La mise en oeuvre du droit au logement opposable (DALO) en Pays de la Loire - Activité des commissions de médiation en 2015
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Ce bilan d'activité, établi à partir de l'Infocentre DALO, dresse une analyse des recours déposés, des décisions prises par les commissions ainsi que des suites données aux dossiers reconnus prioritaires et urgents. Il inclut par ailleurs des éléments d'information sur le profil des requérants.<br /><br />Après deux années de progression continue, le nombre de recours DALO en Pays de la Loire a diminué en 2015 de près de 3 % par rapport à 2014. Cette tendance, observée également au niveau national (-0,7%), masque une activité toujours en hausse en Loire-Atlantique (+ 1,6%) où se concentrent 68 % des recours. Elle masque aussi la complexité des situations examinées par toutes les commissions de médiation de la région et qui sont le reflet de la précarisation des ménages.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
politique du logement
;droit au logement
;famille monoparentale
;relogement
;jeune
;famille
;usager du logement
Descripteur écoplanete
accès au logement
;précarité sociale
Thème
Habitat - Logement
;Construction
Texte intégral
Service
Intermodalité,
Aménagment,
Logement
mars 2016
La mise en oeuvre du droit au
logement opposable (DALO)
en Pays de la Loire
Activité des commissions de médiation
en 2015
n°426
2/28
SOMMAIRE 3
L?Essentiel 4
1) Point sur l'activité des commissions de médiation 5
1-1) Activité des commissions de médiation de janvier 2008 à décembre
2015 (décisions)
6
1-2) Zoom sur l'année 2015 7
2) Point sur les suites données aux décisions favorables des
commissions
9
2-1) Détail sur les relogements à effectuer (période 2008-2014) 11
2-2) Détail sur les accueils à effectuer (période 2008-2014) 12
2-3) Localisation des relogements effectués en 2015 13
3) Motifs retenus par les commissions de médiation 20
4) Profils des requérants de la région : quelques
caractéristiques 22
4-1) Nationalité 22
4-2) Composition familiale 23
4-3) Age 24
4-4) Ressources déclarées 25
5) Mise en oeuvre des mesures issues de la loi pour l?accès au
logement et un urbanisme rénové
26
3/28
L?Essentiel
Entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2015, 14 646 recours ont été déposés au total en Pays
de la Loire dont 1 750 nouveaux recours sur la seule année 2015 (1 588 recours « logement » et
162 recours « hébergement »).
La région se positionne au 8ème rang national en termes de recours annuels enregistrés.
Le volume annuel de recours est en repli de 3 % par rapport à 2014 ce qui marque une rupture
avec la progression continue constatée depuis 2 ans. La Loire-Atlantique est le seul département
où le nombre de recours augmente (+ 1,6 % en un an).
En 2015 :
- près de 91 % des nouveaux dossiers déposés ont fait l?objet d?une décision ;
- 34,1 % des situations ont été reconnues prioritaires et urgentes (+ 2,1 pts par rapport au taux
national) dont 408 en vue d?un logement et 53 en vue d?un hébergement. A cela, s?ajoutent 81
réorientations de recours « logement » vers un hébergement ;
- 49,7 % de décisions défavorables (- 13 pts par rapport au taux national) ;
- 16 % de décisions « sans objet » : une solution a été trouvée avant la commission ou le dossier
n?est plus à traiter (décès, départ de la personne, renoncement, etc.). Au niveau national, ce type
de décision est rendu seulement dans 5 % des cas.
Depuis 2008 :
- 85 % des ménages reconnus prioritaires et urgents ont reçu une proposition de relogement ou
d?hébergement adaptée (+ 30 pts par rapport aux chiffres nationaux).
- 64 % des ménages reconnus prioritaires ont accepté la proposition de relogement ou
d?hébergement faite. Ce taux est de 20 pts inférieurs à la moyenne nationale et traduit une
propension plus forte des requérants de la région à refuser les offres adressées ;
- 86,2 % des situations prioritaires, tous types de recours confondus (logement/hébergement)
étaient considérées comme solutionnées.
Fin 2015, 737 ménages sont en attente de solution dont 167 en vue d?un logement et 570 en vue
d?un hébergement.
Dans la région, l?absence de logement ou la situation d?hébergement chez un tiers non apparenté
sont le motif le plus fréquemment retenu par les commissions de médiation (54 % des recours en
2015). La menace d?expulsion apparaît dans 1 recours sur 5.
4/28
1) Point sur l'activité des commissions de médiation
Entre le 1er janvier 2008 et le 31 décembre 2015, 14 646 recours ont été déposés au total en Pays de la
Loire. Ils représentent 2,3 % de l'ensemble des recours enregistrés en France depuis la mise en oeuvre du
droit au logement opposable (638 900 recours).
En 2015, 1 750 nouveaux dossiers ont été enregistrés dans la région. Leur nombre est en recul de près
de 3 % par rapport à l?année précédente et marque une rupture avec la progression continue constatée
depuis 2 ans. Au niveau national, un même repli, mais de moindre ampleur, s?observe : le nombre de
nouveaux recours est passé de 96 913 en 2014 à 96 199 en 2015 soit -0,7 %.
Les Pays de la Loire se situent ainsi en 8ème position, loin derrière l?Ile-de-France qui concentre plus de
59 % des recours formulés dans l?année (dont 21 % sur la seule ville de Paris). Les autres régions placées
devant les Pays de la Loire sont : Provence-Alpes-Côtes d'Azur (12 919 recours, 13,4% des recours
nationaux), Rhône-Alpes (7 339 recours, 7,6%), Languedoc-Roussillon (2 941 recours, 3,1%), Midi-
Pyrénées (2 680 recours, 2,8%), Aquitaine (2 079 recours, 2,2%) et Nord-Pas-de-Calais (1 776 recours,
1,8%). Comme les Pays de la Loire, le volume annuel des recours est en diminution, selon des proportions
variables, sur les régions PACA (-0,8%), Languedoc-Roussillon (-0,5%), Midi-Pyrénées (-16,4%) et Nord-
Pas-de-Calais (-30,5%).
A titre indicatif, s?il est tenu compte, par anticipation, de la fusion des régions, les Pays de la Loire se
placent à la 7ème position.
Comme le montre le tableau ci-dessous, la baisse du nombre de recours annuels est directement liée à la
baisse du nombre de recours en vue d?un logement (-3,9%) qui représentent plus de 9 recours sur 10.
Plus marginaux, les recours en vue d?un hébergement sont, à l?inverse, en progression de plus de 7 %.
Ces constats sont toutefois à nuancer puisque l?activité de la commission de médiation de la Loire-
Atlantique a continué de croître en 2015.
A cet égard, le département fait figure d?exception même si le rythme de progression est globalement plus
modéré qu?en 2014 (+ 13,6 % entre 2013 et 2014), et encore plus qu?en 2013 (+ 27 % par rapport à 2012).
La hausse des recours « hébergement » y est d?autant plus notable que le département concentre la
majorité des recours de ce type. En 2014, 76,8 % des recours « hébergement » étaient enregistrés en
Loire-Atlantique. En 2015, ils sont plus de 80 %. Avec plus de 2/3 des recours régionaux, la Loire-
Atlantique se maintient, comme en 2014, au 18ème rang national.
Le ralentissement observé au niveau régional résulte surtout du fléchissement de l?activité en Vendée,
2ème département de la région en termes de recours DALO. Jusqu?en 2014, et depuis 5 ans, le volume
des recours ne cessait d?augmenter de manière régulière (+ 16,3 % entre 2012 et 2013, + 9,4 % entre
2013 et 2014). L?année 2015 marque une rupture. Le département descend au 34ème rang national
(31ème rang en 2014).
En Sarthe où la commission de médiation avait enregistré la plus forte croissance, en 2014, le nombre de
recours diminue légèrement (-2,9%). Le département se maintient au 42ème rang national.
