Les connaissances des Zones Humides : où en est-on ? (Zones humides info n°108-septembre 2025)
Auteur moral
Société nationale de protection de la nature (France)
Auteur secondaire
Résumé
"Dans le cadre du futur plan d'action français du règlement restauration de la nature, qui a vocation à accélérer les actions de remise en état des écosystèmes, les milieux humides occupent une place centrale et tout particulièrement les tourbières... une occasion de franchir encore une étape sur la prise en compte de ces milieux dans l'aménagement du territoire et d'engager d'ambitieuses opérations de restauration."
Editeur
Société nationale de protection de la nature
Descripteur Urbamet
écologie
;eau
;paysage végétal
Descripteur écoplanete
écologie/milieux naturels
;changement climatique
;protection de l'environnement
Thème
Environnement - Nature
;Énergie - Climat
;Sciences de la terre
Texte intégral
Septembre 2025
n° 108
Les connaissances des Zones
Humides : où en est-on ?
Sommaire
03. Éditorial
03. Hommage à Luc Barbier
DOSSIER
Identifier et délimiter les milieux humides
04. La Plateforme Unifiée des données des Milieux Humides
? l?évolution du Réseau Partenarial des Données sur les
Zones Humides
05. Prélocalisation des milieux et zones humides de l?hexa-
gone et de Corse
06. La cartographie de l?hydraulique des marais littoraux, un
atout face au changement climatique
07. Les lagunes côtières en Corse pour une gestion adapta-
tive face au changement climatique
Comment suivre les zones humides ? panorama des
différentes méthodes
08. MhéO, pour l?évaluation de la gestion et restauration en
milieux humides
09. La collecte et la bancarisation des données piézométri-
ques dans ADES
10. HYDRINDIC : suivre et évaluer l?efficacité des restaura-
tions de zones humides avec un indicateur hydrologique
10. Les méthodes d?état de conservation des habitats humi-
des
11. Zones humides : application mobile SoIRedOx et Done-
Sol
Focus avancement Outre-mer
12. Prélocalisation des milieux et zones humides dans les
DROM
12. Identification et délimitation des zones humides dans les
DROM
13. Les mangroves d?Outre-mer sous la loupe de CARNAMA
État des lieux sur l?altération des zones humides
14. Analyse des pressions d?artificialisation et agricoles dans
le bassin Rhône-Méditerranée
15. Identification et quantification des pressions affectant
les zones humides de Bretagne
16. Vers un inventaire du réseau de drainage agricole : la
Base de Données Drainage
Importance des inventaires de zones humides dans
l?aménagement du territoire
17. L?intégration des inventaires de zones humides dans les
documents d?aménagement
18. Les zones humides dans les règlements des SAGE
19. Le SAGE et les documents d?urbanisme
Organisation de la R et D dans le cadre du Plan
National
20. Un 2e plan national de recherche sur les milieux humi-
des ?
AUTRE REGARD
21. Mobiliser les citoyens scientifiques pour cartogra-
phier les mares prioritaires d?Angleterre
BRÈVES
22. Les ABC, leviers de connaissance et de gestion
des zones humides
22. Les 50 ans du Conservatoire du Littoral
22. Résumé de thèse ? Tourbières de France et car-
bone
Le groupe « Zones humides »
Le groupe « Zones humides » fut créé en 1991 à l?initiative du mi-
nistère chargé de la protection de la nature, dans le cadre d?un
programme triennal de préservation des zones humides d?intérêt
communautaire en France. Il perdure depuis. Animé depuis son
origine par la Société nationale de protection de la nature (SNPN),
le groupe « Zones humides » est informel.
Cette qualité, alliée à sa composition variée et à son indépendan-
ce institutionnelle, permet de porter des débats représentatifs des
enjeux et de la variété des acteurs. Il garde toute liberté dans ses
sujets de réflexion. Un véritable travail d?information et de diffu-
sion de l?information est également réalisé par les membres du
groupe, des spécialistes et des référents des zones humides (ges-
tionnaires de sites, juristes, historiens, géographes, ingénieurs,
administratifs, scientifiques).
En tant que comité éditorial de la revue, le groupe « Zones humi-
des » est le garant de l?orientation éditoriale et de l?adéquation de
Zones Humides Infos avec les enjeux actuels. L?objectif du groupe,
modeste mais constant : oeuvrer au-delà de toute chapelle à la
sauvegarde des zones humides, ces écosystèmes si particuliers
et tellement utiles, qui croisent tant de politiques publiques sans
toujours y être inclus.
La SNPN
Fondée en 1854, la Société nationale de protection de la nature
est la première association de protection de la nature en France.
Elle a pour mission la protection des espaces et des espèces
sauvages, en s?appuyant sur les fondements scientifiques de
l?écologie et de la biologie de la conservation. Ayant participé à la
création de la convention de Ramsar de 1971, la SNPN dispose
notamment d?une expertise reconnue dans le domaine des zones
humides, qui lui vaut d?être associée aux réflexions nationales et
internationales sur ce sujet.
Elle participe à de nombreuses actions de restauration et de
conservation de ces milieux, notamment dans les espaces na-
turels dont elle a la gestion : la réserve naturelle nationale de
Camargue (avec ses 285 espèces d?oiseaux) et la réserve natu-
relle nationale du lac de Grand-Lieu, le plus grand lac de plaine
français, toutes deux zones humides d?importance internationale
« Ramsar ». La SNPN assure également depuis août 2022 la ges-
tion de la Réserve naturelle nationale de la plaine des Maures
abritant une richesse écologique exceptionnelle, des populations
importantes de tortues d?Hermann, un réseau hydrographique,
constitué de cours d?eau permanents et de mares et ruisseaux
temporaires.
La mission de la SNPN s?accompagne
d?un volet d?information et de sensibilisa-
tion grâce à l?édition de ses deux revues :
Zones Humides Infos et Le Courrier de la
Nature.
Membres du groupe « Zones humides »
G. Bouton, A. Caillaud, O. Cizel, B. Coïc, M. Coudriau, B. Dumeige,
G. Gayet, J.-M. Gilardeau, P. Goetghebeur, M.-O. Guth, T. Lecomte,
G. Macqueron, V. Mauclert, G. Miossec, A. Morand, T. Mougey, F. Muller,
A. Privart, B. Sajaloli, J.-P. Siblet, J.-P. Thibault, F. Thinzilal, P. Triplet,
G. Vandersarren
SNPN
PROTÈGE LA NATURE DEPUIS 1854
SOCIÉTÉ NATIONALE DE PROTECTION DE LA NATURE
Couverture :
Photo S. Leroy (OEC)
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
3
Éditorial
L es zones humides sont présentes depuis le début de
mon parcours professionnel, ayant par le passé mis en
place des actions de sensibilisation, de préservation,
de restauration et de suivis dans ces milieux dans le Sud-
Est de la France puis suivi de près au niveau national les
pôles relais depuis près de 10 ans.
Maillons indispensables à la gestion qualitative et quan-
titative de la ressource en eau, véritables hotspots de
biodiversité, ces milieux d?interface (terre-eau, terre-mer),
sont de ce fait pointées dans les directives et règlements
européens (DHFF, DCE, DCSMM, anguille d?Europe?).
Leur rôle dans l?atténuation des effets du changement
climatique est bien connu (une zone humide en mauvais
état, ce sont des millions de tonne de gaz à effet de serre qui
partent dans l?atmosphère). Leur restauration permet ainsi
de « cocher 3 cases » : amélioration d?un des maillons de
l?infrastructure nécessaire au bon fonctionnement du cycle
de l?eau, préservation d?espèces/milieux rares et menacés
et atténuation des effets du changement climatique.
Depuis 2017, l?AFB puis l?OFB se sont impliqués auprès
du ministère chargé de l?écologie sur la production de
connaissances et la bancarisation de données sur les
milieux humides dans le cadre des 3e et 4e plans nationaux
milieux humides. À titre d?illustration, quelques exemples
ci-dessous :
? Le ©SANDRE avec l?OIEau ont permis de stabiliser un
vocabulaire commun pour permettre le partage de données
sur les milieux humides.
? En lien avec le Forum des Marais Atlantiques (RPDZH),
l?OFB a pris la maîtrise d?ouvrage de la modernisation de
la collecte et la bancarisation des inventaires des zones
humides et marais qui aboutira à une nouvelle plateforme
dont le nom de code est PLUMH.
? L?ONB a consacré sa brochure annuelle sur la biodiversité
et les milieux humides.
? L?UAR Patrinat a travaillé ces derniers mois sur la
définition de protocoles et de listes de références pour
l?identification et la délimitation des zones humides en
outremer, mais également sur la prélocalisation des milieux
et zones humides, les méthodes d?état de conservation de
ses habitats ou encore l?appui scientifique et technique
au programme MHéO pour le suivi des milieux humides,
co-animé avec la FCEN.
Comme sur tous les sujets, l?OFB travaille sur les milieux
humides en partenariat avec d?autres établissements
publics : nous pouvons citer l?INRAE sur DoneSol ou le
BRGM sur ADES et la BD Drainage.
Dans le cadre du futur plan d?action français du règlement
restauration de la nature, qui a vocation à accélérer les
actions de remise en état des écosystèmes, les milieux
humides occupent une place centrale et tout particulièrement
les tourbières? une occasion de franchir encore une étape
sur la prise en compte de ces milieux dans l?aménagement
du territoire et d?engager d?ambitieuses opérations de
restauration.
Xavier Gayte, directeur adjoint de la direction surveillance,
évaluation données de l?OFB
Photo : Agence de l?Eau Artois-Picardie
Portrait
Luc Barbier
Lorsque j?ai rencontré Luc la première fois, il s?est présenté :
« Bonjour, je m?appelle Luc » ; il a laissé passer un petit instant,
puis « Barbier, je travaille pour le marais Audomarois ». Je lui
ai dit : « enchanté, c?est une reconversion ? », il m?a répondu
« oui, mais il m?arrive encore de passer la tondeuse de temps
en temps ». Depuis ce jour, on a beaucoup ri à nos blagues
nulles respectives. C?est ainsi, Luc Barbier est une personne
drôle et joviale.
C?est aussi un technicien sérieux et appliqué. Naturaliste, mais
pas que cela, capable d?associer subtilement composantes
agricoles et écologiques, pionnier dans les techniques d?éva-
luation participatives d?espaces protégés ou de territoires plus
larges.
C?est aussi un militant acharné, son style n?est pas du tout
agressif mais remarquablement efficace. Il documente,
construit des argumentaires, les fait parvenir aux bonnes per-
sonnes, fait preuve de constance et de persévérance. Il n?ha-
rangue pas les foules mais il sait parler à l?oreille des journalis-
tes ou des ministres, là où tant d?autres, dans ces circonstan-
ces, perdent si facilement leurs moyens.
Alors qu?il affiche une remarquable stabilité professionnelle au
sein du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d?Opale, sa
carte de visite ne rentre pas dans un A4 et je n?ai donc pas
la place de tout citer. Contentons-nous de noter qu?il a animé
le groupe Zones humides pendant de nombreuses années à
l?aube du xxie siècle, à l?époque des pionniers. Aujourd?hui, il
est notamment vice-président de la Commission Aires Pro-
tégées de l?Office Français de la Biodiversité et ainsi que de
l?Agence de l?eau Artois-Picardie.
Luc a toujours été fidèle à son territoire, au thème des marais,
à ses valeurs et à ses amis. Cette constance est peut-être la
raison de la reconnaissance dont il a bénéficié en devenant
officier de l?Ordre national du Mérite en 2020. Être décoré pour
son action en faveur des zones humides, écosystèmes long-
temps considérés comme nuisibles et encore largement igno-
rés, il faut effectivement du mérite !
Patrick Bazin, Groupe Zones Humides
ZONeS huMIDeS INFOS
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
4
DOSSIER
L es milieux humides font l?objet d?un intérêt croissant,
notamment pour la préservation de la biodiversité,
l?adaptation au changement climatique et la gestion de
la ressource en eau. L?inventaire, la délimitation et la carac-
térisation des milieux humides représentent un socle indis-
pensable à la mise en place d?actions de préservation et de
gestion (entretien, restauration,?). La notion de milieu hu-
mide regroupe notamment les zones humides (loi sur l?eau
1992, avec l?arrêté d?identification et de délimitation du 24
juin 2008 modifié) et les marais.
Depuis les années 2000, dans le cadre de ses conventions
avec les partenaires financiers (principalement les agences
de l?eau), le Forum des Marais Atlantiques (FMA) appuie des
maîtres d?ouvrages porteurs d?inventaires, collecte, qualifie,
traite, compile et met en ligne les données des inventaires
des zones humides. En 2008, ils ont, pour cela, développé des
outils de saisie (Gwern ou extension GwernQGIS), de visuali-
sation cartographique (Réseau Partenarial des Données sur
les Zones Humides ? RPDZH) et de catalogage de données
(geosource). La base de données du RPDZH est devenue en
2019 la base de données nationale des données des inven-
taires des milieux humides en vue de l?évolution vers la Pla-
teforme Unifiée des données des Milieux Humides (PLUMH)
qui inclura davantage de données (Hexagone et Outre-mer)
et de fonctionnalités.
Ce projet porté par le ministère en charge de l?environnement,
le FMA et l?Office français de la biodiversité (OFB) se décline
en trois objectifs successifs :
1) la mise en place d?un référentiel technique des milieux hu-
mides (Sandre), avec son intégration au système d?informa-
tion sur l?eau ;
2) l?évolution de la base de données, banque nationale sur
les milieux humides qui aura vocation à stocker les données
(description et localisation des milieux humides probables et
milieux humides effectifs) ;
3) et le développement d?une plateforme
permettant la bancarisation des données
sur les milieux humides, leur mise à dis-
position et leur valorisation.
L?objectif principal de cette plateforme
est de porter à connaissance les carto-
graphies et caractérisations des milieux
humides en France et de centraliser les données pertinentes
qu?il conviendra de mettre à disposition des professionnels.
À l?image du RPDZH, cette plateforme va poursuivre la vo-
lonté de créer un référentiel « milieux humide », et de fédérer
la majeure partie des acteurs des milieux humides :
? Les agences de l?eau et autres organismes qui financent
les inventaires des milieux humides.
? Les producteurs de données (SAGE, syndicats de bassins
versants, DDT, collectivités, associations,?) qui peuvent réa-
liser des inventaires de zones humides.
? Les services de l?État (DREAL, DDT, le ministère en charge
de l?environnement) comme outil d?aide à la décision, la pla-
nification,...
? Les gestionnaires (CEN) comme outils d?aide à la gestion.
? Le grand public.
Selon les profils des utilisateurs, les fonctionnalités sur la
plateforme seront différentes. Elle proposera une interface
assistée de saisie et de dépôt des données d?inventaire pour
les producteurs de données. Elle centralisera toutes les don-
nées liées aux études de délimitation des milieux humides,
leur inventaire et pourra afficher leur suivi ou d?autres cou-
ches géographiques selon les choix de l?utilisateur. Elle en-
couragera la valorisation et la diffusion en proposant du té-
léchargement et des webservices de diffusion vers d?autres
plateformes.
Une première version de cette plateforme sera opérationnel-
le au 1er avril 2026. Elle présentera l?ensemble des besoins
les plus prioritaires à savoir la bancarisation, la consultation
et la diffusion. Une seconde version reprendra l?idée de l?outil
mazonehumide.org pour présenter/valoriser le patri-
moine de différents milieux humides.
Fabien Blanchet, Chargé de mission système
d?information Forum des Marais Atlantiques
Delphine Singlard Causse, Cheffe de projet
référentiels milieux humides Forum des Marais
Atlantiques, Pôle-relais marais atlantiques, Manche
et mer du Nord
Julie Neury Ormanni, Dre Ecologie évolutive et
fonctionnelle des communautés ? Chargée de
mission Milieux Humides et Plans d?eau DCE à l?OFB
Sébastien Abric, Adjoint à la cheffe du bureau de la
ressource en eau et des écosystèmes aquatiques
? direction eau et biodiversité, ministères Écologie
Énergie Territoires
La Plateforme Unifiée des données des Milieux
Humides ? l?évolution du Réseau Partenarial des
Données sur les Zones Humides
DOSSIER
Identifier et délimiter les milieux humides
http://www.mazonehumide.org/
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
5
DOSSIER
Identifier et délimiter les milieux humides
Prélocalisation des milieux et zones humides
de l?hexagone et de Corse
L e projet de cartographie nationale des milieux et zones
humides1 est un projet ambitieux lancé en 2021 par le
ministère en charge de l?écologie et porté par des équi-
pes scientifiques de l?Université de Rennes 2, de PatriNat, de
l?Institut Agro Rennes-Angers, de l?INRAe et de la fondation
Tour du Valat.
En 2023, le projet a connu une actualité riche :
? Le 16 février 2023, le colloque de restitution du projet de
cartographie nationale prédictive des milieux et zones humi-
des (prélocalisation), a réuni plus de 400 acteurs techniques
et scientifiques, intéressés par l?acquisition de nouvelles
connaissances pour préserver ces milieux. Ce fut l?occasion
de présenter les méthodes mobilisées, les résultats obtenus
et d?échanger à propos des usages possibles par les acteurs
des territoires.
? Des données altimétriques, hydrographiques, géologiques,
sur le sol et la flore ont permis une prélocalisation homogène
des milieux humides et des zones humides dans l?Hexagone,
avec une fiabilité inédite : 29,5 % du territoire serait propice
à la présence de zones humides et 7 % des zones humides
seraient urbanisées. Des méthodes ont été élaborées pour
évaluer l?état des milieux et l?effet des modes de gestion.
Les résultats du projet sont téléchargeables sur le site de
l?INPN2 et visualisables à partir de la plateforme du Réseau
Partenarial des Données sur les Zones humides3.
En 2024, de nouvelles avancées ont été réalisées :
Les résultats d?ateliers consultatifs territoriaux menés en
2022 dans 10 bassins versants tests en partenariat avec les
agences de l?eau et les collectivités locales feront l?objet de
publications. Pour recenser les usages, connaître les retours
critiques des acteurs, et contribuer au guide des usages en
cours d?élaboration, faites remonter en ligne vos utilisations
des cartes4.
Le rapport méthodologiques de prélocalisation, de cartogra-
phie des habitats et d?évaluation des fonctions employées5,
ainsi que le rapport de restitution de la campagne terrain
2021-20226 ont récemment été publiés.
Le projet de cartographie nationale des milieux humides est
également déployé dans les DROM7 (Martinique, Guadelou-
pe, Guyane, La Réunion et Mayotte).
