En marche vers un développement durable : encore du chemin à parcourir
CHESNEL (Hélène) : dir. ;PAVEN, Sylvie ;THEULIERE, Maël
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
;Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes)
Auteur secondaire
AGUER, Olivier (contributeur)
;DOUILLARD, Denis (contributeur)
;ENGELAERE-LEFEBVRE, Juliette (contributeur)
Résumé
<div style="text-align: justify;">La direction régionale de l''INSEE et la DREAL des Pays de la Loire se sont associés pour réaliser cette étude.<br /><br />Le dynamisme démographique des Pays de la Loire constitue un défi en termes de développement durable. L'urbanisation qui l'accompagne pousse à l'artificialisation des sols et à la prédominance de l'usage de la voiture, même si des efforts ont été faits récemment. Les émissions de gaz à effet de serre et la consommation d'énergie diminuent ces dernières années, en partie en raison d'un ralentissement de l'activité économique, mais leur niveau reste encore loin des objectifs fixés.<br /><br />D'autres tendances récentes sont positives : la production d'énergie renouvelable augmente et les objectifs sont largement atteints sur le plan du traitement des déchets. Le développement d'une agriculture plus durable reste un enjeu fort, notamment pour améliorer la qualité des cours d'eau, ainsi que la préservation de la biodiversité face à l'artificialisation des sols et au changement climatique.<br /><br />En matière de cohésion sociale, la crise économique a fragilisé le tissu économique et le marché de l'emploi. Même si la région est relativement préservée, les inégalités territoriales et sociales augmentent.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
développement durable
;tableau de bord
;indicateur
;analyse économique
Descripteur écoplanete
indicateur de développement durable
;analyse écologique
;analyse statistique
Thème
Économie - Société
;Environnement - Nature
Texte intégral
service
connaissance
des territoires
et évaluation
Novembre
2015
En marche
vers un développement durable:
Encore du chemin à parcourir
n° 389
e dynamisme démographique des Pays de la Loire constitue un défi en termes de développement
durable. L?urbanisation qui l?accompagne pousse à l?artificialisation des sols et à la prédominance
de l?usage de la voiture, même si des efforts ont été faits récemment. Les émissions de gaz à effet de
serre et la consommation d?énergie diminuent ces dernières années, en partie en raison d?un
ralentissement de l?activité économique, mais leur niveau reste encore loin des objectifs fixés. D?autres
tendances récentes sont positives : la production d?énergie renouvelable augmente et les objectifs sont
largement atteints sur le plan du traitement des déchets. Le développement d?une agriculture plus durable
reste un enjeu fort, notamment pour améliorer la qualité des cours d?eau, ainsi que la préservation de la
biodiversité face à l?artificialisation des sols et au changement climatique. En matière de cohésion sociale,
la crise économique a fragilisé le tissu économique et le marché de l?emploi. Même si la région est
relativement préservée, les inégalités territoriales et sociales augmentent.
L
Avancer vers une économie
soutenable, une société plus équitable
et répondre aux défis énergétiques et
climatiques constituent des enjeux
majeurs pour les pouvoirs publics.
Dans cette optique, les Pays de la
Loire se sont dotés de feuilles de
route, comme le schéma régional du
climat, de l?air et de l?énergie (SRCAE)
et la stratégie régionale de transition
énergétique (SRTE) qui fixent des
objectifs à atteindre. Par ailleurs, de
multiples initiatives de développement
durable sont à l?oeuvre sur le territoire.
À la veille de la 21e conférence des
parties (COP21), l?analyse des
évolutions récentes éclaire les
améliorations et les efforts qu?il reste
encore à fournir en matière de
développement durable.
Un dynamisme démographique
source de déséquilibres
Avec 30 000 nouveaux habitants
chaque année, les Pays de la Loire
enregistrent l?une des plus fortes
croissances démographiques des
régions depuis 1999. Si cette
croissance annuelle ralentit légèrement
entre 2007 et 2012 (+ 0,9 %),
comparée à celle de 1999-2007
(+ 1,0 %), elle reste supérieure au
niveau national (+ 0,5 %). Ce
dynamisme génère de fortes pressions
sur l?environnement et des
déséquilibres entre les territoires. Ainsi,
la population augmente deux fois plus
vite dans les départements de la
façade atlantique que dans les trois
autres. Si les tendances
démographiques se maintiennent, la
région compterait 700 000 habitants de
plus en 2040 qu?en 2012, dont 80 % en
Loire-Atlantique et en Vendée.
