Résumé de l'évaluation environnementale stratégique du projet de la stratégie nationale bas-carbone 3
Auteur moral
République française
Auteur secondaire
Résumé
"L'Evaluation environnementale stratégique (EES) est un processus itératif visant à assurer un niveau élevé de prise en compte des considérations environnementales dans l'élaboration dela programmation pour aboutir à un plan moins dommageable pour l'environnement.La présente évaluation environnementale s'inscrit dans le cadre de la préparation de la troisième édition de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), qui constitue le cadre d'actionde la France en matière d'atténuation du changement climatique.L'EES rend compte des effets potentiels ou avérés sur l'environnement de la mise en oeuvre de la SNBC 3. L'environnement y est appréhendé dans sa globalité : population et santé humaine,biodiversité, terres, sol, eau, air et climat, biens matériels, patrimoine culturel et paysage, ainsi que les interactions entre ces éléments (L. 122-1 du Code de l'environnement). La démarche d'EES, en tant qu'outil d'aide à la décision, a été initiée au démarrage de l'élaboration de laSNBC 3, et a permis de l'ajuster tout au long de son élaboration.Ce processus relève d'une approche préventive et non normative. L'EES doit permettre d'évaluer les diverses options envisageables et de présenter les meilleurs choix possibles."
Descripteur Urbamet
bas carbone
Descripteur écoplanete
Thème
Énergie - Climat
Texte intégral
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
2
Sommaire
I. Résumé non technique de l?évaluation environnementale stratégique ..................................... 3
1 - Préambule : l?évaluation environnementale stratégique et ses objectifs ............................... 3
2 - Présentation générale de la Stratégie nationale bas-carbone et de son articulation avec
d?autres plans et programmes......................................................................................................... 3
3 - Etat initial de l?environnement et identification des enjeux environnementaux au prisme
desquels la SNBC 3 est à examiner ................................................................................................ 7
4 - Les solutions de substitution raisonnables ................................................................................ 27
5 - Exposé des motifs ayant guidé la décision ................................................................................ 29
6 - Résumé des impacts de la SNBC sur l?environnement............................................................ 34
7 - Mesures ERC retenues compte tenu des incidences notables probables identifiées ...... 43
8 - Suivi des enjeux environnementaux de la SNBC 3 ................................................................... 47
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
3
I. Résumé non technique de l?évaluation
environnementale stratégique
1 - Préambule : l?évaluation environnementale stratégique et ses
objectifs
L?Evaluation environnementale stratégique (EES) est un processus itératif visant à assurer un
niveau élevé de prise en compte des considérations environnementales dans l?élaboration de
la programmation pour aboutir à un plan moins dommageable pour l?environnement.
La présente évaluation environnementale s?inscrit dans le cadre de la préparation de la
troisième édition de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), qui constitue le cadre d?action
de la France en matière d?atténuation du changement climatique.
L?EES rend compte des effets potentiels ou avérés sur l?environnement de la mise en oeuvre de
la SNBC 3. L?environnement y est appréhendé dans sa globalité : population et santé humaine,
biodiversité, terres, sol, eau, air et climat, biens matériels, patrimoine culturel et paysage, ainsi
que les interactions entre ces éléments (L. 122-1 du Code de l?environnement). La démarche
d?EES, en tant qu?outil d?aide à la décision, a été initiée au démarrage de l?élaboration de la
SNBC 3, et a permis de l?ajuster tout au long de son élaboration.
Ce processus relève d?une approche préventive et non normative. L?EES doit permettre
d'évaluer les diverses options envisageables et de présenter les meilleurs choix possibles.
2 - Présentation générale de la Stratégie nationale bas-carbone et
de son articulation avec d?autres plans et programmes
A. La Stratégie nationale bas-carbone, de quoi parle-t-on ?
La Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) constitue l?outil de planification de long terme de
la politique climatique française pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Elle a été
instituée par la loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la
croissance verte. La SNBC comprend un objectif de long terme (atteindre la neutralité carbone
en 20501 et réduire l?empreinte carbone de la France), une trajectoire cible pour y parvenir, des
budgets carbone (plafonds d?émissions de gaz à effet de serre à ne pas dépasser exprimés en
moyenne annuelle par période de 5 ans) et des orientations de politiques publiques pour
atteindre ces objectifs.
1 Objectif inscrit à l?article L. 100-4 du Code de l?énergie
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
4
La SNBC s?appuie sur un scénario de transition énergie-climat de référence, qui traduit l?effet
des hypothèses, des politiques et mesures en trajectoires d?émissions de gaz à effet de serre
sectorielles en veillant, conformément à la loi, « à cibler le plan d'action sur les mesures les plus
efficaces »2. Ce scénario de référence indicatif permet au Gouvernement d?arrêter les budgets
carbone, les objectifs sectoriels et les mesures et orientations de politiques publiques de la
SNBC.
La SNBC s?applique en hexagone et dans les territoires ultramarins suivants : Guadeloupe,
Guyane, Martinique, Réunion, Mayotte, Clipperton, Saint Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon3
La loi prévoit la révision de la SNBC tous les cinq ans. La SNBC en préparation est la troisième
édition (SNBC 3)4. La SNBC 3 met à jour les 3e et 4e budgets carbone (périodes 2024-2028 et
2029-2033) en accord avec la nouvelle ambition climatique et arrête le 5e budget carbone
(période 2034-2038).
B. Les grands objectifs stratégiques de la troisième Stratégie nationale
bas-carbone
La SNBC 3 compte 7 grands objectifs stratégiques :
? Réduire de moitié les émissions territoriales hors puits de carbone (secteur UTCATF et puits
technologiques) d?ici 2030 par rapport à 1990 ;
? Atteindre la neutralité carbone en 2050, soit l?équilibre, sur le territoire national, entre les
émissions anthropiques par les sources et les absorptions anthropiques par les puits de gaz
à effet de serre ;
? Garantir la souveraineté énergétique et sortir des énergies fossiles, en mettant fin à la
production d?électricité à partir de charbon d?ici 2027, à la consommation de charbon à
horizon 2030, de pétrole d?ici 2045 et de gaz fossile en 2050 et en assurant la disponibilité
d?énergie décarbonée, notamment électricité et biomasse ;
? Réduire notre consommation d?énergie finale, c?est-à-dire l?énergie au stade de son
utilisation par le consommateur final, via l?efficacité énergétique et la sobriété énergétique ;
? Consolider le puits de carbone naturel, via une approche équilibrée des différents enjeux
relatifs à la forêt et au sol ;
? Garantir une transition juste, soutenable et compétitive sur les plans socio-économique, qui
protège, l?emploi, le pouvoir d?achat et l?équilibre entre les territoires ;
2 Article L. 222-1 B du Code de l?environnement
3 Territoires ultra-marins ne détenant pas la compétence environnement sur lesquels le livre VI du Code de
l?environnement
4 La SNBC antérieure (SNBC 2) a été adoptée par décret en avril 2020
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
5
? Réduire l?empreinte carbone de la France de -71 % à -79 % en 2050 par rapport à 2010. La
France devient ainsi le premier pays à se fixer un objectif indicatif de réduction de
l?empreinte carbone à horizon 2050.
Au-delà de ces objectifs, la SNBC 3 poursuit des objectifs sectoriels de baisse d?émissions de
GES.
C. L?articulation de la SNBC avec d?autres plans et programmes
1. Une prise en compte globale de la SNBC dans les documents de planification français
L?Etat, les collectivités territoriales et leurs établissements publics sont tenus, respectivement,
de prendre en compte la SNBC dans leurs documents de planification et de programmation
qui ont des incidences significatives sur les émissions de gaz à effet de serre5. La loi climat et
résilience a étendu ce principe à certains acteurs économiques en exigeant l?identification des
leviers de décarbonation à disposition de ces derniers et leur traduction opérationnelle au sein
de feuilles de route de décarbonation6. Enfin, pour accompagner les entreprises volontaires
souhaitant objectiver la cohérence de leur trajectoire de décarbonation avec les orientations
de la présente SNBC jusqu?en 2050, un guide de déclinaison volontaire de la SNBC auprès des
entreprises sera publié en parallèle de la SNBC 37.
Le scénario de référence de la SNBC a vocation à guider ces acteurs dans l?élaboration de leurs
documents de planification.
A l?échelle territoriale, la SNBC est principalement articulée avec :
? Les schémas régionaux d?aménagement, de développement durable et d?égalités des
territoires (SRADDET), le schéma régional du climat de l?air et de l?énergie (SRCAE) pour la
région Ile-de-France et la Corse, et le schéma d?aménagement régional (SAR) pour les
départements et régions d?Outre-mer ;
? Les plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET) ;
? Les schémas de cohérence territorial (SCoT) ;
? Les plans locaux d?urbanisme (PLU).
Ces documents doivent faire l?objet d?une évaluation environnementale stratégique.
2. Les principaux plans et programmes qui s?articulent avec la SNBC
5 Légifrance : III de l?article L. 222-1 B du code de l?environnement :
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039373787
6 Légifrance : Article 301 de la loi Climat et résilience,
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000043956974
7 Un projet de ce guide a été publié en novembre 2024 lors de la concertation préalable sur le projet de SNBC 3 :
https://concertation-strategie-energie-climat.gouv.fr/sites/default/files/2024-
11/3.%20Guide%20SNBC%20entreprises_0.pdf
https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000043956974
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
6
De par sa nature, la SNBC s?articule avec de nombreux plans et programmes. En effet, la SNBC
est une stratégie très transversale qui couvre tous les secteurs émetteurs de gaz à effet de serre
(transports, agriculture, industrie, bâtiments, production et transformation d?énergie, déchets,
numérique), ainsi que les puits de carbone. La SNBC 3 comporte également des orientations
portant sur la mobilisation des acteurs (Etat, entreprises, collectivités territoriales) ainsi que sur
des thématiques facilitatrices ou déterminantes à l?atteinte de nos objectifs climatiques
(recherche, politique économique, emplois et compétences).
A titre principal, la SNBC est articulée avec la Programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE8),
dont un projet a été soumis à la consultation du public en mars 2025 9 et le Plan national
d?adaptation au changement climatique (PNACC) adopté en mars 202510. Ensemble, ces trois
documents forment la Stratégie française pour l?énergie et le climat (SFEC). La SFEC vise à
traiter de manière cohérente et intégrée les enjeux de la décarbonation et à renforcer
l?articulation nécessaire entre les politiques d?atténuation et d?adaptation au changement
climatique.
La SNBC s?articule également :
? De manière transversale avec le Plan national de réduction des polluants atmosphériques
(PREPA) qui regroupe les orientations de l?État en faveur de la qualité de l?air sur le moyen
et long terme dans de nombreux secteurs (industrie, transports, résidentiel-tertiaire,
agriculture) ; la Stratégie Nationale de Mobilisation de la Biomasse (SNMB), qui précise les
modalités de mobilisation durable de la biomasse (bois-énergie, bois-matériau, biomasse
agricole, déchets organiques) pour atteindre les objectifs de la SNBC, et la stratégie
nationale de sécurisation des approvisionnements en métaux critiques ;
? De manière sectorielle, avec de nombreux documents. Les principaux documents sectoriels
sont cités en partie III.3 de l?évaluation environnementale stratégique de la SNBC 3.
Le schéma ci-dessous représente les principales interactions entre la SNBC et les autres plans
et programmes.
8 La PPE fait l?objet d?une évaluation environnementale stratégique
9 Ministère de la transition écologique (2025). Consultation du public sur le projet de troisième édition de la
Programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) : https://www.consultations-publiques.developpement-
durable.gouv.fr/consultation-du-public-sur-le-projet-de-troisieme-a3142.html
10 Ministère de la transition écologique (2025). Adaptation de la France au changement climatique :
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/adaptation-france-changement-climatique
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
7
Figure 1 : Principales interactions entre la SNBC et les autres plans
3 - Etat initial de l?environnement et identification des enjeux
environnementaux au prisme desquels la SNBC 3 est à examiner
A. Synthèse de l?état initial de l?environnement
Dans l?état initial de la présente EES, conformément au code de l?environnement, les
thématiques suivantes ont été considérées : Climat et énergie ; Milieux physiques : ressources
en eau et milieux aquatiques, sols et ressources des sous-sols ; Milieux naturels : biodiversité et
habitats naturels et réseau Natura 2000 ; Milieux humains : risques naturels et technologiques,
nuisances, santé humaine, patrimoine architecturel, culturel et archéologique.
Ces thématiques sont successivement examinées au prisme :
? Des principales menaces et pressions auxquelles elles sont confrontées, en lien avec les
sujets qui nous occupent, à savoir les activités qui émettent des gaz à effet de serre, les puits
de carbone et le changement climatique. Ces parties décrivent un état des lieux de la
situation à date (selon la donnée la plus récente) ;
? Des principales politiques et mesures existantes en lien avec ces pressions ;
? Des tendances observées récemment et perspectives d?évolution tendancielles, selon les
données disponibles sur la thématique.
Sur la base de ces éléments d?analyse, des enjeux environnementaux ont été identifiés, à l?aune
desquels la SNBC 3 a ensuite été examinée.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
8
Ce résumé met l?accent sur les principales menaces et pressions identifiées et les tendances
et perspectives d?évolution.
1. Climat et énergie
1. Climat
a. Menaces et pressions
Les activités humaines émettent des gaz à effet de serre (GES) dans l?atmosphère. Ces GES
jouent un rôle essentiel dans la régulation du climat terrestre. Cependant, depuis l?ère
préindustrielle, les concentrations mondiales de GES issues des activités humaines ont
fortement augmenté (+196 ppm entre la préindustrialisation 1850 et février 2025 dont
+139 ppm pour le seul CO2
11), accentuant l?effet de serre. Cette intensification entraîne une
accumulation croissante d?énergie dans le système climatique terrestre, perturbant les grands
équilibres qui régissent le climat actuel et provoquant des impacts majeurs sur
l?environnement. En 2023, les émissions de GES territoriales12 hors puits de carbone s?élèvent
à 376 Mt CO2e 13 . Les transports, l?agriculture et l?industrie sont les trois secteurs les plus
émetteurs et représentent respectivement 34 %, 20 % et 17 % des émissions totales. Le secteur
UTCATF (Utilisation des Terres, Changement d?Affectation des Terres et Forêt) qui regroupe
les émissions et absorptions des forêts, prairies, terres cultivées, zones artificialisées et des
produits bois, est actuellement un puits net de carbone. Il s?agit pour l?instant du seul moyen
pour la France de réaliser des absorptions de CO2.
Selon l?estimation la plus récente de l?INSEE et du SDES14, en 2024 l'empreinte carbone de la
France s'élève à 563 Mt CO2e soit, ramenée à l?ensemble de la population, 8,2 t CO2e/habitant.
Elle est composée à moitié d?émissions intérieures (émissions directes des ménages et
émissions de la production intérieure hors exportations), et à moitié d?émissions importées
(émissions associées aux importations pour un usage final et pour des consommations
intermédiaires).
b. Tendances et perspectives d?évolution
Tant que la neutralité carbone ne sera pas atteinte au niveau mondial, le climat continuera de
se réchauffer et les impacts du réchauffement climatique s?aggraveront. En France hexagonale,
de 1900 à nos jours, les températures moyennes ont augmenté de 2,2 °C, une valeur plus forte
que celle observée en moyenne mondiale. Les autres effets du changement climatique déjà
observés sont variés et liés les uns aux autres. En France hexagonale, les projections climatiques
11 European Environment Agency (2025). Atmospheric greenhouse gas concentrations:
https://www.eea.europa.eu/en/analysis/indicators/atmospheric-greenhouse-gas-concentrations
12 Périmètre : Hexagone et Outre-mer inclus dans l?Union européenne
13 CITEPA (2025) Rapport SECTEN Edition 2025 : https://www.citepa.org/wp-content/uploads/2025/06/Citepa_Secten-
2025.pdf
14 BAUDE, Manuel ; LARRIEU, Sylvain (2025). L?empreinte carbone de la France de 1990 à 2024. SDES et Insee, 16/10/2025.
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-du-climat/fr/3-observations-du-
changement-climatique-et
https://www.eea.europa.eu/en/analysis/indicators/atmospheric-greenhouse-gas-concentrations?
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-du-climat/fr/3-observations-du-changement-climatique-et
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-du-climat/fr/3-observations-du-changement-climatique-et
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
9
montrent une poursuite du réchauffement jusqu?aux années 2050, quel que soit le scénario de
réduction des émissions. La trajectoire de réchauffement de référence pour l'adaptation au
changement climatique (TRACC), fondée sur le scénario tendanciel selon les scientifiques du
GIEC, prépare à l?hypothèse d?un réchauffement qui atteindra progressivement +4 °C d?ici
2100 en France hexagonale par rapport à la période préindustrielle.
