Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
Auteur moral
France. Ministère chargé du logement
Auteur secondaire
Résumé
"Le guide 2025 expose l'évolution de la réglementation des meublés de tourisme en France. Il explique les nouveaux outils donnés aux communes pour encadrer ces locations, comme l'enregistrement obligatoire, les quotas, la servitude de résidence principale ou les exigences énergétiques. Il détaille aussi les obligations des loueurs, les règles en copropriété, la fiscalité et les données accessibles aux collectivités."
Descripteur Urbamet
tourisme
Descripteur écoplanete
Thème
Economie
;Tourisme - Loisirs
Texte intégral
1
SEPTEMBRE 2025
GUIDE PRATIQUE 2025
DE LA RÉGLEMENTATION
DES MEUBLÉS DE TOURISME
2
SOMMAIRE
Introduction 4
Loi du 19 novembre 2024 sur la régulation des meublés de tourisme : ce qui change 6
Le réglement européen de 2024 sur les locations de courte durée 8
1 LES MEUBLÉS DE TOURISME EN BREF 10
1.1 Que sont les meublés de tourisme ? 11
1.1.1 Résidence principale ou secondaire ? 11
1.1.2 Peut-on louer un logement social comme meublé de tourisme ? 11
1.1.3 Peut-il y avoir des meublés de tourisme dans les copropriétés ? 11
1.2 Le classement des meublés de tourisme 12
1.2.1 Qu?est-ce que le classement des meublés de tourisme ? 12
1.2.2 Quels sont les avantages du classement des meublés de tourisme ? 12
1.3 Pourquoi réguler les meublés de tourisme dans ma commune ? 13
1.4 Un cadre réglementaire national et une boîte à outils à disposition des collectivités territoriales 10
1.5 Quels sont les outils de régulation existants et à quels objectifs répondent-ils ? 14
1.6 Quels sont les principaux textes applicables aux meublés de tourisme ? 16
1.6.1 Textes nationaux 16
1.6.2 Textes européens 16
1.6.2.1 Les principales étapes de la législation applicable aux meublés de tourisme 17
2 LE CADRE NATIONAL DE LA RÉGLEMENTATION DES MEUBLÉS DE TOURISME 18
2.1 Le numéro d?enregistrement des meublés de tourisme, pour contrôler le respect de la réglementation 19
2.1.1 À quoi sert la procédure d?enregistrement des meublés de tourisme ? 19
2.1.2 Comment les règles relatives à l?enregistrement des meublés vont-elles évoluer ? 19
2.1.3 Comment fonctionne l?enregistrement des meublés de tourisme jusqu?en 2026 ? 19
2.1.3.1 La déclaration simple, dans toutes les communes qui n?appliquent pas le numéro d?enregistrement 19
2.1.3.2 La déclaration avec numéro d?enregistrement, dans les communes concernées 19
2.1.3.3 En quoi consiste le numéro d?enregistrement ? 20
2.1.3.4 Les demandes de données d?activité 20
2.1.3.5 Comment faire une demande d?accès aux données d?activité via l? API meublés ? 21
2.1.4 Comment fonctionnera l?enregistrement à compter de mai 2026 ? 20
2.1.4.1 La délivrance des numéros d?enregistrement via le Portail numérique unique 20
2.1.4.2 Les données qui pourront être exigées à l?appui de l?enregistrement 20
2.1.4.3 Les pièces justificatives qui pourront être exigées à l?appui de l?enregistrement 20
2.1.4.4 La suspension et le retrait des numéros d?enregistrement en cas de déclarations frauduleuses 20
2.2 L?application aux meublés de tourisme de niveaux de performance énergétique 12
2.2.1 Pourquoi soumettre les meublés de tourisme à des niveaux de performance énergétique ? 22
2.2.2 Quelles sont les exigences de performance énergétique auxquelles les meublés de tourisme
sont désormais soumis ? 22
2.2.3 Ces exigences s?appliquent-elles aux résidences principales louées de manière
occasionnelle comme meublés de tourisme ? 23
2.2.4 Dès maintenant : les nouvelles autorisations de changement d?usage sont conditionnées au respect
de critères de performance énergétique 23
2.2.5 À partir de 2034 : l?application des critères de performance énergétique des logements décents
aux meublés de tourisme existants 23
2.3 Les meublés de tourisme dans les copropriétés 24
2.3.1 Dans quelles conditions les copropriétés peuvent-elles interdire les meublés de tourisme ? 24
2.3.2 Quelles sont les obligations d?information pour les meublés de tourisme dans les copropriétés ? 24
2.4 Comment lutter contre les nuisances de voisinage ? 25
3
3 LA BOITE A OUTILS A DISPOSITION DES COMMUNES 26
3.1 Pour protéger l?habitat permanent dans les zones tendues : le changement d?usage 27
3.1.1 En quoi consiste la procédure de changement d?usage ? 27
3.1.1.1 Quel est l?usage d?un local ? 27
3.1.1.2 Comment prouver l?usage d?un local ? 27
3.1.1.3 Changement d?usage ou changement de destination ? 28
3.1.1.4 Qu?est-ce qu?une zone tendue dans le contexte des meublés de tourisme ? 28
3.1.2 Comment mettre en oeuvre le changement d?usage ? 28
3.1.3 Qu?est-ce que la compensation ? 29
3.1.4 Qu?est-ce que le changement d?usage à titre temporaire ? 29
3.2 Pour maîtriser le nombre de meublés de tourisme sur le territoire : les quotas d?autorisations
temporaires de changement d?usage 29
3.2.1 Que sont les quotas d?autorisations temporaires de changement d?usage ? 29
3.2.2 Comment les mettre en oeuvre ? 30
3.3 Pour protéger les résidences principales : la servitude de résidence principale 30
3.3.1 En quoi consiste la servitude de résidence principale ? 30
3.3.2 Quelles sont les conséquences du non-respect de cette servitude ? 30
3.3.3 Comment mettre en oeuvre la servitude de résidence principale ? 30
3.3.4 Dans quelles communes peut-elle être mise en oeuvre ? 30
3.4 Pour protéger les résidences principales : la durée maximale de location des résidences principales 31
3.4.1 Pourquoi limiter la durée de location des résidences principales ? 31
3.4.2 Quelle est la durée maximale de location des résidences principales ? 31
3.4.3 Comment réduire cette durée, dans la limite de 90 jours ? 31
3.5 Pour protéger les locaux autres que les logements : l?autorisation de l?article L. 324-1-1
du code du tourisme 32
3.5.1 Pourquoi protéger les locaux autres que des logements ? 32
3.5.2 Comment mettre en oeuvre l?autorisation du code du tourisme ? 32
3.5.3 Comment cette autorisation s?articule-t-elle avec l?autorisation de changement d?usage ? 32
3.6 De quelles amendes sont sanctionnées les infractions à la réglementation sur
les meublés de tourisme ? 33
3.6.1 Les amendes maximales applicables 34
4 LA FISCALITÉ DES MEUBLÉS DE TOURISME 36
4.1 L?imposition des revenus de la location des meublés de tourisme 37
4.2 La taxe de séjour 38
4.2.1 Comment la taxe de séjour s?applique-t-elle aux meublés de tourisme ? 38
4.2.2 Quelles plateformes sont concernées par la collecte de la taxe de séjour ? 38
4.2.3 Informations complémentaires sur la taxe de séjour 38
5 MIEUX CONNAÎTRE LES MEUBLÉS DE TOURISME DANS MA COMMUNE 40
5.1 Pourquoi est-il indispensable de bien connaître la situation des meublés de tourisme
dans ma commune ? 41
5.2 Comment mieux connaître la situation des meublés de tourisme dans ma commune ? 41
5.3 Les données transmises via l?API « meublés » 42
5.3.1 Quelles sont les données transmises via l?API ? 42
5.3.2 Comment ces données peuvent-elles être utilisées, dans le cadre du RGPD ? 43
5.4 Les autres données disponibles 43
5.4.1 Les données transmises par les plateformes aux collectivités qui appliquent la taxe de séjour 43
5.4.2 Les autres données 43
5.5 Bibliographie sélective sur les meublés de tourisme 44
5.5.1 Rapports 44
5.5.2 Quelques études et analyses sur les meublés de tourisme 44
4
INTRODUCTION
MOT D?INTRODUCTION
Si les meublés de tourisme existent depuis de nombreuses années,
ils ont cependant pris un nouvel essor avec le développement des
outils numériques. Bien régulées, les plateformes de réservation en
ligne peuvent constituer une opportunité pour les particuliers et les
territoires : elles peuvent favoriser le développement touristique et
économique, compléter l?offre d?hébergements touristiques clas-
siques et permettre aux particuliers d?améliorer leurs revenus, par
exemple en louant occasionnellement leur résidence principale.
À l?inverse, en l?absence de régulation, cet essor des meublés de tou-
risme est source de déséquilibres de logement pour les territoires et
les riverains, leur développement venant renforcer la concurrence
avec l?offre destinée aux habitants permanents, et l?augmentation
du nombre de visiteurs nécessitant pour la collectivité d?adapter
l?offre de services qu?elle délivre aux habitants, contribuant aussi à
un surtourisme qui peut menacer l?environnement, la qualité de vie,
ou provoquer des nuisances.
5
Afin d?assurer cette bonne régulation, un cadre
législatif et réglementaire a été progressivement
construit, depuis la loi Alur1 (2014), en passant par
les lois pour une République numérique2 (2016),
Elan3 (2018) et engagement et proximité4 (2019). Ces
lois constituaient le fondement de la réglementa-
tion présentée dans la première édition de ce guide,
parue en janvier 2022.
Depuis lors, la réglementation s?est significativement
enrichie. Pour la première fois, un texte européen5
qui traite spécifiquement des locations de courte
durée a été adopté, en mai 2024. La loi dite SREN6
contribue à le traduire en droit français.
Depuis son adoption en novembre 2024, la loi sur
la régulation des meublés de tourisme à l?échelle
locale7 marque une nouvelle étape de cette régula-
tion.
Dès lors, la mise à jour du guide de 2022 était deve-
nue indispensable.
C?est toujours aux collectivités territoriales, et no-
tamment à celles de l?échelon communal, que re-
vient la responsabilité de mettre en oeuvre la boîte à
outils mise à disposition par le législateur. Fortes de
leur connaissance du terrain, elles sont les mieux à
même de déterminer quels sont les outils de régu-
lation les plus adaptés, les plus nécessaires, ceux qui
permettront de concilier de la meilleure façon un
développement économique et touristique maîtrisé
et les besoins de la population locale.
Le présent guide a, comme le précédent, pour ob-
jectif de présenter de manière claire et pratique les
mesures de régulation des meublés de tourisme.
Ce guide, c?est le vôtre : élus locaux, fonctionnaires
territoriaux, vous qui régulez les meublés de tou-
risme sur votre territoire, ou qui envisagez de le faire.
Il répondra à vos questions les plus courantes : Que
sont les meublés de tourisme ? Pourquoi et quand
les réguler ? Quels sont les outils les plus adaptés à
la situation locale ? Comment les mettre en oeuvre ?
Bonne lecture !
Damien Botteghi
Directeur de l?habitat, de l?urbanisme
et des paysages
1 Loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l?accès au logement et un urbanisme rénové
2 Loi n° 2016-1321 du 7 octobre 2016 pour une République numérique
3 Loi n° 2018-1021 du 23 novembre 2018 portant évolution du logement, de l?aménagement et du numérique
4 Loi n° 2019-1461 du 27 décembre 2019 relative à l?engagement dans la vie locale et à la proximité de l?action publique
4 Règlement (UE) 2024/1028 du Parlement européen et du Conseil du 11 avril 2024 concernant la collecte et le partage de données relatives aux ser-
vices de location de logements de courte durée, et modifiant le règlement (UE) 2018/1724 ? dit règlement STR pour short term rentals ? locations
de courte durée
6 Loi n° 2024-449 du 21 mai 2024 visant à sécuriser et à réguler l?espace numérique.
7 Loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l?échelle locale.
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033202746/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037639478/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000039681877/
6
LOI DU 19 NOVEMBRE 2024
SUR LA RÉGULATION
DES MEUBLES DE TOURISME :
CE QUI CHANGE
La loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024 visant à
renforcer les outils de régulation des meublés de
tourisme à l?échelle locale renforce la boîte à outils
mise à disposition des collectivités territoriales, en
particulier des communes, pour préserver le tissu
résidentiel local, tout en permettant un développe-
ment touristique raisonné.
Les pouvoirs des maires sont élargis, pour mieux
réguler les locations de meublés de tourisme.
? Mieux maîtriser l?installation des meublés de tourisme
?Les communes qui le souhaitent peuvent désor-
mais soumettre à autorisation tout nouveau meu-
blé de tourisme 8, via l?extension de la procédure
dite de changement d?usage, qui permet de con-
trôler l?offre de logements.
?Les communes peuvent en outre fixer des quo-
tas, c?est-à-dire un nombre maximal d?autorisations
temporaires de changement d?usage de logements
qui pourront être délivrées.
? Préserver les résidences principales : dans cer-
taines communes où les populations locales éprou-
vent des difficultés particulières à se loger9, le plan
local d?urbanisme peut désormais déterminer des
zones dans lesquelles les constructions nouvelles
de logements devront être utilisées exclusivement
comme résidences principales.
? Le maire peut réduire sur délibération motivée la
durée maximale de location en meublé de tourisme
des résidences principales, dans la limite de 90 jours
par année civile, contre 120 auparavant.
? La loi permet aussi d?améliorer le respect des rè-
gles par chacun, en renforçant les contrôles et les
sanctions. Ainsi, l?enregistrement des meublés de
tourisme sera rendu obligatoire sur l?ensemble du
territoire à compter de la mi-2026, au moyen d?une
plateforme nationale unique qui sera mise à la dis-
position des loueurs, en remplacement des téléser-
vices locaux. Les sanctions appliquées aux fraudeurs
sont rendues plus rapides et efficaces et les amendes
encourues sont alourdies. Dès la fin de l?année 2025,
ce sont les transmissions de données que les com-
munes peuvent demander aux plateformes qui se-
ront automatisées et fiabilisées, là encore au moyen
d?un outil mis à disposition au niveau national.
La fiscalité est rééquilibrée pour rendre plus
attractives les locations de longue durée.
La loi de finances pour 202410 puis la loi du 19 no-
vembre 2024 ont modifié la fiscalité des meublés de
tourisme. Les plafonds de chiffre d?affaires permet-
tant de bénéficier du régime des micro-entreprises
et les taux d?abattement applicables aux revenus
issus de la location de ces hébergements ont été
réduits. Cette mesure vise à inciter les propriétaires
à louer leur bien à l?année plutôt que comme meu-
blé de tourisme.
À partir des revenus de location perçus à compter
du 1er janvier 2025, la fiscalité sur les meublés de
tourisme non classés est alignée sur celle des loca-
tions nues.
Pour les meublés de tourisme classés, qui doivent
répondre à un certain nombre d?exigences, un avan-
tage réduit est maintenu11 .
8 Seules les locations occasionnelles et pour une durée annuelle limitée de résidences principales comme meublés de touristme ne sont pas concernées.
9 Il s?agit des communes où s?applique la taxe sur les logements vacants ou dans lesquelles le taux de résidences secondaires est déjà supérieur ou
égal à 20 % du parc de logements.
10 Loi n° 2023-1322 du 29 décembre 2023 de finances pour 2024.
11 À partir des revenus de location perçus en 2025, le régime micro-BIC prévoit un abattement de 30 % jusqu?à un plafond de 15 000 ¤ de revenus
annuels pour les meublés de tourisme non classés, et un abattement de 50 % jusqu?à un plafond de 77 700 ¤ pour les meublés de tourisme
classés.
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000033202746/
7
Les locations de meublés de tourisme sont pro-
gressivement soumises aux mêmes exigences
de DPE que les locations de longue durée.
Jusqu?à présent, les logements loués en tant que
meublés de tourisme n?étaient pas soumis à l?obli-
gation de décence énergétique s?appliquant à la lo-
cation de longue durée, définie selon le résultat du
diagnostic de performance énergétique (DPE). Cela
pouvait conduire à ce que des propriétaires pré-
fèrent consacrer leur bien à la location touristique,
plutôt que de le louer en résidence principale en fai-
sant les travaux nécessaires, ralentissant également
la lutte contre le changement climatique et l?adap-
tation des logements à ce changement.
Avec la loi du 19 novembre 2024, les meublés de
tourisme sont progressivement soumis aux mêmes
obligations de décence énergétique que les loca-
tions de résidences principales. Depuis l?entrée en
vigueur de la loi, il faut disposer d?un DPE compris
entre A et E pour obtenir une autorisation de chan-
gement d?usage ? que celle-ci soit définitive ou
temporaire ? en France métropolitaine (puis entre
A et D à compter de 2034). Par ailleurs, à compter
de 2034, en France hexagonale comme en outre-
mer, tous les meublés de tourisme qui ne consti-
tuent pas la résidence principale du loueur devront
respecter les niveaux de performance énergétique
d?un logement décent applicables aux locations
de longue durée. Concrètement, le DPE devra être
classé entre A et D dans l?Hexagone et entre A et
E en Guadeloupe, en Martinique, en Guyane, à La
Réunion et à Mayotte. Le maire pourra demander à
toute location existante de fournir un DPE valide,
sous peine de sanctions.
Les propriétaires concernés ont donc jusqu?en
2034 pour réaliser les travaux éventuellement né-
cessaires.
Les règles applicables aux copropriétés sont
clarifiées.
La loi du 19 novembre 2024 répond à l?attente des
propriétaires ou locataires qui souhaitent mieux
maîtriser la mise en location de meublés de tou-
risme dans leur copropriété.
Désormais, tous les nouveaux règlements de co-
propriété devront prévoir explicitement si de tels
meublés sont autorisés ou non.
Pour les copropriétés existantes, la loi supprime
la règle qui imposait un vote à l?unanimité de tous
les copropriétaires pour interdire les meublés de
tourisme. Il n?est désormais plus possible, pour un
seul copropriétaire, de bloquer cette interdiction
lorsqu?une majorité suffisante des copropriétaires
est favorable à l?interdiction. Cette modification du
règlement de copropriété n?est cependant possible
que lorsque celui-ci contient déjà une clause dite
d?habitation bourgeoise interdisant toute activité
commerciale dans les lots qui ne sont pas spécifi-
quement à destination commerciale.
Enfin, les loueurs de meublés de tourisme sont dé-
sormais tenus d?informer le syndic lorsqu?ils ob-
tiennent un numéro d?enregistrement et le syndic
doit en informer les copropriétaires lors de la pro-
chaine assemblée générale.
8
À l?issue d?un processus européen dans lequel la France a pris
toute sa place, les instances européennes ont adopté le règlement
2024/1028 du 11 avril 2024 concernant la collecte et le partage des
données relatives aux services de location de logements de courte
durée, dit règlement STR (pour short-term rentals, locations de
courte durée).
Il entrera en application en mai 2026.
Il permettra d?harmoniser, au niveau européen, la manière dont les
plateformes en ligne de location de courte durée et les loueurs sont
tenus de communiquer, aux autorités locales et nationales des États
membres, toutes les données utiles à la connaissance statistique
et au contrôle du respect de la réglementation nationale par les
loueurs de meublés de tourisme.
En particulier :
? le règlement harmonise et fiabilise les différents systèmes d?enre-
gistrement préalable des locations de courte durée. En France, cela
se traduira par une extension des informations qui pourront être
exigées à l?enregistrement, ainsi qu?un meilleur contrôle de leur fia-
bilité. Cette évolution sera précisée par voie réglementaire.
? Le règlement impose à chaque État membre de créer un point
d?entrée numérique unique national qui assurera la mise à disposi-
tion des données des plateformes aux collectivités territoriales ainsi
qu?aux services statistiques. En France, ce mouvement a été antici-
pé, puisqu?une première plateforme devrait être disponible à la fin
de l?année 2025 pour fiabiliser la transmission des données que les
communes peuvent demander aux plateformes, avant la généralisa-
tion de l?enregistrement à tous les meublés de tourisme à partir de
mai 2026.
LE RÉGLEMENT EUROPÉEN
DE 2024 SUR LES LOCATIONS
DE COURTE DURÉE
9
10
LES MEUBLÉS
DE TOURISME EN BREF
1
11
1.1 Que sont les meublés de tourisme ?
Les meublés de tourisme sont définis à l?article L. 324-1-1
du code du tourisme. Il s?agit « des villas, appartements
ou studios meublés, à l?usage exclusif du locataire, offerts
à la location à une clientèle de passage qui n?y élit pas
domicile et qui y effectue un séjour caractérisé par une
location à la journée, à la semaine ou au mois ».
Les meublés de tourisme peuvent faire l?objet d?un classe-
ment (voir rubrique ci-dessous), mais cela reste facultatif.
Ne sont pas considérés comme meublés de tourisme les
locaux faisant l?objet d?un bail d?habitation ou d?un bail
« mobilité », puisque les locataires y élisent domicile.
Toutefois, il est possible de louer, occasionnellement et
pour une durée limitée, sa résidence principale comme
meublé de tourisme.
Ne sont également pas considérés comme meublés de
tourisme les chambres chez l?habitant. En effet, les meu-
blés de tourisme sont des locaux à disposition exclusive
du locataire, ce qui n?est pas le cas dans l?hypothèse de la
location d?une chambre, où le reste du local est partagé
avec l?habitant.
