La cotation de la demande de logement social en Provence-Alpes-Côte d'Azur : état des lieux
Auteur moral
Agence d'urbanisme de l'agglomération marseillaise
;Agence d'urbanisme de l'aire toulonnaise et du var
;Agence d'urbanisme Rhône Avignon Vaucluse
;Agence d'urbanisme du pays d'Aix
Auteur secondaire
Résumé
"Dans le cadre du programme biennal de travail élaboré conjointement par la DREAL Provence-Alpes-Côte d'Azur et les agences d'urbanisme de la région, il a été décidé de réaliser un état des lieux de la mise en oeuvre des grilles de cotation des demandes de logement social à l'échelle régionale.Ce travail a été conduit par l'Agam, en lien avec les acteurs régionaux directement concernés par la réforme. Il s'est appuyé sur des entretiens avec des acteurs de la région : les DDETS (DDETS?04, DDETS?06, DDETS?13, DDETS?83, DDETS?84), des bailleurs sociaux (Habitat 06, ICF Habitat, Logis familial Varois, Var Habitat et Grand Delta Habitat) ainsi que les deux EPCI pilotes (Métropole de Nice Côte d'Azur et la Communauté d'Agglomération SophiaAntipolis)"
Editeur
Urbasud
Descripteur Urbamet
Descripteur écoplanete
analyse statistique
;étude socioéconomique
Thème
Habitat - Logement
Texte intégral
JANVIER 2026
LA COTATION DE LA DEMANDE
DE LOGEMENT SOCIAL
EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
ÉTAT DES LIEUX
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2 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
TERRITOIRES D?INTERVENTION
DES AGENCES D?URBANISME
DE PROVENCE-ALPES-CÔTE-D?AZUR
Dans le cadre du programme biennal de travail éla-
boré conjointement par la DREAL Provence-Alpes-
Côte d?Azur et les agences d?urbanisme de la région,
il a été décidé de réaliser un état des lieux de la mise
en oeuvre des grilles de cotation des demandes de
logement social à l?échelle régionale.
Ce travail a été conduit par l?Agam, en lien avec les
acteurs régionaux directement concernés par la
réforme.
Il s?est appuyé sur des entretiens avec des acteurs
de la région : les DDETS (DDETS?04, DDETS?06,
DDETS?13, DDETS?83, DDETS?84), des bailleurs
sociaux (Habitat 06, ICF Habitat, Logis familial
Varois, Var Habitat et Grand Delta Habitat) ainsi
que les deux EPCI pilotes (Métropole de Nice Côte-
d?Azur et la Communauté d?Agglomération Sophia
Antipolis)
3 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
SOMMAIRE
LA COTATION DE LA DEMANDE
DE LOGEMENT SOCIAL EN
PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
ÉTAT DES LIEUX
PARTIE 1 : ANALYSE DES GRILLES DE COTATION
DE LA REGION ........................................................................................................................7
LE SYSTÈME DE COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL ......................7
PÉRIMÈTRE ET MÉTHODOLOGIE D?ANALYSE.......................................................................10
LA STRUCTURE DES GRILLES DE COTATION .........................................................................11
LES CRITÈRES RETENUS DANS LES GRILLES DE COTATION ......................................... 13
LES PONDÉRATIONS APPLIQUÉES ..........................................................................................16
DEUX EXEMPLES DE GRILLES DE COTATION
POUR DEUX LOGIQUES TERRITORIALES DISTINCTES .................................................... 21
PARTIE 2 : RETOUR D?EXPERIENCES SUR LA MISE EN OEUVRE
DE LA COTATION ................................................................................................................ 23
UNE ÉLABORATION PARTENARIALE ....................................................................................... 23
UNE UTILISATION DES GRILLES DE COTATION
QUI SOUTIENT LES PRATIQUES ET LA LISIBILITÉ DES DÉCISIONS ..........................24
DES CHANGEMENTS IMPORTANTS EN MATIÈRE D?ORGANISATION ....................... 25
LA COTATION, UN OUTIL PARMI D?AUTRES POUR FAVORISER
L?ACCÈS AU PARC SOCIAL ............................................................................................................ 26
POINTS DE VIGILANCE ET PISTES D?AMÉLIORATION ...................................................... 27
CONCLUSION ........................................................................................................................29
4 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
5 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
Sébastien FOREST
Directeur régional de l'environnement,
de l'aménagement et du logement de
Provence-Alpes Côte-d'Azur
EDITO
Depuis plusieurs années, la Direction Régionale de l?Environnement, de l?Amé-
nagement et du Logement (DREAL) Provence-Alpes-Côte d?Azur et le réseau
des agences d?urbanisme UrbaSud unissent leurs expertises pour produire des
analyses communes sur des enjeux régionaux d?actualité. Cette synergie, com-
plémentaire des partenariats existants entre les agences, l?État et la Région,
permet d?éclairer les acteurs sur des sujets émergents, il s?agit ici d?évaluer l?im-
pact d?une réforme nationale instituant la cotation de la demande de logement
social de par la loi ELAN de 2018.
Cette cotation, désormais obligatoire pour les 25 Etablissements Publics de
Coopération Intercommunale (EPCI) de la région compétents en matière d?ha-
bitat et comptant au moins un quartier prioritaire de la politique de la ville,
s?inscrit dans une démarche partenariale historique. Portée par la DREAL, l?As-
sociation Régionale HLM (ARHLM), Action Logement Services PACA-Corse, les
intercommunalités, les bailleurs sociaux et les DDETS (Directions Départemen-
tales de l?Emploi, du Travail et des Solidarités), elle vise à rationaliser et objecti-
ver les attributions de logements sociaux.
Dès son déploiement, la cotation a suscité l?adhésion des acteurs locaux grâce
à sa transparence et à son caractère collaboratif. En offrant un cadre commun
d?aide à la décision, elle permet aux territoires de s?approprier la réforme, tout
en garantissant une équité renforcée pour les demandeurs. L?état des lieux pré-
senté dans ce document témoigne de cette appropriation progressive, mais
aussi des défis persistants en matière de mise en oeuvre opérationnelle.
Alors que les besoins en logements sociaux restent massifs et en hausse, la
pleine application de cette réforme est plus que jamais cruciale. Elle s?inscrit
dans une volonté collective : accélérer la production de logements accessibles
tout en améliorant la lisibilité et l?efficacité des processus d?attribution.
La mobilisation de l?ensemble des parties prenantes ? bailleurs, intercommuna-
lités, réservataires ? est essentielle pour faire évoluer les pratiques vers plus de
transparence et d?équité. À terme, c?est l?ensemble du système qui en bénéfi-
ciera : les demandeurs, dont les attentes seront mieux prises en compte, mais
aussi les territoires, qui gagneront en cohérence et en efficacité dans la gestion
de leur parc social.
Cette dynamique régionale prouve qu?une gouvernance partagée, fondée sur
l?analyse, la confiance et l?innovation, est la clé pour relever les défis du loge-
ment social, aujourd?hui comme demain.
6 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
7 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
PARTIE 1 : ANALYSE DES
GRILLES DE COTATION
DE LA REGION
LE SYSTÈME DE COTATION DE LA DEMANDE
DE LOGEMENT SOCIAL
La première partie de cette étude se concentre sur l?analyse des grilles de
cotation de la demande de logement social mises en place par les diffé-
rentes intercommunalités de la région PACA. Elle s?attache à examiner leur
structure, les critères mobilisés et les logiques qui les sous-tendent, tout en
mettant en évidence les points de convergence et de divergence. Cette ana-
lyse permet de comprendre comment les priorités réglementaires et locales
se traduisent concrètement dans cet outil.
Introduite de manière facultative par la loi ALUR, la cotation de la demande
de logement social a été rendue obligatoire par la loi ELAN du 23 novembre
2018 pour les Établissements publics de coopération intercommunale (EPCI)
concernés par la réforme. Sa mise en oeuvre est désormais inscrite dans le Plan
partenarial de gestion de la demande et d?information des demandeurs (PPG-
DID) dont doivent se doter les EPCI concernés.
Le système de cotation constitue un outil d?aide à la décision utilisé à la fois
pour présélectionner les candidatures examinées en commission d?attribution
et pour orienter l?attribution effective des logements sociaux lors des CAL et
CALEOL (Commission d?attributions des logements et d?examen de l?occupa-
tion des logements). Il repose sur un mécanisme d?attribution de points aux
dossiers des demandeurs, en fonction de critères objectifs et de pondérations
prédéterminées. Les critères choisis et leur pondération devront permettre d?at-
teindre les objectifs d?attribution fixés par le législateur en faveur des publics
prioritaires et de la mixité sociale des villes et des quartiers, et déclineront les
orientations locales définies par la CIL (Conférence Intercommunale du Loge-
ment).
Définition d?une série
de critères d?appreciation
de la demande de logements
Pondération de critères
Attribution d?un nombre de points
par demande de logements
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8 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
L?objectif est d?assurer une meilleure lisibilité et une
plus grande transparence du processus d?attribu-
tion des logements sociaux pour les demandeurs.
La grille de cotation ne constitue pas un outil d?attri-
bution, c?est-à-dire qu?il ne se substitue pas au tra-
vail de rapprochement de l?offre et de la demande
réalisé par les bailleurs et réservataires ni à l?ins-
truction de la demande. Au final, les CALEOL / CAL
restent souveraines dans leurs choix.
La grille de cotation est élaborée sous l?égide des
EPCI avec l?ensemble des partenaires concernés
(communes, bailleurs sociaux, Action Logement,
Etat, associations, autres réservataires). Une même
grille de cotation sera appliquée pour tous les de-
mandeurs de l?intercommunalité, quel que soit le
contingent.
