarche d'éco-construction. Ils
apprennent à définir une stratégie de choix d'éco-matériaux pour l'enveloppe et l'isolation en fonction
des contraintes et des attentes du client.
? La formation "corps d'enduit en terre et fibre"
Les stagiaires suivent une formation de trois jours axée sur l'apprentissage de la mise en oeuvre de
corps d'enduit en terre et fibre sur les techniques terre-paille, adobe, bauge, torchis. Les stagiaires
apprennent à corriger le mélange en fonction du type de terre.
Selon la MFR, les formations courtes les plus demandées concernent la construction ossature bois la
construction paille la terre crue et la mise en oeuvre de corps d'enduit en terre et fibre.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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D'autres actions de formations sont également dispensées par la MFR de Riaillé auprès des artisans
(par l'intermédiaire de Baticef) et auprès des architectes (par l'intermédiaire de GEP Atlantique). Cette
dernière porte sur une initiation à la construction paille.
Par ailleurs, la MFR de Riaillé a participé à la construction de la salle polyvalente de Mouais en
assurant une formation auprès des travailleurs de l'ACPM17 et de leurs encadrant. Cette salle a été
construite avec des murs extérieurs isolés en bottes de paille avec corps d?enduit en terre et paille et
enduit de finition en terre. Les stagiaires de la MFR sont également intervenus sur le chantier.
Le centre de formation s'approvisionne en matériaux bio-sourcés en privilégiant dans la mesure du
possible les circuits courts et en s'appuyant notamment sur un agriculteur du CIVAM 44 localisé à
3 km. L'agriculteur fournit la Maison Familiale Rurale en paille, chènevotte et laine de chanvre. La
chènevotte est associée à la chaux afin de répondre aux exigences des règles professionnelles
d'exécution d'ouvrage en béton et mortier de chanvre.
Enfin, la Maison Familiale Rurale de Riaillé constitue l'un des 5 membres fondateurs de l'association
Echobat dont il a été fait mention dans ce document.
2. L'association Noria et Compagnie
Le centre de formation professionnelle Noria et Compagnie a été créé fin 2006 sous le statut
d'association loi 1901. Il dispose de locaux mis à disposition de l'association par la commune, en
échange de travaux de rénovation. Situés à Saint-Nicolas-de-Redon (44), les locaux abritent les salles
pour l'aspect théorique. Noria et Compagnie dispose également d'une plateforme technique pour
l'apprentissage pratique. Le site qui héberge la plateforme technique appartient au Conseil Général et
est également mis à disposition gracieusement. L'association privilégie une approche de l'éco-
construction organisée autour de l'utilisation de matériaux à la fois écologiques, disponibles
localement et accessibles d'un point de vue économique. Dans cette logique, le matériau terre est
placé au coeur des formations dispensées. Le développement du savoir-faire porte non seulement sur
la mise en oeuvre des matériaux mais également sur la capacité à utiliser des matériaux qui ont subi
peu de transformation.
Les formations longues diplômantes dispensées sont ouvertes aux professionnels en adaptation, aux
demandeurs d'emploi ou aux salariés en reconversion. Le centre accueille une trentaine de stagiaires
par an et pourrait atteindre près de 50 stagiaires suite à l'ouverture de nouvelles formations.
Noria et Compagnie est adhérent du réseau Ecobâtir qui rassemble des acteurs de la construction
écologique autour d'une charte fondée sur trois piliers : "l'environnement et la santé"; "les sociétés
humaines et la nature des échanges économiques"; "les cultures et savoir-faire". Le réseau Ecobâtir
se donne pour objectif de coordonner les échanges entre partenaires, de produire des documents,
des outils techniques et méthodologiques utiles au transfert des compétences et de renforcer la
reconnaissance des métiers, procédés et pratiques issus des matériaux de construction naturels.
Par ailleurs, le centre de formation est membre fondateur de la fédération Eco-construire (dont la
charte est celle du réseau Ecobâtir). Les membres de la fédération proposent des formations
innovantes destinées à accompagner la mutation écologique des métiers du bâtiment.
Deux formations sont actuellement proposées par le centre, une troisième devrait voir le jour
prochainement.
? Maçon en éco-construction (Niveau V)
Le titre va être déposé cette année (3ème session en cours). La formation aborde les sujets de l'éco-
construction, de la bio-construction, du développement durable, de la thermique du bâtiment, des
17 organisme de formation sous forme d'association loi 1901 dont la vocation est de créer et gérer des centres de formation
visant à assurer une insertion sociale et professionnelle durable, d'héberger des publics en difficulté et assurer de la formation
aux collectivités et entreprises.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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matériaux naturels entre autres. Le programme vise à former des professionnels ou de futurs
professionnels du bâtiment aux techniques de maçonnerie en éco-construction. La formation doit
permettre aux salariés d'évoluer en autonomie sur le chantier en effectuant eux-mêmes l'analyse des
besoins, les propositions et la mise en oeuvre.
Elle est constituée d'une partie théorique et d'une partie pratique en centre de 735 heures et en
entreprise de 280 heures.
? Conducteur de travaux en éco-construction et bio-climatisme (Niveau III)
La formation a pour objectifs d'une part de former des techniciens opérationnels intervenant pendant
les différentes étapes d?un projet d?éco-construction et de bioclimatisme, depuis la conception du
projet, la préparation du chantier, la réalisation des travaux jusqu?à la clôture des opérations et, d'autre
part, de coordonner des travaux de bâtiment mettant en oeuvre des matériaux sains et écologiques en
respectant les réglementations thermiques et les normes environnementales en vigueur. La formation
vise également à permettre aux apprenants de s?imprégner de la culture de l?éco-construction. Elle
intègre les connaissances techniques de constitution d?un habitat sain et de mise en oeuvre d?éco-
matériaux, mais également la prise en compte des énergies grises induites en amont, au cours et en
aval du chantier et leur impact sur l?environnement. Le programme se déroule sur 1 015 heures, dont
735 heures en centre et 280 heures en entreprise.
? Ouvrier spécialisé en Eco-construction (en projet)
Le centre de formation travaille également sur ce titre commun au nom de la fédération Eco-
construire. Les référentiels de ce titre devraient être adaptables aux spécificités régionales et
pourraient être mis en place dès 2013.
3. ADB Formation
Le centre de formation du Poiré-sur-Vie (85) a été créé en 1987 pour répondre aux besoins des
entreprises du bois qui recherchent de la main d'oeuvre qualifiée et à la demande de reconversion des
demandeurs d'emploi vers ces métiers ou de salariés souhaitant se réorienter. ADB propose des
formations aux entreprises, des formations en alternance et des formations continues. Le centre de
formation propose à ses stagiaires de travailler sur des supports pédagogiques concrets, en particulier
pour le travail des maisons à ossature bois.
Quatre formations proposent une approche des matériaux de construction bio-sourcés dans leur
programme, notamment en donnant accès à une option paille et terre.
? La formation continue ou en alternance "CAP Constructeur bois spécialisation
charpente"
Sur une durée de 9 à 22 mois selon que la formation soit continue ou en alternance, les stagiaires
sont formés sur les techniques de construction en ossature bois et sur les techniques de remplissage
en paille et en terre.
? La formation continue ou en alternance "CAP Menuisier Fabricant spécialisation
constructeur bois option isolation extérieure et intérieure"
La formation se déroule sur une durée de 9 mois (formation continue) ou 22 mois (formation en
alternance). Les stagiaires sont formés sur les techniques en menuiserie et en ossature bois ainsi que
sur les techniques d'isolation intérieure et extérieure. La formation aborde le thème des matériaux
écologiques : le liège, la fibre et la laine de bois. Elle donne également accès à la spécialisation paille
et terre.
? La formation continue "Technicien en éco-construction ? second oeuvre"
(Niveau V)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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La formation sera prochainement accessible. Sur une durée de 9 mois, elle permettra de répondre à
l?évolution du marché, aux règlementations thermiques en vigueur (RT 2012) et aux incitations nées
du Grenelle de l?environnement. L'isolation thermique est largement abordée durant la formation ainsi
que les différents matériaux d'isolation, à la fois bio-sourcés et conventionnels.
? La formation continue ou en alternance "Techniques en Bâtiment et
commercialisation spécialisation en éco-construction" (Niveau III)
Sur une durée de 6 ou 12 mois selon le mode continu ou en alternance, la formation répond aux
besoins de recrutement d'ouvriers qualifiés et polyvalents. Les stagiaires sont formés sur les
techniques de vente mais également sur le conseil et l'accompagnement. La formation donne accès à
la spécialisation paille et terre. ADB Formation est actuellement le seul centre de formation en France
à proposer une formation sur les techniques commerciales pour maisons à ossature bois.
4. Le Greta Pays de la Loire
Les lycées et collèges, établissements scolaires publics, mutualisent leurs ressources au service du
public d'une zone géographique pour constituer le GRETA (Groupement d'ETAblissements). Le
réseau Greta Pays de la Loire propose une formation en lien avec l'éco-construction et les matériaux
de construction bio-sourcés.
? La formation "maçonnerie en éco-construction"
Elle s'adresse aux salariés, aux demandeurs d'emploi et aux particuliers qui souhaitent se former sur
la maîtrise des procédés et des produits de construction ayant un faible impact environnemental. Les
stagiaires sont notamment formés sur les techniques de remplissage d'ossature bois en béton de
chanvre. Le programme propose 674 heures de formation dont 534 heures sur le centre de formation
(Greta Nantes BTP ? Saint Herblain) et 140 heures en entreprise.
5. L'AFPA Pays de la Loire
L'AFPA (Association Nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes) en Pays de la Loire
regroupe une dizaine de centres sur les cinq départements ligériens. L'AFPA Pays de la Loire propose
trois formations courtes abordant la mise en oeuvre de matériaux de construction bio-sourcés.
? Concevoir un mur à ossature bois perspirant en éco construction
Sur une journée, les stagiaires se familiarisent avec les étapes de conception d'un mur perspirant à
ossature bois, en tenant compte des principaux types de mur en bois existant sur le marché et du rôle
de l'isolant dans le mur. La formation aborde les différents types de murs en fonction de la position de
l'isolant et traite des isolants écologiques.
? Appliquer des badigeons à la chaux
Sur une durée de deux jours, les stagiaires sont initiés aux différentes préparations et applications de
la chaux et à l'identification des éco-matériaux en matière de peintures et d'enduits.
? Réaliser le montage d?une maison à ossature bois de type « plateforme »
Durant cinq jours, les stagiaires abordent une partie théorique axée sur le cadre réglementaire, les
normes, les limites constructives, les techniques de mise en oeuvre les matériaux utilisés et une partie
pratique. La partie pratique propose la fabrication de panneaux ossature bois ouverts et menuisés et
une étude de cas qui comprend la pose d'une isolation en laine de bois sur un angle de mur.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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6. Le GEP Atlantique
Le GEP Atlantique, association de formation des métiers de l'architecture, a pour vocation d'accueillir
et de concevoir des actions de formation continue en Pays de la Loire. Le GEP Atlantique propose
une formation "initiation à la construction paille ossature bois"
7. L'IUT de Saint-Nazaire
? Le diplôme d'université "Conseiller en éco-construction et qualité
environnementale des bâtiments"
L'IUT de Saint-Nazaire propose cette formation continue aux salariés et aux demandeurs d'emploi
(ayant quitté depuis au moins six mois un cycle de formation initiale au lycée ou à l?université à la date
du début de la formation) de niveau bac+1. La formation propose aux stagiaires un programme axé
sur une démarche globale pour optimiser l?empreinte écologique d?un projet de construction. La
formation pose les bases des connaissances générales de l?éco-construction et de l?architecture
bioclimatique, ainsi que la connaissance des matériaux écologiques et innovants.
Elle propose d'acquérir une maîtrise de la mise en oeuvre des différents systèmes constructifs et du
bilan énergétique global d?un immeuble et de préparer les étudiants à la diversité des gisements
d?emplois suivant la spécialité ou la qualité des acteurs d?un dossier d?éco-construction.
L'IUT intègre dans cette formation une unité d'étude qui porte sur les systèmes de construction,
matériaux et mise en oeuvre. Les matériaux écologiques, en particulier paille et chanvre, sont abordés
dans cette UE.
La formation se déroule sur 609 heures dont 399 en centre et 210 heures en entreprise.
8. L'université de Nantes et l'IFRB18
? Licence Professionnelle "Bâtiment & Construction" Option "Gestion de travaux,
Encadrement de chantier & Construction Durable"
Sur une période de 12 mois, en alternance, la formation vise à adapter le profil du public aux
exigences des fonctions d?encadrement de chantier et de gestion de travaux et à apporter de
nouvelles compétences aux étudiants dans les domaines de la construction durable, de
l?environnement. La formation propose une approche technologique de la construction durable. La
licence est accessible aux titulaires d'un DUT ou d'un BTS dans le domaine du bâtiment et de la
construction ainsi qu'aux salariés avec expérience de l'encadrement.
9. Les autres actions de formation recensées
Une grande partie de la formation aux matériaux de construction bio-sourcés est directement
dispensée par les fabricants. Ceux-ci organisent parfois des formations destinées aux professionnels
qui souhaitent mettre en oeuvre leurs produits. Deux particularités sont à souligner : dans le cadre des
règles professionnelles construction en béton et mortier de chanvre, les formateurs doivent bénéficier
d'une accréditation de CenC19. De la même façon, pour les règles professionnelles de la construction
en paille validées par la C2P, les formateurs doivent bénéficier d'une accréditation du RFCP20 pour
dispenser des formations « pro-paille ».
Le réseau d'applicateurs de ouate de cellulose Adek Ouate dispose d'un centre de formation pour les
artisans qui souhaitent rejoindre le réseau. La formation se déroule sur deux jours pendant lesquels
sont abordés les aspects théoriques et pratiques de la mise en oeuvre de la ouate de cellulose.
Empreinte, les Compagnons bâtisseurs et Approche Eco-habitat proposent des formations dispensées
en Bretagne, portant notamment sur le matériau paille. Botmobil accompagne et aide les auto-
18 Institut de Formation et de Recherche du Bâtiment
19 Construire en Chanvre
20 Réseau Français de la Construction en Paille
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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constructeurs à se former à la construction en paille et terre en les mettant en rapport avec des
professionnels par le biais de son réseau d'entraide.
L'ADEME propose un accompagnement aux maîtres d'ouvrage dans le choix des matériaux en phase
conception par exemple.
Batidurabilis propose des formations, des conférences et des animations sur différents modules axés
sur la construction écologique (construction écologique, construction bois écologique, maçonnerie
écologique, isolation écologique, matériaux durables?).
Baticef propose également des formations techniques courtes sur la mise en oeuvre de matériaux bio-
sourcés comme l'initiation à la construction en bottes de paille, l'isolation thermique extérieure en
brique de chanvre, l'enduit chaux-chanvre. Les formations proposées sur l'isolation intègrent
également les isolants en fibres végétales et animales.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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VIII- Les matériaux bio-sourcés dans la construction : point de vue de la maîtrise
d'ouvrage publique
Certains maîtres d?ouvrage publics se sont fortement impliqués dans l'essor des matériaux bio-
sourcés dans la construction au travers de l'exemplarité dans leur patrimoine (prescriptions
environnementales dans les cahiers des charges) mais aussi par leurs politiques d'interventions
(aides financières, accompagnement de maîtres d?ouvrage, appels à projets ou accompagnement des
filières et formation).
Le groupe de travail a donc souhaité interroger quelques maîtres d'ouvrage publics de la région Pays
de la Loire pour évaluer l'utilisation de ces matériaux dans leurs programmes de construction ou de
rénovation de leur patrimoine.
Un questionnaire a été transmis par mail durant l'été aux cinq conseils généraux, au conseil régional
des Pays de la Loire et au rectorat de l'Académie de Nantes afin de les interroger en ce sens. Le
questionnaire leur permettait d'exprimer les interrogations ou les besoins en information/formation que
ces matériaux suscitent.
Quatre points ressortent de ces échanges :
? Très peu de matériaux bio-sourcés sont utilisés dans les programmes de travaux
de ces maîtres d'ouvrage.
? Les maîtres d'ouvrage interrogés estiment posséder très peu d'informations sur
ces matériaux concernant leurs caractéristiques techniques et leur capacité à
répondre aux diverses réglementations, notamment la sécurité incendie dans des
établissements recevant du public (ERP) du 1er groupe.
? Les maîtres d'ouvrage s'interrogent sur les capacités du marché à répondre à des
volumes de commandes importants (grandes surfaces à isoler par exemple).
? Ils présentent également des inquiétudes quant aux coûts engendrés par l'emploi
de ces matériaux en lieu et place de matériaux plus traditionnels tels que la laine
de verre, laine de roche à un moment où d'autres coûts supplémentaires sont
subis (RT 2012).
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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IX- Zoom sur des initiatives locales
1. Le projet Echobat
Plateforme Régionale d'Innovation21, Echobat Développement est un espace de collaboration et de
mutualisation d'équipements et de services entre acteurs économiques, acteurs de la formation et
acteurs de la recherche.
Echobat Développement travaille sur 5 axes spécifiques :
? le montage et l'accompagnement de formations et conseils en éco-
construction
? Le développement de parcours d?insertion professionnelle dans le secteur de
l?éco-construction
? Le développement de filières liées à l?éco-construction
? Le développement de coopérations entre acteurs de l?éco-construction
? La promotion de l?éco-construction
L'une des actions de l'association a pour ambition la conception de logements sociaux
économiquement et écologiquement performants en associant une démarche d'insertion par
l'économie. L'association "Une Famille Un toit" participe également à cette action aux côté d'Echobat
Développement.
Les entreprises artisanales réunies au sein d?Echobat Développement sont à l?origine de la création
de la coopérative d?artisans « ECLORE » pour une éco-construction locale et responsable (8
entreprises de tous les corps d?état la constituent à ce jour).
Plusieurs objectifs sont visés :
? la réduction des factures énergétiques des bénéficiaires de logements
sociaux,
? l?implication de dispositifs d?insertion dans des chantiers de professionnels du
bâtiment (permettant de promouvoir de véritables parcours d?insertion et des
débouchés),
? le développement des filières d?éco-construction (bois, paille, chanvre,
approvisionnement en circuit court,?).
Différents acteurs sont associés autour du projet :
? des entreprises dont l'activité porte autour de l'éco-construction,
? le chantier d'insertion "Eli" (Erdre et Loire Initiatives),
? le bailleur social "Une famille, un toit 44",
? le Comité de Bassin d'Emploi du Pays d'Ancenis.
? Des municipalités du département
? Une scop d?insertion du nord de la France
2. La coopérative Eclore
La coopérative Eclore émane de la volonté d'artisans de se regrouper afin de proposer une réponse
globale sur des projets éco-performants. La coopérative est entourée de différents partenaires :
architectes, chantier d'insertion, bureaux d'études thermiques, centre de formation, Comité de bassin
d'emploi d'Ancenis. La coopérative attache une importance à l'utilisation de matériaux naturels en
particulier issus de filières courtes.
21 Les plateformes régionales d?innovation (PRI) constituent un outil de développement économique et territorial fondé sur la
mutualisation de moyens techniques et humains entre des entreprises, des acteurs de la formation et de la recherche pour
favoriser l?innovation dans les entreprises et sur les territoires
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
69
3. Un groupement de commande d'isolants durables
Animée par l'association Synergies22, le "réseau des collectivités mayennaises en marche vers le
développement durable" répond à un besoin exprimé par les collectivités d'échanger autour de la
thématique de l'amélioration thermique de l'habitat. L'idée d'un groupement de commande publique de
matériaux est lancée en 2012. Le groupement est constitué de trois communes et animé par la
commune de Mayenne. Des critères techniques sont retenus (isolation à base de fibres naturelles ou
issues du recyclage, avis technique du CSTB?). Des points de livraison sont déterminés sur les trois
communes et les fournisseurs s'engagent à rendre accessibles les matériaux retenus aux particuliers,
sous les mêmes conditions de prix, sur un secteur donné et dans une certaine limite de volume.
4. Baticréateurs44 pôle éco-construction
Baticréateurs44 est une struture sous forme juridique CAE (coopérative d'activité et d'emploi) et une
scop (société coopérative de production) dédiée au bâtiment. Créée en 2008, elle s'est inspirée du
modèle de l'Ouvre-Boîte 44 23 . Baticréateurs44 propose un accompagnement sous forme d'un
hébergement comptable, fiscal et juridique pour les personnes qui souhaitent créer une activité
professionnelle. Cet accompagnement va permettre au futur créateur d?entreprise de valider son projet
en vérifiant sa capacité à démarcher des prospects, à établir des devis à réaliser des chantiers et à
terme à vivre de son activité. Les futurs créateurs deviennent alors "entrepreneurs salariés" et peuvent
bénéficier au sein de la structure des assurances nécessaires (garantie décennale notamment).
Certains des entrepreneurs de Baticréateurs44 ont souhaité se regrouper afin de réaliser des
prestations relevant de l?éco construction et du développement durable. Ils s'engagent à respecter la
charte suivante :
? proposer des matériaux respectueux de l?environnement (cycle de vie, bois éco-certifiés,
approvisionnement local?),
? proposer des solutions favorisant les économies d?énergie,
? réaliser les travaux dans une démarche éco-citoyenne (tri des déchets, minimiser les
besoins en ressources, respect dubâti?),
? assurer la cohérence des travaux réalisés grâce à une réelle synergie entre les
intervenants.
5. Groupe Ecoconstruction de la CAPEB Mayenne
Le groupe est composé d'une quinzaine de professionnels signataires d'une charte. Ils s'engagent
ainsi :
? à engager une réflexion autour de la construction et de la restauration,
? à rendre plus efficace la coordination et l'organisation sur les chantiers,
? à mettre en oeuvre des matériaux ayant un bilan écologique satisfaisant,
? à être à l'écoute des clients tant au niveau de leurs besoins que du budget alloué.
Le groupe Eco-construction comprend des artisans et entrepreneurs, des architectes et prescripteurs,
des formateurs et accompagnateurs, des fabricants de matériaux, des négociants et des distributeurs,
sensibles aux valeurs du développement durable.
22 Créée fin 2009, l'association Synergies assure un accompagnement technique et méthodologique auprès des collectivités et
des particuliers pour la conception de projets liés au Développement Durable et aux problématiques énergétiques. L'association
est adhérente du Civam 53.
23 Coopérative d?activités et d?emploi qui accompagne des porteurs vers la création de leur projet professionnel.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
70
Partie V- Identification des freins et des leviers d'action éventuels au
développement de la filière
S'il s'avère que les matériaux de construction présentent un intérêt de plus en plus important auprès
du public, un certain nombre de difficultés viennent ralentir leur progression. Ces difficultés constituent
autant de freins pour le développement de la filière. L'enjeu est donc d'identifier ces freins afin de
comprendre de quels leviers les pouvoir publics disposent pour accompagner le développement de la
filière.
Les échanges auprès des acteurs de la filière ont mis en évidence le constat suivant : certaines
difficultés relèvent d'un enjeu national lorsque d'autres difficultés peuvent trouver un écho plus local.
I- Les matériaux de construction bio-sourcés face aux matériaux de construction
conventionnels
1. Le prix des matériaux bio-sourcés
Bien qu'en diminution, le prix des matériaux bio-sourcés constitue un frein important pour le
développement de la filière. Selon les acteurs rencontrés, les isolants végétaux sont 2 à 3 fois plus
coûteux que les laines minérales. Pour les isolants à base de laine de mouton ou de plumes de
canard, les rapports de prix sont de l'ordre de 5 à 6.
Les différences de prix s'expliquent notamment par les volumes. Les volumes produits de laines
minérales autorisent des économies d'échelles importantes en comparaison des laines d'origine
végétale ou animale. De la même façon, l'avance prise par les producteurs d'isolants bio-sourcés
étrangers leur permettent un meilleur rendement de la production.
Le coût de la matière première n'est qu'un élément du coût associé à la mise en oeuvre de ces
matériaux. Il faut ajouter à celui-ci les coûts normatifs, les coûts en matière d'innovation et les coûts
marketing pris en charge par les fabricants. La mise en oeuvre des matériaux bio-sourcés peut
également impliquer le recours à des solutions supplémentaires pour atteindre les exigences des
réglementations (incendie notamment).
A noter cependant que l'augmentation constante du prix de l'énergie pourrait diminuer l'écart observé
entre les isolants d'origine végétale ou animale et les laines minérales.
2. Un secteur en émergence, mais encore peu structuré pour répondre à une demande de
masse
La filière est majoritairement constituée de PME, avec peu d'acteurs d'envergure nationale
susceptibles d'assurer un développement de masse de ces matériaux. Les grands groupes ne
semblent pas apporter un intérêt fort sur la filière. Bien qu'en croissance forte, en particulier sur le
secteur de l'isolation, les matériaux de construction bio-sourcés pourraient se heurter à des difficultés
face à une demande de volumes importants, tant par les capacités de production des acteurs que par
des difficultés d'approvisionnement en matières premières. Ce dernier point est d'autant plus plausible
que d'autres secteurs d'activité se tournent également vers les bioproduits.
Par ailleurs, les petites et très petites entreprises de ce marché ne disposent que d'une capacité
limitée d'innovation.
3. Un accès difficile à l'évaluation du produit?
Les fabricants de matériaux de construction bio-sourcés se heurtent à des difficultés financières pour
faire évaluer leurs produits. Les moyens limités des petites structures rendent difficile l'accès à
l'évaluation par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Or, la commercialisation des
produits est rendue plus complexe sans ces évaluations, ce qui amplifie encore les obstacles
rencontrés pour faire face à la concurrence des leaders du marché et des fabricants de matériaux
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
71
conventionnels. L'avis technique représente un coût global (instruction et essais compris) qui peut se
situer entre 15 000 et 70 000 euros selon les modalités d'emploi. Selon un fabricant de matériaux bio-
sourcés, une certification ACERMI peut représenter pour l'entreprise un montant de l'ordre de 8 000
euros d'instruction et de 4 000 ou 5 000 euros par an pour le suivi du contrôle de la production.
4. ?Qui entraîne des difficultés d'ordre assurantiel
L'obligation pour les entreprises de bâtiment d'accéder à la garantie décennale pour couvrir leur
chantier pendant 10 ans après les travaux constitue une difficulté pour le développement de la mise
en oeuvre de ces matériaux. D'un point de vue juridique, l'évaluation technique des matériaux n'est
pas rendue nécessaire pour la commercialisation et la mise en oeuvre sur chantier, cependant, elle
contribue à faciliter la confiance des assurances envers les matériaux pour lesquels ils ne disposent
pas de retours suffisants.
L'existence de règles professionnelles de mise en oeuvre acceptées par la C2P rend assimilable à de
la technique courante l'exécution d'ouvrages en béton et mortier de chanvre. Mais dans les faits,
l'accès à la garantie décennale est parfois difficile sur ces techniques d'exécution. Ce constat peut
amener les artisans à mettre en oeuvre des techniques qui n'entrent pas dans le cadre de leur contrat
d'assurance et font porter les risques de sinistralité sur les entreprises elles-mêmes.
Une assurance sollicitée pour apporter sa garantie décennale va examiner si les travaux mis en
oeuvre par l'entreprise relèvent de techniques courantes ou de techniques non courantes. Beaucoup
de techniques de construction dites écologiques relèvent de cette dernière catégorie de travaux.
L'assurance va alors regarder les évaluations du CSTB sur les produits utilisés et les documents liés
aux techniques mises en oeuvre.
Ce procédé peut être vécu comme pénalisant pour les entreprises dont l'activité porte sur l'éco-
construction, et en particulier pour les entreprises qui travaillent des matériaux locaux, non
standardisés. L'association "Construire en Chanvre" propose des formations aux artisans qui mettent
en oeuvre du chanvre afin de leur permettre d'accéder plus facilement à la décennale.
5. Des difficultés d'ordre technique
Les entreprises font part de certaines difficultés techniques sur l'utilisation de matériaux spécifiques.
Plus que de difficultés, il conviendrait de parler de recommandations. Il ne s'agit pas ici de réaliser une
étude technique sur les différents matériaux de construction bio-sourcés. Toutefois, les entreprises
remarquent que l'utilisation de certains matériaux ne convient pas pour des parties spécifiques du
bâtiment. Plusieurs cas nous sont précisés : l'utilisation de laine de mouton comme isolation des
rampants pose des difficultés liées à un maintien insuffisant et doit être préférée pour une pose à plat.
Par ailleurs, des points de vigilance sont à prendre en compte lors de la mise en oeuvre de certains
matériaux pour que l'épaisseur ou la densité souhaitée ne soit modifiée après tassement.
6. Les critères techniques retenus défavorables aux matériaux bio-sourcés
La résistance thermique constitue une des références
des réglementations thermiques et du crédit d'impôt.
Cet indicateur représente le rapport entre l?épaisseur et
son coefficient de conductivité thermique : r = e / ?.
La prise en compte de cette référence ne permet pas
de mettre en évidence les qualités en termes
d'infiltration d'air et de transfert d'humidité favorables
aux laines végétales notamment. La résistance
thermique étant fonction de l'épaisseur de la laine
utilisée, les industriels des isolants bio-sourcées
estiment que les augmentations successives du "r"
dans les réglementations thermiques entraînent une
"course à l'épaisseur". Or, selon ces derniers, à partir Source : Actis-isolation
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
72
d'un certain niveau de résistance thermique, les gains en termes d'économie d'énergie sont quasiment
nuls. Un calcul effectué à l?aide du logiciel de calcul 3CL-DPE révèle que les gains de consommation
d?énergie entre le R de 2 et le R de 6 ne représentent que 3% (source Actis Isolation : Efficacité
énergétique des bâtiments : lever les freins à l'innovation sur le marché de l'isolation). La filière des
matériaux de construction bio-sourcés est donc confrontée à la mise en avant d'indicateurs qui ne
permettent pas de mettre en avant leurs propriétés spécifiques.
La RT 2012 avance dans ce sens en s'appuyant sur la consommation énergétique globale du
bâtiment et sur son étanchéité à l'air sans mentionner de résistance thermique minimale à atteindre.
Les industriels des isolants végétaux par le biais de l'Asiv24 notamment insistent également pour que
soient davantage pris en considération le confort thermique et le déphasage.
Les fabricants de matériaux bio-sourcés souhaitent mettre en avant les qualités de leurs produits en
matière de gestion des transferts d'humidité dans les parois sur lesquels ils sont posés en isolation
intérieure et plus particulièrement pour la rénovation des parois anciennes: pierres-chaux, pierre-terre,
brique-chaux, torchis, adobe, pisé...
La vapeur d'eau qui transite dans ces parois peut être stockée et déstockée dans les fibres des
isolants selon les apports en humidité plus ou moins importants dans l'air intérieur de la pièce.
L'humidité dans les isolants comme le chanvre ou le lin n'apporte pas de dégradation irréversible de la
résistance thermique, dans la mesure où les fibres peuvent ensuite déstocker l'humidité emmagasinée
(ce qui n'est pas le cas de la laine de verre par exemple, d'où la nécessité d'un pare vapeur). Cet
avantage n'est valable que dans des conditions de pose adaptées à chaque support et dans la limite
d'apports en humidité moyens par l'espace intérieur (absence d'humidité accidentelle, ventilation bien
dimensionnée en pièce humide...)
Les remontées capillaires parfois observées dans les parois en chaux peuvent également transiter
ensuite à travers les isolants bio-sourcés et ainsi laisser la possibilité au mur de sécher (ce qui n'est
pas possible avec des pare vapeur+ isolant imperméable).
Il est également fait mention dans certaines études de la participation des bétons de chanvre au
confort d'été, par des mécanismes de changement de phase : la vapeur d'eau contenue dans l'air
intérieur est tantôt absorbée dans les pores du chanvre sous forme liquide, et tantôt revaporisée dans
le mur. La revaporisation va ainsi capter de la chaleur ambiante pour effectuer ce passage de liquide
à vapeur : ce qui produit un rafraîchissement de l'air ambiant.
Les densités importantes sur certains matériaux bio-sourcés sont également un atout en matière de
confort d'été. Elles offrent aux matériaux un déphasage favorable et donc une meilleure gestion de la
chaleur.
7. Des difficultés d'ordre réglementaire
Certains acteurs de la maîtrise d'oeuvre rencontrés dans le cadre de cette étude estiment que le
surcoût lié à la mise en oeuvre de matériaux bio-sourcés dans la construction ne vient pas du matériau
lui-même mais du prix des mesures structurelles supplémentaires à mettre en place pour respecter la
réglementation. Concrètement, le maître d'oeuvre cite le cas de la réglementation incendie qui prend
en compte la tenue au feu propre et non celle dans une structure. Confronté à cette situation le maître
d'oeuvre a dû ajouter des plaques de plâtre de 17 mm afin de satisfaire à la résistance au feu.
8. Un manque de soutien des pouvoirs publics
Certains fabricants de matériaux d'isolation bio-sourcés nous ont fait part des difficultés de développer
l'activité face au manque d'appui des pouvoirs publics. Il n'existe pas d'aides particulières liées à la
filière. Les entreprises bénéficient simplement de l'aide à l'investissement d'OSEO, lorsque les
concurrents et leaders du secteur des matériaux bio-sourcés originaires d'autres pays bénéficient
d'aides à l'implantation en France. Ces concurrents qui bénéficient déjà d'une expérience et d'une
24 Association Syndicale des Industriels de l'Isolation Végétale
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
73
capacité de production importante laissent peu de place aux entreprises françaises du secteur. Des
aides ciblées sur les matériaux bio-sourcés existent dans d'autres pays. Le cas de la Belgique a été
cité : les particuliers utilisant des isolants bio-sourcés bénéficient d'aides qui permettent d'atténuer la
différence de prix.
9. Une représentation encore faible des acteurs de la filière
Les acteurs rencontrés lors de ce travail ont souvent fait référence à la difficulté de défendre les
intérêts de la filière face aux secteurs des matériaux de construction conventionnels. Mieux
représentés au sein des organismes d'évaluation des matériaux et des instances de décision des
réglementations au moment de l'élaboration des lois (type Grenelle de l'environnement), les filières
des matériaux conventionnels disposent de meilleures possibilités de défendre leurs intérêts propres.
S'agissant de la filière des matériaux de construction bio-sourcés, le constat est différent. Le manque
de structuration du secteur, encore émergent, est la cause d'une représentation insuffisante au sein
des différentes instances. Des initiatives sont engagées en ce sens, en particulier la création de
l'association Construction et Bioressources.
II- Les difficultés de structuration des filières courtes
La volonté de diminuer le bilan carbone des matériaux de construction constitue l'une des motivations
du développement de la filière bio-sourcée. Dans cette optique, la question des circuits courts apporte
une réponse supplémentaire à cette démarche.
