Accompagnement technique et scientifique sur la flore invasive et les milieux naturels, en appui à l'animation du Réseau régional « espèces exotiques envahissantes » par le CEN des Pays de la Loire : Bilan d'activité CBN de Brest sur l'année 2019, perspectives 2020

Auteur moral
Conservatoire botanique (Brest, Finistère)
Auteur secondaire
Résumé
<div style="text-align: justify;">Bilan d'activité du CBN de Brest sur l'année 2019, perspectives 2020 concernant l'accompagnement technique et scientifique sur la flore invasive et les milieux naturels.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
milieu naturel ; flore
Descripteur écoplanete
espèce invasive ; biodiversité
Thème
Environnement - Nature ; Nature
Texte intégral
Accompagnement technique et scientifique sur la flore invasive et les milieux naturels, en appui à l?animation du Réseau régionale « espèces exotiques envahissantes » par le CEN des Pays de la Loire : Bilan d?activité CBN de Brest sur l?année 2019, perspectives 2020 Mai 2020 2 3 1. Bilan d?activité CBN de Brest sur l?année 2019 En 2019, le CBN de Brest, antenne Pays de la Loire a mené une mission d?assistance scientifique et technique auprès du CEN Pays de la Loire, dans son animation du réseau régional « Espèce exotiques envahissante », dont il a repris le plein pilotage à partir de janvier 2016, après une année de co- animation avec la DREAL des Pays de la Loire. a. Rôle d?expert Flore invasive et végétations dans la préparation de réunions d?information à destination des acteurs de la gestion des EEE. Nous avons apporté notre expertise en matière de connaissance de la biologie des EEE, de milieux naturels, de gestion et de mise en valeur des données dans le cadre de journées de formation: ? Journée de formation centrale thermique de Cordemais, le 22/05/2019 : Le CBN de Brest a réalisé une présentation sur les PEE (Définitions, reconnaissance, gestion) à destination des agents techniques chargés de la gestion des dépendances de la centrale thermique de Cordemais. Le support de formation est fourni séparément à ce bilan d?activités. ? Journée de rencontre dans le cadre du Réseau régional Espèces exotiques envahissantes en Mayenne le 09/10/2019 : Préparation d?une présentation sur l?Etat des lieux des PEE en Mayenne et les enjeux associés. Présentation de cas concrets. Propositions et échange sur les grandes orientations pour une stratégie de gestion des PEE en Mayenne. Le support de formation est fourni séparément à ce bilan d?activités. b. Accompagnement technique et scientifique auprès de divers gestionnaires dans le cadre du dispositif « détection précoce et réaction rapide » (principaux dossiers suivis) : Pour l?ensemble des dates auxquelles le CBN de Brest a répondu à l?appel du CEN pour une expertise Flore/habitats, se référer à l?outil de reporting fourni par le CEN. Dans le cadre de cet accompagnement, signalons le rôle du réseau de botanistes correspondants du CBN de Brest, qui a été à l?origine des premiers signalements sur près des deux tiers des dossiers suivis en détection précoce (chiffre actualisé 2019). Cela souligne la vigilance et la compétence de ce réseau constitué en grande partie de bénévoles, aptes à détecter les EEE à des stades de colonisation très précoces. Nous espérons que les premières formations dispensées au réseau EEE en Pays de la Loire permettront de rendre la détection encore plus efficace. 4 i. Suivi de dossiers initiés en 2016 Crassula helmsii à Gétigné (44) et sur le bassin de la Moine et de la Sèvre nantaise : Voir les éléments précis sur outil de reporting du CEN. Le CBNB a une nouvelle fois participé à la surveillance du bief le plus exposé lors d?une prospection en canoë le 28/08/2019 avec le CEN et l?EPTB de la Sèvre nantaise qui réalisera dorénavant cette prospection annuelle en autonomie. Cela a permis de retrouver une seule des 3 stations traitées en 2018, pour une surface totale inférieure à 1m2, ce qui confirme l?utilité de cette prospection. Il est permis d?espérer une éradication complète de la crassule sur l?aval de la Sèvre nantaise d?ici quelques années. Crassula helmsii à Venansault (85) : Les Etangs de la Boursière et le ruisseau du Guyon ainsi que l?Ornay près de la confluence (Pont de Naillers), sont concernés. Nous n?avons pas pu, encore cette année, surveiller la progression de la Crassule sur ce. Le contact à la Roche-sur-Yon agglomération est maintenant Théophane You. Des échanges préalables ont eu lieu pour réfléchir à une stratégie de gestion PEE sur le territoire de la Roche Agglomération à partir de 2020. Crassula helmsii de Helms à Tougas sur la Commune de Saint-Herblain (44) : Le 09/04/2019, une prospection de la zone en aval du site a été menée pour vérifier l?absence de Crassule (Zone humide + Etiers et fossés baignés par les eaux de la Loire) : RAS mais découverte plus tard au printemps (17/05/2019 lors du Comité technique sur place) de quelques boutures sur l?