Évaluation du niveau de sensibilité de la région Pays de la Loire aux inondations par ruissellement
DEBRABANT, Yannick ;BOUDESSEUL, Nicolas
Auteur moral
Pays-de-la-Loire. Direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement
Auteur secondaire
BOUDESSEUL, Nicolas
Résumé
<div style="text-align: justify;">La CCR estime qu'en Pays de la Loire, environ 700 000 personnes sont actuellement exposées aux inondations par ruissellement (soit environ une personne sur cinq), et environ un sinistre sur deux est situé en dehors des enveloppes approchées des inondations potentielles par débordements de cours d'eau et submersions marines.<br /><br />Compte-tenu de ce niveau d'exposition et de son évolution en lien avec les effets du changement climatique, la DREAL Pays de la Loire, appuyée par l'INRAE et la CCR, a déployé sur l'ensemble de la région des Pays de la Loire élargie au périmètre du service de prévision des crues Maine-Loire aval la méthode IRIP (Inondations par Ruissellement Intense Pluvial).<br /><br />Cette démarche régionale revêt plusieurs objectifs, dont celui de partager avec l'ensemble des acteurs de l'eau et plus généralement des sols, une base commune de connaissance à une échelle macroscopique sur les inondations par ruissellement, afin de faciliter l'intégration de ce phénomène dans les politiques publiques. Cette approche régionale ne se substitue pas aux démarches locales de connaissance ou aux documents réglementaires (zonages d'assagissements pluviaux, plans de prévention des risques notamment) sur les territoires disposant d'éléments de connaissance plus précis et qui le cas échéant sont déjà engagés dans la réalisation d'actions opérationnelles.<br /><br />IRIP est une méthode cartographique dite « sèche » développée par l'INRAE, fondée sur des calculs de scores permettant d'évaluer la susceptibilité du territoire à la production, au transfert et à l'accumulation du ruissellement, selon des paramètres topographiques, d'occupation des sols, et pédogéologiques.<br />Les niveaux de sensibilité obtenus à partir de IRIP ont été croisés par la CCR avec plus de 3500 sinistres géolocalisés sur le périmètre régional afin de démontrer, par une analyse statistique, la robustesse des résultats issus de l'outil.<br /><br />Même s'il est établi qu'il existe une forte corrélation entre la sensibilité forte au ruissellement (regroupement des niveaux de sensibilité 4 et 5 en transfert et en accumulation, soit environ 12 % du périmètre d'étude) et la présence de sinistres (96 % des sinistres sont situés à proximité des mailles de sensibilité forte), les résultats doivent être interprétés avec précaution, eu égard aux hypothèses simplificatrices retenues notamment sur les espaces agricoles, à la maille utilisée pour mener l'étude (50 m x 50 m), et à la réalité du phénomène de ruissellement sur certains secteurs à topographie plane avec de faibles pentes.<br /><br />Un atlas cartographique des niveaux de sensibilité a été produit à partir de cette méthode. Cet atlas ne représente ni l'aléa ruissellement, ni les risques associés, mais bien les zones sur lesquelles le phénomène de ruissellement est susceptible de se produire.</div>
Editeur
DREAL Pays de la Loire
Descripteur Urbamet
ruissellement
;inondation
;vulnérabilité
;exposition aux risques
Descripteur écoplanete
Thème
Risques
;Énergie - Climat
;Environnement - Nature
Texte intégral
Direction régionale de l?environnement,
de l?aménagement et du logement
ÉVALUATION DU NIVEAU DE SENSIBILITÉ DE
LA RÉGION PAYS DE LA LOIRE AUX
INONDATIONS PAR RUISSELLEMENT
Rapport méthodologique
Janvier 2025
Tél : 02.72.74.73.00
Mél : dreal-pays-de-la-loire@developpement-durable.gouv.fr
5 rue Françoise Giroud - CS 16 326 ? 44 263 NANTES cedex 2
Source : Inondations à Bonnétable (Sarthe) en juin 2018 (L'Écho Sarthois)
Historique des versions du document
Version Date Commentaire
V1 02/08/24 Rédaction DREAL
V2 16/09/24 Modification DREAL suite remarques INRAE
V3 04/11/24 Modification DREAL suite à plusieurs réunions de
présentation de l?étude
V4 24/12/24 Modification DREAL suite relecture interne
Affaire suivie par
Yannick DEBRABANT ? DREAL Pays de la Loire ? SRNT - DRNHSS
Tél.: 02 72 74 76 58
Courriel: yannick.debrabant@developpement-durable.gouv.fr
Rédacteurs
Yannick DEBRABANT - DREAL Pays de la Loire - SRNT - DRNHSS, chargé de missions risques
naturels
Nicolas BOUDESSEUL - DREAL Pays de la Loire - SRNT - DRNHSS, chargé de missions risques
naturels
Relecteurs
Sarah LAHMADI-DREAL Pays de la Loire - SRNT/DRNHSS - Responsable de la division et adjointe au
responsable de service
Thibaut NOVARESE - DREAL Pays de la Loire - SRNT - Responsable de service
Pascal BREIL - INRAE - UR RIVERLY
Référence internet
https://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-du-niveau-de-sensibilite-de-la-
region-a6628.html
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https://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-du-niveau-de-sensibilite-de-la-region-a6628.html
https://www.pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr/evaluation-du-niveau-de-sensibilite-de-la-region-a6628.html
Table des matières
Résumé........................................................................................................................................................................4
1. Contexte et périmètre de l?étude.......................................................................................................................5
1.1 Contexte de l?étude........................................................................................................................................5
1.2 Objet du rapport............................................................................................................................................5
1.3 Périmètre de l?étude.......................................................................................................................................6
2. Outil IRIP.................................................................................................................................................................8
2.1 Périmètre de l?étude.......................................................................................................................................8
2.2 Définition du ruissellement selon IRIP........................................................................................................9
2.3 Données nécessaires à la réalisation des cartes......................................................................................10
2.4 La prise en compte des surfaces agricoles................................................................................................11
2.5 La notion de «Maille».................................................................................................................................12
2.6 Calcul des scores..........................................................................................................................................12
2.7 Réalisation des cartes de production, transfert et accumulation........................................................13
2.8 Analyse des zones.........................................................................................................................................14
3. Croisement des niveaux de sensibilité IRIP avec les données de sinistralité issues de la CCR................17
3.1 Méthodologie de croisement......................................................................................................................17
3.2 Test de la méthode sur le périmètre de Nantes Métropole..................................................................20
3.3 Déploiement de la méthodologie sur l?ensemble du périmètre d?étude...........................................20
3.4 Incertitudes liées aux informations liées aux sinistres géolocalisés......................................................21
4. Traitement statistique effectué à partir du croisement entre les résultats IRIP et les données des
sinistres géolocalisés...............................................................................................................................................22
4.1 Calcul de la matrice de contingence.........................................................................................................22
4.2 Calcul de la matrice du hasard..................................................................................................................23
4.3 Calcul du Khi-2.............................................................................................................................................23
5. Regroupement des zones...................................................................................................................................25
5.1 Objectif opérationnel...................................................................................................................................25
5.2 Matrice de couplage....................................................................................................................................25
5.3 Sélection du couple pour la construction des matrices des niveaux de sensibilité forts................26
6. Synthèse régionale..............................................................................................................................................32
6.1 Données d?entrée et étapes pour réaliser les cartes de sensibilité par commune............................33
6.2 Proportion des surfaces communales concernées par un niveau de sensibilité fort........................34
6.3 Croisement avec les enjeux........................................................................................................................39
6.4 Limites et usages de l?atlas..........................................................................................................................42
7. Amélioration continue........................................................................................................................................45
7.1 Retour sur l?évènement orageux du 17/06 au 21/06.................................................................................45
7.2 Bases de données des SDIS........................................................................................................................46
7.3 Autres sources de données exploitables..................................................................................................47
8. Conclusion et perspectives...............................................................................................................................48
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Résumé
La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) estime qu?en Pays de la Loire, environ 700 000
personnes sont actuellement exposées aux inondations par ruissellement (soit environ une personne
sur cinq), et environ un sinistre sur deux est situé en dehors des enveloppes approchées des
inondations potentielles par débordements de cours d?eau et submersions marines.
Compte-tenu de ce niveau d?exposition et de son évolution en lien avec les effets du changement
climatique, la DREAL Pays de la Loire, appuyée par l?INRAE et la Caisse Centrale de Réassurance
(CCR), a déployé sur l?ensemble de la région des Pays de la Loire élargie au périmètre du service de
prévision des crues Maine-Loire aval la méthode IRIP (Inondations par Ruissellement Intense Pluvial).
Cette démarche régionale revêt plusieurs objectifs, dont celui de partager avec l?ensemble des
acteurs de l?eau et plus généralement des sols, une base commune de connaissance à une échelle
macroscopique sur les inondations par ruissellement, afin de faciliter l?intégration de ce phénomène
dans les politiques publiques. Cette approche régionale ne se substitue pas aux démarches
locales de connaissance ou aux documents réglementaires (zonages d?assagissements
pluviaux, plans de prévention des risques notamment) sur les territoires disposant d?éléments de
connaissance plus précis et qui le cas échéant sont déjà engagés dans la réalisation d?actions
opérationnelles.
IRIP est une méthode cartographique dite « sèche » développée par l?INRAE, fondée sur des calculs
de scores permettant d?évaluer la susceptibilité du territoire à la production, au transfert et à
l?accumulation du ruissellement, selon des paramètres topographiques, d?occupation des sols, et
pédogéologiques.
Les niveaux de sensibilité obtenus à partir de IRIP ont été croisés par la CCR avec plus de 3500
sinistres géolocalisés sur le périmètre régional afin de démontrer, par une analyse statistique, la
robustesse des résultats issus de l?outil.
