Attractivité et parcours résidentiels au sein des grandes aires urbaines
CHESNEL (Hélène) : dir. ;CLAUSSE, Adeline
Auteur moral
Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Nantes)
;Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Cette étude vise à analyser les migrations au sein des 7 principales aires urbaines de la région mais également les flux entrants et sortants. Connaître les migrations internes permet de répondre à un enjeu fort en matière de lutte contre l'étalement urbain : que faut-il produire pour garder les ménages à proximité des fonctions urbaines ? Connaître les flux entrants et sortants est un élément d'appréciation de l'attractivité des territoires et de la tension sur l'offre nouvelle à produire.<br /><br />Entre 2012 et 2013, 44 600 ménages sont arrivés dans une des sept principales aires urbaines des Pays de la Loire. Ils sont plus jeunes que la population résidente et ce sont plus souvent des personnes seules. Dotées d'offres de formations supérieures, les aires urbaines de Nantes et Angers captent particulièrement les moins de 25 ans, qui sont également les ménages les plus mobiles. Laval et La Roche-sur-Yon, au regard de leur taille, sont relativement attractives, contrairement aux aires urbaines du Mans et de Cholet. En lien avec l'attrait du littoral, les ménages qui s'installent dans l'aire urbaine de Saint-Nazaire sont plus âgés qu'ailleurs.<br /><br />Sur la même période, 87 000 ménages changent de logement à l'intérieur de ces sept grandes aires urbaines. Ce sont plus souvent des familles et ils sont moins jeunes que les nouveaux arrivants dans l'aire urbaine. S'ils déménagent souvent à proximité de leur précédent logement, certains s'éloignent cependant de la ville-centre pour accéder à un logement plus grand ou devenir propriétaires.</div>
Editeur
INSEE Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
mobilité sociale
;mobilité
;population
;agglomération
;habitat urbain
Descripteur écoplanete
mobilité géographique
;population humaine
;population urbaine
;recueil de données
;analyse statistique
;milieu urbain
Thème
Economie
;Ville - Urbanisme
;Habitat - Logement
Texte intégral
Juin 2017
No 47
Attractivité et parcours résidentiels au sein
des grandes aires urbaines
Entre 2012 et 2013, 44 600 ménages sont arrivés dans une des sept principales aires urbaines des Pays
de la Loire. Ils sont plus jeunes que la population résidente et ce sont plus souvent des personnes seules.
Dotées d?offres de formations supérieures, les aires urbaines de Nantes et Angers captent particulièrement
les moins de 25 ans, qui sont également les ménages les plus mobiles. Laval et La Roche-sur-Yon, au regard
de leur taille, sont relativement attractives, contrairement aux aires urbaines du Mans et de Cholet. En lien avec
l?attrait du littoral, les ménages qui s?installent dans l?aire urbaine de Saint-Nazaire sont plus âgés qu?ailleurs. Sur
la même période, 87 000 ménages changent de logement à l?intérieur de ces sept grandes aires urbaines. Ce sont
plus souvent des familles et ils sont moins jeunes que les nouveaux arrivants dans l?aire urbaine. S?ils déménagent
souvent à proximité de leur précédent logement, certains s?éloignent cependant de la ville-centre pour accéder à
un logement plus grand ou devenir propriétaires.
Hélène Chesnel, Adeline Clausse, Insee
En 2013, parmi les ménages résidant dans
les sept principales aires urbaines de la
région (définitions et méthodes), 5 % n?y
habitaient pas l?année précédente, soit
44 600 ménages. Compte tenu des départs,
ces territoires gagnent 7 600 ménages
entre 2012 et 2013. Étudier ces migrations
complète l?analyse des besoins en loge-
ments. Par ailleurs, 87 000 ménages ont
déménagé durant l?année 2012 à l?intérieur
des aires urbaines. Mieux comprendre ces
mobilités de plus courte distance permet
d?apprécier l?adéquation entre l?offre de
logements et les besoins spécifiques de
ces ménages au profil différent de ceux qui
arrivent dans l?aire urbaine. Dans les deux
cas, la construction de logements neufs,
les réhabilitations et les transformations
du parc existant sont autant de réponses à
ces besoins.
