Cahier BioRev'Aix, Biodiversité et réseau viaire à Aix-en-Provence
[s.n]
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Auteur secondaire
Résumé
Matrice première de constitution et d'évolution des tissus urbains, le réseau viaire constitue un élément clé de la morphogenèse urbaine. Dans un contexte de transition écologique, le projet BioRev'Aix (Biodiversité et Réseau viaire à Aix-en-Provence) interroge la capacité de la rue à être support de fonctionnements urbanistiques et écologiques. Croisant urbanisme et écologie, la recherche s'appuie sur le "tronçon de rue" comme unité d'analyse originale pour modéliser la morphologie urbaine et inventorier sa biodiversité (malacofaune, flore spontanée, écureuil roux). Cet élément permet d'appréhender les différentes formes de natures urbaines de manière multiscalaire et contextuelle, associant la prise en compte de la rue comme lieu/habitat et comme lien/corridor. Le tronçon de rue apparaît alors comme un élément de recherche-action prometteur pour l'analyse des rapports entre morphologie urbaine et biodiversité.
Descripteur Urbamet
extension spatiale
;politique de la ville
;théorie de l'urbanisme
Descripteur écoplanete
politique de développement durable
;politique du développement durable
;projet territorial de développement durable
Thème
Aménagement urbain
;Circulation
;Économie - Société
;Environnement - Nature
Texte intégral
Matrice première de constitution et d?évolution des
tissus urbains, le réseau viaire constitue un élément
clé de la morphogenèse urbaine. Dans un contexte de
transition écologique, le projet BioRev-Aix (Biodiver-
sité et Réseau viaire à Aix-en-Provence) interroge la
capacité de la rue à être support de fonctionnements
urbanistiques et écologiques. Croisant urbanisme
et écologie, la recherche s?appuie sur le ?tronçon de
rue? comme unité d?analyse originale pour modéliser
la morphologie urbaine et inventorier sa biodiver-
sité (malacofaune, flore spontanée, écureuil roux).
Cet élément permet d?appréhender les différentes
formes de natures urbaines de manière multisca-
laire et contextuelle, associant la prise en compte de
la rue comme lieu/habitat et comme lien/corridor.
Le tronçon de rue apparaît alors comme un élément
de recherche-action prometteur pour l?analyse des
rapports entre morphologie urbaine et biodiversité.
Organisme national de recherche et d?expérimentation
sur l?urbanisme, la construction et l?architecture, le Plan
Urbanisme Construction Architecture, PUCA, développe
à la fois des programmes de recherche incitative, et des
actions d?expérimentations. Il apporte son soutien à
l?innovation et à la valorisation scientifique et technique
dans les domaines de l?aménagement des territoires, de
l?habitat, de la construction et de la conception architec-
turale et urbaine.
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JEAN NOËL CONSALÈS, BENOIT ROMEYER
CÉCILE ALBERT, VALÉRIE BERTAUDIÈRE-MONTÈS
BRUNO VILA, MAGALI DESCHAMPS-COTTIN
FRANÇOIS HAMONIC, CHRISTINE ROBLES
BIOREV?AIX,
BIODIVERSITÉ ET
RÉSEAU VIAIRE
À AIX-EN-PROVENCE
BIOREV?AIX
BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE
À AIX-EN-PROVENCE
INTERROGER LA MORPHOLOGIE URBAINE
À TRAVERS L'ÉCOLOGIE DU TRONÇON DE RUE
JEAN NOËL CONSALÈS
BENOIT ROMEYER
CÉCILE ALBERT
VALÉRIE BERTAUDIÈRE-MONTÈS
BRUNO VILA
MAGALI DESCHAMPS-COTTIN
FRANÇOIS HAMONIC
CHRISTINE ROBLES
Plan Urbanisme Construction Architecture
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Arche Sud - 92055 La Défense cedex
www.urbanisme-puca.gouv.fr
Directeur de la publication
François Ménard, secrétaire permanent par intérim du PUCA
Responsable de l?action
Sophie Carré, chargée de projets de recherche
Coordination éditoriale et mise en page
Bénédicte Bercovici, chargée de valorisation
ISBN : 978-2-11-139347-9
Photos : couverture : © Mathilde Pham
p. 96 : © Bénédicte Bercovici, PUCA
Septembre 2025
AVANT-PROPOS 4
INTRODUCTION 10
LE TRONÇON DE RUE POUR ANALYSER LES RAPPORTS ENTRE
BIODIVERSITÉ ET MORPHOLOGIE URBAINES 18
LE TRONÇON DE RUE POUR MESURER LA BIODIVERSITÉ URBAINE 34
La flore
La malacofaune
Par-delà le gradient d?urbanisation, l?influence de la morphologie urbaine
LE TRONÇON DE RUE POUR OPTIMISER LES CONNECTIVITÉS
ÉCOLOGIQUES 44
LE TRONÇON DE RUE POUR RÉVÉLER LA GOUVERNANCE DE LA
NATURE EN VILLE ET DE LA BIODIVERSITÉ URBAINE 52
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE 60
Les routes périurbaines
Les voies de desserte privées
Les boulevards périurbains et voies de desserte publiques
CONCLUSION : LE TRONÇON DE RUE, UN NOUVEL OUTIL
DE RECHERCHE-ACTION 80
BIBLIOGRAPHIE 84
BIOGRAPHIES DES AUTEUR(E)S 90
CONSEIL SCIENTIFIQUE DU PROGRAMME BAUM 94
SOMMAIRE
AVANT-PROPOS
INTRODUCTION / 5 / 5
Plan Urbanisme Construction Architecture
Dans son programme partenarial pluri-annuel 2018-2022, le PUCA a
ouvert un chapitre « résilience », et dessiné ainsi, pour les années à
venir, les perspectives de partenariats avec les représentants des sciences
du vivant, dans la recherche de réponses aux questions pressantes que
posent à nos sociétés, l?adaptation au changement climatique, la préser-
vation de la biodiversité, l?usage mesuré des ressources planétaires.
Le programme BAUM est né en 2018 dans le sillage du programme de
recherche « Vers des politiques publiques de densification et d?intensifi-
cation douces ? Intérêts, limites et opportunités », lancé en 2013 par le
PUCA; ce programme s?inscrivait lui-même dans la continuité de travaux
de recherche précédents, autour des thèmes de la densification, la ville
dense, ou encore la densité dans le périurbain.
BAUM est apparu alors qu?on ne pouvait plus ignorer le vivant, dans nos
villes et dans nos politiques publiques de densification. La loi pour la
reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, adoptée en
2016, nous obligeait ; mais surtout, elle se faisait le reflet d?une prise de
conscience collective des voies alternatives à rechercher, dans les projets
de densification urbaine, avec l?aide des écologues, si mal connus des ac-
teurs de l?aménagement.
Que soit ici remerciée en particulier Hélène Peskine, secrétaire per-
manente du PUCA de mai 2017 à septembre 2024, à l?initiative du pro-
gramme BAUM, pour sa clairvoyance et son soutien dans la réalisation et
la valorisation de celui-ci.
Des partenaires enthousiastes très vite rejoignent le PUCA. Le Muséum
national d?histoire naturelle, (MNHN), avec en particulier Philippe
Clergeau, écologue, professeur émérite, directeur scientifique du pro-
gramme BAUM, et l?un des premiers en France à avoir interrogé la place
de la biodiversité en milieu urbain ; le MNHN accueillera chaque année
jusqu?en 2023 une rencontre BAUM acteurs-chercheurs, dans le Grand
amphithéâtre du Muséum, qui nous permettra de partager les avancées
des recherches avec un public élargi. La Fondation pour la recherche sur la
biodiversité (FRB), accueille spontanément, dès 2019, dans le cadre d?un
6 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
post-doctorat de 10 mois, Morgane Flégeau, docteure en géographie et
aménagement, pour la réalisation d?une revue de la littérature scientifique
consacrée aux liens entre formes urbaines et biodiversité, à l?échelle du
quartier, dans les villes occidentales. Des résultats de celle-ci, objet d?une
publication du PUCA1, nous tirerons des enseignements indispensables
à la poursuite du programme, et le premier d?entre eux : les chercheurs,
écologues et urbanistes, géographes, architectes ou sociologues, sont
très peu nombreux à collaborer, et se comprennent mal car ils utilisent
des outils de recherche différents. Ainsi, les acteurs de l?aménagement
parviennent-ils difficilement à s?emparer des résultats de la recherche
en écologie. La Direction générale de l?aménagement du logement et de
la nature (DGALN), en charge de la conception des politiques publiques
d?aménagement, notre partenaire de tous les instants au Ministère de la
transition écologique (MTE), et l?Office français de la biodiversité, agence
sous tutelle du MTE, qui voient une opportunité d?encourager la coopé-
ration entre les champs disciplinaires de l?écologie et de l?aménagement
du territoire, soutiendront le programme BAUM, initié par le PUCA. En-
fin, un comité scientifique du programme réunit 18 représentants de la
recherche, ou d?institutions en charge de l?animation des politiques pu-
bliques, dans les champs disciplinaires de l?écologie et de l?aménagement
du territoire, sous la présidence de Philippe Clergeau.
A l?appel à projets de recherche lancé en février 2020 par le PUCA, ré-
pondent quarante-cinq équipes, associant chercheurs et acteurs de l?amé-
nagement, dans les champs disciplinaires de l?écologie et de l?aménage-
ment du territoire. Le territoire national entier est représenté.
Six recherches sont sélectionnées pour être soutenues par le PUCA et ses
partenaires, l?OFB et la DGALN, et débutent à l?automne 2020 :
? MORPHOBIOT (Formes urbaines et MORPHOlogie végétales en ville
pour la BIOdiversité : le cas de la ville de Toulouse) : pilotée par l?Ecole
nationale supérieure d?architecture de Toulouse
? BIOREV?AIX (Biodiversité et réseau viaire à Aix-en-Provence) : pilotée
par l?Université d?Aix-Marseille
? REAUMUR (Réponses Ecologiques Aux Morphologies Urbaines) : pilo-
tée par l?Université de Franche-Comté
? EVOLVILLE (L?évolution s?invite en ville) : pilotée par le Centre national
de la recherche scientifique et l?Université de Strasbourg
1 Formes urbaines et biodiversité - Un état des connaissances, Réflexions en partage,
PUCA, 2020, https://www.urbanisme-puca.gouv.fr/formes-urbaines-et-biodiversite-
un-etat-des-a2156.html
https://www.urbanisme-puca.gouv.fr/formes-urbaines-et-biodiversite-un-etat-des-a2156.html
https://www.urbanisme-puca.gouv.fr/formes-urbaines-et-biodiversite-un-etat-des-a2156.html
INTRODUCTION / 7
? FRUGACITÉ (FoRmes Urbaines des quartiers de GAre ou à fortes
contraintes et biodiversITÉ ) : pilotée par la société AREP, filiale de SNCF
Gares & Connexions
? TRAM?BIOSOL (Intégration de la Trame brune et de la biodiversité lom-
bricienne des sols dans les programmes d?aménagement urbain) : pilotée
par le bureau d?études Sol Paysage (SA).
A l?automne 2023, après que les équipes ont pu confronter leurs premiers
résultats, et soumettre ceux-ci à l?appréciation de leurs pairs et du public
dans le cadre des rencontres BAUM acteurs-chercheurs, à l?issue d?un ap-
pel à candidatures, François-Marie Martin, géographe, docteur en écolo-
gie, est missionné par le PUCA pour réaliser, au sein du laboratoire THEMA
de l?Université de Franche-Comté, une synthèse des outils descripteurs de
la forme urbaine déployés dans les six recherches du programme et pro-
poser un référentiel à destination des acteurs de l?aménagement.
Aujourd'hui, les sept recherches du programme BAUM sont achevées. Les
rapports de recherche font l'objet d'une publication par le PUCA dans une
collection destinée à favoriser la diffusion des enseignements de ce pro-
gramme auprès d'un public averti. Nous avons le plaisir de vous présenter
ici le quatrième cahier.
Le PUCA remercie chaleureusement tous les partenaires du programme,
institutionnels, chercheurs, partenaires du conseil scientifique et du co-
mité de pilotage, intervenants invités des rencontres acteurs-chercheurs,
et aussi le public fidèle du programme BAUM, tous compagnons de route
durant les six ans de cette aventure.
Sophie Carré,
Chargée de programmes de recherche,
responsable du programme BAUM
/ 7
8 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
INTRODUCTION / 9 / 9
Auteur(e)s et affiliations :
? Jean Noël Consalès (Université Lumière Lyon 2/ LER)
? Benoit Romeyer (Aix-Marseille Université/LIEU)
? Cécile Albert (CNRS/IMBE)
? Valérie Bertaudière-Montès (Aix-Marseille Université/LPED)
? Bruno Vila (Aix-Marseille Université/LPED)
? Magali Deschamps-Cottin (Aix-Marseille Université/LPED)
? François Hamonic (CNRS/IMBE)
? Christine Robles (Aix-Marseille Université/LPED)
Stagiaires du projet :
? Maia Barrère
? Marybel Bernardet
? Florine Francotte
? Baptiste Le Guen
? Noémie Montel
? Mathilde Pham
? Romain Wilmes
INTRODUCTION
PARIS, VILLE PRODUCTIVE DU LUXE / 11
Matrice première de constitution et d?évolution des tissus urbains, le ré-
seau des rues et des voies - le réseau viaire - constitue un élément clé de
la morphogenèse urbaine (Kostof, 1992, Panerai et al., 2004). Quasi ina-
movible dans sa structure topologique, celui-ci fait néanmoins l?objet de
transformations régulières de ses usages, statuts et configurations spa-
tiales, en fonction de l?évolution des paradigmes aménagistes et sociétaux
(Romeyer, 2017 ; Alonzo, 2020). Dans un contexte appelant à une meilleure
prise en compte, par le champ de l?urbanisme et de l?aménagement, des
enjeux de préservation de la biodiversité (Clergeau, 2020 ; Rode, 2023), de
nouvelles « écologies de la rue » (Appleyard, 1981), moins anthropocen-
trées, tendent à se dessiner (Moxon, 2019). Au sein de celles-ci, le réseau
viaire s?appréhende comme un support non seulement favorable à l?ac-
cueil d?une diversité d?usages et d?appropriations humaines, mais encore
à l?épanouissement de dynamiques écologiques d?habitat et de dispersion.
À cet égard, « la rue est alors à penser aussi comme un corridor et peut être
intégrée à un réseau de trames vertes » (Héran et al., 2022, p. 102). Qu?en
est-il alors de la prise en compte de ce réseau viaire dans un contexte de
crises environnementales et de montée en puissance d?un urbanisme non
plus seulement durable, mais pleinement écologique ? En tant qu?élé-
ment relevant à la fois de l?universel et de l?extrême proximité, sur lequel
la puissance publique dispose par ailleurs d?une large capacité d?action et
de régulation, le réseau viaire représente alors un potentiel considérable
d?espaces mobilisables au service de la transition écologique, à l?échelle
de la ville et de ses quartiers.
C?est en se fondant sur ce postulat initial que le projet BioRev'Aix (pour
Biodiversité et Réseau viaire à Aix-en-Provence) a appréhendé la rue
comme un objet transversal permettant de jeter des ponts entre écologie
des paysages et écologie des communautés, mais aussi entre aménage-
ment des territoires et aménagement urbain. À cet égard, il s?est interrogé
sur la capacité du réseau viaire à être support de fonctionnements urba-
nistiques et écologiques suivant sa double structuration (i) topologique,
en tant que réseau de « liens » et (ii) morphologique, en tant que réseau
de « lieux » (Jones et al., 2007). Cette recherche a ainsi formulé l?hypothèse
que la relation entre ces deux types de fonctionnements est inféodée à
deux paramètres principaux :
1. la morphologie territoriale et urbaine, ici caractérisée par des inter-
relations entre des structures viaires et des formes urbaines extrême-
ment variables dans leurs configurations et leurs usages.
2. les modes de gestion des espaces à caractère naturel (ECN) (Cler-
geau, 2007) présents sur le réseau viaire ou à son immédiate proxi-
mité (espaces végétalisés, parcs et jardins publics ou privés, pieds
d?arbres, ...).
/ 11
12 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
? Tâche 1 : Modélisations urbanistique et écologique
? Responsable : Cécile Albert (IMBE)
? Participants : Benoit Romeyer (LIEU),
François Hamonic (IMBE)
? Mots clefs : modélisation, théorie des graphes, écologie
des paysages, aménagement du territoire
? Tâche 2 : Relevés et analyses écologiques
? Responsable : Bruno Vila (LPED)
? Participants : Valérie Bertaudière-Montès,
Magali Deschamps-Cottin, Christine Robles (LPED),
Cécile Albert (IMBE)
? Mots clefs : relevés, écologie des communautés, ECN
? Tâche 3: Caractérisation de la morphologie
territoriale et urbaine.
? Responsable : Benoit Romeyer (LIEU)
? Participants : Jean Noël Consalès (Telemme)
? Mots clefs : morphologie territoriale et urbaine,
aménagements urbains
? Tâche 4 : Qualification des modes de gestion
? Responsable : Jean Noël Consalès (Telemme)
? Participants : Valérie Bertaudière-Montès,
Magali Deschamps-Cottin, Christine Robles,
Bruno Vila (LPED)
? Mots clefs : entretiens semi-directifs, gestion urbaine
? Tâche 5 : Aide à la décision, expérimentation,
communication
? Responsables : Jean Noël Consalès et partenaires
institutionnels
? Participants : Ensemble des partenaires
? Mots clefs : atelier, valorisation, expérimentation
Hypothèse 2
Biodiversité et réseau viaire
Objet
Evolution du modèle Echantillonnage
Schéma organisationnel de projet Biodiversité et Réseau Viaire à Aix-en-Provence (BioReV-Aix)
Validation croisée
Relevés
Hypothèse 1
Résultats
Figure 1 : Schéma organisationnel du projet BioRev'Aix.
PARIS, VILLE PRODUCTIVE DU LUXE / 13
Pour tester cette hypothèse, le projet BioRev'Aix s?est structuré autour
d?un ensemble de 5 tâches interconnectées, faisant la part belle aux « frot-
tements interdisciplinaires » (Groupe sur l?urbanisme écologique, 2022)
entre urbanisme et aménagement, géographie et écologie (cf. figure 1).
Plus précisément, il s?est d?abord fixé pour objectif de modéliser et de qua-
lifier le réseau viaire aixois sur la base de métriques à la fois écologiques
et urbanistiques. Il s?est ensuite efforcé de valider cette approche de ma-
nière empirique, en mesurant la biodiversité sise sur des rues et des voies
échantillonnées selon des caractéristiques urbanistiques et écologiques
contrastées, en appui sur les résultats de la modélisation cartographique.
Mais le projet a aussi cherché à travailler avec des modèles faunistiques et
floristiques différents par leurs aires vitales et leurs capacités de disper-
sion : la flore spontanée, l?escargot (malacofaune) et l?écureuil roux. Ce
faisant, BioRev'Aix a développé une approche méthodologique novatrice,
prenant appui sur une unité de mesure originale de la morphologie ur-
baine et de sa biodiversité : le tronçon de rue. Ce dernier a été interrogé,
d?une part, au regard de l?influence de sa morphologie sur sa biodiversité
en tant que socio-écosystème à part entière, et, d?autre part, au regard de
sa capacité à favoriser les continuités écologiques en tant qu?élément d?un
réseau viaire interconnecté.
C?est en effet à partir de cette unité spatiale développée afin de permettre
l?interrogation interdisciplinaire du réseau viaire qu?ont pu être (i) réalisés
des relevés écologiques sur des pieds d?arbres, (ii) élaboré un outil d?aide à
la décision pour l?identification des secteurs propices à une amélioration
des connectivités écologiques, (iii) conduites des en quêtes auprès de par-
ties prenantes urbaines représentatives et (iv) formulées des propositions
d?aména gement cohérentes pour la biodiversité urbaine. Le tronçon de
rue constitue ainsi le fil directeur d?un système de recherche interdisci-
plinaire.
Pour asseoir sa démarche, le projet BioRev'Aix a pu, en outre, profiter d?un
écosystème de recherche-action favorable : la ville d?Aix-en-Provence.
Celle-ci se caractérise en effet par une structure urbaine très lisible, parti-
culièrement adaptée à l?analyse de la morphologie urbaine, du fait du ca-
ractère archétypal de ses différents quartiers issus de périodes de produc-
tion de bâti distinctes. Aix-en-Provence se trouve, par ailleurs, à proximité
directe de grands réservoirs de biodiversité (montagne Sainte Victoire,
plateau de l?Arbois). C?est également une ville qui tend à s?inscrire dans
une démarche d?écologisation progressive de ses pratiques d?aménage-
ment et de gestion, tant en matière d?espaces verts (Romeyer et Consa-
lès, 2023), comme en témoigne l?obtention du label « EcoJardin» pour le
parc Christine Bernard, qu?en matière de voirie, comme l?atteste la mise
INTRODUCTION / 13
14 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
en oeuvre de son Parc Naturel Urbain (cf. encadré n° 1). Pour faciliter cette
ambition écologique, la municipalité a adopté le parti, singulier dans le
contexte local de métropolisation, de conserver en régie un grand nombre
de services techniques stratégiques dont la voirie, les infrastructures et les
espaces verts. Cette unité de gestion du réseau viaire s?est, par conséquent,
révélée propice à l?investigation.
