L'énergie en Pays de la Loire - Face aux factures d'énergie, 340 000 foyers vulnérables
BESNARD, Sonia ;JULÉ, Magali ;ENGELAERE-LEFEBVRE, Juliette ;PIROT, Philippe
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
;Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">A l'heure où les Pays de la Loire se dotent d'un schéma du climat, de l'air et de l'énergie, servant de feuille de route régional à la transition énergétique et climatique, et où une vingtaine de collectivités se sont engagées dans des démarches de plans climat-énergie territoriaux, cette publication réalisée en partenariat avec l'INSEE des Pays de la Loire analyse l'ampleur et les caractéristiques des ménages exposés à la précarité énergétique sur le territoire. Cette publication s'intéresse à la fois aux dépenses énergétiques résidentielles mais aussi aux dépenses de carburants pour les trajets automobiles des ménages.<br /><br />Par rapport au niveau national, les ligériens sont un peu moins vulnérables face aux dépenses de chauffage, néanmoins 13,2 % des ménages y consacrent sur l'année plus d'un mois de revenu.<br /> </div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
donnée statistique
;chauffage
;consommation d'énergie
;coût
;précarité énergétique
Descripteur écoplanete
analyse statistique
;précarité sociale
;dépense des ménages
Thème
Énergie - Climat
;Économie - Société
;Habitat - Logement
Texte intégral
L?énergie en Pays de la Loire
Face aux factures d?énergie,Face aux factures d?énergie,Face aux factures d?énergie,Face aux factures d?énergie, 340 000 foyers vulnérables340 000 foyers vulnérables340 000 foyers vulnérables340 000 foyers vulnérables
Dans les Pays de la Loire, 13,2Dans les Pays de la Loire, 13,2Dans les Pays de la Loire, 13,2Dans les Pays de la Loire, 13,2 % des ménages consacrent sur l?année plus d?un mois de revenu à payer leur% des ménages consacrent sur l?année plus d?un mois de revenu à payer leur% des ménages consacrent sur l?année plus d?un mois de revenu à payer leur% des ménages consacrent sur l?année plus d?un mois de revenu à payer leur
chauffage. Cette vulnérabilité énergétique «chauffage. Cette vulnérabilité énergétique «chauffage. Cette vulnérabilité énergétique «chauffage. Cette vulnérabilité énergétique « résidentiellerésidentiellerésidentiellerésidentielle » touche davantage les plus pauvres et les personnes» touche davantage les plus pauvres et les personnes» touche davantage les plus pauvres et les personnes» touche davantage les plus pauvres et les personnes
seules. Au-delà des niveaux de revenus des ménages, des caractéristiques propres au logement augmentent leseules. Au-delà des niveaux de revenus des ménages, des caractéristiques propres au logement augmentent leseules. Au-delà des niveaux de revenus des ménages, des caractéristiques propres au logement augmentent leseules. Au-delà des niveaux de revenus des ménages, des caractéristiques propres au logement augmentent le
montant de la facture énergétiquemontant de la facture énergétiquemontant de la facture énergétiquemontant de la facture énergétique : le chauffage au fioul, une date de construction antérieure à 1975. Les ménages: le chauffage au fioul, une date de construction antérieure à 1975. Les ménages: le chauffage au fioul, une date de construction antérieure à 1975. Les ménages: le chauffage au fioul, une date de construction antérieure à 1975. Les ménages
les plus exposés à la précarité «les plus exposés à la précarité «les plus exposés à la précarité «les plus exposés à la précarité « résidentiellerésidentiellerésidentiellerésidentielle » habitent en dehors des agglomérations et dans le nord ou le sud-est» habitent en dehors des agglomérations et dans le nord ou le sud-est» habitent en dehors des agglomérations et dans le nord ou le sud-est» habitent en dehors des agglomérations et dans le nord ou le sud-est
de la région. Outre le chauffage, le budget énergie des ménages comporte les dépenses en carburant pour la voiture.de la région. Outre le chauffage, le budget énergie des ménages comporte les dépenses en carburant pour la voiture.de la région. Outre le chauffage, le budget énergie des ménages comporte les dépenses en carburant pour la voiture.de la région. Outre le chauffage, le budget énergie des ménages comporte les dépenses en carburant pour la voiture.