1. La normalisation du produit
Jusqu'à présent, les exemples de systèmes en circuits courts fonctionnaient essentiellement autour du
couple agriculteur/auto-constructeur. Aujourd'hui, les groupes de producteurs souhaitent pouvoir
satisfaire une demande réelle de la part des artisans. Cependant, les artisans ont besoin d'un
matériau normé afin de pouvoir construire selon les règles professionnelles en vigueur. C'est
le cas pour le chanvre : les artisans sont dissuadés de se tourner vers les producteurs de
chanvre locaux qui ne pourraient assurer une stabilité de la qualité des matériaux.
Les règles professionnelles d?exécution d?ouvrages en bétons et mortiers de chanvre précisent que la
garantie de bon fonctionnement des matériaux doit être apportée par le fournisseur. Le fournisseur
doit s'assurer que le couple granulats de chanvre / liant qu'il préconise puisse répondre à des
performances minimum pour une application donnée. De plus, il doit être en mesure d'assurer une
stabilité dans le temps des caractéristiques des produits. Des variations de granulométrie des
granulats de chanvre influent sur la performance des ouvrages. Un travail est en cours à ce sujet au
sein de l'association Construire en Chanvre qui doit aboutir à une définition et à des préconisations
sur les variabilités admissibles.
De ce fait, les initiatives en circuits courts éprouvent des difficultés à accéder à une demande
professionnelle, ne pouvant garantir une granulométrie stable. Sur ce sujet, l'association Chanvre et
Paysans en lien avec le Civam 44 travaille actuellement avec l'IUT de Saint-Nazaire sur la
caractérisation du chanvre fermier, le but étant de savoir si le matériau correspond aux définitions des
règles professionnelles de construction en chanvre. A terme, ce travail pourrait permettre aux
agriculteurs d'atteindre la demande de chanvre professionnelle sous couvert de décennale. Le réseau
estime qu'un accompagnement des pouvoirs publics pourrait être bénéfique sur ce travail.
2. La disponibilité du produit
Cette section concerne plus particulièrement le matériau paille de céréales. Les pailles de céréales
cultivées par les agriculteurs sont avant tout destinées au paillage ou à l'alimentation des animaux et
au maintien des matières organiques sur les champs. Les conditions climatiques, en particulier la
sécheresse, peuvent amoindrir considérablement la disponibilité en paille locale. L'accès à ce
matériau peut donc être difficile pour le secteur de la construction si les agriculteurs n'ont pas de
surplus à proposer pour la filière. C'est le cas pour le groupe "Paille", animé par le Civam 44,
actuellement en veille. Un travail sur de nouvelles variétés est envisagé par le groupe. Il existe par
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
74
exemple des variétés anciennes avec des tiges hautes qui permettent un rendement en grain
similaire.
3. Le prix des matériaux
Le consommateur considère parfois les matériaux de type paille (céréales, chanvre ou lin) comme
étant un sous-produit ou plutôt un co-produit de l'agriculture. Or la production de ces matériaux
représente un coût de revient important pour l'agriculteur. L'agriculteur doit concevoir de petites bottes
de pailles destinées à l'habitation qui vont présenter des difficultés logistiques lors de la moisson des
céréales. Selon le Civam 44, il faut compter 3 ou 4 ¤ par botte de paille. Ce prix peut entraîner un
certain désintérêt du consommateur vers ce matériau qu'il considère disponible en quantité et non
valorisé par ailleurs.
4. Vers une meilleure anticipation des chantiers
Une autre difficulté des filières courtes concerne l'anticipation de chantier. Le Civam 44 estime qu'un
accompagnement de la demande pourrait être intéressant afin que celle-ci anticipe au mieux ses
besoins en matériaux. Pour la paille, le Civam 44 conseille d'informer l'agriculteur de son besoin au
moment des semis et non de la récolte.
5. Le contact entre producteurs et consommateurs
L'existence d'associations telles que Chanvre et Paysans ou de groupes de producteurs comme celui
constitué par le Civam 44 permet d'intervenir comme lieu de rencontre entre l'offre et la demande. Ce
type d'initiative ne recouvre pas l'ensemble du territoire régional. Or, le contact entre le producteur de
matières premières et le consommateur, qu'il soit artisan ou auto-constructeur, n'est pas toujours
habituel. Une réflexion pourrait donc se poser quant à la reproduction de ces initiatives sur l'ensemble
de la région, par la constitution de groupes composés d'agriculteurs et de consommateurs, par la
reconnaissance d'une structure ressource pour regrouper l'offre de matériaux disponibles et les
sollicitations des demandeurs.
Conclusion
L'analyse de la filière des matériaux de construction bio-sourcés en Pays de la Loire a fait émerger
deux profils distincts :
? L'approche industrielle qui a vocation à alimenter un marché national et même
international. Les produits mis sur le marché sont soumis à des normes, peuvent
bénéficier d'évaluations techniques reconnues par les assureurs.
? L'approche de la filière en circuits courts, portée essentiellement par un environnement
associatif qui met en relation producteurs, auto-constructeurs et artisans. Les produits
sont rarement normés et leur utilisation rend difficile l'accès à la garantie décennale.
Il ne s'agit pas de deux approches entrant en concurrence, mais d'une coexistence avec des objectifs
et des attentes différentes.
La filière industrielle est bien représentée sur le territoire avec des entreprises très dynamiques qui
sont parvenues à une distribution nationale de leurs produits, jusque dans les grands enseignes de
bricolage. Elles favorisent la valorisation des coproduits agricols locaux ou inter-régionaux, tout en
parvenant à commercialiser des matériaux certifiés ACERMI ou sous avis technique, à l'instar des
grands groupes internationaux producteurs d'isolants. Par ailleurs, deux des principaux acteurs ont un
statut coopératif, et l'industrie du biosourcé est représentée dans quatre départements sur cinq.
Ces industriels portent des attentes dont les réponses ne peuvent être seulement régionales : sur les
réglementations, les procédures d'évaluation technique et sur les aides au développement de la filière
qui pourraient émaner des pouvoirs publics. Cette branche industrielle s'organise actuellement de
manière autonome, par le biais d'intérêts communs entre production, distribution et mise en oeuvre
des matériaux. Les producteurs et distributeurs proposent des formations auprès des utilisateurs,
encadrées par les DTU et les règles professionnelles. Certains distributeurs de ouate de cellulose
disposent d'agréments préfectoraux pour former les artisans et constituer des réseaux de
professionnels. Ces dispositifs permettent d'assurer une bonne qualité de pose et de réduire les
risques de sinistralité ou mauvaise publicité pour cette filière émergente.
L'autre partie de la filière, portée par un environnement associatif et des circuits courts, ne répond pas
à la même logique de marché. L'imbrication des différentes associations et leurs nombreuses
interactions rendent moins lisible l'organisation de cette filière courte et le rôle spécifique de chacun.
Cependant, ces associations effectuent un travail important sur la mise en relation d'acteurs, la
formation (chantiers participatifs), la promotion des matériaux bio-sourcés, l'appui technique aux auto-
constructeurs et aux entreprises.
Ces circuits courts sont confrontés à des obstacles techniques, assurantiels, économiques et
organisationnels. Les acteurs du monde associatif formulent des besoins en accompagnement
institutionnel, en financement de matériel, sur la normalisation des matériaux, sur l'organisation de la
rencontre entre l'offre et la demande, sur l'accès aux marchés publics des petites structures.
Cette filière courte s'inscrit pleinement dans la perspective de la transition énergétique, en conjuguant
à la fois l'insertion sociale, la redynamisation des secteurs ruraux, la rénovation thermique, et la
diffusion des techniques de pose et de mise en oeuvre au plus grand nombre.
Le dynamisme des circuits courts, comme celui de la filière industrielle, témoignent du
remarquable potentiel de développement que possède la région Pays de la Loire en matière de
matériaux biosourcés pour la construction : dynamisme agricole, fibre entrepreneuriale,
dynamisme associatif, potentiel d'innovation et de recherche, parc important de bâtiments à
rénover... Tous les éléments sont réunis pour faire de cette filière une filière d'avenir.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire 75
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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Annexes
Lexique
CSTB : Créé en 1947, le Centre scientifique et technique du bâtiment est un établissement public
à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle du ministre de l'Ecologie, du Développement
Durable et de l'Energie. Le CSTB exerce quatre activités : recherche, expertise, évaluation, diffusion
des connaissances organisées pour répondre aux enjeux de développement durable dans le monde
de la construction. Son champ de compétences couvre les produits de construction, les bâtiments et
leur intégration dans les quartiers et les villes.
AQC : L'Agence Qualité Construction est une association loi 1901, qui regroupe 41 organisations
professionnelles de la construction autour d'une même mission : prévenir les désordres dans le
bâtiment et améliorer la qualité de la construction. Pour cela, l'AQC élabore de nombreux outils
techniques, concrets et pédagogiques destinés à aider l'ensemble des professionnels du bâtiment
dans leurs pratiques quotidiennes
ACERMI : La certification ACERMI (Association pour la Certification des Matériaux Isolants)
permet de choisir un produit en fonction de son application dans la construction. Complétant le
marquage CE, obligatoire depuis mars 2003, elle intègre toutes les caractéristiques déclarées : au
minimum, la résistance et la conductivité thermiques, le comportement mécanique et, selon les cas, la
réaction au feu. Les produits certifiés se reconnaissent à une étiquette apposée sur les emballages.
Les documentations des fabricants sont tenues de reprendre et expliciter ces données, afin d?offrir à
l?utilisateur toutes les informations permettant de choisir selon ses besoins.
LNE : Le Laboratoire national de métrologie et d'essais est un organisme français sous forme
d'établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) chargé de réaliser les mesures et
essais de produits de toutes sortes en vue de leur certification pour leur mise sur le marché
C2P : La Commission Prévention Produits mis en oeuvre est une commission constituée au sein
de l'AQC. Elle intervient sur les familles de produits et les textes qui en définissent la mise en oeuvre.
En s'appuyant sur sa connaissance des pathologies (via notamment le Dispositif Alerte et Sycodés,
deux outils exclusifs de l'AQC) et sur l'expertise de ses membres, elle a pour mission d'identifier les
techniques susceptibles d'engendrer des risques de sinistres.
AFNOR : L?Association française de normalisation, créée en 1926, est l'organisme officiel français
de normalisation, membre de l'Organisation internationale de normalisation (ISO) auprès de laquelle
elle représente la France.
BCT : Le Bureau Central de Tarification peut être saisi par toute personne physique ou morale
assujettie à une obligation d?assurance qui s?est vu refuser la garantie par une entreprise d?assurance
dont les statuts n?interdisent pas la prise en charge de ce risque. Il a pour rôle exclusif de fixer la prime
moyennant laquelle l?entreprise d?assurance désignée par l?assujetti est tenue de garantir le risque qui
lui a été proposé.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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Liste des acteurs interrogés
Fabricants de matériaux
Cavac Biomatériaux Défibrage et fabrication d'isolants à base de chanvre, lin, ouate de
cellulose.
Saint-Gemme-la-Plaine (85)
Effireal Fabrication d'isolant à base de fibres textile, de chanvre, de lin, de
fibres de bois.
Chemillé (49)
Igloo Cellulose Fabrication de ouate de cellulose. La Chapelle-Achard (85)
Isopaille Fabrication d'ossatures bois avec isolation en paille compressée Cherré (72)
Associations
Construire en Chanvre
Organisme pour le rassemblement des compétences et des énergies,
pour l'échange et d'expériences, pour l'évolution et l'acquisition des
savoir-faire et des connaissances, pour la formation de formateurs en
construction chanvre.
Paris (75)
Civam 44
Organisation pour le développement agricole et rural et la recherche
d'autonomie des territoires ruraux. Saffré (44)
Interchanvre
Interprofession du chanvre, qui regroupe les acteurs agricoles et
industriels du secteur. Le Mans (72)
Réseau Français de la construction en
paille
Regroupement de différents acteurs de la construction paille en France,
stimuler le développement de la construction paile auprès des auto-
constructeurs et des professionnels.
Lunan (46)
Le Niveau à Bulle
Missions de conseil pour les particuliers et les professionnels,
organisation et accompagnement de chantier participatif, sensibilisation
du grand public aux techniques d'éco-construction
Indre (44)
Sinergies 53
Action pour la préservation et le partage équitable des ressources
naturelles notamment au niveau de la demande en énergie et au
développement solidaire et équitable des territoires
Laval (53)
Organisations professionnelles
Union Régionale de la CAPEB Confédération de l?Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment Nantes (44)
FFB Pays de la Loire Fédération Française du Bâtiment Nantes (44)
Fédération Ouest des Scop BTP Fédération des sociétés coopératives ouvrières de production du BTP Rennes (35)
Entreprises
Adek Ouate Réseau d'applicateur de ouate de cellulose Cré-sur-Loir (72)
Floc Ouate Société de formation de flocage de ouate en isolation par l'extérieur Cré-sur-Loir (72)
Jean-Paul Beaucé Construction Paille, isolation ouate Ernée (53)
Chaux dedans Chaux dehors Restauration patrimoine La Baconnière (53)
Cecoha Menuiserie - Charpente Saint-Denis-d'Anjou (53)
SARL LMB Menuiserie - Charpente Montillers (49)
Scop Thierrhabitat
Appui et assistance technique aux particuliers qui s'investissent dans
l'auto-construction de leur maison
Ligné (44)
Scop Abitabio Isolation écologique murs, combles et toitures Beaugé (49)
Naturea Constructeur de maisons Le Poiré-sur-Vie (85)
Gil Ouate Applicateur de ouate de cellulose Ernée (53)
Distributeurs de matériaux
Lambert Matériaux Négoce matériaux Mayet (72)
Le Carré Vert Commerce de matériaux pour l'habitat sain Chemillé (49)
Loire Matériaux Négoce de matériaux Sainte-Luce-sur-Loire (44)
Naturmat Distribution Plateforme de distribution de matériaux écologiques Le Mesnil-en-Vallée (49)
Les Matériaux Verts Distributeur de matériaux sains et écologiques Thouaré-sur-Loire (44)
Leroy Merlin Grande surface de bricolage Rezé (44)
M. Bricolage Grande surface de bricolage Rezé (44)
Bricodépot Négoce de matériaux Saint-Herblain (44)
Castorama Grande surface de bricolage Orvault (44)
Point P Négoce de matériaux Saint-Herblain (44)
Point P Négoce de matériaux Vertou (44)
Orcab Organisation des Coopératives d'Achats pour les Artisans du Bâtiment Rocheservière (85)
Maîtrise d'oeuvre
L'Atelier Belenfant et Daubas Cabinet d'architectes spécialisé en matériaux bio-sourcés Nozay (44)
Organismes de formation
Maison Familiale Rurale de Riaillé
Noria et Compagnie
Greta BTP Pays de la Loire
Groupement d'établissements publics d'enseignement qui mutualisent
leurs compétences et leurs moyens pour proposer des formations
continues pour adultes.
Saint-Herblain (44)
Afpa Pays de la Loire Association pour la formation professionnelle des adultes Nantes (44)
ADB Formation Le Poiré-sur-Vie (85)
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Quelques avis techniques de produits fabriqués en Pays de la Loire
Ecovilla Mur par Isopaille
Opérations exemplaires en Pays de la Loire
Fiches mises en ligne progressivement sur le site internet de la DREAL Pays de la Loire :
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/construction-durable-r838.html
? Médiathèque de Saint-Aignan de Grand Lieu (44 680)
? Salle polyvalente de Mouais (44 590)
? Maison de l'enfance et de la jeunesse de Craon (53400)
? LOGEMENTS HQE ? Communauté de communes de l'Ernée (53)
Bibliographie
Evaluation de la disponibilité et de l'accessibilité de fibres végétales à usages matériaux en
France ? Fibres Recherche Développement ? Mars 2011
Etat des lieux des agromatériaux pour la construction en région Centre ? Alter'Energies ? Juin
2011
Nouvelles matières premières d'origine animale ou végétale pour la construction ? CSTB ?
Juillet 2008
Les écomatériaux en France : État des lieux et enjeux dans la rénovation thermique des
logements ? Les Amis de la Terre - Mars 2009
Le chaume : une spécificité de la Brière ; Bilan de la politique d'aide à l'emploi du chaume dans
le parc ? Parc Naturel Régional de Brière
Faisabilité d'une filière chanvre bio en Pays de la Loire ?Coordination AgroBiologique des Pays de
la Loire - 2006
Marché actuel des bioproduits industriels et des biocarburants & évolutions prévisibles à
échéance 2015 / 2030 ? Alcimed ? Avril 2007
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire 79
www a s-de-la-lmre.develo ement-durable. ouv.fr
Direction régionale
de l'environnement,
de l'aménagement
et du logement
service intermodalité,
aménagement et logement
5 rue Françoise Giraud
cs 16326
44263 NANTES Cedex 2
Tél : 02 72 7 4 73 00
Fax : 02 72 7 4 73 09
Directeur de publication :
Hubert FERRY-WILCZEK
ISSN:
2109-0017
CERBTP 2012 4couv.pdf
Page 2
(ATTENTION: OPTION ipées pour travailler différents matériaux. Les entreprises locales sont
essentiellement orientées sur le marché de l'isolation et leur production est destinée au marché
national voire extérieur.
? Cavac Biomatériaux (Vendée)
Filiale du groupe agro-alimentaire Cavac (4 000
agriculteurs), la coopérative Cavac Biomatériaux est
spécialisée dans le défibrage des pailles de chanvre
et de lin ainsi que dans le nappage des laines
isolantes. La coopérative est née de la volonté des
adhérents de valoriser les co-produits de l'agriculture,
en particulier des pailles, sur les marchés non
alimentaires. La coopérative emploie actuellement 20
personnes sur son site de Sainte-Gemme-la-Plaine
(85). Elle dispose d'un outil de défibrage et de
nappage de laine isolante sur ce même site. La
coopérative travaille également d'autres matériaux
comme la ouate de cellulose ou les fibres textiles.
Certains produits de la gamme bénéficient d'ATec,
ATE ou de la certification ACERMI.
Acteurs de la
transformation
Filière
industrielle
Cavac
Biomatériaux
Effireal
Igloo
Cellulose
Isopaille
Filière non-
industrielle
Transformati
on du
produit par
l'agriculteur
ou l'artisan
Matériel
mécanique
mobile
Cavac
Biomatériau
x
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
38
Schéma récapitulatif de l'activité de Cavac Bio-matériaux
? Effireal (Maine-et-Loire)
La coopérative Effireal, créée il y a plus de deux
siècles était à l'origine une filature de tissage. L'activité
s'est ensuite orientée vers le recyclage puis le secteur
de la matelasserie jusqu'au début des années 2000. A
la fin des années 1990, l'entreprise s'intéresse à la
fibre végétale et développe la production de produits
d'isolation pour le bâtiment et de produits de paillage
en fibres de jute et en chanvre pour l'arboriculture. Au
même moment, l'entreprise (alors SARL) est intégrée
à Technichanvre (Finistère) avant de passer en
société coopérative et participative (SCOP) en octobre
2010. La coopérative emploie actuellement 16
salariés. L'activité d'Effireal porte à 70% sur la
production de laines isolantes et à 25% sur
l'activité paillage. L'entreprise fut pionnière en France dans la fabrication de laines isolantes
végétales lorsqu'elle développa l'activité. D'autres acteurs importants du secteur de la fabrication de
matériaux isolants se sont ensuite positionnés sur le marché réduisant la capacité de production
d'Effireal a environ 5% de la capacité de production française. La coopérative travaille les matériaux
chanvre, lin, fibres textiles, fibres de bois. Un seul des produits manufacturés par Effireal en sous-
traitance bénéficie d'un Atec. Effireal est positionnée sur le nappage de laines isolantes, mais
n'intervient pas sur la première transformation de défibrage.
Effireal
Groupe Cavac
Production de lin oléagineux
Production de chanvre en rotation
Pailles de lin et de chanvre
Cavac Biomatériaux
Ouate de
cellulose
Nappage des laines,
thermoliage
Fibres textiles
recyclées
Conditionnement
Laines à base de
fibres textiles
Fabricant breton
de ouate de
cellulose
Travail en sous-
traitance
Laine chanvre et
ouate de
cellulose
Laine de chanvre
Laine de chanvre
et lin
Ouate de
cellulose en vrac
Granulats pour
chapes sèches
Chènevottes
pour bétons de
chanvre
Fibres lin et chanvre Fines Chènevottes
Gamme de produits Cavac
Défibrage chanvre et lin
Compression
Nappage de laines
thermoliage
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
39
Schéma récapitulatif de l'activité d'Effireal
? Isopaille (Sarthe)
Isopaille exerce une activité de charpentier couvreur
spécialisée dans la construction d'ossatures bois avec
une isolation en paille compressée : le bloc Isopaille.
L'ensemble du procédé bénéficie d'un avis technique
depuis octobre 2010 sous le nom de "ECOVILLA®
Mur" facilitant l'accès aux assurances et à la garantie
décennale.
L'entreprise, sous la forme juridique de société
anonyme, fabrique les éléments de structure dans son
atelier situé à Cherré (72) avant d'assurer la pose sur
le chantier à l'aide d'une grue (2 à 3 jours sur
chantier). La préfabrication peut prendre la forme de
structures murs, de couverture ou encore d'éléments
de plancher.
L'effectif de l'entreprise représente 6 emplois pour la fabrication en atelier et la pose.
? Igloo Cellulose (Vendée)
L'entreprise a été créée en janvier 2010. Son
activité première était alors l'importation de ouate
de cellulose en provenance du Canada. En Avril
2011, Igloo Cellulose a construit une usine de
production de ouate de cellulose sur la commune
de La Chapelle-Achard (85). Un seul produit est
fabriqué sur le site. La ouate de cellulose
convient pour l'isolation des combles et des murs
et dispose d'un avis technique et d'une
certification ACERMI.
Siège social
Les Sables-d'Olonne
Usine de production
La Chapelle-Achard
Chanvre défibré
Producteur de
fibres de bois
Lin 2000 Le Relais Technichanvre
Lin défibré
Fibres de bois Sous-traitance
Vente locale Commercialisation
Nappage des laines, thermoliage
Fibres textiles
Lin 2000 Le Relais Technichanvre
EFFIREAL
Atelier Isopaille
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
40
4. Organisation de la filière de distribution des matériaux
Au-delà de la distribution classique des
matériaux de construction bio-sourcés (négoces
de matériaux, grandes surfaces de bricolage,
coopératives d'achat) existent des circuits de
distribution spécifiques. Les commerces de
matériaux de construction écologiques sont
présents sur l'ensemble du territoire et
distribuent des matériaux bio-sourcés non
seulement aux auto-constructeurs mais
également aux artisans. Les réseaux
d'applicateurs de ouate de cellulose qui forment
des artisans à l'application assurent également
la distribution de la ouate. Les fabricants des
matériaux bio-sourcés proposent parfois une
vente directe aux entreprises de bâtiment,
permettant ainsi de dispenser des conseils
quant à la mise en oeuvre. Enfin, la distribution
en circuits courts se développe en Pays de la
Loire, portée par des acteurs qui souhaitent
limiter au maximum l'énergie grise du matériau
utilisé. La pluralité des acteurs de la distribution et leur structuration diverse rend difficile sinon
impossible l'estimation du volume de matériaux bio-sourcés distribué et donc mis en oeuvre sur les
Pays de la Loire.
5. Organisation de l'environnement associatif
De nombreuses associations ont pour objet une
thématique proche de celle des matériaux de construction
bio-sourcés. Elles peuvent être entièrement dédiées à cette
filière (association de représentation des transformateurs
de chanvre, de représentation des fabricants de laines
végétales) ou peuvent être impliquées sur un champ plus
vaste. C'est le cas des associations oeuvrant sur l'éco-
construction. Afin de décrire cet environnement associatif,
trois sous-familles ont été retenues.
Les associations nationales de représentation des
filières
Elles regroupent notamment les associations de représentation des producteurs de chanvre, des
transformateurs de chanvre, des transformateurs et des utilisateurs de paille et des fabricants de
laines végétales.
Les associations qui oeuvrent sur la structuration de la filière
Le rôle de ces associations dans la structuration de la filière repose sur la mise en relation de
différents acteurs du monde du Bâtiment, mais également sur le partage des savoir-faire et sur la mise
en commun des techniques voire des outils de travail.
Les associations qui apportent un appui technique aux auto-constructeurs
Elles peuvent prendre la forme d'associations de formation sur la construction en matériaux bio-
sourcés ou d'associations qui mettent en place des chantiers participatifs destinés à former artisans et
auto-constructeurs aux techniques de construction en matériaux bio-sourcés.
Acteurs de la
distribution
Circuits
classiques
Négoces de
matériaux
Grandes
surfaces de
bricolage
Coopératives
d'achats
Circuits
spécifiques
Commerces de
matériaux
écololgiques
Vente directe
de la part du
fabricant
Réseaux
d'applicateurs
Circuits
courts
Environnement
associatif
Représentation de
la filière
Structuration
de la filière
Appui
technique
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
41
L'objet de ce travail ne consiste pas en un recensement exhaustif des associations de la filière
en Pays de la Loire. De nombreuses associations qui participent au développement de la filière de
par leur objet ne sont pas mentionnées dans ce document.
a. Les associations nationales de représentation des filières
Au sein de l'environnement associatif, des associations assurent la représentation des professionnels
de la filière des matériaux de construction bio-sourcés.
Les associations qui regroupent des producteurs
ou des transformateurs de matériaux bio-sourcés
ont pour vocation de regrouper au sein d'une
même entité des acteurs ayant des intérêts
communs. Elles peuvent être organisées par
"matériau" comme c'est le cas pour la FNPC
(Fédération Nationale des Producteurs de
Chanvre) et Interchanvre. La FNPC regroupe les
agriculteurs qui mettent du chanvre en culture,
Interchanvre assure la représentation des
transformateurs de chanvre. Ces associations,
situées toutes les deux au Mans (72) assurent une
représentation nationale.
Multi-matériaux mais uniquement placée sur la
fabrication des laines isolantes à base de végétaux
(bois, cellulose, chanvre, coton, lin?), l'Asiv
(Association Syndicale des Industriels de l'Isolation
Végétale) assure la représentation des fabricants.
L'association a pour vocation de représenter ses membres auprès des pouvoirs publics notamment,
de défendre les intérêts des fabricants et d'engager des actions de promotion des isolants végétaux.
Les associations placées du côté de la mise en oeuvre des matériaux ont également une approche par
matériaux. Le Réseau Français de la Construction en Paille, également nommé les Compaillons
rassemble des acteurs issus de l'artisanat, de l'auto-construction, de la maîtrise d'oeuvre, de la
maîtrise d'ouvrage de la formation et du milieu associatif. L'association travaille sur la reconnaissance
de la paille comme matériau de construction. Elle a notamment contribué à la validation des règles
professionnelles de construction paille. L'association émet aujourd'hui le souhait de se régionaliser.
L'association Construire en Chanvre est née de la volonté de professionnels du bâtiment de
promouvoir le matériau chanvre. Elle a pour objet le rassemblement des compétences et l'échange
d'expériences. L'association a mis en place une procédure d'agrément des formateurs destinés aux
professionnels du bâtiment qui souhaitent dispenser des formations à la mise en oeuvre des matériaux
chanvre conformément aux règles professionnelles et documents normatifs en vigueur.
Enfin, dans le cadre des travaux du MEDDE sur les filières des matériaux de construction bio-sourcés,
l'association Constructions et Bioressources a été créée afin d'offrir à la filière une plateforme
structurelle. Elle intervient sur l'ensemble des matériaux dits bio-sourcés et sur l'ensemble des étapes
de la filière.
Représentation
des filières
Transversales
Constructions et
Bioressources
Production
Association
Syndicale des
Industriels de
l'Isolation Végétale
Fédération
Nationale des
Producteurs de
Chanvre
Interchanvre
Mise en
oeuvre
Réseau
Français de la
Construction
en Paille
Construire
en
Chanvre
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
42
b. Les associations qui oeuvrent sur la structuration de la filière
Les associations abordées dans la section
précédente participent également à la structuration
de la filière au niveau national. Cependant, les
associations qui font l'objet de cette partie
participent à la mise en réseau d'acteurs en Pays
de la Loire et contribuent ainsi à la structuration
régionale de la filière.
Parmi cet ensemble d'associations, trois sous-
familles ont été identifiées. Ce classement a été
retenu pour faciliter la compréhension de
l'environnement associatif, mais reste imparfait tant
les frontières entre les associations sont minces et
tant l'imbrication des associations entre elles est
fréquente. Les associations représentées dans
l'illustration peuvent relever de deux ou trois sous-
groupes différents.
? La structuration d'une grappe d'acteurs
de l'éco-construction pour un projet commun de promotion et de développement de l?éco-
construction
? Le partage du savoir-faire et des techniques
? La mise en relation d'acteurs
La mise en relation d'acteurs regroupe des associations telles que les Civam 4412 , l'association
Chanvre et Paysans ou encore l'association Habitats et Energie Naturelle (HEN).
Les Civam sont fédérés au niveau national, régional et parfois départemental comme c'est le cas en
Loire-Atlantique. L'association de type loi 1901 oeuvre pour le développement agricole et rural et la
recherche d'autonomie des territoires ruraux. Les adhérents de l'association sont agriculteurs, artisans
ou particuliers. Le Civam est constitué de différents groupes de travail. Chanvre et Paysans ainsi que
HEN découlent de ces groupes et sont aujourd'hui constituées en associations. Le groupe Chanvre et
Paysans est composé de 15 agriculteurs qui produisent du chanvre destiné à être commercialisé en
circuits courts, d'artisans, de la scop Tierrhabitat et d'autres partenaires. L'association HEN constitue
l'un des groupes du Civam44. Elle est elle-même composée de différents groupes de travail et
d'actions autour de l'éco-construction (groupements d'achat, chantiers participatifs?) et regroupe
uniquement des auto-constructeurs.
Le partage du savoir-faire, des connaissances, des techniques liées à l'éco-construction et la
mutualisation des ressources est porté par certaines associations identifiées en Pays de la Loire.
L'association Niveau à Bulle (Indre-44) a pour mission de développer l'échange et la mutualisation des
savoirs et des ressources entre ses adhérents (accès aux matériaux, aux outils, à la documentation,
aux retours d'expérience?). L'association participe également à la structuration de la filière par la
mise en relation d'acteurs professionnels et non professionnels du Bâtiment. Le Niveau à Bulle réalise
également des missions de conseil pour les particuliers et les professionnels, organise et accompagne
des chantiers participatifs et des formations sur les techniques de construction avec des matériaux
naturels (paille, bois, chanvre...) et assure la sensibilisation du grand public aux techniques d'éco-
construction par le biais de salons et de démonstrations.
L'association Eco-Construction Ligérienne Atlantique (Eclat) a pour objet l'information et
l'accompagnement de ses membres sur des projets de construction et de rénovation du bâtiment.
L'association cherche à promouvoir les pratiques de construction qui s'inscrivent dans une démarche
12 Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural (Loire-Atlantique)
Structuration
de la filière
Structuration d'une
grappe d'acteurs de
l'éco-construction
Echobat
Mise en
relation
d'acteurs
Civam 44
Chanvre et
Paysans
Habitats et
Energies
Naturelles
Partage du
savoir-
faire, des
techniques
Le Niveau à
Bulle
Eco-
Construction
Ligérienne
Atlantique
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
43
pérenne de développement soutenable. De par ses missions, l'association Eclat contribue au
développement et à la structuration de la filière des matériaux de construction bio-sourcés. Elle réalise
notamment des chantiers participatifs sur la construction paille.
La structuration de la filière passe également par des projets menés par une grappe d'acteurs de
l'éco-construction. L'association Echobat Développement en est l'illustration. Elle regroupe le Comité
de Bassin d?Emploi du pays d?Ancenis, la Maison Familliale Rurale de Riaillé, le chantier d?insertion
Erdre et Loire Initiatives, la Scop TierrHabitat (Ligné) et la SARL Artibois (Oudon). L?association Une
famille Un toit est associée à Echobat dans la réalisation d'un projet de construction de logements
sociaux économes en énergie, faisant appel à des matériaux sains et autour d'une démarche
d'insertion professionnelle. Ce projet est détaillé dans la suite du document.
c. Les associations qui apportent un appui technique aux constructeurs
La formation des acteurs de la construction, qu'ils soient auto-constructeurs ou artisans, constitue une
branche de l'environnement associatif. Cette branche est proche de la partie précédente, en particulier
du sous-groupe "partage du savoir-faire et des techniques".
L'appui technique aux constructeurs en matériaux bio-sourcés consiste principalement en de la
formation sur les différentes techniques et différents matériaux. La formation sur les techniques de
construction en matériaux bio-sourcés peut prendre différentes formes. En particulier une voie de
formation plus "classique" comme c'est le cas pour la Maison Familiale Rurale de Riaillé, Noria et
Compagnie, ou l'organisation de
chantiers participatifs, comme ceux
proposés par Botmobil pour la
construction paille, ou encore par les
associations Eclat et Niveau à Bulle.
Les chantiers participatifs
représentent une voie importante de
l'apprentissage des techniques en
auto-construction, en particulier pour
le matériau paille.
Les actions de formations portées par
la Maison Familiale Rurale de Riaillé
et par l'association Noria et Compagnie sont décrites plus précisément dans la partie du document
traitant des formations.
Appui
technique
Actions de
formation
Maison Familiale
Rurale de Riaillé
Noria et
Compagnie
Chantiers
participatifs
Botmobil
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
44
Cavac
Biomatériaux
Coopérative Centrale des
Producteurs de
Semences de Chanvre
Chanvre et Paysans
Quelques hectares
à destination de la
Cavac notamment.
Pas du surfaces en 2010
mais parfois quelques
hectares à destination
d?Agrochanvre.
86 615
236 176
40 057
75 828
1 129
4 187
471
1 271
-1 000
1 000
3 000
5 000
7 000
9 000
0
50 000
100 000
150 000
200 000
250 000
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Evolution de la surface de chanvre cultivée et de la
production associée en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Production (100 kg) Surface cultivée
III- La production des matières premières
La région Pays de la Loire ne recense pas d'outils de production sur l'ensemble des matériaux qui font
l'objet de cette étude. Certains matériaux sont bien implantés localement mais n'alimentent pas
uniquement le secteur de la construction.
1. Le chanvre
La culture du chanvre en Pays de la
Loire a connu une période de forte
croissance au début des années 2000
liée à l'activité papeterie. L'usine de
défibrage située à Spay en Sarthe
nécessite alors une production locale
importante en chanvre. En 2007, la fin
de l'activité de PDM Industries
(transformation du chanvre en papier) à
Spay entraîne la chute de la demande
de chanvre en Sarthe et dans les
départements limitrophes. La filière
chanvre disparaît alors peu à peu avant
de bénéficier de nouveaux débouchés en particulier dans le secteur de la construction. Depuis 2008,
la région observe une croissance des mises en cultures de chanvre.