Pour concevoir leur grille de cotation, les EPCI
doivent composer avec trois catégories de critères,
chacun ayant un rôle différent :
` les critères obligatoires, au nombre de 17, définis
au niveau national (DALO et art. L441-1 du CCH),
portent principalement sur des situations prio-
ritaires identifiées par la loi (DALO, situation de
handicap, conditions de logement indigne, vio-
lences au sein du couple, etc.). Leur intégration
dans la grille est impérative ;
` les critères facultatifs sont issus d?une liste natio-
nale de 38 critères supplémentaires qui émanent
du CERFA remplit par le demandeur de logement
social. Ces derniers permettent aux EPCI d?affiner
leur cotation en tenant compte de situations spé-
cifiques qui ne relèvent pas des critères obliga-
toires, mais qui peuvent tout de même justifier
une priorité d?accès au logement. Par exemple,
ils peuvent inclure la situation professionnelle
(CDD, intérim), la composition familiale (parent
isolé), le niveau de ressources (taux d?effort élevé,
2ème quartile), le lien au territoire (habite la com-
mune, travaille dans l?EPCI) ou encore l?ancienne-
té de la demande. Ces critères offrent un cadre
plus souple que les critères obligatoires, tout en
restant encadrés par la réglementation nationale
(issus du Cerfa) ;
` les critères locaux sont des critères laissés à l?ini-
tiative des EPCI. Chacun peut en définir jusqu?à
dix, avec une formulation libre, à condition de
respecter les principes de non-discrimination,
tels que définis à l?article 225-1 du Code pénal. Ces
critères permettent de prendre en compte les en-
jeux spécifiques du territoire comme les travail-
leurs essentiels, les ménages acceptant d?aller en
QPV, les demandeurs labellisés par la commission
de coordination par exemple.
Au total, une grille peut contenir jusqu?à 65 critères
au maximum. Une fois sélectionnés, tous ces cri-
tères sont pondérés, afin de refléter les priorités de
la politique locale du logement social.
En Provence-Alpes-Côte d?Azur, un référentiel ré-
gional a posé une doctrine commune en matière
d?élaboration des grilles de cotation. Il est le résultat
d?une démarche partenariale régionale engagée
entre l?AR HLM PACA et Corse, Action Logement et
la DREAL PACA, en étroite collaboration avec les in-
tercommunalités, les bailleurs sociaux et les DDETS.
Il recommande notamment que chaque grille tende
vers :
` une pondération du DALO à 100 points. Il doit être
supérieur à la moyenne des critères obligatoires
hors DALO ;
` une somme de points attribués aux critères obli-
gatoires = la somme des points attribués aux cri-
tères facultatifs et locaux rapport (1)/(2) compris
entre 0,5 et 2,5 ;
` le ratio critère obligatoire / critère d?appartenance
territorial ne doit pas excéder le triple des points
accordés au critère DALO, ni excéder 1/5e de la
somme des points accordés aux critères obliga-
toires ;
` Les critères locaux négatifs ne doivent pas re-
mettre en cause les points obtenus au titre d?un
critère prioritaire.
Ce cadre, très souple, vise à garantir l?équité, la
transparence et la comparabilité des cotations sur
l?ensemble de la région, tout en laissant une marge
d?adaptation locale.
Catégories
de critères 3
Critères obligatoires
Critères
facultatifs
Critères
locaux
17
38
10
jusqu?à
DALO et art. L441-1 du CCH
Composition des grilles de cotation
9 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
Les publics DALO (Droit au Logement Opposable)
Institué par la loi n°2077-290 du
5 mars 2007, le DALO permet aux
personnes mal logées d?être re-
connues prioritaires afin de faire
valoir leur droit à un logement ou
un hébergement digne. Pour qu?un
ménage soit reconnu DALO, il doit
déposer un dossier devant la com-
mission de médiation, qui rendra
sa décision.
Les critères pour être reconnu
DALO sont les suivants :
` Être de nationalité française, ou
titulaire d?un titre de séjour en
cours de validité ;
` Ne pas pouvoir accéder à un lo-
gement décent par ses propres
moyens, ou y rester ;
` Avoir une situation personnelle
et familiale et des ressources qui
permettent d?obtenir un loge-
ment social ;
` Avoir régulièrement déposé et
renouvelé une demande de lo-
gement social sans recevoir de
proposition correspondante aux
besoins exprimés pendant un
délai anormalement long ;
` Ne pas avoir de logement à son
nom pour une de ces raisons :
sans domicile fixe, hébergé pas
la famille ou un tiers, centre
d?hébergement, logé temporai-
rement ;
` Être logé dans des conditions
précaires : menacé d?expulsion
sans relogement, logement ina-
dapté (suroccupation, situation
de handicap, locaux impropres à
l'habitation?).
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10 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
CA Dracénie Provence
Verdon Agglomération
CA Durance-Luberon-
Verdon Agglomération
Métropole Toulon-
Provence-Méditerranée
CA d'Arles-Crau-
Camargue-Montagnette
Métropole
d'Aix-Marseille-Provence
CA Provence-Alpes-
Agglomération
CC Méditerranée Porte des Maures
CA Luberon Monts de Vaucluse
CA Ventoux-Comtat-Venaissin
CC du Golfe de Saint-Tropez
Métropole Nice Côte-d'Azur
CA des Sorgues du Comtat
CA de la Riviera
Française
CA Cannes Pays de Lérins
CA Gap-
Tallard-Durance
CA de
la Provence Verte
CA de Sophia
Antipolis
CA Sud
Sainte-Baume
CA du Grand Avignon
CA du
Pays de Grasse
CA Terre de Provence
Estérel Côte d?Azur Agglomération
CC Pays d?Orange en Provence
CC Pays d?Apt
et Luberon
CC Vallée du Gapeau
05
06
83
04
84
13
EPCI soumis à la réforme
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O
C
TO
B
R
E
2
0
25
0 25 km
PÉRIMÈTRE ET MÉTHODOLOGIE
D?ANALYSE
Au mois de septembre 2025, sur les 25 EPCI de la
région concernés par la réforme, 18 avaient élaboré
leur propre grille de cotation (soit 72%). Ces grilles
ont été collectées par l?Agam auprès des DDETS de
chaque département.
Deux territoires pilotes des Alpes-Maritimes ? la
Métropole Nice Côte d?Azur (MNCA) et la Commu-
nauté d?Agglomération Sophia Antipolis (CASA) ?
ont été les premiers à adopter leur grille de cotation
dès 2022. Après une phase d?expérimentation, ces
territoires ont procédé à des ajustements et uti-
lisent désormais une deuxième génération de leur
grille.
Dans leur sillage, les autres EPCI de la région ont
progressivement emboîté le pas : 4 grilles ont été
validées en 2023, 8 en 2024, et 4 supplémentaires
depuis le début de l?année 2025.
Les grilles récoltées et analysées sont les suivantes :
` Alpes-de-Haute-Provence (04) : Durance Lube-
ron Verdon Agglomération, Provence Alpes Ag-
glomération (2/2) ;
` Hautes-Alpes (05) : (0/1) ;
` Alpes-Maritimes (06) : Métropole Nice Côte
d?Azur, CA de Sophia Antipolis, CA du Pays de
Grasse, CA de la Riviera Française, CA Cannes
Pays de Lérin (5/5) ;
` Bouches-du-Rhône (13) : Métropole Aix-Marseille-
Provence (1/3) ;
` Var (83) : CC Vallée du Gapeau, CA Provence
Verte, CC Méditerranée Porte des Maures, Métro-
pole Toulon Provence Méditerranée, Estérel Côte
d?Azur Agglomération, CA Sud Sainte Baume
(6/8) ;
` Vaucluse (84) : CA Grand Avignon, CA Sorgues du
Comtat, CC Pays d?Orange en Provence, CA Ven-
toux Comtat Venaissin (4/6).
Application de la réforme des attributions des logements sociaux
11 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
Afin de comparer les grilles entre elles, un travail de
retraitement et d?harmonisation des critères a été
nécessaire. Certains territoires ont regroupé plu-
sieurs critères pour en simplifier la lecture : nous
avons alors dédoublonné ces regroupements pour
pouvoir procéder à l?analyse. À l?inverse, d?autres ont
éclaté un même critère en plusieurs sous-critères
(exemple : trois niveaux d?ancienneté traités comme
trois critères distincts). Dans ces cas, les éléments
ont été recomposés en un seul critère unifié, pour
rester cohérent avec la logique de la liste nationale.
Ce traitement a permis de rendre les grilles compa-
rables sur une base commune.
Cependant, certaines limites méthodologiques
demeurent, notamment concernant la prise en
compte des demandeurs de mutation. Si certains
territoires ont retenu le critère facultatif « mutation
interne au parc social », d?autres ont intégré des
critères (facultatifs ou locaux) applicables unique-
ment à ces publics, ou bien ont élaboré une grille
spécifique dédiée aux demandeurs de mutation.
Afin d?harmoniser l?analyse, seul le critère facultatif
« mutation interne au parc social » a été conservé.
Les autres critères propres aux demandeurs de mu-
tation n?ont pas été pris en compte, ce qui introduit
un biais dans l?évaluation de certaines grilles.
LA STRUCTURE DES GRILLES
DE COTATION
Les EPCI de la région PACA ont bénéficié d?une liber-
té totale dans la structuration formelle de leur grille
de cotation. L?organisation et l?ordonnancement
des critères ont ainsi été définis localement, sans
format imposé à l?échelle nationale ou régionale.
L?analyse des 18 grilles révèle trois logiques de pré-
sentation des critères sélectionnés :
` par blocs de critères : obligatoires / facultatifs /
locaux (50% soit 9 EPCI). Cette structuration a
l?avantage de rendre lisible la part d?autonomie
laissée à l?EPCI, tout en soulignant le cadre légal
commun à tous les territoires soumis à la réforme ;
` par ordre décroissant de points du plus au
moins pondéré (33% soit 6 EPCI). Cette méthode
met en évidence les publics ou les situations les
plus fortement valorisés par la grille. Cela permet
ainsi une lecture plus directe des priorités locales ;
` par thématiques ou enjeux (17% soit 3 EPCI). Ces
grilles offrent une lecture transversale facilitant la
compréhension globale du demandeur (situation
familiale, professionnelle, vis à vis du logement,
etc.). A noter l?originalité de la Métropole Aix-Mar-
seille-Provence qui a organisé sa grille selon les
enjeux du territoire.
Certains territoires ont adopté des modèles mixtes,
combinant plusieurs logiques de présentation. C?est
le cas de la CA du Pays de Grasse qui a choisi une
présentation en trois blocs puis une organisation
thématique à l?intérieur de chaque bloc.
De manière générale, les trois types de critères
(obligatoires, facultatifs, locaux) sont bien identi-
fiables dans l?ensemble des grilles grâce soit à un
code couleur, soit à des mentions du bloc de critère.