Cette hausse de la population a des
conséquences importantes en termes
d?occupation des sols, de consomma-
tions énergétiques, de pollutions de
l?air et de l?eau, et de cohésion sociale
(figure 1).
L?artificialisation des sols progresse
Dans les Pays de la Loire, 11,8 % du
territoire est artificialisé en 2014,
contre 10,3 % en 2006. La part est
supérieure de 2,5 points au niveau
Artificialisation des territoires a a
Mobilité liée à la v oiture a a
Offre transports en commun a
Émission de GES a a
Consommation d?énergie a a
Production d'énergie renouv elable a a
Agriculture biologique a a
Qualité de l?eau a a
Traitement des déchets a a
Marché du trav ail a a
Pauv reté et inégalités a a
Situation actuelle des
Pay s de la Loire en
comparaison av ec la
moy enne nationale
Év olution sur la période
récente (év entuellement
en comparaison aux
objectifs fix és)
nd
Lecture : le tableau synthétise les résultats de cette étude et son contenu doit être interprété à la lumière des
analyses présentées. La couleur orange indique que la situation par rapport à la France ou l'évolution récente est
défavorable à la région en termes de développement durable et le vert qu'elle est favorable. Par exemple, les
émissions de GES ont baissé au cours de la dernière période, mais pas suffisamment pour que la tendance actuelle
permette d'atteindre les objectifs fixés.
nd : données non disponibles.
Sources : Insee, Dreal.
Évaluation de la situation actuelle des Pays de la Loire et des évolutions récentes au
regard des différentes thématiques liées au développement durable
Hélène Chesnel, Sylvie Paven, Insee
Maël Theulière, Dreal
En partenariat avec
1 Un bilan mitigé en matière de développement durable dans les Pays de la Loire
OBSERVATION ET STATISTIQUES | N°389 | Novembre 2015
national. L?artificialisation des sols, est
particulièrement élevée en Loire-Atlantique
et en Vendée en lien avec la densité de
population et son étalement sur une grande
partie des territoires. Elle progresse le plus
en Vendée, portée par la croissance
démographique, mais également dans la
Sarthe et en Mayenne jusqu?ici moins
urbanisées (figure 2). Après l?envolée de
2006-2008, l?artificialisation des sols
enregistre un ralentissement traduisant la
prise de conscience par les politiques
locales de la consommation inquiétante
d?espaces. Le rythme d?artificialisation reste
cependant presque aussi élevé qu?au début
des années 2000. Les terres agricoles sont
les plus sollicitées entraînant une
recomposition des paysages avec des
risques de fragmentation des espaces
naturels, de pollution des sols et des eaux
et des impacts sur la biodiversité.
La préférence pour la maison
individuelle persiste dans la région
La hausse de la construction de logements,
liée au dynamisme démographique,
explique une partie importante de
l?artificialisation des sols. Celle-ci est
d?autant plus forte que le parc des
logements croît plus vite que la population,
du fait des comportements de
décohabitation et du vieillissement de la
population.
Par ailleurs, la structure du parc est
particulièrement gourmande en espace
dans les Pays de la Loire. En 2012, 72 %
des logements de la région sont des
maisons individuelles contre 57 % au
niveau national et l?écart se résorbe peu
dans la construction neuve. Or, une maison
(hors lotissement) utilise sept fois plus
d?espace qu?un logement en immeuble
collectif.
Les constructions récentes sont cependant
plus économes en espace : sur la période
2010-2012, 14,8 logements sont en
moyenne construits par hectare, contre
12,5 sur la période 2007-2009. Si cela est
particulièrement vrai dans les grandes
agglomérations (hors ville-centre) et leur
couronne, la densification est moins visible
dans les zones rurales ou littorales.
L?activité économique contribue également
à l?augmentation de l?artificialisation. Le
taux de croissance des surfaces dédiées à
celle-ci est aujourd?hui nettement supérieur
à celui des surfaces résidentielles. L?enjeu
pour les pouvoirs publics est de proposer
des solutions d?aménagement du territoire
et d?urbanisation plus sobres en foncier.