Près de 1 271 hectares de chanvre sont cultivés en 2011, dont près de 700 hectares sont valorisés
sur la filière Bâtiment. Les Pays de la Loire se placent comme la deuxième région française
productrice, derrière la Champagne Ardenne (Chanvrières de l'Aube). Toutefois, une partie importante
des mises en culture est liée à la production de semences. La Coopérative Centrale des Producteurs
de Semence de Chanvre (CCPSC), située en Maine-et-Loire, à Beaufort-en-Vallée est "multiplicateur
exclusif"13 des variétés de chanvre. La CCPSC cultive environ 500 hectares de chanvre destinés à la
production de semences. Hors production de semences, les Pays de la Loire sont la quatrième région
française en termes de production
de chanvre, devancés également
par Midi-Pyrénées et Ile-de-France.
Avec une filière complète, de la
culture du chanvre à la production
de laines isolantes, la Vendée est
le premier département producteur
en Pays de la Loire. La surface
cultivée est estimée à 600 hectares
en 2011 et est destinée à fournir
l'entreprise Cavac Biomatériaux. La
coopérative de transformation
s'approvisionne également dans
les Deux-Sèvres (environ 250
hectares). En 2013, la Cavac
devrait mettre en culture 1 400
hectares de chanvre.
Historiquement grand producteur
de chanvre, la Sarthe a vu sa
production chuter jusqu'à
disparaître complètement cette
année suite à la fin de l'activité
chanvre de PDM. Les années précédentes, quelques hectares étaient encore cultivés complétant
ainsi la production vendéenne de chanvre à destination de Cavac Biomatériaux.
13 Les producteurs de chanvre doivent ainsi se fournir en semences auprès de cet organisme agréé
Les surfaces de chanvre mis en culture en Pays de la Loire et
leurs débouchés pour la construction
Source : Agreste 2010 et entretiens avec les acteurs locaux
(Ha)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
45
Loire-
Atlantique
11% Maine-et-
Loire
20%
Mayenne
6%
Sarthe
14%
Vendée
49%
Répartition de la surface de lin cultivé en Pays de la Loire en
2011
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
La Mayenne a également vu sa production de chanvre diminuer à la suite de la fermeture de PDM.
Elle dispose aujourd'hui d'un nouveau débouché avec l'entreprise AgroChanvre située dans la
Manche. AgroChanvre est spécialisée dans l'extrusion du chanvre et du PVC. Elle distribue également
des blocs de chanvre liés à de la chaux. En 2009, environ 50 hectares, principalement destinés à
Agrochanvre, étaient cultivés en Mayenne.
La Loire-Atlantique dispose d'une production locale, initiée par un regroupement d'agriculteurs
désireux de développer une filière chanvre en circuits courts. Ils sont regroupés depuis 10 ans sous
l'association Chanvre et Paysans animée par le Civam 44 14 . Le groupe appartient au réseau
Chanvriers en Circuits Courts
15. Le chanvre est cultivé en rotation et représente entre 1 et 6 hectares
par agriculteur soit une surface de 25 à 35 hectares annuels pour l'ensemble du groupe.
2. Le lin
Deux variétés de lin coexistent. Le lin fibre
(ou textile) est principalement destiné à
l'industrie textile; le lin oléagineux (ou
graine) est quant à lui utilisé par l'industrie
agro-alimentaire. La première variété n'est
pas ou peu cultivée en Pays de la Loire. Le
lin oléagineux est en revanche bien
présent localement : 2 225 hectares ont
été cultivés en 2011, soit près de 15% de
la superficie cultivée en France (hors
TOM) pour une production de plus de 3
638 tonnes, soit près de 12% de la
production nationale. Près de la moitié de
la surface régionale cultivée est située en
Vendée. Le lin oléagineux est mis en
culture en novembre et récolté en juin/juillet.
La culture est peu exigeante en eau.
La surface de lin mise en culture par la
Cavac est destinée à l'activité agro-
alimentaire du groupe. Seules les graines
du lin étaient utilisées. Les adhérents de la
coopérative ont alors cherché à valoriser les
co-produits liés aux activités agricoles.
Cavac créé en 2009 la filiale Cavac
Biomatériaux afin d'exploiter les fibres de lin
jusqu'ici non utilisées. La coopérative
exploite du lin graine dont le rendement en
fibres est moindre, son débouché principal
étant l'agroalimentaire.
La surface de lin mise en culture
annuellement par la coopérative représente
environ 2 500 hectares (en Pays de la Loire mais également en Poitou-Charentes).
14 Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural de Loire-Atlantique
15 L?association Chanvriers en Circuits Courts est une association de producteurs-transformateurs de chanvre pour l?éco-
construction. Elle est animée par l?Afipar et un collectif d?associations de développement rural (Réseau Civam, Alter?énergies,
Eco-Pertica ...)
41 660
36 381
2 412
2 225
0
500
1 000
1 500
2 000
2 500
3 000
5 000
15 000
25 000
35 000
45 000
Evolution de la surface de lin cultivée et de la production
associée en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Production (100 kg) Surface cultivée (Ha)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
46
26 201 190
31 036 025
423 730
506 160
0
100 000
200 000
300 000
400 000
500 000
600 000
15 000 000
20 000 000
25 000 000
30 000 000
35 000 000
40 000 000
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Evolution de la surface de céréales cultivée et de la
production associée en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistique agricoles annuelles
Production (100kg)
Surface (Ha)
3. La paille
Les cultures de céréales (blé, orge,
avoine et triticale) représentent 506 160
hectares en Pays de la Loire pour l'année
2011. La production régionale est estimée
à 3,1 millions de tonnes sur cette même
année, soit 6,6% de la production
nationale sur ces types de céréales.
La paille de blé est la plus utilisée dans les
constructions paille. En 2011, 2,5 millions de
tonnes de blé ont été produites en Pays de
la Loire. La production de paille de céréales
est essentiellement destinée aux élevages et
aux sols. La Vendée se place comme le
premier producteur de céréales en Pays de
la Loire, avec 24% de la production
régionale sur ces types de céréales.
La production de paille de céréales
destinées à la construction n'est pas
clairement identifiée en Pays de la Loire.
Une initiative organisée autour du Civam 44
regroupe des producteurs de paille qui
souhaitent valoriser des excédents de
production de paille pour la construction en
circuits courts a été active jusqu'en 2009,
suivant la dynamique des règles
professionnelles de construction en paille.
Cependant, les dernières années marquées
par la sécheresse et un rendement
consécutif moindre n'ont pas permis de
dégager des excédents pour la construction.
Blé tendre
76%
Blé dur
6%
Orge
8%
Avoine
0%
Triticale
10%
Répartition de la production de céréales par type
de culture en Pays de la Loire en 2011
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Loire-
Atlantique
14%
Maine-et-
Loire
21%
Mayenne
20%
Sarthe
21%
Vendée
24%
Répartition départementale de la production de
céréales en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
47
4. Focus sur le roseau
Le matériau a fait l'objet d'un état des lieux réalisé par l'Office National de la Chasse et de la Faune
Sauvage entre 2006 et 2008. Au total, 14 709 hectares de roselières ont été recensés en Pays de la
Loire, essentiellement sur le département de la Loire-Atlantique.
Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ? Les roselières des Pays de la Loire état des lieux sur la base de visites de terrain entre 2006 et 2008
Le parc de Brière (Loire-Atlantique) regroupe le plus grand nombre de chaumières en France avec
plus de 3 000 couvertures recensées soit 60% des chaumières françaises.
Paradoxalement, 80% du roseau utilisé pour les toitures proviennent de Camargue, où la
transformation est mécanisée. L'absence de mécanisation en Brière et le manque d'homogénéité des
roseaux rend difficile son exploitation. Le Parc Naturel Régional de Brière travaille sur la possibilité de
disposer d'un coupeur de roseaux professionnel16. En 2006, 13 entreprises de couverture en chaume
étaient recensées sur le territoire du parc.
Des aides financières de l'Etat dans un premier temps puis du Conseil Régional des Pays de la Loire
ont permis de restaurer un grand nombre de chaumières du parc. En 2006 et depuis le lancement des
aides, près de 1 600 chaumières ont bénéficié d'une subvention dans le cadre d'une construction ou
d'une réhabilitation.
16
Le chaume, une spécificité de la Brière, bilan de la politique d'aide à l'emploi du chaume dans le parc. Parc Naturel Régional
de Brière
Pays de la
Loire
Loire-
Atlantique
Maine-et-Loire Mayenne Sarthe Vendée
Superficie
totale 32 126 km² 6 893 km² 7 131 km² 5 171 km² 6 210 km² 6 721 km²
Roselières 147 km² 144 km² 1 km² 0,2 km² 0,8 km² 1,4 km²
Pourcentage
du territoire 0,46% 2,05% 0,014% 0,004% 0,012% 0,021%
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
48
Cavac
Biomatériau
x
Agrochanvre
Chanvre défibré
en provenance
des chanvrières
importantes :
Chanvrières de
l?Aube,
Eurochanvre?
Le chanvre non
défibré est
cultivé par des
agriculteurs
diffus en Loire-
Atlantique.
A la fermeture
de PDM,
quelques
agriculteurs
fournissent la
Cavac. Cette
année, aucune
culture n'est
mise en place.
Quelques cultures de
chanvre destinées à
alimenter Agrochanvre en
chanvre non défibré.
Le chanvre non
défibré est collecté
dans un rayon de
100 km,
essentiellement en
Vendée et en Deux-
Sèvres.
Effireal
Chanvre et
Paysans
IV- La transformation
1. Le chanvre
a. L'approvisionnement en chanvre
Les deux coopératives qui travaillent sur la transformation du chanvre en Pays de la Loire, Cavac Bio-
matériaux et Effireal, nécessitent un approvisionnement en matière première. Mais les deux situations
sont différentes :
? Cavac Bio-matériaux est en mesure d'assurer le défibrage du chanvre sur son site
de production et peut donc accueillir les pailles de chanvre brutes.
? Effireal ne possède pas de ligne de défibrage et doit donc se fournir en chanvre
préalablement défibré.
Pour la coopérative Cavac Biomatériaux, l'approvisionnement en matière première est assuré par
l'activité agricole du groupe Cavac. Le chanvre cultivé dans le cadre de l'activité du groupe agro-
alimentaire est regroupé sur le site de Sainte-Gemme La Plaine avant d'être soumis à la première
transformation.
La coopérative Effireal doit quant
à elle faire appel à des
chanvrières capables de garantir
cette première transformation
avant d'engager son activité, à
savoir la deuxième transformation
(nappage des laines isolantes).
En 2012, la coopérative a acheté
250 tonnes de fibres pour la
production de laines. Les fibres
utilisées proviennent
essentiellement des Chanvrières
de l'Aube en Champagne-
Ardenne. Aucune fibre de chanvre
travaillée par Effireal n'est issue
d'une production régionale.
Flux de chanvre défibré et non défibré en Pays de la Loire
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
49
b. Le défibrage du chanvre ou première transformation
Le défibrage du chanvre est l'étape durant laquelle la paille de chanvre est broyée afin de séparer la
fibre de la chènevotte. Cette opération est essentiellement mécanique et ne fait pas appel à des
procédés chimiques.
Actuellement, seule Cavac Biomatériaux dispose d'un outil de défibrage du chanvre en Pays de la
Loire. La paille de chanvre est placée sur la chaîne de production puis broyée afin de séparer la
chènevotte et les fibres. Les fibres et la chènevotte sont ensuite séparées et les poussières aspirées.
La chènevotte est stockée et conditionnée pour être ensuite distribuée à usage de mortier pour béton
de chanvre. Les fibres sont quant à elles acheminées vers la deuxième étape de la fabrication de
laines isolantes : le nappage.
L'association Chanvre et Paysans est actuellement en phase d'acquisition d'un matériel de défibrage
du chanvre. Une demande d'aide à l'investissement a été réalisée auprès du conseil général de Loire-
Atlantique. L'outil de défibrage doit être mobile car les agriculteurs du groupe sont disséminés sur
l'ensemble du département. Cet outil devrait permettre de trouver de nouveaux débouchés. Il est
actuellement difficile pour l'association de capter les artisans sans assurer un défibrage du chanvre.
c. Le nappage des laines ou seconde transformation
Les fibres végétales et la fibre de liage (fibres polyester) sont mélangées. Ce mélange est ensuite
homogénéisé par peignage. Les éléments mal mélangés sont extraits à la sortie cette étape puis
réinsérés à l?entrée, afin d?être de nouveau peignés (boucle fermée). La nappe est ensuite constituée
avant d'être liée par thermofixation. Le produit est ensuite découpé et conditionné.
Deux unités de fabrication de laine de chanvre sont situées en Pays de la Loire. Il s'agit de Cavac
Biomatériaux en Vendée et d'Effireal en Maine-et-Loire. Le chanvre est l'un des différents matériaux
travaillés par ces deux coopératives. Effireal, placée exclusivement sur le marché de la deuxième
transformation (fabrication de laines isolantes) produit actuellement 600 tonnes de laines
isolantes, dont approximativement 200 tonnes de laines de chanvre. Effireal produit les isolants
de la voie sèche pour Technichanvre, commercialisés sous la marque Technilaine. Une autre unité de
production localisée dans le Finistère produit les isolants en voie humide à base de chanvre.
Cavac Biomatériaux fabrique différentes laines isolantes à base de chanvre. Une laine à base
de fibres de chanvre uniquement, une laine à base de fibres de chanvre et de fibres de lin
associées, une laine à base de fibres de chanvre et de ouate de cellulose. La laine de chanvre et
de lin bénéficie d'un avis technique CSTB et de l'Acermi. La laine de chanvre dispose d'un avis
technique européen. La laine à base de chanvre et de ouate de cellulose devrait obtenir un avis
technique européen prochainement.
Cavac Biomatériaux n'a pas souhaité communiquer sur les volumes de production des différents
matériaux fabriqués par l'entreprise. Cependant, Cavac Biomatériaux indique que la capacité de
production de l'usine représente la fabrication d'isolants pour 5 000 ou 6 000 maisons par an soit
environ 250 000 m² d'isolant par an. D'autres lignes de production peuvent être ajoutées à celles déjà
présentes.
d. La production d'autres matériaux à base de chanvre
La production de matériaux de construction d'Effireal porte exclusivement sur la fabrication de laines
isolantes. Néanmoins, Effireal distribue des briques de chanvre de la marque Chanvribloc et dispose
d'une activité de paillage pour l'arboriculture.
La ligne de défibrage de Cavac Biomatériaux permet la production des fibres de chanvre nécessaires
à la conception des laines isolantes mais également l'extraction de la chènevotte. Cette partie de la
paille est utilisée comme mortier pour la réalisation de béton de chanvre. Elle représente entre 55% et
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
50
60% de la paille. La coopérative extrait la chènevotte, puis la conditionne et la distribue pour la
conception d'enduits ou pour l'utilisation en litière.
Par ailleurs, les poussières issues de la première transformation de la paille de chanvre (et de lin) sont
utilisées pour la fabrication de granulats isolants pour chape. Les poussières sont agglomérées par
compression sans utilisation de liant. L'entreprise réalise également des produits de paillage avec la
fibre et la chènevotte.
2. Le lin
a. L'approvisionnement en lin
Proche et parfois associé au
chanvre, le lin est utilisé dans la
fabrication d'isolants dans des
volumes moins importants que le
chanvre.
Les deux coopératives de fabrication
de laines isolantes bio-sourcées en
Pays de la Loire utilisent du lin dans
la conception de leurs produits.
Cavac Biomatériaux utilise les fibres
de lin dans la conception des laines
Biofib Duo (ou Calin) en les associant
à des fibres de chanvre.
Effireal produit une laine isolante de
lin destinée à la coopérative Lin 2000
située dans l'Oise. Lin 2000 défibre le
lin et commercialise les laines sous la
marque Natur'lin. Effireal assure le
nappage des isolants. La production
de laine de lin est moins conséquente que la production de laine de chanvre : en moyenne Effireal
utilise 50 tonnes de fibres de lin par an pour la production de laines isolantes contre 250 tonnes de
chanvre.
b. Le défibrage du lin
Le lin récolté par les agriculteurs est transporté jusqu'aux entreprises de première transformation sous
forme de balles de paille de lin. La phase de décortication consiste ensuite à séparer par une
opération mécanique la fibre des granulats (anas de lin). Les éléments sont triés en trois
composantes : fibres, anas et poussières.
En Pays de la Loire, seule Cavac Biomatériaux dispose de l'outil nécessaire à cette opération. Ce
même outil est capable d'assurer à la fois le défibrage du chanvre et du lin.
De la même façon que pour le chanvre, les fibres de lin sont acheminées vers la ligne de fabrication
des laines isolantes. Dans le cas de Cavac Biomatériaux, les fibres de lin seront associées à des
fibres de chanvre.
c. Le nappage des laines
Dans son activité de sous-traitance en deuxième transformation du lin, Effireal procède au nappage
des laines, de la même façon que pour le chanvre. Les fibres naturelles sont mélangées à des fibres
synthétiques qui vont jouer le rôle de liant. Le mélange est ensuite nappé selon la densité et
l'épaisseur voulues avant d'être porté à une certaine température qui va permettre une fonte partielle
Le lin non défibré
est collecté dans un
rayon de 100 km,
essentiellement en
Vendée et en Deux-
Sèvres.
Cavac
Biomatériaux
Effireal
Lin défibré en provenance
de la coopérative agricole
lin 2000 dans l'Oise
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
51
du liant synthétique. Le matériau est ensuite découpé et conditionné. Un avis technique est en cours
d'instruction auprès du CSTB concernant ce produit.
La coopérative Cavac Biomatériaux utilise les fibres de lin pour la fabrication de ses laines isolantes
en les associant à des fibres de chanvre. Le processus de fabrication est similaire à celui décrit dans
la partie IV.1.c. L'isolant commercialisé sous le nom Biofib Duo bénéficie d'un avis technique et de
l'Acermi.
3. Le coton
a. L'approvisionnement en fibres de coton
Dans le cadre de l'activité d'Effireal,
la fibre de coton utilisée dans la
production de laines isolantes est
issue du défibrage de vêtements non
réutilisables par Le Relais. 60 000
tonnes de textiles sont ainsi
recyclées par an par Le Relais en
France. Les fibres récupérées une
fois l'effilochage réalisé sont
transmises à Effireal. De la même
façon que pour la laine de chanvre
ou la laine de lin, la coopérative
Effireal ne procède pas à la première
transformation de défibrage.
Travaillant également en sous-
traitance pour la fabrication d'isolants
en fibres de coton, Cavac
Biomatériaux n'assure pas non plus
l'effilochage. La coopérative n'a pas
souhaité communiquer sur la provenance des fibres de coton.
b. Le nappage des laines
Effireal dispose des fibres de coton fournies par Le Relais et assure la fabrication de laines isolantes
de la marque Métisse. Les laines isolantes Métisse représentent les 2/3 de la production annuelle
d'isolants par Effireal, soit environ 400 tonnes. Une deuxième usine de fabrication du produit est en
cours de construction dans le nord de la France.
Les procédés de fabrication des laines sont identiques à ceux des fibres végétales décrites
précédemment.
Fourniture de fibres textiles
pour un marché spécifique.
La provenance n'est pas
communiquée.
Cavac Biomatériaux
Effireal
Fibres textiles issues du
recyclage des vêtements non
réutilisables (Le Relais).
L'usine Minot Recyclage
Textile (Nord-Pas-de-Calais)
assure l'effilochage.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
52
4. La fibre de bois
a. L'approvisionnement en fibres de bois
Effireal lance actuellement une
production d'isolants en fibres de
bois sous sa propre marque
Effibois. La production de fibres de
bois ne se fait pas localement, les
fibres sont produites par une
entreprise de la région lyonnaise.
Selon la coopérative, les scieries
sont rarement équipées pour
produire des fibres de bois. La
production de fibres de bois
nécessite des installations
conséquentes.
b. La fabrication des isolants en fibres de bois
Seule la coopérative Effireal travaille ce matériau dans la conception de laines isolantes en Pays de la
Loire. Le procédé de nappage reste identique à celui des autres fibres végétales décrites
précédemment. Les volumes de production sont encore marginaux, l'activité étant en phase de
démarrage.
5. La ouate de cellulose
a. L'approvisionnement en papier recyclé
Seul fabricant de ouate de cellulose en
Pays de la Loire, l'entreprise Igloo
Cellulose nécessite un approvisionnement
en papier, la ouate de cellulose étant
composée à 90% de papier recyclé.
L'entreprise dispose d'un contrat avec le
groupe de recyclage Paprec qui lui assure
une mise à disposition de matière pour la
production de ouate. En 2011, Igloo
Cellulose a consommé 5 000 tonnes de
journaux recyclés pour la production de
ouate de cellulose. En 2012, l'entreprise
estime avoir consommé entre 6 000 et
7 000 tonnes de journaux recyclés.
Effireal
Fibres de bois en
provenance de la
région lyonnaise.
Le nom du
fournisseur n?est
pas communiqué
Paprec :
Collecte déchets dont papier
(journaux essentiellement)
Igloo
Cellulose
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
53
Isopaille
Civam 44
Groupe
paille
Paille de blé en
provenance
essentiellement
du Loir-et-Cher
Les céréales sont
cultivées partout mais
destinées en priorité au
paillage ou à
l?alimentation des
animaux
Dynamique jusqu?en
2009. Actuellement
inactif car peu de paille
est disponible
(sécheresse)
b. La fabrication de la ouate de cellulose
La principale transformation de la matière première réside dans le broyage du papier issu du
recyclage. Des produits ignifugeants et fongicides sont ajoutés avant la compression de la ouate et le
conditionnement. La production annuelle de ouate de cellulose par l'entreprise Igloo Cellulose
représente environ 5 500 tonnes en 2011 et devrait atteindre près de 7 000 tonnes en 2012.
Le marché français se partage entre six fabricants, dont un seul est localisé en Pays de la Loire.
c. La fabrication de laines isolantes à base de ouate de cellulose
La gamme de produits fabriquée par
Cavac Biomatériaux comprend une laine
isolante constituée de fibres de chanvre
et de ouate de cellulose. La coopérative
ne fabrique pas de ouate de cellulose.
Selon Cavac Biomatériaux,
l'approvisionnement est trop difficile à
assurer. L'entreprise fait donc appel à un
fournisseur localisé en Bretagne (le nom
n'a pas été communiqué) pour
s'approvisionner en ouate de cellulose.
La ouate est défibrée et intégrée aux
fibres de chanvre afin de réaliser une
isolation chanvre et ouate de cellulose
associés sous forme de panneaux et
principalement destinée à l'isolation
acoustique. Le produit est commercialisé
sous le nom Biofib Ouate et un avis
technique européen est en cours de
validation.
6. La paille
a. L'approvisionnement en paille
L'approvisionnement en paille de
la société Isopaille est
essentiellement réalisé auprès
d'un agriculteur situé dans le
département du Loir-et-Cher, à
environ 30 km de l'entreprise.
L'agriculteur dispose d'une
capacité de stockage importante
de la paille. Celle-ci peut être
conservée pendant deux à trois
années. L'entreprise ne connaît
pas de difficultés particulières
d'approvisionnement. La
localisation de l'entreprise aux
portes de la Beauce lui permet
de profiter de paille disponible à
proximité.
Isopaille dispose d'une capacité
de stockage de paille de l'ordre de 40 tonnes. Selon les propos de son dirigeant, Isopaille pourrait
utiliser entre 200 et 300 tonnes de paille pour son activité en 2012.
Cavac
Biomatériaux
Producteur de
ouate de cellulose
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
54
b. La fabrication des éléments préfabriqués ossature bois et isolation en paille
compressée
Après réception des bottes de paille intervient la phase de fabrication des Blocs Isopaille. Les bottes
de paille sont chargées sur un tapis d'entrée, les liens sont retirés. Un décompacteur permet ensuite
d'introduire la paille en vrac à l'entrée de la presse. La paille est orientée et comprimée dans un canal
qui va permettre d'obtenir la masse volumique souhaitée. Le produit est alors formaté en un
parallélépipède et ficelé. Les liens utilisés peuvent être de nature synthétique ou naturelle.
L'ossature bois réalisée en atelier est comblée avec les Blocs Isopailles. Les liens sont sectionnés afin
que la paille maintenue sous pression se libère et vienne occuper l'espace par une expansion
horizontale.
7. Récapitulatif des matériaux produits en Pays de la Loire
Matériaux Produits Description
Production
matière
première
Transformation Distribution
Chanvre
Bio fib'chanvre
Panneaux semi-
rigides et
rouleaux
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Technilaine Panneaux
Chanvrières de
tailles
conséquentes :
Chanvrières de
l'Aube?
Effireal à Chemillé Par Technichanvre en
ventre directe
Biofib'chape
Granulats de
poussières de
chanvre et de lin
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Paille de
chanvre brute
Pailles de
chanvre non
défibrées
Chanvre et
Paysans
Transformation
manuelle par
l'acheteur
Circuits courts par le
biais de l'association
Chanvre et Paysans
Lin
Biofib'duo Panneaux et
rouleaux
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Natur'lin
Panneaux semi-
rigides et
rouleaux
Lin 2000 (Oise) Effireal à Chemillé
(49)
Par Lin 2000 sous la
marque Natur'Lin
Ouate de
cellulose
Biofib'ouate Panneaux
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Igloo Cellulose Vrac
Recyclage du
papier - Paprec
Igloo Cellulose à La
Chapelle-Achard (85) Réseau d'applicateurs
Paille
Blocs Isopaille
pour procédé
Ecovilla Mur
Ossature bois et
isolation en
blocs de paille
compressée
Producteurs
céréaliers en Loir-
et-Cher
Isopaille à Cherré Pose sur chantier
Fibres de
bois
Effibois Panneaux Région Lyonnaise Effireal à Chemillé
(49)
Commercialisé
régionalement
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
55
V- La distribution
1. Les circuits de distribution d'Effireal
Les produits à base de fibres de
chanvre fabriqués par Effireal et
commercialisés par Technichanvre
ne sont pas distribués par le biais
des distributeurs conventionnels.
Technichanvre peut, de cette façon,
apporter des précisions sur les
techniques de pose à l'utilisateur.
Technichanvre vend donc
directement sa gamme et propose
des stages de formation à
l'application de certains matériaux
qu'elle commercialise.
Les laines isolantes à base de
fibres de lin sont commercialisées
par la coopérative Lin 2000 sous la
marque Natur'Lin.
Les laines isolantes Métisse à base de fibres textiles sont fabriquées sur le site de Chemillé mais
commercialisées par Le Relais dont le siège est situé en Pas-de-Calais. La distribution du produit
Métisse est effectuée par Le Relais qui s?appuie sur une équipe de technico-commerciaux et un
réseau de plates-formes commerciales et de distributeurs spécialisés dans les matériaux d?isolation
bio-sourcés et/ou traditionnels.
Effireal dispose également d'une possibilité de vente directe sur les départements des Pays de la
Loire et limitrophes à la région. Elle concerne principalement des particuliers, des artisans ou des
commerces spécialisés. Selon Effireal, la vente directe représente une quantité très faible de la
production : environ 2% du chiffre d'affaires.
La laine de bois commercialisée par Effireal sous la marque Effibois est destinée à être distribuée en
Pays de la Loire.
Technichanvre
Commercialisation des laines
de chanvre par
Technichanvre
Distribution en
vente directe des
laines de chanvre
par Technichanvre
Distribution en vente directe des
laines isolantes sur les
départements limitrophes.
Commercialisation du produit
Effibois en Pays de la Loire.
Commercialisation
des laines à base
de fibres de lin par
Lin 2000,
coopérative
agricole située
dans l'Oise
Effireal
Commercialisation des Métisse par Le
Relais en Pas-de-Calais
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
56
2. Les circuits de distribution de Cavac Biomatériaux
Cavac Biomatériaux utilise
différents réseaux de distribution
pour commercialiser ses
produits. L'entreprise dispose de
six commerciaux en France. Des
partenariats sont réalisés avec
les négoces afin de permettre
une distribution sur l'ensemble
du territoire.
Les produits Cavac Bio-
matériaux sont distribués sous la
gamme Biofib pour les négoces
(Point P, Vendée Matériaux) et
sous la gamme Axton ou Calin
pour les grandes surfaces de
distribution (respectivement
Leroy Merlin et M. Bricolage).
Enfin, une partie de la production est exportée à l'étranger, en particulier vers le Benelux, l'Italie et
l'Angleterre. Ce marché représente environ 20% du chiffre d'affaires. La priorité est donnée au grand
ouest pour des raisons économiques (coûts de transport) et pour permettre aux clients potentiels de
visiter le site de production.
3. Le circuit de distribution d'Igloo Cellulose
L'entreprise de fabrication de ouate de cellulose ne fait pas appel aux négoces ni aux grandes
surfaces de distribution pour distribuer sa production. Igloo Cellulose passe par un réseau
d'applicateurs agréés.
Igloo Cellulose
Distribution par le biais d'un
réseau d'applicateurs agréés
Pour les matériaux à base de
chanvre, lin, ouate de cellulose :
Système de partenariat avec
certains négoces et grande
surfaces de distribution. 6
commerciaux permettent de
couvrir l'ensemble du territoire
français. Par ailleurs, 20% du
chiffre d'affaires est réalisé à
l'export (Bénélux, Italie,
Angleterre)
Pour les matériaux à base de fibres de coton :
Travail en sous-traitance. Le produit n'est pas
destiné à un circuit de distribution classique.
Cavac Biomatériaux
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
57
4. La pose directe sur chantier par Isopaille
La fabrication d'éléments conséquents d'ossature en bois à isolation paille tel que le procédé Ecovilla
Mur (cf Avis technique en annexe) implique une pose sur chantier. Celle-ci est assurée par l'entreprise
à l'aide d'une grue.
5. L'association Chanvre et Paysans et le groupe paille du Civam 44
Les groupes chanvre et paille du Civam 44 sont constitués dans l'idée de développer une distribution
en circuits courts sur le département de Loire-Atlantique. Le groupe chanvre aujourd'hui constitué en
association fait partie du réseau des Chanvriers en Circuits Courts, association qui intervient sur le
développement de micro-filières locales de production de chanvre fermier pour l?éco-construction en
France. Au départ les agriculteurs se sont orientés sur la culture du chanvre à des fins de projets
personnels d'auto-construction, avant de chercher à vendre le chanvre cultivé à une clientèle locale.
Actuellement, les producteurs de Chanvre et Paysans proposent un chanvre brut, non trié, qui
intéresse principalement les auto-constructeurs. La mise en oeuvre est par conséquent plus longue et
plus délicate (le défibrage doit s'effectuer manuellement) et les débouchés éventuels plus restreints.
L'acquisition d'un outil de défibrage mobile est en projet et devrait se concrétiser prochainement.
La culture du chanvre a également permis à certains membres du groupe d'approcher la vente
directe. Dans le cadre du chanvre, cette démarche permet à l'agriculteur de prodiguer des conseils sur
la mise en oeuvre. La distribution se fait en passant par l'association Chanvre et Paysans.
6. Les distributeurs de matériaux de construction
Dans le cadre de ce travail, une enquête qualitative a été réalisée auprès de 10 distributeurs de
matériaux de construction afin de comprendre leur ressenti quant au développement de la filière en
Pays de la Loire. Cinq négoces généralistes, trois grandes surfaces de bricolage et quatre commerces
spécialisés dans les matériaux écologiques ont été approchés.
a. Les négoces de matériaux
La vente de matériaux de construction bio-sourcés est marginale par rapport aux autres matériaux
traditionnels. La part de marché de ces matériaux ne représente que 5% à 12% des ventes d'isolants.
Les négoces interrogés déclarent vendre de la ouate de cellulose (panneau ou vrac), de la laine de
bois (panneaux). Aucun des négoces interrogés ne stocke d'autres matériaux de construction bio-
sourcés, mais peuvent passer commande sur demande.
Isopaille
Pose des élements préfabriqués sur le
chantier à l'aide d'une grue par les
salariés de l'entreprise.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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Le prix explique selon eux le faible attrait du public vers ces matériaux. Le terme "élitiste" a été utilisé
pour qualifier la clientèle qui se dirige vers ces produits. Ce sont essentiellement des particuliers auto-
constructeurs qui sont attirés par la réponse environnementale du produit, la qualité et la technicité.
b. Les grandes surfaces de bricolage
Différents matériaux de construction bio-sourcés sont proposés à la vente. La ouate de cellulose
(panneau et vrac), le chanvre seul ou associé au lin (panneau et rouleau), les isolants en fibres de
bois (panneau), la laine de mouton (rouleau). La part des matériaux bio-sourcés dans les ventes
semble toutefois plus importante que celle rencontrée dans les négoces. Une grande surface de
bricolage interrogée sur le sujet estime que les matériaux bio-sourcés représentent entre 16 et 20%
de ses ventes d'isolant. Là encore, les produits sont principalement destinés à des particuliers auto-
constructeurs. Il est à noter qu'il n'existe pas d'affichage distinctif sur ces produits, ni de mise en avant
des spécificités techniques, sauf exception.
c. Les commerces de matériaux écologiques
Les commerces contactés sont positionnés exclusivement sur les matériaux bio-sourcés en matière
d'isolation. Les matériaux proposés à la vente concernent le chanvre (4 commerces sur 5 interrogés),
la fibre de bois (4 commerces sur 5), la ouate de cellulose (4 commerces sur 5), la fibre de coton (4
commerces sur 5), le liège (4 commerces sur 5), la plume de canard (1 commerce sur 5), la laine de
mouton (3 commerces sur 5).
Les commerces proposent des produits notamment fabriqués en Pays de la Loire : la gamme Cavac
est proposée sur les matériaux chanvre/lin. Les produits fabriqués par Effireal sont également
présents via le produit Effibois et par les produits commercialisés sous la marque Technilaine et
Métisse.
Les commerces spécialisés estiment que les produits chanvre s'adressent à la fois aux professionnels
et aux particuliers. La fibre de bois est, selon eux, davantage orientée à un usage professionnel de la
même façon que la ouate de cellulose et le liège. Concernant les autres produits proposés, les
commerçants n'ont pas d'estimations particulières sur la clientèle.
Ils constatent un certain ralentissement des ventes de matériaux à base de chanvre et de fibres de
coton depuis deux ans qui peut être liée aux difficultés économiques rencontrées par le secteur du
bâtiment. Les ventes de produits à base de matériaux d'origine animale observent également un
ralentissement. En revanche, une hausse de la demande est observée sur les matériaux fibres de
bois et ouate de cellulose. Les ventes de matériaux à base de liège semblent stables.
Différentes motivations ont été recensées pour le public qui s'oriente sur ces matériaux :
? une motivation environnementale,
? la qualité des produits proposés,
? la technicité des produits,
? une demande du client final,
? une motivation financière liée aux économies d'énergie qui seront apportées par les
performances thermiques du produit.
En revanche, le prix des produits et le manque de connaissance du public sur ces matériaux
constituent un frein au développement des matériaux de construction bio-sourcés.
Un gérant de commerce spécialisé sur les matériaux écologiques estime que certains préjugés
circulent et persistent sur les matériaux bio-sourcés. Une formation technique des professionnels sur
ces matériaux permettrait une meilleure connaissance de la qualité du produit par le client final.