5/28
2014 2015 Ev olution 2015/2014
Nombre de recours reçus
Total Total Total
Loire-Atlantique 116 130 0,5% 12,1% 1,6%
Maine-et-Loire 93 15 108 82 18 100 -11,8% 20,0% -7,4%
May enne 12 0 12 12 0 12 - - -
Sarthe 169 3 172 165 2 167 -2,4% -33,3% -2,9%
Vendée 331 17 348 277 12 289 -16,3% -29,4% -17,0%
Pays de la Loire 151 162 -3,9% 7,3% -2,9%
France -0,1% -5,4% -0,7%
Recours
logement
recours
hébergt
Recours
logement
recours
hébergt
Recours
logement
recours
hébergt
1047 1163 1052 1182
1652 1803 1588 1750
86049 10864 96913 85926 10273 96199
La baisse est plus prononcée en Maine-et-Loire, et plus particulièrement sur les recours « logement »,
en recul de 11,8 %. Elle s?inscrit dans la tendance observée depuis 2012 sur le département mais
masque cependant la proportion croissante des recours « hébergement » (18 % des recours du
département sont des recours « hébergement » alors que la moyenne régionale est de 9,3 %). Comme
en 2014, le département se place à la 53ème position nationale.
En Mayenne, le nombre de recours déposés devant la commission de médiation se maintient à
l?identique. Aucun recours en vue d?un hébergement n?a été formulé en 2015. Le département occupe le
82ème rang national (81ème rang en 2014).
(source : InfoDALO ? TS1Bis : extraction des données 2015 au 19/02/2016)
1-1) Activité des commissions de médiation de janvier 2008 à décembre
2015 (décisions)
(source : InfoDALO ? TS1bis : extraction des données 2008-2015 au 19/02/2016)
Avec 97 % de recours ayant fait l?objet d?une décision, la région confirme le bon fonctionnement des
commissions de médiation départementales et leur réactivité dans le traitement des situations. Ce taux
est supérieur de 2,1 pts à la moyenne nationale.
Depuis la mise en oeuvre du DALO, plus de 5 300 décisions favorables et plus de 6 100 décisions
défavorables ont été prononcées dans la région.
Proportionnellement, les rejets représentent une part plus importante avec un taux moyen de l?ordre de
43,1 % contre 37,6 % pour les décisions favorables. Toutefois, comme cela avait été observé l?an dernier,
les commissions de médiation de la région rejettent relativement moins de dossiers que la moyenne
nationale. L?écart entre le taux régional et le taux national de rejets dépasse 10 pts.
Le taux régional de décisions favorables se situe, quant à lui, légèrement en-deçà de la moyenne
6/28
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
0
500
1000
1500
2000
2500
78% 78%
83%
74%
60%
63% 65% 68%
6% 5%
5%
8%
9%
7%
6% 6%
5% 5%
4%
6%
10%
8%
10% 10%
8% 10%
7%
13%
20%
20%
19% 17%
Evolution de la répartition des recours annuels DALO par département
Vendée
Sarthe
Mayenne
Maine-et-Loire
Loire-Atlantique
Décisions de la com mission
Favorables
1 2 3=2/1 4 5 6 7=6/2 8 9=8/2
Loire Atlantique 96,6% 70 34,7% 44,6%
Maine et Loire 934 915 98% 131 15 376 41,1% 393 43%
Mayenne 174 170 97,7% 4 0 84 49,4% 82 48,2%
Sarthe 98,3% 67 9 553 54,6% 384 37,9%
Vendée 97,8% 365 49 810 41% 751 38%
Pays de la Loire 97% 143 37,6% 43,1%
France 94,9% 38,2% 53,8%
Recours
reçus
Recours
avec
décision
%
Recours
avec
décision /
Recours
reçus
Sans objet :
solution
trouvée
avant
com missio
n
Sans objet :
autres
motifs
(décès,
départ
territoire...)
% Décisions
favorables /
Recours avec
décision
Rejets
(explicites)
% Rejets /
Recours
avec
décision
10487 10127 2030 3514 4512
1031 1013
2020 1975
14646 14200 2597 5337 6122
638900 606274 39817 8879 231516 325982
nationale. Il est le reflet de l?activité du seul département de la Loire-Atlantique puisque tous les autres
départements affichent des taux de décisions favorables supérieurs à la moyenne régionale voire
supérieurs à la moyenne nationale.
De ce premier regard porté sur l?activité des commissions, se confirme une autre spécificité des Pays de
la Loire par rapport au reste de la France qui est le fort taux de recours devenus « sans objet ». Ce terme
générique désigne les situations pour lesquelles une solution a été trouvée avant la commission ou pour
lesquelles le recours n?est pas maintenu pour des raisons diverses tels que le décès ou le départ du
ménage (cf. colonnes 4 et 5 du tableau). Près de 1/5ème des décisions prononcées par les commissions
sont des décisions « sans objet ». C?est près de 12 pts de plus que la moyenne nationale. Les
départements de la Loire-Atlantique et de la Vendée qui, à eux deux totalisent 85 % des recours déposés
depuis 2008, recourent plus fréquemment à ce type de décision (respectivement 20,7 % et 21%).
1-2) Zoom sur l'année 2015
(source : InfoDALO ? TS1bis : extraction des données 2015 au 19/02/2016)
La lecture de l?activité des commissions de médiation en 2015 nuance quelque peu les observations
dégagées sur la période 2008-2015.
En premier lieu, un taux moindre de décisions a été prononcé sur la région que sur le reste de la France.
Il est toutefois élevé et en nette progression par rapport à l?année 2014 où il s?établissait à 83,4 %. La
Loire-Atlantique et la Sarthe enregistrent les taux les plus élevés de la région, la Sarthe dépassant même
de 2,6 pts la moyenne nationale. Pour la Loire-Atlantique, l?effort est d?autant plus à souligner en raison
du volume croissant des recours.
Concernant les décisions favorables, la tendance sur la période 2008-2015 ne se confirme pas sur
l?année 2015. Les commissions de médiation de la région ont reconnu davantage de situations
prioritaires et urgentes que la moyenne nationale (taux régional de 34,1% - taux national de 32 %).
Ceci marque une bascule puisqu?en 2014, elles se situaient encore en-dessous de la moyenne nationale.
Ce taux national a décroché de près de 4 pts en un an alors que le taux régional de décisions favorables
s?est maintenu autour de 34 %. La Sarthe, avec un taux de décision favorable de 50 %, s?illustre comme
le département reconnaissant proportionnellement le plus de situations prioritaires et urgentes. La
Vendée et le Maine-et-Loire se positionnent également au-dessus de la moyenne régionale. A l?inverse, la
Loire-Atlantique présente un taux de décisions positives inférieur à la moyenne régionale et à la moyenne
nationale.
Si l?analyse des chiffres 2015 dément une partie des constats faits dans le paragraphe 1-1, elle confirme
en revanche une certaine modération de la région par rapport au taux national de rejets. La
moyenne régionale est de 13 pts en-dessous. La Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire apparaissent
comme les deux départements où les rejets sont les plus fréquents (exception faite de la Mayenne où les
données portent sur de faibles volumes, peu significatifs). Ils sont relativement stables comparativement
à l?année antérieure.