Les EPCI de la réforme des attributions
Ce sont tous les territoires :
` tenus de se doter d?un programme local de l?habitat, ou ;
` ayant la compétence en matière d?habitat et dont le territoire
comporte au moins un quartier prioritaire de la politique de
la ville (QPV).
Sur ces territoires sont fixés des objectifs d?attribution dans et
en dehors des quartiers prioritaires de la politique de la ville
afin de favoriser la mixité sociale.
Ces EPCI doivent se doter d?une conférence intercommunale
du logement (CIL), d?une convention intercommunale d?attribu-
tion (CIA), d?un plan partenarial de gestion de la demande de
logement social et d?information des demandeurs (PPGDID),
ainsi que d?un système de cotation de la demande.
50%
33%
17%
par
thématiques
par
blocs
de critères
par ordre
décroissant
3 logiques de présentation des critères
12 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
Exemple de la grille de cotation de Durance
Luberon Verdon Agglomération classée par blocs
de critères
Exemple de grille de cotation de la Métropole Toulon Provence Méditerranée
classées par ordre décroissant
Exemple de la grille de cotation de la Métropole Nice Côte d'Azur
classée par thématiques
13 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
30
31
31
32
33
33
33
34
35
35
35
36
38
38
38
41
45
52
CA de la Riviera Française
CA Sophia Antipolis
CA Ventoux Comtat Venaissin
CC Méditerranée Porte des Maures
Estérel Côte d'Azur Agglomération
Grand Avignon
CA Sorgues du Comtat
CA Provence Verte
CA Pays de Grasse
CA Sud Sainte Baume
CC Pays d'Orange en Provence
Métropole Aix-Marseille-Provence
Durance Luberon Verdon Agglomération
CA Cannes Pays de Lérin
CC Vallée du Gapeau
Métropole Toulon Provence Méditerranée
Provence Alpes Agglomération
Métropole Nice Côte d'Azur
LES CRITÈRES RETENUS DANS
LES GRILLES DE COTATION
Les grilles de cotation de la région PACA com-
portent en moyenne 36 critères, soit 19 de plus
que les 17 critères obligatoires. Le nombre de cri-
tères sélectionnés varie d?une grille à l?autre, allant
de 30 critères pour la CA Riviera Française jusqu?à
52 critères pour la Métropole de Nice Côte d?Azur.
La moitié des territoires ont une grille comportant
entre 32 et 36 critères. Seuls 3 EPCI ont sélectionné
plus de 40 critères.
En moyenne les EPCI ont choisi 14 critères facul-
tatifs et 5 critères locaux pour compléter leur grille
de cotation.
Trois territoires ont élaboré des grilles dans les-
quelles le nombre de critères facultatifs dépasse
celui des critères obligatoires (de 17 à 20 critères fa-
cultatifs), traduisant généralement une volonté de
mieux prendre en compte la diversité des profils de
demandeurs.
La Communauté d?agglomération de la Riviera
Française constitue un cas particulier puisqu?elle ne
compte que quatre critères facultatifs dans sa grille.
En réalité, plusieurs critères initialement facultatifs
ont été reformulés et intégrés sous la forme de cri-
tères locaux. En dehors de cette configuration spé-
cifique, tous les autres territoires ont sélectionné au
minimum dix à onze critères facultatifs.
Les critères locaux, quant à eux, nécessitent une
saisie manuelle des informations dans le Sys-
tème National d'Enregistrement (SNE), ce qui
peut présenter une contrainte forte pour les gui-
chets enregistreurs et les bailleurs. Certains ter-
ritoires ont donc volontairement fait le choix de
limiter le nombre de critères locaux. C?est notam-
ment le cas des EPCI du Vaucluse qui n?ont re-
tenu qu?un à deux critères locaux, de plusieurs
intercommunalités du Var telles que la CC Mé-
diterranée Portes des Maures et CA Sud Sainte-
Baume qui ont fait le choix d?en intégrer 3 ou 4.
A l?inverse, d?autres territoires ont choisi un nombre
plus important de critères locaux, en particulier les
trois métropoles régionales qui sont confrontées à
des problématiques complexes liées notamment
à la présence de Quartiers prioritaires de la Poli-
tique de la Ville (QPV), d?opérations ANRU ou de
dispositifs spécifiques tels l?AMI logement d?abord.
C?est également le cas de la CA de la Riviera Fran-
çaise, du Pays de Grasse et la CC Vallée du Gapeau,
des territoires qui se caractérisent par un usage
restreint de critères facultatifs, qu?ils ont souvent
remplacés ou affinés sous forme de critères locaux.
Par exemple, au lieu de retenir un caractère facul-
tatif général comme « âge supérieur à 60 ans », ces
EPCI ont introduit un critère local plus précis tel que
« retraité pensionné avec un taux d?effort supérieur
à 30% » ou encore « personne seule ou en couple de
soixante-cinq ans ou plus ».
Nombre de critères présents
dans les grilles de cotation
Parmi ces critères facultatifs, certains appa-
raissent comme des choix très largement partagés
par les EPCI de la région PACA :
` tous les EPCI ont retenu au moins un critère
d?appartenance géographique (pour deux EPCI
ces critères ont été classés parmi les critères lo-
caux, car leur formulation différait du libellé stan-
dard). Plus précisément, 89% des grilles intègrent
l?item « habite la commune ». Le deuxième item
le plus fréquent est « travaille dans l?EPCI » qui est
présent dans 72% des grilles, certains EPCI ont
choisi plusieurs critères d?appartenance géogra-
phique comme « habite dans la commune » et
« travaille dans l?EPCI » par exemple, ou même
parfois les 4 items proposés dans les critères fa-
cultatifs ;
` le critère d?ancienneté de la demande est lui
aussi plébiscité, il figure dans 83% des grilles
analysées. Toutefois, sa modulation varie selon
les EPCI. Par exemple, dans certaines grilles,
des points sont attribués à partir d?une durée
minimale de deux ou trois ans, dans d?autres des
points supplémentaires sont attribués selon la
période d?ancienneté (entre 10 à 40 points par
exemple ou encore 1 point tous les 2 mois) ;
` logement repris ou mis en vente par son pro-
priétaire apparait dans 78% des grilles. Cette fré-
quence s?explique notamment par la pression
foncière et touristique particulièrement forte
dans certains territoires tendus de la région, où
les congés pour vente ou reprise sont fréquents ;
14 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
` les moins de 30 ans sont retenus dans 72% des
grilles. Ils sont parfois ciblés dans les critères lo-
caux (en ajoutant une mention : jeunes en inser-
tion, ou jeunes actifs). À noter que cinq territoires
ont également introduit des critères spécifiques
pour les étudiants ou les apprentis, traduisant
une volonté de mieux prendre en compte les
publics jeunes en formation ou en début de par-
cours professionnel ;
` logement inadapté au handicap ou à la perte
d?autonomie est également très présents : 72%
des grilles ;
` les actifs sont valorisés dans 72% d?entre elles,
en choisissant et/ou combinant plusieurs cri-
tères : travailleur pauvre, logement éloigné du
lieu de travail, changement du lieu de travail,
CDD-stage-interim. Les actifs sont parfois va-
lorisés via les critères locaux : salariés de moins
de 10 personnes, travailleurs essentiels, etc. Ces
choix traduisent la volonté de certains EPCI de ré-
pondre aux besoins des actifs modestes qui parti-
cipent au fonctionnement quotidien du territoire ;
` les personnes âgées ont été retenues dans une
grille sur deux, ils sont aussi un public cible. Cer-
tains EPCI font le choix du critère « personnes de
plus de 60 ans » (50%), mais aussi « personnes
âgées en difficulté financière dans un logement
trop grand » (39%), « personne âgée dans un lo-
gement inadapté » (22%). A noter que certains
territoires y ont également ajouté des critères
locaux (personne âgée avec minimum vieillesse
par exemple). Ces choix traduisent une attention
croissante portée aux conditions de vie des se-
niors dans le logement social.
En parallèle, certains critères facultatifs sont peu
ou pas mobilisés. C?est le cas des quartiles (2e, 3e,
4e) qui n?ont été retenus par aucun territoire, ainsi
que du critère «loyer trop élevé», souvent écarté en
raison de sa définition difficile à objectiver, le taux
d?effort étant généralement préféré. Le critère de
suroccupation lorsqu?il est fondé uniquement sur
la surface du logement, est également peu utilisé
(deux grilles).
17
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0 10 20 30 40 50 60
Critères obligatoires
Critères facultatifs
Critères locaux
Durance Luberon Verdon Agglomération
Provence Alpes Agglomération
CA Sophia Antipolis
Métropole Nice Côte d'Azur
Pays de Grasse
Cannes Pays de Lérin
Communauté de la Riviera Française
Métropole Aix-Marseille-Provence
CC Vallée du Gapeau
CA Provence Verte
CC Méditerranée Porte des Maures
Métropole Toulon Provence Méditerranée
CA Sud Sainte-Baume
Estérel Côte d'Azur Agglomération
Grand Avignon
Pays d'Orange
CA Sorgues du Comtat
CA Ventoux Comtat Venaissin
0
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0
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Nombre de critères retenus dans les grilles de cotation
15 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
Parmi les critères locaux, on peut distinguer les
critères locaux positifs qui attribuent des points
supplémentaires au demandeur et les critères lo-
caux négatifs qui en retirent. Les critères locaux
positifs sont présents dans 83% des grilles et les cri-
tères locaux négatifs dans 94% d?entre elles.
