Les connaissances des Zones Humides : où en est-on ? (Zones humides info n°108-septembre 2025)

Auteur moral
Société nationale de protection de la nature (France)
Auteur secondaire
Résumé
"Dans le cadre du futur plan d'action français du règlement restauration de la nature, qui a vocation à accélérer les actions de remise en état des écosystèmes, les milieux humides occupent une place centrale et tout particulièrement les tourbières... une occasion de franchir encore une étape sur la prise en compte de ces milieux dans l'aménagement du territoire et d'engager d'ambitieuses opérations de restauration."
Editeur
Société nationale de protection de la nature
Descripteur Urbamet
écologie ; eau ; paysage végétal
Descripteur écoplanete
écologie/milieux naturels ; changement climatique ; protection de l'environnement
Thème
Environnement - Nature ; Énergie - Climat ; Sciences de la terre
Texte intégral
Septembre 2025 n° 108 Les connaissances des Zones Humides : où en est-on ? Sommaire 03. Éditorial 03. Hommage à Luc Barbier DOSSIER Identifier et délimiter les milieux humides 04. La Plateforme Unifiée des données des Milieux Humides ? l?évolution du Réseau Partenarial des Données sur les Zones Humides 05. Prélocalisation des milieux et zones humides de l?hexa- gone et de Corse 06. La cartographie de l?hydraulique des marais littoraux, un atout face au changement climatique 07. Les lagunes côtières en Corse pour une gestion adapta- tive face au changement climatique Comment suivre les zones humides ? panorama des différentes méthodes 08. MhéO, pour l?évaluation de la gestion et restauration en milieux humides 09. La collecte et la bancarisation des données piézométri- ques dans ADES 10. HYDRINDIC : suivre et évaluer l?efficacité des restaura- tions de zones humides avec un indicateur hydrologique 10. Les méthodes d?état de conservation des habitats humi- des 11. Zones humides : application mobile SoIRedOx et Done- Sol Focus avancement Outre-mer 12. Prélocalisation des milieux et zones humides dans les DROM 12. Identification et délimitation des zones humides dans les DROM 13. Les mangroves d?Outre-mer sous la loupe de CARNAMA État des lieux sur l?altération des zones humides 14. Analyse des pressions d?artificialisation et agricoles dans le bassin Rhône-Méditerranée 15. Identification et quantification des pressions affectant les zones humides de Bretagne 16. Vers un inventaire du réseau de drainage agricole : la Base de Données Drainage Importance des inventaires de zones humides dans l?aménagement du territoire 17. L?intégration des inventaires de zones humides dans les documents d?aménagement 18. Les zones humides dans les règlements des SAGE 19. Le SAGE et les documents d?urbanisme Organisation de la R et D dans le cadre du Plan National 20. Un 2e plan national de recherche sur les milieux humi- des ? AUTRE REGARD 21. Mobiliser les citoyens scientifiques pour cartogra- phier les mares prioritaires d?Angleterre BRÈVES 22. Les ABC, leviers de connaissance et de gestion des zones humides 22. Les 50 ans du Conservatoire du Littoral 22. Résumé de thèse ? Tourbières de France et car- bone Le groupe « Zones humides » Le groupe « Zones humides » fut créé en 1991 à l?initiative du mi- nistère chargé de la protection de la nature, dans le cadre d?un programme triennal de préservation des zones humides d?intérêt communautaire en France. Il perdure depuis. Animé depuis son origine par la Société nationale de protection de la nature (SNPN), le groupe « Zones humides » est informel. Cette qualité, alliée à sa composition variée et à son indépendan- ce institutionnelle, permet de porter des débats représentatifs des enjeux et de la variété des acteurs. Il garde toute liberté dans ses sujets de réflexion. Un véritable travail d?information et de diffu- sion de l?information est également réalisé par les membres du groupe, des spécialistes et des référents des zones humides (ges- tionnaires de sites, juristes, historiens, géographes, ingénieurs, administratifs, scientifiques). En tant que comité éditorial de la revue, le groupe « Zones humi- des » est le garant de l?orientation éditoriale et de l?adéquation de Zones Humides Infos avec les enjeux actuels. L?objectif du groupe, modeste mais constant : oeuvrer au-delà de toute chapelle à la sauvegarde des zones humides, ces écosystèmes si particuliers et tellement utiles, qui croisent tant de politiques publiques sans toujours y être inclus. La SNPN Fondée en 1854, la Société nationale de protection de la nature est la première association de protection de la nature en France. Elle a pour mission la protection des espaces et des espèces sauvages, en s?appuyant sur les fondements scientifiques de l?écologie et de la biologie de la conservation. Ayant participé à la création de la convention de Ramsar de 1971, la SNPN dispose notamment d?une expertise reconnue dans le domaine des zones humides, qui lui vaut d?être associée aux réflexions nationales et internationales sur ce sujet. Elle participe à de nombreuses actions de restauration et de conservation de ces milieux, notamment dans les espaces na- turels dont elle a la gestion : la réserve naturelle nationale de Camargue (avec ses 285 espèces d?oiseaux) et la réserve natu- relle nationale du lac de Grand-Lieu, le plus grand lac de plaine français, toutes deux zones humides d?importance internationale « Ramsar ». La SNPN assure également depuis août 2022 la ges- tion de la Réserve naturelle nationale de la plaine des Maures abritant une richesse écologique exceptionnelle, des populations importantes de tortues d?Hermann, un réseau hydrographique, constitué de cours d?eau permanents et de mares et ruisseaux temporaires. La mission de la SNPN s?accompagne d?un volet d?information et de sensibilisa- tion grâce à l?édition de ses deux revues : Zones Humides Infos et Le Courrier de la Nature. Membres du groupe « Zones humides » G. Bouton, A. Caillaud, O. Cizel, B. Coïc, M. Coudriau, B. Dumeige, G. Gayet, J.-M. Gilardeau, P. Goetghebeur, M.-O. Guth, T. Lecomte, G. Macqueron, V. Mauclert, G. Miossec, A. Morand, T. Mougey, F. Muller, A. Privart, B. Sajaloli, J.-P. Siblet, J.-P. Thibault, F. Thinzilal, P. Triplet, G. Vandersarren SNPN PROTÈGE LA NATURE DEPUIS 1854 SOCIÉTÉ NATIONALE DE PROTECTION DE LA NATURE Couverture : Photo S. Leroy (OEC) ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 3 Éditorial L es zones humides sont présentes depuis le début de mon parcours professionnel, ayant par le passé mis en place des actions de sensibilisation, de préservation, de restauration et de suivis dans ces milieux dans le Sud- Est de la France puis suivi de près au niveau national les pôles relais depuis près de 10 ans. Maillons indispensables à la gestion qualitative et quan- titative de la ressource en eau, véritables hotspots de biodiversité, ces milieux d?interface (terre-eau, terre-mer), sont de ce fait pointées dans les directives et règlements européens (DHFF, DCE, DCSMM, anguille d?Europe?). Leur rôle dans l?atténuation des effets du changement climatique est bien connu (une zone humide en mauvais état, ce sont des millions de tonne de gaz à effet de serre qui partent dans l?atmosphère). Leur restauration permet ainsi de « cocher 3 cases » : amélioration d?un des maillons de l?infrastructure nécessaire au bon fonctionnement du cycle de l?eau, préservation d?espèces/milieux rares et menacés et atténuation des effets du changement climatique. Depuis 2017, l?AFB puis l?OFB se sont impliqués auprès du ministère chargé de l?écologie sur la production de connaissances et la bancarisation de données sur les milieux humides dans le cadre des 3e et 4e plans nationaux milieux humides. À titre d?illustration, quelques exemples ci-dessous : ? Le ©SANDRE avec l?OIEau ont permis de stabiliser un vocabulaire commun pour permettre le partage de données sur les milieux humides. ? En lien avec le Forum des Marais Atlantiques (RPDZH), l?OFB a pris la maîtrise d?ouvrage de la modernisation de la collecte et la bancarisation des inventaires des zones humides et marais qui aboutira à une nouvelle plateforme dont le nom de code est PLUMH. ? L?ONB a consacré sa brochure annuelle sur la biodiversité et les milieux humides. ? L?UAR Patrinat a travaillé ces derniers mois sur la définition de protocoles et de listes de références pour l?identification et la délimitation des zones humides en outremer, mais également sur la prélocalisation des milieux et zones humides, les méthodes d?état de conservation de ses habitats ou encore l?appui scientifique et technique au programme MHéO pour le suivi des milieux humides, co-animé avec la FCEN. Comme sur tous les sujets, l?OFB travaille sur les milieux humides en partenariat avec d?autres établissements publics : nous pouvons citer l?INRAE sur DoneSol ou le BRGM sur ADES et la BD Drainage. Dans le cadre du futur plan d?action français du règlement restauration de la nature, qui a vocation à accélérer les actions de remise en état des écosystèmes, les milieux humides occupent une place centrale et tout particulièrement les tourbières? une occasion de franchir encore une étape sur la prise en compte de ces milieux dans l?aménagement du territoire et d?engager d?ambitieuses opérations de restauration. Xavier Gayte, directeur adjoint de la direction surveillance, évaluation données de l?OFB Photo : Agence de l?Eau Artois-Picardie Portrait Luc Barbier Lorsque j?ai rencontré Luc la première fois, il s?est présenté : « Bonjour, je m?appelle Luc » ; il a laissé passer un petit instant, puis « Barbier, je travaille pour le marais Audomarois ». Je lui ai dit : « enchanté, c?est une reconversion ? », il m?a répondu « oui, mais il m?arrive encore de passer la tondeuse de temps en temps ». Depuis ce jour, on a beaucoup ri à nos blagues nulles respectives. C?est ainsi, Luc Barbier est une personne drôle et joviale. C?est aussi un technicien sérieux et appliqué. Naturaliste, mais pas que cela, capable d?associer subtilement composantes agricoles et écologiques, pionnier dans les techniques d?éva- luation participatives d?espaces protégés ou de territoires plus larges. C?est aussi un militant acharné, son style n?est pas du tout agressif mais remarquablement efficace. Il documente, construit des argumentaires, les fait parvenir aux bonnes per- sonnes, fait preuve de constance et de persévérance. Il n?ha- rangue pas les foules mais il sait parler à l?oreille des journalis- tes ou des ministres, là où tant d?autres, dans ces circonstan- ces, perdent si facilement leurs moyens. Alors qu?il affiche une remarquable stabilité professionnelle au sein du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d?Opale, sa carte de visite ne rentre pas dans un A4 et je n?ai donc pas la place de tout citer. Contentons-nous de noter qu?il a animé le groupe Zones humides pendant de nombreuses années à l?aube du xxie siècle, à l?époque des pionniers. Aujourd?hui, il est notamment vice-président de la Commission Aires Pro- tégées de l?Office Français de la Biodiversité et ainsi que de l?Agence de l?eau Artois-Picardie. Luc a toujours été fidèle à son territoire, au thème des marais, à ses valeurs et à ses amis. Cette constance est peut-être la raison de la reconnaissance dont il a bénéficié en devenant officier de l?Ordre national du Mérite en 2020. Être décoré pour son action en faveur des zones humides, écosystèmes long- temps considérés comme nuisibles et encore largement igno- rés, il faut effectivement du mérite ! Patrick Bazin, Groupe Zones Humides ZONeS huMIDeS INFOS ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 4 DOSSIER L es milieux humides font l?objet d?un intérêt croissant, notamment pour la préservation de la biodiversité, l?adaptation au changement climatique et la gestion de la ressource en eau. L?inventaire, la délimitation et la carac- térisation des milieux humides représentent un socle indis- pensable à la mise en place d?actions de préservation et de gestion (entretien, restauration,?). La notion de milieu hu- mide regroupe notamment les zones humides (loi sur l?eau 1992, avec l?arrêté d?identification et de délimitation du 24 juin 2008 modifié) et les marais. Depuis les années 2000, dans le cadre de ses conventions avec les partenaires financiers (principalement les agences de l?eau), le Forum des Marais Atlantiques (FMA) appuie des maîtres d?ouvrages porteurs d?inventaires, collecte, qualifie, traite, compile et met en ligne les données des inventaires des zones humides. En 2008, ils ont, pour cela, développé des outils de saisie (Gwern ou extension GwernQGIS), de visuali- sation cartographique (Réseau Partenarial des Données sur les Zones Humides ? RPDZH) et de catalogage de données (geosource). La base de données du RPDZH est devenue en 2019 la base de données nationale des données des inven- taires des milieux humides en vue de l?évolution vers la Pla- teforme Unifiée des données des Milieux Humides (PLUMH) qui inclura davantage de données (Hexagone et Outre-mer) et de fonctionnalités. Ce projet porté par le ministère en charge de l?environnement, le FMA et l?Office français de la biodiversité (OFB) se décline en trois objectifs successifs : 1) la mise en place d?un référentiel technique des milieux hu- mides (Sandre), avec son intégration au système d?informa- tion sur l?eau ; 2) l?évolution de la base de données, banque nationale sur les milieux humides qui aura vocation à stocker les données (description et localisation des milieux humides probables et milieux humides effectifs) ; 3) et le développement d?une plateforme permettant la bancarisation des données sur les milieux humides, leur mise à dis- position et leur valorisation. L?objectif principal de cette plateforme est de porter à connaissance les carto- graphies et caractérisations des milieux humides en France et de centraliser les données pertinentes qu?il conviendra de mettre à disposition des professionnels. À l?image du RPDZH, cette plateforme va poursuivre la vo- lonté de créer un référentiel « milieux humide », et de fédérer la majeure partie des acteurs des milieux humides : ? Les agences de l?eau et autres organismes qui financent les inventaires des milieux humides. ? Les producteurs de données (SAGE, syndicats de bassins versants, DDT, collectivités, associations,?) qui peuvent réa- liser des inventaires de zones humides. ? Les services de l?État (DREAL, DDT, le ministère en charge de l?environnement) comme outil d?aide à la décision, la pla- nification,... ? Les gestionnaires (CEN) comme outils d?aide à la gestion. ? Le grand public. Selon les profils des utilisateurs, les fonctionnalités sur la plateforme seront différentes. Elle proposera une interface assistée de saisie et de dépôt des données d?inventaire pour les producteurs de données. Elle centralisera toutes les don- nées liées aux études de délimitation des milieux humides, leur inventaire et pourra afficher leur suivi ou d?autres cou- ches géographiques selon les choix de l?utilisateur. Elle en- couragera la valorisation et la diffusion en proposant du té- léchargement et des webservices de diffusion vers d?autres plateformes. Une première version de cette plateforme sera opérationnel- le au 1er avril 2026. Elle présentera l?ensemble des besoins les plus prioritaires à savoir la bancarisation, la consultation et la diffusion. Une seconde version reprendra l?idée de l?outil mazonehumide.org pour présenter/valoriser le patri- moine de différents milieux humides. Fabien Blanchet, Chargé de mission système d?information Forum des Marais Atlantiques Delphine Singlard Causse, Cheffe de projet référentiels milieux humides Forum des Marais Atlantiques, Pôle-relais marais atlantiques, Manche et mer du Nord Julie Neury Ormanni, Dre Ecologie évolutive et fonctionnelle des communautés ? Chargée de mission Milieux Humides et Plans d?eau DCE à l?OFB Sébastien Abric, Adjoint à la cheffe du bureau de la ressource en eau et des écosystèmes aquatiques ? direction eau et biodiversité, ministères Écologie Énergie Territoires La Plateforme Unifiée des données des Milieux Humides ? l?évolution du Réseau Partenarial des Données sur les Zones Humides DOSSIER Identifier et délimiter les milieux humides http://www.mazonehumide.org/ ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 5 DOSSIER Identifier et délimiter les milieux humides Prélocalisation des milieux et zones humides de l?hexagone et de Corse L e projet de cartographie nationale des milieux et zones humides1 est un projet ambitieux lancé en 2021 par le ministère en charge de l?écologie et porté par des équi- pes scientifiques de l?Université de Rennes 2, de PatriNat, de l?Institut Agro Rennes-Angers, de l?INRAe et de la fondation Tour du Valat. En 2023, le projet a connu une actualité riche : ? Le 16 février 2023, le colloque de restitution du projet de cartographie nationale prédictive des milieux et zones humi- des (prélocalisation), a réuni plus de 400 acteurs techniques et scientifiques, intéressés par l?acquisition de nouvelles connaissances pour préserver ces milieux. Ce fut l?occasion de présenter les méthodes mobilisées, les résultats obtenus et d?échanger à propos des usages possibles par les acteurs des territoires. ? Des données altimétriques, hydrographiques, géologiques, sur le sol et la flore ont permis une prélocalisation homogène des milieux humides et des zones humides dans l?Hexagone, avec une fiabilité inédite : 29,5 % du territoire serait propice à la présence de zones humides et 7 % des zones humides seraient urbanisées. Des méthodes ont été élaborées pour évaluer l?état des milieux et l?effet des modes de gestion. Les résultats du projet sont téléchargeables sur le site de l?INPN2 et visualisables à partir de la plateforme du Réseau Partenarial des Données sur les Zones humides3. En 2024, de nouvelles avancées ont été réalisées : Les résultats d?ateliers consultatifs territoriaux menés en 2022 dans 10 bassins versants tests en partenariat avec les agences de l?eau et les collectivités locales feront l?objet de publications. Pour recenser les usages, connaître les retours critiques des acteurs, et contribuer au guide des usages en cours d?élaboration, faites remonter en ligne vos utilisations des cartes4. Le rapport méthodologiques de prélocalisation, de cartogra- phie des habitats et d?évaluation des fonctions employées5, ainsi que le rapport de restitution de la campagne terrain 2021-20226 ont récemment été publiés. Le projet de cartographie nationale des milieux humides est également déployé dans les DROM7 (Martinique, Guadelou- pe, Guyane, La Réunion et Mayotte). Le projet se poursuit jusqu?en 2025, avec pour objectifs : ? d?améliorer les prélocalisations obtenues, notamment sur les zones humides de contextes particuliers comme les « sources et suintements » ; ? d?améliorer et d?