Même s?il est établi qu?il existe une forte corrélation entre la sensibilité forte au ruissellement
(regroupement des niveaux de sensibilité 4 et 5 en transfert et en accumulation, soit environ 12 % du
périmètre d?étude) et la présence de sinistres (96 % des sinistres sont situés à proximité des mailles
de sensibilité forte), les résultats doivent être interprétés avec précaution, eu égard aux
hypothèses simplificatrices retenues notamment sur les espaces agricoles, à la maille utilisée
pour mener l?étude (50 m x 50 m), et à la réalité du phénomène de ruissellement sur certains
secteurs à topographie plane avec de faibles pentes.
Un atlas cartographique des niveaux de sensibilité a été produit à partir de cette méthode. Cet atlas
ne représente ni l?aléa ruissellement, ni les risques associés, mais bien les zones sur lesquelles
le phénomène de ruissellement est susceptible de se produire.
La poursuite de l?amélioration de la connaissance du phénomène de ruissellement, au travers
notamment des programmes d?actions de prévention des inondations (PAPI), des plans de
prévention des risques inondations (PPRi), des études locales en lien avec la réalisation des
zonages pluviaux, de la sinistralité, doit être pérennisée. Une collaboration entre les acteurs de
l?eau et plus globalement des sols pourrait permettre d?accompagner certains territoires tests
identifiés comme particulièrement exposés et accroître ainsi leur résilience. Une plaquette à
l?attention des collectivités territoriales sur les actions possibles à mettre en place localement est
un axe de travail qu?il serait intéressant d?engager.
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1. Contexte et périmètre de l?étude
1.1 Contexte de l?étude
La Caisse Centrale de Réassurance (CCR) estime qu?en Pays de la Loire, environ 700 000
personnes sont actuellement exposées aux inondations par ruissellement (soit environ une personne
sur cinq), et environ un sinistre sur deux est situé en dehors des enveloppes approchées des
inondations potentielles par débordements de cours d?eau et submersions marines.
Compte-tenu du niveau d?exposition du territoire français au risque de ruissellement, la feuille de route
nationale 2022-2024 sur les risques naturels, élaborée par la DGPR, impose que «Lesplansde
préventiondesrisquesd?inondations(PPRi)assurerontunepriseencompteglobaledesdifférents
aléas inondation (dont l?aléa ruissellement) auquel est soumis le territoire dès lors qu?ils sont
majeurs».
Cette exigence a été traduite au niveau régional au sein de la feuille de route régionale 2022-2024
des risques naturels (validée au pré-CAR Pays de la Loire en avril 2022) de la manière suivante :
«LesPPRIproposésà larévision/prescriptionet n?ayantpasdéjàfait l?objet d?uneétuded?aléas
intégrerontleruissellement».
L?intégration de cet aléa est également exigée par le cahier des charges PAPI3 v2023 «Il est
importantquelesterritoiresexposésàl?aléainondationliéauruissellementl?étudientafindemieux
appréhenderson impact localementetde leprendreencomptedefaçonproportionnéedans les
stratégiesd?aménagement».
En outre, la prise en compte de cet aléa et de ses effets dans les documents de planification est
obligatoire en vertu de l?application des dispositions du Plan de Gestion des Risques d?Inondation
(PGRI) 2022-2027.
En dépit de ce fort niveau d?exposition, et de l?intensification de cet aléa en lien avec les effets du
changement climatique, la connaissance reste très partielle en région Pays de la Loire, hormis sur
certains territoires pilotes.
Afin de répondre au besoin d?améliorer la connaissance des inondations par ruissellement, la DREAL
Pays de la Loire a travaillé à un atlas cartographique de sensibilité au ruissellement, en utilisant en
régie l?outil IRIP (Inondations par Ruissellement Intense Pluvial) développé par l?INRAE. Afin de
disposer d?un appui technique, la DREAL a sollicité une assistance à maîtrise d?ouvrage (AMO) de la
part de l?INRAE (unité de recherche RIVERLY).
La DREAL s?est également appuyée sur la caisse centrale de réassurance (CCR) afin de réaliser un
croisement entre les données de sinistralité et les niveaux d?exposition issus de IRIP.
1.2 Objet du rapport
L?objet du rapport est :
? la présentation des principales composantes de l?outil IRIP et des paramètres pris en compte
pour la réalisation des cartes de sensibilité du territoire au ruissellement ;
? la présentation de la méthodologie retenue pour valider les cartes à l?aune des sinistres
géolocalisés, ainsi que les résultats obtenus ;
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? la justification du choix retenu pour le regroupement de certains niveaux de sensibilité. Ce
choix est essentiel car il conditionne la forme définitive des cartes qui seront portées au niveau
des territoires ;
? l?explicitation les biais de la méthode ;
? les propositions pour une démarche d?amélioration continue. Elle est encore expérimentale
mais constitue une opportunité pour nouer un partenariat avec les services départementaux
d?incendie et secours (SDIS), pour affiner les résultats issus de la méthode IRIP, et pour
faciliter l?identification de secteurs sensibles sur lesquels travailler au déploiement d?un
programme d?actions.
Enfin, en guise de conclusion, les suites qui pourraient être données à cette démarche seront
proposées.
1.3 Périmètre de l?étude
Afin de respecter la cohérence hydrographique du territoire d?étude, il a été retenu de travailler sur un
périmètre fusionnant les bassins versants intersectant la région administrative Pays de la Loire et le
territoire du Service de Prévision des Crues Maine-Loire aval.
Aussi le périmètre s?étend sur :
? 4 régions : Pays de la Loire en totalité, et partiellement Bretagne, Normandie, Centre-Val de
Loire, et Nouvelle Aquitaine
? 5 départements complets : Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Mayenne, Sarthe et Vendée
? 11 départements en partie : Morbihan, Ile-et-Vilaine, Manche, Orne, Eure-et-Loir, Loiret, Loir-
et-Cher, Indre-et-Loire, Vienne, Deux-Sèvres et Charente-Maritime.
? Pour un total de 45 600 km²
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Le périmètre de l?étude est cohérent du point de vue de l?hydrographie. Cependant, il n?est
pas prévu à ce stade de communiquer sur les résultats obtenus en dehors de la région Pays
de la Loire.
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2. Outil IRIP1
2.1 Périmètre de l?étude
La méthode IRIP est une méthode de cartographie par combinaison géomatique d?indicateurs ayant
une influence sur le ruissellement. Chaque indicateur est catégorisé en favorable ou défavorable à
l?occurrence de ruissellement. Ainsi, plus une zone aura d?indicateurs favorables au ruissellement,
plus elle sera considérée comme susceptible de voir se produire du ruissellement. La méthode IRIP
prend en compte uniquement les caractéristiques de surface et ne prend pas en compte la pluie. C?est
donc une méthode dite « sèche »2. Les précipitations intenses pouvant se produire partout, dans une
logique de protection par des politiques d?aménagement ou de prévention, il est essentiel de connaître
les zones les plus propices au ruissellement par rapport aux caractéristiques de surface
indépendamment de l?aléa météorologique. Bien qu?il existe des régimes pluviométriques différents à
l?échelle de la France, pouvant influencer le ruissellement, pour une gestion territoriale des risques à
l?échelle d?un bassin versant, le paramètre précipitation peut être écarté dans un premier temps. C?est
pourquoi la carte produite est nommée carte de susceptibilité au ruissellement et non cartes d?aléas.
(Pour produire des cartes d?aléa, les cartes de susceptibilité doivent être croisées avec l?aléa
pluviométrique).
En synthèse, IRIP est une méthode cartographique dite « sèche » de scores pour évaluer la capacité
d?une maille raster à développer du ruissellement selon 3 fonctions (production, transfert et
accumulation) à partir de données topographiques, d?occupation des sols, et pédogéologiques. Les
cartes produites sont des cartes de niveaux de sensibilité, et pas des cartes d?aléa.
IRIP permet de produire deux jeux de cartes : les cartes dites « sèches » et les cartes 30y (y=years).
Les cartes dites « sèches » sont les cartes produites sans tenir compte de la réaction des sols à l?aléa
pluviométrique. Les cartes 30y sont quant à elles les cartes de susceptibilité produites en tenant
compte de la capacité de certaines mailles à infiltrer les pluies trentennales34. Il s?agit ainsi d?un focus
sur le niveau de susceptibilité du territoire à produire du ruissellement dans le cas d?un évènement
pluvieux trentennal.
Les cartes 30y étant « moins détaillées »5 par rapport aux cartes dites « sèches », seules ces
dernières sont exploitées dans la suite du rapport.
Néanmoins, les cartes 30y pourront faire l?objet d?analyses spécifiques, et ce pour plusieurs raisons :
? malgré le fait que la méthode IRIP n?est pas une méthode pluie-débit, l?outil permet de réaliser
un focus pour une période de retour donnée ;
? les modélisations pluie-débit nécessitent de réaliser des hypothèses en matière de répartition
des pluies. Les cartes IRIP 30y permettent à ce titre de cibler les bassins versants ou sous
1 Sources : « Rapport de synthèse sur l?assistance à maîtrise d?ouvrage sur la cartographie des risques inondation et associés liés au
ruissellement intense pluvial dans la région Pays de Loire » (INRAE, mai 2024) ; « Contexte pédoclimatique et ruissellement intense »
(INRAE, 2021) ; « Une analyse des « données proxy » pour l?évaluation des cartographies des aléas liés au ruissellement intense pluvial »
(INRAE, 2020) ; « Cartographie de l?aléa ruissellement : Inventaire des éléments de validation » (INRAE, 2020) ; Thèse de Lilly-Rose
LAGADEC « Évaluation et développement de la méthode IRIP de cartographie du ruissellement. Application au contexte ferroviaire » (2017)
2 Une méthode sèche est une méthode qui prend en compte uniquement les caractéristiques de surface, sans prendre en compte la pluie,
contrairement à un modèle pluie-débit.
3 Ce seuil de 30 ans est intéressant en matière de prévention des inondations car il marque la séparation entre ce qui relève de la gestion
courante des eaux pluviales, de ce qui relève de la gestion d?un évènement exceptionnel.