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Par ailleurs, il a également été relevé le souhait de développer les filières courtes afin de diminuer le
prix des matériaux et l'impact environnemental. Les gérants nous font également part de la complexité
du marché, recouvrant de nombreux acteurs qui se livrent une concurrence forte.
d. La distribution directe entre agriculteur et artisans ou auto-constructeurs
Les différents acteurs de la filière en circuits courts font part de l'existence de nombreuses démarches
de fourniture directe de matériaux entre les agriculteurs (chanvre et paille principalement) ou les
fabricants d'une part et les artisans ou les auto-constructeurs d'autre part. Cette forme de distribution
est courante dans la filière des matériaux de construction bio-sourcés. Elle permet aux uns de
prodiguer des conseils de mise en oeuvre et aux autres d'exprimer des attentes quant aux
caractéristiques souhaitées des produits. Les acteurs qui cherchent à structurer la filière souhaitent
souvent conserver cette spécificité.
VI- La mise en oeuvre des matériaux
1. Les métiers concernés
Les différents entretiens auprès des acteurs de la filière ont apporté un éclairage sur les métiers
concernés par la mise en oeuvre de matériaux bio-sourcés.
Les différents métiers concernés par la mise en oeuvre regroupent les plâtriers, les
peintres/enduiseur/façadiers (isolation par l'extérieur notamment), les charpentiers, les couvreurs, les
poseurs de sol (liège par exemple) et les maçons.
Au cours des différents entretiens réalisés auprès des acteurs du secteur de la construction et en
particulier des acteurs de la filière des matériaux bio-sourcés, il a été possible de comprendre quels
métiers sont les plus impliqués dans l'utilisation de ces matériaux. Les métiers peuvent varier selon le
type de matériaux dit bio-sourcés. La pose de matériaux isolants bio-sourcés va davantage concerner
les métiers de plâtrier, façadier, charpentier ou poseur de sols. La paille est essentiellement utilisée
comme isolant en ossature bois et est donc souvent liée au métier de charpentier/menuisier. Les
matériaux bio-sourcés sous forme d'enduit vont généralement être associés aux métiers de peintre,
d'enduiseur, de façadier et plus particulièrement aux métiers qui touche la restauration de patrimoine.
2. L'accès à l'assurance décennale
Les relations entre les entrepreneurs interrogés dans le cadre de l'étude et les assurances diffèrent
selon les cas. L'accès à l'assurance décennale est rendu difficile sur des techniques d'exécution
particulières. La parution de règles professionnelles construction paille et exécution d'ouvrage en
béton et mortier de chanvre et leur validation par la C2P rendent plus accessibles l'assurance
décennale pour les entreprises de bâtiment qui mettent en oeuvre ces techniques. Toutefois, la
pratique montre que la garantie n'est pas automatique selon les assureurs sur ces techniques.
Ce constat amène parfois l'artisan à devoir travailler sans déclaration préalable auprès de leur
assureur des matériaux et techniques utilisés. L'entreprise porte alors le risque de supporter elle-
même les coûts d'un sinistre éventuel. Toutefois, les artisans semblent confiants dans leur savoir-faire
et les matériaux utilisés et n'envisagent pas de changer leurs techniques de travail. Ils estiment par
ailleurs qu'une certaine frilosité des assureurs envers ces matériaux freine le développement de
nouvelles techniques de travail et les innovations sur ces matériaux.
3. L'approvisionnement en matériaux
L'approvisionnement en matériaux varie en fonction de l'activité de l'entreprise, de la fréquence de ses
chantiers sur ce type de matériaux, de l'importance qu'elle attache à la proximité des matériaux et à
ses qualités environnementales.
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Si une majorité des entreprises interrogées disent attacher une importance à la provenance des
matériaux, elles sont souvent dans l'obligation d'utiliser des matériaux non locaux. Ces choix peuvent
résulter de raisons économiques, d'habitudes de travail, d'un manque de connaissance de
producteurs locaux ou d'un besoin d'homogénéité des matériaux. Cette dernière raison concerne plus
spécialement la mise en oeuvre de fibres de chanvre. Les entreprises interrogées (en particulier les
entreprises de restauration du patrimoine) qui cherchent à mettre en oeuvre un chanvre défibré sont
souvent dans l'impératif d'utiliser un chanvre issu de chanvrières reconnues afin de s'assurer une
continuité dans la granulométrie de la fibre notamment.
Globalement, les entreprises dont l'activité porte essentiellement sur la pose d'isolants à base de
matériaux bio-sourcés semblent s'approvisionner principalement auprès des commerces spécialisés
en éco-matériaux ou directement auprès des fabricants.
La ouate de cellulose, moins confidentielle aujourd'hui, dispose, en plus des circuits de distribution
classiques, de réseaux d'applicateurs qui assurent l'approvisionnement en matériaux.
4. Les difficultés rencontrées
Les entretiens auprès des différents acteurs, aussi bien de la mise en oeuvre que de la production ou
de la distribution ainsi qu'auprès des associations, ont permis de faire remonter un certain nombre de
difficultés observées lors de la mise en oeuvre. Elles relèvent principalement d'aspects techniques et
de relation avec les assureurs.
5. L'information liée au produit
La question du besoin d'informations à la fois côté entreprise et côté clientèle a été posée aux
entreprises contactées. Certaines entreprises font part d'un souhait d'informations sur les différents
producteurs de matériaux et sur les prix pratiqués. Ils déclarent manquer d'informations sur les
produits proposés par la filière et optent donc pour une continuité des matériaux qu'ils mettent en
oeuvre.
L'information auprès du public qui relève davantage des associations de promotion des différents
matériaux semble porter ses fruits puisque les professionnels observent une progression de la
demande de mise en oeuvre de produits bio-sourcés aussi bien du côté des particuliers que du côté
des collectivités.
VII- La formation sur les matériaux de construction bio-sourcés en Pays de la Loire
Les matériaux de construction bio-sourcés font l'objet d'une offre de formation importante en Pays de
la Loire. Les formations sont parfois regroupées sous la notion plus large d'éco-construction mais
abordent dans les référentiels ces matériaux de façon théorique et/ou pratique. D'autres formations
sont exclusivement axées sur la mise en oeuvre de ces matériaux. Ces formations peuvent également
être longues et sanctionnées par un diplôme ou être davantage initiatique en formation courte. Trois
centres de formation sont plus particulièrement orientés sur des formations en lien avec les matériaux
de construction bio-sourcés mais également avec les matériaux terre et bois d'oeuvre : la Maison
Familiale Rurale de Riaillé, Noria et Compagnie et ADB Formation.
1. La Maison Familiale Rurale de Riaillé
L'établissement de statut associatif propose des formations aux jeunes et aux adultes par alternance
(statut scolaire, apprentissage, contrat de professionnalisation ou formation continue) ainsi qu'un
accompagnement social et professionnel.
La MFR de Riaillé dispense différentes formations autour de l'éco-construction et des travaux
paysagers. Elle fait partie du réseau Eco-construire (Fédération Nationale des Organismes de
Formations Professionnelles à l?Eco-construction).
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Dans le domaine de l'éco-construction, une formation longue est proposée ainsi que différentes
formations courtes.
a. La formation longue "ouvrier spécialisé en éco-construction"
Sur une période de 8 mois, la formation propose aux stagiaires d'acquérir les connaissances et les
compétences techniques en éco-construction pour exécuter des travaux neufs et en réhabilitation sur
de l?habitat individuel ou du petit collectif. La formation s'adresse à tous les publics et est en cours de
reconnaissance par un titre de niveau V. Les matériaux de construction bio-sourcés font l'objet d'une
attention particulière, notamment les matériaux bois, chanvre et paille. Les stagiaires apprennent
également à mettre en oeuvre les matériaux fibres de bois et ouate de cellulose.
Quatre sessions ont déjà été dispensées par la MFR de Riaillé et une cinquième démarrera en mars
2013. En moyenne, le centre accueille entre 10 et 12 personnes par session sur cette formation.
b. Les formations courtes
Plusieurs formations sont proposées sur divers domaines liés à l'éco-construction. Cinq formations
courtes touchent plus spécifiquement le domaine des matériaux de construction bio-sourcés. Elles
sont également inscrites dans la formation longue en éco-construction proposée par la MFR de Riaillé.
? La formation "construction paille sur ossature bois"
Sur une durée de cinq jours, les stagiaires sont formés aux techniques de construction de maisons en
bottes de paille associées à une ossature bois spécialement adaptée. La formation insiste sur les
détails d'exécution et sur d'autres spécificités liées à l'utilisation de la paille.
? La formation "bétons et enduits en chaux chanvre"
La formation doit permettre aux stagiaires de maîtriser les différentes techniques d?application du
chaux chanvre et de connaître les intérêts et les domaines d?utilisation du mélange. La formation est
proposée sur deux jours.
? La formation "isolation naturelle par l'extérieur"
Durant deux jours, les stagiaires sont formés aux techniques et à la mise en oeuvre spécifique de
l?isolation par l?extérieur avec des matériaux naturels. Le traitement des ponts thermiques est
également abordé durant la formation.
? La formation "techniques et matériaux de l'éco-construction"
Durant deux jours, les stagiaires sont formés sur les enjeux et la démarche d'éco-construction. Ils
apprennent à définir une stratégie de choix d'éco-matériaux pour l'enveloppe et l'isolation en fonction
des contraintes et des attentes du client.
? La formation "corps d'enduit en terre et fibre"
Les stagiaires suivent une formation de trois jours axée sur l'apprentissage de la mise en oeuvre de
corps d'enduit en terre et fibre sur les techniques terre-paille, adobe, bauge, torchis. Les stagiaires
apprennent à corriger le mélange en fonction du type de terre.
Selon la MFR, les formations courtes les plus demandées concernent la construction ossature bois la
construction paille la terre crue et la mise en oeuvre de corps d'enduit en terre et fibre.
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D'autres actions de formations sont également dispensées par la MFR de Riaillé auprès des artisans
(par l'intermédiaire de Baticef) et auprès des architectes (par l'intermédiaire de GEP Atlantique). Cette
dernière porte sur une initiation à la construction paille.
Par ailleurs, la MFR de Riaillé a participé à la construction de la salle polyvalente de Mouais en
assurant une formation auprès des travailleurs de l'ACPM17 et de leurs encadrant. Cette salle a été
construite avec des murs extérieurs isolés en bottes de paille avec corps d?enduit en terre et paille et
enduit de finition en terre. Les stagiaires de la MFR sont également intervenus sur le chantier.
Le centre de formation s'approvisionne en matériaux bio-sourcés en privilégiant dans la mesure du
possible les circuits courts et en s'appuyant notamment sur un agriculteur du CIVAM 44 localisé à
3 km. L'agriculteur fournit la Maison Familiale Rurale en paille, chènevotte et laine de chanvre. La
chènevotte est associée à la chaux afin de répondre aux exigences des règles professionnelles
d'exécution d'ouvrage en béton et mortier de chanvre.
Enfin, la Maison Familiale Rurale de Riaillé constitue l'un des 5 membres fondateurs de l'association
Echobat dont il a été fait mention dans ce document.
2. L'association Noria et Compagnie
Le centre de formation professionnelle Noria et Compagnie a été créé fin 2006 sous le statut
d'association loi 1901. Il dispose de locaux mis à disposition de l'association par la commune, en
échange de travaux de rénovation. Situés à Saint-Nicolas-de-Redon (44), les locaux abritent les salles
pour l'aspect théorique. Noria et Compagnie dispose également d'une plateforme technique pour
l'apprentissage pratique. Le site qui héberge la plateforme technique appartient au Conseil Général et
est également mis à disposition gracieusement. L'association privilégie une approche de l'éco-
construction organisée autour de l'utilisation de matériaux à la fois écologiques, disponibles
localement et accessibles d'un point de vue économique. Dans cette logique, le matériau terre est
placé au coeur des formations dispensées. Le développement du savoir-faire porte non seulement sur
la mise en oeuvre des matériaux mais également sur la capacité à utiliser des matériaux qui ont subi
peu de transformation.
Les formations longues diplômantes dispensées sont ouvertes aux professionnels en adaptation, aux
demandeurs d'emploi ou aux salariés en reconversion. Le centre accueille une trentaine de stagiaires
par an et pourrait atteindre près de 50 stagiaires suite à l'ouverture de nouvelles formations.
Noria et Compagnie est adhérent du réseau Ecobâtir qui rassemble des acteurs de la construction
écologique autour d'une charte fondée sur trois piliers : "l'environnement et la santé"; "les sociétés
humaines et la nature des échanges économiques"; "les cultures et savoir-faire". Le réseau Ecobâtir
se donne pour objectif de coordonner les échanges entre partenaires, de produire des documents,
des outils techniques et méthodologiques utiles au transfert des compétences et de renforcer la
reconnaissance des métiers, procédés et pratiques issus des matériaux de construction naturels.
Par ailleurs, le centre de formation est membre fondateur de la fédération Eco-construire (dont la
charte est celle du réseau Ecobâtir). Les membres de la fédération proposent des formations
innovantes destinées à accompagner la mutation écologique des métiers du bâtiment.
Deux formations sont actuellement proposées par le centre, une troisième devrait voir le jour
prochainement.
? Maçon en éco-construction (Niveau V)
Le titre va être déposé cette année (3ème session en cours). La formation aborde les sujets de l'éco-
construction, de la bio-construction, du développement durable, de la thermique du bâtiment, des
17 organisme de formation sous forme d'association loi 1901 dont la vocation est de créer et gérer des centres de formation
visant à assurer une insertion sociale et professionnelle durable, d'héberger des publics en difficulté et assurer de la formation
aux collectivités et entreprises.
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matériaux naturels entre autres. Le programme vise à former des professionnels ou de futurs
professionnels du bâtiment aux techniques de maçonnerie en éco-construction. La formation doit
permettre aux salariés d'évoluer en autonomie sur le chantier en effectuant eux-mêmes l'analyse des
besoins, les propositions et la mise en oeuvre.
Elle est constituée d'une partie théorique et d'une partie pratique en centre de 735 heures et en
entreprise de 280 heures.
? Conducteur de travaux en éco-construction et bio-climatisme (Niveau III)
La formation a pour objectifs d'une part de former des techniciens opérationnels intervenant pendant
les différentes étapes d?un projet d?éco-construction et de bioclimatisme, depuis la conception du
projet, la préparation du chantier, la réalisation des travaux jusqu?à la clôture des opérations et, d'autre
part, de coordonner des travaux de bâtiment mettant en oeuvre des matériaux sains et écologiques en
respectant les réglementations thermiques et les normes environnementales en vigueur. La formation
vise également à permettre aux apprenants de s?imprégner de la culture de l?éco-construction. Elle
intègre les connaissances techniques de constitution d?un habitat sain et de mise en oeuvre d?éco-
matériaux, mais également la prise en compte des énergies grises induites en amont, au cours et en
aval du chantier et leur impact sur l?environnement. Le programme se déroule sur 1 015 heures, dont
735 heures en centre et 280 heures en entreprise.
? Ouvrier spécialisé en Eco-construction (en projet)
Le centre de formation travaille également sur ce titre commun au nom de la fédération Eco-
construire. Les référentiels de ce titre devraient être adaptables aux spécificités régionales et
pourraient être mis en place dès 2013.
3. ADB Formation
Le centre de formation du Poiré-sur-Vie (85) a été créé en 1987 pour répondre aux besoins des
entreprises du bois qui recherchent de la main d'oeuvre qualifiée et à la demande de reconversion des
demandeurs d'emploi vers ces métiers ou de salariés souhaitant se réorienter. ADB propose des
formations aux entreprises, des formations en alternance et des formations continues. Le centre de
formation propose à ses stagiaires de travailler sur des supports pédagogiques concrets, en particulier
pour le travail des maisons à ossature bois.
Quatre formations proposent une approche des matériaux de construction bio-sourcés dans leur
programme, notamment en donnant accès à une option paille et terre.
? La formation continue ou en alternance "CAP Constructeur bois spécialisation
charpente"
Sur une durée de 9 à 22 mois selon que la formation soit continue ou en alternance, les stagiaires
sont formés sur les techniques de construction en ossature bois et sur les techniques de remplissage
en paille et en terre.
? La formation continue ou en alternance "CAP Menuisier Fabricant spécialisation
constructeur bois option isolation extérieure et intérieure"
La formation se déroule sur une durée de 9 mois (formation continue) ou 22 mois (formation en
alternance). Les stagiaires sont formés sur les techniques en menuiserie et en ossature bois ainsi que
sur les techniques d'isolation intérieure et extérieure. La formation aborde le thème des matériaux
écologiques : le liège, la fibre et la laine de bois. Elle donne également accès à la spécialisation paille
et terre.
? La formation continue "Technicien en éco-construction ? second oeuvre"
(Niveau V)
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La formation sera prochainement accessible. Sur une durée de 9 mois, elle permettra de répondre à
l?évolution du marché, aux règlementations thermiques en vigueur (RT 2012) et aux incitations nées
du Grenelle de l?environnement. L'isolation thermique est largement abordée durant la formation ainsi
que les différents matériaux d'isolation, à la fois bio-sourcés et conventionnels.
? La formation continue ou en alternance "Techniques en Bâtiment et
commercialisation spécialisation en éco-construction" (Niveau III)
Sur une durée de 6 ou 12 mois selon le mode continu ou en alternance, la formation répond aux
besoins de recrutement d'ouvriers qualifiés et polyvalents. Les stagiaires sont formés sur les
techniques de vente mais également sur le conseil et l'accompagnement. La formation donne accès à
la spécialisation paille et terre. ADB Formation est actuellement le seul centre de formation en France
à proposer une formation sur les techniques commerciales pour maisons à ossature bois.
4. Le Greta Pays de la Loire
Les lycées et collèges, établissements scolaires publics, mutualisent leurs ressources au service du
public d'une zone géographique pour constituer le GRETA (Groupement d'ETAblissements). Le
réseau Greta Pays de la Loire propose une formation en lien avec l'éco-construction et les matériaux
de construction bio-sourcés.
? La formation "maçonnerie en éco-construction"
Elle s'adresse aux salariés, aux demandeurs d'emploi et aux particuliers qui souhaitent se former sur
la maîtrise des procédés et des produits de construction ayant un faible impact environnemental. Les
stagiaires sont notamment formés sur les techniques de remplissage d'ossature bois en béton de
chanvre. Le programme propose 674 heures de formation dont 534 heures sur le centre de formation
(Greta Nantes BTP ? Saint Herblain) et 140 heures en entreprise.
5. L'AFPA Pays de la Loire
L'AFPA (Association Nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes) en Pays de la Loire
regroupe une dizaine de centres sur les cinq départements ligériens. L'AFPA Pays de la Loire propose
trois formations courtes abordant la mise en oeuvre de matériaux de construction bio-sourcés.
? Concevoir un mur à ossature bois perspirant en éco construction
Sur une journée, les stagiaires se familiarisent avec les étapes de conception d'un mur perspirant à
ossature bois, en tenant compte des principaux types de mur en bois existant sur le marché et du rôle
de l'isolant dans le mur. La formation aborde les différents types de murs en fonction de la position de
l'isolant et traite des isolants écologiques.
? Appliquer des badigeons à la chaux
Sur une durée de deux jours, les stagiaires sont initiés aux différentes préparations et applications de
la chaux et à l'identification des éco-matériaux en matière de peintures et d'enduits.
? Réaliser le montage d?une maison à ossature bois de type « plateforme »
Durant cinq jours, les stagiaires abordent une partie théorique axée sur le cadre réglementaire, les
normes, les limites constructives, les techniques de mise en oeuvre les matériaux utilisés et une partie
pratique. La partie pratique propose la fabrication de panneaux ossature bois ouverts et menuisés et
une étude de cas qui comprend la pose d'une isolation en laine de bois sur un angle de mur.
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6. Le GEP Atlantique
Le GEP Atlantique, association de formation des métiers de l'architecture, a pour vocation d'accueillir
et de concevoir des actions de formation continue en Pays de la Loire. Le GEP Atlantique propose
une formation "initiation à la construction paille ossature bois"
7. L'IUT de Saint-Nazaire
? Le diplôme d'université "Conseiller en éco-construction et qualité
environnementale des bâtiments"
L'IUT de Saint-Nazaire propose cette formation continue aux salariés et aux demandeurs d'emploi
(ayant quitté depuis au moins six mois un cycle de formation initiale au lycée ou à l?université à la date
du début de la formation) de niveau bac+1. La formation propose aux stagiaires un programme axé
sur une démarche globale pour optimiser l?empreinte écologique d?un projet de construction. La
formation pose les bases des connaissances générales de l?éco-construction et de l?architecture
bioclimatique, ainsi que la connaissance des matériaux écologiques et innovants.
Elle propose d'acquérir une maîtrise de la mise en oeuvre des différents systèmes constructifs et du
bilan énergétique global d?un immeuble et de préparer les étudiants à la diversité des gisements
d?emplois suivant la spécialité ou la qualité des acteurs d?un dossier d?éco-construction.
L'IUT intègre dans cette formation une unité d'étude qui porte sur les systèmes de construction,
matériaux et mise en oeuvre. Les matériaux écologiques, en particulier paille et chanvre, sont abordés
dans cette UE.
La formation se déroule sur 609 heures dont 399 en centre et 210 heures en entreprise.
8. L'université de Nantes et l'IFRB18
? Licence Professionnelle "Bâtiment & Construction" Option "Gestion de travaux,
Encadrement de chantier & Construction Durable"
Sur une période de 12 mois, en alternance, la formation vise à adapter le profil du public aux
exigences des fonctions d?encadrement de chantier et de gestion de travaux et à apporter de
nouvelles compétences aux étudiants dans les domaines de la construction durable, de
l?environnement. La formation propose une approche technologique de la construction durable. La
licence est accessible aux titulaires d'un DUT ou d'un BTS dans le domaine du bâtiment et de la
construction ainsi qu'aux salariés avec expérience de l'encadrement.
9. Les autres actions de formation recensées
Une grande partie de la formation aux matériaux de construction bio-sourcés est directement
dispensée par les fabricants. Ceux-ci organisent parfois des formations destinées aux professionnels
qui souhaitent mettre en oeuvre leurs produits. Deux particularités sont à souligner : dans le cadre des
règles professionnelles construction en béton et mortier de chanvre, les formateurs doivent bénéficier
d'une accréditation de CenC19. De la même façon, pour les règles professionnelles de la construction
en paille validées par la C2P, les formateurs doivent bénéficier d'une accréditation du RFCP20 pour
dispenser des formations « pro-paille ».
Le réseau d'applicateurs de ouate de cellulose Adek Ouate dispose d'un centre de formation pour les
artisans qui souhaitent rejoindre le réseau. La formation se déroule sur deux jours pendant lesquels
sont abordés les aspects théoriques et pratiques de la mise en oeuvre de la ouate de cellulose.
Empreinte, les Compagnons bâtisseurs et Approche Eco-habitat proposent des formations dispensées
en Bretagne, portant notamment sur le matériau paille. Botmobil accompagne et aide les auto-
18 Institut de Formation et de Recherche du Bâtiment
19 Construire en Chanvre
20 Réseau Français de la Construction en Paille
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constructeurs à se former à la construction en paille et terre en les mettant en rapport avec des
professionnels par le biais de son réseau d'entraide.
L'ADEME propose un accompagnement aux maîtres d'ouvrage dans le choix des matériaux en phase
conception par exemple.
Batidurabilis propose des formations, des conférences et des animations sur différents modules axés
sur la construction écologique (construction écologique, construction bois écologique, maçonnerie
écologique, isolation écologique, matériaux durables?).
Baticef propose également des formations techniques courtes sur la mise en oeuvre de matériaux bio-
sourcés comme l'initiation à la construction en bottes de paille, l'isolation thermique extérieure en
brique de chanvre, l'enduit chaux-chanvre. Les formations proposées sur l'isolation intègrent
également les isolants en fibres végétales et animales.
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VIII- Les matériaux bio-sourcés dans la construction : point de vue de la maîtrise
d'ouvrage publique
Certains maîtres d?ouvrage publics se sont fortement impliqués dans l'essor des matériaux bio-
sourcés dans la construction au travers de l'exemplarité dans leur patrimoine (prescriptions
environnementales dans les cahiers des charges) mais aussi par leurs politiques d'interventions
(aides financières, accompagnement de maîtres d?ouvrage, appels à projets ou accompagnement des
filières et formation).
Le groupe de travail a donc souhaité interroger quelques maîtres d'ouvrage publics de la région Pays
de la Loire pour évaluer l'utilisation de ces matériaux dans leurs programmes de construction ou de
rénovation de leur patrimoine.
Un questionnaire a été transmis par mail durant l'été aux cinq conseils généraux, au conseil régional
des Pays de la Loire et au rectorat de l'Académie de Nantes afin de les interroger en ce sens. Le
questionnaire leur permettait d'exprimer les interrogations ou les besoins en information/formation que
ces matériaux suscitent.
Quatre points ressortent de ces échanges :
? Très peu de matériaux bio-sourcés sont utilisés dans les programmes de travaux
de ces maîtres d'ouvrage.
? Les maîtres d'ouvrage interrogés estiment posséder très peu d'informations sur
ces matériaux concernant leurs caractéristiques techniques et leur capacité à
répondre aux diverses réglementations, notamment la sécurité incendie dans des
établissements recevant du public (ERP) du 1er groupe.
? Les maîtres d'ouvrage s'interrogent sur les capacités du marché à répondre à des
volumes de commandes importants (grandes surfaces à isoler par exemple).
? Ils présentent également des inquiétudes quant aux coûts engendrés par l'emploi
de ces matériaux en lieu et place de matériaux plus traditionnels tels que la laine
de verre, laine de roche à un moment où d'autres coûts supplémentaires sont
subis (RT 2012).
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IX- Zoom sur des initiatives locales
1. Le projet Echobat
Plateforme Régionale d'Innovation21, Echobat Développement est un espace de collaboration et de
mutualisation d'équipements et de services entre acteurs économiques, acteurs de la formation et
acteurs de la recherche.
Echobat Développement travaille sur 5 axes spécifiques :
? le montage et l'accompagnement de formations et conseils en éco-
construction
? Le développement de parcours d?insertion professionnelle dans le secteur de
l?éco-construction
? Le développement de filières liées à l?éco-construction
? Le développement de coopérations entre acteurs de l?éco-construction
? La promotion de l?éco-construction
L'une des actions de l'association a pour ambition la conception de logements sociaux
économiquement et écologiquement performants en associant une démarche d'insertion par
l'économie. L'association "Une Famille Un toit" participe également à cette action aux côté d'Echobat
Développement.
Les entreprises artisanales réunies au sein d?Echobat Développement sont à l?origine de la création
de la coopérative d?artisans « ECLORE » pour une éco-construction locale et responsable (8
entreprises de tous les corps d?état la constituent à ce jour).
Plusieurs objectifs sont visés :
? la réduction des factures énergétiques des bénéficiaires de logements
sociaux,
? l?implication de dispositifs d?insertion dans des chantiers de professionnels du
bâtiment (permettant de promouvoir de véritables parcours d?insertion et des
débouchés),
? le développement des filières d?éco-construction (bois, paille, chanvre,
approvisionnement en circuit court,?).
Différents acteurs sont associés autour du projet :
? des entreprises dont l'activité porte autour de l'éco-construction,
? le chantier d'insertion "Eli" (Erdre et Loire Initiatives),
? le bailleur social "Une famille, un toit 44",
? le Comité de Bassin d'Emploi du Pays d'Ancenis.
? Des municipalités du département
? Une scop d?insertion du nord de la France
2. La coopérative Eclore
La coopérative Eclore émane de la volonté d'artisans de se regrouper afin de proposer une réponse
globale sur des projets éco-performants. La coopérative est entourée de différents partenaires :
architectes, chantier d'insertion, bureaux d'études thermiques, centre de formation, Comité de bassin
d'emploi d'Ancenis. La coopérative attache une importance à l'utilisation de matériaux naturels en
particulier issus de filières courtes.
21 Les plateformes régionales d?innovation (PRI) constituent un outil de développement économique et territorial fondé sur la
mutualisation de moyens techniques et humains entre des entreprises, des acteurs de la formation et de la recherche pour
favoriser l?innovation dans les entreprises et sur les territoires
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
69
3. Un groupement de commande d'isolants durables
Animée par l'association Synergies22, le "réseau des collectivités mayennaises en marche vers le
développement durable" répond à un besoin exprimé par les collectivités d'échanger autour de la
thématique de l'amélioration thermique de l'habitat. L'idée d'un groupement de commande publique de
matériaux est lancée en 2012. Le groupement est constitué de trois communes et animé par la
commune de Mayenne. Des critères techniques sont retenus (isolation à base de fibres naturelles ou
issues du recyclage, avis technique du CSTB?). Des points de livraison sont déterminés sur les trois
communes et les fournisseurs s'engagent à rendre accessibles les matériaux retenus aux particuliers,
sous les mêmes conditions de prix, sur un secteur donné et dans une certaine limite de volume.
4. Baticréateurs44 pôle éco-construction
Baticréateurs44 est une struture sous forme juridique CAE (coopérative d'activité et d'emploi) et une
scop (société coopérative de production) dédiée au bâtiment. Créée en 2008, elle s'est inspirée du
modèle de l'Ouvre-Boîte 44 23 . Baticréateurs44 propose un accompagnement sous forme d'un
hébergement comptable, fiscal et juridique pour les personnes qui souhaitent créer une activité
professionnelle. Cet accompagnement va permettre au futur créateur d?entreprise de valider son projet
en vérifiant sa capacité à démarcher des prospects, à établir des devis à réaliser des chantiers et à
terme à vivre de son activité. Les futurs créateurs deviennent alors "entrepreneurs salariés" et peuvent
bénéficier au sein de la structure des assurances nécessaires (garantie décennale notamment).
Certains des entrepreneurs de Baticréateurs44 ont souhaité se regrouper afin de réaliser des
prestations relevant de l?éco construction et du développement durable. Ils s'engagent à respecter la
charte suivante :
? proposer des matériaux respectueux de l?environnement (cycle de vie, bois éco-certifiés,
approvisionnement local?),
? proposer des solutions favorisant les économies d?énergie,
? réaliser les travaux dans une démarche éco-citoyenne (tri des déchets, minimiser les
besoins en ressources, respect dubâti?),
? assurer la cohérence des travaux réalisés grâce à une réelle synergie entre les
intervenants.
5. Groupe Ecoconstruction de la CAPEB Mayenne
Le groupe est composé d'une quinzaine de professionnels signataires d'une charte. Ils s'engagent
ainsi :
? à engager une réflexion autour de la construction et de la restauration,
? à rendre plus efficace la coordination et l'organisation sur les chantiers,
? à mettre en oeuvre des matériaux ayant un bilan écologique satisfaisant,
? à être à l'écoute des clients tant au niveau de leurs besoins que du budget alloué.
Le groupe Eco-construction comprend des artisans et entrepreneurs, des architectes et prescripteurs,
des formateurs et accompagnateurs, des fabricants de matériaux, des négociants et des distributeurs,
sensibles aux valeurs du développement durable.
22 Créée fin 2009, l'association Synergies assure un accompagnement technique et méthodologique auprès des collectivités et
des particuliers pour la conception de projets liés au Développement Durable et aux problématiques énergétiques. L'association
est adhérente du Civam 53.
23 Coopérative d?activités et d?emploi qui accompagne des porteurs vers la création de leur projet professionnel.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
70
Partie V- Identification des freins et des leviers d'action éventuels au
développement de la filière
S'il s'avère que les matériaux de construction présentent un intérêt de plus en plus important auprès
du public, un certain nombre de difficultés viennent ralentir leur progression. Ces difficultés constituent
autant de freins pour le développement de la filière. L'enjeu est donc d'identifier ces freins afin de
comprendre de quels leviers les pouvoir publics disposent pour accompagner le développement de la
filière.
Les échanges auprès des acteurs de la filière ont mis en évidence le constat suivant : certaines
difficultés relèvent d'un enjeu national lorsque d'autres difficultés peuvent trouver un écho plus local.
I- Les matériaux de construction bio-sourcés face aux matériaux de construction
conventionnels
1. Le prix des matériaux bio-sourcés
Bien qu'en diminution, le prix des matériaux bio-sourcés constitue un frein important pour le
développement de la filière. Selon les acteurs rencontrés, les isolants végétaux sont 2 à 3 fois plus
coûteux que les laines minérales. Pour les isolants à base de laine de mouton ou de plumes de
canard, les rapports de prix sont de l'ordre de 5 à 6.
Les différences de prix s'expliquent notamment par les volumes. Les volumes produits de laines
minérales autorisent des économies d'échelles importantes en comparaison des laines d'origine
végétale ou animale. De la même façon, l'avance prise par les producteurs d'isolants bio-sourcés
étrangers leur permettent un meilleur rendement de la production.
Le coût de la matière première n'est qu'un élément du coût associé à la mise en oeuvre de ces
matériaux. Il faut ajouter à celui-ci les coûts normatifs, les coûts en matière d'innovation et les coûts
marketing pris en charge par les fabricants. La mise en oeuvre des matériaux bio-sourcés peut
également impliquer le recours à des solutions supplémentaires pour atteindre les exigences des
réglementations (incendie notamment).
A noter cependant que l'augmentation constante du prix de l'énergie pourrait diminuer l'écart observé
entre les isolants d'origine végétale ou animale et les laines minérales.
2. Un secteur en émergence, mais encore peu structuré pour répondre à une demande de
masse
La filière est majoritairement constituée de PME, avec peu d'acteurs d'envergure nationale
susceptibles d'assurer un développement de masse de ces matériaux. Les grands groupes ne
semblent pas apporter un intérêt fort sur la filière. Bien qu'en croissance forte, en particulier sur le
secteur de l'isolation, les matériaux de construction bio-sourcés pourraient se heurter à des difficultés
face à une demande de volumes importants, tant par les capacités de production des acteurs que par
des difficultés d'approvisionnement en matières premières. Ce dernier point est d'autant plus plausible
que d'autres secteurs d'activité se tournent également vers les bioproduits.
Par ailleurs, les petites et très petites entreprises de ce marché ne disposent que d'une capacité
limitée d'innovation.
3. Un accès difficile à l'évaluation du produit?
Les fabricants de matériaux de construction bio-sourcés se heurtent à des difficultés financières pour
faire évaluer leurs produits. Les moyens limités des petites structures rendent difficile l'accès à
l'évaluation par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Or, la commercialisation des
produits est rendue plus complexe sans ces évaluations, ce qui amplifie encore les obstacles
rencontrés pour faire face à la concurrence des leaders du marché et des fabricants de matériaux
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
71
conventionnels. L'avis technique représente un coût global (instruction et essais compris) qui peut se
situer entre 15 000 et 70 000 euros selon les modalités d'emploi. Selon un fabricant de matériaux bio-
sourcés, une certification ACERMI peut représenter pour l'entreprise un montant de l'ordre de 8 000
euros d'instruction et de 4 000 ou 5 000 euros par an pour le suivi du contrôle de la production.
