Efficacité (L') énergétique en Europe : politiques et bonnes pratiques. Panorama
Auteur moral
Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (France)
Auteur secondaire
Dyèvre, Nicolas (coord.)
Résumé
"Ce document présente une vision globale des actions d'efficacité énergétique entreprises en Europe. Après avoir décrit les principales politiques communautaires et les grandes tendances, il expose les mesures et les politiques les plus illustratives par secteur consommateur.<br />Il en résulte 11 chapitres thématiques compre- nant chacun les enieux et les tendances des consommations du secteur. Il est complété par une revue des principaux types de mesures existantes, afin de mettre en avant les actions les plus diffusées en Europe. En complément, deux' mesures concrètes sélectionnées parmi les plus communes et/ou les plus innovantes y sont décrites.<br />Entre 1990 et 2013, l'efficacité énergétique s'est améliorée de 1,2% par an dans 'UE. 40 % de ces économies proviennent de l'industrie, 36 % du bâtiment et le reste des transports. Ces performances sont dues à la mise en oeuvre de politiques communautaires de plus en plus restrictives et aux actions nationales fortes des Etats membres. Cependant, les analyses montrent que l'objectif de 20 % d'économies d'énergie en 2020 ne sera pas atteint dans la situation actuelle. La Commission européenne a donc lancé plusieurs nouvelles mesures, dont la Directive sur l'Efficacité Énergétique de 2012 ou lUnion de l'énergie de 2015.De même certains pays ont mis en place des politiques plus volontaristes : transition énergétique en France, tournant énergétique en Allemagne, green deal au Royaume-Uni, par exemple." (4ème de couv.)
Editeur
ADEME
Descripteur Urbamet
efficacité énergétique
Descripteur écoplanete
Thème
Énergie - Climat
Texte intégral
P A
N
O
R
A
M
A
L?EFFICACITÉ
ÉNERGÉTIQUE
EN EUROPE
POLITIQUES ET BONNES PRATIQUES
Ce document est édité par l?ADEME
ADEME
20, avenue du Grésillé
BP 90406 | 49004 Angers Cedex 01
Coordination éditoriale : Nicolas Dyèvre, Direction de l?Action
Internationale, ADEME
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Pollier sous la direction de Bruno Lapillonne)
ADEME (Nicolas Dyèvre et Christine Bolinches)
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Brochure réf. 00000
ISBN : 000-0-00000-000-0 - Juillet 2016 - 600 exemplaires
Dépôt légal : ©ADEME Éditions, avril 2016
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et non destinées à une utilisation collective, ainsi que les analyses et courtes
citations justifiées par le caractère critique, pédagogique ou d?information
de l?oeuvre à laquelle elles sont incorporées, sous réserve, toutefois, du
respect des dispositions des articles L 122-10 à L 122-12 du même Code,
relatives à la reproduction par reprographie.
Les études réalisées pour le
Conseil Mondial de l?Énergie
confirment que l?Union européenne
est bien la championne du monde de
l?efficacité énergétique, alors même
que certains États Membres font partie
des plus gros consommateurs de la
planète.
Les analyses de la Commission européenne
vont dans le même sens et montrent que la
performance énergétique du continent s?est
améliorée de 15 % entre 2000 et 2013.
Ainsi, sans les économies d?énergie réalisées, la
consommation finale de l?Union européenne
serait aujourd?hui de 160 millions de tonnes
équivalent pétrole plus élevée.
Cependant, ce constat positif ne doit pas
masquer un ralentissement généralisé des
performances au cours des dernières années.
Cette baisse est en grande partie due à l?impact
de la crise économique sur les investissements
indispensables à des politiques de maîtrise de
l?énergie d?envergure et elle fragilise l?atteinte de
l?objectif de 20 % d?économies d?énergie en 2020.
Dans ce contexte difficile, l?Europe a établi une
feuille de route pour une énergie faiblement
carbonée en 2050, avec un objectif de réduction
de 80 à 95 % des émissions de gaz à effet de serre
par rapport à 1990. Par ailleurs, les négociations
internationales en cours pour la lutte contre le
changement climatique visent un accord pour
limiter la hausse des températures à moins de 2°C.
Le renforcement de la maîtrise de l?énergie doit
donc, plus que jamais, demeurer une priorité des
politiques énergétiques en Europe. La nouvelle
Directive sur l?efficacité énergétique d?octobre
2012, l?élaboration en 2014 du « nouveau cadre
relatif au climat et à l?énergie pour 2030 » ou le
lancement en 2015 de « l?Union de l?énergie »
par exemple, sont autant de mesures de l?Union
européenne allant dans ce sens. De même dans
les États Membres, de nombreuses politiques
volontaristes sont mises en place : loi sur la
transition énergétique pour une croissance verte
en France, « Tournant énergétique » en Allemagne,
New Green Deal au Royaume-Uni etc.
Quelles que soient les actions entreprises à court
ou moyen terme, il est certain que la mise en
commun des bonnes pratiques de chacun est
nécessaire pour permettre la diffusion la plus
large des politiques ayant fait leurs preuves ou
particulièrement prometteuses.
C?est dans le but de participer concrètement à
ce partage des connaissances et à l?information
du plus grand nombre que l?ADEME édite ce
document. Il présente par grands secteurs
consommateurs, les mesures relatives à l?efficacité
énergétique mises en oeuvre par les pays
européens, et des exemples significatifs sont mis
en exergue dans chaque domaine. Cet ouvrage
résulte de l?apport unique d?un réseau européen
fort de 24 agences nationales de maîtrise de
l?énergie, le Club EnR. Il s?appuie en grande partie
sur les informations contenues dans la base de
données européennes MURE coordonnée par
l?ADEME et qui recense les mesures d?utilisation
rationnelle de l?énergie dans 29 pays.
L?ADEME entend développer la publication et
l?actualisation de ce type de travaux, afin que
chacun puisse bénéficier des acquis de ses
partenaires et se préparer au mieux à relever les
défis énergétiques du 21e siècle.
PAGE 3L?efficacité énergétique en Europe
AVANT-
PROPOS
François Moisan
Directeur Exécutif pour la Stratégie
La Recherche et l?International
? ADEME
INTRODUCTION
CHAPITRE 1 Les constructions neuves :
vers les logements zéro énergie
CHAPITRE 2 Les rénovations et usages thermiques
dans le secteur résidentiel
CHAPITRE 3 Les équipements électriques performants
dans le bâtiment
CHAPITRE 4 La précarité énergétique
CHAPITRE 5 Le secteur public exemplaire
CHAPITRE 6 L?industrie
CHAPITRE 7 Les petites et moyennes entreprises
CHAPITRE 8 Les transports de passagers
CHAPITRE 9 Les transports de marchandises
CHAPITRE 10 L?agriculture
CHAPITRE 11 Les mesures transversales
ENSEIGNEMENTS ET RECOMMANDATIONS
LISTE DES ABRÉVIATIONS
LISTE DES ENCADRÉS
PAGE 4 L?efficacité énergétique en Europe
SOM-
MAIRE
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page 17
page 24
page 31
page 37
page 42
page 47
page 53
page 56
page 63
page 69
page 73
page 79
page 84
page 85
INTRO-
DUCTION
L?efficacité
énergétique
en Europe
PAGE 5L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 6 L?efficacité énergétique en Europe
Les différentes analyses de la Commission Européenne (CE) montrent que l?objectif de 20 %
d?économies d?énergie en 2020, par rapport aux projections de consommations estimées dans le
livre vert de 2005, ne sera pas atteint dans l?état actuel des politiques mises en oeuvre. En consé-
quence, les bénéfices économiques, environnementaux et sociaux ne seront pas aux niveaux
attendus. De même, les avantages liés à une meilleure sécurité d?approvisionnement et à une
moindre dépendance énergétique ne seront pas atteints. La figure 1 ci-dessous illustre les efforts
qu?il reste à entreprendre dans chacun des secteurs pour réaliser cet objectif 2020. Les études
entreprises pour expliquer ce retard montrent qu?il est principalement dû à la mise en place de
réglementations et de mesures d?efficacité énergétique trop peu ambitieuses.
Dans ce contexte, la CE a pris conscience
des efforts à faire et a lancé plusieurs ini-
tiatives, dont la Directive relative à l?Effica-
cité Energétique (DEE) adoptée en octobre
2012. Les États Membres (EM) ont égale-
ment proposé d?importantes mesures,
notamment dans le cadre de leurs Plans
Nationaux d?Actions pour l?Efficacité En-
ergétique (PNAEE) imposés par une pré-
cédente directive de 2006 relative à « l?ef-
ficacité énergétique dans les utilisations
finales et aux services énergétiques ».
L?objectif de ce document est de présenter
une vision globale des actions entreprises
en matière d?efficacité énergétique en Eu-
rope. Après avoir décrit en introduction
les principales politiques communautaires
et les grandes tendances en matière d?ef-
ficacité énergétique, cette brochure pré-
sente les mesures et les politiques les plus
illustratives par secteur consommateur. Il
en résulte un découpage en 11 chapitres
thématiques s?articulant chacun en trois
sections. Dans une section introductive,
un rappel des tendances des consomma-
tions et de l?efficacité énergétique décrit le
contexte et les enjeux du secteur concerné ;
il est complété par une revue des princi-
paux types de mesures existantes, afin de
mettre en avant les actions les plus diffu-
sées en Europe. Dans les deux sections sui-
vantes, deux types de mesures sélection-
nées parmi les plus communes et/ou les
plus innovantes sont décrites.
Po
te
nt
ie
l é
co
no
m
iq
ue
(M
te
p)
Secteur partiellement couvert
par la Directive CHP
Secteurs couverts par l'ESD
0
20
40
60
80
100
120
140
Efforts additionnels demandésÉconomies réalisées
Secteur énergieTransportRésidentielCommerceIndustrie
Figure 1 : Performances attendues en 2020 avec les mesures adoptées jusqu?en 2010
et efforts supplémentaires à mettre en oeuvre
So
ur
ce
: D
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A
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79
)
PAGE 7L?efficacité énergétique en Europe
ODYSSEE-MURE : outils d'évaluation des politiques
d'efficacité énergétique en Europe
Le projet européen ODYSSEE-MURE, coordonné par l?ADEME et soutenu par le programme
Horizon 2020 de l?UE a permis de mettre en place des outils de référence pour l?élaboration et
l?évaluation des politiques d?efficacité énergétique des États membres de l?UE et de la Norvège
(www.odyssee-mure.eu).
ODYSSEE : une base de données sur les indicateurs d'efficacité énergétique et d?émissions de
CO2 par secteur et usage. Les indicateurs sont de plusieurs natures afin de couvrir l?ensemble des
dimensions de l?efficacité énergétique :
? les indicateurs économiques établissant un rapport entre la consommation énergétique et
des variables macro-économiques (indicateurs d?intensité énergétique) ;
? les indicateurs technico-économiques établissant un rapport entre la consommation énergé-
tique ou les émissions de CO2 et un indicateur physique d'activité (par exemple : litres/100 km
des voitures, tep/t d'acier de l?industrie, kWh/réfrigérateur ;
? les indicateurs de diffusion sur la pénétration des technologies ou mesures efficaces (chau-
dières à condensations, réfrigérateurs de classe A, A+, part du transport collectif etc.).
? les indicateurs de benchmark qui ont pour vocation de montrer les meilleures performances
sectorielles ou par usage en Europe.
? Les indicateurs ajustés pour permettre des comparaisons pertinentes entre les pays.
MURE : une base de données sur les mesures d?utilisation rationnelle de l?énergie.
La base de données MURE recense toutes les mesures d?utilisation rationnelle de l?énergie mises
en oeuvre au niveau national dans tous les pays de l?UE et la Norvège. Les mesures peuvent
être interrogées selon différents critères (types de mesures, acteurs, cible de la mesure, type
d?impact). MURE indique également lorsqu?elles sont disponibles les évaluations ex-post des
mesures existantes. Elle recense environ 1 000 mesures actuellement mis en oeuvre en Europe.
C?est le seul outil fournissant un panorama aussi complet des politiques d?efficacité énergétique
nationales et européennes.
Ce document ne se veut bien entendu
pas exhaustif, et pour illustrer chacun des
chapitres, des éclairages spécifiques sont
apportés sur une trentaine de mesures
particulièrement intéressantes, choisies en
fonction de différents critères tels que leur
impact, la cohérence de leur mise en oeuvre
ou la bonne évaluation qui en a été faite.
Cette analyse des politiques et mesures
s?est principalement appuyée sur la base
de données MURE (voir encadré), ainsi que
sur les PNAEE des différents EM. Les ten-
dances de l?efficacité énergétique sont,
quant à elles, illustrées à partir d?indica-
teurs issus de la base de données ODYSSEE
(voir encadré).
PAGE 8 L?efficacité énergétique en Europe
Politiques et objectifs de l?UE pour l?efficacité énergétique
Les principaux objectifs de l?UE en matière d?efficacité énergétique, d?énergie renouvelable
et de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES)
? et les principales politiques et Directives de l?UE depuis 2000
2010 2012 2016
aujourd?hui
2020 20502030
20% renouvelable
dans la conso
primaire
d?électricité
9% d?économie
d?énergie
(ref. 2008 ;
conso finale)
20% d?économie
d?énergie
(ref. BaU ; énergie
primaire)
Objectif EU 2020:
changement
climatique
et énergie
20 % de réduction
de GES (ref. to 1990)
20% de renouvelable
dans la conso finale
d?énergie, dont 10%
de biocarburant)
EUROPE 2030
targets: climate
change and energy
27% de
renouvelable dans
la conso finale
d?énergie
40 % de réduction
de GES (ref. to 1990)
27% à 30 %
d?économie
d?énergie (ref. BaU ;
énergie primaire)
Feuille de route
économie
faiblement
carbonnée 2050
80 % de réduction
de GES (ref. to 1990)
30 % de réduction
de consommation
d?énergie
(ref. 2005)
8% de
réduction de GES
(ref. 1990)
18% de
cogénération dans
la conso primaire
d?électricité
5,75 %
biocarburant
2000 2010
Système d?échange de quotas de GES (ETS) (2005)
Norme d?émission pour les VUL (510/2011)
Réduction émissions CO2 des voitures (443/2009)
Promotion des énergies renouvelables (2009/28/CE)
Plan d?action d?efficacité
énergétique (COM 2006/545) Plan d?action d?efficacité énergétique (COM 2011/109)
CHP promotion (2004/8/CE)
ESD (2006/32/CE) Directive efficacité énergétique (2012/22/EU)
EPBD 1 (2009/91/EC) EPBD 2 (2010/31/UE)
Directive étiquetage (2010/30/CE)
Directive écoconception (2009/125/CE)
PAGE 9L?efficacité énergétique en Europe
Dès les années 1990 l?UE s?est préoccupée
de réduire les consommations d?énergie
L?UE a placé de longue date l?énergie au
coeur de ses préoccupations. Les premiers
textes relatifs à l?efficacité énergétique
sont apparus dès 1992, avec l?adoption
d?une série de mesures d?ordre sectoriel.
Une Directive, en date du 22 septembre
1992, a instauré la création d?étiquettes
indiquant la consommation d?énergie de
certains appareils domestiques. Sont ainsi
apparues les étiquettes énergie (du A pour
les appareils les plus sobres au G pour les
plus « énergivores »).
Trois Directives ont été par la suite
successivement adoptées dans les
années 2000
Trois directives concernant les perfor-
mances énergétiques des bâtiments (voir
chapitre Constructions neuves, EPBD), l?ef-
ficacité énergétique dans les utilisations
finales et les services énergétique (Direc-
tive ESD Energy Service Directive) et l?éco
conception (voir chapitre sur les équipe-
ments électriques performants dans le bâ-
timent) ont été successivement adoptées
entre 2002 et 2008. La Directive ESD a obli-
gé les états membres à préparer tous les 3
ans un PNAEE (voir page 11), dont le dernier
a été remis en juin 2011. Avec l?analyse des
éléments nationaux disponibles, il est rapi-
dement apparu que les objectifs souhaités
ne seraient pas atteints.
Le paquet climat énergie et le 3*20
Le paquet climat énergie et l?objectif 3*20
sont venus renforcer et surtout globaliser
la vision de la CE concernant l?efficacité
énergétique, avec un objectif de 20 %
d?économie d?énergie primaire d?ici 2020
par rapport aux projections de consomma-
tion estimées dans le livre vert de 2005. Dès
lors l?efficacité énergétique devenait un
objectif essentiel au même titre que la di-
minution de 20 % des émissions de GES et
l?atteinte de 20 % d?énergies renouvelables
dans le bouquet énergétique.
La dernière directive sur l?efficacité
énergétique
La nouvelle DEE du 25 octobre 2012 offre
un cadre juridique au dernier des trois ob-
jectifs du « paquet climat énergie ». En ef-
fet, jusqu?à présent, seuls les deux objectifs
de réduction des émissions de gaz à effet
de serre et d?énergie renouvelable dans le
bouquet énergétique disposaient d?une
traduction réglementaire, avec une décli-
naison à l?échelle nationale. Cette nouvelle
directive vient également en substitution à
la directive ESD de 2006 et à celle du 11 fé-
vrier 2004 (2004/8/CE) sur la cogénération.
Dans ce cadre, les EM doivent principale-
ment :
? Procéder à la rénovation de 3 % par an
du parc immobilier public.
? Atteindre une économie d?énergie de
1,5 % par an d?ici à 2020 (sur les ventes
d?énergie) en mettant en oeuvre des
CO2
- 20 %
d'émissions de
CO2 par rapport
à 1990
- 20 %
une économie
d'énergie primaire
de 20 % par rapport
au scénario du livre
vert de 2005
+ 20 %
de parts
d'énergies
renouvelables
PAGE 10 L?efficacité énergétique en Europe
mécanismes d?obligations d?écono-
mies d?énergie pour les distributeurs ou
fournisseurs d?énergie, ou des mesures
équivalentes.
? Imposer des audits énergétiques aux
grandes entreprises.
? Permettre aux clients finaux d?obtenir
des informations sur leurs facturations.
? Veiller à l?existence de systèmes de qua-
lification, d?agrément et de certification.
? Encourager à la mise en place d?un mar-
ché des services énergétiques et l?accès
des petites et moyennes entreprises
(PME) à ce marché.
? Établir une feuille de route à long terme
visant à rendre le secteur du bâtiment
plus efficace sur le plan énergétique d?ici
2050 (bâtiments commerciaux, publics
et privés inclus).
Feuille de route 2050 : document cadre
pour fixer les grands axes permettant
à l?UE d?évoluer vers une économie
faiblement carbonée
En vue de limiter à 2°C le ré-
chauffement de la planète
lié au changement clima-
tique, le Conseil européen
a confirmé en février 2011
l?objectif de l?UE de réduire ses émissions
de GES de 80 % à 95 % d?ici 2050 par rap-
port au niveau de 1990. L?UE pourrait ainsi
utiliser 30 % moins d?énergie en 2050 par
rapport aux niveaux de consommation de
2005 (voir feuille de route sur www.eur-lex.
europa.eu). En complément, la CE prépare
un cadre intermédiaire relatif au climat et à
l?énergie sur la période allant jusqu?à 2030.
L?Union de l?énergie
La future Union de l?Énergie introduite
par la Commission européenne en Février
2015 fixe pour ambition à l?Europe de dis-
poser d?une énergie sûre, abordable et
respectueuse du climat. Elle comprend 5
volets étroitement liés qui se renforcent
mutuellement : sécurité de l?approvision-
nement, interconnexions des marchés
de l?énergie, efficacité énergétique, ré-
duction des émissions de gaz à effet de
serre, recherche et innovation.
À titre d?exemple la diversification de l?offre
de gaz se fera grâce à l?exploitation du GNL,
solution de secours en cas de crise d?ap-
provisionnement par les réseaux existants.
Un nouveau cadre réglementaire pour les
échanges gaziers ainsi que des partena-
riats stratégiques avec l?Algérie, la Turquie
et d?autres fournisseurs potentiels seront
également privilégiés afin de sécuriser l?ap-
provisionnement en énergie.
Par ailleurs, on constate qu?actuellement
les réseaux européens de transport de gaz
et d?électricité sont trop fragmentés pour
un fonctionnement optimal du marché in-
térieur. Un objectif minimal spécifique d?in-
terconnexion a été fixé pour l?électricité :
d?ici à 2020, 10 % de la capacité installée
de la production des États membres devra
ainsi être interconnecté. La transition vers
un système énergétique européen plus sûr
et durable nécessitera des investissements
dans la production, les réseaux et l?effi-
cacité énergétique que l?on estime à 200
milliards d?¤ par an pendant la prochaine
décennie.
L?amélioration de l?efficacité énergétique
en particulier des bâtiments et des moyens
de transport est aussi au coeur des préoc-
cupations de l?Union de l?énergie. D?impor-
tants gains sont attendus pour ces deux
secteurs, afin d?atteindre l?objectif indicatif
consistant à améliorer l?efficacité énergé-
tique au niveau de l?UE d?au moins 27 % à
l?horizon 2030 (voir 30 % après un nouvel
examen de la situation en 2020).
PAGE 11L?efficacité énergétique en Europe
Une politique climatique ambitieuse devra
aussi être une composante importante de
la future Union de l?Énergie. Elle reposera
sur 3 fondements : un marché du carbone
organisé à l?échelle de l?UE, des objectifs
nationaux de réduction des gaz à effet de
serre (pour les secteurs non couverts par le
système d'échange de quotas d'émissions)
ainsi que le recours aux énergies renouve-
lables (confirmation des 20 % d?EnR dans
le bouquet énergétique d?ici à 2020).
Enfin, l?Europe devra également miser sur
la mise en place d?une nouvelle stratégie
de recherche et d?Innovation (R&I) no-
tamment pour la prochaine génération de
technologies liées aux énergies renouve-
lables et aux solutions de stockage.
Le dispositif de suivi des politiques prévu
pour l?application de la Directive impose à
chaque État membre l?élaboration de trois
PNAEE contenant les mesures et les cadres
institutionnels et juridiques mis en oeuvre
pour garantir une utilisation finale efficace
de l?énergie, et respecter ainsi les engage-
ments pris.
Le premier Plan, présenté par les États
membres en 2007, établit un objectif inter-
médiaire pour la troisième année d?appli-
cation (2010) et définit les mesures spéci-
fiques associées à sa réalisation. En 2009,
La CE a réalisé une évaluation détaillée
des Plans d?action nationaux, montrant de
grandes disparités dans leurs qualités et
leurs fiabilités.
Les deuxièmes plans soumis en 2011 par
les EM ont présenté une évaluation appro-
fondie du premier PNAEE, en même temps
qu?ils ont précisé les mesures complémen-
taires nécessaires à la réalisation de 9 %
d?économies d?énergie pour l?année 2016,
par rapport à la moyenne des consomma-
tions de 2001 à 2005.
En 2013, chaque EM a présenté à la CE
ses objectifs indicatifs d?ici 2020, en ligne
avec la nouvelle DEE. S?il est estimé qu?ils
ne sont pas suffisants pour atteindre l?ob-
jectif global, les EM devront les réévaluer.
Chaque État a présenté ou présentera
ensuite régulièrement des plans d?action
pour l?efficacité énergétique (2014, 2017 et
2020).
Les programmes des EM : les Plans Nationaux
d?Actions pour l?Efficacité Energétique
PAGE 12 L?efficacité énergétique en Europe
La consommation d?énergie finale
La consommation d?énergie finale de l?UE
s?élève à 1 102 Mtep en 2013. Elle a crû en
moyenne de 0,5 % / an ces vingt dernières
années (période 1990-2008), mais depuis
2008 on observe un impact significatif de
la crise mondiale (diminution des consom-
mations de 1,2 % / an). Les trois principaux
postes de la consommation d?énergie fi-
nale sont : le secteur des transports qui a
vu son poids augmenter de 6 points (de
26 % de la consommation finale en 1990
à 32 % en 2013) ; l?industrie avec 25 % en
2013 et qui, à l?inverse des transports, a vu
son importance décroître (de 9 points en
vingt ans); le secteur résidentiel avec une
part constante de 27 %. Le secteur du bâti-
ment, addition des secteurs résidentiel et
tertiaire, représente à lui seul 42 %. L?agri-
culture ne consomme qu?une part margi-
nale (2 %).
Les produits pétroliers sont largement do-
minants dans cette consommation d?éner-
gie finale (39 %), suivis par le gaz (24 %),
l?électricité (22 %), la biomasse (7 %), le
charbon et la chaleur (4 % chacun). Par
ailleurs, si l?on comptabilise l?ensemble
des énergies renouvelables, consommées
directement ou indirectement, via l?électri-
cité ou la chaleur de réseau, leur part dans
la consommation finale représente 15 % en
2013 (contre 4,5 % en 1990).
Les chiffres clés de l?efficacité énergétique
Figure 2 : Consommation d?énergie finale par secteur (UE-27)
0
200
400
600
800
1 000
1 200
1 400
20
13
20
12
20
11
20
10
20
08
20
07
20
06
20
05
20
04
20
03
20
02
20
01
20
00
19
99
19
98
19
97
1
99
6
19
95
19
94
19
93
19
92
19
91
19
90
20
09
Industrie Transport Résidentiel Tertiaire Agriculture Total
34%
26%
25%
11%
29%
31%
26%
11%
25%
32%
27%
15%
So
ur
ce
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ss
ee
PAGE 13L?efficacité énergétique en Europe
Figure 3 : Consommation d?énergie finale par produit (UE-27,2010)
Biomasse : 7%
Chaleur : 4%
Charbon : 4%
Électricité : 22%
Gaz : 24%
Produits pétroliers : 39%
Le niveau de consommation d?énergie fi-
nale par habitant varie sensiblement d?un
pays à l?autre de l?UE (d?un facteur 4 sans
tenir compte des extrêmes). Deux pays se
situent largement au-dessus de la moyenne
européenne qui est d?environ 2,2 tep/habi-
tant. Le premier, la Finlande, combine un
climat froid, et une structure industrielle
intense en énergie (papeteries). Le second,
le Luxembourg, accueille un nombre signi-
ficatif de travailleurs non-résidents qui ac-
croissent sa population d?un quart les jours
ouvrés. À noter également l?effet du « tou-
risme à la pompe » sur les consommations
du pays, en raison de taxes plus basses sur
les carburants que dans les pays voisins.
L?intensité énergétique finale ajustée est
plus pertinente pour les comparaisons
que l?intensité finale stricto sensu car elle
indique la quantité d?énergie finale ajus-
tée par unité de PIB à parité de pouvoir
d?achat (ppa). Cet indicateur peut aussi
être ajusté aux mêmes climats, structures
économiques et industrielles et niveaux
de prix. Là encore, on observe une dispa-
rité du niveau des intensités ajustées d?un
pays à l?autre, allant du simple au double.
Il existe encore un fort potentiel d?écono-
mies d?énergie dans certains pays, comme
la Lettonie, l?Estonie, La Bulgarie, mais qui
ne représente malheureusement qu?une
faible part de la consommation finale de
l?UE.
So
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ce
: O
dy
ss
ee
PAGE 14 L?efficacité énergétique en Europe
Figure 4 : Consommation d?énergie finale
par habitant (UE, 2013)
Figure 5: Intensité énergétique finale
ajustée* par pays (2012)
0 1 2 3 4 5 6 7 8
Luxembourg
Finlande
Belgique
Pays-Bas
Suède
Autriche
Allemagne
Rép. Tchèque
Danemark
France
UE
Irlande
Slovénie
Slovaquie
Estonie
Royaume-Uni
Italie
Lituanie
Lettonie
Espagne
Pologne
Hongrie
Portugal
Chypre
Croatie
Grèce
Bulgarie
Roumanie
Malte
0 40 80 120 160
Luxembourg
Finlande
Bulgarie
Croatie
Belgique
Lettonie
Grèce
Chypre
Pays-Bas
Rép. Tchèque
Irlande
France
Italie
Autriche
Danemark
Pologne
UE
Slovaquie
Espagne
Allemagne
Lituanie
Royaume-Uni
tep/unité de PIB (¤05ppp)
Les gains d?efficacité énergétique
Entre 1990 et 2013 on observe une amélioration de l?efficacité énergétique moyenne de l?UE de
25 % (soit 1,2 % / an, voir encadré ODEX). En 2013, les économies d?énergie résultantes s?élevaient
à 380 Mtep, dont 41 % proviennent de l?industrie, 34 % du secteur résidentiel, 22 % du secteur des
transports et 3 % du secteur des services. On observe cependant un ralentissement des gains d?ef-
ficacité depuis 2008 suite à la crise économique. Les meilleures performances ont eu lieu depuis
les années 2000 dans les nouveaux EM.
* Intensité énergétique ajustée
à la même structure économique
et au climat (ppp, 2005)
So
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PAGE 15L?efficacité énergétique en Europe
L?indicateur ODEX
L?indicateur « ODEX » ou « indice d?efficacité énergétique » est calculé pour chaque secteur
consommateur (industrie, transport et résidentiel) et pour l?ensemble de l?économie (tous les
consommateurs finaux).
Pour chaque secteur, l?indice est calculé comme une moyenne pondérée des indicateurs
d?économie d?énergie des sous-secteurs ; ces sous-secteurs peuvent correspondre à des
branches d?activité dans l?industrie et le tertiaire, à des usages dans le résidentiel ou encore à
des modes de transport.
Ces indices correspondent à la variation des indicateurs de consommation unitaire d?énergie,
mesuré en unités physique (par exemple les tonnes de production d?acier pour la sidérurgie, les
tonnes/km pour le transport des marchandises, les m2 de bureaux dans le secteur tertiaire, etc.).
Ils représentent le meilleur indicateur pour évaluer l?efficacité énergétique et permettent
d?identifier les évolutions qui sont réellement dues à l?efficacité énergétique au niveau le
plus élémentaire possible. Tous ces indicateurs sont ensuite agrégés (pondération par les
consommations d?énergie finale respectives) en un seul « indice d?efficacité énergétique », ou
indice ODEX, qui mesure pour chaque pays ses progrès en efficacité énergétique au niveau de la
demande.
Les économies d?énergie, calculées à partir de l?ODEX, représentent des « économies
techniques », c?est à dire que l?on n?y prend pas en compte les « dés-économies » d?énergie qui
peuvent apparaître notamment lors d?une récession économique. Dans une telle situation,
elles peuvent être dues à un fonctionnement inefficace des installations de production
dans l?industrie qui ne tournent pas à pleine capacité, ou pour les transports routiers de
marchandises, du fait d?un taux de remplissage moins important des camions.
Figure 6 : Indice d?efficacité énergétique Odyssee (UE, 2013)
Industrie TransportRésidentiel ServicesTotal
60
65
70
75
80
85
90
95
100
105
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PAGE 16 L?efficacité énergétique en Europe
Figure 7 : Économies d?énergie finale (UE)
Figure 9: Gains d?efficacité énergétiques entre 2000 et 2013
Figure 8 : Décomposition par secteur des économies d?énergie (UE)
20
13
20
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11
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07
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09
Consommation finale Économies d?énergie
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1 000
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200
250
300
350
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Industrie Transport Résidentiel Services
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PAGE 17L?efficacité énergétique en Europe
LES CONSTRUCTIONS
NEUVES : VERS LES
LOGEMENTS ZÉRO
ÉNERGIE
Chapitre 1
PAGE 18 L?efficacité énergétique en Europe
Bâtiments : 1er poste de consommation
d?énergie finale en Europe
Les bâtiments représentent le premier
poste de consommation d?énergie finale
en Europe : 41 % en 2013, dont 27 % dans
le secteur résidentiel. La consommation
d?énergie pour les usages thermiques
(chauffage, eau chaude et cuisson) repré-
sentent environ 81 % de la consommation
du résidentiel en 2013, soit 22 % du total
de la consommation d?énergie finale en
Europe.
La consommation unitaire par logement
pour les usages thermiques baisse en
moyenne depuis 1990, à un rythme de
1,3 %/an (- 1,4 %/an pour le chauffage).
Mais de nombreux rapports, tels que les
Plans Nationaux d?Action d?Efficacité Éner-
gétique (2011) ou l?Analyse d?Impact de la
DEE (octobre 2012), montrent qu?il existe
encore un très fort potentiel d?économies
d?énergie dans le secteur du bâtiment,
principalement grâce à la rénovation du
parc de bâtiments existants (~ 70 % des lo-
gements datent en effet d?avant 1980; voir
chapitre suivant).
La dynamique des constructions neuves
La diffusion de nouveaux bâtiments effi-
caces est un enjeu d?amélioration de l?effi-
cacité énergétique à long terme et montre
le chemin, c?est à dire les normes à suivre.
Les bâtiments récents, construits depuis
2000, représentent en moyenne 15 % du
parc total européen, soit une dynamique
de 1,2 % du parc renouvelé chaque année.
Le secteur de la construction est très sen-
sible à la conjoncture et a été significati-
vement affecté par la crise économique
mondiale, avec une baisse de 57 % de la
construction annuelle entre 2006 et 2009
et de 19 % entre 2009 et 2014.
Vers une politique et des objectifs européens
communs pour les bâtiments neufs
Figure 10 : Part de la consommation
d?énergie finale des bâtiments dans
le total UE
Figure 11 : Dynamique des constructions
neuves en Europe depuis 2000
0
5
10
15
20
25
30
35
40
45
Non résidentielRésidentielBâtiment
1990 201337%
25% 27%
11%
14%
41%%
10
0
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0
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50
100
150
200
250
300
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PAGE 19L?efficacité énergétique en Europe
Les réglementations majoritaires
pour les constructions neuves
Environ les 2/3 des mesures ciblant les
constructions sont des réglementations.
Plus précisément 43 % sont des normes de
performance obligatoires (relatives pour la
plupart à la Directive EPBD (Energy Perfor-
mance of Buildings Directive ? Directive de
la Performance Énergétique des Bâtiments,
voir encadré) et 21 % sont des mesures
d?information obligatoire (par exemple le
Diagnostic de Performance Energétique,
DPE, voir chapitre sur les rénovations).
Les mesures financières et fiscales repré-
sentent seulement 22 % des politiques.
La Directive européenne EPBD n° 2002/91/CE (refonte en 2010 n°2010/31/EU) a pour objectif de
promouvoir l?amélioration de la performance énergétique des bâtiments ? neufs et existants ?
dans l?UE. Les économies sont estimées à 60-70 Mtoe/an en 2020.
EPBD 1 (2002) : (i) Mise en place d?une
procédure harmonisée de calcul de la
performance énergétique globale des
bâtiments dans le neuf et l?existant ;
(ii) norme de performance minimale, avec
renforcement obligatoire tous les 5 ans
dans le neuf et l?existant ; (iii) norme de
performance minimale pour les grands
bâtiments existants faisant l?objet de
rénovations (> 1 000 m²) ; (iv) obligation de
diagnostic de performance énergétique
lors de la vente ou la location d?un
bâtiment ou d?un logement (DPE) ;
(v) obligation d?inspection des chaudières
et climatiseurs.
EPBD 2 (2010) ou « recast EPBD » : (i) Tous
les nouveaux bâtiments NZEB « Nearly Zero
Energy Buildings » d?ici 2020 (2018 pour les
bâtiments publics) ; (ii) plans nationaux
pour accélérer la diffusion des NZEB ; (iii)
normes de performance minimale des
bâtiments neufs calculée sur la base des
coûts optimaux ; (iv) suppression du seuil de
1 000 m² pour les normes de performance
minimales pour les bâtiments existants
faisant l?objet de rénovation ; (v) contrôle
des DPE ; (vi) rapport annuel obligatoire
lors de l?inspection des chaudières et
climatiseurs.
Des exigences de plus en plus fermes
pour les nouveaux bâtiments
Figure 12 : Répartition des mesures
portant sur les constructions neuves
Autre : 1%
Coopératives : 4%
Information : 9%
Fiscal : 3%
Financier : 19%
DPE : 21%
Norme : 43%
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PAGE 20 L?efficacité énergétique en Europe
L?EPBD 2 (2010) exige donc à partir de 2018 que tous les nouveaux bâti-
ments occupés et détenus par les autorités publiques aient une consom-
mation d?énergie proche de zéro (NZEB), et d?ici la fin de 2020 pour tous
les autres nouveaux bâtiments. Pour atteindre cet objectif, les EM ont
l?obligation d?élaborer des plans nationaux. D?après l?étude publiée par
l?institut sur la performance des bâtiments en Europe, le BPIE, (« Prin-
ciples for NZEB », 2012), seuls quelques EM, comme le Danemark (voir
encadré), le Royaume-Uni, la France, l?Allemagne ou la Belgique ont déjà mis en place des stra-
tégies ou défini le concept «NZEB ». Mais d?après le projet Action concertée de l?EPBD (datant de
début 2012), seul le Danemark avait un engagement officiel sur une définition et un plan de diffu-
sion des NZEB. L?Action concertée met aussi en avant le fait qu?il existera autant de définition de
NZEB que d?EM.
La politique du Danemark sur les NZEB
Le Danemark est l?un des premiers pays européens à avoir défini le concept de bâtiment « NZEB »
et une feuille de route pour 2020. Les exigences minimales de performance énergétique des
bâtiments seront progressivement plus strictes, partant de la réglementation thermique actuelle
(2010) pour atteindre l?objectif final de 2020 (20 kWh/m²/an pour le résidentiel et 25 kWh/m²/
an pour le non résidentiel), en passant par une étape intermédiaire en 2015. L?amélioration de
la performance énergétique se fera fondamentalement grâce à l?augmentation des exigences de
l?isolation des bâtiments. De plus, les rendements de la production d?électricité et de chaleur
urbaine devront être améliorées d?ici à 2020, et l?offre d?énergie renouvelable décentralisée
(produite à proximité et sur site) devra s?accroître.
Différents niveaux de performances en
Europe pour les constructions neuves
Les normes imposées sur les consom-
mations des nouveaux bâtiments ont un
impact sur la performance énergétique
moyenne du parc de logements. Ces
normes imposent un niveau théorique
maximal de consommation unitaire de
chauffage des nouveaux bâtiments, et de
plus en plus d?autres usages. Cependant,
l?ampleur de cet impact dépend selon
les pays du rythme de renforcement des
réglementations thermiques (RT), de leur
sévérité et du volume de la construction
neuve. Par exemple les Pays-Bas enre-
gistrent le plus grand nombre de RT sur
les trente dernières années, avec huit ré-
visions de normes. Ainsi, la consommation
unitaire théorique des nouveaux bâtiments
a diminué significativement au cours du
PAGE 21L?efficacité énergétique en Europe
temps : de 70 % entre les réglementations
de 1983 et de 2008 (dont 27 % entre celles
de 1983 et de 1985 et de 20 % entre 1998 et
2000). Le Danemark a mis en place quatre
RT entre 1985 et 2010. Elles ont imposé en
moyenne de réduire de 20 % les consom-
mations théoriques d?une réglementation
à l?autre. Ainsi, on observe entre 1985 et
2010 une diminution significative de 55 % ;
autrement dit, un logement construit en
2010 consommait 55 % d?énergie en moins
qu?un logement construit en 1985. De
même, en France la consommation spéci-
fique d?énergie a baissé considérablement
? de 80 % ? entre le premier code du bâti-
ment en 1974 et la RT 2012.
Figure 13 : Consommation logements neufs vs moyenne du parc (tep/logement)
AUTRICHE
FRANCE
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DANEMARK
ALLEMAGNE
PAYS-BAS
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13
PAGE 22 L?efficacité énergétique en Europe
Les Pays-Bas ont été pionniers en matière de Green Buildings dans les années 80. C?est l?un
des premiers pays à adopter des politiques volontaristes et à mettre en oeuvre des plans de
développement de bâtiments à basse consommation. Ces initiatives ont débuté au milieu des
années 1980, puis ont été significativement développées pendant les années 90. En 1987, la
politique sur les bâtiments « écologiques » aux Pays-Bas est devenue plus institutionnelle.
En 1995, le gouvernement néerlandais publiait un plan d?action sur la construction « durable ».
Il décrivait les objectifs généraux et les politiques des bâtiments verts, qui comprenaient
l?utilisation de l?énergie, la consommation d?eau, et la qualité de l?air. Les politiques de
construction durable contenaient une grande variété d?instruments et de stratégies, y compris
des projets de démonstration, les politiques obligatoires, les incitations volontaires, et des
alliances avec des groupes industriels. Les cinq premiers partenaires fondateurs du Green
Buildings ont déjà été rejoints par près de 370 autres participants, la plupart venant du secteur
de l?industrie (www.dgbc.nl/wat_is_dgbc/dgbc_english).
Installation obligatoire d?équipements efficaces dans les nouveaux bâtiments
Chypre est le leader mondial en termes de capacité solaire thermique par habitant. Dans le
cadre du Décret national 446/2009, sur les performances minimales énergétiques des bâtiments,
l?installation de système solaire pour satisfaire les besoins de la demande domestique d?eau
chaude est obligatoire pour toute nouvelle construction.
www.ewea.org/fileadmin/files/members-area/information-services/stable-regulatory-
framework/nreap/CY_NREAP_en.pdf
Des mécanismes financiers pour aller au-
delà des objectifs réglementaires
Les gouvernements mettent en place des
dispositifs d?incitations financières afin
d?encourager les investisseurs à considé-
rer la construction de bâtiments plus effi-
caces, avec des performances supérieures
aux normes fixées par la réglementation
thermique. Les constructions bénéficiant
de ces aides représentent donc les pro-
chaines étapes à suivre pour les futurs
seuils minimums de performance (vers des
niveaux toujours plus élevés), qui devien-
dront alors la norme. Les incitations finan-
cières peuvent encourager l?efficacité éner-
gétique, soit en réduisant les coûts, soit
en augmentant les bénéfices d?investisse-
ment en efficacité énergétique. Parmi les
incitations les plus courantes on retrouve
les subventions directes et les incitations
fiscales.
Des aides pour favoriser le développement
des bâtiments encore plus performants
PAGE 23L?efficacité énergétique en Europe
Au Luxembourg, l?ordonnance datant de
2001 (Promotion programme for energy
efficient new buildings, renouvelée déjà en
2005, 2008 et 2013) sur la promotion des
nouveaux bâtiments performants, propose
des aides financières pour les investisse-
ments dans la construction de bâtiments
efficaces (bâtiments basse consommation
et maison passive), et pour l?investisse-
ment dans des systèmes de chauffage
performants (chauffage à condensation).
Entre 2001 et 2007, 500 logements ont bé-
néficié de ce programme (200 maisons et
300 appartements), représentant une éco-
nomie annuelle de 6 GWh. (www.legilux.
public.lu/leg/a/archives/2001/0852307/
index.html)
Il existe de nombreux exemples de poli-
tiques financières pour promouvoir l?ef-
ficacité énergétique des bâtiments, mais
peu ont ciblé les bâtiments neufs les plus
performants (i.e. allant au-delà des normes
fixées par la réglementation thermique).
Dans quelques provinces autrichiennes,
plus de 50 % des nouveaux bâtiments sont
de très haute performance grâce à la mise
en place d?un programme (Wohnbauför-
derung) qui propose notamment des aides
financières pour les constructions dépas-
sant la RT. (www.exclusive-bauen-woh-
nen.at/de/bau_news/foerderungen/
bundeslaender_vergleich.html)
Renforcement de l?information et conseil auprès des ménages,
notamment sur les aides financières disponibles
Plusieurs EM ont lancé des campagnes d?information destinées
aux consommateurs finaux pour promouvoir les bâtiments neufs à
très haute performance énergétique. Dans le cadre du programme
« Energielotsen » dans la région de Hanovre en Allemagne (soit
672 000 habitants dans les municipalités participants à Proklima,
projets régionaux de protection du climat), des guides de l?énergie
informent (notamment sur les aides disponibles dans le cadre du
programme Proklima) et accompagnent les particuliers sur les mesures d?efficacité énergétique
entreprises pendant toute la durée de la construction ou la remise à neuf du bâtiment. Le
programme a apporté un soutien financier à près de 300 nouvelles maisons passives (avec une
consommation de chauffage inférieure à 15 kWh/m2/an et une consommation primaire d?énergie
inférieure à 120 kWh/m2/an) de 2005 à 2010. Dans la zone PROKLIMA, 3 255 nouveaux logements
ont été construits entre 2005 et 2010, dont 11 % ont reçu une aide financière. En 2010, près de 70
nouveaux bâtiments ont reçu un soutien financier pour les Energielotsen.
PAGE 24 L?efficacité énergétique en Europe
LES RÉNOVATIONS ET
USAGES THERMIQUES
DANS LE SECTEUR
RÉSIDENTIEL
Chapitre 2
PAGE 25L?efficacité énergétique en Europe
Les bâtiments existants mal isolés
représentent une part importante
du parc : 70 % des logements ont été
construits avant 1980
Presque un quart du parc des bâtiments
de l?UE a été construit avant 1945. En
moyenne, c?est presque 70 % du parc qui
a été bâti avant 1980. On observe toute-
fois des situations différentes d?un pays à
l?autre : à Chypre l?âge moyen du parc est
bien plus récent (73 % des logements ayant
été construits depuis 1980), alors qu?en
Suède 78 % des logements datent d?avant
1980.
Les réglementations et les incitations
financières sont majoritaires pour la
rénovation thermique
Les réglementations sont majoritaires : il
s?agit principalement des RT et de l?inspec-
tion régulière des chaudières et des
50 % des mesures du résidentiel
portent sur la rénovation et les usages
thermiques du bâtiment
Environ la moitié des mesures d?efficacité
énergétique du secteur résidentiel porte
sur la rénovation thermique, soit sur l?en-
veloppe des logements existants (27 %),
soit sur les équipements thermiques
(22 %), faisant de la rénovation une cible
prioritaire des politiques communautaires.