Les Pays de la Loire continuent de se distinguer, par ailleurs, par la forte part de décisions « sans
objet » rendues. Elle est de 16 % en moyenne sur la région et atteint 20 % en Vendée. France entière, à
7/28
Décisions de la comm ission
Favorables
1 2 3=2/1 4 5 6 7=6/2 8 9=8/2
Loire Atlantique 91,9% 166 4 340 31,3% 575 52,9%
Maine et Loire 100 84 84% 12 0 29 34,5% 43 51,2%
Mayenne 12 10 83,3% 1 0 3 30% 6 60%
Sarthe 167 158 94,6% 19 3 79 50% 57 36,1%
Vendée 289 252 87,2% 41 10 91 36,1% 110 43,7%
Pays de la Loire 90,9% 239 17 542 34,1% 791 49,7%
France 92% 599 32% 62,7%
Recours
reçus
Recours
avec
décision
%
Recours
avec
décision /
Recours
reçus
Sans objet :
solution
trouvée
avant
comm ission
Sans objet :
autres
motifs
(décès,
départ
territoire...)
% Décisions
favorables /
Recours avec
décision
Rejets
(explicites)
% Rejets /
Recours
avec
décision
1182 1086
1750 1590
96199 88544 3970 28370 55543
peine 5 % des situations sont qualifiées de sans objet.
(source : InfoDALO ? TS1 et TS1bis : extraction des données 2015 au 19/02/2016)
En 2015, ce sont au total plus de 600 ménages qui ont été reconnus prioritaires et urgents par les
commissions de médiation de la région (soit 1,8 % des décisions favorables au niveau national). 542
avaient déposé leur recours dans l?année.
454 décisions favorables ont été prononcées en vue d?un logement et 55 en vue d?un hébergement. A ces
décisions s?ajoute une centaine de requalifications de recours logement « en prioritaire et urgent
hébergement ».
La part de ces réorientations vers l?hébergement (5 % en 2015) est relativement importante dans la région
comparée à la moyenne nationale (1,9%). Sans elles, le taux de décisions favorables pour les recours
logement serait équivalent au taux moyen national.
Un recours supplémentaire a été reconnu prioritaire et urgent en vue d?un logement en Loire-
Atlantique et n?apparaît pas dans le tableau ci-dessus. Signalé par le secrétariat de la
commission de médiation, il concerne une réorientation d?un recours hébergement vers le
logement. Cette possibilité a été introduite par la loi pour l?Accès au logement et un urbanisme
rénové (ALUR) pour faire pendant aux réorientations vers l?hébergement. Toutefois, ces
réorientations plus rares, le ministère du Logement n?a pas prévu à court terme de faire évoluer
les restitutions statistiques de l?application InfoDALO. Les services de l?État ont été invités à
mettre en place un suivi manuel de ces dossiers.
8/28
Nouveaux recours reçus Décisions favorables sur recours 2015 Décisions favorables rendues en 2015
Année 2015
logement hébergt Total logement hébergt Total logement hébergt Total
Loire-Atlantique 130 234 62 44 340 267 77 45 389
Maine-et-Loire 82 18 100 21 2 6 29 23 5 6 34
Mayenne 12 0 12 2 1 0 3 2 2 0 4
Sarthe 165 2 167 67 11 1 79 71 14 2 87
Vendée 277 12 289 84 5 2 91 91 5 2 98
Pays de la Loire 162 408 81 53 542 454 103 55 612
réorientation
vers l'hébergt
réorientation
vers l'hébergt
1052 1182
1588 1750
2) Point sur les suites données aux décisions favorables des
commissions
Recours « logement » et « hébergement » - données du 1er janvier 2008 au 31 décembre 2015
(source : InfoDALO ? TS1bis : extraction des données 2015 au 19/02/2016)
Depuis la mise en oeuvre du DALO, plus de 5 300 recours ont été reconnus prioritaires et urgents en
Pays de la Loire (2,3 % des situations prioritaires au niveau national). Fin décembre 2015, 85,5 %
d?entre eux avaient reçu une offre de relogement ou d?accueil adaptée. C?est près de 30 pts de
mieux que la moyenne nationale, ce taux étant par ailleurs en progression de 1,8 pt par rapport à la
situation à fin 2014.
Comme l?an dernier, la Loire-Atlantique affiche le taux de propositions le plus élevé de la région (93%) et
ce, alors que le département concentre la majorité des recours et est le seul à voir croître son volume
annuel de dossiers. Ces bons résultats témoignent de la maturité de l?organisation et de l?efficacité du
fonctionnement mis en place dans le cadre du DALO.
La Vendée, second département en termes de recours reçus, présente à l?inverse le niveau de
propositions le plus faible de la région (61%). Il est toutefois supérieur de 4 pts à la moyenne nationale et
s?améliore de 4 pts par rapport au taux constaté fin 2014.
La seule lecture des tableaux est toutefois trompeuse et non révélatrice de l?activité menée dans le
département. Sur les 89 recours reconnus prioritaires en 2015 en vue d?un logement (2 l?ont été en vue
d?un hébergement), le secrétariat de la commission de Vendée explique que « 16 % n?ont pas fourni les
pièces justificatives pour l?examen en commission d?attribution ou ont annulé leur demande. 45 ménages
ont reçu une proposition (5 l?ont refusée) et 4 ont été relogés dans le parc privé ou sont décédés. 26
ménages restent sans proposition à ce jour avec pour 50 % d?entre eux, un dépassement du délai de
relogement de 3 mois. Il s?agit de ménages nécessitant soit un petit logement (studio ou T2) soit un très
grand logement, avec souvent une localisation souhaitée sur le littoral ». Le parc social HLM étant peu
développé et l?offre en petits et grands logements étant rare, la tension locative est forte en Vendée et
plus particulièrement, sur son littoral. Ceci entraîne mécaniquement un allongement des délais de
relogement.
Dans le cas d?une incomplétude des dossiers du fait des requérants, il convient de rappeler que la
réglementation prévoit une requalification des recours en non prioritaires « faute d'avoir mis les bailleurs
en capacité de procéder au relogement ».
64 % des ménages ont par ailleurs accepté la proposition faite par l?administration. C?est près de
20 pts de moins que la moyenne nationale. Rapproché du taux de propositions, ce résultat met en
exergue la forte proportion des refus exprimés par les ménages. Elle dépasse 25 % soit le double du taux
moyen national et atteint même 44,9 % en Mayenne.
La plus grande exigence des ménages est à corréler directement avec le marché locatif et la capacité
des services de l?État à le mobiliser. Autrement dit, plus le marché locatif social est détendu, plus il est
facile pour les services de l?État d?adresser une offre adaptée et plus les ménages adoptent un
comportement de « consommateurs » ou de « clients ».
9/28
Mise en oeuvre des décisions
1 2 3 4 5 6=2+5 7 8=1-(4+6+7) 9=(1-8)/1
Loire Atlantique 32 879 66 562 84%
Maine et Loire 376 17 302 43 226 243 42 48 87,2%
Mayenne 84 1 78 35 41 42 5 2 97,6%
Sarthe 553 24 428 95 314 338 77 43 92,2%
Vendée 810 51 496 95 382 433 200 82 89,9%
Pays de la Loire 125 390 737 86,2%
France 61,9%
Recours
reconnus
prioritaires
et urgents
(PU)
Logés OU
accueillis en
dehors mise
en oeuvre
de la
décision
favorable
Bénéficiaires
n'étant plus à
reloger/
accueillir
Bénéficiaires
restant à
reloger/accuei
llir
% de
situations
résolues
Offres de
logement ou
d'accueil
faites aux
bénéficiaires
Offres
adaptées
refusées par
bénéficiaires
Bénéficiaires
logés ou
accueillis
suite à offre
Bénéficiaires
logés ou
accueillis
3514 3260 1975 2007
5337 4564 1147 2938 3063
231516 4019 131781 15896 110767 114786 12674 88160
Ce contexte détendu, très différent de celui de l?Ile-de-France, peut contribuer à une gestion à la fois
souple et efficace des dossiers si la première proposition n?est pas parfaitement adaptée à la situation (ou
ne l?est plus suite à une évolution de la composition familiale ou à un changement de situation
professionnelle par exemple). Un refus des ménages, dès lors qu?il est légitime et motivé, reste
acceptable.