étendre la cartographie d?habitats à l?en- semble de la métropole ; ? de développer de nouveaux indicateurs fonctionnels et d?étendre les indicateurs existants à l?ensemble de la métro- pole ; ? de mettre au point un guide d?usage des résultats du pro- jet, pour faciliter la prise en main et l?utilisation des cartogra- phies par l?ensemble des acteurs ; ? de fournir aux territoires (communes, bassins versants, etc.) des chiffres-clefs sur les emprises de zones humides prélocalisées et les pressions qui s?y exercent. en savoir plus Retrouvez l?ensemble des informations, des documents et des résultats diffusés ces deux dernières années sur la page PatriNat dédiée au projet de cartographie nationale des mi- lieux humides8. hugo Potier, Chargé d?étude sur la Cartographie Nationale des Milieux Humides, UAR PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) 1 ? https://www.patrinat.fr/fr/actualites/recensement-des-usa- ges-apres-un-de-cartographie-nationale-des-milieux-humides- 7279 2 ? https://inpn.mnhn.fr/telechargement/cartes-et-information- geographique/mh/zh 3 ? http://sig.reseau-zones-humides.org/ 4 ? https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdJNuAvWGGUv _LWLORVrastQx3kYJhFzAH0aRHDZVHzigvSuw/viewform 5 ? https://mnhn.hal.science/mnhn-04292468 6 ? https://mnhn.hal.science/mnhn-04292513 7 ? https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux- humides-7187 8 ? https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux- humides-7187 Carte nationale des milieux humides © Patrinat. https://www.patrinat.fr/fr/actualites/recensement-des-usages-apres-un-de-cartographie-nationale-des-milieux-humides-7279 https://www.patrinat.fr/fr/actualites/recensement-des-usages-apres-un-de-cartographie-nationale-des-milieux-humides-7279 https://www.patrinat.fr/fr/actualites/recensement-des-usages-apres-un-de-cartographie-nationale-des-milieux-humides-7279 https://inpn.mnhn.fr/telechargement/cartes-et-information-geographique/mh/zh https://inpn.mnhn.fr/telechargement/cartes-et-information-geographique/mh/zh http://sig.reseau-zones-humides.org/ https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdJNuAvWGGUv _LWLORVrastQx3kYJhFzAH0aRHDZVHzigvSuw/viewform https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdJNuAvWGGUv _LWLORVrastQx3kYJhFzAH0aRHDZVHzigvSuw/viewform https://mnhn.hal.science/mnhn-04292468 https://mnhn.hal.science/mnhn-04292513 https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-humides-7187 https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-humides-7187 https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-humides-7187 https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-humides-7187 ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 6 DOSSIER Identifier et délimiter les milieux humides La cartographie de l?hydraulique des marais littoraux, un atout pour la préservation et l?adaptation au changement climatique L es marais, milieux humides de type particulier, sont sou- vent caractérisés par une gestion effective des niveaux d?eau et un entretien régulier des digues et des chenaux. Ils constituent des ensembles aménagés par l?Homme au cours de l?Histoire. Ils ont connu des aménagements consti- tués de digues, ouvrages hydrauliques, chenaux, fossés et rigoles pour satisfaire des besoins de productions : salicul- ture, piscicultures, élevages et cultures. Bien qu?artificialisés, ces milieux semi-naturels portent une forte image de naturalité. L?omniprésence de l?eau, bien que maîtrisée, en est la raison. Elle offre un potentiel d?accueil considérable d?espèces spécifiques, comme de groupes plus résistants à de forts contrastes de températures, d?humidité et de connexité des milieux. Les marais littoraux concentrent aujourd?hui l?attention en raison de leur exposition au changement climatique. Leur ré- silience est mise à rude épreuve face à l?élévation du niveau de la mer ou des étiages sévères. Ainsi, l?OFB et les Pôles-relais marais atlantiques manche et mer du Nord ainsi que lagunes méditerranéennes oeuvrent à cartographier la structure et le fonctionnement hydraulique d?environ 740 000 ha de ces marais littoraux1. C?est la base fondamentale qui permet aux opérateurs publics et privés de la gestion d?agir en connaissance de cause. Par exemple, l?établissement des cartes des réseaux, des ouvrages et des casiers hydrauliques, permet de documen- ter ce qui relevait de la connaissance orale pure jusque-là. À ce jour, c?est plus de 1 500 ouvrages référencés sur les marais méditerranéens et plus de 270 000 ha de casiers hy- drauliques sur l?ensemble des façades cartographiés depuis 2019. La fabrication des logigrammes d?écoulement entre toutes ces entités selon les saisons, donne des bases de compré- hension partagée. Ce sont les clefs de la maîtrise de la ges- tion quantitative et qualitative de ces milieux. À l?interface entre terre et mer, les ouvrages à la mer de ces marais doivent permettre le passage des espèces aquatiques mais également le transit sédimentaire, l?apport d?eau douce vers la mer. La gestion et l?aménagement de ces ouvrages ont fait l?objet de rapportage pour le règlement européen sur l?anguille d?Europe mais également pour la Directive cadre stratégie milieu marin en 2024. Il est possible désormais de réfléchir à l?accessibilité et au potentiel d?accueil de l?anguille, dans ces milieux. Bien que non annexée à la DHFF2 comme le sont les oiseaux d?eau, elle est emblématique des préoccupations de préservation, et actuellement classée en danger critique d?extinction. Face à cet enjeu, la gestion des ouvrages hydrauliques nécessite une montée en compétences des organismes en charge de la gestion de l?eau et des milieux aquatiques littoraux afin qu?ils puissent caractériser la transparence de leurs ouvra- ges vis à vis des poissons migrateurs et l?améliorer à l?échel- le de leur territoire. Ainsi il sera possible désormais de travailler finement les ac- cords de niveau d?eau, les plans de prévention des risques en appuyant ceux-ci sur une parfaite appréciation des flux et de l?inondabilité. Des simulations peuvent être menées pour projeter l?évolution des capacités d?accueil des milieux aqua- tiques, autant que des productions fourragères et des offres d?habitats et la diversité floristique des terrains humides. Ces cartographies sont en cours de production et déjà dispo- nibles sur le RPDZH. Loic Anras, Chef de projet milieux humides, Forum des Marais Atlantiques, Pôle-relais marais atlantiques, Manche et mer du Nord Nathalie Barré, Chargée de projet Occitanie ? Conservatoire d?espaces naturels Occitanie, Pôle-relais lagunes méditerranéennes Pierre Caessteker, Chargé de mission zones humides & marais, Office français de la biodiversité Delphine Singlard Causse, Cheffe de projet référentiels milieux humides Forum des Marais Atlantiques, Pôle-relais marais atlantiques, Manche et mer du Nord 1 ? Protocole d?identification et de délimitation des unités hydrauli- ques cohérentes dans les marais littoraux. 2 ? Directive Habitats-faune-flore. ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 7 DOSSIER Identifier et délimiter les milieux humides Les lagunes côtières en Corse face au changement cli- matique : quelles connaissances et outils de préservation pour une gestion adaptative ? Identifier, délimiter, catégoriser et doter la gestion des lagunes cor- ses d?outils d?aide à la décision est devenu prioritaire pour mieux comprendre leur fonctionnement et adapter leur gestion au chan- gement climatique. La Corse abrite une grande diversité de zones humides littorales, marquées par des conditions topographiques et climatiques très variées. Cette hétérogénéité entraîne des dy- namiques hydro-écologiques particulières, souvent éloignées des modèles continentaux. Ces milieux, sensibles et riches en biodi- versité, sont à la fois indicateurs précoces du changement global et amortisseurs de ses effets1. Depuis 2018, plusieurs projets structurants ont été menés, zoom sur 2 d?entre eux : Le Forum des Gestionnaires Corses2 (FOGEC), initié en 2019, constitue un réseau clé d?acteurs locaux mobilisés dans la gestion des zones humides. Leur expertise de terrain renforce l?Observa- toire Régional des Zones Humides de Corse3 (ORZHC), coordonné par l?OEC. Acté en 2020, l?ORZHC centralise les données, évalue les actions, soutient la décision et favorise la concertation. Trois pro- grammes d?action structurent cette approche autour des : « mares temporaires » (2003), « lacs » (2006) et « lagunes » (2020). Une plateforme web ainsi qu?une base de données associée valorisent les données et facilite leur appropriation. Pour les lagunes, un suivi haute fréquence est mené à l?aide de sondes (CTDs) sur cinq sites (Arasu, Santa-Ghjulia, Balistra, Tes- tarella, Pisciu-Cane), étendu à d?autres d?ici 2026. Ces outils per- mettent le développement de guides pratiques de gestion (ex. 1 ? https://pole-lagunes.org/wp-content/uploads/sites/4/ 2024/03/Synthese-8e-plateforme-VF.pdf 2 ? https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=becmsOrgDirectory &sop=displaygeosondes&artid=234 3 ? https://orzhc.oec.fr/index.php salinité hors normes4, lutte contre le crabe bleu5). En 2024, il a été décidé d?étendre ces méthodes d?analyses aux programmes lacs et mares temporaires afin d?harmoniser les approches pour une gouvernance durable. Évaluation de l?état de conservation des lagunes. Entre 2020 et 2023, une évaluation des lagunes corses a été conduite par l?OEC via divers programmes (Life Marha ? DHFF, programme d?actions de conservation des lagunes, thèses). Une cartographie (réalisée avec la Tour du Valat et le Pôle-relais lagunes à l?échelle de la fa- çade méditerranéenne française) a permis d?identifier 95 lagunes en Corse représentant 3 281 ha et de les classer selon la dyna- mique de la surface de leurs eaux en 7 catégories6 . Des indica- teurs standardisés7 [2] ont été appliqués à 5 lagunes pour com- bler le manque de données sur les lagunes de petites surfaces (< 30 ha), non suivis par la DCE. Les résultats indiquent un bon état de conservation global malgré certaines pressions. Ce travail, couplé à une expertise scientifique et aux retours d?expérience, permettra d?améliorer les outils pour renforcer l?évaluation et sa reproductibilité. Ces données alimentent désormais des programmes régionaux tels que : le SDAGE, la DCSMM, le PLAGEPOMI, le PTL Crabe bleu, et offrent une base pour élargir le suivi à d?autres lagunes. Par cet- te approche ciblée, la Corse met en place une stratégie adaptée à ses spécificités pour préserver durablement ses lagunes. Marie Garrido, Cheffe de projets scientifiques et coordinatrice de l?Observatoire régional des zones humides de Corse ? Office de l?Environnement de la Corse, Pôle-relais lagunes méditerranéennes 4 ? https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=N 5 ? https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=News&op=viewactu &sid=134& 6 ? Guelmami et al. (en rédaction). https://pole-lagunes.org/life- marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les- lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de- lhabitat/ 7 ? Lepareur et al. (2019). https://pole-lagunes.org/etat-de-con- servation-des-lagunes-cotieres-2019/ © S . L er oy (O EC ) https://pole-lagunes.org/wp-content/uploads/sites/4/ 2024/03/Synthese-8e-plateforme-VF.pdf https://pole-lagunes.org/wp-content/uploads/sites/4/ 2024/03/Synthese-8e-plateforme-VF.pdf https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=becmsOrgDirectory&sop=displaygeosondes&artid=234 https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=becmsOrgDirectory&sop=displaygeosondes&artid=234 https://orzhc.oec.fr/index.php https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=N https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=News&op=viewactu&sid=134& https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=News&op=viewactu&sid=134& https://pole-lagunes.org/life-marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les-lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de-lhabitat/ https://pole-lagunes.org/life-marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les-lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de-lhabitat/ https://pole-lagunes.org/life-marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les-lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de-lhabitat/ https://pole-lagunes.org/life-marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les-lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de-lhabitat/ https://pole-lagunes.org/etat-de-conservation-des-lagunes-cotieres-2019/ https://pole-lagunes.org/etat-de-conservation-des-lagunes-cotieres-2019/ ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 8 DOSSIER Comment suivre les zones humides ? panorama des différentes méthodes MhéO, une boîte à outils pour l?évaluation de la gestion et des travaux de restauration en milieux humides Définition de MhéO, objectifs poursuivis, cadre stratégique, historique de développement et cas d?usage) MhéO1 est un outil de suivi des fonctions des milieux humi- des, basé sur des protocoles, des indicateurs et des métho- des d?interprétation. Il est issu de démarches de bassin an- térieures (notamment RhoméO sur le bassin Rhône-Méditer- ranée, puis LigérO sur le bassin Loire-Bretagne), notamment portées par les Conservatoires d?espaces naturels. MhéO est un outil pour les gestionnaires d?espaces naturels, applicable sur le territoire hexagonal et permet de viser deux objectifs : ? suivre l?évolution des milieux humides dans le cadre de la gestion des sites naturels, permettant de comprendre la tra- jectoire écologique sur le long terme ; ? suivre l?efficacité des travaux de gestion ou de restauration, en évaluant leurs effets à court et moyen terme. MhéO est composé d?indicateurs basés sur des protocoles relatifs à la piézométrie, la pédologie, la flore, les odonates et les amphibiens. C?est au gestionnaire de choisir le ou les indicateurs pertinents pour son suivi en fonction des enjeux qu?il détermine. La boîte à outils fournit également des fiches d?analyse pour aider le gestionnaire à analyser ses résultats. Le programme MhéO a bénéficié du développement de la boîte à outils RhoméO qui, depuis 2013, a été construite comme un outil : ? pragmatique et opérationnel : les indicateurs, les protoco- les et les interprétations présentés dans la BAO RhoméO ont tous été testés et validés sur le terrain par les partenaires du programme sur les 200 sites tests à l?aide de plus de 70 000 données mobilisées ; ? répondant à différentes questions que se posent les ges- tionnaires, concernant notamment l?évolution des fonctions des zones humides ; ? pouvant être utilisé par diverses structures et personnes, que ce soit sur le type de compétences maîtrisées ou le ni- veau requis (spécialistes, qualifiés, généralistes). La démarche MhéO est prévue par l?action 30 du 4e Plan national milieux humides qui vise à suivre l?évolution des milieux humides par le développement et le déploiement d?outils communs. Elle contribue également, d?une part, à l?atteinte de l?objectif 7 de la Stratégie nationale pour les aires protégées en renforçant la méthode d?évaluation de la ges- tion des aires protégées et, d?autre part, au Schéma directeur de la surveillance de la biodiversité terrestre. Enfin, MhéO pourra constituer un élément important pour le rapportage de la mise en oeuvre du Règlement sur la restauration de la nature en permettant l?évaluation des opérations de restaura- tion et l?atteinte des objectifs fixés. Animation nationale et démarche de bassin ? L?animation nationale (BAO unifiée, Calculatrices, données, ReX, réseaux de suivis, formation, accom- pagnement des démarches de bassin) Afin de faciliter le déploiement de cette démarche auprès de l?ensemble des acteurs et de poursuivre son développement, une animation nationale est portée conjointement par Patri- Nat et la Fédération des Conservatoires d?espaces naturels, en lien avec le ministère en charge de l?écologie et l?Office français de la biodiversité. L?objectif de cette animation nationale est de : ? mettre à disposition à l?échelle nationale, et de manière harmonisée, des indicateurs de suivi, des protocoles stan- dardisés, des outils d?analyse et d?interprétation des résul- tats permettant de suivre l?