La rénovation thermique : cible prioritaire
des politiques d'efficacité énergétique
Figure 14 : Parc de bâtiment par tranche
d?âge de construction (moyenne UE)
So
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EU
1945-1969 1970-1979
1980-1989 1990-1999 2000-2013
Figure 15 : Répartition des mesures
du secteur résidentiel
Figure 16 : Mesures sur la rénovation
thermique
So
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20
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Autres : 2%
Compteurs intelligents : 2%
Électroménager et éclairage : 13%
Information : 8%
Logements neufs : 26%
Équipements de chauffage/
ventilation : 19%
Logements existants : 30%
%
0
20
40
60
80
100
Chauffage
et RES
Logements
existants
Total
rénovation
Coopérative
Autre
Fiscal
Information
DPE
Financier
Réglementation
29%
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19%
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16%
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23%
8%
45%
28%
15%
8%
PAGE 26 L?efficacité énergétique en Europe
systèmes de climatisation imposée
dans le cadre de l?EPBD. Les autres me-
sures importantes sont financières, 34 %,
et celles relatives à l??information régle-
mentaire, 12 %. Celles-ci correspondent
aux certifications obligatoires de la perfor-
mance énergétique des bâtiments, les DPE.
Toutes ces mesures, ou bouquets de
mesures, sont mises en place pour
accélérer la rénovation du parc de
bâtiments. Ainsi, en France, le Plan de
Rénovation pour l?Habitat (2013), a fixé
un objectif ambitieux de rénovation de
500 000 logements par an d?ici 2017, et une
diminution de 38 % de la consommation
d?énergie des bâtiments à l?horizon 2020.
Il est composé d?une prime (variable selon
les niveaux de revenus) pour les travaux de
rénovation et de la mise en place de 450
« points rénovation info service ».
Renforcement de l?information et conseil
auprès des ménages
Au-delà de l?information réglementaire,
presque tous les EM développent des ac-
tions d?informations et de conseils à des-
tination des consommateurs finals. En
Suède, pour aller au plus près des consom-
mateurs (tous secteurs confondus, i.e. mé-
nage, PME, industries etc.), un conseiller
climat/énergie est présent dans chaque
commune du pays (250 conseillers au total,
répartis sur l?ensemble du territoire). Les
espaces info énergie en France impulsés
et soutenus depuis 2001 par l?ADEME sen-
sibilisent et informent le grand public sur
l?efficacité énergétique (en particulier sur
les systèmes de chauffage performants, les
rénovations et les énergies renouvelables).
Ces centres d?information réunissent 500
conseillers répartis sur 259 espaces partout
en France. Plus de 8 millions de personnes
ont été informées depuis 2003 ; en 2014,
sur les 193 000 consommateurs conseillés,
60 % sont passés à l?action. En Autriche,
dans le cadre du programme « Klima: ak-
tiv leben » le concept d?« ambassadeur du
climat » a été développé pour mieux faire
connaître aux ménages les mesures d?effi-
cacité énergétique dans leurs résidences.
Ce programme propose l?acquisition de
nouveaux appareils efficaces (changement
de chaudière) et des mesures de rénova-
tion plus complètes. En Hongrie, depuis
1992 des ONG sensibilisent et conseillent
les consommateurs sur l?efficacité énergé-
tique et facilitent l?accès aux crédits. Elles
interviennent dans tout le pays grâce au
réseau qu?elles ont créé : l?Energy Efficien-
cy Advisory Network (réunissant plus de 40
associations scientifiques dans le pays).
PAGE 27L?efficacité énergétique en Europe
Des législations spécifiques pour les
systèmes de chauffage, de ventilation et
de climatisation :
Inspection des chaudières
Le Danemark a fait figure de précurseur
en instaurant dans les années 80 des
inspections annuelles obligatoires sur
les gros équipements de chauffage
(> 120 kW) et les grands systèmes de
chauffage urbain (> 1500 m²). De plus, ces
inspections étaient supervisées par des
consultants qui portaient directement
conseil aux ménages. Ceci a conduit à une
réduction moyenne de la consommation
de chauffage de 16 % des logements
concernés. Cette mesure a par la suite
été étendue aux plus petits systèmes
de chauffage, où les inspections étaient
réalisées par les ramoneurs.
Depuis l?EPBD 1, le contrôle des installa-
tions de chauffage et de climatisation est
obligatoire dans tous les EM ; avec l?EPBD 2
un rapport doit être fourni en complément
(voir chapitre 1).
Installation obligatoire de systèmes
solaires thermiques
Afin d?accélérer la diffusion des
équipements de production de chaleur
renouvelable, certains pays européens
ont adopté une législation imposant
l?installation de systèmes solaires
thermiques. En 2006, l?Espagne fut le
premier pays européen à inscrire dans sa
réglementation thermique (CTE, Codigo
Tecnico de la Edificacion) une obligation
de recours au solaire thermique pour les
bâtiments neufs et rénovés. Le Portugal,
l?Italie ainsi que certaines régions
allemandes ou autrichiennes y ont eu
également recours.
Qualification accrue des nouveaux
équipements thermiques
La qualité des équipements thermiques
est assurée par des systèmes de certifica-
tions de plus en plus répandus. La plupart
du temps, les aides (subventions) à la dif-
fusion de ces nouveaux équipements sont
soumises à leur certification (exemple de
différentes certifications en France : Quali-
Sol, QualiPV, QualiPac, Qualiboi). Certaines
sont également européennes comme Key-
mark.
Dans certains pays la certification est obli-
gatoire comme en Slovaquie, où l?efficacité
des systèmes doit être vérifiée et labélisée.
De même en Italie les systèmes de chauf-
fage et d?eau chaude doivent obligatoire-
ment répondre aux normes CEN ou UNI.
La réglementation reste l?instrument
privilégié dans les bâtiments
PAGE 28 L?efficacité énergétique en Europe
Le renforcement des normes concerne
également les bâtiments existants
Réglementation thermique
L?EPBD n?impose aucune norme et aucun
objectif spécifique pour la rénovation des
bâtiments existants. En Autriche, depuis
2007, des exigences de performance éner-
gétique précises ont été mises en place,
différenciées selon les bâtiments neufs et
existants. Cette réglementation est accom-
pagnée d?une véritable politique d?incita-
tion qui se fait au niveau régional, chaque
Land ayant mis en place des aides à l?inves-
tissement pour la construction ou la réno-
vation des bâtiments (Wohnbauförderung).
La Finlande a également défini des niveaux
de performance énergétique minimums
sur le parc existant applicables dans le
courant de l?année 2013 : la consommation
énergétique des logements rénovés de-
vrait être réduite de 50 %.
Au Portugal, le Décret-Loi n°79/2006 a
introduit des dispositions spécifiques
pour les bâtiments existants d?une surface
supérieure à 1 000 m2. Pour chaque type
de bâtiment (supermarchés, restaurants,
bureaux, écoles, hôpitaux, etc.), un niveau
maximal de consommation d?énergie est
défini. Les bâtiments existants dont la
consommation d?énergie dépasse ce seuil
doivent obligatoirement établir un plan
d?efficacité énergétique et le soumettre à
la Direction Générale de l?Énergie et de la
Géologie. Par ailleurs, toutes les mesures
dont le temps de retour est inférieur à huit
ans doivent être mises en oeuvre.
Diagnostics et certification des
performances énergétiques
Bien que les audits énergétiques soient la
plupart du temps proposés dans le cadre
d?aides financières, l?obligation de réaliser
des audits énergétiques dans le parc exis-
tant s?étend désormais de plus en plus au
secteur résidentiel (Grèce). Ils permettent
d?informer les consommateurs sur les per-
formances énergétiques des logements
et sur la mise en place d?actions. Les DPE
vont dans le même sens et représentent
un outil de diagnostic allégé par rapport à
l?audit. Les DPE sont devenus obligatoires
dans le cadre de l?EPBD pour tous les États
membres lors de la vente ou la location
d?un logement. Dans la majorité des pays
européens, ils sont communiqués au mo-
ment de la transaction et non à l?étape
« publicitaire » en agence immobilière, ce
qui en minimise la portée. En France, en re-
vanche, l?affichage du DPE est obligatoire
depuis janvier 2011 dans toute annonce
immobilière.
PAGE 29L?efficacité énergétique en Europe
Pour répondre à leurs objectifs d?efficaci-
té énergétique et aux ambitions affichées
de réduction des consommations d?éner-
gie dans les bâtiments, les États Membres
mettent traditionnellement en place toute
une palette d?incitations au financement
des travaux de rénovations : incitations
fiscales (crédit d?impôt, exonération de
TVA, etc.), incitations financières telles que
des subventions à l?investissement ou des
prêts bonifiés, instruments de marché (cer-
tificat d?économies d?énergie-CEE) etc.
En Grèce, comme dans d?autres pays
(Espagne, Portugal), un bouquet de
mesures incitatives a été mis en place
(subvention, TVA réduite, prêt bonifié)
pour augmenter le parc de logements
équipés en systèmes solaires thermiques :
l?objectif est d?équiper selon la zone
climatique, 50 % à 100 % des logements
d?ici 2016 (contre 27 % actuellement).
Le plan national d?isolation
au Pays-Bas (1978-1987)
Aux Pays-Bas, le plan national d?isolation,
lancé en 1978, avait pour objectif
d?améliorer l?isolation de 800 000
logements occupés par leur propriétaire
et de 1,7 millions de logements en
locatif. L?objectif a presque été atteint
au bout de dix ans, soit 60 % du parc
de logements existants à l?époque. Au
total 1,8 millions de logements ont reçu
des subventions pour un coût total de
821 M¤, qui représentaient 91 % du coût
total du programme (le reste du budget
était consacré à la communication, la
recherche technique et au personnel).
Les subventions couvraient un tiers
du coût des travaux réalisés, avec un
plafond maximal de 1 400 ¤/logement.
Ce programme a permis une réduction
moyenne de la consommation unitaire
d?énergie des logements d?environ 10 %.
L?objectif d?économies d?énergie a été
rempli à 91 %.
Programme multi-annuel de rénovation
thermique en Roumanie
En Roumanie, le programme multi-annuel
de rénovation thermique des bâtiments
collectifs, qui a débuté en 2005, s?adresse
aux associations de propriétaires
(syndicats) qui souhaitent améliorer la
performance énergétique des immeubles
construits entre 1950 et 1990. Selon les
estimations figurant dans le PNAEE,
ce programme permettrait d?atteindre
jusqu?à 25 % d?économie d?énergie.
Les mesures portant sur la rénovation
thermique d?un bâtiment doivent être au
préalable expertisées lors d?un audit. En
termes d?investissement, les syndicats
doivent débourser 20 % du coût total des
travaux de rénovation, les 80 % restants
étant fournis par le gouvernement et
collectivités locales. Dans le cadre de ce
programme 80 000 appartements ont été
rénovés entre 2008 et 2012 ; le programme
est alimenté depuis novembre 2012 par un
nouveau fonds européen (Environmental
Fund).
Cependant, dans le cas de grosses réno-
vations, comme par exemple celles qui
portent sur l?enveloppe du bâtiment, les
incitations financières et fiscales sont li-
mitées par le budget public (surtout en
période de crise) et ne permettent pas
d?actions massives. Les États ont donc
De nouvelles incitations permettent de lever
la contrainte du financement des rénovations
PAGE 30 L?efficacité énergétique en Europe
développé ou facilité la mise en place
de nouveaux outils innovants, tels que le
tiers payant, des financements liés au ni-
veau de rénovation ou encore des finance-
ments à très long terme.
Le tiers payant implique qu?un tiers, gé-
néralement une société de service éner-
gétique (Energy Service Company, ESCO,
en anglais), effectue un audit approfondi
et investit à la place du consommateur. Il
est aussi chargé de lever les financements
nécessaires. L?ESCO est rémunérée à partir
des économies d?énergie réalisées. De plus
en plus, les ESCO proposent des Contrats
de Performance Energétique (CPE), accord
contractuel de garantie de résultat entre le
bénéficiaire et l?ESCO.
Les financements sont liés au niveau de
rénovation, comme par exemple, dans le
programme KfW en Allemagne (voir ci-des-
sous) ou l?éco-prêt à taux zéro (PTZ) en
France.
Pour réduire les annuités de rembourse-
ment et les mettre en ligne avec les éco-
nomies d?énergie réalisées pour des réno-
vations thermiques lourdes de logements
existants, de plus en plus de mesures
proposent des financements à long terme
(20/25 ans environ). Cela revient à rem-
bourser les emprunts via les économies
d?énergie. C?est le cas du programme Green
Deal au Royaume-Uni (voir ci-contre) ou de
JESSICA (fonds géré par la Banque Euro-
péenne d?Investissement) en Lituanie.
Fonds KfW, pour la rénovation éco
efficacité en place depuis une dizaine
d?année
Le programme KfW
est l?un des 3 piliers
de l?action allemande
en efficacité énergétique du programme
EnEv-Ordonnance de conservation de
l?Énergie (2002). Il propose des incitations
financières via la banque d?investissement
publique KfW, à travers des subventions
et prêts pour réduire la consommation
d?énergie des bâtiments. L?État Fédéral
injecte des fonds via KfW. Des lignes de
crédits dédiées sont ouvertes dans des
banques commerciales pour qu?elles
proposent soit des subventions, soit des
prêts à taux réduit aux consommateurs.
Les prêts et/ou subventions dépendent
du niveau de la classe énergétique
qu?atteindra le logement après les travaux.
Les performances des logements doivent
être améliorées de 15 % minimum. Entre
2006 et 2009, 1 million de logements
ont été rénovés, soit 1 % du parc chaque
année. Le taux moyen d?économie
d?énergie est estimé à 48 %.
Mécanisme financier innovant
du Green Deal
Au Royaume-Uni, le Green
Deal qui a débuté en
janvier 2013, offre une
réponse attractive à la
contrainte de financement
des consommateurs
en proposant des prêts
sur longue période, qui permettent de
rembourser le prêt à partir des économies
réalisées. Son fonctionnement est le
suivant : (i) Des prêts à long terme (20/25
ans) sont proposés par une société de
crédit tierce ou un financeur ; (ii) Des
professionnels rénovent le logement
ou installent de nouveaux équipements
performants ; (iii) Les remboursements du
prêt, y compris les intérêts, sont collectés
pour le compte de la société de crédit
selon un mécanisme de paiement existant
telle que la facture d?énergie ;
(iv) Le montant des mensualités est
calculé de telle sorte qu?il soit inférieur
aux économies financières réalisées par la
diminution des charges énergétiques ; (v)
le prêt est attaché au logement et non au
propriétaire.
PAGE 31L?efficacité énergétique en Europe
LES ÉQUIPEMENTS
ÉLECTRIQUES
PERFORMANTS
DANS LE BÂTIMENT
Chapitre 3
0
1000
2000
3000
4000
5000
6000
Su
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an
2000 2013
PAGE 32 L?efficacité énergétique en Europe
Augmentation des consommations liées à l?éclairage et aux appareils électroménagers
L?équipement (et le multi-équipement) des ménages en gros appareils électroménagers et sur-
tout en téléviseurs a connu une évolution spectaculaire ces dernières années (en moyenne 1,9 TV
par logement en 2012 contre 1,1 en 1990), ce qui a fortement contribué à l?augmentation de la
consommation d?électricité.
Peu de mesures concernent les usages spécifiques de l?électricité dans les bâtiments (13 % des me-
sures du résidentiel, voir figure 2 du chapitre rénovation thermique), bien que la consommation
par ménage pour les équipements et l?éclairage continue d?augmenter rapidement (+ 1,4 %/an
en moyenne pour l?UE).
Figure 17 : Taux d?équipement des principaux appareils ménagers
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
Figure 18 : Consommation d?électricité par ménage
pour les équipements électriques et l?éclairage
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
1990 2000 2012
0 %
50 %
100 %
150 %
200 %
TVLave-vaisselleLave-lingeCongélateurRéfrigérateur
Un système d'information développé
pour orienter les comportements d'achat
PAGE 33L?efficacité énergétique en Europe
Climatisation : 2%
Cuisson : 8%
Eau-chaude : 11%
Chauffage : 20%
Éclairage : 9%
Équipement
électrique : 50%
0
10
20
30
40
50
ÉclairageAppareils électriques
No
m
br
e
de
m
es
ur
es
Information
obligatoire
Norme
Incitations financières
et fiscales
Information
De ce fait, l?électricité spécifique repré-
sente une part de plus en plus impor-
tante, avec en moyenne plus de 59 % de
la consommation totale d?électricité dans
l?UE (dont 10 % pour l?éclairage). Il existe
cependant une forte variabilité entre pays
européens en fonction de la part du chauf-
fage électrique.
Des changements de comportements
guidés par des normes et par des
systèmes d?information innovants
Ainsi en Europe, en moyenne les normes et
systèmes de labélisation sont majoritaires
à la fois pour les équipements électriques
et l?éclairage. Les campagnes d?informa-
tion représentent cependant une part non
négligeable des mesures.
Pour accompagner les systèmes de
labélisation (instaurés dans le cadre
de la Directive européenne relative à
l?étiquetage énergétique), le site internet
« Come On Labels » met en avant les
meilleurs systèmes de labélisation
européens des appareils électroménagers.
Son objectif est donc d'améliorer la
visibilité et la crédibilité accordée à
l'étiquette énergétique de l'UE, et de
favoriser la diffusion des meilleurs
produits labellisés. Avec le même concept,
le guide Top ten identifie les produits les
plus économes afin d'inciter les fabricants
à les développer, les distributeurs à les
choisir et les consommateurs à les acheter
de façon à réaliser tout le potentiel
d'économie d'énergie.
Diffusion des appareils électroménagers
performants et interdiction des lampes
incandescentes
Plus de la moitié des mesures portant sur
l?efficacité énergétique des équipements
électriques concernent l?éclairage qui est
en effet une cible incontournable des pro-
grammes d?efficacité énergétique, en rai-
son de la part non négligeable qu?il occupe
dans les bilans et les factures énergétiques
des bâtiments.
Figure 19 : Consommation d?électricité
par ménage par usage
Figure 20 : Répartition des mesures par
type d?équipement et de mesur
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
So
ur
ce
: M
UR
E
PAGE 34 L?efficacité énergétique en Europe
Parmi les instruments traditionnels dont
disposent les autorités publiques pour li-
miter l?usage de certains produits, et in fine
les orienter vers des produits plus perfor-
mants, les normes et réglementations sont
très souvent utilisées. Durant les années
90, plusieurs directives européennes ont
été adoptées pour imposer notamment
des normes minimales d?efficacité éner-
gétique pour les réfrigérateurs et congéla-
teurs. Toutes transposées par les EM, elles
ont permis de limiter la consommation des
gros appareils électroménagers. Parmi les
directives européennes en cours sur les
équipements électriques, on peut citer la
directive Ecoconception et Energy Label-
ling), ainsi que l?interdiction des ampoules
à incandescence traditionnelles formulée
par le Conseil européen en 2007 et confir-
mée par le Parlement européen en 2008
(Règlement CE n°244/2009).
Conception et développement de produits performants
grâce aux normes et aux étiquettes obligatoires
La Directive Ecoconception (2005/32/CE et refonte 2009/125/CE) fixe des règles européennes
cohérentes afin d?améliorer la performance environnementale des produits liés à l?énergie
grâce à l'écoconception (une douzaine d?équipements électriques domestiques). Elle établit
le cadre juridique et les exigences pour la conception écologique des produits liés à l'énergie.
Il s'agit d'obligations minimales à respecter pour pouvoir utiliser la marque CE, sans laquelle
les produits ne sont pas admis sur le marché européen. Une première directive a été adoptée
en 2005, mais ne couvrait que les produits consommant de l'énergie. Son champ d'application
a été étendu en 2009 à tous les produits liés à l'énergie. Elle s'accompagne de règlements
d'application, qui adaptent ces obligations aux différents groupes de produits. Elle évite donc
que des législations nationales disparates sur la performance environnementale de ces produits
ne deviennent des obstacles au commerce intracommunautaire. Cela bénéficie à la fois aux
consommateurs et aux entreprises, par une meilleure qualité des produits et une meilleure
protection environnementale, tout en facilitant la libre circulation des produits en Europe.
La révision de la directive en 2014 a élargi le périmètre d?action : la CE, en se basant sur une
étude du potentiel d?économies d?énergies, a décidé d?ajouter 9 catégories de produits avec
notamment les fenêtres, les chaudières, les câbles d?alimentation, les serveurs d?entreprises et
les compteurs intelligents.
PAGE 35L?efficacité énergétique en Europe
La Directive Energy Labelling (2010/30/UE, refonte 92/75/CEE, révisée
en 2014) concerne l?indication, par voie d?étiquetage et d?informations
uniformes relatives aux produits, de la consommation en énergie. Cette
étiquette énergie a été conçue pour fournir aux consommateurs des
informations identifiables et comparables sur la consommation unitaire
d?énergie et autres performances des appareils ménagers (consommation
d?eau, mesure décibels, taille, volume, etc.). Elle permet ainsi aux
consommateurs de connaître l'efficacité énergétique d?un produit.
Toutes les informations figurant sur l?étiquette se basent sur les normes d?essai prescrites par
la législation européenne. Au départ, la classification des produits figurant sur l'étiquette allait
de A à G, A correspondant à la classe énergétique la plus efficace et G à la moins efficace. Afin
d?adapter l?étiquetage énergétique aux évolutions technologiques d?une part, et de renforcer la
différenciation des produits en matière d?efficacité énergétique d'autre part, la refonte de 2010
ajoute des classes qui vont maintenant jusqu?à la classe A+++.
L'Agence suédoise de
l'énergie (STEM) a créé
en 1995 le laboratoire
Testlab qui effectue des tests et des
essais sur les appareils électroménagers
(réfrigérateurs, congélateurs, cuisinières,
lave-vaisselle, machines à laver,
aspirateurs, etc.). Testlab réalise entre
autres des tests pour vérifier que les
produits sont étiquetés en conformité
avec le système énergétique européen.
Par ailleurs, une grande partie du travail
de Testlab porte sur le développement de
nouvelles méthodes, et sur l'élaboration
de nouvelles lois et réglementations
relatives à l'étiquetage, utile notamment
pour les directives européennes.
Le Royaume-Uni a également créé une
nouvelle autorité pour la surveillance des
marchés et l'écoconception.
Contrôle et mesure
des normes
De façon à renforcer les
Directives européennes, il est de la respon-
sabilité des États membres de contrôler
leur bonne application. Ces contrôles sont
peu pratiqués alors qu'ils permettraient
de récompenser les fabricants qui jouent
le jeu et les inciter à continuer à investir
dans l'efficacité énergétique (sans craindre
la concurrence de fabricants moins regar-
dants pouvant faire de fausses déclarations
sans être sanctionnés). Les tests de pro-
duits et la conformité aux règlementations
intéressent également les consommateurs
et les journalistes, comme le montrent
les résultats du projet Européen ATLETE
(www.atlete.eu/2/), testant plusieurs mo-
dèles de réfrigérateurs et annonçant un
taux de 57 % de déclarations probléma-
tiques.
PAGE 36 L?efficacité énergétique en Europe
Les incitations financières, comme par
exemple les primes à l'achat pour les
consommateurs, sont des mesures en gé-
néral onéreuses pour les budgets publics,
et donc le plus souvent temporaires. Ces
programmes sont souvent difficiles à ca-
librer en raison de la rapidité d'évolution
des marchés. En Suisse, afin d?encourager
l?achat des équipements les plus perfor-
mants, les primes sont destinées aux appa-
reils les plus performants dont la liste est
réévaluée au moins deux fois par an afin
d?être en accord avec l'évolution rapide
du marché (ces listes peuvent également
servir de base pour les achats publics).
Cela permet aussi de réaliser tout le poten-
tiel d'économies d'énergie en évitant de
subventionner des appareils relativement
moins bons. Pour finir ce type de mesure
représente également l'avantage de pro-
duire des résultats mesurables (en parts de
marché) et immédiats.
Comme pour les voitures (cf. chapitre trans-
port routier) plusieurs pays européens ont
donc mis en oeuvre des programmes de
primes à l'achat pour les appareils les plus
performants.
Transformer durablement le marché
C'est le cas de l'Italie entre 2007et 2009
où une prime de 200 ¤ était donnée pour
l'achat d'appareils de froid domestique
classés A+ ou A++ (dans la limite de
20 % du prix d'achat). Le marché a
effectivement évolué, les parts de marchés
des meilleures classes A+ et A ++ sont
passées de 28 % à 67 % au cours des sept
premiers mois. Entre 2005 et 2010, la
consommation annuelle moyenne des
tous les nouveaux appareils a baissé de
11 % (soit 255 kWh), mais le programme a
coûté cher : 50 M¤ uniquement pour 2007.
C?est aussi le cas en Grèce du programme
qui visait en 2009 à inciter les ménages
à changer leur vieux climatiseurs en
échange d?une prime allant jusqu?à 500
euros (35 % de réduction sur le prix final) :
140 000 unités ont été ainsi remplacées
par les équipements les plus efficaces. Le
programme initialement prévu pour une
durée de 6 mois a été écourté (à moins de
3 mois), car le budget prévu a été très vite
dépassé.
Aider au lancement de nouvelles
technologies : le Danemark a fait
plusieurs campagnes de 4 à 7 semaines
pour aider à l'introduction de nouveaux
produits (réfrigérateurs A++, sèche-linge
avec pompes à chaleur, circulateurs).
Tout l'enjeu était alors de cibler la bonne
période et de coordonner les efforts avec
ceux des fabricants.
Les compagnies électriques peuvent pour
répondre à des obligations d?économies
d?énergie (Ex. France ou Royaume Uni,
voir dans le chapitre 11 sur « Les mesures
transversales », le passage consacré aux
certificats blancs) ou pour d?autres rai-
sons (voir par exemple ce qui suit pour la
Suisse) contribuer au financement des
équipements performants. En Suisse les
clients de plusieurs fournisseurs bénéfi-
cient de primes à l'achat pour les appa-
reils les plus performants listés par le site
internet www.topten.ch (pour des réfrigé-
rateurs, des sèche-linge, des téléviseurs).
Les sèche-linge de classe A sont ainsi pas-
sé de 2 à 16 % de parts de marché entre
2000 et 2008, avant de devenir en 2012 les
seuls appareils autorisés à la vente. L?or-
ganisation pratique est également inté-
ressante : les consommateurs souhaitant
bénéficier de la prime doivent se rendre au
showroom d?EWZ ? une compagnie d?élec-
tricité suisse ? pour la recevoir en argent
liquide et visiter une exposition sur toute
une gamme de produits performants.
Orientations des consommateurs
via des incitations financières
LA PRÉCARITÉ
ÉNERGÉTIQUE
Chapitre 4
PAGE 37L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 38 L?efficacité énergétique en Europe
Généralement, un ménage est dit en situation de précarité énergétique lorsqu?il éprouve des
difficultés à satisfaire à un coût raisonnable, ses besoins élémentaires en énergie pour son lo-
gement, en particulier ses besoins de chauffage. Le Royaume-Uni fait office de précurseur dans
ce domaine. Il a mis en place une stratégie de lutte contre la précarité énergétique dès 2001. De
même, il fut le premier EM à définir officiellement la précarité énergétique ainsi qu?un indicateur
pour en mesurer l?ampleur et l?évolution. Ainsi, au Royaume-Uni, est considéré en situation de
précarité énergétique un ménage qui consacre plus de 10 % de ses revenus pour les dépenses en
énergie de son logement.
Au niveau européen, il n?existe pas de définition de la précarité énergétique. Des indicateurs per-
mettent toutefois d?en saisir certaines dimensions, comme la part des ménages déclarant une
incapacité à maintenir une température adéquate dans le logement. D?après une estimation ré-
alisée dans le cadre du projet européen EPEE (European Fuel Poverty and Energy Efficiency), la
précarité énergétique toucherait entre 50 et 125 millions d?habitants au sein de l?UE.
Emergence du concept de précarité énergétique
Figure 21 : Part des ménages déclarant une incapacité à maintenir
une température adéquate dans leur logement (2013)
0 %
10 %
20 %
30 %
40 %
50 %
Bu
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PAGE 39L?efficacité énergétique en Europe
Une combinaison de trois
facteurs principaux
La précarité énergétique est un phéno-
mène complexe qui recouvre différentes
situations. Dans le cadre du projet EPEE,
les études de cas portant sur les cinq pays
participant au projet (France, Royaume-
Uni, Espagne, Italie et Belgique) ont per-
mis d?identifier trois facteurs principaux
conduisant à la précarité énergétique :
? la faible performance thermique des
logements, qui implique une surcons-
ommation d?énergie pour les chauffer
convenablement ;
? des prix de l?énergie élevés ;
? un faible niveau de revenu qui rend dif-
ficile le paiement des factures d?énergie
et empêche tout investissement pour
améliorer la qualité thermique des loge-
ments.
Des conséquences multiples
Les conséquences sont multiples et
peuvent être d?ordre financier (endette-
ment, privation, limitation du budget dédié
à d?autres besoins, etc.), technique (humi-
dité entraînant à son tour détérioration,
moisissures, insalubrité, etc.), sanitaire
(maladies liées au froid et à l?humidité,
intoxications) ou sociale (sentiment ou si-
tuation réelle d?exclusion). Ces facteurs et
leurs conséquences ont par ailleurs ten-
dance à se renforcer dans un cercle vicieux
qui accentue encore le phénomène.
La reconnaissance progressive
de la précarité énergétique
À la suite des mesures prises au Royaume-
Uni, la lutte contre la précarité énergétique
devient un enjeu de plus en plus important
pour les EM. En 2007 l?Irlande a introduit la
lutte contre la pauvreté énergétique dans
son livre blanc sur la politique énergétique.
En France, ce concept a été introduit dans le
droit au logement, grâce à la loi Grenelle 2
de 2010, et fait depuis l?objet d?une at-
tention sans cesse croissante, comme en
témoigne la création en 2011 de l?observa-
toire national de la précarité énergétique.
Au niveau communautaire, la notion de
précarité énergétique apparaît dans plu-
sieurs textes :
? les directives concernant les règles com-
munes pour le marché intérieur du gaz et
de l?électricité de 2009,
? le plan d?action pour l?efficacité énergé-
tique de 2011 de la CE,
? la nouvelle DEE de 2012.
Les solutions
Différentes approches ont été développées
pour lutter contre la précarité énergétique.
La première consiste à aider les ménages
à faire face à la surcharge financière que
représente la facture d?énergie. Ainsi, en
Bulgarie, le Winter Supplement Program
apporte une aide financière en hiver pour
régler les dépenses de chauffage des mé-
nages précaires. En France, le Fonds de
Solidarité pour le Logement permet de
prendre en partie en charge les factures
impayées. Ces mesures, à caractère social,
ont des effets positifs à court terme, mais
n?ont pas d?impact sur les causes structu-
relles de la précarité énergétique. D?autres
mesures visant à améliorer durablement la
performance énergétique des logements
sont donc nécessaires et se mettent pro-
gressivement en place.
La mobilisation et la mise
en réseau des acteurs
La question de la précarité énergétique
se trouve au croisement de différents do-
maines : l?énergie, l?environnement,
PAGE 40 L?efficacité énergétique en Europe
l?action sociale, l?habitat et la santé
publique. De nombreux acteurs sont ain-
si appelés à intervenir. Afin d?améliorer la
performance des dispositifs d?amélioration
de l?efficacité énergétique des logements,
la mise en réseau de ces acteurs s?avère
donc indispensable.
C?est ce constat qui a conduit à la création
du réseau RAPPEL (Réseau des Acteurs de
la Pauvreté et de la Précarité Énergétique
dans le Logement) en France. Rassemblant
les acteurs luttant contre la précarité éner-
gétique, le réseau permet de partager les
expériences et de coordonner les actions.
En région Rhône-Alpes, les Espaces Info
Énergie (associations de conseil aux parti-
culiers sur les questions d?énergie) agissent
de concert avec les PACT, acteur de l?habitat
social, pour accompagner les ménages en
situation de précarité. Le travail des PACT
s?avère particulièrement utile pour identi-
fier les groupes cibles et les accompagner.
Avec les conseillers énergie, ils établissent
un diagnostic énergétique et montent les
dossiers de financement nécessaires à la
réalisation des travaux préconisés.
En Irlande, des acteurs de l?énergie se sont
regroupés avec des associations d?aide aux
personnes âgées, de lutte contre la pau-
vreté, d?accompagnement des personnes
endettées et les services de santé publique
pour élaborer le programme « Keeping Well
and Warm ». Celui-ci propose des conseils
relatifs à la santé, à l?alimentation, à la
sécurité de leur habitation mais aussi à
l?énergie : conseils pour réduire sa facture
énergétique, indications sur les aides fi-
nancières disponibles pour améliorer l?iso-
lation des logements, etc.
Afin d?assurer la qualité thermique des lo-
gements, deux types d?action ont été mises
en oeuvre. La première est la mise en place
de dispositifs financiers pour la réhabilita-
tion des logements. La seconde consiste à
agir en amont par la définition de normes
d?efficacité énergétique spécifiques pour
les logements des ménages à bas revenu.
Le financement de la rénovation
énergétique des logements
Dans certains pays existent des aides finan-
cières pour la rénovation thermique des
logements ciblées spécifiquement sur des
ménages susceptibles de se trouver en si-
tuation de précarité énergétique : ménages
à bas revenus, personnes sans emploi, per-
sonnes âgées, etc.
Ces aides sont proposées aux ménages à
bas revenu en Slovénie ou en France (pro-
gramme Habiter mieux de l?Agence natio-
nale de l?habitat ANAH). La Lettonie finance
quant à elle l?amélioration de l?efficacité
énergétique des logements sociaux. En
Hongrie, c?est le remplacement des équi-
pements qui est subventionné pour les
ménages à bas revenus, les personnes sans
emploi, les personnes âgées. Le Royaume-
Uni propose probablement le système
d?aide le plus complet pour les ménages à
bas revenu dans le cadre de la « Fuel Pover-
ty Strategy » (voir ci-contre). En particulier,
dans le cadre des obligations imposées aux
fournisseurs d?énergie depuis 2002, la moi-
tié des économies d?énergie doit être obte-
nue chez les ménages précaires.
Assurer un bon niveau de
performance énergétique
des logements
PAGE 41L?efficacité énergétique en Europe
La lutte contre la précarité énergétique au Royaume-Uni
En 2001, le Royaume-Uni a mis en place sa Stratégie de lutte contre la
précarité énergétique (Fuel Poverty Strategy), ciblant plus particulièrement
les ménages dits « vulnérables ». Quatre programmes d?amélioration de la
performance des systèmes de chauffages et de l?isolation thermique des
logements ont ainsi vu le jour pour les ménages à bas revenu du secteur
privé :
? le programme Warm Front en Angleterre, qui a bénéficié à près de 2,3
millions de ménages entre 2000 et 2011, avec une économie moyenne
de 610 £ (85 ¤) par an et par ménage sur la facture énergétique ;
? le programme Energy Assistance Package (qui remplace le
programme Warm Deal) en Ecosse ;
? le programme Nest (qui remplace le programme Home Energy Efficiency
Scheme ; ce dernier a permis d?aider 50 000 ménages entre 2007 et 2010)
au Pays de Galles ;
? le programme Warm Homes en Irlande du Nord, qui permet d?aider
environ 9 000 ménages par an.
Par ailleurs, depuis 2002 les fournisseurs d?énergie sont soumis à une
obligation de réaliser des actions améliorant l?efficacité énergétique chez
les particuliers (Energy Efficiency Commitment devenu Carbon Emissions
Reduction Target en 2008 puis Energy Company Obligation depuis 2013).
Entre 2008 et 2012, 40 %, des économies d?énergie devaient être réalisées
chez les ménages les plus vulnérables, objectif qui a été atteint. Cette
part atteignait auparavant 50 %. Le nouveau dispositif Energy Company
Obligation continue de réserver une part significative de l?objectif aux
ménages les plus vulnérables.
Des normes spécifiques
En Belgique, dans la région de Bruxelles
Capitale, le gouvernement envisage d?in-
troduire un seuil d?insalubrité énergétique
dans son code du logement. Actuellement,
ce code définit des exigences élémentaires
en termes de sécurité, de salubrité et
d?équipements des logements mis en loca-
tion. Il a été modifié en 2015 pour y intro-
duire un seuil d?insalubrité énergétique ;
ceci permettra de protéger les locataires
dont la consommation serait excessive.
En-dessous d?un certain niveau de perfor-
mance (encore à définir), le logement serait
classé dans la catégorie « insalubre » dans
le code du logement à Bruxelles et ne pour-
rait dès lors pas être loué.
Au Royaume-Uni, des normes spécifiques
aux logements sociaux ont également
été introduites pour assurer un niveau de
confort minimum. Parmi les exigences fi-
gure le respect d?un niveau raisonnable
de confort thermique. Les normes portent
tant sur les systèmes de chauffage que sur
l?isolation des bâtiments.
PAGE 42 L?efficacité énergétique en Europe
LE SECTEUR
PUBLIC
EXEMPLAIRE
Chapitre 5
PAGE 43L?efficacité énergétique en Europe
Les contours du secteur public varient sen-
siblement d?un pays à l?autre. En combi-
nant les bureaux des administrations natio-
nales ou locales, les écoles, les universités,
les hôpitaux, les logements sociaux, etc., le
secteur public recouvre un large éventail
de bâtiments, aux caractéristiques parfois
hétérogènes. Au total, ce secteur repré-
sente, selon la DEE, environ 12 % du parc
de bâtiments de l?UE (http://ec.europa.
eu/energy/efficiency/eed/doc/2011_direc-
tive/sec_2011_0779_ia_annexes.pdf). Aux
consommations d?énergie des bâtiments,
s?ajoutent celles de l?électricité nécessaire
à l?éclairage public. Enfin, le secteur public
est également responsable d?une partie de
la consommation d?énergie des transports,
qu?il s?agisse de sa propre flotte de véhi-
cules ou des transports publics.
Bien qu?il n?existe pas de statistiques pré-
cises, la CE estime qu?environ 10 % de la
consommation finale d?énergie de l?UE est
imputable au secteur public. Si cette part
peut paraître modeste, la promotion de
l?efficacité au sein du secteur public de-
meure un enjeu important. En effet, les dé-
penses publiques représentent 19 % du PIB
de l?UE. Le secteur public constitue donc
un important levier pour orienter le mar-
ché vers des produits et services efficaces
en énergie.
L?exemplarité encouragée par
les politiques européennes
Du fait du poids important de ce secteur,
une place particulière est accordée au
secteur public au sein des politiques eu-
ropéennes de promotion de l?efficacité
énergétique. Ainsi, la directive ESD encou-
rage les EM à assurer un rôle exemplaire
en matière d?efficacité énergétique. Dans
leur PNAEE, les EM sont en effet invités à
mettre en oeuvre dans leur secteur public
au moins deux mesures issues d?une liste
indicative comprenant notamment l?obli-
gation d?utiliser les instruments financiers
dédiés aux économies d?énergie tels que
les CPE, l?obligation d?acheter des équipe-
ments performants ou celle de réaliser des
audits énergétiques et de mettre en place
les recommandations les plus rentables.
La nouvelle DEE renforce le rôle exemplaire
du secteur public. Elle impose que 3 % du
patrimoine possédé par l?administration
centrale soient rénovés chaque année et
respectent les exigences minimales de per-
formance énergétique telles que prévues
dans la Directive sur la Performance Ener-
gétique des Bâtiments (EPBD 2) pour les
travaux de rénovation. La DEE encourage
également l?adoption de plans d?efficacité
énergétique contenant des objectifs chif-
frés, la mise en place de système de gestion
de l?énergie et l?utilisation des ESCO et des
CPE. Cette directive impose également la
mise en place par l?administration centrale
d?une politique d?achat de produits perfor-
mants sur le plan énergétique.
Enfin, l?EPBD 2 exige que tous les nouveaux
bâtiments occupés et possédés par les
L?exemplarité, moteur de la promotion de
l?efficacité énergétique au sein du secteur public
PAGE 44 L?efficacité énergétique en Europe
autorités publiques soient des bâti-
ments NZEB dès la fin de l?année 2018, au
lieu de fin 2020 pour le secteur privé.
Des collectivités locales
volontairement exemplaires
Certaines collectivités locales, particuliè-
rement exemplaires, vont au-delà de ce
qui est exigé par les textes réglementaires.
C?est le cas notamment des collectivités
rejoignant la campagne Display®. Initiée
en 2003 par l?association Energy-Cities,
elle était destinée à encourager les collec-
tivités locales à afficher publiquement les
performances énergétiques et environne-
mentales de leurs bâtiments publics, en
utilisant le modèle de l?étiquette des appa-
reils électroménagers. Avec l?évolution de
la réglementation, la campagne Display®
met désormais l?accent sur les campagnes
de communication locale et propose une
grande variété d?outils de communication
au-delà des exigences de l?EPBD. Actuelle-
ment, plus de 500 autorités locales de 32
pays font partie de ce projet qui constitue
désormais un vaste réseau européen.
La promotion de l?efficacité énergétique
par les politiques d?achat
Encouragés par les directives européennes,
notamment l?article 5 de la directive ESD,
de nombreux EM ont mis en place des pro-
grammes d?achat public responsable in-
cluant des critères d?efficacité énergétique.
Ces programmes peuvent concerner les
équipements (ordinateurs, imprimantes,
systèmes d?éclairage, etc.), les véhicules
voire même les bâtiments
En 2009, le parlement croate a adopté sa
Loi sur les biocarburants imposant aux
transporteurs publics des exigences sur les
véhicules écologiques : 70 % des nouveaux
véhicules doivent être alternatifs c'est-
à-dire fonctionnant aux biocarburants,
au biogaz, avec un moteur hybride ou
électrique, ou à l?hydrogène.
(www.muredatabase.org)
De nombreuses mesures citées dans le
chapitre consacré à la rénovation des bâti-
ments s?appliquent au patrimoine du sec-
teur public. Cependant, d?autres mesures
spécifiques visent plus particulièrement ce
secteur.
Mise en place d?une démarche intégrée
Afin d?améliorer la performance énergé-
tique de leur patrimoine bâti, des collecti-
vités mettent en oeuvre des plans d?actions
pour l?efficacité énergétique. Ces plans
comprennent généralement la réalisation
d?audits énergétiques, la définition d?ob-
jectifs de réduction des consommations
d?énergie, la description des mesures à
mettre en oeuvre et la procédure de suivi
des progrès réalisés. Ces dispositifs
peuvent être complétés par des formations
à destination du personnel des collectivités
comme c?est le cas en Bulgarie, en Croatie
ou en Estonie. La mise en place d?un sys-
tème de gestion de l?énergie permet de
compléter le dispositif.
Des plans d?actions imposés
par la réglementation
Encouragé par la directive ESD, plusieurs
Etats ont imposé dans leur réglementa-
tion nationale la mise en place de plans
d?actions sur le patrimoine public. C?est
le cas notamment de la Bulgarie depuis
2009 et de la Finlande ou de la Norvège
depuis 2010. Dans d?autres pays, ces plans
d?actions sont mis en oeuvre sur une base
volontaire : c?est le cas de certaines villes
autrichiennes (Municipal Energy Concept
KEK), de certaines collectivités danoises
(Reverse-the-trend agreements) ou finlan-
daises (Energy Efficiency Agreements KETS).
La programmation
énergétique dans
le secteur public
PAGE 45L?efficacité énergétique en Europe
Des outils financiers adaptés
Le secteur public peut également jouer
son rôle moteur et exemplaire dans le do-
maine du financement de la performance
énergétique, en démontrant l?efficacité de
certains dispositifs financiers. Ainsi, cer-
taines collectivités utilisent les CPE pour la
rénovation de leur parc de bâtiments. Ces
contrats, signés entre la collectivité et des
ESCOs, obligent de manière contractuelle
ces dernières à atteindre un certain volume
d?économies d?énergie, permettant notam-
ment le remboursement de l?investisse-
ment. La ville de Stuttgart a mis en place
une variante intéressante de cette ap-
proche, appelé PICO, où un département
de la municipalité joue le rôle d?ESCO vis à
vis des autres services.
PICO (Public Internal Performance
Contracting) à Stuttgart
Le système de financement intitulé PICO
(Public Internal Performance Contracting)
permet de surmonter les contraintes
budgétaires des administrations.
Le PICO reprend l?idée centrale du
tiers financement tout en opérant
exclusivement avec des fonds budgétaires
municipaux. Il s?agit en effet d?un système
d?investissement dans l'efficacité
énergétique impliquant un contrat entre
différents services ou départements
d'une même entité publique. Au sein de
cette administration un budget est ainsi
débloqué et sert de fonds revolving pour
financer des investissements d?efficacité
énergétique. Ce dispositif a été mis en
place en 1995 par le Département de
l?Environnement de la ville de Stuttgart,
en coopération avec le Département des
Finances. En 2011 plus de 270 projets
avaient bénéficié de ce dispositif.
Les économies annuelles de tous ces
projets s?évaluent à 1,4 M¤/an, soit 4 %
d?économie par rapport à la facture initiale
avant la mise en place du PICO (35 M¤ en
2000). www.reneuer.com/upload/STUT_
EN_M.PDF
La ville de Berlin compte parmi les
exemples de CPE les plus intéressants. En
France, plus récemment, plusieurs régions
se sont mobilisées pour mettre en place
des systèmes de financement innovants.