Mobilité : la voiture reste dominante,
malgré le développement des transports
collectifs
La dispersion de l?habitat combinée à la
polarisation de l?emploi sur le territoire
contribue à augmenter les distances
parcourues par les actifs pour aller
travailler, et ce à un rythme plus rapide qu?à
l?échelle nationale. Les actifs travaillent de
plus en plus souvent hors de leur commune
de résidence même si l?augmentation
ralentit depuis 2007 : 63 % étaient dans ce
cas en 2012 contre 61 % en 2007 et 54 %
en 1999.
En 2012, 78 % des actifs se rendent au
travail en voiture. Cette part est stable et de
huit points plus élevée qu?en moyenne
métropolitaine. En matière de taux
d?équipement, 40 % des ménages ligériens
disposent d?au moins deux voitures. Le
parc automobile régional a progressé deux
fois plus vite qu?au niveau national (+ 13 %
contre + 8 % depuis 2000) (figure 3). Il se
distingue aussi par une plus grande
ancienneté.
Alternative plus sobre en matière
d?aménagement du territoire et d?impact
environnemental, l?usage des transports
collectifs se développe sous l?effet de
l?augmentation de l?offre. Depuis les
années 2000, l?offre de transports collectifs
a augmenté, notamment avec la mise en
service du tramway dans les principales
agglomérations de la région (Nantes,
Angers, Le Mans), et plus récemment avec
les bus à haut niveau de service (Nantes,
Saint-Nazaire). Ainsi, aujourd?hui, 55 % des
habitants des Pays de la Loire résident
dans une commune disposant d?une gare
ou d?un périmètre de transports urbains. La
progression de la fréquentation des TER
s?est par contre tassée depuis 2008 (avec
une croissance annuelle passée de 6,7 %
entre 2000-2008 à 1,5 % entre 2008-2013).
Cette décélération s?explique notamment
par l?essor du covoiturage routier et le
ralentissement de l?augmentation du
nombre de personnes travaillant hors de
leur commune de résidence.
Consommation d?énergie et émissions
de gaz à effet de serre : une diminution
en partie conjoncturelle ?
Dans les Pays de la Loire, les émissions de
gaz à effet de serre (GES) diminuent entre
2008 et 2012 où elles s?élèvent à 32,5
millions de tonnes équivalent (Mteq) CO2
(figure 4). En partie liée à la conjoncture
très dégradée, cette baisse devra
s?accélérer fortement pour atteindre les
objectifs nationaux et européens : le SRTE
fixe à 7 Mteq par an les émissions de GES
à ne pas dépasser en 2050. Rapportées à
la population, les émissions régionales
estimées à 9 teqCO2 par habitant, sont
supérieures à la moyenne nationale
(7,5 teqCO2/habitant). Cet écart est
principalement dû aux émissions issues de
l?agriculture et de la production d?énergie
(raffinerie, centrale thermique), importantes
dans la région.
Au niveau énergétique, la consommation
d?énergie des Pays de la Loire baisse de
2,3 % par an entre 2008 et 2012, après une
période de croissance marquée depuis
1990. Rapportée au nombre d?habitants, la
consommation est de 2,15 ktep (milliers de
tonnes équivalent pétrole) par habitant en
2012.
Cette baisse de la consommation
s?explique par des effets conjoncturels liés
2 | Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
2 L?artificialisation progresse autour de zones densément peuplées mais également
dans des zones plus rurales
Évolution de la surface artificialisée entre 2009 et 2013 (en points)
En marche vers un développement durable : encore du chemin à parcourir
à la crise économique, mais aussi par
l?amélioration de la performance
énergétique des résidences et des biens
d?équipement. Il subsiste toujours une
marge importante de diminution des
consommations énergétiques et des
émissions de GES puisque près de 57 %
du parc régional de logements est antérieur
à 1975, avec une performance énergétique
souvent moindre. Mais la préférence pour
l?habitat individuel dans la région peut être
une difficulté pour réduire les émissions et
sa construction génère souvent une
consommation de matières premières plus
importante, source de GES.