Le projet se poursuit jusqu?en 2025, avec pour objectifs :
? d?améliorer les prélocalisations obtenues, notamment
sur les zones humides de contextes particuliers comme les
« sources et suintements » ;
? d?améliorer et d?étendre la cartographie d?habitats à l?en-
semble de la métropole ;
? de développer de nouveaux indicateurs fonctionnels et
d?étendre les indicateurs existants à l?ensemble de la métro-
pole ;
? de mettre au point un guide d?usage des résultats du pro-
jet, pour faciliter la prise en main et l?utilisation des cartogra-
phies par l?ensemble des acteurs ;
? de fournir aux territoires (communes, bassins versants,
etc.) des chiffres-clefs sur les emprises de zones humides
prélocalisées et les pressions qui s?y exercent.
en savoir plus
Retrouvez l?ensemble des informations, des documents et
des résultats diffusés ces deux dernières années sur la page
PatriNat dédiée au projet de cartographie nationale des mi-
lieux humides8.
hugo Potier, Chargé d?étude sur la Cartographie Nationale
des Milieux Humides, UAR PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD)
1 ? https://www.patrinat.fr/fr/actualites/recensement-des-usa-
ges-apres-un-de-cartographie-nationale-des-milieux-humides-
7279
2 ? https://inpn.mnhn.fr/telechargement/cartes-et-information-
geographique/mh/zh
3 ? http://sig.reseau-zones-humides.org/
4 ? https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdJNuAvWGGUv
_LWLORVrastQx3kYJhFzAH0aRHDZVHzigvSuw/viewform
5 ? https://mnhn.hal.science/mnhn-04292468
6 ? https://mnhn.hal.science/mnhn-04292513
7 ? https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-
humides-7187
8 ? https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-
humides-7187
Carte nationale des milieux humides © Patrinat.
https://www.patrinat.fr/fr/actualites/recensement-des-usages-apres-un-de-cartographie-nationale-des-milieux-humides-7279
https://www.patrinat.fr/fr/actualites/recensement-des-usages-apres-un-de-cartographie-nationale-des-milieux-humides-7279
https://www.patrinat.fr/fr/actualites/recensement-des-usages-apres-un-de-cartographie-nationale-des-milieux-humides-7279
https://inpn.mnhn.fr/telechargement/cartes-et-information-geographique/mh/zh
https://inpn.mnhn.fr/telechargement/cartes-et-information-geographique/mh/zh
http://sig.reseau-zones-humides.org/
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdJNuAvWGGUv _LWLORVrastQx3kYJhFzAH0aRHDZVHzigvSuw/viewform
https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSdJNuAvWGGUv _LWLORVrastQx3kYJhFzAH0aRHDZVHzigvSuw/viewform
https://mnhn.hal.science/mnhn-04292468
https://mnhn.hal.science/mnhn-04292513
https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-humides-7187
https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-humides-7187
https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-humides-7187
https://www.patrinat.fr/fr/cartographie-nationale-des-milieux-humides-7187
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
6
DOSSIER
Identifier et délimiter les milieux humides
La cartographie de l?hydraulique des marais
littoraux, un atout pour la préservation et
l?adaptation au changement climatique
L es marais, milieux humides de type particulier, sont sou-
vent caractérisés par une gestion effective des niveaux
d?eau et un entretien régulier des digues et des chenaux.
Ils constituent des ensembles aménagés par l?Homme au
cours de l?Histoire. Ils ont connu des aménagements consti-
tués de digues, ouvrages hydrauliques, chenaux, fossés et
rigoles pour satisfaire des besoins de productions : salicul-
ture, piscicultures, élevages et cultures.
Bien qu?artificialisés, ces milieux semi-naturels portent une
forte image de naturalité. L?omniprésence de l?eau, bien que
maîtrisée, en est la raison. Elle offre un potentiel d?accueil
considérable d?espèces spécifiques, comme de groupes plus
résistants à de forts contrastes de températures, d?humidité
et de connexité des milieux.
Les marais littoraux concentrent aujourd?hui l?attention en
raison de leur exposition au changement climatique. Leur ré-
silience est mise à rude épreuve face à l?élévation du niveau
de la mer ou des étiages sévères.
Ainsi, l?OFB et les Pôles-relais marais atlantiques manche et
mer du Nord ainsi que lagunes méditerranéennes oeuvrent à
cartographier la structure et le fonctionnement hydraulique
d?environ 740 000 ha de ces marais littoraux1. C?est la base
fondamentale qui permet aux opérateurs publics et privés de
la gestion d?agir en connaissance de cause.
Par exemple, l?établissement des cartes des réseaux, des
ouvrages et des casiers hydrauliques, permet de documen-
ter ce qui relevait de la connaissance orale pure jusque-là.
À ce jour, c?est plus de 1 500 ouvrages référencés sur les
marais méditerranéens et plus de 270 000 ha de casiers hy-
drauliques sur l?ensemble des façades cartographiés depuis
2019.
La fabrication des logigrammes d?écoulement entre toutes
ces entités selon les saisons, donne des bases de compré-
hension partagée. Ce sont les clefs de la maîtrise de la ges-
tion quantitative et qualitative de ces milieux.
À l?interface entre terre et mer, les ouvrages à la mer de ces
marais doivent permettre le passage des espèces aquatiques
mais également le transit sédimentaire, l?apport d?eau douce
vers la mer. La gestion et l?aménagement de ces ouvrages
ont fait l?objet de rapportage pour le règlement européen sur
l?anguille d?Europe mais également pour la Directive cadre
stratégie milieu marin en 2024.
Il est possible désormais de réfléchir à l?accessibilité et au
potentiel d?accueil de l?anguille, dans ces milieux. Bien que
non annexée à la DHFF2 comme le sont les oiseaux d?eau,
elle est emblématique des préoccupations de préservation,
et actuellement classée en danger critique d?extinction. Face
à cet enjeu, la gestion des ouvrages hydrauliques nécessite
une montée en compétences des organismes en charge de
la gestion de l?eau et des milieux aquatiques littoraux afin
qu?ils puissent caractériser la transparence de leurs ouvra-
ges vis à vis des poissons migrateurs et l?améliorer à l?échel-
le de leur territoire.
Ainsi il sera possible désormais de travailler finement les ac-
cords de niveau d?eau, les plans de prévention des risques
en appuyant ceux-ci sur une parfaite appréciation des flux et
de l?inondabilité. Des simulations peuvent être menées pour
projeter l?évolution des capacités d?accueil des milieux aqua-
tiques, autant que des productions fourragères et des offres
d?habitats et la diversité floristique des terrains humides.
Ces cartographies sont en cours de production et déjà dispo-
nibles sur le RPDZH.
Loic Anras, Chef de projet milieux humides, Forum des
Marais Atlantiques, Pôle-relais marais atlantiques, Manche
et mer du Nord
Nathalie Barré, Chargée de projet Occitanie ?
Conservatoire d?espaces naturels Occitanie, Pôle-relais
lagunes méditerranéennes
Pierre Caessteker, Chargé de mission zones humides &
marais, Office français de la biodiversité
Delphine Singlard Causse, Cheffe de projet référentiels
milieux humides Forum des Marais Atlantiques, Pôle-relais
marais atlantiques, Manche et mer du Nord
1 ? Protocole d?identification et de délimitation des unités hydrauli-
ques cohérentes dans les marais littoraux.
2 ? Directive Habitats-faune-flore.
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
7
DOSSIER
Identifier et délimiter les milieux humides
Les lagunes côtières en Corse face au changement cli-
matique : quelles connaissances et outils de préservation
pour une gestion adaptative ?
Identifier, délimiter, catégoriser et doter la gestion des lagunes cor-
ses d?outils d?aide à la décision est devenu prioritaire pour mieux
comprendre leur fonctionnement et adapter leur gestion au chan-
gement climatique. La Corse abrite une grande diversité de zones
humides littorales, marquées par des conditions topographiques
et climatiques très variées. Cette hétérogénéité entraîne des dy-
namiques hydro-écologiques particulières, souvent éloignées des
modèles continentaux. Ces milieux, sensibles et riches en biodi-
versité, sont à la fois indicateurs précoces du changement global
et amortisseurs de ses effets1.
Depuis 2018, plusieurs projets structurants ont été menés, zoom
sur 2 d?entre eux :
Le Forum des Gestionnaires Corses2 (FOGEC), initié en 2019,
constitue un réseau clé d?acteurs locaux mobilisés dans la gestion
des zones humides. Leur expertise de terrain renforce l?Observa-
toire Régional des Zones Humides de Corse3 (ORZHC), coordonné
par l?OEC. Acté en 2020, l?ORZHC centralise les données, évalue les
actions, soutient la décision et favorise la concertation. Trois pro-
grammes d?action structurent cette approche autour des : « mares
temporaires » (2003), « lacs » (2006) et « lagunes » (2020). Une
plateforme web ainsi qu?une base de données associée valorisent
les données et facilite leur appropriation.
Pour les lagunes, un suivi haute fréquence est mené à l?aide de
sondes (CTDs) sur cinq sites (Arasu, Santa-Ghjulia, Balistra, Tes-
tarella, Pisciu-Cane), étendu à d?autres d?ici 2026. Ces outils per-
mettent le développement de guides pratiques de gestion (ex.
1 ? https://pole-lagunes.org/wp-content/uploads/sites/4/
2024/03/Synthese-8e-plateforme-VF.pdf
2 ? https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=becmsOrgDirectory
&sop=displaygeosondes&artid=234
3 ? https://orzhc.oec.fr/index.php
salinité hors normes4, lutte contre le crabe bleu5). En 2024, il a été
décidé d?étendre ces méthodes d?analyses aux programmes lacs
et mares temporaires afin d?harmoniser les approches pour une
gouvernance durable.
Évaluation de l?état de conservation des lagunes. Entre 2020 et
2023, une évaluation des lagunes corses a été conduite par l?OEC
via divers programmes (Life Marha ? DHFF, programme d?actions
de conservation des lagunes, thèses). Une cartographie (réalisée
avec la Tour du Valat et le Pôle-relais lagunes à l?échelle de la fa-
çade méditerranéenne française) a permis d?identifier 95 lagunes
en Corse représentant 3 281 ha et de les classer selon la dyna-
mique de la surface de leurs eaux en 7 catégories6 . Des indica-
teurs standardisés7 [2] ont été appliqués à 5 lagunes pour com-
bler le manque de données sur les lagunes de petites surfaces
(< 30 ha), non suivis par la DCE. Les résultats indiquent un bon
état de conservation global malgré certaines pressions. Ce travail,
couplé à une expertise scientifique et aux retours d?expérience,
permettra d?améliorer les outils pour renforcer l?évaluation et sa
reproductibilité.
Ces données alimentent désormais des programmes régionaux
tels que : le SDAGE, la DCSMM, le PLAGEPOMI, le PTL Crabe bleu,
et offrent une base pour élargir le suivi à d?autres lagunes. Par cet-
te approche ciblée, la Corse met en place une stratégie adaptée à
ses spécificités pour préserver durablement ses lagunes.
Marie Garrido, Cheffe de projets scientifiques et coordinatrice
de l?Observatoire régional des zones humides de Corse ?
Office de l?Environnement de la Corse, Pôle-relais lagunes
méditerranéennes
4 ? https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=N
5 ? https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=News&op=viewactu
&sid=134&
6 ? Guelmami et al. (en rédaction). https://pole-lagunes.org/life-
marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les-
lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de-
lhabitat/
7 ? Lepareur et al. (2019). https://pole-lagunes.org/etat-de-con-
servation-des-lagunes-cotieres-2019/
©
S
. L
er
oy
(O
EC
)
https://pole-lagunes.org/wp-content/uploads/sites/4/ 2024/03/Synthese-8e-plateforme-VF.pdf
https://pole-lagunes.org/wp-content/uploads/sites/4/ 2024/03/Synthese-8e-plateforme-VF.pdf
https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=becmsOrgDirectory&sop=displaygeosondes&artid=234
https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=becmsOrgDirectory&sop=displaygeosondes&artid=234
https://orzhc.oec.fr/index.php
https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=N
https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=News&op=viewactu&sid=134&
https://orzhc.oec.fr/mobiles.php?name=News&op=viewactu&sid=134&
https://pole-lagunes.org/life-marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les-lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de-lhabitat/
https://pole-lagunes.org/life-marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les-lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de-lhabitat/
https://pole-lagunes.org/life-marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les-lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de-lhabitat/
https://pole-lagunes.org/life-marha-suivi-spatiotemporel-des-eaux-de-surface-dans-les-lagunes-cotieres-mediterraneennes-indicateur-surface-de-lhabitat/
https://pole-lagunes.org/etat-de-conservation-des-lagunes-cotieres-2019/
https://pole-lagunes.org/etat-de-conservation-des-lagunes-cotieres-2019/
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
8
DOSSIER
Comment suivre les zones humides ? panorama des différentes méthodes
MhéO, une boîte à outils pour l?évaluation
de la gestion et des travaux de restauration
en milieux humides
Définition de MhéO, objectifs poursuivis,
cadre stratégique, historique de
développement et cas d?usage)
MhéO1 est un outil de suivi des fonctions des milieux humi-
des, basé sur des protocoles, des indicateurs et des métho-
des d?interprétation. Il est issu de démarches de bassin an-
térieures (notamment RhoméO sur le bassin Rhône-Méditer-
ranée, puis LigérO sur le bassin Loire-Bretagne), notamment
portées par les Conservatoires d?espaces naturels.
MhéO est un outil pour les gestionnaires d?espaces naturels,
applicable sur le territoire hexagonal et permet de viser deux
objectifs :
? suivre l?évolution des milieux humides dans le cadre de la
gestion des sites naturels, permettant de comprendre la tra-
jectoire écologique sur le long terme ;
? suivre l?efficacité des travaux de gestion ou de restauration,
en évaluant leurs effets à court et moyen terme.
MhéO est composé d?indicateurs basés sur des protocoles
relatifs à la piézométrie, la pédologie, la flore, les odonates
et les amphibiens. C?est au gestionnaire de choisir le ou les
indicateurs pertinents pour son suivi en fonction des enjeux
qu?il détermine. La boîte à outils fournit également des fiches
d?analyse pour aider le gestionnaire à analyser ses résultats.
Le programme MhéO a bénéficié du développement de la
boîte à outils RhoméO qui, depuis 2013, a été construite
comme un outil :
? pragmatique et opérationnel : les indicateurs, les protoco-
les et les interprétations présentés dans la BAO RhoméO ont
tous été testés et validés sur le terrain par les partenaires du
programme sur les 200 sites tests à l?aide de plus de 70 000
données mobilisées ;
? répondant à différentes questions que se posent les ges-
tionnaires, concernant notamment l?évolution des fonctions
des zones humides ;
? pouvant être utilisé par diverses structures et personnes,
que ce soit sur le type de compétences maîtrisées ou le ni-
veau requis (spécialistes, qualifiés, généralistes).
La démarche MhéO est prévue par l?action 30 du 4e Plan
national milieux humides qui vise à suivre l?évolution des
milieux humides par le développement et le déploiement
d?outils communs. Elle contribue également, d?une part, à
l?atteinte de l?objectif 7 de la Stratégie nationale pour les aires
protégées en renforçant la méthode d?évaluation de la ges-
tion des aires protégées et, d?autre part, au Schéma directeur
de la surveillance de la biodiversité terrestre. Enfin, MhéO
pourra constituer un élément important pour le rapportage
de la mise en oeuvre du Règlement sur la restauration de la
nature en permettant l?évaluation des opérations de restaura-
tion et l?atteinte des objectifs fixés.
Animation nationale et démarche
de bassin
? L?animation nationale (BAO unifiée, Calculatrices,
données, ReX, réseaux de suivis, formation, accom-
pagnement des démarches de bassin)
Afin de faciliter le déploiement de cette démarche auprès de
l?ensemble des acteurs et de poursuivre son développement,
une animation nationale est portée conjointement par Patri-
Nat et la Fédération des Conservatoires d?espaces naturels,
en lien avec le ministère en charge de l?écologie et l?Office
français de la biodiversité.
L?objectif de cette animation nationale est de :
? mettre à disposition à l?échelle nationale, et de manière
harmonisée, des indicateurs de suivi, des protocoles stan-
dardisés, des outils d?analyse et d?interprétation des résul-
tats permettant de suivre l?évolution des milieux et l?effet des
actions de gestion écologique ;
? faciliter la bancarisation des données dans les bases na-
tionales (SINP, ADES et DoneSol) ;
? capitaliser des retours d?expériences afin de préconiser
des opérations de génie écologique en matière d?entretien,
de restauration ou encore de réhabilitation ;
? inciter à la mise en place d?un réseau d?observation des mi-
lieux humides, en s?appuyant d?une part sur un ensemble de
sites de suivi pour contribuer au rapportage européen, l?ali-
mentation de l?Observatoire national de la biodiversité (ONB)
et du programme national de surveillance de la biodiversité
terrestre et d?autre part, sur un réseau de sites vitrines dans
le cadre du programme LIFE Biodiv France;
? assurer le déploiement de la démarche et l?accompagne-
ment des acteurs, notamment par l?organisation de forma-
tion et la production de documents de référence.
Pour les années 2025 et 2026, en associant différents ex-
perts nationaux, il est prévu de construire une boîte à outils
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
9
DOSSIER
Comment suivre les zones humides ? panorama des différentes méthodes
nationale, ainsi qu?un outil de saisie des données et de calcul
des indicateurs.
? Les démarches de bassin
La démarche MhéO comprend 5 protocoles (odonates, am-
phibiens, flore, pédologie, piézométrie) et 6 indicateurs. Elle
est déclinée actuellement sur 4 bassins hydrographiques
(Rhône-Méditerranée-Corse, Loire-Bretagne, Artois-Picardie
et Adour-Garonne), notamment par le financement des agen-
ces de l?eau et des DREAL.
Les démarches de bassin visent à :
? contribuer au déploiement de l?outil et à l?accompagnement
des acteurs locaux ;
? produire des listes de référence pour les indicateurs rela-
tifs à la faune et à la flore ;
? développer des protocoles et des indicateurs sur des para-
mètres spécifiques aux besoins de bassin (par exemple, Or-
thoptères sur Rhône-Méditerannée, Coléoptères aquatiques
pour Artois-Picardie ou encore indicateur trophique pour Loi-
re-Bretagne) ;
La collecte et la bancarisation des données piézométriques en
milieux humides dans ADeS
Lors du Forum des gestionnaires de la biodiversité 20211, les
gestionnaires d?espaces naturels déclarent très majoritairement
avoir mis en place des suivis piézométriques sur leurs sites. Ce-
pendant, la collecte et la remontée des données dans la base de
données d?accès aux données sur les eaux souterraines2 (ADES)
du BRGM sont anecdotiques, comme celles des données pédolo-
giques dans la base de données du sol (DONESOL) d?INRAE. En re-
vanche, les données biologiques (odonates, amphibiens, oiseaux)
sont régulièrement collectées et bancarisées dans le Système
d?information sur la biodiversité (SIB).
