Les tensions des marchés du logement en 2020 en Pays de la Loire - Synthèse de l'étude
LE MOING, Elsa
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
CAUDRELIER, Julien (contributeur)
Résumé
<div style="text-align: justify;">Les tensions du marché du logement, secteurs locatif social, locatif privé et accession sociale et neuve à la propriété, sont approchées au travers de l'analyse de 18 indicateurs relatifs à la dynamique démographique du territoire, au parc locatif social, au parc privé, aux occupants et aux marchés du logement. Cette étude permet de disposer d'une vision globale des tensions des marchés du logement en Pays de la Loire et de leurs évolutions, en termes de valeurs et de cotations pour l'ensemble des indicateurs mais aussi pour chaque segment de marché.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
logement en propriété individuelle
;logement en location
;parc de logements
;offre de logements
;marché du logement
;logement neuf
Descripteur écoplanete
accès au logement
Thème
Construction
;Habitat - Logement
Texte intégral
Préambule
Les tensions du marché du logement, secteurs locatif social, locatif privé et accession sociale et neuve à la propriété, sont
approchées au travers de l?analyse de 18 indicateurs relatifs à la dynamique démographique du territoire, au parc locatif
social, au parc privé, aux occupants et aux marchés du logement. Cette étude permet de disposer d?une vision globale des
tensions des marchés du logement en Pays de la Loire et de leurs évolutions, en termes de valeurs et de cotations pour
l?ensemble des indicateurs mais aussi pour chaque segment de marché.
A retenir
En 2020, le marché du logement est tendu pour 1/4 des EPCI de la région. Les EPCI les plus tendus sont situés en
Loire-Atlantique et en Vendée. L?EPCI de Nantes Métropole enregistre les plus fortes tensions, suivi par les
intercommunalités de Pornic Agglo-Pays de Retz, Erdre-et-Gesvres, la CARENE, CAPA et Les Sables d?Olonne.
Viennent ensuite les EPCI en couronne périurbaine de Nantes Métropole, puis Angers Loire Métropole et les autres
territoires littoraux. Au moins un des segments du parc est sous tension pour la moitié des EPCI.
Le segment du parc locatif privé est tendu ou très tendu pour 45% des EPCI, celui de l?accession sociale et neuve à
la propriété pour 38% et celui du locatif social pour 32%.
Le niveau de tension est différent selon les secteurs. Il atteint son niveau maximum pour l?accession sociale et neuve
à la propriété, qui reste une difficulté majeure au sein des chefs lieux de département, puis pour le secteur locatif
privé.
A l?échelle de la région, les tensions s?accroissent sur l?ensemble des secteurs, et plus particulièrement au sein du
secteur privé.
Les tensions des marchés
du logement en 2020
en Pays de la Loire
Synthèse de l?étude
Les tensions dans le parc de logements par segment de marché
Secteur du locatif social
Les tensions sur le parc locatif social s?observent au sein d?un tiers
des EPCI, situés principalement à l?ouest de la région avec deux
EPCI très tendus.
Comme les deux années précédentes, avec une cotation de 59, la
communauté de communes de Pornic Agglo-Pays de Retz sur le
littoral est la plus tendue. Elle est suivie par les communautés de
communes d?Erdre-et-Gesvre et de Grand Lieu en périphérie de
Nantes Métropole. La tension reste très forte sur la majeure partie
des EPCI de Loire-Atlantique ainsi que sur le littoral vendéen avec
pour ce dernier une difficulté à satisfaire les demandes externes en
particulier sur Challans Gois Communauté, Les Sables d?Olonne,
Océan Marais de Monts, et le Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie.
La tension est principalement due à une inadéquation entre l?offre et
la demande de logements sociaux corrélée à des loyers dans le
parc privé élevés, n?en facilitant pas l?accès aux ménages modestes.
À l?inverse, il y a peu de tensions en Maine-et-Loire, Mayenne et Sarthe et en particulier au sein des EPCI ruraux.
Secteur du locatif privé
Les tensions au sein du parc locatif privé sont présentes au sein de
45% des EPCI de la région dont l?ensemble des EPCI des chefs-
lieux de département (à l?exception de Le Mans Métropole) et la
majeure partie des intercommunalités littorales.