évolution des milieux et l?effet des actions de gestion écologique ; ? faciliter la bancarisation des données dans les bases na- tionales (SINP, ADES et DoneSol) ; ? capitaliser des retours d?expériences afin de préconiser des opérations de génie écologique en matière d?entretien, de restauration ou encore de réhabilitation ; ? inciter à la mise en place d?un réseau d?observation des mi- lieux humides, en s?appuyant d?une part sur un ensemble de sites de suivi pour contribuer au rapportage européen, l?ali- mentation de l?Observatoire national de la biodiversité (ONB) et du programme national de surveillance de la biodiversité terrestre et d?autre part, sur un réseau de sites vitrines dans le cadre du programme LIFE Biodiv France; ? assurer le déploiement de la démarche et l?accompagne- ment des acteurs, notamment par l?organisation de forma- tion et la production de documents de référence. Pour les années 2025 et 2026, en associant différents ex- perts nationaux, il est prévu de construire une boîte à outils ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 9 DOSSIER Comment suivre les zones humides ? panorama des différentes méthodes nationale, ainsi qu?un outil de saisie des données et de calcul des indicateurs. ? Les démarches de bassin La démarche MhéO comprend 5 protocoles (odonates, am- phibiens, flore, pédologie, piézométrie) et 6 indicateurs. Elle est déclinée actuellement sur 4 bassins hydrographiques (Rhône-Méditerranée-Corse, Loire-Bretagne, Artois-Picardie et Adour-Garonne), notamment par le financement des agen- ces de l?eau et des DREAL. Les démarches de bassin visent à : ? contribuer au déploiement de l?outil et à l?accompagnement des acteurs locaux ; ? produire des listes de référence pour les indicateurs rela- tifs à la faune et à la flore ; ? développer des protocoles et des indicateurs sur des para- mètres spécifiques aux besoins de bassin (par exemple, Or- thoptères sur Rhône-Méditerannée, Coléoptères aquatiques pour Artois-Picardie ou encore indicateur trophique pour Loi- re-Bretagne) ; La collecte et la bancarisation des données piézométriques en milieux humides dans ADeS Lors du Forum des gestionnaires de la biodiversité 20211, les gestionnaires d?espaces naturels déclarent très majoritairement avoir mis en place des suivis piézométriques sur leurs sites. Ce- pendant, la collecte et la remontée des données dans la base de données d?accès aux données sur les eaux souterraines2 (ADES) du BRGM sont anecdotiques, comme celles des données pédolo- giques dans la base de données du sol (DONESOL) d?INRAE. En re- vanche, les données biologiques (odonates, amphibiens, oiseaux) sont régulièrement collectées et bancarisées dans le Système d?information sur la biodiversité (SIB). À l?heure des périodes de sécheresse à répétition, il est indispen- sable de consolider notre argumentaire auprès des décideurs sur l?importance des zones humides pour retenir et maintenir l?eau dans les territoires. Il est parfois difficile de construire un argu- mentaire étayé justifiant la préservation ou la restauration des zones humides tant que les modalités d?engorgement ne sont pas bien appréhendées par les acteurs techniques. En effet, ces modalités ont une influence fondamentale sur les fonctions et les services procurés par les zones humides. En les identifiant, en les comprenant, il est alors possible d?identifier des mesures de préservation et de gestion adaptées, et de construire un discours circonstancié pour justifier l?intérêt de la préservation des zones humides, étant donné les singularités propres à chaque milieu hu- mide sur un territoire. La connaissance, la collecte et la bancarisation des données pié- zométriques sont un enjeu majeur pour modéliser les processus hydrologiques des zones humides, estimer leur importance pour le stockage de l?eau dans un bassin versant et in fine pouvoir argu- menter en faveur de leur restauration. Divers organismes dont le BRGM assurent la bancarisation des données piézométriques acquises sur les eaux souterraines en 1 ? Partageons nos expériences en faveur des milieux humides, n° 83 | Rencontres | juin 2022. https://professionnels.ofb.fr/ fr/doc-rencontres/partageons-nos-experiences-en-faveur- milieux-humides-ndeg83 2 ? https://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/preservation- et-restauration-des-milieuxzones-humides/la-politique-du- bassin-en-faveur-des-zones France. Ces données sont versées dans la base nationale de données sur les eaux sou- terraines ADES3. Le croisement entre les données d?inventai- res et de prélocalisation des zones humides (Réseau partenarial des données sur les zones humides) et la couche des piézomè- tres dont les données sont bancarisées dans ADES, réalisé par le BRGM dans le cadre du projet SOHUMID (rapport intermédiaire 20194), montre : ? un déficit de piézomètres en zones humides intégrés dans ADES ; ? des piézomètres dans ADES suivant principalement des nappes présentes au-delà de 10 m de profondeur (obligation réglementai- re de bancarisation) et non des nappes de subsurface des zones humides. Différents protocoles et indicateurs ont été développés par les ac- teurs de la recherche en lien avec les gestionnaires d?espaces na- turels comme NAPROM, MhéO ou encore Hydrindic. Les données issues de ces suivis sont essentielles, il est donc important de constituer un réseau national de piézomètres en milieux humides et de verser les données dans la base de données ADES. Pour ce faire, 3 étapes sont nécessaires : (1) créer un réseau de piézomè- tres auprès du Service d?administration national des données et référentiel sur l?eau (SANDRE), (2) obtenir les codes nationaux de la Banque du Sous-Sol (BSS) des points de suivi auprès du BRGM (plateforme DUPLOS), et (3) verser les données dans ADES à l?aide d?un parseur mis à disposition par le SANDRE. Un guide sur la procédure de collecte et de bancarisation des don- nées piézométriques en milieux humides corédigé par la FCEN, l?OFB, le BRGM, l?OIEau et le MTE sera publié d?ici la fin de l?année 2025. Ce document détaille la procédure d?ensemble à suivre pour permettre la remontée des données piézométriques en milieux humides dans ADES. Anne Winckel, Ingénieure hydrogéochimiste expert, cheffe de projet ADES au BRGM Manon Jouve, Chargée de mission Système d?Information Géographique (SIG) et informatique, Fédération des conservatoires d?espaces naturels 3 ? https://ades.eaufrance.fr/ 4 ? http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-69356-FR.pdf ? déployer des formations locales pour la prise en main des protocoles et indicateurs, ou des outils de saisie et de calcul. François Micheau, directeur de programmes, Fédération des Conservatoires d?espaces naturels honorine Baldenweck Ruffenach, Chargée de projet observation et évaluation des milieux humides, UAR PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) Plus d?informations https://reseau-cen.org/fleuves-milieux-humides/mheo/ https://rhomeo-bao.fr/ http://ligero-zh.org/projet-ligero https://www.artois-picardie.eaufrance.fr/eau-et-biodiversite/zo- nes-humides/article/la-politique-du-bassin-en-faveur-des-zones- humides https://www.zones-humides.org/mheo-dispositifs-d-observation- et-de-suivi-d-operation-de-restauration 1 ? https://www.zones-humides.org/sites/default/files/PNMH/ Gth%20Connaissance/30_PNMH4_vsept-2024.pdf https://professionnels.ofb.fr/fr/doc-rencontres/partageons-nos-experiences-en-faveur-milieux-humides-ndeg83 https://professionnels.ofb.fr/fr/doc-rencontres/partageons-nos-experiences-en-faveur-milieux-humides-ndeg83 https://professionnels.ofb.fr/fr/doc-rencontres/partageons-nos-experiences-en-faveur-milieux-humides-ndeg83 https://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/preservation-et-restauration-des-milieuxzones-humides/la-politique-du-bassin-en-faveur-des-zones https://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/preservation-et-restauration-des-milieuxzones-humides/la-politique-du-bassin-en-faveur-des-zones https://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/preservation-et-restauration-des-milieuxzones-humides/la-politique-du-bassin-en-faveur-des-zones https://ades.eaufrance.fr/ http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-69356-FR.pdf https://www.zones-humides.org/sites/default/files/PNMH/Gth%20Connaissance/30_PNMH4_vsept-2024.pdf https://www.zones-humides.org/sites/default/files/PNMH/Gth%20Connaissance/30_PNMH4_vsept-2024.pdf ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 10 DOSSIER Comment suivre les zones humides ? panorama des différentes méthodes HYDRINDIC : suivre et évaluer l?efficacité des opérations de restauration/création de zones humides avec un indicateur hydrologique R estaurer, gérer et préserver les milieux humides consti- tuent des solutions fondées sur la nature (SfN), so- lutions dites « sans regret », largement plébiscitées aujourd?hui face aux défis croisés des changements climati- ques, de l?érosion de la biodiversité, des risques naturels liés à l?eau, etc. Cependant, le déploiement des SfN pâtit large- ment d?un manque d?informations sur les performances et les co-bénéfices qu?apportent ces solutions. En effet, si de nombreux projets ont vu le jour ces dernières décennies, la robustesse des suivis mis en oeuvre doit être renforcée, tant pour vérifier l?atteinte des objectifs que pour évaluer les co- bénéfices. Nombre de fonctions réalisées par les zones humides dé- pendent directement du fonctionnement hydrologique de celles-ci. La restauration d?un fonctionnement hydrologique adéquat est également un facteur clé de la réussite de pro- jets de restauration. Le besoin d?un indicateur hydrologique a été émis par des porteurs de projet, associations de conser- vation de la nature, services de l?État, établissements publics de l?État et bureaux d?études. Pensé pour améliorer le suivi et l?évaluation des opérations de restauration/création de zo- nes humides, le projet Hydrindic1 promeut le développement de suivis hydrologiques et l?évaluation des opérations de res- tauration/création avec un indicateur spécifique. Un tel indicateur a été développé pour suivre et évaluer le succès des opérations de restauration/création de zones humides de montagne au cours d?un projet Irstea-Colorado State University en 2013-2014 (Gaucherand et al. 2013, Coo- per et al. 2017). Cet indicateur a été étendu à une variété de milieux aux États-Unis entre 2015 et 2018 (Sueltenfuss & Cooper 2019). Appelé « HYDRINDIC » ici, cet indicateur a été adapté et testé en métropole dans une variété de zones humides durant le projet du même nom (2020-2021). L?indicateur est basé sur la comparaison des variations de profondeur de nappe mesurées pendant au moins 12 mois, simultanément sur un site en voie de restauration/création et des sites de référence correspondant à l?objectif de restaura- tion/création (appelés SCORs). Un tableur pré-rempli permet, à partir des données brutes, de visualiser le fonctionnement hydrologique de la zone humide en voie de restauration (va- riation de la profondeur de nappe, hydropériode) et de mettre ce fonctionnement en perspective avec celui des SCORs. En fonction des résultats, un indicateur est calculé. Si les ré- sultats de l?indicateur sont médiocres, un arbre de décision renvoie vers les questions à creuser pour améliorer le projet de restauration/création. Les résultats obtenus avec cet indi- cateur permettent donc d?alerter sur la trajectoire d?évolution des zones humides en voie de restauration/création vis-à-vis Les méthodes d?état de conservation des habitats humi- des1 La détérioration des écosystèmes est un problème majeur à l?échelle mondiale. Les principales menaces identifiées sont le changement d?utilisation des terres, l?exploitation directe des or- ganismes, le changement climatique, les pollutions ou encore les espèces exotiques envahissantes (EEE) (Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services 2019). Parmi eux, les écosystèmes d?eau douce, notamment les zones humides (ZH), apparaissent comme les plus menacés. Un des objectifs de la directive Habitats-Faune-Flore est le main- tien, ou la restauration, dans un état de conservation (EC) favorable des habitats et des espèces d?intérêt communautaire (HIC) listés dans ses annexes. Afin de répondre à cet objectif, le ministère en charge de l?écologie a confié à PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) la mise en place de méthodes d?évaluation de l?EC des HIC à l?échelle des sites Natura 2000. Ces méthodes doivent être relativement simples à mettre en oeuvre, reproductibles et standardisées sur l?ensemble du territoire hexagonal et corse. Les travaux sont enga- gés depuis 2008 et ont vu paraître plusieurs guides méthodologi- ques traitant des habitats forestiers, dunaires, agropastoraux, etc. Pour les habitats humides, un premier travail a porté sur les eaux courantes en 2013. Se sont succédés depuis plusieurs travaux, 1 ? https://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/ pdf/naturae2021a7.pdf notamment sur les eaux dormantes, les habitats tourbeux ou en- core les landes humides atlantiques. À l?heure actuelle, 98 % des HIC humides recensés sur le territoire métropolitain sont couverts par une méthode d?évaluation ou ont fait l?objet d?une première ap- proche méthodologique. L?analyse de la littérature, les COPIL, ainsi que les phases de ter- rain successives permettent de mettre en avant des indicateurs potentiellement pertinents dans une démarche d?évaluation à l?échelle des sites. Ces études aboutissent à la production de gui- des méthodologiques à destination des opérateurs. Les versions des différentes grilles proposées aujourd?hui sont plus ou moins abouties selon les types d?habitats. Les méthodes, jugées tout à fait valides et pertinentes par les différentes parties prenantes ayant participé à leur réalisation, se veulent évolutives. Les grilles sont remaniées après chaque nouvelle phase de test et/ou retours d?expérience des utilisateurs, si jugé pertinent. Un équilibre entre précision scientifique et faisabilité est primordial pour que ces méthodes soient à la fois valides et applicables par les opérateurs Natura 2000. Ce travail n?en reste pas moins es- sentiel si l?on souhaite rendre compte de l?évolution des habitats français au sein du réseau européen. Margaux Mistarz, Responsable « Surveillance des habitats ouverts » UAR PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) en savoir plus https://www.patrinat.fr/fr/methodologies-devaluation-de-letat- de-conservation-des-habitats-6072 https://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/pdf/naturae2021a7.pdf https://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/pdf/naturae2021a7.pdf https://www.patrinat.fr/fr/methodologies-devaluation-de-letat-de-conservation-des-habitats-6072 https://www.patrinat.fr/fr/methodologies-devaluation-de-letat-de-conservation-des-habitats-6072 ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 11 DOSSIER de l?objectif fixé et informer sur les causes possibles d?un éventuel échec. L?indicateur doit idéalement être mis en oeu- vre avant et après les travaux de restauration. Si ce n?est pas possible, il peut cependant aussi être utilisé pour contrôler les résultats obtenus après la réalisation des travaux. Nous proposons l?utilisation de l?indicateur HYDRINDIC en France métropolitaine pour suivre et évaluer le succès des opéra- tions de restauration/création de zones humides. Le guide méthodologique HYDRINDIC (version 1, janvier 2023) contient les informations nécessaires pour la mise en place de suivis piézométriques (stratégie de déploiements des piézomètres, matériel nécessaire, coûts, etc.), ainsi qu?une proposition d?analyse des données et d?évaluation de l?efficacité des opérations de restauration/création d?un point de vue hydrologique (mise à disposition d?un tableur automa- tisé et d?un outil en ligne pour le calcul de l?indicateur, arbre de décision). L?ensemble des travaux associés à HYDRINDIC ont été finan- cés par l?OFB et réalisés par INRAE en partenariat notamment avec PatriNat, Le CEN Savoie ainsi que les bureaux d?études Soltis-environnement et Biotope. Stéphanie Gaucherand, Ingénieur-chercheur en écologie chez INRAE, LESSEM -?Laboratoire Ecosystèmes et Sociétés En Montagne Comment suivre les zones humides ? panorama des différentes méthodes 1 ? https://www.zones-humides.org/hydrindic-le-guide-methodo- logique-est-publie; https://www.zones-humides.org/sites/de- fault/files/guide_hydrindic_v1.pdf Zones humides : application mobile SoIRedOx et Done- Sol La liste des études pédologiques référencées sous DoneSol est disponible avec l?outil de consultation REFERSOLS1. Grâce à leurs colorations spécifiques, les sols hydromorphes sont utilisés pour caractériser réglementairement les zones humides. Si le diagnostic est efficace, les situations sont cependant très variées et parfois complexes à analyser. Un diagnostic de qua- lité repose avant tout sur la formation et l?accompagnement des opérateurs de terrain. SolRedOx est une application tablette et té- léphone mobile, développée par la commission Zones Humides de l?AFES (Association Française pour l?Etude des Sols) et l?Office français de la biodiversité, pour faciliter la caractérisation des sols hydromorphes sur le terrain, et notamment identifier et anticiper la délimitation des zones humides au titre de la réglementation. Les objectifs sont multiples : encourager une démarche naturaliste associant l?analyse de l?en- vironnement à celle du sol. Les causes de l?engorgement des sols, responsables de leur hydromorphie, sont dictées par les condi- tions particulières de l?environnement (Climat, Roche, relief). So- lRedOx propose une démarche par échelle descendante, de l?ana- lyse régionale à la microtopographie, en intégrant les influences humaines, offrant le recul nécessaire pour l?interprétation du sol. Cette approche permet d?éviter les écueils de mésinterprétation et de comprendre le fonctionnement hydro-pédologique. harmoniser la lecture des signes d?hydromorphie des horizons pédologiques. Si les morphologies hydromorphes sont diverses, les processus pédologiques qui y conduisent sont cohérents. Pourtant l?interprétation des colorations pédologiques est parse- 1 ? https://refersols.gissol.fr/ mée de pièges (couleurs équivoques), et de difficultés d?appré- ciation (travail du sol et colorations organique). SolRedOx suit un protocole hiérarchisé et rigoureux qui oriente vers un examen qualitatif du sol. Sa mise en oeuvre passe par l?utilisation d?un vo- cabulaire dédié et reconnu par le Référentiel Pédologique 2008. Améliorer la qualité des diagnostics. SolRedOx accompagne l?opérateur non pédologue (ou pédologue) à la saisie de ses obser- vations, selon une démarche logique, modulée par des contrain- tes de saisie et agrémentée de documents didactiques à l?appui. Finalement, la qualification des horizons du sol selon leur hydro- morphie est améliorée et concours à une meilleure identification des sols des zones humides. Collecter les données dans DoneSol : La base de données Do- neSol capitalise et centralise l?ensemble de la connaissance des sols sur le territoire (ponctuelles ou surfaciques) acquises, en ma- jorité, au travers des programmes du GIS Sol2. Les données sont structurées suivant un format national décrit dans un dictionnaire, des outils de saisie et d?export sont disponibles via une interface Web3. Les données sont gérées par l?unité Info&Sols d?INRAE. La liste des études pédologiques référencées sous DoneSol est dis- ponible avec l?outil de consultation REFERSOLS4. L?application SolRedOx devrait être téléchargeable sur le site de l?AFES. En outre, pour une utilisation optimale de l?application, l?AFES et l?OFB proposeront des formations dédiées. Christophe Ducommun, Institut-Agro Rennes Angers, Président de la Commission Zones Humide de l?AFES Bertrand Laroche, directeur adjoint de l?unité INRAE Info&Sols https://www.afes.fr/application-zones-humides-zh-2/ 2 ? https://www.gissol.fr/ 3 ? https://dw4.gissol.fr/login 4 ? https://refersols.gissol.fr/ © S . L er oy (O EC ) https://refersols.gissol.fr/ https://www.gissol.fr/ https://dw4.gissol.fr/login https://refersols.gissol.fr/ ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 12 DOSSIER Focus avancement Outre-mer P our répondre à la nécessité de disposer d?une carto- graphie fiable et homogène des milieux et des zones humides dans les DROM (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte et La Réunion), un projet de recherche et développement visant à prélocaliser les milieux et les zones humides1 a été lancé début 2024. Le projet, financé par le ministère en charge de l?