Les ménages de la région sont 12,4Les ménages de la région sont 12,4Les ménages de la région sont 12,4Les ménages de la région sont 12,4 % à y consacrer plus de 4,5% à y consacrer plus de 4,5% à y consacrer plus de 4,5% à y consacrer plus de 4,5 % de leur revenu. La vulnérabilité «% de leur revenu. La vulnérabilité «% de leur revenu. La vulnérabilité «% de leur revenu. La vulnérabilité « carburantcarburantcarburantcarburant »»»»
augmente avec l?éloignement des centres urbains.augmente avec l?éloignement des centres urbains.augmente avec l?éloignement des centres urbains.augmente avec l?éloignement des centres urbains.
À l?heure où les Pays de la Loire se dotent d?un schéma du climat, de l?air et de l?énergie servant de feuille de route régionale à la
transition énergétique et climatique, et où une vingtaine de collectivités se sont engagées dans des démarches de plans climat-
énergie territoriaux, une connaissance approfondie du phénomène de précarité énergétique sur le territoire est nécessaire. Les prix
élevés de l?énergie, les défauts d?isolation des logements, la dépendance à la voiture ou l?importance des distances à parcourir sont
autant de facteurs qui, combinés à des revenus pas toujours suffisants, peuvent rendre les ménages énergétiquement vulnérables
(définitions). Dans ce domaine, l?action publique peut recouvrir un aspect préventif en contribuant à la rénovation du parc de
logement, en favorisant un aménagement du territoire limitant le recours à la voiture ou encore en adoptant des normes
énergétiques. Elle peut aussi intervenir de manière curative en aidant au paiement des factures d?énergie.
Les ligériens un peu moins vulnérables face aux dépenses de chauffageLes ligériens un peu moins vulnérables face aux dépenses de chauffageLes ligériens un peu moins vulnérables face aux dépenses de chauffageLes ligériens un peu moins vulnérables face aux dépenses de chauffage
Dans les Pays de la Loire, 22,8 % des
foyers sont exposés au risque de
précarité énergétique (figure 1), taux
comparable au niveau national
(22,2 %). Ils sont ainsi 200 000 à
consacrer plus de 8 % de leur revenu
à payer leur chauffage (soit plus d?un
mois de revenu) et 190 000 à en
dépenser plus de 4,5 % dans le
carburant nécessaire pour se rendre
au travail, sur leur lieu d?études ou
pour accéder aux services de la vie
quotidienne. Parmi eux, 40 000
cumulent les deux difficultés.
Comparés aux ménages de France métropolitaine, les foyers des Pays de la Loire sont plus préservés de la vulnérabilité énergétique
dite « résidentielle ». Alors que 14,6 % des ménages français sont considérés comme vulnérables, seuls 13,2 % sont concernés
dans la région. Les caractéristiques de leur logement, le climat océanique plus clément et la moindre exposition de la région à la
pauvreté expliquent ce résultat. Les Pays de la Loire sont ainsi au 6e rang des régions les moins touchées par la vulnérabilité
énergétique liée au logement derrière l?Aquitaine (11,2 %) et devant la Bretagne (14,7 %).
La vulnérabilité dite « carburant » est plus intense dans la région où la voiture reste le mode dominant de transport et où
l?étalement urbain est marqué. Les dépenses en carburant pour les déplacements en voiture des ligériens sont plus élevées qu?en
France métropolitaine : 12,4 % des ménages ligériens sont exposés au risque de précarité « carburant » contre 10,2 % en
métropole. La région se place au 9e rang des régions les moins touchées, au même niveau que la Bretagne (12 %) et l?Aquitaine
(12,5 %).
