La croissance démographique fléchit dans les bassins de montagne en région Alpes-Provence-Côte d'Azur
Auteur moral
Institut national de la statistique et des études économiques (France). Direction régionale (Marseille)
Auteur secondaire
Résumé
"En 2022, en Provence-Alpes-Côte d'Azur, 83 700 personnes vivent dans les sept bassins de montagne abritant les principales stations de ski de la région. En 60 ans, le nombre d'habitants y a augmenté de 45 %, mais cette croissance fléchit fortement depuis le début des années 2010. Durant les dernières décennies, le nombre de logements a progressé encore plus rapidement, porté par les résidences secondaires. Les domaines d'activité économique ont fortement évolué avec une chute des emplois dans l'agriculture et une tertiarisation de l'économie. Quatre emplois sur dix relèvent désormais du tourisme. Dans les bassins de montagne, les personnes sont davantage diplômées et en emploi que dans la région. Cependant, les salariés y sont plus souvent surqualifiés. Localement, un nombre important d'actifs travaillent hors de leur bassin de résidence et l'accès aux services de la vie quotidienne est bien moins aisé que dans l'ensemble de la région. Dans les bassins situés le long de la Durance, la population accède toutefois plus rapidement à ces services. Enfin, les inégalités de niveau de vie ainsi que la pauvreté sont moins marquées que dans l'ensemble de la région."
Editeur
INSEE PACA
Descripteur Urbamet
inégalités
;démographie
;peuplement
Descripteur écoplanete
migration humaine
;sport de plein air
Thème
Économie - Société
;Construction
Texte intégral
En partenariat avec?:
La croissance démographique
fléchit dans les bassins
demontagne
En 2022, en Provence-Alpes-Côte d?Azur, 83700 personnes vivent dans les sept
bassins de montagne abritant les principales stations de ski de la région. En60ans,
le nombre d?habitants y a augmenté de 45%, mais cette croissance fléchit
fortement depuis le début des années 2010. Durant les dernières décennies,
le nombre de logements a progressé encore plus rapidement, porté par les
résidences secondaires. Les domaines d?activité économique ont fortement évolué
avec une chute des emplois dans l?agriculture et une tertiarisation de l?économie.
Quatre emplois sur dix relèvent désormais du tourisme.
Dans les bassins de montagne, les personnes sont davantage diplômées et
en emploi que dans la région. Cependant, les salariés y sont plus souvent
surqualifiés. Localement, un nombre important d?actifs travaillent hors de leur
bassin de résidence et l?accès aux services de la vie quotidienne est bien moins
aisé que dans l?ensemble de la région. Dans les bassins situés le long de la
Durance, la population accède toutefois plus rapidement à ces services.
Enfin, les inégalités de niveau de vie ainsi que la pauvreté sont moins marquées
que dans l?ensemble de la région.
Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d?Azur ? n° 149 ? Octobre 2025
Nombre d'habitants par km²
20 50 100 400
Bassins de montagne
Principales stations de ski
Principales villes
Source: Insee, recensement de la population 2021, données carroyées.
1. Les bassins de montagne de Provence-Alpes-Côted?Azur
Au-delà d?un littoral densément peuplé et
attractif, la région Provence-Alpes-Côte d?Azur
comprend la vaste zone montagneuse du
sud des Alpes. Cette partie de la région inclut
sept bassins de montagne qui jouent un
rôle particulier dans l?économie régionale, lié
à la présence des stations de sports d?hiver
[Martinelli, 2007]. Le poids important du
tourisme dans leur économie et la forte
présence de résidences secondaires placent
ces territoires face à des enjeux de mutations
importants. Parmi ces enjeux, figure le fait
de continuer à attirer et retenir des résidents
permanents et de leur procurer emplois et
services, notamment dans un contexte de
changement climatique affectant l?économie
du ski. Les stations des Alpes du Sud y seront
parmi les plus exposées d?ici 2050 [Cour des
comptes, 2024].
En 2022, 83700 habitants de Provence-Alpes-
Côte d?Azur résident à titre principal dans l?un
de ces sept bassins de montagne, soit moins
de 2% de la population régionale figure1.
Les bassins du Grand Briançonnais, du
Guillestrois et de l?Embrunais, situés le long
de la Durance, regroupent à eux seuls 64%
de ces habitants.