À l?heure des périodes de sécheresse à répétition, il est indispen-
sable de consolider notre argumentaire auprès des décideurs sur
l?importance des zones humides pour retenir et maintenir l?eau
dans les territoires. Il est parfois difficile de construire un argu-
mentaire étayé justifiant la préservation ou la restauration des
zones humides tant que les modalités d?engorgement ne sont
pas bien appréhendées par les acteurs techniques. En effet, ces
modalités ont une influence fondamentale sur les fonctions et les
services procurés par les zones humides. En les identifiant, en
les comprenant, il est alors possible d?identifier des mesures de
préservation et de gestion adaptées, et de construire un discours
circonstancié pour justifier l?intérêt de la préservation des zones
humides, étant donné les singularités propres à chaque milieu hu-
mide sur un territoire.
La connaissance, la collecte et la bancarisation des données pié-
zométriques sont un enjeu majeur pour modéliser les processus
hydrologiques des zones humides, estimer leur importance pour
le stockage de l?eau dans un bassin versant et in fine pouvoir argu-
menter en faveur de leur restauration.
Divers organismes dont le BRGM assurent la bancarisation des
données piézométriques acquises sur les eaux souterraines en
1 ? Partageons nos expériences en faveur des milieux humides,
n° 83 | Rencontres | juin 2022. https://professionnels.ofb.fr/
fr/doc-rencontres/partageons-nos-experiences-en-faveur-
milieux-humides-ndeg83
2 ? https://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/preservation-
et-restauration-des-milieuxzones-humides/la-politique-du-
bassin-en-faveur-des-zones
France. Ces données sont versées dans la
base nationale de données sur les eaux sou-
terraines ADES3.
Le croisement entre les données d?inventai-
res et de prélocalisation des zones humides
(Réseau partenarial des données sur les
zones humides) et la couche des piézomè-
tres dont les données sont bancarisées dans ADES, réalisé par le
BRGM dans le cadre du projet SOHUMID (rapport intermédiaire
20194), montre :
? un déficit de piézomètres en zones humides intégrés dans
ADES ;
? des piézomètres dans ADES suivant principalement des nappes
présentes au-delà de 10 m de profondeur (obligation réglementai-
re de bancarisation) et non des nappes de subsurface des zones
humides.
Différents protocoles et indicateurs ont été développés par les ac-
teurs de la recherche en lien avec les gestionnaires d?espaces na-
turels comme NAPROM, MhéO ou encore Hydrindic. Les données
issues de ces suivis sont essentielles, il est donc important de
constituer un réseau national de piézomètres en milieux humides
et de verser les données dans la base de données ADES. Pour ce
faire, 3 étapes sont nécessaires : (1) créer un réseau de piézomè-
tres auprès du Service d?administration national des données et
référentiel sur l?eau (SANDRE), (2) obtenir les codes nationaux de
la Banque du Sous-Sol (BSS) des points de suivi auprès du BRGM
(plateforme DUPLOS), et (3) verser les données dans ADES à l?aide
d?un parseur mis à disposition par le SANDRE.
Un guide sur la procédure de collecte et de bancarisation des don-
nées piézométriques en milieux humides corédigé par la FCEN,
l?OFB, le BRGM, l?OIEau et le MTE sera publié d?ici la fin de l?année
2025. Ce document détaille la procédure d?ensemble à suivre pour
permettre la remontée des données piézométriques en milieux
humides dans ADES.
Anne Winckel, Ingénieure hydrogéochimiste expert,
cheffe de projet ADES au BRGM
Manon Jouve, Chargée de mission Système d?Information
Géographique (SIG) et informatique, Fédération des
conservatoires d?espaces naturels
3 ? https://ades.eaufrance.fr/
4 ? http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-69356-FR.pdf
? déployer des formations locales pour la prise en main
des protocoles et indicateurs, ou des outils de saisie et de
calcul.
François Micheau, directeur de programmes, Fédération
des Conservatoires d?espaces naturels
honorine Baldenweck Ruffenach, Chargée de projet
observation et évaluation des milieux humides, UAR
PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD)
Plus d?informations
https://reseau-cen.org/fleuves-milieux-humides/mheo/
https://rhomeo-bao.fr/
http://ligero-zh.org/projet-ligero
https://www.artois-picardie.eaufrance.fr/eau-et-biodiversite/zo-
nes-humides/article/la-politique-du-bassin-en-faveur-des-zones-
humides
https://www.zones-humides.org/mheo-dispositifs-d-observation-
et-de-suivi-d-operation-de-restauration
1 ? https://www.zones-humides.org/sites/default/files/PNMH/
Gth%20Connaissance/30_PNMH4_vsept-2024.pdf
https://professionnels.ofb.fr/fr/doc-rencontres/partageons-nos-experiences-en-faveur-milieux-humides-ndeg83
https://professionnels.ofb.fr/fr/doc-rencontres/partageons-nos-experiences-en-faveur-milieux-humides-ndeg83
https://professionnels.ofb.fr/fr/doc-rencontres/partageons-nos-experiences-en-faveur-milieux-humides-ndeg83
https://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/preservation-et-restauration-des-milieuxzones-humides/la-politique-du-bassin-en-faveur-des-zones
https://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/preservation-et-restauration-des-milieuxzones-humides/la-politique-du-bassin-en-faveur-des-zones
https://www.rhone-mediterranee.eaufrance.fr/preservation-et-restauration-des-milieuxzones-humides/la-politique-du-bassin-en-faveur-des-zones
https://ades.eaufrance.fr/
http://infoterre.brgm.fr/rapports/RP-69356-FR.pdf
https://www.zones-humides.org/sites/default/files/PNMH/Gth%20Connaissance/30_PNMH4_vsept-2024.pdf
https://www.zones-humides.org/sites/default/files/PNMH/Gth%20Connaissance/30_PNMH4_vsept-2024.pdf
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
10
DOSSIER
Comment suivre les zones humides ? panorama des différentes méthodes
HYDRINDIC : suivre et évaluer l?efficacité des
opérations de restauration/création de zones
humides avec un indicateur hydrologique
R estaurer, gérer et préserver les milieux humides consti-
tuent des solutions fondées sur la nature (SfN), so-
lutions dites « sans regret », largement plébiscitées
aujourd?hui face aux défis croisés des changements climati-
ques, de l?érosion de la biodiversité, des risques naturels liés
à l?eau, etc. Cependant, le déploiement des SfN pâtit large-
ment d?un manque d?informations sur les performances et
les co-bénéfices qu?apportent ces solutions. En effet, si de
nombreux projets ont vu le jour ces dernières décennies, la
robustesse des suivis mis en oeuvre doit être renforcée, tant
pour vérifier l?atteinte des objectifs que pour évaluer les co-
bénéfices.
Nombre de fonctions réalisées par les zones humides dé-
pendent directement du fonctionnement hydrologique de
celles-ci. La restauration d?un fonctionnement hydrologique
adéquat est également un facteur clé de la réussite de pro-
jets de restauration. Le besoin d?un indicateur hydrologique a
été émis par des porteurs de projet, associations de conser-
vation de la nature, services de l?État, établissements publics
de l?État et bureaux d?études. Pensé pour améliorer le suivi
et l?évaluation des opérations de restauration/création de zo-
nes humides, le projet Hydrindic1 promeut le développement
de suivis hydrologiques et l?évaluation des opérations de res-
tauration/création avec un indicateur spécifique.
Un tel indicateur a été développé pour suivre et évaluer le
succès des opérations de restauration/création de zones
humides de montagne au cours d?un projet Irstea-Colorado
State University en 2013-2014 (Gaucherand et al. 2013, Coo-
per et al. 2017). Cet indicateur a été étendu à une variété
de milieux aux États-Unis entre 2015 et 2018 (Sueltenfuss
& Cooper 2019). Appelé « HYDRINDIC » ici, cet indicateur a
été adapté et testé en métropole dans une variété de zones
humides durant le projet du même nom (2020-2021).
L?indicateur est basé sur la comparaison des variations de
profondeur de nappe mesurées pendant au moins 12 mois,
simultanément sur un site en voie de restauration/création et
des sites de référence correspondant à l?objectif de restaura-
tion/création (appelés SCORs). Un tableur pré-rempli permet,
à partir des données brutes, de visualiser le fonctionnement
hydrologique de la zone humide en voie de restauration (va-
riation de la profondeur de nappe, hydropériode) et de mettre
ce fonctionnement en perspective avec celui des SCORs. En
fonction des résultats, un indicateur est calculé. Si les ré-
sultats de l?indicateur sont médiocres, un arbre de décision
renvoie vers les questions à creuser pour améliorer le projet
de restauration/création. Les résultats obtenus avec cet indi-
cateur permettent donc d?alerter sur la trajectoire d?évolution
des zones humides en voie de restauration/création vis-à-vis
Les méthodes d?état de conservation des habitats humi-
des1
La détérioration des écosystèmes est un problème majeur à
l?échelle mondiale. Les principales menaces identifiées sont le
changement d?utilisation des terres, l?exploitation directe des or-
ganismes, le changement climatique, les pollutions ou encore
les espèces exotiques envahissantes (EEE) (Intergovernmental
Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services
2019). Parmi eux, les écosystèmes d?eau douce, notamment les
zones humides (ZH), apparaissent comme les plus menacés.
Un des objectifs de la directive Habitats-Faune-Flore est le main-
tien, ou la restauration, dans un état de conservation (EC) favorable
des habitats et des espèces d?intérêt communautaire (HIC) listés
dans ses annexes. Afin de répondre à cet objectif, le ministère en
charge de l?écologie a confié à PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD) la
mise en place de méthodes d?évaluation de l?EC des HIC à l?échelle
des sites Natura 2000. Ces méthodes doivent être relativement
simples à mettre en oeuvre, reproductibles et standardisées sur
l?ensemble du territoire hexagonal et corse. Les travaux sont enga-
gés depuis 2008 et ont vu paraître plusieurs guides méthodologi-
ques traitant des habitats forestiers, dunaires, agropastoraux, etc.
Pour les habitats humides, un premier travail a porté sur les eaux
courantes en 2013. Se sont succédés depuis plusieurs travaux,
1 ? https://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/
pdf/naturae2021a7.pdf
notamment sur les eaux dormantes, les habitats tourbeux ou en-
core les landes humides atlantiques. À l?heure actuelle, 98 % des
HIC humides recensés sur le territoire métropolitain sont couverts
par une méthode d?évaluation ou ont fait l?objet d?une première ap-
proche méthodologique.
L?analyse de la littérature, les COPIL, ainsi que les phases de ter-
rain successives permettent de mettre en avant des indicateurs
potentiellement pertinents dans une démarche d?évaluation à
l?échelle des sites. Ces études aboutissent à la production de gui-
des méthodologiques à destination des opérateurs.
Les versions des différentes grilles proposées aujourd?hui sont
plus ou moins abouties selon les types d?habitats. Les méthodes,
jugées tout à fait valides et pertinentes par les différentes parties
prenantes ayant participé à leur réalisation, se veulent évolutives.
Les grilles sont remaniées après chaque nouvelle phase de test
et/ou retours d?expérience des utilisateurs, si jugé pertinent. Un
équilibre entre précision scientifique et faisabilité est primordial
pour que ces méthodes soient à la fois valides et applicables par
les opérateurs Natura 2000. Ce travail n?en reste pas moins es-
sentiel si l?on souhaite rendre compte de l?évolution des habitats
français au sein du réseau européen.
Margaux Mistarz, Responsable « Surveillance des habitats
ouverts » UAR PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD)
en savoir plus
https://www.patrinat.fr/fr/methodologies-devaluation-de-letat-
de-conservation-des-habitats-6072
https://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/pdf/naturae2021a7.pdf
https://sciencepress.mnhn.fr/sites/default/files/articles/pdf/naturae2021a7.pdf
https://www.patrinat.fr/fr/methodologies-devaluation-de-letat-de-conservation-des-habitats-6072
https://www.patrinat.fr/fr/methodologies-devaluation-de-letat-de-conservation-des-habitats-6072
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
11
DOSSIER
de l?objectif fixé et informer sur les causes possibles d?un
éventuel échec. L?indicateur doit idéalement être mis en oeu-
vre avant et après les travaux de restauration. Si ce n?est pas
possible, il peut cependant aussi être utilisé pour contrôler
les résultats obtenus après la réalisation des travaux. Nous
proposons l?utilisation de l?indicateur HYDRINDIC en France
métropolitaine pour suivre et évaluer le succès des opéra-
tions de restauration/création de zones humides.
Le guide méthodologique HYDRINDIC (version 1, janvier
2023) contient les informations nécessaires pour la mise en
place de suivis piézométriques (stratégie de déploiements
des piézomètres, matériel nécessaire, coûts, etc.), ainsi
qu?une proposition d?analyse des données et d?évaluation de
l?efficacité des opérations de restauration/création d?un point
de vue hydrologique (mise à disposition d?un tableur automa-
tisé et d?un outil en ligne pour le calcul de l?indicateur, arbre
de décision).
L?ensemble des travaux associés à HYDRINDIC ont été finan-
cés par l?OFB et réalisés par INRAE en partenariat notamment
avec PatriNat, Le CEN Savoie ainsi que les bureaux d?études
Soltis-environnement et Biotope.
Stéphanie Gaucherand, Ingénieur-chercheur en écologie
chez INRAE, LESSEM -?Laboratoire Ecosystèmes et
Sociétés En Montagne
Comment suivre les zones humides ? panorama des différentes méthodes
1 ? https://www.zones-humides.org/hydrindic-le-guide-methodo-
logique-est-publie; https://www.zones-humides.org/sites/de-
fault/files/guide_hydrindic_v1.pdf
Zones humides : application mobile SoIRedOx et Done-
Sol
La liste des études pédologiques référencées sous DoneSol est
disponible avec l?outil de consultation REFERSOLS1.
Grâce à leurs colorations spécifiques, les sols hydromorphes sont
utilisés pour caractériser réglementairement les zones humides.
Si le diagnostic est efficace, les situations sont cependant très
variées et parfois complexes à analyser. Un diagnostic de qua-
lité repose avant tout sur la formation et l?accompagnement des
opérateurs de terrain. SolRedOx est une application tablette et té-
léphone mobile, développée par la commission Zones Humides
de l?AFES (Association Française pour l?Etude des Sols) et l?Office
français de la biodiversité, pour faciliter la caractérisation des sols
hydromorphes sur le terrain, et notamment identifier et anticiper la
délimitation des zones humides au titre de la réglementation.
Les objectifs sont multiples :
encourager une démarche naturaliste associant l?analyse de l?en-
vironnement à celle du sol. Les causes de l?engorgement des sols,
responsables de leur hydromorphie, sont dictées par les condi-
tions particulières de l?environnement (Climat, Roche, relief). So-
lRedOx propose une démarche par échelle descendante, de l?ana-
lyse régionale à la microtopographie, en intégrant les influences
humaines, offrant le recul nécessaire pour l?interprétation du sol.
Cette approche permet d?éviter les écueils de mésinterprétation et
de comprendre le fonctionnement hydro-pédologique.
harmoniser la lecture des signes d?hydromorphie des horizons
pédologiques. Si les morphologies hydromorphes sont diverses,
les processus pédologiques qui y conduisent sont cohérents.
Pourtant l?interprétation des colorations pédologiques est parse-
1 ? https://refersols.gissol.fr/
mée de pièges (couleurs équivoques), et de difficultés d?appré-
ciation (travail du sol et colorations organique). SolRedOx suit
un protocole hiérarchisé et rigoureux qui oriente vers un examen
qualitatif du sol. Sa mise en oeuvre passe par l?utilisation d?un vo-
cabulaire dédié et reconnu par le Référentiel Pédologique 2008.
Améliorer la qualité des diagnostics. SolRedOx accompagne
l?opérateur non pédologue (ou pédologue) à la saisie de ses obser-
vations, selon une démarche logique, modulée par des contrain-
tes de saisie et agrémentée de documents didactiques à l?appui.
Finalement, la qualification des horizons du sol selon leur hydro-
morphie est améliorée et concours à une meilleure identification
des sols des zones humides.
Collecter les données dans DoneSol : La base de données Do-
neSol capitalise et centralise l?ensemble de la connaissance des
sols sur le territoire (ponctuelles ou surfaciques) acquises, en ma-
jorité, au travers des programmes du GIS Sol2. Les données sont
structurées suivant un format national décrit dans un dictionnaire,
des outils de saisie et d?export sont disponibles via une interface
Web3. Les données sont gérées par l?unité Info&Sols d?INRAE. La
liste des études pédologiques référencées sous DoneSol est dis-
ponible avec l?outil de consultation REFERSOLS4.
L?application SolRedOx devrait être téléchargeable sur le site de
l?AFES. En outre, pour une utilisation optimale de l?application,
l?AFES et l?OFB proposeront des formations dédiées.
Christophe Ducommun, Institut-Agro Rennes Angers, Président
de la Commission Zones Humide de l?AFES
Bertrand Laroche, directeur adjoint de l?unité INRAE Info&Sols
https://www.afes.fr/application-zones-humides-zh-2/
2 ? https://www.gissol.fr/
3 ? https://dw4.gissol.fr/login
4 ? https://refersols.gissol.fr/
©
S
. L
er
oy
(O
EC
)
https://refersols.gissol.fr/
https://www.gissol.fr/
https://dw4.gissol.fr/login
https://refersols.gissol.fr/
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
12
DOSSIER
Focus avancement Outre-mer
P our répondre à la nécessité de disposer d?une carto-
graphie fiable et homogène des milieux et des zones
humides dans les DROM (Guadeloupe, Martinique,
Guyane, Mayotte et La Réunion), un projet de recherche et
développement visant à prélocaliser les milieux et les zones
humides1 a été lancé début 2024.
Le projet, financé par le ministère en charge de l?écologie, est
une action clé du 4e plan national d?actions pour les milieux
humides 2022-2026. Une équipe pluridisciplinaire constituée
de PatriNat, de l?IRD, de l?ONF et de l?Université de Rennes 2
se mobilise pour réaliser ce projet, avec l?intégration des ac-
teurs locaux techniques et spécialisés, par exemple dans
le domaine de la flore (Conservatoires Botaniques, Herbier
de Guyane), et en appliquant la méthode de prélocalisation
éprouvée sur l?hexagone en l?adaptant aux particularités de
chaque DROM.
Afin d?alimenter ou de valider la prélocalisation issue de la
méthode, un travail de collecte des informations existantes
mais aussi de données originales de terrain sur le sol et les
habitats a été effectué. Sur ces territoires, les critères d?iden-
tification et de délimitation des zones et milieux humides
Prélocalisation des milieux et zones humides dans
les DROM
sont en cours d?élaboration1. Ce travail complètera les carto-
graphies existantes dans ces territoires, comme les inventai-
res, puisqu?une prélocalisation porte sur les milieux et zones
humides probables alors que les inventaires portent sur les
milieux et zones humides effectifs. Une prélocalisation et un
inventaire sont donc complémentaires.