Le Parc Naturel Urbain (PNU) d?Aix-en-Provence (source : Ville d?Aix-en-Provence)
INTRODUCTION / 15INTRODUCTION / 15
Inspiré des parcs naturels régionaux (PNR), le Parc Naturel Urbain est une
démarche aux contours souples et sans valeur réglementaire. Apparu en
France dans les années 1990 avec le projet pionnier de Rueil-Malmaison,
il se fonde sur la nécessité de mieux préserver et valoriser les espaces à
caractères naturels présents en milieu urbain dans une perspective de
développement durable. Il a depuis été adopté par une dizaine de collec-
tivités territoriales françaises. L?opportunité de donner un cadre légal à la
démarche a fait l?objet de discussions en 2005 à l?Assemblée nationale et
au Sénat dans le cadre de l?examen du projet de loi relatif aux parcs natio-
naux et aux parcs naturels marins promulgué en 2006. Triplement rejeté
pour son intitulé jugé proche de l?oxymore, pour le risque de confusion
qu?il pourrait susciter par rapport aux Parcs Naturels Régionaux, ainsi que
pour sa faible plus-value supposée vis-à-vis des outils de protection exis-
tants, une « association des villes et intercommunalités supports de parcs
naturels urbains » regroupant 3 communautés d?agglomération (Agen,
Pau, Marsan) et 3 villes (Strasbourg, Rueil-Malmaison, Villeurbanne) a
néanmoins vu le jour en 2011 pour continuer à promouvoir la création
d?un cadre juridique spécifique aux parcs naturels urbains. L'initiative n?a
toutefois pas encore aboutie, et le PNU demeure donc à ce jour un outil ju-
ridiquement non contraignant dont le cadre, la gouvernance et le contenu
varient fortement en fonction des territoires sur lequel il se déploie.
En 2018, la Ville d?Aix-en-Provence s?est dotée de son propre Parc Naturel
Urbain, conçu parallèlement au déploiement de son nouveau réseau de
Bus à Haut Niveau de Service (l?AixPress) dont il constitue une forme de
miroir et de complément à destination des modes de déplacement actifs.
Prenant la forme d?un linéaire de 4,7 km reliant les quartiers Sud et Est de
la Ville, il vise à favoriser la pratique des déplacements piétons et cyclables
tout en contribuant à la mise en réseau des parcs et espaces verts que son
tracé intègre. Il répond ce faisant à quatre grands objectifs :
« - proposer une réelle trame piétonne et cyclable attractive et cohérente
pour le territoire,
- établir le lien ville-nature comme élément de développement pour Aix-
en-Provence,
Encadré n° 1 : Le parc naturel urbain d?Aix-en-Provence
16 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
- susciter une prise de conscience et opérer un changement de pratique
auprès des citoyens,
- valoriser un patrimoine culturel et naturel dans les quartiers en péri-
phérie du centre-ville? (extrait de la délibération du 9 novembre 2018 du
Conseil municipal d?Aix-en-Provence actant la création du Parc Naturel
urbain).»
Alternant espaces urbains (quartiers résidentiels, commerces, écoles, bi-
bliothèques, centre-sportif, facultés, cités universitaires, etc.) et espaces à
caractère naturels aux profils variés (parc public, friche, cours d?eau, bois),
la diversité des milieux qui le constitue l?a conduit à servir de support aux
inventaires écologiques de la faune et de la flore réalisés dans le cadre de
la démarche d?Atlas de Biodiversité Communale (ABC) porté par le Mu-
séum d?histoire naturelle d?Aix-en-Provence.
Ayant mobilisé un investissement de 4 millions d?euros sur ses 5 premières
années d?existence, le Parc Naturel Urbain d?Aix-en-Provence apparaît
ainsi comme un espace localement démonstrateur d'autres manières
d?(a)ménager les natures urbaines (Consalès, 2024) tout en répondant
aux objectifs sociaux, économiques et écologiques de la Ville.
INTRODUCTION / 17 / 17
Le présent cahier se propose de revenir sur la démarche et le processus
de recherche du projet BioRev'Aix, en insistant autant sur ses partis pris
méthodologiques, pensés pour être aisément appropriables et reproduc-
tibles, que sur ses résultats, discutés au regard de l?état de l?art scientifique.
Ainsi, dans une première partie, ce cahier se centre sur le processus de
recherche ayant conduit au choix et à la conception du tronçon de rue
comme unité de mesure de la morphologie urbaine et de sa biodiversité.
Dans une seconde partie, il montre comment celui-ci a été utilisé pour
inventorier la malacofaune et la flore spontanée d?un échantillon de
pieds d?arbres représentatifs de la diversité des tissus urbains d?Aix-en-
Provence, afin de comprendre comment ces taxons réagissent aux tissus
analysés. Puis dans une troisième partie, il explique comment, à partir du
modèle écologique de l?écureuil roux, l?approche à l?échelle du tronçon
de rue a permis d?identifier des secteurs à aménager susceptibles d?amé-
liorer le fonctionnement et la connectivité écologiques du territoire. Il
présente ensuite, dans une quatrième partie, les résultats de l?enquête
réalisée auprès des parties prenantes territoriales aixoises (élus, techni-
ciens, résidents et usagers) quant à leurs attentes, leurs compétences et
leurs représentations en matière de nature et de biodiversité urbaines. Il
s?attarde enfin, dans une cinquième et dernière partie, sur l?identification
de trois situations de projet distinctes établies en cohérence avec les ca-
pacités d?intervention des acteurs institutionnels, d'une part, et les spé-
cificités morphologiques constatées d?un ensemble de tronçons de rue à
potentiel de renaturation, d?autre part.
LE TRONÇON DE RUE POUR
ANALYSER LES RAPPORTS
ENTRE BIODIVERSITÉ ET
MORPHOLOGIE URBAINES
INTRODUCTION / 19
Le réseau viaire se caractérise par sa grande hétérogénéité. En effet, si cer-
taines rues mesurent plusieurs kilomètres de long, d?autres se déploient
sur quelques mètres seulement. En outre, plusieurs types bâtis peuvent se
succéder au sein d?une seule et même rue. Cette infinie variété des formes
représente, à ce titre, un véritable « défi à la classification » (Allain, 2004).
L?établissement d?un cadre d?analyse permettant la caractérisation à la
fois fine et systématique des interrelations à l?oeuvre entre des structures
viaires et des formes urbaines extrêmement variables dans leurs configu-
rations et leurs usages, est pourtant apparu comme une condition sine qua
none du travail interdisciplinaire à engager entre urbanistes et écologues.
Pour répondre à cet enjeu scientifique, le recours à une unité de travail
commune est apparu comme un préalable indispensable. Cette recherche
s?est alors appuyée sur les derniers développements des travaux interro-
geant la structure de la ville depuis la rue. La disponibilité croissante des
données géospatiales et les progrès parallèles des sciences qui leurs sont
associées ont en effet participé à l?émergence de nouvelles évolutions
dans le champ de la morphologie urbaine (Moudon, 1997).
/ 19
20 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Figure 2 : Exemple de modélisation d?un paysage écologique sous forme de graphe
(image de gauche : Rudnick et al., 2012 ; image de droite : Hamonic, 2023)
L?analyse structurelle du réseau viaire a ainsi fait l?objet de nombreuses
investigations, en appui sur la théorie des graphes, et dans la lignée des
travaux pionniers des tenants de la Space Syntax (Hillier et Hanson, 1984).
De manière générale, un graphe est un objet mathématique construit
comme un ensemble de sommets reliés par des arêtes. Plus précisément,
un graphe viaire modélise la manière dont les voies urbaines (liens) se
croisent et s?entrecroisent autour d?un ensemble d?intersections (noeuds)
(cf. figure 2).
INTRODUCTION / 21LE TRONÇON DE RUE POUR ANALYSER LES RAPPORTS ENTRE BIODIVERSITÉ ET MORPHOLOGIE URBAINES / 21
L?analyse structurelle par graphe d?un réseau viaire peut s?opérer de ma-
nière assez directe, en appui sur de nombreux programmes informatiques
dédiés tels SDNA (Cooper et Chiaradia, 2020), ou encore Morphéo (La-
gesse, 2015). Elle permet alors d?en définir les caractéristiques topolo-
giques et topographiques et, partant, d?en identifier les noeuds et liens les
plus centraux (Lagesse, 2015). Ceci confère à ces modèles mathématiques
une capacité prédictive avérée vis-à-vis de certains fonctionnements ur-
bains (flux de transports, valeurs foncières, ?). Leur utilisation en tant
que descripteur de morphologie urbaine est toutefois limitée par leur in-
capacité à intégrer certains éléments essentiels des tissus urbains (bâti,
parcellaire, topographie, ?) ainsi que les caractéristiques géométriques
des voies considérées.
C?est ainsi que d?autres travaux ont profité du développement des bases
de données SIG pour proposer de nouveaux dispositifs, plus contextuels,
de caractérisation morphologique du réseau viaire. En la matière, les ou-
tils de caractérisation automatisés du paysage viaire urbain (streetscape),
proposés par Harvey et al., (2017) puis par Araldi et Fusco (2018), ouvrent
à une prise en compte de l?espace-rue appréhendé par ses différents usa-
gers, humains et non-humains. Ceux-ci ont tout particulièrement inspiré
le choix d?une unité d?analyse morphologique originale, car adaptée au
croisement d?analyses à la fois urbanistiques et écologiques du réseau
viaire : le tronçon de rue. Au sein du projet BioRev'Aix, ce dernier a été
pensé pour accompagner les modélisations, les échantillonnages ainsi
que l?interprétation des données produites par les écologues du projet à
partir de trois taxons distincts, choisis pour la variété de leurs modes et
échelles de dispersion :
- la malacofaune (dispersion active et de faible portée),
- la flore spontanée des rues (dispersion passive et de portée inter-
médiaire),
- l?écureuil roux (dispersion active et de grande portée).
Le tronçon de rue correspond à un linéaire de voie urbaine (hors route et
sentier) inclus entre deux intersections (cf. figure 3), dont le protocole de
génération, aisément reproductible, est décrit dans l?encadré n°2 ci-après.
22 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Le protocole de découpage du réseau viaire en tronçons de rue développé dans le
cadre du projet BioRev'Aix s?appuie sur la couche ?Route nommée? présente dans la
base de données BD TOPO développée par l?Institut national de l'information géogra-
phique et forestière (IGN), à partir de laquelle une série de modifications est opérée.
1 - Soustraction des voies d'importance "1" (autoroutes) et "6" (sentiers, pistes cy-
clables, ...) dont les caractéristiques morphologiques ne répondent pas à la définition
usuelle de la rue comme voie de circulation bordée de bâtiments.
2 - Découpage des voies au niveau de chaque intersection (noeud) avec un buffer de
4m. Ceci afin de générer des sous-segments de rue à la fois bien différenciés et com-
parables.
INTRODUCTION / 23LE TRONÇON DE RUE POUR ANALYSER LES RAPPORTS ENTRE BIODIVERSITÉ ET MORPHOLOGIE URBAINES / 23
3 - Suppression de tous les tronçons de rue inférieurs à 30 m. Ce seuil est apparu perti-
nent pour permettre l?élimination d?un maximum de segments jugés non-représentatifs
(reliquats de ronds-points ...).
4 - Application d?un buffer à plat de 30m de part et d'autre des segments de rues, don-
nant lieu aux tronçons de rue finaux. A noter que cette valeur seuil a été déterminée à
partir des caractéristiques connues du réseau d?Aix-en-Provence (écartement maximal
de façade à façade relevé dans la base de données IGN BD TOPO).
Encadré n° 2 : Protocole de découpage du réseau viaire en tronçons de rues
24 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Figure 3 : Exemple de tronçon de rue avec son buffer dans la ville d?Aix-en-Provence
(photo aérienne : IGN).
INTRODUCTION / 25
C?est ainsi qu?un ensemble de 5460 tronçons de rue a pu être généré
à l?échelle du territoire d?études, dont le périmètre se concentre sur le
centre-ville et les premières couronnes périphériques aixoises (cf. figure
4). Ce périmètre a été choisi dans le but de concentrer les recherches sur
les spécificités de l?urbain aggloméré, laissant ainsi de côté l?urbain diffus.
Une fois la totalité des tronçons de rue spatialisés à l?échelle du territoire
d?étude, il s?est ensuite agi de leur imputer un ensemble d?indicateurs per-
mettant leur caractérisation morphologique. En appui sur le logiciel libre
de Système d?information géographique QGIS ainsi que sur le programme
de morphométrique urbaine Momepy développé sous Python par Martin
Fleischmann (2019), un ensemble d?indicateurs de morphologie urbaine
a ainsi pu être associé à chacun des tronçons de rue. Ces différents indica-
teurs ont été synthétisés dans le tableau 1 ci-après.
Figure 4 : L?ensemble des rues du périmètre BioRev'Aix découpées en tronçons de rue.
LE TRONÇON DE RUE POUR ANALYSER LES RAPPORTS ENTRE BIODIVERSITÉ ET MORPHOLOGIE URBAINES / 25
26 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Nom_colonne Données associées Remarques
ID_troncon
Identifiant unique associé au tron-
çon de rue
donnée issue du
SIG
NOM_1_G Nom de la rue (côté gauche)
donnée issue de la
BD TOPO IGN
IMPORTANCE
Hiérarchisation du réseau viaire en
fonction du trafic routier, sur une
échelle de 1 à 6 (1 étant le niveau
avec le plus d?importance)
donnée issue de la
BD TOPO IGN
LARGEUR
Largeur indicative de la chaussée, de
trottoir à trottoir ou d'accotement à
accotement.
donnée issue de la
BD TOPO IGN
LONGUEUR Longueur du tronçon de rue
donnée issue du
SIG
AIRE
Surface du tronçon de rue avec
buffer
donnée issue du
SIG
AIRE_BATI
Surface des emprises bâties dans le
tronçon de rue
donnée issue du
SIG
RATIO_BATI
Ratio entre la surface bâtie et la sur-
face totale du tronçon de rue
donnée issue du
SIG
decliv
Écart entre les points d?altitude les
plus élevés et faibles du tronçon de
rue.
Pour déclivité (en
appui sur BD ALTI
IGN)
length_euc
Longueur euclidienne du tronçon
de rue (à vol d?oiseau)
donnée issue du
SIG
sinuos
Sinuosité du tronçon de rue exprimé
par le ratio entre sa longueur eucli-
dienne et sa longueur effective
donnée issue du
SIG
alt_start
Altitude du point de départ du tron-
çon de rue
donnée issue du
SIG
alt_end
Altitude du point final du tronçon
de rue
donnée issue du
SIG
pente
Différentiel entre altitude de départ
et altitude finale du tronçon de rue
donnée issue du
SIG (exprimé en
valeur absolue)
conti_batie
Indice de contiguïté du bâti. Celui-ci
permet de qualifier dans quelle me-
sure le bâti est fragmenté en diffé-
rents ensembles ou plutôt mitoyen
donnée issue du
SIG
Tableau 1 : Liste des différents indicateurs imputés dans les tronçons de rue.
INTRODUCTION / 27
nb_blocs
Nombre d?ensembles bâtis contigus
du tronçon de rue
donnée issue du
SIG
nb_bati
Nombre de bâtiments présents dans
le tronçon de rue
donnée issue du
SIG
widths
largeur moyenne de la rue de bâti à
bâti
Calculé avec le
logiciel Momepy
avec intervalle de
3m et suivant un
buffer de 50 m de
part et d?autre de
l?axe du tronçon de
rue).
width_devi
Écart-type de la largeur de la rue de
bâti à bâti
Calculé avec le
logiciel Momepy à
intervalle de 3m et
suivant un buffer
de 50 m de part et
d?autre de l?axe du
tronçon de rue).
openness
Qualifie le degré d?ouverture de la
rue (Nombre de rayons perpendi-
culaires à l?axe du tronçon de rue
qui ont ?touché? un bâtiment sur
nombre total de rayons)
Calculé avec
Momepy
heights
hauteur moyenne du bâti présent à
50 m de l?axe du tronçon de rue.
Calculé avec
Momepy
heights_de
hauteur moyenne du bâti présent à
50 m de l?axe du tronçon de rue.
Calculé avec
Momepy
profile
Hauteur moyenne / largeur
moyenne de la rue
Calculé avec
Momepy
BtE200
Betweeness centrality de chaque
tronçon de rue suivant un rayon de
200m
Calculé avec
Momepy
BtE800
Betweeness centrality de chaque
tronçon de rue suivant un rayon de
800m
Calculé avec
Momepy
BtE2000
Betweeness centrality de chaque
tronçon de rue suivant un rayon de
2000m
Calculé avec
Momepy
LE TRONÇON DE RUE POUR ANALYSER LES RAPPORTS ENTRE BIODIVERSITÉ ET MORPHOLOGIE URBAINES / 27
28 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
L?enjeu a ensuite été de regrouper les différents tronçons de rue en un
ensemble à la fois raisonné, par leur construction objectivée, et raison-
nable, par leur nombre limité, de classes morphologiques. Celles-ci ont
été construites par l?intermédiaire d?une analyse statistique multivariée
de type Analyse en Composantes Principales (ACP), réalisée à l?aide du
logiciel R (cf. figure 5).
Figure 5 : Représentation de l?ACP des tronçons de rues sur les variables de morphologie
urbaine. Ouverture : ouverture de la rue ; largeur : largeur de la rue ; contig. : contiguïté
du bâti ; hauteur : hauteur du bâti ; profil : profil du bâti ; %bâti : surface de bâti du tron-
çon de rue/superficie totale du tronçon de rue.
INTRODUCTION / 29
En l?espèce, il s?est agi de choisir et de s?appuyer sur six variables jugées
représentatives des morphologies urbaines en présence :
- le pourcentage d?emprise du bâti,
- la hauteur moyenne du bâti,
- le niveau de contiguïté du bâti,
- le degré d?ouverture du bâti,
- la largeur moyenne du tronçon de rue,
- et enfin le profil du tronçon de rue (cf. figure 6).
LE TRONÇON DE RUE POUR ANALYSER LES RAPPORTS ENTRE BIODIVERSITÉ ET MORPHOLOGIE URBAINES / 29
Figure 6 : Les 5460 tronçons de rue générés à l?échelle du territoire d?études, ici discréti-
sés suivant leur profil, équivalent au ratio : Hauteur moyenne du bâti/Largeur moyenne
du tronçon de rue.
30 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
A partir des résultats de l?ACP, une approche dite de « clustering » visant
à la génération statistique de classes de tronçons de rue ayant des carac-
téristiques similaires a ensuite été mise en oeuvre. Différents découpages
ont ainsi été spatialisés (de 2 à 7 classes) sur le secteur d?étude. À la fois
synthétique et représentatif de la diversité morphologique du territoire
aixois considéré, un découpage en 5 classes, incluant une classe dite « 0»
regroupant tous les tronçons de rue non bâtis du secteur considéré, a fina-
lement été retenu (cf. figure 7).
Figure 7 : Représentation des tronçons de rues selon les catégories de tissus urbains.
Violet : Tissus d?habitat collectif continu ; Orange : Tissus d?habitat collectif discontinu ;
Rose : Tissus urbains composites ; Vert : Tissus d?habitat pavillonnaire ; Blanc : tronçons
de rue non bâtis.
INTRODUCTION / 31LE TRONÇON DE RUE POUR ANALYSER LES RAPPORTS ENTRE BIODIVERSITÉ ET MORPHOLOGIE URBAINES / 31
Figure 8 : L?analyse typo-morphologique d?Aix-en-Provence déterminée par l?Agence
d'urbanisme Pays d'Aix ? Durance.
Ce choix a fait l?objet d?une validation grâce à la confrontation avec d?autres
classifications, notamment celles produites par l?agence d?urbanisme du
territoire, l?Agence d'urbanisme Pays d'Aix ? Durance (AUPA) (cf. figure 8).
32 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
C?est sur la base de ces unités morphologiques qu?ont été réalisés les re-
levés écologiques ainsi que les analyses des résultats obtenus. Concrète-
ment, il s?est agi d?appréhender le rôle du réseau viaire dans la composi-
tion des communautés et d?évaluer la dispersion des taxons en fonction
des différents tissus urbains ainsi mis en évidence.
La spatialisation de ces quatre classes morphologiques a ainsi fait ressortir
la structure urbaine très lisible d?Aix-en-Provence. Cette concordance gé-
nérale entre les classes obtenues et la réalité territoriale a non seulement
permis de confirmer la pertinence territoriale des quatre contextes mor-
phologiques statistiquement construits par l?ACP, mais encore d?identifier
leur association avec de grandes catégories de tissus urbains :
- les tissus d'habitat collectif continu,
- les tissus d'habitat collectif discontinu,
- les tissus urbains composites,
- les tissus d'habitat pavillonnaire (cf. figure 9).
Figure 9 : Illustration indicative des 4 grandes catégories de tissus urbains identifiées
par l?ACP avec, de gauche à droite, les tissus d'habitat collectif continu, les tissus d'habi-
tat collectif discontinu, les tissus urbains composites, les tissus d'habitat pavillonnaire
(d?après AGAM, 2021).
INTRODUCTION / 33 / 33
LE TRONÇON DE RUE POUR
MESURER LA BIODIVERSITÉ
URBAINE
INTRODUCTION / 35 / 35
La typologie de tissus urbains d?Aix-en-Provence établie par le projet
BioRev?Aix s?est donc fondée sur la mise en exergue statistique de six
variables représentatives. Par la suite, ces dernières ont été envisagées
comme des facteurs perturbant ou limitant le maintien, la dispersion ou
l?établissement des taxons étudiés. Ainsi, la flore spontanée et la malaco-
faune ont été inventoriées dans un habitat représentatif des rues : le pied
d?arbre. Celui-ci constitue un habitat amené à prendre de plus en plus de
place sur le réseau viaire, eu égard aux nouvelles politiques de végétalisa-
tion des villes (Plans Canopée, par exemple) qui cherchent, notamment, à
lutter contre les îlots de chaleur urbains. De fait, les arbres sont désormais
au coeur de politiques publiques volontaristes qui peuvent, par extension,
agir sur la biodiversité qui leur est associée.