écologie, est une action clé du 4e plan national d?actions pour les milieux humides 2022-2026. Une équipe pluridisciplinaire constituée de PatriNat, de l?IRD, de l?ONF et de l?Université de Rennes 2 se mobilise pour réaliser ce projet, avec l?intégration des ac- teurs locaux techniques et spécialisés, par exemple dans le domaine de la flore (Conservatoires Botaniques, Herbier de Guyane), et en appliquant la méthode de prélocalisation éprouvée sur l?hexagone en l?adaptant aux particularités de chaque DROM. Afin d?alimenter ou de valider la prélocalisation issue de la méthode, un travail de collecte des informations existantes mais aussi de données originales de terrain sur le sol et les habitats a été effectué. Sur ces territoires, les critères d?iden- tification et de délimitation des zones et milieux humides Prélocalisation des milieux et zones humides dans les DROM sont en cours d?élaboration1. Ce travail complètera les carto- graphies existantes dans ces territoires, comme les inventai- res, puisqu?une prélocalisation porte sur les milieux et zones humides probables alors que les inventaires portent sur les milieux et zones humides effectifs. Une prélocalisation et un inventaire sont donc complémentaires. L?objectif est de fournir une cartographie inédite en incluant les spécificités propres à chaque territoire, à l?instar de ce qui a été produit en 2023 sur l?hexagone2. Les résultats obtenus avaient une qualité supérieure aux cartes existantes (locales, nationales, européennes) pour tous les types de milieux et de zones humides. Maya Tanguy, Chargée d?étude ? Animation du projet de Cartographie Nationale des Milieux Humides dans les DROM, Patrinat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) 1 ? https://www.patrinat.fr/fr/actualites/cartographie-nationale- des-milieux-humides-en-outre-mer-7272 2 Voir page 5 de ce numéro. Identification et délimitation des zones humides dans les DROM E n France, les zones humides sont reconnues par le Code de l?environnement depuis la loi sur l?eau de 1992. Cependant, il n?existe pas encore d?arrêté interministé- riel pour identifier et délimiter les zones humides dans les Départements et Régionaux d?Outre-Mer (DROM), ce qui li- mite l?application de la réglementation sur les zones humi- des dans le cadre de la préservation de l?eau et des milieux aquatiques. Depuis 2022, avec l?appui du ministère en charge de l?éco- logie, l?OFB, PatriNat et leurs partenaires ont développé des protocoles et listes de référence pour identifier et délimiter les zones humides en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion et Mayotte1. Des spécialistes du MNHN, du CIRAD, des CBN, de l?IRD, de bureaux d?études (Biotope) se sont appuyés sur la biblio- graphie scientifique et sur leur expertise pour élaborer des protocoles et des listes de références sur les habitats, les es- pèces végétales et les sols adaptés à chaque contexte éco- logique permettant d?identifier et délimiter une zone humide. Ces outils ont été testés sur 129 sites, avec 466 relevés de terrain et révisés au regard des retours terrain. En parallèle, des réunions ont été organisées, avec l?appui des services de l?État (les DEALs, DEALM et la DGTM), dans chaque territoire pour inviter les acteurs intéressés à partici- per au projet et à faire part de leurs commentaires et retours critiques. Le projet a abouti à la publication de 5 fascicules : Introduc- tion générale et objectifs, Contextes physiques et écolo- giques des DROM et implications, Panorama de 20 ans de connaissances sur les zones humides dans les DROM, Dé- marche de Recherche & Développement pour l?élaboration de protocoles et listes de références, Protocoles et listes de référence. Après consultation d?instances locales et nationales, ces outils sont destinés à être officialisés par un arrêté intermi- nistériel qui permettra de préserver plus efficacement ces écosystèmes, aussi précieux pour nos sociétés que fragiles. Marine Porteneuve, Chargée de projets « Animation scientifique sur les milieux humides en Outre-mer », UAR PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) en savoir plus https://www.youtube.com/watch?v=Rqz0kd6WrUM 1 ? https://www.zones-humides.org/actualites/webconference- protocoles-et-listes-de-references-pour-l-identification-et-la-de- limitation-des-zones-0 https://www.patrinat.fr/fr/actualites/cartographie-nationale-des-milieux-humides-en-outre-mer-7272 https://www.patrinat.fr/fr/actualites/cartographie-nationale-des-milieux-humides-en-outre-mer-7272 https://www.youtube.com/watch?v=Rqz0kd6WrUM https://www.zones-humides.org/actualites/webconference-protocoles-et-listes-de-references-pour-l-identification-et-la-delimitation-des-zones-0 https://www.zones-humides.org/actualites/webconference-protocoles-et-listes-de-references-pour-l-identification-et-la-delimitation-des-zones-0 https://www.zones-humides.org/actualites/webconference-protocoles-et-listes-de-references-pour-l-identification-et-la-delimitation-des-zones-0 ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 13 DOSSIER Focus avancement Outre-mer Les mangroves d?Outre- mer sous la loupe de CARNAMA L es mangroves figurent parmi les écosystèmes tropicaux les plus précieux et les plus menacés. En Outre-mer français, elles couvrent près de 80 000 hectares, jouant un rôle essentiel de nurserie, de protection côtière et de ré- servoir de biodiversité. Connaître leur localisation précise et suivre leur évolution est donc indispensable pour orienter les politiques de gestion. Depuis 2016, la cartographie nationale des mangroves (CARNAMA) constitue la référence en la ma- tière. CARNAMA : une base de référence Fruit d?un travail initié par le Comité français de l?UICN et le Pôle-relais zones humides tropicales, dans le cadre du Ré- seau d?Observation et d?aide à la gestion des Mangroves (ROM), CARNAMA repose sur l?analyse d?images satellites Sentinel-2. Son principal atout est une méthodologie har- monisée : mêmes données, mêmes dates, même protocole, couvrant plus de 99,9 % des mangroves françaises. Les ter- ritoires trop petits pour être détectés (Juan de Nova, Wallis, Saint-Barthélemy, Polynésie) ont été cartographiés par pho- to-interprétation. Depuis sa diffusion en 2016, la base n?a cessé d?évoluer. Les mangroves de plusieurs îles de Nouvelle-Calédonie ont été ajoutées, des corrections de projection ont amélioré la préci- sion, et un nouveau format d?encodage (Geopackage) facilite l?usage des données. En 2023, une nouvelle version (CAR- NAMA v2) a été mise à disposition des membres du ROM et intégrée à la base internationale Global Mangrove Watch. Suivre l?évolution dans le temps Au-delà de la photographie actuelle, le Comité français de l?UICN pilote depuis 2022 un projet de cartographie diachro- nique pour comprendre les dynamiques entre les années 1950 et 2020. À partir d?images aériennes et satellites, trois phases successives ont permis de reconstituer l?histoire des mangroves ultramarines. Les résultats montrent des trajectoires contrastées : ? Guadeloupe : augmentation des surfaces entre 1950 et 1984 (+20,6 %), suivie d?une légère régression (?1,4 %) de- puis. L?extension s?explique surtout par la colonisation d?an- ciens marais saumâtres, tandis que l?urbanisation reste un facteur de perte. ? Martinique : stabilité globale des surfaces, mais avec des gains en front de mer compensant des pertes en arrière- mangrove. Une résilience spatiale est observée. ? Saint-Martin : forte régression (?40 % entre 1950 et 2020), en raison de l?artificialisation, malgré quelques recolonisa- tions ponctuelles. ? Saint-Barthélemy : cas le plus critique, avec une perte de 65 % des surfaces depuis 1950. Les mangroves actuelles sont jeunes, fragmentées et sous forte pression. ? Mayotte (avant CHIDO) : stabilité apparente, mais équili- bre fragile avec des dynamiques internes marquées. Près de 30 % de la surface change de place entre chaque période. ? Wallis : progression notable (+18,1 % entre 2004 et 2020), grâce aux protections coutumières et à des actions locales de restauration. ? Polynésie française : augmentation des surfaces, notam- ment à Moorea, mais liée à l?expansion d?une espèce intro- duite (Rhizophora stylosa) désormais considérée comme potentiellement envahissante. Trois profils de trajectoires Trois grands profils se dégagent : ? les territoires en perte nette (Saint-Barthélemy, Saint- Martin), sous pression urbaine ; ? les territoires stables mais dynamiques (Martinique, Mayotte) ; ? les territoires en progression (Guadeloupe, Wallis, Polyné- sie), par relâchement des pressions ou actions locales. Une base pour la gestion CARNAMA et la cartographie diachronique offrent désor- mais une vision spatiale et temporelle de l?état des mangro- ves ultramarines. Ces outils sont essentiels pour l?IFRECOR et pour les gestionnaires locaux, afin d?identifier les zones prioritaires, mesurer l?efficacité des politiques publiques et anticiper les risques liés au changement climatique ou à l?ur- banisation. Les mangroves d?Outre-mer, si diverses et contrastées, té- moignent à la fois de leur fragilité et de leur résilience. Grâce à une prélocalisation toujours plus fine et à un suivi inédit, leur avenir pourra être mieux accompagné. Gaëlle Vandersarren, Coordinatrice du Pole relai ZHT au Comité français de l?UICN Liens utiles ? Cartographie diachronique : évolution de la surface des man- groves dans le temps : https://www.ffem.fr/sites/ffem/files/2025- 07/2023_analyse_diachro_rapport_vf_17mai2023.pdf ? 2023, une nouvelle version de CARNAMA pour les membres du ROM : https://www.pole-tropical.org/actions/les-actions-du-reseau- dobservation-des-mangroves/2023-une-nouvelle-version-de-carna- ma-pour-les-membres-du-rom/ ? Rapport CARNAMA : https://www.pole-tropical.org/wp-content/ uploads/2023/07/Rapport_CARNAMA_v2.pdf https://www.ffem.fr/sites/ffem/files/2025-07/2023_analyse_diachro_rapport_vf_17mai2023.pdf https://www.ffem.fr/sites/ffem/files/2025-07/2023_analyse_diachro_rapport_vf_17mai2023.pdf https://www.pole-tropical.org/actions/les-actions-du-reseau-dobservation-des-mangroves/2023-une-nouvelle-version-de-carnama-pour-les-membres-du-rom/ https://www.pole-tropical.org/actions/les-actions-du-reseau-dobservation-des-mangroves/2023-une-nouvelle-version-de-carnama-pour-les-membres-du-rom/ https://www.pole-tropical.org/actions/les-actions-du-reseau-dobservation-des-mangroves/2023-une-nouvelle-version-de-carnama-pour-les-membres-du-rom/ https://www.pole-tropical.org/wp-content/uploads/2023/07/Rapport_CARNAMA_v2.pdf https://www.pole-tropical.org/wp-content/uploads/2023/07/Rapport_CARNAMA_v2.pdf ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 14 DOSSIER État des lieux sur l?altération des zones humides E n 2021, l?agence de l?eau Rhône Méditerranée Corse s?est doté d?un nouvel outil pour qualifier les zones hu- mides par les fonctions et les pressions1 qu?elles su- bissent. L?espace humide de référence (EHR) est un nouveau référentiel du bassin Rhône-Méditerranée. Il informe sur la superficie dans laquelle les facteurs écologiques physiques, continus et stables dans le temps, concourent à la circula- tion de l?eau, à sa rétention voire à l?engorgement temporaire ou permanent des sols2. Les facteurs fonctionnels sont abio- tiques (géologie, pente, morphologie, climat) et le fonction- nement est continu. Cela le distingue des inventaires dans le bassin, qui sont discontinus et illustrent la valeur écolo- gique. L?EHR c?est un ensemble continu de 53 600 km² dans le bas- sin Rhône-Méditerranée (130 600 km²). En 2020, l?artificialisation concerne 10,9 % de l?EHR soit 5 850 km² qui ont totalement disparus sous l?urbanisation et les grands équipements. Ce chiffre apporte une première estimation réaliste des superficies fonctionnelles perdues dans le bassin. Cette valeur conséquente reste très en deçà des chiffres dans la littérature (60 % voire 80 % des zones humides disparues). Analyse des pressions d?artificialisation et agricoles dans le bassin Rhône-Méditerranée. Penser globalement pour panser localement La pression des pratiques agricoles intéresse tous les pos- tes du référentiel parcellaire graphique sauf les prairies, les landes et les estives, soit 19,5 % en 2020 contre 18,2 % en 2008. Contrairement à l?artificialisation, les fonctions ne sont pas totalement détruites et la réversibilité est possible pour les secteurs drainés par exemple. Aussi certaines cultures en plaines alluviales sont régulièrement inondées (fréquence 1 à 3 ans) avec une fonction hydrologique efficiente et un en- gorgement des sols temporaire. Ceci démontre que ce n?est pas l?usage du sol (prairies, cultures, boisements?) qui définit ce qu?est une zone humide mais bien des critères fonction- nels et factuels (morphologie des sols, végétation hygrophile quand elle existe, fréquence de crue...). Comprendre les processus écologiques à l?origine du fonc- tionnement des zones humides est indispensable pour agir efficacement sur les causes de dégradation de leur fonc- tions. Les indicateurs de pression sont actualisés tous les trois ans pour illustrer le tableau de bord du Schéma direc- teur d?aménagement et de gestion des eaux. François Chambaud, Chargé d?études à l?Agence de l?eau Rhône Méditerranée et Corse, 1 ? Protocoles de la boîte à outils RhoMéo 2 ? Chambaud F., Bouscary P. (2022). L?espace humide de référen- ce : un nouveau référentiel en appui à la gestion des zones hu- mides. Concept, méthode, résultats, utilisation. Collection eau & connaissance. Agence de l?eau Rhône Méditerranée et Corse. 3 ? Chambaud F., Lucas J, Oberti D. (2012). Guide pour la recon- naissance des zones humides du bassin Rhône-Méditerranée. Volume 1 : méthode et clés d?identification, 138 p. Volume 2 : fiches des écorégions et clés d?identification, 246 p. Agence de l?eau RMC. L?EHR et ses grands types morphologiques fonctionnels3. Analyse diachronique des pressions de l?artificialisation et des pratiques agri- cole dans le bassin Rhône-Méditerranée et son EHR. Plateau de Caille (06), F. Chambaud février 2012. ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 15 DOSSIER différents sur le territoire breton, mais aussi à l?attractivité de la métropole rennaise et de la frange littorale. Malgré la reconnaissance des services rendus par ces mi- lieux, la destruction des zones humides, même si elle est maintenant très réglementée, se poursuit. Entre 2004 et 2020, ce sont encore 224 autorisations d?aménagements impactant directement des zones humides qui ont été ac- cordées en Bretagne. Ces surfaces font l?objet de compen- sation, mais ces mesures n?assurent que très rarement une équivalence fonctionnelle. Par ailleurs, sur le terrain, les tech- niciens milieux aquatiques observent encore de nombreux impacts sur des surfaces inférieures au seuil de déclaration ou en infraction. Armel Dausse, Cheffe de projets Restauration de zones humides au Forum des Marais Atlantiques État des lieux sur l?altération des zones humides Identification et quantification des pressions affectant les zones humides de Bretagne Dans le cadre du Réseau sur la restauration des zones humi- des de Bretagne, le Forum des Marais Atlantiques a souhaité évaluer le niveau de destruction ou d?altération des zones humides de la région. L?analyse, réalisée en 2019, montre qu?en moyenne 8,8 % du territoire couvert par des inventaires à cette date (97 % de la Bretagne) est occupé par des zones humides effectives. Or 21 % du territoire breton est considéré comme zones humides potentielles (ZHP) (AgroTransfert Bretagne 2007), hors domaine maritime. Ces surfaces cor- respondent, selon les auteurs du modèle servant à localiser les ZHP, à celles qui devaient être occupées par des milieux humides avant intervention humaine (cette notion n?est pas forcément transposable à d?autres pré-localisations). Ainsi, aux erreurs près de modélisation et d?inventaires, ce serait une proportion de 61 % des zones humides existantes qui auraient disparues en Bretagne. Afin de qualifier et quantifier ces altérations, des croisements ont été réalisés entre les enveloppes des ZHP et les surfaces occupées par différents aménagements ou occupation du sol pouvant détruire ou impacter les zones humides à sa- voir les infrastructures urbaines et de transport, la mise en culture agricole et sylvicole, la création de plans d?eau no- tamment. Les résultats montrent qu?en moyenne 47 % des zones humides potentielles de Bretagne étaient occupés en 2019 par ces aménagements et usages, soit 264 454 ha. La différence entre ce pourcentage et les zones humides effec- tives inventoriées provient à la fois des erreurs inhérentes à la modélisation, aux inventaires incomplets des zones hu- mides effectives, mais surtout à l?impossibilité de localiser certaines sources d?altération telles que les remblais, le drai- nage ou les effets indirects liés notamment à la rectification des cours d?eau et aux infrastructures. L?urbanisation et les infrastructures de transport sont respon- sables de 6,4 % et 2,3 %, respectivement, de destruction de zones humides. La mise en culture est présente sur 33,6 % de la surface des ZHP et correspond à la source d?altération principale puisqu?elle constitue en moyenne 71 % de la surfa- ce totale altérée. Les plantations de résineux et de peupliers couvrent 4 % des ZHP. Les activités agricoles et sylvicoles ont des impacts très variés selon les pratiques mais sont souvent accompagnées de drainages (de 1 à 15 % de la SAU selon les départements) et labours, qui altèrent fortement le fonctionnement des milieux humides. Enfin, parmi les amé- nagements analysés, les plans d?eau occupent 1,9 % de la surface des ZHP. Ces chiffres moyens cachent une forte variabilité territoriale et notamment une nette différence entre l?est et l?ouest de la région. Les zones humides ont été globalement beaucoup plus altérées à l?est, où dans certains secteurs plus de 80 % des ZHP sont impactés. Ces différences sont en grande par- tie imputables à des contextes topographiques et pédocli- matiques contrastés ayant entraîné des usages des terres Ratio, par bassin versant, entre zones humides effectives (ZHE) inventoriées et zones humides potentielles (ZHP) et pourcentage de perte théorique de zones humides sur les départements bretons. Source FMA Proportion, par bassin versant, des zones humides potentielles occupées par un aménagement ou un usage connu pour altérer les fonctions de ces milieux. Source FMA ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 16 DOSSIER État des lieux sur l?altération des zones humides Vers un inventaire du réseau de drainage agricole : la Base de Données Drainage L e drainage des parcelles agricoles, mis en place pour l?agriculture dans certaines régions, peut avoir des im- pacts sur l?eau et les écosystèmes aquatiques. Les archives des opérations de drainage passées (notamment dans les années 1970-1980) ont été conservées par diver- ses administrations, financeurs, chambres d?agriculture, as- sociations syndicales de drainage et entreprises de travaux. Cependant, ces archives sont souvent difficiles à retrouver, voire perdues. Généralement incomplètes, elles ne fournis- sent pas d?informations sur le trajet de l?eau depuis les par- celles drainées jusqu?