Entreprises, mode d'emploi pour financer la biodiversité

Auteur moral
Mouvement des entreprises de France
Auteur secondaire
Résumé
"Ce guide vise à faire du « financement de la biodiversité » une démarche accessible, pragmatique et porteuse d'opportunités, pour les entreprises comme pour les écosystèmes et les territoires dans lesquels elles s'inscrivent. Son lancement, le 25 mars 2026, a été l'occasion d'échanges avec des acteurs économiques, scientifiques et institutionnels, autour des enseignements de la première évaluation scientifique mondiale dédiée aux liens entre entreprises et biodiversité et de retours d'expérience d'entreprises ayant engagé une démarche biodiversité."
Editeur
MEDEF
Descripteur Urbamet
Descripteur écoplanete
protection de l'environnement ; biodiversité ; analyse écosystémique ; équilibre écologique ; retour d'expérience
Thème
Economie ; Énergie - Climat
Texte intégral
MEDEF COLLECTIONM C ACCOMPAGNER MEDEF COLLECTION PROPOSER LA COLLECTION QUI RASSEMBLE LES PRISES DE POSITION OFFICIELLES DU MEDEF. PARTAGER LA COLLECTION QUI MET EN AVANT LES COLLABORATIONS DU MEDEF. ACCOMPAGNER LA COLLECTION QUI RÉUNIT LES GUIDES ET BONNES PRATIQUES DU MEDEF. 3MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I ÉDITOS La biodiversité n?est pas un concept abstrait mais bien la condition du vivant, un prérequis à notre prospérité et à la résilience des entreprises. Les liens qui unissent ces dernières, leurs activités, leurs approvisionnements, aux écosystèmes et à la biodiversité sont nombreux : qualité des sols, de l?eau, abon- dance ou raréfaction des ressources naturelles, stabilité des écosystèmes? Quand la biodiversité s?érode, ce sont les chaînes d?approvisionnement qui se fragilisent, les coûts qui augmen- tent, les risques qui s?intensifient et la résilience de tout le tissu économique qui s?en trouve impactée. À l?inverse, préserver et restaurer le vivant est une démarche aussi bien citoyenne que stratégique, permettant de sécuriser et pérenniser les activités économiques et de renforcer notre capacité d?innovation et d?adaptation. Dans cette mission, les entreprises de France ont un rôle décisif à jouer. Le cap est connu, fixé par la Stratégie nationale biodiversité. Il nous revient d?accélérer la transformation de ces orientations en actions concrètes, adaptées à la réalité de nos territoires et de nos filières. Fidèle à la conviction selon laquelle les entreprises ont la solution, le MEDEF accompagne ses 240 000 TPE/ PME/ETI et grands groupes à travers des guides dédiés, construits en phase avec les réalités du terrain, mais aussi grâce à des initiatives partenariales, dont le MOOC* développé avec la Ligue pour la protection des oiseaux et l?Office français de la biodiversité. Cette publication que vous tenez entre vos mains constitue une nouvelle étape de cette mobilisation au service d?une croissance portée par l?innovation, respectueuse de l?environnement. La croissance responsable qui constitue la raison d?être du MEDEF. Ce guide s?adresse d?abord aux TPE, PME et ETI, qui constituent le coeur battant de nos territoires et de for- midables moteurs d?innovations et de progrès. Financer la biodiversité ne signifie pas engager des moyens hors de portée, mais bien réaliser un investissement stratégique. Cela peut commencer par des décisions simples : mieux gérer un site, moderniser un équipement, soutenir un projet local, mobiliser ses équipes, dialoguer avec ses partenaires financiers. L?enjeu est clair : anticiper les risques, saisir de nouvelles opportunités de marché, renforcer notre com- pétitivité et notre ancrage territorial. C?est tout l?objectif de ce guide. Au MEDEF, nous considérons la biodiversité non comme une contrainte, mais comme un investissement stratégique, indissociable des efforts engagés en matière climatique et indispensable à leur efficacité. Agir pour le vivant, c?est investir dans la résilience et la performance durable de nos entreprises. Patrick Martin, président du Mouvement des entreprises de France *Massive open online course : formation à distance gratuite et ouverte à tous 4 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ Si la dépendance de notre économie à la biodiversité et aux services qu?elle rend ne fait désormais plus de doute, elle demeure encore trop souvent méconnue ou sous-es- timée. Pourtant, cette dépendance est bien réelle : fertilité des sols, pollinisation, régulation du climat, approvisionnement en eau et en matières premières, protection contre certains risques naturels comme les inondations. Autant de fonctions essen- tielles qui soutiennent directement ou indirectement l?activité économique. Cette réalité concerne une grande diversité de secteurs : agriculture et agroalimen- taire, industrie, pharmacie, textile, bois, mais aussi assurance, banque ou finance. L?érosion de la biodiversité représente ainsi un risque croissant pour la pérennité des modèles économiques des entreprises et plus largement pour la stabilité de l?économie mondiale. 72 % des entreprises de la zone euro dépendent directe- ment des services rendus par les écosystèmes selon la Banque centrale européenne. Face à ce défi, les pouvoirs publics sont pleinement mobilisés. Ils agissent par la régulation, bien sûr, mais aussi en développant des solutions concrètes avec les acteurs de terrain et en soutenant financièrement les initiatives portées par les entreprises, les collectivités et les associations. Cet engagement est indispen- sable. Il ne pourra toutefois produire tous ses effets sans une implication croissante du secteur privé dans les démarches de préservation et de restauration de la biodiversité. Je tiens à saluer le travail réalisé par le MEDEF avec ce guide. En proposant une cartographie claire et opéra- tionnelle des solutions de financement, en mettant en lumière des initiatives déjà engagées et en donnant à voir des exemples concrets d?actions, il offre aux entreprises des repères utiles pour passer à l?action. Cette approche pragmatique et tournée vers les solutions est essentielle pour accélérer la mobilisation de la finance privée en faveur de la nature. La Direction de l?eau et de la biodiversité se tient aux côtés des entreprises pour approfondir ces sujets, identifier et lever les éventuels freins réglementaires ou opérationnels et co-construire les conditions d?une mobilisation massive et efficace du secteur privé. La transition écologique ne se fera pas sans les entre- prises ; elle suppose plus que jamais un dialogue étroit et constructif entre acteurs publics et privés. Célia de Lavergne, directrice de l?eau et de la biodiversité au ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales 5MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I POURQUOI CE GUIDE? Ce guide a été conçu pour aider toutes les entre- prises, en particulier les PME et ETI, quels que soient leur secteur d?activité et leur niveau de maturité, à mieux comprendre ce que signifie «financer la biodiversité » et à identifier les solu- tions à leur portée. Il s?inscrit dans la continuité des travaux menés par le MEDEF pour accompagner les entreprises sur les enjeux de biodiversité, notam- ment le guide «Entreprises et biodiversité: les clés pour agir» publié en 2021 et le MOOC «Entreprises & biodiversité: passez à l?action!» développé avec la LPO et l?OFB. Il vise à aller plus loin en proposant un éclairage spécifique sur les leviers de financement mobilisables par les entreprises. Agir en faveur de la biodiversité ne relève pas seule- ment d?une démarche environnementale, c?est aussi un enjeu économique pour les entreprises: accès aux ressources naturelles, stabilité des chaînes d?approvi- sionnement, résilience des territoires, évolution des attentes des parties prenantes?. Dans ce contexte, financer des actions en faveur de la biodiversité peut permettre d?anticiper certains risques, de renforcer la robustesse des activités et d?identifier de nouvelles opportunités de développement. Loin de se limiter aux grandes structures ou aux actions de mécénat, le financement de la biodiversi- té peut prendre de nombreuses formes que chaque entreprise peut mobiliser selon ses ressources, son profil, ses besoins et ses priorités. Financer la restau- ration d?espaces naturels sur son territoire, accueillir la biodiversité sur son foncier, former ses salariés, soutenir une association, investir dans des espaces forestiers ou agricoles gérés durablement, réduire ses pollutions ou s?approvisionner de façon plus durable: financer la biodiversité est à la portée de tous. Ce guide propose des solutions opérationnelles illustrées par des exemples concrets de démarches volontaires ou répondant à des obligations réglementaires et valo- rise des actions déjà menées par les entreprises. Avec une ambition : faire que « financer la biodi- versité » soit perçu par les entreprises françaises comme une démarche accessible, pragmatique et porteuse d?opportunités, pour elles comme pour les écosystèmes et les territoires dans lesquels elles s?inscrivent. QU?ENTEND-ON PAR « FINANCER LA BIODIVERSITɻ? Dans ce guide, «financer la biodiversité » désigne le fait pour une entreprise d?allouer des moyens ? financiers, fonciers, intellectuels ou de temps ? à des actions permettant directement ou indirecte- ment de réduire les pressions sur la biodiversité ou d?en améliorer l?état. La biodiversité représente l?ensemble du tissu vivant sur notre planète. Elle regroupe la diversité des individus, des espèces et des écosystèmes. Elle comprend également toutes les interactions exis- tantes entre ces trois composantes. 7MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I SOMMAIRE 1. ?FINANCER LA BIODIVERSITÉ: UNE NÉCESSITÉ ÉCONOMIQUE?8 A . ?L A B I O D I V E R S I T É : U N E N J E U É C O N O M I Q U E P O U R L E S E N T R E P R I S E S ? 8 B . ?F A I R E D E S E N J E U X B I O D I V E R S I T É U N E O P P O R T U N I T É P O U R L E S E N T R E P R I S E S ? 1 0 C . ?D E S C A D R E S I N S T I T U T I O N N E L S Q U I I M P L I Q U E N T T O U T E S L E S E N T R E P R I S E S ? 1 1 D . L E S E N T R E P R I S E S D É J À E N A C T I O N ? 1 2 2. ?FINANCER LA BIODIVERSITÉ: QUELLES DÉCLINAISONS POUR LES ENTREPRISES?? 14 A . Q U E L L E S R E S S O U R C E S C O N S A C R E R ? ? 1 4 B . À Q U E L N I V E A U A G I R ? ? 1 5 C . Q U E L L E F I N A L I T É É C O L O G I Q U E C I B L E R ? ? 1 6 3. ?CARTOGRAPHIE DES SOLUTIONS ET FICHES OUTILS? 17 4. RESSOURCES UTILES? 36 Socle vivant de nos sociétés, la biodiversité fournit de nombreux services essentiels aux activités humaines et économiques. Les entreprises sont directement concernées. Leurs liens d?interdépendances vis-à-vis de la biodiversité, parfois insoupçonnés, les exposent à des risques économiques. Selon la Banque centrale européenne, 72% des entre- prises de la zone euro, soit environ 3 millions d?entre elles, dépendent de manière critique des services fournis par les écosystèmes naturels (schéma ci-après) et sont ainsi exposées à d?importants risques économiques en raison de leur dégradation1. La Banque de France estime quant à elle que 42% du portefeuille de titres (actions et obligations) détenus par les institutions financières françaises sont émis par des entreprises qui se trouvent dans cette situation2. 