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bc6p06zbvkv.texteImage
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-stations-de-montagne-face-au-changement-climatique
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-stations-de-montagne-face-au-changement-climatique
Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d?Azur ? n° 149 ? Octobre 2025
Dans l?ensemble, la population des bassins
de montagne se concentre nettement
moins dans des communes urbaines ou
des bourgs ruraux que la population de la
région: moins de cinq habitants sur dix y
résident, contre plus de neuf sur dix dans la
région. Plus de cinq habitants sur dix vivent
donc dans une commune où l?habitat est
majoritairement dispersé ou très dispersé.
Ainsi, les habitants des bassins de montagne
résident plus souvent dans des petites
communes que les habitants de l?ensemble
de la région: 22% vivent dans une commune
de moins de 500habitants, contre moins de
2% en Provence-Alpes-Côte d?Azur.
Les disparités sont toutefois marquées entre
bassins. Avec sept habitants sur dix vivant
dans l?ensemble urbain de Briançon ou
dans des bourgs ruraux, le bassin du Grand
Briançonnais contraste avec ceux du Haut-
Var-Tinée et du Queyras, qui ne comprennent
ni commune urbaine, ni bourg rural.
La croissance démographique
fléchit fortement durant la dernière
décennie
Entre 1962 et 2022, le nombre d?habitants des
bassins de montagne de la région a progressé
de 45%, soit 0,6% par an en moyenne. C?est
deux fois plus que dans les communes de
montagne de France métropolitaine (+20%)
figure2. L?augmentation est comparable à
la hausse observée en France métropolitaine
(+42%), mais plus faible que celle de la région
Provence-Alpes-Côte d?Azur durant la même
période (+83%).
Dans l?ensemble, la population des bassins de
montagne a crû régulièrement entre 1962 et
2010. Elle a plus particulièrement augmenté
dans les bassins situés le long de l?axe de
la Durance. Dans le Grand Briançonnais
et le Guillestrois, la population a crû
fortement dès les années 1960, portée par le
développement des grandes stations de ski
et le dynamisme de l?emploi consécutif. Dans
l?Embrunais, la croissance démographique est
très marquée à partir du milieu des années
1970. En revanche, dans les autres bassins, la
population a augmenté moins rapidement,
et cette croissance n?a démarré que plus
tard: au milieu des années 1970 dans les
vallées alpines des Alpes-de-Haute-Provence,
le Queyras et le Haut-Var-Tinée; dans les
années 1990 dans le bassin du Champsaur-
Valgaudemar et Dévoluy.
Depuis 2010, la population des bassins de
montagne cesse de croître. Elle diminue dans
le Grand Briançonnais et le Queyras. Seul
l?Embrunais continue à gagner nettement des
habitants, au même rythme que les années
précédentes. Les autres bassins voient leur
population stagner.
Ce fléchissement de la croissance
démographique s?accompagne d?un
vieillissement de la population des bassins
de montagne, davantage marqué qu?en
Provence-Alpes-Côte d?Azur et qu?en France
métropolitaine. Entre 2012 et 2022, l?âge
médian s?est élevé de cinq ans dans les
bassins de montagne (passant de 44 à
49ans). Cette hausse est de deux ans dans
l?ensemble de la région (de 42 à 44 ans).
En2022, un quart des habitants des zones de
montagne ont 65ans ou plus, une proportion
semblable à celle de l?ensemble de la région
mais plus élevée qu?en France métropolitaine
(21%) figure3. Les habitants sont
plus âgés dans le bassin du Queyras que
dans ceux du Grand Briançonnais ou du
Guillestrois.
Les installations excèdent les départs,
hormis chez les jeunes adultes
La croissance démographique de 1962 à
2010 est liée en premier lieu à un nombre
d?installations de nouveaux résidents qui
excède celui des départs. Sur cette période,
cet excédent migratoire concerne tous
les bassins de montagne de la région et
contribue à faire croître la population de
0,5% par an en moyenne. Durant cette
période, l?excédent migratoire est plus
particulièrement marqué dans l?Embrunais
et les vallées du Haut-Var ou de la Tinée.
Dans le Champsaur-Valgaudemar et Dévoluy,
l?excédent des installations sur les départs
reste modéré jusqu?aux années 1990 mais
progresse nettement par la suite. Au niveau
de l?ensemble des bassins de montagne,
l?excédent des naissances sur les décès porte
également la croissance de la population
entre 1962 et 2010, mais dans une moindre
mesure (+0,2% par an en moyenne).