4 Une pluie trentennale a une probabilité de 1/30 de survenir chaque année.
5 L?explication est que le filtre de la pluie trentennale homogénéise les réponses au ruissellement par effet de seuil. Par conséquent, les
cartes sont moins « pixélisées » mais elles représentent des situations improbables puisqu?un événement pluvieux n'est jamais trentennal
sur l'ensemble d'un grand bassin versant (ou bien localement). Les cartes 30y sont informatives à l'échelle kilométrique de la maille de la
lame d'eau radar.
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bassins versants sur lesquels concentrer un évènement pluvieux trentennal afin de chercher à
maximiser les volumes d?eau de ruissellement dans le cadre des modélisations hydrologiques.
2.2 Définition du ruissellement selon IRIP
Le ruissellement se définit dans le cadre de la méthode IRIP comme «unecirculationd?eauàla
surfacedusol,quiprendunaspectdiffussurdesterrainsayantunetopographiehomogèneetquise
concentrelorsqu?ellerencontredesdépressionstopographiques» (Jaillet et al., 2012).
La méthode IRIP distingue trois étapes dans le ruissellement intense : la production, le transfert et
l?accumulation.
? Production : lors d?un évènement pluvieux, les zones de production du ruissellement, du fait de
leur nature physico-géo-pédo-morphologique, limitent la lame d?eau infiltrée et favorisent une
dynamique d?écoulement gravitaire en surface. Au début de l?épisode météorologique, les
aspérités du sol vont retenir une fine lame d?eau (appelée le flaquage). Si l?événement pluvieux
s?intensifie ou se maintient dans la durée, la lame d?eau retenue par les aspérités du sol va
s?écouler vers l?aval par débordement. La lame d?eau, par effet gravitaire, se déplace d?amont
en aval de manière diffuse et à de faibles vitesses.
? Transfert : lorsque les zones de production s?actionnent suite à un évènement pluvieux, la
lame d?eau produite s?écoule vers l?aval de façon diffuse et désordonnée. Lors de son
écoulement, cette lame d?eau va rencontrer et agglomérer d?autres lames d?eau. Suite à cela la
dynamique d?écoulement devient plus linéaire, avec une vitesse de transfert et une hauteur de
lame d?eau croissante avec l?aire amont drainée. Le ruissellement est alors concentré dans les
points bas (thalwegs secs, fossés?) où il prendra la direction de la plus grande pente, qu?elle
soit naturelle ou artificielle. La dimension des axes de transfert varie en fonction de la distance
entre les zones drainées (zones de production) et les zones où le ruissellement sera collecté
(zones d?accumulations) ou restitué au cours d?eau.
? Accumulation : les zones d?accumulations collectent les eaux issues du ruissellement si celles-
ci n?ont pas été restituées au cours d?eau. Ces zones ont une dynamique de stockage des
lames d?eau ruisselées. Encaissées, ou situées dans des dépressions naturelles ou artificielles
(bassins de rétention) les zones d?accumulation du ruissellement sont caractérisées par de
faibles vitesses d?écoulement et d?importantes lames d?eau.
Le schéma ci-dessous illustre les trois étapes décrites supra :
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2.3 Données nécessaires à la réalisation des cartes
Les données nécessaires à la réalisation des cartes, et les principaux paramètres considérés pour
calculer les scores mentionnés supra, sont synthétisés dans le tableau ci-dessous :
Fichiers en
entrée
Sources de données Millésimes Commentaires
MNT
Référentiel IGN BD Alti® ré-
échantillonné au pas de 50 m
Lot de données
téléchargé en
octobre 2023 via
les géoservices
IGN
Ré-échantillonnage réalisé en
raison du temps de calcul.
Adaptation possible en fonction
de la taille du territoire d?étude et
de la résolution finale envisagée.
Périmètre
d?étude
Limites des bassins versants
topographiques (©IGN BD
Topage®) comprenant les bassins
versants intersectant la région
administrative Pays de la Loire et le
territoire du Service de Prévision
des Crues Maine-Loire aval
/ /
Occupation
des sols
(OCS)
OCS THEIA à la maille raster de 20
m sur l?ensemble de la France.
2017 www.theia-land.fr
Pédologie
Raster au pas de 250 m produit par
INRAE à partir des données de
l?ESDAC (European Soil Data
Centre) avec les caractéristiques
hydrauliques des 30 premiers
centimètres du sol et des données
de lame d?eau radar (MétéoFrance,
grille 1km).
/
https://esdac.jrc.ec.europa.eu/
content/maps-indicators-soil-
hydraulic-properties-europe
10/49
Source:«Cartographiedel'aléaruissellement.Inventairedesélémentsdevalidation»
S.BonnetCarrier(1),ChristinePoulard(1),PascalBreil(1)2013-106p
https://esdac.jrc.ec.europa.eu/content/maps-indicators-soil-hydraulic-properties-europe
https://esdac.jrc.ec.europa.eu/content/maps-indicators-soil-hydraulic-properties-europe
https://esdac.jrc.ec.europa.eu/content/maps-indicators-soil-hydraulic-properties-europe
http://www.theia-land.fr/
Légendes
Élaborés et fournis par l?INRAE : 2
fichiers légende pour l?occupation
du sol et 4 fichiers légende pour la
pédologie (érodibilité, battance,
ruissellement par saturation du sol
et ruissellement hortonien).
/
Raster permettant de traiter
différents critères d?occupation
des sols et de pédologie de
manière binaire : 0 non favorable,
1 favorable au processus de
ruissellement intense
Réseaux
routiers et
ferroviaires
Route500® IGN 2023 /
2.4 La prise en compte des surfaces agricoles
Comme indiqué supra, la donnée utilisée dans IRIP pour l?occupation des sols est la donnée THEIA
(2017) à la maille raster de 20m.
Pour chacune des catégories d?occupation des sols de cette base de données, un score de 0 ou de 1
établi à dire d?expert a permis de classer les surfaces contribuant au phénomène de ruissellement
(score de 1) ou atténuant ce phénomène (score de 0).
S?agissant des espaces agricoles, les cultures d?été et les vignes ont été classées comme favorisant
le ruissellement. Les cultures d?hiver, les prairies et les vergers ont quant à elles été classées comme
atténuant le ruissellement.
La classification complète des espaces issus de la nomenclature THEIA (naturels, agricoles, urbains)
qui est utilisée dans IRIP est indiquée ci-dessous6 :
6 Pour lire la classification, il convient d?associer à chaque typologie d?occupation des sols le code binaire IRIP associé. Par exemple, la
culture d?hiver (code 12) est associée au code IRIP de 0. Elle est donc considérée comme atténuant le ruissellement.
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Cette approche peut se révéler pessimiste sur certains bassins versants sur lesquels les
pratiques agricoles ont été adaptées pour favoriser l?infiltration l?eau, et peut comporter des
imprécisions liées au millésime de la base de données THEIA (par exemple sur les bassins
versants sur lesquels les surfaces en cultures d?été et en vignes ont sensiblement diminué « au
profit » de surfaces considérées dans IRIP comme atténuant le ruissellement). Une analyse plus fine
tenant compte des assolements et plus globalement de l?évolution de l?occupation des sols est
possible afin d?adapter les scores au contexte local.
2.5 La notion de « Maille »
L?entité spatiale de base est la « maille » raster, qui permet de discrétiser l?espace du bassin versant.
La maille IRIP utilisée est une maille de 50m x 50m. Ce choix induit un certain nombre de biais dans
les résultats qui seront présentés par la suite.En effet, l?idée initiale de simuler le ruissellement avec la
méthode IRIP sur tout le territoire d?étude avec un modèle numérique de terrain avec une maille de
résolution de 25 m a été abandonnée. Le traitement par le calcul, de 76 millions de mailles, n?était pas
possible à réaliser à la DREAL . Il a donc été fait le choix d?augmenter la taille de la maille de calcul de
résolution 50 m, ce qui a permis de réduire à 19 millions le nombre de mailles de calcul et de produire
en une passe les trois cartes IRIP pour l?ensemble du territoire.
2.6 Calcul des scores
La cartographie des niveaux de sensibilité au ruissellement est approchée ici par une méthode de
scores : plus le nombre de facteurs favorables au ruissellement intense est présent dans une maille
raster de l?espace d?un bassin versant et plus le niveau de sensibilité est grand. Les paramètres pris
en compte pour calculer les scores sont schématisés ci-dessous :
12/49
2.7 Réalisation des cartes de production, transfert et accumulation
Les différentes étapes pour la production des cartes sont les suivantes :
? chargement, dans l?ordre, du MNT, de la zone d?étude, de l?occupation du sol, des
« légendes » rurale et urbaine, de la pédologie et des 4 « légendes » associées ;
? calculs des facteurs du ruissellement : ruptures de pente, axes de transfert, pentes fortes,
pentes faibles, indicateurs de compacité, index topographique? ;
? intégrations des linéaires des réseaux routiers et ferroviaires ;
? réalisation des cartes de production, transfert et accumulation.
Les cartes ont été produites pour les 6 niveaux de sensibilité calculés à partir des scores évoqués
supra, selon le triptyque production / transfert / accumulation.
La carte de production du ruissellement constitue l?un des 5 facteurs de chacune des cartes Transfert
et Accumulation. La production est influencée par les zones imperméables mais aussi par le choix des
pluies réalisé pour la construction des cartes MixMap pour représenter les processus de ruissellement
par dépassement de la vitesse d?infiltration (ruissellement hortonien) et par la saturation du profil de
sol supérieur (les 30 premiers centimètres). Les zones de production correspondent à des lames
d?eau planes de 1 à quelques centimètres et qui peuvent se charger en matériaux fins du sol du fait de
l?érosion hydrique (impact des gouttes de pluies) et des flottants (feuilles, brindilles, petit bois mort,..)
aisément mobilisables.
La carte de transfert représente les chemins de l?eau à effet érosif dans les versants. Comme indiqué
précédemment dans le rapport, ce sont les zones pour lesquelles l?érodibilité et la mise en vitesse des
écoulements sont des facteurs d?érosion et de prise en charge des matériaux disponibles. L?énergie
des écoulements devenus chargés est capable de transporter des éléments beaucoup plus grossiers
qui sont dégagés et déstabilisés dans les zones d?érosion régressives. Cela peut produire des
glissements de terrain ou des effondrements par effet de sape.