Le mode de chauffage, un facteur déterminantLe mode de chauffage, un facteur déterminantLe mode de chauffage, un facteur déterminantLe mode de chauffage, un facteur déterminant
Certaines caractéristiques propres au logement, comme son mode de chauffage, son ancienneté ou sa surface, engendrent un
surcroît de dépenses susceptibles d?exposer ses occupants à la précarité énergétique « résidentielle ». Le premier facteur qui
impacte le budget énergétique du logement est le mode de chauffage. Se chauffer au fioul, combustible privilégié dans les maisons
anciennes, engendre de lourdes dépenses. En revanche, se chauffer au bois, au gaz de ville ou via un réseau de
chaleur allège la facture énergétique. Chauffer au fioul une maison de 70 à 100 m², construite entre 1975 et
1998, engendre une dépense annuelle supplémentaire de 400 euros par an par rapport au chauffage électrique,
et de 1 000 euros par an par rapport au chauffage au bois.
DREAL
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direction régionale de l?environnement, de l?aménagement direction régionale de l?environnement, de l?aménagement direction régionale de l?environnement, de l?aménagement direction régionale de l?environnement, de l?aménagement
et du logement Pays de la Loireet du logement Pays de la Loireet du logement Pays de la Loireet du logement Pays de la Loire
Service
connaissance
des territoires
et évaluation
Division
observations
études et
statistiques
janvier 2015
n°141
Figure 1Figure 1Figure 1Figure 1 : Presque un quart des ménages ligériens exposés à la vulnérabilité énergétique: Presque un quart des ménages ligériens exposés à la vulnérabilité énergétique: Presque un quart des ménages ligériens exposés à la vulnérabilité énergétique: Presque un quart des ménages ligériens exposés à la vulnérabilité énergétique
Exposition des ménages des Pays de la Loire aux différents types de vulnérabilité énergétique
sources : Insee, recensement de la population 2008, enquêtes revenus fiscaux et sociaux, RDL SOeS, Anah
12,4% des ménages en vulnérabilité «carburant»
10,2% en France métropolitaine
13,2% des ménages en vulnérabilité «résidentielle»
10,2% en France métropolitaine
ANALYSES ET CONNAISSANCE I N°141 I janvier 2015
Par ailleurs, les ménages sont davantage à l?abri de la précarité énergétique « résidentielle » s?ils habitent un logement construit après 1975,
date de la première réglementation thermique. La facture énergétique d?un logement construit avant 1975 sera ainsi plus élevée de 500 euros
par an. Plus le logement est grand, plus il est énergivore : la facture annuelle dépasse 2 000 euros quand il y a plus de 150 m² à chauffer.
Ménages pauvres et personnes seules, davantage exposées à la vulnérabilité énergétique «Ménages pauvres et personnes seules, davantage exposées à la vulnérabilité énergétique «Ménages pauvres et personnes seules, davantage exposées à la vulnérabilité énergétique «Ménages pauvres et personnes seules, davantage exposées à la vulnérabilité énergétique « résidentiellerésidentiellerésidentiellerésidentielle »»»»
La difficulté de payer son chauffage ou son carburant est logiquement plus répandue parmi les ménages qui disposent d?un faible revenu. Un
ménage pauvre sur deux est ainsi touché par la vulnérabilité énergétique (« résidentielle » ou « carburant ») dans la région.
Figure 2Figure 2Figure 2Figure 2 : Une vulnérabilité énergétique «: Une vulnérabilité énergétique «: Une vulnérabilité énergétique «: Une vulnérabilité énergétique « résidentiellerésidentiellerésidentiellerésidentielle » massive chez les ménages pauvres» massive chez les ménages pauvres» massive chez les ménages pauvres» massive chez les ménages pauvres
Taux de vulnérabilité énergétique des ménages des Pays de la Loire en fonction de leur niveau de revenu
Niveau de revenus des ménagesNiveau de revenus des ménagesNiveau de revenus des ménagesNiveau de revenus des ménages
(revenus mensuels par unité de consommation)
Vulnérabilité «Vulnérabilité «Vulnérabilité «Vulnérabilité « résidentiellerésidentiellerésidentiellerésidentielle »»»» Vulnérabilité «Vulnérabilité «Vulnérabilité «Vulnérabilité « carburantcarburantcarburantcarburant »»»»
nombre de ménages
vulnérables
taux de
vulnérabilité
nombre de ménages
vulnérables
taux de
vulnérabilité
revenus inférieurs au seuil de pauvreté (moins de 1 000 ¤) 71 300 41,3 % 37 000 21,5 %
revenus faibles (1 000 à 1 500 ¤) 92 200 19,1 % 63 400 13,1 %
revenus modestes (1 500 à 2 000 ¤) 28 300 6,2 % 58 700 12,8 %
revenus plus élevés (2 000 ¤ ou plus) 5 700 1,5 % 26 400 7,0 %
Ensemble des ménages 197 500 13,2 % 185 500 12,4 %
Sources : Insee, RP 2008, enquêtes revenus fiscaux et sociaux, RDL, SOeS, Anah - Note : les seuils de revenus sont arrondis à la centaine supérieure.