Les ménages entrant dans les aires
urbaines sont plus jeunes
que les résidents
En 2013, les moins de 39 ans représentent
78 % des ménages qui arrivent dans les
sept plus grandes aires urbaines des Pays
de la Loire, alors qu?ils représentent seule-
ment 32 % de la population résidente. Les
personnes de référence de ces ménages
sont le plus souvent étudiantes ou actives.
La mobilité décroît fortement avec l?âge :
une fois les premiers déménagements
réalisés, le ménage occupe le plus souvent
un logement suffisamment adapté à ses
besoins résidentiels compte tenu de ses
ressources.
Les personnes seules sont surreprésentées
au sein des ménages qui se sont installés
Une attractivité plus forte dans les aires urbaines de Nantes et Angers
Nombre de ménages entrants, sortants et solde migratoire pour chacune des sept principales
aires urbaines des Pays de la Loire entre 2012 et 2013
Le Mans
Saint-Nazaire
Laval
La Roche-sur-Yon
Cholet
? 20 000 ? 15 000 ? 10 000 ? 5 000 0 5 000 10 000 15 000 20 000
Angers
Nantes
Ménages entrants Ménages sortants Solde migratoire
151240
97760
52670
51640
44760
179180
399030
Nombre de ménages
résidant dans l?aire urbaineAires urbaines
Lecture : 9 200 ménages ont emménagé dans l?aire urbaine d?Angers entre 2012 et 2013, et 7 500 en sont sortis, donnant
un solde migratoire positif de 1 700 ménages.
Source : Insee, Recensement de la population (RP) 2013.
1
n Insee Analyses Pays de la Loire no 47 - Juin 2017
dans les grandes aires urbaines (56 % des
entrants pour 36 % des résidents). Parmi les
ménages entrants dont la personne de réfé-
rence est active (en emploi ou au chômage),
les cadres et professions intellectuelles
supérieures sont légèrement plus présents,
à l?inverse des ouvriers.
La très grande majorité des nouveaux
arrivants s?installent dans la ville-centre
(29 750 ménages), exception faite de
Saint-Nazaire dont la banlieue, territoire
littoral touristique, est également attractive.
Les villes-centres ont un solde migratoire
très positif, particulièrement celles de Nantes
(+ 4 600 ménages) et Angers (+ 1 600).
Nantes et Angers attractives
Les aires urbaines de Nantes et Angers attirent
respectivement 18 840 et 9 170 ménages
entre 2012 et 2013 (figure 1). Les ménages
arrivent en majorité d?une autre région que
les Pays de la Loire : les deux tiers sont dans
ce cas pour Nantes (notamment de Bretagne
et d?Île-de-France) et la moitié pour Angers
(figure 2). Ces deux aires urbaines sont par-
ticulièrement attractives auprès des ménages
de moins de 25 ans, notamment en raison de
leur offre de formations supérieures impor-
tante et diversifiée.
L?aire urbaine de Nantes gagne 4 700 ménages
au jeu des migrations. Il y a plus d?arrivées
que de départs pour les ménages étudiants
(+ 2 000). C?est également le cas pour les
actifs (+ 2 800), en lien avec un marché du
travail très dynamique. Le solde migratoire
est positif pour toutes les catégories socio-
professionnelles, particulièrement élevé pour
les professions intermédiaires et dans une
moindre mesure pour les cadres et professions
intellectuelles supérieures.
L?aire urbaine d?Angers est la plus attrac-
tive de la région pour les jeunes de moins
de 25 ans. Angers est l?agglomération où
les étudiants sont les plus présents au sein
de la population, avec 6 % des ménages
dont la personne de référence est dans ce
cas (entre 1 et 4 % pour les six autres aires
urbaines). Parmi les 1 700 ménages supplé-
mentaires arrivés entre 2012 et 2013 par le
jeu des migrations, 1 500 sont étudiants. En
revanche, le nombre d?actifs et de retraités
nouvellement installés est à peine supérieur
au nombre de départs pour ces populations.
Le Mans et Cholet,
une moindre attractivité
L?agglomération mancelle attire moins :
seulement 3 % des ménages habitant cette
aire urbaine n?y résidaient pas l?année pré-
cédente, pour une moyenne de 5 % pour les
sept grandes aires urbaines de la région. Les
départs de l?agglomération sont aussi relative-
ment peu importants. Les sorties compensant
les entrées, le solde migratoire est nul.