1.?Banque centrale européenne (2024) : « Economic and financial impacts of nature degradation and biodiversity loss » 2. ?Banque de France (2021) : « Perte de biodiversité et stabilité financière : une nouvelle frontière pour les banques centrales et superviseurs financiers ? » 3. ?OCDE (2019), «Biodiversity: Finance and the Economic and Business Case for Action», OECD Publishing, Paris 4. ?Convention sur la diversité biologique (2022), « Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal» 5. ?Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques - IPBES (2026) «Résumé à l?intention des décideurs du rapport d?éva- luation méthodologique sur l?impact et la dépendance des entreprises à l?égard de la biodiversité et des contributions de la nature aux populations» https://doi.org/10.5281/ zenodo.15369060 Dans le même temps, la biodiversité connaît un déclin sans précédent sous l?effet des pressions exercées par l?homme. Ce déclin altère la capacité des écosystèmes à fournir les services dont nous dépendons (les « services écosystémiques » ou «contributions de la nature aux populations»). La valeur mondiale des services écosystémiques est estimée entre 125 000 et 140 000 milliards de dol- lars par an, soit plus de 1,5fois le PIB mondial3. Préserver ces services écosystémiques suppose de financer la préservation et la restauration des écosys- tèmes et de la biodiversité. Or, à l?échelle mondiale, il manque environ 700 milliards de dollars par an pour financer la protection de la biodiversité4. En 2023, les flux financiers mondiaux publics et privés ayant des impacts directement négatifs sur la nature étaient estimés à 7300 milliards de dollars quand ceux orien- tés vers des activités contribuant à la biodiversité se chiffraient à 220 milliards de dollars5. Si les financements publics jouent un rôle essentiel, ils ne pourront à eux seuls répondre à l?ampleur des besoins. La mobilisation accrue du secteur privé apparaît donc indispensable. 12345 A. ?LA BIODIVERSITÉ: UN ENJEU ÉCONOMIQUE POUR LES ENTREPRISES Source : MEDEF (2021), « Entreprises & Biodiversité : les clés pour agir » 9MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I En France, les entreprises contribuent déjà de manière significative aux dépenses environnementales, à hauteur de 38% en 2023. Parmi ces dépenses, certaines concourent indirectement à la protection de la biodiversité (gestion des déchets, des eaux usées, protection et dépollution des sols et des eaux, etc). Les dépenses spécifiques à la protection de la biodiversité et des paysages s?élèvent en 2023 à 3,8 mil- liards d?euros, avec une participation des entreprises à hauteur de 20%6. PANORAMA DES TRANSFERTS FINANCIERS EN FAVEUR DE LA BIODIVERSITÉ ET DES PAYSAGE EN 2022 En millions d'euros (M¤) et en % 6. ?SDES (2026) «Dépenses environnementales et financements associés en France ? Etat des connaissances en 2025», www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/ depenses-environnementales-et-financements-associes-en-france-etat-des-connaissances-en-2025, consulté le 13 mars 2026 1 0 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ B. ?FAIRE DES ENJEUX BIODIVERSITÉ UNE OPPORTUNITÉ POUR LES ENTREPRISES Les risques liés à la perte de la biodiversité et à l?effon- drement des écosystèmes sont perçus par les diri- geants mondiaux comme en seconde position parmi les plus importants à long terme (horizon 10 ans) d?après l?enquête réalisée par le Forum économique mondial7. En parallèle, il évalue les opportunités asso- ciées à la transition des secteurs de l?alimentation, des infrastructures et du bâti ainsi que de l?énergie et de l?industrie extractive à 10 000 milliards de dollars par an et à la création de 395 millions d?emplois d?ici à 20308. 7. World Economic Forum (2026), «Global Risks Report 2026» 8. World Economic Forum (2020) «The Future of Nature and Business» La préservation de la biodiversité est également un facteur de résilience des territoires dont peuvent dépendre beaucoup d?entreprises. Que ce soit au travers du traitement de l?eau, de la gestion des inon- dations, de la protection contre les risques, mais aussi comme support à de nombreuses activités éco- nomiques (tourisme, agriculture, activités de plein air?), la préservation de la biodiversité constitue un facteur d?attractivité pour de nombreuses activités économiques d?un territoire et plus globalement un facteur de bien-être pour les salariés. Source: Adapté de MOOC LPO/MEDEF/OFB «Entreprises & Biodiversité: passez à l?action!» Les entreprises, quels que soient leur taille ou leur secteur d?activité, interagissent direc- tement ou indirectement avec la biodiversité. Ces interactions peuvent être lointaines, locali- sées dans les chaînes de valeur, mais concernent également les entreprises à l?échelle locale, en lien avec les écosystèmes natu- rels et les parties prenantes de leurs territoires d?implantation : collectivités, associations ou encore habitants. Source: OFB (2024), «Entreprises engagées pour la nature: guide pour l?action» C. ?DES CADRES INSTITUTIONNELS QUI IMPLIQUENT TOUTES LES ENTREPRISES Adopté fin 2022, le Cadre mondial pour la biodiversité, issu de l?accord de Kunming-Montréal, fixe un cap clair : arrêter et inverser la perte de biodiversité d?ici 2030, pour «vivre en harmonie avec la nature» à l?hori- zon 2050. La Stratégie nationale biodiversité (SNB 2030) décline cet engagement au niveau national. Ces cadres font appel à la mobilisation des entreprises, confirmant leur rôle central dans la transition écologique et les encouragent à un engagement accru en faveur de la biodiversité. La Stratégie nationale prévoit ainsi des actions pour accompagner les entreprises à renforcer leurs engagements et accroître la transparence de leurs actions en matière de biodiversité. DES LEVIERS PUBLICS POUR SOUTENIR LES ENTREPRISES DANS LEUR DEMARCHE Les objectifs institutionnels en matière de préservation de la biodiversité se traduisent par une diversité de dispositifs publics destinés à soutenir la contribution des entreprises, grâce notam- ment à la mise en oeuvre d?aides financières. Parmi les acteurs mobilisés figurent certaines collectivités, en particulier les régions, comme la région Grand Est avec son Module transformant Biodiversité, ou encore les Agences de l?Eau. Ces dispositifs constituent de vrais leviers pour les entreprises: ils facilitent leur engagement dans leur démarche biodiversité en levant les freins liés au temps, aux ressources et aux compétences à y consacrer. La plateforme «Transition écologique des entreprises» centralise l?ensemble des aides publiques disponibles pour la transition écolo- gique des entreprises, notamment sur la thématique biodiversité. ?FOCUS: LE DIAG BIODIVERSITÉ Le Diag Biodiversité, opéré par Bpifrance avec l?appui de l?Office français de la biodiversité (OFB), propose un accompagnement personnalisé d?un expert pour aider les entreprises à identifier leurs enjeux biodiversité et à construire un plan d?action dédié. En sortie, l?entreprise dispose d?un rap- port complet de ses dépendances, impacts, risques et opportunités en lien avec la biodiversité ainsi qu?un plan d?action SMART lui permettant d?être reconnue Entreprise engagée pour la nature auprès de l?OFB. Le Diag s?adresse aux PME indépendantes et ETI de moins de 500 ETP et revient à 5 000 ¤ pour les PME et 7 000 ¤ pour les ETI grâce à une aide de l?OFB. Par ailleurs, Bpifrance propose des financements adaptés aux démarches de biodiversité des entreprises et plus largement à leurs projets de mise en oeuvre de la transition écologique, à travers une gamme de prêts sans garantie dédiée. Plus d?informations sur le site de Bpifrance. 1 2 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ D. LES ENTREPRISES DÉJÀ EN ACTION Le financement de la biodiversité est une réalité concrète : de nombreuses entreprises, qu?elles soient petites ou grandes, s?y investissent déjà sans qu?elles aient nécessairement désigné ces actions comme du «financement de la biodiversité». Ces contributions trouvent leur origine dans: ? ?les obligations réglementaires, à l?image de la séquence réglementaire « éviter ? réduire ? compenser» (ERC) qui amène les entreprises à concevoir leurs projets (en particulier de nouvelles infrastructures) avec le souci d?éviter les atteintes à l?environnement en premier lieu, de réduire les atteintes n?ayant pu être suffisamment évitées et, lorsque ces exigences ne peuvent être satisfaites, à financer des mesures compensatoires adaptées pour les impacts résiduels afin d?éviter une perte de biodiversité voire de tendre vers un gain net ; ? ?l?action volontaire, en intégrant la biodiversité dans leur stratégie, sur leurs sites, dans leur process de production et leur fonctionnement du quotidien (via des initiatives conçues dès les phases de projet ou appliquées à des infrastructures/produits existants) ou en soutenant des actions portées par des tiers. DES DISPOSITIFS POUR STRUCTURER ET VALORISER L?ENGAGEMENT DES ENTREPRISES Plusieurs dispositifs permettent aux entreprises d?engager une démarche plus formalisée dans un cadre structuré passant par la définition d?un plan d?action, son pilotage, le suivi des résultats et l?amélioration continue. En France, les dispositifs act4nature international et Entreprises engagées pour la nature ont pour objectif de développer la mobilisation des entreprises en faveur de la nature par des plans d?actions concrets, pragmatiques, en lien avec le coeur d?activité de l?entreprise et sa chaîne de valeur ainsi que de les valoriser. Les engagements sont relus par diverses parties prenantes (acteurs publics, réseaux d?entreprises, scientifiques, ONG) pour offrir à l?entreprise une pluralité des points de vue sur ses engagements et l?aiguiller. Plus largement, différents labels, normes et démarches sectorielles, basés sur une approche RSE intégrant un volet biodiversité, permettent aux entreprises de structurer une telle démarche: ? le label RSE TP de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP) ; ? ?le label RSE Industries minérales de l?Union nationale des industries de carrières et matériaux de construction (UNICEM) ; ? le label RSE de l?Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) ; ? l?initiative Responsible Care de France Chimie ; ? le label BiodiverCity® ou la certification Effinature pour le secteur immobilier, etc. Par ailleurs, en octobre 2025, l?Organisation internationale de normalisation (ISO) a publié la première norme internationale consacrée à la «Prise en compte de la biodiversité dans la stratégie et le fonctionnement des organisations ». Il s?agit pour les entreprises d?un nouvel outil de référence pour engager une démarche biodiversité robuste. Cette norme internationale s?inspire largement de la norme française NF X32-001 «démarche biodiversité des organisations». 