Toutefois, sur cette période, le solde naturel
est déjà négatif dans des bassins où les
habitants sont plus âgés, comme le bassin du
Champsaur-Valgaudemar et Dévoluy ou celui
du Haut-Var-Tinée, y obérant la croissance
démographique.
Grand Briançonnais Champsaur-Valgaudemar et Dévoluy
Vallées alpines des Alpes-de-Haute-Provence
Ensemble des bassins de montagne
Communes de montagne de France métropolitaine
Embrunais
Queyras
Haut-Var-Tinée
Guillestrois
indice base 100 en 1962
200
180
160
140
120
100
80
1960 1980 2000 2020
Source: Insee, recensements de la population de 1962 à 2022.
2. Évolution de la population des bassins de montagne de Provence-Alpes-Côte
d?Azur et des communes de montagne de France métropolitaine depuis 1962
3. Indicateurs démographiques et sociaux des bassins de montagne,
deProvence-Alpes-Côte d?Azur et de France métropolitaine
Territoire Nombre
d?habitants
Part deshabitants
ayant 65 ans
ou plus
(en%)
Part desrésidences
secondaires dans le
parc delogements
(en%)
Niveau devie
mensuel
médian
(eneuros)
Taux
depauvreté
(en%)
Part deshabitants à
plus de 15minutes de la
gamme d?équipements
intermédiaire* (en%)
Grand Briançonnais 24600 23 61 1820 14,8 6
Champsaur-Valgaudemar
et Dévoluy 12400 27 66 1810 14,9 31
Embrunais 16900 28 50 1850 13,8 7
Guillestrois 6700 23 69 1810 14,3 9
Queyras 2100 31 74 1740 16,5 100
Vallées alpines des
Alpes-de-Haute-Provence 12800 28 72 1750 18,1 54
Haut-Var-Tinée 8100 28 71 1800 18,1 100
Ensemble des bassins
de montagne 83700 26 65 1810 15,4 29
Provence-Alpes-Côte d?Azur 5170300 24 17 1900 17,4 2
France métropolitaine 65846300 21 10 1920 14,9 3
* moyenne des 45 équipements.
Sources: Insee, recensement de la population 2022, Base permanente des équipements 2024, Distancier Metric -
OSRM, © les contributeurs d?OpenStreetMap et du projet OSRM; Insee-DGFiP-Cnaf-Cnav-CCMSA, Fichier localisé social
et fiscal (Filosofi) 2021.
Insee Analyses Provence-Alpes-Côte d?Azur ? n° 149 ? Octobre 2025
Entre 2010 et 2022, avec un nombre de
décès supérieur à celui des naissances, le
solde naturel contribue négativement à la
variation du nombre d?habitants des bassins
de montagne (-0,2% par an). Sur cette
même période, la croissance liée à l?excédent
migratoire se réduit nettement (+0,2% par
an en moyenne). Sur la période plus récente,
de 2016 à 2022, les installations demeurent
supérieures aux départs dans les bassins du
Haut-Var-Tinée, du Champsaur-Valgaudemar
et Dévoluy et de l?Embrunais. Dans le Grand
Briançonnais, les arrivées compensent à
peine les départs, alors que le Queyras perd
des habitants au jeu des migrations.
En 2021, les départs excèdent les installations
chez les jeunes de 18 à 25ans, ce qui est une
caractéristique des territoires disposant d?une
faible offre d?enseignement dans le supérieur.
Aux âges plus élevés, les bassins de
montagne gagnent dans leur ensemble des
habitants, en particulier chez les trentenaires
et les personnes ayant entre 55 et 64ans.
Parmi les personnes qui se sont installées
dans un bassin de montagne en 2021, 57%
habitaient déjà en Provence-Alpes-Côte d?Azur,
la plupart hors d?un bassin de montagne. La
provenance géographique des nouveaux
habitants varie fortement d?un bassin à l?autre.
Les nouveaux résidents du bassin Haut-Var-
Tinée habitaient le plus souvent déjà dans
le département des Alpes-Maritimes un an
auparavant (69%). Dans le Grand Briançonnais,
les provenances sont beaucoup plus variées:
61% des nouveaux résidents habitaient hors
de la région, dont 16% en Île-de-France.