En termes de trajectoire passée, les émissions de gaz à effet de serre de la France hors puits
de carbone baissent globalement depuis 2005 avec une accélération de cette baisse au cours
des dernières années. Entre 1990 et 2024, les émissions de gaz à effet de serre en France hors
puits de carbone ont diminué de 32 % selon les données provisoires (Secten 2025). La Stratégie
nationale bas-carbone n° 3 présente un bilan de la trajectoire de la France par rapport à ses
objectifs (cf. Projet de SNBC 3 ? Partie SNBC II.A.1).
Figure 2 : Evolution des émissions de GES (Mt CO2e) hors puits de carbone. (Source : évolution 1990-2024(e) :
inventaire national des émissions de gaz à effet de serre, Citepa, Secten 2025)
L?empreinte française a connu une hausse vers la fin des années 1990 avant d?atteindre son pic
en 2008 (876 Mt CO2e). Depuis, l?empreinte française baisse à hauteur de 2,3 % par an en
moyenne et a diminué de 25 % en 2024 par rapport à 2010.
Selon le dernier scénario avec mesures existantes disponibles (« AME » 2024), en considérant
l?effet de l?ensemble des politiques et mesures adoptées jusqu?au 31 décembre 2023, une
réduction de -39,5 % des émissions de GES hors puits de carbone par rapport à 1990 est
atteinte en 2030, très proche de l?objectif fixé dans la SNBC 2 de réduire de -40 % les émissions
de GES de la France hors puits en 2030 par rapport à 1990. A l?horizon 2050, le scénario AME
2024 atteint une baisse de 57 % des émissions hors puits de GES par rapport à 1990.
-100
-50
0
50
100
150
200
250
300
350
400
450
500
550
600
650
19
9
0
19
9
1
19
9
2
19
9
3
19
9
4
19
9
5
19
9
6
19
9
7
19
9
8
19
9
9
2
0
0
0
2
0
0
1
2
0
0
2
2
0
0
3
2
0
0
4
2
0
0
5
2
0
0
6
2
0
0
7
2
0
0
8
2
0
0
9
2
0
10
2
0
11
2
0
12
2
0
13
2
0
14
2
0
15
2
0
16
2
0
17
2
0
18
2
0
19
2
0
2
0
2
0
2
1
2
0
2
2
2
0
2
3
2
0
2
4
Evolutions des émissions de GES hors puits de carbone (hors secteur
UTCATF)
(observées, en Mt CO2e)
Industrie de l'énergie Industrie manufacturière/construction
Déchets (centralisés) Usage/activités des bâtiments
Agriculture/sylviculture Transports
UTCATF 2024 : pré-estimation
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
10
Dans le scénario « AME 2024 », l?empreinte carbone est réduite de -27 % en 2030 et de -44 %
en 2050 par rapport à 2010.
c. Identification des enjeux environnementaux
La lutte contre le changement climatique est le défi du siècle. Contenir l?élévation de la
température moyenne de la planète nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux
préindustriels et poursuivre l?action menée pour limiter l?élévation des températures à 1,5 °C est
un devoir collectif. Pour contribuer pleinement à l?action mondiale exigée par l?Accord de Paris,
la France doit réduire drastiquement ses émissions de gaz à effet de serre afin d?atteindre la
neutralité carbone en 2050 et réduire son empreinte carbone en tenant compte des émissions
importées. A ce titre-là, la présente EES examinera par la suite, la SNBC 3 au prisme de l?enjeu
de « Réduire les émissions territoriales et les émissions importées de gaz à effet de serre »
2. Energie
a. Menaces et pressions
La plupart des secteurs considérés par la SNBC consomment de l?énergie, selon des parts
variables par type d?énergie. Ces consommations d?énergies restent encore majoritairement
fossiles, et sont sources d?émissions de gaz à effet de serre.
La question de la disponibilité de l?énergie consommée, que ce soit sur le territoire national ou
via des pays tiers de confiance, est primordiale, et peut être source de tension pour la sécurité
d?approvisionnement nationale. La provenance de l?énergie consommée varie fortement en
fonction des types d?énergie. Alors que les énergies fossiles sont quasiment intégralement
importées, la France produit l?équivalent de ce qui est consommé sur le territoire national pour
l?électricité ou les énergies renouvelables thermiques. Des enjeux de souveraineté peuvent
également apparaître sur certaines énergies renouvelables spécifiques, comme les
biocarburants ou l?hydrogène.
b. Tendances et perspectives d?évolution
Concernant la consommation d?énergie finale, le scénario AME 2024 montre que les mesures
existantes entraînent déjà une baisse de 16 % au périmètre de la Directive sur l?Efficacité
Energétique 15 (DEE) en 2030 par rapport à 2012, pour un objectif de 1 243 TWh en 2030
(objectif de baisse de l?ordre de 29 % par rapport à 2012). Cette consommation atteint 1 300
TWh en 2050 avec les mesures existantes (contre un objectif de baisse de 50 % de la
consommation d?énergie finale fixé dans le Code de l?énergie).
Le scénario AME 2024 montre également une disponibilité suffisante de la ressource en
biomasse (scénario excédentaire en biomasse sur toute la trajectoire) et une hausse de la
consommation d?électricité. A horizon 2050, l?AME 2024 fait l?hypothèse de consommations
15 Le périmètre de cette directive couvre les consommations finales à usages énergétiques (exclut les consommations à
usages non-énergétiques) ainsi que les soutes aériennes, mais exclut les soutes maritimes et l'énergie ambiante (chaleur
dans l'environnement pour les pompes à chaleur).
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
11
d?électricité en forte hausse : près de 200 TWh de hausse des besoins entre aujourd?hui et 2050
du fait d?hypothèses ambitieuses de production de H2 (notamment pour la production de
e-fuel due à la prise en compte du nouveau Règlement ReFuelEU Aviation), de l?augmentation
du nombre de véhicules électriques (suite à la révision du Règlement (UE) sur les seuils
d?émissions de CO2 des véhicules neufs) et de la réindustrialisation. De nouvelles demandes
émergent, notamment le secteur « numérique et des data centers », compté dans le secteur
tertiaire, qui entraîne une forte hausse de consommation d?électricité atteignant jusqu?à
63 TWh en 2050 dans le scénario AME 2024.
c. Identification des enjeux environnementaux
Faire de la France le premier grand pays industriel au monde à sortir de sa dépendance aux
énergies fossiles importées suppose une action résolue visant à passer de consommations
encore en majorité fossiles à une économie plus sobre, plus efficace et approvisionnée en
énergies bas-carbone produites et maîtrisées sur notre sol. La France vise à mettre fin à sa
production d?électricité à partir de charbon en 2027 et sortir de sa dépendance aux énergies
fossiles importées en 2050, contre un mix énergétique composé à près de 60 % d?énergies
fossiles importées actuellement.
Des enjeux de vérification de cohérence d?ensemble des résultats entre eux (bouclage) sont
intégrés aux travaux de modélisation conduits par la DGEC afin notamment de vérifier à
chaque horizon temporel, et pour chacun des secteurs (transports, agriculture, bâtiments,
industrie, énergie, déchets) et des vecteurs énergétiques, l?adéquation des ressources
(production d?électricité, volumes de biomasse, etc.) avec les besoins qui se dégagent du
scénario de référence.
Dans la suite de l?EES, ces sujets seront traités via l?enjeu « Réduire les émissions territoriales
et les émissions importées de gaz à effet de serre »
2. Milieux physiques
1. Ressources en eau et milieux aquatiques
En France, la ressource en eau douce se trouve dans les eaux de surface (cours d?eau, lacs) et
dans les nappes d?eau souterraine. Un volume moyen de près de 211 milliards de m3 (Mdm3) se
renouvelle chaque année sur le territoire métropolitain. La France métropolitaine comptabilise
presque 430 000 kilomètres de cours d?eau et 623 000 si on ajoute les cinq DROM. Les nappes
souterraines sont estimées à 2 000 milliards de m3. Par ailleurs, la France compte environ
5 500 km de façade littorale, comprenant plus de 240 masses d?eau côtières et de transition.
a. Menaces et pressions
Le changement climatique bouleverse le cycle de l?eau, affectant à la fois la qualité et la
quantité des ressources.
Les modèles actuels de production et de consommation exercent également des pressions sur
la quantité et la qualité de la ressource en eau et sur les milieux aquatiques. Concernant le
volet quantitatif, les consommations en eau génèrent sur certains territoires des situations de
déséquilibres quantitatifs structurels. Ces déséquilibres entre la disponibilité de la ressource
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
12
en eau et les besoins en eau pour les usages humains et les finalités écologiques vont s?accroître
avec le changement climatique pouvant accentuer localement des conflits entre les différents
usagers de l?eau. Concernant le volet qualitatif, les secteurs émetteurs de gaz à effet de serre
sont également à l?origine de pollutions plus locales (produits phytopharmaceutiques, azote,
hydrocarbures, particules fines, PFAS, métaux, etc.). Ces pollutions peuvent directement, par
dépôt atmosphérique, après ruissellement ou lixiviation, affecter les cours d?eau et les eaux
souterraines.
L?aménagement du territoire, le changement d?usage des sols ou la conduite d?activité
économique peuvent également générer des pressions sur la ressource en eau et les milieux
aquatiques tant quantitatives via l?artificialisation des sols, la dégradation des zones humides,
le drainage agricole ou la rectification des cours d?eau, etc. que qualitatives avec
l?artificialisation riveraine induisant l?érosion des berges, hausse de la turbidité et de la
sédimentation des cours d?eau et les ouvrages hydrauliques perturbant la circulation des
sédiments.
b. Tendances et perspectives d?évolution
Les effets du réchauffement climatique vont amplifier les pressions sur l?eau et les milieux
aquatiques, avec des risques à venir sur la quantité de ressource en eau disponible dans le
futur. Les projections du projet Explore2 porté par l?INRAE et l?OIEau indiquent une
augmentation des précipitations hivernales de +10 à +45?% d?ici 2071?2100, selon les régions,
mais une diminution estivale très marquée dans le sud-ouest. En conséquence, les débits
moyens hivernaux des cours d?eau augmenteraient d?environ 10?% dans certaines zones
montagneuses, tandis que dans les plaines du sud-ouest ils pourraient chuter jusqu?à 10?%. 20 %
de la surface de la France hexagonale (contre 10 % aujourd?hui) serait touchée par une
sécheresse météorologique décennale (ayant une chance sur 10 de se produire dans l?année).
Selon Météo France, le bilan hydrique moyen s?alourdira (précipitations ? évapotranspiration).
Selon le scénario de la TRACC, l?évapotranspiration pourrait croître de 10 à 20?%, entraînant
des déficits d?eau annuels allant jusqu?à -45 mm à 2050 et -116 mm d?ici 2100, soit un à deux
mois de pluie en moins. Selon le Haut-Commissariat à la Stratégie et au plan, 88?% du territoire
pourrait faire face à des tensions sur l?eau « modérées à sévères », avec des restrictions d?usage
quasi généralisées d?ici 2050.
La tendance globale sur la qualité écologique des eaux a été, sur les derniers états des lieux
réalisés dans le cadre de la DCE, à une légère amélioration. Les tendances observées sur les
différentes pollutions contaminant les cours d?eau ne sont pas homogènes. La pollution des
cours d?eau par les matières organiques et phosphorées a largement diminué : les teneurs en
phosphates ont été divisées par deux dans les cours d?eau en quinze ans. La pollution d?origine
agricole demeure toutefois toujours préoccupante. Les nitrates sont, avec les produits
phytopharmaceutiques, les polluants les plus détectés dans les eaux souterraines de
l?hexagone, avec toutefois de fortes disparités territoriales. Les PFAS, très persistants, sont une
menace émergeante de plus en plus étudiée.
c. Identification des enjeux environnementaux
Les ressources en eau et les milieux aquatiques sont soumis à de nombreuses pressions,
notamment en lien avec le changement climatique et les modèles de production et
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
13
d?aménagement, tant actuels que ceux qui seront choisis dans les prochaines années. En effet,
la ressource en eau disponible risque de diminuer, notamment en été, et de manière marquée
selon les territoires, avec également une augmentation des phénomènes extrêmes (sécheresse,
inondation), ce qui nécessite de travailler à la bonne répartition de la ressource entre les
différents usages et avec les milieux naturels.
De plus, les activités anthropiques génèrent des pollutions de l?eau avec des impacts sur les
milieux, sur l?approvisionnement en eau potable et la santé humaine.
A ce titre, la présente EES examinera par la suite la SNBC 3 au prisme de l?enjeu de « préserver
la ressource en eau » et du bon fonctionnement des milieux aquatiques et intégrera aussi le
sujet de la ressource en eau et des milieux aquatiques dans les enjeux « préserver et améliorer
le cadre de vie et la santé publique » ainsi que « renforcer la résilience des territoires au
changement climatique et limiter les risques naturels ».
2. Sols
En 2022 (moyenne 2021-2022-2023), les 54,9 millions d?hectares de France métropolitaine se
répartissent pour 48 % en sols naturels (principalement des sols boisés), pour 43,7 % en sols
agricoles (cultivés ou toujours en herbe à l?instar des prairies) et pour 8,3 % en sols artificialisés.
La matière organique du sol, composée en moyenne de 60 % de carbone organique, rend de
nombreux services.
a. Menaces et pressions
Les secteurs émetteurs de gaz à effet de serre peuvent être à l?origine de menaces et pressions
de natures diverses sur les sols. En particulier :
? L?ensemble des secteurs exerce une pression vis-à-vis de l?artificialisation des sols. La
consommation d?espaces, définie comme la transformation d?espaces naturels, agricoles ou
forestiers en espaces urbanisés est l?une des pressions majeures sur les sols français.
L?habitat demeure le premier facteur de consommation d?espaces. L?artificialisation des sols
provoque des pertes de fonctions écologiques avec notamment la baisse de la fertilité et
de la résilience des sols et des dégradations physiques (réduction de la capacité des sols à
retenir l?eau, pertes du potentiel de stockage du carbone, diminution de la biomasse et de
la biodiversité microbienne, etc.). La hausse de la production de biomasse à des fins
énergétiques peut par ailleurs impliquer une concurrence accrue des usages des sols ;
? Plusieurs secteurs dont les secteurs de l?énergie, de l?industrie, des déchets et de
l?agriculture peuvent être à l?origine de pollutions des sols. La France recensait, en octobre
2024, plus de 11 000 sites et sols pollués ou potentiellement pollués16 (pollutions locales). Les
principales familles de polluants identifiées dans les sols et nappes sont les métaux
(cadmium, plomb, etc.) et métalloïdes (bore, arsenic) (près d?un quart des cas) et les
16 Ministère de la transition écologique (2025). Bilan environnemental de la France édition 2024 :
https://portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr/exl-php/document-
affiche/mte_recherche_avancee/OUVRE_DOC/14015?fic=mpdouv00265693.pdf
https://portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr/exl-php/document-affiche/mte_recherche_avancee/OUVRE_DOC/14015?fic=mpdouv00265693.pdf
https://portail.documentation.developpement-durable.gouv.fr/exl-php/document-affiche/mte_recherche_avancee/OUVRE_DOC/14015?fic=mpdouv00265693.pdf
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
14
hydrocarbures sous diverses formes (près d?un tiers). Pour ce qui concerne spécifiquement
les pollutions diffuses, souvent multiples sur un même site, elles résultent principalement
de déversements industriels, de décharges mal gérées, de fuites de carburants ou de
l?écoulement accidentel d?engrais ;
? Les pratiques de gestion agricoles et forestières ou de changement d?affectation des sols
peuvent influer sur les cycles biogéochimiques (azote, phosphore, carbone, etc.) du sol et
les phénomènes naturels de dégradation des sols, ou affecter plus directement l?intégrité
physique des sols (tassement). Le sol assure la fourniture de nutriments indispensables à la
croissance des plantes et en particulier l'azote, le phosphore et le potassium. Les systèmes
de production agricole exigent de grandes quantités de nutriments. La nature des cultures
et les pratiques agricoles associées influencent les teneurs en nutriments des sols. Lorsque
leur teneur s?appauvrit dans les sols cultivés ou en fonction du niveau de production
souhaité, le recours à une fertilisation minérale ou organique (apports de fumiers, lisiers,
etc.) est nécessaire afin de maintenir les rendements. Ces apports, selon les pratiques et les
quantités, peuvent avoir des impacts majeurs sur la qualité et la biodiversité des sols ;
? Plusieurs surfaces, du fait de leurs topographies ou des aménagements qui y sont réalisés,
peuvent subir des pertes de sols (érosion, ruissellement). L?érosion hydrique et éolienne
touche environ 20?% du territoire métropolitain avec des pertes moyennes de 1,5?t/ha/an et
dépassant 2?t/ha/an dans les zones très fragiles (vignobles, grandes cultures).