Les critères locaux ajoutant des points au deman-
deur peuvent être regroupés en plusieurs familles
de critères :
` les personnes considérées comme essentielles
à la vie du territoire : travailleurs essentiels (61%
des EPCI) mais aussi les agents des communes et
EPCI, actifs fonctionnaires, indus de l?armée (89%
- 16 occurrences) ;
` les personnes labellisées dans différents
dispositifs territoriaux : labellisés PFTA, labellisés
public métropolitain, labellisé commission de
coordination ou des cas complexes, mesures
AVDL/ASLL (56% - 10 occurrences) ;
` les profils d?actifs : salariés des petites entre-
prises, travailleurs indépendants, jeunes actifs de
moins de 30 ans, travailleurs modestes des 2e, 3e
quartile (44% - 8 occurrences) ;
` les personnes âgées avec un profil fragile : bé-
néficiaires d?une pension de vieillesse, avec taux
d?effort > à 30%, etc. (28% - 5 occurrences) ;
` critère d?appartenance géographique : pré-
sents dans les critères facultatifs mais ici adaptés
à une saisie manuelle comme « habite ou travaille
dans l?EPCI » (22% - 4 occurrences) ;
` ménages acceptant d?aller en QPV : actifs en
QPV, hors 1er quartile en QPV, etc. (22% - 4 occur-
rences) ;
` autres cas spécifiques au territoire : catas-
trophe naturelle ou sinistre, poulidor1 , veuvage,
problème de sécurité avéré et particulièrement
grave aux abords du domicile.
Concernant les critères locaux avec points négatifs,
ceux-ci peuvent être regroupés en 3 catégories :
` refus injustifié d?un logement adapté à la situa-
tion du demandeur (94% soit 17 EPCI). Les règles
d?application peuvent varier d?un EPCI à l?autre :
à partir du 1er, du 2e ou 3e refus selon les cas, une
accumulation ou non en cas de refus répétés ;
` fausses déclarations (33% soit 6 EPCI), qu?il
s?agisse d?omissions ou d?erreurs intentionnelles ;
` comportement agressif ou inapproprié envers
le personnel administratif (22% soit 4 EPCI).
Ces critères peuvent faire perdre quelques points
aux demandeurs mais parfois aussi les sanctionner
lourdement (-100 points) dans certains territoires.
1) Poulidor : du nom de coureur cycliste Raymond Poulidor qui était abonné à la place de second. Par extension, un
demandeur Poulidor est un demandeur de logement social qui a été placé une ou plusieurs fois en rang 2 ou 3 lors
des CAL.
LISTE DES 38 CRITÈRES FACULTATIFS
1 Ménages sous le 2ème quartile 20 Logement inadapté au handicap ou à la perte d'autonomie
2 Ménages sous le 3ème quartile 21 Parent isolé
3 Ménages sous le 4ème quartile 22 Parent en divorce/séparation
4 Personne âgée en difficulté financière dans un logement
trop grand 23 Divorce/séparation
5 CDD, Stage, interim 24 Sous-occupation
6 Etudiant ou apprenti 25 Départ personne à charge (décohabitation)
7 Travailleur pauvre 26 Naissance attendue dans un logement trop petit
8 Loyer trop élevé 27 Suroccupation (nombre de pièces)
9 Taux d'effort trop élevé 28 Surroccupation (surface)
10 Habite l'EPCI 29 Ancien étudiant ou résidence étudiante
11 Travaille dans l'EPCI 30 Logement de fonction
12 Habite la commune 31 Logement repris ou mis en vente par son propriétaire
13 Travaille dans la commune 32 Logement bientôt démoli
14 Rapprochement familial 33 Moins de 30 ans
15 Logement éloigné du lieu de travail 34 Plus de 60 ans
16 Logement éloigné des équipements et des services 35 Mutation interne au parc social
17 Changement du lieu de travail 36 Logement non décent
18 Personne âgée dans un logement inadapté 37 Ancienneté de la demande
19 Assistant familial ou maternel à son domicile 38 Pièces valides
16 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
LES PONDÉRATIONS
APPLIQUÉES
Si l?on s?intéresse dorénavant à la pondération des
critères choisis, des différences importantes appa-
raissent entre les territoires. Le total de points mobi-
lisables dans une grille, lorsque l?on additionne l?en-
semble des critères, varie fortement, allant de 800 à
3 725 points selon les EPCI. Cette amplitude traduit
ainsi des choix locaux en matière de hiérarchisation
des critères et de politique d?attribution.
Le poids du bloc des critères obligatoires est très
variable selon les territoires. Le référentiel régio-
nal recommande que ce bloc soit équivalent à la
somme des deux autres blocs (critères facultatifs et
locaux). Cette consigne est globalement respectée,
seuls deux territoires s?en écartent, à savoir la Métro-
pole Nice Côte d?Azur et Provence Alpes Agglomé-
ration, où les critères obligatoires ne représentent
respectivement que 42% et 46% du total des points
de la grille. L?ensemble des EPCI reste cependant
dans les marges définies dans le référentiel, à savoir
un ratio compris entre 0,5 et 2.
A noter que dans plus d?un tiers des cas, les critères
obligatoires représentent plus de 60 % du total, tra-
duisant une volonté de renforcer le poids des pu-
blics reconnus comme prioritaires par la loi. C?est
notamment le cas de la CA du Pays de Grasse où ce
bloc atteint 72 % du total des points.
Le poids accordé aux critères facultatifs, quant
à lui, est très variable. Il est particulièrement élevé
dans certaines grilles comme celle de la Métropole
Nice Côte d?Azur, en lien avec le nombre important
de critères facultatifs sélectionnés. À l?inverse, dans
plusieurs territoires, leur part reste plus limitée, en
raison d?une pondération plus forte des critères lo-
caux. Il convient également de souligner que trois
EPCI n?attribuent que des points négatifs dans leurs
critères locaux, ce qui modifie leur impact global
dans le calcul de la cotation.
À l?intérieur même des blocs, des écarts de pondé-
ration apparaissent entre critères.
Le critère DALO, critère obligatoire central dans
la logique d?attribution des logements sociaux, est
valorisé de manière différenciée selon les territoires,
allant de 50 à 150 points. Toutefois, 61 % des EPCI
(11/18), ont choisi de lui attribuer 100 points, confor-
mément aux recommandations du référentiel ré-
gional. Plusieurs cas se présentent :
` le DALO est le critère qui est le plus fortement
pondéré : 15 grilles/18 (83%) ;
` le DALO est fortement valorisé mais au même ni-
veau que d?autres critères obligatoires : 2/18 ;
` le DALO n?est pas le critère ayant le plus de point :
1/18 (« n?ayant pas de logement ou d?héberge-
ment » a une pondération deux fois plus impor-
tante).
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17 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
Nombre de points par famille de critères dans les grilles de cotation
Poids de chaque bloc de critères selon le nombre de points attribués
10
00 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000
Durance Luberon Verdon Agglomération
Provence Alpes Agglomération
CA Sophia Antipolis
Métropole Nice Côte d'Azur
Pays de Grasse
Cannes Pays de Lérin
Communauté de la Riviera Française
Métropole Aix-Marseille-Provence
CC Vallée du Gapeau
CA Provence Verte
CC Méditerranée Porte des Maures
Métropole Toulon Provence Méditerranée
CA Sud Sainte-Baume
Estérel Côte d'Azur Agglomération
Grand Avignon
Pays d'Orange
CA Sorgues du Comtat
CA Ventoux Comtat Venaissin
0
4
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6
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84
Dont critère DALO
Critères obligatoires
Critères locaux
Critères facultatifs
53% 35% 12%
46% 38% 16%
60% 30% 10%
42% 48% 11%
72% 18% 11%
55% 36% 9%
64% 13% 23%
58% 26% 16%
55% 30% 16%
54% 39% 7%
62% 32% 6%
56% 27% 16%
54% 38% 8%
50% 37% 13%
60% 39% 2%
60% 40%
52% 48%
62% 38%
Durance Luberon Verdon Agglomération
Provence Alpes Agglomération
CA Sophia Antipolis
Métropole Nice Côte d'Azur
Pays de Grasse
Cannes Pays de Lérin
Communauté de la Riviera Française
Métropole Aix-Marseille-Provence
CC Vallée du Gapeau
CA Provence Verte
CC Méditerranée Porte des Maures
Métropole Toulon Provence Méditerranée
CA Sud Sainte-Baume
Estérel Côte d'Azur Agglomération
Grand Avignon
Pays d'Orange
CA Sorgues du Comtat
CA Ventoux Comtat Venaissin
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4
0
6
13
83
84
Critères obligatoires Critères facultatifs Critères locaux
18 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
RANG NOMBRE MOYEN
DE POINT
DALO 1,1 96
Personnes victimes de violence conjugales ou menace de mariage forcé 2,0 65
Personnes victimes de viol/agression sexuelle à leur domicile ou à ses abords 2,1 64
Personnes victimes de traite d?êtres humains ou de proxénétisme 2,3 60
Personnes engagées dans un parcours de sortie de prostitution et d?insertion sociale et professionnelle 2,4 59
Personnes dépourvues de logement et d?hébergement 2,5 63
Personnes hébergées ou logées temporairement dans un établissement ou un logement de transition 2,8 53
1er quartile 2,9 51
Personnes exposées à des situations d?habitat indigne 2,9 50
Personnes handicapées ou ayant à leur charge une personne en situation de handicap 3,0 51
Logement non décent avec au moins un mineur 3,1 51
Sur-occupation avec au moins un mineur 3,4 46
Personne sortant d?un appartement de coordination thérapeutique 3,4 44
Mineurs émancipés ou majeurs âgés de moins de 21 ans pris en charge avant leur majorité par l?ASE 3,4 43
Personnes menacées d?expulsion sans relogement 3,5 44
Personnes hébergées par des tiers 3,8 41
Personne reprenant une activité après une période de chômage de longue durée 4,4 31
Parmi les critères obligatoires hors DALO, ceux
qui bénéficient généralement de la pondération la
plus élevée sont les situations de très grande vulné-
rabilité sociale ou de danger : « victimes de violence
conjugales ou menace de mariage forcé », « vic-
times de viol ou d?agressions sexuelles à leur do-
micile ou à ses abords », « victimes de traite d?êtres
humains ou de proxénétisme » et « les personnes
dépourvues de logement et d?hébergement ». En
moyenne, les territoires leur accordent entre 59 et
65 points.
A l?inverse, les personnes ayant connu une période
de chômage de longue durée ainsi que les per-
sonnes hébergées chez des tiers ont en général
une pondération plus faible (en moyenne 31 à 41
points). Cette hiérarchisation reflète les arbitrages
opérés par les territoires entre les différents publics
prioritaires.