Fin 2015, 86,2 % des situations reconnues prioritaires au titre du logement ou de l?hébergement
sont considérées comme solutionnées (soit suite à l?acceptation de l?offre faite par l?État soit
indépendamment de cette offre). La région des Pays de la Loire se hisse au 8ème rang derrière le Nord-
Pas-de-Calais (94,4%), l?Alsace (91,4%), la Bourgogne (90,3%), la Lorraine (87,9%), la Bretagne (87,8%),
le Languedoc-Roussillon (87,2%) et la Champagne-Ardenne (86,6%). Le taux de résolution moyen
national s?établit à 61,9 % (53,2 % en Ile-de-France, dernière région).
La Vendée, avec un taux voisin de 90 %, améliore de 12 pts les résultats observés fin 2014. Au vu du
faible taux de propositions adressées aux ménages (voir paragraphes précédents), ce bon résultat
s?explique en partie par une forte part de ménages n?étant plus à reloger (200 à fin 2015 soit 1/4 des
publics prioritaires du département). Le taux de résolution recule de 7 pts en Loire-Atlantique et de 6 pts
en Maine-et-Loire. Il se stabilise en Mayenne et en Sarthe.
737 ménages seraient en attente d?une solution d?hébergement ou de logement dans la région soit
0,8 % des situations recensées en France (plus de 88 000 ménages) : 167 bénéficiaires seraient à reloger
et 570 à accueillir dans un hébergement. Ce dernier résultat doit être pris avec prudence. Vérification faite
auprès du secrétariat de la commission de médiation de la Loire-Atlantique, le nombre de ménages en
attente d?un hébergement serait bien moindre. Les résultats issus d?InfoDALO seraient artificiellement
gonflés en raison d?un défaut de saisie des suites données en Loire-Atlantique, pour les recours les plus
anciens.
Les 3/4 des bénéficiaires DALO/DAHO sont localisés en Loire-Atlantique. Comparé à fin 2014, le nombre
de ménages en attente a augmenté de moitié. Une nouvelle fois, c?est en Loire-Atlantique que la hausse a
été la plus significative : de 266, le département est passé à plus de 560 situations à traiter (sous réserve
du commentaire ci-dessus sur les recours « hébergement »). En Maine-et-Loire, le volume a doublé par
rapport à l?année précédente tandis qu?en Mayenne et en Sarthe, les chiffres sont stables. La Vendée est
le seul territoire à voir ce nombre diminuer (152 fin 2014 et 82 fin 2015).
10/28
66%
7%
2%
10%
15%
Répartition des recours prioritaires
et urgents (PU) par département
Loire Atlantique
Maine et Loire
Mayenne
Sarthe
Vendée 76%
7%
0%
6%11%
Répartition des requérants restant
à reloger ou à accueillir par département
2-1) Détail sur les relogements à effectuer (période 2008-2015)
(source : InfoDALO ? TS1bis : extraction des données 2015 au 19/02/2016)
Depuis 2008, 14 646 recours ont été déposés en Pays de la Loire dont 9 sur 10 en vue d'un logement.
29 % de ces recours « logement » ont été reconnus prioritaires et urgents. Ils représentent, à l?échelle de
la France, 2 % de l?ensemble des recours « logement » prioritaires (taux conforme au poids que
représente la région au regard du volume global des recours enregistrés).
Sur la seule année 2015, 454 décisions favorables ont été rendues par les commissions dont 408
concernaient des dossiers déposés la même année.
85,6% des ménages prioritaires de la région ont reçu une offre de logement adapté : 80,5% y ont donné
suite et ont été relogés. 19,5% l'ont au contraire refusée.
Fin 2015, 167 bénéficiaires restaient à reloger soit moins de 0,3 % des publics prioritaires en attente de
relogement sur la France. Ce nombre a fortement chuté par rapport à l?an dernier où plus de 280 situations
avaient été comptabilisées. La baisse observée est directement corrélée à l?activité menée en Vendée. De
136 bénéficiaires à reloger, le département est passé à 57 bénéficiaires non seulement en raison d?un
important reclassement de situations comme n?étant plus à reloger (+ 34 % en un an) mais aussi d?une
progression des relogements suite à offre (+ 40%).
Comparés au reste de la France, les services de l?Etat de la région font preuve de réactivité dans la
formulation de proposition. Le taux régional dépasse de 24 pts le taux moyen national (85,6 % contre
61,7%). La Vendée se démarque toutefois avec un taux de 1 pt seulement supérieur à la moyenne
nationale. Relativement faible, il s?est amélioré de 9 pts en un an.
Mais, si la région est prompte à adresser des offres aux requérants, celles-ci aboutissent généralement
dans une proportion moindre que la moyenne nationale (80,5 % contre 88,2 % sur la France). Comme
évoqué précédemment, les refus tendent à être plus fréquents du fait de la relative détente du marché
locatif. A l?inverse, ils sont plus faibles dans des territoires tels que l?Ile-de-France (5%) ou la région
Provence-Alpes-Côte d?Azur (11,7%) où la tension est plus forte et les possibilités de relogement, limitées.
11/28
Mise en oeuvre des décisions
1 2 3 4 5 6 7 = 3+6 8 9 = 2-(5+7+8) 10=(2-9)/2
Loire Atlantique 30 385 41 81 96,4%
Maine et Loire 790 271 9 240 39 201 210 14 8 97%
Mayenne 174 80 1 76 35 41 42 3 0 100%
Sarthe 486 22 403 90 313 335 40 21 95,7%
Vendée 749 48 468 89 379 427 176 57 92,4%
Pays de la Loire 110 638 274 167 95,6%
France 67,5%
Recours
"logem ent"
reçus
Favorables
logem ent
(prioritaires
et urgents)
Logés avant
la m ise en
oeuvre de la
décision
Bénéficiaires
qui ne sont
plus à reloger
Bénéficiaires
restant à
reloger
% de
situations
résolues
Offres bailleur
faites aux
bénéficiaires
Offres
adaptées
refusées par
bénéficiaires
Bénéficiaires
logés suite à
offre
Bénéficiaires
logés
9225 2231 2079 1694 1724
1014
1964
13167 3817 3266 2628 2738
568357 188236 3263 116091 12802 102371 105634 8558 61242
2-2) Détail sur les accueils à effectuer (période 2008-2015)
(source : InfoDALO ? TS1bis : extraction des données 2015 au 19/02/2016)
Les recours en vue d?un hébergement représentent 10% de l?ensemble des recours déposés en Pays de
la Loire, entre 2008 et 2015 (2,1 % des recours hébergement nationaux).
40,6% d?entre eux ont été déclarés prioritaires et urgents soit un taux nettement supérieur à celui observé
dans la région, pour les recours « logement ». Il est cependant de 5 pts en retrait par rapport au taux de
décision favorable national.
A ces 600 situations ayant directement sollicité un hébergement adapté, s?ajoutent 920 recours
« logement » réorientés par décision de la commission de médiation. La réorientation des publics est
davantage pratiquée dans la région que sur le reste de la France. 7 % des recours « logement » déposés
en Pays de la Loire ont ainsi été reconnus prioritaires avec une réorientation alors que la proportion est en
moyenne de 2 %. Cette pratique paraît d?autant plus développée que la majorité des ménages reconnus
prioritaires pour un hébergement (PUH) avaient initialement déposé un recours « logement » (920 recours
sur 1520 soit 61%).
85,4% des PUH ont reçu une proposition d'hébergement (+ 2,8 % par rapport à fin 2014).
40 % l'ont refusée ce qui est très supérieur au taux de refus des offres de logement (19,5%) et peut
s?expliquer par la forte proportion de réorientations « subies ». Ces refus émanent majoritairement de
requérants reconnus prioritaires en Loire-Atlantique.