Le changement climatique exacerbe les pressions environnementales avec des épisodes de
sécheresse, de chaleur ou de pluies intenses qui fragilisent les écosystèmes. Par ailleurs, le
changement climatique fragilise également les forêts et le puits de carbone associé.
b. Tendances et perspectives d?évolution
Malgré un ralentissement relatif ces dernières années et des dynamiques différenciées par
région, l?artificialisation en France se traduit par une consommation annuelle moyenne de
21 000 hectares d?espaces naturels, agricoles et forestiers depuis 2015. L?artificialisation des
terres se traduit principalement par des pertes de terres agricoles. A l?inverse, depuis près de
deux siècles, la superficie forestière augmente. La croissance en termes de volume de bois
ralentit par ailleurs depuis quelques années sous l?effet notamment des stress hydriques, des
températures plus élevées et des évènements extrêmes (tempêtes, incendies).
L?évolution historique des stocks de carbone dans les sols varie entre ?0,2 ? et +3,2 ? par an,
selon les pratiques agricoles et l'usage des sols. En l?absence d?artificialisation ou de
retournement des prairies, une augmentation médiane de +1,9 ? par an serait possible sur
l?ensemble du territoire, voire +3,3 ? pour les seules surfaces agricoles et jusqu?à +5,2 ? pour
les grandes cultures. Si l?artificialisation et l?imperméabilisation des sols devaient augmenter
dans le futur, cela entrainerait une hausse importante des émissions. Selon l?ADEME,
l?imperméabilisation d?un hectare de terre agricole, généralement via du béton ou de l?enrobé,
génère environ 190?tonnes de CO?e. Pour les prairies permanentes, cette valeur est encore plus
élevée, autour de 290?t CO?e/ha, en raison de stocks de carbone plus riches. Par ailleurs, sous
l?effet du changement climatique, les sols pourraient relâcher du carbone. Des chercheurs
calculent ainsi, sur la base de 49 profils de sols expérimentaux basés en Amérique du Nord, en
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
15
Europe et en Asie, que pour 1 °C de réchauffement en 2050, 30 Gt (+/-30) de carbone environ
pourraient être relâchées du sol à l?échelle globale.
Le nombre de sites et sols pollués est en hausse sur la période 2012-2024. Néanmoins, cette
hausse traduit également une amélioration de la connaissance des sols (élargissement de la
surveillance, identification progressive de nouveaux sites, etc.).
La biomasse agricole sera une ressource clé pour la transition énergétique. La production
accrue de biomasse pourra avoir des impacts variables sur les cycles de l?azote, du phosphore
et du carbone dépendant des types de ressources et des pratiques.
c. Identification des enjeux environnementaux
Les sols ont un rôle à jouer primordial dans l?atteinte des objectifs climatiques de la France,
notamment par leur capacité à stocker du carbone. Ils sont également essentiels au bon
fonctionnement des écosystèmes naturels, à la préservation de la biodiversité, à la gestion du
recul du trait de côte et à la prévention des inondations.
Toutefois, les sols sont soumis à de fortes pressions liées aux activités humaines comme
l?artificialisation et les multiples risques de pollutions, aggravés par les impacts du changement
climatique. La poursuite de l'artificialisation des sols et le retournement des prairies
permanentes constituent des freins majeurs à l?atteinte des objectifs de séquestration
carbone. A ce titre, la présente EES examinera par la suite la SNBC 3 au prisme de l?enjeu de
« préserver les sols et assurer une gestion équilibrée de l?espace ».
3. Ressources des sous-sols
Les ressources naturelles sont indispensables au bon fonctionnement de la société et de
l?économie, notamment pour la production d?énergie, la construction ou encore l?agriculture.
a. Menaces et pressions
Les besoins en ressources naturelles augmentent depuis de nombreuses années au niveau
mondial. De nombreux défis relatifs à l?extraction et à la consommation des ressources des
sous-sols se posent. Les défis posés varient toutefois selon les typologies de ressources
considérées.
Les ressources fossiles (le gaz et le pétrole notamment) représentent la plus grande part des
ressources mobilisées pour la consommation finale d?énergie à usage énergétique. Les
problématiques liées aux ressources énergétiques sont nombreuses : dépendance de la France
aux importations et risques stratégiques et économiques qui en découlent (les importations
d?énergie fossile représentent 79 Mds¤ en 2024) ; conséquences importantes de la combustion
des énergies fossiles sur le climat, etc.
Les ressources minérales métalliques forment un vaste ensemble aux propriétés et usages très
variés. La révolution industrielle a permis d?extraire une quantité et une variété de plus en plus
grandes de métaux et a vu apparaître de nouveaux procédés pour la métallurgie. Des dizaines
de métaux ont trouvé des utilisations très diverses, certains de ces métaux jouant un rôle
prépondérant dans le développement des énergies bas-carbone. Les terres rares constituent
un autre ensemble de métaux critiques mobilisés par les technologies bas-carbone
(générateurs électriques notamment pour les éoliennes et moteurs des véhicules électriques).
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
16
Les problématiques liées aux ressources minérales métalliques sont nombreuses : dépendance
de la France aux importations (avec un volume extrait sur le territoire français très faible à
l?heure actuelle) et risques stratégiques et économiques qui en découlent ; impacts sociaux et
environnementaux de l?extraction.
Les minéraux non métalliques rassemblent les minéraux industriels (andalousite, kaolin, talc,
etc.) et les minéraux de construction (granulats, roches massives, roches ornementales, etc.).
En France, les besoins en minéraux non métalliques sont principalement couverts par
l?extraction des matériaux disponibles sur son territoire. Les usages sont principalement locaux.
Une réticente croissante des populations pour l?extraction de granulats est toutefois observée.
Ce contexte renforce dès lors un double impératif : réduire les consommations et renforcer
l?utilisation plus vertueuse des ressources.
b. Tendances et perspectives d?évolution
En France et en Europe, la consommation d?énergies fossiles décroit depuis plusieurs années,
avec notamment une baisse de 23 % de la consommation primaire de pétrole depuis 2011, de
26 % de la consommation primaire de gaz, et de 61 % pour la consommation primaire de
charbon. Avec les politiques et mesures actuelles, dans le scénario « AME 2024 », la
consommation d?énergies fossiles devrait continuer à diminuer avec une baisse de 35 % de la
consommation primaire d?énergies fossiles par rapport à 2012. L?atteinte de la neutralité
carbone nécessitera de réduire encore davantage les consommations.
Concernant les ressources minérales métalliques, les tendances montrent des besoins en forte
augmentation. Ainsi, alors que l?extraction de minerais métalliques a plus que triplé au niveau
mondial au cours des cinquante dernières années, les études prospectives montrent que la
transition énergétique va conduire à une augmentation encore plus importante de la demande
mondiale en métaux nécessaires aux technologies bas-carbone (terres rares pour l?éolien
offshore et les moteurs électriques, lithium et nickel pour les batteries, etc.), avec la nécessité
de développer de nouvelles capacités en matière d?extraction, de transformation et de
recyclage. Au-delà de cette dynamique globale, il convient de noter que les volumes
d?extraction concernés sont très variables selon les métaux considérés. Par ailleurs, ces
résultats d?ensemble doivent être pris avec précaution dans la mesure où ils agrègent des
matières pour lesquelles les enjeux sont très différents (criticité, disponibilité, dépendance
géostratégique, conflit d?usage, caractère recyclable, substituable ou encore impact
environnemental et social, etc.).
L?empreinte matières est un indicateur qui permet de rendre compte de l?ensemble des
matières premières mobilisées pour satisfaire la consommation finale d?un pays. Elle reflète
l?impact de la demande intérieure de la France sur l?utilisation des ressources, aussi bien celles
qui sont extraites du territoire national que celles mobilisées directement et indirectement
hors de nos frontières pour produire et transporter les produits importés. Elle est estimée à
14,0 tonnes par habitant en France en 2021, légèrement en-dessous de la moyenne européenne
(14,8 t/hab.). Entre 2008 et 2021, l?empreinte matières de la France a diminué de 17 %. Dans le
scénario « AME 2024 », des évaluations préliminaires menées indiquent que l?empreinte
matière française pourrait croître à court, moyen et long terme, montrant la difficulté de
réduire l?empreinte matière globale.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
17
4. Identification des enjeux environnementaux
Face au rôle stratégique dans la transition énergétique, et aux impacts environnementaux et
géopolitiques associés à leur extraction, il devient impératif de mieux gérer les usages des
ressources minérales. Les dynamiques actuelles de consommation ? dans l?industrie, la
construction, l?énergie ou encore le numérique ? exercent une pression croissante sur les
ressources du sous-sol. Par ailleurs, les limites du budget carbone mondial imposent de
renoncer à l?exploitation intégrale des ressources fossiles connues.
Dans ce contexte, développer une économie plus circulaire, reposant sur la sobriété, la
réutilisation, le recyclage et l?écoconception, constitue un levier indispensable pour concilier
transition écologique, résilience industrielle et justice sociale. A ce titre-là, la présente EES
examinera par la suite, la SNBC 3 au prisme de l?enjeu de « limiter l?épuisement des ressources
minérales et développer l?économie circulaire ».
3. Milieux naturels
1. Biodiversité et habitats naturels
La biodiversité désigne l?ensemble des écosystèmes, des espèces animales, végétales,
fongiques et microbiennes ainsi que la diversité génétique qu?ils renferment, depuis les forêts
hexagonales jusqu?aux récifs coralliens d?Outre-mer. La France possède l?un des patrimoines
naturels les plus riches d?Europe grâce à la diversité de ses climats et géographies qui génère
une grande variété d?écosystèmes.
a. Menaces et pressions
Les principales causes de perte de diversité biologique à l?échelle mondiale mais aussi à
l?échelle nationale sont notamment :
? Le changement d?affectation des sols et la destruction et l?artificialisation des milieux
naturels causant perte, dégradation et morcellement des habitats naturels. Cela constitue
l?un des principaux facteurs d?érosion de la biodiversité, représentant environ 30 % de ses
impacts. Ce processus entraîne la destruction des habitats, le dérangement des espèces, la
dégradation des sols et l?altération de leurs fonctions écologiques. En outre, le
morcellement des milieux naturels provoque une diminution de la diversité génétique, en
isolant les populations animales et végétales. Les transports, bâtiments et l?industrie et les
pratiques agricoles (monocultures, disparition des haies et prairies) contribuent à ces effets ;
? Le changement climatique. Le changement climatique a déjà un impact certain sur les
écosystèmes via des modifications de leur fonctionnement (quantité et répartition des
espèces, calendrier saisonnier des événements biologiques, acidification des océans, risques
d?invasions par des espèces exotiques envahissantes, etc.) ;
? Les pollutions. L?activité humaine créée ou modifie certaines substances qui les rendent
naturellement non ou peu dégradables. Les pollutions sont diverses : dépôts d?azote, oxydes
de soufre, produits phytopharmaceutiques, métaux lourds et métalloïdes. Ces polluants ont
de multiples effets néfastes sur la biodiversité, même si certains restent à ce jour peu
(re)connus. Ils peuvent causer la mort de certaines espèces, provoquer des maladies par
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
18
intoxication, affecter leur reproduction (féminisation des poissons, fragilisation des oeufs,
etc.) ou altérer leur comportement.
? La surexploitation des ressources biologiques, sachant que pour le secteur forestier le cadre
réglementaire existant permet de se prémunir d?une surexploitation, mais que de
nombreuses forêts sont touchées par un déséquilibre avec les populations des ongulés
remettant en cause la capacité à régénérer ces forêts ;
? Les effets néfastes des espèces exotiques envahissantes (EEE).
b. Tendances et perspectives d?évolution
La pression subie par les écosystèmes est telle que beaucoup d?habitats naturels et d?espèces
sont aujourd?hui en déclin. Par ailleurs, même si les menaces liées aux pollutions venaient à se
réduire dans les années à venir17, leurs effets négatifs sur la biodiversité pourraient perdurer
encore de nombreuses années. L?accumulation d'effets combinés (pollution, changement
climatique, fragmentation des habitats) pourrait entrainer des points de bascule écologiques
irréversibles.
Selon l?AME 202418, l?artificialisation des sols devrait se poursuivre à un rythme supérieur à celui
de l'accroissement de la population, même si de manière plus lente (+8,5 % par rapport à 2020,
représentant 10,4 % du territoire en 2050) entrainant des impacts négatifs sur la biodiversité.
c. Identification des enjeux environnementaux
La France possède une biodiversité et des habitats naturels exceptionnels de par sa grande
superficie et ses écosystèmes très variés. Les écosystèmes procurent nourriture, matériaux,
énergie, régulent les réserves d?eau et le climat, et sont sources de bien-être et d?activités
touristiques. La biodiversité permet également de maintenir les équilibres écologiques et
d?améliorer la résilience climatique des territoires. Enfin, protéger les espaces et les habitats
est une responsabilité éthique et scientifique. Toutefois, la biodiversité et les habitats naturels
sont soumis à des pressions importantes malgré les actions mises en oeuvre, avec des pertes de
biodiversité inquiétantes qui se poursuivent liées à l?artificialisation et aux changements
d?occupation des sols, aux pollutions chimiques et atmosphériques et aggravées par les
conséquences du changement climatique. A ce titre, la présente EES examinera par la suite la
SNBC 3 au prisme de l?enjeu de « préserver et restaurer la biodiversité et les services
écosystémiques ».
17 Il est à noter que la situation n?est pas à l?amélioration pour toutes les sources de pollution : les ventes de produits
phytopharmaceutiques pour usage agricole, contribuant aux pollutions, ont augmenté de 14 % entre la période 2009-2011
et la période 2018-2020, alors qu?elles devaient être divisées par deux. OFB (2023). La biodiversité française en déclin, 10
ans de chiffres-clés par l'Observatoire national de la biodiversité :
https://www.ofb.gouv.fr/sites/default/files/Fichiers/Plaquettes%20et%20rapports%20instit/Publication_10ansONB_web.
pdf
18 Ministère de la Transition écologique (2024). Synthèse du scénario avec mesures existantes 2024 :
https://webissimo.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_de_synthese_du_scenario_ame2024_v2-
1_cle5f5e11.pdf
https://www.ofb.gouv.fr/sites/default/files/Fichiers/Plaquettes%20et%20rapports%20instit/Publication_10ansONB_web.pdf
https://www.ofb.gouv.fr/sites/default/files/Fichiers/Plaquettes%20et%20rapports%20instit/Publication_10ansONB_web.pdf
https://webissimo.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_de_synthese_du_scenario_ame2024_v2-1_cle5f5e11.pdf
https://webissimo.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/rapport_de_synthese_du_scenario_ame2024_v2-1_cle5f5e11.pdf
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
19
2. Réseau Natura 2000
Le réseau Natura 2000, réseau écologique européen de sites naturels désignés en application
des directives « Habitats - Faune - Flore » et « Oiseaux », concourt à la conservation des habitats
et des espèces d?intérêt communautaire. En 2023, la France compte 1 756 sites au sein de ce
réseau européen
a. Menaces et pressions
Natura 2000 est une avancée majeure pour la conservation de la nature en Europe mais reste
confrontée à de nombreux défis car la biodiversité terrestre et marine continue de subir de
fortes pressions liées aux activités humaines. Les menaces et pressions qui s?exercent sur le
réseau Natura 2000 sont en majorité identiques à celles sur la biodiversité et les habitats
naturels, avec des conséquences spécifiques sur ces sites d?intérêt communautaire.
b. Tendances et perspectives d?évolution
En France, le réseau des aires protégées, incluant Natura 2000, continue de se développer et
de s'adapter aux enjeux environnementaux actuels. Depuis sa création, le réseau a montré des
résultats encourageants, notamment en stoppant l'augmentation de l'artificialisation des
terres dans les sites protégés.
La Stratégie nationale biodiversité (SNB 2030) prévoit la création de 400 nouvelles aires
protégées d?ici 2027, incluant des sites Natura 2000.
c. Identification des enjeux environnementaux
Les enjeux concernant le réseau Natura 2000 sont identiques à ceux sur la biodiversité et les
habitats naturels.
Dans la suite de l?EES, ces sujets seront traités via l?enjeu « préserver et restaurer la biodiversité
et les services écosystémiques ».
4. Milieux humains
1. Risques naturels et technologiques
Un risque est un danger éventuel plus ou moins prévisible susceptible de causer un dommage
que ce soit humain, matériel ou environnemental. Les risques sont classés en deux grandes
catégories : les risques naturels et les risques technologiques. Ils résultent du croisement entre
un aléa, une exposition et une vulnérabilité.
a. Menaces et pressions
Risques naturels
Huit risques naturels principaux sont prévisibles sur le territoire national : les inondations, les
séismes, les éruptions volcaniques, les mouvements de terrain, les avalanches, les feux de forêt,
les cyclones et les tempêtes. Les deux tiers des 36 000 communes françaises sont exposées à
au moins un risque naturel. Le SDES recense en France 524 événements naturels
dommageables entre 1900 et 2021. Les données agrégées de 1982 à 2023 témoignent d'un coût
des catastrophes naturelles de 56,6 Md¤ tous périls confondus, dont 90 % sont liés aux
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
20
inondations et sécheresses. Le changement climatique est susceptible d?accroitre la
probabilité des aléas naturels.