19 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
Certains territoires ont opté pour une pondération
relativement équilibrée entre les différents publics
prioritaires, afin d?éviter toute hiérarchisation impli-
cite entre les situations. La grille de la métropole
d?Aix-Marseille-Provence, par exemple, accorde un
nombre de points élevé à l?ensemble des critères
prioritaires, sans distinction très marquée : 14 des
critères obligatoires ont une note de 100. D?autres,
au contraire, ont établi des écarts plus significa-
tifs entre les critères obligatoires, cherchant ainsi
à affirmer des priorités territoriales claires. C?est le
cas de la Métropole de Toulon Provence Méditerra-
née où l?écart avec le DALO est marqué (50 points
en moyenne pour les autres critères contre 97 pour
AMP).
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Métropole Nice Côte d'Azur
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Points accordés aux critères obligatoires dans les 3 métropoles régionales
20 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
Nombre de points par critères d'appartenance géographique
Habite commune
Travaille commune Travaille EPCI
Habite EPCI Habite / Travaille dans la commune
Habite dans la commune ou l?EPCI
Travaille dans la commune ou l?EPCI
Durance Luberon Verdon Agglomération
Provence Alpes Agglomération
CA Sophia Antipolis
Métropole Nice Côte d'Azur
Pays de Grasse
Cannes Pays de Lérin
Communauté de la Riviera Française
Métropole Aix-Marseille-Provence
CC Vallée du Gapeau
CA Provence Verte
CC Méditerranée Porte des Maures
Métropole Toulon Provence Méditerranée
CA Sud Sainte-Baume
Estérel Côte d'Azur Agglomération
Grand Avignon
Pays d'Orange
CA Sorgues du Comtat
CA Ventoux Comtat Venaissin
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83
84
0 50 100 150 200 250 300
L?analyse du poids accordé aux critères géogra-
phiques met en évidence leur rôle central dans
l?ensemble des grilles de cotation de la région.
Comme évoqué précédemment, l?appartenance
territoriale est un critère systématiquement mobili-
sé par les EPCI. Toutefois, le nombre total de points
pouvant être attribués au titre de ces critères varie
fortement selon les territoires, allant de 50 à 310
points. Cette amplitude témoigne du degré de prio-
rité que chaque territoire accorde aux personnes
vivant ou travaillant localement.
Dans certains cas, ces critères géographiques
pèsent plus lourd que le critère DALO, pourtant
considéré comme prioritaire au niveau national.
Ainsi, la communauté d?agglomération du Grand
Avignon accorde 2,2 fois plus de points aux critères
d?appartenance territoriale qu?au DALO. Ce rapport
atteint un facteur de trois dans le cas de la Métro-
pole Nice Côte d?Azur et d?Estérel Côte d?Azur Agglo-
mération. Ces choix reflètent une volonté affirmée
de favoriser les résidents ou les actifs du territoire,
parfois dans un souci de cohésion locale ou de pres-
sion sociale exercée par les élus et les habitants.
L?item « habite la commune » est particulièrement
plébiscité (89% des grilles ? 16 territoires), suivi de
« travaille dans l?EPCI » (72% soit 13 territoires). 16
EPCI permettent de cumuler au moins deux cri-
tères d?appartenance géographique dont deux
jusqu?à 4 critères. A noter que dans 5 EPCI, seule la
commune est mentionnée comme critère d?appar-
tenance géographique (à l?inverse, seulement une
grille ne mentionne que des critères liés à l?EPCI).
Les analyses montrent que la pondération des cri-
tères territoriaux est un enjeu pour les EPCI. Il doit
être mis en regard des besoins prioritaires des
publics fragiles. En ce sens, l?article L.441 du Code
de la construction et de l?habitation précise « l?ab-
sence de lien avec la commune d?implantation du
logement ne peut constituer à soi seul le motif de la
non-attribution d?un logement adapté aux besoins
et aux capacités du demandeur ». Cette disposi-
tion législative rappelle que l?appartenance territo-
riale ne saurait primer sur les critères de besoin et
de priorité définis nationalement, notamment en
matière de mal-logement ou de vulnérabilité.
21 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
Dans ce contexte, certaines DDETS ont exprimé
des réserves lors de l?examen des grilles de cota-
tion, estimant que la place accordée aux critères
géographiques pouvait déséquilibrer le dispositif
au détriment des publics les plus fragiles. Des né-
gociations parfois tendues ont ainsi été nécessaires
pour ajuster les pondérations, voire restreindre le
cumul des critères d?appartenance territoriale. Dans
plusieurs cas, les services de l?État ont refusé que les
territoires activent les quatre items géographiques
proposés au sein des critères facultatifs, afin de pré-
server l?équilibre général de la grille entre ancrage
local et impératifs de solidarité nationale.
DEUX EXEMPLES DE GRILLES
DE COTATION POUR DEUX
LOGIQUES TERRITORIALES
DISTINCTES
Si ces deux grilles partagent un socle commun
de 7 critères (habite la commune, travaille dans la
commune, moins de 30 ans, plus de 60 ans, parent
isolé, logement inadapté au handicap ou à la perte
d?autonomie, logement repris ou mis en vente par
son propriétaire, logement bientôt démoli) des dif-
férences significatives apparaissent dans le choix et
la pondération des critères complémentaires.
La grille de cotation de Durance Luberon Agglo-
mération met clairement l?accent sur les publics
"actifs". Environ un tiers des critères et des points
associés valorisent les personnes en emploi, en mo-
bilité professionnelle ou en formation. Cette orienta-
tion peut refléter une volonté de soutenir l?attracti-
vité économique du territoire ou de répondre à des
besoins de main-d?oeuvre locale.
La grille de cotation de la Métropole Aix-Marseille-
Provence, à l?inverse, semble davantage orientée
vers les publics en difficulté. Elle valorise fortement
les situations d?urgence ou de fragilité : ruptures de
parcours (veuvage, divorce), dispositifs locaux (QPV,
ANRU, PFTA, COPP) ainsi que l?ancienneté dans la
demande. L?objectif semble être de fluidifier les
parcours résidentiels dans un contexte de très forte
tension du marché locatif social.
Cette comparaison met en évidence l?adaptabili-
té du système de cotation aux réalités territoriale :
entre attractivité économique, justice sociale et
gestion des tensions locatives, chaque collectivité
construit une priorisation qui reflète ses choix poli-
tiques et ses contraintes locales.
DLVA
Mutation interne au parc social 70
Habite / Travaille dans la commune 70
Travailleur pauvre 50
Logement inadapté au handicap
ou à la perte d'autonomie 50
Parent isolé 50
Moins de 30 ans 50
CDD, Stage, interim 40
Logement éloigné du lieu de travail 40
Changement du lieu de travail 40
Personnels de secours et des forces de l?ordre 40
Salariés des petites entreprises (moins de 10
salariés) 40
Sous-occupation 30
Naissance attendue dans un logement trop
petit 30
Logement repris ou mis en vente
par son propriétaire 30
Logement bientôt démoli 30
Personne de plus de 60 ans 30
Logement non décent ou sur-occupé
(sans présence d?un mineur) 30
Victimes de catastrophes naturelles
ou de sinistres 30
AMP
Problèmatique de sécurité avérée et particulière-
ment grave aux abords du domicile 100
Personne étant labellisée et suivie dans le cadre
de dispositifs partenariaux locaux spécifiques
(Commission d'orientation des publics priori-
taires, PFTA)
100
Taux d'effort trop élevé 90
Habite commune 80
Travaille commune 80
Ménages appelés à être relogés dans le cadre
d'opération d'aménagement ou de renouvelle-
ment urbain
80
Logement inadapté au handicap
ou à la perte d'autonomie 70
Parent isolé 70
Age moins de 30 ans 70
Personne de plus de 60 ans 70
Divorce/séparation 60
Logement repris ou mis en vente
par son propriétaire 60
Logement bientôt démoli 60
Veuvage 60
Demandeurs hors 1er quartile acceptant un loge-
ment en QPV 60
«Poulidor» (en 2e et 3e rang, non retenu lors
d?une CAL précédente) 50
Ancienneté 45
22 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
23 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
PARTIE 2 : RETOUR
D?EXPERIENCES SUR
LA MISE EN OEUVRE
DE LA COTATION
Cette partie propose un retour d?expérience sur l?élaboration et la mise en
oeuvre de la cotation de la demande de logement social en région Provence-
Alpes-Côte d?Azur. Elle s?appuie sur des entretiens réalisés avec cinq DDETS,
cinq bailleurs sociaux et les deux EPCI qui ont été pilotes de la démarche, la
Communauté d?Agglomération Sophia Antipolis (CASA) et la Métropole Nice
Côte d?Azur Agglomération (MNCA). L?objectif est de retracer la contribution
des différents acteurs à l?élaboration des grilles et d?analyser leurs effets sur
les pratiques et l?accès au parc social, notamment pour les publics les plus
vulnérables. Il s?agit également d?identifier des pistes d?amélioration et des
points de vigilance pour leur usage futur.
UNE ÉLABORATION PARTENARIALE
La construction des grilles de cotation a favorisé un dialogue régulier entre les
acteurs et le partage de pratiques, contribuant ainsi à renforcer les habitudes
de travail collectives.
L?élaboration des grilles de cotation de la demande de logement social a consti-
tué un chantier exigeant piloté par les EPCI, en leur qualité de chefs de file de la
réforme, en lien étroit avec les partenaires locaux. Les DDETS, en appui des in-
tercommunalités, ont assuré un rôle important d?accompagnement technique
et de coordination. L?appui méthodologique et l?animation régionale ont été
unanimement salués, ayant permis d?impulser une dynamique collective et de
pallier un accompagnement national jugé limité.
La réforme, perçue comme complexe, a connu des temporalités et des niveaux
d?appropriation variables selon les intercommunalités. Un travail important de
pédagogie a été nécessaire envers l?ensemble des acteurs et notamment les
élus. Si une majorité des DDETS s?est engagée dans une mise en oeuvre en co-
hérence avec le référentiel régional, certaines ont adopté des approches plus
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24 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
souples ou progressives, en lien avec les contextes
politiques locaux. En outre, les moyens humains
mobilisés ont été très inégaux selon les territoires.