Selon la Charte de l?Arbre d?Aix-en-Provence (cf. encadré n°3), la ville pos-
sède un important patrimoine arboré (2100 arbres). Cependant, celui-ci
est en partie fragilisé. En effet, la moitié des sujets recensés a plus de 150
ans, ce qui est un âge bien avancé dans ce contexte urbain. Il en va par
exemple ainsi des platanes (Platanus hispanica) qui représentent 19 % du
patrimoine arboré aixois. Ces arbres d?alignement par excellence, majo-
ritairement situés dans le centre et le long des boulevards, ont vu leurs
conditions de croissance se dégrader considérablement depuis leur plan-
tation, et leur présence tendre à la baisse au sein des tissus urbains au
cours des dernières décennies. Les Pins d?Alep (Pinus halepensis, 18 % du
patrimoine arboré), les Micocouliers (Celtis australis, 10% du patrimoine
arboré) et les Sophoras du Japon (Styphnolobium japonicum) dominent,
quant à eux, la palette végétale des périphéries aixoises ainsi que les choix
de plantation des aménageurs du réseau viaire urbain.
La flore
Le plan d?échantillonnage de la flore spontanée, sise aux pieds des arbres
statistiquement déterminés, a reposé sur deux campagnes d?observation
effectuées entre les mois de mars et de mai de 2021 et de 2022. 4 tissus
urbains, 2 modalités de végétalisation (rues plus végétalisées versus rues
moins végétalisées), 12 tronçons de rue par type de tissus urbains et 10
arbres par tronçon de rue ont été investigués, soit un total de 453 pieds
d?arbres. Le recouvrement total et spécifique de la végétation ainsi que
la richesse spécifique ont été mesurés. Des informations contextuelles,
telles que l?essence plantée, la situation du pied d?arbre au sein de la rue
(distance du pied d'arbre à la chaussée, à un autre arbre, etc.), son amé-
nagement (type de protection, de revêtement, etc.), ses perturbations
anthropiques (détritus, déjections, piétinement, etc.), ont également été
renseignées. L?identification des espèces ou des taxons s?est faite sur le ter-
rain ou en laboratoire à l?aide de différentes flores. Lors du traitement des
36 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
données, les tronçons de rue ont été considérés comme des réplicats et les
pieds d?arbres comme des pseudo-réplicats. Sur cette base, les données
floristiques recueillies sur le terrain ont été soumises à une série de tests
statistiques comparatifs et de calculs d?indices écologiques (indice de di-
versité, indice de similarité).
Au total, 158 espèces, réparties au sein de 31 familles, ont été observées
sur les pieds d?arbres échantillonnés, avec une forte variation de présence
en fonction des tissus urbains d?inclusion. Ainsi, les tissus d?habitat col-
lectif continu (centre et péricentre) apparaissent comme moins riches en
espèces que les tissus pavillonnaires (périphérie), ce qui peut être mis en
relation avec les plus fortes perturbations qu?induit le centre urbain dense
(cf. tableau 2). Force est alors de souligner l?influence du gradient d?urba-
nisation sur la richesse spécifique des pieds d?arbre. Une différence signi-
ficative de richesse spécifique peut toutefois être relevée entre les tissus
d'habitat collectif discontinu et les tissus urbains composites, pourtant
situés au même niveau du gradient d?urbanisation. Cela laisse entrevoir
une certaine influence de la morphologie urbaine sur le nombre d?es-
pèces.
Au regard du contexte de végétalisation, les rues les moins arborées, c?est-
à-dire avec un pourcentage de canopée plus faible, montrent une richesse
spécifique en plantes statistiquement plus élevée que les rues plus arbo-
rées. Ces dernières sont en effet marquées par une canopée importante
en lien avec des arbres plus âgés et de grande taille. Dans ce cas, la surface
de la base du tronc de l?arbre occupe presque la totalité de la superficie de
Tissus urbains N_T N_P S_tot S_mT S_mP
Habitat collectif continu 12 113 66 19,83a 5,81a
Habitat collectif discontinu 12 117 99 26,50ab 7,06b
Composite 12 117 105 31,33b 9,42c
Habitat pavillonnaire 11 106 110 30,00ab 9,60c
Contexte de végétalisation
Rue moins végétalisée 24 227 131 28,61a 8,79a
Rue plus végétalisée 23 226 123 25,17a 7,11b
Tableau 2 : Richesse spécifique totale de la flore (Stot), richesse spécifique moyenne
d?un tronçon de rue (SmT) et richesse spécifique moyenne de la végétation d?un pied
d?arbre (SmP), par tissus urbains et contexte de végétalisation (Nt = nombre de tron-
çons de rue, NP = nombre de pieds d?arbres). Les deux lettres différentes en exposant
indiquent une différence significative au seuil 5%.
INTRODUCTION / 37LE TRONÇON DE RUE POUR MESURER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 37
la fosse de plantation et réduit l?espace disponible pour le développement
de la végétation spontanée. L?étude du recouvrement spécifique conforte
cette analyse. Un plus faible recouvrement moyen est effectivement ob-
servé au pied des arbres situés dans les tissus d?habitat collectif continu du
centre-ville qui se caractérise par la présence de grands sujets âgés. L?an-
cienneté de la plantation peut induire une érosion de la banque de graines
du sol au cours du temps, dès lors que les apports extérieurs de graines
sont limités et que les espèces s?étant développées à partir de la banque de
graines initiale ont été progressivement éliminées par les perturbations.
Le piétinement, les pollutions ainsi que le tassement du sol éliminent, en
effet, certaines espèces et impactent le développement aérien de celles
qui s?y maintiennent.
Les indices de similarités (indice de jaccard), calculés à partir de la compa-
raison des listes d?espèces inventoriées au sein des quatre tissus urbains,
pris deux à deux, sont faibles et ne dépassent pas 60 %. La plus faible si-
milarité est mesurée entre les tissus d?habitat collectif continu du centre
et les tissus pavillonnaires de la périphérie. Ce dernier est, en revanche,
plus fortement similaire aux tissus urbains composites. Cela se traduit
par différents assemblages d?espèces et donc par des compositions floris-
tiques différentes entre les tissus urbains étudiés et selon leurs contextes
de végétalisation. Les espèces communes ont des contributions diffé-
rentes en fonction des types de tissus urbains observés : Stellaria media
et Poa annua contribuent fortement aux tissus d'habitat collectif continu
du centre, tandis que Bromus madritensis et Avena barbata marquent de
leur importance les tissus d'habitat pavillonnaire de la périphérie. Cette
variabilité des contributions spécifiques en fonction des différents tissus
urbains étudiés démontre que la morphologie urbaine influence quanti-
tativement les communautés végétales des pieds d?arbres.
A cet égard, en accord avec la littérature scientifique, les résultats de
l?étude de la chorologie des espèces montrent que les tissus d?habitat col-
lectif continu du centre-ville contiennent la plus faible proportion d?es-
pèces indigènes méditerranéennes, tandis que les tissus urbains compo-
sites et d'habitat pavillonnaire de la périphérie en comprennent le plus
grand nombre. Il est en outre important de noter que la plus faible propor-
tion est observée au sein des rues les plus arborées. Ce résultat peut alors
s?expliquer par l?effet d?ombrage sous-tendu par une importante canopée
qui tend à limiter le développement des espèces méditerranéennes (Go-
defroid et Koedam, 2007).
Les traits biologiques majoritaires mis en évidence sont ceux classique-
ment rencontrés en ville : espèces thérophytes (annuelles) et hémicrypto-
phytes (plantes en rosette basale), rudérales (espèces de milieux très per-
turbés) et stress-tolérantes (supportant de faibles niveaux de ressources).
38 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Ils ne diffèrent pas en fonction des tissus urbains d'appartenance ou des
contextes de végétalisation de la rue. Si les proportions d?espèces anémo-
games (24%) et anémochores (31%) sont élevées, on observe toutefois une
majorité d?espèces entomogames (68%) (pollinisation par les insectes) et
zoochores (60%) (épi-et endozoochores caractérisées par une dissémina-
tion des graines par la faune). Ce résultat semble en contradiction avec
les études antérieures indiquant que les milieux urbains fournissent très
peu d?habitats pour les insectes pollinisateurs (Benvenuti, 2004). Face à
ce résultat déjà observé dans la ville de Dijon (Martinez, 2010), on pour-
rait émettre l?hypothèse selon laquelle les conditions intrinsèques du pied
d?arbre, liées aux perturbations associées (piétinement, pollution, na-
ture du substrat...), sélectionnent les espèces appartenant à des familles
au mode de reproduction entomogame, sans que ce trait soit lui-même
directement sélectionné, pour l?avantage reproductif qu?il procure à la
plante. On peut citer par exemple Sonchus sp. et Taraxacum sp., apparte-
nant aux astéracées très résistantes au piétinement grâce à la protection
du bourgeon apical au coeur de la rosette de feuille basale et très présentes
au niveau des pieds d?arbres.
Il faut enfin souligner que les espèces annuelles sont majoritaires dans les
relevés réalisés. Elles sont généralement les premières espèces colonisa-
trices des environnements urbains perturbés (Benvenuti, 2004). Ce résul-
tat suggère que les communautés de la flore spontanée des pieds d?arbres
d?Aix-en-Provence se trouvent dans le premier stade de la succession
végétale. Cette surreprésentation de certains traits biologiques apparaît
donc indépendante des critères identifiés pour qualifier la morphologie
urbaine aixoise.
Quoi qu?il en soit, l?étude de la végétation spontanée présente au pied des
arbres sis dans les tronçons de rues choisis démontre que les tissus ur-
bains analysés sont bel et bien caractérisés par une flore spécifique, tant
en matière de richesse que de recouvrement. La présence des arbres et
notamment leur recouvrement par la canopée agit quantitativement (ri-
chesse spécifique, proportion espèces méditerranéennes) sur les com-
munautés végétales, probablement en lien avec l?âge des plantations.
De fait, s?il est possible de dire que la morphologie urbaine a des effets
quantitatifs et qualitatifs sur ces communautés végétales du réseau viaire
aixois, d?autres paramètres, tels que le contexte de végétalisation ou les
perturbations intrinsèques au pied d?arbre (piétinement, pollution, tasse-
ment du sol) ne doivent cependant pas être négligés.
INTRODUCTION / 39LE TRONÇON DE RUE POUR MESURER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 39
La malacofaune
Les escargots (Gastropoda, Mollusca) forment un groupe taxonomique
peu étudié en milieu urbain. Pourtant, ils jouent un rôle non négligeable
dans l?écosystème terrestre, participant activement à la décomposition
de la litière. Les escargots, et notamment les micro-escargots, s?avèrent
être de bons indicateurs de l?impact de l?usage des sols sur l?intégrité d?un
écosystème donné. En raison de leur taille, de leur mobilité limitée et de
leur absence de comportement migratoire, ils sont en effet sensibles aux
changements d'usage des terres et aux autres perturbations anthropiques.
En milieu urbain, des études ont démontré que les escargots vivant dans
les arbres et au sol, subissent une diminution de leur diversité et de leur
abondance. Néanmoins, certains types d'habitats, tels que les parcs et les
jardins, peuvent offrir des communautés riches en espèces.
L?étude de la malacofaune s?est ici centrée sur 48 pieds d'arbres, sis sur
12tronçons de rue (4 pieds d?arbre par tronçon de rue) représentatifs des
4 tissus urbains étudiés. La méthodologie s?est alors fondée sur des relevés
réalisés sur des quadrats d?une surface de 1 m² autour de l?arbre, définis
sans prendre en compte l?emprise au sol de ce dernier. Pour les escargots,
deux jeux de données ont été obtenus. Le premier concerne la chasse à
vue sur un quadrat d?un m2 de tous les macro-escargots (> 5 mm) pendant
30 mn pour un observateur. Le second concerne le prélèvement de sol
(volume constant de 650g), toujours sur un m2, pour l?étude des micro-es-
cargots. Différentes données contextuelles ont par ailleurs été relevées. Il
s?agit de l?espèce de l'arbre présent, de sa circonférence, de la nature et du
pourcentage de litière, de la hauteur et du pourcentage de recouvrement
de la végétation au pied de l?arbre, du pourcentage de sol nu ainsi que de
la compacité du sol. A été enfin notée la proximité de l?arbre échantillonné
à un espace de végétation spontanée ou plantée dans un rayon de 25 m.
Au total, ce sont 617 coquilles et escargots vivants qui ont été récoltés. 599
ont été identifiés jusqu?à l?espèce. 23 espèces au total ont ainsi été recen-
sées. Quand les espèces Xeroticha conspurcata et Microxeromagna lowei
ne pouvaient être distinguées l?une de l?autre, elles ont été comptabilisées
comme un taxon sous la dénomination Xeroticha_Microxeromagna. En
interrogeant la richesse spécifique et l?abondance, en fonction des tis-
sus urbains déterminés par le modèle, il apparaît que les tissus urbains
composites et d?habitat pavillonnaire présentent une richesse spécifique
moyenne plus élevée que les tissus d?habitat collectif continu et disconti-
nu (cf. figure 10).
40 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Les tissus d'habitat pavillonnaire sont, quant à eux, marqués par une abon-
dance nettement supérieure à celle observée dans les trois autres confi-
gurations morphologiques. Il comptabilise ainsi 420 individus, contre 69
pour les tissus urbains composites, 66 pour les tissus d?habitat collectif
continu et 62 pour les tissus d?habitat collectif discontinu. Les tissus d'ha-
bitat pavillonnaire comprennent, en outre, 15 espèces différentes dont 3
correspondent à plus de 75% des individus récoltés : Cernuella virgata
(36%), une espèce invasive mondialement distribuée, Rumina decollata
(26,6%) et Xerotricha conspurcata (14%). Les tissus urbains composites
se caractérisent par 14 espèces dont 4 correspondent à plus de 68% des
individus récoltés : Xerotricha Microxeromagna (20,3%), Cornu aspersum
(18,8%), Xeropicta derbentina (15,9%) et Microxeromagna lowei (13%). Les
tissus d?habitat collectif discontinu se caractérisent par 6 espèces, dont 3
Figure 10 : Diagramme d?abondance des espèces d?escargots aux pieds des arbres en
fonction du tissu urbain (de gauche à droite, les tissus d'habitat pavillonnaire, les tissus
urbains composites, les tissus d'habitat collectif continu, et les tissus d'habitat collectif
discontinu).
INTRODUCTION / 41
correspondent à plus de 90% des individus récoltés : Helix melanostoma
(45,2%), Cernuella virgata (25,8%) et Cernuella neglecta (19,3%). Helix me-
lanostoma est inféodée aux terres cultivées et notamment aux olivettes.
Elle se disperse très peu et s?enterre pour échapper aux conditions clima-
tiques difficiles (froid, chaleur). De fait, dans les rues où elle est présente,
cette espèce relève très certainement de populations relictuelles, main-
tenues malgré l?urbanisation de terres alentour anciennement cultivées.
Enfin, les tissus d?habitat collectif continu se caractérisent par 6 espèces
dont 1 est largement majoritaire (72,7%): Xeropicta derbentina. Cette der-
nière est présente dans plusieurs types de tissus urbains (pavillonnaire,
composite et habitat collectif continu où elle domine). Envahissante et très
répandue en Provence, elle a une forte propension à la dispersion passive,
notamment via les véhicules motorisés. Par conséquent, la distribution de
cette espèce dépend de la présence des voies de communication, en plus
du transport de terres. De cette analyse, il ressort donc que la majorité
des espèces abondantes de l?étude sont liées aux activités humaines. En
outre, il est très clair que les tissus d'habitat pavillonnaire se distinguent
par l?abondance des espèces observées.
Les analyses montrent qu?il existe une relation entre les types de tissus
urbains et les espèces d?arbres plantés et la nature de la litière observée.
Cependant les variables environnementales n?expliquent que 30,7% de
l?abondance des espèces de gastéropodes. Même si aucune variable iden-
tifiée n?a d?influence particulière sur cette dernière, il est à noter que les
pieds d?arbres à proximité d?un ECN présentent une richesse spécifique
significativement supérieure aux autres.
Avec 23 espèces identifiées sur 12 tronçons de rue, les pieds d?arbres d?Aix-
en-Provence semblent donc présenter une richesse spécifique relative-
ment importante, au regard de la littérature scientifique. Cet état de fait
s?explique sans doute par la diversité des habitats que sous-tend la ma-
trice urbaine aixoise. De fait, cette richesse spécifique est préférentielle-
ment périphérique, car plus marquée dans les tissus urbains composites
et, surtout, dans les tissus d'habitat pavillonnaire. Ce dernier, caractérisé
par une plus grande abondance des gastéropodes, se distingue souvent
par des constructions implantées au milieu de la parcelle ou en mitoyen-
neté qui libèrent de la place pour la végétation et favorisent l?installation
des escargots. Ce résultat n?est pas surprenant et rejoint plusieurs travaux
antérieurs démontrant une augmentation de la richesse en escargots du
centre-ville vers la périphérie (Hodges et McKinney, 2018) et attribuant
la cause de ce phénomène à la dégradation de l?habitat en fonction de la
densité urbaine. Nombre de chercheurs ont constaté une plus grande fré-
quence d?habitats dégradés dans les espaces centraux de villes. Aix-en-
LE TRONÇON DE RUE POUR MESURER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 41
42 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Provence n?échappe pas à cette règle. Dans les secteurs de fortes densités
urbaines, les arbres subissent effectivement une plus grande pression an-
thropique qu?ailleurs : les espaces de plantation des arbres sont tassés par
des véhicules, piétinés par les citadins, souillés par les déjections canines
et niés par les terrasses des restaurants ou les conteneurs à ordures. En
conséquence, ces micro-habitats sont souvent dépourvus de végétation
et sont caractérisés par des sols fortement compactés. Cela ne favorise
en rien le maintien des gastéropodes. En revanche, quel que soit les tis-
sus urbains considérés, les pieds d?arbres situés aux alentours d?un ECN
(moins de 25 m), présentent un plus grand nombre d?espèces. Cela s?ex-
plique sans doute par une meilleure connectivité de ces micro-habitats
entre eux. Ainsi, les ECN situés à proximité de pieds d?arbres, qu?ils soient
de plus ou moins grande taille et de différentes natures (parcs, jardins,
friches, bandes enherbées, etc.), semblent servir de milieux sources et/
ou de zones refuge (Clergeau, 2007). Ils permettent sans doute aux gasté-
ropodes d?accéder à plus de ressources et favorisent l?implantation d?es-
pèces en plus grand nombre.
Par-delà le gradient d?urbanisation, l?influence de la morpho-
logie urbaine
L?analyse croisée des résultats des études de la flore et de la malacofaune
montre combien l?influence de la morphologie urbaine vient se superpo-
ser à celle du gradient d?urbanisation. La richesse spécifique totale des
communautés, mais également la richesse en espèces méditerranéennes,
montrent en effet une diminution importante entre les zones pavillon-
naires et le centre urbain dense, témoignant de l?impact du gradient
d?éloignement des réservoirs périphériques de biodiversité situés à l?exté-
rieur de la ville et des fortes barrières à la dispersion au sein de la matrice
urbaine. Toutefois, les tissus urbains intermédiaires, d'habitat collectif
continu et composites, situés géographiquement au même niveau du gra-
dient, montrent des variations de richesse spécifique qui ne peuvent être
mis en relation uniquement avec ce gradient. En outre, l?évaluation quan-
titative du recouvrement des espèces végétales, de leur contribution spé-
cifique et de l?abondance des individus pour les gastéropodes révèle que
des facteurs inhérents au type de tissu urbain viennent s?interposer dans
l?explication des patrons floristiques et faunistiques observés aux pieds
des arbres d?alignement. La proximité d?espaces à caractère de nature, les
conditions physico-chimiques des pieds d?arbre (compacité du sol, pol-
lution, ensoleillement), l?âge de l?aménagement et les perturbations liées
aux usages (piétinement, stationnement, ?) apparaissent comme des fac-
teurs discriminants. Leur représentation (nombre, fréquence, intensité)
variant au sein des tissus urbains, on peut en conclure que la morphologie
urbaine impacte plus ou moins fortement la biodiversité du réseau viaire.
INTRODUCTION / 43 / 43
/ 44
LE TRONÇON DE RUE
POUR OPTIMISER LES
CONNECTIVITÉS
ÉCOLOGIQUES
INTRODUCTION / 45
Parallèlement aux démarches entreprises pour interroger l?influence de la
morphologie du tronçon de rue sur la flore spontanée et la malacofaune,
il s?est également agi de considérer le tronçon en tant qu?élément d?un ré-
seau viaire interconnecté. Pour ce faire, le travail s?est centré sur l'identifi-
cation des tronçons de rues sur lesquels il serait théoriquement plus per-
tinent de planter des arbres afin d?améliorer les connectivités écologiques
sur le territoire. En pratique, cette approche de modélisation s?est fondée
sur la simulation de l?accroissement de l?aire d?habitat atteignable par
l?écureuil roux. Cette espèce commune de rongeurs arboricoles a, en effet,
été choisie pour sa propension à utiliser les arbres du réseau viaire comme
vecteurs de déplacement à travers la ville. En intégrant les connaissances
scientifiques sur les modes de dispersion propres à cette espèce, un algo-
rithme d?aide à la décision a alors été développé (Hamonic et al., 2023).
Son application aux caractéristiques morphologiques du territoire aixois
a conduit à l?identification d?un ensemble de 1569 tronçons de rue dit «à
potentiel de renaturation », afin d?améliorer la connectivité écologique
des canopées, et ainsi favoriser les déplacements de l?écureuil roux.
