LOI DE SIMPLIFICATION DU DROIT DE L'URBANISME ET DU LOGEMENT : DES FACILITATIONS ET DE NOUVEAUX OUTILS AU SERVICE DES COLLECTIVITÉS LOCALES ET DES PORTEURS DE PROJET
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France. Ministère de la Ville et du Logement (2025 -...)
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Résumé
"La loi de simplification de l'urbanisme et du logement modernise les procédures des SCoT et PLU, renforce la maîtrise du foncier, facilite les projets de logements et assouplit certaines règles locales. Elle introduit de nouveaux outils pour les collectivités, sécurise les autorisations d'urbanisme et accompagne plusieurs projets nationaux, dont La Défense et les chantiers EPR2."
Descripteur Urbamet
droit de l'urbanisme
;logement
;schéma de cohérence territoriale
;plan local d'urbanisme
Descripteur écoplanete
Thème
Cadre juridique
Texte intégral
Des lourdeurs et des complexités sont néanmoins
apparues au fil des ans dans ce cadre normatif, les
documents d?urbanisme étant dans le même
temps tenus d?évoluer rapidement pour intégrer
un nombre croissant de nouvelles dispositions
(lutte contre l?artificialisation, accélération des
énergies renouvelables, régulation des meublés
touristiques et des résidences secondaires?).
L?objectif de la loi est de simplifier, pour les élus
locaux et leurs services, les procédures
d?évolution de ces documents, pour leur donner
une plus grande agilité à l?heure des transitions,
en ne prévoyant plus que deux procédures
d?évolution, dont les cas d?usage sont clarifiés. Il
est aussi de faciliter le recueil de l?expression des
citoyens dans le cadre de l?élaboration et des
évolutions des SCoT et des PLU. Il est enfin de
sécuriser juridiquement ces documents
d?urbanisme.
QUE CHANGE LA LOI CONCRÈTEMENT ?
La loi n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 relative à
la simplification du droit de l?urbanisme et du
logement apporte des réponses concrètes aux
collectivités locales et aux porteurs de projets pour
faciliter leurs projets d?aménagement des
territoires, et en particulier la construction de
logements.
La loi a été déposée par le député Harold Huwart
en avril 2025, avec trois objectifs complémentaires :
- simplifier les procédures à la charge des
collectivités territoriales en matière d?urbanisme,
d?aménagement et de construction ;
- simplifier la délivrance des autorisations
d?urbanisme et les renforcer ;
- faciliter la production de logements abordables à
destination des travailleurs, dans les territoires
marqués par une ré-industrialisation menée de
manière volontariste.
À l?issue de l?examen du texte au Parlement, mené
entre mai et octobre 2025, la loi a été enrichie par
les députés et sénateurs, apportant des outils divers
et complémentaires. Ses principales mesures sont
présentées ci-dessous.
LOI DE SIMPLIFICATION DU DROIT DE L?URBANISME
ET DU LOGEMENT :
DES FACILITATIONS ET DE NOUVEAUX OUTILS AU SERVICE
DES COLLECTIVITÉS LOCALES ET DES PORTEURS DE PROJET
NOVEMBRE 2025
1. Des procédures d?élaboration et d?évolution des
documents d?urbanisme modernisées et facilitées
pour les collectivités locales et les citoyens.
La loi modifie significativement le cadre d?évolution
des documents d?urbanisme, en l?occurrence des
schémas de cohérence territoriale (SCoT) et des
plans locaux d?urbanisme (PLU). Ces documents
expriment le projet de territoire des élus locaux, ils
sont structurants pour l?aménagement des
territoires. Leur élaboration et leur évolution sont
encadrées par des procédures qui ont pour objectifs
de garantir l?association de toutes les parties
prenantes à des décisions stratégiques pour l?avenir
des territoires.
? Réforme des procédures d?élaboration et
d?évolution des SCoT et des PLU.
Cette réforme d?ensemble met fin à la
multiplicité des procédures d?évolution des
documents d?urbanisme, réduit les délais pour les
adapter aux projets du territoire et apporte de la
sécurité juridique quant au choix de la procédure
d?évolution à suivre.
Elle entrera en vigueur six mois après la
promulgation de la loi. Elle ne s?applique pas aux
procédures d?évolution des SCoT ou des PLU en
cours à cette date.