Néanmoins, une véritable mobilisation s?est progres-
sivement installée dans l?ensemble des EPCI concer-
nés de la région, y compris dans ceux ayant connu
des réticences initiales. Chaque acteur (DDETS, EPCI,
communes, bailleurs sociaux, associations) s?est sai-
si du sujet et a contribué activement, à son échelle,
à l?avancement de la réforme. Ce travail s?est inscrit
dans une démarche partenariale, reposant sur de
nombreux échanges, réunions et ateliers de travail.
Cette mobilisation a ainsi favorisé l?émergence des
grilles de cotation adaptées aux réalités territoriales.
Les bailleurs sociaux ont joué un rôle central dans
l?élaboration des grilles de cotation, participant ac-
tivement aux ateliers organisés par les EPCI. Leur
implication a permis d?apporter une expertise
opérationnelle issue de la gestion quotidienne des
demandes et des attributions et de rappeler les
contraintes concrètes du terrain.
Ils ont ainsi défendu une vision claire : celle de
grilles simples, lisibles et les plus harmonisées pos-
sibles tout en conservant une souplesse locale. Pour
les bailleurs présents sur plusieurs intercommunali-
tés, la coexistence de grilles aux logiques parfois op-
posées constitue une difficulté majeure, aussi bien
pour la gestion interne que pour la communication
avec les demandeurs.
Ils ont également alerté sur les risques d?une com-
plexité excessive et sur l?introduction de critères
jugés peu pertinents ou difficilement applicables,
tels que l?attribution de points pour le passage au
guichet ou la fourniture d?un nombre important de
pièces justificatives. Celles-ci ont plus ou moins été
entendues par les territoires.
Leur participation a aussi été motivée par la volonté
de préserver leur rôle dans le processus d?attribu-
tion, face à un dispositif parfois perçu comme for-
tement politique. Ils ont cherché à ce que les grilles
de cotation ne soient pas déconnectées des réalités
de gestion et des équilibres locaux.
UNE UTILISATION DES GRILLES
DE COTATION QUI SOUTIENT
LES PRATIQUES ET LA
LISIBILITÉ DES DÉCISIONS
La mise en place des grilles a surtout conduit à
structurer davantage des pratiques déjà bien éta-
blies et de renforcer un cadre commun d?analyse
entre bailleurs, communes, EPCI et autres réserva-
taires. Elles constituent désormais un référentiel qui
rend les priorités territoriales plus lisibles et mieux
comprises.
Avant l?introduction des grilles, les bailleurs interro-
gés disposaient déjà de méthodes structurées de
priorisation des demandes fondées sur les critères
réglementaires (DALO, publics prioritaires), l?an-
cienneté de la demande et sur leurs orientations
propres (demandes de mutations, équilibre ter-
ritorial). La mise en place des grilles n?a donc pas
bouleversé leurs pratiques. Un travail étroit avec les
communes préexistait également. Ces liens forts
avec les collectivités locales sont restés au coeur de
leurs pratiques car ils garantissent une meilleure
connaissance des demandeurs et une sécurisation
du processus d?attribution. Du côté des EPCI, l?an-
cienneté de la demande constituait le critère dé-
terminant pour déterminer le rang de chacun des
trois candidats présélectionnés. La grille de cotation
a donc permis de prendre en compte d?autres cri-
tères de priorités pour les territoires.
Selon le décret du 17 décembre 2019 mettant en
application l?article 111 de la loi ELAN, le système
de cotation constitue une aide à la décision « tant
pour la désignation des candidatures examinées en
commission d'attribution que pour l'attribution des
logements sociaux ». Dans la pratique, la grille de
cotation parait assez peu utilisée pour désigner les
candidats qui passeront en Commission d?Attribu-
tion de Logement (CAL) et intervient davantage lors
de l?examen et l?attribution des logements.
LA SÉLECTION DES CANDIDATS
PRÉSENTÉS EN CAL ET CALEOL
Les dossiers présentés aux CAL continuent d?être
sélectionnés comme auparavant, selon des logiques
déjà proches des priorités formalisées par les grilles
de cotation : les bailleurs ont tendance à puiser dans
leur vivier de demandeurs de mutation, de DALO, de
candidats du 1er quartile ou répondant aux critères
d?examen d?occupation des logements (situation de
sous-occupation, suroccupation, inadaptation au
handicap...). Action Logement utilise sa propre grille
de cotation pour sélectionner les candidats tandis
que les DDETS sont soumises à des règles propres
pour le contingent préfectoral privilégiant les can-
didats DALO selon la demande la plus ancienne et
les publics prioritaires. Les situations urgentes, telles
que les personnes victimes de violences intrafami-
liales, sont systématiquement traitées hors cotation
quel que soit le réservataire, afin de ne pas retarder
les réponses aux situations critiques.
La CASA et la MNCA se sont distinguées par leur engagement
volontaire dans l?expérimentation de la grille de cotation, dès
l?initiative du projet. Dans ces deux territoires, la volonté poli-
tique a été forte et les élus se sont mobilisés pour soutenir la
démarche.
L?élaboration des grilles, validées dès 2022, a reposé sur un
travail partenarial important, associant élus, techniciens, bail-
leurs, communes et associations locales. Ce processus a mo-
bilisé de nombreuses réunions, ateliers et phases de test, per-
mettant d?ajuster la grille et de s?assurer qu?elle corresponde
aux besoins du territoire.
Ces deux territoires ont également contribué à l?élaboration
du référentiel régional, renforçant leur rôle pilote dans l?expéri-
mentation et la formalisation des bonnes pratiques.
25 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
Concrètement, chaque réservataire effectue un
premier tri dans le fichier fondé sur la base de la lo-
calisation et de la typologie du logement. Le choix
des trois candidats retenus repose ensuite sur le
rapprochement de l?offre disponible avec le profil
des candidats et les orientations propres des réser-
vataires. Le but est de rechercher les demandeurs
qui correspondent au logement libéré, ce qui ne
correspond pas forcément aux demandeurs qui
ont le plus de points. Ainsi, l?offre disponible reste le
principal facteur d?orientation, ce qui conduit géné-
ralement à retenir des profils assez proches.
LA TRANSMISSION DES TROIS
CANDIDATS RETENUS PAR LE
RÉSERVATAIRE AU BAILLEUR
Ensuite, chaque réservataire transmet au bailleur
les dossiers des trois candidats destinés à être exa-
minés lors de la CAL. La situation des candidats
et les pièces justificatives sont généralement vé-
rifiées en amont de la CAL par les bailleurs grâce
à des entretiens téléphoniques réalisés avec les
candidats retenus. Toutefois, les bailleurs font re-
monter des pratiques hétérogènes en fonction de
leurs contraintes propres : certains bailleurs véri-
fient systématiquement l?ensemble des critères
présents dans la grille de cotation et les justificatifs
et ajustent la cotation en conséquence, d?autres
ne contrôlent que le dossier du candidat le mieux
classé, la majorité indiquent se limiter aux seuls
justificatifs réglementaires et se fient aux informa-
tions déclarées dans le SNE. En effet, la plupart des
bailleurs, en raison de contraintes de temps, de res-
sources ou encore d?outils, n?arrivent pas systéma-
tiquement à vérifier tous les critères donnant des
points supplémentaires ainsi que les justificatifs
correspondants, ce qui constitue une limite à l?effi-
cacité de la grille. C?est particulièrement le cas pour
les critères locaux, devant être saisis manuellement.
LE PASSAGE EN CAL
En CAL, pour chaque réservataire, les bailleurs af-
fichent la note attribuée aux candidats garantissant
ainsi une transparence dans le processus d?attribu-
tion. La pratique a été intégrée dans leur process :
la note est mentionnée dans la fiche des deman-
deurs ou annoncée oralement. La cotation est sou-
vent consultée après l?étude et le positionnement
des dossiers par les membres de la commission. Ce
sont les diagnostics sociaux qui font toute la diffé-
rence pour départager les candidats. Les bailleurs
indiquent que la grille est surtout utile quand il y
a une égalité des voix ou que les profils sont très
proches mais elles ne se substituent pas au juge-
ment des membres de droit de la CAL. Elle permet
le plus souvent de confirmer et d?objectiver le clas-
sement établi par les membres de la CAL, reposant
sur leur connaissance fine du parc de logements
et une analyse approfondie des dossiers. Parfois, la
note obtenue par le candidat contribue à objectiver
les échanges avec les communes, elle constitue un
élément supplémentaire pour justifier le choix du
candidat positionné en rang un.
L?appropriation des grilles par les membres des CAL
a nécessité un temps d?adaptation et des actions
pédagogiques, notamment des réunions et des for-
mations pour familiariser les membres avec l?outil
lui-même et avec les critères de cotation qu?il com-
porte. Seul un bailleur évoque des réticences ini-
tiales, certains membres de la CAL ayant perçu cet
outil comme une remise en cause de leurs compé-
tences et expertises. Progressivement, l?usage des
grilles de cotation s?est normalisé et constitue dé-
sormais un référentiel partagé, systématiquement
consulté lors de la présentation des dossiers.
DES CHANGEMENTS
IMPORTANTS EN MATIÈRE
D?ORGANISATION
La mise en place technique et l?utilisation de la grille
apparait chronophage et complexe pour des bail-
leurs qui ne sont pas toujours outillés. Les critères
locaux sont souvent pointés du doigt comme chro-
nophages et matière à débat quant à la recevabi-
lité des pièces. Du côté des intercommunalités, la
charge de travail n?a pas été moindre, notamment
pour les équipes en charge de l?accompagnement,
du suivi et de la coordination avec les différents
acteurs, qui ont dû mobiliser du temps et des res-
sources pour s?assurer de la bonne application des
grilles sur leurs territoires.
Pour le contingent réservé par la CASA et ses communes,
un processus de désignation spécifique est mis en oeuvre
afin d?intégrer le système de cotation à toutes les étapes de
la procédure d?attribution et d?assurer plus de transparence.
Ainsi à la libération d?un logement, le bailleur social com-
munique l?information de la vacance à la CASA, qui informe
la commune concernée. Selon les caractéristiques du loge-
ment et/ou de la résidence, la commune propose au moins
trois candidats à la CASA, afin d'identifier les candidats re-
tenus et les motifs de non-sélection des autres, dans le cadre
de la transparence imposée par le système de cotation.
