Contribution à la préservation d'odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne
PERRIN, Magali
Auteur moral
Mayenne nature environnement
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">La déclinaison régionale du Plan National d'Actions Odonates (2012-2015) identifie 15 espèces de libellules, considérées comme rares et menacées pour la région des Pays de la Loire. 9 espèces sont protégées au niveau national (AP 23 avril 2007) et 6 espèces ont été ajoutées pour leur intérêt régional.<br />La Leucorrhine à large queue et le Sympétrum noir sont 2 espèces très localisées, connues chacune sur une seule station pour le département de la Mayenne. Des recherches ciblées ont été réalisées dans le nord de la Mayenne en 2015, par le GRoupe d'ÉTude des Invertébrés Armoricains (GRETIA) et le CPIE Mayenne Bas-Maine, sans succès. La présence du Gomphe semblable est principalement attestée par l'analyse d'exuvies collectées sur 3 cours d'eau dans le cadre d'études internes à Mayenne Nature Environnement (MNE) ou réalisées en partenariat avec le GRETIA en 2012/2013. La Cordulie à corps fin est une espèce liée aux eaux calmes, courantes à légèrement stagnantes. Cette espèce, tout comme l'Agrion de Mercure, est protégée au niveau national, mais également inscrite à l'annexe II de la directive européenne Habitats-Faune-Flore (92/43/CEE). L'Agrion gracieux et le Leste dryade, sont 2 espèces rares à l'échelle départementale. Pour la première, 8 observations ont été recensées sur 8 communes de la Mayenne entre 1988 et 2014. Pour la seconde espèce, 10 observations ont été collectées entre 2010 et 2019, sur 2 communes du département.<br /><br />La vulnérabilité de ces espèces, qui devrait prochainement être retranscrite sous la forme d'une liste rouge régionale, ne peut être appréhendée qu'au travers d'un état des lieux précis de leur répartition et de leur abondance, à l'échelle de la région des Pays de la Loire. En 2017, une première étude, menée en collaboration avec la Ligue pour la Protection des Oiseaux de la Sarthe et les Chambres d'Agricultures de la Mayenne et de la Sarthe, sur le bassin versant de la Sarthe amont, a permis de suivre la répartition de l'Agrion de Mercure, de l'Agrion gracieux et du Leste dryade.<br />En 2018, une seconde étude similaire a été initiée sur le bassin versant de la Sarthe aval avec le soutien financier de l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, permettant d'évaluer 16 communes et de recenser de nombreuses informations tant sur les 3 espèces de libellules initialement ciblées, que sur l'évolution des pratiques de gestion appliquées aux milieux.<br />Cette étude menée exclusivement par Mayenne Nature Environnement et concernant 35 communes du département de la Mayenne, devait être reconduite en 2019, afin d'évaluer les 19 communes restantes. Des contraintes budgétaires n'ont pas permis à l'Agence de l'eau Loire-Bretagne de suivre financièrement cette étude. La DREAL Pays de la Loire a été sollicitée et l'attribution d'une subvention a permis de poursuivre cette étude avec la contrainte de la conduire sur 2 années supplémentaires (2019/2020), afin de limiter les coûts annuels.<br />Tous les résultats obtenus en 2019 sont synthétisés et analysés dans le présent rapport qui est accompagné, comme pour la première phase d'étude, d'un atlas cartographique reprenant l'ensemble des secteurs expertisés.<br /><br />La présente étude vise ainsi à améliorer la connaissance sur la répartition de 3 espèces d'odonates identifiées dans le cadre du PRA Odonates : l'Agrion de Mercure, de l'Agrion joli et le Leste dryade. La phase de terrain réalisée en 2019 concerne ainsi 11 communes, situées au sud de la zone d'étude définie en 2018.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
protection de la nature
;faune
Descripteur écoplanete
plan d'action
;espèce menacée
;libellule
Thème
Environnement - Nature
Texte intégral
Contribution à la préservation d?odonates
patrimoniaux sur le bassin versant
de la Sarthe aval en Mayenne
- Année 2019 -
Rédaction : Magali Perrin, MNE
Relecture : MNE
Cartographie : Magali Perrin, MNE
Citation recommandée :
PERRIN M., 2019. Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le
bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne. Mayenne Nature Environnement,
Direction Régionale de l?Environnement, de l?aménagement et du Logement des Pays
de la Loire. 51p.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 3 3
SOMMAIRE
1. Introduction ............................................................................................................ 1
1.1. Contexte ............................................................................................................ 1
1.2. Objectifs ........................................................................................................ 2
2. Description de l?étude ............................................................................................. 2
2.1. Localisation du site ........................................................................................ 2
2.2. Présentation des espèces suivies ..................................................................... 3
2.2.1. L?Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale) ........................................... 3
2.2.2. L?Agrion gracieux (Coenagrion pulchellum) ............................................... 5
2.2.3. Le Leste dryade (Lestes dryas) .................................................................... 5
3. Méthodes ............................................................................................................... 7
3.1. Phase préparatoire ........................................................................................ 7
3.2. Phase de terrain ............................................................................................. 8
3.3. Phase de restitution ....................................................................................... 9
4. Analyse des données ............................................................................................... 9
4.1. Concernant l?Agrion de Mercure .................................................................. 12
4.2. Concernant l?Agrion gracieux et le Leste dryade .......................................... 20
4.3. Autres espèces découvertes dans le cadre de l?étude .................................... 34
5. Conclusion ........................................................................................................... 35
Bibliographie ................................................................................................................... 37
Annexes ........................................................................................................................... 41
Annexe 1 ................................................................................................................. 42
Annexe 2 ................................................................................................................. 44
Annexe 3 ................................................................................................................. 46
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 1
1. Introduction
1.1. Contexte
La déclinaison régionale du Plan National d?Actions Odonates (2012-2015) identifie 15 espèces
de libellules, considérées comme rares et menacées pour la région des Pays de la Loire. 9
espèces sont protégées au niveau national (AP 23 avril 2007) et 6 espèces ont été ajoutées
pour leur intérêt régional. Si l?on se réfère à la base de données Faune-Maine (www.faune-
maine.org), qui compte aujourd?hui environ 23 290 observations relatives à 53 espèces, parmi
les 15 espèces de libellules identifiées, 7 ont été observées sur le territoire départemental de la
Mayenne.
Protection
nationale
Intérêt
régional
Agrion de Mercure Coenagrion mercuriale X
Agrion gracieux Coenagrion pulchellum X
Gomphe semblable Gomphus similimus X
Leste dryade Lestes dryas X
Leucorrhine à large queue Leucorrhinia caudalis X
Cordulie à corps fin Oxygastra curtisii X
Sympétrum noir Sympetrum danae X
La Leucorrhine à large queue et le Sympétrum noir sont 2 espèces très localisées, connues
chacune sur une seule station pour le département de la Mayenne. Des recherches ciblées ont
été réalisées dans le nord de la Mayenne en 2015, par le GRoupe d'ÉTude des Invertébrés
Armoricains (GRETIA) et le CPIE Mayenne Bas-Maine, sans succès. La présence du Gomphe
semblable est principalement attestée par l?analyse d?exuvies collectées sur 3 cours d?eau dans
le cadre d?études internes à Mayenne Nature Environnement (MNE) ou réalisées en
partenariat avec le GRETIA en 2012/2013. La Cordulie à corps fin est une espèce liée aux eaux
calmes, courantes à légèrement stagnantes. Cette espèce, tout comme l?Agrion de Mercure, est
protégée au niveau national, mais également inscrite à l?annexe II de la directive européenne
Habitats-Faune-Flore (92/43/CEE). L?Agrion gracieux et le Leste dryade, sont 2 espèces rares à
l?échelle départementale. Pour la première, 8 observations ont été recensées sur 8 communes
de la Mayenne entre 1988 et 2014. Pour la seconde espèce, 10 observations ont été collectées
entre 2010 et 2019, sur 2 communes du département.
La vulnérabilité de ces espèces, qui devrait prochainement être retranscrite sous la forme d?une
liste rouge régionale, ne peut être appréhendée qu?au travers d?un état des lieux précis de leur
répartition et de leur abondance, à l?échelle de la région des Pays de la Loire.
En 2017, une première étude, menée en collaboration avec la Ligue pour la Protection des
Oiseaux de la Sarthe et les Chambres d?Agricultures de la Mayenne et de la Sarthe, sur le bassin
versant de la Sarthe amont, a permis de suivre la répartition de l?Agrion de Mercure, de
l?Agrion gracieux et du Leste dryade.
En 2018, une seconde étude similaire a été initiée sur le bassin versant de la Sarthe aval avec le
soutien financier de l?Agence de l?eau Loire-Bretagne, permettant d?évaluer 16 communes et
de recenser de nombreuses informations tant sur les 3 espèces de libellules initialement ciblées,
que sur l?évolution des pratiques de gestion appliquées aux milieux. Cette étude menée
exclusivement par Mayenne Nature Environnement et concernant 35 communes du
département de la Mayenne, devait être reconduite en 2019, afin d?évaluer les 19 communes
restantes. Des contraintes budgétaires n?ont pas permis à l?Agence de l?eau Loire-Bretagne de
suivre financièrement cette étude. La DREAL Pays de la Loire a été sollicitée et l?attribution
d?une subvention a permis de poursuivre cette étude avec la contrainte de la conduire sur 2
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 2
années supplémentaires (2019/2020), afin de limiter les coûts annuels. Tous les résultats
obtenus en 2019 sont synthétisés et analysés dans le présent rapport qui est accompagné,
comme pour la première phase d?étude, d?un atlas cartographique reprenant l?ensemble des
secteurs expertisés.
1.2. Objectifs
La présente étude vise ainsi à améliorer la connaissance sur la répartition de 3 espèces
d?odonates identifiées dans le cadre du PRA Odonates : l?Agrion de Mercure, de l?Agrion joli
et le Leste dryade. La phase de terrain réalisée en 2019 concerne ainsi 11 communes, situées au
sud de la zone d?étude définie en 2018.
Communes prospectées en 2018 Communes prospectées en 2019 Communes prospectées en 2020
- Assé-le-Béranger
- Bannes
- Blandouet
- Chammes
- Cossé-en-Champagne
- Saint Georges-le-Fléchard
- Saint-Georges-sur-Erve
- Saint Jean-sur-Erve
- Saint-Léger
- Saint Pierre-sur-Erve
- Sainte Suzanne
- Thorigné-en-Charnie
- Torcé-Vivier-en-Charnie
- Vaiges
- Vimarcé
- Voutré
- Ballée
- Beaumont-Pied-de-Boeuf
- Bouère
- Bouessay
- Epineux-le-Seguin
- Grez-en-Bouère
- Le Buret
- Préaux
- Saint Brice
- Saint Charles-la-Forêt
- Saint Loup-du-Dorat
- Arquenay
- Chémeré-le-Roi
- La Bazouge de Chémeré
- La Cropte
- Le Bignon-du-Maine
- Meslay-du-Maine
- Saint Denis-du-Maine
- Saulges
La tenue d?une étude à l?échelle d?un bassin versant, permet d?évaluer la distribution des
différents noyaux de population, dans le but de pouvoir proposer des mesures, visant à
améliorer les connexions entre chacun de ces noyaux et ainsi rétablir des corridors favorables
aux déplacements spécifiques. La description des habitats prospectés et des pratiques de
gestion exercées sur les milieux, sont autant d?informations complémentaires permettant de
qualifier les milieux de vie occupés par les espèces recherchées, de préciser leur écologie et
proposer des aménagements ou la modification de certaines pratiques pour favoriser la
restauration de milieux favorables à leur accueil.