La carte d?accumulation montre les zones où le ruissellement ralentit ou stagne par effet
topographique ou d?aire drainée qui peut en limiter la quantité. Il pourrait être intéressant d?intégrer un
facteur de macro-rugosité lié à l?occupation du sol mais peu d?études sont disponibles sur le sujet pour
définir un sens d?effet. Les zones d?accumulation permettent d?identifier le réseau de talweg et le
réseau des cours d?eau car ce sont par définition des zones d?accumulation.
13/49
Les 3 cartes ci-après illustrent les résultats sur le secteur de Nantes Métropole (6 niveaux de
sensibilitésont représentés, lescouleurs lesplusclairesétant lesniveaux lesplusfaibles,et les
couleurslesplusfoncéeslesniveauxlesplusforts) :
2.8 Analyse des zones
Comme le montrent les cartes de transfert et d?accumulation ci-dessus, des lignes horizontales sont
observées dans certains secteurs. Il s?agit de zones à topographie plane horizontale. Il est ressorti des
traitements réalisés aux mailles de 50m, 25m et 5m que ces axes pouvaient suivre des directions
particulières (Nord-Sud, Est-ouest, NE-SO, NO-SE).
La direction unique provient de l?algorithme dit « D8 » du plan de drainage qui ne cherche qu?une
direction de sortie parmi les 8 possibles d?une maille carrée vers l?une de ses voisines, la plus basse
en règle générale. Dans un plan horizontal, la direction de sortie de l?écoulement par défaut est celle
de l?amont. On notera que les directions « linéaires » d?écoulement sont initiées à partir de chemins
d?accumulation qui prennent naissance en dehors de la topographie horizontale.
14/49
Production
Transfert
Accumulation
Pour chaque étape du ruissellement, 6
niveaux de sensibilité:
0 - Aucun
1 - Très faible
2 - Faible
3 - Moyen
4 - Fort
5 - Très fort
L?interprétation des résultats dans ces zones doit faire l?objet d?une vigilance particulière, en
distinguant deux types de zones.
? Les zones planes mais dont les pentes ne sont pas nulles ((ie) pentes supérieures à 0,05
degré7) : dans ces zones, le parallélisme des directions d'écoulement qui se traduisent par les
lignes parallèles horizontales représentées sur les cartes indiquées supra, n'est pas loin de la
situation de l'écoulement en cas de pluies intenses, du fait que les micro variations
topographiques seront alors comblées physiquement. Dans cette situation, le chemin
d'écoulement de niveau 5 qui est initié par la zone de production amont en périphérie du plan
(faiblement) incliné peut avoir une réalité sans pour autant passer exactement à cet endroit.
? Les zones planes en eau : dans ces zones, le modèle IRIP ne peut pas représenter les zones
d?accumulation, du fait qu?il n?y a plus de ruissellement. Il est rappelé que IRIP est par
construction un outil permettant de représenter les zones sur lesquelles sont initiées le
processus de ruissellement, et qu?il n?est donc pas conçu pour fournir des résultats sur les
surfaces en eau.
En conclusion, il n?est pas souhaitable d?écarter des analyses les zones sur lesquelles sont
observées des lignes horizontales, puisque ces dernières peuvent correspondre à une réalité
physique. Toutefois, dans ces zones, des aménagements ponctuels ou linéaires peuvent avoir
un impact sur le chemin hydraulique des eaux de ruissellement. Or, du fait du choix de la
maille retenue pour élaborer la carte régionale, ces aménagements ne sont pas
nécessairement détectés par l?outil, pouvant conduire localement à des imprécisions dans les
calculs de scores. En outre, certaines surfaces planes avec une faible pente pouvant rester en
eau une partie de l?année (marais, lits majeurs des cours d?eau, zones d?expansion des
crues?), les scores calculés à partir de l?outil IRIP peuvent n?être valables qu?une partie de
l?année.
7 Plusieurs valeurs de pentes ont été testées, et 0,05 degré est la valeur qui permettait d?écarter les zones en eau sans écarter les zones
présentant de faibles pentes sur lesquelles IRIP reste pertinent.
15/49
Les secteurs qui devront faire l?objet d?une attention particulière lors de l?interprétation des résultats
sont les zones continues bleues représentées en bleu sur la carte de l?index topographique indiquée
ci-dessous :
16/49
3. Croisement des niveaux de sensibilité IRIP avec les données
de sinistralité issues de la CCR
La DREAL a comparé les données issues de IRIP aux données de sinistralité de la CCR, afin ::
? d?évaluer les cartographies produites à partir de l?outil IRIP au regard des informations
relevées insitu ;
? de définir le meilleur compromis dans le regroupement des zones de sensibilité entre le
nombre de sinistres « captés » par les niveaux de sensibilité forts et la proportion du territoire
correspondant à ces niveaux forts.
Les données de sinistralité de la CCR n?étant pas communicables, cette-dernière a réalisé le
croisement pour le compte de la DREAL. La présente partie vise à exposer la méthodologie déployée
pour réaliser ce croisement et les principaux résultats obtenus.
3.1 Méthodologie de croisement
Dans un premier temps, les sinistres sont géolocalisés par la CCR sur les cartes produites à partir de
l?outil IRIP. La carte ci-dessous illustre ce principe général sur une carte de transfert de
ruissellement (lespointsvertsreprésententdessinistresaléatoirementpositionnéssurlacartepour
lesbesoinsdel?exercice) :
Dans un deuxième temps, un « tampon » est construit autour du point géolocalisé. Ce tampon
circulaire doit avoir un rayon égal à 2 fois le côté de la maille de base, soit un rayon de 100m dans le
cadre de notre étude puisque la maille raster de base est une maille de 50m x 50m. La raison en est
que la méthode IRIP indique les zones potentielles d?initiation des aléas mais pas les zones de
propagation en aval. Il est donc intégré une maille de distance entre le niveau de sensibilité (maille
raster) et sa conséquence (le sinistre géolocalisé).
17/49
Le schéma ci-dessous illustre ce principe (lespointsrougesreprésentent lessinistres, lescercles
rougeslescerclesderayon50mautourdessinistres,lescerclesorangelescerclesderayon100m
autourdessinistres) :
Dans un troisième temps, pour chaque sinistre, le nombre de mailles raster intersectées par le tampon
décrit supra est calculé par niveau de sensibilité et par sinistre. Le tableau ci-après illustre un exemple
de résultat obtenu :
Le principe de croisement des données de sinistres de la CCR avec les résultats bruts de sensibilité
au transfert du ruissellement est schématisé ci-dessous :
18/49
La CCR a également fourni une répartition du nombre de sinistres par maille de 2km x 2km. Ces
dimensions ont été proposées par la DREAL sur la base d?un calcul afin de respecter la confidentialité
des données ((ie)avoiraumoins2sinistresparmaillede2kmx2km). La carte ci-dessous représente
les résultats obtenus sur le périmètre régional :
Pour chacune de ces mailles, il a été demandé d?avoir une répartition du nombre de sinistres par
niveau de sensibilité. Le tableau ci-dessous illustre les résultats obtenus :
19/49
Cette information est intéressante, car elle peut permettre le cas échéant d?adapter les paramètres
IRIP en fonction des typologies des zones de la carte (milieu urbain dense, milieu rural par exemple).
Cette répartition des résultats permet également de visualiser rapidement les zones les plus
sinistrées.
3.2 Test de la méthode sur le périmètre de Nantes Métropole
Avant de pouvoir déployer la méthodologie sur l?ensemble du périmètre d?étude, la DREAL a souhaité
qu?un test soit effectué sur le périmètre de Nantes Métropole. Ce choix a été motivé par deux raisons
principales :
? le nombre élevé de sinistres (387 au total) sur le périmètre de Nantes Métropole permet
d?assurer la robustesse de la méthode sur le plan statistique ;
? Nantes Métropole dispose d?une cartographie des zones inondables par ruissellement à partir
d?un modèle hydraulique 2D, réalisé dans le cadre de la révision de son PLUm.8
Cette phase de test a permis de préciser les attendus et d?adapter la méthodologie.
3.3 Déploiement de la méthodologie sur l?ensemble du périmètre d?étude
La méthodologie a ensuite été déployée sur l?ensemble du périmètre régional. 3876 sinistres
géolocalisés ont initialement servi pour mener l?analyse qui sera détaillée dans la partie suivante.
Toutefois, un premier post-traitement a permis de détecter que parmi ces 3876 sinistres, 347 ne
pouvaient pas être exploités en raison de l?absence de résultats IRIP dans le tampon de 100m de
rayon9. Finalement, environ 3500 sinistres ont été considérés dans l?analyse.
8 Un comparatif entre les cartes IRIP et les cartes produites par Nantes Métropole n?a pas de sens scientifique puisque un comparatif
entre deux modèles nécessite avant tout de comparer leurs domaines d?application, leurs résolutions spatiales et leurs choix et
hypothèses internes. L?utilisation des cartes produites par Nantes Métropole revêtait l?objectif de pouvoir mener un comparatif avec les
données de sinistralité géolocalisés. Toutefois, pour des raisons de formatage des données, cette analyse n?a pas pu être conduite.
9 Ces 347 sinistres correspondent à des sinistres en dehors du périmètre d?étude et qui n?ont pas été exclus car compris dans le maillage
raster ayant servi au traitement.
20/49
3.4 Incertitudes liées aux informations liées aux sinistres géolocalisés
Les données de sinistralité de la CCR servent de base à la validation des cartes produites à partir de
l?outil IRIP. Il convient de noter que ces données comportent des incertitudes. Les principales sont les
suivantes :
1) Les sinistres avant 1995 ne sont pas référencés ;
2) Seuls les sinistres déclarés dans le cadre d?une reconnaissance catastrophe naturelle sont
référencés ;
3) La qualité de la géolocalisation est variable, mais non estimée ;
4) Dans les zones soumises à la fois à un aléa débordement/submersion et un aléa ruissellement, il
n?y a pas de distinction entre les deux.