Les secteurs visés dans le cadre de la SNBC contribuent collectivement au changement
climatique qui aggrave les risques et phénomènes naturels. Ils ne constituent toutefois pas une
source directe de menaces et pressions sur ces derniers (ils ne sont pas à leur origine).
Néanmoins, ils y sont plus ou moins vulnérables et leur vulnérabilité peut induire d?autres
conséquences (retard à la décarbonation, accentuation des effets observés, effets en chaine,
etc.).
Risques technologiques
Contrairement aux risques naturels, les risques technologiques sont d?origine uniquement
anthropique. Cinq sources de risques technologiques majeurs sont présentes en France : les
installations industrielles, les installations nucléaires, les grands barrages, le transport de
matières dangereuses et les sites miniers.
Le changement climatique accroît la fréquence, l?intensité et la durée des vagues de chaleur,
sécheresses et événements extrêmes (pluies intenses, crues, vents) et crée des conditions
propices aux accidents technologiques d?origine naturelle (NaTech). Par ailleurs, les nouvelles
technologies utilisées dans la lutte contre le réchauffement climatique peuvent également
être à l?origine de risques technologiques nouveaux qu?il convient de traiter en améliorant et
en faisant évoluer la connaissance : le stockage d?électricité par batteries (risques d?incendies),
la production, le transport et le stockage de l?hydrogène (risques d?incendies, d?explosions), la
géothermie profonde (risque de sismicité induite), les technologies de CCUS (Capture,
Utilisation et Stockage du CO?) (risques de pollutions de nappes souterraines, de micro-
sismicité), etc.
b. Tendances et perspectives d?évolution
Risques naturels
Au cours des dix dernières années la France a connu une augmentation nette de la fréquence
et de l?intensité des événements naturels extrêmes. Bien que les risques naturels soient
difficiles à prévoir, l?amplification des effets aggravants du changement climatique se confirme
pour tous les risques naturels sauf les séismes et les irruptions volcaniques, induisant une
augmentation de la vulnérabilité des populations et des territoires aux risques naturels. Les
conséquences du changement climatique affecteront diversement les territoires français avec
globalement une progression significative du nombre et de l?intensité de certains phénomènes
naturels majeurs. À l?horizon 2050, la sinistralité pourrait augmenter d?environ 40 % à horizon
2050 sous l?effet du changement climatique selon la Caisse centrale de réassurance pour les
phénomènes couverts par le régime CatNat.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
21
Risques technologiques
L?accidentologie19 est globalement stable depuis 2018 et en légère hausse sur les 10 dernières
années concernant les accidents et incidents ICPE hors SEVESO. Elle est en baisse pour les
accidents majeurs et les accidents SEVESO.
Alors que la prévention des risques technologiques s?est améliorée de manière générale ces
dernières années via différentes politiques et mesures, les tendances liées au changement
climatique (chaleur plus intenses et longues, épisodes de sécheresse, foudre, vents et pluies
brèves mais violentes) sont propices à l?augmentation d?accidents technologiques d?origine
naturelle. Le changement climatique peut également causer des effets domino qui renforcent
encore les risques. La transition écologique à l?oeuvre dans notre pays est par ailleurs
susceptible d?être à l?origine de nouvelles technologies, potentiellement sujettes à risques
technologiques
c. Identification des enjeux environnementaux
La France est soumise à de nombreux risques naturels et technologiques. Le changement
climatique aggrave la vulnérabilité des populations et territoires aux risques naturels, ce qui
nécessite de mieux les prendre en compte dans les documents de planification comme la
SNBC, pour assurer leur résilience. Les risques technologiques sont globalement bien maîtrisés
en France mais le développement de nouvelles technologies à des fins de décarbonation
(hydrogène, CCUS, énergies renouvelables, batteries, etc.) devra s?accompagner d?une
attention toute particulière liée à l?émergence de nouveaux risques. De plus, les effets du
changement climatique (chaleurs extrêmes, sécheresses, cyclones intenses, etc.) augmentent
les risques d?accidents technologiques d?origine naturelle.
A ce titre, la présente EES examinera par la suite la SNBC 3 au prisme des enjeux de la limitation
des risques naturels (intégré à l?enjeu plus global « renforcer la résilience des territoires au
changement climatique et limiter les risques naturels ») et de l?enjeu de la limitation des
risques technologiques (« limiter les risques technologiques »).
2. Nuisances : pollution atmosphérique, sonore, olfactive et visuelle
Les nuisances sont définies ici comme des désagréments pour la qualité de vie et comme des
sources de risques sanitaires et environnementaux notables. Les nuisances regroupent ainsi la
pollution de l?air, le bruit, les odeurs et les pollutions lumineuses.
a. Menaces et pressions
Pollution atmosphérique
En France les polluants de l?air réglementés sont : les oxydes d?azote (NOx), les particules fines
de diamètre inférieur ou égal à 10 µm (PM10) et inférieur ou égal à 2,5 µm (PM2,5), les composés
organiques volatils non méthaniques (COVNM) dont le benzène (C6H6), l?ammoniac (NH3), le
19 Cf. les limites d?exhaustivité de la base ARIA mentionné au 2.b.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
22
dioxyde de soufre (SO2), le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures aromatiques
polycycliques (HAP), certains métaux et métalloïdes, et l?ozone (O3).
Malgré l?amélioration globale de la qualité de l?air, des dépassements des normes
réglementaires de qualité de l?air, fixées pour la protection de la santé humaine, subsistent à
court terme (épisodes de pollution notamment) et à long terme pour certains polluants et dans
certaines zones du territoire.
Le changement climatique a un impact sur les émissions de polluants atmosphériques et la
qualité de l?air (les canicules favorisent les accumulations d?ozone, les incendies de forêt et de
végétation favorisés par les sécheresses et les périodes de fortes chaleurs entrainent des
fumées contenant des particules fines (PM), des températures plus élevées entrainent plus de
volatilisation des polluants (NH? agricole, composés soufrés, etc.), etc.).
Pollution sonore
Pour près de 10 % de Français, les pollutions sonores (voisinage, activités, transport, etc.) sont
très préoccupantes. Selon l?Organisation mondiale de la santé (OMS), elles sont la deuxième
cause de morbidité en Europe derrière la pollution de l?air. Différents secteurs traités dans la
SNBC sont à l?origine de nuisances sonores (transports, activités industrielles, énergies
renouvelables, etc.). Le réchauffement climatique a tendance à amplifier certains impacts de
la pollution sonore puisque les températures plus élevées décalent certaines activités en soirée
ou tôt le matin et impliquent davantage d?ouvertures de fenêtres, amplifiant ainsi les pollutions
sonores ressenties.
Pollution olfactive
Les nuisances olfactives proviennent principalement des activités industrielles et agricoles, des
stations d?épuration des eaux usées (STEP), des unités de compostage et méthanisation, ainsi
que des centres de stockage des déchets. Le réchauffement climatique renforce ces nuisances
(les températures élevées favorisent la volatilisation de composés odorants, le stress hydrique
et les épisodes de sécheresse entrainent des risques accrus de fermentation dans les boues de
stations d?épuration ou les effluents agricoles, la multiplication des épisodes de chaleur et la
stagnation atmosphérique sont à l?origine d?une moindre dispersion des odeurs, etc.).
Pollution lumineuse
Les activités humaines sont à l?origine de diverses formes de pollutions lumineuses (éclairage
urbain, sites industriels, infrastructures de transport, etc.).
b. Tendances et perspectives d?évolution
Pollution atmosphérique
La qualité de l?air s?est globalement améliorée sur la période 2000-2022 pour ce qui est des
polluants réglementés. La baisse de leurs émissions primaires liées aux activités humaines
atteint ainsi en 2023 par rapport à 2000 : -64 % pour les oxydes d?azote ; -49 % pour les
particules de diamètre inférieur ou égal à 10 µm (PM10) ; -52 % pour les particules de diamètre
inférieur ou égal à 2,5 µm (PM2,5). Les concentrations moyennes annuelles de polluants
réglementés diminuent et les dépassements des normes de qualité de l?air pour la protection
de la santé affectent des zones moins étendues et moins nombreuses.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
23
Le dernier scénario AME disponible pour les polluants atmosphériques (AME 2023 (PREPA))
prévoit :
? Dioxyde de soufre : des baisses d?émissions de 84 % en 2030 et 86 % en 2050 par rapport à
2005 ;
? Oxydes d?azote : des baisses d?émissions de 73 % en 2030 et 80 % en 2050 par rapport à
2005 ;
? COVNM : des baisses d?émissions de 45 % en 2030 et 48 % en 2050 par rapport à 2005 ;
? Ammoniac : des baisses d?émissions de 8 % en 2030 et 12 % en 2050 par rapport à 2005 ;
? Particules fines (PM2,5) : des baisses d?émissions de 66 % en 2030 et 68 % en 2050 par rapport
à 2005 ;
? Particules fines (PM10) : des baisses d?émissions de 53 % en 2030 et 54 % en 2050 par rapport
à 2005.
Pollution sonore
La transition climatique peut contribuer à réduire les nuisances sonores (report modal,
électrification du parc, etc.). Néanmoins, de nouvelles sources de bruit peuvent apparaitre
(éolienne, transport lié à la méthanisation, pompes à chaleur et réseaux de chaleur, etc.).
Pollution olfactive
Cette pollution sera probablement renforcée dans les prochaines années, sous l?effet du
changement climatique. Par ailleurs, de nouvelles sources de pollution olfactive pourraient
apparaitre (gestion inappropriée des intrants de méthanisation, etc.). De bonnes pratiques de
gestion des exploitations peuvent néanmoins limiter fortement ces nuisances olfactives.
Pollution lumineuse
En France, la pollution lumineuse tend à augmenter ces dernières décennies, du fait de
l?urbanisation, de l?essor de zones commerciales, etc. Toutefois localement, certaines
communes notent une diminution de la pollution lumineuse grâce à des mesures mises en
oeuvre comme la rénovation et l?extinction de l?éclairage public pour certaines plages horaires.
c. Identification des enjeux environnementaux
La France fait face à plusieurs nuisances (pollution de l?air, bruit, odeurs et pollutions
lumineuses). Ces nuisances affectent la santé et le bien-être des Français ainsi que
l?environnement. La pollution de l?air, intérieur et extérieur, est un enjeu sanitaire majeur, car
elle provoque chaque année des morts prématurées et des maladies.
Des synergies importantes existent entre les politiques climatiques et les politiques en faveur
de la lutte contre ces nuisances. Elles appellent pour autant, à certaines précautions, pour que
la transition climatique et énergétique n?affecte pas directement ou indirectement ces
pollutions.
Dans ce contexte, la présente EES examinera par la suite la SNBC 3 au prisme des enjeux
« préserver et améliorer le cadre de vie et la santé publique », « prévenir et gérer les déchets »
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
24
et « lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur » dont l?importance justifie un item
dédié.
3. La santé humaine
Cette partie se concentrera sur les impacts du changement climatique et des thématiques
considérées par la SNBC 3 sur la santé humaine. Elle n?a pas vocation à traiter la santé humaine
de manière générale.
a. Menaces et pressions
La santé humaine est à la fois directement et indirectement affectée par le changement
climatique et les activités émettant des GES :
? Le changement climatique et les effets induits, et notamment la hausse de la vulnérabilité
face à des événements météorologiques extrêmes (vagues de chaleur, incendies de forêt et
de végétation), l?exposition à des maladies infectieuses, les enjeux de gestion quantitative
et qualitative de la ressource en eau, de sécurité alimentaire et la santé mentale. Le
changement climatique a également un impact sur le système de santé en lui-même.
? La qualité de l?air et les polluants atmosphériques. Selon une analyse de Santé publique
France, sur la période 2016-2019, en France métropolitaine, près de 40 000 décès
prématurés seraient attribuables chaque année à une exposition aux particules fines (PM2,5)
et près de 7 000 décès attribuables à l'exposition au NO2. En 2025, Santé publique France
évalue le poids sur la santé de l?exposition à long terme aux PM2,5 et au NO2 en France
hexagonale en s?intéressant à la survenue de maladies respiratoires, cardiovasculaires et
métaboliques, et chiffre son impact économique (coût de respectivement 199 et
59¤/an/habitant pour PM2,5 et NO2).
? Les perturbateurs endocriniens. De nombreux produits du quotidien en contiennent :
alimentation, air, cosmétiques, médicaments, jouets, etc. Ils sont associés à divers troubles :
reproductifs, métaboliques, thyroïdiens, voire cancéreux. Les pressions sur les pratiques
agricoles (sécheresse, ravageurs) peuvent accroître l?utilisation de certains produits
phytopharmaceutiques contenant des perturbateurs endocriniens.
b. Tendances et perspectives d?évolution
L?évolution de l?état de santé de la population nationale est multifactorielle et délicate à
décrire. Néanmoins, plusieurs études et analyses illustrent spécifiquement les impacts
sanitaires liés au changement climatique, en fonction de différents scénarios de
réchauffement. En termes de projections, Santé publique France indique qu?en scénario
pessimiste de réchauffement (RCP 8.5, supérieur à la TRACC), la mortalité attribuable à la
chaleur pourrait représenter jusqu?à 7,7 % de la mortalité totale en France à l?horizon 2090-
2099. Concernant la pollution de l?air, l?EQIS 2016-2019 suggère une tendance à la baisse de la
mortalité en lien avec la pollution de l?air ambiant.
En revanche, les politiques nationales d?atténuation et d?adaptation devraient permettre de
limiter certains impacts négatifs sur la santé humaine et auront même plusieurs effets positifs.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
25
c. Identification des enjeux environnementaux
Les activités émettant des GES et le changement climatique affectent la santé humaine, y
compris les conditions sociales et économiques (qualité de l?air, de l?eau et du sol, systèmes
alimentaires et moyens de subsistance, etc.).
La réduction de l?impact des politiques climatiques sur la santé humaine et environnementale
s?inscrit dans l?approche One Health (« une seule santé ») qui reconnaît les liens étroits entre la
santé des humains, des animaux et des écosystèmes. Une transition climatique et énergétique
mal encadrée peut générer de nouvelles pressions (pollution de l?air, artificialisation,
perturbation des milieux) aux effets délétères sur ces trois dimensions. A ce titre, la présente
EES examinera par la suite la SNBC 3 au prisme de l?enjeu plus général « préserver et améliorer
le cadre de vie et la santé publique ».
Compte tenu de l?importance du sujet et de l?imbrication entre les stratégies de réduction des
émissions de GES et de polluants atmosphériques, les sujets liés à la qualité de l?air seront eux,
étudiés via l?enjeu « lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur » dédié.
4. Patrimoine architecturel, culturel et archéologique
a. Menaces et pressions
Le patrimoine bâti est exposé à différentes formes de pollutions (réactions chimiques,
corrosion, etc.) et subit les effets du changement climatique (événements extrêmes, élévation
du niveau de la mer, variations hygrométriques, retrait-gonflement des argiles). La
multiplication et la répétition des aléas augmentent les besoins de maintenance préventive et
de restauration, ce qui pèse sur les budgets publics/privés des gestionnaires de patrimoine. Par
ailleurs, la transition climatique et énergétique portée par le Gouvernement affecte également
certains aspects de notre patrimoine (rénovation énergétique, pose d?équipements de
production d?énergie renouvelables, substitution de matériaux).
b. Tendances et perspectives d?évolution
Il est difficile de définir une tendance claire (tant passée que prospective) sur le patrimoine.
Le vieillissement naturel du patrimoine continuera d?impacter son état. Son altération sera par
ailleurs accélérée, sous l?effet du changement climatique. En revanche, concernant les impacts
de la pollution de l?air sur les façades et les verres des bâtiments, la tendance est à
l?amélioration puisque les émissions et les concentrations des polluants en cause sont en baisse
depuis une dizaine d?années, voire plus pour le dioxyde de soufre.
c. Identification des enjeux environnementaux
La France possède un patrimoine architectural, culturel et archéologique parmi les plus riches
au monde. Pour autant, les activités humaines exercent de manière indirecte une pression
considérable sur ce patrimoine, en particulier sous l?effet du changement climatique. Certaines
orientations de la SNBC pourraient par ailleurs avoir une incidence sur ce patrimoine, à l?image
des objectifs de rénovation énergétique des bâtiments, le déploiement des énergies
renouvelables ou les technologies de capture de carbone.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
26
A ce titre, la présente EES examinera par la suite la SNBC 3 au prisme de l?enjeu de « préserver
et améliorer le cadre de vie » qui intégrera spécifiquement cet enjeu architectural.