Le choix a été fait de s?appuyer sur un graphe hexagonal dont la forme per-
met de conserver au mieux les distances entre deux points dans l?espace.
L?aire d?étude a alors été pavée de 688401 hexagones de 3,77 m de côté
(37m²), pour un total de 25,47 km². Ces choix résultent d?un compromis
entre le nombre maximal d'hexagones à traiter et la finesse de la résolu-
tion spatiale (cf. figure 11).
/ 45
46 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
En fonction du niveau de sa surface arborée, chaque hexagone a été asso-
cié à un potentiel d?habitat. Chaque hexagone a également été associé à
une probabilité de connexion (qui correspond à la probabilité qu?un indi-
vidu écureuil réussisse à le traverser, sur la base d?une capacité moyenne
de dispersion de 1500 m) dépendant du couvert sous-jacent : 1 pour de
l?habitat, 0.97 pour des zones partiellement boisées, 0.7 pour des zones
avec peu de végétation, 0.45 pour des zones non végétalisées, 0.25 pour
les routes et 0 pour les bâtiments. Le graphe a ensuite été simplifié pour
ne garder que les éléments susceptibles d?avoir une influence sur la valeur
de l?indice de connectivité, et ce, sans que les surfaces totales en habitat et
les probabilités de passer d?un noeud à un autre ne soient modifiées. Les
Figure 11 : Cartographie de la ville sous la forme d?hexagones auxquels est attribuée une
valeur de probabilité de traverser pour l?écureuil roux, de 1 en vert à 0 en noir.
INTRODUCTION / 47
hexagones infranchissables (type bâti avec probabilité de passage de 0)
qui ne pourront jamais contribuer à un chemin de moindre coût entre
deux noeuds ont été supprimés (cf. figure 12).
A partir du graphe décrit ci-dessus, l?importance des différents tronçons
de rue et leur potentielle contribution à la connectivité globale du graphe
de l?écureuil roux a été testée. Ici, la connectivité a été considérée comme
l?aire équivalente connectée du graphe qui est une mesure de quantité
d?habitat atteignable (ou l?aire d?habitat qui serait disponible pour l?espèce
si toutes les connexions étaient de bonne qualité, sans barrières ou zones
difficiles à franchir) (Saura et al., 2011). La question qui se pose alors est
de savoir dans quels tronçons de rue il est le plus efficace de planter des
arbres afin d?améliorer l?aire d?habitat atteignable par les écureuils roux
dans la ville d?Aix-en-Provence. Sans prendre en compte les effets cumu-
lés que pourrait engendrer une végétalisation simultanée d?une plurali-
LE TRONÇON DE RUE POUR OPTIMISER LES CONNECTIVITÉS ÉCOLOGIQUES / 47
Figure 12 : Zoom sur une petite surface d?hexagones. À gauche - le graphe représentant
les connexions entre les hexagones, utilisé pour le calcul des indices de connectivité
écologique et dont les arêtes sont pondérées par la résistance des hexagones traver-
sés. À droite - les couleurs correspondant aux niveaux de résistance au déplacement de
l?écureuil roux du plus faible (habitat en vert foncé) au plus fort (zones de bâti en noir).
48 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
té de tronçons de rue, une manière de répondre à cette question est de
tester indépendamment l?effet de plantations dans chaque tronçon de
rue. On suppose ici que ces plantations augmentent la perméabilité des
hexagones par un facteur 6 ; cela correspond à faire passer la probabilité
de connexion d?un hexagone non végétalisé (0.45) à un hexagone partiel-
lement arboré (0.9). On modifie donc la perméabilité pour l?ensemble des
hexagones d?un tronçon de rue, et ceci est testé pour chaque tronçon de
rue susceptible d?être végétalisé (Bodin et al., 2010). La valeur de connec-
tivité équivalente du graphe est calculée avant et après ces modifications.
Les changements relatifs dans la connectivité équivalente donnent un
rang de priorité pour chaque tronçon de rue (ces changements relatifs
sont notés delta ECA). On peut ainsi identifier les tronçons de rue dans
lesquels les plantations d?arbres auraient le plus d?effet sur la connectivité
globale pour l?écureuil roux (cf. figure 13). Le nombre de tronçons de rue
choisis peut être déterminé en fonction des capacités d'investissement de
la collectivité concernée dans le réaménagement de son réseau viaire.
Figure 13 : Sélection des tronçons de rue sur lesquels le potentiel de renaturation est le
plus important et sur lesquels la densification du réseau écologique pourrait être la plus
efficace pour favoriser les déplacements de l'écureuil roux dans la ville.
INTRODUCTION / 49LE TRONÇON DE RUE POUR OPTIMISER LES CONNECTIVITÉS ÉCOLOGIQUES / 49
La spatialisation de ces tronçons de rue à potentiel met clairement en
exergue l?importance des situations de franges ville-nature et de liaisons
de périphérie à périphérie. De tels résultats invitent alors à ne pas seu-
lement envisager les démarches de végétalisation urbaine comme de
simples formes de compensation de la minéralité des espaces centraux,
mais plutôt comme des sources d?interpénétration entre ville et nature
(Chalas, 2010). Ces résultats sont désormais testés sur le terrain avec la
mise en oeuvre de suivis GPS et d?analyses de génétique des populations
sur les écureuils roux dans la ville d?Aix-en-Provence, pour identifier les
potentielles barrières au mouvement pour cette espèce in natura (cf. fi-
gure 14).
Figure 14 : Suivis des mouvements et des flux génétiques d?écureuils roux dans la ville
d?Aix-en-Provence. Image de gauche : Utilisation de l?espace par 7 individus équipés
de colliers GPS dans les parcs urbains de la Torse et de la Cortesine, les domaines vi-
taux (surfaces colorées, une par individu, indiquent les zones où l?individu se trouve
le plus fréquemment) sont petits et centrés sur les espaces boisés. Image de droite, en
haut : Ecureuil équipé d?un GPS devant une cage-piège, vue d?un piège photographique.
Image de droite, en bas : Tube collecteur de poils installé dans un parc pour analyser
les liens de parenté entre les individus et en déduire les flux de gènes et d?individus,
permettant d?identifier les barrières aux mouvements des individus. On distingue un
échantillon de poils sur le scotch Pelton® placé à l?extrémité du tube (tube PVC, diamètre
10 cm, longueur 30 cm), le bouchon bleu sert à disposer une noix en guise d'appât. Cré-
dits : Cécile Albert, Victorine Demiralp, Aurélie Coulon, projet SCALED ERC-STG no
949812.
50 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Ce travail a également contribué au développement d?un outil d?aide à la
décision innovant mis à la disposition des partenaires de la ville d?Aix afin
d?accompagner la mise en oeuvre de sa politique de végétalisation du ré-
seau viaire. L?outil, appelé GECOT pour Graph-based Ecological Connecti-
vity Optimization Tool, a maintenant évolué pour prendre en compte les
effets cumulés des actions de végétalisation sur la connectivité des habi-
tats, permettant ainsi de trouver la combinaison de tronçons à végétaliser
menant à la plus forte augmentation de l?aire atteignable d?habitat (Ha-
monic et al., 2023, Hamonic et al., 2025). Il offre également la possibilité
d'intégrer en même temps les besoins de différentes espèces en traitant
plusieurs graphes d'habitat en parallèle. D?une manière générale, l?outil
est flexible et applicable à d?autres espèces dans d?autres villes, mais peut
aussi être utilisé pour traiter d?autres questions de connectivité comme
celles des réseaux de mobilité douce par exemple.
A partir de ce travail de modélisation et de simulation informatiques, le
projet BioRev'Aix s'est ensuite intéressé à évaluer les conditions concrètes
d?une renaturation des tronçons de rue à potentiel identifiés, tant en
matière d?acceptabilité par les parties prenantes territoriales impliquées
que de faisabilité technique dans le contexte aixois. Pour ce faire, il s?est
agi d?identifier des tronçons de rue à potentiel à étudier de manière plus
qualitative. Il a pour cela été décidé de sélectionner des tronçons de rue à
potentiel à la fois représentatifs des 4 classes morphologiques précédem-
ment identifiées, mais aussi des différents types de voies considérées, ici
interrogées du point de vue du trafic routier. Cette donnée a été intégrée
par la prise en compte du niveau d?« Importance » associé à chaque tron-
çon de rue au sein de la BD TOPO, allant du niveau 2 (« voies de liaisons
inter-départements »), au niveau 5 (« voies circulables permettant de des-
servir l?intérieur d?une commune ») (IGN, 2021, p. 334). Sur la base du
croisement de ces 2 critères, 35 tronçons de rue à potentiel de renatura-
tion représentatifs de l'ensemble ont été sélectionnés (cf. figure 15), afin
de faire l?objet d?analyses plus fines.
INTRODUCTION / 51 / 51
Figure 15. Localisation des 35 tronçons de rue à potentiel retenus.
LE TRONÇON DE RUE POUR
RÉVÉLER LA GOUVERNANCE
DE LA NATURE EN VILLE ET
DE LA BIODIVERSITÉ
URBAINE
/ 53
INTRODUCTION / 53
A partir de ces 35 tronçons de rue à potentiel de renaturation statistique-
ment déterminés, une série d?enquêtes a ensuite été réalisée auprès d?une
diversité d?acteurs aixois afin de déterminer leurs attentes, leurs compé-
tences et leurs représentations en matière de nature et de biodiversité ur-
baines. Pour ce faire, des entretiens semi-directifs approfondis ont été me-
nés auprès d?un ensemble de parties prenantes territoriales (cf. figure 16) :
élus (1 entretien), techniciens (9 entretiens allant du chef de service au
jardinier), habitants et usagers (19 entretiens réalisés in situ sur les tron-
çons de rue à potentiel de renaturation précédemment identifiés).
/ 53
Figure 16 : Les acteurs aixois interrogés.
54 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Sur la base des 19 entretiens réalisés, il est apparu que les habitants et les
usagers du territoire aixois ont des considérations assez communes de la
nature et de la biodiversité urbaines, si l?on en croit la littérature scienti-
fique (Marco et al., 2014). Pour eux, elle est principalement représentée
par les parcs, les jardins et les arbres appartenant au domaine public. Si
l?arbre urbain, chargé de valeurs positives, apparaît au coeur des attentes
des populations (cf. figure 17), ces dernières n?accordent, en revanche,
que peu d?intérêt à la végétation spontanée (cf. figure 18). Pour la plupart
des personnes enquêtées, il est en outre important que les expressions de
la nature et de la biodiversité soient encadrées et maîtrisées par les ges-
tionnaires urbains, afin qu'elles n'empiètent pas sur les fondements et les
fonctionnements anthropiques de la ville.
LE TRONÇON DE RUE POUR RÉVÉLER LA GOUVERNANCE
DE LA NATURE EN VILLE ET DE LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 55
Figure 17 : Perceptions des habitants et usagers à l?égard de l?arbre urbain.
INTRODUCTION / 55
LE TRONÇON DE RUE POUR RÉVÉLER LA GOUVERNANCE
DE LA NATURE EN VILLE ET DE LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 55
Figure 18 : Perceptions des habitants et usagers à l?égard de la végétation spontanée.
Parallèlement aux entretiens effectués auprès des habitants et usagers
des 35 tronçons de rue sélectionnés, 10 entretiens ont été réalisés auprès
de différents acteurs institutionnels. Cette démarche a permis de mieux
comprendre les tenants et les aboutissants de la gestion de la nature. De
façon générale, ces acteurs ont une vision assez homogène et élargie de
cette dernière. En effet, lorsqu?ils tâchent de la définir, ils ne l?associent pas
seulement aux parcs et jardins mais également aux arbres, aux plantes et
aux parterres, c?est-à-dire à l?ensemble des formes végétales sises au sein
des tissus urbains. Tous soulignent que les actions en faveur de la nature
urbaine sont fondamentales non seulement pour le maintien et le déve-
loppement de la biodiversité, mais aussi pour le bien-être des usagers de
la ville. En outre, ces acteurs institutionnels précisent que la végétation
spontanée est importante pour la biodiversité urbaine. Néanmoins, pour
la majorité des acteurs municipaux, c?est l?augmentation de la plantation
56 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
d?arbres et éventuellement la végétalisation au pied de certains arbres qui
constituent, en réalité, l?avenir de la nature urbaine à Aix-en-Provence.
L?arbre et son pied tiennent donc une place centrale dans la stratégie
biodiversitaire d?Aix-en-Provence, comme en témoigne l?emblématique
Charte de l?arbre de la ville (cf. encadré n°3).
LE TRONÇON DE RUE POUR RÉVÉLER LA GOUVERNANCE
DE LA NATURE EN VILLE ET DE LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 57
Encadré n°3 : La charte de l?arbre d?Aix-en-Provence
La Charte de l'arbre urbain à Aix-en-Provence est un document qui
vise à encadrer la gestion du patrimoine arboré de la ville. Elle a été
adoptée en 2017, afin notamment de travailler au renouvellement d?un
patrimoine arboré remarquable, mais néanmoins fragilisé. Ainsi près
de la moitié des arbres aixois a plus de 150 ans, et certains, comme
les platanes, sont menacés par des maladies (chancre coloré). Bien
qu?envisagée depuis plusieurs années déjà, la mise en place effective
de la charte a en effet été accélérée par les polémiques suscitées par
l'abattage dans le courant des années 2010 de platanes atteints par le
chancre coloré sur l'emblématique Cours Mirabeau. Un ensemble de
collectifs citoyens se montent alors, remettant en question le bien-fon-
INTRODUCTION / 57
LE TRONÇON DE RUE POUR RÉVÉLER LA GOUVERNANCE
DE LA NATURE EN VILLE ET DE LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 57
dé de ces démarches et, par extension, la gestion opérée par la muni-
cipalité sur son patrimoine arboré (Lagane, 2019). Cette polémique a
incité l'exécutif municipal à donner plus de moyens pour la gestion du
patrimoine arboré, conduisant à la création de ladite charte dont les
objectifs principaux consistent à :
? Sensibiliser à l?importance de l?arbre en ville, notamment face au ré-
chauffement climatique.
? Intégrer les avancées scientifiques sur la biologie et la gestion des
arbres.
? Adapter et faire évoluer les pratiques, en privilégiant ce qui est béné-
fique.
? Préparer l?avenir en planifiant le renouvellement (choix des espèces,
modes et lieux de plantation).
? Changer de paradigme : placer l?arbre, être vivant difficilement rem-
plaçable, au coeur des décisions d?aménagement public.
? Faire de l?arbre un vecteur de biodiversité et de nature en ville.
? Développer la communication et la sensibilisation auprès du public.
La charte se décline en trois axes concrets :
? Planter plus et mieux : développer le patrimoine arboré, choisir l?arbre
adapté à chaque site, garantir des conditions de plantation optimales.
? Maintenir un patrimoine arboré durable : accompagner les jeunes
arbres, pratiquer une taille douce et raisonnée, surveiller la santé des
arbres.
? Placer l?arbre au coeur des projets urbains : limiter les abattages, com-
penser ceux qui sont nécessaires, renforcer la nature en ville et mieux
encadrer les chantiers pour protéger les arbres existants.
En écho à ces orientations, l'adoption de la Charte de l?arbre a été suivie
en septembre 2018 par la création d'une Mission dédiée à la Gestion du
patrimoine arboré. Intégrée à la Direction des Espaces Verts (parallèle-
ment transformée en Direction des Espaces Verts, Paysage et Biodiver-
sité), sa mise en place s?est accompagnée du recrutement, longtemps
attendu en interne, d?une technicienne de l?arbre et d?un surveillant de
travaux. Cette mission Gestion du patrimoine arboré a pour objectif de
superviser l?ensemble des opérations liées aux arbres (suivi phytosa-
nitaire, organisation et contrôle des travaux d'abattage, élagage, plan-
tation) et de piloter la politique de l?arbre (suivi des doléances, recen-
sement, assistance technique, marchés publics). La charte est un outil
collectif : elle engage la municipalité, mais invite aussi les citoyens, en-
treprises et associations à contribuer à la préservation et à la valorisa-
tion des arbres urbains, dans une démarche de responsabilité partagée
et de transmission de ce patrimoine vivant aux générations futures.
58 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE / 59
Figure 19 : L?écosystème complexe des acteurs de l?arbre à Aix-en-Provence (réali-
sation : Noémie Montel).
INTRODUCTION / 59
Malgré cette apparente forme de consensus, la gestion quotidienne de ces
éléments de nature urbaine, et a fortiori de l?arbre de voirie, n?en demeure
pas moins complexe (cf. fi gure 19). Elle implique en effet de très nom-
breuses parties prenantes, et ce, malgré l?intégration de nombreuses ac-
tions en régie. Pas moins de 5 directions municipales (directions Espaces
verts, paysage et biodiversité ; Travaux et voirie ; Archéologie et Museum ;
Propreté ; Action sociale) sont en effet plus ou moins directement impli-
quées dans la gestion des arbres de rue aixois. A celles-ci, il faut rajouter
les entreprises paysagistes privées chargées de leur entretien, mais égale-
ment les sociétés responsables des réseaux enterrés qui peuvent influen-
cer les choix et les tracés des plantations, ou encore l?architecte des bâti-
ments de France qui intervient dans les secteurs sauvegardés.
De fait, pour une ville comme Aix-en-Provence, affirmer une politique
en faveur de la biodiversité urbaine passe obligatoirement par des efforts
de décloisonnement de sa gestion et par de nouveaux modes de gouver-
nance des différentes formes de nature urbaine. Cela passe aussi par l?éla-
boration de projets de végétalisation démonstrateurs des plus-values du
développement de la biodiversité urbaine, prenant appui sur les valeurs
unanimement positives que revêtent les plantations d'arbres. C?est sur
cette base d?enquête auprès des parties prenantes territoriales (habitants,
usagers et acteurs institutionnels) que des propositions d?amélioration
des connectivités écologiques au sein des tronçons de rue identifiés par
l?algorithme ont été établies, en cohérence avec leurs attentes et les capa-
cités d?intervention des différents acteurs institutionnels.
/ 59
LE TRONÇON DE RUE
POUR (A)MÉNAGER LA
BIODIVERSITÉ URBAINE
/ 61
INTRODUCTION / 61
En lien avec leurs contextes périphériques d?insertion, les premiers ar-
pentages des 35 tronçons de rue à potentiel investigués ont rapidement
mis en lumière la place prépondérante occupée en leur sein par la vé-
gétation sise dans l?espace privé (cf. figure 20). Afin de bien prendre cet
élément en considération dans l?analyse, il a été décidé de soumettre cet
échantillon à une grille d?analyse permettant une caractérisation in situ
(i) de leur potentiel écologique, (ii) de leur valeur d?usage, et (iii) de leur
contexte morphologique intégrant la question des interfaces entre es-
paces publics et espaces privés. Pour pallier le manque, constaté dans la
littérature, d?outils globaux permettant une étude conjointe et normée des
valeurs écologiques, des valeurs d?usage, et des caractéristiques morpho-
logiques de tronçons de rue, l?enjeu a alors été de développer une grille
d?analyse spécifiquement applicable à cette échelle. Afin que celle-ci soit
la plus réplicable possible tout en bénéficiant des apports d?outils ayant
déjà fait l?objet d?une validation scientifique, le choix a été fait de prendre
autant que possible appui sur des outils déjà existants. Après différentes
recherches, comparaisons et tests d?outils, deux ont été retenus, du fait de
leur bonne adaptation à l?échelle du tronçon de rue, de leur complémen-
tarité, et de leur relative simplicité d?utilisation :
- l?indicateur RENATU (Pech et al., 2022), centré sur la composante
écologique ;
- et l?outil Pedestrian Environmental Data Scan (PEDS) (Clifton et al.,
2007), mettant l?accent sur la valeur d?usage.
/ 61
Figure 20 : Exemples de situations rencontrées au cours des premiers arpentages au sein
des 35 tronçons de rue retenus.
62 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 63
Encadré n°4 : Présentation de l?indicateur RENATU
L?indicateur RENATU
Pour caractériser la valeur écologique des tronçons de rue étudiés, il
a été décidé d?utiliser l?indicateur Renatu (pour RENATUration) déve-
loppé dans le cadre du projet éponyme, lauréat de l?appel à projets 2014
du programme Infrastructures de transports, territoires, écosystèmes
et paysages (ITTECOP). La grille d?analyse correspondante (Pech et
al., 2022) a été développée pour caractériser la biodiversité potentielle
des espaces verts intégrés aux infrastructures de transport urbaines,
industrielles et linéaires (ITUIL). Composée de neuf indices à évaluer
sur une échelle de 0 à 5, cette grille est apparue répondre aux problé-
matiques propres à BioRev'Aix. D?une part, elle a déjà été testée sur
plus de 100 sites différents et bénéficie donc d?une certaine robustesse
scientifique. D?autre part, elle a été pensée pour être rapide à mettre
en place et facilement appropriable. Ses concepteurs recommandent
de l?utiliser en période de floraison, ce qui correspond à la période des
relevés de terrain effectués.
Encadré n°5 : Présentation de l?outil PEDS
L?outil Pedestrian Environmental Data Scan (PEDS)
Développée dans le courant des années 2000 par Andrea D. Livi Smith
et Kelly J. Clifton au sein de l?université du Maryland (États-Unis) (Clif-
ton et al., 2007), la grille d?analyse Pedestrian Environmental Data Scan
(PEDS) a été conçue pour mesurer les caractéristiques environnemen-
tales liées à la marche dans divers contextes urbains aux États-Unis.
Cet outil s?appuie sur une grille d?analyse comprenant 35 critères nor-
més. Conçu pour pouvoir être rapidement mis en oeuvre, cet outil se
trouve cité dans de nombreux articles scientifiques. Parmi l?ensemble
des grilles et outils consultés, celle-ci s?est révélée être la plus adaptée
aux besoins, car succincte, complète, scientifiquement validée et ac-
compagnée d?un protocole d?observation clair pour l?analyse des tron-
çons de rue.