Enfin, les meublés de tourisme se distinguent également
des hôtels, des résidences de tourisme et des chambres
d?hôtes, en ce qu?ils ne comportent ni accueil, ni hall de
réception, ni services et équipements communs.
NB : dans le langage courant, les meublés de tourisme peu-
vent parfois être désignés comme « meublés touristiques »,
« gîtes », « locations saisonnières », ou encore « locations de
courte durée » (notamment au niveau européen), etc. Ces
termes sont généralement équivalents ? toutefois, il convient
de leur préférer celui de « meublé de tourisme », plus précis,
et qui est celui employé par la loi et les textes réglementaires
1.1.1 Résidence principale ou secondaire ?
Les règles applicables à un meublé de tourisme sont dif-
férentes selon que celui-ci constitue, ou non, une rési-
dence principale.
Pour l?ensemble de la réglementation relative aux meublés,
la définition applicable est celle de l?article 2 de la loi du
6 juillet 1989, aux termes duquel la résidence principale
« est entendue comme le logement occupé au moins
huit mois par an, sauf obligation professionnelle, raison
de santé ou cas de force majeure ».
Or, les périodes de location comme meublé de tourisme
ne sont pas considérées comme des périodes d?occupa-
tion : il en découle qu?en toute hypothèse, un logement
loué en meublé de tourisme plus de 120 jours12 (quatre
mois) dans l?année civile, ne peut être considéré comme
une résidence principale.
1.1.2 Peut-on louer un logement social comme meublé
de tourisme ?
Non, la location d?un logement social comme meublé de
tourisme est interdite en toute circonstance. Elle constitue
un manquement aux obligations du locataire, susceptible
de justifier la résiliation du bail et la restitution au pro-
priétaire des revenus indûment perçus.
1.1.3 Peut-il y avoir des meublés de tourisme dans les
copropriétés ?
Il n?est pas, par principe, interdit de louer comme meu-
blé de tourisme un logement ou un local situé dans une
copropriété.
La possibilité de louer un local situé dans une copropriété
comme meublé de tourisme dépend avant tout du con-
tenu du règlement de copropriété.
Depuis l?entrée en vigueur de la loi n° 2024-1039 du 19
novembre 2024, tout nouveau règlement de copropriété
doit prévoir explicitement si la location de meublés de
tourisme est autorisée ou pas dans la copropriété et la
modification du règlement de copropriété en vue d?in-
terdire ce type de location est facilitée.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
12 A noter que, dans certaines communes, la durée maximale de location des résidences principales comme meublés de tourisme peut être fixée à un
seuil inférieur (jusqu?à 90 jours), sans que cela n?affecte la définition de la résidence principale.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042070525/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042070525/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000037669833/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000037669833/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
12
1.2 Le classement des meublés de tourisme
1.2.1 Qu?est-ce que le classement des meublés de tourisme ?
Comme d?autres hébergements touristiques, les meublés
de tourisme peuvent faire l?objet d?un classement.
Ce classement est un outil de développement touristique,
qui permet d?indiquer et de certifier un niveau de confort
et de prestation. Il comprend cinq catégories, de 1 à 5
étoiles, et constitue un gage de qualité reconnu en France
et dans le monde. Les critères sont définis par arrêté, et
le classement a une validité de cinq ans.
Il s?agit d?une démarche facultative, à l?initiative du loueur.
Ainsi, un local est un meublé de tourisme dès lors qu?il
répond à la définition du code du tourisme, et ce, qu?il
soit classé ou non. Le classement n?a pas non plus d?in-
cidence sur la réglementation applicable, notamment
les obligations déclaratives, le changement d?usage, le
numéro d?enregistrement?
A noter que les résidences principales peuvent également
faire l?objet d?un classement comme meublé de tourisme.
Elles n?en demeurent pas moins sujettes à la durée maxi-
male de location en meublé de tourisme de 120 jours par
année civile (ou du nombre de jours fixé par la commune
dans la limite inférieure de 90 jours).
1.2.2 Quels sont les avantages du classement des meublés
de tourisme ?
Le classement constitue d?abord un avantage en matière
de visibilité et de reconnaissance. Le loueur peut nota-
mment afficher un panonceau avec le nombre d?étoiles
obtenues et utiliser le logo correspondant dans tous ses
supports de communication.
Le classement permet également de bénéficier d?un cer-
tain nombre d?avantages, fiscaux ou autres :
?Possibilité de s?inscrire à l?Agence nationale pour les
chèques-vacances (ANCV) et donc d?accepter les paie-
ments en chèques-vacances ;
?Abattement forfaitaire de 50% sur les revenus de loca-
tion au titre du régime des micro-entreprises (article 50-0
du code général des impôts), dans la limite d?un montant
de chiffre d?affaires de 77 700¤ ;
??Exonération de la taxe d?habitation et de la taxe fon-
cière, dans les zones de revitalisation rurale (III de l?article
1407 et article 1383 E bis du code général des impôts,
sous réserve de délibérations en ce sens des collectivités
territoriales ou des établissements publics de coopération
intercommunale (EPCI) à fiscalité propre concernés) et
pour les seules surfaces affectées à cette activité ;
?Montant fixe de la taxe de séjour (en lieu et place d?un
pourcentage pouvant aller jusqu?à 5 % du prix de la nuitée
par personne).
Pour plus d?informations, consulter la page dédiée sur le
site d?Atout France.
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/LEGITEXT000022719996/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042159220/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042159220/
https://www.classement.atout-france.fr/le-classement-des-meubles-de-tourisme
https://www.classement.atout-france.fr/le-classement-des-meubles-de-tourisme
13
1.3 Pourquoi réguler les meublés de tourisme dans
ma commune ?
Selon la situation de la commune, un développement
excessif et non régulé des meublés de tourisme peut
conduire à plusieurs effets négatifs.
? Dans les communes connaissant une forte tension
sur le marché du logement, le développement des meu-
blés peut entrer en concurrence avec les logements à
destination de la population permanente. La location
comme meublé de tourisme est plus rémunératrice
pour les propriétaires que la location avec un bail
d?habitation classique. Il existe des études permet-
tant de démontrer un lien entre le développement
des meublés de tourisme et les augmentations des
loyers ou des prix de l?immobilier13 . Ce risque existe
particulièrement dans les grandes métropoles, qui con-
naissent un tourisme important toute l?année, ainsi
que dans les plus petites communes très touristiques.
Dans ces dernières, les meublés de tourisme peuvent
en particulier faire concurrence au logement dans cer-
tains quartiers, ou sur certains segments du marché
(centre-ville, front de mer, logements à destination des
étudiants ou des saisonniers).
?Dans certaines communes, le développement des meu-
blés de tourisme peut également avoir des conséquences
sur l?environnement urbain ou sur l?offre de services pour
la population permanente. Certaines communes ont ainsi
observé que les meublés de tourisme engendrent des
besoins d?équipement différents des logements (plus forte
consommation d?eau, mais moindre besoin en matière
de transports en commun, ou d?équipements sportifs et
scolaires). Une surconcentration en meublés de tourisme
peut également contribuer à l?évolution du paysage com-
mercial dans une commune ou un quartier : installation
de restaurants, de magasins de souvenirs, voire de meu-
blés dans d?anciens locaux commerciaux, au détriment
des commerces nécessaires à la population permanente.
? Enfin, une surconcentration de meublés peut générer
des nuisances de voisinage : bruits générés par les départs
et arrivées tardives de touristes, par l?organisation de
fêtes, etc.
13 Voir notamment K. Ayouba, M.-L. Breuille, C. Grivault, J. Le Gallo. « Does
Airbnb Disrupt the Private Rental Market? An Empirical Analysis for French
Cities?. In International Regional Science Review, 2020. Cette étude a été
réalisée notamment à partir de données issues du moissonnage (scraping),
ainsi que de données des observatoires locaux des loyers.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
14
1.4 Un cadre réglementaire national et une boîte à outils à
disposition des collectivités territoriales
La régulation des meublés de tourisme dépend des com-
munes dans lesquelles ces meublés sont situés. S?agissant
d?un équilibre complexe entre les besoins de la population
permanente, le risque de surtourisme, le développement
économique et touristique local, c?est l?échelon commu-
nal qui, avec sa connaissance du terrain et sa proximité
avec la population, est le mieux à même de prendre des
décisions. En outre, les communes sont dans des situa-
tions très différentes en matière de besoins, d?attractivité
touristique, de situation du marché du logement, etc., qui
font qu?il ne serait pas pertinent d?adopter une réglemen-
tation uniforme sur tout le territoire.
L?Etat conserve la responsabilité de garantir le cadre lég-
islatif dans lequel s?exercent la liberté d?administration
des collectivités territoriales, et de fixer les garanties
minimales permettant d?assurer la liberté des particuliers
et des acteurs économiques. Certaines règles trouvent
également leur source dans le droit européen.
Les outils de régulation à disposition des communes vari-
ent en fonction de leur taille et poursuivent des objectifs
divers. C?est pourquoi il importe de bien choisir le ou les
outils à mettre en oeuvre en fonction des besoins de la
collectivité concernée.
Le tableau ci-aprés donne un aperçu des nombreux out-
ils disponibles, qui sont présentés plus en détail dans la
suite du guide.
1.5 Quels sont les outils de régulation existants, et à quels
objectifs répondent-ils ?
Outil Objectif Communes concernées Meublés
concernés
Application
dans le temps
Réglementation
du changement
d?usage
Protéger l?habitat à
destination de la popu-
lation permanente
Toutes les communes
en zone tendue 14
(sur décision de la commune)
Les autres communes, sur
délibération motivée
(sur décision de la commune)
Locaux à
usage
d?habitation
Quotas
d?autorisations
temporaires de
changement
d?usage
Mieux piloter le nombre
de résidences princi-
pales dans la commune
Communes qui appliquent le
changement d?usage
(sur décision de la commune)
Locaux à
usage
d?habitation
Procédure
d?autorisation de
l?article L. 324-1-1,
IV bis, du code
du tourisme
Eviter la pénurie de
locaux autres que les
logements et garantir la
mixité urbaine
Communes mettant en oeuvre
le changement d?usage
(sur décision de la commune)
Locaux qui
ne sont pas à
usage d?habi-
tation
Etendu depuis novembre
2024 à tous les locaux
autres que ceux à usage
d?habitation
14 Communes appliquant la taxe sur les logements vacants, mentionnées par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 relatif au champ d'application
de la taxe annuelle sur les logements vacants instituée par l'article 232 du code général des impôts.
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
15
Outil Objectif Communes concernées Meublés
concernés
Application
dans le temps
Servitude
de résidence
principale
S?assurer que les con-
structions nouvelles
bénéficient au loge-
ment permanent
Communes en zone tendue15 ,
et communes comptant déjà
au moins 20 % de résidences
secondaires
Nouvelles
constructions
de logements
Depuis novembre 2024
Durée maximale
de location
des résidences
principales
S?assurer que les
résidences principales
déclarées comme
telles ne sont pas réel-
lement louées comme
meublés à l?année
Toutes communes (obligatoire-
ment) ? les communes qui le
souhaitent peuvent abaisser
cette durée dans la limite de
90 jours
Résidences
principales
Depuis le 1er janvier
2025 pour la possibilité
d?abaisser la durée dans la
limite de 90 jours
Application aux
meublés de
tourisme de
niveaux de
performance
énergétique
S?assurer que les meu-
blés de tourisme con-
tribuent aux objectifs de
lutte contre le réchauffe-
ment climatique
Eviter un effet d?évic-
tion des logements
énergivores vers les
meublés de tourisme
Toutes communes
(obligatoirement)
Meublés de
tourisme
autres que
les résidences
principales
Depuis novembre 2024,
pour les nouvelles autori-
sations de changement
d?usage
A partir de 2034, pour
les meublés de tourisme
existants
Numéro d?enreg-
istrement
Faciliter le contrôle
du respect de la
réglementation sur le
changement d?usage et
permettre aux com-
munes de connaître les
meublés de tourisme
présents sur leur
territoire
Jusqu?en mai 2026 : communes
mettant en oeuvre le change-
ment d?usage (sur décision de
la commune)
A partir de mai 2026 : toutes
communes (obligatoirement)
Tous les
meublés
A compter de mai 2026,
l?enregistrement des
meublés de tourisme sera
obligatoire sur tout le
territoire
Déclaration
préalable en
mairie
Permettre aux
communes de connaître
les meublés de
tourisme présents sur
leur territoire
Communes qui n?appliquent
pas le numéro d'enregis-
trement (obligatoirement)
Tous sauf les
résidences
principales
Jusqu?en mai 2026
Demande de
données aux
plateformes
Améliorer le contrôle du
respect de l?ensemble
de la réglementation
applicable
Communes mettant en oeuvre
le numéro d?enregistrement
(sur décision de la commune
ou, à partir de mai 2026, pour
toutes les communes)
Tous
les meublés
A compter de la fin 2025,
ces demandes se feront via
l?API « meublés » mise à
disposition au niveau
national
Régulation des
meublés de
tourisme dans
les copropriétés
Permettre aux copro-
priétés de déterminer si
les meublés de tourisme
sont autorisés ou non
Toutes communes
Toutes les
nouvelles
copropriétés
Les copro-
priétés
existantes qui
le souhaitent
Depuis novembre 2024
15 Communes appliquant la taxe sur les logements vacants, mentionnées par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 relatif au champ d'application
de la taxe annuelle sur les logements vacants instituée par l'article 232 du code général des impôts.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
16
1.6 Quels sont les principaux textes applicables
aux meublés de tourisme ?
1.6.1 Textes nationaux
? Le code de la construction et de l?habitation (CCH), et
notamment les articles L. 631-7 et suivants et L. 651-2 à L.
651-2-1 pour la réglementation du changement d?usage.
? Le code du tourisme (CT), et notamment les articles L.
324-1 à L. 324-2-2 et D. 324-1 à R. 324-3 pour la définition
des meublés de tourisme, la procédure d?enregistrement,
les échanges de données entre intermédiaires de location
de meublés et collectivités territoriales, la durée maximale
de location des résidences principales, et l?autorisation
du code du tourisme.
? La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer
les rapports locatifs et portant modification de la loi
n° 86-1290 du 23 décembre 1986, pour la définition de
la résidence principale (article 2) et les conditions dans
lesquelles le bail peut être résilié en cas de non-respect
de la servitude de résidence principale (articles 4 et 7).
? Le code de l?urbanisme, et notamment les articles L. 151-
14-1 et L. 153-31 pour la servitude de résidence principale.
? La loi n° 65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la
copropriété des immeubles bâtis, pour les dispositions
relatives aux copropriétés (articles 8-1-1 et 26)
1.6.2 Textes européens
? Le règlement dit « STR » - règlement (UE) 2024/1028 du
Parlement européen et du Conseil du 11 avril 2024 con-
cernant la collecte et le partage des données relatives
aux services de location de logements de courte durée, et
modifiant le règlement (UE) 2018/1724, pour les modalités
d?enregistrement des meublés de tourisme et de partage
de données des plateformes aux collectivités ? entrée en
application en mai 2026.
? La directive « services » - directive 2006/123/CE du Par-
lement européen et du Conseil du 12 décembre 2006
relative aux services dans le marché intérieur, pour les
conditions dans lesquelles peuvent être mises en oeuvre
des procédures d?autorisation.
? Voir aussi l?arrêt « Cali » de la CJUE sur la réglementation
parisienne du changement d?usage, qui vient préciser les
dispositions de la directive « services », et notamment
que les meublés de tourisme peuvent être soumis à des
procédures d?autorisation proportionnelles et répon-
dant à un motif impérieux d?intérêt général - CJUE, arrêt
C-724/18 du 22 septembre 2020 « Cali Apartments ».
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074096/LEGISCTA000019286496/#LEGISCTA000019286917
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000038791019/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074073/LEGISCTA000006175551/2021-07-01/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074073/LEGISCTA000006175551/2021-07-01/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000050616970/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000050616970/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000051749403
17
Loi Alur
(2014)
? La location d?un logement comme meublé de tourisme
constitue un changement d?usage
??Obligations d?information des loueurs par les plateformes
Loi République
numérique
(2016)
? Création de la procédure du numéro d?enregistrement
?????Interdiction pour les plateformes de permettre la location
plus de 120 jours d?une résidence principale par leur
intermédiaire
Loi Elan
(2018)
? Clarification de la définition du meublé de tourisme
?????Création de la procédure de transmission d?informations
aux communes qui appliquent le numéro d?enregistrement
Règlement
européen "STR"
(2024)
? Harmonisation et fiabilisation des procédures
d'enregistrement des meublés de tourisme
?????Création dans chaque Etat membre d'un "point d'entrée
numérique unique" du traitement des données à transmettre
aux communes
Loi SREN
(2024)
?????Généralisation de "l'API meublés" pour toutes les demandes
de données par les communes aux intermédiaires de
location de meublés
Loi engagement
et proximité
(2019)
? Création de la procédure d?autorisation pour la location
de locaux commerciaux comme meublés de tourisme
Loi sur
la régulation
des meublés
de tourisme
à l'échelle locale
(2024)
? Renforcement des pouvoirs des maires (extension du chan-
gement d'usage, servitude de résidence principale, quotas
d'autorisations temporaires, possibilité de réduire la durée
maximale de location des résidences principales...)
? Généralisation de l'enregistrement des meublés
de tourisme
? Rééquilibrage de la fiscalité des meublés
? Application progressive des mêmes exigences de perfor-
mance énergétique que pour les locations de longue durée
? Clarification des règles applicables dans les copropriétés
Les principales étapes de la législation applicable aux meublés de tourisme
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
18
LE CADRE NATIONAL
DE LA RÉGLEMENTATION
DES MEUBLÉS DE TOURISME
2
19
2.1.1 A quoi sert la procédure d?enregistrement des meublés
de tourisme ?
La procédure d?enregistrement est essentiellement utile
aux collectivités territoriales. Elle leur permet de mieux
connaître le marché des meublés de tourisme sur leur
territoire, condition nécessaire pour pouvoir adapter leur
politique de régulation aux besoins réels.
Elle fournit également aux collectivités des outils permet-
tant d?identifier chacun des meublés de tourisme présents
sur leur territoire et de s?assurer de ce qu?il respecte bien
la réglementation nationale et locale en vigueur ? afin, le
cas échéant, de pouvoir engager des poursuites.
La procédure de changement d?usage n?est pas une
procédure d?autorisation. Lorsque le numéro d?enregis-
trement est obligatoire, il ne peut y avoir de location sans
qu?il ait été préalablement obtenu ? néanmoins, la sim-
ple obtention d?un numéro d?enregistrement ne signifie
pas que le loueur est en conformité avec l?ensemble des
autres règles applicables.
2.1.2 Comment les règles relatives à l?enregistrement des
meublés vont-elles évoluer ?
Les règles relatives à l?enregistrement des meublés de
tourisme ont vocation à profondément évoluer à par-
tir de mai 2026, date d?entrée en vigueur du nouveau
règlement européen relatif aux locations de courte
durée ainsi que de certaines dispositions de la loi du
19 novembre 2024.
Ainsi, à compter de mai 2026, l?enregistrement devien-
dra obligatoire pour tous les meublés de tourisme sur
l?ensemble du territoire.
Cet enregistrement ne passera plus alors par des téléser-
vices mis en place par les communes, mais par un portail
national unique. Ce portail recueillera l?ensemble des
demandes de numéro d?enregistrement, à l?appui des-
quelles des pièces justificatives seront désormais exigées
et, dès lors qu?une demande est complète, délivrera
automatiquement et immédiatement le numéro d?enreg-
istrement, en même temps qu?il transmettra l?ensemble
des informations et pièces justificatives aux communes.
Il appartiendra ensuite aux communes de vérifier ces
pièces justificatives et, le cas échéant, de demander la
suspension ou le retrait du numéro d?enregistrement.
Les numéros d?enregistrement ainsi fiabilisés, couplés
aux données d?activités des plateformes transmises via
le même portail national unique, permettront aux com-
munes de bien mieux connaître la situation des meublés
de tourisme sur leur territoire, mais surtout de repérer
et de faire sanctionner les fraudes de manière beaucoup
plus efficace.
Compte tenu des adaptations juridiques, mais aussi des
développements informatiques nécessaires, ce dispositif
ne pourra entrer en vigueur qu?à compter de mai 2026,
au plus tard. D?ici là, l?ancien système continue de s?ap-
pliquer, avec toutefois la mise en service en 2025 de l?«
API meublés », qui permettra de fiabiliser et d?autom-
atiser les transmissions de données demandées par les
communes aux plateformes.
2.1.3 Comment fonctionne l?enregistrement des meublés
de tourisme jusqu?en 2026 ?
2.1.3.1 La déclaration simple, dans toutes les communes
qui n?appliquent pas le numéro d?enregistrement
Dans les communes qui n?appliquent pas le numéro d?en-
registrement, tout meublé de tourisme doit obligatoire-
ment être déclaré en mairie de la commune où il est
situé (II de l?art. L. 324-1-1 du code du tourisme) ? sauf s?il
constitue la résidence principale du loueur.
Le contenu obligatoire de cette déclaration est précisé
par le code du tourisme (I de l?art. D. 324-1-1).