B. Synthèse des enjeux environnementaux identifiés pour la SNBC 3
La conduite de l?état initial de l?environnement a permis d?identifier 10 enjeux
environnementaux au prisme desquels la SNBC 3 est à examiner. Ces enjeux ont été identifiés
en tenant compte de l?état initial des différents compartiments de l?environnement examinés,
et de leur sensibilité aux menaces et pressions existantes ou futures en lien avec les enjeux
traités par la SNBC.
Les 10 enjeux environnementaux identifiés pour la SNBC 3 sont les suivants, numérotés dans
l?EES comme suit :
1. Réduire les émissions territoriales et les émissions importées de gaz à
effet de serre
2. Préserver la ressource en eau
3. Préserver les sols et assurer une gestion équilibrée de l?espace
4. Limiter l?épuisement des ressources minérales et développer
l?économie circulaire
5. Renforcer la résilience des territoires au changement climatique et
limiter les risques naturels
6. Préserver et restaurer la biodiversité et les services écosystémiques
7. Limiter les risques technologiques
8. Préserver et améliorer le cadre de vie et la santé publique
9. Lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
27
10. Prévenir et gérer les déchets
Ces enjeux ont principalement été identifiés compte tenu des effets du changement
climatique déjà observés sur la ressource en eau, les sols, la biodiversité, les risques naturels, le
cadre de vie et la santé publique, auxquels les principaux secteurs émetteurs de gaz à effet de
serre (GES) ou puits de carbone ajoutent une pression. Par ailleurs, l?ampleur des
transformations déjà à l?oeuvre pour conduire la décarbonation de notre pays appelle
également à une vigilance particulière sur les ressources minérales, les risques technologiques
et les déchets.
4 - Les solutions de substitution raisonnables
A. Une stratégie construite autour d?un chemin crédible et robuste de
transition
La SNBC s?appuie sur un scénario de transition énergie-climat de référence, qui traduit l?effet
des hypothèses, des politiques et mesures en trajectoires d?émissions de gaz à effet de serre
sectorielles en veillant, conformément à la loi, « à cibler le plan d'action sur les mesures les plus
efficaces »20.
La construction de la SNBC, y compris au travers de ce travail de modélisation prospective,
est itérative : elle consiste à réajuster les trajectoires et les leviers à chaque itération de
modélisation (dit « run »), afin d?assurer l?atteinte des objectifs grâce à l?identification de
mesures additionnelles pour compenser les zones de risques identifiées dans les modélisations.
Le caractère itératif implique concrètement d?identifier des leviers, d?en évaluer l?impact, de
le comparer à l?objectif climatique global et de recommencer si ce dernier n?est pas atteint. Le
scénario de référence central de la SNBC 3 est ainsi le fruit de plusieurs itérations conduites
entre 2021 et 2025.
Dans cet exercice, l?Etat se positionne en stratège, il opère des choix et propose un chemin
crédible et robuste pour parvenir à nos objectifs cadres climatiques et énergétiques. Ce
scénario n?est pas prescriptif, il est indicatif. Il illustre le chemin retenu à date par le
Gouvernement et les grands axes stratégiques envisagés pour atteindre les différents objectifs.
L?Etat s?appuie dessus pour fonder sa politique climatique et énergétique en arrêtant les
budgets carbone, les objectifs sectoriels et les mesures et orientations de politiques publiques
nécessaires au respect de la trajectoire.
20 Légifrance. I de l?article L. 222-1 B du Code de l?environnement :
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000039373787
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
28
Les éléments principaux du scénario de référence de la SNBC 3 sont décrits dans la SNBC 3.
B. Une stratégie éclairée par des tests de sensibilité et l?exploration de
variantes au scénario central
Des tests de sensibilité ont été affichés tout au long du projet de SNBC 3, afin d?évaluer les
effets de modifications des conditions de mise en oeuvre des politiques climatiques, des
rythmes de déploiement des technologies bas-carbone, ou encore des comportements des
acteurs économiques et des citoyens. Ils permettent notamment de :
? Tester la robustesse des trajectoires et justifier les choix retenus pour le scénario ;
? Montrer la diversité des chemins possibles, en offrant une vision plus large des futurs
possibles ;
? Anticiper les bouleversements qui pourraient impacter la stratégie (conditions défavorables
sous lesquelles la stratégie serait mise en échec, etc.).
L?élaboration de ces tests de sensibilité et la combinaison de plusieurs d?entre eux au sein d?un
narratif cohérent permet d?explorer des variantes au scénario central, à titre illustratif. Parmi
les variantes explorées en combinant les tests de sensibilité présentés dans la SNBC 3, deux
d?entre elles permettent d?illustrer certaines incertitudes et impacts sur la trajectoire globale
d?émissions de gaz à effet de serre :
? La première, intitulée « Ralentissement du déploiement de la sobriété », examine les
conséquences d?un ralentissement ou d?un échec partiel dans la réduction des
consommations structurelles, en s?appuyant notamment sur les tests de sensibilité
concernant le trafic aérien, le moindre report modal du fret, le maintien d?une
consommation énergétique élevée du tertiaire, le maintien d?un recours élevé au bois-
énergie et la diffusion massive de l?intelligence artificielle ;
? La seconde, « Ralentissement du regain de souveraineté industrielle et énergétique », repose
sur des hypothèses contrastées : baisse des productions industrielles par rapport au
scénario de référence (pas de dynamique de réindustrialisation), importation de e-kérosène
accrue, moindre production de gaz bas-carbone (induisant un recours accru aux imports),
récolte de bois limitée, moindre déploiement des pompes à chaleur en France (induisant
notamment une hausse de la consommation de gaz dans les logements).
Ces deux trajectoires alternatives permettent de mettre en évidence les effets différenciés de
choix structurants sur les émissions et d?enrichir l?analyse des leviers à privilégier.
La variante « Ralentissement du déploiement de la sobriété » pourrait par exemple, toutes
choses égales par ailleurs (et sans représenter l?intégralité de la sobriété), augmenter les
émissions de 12 Mt CO2e en 2050. Pour la variante « Ralentissement du regain de souveraineté
industrielle et énergétique », les émissions pourraient diminuer jusqu?à 17 Mt CO2e en 2050 (les
chocs intégrés ayant des impacts positifs ou négatifs sur les émissions de gaz à effet de serre).
Par ailleurs, la réduction des émissions de la variante « Ralentissement du regain de
souveraineté industrielle et énergétique » entraîne une hausse de l?empreinte carbone à même
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
29
de compliquer l?atteinte de l?objectif indicatif en empreinte carbone fixé par la SNBC 3. Elle
entraîne mécaniquement une baisse de la souveraineté française par rapport au scénario de
référence. Ces estimations sont réalisées sans prise en compte de modification éventuelle du
mix énergétique français.
5 - Exposé des motifs ayant guidé la décision
A. Un cadre imposé par des obligations extraterritoriales et un
périmètre déterminé par le Code de l'environnement
La lutte contre le changement climatique est un impératif collectif. La SNBC 3 traduit la
stratégie retenue pour parvenir aux nouveaux objectifs cadres climatiques et énergétiques que
la France se fixe, établis en cohérence avec les engagements internationaux et avec la politique
communautaire. La SNBC est un document perspectif, adopté par décret. Elle est encadrée par
des dispositions du code de l?environnement21.
La France s?est fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de GES pour atténuer
le changement climatique. L?objectif de neutralité carbone a notamment été inscrit dans la loi
dès 2019, et un objectif de baisse des émissions brutes de GES de l?ordre de -50 % entre 1990 et
2030 a été annoncé en 2023, rehaussant le précédent objectif de -40 % en cohérence avec le
rehaussement de l?objectif européen.
C?est dans ce contexte que le Gouvernement prépare depuis 2021 la troisième version de la
SNBC, qui doit revoir en profondeur la stratégie climatique française, pour se mettre en
conformité avec le « green deal » européen, adapter la stratégie aux évolutions récentes et
montrer un chemin pour réduire notre empreinte carbone et atteindre la neutralité carbone en
2050.
La loi compte également d?autres objectifs énergie-climat dont le Gouvernement tient compte
pour guider la construction du scénario de référence de la SNBC et ses grandes orientations.
B. Une stratégie fondée sur la concertation et le dialogue
L?Etat a choisi de placer le débat public au coeur de l?exercice de programmation énergie-
climat. L?élaboration de la SNBC 3 repose ainsi sur un important travail de concertation et de
dialogue avec de nombreuses parties prenantes (représentants du monde économique,
21 Légifrance. Articles L. 222-1 A à L. 222-1 E du Code de l?environnement :
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000031055359/#LEGISCTA0000
31055364
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
30
représentants des salariés, associations, collectivités, ONG, citoyens), engagé depuis
octobre 2021.
Dans ce contexte, l?Etat a :
? Associé l?ensemble des parties prenantes (scientifiques, acteurs économiques, collectivités,
associations, etc.) au travers d?un comité dédié et les experts sectoriels via des ateliers et
des groupes de travail (GT) pour discuter des premières hypothèses et leviers à mobiliser ;
? Associé les citoyens via des phases de concertations visant à recueillir leurs orientations sur
la politique climatique et énergétique du pays ;
? Accompagné les acteurs économiques des secteurs les plus émetteurs dans l?identification
des leviers de décarbonation à disposition de ces derniers et leur traduction opérationnelle
au sein de feuilles de route de décarbonation (Article 301 de la loi Climat et résilience22,
feuilles de route des comités stratégiques de filière du Conseil national de l?industrie23,
feuilles de route des 50 sites industriels les plus émetteurs, etc.).
C. Une stratégie basée sur une analyse rétrospective du chemin déjà
parcouru
L?année 2023 a marqué la fin du deuxième budget carbone de la France (période 2019-2023).
Un bilan des dynamiques sectorielles observées sur cette période a été produit et figure dans
le rapport d?accompagnement de la SNBC 3. Ce bilan a permis d?identifier par secteur, les
leviers les mieux engagés et de mettre en lumière les points de vigilance.
Ce travail a ainsi permis d?aligner les hypothèses structurantes de la SNBC 3 sur les dynamiques
en cours et permet de nourrir les travaux de l?Etat pour pérenniser ou renforcer son action.
D. Une stratégie qui tient compte des spécificités de chaque secteur et
ne repose pas sur des paris technologiques
1. Les grands principes qui ont guidé les choix
Plusieurs grands principes ont guidé les choix opérés dans le projet de SNBC 3. Ainsi, le projet
de SNBC 3 :
22 Ministère de la transition écologique (2023) Les feuilles de route de décarbonation des filières les plus émettrices :
https://www.ecologie.gouv.fr/feuilles-route-decarbonation-des-filieres-plus-emettrices
23 Direction générale des entreprises (2025). Les comités stratégiques de filière : https://www.conseil-national-
industrie.gouv.fr/decouvrez-19-csf
https://www.conseil-national-industrie.gouv.fr/decouvrez-19-csf
https://www.conseil-national-industrie.gouv.fr/decouvrez-19-csf
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
31
? Tient compte des spécificités de chaque secteur émetteur et de leurs potentiels
différenciés de baisse d?émissions ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
32
? Repose sur une sollicitation des leviers de sobriété et d?efficacité énergétique ;
? Ne repose pas sur des paris technologiques majeurs, tout en recourant de façon réaliste à
un certain nombre de technologies nouvelles ;
? S?assure de la cohérence d?ensemble des résultats entre eux (« bouclage »).
2. Justification des principaux choix du scénario central de référence
Le tableau ci-dessous explicite les contraintes principales qui ont orienté les choix stratégiques
transversaux du scénario central de référence.
Principaux choix
Objectif de
neutralité
carbone
2050
Autres
enjeux
environneme
ntaux
Enjeux
économiqu
es
Enjeux
sociaux
Bouclage
biomasse
Bouclage
électricité
Viser une décarbonation « quasi complète » dans les
secteurs énergétiques compte tenu des émissions
incompressibles dans les secteurs de l?agriculture, des
déchets et des sols
X X X X X
Ne pas envisager de rupture par rapport aux tendances
démographiques et macro-économiques officielles
envisagées aujourd?hui (INSEE, Commission
européenne)
X X
Envisager un équilibre entre émissions en partie
incompressibles (ex : agriculture) et puits (secteur des
terres et capture stockage)
X X X X X
Solliciter de manière raisonnée les leviers de sobriété,
avec des besoins de la population en légère diminution
dans l?ensemble des secteurs sans pour autant se
traduire par une perte de bien-être
X X X X X X
Développer pleinement l?efficacité énergétique par
rapport aux technologies connues aujourd?hui
X X X X X X
Ne pas envisager de paris technologiques trop risqués,
mais néanmoins le recours raisonnable à un certain
nombre de nouvelles technologies
X X X X X X
Réduire l?empreinte carbone X X X X
Étant données les tensions sur les ressources en
biomasse, respecter l?ordre du mérite défini pour les
usages de la biomasse énergétique
X X X X X
Electrifier les usages X X X X X X
E. Une stratégie qui vise à garantir une transition juste et soutenable
sur les plans socio-économiques
Les orientations et mesures de la SNBC visent à garantir une transition juste et soutenable sur
les plans socio-économiques pour l?ensemble des acteurs (citoyens, entreprises, collectivités,
Etat) en veillant à :
? Préserver la compétitivité des activités économiques soumises à la concurrence
internationale et favoriser le développement de nouvelles activités locales dans une
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
33
dynamique de réindustrialisation, notamment en garantissant des prix de l?énergie
compétitifs ;
? Préserver et développer l?emploi ;
? Préserver le pouvoir d?achat des ménages en évaluant notamment l?impact de la stratégie
sur la facture des ménages ;
? Ne pas substituer à l'effort national d'atténuation une augmentation du contenu carbone
des importations ;
? Cibler le plan d'action sur les mesures les plus efficaces en tenant compte du faible
potentiel d'atténuation de certains secteurs.
Pour ce faire, la SNBC s?appuie sur un cadrage macroéconomique robuste, intégrant des
modèles technico-économiques pour identifier les leviers les plus coût-efficaces
(investissements, efficacité énergétique, mix énergétique). Elle permet également de définir
une valeur de l?action pour le climat (VAC), outil théorique apportant un éclairage pour les
arbitrages publics pour atteindre la neutralité carbone au moindre coût. Cette approche
permet d?ajuster dynamiquement la stratégie en fonction des évolutions technologiques, des
prix de l?énergie et des contraintes économiques, tout en assurant la cohérence avec les plans
industriels et énergétiques nationaux.
Des analyses des impacts macro-économiques et socio-économiques de la SNBC 3 sont
également réalisées. Elles anticipent des impacts macroéconomiques incertains mais
vraisemblablement limités au niveau de l?ensemble de l?économie (faible effet sur la
croissance). Elles ne tiennent toutefois pas compte des co-bénéfices qui pourraient être
générés par la transition vers la neutralité carbone (santé publique, réduction de la pollution).
La transition devrait alléger la facture énergétique des ménages d?ici 2030, notamment pour
les plus modestes, grâce à des mesures d?accompagnement et aux économies d?énergie. En
réduisant la dépendance aux énergies fossiles importées, la stratégie renforce aussi la résilience
économique face aux chocs externes.
Ainsi, la SNBC articule ambition climatique et réalisme économique, en s?assurant que la
neutralité carbone reste accessible sans sacrifier la compétitivité ou la justice sociale.
F. Une stratégie construite in itinere via le processus d?EES
La conduite de l?EES tout au long de la préparation de la SNBC 3 a contribué à la prise en
compte d?enjeux environnementaux complémentaires aux émissions GES (en particulier eau
et biodiversité), dans le projet de SNBC. Plusieurs aspects de la SNBC 3 ont été revus sur cette
base : ajustement de la hiérarchisation des usages de la biomasse pour préserver les
écosystèmes et les sols, promotion accrue de pratiques forestières et agricoles durables et de
l?exploitation à faible impact, réduction des hypothèses d?enfouissement des déchets,
limitation du chauffage au bois émetteur de polluants atmosphériques, développement accru
de l?autopartage pour atténuer les impacts liés aux batteries et prise en compte des limites au
déploiement des technologies de CCUS. L?EES a également contribué à renforcer la prise en
compte, dans le projet de SNBC 3, de la sobriété matière, de l?économie circulaire et du
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
34
numérique durable (prolongation de la durée de vie des équipements, gestion des centres de
données).
G. Une mise en oeuvre s?appuyant sur d?autres plans et programmes
La SNBC est un document stratégique qui définit les orientations de politiques publiques
envisagées par le Gouvernement pour conduire sa politique climatique. Elle n?a ainsi pas
vocation à fixer des mesures opérationnelles pour chacun des secteurs, d?autant plus à des
horizons lointains (niveau d?aides, dispositifs réglementaires, etc.). Constituant un cadre
d?action, elle a vocation à être traduite, déclinée et mise en oeuvre dans les différents secteurs
et par les différents acteurs (Etat, collectivités territoriales, acteurs économiques, citoyens).