INTRODUCTION / 63
S?ils ont permis de valider la pertinence d?une application conjointe des
grilles RENATU et PEDS à la qualification des tronçons de rue à poten-
tiel, les différents essais réalisés ont également mis en lumière le manque
d?éléments de caractérisation de la nature des interfaces entre espaces pu-
blics et espaces privés. Afin de compléter le volet morphologique de ces
deux premiers outils, un troisième a été créé ex nihilo pour l?occasion : la
grille « frontage ».
Cette question des relations entretenues entre l?ensemble bâti-parcellaire
et le réseau viaire a depuis plusieurs années fait l?objet d?un fort réinves-
tissement dans le champ de l?urbanisme. Ceci notamment au travers de
la question des « rez-de-chaussée » qui, pris comme éléments d?interface
entre domaine public et espace privé, ont fait l?objet de nombreuses pu-
blications ces dernières années (Masboungi, 2013). Ce regain d?intérêt
s?est également accompagné de la diffusion des idées et travaux de l?ar-
chitecte-urbaniste danois Jan Gehl autour du concept de « ville à échelle
humaine » (Gehl, 2012), mettant en particulier l?accent sur l?importance
des façades urbaines comme éléments d?animation urbaine, génératrices
d?usages et de pratiques.
Si de telles conceptions sur l?importance des interfaces entre ensemble
bâti/parcellaire et espaces publics s?appliquent de manière assez évidente
aux secteurs urbains les plus centraux où le bâti tend à s?aligner sur la
rue au niveau de la limite de propriété, celles-ci peuvent également être
étendues à des secteurs où l?implantation du bâti à l?alignement n?est plus
forcément l?usage. Les différents retraits en présence peuvent alors mé-
nager de la place pour d?autres formes d?usages et d?appropriations qui,
malgré leurs régimes privés, peuvent pourtant pleinement participer de
l?agrément de l?espace public en termes de sociabilité, mais aussi de vé-
gétalisation. Ainsi, et, quel que soit l?espace urbain considéré, la question
de l?interface publique/privée entre ensemble bâti/parcellaire et espaces
publics apparaît, en tant qu?échelle intermédiaire entre le logement et la
ville, à la croisée de multiples enjeux d?ordres tant urbanistiques qu?écolo-
giques. L?encouragement à la réappropriation « citoyenne », mais accom-
pagnée par la collectivité, de ces espaces privés de bord de rue constitue
d?ailleurs le coeur du propos de l?architecte-urbaniste Nicolas Soulier dans
son ouvrage « Reconquérir les rues » (Soulier, 2012). Afin de favoriser leur
prise en considération, celui-ci propose de remobiliser à leur sujet la no-
tion nord-américaine de « frontage », qu?il définit comme suit :
« Un frontage est formé par le terrain privé situé entre la limite de proprié-
té et la façade du bâtiment en retrait tournée vers la rue ; les éléments de
cette façade jusqu?à la hauteur du 2e étage ; les entrées orientées vers la
rue ; une combinaison d?éléments architecturaux tels que clôtures, per-
rons, vérandas et galeries d?entrée » (Soulier, 2012, p. 126).
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 63
64 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 65
Figure 21. Extrait de la caractérisation des typologies de frontages privés du Smart
Code (Duany Sorlien et Wright, 2012).
INTRODUCTION / 65LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 65
Nicolas Soulier complète par ailleurs cette définition en différenciant le
frontage public, le frontage privé et la ligne de frontage, que constitue « la
limite d?une propriété privée qui la sépare du domaine public de la voi-
rie» (Soulier, 2012, p. 126). Au regard d?un contexte urbain périphérique
d?investigation où les alignements sur rues sont minoritaires, l?apport
d?une grille dédiée à la qualification de ces espaces de frontage apparaît
donc pertinente à mobiliser en complément des grilles RENATU et PEDS.
Les recherches bibliographiques opérées n?ayant pas permis d?identifier
de grille d?analyse « clé en main », répondant aux attentes, le choix a alors
été fait de créer une grille ad hoc, à la fois inspirée de travaux existants
et capitalisant sur les retours de terrains issus des arpentages. Parmi les
principales sources d'inspiration ayant présidé à l'élaboration de cette
troisième grille, plusieurs travaux peuvent en particulier être cités, au pre-
mier rang desquels le Smart Code (Duany Sorlien et Wright, 2012) (cf. fi-
gure 21), outil nord-américain d?aménagement issu du courant du New
Urbanism et structuré autour d?un transect rural-urbain mettant au coeur
de sa réflexion la notion de frontage, ainsi qu?un mémoire de fin d?études
de l?Institut d?urbanisme de Grenoble s?intéressant à l?analyse des fron-
tages du Plateau-Mont-Royal à Montréal (Vettorel, 2017).
Certains critères d?observation des frontages proposés par ce dernier
(qualification de leur appropriation paysagère, sociale, et le rapport que
les bâtiments entretiennent avec le sol) ont notamment été adaptés au
contexte aixois. Les essais et arpentages de terrains ont également permis
de faire remonter l?absence de certains critères pourtant jugés importants
au sein des grilles RENATU et PEDS, tels que la présence de flore spon-
tanée en pied d?arbres. Pour ne pas effectuer de modifications au sein de
ces deux premières grilles, ces quelques critères dont l?absence a été jugée
préjudiciable ont ainsi été ajoutés à la grille dite frontage (cf. figure 22).
L?outil résultant se compose de quatre grandes parties : caractérisation
du réseau viaire, caractérisation du frontage public, caractérisation de
l?interface entre les frontages public et privé et caractérisation du fron-
tage privé. Pour chacune de ces parties, il est possible de passer certains
éléments qui ne seraient pas pertinents. À titre d?exemple, si le tronçon
de rue étudié se trouve dans une résidence privée (ce qui était le cas de
près d?un tiers des tronçons de rue étudiés), il est possible de ne pas tenir
compte de la partie relative à la caractérisation du frontage public.
66 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 67
Figure 22 : Grille d?analyse des frontages.
Cette grille se remplit selon un frontage type pour chaque tronçon de rue.
S?il n?y a aucun frontage représentatif, la grille peut être remplie plusieurs
fois.
A. CARACTÉRISATION DU RÉSEAU VIAIRE
1. Présence d?une voie publique ?
1.1 Si oui, qualifier l?importance de la voie : 1, 2, 3, 4, 5, 6
1.2 Si oui, qualifier la largeur de la voie publique (en mètre) : 0 à 2m ;
2 à 4m ; 4 à 6m ; > 6m
2. Présence d?une voie privée ?
2.1 Si oui, qualifier l?importance de la voie : 1, 2, 3, 4, 5, 6
2.2 Si oui, qualifier la largeur de la voie privée (en mètre) : 0 à 2m ;
2 à 4m ; 4 à 6m ; > 6m
2.3 Si oui, présence d?un trottoir ?
2.3.1 Si oui, largeur du trottoir (en mètre) : 0 à 1m ; 1 à 2m ; 2 à 3m ; > 3m
B. CARACTÉRISATION DU FRONTAGE PUBLIC
1. Largeur du trottoir (en mètre) : 0 à 1m ; 1 à 2 m ; 2 à 3m ; > 3m
2. Typologie du frontage public : absence de frontage public (si absence,
sauter les questions suivantes et passer au C.), trottoir, piste cyclable,
chemin, etc.
3. Largeur du frontage public (en mètre) : 0 à 1,5m ; 1,5 à 3m ; 3 à 4,5m ;
> 4,5m
4. Dynamique du frontage : stérilisé (par quoi : présence de parking,
autres), en cours de stérilisation (par quoi : futur parking), en cours de vi-
talisation (début de flore spontanée en pieds d?arbres), vivant (par quoi :
bacs enherbés, appropriation habitante)
5. Végétalisation du frontage public ? (oui ou non)
5.1 Si oui, qualifier : strate muscinale, strate herbacée, strate arbustive,
strate arborée
5.2 Si oui, présence de pieds d?arbres ? (si oui, qualifier : inerte, végétalisé,
jardiné, présence de flore spontanée)
INTRODUCTION / 67LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 67
6. Appropriation du frontage par les passants ou les habitants ?
6.1 Si oui, qualifier : appropriation fonctionnelle (rangement de vélos,
d?objets divers)
7. Visibilité de la présence d?un animal ? (déjections, piétinement, etc.)
8. Présence de déchets ou de produits chimiques (désherbant, etc.) ?
C. INTERFACE ENTRE LES FRONTAGES PUBLIC ET PRIVÉ
1. Quel rapport au frontage privé ? visibilité sur le frontage privé (qualifier
ce que l?on voit), présence d?une clôture (ornementale, grillage, végétali-
sée, maçonnée, autre), présence d?un mur, autre
2. Contribution du privé sur la végétalisation du public ? (si oui, quali-
fier : arbre qui dépasse sur la chaussée, visibilité de la végétation privée,
ombrage, haie séparative)
Grille d?analyse des frontages variés, appropriation sociale (présence de
mobilier, bancs, chaises, éléments témoins interactions sociales), appro-
priation paysagère (présence d?une ou plusieurs strates de végétation,
résultant de jardinage).
D. CARACTÉRISATION DU FRONTAGE PRIVÉ
1. Typologie du frontage privé (catégorisation issue du Smart Code - à
compléter si besoin) : absence de frontage privé (si absence, skiper les
questions qui viennent), Common Yard (façade en retrait avec petit jar-
din sans clôture), Porch et Fence (porche et clôture), Terrace or Lightwell,
Forecourt (parvis qui peut servir de parking), Stoop (façade alignée sur la
rue avec fenêtre surélevée), Shopfront (façade avec une ou des vitrines),
Gallery, Arcade
2. Largeur du frontage privé (en mètre) : 0 à 1,5m ; 1,5 à 3m ; 3 à 4,5m ;
> 4,5m
3. Homogénéité du frontage privé ? très homogène, plutôt homogène,
peu homogène (Si peu homogène, choisir le frontage le plus représentatif
du tronçon de rue et l?analyser)
4. Dynamique du frontage : stérilisé (par quoi : présence de parking,
autres), en cours de stérilisation (par quoi : dalle béton), en cours de vi-
talisation (début de flore spontanée en pieds d?arbres), vivant (par quoi :
jardin, autre)
68 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 69
5. Caractérisation du bâtiment (À compléter seulement s?il y a un bâti-
ment, sinon passer cette étape)
5.1 Typologie de bâtiment (école, résidentiel, commerces, etc.)
5.2 Hauteur du bâtiment (en mètre)
5.3 Qualification de la distance entre le bâtiment et le frontage public (à
la limite du frontage public ou en retrait du frontage public) (en mètre)
5.4 Qualification du rez-de-chaussée : ouvert (vitrines), fermé, fenêtres,
entrée
5.5 Matériau(x) de façade
5.6 Accessibilité du bâtiment : en façade, en retrait (en recul, ou en hau-
teur à cause d?un escalier ou perron), à l?arrière du bâtiment
5.7 Rapport au sol : absence d?éléments au sol, présence de cave, pré-
sence de parking, présence de sous-sols
5.8 Qualité du bâtiment à accueillir de la végétation : présence de balcons,
de matériaux de façade particuliers, d?une forme de toit favorable ?
6. Végétalisation du frontage privé ? (oui ou non)
6.1 Si oui, qualifier : strate muscinale, strate herbacée, strate arbustive,
strate arborée
6.2 Si oui, présence de pieds d?arbres ? (si oui, qualifier : inerte, végétalisé,
jardiné, flore spontanée)
7. Appropriation par les passants ou les habitants ?
7.1 Si oui, qualifier : appropriation fonctionnelle (rangement de vélos,
d?objets divers et variés), appropriation sociale du frontage (présence de
mobilier, bancs, chaises, éléments témoins d?interactions sociales), ap-
propriation paysagère du frontage (présence d?une ou plusieurs strates
de végétation résultant de jardinage)
8. Visibilité de la présence d?un animal ? (déjections, piétinement)
9. Présence de déchets, de produits chimiques (désherbant) ?
INTRODUCTION / 69LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 69
L?outil BioRev'Aix (cf. figure 23) spécifiquement développé dans le cadre
de ce projet se compose alors de l?addition des trois grilles RENATU, PEDS
et frontage.
Les 35 tronçons de rue à potentiel retenus pour l?étude de terrain ont
ainsi été analysés grâce à la grille BioRev'Aix. Pour cela, un question-
naire agrégeant les critères des trois grilles a été créé avec l?outil Google
Forms, puis rempli directement sur le terrain. À la suite de cette carac-
térisation croisant considérations écologiques, considérations d?usages,
et considérations morphologiques permises par la grille BioRev'Aix, une
recherche des principaux axes de ressemblance et de distinction entre les
35 tronçons de rue à potentiels analysés a été opérée. Pour ce faire, une
analyse statistique multivariée de type analyse des correspondances mul-
tiples(AMC) a été conduite sur l?ensemble des données obtenues par l?ap-
plication des trois grilles. Une nouvelle approche de clustering a ensuite
conduit à l?identification de trois situations-types, dont les photographies
des figures 24, 25 et 26 ci-après témoignent. Ces dernières représentent
les cinq tronçons de rue les plus représentatifs de chaque classe (les « pa-
rangons ») relevés par le logiciel de statistiques R à nouveau utilisé pour
cette analyse.
Figure 23 : Composition de la grille BioRev'Aix.
70 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 71
Figure 24 : Les tronçons de rue les plus représentatifs de la situation de routes périurbaines.
INTRODUCTION / 71LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 71
Figure 25 : Les tronçons de rue les plus représentatifs de la situation de voies de desserte
privées.
72 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 73
Figure 26 : Les tronçons de rue les plus représentatifs de la situation de boulevards
périurbains et des voies de desserte publiques.
INTRODUCTION / 73
La classe 1 a ainsi été associée à des situations de routes périurbaines, la
classe 2 à des situations de voies de desserte privées, et la classe 3 à des si-
tuations de boulevards périurbains et de voies de desserte publiques. Ces
trois situations de projet ont ensuite été interrogées en termes de préconi-
sations spécifiques de renaturation, toujours dans une optique de l?amé-
lioration des connectivités écologiques pour l?écureuil roux, elles-mêmes
nourries par un ensemble de recherches bibliographiques, un travail
de benchmark et des observations de terrain. Au regard des spécificités
propres à chacune des 3 situations de projets ainsi identifiées, les pers-
pectives de renaturation des routes périurbaines ont ainsi été envisagées
au travers de références de projet de l?ordre de l?ingénierie écologique ;
celles des voies de desserte privées au travers de préconisations mobili-
sant outils incitatifs et partenariaux, et celles des boulevards périurbains
et des voies de desserte publiques, au travers de propositions d?interven-
tions spatiales.
Les routes périurbaines
Les arpentages et relevés de terrains ont montré que la plupart des tron-
çons de rue relevant de la situation des routes périurbaines se caracté-
risent par un niveau de végétalisation déjà assez substantiel (cf. figure24).
Leur fonction de liaison périphérique se traduit néanmoins par la pré-
sence d?un trafic important et de vitesses de circulation élevées qui li-
mitent les possibilités de traversée de la faune. Du fait du caractère émi-
nemment routier des tronçons de rue considérés et de l?absence constatée
de pratiques piétonnes sur ces espaces ne présentant pas de riveraineté
bâtie, les leviers d?intervention envisagés se sont focalisés sur l?améliora-
tion, pour la faune, des connectivités longitudinale et transversale de la
voie. Puisant dans le champ de l?ingénierie écologique, les préconisations
formulées en matière de connectivité longitudinale visent d?une part le
renforcement des corridors écologiques présents le long de ces axes, par la
création de haies multi-strates sur les talus et bas-côtés et, d?autre part, la
diversification des essences plantées. Ceci afin de reconnecter les milieux
naturels et de limiter les effets négatifs induits par la fragmentation des
habitats. En ce qui concerne la connectivité transversale, les recomman-
dations portent sur la mise en place des corridors écologiques transver-
saux aux axes routiers. L?aménagement de passage à faune afin de com-
penser la rupture des écosystèmes engendrée par les axes routiers serait
ainsi à envisager. Ces passages à faune existent sous différentes formes,
souterraines et aériennes, afin de permettre les déplacements d?espèces
de tous types et de toutes tailles (écoducs, crapauduc, passages à micro-
faunes voire éco-ponts sur les autoroutes, etc.). Il est toutefois nécessaire
de bien cibler les espèces attendues afin d'ajuster les caractéristiques du
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 73
74 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
passage à leur morphologie et à leur comportement. A cet égard l'écureuil
roux qui a présidé à l'identification des tronçons de rue à potentiel de re-
naturation bénéficie de son dispositif de passage dédié : l'écuroduc.
Les voies de desserte privées
Les tronçons de rue associés aux situations de voies de desserte privées se
sont révélés être le plus souvent situés dans des résidences privées inac-
cessibles depuis l?espace public (cf. figure 25). Il s?agira alors ici de présen-
ter des outils permettant à la puissance publique d?exercer une influence
positive sur la gestion de la végétation dans ces espaces sur lesquels elle
ne dispose pas de la maîtrise foncière, au-delà du seul éventail d?outils
offerts aux collectivités, en particulier dans le cadre des plans locaux d?ur-
banisme communaux (PLU) ou intercommunaux (PLU-I) (Larramendy et
Chollet, 2022). Portant sur la mise en place d?actions incitatives et parte-
nariales de préservation des continuités écologiques situées au-delà de
l?espace public, les leviers de végétalisation présentés ici se fondent sur
diverses expériences françaises conduites par des établissements publics
de coopération intercommunale (EPCI), et en particulier des métropoles.
Parmi celles-ci, le plan de végétalisation du parc résidentiel collectif mis
en place dans le cadre du plan Nature adopté en 2021 par la métropole de
Lyon peut constituer une source d?inspiration majeure. Partant du constat
que plus de 70 % de ses espaces verts se trouvent dans l?espace privé, la
métropole de Lyon a de son côté amorcé une nouvelle politique publique
de végétalisation de son parc résidentiel collectif, et ce, tant dans les co-
propriétés privées que dans les espaces gérés par des bailleurs sociaux.
Pour inciter les acteurs concernés à s?impliquer, cette collectivité finance
ainsi une partie des travaux de végétalisation sur les espaces collectifs en
pleine terre, allant de 30 à 65 % du prix du projet (cf. figure 27). Le pour-
centage de prise en charge varie selon la priorité des quartiers en termes
de végétalisation, des essences et de la provenance des végétaux plan-
tés. Si l?exemple de la métropole de Lyon est particulièrement ambitieux,
d?autres démarches incitant le secteur privé à végétaliser les espaces dont il
est gestionnaire ont été développées dans d?autres métropoles françaises.
Ainsi en est-il de la charte « Tous unis pour plus de biodiversité » mise
en place par l?Eurométropole de Strasbourg afin de lancer des actions en
faveur de la biodiversité en partenariat avec des communes, des bailleurs
sociaux et des entreprises. Ou encore du pacte « bas carbone » développé
par la ville de Lille afin de faire adopter des engagements concrets, notam-
ment en faveur de la végétalisation, aux acteurs publics et privés de la fa-
brique urbaine. Prenant conscience du rôle clé des acteurs privés dans la
végétalisation, les métropoles françaises ont donc de plus en plus recours
à des projets de végétalisation incitatifs et partenariaux afin d?amener les
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 75
INTRODUCTION / 75
acteurs à se mobiliser en faveur de la végétalisation des espaces dont ils
ont la gestion.
Les boulevards périurbains et voies de desserte publiques
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 75
Figure 27 : Eléments de communication issus de la politique de végétalisation du parc
résidentiel collectif du Grand Lyon.
76 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Les tronçons de rue associés aux situations de boulevards périurbains et
de voies de desserte publiques peuvent être décomposés en deux sous-
classes distinctes : les boulevards périurbains et les voies de desserte pu-
bliques (cf. figure 26). Les premières se distinguent des secondes par une
plus grande largeur et par un trafic automobile plus important. Du fait de
leur double statut de tronçon de rue habité et appartenant au domaine
public, la question de la renaturation de ces deux situations de projet a
ici été abordée au travers d?un ensemble de propositions spatialisées de
végétalisation. Sur la base d?une revue de projets similaires développés
sur le territoire national, les principaux leviers identifiés en la matière
concernent la plantation, la diversification des strates et des essences
existantes, la préservation de la flore spontanée, l?élargissement des pieds
d?arbres en bandes plantées, la connectivité entre les canopées, et enfin la
végétalisation des abords de voirie incluant les bas-côtés, les terre-pleins
centraux, les places de parkings, les bandes de séparation entre modes
doux et circulation automobile, etc. Il s?agira ici de s?intéresser à la ma-
nière dont ces préconisations générales ont pu être appliquées aux spéci-
ficités des tronçons de rue considérés.
Larges et marqués par un trafic automobile important, les boulevards pé-
riurbains n?en sont pas moins bordés d?habitations. Leur renaturation de-
vrait alors intégrer les propositions d'aménagements suivantes:
- Planter des arbres sur les trottoirs afin d?augmenter la surface de la
canopée et sa connectivité,
- Diversifier les essences et augmenter le nombre de strates existantes,
- Favoriser le développement de dynamiques végétales spontanées,
- Transformer les pieds d?arbres en bandes plantées,
- Végétaliser les terre-pleins centraux,
- Végétaliser les talus et les bas-côtés des axes routiers,
- Séparer les voies douces et automobiles par des bandes plantées et
des arbres d?alignement (cf. figure 28).
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 77
INTRODUCTION / 77LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 77
Figure 28 : Propositions de renaturation des boulevards périurbains (réalisation : Ma-
thilde Pham).