L?objectif est de fournir une cartographie inédite en incluant
les spécificités propres à chaque territoire, à l?instar de ce qui
a été produit en 2023 sur l?hexagone2. Les résultats obtenus
avaient une qualité supérieure aux cartes existantes (locales,
nationales, européennes) pour tous les types de milieux et de
zones humides.
Maya Tanguy, Chargée d?étude ? Animation du projet de
Cartographie Nationale des Milieux Humides dans les
DROM, Patrinat (OFB-MNHN-CNRS-IRD)
1 ? https://www.patrinat.fr/fr/actualites/cartographie-nationale-
des-milieux-humides-en-outre-mer-7272
2 Voir page 5 de ce numéro.
Identification et délimitation des zones humides
dans les DROM
E n France, les zones humides sont reconnues par le
Code de l?environnement depuis la loi sur l?eau de 1992.
Cependant, il n?existe pas encore d?arrêté interministé-
riel pour identifier et délimiter les zones humides dans les
Départements et Régionaux d?Outre-Mer (DROM), ce qui li-
mite l?application de la réglementation sur les zones humi-
des dans le cadre de la préservation de l?eau et des milieux
aquatiques.
Depuis 2022, avec l?appui du ministère en charge de l?éco-
logie, l?OFB, PatriNat et leurs partenaires ont développé des
protocoles et listes de référence pour identifier et délimiter
les zones humides en Guadeloupe, Martinique, Guyane, La
Réunion et Mayotte1.
Des spécialistes du MNHN, du CIRAD, des CBN, de l?IRD, de
bureaux d?études (Biotope) se sont appuyés sur la biblio-
graphie scientifique et sur leur expertise pour élaborer des
protocoles et des listes de références sur les habitats, les es-
pèces végétales et les sols adaptés à chaque contexte éco-
logique permettant d?identifier et délimiter une zone humide.
Ces outils ont été testés sur 129 sites, avec 466 relevés de
terrain et révisés au regard des retours terrain.
En parallèle, des réunions ont été organisées, avec l?appui
des services de l?État (les DEALs, DEALM et la DGTM), dans
chaque territoire pour inviter les acteurs intéressés à partici-
per au projet et à faire part de leurs commentaires et retours
critiques.
Le projet a abouti à la publication de 5 fascicules : Introduc-
tion générale et objectifs, Contextes physiques et écolo-
giques des DROM et implications, Panorama de 20 ans de
connaissances sur les zones humides dans les DROM, Dé-
marche de Recherche & Développement pour l?élaboration
de protocoles et listes de références, Protocoles et listes de
référence.
Après consultation d?instances locales et nationales, ces
outils sont destinés à être officialisés par un arrêté intermi-
nistériel qui permettra de préserver plus efficacement ces
écosystèmes, aussi précieux pour nos sociétés que fragiles.
Marine Porteneuve, Chargée de projets « Animation
scientifique sur les milieux humides en Outre-mer », UAR
PatriNat (OFB-MNHN-CNRS-IRD)
en savoir plus
https://www.youtube.com/watch?v=Rqz0kd6WrUM
1 ? https://www.zones-humides.org/actualites/webconference-
protocoles-et-listes-de-references-pour-l-identification-et-la-de-
limitation-des-zones-0
https://www.patrinat.fr/fr/actualites/cartographie-nationale-des-milieux-humides-en-outre-mer-7272
https://www.patrinat.fr/fr/actualites/cartographie-nationale-des-milieux-humides-en-outre-mer-7272
https://www.youtube.com/watch?v=Rqz0kd6WrUM
https://www.zones-humides.org/actualites/webconference-protocoles-et-listes-de-references-pour-l-identification-et-la-delimitation-des-zones-0
https://www.zones-humides.org/actualites/webconference-protocoles-et-listes-de-references-pour-l-identification-et-la-delimitation-des-zones-0
https://www.zones-humides.org/actualites/webconference-protocoles-et-listes-de-references-pour-l-identification-et-la-delimitation-des-zones-0
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
13
DOSSIER
Focus avancement Outre-mer
Les mangroves d?Outre-
mer sous la loupe de
CARNAMA
L es mangroves figurent parmi les écosystèmes tropicaux
les plus précieux et les plus menacés. En Outre-mer
français, elles couvrent près de 80 000 hectares, jouant
un rôle essentiel de nurserie, de protection côtière et de ré-
servoir de biodiversité. Connaître leur localisation précise et
suivre leur évolution est donc indispensable pour orienter les
politiques de gestion. Depuis 2016, la cartographie nationale
des mangroves (CARNAMA) constitue la référence en la ma-
tière.
CARNAMA : une base de référence
Fruit d?un travail initié par le Comité français de l?UICN et le
Pôle-relais zones humides tropicales, dans le cadre du Ré-
seau d?Observation et d?aide à la gestion des Mangroves
(ROM), CARNAMA repose sur l?analyse d?images satellites
Sentinel-2. Son principal atout est une méthodologie har-
monisée : mêmes données, mêmes dates, même protocole,
couvrant plus de 99,9 % des mangroves françaises. Les ter-
ritoires trop petits pour être détectés (Juan de Nova, Wallis,
Saint-Barthélemy, Polynésie) ont été cartographiés par pho-
to-interprétation.
Depuis sa diffusion en 2016, la base n?a cessé d?évoluer. Les
mangroves de plusieurs îles de Nouvelle-Calédonie ont été
ajoutées, des corrections de projection ont amélioré la préci-
sion, et un nouveau format d?encodage (Geopackage) facilite
l?usage des données. En 2023, une nouvelle version (CAR-
NAMA v2) a été mise à disposition des membres du ROM et
intégrée à la base internationale Global Mangrove Watch.
Suivre l?évolution dans le temps
Au-delà de la photographie actuelle, le Comité français de
l?UICN pilote depuis 2022 un projet de cartographie diachro-
nique pour comprendre les dynamiques entre les années
1950 et 2020. À partir d?images aériennes et satellites, trois
phases successives ont permis de reconstituer l?histoire des
mangroves ultramarines.
Les résultats montrent des trajectoires contrastées :
? Guadeloupe : augmentation des surfaces entre 1950 et
1984 (+20,6 %), suivie d?une légère régression (?1,4 %) de-
puis. L?extension s?explique surtout par la colonisation d?an-
ciens marais saumâtres, tandis que l?urbanisation reste un
facteur de perte.
? Martinique : stabilité globale des surfaces, mais avec des
gains en front de mer compensant des pertes en arrière-
mangrove. Une résilience spatiale est observée.
? Saint-Martin : forte régression (?40 % entre 1950 et 2020),
en raison de l?artificialisation, malgré quelques recolonisa-
tions ponctuelles.
? Saint-Barthélemy : cas le plus critique, avec une perte de
65 % des surfaces depuis 1950. Les mangroves actuelles
sont jeunes, fragmentées et sous forte pression.
? Mayotte (avant CHIDO) : stabilité apparente, mais équili-
bre fragile avec des dynamiques internes marquées. Près de
30 % de la surface change de place entre chaque période.
? Wallis : progression notable (+18,1 % entre 2004 et 2020),
grâce aux protections coutumières et à des actions locales
de restauration.
? Polynésie française : augmentation des surfaces, notam-
ment à Moorea, mais liée à l?expansion d?une espèce intro-
duite (Rhizophora stylosa) désormais considérée comme
potentiellement envahissante.
Trois profils de trajectoires
Trois grands profils se dégagent :
? les territoires en perte nette (Saint-Barthélemy, Saint-
Martin), sous pression urbaine ;
? les territoires stables mais dynamiques (Martinique,
Mayotte) ;
? les territoires en progression (Guadeloupe, Wallis, Polyné-
sie), par relâchement des pressions ou actions locales.
Une base pour la gestion
CARNAMA et la cartographie diachronique offrent désor-
mais une vision spatiale et temporelle de l?état des mangro-
ves ultramarines. Ces outils sont essentiels pour l?IFRECOR
et pour les gestionnaires locaux, afin d?identifier les zones
prioritaires, mesurer l?efficacité des politiques publiques et
anticiper les risques liés au changement climatique ou à l?ur-
banisation.
Les mangroves d?Outre-mer, si diverses et contrastées, té-
moignent à la fois de leur fragilité et de leur résilience. Grâce
à une prélocalisation toujours plus fine et à un suivi inédit,
leur avenir pourra être mieux accompagné.
Gaëlle Vandersarren, Coordinatrice du Pole relai ZHT
au Comité français de l?UICN
Liens utiles
? Cartographie diachronique : évolution de la surface des man-
groves dans le temps : https://www.ffem.fr/sites/ffem/files/2025-
07/2023_analyse_diachro_rapport_vf_17mai2023.pdf
? 2023, une nouvelle version de CARNAMA pour les membres du
ROM : https://www.pole-tropical.org/actions/les-actions-du-reseau-
dobservation-des-mangroves/2023-une-nouvelle-version-de-carna-
ma-pour-les-membres-du-rom/
? Rapport CARNAMA : https://www.pole-tropical.org/wp-content/
uploads/2023/07/Rapport_CARNAMA_v2.pdf
https://www.ffem.fr/sites/ffem/files/2025-07/2023_analyse_diachro_rapport_vf_17mai2023.pdf
https://www.ffem.fr/sites/ffem/files/2025-07/2023_analyse_diachro_rapport_vf_17mai2023.pdf
https://www.pole-tropical.org/actions/les-actions-du-reseau-dobservation-des-mangroves/2023-une-nouvelle-version-de-carnama-pour-les-membres-du-rom/
https://www.pole-tropical.org/actions/les-actions-du-reseau-dobservation-des-mangroves/2023-une-nouvelle-version-de-carnama-pour-les-membres-du-rom/
https://www.pole-tropical.org/actions/les-actions-du-reseau-dobservation-des-mangroves/2023-une-nouvelle-version-de-carnama-pour-les-membres-du-rom/
https://www.pole-tropical.org/wp-content/uploads/2023/07/Rapport_CARNAMA_v2.pdf
https://www.pole-tropical.org/wp-content/uploads/2023/07/Rapport_CARNAMA_v2.pdf
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
14
DOSSIER
État des lieux sur l?altération des zones humides
E n 2021, l?agence de l?eau Rhône Méditerranée Corse
s?est doté d?un nouvel outil pour qualifier les zones hu-
mides par les fonctions et les pressions1 qu?elles su-
bissent. L?espace humide de référence (EHR) est un nouveau
référentiel du bassin Rhône-Méditerranée. Il informe sur la
superficie dans laquelle les facteurs écologiques physiques,
continus et stables dans le temps, concourent à la circula-
tion de l?eau, à sa rétention voire à l?engorgement temporaire
ou permanent des sols2. Les facteurs fonctionnels sont abio-
tiques (géologie, pente, morphologie, climat) et le fonction-
nement est continu. Cela le distingue des inventaires dans
le bassin, qui sont discontinus et illustrent la valeur écolo-
gique.
L?EHR c?est un ensemble continu de 53 600 km² dans le bas-
sin Rhône-Méditerranée (130 600 km²).
En 2020, l?artificialisation concerne 10,9 % de l?EHR soit
5 850 km² qui ont totalement disparus sous l?urbanisation
et les grands équipements. Ce chiffre apporte une première
estimation réaliste des superficies fonctionnelles perdues
dans le bassin. Cette valeur conséquente reste très en deçà
des chiffres dans la littérature (60 % voire 80 % des zones
humides disparues).
Analyse des pressions d?artificialisation et
agricoles dans le bassin Rhône-Méditerranée.
Penser globalement pour panser localement
La pression des pratiques agricoles intéresse tous les pos-
tes du référentiel parcellaire graphique sauf les prairies, les
landes et les estives, soit 19,5 % en 2020 contre 18,2 % en
2008.
Contrairement à l?artificialisation, les fonctions ne sont pas
totalement détruites et la réversibilité est possible pour les
secteurs drainés par exemple. Aussi certaines cultures en
plaines alluviales sont régulièrement inondées (fréquence 1
à 3 ans) avec une fonction hydrologique efficiente et un en-
gorgement des sols temporaire. Ceci démontre que ce n?est
pas l?usage du sol (prairies, cultures, boisements?) qui définit
ce qu?est une zone humide mais bien des critères fonction-
nels et factuels (morphologie des sols, végétation hygrophile
quand elle existe, fréquence de crue...).
Comprendre les processus écologiques à l?origine du fonc-
tionnement des zones humides est indispensable pour agir
efficacement sur les causes de dégradation de leur fonc-
tions. Les indicateurs de pression sont actualisés tous les
trois ans pour illustrer le tableau de bord du Schéma direc-
teur d?aménagement et de gestion des eaux.
François Chambaud, Chargé d?études à l?Agence de l?eau
Rhône Méditerranée et Corse,
1 ? Protocoles de la boîte à outils RhoMéo
2 ? Chambaud F., Bouscary P. (2022). L?espace humide de référen-
ce : un nouveau référentiel en appui à la gestion des zones hu-
mides. Concept, méthode, résultats, utilisation. Collection eau &
connaissance. Agence de l?eau Rhône Méditerranée et Corse.
3 ? Chambaud F., Lucas J, Oberti D. (2012). Guide pour la recon-
naissance des zones humides du bassin Rhône-Méditerranée.
Volume 1 : méthode et clés d?identification, 138 p. Volume 2 :
fiches des écorégions et clés d?identification, 246 p. Agence de
l?eau RMC.
L?EHR et ses grands types morphologiques fonctionnels3.
Analyse diachronique des pressions de l?artificialisation et des pratiques agri-
cole dans le bassin Rhône-Méditerranée et son EHR.
Plateau de Caille (06), F. Chambaud février 2012.
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
15
DOSSIER
différents sur le territoire breton, mais aussi à l?attractivité de
la métropole rennaise et de la frange littorale.
Malgré la reconnaissance des services rendus par ces mi-
lieux, la destruction des zones humides, même si elle est
maintenant très réglementée, se poursuit. Entre 2004 et
2020, ce sont encore 224 autorisations d?aménagements
impactant directement des zones humides qui ont été ac-
cordées en Bretagne. Ces surfaces font l?objet de compen-
sation, mais ces mesures n?assurent que très rarement une
équivalence fonctionnelle. Par ailleurs, sur le terrain, les tech-
niciens milieux aquatiques observent encore de nombreux
impacts sur des surfaces inférieures au seuil de déclaration
ou en infraction.
Armel Dausse, Cheffe de projets Restauration de zones
humides au Forum des Marais Atlantiques
État des lieux sur l?altération des zones humides
Identification et quantification des pressions
affectant les zones humides de Bretagne
Dans le cadre du Réseau sur la restauration des zones humi-
des de Bretagne, le Forum des Marais Atlantiques a souhaité
évaluer le niveau de destruction ou d?altération des zones
humides de la région. L?analyse, réalisée en 2019, montre
qu?en moyenne 8,8 % du territoire couvert par des inventaires
à cette date (97 % de la Bretagne) est occupé par des zones
humides effectives. Or 21 % du territoire breton est considéré
comme zones humides potentielles (ZHP) (AgroTransfert
Bretagne 2007), hors domaine maritime. Ces surfaces cor-
respondent, selon les auteurs du modèle servant à localiser
les ZHP, à celles qui devaient être occupées par des milieux
humides avant intervention humaine (cette notion n?est pas
forcément transposable à d?autres pré-localisations). Ainsi,
aux erreurs près de modélisation et d?inventaires, ce serait
une proportion de 61 % des zones humides existantes qui
auraient disparues en Bretagne.
Afin de qualifier et quantifier ces altérations, des croisements
ont été réalisés entre les enveloppes des ZHP et les surfaces
occupées par différents aménagements ou occupation du
sol pouvant détruire ou impacter les zones humides à sa-
voir les infrastructures urbaines et de transport, la mise en
culture agricole et sylvicole, la création de plans d?eau no-
tamment. Les résultats montrent qu?en moyenne 47 % des
zones humides potentielles de Bretagne étaient occupés en
2019 par ces aménagements et usages, soit 264 454 ha. La
différence entre ce pourcentage et les zones humides effec-
tives inventoriées provient à la fois des erreurs inhérentes
à la modélisation, aux inventaires incomplets des zones hu-
mides effectives, mais surtout à l?impossibilité de localiser
certaines sources d?altération telles que les remblais, le drai-
nage ou les effets indirects liés notamment à la rectification
des cours d?eau et aux infrastructures.
L?urbanisation et les infrastructures de transport sont respon-
sables de 6,4 % et 2,3 %, respectivement, de destruction de
zones humides. La mise en culture est présente sur 33,6 %
de la surface des ZHP et correspond à la source d?altération
principale puisqu?elle constitue en moyenne 71 % de la surfa-
ce totale altérée. Les plantations de résineux et de peupliers
couvrent 4 % des ZHP. Les activités agricoles et sylvicoles
ont des impacts très variés selon les pratiques mais sont
souvent accompagnées de drainages (de 1 à 15 % de la SAU
selon les départements) et labours, qui altèrent fortement le
fonctionnement des milieux humides. Enfin, parmi les amé-
nagements analysés, les plans d?eau occupent 1,9 % de la
surface des ZHP.
Ces chiffres moyens cachent une forte variabilité territoriale
et notamment une nette différence entre l?est et l?ouest de la
région. Les zones humides ont été globalement beaucoup
plus altérées à l?est, où dans certains secteurs plus de 80 %
des ZHP sont impactés. Ces différences sont en grande par-
tie imputables à des contextes topographiques et pédocli-
matiques contrastés ayant entraîné des usages des terres
Ratio, par bassin versant, entre zones humides effectives (ZHE) inventoriées et
zones humides potentielles (ZHP) et pourcentage de perte théorique de zones
humides sur les départements bretons. Source FMA
Proportion, par bassin versant, des zones humides potentielles occupées par
un aménagement ou un usage connu pour altérer les fonctions de ces milieux.
Source FMA
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
16
DOSSIER
État des lieux sur l?altération des zones humides
Vers un inventaire du réseau de drainage
agricole : la Base de Données Drainage
L e drainage des parcelles agricoles, mis en place pour
l?agriculture dans certaines régions, peut avoir des im-
pacts sur l?eau et les écosystèmes aquatiques. Les
archives des opérations de drainage passées (notamment
dans les années 1970-1980) ont été conservées par diver-
ses administrations, financeurs, chambres d?agriculture, as-
sociations syndicales de drainage et entreprises de travaux.
Cependant, ces archives sont souvent difficiles à retrouver,
voire perdues. Généralement incomplètes, elles ne fournis-
sent pas d?informations sur le trajet de l?eau depuis les par-
celles drainées jusqu?à l?exutoire du réseau de drainage.