Les ménages entrant dans l?aire urbaine
du Mans viennent majoritairement d?une
autre région, l?Île-de-France en premier lieu.
Parmi les nouveaux arrivants, la part des
chômeurs est plus élevée (15 %) que pour
l?ensemble des sept aires urbaines (12 %),
sans qu?il soit possible de déterminer si le
déménagement est motivé par la recherche
d?emploi ou bien s?il en est une conséquence.
Ces ménages qui recherchent un emploi
viennent des Pays de la Loire (35 % dont les
deux tiers du département de la Sarthe) mais
également d?Île-de-France (22 %). Les étu-
diants sont en revanche moins présents parmi
les arrivants dans l?aire urbaine du Mans
(18 %) que dans celles de Nantes (27 %) et
Angers (35 %). Le nombre des ménages étu-
diants sortants de l?agglomération mancelle
est légèrement supérieur à celui des entrants,
en lien avec une offre de formation supérieure
moins développée qu?à Angers et Nantes.
Cholet est la plus petite des aires urbaines en
termes de population. Les ménages qui s?y
installent viennent majoritairement des Pays
de la Loire. Parmi les ménages résidant dans
l?agglomération, 5 % n?y vivaient pas l?an-
née précédente, ce qui est dans la moyenne
des aires urbaines de la région. Cholet gagne
une petite centaine de ménages, principale-
ment des actifs, ce qui est faible rapporté à
la population résidente.
Saint-Nazaire attire deux fois plus
de ménages de plus de 40 ans
Les nouveaux arrivants dans l?agglomération
nazairienne sont plus âgés que ceux qui
s?installent dans les six autres aires urbaines :
42 % des ménages ont plus de 40 ans, soit
deux fois plus qu?en moyenne dans les sept
aires urbaines.
L?aire urbaine de Saint-Nazaire est attractive
notamment pour les couples, avec ou sans
enfants (43 % pour 33 % en moyenne). Elle
attire les ménages qui habitaient déjà en
Loire-Atlantique et ceux provenant de Bre-
tagne ou d?Île-de-France. A contrario, peu
de ménages viennent d?un autre département
des Pays de la Loire.
Les actifs sont plus nombreux à entrer qu?à
sortir de cette aire urbaine (+ 350). Il en est de
même pour les retraités (+ 370), compte tenu
de l?attrait résidentiel du littoral. La tendance
est inverse pour les étudiants (? 310). Au total,
le solde migratoire est positif (+ 450 ménages).
Laval et La Roche-sur-Yon, des flux
migratoires relativement importants
Parmi les habitants des aires urbaines de
Laval et La Roche-sur-Yon, entre 5 % et 6 %
n?y vivaient pas l?année précédente, ce qui
témoigne de leur attractivité. Les arrivants
dans l?aire urbaine de Laval viennent pour
moitié d?une autre région que celle des Pays
de la Loire dont un tiers de Bretagne. À l?in-
verse, les arrivants dans l?aire urbaine de La
Roche-sur-Yon viennent essentiellement de
la région : les deux tiers sont dans ce cas et
44 % habitaient déjà en Vendée.
Laval attire les ménages de moins de 39 ans,
étudiants ou actifs (300 ménages supplémen-
taires en un an). La situation plutôt favorable
du marché du travail dans la zone d?emploi
de Laval explique en partie l?attractivité
de cette agglomération pour les actifs. La
Roche-sur-Yon attire des ménages sur une
plus large tranche d?âge, entre 25 et 59 ans.
L?agglomération accueille 260 ménages
supplémentaires de cette tranche d?âge qui
sont principalement des actifs.
Ces deux aires urbaines gagnent chacune
350 ménages.
En un an, 9 % des habitants
déménagent au sein de leur aire urbaine
À l?intérieur des sept principales aires
urbaines de la région, 87 000 ménages ont
Des échanges migratoires avec des territoires différents selon les aires urbaines
Répartition des ménages arrivants selon leur territoire de résidence antérieure (en %)
Le Mans
Saint-Nazaire
Laval
La Roche-sur-Yon
Cholet
0 100
Même département
hors aire urbaine
Bretagne
80604020
Autre département
des Pays de la Loire
Île-de-France Autres régions
Angers
Nantes
Ensemble des sept
aires urbaines
Source : Insee, RP 2013.