à l?exutoire du réseau de drainage. Le projet BD-Drainage porté par l?OFB et le BRGM vise à créer un outil national de collecte et de partage des données sur le drainage. Il s?appuie sur une première version développée en Normandie par le BRGM et l?AREAS avec l?agence de l?eau Seine Normandie. Cet outil inclura la cartographie des zones drainées, les trajets de l?eau et des exutoires vers le milieu récepteur. Les moyens techniques et l?organisation sont en cours d?adaptation pour passer à cette nouvelle échelle na- tionale. Les données de l?enquête décennale (2010) du service des statistiques du ministère en charge de l?agriculture, l?AGRES- TE, auprès des agriculteurs (déclaratif) nous ont permis de pré-identifier les territoires présentant probablement d?im- portantes surfaces drainées. En 2023, une enquête nationale réalisée par le BRGM, AREAS et l?OFB a permis de recenser les sources de données disponibles auprès de différents ac- teurs. Outil parcours aval sur la BD drainage (source SIGES Normandie, BRGM). En 2024, le dictionnaire de la Base de Données Drainage (BD-Drainage) a été finalisé par le Service d?Administration Nationale des Données et Référentiels sur l?Eau (SANDRE). Ce dictionnaire, élaboré par un groupe d?experts ? Chambres d?agriculture France, INRAE, ANDHAR, BRGM, OFB, MTE, DDT et EPAGE ? a permis de stabiliser une sémantique commune et de définir un cadre de partage des données sur le drainage agricole. En 2025, la base de données est en cours de mise à jour pour intégrer des données provenant de différentes sour- ces. Un accompagnement des nouveaux contributeurs, une assistance aux utilisateurs et des formations sont prévues en 2026. Le site web BD-Drainage1 permettra de diffuser ces informations plus largement à une communauté intéressée par la BD-Drainage nationale et ses outils. Susanne Schomburgk, Hydrogéologue/Cheffe de projet au Bureau de Recherche Géologique et Minières (BRGM) Direction Eau Jérome Ledun, Chargé de mission ? Expert aménagement des territoires, ruissellement, inondation, érosion chez AREAS Julie Neury Ormanni, Dre Ecologie évolutive et fonctionnelle des communautés - Chargée de mission Milieux Humides et Plans d?eau DCE à l?OFB 1 ? https://bddrainage.eaufrance.fr/ https://bddrainage.eaufrance.fr/ ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 17 DOSSIERDOSSIER Importance des inventaires de zones humides dans l?aménagement du territoire L?importance de l?intégration des inventaires de zones humides dans les documents d?aménagement du territoire Comment intégrer les inventaires de zones humides dans les documents d?urbanisme ? Depuis la loi du 21 avril 2004 transposant la directive cadre sur l?eau, les documents d?urbanisme (DU) ? schéma de cohérence territoriale (SCOT), plan local d?urbanisme (inter- communal) PLU(i) et cartes communales (CC) ? doivent être « compatibles » avec les objectifs prévus par les SDAGE et les SAGE (C. urb., art. L. 131-1, 8°, L. 131-6). Cette obligation de non contrariété, qui laisse une marge de manoeuvre aux acteurs chargés de l?urbanisme, concerne notamment l?inté- gration des inventaires des zones humides dans les DU. Intégration des inventaires prévus ou réalisés par les SDAGE/SAGE Cette intégration est réalisée, soit en appliquant les disposi- tions des SDAGE/SAGE prévoyant les modalités d?intégration des inventaires de zones humides dans les DU, soit, en l?ab- sence de précisions, en intégrant tout ou partie des inventai- res réalisés par ces SDAGE/SAGE.1 Exemple : le SAGE Camargue gardoise (PAGD, A1-4) a réalisé un inventaire des zones humides (1/25 000e) sur les parcel- les de plus d?un hectare. Il recommande que le SCOT identifie les zones humides du territoire via une cartographie spécifi- que basée sur l?atlas cartographique du SAGE. Les PLUi peu- vent prévoir la réalisation d?un inventaire des zones humides à la parcelle sur les secteurs potentiellement urbanisables, y compris les zones humides de moins de 1 000 m2. L?intégration de ces inventaires se traduit par la réalisation de documents cartographiques au sein des DU. Pour le PLU, ces documents cartographiques sont opposables aux tiers (C. urb., art. L. 152-1) mais seulement s?ils sont repris dans le règlement du PLU, précise la jurisprudence. Lorsque les documents cartographiques du SAGE identifient, avec une précision suffisante, les parties de zones humides sur lesquelles une interdiction d?assèchement, d?imperméa- bilisation, de mise en eau ou de remblai est prévue, ces sec- teurs doivent apparaître dans les documents graphiques du règlement du PLU (C. envir., art. R. 212-47). [voir l?article sur le décret SAGE]. 1 Voir l?encadré page 18. Une caractérisation facultative via l?arrêté de 2008 modifié Le PLU peut délimiter des « secteurs humides » par le biais des documents graphiques, notamment en zone N (natu- relle), dans un but de protection et de mise en valeur de ces secteurs à intérêt écologique, même si ceux-ci ne peuvent être qualifiés de zones humides au titre de l?article L. 211-1 du code de l?environnement (CAA Lyon, 18 janv. 2011, n° 10LY00293). Les auteurs du PLU peuvent se référer, pour la définition des zones humides qu?ils ont identifiées dans la partie graphique du règlement du PLU, aux critères de caractérisation préci- sés dans l?arrêté de 2008. Ils sont alors contraints de respec- ter le protocole de caractérisation figurant dans cet arrêté. Est illégale une identification de zone humide basée sur la présence d?habitats pro parte pour lesquels ils n?étaient pas possible de conclure sur la nature de zone humide à partir de la seule lecture des données ou cartes relatives aux habitats si bien qu?une expertise des sols ou des espèces végétales devait être réalisée, ce qui n?a pas été le cas en l?espèce (CAA Nancy, 10 févr. 2025, n° 21NC03320). Conséquences d?un inventaire incomplet de zones humides Un inventaire incomplet peut rendre illégale toute ou partie du DU. La révision d?un PLU a été annulée car le rapport de présen- tation prévoyait seulement un repérage des zones humi- des tandis que les documents graphiques du règlement ne comportaient pas d?inventaire permettant de les localiser, le règlement lui-même ne contenant aucune des dispositions spécifiques à leur protection exigées par le SAGE (TA Ren- nes, 16 déc. 2011, no 0801930). Est illégale l?absence d?identification en zone humide par un PLU, de parcelles inondables situées au même niveau que des parcelles adjacentes constituées de zones humides avé- rées et dont la sensibilité écologique du secteur concerné a été cotée au niveau le plus élevé par le rapport de présenta- tion en tant que réservoir de biodiversité. Ces parcelles n?ont pas fait l?objet d?investigations pour détecter la présence de zones humides et ledit rapport ne comportait pas suffisam- ment d?informations sur la connaissance de celles-ci et leur préservation (CAA Nancy, 10 févr. 2025, n° 21NC03320). En revanche, le PLU peut légalement compléter l?identifica- tion et la délimitation des zones humides inventoriées par un SAGE (CAA Douai, 24 mars 2016, n° 14DA01293). Olivier Cizel, Juriste en droit de l?environnement ? Lefèbvre-Dalloz ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 18 DOSSIER Importance des inventaires de zones humides dans l?aménagement du territoire Les zones humides dans les règlements des SAGe Créés par la loi sur l?eau de 1992, les schémas d?aménagement et de gestion de l?eau (SAGE) sont l?outil de planification locale de l?eau en France. Leur portée s?est vue renforcée par la loi sur l?eau et les milieux aquatiques (2006), qui a prévu l?intégration aux documents du SAGE d?un règlement opposable aux tiers et aux actes administratifs. Élaboré en concertation par la Commission locale de l?eau (CLE), le règlement permet l?instauration de règles complémentaires de l?existant pour attendre le bon état des eaux ou les objectifs de gestion équilibrée de la ressource sur le territoire du SAGE. Les possibilités offertes à la CLE dans l?écriture des règles ont été pré- cisées par voie réglementaire (R212-47 du Code de l?environne- ment). Concernant les zones humides, les règles des SAGE peu- vent notamment porter sur les installations, ouvrages, travaux et activités (« procédure IOTA »), et sur les mesures compensatoires à l?altération de zones humides. un outil largement mobilisé en faveur des zones humides En conséquence, les SAGE adoptés ou révisés depuis 2006 peu- vent comporter une ou plusieurs règles visant la restauration ou la préservation des zones humides. En 2018, une étude1 a mis en évi- dence que plus de deux tiers des SAGE disposant d?un règlement comportaient au moins une règle relative aux zones humides. Aujourd?hui, la base de données nationale des règles de SAGE2 est accessible publiquement, et mise à jour régulièrement. Son analyse met en évidence, années après années, l?augmentation du nombre de SAGE dont le règlement comporte au moins une règle sur les zones humides (voir figure). La mobilisation de cet outil par les CLE en faveur des zones humides est confirmée, puisqu?en 2023, 113 SAGE disposaient d?un règlement comportant au moins 1 règle relative aux zones humides, soit 70 % des 161 SAGE dispo- sant d?un règlement. Maxime Fouillet, Médiateur scientifique « Eau et nature » Office international de l?eau 1 ? Liziard et al., 2018. Réglementer au près des territoires : le cas des Commissions Locales de l?Eau. 4 p. 2 ? https://www.gesteau.fr/base-regles-sage/sage Nombre de SAGE cumulés dont le règlement comporte au moins une règle relative aux zones humides (OiEau, 2025) © Honorine Baldenweck-Ruffenach ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 19 DOSSIER Importance des inventaires de zones humides dans l?aménagement du territoire Le SAGe et les documents d?urbanisme Le SAGE est l?outil de planification locale de l?eau qui, à l?échelle d?un bassin versant ou d?une nappe, établit des dispositions (dans le plan d?aménagement et de gestion durable - PAGD) et des rè- gles (dans le règlement) pour la protection et le partage de la ressource, fondées sur un état des lieux complet des enjeux du territoire (enjeux économiques et sociaux également). Ces dispo- sitions trouvent ensuite corps dans les décisions administratives délivrées sur le territoire couvert par le SAGE, qui doivent toutes être compatibles avec les dispositions du PAGD ; le règlement quant à lui est directement opposable aux tiers. Le schéma de cohérence territoriale (SCoT) est compatible au SAGE et les plans locaux d?urbanisme (PLUi) également en l?ab- sence de SCoT : Le décret SAGe Le décret du 2 décembre 2024 relatif aux schémas d?aménage- ment et de gestion des eaux (SAGE) ajuste les dispositions du code de l?environnement dans l?objectif de prévoir davantage d?agilité dans les procédures d?élaboration et de révision des schémas et dans le fonctionnement des commissions locales de l?eau (CLE). Le décret apporte aussi des modifications au code de l?urbanisme afin de garantir l?opérationnalité des schémas, en améliorant notamment leur intégration dans les outils d?aménage- ment des territoires. L?amélioration du lien entre les SAGE et les documents d?urba- nisme se traduit par plusieurs modifications de la réglementation. Pour faciliter les échanges au moins un représentant de SCoT siè- ge obligatoirement en CLE (R. 212-30 CE). Pour rendre plus lisible le SAGE au monde de l?aménagement, une notice expliquant com- ment intégrer les dispositions et règles des SAGE aux documents d?urbanisme est intégrée au PAGD à l?occasion de la prochaine révision du SAGE (R. 212-46 CE). Cette notice est également an- nexée aux PLU(i) (R. 151-53 code de l?urbanisme). Sécuriser les porteurs de projets et protéger les zones humides Le SAGE joue un rôle essentiel dans la protection des zones humi- des. Il peut notamment identifier des zones humides prioritaires à protéger et fixer des règles de protection de ces zones. Le décret SAGE du 2 décembre 2024 a modifié l?article R. 212-47 du code de l?environnement afin de prévoir que les secteurs des zones humides faisant l?objet d?une interdiction de destruction dans le règlement de SAGE, lorsqu?ils font l?objet d?une cartogra- phie dans le SAGE à une échelle permettant leur localisation pré- cise, sont intégrées dans les documents graphiques du règlement du plan local d?urbanisme (intercommunal) (PLU(i)) (article R. 212-47 du code de l?environnement et R. 151-31 3° code de l?ur- banisme). Cette disposition réglementaire a vocation à donner de la visibi- lité, dans les documents de planification du territoire, à des règles de protection des zones humides qui s?appliquent déjà aux projets d?aménagements. Ainsi les porteurs de projets (par exemple sou- haitant déposer une demande de permis de construire) connais- sent toutes les règles applicables à leur parcelle en se référant à un seul document, le PLU (i). Aucune contrainte environnementale supplémentaire n?est créée. Pour la mise en oeuvre de cette nouvelle disposition, la CLE peut se rapprocher des communes ou de leurs groupements compétents en matière de plan local d?urbanisme pour les aider à intégrer les zones humides interdites de destruction dans le règlement gra- phique de leurs PLUi. Les secteurs de zones humides ainsi identi- fiés pourront être classés en zone naturelle (N) du PLU(i), ou avec un autre zonage et un indice spécifiant leur caractère humide (par exemple : zone Nzh). Les échanges entre la CLE et les rédacteurs des documents d?urbanisme sont essentiels pour choisir un zo- nage permettant la protection de ces zones et interdire tout amé- nagement et toute dégradation. Cette intégration aux PLU(i) est possible à condition que les cartes de SAGE soient disponibles à une échelle appropriée permettant une localisation précise des secteurs des zones humides concer- nés (1 / 25 000 ou plus précis). Les SAGE sont donc encouragés à produire des inventaires de zones humides de plus en plus précis pour garantir l?opérationnalité de cette mesure et faciliter le travail des collectivités. Les inventaires étant coûteux, les SAGE peuvent choisir de carto- graphier précisément seulement quelques zones humides priori- taires du territoire pour bénéficier de cette nouvelle disposition ré- glementaire. En parallèle, le SAGE peut toujours éditer des règles globales de préservation des zones humides, ou de compensa- tion particulière. En tout état de cause, il est important de rappeler que le pétitionnaire conserve la charge de vérifier l?impact de son projet sur les zones humides. Audrey Bornancin Plantier, Médiatrice scientifique chez Office International de l?Eau emma Gahinet, Chargée de mission animation territoriale de la politique de l?eau au ministère Aménagement du territoire transition écologique ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 20 DOSSIER Organisation de la R et D dans le cadre du Plan National D ans le cadre du lancement du premier plan national d?action en faveur des zones humides (1995-2000), un plan national de recherche sur les zones humides1 a été réalisé dès 1997, dans le but d?accroître les connaissances sur ces milieux. Une vingtaine de projets ont vu le jour, abordant les thèmes suivants : structure et fonctionnement des zones humides, rôle écologique et importance économique, interactions nature-société, modes d?action pour la conservation et la restauration de ces milieux. Le dernier s?est clôtu- ré en 2006. Depuis, la recherche en milieux humides en France s?ap- puie et s?organise avec de nombreuses infrastructures de recherche (IRs)2 mises en place par le ministère français de la recherche et également avec des structures privées. Actuellement les équipes françaises de recherche sur les milieux humides travaillent sur des objectifs spécifiques à leurs disciplines et secteurs d?activité sans réelle logique d?ensemble. Ce constat découle des 2 synthèses nationales3 portant sur les ac- quis de la recherche et les besoins opérationnels des acteurs tech- niques des milieux humides (MNHN, Onema de 2016 et MTE/DEB de 2021). Celles-ci ont permis d?inventorier 200 projets de recherche sur les milieux humides, et ainsi de relever les besoins en matière d?outils de recherche opérationnelle par les acteurs techniques. Les objectifs opérationnels qui ressortent des synthèses nationales conduisent à créer plus de synergie entre les infrastructures de re- cherche françaises et les territoires humides. Cela vise à impliquer une diversité de bailleurs de fonds pour promouvoir la connaissance en milieux humides et à accompagner davantage la mise en oeuvre des politiques publiques à l?échelle des territoires. Pour faire coïncider les intérêts et les besoins des acteurs de la re- cherche et ceux de la préservation des milieux humides, les objectifs prioritaires de connaissance sur ces milieux ont été partagés lors du comité de pilotage du programme BRIEau4 et du réseau scientifique et technique du ministère en charge de l?écologie5 qui collabore avec les acteurs de la recherche. Le cadre a été exposé au travers des fi- ches 27 et 28 du 4e plan national milieux humides qui prévoient de : ? Informer des besoins stratégiques pour l?acquisition de connais- sances sur ces milieux et mobiliser les acteurs de la recherche sur l?eau, la biodiversité et le fonctionnement des socio-écosystèmes afin de permettre le développement de projets de recherche sur les besoins R&D des acteurs des milieux humides ; ? Transférer davantage les acquis de la recherche aux gestionnaires d?espaces naturels sur les fonctions et le fonctionnement hydrique et hydrologique de ces milieux, mais également avoir plus de connais- sances sur des sujets visant les ressources en eau, l?habitat (faune & flore), l?évaluation de l?état et les inventaires de milieux humides ; ? Continuer de soutenir et de promouvoir la mise en place de sys- tèmes d?