Dans le cas où la priorisation des candidats proposés déroge
à la cotation, la commune doit fournir les éléments justifiant
la proposition. L?examen des candidatures est réalisé dans
le cadre de la Commission Communautaire de Propositions
de Candidats (CCPC) à partir de la cotation de la demande.
Celle-ci est composée d?élus communautaires, d?élus com-
munaux, de représentants du Service intégré d?accueil et
d?orientation (SIAO), de la Préfecture, des bailleurs sociaux
et d?Action logement. Après la validation des candidatures
par la CCPC, l?instruction de la demande est réalisée par le
bailleur, en vue de procéder à la vérification de la situation
des candidats et de leurs pièces justificatives.
26 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
Du point de vue organisationnel, la mise en oeuvre
des grilles de cotation a généré une surcharge ad-
ministrative significative. Les équipes des guichets
enregistreurs ou les chargés de clientèle des bail-
leurs doivent saisir les critères souvent à la main
et vérifier un nombre plus important de pièces
justificatives. En pratique, la vérification complète
des pièces est parfois impossible : par manque de
temps, de moyens financiers ou d?outils informa-
tiques adaptés. Certains critères sont par ailleurs
jugés invérifiables par les bailleurs comme la situa-
tion des salariés des petites entreprises ou encore
la détection de faux documents par exemple. Cette
charge administrative supplémentaire a conduit
certains salariés à percevoir la grille comme un outil
complexe source de contraintes et éloigné de leur
coeur de métier. Les principales difficultés rencon-
trées par les bailleurs concernent la saisie manuelle
des critères locaux jugée trop chronophage et la
collecte des pièces justificatives, que certains bail-
leurs limitent volontairement aux documents obli-
gatoires.
Par ailleurs, la mise en conformité des systèmes
d?information a nécessité des adaptations logi-
cielles importantes, entraînant un coût non né-
gligeable. Certains bailleurs ne disposent d?aucun
interfaçage informatique : la cotation est effectuée
manuellement sur via un fichier Excel, dossier par
dossier. Ce fonctionnement alourdit le suivi et le
rend particulièrement chronophage. Dans d?autres
cas, les logiciels des bailleurs sont désormais cor-
rectement interfacés avec le SNE mais certaines
fonctionnalités manquent comme l?absence de
possibilité de remonter les points négatifs en cas de
refus par exemple ou encore le manque de partage
d?informations sur les évènements passés tel que
le positionnement du candidat lors des CAL pré-
cédentes. La CASA, premier territoire à mettre en
place sa grille de cotation, a rencontré des difficul-
tés initiales liées à l?utilisation du logiciel PELEHAS,
qui n?était pas interfacé avec le SNE. Cette situation
a considérablement accru la charge de travail des
agents mais a permis d?identifier des points d?amé-
lioration pour les déploiements ultérieurs.
L?introduction du système de cotation a peu mo-
difié les modalités de communication avec les de-
mandeurs, qui se sont d?ailleurs peu emparés de
l?outil. Pour rappel, dans le SNE le demandeur est
informé des critères de cotation, des modalités de
pondération et de la cotation de sa demande. Il
peut apprécier le positionnement de sa demande
ainsi que le délai d?attente moyen constaté par rap-
port aux demandes similaires. Contrairement aux
craintes initiales exprimées lors de l?élaboration
des grilles, leur déploiement n?a ni suscité un sur-
croît de sollicitation de la part des demandeurs ni
entraîné d?afflux particulier auprès des guichets en-
registreurs. A noter que dans un certain nombre de
territoires, les grilles sont en phase de test et ne sont
donc pas visibles par les demandeurs.
LA COTATION, UN OUTIL PARMI
D?AUTRES POUR FAVORISER
L?ACCÈS AU PARC SOCIAL
La grille de cotation s?inscrit dans un «?système?» or-
ganisant l?accès au logement social. En ce sens, elle
constitue un outil important pour renforcer la trans-
parence, objectiver des pratiques déjà centrées sur
les priorités qu?elle formalise et favoriser le dialogue
entre les différents acteurs.
Selon les personnes interrogées, l?utilisation des
grilles n?a pas eu d?impacts significatifs sur les at-
tributions. L?écart entre le candidat positionné en
première position par les membres de la CAL, après
l?étude du dossier, et le score du candidat diffère ra-
rement.
En réalité, c?est davantage la combinaison de plu-
sieurs outils issus de la réforme des attributions qui
améliore la réponse apportée aux différents pro-
fils de demandeurs. En effet, la mise en oeuvre de
la cotation a conduit à réinterroger l?organisation
partenariale de la gestion de la demande. La mise
en place progressive des Services d?Information
et d?Accueil de le Demande (SIAD), qui s?accom-
pagnent parfois de la création d?un lieu commun,
contribuent à une meilleure qualification de la de-
mande et à une actualisation plus régulière des
dossiers. Par ailleurs, l?accès généralisé des collec-
tivités au SNE facilite l?identification des dossiers
vraiment actifs. L?élaboration des grilles de cotation
a également renforcé les relations entre les diffé-
rents réservataires et permis d?intégrer les besoins ©
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27 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
d?autres partenaires (SIAO, Handitoit, associations
de représentants de locataires, etc.). Dans la plupart
des territoires, cette dynamique a déclenché la créa-
tion de groupes de travail aboutissant à la rédaction
de guides des bonnes pratiques, au meilleur repé-
rage des publics prioritaires et à une définition par-
tagée des critères de cotation retenus, notamment
les refus injustifiés.
Les commissions de coordination ou d?examen
des cas complexes, prévues par les Convention
Intercommunales des Attributions (CIA), sont per-
çues comme une réussite par les différents acteurs
lorsque celles-ci sont mises en place. Par exemple,
la commission de coordination métropolitaine pour
le traitement des attributions de la Métropole de
Toulon Provence Méditerranée examine en amont
des CALEOL les dossiers de demandes complexes
remontés par les acteurs et favorise leur traitement
en les labellisant « public prioritaire métropolitain ».
Les dossiers concernés peuvent être ceux des de-
mandes très anciennes (supérieures à 10 ans), les
poulidors, les ménages ayant des besoins spéci-
fiques en termes de logements ou encore les mé-
nages faisant l?objet de mesures FSL (Fonds de So-
lidarité Logement) récurrentes. La reconnaissance
du statut «?public métropolitain?» permet ainsi à
certains candidats d?être mieux repérés par les bail-
leurs et d?obtenir un logement plus adapté auquel
ils n?auraient pas pu avoir accès autrement.
POINTS DE VIGILANCE ET
PISTES D?AMÉLIORATION
Les entretiens menés ont permis de mettre en lu-
mière un certain nombre de points de vigilance
liés à la mise en oeuvre des grilles de cotation, ainsi
que des éléments considérés comme déterminants
pour garantir leur efficacité, leur lisibilité et leur ap-
propriation par l?ensemble des acteurs.
UN MANQUE DE MOYEN
Un premier constat partagé concerne le manque
de moyens humains et techniques, qui limite la
capacité à piloter et évaluer efficacement le dispo-
sitif. Du côté des DDETS, les effectifs sont souvent
insuffisants pour assurer un accompagnement de
proximité. Ce déficit de ressources est également si-
gnalé au niveau intercommunal, notamment dans
les communautés de communes, qui disposent
rarement des outils ou compétences nécessaires
pour assurer un suivi opérationnel régulier de la
cotation. Les bailleurs ont également souligné un
manque de temps ou de moyen humain pour vé-
rifier et mettre à jour l?ensemble des dossiers des
demandeurs.
DES PROBLÈMES TECHNIQUES
LIÉS À LA SYNCHRONISATION
DES OUTILS INFORMATIQUES
Sur le plan technique, la diversité des outils nu-
mériques utilisés par les différents acteurs (SYPLO,
PELEHAS, logiciels des bailleurs sociaux, systèmes
propres à certains EPCI) entraîne de nombreuses
difficultés de synchronisation et d?interopérabilité.
Ces écarts freinent la fluidité du traitement des de-
mandes, augmentent le risque d?erreurs et peuvent
conduire à des inégalités de traitement entre de-
mandeurs. Si certaines intercommunalités, comme
la CASA, ont engagé des démarches de mise en
cohérence à travers la création de web services,
celles-ci restent complexes à mettre en oeuvre et
exigeantes en termes de ressources.
UN NOMBRE DE CRITÈRES PARFOIS
IMPORTANT ET DIFFICILES À VÉRIFIER
Par ailleurs, l?accumulation de critères, la saisie ma-
nuelle de certaines données et l?ambiguïté de cer-
tains libellés (notamment concernant les situations
d?hébergement, les logements indignes ou les re-
fus de logement) rendent l?outil difficile à maîtriser
pour les professionnels, et peu lisible pour les de-
mandeurs.
La diversité des grilles selon les territoires aggrave
cette confusion, en particulier pour les ménages qui
dépendent de plusieurs EPCI pour un même bassin
de vie. Cela pose également des questions de co-
hérence territoriale, certains périmètres intercom-
munaux (comme la MNCA, la CARF ou la CASA) ne
correspondant pas à des bassins de vie ce qui rend
l?exercice de la demande plus complexe pour les
usagers qui peuvent déposer leur demande dans
trois EPCI distincts.
Enfin, peu d?indicateurs partagés permettent au-
jourd?hui de mesurer l?efficacité des grilles de cota-
tion sur l?accès au logement social, leur impact sur
les publics cibles ou leur contribution à la mixité
sociale.
La Métropole de Nice Côte d?Azur Agglomération a réalisé un
bilan des profils des demandeurs les mieux notés.
Celui-ci révèle une sur-représentation des publics cibles du ter-
ritoire parmi les demandes ayant le plus de points. En effet, les
publics prioritaires ressortent puisque 100% des ménages ont
au moins un critère de priorité au titre de l?article L.441-1 du
CCH et 19% ont été reconnus DALO (contre 2% de l?ensemble
des demandeurs) mais aussi les demandes les plus anciennes
(36% des demandes les mieux notées), les demandeurs ayant
un lien avec le territoire (99%), ceux relevant du 1er quartile ou
ayant un taux d?effort trop élevé (45%) ainsi que les ménages
avec enfants (60%).
28 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
Dans ce contexte, plusieurs leviers apparaissent
comme des facteurs clés de réussite pour consoli-
der l?élaboration et l?usage des grilles de cotation.