Le projet BD-Drainage porté par l?OFB et le BRGM vise à créer
un outil national de collecte et de partage des données sur
le drainage. Il s?appuie sur une première version développée
en Normandie par le BRGM et l?AREAS avec l?agence de l?eau
Seine Normandie. Cet outil inclura la cartographie des zones
drainées, les trajets de l?eau et des exutoires vers le milieu
récepteur. Les moyens techniques et l?organisation sont en
cours d?adaptation pour passer à cette nouvelle échelle na-
tionale.
Les données de l?enquête décennale (2010) du service des
statistiques du ministère en charge de l?agriculture, l?AGRES-
TE, auprès des agriculteurs (déclaratif) nous ont permis de
pré-identifier les territoires présentant probablement d?im-
portantes surfaces drainées. En 2023, une enquête nationale
réalisée par le BRGM, AREAS et l?OFB a permis de recenser
les sources de données disponibles auprès de différents ac-
teurs.
Outil parcours aval sur la BD drainage (source SIGES Normandie, BRGM).
En 2024, le dictionnaire de la Base de Données Drainage
(BD-Drainage) a été finalisé par le Service d?Administration
Nationale des Données et Référentiels sur l?Eau (SANDRE).
Ce dictionnaire, élaboré par un groupe d?experts ? Chambres
d?agriculture France, INRAE, ANDHAR, BRGM, OFB, MTE, DDT
et EPAGE ? a permis de stabiliser une sémantique commune
et de définir un cadre de partage des données sur le drainage
agricole.
En 2025, la base de données est en cours de mise à jour
pour intégrer des données provenant de différentes sour-
ces. Un accompagnement des nouveaux contributeurs, une
assistance aux utilisateurs et des formations sont prévues
en 2026. Le site web BD-Drainage1 permettra de diffuser ces
informations plus largement à une communauté intéressée
par la BD-Drainage nationale et ses outils.
Susanne Schomburgk, Hydrogéologue/Cheffe de projet
au Bureau de Recherche Géologique et Minières (BRGM)
Direction Eau
Jérome Ledun, Chargé de mission ? Expert aménagement
des territoires, ruissellement, inondation, érosion chez
AREAS
Julie Neury Ormanni, Dre Ecologie évolutive et
fonctionnelle des communautés - Chargée de mission
Milieux Humides et Plans d?eau DCE à l?OFB
1 ? https://bddrainage.eaufrance.fr/
https://bddrainage.eaufrance.fr/
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
17
DOSSIERDOSSIER
Importance des inventaires de zones humides dans l?aménagement du territoire
L?importance de l?intégration des inventaires de
zones humides dans les documents d?aménagement
du territoire
Comment intégrer les inventaires
de zones humides dans les documents
d?urbanisme ?
Depuis la loi du 21 avril 2004 transposant la directive cadre
sur l?eau, les documents d?urbanisme (DU) ? schéma de
cohérence territoriale (SCOT), plan local d?urbanisme (inter-
communal) PLU(i) et cartes communales (CC) ? doivent être
« compatibles » avec les objectifs prévus par les SDAGE et
les SAGE (C. urb., art. L. 131-1, 8°, L. 131-6). Cette obligation
de non contrariété, qui laisse une marge de manoeuvre aux
acteurs chargés de l?urbanisme, concerne notamment l?inté-
gration des inventaires des zones humides dans les DU.
Intégration des inventaires prévus
ou réalisés par les SDAGE/SAGE
Cette intégration est réalisée, soit en appliquant les disposi-
tions des SDAGE/SAGE prévoyant les modalités d?intégration
des inventaires de zones humides dans les DU, soit, en l?ab-
sence de précisions, en intégrant tout ou partie des inventai-
res réalisés par ces SDAGE/SAGE.1
Exemple : le SAGE Camargue gardoise (PAGD, A1-4) a réalisé
un inventaire des zones humides (1/25 000e) sur les parcel-
les de plus d?un hectare. Il recommande que le SCOT identifie
les zones humides du territoire via une cartographie spécifi-
que basée sur l?atlas cartographique du SAGE. Les PLUi peu-
vent prévoir la réalisation d?un inventaire des zones humides
à la parcelle sur les secteurs potentiellement urbanisables, y
compris les zones humides de moins de 1 000 m2.
L?intégration de ces inventaires se traduit par la réalisation
de documents cartographiques au sein des DU. Pour le PLU,
ces documents cartographiques sont opposables aux tiers
(C. urb., art. L. 152-1) mais seulement s?ils sont repris dans
le règlement du PLU, précise la jurisprudence.
Lorsque les documents cartographiques du SAGE identifient,
avec une précision suffisante, les parties de zones humides
sur lesquelles une interdiction d?assèchement, d?imperméa-
bilisation, de mise en eau ou de remblai est prévue, ces sec-
teurs doivent apparaître dans les documents graphiques du
règlement du PLU (C. envir., art. R. 212-47). [voir l?article sur
le décret SAGE].
1 Voir l?encadré page 18.
Une caractérisation facultative
via l?arrêté de 2008 modifié
Le PLU peut délimiter des « secteurs humides » par le biais
des documents graphiques, notamment en zone N (natu-
relle), dans un but de protection et de mise en valeur de ces
secteurs à intérêt écologique, même si ceux-ci ne peuvent
être qualifiés de zones humides au titre de l?article L. 211-1
du code de l?environnement (CAA Lyon, 18 janv. 2011, n°
10LY00293).
Les auteurs du PLU peuvent se référer, pour la définition des
zones humides qu?ils ont identifiées dans la partie graphique
du règlement du PLU, aux critères de caractérisation préci-
sés dans l?arrêté de 2008. Ils sont alors contraints de respec-
ter le protocole de caractérisation figurant dans cet arrêté.
Est illégale une identification de zone humide basée sur la
présence d?habitats pro parte pour lesquels ils n?étaient pas
possible de conclure sur la nature de zone humide à partir de
la seule lecture des données ou cartes relatives aux habitats
si bien qu?une expertise des sols ou des espèces végétales
devait être réalisée, ce qui n?a pas été le cas en l?espèce (CAA
Nancy, 10 févr. 2025, n° 21NC03320).
Conséquences d?un inventaire incomplet
de zones humides
Un inventaire incomplet peut rendre illégale toute ou partie
du DU.
La révision d?un PLU a été annulée car le rapport de présen-
tation prévoyait seulement un repérage des zones humi-
des tandis que les documents graphiques du règlement ne
comportaient pas d?inventaire permettant de les localiser, le
règlement lui-même ne contenant aucune des dispositions
spécifiques à leur protection exigées par le SAGE (TA Ren-
nes, 16 déc. 2011, no 0801930).
Est illégale l?absence d?identification en zone humide par un
PLU, de parcelles inondables situées au même niveau que
des parcelles adjacentes constituées de zones humides avé-
rées et dont la sensibilité écologique du secteur concerné a
été cotée au niveau le plus élevé par le rapport de présenta-
tion en tant que réservoir de biodiversité. Ces parcelles n?ont
pas fait l?objet d?investigations pour détecter la présence de
zones humides et ledit rapport ne comportait pas suffisam-
ment d?informations sur la connaissance de celles-ci et leur
préservation (CAA Nancy, 10 févr. 2025, n° 21NC03320).
En revanche, le PLU peut légalement compléter l?identifica-
tion et la délimitation des zones humides inventoriées par un
SAGE (CAA Douai, 24 mars 2016, n° 14DA01293).
Olivier Cizel, Juriste en droit de l?environnement ?
Lefèbvre-Dalloz
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
18
DOSSIER
Importance des inventaires de zones humides dans l?aménagement du territoire
Les zones humides dans les règlements des SAGe
Créés par la loi sur l?eau de 1992, les schémas d?aménagement
et de gestion de l?eau (SAGE) sont l?outil de planification locale
de l?eau en France. Leur portée s?est vue renforcée par la loi sur
l?eau et les milieux aquatiques (2006), qui a prévu l?intégration aux
documents du SAGE d?un règlement opposable aux tiers et aux
actes administratifs.
Élaboré en concertation par la Commission locale de l?eau (CLE),
le règlement permet l?instauration de règles complémentaires de
l?existant pour attendre le bon état des eaux ou les objectifs de
gestion équilibrée de la ressource sur le territoire du SAGE. Les
possibilités offertes à la CLE dans l?écriture des règles ont été pré-
cisées par voie réglementaire (R212-47 du Code de l?environne-
ment). Concernant les zones humides, les règles des SAGE peu-
vent notamment porter sur les installations, ouvrages, travaux et
activités (« procédure IOTA »), et sur les mesures compensatoires
à l?altération de zones humides.
un outil largement mobilisé en faveur des zones humides
En conséquence, les SAGE adoptés ou révisés depuis 2006 peu-
vent comporter une ou plusieurs règles visant la restauration ou la
préservation des zones humides. En 2018, une étude1 a mis en évi-
dence que plus de deux tiers des SAGE disposant d?un règlement
comportaient au moins une règle relative aux zones humides.
Aujourd?hui, la base de données nationale des règles de SAGE2
est accessible publiquement, et mise à jour régulièrement. Son
analyse met en évidence, années après années, l?augmentation du
nombre de SAGE dont le règlement comporte au moins une règle
sur les zones humides (voir figure). La mobilisation de cet outil
par les CLE en faveur des zones humides est confirmée, puisqu?en
2023, 113 SAGE disposaient d?un règlement comportant au moins
1 règle relative aux zones humides, soit 70 % des 161 SAGE dispo-
sant d?un règlement.
Maxime Fouillet, Médiateur scientifique « Eau et nature »
Office international de l?eau
1 ? Liziard et al., 2018. Réglementer au près des territoires : le cas
des Commissions Locales de l?Eau. 4 p.
2 ? https://www.gesteau.fr/base-regles-sage/sage
Nombre de SAGE cumulés dont le règlement
comporte au moins une règle relative
aux zones humides (OiEau, 2025)
© Honorine Baldenweck-Ruffenach
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
19
DOSSIER
Importance des inventaires de zones humides dans l?aménagement du territoire
Le SAGe et les documents d?urbanisme
Le SAGE est l?outil de planification locale de l?eau qui, à l?échelle
d?un bassin versant ou d?une nappe, établit des dispositions (dans
le plan d?aménagement et de gestion durable - PAGD) et des rè-
gles (dans le règlement) pour la protection et le partage de la
ressource, fondées sur un état des lieux complet des enjeux du
territoire (enjeux économiques et sociaux également). Ces dispo-
sitions trouvent ensuite corps dans les décisions administratives
délivrées sur le territoire couvert par le SAGE, qui doivent toutes
être compatibles avec les dispositions du PAGD ; le règlement
quant à lui est directement opposable aux tiers.
Le schéma de cohérence territoriale (SCoT) est compatible au
SAGE et les plans locaux d?urbanisme (PLUi) également en l?ab-
sence de SCoT :
Le décret SAGe
Le décret du 2 décembre 2024 relatif aux schémas d?aménage-
ment et de gestion des eaux (SAGE) ajuste les dispositions du
code de l?environnement dans l?objectif de prévoir davantage
d?agilité dans les procédures d?élaboration et de révision des
schémas et dans le fonctionnement des commissions locales de
l?eau (CLE). Le décret apporte aussi des modifications au code
de l?urbanisme afin de garantir l?opérationnalité des schémas, en
améliorant notamment leur intégration dans les outils d?aménage-
ment des territoires.
L?amélioration du lien entre les SAGE et les documents d?urba-
nisme se traduit par plusieurs modifications de la réglementation.
Pour faciliter les échanges au moins un représentant de SCoT siè-
ge obligatoirement en CLE (R. 212-30 CE). Pour rendre plus lisible
le SAGE au monde de l?aménagement, une notice expliquant com-
ment intégrer les dispositions et règles des SAGE aux documents
d?urbanisme est intégrée au PAGD à l?occasion de la prochaine
révision du SAGE (R. 212-46 CE). Cette notice est également an-
nexée aux PLU(i) (R. 151-53 code de l?urbanisme).
Sécuriser les porteurs de projets et protéger les zones
humides
Le SAGE joue un rôle essentiel dans la protection des zones humi-
des. Il peut notamment identifier des zones humides prioritaires à
protéger et fixer des règles de protection de ces zones.
Le décret SAGE du 2 décembre 2024 a modifié l?article R. 212-47
du code de l?environnement afin de prévoir que les secteurs des
zones humides faisant l?objet d?une interdiction de destruction
dans le règlement de SAGE, lorsqu?ils font l?objet d?une cartogra-
phie dans le SAGE à une échelle permettant leur localisation pré-
cise, sont intégrées dans les documents graphiques du règlement
du plan local d?urbanisme (intercommunal) (PLU(i)) (article R.
212-47 du code de l?environnement et R. 151-31 3° code de l?ur-
banisme).
Cette disposition réglementaire a vocation à donner de la visibi-
lité, dans les documents de planification du territoire, à des règles
de protection des zones humides qui s?appliquent déjà aux projets
d?aménagements. Ainsi les porteurs de projets (par exemple sou-
haitant déposer une demande de permis de construire) connais-
sent toutes les règles applicables à leur parcelle en se référant à
un seul document, le PLU (i). Aucune contrainte environnementale
supplémentaire n?est créée.
Pour la mise en oeuvre de cette nouvelle disposition, la CLE peut se
rapprocher des communes ou de leurs groupements compétents
en matière de plan local d?urbanisme pour les aider à intégrer les
zones humides interdites de destruction dans le règlement gra-
phique de leurs PLUi. Les secteurs de zones humides ainsi identi-
fiés pourront être classés en zone naturelle (N) du PLU(i), ou avec
un autre zonage et un indice spécifiant leur caractère humide (par
exemple : zone Nzh). Les échanges entre la CLE et les rédacteurs
des documents d?urbanisme sont essentiels pour choisir un zo-
nage permettant la protection de ces zones et interdire tout amé-
nagement et toute dégradation.
Cette intégration aux PLU(i) est possible à condition que les cartes
de SAGE soient disponibles à une échelle appropriée permettant
une localisation précise des secteurs des zones humides concer-
nés (1 / 25 000 ou plus précis). Les SAGE sont donc encouragés à
produire des inventaires de zones humides de plus en plus précis
pour garantir l?opérationnalité de cette mesure et faciliter le travail
des collectivités.
Les inventaires étant coûteux, les SAGE peuvent choisir de carto-
graphier précisément seulement quelques zones humides priori-
taires du territoire pour bénéficier de cette nouvelle disposition ré-
glementaire. En parallèle, le SAGE peut toujours éditer des règles
globales de préservation des zones humides, ou de compensa-
tion particulière. En tout état de cause, il est important de rappeler
que le pétitionnaire conserve la charge de vérifier l?impact de son
projet sur les zones humides.
Audrey Bornancin Plantier, Médiatrice scientifique chez
Office International de l?Eau
emma Gahinet, Chargée de mission animation territoriale
de la politique de l?eau au ministère Aménagement
du territoire transition écologique
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
20
DOSSIER
Organisation de la R et D dans le cadre du Plan National
D ans le cadre du lancement du premier plan national d?action
en faveur des zones humides (1995-2000), un plan national de
recherche sur les zones humides1 a été réalisé dès 1997, dans
le but d?accroître les connaissances sur ces milieux. Une vingtaine
de projets ont vu le jour, abordant les thèmes suivants : structure et
fonctionnement des zones humides, rôle écologique et importance
économique, interactions nature-société, modes d?action pour la
conservation et la restauration de ces milieux. Le dernier s?est clôtu-
ré en 2006. Depuis, la recherche en milieux humides en France s?ap-
puie et s?organise avec de nombreuses infrastructures de recherche
(IRs)2 mises en place par le ministère français de la recherche et
également avec des structures privées. Actuellement les équipes
françaises de recherche sur les milieux humides travaillent sur des
objectifs spécifiques à leurs disciplines et secteurs d?activité sans
réelle logique d?ensemble.
Ce constat découle des 2 synthèses nationales3 portant sur les ac-
quis de la recherche et les besoins opérationnels des acteurs tech-
niques des milieux humides (MNHN, Onema de 2016 et MTE/DEB
de 2021). Celles-ci ont permis d?inventorier 200 projets de recherche
sur les milieux humides, et ainsi de relever les besoins en matière
d?outils de recherche opérationnelle par les acteurs techniques.
Les objectifs opérationnels qui ressortent des synthèses nationales
conduisent à créer plus de synergie entre les infrastructures de re-
cherche françaises et les territoires humides. Cela vise à impliquer
une diversité de bailleurs de fonds pour promouvoir la connaissance
en milieux humides et à accompagner davantage la mise en oeuvre
des politiques publiques à l?échelle des territoires.
Pour faire coïncider les intérêts et les besoins des acteurs de la re-
cherche et ceux de la préservation des milieux humides, les objectifs
prioritaires de connaissance sur ces milieux ont été partagés lors du
comité de pilotage du programme BRIEau4 et du réseau scientifique
et technique du ministère en charge de l?écologie5 qui collabore avec
les acteurs de la recherche. Le cadre a été exposé au travers des fi-
ches 27 et 28 du 4e plan national milieux humides qui prévoient de :
? Informer des besoins stratégiques pour l?acquisition de connais-
sances sur ces milieux et mobiliser les acteurs de la recherche sur
l?eau, la biodiversité et le fonctionnement des socio-écosystèmes
afin de permettre le développement de projets de recherche sur les
besoins R&D des acteurs des milieux humides ;
? Transférer davantage les acquis de la recherche aux gestionnaires
d?espaces naturels sur les fonctions et le fonctionnement hydrique et
hydrologique de ces milieux, mais également avoir plus de connais-
sances sur des sujets visant les ressources en eau, l?habitat (faune &
flore), l?évaluation de l?état et les inventaires de milieux humides ;
? Continuer de soutenir et de promouvoir la mise en place de sys-
tèmes d?échanges science-gestion. Cela répond en partie aux be-
soins des acteurs techniques de bénéficier d?accompagnement et
de conseils de la part de la recherche sur les thématiques qui les
préoccupent ;
? Favoriser le financement de projets ciblés et des appels à projets
dédiés à la biodiversité, au fonctionnement écologique et aux ser-
vices écosystémiques via le programme d?investissements d?avenir
(PIA4)/France 2030 et en particulier les Programmes et Équipe-
ments Prioritaires de Recherche (PEPR)6 qui répondent aux besoins
1 ? https://www.zones-humides.org/programme-national-de-re-
cherche-sur-les-zones-humides
2 ? https://anr.fr/en/france-2030/programmes-et-equipements-
prioritaires-de-recherche/
3? https://www.zones-humides.org/connaitre/rechercher-pour-
progresser
4 ? https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/
LBV%2010-10-V5-BRIEau_SynthStrat.pdf
5 ? https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reseau-
scientifique-technique
6 ? Base d?information à jour sur les dispositifs de recherche pouvant
renseigner d?une recherche sur des sites de milieux humides :
https://deims.org/search?search_api_fulltext=France&page=0
Un 2e plan national de recherche sur les milieux humides ?
identifiés dans les synthèses R&D sur les milieux humides.