En pratique, cette déclaration doit être effectuée au
moyen du formulaire cerfa n°14004. La déclaration peut
être remplie directement en ligne, dans les communes
adhérentes au téléservice mis en place à cet effet.
Le défaut de déclaration préalable d?un meublé de tour-
isme est passible d?une amende jusqu?à 450 ¤.
Cette déclaration simple disparaîtra à compter de mai
2026, lorsque l?enregistrement des meublés de tourisme
sera rendu obligatoire dans toutes les communes.
2.1.3.2 La déclaration avec numéro d?enregistrement,
dans les communes concernées
Le numéro d?enregistrement deviendra obligatoire dans
toutes les communes au plus tard en mai 2026. D?ici
là, seules les communes qui appliquent également la
procédure de changement d?usage peuvent le mettre
en oeuvre.
2.1.3.3 En quoi consiste le numéro d?enregistrement ?
La procédure d?enregistrement est un dispositif renforcé
de contrôle et de suivi des meublés de tourisme. Elle a
été créée par la loi pour une République numérique de
2016 et figure aujourd?hui au III de l?art. L. 324-1-1 du code
du tourisme.
2.1 Le numéro d?enregistrement des meublés de tourisme
pour contrôler le respect de la réglementation
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042070525/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039475092/
https://www.formulaires.service-public.fr/gf/cerfa_14004.do
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042070525/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042070525/
20
Les communes qui mettent en oeuvre le numéro d?en-
registrement doivent ( jusqu?en mai 2026), mettre en
place un téléservice qui assure la délivrance immédiate
et automatique de ces numéros aux loueurs qui en font
la demande. Le contenu de cette demande est précisé
par le code du tourisme (II de l?art. D. 324-1-1).
Le numéro d?enregistrement doit être demandé avant
toute location d?un meublé de tourisme, et pour chaque
local à mettre en location (un seul loueur doit ainsi
demander plusieurs numéros d?enregistrement s?il loue
plusieurs locaux). A l?inverse de la déclaration simple, le
numéro d?enregistrement est obligatoire pour toute loca-
tion d?un local comme meublé de tourisme, quelle que
soit la durée, y compris pour les résidences principales.
Pour le particulier, l?obtention d?un numéro d?enregis-
trement ne dispense pas du respect des autres éléments
de la réglementation (et notamment, le cas échéant, de
l?obtention d?une autorisation de changement d?usage ou
de mise en location d?un local au titre de l?autorisation
du IV de l?article L. 324-1-1 du code du tourisme).
Par ailleurs, lorsque le numéro d?enregistrement est
appliqué, il devient obligatoire, pour les loueurs comme
pour les plateformes, de faire figurer ce numéro sur toute
annonce relative au bien, y compris sur la plateforme (art.
L. 324-2 du code du tourisme). Ainsi, il devient possible
pour les communes de savoir à quel local correspond
chaque annonce.
La procédure du numéro d?enregistrement a pour objec-
tif de permettre le contrôle a posteriori du respect de
la réglementation. Contrairement au changement d?us-
age, elle ne permet cependant pas de réguler l?entrée sur
le marché des loueurs. Le numéro d?enregistrement est
délivré automatiquement et instantanément, sans qu?il
soit possible à la commune de s?y opposer ou d?effectuer
des vérifications a priori 16.
Le fait de ne pas respecter la procédure du numéro d?en-
registrement est passible d?une amende jusqu?à 5 000 ¤
pour le loueur, et jusqu?à 12 500 ¤ par annonce pour la
plateforme.
2.1.3.4 Les demandes de données d?activité
Les communes qui appliquent le numéro d?enregistrement
peuvent avoir accès aux données d?activité des meublés
de tourisme qui sont transmises par les plateformes
offrant à la location des biens situés sur leur territoire.
Ces données portent sur le nombre de nuitées de loca-
tion de chaque local pendant l?année en cours et l?année
précédente. Cet état précise également le nom du loueur,
ainsi que le numéro d?enregistrement, l?adresse précise
du local et l?adresse réticulaire de la ou des annonces de
location17 .
Cet accès a pour objectif de contrôler le respect des
différentes réglementations en lien avec les meublés de
tourisme. Ainsi, les communes peuvent s?en servir pour
s?assurer que les locaux mis en location ont bien obtenu
un numéro d?enregistrement ou, le cas échéant, une
autorisation de changement d?usage s?il s?agit d?une rési-
dence secondaire, ou une autorisation de mise en location
comme meublé de tourisme s?il s?agit d?un local autre que
d?habitation dans l?une des communes concernées ou
encore si la location de la résidence principale respecte
le plafond fixé (entre 90 et 120 jours selon les communes).
Le défaut de transmission, par une plateforme, des don-
nées demandées par une commune dans le de l?article L.
324-2-1 du code du tourisme, est passible d?une amende
maximale de 50 000 ¤ par annonce faisant l?objet du
manquement.
2.1.3.5 Comment faire une demande d?accès aux données
d?activité via l? « API meublés » ?
La demande doit être adressée via l?application dite «
API meublés », mise à disposition par un organisme pub-
lic unique18 . Les plateformes versent sur cette applica-
tion l?ensemble des données exigées, qui sont ensuite
traitées et vérifiées par l?application avant d?être restituées
intégralement aux communes qui en font la demande.
A l?appui de sa demande d?accès au service, la com-
mune doit fournir la délibération ayant mis en oeuvre
la procédure d?enregistrement, ainsi que la délibération
mettant en oeuvre le changement d?usage (le cas échéant
accompagnée de l?autorisation administrative, pour les
communes concernées ayant mis en oeuvre le change-
ment d?usage avant novembre 2024) et, le cas échéant,
la délibération fixant la durée maximale de location des
résidences principales, si celle-ci est inférieure à 120 jours.
Les communes ont également la possibilité de transmettre
de manière facultative à l?API un certain nombre d?infor-
mations, en particulier les fichiers issus de la procédure
d?enregistrement, afin de permettre à l?API de faire des
recoupements et de signaler aux communes les cas de
fraude potentielle.
Les modalités pratiques d?accompagnement des com-
munes seront précisées ultérieurement.
2.1.4 Comment fonctionnera l?enregistrement à compter
de mai 2026 ?
2.1.4.1 La délivrance des numéros d?enregistrement via
le « portail numérique unique »
A compter de mai 2026, l?enregistrement des meublés
de tourisme sera obligatoire sur l?ensemble du territoire
national, et passera par un portail numérique unique mis
16 Toutefois, à compter de mai 2026, des pièces justificatives seront demandées à l?appui de l?enregistrement, et le numéro d?enregistrement ne pourra
être délivré en leur absence.
17 Jusqu?à la mise en service de l?API, ces données précisent également le nom du loueur et s?il s?agit d?une location professionnelle.
18 Cet organisme publique sera, du moins dans un premier temps, la Direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l?économie.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039475092/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000050650414/2025-01-01
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041411382
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041411382
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
21
à disposition par le même organisme que celui qui gèrera
l?API meublés.
Ce portail permettra de décharger les communes de la
responsabilité de mettre en oeuvre leur propre téléservice.
Outre l?allègement de la charge que cela représentera
pour elles, il sera également plus simple à trouver pour
les loueurs, où qu?ils soient sur le territoire.
Concrètement, les loueurs viendront déposer sur le por-
tail leur demande de numéro d?enregistrement. Cette
demande sera pour la première fois obligatoirement
accompagnée de pièces justificatives, qui permettront de
vérifier les éléments de la déclaration, et donc d?identifier
avec certitude les loueurs ainsi que leurs meublés. Si, et
seulement si, la déclaration est complète, avec l?ensemble
des pièces requises, le portail délivrera instantanément
et automatiquement un numéro d?enregistrement, qui
permettra au loueur de mettre son bien en location.
Simultanément, les données et les pièces justificatives
de l?enregistrement seront transmises aux communes,
qui pourront vérifier leur conformité.
Il convient de souligner que la vérification des pièces
fournies lors de l?enregistrement relèvera toujours de la
responsabilité des communes, le portail se contentant de
vérifier a priori la présence des pièces justificatives, mais
non leur contenu. Ce dernier sera vérifié a posteriori par
les communes, qui, en cas de non-conformité, pourront
demander au loueur de compléter son dossier et, le cas
échéant, lancer la procédure permettant de suspendre
ou de retirer le numéro d?enregistrement concerné.
2.1.4.2 Les données qui pourront être exigées à l?appui
de l?enregistrement
Les données pouvant être exigées à l?enregistrement sont
encadrées par l?article 5 du règlement européen du 11
avril 2024. Elles sont de deux types :
Les données « bloquantes » sont les données explicite-
ment prévues au point 1 de l?article 5 du règlement. Leur
absence lors de la demande d?enregistrement empêche la
délivrance du numéro d?enregistrement ? étant entendu
que dans tous les cas, c?est la seule présence de ces don-
nées qui est vérifiée à ce stade, et non leur conformité,
qui est vérifiée a posteriori par les communes. Ces don-
nées sont :
??l?adresse précise du meublé de tourisme,
???le type de meublé (par exemple, une maison, un appar-
tement?),
??s?il s?agit d?une résidence principale,
??le nombre de lits,
??si le meublé est soumis à un régime d?autorisation et si
l?autorisation en question a été obtenue (notamment,
pour la France, l?autorisation de changement d?usage),
??le nom du loueur,
???son adresse et les informations permettant de le con-
tacter.
Les données « non bloquantes » sont les données sup-
plémentaires, mentionnées au point 3 du même article,
qui peuvent être exigées par la réglementation d?un Etat
membre. Contrairement aux données bloquantes, leur
absence lors de la demande ne fait pas obstacle à la
délivrance automatique du numéro d?enregistrement. Ces
informations et pièces peuvent néanmoins être vérifiées
par la suite, et leur non-fourniture peut, dans certains cas,
entraîner la suspension ou le retrait du numéro d?enreg-
istrement. Ces données seront, pour la France, précisées
par décret.
2.1.4.3 Les pièces justificatives qui pourront être exigées
à l?appui de l?enregistrement
Pour la première fois, l?enregistrement des meublés de
tourisme via le portail numérique unique permettra, à
compter de mai 2026, d?exiger des pièces justificatives à
l?appui de la demande d?enregistrement. Cela permettra
de fiabiliser les numéros d?enregistrement, dont la validité
était compromise jusqu?ici par la difficulté à détecter les
fausses déclarations.
Ces pièces justificatives peuvent être relatives à chacune
des données mentionnées au point précédent. Elles peu-
vent également être bloquantes ou non bloquantes, selon
le statut des données auxquelles elles se réfèrent, et, de
la même manière que pour les données, leur conformité
ne peut être vérifiée qu?a posteriori par les communes.
Les modalités exactes seront précisées par un décret à
paraître.
2.1.4.4 La suspension et le retrait des numéros d?enreg-
istrement en cas de déclarations frauduleuses
En cas de fausses déclarations ou de déclarations fraudu-
leuses, le règlement européen détermine la manière dont
les communes peuvent demander la suspension ou le
retrait des numéros d?enregistrement déjà délivrés. Les
plateformes ont alors l?obligation de retirer les annonces
correspondantes, dès qu?elles leurs sont signalées.
Les modalités précises applicables en France seront pré-
cisées par décret d?ici à mai 2026.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
22
2.2 L?application aux meublés de tourisme de niveaux
de performance énergétique
2.2.1 Pourquoi soumettre les meublés de tourisme à des
niveaux de performance énergétique ?
Le logement, notamment via le chauffage et la production
d?eau chaude sanitaire, contribue de manière significative
aux émissions de gaz à effet de serre, et donc au change-
ment climatique. C?est pourquoi la France mène, dans le
cadre d?une dynamique européenne, une politique d?am-
pleur visant à la rénovation énergétique des logements,
à commencer par les plus énergivores. Ces efforts visent
à la fois à lutter contre le réchauffement climatique et à
lutter contre la précarité énergétique des ménages dont
les factures sont inutilement élevées du fait par exemple
d?une isolation insuffisante.
Or, jusqu?à la loi du 19 novembre 2024, les meublés de
tourisme n?étaient pas soumis aux mêmes obligations que
les locations de longue durée. Cela s?expliquait notam-
ment par le fait que les locataires de ces meublés ne
sont pas directement concernés par le paiement des
factures énergétiques. Par ailleurs, les règles de décence
énergétique sont fixées par l?article 6 de la loi du 6 juillet
1989 pour les logements constituant la résidence prin-
cipale du locataire. Les meublés de tourisme n?étaient
donc juridiquement pas soumis à ces règles.
Cette exemption faisait néanmoins courir le risque que
certains propriétaires, dont les logements ne pourraient
plus être mis en location classique parce qu?ils ne respect-
ent plus les niveaux de performance énergétique d?un
logement décent, choisissent, plutôt que de réaliser les
travaux nécessaires, de louer leur bien comme meublé de
tourisme. Or, un tel effet d?éviction aurait pu contribuer
d?une part, à retarder l?atteinte par la France de ses objec-
tifs en matière de lutte contre le changement climatique
et, d?autre part, à accroître la tension sur le marché du
logement dans les secteurs concernés.
Dès lors, il est apparu nécessaire d?étendre progressive-
ment aux meublés de tourisme les obligations de décence
énergétique applicables aux locations de longue durée.
2.2.2 Quelles sont les exigences de performance énergétique
auxquelles les meublés de tourisme sont désormais soumis ?
Ces exigences sont matérialisées par la réalisation d?un
diagnostic de performance énergétique (DPE). Ce diag-
nostic renseigne sur la performance énergétique et clima-
tique d?un local, en évaluant sa consommation d?énergie
et son impact en matière d?émissions de gaz à effet de
serre.
Il doit être réalisé par un professionnel certifié et aboutit
à attribuer au local une étiquette comprise entre « A »
(meilleure performance énergétique) et « G » (moins
bonne performance énergétique ? les étiquettes F et G
correspondant aux « passoires énergétiques »). Un DPE
est valable dix ans et, dans certaines circonstances, sa
réalisation est obligatoire.
Pour plus d?informations sur le DPE, consulter les pages
consacrées à ce sujet sur le site du ministère :
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/diag-
nostic-performance-energetique-dpe
Les logements les moins bien classés sont progressive-
ment amenés à être rénovés, lorsqu?ils sont loués en tant
que résidences principales. En effet, le locataire peut
demander au juge d?enjoindre au propriétaire bailleur la
réalisation de travaux dans un délai donné, décision qu?il
peut assortir d?une réduction du loyer, lorsque le logement
ne répond pas aux critères de décence énergétique.
C?est déjà le cas depuis le 1er janvier 2025 pour les loge-
ments classés G, et cela s?appliquera en 2028 pour les
logements classés F, et en 2034 pour ceux classés E.
Pour les meublés de tourisme, le calendrier suivant s?ap-
plique :
? Depuis le 21 novembre 2024, la délivrance d?une
autorisation ? temporaire ou définitive ? de change-
ment d?usage, dans les communes dans lesquelles cette
procédure est mise en place, est subordonnée à la fourni-
ture d?un DPE compris entre les classes A et E ; à compter
du 1er janvier 2034 le DPE devra être compris entre les
classes A et D. En l?absence d?un tel DPE, le changement
d?usage sera refusé. A noter que cette obligation ne s?ap-
plique qu?en France métropolitaine (article L. 631-10 du
code de la construction et de l?habitation) ;
? A compter de 2034, tous les meublés de tourisme
existants qui ne constituent pas la résidence principale
du loueur devront respecter les niveaux de performance
énergétique d?un logement décent applicables aux loca-
tions de longue durée, tels que prévus par l?article 6 de
la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Concrètement, le DPE
devra être classé entre A et D en France métropolitaine
et entre A et E en Guadeloupe, en Martinique, en Guy-
ane, à La Réunion et à Mayotte. La commune pourra
demander à tout propriétaire la transmission d?un DPE
valide : ce dernier aura alors deux mois pour transmettre
le document (article L. 324-2-2 du code du tourisme).
L?absence de transmission à expiration de ce délai sera
passible d?une astreinte administrative de 100 ¤ par jour,
recouvrée au profit de la commune. Si le DPE n?est pas
conforme, une amende administrative d?un montant
maximum de 5 000¤ pourra être prononcée par le maire.
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/diagnostic-performance-energetique-dpe
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/diagnostic-performance-energetique-dpe
23
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
2.2.3 Dès maintenant : les nouvelles autorisations de change-
ment d?usage sont conditionnées au respect de critères de
performance énergétique
Depuis le 21 novembre 2024, seuls les logements dont le
DPE est compris entre les classes A et E, ou à compter du
1er janvier 2034 entre les classes A et D, peuvent obtenir
une autorisation de changement d?usage en France mét-
ropolitaine (article L. 631-10 du code de la construction
et de l?habitation). Il appartient aux communes de faire
cette vérification, en demandant systématiquement la
production d?un DPE valide et, le cas échéant, de refuser
la demande de changement d?usage.
A compter de mi-2026, le DPE pourra également, le
cas échéant, être exigé dans le cadre de la procédure
d?enregistrement des meublés de tourisme. Cela n?aura
cependant pas pour effet d?étendre l?obligation de pro-
duction du DPE ou de respect des critères d?efficacité
énergétique aux locaux qui ne sont pas soumis à autori-
sation de changement d?usage.
2.2.4 A partir de 2034 : l?application des critères de per-
formance énergétique des logements décents aux meublés
de tourisme existants
A compter du 1er janvier 2034, tous les meublés de tour-
isme qui ne constituent pas la résidence principale du
loueur devront respecter les niveaux de performance
énergétique d?un logement décent applicables aux loca-
tions de longue durée, tels que prévus par l?article 6 de la
loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (article L. 324-2-2 du code du
tourisme). Concrètement, le DPE devra être classé entre
A et D dans l?Hexagone et entre A et E en Guadeloupe,
en Martinique, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte.
Cette obligation s?appliquera à tous les meublés de tour-
isme, y compris ceux ayant déjà obtenu toutes les autres
autorisations éventuellement nécessaires (numéro d?en-
registrement, changement d?usage?) ? sauf les résidences
principales louées de manière occasionnelle.
? Afin de vérifier la conformité des meublés de tour-
isme, les communes pourront demander à tout pro-
priétaire la transmission d?un DPE valide. Ce dernier
disposera alors de deux mois pour transmettre le doc-
ument. L?absence de transmission à expiration de ce
délai sera passible d?une astreinte administrative de 100
¤ par jour, recouvrée au profit de la commune. En cas de
location malgré un DPE non conforme, le numéro d?en-
registrement pourra être retiré ? ce qui empêchera de fait
le local d?être mis en location. Le maire sera compétent
pour contrôler le respect par les meublés de tourisme des
niveaux de performance énergétique exigibles et sanc-
tionner les infractions qui seront punies d?une amende
administrative de 5 000 ¤ maximum par local, recouvrée
24
2.3.1 Dans quelles conditions les copropriétés peuvent-elles
interdire les meublés de tourisme ?
Depuis la loi du 19 novembre 2024 sur la régulation des
meublés de tourisme à l?échelle locale, tous les nou-
veaux règlements de copropriété doivent mentionner
de manière explicite l?autorisation ou l?interdiction de la
location de meublés de tourisme (article 8-1-1 de la loi n°
65-557 du 10 juillet 1965 fixant le statut de la copropriété
des immeubles bâtis). Dans ce cas, cette interdiction s?ap-
plique à toutes les locations de meublés de tourisme,
y compris pour une durée limitée dans les résidences
principales.
Dans les copropriétés existantes dont le règlement interdit
déjà toute activité commerciale dans les lots qui ne sont
pas spécifiquement à destination commerciale, les loca-
tions de meublés de tourisme pourront être interdites à la
double majorité des membres du syndicat, représentant
au moins les deux tiers des voix ? et non plus, comme
c?était le cas précédemment, à l?unanimité (article 26 de
la loi du 10 juillet 1965 précitée).
Attention : dans le cas des copropriétés existantes, l?in-
terdiction de la location de meublés de tourisme ne s?ap-
plique pas aux résidences principales louées de manière
occasionnelle, dans la limite d?une durée annuelle com-
prise entre 90 et 120 jours selon les communes.
2.3.2 Quelles sont les obligations d?information pour les
meublés de tourisme dans les copropriétés ?
Depuis la loi du 19 novembre 2024, tout loueur qui obtient
un numéro d?enregistrement en vue de louer un local
comme meublé de tourisme doit en informer le syndic.
Le syndic en informe, à son tour, les copropriétaires, lors
de la prochaine assemblée générale.
2.3 Les meublés de tourisme dans les copropriétés
au bénéfice de la commune. Le propriétaire sera mis à
même de présenter ses observations écrites, dans un délai
d?un mois, sur le projet de sanction.
? Il convient de souligner que, contrairement aux exi-
gences de performance énergétique pour les locations
classiques, les contrôles et les éventuelles sanctions
dépendent ici de la commune, et non du locataire. En
effet, dans le cadre d?une location à titre de résidence
principale, c?est le locataire qui est lésé par la facture
énergétique trop élevée ou l?éventuel inconfort de son
logement ? il a donc intérêt à agir. Dans le cadre d?une
location comme meublé de tourisme, de plus courte
durée, et pour laquelle le locataire n?acquitte pas la
facture énergétique, ce n?est pas le cas. C?est pourquoi
il incombe au maire de s?assurer du respect de la régle-
mentation.