échanges science-gestion. Cela répond en partie aux be- soins des acteurs techniques de bénéficier d?accompagnement et de conseils de la part de la recherche sur les thématiques qui les préoccupent ; ? Favoriser le financement de projets ciblés et des appels à projets dédiés à la biodiversité, au fonctionnement écologique et aux ser- vices écosystémiques via le programme d?investissements d?avenir (PIA4)/France 2030 et en particulier les Programmes et Équipe- ments Prioritaires de Recherche (PEPR)6 qui répondent aux besoins 1 ? https://www.zones-humides.org/programme-national-de-re- cherche-sur-les-zones-humides 2 ? https://anr.fr/en/france-2030/programmes-et-equipements- prioritaires-de-recherche/ 3? https://www.zones-humides.org/connaitre/rechercher-pour- progresser 4 ? https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/ LBV%2010-10-V5-BRIEau_SynthStrat.pdf 5 ? https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reseau- scientifique-technique 6 ? Base d?information à jour sur les dispositifs de recherche pouvant renseigner d?une recherche sur des sites de milieux humides : https://deims.org/search?search_api_fulltext=France&page=0 Un 2e plan national de recherche sur les milieux humides ? identifiés dans les synthèses R&D sur les milieux humides. Pour cela, le CNRS et le Centre de ressources Milieux humides fa- ciliteront ce transfert de connaissance en s?appuyant sur le déve- loppement de recherches communes le long de gradients sociaux et écologiques des zones humides, entre Zones Ateliers7 (incluant les nouvelles en Outre-mer : Guyane, Polynésie ) et/ou Observatoires Hommes-milieux (OHM)8. Cela vise à promouvoir : ? l?établissement de bilans carbone, en particulier sur les tourbières, mais aussi de nombreux travaux sur la qualité et la quantité d?eau (recharge des nappes), dans un contexte de changement climatique et de conflits d?usages de plus en plus prégnants ; ? la recherche sur les zones humides d?Outre-mer dans les nouvel- les Zones Ateliers et Observatoires Hommes-Milieux à l?internatio- nal, qui viendront en complément de l?Observatoire Hommes-Milieux Littoral Caraïbe déjà opérationnel aux Antilles. Pour cela le CNRS sera l?appui nécessaire pour identifier et mobiliser les pilotes scientifiques et potentiellement des sites candidats : ? des PEPR dont les sites expérimentaux sont positionnés sur des milieux humides, ? des sites et plateformes eLTER9 des zones ateliers qui pourront intégrer dans leur périmètre d?action et leur groupes de travail par domaine (par exemple celui sur l?hydrosphère) des questions de re- cherche sur les milieux humides. Le Centre de ressources milieux humides a pour objectif de favoriser le transfert opérationnel de la recherche et d?établir en premier lieu le lien entre les gestionnaires des sites emblématiques de milieux humides en France et les pilotes scientifiques identifiés avec l?appui du CNRS dans les dispositifs de recherche eLTER, OHM, Living labs? S?appuyant d?une part sur l?association Ramsar France, il peut faire valoir dans son réseau, les sites démonstrateurs d?une recherche opérationnelle et reproductible, les effets levier sur la connaissance de ces sites, et in fine leur reconnaissance pour une meilleure pré- servation. D?autre part, les Pôles-relais zones humides positionnés en référents de la recherche par type de zones humides dont ils ont la charge pourront être sollicités pour moissonner les retours d?expériences de recherche-action. Un travail de regroupement des contacts « ressources » de la recherche et de la gestion sera né- cessaire ainsi que l?identification de leurs thématiques communes. Également, une relation durable avec les têtes de réseau qui pilotent des « plateformes de transfert » permettra de mutualiser les retours d?expériences et les outils créés pour le transfert d?une recherche opérationnelle vers les gestionnaires et les porteurs de politique pu- blique. Une des étapes de cette co-construction aura lieu du 19 au 21 novem- bre à Arles, lors du forum national recherche-gestion sur le milieux humides10 dont l?objectif vise à recueillir l?expression des besoins et des intérêts des parties prenantes, ainsi que le partage autour d?ac- tions collectives pour faire face aux grands défis sociétaux. Nathalie Barré, Chargée de mission du Pôle-relais lagunes méditerranéennes en Occitanie, (CEN Occitanie) Pierre Caessteker, Chargé de mission zones humides & marais, centre de ressources milieux humides (OFB) Dominique Joly, Directrice adjointe scientifique, Grands équipements et infrastructures (CNRS Écologie & Environnement), Responsable du réseau des living lab - PEPR SOLU-BIOD 7 ? https://www.za-inee.org/ 8 ? https://www.inee.cnrs.fr/fr/ohm 9? Integrated European Long-Term Ecosystem, critical zone and socio-ecological Research. https://elter-ri.eu/ 10 ? Forum national recherche-gestion milieux humides. https:// www.zones-humides.org/forum-national-recherche-gestion- milieux-humides-du-19-au-21-novembre-2025-arles-13 https://www.zones-humides.org/programme-national-de-recherche-sur-les-zones-humides https://www.zones-humides.org/programme-national-de-recherche-sur-les-zones-humides https://anr.fr/en/france-2030/programmes-et-equipements-prioritaires-de-recherche/ https://anr.fr/en/france-2030/programmes-et-equipements-prioritaires-de-recherche/ https://www.zones-humides.org/connaitre/rechercher-pour-progresser https://www.zones-humides.org/connaitre/rechercher-pour-progresser https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_SynthStrat.pdf https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_SynthStrat.pdf https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reseau-scientifique-technique https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reseau-scientifique-technique https://deims.org/search?search_api_fulltext=France&page=0 https://www.za-inee.org/ https://www.inee.cnrs.fr/fr/ohm https://elter-ri.eu/ https://www.zones-humides.org/forum-national-recherche-gestion-milieux-humides-du-19-au-21-novembre-2025-arles-13 https://www.zones-humides.org/forum-national-recherche-gestion-milieux-humides-du-19-au-21-novembre-2025-arles-13 https://www.zones-humides.org/forum-national-recherche-gestion-milieux-humides-du-19-au-21-novembre-2025-arles-13 ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 21 DOSSIER ZONeS huMIDeS INFOS | n°107 AUTRE REGARD De petite taille mais exceptionnellement riches en espè- ces, les mares et les étangs sont de véritables « hots- pots » de biodiversité. Pourtant, ces habitats essentiels ont longtemps été négligés par les scientifiques et les déci- deurs ? en partie car ils restent peu inventoriés. Pour pallier cette lacune, l?ONG Freshwater Habitats Trust s?est associée à Natural England pour lancer une initiative de science parti- cipative visant à identifier les mares pouvant être désignées comme « Habitats Prioritaires ». Un « Habitat Prioritaire » est une désignation anglaise qui identifie les habitats terrestres et aquatiques à protéger. En 2007, Freshwater Habitats Trust a joué un rôle clé pour obte- nir l?inscription des mares et des étangs dans le Plan d?action pour la biodiversité du Royaume-Uni (BAP), mais aussi des ripisylves, des tourbières et des marais. Ces plans d?eau peuvent être classés « Prioritaires » s?ils abri- tent une espèce protégée, en raison de la diversité des plan- tes et animaux qu?ils hébergent, ou encore par leur ancien- neté ou leur rareté ? comme les mares et les étangs datant de l?ère glaciaire. Commandité en 2024 par Natural England (agence d?Etat chargée de la protection et de la gestion de l?environnement naturel), le programme « Priority Ponds » entendait répondre à un manque de connaissance important : moins de 2 % des mares et des étangs sont aujourd?hui classés comme Habi- tats Prioritaires, alors que jusqu?à 20 % d?entre eux pourraient l?être. Ces plans d?eau essentiels sont souvent les derniers refuges d?espèces vulnérables, et jouent un rôle vital face au changement climatique. Mais identifier ces sites reste coûteux et exige de mobiliser de nombreux experts. Pour lever ces obstacles, nous avons développé un outil accessible aux non-spécialistes : le Prio- rity Pond Assessment Survey (PASS) (Diagnostic des mares d?importance prioritaire). Un outil citoyen pour repérer les mares prioritaires potentielles À l?été 2024, des « citoyens scientifiques » de tout le pays ont été invités à aider à identifier les mares et les étangs suscep- tibles de remplir les critères du diagnostic. PASS repose sur sept critères simples d?habitat (présence d?arbres en surplomb, usage des sols environnants, etc.) per- mettant de présélectionner ceux considérés comme priori- taires. Les observations étaient saisies via un formulaire en ligne, qui donnait immédiatement le résultat sur le caractère prioritaire ou non de la mare ou de l?étang. Les données, inté- grées grâce à la société Cartographer, ont alimenté une carte interactive ouverte au public. Résultat : plus de 1 600 contributions, dont 15 % signalant des mares et étangs potentiellement prioritaires. Retombées du projet Le succès de « Priority Ponds » illustre la force de la science participative lorsqu?elle s?appuie sur des outils simples et des formations claires. Nous avons tiré plusieurs enseigne- ments : ? Recrutement ciblé : les actions locales via des as- sociations et des groupes communautaires se sont ré- vélées plus efficaces que les campagnes nationales. ? Guides améliorés : la plupart des données collec- tées étaient solides, mais certaines consignes doivent être précisées (usages des sols, couverture végétale). ? Pérenniser les outils : le formulaire restera disponible sur le site du Freshwater Habitats Trust pour permettre à de nou- veaux volontaires de contribuer. Avec un soutien continu, ce type d?initiative peut combler d?importantes lacunes de connaissance. Les citoyens peu- vent fournir une première évaluation, ensuite confirmée par les écologues. Ces projets sont aussi un formidable levier d?implication du public et de diffusion des savoirs sur ces petits habitats? mais essentiels. Le projet « Priority Ponds » a été commandité par Natural England et financé par le Department for Environment, Food and Rural Affairs (Defra), dans le cadre du programme NCEA (Natural Capital and Ecosystem Assessment). Francesca Dunn, Cheffe de projet senior, Freshwater Habitats Trust Traduit de l?anglais par Lorenzo Arduino Mobiliser les citoyens scientifiques pour cartographier les mares et les étangs prioritaires d?Angleterre Le mot ?pond? en Angleterre est utilisé pour désigner les ma- res et les étangs. Voici la définition des mares et étangs selon le Freshwater Habitats Trust: Les mares/étangs sont des plans d?eau (généralement d?eau douce, mais parfois saumâtres), dont la taille peut varier d?1 mètre carré à 2 hectares, et qui retiennent de l?eau pen- dant au moins quatre mois de l?année. Formation mare M. Melun ? SNPN ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 22 BRèVES Résumé de thèse Contribution des tourbières françaises à l?objectif national de neutralité carbone d?ici à 2050 Lise Pinault, Docteure de Biologie des populations et écologie, Chrono-environnement ? uMR CNRS uMLP Les tourbières intactes jouent un rôle important dans les flux de carbone sol-atmosphère, en agissant comme un puits de carbone. Néanmoins, 10 % des tourbières sont perturbées à l?échelle mon- diale (50 % dans l?UE), principalement par drainage, qui contribue à abaisser les niveaux d?eau et entraîne la minéralisation de la ma- tière organique MO et l?émission de gaz à effet de serre. En remon- tant le niveau d?eau des sites drainés, la restauration est particuliè- rement efficace pour réduire ces émissions. Dans l?UE, le règlement sur la restauration de la nature (août 2024) devrait inciter à la restauration des tourbières drainées à large échelle. La France devra se conformer à ces politiques en instaurant un programme de hiérarchisation des sites à restaurer. Aujourd?hui, cette perspective est limitée par la mauvaise connais- sance des tourbières françaises (surface, stocks de carbone, état de dégradation, émissions de GES?). Encadrée par M. Daniel GILBERT (Chrono-Environnement) et Mme Elsa MARTIN (CESAER), ma thèse vise à approfondir ces éléments de connaissances afin, à terme, de déterminer dans quelle mesure les tourbières françaises pourraient contribuer à la neutralité car- bone d?ici 2050. Elle a été soutenue le 4 avril 2025, à Besançon, à l?Université Marie et Louis Pasteur. Produire une estimation de la surface en tourbière et des stocks de carbone a été le premier objectif de la thèse. Pour cela, des données d?inventaires des tourbières, d?épaisseurs de tourbe et de qualité de la tourbe, récentes comme historiques, ont été utilisées. Grâce à ce travail, la surface totale en tourbière a été évaluée à 111 000 ha et le stock de carbone à 153 millions de tonnes de carbone (C), soit l?équivalent de 0,2 % de la surface du territoire français métropolitain mais environ 3 % du carbone contenu dans les sols français. La majeure partie de la surface et du stock de carbone sont contenus dans les tourbières de plaine (70 % du stock de carbone), notamment sur la façade atlantique. La dyna- mique lancée par ce travail sera poursuivie après la thèse pour ten- dre, à terme, vers un inventaire exhaustif. La plupart des données d?inventaires des tourbières seront prochainement versées sur le RPDZH. Le deuxième axe de la thèse a consisté à étudier l?état de dégrada- tion de 25 tourbières françaises à partir de prélèvements de tourbe et des niveaux de nappe d?eau. Les résultats montrent qu?il existe une corrélation importante entre les paramètres de la tourbe et le niveau de la nappe d?eau. Plus précisément, il a été mis en éviden- ce une atteinte notable des tourbes proches de la surface du sol, là où la nappe d?eau est abaissée, se traduisant par leur tassement et une diminution de leur teneur en carbone. Les meilleurs résultats ont été obtenus en regroupant les données par écorégions distinc- tes (Jura et Cotentin-Bessin). Ces analyses pourront être élargies dans le futur à d?autres écorégions françaises, à mesure que de nouvelles données sont acquises. Enfin, le troisième axe de thèse a porté sur l?étude des prix d?ac- quisition du foncier en tourbière. Pour obtenir les prix de vente des parcelles en tourbières, l?inventaire des tourbières a été croisé avec la base de données DVF+ du Cerema. Nous montrons qu?un usage des sols intensif (cultures) et l?augmentation de la pente d?une parcelle en tourbière accroissent son prix de vente. Le modèle a été utilisé pour prédire les prix du foncier dans le Cotentin-Bessin et dans le Jura. Cet axe de thèse répond au besoin de données spatialement explicites sur les coûts totaux de restauration, fon- damentales pour mettre en oeuvre un programme de priorisation coût-efficace. Grâce à une double approche écologique et économique, la thèse ouvre des pistes de recherches futures pour une évaluation plus approfondie des émissions de GES issues des tourbières et la prio- risation des sites à restaurer. Webconférence ? Les Atlas de la biodiversité communale, leviers de connaissance et de gestion des zones humides Le 10 avril, plus de 230 participants ont assisté à la webconférence « Des Atlas de la biodiversité communale pour préserver les zones humides », organisée par l?OFB et le Pôle-relais Mares et Vallées Allu- viales. L?événement a mis en lumière la place des ABC (Atlas de la bio- diversité communale) comme outils stratégiques pour la gestion des zones humides. Ces derniers sont des leviers essentiels au niveau local pour mieux comprendre, préserver et sensibiliser à ces milieux. Cette démarche peut être pérennisée sous la reconnaissance « Terri- toire engagé pour la nature » (TEN). Plusieurs collectivités ont témoi- gné de l?intégration des mares, lagunes et marais dans leurs projets d?ABC. Trois témoignages ont marqué la conférence : 1) L?ABC, outil de connaissance et d?inventaire des zones humides par Séverine Jean, adjointe au maire de Marseillan, et Pauline Constantin, co-di- rectrice du CPIE Bassin de Thau. 2) Sensibilisation à l?importance des zones humides par Christal Robert, chargée de mission naturaliste à la LPO Vendée. 3) Préserver et restaurer les zones humides avec TEN, par la commune de Combs-la-Ville. Les échanges ont souligné trois points clés : i) La consultation et l?im- plication des populations locales, essentielles pour créer des projets partagés et ancrés, en valorisant les zones chères aux habitants. ii) La valeur des inventaires participatifs, comme celui des mares par la LPO Vendée, pour mobiliser la communauté tout en enrichissant la connaissance scientifique. iii) L?importance des données locales pour orienter les politiques publiques (GEMAPI, SCOT, PLUi) et les actions de préservation et de restauration. Le replay et les supports de présentation sont disponibles en ligne1. La campagne ABC 2025 est désormais ouverte : les collectivités peu- vent déposer leurs candidatures via la plateforme Aides-Territoires. 1 ? https://www.zones-humides.org/ Le Conservatoire du Littoral : un acteur majeur pour la protection des zones humides depuis 50 ans Créé en 1975, le Conservatoire du littoral a pour mission principale de protéger les littoraux et certains grands lacs face à la pression de l?urbanisation. La maîtrise foncière constitue son principal outil d?intervention, garantissant une protection durable des sites. Cette gestion repose sur une collaboration avec les collectivités, l?État et de nombreux partenaires, assurant une préservation concertée et pérenne des espaces acquis. Initialement centré sur les espaces côtiers, le Conservatoire élargit son action aux zones humides en 2002, à la suite des mobilisations écologiques internationales. Il adopte alors une gestion intégrée des milieux aquatiques, visant leur préservation et l?équilibre entre eaux douces et salées. En 2006 et 2009, des objectifs ministériels fixent à 30 % la part des acquisi- tions annuelles en zones humides. Après 35 ans, elles représentent 36 % du foncier du Conservatoire. En 2010, le Grenelle de l?environne- ment prévoit l?acquisition de 20 000 hectares d?ici 2015, dont 6 000 à 7 000 hectares par le Conservatoire. En 50 ans, le Conservatoire a acquis plus de 220 000 hectares, couvrant 18 % du linéaire côtier na- tional. Ce réseau de plus de 800 sites se distingue par la richesse de ses paysages, la diversité de ses milieux naturels et la valeur de son patrimoine culturel et architectural. La superficie de zones humides sous sa responsabilité est aujourd?hui estimée à 100 000 hectares, dont près de 58 700 hectares en Outremer. Le Conservatoire est en- gagé dans leur protection, avec un objectif d?acquisition annuel de 800 à 1 200 hectares en zones humides, inscrit dans la Stratégie nationale pour la biodiversité et le Plan National Milieux Humides. Il consacre en moyenne 2 millions d?euros par an à des travaux de restauration. Parmi les actions menées : la restauration du Grau et de l?