La seule vulnérabilité énergétique « résidentielle » touche 71 000 ménages pauvres (figure 2), même s?ils habitent parfois des logements peu
consommateurs d?énergie. En effet, un quart des ménages pauvres et exposés au risque de précarité « résidentielle » habite un logement peu
énergivore. Pour ces ménages, être locataire dans le parc social éloigne de la vulnérabilité énergétique car la facture de chauffage y est
inférieure de 100 euros par rapport aux logements en location dans le parc privé. L?éco-prêt logement social couplé aux subventions
européennes, accélère la rénovation thermique du parc social et en réduira encore les besoins d?énergie.
Les ménages pauvres les plus exposés sont les personnes seules, de moins de 30 ans ou de plus de 75 ans, et les inactifs. Ces ménages sont
concernés par les politiques publiques de lutte contre la pauvreté et peuvent bénéficier de diverses aides au paiement des factures. Certaines
interviennent en prévention des situations d?impayés (tarifs sociaux de l?électricité et du gaz, forfait de charges lié aux allocations logement des
CAF), d?autres dans les cas d?impayés (fonds de solidarité logement gérés par les conseils généraux, aides des centres communaux d?action
sociale?). Des aides de l?Agence nationale d?amélioration de l?habitat (Anah) ciblent également les ménages les plus modestes via des
subventions attribuées dans le cadre du programme « Habiter mieux », du volet énergie des Opérations programmées d?amélioration de l?habitat
(OPAH) ou des Programmes d?intérêt général (PIG).
D?autres politiques publiques d?incitation à la rénovation thermique des logements s?adressent, quant à elles, à toutes les catégories de ménage.
Chaque ménage propriétaire peut ainsi prétendre à l?éco-prêt à taux zéro et au crédit d?impôt pour la transition énergétique. Des aides de
collectivités, dans le cadre de leur plan climat par exemple, peuvent venir en complément.
Parmi les ménages aux revenus supérieurs au seuil de pauvreté, les plus exposés au risque de précarité énergétique « résidentielle » sont ceux
dont les revenus restent inférieurs à 1 500 euros par mois (figure 2). Dans les Pays de la Loire, cela concerne 92 000 foyers en 2008, soit un
ménage sur cinq appartenant à cette tranche de revenu. Parmi eux, les personnes seules dans leur logement, ou de plus de 60 ans, sont plus
souvent confrontées à des factures de chauffage dépassant 8 % de leur revenu.
Le nord et le sud-est de la région, davantage exposés à la vulnérabilité énergétique «Le nord et le sud-est de la région, davantage exposés à la vulnérabilité énergétique «Le nord et le sud-est de la région, davantage exposés à la vulnérabilité énergétique «Le nord et le sud-est de la région, davantage exposés à la vulnérabilité énergétique « résidentiellerésidentiellerésidentiellerésidentielle »»»»
Les habitants du nord de la Mayenne, de la région d?Alençon à la communauté de communes de l?Ernée et de la moitié est de la Sarthe sont
davantage confrontés à la vulnérabilité énergétique « résidentielle ». Avec des revenus plus faibles qu?en moyenne régionale, ils occupent des
logements plus souvent chauffés au
fioul pour le bocage mayennais,
l?Anjou bleu segréen et les Mauges
et au gaz en citerne dans les vallées
du Loir, de la Sarthe et d?Anjou. En
outre, l?importance de la maison
individuelle et l?ancienneté du parc
sont telles que le parc de logements
y est plus consommateur qu?ailleurs.
Les dépenses annuelles en
chauffage y sont en moyenne de
1 400 à 1 500 euros, alors que la
dépense moyenne annuelle est de
1 200 euros dans la région.