2
n Insee Analyses Pays de la Loire no 47 - Juin 2017
déménagé durant l?année 2012, soit 9 % de
la population résidente de ces aires urbaines.
Les déménagements sont plus nombreux
en ville-centre car la population y est plus
dense mais aussi plus jeune et donc plus
mobile ; 12 % des ménages habitant dans
les villes-centres ont changé de logement
tout en restant dans l?aire urbaine (figure 3),
alors que cette part est de 8 % en banlieue et
7 % en couronne.
Les mobilités sont plus importantes dans les
agglomérations de Nantes et Angers et plus
spécifiquement dans leur ville-centre.
À l?intérieur des aires urbaines,
des déménagements majoritairement
de proximité
Les ménages qui changent de logement dans
l?aire urbaine restent le plus souvent dans
leur commune (60 %). Les déménagements
d?un territoire de l?aire urbaine à un autre
(ville-centre, banlieue et couronne) sont
moins nombreux et se compensent, sauf pour
l?aire urbaine de Nantes. La ville de Nantes
perd en effet 400 ménages au bénéfice de
la banlieue qui elle-même en perd 650 au
profit de la couronne. Cet éloignement des
ménages en couronne est principalement lié
aux prix des logements et du foncier moins
élevés en périphérie.
Les ménages qui changent de logement à
l?intérieur des aires urbaines sont plus âgés
que ceux qui arrivent de l?extérieur de ces
aires urbaines : 40 % des ménages ont entre
25 et 39 ans, majoritairement des familles
avec ou sans enfants, et un tiers a moins de
25 ans (alors que ces derniers représentent
plus de la moitié des ménages arrivant en
aires urbaines).
Les ménages locataires et les plus
jeunes déménagent plus souvent
Au sein des ménages de 25 à 39 ans, une
fois pris en compte le lien avec les autres
caractéristiques du ménage et du logement,
la mobilité à l?intérieur des aires urbaines est
plus forte pour les moins de 30 ans et elle
diminue avec l?âge (définitions et méthodes).
Les propriétaires changent moins souvent
de logement que les locataires. Un achat
immobilier s?inscrit sur le long terme et est
davantage conditionné à une certaine sta-
bilité professionnelle et familiale en raison
des coûts de transaction élevés (prêts, frais
de notaire, etc.) et des démarches plus com-
plexes que pour une location.
Les déménagements sont également liés à
des évènements familiaux (mise en couple,
séparation, naissance, décès, départ ou retour
au foyer familial, etc.) ou professionnels
(changement d?emploi, retraite, chômage,
etc.). Ceux-ci ne sont pas observés directe-
ment dans cette étude mais les événements
familiaux peuvent être analysés au travers
de la composition familiale. Les couples
sans enfant et les familles monoparentales
déménagent plus souvent que les autres
ménages, y compris les personnes seules.
Certaines familles monoparentales changent
de logement suite à une séparation. Une
partie des couples sans enfant emménage
dans des logements assez grands, anticipant
probablement l?arrivée future d?enfants. Au
sein des couples, la mobilité décroît avec le
nombre d?enfants : lorsqu?ils ont des enfants,
ils habitent probablement déjà un logement
adapté à la composition familiale et sont
donc moins mobiles.
Les couples (avec ou sans enfants) les moins
aisés changent moins souvent de logement
que ceux déclarant des revenus plus élevés.
Ceci est particulièrement marqué lorsqu?ils
ont plusieurs enfants : déménager présente
un coût plus difficile à supporter pour les
ménages les plus pauvres. À l?inverse, les
personnes seules les moins favorisées démé-
nagent plus souvent que celles qui ont des
revenus plus importants.
Les couples avec ou sans enfants qui habi-
taient une maison l?année précédente ont
moins souvent déménagé que ceux qui
vivaient en appartement. C?est l?inverse pour
les personnes seules et les familles mono-
parentales. Les raisons sont variées : sépara-
tion de couple, départ du foyer parental, etc.