Réduction du nombre de procédures
d?évolution des SCoT et des PLU.
Il n?y aura plus que deux procédures d?évolution,
au lieu de quatre pour les PLU et 3 pour les SCoT
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1
jusqu?à présent : la procédure de révision et la
procédure de modification.
Clarification du champ d?application de ces
deux procédures d?évolution des documents
d?urbanisme.
La procédure de révision, qui est la procédure
miroir de la procédure d?élaboration, est réservée
par principe aux seuls changements portant sur
les grandes orientations d?aménagement et de
développement de ces documents.
La procédure de modification devient la
procédure de droit commun d?évolution des
documents d?urbanisme et se calque pour
l?essentiel sur la procédure de modification
simplifiée qui existait jusqu?alors.
Allègement et modernisation des modalités
d?association du public aux documents
d?urbanisme.
Pour les procédures d?élaboration ou de révision
des documents d?urbanisme, la loi prévoit la
possibilité de remplacer l?enquête publique par
une procédure de participation du public par voie
électronique.
Pour la procédure de modification, la loi prévoit
une procédure allégée de mise à disposition du
public pendant un délai d?un mois. Elle laisse
toutefois à la collectivité la possibilité de choisir
des modalités d?association renforcées, en
recourant, si elle le souhaite, à une participation
du public par voie électronique ou à une enquête
publique.
Lorsque le projet de modification est soumis à
une évaluation environnementale, le recours à la
procédure de mise à disposition du public est en
revanche exclu, compte tenu des incidences du
projet sur l?environnement.
? Suppression de la caducité automatique des
SCoT à défaut d?évaluation, et allongement de la
périodicité de cette évaluation (de 6 à 10 ans).
? Création du document unique valant SCoT et
PLU, pour alléger la tâche des EPCI et faciliter la
lisibilité des documents d?urbanisme pour les
citoyens.
Ce document unique ne sera pas une obligation,
mais une possibilité ouverte aux établissements
publics de coopération intercommunale (EPCI),
dont le périmètre recouvre exactement le
périmètre d?un SCoT arrêté, d?élaborer un
document unique ayant les effets d?un SCoT et
d?un PLUi. Un décret en Conseil d?Etat viendra
préciser le contenu et les modalités d?élaboration
et d?évolution de ce document unique.
? Sécurisation des documents d?urbanisme face
aux recours contentieux.
La loi supprime la possibilité de faire un recours
par voie d?exception d?illégalité contre un
document d?urbanisme pour vice de forme ou de
procédure : le document d?urbanisme ne pourra
plus être annulé à l?occasion d?un recours
introduit contre une autorisation individuelle.
? Une simplification de la procédure
d?approbation des schémas d?aménagement
régional (SAR).
Documents de planification de référence en
Guadeloupe, Guyane, Martinique, à Mayotte et à
la Réunion, les SAR seront désormais approuvés
par arrêté du représentant de l?État, et non plus
par décret en Conseil d?État . Les procédures en
cours sont également concernées par cette
mesure.
2. De nouveaux leviers au service des élus locaux
pour maîtriser le foncier et optimiser
l?aménagement de leurs territoires.
La loi apporte aux collectivités locales une palette
d?outils pour agir sur leur foncier et l?optimiser,
dans le contexte de la nécessaire sobriété
foncière.
QUE CHANGE LA LOI CONCRÈTEMENT ?
? La création d?établissements fonciers publics
(EPF) locaux facilitée.
La création des EPF locaux devient une
compétence liée du préfet dès lors qu?un ou
plusieurs EPCI ont délibéré en ce sens.
Auparavant, le préfet disposait de trois mois pour
donner son accord ou motiver son refus après
avis du comité régional de l'habitat et de
l'hébergement (CRHH). Cette motivation était
fondée sur les données locales relatives aux
périmètres existants ou proposés
d'établissements publics fonciers locaux ou de
schémas de cohérence territoriale et à
l'évaluation des besoins fonciers correspondant
aux enjeux territoriaux en matière d'urbanisme,
d'habitat, de développement économique, de
déplacements et d'environnement ainsi que sur
l'avis du CRHH.
? Un élargissement des possibilités d?adhésion à
un EPF local pour les communes.