Ainsi, la région Rhône-Alpes a créé une
société publique locale de tiers-investisse-
ment intitulée « OSER » pour la rénovation
énergétique exemplaire du patrimoine pu-
blic des collectivités locales de la région.
Outre les aspects financiers, OSER apporte
également un accompagnement technique
et juridique aux collectivités. En Île-de-
France, la région a également mis en place
un dispositif de tiers-investissement, la
SEM Energies POSIT?IF, pour la rénovation
énergétique des immeubles d?habitat col-
lectif (copropriétés, logements sociaux gé-
rés par de petits bailleurs) et qui, à terme,
ciblera également les bâtiments publics.
PAGE 46 L?efficacité énergétique en Europe
Le partenariat pour les économies
d?énergie à Berlin et au Portugal
En matière de CPE, le partenariat berlinois
pour les économies d?énergie fait souvent
office de modèle. Ce dispositif a été mis
en place par le Land de Berlin dès 1996 et
repose sur les compétences de l?Agence
Berlinoise de l?Energie (BEA). Celle-ci
est notamment chargée d?établir le CPE
entre le Land de Berlin et les ESCOs
pour la rénovation énergétique des
bâtiments publics. La réussite de cette
initiative tient également à la création
de « pools » de bâtiments : le contractant
est obligé d?effectuer un calcul consolidé
de la rentabilité entre des immeubles
de performance différente ; ce qui évite
que des bâtiments apparemment moins
intéressants ne soient laissés de côté.
Début 2012, environ 1 500 bâtiments
regroupés en 25 pools avaient bénéficié
de ce dispositif, permettant d?économiser
chaque année 70 kt de CO2 (500 kt cumulés
depuis le début du projet). Les économies
sur la facture énergétique sont estimées à
11,7 M¤/an (soit 2,7 M¤/an net d?économie
une fois le remboursement à l?ESCO
effectué) sur une facture initiale dépassant
40 M¤/an. http://berliner-e-agentur.de/
en/topics/energy-saving-contracting.
En Janvier 2011, dans le cadre de la
stratégie nationale de l'énergie (ENE2020)
et du PNAEE, le Portugal a lancé le
programme d'efficacité énergétique des
administrations publiques (ECO.AP).
Ce programme vise à améliorer de 30 %
l'efficacité énergétique du secteur public
d?ici 2020, notamment grâce aux ESCOs.
ECO.AP couvre un ensemble de mesures :
de la création de gestionnaires de énergie
à la mise en oeuvre des CPE entre ces
organismes publics et les ESCOs, ainsi
que la mise en place d?un baromètre de
l?efficacité énergétique du secteur public.
http://ecoap.adene.pt/
Aides financières pour la rénovation et la
construction de bâtiments performants
dans le secteur public (Slovénie)
Depuis 2008, la Slovénie a mis en place des
incitations financières pour permettre la
rénovation et la construction de bâtiments
performants sur le plan énergétique
dans le secteur public. Ces mesures
visent plus spécifiquement les bâtiments
possédés par les municipalités : écoles,
crèches, résidences pour personnes
âgées, bâtiments administratifs. Les
incitations financières concernent les
mesures d?efficacité énergétique mais
également la mise en place de système
de gestion de l?énergie, l?utilisation de
CPE ou des projets de démonstration.
Les investissements pour la rénovation
des bâtiments publics peuvent
notamment bénéficier de prêts à taux
bonifiés proposés par un fonds public
pour l?environnement (Eco Fund), qui
est le principal outil de financement de
l?efficacité énergétique en Slovénie. Eco
Fund propose également des subventions.
Ainsi en 2011 et 2012, deux appels publics
pour la construction et la rénovation de
bâtiments passifs ou basse énergie dans le
secteur de l?enseignement ont été lancés
pour un total de 5,5 M¤.
www.muredatabase.org
PAGE 47L?efficacité énergétique en Europe
L?INDUSTRIE
Chapitre 6
PAGE 48 L?efficacité énergétique en Europe
L?industrie, priorité historique des politiques d?efficacité énergétique
En réaction aux chocs pétroliers des années 70, de nombreuses mesures visant à économiser
l?énergie ont été mises en oeuvre, avec une attention particulière portée au secteur industriel. En
effet, à l?époque, il s?agissait du premier secteur consommateur d?énergie finale.
Une part dans les consommations d?énergie en baisse...
Depuis deux décennies, la part de l?industrie dans la consommation d?énergie finale de l?UE n?a
cessé de diminuer, passant de 33 % en 1990 à 25 % en 2013.
?mais qui représentent toujours une
part importante dans certains pays
Cependant, dans certains pays, l?industrie
reste un secteur important : elle représente
par exemple près de la moitié de la consom-
mation d?énergie finale en Finlande et plus
d?un tiers en Slovaquie, Suède, Autriche et
République Tchèque.
L'industrie, priorité historique
des politiques d'efficacité énergétique
Figure 22 : Évolution du poids
de l?industrie dans la consommation
d?énergie finale de l?UE
Figure 23 : Poids de l?industrie dans la consommation d?énergie finale par pays (2013)
0%
5%
10%
15%
20%
25%
30%
35%
20132005200019951990
0%
10%
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PAGE 49L?efficacité énergétique en Europe
Des outils flexibles pour maintenir la
compétitivité des entreprises
Très souvent, les entreprises du secteur in-
dustriel sont soumises à une concurrence
internationale. La mise en place d?une
politique d?efficacité énergétique dans
ce secteur doit donc tenir compte de la
compétitivité des entreprises au niveau
mondial. Il faut aussi éviter l?application
de mesures contraignantes et coûteuses
auxquelles les principaux concurrents in-
ternationaux ne seraient pas soumis. C?est
la raison pour laquelle les mesures de type
réglementaire ou fiscal sont peu présentes
dans l?industrie. Les mesures financières
sont au contraire très largement utilisées
pour soutenir les investissements dans
l?efficacité énergétique. Elles permettent
de financer des projets innovants ou de
démonstration et accélèrent la pénétration
des technologies les plus performantes.
Les politiques mises en oeuvre privilé-
gient également les instruments flexibles
comme les accords volontaires (mesures
coopératives), l?information, les instru-
ments de marché (quotas d?émissions), qui
laissent une large autonomie d?actions aux
industriels.
Figure 24 : Répartition des mesures
relatives à l?industrie
Autres : 5%
Coopérative : 13%
Information : 14%
Instruments
de marché : 9%
Fiscal : 6%
Financier : 40%
Réglementation : 13%
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Le système des quotas
d?émissions (EU-ETS)
Le système communautaire d?échange des
quotas d?émissions (SCEQE ou EU-ETS) a
vu le jour en 2005. Il constitue un élément
central de la politique européenne de lutte
contre le changement climatique.
Dans le cadre de ce dispositif, les grandes
installations industrielles (avec un seuil
variable de taille selon la branche) se
voient imposer un plafond de leurs
émissions de gaz à effet de serre. Pour
respecter cette contrainte, les industriels
peuvent choisir entre réduire leurs
émissions, notamment par l?amélioration
de l?efficacité énergétique de leurs
procédés ou par des substitutions
d?énergie, ou bien acheter des quotas pour
les volumes d?émissions dépassant les
plafonds.
Après une première phase d?apprentissage
(2005-2007) puis une deuxième phase
correspondant à la période d?engagement
du protocole de Kyoto (2008-2012), le
système européen est entré dans sa
troisième phase (2013-2020). Désormais,
les plafonds d?émission nationaux sont
remplacés par un plafond unique pour
toute l?UE. Il est par ailleurs prévu qu?il
diminue de 1,74 % par an jusque 2020.
Enfin, un système de vente aux enchères
des quotas se substitue progressivement à
leur allocation gratuite.
L?ETS couvre les 28 pays de l?UE ainsi que
l?Islande, le Liechtenstein et la Norvège, et
concerne plus de 11 000 installations des
secteurs de l?industrie et de la production
d?énergie, ainsi que les émissions de
CO2 de l?aviation civile. Au total, 45 %
des émissions de gaz à effet de serre de
l?UE sont actuellement couvertes par ce
dispositif.
PAGE 50 L?efficacité énergétique en Europe
Les mesures réglementaires sont relative-
ment rares dans le secteur de l?industrie.
Toutefois, certains EM ont pris l?initiative
de rendre obligatoire la réalisation d?audits
énergétiques pour les plus gros consom-
mateurs d?énergie (Bulgarie, Slovaquie,
Roumanie). D?autres imposent aux gros
consommateurs de désigner un gestion-
naire de l?énergie (Italie, Roumanie).
À l?avenir, ces mesures vont se généraliser
avec l?adoption de la nouvelle DEE, qui
rend obligatoire pour les grandes entre-
prises la réalisation d?un audit énergétique,
à renouveler tous les quatre ans. Seules les
entreprises dotées d?un système de mana-
gement de l?énergie certifié par un orga-
nisme indépendant en seront dispensées.
Audits obligatoires en Bulgarie avec mise
en oeuvre des recommandations
En 2008, la Bulgarie a adopté une loi
sur l?efficacité énergétique qui rend
obligatoire la réalisation d?un audit
énergétique tous les trois ans pour
les entreprises consommant plus de
3 000 MWh/an. Une fois l?audit réalisé,
l?entreprise dispose de deux ans pour
commencer la mise en oeuvre des mesures
identifiées lors de cette première phase.
Fin 2011, plus de 200 entreprises avaient
réalisé leur audit. D?après SEDA, l?agence
bulgare de l?énergie qui assure le suivi
des rapports d?audits, les économies
d?énergie attendues si toutes les mesures
préconisées sont mises en oeuvre
s?élèveraient à 540 GWh/an.
Au niveau communautaire, depuis 2011,
les moteurs électriques d?une puissance
comprise entre 0,75 et 375 kW doivent
respecter un niveau minimum de
performance énergétique dans le cadre de
l?application de la directive Eco-design.
La réglementation, un outil faiblement
utilisé dans l?industrie
PAGE 51L?efficacité énergétique en Europe
Les accords volontaires entre l?industrie et
l?administration constituent une alterna-
tive aux réglementations, parfois jugées
trop contraignantes. En signant de tels ac-
cords, les industriels acceptent de se fixer
un objectif d?amélioration de l?efficacité
énergétique et/ou de réduction de leurs
émissions de gaz à effet de serre et s?en-
gagent à mettre en oeuvre un programme
d?action pour atteindre ces objectifs.
Pour encourager les entreprises à signer
un accord volontaire, les gouvernements
mettent parfois en place des dispositifs
incitatifs spécifiques. Par exemple, au
Le programme d?efficacité énergétique
pour les industries intensives en énergie
(PFE) en Suède
Le programme PFE a été mis en place en
2005 par l?Agence suédoise de l?énergie
(STEM). Il s?adresse aux industries
intensives en énergie, c?est-à-dire celles
dont les dépenses d?énergie dépassent
3 % de la valeur totale de leur production,
ou celles dont les taxes (énergie, CO2)
s?élèvent à au moins 0,5 % de leur valeur
ajoutée. Ces industries correspondent
pour la plupart aux secteurs du bois, du
papier, de l?agroalimentaire, de l?acier
et des mines. La mise en place de ce
programme a été liée à l?introduction
d?une taxe sur l?électricité (0,5 ¤/MWh) en
2004. En s?engageant dans ce programme,
les entreprises en sont exemptées.
La durée du programme pour les
entreprises participantes est de cinq ans.
Au cours des deux premières années,
elles doivent mettre en place un système
de gestion de l?énergie, réaliser un audit
énergétique et proposer un plan d?action
pour réduire leurs consommations
d?énergie. Les entreprises doivent
ensuite mettre en oeuvre les mesures
d?amélioration de l?efficacité énergétique
au cours des trois années suivantes.
Plus de cent entreprises ont déjà remis
à STEM leur rapport final d?évaluation
à l?issue de leur première période
d?engagement de cinq ans. Les économies
d?électricité rapportées s?élèvent à
1,45 TWh/an pour environ 1 200 mesures
identifiées.
Danemark, en Norvège, en Suède, au
Royaume-Uni et en Suisse, des exemptions
de taxes sont accordées aux entreprises en
contrepartie de leur engagement.
Les approches volontaires, une démarche
alternative aux réglementations
PAGE 52 L?efficacité énergétique en Europe
Les accords volontaires dans le secteur
des pâtes et papier en Norvège
En Norvège, les entreprises du secteur de
la production de papier et pâte à papier
peuvent participer à un programme
volontaire d?amélioration de l?efficacité
énergétique administré par NVE
(Norwegian Water Resources and Energy
Directorate). En échange, elles sont
exonérées de la taxe sur l?électricité.
Sur le même principe que le programme
PFE en Suède, les entreprises participantes
doivent dans un premier temps mettre en
place un système de gestion de l?énergie,
réaliser un audit énergétique et proposer
des actions d?amélioration de l?efficacité
énergétique. Elles doivent ensuite mettre
en oeuvre les mesures identifiées dont le
temps de retour est inférieur à trois ans.
En cas de non-respect des engagements,
NVE peut demander à l?entreprise de de
rembourser avec des intérêts l?exonération
de la taxe sur l?électricité. Neuf entreprises
participent à ce programme. Entre 2005 et
2009, les économies d?énergie s?élevaient
en moyenne à 6 GWh/an par entreprise.
La mise en réseau des entreprises constitue
une autre approche basée sur le volonta-
riat des industriels. En acceptant de partici-
per à un réseau d?amélioration de l?efficaci-
té énergétique, les entreprises bénéficient
d?une expertise partagée et de ressources
communes mises à disposition des indus-
triels. Plusieurs réseaux ont ainsi vu le jour.
En suisse, des groupes sectoriels d?entre-
prises ont été mis en place en 2001 par l?AE-
nEC (Agence de l?énergie pour l?économie).
Une démarche inspirée de l?exemple suisse
a vu le jour en 2009 en Allemagne (LEEN
Learning Energy Efficiency Networks). En Ir-
lande le réseau LIEN (Large Industry Energy
Network) existe depuis 1995.
Le réseau des industries intensives en
énergie (LIEN) en Irlande
LIEN est un réseau volontaire d?entreprises
intensives en énergie se préoccupant
d?efficacité énergétique et de protection
de l?environnement. Il a été mis en
place par SEAI (Sustainable Energy
Authority of Ireland) en 1995. Le réseau
compte actuellement 150 entreprises,
représentant environ 15 % de la
consommation du pays.
Des ateliers, des séminaires et des visites
de sites sont organisés régulièrement
afin de permettre aux membres du
réseau d?échanger leurs expériences et de
partager leurs connaissances avec d'autres
gestionnaires de l'énergie. Depuis 2006,
certaines entreprises peuvent participer
au programme EAP (Energy Agreements
Programme), qui est un sous-programme
du LIEN. EAP aide les entreprises à mettre
en place un système de management
de l?énergie respectant le standard EN
16001(remplacé depuis 2011 par la norme
ISO 50001). L?objectif de cette norme est
d?aider les entreprises à développer une
gestion méthodique de l?énergie pour
améliorer leur efficacité énergétique. Elles
doivent notamment définir une stratégie
actions avec des objectifs, mettre en place
des actions de réduction et de suivi des
consommations d?énergie, vérifier les
économies et prévoir des améliorations.
Depuis la création de LIEN, les économies
d'énergie réalisées par les entreprises du
réseau sont en moyenne de l?ordre de 2 %
par an.
PAGE 53L?efficacité énergétique en Europe
LES PETITES
ET MOYENNES
ENTREPRISES
Chapitre 7
PAGE 54
Les consommations d?énergie des PME
sont généralement mal connues. Cepen-
dant, d?après l?enquête menée chaque
année dans le secteur de l?industrie en
France, on estime qu?en 2011 environ 43 %
de la consommation d?énergie de ce sec-
teur provient des entreprises de moins de
250 salariés. Cette part qui représentait
moins de 30 % il y a 15 ans est croissante.
Pour les décideurs publics, la mobilisation
du potentiel d?économies d?énergie des pe-
tites et moyennes entreprises constitue un
véritable chalenge. Ce secteur constitue en
effet un ensemble de multiples acteurs aux
caractéristiques hétérogènes, tant sur les
plan de leurs activités que de leurs usages
de l?énergie. De plus, en raison de leur
taille, ces entreprises disposent générale-
ment de moyens limités pour réaliser des
opérations d?économies d?énergie. Enfin,
pour la plupart d?entre elles, les dépenses
liées à l?énergie ne sont pas suffisamment
élevées pour les inciter à investir dans l?ef-
ficacité énergétique.
Les mesures financières
largement privilégiées
Si certaines mesures visent spécifiquement
les PME, celles-ci peuvent également pro-
fiter des incitations mises en oeuvre dans
d?autres secteurs tels que l?industrie ou le
bâtiment. Globalement, de nombreuses
mesures financières sont disponibles pour
les PME voulant investir dans l?efficacité
énergétique. Les mesures d?information et
les mesures coopératives sont également
très présentes.
Les PME désireuses d?investir dans l?effi-
cacité énergétique ne disposent générale-
ment pas des ressources nécessaires, qu?il
s?agisse de moyens humains ou de compé-
tences techniques. Face à ce constat, divers
outils ont été développés pour les aider à
mettre en oeuvre des actions d?économies
d?énergie : l?accompagnement et la mise à
disposition d?informations.
Ainsi, en Irlande, l?agence de l?énergie
SEAI (Sustainable Energy Authority of Ire-
land) aide les entreprises à analyser leurs
consommations d?énergie et leur fournit
des conseils pour améliorer l?efficacité
énergétique. SEAI propose également des
formations à la gestion de l?énergie. En
Suède, la Région de Jönköping a mis en
place un programme régional d?audits et
de benchmarking à destination des petites
et moyennes entreprises. Un important
travail de mise en réseau, de formation et
de mise à disposition d?informations et
d?outils a été réalisé pour inciter et aider
les entreprises à mieux gérer leur énergie.
En Finlande, dans le cadre de l?accord vo-
lontaire sur l?amélioration de l?efficacité
énergétique dans l?industrie et les services,
un projet de conseils énergie pour les PME
a été mis en place par Motiva. La Suisse a
également un programme ciblé sur les PME
via l?agence AEnEC.
Les Petites et Moyennes
Entreprises, PME, une
cible difficile à atteindre
Des réseaux pour
accompagner et
informer les PME
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 55
Pour les PME, le manque de moyen n?est
pas seulement humain ou technique, il est
aussi financier. Des aides financières et fis-
cales ont donc aussi été développées pour
les aider à investir dans l?efficacité énergé-
tique.
Ainsi, en Allemagne par exemple, le Minis-
tère fédéral de l?économie et la banque KfW
ont mis en place en 2008 un Fonds Spécial
pour l?Efficacité Énergétique des PME qui
subventionne les conseils indépendants et
offre des prêts à conditions avantageuses
pour les investissements de maîtrise des
consommations d?énergie. Sur le plan fis-
cal, les Pays-Bas proposent des formules
d?amortissements accélérés pour les inves-
tissements dans l?efficacité énergétique.
En Pologne existe un fonds de soutien aux
PME.
PolSEFF (Polish Sustainable Energy
Financing Facility) en Pologne
PolSEFF est un fonds de 180 millions d?euros
destiné à aider les PME en Pologne à investir
dans des technologies efficaces en énergie.
Deux types de projets peuvent être financés :
soit des investissements simples sur la base
d?une liste de matériel éligible, soit des
investissements plus complexes qui assurent
une économie d?énergie d?au moins 20 %.
En plus de l?aide financière, PolSEFF
fournit également une expertise technique
gratuite pour aider les entreprises à faire les
meilleurs investissements.
Au 31 juillet 2013 soit environ 2 ans après son
démarrage, PolSEFF a permis de financer
plus de 1 300 projets pour un volume de
prêt de 116 millions d?euros. L?économie
d?énergie primaire correspondante s?élève à
près de 260 GWh/an.
Les mesures financières et fiscales
L?accompagnement des PME proposé par l?AEnEC en Suisse
Le « modèle PME » de l?AEnEC (Agence de l'énergie pour l'économie) constitue un
accompagnement complet pour les PME souhaitant faire des économies d?énergie. Il démarre
par une analyse des consommations d?énergie de l?entreprise, réalisée par un conseiller AEnEC.
Ce dernier dresse alors une liste de mesures rentables d?amélioration de l?efficacité énergétique.
Sur cette base, l?entreprise et l?AEnEC établissent une convention d?objectifs, conclue pour une
durée de dix ans et précisant les objectifs de performance énergétique qui doivent être atteints.
Accompagnée par l?AEnEC, l?entreprise met ensuite en oeuvre les mesures. De plus, un système
de suivi se met en place entre l?entreprise et l?AEnEC. Les informations de suivi sont entrées sur
le site www.modele-pme.ch. Via cette plate-forme web, l?entreprise peut visualiser les progrès
accomplis par rapport aux objectifs. Plus de 400 entreprises sont suivies par le modèle PME. La
plupart des secteurs d?activités sont représentés.
Pour aller plus loin, l?AEnEC a aidé au lancement d?une plate-forme de ressources dédiée aux
économies d?énergie dans les secteurs de l?hôtellerie et de la restauration www.hotelpower.ch.
Hotelpower propose aux établissements des outils simples pour réaliser du benchmarking
et pour évaluer leur potentiel d?économie d?énergie : les établissements rentrent leurs
consommations d?énergie sur le site Internet et peuvent immédiatement se comparer avec
les performances du secteur. La plate-forme présente par ailleurs de nombreuses mesures
d?amélioration de l?efficacité énergétique sous la forme d?études de cas, de fiches techniques
ou de témoignages. Elle recense également les ressources mobilisables par les hôteliers pour
se faire accompagner techniquement et financièrement.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 56 L?efficacité énergétique en Europe
LES TRANSPORTS
DE PASSAGERS
Chapitre 8
PAGE 57L?efficacité énergétique en Europe
Plus de 60 % des consommations
du transport en Europe imputables
au transport de passagers
La consommation d?énergie du transport
de passagers (voitures particulières, deux
roues, bus, trains, trams, métro, et aérien
domestique) a atteint 191 Mtep en 2013,
soit une progression de 13 % (0,6 %/an)
depuis 1990. Depuis 2007 la tendance se
ralenti (- 1 % par an).
Les voitures représentent la plus large part
des consommations, soit 88 %, suivie par
les bus avec 5,4 %, l?aérien avec 2,7 %, les
deux-roues (1,9 %) et le ferroviaire (trains,
trams, métro) avec 1,6 %.
Une fiscalité sur les carburants incitative,
mais généralement pas liée à l?efficacité
énergétique
La fiscalité sur les carburants a un impact
certain sur les consommations. Cependant
ces taxes sont souvent instaurées pour des
raisons qui ne sont pas directement liées à
l?efficacité énergétique. En effet, seuls cinq
pays (Allemagne, Finlande, Suède, Norvège
et Danemark) ont mis en place une taxe
dite « environnementale » (taxe verte ou
CO2) dont une partie des recettes est rever-
sée pour soutenir des actions visant à amé-
liorer l?efficacité énergétique des modes de
transports. On peut noter cependant que
ces 5 pays n?ont pas la plus forte fiscalité si
on les compare à d?autres EM tels que l?Ita-
lie, le Royaume Uni, la Grèce ou les Pays
Bas par exemple.
Prédominance des mesures
financières et fiscales
Les mesures fiscales et financières repré-
sentent près d?1/3 des mesures d?effica-
cité énergétique en faveur des transports
de passagers en vigueur dans les pays de
l?UE. Les réglementations, qui représentent
28 % des mesures, sont principalement des
Directives sur les étiquette-énergie et les
pneumatiques, les normes sur les émis-
sions de CO2 des voitures ou, au niveau na-
tional, le contrôle technique des véhicules
et le respect des limitations de vitesse. Les
mesures dites d?information représentent
une part non négligeable (15 %) de pro-
motion d?une meilleure utilisation de la
voiture (eco driving, promotion des modes
doux, vélo, marche).
Les voitures particulières : cibles principales
des politiques du transport de passagers
Figure 25 : Consommation d?énergie
du transport domestique de passagers
par mode dans l?UE
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
Voiture Aérien
Ferroviaire
Deux roues
0
50
100
150
200
en 2013En 1990
Autobus
PAGE 58
Une nouvelle réglementation a été adop-
tée en avril 2009 limitant les émissions
spécifiques moyennes des voitures neuves,
suite à l?échec des accords volontaires
signés en 1998 entre la CE et trois asso-
ciations de constructeurs automobiles,
dont l?ACEA (Association Européenne des
Constructeurs Automobiles). Cette régle-
mentation fixe un seuil d?émissions spé-
cifiques moyennes des voitures neuves à
130 g CO2/km pour 2015, avec un objectif de
95 g CO2/km en 2020 (contre 136 g CO2/km
en 2011). Des sanctions financières à
l?égard des constructeurs automobiles
sont prévues en cas de non-respect de ces
niveaux d?émissions.
La plupart des pays européens ont égale-
ment imposé des limitations de vitesse (ini-
tialement mises en place pour des raisons
de sécurité) et des obligations de contrôles
techniques périodiques des véhicules, per-
mettant de s?assurer d?un niveau minimum
de performance et de sécurité. Même si ces
réglementations n?ont pas été dictées par
des considérations d?efficacité, elles ont un
impact certain sur les consommations.
Une étiquette éner-
gie a été mise en
place dans les pays
de l?UE afin de four-
nir des informations
spécifiques relatives à la consommation
de carburant et aux émissions de CO2 des
voitures particulières neuves, proposées à
la vente ou en crédit-bail, et orienter ainsi
les choix des consommateurs (Directive
n°1999/94/CE). Cette étiquette doit être ap-
posée sur chaque modèle de voiture par-
ticulière neuve ou affichée près de celle-
ci, dans le point de vente, d'une manière
clairement visible. La directive demande
également aux pays de publier un guide
de la consommation de carburant et des
émissions de CO2 pour tous les modèles de
voitures particulières neuves disponibles à
l'achat dans les états membres et regrou-
pés par marque.
La Directive (n°
1222/2009) impose
un étiquetage des
pneumatiques neufs
vendus, relatif à la
consommation de
carburant, l?adhé-
rence sur sol mouillé
et le niveau de bruit
de roulement ex-
terne du pneu. Cette
mesure est entrée en vigueur en Europe au
1er novembre 2012.
Figure 26 : Répartition des mesures
du transport de passagers
So
ur
ce
: M
ur
e
20
15
, t
ra
ite
m
en
t E
ne
rd
at
a
Autres : 1%
Coopérative : 6%
Infrastructure : 15%
Organisation : 4%
Information : 15%
Réglementation : 24%
Fiscal/Financier : 35%
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 59L?efficacité énergétique en Europe
La plupart des actions d?améliorations de
l?efficacité énergétique du transport de
passagers prennent la forme d?incitations
(financières et fiscales) à l?achat de véhi-
cules performants et efficaces.
Fiscalité des véhicules en fonction
de leurs performances énergétiques
ou environnementales
Historiquement, les taxes à l?achat de vé-
hicules ou les taxes annuelles de circula-
tion (vignettes) étaient fonction du type
de carburant, de la cylindrée ou du poids
du véhicule. Ces taxes ont aujourd?hui évo-
lué dans de nombreux pays en intégrant
un critère d?efficacité énergétique ou de
niveau d?émissions de CO2. Ainsi, les taxes
à l?achat, fonction des performances éner-
gétiques ou CO2 ont été introduites dans
15 pays de l?UE, au cours des années 2000,
excepté pour l?Autriche qui l?avait instau-
ré dès 1992. Ces taxes à l?achat peuvent
également être combinées à une subven-
tion (appelé bonus) pour les véhicules les
moins émetteurs ; la taxe sur les véhicules
les plus polluants étant alors appelée ma-
lus (cas de la France et de l?Autriche depuis
2008).
Bonus Malus en France
Le bonus-malus est l'une des premières
mesures fortes prise en France à l'issue
du Grenelle de l'environnement (2008) ;
ce système récompense, via un bonus, les
acquéreurs de voitures neuves émettant
le moins de CO2, et pénalise, via un malus,
ceux qui optent pour les modèles les plus
polluants. La subvention est déduite du
prix d?achat de nouvelles voitures et se
situe entre 6 300 ¤ et 150 ¤ pour celles qui
émettent entre 0g et moins de 90 gCO2/km
(2014)*. Au-delà de 131 gCO2/km, un
malus entre 150 ¤ et 8 000 ¤ est appliqué.
En France les nouvelles voitures
émettent en moyenne 114 gCO2/km
(2014), soit 34 gCO2/km moins que avant
l?introduction du système. Les économies
de CO2 pour les voitures neuves vendues
en 2011 est estimé aux alentours de 90 kt.
Ces économies équivalent aux émissions
annuelles de 45 000 véhicules.
En 2014, 26,3 % des véhicules vendus sont
de classe A (émettant moins de 100 gCO2/
km), 42,6 % de classe B (<200 gCO2/km)
et 23 % de classe C (<140 gCO2/km). Les
résultats sont très encourageants car la
part des voitures plus polluantes (classe
D à G, >141 gCO2/km) a baissé de 35 %
en 2008 à 8 % en 2014. En 2014 3 % de
voitures neuves ont reçu un bonus (37 %
en 2013, 50 % en 2010) et 17 % un malus
(9 % en 2010).
Quelques pays (7) ont en plus mis en place
un système de taxes annuelles liées aux
performances énergétiques ou écolo-
giques. Il s?agit du Danemark en 1997, du
Royaume-Uni en 1998, de la France (pour
les véhicules de sociétés seulement) et de
la Suède en 2006, des Pays-Bas et de l?Ir-
lande en 2008 et de la Finlande en 2010.
Les mesures financières et fiscales comme incitations
à l?achat de véhicules plus efficaces
* www.ademe.fr/sites/default/files/assets/
documents/evolution-marche-vehi-
cules-neufs-2015.pdf
PAGE 60
Subventions pour la mise en circulation
de véhicules électriques
Certains pays visent à accélérer la diffusion
de véhicules électriques par la mise en
place de subventions à l?achat. L?Espagne a
un objectif très ambitieux de 2,5 millions de
véhicules électriques en 2020, soit 10 % du
parc. À cette même échéance, trois autres
pays, la France, 2 millions, le Royaume-
Uni 1,55 millions et l?Allemagne, 1 million,
ont également des ambitions fortes. Ce
déploiement de véhicules électriques de-
vra toutefois s?accompagner d?objectifs
quantitatifs d?implantation de bornes de
recharge électriques par pays ainsi que de
l?uniformisation des prises.
La prime à la casse : une mesure
temporaire pour renouveler le parc
La prime à la casse est une mesure finan-
cière et temporaire visant à remplacer les
véhicules les plus anciens, donc polluants,
par l?achat d?un véhicule neuf avec à le ver-
sement d?une prime. Environ la moitié des
pays de l?UE ont instauré une ou plusieurs
périodes de prime à la casse. L?expérience
italienne, mise en place de 2007 à 2009, est
particulièrement intéressante car elle n?im-
pose pas aux détenteurs de voitures mises
au rebut d?acheter une voiture neuve ; en
effet le choix est laissé au propriétaire du
véhicule de renouveler ou non sa voiture,
et le cas échéant, d?obtenir une prime de
150 ¤, ainsi qu?un abonnement annuel
pour les transports en commun ou 800 ¤
pour du co-voiturage. Même si le cas italien
est intéressant, la prime à la casse est sou-
vent décriée car elle a surtout pour objectif
de relancer temporairement les ventes de
véhicules neufs, et est coûteuse pour les
gouvernements qui la mettent en place.
Réduire l?utilisation de la voiture
La mise en place de péages routiers ur-
bains (Londres depuis 2003, Stockholm
depuis 2006 ou encore Milan depuis 2008)
permet de faire baisser significativement
le nombre de voitures circulant au centre-
ville et de réduire les émissions polluantes.
Couplés avec une offre de stationnement
et de transport en commun en périphérie
des villes, ces péages visent à encourager
l?usage des transports en commun et à
décongestionner les centres-villes. Après
10 ans de service, on estime qu?à Londres
la circulation automobile a baissé d?envi-
ron 20 % et le nombre d'embouteillages a
été réduit d'un tiers. Le nombre de véhi-
cules qui circulent chaque jour à Londres
a diminué de 60 000, ce qui correspond à
une baisse des émissions de CO2 d?environ
150 kt/an.
Ces péages sont toutefois décriés, car ils
privilégieraient les conducteurs les plus
aisés pouvant s?acquitter du péage, et au
contraire, porteraient préjudice aux usa-
gers les moins aisés n?ayant pas d?autre
possibilité que de transiter par le centre-
ville dans leurs déplacements (trajets in-
ter-banlieues par exemple). Les coûts éle-
vés de mise en place et d?exploitation de
tels péages sont également mis en avant.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 61
Au delà des mesures réglementaires, fi-
nancières et fiscales, de nombreux pays
ont lancé des campagnes d?information et
de sensibilisation pour une meilleure uti-
lisation de la voiture, et la promotion des
transports en commun.
L?éco-conduite est un comportement
de conduite permettant de réduire les
consommations de carburant (environ
15 %) et de limiter les émissions de gaz à
effet de serre. Plusieurs pays tel que l?Au-
triche à travers son programme Klima
Aktiv Mobil, les Pays-Bas (Het Nieuwe Rij-
den), l?Allemagne, l?Espagne, le Danemark,
la Finlande, la Suède et plus récemment
l?Estonie et la Lituanie considèrent l?éco-
conduite comme une mesure intéressante
pouvant générer des économies substan-
tielles de carburants. Depuis plusieurs
décennies, la formation à l?éco-conduite
est obligatoire en Suisse pour les profes-
sionnels de la route (conducteur de bus,
de camions...). Plus récemment en 2007,
la Suisse a rendu obligatoire un dispositif
analogue pour les particuliers
Le covoiturage consiste en l'utilisation
conjointe et organisée d'un véhicule dans
le but d?effectuer un trajet commun. Plu-
sieurs pays dont l?Autriche, la Belgique,
l?Allemagne ou encore les Pays-Bas s'ins-
crivent dans le covoiturage en mettant en
place des aires de stationnements servant
de points de rassemblement, ou encore des
voies réservées en cas d'embouteillage.
Aux Pays-Bas , il existe des « lifters plaats »
qui consistent en un trottoir d'environ un
kilomètre à l'entrée des autoroutes. Ces
trottoirs sécurisent les adeptes du covoi-
turage et servent autant aux conducteurs
qu'aux auto-stoppeurs.
L?autopartage est un système dans lequel
les véhicules sont mis à la disposition de
« clients » ou utilisateurs du service. Plu-
tôt que de disposer d'une voiture person-
nelle, l?adepte d'un service d'autopartage
dispose d'une voiture qu'il ne finance que
pour la durée de son besoin. Le reste du
temps, la voiture est utilisée par d'autres
membres. L?auto-partage apparaît comme
une mesure alternative à la possession
d?une voiture individuelle et fait partie des
nouveaux outils pour modifier les compor-
tements de mobilité. Plusieurs pays ont
déjà mis au point avec succès des systèmes
d?auto-partage. En Belgique, Taxistop a
fondé l'auto-partage en 2002, avec un ser-
vice disponible dans plus de quinze villes
en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Au
Royaume-Uni, on observe aussi un déve-
loppement très rapide de cette mesure,
notamment à Londres. Streetcar, créé en
2004, compte aujourd'hui plus de 80 000
utilisateurs. L'autopartage est également
très développé en Suisse où l?opérateur
Mobility CarSharing Suisse compte près
de 100 000 utilisateurs, avec plus de 2 200
véhicules mis à disposition dans plus de
1150 stations. Selon différentes études,
chaque véhicule en autopartage remplace-
rait au minimum 4 à 8 véhicules privés. De
même entre 20 et 30 % des clients seraient
également prêts à renoncer à l?acquisition
d?une voiture ou retarderaient son acquisi-
tion.
Des pays ont, quant à eux, misé sur une
amélioration de l?offre de transport
Limiter l?usage de la voiture et encourager
l?usage des transports en commun
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 62
public, telle qu?un renforcement des
compagnies de bus à Chypre ou la moder-
nisation des trams en République Tchèque.
D?importants investissements dans l?offre
de transport en commun, notamment avec
une nette amélioration des infrastructures
ferroviaires, ont été amorcés dans diffé-
rents pays tels que la Finlande et la Rou-
manie. D?autres pays misent sur la mise
en place de Plans de Déplacement Urbains
(PDU) qui déterminent l?organisation du
transport des personnes. Cette mesure
se traduit par la mise en place d?actions
en faveur des modes de transports alter-
natifs à la voiture particulière: les trans-
ports publics, les deux roues, la marche...
Les politiques publiques peuvent égale-
ment encourager les comportements col-
lectifs en mettant en place avec des en-
treprises, des collectivités, des mairies...
des plans de mobilité afin de permettre
aux salariés (ou étudiants et scolaires) de
se rendre facilement sur leur lieu de travail
sans avoir recours à l?automobile (plans de
déplacement d?entreprises, plans de dé-
placement d?administrations ou scolaire
en France).
Certains pays restreignent également l?ac-
cès au centre-ville afin de privilégier les
transports en commun, l?usage du vélo ou
les déplacements piétonniers (Autriche,
Finlande, Allemagne).
L?expérience autrichienne de la gestion de la mobilité : Aktiv Mobil
L?initiative autrichienne, Klima Aktiv Mobil, lancée en 2004 par le Ministère Fédéral de
l?Agriculture, de la Forêt, de l?Environnement et de l?Eau et cofinancée par la Chambre de
Commerce, l?Association des villes et villages et l?Association des Municipalités, est à l?origine de
nombreuses actions dans la promotion de l?efficacité énergétique des transports. Ce programme
vise différentes cibles : les entreprises, les administrations publiques, les écoles, les collectivités
locales, le tourisme et les loisirs, les investisseurs et les promoteurs immobiliers. Le programme
propose, à travers différentes mesures spécifiques, plusieurs formes de soutien : conseil pour
l?élaboration et la mise en oeuvre de plans d?actions, campagnes de promotion sur l?éco-
conduite ou modes doux (bike2business), appuis financiers, remises de prix etc.
Depuis 2007, le programme a apporté une contribution financière de 42,5 M¤, qui a stimulé
des investissements d?une valeur totale de 271 M¤ et crée plus de 3 000 emplois « verts ». Le
programme a soutenu plus de 1 800 entreprises, communautés, villes et régions pour une
réduction des émissions de CO2 de 450 kt/an.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 63
LES TRANSPORTS
DE MARCHANDISES
Chapitre 9
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 64
Large prédominance du transport
routier de marchandises, dont la
part ne cesse de progresser
La consommation d?énergie du transport
de marchandises a fortement progressé
jusqu?en 2007 (2,3 %/an de 1990 à 2007),
principalement en raison de l?augmenta-
tion du transport routier (2,6 %/an). Depuis
2007, cette consommation est orientée à la
baisse (- 2,6 %/an) du fait d?une forte dimi-
nution des trafics induite par la crise éco-
nomique (- 1,7 %/an).
Les camions et véhicules utilitaires légers
représentent plus de 92 % de la consomma-
tion du transport de marchandises ; cette
part ne cesse de progresser : + 5 points de
1990 à 2013.
30% des mesures du secteur des
transports concernent les marchandises
Sur l?ensemble des mesures d?efficacité
énergétique en vigueur dans le secteur des
transports, 30 % concernent les marchan-
dises dans les pays de l?UE. Un peu moins
de 30 % de ces mesures sont de nature fis-
cale et financière, avec notamment la mise
en place de péages routiers ou d?une taxe
ajustée aux kilomètres parcourus.
La part du trafic routier a progressé de
12 points depuis 1990 et a représenté 75 %
du trafic total de marchandises en 2012.
Dans quelques pays cependant on observe
une tendance inverse avec un accrois-
sement du transport par rail et par voie
d?eau : c?est le cas notamment des Pays
Bas, de la Belgique, Suède et de l?Autriche,
avec une part de ces deux modes dépas-
sant les 30 %.
Peu de politiques d?efficacité énergétique au regard
de la forte croissance du transport de marchandises
Figure 27 : Consommation du transport de
marchandises par mode dans l?UE (2012)
Figure 28 : Répartition du trafic
marchandises dans l?UE (2013)
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
Routier Fluvial-côtier
0
20
40
60
80
100
120
20131990
Ferroviaire
Routier : 87%
Routier : 92%
Fluvial-côtier : 7%
Ferroviaire : 18%
Routier : 75%
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 65
Promotion des véhicules efficaces
et des transferts modaux
La promotion des véhicules efficaces
La réglementation européenne n°510/2011
impose une réduction des émissions de CO2
des véhicules utilitaires légers neufs avec
un seuil d?émission spécifique maximale
de 175 gCO2/km en 2017 et de 147 gCO2/km
en 2020. Au-delà, les constructeurs qui n?au-
ront pas réussi à atteindre les objectifs fixés
devront payer une amende de 95 ¤/gCO2
de dépassement par véhicule vendu.
La promotion de l?intermodalité
De nombreux pays cherchent à encoura-
ger le transport combiné, et ainsi réduire
le poids du transport routier par le biais
de taxes ou de péages incitatifs et d?aides
à l?investissement dans de nouvelles in-
frastructures.
Les réglementations, qui représentent
également environ 30 % des mesures,
concernent principalement la norme Euro-
péenne sur les émissions maximales de CO2
des véhicules utilitaires légers, les limita-
tions de vitesse et l?obligation de contrôles
techniques périodiques des véhicules.
Les mesures dédiées aux infrastructures
(1/4 environ) concernent la promotion de
l?intermodalité et du transport combiné.
Enfin 10 % des mesures correspondent à
des accords volontaires (mesures « coopé-
ratives »).
Figure 29 : Répartition des mesures
du transport de marchandises
So
ur
ce
: M
ur
e
20
15
, t
ra
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m
en
t E
ne
rd
at
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Autres : 6,3%
Coopérative : 10%
Infrastructure 24%
Organisation : 3%
Information : 7%
Réglementation : 28%
Fiscal/Financier : 28%
L?Autriche, l?Allemagne, les Pays-Bas ou en-
core la Pologne ont instauré une taxation
du transport de marchandises avec une ta-
rification aux kilomètres parcourus.
L?Autriche a été le premier pays à mettre
en place ce système en 2004 pour les poids
lourds de plus de 3,5 tonnes. Il a permis une
diminution annuelle de 3 % de la distance
moyenne parcourue par tonne transportée
et a favorisé un report modal sur le rail.
Plusieurs pays, tels
que la République
Tchèque, la Hongrie
et la Slovaquie, ont
par ailleurs mis en
place des péages autoroutiers différenciés
selon les catégories de véhicules et leur
taille.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 66 L?efficacité énergétique en Europe
Les péages routiers en Allemagne
Le gouvernement allemand a mis en place depuis le 1er janvier 2005 une taxe pour les poids
lourds de plus de 12 tonnes, en fonction des kilomètres parcourus, le niveau d?émissions et
le type d?essieu du véhicule (LKW Maut). Cette taxe s?applique sur un tiers du réseau routier
(12 000 kilomètres d?autoroutes et 1 135 km de routes nationales, pour un réseau de 40 000 km).
Depuis janvier 2009, le montant de la taxe s?élève en moyenne à 16,3 c¤/km. Un système de
contrôle par GPS a été instauré pour suivre le trafic de camions. Le potentiel de réduction des
émissions se situe entre 3-5 MtCO2/an. Les recettes perçues chaque année au titre de la taxe
(3 milliards d?Euros récoltés en 2011) sont affectées à l?entretien des routes, et dans une moindre
mesure, au développement des voies ferrées et navigables. www.bmu.de
La CE a lancé depuis 1991 une dynamique
de soutien au fret ferroviaire qui s?est tra-
duite par la mise en place de directives ré-
unies en « paquets ferroviaires » pour créer
et promouvoir un fret européen unifié. Dif-
férents pays tels que la Pologne, l?Espagne,
le Royaume-Uni ou l?Allemagne ont prévu
d?investir dans la rénovation des lignes
existantes et dans l?achat de nouveaux wa-
gons.
Dans le cadre du Grenelle de l?Environ-
nement, le gouvernement français s?est
engagé à faire progresser la part modale
du non routier (rail et voie d?eau) de 14 %
à 25 % à l?échéance 2022. Dans ce cadre,
l?ADEME apporte une contribution finan-
cière aux transporteurs et chargeurs pour
la réalisation d?études de faisabilité pour
le passage au transport combiné route-
rail ou route-fluvial (au maximum 50-70 %
de l?assiette éligible et dans la limite de
100 000 ¤).
Certains pays comme la Belgique ac-
cordent également des subventions pour le
transport de marchandises par voie ferrée.
PAGE 67L?efficacité énergétique en Europe
le Ministère de l?Emploi et de l?Économie,
des représentants de l?Association
« Finnish Transport and Logistics ? SKAL »,
l?Association des entreprises de logistiques
« LL » et la compagnie ferroviaire VR.
L?objectif global du programme est
d?atteindre au moins 9 % d?amélioration
de l?efficacité énergétique dans le fret
et les transports en commun sur la
période 2008-2016, en impliquant 60 %
des entreprises du secteur. Un ensemble
de critères de performance énergétique
a été défini, à la fois dans la passation
de marchés de services de transport,
l?extension de l?éco-conduite et des
mesures techniques, par exemple sur
la pression des pneus, les contrôles ou
l?entretien des véhicules. Les entreprises
de transport qui adhèrent à ce programme
s?engagent à améliorer leur consommation
et à mettre en place un système de gestion
de l?énergie au sein de leurs entités
(rapports de consommations annuels).