2 I Direction régionale de l?environnement, de l?aménagement et du logement
Figure 3: davantage de vulnérabilité énergétique «résidentielle» en dehors des grandes agglomérationsFigure 3: davantage de vulnérabilité énergétique «résidentielle» en dehors des grandes agglomérationsFigure 3: davantage de vulnérabilité énergétique «résidentielle» en dehors des grandes agglomérationsFigure 3: davantage de vulnérabilité énergétique «résidentielle» en dehors des grandes agglomérations
Taux de vulnérabilité énergétique
par zone d?au moins 30000 habitants
(EPCI ou regroupement d?EPCI) Sources: Insee, recensement de la
population 2008, enquêtes revenus
fiscaux et sociaux, RDL, SOeS,
Anah.
L?énergie en Pays de la Loire I Face aux factures d?énergie, 340 000 foyers vulnérables
Au sud-est de la Vendée, malgré la proximité du littoral, le même phénomène de surexposition à la vulnérabilité énergétique existe. Dans cette
zone rurale, les logements sont deux fois plus souvent chauffés au fioul que dans le reste de la région. Ils sont également plus anciens et plus
grands et les revenus des résidents y sont plus faibles qu?en moyenne régionale.
Les habitants des grandes agglomérations (Nantes, Angers, Le Mans, Saint-Nazaire et Laval) sont moins touchés par la vulnérabilité énergétique
« résidentielle ». Les logements y sont en effet plus souvent équipés en gaz de ville, plus récents, de petite taille, collectifs et/ou sociaux. Ainsi,
la facture énergétique reste modérée, entre 950 et 1 150 euros par an.
Le littoral atlantique, de Guérande aux Sables-d?Olonne, est également moins concerné par le risque de précarité énergétique « résidentielle »
tout comme les agglomérations de La Roche-sur-Yon et de Cholet. Ces territoires au climat plus clément et au parc de logement récent se
caractérisent en effet par des dépenses de chauffage moins élevées et par des revenus moyens proches ou supérieurs à la moyenne régionale.
Dans la communauté d?agglomération de Cholet, près de 60 % des résidences principales sont par ailleurs raccordées au gaz de ville.
Les territoires au pourtour de l?agglomération de Nantes sont également moins exposés à la vulnérabilité énergétique « résidentielle ». Dans ces
territoires, le parc de logements y est pourtant assez énergivore car composé majoritairement de grands logements individuels : les dépenses
annuelles de chauffage se situent entre 1 250 et 1 400 euros. Cependant, le niveau de revenu des habitants leur permet de faire plus
facilement face à ces dépenses.
Les retraités vulnérables à une hausse des prix de l?énergieLes retraités vulnérables à une hausse des prix de l?énergieLes retraités vulnérables à une hausse des prix de l?énergieLes retraités vulnérables à une hausse des prix de l?énergie
Au cours des dix dernières années, les prix de l?énergie ont augmenté plus vite que l?inflation. Dans l?hypothèse où les mêmes variations de prix
(+ 40 points pour le chauffage urbain, + 60 points pour le gaz de ville, + 80 points pour le fioul, + 10 points pour l?électricité, + 30 points
pour le gaz en bouteille ou en citerne et + 20 points pour le bois) se reproduisent brutalement, sans évolution des revenus, la vulnérabilité
énergétique « résidentielle » concernerait 185 000 ménages supplémentaires, près du double de la situation actuelle. Les ménages les plus
impactés seraient les occupants de logements anciens, en particulier ceux chauffés au fioul et au gaz de ville, et ceux dont le logement a une
surface comprise entre 40 et 150 m². Les ménages disposant de revenus entre 1 000 à 2 000 euros par mois constitueraient près des trois
quarts des ménages qui basculeraient dans la vulnérabilité énergétique liée au logement. Cette vulnérabilité se diffuserait à toutes les tranches
d?âge : les personnes de 30 à 60 ans seraient davantage touchées, la surexposition des ménages jeunes et âgés persisterait, et s?amplifierait
chez les retraités.