étang d?Urbinu en Corse, des rizières de Mana en Guyane, du Marais du Viguierat, et la coordination des projets européens Adapto et Adapto+, dédiés à l?adaptation au changement climatique. Les ef- forts pour l?acquisition et la restauration de milieux humides dégra- dés se poursuivront à l?avenir. https://www.zones-humides.org/ 1er semestre 2022 n° 102 Dossier : Ramsar en France, quel bilan depuis10 ans ? Focus : Place des zones humides dans la RSE Zones Humides nfos La revue du groupe « Zones humides » Éditée par la Société nationale de protection de la nature. Association régie par la loi de 1901 à but non lucratif, fondée le 10 février 1854 et reconnue d?utilité publique le 26 février 1855. Directeur de la publication : Rémi Luglia, président de la SNPN Coordinateur réseau, animateur du groupe « Zones humides » et plaidoyer : Lorenzo Arduino Responsables d?édition : Lorenzo Arduino, Cléa Blanchard, Valérie Gaudant (SFI) Courriel : clea.blanchard@snpn.fr L?équipe remercie les autrices, auteurs et photographes ayant participé à la création de ce numéro, ainsi que le comité de rédaction de Zones Humides Infos, particulièrement Pierre Caessteker, ainsi que Patrick Bazin, Nathalie Barré, Marie Garrido, Sophie Bagagem, Gaëlle Vandersarren Olivier Cizel et Bastien Coïc pour leur implication. Revue semestrielle. Abonnements : adhesion-abonnement@snpn.fr (l?abonnement numérique est gratuit) ISSN : 1165-452X (imprimé) ? 2271-4464 (en ligne) Dépôt légal : Janvier 2024 Les opinions émises dans Zones Humides Infos sont celles des auteurs. Elles n?expriment pas nécessairement le point de vue du groupe « Zones humides », ni celui de la SNPN. Les auteurs conservent la responsabilité entière des opinions émises sous leur signature. Avec le soutien du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Conception : Chromatiques, Paris Mise en page : Valérie Gaudant (SFI) Impression : Imprimeur Simon, Ornans (25) © 2025 Société nationale de protection de la nature SNPN 44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris Tél. : 01 43 20 15 39 | Site : www.snpn.com ? JE SOUHAITE SOUTENIR LES ACTIONS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DE PROTECTION DE LA NATURE : (En faisant un don ou en adhérant à la SNPN, vous bénéficiez d?une déduction d?impôt de 66 % dans la limite de 20 % de votre revenu imposable.) ? EN SOUSCRIVANT À UNE ADHÉSION OU EN LA RENOUVELANT ? 15 ¤ Étudiant/demandeur d?emploi (montant à régler avec justificatif) ? 25 ¤ Adhésion individuelle ? 75 ¤ Adhésion bienfaiteur ? 100 ¤ Personne morale (association, organisme du service public, entreprise?) ? 40 ¤ Adhésion familiale (merci d?indiquer les noms, prénoms et courriels des membres de la famille) : ........................................................................................ ? EN FAISANT UN DON DE .................................... ¤ (MONTANT LIBRE) ? Pour soutenir l?ensemble des actions de la SNPN ? Pour sensibiliser le grand public par la publication de notre revue Le Courrier de la Nature ? Pour entretenir et gérer la manade de chevaux historique du salin de Badon à la RNN de la Camargue ? Pour réhabiliter le sentier du Tamarguiron du salin de Badon à la RNN de la Camargue ? Pour soutenir les suivis scientifiques de la RNN de la Camargue ? Pour l?exploitation des données de suivi des oiseaux dits « communs » à la RNN du lac de Grand-Lieu ? Pour la recherche et la protection d?anciennes stations de Trèfle d?eau à la RNN du lac de Grand-Lieu ? Pour soutenir les actions scientifiques de la RNN du lac de Grand-Lieu ? Pour la régénération naturelle de la forêt de la RNN de la plaine des Maures ? Pour le développement d?un plan de sauvegarde de la tortue d?Hermann à la RNN de la plaine des Maures ? Pour soutenir les programmes scientifiques de la RNN de la plaine des Maures ? JE RÈGLE UN MONTANT TOTAL DE (ABONNEMENT + ADHÉSION + DON) : ...................... . ¤ Règlement par chèque à établir à l?ordre de la SNPN et à adresser, avec ce bulletin, au siège de l?association : 44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris Possibilité de vous abonner en ligne sur www.snpn.com ? Correspondants ponctuels ou rédacteurs réguliers, photographes amateurs ou professionnels, en participant à la réalisation de cette revue vous soutenez les actions du groupe « Zones humides » et de la Société nationale de protection de la nature pour la pré- servation et l?utilisation durable des zones humides. Les prochains numéros sont en projet. Vous pouvez nous transmettre vos idées, vos besoins, vos propositions d?articles, soit dans le but d?en faire un dossier complet, soit dans le cadre de nos autres rubriques. Vos brèves et actualités sont également bienvenues. Contact : clea.blanchard@snpn.fr à contribution Appel Parutions précédentes Ces numéros sont en accès libres sur www.snpn.fr n° 107 DOSSIER Agriculture et zones humides, meilleures ennemies ? n° 106 DOSSIER Les plans nationaux d?actions, outils pertinents pour la préservation des milieux humides ? n° 105 DOSSIER Les zones humides urbaines du Nord et des Suds face au changement climatique. n° 104 DOSSIER Sauver les prairies humides : regards sur des succès et des échecs. n° 103 DOSSIER - COLLOQUE « Les mares, un patrimoine naturel construit, un patrimoine culturel négligé. Intégrer les dimensions géohistorique et territoriale dans la gestion contemporaine », du 20 au 22 octobre à Laon (02), France. n° 102 DOSSIER Ramsar en France, quel bilan depuis 10 ans ? FOCUS Place des zones humides dans la RSE (ATTENTION: OPTION aisies via un formulaire en ligne, qui donnait immédiatement le résultat sur le caractère prioritaire ou non de la mare ou de l?étang. Les données, inté- grées grâce à la société Cartographer, ont alimenté une carte interactive ouverte au public. Résultat : plus de 1 600 contributions, dont 15 % signalant des mares et étangs potentiellement prioritaires. Retombées du projet Le succès de « Priority Ponds » illustre la force de la science participative lorsqu?elle s?appuie sur des outils simples et des formations claires. Nous avons tiré plusieurs enseigne- ments : ? Recrutement ciblé : les actions locales via des as- sociations et des groupes communautaires se sont ré- vélées plus efficaces que les campagnes nationales. ? Guides améliorés : la plupart des données collec- tées étaient solides, mais certaines consignes doivent être précisées (usages des sols, couverture végétale). ? Pérenniser les outils : le formulaire restera disponible sur le site du Freshwater Habitats Trust pour permettre à de nou- veaux volontaires de contribuer. Avec un soutien continu, ce type d?initiative peut combler d?importantes lacunes de connaissance. Les citoyens peu- vent fournir une première évaluation, ensuite confirmée par les écologues. Ces projets sont aussi un formidable levier d?implication du public et de diffusion des savoirs sur ces petits habitats? mais essentiels. Le projet « Priority Ponds » a été commandité par Natural England et financé par le Department for Environment, Food and Rural Affairs (Defra), dans le cadre du programme NCEA (Natural Capital and Ecosystem Assessment). Francesca Dunn, Cheffe de projet senior, Freshwater Habitats Trust Traduit de l?anglais par Lorenzo Arduino Mobiliser les citoyens scientifiques pour cartographier les mares et les étangs prioritaires d?Angleterre Le mot ?pond? en Angleterre est utilisé pour désigner les ma- res et les étangs. Voici la définition des mares et étangs selon le Freshwater Habitats Trust: Les mares/étangs sont des plans d?eau (généralement d?eau douce, mais parfois saumâtres), dont la taille peut varier d?1 mètre carré à 2 hectares, et qui retiennent de l?eau pen- dant au moins quatre mois de l?année. Formation mare M. Melun ? SNPN ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 22 BRèVES Résumé de thèse Contribution des tourbières françaises à l?objectif national de neutralité carbone d?ici à 2050 Lise Pinault, Docteure de Biologie des populations et écologie, Chrono-environnement ? uMR CNRS uMLP Les tourbières intactes jouent un rôle important dans les flux de carbone sol-atmosphère, en agissant comme un puits de carbone. Néanmoins, 10 % des tourbières sont perturbées à l?échelle mon- diale (50 % dans l?UE), principalement par drainage, qui contribue à abaisser les niveaux d?eau et entraîne la minéralisation de la ma- tière organique MO et l?émission de gaz à effet de serre. En remon- tant le niveau d?eau des sites drainés, la restauration est particuliè- rement efficace pour réduire ces émissions. Dans l?UE, le règlement sur la restauration de la nature (août 2024) devrait inciter à la restauration des tourbières drainées à large échelle. La France devra se conformer à ces politiques en instaurant un programme de hiérarchisation des sites à restaurer. Aujourd?hui, cette perspective est limitée par la mauvaise connais- sance des tourbières françaises (surface, stocks de carbone, état de dégradation, émissions de GES?). Encadrée par M. Daniel GILBERT (Chrono-Environnement) et Mme Elsa MARTIN (CESAER), ma thèse vise à approfondir ces éléments de connaissances afin, à terme, de déterminer dans quelle mesure les tourbières françaises pourraient contribuer à la neutralité car- bone d?ici 2050. Elle a été soutenue le 4 avril 2025, à Besançon, à l?Université Marie et Louis Pasteur. Produire une estimation de la surface en tourbière et des stocks de carbone a été le premier objectif de la thèse. Pour cela, des données d?inventaires des tourbières, d?épaisseurs de tourbe et de qualité de la tourbe, récentes comme historiques, ont été utilisées. Grâce à ce travail, la surface totale en tourbière a été évaluée à 111 000 ha et le stock de carbone à 153 millions de tonnes de carbone (C), soit l?équivalent de 0,2 % de la surface du territoire français métropolitain mais environ 3 % du carbone contenu dans les sols français. La majeure partie de la surface et du stock de carbone sont contenus dans les tourbières de plaine (70 % du stock de carbone), notamment sur la façade atlantique. La dyna- mique lancée par ce travail sera poursuivie après la thèse pour ten- dre, à terme, vers un inventaire exhaustif. La plupart des données d?inventaires des tourbières seront prochainement versées sur le RPDZH. Le deuxième axe de la thèse a consisté à étudier l?état de dégrada- tion de 25 tourbières françaises à partir de prélèvements de tourbe et des niveaux de nappe d?eau. Les résultats montrent qu?il existe une corrélation importante entre les paramètres de la tourbe et le niveau de la nappe d?eau. Plus précisément, il a été mis en éviden- ce une atteinte notable des tourbes proches de la surface du sol, là où la nappe d?eau est abaissée, se traduisant par leur tassement et une diminution de leur teneur en carbone. Les meilleurs résultats ont été obtenus en regroupant les données par écorégions distinc- tes (Jura et Cotentin-Bessin). Ces analyses pourront être élargies dans le futur à d?autres écorégions françaises, à mesure que de nouvelles données sont acquises. Enfin, le troisième axe de thèse a porté sur l?étude des prix d?ac- quisition du foncier en tourbière. Pour obtenir les prix de vente des parcelles en tourbières, l?inventaire des tourbières a été croisé avec la base de données DVF+ du Cerema. Nous montrons qu?un usage des sols intensif (cultures) et l?augmentation de la pente d?une parcelle en tourbière accroissent son prix de vente. Le modèle a été utilisé pour prédire les prix du foncier dans le Cotentin-Bessin et dans le Jura. Cet axe de thèse répond au besoin de données spatialement explicites sur les coûts totaux de restauration, fon- damentales pour mettre en oeuvre un programme de priorisation coût-efficace. Grâce à une double approche écologique et économique, la thèse ouvre des pistes de recherches futures pour une évaluation plus approfondie des émissions de GES issues des tourbières et la prio- risation des sites à restaurer. Webconférence ? Les Atlas de la biodiversité communale, leviers de connaissance et de gestion des zones humides Le 10 avril, plus de 230 participants ont assisté à la webconférence « Des Atlas de la biodiversité communale pour préserver les zones humides », organisée par l?OFB et le Pôle-relais Mares et Vallées Allu- viales. L?événement a mis en lumière la place des ABC (Atlas de la bio- diversité communale) comme outils stratégiques pour la gestion des zones humides. Ces derniers sont des leviers essentiels au niveau local pour mieux comprendre, préserver et sensibiliser à ces milieux. Cette démarche peut être pérennisée sous la reconnaissance « Terri- toire engagé pour la nature » (TEN). Plusieurs collectivités ont témoi- gné de l?intégration des mares, lagunes et marais dans leurs projets d?ABC. Trois témoignages ont marqué la conférence : 1) L?ABC, outil de connaissance et d?inventaire des zones humides par Séverine Jean, adjointe au maire de Marseillan, et Pauline Constantin, co-di- rectrice du CPIE Bassin de Thau. 2) Sensibilisation à l?importance des zones humides par Christal Robert, chargée de mission naturaliste à la LPO Vendée. 3) Préserver et restaurer les zones humides avec TEN, par la commune de Combs-la-Ville. Les échanges ont souligné trois points clés : i) La consultation et l?im- plication des populations locales, essentielles pour créer des projets partagés et ancrés, en valorisant les zones chères aux habitants. ii) La valeur des inventaires participatifs, comme celui des mares par la LPO Vendée, pour mobiliser la communauté tout en enrichissant la connaissance scientifique. iii) L?importance des données locales pour orienter les politiques publiques (GEMAPI, SCOT, PLUi) et les actions de préservation et de restauration. Le replay et les supports de présentation sont disponibles en ligne1. La campagne ABC 2025 est désormais ouverte : les collectivités peu- vent déposer leurs candidatures via la plateforme Aides-Territoires. 1 ? https://www.zones-humides.org/ Le Conservatoire du Littoral : un acteur majeur pour la protection des zones humides depuis 50 ans Créé en 1975, le Conservatoire du littoral a pour mission principale de protéger les littoraux et certains grands lacs face à la pression de l?urbanisation. La maîtrise foncière constitue son principal outil d?intervention, garantissant une protection durable des sites. Cette gestion repose sur une collaboration avec les collectivités, l?État et de nombreux partenaires, assurant une préservation concertée et pérenne des espaces acquis. Initialement centré sur les espaces côtiers, le Conservatoire élargit son action aux zones humides en 2002, à la suite des mobilisations écologiques internationales. Il adopte alors une gestion intégrée des milieux aquatiques, visant leur préservation et l?équilibre entre eaux douces et salées. En 2006 et 2009, des objectifs ministériels fixent à 30 % la part des acquisi- tions annuelles en zones humides. Après 35 ans, elles représentent 36 % du foncier du Conservatoire. En 2010, le Grenelle de l?environne- ment prévoit l?acquisition de 20 000 hectares d?ici 2015, dont 6 000 à 7 000 hectares par le Conservatoire. En 50 ans, le Conservatoire a acquis plus de 220 000 hectares, couvrant 18 % du linéaire côtier na- tional. Ce réseau de plus de 800 sites se distingue par la richesse de ses paysages, la diversité de ses milieux naturels et la valeur de son patrimoine culturel et architectural. La superficie de zones humides sous sa responsabilité est aujourd?hui estimée à 100 000 hectares, dont près de 58 700 hectares en Outremer. Le Conservatoire est en- gagé dans leur protection, avec un objectif d?acquisition annuel de 800 à 1 200 hectares en zones humides, inscrit dans la Stratégie nationale pour la biodiversité et le Plan National Milieux Humides. Il consacre en moyenne 2 millions d?euros par an à des travaux de restauration. Parmi les actions menées : la restauration du Grau et de l?étang d?Urbinu en Corse, des rizières de Mana en Guyane, du Marais du Viguierat, et la coordination des projets européens Adapto et Adapto+, dédiés à l?adaptation au changement climatique. Les ef- forts pour l?acquisition et la restauration de milieux humides dégra- dés se poursuivront à l?avenir. https://www.zones-humides.org/ 1er semestre 2022 n° 102 Dossier : Ramsar en France, quel bilan depuis10 ans ? Focus : Place des zones humides dans la RSE Zones Humides nfos La revue du groupe « Zones humides » Éditée par la Société nationale de protection de la nature. Association régie par la loi de 1901 à but non lucratif, fondée le 10 février 1854 et reconnue d?utilité publique le 26 février 1855. Directeur de la publication : Rémi Luglia, président de la SNPN Coordinateur réseau, animateur du groupe « Zones humides » et plaidoyer : Lorenzo Arduino Responsables d?édition : Lorenzo Arduino, Cléa Blanchard, Valérie Gaudant (SFI) Courriel : clea.blanchard@snpn.fr L?équipe remercie les autrices, auteurs et photographes ayant participé à la création de ce numéro, ainsi que le comité de rédaction de Zones Humides Infos, particulièrement Pierre Caessteker, ainsi que Patrick Bazin, Nathalie Barré, Marie Garrido, Sophie Bagagem, Gaëlle Vandersarren Olivier Cizel et Bastien Coïc pour leur implication. Revue semestrielle. Abonnements : adhesion-abonnement@snpn.fr (l?abonnement numérique est gratuit) ISSN : 1165-452X (imprimé) ? 2271-4464 (en ligne) Dépôt légal : Janvier 2024 Les opinions émises dans Zones Humides Infos sont celles des auteurs. Elles n?expriment pas nécessairement le point de vue du groupe « Zones humides », ni celui de la SNPN. Les auteurs conservent la responsabilité entière des opinions émises sous leur signature. Avec le soutien du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Conception : Chromatiques, Paris Mise en page : Valérie Gaudant (SFI) Impression : Imprimeur Simon, Ornans (25) © 2025 Société nationale de protection de la nature SNPN 44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris Tél. : 01 43 20 15 39 | Site : www.snpn.com ? JE SOUHAITE SOUTENIR LES ACTIONS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DE PROTECTION DE LA NATURE : (En faisant un don ou en adhérant à la SNPN, vous bénéficiez d?une déduction d?impôt de 66 % dans la limite de 20 % de votre revenu imposable.) ? EN SOUSCRIVANT À UNE ADHÉSION OU EN LA RENOUVELANT ? 15 ¤ Étudiant/demandeur d?emploi (montant à régler avec justificatif) ? 25 ¤ Adhésion individuelle ? 75 ¤ Adhésion bienfaiteur ? 100 ¤ Personne morale (association, organisme du service public, entreprise?) ? 