D?après le PNAEE, un tiers de l?objectif
d?économies d?énergie du transport de
4,25 TWh (0,37 Mtep) en 2016 devrait être
atteint grâce à la mise en place des actions
volontaires de la part des compagnies de
transport. www.motiva.fi
Transporter plus
Une solution visant à réduire le coût de
transport est le recours à des semi re-
morques de grande capacité appelé « mé-
ga-camion » ou « éco-combi » mesurant
plus de 25 mètres et pouvant transporter
plus de 60 tonnes. Ces camions sont déjà
courants dans des pays de grande su-
perficie comme le Canada, les États-Unis
ou l'Australie. En Europe, les premiers
éco-combis sont apparus en Suède et aux
Pays Bas en 2 000. Ces camions sont toute-
fois décriés quant aux conditions de sécu-
rité, car leur taille est souvent un obstacle
dans les manoeuvres, et aux dommages
causés aux routes.
Vers une mobilisation
des acteurs par des
accords volontaires
et une optimisation
de la chaine logistique
Pour mobiliser les acteurs du secteur, plu-
sieurs pays, dont la Finlande et la France,
ont recours à des accords volontaires avec
les compagnies de transport pour mettre
en oeuvre différentes actions, allant du
conseil, à la formation et à des aides fi-
nancières. Une autre approche poursuivie
par certains pays est de mieux organiser
la chaîne logistique, en optimisant les dé-
placements et les tonnes transportées, no-
tamment par l?augmentation de la charge
utile maximum des camions.
Engagements volontaires en France
Le Ministère de l?Écologie, du
Développement Durable et de l?Énergie
et l?ADEME, en concertation avec les
organisations professionnelles du secteur
du transport routier de marchandises,
ont mis en place fin 2008 une charte
d'engagements volontaires de réduction
des émissions de CO2 pour le transport
de marchandises intitulé « Objectif CO2.
Les transporteurs s'engagent ». Fin 2015,
plus de 1 500 entreprises avaient signé
la charte ou s?apprêtaient à le faire; le
potentiel de réduction de CO2 au terme
des sept ans d?actions est estimé par
l?ADEME à plus de 1 100 kt/an.
L?approche volontaire en Finlande
La signature d?accords volontaires pour
le fret et la logistique a été conclue en
2008 par la Ministère de l?Environnement,
des Transports et Télécommunications,
PAGE 68 L?efficacité énergétique en Europe
L?AGRICULTURE
Chapitre 10
PAGE 69L?efficacité énergétique en Europe
Peu de mesures d?efficacité énergétique
dans le secteur de l?agriculture
Peu de mesures d?efficacité énergétiques
ont été mises en place dans le secteur de
l?agriculture. Il n?existe d?ailleurs pas en-
core de mesures européennes spécifiques
de ce secteur. Les seuls objectifs existants
au niveau européen consistent en effet
pour le moment à développer la produc-
tion d?énergie à partir de la culture agricole
(schéma durable pour les biocarburants
avec aides financières et audits). Les textes
précisent cependant qu?à l?horizon 2020
« la future Politique Agricole Commune de-
vra favoriser l?efficacité énergétique, la sé-
questration du carbone, la production de
biomasse et d'énergies renouvelables et
plus généralement l?innovation » (source :
La Politique Agricole Commune-PAC à l?ho-
rizon 2020, Europa). Au niveau des EM, la
moitié des PNAEE ne fait aucune men-
tion de l?agriculture. En tout, seule une
dizaine de mesures relatives à l?efficacité
énergétique font référence à l?agriculture,
avec une quasi absence de réglementa-
tion, et une prédominance d?incitations
financières (via des accords volontaires).
Ce nombre restreint de mesures peut en
partie être expliqué par la faible part du
secteur agricole dans la consommation
d?énergie finale.
Environ 2 % de la consommation
finale en 2013
L?agriculture occupe en effet le poste le
moins important de la consommation fi-
nale d?énergie en Europe avec 2,1 %. De-
puis 1990 sa part et sa consommation n?ont
cessé de chuter (diminution de 1,4 %/an de
la consommation finale de l?agriculture).
Certains pays comme les Pays-Bas, le Da-
nemark, la Norvège, la Pologne ou la Grèce
ont cependant une part de consommation
agricole non négligeable et supérieure
à 5 %.
L?efficacité énergétique peu représentée
dans le secteur agricole
Figure 30 : Part de la consommation
de l?agriculture dans l?UE
0,0%
0,5%
1,0%
1,5%
2,0%
2,5%
3,0%
3,5%
201320001990
% consommation finale
Consommation finale agriculture (Mtep)
0
5
10
15
20
25
30
35
M
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PAGE 70 L?efficacité énergétique en Europe
En Espagne, afin de promouvoir l?efficacité énergétique, et de montrer l'importance des
économies d?énergies possibles, un programme de formation sur la période 2011-2020 met en
oeuvre des actions spécifiques pour former les agriculteurs, pêcheurs et éleveurs aux techniques
d?utilisation efficace des équipements consommateurs d?énergie. Cette mesure propose des
aides financières (montant total prévu pour la période 2011-2020 : 9,7 M¤) pour couvrir les frais
de mise en place des formations. Il existe d?autres mesures spécifiques en Espagne mises en
oeuvre dans le PNAEE pour améliorer l?efficacité énergétique de différentes branches agricoles,
à savoir : audit énergétique et plan d?action pour améliorer les rendements des fermes, plan
d?amélioration de l?efficacité énergétique de la pêche, plan d?amélioration de l?efficacité
énergétique des systèmes d?irrigation et promotion des systèmes à pulvérisation.
Pour les tracteurs, un plan spécifique a été mis en place (Tractor RENOVE Plan). Dans ce cadre,
l?IDAE et le Ministère de l?Agriculture ont notamment établi une méthode pour classer l?efficacité
énergétique des tracteurs. Source : PNAEE Espagne, www.idae.es
En Finlande les accords volontaires entre le
gouvernement et les acteurs du secteur pu-
blic et privé sont courants. Actuellement,
ils couvrent près de 60 % de la consomma-
tion d'énergie finale dans les huit secteurs
sur lesquels ils portent, dont l?agriculture.
Les exploitations agricoles ont recourt à
des audits énergétiques subventionnés par
l'État pour déterminer le potentiel et fixer
les objectifs à atteindre. Ces accords sont
accompagnés de contrôles et d?évaluation
qui garantissent un retour d'information
sur les économies d'énergie réalisées. Les
Pays-Bas ont également recourt à de tels
accords volontaires dans un souci d'ac-
croître l'efficacité énergétique dans l'in-
dustrie, le secteur tertiaire et l'agriculture.
La quasi-totalité des entreprises à forte in-
tensité énergétique des Pays-Bas ont déjà
renouvelé ce type d?accords dits « accords
à long terme ». Les entreprises qui signent
ces conventions et accords ne sont pas sou-
mises à de nouvelles mesures nationales
spécifiques en matière de changement cli-
matique.
Accords volontaires et incitations financières pour
développer l?efficacité énergétique dans l?agriculture
PAGE 71L?efficacité énergétique en Europe
Incitations financières en Finlande
Accord volontaire de re-parcellisation
des terres en Finlande
Afin d?éviter
l?étalement des
terres et la dispersion
des exploitations,
cette mesure
vise à regrouper les terres d?une même
exploitation pour diminuer ses besoins de
transport et améliorer sa productivité. Une
centaine de projets sont actuellement en
cours. L?État propose des aides spécifiques
aux projets de « remembrement » pour
diminuer le coût d?investissement
(remembrement, drainage, route, etc.).
Ces aides sont financées par une ligne
de budget spécifique, son montant étant
défini au cas par cas.
Entre 1995 et 2010, 141 555 ha (soit
6,2 % de la surface totale agraire) ont été
remembrés. Les distances parcourues
par les tracteurs ont diminué de 30 %,
soit 145 000 km par an, engendrant une
économie de 0,1 % de la consommation
actuelle du secteur agricole (8 GWh/an,
soit 688 tep). Source : PNAEE Finlande
Accords volontaires aux Pays-Bas
Le secteur de l'horticulture et de la culture
sous serre est très développé au Pays-Bas
et très gourmand en énergie (chauffage
et éclairage des serres). L'énergie
consommée représente environ 19-20 %
du prix de revient des produits finis. Afin
d'améliorer son efficacité énergétique,
le secteur a signé en 1997 des accords
de long-terme avec le gouvernement
(Greenhouse Horticulture and Environment
Agreement - GLAMI). En 2011, Le « Clean
And Economical Agro-sector » a remplacé
le GLAMI en y ajoutant des objectifs sur les
émissions de CO2.
Cet accord fixe des objectifs de long-
terme en matière d'efficacité énergétique
pour la culture en serre, l'élevage, les
cultures intensives et la culture des
champignons, en échange de subventions
(jusqu?à 70 % du coût d?investissement)
ou de déductions sur la taxe énergie
qui renforcent la viabilité financière du
projet. Entre 2007 et 2011, les secteurs
de l?horticulture et de la culture de
champignon ont signé des accords qui
leur ont même permis l?exonération
complète de la taxe énergie. Ces 3 accords
ont permis en 2010 d?atteindre une
économie de 2 % de la consommation du
secteur. http://ec.europa.eu/agriculture/
stateaid/decisions/n39607_en.pdf
PAGE 72 L?efficacité énergétique en Europe
Aide à l?investissement pour
l?installation d'une chaudière
à biomasse en Finlande
De nombreuses fermes étant
autosuffisantes dans la production de
copeaux de bois, la substitution à la
biomasse représente un investissement
rentable. Le Ministère a accordé
des aides à l?investissement pour le
changement d?installation de chauffage
à partir de combustibles fossiles par des
biocombustibles (copeaux de bois ou de
cultures énergétiques).
Les demandes d?aide sont adressées à la
division locale des Affaires rurales. L'aide
à l'investissement est soit un prêt à taux
d'intérêt bonifié (montant maximal de
50 à 80 %), soit une subvention (montant
maximal de 15 à 30 % des coûts).
Entre 1996 et 1999, 330 projets,
correspondant à une puissance
moyenne de 5,5 MW/an, ont été soumis
annuellement, et 250 projets par an entre
2001 et 2005 (28 MW/an). En 2007 un grand
nombre de projets ont été lancés grâce
à une subvention dédiée à promouvoir
la mise en place de chaudières dans les
porcheries et les élevages de volaille. En
2008-2009, les résultats ont chuté de 50 %
en raison de coupes budgétaires, qui se
sont accentuées en 2010. Source : PNAEE
Finlande.
PAGE 73L?efficacité énergétique en Europe
LES MESURES
TRANSVERSALES
Chapitre 11
PAGE 74
Le principal frein à l?amélioration de l?effi-
cacité énergétique est le financement des
investissements. Dans les années 2000, de
nouveaux instruments ont été développés
pour faire face à ce problème. Ils couvrent
de manière transversale plusieurs secteurs
d?activité à la fois (transports, bâtiments,
industrie, agriculture...) et peuvent concer-
ner plusieurs types d?acteurs (entreprises,
ménages, pouvoirs publics). Il s?agit des
mesures transversales dont les taxes sur
l?énergie, les certificats blancs ou encore
les fonds de soutien à l?efficacité énergé-
tique en sont des exemples. La promotion
des ESCOs (ou Compagnies de Services En-
ergétiques) peut aussi être assimilée à une
mesure transversale couvrant tous les sec-
teurs, de même que les campagnes d?infor-
mation et communication.
La mise en place active d?un marché de
services d?efficacité énergétique
Le développement d?un marché de services
d?efficacité énergétique figure parmi les
outils transversaux soutenus par l?UE pour
mobiliser le potentiel d?économies d?éner-
gie, notamment depuis l?adoption de la
Directive ESD. La DEE de 2012 réaffirme la
nécessité pour chaque EM de disposer d?un
marché de services énergétiques structuré
et performant pour atteindre l?objectif d?ef-
ficacité énergétique de 2020. Par ailleurs,
les prochains PNAEE devront respecter les
Les taxes sur l?énergie peuvent inciter les
consommateurs à une utilisation plus ra-
tionnelle en renchérissant le coût de l?éner-
gie pour les utilisateurs ; elles permettent
également d?améliorer la rentabilité des
investissements d?économies d?énergie
en réduisant les temps de retour. Bien que
l?énergie ait toujours été fortement taxée
dans les pays européens indépendamment
de toute volonté de maîtrise de l?énergie,
surtout pour les carburants, certains pays
ont utilisé la fiscalité sur l?énergie dans le
cadre de leur politique d?efficacité éner-
gique. C?est le cas de l?Allemagne et du
Royaume-Uni avec respectivement une
taxe sur l?énergie et le « fuel escalator » qui
ont conduit à une augmentation régulière
et programmée des taxes sur une certaine
période. C?est le cas également de pays
qui ont instauré une taxe CO2 au début des
exigences de la nouvelle directive parmi
lesquelles l?obligation de fournir une revue
qualitative du développement actuel et fu-
tur du marché de services énergétiques.
Une société de services énergétiques in-
vestit à la place du consommateur et se
rémunère à partir des économies réalisées
selon différents types de contrats, et en
particulier les CPE. Cette procédure permet
en effet de contractualiser une garantie de
résultat entre le bénéficiaire et la société
de services d?efficacité énergétique. L?Alle-
magne est l?un des premiers pays à avoir
mis en place les CPE (voir chapitre 5 sur les
ESCOs à Berlin).
Au-delà de l?approche
sectorielle, les mesures
transversales visent à dé-
clencher des économies
d?énergie additionnelles
dans plusieurs secteurs
Eco taxes et fonds
d?efficacité énergétique
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 75
années 90 (Finlande, Suède, Norvège, Da-
nemark). D?autres pays ont mis en place
des taxes spéciales sur l?énergie, comme
le Danemark dans le cadre du « Danish Sa-
ving Trust », au Royaume Uni dans le cadre
du Carbon Trust, ou encore en Allemagne
où le principal de la réforme fiscale écolo-
gique est d?augmenter les taxes sur l?éner-
gie et diminuer les retenues salariales.
Pour les entreprises, ces taxes sont généra-
lement conçues de manière à assurer une
neutralité fiscale puisque leur application
s?accompagne généralement d?une dimi-
nution d?autres charges fiscales afin de ne
pas affecter leur compétitivité.
Les fonds d?efficacité énergétique per-
mettent une plus grande stabilité et une
meilleure gestion des aides financières de
soutien aux investissements d?efficacité
énergétique. La pérennisation des res-
sources peut même être assurée par un fi-
nancement alimenté par exemple, par des
taxes dédiées. Leur périmètre d?action est
très souvent national, mais il peut être in-
ternational (fonds revolving JESSICA créé
en Europe de l'Est), régional ou local (par
exemple Proklima Fonds à Hanovre en Al-
lemagne).
Les écotaxes : dégager des revenus pour
le financement de la maîtrise de l?énergie
Les fonds d'efficacité énergétique alimen-
tés par une taxe dédiée permettent d?avoir
un financement plus stable. C?est par
exemple le cas au Danemark avec le Danish
Saving Trust, ou encore en Pologne avec la
mise en place du fonds « Priority Program
of the National Fund for Environmental
Protection and Water Management et En-
ergy loan for energy saved ». Ce dernier
est financé par diverses pénalités et taxes
imposées par des lois et réglementations
polonaises, créées pour aider les inves-
tissements en efficacité énergétique des
entreprises. Ces fonds sont aussi moins
dépendants des allocations budgétaires
annuelles des programmes gouvernemen-
L?efficacité énergétique en Europe
taux classiques. Des fonds peuvent égale-
ment être alimentés par les revenus prove-
nant de la vente des quotas d'émissions.
Le Danish Saving Trust est une autorité
indépendante sous la responsabilité du
Ministère Danois du Climat et de l?Energie.
Son objectif est de promouvoir et d?investir
dans des projets en efficacité énergétique
dans le secteur résidentiel, industriel et
tertiaire. Chaque secteur d?activité est traité
séparément avec des cibles bien précises
dans le but d?avoir un impact maximal.
Le DST est financé à partir d?un fonds qui
provient d?une taxe énergie imposée aux
ménages et au secteur public. Cette taxe
est de 6 DKK/MWh (soit 0,80¤/MWh). Le
programme a permis une économie de
150 GWh (soit 12,9 ktep/an) tous secteurs
confondus pour l?année 2009. (www.
savingtrust.dk/)
Ces recettes fiscales peuvent également
être réinvesties, comme en Suisse, pour
des projets de protection du climat, afin
de respecter des engagements signés au
niveau international, comme le protocole
de Kyoto.
PAGE 76 L?efficacité énergétique en Europe
En Suisse, le programme du centime
climatique s?inscrit dans le cadre du
protocole de Kyoto pour aider le pays à
réduire ses émissions de gaz à effet de serre,
notamment celles de CO2. Le Conseil fédéral
a en effet décidé en 2005 le prélèvement
d?une taxe climatique sur les carburants.
La fondation Centime Climatique est ainsi
financée par une redevance de 1,5 centimes
par litre prélevée sur toutes les importations
d?essence et de diesel. Les recettes du
centime climatique doivent être investies
dans des projets de réduction d?émissions,
dans des projets de protection du climat à
l?étranger, ainsi que dans des mesures de
protection du climat en Suisse. Les projets
réalisés dans les domaines de la mobilité,
du bâtiment et de la récupération de la
chaleur se trouvent au premier plan. Entre
2008 et 2012, cette mesure a permis une
réduction d?émissions de 0,237 MtCO2 grâce
à la mise en oeuvre de 8 600 projets. (http://
klimarappen.ch/fr/home.html)
Les fonds alimentés par une taxe peuvent
être également une source de finance-
ments innovants des projets d?efficacité
énergétique, notamment du secteur pu-
blic. Le Royaume-Uni, par l'intermédiaire
de son Carbon Trust, a institué une série
de mécanismes financiers ou de fonds re-
nouvelables (revolving). Le Carbon Trust
est financé à partir d?une taxe nationale
sur l?électricité, le gaz et le charbon, la
Climate Change Levy. Dans ce schéma, le
Trust accorde des prêts aux organismes qui
fournissent le financement correspondant
et créent un fonds d'efficacité énergétique
« protégé ». Les PME et l'industrie sont prin-
cipalement visées par ces fonds. Pour le
secteur public, il existe aussi un fonds re-
volving appelé Salix.
Au Royaume-Uni, Salix est un organisme à
but non lucratif qui propose des prêts re-
volving sans intérêt aux acteurs publics dé-
sirant accroître leur efficacité énergétique.
Pour cela, Salix bénéficie d?un fonds de 100
M¤ (valeur 2011) qui provient du Carbon
Trust. Salix met elle-même ce fonds à dis-
position de porteurs de projets. A ce jour,
ce fonds a soutenu environ 4000 projets
auprès de plus de 600 acteurs publics dif-
férents. En 2010, environ 700 GWh et 124
ktCO2 ont été économisés grâce aux ac-
tions de Salix.
www.salixfinance.co.uk
Les fonds d?efficacité énergétique en
partenariat public/privé
La création d?entité publique/privée pour
le financement de projets en efficacité
énergétique comme par exemple pour la
rénovation énergétique des bâtiments, est
de plus en plus courante. En effet, ce type
de réhabilitation nécessite des capitaux
à long terme, et avec des prêts à bas taux
d?intérêt. Un des programmes phare en
Europe est notamment celui de la banque
KfW en Allemagne (cf. chapitre sur la réno-
vation des bâtiments) qui présente un outil
puissant pour orienter les capitaux vers la
rénovation énergétique. Ce programme
permet ainsi de financer, à long terme et à
coût faible, les rénovations, sans peser sur
l?endettement public.
PAGE 77L?efficacité énergétique en Europe
Les fonds d?efficacité énergétique alimen-
tés par des revenus du secteur public
Il existe également des fonds publics qui
reposent sur un appui financier solide ré-
unissant divers financement provenant
des fonds structurels européens, d?inves-
tisseurs publics et privés, et de banques
ou institutions financières internationales.
C?est le cas de JESSICA (Joint European
Support for Sustainable Investment in City
Areas), une initiative de la CE en coopéra-
tion avec la Banque européenne d?inves-
tissements (BEI) et la Banque de dévelop-
pement du Conseil de l?Europe. JESSICA
permet aux autorités de gestion des Fonds
structurels d?utiliser une partie des aides
non remboursables (subventions) reçues
de l?UE au titre des fonds structurels, pour
procéder à des investissements rembour-
sables dans des projets relevant d?un plan
intégré de développement urbain durable.
Les incitations financières et fiscales telles
que présentées dans les chapitres précé-
dents sont d?excellentes motivations pour
inciter les consommateurs à acheter des
équipements efficaces ou à réaliser des in-
vestissements. Cependant leur effet peut
être augmenté en fixant des obligations
d?économies d?énergie aux compagnies
énergétiques. Le principe de cette mesure
est d'obliger certains acteurs, en général
les fournisseurs d?énergie (les « obligés »),
à réaliser un certain volume d?économies
Les obligations et
certificats d?économies
d?énergie
d'énergie chez les consommateurs et de
leur attribuer en échange des CEE. Les obli-
gés peuvent, soit réaliser eux-mêmes les
mesures d'économie d'énergie, soit ache-
ter des certificats excédentaires d?autres
obligés ou éventuellement aux non-obli-
gés, soit payer une taxe. En Europe, le
Royaume-Uni, l'Italie, la France le Dane-
mark, l'Irlande et plus récemment la Po-
logne ont mis en oeuvre de telles mesures.
La DEE prévoit que chaque EM crée un
système d?obligation d?économies d?éner-
gie avec un objectif ambitieux de 1.5%/an
d?économies par rapport aux ventes des
obligés, hors secteur transport (moyenne
des trois derniers exercices).
PAGE 78 L?efficacité énergétique en Europe
Les CEE mettent le cap sur la 3e période en France
Le dispositif des CEE (ou certificats blancs) oblige en France depuis 2006 les fournisseurs
d?électricité, de gaz, de fioul, de chaleur, de froid ? de même que les fournisseurs de carburants
depuis 2011 ? à réaliser des économies d?énergie en incitant leurs clients à investir dans
des équipements plus performants. Chacun des « obligés » a un volume à économiser sur
une période de trois ans, fonction du volume global du dispositif et de la part de marché de
la compagnie. En France les volumes d?économies d?énergie sont mesurés en kWh cumac
(contraction de « cumul » et « actualisé ») ; ils correspondent à la quantité d?énergie que permet
d?économiser une action sur sa durée de vie. Pour comptabiliser les économies réalisées grâce
à leurs actions, ils doivent les faire certifier. Si les objectifs ne sont pas atteints ils paient une
pénalité (0,02 ¤ par CEE manquant).
Au cours de la 2e période du dispositif (2011-2013), les « obligés » doivent économiser au total
345 TWh cumac. Pour y parvenir elles peuvent agir auprès de leurs clients ou racheter des CEE
sur le marché, le dispositif étant en effet ouvert à d?autres acteurs dits « éligibles » (comme des
collectivités territoriales ou les bailleurs sociaux) qui peuvent certifier leurs propres actions
d?économies d?énergie, récupérer les certificats, et les échanger sur le marché.
Les deux premières périodes ont donné d?excellents résultats. En effet, de 2006 à 2009, le chiffre
de 54 TWh Cumac a été dépassé de 120 %, et l?objectif de 345 TWh, à atteindre fin 2013, était
rempli fin février 2013. Plus des 2/3 des CEE ont été attribués pour l?installation d?équipements
de chauffage performants (chaudière à condensation essentiellement).
La 3e période (2015-2017) avec un objectif de 700 TWh est deux fois plus ambitieuse pour être en
phase avec les objectifs fixés par la DEE. www.certificat-economies-energie.com
PAGE 79L?efficacité énergétique en Europe
ENSEIGNEMENTS ET
RECOMMANDATIONS
PAGE 80
Entre 1990 et 2013, l?efficacité énergétique
a augmenté à un rythme de 1,2 %/an dans
l?UE. Plus de 40 % de ces économies ré-
sultent des efforts entrepris dans le secteur
de l?industrie, 36 % proviennent du secteur
du bâtiment (résidentiel/tertiaire) et le
reste du secteur transport (source ODYS-
SEE). Ces performances ont été obtenues
grâce à la mise en oeuvre de politiques
communautaires de plus en plus ciblées et
de plus en plus restrictives, et grâce aux en-
gagements des EM dans la mise en oeuvre
de politiques nationales d?efficacité éner-
gétique.
Cependant, malgré les efforts observés
jusque-là, l?analyse d?impact du plan eu-
ropéen d?efficacité énergétique de 2011
montre que l'objectif de 20 % d'économies
d'énergie en 2020 ne sera pas atteint dans
l?état actuel des politiques. C?est dans ce
contexte que la CE a pris conscience des
efforts à faire, et a lancé plusieurs pro-
grammes, dont la DEE adoptée en octobre
2012.
Les principaux enseignements
par secteur
Cette brochure a permis de présenter les
mesures les plus illustratives des poli-
tiques nationales d?efficacité énergétique
selon 11 secteurs ou thématiques, chacun
introduit par un bref exposé des tendances
générales de l?efficacité énergétique et des
politiques européennes relatives au sec-
teur considéré. Ce panorama est loin d?être
exhaustif : l?objectif est surtout de donner
au lecteur des pistes de réflexion pour sa
propre pratique, ainsi que des références
solides, dont les principaux messages par
thématique sont les suivants :
1. Constructions neuves : le secteur du
bâtiment représente le premier poste de
consommation d?énergie finale en Eu-
rope. L?un des premiers leviers d?action
est l?amélioration de la performance des
nouveaux bâtiments et des nouveaux
équipements thermiques à l?aide de ré-
glementations qui demandent des per-
formances de plus en plus exigeantes
(EPBD, et diffusion des NZEB).
2. Rénovations thermiques : mais la cible
prioritaire du secteur du bâtiment reste
la rénovation des logements existants
(70 % du parc actuel a été construit avant
1980 et n?est donc pas ou peu isolé) où le
potentiel d?économie d?énergie est éle-
vé, mais compliqué à mobiliser. La prio-
rité, devant les lourds investissements à
mettre en oeuvre et les coûts élevés pour
les consommateurs ou autres acteurs,
est de trouver des mécanismes financiers
innovants (tiers payant par exemple).
L?information et le conseil auprès des
consommateurs finaux jouent égale-
ment un rôle déterminant pour orienter
et cibler les actions des ménages.
3. Équipements électriques : Le taux
d?équipement des ménages en appa-
reils électriques ne cesse d?augmenter,
impliquant logiquement une hausse des
consommations liées à l?éclairage et aux
appareils électroménagers. L?instaura-
tion des étiquettes énergie obligatoires,
suite aux Directives instaurées depuis
En 20 ans, une amélioration de 25 % de l?efficacité
énergétique en moyenne dans l?UE
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 81
les années 90 et mises à jour ensuite, ont
permis d?informer et d?orienter avec suc-
cès les consommateurs vers les produits
les plus efficaces. Certains pays ont mis
en oeuvre des primes à l?achat, le plus
souvent de façon temporaire, avec des
résultats mesurables et immédiats.
4. Précarité énergétique : Les ménages
à bas revenus sont fortement pénalisés
par des prix de l?énergie qui ne cessent
de croitre, et des logements de faible
performance thermique; ainsi, de plus
en plus d?initiatives se développent pour
lutter contre la précarité énergétique.
Certaines consistent à aider les ménages
à faire face à la surcharge financière que
représente la facture d?énergie. D?autres
mettent en place des dispositifs finan-
ciers pour la réhabilitation des loge-
ments.
5. Secteur public exemplaire : La promo-
tion de l?efficacité au sein du secteur pu-
blic demeure un enjeu important et un
levier pour orienter le marché vers des
produits et services efficaces en éner-
gie : le secteur représente environ 12 %
du parc de bâtiments de l?UE. Parmi les
mesures les plus innovantes, les CPE,
signés entre la collectivité et une socié-
té de services énergétiques, obligent de
manière contractuelle ces dernières à at-
teindre un certain volume d?économies
d?énergie.
6. PME : Les PME jouent un rôle croissant
dans l?activité industrielle avec des coûts
énergétiques pas toujours incitatifs ;
c?est un secteur qui nécessite une ap-
proche ciblée pour mobiliser les acteurs.
Si certaines mesures visent spécifique-
ment les PME, elles peuvent générale-
ment aussi profiter des mesures mises
en oeuvre dans d?autres secteurs tels
que l?industrie ou le bâtiment. Globale-
ment, de nombreuses mesures d?aide
financière sont disponibles pour les PME
voulant investir dans l?efficacité énergé-
tique. Les mesures d?information et les
mesures de type accord volontaire sont
également très présentes.
7. Industrie : Même si le secteur de l?in-
dustrie a enregistré les meilleures per-
formances en termes d?efficacité éner-
gétique depuis 20 ans, il représente
toujours une part importante dans la
consommation d?énergie finale dans
certains pays (près de 50 % en Finlande
par exemple). Les mesures d?efficacité
énergétiques dites « flexibles » sont favo-
risées afin de maintenir la compétitivité
des entreprises, comme par exemple les
instruments de marché ou encore les ac-
cords volontaires. Parmi ces instruments
de marché, le système communautaire
d?échange des quotas d?émissions consti-
tue un élément central de la politique eu-
ropéenne d?amélioration de l?efficacité
énergétique dans l?industrie, et évidem-
ment de lutte contre le changement cli-
matique. Les mesures financières conti-
nuent d?exister dans certains pays.
8. Transport de passagers : La consom-
mation d?énergie du transport de passa-
gers a progressé de 19 % depuis 1990, et
les voitures représentent presque 90 %
de la consommation de ce secteur. Les
Directives européennes sur l?étique-
tage des véhicules neufs et les normes
d?émissions des automobiles neuves,
ainsi que les incitations à l?achat de vé-
hicules efficaces dans de nombreux pays
sont au coeur des actions d?amélioration
de l?efficacité énergétique du transport
de passagers. De nombreux pays ont par
ailleurs lancé des campagnes d?informa-
tion et de sensibilisation pour une meil-
leure utilisation de la voiture, et la pro-
motion des transports en commun.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 82
9. Transport de marchandises : Le trafic
routier est prédominant dans le trafic
des marchandises et sa part ne cesse
d?augmenter. Les véhicules utilitaires ont
une forte dynamique même si leur acti-
vité est plus large que le strict transport
de marchandises. Les principales me-
sures de ce secteur visent à améliorer les
performances des véhicules utilitaires,
grâce notamment à la réglementation
européenne imposant aux véhicules uti-
litaires légers neufs un seuil d?émission
spécifique, la promotion des transferts
modaux, notamment par des incitations
financières au transport combiné et l?ins-
tauration de taxes ou péages incitatifs.
10. Agriculture : Peu de mesures d?effica-
cité ont été développées dans le secteur
de l?agriculture, notamment en raison
de son faible poids dans les consomma-
tions d?énergie, mis à part dans quelques
pays (Pays-Bas notamment). Il n?existe
d?ailleurs pas de mesures européennes
spécifiques à ce secteur. Les objectifs
fixés au niveau européen pour ce secteur
concernent plutôt l?offre avec le déve-
loppement de la production d?énergie à
partir de la culture agricole.
11. Mesures transversales : Pour aug-
menter les incitations à l?efficacité
énergétique de manière transversale,
c'est-à-dire couvrant plusieurs secteurs
d?activité (entreprises, ménages, ter-
tiaire, acteurs publics), de nouveaux ins-
truments, dits horizontaux ou transver-
saux, ont été développés. Les taxes sur
l?énergie ou le CO2, les certificats blancs
ou encore les fonds de soutien à l?effica-
cité énergétique en sont des exemples
significatifs.
La richesse d?un tel document réside dans
l?éventail des exemples choisis (voir la liste
des encadrés p 87) qui montre bien la di-
versité de méthodes employées d?un pays
à l?autre et l?originalité de certaines me-
sures qui ont souvent été précurseurs des
politiques communautaires. Mais au-delà
de cet inventaire, un tel exercice permet de
tirer un certain nombre d?enseignements,
et en particulier :
? Les décideurs politiques disposent d?un
large choix d?outils pour promouvoir l?ef-
ficacité énergétique. Même si les instru-
ments de marché et les incitations éco-
nomiques sont largement représentés,
les normes et réglementations sont très
utilisées, en particulier dans les secteurs
pour lesquels il existe des défaillances
de marché (bâtiments, équipements
électriques, etc.).
? Cependant dans un contexte de crise
économique, et donc de dépenses pu-
bliques limitées, le rôle du secteur privé
pour investir dans l?efficacité énergé-
tique est croissant, notamment grâce à
la mobilisation des compagnies énergé-
tiques avec les certificats blancs et des
ESCOs.
? De plus en plus de mesures ciblent le
comportement d?usage des consom-
mateurs finaux, en particulier des mé-
nages. Les initiatives locales ou régio-
nales prennent une part croissante,
en particulier dans les pays ayant une
longue tradition de décentralisation, ce
qui favorise les actions de maîtrise de
l?énergie. Ce phénomène soulève alors
la nécessité de la formation et de l?ani-
mation d?équipes locales en soutien aux
autorités locales. La DEE mentionne éga-
lement la nécessité d?installer des comp-
teurs intelligents. Cette disposition est
cruciale pour permettre aux consomma-
teurs de disposer d?informations sur leur
consommation (la Directive mentionne
un objectif de pénétration de 80 % des
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 83
compteurs intelligents d?ici 2020). Le
déploiement des compteurs intelligents
est l?une des composantes majeures des
réseaux électriques intelligents ou smart
grids.
? Le secteur phare de l?efficacité énergé-
tique est le secteur des bâtiments. Les
exigences fixées par l?EPBD sont ambi-
tieuses : tous les nouveaux bâtiments
devront être NZEB d?ici 2020. Cependant
le principal enjeu du secteur repose
sur la réhabilitation du parc de loge-
ments existants. Les RT devraient être
appliquées également aux bâtiments
existants (lors d?une transaction immo-
bilière ou lors d?une rénovation), et les
rénovations doivent être encouragées et
accompagnées notamment grâce à des
plateformes locales de rénovation éner-
gétique.
? L?évaluation précise et quantitative des
résultats des mesures est essentielle, et
devrait être au maximum normalisée au
niveau européen pour permettent les
comparaisons internationales.
? Il est également très important que
les réglementations soient correcte-
ment mises en oeuvre et respectées.
Par exemple, les normes thermiques
sont de plus en plus exigeantes (NZEB),
impliquant un risque d?écart (grandis-
sant) entre les performances théoriques
(fixées lors de la conception) et la perfor-
mance énergétique réelle d'utilisation.
L?étiquetage des performances éner-
gétiques n?est pas toujours fidèle à la
réalité. Les directives européennes ont
ainsi renforcé cette exigence de contrôle
des réglementations (cas notamment
de l?étiquetage d?équipements et bâti-
ments).
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 84 L?efficacité énergétique en Europe
LISTE DES
ABRÉVIATIONS
CE Commission européenne
CEE Certificat d'Économie d'Énergie
CPE Contrat de Performance Énergétique
Cumac Cumul actualisé
DEE Directive Européenne sur l'Efficacité Énergétique
DPE Diagnostic de Performance Énergétique
EPBD Energy Performance of Buildings Directive -
Directive de la Performance Énergétique des Bâtiments
EM État membre
ESCO Energy Service Company - Société de Services
Énergétiques
ESD Energy Service Directive - Directive Services
Énergétiques
ETS Émission Trading Scheme
GES Gaz à Effet de Serre
LBC Lampe Basse Consommation
NZEB Nearly Zero Energy Buildings - Bâtiments avec une
consommation d?énergie proche de zéro
PME Petites et Moyennes Entreprises
PNAEE Plan Nationaux d'Action pour l'Efficacité Énergétique
PPA Parité de Pouvoir d'Achat
PTZ Prêt à Taux Zéro
RT Réglementation Thermique
SCEQE Système Communautaire d?Échange des Quotas
d?Émissions
Tep Tonne équivalent pétrole
TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée
UE Union européenne
PAGE 85L?efficacité énergétique en Europe
LISTE DES ENCADRÉS
Pays Titre Type* Date Résumé sur l?innovation et la valeur
ajoutée de cette mesure
Co
ns
tr
uc
tio
n
ne
uv
e
DK Nearly Zero Energy Buildings R 2010
Le Danemark est l'un des premiers pays européens à avoir
défini le concept de bâtiment « NZEB » et une feuille de route
pour 2020
NL Green Building R 1980
C?est l'un des premiers pays à adopter des politiques
volontaristes et à mettre en oeuvre des plans de
développement de bâtiments à basse consommation
CY
Obligation d?installation de
chauffe-eau solaire sur tous les
nouveaux bâtiments
R 2009
Chypre est le leader mondial en termes de capacité solaire
thermique par habitant, et l?installation de système solaire
est obligatoire pour toute nouvelle construction
LU Promotion programme for energy
efficient new buildings F 2002
Le programme propose des aides financières pour les
investissements dans la construction de bâtiments efficaces,
et pour l?investissement dans des systèmes de chauffage
performants
AU Wohnbauförderung F 2005 Le programme propose notamment des aides financières
pour les constructions dépassant la RT
Ré
no
va
tio
n
th
er
m
iq
ue
FR Plan Rénovation Energétique de
l?Habitat F+I 2013
Ce plan présente un objectif ambitieux de rénovation de
500 000 logements par an d?ici 2017, et de diminution de
38 % la consommation d?énergie du secteur du bâtiment à
l?horizon 2020
ES CTE, Codigo Tecnico de la
Edificacion R 2008
L?Espagne fut le premier pays européen à inscrire dans sa R
thermique une obligation de recours au solaire thermique
pour les bâtiments neufs et rénovés
PT Décret-Loi n° 79/2006 R 2006
Au Portugal, ce décret a introduit des dispositions spécifiques
pour les bâtiments existants d?une surface supérieure à
1 000 m2, en particulier dans le secteur du public et tertiaire.
GR Installation obligatoire de
systèmes solaires thermiques R 2012
Afin d?atteindre l?objectif de 50 %-100 % de logements
équipés en systèmes solaires thermiques d?ici 2016 un
bouquet de mesures incitatives a été mis en place, cette
mesure cible tout le parc (y compris l?existant).
DK
Inspections annuelles obligatoires
sur les gros équipements de
chauffage
R 1980
Le Danemark a fait figure de précurseur en instaurant des
inspections annuelles obligatoires (+conseil) sur les gros
équipements de chauffage.
NL Le plan national d?isolation au
Pays-Bas en 1978-1987 F 1978-
1987
L?objectif d?améliorer l?isolation de 2 500 000 logements (dont
70 en location) a presque été atteint au bout de dix ans, soit
60 % du parc de logements existants à l?époque
DE KfW (banque d?investissement
publique pour la reconstruction) F 2002
Le programme propose des incitations financières via
la banque d?investissement publique KfW, à travers des
subventions et prêts pour réduire la consommation d?énergie
du bâtiment
UK Green Deal F 2013
Le programme offre une réponse attractive aux contraintes
de financement des consommateurs en proposant
des contrats sur une longue période, qui permettent
des remboursements d?investissement en lien avec les
économies réalisées via la facture électrique.
RO
Programme multi-annuel de
rénovation thermique des
bâtiments
F 2005
Ce programme s'adresse aux associations de propriétaires
(syndicats) qui souhaitent améliorer la performance
énergétique des immeubles construits entre 1950 et 1990
* F : Financier, R : Réglementation, Fo : Fond,
AV : Accord Volontaire, T : transversal, I : Information
PAGE 86 L?efficacité énergétique en Europe
LISTE DES ENCADRÉS (SUITE)
Pays Titre Type* Date Résumé sur l?innovation et la valeur
ajoutée de cette mesure
Ap
pa
re
il
él
ec
tr
iq
ue
EU Come On labels I 2010 Come On Labels met en avant les meilleurs systèmes de
labélisation européens des appareils électroménagers
EU TopTen I 2000
Ce guide identifie les produits les plus économes afin
d'inciter les fabricants à les développer, les distributeurs
à les choisir et les consommateurs à les acheter
EU ATLETE I 2012 Tests de produits et de conformité aux règlementations
SE Testlab R 1995 Testlab effectue des tests et des essais sur les appareils
électroménagers
GR Prime à l?achat de climatiseur
performant F 2009 Ce programme incite les ménages à changer leur vieux
climatiseurs en échange d?une prime allant jusqu?à 500 euros
IT Prime à l?achat appareil froids
domestiques F 2007-
2009
Prime à l?achat en fonction de l?étiquette énergie. Ex : 200¤ de
prime pour l'achat d'appareils de froid domestique classés
A+ ou A++ (dans la limite de 20 % du prix d'achat)
DK Aider au lancement de nouvelles
technologies F 2010
Le Danemark a fait plusieurs campagnes de 4 à 7 semaines
pour aider à l'introduction de nouveaux produits
(réfrigérateurs A++, sèche-linge avec pompes à chaleur)
Pr
éc
ar
ité
UK Fuel poverty strategy F 2001
Programme d?amélioration de la performance des systèmes
de chauffages et de l?isolation thermique des logements pour
les ménages de bas revenus
UK Obligations d?économies d?énergie F 2002
Dans le cadre des obligations d?économies d?énergie, les
fournisseurs d?énergie doivent réaliser une partie de leur
objectif chez les ménages les plus vulnérables
Se
ct
eu
r p
ub
lic
HR Loi sur les biocarburants R 2009
Cette loi impose aux transporteurs publics des exigences
sur les véhicules écologiques : 70 % des nouveaux véhicules
doivent être des véhicules alternatifs
DE PICO (Public Internal Performance
Contracting) à Stuttgart F 1995
Système d?investissement par des contrats entre services
d'une même administration, reprenant le principe du tiers
financement tout en opérant exclusivement avec des fonds
budgétaires municipaux
PT ECO.AP F 2011
ECO.AP couvre un ensemble de mesures : création
d?ambassadeurs de l'énergie, mise en oeuvre des CPE entre
ces organismes publics et les ESCOs, mise en place d?un
baromètre de l?efficacité énergétique du secteur public
DE Le partenariat berlinois pour
les économies d?énergie F 1996
Contrats de performance énergétique (CPE) entre le Land
de Berlin et les ESCOs pour la rénovation énergétique des
bâtiments publics. Les CPE sont établis sur des « pools » de
bâtiments
SI
Incentives for renovation &
sustainable construction in public
sector
F 2008
Les investissements pour la rénovation des bâtiments publics
bénéficient de prêts à taux bonifiés proposés par un fonds
public pour l?environnement (Eco Fund)
PM
E
CH L?accompagnement des PME
proposé par l?AENEC AV 2001
L?accompagnement comprend une analyse des
consommations d?énergie, l?établissement d?une liste de
mesures rentables, la fixation d?objectif, la mise en place des
mesures et un suivi des résultats
PL PolSEFF (Polish Sustainable Energy
Financing Facility) F 2011
Fonds de 180 millions d?euros destiné à aider les PME à
investir dans des technologies efficaces en énergie. PolSEFF
fournit également une expertise technique gratuite pour
aider les PME à faire les meilleurs choix
* F : Financier, R : Réglementation, Fo : Fond,
AV : Accord Volontaire, T : transversal, I : Information
PAGE 87L?efficacité énergétique en Europe
Pays Titre Type* Date Résumé sur l?innovation et la valeur
ajoutée de cette mesure
In
du
st
rie
EU Le système des quotas d?émissions
(EU-ETS) R 2005
Plafond d?émissions de gaz à effet de serre pour les grandes
installations industrielles et possibilité d?échange des quotas
pour respecter cette contrainte
BG Audits obligatoires avec mise en
oeuvre des recommandations R 2008
Audit énergétique obligatoire tous les trois ans pour les
entreprises consommant plus de 3 000 MWh/an et obligation
d?investissements (l?entreprise dispose de deux ans pour
commencer la mise en oeuvre des mesures identifiées lors
de l?audit)
SE,
NO
Programme d?efficacité
énergétique pour les industries
intensives en énergie (PFE) en
Suède et pour le secteur pâte et
papier en Norvège
AV 2005
Accord volontaire sur 5 ans géré par STEM ou NVE permettant
d?être exonéré de la taxe sur l?électricité et comprenant un
système de gestion de l?énergie, un audit énergétique, un
plan d?action et une mise en oeuvre des mesures
IE Réseau des industries intensives
en énergie (LIEN) AV 1995
Réseau volontaire de 150 entreprises mis en place par SEAI.
Des ateliers, des séminaires et des visites de sites sont
organisés pour permettre aux entreprises d?échanger leurs
expériences.
Tr
an
sp
or
t/
pa
ss
ag
er
AT Klima : Aktiv Mobil T 2004
Le programme propose, à travers différents programmes
spécifiques de gestion, différentes formes de soutien, et ce
pour différentes cibles (administration, écoles, tourisme, etc.)