6 - Résumé des impacts de la SNBC sur l?environnement
A. Principes généraux de l?évaluation des incidences notables
probables de la mise en oeuvre de la SNBC 3
Cette section présente un résumé de l?évaluation des incidences notables probables de la mise
en oeuvre de la SNBC 3, par comparaison à un scénario tendanciel (i.e scénario « avec mesures
existantes » ou AME24) sur les 10 enjeux environnementaux retenus à l?issue de l?état initial.
Pour chaque enjeu environnemental, l?analyse a visé à :
? Evaluer les incidences notables probables de la mise en oeuvre du scénario de référence et
des orientations de la SNBC 3 ;
? Recenser les recommandations environnementales proposées dans le cadre de la démarche
d?EES pour éviter, réduire et compenser les impacts.
Les incidences notables probables sur l'environnement ont été analysées en fonction de leur
caractère positif ou négatif, direct ou indirect, temporaire ou permanent.
Le caractère positif ou négatif a été gradué : Incidences positives majeures (++), Incidences
positives limitées (+), Incidences incertaines (+/-), Incidences neutres (0), Incidences neutres à
négatives limitées (0/-), Incidences négatives limitées (-), Incidences négatives majeures (- -).
Le caractère direct ou indirect, temporaire ou permanent a été estimé en considérant que :
? Les incidences directes sont les conséquences immédiates de la SNBC 3, c?est-à-dire sans
intermédiaire entre la SNBC 3 et l?effet ;
24 Le scénario AME disponible à date est le scénario AME construit en 2024. Il intègre les dernières données disponibles,
ainsi que l?impact des politiques et mesures adoptées jusqu?au 31 décembre 2023.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
35
? Les incidences indirectes résultent d?une relation de cause à effet, dans l?espace et le temps,
ayant pour origine la SNBC 3 ou l?un de ses impacts directs ;
? Une incidence temporaire signifie qu?elle s?estompe dans le temps ;
? Une incidence permanente perdurera à long terme.
B. Synthèse par enjeux de l?évaluation des incidences notables
probables de la SNBC 3
L?analyse des incidences notables probables de la mise en oeuvre de la SNBC 3 au prisme des
10 enjeux identifiés, par comparaison à un scénario tendanciel, met en avant des incidences
probables entièrement positives ou neutres sur la plupart des enjeux environnementaux
considérés.
Enjeux
environnementaux25
1-
GES
2-
EAU
3-
SOLS
4-
RESSOURC
ES
5-
RESILIENC
E
6-
BIODIVERS
ITE
7-
RISQUES
TECH.
8-SANTE
9-
AIR
10-
DECHETS
Transports ++ 0 + + + + + ++ ++ -
Agriculture + + ++ + + ++ + ++ + +
Industrie ++ 0 + + + + - ++ + +
Bâtiments ++ + + 0 + + 0 + + 0
Production
d?énergie
++
- - 0 + 0 - 0 + -
Déchets + + + + 0 + - + + ++
UTCATF ++ + + ++ ++ ++ 0 + 0 +
Empreinte carbone ++ + + + + + 0 + 0 ++
Numérique + + 0 ++ 0 + + + 0 ++
25 Les 10 enjeux examinés ici sont : 1) Réduire les émissions territoriales et les émissions importées de GES ;2) Préserver la
ressource en eau ;3) Préserver les sols et assurer une gestion rationnelle de l?espace ;4) Limiter l?épuisement des ressources
minérales et développer l?économie circulaire ; 5) Renforcer la résilience des territoires et limiter les risques naturels ; 6)
Préserver et restaurer la biodiversité et les services écosystémiques ; 7) Limiter les risques technologiques ; 8) Préserver et
améliorer le cadre de vie et la santé publique ; 9) Lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur ; 10) Prévenir et
gérer les déchets ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
36
Aménagement du
territoire
++ + ++ + + + 0 ++ + 0
Financement de la
transition
++ + + + 0 + 0 + + +
Mobilisation des
acteurs
++
+ + 0 + + 0 ++ ++ ++
Recherche + + + + + + - + + +
Emplois et
compétences
+
+ + + + + + + + +
Biomasse 0 - - + + - + - - +
CCUS ++ - - - - - - - - 0 -
Mise en oeuvre
globale de la SNBC
3
++ + + + + + 0 + + +
Tableau 1 : Synthèse qualitative des incidences notables probables de la SNBC 3 sur l?environnement (Code
couleur : Positive majeure, Positive limitée, Neutre, Négative limitée, Négative majeure)
Sur la réduction des émissions territoriales et des émissions importées de GES, l?incidence de
la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive majeure.
La SNBC 3 vise à réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre (GES)
territoriales, en mobilisant tous les acteurs et l?ensemble des leviers pour supprimer, dans
chaque secteur, les émissions de gaz à effet de serre, ou à défaut les réduire fortement (y
compris dans les secteurs non énergétiques). A l?horizon 2030, le scénario de référence de la
SNBC 3 permet d?atteindre le nouvel objectif de baisse de -50 % des émissions hors puits de
carbone par rapport à 1990 en dessinant un scénario plus ambitieux que celui de la SNBC 2. À
l?horizon 2050, un certain niveau d?émissions paraît incompressible. Les émissions résiduelles
résultent principalement du secteur agricole (émissions entériques de méthane notamment),
compte tenu de sa spécificité (émissions principalement non énergétiques et inhérentes aux
processus de production), ainsi que des déchets (la dégradation des déchets émet du
méthane). Les émissions résiduelles de l?industrie et de l?énergie sont réduites grâce à des
technologies de capture de carbone : environ 10 Mt CO2e fossiles sont captées dans l?industrie
en 2050, et 3 Mt CO2e sont captées dans les raffineries et les unités de valorisation
énergétiques des déchets (comptées dans le secteur énergie). Ces secteurs émettent
néanmoins encore un peu de gaz à effet de serre à horizon 2050, dues à certains procédés aux
émissions incompressibles et pour lesquels des solutions de capture de carbone ne sont pas
viables. Les émissions résiduelles s?élèvent dans le scénario central de référence à 61 Mt CO2e
soit -89 % (en comparaison à une baisse de -57 % des émissions hors puits de GES en 2050 par
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
37
rapport à 1990 dans le scénario AME 202426). Ces émissions doivent être compensées par les
puits de carbone (naturels et technologiques) pour lesquels la SNBC 3 vise une hausse du
potentiel de stockage. En matière de puits de carbone : les absorptions naturelles pourraient
permettre de capter environ 40 Mt CO2e/an en 2050 dans le scénario central, grâce au puits
forestier et au carbone stocké dans les produits bois principalement. Les puits technologiques
(environ 20 Mt CO2e/an dans le scénario central) viennent renforcer les capacités
d?absorptions, soit via la capture d?émissions issues de la biomasse (BECCS), soit via la capture
directe de CO2 dans l?air (DACCS).
En matière d?empreinte carbone et d?émissions importées, elle contribue au respect de
l?objectif indicatif d?atteindre une empreinte carbone inférieure à 215 Mt CO2e en 2050 tout
en visant une cible de 160 Mt CO2e, correspondant à une baisse de l?empreinte carbone
de -71 % à -79 % par rapport à 2010, soit une empreinte carbone par habitants comprise entre
2,3 t CO2e/hab et 3,1 t CO2e/hab. L?atteinte de ces objectifs dépend toutefois fortement des
stratégies retenues par les autres pays, notamment ceux qui sont très présents dans les chaines
de valeur des produits importés par la France. La réduction de l?empreinte carbone de la France
repose sur des leviers spécifiques à chaque secteur, notamment l?alimentation, le transport,
l?habitat, les biens d?équipement et les services. Cela inclut la transformation des modes de
production et de consommation, la décarbonation des chaînes de valeur, la promotion de
l?économie circulaire et l?utilisation accrue de matériaux durables et recyclés.
Concernant les autres enjeux, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive
limité à l?exception de l?enjeu « limiter les risques technologiques » où l?incidence est jugée
neutre.
? Sur la ressource en eau, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive
limitée. La pression quantitative et qualitative sur la ressource en eau tend à diminuer,
notamment grâce à la réduction de l?utilisation des énergies fossiles, la réduction de
l?utilisation et des risques des produits phytopharmaceutiques et une meilleure gestion de
la fertilisation azotée. Certains leviers de décarbonation sont toutefois susceptibles
d?accroitre la pression sur la ressource en eau. C?est le cas, par exemple de l?électrification
des transports, du report modal vers le transport maritime et le transport fluvial, du
développement des énergies renouvelables et du réseau électrique, de la mobilisation
accrue de la biomasse, ou de l?utilisation des technologies de captage et stockage du
carbone ;
? Sur les sols, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive limitée. Le
développement des infrastructures agroécologiques et des cultures intermédiaires stabilise
les sols et renforce leur structure, leur stock de carbone et leur fertilité. Toutefois, les
évolutions envisagées dans le scénario de référence entrainent des changements
26 Le scénario AME disponible au moment de la publication de cette SNBC 3 est le scénario AME construit en 2024. Il
intègre les dernières données disponibles, ainsi que l?impact des politiques et mesures adoptées jusqu?au 31 décembre
2023.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
38
significatifs de modes d?occupation des sols et le scénario modélisé met en avant des enjeux
de concurrence entre les différents modes d?occupation des sols, qu?il convient d?anticiper ;
? Concernant les ressources minérales, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée
positive limitée, principalement grâce à la sortie des énergies fossiles, à la promotion de la
sobriété dans les déplacements et les modes de consommation et de production, le recours
à des matériaux biosourcés pour les bâtiments, la réduction de l?utilisation de fertilisants
minéraux ainsi qu?au développement de l?économie circulaire. Cependant, certaines
technologies décarbonées pourraient accentuer la pression sur les ressources minérales.
C?est notamment le cas de l?électrification des transports, des technologies de captage et
stockage du carbone, et du développement des énergies décarbonés ;
? Concernant la résilience des territoires face au changement climatique et les risques
naturels, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive limitée. La SNBC 3
adopte une vision intégrée, articulant atténuation et adaptation, avec des orientations qui
invitent à tenir compte des enjeux de résilience. C?est en particulier le cas pour la
décarbonation du secteur des transports, avec la prise en compte du climat futur dans les
systèmes et modes de transport, du secteur des bâtiments avec la prise en compte des
enjeux de confort d?été dans les rénovations thermiques et du secteur UTCATF avec
l?adaptation des peuplements forestiers aux nouvelles conditions climatiques afin de
consolider le puits de carbone sur le long terme. Par ailleurs, les pratiques agricoles
favorables à la préservation des sols (pratiques agroécologiques, développement des haies
et de l?agroforesterie, etc.), contribuent à limiter les risques d'érosion et de ruissellement et
les mesures de prévention des incendies de forêt apportent une réponse directe à ce type
de risque. Enfin, certaines orientations concernant l?aménagement du territoire dans la
SNBC 3 visent spécifiquement à contenir l'artificialisation des sols et à promouvoir la
renaturation, ce qui contribue à atténuer les impacts des risques naturels, en particulier les
canicules et les inondations ;
? Concernant la préservation de la biodiversité et les services écosystémiques, l?incidence de
la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive limitée. Les incidences positives principales
concernent les secteurs de l?agriculture et de l?utilisation des terres à travers la meilleure
gestion de la fertilisation azotée et la diminution du recours aux engrais minéraux azotés et
produits phytopharmaceutiques, la diversification des cultures et le développement
d?infrastructures agroécologiques, le maintien des prairies permanentes et des zones
humides, l?adaptation des forêts au changement climatique, le renouvellement forestier,
ainsi que le boisement hors forêt. Toutefois, dans ces deux secteurs, l?augmentation de la
mobilisation de la biomasse, telle que prévue dans la SNBC 3, pourrait conduire à atténuer
les bénéfices identifiés sur la préservation de la biodiversité et les services écosystémiques.
Pour le secteur UTCATF en particulier, ces potentiels impacts négatifs seront limités en
respectant le cadre réglementaire permettant de pratiquer une gestion durable et
multifonctionnelle de la forêt française, dans le respect du sol, de la biodiversité, des cycles
de l?eau, du carbone et en développant le nombre de forêts gérées bénéficiant d?un
document de gestion durable. En particulier, l?encadrement de la récolte de biomasse à
destination de la production d?énergie évoluera avec la transposition de la directive RED III,
notamment dans les écosystèmes riches en biodiversité ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
39
? Concernant les risques technologiques, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée
neutre. Les incidences positives observées dans plusieurs secteurs en lien avec la réduction
de l?utilisation de carburants fossiles, sont contrebalancées par la hausse des risques
technologiques induits par certaines solutions décarbonées prévues par la SNBC 3. Cela
concerne notamment le secteur de l?industrie avec l?utilisation croissante de l?hydrogène
comme alternative aux énergies fossiles, et le secteur de l?énergie avec la hausse de la
production de chaleur renouvelable ou de récupération et de l?emploi d?hydrogène ;
? Concernant le cadre de vie et la santé publique, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC
est jugée positive limitée. Par la transformation significative et positive de la structuration
de l?espace et ses usages, la mise en oeuvre de la SNBC 3 améliore l?accès à des espaces
naturels et végétalisés, contribue à préserver des paysages diversifiés, améliore l?accès aux
transports et favorise des logements plus agréables à vivre. La mise en oeuvre de la SNBC
tend par ailleurs à réduire les nuisances sonores, visuelles et olfactives. Certaines
technologies rencontrent néanmoins encore des défis liés à leur acceptabilité sociale. Pour
la santé publique, d?importants bénéfices sont attendus grâce à la décarbonation du
secteur des transports et à l?aménagement durable du territoire. Par ailleurs, la diminution
des produits à forte empreinte environnementale permet de limiter l?exposition de la
société aux substances toxiques ou polluantes présentes dans certains biens de
consommation ;
? Concernant la lutte contre la pollution de l?air, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC
est jugée positive limitée, principalement grâce à la réduction de la dépendance aux
combustibles fossiles, les nouvelles pratiques agricoles encouragée par la SNBC 3 et le tri
des biodéchets. Une vigilance particulière devra toutefois être portée aux effets de la
combustion des déchets et à l?utilisation de biomasse en chauffage ;
? En matière de prévention et de gestion des déchets, l?incidence de la mise en oeuvre de la
SNBC est jugée positive limitée notamment grâce aux mesures visant à promouvoir la
sobriété matière, le recyclage et la valorisation des sous-produits. Cependant, certains
bénéfices pourraient être atténués par le volume important de déchets générés lors du
remplacement des équipements (chaudières, convecteurs), des travaux de rénovation ou
du renouvellement du parc de véhicules et par l?apparition de flux de déchets spécifiques,
tels que les batteries en fin de vie ou les bornes de recharge nécessitant des filières de
recyclage spécialisées.
Incidences Natura 2000 :
En application de la loi, l?EES doit comprendre une évaluation des incidences de la SNBC sur le
réseau Natura 2000. Cette évaluation a pour but de vérifier la compatibilité de l?activité avec
les objectifs de conservation du ou des sites Natura 2000. À la différence de l?évaluation
environnementale, l?évaluation des incidences Natura 2000 ne porte pas sur les effets de la
SNBC sur l?environnement dans son ensemble mais est ciblée sur l?analyse de ses effets sur les
espèces animales et végétales et habitats d?intérêt communautaire qui ont présidé à la
désignation des sites Natura 2000.
À l?échelle nationale et stratégique de la SNBC, cette stratégie n?a pas d?impact identifiable
sur l?une ou l?autre des espèces ou habitats d?intérêt communautaire, ni sur des sites
spécifiques. Cependant, aucun site du réseau Natura 2000 ne peut être écarté face à
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
40
d?éventuelles incidences futures, et non identifiées à ce stade, liées à la mise en oeuvre au
niveau local de projets précis répondant aux objectifs globaux de la SNBC. Les études
environnementales préalables aux projets devront, le cas échéant, prendre en considération
tout impact potentiel direct ou indirect sur un site Natura 2000 à proximité directe ou indirecte
du lieu d?implantation du projet.
Les orientations développées dans l?EES et qui visent à limiter au maximum les incidences de
la SNBC sur la biodiversité devront également être transposées à l?échelle régionale et des
projets menés en sites Natura 2000 ou à proximité. L'évaluation des incidences Natura 2000
réalisées dans le cadre des documents sectoriels du type de la PPE, de la SNMB, du PNFB,
permettront également de limiter au maximum les incidences.