Cette tension s?observe au sein de la majorité des EPCI des trois
départements les plus dynamiques démographiquement: la Loire-
Atlantique, le Maine-et-Loire et la Vendée. Elle n?est cependant pas
homogène au sein de l?ensemble des EPCI tendus. Ainsi, la difficulté
d?accès aux logements locatifs privés peut être liée au niveau des
loyers comme sur le littoral ou Nantes Métropole ou liée au peu de
logements locatifs comme dans le bocage vendéen. Le niveau de
tension maximum au sein du parc locatif privé atteint une cotation de
63 au sein de la communauté de communes d?Erdre-et-Gesvres.
Ce secteur fait apparaître plus de tensions que le locatif social
puisque 9 EPCI, tous situés en Loire-Atlantique, sont considérés
comme très tendus pour uniquement deux concernant le logement
social.
Les facteurs expliquant ce niveau de tensions sont multiples. Les niveaux de loyer et de prix des maisons y contribuent
fortement comme le poids démographique de ces EPCI.
Secteur de l?accession sociale et neuve à la propriété
Cette carte met en évidence les difficultés d?accès à la propriété
notamment au sein des chefs-lieux de département mais aussi sur le
littoral, les territoires péri-urbains à Nantes Métropole et l?Ouest du
Maine-et-Loire, soit 38% des EPCI de la région. Nantes Métropole,
avec une cotation de 70, est l?EPCI le plus tendu suivi par Angers
Loire Métropole (cotation de 65). Neuf EPCI sont considérés comme
très tendus en termes d?accession sociale et neuve à la propriété.
Les évolutions de la tension par segment de marché
Les marchés du logement sont de plus en plus tendus en région Pays de la Loire. Les tensions augmentent ainsi entre 2018
et 2020 au sein de la majorité des EPCI, soit 70% d?entre eux.
L?association de plusieurs facteurs concourent à cette croissance. Dans les indicateurs communs à plusieurs segments du
parc, on peut citer la baisse de la dynamique de la construction neuve sur des territoires confrontés à une croissance
démographique comme les pôles d?emplois, quelques territoires littoraux et les EPCI en couronne périurbaine. Cette
situation, existante avant la COVID-19, n?a pu que s?accentuer du fait de la situation sanitaire. On note également une baisse
de la part des logements locatifs au sein du parc dans certains EPCI (sur le littoral vendéen et en couronne d?Angers Loire
Métropole) entraînant pour certains territoires une vraie pénurie de logements locatifs. L?augmentation des loyers sur tout
type de territoires participe également à l?augmentation de la tension des marchés du logement, en particulier sur des
territoires avec des loyers déjà élevés comme les agglomérations d?Angers et du Mans, et certains EPCI littoraux. La baisse
de mobilité dans le parc HLM d?une partie des EPCI est également un élément préoccupant.
Secteur du locatif social
À l?échelle de la région, la tension sur le parc locatif social a
légèrement augmenté (plus 10 points). Elle diminue pour 18 EPCI
et reste stable pour 24 EPCI. Elle croît sur les 29 autres.
Elle augmente très fortement sur l?intercommunalité du Sud-Est
du Pays Manceau. Cette augmentation est liée à une baisse de la
vacance dans le parc locatif social récent. Il est à noter que pour
cet indicateur, l?évolution est surreprésentée du fait d?un faible
nombre de logements sociaux récents et de logements vacants
récents.
Des EPCI déjà très tendus ou tendus, en particulier Pornic
Agglo-Pays de Retz, Erdre-et-Gesvre, Sud Retz Atlantique et la
CARENE voient leur cotation augmenter.
Les facteurs explicatifs diffèrent selon les territoires. Au-delà des indicateurs communs aux 3 secteurs, la croissance des
populations précaires au sein du parc locatif privé (en particulier autour d?Angers Loire Métropole) augmente le nombre de
personnes qui pourraient prétendre aux logements sociaux. De même, la diminution de la vacance dans le parc locatif HLM
récent, très faible déjà, entraîne une augmentation de la cotation de cet indicateur pour 40% des EPCI. La baisse de la
mobilité au sein du parc HLM dans 38 EPCI ainsi que l?augmentation du nombre de demandes externes (en particulier en
Maine-et-Loire) participent également à l?accroissement des tensions au sein du parc locatif social.
À l?inverse, les tensions diminuent sur des territoires tendus comme Nantes Métropole, Estuaire et Sillon, Vendée Grand
Littoral, Sud Estuaire, Noirmoutier et Les Sables d?Olonne sans réussir néanmoins à détendre le secteur du parc locatif
social.
Secteur du locatif privé
Le parc locatif privé se tend dans la région, contrairement aux
résultats observés en 2018. Ainsi, la cotation augmente au sein
de plus de la moitié des EPCI de la région.