LE DÉVELOPPEMENT
D?OUTILS ADAPTÉS
Un premier facteur tient à la cohérence technique
des outils utilisés par les acteurs impliqués dans
l?attribution des logements sociaux. Le manque de
synchronisation entre les systèmes d?informations
constitue une source de complexité et de pertes
d?efficacité. Le développement d?interfaces tech-
niques, permettant une meilleure communication
entre les logiciels, apparaît ainsi comme un levier
important. L?expérience de la CASA, qui a mis en
place un web service pour faciliter les échanges
entre systèmes, montre qu?il est possible de pro-
gresser sur ce point, à condition de mobiliser les res-
sources nécessaires. Une harmonisation des outils
ou une capacité d?interconnexion, permettrait de
limiter les ressaisies, d?améliorer la qualité des don-
nées et de fluidifier le traitement des demandes.
LA RÉVISION ET LA PRÉCISION
DES CRITÈRES DE COTATION
Un second facteur de réussite repose sur la qualité
des grilles elles-mêmes, en particulier sur leur capaci-
té à rester compréhensibles, adaptées et cohérentes
avec les objectifs de la politique locale de l?habitat.
Cela implique une révision régulière des critères de
cotation, afin d?en évaluer la pertinence, d?identifier
ceux qui seraient devenus inadaptés, et de les ajus-
ter au regard des besoins réels du territoire. Ainsi, par
exemple la CASA a modifié sa grille en abandonnant
le critère local «?victime de catastrophe naturelle ou
de sinistre?» celui-ci étant peu utilisé, tout comme la
majoration des points pour la fourniture de pièces
justificatives celui-ci se relevant très lourd et peu
opérationnel. La MNCA, à la suite d?une phase de
test, a revalorisé le critère des personnes dépourvues
de logement (+100 points), insuffisamment pris en
compte dans la grille initiale. Des clarifications sont
également nécessaires pour éviter les interpréta-
tions divergentes entre acteurs, en particulier sur des
critères sensibles tels que l?hébergement, les refus de
logement ou les situations de logement indigne. La
réduction du nombre de critères, évoquée par plu-
sieurs Directions Départementales de l'Emploi, du
Travail et des Solidarités et bailleurs sociaux, consti-
tue une piste envisagée pour alléger les grilles et les
rendre plus lisibles pour les professionnels comme
pour les demandeurs. Il est aussi proposé d?harmo-
niser a minima les critères prioritaires à l?échelle du
département, tout comme la liste des travailleurs
essentiels par exemple. Cette approche s?inscrit dans
une logique d?évaluation continue : disposer d?une
grille évaluable, définir des méthodes de suivi, et si
possible s?appuyer sur une doctrine régionale encou-
rageant des bilans réguliers permettant d?ajuster la
grille et de s?assurer de sa cohérence avec les besoins
et objectifs du territoire.
LA COLLABORATION AVEC
TOUS LES ACTEURS
La prise en compte structurée des situations ur-
gentes et dérogatoires constitue un autre aspect
essentiel. Dans les territoires où la grille de cotation
n?est pas appliquée à ces situations, la mise en place
d?instances ad hoc, comme la Commission com-
munautaire de proposition de candidat (CCPC) de
la CASA, permet d?assurer un traitement plus équi-
table, plus transparent, et mieux encadré. La forma-
lisation de ces pratiques favorise la confiance des
acteurs et des usagers dans le dispositif.
Par ailleurs, la concertation entre les acteurs dès
les phases amont de l?élaboration des grilles est lar-
gement reconnue comme un gage d?adhésion et
d?efficacité. L?implication des bailleurs sociaux, des
communes, des services de l?État, d?Action Loge-
ment, des associations, permet d?enrichir le conte-
nu des grilles, de mieux anticiper les difficultés de
mise en oeuvre, et de renforcer la légitimité du dis-
positif. Cette concertation gagne à être prolongée
par des phases de test en conditions réelles, qui
offrent l?opportunité d?expérimenter les grilles, d?en
mesurer les effets concrets, et d?ajuster les modali-
tés avant un déploiement complet. Ces phases de
test sont également un support pour la formation
et la montée en compétence des équipes.
L?ACCOMPAGNEMENT
ET LA FORMATION
La réussite du dispositif repose également sur un
accompagnement adapté des acteurs opération-
nels. La mise en place de formations régulières,
construites selon les besoins spécifiques des utili-
sateurs (bailleurs, agents communaux, techniciens
intercommunaux) est indispensable pour garantir
une compréhension partagée des critères, limiter
les risques d?erreur ou de divergence d?interpré-
tation, et favoriser une application homogène du
cadre défini.
UN SUIVI RÉGULIER DES GRILLES
Enfin, la mise en place d?un suivi régulier basé sur
des indicateurs partagés permettrait de mieux me-
surer l?impact réel des grilles, d?en suivre les effets
dans le temps et d?intégrer plus finement les spéci-
ficités locales. Cela offrirait notamment la possibilité
d?ajuster les priorités pour répondre à des objectifs
territoriaux (équilibre des quartiers, accès au loge-
ment pour certains publics comme les jeunes actifs
ou les travailleurs essentiels, valorisation de l?accep-
tation de logements en QPV, etc.).
Ces éléments, issus de retours de terrain, illustrent
les conditions favorables pour une mise en oeuvre
efficace et équitable des grilles de cotation à
l?échelle des territoires. A ce jour, l?évaluation de
leurs impacts reste difficile, seules la CASA et la
MNCA disposent d?un recul d?environ deux ans. Les
autres grilles ont été mises en application très ré-
cemment, et certaines ne sont pas encore actives.
29 LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR | Janvier 2026
CONCLUSION
L?analyse des 18 grilles de cotation de la région
Provence-Alpes-Côte d?Azur met en lumière une
grande diversité dans leur structuration, la sélec-
tion et la pondération des critères. Cette diversi-
té traduit à la fois la liberté laissée aux EPCI pour
adapter les grilles à leur contexte local et le res-
pect des obligations réglementaires nationales.
Tous les territoires mobilisent les trois types de cri-
tères (obligatoires, facultatifs et locaux) mais leur
poids relatif varie selon les priorités et les choix
stratégiques propres. Le nombre total de critères
par grille varie fortement, allant de 30 à plus de 50,
traduisant des arbitrages locaux entre exhaustivi-
té et lisibilité.
Les critères obligatoires, centrés sur le DALO et
les situations de grande vulnérabilité, restent lar-
gement valorisés. Parmi les critères facultatifs,
l?ancienneté de la demande, le lien au territoire,
le logement repris ou mis en vente, ainsi que les
profils jeunes, actifs ou seniors, sont largement
partagés mais leur pondération varie sensible-
ment selon les EPCI. Les critères locaux, positifs ou
négatifs, jouent un rôle stratégique pour affiner la
priorisation : ils peuvent valoriser selon les cas les
travailleurs essentiels, les ménages acceptant un
logement en QPV ou des profils spécifiques, tout
en sanctionnant les comportements jugés inap-
propriés. L?analyse des pondérations révèle éga-
lement une tension permanente entre ancrage
local et protection des publics prioritaires, notam-
ment en matière de critères géographiques, dont
le poids peut rivaliser avec celui du DALO. Cette si-
tuation nécessite un suivi et des ajustements pour
garantir l?équité entre demandeurs.
La comparaison entre Durance Luberon Agglo-
mération et la Métropole Aix-Marseille-Provence
illustre l?adaptabilité du dispositif : si elles par-
tagent un socle commun de critères prioritaires,
la première valorise les publics actifs pour soutenir
l?attractivité économique, tandis que la seconde
privilégie les situations de fragilité et d?urgence,
reflétant les tensions du marché locatif et la vo-
lonté de fluidifier les parcours résidentiels. Cette
diversité montre comment le système de cotation
permet d?ajuster la politique du logement social
aux réalités et enjeux territoriaux.
Le retour d?expérience des EPCI pilotes, des
DDETS et des bailleurs sociaux montre que la
mise en place des grilles de cotation repose sur
une forte mobilisation partenariale, associant
DDETS, bailleurs sociaux, communes et asso-
ciations. L?élaboration de ces grilles a permis de
structurer le dialogue entre acteurs, de clarifier les
priorités territoriales et de renforcer la lisibilité des
décisions, tout en conservant une flexibilité locale
adaptée aux contextes spécifiques.
Si les grilles n?ont pas modifié de manière signifi-
cative les attributions, elles jouent un rôle essen-
tiel dans l?objectivation des pratiques, la transpa-
rence des décisions et la coordination des acteurs.
Elles contribuent également à mieux identifier les
publics prioritaires et à formaliser des pratiques
homogènes entre bailleurs et collectivités.
La mise en oeuvre a toutefois révélé des points de
vigilance : insuffisance de ressources humaines et
techniques, diversité et incompatibilité des outils
numériques, complexité et multiplication des cri-
tères et des pièces justificatives, manque d?indi-
cateurs partagés. Ces éléments peuvent freiner la
fluidité du traitement des demandes et générer
des inégalités entre demandeurs.
Pour renforcer l?efficacité des grilles, plusieurs
leviers apparaissent clés : l?harmonisation et in-
teropérabilité des outils, la simplification et la
clarification des critères, l?intégration structurée
des situations dérogatoires, la concertation et
les phases de test, la formation des acteurs et le
suivi régulier avec des indicateurs partagés. Cette
démarche s?inscrit dans une logique d?évaluation
continue, afin d?ajuster les grilles aux besoins des
territoires.
La cotation s?inscrit au sein d?un système global de
gestion de la demande, en complément d?autres
dispositifs pour améliorer l?accès au logement so-
cial. Les évolutions à envisager concernent une
harmonisation partielle des critères à l?échelle
départementale ou régionale, la consolidation
des méthodes d?évaluation et la capitalisation des
bonnes pratiques entre territoires, afin de renfor-
cer l?équité, la lisibilité et l?efficacité du dispositif.
©
A
g
a
m
30 Janvier 2026 | LA COTATION DE LA DEMANDE DE LOGEMENT SOCIAL EN PROVENCE-ALPES-CÔTE D?AZUR
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avenue du 8 mai 1945 13090 AIX-EN-PROVENCE
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64 Avenue de Saint Tronquet 84130 LE PONTET
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