Deux logements sur trois sont
desrésidences secondaires
En 2022, les bassins de montagne de
Provence-Alpes-Côte d?Azur comptent
139200logements. Entre 1968 et 2022, le parc
immobilier a été multiplié par 3,8, contre 1,4
pour la population. C?est davantage que dans
la région (2,4) ou qu?en France métropolitaine,
où le nombre de logements a doublé.
Les résidences secondaires sont ainsi
devenues majoritaires dans les bassins
de montagne: elles représentent deux
logements sur trois depuis les années 1990,
contre un sur trois en 1968. Dans les bassins
du Queyras ou les vallées du Haut-Var et de
la Tinée, elles pèsent encore plus fortement
dans le parc immobilier, avec trois logements
sur quatre. En 2022, 17% des résidences
secondaires de la région sont situées dans
ces seuls bassins de montagne.
Des habitants qualifiés mais
desemplois qui le sont moins
Les domaines d?activité des emplois
occupés localement ont nettement évolué
en cinquante ans. Le poids de l?agriculture
dans l?emploi total des bassins de montagne
s?est fortement réduit, passant de 18% des
emplois occupés en 1975 à 4% en 2022.
Cette évolution est davantage marquée que
dans la région sur la même période (de 7%
à 2%). La mutation est particulièrement
notable dans le Champsaur-Valgaudemar et
Dévoluy (de 34% à 10%) et le Queyras (de
30% à 4%).
Aujourd?hui, le tertiaire pèse pour huit
emplois sur dix dans l?ensemble des zones de
montagne, une proportion identique à celle
de Provence-Alpes-Côte d?Azur. Les activités
publiques ou parapubliques ou d?économie
«administrée» (administration publique,
enseignement, santé humaine et action
sociale) représentent un emploi sur trois,
comme en Provence-Alpes-Côte d?Azur.
L?emploi local dépend fortement du
tourisme. En 2022, au niveau de l?ensemble
des bassins, près de quatre emplois salariés
sur dix lui sont liés, contre un sur dix
dans l?ensemble de la région. C?est même
davantage dans les bassins du Queyras ou
du Haut-Var-Tinée (plus de cinq emplois
salariés sur dix). Parmi les emplois non
salariés, trois sur dix dépendent du tourisme
(contre un sur dix dans la région).
Dans les bassins de montagne de la région,
seules 12% des personnes non scolarisées
et âgées de 20 à 64ans n?ont aucun diplôme,
contre 18% dans la région
Durant cette période, du fait notamment
du développement du tourisme d?hiver,
le nombre de résidences secondaires a
été multiplié par sept, contre quatre dans la
région. Le nombre de résidences principales
a également progressé mais beaucoup
moins rapidement (doublement).
figure4. Elles
détiennent aussi souvent un diplôme du
supérieur et plus souvent le baccalauréat ou
un CAP ou un BEP. Les personnes résidant
dans le Grand Briançonnais ou l?Embrunais
sont plus souvent diplômées du supérieur
que celles qui résident dans les bassins du
Haut-Var-Tinée ou des vallées alpines des
Alpes-de-Haute-Provence. Plus souvent
détenteurs d?un diplôme, les habitants des
bassins de montagne exercent aussi plus
fréquemment une activité professionnelle
que ceux de la région dans son ensemble,
et ce quel que soit leur âge. Le Queyras et le
Guillestrois sont les bassins dans lesquels les
habitants sont le plus souvent en emploi.
Les emplois de cadres ou professions
intellectuelles supérieures sont toutefois
deux fois moins présents dans les bassins
de montagne que dans la région (9% des
emplois salariés contre 18%), tandis que ceux
d?employés ou d?ouvriers sont plus fréquents.
Ceci mène à la surqualification de nombreux
salariés, quel que soit le niveau de diplôme:
24% des emplois salariés des bassins de
montagne sont occupés par des actifs
surdiplômés, contre 18% dans la région.
a. Par plus haut niveau de diplôme obtenu, au lieu de résidence
BEPC ou moins CAP ou BEP Baccalauréat Diplôme d'études post-baccalauréat
Ensemble des bassins de montagne
Provence-Alpes-Côte d'Azur
0 25 50 75 100
en %
Champ : Personnes non scolarisées âgées de 20 à 64 ans.
Source: Insee, recensement de la population 2022.
b. Par catégorie socioprofessionnelle des salariés, au lieu de travail
Ouvriers peu qualifiés
Ouvriers qualifiés
Techniciens et professions intermédiaires
Employés peu qualifiés
Employés qualifiés
Cadres, professeurs, ingénieurs
0 25 50 75 100
en %
Ensemble des bassins de montagne
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Champ: Personnes en emploi salarié.