25
2.4 Comment lutter contre les nuisances de voisinage ?
Il n?existe pas aujourd?hui d?outils spécifiques destinés à
la lutte contre les nuisances de voisinage provoquées par
les meublés de tourisme ? ou par tout autre hébergement
touristique. Les locataires de meublés de tourisme sont
ainsi tenus de respecter les mêmes règles qui s?appliquent
à tout locataire classique, y compris la réglementation
locale et les éventuelles règles applicables à un immeuble
ou à une copropriété. Il incombe notamment aux loueurs
de s?assurer de l?occupation paisible de leur hébergement,
y compris vis-à-vis du voisinage.
En revanche, des initiatives existent, soit au niveau local,
soit au niveau de certaines plateformes. Il peut notam-
ment s?avérer utile de prévoir une information spécifique
des locataires, concernant les règles ou les usages propres
à certaines zones ou communes. Certaines plateformes
établissent par exemple des chartes de bonne conduite
communiquées aux voyageurs ou des clauses contrac-
tuelles spécifiques, assorties de dispositifs techniques
de suivi. En outre, il peut s?avérer utile de se rapprocher
des plateformes pour mettre en oeuvre des dispositifs
de signalement, qui peuvent aboutir à exclure de la loca-
tion meublée les hôtes ou les locataires connus pour pro-
voquer des nuisances de voisinage. Ces outils peuvent
être adaptés localement et venir en appui de l?action
des communes.
En cas de fortes nuisances, des actions en justice sont
possibles pour troubles anormaux du voisinage. Dans le
cadre d?une copropriété, ces actions sont recevables alors
même que l?activité serait autorisée par la copropriété,
dès lors que les nuisances affectent collectivement les
occupants.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
26
LA BOITE À OUTILS
À DISPOSITION
DES COMMUNES
3
27
3.1.1 En quoi consiste la procédure de changement d?usage ?
La procédure de changement d?usage est un dispositif
ancien qui vise à lutter contre la pénurie de logements. Sa
mise en oeuvre a pour effet de soumettre à autorisation la
transformation de tout logement en un local à autre usage
(notamment, mais pas uniquement, en meublé de tourisme).
Aujourd?hui, cette procédure permet en particulier aux
communes qui connaissent des tensions importantes sur
le marché du logement de prévenir leur aggravation.
Cette procédure ne s?applique pas aux résidences principales
louées au maximum 120 jours par année civile. Elle interdit
en revanche la location d?une résidence secondaire sans
avoir obtenu l?autorisation de changement d?usage, quelle
que soit la durée de cette location.
La délivrance d?une autorisation de changement d?usage
peut être soumise à compensation (cf. ci-dessous). L?au-
torisation peut être délivrée temporairement (article L.
631-7-1 A du CCH).
La jurisprudence française et européenne19 a confirmé que
la procédure de changement d?usage répondait bien au
motif impérieux d?intérêt général qu?est la protection du
logement à destination de la population permanente.
Depuis novembre 2024, la procédure de changement d?us-
age peut être mise en oeuvre par toute commune qui le
souhaite, sur délibération (article L. 631-7 du CCH). Dans
les communes autres que celles connaissant une tension
particulière sur le marché du logement20 , cette délibération
doit être « motivée par un déséquilibre entre l?offre et la
demande de logements entraînant des difficultés sérieuses
d?accès au logement sur l?ensemble du parc résidentiel
existant ».
Dans tous les cas, le juge peut être amené à vérifier si la
réglementation locale du changement d?usage par une com-
mune satisfait bien aux critères dégagés par les textes et la
jurisprudence européenne, en particulier si elle s?appuie
bien sur un motif impérieux d?intérêt général, et si elle est
bien proportionnelle à cet objectif, ainsi que transparente
et non-discriminatoire. C?est pourquoi il est recommandé
de s?appuyer sur des études précises permettant de justi-
fier la mesure au regard notamment d?objectifs de mixité
sociale, et en fonction des caractéristiques des marchés
locaux d?habitation et de la nécessité de ne pas aggraver
la pénurie de logements (cf. infra).
Il convient de signaler que les décisions individuelles de
refus d?autorisation de changement d?usage doivent égale-
ment être motivées, conformément au droit commun des
décisions administratives.
Le non-respect de la procédure de changement d?usage
par le loueur était passible jusqu?en novembre 2024 d?une
amende pouvant aller jusqu?à 50 000 ¤ par local concerné,
assortie le cas échéant d?une astreinte de 1 000 ¤ par jour et
par m² jusqu?à ce que le local soit rendu à son usage d?hab-
itation. Cette amende a été portée à 100 000 ¤ maximum
par local concerné depuis novembre 2024.
3.1.1.1 Quel est l?usage d?un local ?
L?usage d?un local est défini par l?article L. 631-7 du CCH.
Il peut s?agir, selon les cas, d?un usage de droit (c?est-à-dire
qui s?appuie sur un document, comme une autorisation
de changement d?usage ou un permis de construire), ou
d?un usage de fait, qui peut être démontré par tout mode
de preuve.
Il convient à ce titre de souligner que le régime de change-
ment d?usage est asymétrique, dans la mesure où la transfor-
mation d?un local à usage d?habitation en local à autre usage
est soumise à autorisation, alors que l?inverse ne l?est pas.
Pour plus de détails, consulter la FAQ sur le changement
d?usage, sur le site du ministère*.
3.1.1.2 Comment prouver l?usage d?un local ?
Depuis la loi du 19 novembre 2024, le régime de la preuve de
l?usage d?habitation est encadré par les troisième, quatrième,
cinquième et sixième alinéas de l?article L. 631-7 du CCH.
Dans tous les cas, la charge de la preuve de l?usage incombe
à la partie qui veut démontrer un usage illicite (dans un
cadre contentieux). Pour ce qui concerne la régulation des
meublés de tourisme, cette partie sera quasiment toujours
la commune, qui cherche à établir une infraction à la régle-
mentation du changement d?usage.
Le CCH dispose désormais que la preuve de l?usage d?habita-
tion peut être apportée par tout moyen, à tout moment au
cours d?une de ces deux périodes : soit à une date comprise
entre le 1er janvier 1970 et le 31 décembre 1976 inclus, soit à
n?importe quel moment dans les trente dernières années.
La première période correspond aux dernières grandes révi-
sions foncières opérées dans la plupart des communes, et
permet donc souvent de fournir une « photographie » de
l?usage initial d?un bien. La deuxième période permet de
retracer les évolutions plus contemporaines d?un bien, qui
peut avoir changé d?usage depuis les années 1970.
3.1 Pour protéger l?habitat permanent dans les zones
tendues : le changement d?usage
19 Cf. notamment la décision dite « Cali » (C-724-18) de la CJUE du 22 septembre 2020.
20 Les communes connaissant une tension particulière sont celles appliquant la taxe sur les logements vacants, mentionnées par le décret n° 2013-392
du 10 mai 2013 relatif au champ d'application de la taxe annuelle sur les logements vacants instituée par l'article 232 du code général des impôts.
* https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/location-touristique-meublee
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/location-touristique-meublee
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/location-touristique-meublee
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
https://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=231406&pageIndex=0&do-
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/location-touristique-meublee
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Par exception, pour les locaux à usage autre que d?habita-
tion construits après 1970, ou qui ont fait l?objet de travaux
ayant changé leur usage après cette date, l?usage d?un bien
est toujours celui pour lequel la construction ou les travaux
ont été autorisés ? sauf lorsqu?une autorisation postérieure
de changement d?usage a été accordée.
Il convient de préciser qu?une simple autorisation de change-
ment de destination, si elle n?était pas accompagnée d?une
autorisation de changement d?usage alors qu?elle était req-
uise, ne constitue pas un mode de preuve de l?usage.
Enfin, le sixième alinéa de l?article L. 631-7 précise que l?usage
d?habitation s?entend de tout local habité ou ayant vocation
à être habité. Cela veut dire qu?un logement, même s?il est
vacant pendant une longue période, n?en perd pas pour
autant son usage d?habitation. De même, un logement qui
fait l?objet d?un arrêté de péril, conserve son usage d?habita-
tion. En revanche, la notion de « local habité » ne comprend
pas les locaux occupés de manière illégale par des squatters.
La simple configuration d?un local (par exemple le fait qu?il
comprendrait des lits, une salle de bains, etc.) ne permet
pas nécessairement de prouver son usage d'habitation, mais
elle peut constituer un indice en ce sens."
3.1.1.3 Changement d?usage ou changement de desti-
nation ?
L?usage d?un local au sens du code de la construction et de
l?habitation est distinct de sa destination au sens du code
de l?urbanisme. Par usage, on entend la manière dont le
local est utilisé, et le code de la construction et de l?habi-
tation ne distingue qu?entre les locaux à usage d?habitation
(les logements, qu?il s?agisse de résidences principales ou
secondaires) et les locaux à autre usage. Par destination,
notion issue du droit de l?urbanisme, on entend la raison
pour laquelle un bâtiment a été construit ? cette destination
implique le respect de normes de construction spécifiques.
Il existe plusieurs destinations et sous-destinations possibles.
Ainsi, du point de vue de l?usage, les meublés de tourisme
ne sont pas des logements ? à l?exception des résidences
principales louées moins de 120 jours par an, dont on estime
que, même si elles sont utilisées à titre accessoire pour une
activité commerciale, c?est leur usage principal au cours de
l?année qui prévaut.
Dans les communes dotées d?un plan d?urbanisme à jour
de la loi ALUR de 201421, les meublés de tourisme relèvent
en revanche de la destination « commerce et activités de
service », telle que définie à l?article R. 151-27 du code de
l?urbanisme, et plus précisément de la sous-destination «
autres hébergements touristiques » - là encore, à l?exception
des résidences principales louées moins de 120 jours par
an comme meublés de tourisme, qui relèvent elles de la
destination « habitation ».
3.1.1.4 Qu?est-ce qu?une zone tendue dans le contexte
des meublés de tourisme ?
Pour l?application de la réglementation sur les meublés de
tourisme, les zones tendues sont celles où s?applique la taxe
sur les logements vacants, et qui sont listées en annexe du
décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 relatif au champ d'appli-
cation de la taxe annuelle sur les logements vacants instituée
par l'article 232 du code général des impôts.
3.1.2 Comment mettre en oeuvre le changement d?usage ?
Depuis novembre 2024, la décision d?appliquer ou non la
procédure de changement d?usage revient entièrement à
chaque commune ? ou, le cas échéant, à l?établissement pub-
lic de coopération intercommunale compétent en matière
de plan local d?urbanisme si la commune en est membre.
Comme évoqué supra, dans les communes qui ne sont pas
concernées par la taxe sur les logements vacants22 , cette
délibération de l?EPCI ou du conseil municipal doit être
« motivée par un déséquilibre entre l?offre et la demande
de logements entraînant des difficultés sérieuses d?accès
au logement sur l?ensemble du parc résidentiel existant ».
Il convient de démontrer de manière objective que la col-
lectivité subit des tensions sur le marché du logement. Parmi
les indicateurs pouvant être mobilisés figurent par exemple :
des prix de l?immobilier ou des loyers particulièrement élevés
par rapport à des communes comparables ou par rapport
aux revenus des ménages de la zone d?emploi ou des diffi-
cultés spécifiques pour certains publics (taux d?effort très
élevé des bénéficiaires d?une aide au logement, difficultés
à se loger pour les étudiants ou les saisonniers, part de rés-
idences secondaires par rapport au parc de logements?).
Il s?agit de démontrer que la mise en oeuvre du change-
ment d?usage, qui constitue une contrainte et une atteinte
au droit de propriété, est non seulement nécessaire, mais
également proportionnée au but recherché. C?est une con-
dition qui peut être examinée par le juge (cf. notamment
la jurisprudence française ? Cass., Civ. 3ème, 18 février 2021,
n° 17-26.156 ? et européenne ? CJUE, arrêt C-724/18 « Cali »
du 22 septembre 2020).
A l?inverse, la concurrence des meublés de tourisme avec
d?autres modes d?hébergement, notamment l?hôtellerie clas-
sique, ne saurait constituer un motif suffisant pour justifier
la mise en oeuvre de la procédure de changement d?usage.
Il faut souligner que la mise en oeuvre de la procédure de
changement d?usage peut emporter des conséquences,
non seulement pour les créations de meublés de tourisme,
mais également pour tout autre changement d?usage d?un
logement (par exemple pour transformer un logement
en commerce). Les collectivités qui mettent en oeuvre la
procédure de changement d?usage doivent donc se don-
ner les moyens d?instruire les demandes correspondantes
et d?y répondre.
21 Dans les communes dotées d?un PLU plus ancien, les meublés de tourisme relèvent cependant de la destination « commerce », telle que définie à
l?article R.*123-9 du code de l?urbanisme, dans sa rédaction antérieure au décret 2015-1783 du 23 décembre 2015.
22Soit les communes qui ne sont pas listées par le décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 relatif au champ d'application de la taxe annuelle sur les
logements vacants instituée par l'article 232 du code général des impôts.
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031720593
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000031720593
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
https://www.courdecassation.fr/acces-rapide-judilibre
https://www.courdecassation.fr/acces-rapide-judilibre
https://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=231406&pageIndex=0&do-
https://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=231406&pageIndex=0&do-
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025430316/2021-06-15/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000027399823/
29
3.1.3 Qu?est-ce que la compensation ?
L?obtention d?une autorisation de changement d?usage peut
être soumise à compensation.
Dans ce cas, il appartient à la commune de fixer, dans sa
délibération, les conditions de cette compensation. Il peut
s?agir d?une compensation « au réel » par laquelle la personne
qui transforme un logement en meublé de tourisme trans-
forme simultanément un local à autre usage en logement (la
commune peut fixer les caractéristiques et la localisation du
local transformé). Il peut également s?agir d?une compensa-
tion via l?achat de droits de commercialité, c?est-à-dire que
la personne voulant transformer un logement en meublé
de tourisme peut payer une autre personne pour qu?elle
transforme un local autre en logement.
Dans tous les cas, les modalités de cette compensation
doivent être précisées par la délibération instituant le
changement d?usage et être claires et intelligibles ainsi que
non-discriminatoires.
La mise en oeuvre de la compensation permet de maintenir
la possibilité d?installer des meublés de tourisme dans d?an-
ciens logements, tout en garantissant que cette installation
ne se fera pas au détriment de la quantité et de la qualité
des logements disponibles pour la population permanente.
Il appartient à la commune de fixer les caractéristiques min-
imales des logements offerts en compensation (localisation,
surface, qualité?), éventuellement par quartier, en respectant
notamment l?exigence de proportionnalité.
3.1.4 Qu?est-ce que le changement d?usage à titre temporaire ?
La délibération mettant en oeuvre le changement d?usage
peut également définir un régime d?autorisation temporaire
(art. L. 631-7-1 A du CCH).
Il convient alors de préciser les critères selon lesquels ces
autorisations seront délivrées (durée des contrats de loca-
tion, caractéristiques physiques du local, localisation en
fonction notamment des caractéristiques des marchés de
locaux d'habitation et de la nécessité de ne pas aggraver la
pénurie de logements). Ces critères peuvent également être
modulés en fonction du nombre d?autorisations accordées
à un même propriétaire personne physique.
Les autorisations temporaires de changement d?usage ne
peuvent pas donner lieu à compensation, puisque, à expi-
ration de l?autorisation, les locaux ont vocation à retrouver
leur usage d?habitation.
Les autorisations temporaires de changement d?usage sont
par ailleurs les seules qui peuvent être soumises aux « quotas
» prévus par le troisième alinéa de l?article L. 631-7-1 A du
code de la construction et de l?habitation (cf. infra).
3.2 Pour maîtriser le nombre de meublés de tourisme sur
le territoire : les quotas d?autorisations temporaires de
changement d?usage
3.2.1 Que sont les quotas d?autorisations temporaires de
changement d?usage ?
Afin d?aider les communes qui le souhaitent à maîtriser le
nombre de meublés de tourisme sur leur territoire, la loi du
19 novembre 2024 a prévu au troisième alinéa de l?article
L. 631-7-1 A du code de la construction et de l?habitation
la possibilité de fixer, sur tout ou partie du territoire d?une
commune :
? soit un nombre maximal d?autorisations temporaires
de changement d?usage qui peuvent être délivrées ;
? soit la part maximale de locaux à usage d?habitation
qui peuvent faire l?objet d?une telle autorisation tempo-
raire de changement d?usage.
Lorsque la limite fixée est atteinte, toutes les nouvelles
demandes d?autorisations temporaires de changement d?us-
age sont automatiquement refusées.
Il convient de souligner que cette mesure ne concerne que les
locaux soumis à autorisation de changement d?usage. Ainsi,
les quotas ne comprennent pas les chambres chez l?habitant,
les résidences principales louées de manière occasionnelle
comme meublés de tourisme ni les locations de meublés de
tourisme dans des locaux autres que ceux à usage d?habitation
(anciens bureaux, commerces?).
Par ailleurs, ces quotas ne concernent que les autorisations
temporaires de changement d?usage. Dans les zones con-
cernées, aucune autorisation définitive de changement
d?usage ne pourra être délivrée, sauf contre compensation.
En effet, les autorisations définitives ne sont pas soumises à
renouvellement, ni comprises dans les quotas. Lorsqu?elles
ne donnent pas lieu à compensation, elles ont pour effet
de diminuer durablement le stock de logements disponibles
pour la population permanente. Dès lors, il y aurait une rup-
ture d?égalité à délivrer certaines autorisations de manière
définitive, et d?autres de manière temporaire et soumise à
quotas, sans que cela ne soit justifié par une compensation.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037670789
30
3.2.2 Comment les mettre en oeuvre ?
La mesure peut être mise en oeuvre par délibération par toute
commune qui applique la procédure de changement d?usage.
Cette délibération doit préciser :
? Le champ géographique de la mesure. Il peut s?agir
de l?ensemble du territoire de la commune, ou seulement
de certaines zones, qui doivent alors être précisément
définies dans la délibération.
? Le nombre maximal d?autorisations temporaires de
changement d?usage qui peuvent être délivrées ou la part
maximale de locaux à usage d?habitation qui peuvent faire
l?objet d?une telle autorisation. Dans ce dernier cas, il est
conseillé de préciser comment cette part est évaluée et,
le cas échéant, à quelle fréquence elle est réévaluée, pour
tenir compte d?éventuels changements.
? La durée pour laquelle les autorisations temporai-
res de changement d?usage sont délivrées. Cette durée
doit être identique pour toutes les autorisations, et être
inférieure à cinq ans.
? La procédure de sélection entre les candidats. Cette
procédure doit être publique et transparente. Elle doit
comprendre notamment les délais des dépôts de candi-
dature (par exemple, fixer une date ou un délai de dépôt
des candidatures, des critères de sélection, le cas échéant
si les autorisations sont attribuées par ordre de dépôt
de demande, etc.). Afin de ne pas empêcher l?entrée de
nouveaux arrivants sur le marché, et conformément aux
critères du droit européen, les autorisations ne doivent
pas pouvoir être renouvelées automatiquement, ni con-
férer d?autres avantages aux personnes qui en sont déjà
titulaires (cf. notamment les articles 9 à 12 de la directive
services »).
3.3 Pour protéger les résidences principales :
la servitude de résidence principale
3.3.1 En quoi consiste la servitude de résidence principale ?
La faculté, pour certaines communes, d?imposer une « servi-
tude de résidence principale », a été introduite par la loi du
19 novembre 2024 (article L. 151-14-1 du code de l?urbanisme).
Elle ne constitue pas directement une mesure de régulation
des meublés de tourisme, dans la mesure où son champ est
plus large.
Il s?agit, dans les communes où il n?est pas toujours facile
de construire pour répondre à une demande croissante de
logements, et où la tension sur le marché est déjà forte, de
s?assurer que les nouvelles constructions répondent prior-
itairement aux besoins de ceux qui souhaitent s?installer de
manière durable, pour faire vivre les territoires.
Lorsqu?une servitude de résidence principale est mise en
oeuvre, tous les nouveaux logements construits doivent
être à usage exclusif de résidence principale23, y compris
lorsqu?ils sont revendus ou lorsqu?ils changent de locataires.
Cette servitude doit obligatoirement, et à peine de nullité,
être mentionnée dans les actes de vente et de location des
logements concernés.
3.3.2 Quelles sont les conséquences du non-respect de
cette servitude ?
Le non-respect de l?obligation d?occuper un logement à titre
exclusif de résidence principale est un motif de résiliation de
plein droit du bail (cf. points g de l?article 4 et h de l?article 7
de la loi du 6 juillet 1989 précitée).
Cette résiliation peut intervenir après que le maire a mis le
propriétaire ou le locataire en demeure de régulariser la sit-
uation dans un délai maximal d?un an, prorogeable d?un an.
Il peut assortir cette mise en demeure d?une astreinte jour-
nalière maximale de 1 000 ¤, cumulable dans la limite de
100 000 ¤ au total (II de l?article L. 481-4 du code de l?urbanisme).
3.3.3 Comment mettre en oeuvre la servitude de résidence
principale ?
La servitude de résidence principale doit être inscrite dans
le plan local d?urbanisme (PLU) de la commune qui la met
en oeuvre.
Pour mettre en oeuvre cette servitude, le III de l?article L.
153-31 du code de l?urbanisme dispose que le PLU peut être
modifié selon la procédure simplifiée prévue aux articles L.
153-45 à L. 153-48 du même code.