FR Bonus Malus F 2008
Octroi d'un bonus pour les acquéreurs de voitures neuves
émettant le moins de CO2, et taxation (malus) pour ceux qui
optent pour les modèles les plus polluants. Les recettes du
malus devant en principe équilibrer les dépenses du bonus
Tr
an
sp
or
t/
m
ar
ch
an
di
se DE Péages routiers F 2005
Mise en place d?une taxe pour les poids lourds de plus de
12 tonnes, en fonction des kilomètres parcourus, le niveau
d?émissions et le type d?essieu du véhicule
FI Accords volontaires AV 2008
Définition d?un ensemble de critères de performance
énergétique, à la fois dans la passation de marchés de
services de transport, l?extension de l?éco-conduite et des
mesures techniques
Ag
ric
ul
tu
re
NL Accords volontaires aux Pays-Bas AV 1997
Fixation d?objectifs de long-terme en termes d'efficacité
énergétique pour la culture en serre, l'élevage, les cultures
intensives, en échange de subventions ou de déductions sur
la taxe énergie
FI Parcellisation des terres F 1995
Incitation au regroupement des terres d?une même
exploitation pour diminuer les besoins de transport et
améliorer la productivité
FI
Aide d?investissement pour
l?installation de chaudière à
biomasse
F 1996
Aides à l?investissement pour le changement d?installation
de chauffage à partir de combustibles fossiles par
des biocombustibles (copeaux de bois ou de cultures
énergétiques)
Tr
an
sv
er
sa
l
DK Danish Saving Trust Fo 2009
L?objectif de cette autorité est de subventionner des projets
en efficacité énergétique. Le DST est financé à partir d?un
Fonds qui provient d?une taxe sur l?énergie imposée aux
ménages et au secteur public
SW Centime Climatique Fo 2005
Redevance prélevée par une fondation sur les importations
d?essence et diesel, dont les recettes sont investies dans des
projets de réduction d?émissions, de protection du climat à
l?étranger et en Suisse
UK SALIX Fo 2006
Prêts revolving sans intérêt aux acteurs publics désirant
accroître leur efficacité énergétique propose par un
organisme à but non lucratif
FR Certificats d?Économie d?Énergie R 2006
Mécanisme obligeant les fournisseurs d?électricité, de gaz,
de fioul, de chaleur, de froid et de carburants à réaliser un
volume d?économies d?énergie fixé en incitant leurs clients à
investir dans des équipements plus performants
* F : Financier, R : Réglementation, Fo : Fond,
AV : Accord Volontaire, T : transversal, I : Information
PAGE 88 L?efficacité énergétique en Europe
NOTES
PAGE 89L?efficacité énergétique en Europe
LES COLLECTIONS
DE L?ADEME
ILS L?ONT FAIT
L?ADEME catalyseur : Les acteurs
témoignent de leurs expériences et
partagent leur savoir-faire.
CLÉS POUR AGIR
L?ADEME facilitateur : Elle élabore
des guides pratiques pour aider
les acteurs à mettre en oeuvre
leurs projets de façon méthodique
et/ou en conformité avec la
réglementation.
HORIZONS
L?ADEME tournée vers l?avenir : Elle
propose une vision prospective et
réaliste des enjeux de la transition
énergétique et écologique, pour
un futur désirable à construire
ensemble.
EXPERTISES
L?ADEME expert : Elle rend compte
des résultats de recherches, études
et réalisations collectives menées
sous son regard.
FAITS ET CHIFFRES
L?ADEME référent : Elle fournit
des analyses objectives à partir
d?indicateurs chiffrés régulièrement
mis à jour.
L?ADEME EN BREF
L?Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Énergie (ADEME)
participe à la mise en oeuvre des politiques publiques dans les domaines
de l?environnement, de l?énergie et du développement durable. Elle met
ses capacités d?expertise et de conseil à disposition des entreprises, des
collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand public, afin de leur
permettre de progresser dans leur démarche environnementale.
L?Agence aide en outre au financement de projets, de la recherche à
la mise en oeuvre et ce, dans les domaines suivants : la gestion des
déchets, la préservation des sols, l?efficacité énergétique et les énergies
renouvelables, la qualité de l?air et la lutte contre le bruit.
L?ADEME est un établissement public sous la tutelle conjointe du
ministère de l?Environnement, de l?Énergie et de la Mer et du ministère de
l?Éducation nationale, de l?Enseignement supérieur et de la Recherche.
L'EFFICACITÉ
ÉNERGÉTIQUE
EN EUROPE
POLITIQUES ET BONNES PRATIQUES
Ce document présente une vision globale des
actions d?efficacité énergétique entreprises
en Europe. Après avoir décrit les principales
politiques communautaires et les grandes
tendances, il expose les mesures et les politiques
les plus illustratives par secteur consommateur.
Il en résulte 11 chapitres thématiques compre-
nant chacun les enjeux et les tendances des
consommations du secteur. Il est complété par
une revue des principaux types de mesures
existantes, afin de mettre en avant les actions
les plus diffusées en Europe. En complément,
deux mesures concrètes sélectionnées parmi les
plus communes et/ou les plus innovantes y sont
décrites.
www.ademe.fr
Entre 1990 et 2013, l?efficacité énergétique
s?est améliorée de 1,2 % par an dans l?UE.
40 % de ces économies proviennent de
l?industrie, 36 % du bâtiment et le reste
des transports. Ces performances sont
dues à la mise en oeuvre de politiques
communautaires de plus en plus
restrictives et grâce aux actions nationales
fortes des États membres. Cependant, les
analyses montrent que l'objectif de 20 %
d'économies d'énergie en 2020 ne sera
pas atteint dans la situation actuelle. La
Commission européenne a donc lancé
plusieurs nouvelles mesures, dont la
Directive sur l?Efficacité Énergétique de
2012 ou l?Union de l?énergie de 2015. De
même certains pays ont mis en place des
politiques plus volontaristes : transition
énergétique en France, tournant
énergétique en Allemagne, green deal au
Royaume-Uni, par exemple.
00,00 ¤
0000
(ATTENTION: OPTION lementaires sont relative-
ment rares dans le secteur de l?industrie.
Toutefois, certains EM ont pris l?initiative
de rendre obligatoire la réalisation d?audits
énergétiques pour les plus gros consom-
mateurs d?énergie (Bulgarie, Slovaquie,
Roumanie). D?autres imposent aux gros
consommateurs de désigner un gestion-
naire de l?énergie (Italie, Roumanie).
À l?avenir, ces mesures vont se généraliser
avec l?adoption de la nouvelle DEE, qui
rend obligatoire pour les grandes entre-
prises la réalisation d?un audit énergétique,
à renouveler tous les quatre ans. Seules les
entreprises dotées d?un système de mana-
gement de l?énergie certifié par un orga-
nisme indépendant en seront dispensées.
Audits obligatoires en Bulgarie avec mise
en oeuvre des recommandations
En 2008, la Bulgarie a adopté une loi
sur l?efficacité énergétique qui rend
obligatoire la réalisation d?un audit
énergétique tous les trois ans pour
les entreprises consommant plus de
3 000 MWh/an. Une fois l?audit réalisé,
l?entreprise dispose de deux ans pour
commencer la mise en oeuvre des mesures
identifiées lors de cette première phase.
Fin 2011, plus de 200 entreprises avaient
réalisé leur audit. D?après SEDA, l?agence
bulgare de l?énergie qui assure le suivi
des rapports d?audits, les économies
d?énergie attendues si toutes les mesures
préconisées sont mises en oeuvre
s?élèveraient à 540 GWh/an.
Au niveau communautaire, depuis 2011,
les moteurs électriques d?une puissance
comprise entre 0,75 et 375 kW doivent
respecter un niveau minimum de
performance énergétique dans le cadre de
l?application de la directive Eco-design.
La réglementation, un outil faiblement
utilisé dans l?industrie
PAGE 51L?efficacité énergétique en Europe
Les accords volontaires entre l?industrie et
l?administration constituent une alterna-
tive aux réglementations, parfois jugées
trop contraignantes. En signant de tels ac-
cords, les industriels acceptent de se fixer
un objectif d?amélioration de l?efficacité
énergétique et/ou de réduction de leurs
émissions de gaz à effet de serre et s?en-
gagent à mettre en oeuvre un programme
d?action pour atteindre ces objectifs.
Pour encourager les entreprises à signer
un accord volontaire, les gouvernements
mettent parfois en place des dispositifs
incitatifs spécifiques. Par exemple, au
Le programme d?efficacité énergétique
pour les industries intensives en énergie
(PFE) en Suède
Le programme PFE a été mis en place en
2005 par l?Agence suédoise de l?énergie
(STEM). Il s?adresse aux industries
intensives en énergie, c?est-à-dire celles
dont les dépenses d?énergie dépassent
3 % de la valeur totale de leur production,
ou celles dont les taxes (énergie, CO2)
s?élèvent à au moins 0,5 % de leur valeur
ajoutée. Ces industries correspondent
pour la plupart aux secteurs du bois, du
papier, de l?agroalimentaire, de l?acier
et des mines. La mise en place de ce
programme a été liée à l?introduction
d?une taxe sur l?électricité (0,5 ¤/MWh) en
2004. En s?engageant dans ce programme,
les entreprises en sont exemptées.
La durée du programme pour les
entreprises participantes est de cinq ans.
Au cours des deux premières années,
elles doivent mettre en place un système
de gestion de l?énergie, réaliser un audit
énergétique et proposer un plan d?action
pour réduire leurs consommations
d?énergie. Les entreprises doivent
ensuite mettre en oeuvre les mesures
d?amélioration de l?efficacité énergétique
au cours des trois années suivantes.
Plus de cent entreprises ont déjà remis
à STEM leur rapport final d?évaluation
à l?issue de leur première période
d?engagement de cinq ans. Les économies
d?électricité rapportées s?élèvent à
1,45 TWh/an pour environ 1 200 mesures
identifiées.
Danemark, en Norvège, en Suède, au
Royaume-Uni et en Suisse, des exemptions
de taxes sont accordées aux entreprises en
contrepartie de leur engagement.
Les approches volontaires, une démarche
alternative aux réglementations
PAGE 52 L?efficacité énergétique en Europe
Les accords volontaires dans le secteur
des pâtes et papier en Norvège
En Norvège, les entreprises du secteur de
la production de papier et pâte à papier
peuvent participer à un programme
volontaire d?amélioration de l?efficacité
énergétique administré par NVE
(Norwegian Water Resources and Energy
Directorate). En échange, elles sont
exonérées de la taxe sur l?électricité.
Sur le même principe que le programme
PFE en Suède, les entreprises participantes
doivent dans un premier temps mettre en
place un système de gestion de l?énergie,
réaliser un audit énergétique et proposer
des actions d?amélioration de l?efficacité
énergétique. Elles doivent ensuite mettre
en oeuvre les mesures identifiées dont le
temps de retour est inférieur à trois ans.
En cas de non-respect des engagements,
NVE peut demander à l?entreprise de de
rembourser avec des intérêts l?exonération
de la taxe sur l?électricité. Neuf entreprises
participent à ce programme. Entre 2005 et
2009, les économies d?énergie s?élevaient
en moyenne à 6 GWh/an par entreprise.
La mise en réseau des entreprises constitue
une autre approche basée sur le volonta-
riat des industriels. En acceptant de partici-
per à un réseau d?amélioration de l?efficaci-
té énergétique, les entreprises bénéficient
d?une expertise partagée et de ressources
communes mises à disposition des indus-
triels. Plusieurs réseaux ont ainsi vu le jour.
En suisse, des groupes sectoriels d?entre-
prises ont été mis en place en 2001 par l?AE-
nEC (Agence de l?énergie pour l?économie).
Une démarche inspirée de l?exemple suisse
a vu le jour en 2009 en Allemagne (LEEN
Learning Energy Efficiency Networks). En Ir-
lande le réseau LIEN (Large Industry Energy
Network) existe depuis 1995.
Le réseau des industries intensives en
énergie (LIEN) en Irlande
LIEN est un réseau volontaire d?entreprises
intensives en énergie se préoccupant
d?efficacité énergétique et de protection
de l?environnement. Il a été mis en
place par SEAI (Sustainable Energy
Authority of Ireland) en 1995. Le réseau
compte actuellement 150 entreprises,
représentant environ 15 % de la
consommation du pays.
Des ateliers, des séminaires et des visites
de sites sont organisés régulièrement
afin de permettre aux membres du
réseau d?échanger leurs expériences et de
partager leurs connaissances avec d'autres
gestionnaires de l'énergie. Depuis 2006,
certaines entreprises peuvent participer
au programme EAP (Energy Agreements
Programme), qui est un sous-programme
du LIEN. EAP aide les entreprises à mettre
en place un système de management
de l?énergie respectant le standard EN
16001(remplacé depuis 2011 par la norme
ISO 50001). L?objectif de cette norme est
d?aider les entreprises à développer une
gestion méthodique de l?énergie pour
améliorer leur efficacité énergétique. Elles
doivent notamment définir une stratégie
actions avec des objectifs, mettre en place
des actions de réduction et de suivi des
consommations d?énergie, vérifier les
économies et prévoir des améliorations.
Depuis la création de LIEN, les économies
d'énergie réalisées par les entreprises du
réseau sont en moyenne de l?ordre de 2 %
par an.
PAGE 53L?efficacité énergétique en Europe
LES PETITES
ET MOYENNES
ENTREPRISES
Chapitre 7
PAGE 54
Les consommations d?énergie des PME
sont généralement mal connues. Cepen-
dant, d?après l?enquête menée chaque
année dans le secteur de l?industrie en
France, on estime qu?en 2011 environ 43 %
de la consommation d?énergie de ce sec-
teur provient des entreprises de moins de
250 salariés. Cette part qui représentait
moins de 30 % il y a 15 ans est croissante.
Pour les décideurs publics, la mobilisation
du potentiel d?économies d?énergie des pe-
tites et moyennes entreprises constitue un
véritable chalenge. Ce secteur constitue en
effet un ensemble de multiples acteurs aux
caractéristiques hétérogènes, tant sur les
plan de leurs activités que de leurs usages
de l?énergie. De plus, en raison de leur
taille, ces entreprises disposent générale-
ment de moyens limités pour réaliser des
opérations d?économies d?énergie. Enfin,
pour la plupart d?entre elles, les dépenses
liées à l?énergie ne sont pas suffisamment
élevées pour les inciter à investir dans l?ef-
ficacité énergétique.
Les mesures financières
largement privilégiées
Si certaines mesures visent spécifiquement
les PME, celles-ci peuvent également pro-
fiter des incitations mises en oeuvre dans
d?autres secteurs tels que l?industrie ou le
bâtiment. Globalement, de nombreuses
mesures financières sont disponibles pour
les PME voulant investir dans l?efficacité
énergétique. Les mesures d?information et
les mesures coopératives sont également
très présentes.
Les PME désireuses d?investir dans l?effi-
cacité énergétique ne disposent générale-
ment pas des ressources nécessaires, qu?il
s?agisse de moyens humains ou de compé-
tences techniques. Face à ce constat, divers
outils ont été développés pour les aider à
mettre en oeuvre des actions d?économies
d?énergie : l?accompagnement et la mise à
disposition d?informations.
Ainsi, en Irlande, l?agence de l?énergie
SEAI (Sustainable Energy Authority of Ire-
land) aide les entreprises à analyser leurs
consommations d?énergie et leur fournit
des conseils pour améliorer l?efficacité
énergétique. SEAI propose également des
formations à la gestion de l?énergie. En
Suède, la Région de Jönköping a mis en
place un programme régional d?audits et
de benchmarking à destination des petites
et moyennes entreprises. Un important
travail de mise en réseau, de formation et
de mise à disposition d?informations et
d?outils a été réalisé pour inciter et aider
les entreprises à mieux gérer leur énergie.
En Finlande, dans le cadre de l?accord vo-
lontaire sur l?amélioration de l?efficacité
énergétique dans l?industrie et les services,
un projet de conseils énergie pour les PME
a été mis en place par Motiva. La Suisse a
également un programme ciblé sur les PME
via l?agence AEnEC.
Les Petites et Moyennes
Entreprises, PME, une
cible difficile à atteindre
Des réseaux pour
accompagner et
informer les PME
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 55
Pour les PME, le manque de moyen n?est
pas seulement humain ou technique, il est
aussi financier. Des aides financières et fis-
cales ont donc aussi été développées pour
les aider à investir dans l?efficacité énergé-
tique.
Ainsi, en Allemagne par exemple, le Minis-
tère fédéral de l?économie et la banque KfW
ont mis en place en 2008 un Fonds Spécial
pour l?Efficacité Énergétique des PME qui
subventionne les conseils indépendants et
offre des prêts à conditions avantageuses
pour les investissements de maîtrise des
consommations d?énergie. Sur le plan fis-
cal, les Pays-Bas proposent des formules
d?amortissements accélérés pour les inves-
tissements dans l?efficacité énergétique.
En Pologne existe un fonds de soutien aux
PME.
PolSEFF (Polish Sustainable Energy
Financing Facility) en Pologne
PolSEFF est un fonds de 180 millions d?euros
destiné à aider les PME en Pologne à investir
dans des technologies efficaces en énergie.
Deux types de projets peuvent être financés :
soit des investissements simples sur la base
d?une liste de matériel éligible, soit des
investissements plus complexes qui assurent
une économie d?énergie d?au moins 20 %.
En plus de l?aide financière, PolSEFF
fournit également une expertise technique
gratuite pour aider les entreprises à faire les
meilleurs investissements.
Au 31 juillet 2013 soit environ 2 ans après son
démarrage, PolSEFF a permis de financer
plus de 1 300 projets pour un volume de
prêt de 116 millions d?euros. L?économie
d?énergie primaire correspondante s?élève à
près de 260 GWh/an.
Les mesures financières et fiscales
L?accompagnement des PME proposé par l?AEnEC en Suisse
Le « modèle PME » de l?AEnEC (Agence de l'énergie pour l'économie) constitue un
accompagnement complet pour les PME souhaitant faire des économies d?énergie. Il démarre
par une analyse des consommations d?énergie de l?entreprise, réalisée par un conseiller AEnEC.
Ce dernier dresse alors une liste de mesures rentables d?amélioration de l?efficacité énergétique.
Sur cette base, l?entreprise et l?AEnEC établissent une convention d?objectifs, conclue pour une
durée de dix ans et précisant les objectifs de performance énergétique qui doivent être atteints.
Accompagnée par l?AEnEC, l?entreprise met ensuite en oeuvre les mesures. De plus, un système
de suivi se met en place entre l?entreprise et l?AEnEC. Les informations de suivi sont entrées sur
le site www.modele-pme.ch. Via cette plate-forme web, l?entreprise peut visualiser les progrès
accomplis par rapport aux objectifs. Plus de 400 entreprises sont suivies par le modèle PME. La
plupart des secteurs d?activités sont représentés.
Pour aller plus loin, l?AEnEC a aidé au lancement d?une plate-forme de ressources dédiée aux
économies d?énergie dans les secteurs de l?hôtellerie et de la restauration www.hotelpower.ch.
Hotelpower propose aux établissements des outils simples pour réaliser du benchmarking
et pour évaluer leur potentiel d?économie d?énergie : les établissements rentrent leurs
consommations d?énergie sur le site Internet et peuvent immédiatement se comparer avec
les performances du secteur. La plate-forme présente par ailleurs de nombreuses mesures
d?amélioration de l?efficacité énergétique sous la forme d?études de cas, de fiches techniques
ou de témoignages. Elle recense également les ressources mobilisables par les hôteliers pour
se faire accompagner techniquement et financièrement.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 56 L?efficacité énergétique en Europe
LES TRANSPORTS
DE PASSAGERS
Chapitre 8
PAGE 57L?efficacité énergétique en Europe
Plus de 60 % des consommations
du transport en Europe imputables
au transport de passagers
La consommation d?énergie du transport
de passagers (voitures particulières, deux
roues, bus, trains, trams, métro, et aérien
domestique) a atteint 191 Mtep en 2013,
soit une progression de 13 % (0,6 %/an)
depuis 1990. Depuis 2007 la tendance se
ralenti (- 1 % par an).
Les voitures représentent la plus large part
des consommations, soit 88 %, suivie par
les bus avec 5,4 %, l?aérien avec 2,7 %, les
deux-roues (1,9 %) et le ferroviaire (trains,
trams, métro) avec 1,6 %.
Une fiscalité sur les carburants incitative,
mais généralement pas liée à l?efficacité
énergétique
La fiscalité sur les carburants a un impact
certain sur les consommations. Cependant
ces taxes sont souvent instaurées pour des
raisons qui ne sont pas directement liées à
l?efficacité énergétique. En effet, seuls cinq
pays (Allemagne, Finlande, Suède, Norvège
et Danemark) ont mis en place une taxe
dite « environnementale » (taxe verte ou
CO2) dont une partie des recettes est rever-
sée pour soutenir des actions visant à amé-
liorer l?efficacité énergétique des modes de
transports. On peut noter cependant que
ces 5 pays n?ont pas la plus forte fiscalité si
on les compare à d?autres EM tels que l?Ita-
lie, le Royaume Uni, la Grèce ou les Pays
Bas par exemple.
Prédominance des mesures
financières et fiscales
Les mesures fiscales et financières repré-
sentent près d?1/3 des mesures d?effica-
cité énergétique en faveur des transports
de passagers en vigueur dans les pays de
l?UE. Les réglementations, qui représentent
28 % des mesures, sont principalement des
Directives sur les étiquette-énergie et les
pneumatiques, les normes sur les émis-
sions de CO2 des voitures ou, au niveau na-
tional, le contrôle technique des véhicules
et le respect des limitations de vitesse. Les
mesures dites d?information représentent
une part non négligeable (15 %) de pro-
motion d?une meilleure utilisation de la
voiture (eco driving, promotion des modes
doux, vélo, marche).
Les voitures particulières : cibles principales
des politiques du transport de passagers
Figure 25 : Consommation d?énergie
du transport domestique de passagers
par mode dans l?UE
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
Voiture Aérien
Ferroviaire
Deux roues
0
50
100
150
200
en 2013En 1990
Autobus
PAGE 58
Une nouvelle réglementation a été adop-
tée en avril 2009 limitant les émissions
spécifiques moyennes des voitures neuves,
suite à l?échec des accords volontaires
signés en 1998 entre la CE et trois asso-
ciations de constructeurs automobiles,
dont l?ACEA (Association Européenne des
Constructeurs Automobiles). Cette régle-
mentation fixe un seuil d?émissions spé-
cifiques moyennes des voitures neuves à
130 g CO2/km pour 2015, avec un objectif de
95 g CO2/km en 2020 (contre 136 g CO2/km
en 2011). Des sanctions financières à
l?égard des constructeurs automobiles
sont prévues en cas de non-respect de ces
niveaux d?émissions.
La plupart des pays européens ont égale-
ment imposé des limitations de vitesse (ini-
tialement mises en place pour des raisons
de sécurité) et des obligations de contrôles
techniques périodiques des véhicules, per-
mettant de s?assurer d?un niveau minimum
de performance et de sécurité. Même si ces
réglementations n?ont pas été dictées par
des considérations d?efficacité, elles ont un
impact certain sur les consommations.
Une étiquette éner-
gie a été mise en
place dans les pays
de l?UE afin de four-
nir des informations
spécifiques relatives à la consommation
de carburant et aux émissions de CO2 des
voitures particulières neuves, proposées à
la vente ou en crédit-bail, et orienter ainsi
les choix des consommateurs (Directive
n°1999/94/CE). Cette étiquette doit être ap-
posée sur chaque modèle de voiture par-
ticulière neuve ou affichée près de celle-
ci, dans le point de vente, d'une manière
clairement visible. La directive demande
également aux pays de publier un guide
de la consommation de carburant et des
émissions de CO2 pour tous les modèles de
voitures particulières neuves disponibles à
l'achat dans les états membres et regrou-
pés par marque.
La Directive (n°
1222/2009) impose
un étiquetage des
pneumatiques neufs
vendus, relatif à la
consommation de
carburant, l?adhé-
rence sur sol mouillé
et le niveau de bruit
de roulement ex-
terne du pneu. Cette
mesure est entrée en vigueur en Europe au
1er novembre 2012.
Figure 26 : Répartition des mesures
du transport de passagers
So
ur
ce
: M
ur
e
20
15
, t
ra
ite
m
en
t E
ne
rd
at
a
Autres : 1%
Coopérative : 6%
Infrastructure : 15%
Organisation : 4%
Information : 15%
Réglementation : 24%
Fiscal/Financier : 35%
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 59L?efficacité énergétique en Europe
La plupart des actions d?améliorations de
l?efficacité énergétique du transport de
passagers prennent la forme d?incitations
(financières et fiscales) à l?achat de véhi-
cules performants et efficaces.
Fiscalité des véhicules en fonction
de leurs performances énergétiques
ou environnementales
Historiquement, les taxes à l?achat de vé-
hicules ou les taxes annuelles de circula-
tion (vignettes) étaient fonction du type
de carburant, de la cylindrée ou du poids
du véhicule. Ces taxes ont aujourd?hui évo-
lué dans de nombreux pays en intégrant
un critère d?efficacité énergétique ou de
niveau d?émissions de CO2. Ainsi, les taxes
à l?achat, fonction des performances éner-
gétiques ou CO2 ont été introduites dans
15 pays de l?UE, au cours des années 2000,
excepté pour l?Autriche qui l?avait instau-
ré dès 1992. Ces taxes à l?achat peuvent
également être combinées à une subven-
tion (appelé bonus) pour les véhicules les
moins émetteurs ; la taxe sur les véhicules
les plus polluants étant alors appelée ma-
lus (cas de la France et de l?Autriche depuis
2008).
Bonus Malus en France
Le bonus-malus est l'une des premières
mesures fortes prise en France à l'issue
du Grenelle de l'environnement (2008) ;
ce système récompense, via un bonus, les
acquéreurs de voitures neuves émettant
le moins de CO2, et pénalise, via un malus,
ceux qui optent pour les modèles les plus
polluants. La subvention est déduite du
prix d?achat de nouvelles voitures et se
situe entre 6 300 ¤ et 150 ¤ pour celles qui
émettent entre 0g et moins de 90 gCO2/km
(2014)*. Au-delà de 131 gCO2/km, un
malus entre 150 ¤ et 8 000 ¤ est appliqué.
En France les nouvelles voitures
émettent en moyenne 114 gCO2/km
(2014), soit 34 gCO2/km moins que avant
l?introduction du système. Les économies
de CO2 pour les voitures neuves vendues
en 2011 est estimé aux alentours de 90 kt.
Ces économies équivalent aux émissions
annuelles de 45 000 véhicules.
En 2014, 26,3 % des véhicules vendus sont
de classe A (émettant moins de 100 gCO2/
km), 42,6 % de classe B (<200 gCO2/km)
et 23 % de classe C (<140 gCO2/km). Les
résultats sont très encourageants car la
part des voitures plus polluantes (classe
D à G, >141 gCO2/km) a baissé de 35 %
en 2008 à 8 % en 2014. En 2014 3 % de
voitures neuves ont reçu un bonus (37 %
en 2013, 50 % en 2010) et 17 % un malus
(9 % en 2010).
Quelques pays (7) ont en plus mis en place
un système de taxes annuelles liées aux
performances énergétiques ou écolo-
giques. Il s?agit du Danemark en 1997, du
Royaume-Uni en 1998, de la France (pour
les véhicules de sociétés seulement) et de
la Suède en 2006, des Pays-Bas et de l?Ir-
lande en 2008 et de la Finlande en 2010.
Les mesures financières et fiscales comme incitations
à l?achat de véhicules plus efficaces
* www.ademe.fr/sites/default/files/assets/
documents/evolution-marche-vehi-
cules-neufs-2015.pdf
PAGE 60
Subventions pour la mise en circulation
de véhicules électriques
Certains pays visent à accélérer la diffusion
de véhicules électriques par la mise en
place de subventions à l?achat. L?Espagne a
un objectif très ambitieux de 2,5 millions de
véhicules électriques en 2020, soit 10 % du
parc. À cette même échéance, trois autres
pays, la France, 2 millions, le Royaume-
Uni 1,55 millions et l?Allemagne, 1 million,
ont également des ambitions fortes. Ce
déploiement de véhicules électriques de-
vra toutefois s?accompagner d?objectifs
quantitatifs d?implantation de bornes de
recharge électriques par pays ainsi que de
l?uniformisation des prises.
La prime à la casse : une mesure
temporaire pour renouveler le parc
La prime à la casse est une mesure finan-
cière et temporaire visant à remplacer les
véhicules les plus anciens, donc polluants,
par l?achat d?un véhicule neuf avec à le ver-
sement d?une prime. Environ la moitié des
pays de l?UE ont instauré une ou plusieurs
périodes de prime à la casse. L?expérience
italienne, mise en place de 2007 à 2009, est
particulièrement intéressante car elle n?im-
pose pas aux détenteurs de voitures mises
au rebut d?acheter une voiture neuve ; en
effet le choix est laissé au propriétaire du
véhicule de renouveler ou non sa voiture,
et le cas échéant, d?obtenir une prime de
150 ¤, ainsi qu?un abonnement annuel
pour les transports en commun ou 800 ¤
pour du co-voiturage. Même si le cas italien
est intéressant, la prime à la casse est sou-
vent décriée car elle a surtout pour objectif
de relancer temporairement les ventes de
véhicules neufs, et est coûteuse pour les
gouvernements qui la mettent en place.
Réduire l?utilisation de la voiture
La mise en place de péages routiers ur-
bains (Londres depuis 2003, Stockholm
depuis 2006 ou encore Milan depuis 2008)
permet de faire baisser significativement
le nombre de voitures circulant au centre-
ville et de réduire les émissions polluantes.
Couplés avec une offre de stationnement
et de transport en commun en périphérie
des villes, ces péages visent à encourager
l?usage des transports en commun et à
décongestionner les centres-villes. Après
10 ans de service, on estime qu?à Londres
la circulation automobile a baissé d?envi-
ron 20 % et le nombre d'embouteillages a
été réduit d'un tiers. Le nombre de véhi-
cules qui circulent chaque jour à Londres
a diminué de 60 000, ce qui correspond à
une baisse des émissions de CO2 d?environ
150 kt/an.
Ces péages sont toutefois décriés, car ils
privilégieraient les conducteurs les plus
aisés pouvant s?acquitter du péage, et au
contraire, porteraient préjudice aux usa-
gers les moins aisés n?ayant pas d?autre
possibilité que de transiter par le centre-
ville dans leurs déplacements (trajets in-
ter-banlieues par exemple). Les coûts éle-
vés de mise en place et d?exploitation de
tels péages sont également mis en avant.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 61
Au delà des mesures réglementaires, fi-
nancières et fiscales, de nombreux pays
ont lancé des campagnes d?information et
de sensibilisation pour une meilleure uti-
lisation de la voiture, et la promotion des
transports en commun.
L?éco-conduite est un comportement
de conduite permettant de réduire les
consommations de carburant (environ
15 %) et de limiter les émissions de gaz à
effet de serre. Plusieurs pays tel que l?Au-
triche à travers son programme Klima
Aktiv Mobil, les Pays-Bas (Het Nieuwe Rij-
den), l?Allemagne, l?Espagne, le Danemark,
la Finlande, la Suède et plus récemment
l?Estonie et la Lituanie considèrent l?éco-
conduite comme une mesure intéressante
pouvant générer des économies substan-
tielles de carburants. Depuis plusieurs
décennies, la formation à l?éco-conduite
est obligatoire en Suisse pour les profes-
sionnels de la route (conducteur de bus,
de camions...). Plus récemment en 2007,
la Suisse a rendu obligatoire un dispositif
analogue pour les particuliers
Le covoiturage consiste en l'utilisation
conjointe et organisée d'un véhicule dans
le but d?effectuer un trajet commun. Plu-
sieurs pays dont l?Autriche, la Belgique,
l?Allemagne ou encore les Pays-Bas s'ins-
crivent dans le covoiturage en mettant en
place des aires de stationnements servant
de points de rassemblement, ou encore des
voies réservées en cas d'embouteillage.
Aux Pays-Bas , il existe des « lifters plaats »
qui consistent en un trottoir d'environ un
kilomètre à l'entrée des autoroutes. Ces
trottoirs sécurisent les adeptes du covoi-
turage et servent autant aux conducteurs
qu'aux auto-stoppeurs.
L?autopartage est un système dans lequel
les véhicules sont mis à la disposition de
« clients » ou utilisateurs du service. Plu-
tôt que de disposer d'une voiture person-
nelle, l?adepte d'un service d'autopartage
dispose d'une voiture qu'il ne finance que
pour la durée de son besoin. Le reste du
temps, la voiture est utilisée par d'autres
membres. L?auto-partage apparaît comme
une mesure alternative à la possession
d?une voiture individuelle et fait partie des
nouveaux outils pour modifier les compor-
tements de mobilité. Plusieurs pays ont
déjà mis au point avec succès des systèmes
d?auto-partage. En Belgique, Taxistop a
fondé l'auto-partage en 2002, avec un ser-
vice disponible dans plus de quinze villes
en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Au
Royaume-Uni, on observe aussi un déve-
loppement très rapide de cette mesure,
notamment à Londres. Streetcar, créé en
2004, compte aujourd'hui plus de 80 000
utilisateurs. L'autopartage est également
très développé en Suisse où l?opérateur
Mobility CarSharing Suisse compte près
de 100 000 utilisateurs, avec plus de 2 200
véhicules mis à disposition dans plus de
1150 stations. Selon différentes études,
chaque véhicule en autopartage remplace-
rait au minimum 4 à 8 véhicules privés. De
même entre 20 et 30 % des clients seraient
également prêts à renoncer à l?acquisition
d?une voiture ou retarderaient son acquisi-
tion.
Des pays ont, quant à eux, misé sur une
amélioration de l?offre de transport
Limiter l?usage de la voiture et encourager
l?usage des transports en commun
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 62
public, telle qu?un renforcement des
compagnies de bus à Chypre ou la moder-
nisation des trams en République Tchèque.
D?importants investissements dans l?offre
de transport en commun, notamment avec
une nette amélioration des infrastructures
ferroviaires, ont été amorcés dans diffé-
rents pays tels que la Finlande et la Rou-
manie. D?autres pays misent sur la mise
en place de Plans de Déplacement Urbains
(PDU) qui déterminent l?organisation du
transport des personnes. Cette mesure
se traduit par la mise en place d?actions
en faveur des modes de transports alter-
natifs à la voiture particulière: les trans-
ports publics, les deux roues, la marche...
Les politiques publiques peuvent égale-
ment encourager les comportements col-
lectifs en mettant en place avec des en-
treprises, des collectivités, des mairies...
des plans de mobilité afin de permettre
aux salariés (ou étudiants et scolaires) de
se rendre facilement sur leur lieu de travail
sans avoir recours à l?automobile (plans de
déplacement d?entreprises, plans de dé-
placement d?administrations ou scolaire
en France).
Certains pays restreignent également l?ac-
cès au centre-ville afin de privilégier les
transports en commun, l?usage du vélo ou
les déplacements piétonniers (Autriche,
Finlande, Allemagne).
L?expérience autrichienne de la gestion de la mobilité : Aktiv Mobil
L?initiative autrichienne, Klima Aktiv Mobil, lancée en 2004 par le Ministère Fédéral de
l?Agriculture, de la Forêt, de l?Environnement et de l?Eau et cofinancée par la Chambre de
Commerce, l?Association des villes et villages et l?Association des Municipalités, est à l?origine de
nombreuses actions dans la promotion de l?efficacité énergétique des transports. Ce programme
vise différentes cibles : les entreprises, les administrations publiques, les écoles, les collectivités
locales, le tourisme et les loisirs, les investisseurs et les promoteurs immobiliers. Le programme
propose, à travers différentes mesures spécifiques, plusieurs formes de soutien : conseil pour
l?élaboration et la mise en oeuvre de plans d?actions, campagnes de promotion sur l?éco-
conduite ou modes doux (bike2business), appuis financiers, remises de prix etc.
Depuis 2007, le programme a apporté une contribution financière de 42,5 M¤, qui a stimulé
des investissements d?une valeur totale de 271 M¤ et crée plus de 3 000 emplois « verts ». Le
programme a soutenu plus de 1 800 entreprises, communautés, villes et régions pour une
réduction des émissions de CO2 de 450 kt/an.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 63
LES TRANSPORTS
DE MARCHANDISES
Chapitre 9
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 64
Large prédominance du transport
routier de marchandises, dont la
part ne cesse de progresser
La consommation d?énergie du transport
de marchandises a fortement progressé
jusqu?en 2007 (2,3 %/an de 1990 à 2007),
principalement en raison de l?augmenta-
tion du transport routier (2,6 %/an). Depuis
2007, cette consommation est orientée à la
baisse (- 2,6 %/an) du fait d?une forte dimi-
nution des trafics induite par la crise éco-
nomique (- 1,7 %/an).
Les camions et véhicules utilitaires légers
représentent plus de 92 % de la consomma-
tion du transport de marchandises ; cette
part ne cesse de progresser : + 5 points de
1990 à 2013.
30% des mesures du secteur des
transports concernent les marchandises
Sur l?ensemble des mesures d?efficacité
énergétique en vigueur dans le secteur des
transports, 30 % concernent les marchan-
dises dans les pays de l?UE. Un peu moins
de 30 % de ces mesures sont de nature fis-
cale et financière, avec notamment la mise
en place de péages routiers ou d?une taxe
ajustée aux kilomètres parcourus.
La part du trafic routier a progressé de
12 points depuis 1990 et a représenté 75 %
du trafic total de marchandises en 2012.
Dans quelques pays cependant on observe
une tendance inverse avec un accrois-
sement du transport par rail et par voie
d?eau : c?est le cas notamment des Pays
Bas, de la Belgique, Suède et de l?Autriche,
avec une part de ces deux modes dépas-
sant les 30 %.
Peu de politiques d?efficacité énergétique au regard
de la forte croissance du transport de marchandises
Figure 27 : Consommation du transport de
marchandises par mode dans l?UE (2012)
Figure 28 : Répartition du trafic
marchandises dans l?UE (2013)
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
Routier Fluvial-côtier
0
20
40
60
80
100
120
20131990
Ferroviaire
Routier : 87%
Routier : 92%
Fluvial-côtier : 7%
Ferroviaire : 18%
Routier : 75%
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 65
Promotion des véhicules efficaces
et des transferts modaux
La promotion des véhicules efficaces
La réglementation européenne n°510/2011
impose une réduction des émissions de CO2
des véhicules utilitaires légers neufs avec
un seuil d?émission spécifique maximale
de 175 gCO2/km en 2017 et de 147 gCO2/km
en 2020. Au-delà, les constructeurs qui n?au-
ront pas réussi à atteindre les objectifs fixés
devront payer une amende de 95 ¤/gCO2
de dépassement par véhicule vendu.
La promotion de l?intermodalité
De nombreux pays cherchent à encoura-
ger le transport combiné, et ainsi réduire
le poids du transport routier par le biais
de taxes ou de péages incitatifs et d?aides
à l?investissement dans de nouvelles in-
frastructures.
Les réglementations, qui représentent
également environ 30 % des mesures,
concernent principalement la norme Euro-
péenne sur les émissions maximales de CO2
des véhicules utilitaires légers, les limita-
tions de vitesse et l?obligation de contrôles
techniques périodiques des véhicules.
Les mesures dédiées aux infrastructures
(1/4 environ) concernent la promotion de
l?intermodalité et du transport combiné.
Enfin 10 % des mesures correspondent à
des accords volontaires (mesures « coopé-
ratives »).
Figure 29 : Répartition des mesures
du transport de marchandises
So
ur
ce
: M
ur
e
20
15
, t
ra
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m
en
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rd
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Autres : 6,3%
Coopérative : 10%
Infrastructure 24%
Organisation : 3%
Information : 7%
Réglementation : 28%
Fiscal/Financier : 28%
L?Autriche, l?Allemagne, les Pays-Bas ou en-
core la Pologne ont instauré une taxation
du transport de marchandises avec une ta-
rification aux kilomètres parcourus.
L?Autriche a été le premier pays à mettre
en place ce système en 2004 pour les poids
lourds de plus de 3,5 tonnes. Il a permis une
diminution annuelle de 3 % de la distance
moyenne parcourue par tonne transportée
et a favorisé un report modal sur le rail.
Plusieurs pays, tels
que la République
Tchèque, la Hongrie
et la Slovaquie, ont
par ailleurs mis en
place des péages autoroutiers différenciés
selon les catégories de véhicules et leur
taille.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 66 L?efficacité énergétique en Europe
Les péages routiers en Allemagne
Le gouvernement allemand a mis en place depuis le 1er janvier 2005 une taxe pour les poids
lourds de plus de 12 tonnes, en fonction des kilomètres parcourus, le niveau d?émissions et
le type d?essieu du véhicule (LKW Maut). Cette taxe s?applique sur un tiers du réseau routier
(12 000 kilomètres d?autoroutes et 1 135 km de routes nationales, pour un réseau de 40 000 km).
Depuis janvier 2009, le montant de la taxe s?élève en moyenne à 16,3 c¤/km. Un système de
contrôle par GPS a été instauré pour suivre le trafic de camions. Le potentiel de réduction des
émissions se situe entre 3-5 MtCO2/an. Les recettes perçues chaque année au titre de la taxe
(3 milliards d?Euros récoltés en 2011) sont affectées à l?entretien des routes, et dans une moindre
mesure, au développement des voies ferrées et navigables. www.bmu.de
La CE a lancé depuis 1991 une dynamique
de soutien au fret ferroviaire qui s?est tra-
duite par la mise en place de directives ré-
unies en « paquets ferroviaires » pour créer
et promouvoir un fret européen unifié. Dif-
férents pays tels que la Pologne, l?Espagne,
le Royaume-Uni ou l?Allemagne ont prévu
d?investir dans la rénovation des lignes
existantes et dans l?achat de nouveaux wa-
gons.
Dans le cadre du Grenelle de l?Environ-
nement, le gouvernement français s?est
engagé à faire progresser la part modale
du non routier (rail et voie d?eau) de 14 %
à 25 % à l?échéance 2022. Dans ce cadre,
l?ADEME apporte une contribution finan-
cière aux transporteurs et chargeurs pour
la réalisation d?études de faisabilité pour
le passage au transport combiné route-
rail ou route-fluvial (au maximum 50-70 %
de l?assiette éligible et dans la limite de
100 000 ¤).
Certains pays comme la Belgique ac-
cordent également des subventions pour le
transport de marchandises par voie ferrée.
PAGE 67L?efficacité énergétique en Europe
le Ministère de l?Emploi et de l?Économie,
des représentants de l?Association
« Finnish Transport and Logistics ? SKAL »,
l?Association des entreprises de logistiques
« LL » et la compagnie ferroviaire VR.
L?objectif global du programme est
d?atteindre au moins 9 % d?amélioration
de l?efficacité énergétique dans le fret
et les transports en commun sur la
période 2008-2016, en impliquant 60 %
des entreprises du secteur. Un ensemble
de critères de performance énergétique
a été défini, à la fois dans la passation
de marchés de services de transport,
l?extension de l?éco-conduite et des
mesures techniques, par exemple sur
la pression des pneus, les contrôles ou
l?entretien des véhicules. Les entreprises
de transport qui adhèrent à ce programme
s?engagent à améliorer leur consommation
et à mettre en place un système de gestion
de l?énergie au sein de leurs entités
(rapports de consommations annuels).
D?après le PNAEE, un tiers de l?objectif
d?économies d?énergie du transport de
4,25 TWh (0,37 Mtep) en 2016 devrait être
atteint grâce à la mise en place des actions
volontaires de la part des compagnies de
transport. www.motiva.fi
Transporter plus
Une solution visant à réduire le coût de
transport est le recours à des semi re-
morques de grande capacité appelé « mé-
ga-camion » ou « éco-combi » mesurant
plus de 25 mètres et pouvant transporter
plus de 60 tonnes. Ces camions sont déjà
courants dans des pays de grande su-
perficie comme le Canada, les États-Unis
ou l'Australie. En Europe, les premiers
éco-combis sont apparus en Suède et aux
Pays Bas en 2 000. Ces camions sont toute-
fois décriés quant aux conditions de sécu-
rité, car leur taille est souvent un obstacle
dans les manoeuvres, et aux dommages
causés aux routes.
Vers une mobilisation
des acteurs par des
accords volontaires
et une optimisation
de la chaine logistique
Pour mobiliser les acteurs du secteur, plu-
sieurs pays, dont la Finlande et la France,
ont recours à des accords volontaires avec
les compagnies de transport pour mettre
en oeuvre différentes actions, allant du
conseil, à la formation et à des aides fi-
nancières. Une autre approche poursuivie
par certains pays est de mieux organiser
la chaîne logistique, en optimisant les dé-
placements et les tonnes transportées, no-
tamment par l?augmentation de la charge
utile maximum des camions.
Engagements volontaires en France
Le Ministère de l?Écologie, du
Développement Durable et de l?Énergie
et l?ADEME, en concertation avec les
organisations professionnelles du secteur
du transport routier de marchandises,
ont mis en place fin 2008 une charte
d'engagements volontaires de réduction
des émissions de CO2 pour le transport
de marchandises intitulé « Objectif CO2.
Les transporteurs s'engagent ». Fin 2015,
plus de 1 500 entreprises avaient signé
la charte ou s?apprêtaient à le faire; le
potentiel de réduction de CO2 au terme
des sept ans d?actions est estimé par
l?ADEME à plus de 1 100 kt/an.