Auparavant, l?adhésion à un EPFL pouvait
uniquement intervenir à l?initiative et à l?échelle
de l?EPCI. Désormais, la loi prévoit que le
périmètre d?un EPFL peut être étendu à une
commune membre d?un EPCI n?adhérant pas à
l?EPFL, sur délibération du conseil municipal et du
conseil d?administration de l?EPFL, après avis de
l?EPCI. Si l?EPCI donne un avis défavorable motivé
par sa propre adhésion prochaine à l?EPFL, la
commune ne peut adhérer à l?EPFL avant
l?écoulement d?un délai de six mois.
En outre, il est clarifié que lorsque l?EPFL s?étend à
un EPCI dont une commune est déjà membre de
l?EPFL, l?EPCI se substitue à la commune dans les
organes dans lesquels elle est représentée.
L?extension d?un EPFL à un EPCI devient une
compétence liée du préfet dès lors que l?organe
délibérant de l?EPCI et le conseil d?administration
de l?EPFL ont délibéré en ce sens. Auparavant, le
préfet pouvait motiver un refus dans les mêmes
conditions que pour la création d?un EPFL.
2
? Simplification de la procédure de modification
de périmètre des EPF d?État.
La possibilité de modifier le périmètre des EPF
d?État par décret simple plutôt que par décret en
Conseil d?État, aujourd?hui réservée à des cas
spécifiques (ORT, GOU, PPA?) est généralisée. Elle
interviendra sur demande de la commune ou de
l?EPCI concerné, après approbation de l?EPF.
Cette mesure permet d?accélérer les procédures
en vue d?améliorer la couverture du territoire
national par ces outils essentiel au déploiement
des stratégies foncières.
? Un champ de missions étendu pour les sociétés
publiques locales d?aménagement d?intérêt
national (SPLA-IN).
Afin de compléter la palette de leurs missions au
service des projets d?aménagement des
collectivités territoriales, les SPLA-IN deviennent
compétentes pour :
la maintenance et l?entretien des
équipements d?intérêts collectifs et de
services publics qu?elles ont construits ou
réhabilités ;
les interventions foncières ou immobilières
relevant de la compétence de l?État, d?un
établissement public de l?État ou d?une
collectivité actionnaire.
En outre, les EPF d?État et les grands ports
maritimes pourront désormais participer à la
constitution de filiales SPLA-IN.
? Mieux prendre en compte les opérations
foncières de long terme.
Le délai maximal de portage du foncier par un EPF
permettant de bénéficier de l?exonération de
taxation de la plus-value immobilière lors de la
cession lorsque l?opération vise à construire des
logements sociaux passe de 3 à 10 ans. Ce
nouveau délai est davantage compatible avec les
durées d?intervention des EPF, qui agissent parfois
en proto-aménagement (friches, dépollution?)
avant la cession des terrains.
? Des pouvoirs de police de l?urbanisme du maire
renforcés pour lutter plus efficacement contre les
constructions illégales.
La loi renforce l?arsenal de sanctions à la
disposition des élus locaux dans la lutte contre les
constructions illégales, et en particulier le
phénomène de « cabanisation ». Le maire pourra
désormais prononcer des amendes
administratives (d?un montant maximal de 30
000¤), et le montant plafond de l?astreinte
prononcée par le maire passe de 500 à 1 000¤ par
jour et de 25 000¤ en tout à 100 000¤.
Par ailleurs, le préfet aura la possibilité de se
substituer au maire si celui-ci ne se saisit pas de
son pouvoir de police. Dans ce cas, les montants
récoltés seront versés à l?État et non à la
collectivité.
Enfin, en cas de régularisation impossible d?une
construction illégale, il sera désormais possible
pour le maire, après saisine du juge, de démolir
ces installations lorsqu?elles se trouvent en dehors
des zones urbaines, alors que ce n?est
actuellement possible qu?en cas de risque pour la
sécurité ou la santé. Cette mesure permet de
mieux faire respecter les protections prévues par
les documents d?urbanisme et la loi au bénéfice
des zones agricoles, forestières et naturelles en
facilitant la sanction des constructions illégales et
en évitant les stratégies du « fait accompli ».
? Généralisation de la possibilité de fixer des
règles minimales de densité dans les plans locaux
d'urbanisme.