Fin 2015, 570 ménages restaient à accueillir soit plus du double que l?année passée. Si la région présente
un taux de résolution de 25 pts supérieur à la moyenne nationale, celui-ci s?est fortement érodé et plus
significativement, en Loire-Atlantique où se concentre l?essentiel des dossiers en attente.
Quelques spécificités départementales ressortent de ce tableau. Ainsi, en Loire-Atlantique et en Maine-et-
Loire, l?urgence est de trouver des solutions d?hébergement. En Vendée, la priorité porte davantage sur le
logement tandis qu?en Sarthe, relogements et hébergements sont à même hauteur. Quel que soit le
département, les réponses en matière d?hébergement semblent plus complexes à trouver (insuffisance de
l?offre disponible, manque de fluidité).
12/28
Mise en oeuvre des décisions y c. réorientations
1 2 3 4 = 2+3 5 6 7 8 9 =5+8 10 11=4-(7+9+10) 12=(4-11)/4
Loire Atlantique 542 741 2 494 281 283 25 481 62,5%
Maine et Loire 144 43 62 105 8 62 4 25 33 28 40 61,9%
Vendée 0 0 4 4 0 2 0 0 0 2 2 50%
Sarthe 17 5 62 67 2 25 5 1 3 37 22 67,2%
Mayenne 56 10 51 61 3 28 6 3 6 24 25 59%
Pays de la Loire 600 920 15 509 310 325 116 570 62,5%
France 756 37,8%
Recours
"hébergt"
reçus
Favorables
(prioritaires
et devant
être
accueillis)
Recours
logement
réorientés
hébergement
(rappel)
Total des PU
vers un
hébergt
accueillis
AVANT m ise
en oeuvre
décision
favorable
bénéficiaires
n'étant plus à
accueillir
(autre
solution)
Bénéficiaires
restant à
accueillir
% de solutions
résolues
Propositions
d'accueil faites
aux
bénéficiaires
Propositions
adaptées
refusées par
bénéficiaires
Bénéficiaires
accueillis
(suite
proposition)
Bénéficiaires
accueillis
1262 1283 1181
1479 1520 1298
70543 32352 10928 43280 15690 3094 8396 9152 4116 26918
1 2 3 4=3/2 5 6 7 8=7/6
Loire Atlantique 81 3,6% 481 37,5%
Maine et Loire 790 271 8 3,0% 144 105 40 38,1%
Mayenne 174 80 0 0,0% 0 4 2 50,0%
Sarthe 486 21 4,3% 17 67 22 32,8%
Vendée 749 57 7,6% 56 61 25 41,0%
Pays de la Loire 167 4,4% 570 37,5%
France 32,5% 62,2%
Recours
"logem ent"
reçus
Recours PU
logem ent
(PUL)
Restant à
reloger
Restant à
reloger / PUL
Recours
"hébergt"
reçus
Recours PU
hébergem ent
(+
réorientation)
Restant à
accueillir
Restant à
accueillir/PUH
9225 2231 1262 1283
1014
1964
13167 3817 1479 1520
568357 188236 61242 70543 43280 26918
2-3) Relogements effectués en 2015
? Localisation des relogements
Le 6 mars 2015, le comité interministériel à l?égalité et à la citoyenneté (CIEC) a annoncé plusieurs
mesures destinées à favoriser la mixité sociale dans le logement. Ces mesures ont été précisées, le 15
avril, par la ministre en charge du Logement, en conseil des ministres.
Parmi elles, figurait notamment le non relogement des ménages les plus pauvres (dont les publics DALO)
dans l?un des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Ces derniers étant précisément définis
par rapport à leur forte concentration en habitants avec de bas revenus, l?objectif est de ne pas amplifier
les phénomènes de ségrégation observés.
Le projet de loi Egalité et Citoyenneté, en cours d?examen, vise à donner une base légale aux
propositions du CIEC. Dans sa rédaction actuelle, il n?interdit plus le relogement des ménages les plus
pauvres dans les QPV. Mais, il impose aux bailleurs de consacrer au moins 25 % de leurs attributions
annuelles, hors QPV, au profit de demandeurs du premier quartile de ressources ou au profit des
ménages à reloger dans le cadre du renouvellement urbain.
L?identification des ménages du premier quartile de ressources s?effectuerait à l?échelle de la région et sur
la base des ressources enregistrées dans le système national d?enregistrement.
Sans préjuger du contenu définitif de la loi, les relogements des ménages prioritaires DALO, réalisés en
2015, ont été analysés à l?aune de leur localisation hors ou en QPV. 330 ont été dénombrés au total dans
la région : 212 en Loire-Atlantique, 18 en Maine-et-Loire, 2 en Mayenne, 40 en Sarthe et 58 en Vendée.
Cependant, 33 adresses n?ont pas été renseignées dans COMDALO et n?ont pas pu être représentées
géographiquement d?où la nécessité pour les secrétariats des commissions de fiabiliser les données
saisies.
Sur les 297 logements identifiés, 52 étaient situés dans un des 46 QPV de la région soit 17,5 %. Ce taux
atteint 25,7 % s?il est considéré que les 33 adresses manquantes sont toutes en QPV. Il en résulte a priori
d?ores et déjà un faible pourcentage de relogements des publics DALO dans les quartiers prioritaires de
la politique de la ville.
2015 Loire-Atlantique Maine-et-Loire Mayenne Sarthe Vendée Pays de la
Loire
1) Total des
relogements
212 18 2 40 58 330
2) dont en QPV 31 9 0 5 10 55
% relogements en
QPV sur ensemble
des relogements
14,1 % 50 % - 12,5 % 17,2 % 16,7%
Les cartes des pages suivantes illustrent les relogements en QPV des ménages DALO dans les
départements à l?exception de la Mayenne où aucun relogement en QPV n?a été relevé.
13/28
Afin de fiabiliser les bases de données et les cartes qui en découlent, l?attention des
secrétariats est attirée sur quelques règles de saisie des adresses de relogement:
- dans le cas d?un relogement dans une résidence, préciser l?adresse complète et ne pas se
limiter au seul nom de la résidence;
- toujours mentionner, lorsqu?il existe, un numéro de rue. Par défaut, la géolocalisation se fait
au centre de la voie ce qui peut conduire à exclure certains logements qui, en réalité, se situent
sur la partie de la rue en QPV.
? Evolution du délai d?attribution d?un logement
(source : InfoDALO ? tableau DEL1 ? extraction faite le 19/04/2016)
Le délai d?attribution est calculé par différence entre la date de signature du contrat de bail et la date de la
décision de la commission d?attribution.
En France, il s?est constamment allongé depuis l?entrée en vigueur du dispositif DALO. Exclusion faite de
l?année 2008 qui n?est pas représentative, ce délai a été multiplié par 2,6 entre 2009 et 2015. Il s?établit à
plus d?un an (15 mois environ).
En Pays de la Loire, le délai moyen d?attribution d?un logement pour un ménage reconnu prioritaire DALO
est de 4 mois, en 2015, à compter de la décision de la commission (+ 18,1 % entre 2009 et 2015). Il est
supérieur d?un mois en Vendée. La Mayenne est, à l?inverse, le département où le relogement est le plus
rapide. Il est réalisé sous 1 mois.
19/28
Mayenne Sarthe Vendée Ps-Loire France
2008 87,5 103,1 91,8 82,9 89,9 89,2 92,5
2009 104,8 108,2 106,7 91,7 151,0 107,6 174,6
2010 99,1 97,0 84,3 78,4 172,6 103,6 250,8
2011 102,2 93,1 76,8 76,8 116,5 100,8 295,5
2012 113,8 81,3 63,0 77,0 122,8 106,2 348,0
2013 116,9 103,1 86,8 82,9 147,9 117,0 380,1
2014 120,2 81,3 123,0 89,1 139,8 117,8 404,0
2015 126,5 104,3 33,0 100,6 158,2 127,1 454,8
Loire
Atlantique
Maine et
Loire
2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Loire Atlantique
Maine et Loire
Mayenne
Sarthe
Vendée
Ps-Loire
France
3) Motifs retenus par les commissions de médiation
Source InfoDALo : requête prédéfinie TP5 bis sur l'analyse des motifs retenus pour les recours
« logement » : extraction faite le 19/02/2016.