étier juste en regard de l?exutoire du bassin d?orage colonisé. Après arrachage minutieux, nous n?y avons rien retrouvé lors d?une nouvelle prospection le 29/08/2019, ni en aval. Une vigilance extrême doit être maintenue et l?étanchéité des systèmes de confinement doit être assurée pour éviter les nouveaux départs de bouture, d?autant que les bassins atteignent plus fréquemment leur cote de débordement depuis le rétablissement de la connexion aux eaux pluviales de l?ancienne décharge et l?imperméabilisation accrue liée au parc photovoltaïque installé sur le plateau. ii. Suivi de dossiers initiés en 2017 ? Helianthus tuberosus (type invasif sauvage du Topinambour) découvert sur Cale de « San Francisco » à Nantes-44 (premier foyer régional): Pour rappel, une Rencontre CEN+VNF+CBNB avait eu lieu sur le terrain le 01/09/2017 avec préconisation de gestion (double fauche avant tubérisation, à répéter sur 2-3 ans), afin d?éviter l?expansion et la dissémination des tubercules par les crues. Les mesures de gestion avaient été mises en oeuvre dès 2018 et nous avions pu constater une diminution de la densité de l?ordre de 90% après 1 5 an et une faible tubérisation. Lors d?une visite le vendredi 27/09/2019, nous avons pu constaté qu?aucune gestion n?avait été entreprise avec une reprise d?H.tuberosus dans des proportions moindres qu?en 2017 mais plus importantes qu?en 2018, et avec la découverte d?une petite population satellite quelques dizaines de mètres en aval. VNF a été informé et prévoit une intervention en octobre pour poursuivre la gestion par double fauche annuelle. ? Crassula helmsii sur le Tenu/Acheneau-44 : espèce émergente sur le BV, à proximité du lac de Grand-lieu Voir outil de reporting pour plus de détails. Un suivi mensuel de trois modalités de gestion a été entrepris sur le secteur le plus envahi, face au port de Saint-Mars (27/05, 27/06, 24/07, 26/08, 27/09). La gestion est pratiquée par un privé par tondeuse autoportée : nous avons testé l?absence totale de tonte, une tonte sur deux et une gestion par tonte rase inchangée. Les éléments de méthode et les premiers résultats font l?objet d?une note en Annexe 1 ? Crassula helmsii sur un bassin de la Place Napoléon, la Roche-s-Yon (85). : Suite à l?intervention menée le 25/10/2017, pas d?information en sur d?éventuelles repousses en 2018, mais en 2019, la plante a repoussé (10/06/2019) et était toujours présente le 28/09/2019. Contact à rétablir. ? Crassula helmsii sur la Chaize-le-Vicomte sur étangs sur cours d?eau (ruisseau du Marillet) : Visite de contrôle réalisée le 16/07/2019. Situation inchangée sur l?étang de la Grande Hardy, toujours très colonisé. La Crassule est partiellement contrôlée par la Jussie peploides qui est très présente cette année. Sur l?étang situé en amont, la plante n?est pas plus présente que l?an dernier, ni sur l?étang situé immédiatement en aval, où C.helmsii reste fortement concurrencée par Hypericum elodes, plante indigène. Le niveau trophique faible des eaux et la concurrence végétale pourrait expliquer cette moindre agressivité ? attention néanmoins aux assecs qui pourraient provoquer l?explosion de la Crassule sur les vases exondées pionnières. Une prospection fine a été réalisée sur 750m en aval de l?étang. La Crassule est arrivée en aval de l?étang, pour l'instant en petite quantité. Toutes les micro-stations ont été enlevées le jour même. En amont, quelques boutures sont enlevées dans une zone ombragée, très humide, présentant plusieurs embâcles de saules, ce qui n'a pas semblé suffisant pour empêcher la crassule d'aller plus bas. En effet, un tronçon est inquiétant : une zone ouverte située juste en aval du passage sous la voie ferrée. Elle est pâturée et le ruisseau n'est pas protégé ; il y a par ailleurs plusieurs traversées de bétail à gué. Il y a déjà un peu de Jussie dans cette partie du ruisseau et 10cm2 de Crassule ont été arrachés. En aval, un abreuvoir en dérivation du cours d'eau n'est pas encore colonisé mais très potentiel avec de la vase nue. A surveiller. La carte proposée en Annexe 2 résume la situation. 