Des marchés à l?équilibre en 2018 comme ceux des
intercommunalités de Laval, Maine-Coeur-de-Sarthe, La Roche-
sur-Yon et le Pays de Mortagne se tendent. Les EPCI de CAPA
et la CARENE passent de tendus à très tendus.
Plusieurs facteurs, en plus de ceux déjà mentionnés, participent
à l?augmentation de la tension: la baisse de la vacance dans le
parc privé, l?augmentation du poids des ménages avec des
revenus > 100% du plafond HLM et le prix des maisons.
À l?inverse, la cotation du secteur locatif privé de 10 EPCI
diminue. Cette évolution n?est cependant pas suffisante pour
détendre ce segment de parc pour les 2 EPCI littoraux tendus
concernés.
Secteur de l?accession sociale et neuve à la
propriété
La difficulté d?accéder à la propriété augmente au sein de près de
3/4 des EPCI. La majorité des territoires se tendent qu?ils soient
urbains, péri-urbains, littoraux ou ruraux.
Entre 2018 et 2020, le marché de l?accession est devenu tendu
au sein du Pays d?Ancenis, des Vallées du Haut-Anjou et du Pays
des Herbiers. L?augmentation de la tension constatée a fait
passer de tendue à très tendue les intercommunalités, de CAP
Atlantique, Pornic Agglo-Pays de Retz, Sud Retz Atlantique,
Erdre-et-Gesvres, Les Sables d?Olonne et L?Île de Noirmoutier.
Cette situation résulte majoritairement de l?augmentation des prix
des maisons et des terrains sur la plupart des territoires alors que
pour certains d?entre eux, le niveau des prix était déjà élevé.
De nombreuses tensions sur les différents segments du marché du logement
Les trois segments du marché de logement se tendent au sein de la région, en particulier au sein des chefs-lieux de
département, des pôles d?emplois et des territoires littoraux.
Les marchés du logement des territoires tendus de l?Ouest de la région se caractérisent par des niveaux de prix élevés
(loyers, maisons et terrains) et une faible vacance aussi bien dans le parc locatif social que dans le parc privé, ainsi qu?une
grande attractivité démographique pouvant accentuer des déséquilibres sur les différents segments du parc.
De plus, l?impact de la crise sanitaire sur les marchés du logement n?a pas encore été évalué et risque d?augmenter la
difficulté à se loger des ménages sur certains territoires.
À l?inverse, la majorité des intercommunalités de la Sarthe et de la Mayenne reste plutôt détendue même si certains EPCI
enregistrent une augmentation de la cotation de quelques indicateurs.
La région concentre donc des enjeux différents aussi bien au niveau des segments de marché que des territoires.
Pour consulter les études de «Tensions des marchés du logement»
Vous pouvez consulter l?étude complète de l?année 2020, comportant les analyses détaillées des
indicateurs sur le site internet de la DREAL des Pays de la Loire : http://www.pays-de-la-
loire.developpement-durable.gouv.fr/etudes-r2041.html
Les précédentes versions de l?étude «Tensions des marchés du logement» y sont également
consultables.
Direction régionale
de l'environnement,
de l'aménagement
et du logement
Service intermodalité,
aménagement, logement
5, rue Françoise Giroud
CS 16326
44263 NANTES cedex 22
Tél : 02 72 74 73 00
Directrice de publication :
Annick Bonneville
ISSN : 2109-0017
Réf. : 2276H20ELMJC
Précisions sur la démarche
Ce système d'observation sur les tensions des marchés du logement a été initié en 2011 par la
Dreal des Pays de la Loire. Il a pour objectif departager avec les principaux acteurs de la politique
de l'habitat aux niveaux régional et local une vision des enjeux en matière de logement.
Ce système repose sur 18 indicateurs définis au niveau des EPCI de la région, regroupés en 4
catégories :
- le tronc commun représentant le dynamisme du territoire ;
- les indicateurs relatifs au parc locatif social ;
- les indicateurs relatifs au parc locatif privé ;
- les indicateurs relatifs à l'accession sociale à la propriété.
Une cotation est calculée pour chaque indicateur selon les classes de valeurs définies lors de la
première étude réalisée en 2011. Pour réaliser les cotations synthétiques, les cotations des
indicateurs sont additionnés: les 5 indicateurs du tronc commun et les 5 indicateurs propres à
chaque segment.
La méthodologie de l?étude est consultable sur le site internet de la DREAL des Pays de la Loire:
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/methodologie-et-outils-r2040.html
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/etudes-r2041.html
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/etudes-r2041.html
http://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/methodologie-et-outils-r2040.html