Les échanges avec les exploitants agricoles, premiers acteurs dans la gestion des territoires et
des milieux, sont indispensables afin de transmettre les connaissances sur la présence d?espèces
particulières, valoriser des pratiques qui, encore aujourd?hui, permettent le maintien et le
développement de ces espèces au sein de milieux particulièrement dépendants de l?action
humaine, et rappeler l?intérêt de certains modes de gestion, qui auraient été abandonnés.
2. Description de l?étude
2.1. Localisation du site
Le territoire concerné par l?étude globale (2018-2020) couvre une partie du bassin versant de
la Sarthe aval et plus précisément les bassins de l?Erve, de la Taude, du Treulon et de la Vaige.
Il s?étend sur 35 communes, soit environ 644 km², ce qui équivaut à environ 12 % de la
surface du département (fig. 1). Ce territoire a été divisé en 3. Ainsi, les communes situées le
plus au nord ont été prospectées en 2018, celles situées plus au sud ont été prospectées en
2019. Les 8 communes de la partie centrale bénéficieront de prospections en 2020.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 3
Figure 1 : Répartition des communes prospectées (à gauche) et réseau hydrographique (à droite)
à l?échelle du territoire défini.
2.2. Présentation des espèces suivies
2.2.1. L?Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)
L?Agrion de Mercure est un odonate appartenant au sous-ordre des zygoptères et à la famille
des Coenagrionidés. Protégé en France par l?arrêté du 23 avril 2007 (JO du 06/05/2007),
fixant les listes des insectes protégés sur l?ensemble du territoire et les modalités de leur
protection (article 3), il est également inscrit en annexes II et IV de la directive européenne
Habitats-Faune-Flore (92/43/CEE). L?espèce figure aussi sur la liste des espèces proposées pour
la cohérence nationale des Schémas Régionaux de Cohérence Ecologique (SRCE), celle de la
Trame Verte et Bleue (TVB) et celle des espèces déterminantes des Zones Naturelles
Ecologiques Faunistiques et Floristiques (Znieff) pour la région des Pays de la Loire. Sur la liste
rouge nationale des odonates de 2016, l?Agrion de Mercure est classé comme espèce à
préoccupation mineure (LC).
Pour cette espèce principalement présente en Europe occidentale, on enregistre une régression
voire une disparition dans de nombreux pays, principalement au niveau de la limite nord de
son aire de répartition mais aussi dans des pays comme l?Allemagne ou la Suisse. Si l?Agrion de
Mercure reste assez bien répandu en France avec des populations assez importantes dans
certaines régions, il n?en demeure pas moins vulnérable à cause de la dissémination de ses
populations et de ses exigences écologiques.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 4
Comme l?ensemble des odonates, l?Agrion de Mercure présente une phase larvaire
exclusivement aquatique, puis une phase imaginale (adulte) aérienne. Le développement
larvaire compte 12 à 13 mues, qui se succèdent sur une période d?environ 20 mois. La dernière
mue permet l?émergence de l?imago, ou adulte volant, visible dès le mois de mai. Sa période
de vol s?achève vers le mois d?août. Les mâles adultes sont facilement reconnaissables grâce au
dessin noir en forme de casque de viking, qui orne le second segment abdominal. Les segments
3, 4 et 5 sont rarement noircis sur plus de la moitié de leur surface. De plus, le segment 7 est
toujours bleu à la base. Les ptérostigmas, petite partie colorée située sur le bord des ailes des
libellules, se présentent comme des losanges à centre sombre. Les femelles, quant à elles,
peuvent être confondues avec les femelles d?autres espèces proches morphologiquement
comme l?Agrion jouvencelle (Coenagrion puella) ou encore l?Agrion joli (Coenagrion
pulchellum). Seul l?examen minutieux du bord postérieur du prothorax permet de les
différencier.
Pour se reproduire et assurer son développement larvaire, l?Agrion de Mercure privilégie les
petits cours d?eau aux eaux claires et oxygénées, comportant des secteurs assez calmes et bien
exposés à la lumière. Ces habitats larvaires s?inscrivent dans un contexte de prairies naturelles,
pâturées ou fauchées, macro-habitat optimal pour la viabilité d?un noyau de population. La
ripisylve du cours d?eau ne doit pas être ni trop haute ni trop fournie, les zones boisées
représentant une véritable barrière à ce zygoptère héliophile, dont la capacité de dispersion ne
dépasse pas quelques centaines de mètres. Enfin, les principales plantes dans lesquelles les
génitrices insèrent leur ponte sont : le Cresson des fontaines (Nasturtium officinale), l?Ache
nodiflore (Apium nodiflorum), la Véronique des ruisseaux (Veronica beccabunga) et le
Myosotis des marais (Myosotis scorpioides). En ce qui concerne la phénologie, l'activité
imaginale est maximale entre début juin et fin juillet, mais peut s?étendre de la fin du mois de
mai à la fin du mois d?août selon les conditions climatiques annuelles.
Principales menaces sur l?espèce
La principale menace à l?origine de la régression de cette espèce est l?anthropisation des
habitats qu?elle fréquente, avec notamment le recalibrage des petits cours d?eau, les curages
trop réguliers et le drainage des prairies humides pâturées trop souvent remplacées par de la
culture intensive. Plusieurs autres facteurs influencent également cette régression :
- l'eutrophisation, souvent induite par les pratiques agricoles, mais également favorisée
par l'augmentation du nombre de plans d'eau et le réchauffement des eaux de surface ;
- la pollution (substances toxiques, phytocides, matières organiques, ?) ;
- les problèmes d'assèchements estivaux ou d'étiages trop sévères ;
- les travaux hydrauliques trop brutaux (incision du lit, curage, ?) ;
- l'abandon des pratiques d'entretien des petits cours d'eau ;
- le colmatage ou l'envasement des écoulements par lessivage des sols.
Les impacts indirects, induits par la présence d?espèces exotiques envahissantes sur les milieux,
tels que :
- la présence du Ragondin qui génère turbidité, eutrophisation et qui faucarde une partie
de la végétation de berges ;
- les écrevisses américaines qui déchaussent les plantes et peuvent avoir une action de
prédation sur les larves.
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2.2.2. L?Agrion gracieux (Coenagrion pulchellum)
L'Agrion gracieux est un odonate appartenant au sous-ordre des zygoptères et à la famille des
Coenagrionidés. Mais contrairement à l?Agrion de Mercure, il ne bénéficie pas de protection
particulière. Cependant, il est classé sur la liste rouge nationale des odonates de 2016 avec le
statut d?espèce vulnérable (VU), et présente un risque de disparition à l?échelle nationale. Il est
également inscrit comme espèce déterminante des Znieff pour la région des Pays de la Loire.
Le mâle présente un dessin en forme de Y sur le second segment abdominal. Les bandes
antéhumérales, ou bandes colorées sur la partie supérieure du thorax, peuvent être continues
ou interrompues en forme de point d?exclamation. Tout comme pour l?espèce précédente, les
femelles sont plus difficiles à identifier. Leur reconnaissance demande un examen à la loupe du
pronotum (1
er
segment du thorax).
L?Agrion gracieux se reproduit dans des eaux douces ensoleillées, très calmes ou stagnantes,
mésotrophes à eutrophes, présentant une abondante végétation aquatique. Il fréquente les
mares, les bras morts de rivière, les fossés inondés ou les étangs partiellement forestiers assez
ouverts. Les milieux pollués et/ou artificiels lui sont défavorables.
Sa période d'activité imaginale est maximale vers la fin du mois de mai. Toutefois, des adultes
peuvent être observés, en vol, entre le mois d?avril et le mois de septembre.
Principales menaces sur l?espèce
Le développement d?une pisciculture trop intensive peut lui être néfaste, de même que la
pollution de ses habitats et le non-entretien des berges. Cependant, les causes précises de la
régression supposée de cette espèce sont encore mal connues en région Pays de la Loire. Au
même titre que l'Agrion de Mercure, l'eutrophisation des petits milieux aquatiques doit avoir
un impact négatif, de la même manière que la présence d'espèces exotiques envahissantes
comme le ragondin, ou encore les écrevisses américaines. L'enjeu principal pour cette espèce
est donc l'amélioration des connaissances sur les milieux occupés et les caractéristiques de
gestion opérées sur ces derniers. L?abandon des pratiques, justifiant la présence des mares, et la
déprise de la gestion autour de ces milieux semblent également accompagner sa disparition.
2.2.3. Le Leste dryade (Lestes dryas)
Le Leste dryade est un odonate appartenant au sous-ordre des zygoptères et à la famille des
Lestidés. Il ne bénéficie pas de protection particulière. Il est classé sur la liste rouge nationale
des odonates de 2016, comme espèce à préoccupation mineure (LC) et inscrit comme espèce
déterminante des Znieff pour la région des Pays de la Loire.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 6
Cette famille a la particularité d?avoir très rarement les ailes repliées le long du corps, presque
entièrement de couleur vert métallique. Certains segments de son abdomen peuvent être
pruineux, c?est-à-dire qu?ils sont recouverts d?un bleu poudré. C?est notamment le cas du
second segment abdominal qui l?est au 2/3. Ses yeux sont d?un bleu vif. Chez le mâle, les
cerques (pièces anatomiques situées à l?extrémité de l?abdomen) sont recourbés l?un vers
l?autre à leur extrémité, ce qui le distingue du Leste fiancé (Lestes sponsa). Comme pour les 2
autres espèces suivies, l?identification des femelles nécessite l?examen à la loupe de
l'ovipositeur, non dentelé et long. Pour les mâles comme pour les femelles, cette espèce ne se
détermine avec certitude qu?avec une observation minutieuse de critères particuliers.
Le Leste dryade fréquente les eaux stagnantes, fortement végétalisées, peu profondes avec un
réchauffement rapide. Il évolue sur des milieux qui peuvent être acides, oligotrophes ou
mésotrophes, la plupart du temps à proximité de milieux forestiers peu denses, de types
mares, queues d?étang, tourbières, ... Il affectionne les habitats temporaires, qui présentent des
stades dynamiques avancés, avec une végétation dense et parfois assez couvrante.
L?espèce, observable en vol entre le mois d?avril et la fin du mois d?août, présente une
importante capacité de dispersion. Un pic d?activité peut être enregistré entre les mois de
juillet et août, et 1 à 2 générations peuvent se succéder sur une année. Les femelles pondent à
la base de végétaux à tiges creuses (carex, joncs, ?). Une fois l?émergence réalisée, les
individus quittent la zone de reproduction et la maturation des imagos se fait à l?écart des
zones humides, jusqu?à plusieurs centaines de mètres.