1 3MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I SE FORMER AVEC LE MOOC «ENTREPRISES ET BIODIVERSITÉ: PASSER A L?ACTION!» Développé par la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en partenariat avec le MEDEF et le soutien de l?Office français de la biodiversité (OFB), ce MOOC propose aux entreprises de toutes tailles et de tous secteurs un parcours engageant permettant de: ?comprendre les interactions d?une entreprise avec la biodiversité; ? ?imaginer des solutions pour agir sur le coeur de métier de l?entreprise, sur son site d?activités ou dans son fonctionnement quotidien; ?agir, avec un guide pas à pas pour élaborer un plan d?action. Riche en supports de cours ludiques et interactifs, fiches outils à télécharger et témoignages d?en- treprises engagées, ce MOOC de 6h à 9h constitue une passerelle vers le programme Entreprises engagées pour la nature de l?OFB pour les entreprises de moins de 10 salariés. FINANCER LE CLIMAT ET FINANCER LA BIODIVERSITE: MÊME COMBAT? Le changement climatique est l?un des principaux facteurs d?érosion de la biodiversité. Inversement, une biodiversité en bon état constitue un levier essentiel pour atténuer le changement climatique (séquestration du carbone par les forêts, les sols ou les océans) et renforcer l?adaptation des terri- toires. Pour les entreprises, il convient de penser ces deux enjeux conjointement. Certaines actions clima- tiques peuvent en effet générer des impacts négatifs sur la biodiversité si elles ne sont pas conçues en adéquation (monocultures, artificialisation, etc.). À l?inverse, des approches intégrées permettent de générer des co-bénéfices. Les solutions fondées sur la nature, ou encore certains projets certifiés via le Label bas-carbone, peuvent ainsi contribuer à la fois à la réduction des émissions et à la préservation des écosystèmes, lorsqu?ils sont conçus en prenant en compte les enjeux de biodiversité. 2. ?FINANCER LA BIODIVERSITÉ: QUELLES DÉCLINAISONS POUR LES ENTREPRISES? A. QUELLES RESSOURCES CONSACRER? Financer la biodiversité est une démarche qui nécessite que l?entreprise positionne son action au sein d?une large palette d?options disponibles. Pour l?aider dans cette réflexion, ce guide s?articule autour de trois ques- tions. Pour chacune d?elles, l?entreprise trouvera différentes options de fléchage de ses contributions. CONSERVER ET RESTAURER SOUTENIR LA CONNAISSANCE = + + ?De l?argent, vecteur le plus intuitif par lequel une entreprise peut financer la biodiversité. Il peut lui servir à financer des actions qu?elle met elle-même en place ou être alloué à des acteurs tiers au-delà du cadre de l?entreprise. Exemples : ? ?diagnostic des enjeux naturalistes du site de l?entreprise ; ? ?mécénat auprès d?un parc naturel régional pour contribuer au financement de la restauration d?une zone humide. ?Du foncier, à mettre à la disposition de la biodiversité voire en lui conférant une valeur écologique durable moyennant l?éventuelle renonciation à d?autres usages économiques potentiels. Exemple : sanctuariser une parcelle foncière dont l?entreprise est propriétaire via une obli- gation réelle environnementale (ORE). 1 5MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I ?Du capital intellectuel, via la mobilisation de l?intelligence collective, l?innovation et la R&D : repenser les process de production, les produits ou encore redéfinir les modèles d?affaires et la stratégie de l?entreprise dans une optique plus éco-responsable. Exemple : développer une démarche d?éco- conception visant la mise en place d?une ligne de fabrication de meubles à partir de chutes issues de la production du bois. ?Du temps, via le temps de travail des colla- borateurs que l?entreprise peut décider de consacrer à leur formation sur les enjeux de biodiversité ou d?allouer à des missions portées par des acteurs tiers oeuvrant en faveur de la biodiversité. Exemple : mécénat de compétence accordé à des salariés sur leur temps de travail pour par- ticiper à des projets associatifs ou territoriaux. B. À QUEL NIVEAU AGIR? MA CHAÎNE DE VALEUR MON COEUR DE MÉTIER ET MES ACTIFS Sur son coeur de métier et ses actifs matériels: il s?agit du périmètre sous le contrôle direct de l?entreprise et sur lequel elle dispose de la plus grande facilité d?action. Il est notamment constitué : ? ?du coeur de métier de l?entreprise: actifs de pro- duction incluant les unités de transformation et d?assemblage, les véhicules de chantier ou encore ce qui concerne les activités administratives qui y sont liées ; ? ?des actifs patrimoniaux : bâtiments (bureaux ou bâtiments industriels), espaces fonciers participant à l?activité (zones logistiques ou de stationnement) ou sans usage de ce type (espaces verts, friches). Ce périmètre ouvre de multiples possibilités d?action pour la biodiversité, tant via l?outil industriel que grâce au foncier, en particulier non bâti. Pour l?entreprise, y intervenir constitue un levier de proximité à effet directement mesurable et visible. Exemple : refondre le parc d?éclairage d?un espace logistique extérieur pour réduire les impacts de la pollution lumineuse sur la biodi- versité environnante. Sur sa chaîne de valeur, dont l?entreprise doit assurer la robustesse économique et environnementale, quitte à la reconfi- gurer si nécessaire. Sont notamment concernés les approvisionnements (chaîne de valeur amont), qui concentrent le plus souvent l?essentiel des impacts sur la biodiversité, mais aussi les produits et services une fois entre les mains des clients et utilisa- teurs (chaîne de valeur aval). Exemples : ? ?en tant qu?entreprise de service de restauration collective, introduire des produits alimentaires certifiés Agriculture biologique d?origine locale et de saison dans ses menus; ? ?créer une gamme de produits électriques et électroniques à haut degré de réparabilité, per- mettant de minimiser de nouvelles extractions et consommations de matières. 1 6 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ Sur son territoire et au-de- là : le territoire d?implanta- tion de l?entreprise offre des opportunités d?agir pour la biodiversité. Participer à la restauration de zones dégradées ou à la préservation d?espaces d?intérêt écologique et patrimonial améliore le cadre de vie local et renforce les liens avec les collectivités, les partenaires et les citoyens. L?entreprise peut également adopter une approche élargie en soutenant des initiatives collectives, des programmes nationaux et internationaux ou des projets emblématiques. Exemples: ? ?soutien d?un fabricant de contenants à partir d?alu- minium recyclé à une association de lutte contre la diffusion des déchets dans l?environnement; ? ?contribuer à un projet international de restaura- tion d?écosystèmes. MON TERRITOIRE ET AU-DELÀ MES ÉQUIPES Sur ses équipes, via l?implication des collaborateurs, car ce sont eux qui seront amenés à mettre en oeuvre les initiatives de l?entreprise. Il s?agit aussi d?un vecteur d?attractivité et de fidélisation des talents. Cette mobilisation peut passer par des actions de sensibilisation ou par la mise en place de dispositifs incitant chacun à agir à titre person- nel, par exemple dans ses choix alimentaires ou ses modes de déplacement. Exemple : former les membres du service Achats d?une entreprise de construction aux impacts de l?extraction et du transport de la matière première sur la biodiversité. C. QUELLE FINALITÉ ÉCOLOGIQUE CIBLER? RÉDUIRE MES IMPACTS en minimisant les contributions de l?entreprise aux cinq facteurs d?érosion de la bio- diversité (le changement d?usage des terres et des mers, la surexploitation des res- sources, le changement climatique, la pollution, les espèces exotiques envahissantes) en agissant sur le coeur de métier de l?entreprise, sa chaîne de valeur, ses équipes ou son territoire. ACCUEILLIR LE VIVANT sur les sites de l?entreprise (foncier et bâti) ou dans les projets par des aménagements et équipements facilitant la circulation et l?installation de la faune locale pour renforcer la continuité écologique du territoire. CONSERVER ET RESTAURER des écosystèmes à haute valeur écologique sur le foncier de l?entreprise ou à proximité ou en soutenant des initiatives portées par des acteurs du territoire ou au-delà. SOUTENIR LA CONNAISSANCE via des inventaires naturalistes sur les sites de l?entreprise ou en soutenant des pro- grammes de recherche et de suivi écologique. 1 7MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I 3. ?CARTOGRAPHIE DES SOLUTIONS ET FICHES OUTILS RÉDUIRE MES Adapter ma stratégie, mettre en place de nouveaux modèles d'affaires Réaliser le diagnostic écologique de mes sites Sanctuariser écologiquement mon foncier via l'ORE biodiversité MES ÉQUIPES tion écologique Am én ag er m on fo nc MON TERRITOIRE ET AU-DELÀ MA CHAÎNE DE VALEUR de la nature Aménager et gérer mon foncier ? Aménager mon foncier ? Aménager mon bati ? ?Instaurer une gestion écologique de mes sites ??Réduire ma pollution lumineuse de valeur et mon business ? ?Adapter ma stratégie, mettre en place de nouveaux modèles d'affaires ? ??Repenser mes process industriels ? ?M'approvisionner de manière durable ? ?M'inscrire dans l'économie circulaire ? ?Former mes dirigeants et managers ? ?Sensibiliser et mobiliser mes salariés M'engager dans le mécénat de compétence La cartographie suivante offre une vue d?ensemble des solutions permettant aux entreprises de financer des actions en faveur de la biodiversité selon les ressources mobilisables, le niveau d?action souhaité et l?objectif recherché. Elle constitue une porte d?entrée vers les fiches outils qui présentent, pour les différentes solu- tions, les modalités de mise en oeuvre, les opportunités associées et des exemples concrets. Afin de proposer une approche synthétique et opérationnelle, certaines solutions répertoriées ci-dessous et présentant des caractéristiques proches ont été regroupées au sein d'une même fiche pratique. 1 8 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ ?A M É L I O R E R É C O L O G I Q U E M E N T M E S A C T I F S O P É R A T I O N N E L S OBJECTIFS Réduire les pressions de l?entreprise sur la biodiversité en investissant dans la mise à niveau technique et opérationnelle : OPPORTUNITÉS ET MES ACTIFS ?Installation d?une unité de phyto-épuration des eaux de process (lagunage végétalisé). ?Prolonger la durée d?usage des smartphones attribués aux salariés avant leur renouvellement planifié et privilégier la réparation plutôt que le remplacement en cas de panne. ?Recourir au leasing de matériel informatique reconditionné auprès d?un acteur spécialisé. ?Remplacer le parc d?éclairage d?une zone logistique par des LED (moins énergivores) de couleur ambrée (moins impactante sur la biodiversité nocturne) avec un flux lumineux dirigé vers le sol et extinction à une certaine heure. ?Procéder à l?