La vulnérabilité «La vulnérabilité «La vulnérabilité «La vulnérabilité « carburantcarburantcarburantcarburant », conséquence du développement périurbain», conséquence du développement périurbain», conséquence du développement périurbain», conséquence du développement périurbain
Si la vulnérabilité énergétique « résidentielle » se concentre chez les ménages pauvres, la vulnérabilité « carburant » se diffuse davantage chez
les ménages aux revenus plus élevés (figure 2). Un ménage ligérien dépense en moyenne 700 euros par an en carburant pour se rendre en
voiture à son travail, sur son lieu d?études ou pour accéder aux services de santé et de la vie quotidienne. Cela représente 5 % de plus que la
moyenne de province.
Face au coût de l?immobilier et du foncier élevé dans les villes de la région, une partie des ménages s?est installée en périphérie. Cet éloignement
augmente les distances à parcourir pour les besoins de la vie courante et engendre des coûts pas toujours anticipés. Les dépenses en carburant
passent de 440 euros par an pour un ménage vivant en pôle urbain à 1 060 euros pour un ménage périurbain. Les questions de la mobilité
quotidienne des ménages et de l?accès aux services n?ont donc pas la même importance suivant les territoires.
quatre est concerné. Autour des grands pôles de Nantes et du Mans, 20 % des ménages sont exposés à la précarité « carburant ».
Les ménages résidant dans des communes plus éloignées des pôles mais encore sous leur influence combinent des dépenses en carburant plutôt
élevées (environ 1 000 à 1 050 euros par an) et des revenus plus faibles qu?en moyenne régionale. Ceci expose un quart des ménages vivant
dans ces communes multi-polarisées à la vulnérabilité « carburant ».
Service connaissance des territoires et évaluation ? Division observations, études et statistiques I 3
www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr
ANALYSES ET CONNAISSANCE I N°141 I janvier 2015
Quant aux ménages résidant loin des villes, hors des influences des pôles urbains, leurs dépenses annuelles en carburant s?élèvent à 800 euros.
Les revenus de ces ménages étant inférieurs de 10 % à la moyenne régionale, ils sont 17 % à se trouver confrontés à un budget carburant
dépassant 4,5 % de leur revenu. La question de l?accès à l?emploi et aux services de proximité (santé, achats et démarches administratives) se
pose de manière prégnante dans ces territoires.
Le carburant, trop cher pour les jeunes et les plus modestesLe carburant, trop cher pour les jeunes et les plus modestesLe carburant, trop cher pour les jeunes et les plus modestesLe carburant, trop cher pour les jeunes et les plus modestes
Les ménages les plus jeunes (les moins de 30 ans) sont les plus touchés par la vulnérabilité engendrée par les dépenses en carburant. Ces
dépenses, équivalentes à la moyenne régionale, pèsent fortement sur leur revenu, inférieur de 25 % au revenu moyen ligérien. Les jeunes adultes
sont ainsi 30 % à être exposés à la vulnérabilité « carburant », et parmi eux, près de 40 % disposent d?un revenu ne dépassant pas le seuil de
pauvreté. Les couples avec un ou deux enfants et les personnes seules sont aussi plus exposés à ce risque de précarité, les premiers parce qu?ils
ont des dépenses élevées en carburant, les seconds parce que leur revenu moyen est nettement inférieur au revenu moyen régional.
À partir d?un certain âge, le niveau des dépenses en carburant diminue, en particulier les dépenses liées aux déplacements professionnels, ce qui
protége les personnes de plus de 60 ans, souvent retraitées, de la vulnérabilité « carburant ».
Un quart des ménages dont le chef de famille est ouvrier ou agriculteur est exposé à la vulnérabilité « carburant ». Ainsi, respectivement
77 000 et 7 600 ménages sont concernés. Ces catégories sociales aux revenus inférieurs à la moyenne résident plus souvent hors des aires
urbaines et ont des dépenses en carburant plus élevées pour accéder aux services de santé et de la vie quotidienne. Enfin, les inactifs ont aussi
une exposition assez marquée à la vulnérabilité « carburant » (20 %), du fait de leur revenu particulièrement faible. Parmi ces ménages sans
activité professionnelle et en situation de vulnérabilité « carburant », neuf sur dix ont un revenu inférieur au seuil de pauvreté.