Pour cela, le CNRS et le Centre de ressources Milieux humides fa-
ciliteront ce transfert de connaissance en s?appuyant sur le déve-
loppement de recherches communes le long de gradients sociaux
et écologiques des zones humides, entre Zones Ateliers7 (incluant
les nouvelles en Outre-mer : Guyane, Polynésie ) et/ou Observatoires
Hommes-milieux (OHM)8. Cela vise à promouvoir :
? l?établissement de bilans carbone, en particulier sur les tourbières,
mais aussi de nombreux travaux sur la qualité et la quantité d?eau
(recharge des nappes), dans un contexte de changement climatique
et de conflits d?usages de plus en plus prégnants ;
? la recherche sur les zones humides d?Outre-mer dans les nouvel-
les Zones Ateliers et Observatoires Hommes-Milieux à l?internatio-
nal, qui viendront en complément de l?Observatoire Hommes-Milieux
Littoral Caraïbe déjà opérationnel aux Antilles.
Pour cela le CNRS sera l?appui nécessaire pour identifier et mobiliser
les pilotes scientifiques et potentiellement des sites candidats :
? des PEPR dont les sites expérimentaux sont positionnés sur des
milieux humides,
? des sites et plateformes eLTER9 des zones ateliers qui pourront
intégrer dans leur périmètre d?action et leur groupes de travail par
domaine (par exemple celui sur l?hydrosphère) des questions de re-
cherche sur les milieux humides.
Le Centre de ressources milieux humides a pour objectif de favoriser
le transfert opérationnel de la recherche et d?établir en premier lieu
le lien entre les gestionnaires des sites emblématiques de milieux
humides en France et les pilotes scientifiques identifiés avec l?appui
du CNRS dans les dispositifs de recherche eLTER, OHM, Living labs?
S?appuyant d?une part sur l?association Ramsar France, il peut faire
valoir dans son réseau, les sites démonstrateurs d?une recherche
opérationnelle et reproductible, les effets levier sur la connaissance
de ces sites, et in fine leur reconnaissance pour une meilleure pré-
servation. D?autre part, les Pôles-relais zones humides positionnés
en référents de la recherche par type de zones humides dont ils
ont la charge pourront être sollicités pour moissonner les retours
d?expériences de recherche-action. Un travail de regroupement des
contacts « ressources » de la recherche et de la gestion sera né-
cessaire ainsi que l?identification de leurs thématiques communes.
Également, une relation durable avec les têtes de réseau qui pilotent
des « plateformes de transfert » permettra de mutualiser les retours
d?expériences et les outils créés pour le transfert d?une recherche
opérationnelle vers les gestionnaires et les porteurs de politique pu-
blique.
Une des étapes de cette co-construction aura lieu du 19 au 21 novem-
bre à Arles, lors du forum national recherche-gestion sur le milieux
humides10 dont l?objectif vise à recueillir l?expression des besoins et
des intérêts des parties prenantes, ainsi que le partage autour d?ac-
tions collectives pour faire face aux grands défis sociétaux.
Nathalie Barré, Chargée de mission du Pôle-relais lagunes
méditerranéennes en Occitanie, (CEN Occitanie)
Pierre Caessteker, Chargé de mission zones humides &
marais, centre de ressources milieux humides (OFB)
Dominique Joly, Directrice adjointe scientifique, Grands
équipements et infrastructures (CNRS Écologie &
Environnement), Responsable du réseau des living lab -
PEPR SOLU-BIOD
7 ? https://www.za-inee.org/
8 ? https://www.inee.cnrs.fr/fr/ohm
9? Integrated European Long-Term Ecosystem, critical zone and
socio-ecological Research. https://elter-ri.eu/
10 ? Forum national recherche-gestion milieux humides. https://
www.zones-humides.org/forum-national-recherche-gestion-
milieux-humides-du-19-au-21-novembre-2025-arles-13
https://www.zones-humides.org/programme-national-de-recherche-sur-les-zones-humides
https://www.zones-humides.org/programme-national-de-recherche-sur-les-zones-humides
https://anr.fr/en/france-2030/programmes-et-equipements-prioritaires-de-recherche/
https://anr.fr/en/france-2030/programmes-et-equipements-prioritaires-de-recherche/
https://www.zones-humides.org/connaitre/rechercher-pour-progresser
https://www.zones-humides.org/connaitre/rechercher-pour-progresser
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_SynthStrat.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/LBV%2010-10-V5-BRIEau_SynthStrat.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reseau-scientifique-technique
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/reseau-scientifique-technique
https://deims.org/search?search_api_fulltext=France&page=0
https://www.za-inee.org/
https://www.inee.cnrs.fr/fr/ohm
https://elter-ri.eu/
https://www.zones-humides.org/forum-national-recherche-gestion-milieux-humides-du-19-au-21-novembre-2025-arles-13
https://www.zones-humides.org/forum-national-recherche-gestion-milieux-humides-du-19-au-21-novembre-2025-arles-13
https://www.zones-humides.org/forum-national-recherche-gestion-milieux-humides-du-19-au-21-novembre-2025-arles-13
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
21
DOSSIER
ZONeS huMIDeS INFOS | n°107
AUTRE REGARD
De petite taille mais exceptionnellement riches en espè-
ces, les mares et les étangs sont de véritables « hots-
pots » de biodiversité. Pourtant, ces habitats essentiels
ont longtemps été négligés par les scientifiques et les déci-
deurs ? en partie car ils restent peu inventoriés. Pour pallier
cette lacune, l?ONG Freshwater Habitats Trust s?est associée
à Natural England pour lancer une initiative de science parti-
cipative visant à identifier les mares pouvant être désignées
comme « Habitats Prioritaires ».
Un « Habitat Prioritaire » est une désignation anglaise qui
identifie les habitats terrestres et aquatiques à protéger. En
2007, Freshwater Habitats Trust a joué un rôle clé pour obte-
nir l?inscription des mares et des étangs dans le Plan d?action
pour la biodiversité du Royaume-Uni (BAP), mais aussi des
ripisylves, des tourbières et des marais.
Ces plans d?eau peuvent être classés « Prioritaires » s?ils abri-
tent une espèce protégée, en raison de la diversité des plan-
tes et animaux qu?ils hébergent, ou encore par leur ancien-
neté ou leur rareté ? comme les mares et les étangs datant
de l?ère glaciaire.
Commandité en 2024 par Natural England (agence d?Etat
chargée de la protection et de la gestion de l?environnement
naturel), le programme « Priority Ponds » entendait répondre
à un manque de connaissance important : moins de 2 % des
mares et des étangs sont aujourd?hui classés comme Habi-
tats Prioritaires, alors que jusqu?à 20 % d?entre eux pourraient
l?être. Ces plans d?eau essentiels sont souvent les derniers
refuges d?espèces vulnérables, et jouent un rôle vital face au
changement climatique.
Mais identifier ces sites reste coûteux et exige de mobiliser
de nombreux experts. Pour lever ces obstacles, nous avons
développé un outil accessible aux non-spécialistes : le Prio-
rity Pond Assessment Survey (PASS) (Diagnostic des mares
d?importance prioritaire).
Un outil citoyen pour repérer les mares
prioritaires potentielles
À l?été 2024, des « citoyens scientifiques » de tout le pays ont
été invités à aider à identifier les mares et les étangs suscep-
tibles de remplir les critères du diagnostic.
PASS repose sur sept critères simples d?habitat (présence
d?arbres en surplomb, usage des sols environnants, etc.) per-
mettant de présélectionner ceux considérés comme priori-
taires. Les observations étaient saisies via un formulaire en
ligne, qui donnait immédiatement le résultat sur le caractère
prioritaire ou non de la mare ou de l?étang. Les données, inté-
grées grâce à la société Cartographer, ont alimenté une carte
interactive ouverte au public.
Résultat : plus de 1 600 contributions, dont 15 % signalant
des mares et étangs potentiellement prioritaires.
Retombées du projet
Le succès de « Priority Ponds » illustre la force de la science
participative lorsqu?elle s?appuie sur des outils simples et
des formations claires. Nous avons tiré plusieurs enseigne-
ments :
? Recrutement ciblé : les actions locales via des as-
sociations et des groupes communautaires se sont ré-
vélées plus efficaces que les campagnes nationales.
? Guides améliorés : la plupart des données collec-
tées étaient solides, mais certaines consignes doivent
être précisées (usages des sols, couverture végétale).
? Pérenniser les outils : le formulaire restera disponible sur
le site du Freshwater Habitats Trust pour permettre à de nou-
veaux volontaires de contribuer.
Avec un soutien continu, ce type d?initiative peut combler
d?importantes lacunes de connaissance. Les citoyens peu-
vent fournir une première évaluation, ensuite confirmée par
les écologues. Ces projets sont aussi un formidable levier
d?implication du public et de diffusion des savoirs sur ces
petits habitats? mais essentiels.
Le projet « Priority Ponds » a été commandité par Natural
England et financé par le Department for Environment, Food
and Rural Affairs (Defra), dans le cadre du programme NCEA
(Natural Capital and Ecosystem Assessment).
Francesca Dunn, Cheffe de projet senior, Freshwater
Habitats Trust
Traduit de l?anglais par Lorenzo Arduino
Mobiliser les citoyens scientifiques pour
cartographier les mares et les étangs prioritaires
d?Angleterre
Le mot ?pond? en Angleterre est utilisé pour désigner les ma-
res et les étangs. Voici la définition des mares et étangs selon
le Freshwater Habitats Trust:
Les mares/étangs sont des plans d?eau (généralement d?eau
douce, mais parfois saumâtres), dont la taille peut varier
d?1 mètre carré à 2 hectares, et qui retiennent de l?eau pen-
dant au moins quatre mois de l?année.
Formation mare M. Melun ? SNPN
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
22
BRèVES
Résumé de thèse
Contribution des tourbières françaises à
l?objectif national de neutralité carbone
d?ici à 2050
Lise Pinault, Docteure de Biologie des populations et écologie,
Chrono-environnement ? uMR CNRS uMLP
Les tourbières intactes jouent un rôle important dans les flux de
carbone sol-atmosphère, en agissant comme un puits de carbone.
Néanmoins, 10 % des tourbières sont perturbées à l?échelle mon-
diale (50 % dans l?UE), principalement par drainage, qui contribue
à abaisser les niveaux d?eau et entraîne la minéralisation de la ma-
tière organique MO et l?émission de gaz à effet de serre. En remon-
tant le niveau d?eau des sites drainés, la restauration est particuliè-
rement efficace pour réduire ces émissions.
Dans l?UE, le règlement sur la restauration de la nature (août
2024) devrait inciter à la restauration des tourbières drainées à
large échelle. La France devra se conformer à ces politiques en
instaurant un programme de hiérarchisation des sites à restaurer.
Aujourd?hui, cette perspective est limitée par la mauvaise connais-
sance des tourbières françaises (surface, stocks de carbone, état
de dégradation, émissions de GES?).
Encadrée par M. Daniel GILBERT (Chrono-Environnement) et Mme
Elsa MARTIN (CESAER), ma thèse vise à approfondir ces éléments
de connaissances afin, à terme, de déterminer dans quelle mesure
les tourbières françaises pourraient contribuer à la neutralité car-
bone d?ici 2050. Elle a été soutenue le 4 avril 2025, à Besançon, à
l?Université Marie et Louis Pasteur.
Produire une estimation de la surface en tourbière et des stocks
de carbone a été le premier objectif de la thèse. Pour cela, des
données d?inventaires des tourbières, d?épaisseurs de tourbe et de
qualité de la tourbe, récentes comme historiques, ont été utilisées.
Grâce à ce travail, la surface totale en tourbière a été évaluée à
111 000 ha et le stock de carbone à 153 millions de tonnes de
carbone (C), soit l?équivalent de 0,2 % de la surface du territoire
français métropolitain mais environ 3 % du carbone contenu dans
les sols français. La majeure partie de la surface et du stock de
carbone sont contenus dans les tourbières de plaine (70 % du
stock de carbone), notamment sur la façade atlantique. La dyna-
mique lancée par ce travail sera poursuivie après la thèse pour ten-
dre, à terme, vers un inventaire exhaustif. La plupart des données
d?inventaires des tourbières seront prochainement versées sur le
RPDZH.
Le deuxième axe de la thèse a consisté à étudier l?état de dégrada-
tion de 25 tourbières françaises à partir de prélèvements de tourbe
et des niveaux de nappe d?eau. Les résultats montrent qu?il existe
une corrélation importante entre les paramètres de la tourbe et le
niveau de la nappe d?eau. Plus précisément, il a été mis en éviden-
ce une atteinte notable des tourbes proches de la surface du sol, là
où la nappe d?eau est abaissée, se traduisant par leur tassement et
une diminution de leur teneur en carbone. Les meilleurs résultats
ont été obtenus en regroupant les données par écorégions distinc-
tes (Jura et Cotentin-Bessin). Ces analyses pourront être élargies
dans le futur à d?autres écorégions françaises, à mesure que de
nouvelles données sont acquises.
Enfin, le troisième axe de thèse a porté sur l?étude des prix d?ac-
quisition du foncier en tourbière. Pour obtenir les prix de vente des
parcelles en tourbières, l?inventaire des tourbières a été croisé avec
la base de données DVF+ du Cerema. Nous montrons qu?un usage
des sols intensif (cultures) et l?augmentation de la pente d?une
parcelle en tourbière accroissent son prix de vente. Le modèle a
été utilisé pour prédire les prix du foncier dans le Cotentin-Bessin
et dans le Jura. Cet axe de thèse répond au besoin de données
spatialement explicites sur les coûts totaux de restauration, fon-
damentales pour mettre en oeuvre un programme de priorisation
coût-efficace.
Grâce à une double approche écologique et économique, la thèse
ouvre des pistes de recherches futures pour une évaluation plus
approfondie des émissions de GES issues des tourbières et la prio-
risation des sites à restaurer.
Webconférence ? Les Atlas de la
biodiversité communale, leviers de
connaissance et de gestion des zones
humides
Le 10 avril, plus de 230 participants ont assisté à la webconférence
« Des Atlas de la biodiversité communale pour préserver les zones
humides », organisée par l?OFB et le Pôle-relais Mares et Vallées Allu-
viales. L?événement a mis en lumière la place des ABC (Atlas de la bio-
diversité communale) comme outils stratégiques pour la gestion des
zones humides. Ces derniers sont des leviers essentiels au niveau
local pour mieux comprendre, préserver et sensibiliser à ces milieux.
Cette démarche peut être pérennisée sous la reconnaissance « Terri-
toire engagé pour la nature » (TEN). Plusieurs collectivités ont témoi-
gné de l?intégration des mares, lagunes et marais dans leurs projets
d?ABC. Trois témoignages ont marqué la conférence : 1) L?ABC, outil
de connaissance et d?inventaire des zones humides par Séverine
Jean, adjointe au maire de Marseillan, et Pauline Constantin, co-di-
rectrice du CPIE Bassin de Thau. 2) Sensibilisation à l?importance des
zones humides par Christal Robert, chargée de mission naturaliste
à la LPO Vendée. 3) Préserver et restaurer les zones humides avec
TEN, par la commune de Combs-la-Ville.
Les échanges ont souligné trois points clés : i) La consultation et l?im-
plication des populations locales, essentielles pour créer des projets
partagés et ancrés, en valorisant les zones chères aux habitants. ii)
La valeur des inventaires participatifs, comme celui des mares par
la LPO Vendée, pour mobiliser la communauté tout en enrichissant
la connaissance scientifique. iii) L?importance des données locales
pour orienter les politiques publiques (GEMAPI, SCOT, PLUi) et les
actions de préservation et de restauration.
Le replay et les supports de présentation sont disponibles en ligne1.
La campagne ABC 2025 est désormais ouverte : les collectivités peu-
vent déposer leurs candidatures via la plateforme Aides-Territoires.
1 ? https://www.zones-humides.org/
Le Conservatoire du Littoral : un acteur
majeur pour la protection des zones humides
depuis 50 ans
Créé en 1975, le Conservatoire du littoral a pour mission principale
de protéger les littoraux et certains grands lacs face à la pression
de l?urbanisation. La maîtrise foncière constitue son principal outil
d?intervention, garantissant une protection durable des sites. Cette
gestion repose sur une collaboration avec les collectivités, l?État et
de nombreux partenaires, assurant une préservation concertée et
pérenne des espaces acquis. Initialement centré sur les espaces
côtiers, le Conservatoire élargit son action aux zones humides en
2002, à la suite des mobilisations écologiques internationales. Il
adopte alors une gestion intégrée des milieux aquatiques, visant
leur préservation et l?équilibre entre eaux douces et salées. En 2006
et 2009, des objectifs ministériels fixent à 30 % la part des acquisi-
tions annuelles en zones humides. Après 35 ans, elles représentent
36 % du foncier du Conservatoire. En 2010, le Grenelle de l?environne-
ment prévoit l?acquisition de 20 000 hectares d?ici 2015, dont 6 000
à 7 000 hectares par le Conservatoire. En 50 ans, le Conservatoire a
acquis plus de 220 000 hectares, couvrant 18 % du linéaire côtier na-
tional. Ce réseau de plus de 800 sites se distingue par la richesse de
ses paysages, la diversité de ses milieux naturels et la valeur de son
patrimoine culturel et architectural. La superficie de zones humides
sous sa responsabilité est aujourd?hui estimée à 100 000 hectares,
dont près de 58 700 hectares en Outremer. Le Conservatoire est en-
gagé dans leur protection, avec un objectif d?acquisition annuel de
800 à 1 200 hectares en zones humides, inscrit dans la Stratégie
nationale pour la biodiversité et le Plan National Milieux Humides.
Il consacre en moyenne 2 millions d?euros par an à des travaux de
restauration. Parmi les actions menées : la restauration du Grau et
de l?étang d?Urbinu en Corse, des rizières de Mana en Guyane, du
Marais du Viguierat, et la coordination des projets européens Adapto
et Adapto+, dédiés à l?adaptation au changement climatique. Les ef-
forts pour l?acquisition et la restauration de milieux humides dégra-
dés se poursuivront à l?avenir.
https://www.zones-humides.org/
1er semestre 2022
n° 102
Dossier : Ramsar en France,
quel bilan depuis10 ans ?
Focus : Place des zones
humides dans la RSE
Zones Humides
nfos
La revue du groupe « Zones humides »
Éditée par la Société nationale de protection de la nature. Association régie par la loi de 1901 à but non lucratif,
fondée le 10 février 1854 et reconnue d?utilité publique le 26 février 1855.