Principales menaces sur l?espèce
Le Leste dryade est particulièrement sensible aux variations des niveaux d?eau dans ses milieux
de reproduction, ainsi qu?aux pratiques de gestion qui peuvent accompagner l?entretien des
sites. Ainsi, la fauche de la végétation en période de ponte peut entraîner des pertes
importantes, de la même manière qu?une fauche répétée ou trop rase. L?assèchement
prématuré de ces zones, au printemps, peut impacter le développement des larves.
Les différentes pollutions et l?eutrophisation des milieux liées aux activités agricoles intensives
sont autant de facteurs négatifs incompatibles avec la présence de cette espèce.
Enfin, le comblement et le drainage des zones humides entraînent la disparition des milieux
pouvant accueillir cette espèce.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 7
3. Méthodes
3.1. Phase préparatoire
A l?échelle du territoire d?étude, une analyse cartographique, réalisée à partir de la
superposition de différentes couches de données géographiques, a permis d?identifier des
habitats potentiellement favorables aux différentes espèces recherchées. Pour cela, plusieurs
couches thématiques de référence ont été utilisées et analysées à l?aide des logiciels de Système
d?Information Géographique (SIG) : ArcGis et QGis.
- Orthophotoplan (Bd Ortho IGN 2013)
- Scan25
- Cadastre (SIGLoire)
- Cours d?eau issus de la Bd Carthage
- Cours d?eau issus de la Bd de la DDT
- Pré-localisation des ZH de la DREAL
- Relevé Parcellaire Graphique (RPG2016)
- Corine Land Cover (CLC)
Cette analyse a permis d?identifier 104 secteurs de cours d?eau (n=39 km) potentiellement
favorables à l?Agrion de Mercure, et 71 secteurs de mares (n=13 ha), sur lesquels l?Agrion
gracieux et le Leste dryade peuvent être recherchés. Le cadastre électronique a permis
d?identifier l?ensemble des parcelles (n=422) sur lesquelles sont localisés les différents secteurs
pressentis pour la réalisation de prospections. A partir de ce travail, la Direction
Départementale des Territoires de la Mayenne (DDT53) a accepté de transmettre la liste des
exploitants agricoles concernés, sans pour autant établir de lien direct entre les exploitants et
les parcelles. Ainsi, 203 courriers (annexe 1) ont été adressés aux exploitants identifiés dans le
but de :
- les informer sur la tenue d?une étude portant sur les libellules à l?échelle
de leur territoire,
- leur présenter les objectifs de cette étude,
- leur demander l?autorisation d?accéder aux parcelles pré-sélectionnées,
avec la possibilité de participer aux investigations de terrain.
21 courriers supplémentaires ont également été adressés, à titre indicatif, aux communes et
communautés de communes, aux financeurs, à la DDT53 et à l?Agence Française pour la
Biodiversité (AFB), ainsi qu?à l?animateur du site Natura 2000 « Vallée de l?Erve en aval de
Saint-Pierre-sur-Erve» (FR5200639), inclus dans le territoire d?étude. Suite à cet envoi, 24
courriers ont été retournés, dont 12 pour refus de pénétrer dans les parcelles et 12 pour être
individuellement prévenu de la date de passage et potentiellement participer aux
investigations de terrain. Les exploitants, qui ne souhaitaient pas participer à l?étude, ont été
individuellement recontactés afin d?identifier précisément les parcelles à soustraire de la zone
d?étude. Le principal motif de refus invoqué est la présence de bovins dans les parcelles sur la
période de prospection, avec un risque de charge pour la personne réalisant les inventaires ou
inversement des troupeaux plus jeunes et un risque d?affolement des bovins. D?une manière
générale, l?étude a été relativement bien accueillie. Des rendez-vous individuels ont été
proposés aux exploitants qui souhaitaient participer à la phase de terrain. Cette prise de
contact a permis aux chargées d?études réalisant les inventaires de terrain, d?associer des
personnes volontaires aux prospections et de les sensibiliser à la présence d?espèces
particulières, parfois protégées et aux pratiques de gestion permettant leur maintien. Au cours
de la phase de terrain, et lorsque les parcelles se trouvaient à proximité d?un siège
d?exploitation, une prise de contact directe a été réalisée, afin de s?assurer de l?accord des
exploitants et favoriser, à nouveau, l?échange autour des pratiques d?entretien et de gestion.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 8
3.2. Phase de terrain
La méthode employée dans le cadre de cette étude repose sur la recherche active des individus
mâles de chacune des 3 espèces ciblées le long des cours d?eau, pour ce qui est de l?Agrion de
Mercure, et sur les secteurs de mares et de queues d?étangs, pour l?Agrion gracieux et le Leste
dryade. Une identification à distance, à partir de critères morphologiques facilement
accessibles, sera réalisée à l?aide d?une paire de jumelles, pour limiter le dérangement.
Cependant, des captures au filet seront pratiquées pour confirmer l?identification à partir de
critères plus délicats, notamment pour l?Agrion gracieux et le Leste dryade. Une fois identifiés,
les individus sont relâchés à l?endroit précis de leur capture.
La période de prospection est fixée en fonction de la phénologie de chacune des espèces
reprise dans le tableau suivant et de leur pic d?activité respectif (représenté par des « X ») entre
les mois de juin et juillet. Toutefois, selon les milieux prospectés et les conditions
météorologiques, cette période peut légèrement glisser sur le mois d?août. Les prospections
sont réalisées entre 11h00 et 16h00, dans de bonnes conditions météorologiques (période
ensoleillée depuis au moins un jour, température comprise entre 18°C et 30°C, vent nul à
faible).
avril mai juin juillet aout septembre
Agrion de Mercure X X X X X X X X X X
Agrion gracieux X X X X X X
Leste dryade X X X X X X X X X
Au cours de chaque prospection, tous les individus mâles pour les 3 espèces recherchées sont
comptabilisés et les indices de reproduction sont relevés (fig. 2), afin d?évaluer, pour chaque
espèce suivie, son niveau d?autochtonie. La reproduction ne peut être avérée qu?à partir d?une
autochtonie probable élevée. Dans ce cadre, il est important de préciser que pour les 3 espèces
recherchées, la ponte est endophytique, c?est-à-dire qu?elle s?effectue dans la tige de végétaux
aquatiques et rivulaires tendres.
Figure 2 : Tableau d?évaluation des critères d?autochtonie (Vanappelgheim, 2005).
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 9
Pour chaque secteur prospecté, les paramètres écologiques, structurels et éco-paysagers sont
consignés sur des fiches de terrain standardisées, spécifiques des cours d?eau ou des mares
(annexe 2). L?état de conservation des cours d?eau est évalué, en rapport avec les exigences
écologiques spécifiques de l?Agrion de Mercure et selon la clé d?interprétation réalisée par
Dodelin en 2005 (fig. 3). Cette clé est cependant adaptée à l?évolution des pratiques
culturales, et notamment la mise en place de zones de non traitement (ZNT) de chaque côté
des cours d?eau, permettant la création de zones d?alimentation favorables à l?espèce en milieu
de culture. Aussi, une station qui se trouve entourée de cultures, mais bénéficiant de ZNT, ne
sera pas strictement considérée comme en « TRES MAUVAIS » état de conservation.
Figure 3 : Clé d?interprétation de l?état de conservation du milieu pour l?Agrion de Mercure.
Une photographie, représentative du milieu, est prise afin d?illustrer l?atlas cartographique.
Une fois la prospection spécifique terminée, les espèces accompagnatrices peuvent également
être notées sur la fiche de terrain, de manière à ne pas perturber l?évaluation des effectifs des
espèces recherchées. Toutes les données collectées sont saisies dans une base de données en
ligne : Faune-Maine (www.faune-maine.org), dont MNE a la gestion.
3.3. Phase de restitution
La première phase d?étude, financée par l?Agence de l?eau Loire-Bretagne en 2018, a fait
l?objet d?une restitution publique le 11 décembre 2018. Pour la seconde partie de cette étude,
menée sur 2 années supplémentaires (2019 et 2020) et financée par la DREAL des pays de la
Loire, il est également prévu d?organiser, au terme des 2 années de suivi, une réunion publique
à laquelle seront conviés l?ensemble des acteurs du territoires et les différents partenaires
concernés.
4. Analyse des données
Les conditions météorologiques enregistrées en Mayenne, au cours de l?année 2019, ont été
particulièrement sèches avec un important déficit hydrique enregistré dès les premiers mois de
http://www.faune-maine.org/
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 10
l?année (fig. 4). Les températures estivales ont accentué le phénomène de sécheresse (fig. 5).
Ces 2 facteurs réunis ont eu un impact particulièrement négatif sur les cours d?eau, les mares et
de manière indirecte sur les odonates qui n?ont pas pu mener leur cycle biologique en totalité.
Figure 4 : Précipitations annuelles enregistrées en Mayenne en 2019
(station météorologique professionnelle basée sur la commune d?Origné).
Figure 5 : Températures annuelles enregistrées en Mayenne en 2019
(station météorologique professionnelle basée sur la commune d?Origné).
Ainsi de nombreuses stations, identifiées lors de la phase préparatoire, se sont trouvées à sec
au moment des prospections, ne permettant pas l?observation de libellules.
Les premiers individus d?Agrion de Mercure ont été observés le 21 mai sur la commune
d?Ahuillé (www.faune-maine.org) avec les premiers tandems, ce qui correspond à la période
de vol enregistrée habituellement sur le département de la Mayenne (fig. 6)
http://www.faune-maine.org/
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 11
Figure 6 : Phénologie de l?Agrion de Mercure à partir des observations enregistrées sur Faune-
Maine entre 2008 et 2016 (Duval V., 2017)
En revanche, pour ce qui est du Leste dryade, des observations précoces, aux alentours de la
fin du mois de mai (24 mai 2019) sont enregistrées depuis 2017 sur la principale station
historique du département. Ces observations qui semblent récurrentes depuis 3 ans vont
permettre de préciser les périodes de vol identifiées pour cette espèce, entre les mois de juin et
août (fig. 7).
Figure 7 : Phénologie du Leste dryade à partir des observations enregistrées sur Faune-Maine
entre 2008 et 2016 (Duval V., 2017)
Tous les secteurs prospectés : 15 cours d?eau et 23 secteurs de mares, ont fait l?objet d?une
fiche descriptive. Ces fiches sont consignées dans un atlas cartographique, en fonction des 2
grands types de milieux inventoriés. Elles reprennent pour chaque site :
- la localisation précise sur fond Scan 25 et Orthophotoplan,
- la photographie représentative du lieu et de sa végétalisation,
- les principaux critères de contexte et de paysage relevés,
- la situation des espèces recherchées, ainsi que les espèces compagnes observées,
- les menaces constatées et des conseils de gestion.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 12
Les préconisations de gestion formulées tiennent compte des contraintes de territoire. Pour ce
qui est de l?Agrion de Mercure, l?état de conservation des différents linéaires de cours d?eau a
été évalué, au regard des exigences écologiques spécifiques. Pour les 2 autres espèces, ciblées
dans le cadre de cette étude, et pour lesquelles l?objectif principal est l?amélioration des
connaissances et l?identification de stations de présence, les conseils de gestion sont destinés à
favoriser l?implantation des espèces cibles et éviter une fermeture trop importante des milieux.