6 Nous avons ensuite renouvelé la surveillance du ruisseau du Marillet sur 3 points de contrôle où la plante n?a pas été observée : le Sénéchaud à la Chaize-le-vicomte (bassins donnant sur le Marillet tout près de la minoterie) / la Ménardière (secteur avec passage à gué de bestiaux) / la Clopinière (zone d'abreuvement sur ruisseau 50m en amont de la D36). Le ruisseau, à sec et les nombreux accès à l?eau pour le bétail rendent néanmoins ces points vulnérables à la Crassule. Enfin, la zone de frayère située en amont de la retenue du Marillet a été visitée sans trouver de Crassule. iii. Suivi de dossiers initiés en 2018 ? Crassula helmsii à la Cornuaille (49) : Sur signalement d?une correspondante botaniste du CBN de Brest le 08/11/2018, nous nous sommes rendus sur 3 plans d?eaux colonisés par la Crassule de Helms en compagnie du CEN Pays de la Loire, en présence du Maire délégué et des propriétaires, afin d?établir un premier diagnostic. Les niveaux d?eau élevés ne permettent pas de réaliser un diagnostic fin et il avait été convenu de reprendre des prospections sur le ruisseau du Croissel en 2019, ce qui a été fait le 13/06/2019. La crassule a été trouvée par patches dans un nouvel étang en aval du bourg, au nord du Mesnil, mais ne semble pas présent dans le ruisseau du Croissel : une contamination par introduction accidentelle ou par la faune est à envisager. ? Hydrocotyle ranunculoides à Beaumont-pied-de-Boeuf (72) : Suite à la rédaction d?un protocole d?intervention avec le CEN en Avril 2019, un suivi de chantier a pu être réalisé par le CBNB le 17/06/2019 en présence d?agents municipaux de Beaumont-pied-de- Boeuf et de la Communauté de communes Loi-Luce-Bercé, afin de s?assurer du respect des mesures de biosécurité lors du chantier d?enlèvement, le suivi ultérieur des repousses étant sous la responsabilité du CEN et des acteurs présents. Des éléments de communication ont également été fournis à la communauté de commune pour informer les riverains par le biais des publications d?information municipales. ? Amorpha fruticosa à Savennières (49) : En 2019, nous avons travaillé avec le CEN, le CPIE Loire-Anjou, la FDGDON Maine-et-Loire et les propriétaires M et Mme Delvalle pour proposer un protocole d?expérimentation de méthodes de gestion sur l?Amorpha, sur le petit Canal et le Château de Varenne. Sur le Château de Varenne, nous avons-nous-même testé 3 modalités de gestion : la méthode et les premiers résultats issus des mesures réalisées le 05/09/2019 sont consignés en Annexe 3. sur le Petit canal, les autres tests ont été menés par la FDGDON et le CPIE Loire-Anjou (techniques alternatives de dévitalisation en descente de sève : sel, lait caillé, lait, huile essentielle d?ail). 7 ? Asclepias syriaca à Machecoul (44) : Située sur les emprises ferroviaires de la SNCF, près d?un passage à niveau, une population d?une centaine de pieds d?Asclepiade avait été découverte en 2017 par une botaniste correspondance du CBN de Brest. Cette plante, inscrite sur la liste des EEE préoccupante pour l?UE, a donc fait l?objet d?une visite de terrain et d?une note de préconisation dont les plus urgentes (coupe et destruction des fructifications), ont été réalisées rapidement par le gestionnaire le 20/09/2018. En 2019, environ 60 pieds ont été arrachés le 09/07. En 2020 une évaluation de l?opération sera effectuée. iv. Nouveaux dossiers 2019 ? Hydrocotyle ranunculoides aux ponts-de-cé (49) : Suite au signalement, le 16/10/2019 d?un foyer de plus de 800m2 d?hydrocotyle fausse-renoncule par Arnaud Cochard du PNR Loire-anjou-touraine sur un plan d?eau situé sur les terrains du Décathlon des Ponts-de-cé (commune nouvelle de Loire-Authion), le CBN de Brest a enclenché le dispositif « détection précoce et réaction rapide » et sollicité le CEN pays de la Loire pour l?organisation d?une première rencontre terrain avec les services techniques de la commune, le Syndicat Mixte du Bassin de l'Authion et de ses Affluents et le découvreur. Suite à ce premier diagnostic, des mesures d?urgence sont envisagées d?ici la fin de l?année pour diminuer la pression de propagules et éviter le passage de la plante dans l?Authion, le plan d?eau étant en connexion quasi-directe. Ces mesures consisteront en des travaux de déconnexion du plan d?eau et d?arrachage manuel sur les plantes en phase aquatiques situées sur le ruisseau attenant et les plus susceptibles de dévaler en cas de crue, vers l?Authion. ? Crassule de helms à Quinquenavent - Machecoul (44) : La Crassule est maintenant très implantée dans le Marais Breton en Loire-Atlantique. Le SAH (Syndicat d?Aménagement Hydraulique du Sud-Loire), lance une réflexion sur des méthodes de gestion des PEE par la restauration des milieux. Ainsi, M.Edouard Boutet, agriculteur au lieu-dit Quinquenavent, a réalisé des pentes douces sur plusieurs centaines de mètres de douves, afin d?observer les effets sur la recolonisation végétale. Le CBN de brest a proposé la mise en place d?un suivi de la végétation basé sur l?