Source: Insee, recensement de la population 2022.
4. Caractéristiques des personnes
Insee Provence-Alpes-
Côte d?Azur
17 rue Menpenti
CS 70004
13395 Marseille Cedex 10
Directrice de la
publication?:
Valérie Roux
Rédacteur en chef?:
Nicolas Cochez
Attaché de presse :
Julien Mêlé
Tél. : 06 61 35 63 73
Maquette?:
Luminess SAS
@InseePaca
www.insee.fr
ISSN : 2274-8199
ISSN en ligne : 2417-1395
© Insee 2025
Reproduction partielle
autorisée sous réserve de
la mention de la source et
de l?auteur
Des déplacements domicile-travail
plus longs dans le Haut-Var-Tinée
Parmi les actifs en emploi qui résident
dans les bassins de montagne, un sur deux
parcourt 4,5km ou plus pour se rendre sur
son lieu de travail. Ce seuil est inférieur à ce
qu?il est dans la région (6,1km). Il est le plus
faible dans le Grand Briançonnais (2,5km),
mais atteint 7,9km dans le Haut-Var-Tinée,
où les actifs parcourent plus souvent des
distances importantes.
Localement, la proximité de villes de taille
importante ou moyenne peut renforcer l?offre
d?emplois, à la condition de s?y déplacer pour
aller travailler. Dans le bassin du Champsaur-
Valgaudemar et Dévoluy, un actif résident sur
quatre travaille dans la commune de Gap,
située hors du bassin. Certains déplacements
se font aussi sur des distances importantes:
plus de 20% des actifs qui résident dans
le bassin du Haut-Var-Tinée se déplacent
jusqu?à Nice ou vers ses communes
limitrophes. Ainsi, un actif sur quatre de ce
bassin parcourt plus de 50km pour se rendre
sur son lieu de travail.
S?éloigner de son lieu de résidence pour
aller travailler est davantage le fait des
plus diplômés. Les nouveaux résidents se
déplacent aussi plus souvent que les autres.
Pour certains de ces nouveaux arrivants,
l?installation dans une zone de montagne se
ferait donc avec la perspective, choisie ou
contrainte, de se déplacer vers les territoires
voisins pour aller travailler.
Un accès aux équipements plus
aisé dans les bassins situés le long
de la Durance
Un accès aisé aux services de la vie quotidienne
contribue à l?attractivité des territoires. Dans
l?ensemble, l?accès aux équipements à
destination de la population se fait beaucoup
moins rapidement dans les bassins de
montagne que dans l?ensemble de la région:
29% des habitants des bassins de montagne
résident à plus de 15minutes en moyenne des
équipements de la gamme intermédiaire,
contre 2% des habitants de la région.
Abritant les communes les plus grandes
et développant des fonctions touristiques
importantes, les bassins situés le long de la
Durance sont ceux où les habitants sont le
moins souvent éloignés des points d?accès
aux services.
En revanche, la majorité des habitants des
bassins du Queyras ou des vallées alpines
des Alpes-de-Haute-Provence sont éloignés
des services de la gamme intermédiaire et
de la gamme supérieure. C?est aussi le cas
des habitants du bassin du Haut-Var-Tinée:
quasiment tous sont à plus de 15 minutes
en voiture d?un supermarché et trois sur
quatre résident à plus de 30minutes d?un
établissement de soins de courte durée.
Dans ce bassin, cet éloignement se cumule
avec celui de l?emploi pour une part non
négligeable des actifs.
Des revenus et des inégalités
deniveau de vie plus faibles
quedansla région
En 2021, un habitant des bassins de montagne
sur deux a un niveau de vie supérieur ou égal
à 1810euros mensuels, un montant inférieur
à celui de la région (1900euros). Les inégalités
de niveau de vie sont moins marquées qu?au
niveau régional. Les 10% les plus aisés ont un
niveau de vie supérieur à 3020euros, un seuil
inférieur à celui de Provence-Alpes-Côte d?Azur
(3430euros). À l?opposé, les 10% de
personnes les plus modestes ont un niveau de
vie inférieur à 1000euros mensuels, seuil
supérieur à celui de la région (940euros). De
façon liée, la pauvreté est en moyenne moins
fréquente dans les bassins de montagne que
dans la région. Le taux de pauvreté y est de
15,4%, contre 17,4% en Provence-Alpes-Côte
d?Azur. Cet écart peut notamment être mis en
relation avec une meilleure insertion dans
l?emploi des habitants de ces bassins.