Une analyse plus spécifique des résultats concernant les stations prospectées pour l?Agrion de
Mercure est proposée à l?échelle du territoire suivi. Le but est d?identifier les secteurs où
l?espèce est présente, d?évaluer l?état de conservation des milieux qui l?accueillent et
d?identifier des corridors potentiels à restaurer pour favoriser l?expansion des populations et
les échanges entre chacune d?elles.
4.1. Concernant l?Agrion de Mercure
L?Agrion de Mercure a ainsi été identifié sur 1 des 15 stations de cours d?eau prospectées en
2019 (fig. 8). Il s?agit de la station 2, située sur la commune du Buret au niveau du lieu-dit la
Martinière. Le ruisseau concerné est intermittent et se jette dans le ruisseau du Vassé, affluent
de la Vaige en rive droite.
Figure 8 : Localisation des secteurs prospectés en 2019 et identification des stations de présence
de l?Agrion de Mercure.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 13
5 individus mâles ont été observés sur ce cours d?eau le 25 juin 2019, mais aucun
comportement reproducteur (tandem, coeur copulatoire ou ponte) n?a été constaté.
L?autochtonie n?a donc pas été établie.
Sur les 15 stations de cours d?eau, aucune ne présente un état de conservation qualifié
d?EXCELLENT ou de TRES MAUVAIS. 26,6 % d?entre elles présentent un état de conservation jugé
BON (n=4 stations), ou un état de conservation MOYEN (n=4 stations) et 40 % ont un état de
conservation MAUVAIS (n=6 stations). Seule la station 11, située à l?extrême est de la zone
d?étude, a été considérée comme NE CORRESPONDANT PAS A L?HABITAT DE REFERENCE de l?Agrion
de Mercure (fig. 9).
Figure 9 : Répartition des stations en fonction de l?état de conservation estimé des milieux.
Description des stations en fonction de leur état de conservation
Parmi les stations, dont l?état de conservation est qualifié de BON, se trouve la station 2 sur
laquelle la présence de l?Agrion de Mercure a été mise en évidence. Il s?agit d?un petit cours
d?eau permanent au sein de prairies pâturées. D?une manière générale, ce cours d?eau est
relativement encaissé avec des berges hautes aux pentes abruptes. Le secteur, sur lequel
l?Agrion de Mercure a été détecté, correspond à une zone déstructurée par le passage des
bovins. Ce qui a eu pour conséquences l?élargissement du lit du cours d?eau et une
augmentation de la luminosité, favorisant le développement d?espèces végétales à tiges creuses
indispensables à la reproduction de l?espèce. Entièrement clôturées aujourd?hui, les berges ne
sont plus accessibles aux bovins et ces derniers ne peuvent pas piétiner la zone. En revanche, la
végétation se densifie progressivement. Afin de conserver des milieux favorables au maintien
de l?Agrion de Mercure, il faudra veiller à ce que la ripisylve ne se développe pas sur ce
secteur pour que ce dernier reste bien exposé à l?ensoleillement. Un contact direct sur le site a
été pris avec le propriétaire exploitant, afin de l?informer de la présence de l?Agrion de
Mercure et de son statut d?espèce protégée. La gestion des berges actuellement exercée a été
détaillée de manière à souligner les éléments importants bénéficiant au maintien de ce milieu.
Il a même été proposé de créer artificiellement des milieux similaires, plus en amont, afin de
favoriser le développement de l?espèce. A noter que sur cette zone, le Cordulégastre annelé
ainsi que le Caloptéryx vierge, 2 espèces appartenant au cortège de l?Agrion de Mercure ont
également été identifiées.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 14
Station 2 - BON
Agrion de Mercure mâle
Les stations 12, 13 et 15 présentent également des milieux dont l?état de conservation est jugé
BON. Les 2 premières concernent des cours d?eau temporaires, qui conservent tout de même
une humidité suffisante à la présence d?herbiers aquatiques. Toutefois, si les conditions
climatiques évoluent vers des printemps de plus en plus secs, la végétation se verra modifiée
en conséquence, avec l?installation d?espèces plus adaptées et la disparition des espèces
spécifiques des milieux humides, nécessaires à la reproduction de l?Agrion de Mercure. Aucune
libellule n?a été observée sur la station 12. En revanche, le Cordulégastre annelé a été contacté
sur la station 13, dont le milieu reste d?une manière générale plus ouvert.
Station 12 - BON
Station 13 - BON
La station 15, quant à elle, se situe sur un cours d?eau permanent qui traverse des prairies de
fauche. Ponctuellement, des herbiers aquatiques se développent et la végétation de berge offre
d?importantes zones de chasse pour les libellules. Tout comme sur la station 13, le
Cordulégastre annelé a été relevé. La gestion exercée aujourd?hui sur la végétation des berges
doit être conservée, puisqu?elle permet le maintien d?un habitat favorable. Toutefois, une
attention particulière sera portée sur la récente plantation réalisée sur l?une des 2 parcelles
entourant le cours d?eau et qui pourrait, à terme, augmenter l?ombre portée à la surface de
l?eau et défavoriser le développement des espèces végétales aquatiques.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 15
Station 15 - BON
Parmi les stations inventoriées, 4 présentent des milieux avec un état de conservation MOYEN.
Il s?agit des stations 5, 6, 7 et 9. Ces stations sont localisées sur des cours d?eau temporaires et
enregistrent des diversités spécifiques nulles ou très faibles. Seule 1 espèce de libellule,
l?Orthétrum réticulé, a été détectée sur la station 5. Et malgré la présence de quelques espèces
végétales indicatrices de milieux humides, l?assèchement printanier des milieux favorise le
développement d?espèces végétales adaptées à des milieux plus secs au détriment, notamment,
des herbiers aquatiques qui se retrouvent encore, mais dans de très faibles proportions. Les
stations 5 et 7 se trouvent dans un contexte paysager de prairies humides. Les cours d?eau y
sont complètement clôturés et le manque d?eau constitue la principale menace.
Station 5 - MOYEN
Station 7 - MOYEN
L?abandon des pratiques de gestion sur les stations 6 et 9 favorise également le
développement de la ronce, ainsi que l?installation d?espèces ligneuses responsables de la
fermeture des milieux. Sur ces cours d?eau, déjà très encaissés et particulièrement étroits, la
lumière ne pénètre pas. Quelques herbiers se maintiennent cependant de manière très
ponctuelle. Une reprise de l?entretien de la végétation de berge permettrait d?augmenter la
qualité des habitats favorables à l?Agrion de Mercure.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 16
Station 6 - MOYEN
Station 9 - MOYEN
Les 6 stations qui présentent des milieux jugés avec un état de conservation MAUVAIS se situent
toutes en amont des cours d?eau et sont donc particulièrement soumises à un assèchement
précoce. Les stations 1, 4, 8 et 14 présentent des fermetures de milieux comprises entre 50 et
75 %. Cette fermeture résulte du manque d?eau mais également de l?abandon des pratiques
de gestion sur la végétation des berges. La station 1 semble enregistrer des variations de débit
rapides et relativement importantes, qui ne laissent pas la possibilité aux herbiers aquatiques
de se développer, mais favorisent le dépôt de particules plus fines sur le fond. La partie amont
de cette station présente un potentiel plus intéressant malgré l?absence de végétaux à tiges
creuses. La station 14, quant à elle, est victime d?un assèchement précoce et régulier qui
favorise l?installation d?espèces végétales adaptées au manque d?eau. Aucune espèce de
libellule n?a été observée sur ces 2 stations.
Station 1 - MAUVAIS
Station 14 - MAUVAIS
En ce qui concerne les stations 4 et 8, la fermeture des milieux est à un stade encore plus
avancé. Cependant, les cours d?eau maintiennent une humidité suffisante au développement
d?espèces caractéristiques de milieux humides, que l?on peut également retrouver sur le bord
des fossés comme la Salicaire ou les Roseaux. La principale menace sur ces 2 stations est donc
l?abandon des pratiques de gestion et le développement de la ronce, responsable de la
fermeture du milieu et de la disparition des herbiers aquatiques. Le nombre d?espèces de
libellules contacté sur ces 2 sites est respectivement de 2 et 4 espèces, indiquant une humidité
suffisante au développement larvaire.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 17
Station 4 - MAUVAIS
Station 8 - MAUVAIS
Enfin, les stations 3 et 10, malgré des milieux en MAUVAIS état de conservation pour l?Agrion
de Mercure, semblent avoir un certain potentiel. Elles se situent toutes les 2 dans un contexte
de culture avec des zones de non traitement (ZNT) installées de part et d?autre du cours d?eau.
Ces zones constituent des territoires de chasse suffisant pour l?Agrion de Mercure qui ne
s?éloigne jamais beaucoup de sa zone de reproduction. En revanche, l?absence de gestion de la
végétation de berge favorise l?installation de la ronce et la fermeture progressive du milieu.
Quelques herbiers aquatiques se maintiennent encore ponctuellement sur la station 10. Le
Cordulégastre annelé a été contacté au niveau de la station 3. Il s?agit d?une espèce qui
fréquente des habitats favorables à l?Agrion de Mercure. La mise en place d?une fauche, en
dehors des périodes de reproduction de cette espèce, pourrait favoriser l?installation d?une
végétation moins dense et le développement de milieux plus ouverts, afin d?augmenter la
capacité d?accueil de ces 2 sites.
Station 3 - MAUVAIS
Station 10 - MAUVAIS
La station 11 est localisée le long de la Vaige. Il s?agit de la seule station dont l?habitat ne
correspond pas à celui de l?Agrion de Mercure. Le secteur prospecté correspond à une portion
de cours d?eau d?une largeur supérieure à 3 m, avec une profondeur relativement faible, de
l?ordre d?environ 20 cm. Les débits sont faibles et stables grâce à la présence, en travers du
cours d?eau, d?un ancien poteau téléphonique, limitant une partie des écoulements. La
ripisylve est dense mais discontinue avec quelques larges trouées. La présence du barrage, au
niveau de l?une d?entre elles, crée un milieu favorable au développement d?herbiers
aquatiques dominés par les Iris. Une réflexion est actuellement menée avec le technicien du
syndicat de bassin local, afin d?évaluer l?impact du retrait de ce barrage dans l?objectif de
restituer un écoulement complet à la montaison comme à la dévalaison pour les poissons et
les sédiments notamment. Ce milieu, même s?il ne correspond pas à l?habitat des espèces
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 18
recherchées dans le cadre de cette étude reste original pour le secteur, avec un potentiel
d?accueil pour d?autres espèces de libellules relativement important.