état des lieux des actifs opérationnels: consommations, émissions, obsolescence, etc. ?Prioriser les actifs à inclure dans un plan d?amélio- ration et identifier les actions à envisager selon les gains écologiques attendus et les contraintes de mise en oeuvre : prolongement de la durée de vie, rénova- tion, remplacement, optimisation des flux, etc. ?Le cas échéant, l?entreprise peut recourir au dispositif Diag Eco-Flux de Bpifrance, financé par l?ADEME. ?Identifier les matériels, technologies et acteurs pertinents : fournisseurs, installateurs, opérateurs, sociétés de services énergétiques, prestataires de maintenance, etc. ?Les sélectionner en intégrant des exigences de per- formance écologique : consommations/émissions en phase d?exploitation, impact de la fabrication et de la fin de vie, maintenabilité, réparabilité, etc. ?Suivre et valoriser les résultats, grâce à des indi- cateurs adéquats : consommations, émissions, empreinte carbone, etc. ?En cas de renouvellement de matériels, s?assurer du recyclage des équipements remplacés. ? ?des moyens matériels des collaborateurs : infor- matique, téléphonie, véhicules de service, etc. ; ? ?des actifs de production existants : machines-ou- tils, unités de process, systèmes de production/ distribution d?énergie, éclairages, engins logis- tiques, serveurs, etc. Les principales pressions concernées sont l?exploi- tation des ressources naturelles (notamment l?eau), les émissions de gaz à effet de serre et les pollutions. ?Moderniser son outil de travail et de production par l?intégration de solutions plus éco-respon- sables. ?Réduire les dépendances de l?entreprise à la disponibilité de ressources extérieures, via des solutions techniques plus sobres, et ainsi réduire les coûts d?exploitation permettant de rentabiliser les investissements associés. ?Anticiper une valorisation de son action en l?alignant aux cahiers des charges d?écolabels auxquels l?entreprise peut prétendre. 1 9MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I ?R É A L I S E R L E D I A G N O S T I C É C O L O G I Q U E D E M E S S I T E S OBJECTIFS OPPORTUNITÉS ET MES ACTIFS ?Consulter des bureaux d?études naturalistes ayant une bonne connaissance des enjeux écolo- giques locaux en vue de commander un diagnostic naturaliste de type « découverte des enjeux du site » comprenant : ? ?une analyse bibliographique (cartes, bases natu- ralistes, etc.) pour établir le contexte écologique; ? ?un ou plusieurs diagnostics de terrain (faune, flore, milieux, pressions liées aux activités du site, ADN environnemental le cas échéant) en période favorable. Les inventaires naturalistes pourront associer les collaborateurs de l?entre- prise afin de donner une dimension participative à la démarche; ? ?une synthèse des enjeux et des propositions d?actions permettant d?y répondre. ?Évaluer la pertinence des actions proposées (faisabilité technique et financière) et adopter un plan d?action. ?Partager les résultats de l?étude et le plan d?action: ? ?au sein de l?entreprise et permettre à chacun de réagir et de formuler des propositions d?initia- tives dont pourraient se saisir les dirigeants et les collaborateurs ; ? ?avec les acteurs de l?écologie du territoire (Agence régionale de la biodiversité, Conservatoire d?espaces naturels, Parc naturel régional, Conservatoire du littoral, associations natu- ralistes, etc.), afin d?alimenter leurs bases de connaissances naturalistes locales. ?Identifier et mieux comprendre les enjeux liés à la biodiversité présents sur le site de l?entreprise en diagnostiquant la faune, la flore, les milieux natu- rels et les pressions auxquelles ils sont soumis du fait des activités sur le site. ?Se doter d?un plan d?action contribuant à répondre à ces enjeux. ?Valoriser et partager les connaissances acquises avec les salariés et avec les acteurs scientifiques et éducatifs afin de contribuer à une meilleure connaissance des écosystèmes locaux. ?Identifier les enjeux écologiques et détecter des opportunités de valorisation : partenariats, com- munication RSE, labels, etc. ?Repérer des leviers de réduction des pressions de l?activité sur la biodiversité du site. ?Mobiliser les équipes : permettre à chacun de mieux connaître et comprendre l?environnement associé à l?entreprise, y découvrir d?éventuels ?trésors? naturels, susciter la curiosité et renfor- cer la culture environnementale. ?Coopérer et positionner l?entreprise comme contributrice engagée auprès de la communauté scientifique et éducative locale. ?Réduire les risques environnementaux : antici- per les impacts sur la biodiversité de potentiels futurs projets et les appréhender de manière à éviter ces impacts. 2 0 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ ?C O N T R I B U E R À L A R E S T A U R A T I O N É C O L O G I Q U E OBJECTIFS Financer des opérations de restauration écologique : OPPORTUNITÉS ET AU-DELÀ ?Compensation réglementaire : ? ?sélectionner un bureau d?études disposant d?une expertise en procédures réglementaires envi- ronnementales (ICPE, Loi sur l?eau, etc.), d?une connaissance avancée du contexte écologique local et d?un savoir-faire en matière de définition et de dimensionnement d?actions de compensation ; ? ?en lien avec ce bureau d?études, s?impliquer directement dans les échanges avec l?adminis- tration et les potentiels partenaires de la mise en oeuvre des actions de compensation : > ?propriétaires fonciers, Conservatoires d?es- paces naturels, Parcs naturels régionaux, Conservatoire du littoral, ONG ou associations environnementales, au titre de la compensa- tion « à la demande » ; > ?fournisseurs d?UCRR dans le cadre de la com- pensation « par l?offre », encadrée par l?Etat. Se référer au guide de mise en oeuvre de l?approche standardisée du dimensionnement de la compen- sation écologique du ministère en charge de la Transition écologique. ?Contribution volontaire : se rapprocher des opé- rateurs de SNCRR (Sites naturels de compensa- tion, restauration, renaturation) pour évaluer la pertinence d?acquérir des UCRR et les modalités associées ou d?associations portant des projets de restauration. Se référer au site internet dédié aux SNCRR du minis- tère en charge de la Transition écologique. Note : à la date de publication de ce guide, trois SNCRR, développés par Biotope et CDC Biodiversité, proposent des UCRR à la vente. ? ?dans le cadre de la compensation régle- mentaire des impacts résiduels des projets d?aménagement ou de construction, lorsque les mesures d?évitement et de réduction pré- vues par la séquence « ERC » (à laquelle sont notamment soumises les ICPE) ne suffisent pas à écarter les impacts significatifs ; ? ?dans une démarche volontaire appliquée à des infrastructures/produits en projet ou existants, visant par exemple à s?inscrire dans les objectifs de la Stratégie nationale biodiversité et sa mesure 39 « Mobiliser les financements privés en faveur de la biodiversité ». ?Affirmer son rôle d?acteur engagé dans la dyna- mique territoriale : ? ?par des actions de restauration au niveau local (la mise en oeuvre d?actions de compensation au plus près des impacts étant une exigence régle- mentaire) ; ? ?en mobilisant des acteurs locaux pour accompa- gner la réalisation et la gestion de long terme des actions de restauration (propriétaires fonciers, collectivités, associations environnementales, etc.). ?Dans une logique volontaire, agir au-delà des exigences réglementaires par le mécanisme des crédits biodiversité via l?achat d?UCRR (Unités de compensation, restauration, renaturation) ou par le financement de projets locaux portés par des associations et ONG. LES SNCRR: DES CRÉDITS BIODIVERSITÉ CERTIFIES PAR L?ÉTAT Les Sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation (SNCRR), introduits par la loi Industrie Verte (2023), représentent une évolution majeure des anciens Sites Naturels de Compensation (SNC). Ces espaces agréés par l?État permettent de restaurer des écosystèmes dégradés tout en offrant aux entreprises des solutions de restauration «clés en mains» pour répondre à leurs obligations régle- mentaires ou à leurs engagements volontaires en faveur de la biodiversité. Avec les SNCRR, le gain écologique attendu se traduit par la création d?unités de compensation, de restauration et de renaturation (UCRR) qui répondent à la définition et aux cas d?usage d?un crédit biodiversité, tel que définis par les standards internationaux (IAPB, feuille de route de la Commission européenne sur les crédits nature). Les UCRR sont vendues sous forme de prestations de services de haute intégrité environnementale certifiées par l?État. Elles peuvent être achetées dès l?obtention de l?agrément, mais ne sont ni échangeables, ni transférables et ne peuvent pas faire l?objet d?un mar- ché secondaire. En compensation, les crédits biodiversité ne peuvent être utilisés qu?en respectant les conditions de toute compensation écologique (notamment équivalence écologique entre l?impact à compenser et le gain généré, proximité en termes de fonctionnement de l?écosystème impacté). À ce jour, la France compte trois SNCRR en activité (Bouches-du-Rhône, Hérault, Vaucluse) dispo- sant de 868 UCRR. La moitié de ces crédits biodiversité a déjà été vendue ou réservée. De nombreux SNCRR sont en préparation partout en France. Les crédits biodiversité (UCRR) disponibles à la vente sont accessibles depuis la page SNCRR du ministère en charge de l?écologie: www.ecologie.gouv.fr/ politiques-publiques/sites-naturels-compensation-restauration-renaturation. Pourquoi les SNCRR devraient intéresser les entreprises? Les SNCRR peuvent: ? ?répondre à leurs obligations réglementaires de compensation dans le cadre de la séquence Éviter/ réduire et compenser ses impacts environnementaux ; ? ?renforcer la résilience de leurs chaînes de valeur. L?achat d?UCRR peut permettre de sécuriser leurs approvisionnements en réduisant les risques climatiques : les écosystèmes restaurés (forêts, tour- bières) atténuent les inondations, les sécheresses et séquestrent du CO2; ? ?valoriser une démarche RSE par des engagements volontaires fondés sur des preuves tangibles: les UCRR peuvent être achetées pour des actions au-delà des obligations légales, renforçant la stratégie RSE et les rapports extra-financiers (dans le cadre de la directive européenne CSRD) des entreprises. Avantages clés des SNCRR BÉNÉFICE DÉTAILS Cadre sécurisé Contrôle par l?