étude de différentes modalités, par la méthode des lignes de points-contacts. Ce protocole sera mis en oeuvre, dans la mesure du possible, durant l?été 2020. Il est présenté en Annexe 4. 8 iii- Diverses demandes d?expertise ponctuelle (délai moyen de réponse : 3J): Date de la demande Demandeur Organisme Sujet Date de réponse 04/02/2019 Michel Couffin Formateur Photos d'une plante envahissante 04/02/2019 11/02/2019 Gwénola Kervingant ARCADIS Gestion séneçon du cap et Aster lancéolé suite à interrogation par la DDTM. 11/02/2019 15/03/2019 Pierre Chasseloup CPIE Loire-Anjou Gestion Buddleia sur plateforme Cheviré Carrières Charier. 21/03/2019 18/04/2019 Gérald Guédon Polleniz Indentification d'une espèce (Berce ou Panais) 18/04/2019 06/05/2019 Julie DESSEAUX DDT-Mayenne Suspicion berces du Caucase en Mayenne 06/05/2019 22/05/2019 Muriel Ribeyrolles EPTB Sèvre Nantaise Question sur liste espèces proposées pour replantation reprofilage/effacement d'ouvrage/abaissement niveaux d'eau Garenne Valentin à Clisson 22/05/2019 02/06/2019 Rodolphe Proucelle POLLENIZ Monocarpisme H.mantegazzianum + demande identification (H.maximum ?) 03/06/2019 12/09/2019 Laurane Greiner SEVE de Nantes Questionnements sur C.pendula et son invasivité 12/09/2019 22/10/2019 Ludovic Da Silva PNR de Brière Questionnement des agriculteurs sur les mélanges grainiers à semer à la volée après mise en pâturage. Question sur un mélange contenant Hierochloe odorata, espèce non indigène dans la région. 24/10/2019 04/10/2019 Jean-Patrice-Damien PNR de Brière Question sur l'invasivité de Xanthium spp. Suite à la découverte d'une station envahissante en Brière 05/10/2019 26/11/2019 AFB Gestion d'Azolla filiculoides 26/11/2019 9 2. Perspectives et programme d?actions 2020 En 2020, le CBNB apportera à nouveau un soutien particulier au CEN Pays de la Loire, en termes d?expertise sur la Flore invasive et les habitats naturels dans le cadre de l?accompagnement opérationnel des gestionnaires et collectivités pour la gestion des EEE, ainsi que sur l?information des structures par le biais de journées techniques et formations à destination de différents publics. L?accompagnement des structures relai sur les territoires sera aussi un axe d?action, notamment en ce qui concerne la mise en oeuvre de suivis de méthodes de gestion (Amorpha à Savennière?). La mise en place de suivis d?opérations de restauration (adoucissements de berges?) sera également lancée. Nous participerons enfin à la préparation de certains groupes de travail et supports diffusés par le réseau EEE Pays de la Loire (Modus operandi signalement EEE?) Ainsi, il est possible de replacer nos actions prévues dans les quatre axes de travail identifiés par le CEN dans sa proposition de « Plan d?actions opérationnel EEE » régional. Le tableau suivant fait donc état du programme d?action 2020 du CBNB en listant les axes et les actions proposées en appui à l?animation du CEN, avec le nombre de jours affectés à chaque axe : Nombre de jours (chargé(e) d?études) Axe 1 : Prévention de l?introduction et de la propagation des EEE Réflexions autour d?outils tels que le Modus operandi pour le signalement des EEE émergentes. 2 Axe 2 : Interventions de gestion des espèces et restauration des écosystèmes Réagir rapidement sur les espèces émergentes, suivre les démarches déjà engagées Traitement des nouveaux signalements dans le cadre du dispositif « détection précoce-réaction rapide », poursuite de la réalisation de pré-diagnostics de terrain, préalables à la constitution de comités techniques (diagnostics partagés). Poursuite de l?appui scientifique auprès du CEN sur les dossiers 2016 à 2019, dans la limite du temps imparti. 16 Accompagner méthodologiquement et techniquement des gestionnaires d?espace à la gestion des EEE (stratégies territoriales, expertise, plan d?actions?) Accompagnement scientifique, auprès du CEN et à sa demande, dans le cadre d?élaboration de stratégies de gestion sur des espèces largement installées (la Roche Agglo, CCVGL, Bassin versant Sèvre nantaise). 6 Gérer les invasions biologiques par la restauration des milieux Contribution à l?élaboration de protocoles d?expérimentation et de suivi des opérations de restauration de milieux. 4 10 Total chargé(e) d?