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4. Traitement statistique effectué à partir du croisement entre les
résultats IRIP et les données des sinistres géolocalisés
L?évaluation des cartographies est basée sur l?hypothèse qu?un dégât géolocalisé est détecté si la
zone tampon autour du sinistre géolocalisé qui contient le dégât comporte une indication d?un ou
plusieurs pixels en niveau de sensibilité fort en ruissellement. Le traitement statistique va consister à
quantifier le niveau de dépendance entre la géolocalisation des sinistres et le niveau de sensibilité, en
construisant d?une part une matrice de contingence, d?autre part une matrice du hasard, et enfin en
calculant le Khi-2 (qui « mesure » l?écart entre une distribution théorique et une distribution réelle).
Ces notions sont détaillées ci-après.
4.1 Calcul de la matrice de contingence
La matrice de contingence permet d?avoir un aperçu de la distribution entre deux variables, qui sont
dans notre cas d?étude le niveau de sensibilité fort (qui est un regroupement de niveaux de sensibilité
à définir) et la présence d?un sinistre. La matrice de contingence contient les informations suivantes :
Sinistre
NON OUI
Niveau de sensibilité fort
NON
[D] Vrais négatifs : pas de
détection en faible
Calcul : nombre de mailles
en niveau de sensibilité
faible hors tampons des
dégâts
[B] Faux négatifs : modèle
n?a pas détecté le sinistre
Calcul : nombre de mailles
en niveau de sensibilité
faible dans les tampons
des dégâts
OUI
[C] Faux positifs
Calcul : nombre de mailles
en niveau de sensibilité
fort hors tampons des
dégâts
[A] Vrais positifs :
détection en fort
Calcul : nombre de mailles
en niveau de sensibilité
fort dans les tampons des
dégâts
Les faux négatifs donnent une mesure de la non adéquation du modèle à la réalité de terrain.
Les faux positifs reflètent un niveau de sensibilité fort sans présence de dégât. Il peut y avoir trois
raisons à cela :
(I) le modèle n?est pas en adéquation avec la réalité de terrain
(II) le dégât n?est pas répertorié, en particulier car hors enjeux assurantiel
(III) il n?a pas plu ou pas suffisamment à cet endroit du bassin versant pendant l?événement ou les
événements.
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4.2 Calcul de la matrice du hasard
Une matrice du hasard est ensuite construite afin de permettre de calculer la distribution théorique
dans le cas où il n?y aurait aucune dépendance entre le niveau de sensibilité et la présence de
sinistre.
Sinistre
NON OUI
Niveau de sensibilité fort
NON [4] [2]
OUI [3] [1]
Par exemple, [1] = (nombre de mailles en niveau de sensibilité fort x nombre de mailles total dans les
tampons de 100m autour des sinistres) / (nombre total de mailles sur le périmètre d?étude).10
4.3 Calcul du Khi-2
Le calcul du Khi-2 permet de mesurer la relation de dépendance entre un niveau de sensibilité fort et
la présence d?un sinistre. Pour faire simple, le calcul de ce paramètre va permettre de s?assurer que le
fait que les sinistres soient majoritairement à proximité de mailles en niveau de sensibilité fort ne
relève pas d?une simple coïncidence, mais bien d?une dépendance entre les deux paramètres.
La formule de calcul du Khi-2 est la suivante :
Khi-2 = ([A] - [1])² / [1] + ? + ([D] - [4])² / [4]
Le résultat du calcul du Khi-2 est comparé au résultat issu d?une table du Khi-2 qui indique par degré
de liberté et par quantile les valeurs limites au-delà desquelles les variables (niveau de sensibilité fort
et sinistre dans notre cas) sont supposées ne pas être indépendantes.
Un extrait de cette table est présenté ci-dessous :
10 Le résultat est homogène à un nombre, donc comparable avec le nombre de mailles de la matrice de convergence. En outre, la formule
proposée revient à multiplier des probabilités, ce qui revient finalement à un calcul de probabilité entre deux évènements indépendants.
23/49
Dans cette table, le quantile permet de quantifier les probabilités d?erreur, et le k correspond au
nombre de degrés de liberté (en clair, le nombre de variables à connaître pour pouvoir estimer toutes
les autres).
En prenant la ligne 1, qui correspond au degré de liberté, la table montre que la valeur du Khi-2 doit
dépasser 7,88 afin d?être sûr à plus de 99,5 % de la dépendance entre le niveau de sensibilité et la
présence du sinistre.
Un calcul effectué en prenant une combinaison avec les niveaux 4 et 5 en accumulation et les niveaux
4 et 5 en transfert conduit à une valeur du Khi-2 de 9124, valeur très largement supérieure à 7,88.
En conclusion, le calcul du Khi-2 permet d?affirmer avec une certitude de plus de 99,5 % que les
zones de sensibilité forte (dans l?exemple décrit ci-dessus, les niveaux 4 et 5 en accumulation et les
niveaux 4 et 5 en transfert) et la présence de sinistres à proximité sont dépendantes.
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5. Regroupement des zones
Les choix en matière de regroupement des niveaux de sensibilité conditionnent la représentation des
cartes qui seront communiquées.
5.1 Objectif opérationnel
L?expérience acquise par l?INRAE dans la validation des cartes IRIP sur un territoire porte sur une
double condition : il est nécessaire de détecter au moins 80% des dommages (ou sinistres) déclarés
avec au plus 20% de mailles en niveau de sensibilité fort IRIP dans le territoire. Ces conditions
antagonistes l?une de l?autre obligent à chercher un optimum opérationnel qui consiste à trouver un
maximum de dommages à proximité des niveaux de sensibilité IRIP de scores élevés avec un
minimum de pixels en niveau de sensibilité fort, car plus le seuil de score est faible plus les pixels des
niveaux de sensibilité occupent une part importante du territoire. Par exemple, il est possible de
détecter 100% des dommages ou sinistres avec les seuils de scores IRIP > 1 qui couvrent jusqu?à
90% d?un territoire, mais cela n?a aucun intérêt opérationnel.
5.2 Matrice de couplage
Pour chaque couple de niveaux de sensibilité, un pourcentage de détection des sinistres et un
pourcentage de surface en niveau de sensibilité fort par rapport au périmètre global ont été calculés.
Un paramètre d?efficacité a également été évalué.
Les résultats de ces calculs sont présentés dans le tableau ci-contre (les lignes surlignées en vert
sont les lignes qui répondent à la double condition décrite au paragraphe précédent) :
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Il est nécessaire de préciser que la production n?est pas considérée dans la méthode IRIP comme un
phénomène dommageable, si ce n?est en zone agricole où ce processus peut contribuer aux pertes
en sol sous la forme de matières en suspension. Aussi, dans le tableau ci-dessus, seules les lignes
sans production sont analysées. Les sources de dommages considérées sont donc celles liées au
transfert et à l?accumulation. Pour l?évaluation IRIP ceux-ci sont en général représentés avec une
carte unique car ces deux phénomènes sont quasi exclusifs l?un de l?autre (par construction dans la
méthode). Dans le cas de Nantes métropole le recouvrement est de 1.5% entre les scores de transfert
>=3 et les scores d?accumulation >=4. Cela s?explique en partie par les artefacts des écoulements en
zones planes horizontales et les abords encaissés comme pour certains cours d?eau où le transfert et
l?accumulation sont sur une même maille de jonction.
5.3 Sélection du couple pour la construction des matrices des niveaux de
sensibilité forts
Le calcul d?efficacité présenté dans le tableau ci-dessous montre que le couple associant les niveaux
4 et 5 en transfert et le niveau 5 en accumulation permet de capter 80 % des sinistres pour seulement
5 % du territoire couvert par des mailles en niveau de sensibilité fort, et qu?il présente à ce titre une
efficacité élevée.
26/49
La carte produite à partir du niveau 5 en accumulation a la forme suivante (zoomsurleterritoiredu
Mans Métropole; les points bleus représentent le niveau 5 en accumulation, les lignes rouges
représententlesroutes) :
Il s?avère que les zones d?accumulation sont discontinues et que les thalwegs sont segmentés. Il
semble difficile d?échanger avec les acteurs locaux sur la base de cette carte et de faire le lien entre le
phénomène du ruissellement et la manifestation physique (même si IRIP est un outil d?évaluation de la
sensibilité du territoire au ruissellement et non un modèle pluie-débit). En outre, en superposant la
carte précédente avec les emprises des zones inondables liées aux enveloppes approchées des
inondations potentielles (EAIP) issues de la Directive Inondation, le résultat est le suivant (leszones
EAIPsontreprésentéesenvert) :
27/49
Les zones en niveau 5 d?accumulation sont presque intégralement recouvertes par les emprises EAIP,
et il sera difficile de distinguer les actions qui relèvent de la prévention des inondations par
débordements des cours d?eau des actions qui relèvent de la prévention du ruissellement.
Si d?un point de vue statistique, retenir uniquement le niveau 5 en niveau de sensibilité fort
accumulation est intéressant, il est difficile de l?exploiter au niveau opérationnel.
Il est donc proposé d?intégrer également le niveau 4. Sur ce même périmètre, la carte produite à partir
des niveaux 4 et 5 est la suivante :
28/49
En superposant avec les emprises liées à l?EAIP, le résultat est le suivant :
Les niveaux 4 et 5 en accumulation permettent ainsi de remonter en profondeur dans les bassins
versants et d?analyser les zones où les cours d?eau sont non pérennes.
Il est donc proposé de retenir les niveaux 4 et 5 pour définir le niveau de sensibilité fort accumulation.
S?agissant du transfert, retenir le niveau 5 uniquement conduirait à des cartes de la forme suivante
(zoomsurlavalléeduCenssurNantesMétropole;lespointsrougesreprésententleniveau5en
transfert,leslignesrougesreprésententlesroutes) :
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Retenir les niveaux 4 et 5 conduirait à obtenir la carte suivante :
D?un point de vue opérationnel, aucune des 2 cartes n?est facilement interprétable.
Deux éléments complémentaires sont donc analysés pour permettre de prendre un arbitrage.