État, garantie de pérennité (30 ans) et d?additionnalité (évite les doubles-comptes et diminue le risque de greenwashing). Flexibilité Utilisables pour des obligations légales de compensation écologique ou des actions volontaires (RSE). Mutualisation des coûts Optimisation des dépenses de restauration écologique via des projets groupés sur un même site. Visibilité financière Achat anticipé des UCRR, réduisant les incertitudes administratives dans le cadre de la compensation réglementaire. Contribution aux objectifs natio- naux, européens et internationaux de protection de la biodiversité Contribution aux objectifs nationaux (Stratégie Biodiversité 2030), européens (Règlement UE sur la restauration de la nature) et internationaux (Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal). SOUTENIR VOLONTAIREMENT LA RESTAURATION ÉCOLOGIQUE DANS LE CADRE D?UNE STRATÉGIE « PAYSAGE ET BIODIVERSITÉ » 9 juillet 2021. Visite du site naturel de Cossure par les équipes immobilières de Lidl France et de la direction régionale Provence. En 2021, Lidl devient la première enseigne à s?enga- ger pour la mise en oeuvre d?une stratégie globale paysagère et biodiversité pour un immobilier com- mercial durable, développée en partenariat avec CDC Biodiversité et l?Opie (Office pour les insectes et leur environnement). Cette stratégie, élaborée dans le cadre d?un travail collectif ayant mobilisé l?ensemble des fonctions liées à l?immobilier de l?entreprise, repose notam- ment sur : ? ?un cahier des charges pour la conception des nouveaux projets d?aménagement décliné en dix engagements concrets (accompagnement systématique par un écologue, végétalisation partielle des façades, label végétal local?). Ces derniers sont à mettre en oeuvre en fonction des spécificités du site et des recommandations écologiques propres à chaque projet ; ? ?une charte Paysage et biodiversité applicable aux supermarchés existants. Pour accompagner sa mise en oeuvre, Lidl a formé l?ensemble de ses équipes immobilières et dési- gné, depuis 2023, un référent biodiversité dans chacune de ses 25 directions régionales. L?engagement de Lidl en faveur de la sobriété fon- cière se traduit également par la mise en place d?une démarche baptisée « Éviter, réduire, participer (ERP) ». Cette approche consiste, pour les impacts résiduels de projets non soumis à la séquence régle- mentaire Éviter, réduire, compenser (ERC), à une participation volontaire, au cas par cas et à partir de l'accompagnement de l'écologue, à une action locale de renaturation dans le territoire d?implantation. C?est dans le cadre de l?élaboration de cette stra- tégie que Lidl visite le site naturel de compensa- tion de Cossure, opéré par la CDC Biodiversité. Convaincu par cette démarche et les bénéfices observés, l?entreprise fait l?acquisition en 2021 d?une unité de restauration et de renaturation (URR) pour la somme de 50 000¤. Cet achat volon- taire constitue un marqueur fort de l?engagement de Lidl et de sa volonté d'agir pour une prise en considération systémique des enjeux relatifs à la biodiversité et au paysage, en adéquation avec les objectifs RSE de l'entreprise. Ce projet de réhabilitation écologique de 357 hec- tares, mené sur un ancien verger intensif, a permis de recréer un écosystème steppique caractéristique de la Crau et d?accueillir à nouveau les espèces animales emblématiques du territoire telles que l?Outarde Canepetière, l?Oedicnème criard, le Lézard ocellé, etc. Ce site fait l?objet d?un suivi écologique régu- lier et d?une gestion de long terme (plus de 30 ans) garantissant la pérennité des gains de biodiversité. Pour Lidl, cette initiative constitue : ? ?un marqueur concret de son engagement en faveur de la biodiversité et des paysages qui en renforce la crédibilité ; ? ?une ouverture du dialogue avec les parties prenantes impliquées sur cette thématique telle que la Fédération des Conservatoires d'Es- paces Naturels (FCEN) ; ? ?un facteur de mobilisation interne autour d?une philosophie et d?une stratégie partagée. Les conseils de Lidl à d?autres entreprises : ? ?identifier un projet concret et porteur de sens pour l?entreprise ; ? ?s?assurer d?un calibrage financier adapté et de la pérennité écologique du projet. En investissant volontairement dans la restauration de l?URR de Cossure, nous contribuons en tant qu?acteur économique engagé à être moteur de l?équilibre des territoires, au-delà des obligations réglementaires. L?acquisition d?une unité de restauration a été un marqueur fort. Ce n?est pas une simple dépense, c?est un investissement concret et durable dans la biodiversité de demain. Nicolas Boulbès, responsable de la coordination aménagement durable, Lidl France CRÉDITS BIODIVERSITÉ : UN MÉCANISME EN DÉVELOPPEMENT ?LE MEDEF SE MOBILISE : DES PROJETS DE COMPENSATION CARBONE AVEC DES BÉNÉFICES POUR LA BIODIVERSITÉ DANS LES TERRITOIRES Depuis 2019, le MEDEF est engagé financièrement auprès du collectif environnemental Epiterre pour soutenir des projets de préservation de la biodi- versité agricole et de mise en oeuvre de mesures agroécologiques. Afin de compenser une partie du bilan carbone de LaREF, son grand événement annuel, le MEDEF a soutenu dans le cadre d?une pre- mière convention la plantation de plus de 4km de haies autour de parcelles cultivées dans la Marne contribuant au captage et au stockage de carbone ainsi qu?à l?accueil de la biodiversité agricole. Satisfait de cette démarche partenariale entre mondes de l?entreprise et agricole, les deux struc- tures ont renouvelé leur partenariat pour une durée de cinq ans afin de : ? ?accompagner des viticulteurs et oléiculteurs dans leur transition agroécologique dans l?Hé- rault ; ? ?soutenir un projet de développement de production de vanille en agroforesterie en Guadeloupe. Les crédits biodiversité sont des certificats représentant une unité mesurable, durable et additionnelle de gain pour la nature. Ils consti- tuent un mécanisme émergent permettant aux entreprises de contribuer au financement de la biodiversité. Leur utilité est désormais inscrite à l?agenda mon- dial. Le Cadre mondial pour la biodiversité encou- rage le recours à des mécanismes innovants tels que les crédits biodiversité, afin de combler un déficit de financement estimé à 942 milliards de dollars par an. À ce jour, le ratio entre financements publics et pri- vés en faveur de la nature est de 30 pour 1, ce qui rend indispensable une implication beaucoup plus importante du capital privé. L?IAPB (International Advisory Panel on Biodiversity Credits) est un organisme indépendant, lancé par la France et le Royaume Uni en 2023. Sa mission est de favoriser l?essor de marchés de crédits biodiversité à « haute intégrité », un principe qui repose sur trois piliers indissociables : ? ?des résultats vérifiés pour la nature, reposant sur des gains écologiques fondés sur la science, durables et véritablement additionnels ; ? ?l?équité et la justice pour les peuples, à travers le respect des droits des peuples autochtones et des communautés locales, leur participation active et un partage équitable des bénéfices ; ? ?une gouvernance rigoureuse des marchés, fondée sur une transparence complète et une redevabilité à tous les niveaux du système. L?IAPB a décliné ces 3 piliers en 21 principes dans son Cadre pour des marchés à haute intégrité. Aujourd?hui, les marchés des crédits biodiversité, ou crédits nature, reposent sur deux types de méca- nismes: ? ?réglementaires : modèle dominant aujourd?hui avec 19 juridictions sur six continents ayant déjà mis en place des cadres réglementaires pour ces marchés ; ? ?volontaires : modèle encore émergent qui s?affirme comme un véritable laboratoire d?in- novation. Cette dynamique est confirmée par les données de la Communauté de pratique de l?IAPB (44 projets pilotes dans le monde), au sein de laquelle 19 projets se consacrent exclusivement au segment volontaire. À l?heure actuelle, les crédits volontaires sont principalement orientés vers deux cas d?usage : > ?la « contribution volontaire », citée par 22 projets, qui permet aux entreprises de revendiquer un impact positif pour la nature sans chercher à compenser des dommages directs, > ?l?« insetting », mentionné par 11 projets, qui vise des interventions directes au sein des chaînes de valeur des entreprises. Bien qu?encore émergents, ces mécanismes pour- raient à terme offrir aux entreprises de nouvelles façons de contribuer concrètement à la restauration des écosystèmes. 2 4 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ ?M ? E N G A G E R D A N S L E M É C É N A T F I N A N C I E R OBJECTIFS Sous la forme de dons, participer au financement : OPPORTUNITÉS MISE EN OEUVRE À SAVOIR Avec son statut globalement plus souple qu?une fondation d?entreprise, le fonds de dotation peut recevoir des dons de toute entreprise mais pas de subventions publiques. Il est accessible aux PME et ETI. FINALITÉ CONSERVER ET RESTAURER ET AU-DELÀ Définir le cadre de sa démarche de mécénat (forme, thématique, localisation), en cohérence avec ses enjeux et sa stratégie. ?Actions de mécénat financier : identifier une structure pertinente et éligible (association envi- ronnementale locale, ONG, organisme gestion- naire d?espace protégé, fonds de dotation, etc.), verser le don et récupérer le reçu fiscal. Pour plus d?informations, se référer au guide Admical-MEDEF « TPE/PME & ETI, engagez-vous dans le mécénat en toute confiance ». Création et gestion d?un fonds de dotation : ? ?valider l?opportunité de créer son fonds de dotation: objet, éligibilité au mécénat, modalités de fonction- nement, ressources, gouvernance, stratégie de mécénat, etc. Le cas échéant, il est possible de s?appuyer sur une association spécialisée comme Admical ou le Centre français des fonds et fon- dations ; ? ?créer la structure juridique avec l?aide d?un conseil spécialisé et verser la dotation initiale de 15 000 ¤ (éligible à l?avantage fiscal du mécénat) ; ? ?faire vivre le fonds : collecter et allouer les sommes aux actions portées ou soutenues. ? ?d?initiatives et projets de restauration et/ou de préservation de la biodiversité ; ? ?du développement et de la diffusion de la connais- sance sur les questions liées à la nature. ?Via le mécénat de proximité, renforcer l?ancrage territorial de l?entreprise en créant des oppor- tunités de coopération avec des acteurs locaux (entreprises, collectivités, associations) et en développant la visibilité de l?action de l?entreprise au service de son territoire. ?Via le mécénat élargi à d?autres territoires, étendre son rayonnement et asseoir la crédibilité de son engagement en soutenant des initiatives cohé- rentes avec ses propres enjeux sur sa chaîne de valeur. ?Via la création d?un fonds de dotation, s?affirmer comme entreprise leader et fédératrice, en centra- lisant et affectant les contributions d?autres acteurs de son écosystème à des projets pertinents. ?Bénéficier des avantages fiscaux liés au mécénat (réduction d?impôt sur les sociétés de 60% du mon- tant du don). 2 5MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I ÉLECTRICITÉ DE STRASBOURG, UN MÉCÉNAT LOCAL AU SERVICE DE LA NATURE ET DE LA BIODIVERSITÉ Implantée en Alsace, Électricité de Strasbourg (ÉS) déploie une politique de mécénat exclusivement locale, destinée à soutenir des initiatives concrètes, utiles et visibles, génératrices d?impact pour le terri- toire comme pour l?entreprise. Afin de structurer cette démarche, ÉS a créé fin 2024 le fonds de dotation « Générations Transitions ÉS », en cohérence avec sa qualité de société à mission et sa raison d?