4. ?Qui entraîne des difficultés d'ordre assurantiel
L'obligation pour les entreprises de bâtiment d'accéder à la garantie décennale pour couvrir leur
chantier pendant 10 ans après les travaux constitue une difficulté pour le développement de la mise
en oeuvre de ces matériaux. D'un point de vue juridique, l'évaluation technique des matériaux n'est
pas rendue nécessaire pour la commercialisation et la mise en oeuvre sur chantier, cependant, elle
contribue à faciliter la confiance des assurances envers les matériaux pour lesquels ils ne disposent
pas de retours suffisants.
L'existence de règles professionnelles de mise en oeuvre acceptées par la C2P rend assimilable à de
la technique courante l'exécution d'ouvrages en béton et mortier de chanvre. Mais dans les faits,
l'accès à la garantie décennale est parfois difficile sur ces techniques d'exécution. Ce constat peut
amener les artisans à mettre en oeuvre des techniques qui n'entrent pas dans le cadre de leur contrat
d'assurance et font porter les risques de sinistralité sur les entreprises elles-mêmes.
Une assurance sollicitée pour apporter sa garantie décennale va examiner si les travaux mis en
oeuvre par l'entreprise relèvent de techniques courantes ou de techniques non courantes. Beaucoup
de techniques de construction dites écologiques relèvent de cette dernière catégorie de travaux.
L'assurance va alors regarder les évaluations du CSTB sur les produits utilisés et les documents liés
aux techniques mises en oeuvre.
Ce procédé peut être vécu comme pénalisant pour les entreprises dont l'activité porte sur l'éco-
construction, et en particulier pour les entreprises qui travaillent des matériaux locaux, non
standardisés. L'association "Construire en Chanvre" propose des formations aux artisans qui mettent
en oeuvre du chanvre afin de leur permettre d'accéder plus facilement à la décennale.
5. Des difficultés d'ordre technique
Les entreprises font part de certaines difficultés techniques sur l'utilisation de matériaux spécifiques.
Plus que de difficultés, il conviendrait de parler de recommandations. Il ne s'agit pas ici de réaliser une
étude technique sur les différents matériaux de construction bio-sourcés. Toutefois, les entreprises
remarquent que l'utilisation de certains matériaux ne convient pas pour des parties spécifiques du
bâtiment. Plusieurs cas nous sont précisés : l'utilisation de laine de mouton comme isolation des
rampants pose des difficultés liées à un maintien insuffisant et doit être préférée pour une pose à plat.
Par ailleurs, des points de vigilance sont à prendre en compte lors de la mise en oeuvre de certains
matériaux pour que l'épaisseur ou la densité souhaitée ne soit modifiée après tassement.
6. Les critères techniques retenus défavorables aux matériaux bio-sourcés
La résistance thermique constitue une des références
des réglementations thermiques et du crédit d'impôt.
Cet indicateur représente le rapport entre l?épaisseur et
son coefficient de conductivité thermique : r = e / ?.
La prise en compte de cette référence ne permet pas
de mettre en évidence les qualités en termes
d'infiltration d'air et de transfert d'humidité favorables
aux laines végétales notamment. La résistance
thermique étant fonction de l'épaisseur de la laine
utilisée, les industriels des isolants bio-sourcées
estiment que les augmentations successives du "r"
dans les réglementations thermiques entraînent une
"course à l'épaisseur". Or, selon ces derniers, à partir Source : Actis-isolation
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
72
d'un certain niveau de résistance thermique, les gains en termes d'économie d'énergie sont quasiment
nuls. Un calcul effectué à l?aide du logiciel de calcul 3CL-DPE révèle que les gains de consommation
d?énergie entre le R de 2 et le R de 6 ne représentent que 3% (source Actis Isolation : Efficacité
énergétique des bâtiments : lever les freins à l'innovation sur le marché de l'isolation). La filière des
matériaux de construction bio-sourcés est donc confrontée à la mise en avant d'indicateurs qui ne
permettent pas de mettre en avant leurs propriétés spécifiques.
La RT 2012 avance dans ce sens en s'appuyant sur la consommation énergétique globale du
bâtiment et sur son étanchéité à l'air sans mentionner de résistance thermique minimale à atteindre.
Les industriels des isolants végétaux par le biais de l'Asiv24 notamment insistent également pour que
soient davantage pris en considération le confort thermique et le déphasage.
Les fabricants de matériaux bio-sourcés souhaitent mettre en avant les qualités de leurs produits en
matière de gestion des transferts d'humidité dans les parois sur lesquels ils sont posés en isolation
intérieure et plus particulièrement pour la rénovation des parois anciennes: pierres-chaux, pierre-terre,
brique-chaux, torchis, adobe, pisé...
La vapeur d'eau qui transite dans ces parois peut être stockée et déstockée dans les fibres des
isolants selon les apports en humidité plus ou moins importants dans l'air intérieur de la pièce.
L'humidité dans les isolants comme le chanvre ou le lin n'apporte pas de dégradation irréversible de la
résistance thermique, dans la mesure où les fibres peuvent ensuite déstocker l'humidité emmagasinée
(ce qui n'est pas le cas de la laine de verre par exemple, d'où la nécessité d'un pare vapeur). Cet
avantage n'est valable que dans des conditions de pose adaptées à chaque support et dans la limite
d'apports en humidité moyens par l'espace intérieur (absence d'humidité accidentelle, ventilation bien
dimensionnée en pièce humide...)
Les remontées capillaires parfois observées dans les parois en chaux peuvent également transiter
ensuite à travers les isolants bio-sourcés et ainsi laisser la possibilité au mur de sécher (ce qui n'est
pas possible avec des pare vapeur+ isolant imperméable).
Il est également fait mention dans certaines études de la participation des bétons de chanvre au
confort d'été, par des mécanismes de changement de phase : la vapeur d'eau contenue dans l'air
intérieur est tantôt absorbée dans les pores du chanvre sous forme liquide, et tantôt revaporisée dans
le mur. La revaporisation va ainsi capter de la chaleur ambiante pour effectuer ce passage de liquide
à vapeur : ce qui produit un rafraîchissement de l'air ambiant.
Les densités importantes sur certains matériaux bio-sourcés sont également un atout en matière de
confort d'été. Elles offrent aux matériaux un déphasage favorable et donc une meilleure gestion de la
chaleur.
7. Des difficultés d'ordre réglementaire
Certains acteurs de la maîtrise d'oeuvre rencontrés dans le cadre de cette étude estiment que le
surcoût lié à la mise en oeuvre de matériaux bio-sourcés dans la construction ne vient pas du matériau
lui-même mais du prix des mesures structurelles supplémentaires à mettre en place pour respecter la
réglementation. Concrètement, le maître d'oeuvre cite le cas de la réglementation incendie qui prend
en compte la tenue au feu propre et non celle dans une structure. Confronté à cette situation le maître
d'oeuvre a dû ajouter des plaques de plâtre de 17 mm afin de satisfaire à la résistance au feu.
8. Un manque de soutien des pouvoirs publics
Certains fabricants de matériaux d'isolation bio-sourcés nous ont fait part des difficultés de développer
l'activité face au manque d'appui des pouvoirs publics. Il n'existe pas d'aides particulières liées à la
filière. Les entreprises bénéficient simplement de l'aide à l'investissement d'OSEO, lorsque les
concurrents et leaders du secteur des matériaux bio-sourcés originaires d'autres pays bénéficient
d'aides à l'implantation en France. Ces concurrents qui bénéficient déjà d'une expérience et d'une
24 Association Syndicale des Industriels de l'Isolation Végétale
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
73
capacité de production importante laissent peu de place aux entreprises françaises du secteur. Des
aides ciblées sur les matériaux bio-sourcés existent dans d'autres pays. Le cas de la Belgique a été
cité : les particuliers utilisant des isolants bio-sourcés bénéficient d'aides qui permettent d'atténuer la
différence de prix.
9. Une représentation encore faible des acteurs de la filière
Les acteurs rencontrés lors de ce travail ont souvent fait référence à la difficulté de défendre les
intérêts de la filière face aux secteurs des matériaux de construction conventionnels. Mieux
représentés au sein des organismes d'évaluation des matériaux et des instances de décision des
réglementations au moment de l'élaboration des lois (type Grenelle de l'environnement), les filières
des matériaux conventionnels disposent de meilleures possibilités de défendre leurs intérêts propres.
S'agissant de la filière des matériaux de construction bio-sourcés, le constat est différent. Le manque
de structuration du secteur, encore émergent, est la cause d'une représentation insuffisante au sein
des différentes instances. Des initiatives sont engagées en ce sens, en particulier la création de
l'association Construction et Bioressources.
II- Les difficultés de structuration des filières courtes
La volonté de diminuer le bilan carbone des matériaux de construction constitue l'une des motivations
du développement de la filière bio-sourcée. Dans cette optique, la question des circuits courts apporte
une réponse supplémentaire à cette démarche.
1. La normalisation du produit
Jusqu'à présent, les exemples de systèmes en circuits courts fonctionnaient essentiellement autour du
couple agriculteur/auto-constructeur. Aujourd'hui, les groupes de producteurs souhaitent pouvoir
satisfaire une demande réelle de la part des artisans. Cependant, les artisans ont besoin d'un
matériau normé afin de pouvoir construire selon les règles professionnelles en vigueur. C'est
le cas pour le chanvre : les artisans sont dissuadés de se tourner vers les producteurs de
chanvre locaux qui ne pourraient assurer une stabilité de la qualité des matériaux.
Les règles professionnelles d?exécution d?ouvrages en bétons et mortiers de chanvre précisent que la
garantie de bon fonctionnement des matériaux doit être apportée par le fournisseur. Le fournisseur
doit s'assurer que le couple granulats de chanvre / liant qu'il préconise puisse répondre à des
performances minimum pour une application donnée. De plus, il doit être en mesure d'assurer une
stabilité dans le temps des caractéristiques des produits. Des variations de granulométrie des
granulats de chanvre influent sur la performance des ouvrages. Un travail est en cours à ce sujet au
sein de l'association Construire en Chanvre qui doit aboutir à une définition et à des préconisations
sur les variabilités admissibles.
De ce fait, les initiatives en circuits courts éprouvent des difficultés à accéder à une demande
professionnelle, ne pouvant garantir une granulométrie stable. Sur ce sujet, l'association Chanvre et
Paysans en lien avec le Civam 44 travaille actuellement avec l'IUT de Saint-Nazaire sur la
caractérisation du chanvre fermier, le but étant de savoir si le matériau correspond aux définitions des
règles professionnelles de construction en chanvre. A terme, ce travail pourrait permettre aux
agriculteurs d'atteindre la demande de chanvre professionnelle sous couvert de décennale. Le réseau
estime qu'un accompagnement des pouvoirs publics pourrait être bénéfique sur ce travail.
2. La disponibilité du produit
Cette section concerne plus particulièrement le matériau paille de céréales. Les pailles de céréales
cultivées par les agriculteurs sont avant tout destinées au paillage ou à l'alimentation des animaux et
au maintien des matières organiques sur les champs. Les conditions climatiques, en particulier la
sécheresse, peuvent amoindrir considérablement la disponibilité en paille locale. L'accès à ce
matériau peut donc être difficile pour le secteur de la construction si les agriculteurs n'ont pas de
surplus à proposer pour la filière. C'est le cas pour le groupe "Paille", animé par le Civam 44,
actuellement en veille. Un travail sur de nouvelles variétés est envisagé par le groupe. Il existe par
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
74
exemple des variétés anciennes avec des tiges hautes qui permettent un rendement en grain
similaire.
3. Le prix des matériaux
Le consommateur considère parfois les matériaux de type paille (céréales, chanvre ou lin) comme
étant un sous-produit ou plutôt un co-produit de l'agriculture. Or la production de ces matériaux
représente un coût de revient important pour l'agriculteur. L'agriculteur doit concevoir de petites bottes
de pailles destinées à l'habitation qui vont présenter des difficultés logistiques lors de la moisson des
céréales. Selon le Civam 44, il faut compter 3 ou 4 ¤ par botte de paille. Ce prix peut entraîner un
certain désintérêt du consommateur vers ce matériau qu'il considère disponible en quantité et non
valorisé par ailleurs.
4. Vers une meilleure anticipation des chantiers
Une autre difficulté des filières courtes concerne l'anticipation de chantier. Le Civam 44 estime qu'un
accompagnement de la demande pourrait être intéressant afin que celle-ci anticipe au mieux ses
besoins en matériaux. Pour la paille, le Civam 44 conseille d'informer l'agriculteur de son besoin au
moment des semis et non de la récolte.
5. Le contact entre producteurs et consommateurs
L'existence d'associations telles que Chanvre et Paysans ou de groupes de producteurs comme celui
constitué par le Civam 44 permet d'intervenir comme lieu de rencontre entre l'offre et la demande. Ce
type d'initiative ne recouvre pas l'ensemble du territoire régional. Or, le contact entre le producteur de
matières premières et le consommateur, qu'il soit artisan ou auto-constructeur, n'est pas toujours
habituel. Une réflexion pourrait donc se poser quant à la reproduction de ces initiatives sur l'ensemble
de la région, par la constitution de groupes composés d'agriculteurs et de consommateurs, par la
reconnaissance d'une structure ressource pour regrouper l'offre de matériaux disponibles et les
sollicitations des demandeurs.
Conclusion
L'analyse de la filière des matériaux de construction bio-sourcés en Pays de la Loire a fait émerger
deux profils distincts :
? L'approche industrielle qui a vocation à alimenter un marché national et même
international. Les produits mis sur le marché sont soumis à des normes, peuvent
bénéficier d'évaluations techniques reconnues par les assureurs.
? L'approche de la filière en circuits courts, portée essentiellement par un environnement
associatif qui met en relation producteurs, auto-constructeurs et artisans. Les produits
sont rarement normés et leur utilisation rend difficile l'accès à la garantie décennale.
Il ne s'agit pas de deux approches entrant en concurrence, mais d'une coexistence avec des objectifs
et des attentes différentes.
La filière industrielle est bien représentée sur le territoire avec des entreprises très dynamiques qui
sont parvenues à une distribution nationale de leurs produits, jusque dans les grands enseignes de
bricolage. Elles favorisent la valorisation des coproduits agricols locaux ou inter-régionaux, tout en
parvenant à commercialiser des matériaux certifiés ACERMI ou sous avis technique, à l'instar des
grands groupes internationaux producteurs d'isolants. Par ailleurs, deux des principaux acteurs ont un
statut coopératif, et l'industrie du biosourcé est représentée dans quatre départements sur cinq.
Ces industriels portent des attentes dont les réponses ne peuvent être seulement régionales : sur les
réglementations, les procédures d'évaluation technique et sur les aides au développement de la filière
qui pourraient émaner des pouvoirs publics. Cette branche industrielle s'organise actuellement de
manière autonome, par le biais d'intérêts communs entre production, distribution et mise en oeuvre
des matériaux. Les producteurs et distributeurs proposent des formations auprès des utilisateurs,
encadrées par les DTU et les règles professionnelles. Certains distributeurs de ouate de cellulose
disposent d'agréments préfectoraux pour former les artisans et constituer des réseaux de
professionnels. Ces dispositifs permettent d'assurer une bonne qualité de pose et de réduire les
risques de sinistralité ou mauvaise publicité pour cette filière émergente.
L'autre partie de la filière, portée par un environnement associatif et des circuits courts, ne répond pas
à la même logique de marché. L'imbrication des différentes associations et leurs nombreuses
interactions rendent moins lisible l'organisation de cette filière courte et le rôle spécifique de chacun.
Cependant, ces associations effectuent un travail important sur la mise en relation d'acteurs, la
formation (chantiers participatifs), la promotion des matériaux bio-sourcés, l'appui technique aux auto-
constructeurs et aux entreprises.
Ces circuits courts sont confrontés à des obstacles techniques, assurantiels, économiques et
organisationnels. Les acteurs du monde associatif formulent des besoins en accompagnement
institutionnel, en financement de matériel, sur la normalisation des matériaux, sur l'organisation de la
rencontre entre l'offre et la demande, sur l'accès aux marchés publics des petites structures.
Cette filière courte s'inscrit pleinement dans la perspective de la transition énergétique, en conjuguant
à la fois l'insertion sociale, la redynamisation des secteurs ruraux, la rénovation thermique, et la
diffusion des techniques de pose et de mise en oeuvre au plus grand nombre.
Le dynamisme des circuits courts, comme celui de la filière industrielle, témoignent du
remarquable potentiel de développement que possède la région Pays de la Loire en matière de
matériaux biosourcés pour la construction : dynamisme agricole, fibre entrepreneuriale,
dynamisme associatif, potentiel d'innovation et de recherche, parc important de bâtiments à
rénover... Tous les éléments sont réunis pour faire de cette filière une filière d'avenir.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire 75
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
76
Annexes
Lexique
CSTB : Créé en 1947, le Centre scientifique et technique du bâtiment est un établissement public
à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle du ministre de l'Ecologie, du Développement
Durable et de l'Energie. Le CSTB exerce quatre activités : recherche, expertise, évaluation, diffusion
des connaissances organisées pour répondre aux enjeux de développement durable dans le monde
de la construction. Son champ de compétences couvre les produits de construction, les bâtiments et
leur intégration dans les quartiers et les villes.
AQC : L'Agence Qualité Construction est une association loi 1901, qui regroupe 41 organisations
professionnelles de la construction autour d'une même mission : prévenir les désordres dans le
bâtiment et améliorer la qualité de la construction. Pour cela, l'AQC élabore de nombreux outils
techniques, concrets et pédagogiques destinés à aider l'ensemble des professionnels du bâtiment
dans leurs pratiques quotidiennes
ACERMI : La certification ACERMI (Association pour la Certification des Matériaux Isolants)
permet de choisir un produit en fonction de son application dans la construction. Complétant le
marquage CE, obligatoire depuis mars 2003, elle intègre toutes les caractéristiques déclarées : au
minimum, la résistance et la conductivité thermiques, le comportement mécanique et, selon les cas, la
réaction au feu. Les produits certifiés se reconnaissent à une étiquette apposée sur les emballages.
Les documentations des fabricants sont tenues de reprendre et expliciter ces données, afin d?offrir à
l?utilisateur toutes les informations permettant de choisir selon ses besoins.
LNE : Le Laboratoire national de métrologie et d'essais est un organisme français sous forme
d'établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) chargé de réaliser les mesures et
essais de produits de toutes sortes en vue de leur certification pour leur mise sur le marché
C2P : La Commission Prévention Produits mis en oeuvre est une commission constituée au sein
de l'AQC. Elle intervient sur les familles de produits et les textes qui en définissent la mise en oeuvre.
En s'appuyant sur sa connaissance des pathologies (via notamment le Dispositif Alerte et Sycodés,
deux outils exclusifs de l'AQC) et sur l'expertise de ses membres, elle a pour mission d'identifier les
techniques susceptibles d'engendrer des risques de sinistres.
AFNOR : L?Association française de normalisation, créée en 1926, est l'organisme officiel français
de normalisation, membre de l'Organisation internationale de normalisation (ISO) auprès de laquelle
elle représente la France.
BCT : Le Bureau Central de Tarification peut être saisi par toute personne physique ou morale
assujettie à une obligation d?assurance qui s?est vu refuser la garantie par une entreprise d?assurance
dont les statuts n?interdisent pas la prise en charge de ce risque. Il a pour rôle exclusif de fixer la prime
moyennant laquelle l?entreprise d?assurance désignée par l?assujetti est tenue de garantir le risque qui
lui a été proposé.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
77
Liste des acteurs interrogés
Fabricants de matériaux
Cavac Biomatériaux Défibrage et fabrication d'isolants à base de chanvre, lin, ouate de
cellulose.
Saint-Gemme-la-Plaine (85)
Effireal Fabrication d'isolant à base de fibres textile, de chanvre, de lin, de
fibres de bois.
Chemillé (49)
Igloo Cellulose Fabrication de ouate de cellulose. La Chapelle-Achard (85)
Isopaille Fabrication d'ossatures bois avec isolation en paille compressée Cherré (72)
Associations
Construire en Chanvre
Organisme pour le rassemblement des compétences et des énergies,
pour l'échange et d'expériences, pour l'évolution et l'acquisition des
savoir-faire et des connaissances, pour la formation de formateurs en
construction chanvre.
Paris (75)
Civam 44
Organisation pour le développement agricole et rural et la recherche
d'autonomie des territoires ruraux. Saffré (44)
Interchanvre
Interprofession du chanvre, qui regroupe les acteurs agricoles et
industriels du secteur. Le Mans (72)
Réseau Français de la construction en
paille
Regroupement de différents acteurs de la construction paille en France,
stimuler le développement de la construction paile auprès des auto-
constructeurs et des professionnels.
Lunan (46)
Le Niveau à Bulle
Missions de conseil pour les particuliers et les professionnels,
organisation et accompagnement de chantier participatif, sensibilisation
du grand public aux techniques d'éco-construction
Indre (44)
Sinergies 53
Action pour la préservation et le partage équitable des ressources
naturelles notamment au niveau de la demande en énergie et au
développement solidaire et équitable des territoires
Laval (53)
Organisations professionnelles
Union Régionale de la CAPEB Confédération de l?Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment Nantes (44)
FFB Pays de la Loire Fédération Française du Bâtiment Nantes (44)
Fédération Ouest des Scop BTP Fédération des sociétés coopératives ouvrières de production du BTP Rennes (35)
Entreprises
Adek Ouate Réseau d'applicateur de ouate de cellulose Cré-sur-Loir (72)
Floc Ouate Société de formation de flocage de ouate en isolation par l'extérieur Cré-sur-Loir (72)
Jean-Paul Beaucé Construction Paille, isolation ouate Ernée (53)
Chaux dedans Chaux dehors Restauration patrimoine La Baconnière (53)
Cecoha Menuiserie - Charpente Saint-Denis-d'Anjou (53)
SARL LMB Menuiserie - Charpente Montillers (49)
Scop Thierrhabitat
Appui et assistance technique aux particuliers qui s'investissent dans
l'auto-construction de leur maison
Ligné (44)
Scop Abitabio Isolation écologique murs, combles et toitures Beaugé (49)
Naturea Constructeur de maisons Le Poiré-sur-Vie (85)
Gil Ouate Applicateur de ouate de cellulose Ernée (53)
Distributeurs de matériaux
Lambert Matériaux Négoce matériaux Mayet (72)
Le Carré Vert Commerce de matériaux pour l'habitat sain Chemillé (49)
Loire Matériaux Négoce de matériaux Sainte-Luce-sur-Loire (44)
Naturmat Distribution Plateforme de distribution de matériaux écologiques Le Mesnil-en-Vallée (49)
Les Matériaux Verts Distributeur de matériaux sains et écologiques Thouaré-sur-Loire (44)
Leroy Merlin Grande surface de bricolage Rezé (44)
M. Bricolage Grande surface de bricolage Rezé (44)
Bricodépot Négoce de matériaux Saint-Herblain (44)
Castorama Grande surface de bricolage Orvault (44)
Point P Négoce de matériaux Saint-Herblain (44)
Point P Négoce de matériaux Vertou (44)
Orcab Organisation des Coopératives d'Achats pour les Artisans du Bâtiment Rocheservière (85)
Maîtrise d'oeuvre
L'Atelier Belenfant et Daubas Cabinet d'architectes spécialisé en matériaux bio-sourcés Nozay (44)
Organismes de formation
Maison Familiale Rurale de Riaillé
Noria et Compagnie
Greta BTP Pays de la Loire
Groupement d'établissements publics d'enseignement qui mutualisent
leurs compétences et leurs moyens pour proposer des formations
continues pour adultes.
Saint-Herblain (44)
Afpa Pays de la Loire Association pour la formation professionnelle des adultes Nantes (44)
ADB Formation Le Poiré-sur-Vie (85)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
78
Quelques avis techniques de produits fabriqués en Pays de la Loire
Ecovilla Mur par Isopaille
Opérations exemplaires en Pays de la Loire
Fiches mises en ligne progressivement sur le site internet de la DREAL Pays de la Loire :
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/construction-durable-r838.html
? Médiathèque de Saint-Aignan de Grand Lieu (44 680)
? Salle polyvalente de Mouais (44 590)
? Maison de l'enfance et de la jeunesse de Craon (53400)
? LOGEMENTS HQE ? Communauté de communes de l'Ernée (53)
Bibliographie
Evaluation de la disponibilité et de l'accessibilité de fibres végétales à usages matériaux en
France ? Fibres Recherche Développement ? Mars 2011
Etat des lieux des agromatériaux pour la construction en région Centre ? Alter'Energies ? Juin
2011
Nouvelles matières premières d'origine animale ou végétale pour la construction ? CSTB ?
Juillet 2008
Les écomatériaux en France : État des lieux et enjeux dans la rénovation thermique des
logements ? Les Amis de la Terre - Mars 2009
Le chaume : une spécificité de la Brière ; Bilan de la politique d'aide à l'emploi du chaume dans
le parc ? Parc Naturel Régional de Brière
Faisabilité d'une filière chanvre bio en Pays de la Loire ?Coordination AgroBiologique des Pays de
la Loire - 2006
Marché actuel des bioproduits industriels et des biocarburants & évolutions prévisibles à
échéance 2015 / 2030 ? Alcimed ? Avril 2007
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire 79
www a s-de-la-lmre.develo ement-durable. ouv.fr
Direction régionale
de l'environnement,
de l'aménagement
et du logement
service intermodalité,
aménagement et logement
5 rue Françoise Giraud
cs 16326
44263 NANTES Cedex 2
Tél : 02 72 7 4 73 00
Fax : 02 72 7 4 73 09
Directeur de publication :
Hubert FERRY-WILCZEK
ISSN:
2109-0017
CERBTP 2012 4couv.pdf
Page 2
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION ieur.
? Cavac Biomatériaux (Vendée)
Filiale du groupe agro-alimentaire Cavac (4 000
agriculteurs), la coopérative Cavac Biomatériaux est
spécialisée dans le défibrage des pailles de chanvre
et de lin ainsi que dans le nappage des laines
isolantes. La coopérative est née de la volonté des
adhérents de valoriser les co-produits de l'agriculture,
en particulier des pailles, sur les marchés non
alimentaires. La coopérative emploie actuellement 20
personnes sur son site de Sainte-Gemme-la-Plaine
(85). Elle dispose d'un outil de défibrage et de
nappage de laine isolante sur ce même site. La
coopérative travaille également d'autres matériaux
comme la ouate de cellulose ou les fibres textiles.
Certains produits de la gamme bénéficient d'ATec,
ATE ou de la certification ACERMI.
Acteurs de la
transformation
Filière
industrielle
Cavac
Biomatériaux
Effireal
Igloo
Cellulose
Isopaille
Filière non-
industrielle
Transformati
on du
produit par
l'agriculteur
ou l'artisan
Matériel
mécanique
mobile
Cavac
Biomatériau
x
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
38
Schéma récapitulatif de l'activité de Cavac Bio-matériaux
? Effireal (Maine-et-Loire)
La coopérative Effireal, créée il y a plus de deux
siècles était à l'origine une filature de tissage. L'activité
s'est ensuite orientée vers le recyclage puis le secteur
de la matelasserie jusqu'au début des années 2000. A
la fin des années 1990, l'entreprise s'intéresse à la
fibre végétale et développe la production de produits
d'isolation pour le bâtiment et de produits de paillage
en fibres de jute et en chanvre pour l'arboriculture. Au
même moment, l'entreprise (alors SARL) est intégrée
à Technichanvre (Finistère) avant de passer en
société coopérative et participative (SCOP) en octobre
2010. La coopérative emploie actuellement 16
salariés. L'activité d'Effireal porte à 70% sur la
production de laines isolantes et à 25% sur
l'activité paillage. L'entreprise fut pionnière en France dans la fabrication de laines isolantes
végétales lorsqu'elle développa l'activité. D'autres acteurs importants du secteur de la fabrication de
matériaux isolants se sont ensuite positionnés sur le marché réduisant la capacité de production
d'Effireal a environ 5% de la capacité de production française. La coopérative travaille les matériaux
chanvre, lin, fibres textiles, fibres de bois. Un seul des produits manufacturés par Effireal en sous-
traitance bénéficie d'un Atec. Effireal est positionnée sur le nappage de laines isolantes, mais
n'intervient pas sur la première transformation de défibrage.
Effireal
Groupe Cavac
Production de lin oléagineux
Production de chanvre en rotation
Pailles de lin et de chanvre
Cavac Biomatériaux
Ouate de
cellulose
Nappage des laines,
thermoliage
Fibres textiles
recyclées
Conditionnement
Laines à base de
fibres textiles
Fabricant breton
de ouate de
cellulose
Travail en sous-
traitance
Laine chanvre et
ouate de
cellulose
Laine de chanvre
Laine de chanvre
et lin
Ouate de
cellulose en vrac
Granulats pour
chapes sèches
Chènevottes
pour bétons de
chanvre
Fibres lin et chanvre Fines Chènevottes
Gamme de produits Cavac
Défibrage chanvre et lin
Compression
Nappage de laines
thermoliage
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
39
Schéma récapitulatif de l'activité d'Effireal
? Isopaille (Sarthe)
Isopaille exerce une activité de charpentier couvreur
spécialisée dans la construction d'ossatures bois avec
une isolation en paille compressée : le bloc Isopaille.
L'ensemble du procédé bénéficie d'un avis technique
depuis octobre 2010 sous le nom de "ECOVILLA®
Mur" facilitant l'accès aux assurances et à la garantie
décennale.
L'entreprise, sous la forme juridique de société
anonyme, fabrique les éléments de structure dans son
atelier situé à Cherré (72) avant d'assurer la pose sur
le chantier à l'aide d'une grue (2 à 3 jours sur
chantier). La préfabrication peut prendre la forme de
structures murs, de couverture ou encore d'éléments
de plancher.
L'effectif de l'entreprise représente 6 emplois pour la fabrication en atelier et la pose.
? Igloo Cellulose (Vendée)
L'entreprise a été créée en janvier 2010. Son
activité première était alors l'importation de ouate
de cellulose en provenance du Canada. En Avril
2011, Igloo Cellulose a construit une usine de
production de ouate de cellulose sur la commune
de La Chapelle-Achard (85). Un seul produit est
fabriqué sur le site. La ouate de cellulose
convient pour l'isolation des combles et des murs
et dispose d'un avis technique et d'une
certification ACERMI.
Siège social
Les Sables-d'Olonne
Usine de production
La Chapelle-Achard
Chanvre défibré
Producteur de
fibres de bois
Lin 2000 Le Relais Technichanvre
Lin défibré
Fibres de bois Sous-traitance
Vente locale Commercialisation
Nappage des laines, thermoliage
Fibres textiles
Lin 2000 Le Relais Technichanvre
EFFIREAL
Atelier Isopaille
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
40
4. Organisation de la filière de distribution des matériaux
Au-delà de la distribution classique des
matériaux de construction bio-sourcés (négoces
de matériaux, grandes surfaces de bricolage,
coopératives d'achat) existent des circuits de
distribution spécifiques. Les commerces de
matériaux de construction écologiques sont
présents sur l'ensemble du territoire et
distribuent des matériaux bio-sourcés non
seulement aux auto-constructeurs mais
également aux artisans. Les réseaux
d'applicateurs de ouate de cellulose qui forment
des artisans à l'application assurent également
la distribution de la ouate. Les fabricants des
matériaux bio-sourcés proposent parfois une
vente directe aux entreprises de bâtiment,
permettant ainsi de dispenser des conseils
quant à la mise en oeuvre. Enfin, la distribution
en circuits courts se développe en Pays de la
Loire, portée par des acteurs qui souhaitent
limiter au maximum l'énergie grise du matériau
utilisé. La pluralité des acteurs de la distribution et leur structuration diverse rend difficile sinon
impossible l'estimation du volume de matériaux bio-sourcés distribué et donc mis en oeuvre sur les
Pays de la Loire.
5. Organisation de l'environnement associatif
De nombreuses associations ont pour objet une
thématique proche de celle des matériaux de construction
bio-sourcés. Elles peuvent être entièrement dédiées à cette
filière (association de représentation des transformateurs
de chanvre, de représentation des fabricants de laines
végétales) ou peuvent être impliquées sur un champ plus
vaste. C'est le cas des associations oeuvrant sur l'éco-
construction. Afin de décrire cet environnement associatif,
trois sous-familles ont été retenues.
Les associations nationales de représentation des
filières
Elles regroupent notamment les associations de représentation des producteurs de chanvre, des
transformateurs de chanvre, des transformateurs et des utilisateurs de paille et des fabricants de
laines végétales.
Les associations qui oeuvrent sur la structuration de la filière
Le rôle de ces associations dans la structuration de la filière repose sur la mise en relation de
différents acteurs du monde du Bâtiment, mais également sur le partage des savoir-faire et sur la mise
en commun des techniques voire des outils de travail.
Les associations qui apportent un appui technique aux auto-constructeurs
Elles peuvent prendre la forme d'associations de formation sur la construction en matériaux bio-
sourcés ou d'associations qui mettent en place des chantiers participatifs destinés à former artisans et
auto-constructeurs aux techniques de construction en matériaux bio-sourcés.
Acteurs de la
distribution
Circuits
classiques
Négoces de
matériaux
Grandes
surfaces de
bricolage
Coopératives
d'achats
Circuits
spécifiques
Commerces de
matériaux
écololgiques
Vente directe
de la part du
fabricant
Réseaux
d'applicateurs
Circuits
courts
Environnement
associatif
Représentation de
la filière
Structuration
de la filière
Appui
technique
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
41
L'objet de ce travail ne consiste pas en un recensement exhaustif des associations de la filière
en Pays de la Loire. De nombreuses associations qui participent au développement de la filière de
par leur objet ne sont pas mentionnées dans ce document.
a. Les associations nationales de représentation des filières
Au sein de l'environnement associatif, des associations assurent la représentation des professionnels
de la filière des matériaux de construction bio-sourcés.
Les associations qui regroupent des producteurs
ou des transformateurs de matériaux bio-sourcés
ont pour vocation de regrouper au sein d'une
même entité des acteurs ayant des intérêts
communs. Elles peuvent être organisées par
"matériau" comme c'est le cas pour la FNPC
(Fédération Nationale des Producteurs de
Chanvre) et Interchanvre. La FNPC regroupe les
agriculteurs qui mettent du chanvre en culture,
Interchanvre assure la représentation des
transformateurs de chanvre. Ces associations,
situées toutes les deux au Mans (72) assurent une
représentation nationale.
Multi-matériaux mais uniquement placée sur la
fabrication des laines isolantes à base de végétaux
(bois, cellulose, chanvre, coton, lin?), l'Asiv
(Association Syndicale des Industriels de l'Isolation
Végétale) assure la représentation des fabricants.
L'association a pour vocation de représenter ses membres auprès des pouvoirs publics notamment,
de défendre les intérêts des fabricants et d'engager des actions de promotion des isolants végétaux.