Frédéric Châtel, Olivier Sanzeri (Insee)
Retrouvez davantage de données associées
à cette publication sur insee.fr Sources
Les données sur les habitants et les emplois
des bassins sont issues des recensements
de la population.
La part de l?emploi liée au tourisme est
calculée à partir de la Base Tous salariés et
de la Base non salariés de 2022.
Les niveaux de vie et le taux de pauvreté
proviennent du Fichier localisé social et
fiscal (Filosofi) 2021.
La Base permanente des équipements
2024 associée au distancier Metric ? OSRM
permet de déterminer l?éloignement des
habitants des services de la vie quotidienne
(«équipements»).
Définitions
Dans cette étude, sept bassins de montagne
sont distingués. Ils ont été définis avec les
comités départementaux du tourisme dans
une étude de l?Insee sur le travail saisonnier
[Martinelli, 2007].
Les communes urbaines sont les communes
densément peuplées et les communes de
densité intermédiaire au sens de la grille
communale de densité 2022. Les autres
communes sont dites «rurales». Elles
comprennent notamment les bourgs ruraux.
Les communes de montagne sont les
communes assujetties, pour tout ou partie,
aux dispositions relatives à l?urbanisme de
la loi Montagne. Les bassins de montagne
de Provence-Alpes-Côte d?Azur regroupent
uniquement des communes de montagne au
sens de la loi Montagne. Ils représentent 25%
des communes de montagne de la région et
21% de leur population.
Les migrations résidentielles sont les
installations et départs d?habitants dans
un territoire ou depuis celui-ci, à titre de
résidence principale. Le solde migratoire
est la différence entre ces installations et
ces départs. Lorsqu?il est positif, on parle
d?excédent migratoire.
Le solde naturel est la différence entre le
nombre des naissances et celui des décès.
Un actif surdiplômé détient un niveau de
diplôme qui dépasse ce qui est attendu pour
l?emploi occupé.
Un équipement est un service, marchand
ou non, accessible à la population: piscine,
gare, commerce, médecin généraliste, etc.
Trois gammes d?équipements (gamme
de proximité, gamme intermédiaire et
gamme supérieure) réunissent chacune les
équipements qui présentent des logiques
d?implantation voisines.
Le niveau de vie est égal au revenu
disponible du ménage divisé par le nombre
d?unités de consommation (UC). Il est le même
pour tous les individus d?un même ménage.
Le taux de pauvreté est la part de personnes
pauvres. Un ménage et les personnes qui le
composent sont considérés comme pauvres
lorsque le niveau de vie du ménage est
inférieur au seuil de pauvreté. Ce seuil est fixé
à 60% du niveau de vie médian de la France
métropolitaine, soit 1154euros mensuels
en2021.
Pour en savoir plus
? Marais R., Sanzeri O., «Nuits tropicales, journées de forte chaleur: la population de plus en plus
exposée», Insee Flash Provence-Alpes-Côte d?Azur no103, mai2024.
? Châtel F., Cochez, N., De Bellefon M.-P., «Deuxrésidences secondaires sur trois sont détenues par
un ménage de 60ans ou plus», Insee Première no1871, août2021.
? Martinelli D., Monsef A., «Baisse de l?excédent migratoire dans les Hautes-Alpes», Insee Analyses
Provence-Alpes-Côte d?Azur no81, janvier2020.
? Martinelli D., «Plus de 7000 saisonniers d?hiver de la montagne en Provence-Alpes-Côte d?Azur», Sud
Insee l?essentiel no 107, juin2007.
? Cour des comptes, «Les stations de montagne face au changement climatique», Rapport public
thématique, février2024.
https://www.insee.fr/fr/statistiques?debut=0&collection=31+112+85+58
https://www.insee.fr/fr/statistiques?debut=0&collection=31+112+85+58
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https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bc6p06zbvkv.texteImage
https://www.insee.fr/fr/statistiques/8188144
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https://www.insee.fr/fr/statistiques/5416748
https://www.insee.fr/fr/statistiques/5416748
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4288108
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bc6p06zbvkv.texteImage
https://www.ccomptes.fr/fr/publications/les-stations-de-montagne-face-au-changement-climatique