être sur le territoire alsacien. Doté d?un fonds d?investissement prévisionnel de 10 millions d?euros en 2027, ce fonds s?organise autour de quatre axes : l?éducation, la solidarité, la culture et l?environnement. ÉS souhaite renforcer la cohérence de ses engagements et ainsi fédérer les entités contributrices autour d?une stratégie partagée. Dans le cadre de l?axe environnemental dont la biodiversité, ÉS soutient notamment la LPO du Bas-Rhin et le GORNA (Groupement ornithologique du refuge Nord-Alsace) au travers d?actions concrètes : ? ?installation de dispositifs anticollision sur des lignes électriques du tram strasbourgeois pour protéger les cygnes et valorisation de cette action dans un parcours pédagogique situé sur le site du centre de soins du GORNA ; ? ?don d?un véhicule de société pour assurer le transport d?animaux blessés ; ? ?mobilisation de salariés volontaires pour participer à une opération de plantation d?arbustes visant à délimiter un nouvel enclos dédié aux lynx sur le site du GORNA. Plus largement, ÉS donne à ses collaborateurs la possibilité de consacrer une journée par an à une association présélectionnée. L?entreprise prévoit d?élargir prochainement ce dispositif à des associa- tions oeuvrant pour la biodiversité. Au-delà des initiatives touchant à ses propres activités, ÉS affirme ainsi son ancrage territorial et son engagement en faveur de la nature et de la biodiversité en apportant un soutien concret et structuré aux acteurs associatifs du territoire mobilisés sur ces enjeux. LES ENTREPRISES DU MEDEF S?ENGAGENT Le fonds de dotation MEDForêt, créé par le MEDEF Hérault-Montpellier en 2024, vise à permettre aux entreprises adhérentes de s?engager localement dans des actions à fort impact écologique et humain. Via ce fonds, les entreprises mécènes s?engagent pour : ? lutter contre les effets du réchauffement climatique sur le risque incendie et la biodiversité ; ? ?sensibiliser les salariés à la protection de l?environnement et à la préservation des forêts sur le territoire de l?Hérault ; ? ?contribuer à la régénération des systèmes forestiers ; ? ?offrir un espace de démonstration sur l?adaptation et la pérennité des essences. Un premier projet de reboisement a été lancé en 2025 avec la plantation de 850 arbres sur une parcelle d?un hectare. Ce projet collectif permettra à terme de replanter 3 400 arbres. Le fonds réunit déjà 14mécènes et a récolté 56 000 ¤. 2 6 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ ?I N V E S T I R M E S C A P I T A U X E N F A V E U R D E L A N A T U R E OBJECTIFS OPPORTUNITÉS MISE EN OEUVRE EXEMPLES Exemples, réels ou prospectifs, d?initiatives économiques en faveur de la biodiversité dans lesquelles investir: FINALITÉ CONSERVER ET RESTAURER ?Définir une thématique à soutenir (biodiversité, sols, eau, forêts, renaturation, etc.) et sa localisa- tion géographique. ?Définir les modalités de placement et les opéra- teurs à contacter : ? ?investissement en capital via des fonds à impact pouvant être labellisés Greenfin ou ISR : se rap- procher de structures gestionnaires telles que Mirova, Eurazeo, finance in motion, etc. ; ? ?en prêt via le financement participatif : se rap- procher de plateformes telles que Miimosa, Lita, Enerfip. ?Investir, en capital ou en dette, dans des initiatives économiques : ? ?réduisant les impacts négatifs, voire générant des impacts positifs sur la nature ; ? ?contribuant au développement et à la diffusion de la connaissance sur la biodiversité. ?Diversifier ses placements financiers selon une approche éco-responsable, par l?intermédiaire notamment de fonds à impact ou via le financement participatif. ?Aligner sa politique de placement financier avec sa stratégie opérationnelle en matière de biodi- versité et assurer la continuité et la crédibilité de son approche. ?Soutenir des initiatives cohérentes avec les enjeux de l?entreprise sur sa chaîne de valeur. ?Créer de la proximité avec les acteurs du territoire en investissant dans des initiatives locales, éven- tuellement en cofinancement avec d?autres parties prenantes (entreprises, collectivités, citoyens) de proximité. ?Concilier rendement financier et sens écologique. ? ?développement, par une start-up issue de la recherche, d?une technologie industrielle per- mettant de recycler les matériaux composites usagés ; ? ?déploiement d?une marque visant à soutenir les agriculteurs en conversion vers l?agriculture bio- logique, en facilitant la commercialisation de leurs produits durant leur période de transition ; ? ?projet citoyen de développement d?une centrale urbaine de production de chaleur à partir de l?énergie solaire, afin de réduire le recours aux combustibles gaz et biomasse ; ? ?développement d?un outil d?identification d?es- pèces à partir de l?ADN qu?elles laissent dans leur environnement (ADN environnemental) à usage grand public. 2 7MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I OPPORTUNITÉS ET RÔLE DES ACTEURS FINANCIERS DANS LA PRÉSERVATION ET LA RESTAURATION DE LA BIODIVERSITÉ ET DES ÉCOSYSTÈMES La biodiversité est essentielle au maintien des activités éco- nomiques et à la stabilité de notre modèle financier1. Au-delà des risques économiques et financiers liés à sa dégradation, le marché potentiel des nouveaux investissements liés à la biodiversité pourrait représenter plus de 10 000 milliards de dollards d?ici à 20302 dans divers secteurs tels que l?alimentation, l?usage durable des terres et des océans ou les infrastructures et le bâti durables. Toutefois, malgré ces opportunités potentielles, le déficit de financement de la biodiversité est considérable, puisque de l?ordre de 598 à 824 milliards de dollars3. Dans ce contexte, le secteur de la finance (banques, assurances, gestion- naires d?actifs) peut jouer un rôle sur les enjeux de financement et d?assurabilité des actions de conservation et de restauration de la biodiversité4 : ? ?en finançant directement des actions qui contribuent à la protection de la biodiversité et en développant de nouvelles offres financières innovantes adaptées à leurs clients ; ? ?en incluant progressivement des critères favorables à la biodiversité dans ceux qui lui permettent de choisir les activités à financer ; ? ?en affinant sa compréhension sur ses dépendances, ses risques et ses impacts liés aux activités et secteurs qu?ils financent. Le dialogue entre investisseurs et entreprises se structure sur les enjeux liés à la nature, notamment autour de l?usage des sols, l?exploitation des ressources et les pollutions. L?Institut de la Finance Durable, association branche de Paris Europlace, fédère les actions de la Place financière de Paris pour la finance durable. Le groupe de travail « Biodiversité et capital naturel » vise à rassembler les expertises pour appuyer l'intégration de l'enjeu de la biodiversité dans les stratégies financières. Les derniers travaux se sont concentrés sur la lutte contre la déforestation, la finance bleue ainsi que sur les crédits nature dans une démarche de partage d?un panorama complet des pratiques sur la Place. Zoom sur 3 financements dédiés à la conservation et/ou à la restauration de la nature : ? ?prêt à impact (BNP Paribas ? Blue Alliance) : une facilité lancée en 2024 pour financer la gestion des aires marines protégées via le financement d?entreprises locales à impact positif sur les écosystèmes marins ; ? ?modèle assurantiel innovant (AXA Climate) : des assurances paramétriques couvrant des écosys- tèmes naturels peu assurés afin de financer la compensation des pertes, la résilience et la restauration des habitats ; ? ?initiative de Place (Fonds objectif biodiversité) : un fonds lancé en 2024 par 17 investisseurs institution- nels pour financer des entreprises engagées dans la préservation et la restauration des écosystèmes. 1. ?Voir l?étude de la Banque de France citée plus haut qui montre que 42% du volume des titres détenus par les banques françaises dépendent de la biodiversité, et plus précisément des services écosystémiques rendus par la nature. 2. World New Nature Economy Report (NNER)?- 2020. 3. Source : www.ipbes.net/global-assessment. 4. Conformément à la cible 19 de la Convention sur la Diversité Biologique. À l'Institut de la Finance durable, nous accompagnons les acteurs financiers afin de faciliter l?intégration de la nature dans les décisions d?investissement et leurs stratégies. L?objectif est double: favoriser la protection des actifs contre la dégradation écosystémique et faciliter l?accès aux 10 000 milliards de dollars d?opportunités économiques liées à la biodiversité d'ici 2030. Cécile Goubet, directrice générale de l?Institut de la Finance Durable. 2 8 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ ?I N S T A U R E R D E S É C O - A V A N T A G E S P O U R M E S S A L A R I E S FINALITÉ RÉDUIRE MES ÉQUIPES OBJECTIFS Favoriser l?adoption de pratiques respectueuses de l?environnement et de la biodiversité en proposant des avantages concrets aux salariés afin de : ? ?réduire l?empreinte écologique collective des équipes (et donc celle de l?entreprise) en encourageant des comportements individuels responsables ; ? ?renforcer l?engagement et le bien-être des collaborateurs en donnant du sens à leurs choix quotidiens et en inscrivant leur démarche en cohérence avec celle de l?entreprise. OPPORTUNITÉS ?Pour l?entreprise : attirer et fidéliser les talents en répondant à leurs attentes croissantes en matière d?initiatives écologiques concrètes de leur employeur. ?Pour les salariés : ? ?bénéficier d?avantages financiers en contrepartie de pratiques durables ; ? ?saisir des opportunités d?amélioration de la qualité de vie personnelle en lien avec le travail. MISE EN OEUVRE ?Mettre en place des dispositifs d?incitation et de facilitation autour notamment : ? ?de la mobilité durable (déplacements domi- cile-travail) : > ?indemnité/forfait mobilité durable pour les trajets à moindre impact carbone : vélo (élec- triques ou non), transports en commun (au-delà de l?indemnité légale de 50%), covoiturage, etc. Se référer au guide des mobilités durables en entreprises DGITM/MEDEF ; > ?partenariats avec des services de covoitu- rage ou de location de vélos ; > ?mise à disposition de vélos/véhicules élec- triques, installation de bornes de recharges et de stationnements vélos sécurisés ; ?de l?alimentation responsable : > ?titres-restaurants visant la consommation responsable : produits bio, locaux, labellisés, de saison, alternatives végétales etc. > ?mise à disposition de paniers de fruits et légumes bio en partenariat avec un produc- teur local. ? ?des écogestes et pratiques responsables : usage du train plutôt que de l?avion pour les déplacements professionnels, réduction des impressions papier et achat de papier certifié, tri des déchets de bureau incluant les matières organiques, réduction de la consommation d?eau, etc. (possibilité d?un intéressement sur critères environnementaux pour valoriser ces actions). Accompagner la mise en oeuvre des avantages : ? ?sensibiliser et stimuler par des ateliers et challenges, valoriser les progrès et les succès ; ? ?mesurer les effets et ajuster selon les retours d?expériences et les nouveaux besoins. 