La place dominante de la voiture est un
autre obstacle. En intégrant les poids
lourds, le niveau de GES et la
consommation d?énergie liés au transport
restent stables et représentent un quart des
émissions régionales de GES et un tiers de
la consommation d?énergie. Par ailleurs, la
popularisation du transport aérien, mode de
transport particulièrement émetteur de
GES, a conduit sa fréquentation à doubler
entre 2000 et 2013.
La production d?énergies renouvelables
progresse dans la région
La production d?énergies renouvelables
représente 10,8 % de la consommation
régionale en 2012, contre 7,6 % en 2008.
Elle reste cependant inférieure de trois
points à la moyenne nationale. Cet écart
s?explique par la faiblesse de
l?hydroélectricité dans la région. En
revanche, la filière photovoltaïque y est
dynamique et suit la trajectoire définie dans
le SRCAE pour 2020. L?éolien terrestre voit
sa progression fléchir depuis quelques
années et la trajectoire actuelle ne
permettra pas d?atteindre les objectifs fixés
pour 2020. La progression observée entre
2012 et 2014 est toutefois restée plus
dynamique que la moyenne nationale.
D?ici 2020, l?offre régionale d?énergies
renouvelables sera bouleversée par le
développement de deux parcs éoliens en
mer posés qui compteraient à cet horizon
pour 23 % de la production d?énergie
renouvelable et plus de 4 % de la
consommation finale globale régionale. La
région possède un potentiel de
développement des énergies marines
renouvelables très important compte tenu
de sa façade maritime.
Un fort enjeu en matière d?agriculture
durable et de qualité de l?eau
La région se distingue par une forte
production agricole, partagée entre
élevages et cultures, qui représente 10 %
de la production nationale, avec un impact
fort sur la nature.
L?agriculture représente 29 % des
émissions de GES de la région contre 20 %
au niveau national. 71 % de ces émissions
proviennent de l?élevage en raison du
méthane issu de la fermentation entérique.
L?agriculture est aussi très consommatrice
en produits phytosanitaires, particu-
lièrement dans la viticulture et
l?arboriculture, plus dépendantes des
conditions climatiques, où les traitements
sont utilisés à titre préventif.
Dans ce contexte, développer des
pratiques agricoles plus respectueuses de
l?environnement est un enjeu fort pour la
région. Depuis 2000, l?agriculture
biologique se développe plus qu?ailleurs :
elle représente ainsi 5,5 % de la surface
agricole utile dans les Pays de la Loire en
2014, contre 4,1 % en moyenne nationale.
Cette part augmente depuis 2007 malgré
un ralentissement depuis 2012. Celui-ci
devra cependant être infléchi pour atteindre
les objectifs fixés : le programme ambition
bio 2017 préconise le doublement de la
surface d?ici 2017, ce qui reste d?ailleurs
bien inférieur à la cible fixée dans la loi de
Grenelle de 2007 (20 % à l?horizon 2020).
L?état des cours d?eau est particulièrement
dégradé dans la région : 13 % sont en bon
état contre 43 % au niveau national. Cette
part est particulièrement faible en Vendée
(2 %) et dans le Maine-et-Loire (6 %). La
situation s?est globalement dégradée entre
2008-2009 et 2010-2011, particulièrement
en Loire-Atlantique. Ceci provient en partie
du fait que la morphologie naturelle des
cours d?eau est parfois bousculée, par
exemple en raison de la chenalisation des
berges ou de la présence de barrages. Par
ailleurs, les apports agricoles en nutriments
et produits phytosanitaires par les
agriculteurs, les collectivités et les
jardiniers amateurs entraînent une
pollution diffuse. Enfin, les volumes
prélevés dans le milieu naturel pour les
usages domestiques, industriels ou
agricoles sont importants. Les trois quarts
de l?eau consommée proviennent ainsi des
3 | Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
4 La baisse amorcée des émissions de GES est encore insuffisante au regard des
objectifs
Évolution et objectifs des émissions régionales annuelles de gaz à effet de serre (en
MteqCO2)
Lecture : les émissions indiquées en 2020 et 2050 sont les objectifs respectivement fixés dans le SRCAE et dans le SRTE,
déclinaisons des objectifs européens.
Source : Dispositif régional d?observation partagée de l?énergie et du climat (DROPEC) des Pays de la Loire.