C. Evaluation du caractère direct ou indirect des incidences notables
probables de la SNBC 3
Les incidences de la mise en oeuvre de la SNBC 3 pour les secteurs de l?agriculture, de l?énergie,
des déchets et de l?UTCATF sont estimées globalement directes sur la plupart des enjeux
considérés, de par leurs interactions plus directes avec l?environnement (sol, eau, cadre de vie,
etc.). Les incidences des orientations transversales sont estimées plus indirectes sur la plupart
des enjeux considérés.
Au global, les incidences des orientations sectorielles de la SNBC sont estimées plutôt directes
sur l?enjeu principal de la SNBC 3 à savoir la réduction des émissions territoriales de GES et la
baisse de l?empreinte carbone nationale, ainsi que sur les risques technologiques, la ressource
en eau, les ressources minérales et l?économie circulaire et la pollution de l?air. Les incidences
de la SNBC 3 sont estimées plus indirectes pour les autres enjeux.
Enjeux
environnem
entaux27
1-
GES
2-
EAU
3-
SOLS
4-
RESSOURC
ES
5-
RESILIENC
E
6-
BIODIVERS
ITE
7-
RISQUES
TECH.
8-SANTE
9-
AIR
10-
DECHETS
Transports Dir. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir Dir Dir Dir Ind.
Agriculture Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Ind.
Industrie Dir. Dir. Ind. Dir. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir. Dir.
27 Les 10 enjeux examinés ici sont : 1) Réduire les émissions territoriales et les émissions importées de GES ;2) Préserver la
ressource en eau ;3) Préserver les sols et assurer une gestion rationnelle de l?espace ;4) Limiter l?épuisement des ressources
minérales et développer l?économie circulaire ; 5) Renforcer la résilience des territoires et limiter les risques naturels ; 6)
Préserver et restaurer la biodiversité et les services écosystémiques ; 7) Limiter les risques technologiques ; 8) Préserver et
améliorer le cadre de vie et la santé publique ; 9) Lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur ; 10) Prévenir et
gérer les déchets ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
41
Bâtiments Dir. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir. Dir. Dir. Ind.
Production
d?énergie
Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Ind. Dir. Ind. Dir. Dir.
Déchets Dir. Dir. Dir. Dir. NP Ind. Dir. Ind. Dir. Dir.
UTCATF Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Ind. Dir. Ind. Ind.
Empreinte
carbone
Dir. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir.
Numérique Dir. Ind. Dir. Dir. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Dir.
Aménagem
ent du
territoire
Dir. Ind. Dir. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir.
Ind. Ind.
Financemen
t de la
transition
Dir. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. NP Ind. Ind. Ind.
Mobilisation
des acteurs
Dir Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Ind. Dir. Dir. Dir.
Recherche Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind.
Emplois et
compétenc
es
Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind.
Biomasse Dir. Dir. Dir. Ind. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Ind.
CCUS Dir. Dir. Dir. Dir. Ind Ind. Ind. Ind. Ind. Dir.
Tableau 2 : Caractère direct ou indirect des incidences sectorielles notables probables de la SNBC 3 (Code
couleur : Direct ; Indirect, Non pertinent - NP)
D. Evaluation du caractère temporaire ou permanent des incidences
notables probables de la SNBC 3
Les incidences de la SNBC sont plutôt permanentes sur l?enjeu premier de la SNBC, c?est à dire
la réduction des émissions de GES, ainsi que sur la plupart des enjeux sur lesquels elle a une
incidence importante. Pour le secteur UTCATF, l?incidence sur la réduction des émissions de
GES a été estimée temporaire compte tenu des projections pessimistes sur le puits de carbone
forestier après 2050.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
42
Les incidences sur l?eau, les ressources minérales et les déchets de la mise en oeuvre de la SNBC
3 par les secteurs des transports, des bâtiments sont considérées temporaires car
principalement liées à la phase de « déploiement » des technologies : électrification du parc,
mise en rebut des anciens véhicules, rénovation énergétique, conception des dispositifs de
chauffage décarbonés, déploiement des énergies renouvelables et des technologies de
captage et stockage du carbone. Concernant les risques technologiques, les incidences de la
mise en oeuvre de la SNBC 3 sont estimées temporaires pour plusieurs items (empreinte,
mobilisation des acteurs, recherche) considérant que les « risques technologiques » induits
directement ou indirectement par la mise en oeuvre de la SNBC 3, par exemple avec
l?implantation de nouvelles usines liées à la réindustrialisation, pourront être mieux
appréhendés et gérés dans les années à venir.
Enjeux
environnem
entaux28
1-
GES
2-
EAU
3-
SOLS
4-
RESSOURC
ES
5-
RESILIENC
E
6-
BIODIVERS
ITE
7-
RISQUES
TECH.
8-SANTE
9-
AIR
10-
DECHETS
Transports ? Temp. ? Temp. ? ? ? ? ? Temp.
Agriculture ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Industrie ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Bâtiments ? Temp. ? Temp. ? ? ? ? ? Temp.
Production
d?énergie
? ? ?
Temp.
? ? ? ? ? ?
Déchets ? ? ? ? NP ? ? ? ? ?
UTCATF Temp. ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Empreinte
carbone
? ? ? ? ? ?
Temp.
? ? ?
Numérique ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Aménagement
du territoire
? ? ? ? ? ? ? ? ? Temp.
Financement
de la transition
? ? ? ? ? ?
NP
? ? ?
28 Les 10 enjeux examinés ici sont : 1) Réduire les émissions territoriales et les émissions importées de GES ;2) Préserver la
ressource en eau ;3) Préserver les sols et assurer une gestion rationnelle de l?espace ;4) Limiter l?épuisement des ressources
minérales et développer l?économie circulaire ; 5) Renforcer la résilience des territoires et limiter les risques naturels ; 6)
Préserver et restaurer la biodiversité et les services écosystémiques ; 7) Limiter les risques technologiques ; 8) Préserver et
améliorer le cadre de vie et la santé publique ; 9) Lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur ; 10) Prévenir et
gérer les déchets ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
43
Mobilisation
des acteurs
? ? ? ? ? ? Temp. ? ? ?
Recherche ? ? ? ? ? ? Temp. ? ? ?
Emplois et
compétences
? ? ? ? ? ?
?
? ? ?
Biomasse ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
CCUS ? ? ? Temp. ? ? ? ? ? ?
Tableau 3 : Caractère temporaire ou permanent (?) des incidences sectorielles notables probables de la
SNBC 3
7 - Mesures ERC retenues compte tenu des incidences notables
probables identifiées
Des mesures techniques pour éviter, réduire et compenser la mise en oeuvre des orientations
de la SNBC, dites mesures « ERC », ont été identifiées suite à cette évaluation. Elles devront
être prises en compte, notamment au niveau des projets, pour s?assurer de la réduction de
l?impact sur l?environnement des projets découlant de la SNBC à un seuil incompressible.
Compte-tenu des incidences les plus notables identifiées, les mesures ERC à renforcer ou
à déployer proposées sont les suivantes
Transports
- Intégrer de nouveaux critères tels que l?éco-conception et la recyclabilité, par exemple
au dispositif existant de score environnemental, qui prend déjà en compte l?empreinte
carbone liée à la production et à l?acheminement des véhicules, afin d?élargir
l?évaluation pour l?attribution des aides à l?acquisition et l?application des dispositifs
fiscaux29 ;
- Inciter davantage à réduire le poids moyen des voitures particulières neuves ;
- Améliorer le recyclage des batteries électriques. Les textes règlementaires prévoient la
possibilité de prendre en compte la recyclabilité des déchets dans le calcul du score
environnemental ;
- Encourager le développement de moteurs plus efficaces et compatibles avec des
mélanges plus élevés de biocarburants et de carburants de synthèse ;
- Encourager l?électrification des bateaux fluviaux pour une moindre pollution et
perturbation des écosystèmes ;
- Privilégier l'implantation des infrastructures de transport (notamment ferroviaires) sur
des sites déjà artificialisés. Pour les projets nécessitant de nouvelles infrastructures,
compenser l'artificialisation par des actions de renaturation.
Agriculture /
29 Depuis le 1er février 2025, le score environnemental intervient également dans le calcul de la taxe annuelle incitative
relative à l'acquisition de véhicules légers à faibles émissions et pour l?évaluation de l?avantage en nature lié à la mise à
disposition d?un véhicule.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
44
Industrie
- Mettre en place des politiques publiques de recyclage des matériaux fortement
consommateurs d?eau (métallurgie, papier-carton) ;
- Veiller à l?application de la règlementation ICPE, qui encadre les risques technologiques,
du code minier (pour le stockage géologique de CO2 et de tout autre gaz) et de la
règlementation sur le transport de matières dangereuses (notamment pour le transport
de CO2 et d?hydrogène). Des mesures de réduction du risque sont imposés à chaque
fois que cela est nécessaire ;
- Utiliser des technologies de combustion avancées accompagnées de procédés de
filtrage et de traitement des émissions, pour réduire les émissions de particules et de
polluants et permettre leur capture avant libération. En particulier, la règlementation
nationale impose le recours à des systèmes performants de traitement des fumées
sortant des installations de production de chaleur ou d?électricité à partir de biomasse,
permettant l?atteinte de valeurs limites d?émissions, notamment par la mise en oeuvre
des meilleures techniques disponibles (MTD) applicables à ces installations classées,
celles-ci pouvant être durcies en fonction du contexte local.
Bâtiments
- Renforcer la lutte contre la fraude à la rénovation énergétique et contre le démarchage
abusif afin de préserver la qualité des rénovations et ainsi assurer des gains énergétiques
et GES optimaux ;
- Privilégier l'utilisation de matériaux recyclés ou issus de sources durables pour la
fabrication des PAC et des matériaux d'isolation ;
- Mettre en place des programmes de recyclage et de réemploi pour les pompes à
chaleur et les matériaux d'isolation en fin de vie (en lien avec la filière à responsabilité
élargie des producteurs (REP) produits et matériaux de construction du secteur du
bâtiment (PMCB)) ;
- Concevoir de manière intégrée les réseaux de chaleur urbain et le système de gestion
des eaux pluviales, pour que cette eau puisse servir au refroidissement des RCU et
réduire la dépendance aux sources d?eau traditionnelles ;
- Éviter toute fuite des fluides frigorigènes utilisés, car ils ont un potentiel de
réchauffement climatique très important. A cette fin, il est prévu que toutes les
installations de plus de 12 kW soient régulièrement inspectées30.
Production
d?énergie
- Mesures ERC identifiées dans l?EES de la PPE 3 ;
- Respecter les dispositions du guide BRGM-Ineris de 2023 sur la maîtrise des risques
sismiques dans les travaux de géothermie.
Déchets
- Appliquer le « Best available techniques Reference Document on Landfills », dit « BREF
LAN »), réglementation européenne, dont l?entrée en vigueur est prévue en 2033, qui
prescrira la mise en place des meilleures techniques disponibles pour le captage et le
traitement des pollutions atmosphériques des ISDND ;
- Veiller à l?application de l?arrêté du 15 février 2016 et notamment ses articles 33, qui
limite la superficie de la zone en cours d?exploitation afin de limiter l?entrée des eaux
pluviales dans le massif de déchets, et 11, qui impose la collecte des lixiviats et leur
traitement avant rejet ;
- Privilégier le stockage des biodéchets dans des bâtiments fermés avec traitement d?air
pour limiter les nuisances olfactives.
UTCATF
- Mettre en place et pérenniser des politiques publiques pour adapter la forêt française
aux nouvelles conditions climatiques et limiter les impacts négatifs associés : aide au
renouvellement forestier, plan national d?adaptation au changement climatique,
30 Légifrance. Décret n° 2010-349 du 31 mars 2010 relatif à l'inspection des systèmes de climatisation et des pompes à
chaleur réversibles : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000022050074
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
45
stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les
incendies, etc. ;
- Renforcer la résilience et l?adaptabilité de la filière forêt-bois dans un contexte de
baisse de l?accroissement net forestier et de multiplication des crises, en développant
les usages matière du bois (et en particulier les usages à longue durée de vie), les
capacités de valorisation d?essences peu transformées (bois feuillus, bois de crise), en
augmentant la durée de vie des produits bois et le recyclage et le réemploi des produits
bois en fin de vie ;
- Promouvoir une gestion forestière durable attentive aux cycles de l?eau et du carbone.
Empreinte
carbone
- Appliquer à tout projet de réindustrialisation, la règlementation relative à l?évaluation
environnementale qui impose la réalisation d?une étude d?impact, incluant une étude
faune-flore, lorsque les incidences négatives notables du projet le justifient. Celle-ci
permet d?identifier les potentiels impacts négatifs et impose le déploiement d?une
séquence « ERC » (Eviter Réduire Compenser) de manière à limiter l?impact sur la
biodiversité, et par extension sur les services écosystémiques ;
- Appliquer à tout projet de réindustrialisation la règlementation ICPE, qui impose des
valeurs limites d?émissions de manière à garantir un bon niveau de qualité de l?air et de
l?eau. Une étude des risques sanitaires est notamment demandée dans le cadre des
demandes d?autorisations environnementales (ICPE) à obtenir pour avoir le droit
d?exploiter une nouvelle usine ;
- Optimiser les consommations d?eau des procédés de production relocalisés sur le
territoire ;
- Optimiser l?empreinte au sol des relocalisations industrielles sur le territoire dans le
cadre du ZAN en privilégiant notamment l?implantation des industries sur des sols déjà
artificialisés ou des friches ;
- Inciter les relocalisations industrielles à mettre en place des démarches d?économie
circulaire sur le territoire.
Numérique
- Veiller à l?application de la « Directive Efficacité Energétique » qui prévoit la mise à
disposition du public de l?indicateur d?efficacité eau (WUE) pour les centres de données
de plus de 500 kW et permettra d?accroitre la transparence des performances
environnementales des centres de données et de mieux piloter les impacts sur la
ressource en eau ;
- Adopter de nouvelles normes européennes d?écoconception applicables aux terminaux
numériques, notamment via les deux actes délégués pris en application du règlement
ESPR31 (2024/1781) qui porteront sur la réparabilité des EEE32 (adoption prévue en 2027)
et sur le contenu recyclé et la recyclabilité des EEE (adoption prévue en 2029) ;
- Réfléchir pour les futures stratégies portant sur le numérique à l?association
systématique d?objectifs de préservation écologique dans les chaînes de valeur et les
projets territoriaux.
Aménagement
du territoire
/
Financement
de la
transition
- Engager une réflexion sur l?inclusion dans les mécanismes de financement pertinents,
d?un critère explicite de préservation de la ressource en eau (efficience hydrique,
prévention des pollutions) et de restauration écologique, afin d?éviter des projets qui
réduisent les émissions mais aggravent les pressions sur les écosystèmes.
31 Règlement (UE) (2024/1781) du 28 juin 2024 (« Règlement sur l?écoconception des produits durables »). https://eur-
lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401781
32 Équipements Électriques et Électroniques
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401781
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401781
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
46
Mobilisation
des acteurs
/
Recherche
- Mettre en place une évaluation systématique et indépendante des risques
technologiques dès les phases amont de la recherche et du développement pour les
recherches à risque majeur et intégrer des critères de soutenabilité, de sécurité et de
précaution dans les appels à projets et les financements publics.
Emplois et
compétences
/
Biomasse
Commun :
- Transposer la directive RED III, dans ses volets relatifs aux critères de durabilité et
de réduction des émissions de GES pour la biomasse forestière et au principe
d?utilisation en cascade de la biomasse ;
- Publier les textes pour reconnaitre les certifications de gestion durable des haies et
de distribution de bois issu de haies gérées durablement ;
- Mettre en place une priorisation des usages de la biomasse (intégrée dans le corps
de la SNBC), qui favorise les usages matières à longue durée de vie, dont les produits
biosourcés, sur les usages énergétiques, et priorisera les usages énergétiques ne
disposant pas d'alternative de décarbonation techniquement et économiquement
viable ;
- Réviser la stratégie nationale de mobilisation de la biomasse (SNMB) suite aux
nouveaux objectifs de la SNBC 3 et veiller à la cohérence réciproque entre la SNMB
et les schémas régionaux biomasse (SRB), dont la révision se fera selon un calendrier
spécifique à chaque région ;
- Mettre en place des mesures pour inciter à la récolte raisonnée des résidus de
culture à des fins énergétiques ;
- Renforcer l?expertise des cellules biomasse sur les ressources agricoles et
forestières (et la disponibilité de données actuelles et projetées) ;
- Systématiser l?étude de la viabilité du plan d?approvisionnement de chaque projet
consommateur de biomasse pour des usages non-alimentaires demandeurs d?aides
publiques, notamment sa cohérence avec la capacité estimée des écosystèmes
agricoles et forestiers à fournir la biomasse correspondante, y compris en
projection.
Biocarburants :
- Privilégier le développement des biocarburants hors première génération pour ne
pas concurrencer les ressources alimentaires ;
- Utiliser des terres marginales et dégradées pour cultiver des cultures destinées aux
biocarburants, ou utiliser des cultures intermédiaires à vocation énergétique et
éviter la conversion de terres naturelles ou agricoles à surfaces d?intérêt
écologique.