La loi permet désormais aux collectivités, via les
plans locaux d?urbanisme, de délimiter des
secteurs où s?impose une densité de construction
minimale. Jusqu?alors, cette possibilité était
ouverte uniquement dans les quartiers bien
desservis en transports en commun. Les
collectivités pourront donc prévoir où, et à
quelles conditions, l?intensification de la
construction est la plus stratégique (quartiers de
gares, quartiers de revitalisation ou de
restructuration de l?habitat?) et respectueuse des
objectifs de lutte contre l?étalement urbain et
l?artificialisation des sols.
3. Des assouplissements pour favoriser
l?évolution de la ville et la réalisation des projets
de logements.
La loi a pour objectif de faciliter l?émergence des
projets, notamment ceux visant à la création de
logements ou à l?évolution de la ville. Elle élargit
sensiblement les possibilités de dérogations aux
règles des PLU pour faciliter les opérations de
logements, elle vient encadrer les obligations de
création de places de stationnement dans le
même objectif, et elle apporte de nouveaux outils
en termes d?autorisations d?urbanisme tout en les
sécurisant.
QUE CHANGE LA LOI CONCRÈTEMENT ?
? Des outils pour les collectivités pour planifier et
mettre en oeuvre le renouvellement et
l?intensification des secteurs pavillonnaires et des
zones d?activités économiques.
La loi met l?accent sur le renouvellement et
l?intensification des quartiers d?habitat individuel
et des zones d?activités économiques, en
particulier de ceux d?entre eux qui présentent des
enjeux de rénovation et de redynamisation : les
élus locaux pourront faire le choix, si cela répond
à des enjeux de leur territoire, de définir une
orientation d?aménagement et de
programmation (OAP) dans leur PLU pour planifier
le réaménagement et réinventer le futur de ces
quartiers : réhabilitation ou restructuration de
l?habitat, évolution vers une plus grande diversité
d?usages?
Ce nouveau type d?OAP pourra s?accompagner
d?une « opération de transformation urbaine »
(OTU), si les élus locaux le décident, pour lui
donner un caractère opérationnel, inspiré des
dispositifs de l?OPAH et de l?ORT. Cette opération
3
se traduira par un plan d?action détaillant les
objectifs et les moyens envisagés.
Un autre levier opérationnel est introduit par la
loi, pour faciliter l?évolution des documents de
lotissements, qui sont parfois bloquants dans des
projets d?aménagement. Ainsi, la moitié des
colotis détenant la moitié des surfaces (et non
plus les deux tiers des colotis représentant la
moitié des surfaces ou vice-versa), pourra décider
d?autoriser la collectivité à modifier les
documents de lotissement au service des
objectifs de la collectivité exprimés dans le
document d?urbanisme.
La loi prévoit aussi de simplifier l?évolution des
documents des anciens lotissements-jardins pour
les rendre constructible quand la collectivité et
les co-lotis y sont favorables.
? Soutien à la diversification des usages au sein
des zones d?activités économiques en évolution
(ZAE).
Certaines zones d?activités, notamment
commerciales, font aujourd?hui pleinement partie
du tissu urbain mais connaissent des difficultés
pour se renouveler et réinventer leur modèle. La
diversification fonctionnelle de certaines zones
frappées par la vacance est une piste d?avenir,
notamment pour y implanter de nouveaux
logements. La loi permet désormais aux
collectivités locales de faciliter leur
transformation en développant des opérations de
logements et d?équipements publics, en levant les
difficultés liées à certaines règles définies par le
PLU.
Cette possibilité, qui permettrait la création de
nouveaux quartiers de vie, aux fonctions plus
variées (activités commerciales, logements,
services publics), ne sera toutefois pas applicable
lorsque la transformation de ces zones n?est pas
pertinente (en cas de présence de risques liés aux
activités existantes, d?absence ou d?insuffisance
de transports collectifs, d?enjeux architecturaux
ou paysagers, etc.), et relèvera d?une décision de
dérogation au cas par cas du maire.
Le recours à la dérogation peut permettre
d?accélérer les projets en l?attente d?une
modification du PLU plus ambitieuse venant
traduire un projet urbain plus global pour la zone.
? Soutien à la production de logements étudiants.
Il sera possible pour le maire de déroger, par
décision motivée, aux règles du PLU dans les
zones urbaines ou à urbaniser afin d?autoriser des
opérations de logements consacrées
spécifiquement à l?usage des étudiants sans que la
modification du document d?urbanisme constitue
un préalable.