30/49
Le premier est le gain sur le nombre de sinistres détectés en intégrant le niveau 4. Le tableau
présenté supra montre un gain de 15 % sur le nombre de sinistres détectés pour 4 % de surface
supplémentaire. Au regard des autres combinaisons, l?intégration du niveau 4 semble convenable.
Le second est le taux de sinistres finalement détectés en intégrant le niveau 4, qui est de 96 %. Aussi,
le résultat est tel qu?il est possible d?affirmer que la quasi-intégralité des sinistres sont dans l?emprise
des niveaux de sensibilité 4 et 5 en accumulation et en transfert. D?un point de vue opérationnel, cette
conclusion est intéressante.
En conclusion, la prise en compte des niveaux 4 et 5 pour définir le niveau de sensibilité fort transfert
apparaît comme la solution la plus intéressante d?un point de vue opérationnel.
Le niveau de sensibilité fort ruissellement correspondra à la fusion entre les niveaux 4 et 5 en
accumulation et les niveaux 4 et 5 en transfert, ce qui permet de détecter 96 % des sinistres
pour environ 12 % du territoire. La production n?est pas intégrée car le phénomène en lui-
même est non dommageable. Toutefois, les analyses complémentaires sur les secteurs
agricoles pourraient nécessiter d?exploiter les résultats liés à la production, notamment pour
permettre son atténuation.
31/49
6. Synthèse régionale
Le regroupement des niveaux de sensibilité présenté précédemment permet d?obtenir la superficie du
périmètre d?étude qui fait l?objet d?une sensibilité forte au ruissellement.
Toutefois, la maille élémentaire utilisée pour réaliser l?étude (maille de dimensions 50m x 50m)
ne permet pas d?identifier à une échelle infra communale les zones les plus exposées au
ruissellement. Aussi, établir un programme d?actions opérationnelles (prescriptions en matière
d?urbanisme, réduction de la vulnérabilité individuelle, ouvrages de rétention,?) sur la base
des résultats IRIP à cette échelle ne serait pas opportun.
C?est pourquoi il est important de travailler sur des cartes de synthèse régionale qui permettront
d?identifier certains secteurs du périmètre régional particulièrement exposés au ruissellement.11
Deux analyses distinctes seront conduites dans cette partie :
? une analyse du niveau de sensibilité au ruissellement par commune, sans tenir compte des
enjeux ;
? une analyse du niveau de sensibilité au ruissellement par commune, en tenant compte des
enjeux.
Il est rappelé que les résultats dans les zones de plans d?eau et les zones planes à faibles pentes (lit
majeur des cours d?eau, zones de marais par exemple) comportent des biais. Aussi, dans ces zones,
les résultats consolidés qui seront présentés dans la présente partie sont à interpréter avec
précaution.
Il est également important de rappeler que les résultats obtenus à partir de l?outil IRIP fournissent des
informations des niveaux de sensibilité au ruissellement, sans déterminer l?aléa. La démarche
régionale qui fait l?objet du présent rapport ne permet pas de qualifier le niveau de risques liés
aux inondations par ruissellement, qui lui doit être déterminé à partir du croisement entre le niveau
d?aléa et les enjeux, comme le montre le schéma ci-dessous :
11 Il est bien question ici de conduire une analyse sur le périmètre régional, et non sur le périmètre complet de l?étude, qui nécessite une
communication spécifique au niveau des régions et départements situés en dehors de la région Pays de la Loire.
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6.1 Données d?entrée et étapes pour réaliser les cartes de sensibilité par
commune
Les données d?entrée utilisées pour produire les cartes de sensibilité par commune sont les
suivantes :
? périmètres communaux AdminExpress® IGN 2024 pour les analyses communales des
résultats IRIP ;
? occupations du sol (OCS) Corine Landcover 2018 et Theïa 2017 pour la définition des enjeux
(zones urbaines, industrielles, commerciales, portuaires et aéroportuaires) ;
? résultats IRIP à la maille de 50m.
Les cartes sont ensuite réalisées de la manière suivante :
? production d?un raster à la maille de 50 m des « enjeux » à partir des OCS Corine Landcover
et THEIA. L?occupation du sol THEIA utilisée pour produire la sensibilité au ruissellement
présente une sorte de mitage à l?intérieur des zones urbaines, qui est amplifié par le ré-
échantillonnage des données sur la grille de 50 m des données IRIP produites. Pour palier ce
mitage, ont été ajoutées les zones artificialisées de Corine Landcover. Pour les deux OCS, les
zones artificialisées utilisées sont les zones urbaines, industrielles, commerciales,
aéroportuaires, et les infrastructures routières et ferroviaires. Cette combinaison des deux
OCS permet de tenir compte des espaces « naturels » anthropisés susceptibles d?être
artificialisés.
? utilisation du traitement QGIS « Histogramme zonal » qui calcule pour chaque commune le
nombre de mailles pour chaque niveau de sensibilité brute (en production, en transfert et en
accumulation), et le nombre de mailles comportant à la fois des surfaces artificialisées et une
sensibilité au ruissellement intense.
Un exemple de surfaces artificialisées de l?OCS THEIA superposée à l?OCS Corine Landcover est
représenté ci-dessous :
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6.2 Proportion des surfaces communales concernées par un niveau de
sensibilité fort
L?analyse qui est conduite ci-dessous est une analyse surfacique du niveau de sensibilité des
communes au ruissellement, sans considération à ce stade des enjeux.
La carte ci-dessous représente la proportion des surfaces communales concernées par un niveau de
sensibilité fort. Elle a été bâtie en calculant le rapport entre la superficie communale et la superficie
cumulée des mailles de niveaux 4 et 5 en accumulation et en transfert. Les communes sont réparties
par quantile par rapport à leur niveau de sensibilité. La carte dans l?encadré représente le dernier
quintile, c?est-à-dire les 20 % des communes dont les superficies sont les plus couvertes par des
mailles de niveaux 4 et 5 en accumulation et en transfert.
Plusieurs zones géographiques se distinguent (cf carte ci-après). Par département, il s?agit des
EPCI suivants :
? Loire-Atlantique : Nantes Métropole, CC Sèvre et Loire
? Maine-et-Loire : Mauges Communauté, CC Loire Layon Aubance, Angers Loire
Métropole et CA Saumur Val de Loire
? Mayenne : CA de Laval Agglomération, CC du Bocage Mayennais et CC de l?Ernée
? Sarthe : Le Mans Métropole, CC Loué-Brûlon-Noyen, CC Maine Coeur de Sarthe, CC
Loir-Lucé-Bercé, CC des Vallées de la Braye et de l?Anille
? Vendée : CC du Pays de Mortagne, CC du Pays de Pouzauges, CC du Pays de la
Châtaigneraie, CC Pays de Chantonnay, CA la Roche-sur-Yon agglomération, CC de Vie
et Boulogne et CA Terres de Montaigu
34/49
35/49
L?analyse des paramètres qui influencent le plus le score en transfert dans les zones les plus
sensibles fait état d?une influence importante de la densité des pentes fortes, comme le montre la
carte ci-dessous (les points noirs représentent les mailles sur lesquelles des pentes fortes sont
détectéespar IRIP, leszonesbleuesreprésentent les20%descommunes lesplussensiblesau
ruissellement(horsenjeux)) :
Même s?il est effectivement constaté une corrélation entre la présence des pentes fortes et un niveau
de sensibilité fort au ruissellement, certains secteurs échappent à cette règle, notamment le nord-est
du département de la Mayenne comme le montre la carte ci-dessous :
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L?une des explications est liée au niveau de sensibilité à la production (qui est l?un des facteurs pris en
compte pour calculer les scores en production et en transfert), comme le montre la carte ci-dessous
sur laquelle les niveaux 3, 4 et 5 en production sont représentés, et sur laquelle sont entourées les
zones sensibles à la production du ruissellement (en vert) et les zones peu sensibles à la production
du ruissellement (en jaune) :
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Sur cette carte, il est constaté une propension du territoire nord-est de la Mayenne (entouré en jaune)
à produire du ruissellement nettement inférieure au territoire situé au nord-ouest (entouré en vert), ce
qui impacte defacto le calcul des scores en accumulation et en transfert.
Cet exemple montre notamment l?importance de ne pas écarter des analyses les zones de
production, sur lesquelles des focus plus locaux pourront être réalisés au besoin pour
réfléchir à des solutions d?atténuation.
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6.3 Croisement avec les enjeux
L?analyse précédemment menée a permis d?établir un état des lieux des zones les plus susceptibles
de générer des inondations par ruissellement. Cette partie vise désormais à ajouter une analyse sur
les enjeux. La carte ci-après représente par quantile le taux communal de sensibilité au ruissellement
des surfaces imperméabilisées (rapport entre la somme des surfaces artificialisées comportant un
niveau fort ou très fort en transfert ou accumulation et la surface communale). La carte dans l?encadré
représente le dernier quintile, c?est-à-dire les 20 % des communes dont les superficies des surfaces
artificialisées sont les plus couvertes par des mailles de niveaux 4 et 5 en accumulation et en
transfert.
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Hormis sur de rares secteurs, la carte du dernier quantile en matière de niveau de sensibilité
représentée supra correspond peu ou prou à la carte ci-dessous (leszonesenrougereprésententles
communescorrespondantaudernierquintileenmatièrededensitédepopulation):
En matière de niveau de sensibilité des communes par rapport aux enjeux, plusieurs zones
géographiques se distinguent. Par département, il s?agit des EPCI suivants (non classés par
degré de sensibilité) :
? Loire-Atlantique : Nantes Métropole, CC Sèvre et Loire, CA Clisson Sèvre et Maine
Agglo, Cap Atlantique, CARENE et CA Pornic Agglo Pays de Retz
? Maine-et-Loire : Angers Loire Métropole, CA Saumur Val de Loire, CC Loire Layon
Aubance
? Mayenne : CA de Laval Agglomération
? Sarthe : Le Mans Métropole
? Vendée : CA la Roche-sur-Yon Agglomération, CA Les Sables d?Olonne Agglomération,
CA du Pays de Saint-Gilles-Croix-de-Vie, CC Océan Marais de Monts, CC de l?Ile de
Noirmoutier
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6.4 Limites et usages de l?atlas
Un atlas cartographique a été produit à partir des résultats issus de l?outil IRIP. Sa réalisation a
nécessité de faire des hypothèses et des simplifications, qu?il convient d?expliciter ou de rappeler afin
d?apprécier les limites quant à son interprétation et à son utilisation.