Elle peut s?appliquer dans les zones urbaines ou à urbaniser
sur tout le territoire communal, ou bien seulement dans des
secteurs délimités par le PLU. Lorsque cette délimitation est
modifiée ultérieurement, la servitude de résidence principale
ne s?applique plus aux locaux compris dans un secteur qui
n?est plus soumis à la servitude.
3.3.4 Dans quelles communes peut-elle être mise en oeuvre ?
Cette mesure peut être mise en oeuvre uniquement dans les
communes où s?applique la taxe sur les logements vacants
(TLV)24 , ou dans celles dans lesquelles plus de 20 % des loge-
ments sont déjà des résidences secondaires.
23 Au sens de l?article 2 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs et portant modification de la loi n° 86-1290 du 23
décembre 1986.
24cf. décret n° 2013-392 du 10 mai 2013 relatif au champ d'application de la taxe annuelle sur les logements vacants instituée par l'article 232 du code
général des impôts
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
31
25 Cf. notamment le rapport « Propositions de réforme de la fiscalité locative » de mai 2024, établi par Annaïg Le Meur (députée du Finistère) avec l?IGF
et l?IGEDD, notamment les graphiques 16 à 19, qui calculent le bénéfice net d?impôts pour des appartements de 40 m² loués à Paris, Montpellier, La
Rochelle et Annecy, en meublé de tourisme ou en location nue.
3.4 Pour protéger l?habitat permanent dans les zones
tendues : le changement d?usage
3.4.1 Pourquoi limiter la durée de location des résidences
principales ?
La durée de location des résidences principales comme meu-
blés de tourisme est réglementée afin de protéger les rési-
dences principales et de garantir l?efficacité de la procédure
de changement d?usage. En effet, faute de telle limite, il serait
possible de faussement déclarer un local comme résidence
principale et d?échapper ainsi à l?autorisation de change-
ment d?usage. Chacune de ces fausses résidences principales
viendrait diminuer le stock de logements disponibles pour
la population permanente.
Par ailleurs, cette durée de location peut aussi être limitée
pour d?autres raisons, comme en atteste la possibilité, prévue
par la loi du 19 novembre 2024, d?abaisser cette limite jusqu?à
90 jours, dans les communes qui le souhaitent. En effet, si
la location de résidences principales comme meublés de
tourisme n?a en principe pas d?effet direct sur l?offre de loge-
ments, celle-ci peut néanmoins avoir certains effets indésir-
ables : nuisances de voisinage, accentuation du sur-tourisme,
détérioration de l?environnement urbain, etc.
Le fait d?abaisser la durée maximale de location des résidences
principales peut en outre permettre de contribuer à lutter
contre la fraude, ou contre les effets d?aubaine. Dans certaines
communes, la rentabilité d?une location comme meublé de
tourisme peut en effet être telle qu?elle dépasse celle d?une
location classique en une fraction du temps ? parfois même
en moins de 120 jours 25.
Dans tous les cas, la fixation d?une durée maximale inférieure
à 120 jours constituant une entrave à la liberté des loueurs,
elle doit donc s?appuyer sur un motif impérieux d?intérêt
général, et rester proportionnée.
3.4.2 Quelle est la durée maximale de location des rési-
dences principales ?
La durée maximale de location pour les résidences prin-
cipales découle des dispositions légales définissant la rés-
idence principale. Elle peut également, depuis la loi du 19
novembre 2024, être diminuée, en vertu de dispositions
du code du tourisme.
La résidence principale est définie comme celle occupée
pendant au moins huit mois dans l?année, sauf obligation
professionnelle, cas de force majeure ou raison de santé
(article 2 de la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les
rapports locatifs). De ce fait, louer un logement plus de
120 jours fait perdre son caractère de résidence principale
au bien concerné, de sorte que le régime de la résidence
secondaire devient applicable.
Dans les communes concernées, un logement qui con-
stitue une résidence secondaire ne peut pas être mis en
location comme meublé de tourisme sans avoir obtenu
au préalable une autorisation de changement d?usage
(cf. supra).
Le code du tourisme précise par ailleurs que, dans les com-
munes qui mettent en oeuvre le numéro d?enregistrement
des meublés, une résidence principale ne peut pas être
louée plus de 120 jours par année civile ? sauf obligation
professionnelle, raison de santé ou cas de force majeure
(art. L. 324-1-1). Il appartient en outre aux plateformes
d?empêcher la location par leur intermédiaire d?une rés-
idence principale au-delà de 120 jours (II de l?article L.
324-2-1). A compter de mai 2026, et de la généralisation
de l?enregistrement, ces dispositions s?appliqueront dans
toutes les communes.
Cette durée maximale s?entend toujours par année civile.
3.4.3 Comment réduire cette durée, dans la limite de 90
jours ?
Depuis le 1er janvier 2025, les communes qui appliquent le
numéro d?enregistrement (et, à partir de mai 2026, toutes
les communes) ont la possibilité d?abaisser le nombre
maximal de jours de location comme meublé de tourisme
des résidences principales, dans la limite de 90 jours. Elles
peuvent donc fixer une durée maximale comprise entre
90 et 119 jours.
Cette décision est prise par délibération, qui doit impéra-
tivement être motivée au regard de la situation particu-
lière de la commune.
Il convient de signaler que, ces durées maximales s?ap-
pliquant sur l?année civile, il est recommandé, soit d?en
prévoir l?application à compter du 1er janvier de l?année
suivant la prise de la délibération, soit de prévoir, pour la
première année, une mesure transitoire tenant compte
des jours de location déjà effectués avant l?entrée en
vigueur de la réglementation.
Il convient de noter que l?abaissement de la durée maxi-
male de location n?a pas pour conséquence de faire passer
les logements loués entre 90 et 120 jours dans le champ de
la réglementation de changement d?usage, qui continue
de ne s?appliquer qu?à partir de 120 jours.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
https://www.info.gouv.fr/upload/media/content/0001/11/63206ab0cf86146c6b1ea9db025fde1fed0f3bef.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000037669833/
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000037669833/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074073/LEGISCTA000006158462/#LEGISCTA000006158462
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074073/LEGISCTA000006158462/#LEGISCTA000006158462
32
3.5.1 Pourquoi protéger les locaux autres que des logements ?
Si la procédure de changement d?usage protège effica-
cement les seuls locaux à usage d?habitation, les autres
locaux peuvent, en règle générale, être loués librement
comme meublés de tourisme sans autorisation préalable
ni limite de durée.
Or, dans certaines communes, le fort développement des
meublés de tourisme peut avoir des conséquences y com-
pris sur ces locaux. Des pénuries de bureaux, ou encore
de surfaces commerciales, ont ainsi pu être signalées.
C?est pourquoi la loi dite « engagement et proximité »
de 2019 a introduit la possibilité de soumettre dans un
premier temps les seuls locaux commerciaux à autorisa-
tion préalable de mise en location comme meublés de
tourisme (IV bis de l?art. L. 324-1-1 du code du tourisme).
Depuis la loi du 19 novembre 2024, cette faculté est éten-
due à tous les locaux qui ne sont pas à usage d?habitation.
Ainsi, la loi de 2024 réalise un « bouclage » des procédures
d?autorisation, qui permet aux communes qui le sou-
haitent de soumettre à autorisation tous les nouveaux
meublés de tourisme, soit au moyen de la procédure de
changement d?usage pour les locaux à usage d?habitation,
soit au moyen de l?autorisation du code du tourisme pour
tous les autres locaux.
La mise en location sans autorisation d?un local à usage
autre que d?habitation comme meublé de tourisme, dans
les communes concernées, est passible d?une amende
de 25 000 ¤.
3.5.2 Comment mettre en oeuvre l?autorisation du code du
tourisme
La mise en oeuvre de l?autorisation du code du tourisme
est possible dans les seules communes qui appliquent
également la procédure de changement d?usage26 .
En pratique, les communes qui souhaitent mettre en
oeuvre cette autorisation doivent prendre une délibéra-
tion, qui précise notamment :
? Les principes de mise en oeuvre des objectifs de pro-
tection de l?environnement urbain et d?équilibre entre
emploi, habitat, commerces et services. Il importe en
particulier d?expliquer en quoi la commune connaît des
difficultés particulières se rapportant à ces objectifs
(par exemple : pénurie d?espaces commerciaux, notam-
ment pour satisfaire les besoins de la population per-
manente, pénurie de bureaux, ou autres effets négatifs
d?une surconcentration de meublés de tourisme). La
jurisprudence européenne insiste sur le fait qu?un régime
d?autorisation doit poursuivre un motif impérieux d?intérêt
général, et que les mesures mises en oeuvre doivent être
proportionnées à cet objectif ? aussi, la commune qui
choisit d?appliquer cet outil de régulation doit être en
mesure de démontrer qu?elle satisfait bien aux exigences
européennes.
? Les critères qui seront appliqués pour délivrer, ou non,
des autorisations. Ces critères doivent être proportionnés,
objectifs et transparents. Ils peuvent être différenciés ter-
ritorialement, selon la situation et les besoins de certains
quartiers ou zones. Une telle différenciation peut d?ailleurs
être un élément tendant à démontrer la proportionnalité
des mesures prises, puisqu?elle peut démontrer que la
commune a limité les mesures contraignantes aux zones
où celles-ci sont les plus nécessaires.
3.5.3 Comment cette autorisation s?articule-t-elle avec l?au-
torisation de changement d?usage ?
L?autorisation du code du tourisme ne concerne que les
locaux à usage autre que d?habitation, qui ne sont pas con-
cernés par l?autorisation de changement d?usage. Les deux
autorisations ne devraient donc jamais être demandées
simultanément pour le même local.
3.5 Pour protéger les locaux autres que les logements :
l?autorisation de l?article L. 324-1-1 du code du tourisme
26 A compter de mai 2026 au plus tard. D?ici-là, cette procédure peut être mise en oeuvre par toutes les communes qui ont instauré une procédure
d?enregistrement.
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
33
3.6 De quelles amendes sont sanctionnées les infractions
à la réglementation sur les meublés de tourisme ?
Le non-respect de la réglementation sur les meublés de
tourisme est passible d?amendes importantes. Ces sanc-
tions sont soit civiles, c?est-à-dire qu?elles sont prononcées
par le tribunal judiciaire dans le ressort duquel est situé
le meublé de tourisme, soit administratives, c?est-à-dire
imposées directement par le maire.
Il incombe à chaque commune d?effectuer, à l?aide des
outils décrits dans le présent guide, tous les contrôles
nécessaires, et, selon les cas, d?imposer les amendes, ou
de porter d?éventuelles infractions au contentieux en
apportant les preuves. Il n?existe pas de preuve spécifique ;
il s?agit d?apporter au tribunal tous les éléments recueillis
conformément à la loi et qui permettent d?établir la réalité
du manquement reproché.
Le tribunal judiciaire est saisi par assignation, selon la
procédure accélérée au fond dont les modalités sont
définies par l?article 481-1 du code de procédure civile.
Cette procédure contradictoire permet d?obtenir un juge-
ment dans un délai plus bref que la procédure normale
et les ordonnances rendues sont exécutoires de droit à
titre provisoire, nonobstant appel.
Les amendes sont prononcées au profit des communes.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
34
Sanctions Personne
concernée
Type
d?amende
C = civile
A = admin
Montant
maximal
par
meublé
Fondement
juridique En vigueur
Défaut de déclaration simple
d?un meublé de tourisme Loueur C 450 ¤ R. 324-1-2 CT Jusqu?en mai 2026
Défaut d?enregistrement du meublé de tourisme
Loueur C 5 000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en mai 2026
Loueur A 10 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Fausse déclaration lors de l?enregistrement Loueur A 20 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Utilisation d?un faux numéro d?enregistrement Loueur A 20 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Non-respect de l?injonction de retrait d?une
annonce frauduleuse Plateforme C 50 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Non-respect de la durée maximale
de location des résidences principales
Loueur C 10000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en mai 2026
Loueur C 25000 ¤ L. 324-1-1 CT Depuis mai 2026
Défaut d?autorisation pour les locaux commerciaux Loueur C 25 000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en mai 2026
Défaut d?autorisation pour les locaux autres que
les logements Loueur C 25 000 ¤ L. 324-1-1 CT Depuis mai 2026
Défaut d?affichage du numéro d?enregistrement Plateforme C 12 500 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Défaut d?information légale des loueurs Plateforme C 12 500 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Défaut de transmission des relevés de nuitées
Loueur C 10 000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en novembre 2024
Loueur C 15 000 ¤ L. 324-1-1 CT A compter de
novembre 2024
Défaut de transmission des données
à la commune ou au portail numérique unique Plateforme C 50 000 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Défaut de retrait des annonces ayant dépassé
la durée maximale autorisée Plateforme C 50 000 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Non-respect des exigences de performance
énergétique Loueur A 5 000 ¤27 L. 324-2-2 CT A partir de 2034
Défaut d?autorisation de changement d?usage 28
Loueur C 50 000 ¤ L. 651-2 CCH Jusqu?en novembre
2024
Loueur C 100 000 ¤ L. 651-2 CCH A partir
de novembre 2024
Aide à la fraude Intermédiaire
(conciergerie?) C 100 000 ¤ L. 651-2-1 CCH Depuis
novembre 2024
Obstruction aux missions des agents
assermentés (ex : refus de visite du local) Loueur C 2 250 ¤ L 651-4 CCH Inchangé
3.6.1 Les amendes maximales applicables
27 En cas de non-transmission du DPE en cours de validité, dans les deux mois suivant la demande de la commune, une astreinte administrative
de 100 ¤ par jour de retard peut également être prononcée.
28 Le tribunal compétent peut, en outre, sur assignation de la commune dans laquelle est situé le local irrégulièrement transformé ou de
l?Agence nationale de l'habitat (Anah), ordonner le retour de ce local à son usage d?habitation, dans un délai qu?il fixe. A l?expiration de ce
délai, il peut prononcer une astreinte maximale de 1000 ¤ par jour et par mètre carré utile du local irrégulièrement transformé.
35
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
36
LA FISCALITÉ DES
MEUBLÉS DE TOURISME
4
37
4.1 L'imposition des revenus de la location des meublés de
tourisme
L?imposition des revenus de la location des meublés de tour-
isme passe principalement par le régime dit du « micro-BIC »
(micro-bénéfices industriels et commerciaux). Ce régime,
par le passé très avantageux pour les meublés de tourisme,
a été modifié par la loi de finances pour 2024 puis par la loi
du 19 novembre 2024.
L?objectif était de réduire l?avantage accordé aux meublés de
tourisme, voire d?aligner leur régime sur celui applicable aux
locations nues dans le cadre du régime dit « micro-foncier »,
afin de ne pas inciter fiscalement à un type de location qui
est déjà très avantageux.
Ainsi, entre les revenus locatifs perçus en 2023, et ceux perçus
en 2025, l?abattement pour les meublés de tourisme passe
de 50 à 30 % lorsque le meublé n?est pas classé, et de 71 à
50 % lorsqu?il est classé. Les meublés non classés sont donc
alignés sur le régime micro-foncier de la location nue, et les
meublés classés conservent un avantage réduit.
De même, les plafonds d?application du régime micro-BIC
sont, pour les mêmes périodes, diminués de 77 700 à 15
000 ¤ pour les meublés de tourisme non classés (alignés sur
le régime micro-foncier de la location nue), et ces plafonds
pour les meublés de tourisme classés sont diminués de 188
700 à 77 700 ¤, soit un avantage nettement réduit par rap-
port au passé.
Régime fiscal micro-BIC
pour les revenus de location
2025
Abattement
(2023 ? 2025)
Plafond d?application
du régime micro-BIC
(2023 ? 2025)
Meublés de tourisme
non classés 50 % ? 30 % 77 700 ? 15 000 ¤
Meublés de tourisme classés 71% ? 50 % 188 700 ??77 700 ¤
Location nue (micro-foncier,
pour comparaison) 30 % 15 000 ¤
L?imposition des revenus peut également avoir lieu par le
régime réel, soit que le loueur décide de s?y assujettir volon-
tairement, soit qu?il en soit obligé s?il dépasse les plafonds
du micro-BIC. Ce régime n?a pas été modifié par la loi du 19
novembre 2024.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
38
4.2 La taxe de séjour
4.2.1 Comment la taxe de séjour s?applique-t-elle aux meu-
blés de tourisme ?
La taxe de séjour peut être instaurée sous certaines condi-
tions par le conseil municipal ou par l?organe délibérant d?un
établissement public de coopération intercommunale (EPCI),
qui en fixe le tarif, dans des limites déterminées par la loi 29.
Sont notamment concernées :
? Les communes touristiques,
? Les stations classées de tourisme,
? Les communes littorales,
? Les communes de montagne,
? Les communes qui réalisent des actions de promotion en
faveur du tourisme ainsi que celles qui réalisent des actions
de protection et de gestion de leur espace naturel.
La taxe de séjour peut également être instituée par les EPCI,
quel que soit leur régime fiscal, dans les mêmes conditions
que pour les communes.
Dans les communes qui appliquent la taxe de séjour, les meu-
blés de tourisme, qu?ils soient classés ou non, y sont soumis.
A noter que la taxe de séjour est indépendante des autres
dispositifs de la réglementation sur les meublés de tourisme.
En particulier, une commune peut appliquer la taxe de séjour,
qu?elle applique ou non le changement d?usage et le numéro
d?enregistrement.
4.2.2 Quelles plateformes sont concernées par la collecte
de la taxe de séjour ?
La collecte de la taxe de séjour est obligatoirement effectuée
par les seules plateformes en ligne, dès lors qu?elles agissent
en qualité d?intermédiaires de paiement pour le compte de
loueurs non professionnels. Cette collecte est optionnelle
pour les loueurs professionnels, qui peuvent choisir d?y
procéder eux-mêmes. En effet, ces plateformes disposent
d?une information privilégiée sur les réservations, les sommes
payées, etc. Elles reversent ensuite cette taxe de séjour à la
commune ou à l?EPCI concerné.
Les plateformes par lesquelles les hébergeurs professionnels
louent leurs biens, qu?elles soient intermédiaires de paiement
ou non, ne sont préposées à la collecte de la taxe de séjour et
à l?exécution des formalités administratives correspondantes
que si elles ont été habilitées à cet effet par les loueurs. Il en
est de même pour les plateformes par lesquelles les héber-
geurs non professionnels louent leurs biens et qui ne sont pas
intermédiaires de paiement. Dans ces deux derniers cas, en
l?absence de mandat donné à la plateforme, c?est au loueur
qu?il incombe de collecter la taxe de séjour.
4.2.3 Informations complémentaires sur la taxe de séjour
La direction générale des collectivités locales (DGCL) publie,
en lien avec la direction générale des entreprises (DGE), un
guide pratique complet concernant l?application de la taxe
de séjour. Ce guide est disponible à l?adresse suivante :
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/finances-locales/
taxe-de-sejour
29 Pour les tarifs de la taxe de séjour, cf. les articles L. 2333-30 et L. 2333-41 du code général des collectivités territoriales.
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/finances-locales/taxe-de-sejour
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/finances-locales/taxe-de-sejour
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042913393/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042913393/
39
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
40
MIEUX CONNAÎTRE LES
MEUBLÉS DE TOURISME
DANS MA COMMUNE
5
41
5.1 Pourquoi est-il indispensable de bien connaître
la situation des meublés de tourisme dans ma commune ?
5.2 Comment mieux connaître la situation des meublés de
tourisme dans ma commune ?
La régulation des meublés de tourisme est largement
de la responsabilité des communes, qui peuvent, selon
leur situation, choisir de mettre en oeuvre et d?adapter
à leurs besoins des outils mis à disposition par la loi et
le règlement.
Ces outils de régulation constituent des contraintes, à
la fois pour les particuliers et pour les plateformes. Il
importe donc de s?assurer, avant toute régulation, que
celle-ci répond bien à un besoin dans la commune, et
qu?elle est proportionnée au regard des objectifs qu?elle
poursuit. Pour cela, il est nécessaire de connaître le mieux
possible les caractéristiques de la commune, et tout par-
ticulièrement de son marché des meublés de tourisme.
Comme le rappelle notamment la Cour de justice de
l?Union européenne30 , il appartient au juge, national et
européen, et donc également aux autorités publiques
lorsqu?elles mettent en oeuvre les outils prévus par la
loi, de s?assurer :
1. Que la régulation poursuit bien un motif impérieux
d?intérêt général (c?est le cas par exemple pour les régu-
lations ayant pour objet de lutter contre la pénurie de
logements pour la population permanente) ;
2. Que le même objectif ne saurait être atteint par des
moyens moins contraignants (critère de proportionnal-
ité). A cet égard, il peut s?avérer judicieux, lorsque c?est
possible, de faire une application différenciée de la régle-
mentation, par exemple en fonction de la situation de
certains quartiers.
Dans les deux cas, en cas de contentieux, il appartien-
dra à la commune de démontrer, non seulement qu?une
régulation est bien nécessaire au regard de sa situation,
mais également que les modalités de régulation choisies
sont bien proportionnées à l?objectif recherché. Cette
démonstration peut être faite par exemple au moyen
d?études, d?analyses, d?indicateurs, etc. Elle nécessite donc
une bonne connaissance de la situation particulière de
la commune.