études : 40 J. Gestion de projet : Coordinateur : 3 jours /Direction scientifique CBNB : 1 jour Axe 3 : Amélioration et mutualisation des connaissances Développer et promouvoir les bonnes pratiques pour la gestion des écosystèmes Assistance auprès du CEN Pays de la Loire et des maîtres d?ouvrages, pour relecture et contribution à la rédaction de fiches « retours d?expérience de gestion » à destination du CDR- EEE, sur les aspects scientifiques. Réponse à des demandes ponctuelles (cas simples : renvoi vers références existantes, expertise à distance), éventuellement mobilisation d?un groupe d?experts selon les cas. 3 3 Mieux connaître et comprendre les dynamiques d?invasions biologiques dans les écosystèmes pour mieux les gérer Contribution aux réflexions pour la co-construction d?un projet de programme de recherche (participation au groupe de travail), en particulier sur les conditions de résistance/résilience des milieux aux invasions biologiques. 1 Axe 4 : Communication, sensibilisation, mobilisation et formation Former les gestionnaires d?espaces, les acteurs socio-économiques, les structures d?éducation à l?environnement -Préparer et réaliser des formations sur la flore invasive : Définitions, enjeux, reconnaissance, biologie/écologie, répartition, bio-sécurité?) en complément des apports du CEN (approches, démarche) et d?autres acteurs (règlementation?). 5 11 Table des Annexes : Annexe 1 : Suivi de la dominance de la Crassule de Helms sur la végétation autochtone selon 3 modalités de gestion ? Lieu-dit la Charrie à Port-Saint-Père (bord du Tenu) Annexe 2 : Crassula helmsii sur le Marillet en aval de la Grange Hardy (la Chaize-le-Vicomte) le 16/07/2019 Annexe 3 : Amorpha fruticosa : étude de 2 modalités de gestion (+ témoin) au Château de Varenne : état initial 2019 Annexe 4 : Proposition de modalités et d?un protocole de suivi sur une berge de douve reprofilée en pente douce, colonisée par la Crassule de Helms et la Jussie faux-pourpier ? Quinquenavent, Machecoul, Loire-Atlantique 12 Annexe 1 : Suivi de la dominance de la Crassule de Helms sur la végétation autochtone selon 3 modalités de gestion ? Lieu-dit la Charrie à Port-Saint-Père (bord du Tenu) Le but de ce suivi est de définir quelle est la meilleure option de gestion pour limiter les phénomènes de compétition interspécifiques par la Crassule de Helms sur la végétation indigène, sur une zone faisant actuellement l?objet d?une tonte fréquente au bord du Tenu à Port-saint-Père, au lieu-dit la Charrie. On étudiera 3 modalités le long de 3 transects placés entre 6 piquets (au moins 3 suivis dans la saison) : -un témoin avec gestion inchangée (Modalité 1) -pas de fauche : on ne fauchera pas cette partie (Modalité 2) - une fauche sur deux : on ne tondra cette partie qu?une fois sur deux (Modalité 3) Les transects seront matérialisés par une cordelette tendue entre les piquets uniquement pendant la durée des suivis (2 heures environ) et enlevés aussitôt. Un passage (1 à 2 largeurs de coupe) sera conservé pour maintenir les usages, tout en alertant les usagers des risques de dispersion (notamment précaution pour le nettoyage des bottes?). Côté Tenu Côté rue : localisation des piquets 13 Méthode : 4 campagnes de mesures ont pu être réalisées. La méthode des points-contacts est utilisée pour chacune des 3 modalités (d?après Daget & Poissonnet, 1971). Un fil est tendu entre les deux piquets et les plantes qui touchent le fil sont notées tous les 20 cm. La contribution spécifique de chaque espèce est comparé d?une campagne de mesure à l?autre. La Contribution spécifique est définie comme le rapport de la fréquence spécifique à la somme totale des contacts de toutes les espèces recensées sur 100 points échantillonnés. Résultats : -Témoin avec gestion inchangée (Modalité 1) : -Pas de fauche (Modalité 2) : 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% Agrostis stolonifera Echinochloa crus-gallii Crassula helmsii Eleocharis acicularis Eleocharis palustris Polygonum hydropiper Salix atrocinerea 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45% 27/06/2019 27/07/2019 27/08/2019 27/09/2019 Agrostis stolonifera Echinochloa crus-gallii Crassula helmsii Eleocharis acicularis Eleocharis palustris Ludwigia peploides Polygonum hydropiper Lindernia dubia 14 - 1 fauche sur 2 (Modalité 3) : Pour les 3 modalités, la contribution spécifique de la Crassule de Helms décroît au cours de l?