Les associations placées du côté de la mise en oeuvre des matériaux ont également une approche par
matériaux. Le Réseau Français de la Construction en Paille, également nommé les Compaillons
rassemble des acteurs issus de l'artisanat, de l'auto-construction, de la maîtrise d'oeuvre, de la
maîtrise d'ouvrage de la formation et du milieu associatif. L'association travaille sur la reconnaissance
de la paille comme matériau de construction. Elle a notamment contribué à la validation des règles
professionnelles de construction paille. L'association émet aujourd'hui le souhait de se régionaliser.
L'association Construire en Chanvre est née de la volonté de professionnels du bâtiment de
promouvoir le matériau chanvre. Elle a pour objet le rassemblement des compétences et l'échange
d'expériences. L'association a mis en place une procédure d'agrément des formateurs destinés aux
professionnels du bâtiment qui souhaitent dispenser des formations à la mise en oeuvre des matériaux
chanvre conformément aux règles professionnelles et documents normatifs en vigueur.
Enfin, dans le cadre des travaux du MEDDE sur les filières des matériaux de construction bio-sourcés,
l'association Constructions et Bioressources a été créée afin d'offrir à la filière une plateforme
structurelle. Elle intervient sur l'ensemble des matériaux dits bio-sourcés et sur l'ensemble des étapes
de la filière.
Représentation
des filières
Transversales
Constructions et
Bioressources
Production
Association
Syndicale des
Industriels de
l'Isolation Végétale
Fédération
Nationale des
Producteurs de
Chanvre
Interchanvre
Mise en
oeuvre
Réseau
Français de la
Construction
en Paille
Construire
en
Chanvre
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
42
b. Les associations qui oeuvrent sur la structuration de la filière
Les associations abordées dans la section
précédente participent également à la structuration
de la filière au niveau national. Cependant, les
associations qui font l'objet de cette partie
participent à la mise en réseau d'acteurs en Pays
de la Loire et contribuent ainsi à la structuration
régionale de la filière.
Parmi cet ensemble d'associations, trois sous-
familles ont été identifiées. Ce classement a été
retenu pour faciliter la compréhension de
l'environnement associatif, mais reste imparfait tant
les frontières entre les associations sont minces et
tant l'imbrication des associations entre elles est
fréquente. Les associations représentées dans
l'illustration peuvent relever de deux ou trois sous-
groupes différents.
? La structuration d'une grappe d'acteurs
de l'éco-construction pour un projet commun de promotion et de développement de l?éco-
construction
? Le partage du savoir-faire et des techniques
? La mise en relation d'acteurs
La mise en relation d'acteurs regroupe des associations telles que les Civam 4412 , l'association
Chanvre et Paysans ou encore l'association Habitats et Energie Naturelle (HEN).
Les Civam sont fédérés au niveau national, régional et parfois départemental comme c'est le cas en
Loire-Atlantique. L'association de type loi 1901 oeuvre pour le développement agricole et rural et la
recherche d'autonomie des territoires ruraux. Les adhérents de l'association sont agriculteurs, artisans
ou particuliers. Le Civam est constitué de différents groupes de travail. Chanvre et Paysans ainsi que
HEN découlent de ces groupes et sont aujourd'hui constituées en associations. Le groupe Chanvre et
Paysans est composé de 15 agriculteurs qui produisent du chanvre destiné à être commercialisé en
circuits courts, d'artisans, de la scop Tierrhabitat et d'autres partenaires. L'association HEN constitue
l'un des groupes du Civam44. Elle est elle-même composée de différents groupes de travail et
d'actions autour de l'éco-construction (groupements d'achat, chantiers participatifs?) et regroupe
uniquement des auto-constructeurs.
Le partage du savoir-faire, des connaissances, des techniques liées à l'éco-construction et la
mutualisation des ressources est porté par certaines associations identifiées en Pays de la Loire.
L'association Niveau à Bulle (Indre-44) a pour mission de développer l'échange et la mutualisation des
savoirs et des ressources entre ses adhérents (accès aux matériaux, aux outils, à la documentation,
aux retours d'expérience?). L'association participe également à la structuration de la filière par la
mise en relation d'acteurs professionnels et non professionnels du Bâtiment. Le Niveau à Bulle réalise
également des missions de conseil pour les particuliers et les professionnels, organise et accompagne
des chantiers participatifs et des formations sur les techniques de construction avec des matériaux
naturels (paille, bois, chanvre...) et assure la sensibilisation du grand public aux techniques d'éco-
construction par le biais de salons et de démonstrations.
L'association Eco-Construction Ligérienne Atlantique (Eclat) a pour objet l'information et
l'accompagnement de ses membres sur des projets de construction et de rénovation du bâtiment.
L'association cherche à promouvoir les pratiques de construction qui s'inscrivent dans une démarche
12 Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural (Loire-Atlantique)
Structuration
de la filière
Structuration d'une
grappe d'acteurs de
l'éco-construction
Echobat
Mise en
relation
d'acteurs
Civam 44
Chanvre et
Paysans
Habitats et
Energies
Naturelles
Partage du
savoir-
faire, des
techniques
Le Niveau à
Bulle
Eco-
Construction
Ligérienne
Atlantique
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
43
pérenne de développement soutenable. De par ses missions, l'association Eclat contribue au
développement et à la structuration de la filière des matériaux de construction bio-sourcés. Elle réalise
notamment des chantiers participatifs sur la construction paille.
La structuration de la filière passe également par des projets menés par une grappe d'acteurs de
l'éco-construction. L'association Echobat Développement en est l'illustration. Elle regroupe le Comité
de Bassin d?Emploi du pays d?Ancenis, la Maison Familliale Rurale de Riaillé, le chantier d?insertion
Erdre et Loire Initiatives, la Scop TierrHabitat (Ligné) et la SARL Artibois (Oudon). L?association Une
famille Un toit est associée à Echobat dans la réalisation d'un projet de construction de logements
sociaux économes en énergie, faisant appel à des matériaux sains et autour d'une démarche
d'insertion professionnelle. Ce projet est détaillé dans la suite du document.
c. Les associations qui apportent un appui technique aux constructeurs
La formation des acteurs de la construction, qu'ils soient auto-constructeurs ou artisans, constitue une
branche de l'environnement associatif. Cette branche est proche de la partie précédente, en particulier
du sous-groupe "partage du savoir-faire et des techniques".
L'appui technique aux constructeurs en matériaux bio-sourcés consiste principalement en de la
formation sur les différentes techniques et différents matériaux. La formation sur les techniques de
construction en matériaux bio-sourcés peut prendre différentes formes. En particulier une voie de
formation plus "classique" comme c'est le cas pour la Maison Familiale Rurale de Riaillé, Noria et
Compagnie, ou l'organisation de
chantiers participatifs, comme ceux
proposés par Botmobil pour la
construction paille, ou encore par les
associations Eclat et Niveau à Bulle.
Les chantiers participatifs
représentent une voie importante de
l'apprentissage des techniques en
auto-construction, en particulier pour
le matériau paille.
Les actions de formations portées par
la Maison Familiale Rurale de Riaillé
et par l'association Noria et Compagnie sont décrites plus précisément dans la partie du document
traitant des formations.
Appui
technique
Actions de
formation
Maison Familiale
Rurale de Riaillé
Noria et
Compagnie
Chantiers
participatifs
Botmobil
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
44
Cavac
Biomatériaux
Coopérative Centrale des
Producteurs de
Semences de Chanvre
Chanvre et Paysans
Quelques hectares
à destination de la
Cavac notamment.
Pas du surfaces en 2010
mais parfois quelques
hectares à destination
d?Agrochanvre.
86 615
236 176
40 057
75 828
1 129
4 187
471
1 271
-1 000
1 000
3 000
5 000
7 000
9 000
0
50 000
100 000
150 000
200 000
250 000
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Evolution de la surface de chanvre cultivée et de la
production associée en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Production (100 kg) Surface cultivée
III- La production des matières premières
La région Pays de la Loire ne recense pas d'outils de production sur l'ensemble des matériaux qui font
l'objet de cette étude. Certains matériaux sont bien implantés localement mais n'alimentent pas
uniquement le secteur de la construction.
1. Le chanvre
La culture du chanvre en Pays de la
Loire a connu une période de forte
croissance au début des années 2000
liée à l'activité papeterie. L'usine de
défibrage située à Spay en Sarthe
nécessite alors une production locale
importante en chanvre. En 2007, la fin
de l'activité de PDM Industries
(transformation du chanvre en papier) à
Spay entraîne la chute de la demande
de chanvre en Sarthe et dans les
départements limitrophes. La filière
chanvre disparaît alors peu à peu avant
de bénéficier de nouveaux débouchés en particulier dans le secteur de la construction. Depuis 2008,
la région observe une croissance des mises en cultures de chanvre.
Près de 1 271 hectares de chanvre sont cultivés en 2011, dont près de 700 hectares sont valorisés
sur la filière Bâtiment. Les Pays de la Loire se placent comme la deuxième région française
productrice, derrière la Champagne Ardenne (Chanvrières de l'Aube). Toutefois, une partie importante
des mises en culture est liée à la production de semences. La Coopérative Centrale des Producteurs
de Semence de Chanvre (CCPSC), située en Maine-et-Loire, à Beaufort-en-Vallée est "multiplicateur
exclusif"13 des variétés de chanvre. La CCPSC cultive environ 500 hectares de chanvre destinés à la
production de semences. Hors production de semences, les Pays de la Loire sont la quatrième région
française en termes de production
de chanvre, devancés également
par Midi-Pyrénées et Ile-de-France.
Avec une filière complète, de la
culture du chanvre à la production
de laines isolantes, la Vendée est
le premier département producteur
en Pays de la Loire. La surface
cultivée est estimée à 600 hectares
en 2011 et est destinée à fournir
l'entreprise Cavac Biomatériaux. La
coopérative de transformation
s'approvisionne également dans
les Deux-Sèvres (environ 250
hectares). En 2013, la Cavac
devrait mettre en culture 1 400
hectares de chanvre.
Historiquement grand producteur
de chanvre, la Sarthe a vu sa
production chuter jusqu'à
disparaître complètement cette
année suite à la fin de l'activité
chanvre de PDM. Les années précédentes, quelques hectares étaient encore cultivés complétant
ainsi la production vendéenne de chanvre à destination de Cavac Biomatériaux.
13 Les producteurs de chanvre doivent ainsi se fournir en semences auprès de cet organisme agréé
Les surfaces de chanvre mis en culture en Pays de la Loire et
leurs débouchés pour la construction
Source : Agreste 2010 et entretiens avec les acteurs locaux
(Ha)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
45
Loire-
Atlantique
11% Maine-et-
Loire
20%
Mayenne
6%
Sarthe
14%
Vendée
49%
Répartition de la surface de lin cultivé en Pays de la Loire en
2011
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
La Mayenne a également vu sa production de chanvre diminuer à la suite de la fermeture de PDM.
Elle dispose aujourd'hui d'un nouveau débouché avec l'entreprise AgroChanvre située dans la
Manche. AgroChanvre est spécialisée dans l'extrusion du chanvre et du PVC. Elle distribue également
des blocs de chanvre liés à de la chaux. En 2009, environ 50 hectares, principalement destinés à
Agrochanvre, étaient cultivés en Mayenne.
La Loire-Atlantique dispose d'une production locale, initiée par un regroupement d'agriculteurs
désireux de développer une filière chanvre en circuits courts. Ils sont regroupés depuis 10 ans sous
l'association Chanvre et Paysans animée par le Civam 44 14 . Le groupe appartient au réseau
Chanvriers en Circuits Courts
15. Le chanvre est cultivé en rotation et représente entre 1 et 6 hectares
par agriculteur soit une surface de 25 à 35 hectares annuels pour l'ensemble du groupe.
2. Le lin
Deux variétés de lin coexistent. Le lin fibre
(ou textile) est principalement destiné à
l'industrie textile; le lin oléagineux (ou
graine) est quant à lui utilisé par l'industrie
agro-alimentaire. La première variété n'est
pas ou peu cultivée en Pays de la Loire. Le
lin oléagineux est en revanche bien
présent localement : 2 225 hectares ont
été cultivés en 2011, soit près de 15% de
la superficie cultivée en France (hors
TOM) pour une production de plus de 3
638 tonnes, soit près de 12% de la
production nationale. Près de la moitié de
la surface régionale cultivée est située en
Vendée. Le lin oléagineux est mis en
culture en novembre et récolté en juin/juillet.
La culture est peu exigeante en eau.
La surface de lin mise en culture par la
Cavac est destinée à l'activité agro-
alimentaire du groupe. Seules les graines
du lin étaient utilisées. Les adhérents de la
coopérative ont alors cherché à valoriser les
co-produits liés aux activités agricoles.
Cavac créé en 2009 la filiale Cavac
Biomatériaux afin d'exploiter les fibres de lin
jusqu'ici non utilisées. La coopérative
exploite du lin graine dont le rendement en
fibres est moindre, son débouché principal
étant l'agroalimentaire.
La surface de lin mise en culture
annuellement par la coopérative représente
environ 2 500 hectares (en Pays de la Loire mais également en Poitou-Charentes).
14 Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural de Loire-Atlantique
15 L?association Chanvriers en Circuits Courts est une association de producteurs-transformateurs de chanvre pour l?éco-
construction. Elle est animée par l?Afipar et un collectif d?associations de développement rural (Réseau Civam, Alter?énergies,
Eco-Pertica ...)
41 660
36 381
2 412
2 225
0
500
1 000
1 500
2 000
2 500
3 000
5 000
15 000
25 000
35 000
45 000
Evolution de la surface de lin cultivée et de la production
associée en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Production (100 kg) Surface cultivée (Ha)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
46
26 201 190
31 036 025
423 730
506 160
0
100 000
200 000
300 000
400 000
500 000
600 000
15 000 000
20 000 000
25 000 000
30 000 000
35 000 000
40 000 000
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011
Evolution de la surface de céréales cultivée et de la
production associée en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistique agricoles annuelles
Production (100kg)
Surface (Ha)
3. La paille
Les cultures de céréales (blé, orge,
avoine et triticale) représentent 506 160
hectares en Pays de la Loire pour l'année
2011. La production régionale est estimée
à 3,1 millions de tonnes sur cette même
année, soit 6,6% de la production
nationale sur ces types de céréales.
La paille de blé est la plus utilisée dans les
constructions paille. En 2011, 2,5 millions de
tonnes de blé ont été produites en Pays de
la Loire. La production de paille de céréales
est essentiellement destinée aux élevages et
aux sols. La Vendée se place comme le
premier producteur de céréales en Pays de
la Loire, avec 24% de la production
régionale sur ces types de céréales.
La production de paille de céréales
destinées à la construction n'est pas
clairement identifiée en Pays de la Loire.
Une initiative organisée autour du Civam 44
regroupe des producteurs de paille qui
souhaitent valoriser des excédents de
production de paille pour la construction en
circuits courts a été active jusqu'en 2009,
suivant la dynamique des règles
professionnelles de construction en paille.
Cependant, les dernières années marquées
par la sécheresse et un rendement
consécutif moindre n'ont pas permis de
dégager des excédents pour la construction.
Blé tendre
76%
Blé dur
6%
Orge
8%
Avoine
0%
Triticale
10%
Répartition de la production de céréales par type
de culture en Pays de la Loire en 2011
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Loire-
Atlantique
14%
Maine-et-
Loire
21%
Mayenne
20%
Sarthe
21%
Vendée
24%
Répartition départementale de la production de
céréales en Pays de la Loire
Source : AGRESTE - Statistiques agricoles annuelles
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
47
4. Focus sur le roseau
Le matériau a fait l'objet d'un état des lieux réalisé par l'Office National de la Chasse et de la Faune
Sauvage entre 2006 et 2008. Au total, 14 709 hectares de roselières ont été recensés en Pays de la
Loire, essentiellement sur le département de la Loire-Atlantique.
Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage ? Les roselières des Pays de la Loire état des lieux sur la base de visites de terrain entre 2006 et 2008
Le parc de Brière (Loire-Atlantique) regroupe le plus grand nombre de chaumières en France avec
plus de 3 000 couvertures recensées soit 60% des chaumières françaises.
Paradoxalement, 80% du roseau utilisé pour les toitures proviennent de Camargue, où la
transformation est mécanisée. L'absence de mécanisation en Brière et le manque d'homogénéité des
roseaux rend difficile son exploitation. Le Parc Naturel Régional de Brière travaille sur la possibilité de
disposer d'un coupeur de roseaux professionnel16. En 2006, 13 entreprises de couverture en chaume
étaient recensées sur le territoire du parc.
Des aides financières de l'Etat dans un premier temps puis du Conseil Régional des Pays de la Loire
ont permis de restaurer un grand nombre de chaumières du parc. En 2006 et depuis le lancement des
aides, près de 1 600 chaumières ont bénéficié d'une subvention dans le cadre d'une construction ou
d'une réhabilitation.
16
Le chaume, une spécificité de la Brière, bilan de la politique d'aide à l'emploi du chaume dans le parc. Parc Naturel Régional
de Brière
Pays de la
Loire
Loire-
Atlantique
Maine-et-Loire Mayenne Sarthe Vendée
Superficie
totale 32 126 km² 6 893 km² 7 131 km² 5 171 km² 6 210 km² 6 721 km²
Roselières 147 km² 144 km² 1 km² 0,2 km² 0,8 km² 1,4 km²
Pourcentage
du territoire 0,46% 2,05% 0,014% 0,004% 0,012% 0,021%
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
48
Cavac
Biomatériau
x
Agrochanvre
Chanvre défibré
en provenance
des chanvrières
importantes :
Chanvrières de
l?Aube,
Eurochanvre?
Le chanvre non
défibré est
cultivé par des
agriculteurs
diffus en Loire-
Atlantique.
A la fermeture
de PDM,
quelques
agriculteurs
fournissent la
Cavac. Cette
année, aucune
culture n'est
mise en place.
Quelques cultures de
chanvre destinées à
alimenter Agrochanvre en
chanvre non défibré.
Le chanvre non
défibré est collecté
dans un rayon de
100 km,
essentiellement en
Vendée et en Deux-
Sèvres.
Effireal
Chanvre et
Paysans
IV- La transformation
1. Le chanvre
a. L'approvisionnement en chanvre
Les deux coopératives qui travaillent sur la transformation du chanvre en Pays de la Loire, Cavac Bio-
matériaux et Effireal, nécessitent un approvisionnement en matière première. Mais les deux situations
sont différentes :
? Cavac Bio-matériaux est en mesure d'assurer le défibrage du chanvre sur son site
de production et peut donc accueillir les pailles de chanvre brutes.
? Effireal ne possède pas de ligne de défibrage et doit donc se fournir en chanvre
préalablement défibré.
Pour la coopérative Cavac Biomatériaux, l'approvisionnement en matière première est assuré par
l'activité agricole du groupe Cavac. Le chanvre cultivé dans le cadre de l'activité du groupe agro-
alimentaire est regroupé sur le site de Sainte-Gemme La Plaine avant d'être soumis à la première
transformation.
La coopérative Effireal doit quant
à elle faire appel à des
chanvrières capables de garantir
cette première transformation
avant d'engager son activité, à
savoir la deuxième transformation
(nappage des laines isolantes).
En 2012, la coopérative a acheté
250 tonnes de fibres pour la
production de laines. Les fibres
utilisées proviennent
essentiellement des Chanvrières
de l'Aube en Champagne-
Ardenne. Aucune fibre de chanvre
travaillée par Effireal n'est issue
d'une production régionale.
Flux de chanvre défibré et non défibré en Pays de la Loire
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
49
b. Le défibrage du chanvre ou première transformation
Le défibrage du chanvre est l'étape durant laquelle la paille de chanvre est broyée afin de séparer la
fibre de la chènevotte. Cette opération est essentiellement mécanique et ne fait pas appel à des
procédés chimiques.
Actuellement, seule Cavac Biomatériaux dispose d'un outil de défibrage du chanvre en Pays de la
Loire. La paille de chanvre est placée sur la chaîne de production puis broyée afin de séparer la
chènevotte et les fibres. Les fibres et la chènevotte sont ensuite séparées et les poussières aspirées.
La chènevotte est stockée et conditionnée pour être ensuite distribuée à usage de mortier pour béton
de chanvre. Les fibres sont quant à elles acheminées vers la deuxième étape de la fabrication de
laines isolantes : le nappage.
L'association Chanvre et Paysans est actuellement en phase d'acquisition d'un matériel de défibrage
du chanvre. Une demande d'aide à l'investissement a été réalisée auprès du conseil général de Loire-
Atlantique. L'outil de défibrage doit être mobile car les agriculteurs du groupe sont disséminés sur
l'ensemble du département. Cet outil devrait permettre de trouver de nouveaux débouchés. Il est
actuellement difficile pour l'association de capter les artisans sans assurer un défibrage du chanvre.
c. Le nappage des laines ou seconde transformation
Les fibres végétales et la fibre de liage (fibres polyester) sont mélangées. Ce mélange est ensuite
homogénéisé par peignage. Les éléments mal mélangés sont extraits à la sortie cette étape puis
réinsérés à l?entrée, afin d?être de nouveau peignés (boucle fermée). La nappe est ensuite constituée
avant d'être liée par thermofixation. Le produit est ensuite découpé et conditionné.
Deux unités de fabrication de laine de chanvre sont situées en Pays de la Loire. Il s'agit de Cavac
Biomatériaux en Vendée et d'Effireal en Maine-et-Loire. Le chanvre est l'un des différents matériaux
travaillés par ces deux coopératives. Effireal, placée exclusivement sur le marché de la deuxième
transformation (fabrication de laines isolantes) produit actuellement 600 tonnes de laines
isolantes, dont approximativement 200 tonnes de laines de chanvre. Effireal produit les isolants
de la voie sèche pour Technichanvre, commercialisés sous la marque Technilaine. Une autre unité de
production localisée dans le Finistère produit les isolants en voie humide à base de chanvre.
Cavac Biomatériaux fabrique différentes laines isolantes à base de chanvre. Une laine à base
de fibres de chanvre uniquement, une laine à base de fibres de chanvre et de fibres de lin
associées, une laine à base de fibres de chanvre et de ouate de cellulose. La laine de chanvre et
de lin bénéficie d'un avis technique CSTB et de l'Acermi. La laine de chanvre dispose d'un avis
technique européen. La laine à base de chanvre et de ouate de cellulose devrait obtenir un avis
technique européen prochainement.
Cavac Biomatériaux n'a pas souhaité communiquer sur les volumes de production des différents
matériaux fabriqués par l'entreprise. Cependant, Cavac Biomatériaux indique que la capacité de
production de l'usine représente la fabrication d'isolants pour 5 000 ou 6 000 maisons par an soit
environ 250 000 m² d'isolant par an. D'autres lignes de production peuvent être ajoutées à celles déjà
présentes.
d. La production d'autres matériaux à base de chanvre
La production de matériaux de construction d'Effireal porte exclusivement sur la fabrication de laines
isolantes. Néanmoins, Effireal distribue des briques de chanvre de la marque Chanvribloc et dispose
d'une activité de paillage pour l'arboriculture.
La ligne de défibrage de Cavac Biomatériaux permet la production des fibres de chanvre nécessaires
à la conception des laines isolantes mais également l'extraction de la chènevotte. Cette partie de la
paille est utilisée comme mortier pour la réalisation de béton de chanvre. Elle représente entre 55% et
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
50
60% de la paille. La coopérative extrait la chènevotte, puis la conditionne et la distribue pour la
conception d'enduits ou pour l'utilisation en litière.
Par ailleurs, les poussières issues de la première transformation de la paille de chanvre (et de lin) sont
utilisées pour la fabrication de granulats isolants pour chape. Les poussières sont agglomérées par
compression sans utilisation de liant. L'entreprise réalise également des produits de paillage avec la
fibre et la chènevotte.
2. Le lin
a. L'approvisionnement en lin
Proche et parfois associé au
chanvre, le lin est utilisé dans la
fabrication d'isolants dans des
volumes moins importants que le
chanvre.
Les deux coopératives de fabrication
de laines isolantes bio-sourcées en
Pays de la Loire utilisent du lin dans
la conception de leurs produits.
Cavac Biomatériaux utilise les fibres
de lin dans la conception des laines
Biofib Duo (ou Calin) en les associant
à des fibres de chanvre.
Effireal produit une laine isolante de
lin destinée à la coopérative Lin 2000
située dans l'Oise. Lin 2000 défibre le
lin et commercialise les laines sous la
marque Natur'lin. Effireal assure le
nappage des isolants. La production
de laine de lin est moins conséquente que la production de laine de chanvre : en moyenne Effireal
utilise 50 tonnes de fibres de lin par an pour la production de laines isolantes contre 250 tonnes de
chanvre.
b. Le défibrage du lin
Le lin récolté par les agriculteurs est transporté jusqu'aux entreprises de première transformation sous
forme de balles de paille de lin. La phase de décortication consiste ensuite à séparer par une
opération mécanique la fibre des granulats (anas de lin). Les éléments sont triés en trois
composantes : fibres, anas et poussières.
En Pays de la Loire, seule Cavac Biomatériaux dispose de l'outil nécessaire à cette opération. Ce
même outil est capable d'assurer à la fois le défibrage du chanvre et du lin.
De la même façon que pour le chanvre, les fibres de lin sont acheminées vers la ligne de fabrication
des laines isolantes. Dans le cas de Cavac Biomatériaux, les fibres de lin seront associées à des
fibres de chanvre.
c. Le nappage des laines
Dans son activité de sous-traitance en deuxième transformation du lin, Effireal procède au nappage
des laines, de la même façon que pour le chanvre. Les fibres naturelles sont mélangées à des fibres
synthétiques qui vont jouer le rôle de liant. Le mélange est ensuite nappé selon la densité et
l'épaisseur voulues avant d'être porté à une certaine température qui va permettre une fonte partielle
Le lin non défibré
est collecté dans un
rayon de 100 km,
essentiellement en
Vendée et en Deux-
Sèvres.
Cavac
Biomatériaux
Effireal
Lin défibré en provenance
de la coopérative agricole
lin 2000 dans l'Oise
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
51
du liant synthétique. Le matériau est ensuite découpé et conditionné. Un avis technique est en cours
d'instruction auprès du CSTB concernant ce produit.
La coopérative Cavac Biomatériaux utilise les fibres de lin pour la fabrication de ses laines isolantes
en les associant à des fibres de chanvre. Le processus de fabrication est similaire à celui décrit dans
la partie IV.1.c. L'isolant commercialisé sous le nom Biofib Duo bénéficie d'un avis technique et de
l'Acermi.
3. Le coton
a. L'approvisionnement en fibres de coton
Dans le cadre de l'activité d'Effireal,
la fibre de coton utilisée dans la
production de laines isolantes est
issue du défibrage de vêtements non
réutilisables par Le Relais. 60 000
tonnes de textiles sont ainsi
recyclées par an par Le Relais en
France. Les fibres récupérées une
fois l'effilochage réalisé sont
transmises à Effireal. De la même
façon que pour la laine de chanvre
ou la laine de lin, la coopérative
Effireal ne procède pas à la première
transformation de défibrage.
Travaillant également en sous-
traitance pour la fabrication d'isolants
en fibres de coton, Cavac
Biomatériaux n'assure pas non plus
l'effilochage. La coopérative n'a pas
souhaité communiquer sur la provenance des fibres de coton.
b. Le nappage des laines
Effireal dispose des fibres de coton fournies par Le Relais et assure la fabrication de laines isolantes
de la marque Métisse. Les laines isolantes Métisse représentent les 2/3 de la production annuelle
d'isolants par Effireal, soit environ 400 tonnes. Une deuxième usine de fabrication du produit est en
cours de construction dans le nord de la France.
Les procédés de fabrication des laines sont identiques à ceux des fibres végétales décrites
précédemment.
Fourniture de fibres textiles
pour un marché spécifique.
La provenance n'est pas
communiquée.
Cavac Biomatériaux
Effireal
Fibres textiles issues du
recyclage des vêtements non
réutilisables (Le Relais).
L'usine Minot Recyclage
Textile (Nord-Pas-de-Calais)
assure l'effilochage.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
52
4. La fibre de bois
a. L'approvisionnement en fibres de bois
Effireal lance actuellement une
production d'isolants en fibres de
bois sous sa propre marque
Effibois. La production de fibres de
bois ne se fait pas localement, les
fibres sont produites par une
entreprise de la région lyonnaise.
Selon la coopérative, les scieries
sont rarement équipées pour
produire des fibres de bois. La
production de fibres de bois
nécessite des installations
conséquentes.
b. La fabrication des isolants en fibres de bois
Seule la coopérative Effireal travaille ce matériau dans la conception de laines isolantes en Pays de la
Loire. Le procédé de nappage reste identique à celui des autres fibres végétales décrites
précédemment. Les volumes de production sont encore marginaux, l'activité étant en phase de
démarrage.
5. La ouate de cellulose
a. L'approvisionnement en papier recyclé
Seul fabricant de ouate de cellulose en
Pays de la Loire, l'entreprise Igloo
Cellulose nécessite un approvisionnement
en papier, la ouate de cellulose étant
composée à 90% de papier recyclé.
L'entreprise dispose d'un contrat avec le
groupe de recyclage Paprec qui lui assure
une mise à disposition de matière pour la
production de ouate. En 2011, Igloo
Cellulose a consommé 5 000 tonnes de
journaux recyclés pour la production de
ouate de cellulose. En 2012, l'entreprise
estime avoir consommé entre 6 000 et
7 000 tonnes de journaux recyclés.
Effireal
Fibres de bois en
provenance de la
région lyonnaise.
Le nom du
fournisseur n?est
pas communiqué
Paprec :
Collecte déchets dont papier
(journaux essentiellement)
Igloo
Cellulose
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
53
Isopaille
Civam 44
Groupe
paille
Paille de blé en
provenance
essentiellement
du Loir-et-Cher
Les céréales sont
cultivées partout mais
destinées en priorité au
paillage ou à
l?alimentation des
animaux
Dynamique jusqu?en
2009. Actuellement
inactif car peu de paille
est disponible
(sécheresse)
b. La fabrication de la ouate de cellulose
La principale transformation de la matière première réside dans le broyage du papier issu du
recyclage. Des produits ignifugeants et fongicides sont ajoutés avant la compression de la ouate et le
conditionnement. La production annuelle de ouate de cellulose par l'entreprise Igloo Cellulose
représente environ 5 500 tonnes en 2011 et devrait atteindre près de 7 000 tonnes en 2012.
Le marché français se partage entre six fabricants, dont un seul est localisé en Pays de la Loire.
c. La fabrication de laines isolantes à base de ouate de cellulose
La gamme de produits fabriquée par
Cavac Biomatériaux comprend une laine
isolante constituée de fibres de chanvre
et de ouate de cellulose. La coopérative
ne fabrique pas de ouate de cellulose.
Selon Cavac Biomatériaux,
l'approvisionnement est trop difficile à
assurer. L'entreprise fait donc appel à un
fournisseur localisé en Bretagne (le nom
n'a pas été communiqué) pour
s'approvisionner en ouate de cellulose.
La ouate est défibrée et intégrée aux
fibres de chanvre afin de réaliser une
isolation chanvre et ouate de cellulose
associés sous forme de panneaux et
principalement destinée à l'isolation
acoustique. Le produit est commercialisé
sous le nom Biofib Ouate et un avis
technique européen est en cours de
validation.
6. La paille
a. L'approvisionnement en paille
L'approvisionnement en paille de
la société Isopaille est
essentiellement réalisé auprès
d'un agriculteur situé dans le
département du Loir-et-Cher, à
environ 30 km de l'entreprise.
L'agriculteur dispose d'une
capacité de stockage importante
de la paille. Celle-ci peut être
conservée pendant deux à trois
années. L'entreprise ne connaît
pas de difficultés particulières
d'approvisionnement. La
localisation de l'entreprise aux
portes de la Beauce lui permet
de profiter de paille disponible à
proximité.
Isopaille dispose d'une capacité
de stockage de paille de l'ordre de 40 tonnes. Selon les propos de son dirigeant, Isopaille pourrait
utiliser entre 200 et 300 tonnes de paille pour son activité en 2012.
Cavac
Biomatériaux
Producteur de
ouate de cellulose
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
54
b. La fabrication des éléments préfabriqués ossature bois et isolation en paille
compressée
Après réception des bottes de paille intervient la phase de fabrication des Blocs Isopaille. Les bottes
de paille sont chargées sur un tapis d'entrée, les liens sont retirés. Un décompacteur permet ensuite
d'introduire la paille en vrac à l'entrée de la presse. La paille est orientée et comprimée dans un canal
qui va permettre d'obtenir la masse volumique souhaitée. Le produit est alors formaté en un
parallélépipède et ficelé. Les liens utilisés peuvent être de nature synthétique ou naturelle.
L'ossature bois réalisée en atelier est comblée avec les Blocs Isopailles. Les liens sont sectionnés afin
que la paille maintenue sous pression se libère et vienne occuper l'espace par une expansion
horizontale.
7. Récapitulatif des matériaux produits en Pays de la Loire
Matériaux Produits Description
Production
matière
première
Transformation Distribution
Chanvre
Bio fib'chanvre
Panneaux semi-
rigides et
rouleaux
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Technilaine Panneaux
Chanvrières de
tailles
conséquentes :
Chanvrières de
l'Aube?
Effireal à Chemillé Par Technichanvre en
ventre directe
Biofib'chape
Granulats de
poussières de
chanvre et de lin
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Paille de
chanvre brute
Pailles de
chanvre non
défibrées
Chanvre et
Paysans
Transformation
manuelle par
l'acheteur
Circuits courts par le
biais de l'association
Chanvre et Paysans
Lin
Biofib'duo Panneaux et
rouleaux
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Natur'lin
Panneaux semi-
rigides et
rouleaux
Lin 2000 (Oise) Effireal à Chemillé
(49)
Par Lin 2000 sous la
marque Natur'Lin
Ouate de
cellulose
Biofib'ouate Panneaux
Cavac (Vendée et
sur les Deux-
Sèvres)
Cavac Biomatériaux
à Sainte-Gemme-la-
Plaine (85)
Négoces, Grandes
surfaces de bricolages,
export.
Igloo Cellulose Vrac
Recyclage du
papier - Paprec
Igloo Cellulose à La
Chapelle-Achard (85) Réseau d'applicateurs
Paille
Blocs Isopaille
pour procédé
Ecovilla Mur
Ossature bois et
isolation en
blocs de paille
compressée
Producteurs
céréaliers en Loir-
et-Cher
Isopaille à Cherré Pose sur chantier
Fibres de
bois
Effibois Panneaux Région Lyonnaise Effireal à Chemillé
(49)
Commercialisé
régionalement
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
55
V- La distribution
1. Les circuits de distribution d'Effireal
Les produits à base de fibres de
chanvre fabriqués par Effireal et
commercialisés par Technichanvre
ne sont pas distribués par le biais
des distributeurs conventionnels.
Technichanvre peut, de cette façon,
apporter des précisions sur les
techniques de pose à l'utilisateur.
Technichanvre vend donc
directement sa gamme et propose
des stages de formation à
l'application de certains matériaux
qu'elle commercialise.