3 Une hausse de la mobilité pour tous les modes de transport
Indices d?évolution des indicateurs caractéristiques de la mobilité en Pays de la Loire (base
100 en 2000)
Source : SOeS - Semitan - STRAN - Keolis, TPC - Saumur Agglobus - SETRAM - CTY - ASF - Cofiroute - Région des Pays de
la Loire - Vinci Airport.
2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013
80
100
120
140
160
180
200
Fréquentation de l'aéroport de Nantes
Fréquentation du Transport Express Régional
Trafics autoroutiers (véhicules légers)
Fréquentation des transports collectifs urbains
Parc de voitures en circulation
OBSERVATION ET STATISTIQUES | N°389 | Novembre 2015
eaux superficielles, voire la quasi-totalité en
Vendée, contre la moitié au niveau national. La
majorité des volumes prélevés sont donc
traités avant distribution, ce qui alourdit la
facture « eau ». En outre, il est important de
valoriser l?économie de la ressource par la
chasse au gaspillage et la diffusion des bonnes
pratiques.
L?objectif de réduction des déchets
collectés est atteint
L?objectif de la loi Grenelle de réduire la
production de déchets ménagers et assimilés
(DMA) de 7 % par habitant entre 2008 et 2013
est largement atteint : avec 286 kg par habitant
en 2013, le volume collecté est en baisse de
12 % par rapport à 2009.
Orienter 45 % des DMA vers les filières de
recyclage matière et organique en 2015 est un
autre objectif Grenelle amplement atteint. Dans
les Pays de la Loire, cette part atteint 60 % en
2013, également répartie entre le recyclage
matière et organique. Cela représente 16
points de plus qu?en 2011.
Les ordures ménagères résiduelles (DMA hors
collectes sélectives, encombrants et
déchetterie), qui représentent moins de la
moitié des déchets collectés, diminuent avec
un ratio par habitant qui est passé de 258 kg à
196 kg entre 2007 et 2013, conséquence d?une
politique d?incitation au tri sélectif.
Un patrimoine naturel riche exposé au
changement climatique
Le patrimoine naturel de la région est riche et
diversifié, du fait de son littoral, de la présence
de la Loire et de son estuaire, et de la
juxtaposition de trois grands ensembles
géologiques. Cependant, la région ne
concentre qu?une faible part d?espaces semi-
naturels, c?est-à-dire ni agricoles ni artifi-
cialisés, puisqu?ils représentent 10 % dans les
Pays de la Loire contre 35 % pour la France
métropolitaine. Dans un contexte de pression
démographique et d?enjeux environnementaux,
la préservation de la biodiversité sera un défi
dans les années qui viennent.
Par ailleurs, la région est particulièrement
concernée par les risques d?inondation par
débordement fluvial et submersion marine.
Avec le changement climatique, ces risques
sont accentués notamment sur les côtes
basses du littoral, avec des conséquences
directes sur la population.
Une économie fragilisée par la crise
Au-delà des enjeux en matière
d?environnement, l?activité économique
participe au développement durable d?un
territoire par la création d?emplois et la
production des biens et services visant à
satisfaire les besoins de la population
d?aujourd?hui et de demain. L?économie des
Pays de la Loire est plutôt dynamique. En
2012, le PIB par habitant est l?un des plus
élevés des régions françaises (4e rang, en
géographie 2016), sa progression est l?une des
plus fortes depuis vingt ans. La crise
économique a cependant fortement ralenti
cette croissance (+ 0,9 % par an entre 2007 et
2012 contre + 3,5 % entre 1999 et 2007). Le
taux d?emploi est élevé dans la région, proche
de la cible d?Europe 2020, et le taux de
chômage relativement faible par rapport aux
autres régions françaises. Là aussi, la crise
économique a détérioré la situation sur le
marché du travail avec une hausse du taux de
chômage de 2,5 points entre 2007 et 2012. Les
mutations économiques actuelles génèrent des
difficultés dans certaines activités, notamment
industrielles et agricoles, et sur certains
territoires spécialisés qui deviennent plus
vulnérables comme le nord de la Loire-
Atlantique, le sud Mayenne, le sud Vendée, ou
la Sarthe.