78 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE / 79
Figure 29 : Propositions de renaturation des voies de desserte publiques (réalisation :
Mathilde Pham).
Caractérisées par des profils en travers plus étroits et des flux circula-
toires de moindre importance, les voies de desserte publiques réclament
d?autres types de propositions d?intervention :
- Créer des continuités entre les végétations présentes dans l?espace pu-
blic et dans l?espace privé,
- Transformer les pieds d?arbres en bandes plantées,
- Délimiter les places de parking par des fosses plantées,
- Diversifier les essences et augmenter le nombre de strates existantes,
- Mettre en place des permis de végétaliser (cf. figure 29).
INTRODUCTION / 79/ 79
Encadré n°6 : Le dispositif ?permis de végétaliser?.
Les « permis de végétaliser » sont des dispositifs publics qui mêlent
l?encadrement et l?accompagnement des initiatives de jardinage ci-
toyen dans l?espace public. Ayant connu un fort développement au
cours de la dernière décennie, ces derniers peuvent être définis comme
des « dispositifs autorisant les citadins qui le souhaitent à jardiner dans
les rues » (Ramos, 2024, p. 19). Dans la commune d?Aix-en-Provence,
un permis de végétaliser a été mis en place en 2021, mais il n?est pas
forcément connu des habitants et usagers aixois. Si ces dispositifs per-
mettent de faire participer les habitants et usagers à la production de la
ville, leur fonctionnement nécessite donc un important travail de sen-
sibilisation auprès du grand public. À noter que ces démarches « par le
bas » de végétalisation des rues peuvent également être mises en place
par des associations ou des collectifs intéressés aux enjeux de biodi-
versité urbaine et/ou de qualité de l?environnement urbain (telles que
Strasbourg ça Pousse, Belle de Bitume à Nantes, Guerrilla Gardening
à Paris, etc.). Dans les contextes périphériques étudiés, marqués par
la présence de nombreux jardins privés, l?intérêt des riverains à s?im-
pliquer dans du jardinage public n?est toutefois pas garanti et devrait
donc être envisagé au cas par cas.
CONCLUSION :
LE TRONÇON DE RUE,
UN NOUVEL OUTIL DE
RECHERCHE-ACTION
INTRODUCTION / 81 / 81
Le projet BioRev'Aix s?est intéressé aux liens entre morphologie urbaine
et biodiversité à travers l?étude du réseau viaire, considéré comme la ma-
trice première d?agencement et d?évolution des tissus urbains. Support
privilégié d?appropriations humaines et de dynamiques floristiques et
faunistiques multiples, celui-ci constitue un potentiel considérable d?es-
paces mobilisables au service de la transition écologique. Dans sa quête
d?évaluation de la capacité des voies urbaines à être supports de fonc-
tionnements urbanistiques et écologiques, la démarche de recherche
entreprise a mis en exergue la production d?une unité d?analyse morpho-
logique originale : le « tronçon de rue ». Cet élément permet d?appréhen-
der les différentes formes de natures urbaines de manière multiscalaire et
contextuelle, associant la prise en compte de la rue comme lieu/habitat
et comme lien/corridor. Le tronçon de rue apparaît alors comme un élé-
ment de recherche-action prometteur pour l?analyse des rapports entre
morphologie urbaine et biodiversité.
A partir du cas d?Aix-en-Provence, l?utilisation du tronçon de rue a ain-
si permis de démontrer que les relations morphologie-biodiversité ne
peuvent s?envisager que de façon multiscalaire :
- A l'échelle du territoire, le maintien des populations d?écureuils roux
apparaît dépendant de l?existence de continuités écologiques, en parti-
culier dans les situations périphériques de franges ville-nature.
- A l?échelle de la ville, la présence de la flore spontanée, par-delà le
seul gradient d?urbanisation, est tributaire d?une certaine influence de
la morphologie urbaine,
- A l?échelle locale, la malacofaune (escargots) demeure principale-
ment inféodée aux agencements urbains et à la proximité d?autres es-
paces à caractère naturel pouvant servir de relais.
L?utilisation du tronçon de rue a en outre permis de souligner l?importance
du système de l?arbre (l?arbre et la végétation sise à son pied) dans une
approche biodiversitaire de la morphologie urbaine qui doit, par ailleurs,
composer avec des logiques intégrant les espaces privés. Les résultats
d?enquêtes auprès des habitants, usagers et acteurs institutionnels confir-
ment non seulement l?importance de l?arbre dans les représentations de
la nature urbaine et dans la fourniture de services écosystémiques mais
aussi l?intérêt du tronçon de rue comme support concret d?analyse et de
gestion. Une nouvelle gouvernance plus intégrative de l?arbre, pris en tant
que socio-écosystème de proximité, est donc souhaitable pour dépasser
les complexités et les tensions qui caractérisent actuellement la gestion de
différentes formes de natures urbaines.
L?appréhension du tronçon de rue comme élément d?un réseau viaire
interconnecté a enfin permis le développement d?un outil d?aide à la
82 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
décision innovant mis à la disposition des partenaires de la ville d?Aix-
en-Provence afin d?accompagner la mise en oeuvre de sa politique de vé-
gétalisation. L?outil proposé offre ainsi des éléments concrets de priorisa-
tion sur les tronçons de rue offrant le plus fort potentiel d?amélioration des
connectivités écologiques du territoire. Actuellement fondé sur le modèle
théorique de dispersion de l?écureuil roux, cet outil est en phase d?expé-
rimentation in situ pour le mettre à l?épreuve de relevés de terrain. Il offre
également des perspectives de développement par l?intégration d?autres
modèles faune/flore relevant d?autres échelles et d?autres modes de dis-
persion en vue de le rendre plus efficient. Il peut aussi, à terme, permettre
l?intégration d?autres types de trames relevant des besoins de mobilités
des non-humains (trame brune, noire, ?) et des humains (réseau de mo-
bilités douces piétons, cyclistes), dans une logique de co-optimisation.
Pour toutes ces raisons, le tronçon de rue, pris à la fois comme objet
d?études interdisciplinaires et comme échelle d?intervention urbanistique
tangible, mérite d?être scientifiquement affiné et développé dans le cadre
de recherches-actions, notamment pour sa capacité à soutenir l?amé-
lioration des connectivités écologiques et, ce faisant, l?aménagement de
trames vertes urbaines véritablement fonctionnelles.
INTRODUCTION / 83 / 83
84 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
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INTRODUCTION / 89 / 89
BIOGRAPHIES DES
AUTEUR(E)S
INTRODUCTION / 91
Jean Noël Consalès est professeur (HDR) à l'Université Lumière
Lyon 2 et au Laboratoire d'Etudes Rurales. Ses travaux portent sur les
paysages des "Métropoles-Jardins", concept qui structure sa démarche
de recherche. Il se penche plus spécifiquement sur la place de la na-
ture, notamment de l'agrobiodiversité, dans la planification et l'amé-
nagement des territoires.
Benoit Romeyer est maître de conférences en aménagement et ur-
banisme à l?Université d?Aix-Marseille et chercheur au Laboratoire
Interdisciplinaire Environnement et Urbanisme LIEU UR 889. Ses re-
cherches concernent l?aménagement du réseau viaire, la conception
des espaces publics et la planification paysagère.
Cécile Albert est directrice de recherche (HDR) du CNRS à l'Institut
Méditerranéen de Biodiversité et d'Ecologie marine et continentale.
Ses travaux portent sur les effets de la perte et de la fragmentation des
habitats naturels sur la biodiversité, en lien avec les questions d'amé-
nagement des territoires et l'adaptation aux changements climatiques.
Valérie Bertaudière-Montès est maîtresse de conférences en écologie
végétale, au Laboratoire Population-Environnement-Développement
d?Aix-Marseille Université. Ses travaux de recherches portent sur la dy-
namique de la biodiversité en milieux fortement anthropisés, notam-
ment dans les territoires urbanisés ; elle y développe des démarches
de recherche interdisciplinaires SHS/sciences du vivant visant à une
approche intégrée des déterminants des communautés floristiques en
place.
Bruno Vila est maître de conférences en écologie et botanique, au La-
boratoire Population-Environnement-Développement à l?Université
d?Aix-Marseille. Il travaille en systématique végétale dans les hotspots
de biodiversité mais ses travaux portent également sur la structure et
la composition de la biodiversité en milieu urbain. Il étudie différentes
communautés et leurs capacités de maintien en portant une attention
particulière aux milieux relictuels pouvant subsister en ville et jouer le
rôle de zones refuges.
/ 91
92 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Magali Deschamps-Cottin est maîtresse de conférences en écologie
urbaine au Laboratoire Population-Environnement-Développement à
l?Université d?Aix-Marseille. Elle étudie la dynamique des communau-
tés animales dans les écosystèmes anthropisés et notamment les mé-
canismes de maintien ou de colonisation des espèces en relation avec
les modes de gestion de ces espaces. Ses recherches sont conduites
en interdisciplinarité avec des sociologues, géographe et urbanistes en
collaboration avec des gestionnaires d?espaces urbanisés.
François Hamonic est postdoctorant en informatique et écologie à
l?Institut Méditerranéen de Biodiversité et d?Écologie marine et conti-
nentale (IMBE, UMR 7263). Ses recherches portent sur les problèmes
d?optimisation liés à la planification de la conservation et de la restau-
ration de la biodiversité, en tenant compte de contraintes budgétaires.
Christine Robles est maîtresse de conférences en écologie végétale
au Laboratoire Population Environnement Développement d'Aix
Marseille Université. Ses recherches portent sur les communautés vé-
gétales spontanées en milieu urbain ou plus généralement dans les
écosystèmes fortement anthropisés dont elle étudie la composition et
la dynamique en relation avec les caractéristiques fonctionnelles de
l?écosystème.
Stagiaires du projet
Maia Barrère est chargée d'études au SAMU de l'environnement Al-
sace, une association centrée sur l'analyse des pollutions ponctuelles
et l'accès au diagnostic environnemental. Les travaux présentés ici ont
été réalisés lorsqu'elle était en stage de Master 2 de Biodiversité, Eco-
logie et Evolution à l?Université d?Aix-Marseille.
Marybel Bernardet est chargée de missions écologue au sein de
l?Agence Occitanie Méditerranée du Bureau d?études Biotope. Les tra-
vaux présentés ici ont été réalisés lorsqu?elle était en Master 1 Biodi-
versité Ecologie Evolution dans le parcours Ecologie pour la gestion
des villes et des territoires à l?Université d?Aix-Marseille.
Florine Francotte est co-directrice de l'association Les Jardins du
Cygne, association d'éducation à l'environnement et de reboisement
dans le Nord de la France. Elle contribue à développer la protection
de la nature grâce à la sensibilisation de différents publics et participe
à la préservation du patrimoine bocager.
INTRODUCTION / 93 / 93
Baptiste Le Guen est chargé de mission Natura 2000 au sein du Ser-
vice biodiversité terrestre Marine et aires protégées à la Métropole Aix
Marseille Provence. Les travaux présentés ici ont été réalisés lorsqu?il
était en Master 1 Biodiversité Ecologie Evolution dans le parcours
Ecologie pour la gestion des villes et des territoires à l?Université
d?Aix-Marseille.
Noémie Montel est chargée d'études en urbanisme et environnement
au bureau d'études IAD en Haute-Saône. Elle y réalise des diagnos-
tics urbains et paysagers ainsi que des études écologiques. Son travail
consiste principalement à accompagner les collectivités dans la réa-
lisation de leur document d'urbanisme (PLU, carte communale, ...).
Mathilde Pham est chargée de mission habitat au sein du bureau
d?études Urbanis. Elle travaille sur des études de faisabilité concer-
nant la rénovation de l?habitat privé sur les quartiers de Belsunce et
Grands-Carmes Villette à Marseille ainsi que sur l?OPAH LHI du centre
ville de Marseille.
Romain Wilmes continue des études sur l'éducation à la nature et à
l'environnement. Désireux de partager ses connaissances et son expé-
rience, il s'investit également dans l?enseignement.
CONSEIL SCIENTIFIQUE DU
PROGRAMME BAUM
INTRODUCTION / 95
Hélène Peskine, secrétaire permanente du PUCA (2017-2024),
co-présidente du Conseil scientifique
Philippe Clergeau, professeur émérite au Muséum national d'his-
toire naturelle (MNHM), directeur scientifique du programme BAUM,
co-président du Conseil scientifique
Xavier Lagurgue, architecte DPLG associé XLGD architectures, pro-
fesseur à l?Ecole nationale supérieure d?architecture Paris-La-Villette
(ENSAPLV), chercheur GERPHAU EA 7486, associé CESCO, UMR 7204
Sébastien Barot, directeur de recherche à l'Institut de la recherche et
du développement (IRD), à l'Institut d'écologie et des sciences de l'en-
vironnement-Paris (IEES-Paris)
Corinne Tiry-Ono, architecte, professeure à l'Ecole nationale supé-
rieure d?architecture Paris-Val de Seine (ENSAPVS), laboratoire CRH
- UMR LAVUE, associée au CRCAO
Stéphane Garnaud-Corbel, chef de service adjoint, Service « Anthro-
pisation et fonctionnement des écosystèmes terrestres », Office fran-
çais de la biodiversité (OFB), Direction de la recherche et de l?appui
scientifique
Elodie Briche, PhD / coordinatrice R&D Urbanisme Durable, Ademe,
Pôle Aménagement des villes et territoires (PAVT)
Cécile Vo Van, directrice de projet Nature en ville et Solutions fondées
sur la nature (SFN), Cerema Territoires et ville
Eduardo Blanco, docteur en aménagement de l?espace, urbanisme,
chef de projets chez Energy Cities
Valérie Charollais, directrice de la Fédération nationale des Conseils
d?architecture, d?urbanisme et de l?environnement (FNCAUE)
Morgane Flégeau, urbaniste géographe, maîtresse de conférences en
géographie et aménagement, Université de Lorraine, Laboratoire LO-
TERR (EA 7304)
Sabine Bognon, urbaniste géographe, maîtresse de conférences à
l?École d?Urbanisme de Paris, laboratoire Lab?urba
Sandrine Larramendy, chargée de mission "Approches intégrées Vé-
gétal-Paysage-Urbanisme", Plante et Cité
Marc Bourgeois, maître de conférences en géographie et aménage-
ment, HDR, Faculté des lettres et civilisations, Université Jean Moulin
Lyon 3, UMR Environnement, Ville, Société - 5600 CNRS
/ 95
96 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Thomas Redoulez, délégué général, Union professionnelle du génie
écologique (UPGE) (jusqu'en juillet 2023)
Anaïs Leger-Smith, ingénieure paysagiste, enseignante-chercheuse à
l?École nationale supérieure d?architecture de Toulouse (ENSAT), la-
boratoire de recherche en architecture (LRA)
Simon Trauet, chef de projet Trame verte et bleue et Nature en ville,
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature
(DGALN), Direction de l?eau et de la biodiversité (DEB), Sous-direc-
tion de la protection et de la restauration des écosystèmes terrestres,
Bureau de la politique de la biodiversité
Yannick Autret, expert transport, énergie et environnement, Commis-
sariat général au développement durable (CGDD), Service recherche
et innovation
Florence Drouy, cheffe du Bureau des villes et territoires durables,
Direction Générale de l'aménagement, du logement et de la nature
(DGALN), Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages
(DHUP), Sous-direction de l?aménagement durable
/ 97
POUR ALLER PLUS LOIN
Matrice première de constitution et d?évolution des
tissus urbains, le réseau viaire constitue un élément
clé de la morphogenèse urbaine. Dans un contexte de
transition écologique, le projet BioRev-Aix (Biodiver-
sité et Réseau viaire à Aix-en-Provence) interroge la
capacité de la rue à être support de fonctionnements
urbanistiques et écologiques. Croisant urbanisme
et écologie, la recherche s?appuie sur le ?tronçon de
rue? comme unité d?analyse originale pour modéliser
la morphologie urbaine et inventorier sa biodiver-
sité (malacofaune, flore spontanée, écureuil roux).
Cet élément permet d?appréhender les différentes
formes de natures urbaines de manière multisca-
laire et contextuelle, associant la prise en compte de
la rue comme lieu/habitat et comme lien/corridor.
Le tronçon de rue apparaît alors comme un élément
de recherche-action prometteur pour l?analyse des
rapports entre morphologie urbaine et biodiversité.
Organisme national de recherche et d?expérimentation
sur l?urbanisme, la construction et l?architecture, le Plan
Urbanisme Construction Architecture, PUCA, développe
à la fois des programmes de recherche incitative, et des
actions d?expérimentations. Il apporte son soutien à
l?innovation et à la valorisation scientifique et technique
dans les domaines de l?aménagement des territoires, de
l?habitat, de la construction et de la conception architec-
turale et urbaine.
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JEAN NOËL CONSALÈS, BENOIT ROMEYER
CÉCILE ALBERT, VALÉRIE BERTAUDIÈRE-MONTÈS
BRUNO VILA, MAGALI DESCHAMPS-COTTIN
FRANÇOIS HAMONIC, CHRISTINE ROBLES
BIOREV?AIX,
BIODIVERSITÉ ET
RÉSEAU VIAIRE
À AIX-EN-PROVENCE
(ATTENTION: OPTION liaison périphérique se traduit néanmoins par la pré-
sence d?un trafic important et de vitesses de circulation élevées qui li-
mitent les possibilités de traversée de la faune. Du fait du caractère émi-
nemment routier des tronçons de rue considérés et de l?absence constatée
de pratiques piétonnes sur ces espaces ne présentant pas de riveraineté
bâtie, les leviers d?intervention envisagés se sont focalisés sur l?améliora-
tion, pour la faune, des connectivités longitudinale et transversale de la
voie. Puisant dans le champ de l?ingénierie écologique, les préconisations
formulées en matière de connectivité longitudinale visent d?une part le
renforcement des corridors écologiques présents le long de ces axes, par la
création de haies multi-strates sur les talus et bas-côtés et, d?autre part, la
diversification des essences plantées. Ceci afin de reconnecter les milieux
naturels et de limiter les effets négatifs induits par la fragmentation des
habitats. En ce qui concerne la connectivité transversale, les recomman-
dations portent sur la mise en place des corridors écologiques transver-
saux aux axes routiers. L?aménagement de passage à faune afin de com-
penser la rupture des écosystèmes engendrée par les axes routiers serait
ainsi à envisager. Ces passages à faune existent sous différentes formes,
souterraines et aériennes, afin de permettre les déplacements d?espèces
de tous types et de toutes tailles (écoducs, crapauduc, passages à micro-
faunes voire éco-ponts sur les autoroutes, etc.). Il est toutefois nécessaire
de bien cibler les espèces attendues afin d'ajuster les caractéristiques du
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 73
74 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
passage à leur morphologie et à leur comportement. A cet égard l'écureuil
roux qui a présidé à l'identification des tronçons de rue à potentiel de re-
naturation bénéficie de son dispositif de passage dédié : l'écuroduc.
Les voies de desserte privées
Les tronçons de rue associés aux situations de voies de desserte privées se
sont révélés être le plus souvent situés dans des résidences privées inac-
cessibles depuis l?espace public (cf. figure 25). Il s?agira alors ici de présen-
ter des outils permettant à la puissance publique d?exercer une influence
positive sur la gestion de la végétation dans ces espaces sur lesquels elle
ne dispose pas de la maîtrise foncière, au-delà du seul éventail d?outils
offerts aux collectivités, en particulier dans le cadre des plans locaux d?ur-
banisme communaux (PLU) ou intercommunaux (PLU-I) (Larramendy et
Chollet, 2022). Portant sur la mise en place d?actions incitatives et parte-
nariales de préservation des continuités écologiques situées au-delà de
l?espace public, les leviers de végétalisation présentés ici se fondent sur
diverses expériences françaises conduites par des établissements publics
de coopération intercommunale (EPCI), et en particulier des métropoles.
Parmi celles-ci, le plan de végétalisation du parc résidentiel collectif mis
en place dans le cadre du plan Nature adopté en 2021 par la métropole de
Lyon peut constituer une source d?inspiration majeure. Partant du constat
que plus de 70 % de ses espaces verts se trouvent dans l?espace privé, la
métropole de Lyon a de son côté amorcé une nouvelle politique publique
de végétalisation de son parc résidentiel collectif, et ce, tant dans les co-
propriétés privées que dans les espaces gérés par des bailleurs sociaux.
Pour inciter les acteurs concernés à s?impliquer, cette collectivité finance
ainsi une partie des travaux de végétalisation sur les espaces collectifs en
pleine terre, allant de 30 à 65 % du prix du projet (cf. figure 27). Le pour-
centage de prise en charge varie selon la priorité des quartiers en termes
de végétalisation, des essences et de la provenance des végétaux plan-
tés. Si l?exemple de la métropole de Lyon est particulièrement ambitieux,
d?autres démarches incitant le secteur privé à végétaliser les espaces dont il
est gestionnaire ont été développées dans d?autres métropoles françaises.
Ainsi en est-il de la charte « Tous unis pour plus de biodiversité » mise
en place par l?Eurométropole de Strasbourg afin de lancer des actions en
faveur de la biodiversité en partenariat avec des communes, des bailleurs
sociaux et des entreprises. Ou encore du pacte « bas carbone » développé
par la ville de Lille afin de faire adopter des engagements concrets, notam-
ment en faveur de la végétalisation, aux acteurs publics et privés de la fa-
brique urbaine. Prenant conscience du rôle clé des acteurs privés dans la
végétalisation, les métropoles françaises ont donc de plus en plus recours
à des projets de végétalisation incitatifs et partenariaux afin d?amener les
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 75
INTRODUCTION / 75
acteurs à se mobiliser en faveur de la végétalisation des espaces dont ils
ont la gestion.