Station 11 ? NE CORRESPOND PAS A L?HABITAT DE L?AGRION DE MERCURE
La répartition des différentes stations, la présence avérée de l?Agrion de Mercure et l?état de
conservation des milieux estimé sur chacun des secteurs prospectés sont synthétisés sur la figure
10, ci-dessous.
Figure 10 : Bilan des prospections dédiées à l?Agrion de Mercure en 2019.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 19
Analyses des menaces identifiées et propositions de gestion
D?une manière générale, sur l?ensemble des 15 stations de cours d?eau prospectées,
l?assèchement des cours d?eau et l?abandon des pratiques de gestion de la végétation de berges
constituent les 2 causes principales de perte d?habitats favorables pour l?Agrion de Mercure
(fig. 11). Les autres facteurs négatifs induisant une modification des milieux, sont consécutifs
aux 2 premiers ou très localisés et résultant de situations spécifiques.
Figure 11 : Proportion de chacune des menaces relevées sur les stations.
En ce qui concerne les mesures de gestion proposées en réponse aux différentes menaces
enregistrées, la plupart du temps, il s?agit de maintenir de meilleurs débits d?étiage. Mais cette
mesure est souvent difficile à mettre en oeuvre sur les territoires, surtout dans les secteurs de
tête de bassin. La restauration de pratiques de gestion de la végétation des berges, intégrant la
fauche précoce jusqu?au 15 mai ou plus tardive à partir du mois de septemebre, favoriserait la
réouverture des milieux et localement l?installation d?herbiers aquatiques (fig. 12).
Figure 12 : Mesures de gestion et d?entretien pour l?amélioration des milieux en faveur de
l?Agrion de Mercure.
Les prospections, réalisées en 2019, ont ainsi permis de découvrir 1 nouvelle station de
présence de l?Agrion de Mercure sur le territoire d?étude. En revanche, l?espèce n?a pas été
retrouvée sur la seule station historique du territoire, malgré un passage au cours de l?étude.
Cette station n?avait pas été sélectionnée à partir des critères géographiques de milieux
(fig. 13).
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 20
Figure 13 : Localisation des stations historiques de l?Agrion de Mercure par rapport aux stations
prospectées en 2019.
4.2. Concernant l?Agrion gracieux et le Leste dryade
L?Agrion gracieux et le Leste dryade ont été recherchés sur des secteurs correspondant
davantage à des milieux matures, caractérisés par la présence d?eau stagnante, tels que des
queues d?étangs ou des mares, et sur lesquels il pouvait y avoir une végétation plus ou moins
développée. Sur les 23 stations prospectées, aucun individu de ces 2 espèces n?a été identifié.
Les stations présélectionnées sont réparties sur l?ensemble du territoire suivi, à l?exception de la
frange ouest, où aucune mare ni aucun étang ne correspondait aux références écologiques des
espèces recherchées (fig. 14). Deux données historiques ont été extraites de la base de données
participative Faune-Maine (https://www.faune-maine.org/) concernant l?Agrion gracieux.
Dans les 2 cas, il s?agit d?individus identifiés en vol sans photographie. La première observation
a été réalisée sur la commune d?Epineux-le-Seguin, le 21 mai 1992, au lieu-dit la Morinière,
près de la mare 3 pré-localisée dans le cadre de cette étude. Les prospections, effectuées en
2019, n?ont pas permis de retrouver l?espèce. La seconde donnée correspond à une
observation réalisée sur la commune de Saint-Brice au niveau du lieu-dit Courtemiche, le 04
juin 1996. Aucun milieu correspondant à l?écologie de l?espèce n?a été détecté sur ce point.
Cependant le secteur a fait l?objet de recherche au cours de la phase de terrain sans succès. Il
est probable que ces 2 observations consignées dans la base de données résultent d?erreurs
d?identification, l?espèce étant assez délicate à identifier en vol.
https://www.faune-maine.org/
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 21
Figure 14 : Localisation des secteurs prospectés en 2019 pour l?Agrion gracieux et le Leste dryade.
Malgré l?absence de l?Agrion gracieux et du Leste dryade, pour chaque site, une fiche
descriptive a été établie, reprenant les caractéristiques des milieux, les menaces visibles et des
propositions de gestion et/ou d?entretien des habitats, afin de favoriser l?accueil des libellules.
Toutes ces fiches sont reprises dans l?atlas cartographique joint.
Sur chacune des stations inventoriées, une diversité spécifique comprise entre 0 et 10 espèces a
pu être enregistrée (fig. 15).
Figure 15 : Répartition du nombre de stations en fonction de leur diversité spécifique.
Seules 3 mares n?ont permis aucune observation de libellules. La diversité spécifique moyenne
enregistrée sur l?ensemble des 23 mares et de 3,4. Un peu moins de 40 % des mares
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 22
prospectées accueillent entre 1 et 3 espèces de libellules différentes. 5 mares présentent une
diversité spécifique de 4 espèces. Un peu plus de 25 % des mares inventoriées présentent des
diversités spécifiques supérieures ou égales à 5 espèces (n=6).
Les 4 mares avec des diversités spécifiques supérieures à 5 espèces de libellules sont assez bien
réparties sur le territoire d?étude (fig. 16). Ces mares se trouvent sur les communes de Bouère,
Epineux-le-Seguin (n=2) et Le Buret.
Figure 16 : Répartition des secteurs de mares prospectés en fonction de leur diversité spécifique.
Parmi les 23 stations de mares prospectées, certaines présentent un potentiel particulièrement
favorable à l?accueil des libellules, compte tenu de la qualité de l?eau, de la topographie des
berges, de l?ensoleillement et de la présence d?une végétation variée constituant à la fois des
supports d?émergence, des abris pour les larves ou encore des zones de chasse pour les adultes
à proximité des secteurs de reproduction. L?objectif de cette étude n?étant pas d?établir la liste
exhaustive des espèces de libellules présentes sur chacun des sites suivis, les diversités
spécifiques enregistrées n?illustrent que partiellement le potentiel d?accueil de chaque site pour
les libellules.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 23
Description des stations à fort potentiel d?accueil
Environ 1/3 des mares prospectées semblent très favorables aux libellules, de par la qualité et
la diversité des micro-habitats rencontrés.
La mare 1, située sur la commune du Buret, se trouve le long de la station 2 sur laquelle la
présence de l?Agrion de Mercure a été mise en évidence. Elle est d?ailleurs utilisée par l?espèce
comme zone de chasse. Il s?agit d?une mare principalement alimentée par une source, très peu
profonde, et colonisée sur plus de 50 % de sa surface par une végétation semi-aquatique,
dominée par les roseaux. Parmi les 7 espèces de libellules identifiées se trouve également le
Leste fiancé, qui figure parmi les espèces déterminantes de Znieff pour la région des Pays de la
Loire. La gestion exercée actuellement sur le milieu semble parfaitement convenir au maintien
des espèces présentes.
La mare 13 se trouve sur la commune de Bouère. Elle présente une surface d?environ 200 m²,
avec des berges en pente douce sur 75 % de son périmètre, permettant le développement
d?une végétation semi-aquatique dominée par le jonc. Quelques arbres isolés sont présents en
haut de berge et aucune végétation aquatique n?a été relevée. L?eau est particulièrement
trouble. La seule menace identifiée sur ce site découle de la présence de ragondins. La gestion
par fauche de la végétation rivulaire semble favorable au maintien des habitats observés.
Mare 1
Mare 13
La mare 17, sur laquelle 5 espèces de libellules ont été observées, se situe sur la commune de
Beaumont-Pied-de-Boeuf, dans un contexte de déprise agricole. Les parcelles adjacentes sont
fauchées une fois par an, pour limiter l?embroussaillement. Mais les résidus de fauche ne sont
pas valorisés, ni même exportés. La mare est alimentée par une source, qui traverse au
préalable une première mare (mare 16). Le propriétaire du site souhaite modifier la destination
de ce point d?eau pour y accueillir plus de poissons et pouvoir intervenir à sa guise sur les
niveaux d?eau. Cette évolution semble préjudiciable aux milieux en place et aux espèces
accueillies. Les contacts pris directement sur le site ont permis un échange autour des enjeux,
sans que cela ne modifie les perspectives envisagées par le propriétaire.
La mare 18, située sur la commune de Préaux, correspond à une mare de chasse. Elle présente
une grande surface, de l?ordre de 4 000 m², avec des berges en pente douce et une
profondeur variable, selon les secteurs, de 20 cm à plus de 150 cm. Très bien exposé, ce site
bénéficie d?un fort ensoleillement. Quelques arbres se développent sur les berges sans
provoquer d?ombrage trop important. Au contraire, ils constituent des supports d?émergence
utilisés par les libellules. 154 exuvies ont ainsi été collectées sur ce site au niveau de la
végétation des berges exondées, le long des troncs ou au sein des réseaux racinaires. Le site se
trouve en contexte agricole et concentre les eaux de ruissellement, ce qui favorise, en partie, la
présence et la prolifération d?algues. Un meilleur contrôle des sources de pollution locale
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 24
serait nécessaire pour garantir la qualité des habitats présents. La gestion effectuée aujourd?hui,
notamment sur la végétation des berges semble complètement convenir et permettre le
maintien de nombreux habitats favorables à la faune entomologique.
Mare 17
Mare 18
Les secteurs 5 et 19 correspondent à des zones d?étang, localisées respectivement sur les
communes de Bouère et Epineux-le-Seguin. La mare 5 correspond à un étang alimenté par
divers ruisseaux et fossés. Une large ripisylve relativement dense et continue entoure cet étang
et crée des zones d?ombre et de lumière assez diversifiées. La profondeur varie de quelques
dizaines de centimètres à plus de 150 cm. Une mosaïque de micro-habitats favorise l?accueil
d?une grande diversité d?espèces. Ainsi, 10 espèces de libellules différentes ont été contactées
sur ce site et plus de 600 exuvies ont été collectées au cours d?une visite de terrain unique. Le
propriétaire du site a été contacté, sans réponse de sa part. Les parcelles adjacentes sont
cultivées ou pâturées. Il semble y avoir, sur ce secteur, une forte pression sur la ressource en
eau pour l?irrigation. Il parait important d?apporter une attention particulière sur ce site
remarquable.
La mare 19, quant à elle, présente une configuration complètement différente mais tout aussi
intéressante. Situé dans un contexte paysager de culture, cet étang montre des berges en pente
douce sur l?ensemble de son périmètre et une faible profondeur. La variation régulière des
niveaux d?eau permet l?installation d?une végétation semi-aquatique basse et le
développement de quelques saules en périphérie. Leurs réseaux racinaires particulièrement
denses, à l?interface entre le milieu aquatique et le milieu aérien constituent de formidables
supports d?émergence pour les libellules. Au total, 8 espèces différentes ont été identifiées et
260 exuvies ont été collectées sur ce site. Il est probable que la réserve d?eau contenue dans
cet étang soit utilisée pour l?irrigation. La gestion exercée sur ce site semble favorable au
maintien des habitats abritant les libellules. Cependant, il serait intéressant d?échanger avec les
exploitants et/ou propriétaires afin de les informer de la qualité des milieux identifiés.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 25
Mare 5
Mare 19
La mare 3 est située le long du ruisseau de Chantepie sur la commune d?Epineux-le-Seguin. Elle
est alimentée par la nappe et le cours d?eau. Sa situation au sein d?un méandre, en milieu
forestier le long d?une paroi rocheuse, est particulièrement intéressante. Très ombragée, elle
procure des milieux originaux, sur lesquels 6 espèces ont été contactées au cours de l?étude.