été dans les mêmes proportions. Pour le témoin et l?absence de tonte, une augmentation de la contribution spécifique est constatée à l?automne, dans les mêmes proportions, alors qu?elle continue de décroître, faiblement, dans la modalité « 1 tonte sur 2 ». Discussion : Notre hypothèse initiale d?un effet stimulant de la tonte fréquente sur le développement de la Crassule n?est pas vérifiée. L?effet de concurrence par la végétation indigène en cas d?absence de tonte n?est pas vérifié non plus. On constate que la fauche fréquente semble favoriser le tallage de l?Agrostis, plante vivace et stolonifère, et ne pénalise pas l?Echinochloa, annuel (contribution spécifique cumulée de 73% en fin de saison). L?absence de fauche semble favoriser nettement l?Echinochloa au détriment de l?Agrostis au fil de la saison, ces deux espèces ne totalisant qu?une contribution spécifique de 54% en fin de suivi. Avec une fauche sur deux, Echinochloa et Agrostis restent codominant tout au long du suivi (60 à 75% de contribution spécifique cumulée). La modalité témoin montrerait un effet de concurrence avec l?Agrostis, qui talle abondamment sous l?effet de la tonte fréquente et diminue ainsi la présence relative de la Crassule. L?absence de fauche ne permet pas l?expression de cette concurrence spatiale, mais la hauteur de l?Echinochloa prive la Crassule de lumière et son développement est limité, une concurrence s?opérant pour l?accès à cette ressource. Dans la modalité « 1 tonte sur 2 », le tallage de l?Agrostis n?est pas inhibé, et une concurrence pour la lumière peut être observée entre 2 tontes. Conclusion : Il faudrait confirmer sur 2020 l?effet de ces 3 modalités afin de choisir l?option de gestion la plus à même de limiter, tout au long de la saison, la dominance de la Crassule. 0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45% 50% 27/06/2019 27/07/2019 27/08/2019 27/09/2019 Agrostis stolonifera Crassula helmsii Eleocharis palustris Echinochloa crus-gallii Eleocharis acicularis Lindernia dubia 15 Annexe 2 : Crassula helmsii sur le Marillet en aval de la Grange Hardy (la Chaize-le-Vicomte) le 16/07/2019 6 micro-boutures enracinées 1 bouture 10 cm2 au pied d?une touffe de jonc diffus + présence L.peploides Buse de 30cm de diamètre Souille à sangliers 1 bouture peu enracinée 16 Annexe 3 : Amorpha fruticosa : étude de 2 modalités de gestion (+ témoin) au Château de Varenne : état initial 2019 Note réalisée par Fabien Dortel suite aux relevés de terrain du 05/09/2019 réalisés avec Amélie Boisteux, M. et Mme Delvalle. Contexte : Après sa découverte le 04/09/2018 par un conseiller en paysage travaillant pour le Château Varennes à Savennières (49), la présence envahissante d?Amorpha fruticosa sur la boire de Savennières a pu y être confirmée lors d?une visite de terrain réalisée le 28/09/2018 en compagnie d?E.Leheurteux du CEN Pays de la Loire. L?Amorpha a également été noté en aval sur le petit et le grand-Canal, un bras mort de la Loire ouvert sur le fleuve en aval lors des fortes crues. Le niveau d?envahissement sur le Château de Varenne est tel qu?il n?était pas envisageable d?effectuer une intervention sur l?ensemble de la population, d?autant que les références de gestion manquent cruellement sur cette espèce émergente. Pourtant, M. Delvalle réalise depuis quelques années une coupe rase des arbustes sur une partie de la boire mais ils rejettent chaque année de plus belle, même s?ils ne fleurissent pas. Ainsi, le CBN de Brest a réalisé un protocole permettant de tester 2 nouvelles modalités de gestion (+ témoin) sur une population n?ayant jamais fait l?objet de coupe auparavant, sur la partie amont de la boire, à l?Est de la propriété. Eléments de biologie : L?Amorpha est un arbuste à tendance basitone (développe chaque année des nouveaux rameaux à partir de la souche ou à partir de la base des rameaux). C?est également un arbuste à floraison estivale : la floraison a lieu sur les pousses de printemps. Sa dispersion est principalement le fait du transport de ses graines par l?eau en fin d?automne et, à plus courte distance, par l?expression possible d?une basitonie sous-terraine (drageonnement), et par marcottage de tiges couchées. Modalités étudiées : Les interventions ainsi que la prise de mesure de paramètres biologiques et biométriques ont été réalisées le 05/09/2019 (elles portent sur une trentaine d?arbustes pour chaque modalité). Modalité 1 : La taille rase, de type « recépage » induit la production de nombreux rejets depuis la base de l?arbuste et a pour conséquence de renforcer sa vigueur. On fait l?hypothèse que ces rejets ne fleuriront pas l?année suivante mais produiront à l?année n+2 un grand nombre d?inflorescences (d?après observation de la réaction des arbustes suite à une coupe par M.Delvalle). Ce type de taille