S?éloigner de la ville-centre pour avoir
un logement plus grand
Parmi les ménages de 25 à 39 ans qui
quittent la ville-centre pour la banlieue ou la
couronne, 60 % emménagent dans un loge-
ment comportant plus de chambres que le
logement précédent. Cette part atteint 70 %
dans l?aire urbaine de Nantes. Elle est plus
faible dans celle de Saint-Nazaire : parmi
les ménages qui vont de la ville-centre vers
sa banlieue, à peine la moitié ont un plus
grand logement.
Les ménages qui accèdent à un logement
plus grand en passant de la ville-centre à la
banlieue ou la couronne sont pour 80 % des
couples avec ou sans enfants. Les couples
avec enfants sont encore plus présents parmi
ceux qui déménagent de la banlieue à la cou-
ronne pour un logement plus grand.
À l?inverse, 60 % des ménages quittant la
banlieue ou la couronne pour s?installer en
ville-centre ont un logement plus petit. Ce
sont en majorité des personnes seules, dont
probablement une partie quitte le foyer
familial ou déménage suite à une séparation
de couple.
Mobilité plus importante dans les villes-centres
Part des ménages qui ont déménagé et résidaient dans la même aire urbaine un an auparavant,
selon leur territoire de résidence actuelle (en %)
Aire urbaine Ville-centre Banlieue Couronne Ensemble
Nantes 14 8 8 10
Angers 14 9 7 10
Le Mans 11 7 7 9
Saint-Nazaire 10 7 7 8
Laval 11 7 7 9
La Roche-sur-Yon 9 /// 7 8
Cholet 9 /// 6 7
Ensemble des sept aires urbaines 12 8 7 9
/// : absence de résultats car l?aire urbaine de La Roche-sur-Yon ne comprend pas de banlieue et celle-ci est quasi inexistante
dans l?aire urbaine de Cholet.
Source : Insee, RP 2013.
3
La majorité des accédants s?installent dans le territoire où ils habitaient auparavant
Répartition des ménages locataires de 25-39 ans qui accèdent à la propriété selon leur lieu
de résidence avant et après l?accession (en %)
Ville-centre
Banlieue
Couronne
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Lieu de résidence après l?accession
Ville-centre Banlieue Couronne
Lieu de résidence antérieur
Champ : ménages ayant déménagé au sein des sept principales aires urbaines des Pays de la Loire.
Source : Insee, Fichier démographique des logements et des individus (Fideli) 2013, 2014, 2015.
4
Les ménages accèdent à la propriété
dans leur territoire d?aire urbaine ou
s?éloignent de la ville-centre
La majorité des ménages de 25 à 39 ans qui
accèdent à la propriété restent dans le même
type de territoire : 57 % des locataires en
ville-centre qui deviennent propriétaires suite
à leur déménagement demeurent en ville-
centre. La part est similaire pour les ménages
de la banlieue accédant à la propriété en
banlieue. Enfin, 92 % des ménages qui sont
locataires dans la couronne et deviennent
propriétaires restent en couronne (figure 4).
Cependant, les ménages résidant en ville-
centre qui accèdent à la propriété s?installent
deux fois plus souvent en banlieue ou en
couronne que ceux qui déménagent en res-
tant locataires (43 % et 21 %).
L?accession à la propriété est plus fréquente
en couronne (40 %) et banlieue (34 %) qu?en
ville-centre (25 %).
Une accession à la propriété plus ou
moins fréquente selon les aires urbaines
Les ménages résidents de l?aire urbaine
d?Angers sont plus souvent locataires
que dans les autres aires urbaines (57 %
pour 53 % en moyenne dans les sept aires
urbaines). L?accession à la propriété est de
ce fait moins fréquente : parmi ceux qui
déménagent, 26 % des ménages locataires
de 25 à 39 ans deviennent propriétaires de
leur logement pour 30 % en moyenne dans
l?ensemble des sept grandes agglomérations
de la région. À l?inverse, l?accession à la
propriété est plus fréquente dans les aires
urbaines de La Roche-sur-Yon et Cholet :
35 % des ménages de 25 à 39 ans qui étaient
locataires et ont déménagé sont devenus
propriétaires. La part de propriétaires est
la plus élevée dans ces deux aires urbaines
(54 % pour 47 % en moyenne dans les sept
aires urbaines). Cela s?explique notamment
par des prix immobiliers plus faibles que dans
les grandes agglomérations de la région. n
Insee Pays de la Loire
105, rue des Français Libres
BP 67401 - 44274 NANTES Cedex 2
Directeur de la publication
Pascal Seguin
Rédactrice en chef
Myriam Boursier
Bureau de presse
02 40 41 75 89
ISSN 2275-9689
© INSEE Pays de la Loire
Juin 2017
D éfinitions et méthodes
Une aire urbaine ou « grande aire urbaine » est un ensemble de communes, d?un
seul tenant et sans enclave, constitué par un pôle urbain (unité urbaine) de plus
de 10 000 emplois, et par des communes rurales ou unités urbaines (couronne
périurbaine) dont au moins 40 % de la population résidente ayant un emploi travaille
dans le pôle ou dans des communes attirées par celui-ci.