Les bovins, installés sur les prairies alentours, peuvent occasionnellement pénétrer sur le site,
sans pour autant que cela ne soit préjudiciable, leur présence n?étant pas permanente. En
revanche, cela semble suffire à maintenir une végétation relativement ouverte.
Mare 3
Description des stations à potentiel d?accueil moyen
La mare 7 se trouve sur la commune de Bouessay, au sein d?une prairie humide. Elle est
bordée à l?ouest par une haie dense, couvrant environ 50 % de son périmètre, sans créer de
zone d?ombre trop importante à la surface de l?eau. Seul secteur humide alimenté par les eaux
de pluie et de ruissellement, la mare est utilisée comme bauge par les sangliers qui contribuent
fortement au maintien d?une eau turbide et au faible développement de végétaux aquatiques
et semi-aquatiques. Des indices de présence de ragondins ont également été relevés sur les
berges. Une mise en sécurité de cette mare avec l?installation d?une clôture, afin de limiter la
pression exercée par les sangliers sur la végétation et restituer une eau limpide, permettrait
d?augmenter le potentiel d?accueil du site, en créant des milieux plus favorables au
développement des libellules.
La mare 11, également sur la commune de Bouessay, se trouve entourée de prairies pâturées.
Ces berges en pente douce permettent le développement de plusieurs ceintures de végétations
aquatiques et semi-aquatiques qui suivent un gradient d?humidité et les variations saisonnières
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 26
du niveau d?eau. La surface d?eau libre est couverte à 100 % par les lentilles, ce qui témoigne
d?un milieu riche en nitrates et en azote, et bien ensoleillé. La gestion réalisée sur la végétation
des berges est adaptée au maintien des milieux observés. Cependant un meilleur contrôle des
intrants permettrait de limiter le développement des lentilles à la surface de l?eau et ainsi de
favoriser une meilleure oxygénation du milieu.
Mare 7
Mare 11
La mare 2, localisée sur la commune du Buret, est probablement alimentée par une zone de
source. Située au sein d?un petit bosquet, elle bénéficie d?un ombrage très important, constitué
par une ripisylve dense et présente sur près de 85 % de son périmètre. L?ombre portée à la
surface de l?eau est maximale. Aucune végétation aquatique ou semi-aquatique n?a été notée
et des pentes relativement abruptes sont enregistrées sur près de 75 % du pourtour. Le réseau
racinaire à l?interface entre le milieu aquatique et le milieu aérien constitue autant de supports
d?émergence et de zones d?abri favorables au développement larvaires des odonates. La coupe
de quelques arbres pourrait permettre d?ouvrir un peu le site, afin de favoriser le
développement de la végétation, notamment, sur la partie de berges en pente douce.
La mare 12 se trouve le long du ruisseau de Saint-Martin, sur la commune de Saint-Brice. Elle
s?étend sur environ 1 000 m². Les berges très abruptes sur plus de 75 % de son périmètre
accueillent une végétation de rive arborescente. Comme précédemment, aucune végétation
aquatique ou semi-aquatique n?a été relevée sur ce site, relativement fermé. Mais, compte
tenu de la surface en eau, ce dernier reste nettement plus ensoleillé que le précédent. Là
encore quelques trouées, réalisées au niveau des zones de berges en pente plus douce
pourraient permettre le développement d?une végétation semi-aquatique intéressante.
Mare 2
Mare 12
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 27
La mare 16, située sur la commune de Beaumont-Pied-de-Boeuf, est alimentée par une zone de
source au niveau d?un bosquet. Elle bénéficie d?un exutoire qui permet d?alimenter une
seconde mare (mare 17). Des variations importantes de niveau d?eau et un assèchement
régulier des berges favorisent le développement de nombreux arbres à l?intérieur de la mare,
sur les berges en pente douce, et participent de manière importante à la fermeture de ce
milieu. Au moment des prospections, le propriétaire était en train d?effectuer une vidange de
la zone, afin de modifier le profil de la mare et pouvoir accueillir plus de poissons. Malgré les
échanges sur le terrain, il semblerait que les projets envisagés sur ce site restent d?actualité avec
un impact négatif sur la mare 16, mais certainement également sur la mare 17, avec un
enrichissement du milieu aquatique.
La mare 20, qui abrite 5 espèces de libellules, est localisée sur la commune de Bouère et se
trouve également au sein d?un petit boisement, en périphérie d?une zone artisanale entourée
de cultures. Le milieu aquatique est relativement profond. Malgré la présence de nombreux
arbres en haut de berge, la surface d?environ 1 500 m² permet de conserver une luminosité
importante et favorable au réchauffement de la masse d?eau. Les berges exondées découvrent
des réseaux racinaires denses, supports privilégiés pour les émergences de libellules. 22 exuvies
ont été collectées sur ce site. Aucune gestion ne semble être réalisée sur ce site qui se comble
progressivement. Une très légère intervention pour retirer une partie du bois mort permettrait
de ralentir ce phénomène. Un éventuel curage pourrait aussi être envisagé dans les 10 ans à
venir.
Mare 16
Mare 20
Les mares 21 et 22 se trouvent toutes les 2 sur la commune du Buret. La mare 21 a été créée à
l?origine pour constituer une réserve d?eau. Cette dernière ne semble plus être utilisée pour
l?irrigation, mais sert comme zone de pêche. Elle est relativement récente et entourée d?une
digue. Elle est bordée dans sa partie sud par une haie, qui crée une ombre portée sur environ
40 % de la surface en eau libre. Les berges enregistrent des pentes relativement abruptes sur
presque tout le périmètre laissant apparaitre les réseaux racinaires des arbres installés en haut
de berge. La présence de végétaux aquatiques et semi-aquatiques a été relevée sur des secteurs
de berge déstructurés ou sur quelques touradons.
La mare 22, quant à elle, s?est mise en place à partir d?une dépression créée au sein d?une
prairie humide. Elle capte ainsi une part importante des eaux de ruissellement. Sa surface est
d?environ 200 m², intégrant des zones de végétation flottante qui se développent entre les
touradons. Un saule occupe une partie de la face ouest de cette mare et crée une zone
d?ombre relativement importante. La gestion exercée sur la végétation autour de ce site
semble favorable au maintien des habitats en présence. Lors des prospections, la lame d?eau
était relativement peu épaisse et la végétation couvrait 100 % de la surface en eau libre.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 28
Dans un contexte général de culture, ces 2 mares proches localisées dans des prairies humides
constituent des zones de refuge pour les odonates, mais également pour l?ensemble de la
faune à l?échelle du secteur.
Mare 21
Mare 22
La mare 23 s?étend sur environ 300 m², pour une profondeur estimée entre 20 et 150 cm. Elle
se trouve dans des contextes de prairie pâturée, présente un régime permanent et une forte
turbidité. Ses berges enregistrent une pente douce sur plus de 75 % de son périmètre et aucun
arbre ne s?y développe. Toutefois, elle bénéficie d?une ombre portée, en fin de journée, due à
la présence d?une haie. Cette mare est partiellement impactée par le piétinement des bovins,
malgré la présence d?une clôture. La proximité des bovins et leur stationnement potentiel dans
l?emprise de la mare sont sources de pollution. Une protection plus efficace pourrait permettre
de retrouver une eau de meilleure qualité et limiter la vitesse de comblement.
Mare 23
Les mares 8 et 9, en situation d?assec au moment des prospections, ne sont pas dépourvues
d?intérêt. Situées sur la commune de Bouessay, dans des prairies humides pâturées, elles
constituent des sources d?eau libre indispensable à l?ensemble de la faune locale. La mare 8
s?étend sur une surface inférieure à 100 m². Elle se trouve le long du ruisseau 12, identifié
comme secteur potentiellement favorable à l?Agrion de Mercure. Cette mare peut constituer
une zone de repli et de chasse pour les libellules. La végétation, qui se développe sur le fond,
témoigne d?une humidité relativement importante et d?un assèchement récent du site.
La mare 9 présente une surface un peu plus importante, de l?ordre de 250 m². Essentiellement
alimentée par les eaux de pluie, son assèchement a été rapide. Cette mare semble relativement
récente et particulièrement soumise à l?évaporation. Les berges en pente douce sont très
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 29
impactées par le piétinement des bovins, qui participe à leur déstructuration et limite le
développement de la végétation semi-aquatique. La mise en place d?une clôture pourrait
permettre d?assurer la pérennité de cette mare, tout en gardant une zone d?abreuvement
dédiée.
Mare 8
Mare 9
Description des stations à faible potentiel d?accueil
Les mares 6 et 14 présentent des caractéristiques physiques très similaires, avec des surfaces en
eau proches de 800 m², des profondeurs maximales supérieures à 150 cm, un régime d?eau
permanent et une forte turbidité. Les rives sont végétalisées avec la présence d?une strate
arborescente relativement dense, qui favorise un milieu très ombragé et l?absence de
végétation aquatique ou semi-aquatique. La mare 6 présente des berges abruptes sur 75 % de
son périmètre et se trouve dans un contexte de prairie au sein d?un petit boisement. La mare
14, en revanche, a des berges en pente douce sur 75 % de son périmètre et se trouve dans un
contexte de prairie pâturée. Elle semble présenter des variations rapides de niveau d?eau
favorisant le dépôt de vase sur les berges sans qu?une strate de végétation semi-aquatique ne
puisse s?installer. Cette mare se comble progressivement. Un léger curage pourrait être
envisagé, mais il doit être accompagné d?un meilleur contrôle des variations de niveau d?eau,
voire des sources de pollution locales liées à la présence de bovins.
Mare 6
Mare 14
La mare 15 a une surface d?environ 300 m², pour une profondeur estimée entre 20 et 150 cm.
Elle se trouve entourée de prairies de fauche, présente un régime permanent et une forte
turbidité. Seules 25 % de ses berges enregistrent une pente douce. La végétation rivulaire,
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 30
constituée principalement d?espèces ligneuses, occupe près de 90 % du périmètre et apporte
un ombrage important. Cette mare est impactée par le piétinement des bovins sur les berges,
qui pourrait être limité par la mise en place d?une clôture. Le stationnement potentiel des
bovins dans l?emprise de la mare peut également constituer une source de pollution
responsable de la turbidité de l?eau, de l?enrichissement du milieu aquatique et d?un
comblement précoce. Une protection plus efficace pourrait permettre de retrouver une eau de
meilleure qualité et limiter cette vitesse de comblement. Une action sur la végétation de berges
permettrait également de favoriser un milieu plus ouvert avec un éclairage plus important de
la masse d?eau, afin de privilégier une meilleure dégradation des matières végétales.