NB : l?infocentre ne permet pas une analyse fiable des motifs retenus pour les recours hébergement. Le
graphique ci-dessous représente uniquement les recours logement reconnus prioritaires y compris ceux
ayant fait l?objet d?une réorientation vers un hébergement. Par souci d?une meilleure lecture, il a été
représenté l?évolution des motifs retenus au cours des 5 dernières années, avec un regroupement en 6
grandes catégories de motifs.
* PH : personne handicapée
Rappel :
Par arrêté du 18 avril 2014, publié au JO du 15 mai 2014, les formulaires et les notices des recours DALO
ont été actualisés et sont entrés en vigueur le 1er juillet 2014.
Le champ relatif aux motifs a été clarifié concernant plus particulièrement la notion de délai anormalement
long. Auparavant, les ménages indiquaient simplement si une demande de logement social avait été
déposée et n?avait pas donné lieu à une proposition de logement adapté. L?Infocentre DALO retranscrivait
alors que le recours était fondé sur le délai anormalement long sans vérification préalable.
Désormais, les ménages doivent se reporter aux délais anormalement longs, fixés dans chaque
département, avant de cocher la case spécifique à ce motif (rubrique 9-8 du formulaire).
Il s?ensuit que le critère « délai anormalement long » doit être analysé avec prudence pour les données
antérieures au 1er juillet 2014.
Pour mémoire, les délais anormalement longs sont les suivants dans la région :
? Loire-Atlantique : 30 mois sur Nantes Métropole, 24 mois sur CAP Atlantique, CC de Pornic, Sud
Estuaire et Coeur du Pays de Retz. Il est de 18 mois sur le reste du département ;
? Maine-et-Loire : 24 mois sur Angers Loire Métropole et 18 mois sur le reste du département ;
? Mayenne : 16 mois sur l?ensemble du département ;
? Sarthe : 12 mois sur l?ensemble du département ;
? Vendée : 24 mois sur les communes du littoral et du rétro-littoral et 15 mois sur le reste du
département.
20/28
Dépourvu de logt / hébergé chez un tiers
Menacé d'expulsion
Hébergé dans une structure ou logt de transition
Logé dans locaux impropres à l'habitation, insalubres ou dangereux
Logt non décent / suroccupé + PH ou mineur
Délai anormalement long
0,0% 20,0% 40,0% 60,0%
Evolution des motifs retenus par les commissions de médiation en Pays de la Loire sur 5 ans
2011
2012
2013
2014
2015
En 2015, pour plus de 54 % des recours logement prioritaires, les commissions de médiation ont
retenu le motif de l?absence de logement propre ou la situation d?hébergement chez un tiers ,
apparenté ou non. Comparé à l?année précédente, c?est 5 pts de plus. La proportion dépasse les 2/3 en
Loire-Atlantique. En Maine-et-Loire, Mayenne et Vendée, il s?agit également du premier motif retenu par
la commission mais dans le ratio est plus faible (respectivement 28,6 %, 25 % et 36,5%).
La sous catégorie « personnes sans logement et sans hébergement » atteint son plus haut niveau en
2015. Elle concerne 27 % des recours (contre à peine 22 % en 2014) et tend à révéler la paupérisation et
l?isolement grandissant des publics DALO. En Loire-Atlantique, cette proportion représente 1/3 des
recours.
Un autre signe de la précarité des requérants que l?analyse met en exergue, est la forte progression des
ménages menacés d?expulsion (1/5 des recours prioritaires). En Maine-et-Loire, Mayenne et Vendée,
ce motif est constaté dans 25 % des recours prioritaires (contre 14 % en Loire-Atlantique). En Sarthe, il
s?agit du motif le plus fréquemment retenu par la commission (38,8% des recours prioritaires).
Le caractère impropre du logement, son insalubrité et sa non décence sont rarement retenus par les
commissions. Cela peut s?expliquer par la mobilisation en priorité des dispositifs locaux de droit commun
de lutte contre l?habitat indigne lorsque des recours invoquent l?état du logement. Une lecture des
résultats par département révèle toutefois des situations plus courantes en Sarthe et en Vendée
(respectivement 6 et 8 % des recours prioritaires).
Il est à noter que la loi n°2015-1776 du 28 décembre 2015 sur l?adaptation de la société au vieillissement
modifie l?article L 441-2 du code de la construction et de l?habitation de manière à favoriser l?attribution
des logements adaptés existant aux personnes en perte d?autonomie (liée à un handicap ou à l?âge) :
« Par dérogation au troisième alinéa du présent article et pour les seuls logements ne faisant pas l'objet
d'une réservation par le représentant de l'Etat dans le département en application du quatorzième alinéa
de l'article L. 441-1, la commission d'attribution peut attribuer en priorité tout ou partie des logements
construits ou aménagés spécifiquement pour cet usage à des personnes en perte d'autonomie liée à
l'âge ou au handicap, dans le cadre de programmes bénéficiant d'une autorisation spécifique délivrée par
le représentant de l'Etat dans le département. Les modalités d'octroi de cette autorisation spécifique sont
définies par décret. »
21/28
4) Profils des requérants de la région :
quelques caractéristiques
4-1) Nationalité
Source InfoDALo : requête prédéfinie TP4 ? extraction faite le 19/02/2016.
NB : selon les requêtes, les données portent soit sur le public ayant déposé un recours « logement » soit
sur le public ayant déposé un recours « logement » et/ou « hébergement ».
En Pays de la Loire, 71 % des requérants en 2015 étaient de nationalité française (+ 12 pts par rapport à
la moyenne nationale). Leur part progresse de 3 pts en 1 an. Trois départements comptent une proportion
supérieure de requérants français : le Maine-et-Loire (73%), la Sarthe (82%) et la Vendée (83,7%). En
Loire-Atlantique et en Mayenne, elle équivaut à 65 % des recours.
Les étrangers hors Union Européenne sont, eux aussi, relativement plus nombreux en 2015 qu?en 2014.
Ils sont à l?origine de 1/4 des recours dans la région (36 % des recours à l?échelle nationale). La part des
étrangers de l?Union reste, quant à elle, marginale (3,8% dans la région contre 5,2 % France entière).
22/28
La répartition des ménages reconnus
prioritaires par nationalité est voisine de
celle des recours reçus par nationalité.
Ceci tend à démontrer l?absence de
discrimination dans l?examen des dossiers.
PUL: recours logement reconnus
prioritaires en vue d?un logement.
Recours prioritaires: total des PUL et des
réorientations.
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
0 500 1000 1500 2000 2500
74%
77%
64%
78%
80%
76%
68%
71%
22%
18%
15%
18%
18%
21%
22%
25%
Nationalité des requérants (uniquement recours "logement")
recours logement reçus PUL réorientations recours prioritaires
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
71%
68%
72%
69%
25%
28%
27%
Nationalité des requérants en 2015
4-2) Composition familiale
Source InfoDALo : requête prédéfinie TP4 ? extraction faite le 19/02/2016.
La répartition des ménages au regard de leur composition familiale a peu évolué entre 2014 et 2015 avec
toujours une prépondérance des personnes isolées et des familles monoparentales.
Cette relative stabilité n?en révèle pas moins une surreprésentation de ces deux catégories de ménages
par rapport à leur poids dans la population régionale. Elle est particulièrement notable pour les familles
monoparentales qui représentent 6,7 % de la population régionale et concentrent 40 % des recours.