40 ¤ Adhésion familiale (merci d?indiquer les noms, prénoms et courriels des membres de la famille) : ........................................................................................ ? EN FAISANT UN DON DE .................................... ¤ (MONTANT LIBRE) ? Pour soutenir l?ensemble des actions de la SNPN ? Pour sensibiliser le grand public par la publication de notre revue Le Courrier de la Nature ? Pour entretenir et gérer la manade de chevaux historique du salin de Badon à la RNN de la Camargue ? Pour réhabiliter le sentier du Tamarguiron du salin de Badon à la RNN de la Camargue ? Pour soutenir les suivis scientifiques de la RNN de la Camargue ? Pour l?exploitation des données de suivi des oiseaux dits « communs » à la RNN du lac de Grand-Lieu ? Pour la recherche et la protection d?anciennes stations de Trèfle d?eau à la RNN du lac de Grand-Lieu ? Pour soutenir les actions scientifiques de la RNN du lac de Grand-Lieu ? Pour la régénération naturelle de la forêt de la RNN de la plaine des Maures ? Pour le développement d?un plan de sauvegarde de la tortue d?Hermann à la RNN de la plaine des Maures ? Pour soutenir les programmes scientifiques de la RNN de la plaine des Maures ? JE RÈGLE UN MONTANT TOTAL DE (ABONNEMENT + ADHÉSION + DON) : ...................... . ¤ Règlement par chèque à établir à l?ordre de la SNPN et à adresser, avec ce bulletin, au siège de l?association : 44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris Possibilité de vous abonner en ligne sur www.snpn.com ? Correspondants ponctuels ou rédacteurs réguliers, photographes amateurs ou professionnels, en participant à la réalisation de cette revue vous soutenez les actions du groupe « Zones humides » et de la Société nationale de protection de la nature pour la pré- servation et l?utilisation durable des zones humides. Les prochains numéros sont en projet. Vous pouvez nous transmettre vos idées, vos besoins, vos propositions d?articles, soit dans le but d?en faire un dossier complet, soit dans le cadre de nos autres rubriques. Vos brèves et actualités sont également bienvenues. Contact : clea.blanchard@snpn.fr à contribution Appel Parutions précédentes Ces numéros sont en accès libres sur www.snpn.fr n° 107 DOSSIER Agriculture et zones humides, meilleures ennemies ? n° 106 DOSSIER Les plans nationaux d?actions, outils pertinents pour la préservation des milieux humides ? n° 105 DOSSIER Les zones humides urbaines du Nord et des Suds face au changement climatique. n° 104 DOSSIER Sauver les prairies humides : regards sur des succès et des échecs. n° 103 DOSSIER - COLLOQUE « Les mares, un patrimoine naturel construit, un patrimoine culturel négligé. Intégrer les dimensions géohistorique et territoriale dans la gestion contemporaine », du 20 au 22 octobre à Laon (02), France. n° 102 DOSSIER Ramsar en France, quel bilan depuis 10 ans ? FOCUS Place des zones humides dans la RSE INVALIDE) (ATTENTION: OPTION pher, ont alimenté une carte interactive ouverte au public. Résultat : plus de 1 600 contributions, dont 15 % signalant des mares et étangs potentiellement prioritaires. Retombées du projet Le succès de « Priority Ponds » illustre la force de la science participative lorsqu?elle s?appuie sur des outils simples et des formations claires. Nous avons tiré plusieurs enseigne- ments : ? Recrutement ciblé : les actions locales via des as- sociations et des groupes communautaires se sont ré- vélées plus efficaces que les campagnes nationales. ? Guides améliorés : la plupart des données collec- tées étaient solides, mais certaines consignes doivent être précisées (usages des sols, couverture végétale). ? Pérenniser les outils : le formulaire restera disponible sur le site du Freshwater Habitats Trust pour permettre à de nou- veaux volontaires de contribuer. Avec un soutien continu, ce type d?initiative peut combler d?importantes lacunes de connaissance. Les citoyens peu- vent fournir une première évaluation, ensuite confirmée par les écologues. Ces projets sont aussi un formidable levier d?implication du public et de diffusion des savoirs sur ces petits habitats? mais essentiels. Le projet « Priority Ponds » a été commandité par Natural England et financé par le Department for Environment, Food and Rural Affairs (Defra), dans le cadre du programme NCEA (Natural Capital and Ecosystem Assessment). Francesca Dunn, Cheffe de projet senior, Freshwater Habitats Trust Traduit de l?anglais par Lorenzo Arduino Mobiliser les citoyens scientifiques pour cartographier les mares et les étangs prioritaires d?Angleterre Le mot ?pond? en Angleterre est utilisé pour désigner les ma- res et les étangs. Voici la définition des mares et étangs selon le Freshwater Habitats Trust: Les mares/étangs sont des plans d?eau (généralement d?eau douce, mais parfois saumâtres), dont la taille peut varier d?1 mètre carré à 2 hectares, et qui retiennent de l?eau pen- dant au moins quatre mois de l?année. Formation mare M. Melun ? SNPN ZONeS huMIDeS INFOS | n°108 22 BRèVES Résumé de thèse Contribution des tourbières françaises à l?objectif national de neutralité carbone d?ici à 2050 Lise Pinault, Docteure de Biologie des populations et écologie, Chrono-environnement ? uMR CNRS uMLP Les tourbières intactes jouent un rôle important dans les flux de carbone sol-atmosphère, en agissant comme un puits de carbone. Néanmoins, 10 % des tourbières sont perturbées à l?échelle mon- diale (50 % dans l?UE), principalement par drainage, qui contribue à abaisser les niveaux d?eau et entraîne la minéralisation de la ma- tière organique MO et l?émission de gaz à effet de serre. En remon- tant le niveau d?eau des sites drainés, la restauration est particuliè- rement efficace pour réduire ces émissions. Dans l?UE, le règlement sur la restauration de la nature (août 2024) devrait inciter à la restauration des tourbières drainées à large échelle. La France devra se conformer à ces politiques en instaurant un programme de hiérarchisation des sites à restaurer. Aujourd?hui, cette perspective est limitée par la mauvaise connais- sance des tourbières françaises (surface, stocks de carbone, état de dégradation, émissions de GES?). Encadrée par M. Daniel GILBERT (Chrono-Environnement) et Mme Elsa MARTIN (CESAER), ma thèse vise à approfondir ces éléments de connaissances afin, à terme, de déterminer dans quelle mesure les tourbières françaises pourraient contribuer à la neutralité car- bone d?ici 2050. Elle a été soutenue le 4 avril 2025, à Besançon, à l?Université Marie et Louis Pasteur. Produire une estimation de la surface en tourbière et des stocks de carbone a été le premier objectif de la thèse. Pour cela, des données d?inventaires des tourbières, d?épaisseurs de tourbe et de qualité de la tourbe, récentes comme historiques, ont été utilisées. Grâce à ce travail, la surface totale en tourbière a été évaluée à 111 000 ha et le stock de carbone à 153 millions de tonnes de carbone (C), soit l?équivalent de 0,2 % de la surface du territoire français métropolitain mais environ 3 % du carbone contenu dans les sols français. La majeure partie de la surface et du stock de carbone sont contenus dans les tourbières de plaine (70 % du stock de carbone), notamment sur la façade atlantique. La dyna- mique lancée par ce travail sera poursuivie après la thèse pour ten- dre, à terme, vers un inventaire exhaustif. La plupart des données d?inventaires des tourbières seront prochainement versées sur le RPDZH. Le deuxième axe de la thèse a consisté à étudier l?état de dégrada- tion de 25 tourbières françaises à partir de prélèvements de tourbe et des niveaux de nappe d?eau. Les résultats montrent qu?il existe une corrélation importante entre les paramètres de la tourbe et le niveau de la nappe d?eau. Plus précisément, il a été mis en éviden- ce une atteinte notable des tourbes proches de la surface du sol, là où la nappe d?eau est abaissée, se traduisant par leur tassement et une diminution de leur teneur en carbone. Les meilleurs résultats ont été obtenus en regroupant les données par écorégions distinc- tes (Jura et Cotentin-Bessin). Ces analyses pourront être élargies dans le futur à d?autres écorégions françaises, à mesure que de nouvelles données sont acquises. Enfin, le troisième axe de thèse a porté sur l?étude des prix d?ac- quisition du foncier en tourbière. Pour obtenir les prix de vente des parcelles en tourbières, l?inventaire des tourbières a été croisé avec la base de données DVF+ du Cerema. Nous montrons qu?un usage des sols intensif (cultures) et l?augmentation de la pente d?une parcelle en tourbière accroissent son prix de vente. Le modèle a été utilisé pour prédire les prix du foncier dans le Cotentin-Bessin et dans le Jura. Cet axe de thèse répond au besoin de données spatialement explicites sur les coûts totaux de restauration, fon- damentales pour mettre en oeuvre un programme de priorisation coût-efficace. Grâce à une double approche écologique et économique, la thèse ouvre des pistes de recherches futures pour une évaluation plus approfondie des émissions de GES issues des tourbières et la prio- risation des sites à restaurer. Webconférence ? Les Atlas de la biodiversité communale, leviers de connaissance et de gestion des zones humides Le 10 avril, plus de 230 participants ont assisté à la webconférence « Des Atlas de la biodiversité communale pour préserver les zones humides », organisée par l?OFB et le Pôle-relais Mares et Vallées Allu- viales. L?événement a mis en lumière la place des ABC (Atlas de la bio- diversité communale) comme outils stratégiques pour la gestion des zones humides. Ces derniers sont des leviers essentiels au niveau local pour mieux comprendre, préserver et sensibiliser à ces milieux. Cette démarche peut être pérennisée sous la reconnaissance « Terri- toire engagé pour la nature » (TEN). Plusieurs collectivités ont témoi- gné de l?intégration des mares, lagunes et marais dans leurs projets d?ABC. Trois témoignages ont marqué la conférence : 1) L?ABC, outil de connaissance et d?inventaire des zones humides par Séverine Jean, adjointe au maire de Marseillan, et Pauline Constantin, co-di- rectrice du CPIE Bassin de Thau. 2) Sensibilisation à l?importance des zones humides par Christal Robert, chargée de mission naturaliste à la LPO Vendée. 3) Préserver et restaurer les zones humides avec TEN, par la commune de Combs-la-Ville. Les échanges ont souligné trois points clés : i) La consultation et l?im- plication des populations locales, essentielles pour créer des projets partagés et ancrés, en valorisant les zones chères aux habitants. ii) La valeur des inventaires participatifs, comme celui des mares par la LPO Vendée, pour mobiliser la communauté tout en enrichissant la connaissance scientifique. iii) L?importance des données locales pour orienter les politiques publiques (GEMAPI, SCOT, PLUi) et les actions de préservation et de restauration. Le replay et les supports de présentation sont disponibles en ligne1. La campagne ABC 2025 est désormais ouverte : les collectivités peu- vent déposer leurs candidatures via la plateforme Aides-Territoires. 1 ? https://www.zones-humides.org/ Le Conservatoire du Littoral : un acteur majeur pour la protection des zones humides depuis 50 ans Créé en 1975, le Conservatoire du littoral a pour mission principale de protéger les littoraux et certains grands lacs face à la pression de l?urbanisation. La maîtrise foncière constitue son principal outil d?intervention, garantissant une protection durable des sites. Cette gestion repose sur une collaboration avec les collectivités, l?État et de nombreux partenaires, assurant une préservation concertée et pérenne des espaces acquis. Initialement centré sur les espaces côtiers, le Conservatoire élargit son action aux zones humides en 2002, à la suite des mobilisations écologiques internationales. Il adopte alors une gestion intégrée des milieux aquatiques, visant leur préservation et l?équilibre entre eaux douces et salées. En 2006 et 2009, des objectifs ministériels fixent à 30 % la part des acquisi- tions annuelles en zones humides. Après 35 ans, elles représentent 36 % du foncier du Conservatoire. En 2010, le Grenelle de l?environne- ment prévoit l?acquisition de 20 000 hectares d?ici 2015, dont 6 000 à 7 000 hectares par le Conservatoire. En 50 ans, le Conservatoire a acquis plus de 220 000 hectares, couvrant 18 % du linéaire côtier na- tional. Ce réseau de plus de 800 sites se distingue par la richesse de ses paysages, la diversité de ses milieux naturels et la valeur de son patrimoine culturel et architectural. La superficie de zones humides sous sa responsabilité est aujourd?hui estimée à 100 000 hectares, dont près de 58 700 hectares en Outremer. Le Conservatoire est en- gagé dans leur protection, avec un objectif d?acquisition annuel de 800 à 1 200 hectares en zones humides, inscrit dans la Stratégie nationale pour la biodiversité et le Plan National Milieux Humides. Il consacre en moyenne 2 millions d?euros par an à des travaux de restauration. Parmi les actions menées : la restauration du Grau et de l?étang d?Urbinu en Corse, des rizières de Mana en Guyane, du Marais du Viguierat, et la coordination des projets européens Adapto et Adapto+, dédiés à l?adaptation au changement climatique. Les ef- forts pour l?acquisition et la restauration de milieux humides dégra- dés se poursuivront à l?avenir. https://www.zones-humides.org/ 1er semestre 2022 n° 102 Dossier : Ramsar en France, quel bilan depuis10 ans ? Focus : Place des zones humides dans la RSE Zones Humides nfos La revue du groupe « Zones humides » Éditée par la Société nationale de protection de la nature. Association régie par la loi de 1901 à but non lucratif, fondée le 10 février 1854 et reconnue d?utilité publique le 26 février 1855. Directeur de la publication : Rémi Luglia, président de la SNPN Coordinateur réseau, animateur du groupe « Zones humides » et plaidoyer : Lorenzo Arduino Responsables d?édition : Lorenzo Arduino, Cléa Blanchard, Valérie Gaudant (SFI) Courriel : clea.blanchard@snpn.fr L?équipe remercie les autrices, auteurs et photographes ayant participé à la création de ce numéro, ainsi que le comité de rédaction de Zones Humides Infos, particulièrement Pierre Caessteker, ainsi que Patrick Bazin, Nathalie Barré, Marie Garrido, Sophie Bagagem, Gaëlle Vandersarren Olivier Cizel et Bastien Coïc pour leur implication. Revue semestrielle. Abonnements : adhesion-abonnement@snpn.fr (l?abonnement numérique est gratuit) ISSN : 1165-452X (imprimé) ? 2271-4464 (en ligne) Dépôt légal : Janvier 2024 Les opinions émises dans Zones Humides Infos sont celles des auteurs. Elles n?expriment pas nécessairement le point de vue du groupe « Zones humides », ni celui de la SNPN. Les auteurs conservent la responsabilité entière des opinions émises sous leur signature. Avec le soutien du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Conception : Chromatiques, Paris Mise en page : Valérie Gaudant (SFI) Impression : Imprimeur Simon, Ornans (25) © 2025 Société nationale de protection de la nature SNPN 44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris Tél. : 01 43 20 15 39 | Site : www.snpn.com ? JE SOUHAITE SOUTENIR LES ACTIONS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DE PROTECTION DE LA NATURE : (En faisant un don ou en adhérant à la SNPN, vous bénéficiez d?une déduction d?impôt de 66 % dans la limite de 20 % de votre revenu imposable.) ? EN SOUSCRIVANT À UNE ADHÉSION OU EN LA RENOUVELANT ? 15 ¤ Étudiant/demandeur d?emploi (montant à régler avec justificatif) ? 25 ¤ Adhésion individuelle ? 75 ¤ Adhésion bienfaiteur ? 100 ¤ Personne morale (association, organisme du service public, entreprise?) ? 40 ¤ Adhésion familiale (merci d?indiquer les noms, prénoms et courriels des membres de la famille) : ........................................................................................ ? EN FAISANT UN DON DE .................................... ¤ (MONTANT LIBRE) ? Pour soutenir l?ensemble des actions de la SNPN ? Pour sensibiliser le grand public par la publication de notre revue Le Courrier de la Nature ? Pour entretenir et gérer la manade de chevaux historique du salin de Badon à la RNN de la Camargue ? Pour réhabiliter le sentier du Tamarguiron du salin de Badon à la RNN de la Camargue ? Pour soutenir les suivis scientifiques de la RNN de la Camargue ? Pour l?exploitation des données de suivi des oiseaux dits « communs » à la RNN du lac de Grand-Lieu ? Pour la recherche et la protection d?anciennes stations de Trèfle d?eau à la RNN du lac de Grand-Lieu ? Pour soutenir les actions scientifiques de la RNN du lac de Grand-Lieu ? Pour la régénération naturelle de la forêt de la RNN de la plaine des Maures ? Pour le développement d?un plan de sauvegarde de la tortue d?Hermann à la RNN de la plaine des Maures ? Pour soutenir les programmes scientifiques de la RNN de la plaine des Maures ? JE RÈGLE UN MONTANT TOTAL DE (ABONNEMENT + ADHÉSION + DON) : ...................... . ¤ Règlement par chèque à établir à l?ordre de la SNPN et à adresser, avec ce bulletin, au siège de l?association : 44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris Possibilité de vous abonner en ligne sur www.snpn.com ? Correspondants ponctuels ou rédacteurs réguliers, photographes amateurs ou professionnels, en participant à la réalisation de cette revue vous soutenez les actions du groupe « Zones humides » et de la Société nationale de protection de la nature pour la pré- servation et l?utilisation durable des zones humides. Les prochains numéros sont en projet. Vous pouvez nous transmettre vos idées, vos besoins, vos propositions d?articles, soit dans le but d?en faire un dossier complet, soit dans le cadre de nos autres rubriques. Vos brèves et actualités sont également bienvenues. Contact : clea.blanchard@snpn.fr à contribution Appel Parutions précédentes Ces numéros sont en accès libres sur www.snpn.fr n° 107 DOSSIER Agriculture et zones humides, meilleures ennemies ? n° 106 DOSSIER Les plans nationaux d?actions, outils pertinents pour la préservation des milieux humides ? n° 105 DOSSIER Les zones humides urbaines du Nord et des Suds face au changement climatique. n° 104 DOSSIER Sauver les prairies humides : regards sur des succès et des échecs. n° 103 DOSSIER - COLLOQUE « Les mares, un patrimoine naturel construit, un patrimoine culturel négligé. Intégrer les dimensions géohistorique et territoriale dans la gestion contemporaine », du 20 au 22 octobre à Laon (02), France. n° 102 DOSSIER Ramsar en France, quel bilan depuis 10 ans ? FOCUS Place des zones humides dans la RSE INVALIDE)

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