Mare 15
La mare 4, en situation d?assec au moment des prospections, semble avoir un problème
d?alimentation qui n?est pas lié directement au phénomène de sécheresse enregistré en 2019.
Cette mare, d?une surface totale d?environ 900 m², se trouve sur la commune de Saint-Brice.
Localisée dans une dépression et alimentée principalement par la pluviométrie et un fossé, elle
est colonisée par des espèces ligneuses et buissonnantes, qui participent de manière importante
à la fermeture du site. Les berges sont, d?une manière globale, relativement abruptes et la
profondeur maximale atteint environ 150 cm. Aucune végétation caractéristique des milieux
humides n?a été relevée. Ce site mériterait, en tout premier lieu, la restauration de son
alimentation en eau, accompagnée d?un entretien de la végétation en place.
Mare 4
La mare 10, d?une surface d?environ 250 m² résulte de l?extraction de matériaux pour la
construction. En l?absence de pompage, le site s?est ennoyé, alimenté par les eaux de
ruissellement, et de possibles résurgences. Les berges relativement abruptes restent nues de
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 31
toute végétation. A terme cette mare devrait disparaitre au profit de parcelles dédiées au
pâturage. En l?état, son potentiel d?accueil pour les libellules est limité. Elle constitue seulement
une zone de chasse et d?alimentation. Compte tenu de la pérennité de ce site et des
obsevations réalisées au cours des évaluations de terrain, aucune proposition de gestion n?a
été formulée.
Mare 10
Analyses des menaces identifiées et propositions de gestion
D?une manière générale, sur l?ensemble des 23 sites prospectés, la présence du ragondin,
espèce invasive responsable de dégâts sur les berges et la végétation aquatique ou rivulaire, a
pu être constatée. De la même manière de nombreuses mares sont empoissonnées, soit de
manière volontaire par dépôt de jeunes poissons de la main de l?homme, soit de manière
naturelle lorsque les mares se trouvent proches des cours d?eau et qu?une crue peut favoriser le
déplacement d?espèces vers ces dernières. Dans un contexte d?élevage, les mares constituent
des zones dédiées à l?abreuvement du bétail. Le pâturage, exercé sur les berges, participe au
maintien de milieux ouverts. En revanche, le piétinement trop intense des berges et le
stationnement des animaux dans les mares sont sources de pollution locale (matière fécale,
particules en suspension, ?) et induisent un comblement précoce des sites. L?abandon des
pratiques de gestion exercées sur la végétation des berges et l?eutrophisation des milieux sont
2 facteurs responsables de l?envasement des mares, induisant un atterrissement rapide et
prématuré de ces milieux (fig. 17). La plupart du temps, ce sont les effets cumulés de plusieurs
facteurs négatifs qui entrainent la disparition de ces milieux à la fois fragiles et isolés.
Figure 17 : Proportion de chacune des menaces relevées sur les stations.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 32
En ce qui concerne les mesures de gestion proposées, en réponse aux différentes menaces
enregistrées, la plupart du temps il s?agit de lutter contre la présence du ragondin, qui participe
à la destruction des berges, impacte la végétation semi-aquatique et la qualité de l?eau
(fig. 18). Dans 20 % des cas sur le territoire d?étude, les mares sont utilisées comme réserve
d?eau pour les poissons. En fonction de leurs surfaces, cette pratique n?est pas toujours adaptée
ni à l?écologie des poissons, qui demandent une certaine oxygénation des milieux, ni au
maintien des espèces locales, qui vivent naturellement dans ces mares. Sur certains sites, la
pose d?une clôture peut permettre de protéger les berges et limiter la pénétration des bovins
dans les mares. Sur d?autres, la création de trouées au sein de la végétation arborescente
installée en haut de berge, permettra de favoriser le développement de strates herbacées sur
ces berges ainsi que le réchauffement et l?oxygénation de la masse d?eau. Pour les secteurs, très
eutrophes, qui enregistrent le développement d?une végétation dense à la surface de l?eau,
voire parfois la présence d?algues et de lentilles, il convient de réduire au maximum les sources
de pollution locale. Des curages plus ou moins sévères peuvent également être proposés, afin
de restaurer une lame d?eau plus importante et favoriser une meilleure décomposition des
matières végétales produites.
Figure 18 : Mesures de gestion et d?entretien proposées pour l?amélioration des milieux stagnants
en faveur des libellules.
Eléments complémentaires apportés par le suivi des mares
En plus de l?identification directe des odonates sur les secteurs prospectés, une collecte
systématique des exuvies a été réalisée, afin de déterminer le caractère autochtone des espèces
observées et d?augmenter la probabilité de contacter les espèces rares. Ainsi, 1 056 exuvies ont
été échantillonnées sur 4 stations réparties sur les 4 communes de Ballée, Bouère, Epineux-le-
Seguin et Préaux. L?analyse des critères morphologiques permet d?identifier 6 espèces au statut
de reproduction avéré (n=673 exuvies) : l?Aeschne affine (Aeshna affinis), l?Aeschne mixte
(Aeshna mixta), l?Anax empereur (Anax imperator), le Leste vert (Chalcolestes viridis), la
Libellule écarlate (Crocothemis erythraea) et le Sympétrum de Fonscolombe (Sympetrum
fonscolombii). Quelques exuvies, appartenant au genre Sympetrum, n?ont pas permis de
détermination jusqu?à l?espèce (n=234 exuvies), mais jusqu?à un binôme d?espèces non
dissociable à partir de l?étude des exuvies. Le premier groupe d?espèces est constitué du
Sympétrum strié (Sympetrym striolatum) et du Sympétrum méridional (Sympetrum
meridionale) et le second regroupe le Sympétrum sanguin (Sympetrum sanguineum) et le
Sympétrum méridional (Sympetrum méridionale). Les 149 dernières exuvies appartiennent à la
famille des Coenagrionidés (n=114), des Lestidés (n=15), des Libellulidés du genre Sympétrum
(n=10) et 10 exuvies concernent des zygoptères indéterminés. Pour la famille des
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 33
Coenagrionidés, seules quelques espèces sont déterminables. 2 méthodes complémentaires
peuvent alors être utilisées, afin de confirmer l?autochtonie des espèces : soit un individu
émergeant est observé à proximité de l?exuvie, soit il faut procéder à l?élevage de larves afin
d?observer l?individu adulte résultant de la transformation. Dans ce second cas, cela implique
le succès du développement larvaire et de son émergence en captivité (Doucet, 2016). Ces 2
méthodes, trop invasives, n?ont pas été utilisées au cours de cette étude. Pour les autres
exuvies, il s?agit d?échantillons incomplets ou trop endommagés pour une analyse complète
des différentes pièces anatomiques.
Espèces
Nombre
d?exuvies
n° de
station
Commune Lieu-dit
Aeschne affine
Aeshna affinis
1 5 Bouère La Troterie
Aeschne affine
Aeshna affinis
1 19 Epineux-le-Seguin Le Domaine
Aeschne mixte
Aeshna mixta
1 19 Epineux-le-Seguin Le Domaine
Agrion indéterminé
Coenagrion sp.
114 18 Préaux La petite Lande
Anax empereur
Anax imperator
1 18 Préaux La petite Lande
Leste vert
Chalcolestes viridis
589 5 Bouère La Troterie
Leste vert
Chalcolestes viridis
11 18 Préaux La petite Lande
Leste vert
Chalcolestes viridis
46 19 Epineux-le-Seguin Le Domaine
Leste vert
Chalcolestes viridis
6 20 Ballée La Renardière
Leste indéterminés
Lestes sp.
6 18 Préaux La petite Lande
Leste indéterminés
Lestes sp.
4 19 Epineux-le-Seguin Le Domaine
Leste indéterminés
Lestes sp.
5 20 Ballée La Renardière
Libellule écarlate
Crocothemis erythraea
1 18 Préaux La petite Lande
Sympétrum de Fonscolombe
Sympetrum fonscolombii
14 18 Préaux La petite Lande
Sympétrum de Fonscolombe
Sympetrum fonscolombii
2 19 Epineux-le-Seguin Le Domaine
Sympétrum strié/méridional
Sympetrum strtiolatum/meridionale
12 5 Bouère La Troterie
Sympétrum strié/méridional
Sympetrum strtiolatum/meridionale
14 19 Epineux-le-Seguin Le Domaine
Sympétrum strié/méridional
Sympetrum strtiolatum/meridionale
195 19 Epineux-le-Seguin Le Domaine
Sympétrum strié/méridional
Sympetrum strtiolatum/meridionale
10 20 Ballée La Renardière
Sympétrum sanguin/méridional
Sympetrum sanguineum/meridionale
3 5 Bouère La Troterie
Sympétrum indéterminés
Sympetrum sp.
10 19 Epineux-le-Seguin Le Domaine
Zygoptères indéterminés 1 5 Bouère La Troterie
Zygoptères indéterminés 7 18 Préaux La petite Lande
Zygoptères indéterminés 1 19 Epineux-le-Seguin Le Domaine
Zygoptères indéterminés 1 20 Ballée La Renardière
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 34
4.3. Autres espèces découvertes dans le cadre de l?étude
En plus des espèces recherchées, tous les odonates contactés sur chaque secteur de cours d?eau
et de mare ont été identifiés, sexés et pour chaque espèce les effectifs ont été dénombrés.
Ainsi, 27 espèces ont été observées sur les 11 communes prospectées en 2019. 11 espèces ont
été recensées sur les cours d?eau et 25 sur les mares. Parmi elles, seul l?Agrion de Mercure
bénéficie d?une protection réglementaire nationale. En revanche, 2 espèces sont reprises parmi
les espèces déterminantes de Znieff pour la région des Pays de la Loire. Il s?agit du Leste fiancé
(Lestes sponsa) et du Cordulégastre annelé (Cordulegaster boltonii).