L?approche volontaire en Finlande
La signature d?accords volontaires pour
le fret et la logistique a été conclue en
2008 par la Ministère de l?Environnement,
des Transports et Télécommunications,
PAGE 68 L?efficacité énergétique en Europe
L?AGRICULTURE
Chapitre 10
PAGE 69L?efficacité énergétique en Europe
Peu de mesures d?efficacité énergétique
dans le secteur de l?agriculture
Peu de mesures d?efficacité énergétiques
ont été mises en place dans le secteur de
l?agriculture. Il n?existe d?ailleurs pas en-
core de mesures européennes spécifiques
de ce secteur. Les seuls objectifs existants
au niveau européen consistent en effet
pour le moment à développer la produc-
tion d?énergie à partir de la culture agricole
(schéma durable pour les biocarburants
avec aides financières et audits). Les textes
précisent cependant qu?à l?horizon 2020
« la future Politique Agricole Commune de-
vra favoriser l?efficacité énergétique, la sé-
questration du carbone, la production de
biomasse et d'énergies renouvelables et
plus généralement l?innovation » (source :
La Politique Agricole Commune-PAC à l?ho-
rizon 2020, Europa). Au niveau des EM, la
moitié des PNAEE ne fait aucune men-
tion de l?agriculture. En tout, seule une
dizaine de mesures relatives à l?efficacité
énergétique font référence à l?agriculture,
avec une quasi absence de réglementa-
tion, et une prédominance d?incitations
financières (via des accords volontaires).
Ce nombre restreint de mesures peut en
partie être expliqué par la faible part du
secteur agricole dans la consommation
d?énergie finale.
Environ 2 % de la consommation
finale en 2013
L?agriculture occupe en effet le poste le
moins important de la consommation fi-
nale d?énergie en Europe avec 2,1 %. De-
puis 1990 sa part et sa consommation n?ont
cessé de chuter (diminution de 1,4 %/an de
la consommation finale de l?agriculture).
Certains pays comme les Pays-Bas, le Da-
nemark, la Norvège, la Pologne ou la Grèce
ont cependant une part de consommation
agricole non négligeable et supérieure
à 5 %.
L?efficacité énergétique peu représentée
dans le secteur agricole
Figure 30 : Part de la consommation
de l?agriculture dans l?UE
0,0%
0,5%
1,0%
1,5%
2,0%
2,5%
3,0%
3,5%
201320001990
% consommation finale
Consommation finale agriculture (Mtep)
0
5
10
15
20
25
30
35
M
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PAGE 70 L?efficacité énergétique en Europe
En Espagne, afin de promouvoir l?efficacité énergétique, et de montrer l'importance des
économies d?énergies possibles, un programme de formation sur la période 2011-2020 met en
oeuvre des actions spécifiques pour former les agriculteurs, pêcheurs et éleveurs aux techniques
d?utilisation efficace des équipements consommateurs d?énergie. Cette mesure propose des
aides financières (montant total prévu pour la période 2011-2020 : 9,7 M¤) pour couvrir les frais
de mise en place des formations. Il existe d?autres mesures spécifiques en Espagne mises en
oeuvre dans le PNAEE pour améliorer l?efficacité énergétique de différentes branches agricoles,
à savoir : audit énergétique et plan d?action pour améliorer les rendements des fermes, plan
d?amélioration de l?efficacité énergétique de la pêche, plan d?amélioration de l?efficacité
énergétique des systèmes d?irrigation et promotion des systèmes à pulvérisation.
Pour les tracteurs, un plan spécifique a été mis en place (Tractor RENOVE Plan). Dans ce cadre,
l?IDAE et le Ministère de l?Agriculture ont notamment établi une méthode pour classer l?efficacité
énergétique des tracteurs. Source : PNAEE Espagne, www.idae.es
En Finlande les accords volontaires entre le
gouvernement et les acteurs du secteur pu-
blic et privé sont courants. Actuellement,
ils couvrent près de 60 % de la consomma-
tion d'énergie finale dans les huit secteurs
sur lesquels ils portent, dont l?agriculture.
Les exploitations agricoles ont recourt à
des audits énergétiques subventionnés par
l'État pour déterminer le potentiel et fixer
les objectifs à atteindre. Ces accords sont
accompagnés de contrôles et d?évaluation
qui garantissent un retour d'information
sur les économies d'énergie réalisées. Les
Pays-Bas ont également recourt à de tels
accords volontaires dans un souci d'ac-
croître l'efficacité énergétique dans l'in-
dustrie, le secteur tertiaire et l'agriculture.
La quasi-totalité des entreprises à forte in-
tensité énergétique des Pays-Bas ont déjà
renouvelé ce type d?accords dits « accords
à long terme ». Les entreprises qui signent
ces conventions et accords ne sont pas sou-
mises à de nouvelles mesures nationales
spécifiques en matière de changement cli-
matique.
Accords volontaires et incitations financières pour
développer l?efficacité énergétique dans l?agriculture
PAGE 71L?efficacité énergétique en Europe
Incitations financières en Finlande
Accord volontaire de re-parcellisation
des terres en Finlande
Afin d?éviter
l?étalement des
terres et la dispersion
des exploitations,
cette mesure
vise à regrouper les terres d?une même
exploitation pour diminuer ses besoins de
transport et améliorer sa productivité. Une
centaine de projets sont actuellement en
cours. L?État propose des aides spécifiques
aux projets de « remembrement » pour
diminuer le coût d?investissement
(remembrement, drainage, route, etc.).
Ces aides sont financées par une ligne
de budget spécifique, son montant étant
défini au cas par cas.
Entre 1995 et 2010, 141 555 ha (soit
6,2 % de la surface totale agraire) ont été
remembrés. Les distances parcourues
par les tracteurs ont diminué de 30 %,
soit 145 000 km par an, engendrant une
économie de 0,1 % de la consommation
actuelle du secteur agricole (8 GWh/an,
soit 688 tep). Source : PNAEE Finlande
Accords volontaires aux Pays-Bas
Le secteur de l'horticulture et de la culture
sous serre est très développé au Pays-Bas
et très gourmand en énergie (chauffage
et éclairage des serres). L'énergie
consommée représente environ 19-20 %
du prix de revient des produits finis. Afin
d'améliorer son efficacité énergétique,
le secteur a signé en 1997 des accords
de long-terme avec le gouvernement
(Greenhouse Horticulture and Environment
Agreement - GLAMI). En 2011, Le « Clean
And Economical Agro-sector » a remplacé
le GLAMI en y ajoutant des objectifs sur les
émissions de CO2.
Cet accord fixe des objectifs de long-
terme en matière d'efficacité énergétique
pour la culture en serre, l'élevage, les
cultures intensives et la culture des
champignons, en échange de subventions
(jusqu?à 70 % du coût d?investissement)
ou de déductions sur la taxe énergie
qui renforcent la viabilité financière du
projet. Entre 2007 et 2011, les secteurs
de l?horticulture et de la culture de
champignon ont signé des accords qui
leur ont même permis l?exonération
complète de la taxe énergie. Ces 3 accords
ont permis en 2010 d?atteindre une
économie de 2 % de la consommation du
secteur. http://ec.europa.eu/agriculture/
stateaid/decisions/n39607_en.pdf
PAGE 72 L?efficacité énergétique en Europe
Aide à l?investissement pour
l?installation d'une chaudière
à biomasse en Finlande
De nombreuses fermes étant
autosuffisantes dans la production de
copeaux de bois, la substitution à la
biomasse représente un investissement
rentable. Le Ministère a accordé
des aides à l?investissement pour le
changement d?installation de chauffage
à partir de combustibles fossiles par des
biocombustibles (copeaux de bois ou de
cultures énergétiques).
Les demandes d?aide sont adressées à la
division locale des Affaires rurales. L'aide
à l'investissement est soit un prêt à taux
d'intérêt bonifié (montant maximal de
50 à 80 %), soit une subvention (montant
maximal de 15 à 30 % des coûts).
Entre 1996 et 1999, 330 projets,
correspondant à une puissance
moyenne de 5,5 MW/an, ont été soumis
annuellement, et 250 projets par an entre
2001 et 2005 (28 MW/an). En 2007 un grand
nombre de projets ont été lancés grâce
à une subvention dédiée à promouvoir
la mise en place de chaudières dans les
porcheries et les élevages de volaille. En
2008-2009, les résultats ont chuté de 50 %
en raison de coupes budgétaires, qui se
sont accentuées en 2010. Source : PNAEE
Finlande.
PAGE 73L?efficacité énergétique en Europe
LES MESURES
TRANSVERSALES
Chapitre 11
PAGE 74
Le principal frein à l?amélioration de l?effi-
cacité énergétique est le financement des
investissements. Dans les années 2000, de
nouveaux instruments ont été développés
pour faire face à ce problème. Ils couvrent
de manière transversale plusieurs secteurs
d?activité à la fois (transports, bâtiments,
industrie, agriculture...) et peuvent concer-
ner plusieurs types d?acteurs (entreprises,
ménages, pouvoirs publics). Il s?agit des
mesures transversales dont les taxes sur
l?énergie, les certificats blancs ou encore
les fonds de soutien à l?efficacité énergé-
tique en sont des exemples. La promotion
des ESCOs (ou Compagnies de Services En-
ergétiques) peut aussi être assimilée à une
mesure transversale couvrant tous les sec-
teurs, de même que les campagnes d?infor-
mation et communication.
La mise en place active d?un marché de
services d?efficacité énergétique
Le développement d?un marché de services
d?efficacité énergétique figure parmi les
outils transversaux soutenus par l?UE pour
mobiliser le potentiel d?économies d?éner-
gie, notamment depuis l?adoption de la
Directive ESD. La DEE de 2012 réaffirme la
nécessité pour chaque EM de disposer d?un
marché de services énergétiques structuré
et performant pour atteindre l?objectif d?ef-
ficacité énergétique de 2020. Par ailleurs,
les prochains PNAEE devront respecter les
Les taxes sur l?énergie peuvent inciter les
consommateurs à une utilisation plus ra-
tionnelle en renchérissant le coût de l?éner-
gie pour les utilisateurs ; elles permettent
également d?améliorer la rentabilité des
investissements d?économies d?énergie
en réduisant les temps de retour. Bien que
l?énergie ait toujours été fortement taxée
dans les pays européens indépendamment
de toute volonté de maîtrise de l?énergie,
surtout pour les carburants, certains pays
ont utilisé la fiscalité sur l?énergie dans le
cadre de leur politique d?efficacité éner-
gique. C?est le cas de l?Allemagne et du
Royaume-Uni avec respectivement une
taxe sur l?énergie et le « fuel escalator » qui
ont conduit à une augmentation régulière
et programmée des taxes sur une certaine
période. C?est le cas également de pays
qui ont instauré une taxe CO2 au début des
exigences de la nouvelle directive parmi
lesquelles l?obligation de fournir une revue
qualitative du développement actuel et fu-
tur du marché de services énergétiques.
Une société de services énergétiques in-
vestit à la place du consommateur et se
rémunère à partir des économies réalisées
selon différents types de contrats, et en
particulier les CPE. Cette procédure permet
en effet de contractualiser une garantie de
résultat entre le bénéficiaire et la société
de services d?efficacité énergétique. L?Alle-
magne est l?un des premiers pays à avoir
mis en place les CPE (voir chapitre 5 sur les
ESCOs à Berlin).
Au-delà de l?approche
sectorielle, les mesures
transversales visent à dé-
clencher des économies
d?énergie additionnelles
dans plusieurs secteurs
Eco taxes et fonds
d?efficacité énergétique
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 75
années 90 (Finlande, Suède, Norvège, Da-
nemark). D?autres pays ont mis en place
des taxes spéciales sur l?énergie, comme
le Danemark dans le cadre du « Danish Sa-
ving Trust », au Royaume Uni dans le cadre
du Carbon Trust, ou encore en Allemagne
où le principal de la réforme fiscale écolo-
gique est d?augmenter les taxes sur l?éner-
gie et diminuer les retenues salariales.
Pour les entreprises, ces taxes sont généra-
lement conçues de manière à assurer une
neutralité fiscale puisque leur application
s?accompagne généralement d?une dimi-
nution d?autres charges fiscales afin de ne
pas affecter leur compétitivité.
Les fonds d?efficacité énergétique per-
mettent une plus grande stabilité et une
meilleure gestion des aides financières de
soutien aux investissements d?efficacité
énergétique. La pérennisation des res-
sources peut même être assurée par un fi-
nancement alimenté par exemple, par des
taxes dédiées. Leur périmètre d?action est
très souvent national, mais il peut être in-
ternational (fonds revolving JESSICA créé
en Europe de l'Est), régional ou local (par
exemple Proklima Fonds à Hanovre en Al-
lemagne).
Les écotaxes : dégager des revenus pour
le financement de la maîtrise de l?énergie
Les fonds d'efficacité énergétique alimen-
tés par une taxe dédiée permettent d?avoir
un financement plus stable. C?est par
exemple le cas au Danemark avec le Danish
Saving Trust, ou encore en Pologne avec la
mise en place du fonds « Priority Program
of the National Fund for Environmental
Protection and Water Management et En-
ergy loan for energy saved ». Ce dernier
est financé par diverses pénalités et taxes
imposées par des lois et réglementations
polonaises, créées pour aider les inves-
tissements en efficacité énergétique des
entreprises. Ces fonds sont aussi moins
dépendants des allocations budgétaires
annuelles des programmes gouvernemen-
L?efficacité énergétique en Europe
taux classiques. Des fonds peuvent égale-
ment être alimentés par les revenus prove-
nant de la vente des quotas d'émissions.
Le Danish Saving Trust est une autorité
indépendante sous la responsabilité du
Ministère Danois du Climat et de l?Energie.
Son objectif est de promouvoir et d?investir
dans des projets en efficacité énergétique
dans le secteur résidentiel, industriel et
tertiaire. Chaque secteur d?activité est traité
séparément avec des cibles bien précises
dans le but d?avoir un impact maximal.
Le DST est financé à partir d?un fonds qui
provient d?une taxe énergie imposée aux
ménages et au secteur public. Cette taxe
est de 6 DKK/MWh (soit 0,80¤/MWh). Le
programme a permis une économie de
150 GWh (soit 12,9 ktep/an) tous secteurs
confondus pour l?année 2009. (www.
savingtrust.dk/)
Ces recettes fiscales peuvent également
être réinvesties, comme en Suisse, pour
des projets de protection du climat, afin
de respecter des engagements signés au
niveau international, comme le protocole
de Kyoto.
PAGE 76 L?efficacité énergétique en Europe
En Suisse, le programme du centime
climatique s?inscrit dans le cadre du
protocole de Kyoto pour aider le pays à
réduire ses émissions de gaz à effet de serre,
notamment celles de CO2. Le Conseil fédéral
a en effet décidé en 2005 le prélèvement
d?une taxe climatique sur les carburants.
La fondation Centime Climatique est ainsi
financée par une redevance de 1,5 centimes
par litre prélevée sur toutes les importations
d?essence et de diesel. Les recettes du
centime climatique doivent être investies
dans des projets de réduction d?émissions,
dans des projets de protection du climat à
l?étranger, ainsi que dans des mesures de
protection du climat en Suisse. Les projets
réalisés dans les domaines de la mobilité,
du bâtiment et de la récupération de la
chaleur se trouvent au premier plan. Entre
2008 et 2012, cette mesure a permis une
réduction d?émissions de 0,237 MtCO2 grâce
à la mise en oeuvre de 8 600 projets. (http://
klimarappen.ch/fr/home.html)
Les fonds alimentés par une taxe peuvent
être également une source de finance-
ments innovants des projets d?efficacité
énergétique, notamment du secteur pu-
blic. Le Royaume-Uni, par l'intermédiaire
de son Carbon Trust, a institué une série
de mécanismes financiers ou de fonds re-
nouvelables (revolving). Le Carbon Trust
est financé à partir d?une taxe nationale
sur l?électricité, le gaz et le charbon, la
Climate Change Levy. Dans ce schéma, le
Trust accorde des prêts aux organismes qui
fournissent le financement correspondant
et créent un fonds d'efficacité énergétique
« protégé ». Les PME et l'industrie sont prin-
cipalement visées par ces fonds. Pour le
secteur public, il existe aussi un fonds re-
volving appelé Salix.
Au Royaume-Uni, Salix est un organisme à
but non lucratif qui propose des prêts re-
volving sans intérêt aux acteurs publics dé-
sirant accroître leur efficacité énergétique.
Pour cela, Salix bénéficie d?un fonds de 100
M¤ (valeur 2011) qui provient du Carbon
Trust. Salix met elle-même ce fonds à dis-
position de porteurs de projets. A ce jour,
ce fonds a soutenu environ 4000 projets
auprès de plus de 600 acteurs publics dif-
férents. En 2010, environ 700 GWh et 124
ktCO2 ont été économisés grâce aux ac-
tions de Salix.
www.salixfinance.co.uk
Les fonds d?efficacité énergétique en
partenariat public/privé
La création d?entité publique/privée pour
le financement de projets en efficacité
énergétique comme par exemple pour la
rénovation énergétique des bâtiments, est
de plus en plus courante. En effet, ce type
de réhabilitation nécessite des capitaux
à long terme, et avec des prêts à bas taux
d?intérêt. Un des programmes phare en
Europe est notamment celui de la banque
KfW en Allemagne (cf. chapitre sur la réno-
vation des bâtiments) qui présente un outil
puissant pour orienter les capitaux vers la
rénovation énergétique. Ce programme
permet ainsi de financer, à long terme et à
coût faible, les rénovations, sans peser sur
l?endettement public.
PAGE 77L?efficacité énergétique en Europe
Les fonds d?efficacité énergétique alimen-
tés par des revenus du secteur public
Il existe également des fonds publics qui
reposent sur un appui financier solide ré-
unissant divers financement provenant
des fonds structurels européens, d?inves-
tisseurs publics et privés, et de banques
ou institutions financières internationales.
C?est le cas de JESSICA (Joint European
Support for Sustainable Investment in City
Areas), une initiative de la CE en coopéra-
tion avec la Banque européenne d?inves-
tissements (BEI) et la Banque de dévelop-
pement du Conseil de l?Europe. JESSICA
permet aux autorités de gestion des Fonds
structurels d?utiliser une partie des aides
non remboursables (subventions) reçues
de l?UE au titre des fonds structurels, pour
procéder à des investissements rembour-
sables dans des projets relevant d?un plan
intégré de développement urbain durable.
Les incitations financières et fiscales telles
que présentées dans les chapitres précé-
dents sont d?excellentes motivations pour
inciter les consommateurs à acheter des
équipements efficaces ou à réaliser des in-
vestissements. Cependant leur effet peut
être augmenté en fixant des obligations
d?économies d?énergie aux compagnies
énergétiques. Le principe de cette mesure
est d'obliger certains acteurs, en général
les fournisseurs d?énergie (les « obligés »),
à réaliser un certain volume d?économies
Les obligations et
certificats d?économies
d?énergie
d'énergie chez les consommateurs et de
leur attribuer en échange des CEE. Les obli-
gés peuvent, soit réaliser eux-mêmes les
mesures d'économie d'énergie, soit ache-
ter des certificats excédentaires d?autres
obligés ou éventuellement aux non-obli-
gés, soit payer une taxe. En Europe, le
Royaume-Uni, l'Italie, la France le Dane-
mark, l'Irlande et plus récemment la Po-
logne ont mis en oeuvre de telles mesures.
La DEE prévoit que chaque EM crée un
système d?obligation d?économies d?éner-
gie avec un objectif ambitieux de 1.5%/an
d?économies par rapport aux ventes des
obligés, hors secteur transport (moyenne
des trois derniers exercices).
PAGE 78 L?efficacité énergétique en Europe
Les CEE mettent le cap sur la 3e période en France
Le dispositif des CEE (ou certificats blancs) oblige en France depuis 2006 les fournisseurs
d?électricité, de gaz, de fioul, de chaleur, de froid ? de même que les fournisseurs de carburants
depuis 2011 ? à réaliser des économies d?énergie en incitant leurs clients à investir dans
des équipements plus performants. Chacun des « obligés » a un volume à économiser sur
une période de trois ans, fonction du volume global du dispositif et de la part de marché de
la compagnie. En France les volumes d?économies d?énergie sont mesurés en kWh cumac
(contraction de « cumul » et « actualisé ») ; ils correspondent à la quantité d?énergie que permet
d?économiser une action sur sa durée de vie. Pour comptabiliser les économies réalisées grâce
à leurs actions, ils doivent les faire certifier. Si les objectifs ne sont pas atteints ils paient une
pénalité (0,02 ¤ par CEE manquant).
Au cours de la 2e période du dispositif (2011-2013), les « obligés » doivent économiser au total
345 TWh cumac. Pour y parvenir elles peuvent agir auprès de leurs clients ou racheter des CEE
sur le marché, le dispositif étant en effet ouvert à d?autres acteurs dits « éligibles » (comme des
collectivités territoriales ou les bailleurs sociaux) qui peuvent certifier leurs propres actions
d?économies d?énergie, récupérer les certificats, et les échanger sur le marché.
Les deux premières périodes ont donné d?excellents résultats. En effet, de 2006 à 2009, le chiffre
de 54 TWh Cumac a été dépassé de 120 %, et l?objectif de 345 TWh, à atteindre fin 2013, était
rempli fin février 2013. Plus des 2/3 des CEE ont été attribués pour l?installation d?équipements
de chauffage performants (chaudière à condensation essentiellement).
La 3e période (2015-2017) avec un objectif de 700 TWh est deux fois plus ambitieuse pour être en
phase avec les objectifs fixés par la DEE. www.certificat-economies-energie.com
PAGE 79L?efficacité énergétique en Europe
ENSEIGNEMENTS ET
RECOMMANDATIONS
PAGE 80
Entre 1990 et 2013, l?efficacité énergétique
a augmenté à un rythme de 1,2 %/an dans
l?UE. Plus de 40 % de ces économies ré-
sultent des efforts entrepris dans le secteur
de l?industrie, 36 % proviennent du secteur
du bâtiment (résidentiel/tertiaire) et le
reste du secteur transport (source ODYS-
SEE). Ces performances ont été obtenues
grâce à la mise en oeuvre de politiques
communautaires de plus en plus ciblées et
de plus en plus restrictives, et grâce aux en-
gagements des EM dans la mise en oeuvre
de politiques nationales d?efficacité éner-
gétique.
Cependant, malgré les efforts observés
jusque-là, l?analyse d?impact du plan eu-
ropéen d?efficacité énergétique de 2011
montre que l'objectif de 20 % d'économies
d'énergie en 2020 ne sera pas atteint dans
l?état actuel des politiques. C?est dans ce
contexte que la CE a pris conscience des
efforts à faire, et a lancé plusieurs pro-
grammes, dont la DEE adoptée en octobre
2012.
Les principaux enseignements
par secteur
Cette brochure a permis de présenter les
mesures les plus illustratives des poli-
tiques nationales d?efficacité énergétique
selon 11 secteurs ou thématiques, chacun
introduit par un bref exposé des tendances
générales de l?efficacité énergétique et des
politiques européennes relatives au sec-
teur considéré. Ce panorama est loin d?être
exhaustif : l?objectif est surtout de donner
au lecteur des pistes de réflexion pour sa
propre pratique, ainsi que des références
solides, dont les principaux messages par
thématique sont les suivants :
1. Constructions neuves : le secteur du
bâtiment représente le premier poste de
consommation d?énergie finale en Eu-
rope. L?un des premiers leviers d?action
est l?amélioration de la performance des
nouveaux bâtiments et des nouveaux
équipements thermiques à l?aide de ré-
glementations qui demandent des per-
formances de plus en plus exigeantes
(EPBD, et diffusion des NZEB).
2. Rénovations thermiques : mais la cible
prioritaire du secteur du bâtiment reste
la rénovation des logements existants
(70 % du parc actuel a été construit avant
1980 et n?est donc pas ou peu isolé) où le
potentiel d?économie d?énergie est éle-
vé, mais compliqué à mobiliser. La prio-
rité, devant les lourds investissements à
mettre en oeuvre et les coûts élevés pour
les consommateurs ou autres acteurs,
est de trouver des mécanismes financiers
innovants (tiers payant par exemple).
L?information et le conseil auprès des
consommateurs finaux jouent égale-
ment un rôle déterminant pour orienter
et cibler les actions des ménages.
3. Équipements électriques : Le taux
d?équipement des ménages en appa-
reils électriques ne cesse d?augmenter,
impliquant logiquement une hausse des
consommations liées à l?éclairage et aux
appareils électroménagers. L?instaura-
tion des étiquettes énergie obligatoires,
suite aux Directives instaurées depuis
En 20 ans, une amélioration de 25 % de l?efficacité
énergétique en moyenne dans l?UE
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 81
les années 90 et mises à jour ensuite, ont
permis d?informer et d?orienter avec suc-
cès les consommateurs vers les produits
les plus efficaces. Certains pays ont mis
en oeuvre des primes à l?achat, le plus
souvent de façon temporaire, avec des
résultats mesurables et immédiats.
4. Précarité énergétique : Les ménages
à bas revenus sont fortement pénalisés
par des prix de l?énergie qui ne cessent
de croitre, et des logements de faible
performance thermique; ainsi, de plus
en plus d?initiatives se développent pour
lutter contre la précarité énergétique.
Certaines consistent à aider les ménages
à faire face à la surcharge financière que
représente la facture d?énergie. D?autres
mettent en place des dispositifs finan-
ciers pour la réhabilitation des loge-
ments.
5. Secteur public exemplaire : La promo-
tion de l?efficacité au sein du secteur pu-
blic demeure un enjeu important et un
levier pour orienter le marché vers des
produits et services efficaces en éner-
gie : le secteur représente environ 12 %
du parc de bâtiments de l?UE. Parmi les
mesures les plus innovantes, les CPE,
signés entre la collectivité et une socié-
té de services énergétiques, obligent de
manière contractuelle ces dernières à at-
teindre un certain volume d?économies
d?énergie.
6. PME : Les PME jouent un rôle croissant
dans l?activité industrielle avec des coûts
énergétiques pas toujours incitatifs ;
c?est un secteur qui nécessite une ap-
proche ciblée pour mobiliser les acteurs.
Si certaines mesures visent spécifique-
ment les PME, elles peuvent générale-
ment aussi profiter des mesures mises
en oeuvre dans d?autres secteurs tels
que l?industrie ou le bâtiment. Globale-
ment, de nombreuses mesures d?aide
financière sont disponibles pour les PME
voulant investir dans l?efficacité énergé-
tique. Les mesures d?information et les
mesures de type accord volontaire sont
également très présentes.
7. Industrie : Même si le secteur de l?in-
dustrie a enregistré les meilleures per-
formances en termes d?efficacité éner-
gétique depuis 20 ans, il représente
toujours une part importante dans la
consommation d?énergie finale dans
certains pays (près de 50 % en Finlande
par exemple). Les mesures d?efficacité
énergétiques dites « flexibles » sont favo-
risées afin de maintenir la compétitivité
des entreprises, comme par exemple les
instruments de marché ou encore les ac-
cords volontaires. Parmi ces instruments
de marché, le système communautaire
d?échange des quotas d?émissions consti-
tue un élément central de la politique eu-
ropéenne d?amélioration de l?efficacité
énergétique dans l?industrie, et évidem-
ment de lutte contre le changement cli-
matique. Les mesures financières conti-
nuent d?exister dans certains pays.
8. Transport de passagers : La consom-
mation d?énergie du transport de passa-
gers a progressé de 19 % depuis 1990, et
les voitures représentent presque 90 %
de la consommation de ce secteur. Les
Directives européennes sur l?étique-
tage des véhicules neufs et les normes
d?émissions des automobiles neuves,
ainsi que les incitations à l?achat de vé-
hicules efficaces dans de nombreux pays
sont au coeur des actions d?amélioration
de l?efficacité énergétique du transport
de passagers. De nombreux pays ont par
ailleurs lancé des campagnes d?informa-
tion et de sensibilisation pour une meil-
leure utilisation de la voiture, et la pro-
motion des transports en commun.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 82
9. Transport de marchandises : Le trafic
routier est prédominant dans le trafic
des marchandises et sa part ne cesse
d?augmenter. Les véhicules utilitaires ont
une forte dynamique même si leur acti-
vité est plus large que le strict transport
de marchandises. Les principales me-
sures de ce secteur visent à améliorer les
performances des véhicules utilitaires,
grâce notamment à la réglementation
européenne imposant aux véhicules uti-
litaires légers neufs un seuil d?émission
spécifique, la promotion des transferts
modaux, notamment par des incitations
financières au transport combiné et l?ins-
tauration de taxes ou péages incitatifs.
10. Agriculture : Peu de mesures d?effica-
cité ont été développées dans le secteur
de l?agriculture, notamment en raison
de son faible poids dans les consomma-
tions d?énergie, mis à part dans quelques
pays (Pays-Bas notamment). Il n?existe
d?ailleurs pas de mesures européennes
spécifiques à ce secteur. Les objectifs
fixés au niveau européen pour ce secteur
concernent plutôt l?offre avec le déve-
loppement de la production d?énergie à
partir de la culture agricole.
11. Mesures transversales : Pour aug-
menter les incitations à l?efficacité
énergétique de manière transversale,
c'est-à-dire couvrant plusieurs secteurs
d?activité (entreprises, ménages, ter-
tiaire, acteurs publics), de nouveaux ins-
truments, dits horizontaux ou transver-
saux, ont été développés. Les taxes sur
l?énergie ou le CO2, les certificats blancs
ou encore les fonds de soutien à l?effica-
cité énergétique en sont des exemples
significatifs.
La richesse d?un tel document réside dans
l?éventail des exemples choisis (voir la liste
des encadrés p 87) qui montre bien la di-
versité de méthodes employées d?un pays
à l?autre et l?originalité de certaines me-
sures qui ont souvent été précurseurs des
politiques communautaires. Mais au-delà
de cet inventaire, un tel exercice permet de
tirer un certain nombre d?enseignements,
et en particulier :
? Les décideurs politiques disposent d?un
large choix d?outils pour promouvoir l?ef-
ficacité énergétique. Même si les instru-
ments de marché et les incitations éco-
nomiques sont largement représentés,
les normes et réglementations sont très
utilisées, en particulier dans les secteurs
pour lesquels il existe des défaillances
de marché (bâtiments, équipements
électriques, etc.).
? Cependant dans un contexte de crise
économique, et donc de dépenses pu-
bliques limitées, le rôle du secteur privé
pour investir dans l?efficacité énergé-
tique est croissant, notamment grâce à
la mobilisation des compagnies énergé-
tiques avec les certificats blancs et des
ESCOs.
? De plus en plus de mesures ciblent le
comportement d?usage des consom-
mateurs finaux, en particulier des mé-
nages. Les initiatives locales ou régio-
nales prennent une part croissante,
en particulier dans les pays ayant une
longue tradition de décentralisation, ce
qui favorise les actions de maîtrise de
l?énergie. Ce phénomène soulève alors
la nécessité de la formation et de l?ani-
mation d?équipes locales en soutien aux
autorités locales. La DEE mentionne éga-
lement la nécessité d?installer des comp-
teurs intelligents. Cette disposition est
cruciale pour permettre aux consomma-
teurs de disposer d?informations sur leur
consommation (la Directive mentionne
un objectif de pénétration de 80 % des
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 83
compteurs intelligents d?ici 2020). Le
déploiement des compteurs intelligents
est l?une des composantes majeures des
réseaux électriques intelligents ou smart
grids.
? Le secteur phare de l?efficacité énergé-
tique est le secteur des bâtiments. Les
exigences fixées par l?EPBD sont ambi-
tieuses : tous les nouveaux bâtiments
devront être NZEB d?ici 2020. Cependant
le principal enjeu du secteur repose
sur la réhabilitation du parc de loge-
ments existants. Les RT devraient être
appliquées également aux bâtiments
existants (lors d?une transaction immo-
bilière ou lors d?une rénovation), et les
rénovations doivent être encouragées et
accompagnées notamment grâce à des
plateformes locales de rénovation éner-
gétique.
? L?évaluation précise et quantitative des
résultats des mesures est essentielle, et
devrait être au maximum normalisée au
niveau européen pour permettent les
comparaisons internationales.
? Il est également très important que
les réglementations soient correcte-
ment mises en oeuvre et respectées.
Par exemple, les normes thermiques
sont de plus en plus exigeantes (NZEB),
impliquant un risque d?écart (grandis-
sant) entre les performances théoriques
(fixées lors de la conception) et la perfor-
mance énergétique réelle d'utilisation.
L?étiquetage des performances éner-
gétiques n?est pas toujours fidèle à la
réalité. Les directives européennes ont
ainsi renforcé cette exigence de contrôle
des réglementations (cas notamment
de l?étiquetage d?équipements et bâti-
ments).
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 84 L?efficacité énergétique en Europe
LISTE DES
ABRÉVIATIONS
CE Commission européenne
CEE Certificat d'Économie d'Énergie
CPE Contrat de Performance Énergétique
Cumac Cumul actualisé
DEE Directive Européenne sur l'Efficacité Énergétique
DPE Diagnostic de Performance Énergétique
EPBD Energy Performance of Buildings Directive -
Directive de la Performance Énergétique des Bâtiments
EM État membre
ESCO Energy Service Company - Société de Services
Énergétiques
ESD Energy Service Directive - Directive Services
Énergétiques
ETS Émission Trading Scheme
GES Gaz à Effet de Serre
LBC Lampe Basse Consommation
NZEB Nearly Zero Energy Buildings - Bâtiments avec une
consommation d?énergie proche de zéro
PME Petites et Moyennes Entreprises
PNAEE Plan Nationaux d'Action pour l'Efficacité Énergétique
PPA Parité de Pouvoir d'Achat
PTZ Prêt à Taux Zéro
RT Réglementation Thermique
SCEQE Système Communautaire d?Échange des Quotas
d?Émissions
Tep Tonne équivalent pétrole
TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée
UE Union européenne
PAGE 85L?efficacité énergétique en Europe
LISTE DES ENCADRÉS
Pays Titre Type* Date Résumé sur l?innovation et la valeur
ajoutée de cette mesure
Co
ns
tr
uc
tio
n
ne
uv
e
DK Nearly Zero Energy Buildings R 2010
Le Danemark est l'un des premiers pays européens à avoir
défini le concept de bâtiment « NZEB » et une feuille de route
pour 2020
NL Green Building R 1980
C?est l'un des premiers pays à adopter des politiques
volontaristes et à mettre en oeuvre des plans de
développement de bâtiments à basse consommation
CY
Obligation d?installation de
chauffe-eau solaire sur tous les
nouveaux bâtiments
R 2009
Chypre est le leader mondial en termes de capacité solaire
thermique par habitant, et l?installation de système solaire
est obligatoire pour toute nouvelle construction
LU Promotion programme for energy
efficient new buildings F 2002
Le programme propose des aides financières pour les
investissements dans la construction de bâtiments efficaces,
et pour l?investissement dans des systèmes de chauffage
performants
AU Wohnbauförderung F 2005 Le programme propose notamment des aides financières
pour les constructions dépassant la RT
Ré
no
va
tio
n
th
er
m
iq
ue
FR Plan Rénovation Energétique de
l?Habitat F+I 2013
Ce plan présente un objectif ambitieux de rénovation de
500 000 logements par an d?ici 2017, et de diminution de
38 % la consommation d?énergie du secteur du bâtiment à
l?horizon 2020
ES CTE, Codigo Tecnico de la
Edificacion R 2008
L?Espagne fut le premier pays européen à inscrire dans sa R
thermique une obligation de recours au solaire thermique
pour les bâtiments neufs et rénovés
PT Décret-Loi n° 79/2006 R 2006
Au Portugal, ce décret a introduit des dispositions spécifiques
pour les bâtiments existants d?une surface supérieure à
1 000 m2, en particulier dans le secteur du public et tertiaire.
GR Installation obligatoire de
systèmes solaires thermiques R 2012
Afin d?atteindre l?objectif de 50 %-100 % de logements
équipés en systèmes solaires thermiques d?ici 2016 un
bouquet de mesures incitatives a été mis en place, cette
mesure cible tout le parc (y compris l?existant).
DK
Inspections annuelles obligatoires
sur les gros équipements de
chauffage
R 1980
Le Danemark a fait figure de précurseur en instaurant des
inspections annuelles obligatoires (+conseil) sur les gros
équipements de chauffage.
NL Le plan national d?isolation au
Pays-Bas en 1978-1987 F 1978-
1987
L?objectif d?améliorer l?isolation de 2 500 000 logements (dont
70 en location) a presque été atteint au bout de dix ans, soit
60 % du parc de logements existants à l?époque
DE KfW (banque d?investissement
publique pour la reconstruction) F 2002
Le programme propose des incitations financières via
la banque d?investissement publique KfW, à travers des
subventions et prêts pour réduire la consommation d?énergie
du bâtiment
UK Green Deal F 2013
Le programme offre une réponse attractive aux contraintes
de financement des consommateurs en proposant
des contrats sur une longue période, qui permettent
des remboursements d?investissement en lien avec les
économies réalisées via la facture électrique.
RO
Programme multi-annuel de
rénovation thermique des
bâtiments
F 2005
Ce programme s'adresse aux associations de propriétaires
(syndicats) qui souhaitent améliorer la performance
énergétique des immeubles construits entre 1950 et 1990
* F : Financier, R : Réglementation, Fo : Fond,
AV : Accord Volontaire, T : transversal, I : Information
PAGE 86 L?efficacité énergétique en Europe
LISTE DES ENCADRÉS (SUITE)
Pays Titre Type* Date Résumé sur l?innovation et la valeur
ajoutée de cette mesure
Ap
pa
re
il
él
ec
tr
iq
ue
EU Come On labels I 2010 Come On Labels met en avant les meilleurs systèmes de
labélisation européens des appareils électroménagers
EU TopTen I 2000
Ce guide identifie les produits les plus économes afin
d'inciter les fabricants à les développer, les distributeurs
à les choisir et les consommateurs à les acheter
EU ATLETE I 2012 Tests de produits et de conformité aux règlementations
SE Testlab R 1995 Testlab effectue des tests et des essais sur les appareils
électroménagers
GR Prime à l?achat de climatiseur
performant F 2009 Ce programme incite les ménages à changer leur vieux
climatiseurs en échange d?une prime allant jusqu?à 500 euros
IT Prime à l?achat appareil froids
domestiques F 2007-
2009
Prime à l?achat en fonction de l?étiquette énergie. Ex : 200¤ de
prime pour l'achat d'appareils de froid domestique classés
A+ ou A++ (dans la limite de 20 % du prix d'achat)
DK Aider au lancement de nouvelles
technologies F 2010
Le Danemark a fait plusieurs campagnes de 4 à 7 semaines
pour aider à l'introduction de nouveaux produits
(réfrigérateurs A++, sèche-linge avec pompes à chaleur)
Pr
éc
ar
ité
UK Fuel poverty strategy F 2001
Programme d?amélioration de la performance des systèmes
de chauffages et de l?isolation thermique des logements pour
les ménages de bas revenus
UK Obligations d?économies d?énergie F 2002
Dans le cadre des obligations d?économies d?énergie, les
fournisseurs d?énergie doivent réaliser une partie de leur
objectif chez les ménages les plus vulnérables
Se
ct
eu
r p
ub
lic
HR Loi sur les biocarburants R 2009
Cette loi impose aux transporteurs publics des exigences
sur les véhicules écologiques : 70 % des nouveaux véhicules
doivent être des véhicules alternatifs
DE PICO (Public Internal Performance
Contracting) à Stuttgart F 1995
Système d?investissement par des contrats entre services
d'une même administration, reprenant le principe du tiers
financement tout en opérant exclusivement avec des fonds
budgétaires municipaux
PT ECO.AP F 2011
ECO.AP couvre un ensemble de mesures : création
d?ambassadeurs de l'énergie, mise en oeuvre des CPE entre
ces organismes publics et les ESCOs, mise en place d?un
baromètre de l?efficacité énergétique du secteur public
DE Le partenariat berlinois pour
les économies d?énergie F 1996
Contrats de performance énergétique (CPE) entre le Land
de Berlin et les ESCOs pour la rénovation énergétique des
bâtiments publics. Les CPE sont établis sur des « pools » de
bâtiments
SI
Incentives for renovation &
sustainable construction in public
sector
F 2008
Les investissements pour la rénovation des bâtiments publics
bénéficient de prêts à taux bonifiés proposés par un fonds
public pour l?environnement (Eco Fund)
PM
E
CH L?accompagnement des PME
proposé par l?AENEC AV 2001
L?accompagnement comprend une analyse des
consommations d?énergie, l?établissement d?une liste de
mesures rentables, la fixation d?objectif, la mise en place des
mesures et un suivi des résultats
PL PolSEFF (Polish Sustainable Energy
Financing Facility) F 2011
Fonds de 180 millions d?euros destiné à aider les PME à
investir dans des technologies efficaces en énergie. PolSEFF
fournit également une expertise technique gratuite pour
aider les PME à faire les meilleurs choix
* F : Financier, R : Réglementation, Fo : Fond,
AV : Accord Volontaire, T : transversal, I : Information
PAGE 87L?efficacité énergétique en Europe
Pays Titre Type* Date Résumé sur l?innovation et la valeur
ajoutée de cette mesure
In
du
st
rie
EU Le système des quotas d?émissions
(EU-ETS) R 2005
Plafond d?émissions de gaz à effet de serre pour les grandes
installations industrielles et possibilité d?échange des quotas
pour respecter cette contrainte
BG Audits obligatoires avec mise en
oeuvre des recommandations R 2008
Audit énergétique obligatoire tous les trois ans pour les
entreprises consommant plus de 3 000 MWh/an et obligation
d?investissements (l?entreprise dispose de deux ans pour
commencer la mise en oeuvre des mesures identifiées lors
de l?audit)
SE,
NO
Programme d?efficacité
énergétique pour les industries
intensives en énergie (PFE) en
Suède et pour le secteur pâte et
papier en Norvège
AV 2005
Accord volontaire sur 5 ans géré par STEM ou NVE permettant
d?être exonéré de la taxe sur l?électricité et comprenant un
système de gestion de l?énergie, un audit énergétique, un
plan d?action et une mise en oeuvre des mesures
IE Réseau des industries intensives
en énergie (LIEN) AV 1995
Réseau volontaire de 150 entreprises mis en place par SEAI.
Des ateliers, des séminaires et des visites de sites sont
organisés pour permettre aux entreprises d?échanger leurs
expériences.
Tr
an
sp
or
t/
pa
ss
ag
er
AT Klima : Aktiv Mobil T 2004
Le programme propose, à travers différents programmes
spécifiques de gestion, différentes formes de soutien, et ce
pour différentes cibles (administration, écoles, tourisme, etc.)
FR Bonus Malus F 2008
Octroi d'un bonus pour les acquéreurs de voitures neuves
émettant le moins de CO2, et taxation (malus) pour ceux qui
optent pour les modèles les plus polluants. Les recettes du
malus devant en principe équilibrer les dépenses du bonus
Tr
an
sp
or
t/
m
ar
ch
an
di
se DE Péages routiers F 2005
Mise en place d?une taxe pour les poids lourds de plus de
12 tonnes, en fonction des kilomètres parcourus, le niveau
d?émissions et le type d?essieu du véhicule
FI Accords volontaires AV 2008
Définition d?un ensemble de critères de performance
énergétique, à la fois dans la passation de marchés de
services de transport, l?extension de l?éco-conduite et des
mesures techniques
Ag
ric
ul
tu
re
NL Accords volontaires aux Pays-Bas AV 1997
Fixation d?objectifs de long-terme en termes d'efficacité
énergétique pour la culture en serre, l'élevage, les cultures
intensives, en échange de subventions ou de déductions sur
la taxe énergie
FI Parcellisation des terres F 1995
Incitation au regroupement des terres d?une même
exploitation pour diminuer les besoins de transport et
améliorer la productivité
FI
Aide d?investissement pour
l?installation de chaudière à
biomasse
F 1996
Aides à l?investissement pour le changement d?installation
de chauffage à partir de combustibles fossiles par
des biocombustibles (copeaux de bois ou de cultures
énergétiques)
Tr
an
sv
er
sa
l
DK Danish Saving Trust Fo 2009
L?objectif de cette autorité est de subventionner des projets
en efficacité énergétique. Le DST est financé à partir d?un
Fonds qui provient d?une taxe sur l?énergie imposée aux
ménages et au secteur public
SW Centime Climatique Fo 2005
Redevance prélevée par une fondation sur les importations
d?essence et diesel, dont les recettes sont investies dans des
projets de réduction d?émissions, de protection du climat à
l?étranger et en Suisse
UK SALIX Fo 2006
Prêts revolving sans intérêt aux acteurs publics désirant
accroître leur efficacité énergétique propose par un
organisme à but non lucratif
FR Certificats d?Économie d?Énergie R 2006
Mécanisme obligeant les fournisseurs d?électricité, de gaz,
de fioul, de chaleur, de froid et de carburants à réaliser un
volume d?économies d?énergie fixé en incitant leurs clients à
investir dans des équipements plus performants
* F : Financier, R : Réglementation, Fo : Fond,
AV : Accord Volontaire, T : transversal, I : Information
PAGE 88 L?efficacité énergétique en Europe
NOTES
PAGE 89L?efficacité énergétique en Europe
LES COLLECTIONS
DE L?ADEME
ILS L?ONT FAIT
L?ADEME catalyseur : Les acteurs
témoignent de leurs expériences et
partagent leur savoir-faire.
CLÉS POUR AGIR
L?ADEME facilitateur : Elle élabore
des guides pratiques pour aider
les acteurs à mettre en oeuvre
leurs projets de façon méthodique
et/ou en conformité avec la
réglementation.
HORIZONS
L?ADEME tournée vers l?avenir : Elle
propose une vision prospective et
réaliste des enjeux de la transition
énergétique et écologique, pour
un futur désirable à construire
ensemble.