Directeur de la publication : Rémi Luglia, président de la SNPN
Coordinateur réseau, animateur du groupe « Zones humides » et plaidoyer : Lorenzo Arduino
Responsables d?édition : Lorenzo Arduino, Cléa Blanchard, Valérie Gaudant (SFI)
Courriel : clea.blanchard@snpn.fr
L?équipe remercie les autrices, auteurs et photographes ayant participé à la création de ce numéro, ainsi que
le comité de rédaction de Zones Humides Infos, particulièrement Pierre Caessteker, ainsi que Patrick Bazin,
Nathalie Barré, Marie Garrido, Sophie Bagagem, Gaëlle Vandersarren Olivier Cizel et Bastien Coïc pour leur
implication.
Revue semestrielle.
Abonnements : adhesion-abonnement@snpn.fr (l?abonnement numérique est gratuit)
ISSN : 1165-452X (imprimé) ? 2271-4464 (en ligne)
Dépôt légal : Janvier 2024
Les opinions émises dans Zones Humides Infos sont celles des auteurs. Elles n?expriment pas nécessairement
le point de vue du groupe « Zones humides », ni celui de la SNPN. Les auteurs conservent la responsabilité
entière des opinions émises sous leur signature.
Avec le soutien du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.
Conception : Chromatiques, Paris
Mise en page : Valérie Gaudant (SFI)
Impression : Imprimeur Simon, Ornans (25)
© 2025 Société nationale de protection de la nature
SNPN
44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris
Tél. : 01 43 20 15 39 | Site : www.snpn.com
? JE SOUHAITE SOUTENIR LES ACTIONS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DE PROTECTION DE LA NATURE :
(En faisant un don ou en adhérant à la SNPN, vous bénéficiez d?une déduction d?impôt de 66 % dans la limite de 20 % de votre revenu imposable.)
? EN SOUSCRIVANT À UNE ADHÉSION OU EN LA RENOUVELANT
? 15 ¤ Étudiant/demandeur d?emploi (montant à régler avec justificatif)
? 25 ¤ Adhésion individuelle
? 75 ¤ Adhésion bienfaiteur
? 100 ¤ Personne morale (association, organisme du service public, entreprise?)
? 40 ¤ Adhésion familiale (merci d?indiquer les noms, prénoms et courriels des membres de la famille) : ........................................................................................
? EN FAISANT UN DON DE .................................... ¤ (MONTANT LIBRE)
? Pour soutenir l?ensemble des actions de la SNPN
? Pour sensibiliser le grand public par la publication de notre revue Le Courrier de la Nature
? Pour entretenir et gérer la manade de chevaux historique du salin de Badon à la RNN de la Camargue
? Pour réhabiliter le sentier du Tamarguiron du salin de Badon à la RNN de la Camargue
? Pour soutenir les suivis scientifiques de la RNN de la Camargue
? Pour l?exploitation des données de suivi des oiseaux dits « communs » à la RNN du lac de Grand-Lieu
? Pour la recherche et la protection d?anciennes stations de Trèfle d?eau à la RNN du lac de Grand-Lieu
? Pour soutenir les actions scientifiques de la RNN du lac de Grand-Lieu
? Pour la régénération naturelle de la forêt de la RNN de la plaine des Maures
? Pour le développement d?un plan de sauvegarde de la tortue d?Hermann à la RNN de la plaine des Maures
? Pour soutenir les programmes scientifiques de la RNN de la plaine des Maures
? JE RÈGLE UN MONTANT TOTAL DE (ABONNEMENT + ADHÉSION + DON) : ...................... . ¤
Règlement par chèque à établir à l?ordre de la SNPN et à adresser, avec ce bulletin, au siège de l?association : 44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris
Possibilité de vous abonner en ligne sur www.snpn.com
?
Correspondants ponctuels ou rédacteurs réguliers,
photographes amateurs ou professionnels, en
participant à la réalisation de cette revue vous
soutenez les actions du groupe « Zones humides » et de
la Société nationale de protection de la nature pour la pré-
servation et l?utilisation durable des zones humides. Les
prochains numéros sont en projet.
Vous pouvez nous transmettre vos idées, vos besoins,
vos propositions d?articles, soit dans le but d?en faire
un dossier complet, soit dans le cadre de nos autres
rubriques. Vos brèves et actualités sont également
bienvenues.
Contact : clea.blanchard@snpn.fr
à contribution
Appel
Parutions précédentes Ces numéros sont en accès
libres sur www.snpn.fr
n° 107
DOSSIER
Agriculture et zones humides,
meilleures ennemies ?
n° 106
DOSSIER
Les plans nationaux d?actions, outils
pertinents pour la préservation des
milieux humides ?
n° 105
DOSSIER
Les zones humides urbaines du Nord
et des Suds face au changement
climatique.
n° 104
DOSSIER
Sauver les prairies humides : regards
sur des succès et des échecs.
n° 103
DOSSIER - COLLOQUE
« Les mares, un patrimoine naturel
construit, un patrimoine culturel négligé.
Intégrer les dimensions géohistorique
et territoriale dans la gestion
contemporaine », du 20 au 22 octobre à
Laon (02), France.
n° 102
DOSSIER
Ramsar en France,
quel bilan depuis 10 ans ?
FOCUS
Place des zones humides dans la RSE
(ATTENTION: OPTION aisies via un formulaire en
ligne, qui donnait immédiatement le résultat sur le caractère
prioritaire ou non de la mare ou de l?étang. Les données, inté-
grées grâce à la société Cartographer, ont alimenté une carte
interactive ouverte au public.
Résultat : plus de 1 600 contributions, dont 15 % signalant
des mares et étangs potentiellement prioritaires.
Retombées du projet
Le succès de « Priority Ponds » illustre la force de la science
participative lorsqu?elle s?appuie sur des outils simples et
des formations claires. Nous avons tiré plusieurs enseigne-
ments :
? Recrutement ciblé : les actions locales via des as-
sociations et des groupes communautaires se sont ré-
vélées plus efficaces que les campagnes nationales.
? Guides améliorés : la plupart des données collec-
tées étaient solides, mais certaines consignes doivent
être précisées (usages des sols, couverture végétale).
? Pérenniser les outils : le formulaire restera disponible sur
le site du Freshwater Habitats Trust pour permettre à de nou-
veaux volontaires de contribuer.
Avec un soutien continu, ce type d?initiative peut combler
d?importantes lacunes de connaissance. Les citoyens peu-
vent fournir une première évaluation, ensuite confirmée par
les écologues. Ces projets sont aussi un formidable levier
d?implication du public et de diffusion des savoirs sur ces
petits habitats? mais essentiels.
Le projet « Priority Ponds » a été commandité par Natural
England et financé par le Department for Environment, Food
and Rural Affairs (Defra), dans le cadre du programme NCEA
(Natural Capital and Ecosystem Assessment).
Francesca Dunn, Cheffe de projet senior, Freshwater
Habitats Trust
Traduit de l?anglais par Lorenzo Arduino
Mobiliser les citoyens scientifiques pour
cartographier les mares et les étangs prioritaires
d?Angleterre
Le mot ?pond? en Angleterre est utilisé pour désigner les ma-
res et les étangs. Voici la définition des mares et étangs selon
le Freshwater Habitats Trust:
Les mares/étangs sont des plans d?eau (généralement d?eau
douce, mais parfois saumâtres), dont la taille peut varier
d?1 mètre carré à 2 hectares, et qui retiennent de l?eau pen-
dant au moins quatre mois de l?année.
Formation mare M. Melun ? SNPN
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
22
BRèVES
Résumé de thèse
Contribution des tourbières françaises à
l?objectif national de neutralité carbone
d?ici à 2050
Lise Pinault, Docteure de Biologie des populations et écologie,
Chrono-environnement ? uMR CNRS uMLP
Les tourbières intactes jouent un rôle important dans les flux de
carbone sol-atmosphère, en agissant comme un puits de carbone.
Néanmoins, 10 % des tourbières sont perturbées à l?échelle mon-
diale (50 % dans l?UE), principalement par drainage, qui contribue
à abaisser les niveaux d?eau et entraîne la minéralisation de la ma-
tière organique MO et l?émission de gaz à effet de serre. En remon-
tant le niveau d?eau des sites drainés, la restauration est particuliè-
rement efficace pour réduire ces émissions.
Dans l?UE, le règlement sur la restauration de la nature (août
2024) devrait inciter à la restauration des tourbières drainées à
large échelle. La France devra se conformer à ces politiques en
instaurant un programme de hiérarchisation des sites à restaurer.
Aujourd?hui, cette perspective est limitée par la mauvaise connais-
sance des tourbières françaises (surface, stocks de carbone, état
de dégradation, émissions de GES?).
Encadrée par M. Daniel GILBERT (Chrono-Environnement) et Mme
Elsa MARTIN (CESAER), ma thèse vise à approfondir ces éléments
de connaissances afin, à terme, de déterminer dans quelle mesure
les tourbières françaises pourraient contribuer à la neutralité car-
bone d?ici 2050. Elle a été soutenue le 4 avril 2025, à Besançon, à
l?Université Marie et Louis Pasteur.
Produire une estimation de la surface en tourbière et des stocks
de carbone a été le premier objectif de la thèse. Pour cela, des
données d?inventaires des tourbières, d?épaisseurs de tourbe et de
qualité de la tourbe, récentes comme historiques, ont été utilisées.
Grâce à ce travail, la surface totale en tourbière a été évaluée à
111 000 ha et le stock de carbone à 153 millions de tonnes de
carbone (C), soit l?équivalent de 0,2 % de la surface du territoire
français métropolitain mais environ 3 % du carbone contenu dans
les sols français. La majeure partie de la surface et du stock de
carbone sont contenus dans les tourbières de plaine (70 % du
stock de carbone), notamment sur la façade atlantique. La dyna-
mique lancée par ce travail sera poursuivie après la thèse pour ten-
dre, à terme, vers un inventaire exhaustif. La plupart des données
d?inventaires des tourbières seront prochainement versées sur le
RPDZH.
Le deuxième axe de la thèse a consisté à étudier l?état de dégrada-
tion de 25 tourbières françaises à partir de prélèvements de tourbe
et des niveaux de nappe d?eau. Les résultats montrent qu?il existe
une corrélation importante entre les paramètres de la tourbe et le
niveau de la nappe d?eau. Plus précisément, il a été mis en éviden-
ce une atteinte notable des tourbes proches de la surface du sol, là
où la nappe d?eau est abaissée, se traduisant par leur tassement et
une diminution de leur teneur en carbone. Les meilleurs résultats
ont été obtenus en regroupant les données par écorégions distinc-
tes (Jura et Cotentin-Bessin). Ces analyses pourront être élargies
dans le futur à d?autres écorégions françaises, à mesure que de
nouvelles données sont acquises.
Enfin, le troisième axe de thèse a porté sur l?étude des prix d?ac-
quisition du foncier en tourbière. Pour obtenir les prix de vente des
parcelles en tourbières, l?inventaire des tourbières a été croisé avec
la base de données DVF+ du Cerema. Nous montrons qu?un usage
des sols intensif (cultures) et l?augmentation de la pente d?une
parcelle en tourbière accroissent son prix de vente. Le modèle a
été utilisé pour prédire les prix du foncier dans le Cotentin-Bessin
et dans le Jura. Cet axe de thèse répond au besoin de données
spatialement explicites sur les coûts totaux de restauration, fon-
damentales pour mettre en oeuvre un programme de priorisation
coût-efficace.
Grâce à une double approche écologique et économique, la thèse
ouvre des pistes de recherches futures pour une évaluation plus
approfondie des émissions de GES issues des tourbières et la prio-
risation des sites à restaurer.
Webconférence ? Les Atlas de la
biodiversité communale, leviers de
connaissance et de gestion des zones
humides
Le 10 avril, plus de 230 participants ont assisté à la webconférence
« Des Atlas de la biodiversité communale pour préserver les zones
humides », organisée par l?OFB et le Pôle-relais Mares et Vallées Allu-
viales. L?événement a mis en lumière la place des ABC (Atlas de la bio-
diversité communale) comme outils stratégiques pour la gestion des
zones humides. Ces derniers sont des leviers essentiels au niveau
local pour mieux comprendre, préserver et sensibiliser à ces milieux.
Cette démarche peut être pérennisée sous la reconnaissance « Terri-
toire engagé pour la nature » (TEN). Plusieurs collectivités ont témoi-
gné de l?intégration des mares, lagunes et marais dans leurs projets
d?ABC. Trois témoignages ont marqué la conférence : 1) L?ABC, outil
de connaissance et d?inventaire des zones humides par Séverine
Jean, adjointe au maire de Marseillan, et Pauline Constantin, co-di-
rectrice du CPIE Bassin de Thau. 2) Sensibilisation à l?importance des
zones humides par Christal Robert, chargée de mission naturaliste
à la LPO Vendée. 3) Préserver et restaurer les zones humides avec
TEN, par la commune de Combs-la-Ville.
Les échanges ont souligné trois points clés : i) La consultation et l?im-
plication des populations locales, essentielles pour créer des projets
partagés et ancrés, en valorisant les zones chères aux habitants. ii)
La valeur des inventaires participatifs, comme celui des mares par
la LPO Vendée, pour mobiliser la communauté tout en enrichissant
la connaissance scientifique. iii) L?importance des données locales
pour orienter les politiques publiques (GEMAPI, SCOT, PLUi) et les
actions de préservation et de restauration.
Le replay et les supports de présentation sont disponibles en ligne1.
La campagne ABC 2025 est désormais ouverte : les collectivités peu-
vent déposer leurs candidatures via la plateforme Aides-Territoires.
1 ? https://www.zones-humides.org/
Le Conservatoire du Littoral : un acteur
majeur pour la protection des zones humides
depuis 50 ans
Créé en 1975, le Conservatoire du littoral a pour mission principale
de protéger les littoraux et certains grands lacs face à la pression
de l?urbanisation. La maîtrise foncière constitue son principal outil
d?intervention, garantissant une protection durable des sites. Cette
gestion repose sur une collaboration avec les collectivités, l?État et
de nombreux partenaires, assurant une préservation concertée et
pérenne des espaces acquis. Initialement centré sur les espaces
côtiers, le Conservatoire élargit son action aux zones humides en
2002, à la suite des mobilisations écologiques internationales. Il
adopte alors une gestion intégrée des milieux aquatiques, visant
leur préservation et l?équilibre entre eaux douces et salées. En 2006
et 2009, des objectifs ministériels fixent à 30 % la part des acquisi-
tions annuelles en zones humides. Après 35 ans, elles représentent
36 % du foncier du Conservatoire. En 2010, le Grenelle de l?environne-
ment prévoit l?acquisition de 20 000 hectares d?ici 2015, dont 6 000
à 7 000 hectares par le Conservatoire. En 50 ans, le Conservatoire a
acquis plus de 220 000 hectares, couvrant 18 % du linéaire côtier na-
tional. Ce réseau de plus de 800 sites se distingue par la richesse de
ses paysages, la diversité de ses milieux naturels et la valeur de son
patrimoine culturel et architectural. La superficie de zones humides
sous sa responsabilité est aujourd?hui estimée à 100 000 hectares,
dont près de 58 700 hectares en Outremer. Le Conservatoire est en-
gagé dans leur protection, avec un objectif d?acquisition annuel de
800 à 1 200 hectares en zones humides, inscrit dans la Stratégie
nationale pour la biodiversité et le Plan National Milieux Humides.
Il consacre en moyenne 2 millions d?euros par an à des travaux de
restauration. Parmi les actions menées : la restauration du Grau et
de l?étang d?Urbinu en Corse, des rizières de Mana en Guyane, du
Marais du Viguierat, et la coordination des projets européens Adapto
et Adapto+, dédiés à l?adaptation au changement climatique. Les ef-
forts pour l?acquisition et la restauration de milieux humides dégra-
dés se poursuivront à l?avenir.
https://www.zones-humides.org/
1er semestre 2022
n° 102
Dossier : Ramsar en France,
quel bilan depuis10 ans ?
Focus : Place des zones
humides dans la RSE
Zones Humides
nfos
La revue du groupe « Zones humides »
Éditée par la Société nationale de protection de la nature. Association régie par la loi de 1901 à but non lucratif,
fondée le 10 février 1854 et reconnue d?utilité publique le 26 février 1855.
Directeur de la publication : Rémi Luglia, président de la SNPN
Coordinateur réseau, animateur du groupe « Zones humides » et plaidoyer : Lorenzo Arduino
Responsables d?édition : Lorenzo Arduino, Cléa Blanchard, Valérie Gaudant (SFI)
Courriel : clea.blanchard@snpn.fr
L?équipe remercie les autrices, auteurs et photographes ayant participé à la création de ce numéro, ainsi que
le comité de rédaction de Zones Humides Infos, particulièrement Pierre Caessteker, ainsi que Patrick Bazin,
Nathalie Barré, Marie Garrido, Sophie Bagagem, Gaëlle Vandersarren Olivier Cizel et Bastien Coïc pour leur
implication.
Revue semestrielle.
Abonnements : adhesion-abonnement@snpn.fr (l?abonnement numérique est gratuit)
ISSN : 1165-452X (imprimé) ? 2271-4464 (en ligne)
Dépôt légal : Janvier 2024
Les opinions émises dans Zones Humides Infos sont celles des auteurs. Elles n?expriment pas nécessairement
le point de vue du groupe « Zones humides », ni celui de la SNPN. Les auteurs conservent la responsabilité
entière des opinions émises sous leur signature.
Avec le soutien du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.
Conception : Chromatiques, Paris
Mise en page : Valérie Gaudant (SFI)
Impression : Imprimeur Simon, Ornans (25)
© 2025 Société nationale de protection de la nature
SNPN
44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris
Tél. : 01 43 20 15 39 | Site : www.snpn.com
? JE SOUHAITE SOUTENIR LES ACTIONS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DE PROTECTION DE LA NATURE :
(En faisant un don ou en adhérant à la SNPN, vous bénéficiez d?une déduction d?impôt de 66 % dans la limite de 20 % de votre revenu imposable.)
? EN SOUSCRIVANT À UNE ADHÉSION OU EN LA RENOUVELANT
? 15 ¤ Étudiant/demandeur d?emploi (montant à régler avec justificatif)
? 25 ¤ Adhésion individuelle
? 75 ¤ Adhésion bienfaiteur
? 100 ¤ Personne morale (association, organisme du service public, entreprise?)
? 40 ¤ Adhésion familiale (merci d?indiquer les noms, prénoms et courriels des membres de la famille) : ........................................................................................