Mares Cours d?eau
Aeschne bleue (Aeshna cyaenea) Agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes)
Aeschne mixte (Aeshna mixta) Agrion élégant (Ischnura elegans)
Agrion à larges pattes (Platycnemis pennipes) Agrion jouvencelle (Coenagrion puella)
Agrion élégant (Ischnura elegans) Agrion mignon (Coenagrion scitulum)
Agrion jouvencelle (Coenagrion puella) Caloptéryx éclatant (Calopteryx splendens)
Agrion porte-coupe (Enallagma cyathigerum) Caloptéryx vierge (Calopteryx virgo)
Anax empereur (Anax imperator) Cordulégastre annelé (Cordulegster boltonii)
Caloptéryx vierge (Calopteryx virgo) Leste vert (Chalcolestes viridis)
Chlorocordulie métallique (Somatochlora metallica) Orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum)
Cordulégastre annelé (Cordulegster boltonii) Sympétrum méridional (Sympetrum meridionale)
Leste fiancé (Lestes sponsa) Sympétrum rouge-sang (Sympetrum sanguineum)
Leste sauvage (Lestes barbarus)
Leste vert (Chalcolestes viridis)
Libellule déprimée (Libellula depressa)
Libellule écarlate (Crocothemis erythraea)
Libellule fauve (Libellula fulva)
Naïade aux yeux bleus (Erythromma lindenii)
Orthétrum à stylets blancs (Orthetrum albistylum)
Orthétrum bleuissant (Orthetrum coerulescens)
Orthétrum brun (Orthetrum brunneum)
Orthétrum réticulé (Orthetrum cancellatum)
Petite Nymphe au corps de feu (Pyrrhosoma nymphula)
Sympétrum méridional (Sympetrum meridionale)
Sympétrum rouge-sang (Sympetrum sanguineum)
Sympétrum strié (Sympetrum striolatum)
Toutes les données collectées (n=159) dans le cadre de cette étude, qu?elles concernent les 3
espèces recherchées ou l?ensemble des espèces accompagnatrices, sont saisies sur la base de
données Faune-Maine (www.faune-maine.org), afin d?être valorisées au travers de
l?élaboration d?un atlas des odonates du département de la Mayenne, en cours de réalisation
par Mayenne Nature Environnement (annexe 3). Elles participent également à une meilleure
connaissance de la biodiversité des territoires et permettent une analyse plus fine des situations
locales. Ces données et les recommandations de gestion et d?aménagement formulées ont
vocation à être intégrées dans les documents de planification et d?aménagement des
territoires.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 35
5. Conclusion
Au cours de cette deuxième année d?étude, 11 communes supplémentaires ont été prospectées
sur les 35 communes mayennaises sélectionnées à l?échelle du bassin versant de la Sarthe aval.
Elles s?ajoutent aux 16 communes suivies en 2018. Sur chacune d?entre elles les 3 espèces de
libellules patrimoniales, identifiées dans le cadre du plan régional d?actions en faveur des
odonates : l?Agrion de Mercure, l?Agrion gracieux et le Leste dryade, ont été spécifiquement
recherchées. Pour cela, 15 secteurs de cours d?eau et 23 secteurs de mares ont été
présélectionnés.
1 nouvelle station de présence de l?Agrion de Mercure a été découverte sur la commune du
Buret, avec 5 individus mâles recensés. Son autochtonie n?a pas pu être établie, puisqu?aucun
comportement reproducteur n?a été observé sur ce site. En revanche, le Cordulégastre annelé
et le Caloptéryx vierge, 2 espèces appartenant au même cortège que l?Agrion de Mercure ont
également été identifiées sur la zone. De plus, une mare créée le long du cours d?eau permet
d?accueillir l?espèce et constitue une zone de chasse et de refuge parfaitement adaptée. L?état
de conservation de cette station a été qualifié de BON, selon la grille d?évaluation établie par
Dodelin en 2005 et adaptée à l?évolution de la réglementation, afin de prendre en compte
notamment la mise en place de zones de non traitement le long des cours d?eau. En effet, ces
bandes enherbées permettent à l?Agrion de Mercure, qui ne s?éloigne que très peu de sa zone
de reproduction, de pouvoir s?alimenter. L?analyse générale des différentes stations a permis
de mettre en évidence 2 principales menaces à l?origine de la disparition des habitats
favorables à cette espèce. Il s?agit de l?abandon des pratiques de gestion exercées sur la
végétation des berges des cours d?eau et de l?assèchement de nombreuses portions de cours
d?eau sur des périodes de plus en plus longues. Les conditions de milieux se trouvent ainsi
fortement modifiées, ne correspondant plus aux preferendum des espèces initialement
présentes. Ainsi, des préconisations de gestion et d?entretien des milieux ont été formulées
pour chacune des 15 stations de cours d?eau prospectées, dans le but d?améliorer ces milieux
en faveur de l?Agrion de Mercure. Elles concernent le maintien de meilleurs débits d?étiage et
une gestion plus régulière de la végétation des berges afin de favoriser la mise en place de
milieux plus ouverts, propices à la présence de végétaux à tiges creuses, nécessaires à la
reproduction de l?Agrion de Mercure. Aucune observation n?a été réalisée sur la seule station
historique de présence de l?espèce sur le secteur suivi en 2019.
Concernant les secteurs de mares et d?étangs, aucune station n?a permis de mettre en évidence
la présence de l?Agrion gracieux ou du Leste dryade. Sur les 23 stations étudiées, 7 d?entre elles
présentent un fort potentiel d?accueil pour les libellules de manière générale, 11 présentent un
potentiel moyen et les 5 dernières un potentiel faible. Les principales menaces identifiées pour
ce type de milieux résident dans la présence d?espèces exotiques envahissantes, comme
principalement le ragondin, la présence de poissons, une trop faible alimentation en eau,
l?abandon des pratiques de gestion de la végétation des berges et l?eutrophisation des milieux.
L?ensemble de ces facteurs, dont les effets peuvent être cumulatifs, induit une fermeture, un
atterrissement, un comblement ou un envasement de ces milieux souvent en déprise,
particulièrement fragiles et isolés. Comme précédemment, des mesures de gestion et
d?entretien ont été proposées selon les contextes, telles que la restauration des pratiques de
gestion de la végétation des berges ou encore l?identification et la diminution des sources de
pollution locales. La lutte contre les espèces exotiques envahissantes est fortement
recommandée. Une mise en défend de certains sites, pour limiter l?impact négatif des bovins, a
également été proposée, de la même manière que la création de trouées au sein de la
végétation de berge pour favoriser la réouverture des milieux.
L?étude des 1 056 exuvies collectées a permis d?apporter des informations complémentaires sur
le statut reproducteur de 6 espèces : l?Aeschne affine, l?Aeschne mixte, l?Anax empereur, le
Leste vert, la Libellule écarlate et le Sympétrum de Fonscolombe. La période de sécheresse
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 36
enregistrée en 2019, a eu un impact négatif sur plusieurs secteurs de mares, qui étaient en
situation d?assec au moment des prospections.
Au total 27 espèces de libellules ont été contactées dans le cadre des suivis réalisés en 2019,
soit près de la moitié des espèces connues sur le département de la Mayenne. Parmi elles,
l?Agrion de Mercure protégé au niveau national et 2 espèces déterminantes de Znieff pour la
région des Pays de la Loire : le Leste fiancé et le Cordulégastre annelé. 159 données ont été
saisies sur la base de données en ligne.
Toutes les propositions de gestion et d?entretien formulées requièrent l?adhésion des
propriétaires des parcelles et des exploitants agricoles, qui voudront bien les mettre en oeuvre
de manière volontaire. La sensibilisation et les échanges avec les acteurs locaux, prend ainsi
tout son sens. L?objectif, à terme, n?est pas d?ajouter une mesure de gestion supplémentaire et
contraignante, mais de convaincre les gestionnaires du territoire du bienfondé de ces mesures
sur la biodiversité et plus spécifiquement sur certaines espèces protégées, mais également sur
les paysages et la ressource en eau. Il apparait évident que la présence actuelle de l?Agrion de
Mercure sur certaines stations résulte des mesures de gestion pratiquées de longue date par les
exploitants agricoles soucieux de l?entretien de leurs parcelles, et de l?approvisionnement en
eau nécessaire au pâturage. Il est donc important de préserver ces milieux aquatiques, leur
alimentation, et d?entretenir la végétation des berges pour limiter la fermeture des milieux et
permettre au bétail d?avoir accès à l?eau sans pour autant autoriser leur stationnement dans les
cours d?eau ou les mares, afin de maintenir une bonne qualité de la ressource. Des
aménagements spécifiques peuvent être réalisés afin de concilier tous les usages.
Le SRCE des Pays de la Loire a identifié l?Erve et la Vaiges comme des éléments structurants sur
lesquels reposent des objectifs d?amélioration des continuités écologiques. L?ensemble des
affluents de ces 2 cours d?eau sont également repris comme corridors écologiques potentiels.
Cette deuxième année de suivi, réalisée grâce au soutien financier de la DREAL des Pays de la
Loire, a permis de recenser de nombreuses informations tant sur les espèces de libellules
initialement ciblées, que sur l?évolution des pratiques de gestion appliquées aux milieux. 8
communes du territoire présélectionné restent à prospecter en 2020, dernière année de
prospection sur le territoire du bassin de la Sarthe aval. Au terme de cette dernière année, une
restitution globale sera proposée à l?ensemble des financeurs et acteurs du territoire.
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE - 2019 37
Bibliographie
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 38
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Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE - 2019 41
Annexes
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE - 2019 42
Annexe 1
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 43
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 44
Annexe 2
Fiche descriptive « Mares »
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 45
Fiche descriptive « Cours d?eau «
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 46
Annexe 3
Données brutes collectées dans le cadre de l?étude
Nom espèce Nombre de données Effectifs contactés
Aeschne bleue
Aeshna cyanea
3 5
Aeschne mixte
Aeshna mixta
1 5
Agrion de Mercure
Coenagrion mercuriale
17 5
Agrion jouvencelle
Coenagrion puella
3 7
Agrion mignon
Coenagrion scitullum
2 4
Anax empereur
Anax imperator
2 3
Caloptéryx éclatant
Calopteryx splendens
1 1
Caloptéryx vierge
Calopteryx virgo
3 12
Cériagrion délicat
Ceriagrion tenellum
1 2
Chlorocordulie métallique
Somatochlora metallica
2 2
Cordulégastre annelé
Cordulegaster boltonii
7 13
Gomphe à pinces
Onychogomphus forcipatus
1 1
Ischnure élégante
Ischnura elegans
11 36
Leste barbare
Lestes barbarus
7 58
Leste fiancé
Lestes sponsa
1 1
Leste verdoyant
Lestes virens
1 2
Leste vert
Chalcolestes viridis
16 145
Libellule écarlate
Crocothemis erythraea
1 1
Libellule fauve
Libellula fulva
2 4
Naïade aux yeux bleus
Erythromma lindenii
1 4
Orthétrum à stylets blancs
Orthetrum albistylum
2 6
Orthétrum bleuissant
Orthetrum coerulescens
1 1
Orthétrum brun
Orthetrum brunneum
1 1
Orthétrum réticulé
Orthetrum cancellatum
4 8
Contribution à la préservation d?odonates patrimoniaux sur le bassin versant de la Sarthe aval en Mayenne ? MNE ? 2019 47
Nom espèce Nombre de données Effectifs contactés
Pennipatte bleuâtre
Platycnemis pennipes
12 47
Pennipatte orangé
Platycnemis acutipennis
1 3
Petite Nymphe au corps de feu
Pyrrhosoma nymphula
1 2
Portecoupe holarctique
Enallagma cyathigerum
3 24
Sympétrum méridional
Sympetrum meridionale
3 17
Sympétrum sanguin
Sympetrum sanguineum
16 50
Sympétrum strié
Sympetrum striolatum
2 8
Total général 129 478