EXPERTISES
L?ADEME expert : Elle rend compte
des résultats de recherches, études
et réalisations collectives menées
sous son regard.
FAITS ET CHIFFRES
L?ADEME référent : Elle fournit
des analyses objectives à partir
d?indicateurs chiffrés régulièrement
mis à jour.
L?ADEME EN BREF
L?Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Énergie (ADEME)
participe à la mise en oeuvre des politiques publiques dans les domaines
de l?environnement, de l?énergie et du développement durable. Elle met
ses capacités d?expertise et de conseil à disposition des entreprises, des
collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand public, afin de leur
permettre de progresser dans leur démarche environnementale.
L?Agence aide en outre au financement de projets, de la recherche à
la mise en oeuvre et ce, dans les domaines suivants : la gestion des
déchets, la préservation des sols, l?efficacité énergétique et les énergies
renouvelables, la qualité de l?air et la lutte contre le bruit.
L?ADEME est un établissement public sous la tutelle conjointe du
ministère de l?Environnement, de l?Énergie et de la Mer et du ministère de
l?Éducation nationale, de l?Enseignement supérieur et de la Recherche.
L'EFFICACITÉ
ÉNERGÉTIQUE
EN EUROPE
POLITIQUES ET BONNES PRATIQUES
Ce document présente une vision globale des
actions d?efficacité énergétique entreprises
en Europe. Après avoir décrit les principales
politiques communautaires et les grandes
tendances, il expose les mesures et les politiques
les plus illustratives par secteur consommateur.
Il en résulte 11 chapitres thématiques compre-
nant chacun les enjeux et les tendances des
consommations du secteur. Il est complété par
une revue des principaux types de mesures
existantes, afin de mettre en avant les actions
les plus diffusées en Europe. En complément,
deux mesures concrètes sélectionnées parmi les
plus communes et/ou les plus innovantes y sont
décrites.
www.ademe.fr
Entre 1990 et 2013, l?efficacité énergétique
s?est améliorée de 1,2 % par an dans l?UE.
40 % de ces économies proviennent de
l?industrie, 36 % du bâtiment et le reste
des transports. Ces performances sont
dues à la mise en oeuvre de politiques
communautaires de plus en plus
restrictives et grâce aux actions nationales
fortes des États membres. Cependant, les
analyses montrent que l'objectif de 20 %
d'économies d'énergie en 2020 ne sera
pas atteint dans la situation actuelle. La
Commission européenne a donc lancé
plusieurs nouvelles mesures, dont la
Directive sur l?Efficacité Énergétique de
2012 ou l?Union de l?énergie de 2015. De
même certains pays ont mis en place des
politiques plus volontaristes : transition
énergétique en France, tournant
énergétique en Allemagne, green deal au
Royaume-Uni, par exemple.
00,00 ¤
0000
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION onsom-
mateurs d?énergie (Bulgarie, Slovaquie,
Roumanie). D?autres imposent aux gros
consommateurs de désigner un gestion-
naire de l?énergie (Italie, Roumanie).
À l?avenir, ces mesures vont se généraliser
avec l?adoption de la nouvelle DEE, qui
rend obligatoire pour les grandes entre-
prises la réalisation d?un audit énergétique,
à renouveler tous les quatre ans. Seules les
entreprises dotées d?un système de mana-
gement de l?énergie certifié par un orga-
nisme indépendant en seront dispensées.
Audits obligatoires en Bulgarie avec mise
en oeuvre des recommandations
En 2008, la Bulgarie a adopté une loi
sur l?efficacité énergétique qui rend
obligatoire la réalisation d?un audit
énergétique tous les trois ans pour
les entreprises consommant plus de
3 000 MWh/an. Une fois l?audit réalisé,
l?entreprise dispose de deux ans pour
commencer la mise en oeuvre des mesures
identifiées lors de cette première phase.
Fin 2011, plus de 200 entreprises avaient
réalisé leur audit. D?après SEDA, l?agence
bulgare de l?énergie qui assure le suivi
des rapports d?audits, les économies
d?énergie attendues si toutes les mesures
préconisées sont mises en oeuvre
s?élèveraient à 540 GWh/an.
Au niveau communautaire, depuis 2011,
les moteurs électriques d?une puissance
comprise entre 0,75 et 375 kW doivent
respecter un niveau minimum de
performance énergétique dans le cadre de
l?application de la directive Eco-design.
La réglementation, un outil faiblement
utilisé dans l?industrie
PAGE 51L?efficacité énergétique en Europe
Les accords volontaires entre l?industrie et
l?administration constituent une alterna-
tive aux réglementations, parfois jugées
trop contraignantes. En signant de tels ac-
cords, les industriels acceptent de se fixer
un objectif d?amélioration de l?efficacité
énergétique et/ou de réduction de leurs
émissions de gaz à effet de serre et s?en-
gagent à mettre en oeuvre un programme
d?action pour atteindre ces objectifs.
Pour encourager les entreprises à signer
un accord volontaire, les gouvernements
mettent parfois en place des dispositifs
incitatifs spécifiques. Par exemple, au
Le programme d?efficacité énergétique
pour les industries intensives en énergie
(PFE) en Suède
Le programme PFE a été mis en place en
2005 par l?Agence suédoise de l?énergie
(STEM). Il s?adresse aux industries
intensives en énergie, c?est-à-dire celles
dont les dépenses d?énergie dépassent
3 % de la valeur totale de leur production,
ou celles dont les taxes (énergie, CO2)
s?élèvent à au moins 0,5 % de leur valeur
ajoutée. Ces industries correspondent
pour la plupart aux secteurs du bois, du
papier, de l?agroalimentaire, de l?acier
et des mines. La mise en place de ce
programme a été liée à l?introduction
d?une taxe sur l?électricité (0,5 ¤/MWh) en
2004. En s?engageant dans ce programme,
les entreprises en sont exemptées.
La durée du programme pour les
entreprises participantes est de cinq ans.
Au cours des deux premières années,
elles doivent mettre en place un système
de gestion de l?énergie, réaliser un audit
énergétique et proposer un plan d?action
pour réduire leurs consommations
d?énergie. Les entreprises doivent
ensuite mettre en oeuvre les mesures
d?amélioration de l?efficacité énergétique
au cours des trois années suivantes.
Plus de cent entreprises ont déjà remis
à STEM leur rapport final d?évaluation
à l?issue de leur première période
d?engagement de cinq ans. Les économies
d?électricité rapportées s?élèvent à
1,45 TWh/an pour environ 1 200 mesures
identifiées.
Danemark, en Norvège, en Suède, au
Royaume-Uni et en Suisse, des exemptions
de taxes sont accordées aux entreprises en
contrepartie de leur engagement.
Les approches volontaires, une démarche
alternative aux réglementations
PAGE 52 L?efficacité énergétique en Europe
Les accords volontaires dans le secteur
des pâtes et papier en Norvège
En Norvège, les entreprises du secteur de
la production de papier et pâte à papier
peuvent participer à un programme
volontaire d?amélioration de l?efficacité
énergétique administré par NVE
(Norwegian Water Resources and Energy
Directorate). En échange, elles sont
exonérées de la taxe sur l?électricité.
Sur le même principe que le programme
PFE en Suède, les entreprises participantes
doivent dans un premier temps mettre en
place un système de gestion de l?énergie,
réaliser un audit énergétique et proposer
des actions d?amélioration de l?efficacité
énergétique. Elles doivent ensuite mettre
en oeuvre les mesures identifiées dont le
temps de retour est inférieur à trois ans.
En cas de non-respect des engagements,
NVE peut demander à l?entreprise de de
rembourser avec des intérêts l?exonération
de la taxe sur l?électricité. Neuf entreprises
participent à ce programme. Entre 2005 et
2009, les économies d?énergie s?élevaient
en moyenne à 6 GWh/an par entreprise.
La mise en réseau des entreprises constitue
une autre approche basée sur le volonta-
riat des industriels. En acceptant de partici-
per à un réseau d?amélioration de l?efficaci-
té énergétique, les entreprises bénéficient
d?une expertise partagée et de ressources
communes mises à disposition des indus-
triels. Plusieurs réseaux ont ainsi vu le jour.
En suisse, des groupes sectoriels d?entre-
prises ont été mis en place en 2001 par l?AE-
nEC (Agence de l?énergie pour l?économie).
Une démarche inspirée de l?exemple suisse
a vu le jour en 2009 en Allemagne (LEEN
Learning Energy Efficiency Networks). En Ir-
lande le réseau LIEN (Large Industry Energy
Network) existe depuis 1995.
Le réseau des industries intensives en
énergie (LIEN) en Irlande
LIEN est un réseau volontaire d?entreprises
intensives en énergie se préoccupant
d?efficacité énergétique et de protection
de l?environnement. Il a été mis en
place par SEAI (Sustainable Energy
Authority of Ireland) en 1995. Le réseau
compte actuellement 150 entreprises,
représentant environ 15 % de la
consommation du pays.
Des ateliers, des séminaires et des visites
de sites sont organisés régulièrement
afin de permettre aux membres du
réseau d?échanger leurs expériences et de
partager leurs connaissances avec d'autres
gestionnaires de l'énergie. Depuis 2006,
certaines entreprises peuvent participer
au programme EAP (Energy Agreements
Programme), qui est un sous-programme
du LIEN. EAP aide les entreprises à mettre
en place un système de management
de l?énergie respectant le standard EN
16001(remplacé depuis 2011 par la norme
ISO 50001). L?objectif de cette norme est
d?aider les entreprises à développer une
gestion méthodique de l?énergie pour
améliorer leur efficacité énergétique. Elles
doivent notamment définir une stratégie
actions avec des objectifs, mettre en place
des actions de réduction et de suivi des
consommations d?énergie, vérifier les
économies et prévoir des améliorations.
Depuis la création de LIEN, les économies
d'énergie réalisées par les entreprises du
réseau sont en moyenne de l?ordre de 2 %
par an.
PAGE 53L?efficacité énergétique en Europe
LES PETITES
ET MOYENNES
ENTREPRISES
Chapitre 7
PAGE 54
Les consommations d?énergie des PME
sont généralement mal connues. Cepen-
dant, d?après l?enquête menée chaque
année dans le secteur de l?industrie en
France, on estime qu?en 2011 environ 43 %
de la consommation d?énergie de ce sec-
teur provient des entreprises de moins de
250 salariés. Cette part qui représentait
moins de 30 % il y a 15 ans est croissante.
Pour les décideurs publics, la mobilisation
du potentiel d?économies d?énergie des pe-
tites et moyennes entreprises constitue un
véritable chalenge. Ce secteur constitue en
effet un ensemble de multiples acteurs aux
caractéristiques hétérogènes, tant sur les
plan de leurs activités que de leurs usages
de l?énergie. De plus, en raison de leur
taille, ces entreprises disposent générale-
ment de moyens limités pour réaliser des
opérations d?économies d?énergie. Enfin,
pour la plupart d?entre elles, les dépenses
liées à l?énergie ne sont pas suffisamment
élevées pour les inciter à investir dans l?ef-
ficacité énergétique.
Les mesures financières
largement privilégiées
Si certaines mesures visent spécifiquement
les PME, celles-ci peuvent également pro-
fiter des incitations mises en oeuvre dans
d?autres secteurs tels que l?industrie ou le
bâtiment. Globalement, de nombreuses
mesures financières sont disponibles pour
les PME voulant investir dans l?efficacité
énergétique. Les mesures d?information et
les mesures coopératives sont également
très présentes.
Les PME désireuses d?investir dans l?effi-
cacité énergétique ne disposent générale-
ment pas des ressources nécessaires, qu?il
s?agisse de moyens humains ou de compé-
tences techniques. Face à ce constat, divers
outils ont été développés pour les aider à
mettre en oeuvre des actions d?économies
d?énergie : l?accompagnement et la mise à
disposition d?informations.
Ainsi, en Irlande, l?agence de l?énergie
SEAI (Sustainable Energy Authority of Ire-
land) aide les entreprises à analyser leurs
consommations d?énergie et leur fournit
des conseils pour améliorer l?efficacité
énergétique. SEAI propose également des
formations à la gestion de l?énergie. En
Suède, la Région de Jönköping a mis en
place un programme régional d?audits et
de benchmarking à destination des petites
et moyennes entreprises. Un important
travail de mise en réseau, de formation et
de mise à disposition d?informations et
d?outils a été réalisé pour inciter et aider
les entreprises à mieux gérer leur énergie.
En Finlande, dans le cadre de l?accord vo-
lontaire sur l?amélioration de l?efficacité
énergétique dans l?industrie et les services,
un projet de conseils énergie pour les PME
a été mis en place par Motiva. La Suisse a
également un programme ciblé sur les PME
via l?agence AEnEC.
Les Petites et Moyennes
Entreprises, PME, une
cible difficile à atteindre
Des réseaux pour
accompagner et
informer les PME
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 55
Pour les PME, le manque de moyen n?est
pas seulement humain ou technique, il est
aussi financier. Des aides financières et fis-
cales ont donc aussi été développées pour
les aider à investir dans l?efficacité énergé-
tique.
Ainsi, en Allemagne par exemple, le Minis-
tère fédéral de l?économie et la banque KfW
ont mis en place en 2008 un Fonds Spécial
pour l?Efficacité Énergétique des PME qui
subventionne les conseils indépendants et
offre des prêts à conditions avantageuses
pour les investissements de maîtrise des
consommations d?énergie. Sur le plan fis-
cal, les Pays-Bas proposent des formules
d?amortissements accélérés pour les inves-
tissements dans l?efficacité énergétique.
En Pologne existe un fonds de soutien aux
PME.
PolSEFF (Polish Sustainable Energy
Financing Facility) en Pologne
PolSEFF est un fonds de 180 millions d?euros
destiné à aider les PME en Pologne à investir
dans des technologies efficaces en énergie.
Deux types de projets peuvent être financés :
soit des investissements simples sur la base
d?une liste de matériel éligible, soit des
investissements plus complexes qui assurent
une économie d?énergie d?au moins 20 %.
En plus de l?aide financière, PolSEFF
fournit également une expertise technique
gratuite pour aider les entreprises à faire les
meilleurs investissements.
Au 31 juillet 2013 soit environ 2 ans après son
démarrage, PolSEFF a permis de financer
plus de 1 300 projets pour un volume de
prêt de 116 millions d?euros. L?économie
d?énergie primaire correspondante s?élève à
près de 260 GWh/an.
Les mesures financières et fiscales
L?accompagnement des PME proposé par l?AEnEC en Suisse
Le « modèle PME » de l?AEnEC (Agence de l'énergie pour l'économie) constitue un
accompagnement complet pour les PME souhaitant faire des économies d?énergie. Il démarre
par une analyse des consommations d?énergie de l?entreprise, réalisée par un conseiller AEnEC.
Ce dernier dresse alors une liste de mesures rentables d?amélioration de l?efficacité énergétique.
Sur cette base, l?entreprise et l?AEnEC établissent une convention d?objectifs, conclue pour une
durée de dix ans et précisant les objectifs de performance énergétique qui doivent être atteints.
Accompagnée par l?AEnEC, l?entreprise met ensuite en oeuvre les mesures. De plus, un système
de suivi se met en place entre l?entreprise et l?AEnEC. Les informations de suivi sont entrées sur
le site www.modele-pme.ch. Via cette plate-forme web, l?entreprise peut visualiser les progrès
accomplis par rapport aux objectifs. Plus de 400 entreprises sont suivies par le modèle PME. La
plupart des secteurs d?activités sont représentés.
Pour aller plus loin, l?AEnEC a aidé au lancement d?une plate-forme de ressources dédiée aux
économies d?énergie dans les secteurs de l?hôtellerie et de la restauration www.hotelpower.ch.
Hotelpower propose aux établissements des outils simples pour réaliser du benchmarking
et pour évaluer leur potentiel d?économie d?énergie : les établissements rentrent leurs
consommations d?énergie sur le site Internet et peuvent immédiatement se comparer avec
les performances du secteur. La plate-forme présente par ailleurs de nombreuses mesures
d?amélioration de l?efficacité énergétique sous la forme d?études de cas, de fiches techniques
ou de témoignages. Elle recense également les ressources mobilisables par les hôteliers pour
se faire accompagner techniquement et financièrement.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 56 L?efficacité énergétique en Europe
LES TRANSPORTS
DE PASSAGERS
Chapitre 8
PAGE 57L?efficacité énergétique en Europe
Plus de 60 % des consommations
du transport en Europe imputables
au transport de passagers
La consommation d?énergie du transport
de passagers (voitures particulières, deux
roues, bus, trains, trams, métro, et aérien
domestique) a atteint 191 Mtep en 2013,
soit une progression de 13 % (0,6 %/an)
depuis 1990. Depuis 2007 la tendance se
ralenti (- 1 % par an).
Les voitures représentent la plus large part
des consommations, soit 88 %, suivie par
les bus avec 5,4 %, l?aérien avec 2,7 %, les
deux-roues (1,9 %) et le ferroviaire (trains,
trams, métro) avec 1,6 %.
Une fiscalité sur les carburants incitative,
mais généralement pas liée à l?efficacité
énergétique
La fiscalité sur les carburants a un impact
certain sur les consommations. Cependant
ces taxes sont souvent instaurées pour des
raisons qui ne sont pas directement liées à
l?efficacité énergétique. En effet, seuls cinq
pays (Allemagne, Finlande, Suède, Norvège
et Danemark) ont mis en place une taxe
dite « environnementale » (taxe verte ou
CO2) dont une partie des recettes est rever-
sée pour soutenir des actions visant à amé-
liorer l?efficacité énergétique des modes de
transports. On peut noter cependant que
ces 5 pays n?ont pas la plus forte fiscalité si
on les compare à d?autres EM tels que l?Ita-
lie, le Royaume Uni, la Grèce ou les Pays
Bas par exemple.
Prédominance des mesures
financières et fiscales
Les mesures fiscales et financières repré-
sentent près d?1/3 des mesures d?effica-
cité énergétique en faveur des transports
de passagers en vigueur dans les pays de
l?UE. Les réglementations, qui représentent
28 % des mesures, sont principalement des
Directives sur les étiquette-énergie et les
pneumatiques, les normes sur les émis-
sions de CO2 des voitures ou, au niveau na-
tional, le contrôle technique des véhicules
et le respect des limitations de vitesse. Les
mesures dites d?information représentent
une part non négligeable (15 %) de pro-
motion d?une meilleure utilisation de la
voiture (eco driving, promotion des modes
doux, vélo, marche).
Les voitures particulières : cibles principales
des politiques du transport de passagers
Figure 25 : Consommation d?énergie
du transport domestique de passagers
par mode dans l?UE
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
Voiture Aérien
Ferroviaire
Deux roues
0
50
100
150
200
en 2013En 1990
Autobus
PAGE 58
Une nouvelle réglementation a été adop-
tée en avril 2009 limitant les émissions
spécifiques moyennes des voitures neuves,
suite à l?échec des accords volontaires
signés en 1998 entre la CE et trois asso-
ciations de constructeurs automobiles,
dont l?ACEA (Association Européenne des
Constructeurs Automobiles). Cette régle-
mentation fixe un seuil d?émissions spé-
cifiques moyennes des voitures neuves à
130 g CO2/km pour 2015, avec un objectif de
95 g CO2/km en 2020 (contre 136 g CO2/km
en 2011). Des sanctions financières à
l?égard des constructeurs automobiles
sont prévues en cas de non-respect de ces
niveaux d?émissions.
La plupart des pays européens ont égale-
ment imposé des limitations de vitesse (ini-
tialement mises en place pour des raisons
de sécurité) et des obligations de contrôles
techniques périodiques des véhicules, per-
mettant de s?assurer d?un niveau minimum
de performance et de sécurité. Même si ces
réglementations n?ont pas été dictées par
des considérations d?efficacité, elles ont un
impact certain sur les consommations.
Une étiquette éner-
gie a été mise en
place dans les pays
de l?UE afin de four-
nir des informations
spécifiques relatives à la consommation
de carburant et aux émissions de CO2 des
voitures particulières neuves, proposées à
la vente ou en crédit-bail, et orienter ainsi
les choix des consommateurs (Directive
n°1999/94/CE). Cette étiquette doit être ap-
posée sur chaque modèle de voiture par-
ticulière neuve ou affichée près de celle-
ci, dans le point de vente, d'une manière
clairement visible. La directive demande
également aux pays de publier un guide
de la consommation de carburant et des
émissions de CO2 pour tous les modèles de
voitures particulières neuves disponibles à
l'achat dans les états membres et regrou-
pés par marque.
La Directive (n°
1222/2009) impose
un étiquetage des
pneumatiques neufs
vendus, relatif à la
consommation de
carburant, l?adhé-
rence sur sol mouillé
et le niveau de bruit
de roulement ex-
terne du pneu. Cette
mesure est entrée en vigueur en Europe au
1er novembre 2012.
Figure 26 : Répartition des mesures
du transport de passagers
So
ur
ce
: M
ur
e
20
15
, t
ra
ite
m
en
t E
ne
rd
at
a
Autres : 1%
Coopérative : 6%
Infrastructure : 15%
Organisation : 4%
Information : 15%
Réglementation : 24%
Fiscal/Financier : 35%
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 59L?efficacité énergétique en Europe
La plupart des actions d?améliorations de
l?efficacité énergétique du transport de
passagers prennent la forme d?incitations
(financières et fiscales) à l?achat de véhi-
cules performants et efficaces.
Fiscalité des véhicules en fonction
de leurs performances énergétiques
ou environnementales
Historiquement, les taxes à l?achat de vé-
hicules ou les taxes annuelles de circula-
tion (vignettes) étaient fonction du type
de carburant, de la cylindrée ou du poids
du véhicule. Ces taxes ont aujourd?hui évo-
lué dans de nombreux pays en intégrant
un critère d?efficacité énergétique ou de
niveau d?émissions de CO2. Ainsi, les taxes
à l?achat, fonction des performances éner-
gétiques ou CO2 ont été introduites dans
15 pays de l?UE, au cours des années 2000,
excepté pour l?Autriche qui l?avait instau-
ré dès 1992. Ces taxes à l?achat peuvent
également être combinées à une subven-
tion (appelé bonus) pour les véhicules les
moins émetteurs ; la taxe sur les véhicules
les plus polluants étant alors appelée ma-
lus (cas de la France et de l?Autriche depuis
2008).
Bonus Malus en France
Le bonus-malus est l'une des premières
mesures fortes prise en France à l'issue
du Grenelle de l'environnement (2008) ;
ce système récompense, via un bonus, les
acquéreurs de voitures neuves émettant
le moins de CO2, et pénalise, via un malus,
ceux qui optent pour les modèles les plus
polluants. La subvention est déduite du
prix d?achat de nouvelles voitures et se
situe entre 6 300 ¤ et 150 ¤ pour celles qui
émettent entre 0g et moins de 90 gCO2/km
(2014)*. Au-delà de 131 gCO2/km, un
malus entre 150 ¤ et 8 000 ¤ est appliqué.
En France les nouvelles voitures
émettent en moyenne 114 gCO2/km
(2014), soit 34 gCO2/km moins que avant
l?introduction du système. Les économies
de CO2 pour les voitures neuves vendues
en 2011 est estimé aux alentours de 90 kt.
Ces économies équivalent aux émissions
annuelles de 45 000 véhicules.
En 2014, 26,3 % des véhicules vendus sont
de classe A (émettant moins de 100 gCO2/
km), 42,6 % de classe B (<200 gCO2/km)
et 23 % de classe C (<140 gCO2/km). Les
résultats sont très encourageants car la
part des voitures plus polluantes (classe
D à G, >141 gCO2/km) a baissé de 35 %
en 2008 à 8 % en 2014. En 2014 3 % de
voitures neuves ont reçu un bonus (37 %
en 2013, 50 % en 2010) et 17 % un malus
(9 % en 2010).
Quelques pays (7) ont en plus mis en place
un système de taxes annuelles liées aux
performances énergétiques ou écolo-
giques. Il s?agit du Danemark en 1997, du
Royaume-Uni en 1998, de la France (pour
les véhicules de sociétés seulement) et de
la Suède en 2006, des Pays-Bas et de l?Ir-
lande en 2008 et de la Finlande en 2010.
Les mesures financières et fiscales comme incitations
à l?achat de véhicules plus efficaces
* www.ademe.fr/sites/default/files/assets/
documents/evolution-marche-vehi-
cules-neufs-2015.pdf
PAGE 60
Subventions pour la mise en circulation
de véhicules électriques
Certains pays visent à accélérer la diffusion
de véhicules électriques par la mise en
place de subventions à l?achat. L?Espagne a
un objectif très ambitieux de 2,5 millions de
véhicules électriques en 2020, soit 10 % du
parc. À cette même échéance, trois autres
pays, la France, 2 millions, le Royaume-
Uni 1,55 millions et l?Allemagne, 1 million,
ont également des ambitions fortes. Ce
déploiement de véhicules électriques de-
vra toutefois s?accompagner d?objectifs
quantitatifs d?implantation de bornes de
recharge électriques par pays ainsi que de
l?uniformisation des prises.
La prime à la casse : une mesure
temporaire pour renouveler le parc
La prime à la casse est une mesure finan-
cière et temporaire visant à remplacer les
véhicules les plus anciens, donc polluants,
par l?achat d?un véhicule neuf avec à le ver-
sement d?une prime. Environ la moitié des
pays de l?UE ont instauré une ou plusieurs
périodes de prime à la casse. L?expérience
italienne, mise en place de 2007 à 2009, est
particulièrement intéressante car elle n?im-
pose pas aux détenteurs de voitures mises
au rebut d?acheter une voiture neuve ; en
effet le choix est laissé au propriétaire du
véhicule de renouveler ou non sa voiture,
et le cas échéant, d?obtenir une prime de
150 ¤, ainsi qu?un abonnement annuel
pour les transports en commun ou 800 ¤
pour du co-voiturage. Même si le cas italien
est intéressant, la prime à la casse est sou-
vent décriée car elle a surtout pour objectif
de relancer temporairement les ventes de
véhicules neufs, et est coûteuse pour les
gouvernements qui la mettent en place.
Réduire l?utilisation de la voiture
La mise en place de péages routiers ur-
bains (Londres depuis 2003, Stockholm
depuis 2006 ou encore Milan depuis 2008)
permet de faire baisser significativement
le nombre de voitures circulant au centre-
ville et de réduire les émissions polluantes.
Couplés avec une offre de stationnement
et de transport en commun en périphérie
des villes, ces péages visent à encourager
l?usage des transports en commun et à
décongestionner les centres-villes. Après
10 ans de service, on estime qu?à Londres
la circulation automobile a baissé d?envi-
ron 20 % et le nombre d'embouteillages a
été réduit d'un tiers. Le nombre de véhi-
cules qui circulent chaque jour à Londres
a diminué de 60 000, ce qui correspond à
une baisse des émissions de CO2 d?environ
150 kt/an.
Ces péages sont toutefois décriés, car ils
privilégieraient les conducteurs les plus
aisés pouvant s?acquitter du péage, et au
contraire, porteraient préjudice aux usa-
gers les moins aisés n?ayant pas d?autre
possibilité que de transiter par le centre-
ville dans leurs déplacements (trajets in-
ter-banlieues par exemple). Les coûts éle-
vés de mise en place et d?exploitation de
tels péages sont également mis en avant.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 61
Au delà des mesures réglementaires, fi-
nancières et fiscales, de nombreux pays
ont lancé des campagnes d?information et
de sensibilisation pour une meilleure uti-
lisation de la voiture, et la promotion des
transports en commun.
L?éco-conduite est un comportement
de conduite permettant de réduire les
consommations de carburant (environ
15 %) et de limiter les émissions de gaz à
effet de serre. Plusieurs pays tel que l?Au-
triche à travers son programme Klima
Aktiv Mobil, les Pays-Bas (Het Nieuwe Rij-
den), l?Allemagne, l?Espagne, le Danemark,
la Finlande, la Suède et plus récemment
l?Estonie et la Lituanie considèrent l?éco-
conduite comme une mesure intéressante
pouvant générer des économies substan-
tielles de carburants. Depuis plusieurs
décennies, la formation à l?éco-conduite
est obligatoire en Suisse pour les profes-
sionnels de la route (conducteur de bus,
de camions...). Plus récemment en 2007,
la Suisse a rendu obligatoire un dispositif
analogue pour les particuliers
Le covoiturage consiste en l'utilisation
conjointe et organisée d'un véhicule dans
le but d?effectuer un trajet commun. Plu-
sieurs pays dont l?Autriche, la Belgique,
l?Allemagne ou encore les Pays-Bas s'ins-
crivent dans le covoiturage en mettant en
place des aires de stationnements servant
de points de rassemblement, ou encore des
voies réservées en cas d'embouteillage.
Aux Pays-Bas , il existe des « lifters plaats »
qui consistent en un trottoir d'environ un
kilomètre à l'entrée des autoroutes. Ces
trottoirs sécurisent les adeptes du covoi-
turage et servent autant aux conducteurs
qu'aux auto-stoppeurs.
L?autopartage est un système dans lequel
les véhicules sont mis à la disposition de
« clients » ou utilisateurs du service. Plu-
tôt que de disposer d'une voiture person-
nelle, l?adepte d'un service d'autopartage
dispose d'une voiture qu'il ne finance que
pour la durée de son besoin. Le reste du
temps, la voiture est utilisée par d'autres
membres. L?auto-partage apparaît comme
une mesure alternative à la possession
d?une voiture individuelle et fait partie des
nouveaux outils pour modifier les compor-
tements de mobilité. Plusieurs pays ont
déjà mis au point avec succès des systèmes
d?auto-partage. En Belgique, Taxistop a
fondé l'auto-partage en 2002, avec un ser-
vice disponible dans plus de quinze villes
en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Au
Royaume-Uni, on observe aussi un déve-
loppement très rapide de cette mesure,
notamment à Londres. Streetcar, créé en
2004, compte aujourd'hui plus de 80 000
utilisateurs. L'autopartage est également
très développé en Suisse où l?opérateur
Mobility CarSharing Suisse compte près
de 100 000 utilisateurs, avec plus de 2 200
véhicules mis à disposition dans plus de
1150 stations. Selon différentes études,
chaque véhicule en autopartage remplace-
rait au minimum 4 à 8 véhicules privés. De
même entre 20 et 30 % des clients seraient
également prêts à renoncer à l?acquisition
d?une voiture ou retarderaient son acquisi-
tion.
Des pays ont, quant à eux, misé sur une
amélioration de l?offre de transport
Limiter l?usage de la voiture et encourager
l?usage des transports en commun
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 62
public, telle qu?un renforcement des
compagnies de bus à Chypre ou la moder-
nisation des trams en République Tchèque.
D?importants investissements dans l?offre
de transport en commun, notamment avec
une nette amélioration des infrastructures
ferroviaires, ont été amorcés dans diffé-
rents pays tels que la Finlande et la Rou-
manie. D?autres pays misent sur la mise
en place de Plans de Déplacement Urbains
(PDU) qui déterminent l?organisation du
transport des personnes. Cette mesure
se traduit par la mise en place d?actions
en faveur des modes de transports alter-
natifs à la voiture particulière: les trans-
ports publics, les deux roues, la marche...
Les politiques publiques peuvent égale-
ment encourager les comportements col-
lectifs en mettant en place avec des en-
treprises, des collectivités, des mairies...
des plans de mobilité afin de permettre
aux salariés (ou étudiants et scolaires) de
se rendre facilement sur leur lieu de travail
sans avoir recours à l?automobile (plans de
déplacement d?entreprises, plans de dé-
placement d?administrations ou scolaire
en France).
Certains pays restreignent également l?ac-
cès au centre-ville afin de privilégier les
transports en commun, l?usage du vélo ou
les déplacements piétonniers (Autriche,
Finlande, Allemagne).
L?expérience autrichienne de la gestion de la mobilité : Aktiv Mobil
L?initiative autrichienne, Klima Aktiv Mobil, lancée en 2004 par le Ministère Fédéral de
l?Agriculture, de la Forêt, de l?Environnement et de l?Eau et cofinancée par la Chambre de
Commerce, l?Association des villes et villages et l?Association des Municipalités, est à l?origine de
nombreuses actions dans la promotion de l?efficacité énergétique des transports. Ce programme
vise différentes cibles : les entreprises, les administrations publiques, les écoles, les collectivités
locales, le tourisme et les loisirs, les investisseurs et les promoteurs immobiliers. Le programme
propose, à travers différentes mesures spécifiques, plusieurs formes de soutien : conseil pour
l?élaboration et la mise en oeuvre de plans d?actions, campagnes de promotion sur l?éco-
conduite ou modes doux (bike2business), appuis financiers, remises de prix etc.
Depuis 2007, le programme a apporté une contribution financière de 42,5 M¤, qui a stimulé
des investissements d?une valeur totale de 271 M¤ et crée plus de 3 000 emplois « verts ». Le
programme a soutenu plus de 1 800 entreprises, communautés, villes et régions pour une
réduction des émissions de CO2 de 450 kt/an.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 63
LES TRANSPORTS
DE MARCHANDISES
Chapitre 9
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 64
Large prédominance du transport
routier de marchandises, dont la
part ne cesse de progresser
La consommation d?énergie du transport
de marchandises a fortement progressé
jusqu?en 2007 (2,3 %/an de 1990 à 2007),
principalement en raison de l?augmenta-
tion du transport routier (2,6 %/an). Depuis
2007, cette consommation est orientée à la
baisse (- 2,6 %/an) du fait d?une forte dimi-
nution des trafics induite par la crise éco-
nomique (- 1,7 %/an).
Les camions et véhicules utilitaires légers
représentent plus de 92 % de la consomma-
tion du transport de marchandises ; cette
part ne cesse de progresser : + 5 points de
1990 à 2013.
30% des mesures du secteur des
transports concernent les marchandises
Sur l?ensemble des mesures d?efficacité
énergétique en vigueur dans le secteur des
transports, 30 % concernent les marchan-
dises dans les pays de l?UE. Un peu moins
de 30 % de ces mesures sont de nature fis-
cale et financière, avec notamment la mise
en place de péages routiers ou d?une taxe
ajustée aux kilomètres parcourus.
La part du trafic routier a progressé de
12 points depuis 1990 et a représenté 75 %
du trafic total de marchandises en 2012.
Dans quelques pays cependant on observe
une tendance inverse avec un accrois-
sement du transport par rail et par voie
d?eau : c?est le cas notamment des Pays
Bas, de la Belgique, Suède et de l?Autriche,
avec une part de ces deux modes dépas-
sant les 30 %.
Peu de politiques d?efficacité énergétique au regard
de la forte croissance du transport de marchandises
Figure 27 : Consommation du transport de
marchandises par mode dans l?UE (2012)
Figure 28 : Répartition du trafic
marchandises dans l?UE (2013)
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
Routier Fluvial-côtier
0
20
40
60
80
100
120
20131990
Ferroviaire
Routier : 87%
Routier : 92%
Fluvial-côtier : 7%
Ferroviaire : 18%
Routier : 75%
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 65
Promotion des véhicules efficaces
et des transferts modaux
La promotion des véhicules efficaces
La réglementation européenne n°510/2011
impose une réduction des émissions de CO2
des véhicules utilitaires légers neufs avec
un seuil d?émission spécifique maximale
de 175 gCO2/km en 2017 et de 147 gCO2/km
en 2020. Au-delà, les constructeurs qui n?au-
ront pas réussi à atteindre les objectifs fixés
devront payer une amende de 95 ¤/gCO2
de dépassement par véhicule vendu.
La promotion de l?intermodalité
De nombreux pays cherchent à encoura-
ger le transport combiné, et ainsi réduire
le poids du transport routier par le biais
de taxes ou de péages incitatifs et d?aides
à l?investissement dans de nouvelles in-
frastructures.
Les réglementations, qui représentent
également environ 30 % des mesures,
concernent principalement la norme Euro-
péenne sur les émissions maximales de CO2
des véhicules utilitaires légers, les limita-
tions de vitesse et l?obligation de contrôles
techniques périodiques des véhicules.
Les mesures dédiées aux infrastructures
(1/4 environ) concernent la promotion de
l?intermodalité et du transport combiné.
Enfin 10 % des mesures correspondent à
des accords volontaires (mesures « coopé-
ratives »).
Figure 29 : Répartition des mesures
du transport de marchandises
So
ur
ce
: M
ur
e
20
15
, t
ra
ite
m
en
t E
ne
rd
at
a
Autres : 6,3%
Coopérative : 10%
Infrastructure 24%
Organisation : 3%
Information : 7%
Réglementation : 28%
Fiscal/Financier : 28%
L?Autriche, l?Allemagne, les Pays-Bas ou en-
core la Pologne ont instauré une taxation
du transport de marchandises avec une ta-
rification aux kilomètres parcourus.
L?Autriche a été le premier pays à mettre
en place ce système en 2004 pour les poids
lourds de plus de 3,5 tonnes. Il a permis une
diminution annuelle de 3 % de la distance
moyenne parcourue par tonne transportée
et a favorisé un report modal sur le rail.
Plusieurs pays, tels
que la République
Tchèque, la Hongrie
et la Slovaquie, ont
par ailleurs mis en
place des péages autoroutiers différenciés
selon les catégories de véhicules et leur
taille.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 66 L?efficacité énergétique en Europe
Les péages routiers en Allemagne
Le gouvernement allemand a mis en place depuis le 1er janvier 2005 une taxe pour les poids
lourds de plus de 12 tonnes, en fonction des kilomètres parcourus, le niveau d?émissions et
le type d?essieu du véhicule (LKW Maut). Cette taxe s?applique sur un tiers du réseau routier
(12 000 kilomètres d?autoroutes et 1 135 km de routes nationales, pour un réseau de 40 000 km).
Depuis janvier 2009, le montant de la taxe s?élève en moyenne à 16,3 c¤/km. Un système de
contrôle par GPS a été instauré pour suivre le trafic de camions. Le potentiel de réduction des
émissions se situe entre 3-5 MtCO2/an. Les recettes perçues chaque année au titre de la taxe
(3 milliards d?Euros récoltés en 2011) sont affectées à l?entretien des routes, et dans une moindre
mesure, au développement des voies ferrées et navigables. www.bmu.de
La CE a lancé depuis 1991 une dynamique
de soutien au fret ferroviaire qui s?est tra-
duite par la mise en place de directives ré-
unies en « paquets ferroviaires » pour créer
et promouvoir un fret européen unifié. Dif-
férents pays tels que la Pologne, l?Espagne,
le Royaume-Uni ou l?Allemagne ont prévu
d?investir dans la rénovation des lignes
existantes et dans l?achat de nouveaux wa-
gons.
Dans le cadre du Grenelle de l?Environ-
nement, le gouvernement français s?est
engagé à faire progresser la part modale
du non routier (rail et voie d?eau) de 14 %
à 25 % à l?échéance 2022. Dans ce cadre,
l?ADEME apporte une contribution finan-
cière aux transporteurs et chargeurs pour
la réalisation d?études de faisabilité pour
le passage au transport combiné route-
rail ou route-fluvial (au maximum 50-70 %
de l?assiette éligible et dans la limite de
100 000 ¤).
Certains pays comme la Belgique ac-
cordent également des subventions pour le
transport de marchandises par voie ferrée.
PAGE 67L?efficacité énergétique en Europe
le Ministère de l?Emploi et de l?Économie,
des représentants de l?Association
« Finnish Transport and Logistics ? SKAL »,
l?Association des entreprises de logistiques
« LL » et la compagnie ferroviaire VR.
L?objectif global du programme est
d?atteindre au moins 9 % d?amélioration
de l?efficacité énergétique dans le fret
et les transports en commun sur la
période 2008-2016, en impliquant 60 %
des entreprises du secteur. Un ensemble
de critères de performance énergétique
a été défini, à la fois dans la passation
de marchés de services de transport,
l?extension de l?éco-conduite et des
mesures techniques, par exemple sur
la pression des pneus, les contrôles ou
l?entretien des véhicules. Les entreprises
de transport qui adhèrent à ce programme
s?engagent à améliorer leur consommation
et à mettre en place un système de gestion
de l?énergie au sein de leurs entités
(rapports de consommations annuels).
D?après le PNAEE, un tiers de l?objectif
d?économies d?énergie du transport de
4,25 TWh (0,37 Mtep) en 2016 devrait être
atteint grâce à la mise en place des actions
volontaires de la part des compagnies de
transport. www.motiva.fi
Transporter plus
Une solution visant à réduire le coût de
transport est le recours à des semi re-
morques de grande capacité appelé « mé-
ga-camion » ou « éco-combi » mesurant
plus de 25 mètres et pouvant transporter
plus de 60 tonnes. Ces camions sont déjà
courants dans des pays de grande su-
perficie comme le Canada, les États-Unis
ou l'Australie. En Europe, les premiers
éco-combis sont apparus en Suède et aux
Pays Bas en 2 000. Ces camions sont toute-
fois décriés quant aux conditions de sécu-
rité, car leur taille est souvent un obstacle
dans les manoeuvres, et aux dommages
causés aux routes.
Vers une mobilisation
des acteurs par des
accords volontaires
et une optimisation
de la chaine logistique
Pour mobiliser les acteurs du secteur, plu-
sieurs pays, dont la Finlande et la France,
ont recours à des accords volontaires avec
les compagnies de transport pour mettre
en oeuvre différentes actions, allant du
conseil, à la formation et à des aides fi-
nancières. Une autre approche poursuivie
par certains pays est de mieux organiser
la chaîne logistique, en optimisant les dé-
placements et les tonnes transportées, no-
tamment par l?augmentation de la charge
utile maximum des camions.
Engagements volontaires en France
Le Ministère de l?Écologie, du
Développement Durable et de l?Énergie
et l?ADEME, en concertation avec les
organisations professionnelles du secteur
du transport routier de marchandises,
ont mis en place fin 2008 une charte
d'engagements volontaires de réduction
des émissions de CO2 pour le transport
de marchandises intitulé « Objectif CO2.
Les transporteurs s'engagent ». Fin 2015,
plus de 1 500 entreprises avaient signé
la charte ou s?apprêtaient à le faire; le
potentiel de réduction de CO2 au terme
des sept ans d?actions est estimé par
l?ADEME à plus de 1 100 kt/an.
L?approche volontaire en Finlande
La signature d?accords volontaires pour
le fret et la logistique a été conclue en
2008 par la Ministère de l?Environnement,
des Transports et Télécommunications,
PAGE 68 L?efficacité énergétique en Europe
L?AGRICULTURE
Chapitre 10
PAGE 69L?efficacité énergétique en Europe
Peu de mesures d?efficacité énergétique
dans le secteur de l?agriculture
Peu de mesures d?efficacité énergétiques
ont été mises en place dans le secteur de
l?agriculture. Il n?existe d?ailleurs pas en-
core de mesures européennes spécifiques
de ce secteur. Les seuls objectifs existants
au niveau européen consistent en effet
pour le moment à développer la produc-
tion d?énergie à partir de la culture agricole
(schéma durable pour les biocarburants
avec aides financières et audits). Les textes
précisent cependant qu?à l?horizon 2020
« la future Politique Agricole Commune de-
vra favoriser l?efficacité énergétique, la sé-
questration du carbone, la production de
biomasse et d'énergies renouvelables et
plus généralement l?innovation » (source :
La Politique Agricole Commune-PAC à l?ho-
rizon 2020, Europa). Au niveau des EM, la
moitié des PNAEE ne fait aucune men-
tion de l?agriculture. En tout, seule une
dizaine de mesures relatives à l?efficacité
énergétique font référence à l?agriculture,
avec une quasi absence de réglementa-
tion, et une prédominance d?incitations
financières (via des accords volontaires).
Ce nombre restreint de mesures peut en
partie être expliqué par la faible part du
secteur agricole dans la consommation
d?énergie finale.
Environ 2 % de la consommation
finale en 2013
L?agriculture occupe en effet le poste le
moins important de la consommation fi-
nale d?énergie en Europe avec 2,1 %. De-
puis 1990 sa part et sa consommation n?ont
cessé de chuter (diminution de 1,4 %/an de
la consommation finale de l?agriculture).
Certains pays comme les Pays-Bas, le Da-
nemark, la Norvège, la Pologne ou la Grèce
ont cependant une part de consommation
agricole non négligeable et supérieure
à 5 %.
L?efficacité énergétique peu représentée
dans le secteur agricole
Figure 30 : Part de la consommation
de l?agriculture dans l?UE
0,0%
0,5%
1,0%
1,5%
2,0%
2,5%
3,0%
3,5%
201320001990
% consommation finale
Consommation finale agriculture (Mtep)
0
5
10
15
20
25
30
35
M
te
p
So
ur
ce
: O
dy
ss
ee
PAGE 70 L?efficacité énergétique en Europe
En Espagne, afin de promouvoir l?efficacité énergétique, et de montrer l'importance des
économies d?énergies possibles, un programme de formation sur la période 2011-2020 met en
oeuvre des actions spécifiques pour former les agriculteurs, pêcheurs et éleveurs aux techniques
d?utilisation efficace des équipements consommateurs d?énergie. Cette mesure propose des
aides financières (montant total prévu pour la période 2011-2020 : 9,7 M¤) pour couvrir les frais
de mise en place des formations. Il existe d?autres mesures spécifiques en Espagne mises en
oeuvre dans le PNAEE pour améliorer l?efficacité énergétique de différentes branches agricoles,
à savoir : audit énergétique et plan d?action pour améliorer les rendements des fermes, plan
d?amélioration de l?efficacité énergétique de la pêche, plan d?amélioration de l?efficacité
énergétique des systèmes d?irrigation et promotion des systèmes à pulvérisation.