? EN FAISANT UN DON DE .................................... ¤ (MONTANT LIBRE)
? Pour soutenir l?ensemble des actions de la SNPN
? Pour sensibiliser le grand public par la publication de notre revue Le Courrier de la Nature
? Pour entretenir et gérer la manade de chevaux historique du salin de Badon à la RNN de la Camargue
? Pour réhabiliter le sentier du Tamarguiron du salin de Badon à la RNN de la Camargue
? Pour soutenir les suivis scientifiques de la RNN de la Camargue
? Pour l?exploitation des données de suivi des oiseaux dits « communs » à la RNN du lac de Grand-Lieu
? Pour la recherche et la protection d?anciennes stations de Trèfle d?eau à la RNN du lac de Grand-Lieu
? Pour soutenir les actions scientifiques de la RNN du lac de Grand-Lieu
? Pour la régénération naturelle de la forêt de la RNN de la plaine des Maures
? Pour le développement d?un plan de sauvegarde de la tortue d?Hermann à la RNN de la plaine des Maures
? Pour soutenir les programmes scientifiques de la RNN de la plaine des Maures
? JE RÈGLE UN MONTANT TOTAL DE (ABONNEMENT + ADHÉSION + DON) : ...................... . ¤
Règlement par chèque à établir à l?ordre de la SNPN et à adresser, avec ce bulletin, au siège de l?association : 44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris
Possibilité de vous abonner en ligne sur www.snpn.com
?
Correspondants ponctuels ou rédacteurs réguliers,
photographes amateurs ou professionnels, en
participant à la réalisation de cette revue vous
soutenez les actions du groupe « Zones humides » et de
la Société nationale de protection de la nature pour la pré-
servation et l?utilisation durable des zones humides. Les
prochains numéros sont en projet.
Vous pouvez nous transmettre vos idées, vos besoins,
vos propositions d?articles, soit dans le but d?en faire
un dossier complet, soit dans le cadre de nos autres
rubriques. Vos brèves et actualités sont également
bienvenues.
Contact : clea.blanchard@snpn.fr
à contribution
Appel
Parutions précédentes Ces numéros sont en accès
libres sur www.snpn.fr
n° 107
DOSSIER
Agriculture et zones humides,
meilleures ennemies ?
n° 106
DOSSIER
Les plans nationaux d?actions, outils
pertinents pour la préservation des
milieux humides ?
n° 105
DOSSIER
Les zones humides urbaines du Nord
et des Suds face au changement
climatique.
n° 104
DOSSIER
Sauver les prairies humides : regards
sur des succès et des échecs.
n° 103
DOSSIER - COLLOQUE
« Les mares, un patrimoine naturel
construit, un patrimoine culturel négligé.
Intégrer les dimensions géohistorique
et territoriale dans la gestion
contemporaine », du 20 au 22 octobre à
Laon (02), France.
n° 102
DOSSIER
Ramsar en France,
quel bilan depuis 10 ans ?
FOCUS
Place des zones humides dans la RSE
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION pher, ont alimenté une carte
interactive ouverte au public.
Résultat : plus de 1 600 contributions, dont 15 % signalant
des mares et étangs potentiellement prioritaires.
Retombées du projet
Le succès de « Priority Ponds » illustre la force de la science
participative lorsqu?elle s?appuie sur des outils simples et
des formations claires. Nous avons tiré plusieurs enseigne-
ments :
? Recrutement ciblé : les actions locales via des as-
sociations et des groupes communautaires se sont ré-
vélées plus efficaces que les campagnes nationales.
? Guides améliorés : la plupart des données collec-
tées étaient solides, mais certaines consignes doivent
être précisées (usages des sols, couverture végétale).
? Pérenniser les outils : le formulaire restera disponible sur
le site du Freshwater Habitats Trust pour permettre à de nou-
veaux volontaires de contribuer.
Avec un soutien continu, ce type d?initiative peut combler
d?importantes lacunes de connaissance. Les citoyens peu-
vent fournir une première évaluation, ensuite confirmée par
les écologues. Ces projets sont aussi un formidable levier
d?implication du public et de diffusion des savoirs sur ces
petits habitats? mais essentiels.
Le projet « Priority Ponds » a été commandité par Natural
England et financé par le Department for Environment, Food
and Rural Affairs (Defra), dans le cadre du programme NCEA
(Natural Capital and Ecosystem Assessment).
Francesca Dunn, Cheffe de projet senior, Freshwater
Habitats Trust
Traduit de l?anglais par Lorenzo Arduino
Mobiliser les citoyens scientifiques pour
cartographier les mares et les étangs prioritaires
d?Angleterre
Le mot ?pond? en Angleterre est utilisé pour désigner les ma-
res et les étangs. Voici la définition des mares et étangs selon
le Freshwater Habitats Trust:
Les mares/étangs sont des plans d?eau (généralement d?eau
douce, mais parfois saumâtres), dont la taille peut varier
d?1 mètre carré à 2 hectares, et qui retiennent de l?eau pen-
dant au moins quatre mois de l?année.
Formation mare M. Melun ? SNPN
ZONeS huMIDeS INFOS | n°108
22
BRèVES
Résumé de thèse
Contribution des tourbières françaises à
l?objectif national de neutralité carbone
d?ici à 2050
Lise Pinault, Docteure de Biologie des populations et écologie,
Chrono-environnement ? uMR CNRS uMLP
Les tourbières intactes jouent un rôle important dans les flux de
carbone sol-atmosphère, en agissant comme un puits de carbone.
Néanmoins, 10 % des tourbières sont perturbées à l?échelle mon-
diale (50 % dans l?UE), principalement par drainage, qui contribue
à abaisser les niveaux d?eau et entraîne la minéralisation de la ma-
tière organique MO et l?émission de gaz à effet de serre. En remon-
tant le niveau d?eau des sites drainés, la restauration est particuliè-
rement efficace pour réduire ces émissions.
Dans l?UE, le règlement sur la restauration de la nature (août
2024) devrait inciter à la restauration des tourbières drainées à
large échelle. La France devra se conformer à ces politiques en
instaurant un programme de hiérarchisation des sites à restaurer.
Aujourd?hui, cette perspective est limitée par la mauvaise connais-
sance des tourbières françaises (surface, stocks de carbone, état
de dégradation, émissions de GES?).
Encadrée par M. Daniel GILBERT (Chrono-Environnement) et Mme
Elsa MARTIN (CESAER), ma thèse vise à approfondir ces éléments
de connaissances afin, à terme, de déterminer dans quelle mesure
les tourbières françaises pourraient contribuer à la neutralité car-
bone d?ici 2050. Elle a été soutenue le 4 avril 2025, à Besançon, à
l?Université Marie et Louis Pasteur.
Produire une estimation de la surface en tourbière et des stocks
de carbone a été le premier objectif de la thèse. Pour cela, des
données d?inventaires des tourbières, d?épaisseurs de tourbe et de
qualité de la tourbe, récentes comme historiques, ont été utilisées.
Grâce à ce travail, la surface totale en tourbière a été évaluée à
111 000 ha et le stock de carbone à 153 millions de tonnes de
carbone (C), soit l?équivalent de 0,2 % de la surface du territoire
français métropolitain mais environ 3 % du carbone contenu dans
les sols français. La majeure partie de la surface et du stock de
carbone sont contenus dans les tourbières de plaine (70 % du
stock de carbone), notamment sur la façade atlantique. La dyna-
mique lancée par ce travail sera poursuivie après la thèse pour ten-
dre, à terme, vers un inventaire exhaustif. La plupart des données
d?inventaires des tourbières seront prochainement versées sur le
RPDZH.
Le deuxième axe de la thèse a consisté à étudier l?état de dégrada-
tion de 25 tourbières françaises à partir de prélèvements de tourbe
et des niveaux de nappe d?eau. Les résultats montrent qu?il existe
une corrélation importante entre les paramètres de la tourbe et le
niveau de la nappe d?eau. Plus précisément, il a été mis en éviden-
ce une atteinte notable des tourbes proches de la surface du sol, là
où la nappe d?eau est abaissée, se traduisant par leur tassement et
une diminution de leur teneur en carbone. Les meilleurs résultats
ont été obtenus en regroupant les données par écorégions distinc-
tes (Jura et Cotentin-Bessin). Ces analyses pourront être élargies
dans le futur à d?autres écorégions françaises, à mesure que de
nouvelles données sont acquises.
Enfin, le troisième axe de thèse a porté sur l?étude des prix d?ac-
quisition du foncier en tourbière. Pour obtenir les prix de vente des
parcelles en tourbières, l?inventaire des tourbières a été croisé avec
la base de données DVF+ du Cerema. Nous montrons qu?un usage
des sols intensif (cultures) et l?augmentation de la pente d?une
parcelle en tourbière accroissent son prix de vente. Le modèle a
été utilisé pour prédire les prix du foncier dans le Cotentin-Bessin
et dans le Jura. Cet axe de thèse répond au besoin de données
spatialement explicites sur les coûts totaux de restauration, fon-
damentales pour mettre en oeuvre un programme de priorisation
coût-efficace.
Grâce à une double approche écologique et économique, la thèse
ouvre des pistes de recherches futures pour une évaluation plus
approfondie des émissions de GES issues des tourbières et la prio-
risation des sites à restaurer.
Webconférence ? Les Atlas de la
biodiversité communale, leviers de
connaissance et de gestion des zones
humides
Le 10 avril, plus de 230 participants ont assisté à la webconférence
« Des Atlas de la biodiversité communale pour préserver les zones
humides », organisée par l?OFB et le Pôle-relais Mares et Vallées Allu-
viales. L?événement a mis en lumière la place des ABC (Atlas de la bio-
diversité communale) comme outils stratégiques pour la gestion des
zones humides. Ces derniers sont des leviers essentiels au niveau
local pour mieux comprendre, préserver et sensibiliser à ces milieux.
Cette démarche peut être pérennisée sous la reconnaissance « Terri-
toire engagé pour la nature » (TEN). Plusieurs collectivités ont témoi-
gné de l?intégration des mares, lagunes et marais dans leurs projets
d?ABC. Trois témoignages ont marqué la conférence : 1) L?ABC, outil
de connaissance et d?inventaire des zones humides par Séverine
Jean, adjointe au maire de Marseillan, et Pauline Constantin, co-di-
rectrice du CPIE Bassin de Thau. 2) Sensibilisation à l?importance des
zones humides par Christal Robert, chargée de mission naturaliste
à la LPO Vendée. 3) Préserver et restaurer les zones humides avec
TEN, par la commune de Combs-la-Ville.
Les échanges ont souligné trois points clés : i) La consultation et l?im-
plication des populations locales, essentielles pour créer des projets
partagés et ancrés, en valorisant les zones chères aux habitants. ii)
La valeur des inventaires participatifs, comme celui des mares par
la LPO Vendée, pour mobiliser la communauté tout en enrichissant
la connaissance scientifique. iii) L?importance des données locales
pour orienter les politiques publiques (GEMAPI, SCOT, PLUi) et les
actions de préservation et de restauration.
Le replay et les supports de présentation sont disponibles en ligne1.
La campagne ABC 2025 est désormais ouverte : les collectivités peu-
vent déposer leurs candidatures via la plateforme Aides-Territoires.
1 ? https://www.zones-humides.org/
Le Conservatoire du Littoral : un acteur
majeur pour la protection des zones humides
depuis 50 ans
Créé en 1975, le Conservatoire du littoral a pour mission principale
de protéger les littoraux et certains grands lacs face à la pression
de l?urbanisation. La maîtrise foncière constitue son principal outil
d?intervention, garantissant une protection durable des sites. Cette
gestion repose sur une collaboration avec les collectivités, l?État et
de nombreux partenaires, assurant une préservation concertée et
pérenne des espaces acquis. Initialement centré sur les espaces
côtiers, le Conservatoire élargit son action aux zones humides en
2002, à la suite des mobilisations écologiques internationales. Il
adopte alors une gestion intégrée des milieux aquatiques, visant
leur préservation et l?équilibre entre eaux douces et salées. En 2006
et 2009, des objectifs ministériels fixent à 30 % la part des acquisi-
tions annuelles en zones humides. Après 35 ans, elles représentent
36 % du foncier du Conservatoire. En 2010, le Grenelle de l?environne-
ment prévoit l?acquisition de 20 000 hectares d?ici 2015, dont 6 000
à 7 000 hectares par le Conservatoire. En 50 ans, le Conservatoire a
acquis plus de 220 000 hectares, couvrant 18 % du linéaire côtier na-
tional. Ce réseau de plus de 800 sites se distingue par la richesse de
ses paysages, la diversité de ses milieux naturels et la valeur de son
patrimoine culturel et architectural. La superficie de zones humides
sous sa responsabilité est aujourd?hui estimée à 100 000 hectares,
dont près de 58 700 hectares en Outremer. Le Conservatoire est en-
gagé dans leur protection, avec un objectif d?acquisition annuel de
800 à 1 200 hectares en zones humides, inscrit dans la Stratégie
nationale pour la biodiversité et le Plan National Milieux Humides.
Il consacre en moyenne 2 millions d?euros par an à des travaux de
restauration. Parmi les actions menées : la restauration du Grau et
de l?étang d?Urbinu en Corse, des rizières de Mana en Guyane, du
Marais du Viguierat, et la coordination des projets européens Adapto
et Adapto+, dédiés à l?adaptation au changement climatique. Les ef-
forts pour l?acquisition et la restauration de milieux humides dégra-
dés se poursuivront à l?avenir.
https://www.zones-humides.org/
1er semestre 2022
n° 102
Dossier : Ramsar en France,
quel bilan depuis10 ans ?
Focus : Place des zones
humides dans la RSE
Zones Humides
nfos
La revue du groupe « Zones humides »
Éditée par la Société nationale de protection de la nature. Association régie par la loi de 1901 à but non lucratif,
fondée le 10 février 1854 et reconnue d?utilité publique le 26 février 1855.
Directeur de la publication : Rémi Luglia, président de la SNPN
Coordinateur réseau, animateur du groupe « Zones humides » et plaidoyer : Lorenzo Arduino
Responsables d?édition : Lorenzo Arduino, Cléa Blanchard, Valérie Gaudant (SFI)
Courriel : clea.blanchard@snpn.fr
L?équipe remercie les autrices, auteurs et photographes ayant participé à la création de ce numéro, ainsi que
le comité de rédaction de Zones Humides Infos, particulièrement Pierre Caessteker, ainsi que Patrick Bazin,
Nathalie Barré, Marie Garrido, Sophie Bagagem, Gaëlle Vandersarren Olivier Cizel et Bastien Coïc pour leur
implication.
Revue semestrielle.
Abonnements : adhesion-abonnement@snpn.fr (l?abonnement numérique est gratuit)
ISSN : 1165-452X (imprimé) ? 2271-4464 (en ligne)
Dépôt légal : Janvier 2024
Les opinions émises dans Zones Humides Infos sont celles des auteurs. Elles n?expriment pas nécessairement
le point de vue du groupe « Zones humides », ni celui de la SNPN. Les auteurs conservent la responsabilité
entière des opinions émises sous leur signature.
Avec le soutien du ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires.
Conception : Chromatiques, Paris
Mise en page : Valérie Gaudant (SFI)
Impression : Imprimeur Simon, Ornans (25)
© 2025 Société nationale de protection de la nature
SNPN
44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris
Tél. : 01 43 20 15 39 | Site : www.snpn.com
? JE SOUHAITE SOUTENIR LES ACTIONS DE LA SOCIÉTÉ NATIONALE DE PROTECTION DE LA NATURE :
(En faisant un don ou en adhérant à la SNPN, vous bénéficiez d?une déduction d?impôt de 66 % dans la limite de 20 % de votre revenu imposable.)
? EN SOUSCRIVANT À UNE ADHÉSION OU EN LA RENOUVELANT
? 15 ¤ Étudiant/demandeur d?emploi (montant à régler avec justificatif)
? 25 ¤ Adhésion individuelle
? 75 ¤ Adhésion bienfaiteur
? 100 ¤ Personne morale (association, organisme du service public, entreprise?)
? 40 ¤ Adhésion familiale (merci d?indiquer les noms, prénoms et courriels des membres de la famille) : ........................................................................................
? EN FAISANT UN DON DE .................................... ¤ (MONTANT LIBRE)
? Pour soutenir l?ensemble des actions de la SNPN
? Pour sensibiliser le grand public par la publication de notre revue Le Courrier de la Nature
? Pour entretenir et gérer la manade de chevaux historique du salin de Badon à la RNN de la Camargue
? Pour réhabiliter le sentier du Tamarguiron du salin de Badon à la RNN de la Camargue
? Pour soutenir les suivis scientifiques de la RNN de la Camargue
? Pour l?exploitation des données de suivi des oiseaux dits « communs » à la RNN du lac de Grand-Lieu
? Pour la recherche et la protection d?anciennes stations de Trèfle d?eau à la RNN du lac de Grand-Lieu
? Pour soutenir les actions scientifiques de la RNN du lac de Grand-Lieu
? Pour la régénération naturelle de la forêt de la RNN de la plaine des Maures
? Pour le développement d?un plan de sauvegarde de la tortue d?Hermann à la RNN de la plaine des Maures
? Pour soutenir les programmes scientifiques de la RNN de la plaine des Maures
? JE RÈGLE UN MONTANT TOTAL DE (ABONNEMENT + ADHÉSION + DON) : ...................... . ¤
Règlement par chèque à établir à l?ordre de la SNPN et à adresser, avec ce bulletin, au siège de l?association : 44 rue d?Alésia - TSA 31453 - 75014 Paris
Possibilité de vous abonner en ligne sur www.snpn.com
?
Correspondants ponctuels ou rédacteurs réguliers,
photographes amateurs ou professionnels, en
participant à la réalisation de cette revue vous
soutenez les actions du groupe « Zones humides » et de
la Société nationale de protection de la nature pour la pré-
servation et l?utilisation durable des zones humides. Les
prochains numéros sont en projet.
Vous pouvez nous transmettre vos idées, vos besoins,
vos propositions d?articles, soit dans le but d?en faire
un dossier complet, soit dans le cadre de nos autres
rubriques. Vos brèves et actualités sont également
bienvenues.
Contact : clea.blanchard@snpn.fr
à contribution
Appel
Parutions précédentes Ces numéros sont en accès
libres sur www.snpn.fr
n° 107
DOSSIER
Agriculture et zones humides,
meilleures ennemies ?
n° 106
DOSSIER
Les plans nationaux d?actions, outils
pertinents pour la préservation des
milieux humides ?
n° 105
DOSSIER
Les zones humides urbaines du Nord
et des Suds face au changement
climatique.
n° 104
DOSSIER
Sauver les prairies humides : regards
sur des succès et des échecs.
n° 103
DOSSIER - COLLOQUE
« Les mares, un patrimoine naturel
construit, un patrimoine culturel négligé.
Intégrer les dimensions géohistorique
et territoriale dans la gestion
contemporaine », du 20 au 22 octobre à
Laon (02), France.
n° 102
DOSSIER
Ramsar en France,
quel bilan depuis 10 ans ?
FOCUS
Place des zones humides dans la RSE
INVALIDE)