S?agissant des personnes isolées, si elles sont aussi proportionnellement plus présentes parmi les
requérants (35 % de la population régionale et 42 % des recours), elles sont cependant la première
catégorie de ménages résidant dans la région. A l?inverse, les couples avec (28,2 % des ménages et
12 % des recours) ou sans enfant (30,2 % des ménages et 6 % des recours) sont sous représentés.
Ce portrait des requérants DALO se démarque de celui observé sur le reste de la France. Les familles
monoparentales et les personnes isolées sont certes également majoritaires mais dans une moindre
proportion (respectivement 38,5 % et 32,9%). Les couples avec enfant sont en revanche à l?origine de
plus d?un recours sur 5 soit 8 pts de plus que dans la région.
Quelques spécificités départementales :
- en Loire-Atlantique, les personnes isolées sont à l?origine de plus de 44 % des recours (soit 2 pts de
plus que la moyenne régionale) ;
- en Sarthe et en Vendée, ce sont les familles monoparentales qui sont la catégorie de ménages la
plus présente parmi les requérants DALO (respectivement 43,7 % et 42,6%) ;
- en Maine-et-Loire, en Mayenne et en Vendée, si les personnes isolées et les familles
monoparentales sont majoritaires, les couples avec enfant sont relativement plus représentés que la
moyenne régionale (19% en Maine-et-Loire, 16,7 % en Mayenne et 14,8 % en Vendée).
23/28
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
0 500 1000 1500 2000 2500
37%
37%
50%
40%
40%
39%
43%
42%
37%
40%
30%
37%
38%
41%
40%
40%
19%
16%
14%
16%
16%
13%
11%
12%
composition familiale (recours logement et hébergement)
Autre
Couple avec enfant(s)
Couple sans enfant
Famille mono-parentale
Personne seule
L?analyse comparée des profils des
requérants et de ceux reconnus prioritaires
met en évidence le fait que 2/3 des
réorientations vers l?hébergement concernent
des personnes isolées.
recours logement reçus PUL réorientations recours prioritaires
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
2000
42%
46%
64%
49%
40%
39%
36%
Composition familiale des recours 2015
4-3) Age
Source InfoDALo : requête prédéfinie TP4 ? extraction faite le 19/02/2016.
Depuis 2008, il était observé en Pays de la Loire un rajeunissement progressif des requérants saisissant
les commissions de médiation. 2015 marque une rupture avec cette tendance. Les moins de 40 ans
représentent moins d?un recours sur 2, contre 55 % en 2014, avec un repli sur les deux classes d?âge (18
? 24 ans et 25 ? 40 ans). Si la part des plus jeunes d?entre eux est identique à la moyenne nationale
(6%), elle est en revanche inférieure pour les 25-40 ans (43 % en Pays de la Loire contre 46 % en
France).
Par corrélation, les recours des ménages plus âgés sont proportionnellement en hausse par rapport à
2014, quelle que soit la classe d?âge considérée. Ils ont plus fortement augmenté chez les 41-55 ans
(+ 5 % en un an) et atteignent un niveau de 4 pts supérieur à la moyenne nationale (34 % des recours
nationaux déposés par les 41-55 ans).
A titre indicatif, le dernier recensement comptabilisait 5,8 % de 18-24 ans dans la population de la région,
18,5 % de 25-40 ans, 20,1 % de 41-55 ans, 12,6 % de 56-64 ans et 17,4 % de 65 ans et plus.
Quelques spécificités départementales :
- la Loire-Atlantique est le seul département où les 25-40 ans sont les plus représentés parmi les
requérants DALO (48 % des recours contre 43 % sur la région) ;
- dans les quatre autres départements, ce sont les 41-50 ans qui sont à l?origine de la majorité des
recours (41,9 % en Sarthe, 43,2 % en Vendée et 49 % en Maine-et-Loire. La proportion atteint 58 %
en Mayenne étant rappelé que 12 recours ont été enregistrés sur l?année) ;
- en Sarthe et en Vendée, les plus de 56 ans sont relativement plus présents que sur le reste de la
région (respectivement 19 % et 14,9% - la moyenne régionale est de 13 %).
24/28
2008
2009
2010
2011
2012
2013
2014
2015
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
1%
2%
4%
5%
7%
9%
8%
6%
39%
44%
46%
47%
45%
45%
47%
43%
38%
36%
35%
34%
34%
35%
33%
38%
14%
12%
10%
9%
10%
9%
8%
9%
5%
5%
4%
4%
3%
2%
3%
4%
Répartition par âge des requérants (recours logement et hébergement)
Non Renseigné
65 ans ou Plus
56 à 64 ans
41 à 55 ans
25 à 40 ans
18 à 24 ans
0 à 17 ans
recours logement reçus PUL réorientations recours prioritaires
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
2000
6% 6% 7%
43%
41% 41%
38%
39%
42%
39%
9%
10%
9%
Répartition des requérants par tranche d'âge en 2015
Les réorientations visent
proportionnellement plus de
jeunes de 18 à 24 ans (10%) et
de publics âgés de 41 à 55 ans
(42%) que l?ensemble des
recours reconnus prioritaires
(respectivement, 7% et 39%
sur ces deux classes d?âge).
4-3) Ressources déclarées
Source InfoDALo : requête prédéfinie TP4 ? extraction faite le 19/02/2016.
NB : les informations relatives aux ressources sur les années 2008 et 2009 ne sont pas ici représentées
faute d?être complètes.
Pour la majorité des ménages, les ressources déclarées équivalent à 0,5 voire 1 SMIC net annuel. Leur
part est en augmentation de 3 pts par rapport à 2014. Croisée avec la progression des ménages
disposant de moins de 0,5 fois le SMIC, elle confirme la paupérisation des publics saisissant les
commissions de médiation. 2/3 d?entre eux vivent avec moins d?un SMIC net annuel. Dans le reste de la
France, la précarisation des publics est tout aussi importante mais moins marquée : ils sont 52,7 % à
déclarer moins d?un SMIC net annuel et 47 % à déclarer plus d?un SMIC (3,7 % non renseignés).
Quelques spécificités départementales :
- la Loire-Atlantique est le seul département où les requérants sont proportionnellement plus
nombreux que la moyenne régionale à déclarer des ressources inférieures au SMIC (71,7 % contre
67 % sur la région) ;
- en Mayenne et en Sarthe, la proportion de ménages déclarant de 1 à 1,5 fois le SMIC en ressources
est supérieure à la moyenne régionale et nationale. Ces deux départements comptabilisent
respectivement 30,2 % et 33 % des requérants avec ce niveau de ressources.
25/28
2010
2011
2012
2013
2014
2015
0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%
17%
18%
23%
25%
23%
25%
33%
39%
42%
41%
39%
42%
16%
19%
19%
18%
19%
21%
8%
11%
10%
10%
9%
9%
26%
13%
6%
5%
9%
2%
Ressources déclarées par les requérants (recours logement)
Non Renseigné
> 1,5 SMIC net annuel
1 à 1,5 SMIC net annuel
0,5 à 1 SMIC net annuel
1 euro à 0,5 SMIC net annuel
0
recours logement reçus PUL réorientations recours prioritaires
0
200
400
600
800
1000
1200
1400
1600
1800
25%
26% 41%
29%
42%
43%
41%
43%
21%
20%
18%
9%
10%
9%
Répartition des recours par ressources déclarées en 2015
Les publics réorientés se caractérisent
par la très grande faiblesse de leurs
ressources. Plus de 80% déclarent
moins d?un SMIC net annuel.
5) Mise en oeuvre des mesures issues de la loi pour l?accès
au logement et un urbanisme rénové
La loi ALUR du 24 mars 2014 comprend plusieurs dispositions destinées à améliorer la mise en oeuvre
du droit au logement opposable (articles 41 à 45 de la loi). Il en est fait ici une première analyse de la
mise en oeuvre.