répétée chaque année peut néanmoins aboutir à un épuisement de la plante, notamment si la taille est réalisée à deux reprises, avant la descente de sève (vers fin Août/septembre), alors que les glucides migrent des feuilles vers les racines, et juste après le débourrement printanier, en pleine montée de sève (mai) et alors que les glucides migrent des racines 17 vers les bourgeons. C?est cette hypothèse de perte de vigueur que nous souhaitons tester en appliquant cette modalité à une trentaine d?arbustes. Modalité 2 : nous avons également testé un écorçage partiel (95% de la circonférence des rameaux basaux, sans atteindre l?aubier) à la brosse métallique sous les premières ramifications, juste avant la descente de sève, associé à une coupe des extrémités portant les inflorescences (taille haute). On maintient la circulation de la sève brute et on limite très fortement celle de la sève élaborée. Nous voulons pouvoir tester l?hypothèse suivante : - La mise en réserve automnale est très réduite (la sève élaborée ne descend presque plus), la formation de rejets sous la zone écorcée est limitée par le maintien de la circulation de la sève brute vers le haut de l?arbuste. -la taille haute en descente de sève lève la dominance apicale en induisant la formation de rameaux latéraux l?année suivante (d?autant que la migration des Cytokinines qui induisent la formation de rameaux latéraux vigoureux, est maintenue, car elles circulent des racines vers les rameaux par la sève brute). Ces rameaux latéraux sont peu alimentés en sève élaborée au débourrement du fait de l?écorçage et leur vigueur est limitée. Par ailleurs, l?induction florale est inhibée par un déséquilibre du rapport Auxine/Cytokinine et la floraison est réduite. Ainsi, en limitant en même temps la capacité de la plante à réaliser des réserves, en évitant la formation de rejets vigoureux à la base et en favorisant la formation de ramifications terminales par une taille haute, on fait l?hypothèse d?une baisse de vigueur et de fertilité devant aboutir au dépérissement complet. Modalité 3 : aucune intervention. Nous voulons tester l?effet d?une croissance non contrainte sur la production de graines et la vigueur des pieds d?Amorpha. Paramètres mesurés : La mesure des paramètres suivants a été réalisée sur chaque pied1 avant l?application des modalités (ainsi que sur le témoin). Les mesures portent sur 30 pieds pour chaque modalité + témoin soit 90 arbustes. Elles seront renouvelées chaque année en septembre : -Mesure de la taille du rameau le plus haut de chaque pied (N=30 pieds env.) -Diamètre à 1m du rameau le plus haut de chaque pied (N=30 pieds env.) -Nombre de rameaux radicaux2 sur chaque pied (N=30 pieds env.) -Nombre d?inflorescences/infrutescences sur chaque pied -Nombre d?ordres de ramification sur chaque pied (voir schéma explicatif en encart page suivante) 1 Du fait d?une basitonie marquée et des capacités de drageonnement, il n?est pas possible de toujours individualiser chaque pied. Ainsi, nous avons arbitrairement considéré que deux rameaux situés à moins de 5cm de distance provenaient de la même souche. 2 Nombre de rameaux dont la base est située à moins de 10cm du niveau du sol ; cela concerne aussi les rameaux provenant probablement de la même souche par drageonnement et situés à 5cm ou moins l?un de l?autre 18 - Chronométrage des opérations de recépage, d?écorçage et de taille haute Nous avons, en complément, compté les gousses de 9 infrutescences composées de 9 grappes terminales et 21 grappes latérales. Schéma explicatif des ordres de ramification 1 3 2 3 2 3 2 4 2 4 2 5 2 4 2 3 2 3 2 3 2 2 2 2 2 2 2 2 2 4 2 5 2 1 19 Résultat des mesures et chronométrage de leur application : Constats par modalité : Modalité 1 (taille rase). Les mesures prises seront exploitées après le passage de septembre 2020. La mise en oeuvre pour 30 arbustes de 240cm en moyenne, représentant 51 rameaux radicaux, a nécessité moins de 15 minutes, exportation comprise, à 2 personnes, pour une surface de 5m2 (compter donc 30 minutes pour une personne seule). Il faut donc environ 6 minutes à une personne pour traiter 1m2 Il s?agit là d?un ordre de grandeur au vu de la petite surface, du matériel utilisé (coupe-branche mécanique) et de la proximité de la zone de stockage (20m environ). Ce n?est pas transposable à d?autres situations (arbustes plus hauts/touffus, zones peu accessibles?). Question qui a émergé suite à l?application de cette modalité : l?export du bois est-il indispensable (risques de bouturage ?). Tester la fixation d?un fagot sur le sol humide de la boire pendant l?automne- hiver et constater les éventuelles reprises au printemps. Modalité 2 (Ecorçage et taille haute). Les mesures prises seront exploitées après le passage de septembre 2020. La mise en oeuvre pour 30 arbustes de 235 cm en moyenne, représentant 54 rameaux radicaux à écorcer et 230 infrutescences à tailler, pour une surface de 3m2, a nécessité environ 1h de travail (45 minutes pour l?