Pour les tracteurs, un plan spécifique a été mis en place (Tractor RENOVE Plan). Dans ce cadre,
l?IDAE et le Ministère de l?Agriculture ont notamment établi une méthode pour classer l?efficacité
énergétique des tracteurs. Source : PNAEE Espagne, www.idae.es
En Finlande les accords volontaires entre le
gouvernement et les acteurs du secteur pu-
blic et privé sont courants. Actuellement,
ils couvrent près de 60 % de la consomma-
tion d'énergie finale dans les huit secteurs
sur lesquels ils portent, dont l?agriculture.
Les exploitations agricoles ont recourt à
des audits énergétiques subventionnés par
l'État pour déterminer le potentiel et fixer
les objectifs à atteindre. Ces accords sont
accompagnés de contrôles et d?évaluation
qui garantissent un retour d'information
sur les économies d'énergie réalisées. Les
Pays-Bas ont également recourt à de tels
accords volontaires dans un souci d'ac-
croître l'efficacité énergétique dans l'in-
dustrie, le secteur tertiaire et l'agriculture.
La quasi-totalité des entreprises à forte in-
tensité énergétique des Pays-Bas ont déjà
renouvelé ce type d?accords dits « accords
à long terme ». Les entreprises qui signent
ces conventions et accords ne sont pas sou-
mises à de nouvelles mesures nationales
spécifiques en matière de changement cli-
matique.
Accords volontaires et incitations financières pour
développer l?efficacité énergétique dans l?agriculture
PAGE 71L?efficacité énergétique en Europe
Incitations financières en Finlande
Accord volontaire de re-parcellisation
des terres en Finlande
Afin d?éviter
l?étalement des
terres et la dispersion
des exploitations,
cette mesure
vise à regrouper les terres d?une même
exploitation pour diminuer ses besoins de
transport et améliorer sa productivité. Une
centaine de projets sont actuellement en
cours. L?État propose des aides spécifiques
aux projets de « remembrement » pour
diminuer le coût d?investissement
(remembrement, drainage, route, etc.).
Ces aides sont financées par une ligne
de budget spécifique, son montant étant
défini au cas par cas.
Entre 1995 et 2010, 141 555 ha (soit
6,2 % de la surface totale agraire) ont été
remembrés. Les distances parcourues
par les tracteurs ont diminué de 30 %,
soit 145 000 km par an, engendrant une
économie de 0,1 % de la consommation
actuelle du secteur agricole (8 GWh/an,
soit 688 tep). Source : PNAEE Finlande
Accords volontaires aux Pays-Bas
Le secteur de l'horticulture et de la culture
sous serre est très développé au Pays-Bas
et très gourmand en énergie (chauffage
et éclairage des serres). L'énergie
consommée représente environ 19-20 %
du prix de revient des produits finis. Afin
d'améliorer son efficacité énergétique,
le secteur a signé en 1997 des accords
de long-terme avec le gouvernement
(Greenhouse Horticulture and Environment
Agreement - GLAMI). En 2011, Le « Clean
And Economical Agro-sector » a remplacé
le GLAMI en y ajoutant des objectifs sur les
émissions de CO2.
Cet accord fixe des objectifs de long-
terme en matière d'efficacité énergétique
pour la culture en serre, l'élevage, les
cultures intensives et la culture des
champignons, en échange de subventions
(jusqu?à 70 % du coût d?investissement)
ou de déductions sur la taxe énergie
qui renforcent la viabilité financière du
projet. Entre 2007 et 2011, les secteurs
de l?horticulture et de la culture de
champignon ont signé des accords qui
leur ont même permis l?exonération
complète de la taxe énergie. Ces 3 accords
ont permis en 2010 d?atteindre une
économie de 2 % de la consommation du
secteur. http://ec.europa.eu/agriculture/
stateaid/decisions/n39607_en.pdf
PAGE 72 L?efficacité énergétique en Europe
Aide à l?investissement pour
l?installation d'une chaudière
à biomasse en Finlande
De nombreuses fermes étant
autosuffisantes dans la production de
copeaux de bois, la substitution à la
biomasse représente un investissement
rentable. Le Ministère a accordé
des aides à l?investissement pour le
changement d?installation de chauffage
à partir de combustibles fossiles par des
biocombustibles (copeaux de bois ou de
cultures énergétiques).
Les demandes d?aide sont adressées à la
division locale des Affaires rurales. L'aide
à l'investissement est soit un prêt à taux
d'intérêt bonifié (montant maximal de
50 à 80 %), soit une subvention (montant
maximal de 15 à 30 % des coûts).
Entre 1996 et 1999, 330 projets,
correspondant à une puissance
moyenne de 5,5 MW/an, ont été soumis
annuellement, et 250 projets par an entre
2001 et 2005 (28 MW/an). En 2007 un grand
nombre de projets ont été lancés grâce
à une subvention dédiée à promouvoir
la mise en place de chaudières dans les
porcheries et les élevages de volaille. En
2008-2009, les résultats ont chuté de 50 %
en raison de coupes budgétaires, qui se
sont accentuées en 2010. Source : PNAEE
Finlande.
PAGE 73L?efficacité énergétique en Europe
LES MESURES
TRANSVERSALES
Chapitre 11
PAGE 74
Le principal frein à l?amélioration de l?effi-
cacité énergétique est le financement des
investissements. Dans les années 2000, de
nouveaux instruments ont été développés
pour faire face à ce problème. Ils couvrent
de manière transversale plusieurs secteurs
d?activité à la fois (transports, bâtiments,
industrie, agriculture...) et peuvent concer-
ner plusieurs types d?acteurs (entreprises,
ménages, pouvoirs publics). Il s?agit des
mesures transversales dont les taxes sur
l?énergie, les certificats blancs ou encore
les fonds de soutien à l?efficacité énergé-
tique en sont des exemples. La promotion
des ESCOs (ou Compagnies de Services En-
ergétiques) peut aussi être assimilée à une
mesure transversale couvrant tous les sec-
teurs, de même que les campagnes d?infor-
mation et communication.
La mise en place active d?un marché de
services d?efficacité énergétique
Le développement d?un marché de services
d?efficacité énergétique figure parmi les
outils transversaux soutenus par l?UE pour
mobiliser le potentiel d?économies d?éner-
gie, notamment depuis l?adoption de la
Directive ESD. La DEE de 2012 réaffirme la
nécessité pour chaque EM de disposer d?un
marché de services énergétiques structuré
et performant pour atteindre l?objectif d?ef-
ficacité énergétique de 2020. Par ailleurs,
les prochains PNAEE devront respecter les
Les taxes sur l?énergie peuvent inciter les
consommateurs à une utilisation plus ra-
tionnelle en renchérissant le coût de l?éner-
gie pour les utilisateurs ; elles permettent
également d?améliorer la rentabilité des
investissements d?économies d?énergie
en réduisant les temps de retour. Bien que
l?énergie ait toujours été fortement taxée
dans les pays européens indépendamment
de toute volonté de maîtrise de l?énergie,
surtout pour les carburants, certains pays
ont utilisé la fiscalité sur l?énergie dans le
cadre de leur politique d?efficacité éner-
gique. C?est le cas de l?Allemagne et du
Royaume-Uni avec respectivement une
taxe sur l?énergie et le « fuel escalator » qui
ont conduit à une augmentation régulière
et programmée des taxes sur une certaine
période. C?est le cas également de pays
qui ont instauré une taxe CO2 au début des
exigences de la nouvelle directive parmi
lesquelles l?obligation de fournir une revue
qualitative du développement actuel et fu-
tur du marché de services énergétiques.
Une société de services énergétiques in-
vestit à la place du consommateur et se
rémunère à partir des économies réalisées
selon différents types de contrats, et en
particulier les CPE. Cette procédure permet
en effet de contractualiser une garantie de
résultat entre le bénéficiaire et la société
de services d?efficacité énergétique. L?Alle-
magne est l?un des premiers pays à avoir
mis en place les CPE (voir chapitre 5 sur les
ESCOs à Berlin).
Au-delà de l?approche
sectorielle, les mesures
transversales visent à dé-
clencher des économies
d?énergie additionnelles
dans plusieurs secteurs
Eco taxes et fonds
d?efficacité énergétique
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 75
années 90 (Finlande, Suède, Norvège, Da-
nemark). D?autres pays ont mis en place
des taxes spéciales sur l?énergie, comme
le Danemark dans le cadre du « Danish Sa-
ving Trust », au Royaume Uni dans le cadre
du Carbon Trust, ou encore en Allemagne
où le principal de la réforme fiscale écolo-
gique est d?augmenter les taxes sur l?éner-
gie et diminuer les retenues salariales.
Pour les entreprises, ces taxes sont généra-
lement conçues de manière à assurer une
neutralité fiscale puisque leur application
s?accompagne généralement d?une dimi-
nution d?autres charges fiscales afin de ne
pas affecter leur compétitivité.
Les fonds d?efficacité énergétique per-
mettent une plus grande stabilité et une
meilleure gestion des aides financières de
soutien aux investissements d?efficacité
énergétique. La pérennisation des res-
sources peut même être assurée par un fi-
nancement alimenté par exemple, par des
taxes dédiées. Leur périmètre d?action est
très souvent national, mais il peut être in-
ternational (fonds revolving JESSICA créé
en Europe de l'Est), régional ou local (par
exemple Proklima Fonds à Hanovre en Al-
lemagne).
Les écotaxes : dégager des revenus pour
le financement de la maîtrise de l?énergie
Les fonds d'efficacité énergétique alimen-
tés par une taxe dédiée permettent d?avoir
un financement plus stable. C?est par
exemple le cas au Danemark avec le Danish
Saving Trust, ou encore en Pologne avec la
mise en place du fonds « Priority Program
of the National Fund for Environmental
Protection and Water Management et En-
ergy loan for energy saved ». Ce dernier
est financé par diverses pénalités et taxes
imposées par des lois et réglementations
polonaises, créées pour aider les inves-
tissements en efficacité énergétique des
entreprises. Ces fonds sont aussi moins
dépendants des allocations budgétaires
annuelles des programmes gouvernemen-
L?efficacité énergétique en Europe
taux classiques. Des fonds peuvent égale-
ment être alimentés par les revenus prove-
nant de la vente des quotas d'émissions.
Le Danish Saving Trust est une autorité
indépendante sous la responsabilité du
Ministère Danois du Climat et de l?Energie.
Son objectif est de promouvoir et d?investir
dans des projets en efficacité énergétique
dans le secteur résidentiel, industriel et
tertiaire. Chaque secteur d?activité est traité
séparément avec des cibles bien précises
dans le but d?avoir un impact maximal.
Le DST est financé à partir d?un fonds qui
provient d?une taxe énergie imposée aux
ménages et au secteur public. Cette taxe
est de 6 DKK/MWh (soit 0,80¤/MWh). Le
programme a permis une économie de
150 GWh (soit 12,9 ktep/an) tous secteurs
confondus pour l?année 2009. (www.
savingtrust.dk/)
Ces recettes fiscales peuvent également
être réinvesties, comme en Suisse, pour
des projets de protection du climat, afin
de respecter des engagements signés au
niveau international, comme le protocole
de Kyoto.
PAGE 76 L?efficacité énergétique en Europe
En Suisse, le programme du centime
climatique s?inscrit dans le cadre du
protocole de Kyoto pour aider le pays à
réduire ses émissions de gaz à effet de serre,
notamment celles de CO2. Le Conseil fédéral
a en effet décidé en 2005 le prélèvement
d?une taxe climatique sur les carburants.
La fondation Centime Climatique est ainsi
financée par une redevance de 1,5 centimes
par litre prélevée sur toutes les importations
d?essence et de diesel. Les recettes du
centime climatique doivent être investies
dans des projets de réduction d?émissions,
dans des projets de protection du climat à
l?étranger, ainsi que dans des mesures de
protection du climat en Suisse. Les projets
réalisés dans les domaines de la mobilité,
du bâtiment et de la récupération de la
chaleur se trouvent au premier plan. Entre
2008 et 2012, cette mesure a permis une
réduction d?émissions de 0,237 MtCO2 grâce
à la mise en oeuvre de 8 600 projets. (http://
klimarappen.ch/fr/home.html)
Les fonds alimentés par une taxe peuvent
être également une source de finance-
ments innovants des projets d?efficacité
énergétique, notamment du secteur pu-
blic. Le Royaume-Uni, par l'intermédiaire
de son Carbon Trust, a institué une série
de mécanismes financiers ou de fonds re-
nouvelables (revolving). Le Carbon Trust
est financé à partir d?une taxe nationale
sur l?électricité, le gaz et le charbon, la
Climate Change Levy. Dans ce schéma, le
Trust accorde des prêts aux organismes qui
fournissent le financement correspondant
et créent un fonds d'efficacité énergétique
« protégé ». Les PME et l'industrie sont prin-
cipalement visées par ces fonds. Pour le
secteur public, il existe aussi un fonds re-
volving appelé Salix.
Au Royaume-Uni, Salix est un organisme à
but non lucratif qui propose des prêts re-
volving sans intérêt aux acteurs publics dé-
sirant accroître leur efficacité énergétique.
Pour cela, Salix bénéficie d?un fonds de 100
M¤ (valeur 2011) qui provient du Carbon
Trust. Salix met elle-même ce fonds à dis-
position de porteurs de projets. A ce jour,
ce fonds a soutenu environ 4000 projets
auprès de plus de 600 acteurs publics dif-
férents. En 2010, environ 700 GWh et 124
ktCO2 ont été économisés grâce aux ac-
tions de Salix.
www.salixfinance.co.uk
Les fonds d?efficacité énergétique en
partenariat public/privé
La création d?entité publique/privée pour
le financement de projets en efficacité
énergétique comme par exemple pour la
rénovation énergétique des bâtiments, est
de plus en plus courante. En effet, ce type
de réhabilitation nécessite des capitaux
à long terme, et avec des prêts à bas taux
d?intérêt. Un des programmes phare en
Europe est notamment celui de la banque
KfW en Allemagne (cf. chapitre sur la réno-
vation des bâtiments) qui présente un outil
puissant pour orienter les capitaux vers la
rénovation énergétique. Ce programme
permet ainsi de financer, à long terme et à
coût faible, les rénovations, sans peser sur
l?endettement public.
PAGE 77L?efficacité énergétique en Europe
Les fonds d?efficacité énergétique alimen-
tés par des revenus du secteur public
Il existe également des fonds publics qui
reposent sur un appui financier solide ré-
unissant divers financement provenant
des fonds structurels européens, d?inves-
tisseurs publics et privés, et de banques
ou institutions financières internationales.
C?est le cas de JESSICA (Joint European
Support for Sustainable Investment in City
Areas), une initiative de la CE en coopéra-
tion avec la Banque européenne d?inves-
tissements (BEI) et la Banque de dévelop-
pement du Conseil de l?Europe. JESSICA
permet aux autorités de gestion des Fonds
structurels d?utiliser une partie des aides
non remboursables (subventions) reçues
de l?UE au titre des fonds structurels, pour
procéder à des investissements rembour-
sables dans des projets relevant d?un plan
intégré de développement urbain durable.
Les incitations financières et fiscales telles
que présentées dans les chapitres précé-
dents sont d?excellentes motivations pour
inciter les consommateurs à acheter des
équipements efficaces ou à réaliser des in-
vestissements. Cependant leur effet peut
être augmenté en fixant des obligations
d?économies d?énergie aux compagnies
énergétiques. Le principe de cette mesure
est d'obliger certains acteurs, en général
les fournisseurs d?énergie (les « obligés »),
à réaliser un certain volume d?économies
Les obligations et
certificats d?économies
d?énergie
d'énergie chez les consommateurs et de
leur attribuer en échange des CEE. Les obli-
gés peuvent, soit réaliser eux-mêmes les
mesures d'économie d'énergie, soit ache-
ter des certificats excédentaires d?autres
obligés ou éventuellement aux non-obli-
gés, soit payer une taxe. En Europe, le
Royaume-Uni, l'Italie, la France le Dane-
mark, l'Irlande et plus récemment la Po-
logne ont mis en oeuvre de telles mesures.
La DEE prévoit que chaque EM crée un
système d?obligation d?économies d?éner-
gie avec un objectif ambitieux de 1.5%/an
d?économies par rapport aux ventes des
obligés, hors secteur transport (moyenne
des trois derniers exercices).
PAGE 78 L?efficacité énergétique en Europe
Les CEE mettent le cap sur la 3e période en France
Le dispositif des CEE (ou certificats blancs) oblige en France depuis 2006 les fournisseurs
d?électricité, de gaz, de fioul, de chaleur, de froid ? de même que les fournisseurs de carburants
depuis 2011 ? à réaliser des économies d?énergie en incitant leurs clients à investir dans
des équipements plus performants. Chacun des « obligés » a un volume à économiser sur
une période de trois ans, fonction du volume global du dispositif et de la part de marché de
la compagnie. En France les volumes d?économies d?énergie sont mesurés en kWh cumac
(contraction de « cumul » et « actualisé ») ; ils correspondent à la quantité d?énergie que permet
d?économiser une action sur sa durée de vie. Pour comptabiliser les économies réalisées grâce
à leurs actions, ils doivent les faire certifier. Si les objectifs ne sont pas atteints ils paient une
pénalité (0,02 ¤ par CEE manquant).
Au cours de la 2e période du dispositif (2011-2013), les « obligés » doivent économiser au total
345 TWh cumac. Pour y parvenir elles peuvent agir auprès de leurs clients ou racheter des CEE
sur le marché, le dispositif étant en effet ouvert à d?autres acteurs dits « éligibles » (comme des
collectivités territoriales ou les bailleurs sociaux) qui peuvent certifier leurs propres actions
d?économies d?énergie, récupérer les certificats, et les échanger sur le marché.
Les deux premières périodes ont donné d?excellents résultats. En effet, de 2006 à 2009, le chiffre
de 54 TWh Cumac a été dépassé de 120 %, et l?objectif de 345 TWh, à atteindre fin 2013, était
rempli fin février 2013. Plus des 2/3 des CEE ont été attribués pour l?installation d?équipements
de chauffage performants (chaudière à condensation essentiellement).
La 3e période (2015-2017) avec un objectif de 700 TWh est deux fois plus ambitieuse pour être en
phase avec les objectifs fixés par la DEE. www.certificat-economies-energie.com
PAGE 79L?efficacité énergétique en Europe
ENSEIGNEMENTS ET
RECOMMANDATIONS
PAGE 80
Entre 1990 et 2013, l?efficacité énergétique
a augmenté à un rythme de 1,2 %/an dans
l?UE. Plus de 40 % de ces économies ré-
sultent des efforts entrepris dans le secteur
de l?industrie, 36 % proviennent du secteur
du bâtiment (résidentiel/tertiaire) et le
reste du secteur transport (source ODYS-
SEE). Ces performances ont été obtenues
grâce à la mise en oeuvre de politiques
communautaires de plus en plus ciblées et
de plus en plus restrictives, et grâce aux en-
gagements des EM dans la mise en oeuvre
de politiques nationales d?efficacité éner-
gétique.
Cependant, malgré les efforts observés
jusque-là, l?analyse d?impact du plan eu-
ropéen d?efficacité énergétique de 2011
montre que l'objectif de 20 % d'économies
d'énergie en 2020 ne sera pas atteint dans
l?état actuel des politiques. C?est dans ce
contexte que la CE a pris conscience des
efforts à faire, et a lancé plusieurs pro-
grammes, dont la DEE adoptée en octobre
2012.
Les principaux enseignements
par secteur
Cette brochure a permis de présenter les
mesures les plus illustratives des poli-
tiques nationales d?efficacité énergétique
selon 11 secteurs ou thématiques, chacun
introduit par un bref exposé des tendances
générales de l?efficacité énergétique et des
politiques européennes relatives au sec-
teur considéré. Ce panorama est loin d?être
exhaustif : l?objectif est surtout de donner
au lecteur des pistes de réflexion pour sa
propre pratique, ainsi que des références
solides, dont les principaux messages par
thématique sont les suivants :
1. Constructions neuves : le secteur du
bâtiment représente le premier poste de
consommation d?énergie finale en Eu-
rope. L?un des premiers leviers d?action
est l?amélioration de la performance des
nouveaux bâtiments et des nouveaux
équipements thermiques à l?aide de ré-
glementations qui demandent des per-
formances de plus en plus exigeantes
(EPBD, et diffusion des NZEB).
2. Rénovations thermiques : mais la cible
prioritaire du secteur du bâtiment reste
la rénovation des logements existants
(70 % du parc actuel a été construit avant
1980 et n?est donc pas ou peu isolé) où le
potentiel d?économie d?énergie est éle-
vé, mais compliqué à mobiliser. La prio-
rité, devant les lourds investissements à
mettre en oeuvre et les coûts élevés pour
les consommateurs ou autres acteurs,
est de trouver des mécanismes financiers
innovants (tiers payant par exemple).
L?information et le conseil auprès des
consommateurs finaux jouent égale-
ment un rôle déterminant pour orienter
et cibler les actions des ménages.
3. Équipements électriques : Le taux
d?équipement des ménages en appa-
reils électriques ne cesse d?augmenter,
impliquant logiquement une hausse des
consommations liées à l?éclairage et aux
appareils électroménagers. L?instaura-
tion des étiquettes énergie obligatoires,
suite aux Directives instaurées depuis
En 20 ans, une amélioration de 25 % de l?efficacité
énergétique en moyenne dans l?UE
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 81
les années 90 et mises à jour ensuite, ont
permis d?informer et d?orienter avec suc-
cès les consommateurs vers les produits
les plus efficaces. Certains pays ont mis
en oeuvre des primes à l?achat, le plus
souvent de façon temporaire, avec des
résultats mesurables et immédiats.
4. Précarité énergétique : Les ménages
à bas revenus sont fortement pénalisés
par des prix de l?énergie qui ne cessent
de croitre, et des logements de faible
performance thermique; ainsi, de plus
en plus d?initiatives se développent pour
lutter contre la précarité énergétique.
Certaines consistent à aider les ménages
à faire face à la surcharge financière que
représente la facture d?énergie. D?autres
mettent en place des dispositifs finan-
ciers pour la réhabilitation des loge-
ments.
5. Secteur public exemplaire : La promo-
tion de l?efficacité au sein du secteur pu-
blic demeure un enjeu important et un
levier pour orienter le marché vers des
produits et services efficaces en éner-
gie : le secteur représente environ 12 %
du parc de bâtiments de l?UE. Parmi les
mesures les plus innovantes, les CPE,
signés entre la collectivité et une socié-
té de services énergétiques, obligent de
manière contractuelle ces dernières à at-
teindre un certain volume d?économies
d?énergie.
6. PME : Les PME jouent un rôle croissant
dans l?activité industrielle avec des coûts
énergétiques pas toujours incitatifs ;
c?est un secteur qui nécessite une ap-
proche ciblée pour mobiliser les acteurs.
Si certaines mesures visent spécifique-
ment les PME, elles peuvent générale-
ment aussi profiter des mesures mises
en oeuvre dans d?autres secteurs tels
que l?industrie ou le bâtiment. Globale-
ment, de nombreuses mesures d?aide
financière sont disponibles pour les PME
voulant investir dans l?efficacité énergé-
tique. Les mesures d?information et les
mesures de type accord volontaire sont
également très présentes.
7. Industrie : Même si le secteur de l?in-
dustrie a enregistré les meilleures per-
formances en termes d?efficacité éner-
gétique depuis 20 ans, il représente
toujours une part importante dans la
consommation d?énergie finale dans
certains pays (près de 50 % en Finlande
par exemple). Les mesures d?efficacité
énergétiques dites « flexibles » sont favo-
risées afin de maintenir la compétitivité
des entreprises, comme par exemple les
instruments de marché ou encore les ac-
cords volontaires. Parmi ces instruments
de marché, le système communautaire
d?échange des quotas d?émissions consti-
tue un élément central de la politique eu-
ropéenne d?amélioration de l?efficacité
énergétique dans l?industrie, et évidem-
ment de lutte contre le changement cli-
matique. Les mesures financières conti-
nuent d?exister dans certains pays.
8. Transport de passagers : La consom-
mation d?énergie du transport de passa-
gers a progressé de 19 % depuis 1990, et
les voitures représentent presque 90 %
de la consommation de ce secteur. Les
Directives européennes sur l?étique-
tage des véhicules neufs et les normes
d?émissions des automobiles neuves,
ainsi que les incitations à l?achat de vé-
hicules efficaces dans de nombreux pays
sont au coeur des actions d?amélioration
de l?efficacité énergétique du transport
de passagers. De nombreux pays ont par
ailleurs lancé des campagnes d?informa-
tion et de sensibilisation pour une meil-
leure utilisation de la voiture, et la pro-
motion des transports en commun.
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 82
9. Transport de marchandises : Le trafic
routier est prédominant dans le trafic
des marchandises et sa part ne cesse
d?augmenter. Les véhicules utilitaires ont
une forte dynamique même si leur acti-
vité est plus large que le strict transport
de marchandises. Les principales me-
sures de ce secteur visent à améliorer les
performances des véhicules utilitaires,
grâce notamment à la réglementation
européenne imposant aux véhicules uti-
litaires légers neufs un seuil d?émission
spécifique, la promotion des transferts
modaux, notamment par des incitations
financières au transport combiné et l?ins-
tauration de taxes ou péages incitatifs.
10. Agriculture : Peu de mesures d?effica-
cité ont été développées dans le secteur
de l?agriculture, notamment en raison
de son faible poids dans les consomma-
tions d?énergie, mis à part dans quelques
pays (Pays-Bas notamment). Il n?existe
d?ailleurs pas de mesures européennes
spécifiques à ce secteur. Les objectifs
fixés au niveau européen pour ce secteur
concernent plutôt l?offre avec le déve-
loppement de la production d?énergie à
partir de la culture agricole.
11. Mesures transversales : Pour aug-
menter les incitations à l?efficacité
énergétique de manière transversale,
c'est-à-dire couvrant plusieurs secteurs
d?activité (entreprises, ménages, ter-
tiaire, acteurs publics), de nouveaux ins-
truments, dits horizontaux ou transver-
saux, ont été développés. Les taxes sur
l?énergie ou le CO2, les certificats blancs
ou encore les fonds de soutien à l?effica-
cité énergétique en sont des exemples
significatifs.
La richesse d?un tel document réside dans
l?éventail des exemples choisis (voir la liste
des encadrés p 87) qui montre bien la di-
versité de méthodes employées d?un pays
à l?autre et l?originalité de certaines me-
sures qui ont souvent été précurseurs des
politiques communautaires. Mais au-delà
de cet inventaire, un tel exercice permet de
tirer un certain nombre d?enseignements,
et en particulier :
? Les décideurs politiques disposent d?un
large choix d?outils pour promouvoir l?ef-
ficacité énergétique. Même si les instru-
ments de marché et les incitations éco-
nomiques sont largement représentés,
les normes et réglementations sont très
utilisées, en particulier dans les secteurs
pour lesquels il existe des défaillances
de marché (bâtiments, équipements
électriques, etc.).
? Cependant dans un contexte de crise
économique, et donc de dépenses pu-
bliques limitées, le rôle du secteur privé
pour investir dans l?efficacité énergé-
tique est croissant, notamment grâce à
la mobilisation des compagnies énergé-
tiques avec les certificats blancs et des
ESCOs.
? De plus en plus de mesures ciblent le
comportement d?usage des consom-
mateurs finaux, en particulier des mé-
nages. Les initiatives locales ou régio-
nales prennent une part croissante,
en particulier dans les pays ayant une
longue tradition de décentralisation, ce
qui favorise les actions de maîtrise de
l?énergie. Ce phénomène soulève alors
la nécessité de la formation et de l?ani-
mation d?équipes locales en soutien aux
autorités locales. La DEE mentionne éga-
lement la nécessité d?installer des comp-
teurs intelligents. Cette disposition est
cruciale pour permettre aux consomma-
teurs de disposer d?informations sur leur
consommation (la Directive mentionne
un objectif de pénétration de 80 % des
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 83
compteurs intelligents d?ici 2020). Le
déploiement des compteurs intelligents
est l?une des composantes majeures des
réseaux électriques intelligents ou smart
grids.
? Le secteur phare de l?efficacité énergé-
tique est le secteur des bâtiments. Les
exigences fixées par l?EPBD sont ambi-
tieuses : tous les nouveaux bâtiments
devront être NZEB d?ici 2020. Cependant
le principal enjeu du secteur repose
sur la réhabilitation du parc de loge-
ments existants. Les RT devraient être
appliquées également aux bâtiments
existants (lors d?une transaction immo-
bilière ou lors d?une rénovation), et les
rénovations doivent être encouragées et
accompagnées notamment grâce à des
plateformes locales de rénovation éner-
gétique.
? L?évaluation précise et quantitative des
résultats des mesures est essentielle, et
devrait être au maximum normalisée au
niveau européen pour permettent les
comparaisons internationales.
? Il est également très important que
les réglementations soient correcte-
ment mises en oeuvre et respectées.
Par exemple, les normes thermiques
sont de plus en plus exigeantes (NZEB),
impliquant un risque d?écart (grandis-
sant) entre les performances théoriques
(fixées lors de la conception) et la perfor-
mance énergétique réelle d'utilisation.
L?étiquetage des performances éner-
gétiques n?est pas toujours fidèle à la
réalité. Les directives européennes ont
ainsi renforcé cette exigence de contrôle
des réglementations (cas notamment
de l?étiquetage d?équipements et bâti-
ments).
L?efficacité énergétique en Europe
PAGE 84 L?efficacité énergétique en Europe
LISTE DES
ABRÉVIATIONS
CE Commission européenne
CEE Certificat d'Économie d'Énergie
CPE Contrat de Performance Énergétique
Cumac Cumul actualisé
DEE Directive Européenne sur l'Efficacité Énergétique
DPE Diagnostic de Performance Énergétique
EPBD Energy Performance of Buildings Directive -
Directive de la Performance Énergétique des Bâtiments
EM État membre
ESCO Energy Service Company - Société de Services
Énergétiques
ESD Energy Service Directive - Directive Services
Énergétiques
ETS Émission Trading Scheme
GES Gaz à Effet de Serre
LBC Lampe Basse Consommation
NZEB Nearly Zero Energy Buildings - Bâtiments avec une
consommation d?énergie proche de zéro
PME Petites et Moyennes Entreprises
PNAEE Plan Nationaux d'Action pour l'Efficacité Énergétique
PPA Parité de Pouvoir d'Achat
PTZ Prêt à Taux Zéro
RT Réglementation Thermique
SCEQE Système Communautaire d?Échange des Quotas
d?Émissions
Tep Tonne équivalent pétrole
TVA Taxe sur la Valeur Ajoutée
UE Union européenne
PAGE 85L?efficacité énergétique en Europe
LISTE DES ENCADRÉS
Pays Titre Type* Date Résumé sur l?innovation et la valeur
ajoutée de cette mesure
Co
ns
tr
uc
tio
n
ne
uv
e
DK Nearly Zero Energy Buildings R 2010
Le Danemark est l'un des premiers pays européens à avoir
défini le concept de bâtiment « NZEB » et une feuille de route
pour 2020
NL Green Building R 1980
C?est l'un des premiers pays à adopter des politiques
volontaristes et à mettre en oeuvre des plans de
développement de bâtiments à basse consommation
CY
Obligation d?installation de
chauffe-eau solaire sur tous les
nouveaux bâtiments
R 2009
Chypre est le leader mondial en termes de capacité solaire
thermique par habitant, et l?installation de système solaire
est obligatoire pour toute nouvelle construction
LU Promotion programme for energy
efficient new buildings F 2002
Le programme propose des aides financières pour les
investissements dans la construction de bâtiments efficaces,
et pour l?investissement dans des systèmes de chauffage
performants
AU Wohnbauförderung F 2005 Le programme propose notamment des aides financières
pour les constructions dépassant la RT
Ré
no
va
tio
n
th
er
m
iq
ue
FR Plan Rénovation Energétique de
l?Habitat F+I 2013
Ce plan présente un objectif ambitieux de rénovation de
500 000 logements par an d?ici 2017, et de diminution de
38 % la consommation d?énergie du secteur du bâtiment à
l?horizon 2020
ES CTE, Codigo Tecnico de la
Edificacion R 2008
L?Espagne fut le premier pays européen à inscrire dans sa R
thermique une obligation de recours au solaire thermique
pour les bâtiments neufs et rénovés
PT Décret-Loi n° 79/2006 R 2006
Au Portugal, ce décret a introduit des dispositions spécifiques
pour les bâtiments existants d?une surface supérieure à
1 000 m2, en particulier dans le secteur du public et tertiaire.
GR Installation obligatoire de
systèmes solaires thermiques R 2012
Afin d?atteindre l?objectif de 50 %-100 % de logements
équipés en systèmes solaires thermiques d?ici 2016 un
bouquet de mesures incitatives a été mis en place, cette
mesure cible tout le parc (y compris l?existant).
DK
Inspections annuelles obligatoires
sur les gros équipements de
chauffage
R 1980
Le Danemark a fait figure de précurseur en instaurant des
inspections annuelles obligatoires (+conseil) sur les gros
équipements de chauffage.
NL Le plan national d?isolation au
Pays-Bas en 1978-1987 F 1978-
1987
L?objectif d?améliorer l?isolation de 2 500 000 logements (dont
70 en location) a presque été atteint au bout de dix ans, soit
60 % du parc de logements existants à l?époque
DE KfW (banque d?investissement
publique pour la reconstruction) F 2002
Le programme propose des incitations financières via
la banque d?investissement publique KfW, à travers des
subventions et prêts pour réduire la consommation d?énergie
du bâtiment
UK Green Deal F 2013
Le programme offre une réponse attractive aux contraintes
de financement des consommateurs en proposant
des contrats sur une longue période, qui permettent
des remboursements d?investissement en lien avec les
économies réalisées via la facture électrique.
RO
Programme multi-annuel de
rénovation thermique des
bâtiments
F 2005
Ce programme s'adresse aux associations de propriétaires
(syndicats) qui souhaitent améliorer la performance
énergétique des immeubles construits entre 1950 et 1990
* F : Financier, R : Réglementation, Fo : Fond,
AV : Accord Volontaire, T : transversal, I : Information
PAGE 86 L?efficacité énergétique en Europe
LISTE DES ENCADRÉS (SUITE)
Pays Titre Type* Date Résumé sur l?innovation et la valeur
ajoutée de cette mesure
Ap
pa
re
il
él
ec
tr
iq
ue
EU Come On labels I 2010 Come On Labels met en avant les meilleurs systèmes de
labélisation européens des appareils électroménagers
EU TopTen I 2000
Ce guide identifie les produits les plus économes afin
d'inciter les fabricants à les développer, les distributeurs
à les choisir et les consommateurs à les acheter
EU ATLETE I 2012 Tests de produits et de conformité aux règlementations
SE Testlab R 1995 Testlab effectue des tests et des essais sur les appareils
électroménagers
GR Prime à l?achat de climatiseur
performant F 2009 Ce programme incite les ménages à changer leur vieux
climatiseurs en échange d?une prime allant jusqu?à 500 euros
IT Prime à l?achat appareil froids
domestiques F 2007-
2009
Prime à l?achat en fonction de l?étiquette énergie. Ex : 200¤ de
prime pour l'achat d'appareils de froid domestique classés
A+ ou A++ (dans la limite de 20 % du prix d'achat)
DK Aider au lancement de nouvelles
technologies F 2010
Le Danemark a fait plusieurs campagnes de 4 à 7 semaines
pour aider à l'introduction de nouveaux produits
(réfrigérateurs A++, sèche-linge avec pompes à chaleur)
Pr
éc
ar
ité
UK Fuel poverty strategy F 2001
Programme d?amélioration de la performance des systèmes
de chauffages et de l?isolation thermique des logements pour
les ménages de bas revenus
UK Obligations d?économies d?énergie F 2002
Dans le cadre des obligations d?économies d?énergie, les
fournisseurs d?énergie doivent réaliser une partie de leur
objectif chez les ménages les plus vulnérables
Se
ct
eu
r p
ub
lic
HR Loi sur les biocarburants R 2009
Cette loi impose aux transporteurs publics des exigences
sur les véhicules écologiques : 70 % des nouveaux véhicules
doivent être des véhicules alternatifs
DE PICO (Public Internal Performance
Contracting) à Stuttgart F 1995
Système d?investissement par des contrats entre services
d'une même administration, reprenant le principe du tiers
financement tout en opérant exclusivement avec des fonds
budgétaires municipaux
PT ECO.AP F 2011
ECO.AP couvre un ensemble de mesures : création
d?ambassadeurs de l'énergie, mise en oeuvre des CPE entre
ces organismes publics et les ESCOs, mise en place d?un
baromètre de l?efficacité énergétique du secteur public
DE Le partenariat berlinois pour
les économies d?énergie F 1996
Contrats de performance énergétique (CPE) entre le Land
de Berlin et les ESCOs pour la rénovation énergétique des
bâtiments publics. Les CPE sont établis sur des « pools » de
bâtiments
SI
Incentives for renovation &
sustainable construction in public
sector
F 2008
Les investissements pour la rénovation des bâtiments publics
bénéficient de prêts à taux bonifiés proposés par un fonds
public pour l?environnement (Eco Fund)
PM
E
CH L?accompagnement des PME
proposé par l?AENEC AV 2001
L?accompagnement comprend une analyse des
consommations d?énergie, l?établissement d?une liste de
mesures rentables, la fixation d?objectif, la mise en place des
mesures et un suivi des résultats
PL PolSEFF (Polish Sustainable Energy
Financing Facility) F 2011
Fonds de 180 millions d?euros destiné à aider les PME à
investir dans des technologies efficaces en énergie. PolSEFF
fournit également une expertise technique gratuite pour
aider les PME à faire les meilleurs choix
* F : Financier, R : Réglementation, Fo : Fond,
AV : Accord Volontaire, T : transversal, I : Information
PAGE 87L?efficacité énergétique en Europe
Pays Titre Type* Date Résumé sur l?innovation et la valeur
ajoutée de cette mesure
In
du
st
rie
EU Le système des quotas d?émissions
(EU-ETS) R 2005
Plafond d?émissions de gaz à effet de serre pour les grandes
installations industrielles et possibilité d?échange des quotas
pour respecter cette contrainte
BG Audits obligatoires avec mise en
oeuvre des recommandations R 2008
Audit énergétique obligatoire tous les trois ans pour les
entreprises consommant plus de 3 000 MWh/an et obligation
d?investissements (l?entreprise dispose de deux ans pour
commencer la mise en oeuvre des mesures identifiées lors
de l?audit)
SE,
NO
Programme d?efficacité
énergétique pour les industries
intensives en énergie (PFE) en
Suède et pour le secteur pâte et
papier en Norvège
AV 2005
Accord volontaire sur 5 ans géré par STEM ou NVE permettant
d?être exonéré de la taxe sur l?électricité et comprenant un
système de gestion de l?énergie, un audit énergétique, un
plan d?action et une mise en oeuvre des mesures
IE Réseau des industries intensives
en énergie (LIEN) AV 1995
Réseau volontaire de 150 entreprises mis en place par SEAI.
Des ateliers, des séminaires et des visites de sites sont
organisés pour permettre aux entreprises d?échanger leurs
expériences.
Tr
an
sp
or
t/
pa
ss
ag
er
AT Klima : Aktiv Mobil T 2004
Le programme propose, à travers différents programmes
spécifiques de gestion, différentes formes de soutien, et ce
pour différentes cibles (administration, écoles, tourisme, etc.)
FR Bonus Malus F 2008
Octroi d'un bonus pour les acquéreurs de voitures neuves
émettant le moins de CO2, et taxation (malus) pour ceux qui
optent pour les modèles les plus polluants. Les recettes du
malus devant en principe équilibrer les dépenses du bonus
Tr
an
sp
or
t/
m
ar
ch
an
di
se DE Péages routiers F 2005
Mise en place d?une taxe pour les poids lourds de plus de
12 tonnes, en fonction des kilomètres parcourus, le niveau
d?émissions et le type d?essieu du véhicule
FI Accords volontaires AV 2008
Définition d?un ensemble de critères de performance
énergétique, à la fois dans la passation de marchés de
services de transport, l?extension de l?éco-conduite et des
mesures techniques
Ag
ric
ul
tu
re
NL Accords volontaires aux Pays-Bas AV 1997
Fixation d?objectifs de long-terme en termes d'efficacité
énergétique pour la culture en serre, l'élevage, les cultures
intensives, en échange de subventions ou de déductions sur
la taxe énergie
FI Parcellisation des terres F 1995
Incitation au regroupement des terres d?une même
exploitation pour diminuer les besoins de transport et
améliorer la productivité
FI
Aide d?investissement pour
l?installation de chaudière à
biomasse
F 1996
Aides à l?investissement pour le changement d?installation
de chauffage à partir de combustibles fossiles par
des biocombustibles (copeaux de bois ou de cultures
énergétiques)
Tr
an
sv
er
sa
l
DK Danish Saving Trust Fo 2009
L?objectif de cette autorité est de subventionner des projets
en efficacité énergétique. Le DST est financé à partir d?un
Fonds qui provient d?une taxe sur l?énergie imposée aux
ménages et au secteur public
SW Centime Climatique Fo 2005
Redevance prélevée par une fondation sur les importations
d?essence et diesel, dont les recettes sont investies dans des
projets de réduction d?émissions, de protection du climat à
l?étranger et en Suisse
UK SALIX Fo 2006
Prêts revolving sans intérêt aux acteurs publics désirant
accroître leur efficacité énergétique propose par un
organisme à but non lucratif
FR Certificats d?Économie d?Énergie R 2006
Mécanisme obligeant les fournisseurs d?électricité, de gaz,
de fioul, de chaleur, de froid et de carburants à réaliser un
volume d?économies d?énergie fixé en incitant leurs clients à
investir dans des équipements plus performants
* F : Financier, R : Réglementation, Fo : Fond,
AV : Accord Volontaire, T : transversal, I : Information
PAGE 88 L?efficacité énergétique en Europe
NOTES
PAGE 89L?efficacité énergétique en Europe
LES COLLECTIONS
DE L?ADEME
ILS L?ONT FAIT
L?ADEME catalyseur : Les acteurs
témoignent de leurs expériences et
partagent leur savoir-faire.
CLÉS POUR AGIR
L?ADEME facilitateur : Elle élabore
des guides pratiques pour aider
les acteurs à mettre en oeuvre
leurs projets de façon méthodique
et/ou en conformité avec la
réglementation.
HORIZONS
L?ADEME tournée vers l?avenir : Elle
propose une vision prospective et
réaliste des enjeux de la transition
énergétique et écologique, pour
un futur désirable à construire
ensemble.
EXPERTISES
L?ADEME expert : Elle rend compte
des résultats de recherches, études
et réalisations collectives menées
sous son regard.
FAITS ET CHIFFRES
L?ADEME référent : Elle fournit
des analyses objectives à partir
d?indicateurs chiffrés régulièrement
mis à jour.
L?ADEME EN BREF
L?Agence de l?Environnement et de la Maîtrise de l?Énergie (ADEME)
participe à la mise en oeuvre des politiques publiques dans les domaines
de l?environnement, de l?énergie et du développement durable. Elle met
ses capacités d?expertise et de conseil à disposition des entreprises, des
collectivités locales, des pouvoirs publics et du grand public, afin de leur
permettre de progresser dans leur démarche environnementale.
L?Agence aide en outre au financement de projets, de la recherche à
la mise en oeuvre et ce, dans les domaines suivants : la gestion des
déchets, la préservation des sols, l?efficacité énergétique et les énergies
renouvelables, la qualité de l?air et la lutte contre le bruit.
L?ADEME est un établissement public sous la tutelle conjointe du
ministère de l?Environnement, de l?Énergie et de la Mer et du ministère de
l?Éducation nationale, de l?Enseignement supérieur et de la Recherche.
L'EFFICACITÉ
ÉNERGÉTIQUE
EN EUROPE
POLITIQUES ET BONNES PRATIQUES
Ce document présente une vision globale des
actions d?efficacité énergétique entreprises
en Europe. Après avoir décrit les principales
politiques communautaires et les grandes
tendances, il expose les mesures et les politiques
les plus illustratives par secteur consommateur.
Il en résulte 11 chapitres thématiques compre-
nant chacun les enjeux et les tendances des
consommations du secteur. Il est complété par
une revue des principaux types de mesures
existantes, afin de mettre en avant les actions
les plus diffusées en Europe. En complément,
deux mesures concrètes sélectionnées parmi les
plus communes et/ou les plus innovantes y sont
décrites.
www.ademe.fr
Entre 1990 et 2013, l?efficacité énergétique
s?est améliorée de 1,2 % par an dans l?UE.
40 % de ces économies proviennent de
l?industrie, 36 % du bâtiment et le reste
des transports. Ces performances sont
dues à la mise en oeuvre de politiques
communautaires de plus en plus
restrictives et grâce aux actions nationales
fortes des États membres. Cependant, les
analyses montrent que l'objectif de 20 %
d'économies d'énergie en 2020 ne sera
pas atteint dans la situation actuelle. La
Commission européenne a donc lancé
plusieurs nouvelles mesures, dont la
Directive sur l?Efficacité Énergétique de
2012 ou l?Union de l?énergie de 2015. De
même certains pays ont mis en place des
politiques plus volontaristes : transition
énergétique en France, tournant
énergétique en Allemagne, green deal au
Royaume-Uni, par exemple.
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