Cette étude porte sur les sept principales aires urbaines de la région (carte).
Cholet et La Roche-sur-Yon ont la particularité de ne pas avoir de banlieue ou
quasiment pas.
De manière générale, un ménage, au sens statistique du terme, désigne l?ensemble
des occupants d?un même logement sans que ces personnes soient nécessai-
rement unies par des liens de parenté (en cas de cohabitation, par exemple).
Un ménage peut être composé d?une seule personne. Les caractéristiques d?un
ménage (âge, catégorie socioprofessionnelle, etc.) sont celles de la personne de
référence du ménage.
La source Fideli est le fichier démographique d?origine fiscale sur les logements
et individus. Disposant des caractéristiques du ménage et du logement avant et
après déménagement, il permet une analyse des parcours résidentiels. Le niveau de
revenu est estimé à partir des revenus déclarés par les ménages (salaires, retraites,
pensions alimentaires, allocations chômage, etc.). Dans cette étude, les analyses
portent sur l?ensemble des migrations qui ont eu lieu en 2012, 2013 et 2014.
Un modèle pour déterminer les facteurs de mobilité au sein des aires urbaines
Ces résultats sont estimés à partir d?un modèle logistique qui permet de mesurer
le lien spécifique entre chaque facteur et la probabilité de déménager, une fois
prises en compte les autres caractéristiques du ménage (âge, revenu, type de ménage) et du logement (type de logement, statut d?occupation). Ils
portent sur les ménages de 25 à 39 ans ayant déménagé au sein des sept grandes aires urbaines de la région. Un modèle général a été estimé,
puis a été décliné par sous-population (par type de ménage et revenu) pour déterminer si certains facteurs ont des impacts différenciés selon les
sous-populations.
Pour en savoir plus
? Delance P. et al., « Ça déménage ? La mobilité résidentielle et ses détermi-
nants », in Les conditions de logement en France, Insee Références - édition
2017, février 2017.
? Chaillot P. et al., Loire-Atlantique - Des motifs de déménagement différents selon
les territoires et les distances, Insee Analyses Pays de la Loire, n° 34, juin 2016.
Les sept principales aires urbaines des Pays de la Loire
© IGN - Insee 2017
Ville-centre
Banlieue
Couronne
Source : Insee, zonage en aires urbaines 2010.
Cette étude est issue d?un partenariat entre l?Insee et la Dreal des Pays de la Loire (Lucie Carbonnier, Annaïg Le Meur et Maël Theulière).
Parmi les familles monoparentales habitant dans les sept grandes aires urbaines, 47 % vivent dans les villes-
centres, soit 9 points de plus que pour l?ensemble des ménages. Par ailleurs, les deux tiers des familles mono-
parentales sont locataires dans les aires urbaines, soit deux fois plus qu?en moyenne pour l?ensemble des ménages.
Les familles monoparentales sont mobiles (15 % pour une moyenne de 9 % pour l?ensemble des ménages),
le déménagement pouvant faire suite à la séparation avec un conjoint. Parmi celles qui déménagent, 83 % sont
locataires après déménagement contre 67 % en moyenne parmi l?ensemble des ménages. Un quart des familles
monoparentales était propriétaire de son logement et devient locataire suite au déménagement. Elles quittent
moins souvent la ville-centre pour la banlieue ou la couronne que les autres ménages.
Parcours résidentiel spécifique des familles monoparentales