écorçage, 15 minutes pour la taille haute avec exportation des infrutescences). Avec 54 rameaux traités en 1h contre 51 rameaux traités en 30 minutes pour la modalité 1, on peut considérer que cette modalité est globalement 2 fois plus chronophage. Constats généraux (Si on prend la totalité des mesures effectuées sur les 90 arbustes avant traitement) : -Aucune fructification sur les arbres non taillés dont l?ordre des ramifications terminales est inférieur à 3 et quasiment aucune pour ceux dont l?ordre des ramifications terminales est inférieur à 4 20 La barre d?erreur donne l?intervalle de confiance à 10%. La plante pourrait donc ne pas fructifier avant l?âge de 3 ou 4 ans (1 ordre de ramification = 1 saison de croissance). Aucun arbuste de moins de 8mm de diamètre à 1m de hauteur ne fructifie et la fructification ne devient régulière que pour les arbustes dont le diamètre atteint 12mm de diamètre au moins. Questionnement en découlant : Qu?en est-il sur les arbustes ayant déjà fait l?objet de coupes à ras ? Peuvent-il refleurir 1, 2 ou 3 ans après la coupe ? La capacité à fructifier dépend-elle de l?âge de l?axe de premier ordre ou plutôt de son diamètre ? Répondre à cette question est possible en observant les plants coupés par M. Delvalle les années précédentes. Cela permettrait de définir le temps de retour optimal entre deux coupes dans un objectif de limitation de la production de graines. -Toutes les fructifications observées étaient vertes (quelques unes commençant très légèrement à virer au brun), malgré des différences notables de maturité (encore quelques fleurs). Questionnement en découlant : peut-on laisser sur place les fructifications vertes sans risque de germination. A partir de quelle teinte doit-on craindre une germination in situ ? un test de germination dans l?eau a été pratiqué sur les graines de 3 infrutescences de maturité différentes, dont la troisième commençait à changer de teinte. Contrairement à ce qui a été observé avec des graines mures (brun foncé) l?année précédente, où la grande majorité des graines avaient germé dans l?eau en quelques semaines, il n?y a eu aucune germination observée sur ces trois échantillons. Ce test serait à renouveler en sol humide et avec des gousses plus matures, mais il apparait d?ores et déjà qu?il est sans doute peu risqué de laisser le matériel sur place tant que les gousses n?ont pas viré au brun. - Le décompte du nombre de gousses sur 9 infrutescences permet d?estimer grossièrement la production de graines de la population. Les grappes terminales échantillonnées contiennent en moyenne 184 gousses. La moyenne de la population est estimée entre 150 et 218 gousses par grappe terminale, à 90% de probabilité. 0,00 0,39 36,48 54,50 94,80 0,00 20,00 40,00 60,00 80,00 100,00 120,00 140,00 160,00 A2 A3 A4 A5 A6 Moyenne du nombre de fructifications selon l'ordre des ramifications terminales des arbustes 21 Les grappes latérales échantillonnées contiennent en moyenne 48 gousses. La moyenne de la population est estimée entre 35 et 61 gousses par grappe latérale, à 90% de probabilité. Etant donné le nombre d?infrutescences comptées sur les trois placettes totalisant 12 m2, on peut estimer la production de graines par mètre carré au sein de la population entre 12 000 et 19 000 (arrondi entre 10 000 et 20 000 graines par mètre carré). 22 Annexe 4 : Proposition de modalités et d?un protocole de suivi sur une berge de douve reprofilée en pente douce, colonisée par la Crassule de Helms et la Jussie faux-pourpier ? Quinquenavent, Machecoul, Loire-Atlantique Localisation générale du site : Représentation schématique des modalités proposées : nota : chaque piquet est espacé d?environ 15m 23 Dispositif expérimental de suivi : Il y aura donc 6 diagonales de suivi par la méthode des points-contact. Les suivis seront réalisés chaque année à l?étiage (septembre). La mise en place des lignes de suivi nécessitera la pose de 3 piquets situés au niveau d?étiage et à égale distance de deux piquets.

puce  Accés à la notice sur le site du portail documentaire du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

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