Par parallélisme avec les réorientations des recours logement, la loi introduit tout d?abord la possibilité
pour les commissions de requalifier un recours hébergement « en prioritaire et urgent logement »
(alinéa 2 du IV de l?article L 441-2-3 du code de la construction et de l?habitation).
Selon les données extraites de l?infocentre DALO (système d?information interconnecté avec l?outil de
gestion, COMDALO, renseigné par les secrétariats), aucune décision de ce type n?aurait été prise en
2015 en Pays de la Loire. Or, après échanges avec les secrétariats, une réorientation vers le logement a
été prononcée par la commission de médiation de la Loire-Atlantique (cf. p8).
Au niveau national, le dernier rapport publié par le comité national de suivi mentionne que de telles
décisions ont été prononcées à de rares occasions. Les documents fournis pour un recours
« hébergement » sont généralement moins nombreux et ne permettent pas à la commission d?apprécier
l?aptitude du ménage à occuper un logement (« bilan chiffré 2008-2014 sur la mise en oeuvre du DALO »
remis à la ministre du logement le 12/01/2016).
Une autre disposition de la loi vise à permettre aux commissions de préconiser une sous-location avec
bail glissant pour les requérants reconnus prioritaires (article L 441-2-3 du CCH et article L 442-8-3 du
CCH). En l?absence d?indicateur spécifique dans l?infocentre, il ne peut en être fait ici une évaluation
précise de son utilisation dans les départements.
La possibilité pour la commission de médiation de prononcer une décision favorable en vue d?un
hébergement et ce, même en l?absence de régularité de séjour, n?est pas non plus identifiable au
niveau régional. Comme pour les sous locations avec bail glissant, l?application de cette disposition
pourra faire l?objet d?un échange avec les secrétariats et les présidents de commission de médiation à
l?occasion de la prochaine rencontre annuelle.
La loi donne également un socle législatif à une mesure inscrite dans une circulaire du 23 octobre 2009
et destinée à mobiliser le contingent d?Action Logement (collecteurs de la participation des
employeurs à l?effort de construction). Ainsi, un quart des attributions de logements réservés au profit
d?Action Logement « est réservé aux salariés et demandeurs d?emploi désignés comme prioritaires et
auxquels un logement doit être attribué en urgence » (article L313-26-2 du CCH et L313-35 du CCH pour
les logements de l?Association Foncière Logement). L?accord entre l?État et Action Logement peut prévoir
de couvrir également les ménages sortant de structures d?hébergement ou de logements en
intermédiation locative.
Comme mentionné dans le bilan 2014, une instruction du gouvernement du 6 février 2015 relative au
plan d?action DALO pour 2015 a enjoint les services de l?Etat à conclure des accords dans les
départements où plus de 50 décisions favorables ont été prononcées en vue d?un logement. Trois
départements étaient concernés en Pays de la Loire : la Loire-Atlantique, la Sarthe et la Vendée. La
Loire-Atlantique est le seul dans lequel un accord avait été signé en application de la circulaire de 2009.
Aucun n?a été pris depuis dans les deux autres départements visés.
Au vu des chiffres 2015, Loire-Atlantique, Sarthe et Vendée restent concernés par cette obligation.
Dans le détail, 88 requérants ayant un statut de salariés, ont été reconnus prioritaires en 2015 par les
commissions de la région. 80 % l?ont été en Loire-Atlantique. Dans ce département, le nombre de
ménages potentiellement éligibles à un relogement sur le contingent d?Action Logement, a doublé en un
an. Les demandeurs d?emploi qui pourraient également bénéficier de ce dispositif ne peuvent être
précisément recensés faute de coïncidence dans les catégories de situation professionnelle listée dans
l?infocentre DALO. A titre indicatif, s?il est tenu compte des chômeurs, indemnisés ou non, près de 180
requérants relèveraient d?un relogement sur le contingent d?Action Logement.
26/28
(source : données extraites de l?infocentre DALO).
En 2015, 3 relogements sur les 330 réalisés ont été imputés sur les droits de réservation des collecteurs
à la participation des employeurs à l?effort de construction. Plus de 90 % des attributions ont été
effectuées sur les contingents préfectoraux ce qui confirme le constat dressé par le comité national de
suivi du DALO dans son dernier rapport.
« bilan chiffré 2008-2014 sur la mise en oeuvre du DALO »
Le 12 janvier 2016, Marie-Arlette CARLOTTI, présidente du Haut Comité pour le logement des personnes
défavorisées et présidente du Comité national de suivi DALO, a remis le 10ème rapport annuel sur la mise en
oeuvre du DALO à la ministre du logement.
Si, depuis 2008, plus de 82 000 ménages ont accédé à un logement (dont 17 365 sur la seule année 2014), le
rapport dénonce encore de nombreux écueils dans l?application effective du DALO :
- baisse du nombre de ménages reconnus prioritaires. Ce repli n?est pas lié à une amélioration de la
situation des ménages mais à la pratique de certaines commissions consistant à reconnaître prioritaires les
ménages au regard de l?offre de relogement disponible. Le taux de décisions favorables est comparativement plus
faible dans les secteurs où la tension locative est la plus forte. Ces territoires se trouvent être par ailleurs ceux où en
moyenne plus de 1 000 recours sont déposés chaque année ;
- par corrélation, les réorientations vers l?hébergement sont en augmentation depuis 2008 et plus
fréquemment prononcées dans les départements comptant plus de 1 000 recours par an ;
- 25 000 condamnations de l?État pour défaut de relogement dans les délais ;
- manque de logements locatifs abordables et mobilisation insuffisante des contingents (de l?État mais
surtout du contingent d?Action Logement). Le contingent préfectoral est le principal fournisseur de logements à
destination des publics prioritaires (58%). Action Logement n?est intervenu que pour 9 % des cas.
La grande hétérogénéité des pratiques constatée engendre une inégalité de traitement des usagers.
Pour y remédier, le rapport recommande une intervention prioritaire de la puissance publique (et notamment
l?application de la circulaire du 6 février 2015 relative au plan d?actions DALO) sur les 15 départements où plus de
400 ménages sont en attente de relogement (par ordre décroissant : Paris, Seine-Saint Denis, Val de Marne,
Bouches-du-Rhône, Seine-et-Marne, Var, Hauts-de-Seine, Essonne, Val d?Oise, Yvelines, Alpes-Maritimes, Guyane,
Réunion, Haute-Garonne et Rhône).
Dès sa réception, la ministre du Logement a confié une mission spécifique à Mme CARLOTTI pour identifier, sur ces
territoires, les leviers contribuant à la mise en oeuvre effective du DALO.
Il convient de souligner que la Loire-Atlantique est citée à tort en introduction du rapport parmi les départements
visés. Elle n?en fait pas moins partie des 17 départements comptabilisant plus de 1 000 recours annuels et
concentrant 85 % des nouveaux recours en 2014. Pour mémoire, en 2014, 100 ménages restaient à reloger en
Loire-Atlantique.
27/28
Ménages PU salariés 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015
Loire Atlantique 70 58 58 59 50 35 70
Maine et Loire 3 4 4 7 1 3 3
Mayenne 7 2 3 3 1 3 1 2
Sarthe 9 6 6 9 2 2 5
Vendée 8 20 20 12 11 9 8
Pays de la Loire 7 92 91 91 88 67 50 88
Salarié Total
Loire Atlantique 61 3 70 134
Maine et Loire 4 1 3 8
Mayenne 0 0 2 2
Sarthe 1 0 5 6
Vendée 21 1 8 30
Pays de la Loire 87 5 88 180
Chômeur
Indem nisé
Chômeur
non
indemnisé
Directeur de publication:
Annick BONNEVILLE
ISSN: 2109-0025