Les boulevards périurbains et voies de desserte publiques
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 75
Figure 27 : Eléments de communication issus de la politique de végétalisation du parc
résidentiel collectif du Grand Lyon.
76 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Les tronçons de rue associés aux situations de boulevards périurbains et
de voies de desserte publiques peuvent être décomposés en deux sous-
classes distinctes : les boulevards périurbains et les voies de desserte pu-
bliques (cf. figure 26). Les premières se distinguent des secondes par une
plus grande largeur et par un trafic automobile plus important. Du fait de
leur double statut de tronçon de rue habité et appartenant au domaine
public, la question de la renaturation de ces deux situations de projet a
ici été abordée au travers d?un ensemble de propositions spatialisées de
végétalisation. Sur la base d?une revue de projets similaires développés
sur le territoire national, les principaux leviers identifiés en la matière
concernent la plantation, la diversification des strates et des essences
existantes, la préservation de la flore spontanée, l?élargissement des pieds
d?arbres en bandes plantées, la connectivité entre les canopées, et enfin la
végétalisation des abords de voirie incluant les bas-côtés, les terre-pleins
centraux, les places de parkings, les bandes de séparation entre modes
doux et circulation automobile, etc. Il s?agira ici de s?intéresser à la ma-
nière dont ces préconisations générales ont pu être appliquées aux spéci-
ficités des tronçons de rue considérés.
Larges et marqués par un trafic automobile important, les boulevards pé-
riurbains n?en sont pas moins bordés d?habitations. Leur renaturation de-
vrait alors intégrer les propositions d'aménagements suivantes:
- Planter des arbres sur les trottoirs afin d?augmenter la surface de la
canopée et sa connectivité,
- Diversifier les essences et augmenter le nombre de strates existantes,
- Favoriser le développement de dynamiques végétales spontanées,
- Transformer les pieds d?arbres en bandes plantées,
- Végétaliser les terre-pleins centraux,
- Végétaliser les talus et les bas-côtés des axes routiers,
- Séparer les voies douces et automobiles par des bandes plantées et
des arbres d?alignement (cf. figure 28).
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 77
INTRODUCTION / 77LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 77
Figure 28 : Propositions de renaturation des boulevards périurbains (réalisation : Ma-
thilde Pham).
78 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE / 79
Figure 29 : Propositions de renaturation des voies de desserte publiques (réalisation :
Mathilde Pham).
Caractérisées par des profils en travers plus étroits et des flux circula-
toires de moindre importance, les voies de desserte publiques réclament
d?autres types de propositions d?intervention :
- Créer des continuités entre les végétations présentes dans l?espace pu-
blic et dans l?espace privé,
- Transformer les pieds d?arbres en bandes plantées,
- Délimiter les places de parking par des fosses plantées,
- Diversifier les essences et augmenter le nombre de strates existantes,
- Mettre en place des permis de végétaliser (cf. figure 29).
INTRODUCTION / 79/ 79
Encadré n°6 : Le dispositif ?permis de végétaliser?.
Les « permis de végétaliser » sont des dispositifs publics qui mêlent
l?encadrement et l?accompagnement des initiatives de jardinage ci-
toyen dans l?espace public. Ayant connu un fort développement au
cours de la dernière décennie, ces derniers peuvent être définis comme
des « dispositifs autorisant les citadins qui le souhaitent à jardiner dans
les rues » (Ramos, 2024, p. 19). Dans la commune d?Aix-en-Provence,
un permis de végétaliser a été mis en place en 2021, mais il n?est pas
forcément connu des habitants et usagers aixois. Si ces dispositifs per-
mettent de faire participer les habitants et usagers à la production de la
ville, leur fonctionnement nécessite donc un important travail de sen-
sibilisation auprès du grand public. À noter que ces démarches « par le
bas » de végétalisation des rues peuvent également être mises en place
par des associations ou des collectifs intéressés aux enjeux de biodi-
versité urbaine et/ou de qualité de l?environnement urbain (telles que
Strasbourg ça Pousse, Belle de Bitume à Nantes, Guerrilla Gardening
à Paris, etc.). Dans les contextes périphériques étudiés, marqués par
la présence de nombreux jardins privés, l?intérêt des riverains à s?im-
pliquer dans du jardinage public n?est toutefois pas garanti et devrait
donc être envisagé au cas par cas.
CONCLUSION :
LE TRONÇON DE RUE,
UN NOUVEL OUTIL DE
RECHERCHE-ACTION
INTRODUCTION / 81 / 81
Le projet BioRev'Aix s?est intéressé aux liens entre morphologie urbaine
et biodiversité à travers l?étude du réseau viaire, considéré comme la ma-
trice première d?agencement et d?évolution des tissus urbains. Support
privilégié d?appropriations humaines et de dynamiques floristiques et
faunistiques multiples, celui-ci constitue un potentiel considérable d?es-
paces mobilisables au service de la transition écologique. Dans sa quête
d?évaluation de la capacité des voies urbaines à être supports de fonc-
tionnements urbanistiques et écologiques, la démarche de recherche
entreprise a mis en exergue la production d?une unité d?analyse morpho-
logique originale : le « tronçon de rue ». Cet élément permet d?appréhen-
der les différentes formes de natures urbaines de manière multiscalaire et
contextuelle, associant la prise en compte de la rue comme lieu/habitat
et comme lien/corridor. Le tronçon de rue apparaît alors comme un élé-
ment de recherche-action prometteur pour l?analyse des rapports entre
morphologie urbaine et biodiversité.
A partir du cas d?Aix-en-Provence, l?utilisation du tronçon de rue a ain-
si permis de démontrer que les relations morphologie-biodiversité ne
peuvent s?envisager que de façon multiscalaire :
- A l'échelle du territoire, le maintien des populations d?écureuils roux
apparaît dépendant de l?existence de continuités écologiques, en parti-
culier dans les situations périphériques de franges ville-nature.
- A l?échelle de la ville, la présence de la flore spontanée, par-delà le
seul gradient d?urbanisation, est tributaire d?une certaine influence de
la morphologie urbaine,
- A l?échelle locale, la malacofaune (escargots) demeure principale-
ment inféodée aux agencements urbains et à la proximité d?autres es-
paces à caractère naturel pouvant servir de relais.
L?utilisation du tronçon de rue a en outre permis de souligner l?importance
du système de l?arbre (l?arbre et la végétation sise à son pied) dans une
approche biodiversitaire de la morphologie urbaine qui doit, par ailleurs,
composer avec des logiques intégrant les espaces privés. Les résultats
d?enquêtes auprès des habitants, usagers et acteurs institutionnels confir-
ment non seulement l?importance de l?arbre dans les représentations de
la nature urbaine et dans la fourniture de services écosystémiques mais
aussi l?intérêt du tronçon de rue comme support concret d?analyse et de
gestion. Une nouvelle gouvernance plus intégrative de l?arbre, pris en tant
que socio-écosystème de proximité, est donc souhaitable pour dépasser
les complexités et les tensions qui caractérisent actuellement la gestion de
différentes formes de natures urbaines.
L?appréhension du tronçon de rue comme élément d?un réseau viaire
interconnecté a enfin permis le développement d?un outil d?aide à la
82 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
décision innovant mis à la disposition des partenaires de la ville d?Aix-
en-Provence afin d?accompagner la mise en oeuvre de sa politique de vé-
gétalisation. L?outil proposé offre ainsi des éléments concrets de priorisa-
tion sur les tronçons de rue offrant le plus fort potentiel d?amélioration des
connectivités écologiques du territoire. Actuellement fondé sur le modèle
théorique de dispersion de l?écureuil roux, cet outil est en phase d?expé-
rimentation in situ pour le mettre à l?épreuve de relevés de terrain. Il offre
également des perspectives de développement par l?intégration d?autres
modèles faune/flore relevant d?autres échelles et d?autres modes de dis-
persion en vue de le rendre plus efficient. Il peut aussi, à terme, permettre
l?intégration d?autres types de trames relevant des besoins de mobilités
des non-humains (trame brune, noire, ?) et des humains (réseau de mo-
bilités douces piétons, cyclistes), dans une logique de co-optimisation.
Pour toutes ces raisons, le tronçon de rue, pris à la fois comme objet
d?études interdisciplinaires et comme échelle d?intervention urbanistique
tangible, mérite d?être scientifiquement affiné et développé dans le cadre
de recherches-actions, notamment pour sa capacité à soutenir l?amé-
lioration des connectivités écologiques et, ce faisant, l?aménagement de
trames vertes urbaines véritablement fonctionnelles.
INTRODUCTION / 83 / 83
84 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
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INTRODUCTION / 89 / 89
BIOGRAPHIES DES
AUTEUR(E)S
INTRODUCTION / 91
Jean Noël Consalès est professeur (HDR) à l'Université Lumière
Lyon 2 et au Laboratoire d'Etudes Rurales. Ses travaux portent sur les
paysages des "Métropoles-Jardins", concept qui structure sa démarche
de recherche. Il se penche plus spécifiquement sur la place de la na-
ture, notamment de l'agrobiodiversité, dans la planification et l'amé-
nagement des territoires.
Benoit Romeyer est maître de conférences en aménagement et ur-
banisme à l?Université d?Aix-Marseille et chercheur au Laboratoire
Interdisciplinaire Environnement et Urbanisme LIEU UR 889. Ses re-
cherches concernent l?aménagement du réseau viaire, la conception
des espaces publics et la planification paysagère.
Cécile Albert est directrice de recherche (HDR) du CNRS à l'Institut
Méditerranéen de Biodiversité et d'Ecologie marine et continentale.
Ses travaux portent sur les effets de la perte et de la fragmentation des
habitats naturels sur la biodiversité, en lien avec les questions d'amé-
nagement des territoires et l'adaptation aux changements climatiques.
Valérie Bertaudière-Montès est maîtresse de conférences en écologie
végétale, au Laboratoire Population-Environnement-Développement
d?Aix-Marseille Université. Ses travaux de recherches portent sur la dy-
namique de la biodiversité en milieux fortement anthropisés, notam-
ment dans les territoires urbanisés ; elle y développe des démarches
de recherche interdisciplinaires SHS/sciences du vivant visant à une
approche intégrée des déterminants des communautés floristiques en
place.
Bruno Vila est maître de conférences en écologie et botanique, au La-
boratoire Population-Environnement-Développement à l?Université
d?Aix-Marseille. Il travaille en systématique végétale dans les hotspots
de biodiversité mais ses travaux portent également sur la structure et
la composition de la biodiversité en milieu urbain. Il étudie différentes
communautés et leurs capacités de maintien en portant une attention
particulière aux milieux relictuels pouvant subsister en ville et jouer le
rôle de zones refuges.
/ 91
92 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Magali Deschamps-Cottin est maîtresse de conférences en écologie
urbaine au Laboratoire Population-Environnement-Développement à
l?Université d?Aix-Marseille. Elle étudie la dynamique des communau-
tés animales dans les écosystèmes anthropisés et notamment les mé-
canismes de maintien ou de colonisation des espèces en relation avec
les modes de gestion de ces espaces. Ses recherches sont conduites
en interdisciplinarité avec des sociologues, géographe et urbanistes en
collaboration avec des gestionnaires d?espaces urbanisés.
François Hamonic est postdoctorant en informatique et écologie à
l?Institut Méditerranéen de Biodiversité et d?Écologie marine et conti-
nentale (IMBE, UMR 7263). Ses recherches portent sur les problèmes
d?optimisation liés à la planification de la conservation et de la restau-
ration de la biodiversité, en tenant compte de contraintes budgétaires.
Christine Robles est maîtresse de conférences en écologie végétale
au Laboratoire Population Environnement Développement d'Aix
Marseille Université. Ses recherches portent sur les communautés vé-
gétales spontanées en milieu urbain ou plus généralement dans les
écosystèmes fortement anthropisés dont elle étudie la composition et
la dynamique en relation avec les caractéristiques fonctionnelles de
l?écosystème.
Stagiaires du projet
Maia Barrère est chargée d'études au SAMU de l'environnement Al-
sace, une association centrée sur l'analyse des pollutions ponctuelles
et l'accès au diagnostic environnemental. Les travaux présentés ici ont
été réalisés lorsqu'elle était en stage de Master 2 de Biodiversité, Eco-
logie et Evolution à l?Université d?Aix-Marseille.
Marybel Bernardet est chargée de missions écologue au sein de
l?Agence Occitanie Méditerranée du Bureau d?études Biotope. Les tra-
vaux présentés ici ont été réalisés lorsqu?elle était en Master 1 Biodi-
versité Ecologie Evolution dans le parcours Ecologie pour la gestion
des villes et des territoires à l?Université d?Aix-Marseille.
Florine Francotte est co-directrice de l'association Les Jardins du
Cygne, association d'éducation à l'environnement et de reboisement
dans le Nord de la France. Elle contribue à développer la protection
de la nature grâce à la sensibilisation de différents publics et participe
à la préservation du patrimoine bocager.
INTRODUCTION / 93 / 93
Baptiste Le Guen est chargé de mission Natura 2000 au sein du Ser-
vice biodiversité terrestre Marine et aires protégées à la Métropole Aix
Marseille Provence. Les travaux présentés ici ont été réalisés lorsqu?il
était en Master 1 Biodiversité Ecologie Evolution dans le parcours
Ecologie pour la gestion des villes et des territoires à l?Université
d?Aix-Marseille.
Noémie Montel est chargée d'études en urbanisme et environnement
au bureau d'études IAD en Haute-Saône. Elle y réalise des diagnos-
tics urbains et paysagers ainsi que des études écologiques. Son travail
consiste principalement à accompagner les collectivités dans la réa-
lisation de leur document d'urbanisme (PLU, carte communale, ...).
Mathilde Pham est chargée de mission habitat au sein du bureau
d?études Urbanis. Elle travaille sur des études de faisabilité concer-
nant la rénovation de l?habitat privé sur les quartiers de Belsunce et
Grands-Carmes Villette à Marseille ainsi que sur l?OPAH LHI du centre
ville de Marseille.
Romain Wilmes continue des études sur l'éducation à la nature et à
l'environnement. Désireux de partager ses connaissances et son expé-
rience, il s'investit également dans l?enseignement.
CONSEIL SCIENTIFIQUE DU
PROGRAMME BAUM
INTRODUCTION / 95
Hélène Peskine, secrétaire permanente du PUCA (2017-2024),
co-présidente du Conseil scientifique
Philippe Clergeau, professeur émérite au Muséum national d'his-
toire naturelle (MNHM), directeur scientifique du programme BAUM,
co-président du Conseil scientifique
Xavier Lagurgue, architecte DPLG associé XLGD architectures, pro-
fesseur à l?Ecole nationale supérieure d?architecture Paris-La-Villette
(ENSAPLV), chercheur GERPHAU EA 7486, associé CESCO, UMR 7204
Sébastien Barot, directeur de recherche à l'Institut de la recherche et
du développement (IRD), à l'Institut d'écologie et des sciences de l'en-
vironnement-Paris (IEES-Paris)
Corinne Tiry-Ono, architecte, professeure à l'Ecole nationale supé-
rieure d?architecture Paris-Val de Seine (ENSAPVS), laboratoire CRH
- UMR LAVUE, associée au CRCAO
Stéphane Garnaud-Corbel, chef de service adjoint, Service « Anthro-
pisation et fonctionnement des écosystèmes terrestres », Office fran-
çais de la biodiversité (OFB), Direction de la recherche et de l?appui
scientifique
Elodie Briche, PhD / coordinatrice R&D Urbanisme Durable, Ademe,
Pôle Aménagement des villes et territoires (PAVT)
Cécile Vo Van, directrice de projet Nature en ville et Solutions fondées
sur la nature (SFN), Cerema Territoires et ville
Eduardo Blanco, docteur en aménagement de l?espace, urbanisme,
chef de projets chez Energy Cities
Valérie Charollais, directrice de la Fédération nationale des Conseils
d?architecture, d?urbanisme et de l?environnement (FNCAUE)
Morgane Flégeau, urbaniste géographe, maîtresse de conférences en
géographie et aménagement, Université de Lorraine, Laboratoire LO-
TERR (EA 7304)
Sabine Bognon, urbaniste géographe, maîtresse de conférences à
l?École d?Urbanisme de Paris, laboratoire Lab?urba
Sandrine Larramendy, chargée de mission "Approches intégrées Vé-
gétal-Paysage-Urbanisme", Plante et Cité
Marc Bourgeois, maître de conférences en géographie et aménage-
ment, HDR, Faculté des lettres et civilisations, Université Jean Moulin
Lyon 3, UMR Environnement, Ville, Société - 5600 CNRS
/ 95
96 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Thomas Redoulez, délégué général, Union professionnelle du génie
écologique (UPGE) (jusqu'en juillet 2023)
Anaïs Leger-Smith, ingénieure paysagiste, enseignante-chercheuse à
l?École nationale supérieure d?architecture de Toulouse (ENSAT), la-
boratoire de recherche en architecture (LRA)
Simon Trauet, chef de projet Trame verte et bleue et Nature en ville,
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature
(DGALN), Direction de l?eau et de la biodiversité (DEB), Sous-direc-
tion de la protection et de la restauration des écosystèmes terrestres,
Bureau de la politique de la biodiversité
Yannick Autret, expert transport, énergie et environnement, Commis-
sariat général au développement durable (CGDD), Service recherche
et innovation
Florence Drouy, cheffe du Bureau des villes et territoires durables,
Direction Générale de l'aménagement, du logement et de la nature
(DGALN), Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages
(DHUP), Sous-direction de l?aménagement durable
/ 97
POUR ALLER PLUS LOIN
Matrice première de constitution et d?évolution des
tissus urbains, le réseau viaire constitue un élément
clé de la morphogenèse urbaine. Dans un contexte de
transition écologique, le projet BioRev-Aix (Biodiver-
sité et Réseau viaire à Aix-en-Provence) interroge la
capacité de la rue à être support de fonctionnements
urbanistiques et écologiques. Croisant urbanisme
et écologie, la recherche s?appuie sur le ?tronçon de
rue? comme unité d?analyse originale pour modéliser
la morphologie urbaine et inventorier sa biodiver-
sité (malacofaune, flore spontanée, écureuil roux).
Cet élément permet d?appréhender les différentes
formes de natures urbaines de manière multisca-
laire et contextuelle, associant la prise en compte de
la rue comme lieu/habitat et comme lien/corridor.
Le tronçon de rue apparaît alors comme un élément
de recherche-action prometteur pour l?analyse des
rapports entre morphologie urbaine et biodiversité.
Organisme national de recherche et d?expérimentation
sur l?urbanisme, la construction et l?architecture, le Plan
Urbanisme Construction Architecture, PUCA, développe
à la fois des programmes de recherche incitative, et des
actions d?expérimentations. Il apporte son soutien à
l?innovation et à la valorisation scientifique et technique
dans les domaines de l?aménagement des territoires, de
l?habitat, de la construction et de la conception architec-
turale et urbaine.
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JEAN NOËL CONSALÈS, BENOIT ROMEYER
CÉCILE ALBERT, VALÉRIE BERTAUDIÈRE-MONTÈS
BRUNO VILA, MAGALI DESCHAMPS-COTTIN
FRANÇOIS HAMONIC, CHRISTINE ROBLES
BIOREV?AIX,
BIODIVERSITÉ ET
RÉSEAU VIAIRE
À AIX-EN-PROVENCE
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION ractère émi-
nemment routier des tronçons de rue considérés et de l?absence constatée
de pratiques piétonnes sur ces espaces ne présentant pas de riveraineté
bâtie, les leviers d?intervention envisagés se sont focalisés sur l?améliora-
tion, pour la faune, des connectivités longitudinale et transversale de la
voie. Puisant dans le champ de l?ingénierie écologique, les préconisations
formulées en matière de connectivité longitudinale visent d?une part le
renforcement des corridors écologiques présents le long de ces axes, par la
création de haies multi-strates sur les talus et bas-côtés et, d?autre part, la
diversification des essences plantées. Ceci afin de reconnecter les milieux
naturels et de limiter les effets négatifs induits par la fragmentation des
habitats. En ce qui concerne la connectivité transversale, les recomman-
dations portent sur la mise en place des corridors écologiques transver-
saux aux axes routiers. L?aménagement de passage à faune afin de com-
penser la rupture des écosystèmes engendrée par les axes routiers serait
ainsi à envisager. Ces passages à faune existent sous différentes formes,
souterraines et aériennes, afin de permettre les déplacements d?espèces
de tous types et de toutes tailles (écoducs, crapauduc, passages à micro-
faunes voire éco-ponts sur les autoroutes, etc.). Il est toutefois nécessaire
de bien cibler les espèces attendues afin d'ajuster les caractéristiques du
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 73
74 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
passage à leur morphologie et à leur comportement. A cet égard l'écureuil
roux qui a présidé à l'identification des tronçons de rue à potentiel de re-
naturation bénéficie de son dispositif de passage dédié : l'écuroduc.
Les voies de desserte privées
Les tronçons de rue associés aux situations de voies de desserte privées se
sont révélés être le plus souvent situés dans des résidences privées inac-
cessibles depuis l?espace public (cf. figure 25). Il s?agira alors ici de présen-
ter des outils permettant à la puissance publique d?exercer une influence
positive sur la gestion de la végétation dans ces espaces sur lesquels elle
ne dispose pas de la maîtrise foncière, au-delà du seul éventail d?outils
offerts aux collectivités, en particulier dans le cadre des plans locaux d?ur-
banisme communaux (PLU) ou intercommunaux (PLU-I) (Larramendy et
Chollet, 2022). Portant sur la mise en place d?actions incitatives et parte-
nariales de préservation des continuités écologiques situées au-delà de
l?espace public, les leviers de végétalisation présentés ici se fondent sur
diverses expériences françaises conduites par des établissements publics
de coopération intercommunale (EPCI), et en particulier des métropoles.