Le carburant 30Le carburant 30Le carburant 30Le carburant 30 % plus cher% plus cher% plus cher% plus cher : deux ménages ligériens sur dix vulnérables: deux ménages ligériens sur dix vulnérables: deux ménages ligériens sur dix vulnérables: deux ménages ligériens sur dix vulnérables
Si la hausse de 30 % du prix du carburant de ces dix dernières années se reproduisait brutalement, sans variation des revenus, la vulnérabilité
énergétique « carburant » ne concernerait plus 12,4 % des ménages ligériens mais 21 %. Les ménages les plus impactés par ce choc seraient
les retraités, les couples avec enfants et les ménages situés dans les couronnes des grands pôles.
DREAL janvier 2015
Définitions
Vulnérabilité énergétiqueVulnérabilité énergétiqueVulnérabilité énergétiqueVulnérabilité énergétique : un ménage est considéré comme énergétiquement vulnérable si son taux
d?effort énergétique est supérieur à 8 % pour le chauffage et 4,5 % pour le carburant, soit le double
de la médiane des taux d'effort observés en France métropolitaine.
Le taux d?effort énergétiquetaux d?effort énergétiquetaux d?effort énergétiquetaux d?effort énergétique correspond aux dépenses en énergie rapportées au revenu du ménage.
La dépense énergétique liée au logement dépense énergétique liée au logement dépense énergétique liée au logement dépense énergétique liée au logement est la consommation d?énergie pour le chauffage et l?eau
chaude sanitaire multipliée par le coût unitaire de l?énergie utilisée, additionnée de l?éventuel coût
de l?abonnement.
La dépense énergétique liée au carburantdépense énergétique liée au carburantdépense énergétique liée au carburantdépense énergétique liée au carburant est la consommation en carburant liée aux déplacements
courants effectués en voiture, pour les déplacements domicile-travail ou domicile-étude des
membres du ménage et les autres déplacements contraints multipliée par un coût moyen de
carburant.
Le revenu disponible du ménagerevenu disponible du ménagerevenu disponible du ménagerevenu disponible du ménage comprend les revenus d?activité, les revenus du patrimoine, les
transferts en provenance d?autres ménages et les prestations sociales, nets des impôts directs,
rapportés au nombre d?unités de consommation du ménage (1 pour le premier adulte du ménage, +
0,5 par autre personne de plus de 14 ans et + 0,3 par enfant de moins de 14 ans).
Un Plan climat-énergie territorial (PCET)Plan climat-énergie territorial (PCET)Plan climat-énergie territorial (PCET)Plan climat-énergie territorial (PCET) est un projet territorial de développement durable, institué
par le Plan climat national et repris par les lois Grenelle 1 et Grenelle 2, dont la finalité première est
de lutter contre le changement climatique.
Méthodologie
Selon la loi du 12 juillet 2010 portant sur
l?engagement national pour l?environnement,
« Est en situation de précarité énergétique une
personne qui éprouve dans son logement des
difficultés particulières à disposer de la
fourniture d?énergie nécessaire à la satisfaction
de ses besoins élémentaires en raison de
l?inadaptation de ses ressources ou de ses
conditions d?habitat ».
Cette étude s?inscrit dans le cadre de la « loi
Grenelle 2 ». Elle aborde la précarité énergétique
par la mesure d?un taux d?effort énergétique par
ménage. Le nombre de ménages vulnérables ou
risquant d?être en précarité énergétique, est
calculé à partir du recensement de la population,
en reliant les ménages, leur logement à
l?estimation de leur dépense énergétique et de
leur revenu.
Les consommations d?énergie des logements
sont estimées à partir d?une modélisation
développée par l?Anah (J. Marchal). Le modèle a
été enrichi par une correction climatique
communale et par la prise en compte d?une
éventuelle sous-occupation des logements.
Les dépenses de carburant sont calculées en
utilisant le distancier Loxane et le modèle
Coppert 4. Les déplacements pour accéder aux
services de proximité (santé, achats, démarches
administratives) sont estimés à partir de
l?enquête nationale Transport et déplacements
(ENTD) de 2008.
Les revenus disponibles sont déterminés en
utilisant des régressions quantile et logistique.