? Méthode sèche VS méthode hydrologique/hydraulique
Il est important de rappeler que IRIP est une méthode dite « sèche », et qu?elle n?est donc pas
adaptée pour déterminer des hauteurs d?eau, des emprises de zones inondables, ou des vitesses
d?écoulement. Elle sert à localiser les zones de déclenchement des aléas, mais sans faire de
propagation en aval, à l?inverse des modèles hydrologiques/hydrauliques. Cette remarque est
structurante et implique que IRIP ne détermine par l?aléa ruissellement, mais un niveau de
sensibilité des territoires à produire/transférer/accumuler les eaux de ruissellement . En
corollaire, même si un croisement a été réalisé entre les niveaux de sensibilité et les enjeux, les
cartes produites ne sont pas des cartes de risques.
? Démarche régionale peu adaptée pour être traduite en prescriptions en matière d?urbanisme
Comme indiqué supra, IRIP permet d?identifier les zones susceptibles de
produire/transférer/accumuler du ruissellement. En outre, il est rappelé que la maille élémentaire
utilisée pour conduire la démarche régionale est une maille carrée de 50m x 50m. Aussi, les
résultats ne doivent pas être traduits en prescriptions d?urbanisme à l?échelle de la parcelle.
Par contre, elle peut tout à fait servir de base à des réflexions portant par exemple sur la provenance
des eaux de ruissellement en lien avec les secteurs non urbanisés situés en périphérie de zones
urbanisées, ou des zones qui ressortent comme particulièrement exposées au sein desquelles la
connaissance locale met en lumière une sinistralité particulièrement prégnante.
? Prise en compte des parcelles agricoles dans les calculs
L?outil IRIP considère l?occupation des sols par certaines typologies de cultures comme un
facteur favorisant le ruissellement, sans tenir compte des pratiques culturales, de
l?organisation spatiale, du sens du labour... En outre, le millésime utilisé pour effectuer les
calculs sur les parcelles agricoles est 2017. Ces hypothèses simplificatrices peuvent conduire
à des résultats pessimistes ((ie) maximisant le ruissellement) sur les bassins versants sur
lesquels les pratiques culturales ont été adaptées pour mieux maîtriser les phénomènes
érosifs et améliorer l?infiltration de l?eau dans les sols, et/ou sur lesquels les assolements ont
été sensiblement modifiés depuis 2017 « au profit » de cultures considérées comme atténuant
le ruissellement. Dans le cas où une analyse plus locale venait à être conduite sur un bassin versant,
l?utilisation du registre parcellaire graphique (RPG)12 pourrait permettre de moduler les scores calculés
sur IRIP en fonction des assolements et des pratiques culturales. En fonction de la maille qui sera
retenue pour effectuer ce travail, les infrastructures agro-écologiques et les aménagements
d?hydraulique douce réalisés sur les bassins versants pourraient également être pris en compte
comme facteurs d?atténuation du ruissellement.
12 https://geoservices.ign.fr/agriculture
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? Prise en compte partielle des ouvrages (terrassement et hydraulique)
Comme indiqué précédemment dans le rapport, la maille élémentaire utilisée pour réaliser les calculs
avec IRIP est une maille carrée de dimensions 50m x 50m. Le travail sur un maillage plus fin n?a pas
été possible en raison des temps de calcul trop importants pour le périmètre d?étude considéré. Ce
choix ne permet pas de détecter les modifications topographiques qui influencent le chemin
d?écoulement gravitaire, et donc en corollaire les petits (en dimensions) ouvrages
(terrassement et hydraulique) à l?origine de ces modifications. Les aménagements concernés
peuvent être par exemple les infrastructures agroécologiques ou aménagements d?hydraulique douce
(haies, fascines,?) mises en place dans certains secteurs pour limiter les phénomènes érosifs et
favoriser l?infiltration de l?eau, les infrastructures de transport, les aménagements canalisant les
écoulements (canaux, fossés,?). Or la présence de ces ouvrages peut expliquer la redirection ou le
stockage du ruissellement. Lors d?une approche plus locale, il sera donc opportun de regarder
l?information IRIP en fonction de ces éléments et la compléter le cas échéant par des contrôles terrain.
S?agissant des ouvrages de drainage enterrés non détectables en surface, IRIP fait l?hypothèse qu?ils
sont saturés afin d?être maximisant par rapport au phénomène de ruissellement.
? Interprétation des résultats dans les zones planes
Comme le montrent les cartes de transfert et d?accumulation présentées précédemment dans le
rapport, des lignes horizontales sont observées en accumulation et en transfert dans certaines zones
à topographie plane à faibles pentes. L?interprétation des résultats dans ces zones doit faire
l?objet d?une vigilance particulière. En effet, même si ces lignes peuvent correspondre à une
réalité physique, des petits (en dimensions) aménagements ponctuels ou linéaires, non
détectés du fait de la maille retenue, peuvent avoir un impact sur le chemin hydraulique des
eaux de ruissellement et donc conduire à des écarts entre la modélisation et la réalité. En
outre, certaines surfaces planes avec une faible pente pouvant rester en eau une partie de
l?année (marais, lits majeurs des cours d?eau, zones d?expansion des crues?), les scores
calculés à partir de l?outil IRIP peuvent n?être valables qu?une partie de l?année.
? limite à l?étude en matière de croisement des données
Pour rappel, le croisement entre les données de sinistralité issues de la CCR et les résultats IRIP
repose sur la détection ou non d?une maille en niveaux 4 ou 5 en accumulation ou transfert dans un
rayon de 100m autour du sinistre. Une telle zone représente approximativement 3ha. Or la plupart des
zones urbaines denses sont à la fois les zones dans lesquelles il y a le plus grand nombre de sinistres
recensés, mais également les zones les plus sensibles au ruissellement, comme le montre la carte de
sensibilité présentée au « 6.2 Proportion des surfaces communales concernées par un niveau de
sensibilité fort ». Dans ces zones, il y a donc à la fois une probabilité accrue d?avoir un nombre
important de sinistres, et également la présence de pixels 4 ou 5 en accumulation ou transfert dans
une zone de 3ha autour des sinistres. Cela induit un biais dans les calculs, qu?il conviendra de corriger
en analysant plus finement certains secteurs (travail à une maille plus fine, géolocalisation précise des
sinistres).
Toutefois, ce constat reste à relativiser en matière de validité de la méthode. En effet, l?analyse
statistique présentée dans le rapport a justement été menée pour tenir compte des taux de faux
positifs (nombre de mailles en sensibilité forte hors tampons des dégâts) et de faux négatifs (nombre
de mailles en niveau de sensibilité faible dans les tampons des dégâts). Cette analyse a bien conclu à
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une nette interdépendance entre la présence des sinistres et la présence de mailles de niveau de
sensibilité forte à proximité, démontréeinfine par le calcul du Khi-2.
? limite identifiée à l?étude en matière de sinistres, issus de la base de données de la CCR
En plus du biais méthodologique induit par le travail à une maille de 50m x 50m, des incertitudes liées
à la base de données de sinistralité de la CCR sont à noter. Elles ont été détaillées au « 3.4
Incertitudes liées aux informations liées aux sinistres géolocalisés » du présent rapport.
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7. Amélioration continue
Comme indiqué précédemment dans le rapport, les données de sinistralité issues de la CCR ne
peuvent pas être rendues publiques. En outre, il a également été indiqué qu?elles contenaient des
incertitudes inhérentes à leur construction.
Afin de pouvoir poursuivre l?amélioration des résultats issus de l?outil IRIP, tout en identifiant des
territoires particulièrement sensibles à cet aléa, une expérimentation a été réalisée à partir des bases
de données des SDIS de Loire-Atlantique et de Mayenne.
Cette expérimentation a pour objet l?exploitation des bases de données des SDIS afin de géolocaliser
les interventions en lien avec une problématique d?inondation par ruissellement. Un premier essai a
été effectué à partir de la base de données du SDIS 53, en lien avec l?épisode pluvieux qui a concerné
la région Pays de la Loire (particulièrement la Mayenne et la Loire-Atlantique) du 17 au 21 juin 2024.
7.1 Retour sur l?évènement orageux du 17/06 au 21/06
Du 17 au 21 juin 2024, de violents orages accompagnés localement de cumuls de pluies très
importants ont impacté la région Pays de la Loire, causant de nombreux dégâts.
Au total, au moment de la rédaction du présent rapport, près d?une centaine de communes ont été
reconnues en état de catastrophe naturelle en Pays de la Loire13. Elles sont listées dans l?arrêté du 04
juillet 2024 portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle.
La carte ci-dessous montre une superposition entre la lame d?eau radar ANTILOPE observée du 17
au 21 juin 2024 et les communes listées dans l?arrêté mentionné supra :
13 Il est important de noter que ce nombre de communes reconnues en état de catastrophe naturelle peut être amené à augmenter du fait
du traitement progressif des demandes.
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https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049891990
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049891990
7.2 Bases de données des SDIS
Afin de pouvoir évaluer les conséquences locales d?un tel évènement, la DREAL a pris contact avec
les SDIS 53 et 44 afin de pouvoir récupérer leurs bases de données d?interventions.