Les laines isolantes à base de
fibres de lin sont commercialisées
par la coopérative Lin 2000 sous la
marque Natur'Lin.
Les laines isolantes Métisse à base de fibres textiles sont fabriquées sur le site de Chemillé mais
commercialisées par Le Relais dont le siège est situé en Pas-de-Calais. La distribution du produit
Métisse est effectuée par Le Relais qui s?appuie sur une équipe de technico-commerciaux et un
réseau de plates-formes commerciales et de distributeurs spécialisés dans les matériaux d?isolation
bio-sourcés et/ou traditionnels.
Effireal dispose également d'une possibilité de vente directe sur les départements des Pays de la
Loire et limitrophes à la région. Elle concerne principalement des particuliers, des artisans ou des
commerces spécialisés. Selon Effireal, la vente directe représente une quantité très faible de la
production : environ 2% du chiffre d'affaires.
La laine de bois commercialisée par Effireal sous la marque Effibois est destinée à être distribuée en
Pays de la Loire.
Technichanvre
Commercialisation des laines
de chanvre par
Technichanvre
Distribution en
vente directe des
laines de chanvre
par Technichanvre
Distribution en vente directe des
laines isolantes sur les
départements limitrophes.
Commercialisation du produit
Effibois en Pays de la Loire.
Commercialisation
des laines à base
de fibres de lin par
Lin 2000,
coopérative
agricole située
dans l'Oise
Effireal
Commercialisation des Métisse par Le
Relais en Pas-de-Calais
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
56
2. Les circuits de distribution de Cavac Biomatériaux
Cavac Biomatériaux utilise
différents réseaux de distribution
pour commercialiser ses
produits. L'entreprise dispose de
six commerciaux en France. Des
partenariats sont réalisés avec
les négoces afin de permettre
une distribution sur l'ensemble
du territoire.
Les produits Cavac Bio-
matériaux sont distribués sous la
gamme Biofib pour les négoces
(Point P, Vendée Matériaux) et
sous la gamme Axton ou Calin
pour les grandes surfaces de
distribution (respectivement
Leroy Merlin et M. Bricolage).
Enfin, une partie de la production est exportée à l'étranger, en particulier vers le Benelux, l'Italie et
l'Angleterre. Ce marché représente environ 20% du chiffre d'affaires. La priorité est donnée au grand
ouest pour des raisons économiques (coûts de transport) et pour permettre aux clients potentiels de
visiter le site de production.
3. Le circuit de distribution d'Igloo Cellulose
L'entreprise de fabrication de ouate de cellulose ne fait pas appel aux négoces ni aux grandes
surfaces de distribution pour distribuer sa production. Igloo Cellulose passe par un réseau
d'applicateurs agréés.
Igloo Cellulose
Distribution par le biais d'un
réseau d'applicateurs agréés
Pour les matériaux à base de
chanvre, lin, ouate de cellulose :
Système de partenariat avec
certains négoces et grande
surfaces de distribution. 6
commerciaux permettent de
couvrir l'ensemble du territoire
français. Par ailleurs, 20% du
chiffre d'affaires est réalisé à
l'export (Bénélux, Italie,
Angleterre)
Pour les matériaux à base de fibres de coton :
Travail en sous-traitance. Le produit n'est pas
destiné à un circuit de distribution classique.
Cavac Biomatériaux
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
57
4. La pose directe sur chantier par Isopaille
La fabrication d'éléments conséquents d'ossature en bois à isolation paille tel que le procédé Ecovilla
Mur (cf Avis technique en annexe) implique une pose sur chantier. Celle-ci est assurée par l'entreprise
à l'aide d'une grue.
5. L'association Chanvre et Paysans et le groupe paille du Civam 44
Les groupes chanvre et paille du Civam 44 sont constitués dans l'idée de développer une distribution
en circuits courts sur le département de Loire-Atlantique. Le groupe chanvre aujourd'hui constitué en
association fait partie du réseau des Chanvriers en Circuits Courts, association qui intervient sur le
développement de micro-filières locales de production de chanvre fermier pour l?éco-construction en
France. Au départ les agriculteurs se sont orientés sur la culture du chanvre à des fins de projets
personnels d'auto-construction, avant de chercher à vendre le chanvre cultivé à une clientèle locale.
Actuellement, les producteurs de Chanvre et Paysans proposent un chanvre brut, non trié, qui
intéresse principalement les auto-constructeurs. La mise en oeuvre est par conséquent plus longue et
plus délicate (le défibrage doit s'effectuer manuellement) et les débouchés éventuels plus restreints.
L'acquisition d'un outil de défibrage mobile est en projet et devrait se concrétiser prochainement.
La culture du chanvre a également permis à certains membres du groupe d'approcher la vente
directe. Dans le cadre du chanvre, cette démarche permet à l'agriculteur de prodiguer des conseils sur
la mise en oeuvre. La distribution se fait en passant par l'association Chanvre et Paysans.
6. Les distributeurs de matériaux de construction
Dans le cadre de ce travail, une enquête qualitative a été réalisée auprès de 10 distributeurs de
matériaux de construction afin de comprendre leur ressenti quant au développement de la filière en
Pays de la Loire. Cinq négoces généralistes, trois grandes surfaces de bricolage et quatre commerces
spécialisés dans les matériaux écologiques ont été approchés.
a. Les négoces de matériaux
La vente de matériaux de construction bio-sourcés est marginale par rapport aux autres matériaux
traditionnels. La part de marché de ces matériaux ne représente que 5% à 12% des ventes d'isolants.
Les négoces interrogés déclarent vendre de la ouate de cellulose (panneau ou vrac), de la laine de
bois (panneaux). Aucun des négoces interrogés ne stocke d'autres matériaux de construction bio-
sourcés, mais peuvent passer commande sur demande.
Isopaille
Pose des élements préfabriqués sur le
chantier à l'aide d'une grue par les
salariés de l'entreprise.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
58
Le prix explique selon eux le faible attrait du public vers ces matériaux. Le terme "élitiste" a été utilisé
pour qualifier la clientèle qui se dirige vers ces produits. Ce sont essentiellement des particuliers auto-
constructeurs qui sont attirés par la réponse environnementale du produit, la qualité et la technicité.
b. Les grandes surfaces de bricolage
Différents matériaux de construction bio-sourcés sont proposés à la vente. La ouate de cellulose
(panneau et vrac), le chanvre seul ou associé au lin (panneau et rouleau), les isolants en fibres de
bois (panneau), la laine de mouton (rouleau). La part des matériaux bio-sourcés dans les ventes
semble toutefois plus importante que celle rencontrée dans les négoces. Une grande surface de
bricolage interrogée sur le sujet estime que les matériaux bio-sourcés représentent entre 16 et 20%
de ses ventes d'isolant. Là encore, les produits sont principalement destinés à des particuliers auto-
constructeurs. Il est à noter qu'il n'existe pas d'affichage distinctif sur ces produits, ni de mise en avant
des spécificités techniques, sauf exception.
c. Les commerces de matériaux écologiques
Les commerces contactés sont positionnés exclusivement sur les matériaux bio-sourcés en matière
d'isolation. Les matériaux proposés à la vente concernent le chanvre (4 commerces sur 5 interrogés),
la fibre de bois (4 commerces sur 5), la ouate de cellulose (4 commerces sur 5), la fibre de coton (4
commerces sur 5), le liège (4 commerces sur 5), la plume de canard (1 commerce sur 5), la laine de
mouton (3 commerces sur 5).
Les commerces proposent des produits notamment fabriqués en Pays de la Loire : la gamme Cavac
est proposée sur les matériaux chanvre/lin. Les produits fabriqués par Effireal sont également
présents via le produit Effibois et par les produits commercialisés sous la marque Technilaine et
Métisse.
Les commerces spécialisés estiment que les produits chanvre s'adressent à la fois aux professionnels
et aux particuliers. La fibre de bois est, selon eux, davantage orientée à un usage professionnel de la
même façon que la ouate de cellulose et le liège. Concernant les autres produits proposés, les
commerçants n'ont pas d'estimations particulières sur la clientèle.
Ils constatent un certain ralentissement des ventes de matériaux à base de chanvre et de fibres de
coton depuis deux ans qui peut être liée aux difficultés économiques rencontrées par le secteur du
bâtiment. Les ventes de produits à base de matériaux d'origine animale observent également un
ralentissement. En revanche, une hausse de la demande est observée sur les matériaux fibres de
bois et ouate de cellulose. Les ventes de matériaux à base de liège semblent stables.
Différentes motivations ont été recensées pour le public qui s'oriente sur ces matériaux :
? une motivation environnementale,
? la qualité des produits proposés,
? la technicité des produits,
? une demande du client final,
? une motivation financière liée aux économies d'énergie qui seront apportées par les
performances thermiques du produit.
En revanche, le prix des produits et le manque de connaissance du public sur ces matériaux
constituent un frein au développement des matériaux de construction bio-sourcés.
Un gérant de commerce spécialisé sur les matériaux écologiques estime que certains préjugés
circulent et persistent sur les matériaux bio-sourcés. Une formation technique des professionnels sur
ces matériaux permettrait une meilleure connaissance de la qualité du produit par le client final.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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Par ailleurs, il a également été relevé le souhait de développer les filières courtes afin de diminuer le
prix des matériaux et l'impact environnemental. Les gérants nous font également part de la complexité
du marché, recouvrant de nombreux acteurs qui se livrent une concurrence forte.
d. La distribution directe entre agriculteur et artisans ou auto-constructeurs
Les différents acteurs de la filière en circuits courts font part de l'existence de nombreuses démarches
de fourniture directe de matériaux entre les agriculteurs (chanvre et paille principalement) ou les
fabricants d'une part et les artisans ou les auto-constructeurs d'autre part. Cette forme de distribution
est courante dans la filière des matériaux de construction bio-sourcés. Elle permet aux uns de
prodiguer des conseils de mise en oeuvre et aux autres d'exprimer des attentes quant aux
caractéristiques souhaitées des produits. Les acteurs qui cherchent à structurer la filière souhaitent
souvent conserver cette spécificité.
VI- La mise en oeuvre des matériaux
1. Les métiers concernés
Les différents entretiens auprès des acteurs de la filière ont apporté un éclairage sur les métiers
concernés par la mise en oeuvre de matériaux bio-sourcés.
Les différents métiers concernés par la mise en oeuvre regroupent les plâtriers, les
peintres/enduiseur/façadiers (isolation par l'extérieur notamment), les charpentiers, les couvreurs, les
poseurs de sol (liège par exemple) et les maçons.
Au cours des différents entretiens réalisés auprès des acteurs du secteur de la construction et en
particulier des acteurs de la filière des matériaux bio-sourcés, il a été possible de comprendre quels
métiers sont les plus impliqués dans l'utilisation de ces matériaux. Les métiers peuvent varier selon le
type de matériaux dit bio-sourcés. La pose de matériaux isolants bio-sourcés va davantage concerner
les métiers de plâtrier, façadier, charpentier ou poseur de sols. La paille est essentiellement utilisée
comme isolant en ossature bois et est donc souvent liée au métier de charpentier/menuisier. Les
matériaux bio-sourcés sous forme d'enduit vont généralement être associés aux métiers de peintre,
d'enduiseur, de façadier et plus particulièrement aux métiers qui touche la restauration de patrimoine.
2. L'accès à l'assurance décennale
Les relations entre les entrepreneurs interrogés dans le cadre de l'étude et les assurances diffèrent
selon les cas. L'accès à l'assurance décennale est rendu difficile sur des techniques d'exécution
particulières. La parution de règles professionnelles construction paille et exécution d'ouvrage en
béton et mortier de chanvre et leur validation par la C2P rendent plus accessibles l'assurance
décennale pour les entreprises de bâtiment qui mettent en oeuvre ces techniques. Toutefois, la
pratique montre que la garantie n'est pas automatique selon les assureurs sur ces techniques.
Ce constat amène parfois l'artisan à devoir travailler sans déclaration préalable auprès de leur
assureur des matériaux et techniques utilisés. L'entreprise porte alors le risque de supporter elle-
même les coûts d'un sinistre éventuel. Toutefois, les artisans semblent confiants dans leur savoir-faire
et les matériaux utilisés et n'envisagent pas de changer leurs techniques de travail. Ils estiment par
ailleurs qu'une certaine frilosité des assureurs envers ces matériaux freine le développement de
nouvelles techniques de travail et les innovations sur ces matériaux.
3. L'approvisionnement en matériaux
L'approvisionnement en matériaux varie en fonction de l'activité de l'entreprise, de la fréquence de ses
chantiers sur ce type de matériaux, de l'importance qu'elle attache à la proximité des matériaux et à
ses qualités environnementales.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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Si une majorité des entreprises interrogées disent attacher une importance à la provenance des
matériaux, elles sont souvent dans l'obligation d'utiliser des matériaux non locaux. Ces choix peuvent
résulter de raisons économiques, d'habitudes de travail, d'un manque de connaissance de
producteurs locaux ou d'un besoin d'homogénéité des matériaux. Cette dernière raison concerne plus
spécialement la mise en oeuvre de fibres de chanvre. Les entreprises interrogées (en particulier les
entreprises de restauration du patrimoine) qui cherchent à mettre en oeuvre un chanvre défibré sont
souvent dans l'impératif d'utiliser un chanvre issu de chanvrières reconnues afin de s'assurer une
continuité dans la granulométrie de la fibre notamment.
Globalement, les entreprises dont l'activité porte essentiellement sur la pose d'isolants à base de
matériaux bio-sourcés semblent s'approvisionner principalement auprès des commerces spécialisés
en éco-matériaux ou directement auprès des fabricants.
La ouate de cellulose, moins confidentielle aujourd'hui, dispose, en plus des circuits de distribution
classiques, de réseaux d'applicateurs qui assurent l'approvisionnement en matériaux.
4. Les difficultés rencontrées
Les entretiens auprès des différents acteurs, aussi bien de la mise en oeuvre que de la production ou
de la distribution ainsi qu'auprès des associations, ont permis de faire remonter un certain nombre de
difficultés observées lors de la mise en oeuvre. Elles relèvent principalement d'aspects techniques et
de relation avec les assureurs.
5. L'information liée au produit
La question du besoin d'informations à la fois côté entreprise et côté clientèle a été posée aux
entreprises contactées. Certaines entreprises font part d'un souhait d'informations sur les différents
producteurs de matériaux et sur les prix pratiqués. Ils déclarent manquer d'informations sur les
produits proposés par la filière et optent donc pour une continuité des matériaux qu'ils mettent en
oeuvre.
L'information auprès du public qui relève davantage des associations de promotion des différents
matériaux semble porter ses fruits puisque les professionnels observent une progression de la
demande de mise en oeuvre de produits bio-sourcés aussi bien du côté des particuliers que du côté
des collectivités.
VII- La formation sur les matériaux de construction bio-sourcés en Pays de la Loire
Les matériaux de construction bio-sourcés font l'objet d'une offre de formation importante en Pays de
la Loire. Les formations sont parfois regroupées sous la notion plus large d'éco-construction mais
abordent dans les référentiels ces matériaux de façon théorique et/ou pratique. D'autres formations
sont exclusivement axées sur la mise en oeuvre de ces matériaux. Ces formations peuvent également
être longues et sanctionnées par un diplôme ou être davantage initiatique en formation courte. Trois
centres de formation sont plus particulièrement orientés sur des formations en lien avec les matériaux
de construction bio-sourcés mais également avec les matériaux terre et bois d'oeuvre : la Maison
Familiale Rurale de Riaillé, Noria et Compagnie et ADB Formation.
1. La Maison Familiale Rurale de Riaillé
L'établissement de statut associatif propose des formations aux jeunes et aux adultes par alternance
(statut scolaire, apprentissage, contrat de professionnalisation ou formation continue) ainsi qu'un
accompagnement social et professionnel.
La MFR de Riaillé dispense différentes formations autour de l'éco-construction et des travaux
paysagers. Elle fait partie du réseau Eco-construire (Fédération Nationale des Organismes de
Formations Professionnelles à l?Eco-construction).
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
61
Dans le domaine de l'éco-construction, une formation longue est proposée ainsi que différentes
formations courtes.
a. La formation longue "ouvrier spécialisé en éco-construction"
Sur une période de 8 mois, la formation propose aux stagiaires d'acquérir les connaissances et les
compétences techniques en éco-construction pour exécuter des travaux neufs et en réhabilitation sur
de l?habitat individuel ou du petit collectif. La formation s'adresse à tous les publics et est en cours de
reconnaissance par un titre de niveau V. Les matériaux de construction bio-sourcés font l'objet d'une
attention particulière, notamment les matériaux bois, chanvre et paille. Les stagiaires apprennent
également à mettre en oeuvre les matériaux fibres de bois et ouate de cellulose.
Quatre sessions ont déjà été dispensées par la MFR de Riaillé et une cinquième démarrera en mars
2013. En moyenne, le centre accueille entre 10 et 12 personnes par session sur cette formation.
b. Les formations courtes
Plusieurs formations sont proposées sur divers domaines liés à l'éco-construction. Cinq formations
courtes touchent plus spécifiquement le domaine des matériaux de construction bio-sourcés. Elles
sont également inscrites dans la formation longue en éco-construction proposée par la MFR de Riaillé.
? La formation "construction paille sur ossature bois"
Sur une durée de cinq jours, les stagiaires sont formés aux techniques de construction de maisons en
bottes de paille associées à une ossature bois spécialement adaptée. La formation insiste sur les
détails d'exécution et sur d'autres spécificités liées à l'utilisation de la paille.
? La formation "bétons et enduits en chaux chanvre"
La formation doit permettre aux stagiaires de maîtriser les différentes techniques d?application du
chaux chanvre et de connaître les intérêts et les domaines d?utilisation du mélange. La formation est
proposée sur deux jours.
? La formation "isolation naturelle par l'extérieur"
Durant deux jours, les stagiaires sont formés aux techniques et à la mise en oeuvre spécifique de
l?isolation par l?extérieur avec des matériaux naturels. Le traitement des ponts thermiques est
également abordé durant la formation.
? La formation "techniques et matériaux de l'éco-construction"
Durant deux jours, les stagiaires sont formés sur les enjeux et la démarche d'éco-construction. Ils
apprennent à définir une stratégie de choix d'éco-matériaux pour l'enveloppe et l'isolation en fonction
des contraintes et des attentes du client.
? La formation "corps d'enduit en terre et fibre"
Les stagiaires suivent une formation de trois jours axée sur l'apprentissage de la mise en oeuvre de
corps d'enduit en terre et fibre sur les techniques terre-paille, adobe, bauge, torchis. Les stagiaires
apprennent à corriger le mélange en fonction du type de terre.
Selon la MFR, les formations courtes les plus demandées concernent la construction ossature bois la
construction paille la terre crue et la mise en oeuvre de corps d'enduit en terre et fibre.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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D'autres actions de formations sont également dispensées par la MFR de Riaillé auprès des artisans
(par l'intermédiaire de Baticef) et auprès des architectes (par l'intermédiaire de GEP Atlantique). Cette
dernière porte sur une initiation à la construction paille.
Par ailleurs, la MFR de Riaillé a participé à la construction de la salle polyvalente de Mouais en
assurant une formation auprès des travailleurs de l'ACPM17 et de leurs encadrant. Cette salle a été
construite avec des murs extérieurs isolés en bottes de paille avec corps d?enduit en terre et paille et
enduit de finition en terre. Les stagiaires de la MFR sont également intervenus sur le chantier.
Le centre de formation s'approvisionne en matériaux bio-sourcés en privilégiant dans la mesure du
possible les circuits courts et en s'appuyant notamment sur un agriculteur du CIVAM 44 localisé à
3 km. L'agriculteur fournit la Maison Familiale Rurale en paille, chènevotte et laine de chanvre. La
chènevotte est associée à la chaux afin de répondre aux exigences des règles professionnelles
d'exécution d'ouvrage en béton et mortier de chanvre.
Enfin, la Maison Familiale Rurale de Riaillé constitue l'un des 5 membres fondateurs de l'association
Echobat dont il a été fait mention dans ce document.
2. L'association Noria et Compagnie
Le centre de formation professionnelle Noria et Compagnie a été créé fin 2006 sous le statut
d'association loi 1901. Il dispose de locaux mis à disposition de l'association par la commune, en
échange de travaux de rénovation. Situés à Saint-Nicolas-de-Redon (44), les locaux abritent les salles
pour l'aspect théorique. Noria et Compagnie dispose également d'une plateforme technique pour
l'apprentissage pratique. Le site qui héberge la plateforme technique appartient au Conseil Général et
est également mis à disposition gracieusement. L'association privilégie une approche de l'éco-
construction organisée autour de l'utilisation de matériaux à la fois écologiques, disponibles
localement et accessibles d'un point de vue économique. Dans cette logique, le matériau terre est
placé au coeur des formations dispensées. Le développement du savoir-faire porte non seulement sur
la mise en oeuvre des matériaux mais également sur la capacité à utiliser des matériaux qui ont subi
peu de transformation.
Les formations longues diplômantes dispensées sont ouvertes aux professionnels en adaptation, aux
demandeurs d'emploi ou aux salariés en reconversion. Le centre accueille une trentaine de stagiaires
par an et pourrait atteindre près de 50 stagiaires suite à l'ouverture de nouvelles formations.
Noria et Compagnie est adhérent du réseau Ecobâtir qui rassemble des acteurs de la construction
écologique autour d'une charte fondée sur trois piliers : "l'environnement et la santé"; "les sociétés
humaines et la nature des échanges économiques"; "les cultures et savoir-faire". Le réseau Ecobâtir
se donne pour objectif de coordonner les échanges entre partenaires, de produire des documents,
des outils techniques et méthodologiques utiles au transfert des compétences et de renforcer la
reconnaissance des métiers, procédés et pratiques issus des matériaux de construction naturels.
Par ailleurs, le centre de formation est membre fondateur de la fédération Eco-construire (dont la
charte est celle du réseau Ecobâtir). Les membres de la fédération proposent des formations
innovantes destinées à accompagner la mutation écologique des métiers du bâtiment.
Deux formations sont actuellement proposées par le centre, une troisième devrait voir le jour
prochainement.
? Maçon en éco-construction (Niveau V)
Le titre va être déposé cette année (3ème session en cours). La formation aborde les sujets de l'éco-
construction, de la bio-construction, du développement durable, de la thermique du bâtiment, des
17 organisme de formation sous forme d'association loi 1901 dont la vocation est de créer et gérer des centres de formation
visant à assurer une insertion sociale et professionnelle durable, d'héberger des publics en difficulté et assurer de la formation
aux collectivités et entreprises.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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matériaux naturels entre autres. Le programme vise à former des professionnels ou de futurs
professionnels du bâtiment aux techniques de maçonnerie en éco-construction. La formation doit
permettre aux salariés d'évoluer en autonomie sur le chantier en effectuant eux-mêmes l'analyse des
besoins, les propositions et la mise en oeuvre.
Elle est constituée d'une partie théorique et d'une partie pratique en centre de 735 heures et en
entreprise de 280 heures.
? Conducteur de travaux en éco-construction et bio-climatisme (Niveau III)
La formation a pour objectifs d'une part de former des techniciens opérationnels intervenant pendant
les différentes étapes d?un projet d?éco-construction et de bioclimatisme, depuis la conception du
projet, la préparation du chantier, la réalisation des travaux jusqu?à la clôture des opérations et, d'autre
part, de coordonner des travaux de bâtiment mettant en oeuvre des matériaux sains et écologiques en
respectant les réglementations thermiques et les normes environnementales en vigueur. La formation
vise également à permettre aux apprenants de s?imprégner de la culture de l?éco-construction. Elle
intègre les connaissances techniques de constitution d?un habitat sain et de mise en oeuvre d?éco-
matériaux, mais également la prise en compte des énergies grises induites en amont, au cours et en
aval du chantier et leur impact sur l?environnement. Le programme se déroule sur 1 015 heures, dont
735 heures en centre et 280 heures en entreprise.
? Ouvrier spécialisé en Eco-construction (en projet)
Le centre de formation travaille également sur ce titre commun au nom de la fédération Eco-
construire. Les référentiels de ce titre devraient être adaptables aux spécificités régionales et
pourraient être mis en place dès 2013.
3. ADB Formation
Le centre de formation du Poiré-sur-Vie (85) a été créé en 1987 pour répondre aux besoins des
entreprises du bois qui recherchent de la main d'oeuvre qualifiée et à la demande de reconversion des
demandeurs d'emploi vers ces métiers ou de salariés souhaitant se réorienter. ADB propose des
formations aux entreprises, des formations en alternance et des formations continues. Le centre de
formation propose à ses stagiaires de travailler sur des supports pédagogiques concrets, en particulier
pour le travail des maisons à ossature bois.
Quatre formations proposent une approche des matériaux de construction bio-sourcés dans leur
programme, notamment en donnant accès à une option paille et terre.
? La formation continue ou en alternance "CAP Constructeur bois spécialisation
charpente"
Sur une durée de 9 à 22 mois selon que la formation soit continue ou en alternance, les stagiaires
sont formés sur les techniques de construction en ossature bois et sur les techniques de remplissage
en paille et en terre.
? La formation continue ou en alternance "CAP Menuisier Fabricant spécialisation
constructeur bois option isolation extérieure et intérieure"
La formation se déroule sur une durée de 9 mois (formation continue) ou 22 mois (formation en
alternance). Les stagiaires sont formés sur les techniques en menuiserie et en ossature bois ainsi que
sur les techniques d'isolation intérieure et extérieure. La formation aborde le thème des matériaux
écologiques : le liège, la fibre et la laine de bois. Elle donne également accès à la spécialisation paille
et terre.
? La formation continue "Technicien en éco-construction ? second oeuvre"
(Niveau V)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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La formation sera prochainement accessible. Sur une durée de 9 mois, elle permettra de répondre à
l?évolution du marché, aux règlementations thermiques en vigueur (RT 2012) et aux incitations nées
du Grenelle de l?environnement. L'isolation thermique est largement abordée durant la formation ainsi
que les différents matériaux d'isolation, à la fois bio-sourcés et conventionnels.
? La formation continue ou en alternance "Techniques en Bâtiment et
commercialisation spécialisation en éco-construction" (Niveau III)
Sur une durée de 6 ou 12 mois selon le mode continu ou en alternance, la formation répond aux
besoins de recrutement d'ouvriers qualifiés et polyvalents. Les stagiaires sont formés sur les
techniques de vente mais également sur le conseil et l'accompagnement. La formation donne accès à
la spécialisation paille et terre. ADB Formation est actuellement le seul centre de formation en France
à proposer une formation sur les techniques commerciales pour maisons à ossature bois.
4. Le Greta Pays de la Loire
Les lycées et collèges, établissements scolaires publics, mutualisent leurs ressources au service du
public d'une zone géographique pour constituer le GRETA (Groupement d'ETAblissements). Le
réseau Greta Pays de la Loire propose une formation en lien avec l'éco-construction et les matériaux
de construction bio-sourcés.
? La formation "maçonnerie en éco-construction"
Elle s'adresse aux salariés, aux demandeurs d'emploi et aux particuliers qui souhaitent se former sur
la maîtrise des procédés et des produits de construction ayant un faible impact environnemental. Les
stagiaires sont notamment formés sur les techniques de remplissage d'ossature bois en béton de
chanvre. Le programme propose 674 heures de formation dont 534 heures sur le centre de formation
(Greta Nantes BTP ? Saint Herblain) et 140 heures en entreprise.
5. L'AFPA Pays de la Loire
L'AFPA (Association Nationale pour la Formation Professionnelle des Adultes) en Pays de la Loire
regroupe une dizaine de centres sur les cinq départements ligériens. L'AFPA Pays de la Loire propose
trois formations courtes abordant la mise en oeuvre de matériaux de construction bio-sourcés.
? Concevoir un mur à ossature bois perspirant en éco construction
Sur une journée, les stagiaires se familiarisent avec les étapes de conception d'un mur perspirant à
ossature bois, en tenant compte des principaux types de mur en bois existant sur le marché et du rôle
de l'isolant dans le mur. La formation aborde les différents types de murs en fonction de la position de
l'isolant et traite des isolants écologiques.
? Appliquer des badigeons à la chaux
Sur une durée de deux jours, les stagiaires sont initiés aux différentes préparations et applications de
la chaux et à l'identification des éco-matériaux en matière de peintures et d'enduits.
? Réaliser le montage d?une maison à ossature bois de type « plateforme »
Durant cinq jours, les stagiaires abordent une partie théorique axée sur le cadre réglementaire, les
normes, les limites constructives, les techniques de mise en oeuvre les matériaux utilisés et une partie
pratique. La partie pratique propose la fabrication de panneaux ossature bois ouverts et menuisés et
une étude de cas qui comprend la pose d'une isolation en laine de bois sur un angle de mur.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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6. Le GEP Atlantique
Le GEP Atlantique, association de formation des métiers de l'architecture, a pour vocation d'accueillir
et de concevoir des actions de formation continue en Pays de la Loire. Le GEP Atlantique propose
une formation "initiation à la construction paille ossature bois"
7. L'IUT de Saint-Nazaire
? Le diplôme d'université "Conseiller en éco-construction et qualité
environnementale des bâtiments"
L'IUT de Saint-Nazaire propose cette formation continue aux salariés et aux demandeurs d'emploi
(ayant quitté depuis au moins six mois un cycle de formation initiale au lycée ou à l?université à la date
du début de la formation) de niveau bac+1. La formation propose aux stagiaires un programme axé
sur une démarche globale pour optimiser l?empreinte écologique d?un projet de construction. La
formation pose les bases des connaissances générales de l?éco-construction et de l?architecture
bioclimatique, ainsi que la connaissance des matériaux écologiques et innovants.
Elle propose d'acquérir une maîtrise de la mise en oeuvre des différents systèmes constructifs et du
bilan énergétique global d?un immeuble et de préparer les étudiants à la diversité des gisements
d?emplois suivant la spécialité ou la qualité des acteurs d?un dossier d?éco-construction.
L'IUT intègre dans cette formation une unité d'étude qui porte sur les systèmes de construction,
matériaux et mise en oeuvre. Les matériaux écologiques, en particulier paille et chanvre, sont abordés
dans cette UE.
La formation se déroule sur 609 heures dont 399 en centre et 210 heures en entreprise.
8. L'université de Nantes et l'IFRB18
? Licence Professionnelle "Bâtiment & Construction" Option "Gestion de travaux,
Encadrement de chantier & Construction Durable"
Sur une période de 12 mois, en alternance, la formation vise à adapter le profil du public aux
exigences des fonctions d?encadrement de chantier et de gestion de travaux et à apporter de
nouvelles compétences aux étudiants dans les domaines de la construction durable, de
l?environnement. La formation propose une approche technologique de la construction durable. La
licence est accessible aux titulaires d'un DUT ou d'un BTS dans le domaine du bâtiment et de la
construction ainsi qu'aux salariés avec expérience de l'encadrement.
9. Les autres actions de formation recensées
Une grande partie de la formation aux matériaux de construction bio-sourcés est directement
dispensée par les fabricants. Ceux-ci organisent parfois des formations destinées aux professionnels
qui souhaitent mettre en oeuvre leurs produits. Deux particularités sont à souligner : dans le cadre des
règles professionnelles construction en béton et mortier de chanvre, les formateurs doivent bénéficier
d'une accréditation de CenC19. De la même façon, pour les règles professionnelles de la construction
en paille validées par la C2P, les formateurs doivent bénéficier d'une accréditation du RFCP20 pour
dispenser des formations « pro-paille ».
Le réseau d'applicateurs de ouate de cellulose Adek Ouate dispose d'un centre de formation pour les
artisans qui souhaitent rejoindre le réseau. La formation se déroule sur deux jours pendant lesquels
sont abordés les aspects théoriques et pratiques de la mise en oeuvre de la ouate de cellulose.
Empreinte, les Compagnons bâtisseurs et Approche Eco-habitat proposent des formations dispensées
en Bretagne, portant notamment sur le matériau paille. Botmobil accompagne et aide les auto-
18 Institut de Formation et de Recherche du Bâtiment
19 Construire en Chanvre
20 Réseau Français de la Construction en Paille
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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constructeurs à se former à la construction en paille et terre en les mettant en rapport avec des
professionnels par le biais de son réseau d'entraide.
L'ADEME propose un accompagnement aux maîtres d'ouvrage dans le choix des matériaux en phase
conception par exemple.
Batidurabilis propose des formations, des conférences et des animations sur différents modules axés
sur la construction écologique (construction écologique, construction bois écologique, maçonnerie
écologique, isolation écologique, matériaux durables?).
Baticef propose également des formations techniques courtes sur la mise en oeuvre de matériaux bio-
sourcés comme l'initiation à la construction en bottes de paille, l'isolation thermique extérieure en
brique de chanvre, l'enduit chaux-chanvre. Les formations proposées sur l'isolation intègrent
également les isolants en fibres végétales et animales.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
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VIII- Les matériaux bio-sourcés dans la construction : point de vue de la maîtrise
d'ouvrage publique
Certains maîtres d?ouvrage publics se sont fortement impliqués dans l'essor des matériaux bio-
sourcés dans la construction au travers de l'exemplarité dans leur patrimoine (prescriptions
environnementales dans les cahiers des charges) mais aussi par leurs politiques d'interventions
(aides financières, accompagnement de maîtres d?ouvrage, appels à projets ou accompagnement des
filières et formation).
Le groupe de travail a donc souhaité interroger quelques maîtres d'ouvrage publics de la région Pays
de la Loire pour évaluer l'utilisation de ces matériaux dans leurs programmes de construction ou de
rénovation de leur patrimoine.
Un questionnaire a été transmis par mail durant l'été aux cinq conseils généraux, au conseil régional
des Pays de la Loire et au rectorat de l'Académie de Nantes afin de les interroger en ce sens. Le
questionnaire leur permettait d'exprimer les interrogations ou les besoins en information/formation que
ces matériaux suscitent.
Quatre points ressortent de ces échanges :
? Très peu de matériaux bio-sourcés sont utilisés dans les programmes de travaux
de ces maîtres d'ouvrage.
? Les maîtres d'ouvrage interrogés estiment posséder très peu d'informations sur
ces matériaux concernant leurs caractéristiques techniques et leur capacité à
répondre aux diverses réglementations, notamment la sécurité incendie dans des
établissements recevant du public (ERP) du 1er groupe.
? Les maîtres d'ouvrage s'interrogent sur les capacités du marché à répondre à des
volumes de commandes importants (grandes surfaces à isoler par exemple).
? Ils présentent également des inquiétudes quant aux coûts engendrés par l'emploi
de ces matériaux en lieu et place de matériaux plus traditionnels tels que la laine
de verre, laine de roche à un moment où d'autres coûts supplémentaires sont
subis (RT 2012).
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IX- Zoom sur des initiatives locales
1. Le projet Echobat
Plateforme Régionale d'Innovation21, Echobat Développement est un espace de collaboration et de
mutualisation d'équipements et de services entre acteurs économiques, acteurs de la formation et
acteurs de la recherche.