Afin de mieux connaître la situation et les besoins d?une
commune, il est recommandé de procéder à plusieurs
types d?analyses :
1. Ma commune connaît-elle une tension particulière sur
le marché du logement ? Celle-ci se traduit-elle par des
loyers ou des prix particulièrement élevés ?
2. Certaines populations ont-elles particulièrement du
mal à se loger (jeunes, étudiants, saisonniers) ?
3. Cette tension est-elle aggravée par la présence de meu-
blés de tourisme ?
4. Quelles sont les caractéristiques des meublés de tour-
isme dans ma commune : résidences principales ou sec-
ondaires ? anciens locaux commerciaux ? loués à l?année
ou seulement pendant la saison touristique ? sont-ils par-
ticulièrement concentrés dans certains quartiers ?
5. Les meublés de tourisme de ma commune affectent-ils
les services (commerces, équipements) destinés à la pop-
ulation permanente ? Si oui, comment ?
6. Les meublés de tourisme de ma commune engen-
drent-ils des nuisances (bruit, incivilités), en particulier
dans les quartiers où ils sont les plus concentrés ? On
pourra à cette fin notamment étudier les signalements
effectués.
7. Les meublés de tourisme de ma commune con-
tribuent-ils à un surtourisme qui nuit à l?environnement,
ou à l?environnement urbain ?
Ces études et analyses peuvent être menées au niveau
de la commune, mais il peut également être intéressant
de vérifier si des équipes de recherche travaillent déjà,
ou seraient intéressées de travailler, sur ces questions.
30 Cf. notamment l?arrêt dit « Cali » (C-724-18) de la CJUE du 22 septembre 2020.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=231406&pageIndex=0&do-
42
5.3 Les données transmises via l?API « meublés »
5.3.1 Quelles sont les données transmises via l?API ?
Les données obligatoirement transmises par les plate-
formes, et mises à disposition des communes ou des EPCI
via l?API, sont, pour chaque meublé concerné :
? le numéro de déclaration du meublé de tourisme
obtenu en application des dispositions du III de l?arti-
cle L. 324-1-1 du code du tourisme ;
? l?adresse réticulaire de la ou des annonces de location ;
? l?adresse précise du meublé de tourisme ;
? le nombre de jours au cours desquels ce meublé de
tourisme a fait l'objet d'une location par l?intermédiaire
des personnes mentionnées au I de l'article L. 324-2-1
du code du tourisme31 pour l?année en cours et pour
l?année précédente, avec le détail du nombre de jours
pour chacune de ces personnes et pour chacun des
mois ou des trimestres de l?année en cours et de l?an-
née précédente.
En outre, les données suivantes sont mises à disposition
des communes, si elles ont été préalablement adressées
à l?API par les communes ou par les plateformes via l?API :
? la caractérisation éventuelle par la commune de la
validité du numéro de déclaration du meublé de tour-
isme obtenu en application des dispositions du III de
l?article L. 324-1-1 du code du tourisme ou de l?actualité
de l?activité de location du meublé de tourisme ;
? l?identifiant fiscal du local ;
? le fait que le meublé de tourisme constitue ou non la
résidence principale du loueur au sens de l'article 2 de
la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer
les rapports locatifs et portant modification de la loi
n° 86-1290 du 23 décembre 1986 ;
? le fait que le meublé est loué ou non dans le cadre
d'une activité professionnelle ;
? le fait que le logement est accessible aux personnes
en situation de handicap ;
? le nombre de pièces composant le meublé ;
? le nombre de lits du meublé ;
? le niveau de classement ou de toute autre reconnais-
sance de qualité des meublés de tourisme ;
? la date de la décision de classement ;
? si le loueur est une personne physique, ses nom et
prénom ;
? si le loueur est une personne morale, sa dénomination
et le nom d?un de ses ou de ses représentants légaux ;
? le numéro SIRET du loueur ;
? l?adresse du loueur ;
? l?adresse électronique du loueur.
31 Soit « toute personne qui se livre ou prête son concours contre rémunération ou à titre gratuit, par une activité d'entremise ou de négociation
ou par la mise à disposition d'une plateforme numérique, à la mise en location d'un meublé de tourisme », autrement dit tout intermédiaire
de location de meublés de tourisme.
43
32 https://www.observatoires-des-loyers.org/
33 https://www.ecologie.gouv.fr/carte-des-loyers
34 https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Short-stay_accommodation_offered_via_online_collaborative_economy_platforms
5.3.2 Comment ces données peuvent-elles être utilisées,
dans le cadre du RGPD ?
Les données collectées par une commune au titre de la
loi ELAN sont des données administratives. Elles peuvent
être exploitées pour les finalités inscrites dans la loi (con-
trôle du respect de la réglementation), mais également
à des fins statistiques ou de recherche.
Il n?en s?agit pas moins de données personnelles, qui sont
donc protégées. A ce titre, il incombe à la commune de
s?assurer de la sécurité de ces données, et de la confi-
dentialité de leur traitement, conformément à la régle-
mentation en vigueur et, de manière plus générale, de
respecter l?ensemble des obligations posées par la loi
Informatique et libertés du 6 janvier 1978 et le RGPD ? y
compris lorsqu?elle les met à disposition de tiers à des
fins statistiques ou de recherche.
En particulier, lorsque la commune communique pub-
liquement sur ces données, elle doit s?assurer de les ano-
nymiser de manière à se prévenir notamment contre le
risque de « réidentification » des personnes concernées.
5.4 Les autres données disponibles
5.4.1 Les données transmises par les plateformes aux collec-
tivités qui appliquent la taxe de séjour
Afin de permettre le contrôle et la vérification des som-
mes reversées au titre de la taxe de séjour, les plateformes
numériques qui la collectent sont tenues de transmettre
deux fois par an, aux collectivités territoriales concernées,
un état détaillé qui comprend, conformément à l?article
L. 2333-34 du code général des collectivités territoriales,
pour chaque hébergement loué sur le territoire de la col-
lectivité concernée et pour chaque perception effectuée :
? la date à laquelle débute le séjour,
? la date de perception de la taxe,
? l?adresse de l?hébergement,
? le nombre de personnes ayant séjourné,
? le nombre de nuitées concernées,
? le prix de chaque nuitée réalisée (lorsque l?hébergement
n?est pas classé),
? le montant de la taxe perçue,
? le numéro d?enregistrement de l?hébergement (dans
les communes concernées),
? et les motifs d?exonération de la taxe (le cas échéant).
Attention : La notion de « nuitée » pour la taxe de séjour
est différente de celle pour ce qui concerne l?applica-
tion des dispositions du code du tourisme concernant
la transmission des données d?activité des meublés de
tourisme. Ainsi, dans le domaine de la taxe de séjour, la
nuitée se calcule par personne, alors que pour le code
du tourisme, elle se calcule par hébergement. Ainsi, un
appartement loué deux nuits à trois personnes comptera
pour 6 nuitées de taxe de séjour, mais seulement pour
deux nuitées au titre des données transmises dans le cadre
du code du tourisme.
Ces informations, bien qu?elles se recoupent avec cer-
taines informations demandées dans le cadre du code
du tourisme (adresse, nombre de nuitées) relèvent bien
d?une procédure distincte de ce code, et répondent à
d?autres objectifs.
Aussi, une plateforme ne peut se prévaloir de ce qu?elle
a déjà transmis les informations relatives à la taxe de
séjour pour refuser de transmettre celles demandées
dans le cadre du code du tourisme (dans les communes
concernées).
5.4.2 Les autres données
Outre les données issues de l?API « meublés » et les don-
nées transmises au titre de la taxe de séjour, les sources
de données suivantes peuvent éventuellement être mobil-
isées afin de mener des études et analyses sur les meublés
de tourisme :
? Les données publiées par les observatoires locaux des
loyers32 (pour les communes qui sont couvertes par
un tel observatoire), ou celles de la « carte des loyers »
publiée par le ministère du logement33 - pour connaître
le niveau des loyers dans la commune ;
? Les données d?enquêtes publiques : notamment l?en-
quête de suivi de la demande tourisme (DGE/Insee) et
l?enquête logement du Commissariat général au dével-
oppement durable (CGDD) ;
? Certaines données, fournies par les plateformes, sont
collectées et publiées depuis fin juin 2021 par Eurostat34;
? Par ailleurs, et pour information, des données issues du «
moissonnage » (ou scraping ? technique de récupération
automatique de données en ligne) sont proposées par
des entreprises, souvent de manière payante. Elles peu-
vent présenter des défauts et parfois être contestées,
mais demeurent des outils intéressants pour les réflex-
ions en amont ;
? Enfin, certaines plateformes peuvent être disposées à
communiquer des données volontairement, soit dans
le cadre d?études ou de projets de recherche, en parte-
nariat avec l?Etat, ou directement aux communes. Il
convient pour cela de se rapprocher directement des
plateformes concernées.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
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5.5 Bibliographie sélective sur les meublés de tourisme
5.5.1 Rapports
? « Propositions de réforme de la fiscalité locative », Mai
2024 ? rapport établi par Annaïg Le Meur (députée du
Finistère) avec l?IGF et l?IGEDD
?Lutte contre l?attrition des résidences principales dans
les zones touristiques en Corse et sur le territoire con-
tinental, Juin 2022 ? rapport de la mission de l?IGF, du
CGEDD, et de l?IGA
5.5.2 Quelques études et analyses sur les meublés de tourisme
? « Housing Under Platform Capitalism ? The Contentious Reg-
ulation of Short-Term Rentals in European Cities » par Thomas
AGUILERA, Francesca ARTIOLI et Claire COLOMB, Juin
2025, University of California Press (en anglais)
? « Les locations meublées dans la Métropole du Grand Paris
et à Paris en 2024 », Note de l?APUR, mars 2025.
? « Airbnb des villes et des champs à l?épreuve de la Covid-19. »
par LING, Yuheng., ALLAM, Yacine., BREUILLÉ, Marie-Laure.,
GRIVAULT, Camille., LE GALLO, Julie. Revue d'économie
industrielle, 2024/2 n° 186, pp. 9-88.
? « Observer et réguler les locations de meublés de courte
durée », Séminaire du 18 novembre 2022 organisé par le
CEREMA (en vidéo).
? « Quel impact de la crise de la Covid-19 sur les locations meu-
blées touristiques à Paris ? », Note de l?APUR, octobre 2021.
? « Does Airbnb Disrupt the Private Rental Market? An Empirical
Analysis for French Cities 35 », K. Ayouba, M.-L. Breuille, C.
Grivault, J. Le Gallo. In International Regional Science
Review, 2020 (accès payant).
? « La ville est à nous ! Comment encadrer Airbnb face à la
pénurie de logement », novembre 2020, Rapport de la
FEANTSA et de la Fondation Abbé Pierre.
? « Cet Airbnb dont on ne parle pas », Dominique Andrieu,
Julian Devaux, Nicolas Oppenchaim, Métropolitiques,
20 mai 2019.
De nombreuses études et rapports sont publiés chaque année sur le sujet des meublés de tourisme. La sélection
suivante ne prétend aucunement à l?exhaustivité, mais permet de donner quelques exemples du type d?analyses
qui sont produites.
35 https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0160017618821428
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013546
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/lutte-contre-l-attrition-des-residences-a3493.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/lutte-contre-l-attrition-des-residences-a3493.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/lutte-contre-l-attrition-des-residences-a3493.html
https://www.ucpress.edu/books/housing-under-platform-capitalism/paper
https://www.ucpress.edu/books/housing-under-platform-capitalism/paper
https://www.apur.org/fr/logement-hebergement/parc-prive/locations-meublees-metropole-grand-paris-paris-2024
https://www.apur.org/fr/logement-hebergement/parc-prive/locations-meublees-metropole-grand-paris-paris-2024
https://www.cerema.fr/fr/actualites/observer-reguler-locations-meubles-courte-duree-echanges-du
https://www.cerema.fr/fr/actualites/observer-reguler-locations-meubles-courte-duree-echanges-du
https://www.apur.org/fr/economie-emploi/tourisme-hotellerie/impact-crise-covid-19-locations-meublees-touristiques-paris
https://www.apur.org/fr/economie-emploi/tourisme-hotellerie/impact-crise-covid-19-locations-meublees-touristiques-paris
https://www.feantsa.org/fr/report/2020/11/18/the-city-is-ours-how-to-regulate-airbnb-in-the-face-of-a-housing-crisis
https://www.feantsa.org/fr/report/2020/11/18/the-city-is-ours-how-to-regulate-airbnb-in-the-face-of-a-housing-crisis
https://metropolitiques.eu/Cet-Airbnb-dont-on-ne-parle-pas.html
https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0160017618821428
45
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
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47
DICOM/MCL/25004 - Septembre 2025
Crédits photos : AdobeStock
Imprimé sur du papier certifié écolabel européen
(ATTENTION: OPTION ation doit poursuivre un motif impérieux d?intérêt
général, et que les mesures mises en oeuvre doivent être
proportionnées à cet objectif ? aussi, la commune qui
choisit d?appliquer cet outil de régulation doit être en
mesure de démontrer qu?elle satisfait bien aux exigences
européennes.
? Les critères qui seront appliqués pour délivrer, ou non,
des autorisations. Ces critères doivent être proportionnés,
objectifs et transparents. Ils peuvent être différenciés ter-
ritorialement, selon la situation et les besoins de certains
quartiers ou zones. Une telle différenciation peut d?ailleurs
être un élément tendant à démontrer la proportionnalité
des mesures prises, puisqu?elle peut démontrer que la
commune a limité les mesures contraignantes aux zones
où celles-ci sont les plus nécessaires.
3.5.3 Comment cette autorisation s?articule-t-elle avec l?au-
torisation de changement d?usage ?
L?autorisation du code du tourisme ne concerne que les
locaux à usage autre que d?habitation, qui ne sont pas con-
cernés par l?autorisation de changement d?usage. Les deux
autorisations ne devraient donc jamais être demandées
simultanément pour le même local.
3.5 Pour protéger les locaux autres que les logements :
l?autorisation de l?article L. 324-1-1 du code du tourisme
26 A compter de mai 2026 au plus tard. D?ici-là, cette procédure peut être mise en oeuvre par toutes les communes qui ont instauré une procédure
d?enregistrement.
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
33
3.6 De quelles amendes sont sanctionnées les infractions
à la réglementation sur les meublés de tourisme ?
Le non-respect de la réglementation sur les meublés de
tourisme est passible d?amendes importantes. Ces sanc-
tions sont soit civiles, c?est-à-dire qu?elles sont prononcées
par le tribunal judiciaire dans le ressort duquel est situé
le meublé de tourisme, soit administratives, c?est-à-dire
imposées directement par le maire.
Il incombe à chaque commune d?effectuer, à l?aide des
outils décrits dans le présent guide, tous les contrôles
nécessaires, et, selon les cas, d?imposer les amendes, ou
de porter d?éventuelles infractions au contentieux en
apportant les preuves. Il n?existe pas de preuve spécifique ;
il s?agit d?apporter au tribunal tous les éléments recueillis
conformément à la loi et qui permettent d?établir la réalité
du manquement reproché.
Le tribunal judiciaire est saisi par assignation, selon la
procédure accélérée au fond dont les modalités sont
définies par l?article 481-1 du code de procédure civile.
Cette procédure contradictoire permet d?obtenir un juge-
ment dans un délai plus bref que la procédure normale
et les ordonnances rendues sont exécutoires de droit à
titre provisoire, nonobstant appel.
Les amendes sont prononcées au profit des communes.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
34
Sanctions Personne
concernée
Type
d?amende
C = civile
A = admin
Montant
maximal
par
meublé
Fondement
juridique En vigueur
Défaut de déclaration simple
d?un meublé de tourisme Loueur C 450 ¤ R. 324-1-2 CT Jusqu?en mai 2026
Défaut d?enregistrement du meublé de tourisme
Loueur C 5 000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en mai 2026
Loueur A 10 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Fausse déclaration lors de l?enregistrement Loueur A 20 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Utilisation d?un faux numéro d?enregistrement Loueur A 20 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Non-respect de l?injonction de retrait d?une
annonce frauduleuse Plateforme C 50 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Non-respect de la durée maximale
de location des résidences principales
Loueur C 10000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en mai 2026
Loueur C 25000 ¤ L. 324-1-1 CT Depuis mai 2026
Défaut d?autorisation pour les locaux commerciaux Loueur C 25 000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en mai 2026
Défaut d?autorisation pour les locaux autres que
les logements Loueur C 25 000 ¤ L. 324-1-1 CT Depuis mai 2026
Défaut d?affichage du numéro d?enregistrement Plateforme C 12 500 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Défaut d?information légale des loueurs Plateforme C 12 500 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Défaut de transmission des relevés de nuitées
Loueur C 10 000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en novembre 2024
Loueur C 15 000 ¤ L. 324-1-1 CT A compter de
novembre 2024
Défaut de transmission des données
à la commune ou au portail numérique unique Plateforme C 50 000 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Défaut de retrait des annonces ayant dépassé
la durée maximale autorisée Plateforme C 50 000 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Non-respect des exigences de performance
énergétique Loueur A 5 000 ¤27 L. 324-2-2 CT A partir de 2034
Défaut d?autorisation de changement d?usage 28
Loueur C 50 000 ¤ L. 651-2 CCH Jusqu?en novembre
2024
Loueur C 100 000 ¤ L. 651-2 CCH A partir
de novembre 2024
Aide à la fraude Intermédiaire
(conciergerie?) C 100 000 ¤ L. 651-2-1 CCH Depuis
novembre 2024
Obstruction aux missions des agents
assermentés (ex : refus de visite du local) Loueur C 2 250 ¤ L 651-4 CCH Inchangé
3.6.1 Les amendes maximales applicables
27 En cas de non-transmission du DPE en cours de validité, dans les deux mois suivant la demande de la commune, une astreinte administrative
de 100 ¤ par jour de retard peut également être prononcée.
28 Le tribunal compétent peut, en outre, sur assignation de la commune dans laquelle est situé le local irrégulièrement transformé ou de
l?Agence nationale de l'habitat (Anah), ordonner le retour de ce local à son usage d?habitation, dans un délai qu?il fixe. A l?expiration de ce
délai, il peut prononcer une astreinte maximale de 1000 ¤ par jour et par mètre carré utile du local irrégulièrement transformé.
35
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
36
LA FISCALITÉ DES
MEUBLÉS DE TOURISME
4
37
4.1 L'imposition des revenus de la location des meublés de
tourisme
L?imposition des revenus de la location des meublés de tour-
isme passe principalement par le régime dit du « micro-BIC »
(micro-bénéfices industriels et commerciaux). Ce régime,
par le passé très avantageux pour les meublés de tourisme,
a été modifié par la loi de finances pour 2024 puis par la loi
du 19 novembre 2024.
L?objectif était de réduire l?avantage accordé aux meublés de
tourisme, voire d?aligner leur régime sur celui applicable aux
locations nues dans le cadre du régime dit « micro-foncier »,
afin de ne pas inciter fiscalement à un type de location qui
est déjà très avantageux.
Ainsi, entre les revenus locatifs perçus en 2023, et ceux perçus
en 2025, l?abattement pour les meublés de tourisme passe
de 50 à 30 % lorsque le meublé n?est pas classé, et de 71 à
50 % lorsqu?il est classé. Les meublés non classés sont donc
alignés sur le régime micro-foncier de la location nue, et les
meublés classés conservent un avantage réduit.
De même, les plafonds d?application du régime micro-BIC
sont, pour les mêmes périodes, diminués de 77 700 à 15
000 ¤ pour les meublés de tourisme non classés (alignés sur
le régime micro-foncier de la location nue), et ces plafonds
pour les meublés de tourisme classés sont diminués de 188
700 à 77 700 ¤, soit un avantage nettement réduit par rap-
port au passé.
Régime fiscal micro-BIC
pour les revenus de location
2025
Abattement
(2023 ? 2025)
Plafond d?application
du régime micro-BIC
(2023 ? 2025)
Meublés de tourisme
non classés 50 % ? 30 % 77 700 ? 15 000 ¤
Meublés de tourisme classés 71% ? 50 % 188 700 ??77 700 ¤
Location nue (micro-foncier,
pour comparaison) 30 % 15 000 ¤
L?imposition des revenus peut également avoir lieu par le
régime réel, soit que le loueur décide de s?y assujettir volon-
tairement, soit qu?il en soit obligé s?il dépasse les plafonds
du micro-BIC. Ce régime n?a pas été modifié par la loi du 19
novembre 2024.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
38
4.2 La taxe de séjour
4.2.1 Comment la taxe de séjour s?applique-t-elle aux meu-
blés de tourisme ?
La taxe de séjour peut être instaurée sous certaines condi-
tions par le conseil municipal ou par l?organe délibérant d?un
établissement public de coopération intercommunale (EPCI),
qui en fixe le tarif, dans des limites déterminées par la loi 29.
Sont notamment concernées :
? Les communes touristiques,
? Les stations classées de tourisme,
? Les communes littorales,
? Les communes de montagne,
? Les communes qui réalisent des actions de promotion en
faveur du tourisme ainsi que celles qui réalisent des actions
de protection et de gestion de leur espace naturel.
La taxe de séjour peut également être instituée par les EPCI,
quel que soit leur régime fiscal, dans les mêmes conditions
que pour les communes.
Dans les communes qui appliquent la taxe de séjour, les meu-
blés de tourisme, qu?ils soient classés ou non, y sont soumis.
A noter que la taxe de séjour est indépendante des autres
dispositifs de la réglementation sur les meublés de tourisme.