La formation est aussi un enjeu important pour
les nouvelles générations, d?autant plus que
leurs difficultés d?insertion sur le marché du
travail se sont aggravées durant la crise. La
région possède une part des jeunes de 18 à 24
ans en échec scolaire (non diplômés et non
scolarisés) faible, en deçà de la cible d?Europe
2020 fixée à moins de 10 %. De plus, la part
des diplômés et le niveau des formations
augmentent, même si la part des diplômés du
supérieur est plus faible dans la région. L?enjeu
principal pour une insertion durable des jeunes
concerne donc l?adéquation entre les
formations et les besoins en main d?oeuvre en
évolution, dans un contexte de fort
renouvellement de population active et des
situations différenciées selon les territoires.
Les Pays de la Loire, moins touchés par la
pauvreté malgré des disparités territoriales
En lien avec une meilleure situation socio-
économique, la pauvreté est moins présente
dans la région. En 2012, le taux de pauvreté,
de 10,7 %, est le plus faible des régions
françaises avec celui de la Bretagne (13,9 %
en France métropolitaine). Ce taux a
cependant progressé d?environ un point depuis
le début de la crise économique, soit près de
50 000 personnes de plus concernées. La
région est également la moins inégalitaire
puisque l?écart de niveau de vie entre les 10 %
les plus aisés et les 10 % les plus modestes
est plus faible, 2,8 contre 3,5 en France
métropolitaine.
Cependant, des disparités apparaissent au
niveau des territoires. Les territoires ruraux se
caractérisent par une précarité plus marquée,
cumulant des difficultés économiques et
sociales. Leurs habitants sont aussi les plus
exposés à la vulnérabilité énergétique, en
raison de dépenses plus élevées de chauffage
pour le logement ou de carburant pour la
voiture. Dans la région, l?usage de la voiture
pèse dans le budget : 12,4 % des ménages
consacrent plus de 4,5 % de leur revenu aux
dépenses de carburant contre 10,2 % en
métropole. Cela constitue un enjeu du fait de la
volatilité des prix de l?énergie et de leur
prévisible augmentation à terme.
Dans les grandes agglomérations, des
quartiers identifiés par la politique de la ville
cumulent également ces mêmes difficultés,
avec un taux de pauvreté trois fois supérieur à
la moyenne régionale.?
Direction régionale
de l'environnement ,
de l'aménagement
et du logement
Service connaissance des
territoires et évaluation
Division observations
études et statistiques
5, rue Françoise Giroud
CS 16326
44263 NANTES cedex22
Tél: 02 72 74 73 00
Directeur de publication:
Annick BONNEVILLE
ISSN: 2109-0025
En savoir plus
? Okham E., Pays de la Loire : poursuivre la dynamique du développement en le rendant plus
durable, Insee Pays de la Loire, Études, n°104, juin 2012.
? Morvan N. et al., Le développement durable dans les Pays de la Loire, Insee Pays de la Loire,
Dossier, n°46, juin 2012.
? Tableau de bord du développement durable :
http://www.insee.fr/fr/themes/detail.asp?reg_id=3&ref_id=1177
? Profil environnemental :
http://www.profil-environnemental.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/accueil
Cette étude est le fruit d?un partenariat entre
l?Insee et la Dreal. En plus des auteurs, y ont
contribué Olivier Aguer (Insee), Denis
Douillard, Juliette Engelaere-Lefebvre,
Gwénaëlle Le Bourhis, Sylvain Le Goff et
Thomas Zamansky (Dreal).
Définitions
Les gaz à effet de serre (GES) sont des gaz
présents dans l?atmosphère. Ils y capturent
une partie du rayonnement solaire et y
accumulent de la chaleur. Les activités
humaines telles que la combustion d?énergie
fossile et les activités agricoles sont à l?origine
d?une augmentation de leur concentration à
même de modifier durablement le climat. Les
émissions ici comptabilisées sont les
émissions régionales directes de dioxyde de
carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde
d?azote (N2O), des deux familles de
substances halogénées ?
hydrofluorocarbures (HFC) et
perfluorocarbures (PFC) ? ainsi que
d?hexafluorure de soufre (SF6).
Les surfaces artificialisées comprennent les
sols (bâtiments, emplacements à usage
commercial ou industriel, etc.), les terrains
d?agrément, les jardins, les terrains à bâtir, les
chemins de fer, les canaux de navigation et
les carrières mais exclut les routes. C?est au
regard de l?augmentation des surfaces
artificialisées que se mesure l?étalement
urbain.