2 9MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I ?A M É N A G E R E T G É R E R M O N F O N C I E R OBJECTIFS ?Que la démarche intervienne en phase projet ou sur un site préexistant : OPPORTUNITÉS ET MES ACTIFS ? ?réduire l?artificialisation et les impacts des activités sur les sols, l?eau et les habitats naturels ; ? ?restaurer et préserver la biodiversité sur les terrains de l?entreprise, permettre aux bâtiments d?accueillir la biodiversité ; ? ?créer des espaces fonctionnels et résilients, tendant à concilier activités humaines et écosys- tèmes. ??Évaluer les potentialités d?actions biodiversité « de terrain » sur le site de l?entreprise, à partir d?indicateurs tels que les surfaces non exploi- tées industriellement, l?état des surfaces (friches naturelles, friches industrielles, surfaces de toi- tures totales et de toitures plates, etc.). ?Se faire accompagner par une société de conseil en environnement disposant d?une expertise sur les contextes industriels et d?entreprise afin de sélectionner et pré-chiffrer les actions les plus pertinentes. ?Se renseigner sur les aides publiques disponibles pour les différentes catégories d?actions via la plateforme https://mission-transition-ecolo- gique.beta.gouv.fr/ du ministère en charge de la transition écologique. ?Avec l?aide de cette société, sélectionner les acteurs en charge des études détaillées puis de la maîtrise d?oeuvre : société d?ingénierie écolo- gique pour les opérations de désartificialisation et de restauration, bureaux d?études techniques spécialisés pour les aménagements de toitures ou les opérations de dépollution lumineuse, etc. ??Aménagement du terrain : désimperméabilisation/ désartificialisation de surfaces non exploitées, renaturation de friches ou d?espaces peu utilisés, végétalisation. ?Aménagement du bâti : végétalisation des toitures (moyennant faisabilité technique), récupération et gestion des eaux pluviales. ?Équipements favorables à la biodiversité : instal- lation de gîtes, nichoirs, passages à faune, hiber- naculums et autres équipements. ?Gestion écologique des sites : tonte raisonnée, gestion différenciée des espaces naturels, contrôle des espèces exotiques envahissantes. ?Réduction de la pollution lumineuse nocturne : renouvellement/rénovation des parcs d?éclairage extérieurs sur la base de technologies et d?une gestion de l?éclairage moins impactantes. ?Mise en place d?un Refuge LPO sur le site de l?en- treprise. ??Réduire les risques et renforcer la résilience face aux aléas climatiques (gestion de l?eau, îlots de fraîcheur, stabilité des sols). ?Valoriser le patrimoine foncier et bâti en amélio- rant le cadre de travail, pour les clients et salariés. ?Mobiliser les équipes et les parties prenantes autour d?actions visibles, concrètes et porteuses de sens. 3 0 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ LE TÉLÉPORT DE BERCENAY : LE «LABORATOIRE» DU GROUPE ORANGE EN MATIÈRE D?INTÉGRATION DES ENJEUX BIODIVERSITÉ Situé près de Troyes, le Téléport de Bercenay, exploité par Orange International Networks Infrastructures & Services (OINIS), assure la fourniture du haut débit par satellite. En sa qualité de propriétaire des infrastructures et de son foncier d?environ 40 hectares, Orange a l?am- bition de faire de ce site un véritable laboratoire d?expérimentation d?actions concrètes en matière de transition écologique, destiné à servir de modèle pour d?autres implantations du groupe. Parallèlement à un projet de centrale solaire sur 5 hectares, OINIS a mis en place un plan d?action dans le cadre du programme « Entreprises engagées pour la nature ». L?une des initiatives phares consiste à réduire la pollution lumineuse du site, situé en zone rurale. Le nécessaire renouvellement des installations lumineuses a conduit OINIS à solliciter le Cerema afin d?identifier une solution conci- liant biodiversité et sécurisation du personnel. Sur les 40 points lumineux existants, 37 ont été retirés et recyclés, trois conservés et rénovés, et trois nouveaux installés. Cette initiative écologique présente également un avantage financier : la consommation élec- trique de l?éclairage extérieur sera réduite de 95%, soit une économie annuelle d?environ 3000 ¤. L?investissement de 26 000 ¤ nécessaire à la rénovation et à l?installation des six points lumineux sera ainsi amorti en moins de neuf ans. S?y ajoutent les bénéfices attendus de la centrale photovoltaïque, dont près de 20 % de la production sera autoconsommée. Parmi les engagements d?OINIS figure également la restauration écologique d?une partie du site : plu- sieurs zones artificialisées (friches d?anciennes habitations de service et d?un court de tennis) seront renaturées, des haies composées d?essences diversifiées et locales seront replantées et une prairie naturelle (2-3 ha) remplacera une partie des surfaces engazonnées. Être innovants, précurseurs, expérimenter et agir pour la nature : c?est la vocation d?une entreprise comme la nôtre, citoyenne et soucieuse de faire rayonner son action Nathalie Chevrier, directrice RSE OINIS (Orange International Networks Infrastructures & Services) 3 1MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I ?S A N C T U A R I S E R É C O L O G I Q U E M E N T MON FONCIER VIA L?ORE DE QUOI PARLE-T-ON ? ET MES ACTIFS ??Identifier un espace foncier appartenant à l?en- treprise, pouvant éventuellement contenir des éléments bâtis, présentant un intérêt écologique actuel ou futur suite à la restauration. ?Définir les objectifs environnementaux à atteindre: préserver un milieu, améliorer la gestion d?un espace, restaurer un habitat. ?Identifier un cocontractant pertinent, idéale- ment issu du territoire, avec lequel construire la démarche et à l?appui duquel seront assurées les mesures environnementales : collectivité, asso- ciation environnementale, Agence de l?eau, Parc national, Conservatoire du littoral, etc. ?Formaliser le contrat d?ORE, signé devant notaire, précisant notamment les engagements mis en place, leur durée (jusqu?à 99 ans), les actions à mener, les modalités de suivi et les obligations entre les parties au contrat. ?Mettre en oeuvre les actions prévues sur le terrain (gestion écologique, aménagements, restauration) et assurer un suivi adapté aux moyens de l?entre- prise afin de vérifier le respect des engagements. Idéalement, la démarche dans ses différentes étapes pourra être accompagnée et soutenue par un acteur environnemental local, à l?image de la LPO. Se référer à la page web dédiée à l?Obligation réelle environnementale et au guide associé, publié par le ministère en charge de la Transition écologique. ??L?Obligation réelle environnementale (ORE) est un engagement volontaire pris par un propriétaire pour protéger, gérer ou restaurer la biodiversi- té sur un espace foncier d?intérêt écologique actuel ou potentiel. ?L?ORE se formalise par un contrat signé devant notaire avec une collectivité, un établissement public ou un acteur privé agissant pour la protection de l?environnement. Ce contrat n?a aucune consé- quence sur la possession du bien immobilier : le propriétaire signataire en conserve la propriété. ?Les obligations issues de ce contrat sont atta- chées au terrain et s?appliquent même en cas de vente. Elles peuvent concerner la gestion des espaces naturels, des sols ou du bâti. ?L?ORE permet d?inscrire des actions en faveur de la biodiversité dans la durée. ?S?engager concrètement et durablement pour la biodiversité sur son foncier en donnant une utilité écologique à des espaces jusqu?alors peu valorisés. ?Sécuriser dans le temps ses engagements envi- ronnementaux, même en cas de changement de propriétaire, grâce à un cadre juridique reconnu. ?Contribuer à un ancrage territorial positif en agissant en lien avec des acteurs locaux de l?en- vironnement. 3 2 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ ?REPENSER MA MANIÉRÉ DE PRODUIRE, MA CHAINE DE VALEUR ET MON BUSINESS OBJECTIFS Concevoir, ou transformer lorsqu?ils existent déjà, ses produits, ses services, ses procédés, ses chaînes d?approvisionnement et ses modèles d?affaires, en se fondant sur les principes de l?éco-conception et de la circularité, afin de : OPPORTUNITÉS ET MES ACTIFS MA CHAÎNE DE VALEUR MON TERRITOIRE ET AU-DELÀ ??Diminuer ses coûts opératoires : plus de sobrié- té dans les consommations de ressources, opti- misation des choix de matières premières (ex : approvisionnement à partir d?une matière plus économique issue du recyclage, produit conçu en « mono-matériau », plus facile à assembler et à désassembler dans une démarche de circularité), etc. ?Renforcer sa position commerciale : satisfaire ses clients engagés dans ce type de démarche, en conquérir de nouveaux en leur proposant des modèles d?affaires mieux adaptés à leurs besoins et aux contraintes actuelles (par exemple via l?écono- mie circulaire, l?économie de la fonctionnalité, etc.). ?Se différencier par la qualité et la longévité des produits éco-conçus qui ont vocation à offrir une plus grande robustesse associée à une durée de vie prolongée, facteurs d?attrait pour les clients. ?Rendre son entreprise résiliente et attractive au-devant des partenaires, financeurs, assureurs, etc. ?Développer et valoriser les compétences des équipes en favorisant l?innovation et l?acquisition de nouveaux savoir-faire. ? ?répondre aux enjeux liés à la consommation des ressources, biologiques ou non, nécessaires à la fabrication des produits et au fonctionnement des process industriels et réduire les rejets d?effluents générateurs de pollution du milieu naturel ; ? ?de manière plus large, adapter sa stratégie pour réduire durablement les dépendances et les impacts de ses activités sur la nature et la biodi- versité et rendre son activité pérenne et résiliente face aux crises environnementales. ?Au niveau des produits, services et procédés (en développement ou préexistants) : ? ?réaliser un audit initial et identifier les leviers d?action pertinents, via par exemple une analyse de cycle de vie (ACV) dans le cadre du dispositif subventionné Diag Écoconception de Bpifrance; ? ?le cas échéant, se faire accompagner par un bureau d?études technique et de conseil environ- nemental pour finaliser l?étude des solutions et accompagner leur mise en oeuvre. Pour plus d?informations, se référer à la plateforme « Gagner en performance grâce à l?écoconception» de l?ADEME. ?Au niveau de la chaîne de valeur et de la stratégie de l?entreprise : ? ?réaliser un diagnostic des principaux enjeux touchant les activités de l?entreprise, en faisant appel par exemple aux dispositifs subvention- nés Diag Biodiversité ou Diag Adaptation de Bpifrance ; ? ?se faire accompagner par une société de conseil disposant d?une expertise sur la définition et la mise en oeuvre des actions de transformation touchant à la stratégie et aux modèles d?affaires. 