Parmi celles-ci, le plan de végétalisation du parc résidentiel collectif mis
en place dans le cadre du plan Nature adopté en 2021 par la métropole de
Lyon peut constituer une source d?inspiration majeure. Partant du constat
que plus de 70 % de ses espaces verts se trouvent dans l?espace privé, la
métropole de Lyon a de son côté amorcé une nouvelle politique publique
de végétalisation de son parc résidentiel collectif, et ce, tant dans les co-
propriétés privées que dans les espaces gérés par des bailleurs sociaux.
Pour inciter les acteurs concernés à s?impliquer, cette collectivité finance
ainsi une partie des travaux de végétalisation sur les espaces collectifs en
pleine terre, allant de 30 à 65 % du prix du projet (cf. figure 27). Le pour-
centage de prise en charge varie selon la priorité des quartiers en termes
de végétalisation, des essences et de la provenance des végétaux plan-
tés. Si l?exemple de la métropole de Lyon est particulièrement ambitieux,
d?autres démarches incitant le secteur privé à végétaliser les espaces dont il
est gestionnaire ont été développées dans d?autres métropoles françaises.
Ainsi en est-il de la charte « Tous unis pour plus de biodiversité » mise
en place par l?Eurométropole de Strasbourg afin de lancer des actions en
faveur de la biodiversité en partenariat avec des communes, des bailleurs
sociaux et des entreprises. Ou encore du pacte « bas carbone » développé
par la ville de Lille afin de faire adopter des engagements concrets, notam-
ment en faveur de la végétalisation, aux acteurs publics et privés de la fa-
brique urbaine. Prenant conscience du rôle clé des acteurs privés dans la
végétalisation, les métropoles françaises ont donc de plus en plus recours
à des projets de végétalisation incitatifs et partenariaux afin d?amener les
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 75
INTRODUCTION / 75
acteurs à se mobiliser en faveur de la végétalisation des espaces dont ils
ont la gestion.
Les boulevards périurbains et voies de desserte publiques
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 75
Figure 27 : Eléments de communication issus de la politique de végétalisation du parc
résidentiel collectif du Grand Lyon.
76 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Les tronçons de rue associés aux situations de boulevards périurbains et
de voies de desserte publiques peuvent être décomposés en deux sous-
classes distinctes : les boulevards périurbains et les voies de desserte pu-
bliques (cf. figure 26). Les premières se distinguent des secondes par une
plus grande largeur et par un trafic automobile plus important. Du fait de
leur double statut de tronçon de rue habité et appartenant au domaine
public, la question de la renaturation de ces deux situations de projet a
ici été abordée au travers d?un ensemble de propositions spatialisées de
végétalisation. Sur la base d?une revue de projets similaires développés
sur le territoire national, les principaux leviers identifiés en la matière
concernent la plantation, la diversification des strates et des essences
existantes, la préservation de la flore spontanée, l?élargissement des pieds
d?arbres en bandes plantées, la connectivité entre les canopées, et enfin la
végétalisation des abords de voirie incluant les bas-côtés, les terre-pleins
centraux, les places de parkings, les bandes de séparation entre modes
doux et circulation automobile, etc. Il s?agira ici de s?intéresser à la ma-
nière dont ces préconisations générales ont pu être appliquées aux spéci-
ficités des tronçons de rue considérés.
Larges et marqués par un trafic automobile important, les boulevards pé-
riurbains n?en sont pas moins bordés d?habitations. Leur renaturation de-
vrait alors intégrer les propositions d'aménagements suivantes:
- Planter des arbres sur les trottoirs afin d?augmenter la surface de la
canopée et sa connectivité,
- Diversifier les essences et augmenter le nombre de strates existantes,
- Favoriser le développement de dynamiques végétales spontanées,
- Transformer les pieds d?arbres en bandes plantées,
- Végétaliser les terre-pleins centraux,
- Végétaliser les talus et les bas-côtés des axes routiers,
- Séparer les voies douces et automobiles par des bandes plantées et
des arbres d?alignement (cf. figure 28).
LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 77
INTRODUCTION / 77LE TRONÇON DE RUE POUR (A)MÉNAGER LA BIODIVERSITÉ URBAINE / 77
Figure 28 : Propositions de renaturation des boulevards périurbains (réalisation : Ma-
thilde Pham).
78 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE / 79
Figure 29 : Propositions de renaturation des voies de desserte publiques (réalisation :
Mathilde Pham).
Caractérisées par des profils en travers plus étroits et des flux circula-
toires de moindre importance, les voies de desserte publiques réclament
d?autres types de propositions d?intervention :
- Créer des continuités entre les végétations présentes dans l?espace pu-
blic et dans l?espace privé,
- Transformer les pieds d?arbres en bandes plantées,
- Délimiter les places de parking par des fosses plantées,
- Diversifier les essences et augmenter le nombre de strates existantes,
- Mettre en place des permis de végétaliser (cf. figure 29).
INTRODUCTION / 79/ 79
Encadré n°6 : Le dispositif ?permis de végétaliser?.
Les « permis de végétaliser » sont des dispositifs publics qui mêlent
l?encadrement et l?accompagnement des initiatives de jardinage ci-
toyen dans l?espace public. Ayant connu un fort développement au
cours de la dernière décennie, ces derniers peuvent être définis comme
des « dispositifs autorisant les citadins qui le souhaitent à jardiner dans
les rues » (Ramos, 2024, p. 19). Dans la commune d?Aix-en-Provence,
un permis de végétaliser a été mis en place en 2021, mais il n?est pas
forcément connu des habitants et usagers aixois. Si ces dispositifs per-
mettent de faire participer les habitants et usagers à la production de la
ville, leur fonctionnement nécessite donc un important travail de sen-
sibilisation auprès du grand public. À noter que ces démarches « par le
bas » de végétalisation des rues peuvent également être mises en place
par des associations ou des collectifs intéressés aux enjeux de biodi-
versité urbaine et/ou de qualité de l?environnement urbain (telles que
Strasbourg ça Pousse, Belle de Bitume à Nantes, Guerrilla Gardening
à Paris, etc.). Dans les contextes périphériques étudiés, marqués par
la présence de nombreux jardins privés, l?intérêt des riverains à s?im-
pliquer dans du jardinage public n?est toutefois pas garanti et devrait
donc être envisagé au cas par cas.
CONCLUSION :
LE TRONÇON DE RUE,
UN NOUVEL OUTIL DE
RECHERCHE-ACTION
INTRODUCTION / 81 / 81
Le projet BioRev'Aix s?est intéressé aux liens entre morphologie urbaine
et biodiversité à travers l?étude du réseau viaire, considéré comme la ma-
trice première d?agencement et d?évolution des tissus urbains. Support
privilégié d?appropriations humaines et de dynamiques floristiques et
faunistiques multiples, celui-ci constitue un potentiel considérable d?es-
paces mobilisables au service de la transition écologique. Dans sa quête
d?évaluation de la capacité des voies urbaines à être supports de fonc-
tionnements urbanistiques et écologiques, la démarche de recherche
entreprise a mis en exergue la production d?une unité d?analyse morpho-
logique originale : le « tronçon de rue ». Cet élément permet d?appréhen-
der les différentes formes de natures urbaines de manière multiscalaire et
contextuelle, associant la prise en compte de la rue comme lieu/habitat
et comme lien/corridor. Le tronçon de rue apparaît alors comme un élé-
ment de recherche-action prometteur pour l?analyse des rapports entre
morphologie urbaine et biodiversité.
A partir du cas d?Aix-en-Provence, l?utilisation du tronçon de rue a ain-
si permis de démontrer que les relations morphologie-biodiversité ne
peuvent s?envisager que de façon multiscalaire :
- A l'échelle du territoire, le maintien des populations d?écureuils roux
apparaît dépendant de l?existence de continuités écologiques, en parti-
culier dans les situations périphériques de franges ville-nature.
- A l?échelle de la ville, la présence de la flore spontanée, par-delà le
seul gradient d?urbanisation, est tributaire d?une certaine influence de
la morphologie urbaine,
- A l?échelle locale, la malacofaune (escargots) demeure principale-
ment inféodée aux agencements urbains et à la proximité d?autres es-
paces à caractère naturel pouvant servir de relais.
L?utilisation du tronçon de rue a en outre permis de souligner l?importance
du système de l?arbre (l?arbre et la végétation sise à son pied) dans une
approche biodiversitaire de la morphologie urbaine qui doit, par ailleurs,
composer avec des logiques intégrant les espaces privés. Les résultats
d?enquêtes auprès des habitants, usagers et acteurs institutionnels confir-
ment non seulement l?importance de l?arbre dans les représentations de
la nature urbaine et dans la fourniture de services écosystémiques mais
aussi l?intérêt du tronçon de rue comme support concret d?analyse et de
gestion. Une nouvelle gouvernance plus intégrative de l?arbre, pris en tant
que socio-écosystème de proximité, est donc souhaitable pour dépasser
les complexités et les tensions qui caractérisent actuellement la gestion de
différentes formes de natures urbaines.
L?appréhension du tronçon de rue comme élément d?un réseau viaire
interconnecté a enfin permis le développement d?un outil d?aide à la
82 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
décision innovant mis à la disposition des partenaires de la ville d?Aix-
en-Provence afin d?accompagner la mise en oeuvre de sa politique de vé-
gétalisation. L?outil proposé offre ainsi des éléments concrets de priorisa-
tion sur les tronçons de rue offrant le plus fort potentiel d?amélioration des
connectivités écologiques du territoire. Actuellement fondé sur le modèle
théorique de dispersion de l?écureuil roux, cet outil est en phase d?expé-
rimentation in situ pour le mettre à l?épreuve de relevés de terrain. Il offre
également des perspectives de développement par l?intégration d?autres
modèles faune/flore relevant d?autres échelles et d?autres modes de dis-
persion en vue de le rendre plus efficient. Il peut aussi, à terme, permettre
l?intégration d?autres types de trames relevant des besoins de mobilités
des non-humains (trame brune, noire, ?) et des humains (réseau de mo-
bilités douces piétons, cyclistes), dans une logique de co-optimisation.
Pour toutes ces raisons, le tronçon de rue, pris à la fois comme objet
d?études interdisciplinaires et comme échelle d?intervention urbanistique
tangible, mérite d?être scientifiquement affiné et développé dans le cadre
de recherches-actions, notamment pour sa capacité à soutenir l?amé-
lioration des connectivités écologiques et, ce faisant, l?aménagement de
trames vertes urbaines véritablement fonctionnelles.
INTRODUCTION / 83 / 83
84 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
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88 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
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INTRODUCTION / 89 / 89
BIOGRAPHIES DES
AUTEUR(E)S
INTRODUCTION / 91
Jean Noël Consalès est professeur (HDR) à l'Université Lumière
Lyon 2 et au Laboratoire d'Etudes Rurales. Ses travaux portent sur les
paysages des "Métropoles-Jardins", concept qui structure sa démarche
de recherche. Il se penche plus spécifiquement sur la place de la na-
ture, notamment de l'agrobiodiversité, dans la planification et l'amé-
nagement des territoires.
Benoit Romeyer est maître de conférences en aménagement et ur-
banisme à l?Université d?Aix-Marseille et chercheur au Laboratoire
Interdisciplinaire Environnement et Urbanisme LIEU UR 889. Ses re-
cherches concernent l?aménagement du réseau viaire, la conception
des espaces publics et la planification paysagère.
Cécile Albert est directrice de recherche (HDR) du CNRS à l'Institut
Méditerranéen de Biodiversité et d'Ecologie marine et continentale.
Ses travaux portent sur les effets de la perte et de la fragmentation des
habitats naturels sur la biodiversité, en lien avec les questions d'amé-
nagement des territoires et l'adaptation aux changements climatiques.
Valérie Bertaudière-Montès est maîtresse de conférences en écologie
végétale, au Laboratoire Population-Environnement-Développement
d?Aix-Marseille Université. Ses travaux de recherches portent sur la dy-
namique de la biodiversité en milieux fortement anthropisés, notam-
ment dans les territoires urbanisés ; elle y développe des démarches
de recherche interdisciplinaires SHS/sciences du vivant visant à une
approche intégrée des déterminants des communautés floristiques en
place.
Bruno Vila est maître de conférences en écologie et botanique, au La-
boratoire Population-Environnement-Développement à l?Université
d?Aix-Marseille. Il travaille en systématique végétale dans les hotspots
de biodiversité mais ses travaux portent également sur la structure et
la composition de la biodiversité en milieu urbain. Il étudie différentes
communautés et leurs capacités de maintien en portant une attention
particulière aux milieux relictuels pouvant subsister en ville et jouer le
rôle de zones refuges.
/ 91
92 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Magali Deschamps-Cottin est maîtresse de conférences en écologie
urbaine au Laboratoire Population-Environnement-Développement à
l?Université d?Aix-Marseille. Elle étudie la dynamique des communau-
tés animales dans les écosystèmes anthropisés et notamment les mé-
canismes de maintien ou de colonisation des espèces en relation avec
les modes de gestion de ces espaces. Ses recherches sont conduites
en interdisciplinarité avec des sociologues, géographe et urbanistes en
collaboration avec des gestionnaires d?espaces urbanisés.
François Hamonic est postdoctorant en informatique et écologie à
l?Institut Méditerranéen de Biodiversité et d?Écologie marine et conti-
nentale (IMBE, UMR 7263). Ses recherches portent sur les problèmes
d?optimisation liés à la planification de la conservation et de la restau-
ration de la biodiversité, en tenant compte de contraintes budgétaires.
Christine Robles est maîtresse de conférences en écologie végétale
au Laboratoire Population Environnement Développement d'Aix
Marseille Université. Ses recherches portent sur les communautés vé-
gétales spontanées en milieu urbain ou plus généralement dans les
écosystèmes fortement anthropisés dont elle étudie la composition et
la dynamique en relation avec les caractéristiques fonctionnelles de
l?écosystème.
Stagiaires du projet
Maia Barrère est chargée d'études au SAMU de l'environnement Al-
sace, une association centrée sur l'analyse des pollutions ponctuelles
et l'accès au diagnostic environnemental. Les travaux présentés ici ont
été réalisés lorsqu'elle était en stage de Master 2 de Biodiversité, Eco-
logie et Evolution à l?Université d?Aix-Marseille.
Marybel Bernardet est chargée de missions écologue au sein de
l?Agence Occitanie Méditerranée du Bureau d?études Biotope. Les tra-
vaux présentés ici ont été réalisés lorsqu?elle était en Master 1 Biodi-
versité Ecologie Evolution dans le parcours Ecologie pour la gestion
des villes et des territoires à l?Université d?Aix-Marseille.
Florine Francotte est co-directrice de l'association Les Jardins du
Cygne, association d'éducation à l'environnement et de reboisement
dans le Nord de la France. Elle contribue à développer la protection
de la nature grâce à la sensibilisation de différents publics et participe
à la préservation du patrimoine bocager.
INTRODUCTION / 93 / 93
Baptiste Le Guen est chargé de mission Natura 2000 au sein du Ser-
vice biodiversité terrestre Marine et aires protégées à la Métropole Aix
Marseille Provence. Les travaux présentés ici ont été réalisés lorsqu?il
était en Master 1 Biodiversité Ecologie Evolution dans le parcours
Ecologie pour la gestion des villes et des territoires à l?Université
d?Aix-Marseille.
Noémie Montel est chargée d'études en urbanisme et environnement
au bureau d'études IAD en Haute-Saône. Elle y réalise des diagnos-
tics urbains et paysagers ainsi que des études écologiques. Son travail
consiste principalement à accompagner les collectivités dans la réa-
lisation de leur document d'urbanisme (PLU, carte communale, ...).
Mathilde Pham est chargée de mission habitat au sein du bureau
d?études Urbanis. Elle travaille sur des études de faisabilité concer-
nant la rénovation de l?habitat privé sur les quartiers de Belsunce et
Grands-Carmes Villette à Marseille ainsi que sur l?OPAH LHI du centre
ville de Marseille.
Romain Wilmes continue des études sur l'éducation à la nature et à
l'environnement. Désireux de partager ses connaissances et son expé-
rience, il s'investit également dans l?enseignement.
CONSEIL SCIENTIFIQUE DU
PROGRAMME BAUM
INTRODUCTION / 95
Hélène Peskine, secrétaire permanente du PUCA (2017-2024),
co-présidente du Conseil scientifique
Philippe Clergeau, professeur émérite au Muséum national d'his-
toire naturelle (MNHM), directeur scientifique du programme BAUM,
co-président du Conseil scientifique
Xavier Lagurgue, architecte DPLG associé XLGD architectures, pro-
fesseur à l?Ecole nationale supérieure d?architecture Paris-La-Villette
(ENSAPLV), chercheur GERPHAU EA 7486, associé CESCO, UMR 7204
Sébastien Barot, directeur de recherche à l'Institut de la recherche et
du développement (IRD), à l'Institut d'écologie et des sciences de l'en-
vironnement-Paris (IEES-Paris)
Corinne Tiry-Ono, architecte, professeure à l'Ecole nationale supé-
rieure d?architecture Paris-Val de Seine (ENSAPVS), laboratoire CRH
- UMR LAVUE, associée au CRCAO
Stéphane Garnaud-Corbel, chef de service adjoint, Service « Anthro-
pisation et fonctionnement des écosystèmes terrestres », Office fran-
çais de la biodiversité (OFB), Direction de la recherche et de l?appui
scientifique
Elodie Briche, PhD / coordinatrice R&D Urbanisme Durable, Ademe,
Pôle Aménagement des villes et territoires (PAVT)
Cécile Vo Van, directrice de projet Nature en ville et Solutions fondées
sur la nature (SFN), Cerema Territoires et ville
Eduardo Blanco, docteur en aménagement de l?espace, urbanisme,
chef de projets chez Energy Cities
Valérie Charollais, directrice de la Fédération nationale des Conseils
d?architecture, d?urbanisme et de l?environnement (FNCAUE)
Morgane Flégeau, urbaniste géographe, maîtresse de conférences en
géographie et aménagement, Université de Lorraine, Laboratoire LO-
TERR (EA 7304)
Sabine Bognon, urbaniste géographe, maîtresse de conférences à
l?École d?Urbanisme de Paris, laboratoire Lab?urba
Sandrine Larramendy, chargée de mission "Approches intégrées Vé-
gétal-Paysage-Urbanisme", Plante et Cité
Marc Bourgeois, maître de conférences en géographie et aménage-
ment, HDR, Faculté des lettres et civilisations, Université Jean Moulin
Lyon 3, UMR Environnement, Ville, Société - 5600 CNRS
/ 95
96 / BIOREV?AIX - BIODIVERSITÉ ET RÉSEAU VIAIRE À AIX-EN-PROVENCE
Thomas Redoulez, délégué général, Union professionnelle du génie
écologique (UPGE) (jusqu'en juillet 2023)
Anaïs Leger-Smith, ingénieure paysagiste, enseignante-chercheuse à
l?École nationale supérieure d?architecture de Toulouse (ENSAT), la-
boratoire de recherche en architecture (LRA)
Simon Trauet, chef de projet Trame verte et bleue et Nature en ville,
Direction générale de l?aménagement, du logement et de la nature
(DGALN), Direction de l?eau et de la biodiversité (DEB), Sous-direc-
tion de la protection et de la restauration des écosystèmes terrestres,
Bureau de la politique de la biodiversité
Yannick Autret, expert transport, énergie et environnement, Commis-
sariat général au développement durable (CGDD), Service recherche
et innovation
Florence Drouy, cheffe du Bureau des villes et territoires durables,
Direction Générale de l'aménagement, du logement et de la nature
(DGALN), Direction de l'habitat, de l'urbanisme et des paysages
(DHUP), Sous-direction de l?aménagement durable
/ 97
POUR ALLER PLUS LOIN
Matrice première de constitution et d?évolution des
tissus urbains, le réseau viaire constitue un élément
clé de la morphogenèse urbaine. Dans un contexte de
transition écologique, le projet BioRev-Aix (Biodiver-
sité et Réseau viaire à Aix-en-Provence) interroge la
capacité de la rue à être support de fonctionnements
urbanistiques et écologiques. Croisant urbanisme
et écologie, la recherche s?appuie sur le ?tronçon de
rue? comme unité d?analyse originale pour modéliser
la morphologie urbaine et inventorier sa biodiver-
sité (malacofaune, flore spontanée, écureuil roux).
Cet élément permet d?appréhender les différentes
formes de natures urbaines de manière multisca-
laire et contextuelle, associant la prise en compte de
la rue comme lieu/habitat et comme lien/corridor.
Le tronçon de rue apparaît alors comme un élément
de recherche-action prometteur pour l?analyse des
rapports entre morphologie urbaine et biodiversité.
Organisme national de recherche et d?expérimentation
sur l?urbanisme, la construction et l?architecture, le Plan
Urbanisme Construction Architecture, PUCA, développe
à la fois des programmes de recherche incitative, et des
actions d?expérimentations. Il apporte son soutien à
l?innovation et à la valorisation scientifique et technique
dans les domaines de l?aménagement des territoires, de
l?habitat, de la construction et de la conception architec-
turale et urbaine.
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°4
JEAN NOËL CONSALÈS, BENOIT ROMEYER
CÉCILE ALBERT, VALÉRIE BERTAUDIÈRE-MONTÈS
BRUNO VILA, MAGALI DESCHAMPS-COTTIN
FRANÇOIS HAMONIC, CHRISTINE ROBLES
BIOREV?AIX,
BIODIVERSITÉ ET
RÉSEAU VIAIRE
À AIX-EN-PROVENCE
INVALIDE)