? Généralisation des possibilités de dérogation
aux règles du PLU afin de lutter contre la pénurie
de logements.
La loi étend le champ d'application géographique
des possibilités de dérogation aux règles du PLU,
qui étaient jusqu?alors limitées aux zones tendues,
à tout le territoire national. Cette généralisation
permettra aux maires de répondre avec une plus
grande flexibilité aux besoins de construction de
logements, dans la diversité des situations
communales et intercommunales, mais aussi
d?encourager les projets vertueux sur le plan de la
transition écologique et de la qualité
architecturale et paysagère.
? Renforcement des prérogatives du maire dans
le cadre des dérogations aux règles locales
d?urbanisme.
Partant du constat que l?autorité compétente
pour accorder les permis de construire n?est pas
nécessairement le maire, la loi impose désormais
que le maire de la commune concernée par un
projet donne son accord à toute demande
d?autorisation d?urbanisme qui fait l?objet d?une
dérogation à une ou plusieurs règles du plan local
d?urbanisme. C?est le cas par exemple lorsque
l?autorité compétente en matière d?autorisation
d?urbanisme est le président de l?établissement
public de coopération intercommunale ou
encore le Préfet, dans le cas des dossiers relevant
de la compétence de l?État.
Cette mesure permet de mieux appréhender les
projets à l?échelle communale, et ainsi de mieux
prendre en compte d?éventuelles spécificités
locales.
? Allègement des obligations de création de
places de stationnement dans les quartiers bien
desservis par les transports en commun.
La loi allège les obligations en matière de création
de places de stationnement dans le cadre d?un
projet de construction. Si ces obligations sont
définies localement par les documents
d?urbanisme, la loi plafonne le nombre de places
pouvant être exigées. En effet, lorsqu?elles sont
disproportionnées, elles entraînent une
consommation excessive de foncier et mettent à
mal le modèle économique des opérations de
logements, sans nécessairement répondre aux
besoins des futurs habitants.
La loi fixe ainsi un nombre maximal de places à
créer (entre 0,5 et 1 place par logement) pour les
logements situés à moins de 800 mètres des
transports en commun (soit une dizaine de
minutes à pied), au lieu de 500 mètres jusqu?alors.
? Mixité d?ombrage sur les parkings extérieurs de
plus de 1 500 m².
La loi introduit pour les propriétaires de parkings
la possibilité de s?acquitter des obligations de la
loi APER de mars 2023 en installant, de manière
complémentaire, des ombrières photovoltaïques
et des arbres ou dispositifs végétalisés, privilégiant
ainsi une mixité d?ombrage. De même, elle
permet de décaler la date à laquelle les panneaux
photovoltaïques devront avoir été installés si ces
panneaux sont performants sur le plan
environnemental, à 2028 et 2030 au lieu de 2026
et 2028. La loi affirme enfin la primauté de cette
obligation, de rang législatif, par rapport à
d?éventuelles règles du PLU qui s?opposeraient à
l?installation de ces ombrières photovoltaïques.
4
Ces mesures permettent, ensemble, de donner
une plus grande cohérence et une meilleure
efficacité aux obligations qui s?imposent aux
propriétaires de parkings : les arbres et dispositifs
végétalisés servent les objectifs de nature en ville
et de confort d?été, l?adaptation de l?échéance
permettra de mieux structurer les filières
d?approvisionnement en panneaux solaires
européens, tandis que la primauté sur les PLU
donnera pleine force au dispositif.
? Possibilité de délivrer des permis d?aménager
multi-sites sur tout le territoire national.
Cet outil, qui existait pour les opérations de
revitalisation de territoire (ORT) et les projets
partenariaux d'aménagement (PPA), est élargi à
tout le territoire. En autorisant les demandes de
permis d?aménager à porter sur plusieurs sites non
contiguës, la mesure facilitera et accélèrera la
réalisation d'opérations d?aménagement
complexes incluant notamment la création de
logements, de commerces et de services publics
ou intégrant des espaces verts. Il s'agit d'un levier
important pour composer avec le bâti existant et
maitriser l'artificialisation des sols, dans une
logique d'optimisation de l'utilisation de l'espace.
? Sécurisation des autorisations d?urbanisme pour
faciliter les projets, au stade de l?autorisation
comme du contentieux.