3 3MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I UN PARTENARIAT GAGNANT-GAGNANT AVEC SA CHAÎNE DE VALEUR Acteur de la production et du conditionnement de liquides alimentaires (lait, jus et végétal), LSDH a un intérêt rationnel à engager toute sa chaîne de valeur pour protéger efficacement la biodiversité, garante de la fourniture des services écosystémiques dont dépend l?entreprise: c?est un enjeu de pérennité. La stratégie de l?entreprise comprend trois axes majeurs: ? ?la pérennisation de ses filières via la sécurisation de ses approvisionnements en matières premières: achat d?une orangeraie bio au Brésil, relocalisation en France de certaines filières (pomme, clémentine de Corse, avoine), développement de serres en aéroponie mobile zéro phyto permettant de réduire de 80% la consommation d?eau; ? ?l?entretien de son lien privilégié et historique avec ses producteurs et clients via la mise en place de conventions tri-partites garantissant aux plus de 560 éleveurs une juste rémunération. En contrepartie, chaque éleveur signe une convention individuelle répondant à un contrat cadre négocia par l?Organisation de producteurs de 5 ans reconductible incluant la charte des bonnes pratiques d?élevage dont la mise en oeuvre est auditée et évaluée tous les 2 ans ainsi que la charte éthique et engagement de l?entreprise; ? ?le développement d?un partenariat gagnant-gagnant avec ses clients, en adéquation avec les attentes et besoins des consommateurs: éco-conception des emballages (réduction de l?épaisseur, incorpora- tion jusqu?à 50% de matière recyclée), retravail des recettes? Sur la filière lait qui est 100% française, ces engagements se traduisent concrètement par des pratiques favorables à la biodiversité et aux paysages, aux exploitants et aux animaux: diversification de l?alimentation des troupeaux et fourrages locaux, interdiction des aliments à base d?huile de palme et d?OGM, un objectif de 100% de nourriture certifiée sans déforestation ni conversion d?écosystèmes d?ici 5 ans et contribution à la préservation de l?environnement avec des rotations culturales, jachères, plantation de haies, prairies fleuries et arbres. En moyenne, par exploitation, les prairies permanentes représentant 30% de la surface totale et il y a 39m de linéaire de haies par hectare de surface utile. En structurant sa chaîne de valeur autour d?engage- ments partagés, LSDH montre que la transition éco- logique passe par une mobilisation collective dont les éleveurs sont des acteurs incontournables. Acteurs de terrain, ils sont indispensables à la mise en oeuvre concrète de pratiques favorables à la biodiversité et à la pérennité économique de la filière. La construction du monde de demain requiert la mobilisation et l?engagement de tous les acteurs. Le collectif et le collaboratif sont la clé pour passer à l?action et faire évoluer durablement nos pratiques Emmanuel Vasseneix, président 3 4 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ ?U T I L I S E R M O N T E M P S P O U R L A B I O D I V E R S I T É OBJECTIFS Investir du temps pour : OPPORTUNITÉS ?Sensibiliser toutes les catégories de personnels aux enjeux reliant la biodiversité aux activités humaines et aux entreprises ainsi qu?aux solutions permettant d?y répondre, via notamment : ? ?le suivi du MOOC « Entreprises et biodiversité : passez à l?action ! » de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en partenariat avec le MEDEF et l?Office français de la biodiversité (OFB) ; ? ?la participation à des Fresques de la biodiversité adaptées aux activités de l?entreprise, en faisant appel à des animateurs habilités à animer ces ate- liers dans un cadre professionnel. ?Renforcer la capacité des dirigeants et mana- gers à intégrer ces enjeux dans la stratégie et les opérations de l?entreprise via notamment : ? ?des formations ciblées, en particulier sur les thématiques traitées dans ce guide et adaptées au secteur d?activité de l?entreprise, dispensées par des organismes de formation spécialisés ; ? ?des ateliers participatifs visant à identifier les impacts, dépendances, risques et opportunités liés à la biodiversité sur la chaîne de valeur de l?entreprise, ainsi que les actions permettant d?y répondre, animés par des professionnels de ces sujets ; ? ?le suivi régulier de webinaires et conférences (par exemple via l?Académie MEDEF ou autres organismes professionnels). ?Favoriser l?implication et le passage à l?action des collaborateurs: ? ?en communiquant régulièrement sur les enjeux et projets biodiversité de l?entreprise ; ? ?en proposant des activités concrètes en interne (challenges, Digital Cleanup Day, etc.) ou en externe (participation à des opérations de soutien des connaissances via les sciences participatives en lien avec des acteurs naturalistes et/ou acadé- miques locaux par exemple). ? ?former les dirigeants et managers aux enjeux liant l?entreprise à la biodiversité, afin de porter et piloter les démarches de l?entreprise et stimu- ler l?adhésion des collaborateurs ; ? ?sensibiliser et mobiliser l?ensemble des salariés pour qu?ils s?emparent du sujet et contribuent concrètement à la préservation de la biodiversité, dans l?entreprise et avec des acteurs du territoire. ??Pour les dirigeants et managers : renforcer leur capacité à intégrer la biodiversité dans la stratégie globale de l?entreprise et à incarner l?engagement de celle-ci. ?Pour tous les salariés : développer la conscience collective autour des enjeux de biodiversité et favoriser l?engagement autour d?actions concrètes applicables dans les activités de chacun. ?Faire de l?investissement en temps un capital stra- tégique qui produit des effets durables à la fois pour l?entreprise et pour la biodiversité. MISE EN OEUVRE FINALITÉ RÉDUIRE MES 3 5MEDEF COLLECTION ACCOMPAGNER I MARS 2026 I ?M ? E N G A G E R D A N S L E M É C É N A T D E C O M P É T E N C E OBJECTIFS OPPORTUNITÉS ? ?les compétences mobilisables au sein de l?en- treprise ; ? ?les besoins des organismes à but non lucratif oeuvrant pour la biodiversité. ?En cas de mise à disposition de collaborateurs : identifier les salariés volontaires et pertinents pour participer à la démarche, formaliser avec chacun d?eux et avec l?organisme sélectionné une conven- tion de mécénat (incluant le périmètre et la durée de la mission ? d?une demi-journée à plusieurs mois) et un avenant au contrat de travail, puis mettre en oeuvre et assurer le suivi des salariés, pilotés par l?organisme d?accueil. ?En cas de prestation de service : constituer l?équipe en charge de la mission auprès de l?orga- nisme, formaliser une convention précisant les contours de cette mission (notamment objectifs, livrables, etc.) puis la réaliser, dans une configura- tion analogue à une sous-traitance. ?Procéder avec l?organisme aux démarches admi- nistratives permettant à l?entreprise de défiscaliser les coûts associés aux compétences mobilisées (coûts RH en particulier). ?Assurer le suivi des salariés pilotés par l?organisme d?accueil, expliquer la démarche auprès de l?ensemble des collaborateurs, l?intégrer dans la stratégie de dura- bilité environnementale de l?entreprise. Pour plus d?informations, se référer au guide pratique du mécénat de compétences du ministère en charge de l?Économie sociale, solidaire et responsable. Soutenir des missions d?intérêt général favorables à la biodiversité par la mise à disposition de com- pétences de l?entreprise auprès d?organismes à but non lucratif, via : ? ?la mise à disposition de collaborateurs sur leur temps de travail ; ? la réalisation de missions à titre gracieux. ?Affirmer l?engagement de son entreprise, faire vivre ses valeurs et renforcer son ancrage territo- rial en soutenant des projets de proximité vertueux pour la nature. ?Développer et valoriser les compétences des équipes dans des contextes nouveaux et leur per- mettre de découvrir et expérimenter d?autres modes de fonctionnement (associatif, territorial, scientifique), sources d?apprentissage et d?inno- vation pour les salariés et pour l?entreprise. ?Impliquer les collaborateurs concernés dans des missions porteuses de sens pour eux, renforcer la motivation et la fidélisation des salariés dans leur ensemble et favoriser la cohésion interne autour de projets fédérateurs. ?Bénéficier des avantages fiscaux liés au mécé- nat de compétence (réduction d?impôt sur les sociétés égale à 60 % du coût de revient de la mise à disposition des salariés, dans la limite des plafonds applicables). 4. RESSOURCES UTILES www Admical/MEDEF, «TPE/PME & ETI, engagez-vous dans le mécénat en toute confiance» Afep/EpE/MEDEF/Pacte Mondial Réseau France, act4nature international AFNOR/ISO, ISO 17298:2025 ? Biodiversité - Prise en compte de la biodiversité dans la stratégie et le fonctionnement des organisations? Exigences et lignes directrices et certification AFAQ Biodiversité Agences régionales de Biodiversité: Auvergne Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Bretagne, Centre-Val de Loire, Guadeloupe, Hauts-de-France, Île-de-France, Normandie, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Réunion, Sud Association Fresque de la Biodiversité, atelier «Fresque de la Biodiversité » Bpifrance, les Diag: Diag Biodiversité (Bpifrance/ OFB), Eco-Flux, Adaptation, Eco-conception Bpifrance/OFB, kit Biodiversité Bpifrance, replay de la formation «Biodiversité: structurez votre démarche et créez votre feuille de route pour agir» LPO, Refuge LPO MEDEF, « Les acteurs et outils de la transition écologique», 2025 MEDEF, Podcast «Biodiversité: comment construire un plan d?action?», 2025 MEDEF, Podcast «Biodiversité & territoires: enjeux et mobilisation des acteurs écono- miques», 2025 MEDEF, replay «La nature au coeur de l?inno- vation: bioéconomie, biomimétisme et autres opportunités offertes par le vivant», 2025 Ministère de la Transition écologique, plateforme Transition écologique des entreprises OFB, Entreprises engagées pour la nature et Guide pour l?action Orée, plateforme Entreprises & biodiversité 3 8 ENTREPRISES : MODE D?EMPLOI POUR FINANCER LA BIODIVERSITÉ NOTES . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . Mouvement des entreprises de France 55 avenue Bosquet - 75007 Paris TéL. : 01 53 59 19 19 Tous droits réservés - Dépôt légal : mars 2026 MEDEFMEDEF @medefwww.medef.comwww MARS 2026 A. ?La biodiversité: un enjeu économique pour les entreprises B. ?Faire des enjeux biodiversité une opportunité pour les entreprises C. ?Des cadres institutionnels qui impliquent toutes les entreprises D. Les entreprises déjà en action 2. ?Financer la biodiversité: quelles déclinaisons pour les entreprises? A. Quelles ressources consacrer? 3. ?Cartographie des solutions et fiches outils 4. Ressources utiles

puce  Accés à la notice sur le site du portail documentaire du Ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires

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