En particulier, une commune peut appliquer la taxe de séjour,
qu?elle applique ou non le changement d?usage et le numéro
d?enregistrement.
4.2.2 Quelles plateformes sont concernées par la collecte
de la taxe de séjour ?
La collecte de la taxe de séjour est obligatoirement effectuée
par les seules plateformes en ligne, dès lors qu?elles agissent
en qualité d?intermédiaires de paiement pour le compte de
loueurs non professionnels. Cette collecte est optionnelle
pour les loueurs professionnels, qui peuvent choisir d?y
procéder eux-mêmes. En effet, ces plateformes disposent
d?une information privilégiée sur les réservations, les sommes
payées, etc. Elles reversent ensuite cette taxe de séjour à la
commune ou à l?EPCI concerné.
Les plateformes par lesquelles les hébergeurs professionnels
louent leurs biens, qu?elles soient intermédiaires de paiement
ou non, ne sont préposées à la collecte de la taxe de séjour et
à l?exécution des formalités administratives correspondantes
que si elles ont été habilitées à cet effet par les loueurs. Il en
est de même pour les plateformes par lesquelles les héber-
geurs non professionnels louent leurs biens et qui ne sont pas
intermédiaires de paiement. Dans ces deux derniers cas, en
l?absence de mandat donné à la plateforme, c?est au loueur
qu?il incombe de collecter la taxe de séjour.
4.2.3 Informations complémentaires sur la taxe de séjour
La direction générale des collectivités locales (DGCL) publie,
en lien avec la direction générale des entreprises (DGE), un
guide pratique complet concernant l?application de la taxe
de séjour. Ce guide est disponible à l?adresse suivante :
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/finances-locales/
taxe-de-sejour
29 Pour les tarifs de la taxe de séjour, cf. les articles L. 2333-30 et L. 2333-41 du code général des collectivités territoriales.
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/finances-locales/taxe-de-sejour
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/finances-locales/taxe-de-sejour
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042913393/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042913393/
39
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
40
MIEUX CONNAÎTRE LES
MEUBLÉS DE TOURISME
DANS MA COMMUNE
5
41
5.1 Pourquoi est-il indispensable de bien connaître
la situation des meublés de tourisme dans ma commune ?
5.2 Comment mieux connaître la situation des meublés de
tourisme dans ma commune ?
La régulation des meublés de tourisme est largement
de la responsabilité des communes, qui peuvent, selon
leur situation, choisir de mettre en oeuvre et d?adapter
à leurs besoins des outils mis à disposition par la loi et
le règlement.
Ces outils de régulation constituent des contraintes, à
la fois pour les particuliers et pour les plateformes. Il
importe donc de s?assurer, avant toute régulation, que
celle-ci répond bien à un besoin dans la commune, et
qu?elle est proportionnée au regard des objectifs qu?elle
poursuit. Pour cela, il est nécessaire de connaître le mieux
possible les caractéristiques de la commune, et tout par-
ticulièrement de son marché des meublés de tourisme.
Comme le rappelle notamment la Cour de justice de
l?Union européenne30 , il appartient au juge, national et
européen, et donc également aux autorités publiques
lorsqu?elles mettent en oeuvre les outils prévus par la
loi, de s?assurer :
1. Que la régulation poursuit bien un motif impérieux
d?intérêt général (c?est le cas par exemple pour les régu-
lations ayant pour objet de lutter contre la pénurie de
logements pour la population permanente) ;
2. Que le même objectif ne saurait être atteint par des
moyens moins contraignants (critère de proportionnal-
ité). A cet égard, il peut s?avérer judicieux, lorsque c?est
possible, de faire une application différenciée de la régle-
mentation, par exemple en fonction de la situation de
certains quartiers.
Dans les deux cas, en cas de contentieux, il appartien-
dra à la commune de démontrer, non seulement qu?une
régulation est bien nécessaire au regard de sa situation,
mais également que les modalités de régulation choisies
sont bien proportionnées à l?objectif recherché. Cette
démonstration peut être faite par exemple au moyen
d?études, d?analyses, d?indicateurs, etc. Elle nécessite donc
une bonne connaissance de la situation particulière de
la commune.
Afin de mieux connaître la situation et les besoins d?une
commune, il est recommandé de procéder à plusieurs
types d?analyses :
1. Ma commune connaît-elle une tension particulière sur
le marché du logement ? Celle-ci se traduit-elle par des
loyers ou des prix particulièrement élevés ?
2. Certaines populations ont-elles particulièrement du
mal à se loger (jeunes, étudiants, saisonniers) ?
3. Cette tension est-elle aggravée par la présence de meu-
blés de tourisme ?
4. Quelles sont les caractéristiques des meublés de tour-
isme dans ma commune : résidences principales ou sec-
ondaires ? anciens locaux commerciaux ? loués à l?année
ou seulement pendant la saison touristique ? sont-ils par-
ticulièrement concentrés dans certains quartiers ?
5. Les meublés de tourisme de ma commune affectent-ils
les services (commerces, équipements) destinés à la pop-
ulation permanente ? Si oui, comment ?
6. Les meublés de tourisme de ma commune engen-
drent-ils des nuisances (bruit, incivilités), en particulier
dans les quartiers où ils sont les plus concentrés ? On
pourra à cette fin notamment étudier les signalements
effectués.
7. Les meublés de tourisme de ma commune con-
tribuent-ils à un surtourisme qui nuit à l?environnement,
ou à l?environnement urbain ?
Ces études et analyses peuvent être menées au niveau
de la commune, mais il peut également être intéressant
de vérifier si des équipes de recherche travaillent déjà,
ou seraient intéressées de travailler, sur ces questions.
30 Cf. notamment l?arrêt dit « Cali » (C-724-18) de la CJUE du 22 septembre 2020.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=231406&pageIndex=0&do-
42
5.3 Les données transmises via l?API « meublés »
5.3.1 Quelles sont les données transmises via l?API ?
Les données obligatoirement transmises par les plate-
formes, et mises à disposition des communes ou des EPCI
via l?API, sont, pour chaque meublé concerné :
? le numéro de déclaration du meublé de tourisme
obtenu en application des dispositions du III de l?arti-
cle L. 324-1-1 du code du tourisme ;
? l?adresse réticulaire de la ou des annonces de location ;
? l?adresse précise du meublé de tourisme ;
? le nombre de jours au cours desquels ce meublé de
tourisme a fait l'objet d'une location par l?intermédiaire
des personnes mentionnées au I de l'article L. 324-2-1
du code du tourisme31 pour l?année en cours et pour
l?année précédente, avec le détail du nombre de jours
pour chacune de ces personnes et pour chacun des
mois ou des trimestres de l?année en cours et de l?an-
née précédente.
En outre, les données suivantes sont mises à disposition
des communes, si elles ont été préalablement adressées
à l?API par les communes ou par les plateformes via l?API :
? la caractérisation éventuelle par la commune de la
validité du numéro de déclaration du meublé de tour-
isme obtenu en application des dispositions du III de
l?article L. 324-1-1 du code du tourisme ou de l?actualité
de l?activité de location du meublé de tourisme ;
? l?identifiant fiscal du local ;
? le fait que le meublé de tourisme constitue ou non la
résidence principale du loueur au sens de l'article 2 de
la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer
les rapports locatifs et portant modification de la loi
n° 86-1290 du 23 décembre 1986 ;
? le fait que le meublé est loué ou non dans le cadre
d'une activité professionnelle ;
? le fait que le logement est accessible aux personnes
en situation de handicap ;
? le nombre de pièces composant le meublé ;
? le nombre de lits du meublé ;
? le niveau de classement ou de toute autre reconnais-
sance de qualité des meublés de tourisme ;
? la date de la décision de classement ;
? si le loueur est une personne physique, ses nom et
prénom ;
? si le loueur est une personne morale, sa dénomination
et le nom d?un de ses ou de ses représentants légaux ;
? le numéro SIRET du loueur ;
? l?adresse du loueur ;
? l?adresse électronique du loueur.
31 Soit « toute personne qui se livre ou prête son concours contre rémunération ou à titre gratuit, par une activité d'entremise ou de négociation
ou par la mise à disposition d'une plateforme numérique, à la mise en location d'un meublé de tourisme », autrement dit tout intermédiaire
de location de meublés de tourisme.
43
32 https://www.observatoires-des-loyers.org/
33 https://www.ecologie.gouv.fr/carte-des-loyers
34 https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Short-stay_accommodation_offered_via_online_collaborative_economy_platforms
5.3.2 Comment ces données peuvent-elles être utilisées,
dans le cadre du RGPD ?
Les données collectées par une commune au titre de la
loi ELAN sont des données administratives. Elles peuvent
être exploitées pour les finalités inscrites dans la loi (con-
trôle du respect de la réglementation), mais également
à des fins statistiques ou de recherche.
Il n?en s?agit pas moins de données personnelles, qui sont
donc protégées. A ce titre, il incombe à la commune de
s?assurer de la sécurité de ces données, et de la confi-
dentialité de leur traitement, conformément à la régle-
mentation en vigueur et, de manière plus générale, de
respecter l?ensemble des obligations posées par la loi
Informatique et libertés du 6 janvier 1978 et le RGPD ? y
compris lorsqu?elle les met à disposition de tiers à des
fins statistiques ou de recherche.
En particulier, lorsque la commune communique pub-
liquement sur ces données, elle doit s?assurer de les ano-
nymiser de manière à se prévenir notamment contre le
risque de « réidentification » des personnes concernées.
5.4 Les autres données disponibles
5.4.1 Les données transmises par les plateformes aux collec-
tivités qui appliquent la taxe de séjour
Afin de permettre le contrôle et la vérification des som-
mes reversées au titre de la taxe de séjour, les plateformes
numériques qui la collectent sont tenues de transmettre
deux fois par an, aux collectivités territoriales concernées,
un état détaillé qui comprend, conformément à l?article
L. 2333-34 du code général des collectivités territoriales,
pour chaque hébergement loué sur le territoire de la col-
lectivité concernée et pour chaque perception effectuée :
? la date à laquelle débute le séjour,
? la date de perception de la taxe,
? l?adresse de l?hébergement,
? le nombre de personnes ayant séjourné,
? le nombre de nuitées concernées,
? le prix de chaque nuitée réalisée (lorsque l?hébergement
n?est pas classé),
? le montant de la taxe perçue,
? le numéro d?enregistrement de l?hébergement (dans
les communes concernées),
? et les motifs d?exonération de la taxe (le cas échéant).
Attention : La notion de « nuitée » pour la taxe de séjour
est différente de celle pour ce qui concerne l?applica-
tion des dispositions du code du tourisme concernant
la transmission des données d?activité des meublés de
tourisme. Ainsi, dans le domaine de la taxe de séjour, la
nuitée se calcule par personne, alors que pour le code
du tourisme, elle se calcule par hébergement. Ainsi, un
appartement loué deux nuits à trois personnes comptera
pour 6 nuitées de taxe de séjour, mais seulement pour
deux nuitées au titre des données transmises dans le cadre
du code du tourisme.
Ces informations, bien qu?elles se recoupent avec cer-
taines informations demandées dans le cadre du code
du tourisme (adresse, nombre de nuitées) relèvent bien
d?une procédure distincte de ce code, et répondent à
d?autres objectifs.
Aussi, une plateforme ne peut se prévaloir de ce qu?elle
a déjà transmis les informations relatives à la taxe de
séjour pour refuser de transmettre celles demandées
dans le cadre du code du tourisme (dans les communes
concernées).
5.4.2 Les autres données
Outre les données issues de l?API « meublés » et les don-
nées transmises au titre de la taxe de séjour, les sources
de données suivantes peuvent éventuellement être mobil-
isées afin de mener des études et analyses sur les meublés
de tourisme :
? Les données publiées par les observatoires locaux des
loyers32 (pour les communes qui sont couvertes par
un tel observatoire), ou celles de la « carte des loyers »
publiée par le ministère du logement33 - pour connaître
le niveau des loyers dans la commune ;
? Les données d?enquêtes publiques : notamment l?en-
quête de suivi de la demande tourisme (DGE/Insee) et
l?enquête logement du Commissariat général au dével-
oppement durable (CGDD) ;
? Certaines données, fournies par les plateformes, sont
collectées et publiées depuis fin juin 2021 par Eurostat34;
? Par ailleurs, et pour information, des données issues du «
moissonnage » (ou scraping ? technique de récupération
automatique de données en ligne) sont proposées par
des entreprises, souvent de manière payante. Elles peu-
vent présenter des défauts et parfois être contestées,
mais demeurent des outils intéressants pour les réflex-
ions en amont ;
? Enfin, certaines plateformes peuvent être disposées à
communiquer des données volontairement, soit dans
le cadre d?études ou de projets de recherche, en parte-
nariat avec l?Etat, ou directement aux communes. Il
convient pour cela de se rapprocher directement des
plateformes concernées.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
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5.5 Bibliographie sélective sur les meublés de tourisme
5.5.1 Rapports
? « Propositions de réforme de la fiscalité locative », Mai
2024 ? rapport établi par Annaïg Le Meur (députée du
Finistère) avec l?IGF et l?IGEDD
?Lutte contre l?attrition des résidences principales dans
les zones touristiques en Corse et sur le territoire con-
tinental, Juin 2022 ? rapport de la mission de l?IGF, du
CGEDD, et de l?IGA
5.5.2 Quelques études et analyses sur les meublés de tourisme
? « Housing Under Platform Capitalism ? The Contentious Reg-
ulation of Short-Term Rentals in European Cities » par Thomas
AGUILERA, Francesca ARTIOLI et Claire COLOMB, Juin
2025, University of California Press (en anglais)
? « Les locations meublées dans la Métropole du Grand Paris
et à Paris en 2024 », Note de l?APUR, mars 2025.
? « Airbnb des villes et des champs à l?épreuve de la Covid-19. »
par LING, Yuheng., ALLAM, Yacine., BREUILLÉ, Marie-Laure.,
GRIVAULT, Camille., LE GALLO, Julie. Revue d'économie
industrielle, 2024/2 n° 186, pp. 9-88.
? « Observer et réguler les locations de meublés de courte
durée », Séminaire du 18 novembre 2022 organisé par le
CEREMA (en vidéo).
? « Quel impact de la crise de la Covid-19 sur les locations meu-
blées touristiques à Paris ? », Note de l?APUR, octobre 2021.
? « Does Airbnb Disrupt the Private Rental Market? An Empirical
Analysis for French Cities 35 », K. Ayouba, M.-L. Breuille, C.
Grivault, J. Le Gallo. In International Regional Science
Review, 2020 (accès payant).
? « La ville est à nous ! Comment encadrer Airbnb face à la
pénurie de logement », novembre 2020, Rapport de la
FEANTSA et de la Fondation Abbé Pierre.
? « Cet Airbnb dont on ne parle pas », Dominique Andrieu,
Julian Devaux, Nicolas Oppenchaim, Métropolitiques,
20 mai 2019.
De nombreuses études et rapports sont publiés chaque année sur le sujet des meublés de tourisme. La sélection
suivante ne prétend aucunement à l?exhaustivité, mais permet de donner quelques exemples du type d?analyses
qui sont produites.
35 https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0160017618821428
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013546
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/lutte-contre-l-attrition-des-residences-a3493.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/lutte-contre-l-attrition-des-residences-a3493.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/lutte-contre-l-attrition-des-residences-a3493.html
https://www.ucpress.edu/books/housing-under-platform-capitalism/paper
https://www.ucpress.edu/books/housing-under-platform-capitalism/paper
https://www.apur.org/fr/logement-hebergement/parc-prive/locations-meublees-metropole-grand-paris-paris-2024
https://www.apur.org/fr/logement-hebergement/parc-prive/locations-meublees-metropole-grand-paris-paris-2024
https://www.cerema.fr/fr/actualites/observer-reguler-locations-meubles-courte-duree-echanges-du
https://www.cerema.fr/fr/actualites/observer-reguler-locations-meubles-courte-duree-echanges-du
https://www.apur.org/fr/economie-emploi/tourisme-hotellerie/impact-crise-covid-19-locations-meublees-touristiques-paris
https://www.apur.org/fr/economie-emploi/tourisme-hotellerie/impact-crise-covid-19-locations-meublees-touristiques-paris
https://www.feantsa.org/fr/report/2020/11/18/the-city-is-ours-how-to-regulate-airbnb-in-the-face-of-a-housing-crisis
https://www.feantsa.org/fr/report/2020/11/18/the-city-is-ours-how-to-regulate-airbnb-in-the-face-of-a-housing-crisis
https://metropolitiques.eu/Cet-Airbnb-dont-on-ne-parle-pas.html
https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0160017618821428
45
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
46
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DICOM/MCL/25004 - Septembre 2025
Crédits photos : AdobeStock
Imprimé sur du papier certifié écolabel européen
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION il de régulation doit être en
mesure de démontrer qu?elle satisfait bien aux exigences
européennes.
? Les critères qui seront appliqués pour délivrer, ou non,
des autorisations. Ces critères doivent être proportionnés,
objectifs et transparents. Ils peuvent être différenciés ter-
ritorialement, selon la situation et les besoins de certains
quartiers ou zones. Une telle différenciation peut d?ailleurs
être un élément tendant à démontrer la proportionnalité
des mesures prises, puisqu?elle peut démontrer que la
commune a limité les mesures contraignantes aux zones
où celles-ci sont les plus nécessaires.
3.5.3 Comment cette autorisation s?articule-t-elle avec l?au-
torisation de changement d?usage ?
L?autorisation du code du tourisme ne concerne que les
locaux à usage autre que d?habitation, qui ne sont pas con-
cernés par l?autorisation de changement d?usage. Les deux
autorisations ne devraient donc jamais être demandées
simultanément pour le même local.
3.5 Pour protéger les locaux autres que les logements :
l?autorisation de l?article L. 324-1-1 du code du tourisme
26 A compter de mai 2026 au plus tard. D?ici-là, cette procédure peut être mise en oeuvre par toutes les communes qui ont instauré une procédure
d?enregistrement.
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000028772256/
33
3.6 De quelles amendes sont sanctionnées les infractions
à la réglementation sur les meublés de tourisme ?
Le non-respect de la réglementation sur les meublés de
tourisme est passible d?amendes importantes. Ces sanc-
tions sont soit civiles, c?est-à-dire qu?elles sont prononcées
par le tribunal judiciaire dans le ressort duquel est situé
le meublé de tourisme, soit administratives, c?est-à-dire
imposées directement par le maire.
Il incombe à chaque commune d?effectuer, à l?aide des
outils décrits dans le présent guide, tous les contrôles
nécessaires, et, selon les cas, d?imposer les amendes, ou
de porter d?éventuelles infractions au contentieux en
apportant les preuves. Il n?existe pas de preuve spécifique ;
il s?agit d?apporter au tribunal tous les éléments recueillis
conformément à la loi et qui permettent d?établir la réalité
du manquement reproché.
Le tribunal judiciaire est saisi par assignation, selon la
procédure accélérée au fond dont les modalités sont
définies par l?article 481-1 du code de procédure civile.
Cette procédure contradictoire permet d?obtenir un juge-
ment dans un délai plus bref que la procédure normale
et les ordonnances rendues sont exécutoires de droit à
titre provisoire, nonobstant appel.
Les amendes sont prononcées au profit des communes.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
34
Sanctions Personne
concernée
Type
d?amende
C = civile
A = admin
Montant
maximal
par
meublé
Fondement
juridique En vigueur
Défaut de déclaration simple
d?un meublé de tourisme Loueur C 450 ¤ R. 324-1-2 CT Jusqu?en mai 2026
Défaut d?enregistrement du meublé de tourisme
Loueur C 5 000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en mai 2026
Loueur A 10 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Fausse déclaration lors de l?enregistrement Loueur A 20 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Utilisation d?un faux numéro d?enregistrement Loueur A 20 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Non-respect de l?injonction de retrait d?une
annonce frauduleuse Plateforme C 50 000 ¤ L. 324-1-1 CT A partir de mai 2026
Non-respect de la durée maximale
de location des résidences principales
Loueur C 10000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en mai 2026
Loueur C 25000 ¤ L. 324-1-1 CT Depuis mai 2026
Défaut d?autorisation pour les locaux commerciaux Loueur C 25 000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en mai 2026
Défaut d?autorisation pour les locaux autres que
les logements Loueur C 25 000 ¤ L. 324-1-1 CT Depuis mai 2026
Défaut d?affichage du numéro d?enregistrement Plateforme C 12 500 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Défaut d?information légale des loueurs Plateforme C 12 500 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Défaut de transmission des relevés de nuitées
Loueur C 10 000 ¤ L. 324-1-1 CT Jusqu?en novembre 2024
Loueur C 15 000 ¤ L. 324-1-1 CT A compter de
novembre 2024
Défaut de transmission des données
à la commune ou au portail numérique unique Plateforme C 50 000 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Défaut de retrait des annonces ayant dépassé
la durée maximale autorisée Plateforme C 50 000 ¤ L. 324-1-1 CT Inchangé
Non-respect des exigences de performance
énergétique Loueur A 5 000 ¤27 L. 324-2-2 CT A partir de 2034
Défaut d?autorisation de changement d?usage 28
Loueur C 50 000 ¤ L. 651-2 CCH Jusqu?en novembre
2024
Loueur C 100 000 ¤ L. 651-2 CCH A partir
de novembre 2024
Aide à la fraude Intermédiaire
(conciergerie?) C 100 000 ¤ L. 651-2-1 CCH Depuis
novembre 2024
Obstruction aux missions des agents
assermentés (ex : refus de visite du local) Loueur C 2 250 ¤ L 651-4 CCH Inchangé
3.6.1 Les amendes maximales applicables
27 En cas de non-transmission du DPE en cours de validité, dans les deux mois suivant la demande de la commune, une astreinte administrative
de 100 ¤ par jour de retard peut également être prononcée.