Echobat Développement travaille sur 5 axes spécifiques :
? le montage et l'accompagnement de formations et conseils en éco-
construction
? Le développement de parcours d?insertion professionnelle dans le secteur de
l?éco-construction
? Le développement de filières liées à l?éco-construction
? Le développement de coopérations entre acteurs de l?éco-construction
? La promotion de l?éco-construction
L'une des actions de l'association a pour ambition la conception de logements sociaux
économiquement et écologiquement performants en associant une démarche d'insertion par
l'économie. L'association "Une Famille Un toit" participe également à cette action aux côté d'Echobat
Développement.
Les entreprises artisanales réunies au sein d?Echobat Développement sont à l?origine de la création
de la coopérative d?artisans « ECLORE » pour une éco-construction locale et responsable (8
entreprises de tous les corps d?état la constituent à ce jour).
Plusieurs objectifs sont visés :
? la réduction des factures énergétiques des bénéficiaires de logements
sociaux,
? l?implication de dispositifs d?insertion dans des chantiers de professionnels du
bâtiment (permettant de promouvoir de véritables parcours d?insertion et des
débouchés),
? le développement des filières d?éco-construction (bois, paille, chanvre,
approvisionnement en circuit court,?).
Différents acteurs sont associés autour du projet :
? des entreprises dont l'activité porte autour de l'éco-construction,
? le chantier d'insertion "Eli" (Erdre et Loire Initiatives),
? le bailleur social "Une famille, un toit 44",
? le Comité de Bassin d'Emploi du Pays d'Ancenis.
? Des municipalités du département
? Une scop d?insertion du nord de la France
2. La coopérative Eclore
La coopérative Eclore émane de la volonté d'artisans de se regrouper afin de proposer une réponse
globale sur des projets éco-performants. La coopérative est entourée de différents partenaires :
architectes, chantier d'insertion, bureaux d'études thermiques, centre de formation, Comité de bassin
d'emploi d'Ancenis. La coopérative attache une importance à l'utilisation de matériaux naturels en
particulier issus de filières courtes.
21 Les plateformes régionales d?innovation (PRI) constituent un outil de développement économique et territorial fondé sur la
mutualisation de moyens techniques et humains entre des entreprises, des acteurs de la formation et de la recherche pour
favoriser l?innovation dans les entreprises et sur les territoires
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
69
3. Un groupement de commande d'isolants durables
Animée par l'association Synergies22, le "réseau des collectivités mayennaises en marche vers le
développement durable" répond à un besoin exprimé par les collectivités d'échanger autour de la
thématique de l'amélioration thermique de l'habitat. L'idée d'un groupement de commande publique de
matériaux est lancée en 2012. Le groupement est constitué de trois communes et animé par la
commune de Mayenne. Des critères techniques sont retenus (isolation à base de fibres naturelles ou
issues du recyclage, avis technique du CSTB?). Des points de livraison sont déterminés sur les trois
communes et les fournisseurs s'engagent à rendre accessibles les matériaux retenus aux particuliers,
sous les mêmes conditions de prix, sur un secteur donné et dans une certaine limite de volume.
4. Baticréateurs44 pôle éco-construction
Baticréateurs44 est une struture sous forme juridique CAE (coopérative d'activité et d'emploi) et une
scop (société coopérative de production) dédiée au bâtiment. Créée en 2008, elle s'est inspirée du
modèle de l'Ouvre-Boîte 44 23 . Baticréateurs44 propose un accompagnement sous forme d'un
hébergement comptable, fiscal et juridique pour les personnes qui souhaitent créer une activité
professionnelle. Cet accompagnement va permettre au futur créateur d?entreprise de valider son projet
en vérifiant sa capacité à démarcher des prospects, à établir des devis à réaliser des chantiers et à
terme à vivre de son activité. Les futurs créateurs deviennent alors "entrepreneurs salariés" et peuvent
bénéficier au sein de la structure des assurances nécessaires (garantie décennale notamment).
Certains des entrepreneurs de Baticréateurs44 ont souhaité se regrouper afin de réaliser des
prestations relevant de l?éco construction et du développement durable. Ils s'engagent à respecter la
charte suivante :
? proposer des matériaux respectueux de l?environnement (cycle de vie, bois éco-certifiés,
approvisionnement local?),
? proposer des solutions favorisant les économies d?énergie,
? réaliser les travaux dans une démarche éco-citoyenne (tri des déchets, minimiser les
besoins en ressources, respect dubâti?),
? assurer la cohérence des travaux réalisés grâce à une réelle synergie entre les
intervenants.
5. Groupe Ecoconstruction de la CAPEB Mayenne
Le groupe est composé d'une quinzaine de professionnels signataires d'une charte. Ils s'engagent
ainsi :
? à engager une réflexion autour de la construction et de la restauration,
? à rendre plus efficace la coordination et l'organisation sur les chantiers,
? à mettre en oeuvre des matériaux ayant un bilan écologique satisfaisant,
? à être à l'écoute des clients tant au niveau de leurs besoins que du budget alloué.
Le groupe Eco-construction comprend des artisans et entrepreneurs, des architectes et prescripteurs,
des formateurs et accompagnateurs, des fabricants de matériaux, des négociants et des distributeurs,
sensibles aux valeurs du développement durable.
22 Créée fin 2009, l'association Synergies assure un accompagnement technique et méthodologique auprès des collectivités et
des particuliers pour la conception de projets liés au Développement Durable et aux problématiques énergétiques. L'association
est adhérente du Civam 53.
23 Coopérative d?activités et d?emploi qui accompagne des porteurs vers la création de leur projet professionnel.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
70
Partie V- Identification des freins et des leviers d'action éventuels au
développement de la filière
S'il s'avère que les matériaux de construction présentent un intérêt de plus en plus important auprès
du public, un certain nombre de difficultés viennent ralentir leur progression. Ces difficultés constituent
autant de freins pour le développement de la filière. L'enjeu est donc d'identifier ces freins afin de
comprendre de quels leviers les pouvoir publics disposent pour accompagner le développement de la
filière.
Les échanges auprès des acteurs de la filière ont mis en évidence le constat suivant : certaines
difficultés relèvent d'un enjeu national lorsque d'autres difficultés peuvent trouver un écho plus local.
I- Les matériaux de construction bio-sourcés face aux matériaux de construction
conventionnels
1. Le prix des matériaux bio-sourcés
Bien qu'en diminution, le prix des matériaux bio-sourcés constitue un frein important pour le
développement de la filière. Selon les acteurs rencontrés, les isolants végétaux sont 2 à 3 fois plus
coûteux que les laines minérales. Pour les isolants à base de laine de mouton ou de plumes de
canard, les rapports de prix sont de l'ordre de 5 à 6.
Les différences de prix s'expliquent notamment par les volumes. Les volumes produits de laines
minérales autorisent des économies d'échelles importantes en comparaison des laines d'origine
végétale ou animale. De la même façon, l'avance prise par les producteurs d'isolants bio-sourcés
étrangers leur permettent un meilleur rendement de la production.
Le coût de la matière première n'est qu'un élément du coût associé à la mise en oeuvre de ces
matériaux. Il faut ajouter à celui-ci les coûts normatifs, les coûts en matière d'innovation et les coûts
marketing pris en charge par les fabricants. La mise en oeuvre des matériaux bio-sourcés peut
également impliquer le recours à des solutions supplémentaires pour atteindre les exigences des
réglementations (incendie notamment).
A noter cependant que l'augmentation constante du prix de l'énergie pourrait diminuer l'écart observé
entre les isolants d'origine végétale ou animale et les laines minérales.
2. Un secteur en émergence, mais encore peu structuré pour répondre à une demande de
masse
La filière est majoritairement constituée de PME, avec peu d'acteurs d'envergure nationale
susceptibles d'assurer un développement de masse de ces matériaux. Les grands groupes ne
semblent pas apporter un intérêt fort sur la filière. Bien qu'en croissance forte, en particulier sur le
secteur de l'isolation, les matériaux de construction bio-sourcés pourraient se heurter à des difficultés
face à une demande de volumes importants, tant par les capacités de production des acteurs que par
des difficultés d'approvisionnement en matières premières. Ce dernier point est d'autant plus plausible
que d'autres secteurs d'activité se tournent également vers les bioproduits.
Par ailleurs, les petites et très petites entreprises de ce marché ne disposent que d'une capacité
limitée d'innovation.
3. Un accès difficile à l'évaluation du produit?
Les fabricants de matériaux de construction bio-sourcés se heurtent à des difficultés financières pour
faire évaluer leurs produits. Les moyens limités des petites structures rendent difficile l'accès à
l'évaluation par le Centre Scientifique et Technique du Bâtiment (CSTB). Or, la commercialisation des
produits est rendue plus complexe sans ces évaluations, ce qui amplifie encore les obstacles
rencontrés pour faire face à la concurrence des leaders du marché et des fabricants de matériaux
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
71
conventionnels. L'avis technique représente un coût global (instruction et essais compris) qui peut se
situer entre 15 000 et 70 000 euros selon les modalités d'emploi. Selon un fabricant de matériaux bio-
sourcés, une certification ACERMI peut représenter pour l'entreprise un montant de l'ordre de 8 000
euros d'instruction et de 4 000 ou 5 000 euros par an pour le suivi du contrôle de la production.
4. ?Qui entraîne des difficultés d'ordre assurantiel
L'obligation pour les entreprises de bâtiment d'accéder à la garantie décennale pour couvrir leur
chantier pendant 10 ans après les travaux constitue une difficulté pour le développement de la mise
en oeuvre de ces matériaux. D'un point de vue juridique, l'évaluation technique des matériaux n'est
pas rendue nécessaire pour la commercialisation et la mise en oeuvre sur chantier, cependant, elle
contribue à faciliter la confiance des assurances envers les matériaux pour lesquels ils ne disposent
pas de retours suffisants.
L'existence de règles professionnelles de mise en oeuvre acceptées par la C2P rend assimilable à de
la technique courante l'exécution d'ouvrages en béton et mortier de chanvre. Mais dans les faits,
l'accès à la garantie décennale est parfois difficile sur ces techniques d'exécution. Ce constat peut
amener les artisans à mettre en oeuvre des techniques qui n'entrent pas dans le cadre de leur contrat
d'assurance et font porter les risques de sinistralité sur les entreprises elles-mêmes.
Une assurance sollicitée pour apporter sa garantie décennale va examiner si les travaux mis en
oeuvre par l'entreprise relèvent de techniques courantes ou de techniques non courantes. Beaucoup
de techniques de construction dites écologiques relèvent de cette dernière catégorie de travaux.
L'assurance va alors regarder les évaluations du CSTB sur les produits utilisés et les documents liés
aux techniques mises en oeuvre.
Ce procédé peut être vécu comme pénalisant pour les entreprises dont l'activité porte sur l'éco-
construction, et en particulier pour les entreprises qui travaillent des matériaux locaux, non
standardisés. L'association "Construire en Chanvre" propose des formations aux artisans qui mettent
en oeuvre du chanvre afin de leur permettre d'accéder plus facilement à la décennale.
5. Des difficultés d'ordre technique
Les entreprises font part de certaines difficultés techniques sur l'utilisation de matériaux spécifiques.
Plus que de difficultés, il conviendrait de parler de recommandations. Il ne s'agit pas ici de réaliser une
étude technique sur les différents matériaux de construction bio-sourcés. Toutefois, les entreprises
remarquent que l'utilisation de certains matériaux ne convient pas pour des parties spécifiques du
bâtiment. Plusieurs cas nous sont précisés : l'utilisation de laine de mouton comme isolation des
rampants pose des difficultés liées à un maintien insuffisant et doit être préférée pour une pose à plat.
Par ailleurs, des points de vigilance sont à prendre en compte lors de la mise en oeuvre de certains
matériaux pour que l'épaisseur ou la densité souhaitée ne soit modifiée après tassement.
6. Les critères techniques retenus défavorables aux matériaux bio-sourcés
La résistance thermique constitue une des références
des réglementations thermiques et du crédit d'impôt.
Cet indicateur représente le rapport entre l?épaisseur et
son coefficient de conductivité thermique : r = e / ?.
La prise en compte de cette référence ne permet pas
de mettre en évidence les qualités en termes
d'infiltration d'air et de transfert d'humidité favorables
aux laines végétales notamment. La résistance
thermique étant fonction de l'épaisseur de la laine
utilisée, les industriels des isolants bio-sourcées
estiment que les augmentations successives du "r"
dans les réglementations thermiques entraînent une
"course à l'épaisseur". Or, selon ces derniers, à partir Source : Actis-isolation
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
72
d'un certain niveau de résistance thermique, les gains en termes d'économie d'énergie sont quasiment
nuls. Un calcul effectué à l?aide du logiciel de calcul 3CL-DPE révèle que les gains de consommation
d?énergie entre le R de 2 et le R de 6 ne représentent que 3% (source Actis Isolation : Efficacité
énergétique des bâtiments : lever les freins à l'innovation sur le marché de l'isolation). La filière des
matériaux de construction bio-sourcés est donc confrontée à la mise en avant d'indicateurs qui ne
permettent pas de mettre en avant leurs propriétés spécifiques.
La RT 2012 avance dans ce sens en s'appuyant sur la consommation énergétique globale du
bâtiment et sur son étanchéité à l'air sans mentionner de résistance thermique minimale à atteindre.
Les industriels des isolants végétaux par le biais de l'Asiv24 notamment insistent également pour que
soient davantage pris en considération le confort thermique et le déphasage.
Les fabricants de matériaux bio-sourcés souhaitent mettre en avant les qualités de leurs produits en
matière de gestion des transferts d'humidité dans les parois sur lesquels ils sont posés en isolation
intérieure et plus particulièrement pour la rénovation des parois anciennes: pierres-chaux, pierre-terre,
brique-chaux, torchis, adobe, pisé...
La vapeur d'eau qui transite dans ces parois peut être stockée et déstockée dans les fibres des
isolants selon les apports en humidité plus ou moins importants dans l'air intérieur de la pièce.
L'humidité dans les isolants comme le chanvre ou le lin n'apporte pas de dégradation irréversible de la
résistance thermique, dans la mesure où les fibres peuvent ensuite déstocker l'humidité emmagasinée
(ce qui n'est pas le cas de la laine de verre par exemple, d'où la nécessité d'un pare vapeur). Cet
avantage n'est valable que dans des conditions de pose adaptées à chaque support et dans la limite
d'apports en humidité moyens par l'espace intérieur (absence d'humidité accidentelle, ventilation bien
dimensionnée en pièce humide...)
Les remontées capillaires parfois observées dans les parois en chaux peuvent également transiter
ensuite à travers les isolants bio-sourcés et ainsi laisser la possibilité au mur de sécher (ce qui n'est
pas possible avec des pare vapeur+ isolant imperméable).
Il est également fait mention dans certaines études de la participation des bétons de chanvre au
confort d'été, par des mécanismes de changement de phase : la vapeur d'eau contenue dans l'air
intérieur est tantôt absorbée dans les pores du chanvre sous forme liquide, et tantôt revaporisée dans
le mur. La revaporisation va ainsi capter de la chaleur ambiante pour effectuer ce passage de liquide
à vapeur : ce qui produit un rafraîchissement de l'air ambiant.
Les densités importantes sur certains matériaux bio-sourcés sont également un atout en matière de
confort d'été. Elles offrent aux matériaux un déphasage favorable et donc une meilleure gestion de la
chaleur.
7. Des difficultés d'ordre réglementaire
Certains acteurs de la maîtrise d'oeuvre rencontrés dans le cadre de cette étude estiment que le
surcoût lié à la mise en oeuvre de matériaux bio-sourcés dans la construction ne vient pas du matériau
lui-même mais du prix des mesures structurelles supplémentaires à mettre en place pour respecter la
réglementation. Concrètement, le maître d'oeuvre cite le cas de la réglementation incendie qui prend
en compte la tenue au feu propre et non celle dans une structure. Confronté à cette situation le maître
d'oeuvre a dû ajouter des plaques de plâtre de 17 mm afin de satisfaire à la résistance au feu.
8. Un manque de soutien des pouvoirs publics
Certains fabricants de matériaux d'isolation bio-sourcés nous ont fait part des difficultés de développer
l'activité face au manque d'appui des pouvoirs publics. Il n'existe pas d'aides particulières liées à la
filière. Les entreprises bénéficient simplement de l'aide à l'investissement d'OSEO, lorsque les
concurrents et leaders du secteur des matériaux bio-sourcés originaires d'autres pays bénéficient
d'aides à l'implantation en France. Ces concurrents qui bénéficient déjà d'une expérience et d'une
24 Association Syndicale des Industriels de l'Isolation Végétale
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
73
capacité de production importante laissent peu de place aux entreprises françaises du secteur. Des
aides ciblées sur les matériaux bio-sourcés existent dans d'autres pays. Le cas de la Belgique a été
cité : les particuliers utilisant des isolants bio-sourcés bénéficient d'aides qui permettent d'atténuer la
différence de prix.
9. Une représentation encore faible des acteurs de la filière
Les acteurs rencontrés lors de ce travail ont souvent fait référence à la difficulté de défendre les
intérêts de la filière face aux secteurs des matériaux de construction conventionnels. Mieux
représentés au sein des organismes d'évaluation des matériaux et des instances de décision des
réglementations au moment de l'élaboration des lois (type Grenelle de l'environnement), les filières
des matériaux conventionnels disposent de meilleures possibilités de défendre leurs intérêts propres.
S'agissant de la filière des matériaux de construction bio-sourcés, le constat est différent. Le manque
de structuration du secteur, encore émergent, est la cause d'une représentation insuffisante au sein
des différentes instances. Des initiatives sont engagées en ce sens, en particulier la création de
l'association Construction et Bioressources.
II- Les difficultés de structuration des filières courtes
La volonté de diminuer le bilan carbone des matériaux de construction constitue l'une des motivations
du développement de la filière bio-sourcée. Dans cette optique, la question des circuits courts apporte
une réponse supplémentaire à cette démarche.
1. La normalisation du produit
Jusqu'à présent, les exemples de systèmes en circuits courts fonctionnaient essentiellement autour du
couple agriculteur/auto-constructeur. Aujourd'hui, les groupes de producteurs souhaitent pouvoir
satisfaire une demande réelle de la part des artisans. Cependant, les artisans ont besoin d'un
matériau normé afin de pouvoir construire selon les règles professionnelles en vigueur. C'est
le cas pour le chanvre : les artisans sont dissuadés de se tourner vers les producteurs de
chanvre locaux qui ne pourraient assurer une stabilité de la qualité des matériaux.
Les règles professionnelles d?exécution d?ouvrages en bétons et mortiers de chanvre précisent que la
garantie de bon fonctionnement des matériaux doit être apportée par le fournisseur. Le fournisseur
doit s'assurer que le couple granulats de chanvre / liant qu'il préconise puisse répondre à des
performances minimum pour une application donnée. De plus, il doit être en mesure d'assurer une
stabilité dans le temps des caractéristiques des produits. Des variations de granulométrie des
granulats de chanvre influent sur la performance des ouvrages. Un travail est en cours à ce sujet au
sein de l'association Construire en Chanvre qui doit aboutir à une définition et à des préconisations
sur les variabilités admissibles.
De ce fait, les initiatives en circuits courts éprouvent des difficultés à accéder à une demande
professionnelle, ne pouvant garantir une granulométrie stable. Sur ce sujet, l'association Chanvre et
Paysans en lien avec le Civam 44 travaille actuellement avec l'IUT de Saint-Nazaire sur la
caractérisation du chanvre fermier, le but étant de savoir si le matériau correspond aux définitions des
règles professionnelles de construction en chanvre. A terme, ce travail pourrait permettre aux
agriculteurs d'atteindre la demande de chanvre professionnelle sous couvert de décennale. Le réseau
estime qu'un accompagnement des pouvoirs publics pourrait être bénéfique sur ce travail.
2. La disponibilité du produit
Cette section concerne plus particulièrement le matériau paille de céréales. Les pailles de céréales
cultivées par les agriculteurs sont avant tout destinées au paillage ou à l'alimentation des animaux et
au maintien des matières organiques sur les champs. Les conditions climatiques, en particulier la
sécheresse, peuvent amoindrir considérablement la disponibilité en paille locale. L'accès à ce
matériau peut donc être difficile pour le secteur de la construction si les agriculteurs n'ont pas de
surplus à proposer pour la filière. C'est le cas pour le groupe "Paille", animé par le Civam 44,
actuellement en veille. Un travail sur de nouvelles variétés est envisagé par le groupe. Il existe par
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
74
exemple des variétés anciennes avec des tiges hautes qui permettent un rendement en grain
similaire.
3. Le prix des matériaux
Le consommateur considère parfois les matériaux de type paille (céréales, chanvre ou lin) comme
étant un sous-produit ou plutôt un co-produit de l'agriculture. Or la production de ces matériaux
représente un coût de revient important pour l'agriculteur. L'agriculteur doit concevoir de petites bottes
de pailles destinées à l'habitation qui vont présenter des difficultés logistiques lors de la moisson des
céréales. Selon le Civam 44, il faut compter 3 ou 4 ¤ par botte de paille. Ce prix peut entraîner un
certain désintérêt du consommateur vers ce matériau qu'il considère disponible en quantité et non
valorisé par ailleurs.
4. Vers une meilleure anticipation des chantiers
Une autre difficulté des filières courtes concerne l'anticipation de chantier. Le Civam 44 estime qu'un
accompagnement de la demande pourrait être intéressant afin que celle-ci anticipe au mieux ses
besoins en matériaux. Pour la paille, le Civam 44 conseille d'informer l'agriculteur de son besoin au
moment des semis et non de la récolte.
5. Le contact entre producteurs et consommateurs
L'existence d'associations telles que Chanvre et Paysans ou de groupes de producteurs comme celui
constitué par le Civam 44 permet d'intervenir comme lieu de rencontre entre l'offre et la demande. Ce
type d'initiative ne recouvre pas l'ensemble du territoire régional. Or, le contact entre le producteur de
matières premières et le consommateur, qu'il soit artisan ou auto-constructeur, n'est pas toujours
habituel. Une réflexion pourrait donc se poser quant à la reproduction de ces initiatives sur l'ensemble
de la région, par la constitution de groupes composés d'agriculteurs et de consommateurs, par la
reconnaissance d'une structure ressource pour regrouper l'offre de matériaux disponibles et les
sollicitations des demandeurs.
Conclusion
L'analyse de la filière des matériaux de construction bio-sourcés en Pays de la Loire a fait émerger
deux profils distincts :
? L'approche industrielle qui a vocation à alimenter un marché national et même
international. Les produits mis sur le marché sont soumis à des normes, peuvent
bénéficier d'évaluations techniques reconnues par les assureurs.
? L'approche de la filière en circuits courts, portée essentiellement par un environnement
associatif qui met en relation producteurs, auto-constructeurs et artisans. Les produits
sont rarement normés et leur utilisation rend difficile l'accès à la garantie décennale.
Il ne s'agit pas de deux approches entrant en concurrence, mais d'une coexistence avec des objectifs
et des attentes différentes.
La filière industrielle est bien représentée sur le territoire avec des entreprises très dynamiques qui
sont parvenues à une distribution nationale de leurs produits, jusque dans les grands enseignes de
bricolage. Elles favorisent la valorisation des coproduits agricols locaux ou inter-régionaux, tout en
parvenant à commercialiser des matériaux certifiés ACERMI ou sous avis technique, à l'instar des
grands groupes internationaux producteurs d'isolants. Par ailleurs, deux des principaux acteurs ont un
statut coopératif, et l'industrie du biosourcé est représentée dans quatre départements sur cinq.
Ces industriels portent des attentes dont les réponses ne peuvent être seulement régionales : sur les
réglementations, les procédures d'évaluation technique et sur les aides au développement de la filière
qui pourraient émaner des pouvoirs publics. Cette branche industrielle s'organise actuellement de
manière autonome, par le biais d'intérêts communs entre production, distribution et mise en oeuvre
des matériaux. Les producteurs et distributeurs proposent des formations auprès des utilisateurs,
encadrées par les DTU et les règles professionnelles. Certains distributeurs de ouate de cellulose
disposent d'agréments préfectoraux pour former les artisans et constituer des réseaux de
professionnels. Ces dispositifs permettent d'assurer une bonne qualité de pose et de réduire les
risques de sinistralité ou mauvaise publicité pour cette filière émergente.
L'autre partie de la filière, portée par un environnement associatif et des circuits courts, ne répond pas
à la même logique de marché. L'imbrication des différentes associations et leurs nombreuses
interactions rendent moins lisible l'organisation de cette filière courte et le rôle spécifique de chacun.
Cependant, ces associations effectuent un travail important sur la mise en relation d'acteurs, la
formation (chantiers participatifs), la promotion des matériaux bio-sourcés, l'appui technique aux auto-
constructeurs et aux entreprises.
Ces circuits courts sont confrontés à des obstacles techniques, assurantiels, économiques et
organisationnels. Les acteurs du monde associatif formulent des besoins en accompagnement
institutionnel, en financement de matériel, sur la normalisation des matériaux, sur l'organisation de la
rencontre entre l'offre et la demande, sur l'accès aux marchés publics des petites structures.
Cette filière courte s'inscrit pleinement dans la perspective de la transition énergétique, en conjuguant
à la fois l'insertion sociale, la redynamisation des secteurs ruraux, la rénovation thermique, et la
diffusion des techniques de pose et de mise en oeuvre au plus grand nombre.
Le dynamisme des circuits courts, comme celui de la filière industrielle, témoignent du
remarquable potentiel de développement que possède la région Pays de la Loire en matière de
matériaux biosourcés pour la construction : dynamisme agricole, fibre entrepreneuriale,
dynamisme associatif, potentiel d'innovation et de recherche, parc important de bâtiments à
rénover... Tous les éléments sont réunis pour faire de cette filière une filière d'avenir.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire 75
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
76
Annexes
Lexique
CSTB : Créé en 1947, le Centre scientifique et technique du bâtiment est un établissement public
à caractère industriel et commercial placé sous la tutelle du ministre de l'Ecologie, du Développement
Durable et de l'Energie. Le CSTB exerce quatre activités : recherche, expertise, évaluation, diffusion
des connaissances organisées pour répondre aux enjeux de développement durable dans le monde
de la construction. Son champ de compétences couvre les produits de construction, les bâtiments et
leur intégration dans les quartiers et les villes.
AQC : L'Agence Qualité Construction est une association loi 1901, qui regroupe 41 organisations
professionnelles de la construction autour d'une même mission : prévenir les désordres dans le
bâtiment et améliorer la qualité de la construction. Pour cela, l'AQC élabore de nombreux outils
techniques, concrets et pédagogiques destinés à aider l'ensemble des professionnels du bâtiment
dans leurs pratiques quotidiennes
ACERMI : La certification ACERMI (Association pour la Certification des Matériaux Isolants)
permet de choisir un produit en fonction de son application dans la construction. Complétant le
marquage CE, obligatoire depuis mars 2003, elle intègre toutes les caractéristiques déclarées : au
minimum, la résistance et la conductivité thermiques, le comportement mécanique et, selon les cas, la
réaction au feu. Les produits certifiés se reconnaissent à une étiquette apposée sur les emballages.
Les documentations des fabricants sont tenues de reprendre et expliciter ces données, afin d?offrir à
l?utilisateur toutes les informations permettant de choisir selon ses besoins.
LNE : Le Laboratoire national de métrologie et d'essais est un organisme français sous forme
d'établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) chargé de réaliser les mesures et
essais de produits de toutes sortes en vue de leur certification pour leur mise sur le marché
C2P : La Commission Prévention Produits mis en oeuvre est une commission constituée au sein
de l'AQC. Elle intervient sur les familles de produits et les textes qui en définissent la mise en oeuvre.
En s'appuyant sur sa connaissance des pathologies (via notamment le Dispositif Alerte et Sycodés,
deux outils exclusifs de l'AQC) et sur l'expertise de ses membres, elle a pour mission d'identifier les
techniques susceptibles d'engendrer des risques de sinistres.
AFNOR : L?Association française de normalisation, créée en 1926, est l'organisme officiel français
de normalisation, membre de l'Organisation internationale de normalisation (ISO) auprès de laquelle
elle représente la France.
BCT : Le Bureau Central de Tarification peut être saisi par toute personne physique ou morale
assujettie à une obligation d?assurance qui s?est vu refuser la garantie par une entreprise d?assurance
dont les statuts n?interdisent pas la prise en charge de ce risque. Il a pour rôle exclusif de fixer la prime
moyennant laquelle l?entreprise d?assurance désignée par l?assujetti est tenue de garantir le risque qui
lui a été proposé.
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
77
Liste des acteurs interrogés
Fabricants de matériaux
Cavac Biomatériaux Défibrage et fabrication d'isolants à base de chanvre, lin, ouate de
cellulose.
Saint-Gemme-la-Plaine (85)
Effireal Fabrication d'isolant à base de fibres textile, de chanvre, de lin, de
fibres de bois.
Chemillé (49)
Igloo Cellulose Fabrication de ouate de cellulose. La Chapelle-Achard (85)
Isopaille Fabrication d'ossatures bois avec isolation en paille compressée Cherré (72)
Associations
Construire en Chanvre
Organisme pour le rassemblement des compétences et des énergies,
pour l'échange et d'expériences, pour l'évolution et l'acquisition des
savoir-faire et des connaissances, pour la formation de formateurs en
construction chanvre.
Paris (75)
Civam 44
Organisation pour le développement agricole et rural et la recherche
d'autonomie des territoires ruraux. Saffré (44)
Interchanvre
Interprofession du chanvre, qui regroupe les acteurs agricoles et
industriels du secteur. Le Mans (72)
Réseau Français de la construction en
paille
Regroupement de différents acteurs de la construction paille en France,
stimuler le développement de la construction paile auprès des auto-
constructeurs et des professionnels.
Lunan (46)
Le Niveau à Bulle
Missions de conseil pour les particuliers et les professionnels,
organisation et accompagnement de chantier participatif, sensibilisation
du grand public aux techniques d'éco-construction
Indre (44)
Sinergies 53
Action pour la préservation et le partage équitable des ressources
naturelles notamment au niveau de la demande en énergie et au
développement solidaire et équitable des territoires
Laval (53)
Organisations professionnelles
Union Régionale de la CAPEB Confédération de l?Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment Nantes (44)
FFB Pays de la Loire Fédération Française du Bâtiment Nantes (44)
Fédération Ouest des Scop BTP Fédération des sociétés coopératives ouvrières de production du BTP Rennes (35)
Entreprises
Adek Ouate Réseau d'applicateur de ouate de cellulose Cré-sur-Loir (72)
Floc Ouate Société de formation de flocage de ouate en isolation par l'extérieur Cré-sur-Loir (72)
Jean-Paul Beaucé Construction Paille, isolation ouate Ernée (53)
Chaux dedans Chaux dehors Restauration patrimoine La Baconnière (53)
Cecoha Menuiserie - Charpente Saint-Denis-d'Anjou (53)
SARL LMB Menuiserie - Charpente Montillers (49)
Scop Thierrhabitat
Appui et assistance technique aux particuliers qui s'investissent dans
l'auto-construction de leur maison
Ligné (44)
Scop Abitabio Isolation écologique murs, combles et toitures Beaugé (49)
Naturea Constructeur de maisons Le Poiré-sur-Vie (85)
Gil Ouate Applicateur de ouate de cellulose Ernée (53)
Distributeurs de matériaux
Lambert Matériaux Négoce matériaux Mayet (72)
Le Carré Vert Commerce de matériaux pour l'habitat sain Chemillé (49)
Loire Matériaux Négoce de matériaux Sainte-Luce-sur-Loire (44)
Naturmat Distribution Plateforme de distribution de matériaux écologiques Le Mesnil-en-Vallée (49)
Les Matériaux Verts Distributeur de matériaux sains et écologiques Thouaré-sur-Loire (44)
Leroy Merlin Grande surface de bricolage Rezé (44)
M. Bricolage Grande surface de bricolage Rezé (44)
Bricodépot Négoce de matériaux Saint-Herblain (44)
Castorama Grande surface de bricolage Orvault (44)
Point P Négoce de matériaux Saint-Herblain (44)
Point P Négoce de matériaux Vertou (44)
Orcab Organisation des Coopératives d'Achats pour les Artisans du Bâtiment Rocheservière (85)
Maîtrise d'oeuvre
L'Atelier Belenfant et Daubas Cabinet d'architectes spécialisé en matériaux bio-sourcés Nozay (44)
Organismes de formation
Maison Familiale Rurale de Riaillé
Noria et Compagnie
Greta BTP Pays de la Loire
Groupement d'établissements publics d'enseignement qui mutualisent
leurs compétences et leurs moyens pour proposer des formations
continues pour adultes.
Saint-Herblain (44)
Afpa Pays de la Loire Association pour la formation professionnelle des adultes Nantes (44)
ADB Formation Le Poiré-sur-Vie (85)
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire
78
Quelques avis techniques de produits fabriqués en Pays de la Loire
Ecovilla Mur par Isopaille
Opérations exemplaires en Pays de la Loire
Fiches mises en ligne progressivement sur le site internet de la DREAL Pays de la Loire :
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/construction-durable-r838.html
? Médiathèque de Saint-Aignan de Grand Lieu (44 680)
? Salle polyvalente de Mouais (44 590)
? Maison de l'enfance et de la jeunesse de Craon (53400)
? LOGEMENTS HQE ? Communauté de communes de l'Ernée (53)
Bibliographie
Evaluation de la disponibilité et de l'accessibilité de fibres végétales à usages matériaux en
France ? Fibres Recherche Développement ? Mars 2011
Etat des lieux des agromatériaux pour la construction en région Centre ? Alter'Energies ? Juin
2011
Nouvelles matières premières d'origine animale ou végétale pour la construction ? CSTB ?
Juillet 2008
Les écomatériaux en France : État des lieux et enjeux dans la rénovation thermique des
logements ? Les Amis de la Terre - Mars 2009
Le chaume : une spécificité de la Brière ; Bilan de la politique d'aide à l'emploi du chaume dans
le parc ? Parc Naturel Régional de Brière
Faisabilité d'une filière chanvre bio en Pays de la Loire ?Coordination AgroBiologique des Pays de
la Loire - 2006
Marché actuel des bioproduits industriels et des biocarburants & évolutions prévisibles à
échéance 2015 / 2030 ? Alcimed ? Avril 2007
Janvier 2013 - Connaissance de la filière des matériaux bio-sourcés pour la construction en Pays de la Loire 79
www a s-de-la-lmre.develo ement-durable. ouv.fr
Direction régionale
de l'environnement,
de l'aménagement
et du logement
service intermodalité,
aménagement et logement
5 rue Françoise Giraud
cs 16326
44263 NANTES Cedex 2
Tél : 02 72 7 4 73 00
Fax : 02 72 7 4 73 09
Directeur de publication :
Hubert FERRY-WILCZEK
ISSN:
2109-0017
CERBTP 2012 4couv.pdf
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