Les bases de données ont le format suivant (pour des raisons de confidentialité des données, les
éléments liés à l?adresse ont été supprimés dans l?exemple ci-dessous) :
La DREAL a ensuite reconstitué les adresses, puis les a transformées en coordonnées GPS. Les
points (autour desquels sont dessinés des tampons de 100m de rayon, par cohérence avec la
méthodologie employée par la CCR) associés à ces coordonnées ont ensuite été placés sur les cartes
obtenues à partir de IRIP, comme le montre la carte ci-dessous (lespointsvertsreprésentent les
sinistresgéolocalisés; lesemprisesdeszonesvertescorrespondentauxzonesEAIP; lespoints
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Date Sinistre réel - NomLocalisation Réel - Nom CommuneLocalisation Réel - Nom Lieu Localisation Réel - Numéro Compte Rendu
18/06/2024 INONDATION AHUILLE XXXXX XXXXX
Inondation d?une rue. 1m
d?eau dans la rue avec 3
personnes piégées dans leur
maison
Évacuation des personnes à
l?aide d?une embarcation
bleus représentent le niveaud?exposition fort enaccumulation; les points rougesreprésentent le
niveaud?expositionfortentransfert) :
Au moment de la rédaction de ce rapport, aucun post-traitement n?a été réalisé à partir de ces cartes.
Toutefois, il serait opportun de :
? analyser les sinistres en dehors des emprises de l?EAIP ou/et PPRi pour voir si la carte IRIP
apporte une information complémentaire quant au niveau d?exposition de certains secteurs ;
? quantifier la part de sinistres effectivement détectés par les pixels en niveau de sensibilité fort
issus de IRIP, afin le cas échéant de moduler certains paramètres ;
? détecter les zones sur lesquelles les interventions liées aux inondations par ruissellement sont
récurrentes.
Une coopération avec l?ensemble des SDIS de la région constitue à ce titre un axe de travail
intéressant.
7.3 Autres sources de données exploitables
En compléments des informations issues des SDIS, ainsi que des croisements avec la base de
données de la CCR, d?autres données pourraient être exploitées :
? bases de données des interventions des services techniques des collectivités14 ;
? informations contenues dans les dossiers de demande de reconnaissance en catastrophe
naturelle ou les dossiers de demande de reconnaissance en calamités agricoles ;
? bases de données des principaux assureurs des exploitations agricoles ;
? témoignages et recueils photographiques des acteurs territoriaux.
14 Un questionnaire de recensement des informations lors des sinistres a été réalisé par la DREAL Pays de la Loire, et peut être mis à
disposition des personnes qui le souhaiteraient
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8. Conclusion et perspectives
La présente étude, qui s?inscrit dans les objectifs de la feuille de route nationale 2022-2024 sur les
risques naturels, a permis d?établir à une échelle régionale un état des lieux du niveau de sensibilité
du territoire d?étude au ruissellement.
Cette connaissance régionale ne pourra pas être déclinée en ?porter à connaissance (PAC)
urbanisme? pour une prise en compte dans l?élaboration des documents de planification, du fait de
l?échelle d?analyse et de l?absence de prise en compte de certaines spécificités locales qui peuvent
impacter les ruissellements (pratiques culturales favorables à l?atténuation des ruissellements,
ouvrages hydrauliques, dispositifs de drainage, marais)
Elle constitue cependant une première analyse qui pourra être le préalable à de nouvelles
études, plus fines, pour les territoires identifiés comme très sensibles au ruissellement. Elle
sera donc rendue publique, au moyen d?une publication sur le site de la DREAL.
Plusieurs perspectives sont proposées ci-après pour initier ou soutenir les démarches des territoires :
? Communication des livrables de l?étude, à l?attention du public
Les livrables de l?étude sont publiés sur le site internet de la DREAL Pays de la Loire et
communiqués au besoin au fil de l?eau au sein de différentes instances (comités de suivi des PAPI,
CLE des SAGE, séminaire régional PAPI/GEMAPI, réunions spécifiques, instances de bassin, groupe
de travail national inter-DREAL,?). Le cas échéant, des analyses élargies à l?ensemble du périmètre
d?étude pourront être conduites, sous réserve d?obtention des accords des DREAL et DDT(M) voisines
au Pays de la Loire (au bénéfice des PAPI interrégionnaux).
? Accompagner des acteurs locaux sur des terrioires tests
L?identification de territoires tests sur lesquels accompagner les acteurs locaux pour
structurer un plan d?actions de maîtrise du ruissellement constitue une étape essentielle pour
enclencher une dynamique opérationelle sur le sujet.
Cette identification s?appuyera sur les cartes de synthèse de sensibilité au ruissellement présentées
précédemment, sur des témoignages remontés par les acteurs territoriaux lors d?évènements
météorologiques intenses ou à l?occasion des comités de suivi PAPI par exemple, sur des dynamiques
engagées par les structures en charge de la GEMAPI,.?
Dans tous les cas, il s?agira d?une démarche volontaire, à construire en lien avec d?autres politiques
publiques. Il est en effet important de souligner que le présent rapport focalise les analyses sur les
inondations par ruissellement. Toutefois, le ruissellement est à la croisée de plusieurs politiques
sectorielles (qualité des milieux aquatiques, agriculture, urbanisme, assainissement pluvial,?) et se
doit donc d?être appréhendé dans sa globalité, en associant l?ensemble des acteurs concernés.
Cette association large revêt un double enjeu : celui de permettre de faire émerger des actions locales
complémentaires avec plusieurs politiques publiques, mais également celui de mobiliser plusieurs
sources de financements publics et ainsi inciter à la réalisation de programmes plus ambitieux.
Dans ces territoires, l?élaboration d?un plan d?actions pour lutter contre le ruissellement
permettra d?accompagner les réflexions des collectivités au sujet de la gouvernance de l?eau et
des sols.
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? Promouvoir l?inscription d?actions relatives à la lutte contre le ruissellement dans les PPR et
les PAPI
Dans la ?boîte à outils? de la prévention du ruissellement, les plans de préventions des risques, les
porter à connaissance et les PAPI peuvent être mobilisés, selon les territoires.
? Les servitudes de PPR sont l?une des actions des PAPI, portée par les services de l?Etat.
L?intégration de l?aléa ruissellement dans l?élaboration ou révision des plans de préventions des
risques d?inondation est un objectif fort de la feuille de route nationale des risques naturels
2022/2024. En Pays de la Loire, la déclinaison qui a été retenue, pour la prise en compte de
ce risque ?émergent?, est de vérifier si la prescription d?un PPR ruissellement ou PPR
inondation multi-thématique est pertinente, au moment de l?élaboration ou révision des PPR.
Compte-tenu du programme d?élaboration des PPR en Pays des la Loire, les nouveaux PPRi
qui intégreront un volet ruissellement concerneront un nombre limité de communes exposées.
? Il est important de poursuivre la caractérisation de l?aléa ruissellement et de ses impacts
sur les enjeux, en l?inscrivant dans les PAPI. A ce titre, le cahier des charges PAPI3 v2023
indique : «Ilestimportantquelesterritoiresexposésàl?aléainondationliéauruissellement
l?étudientafindemieuxappréhendersonimpactlocalementetdeleprendreencomptede
façonproportionnéedanslesstratégiesd?aménagement.».Ainsi, les diagnostics PAPI doivent
intégrer une caractérisation du risque lié au ruissellement, ou à défaut démontrer en quoi les
territoires ne sont pas exposés. Les porteurs de PAPI pourront s?appuyer sur différents outils
de caractérisation de l?aléa, dont un panel est présenté dans le «Guideméthodologiquedes
outilsexistantsd?évaluation» élaboré par la DRIEAT en juillet 202315. Ils pourront également
s?appuyer sur des études locales, dont par exemple celles conduites dans le cadre de
l?élaboration des zonages pluviaux ou/et schémas directeurs de gestion des eaux pluviales si
ces-dernières intègrent une analyse hydrologique/hydraulique du territoire lors d?épisodes
pluvieux extrêmes (supérieurs à une période de retour de 30 ans).
? Constituer une plaquette à l?attention des collectivités territoriales
Avec les contributions des acteurs de l?eau et des sols, une plaquette sera réalisée à l?attention des
collectivités territoriales, afin de :
? Fournir une synthèse des éléments de connaissance disponibles sur le ruissellement ;
? Clarifier la gouvernance en matière de gestion des eaux de ruissellement ;
? Lister les dispositifs financiers mobilisables, et les conditions d?éligibilité ;
? Fournir des exemples d?aménagements réalisés.
Un bilan des actions de lutte contre le ruissellement sera réalisé à l?issue de la prochaine feuille de
route des risques naturels 2025/2027.
15 https://www.drieat.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/231011_guide_methodologique-web_md.pdf
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https://www.drieat.ile-de-france.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/231011_guide_methodologique-web_md.pdf
Résumé
1. Contexte et périmètre de l?étude
1.1 Contexte de l?étude
1.2 Objet du rapport
1.3 Périmètre de l?étude
2. Outil IRIP
2.1 Périmètre de l?étude
2.2 Définition du ruissellement selon IRIP
2.3 Données nécessaires à la réalisation des cartes
2.4 La prise en compte des surfaces agricoles
2.5 La notion de «Maille»
2.6 Calcul des scores
2.7 Réalisation des cartes de production, transfert et accumulation
2.8 Analyse des zones
3. Croisement des niveaux de sensibilité IRIP avec les données de sinistralité issues de la CCR
3.1 Méthodologie de croisement
3.2 Test de la méthode sur le périmètre de Nantes Métropole
3.3 Déploiement de la méthodologie sur l?ensemble du périmètre d?étude
3.4 Incertitudes liées aux informations liées aux sinistres géolocalisés
4. Traitement statistique effectué à partir du croisement entre les résultats IRIP et les données des sinistres géolocalisés
4.1 Calcul de la matrice de contingence
4.2 Calcul de la matrice du hasard
4.3 Calcul du Khi-2
5. Regroupement des zones
5.1 Objectif opérationnel
5.2 Matrice de couplage
5.3 Sélection du couple pour la construction des matrices des niveaux de sensibilité forts
6. Synthèse régionale
6.1 Données d?entrée et étapes pour réaliser les cartes de sensibilité par commune
6.2 Proportion des surfaces communales concernées par un niveau de sensibilité fort
6.3 Croisement avec les enjeux
6.4 Limites et usages de l?atlas
7. Amélioration continue
7.1 Retour sur l?évènement orageux du 17/06 au 21/06
7.2 Bases de données des SDIS
7.3 Autres sources de données exploitables
8. Conclusion et perspectives