Désormais, les règles d?urbanisme (hors règles
relatives à la salubrité ou la sécurité publiques)
seront cristallisées pendant une durée 3 ans après
la délivrance du permis de construire ou
d?aménager initial, en vue de faciliter la délivrance
de permis modificatifs si le projet vient à évoluer
à la marge.
Par ailleurs, la loi sécurise les demandes de
surélévation et de transformation limitée de
bâtiments existants dont le permis initial ne serait
plus conforme aux nouvelles règles d?urbanisme,
afin de permettre une évolution de ces bâtiments
dans le contexte du renouvellement urbain.
Enfin, la loi fait évoluer certaines règles en matière
de contentieux des autorisations d?urbanisme. Le
recours gracieux ne prorogera pas le délai pour
introduire un recours contentieux. Un recours
contentieux devra donc être réalisé dans les deux
mois à compter de l?affichage de l?autorisation
d?urbanisme. Le délai pour introduire un recours
gracieux est réduit de deux à un mois. Par ailleurs,
il sera désormais possible pour un requérant de
faire valoir l?urgence en cas de référé-suspension
pour un refus d?autorisation d?urbanisme.
4. Des mesures spécifiques pour développer
l?offre de logements des salariés en mobilité ou
saisonniers au sein des résidences hôtelières à
vocation sociale.
La loi permet, pendant une période de dix ans à
compter de son entrée en vigueur, la signature
d?un protocole qui permettra d?aménager les
droits de réservation du préfet afin de de loger les
travailleurs au sein de résidences hôtelières à
vocation sociale (RHVS) nouvellement créées sur
le territoire et de pouvoir les transformer en
logements locatifs familiaux à l?échéance du
chantier. Ces résidences pourront ainsi accueillir
dans un premier temps, les ouvriers en mobilité
travaillant sur les grands chantiers de
réindustrialisation. A l?issue de ces chantiers, elles
seront transformées en logements pérennes,
notamment sociaux, dans des conditions prévues
par un protocole signé par l?État, les collectivités
territoriales concernées et l?exploitant.
Cette mesure, tout en incitant à la création d?une
offre de RHVS, permet le développement à terme
d?une offre pérenne de logements locatifs
sociaux.
5. Des mesures ciblées au service de grands
projets.
La loi propose des mesures visant à faciliter
plusieurs projets d?ampleur à l?échelle nationale.
? Elaboration d?un schéma cadre d?aménagement
et de planification de l?urbanisme pour le quartier
de La Défense, par l?État, en association étroite
avec les collectivités locales concernées.
Dans le cadre des réflexions en cours sur l?avenir
du quartier de la Défense, ce nouveau schéma
cadre a vocation à déterminer les orientations et
les objectifs de l?État en matière d?aménagement
et d?urbanisme et à fixer un certain nombre de
règles que les documents d?urbanisme locaux
devront respecter, par exemple en matière de
réalisation d?aires de stationnement ou
d?aménagement des surfaces non
imperméabilisées. Ce schéma cadre, qui sera
approuvé par décret en Conseil d?État, permettra
à l?État d?intervenir plus directement dans la
planification relative à ce quartier à rayonnement
national. Il permettra aussi de renforcer
l?association des communes du territoire et la
coordination entre leurs politiques locales
d?aménagement et d?urbanisme.
? Des procédures facilitées pour la construction
des EPR2 dans le cadre de la politique
d?accélération du nouveau nucléaire.
La construction des EPR2 mobilisera des milliers
de salariés pendant plusieurs années dans des
territoires où l?offre de logements et de mobilités
n?est pas suffisante.
Pour mener à bien ces chantiers indispensables à
la souveraineté énergétique, la loi crée la
possibilité pour le préfet de département
d?autoriser des constructions et aménagements
temporaires pour une durée de 20 ans, par
exemple pour aménager des parkings déportés ou
du logement temporaire. Cette mesure sera
précisée par décret.
Outre ce document de présentation général, un
accompagnement technique sera proposé aux
acteurs de l?aménagement et du logement, sous
forme de wébinaires et de fiches techniques
notamment. Les textes d?application nécessaires
seront également pris dans les mois à venir.
Direction générale de l?Aménagement, du Logement et de la Nature - DHUP/MICOM - Novembre 2025 5