28 Le tribunal compétent peut, en outre, sur assignation de la commune dans laquelle est situé le local irrégulièrement transformé ou de
l?Agence nationale de l'habitat (Anah), ordonner le retour de ce local à son usage d?habitation, dans un délai qu?il fixe. A l?expiration de ce
délai, il peut prononcer une astreinte maximale de 1000 ¤ par jour et par mètre carré utile du local irrégulièrement transformé.
35
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
36
LA FISCALITÉ DES
MEUBLÉS DE TOURISME
4
37
4.1 L'imposition des revenus de la location des meublés de
tourisme
L?imposition des revenus de la location des meublés de tour-
isme passe principalement par le régime dit du « micro-BIC »
(micro-bénéfices industriels et commerciaux). Ce régime,
par le passé très avantageux pour les meublés de tourisme,
a été modifié par la loi de finances pour 2024 puis par la loi
du 19 novembre 2024.
L?objectif était de réduire l?avantage accordé aux meublés de
tourisme, voire d?aligner leur régime sur celui applicable aux
locations nues dans le cadre du régime dit « micro-foncier »,
afin de ne pas inciter fiscalement à un type de location qui
est déjà très avantageux.
Ainsi, entre les revenus locatifs perçus en 2023, et ceux perçus
en 2025, l?abattement pour les meublés de tourisme passe
de 50 à 30 % lorsque le meublé n?est pas classé, et de 71 à
50 % lorsqu?il est classé. Les meublés non classés sont donc
alignés sur le régime micro-foncier de la location nue, et les
meublés classés conservent un avantage réduit.
De même, les plafonds d?application du régime micro-BIC
sont, pour les mêmes périodes, diminués de 77 700 à 15
000 ¤ pour les meublés de tourisme non classés (alignés sur
le régime micro-foncier de la location nue), et ces plafonds
pour les meublés de tourisme classés sont diminués de 188
700 à 77 700 ¤, soit un avantage nettement réduit par rap-
port au passé.
Régime fiscal micro-BIC
pour les revenus de location
2025
Abattement
(2023 ? 2025)
Plafond d?application
du régime micro-BIC
(2023 ? 2025)
Meublés de tourisme
non classés 50 % ? 30 % 77 700 ? 15 000 ¤
Meublés de tourisme classés 71% ? 50 % 188 700 ??77 700 ¤
Location nue (micro-foncier,
pour comparaison) 30 % 15 000 ¤
L?imposition des revenus peut également avoir lieu par le
régime réel, soit que le loueur décide de s?y assujettir volon-
tairement, soit qu?il en soit obligé s?il dépasse les plafonds
du micro-BIC. Ce régime n?a pas été modifié par la loi du 19
novembre 2024.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
38
4.2 La taxe de séjour
4.2.1 Comment la taxe de séjour s?applique-t-elle aux meu-
blés de tourisme ?
La taxe de séjour peut être instaurée sous certaines condi-
tions par le conseil municipal ou par l?organe délibérant d?un
établissement public de coopération intercommunale (EPCI),
qui en fixe le tarif, dans des limites déterminées par la loi 29.
Sont notamment concernées :
? Les communes touristiques,
? Les stations classées de tourisme,
? Les communes littorales,
? Les communes de montagne,
? Les communes qui réalisent des actions de promotion en
faveur du tourisme ainsi que celles qui réalisent des actions
de protection et de gestion de leur espace naturel.
La taxe de séjour peut également être instituée par les EPCI,
quel que soit leur régime fiscal, dans les mêmes conditions
que pour les communes.
Dans les communes qui appliquent la taxe de séjour, les meu-
blés de tourisme, qu?ils soient classés ou non, y sont soumis.
A noter que la taxe de séjour est indépendante des autres
dispositifs de la réglementation sur les meublés de tourisme.
En particulier, une commune peut appliquer la taxe de séjour,
qu?elle applique ou non le changement d?usage et le numéro
d?enregistrement.
4.2.2 Quelles plateformes sont concernées par la collecte
de la taxe de séjour ?
La collecte de la taxe de séjour est obligatoirement effectuée
par les seules plateformes en ligne, dès lors qu?elles agissent
en qualité d?intermédiaires de paiement pour le compte de
loueurs non professionnels. Cette collecte est optionnelle
pour les loueurs professionnels, qui peuvent choisir d?y
procéder eux-mêmes. En effet, ces plateformes disposent
d?une information privilégiée sur les réservations, les sommes
payées, etc. Elles reversent ensuite cette taxe de séjour à la
commune ou à l?EPCI concerné.
Les plateformes par lesquelles les hébergeurs professionnels
louent leurs biens, qu?elles soient intermédiaires de paiement
ou non, ne sont préposées à la collecte de la taxe de séjour et
à l?exécution des formalités administratives correspondantes
que si elles ont été habilitées à cet effet par les loueurs. Il en
est de même pour les plateformes par lesquelles les héber-
geurs non professionnels louent leurs biens et qui ne sont pas
intermédiaires de paiement. Dans ces deux derniers cas, en
l?absence de mandat donné à la plateforme, c?est au loueur
qu?il incombe de collecter la taxe de séjour.
4.2.3 Informations complémentaires sur la taxe de séjour
La direction générale des collectivités locales (DGCL) publie,
en lien avec la direction générale des entreprises (DGE), un
guide pratique complet concernant l?application de la taxe
de séjour. Ce guide est disponible à l?adresse suivante :
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/finances-locales/
taxe-de-sejour
29 Pour les tarifs de la taxe de séjour, cf. les articles L. 2333-30 et L. 2333-41 du code général des collectivités territoriales.
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/finances-locales/taxe-de-sejour
https://www.collectivites-locales.gouv.fr/finances-locales/taxe-de-sejour
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042913393/
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042913393/
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Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
40
MIEUX CONNAÎTRE LES
MEUBLÉS DE TOURISME
DANS MA COMMUNE
5
41
5.1 Pourquoi est-il indispensable de bien connaître
la situation des meublés de tourisme dans ma commune ?
5.2 Comment mieux connaître la situation des meublés de
tourisme dans ma commune ?
La régulation des meublés de tourisme est largement
de la responsabilité des communes, qui peuvent, selon
leur situation, choisir de mettre en oeuvre et d?adapter
à leurs besoins des outils mis à disposition par la loi et
le règlement.
Ces outils de régulation constituent des contraintes, à
la fois pour les particuliers et pour les plateformes. Il
importe donc de s?assurer, avant toute régulation, que
celle-ci répond bien à un besoin dans la commune, et
qu?elle est proportionnée au regard des objectifs qu?elle
poursuit. Pour cela, il est nécessaire de connaître le mieux
possible les caractéristiques de la commune, et tout par-
ticulièrement de son marché des meublés de tourisme.
Comme le rappelle notamment la Cour de justice de
l?Union européenne30 , il appartient au juge, national et
européen, et donc également aux autorités publiques
lorsqu?elles mettent en oeuvre les outils prévus par la
loi, de s?assurer :
1. Que la régulation poursuit bien un motif impérieux
d?intérêt général (c?est le cas par exemple pour les régu-
lations ayant pour objet de lutter contre la pénurie de
logements pour la population permanente) ;
2. Que le même objectif ne saurait être atteint par des
moyens moins contraignants (critère de proportionnal-
ité). A cet égard, il peut s?avérer judicieux, lorsque c?est
possible, de faire une application différenciée de la régle-
mentation, par exemple en fonction de la situation de
certains quartiers.
Dans les deux cas, en cas de contentieux, il appartien-
dra à la commune de démontrer, non seulement qu?une
régulation est bien nécessaire au regard de sa situation,
mais également que les modalités de régulation choisies
sont bien proportionnées à l?objectif recherché. Cette
démonstration peut être faite par exemple au moyen
d?études, d?analyses, d?indicateurs, etc. Elle nécessite donc
une bonne connaissance de la situation particulière de
la commune.
Afin de mieux connaître la situation et les besoins d?une
commune, il est recommandé de procéder à plusieurs
types d?analyses :
1. Ma commune connaît-elle une tension particulière sur
le marché du logement ? Celle-ci se traduit-elle par des
loyers ou des prix particulièrement élevés ?
2. Certaines populations ont-elles particulièrement du
mal à se loger (jeunes, étudiants, saisonniers) ?
3. Cette tension est-elle aggravée par la présence de meu-
blés de tourisme ?
4. Quelles sont les caractéristiques des meublés de tour-
isme dans ma commune : résidences principales ou sec-
ondaires ? anciens locaux commerciaux ? loués à l?année
ou seulement pendant la saison touristique ? sont-ils par-
ticulièrement concentrés dans certains quartiers ?
5. Les meublés de tourisme de ma commune affectent-ils
les services (commerces, équipements) destinés à la pop-
ulation permanente ? Si oui, comment ?
6. Les meublés de tourisme de ma commune engen-
drent-ils des nuisances (bruit, incivilités), en particulier
dans les quartiers où ils sont les plus concentrés ? On
pourra à cette fin notamment étudier les signalements
effectués.
7. Les meublés de tourisme de ma commune con-
tribuent-ils à un surtourisme qui nuit à l?environnement,
ou à l?environnement urbain ?
Ces études et analyses peuvent être menées au niveau
de la commune, mais il peut également être intéressant
de vérifier si des équipes de recherche travaillent déjà,
ou seraient intéressées de travailler, sur ces questions.
30 Cf. notamment l?arrêt dit « Cali » (C-724-18) de la CJUE du 22 septembre 2020.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://curia.europa.eu/juris/document/document.jsf?text=&docid=231406&pageIndex=0&do-
42
5.3 Les données transmises via l?API « meublés »
5.3.1 Quelles sont les données transmises via l?API ?
Les données obligatoirement transmises par les plate-
formes, et mises à disposition des communes ou des EPCI
via l?API, sont, pour chaque meublé concerné :
? le numéro de déclaration du meublé de tourisme
obtenu en application des dispositions du III de l?arti-
cle L. 324-1-1 du code du tourisme ;
? l?adresse réticulaire de la ou des annonces de location ;
? l?adresse précise du meublé de tourisme ;
? le nombre de jours au cours desquels ce meublé de
tourisme a fait l'objet d'une location par l?intermédiaire
des personnes mentionnées au I de l'article L. 324-2-1
du code du tourisme31 pour l?année en cours et pour
l?année précédente, avec le détail du nombre de jours
pour chacune de ces personnes et pour chacun des
mois ou des trimestres de l?année en cours et de l?an-
née précédente.
En outre, les données suivantes sont mises à disposition
des communes, si elles ont été préalablement adressées
à l?API par les communes ou par les plateformes via l?API :
? la caractérisation éventuelle par la commune de la
validité du numéro de déclaration du meublé de tour-
isme obtenu en application des dispositions du III de
l?article L. 324-1-1 du code du tourisme ou de l?actualité
de l?activité de location du meublé de tourisme ;
? l?identifiant fiscal du local ;
? le fait que le meublé de tourisme constitue ou non la
résidence principale du loueur au sens de l'article 2 de
la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 tendant à améliorer
les rapports locatifs et portant modification de la loi
n° 86-1290 du 23 décembre 1986 ;
? le fait que le meublé est loué ou non dans le cadre
d'une activité professionnelle ;
? le fait que le logement est accessible aux personnes
en situation de handicap ;
? le nombre de pièces composant le meublé ;
? le nombre de lits du meublé ;
? le niveau de classement ou de toute autre reconnais-
sance de qualité des meublés de tourisme ;
? la date de la décision de classement ;
? si le loueur est une personne physique, ses nom et
prénom ;
? si le loueur est une personne morale, sa dénomination
et le nom d?un de ses ou de ses représentants légaux ;
? le numéro SIRET du loueur ;
? l?adresse du loueur ;
? l?adresse électronique du loueur.
31 Soit « toute personne qui se livre ou prête son concours contre rémunération ou à titre gratuit, par une activité d'entremise ou de négociation
ou par la mise à disposition d'une plateforme numérique, à la mise en location d'un meublé de tourisme », autrement dit tout intermédiaire
de location de meublés de tourisme.
43
32 https://www.observatoires-des-loyers.org/
33 https://www.ecologie.gouv.fr/carte-des-loyers
34 https://ec.europa.eu/eurostat/statistics-explained/index.php?title=Short-stay_accommodation_offered_via_online_collaborative_economy_platforms
5.3.2 Comment ces données peuvent-elles être utilisées,
dans le cadre du RGPD ?
Les données collectées par une commune au titre de la
loi ELAN sont des données administratives. Elles peuvent
être exploitées pour les finalités inscrites dans la loi (con-
trôle du respect de la réglementation), mais également
à des fins statistiques ou de recherche.
Il n?en s?agit pas moins de données personnelles, qui sont
donc protégées. A ce titre, il incombe à la commune de
s?assurer de la sécurité de ces données, et de la confi-
dentialité de leur traitement, conformément à la régle-
mentation en vigueur et, de manière plus générale, de
respecter l?ensemble des obligations posées par la loi
Informatique et libertés du 6 janvier 1978 et le RGPD ? y
compris lorsqu?elle les met à disposition de tiers à des
fins statistiques ou de recherche.
En particulier, lorsque la commune communique pub-
liquement sur ces données, elle doit s?assurer de les ano-
nymiser de manière à se prévenir notamment contre le
risque de « réidentification » des personnes concernées.
5.4 Les autres données disponibles
5.4.1 Les données transmises par les plateformes aux collec-
tivités qui appliquent la taxe de séjour
Afin de permettre le contrôle et la vérification des som-
mes reversées au titre de la taxe de séjour, les plateformes
numériques qui la collectent sont tenues de transmettre
deux fois par an, aux collectivités territoriales concernées,
un état détaillé qui comprend, conformément à l?article
L. 2333-34 du code général des collectivités territoriales,
pour chaque hébergement loué sur le territoire de la col-
lectivité concernée et pour chaque perception effectuée :
? la date à laquelle débute le séjour,
? la date de perception de la taxe,
? l?adresse de l?hébergement,
? le nombre de personnes ayant séjourné,
? le nombre de nuitées concernées,
? le prix de chaque nuitée réalisée (lorsque l?hébergement
n?est pas classé),
? le montant de la taxe perçue,
? le numéro d?enregistrement de l?hébergement (dans
les communes concernées),
? et les motifs d?exonération de la taxe (le cas échéant).
Attention : La notion de « nuitée » pour la taxe de séjour
est différente de celle pour ce qui concerne l?applica-
tion des dispositions du code du tourisme concernant
la transmission des données d?activité des meublés de
tourisme. Ainsi, dans le domaine de la taxe de séjour, la
nuitée se calcule par personne, alors que pour le code
du tourisme, elle se calcule par hébergement. Ainsi, un
appartement loué deux nuits à trois personnes comptera
pour 6 nuitées de taxe de séjour, mais seulement pour
deux nuitées au titre des données transmises dans le cadre
du code du tourisme.
Ces informations, bien qu?elles se recoupent avec cer-
taines informations demandées dans le cadre du code
du tourisme (adresse, nombre de nuitées) relèvent bien
d?une procédure distincte de ce code, et répondent à
d?autres objectifs.
Aussi, une plateforme ne peut se prévaloir de ce qu?elle
a déjà transmis les informations relatives à la taxe de
séjour pour refuser de transmettre celles demandées
dans le cadre du code du tourisme (dans les communes
concernées).
5.4.2 Les autres données
Outre les données issues de l?API « meublés » et les don-
nées transmises au titre de la taxe de séjour, les sources
de données suivantes peuvent éventuellement être mobil-
isées afin de mener des études et analyses sur les meublés
de tourisme :
? Les données publiées par les observatoires locaux des
loyers32 (pour les communes qui sont couvertes par
un tel observatoire), ou celles de la « carte des loyers »
publiée par le ministère du logement33 - pour connaître
le niveau des loyers dans la commune ;
? Les données d?enquêtes publiques : notamment l?en-
quête de suivi de la demande tourisme (DGE/Insee) et
l?enquête logement du Commissariat général au dével-
oppement durable (CGDD) ;
? Certaines données, fournies par les plateformes, sont
collectées et publiées depuis fin juin 2021 par Eurostat34;
? Par ailleurs, et pour information, des données issues du «
moissonnage » (ou scraping ? technique de récupération
automatique de données en ligne) sont proposées par
des entreprises, souvent de manière payante. Elles peu-
vent présenter des défauts et parfois être contestées,
mais demeurent des outils intéressants pour les réflex-
ions en amont ;
? Enfin, certaines plateformes peuvent être disposées à
communiquer des données volontairement, soit dans
le cadre d?études ou de projets de recherche, en parte-
nariat avec l?Etat, ou directement aux communes. Il
convient pour cela de se rapprocher directement des
plateformes concernées.
Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041470679?isSuggest=true
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5.5 Bibliographie sélective sur les meublés de tourisme
5.5.1 Rapports
? « Propositions de réforme de la fiscalité locative », Mai
2024 ? rapport établi par Annaïg Le Meur (députée du
Finistère) avec l?IGF et l?IGEDD
?Lutte contre l?attrition des résidences principales dans
les zones touristiques en Corse et sur le territoire con-
tinental, Juin 2022 ? rapport de la mission de l?IGF, du
CGEDD, et de l?IGA
5.5.2 Quelques études et analyses sur les meublés de tourisme
? « Housing Under Platform Capitalism ? The Contentious Reg-
ulation of Short-Term Rentals in European Cities » par Thomas
AGUILERA, Francesca ARTIOLI et Claire COLOMB, Juin
2025, University of California Press (en anglais)
? « Les locations meublées dans la Métropole du Grand Paris
et à Paris en 2024 », Note de l?APUR, mars 2025.
? « Airbnb des villes et des champs à l?épreuve de la Covid-19. »
par LING, Yuheng., ALLAM, Yacine., BREUILLÉ, Marie-Laure.,
GRIVAULT, Camille., LE GALLO, Julie. Revue d'économie
industrielle, 2024/2 n° 186, pp. 9-88.
? « Observer et réguler les locations de meublés de courte
durée », Séminaire du 18 novembre 2022 organisé par le
CEREMA (en vidéo).
? « Quel impact de la crise de la Covid-19 sur les locations meu-
blées touristiques à Paris ? », Note de l?APUR, octobre 2021.
? « Does Airbnb Disrupt the Private Rental Market? An Empirical
Analysis for French Cities 35 », K. Ayouba, M.-L. Breuille, C.
Grivault, J. Le Gallo. In International Regional Science
Review, 2020 (accès payant).
? « La ville est à nous ! Comment encadrer Airbnb face à la
pénurie de logement », novembre 2020, Rapport de la
FEANTSA et de la Fondation Abbé Pierre.
? « Cet Airbnb dont on ne parle pas », Dominique Andrieu,
Julian Devaux, Nicolas Oppenchaim, Métropolitiques,
20 mai 2019.
De nombreuses études et rapports sont publiés chaque année sur le sujet des meublés de tourisme. La sélection
suivante ne prétend aucunement à l?exhaustivité, mais permet de donner quelques exemples du type d?analyses
qui sont produites.
35 https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0160017618821428
https://igedd.documentation.developpement-durable.gouv.fr/notice?id=Affaires-0013546
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/lutte-contre-l-attrition-des-residences-a3493.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/lutte-contre-l-attrition-des-residences-a3493.html
https://www.igedd.developpement-durable.gouv.fr/lutte-contre-l-attrition-des-residences-a3493.html
https://www.ucpress.edu/books/housing-under-platform-capitalism/paper
https://www.ucpress.edu/books/housing-under-platform-capitalism/paper
https://www.apur.org/fr/logement-hebergement/parc-prive/locations-meublees-metropole-grand-paris-paris-2024
https://www.apur.org/fr/logement-hebergement/parc-prive/locations-meublees-metropole-grand-paris-paris-2024
https://www.cerema.fr/fr/actualites/observer-reguler-locations-meubles-courte-duree-echanges-du
https://www.cerema.fr/fr/actualites/observer-reguler-locations-meubles-courte-duree-echanges-du
https://www.apur.org/fr/economie-emploi/tourisme-hotellerie/impact-crise-covid-19-locations-meublees-touristiques-paris
https://www.apur.org/fr/economie-emploi/tourisme-hotellerie/impact-crise-covid-19-locations-meublees-touristiques-paris
https://www.feantsa.org/fr/report/2020/11/18/the-city-is-ours-how-to-regulate-airbnb-in-the-face-of-a-housing-crisis
https://www.feantsa.org/fr/report/2020/11/18/the-city-is-ours-how-to-regulate-airbnb-in-the-face-of-a-housing-crisis
https://metropolitiques.eu/Cet-Airbnb-dont-on-ne-parle-pas.html
https://journals.sagepub.com/doi/abs/10.1177/0160017618821428
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Guide pratique 2025 de la réglementation des meublés de tourisme
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DICOM/MCL/25004 - Septembre 2025
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