Biogaz :
- Respecter les exigences minimales de sécurité à adopter lors de la conception, de
la construction et de l?exploitation d?une installation de méthanisation ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
47
- Réduire le temps de stockage des effluents d?élevage avant méthanisation afin
d?éviter les rejets de GES33 ;
- Installer des torchères afin de brûler les gaz relâchés en cas de surpression34 ;
- Effectuer des concertations associant l?ensemble des parties prenantes lors des
études préalables, communiquer régulièrement sur l?impact environnemental et
économique de la production d?énergie renouvelable à partir de déchets
organiques décarbonant le réseau de gaz naturel.
Biomasse solide :
- Mettre en oeuvre le PNACC
- Elaborer et mettre en oeuvre le second PNFB (Programme National Forêt Bois) pour
la biomasse forestière et la SNMB ;
- Mettre en oeuvre la Stratégie Nationale sur la Biodiversité (SNB) et les plans qui en
découlent (PASF, PNA vieilles forêts) ;
- Prioriser le remplacement des appareils domestique aux bois moins performants et
l?installation de nouveaux équipements aux logements sans autre alternative « bas
carbone » en tenant compte des enjeux locaux de qualité de l?air.
CCUS
- Veiller au respect de la règlementation en la matière ;
- Limiter au strict nécessaire le recours au DACCS ;
- Encourager la recherche et le développement visant à réduire les consommations en
eau et en énergie des procédés de captage du CO2 ;
- Prendre en compte l?impact sur les ressources minérales, et en particulier les matériaux
critiques, dans le développement des technologies de capture du CO2.
8 - Suivi des enjeux environnementaux de la SNBC 3
Compte tenu des impacts environnementaux potentiels identifiés de la SNBC 3, des
indicateurs spécifiques ont été définis afin de suivre, dans le temps, l?évolution des pressions
exercées sur les milieux et d?évaluer ainsi les effets de la SNBC sur l?environnement.
Un nombre restreint d?indicateurs représentatifs des évolutions a été préféré à un nombre trop
important, difficiles à réunir et tout aussi difficiles à interpréter et à suivre dans le temps. Bien
que n?étant pas exhaustifs, l?intérêt de ces indicateurs sera d?alerter sur les tendances
d?évolution, afin de pouvoir réagir en cas d?augmentation de la pression sur les milieux, et de
mener des investigations complémentaires si nécessaire.
Parmi ces indicateurs, afin de suivre de manière rapprochée l?évolution des incidences de
premier ordre de la SNBC 3 et la prise en compte des mesures ERC, certains ont été retenus
pour être intégrés directement dans la SNBC. Ils seront mis à jour et accessibles au grand public
à fréquence annuelle :
? Empreinte matières de la France ;
? Consommations d?eau douce par usage et prélèvement d?eau douce par usage ;
? Consommation d?espaces naturels, agricoles et forestiers ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
48
? Production d?énergie primaire à partir de biomasse solide ;
? Émissions totales de polluants atmosphériques (SO2, NOx, PM2,5, PM10, COVNM, NH3) ;
? Quantité de Déchets des Activités Economiques (DAE) par filière ;
? Inventaire des incidents / accidents technologiques.
D?autres indicateurs environnementaux sont prévus pour le suivi de l?EES de la SNBC. Ils sont
présentés en partie VIII.2. de l?EES.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
49
(ATTENTION: OPTION d?anticiper ;
? Concernant les ressources minérales, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée
positive limitée, principalement grâce à la sortie des énergies fossiles, à la promotion de la
sobriété dans les déplacements et les modes de consommation et de production, le recours
à des matériaux biosourcés pour les bâtiments, la réduction de l?utilisation de fertilisants
minéraux ainsi qu?au développement de l?économie circulaire. Cependant, certaines
technologies décarbonées pourraient accentuer la pression sur les ressources minérales.
C?est notamment le cas de l?électrification des transports, des technologies de captage et
stockage du carbone, et du développement des énergies décarbonés ;
? Concernant la résilience des territoires face au changement climatique et les risques
naturels, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive limitée. La SNBC 3
adopte une vision intégrée, articulant atténuation et adaptation, avec des orientations qui
invitent à tenir compte des enjeux de résilience. C?est en particulier le cas pour la
décarbonation du secteur des transports, avec la prise en compte du climat futur dans les
systèmes et modes de transport, du secteur des bâtiments avec la prise en compte des
enjeux de confort d?été dans les rénovations thermiques et du secteur UTCATF avec
l?adaptation des peuplements forestiers aux nouvelles conditions climatiques afin de
consolider le puits de carbone sur le long terme. Par ailleurs, les pratiques agricoles
favorables à la préservation des sols (pratiques agroécologiques, développement des haies
et de l?agroforesterie, etc.), contribuent à limiter les risques d'érosion et de ruissellement et
les mesures de prévention des incendies de forêt apportent une réponse directe à ce type
de risque. Enfin, certaines orientations concernant l?aménagement du territoire dans la
SNBC 3 visent spécifiquement à contenir l'artificialisation des sols et à promouvoir la
renaturation, ce qui contribue à atténuer les impacts des risques naturels, en particulier les
canicules et les inondations ;
? Concernant la préservation de la biodiversité et les services écosystémiques, l?incidence de
la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive limitée. Les incidences positives principales
concernent les secteurs de l?agriculture et de l?utilisation des terres à travers la meilleure
gestion de la fertilisation azotée et la diminution du recours aux engrais minéraux azotés et
produits phytopharmaceutiques, la diversification des cultures et le développement
d?infrastructures agroécologiques, le maintien des prairies permanentes et des zones
humides, l?adaptation des forêts au changement climatique, le renouvellement forestier,
ainsi que le boisement hors forêt. Toutefois, dans ces deux secteurs, l?augmentation de la
mobilisation de la biomasse, telle que prévue dans la SNBC 3, pourrait conduire à atténuer
les bénéfices identifiés sur la préservation de la biodiversité et les services écosystémiques.
Pour le secteur UTCATF en particulier, ces potentiels impacts négatifs seront limités en
respectant le cadre réglementaire permettant de pratiquer une gestion durable et
multifonctionnelle de la forêt française, dans le respect du sol, de la biodiversité, des cycles
de l?eau, du carbone et en développant le nombre de forêts gérées bénéficiant d?un
document de gestion durable. En particulier, l?encadrement de la récolte de biomasse à
destination de la production d?énergie évoluera avec la transposition de la directive RED III,
notamment dans les écosystèmes riches en biodiversité ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
39
? Concernant les risques technologiques, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée
neutre. Les incidences positives observées dans plusieurs secteurs en lien avec la réduction
de l?utilisation de carburants fossiles, sont contrebalancées par la hausse des risques
technologiques induits par certaines solutions décarbonées prévues par la SNBC 3. Cela
concerne notamment le secteur de l?industrie avec l?utilisation croissante de l?hydrogène
comme alternative aux énergies fossiles, et le secteur de l?énergie avec la hausse de la
production de chaleur renouvelable ou de récupération et de l?emploi d?hydrogène ;
? Concernant le cadre de vie et la santé publique, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC
est jugée positive limitée. Par la transformation significative et positive de la structuration
de l?espace et ses usages, la mise en oeuvre de la SNBC 3 améliore l?accès à des espaces
naturels et végétalisés, contribue à préserver des paysages diversifiés, améliore l?accès aux
transports et favorise des logements plus agréables à vivre. La mise en oeuvre de la SNBC
tend par ailleurs à réduire les nuisances sonores, visuelles et olfactives. Certaines
technologies rencontrent néanmoins encore des défis liés à leur acceptabilité sociale. Pour
la santé publique, d?importants bénéfices sont attendus grâce à la décarbonation du
secteur des transports et à l?aménagement durable du territoire. Par ailleurs, la diminution
des produits à forte empreinte environnementale permet de limiter l?exposition de la
société aux substances toxiques ou polluantes présentes dans certains biens de
consommation ;
? Concernant la lutte contre la pollution de l?air, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC
est jugée positive limitée, principalement grâce à la réduction de la dépendance aux
combustibles fossiles, les nouvelles pratiques agricoles encouragée par la SNBC 3 et le tri
des biodéchets. Une vigilance particulière devra toutefois être portée aux effets de la
combustion des déchets et à l?utilisation de biomasse en chauffage ;
? En matière de prévention et de gestion des déchets, l?incidence de la mise en oeuvre de la
SNBC est jugée positive limitée notamment grâce aux mesures visant à promouvoir la
sobriété matière, le recyclage et la valorisation des sous-produits. Cependant, certains
bénéfices pourraient être atténués par le volume important de déchets générés lors du
remplacement des équipements (chaudières, convecteurs), des travaux de rénovation ou
du renouvellement du parc de véhicules et par l?apparition de flux de déchets spécifiques,
tels que les batteries en fin de vie ou les bornes de recharge nécessitant des filières de
recyclage spécialisées.
Incidences Natura 2000 :
En application de la loi, l?EES doit comprendre une évaluation des incidences de la SNBC sur le
réseau Natura 2000. Cette évaluation a pour but de vérifier la compatibilité de l?activité avec
les objectifs de conservation du ou des sites Natura 2000. À la différence de l?évaluation
environnementale, l?évaluation des incidences Natura 2000 ne porte pas sur les effets de la
SNBC sur l?environnement dans son ensemble mais est ciblée sur l?analyse de ses effets sur les
espèces animales et végétales et habitats d?intérêt communautaire qui ont présidé à la
désignation des sites Natura 2000.
À l?échelle nationale et stratégique de la SNBC, cette stratégie n?a pas d?impact identifiable
sur l?une ou l?autre des espèces ou habitats d?intérêt communautaire, ni sur des sites
spécifiques. Cependant, aucun site du réseau Natura 2000 ne peut être écarté face à
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
40
d?éventuelles incidences futures, et non identifiées à ce stade, liées à la mise en oeuvre au
niveau local de projets précis répondant aux objectifs globaux de la SNBC. Les études
environnementales préalables aux projets devront, le cas échéant, prendre en considération
tout impact potentiel direct ou indirect sur un site Natura 2000 à proximité directe ou indirecte
du lieu d?implantation du projet.
Les orientations développées dans l?EES et qui visent à limiter au maximum les incidences de
la SNBC sur la biodiversité devront également être transposées à l?échelle régionale et des
projets menés en sites Natura 2000 ou à proximité. L'évaluation des incidences Natura 2000
réalisées dans le cadre des documents sectoriels du type de la PPE, de la SNMB, du PNFB,
permettront également de limiter au maximum les incidences.
C. Evaluation du caractère direct ou indirect des incidences notables
probables de la SNBC 3
Les incidences de la mise en oeuvre de la SNBC 3 pour les secteurs de l?agriculture, de l?énergie,
des déchets et de l?UTCATF sont estimées globalement directes sur la plupart des enjeux
considérés, de par leurs interactions plus directes avec l?environnement (sol, eau, cadre de vie,
etc.). Les incidences des orientations transversales sont estimées plus indirectes sur la plupart
des enjeux considérés.
Au global, les incidences des orientations sectorielles de la SNBC sont estimées plutôt directes
sur l?enjeu principal de la SNBC 3 à savoir la réduction des émissions territoriales de GES et la
baisse de l?empreinte carbone nationale, ainsi que sur les risques technologiques, la ressource
en eau, les ressources minérales et l?économie circulaire et la pollution de l?air. Les incidences
de la SNBC 3 sont estimées plus indirectes pour les autres enjeux.
Enjeux
environnem
entaux27
1-
GES
2-
EAU
3-
SOLS
4-
RESSOURC
ES
5-
RESILIENC
E
6-
BIODIVERS
ITE
7-
RISQUES
TECH.
8-SANTE
9-
AIR
10-
DECHETS
Transports Dir. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir Dir Dir Dir Ind.
Agriculture Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Ind.
Industrie Dir. Dir. Ind. Dir. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir. Dir.
27 Les 10 enjeux examinés ici sont : 1) Réduire les émissions territoriales et les émissions importées de GES ;2) Préserver la
ressource en eau ;3) Préserver les sols et assurer une gestion rationnelle de l?espace ;4) Limiter l?épuisement des ressources
minérales et développer l?économie circulaire ; 5) Renforcer la résilience des territoires et limiter les risques naturels ; 6)
Préserver et restaurer la biodiversité et les services écosystémiques ; 7) Limiter les risques technologiques ; 8) Préserver et
améliorer le cadre de vie et la santé publique ; 9) Lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur ; 10) Prévenir et
gérer les déchets ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
41
Bâtiments Dir. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir. Dir. Dir. Ind.
Production
d?énergie
Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Ind. Dir. Ind. Dir. Dir.
Déchets Dir. Dir. Dir. Dir. NP Ind. Dir. Ind. Dir. Dir.
UTCATF Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Ind. Dir. Ind. Ind.
Empreinte
carbone
Dir. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir.
Numérique Dir. Ind. Dir. Dir. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Dir.
Aménagem
ent du
territoire
Dir. Ind. Dir. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir.
Ind. Ind.
Financemen
t de la
transition
Dir. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. NP Ind. Ind. Ind.
Mobilisation
des acteurs
Dir Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Ind. Dir. Dir. Dir.
Recherche Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind.
Emplois et
compétenc
es
Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind.
Biomasse Dir. Dir. Dir. Ind. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Ind.
CCUS Dir. Dir. Dir. Dir. Ind Ind. Ind. Ind. Ind. Dir.
Tableau 2 : Caractère direct ou indirect des incidences sectorielles notables probables de la SNBC 3 (Code
couleur : Direct ; Indirect, Non pertinent - NP)
D. Evaluation du caractère temporaire ou permanent des incidences
notables probables de la SNBC 3
Les incidences de la SNBC sont plutôt permanentes sur l?enjeu premier de la SNBC, c?est à dire
la réduction des émissions de GES, ainsi que sur la plupart des enjeux sur lesquels elle a une
incidence importante. Pour le secteur UTCATF, l?incidence sur la réduction des émissions de
GES a été estimée temporaire compte tenu des projections pessimistes sur le puits de carbone
forestier après 2050.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
42
Les incidences sur l?eau, les ressources minérales et les déchets de la mise en oeuvre de la SNBC
3 par les secteurs des transports, des bâtiments sont considérées temporaires car
principalement liées à la phase de « déploiement » des technologies : électrification du parc,
mise en rebut des anciens véhicules, rénovation énergétique, conception des dispositifs de
chauffage décarbonés, déploiement des énergies renouvelables et des technologies de
captage et stockage du carbone. Concernant les risques technologiques, les incidences de la
mise en oeuvre de la SNBC 3 sont estimées temporaires pour plusieurs items (empreinte,
mobilisation des acteurs, recherche) considérant que les « risques technologiques » induits
directement ou indirectement par la mise en oeuvre de la SNBC 3, par exemple avec
l?implantation de nouvelles usines liées à la réindustrialisation, pourront être mieux
appréhendés et gérés dans les années à venir.
Enjeux
environnem
entaux28
1-
GES
2-
EAU
3-
SOLS
4-
RESSOURC
ES
5-
RESILIENC
E
6-
BIODIVERS
ITE
7-
RISQUES
TECH.
8-SANTE
9-
AIR
10-
DECHETS
Transports ? Temp. ? Temp. ? ? ? ? ? Temp.
Agriculture ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Industrie ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Bâtiments ? Temp. ? Temp. ? ? ? ? ? Temp.
Production
d?énergie
? ? ?
Temp.
? ? ? ? ? ?
Déchets ? ? ? ? NP ? ? ? ? ?
UTCATF Temp. ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Empreinte
carbone
? ? ? ? ? ?
Temp.
? ? ?
Numérique ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Aménagement
du territoire
? ? ? ? ? ? ? ? ? Temp.
Financement
de la transition
? ? ? ? ? ?
NP
? ? ?
28 Les 10 enjeux examinés ici sont : 1) Réduire les émissions territoriales et les émissions importées de GES ;2) Préserver la
ressource en eau ;3) Préserver les sols et assurer une gestion rationnelle de l?espace ;4) Limiter l?épuisement des ressources
minérales et développer l?économie circulaire ; 5) Renforcer la résilience des territoires et limiter les risques naturels ; 6)
Préserver et restaurer la biodiversité et les services écosystémiques ; 7) Limiter les risques technologiques ; 8) Préserver et
améliorer le cadre de vie et la santé publique ; 9) Lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur ; 10) Prévenir et
gérer les déchets ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
43
Mobilisation
des acteurs
? ? ? ? ? ? Temp. ? ? ?
Recherche ? ? ? ? ? ? Temp. ? ? ?
Emplois et
compétences
? ? ? ? ? ?
?
? ? ?
Biomasse ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
CCUS ? ? ? Temp. ? ? ? ? ? ?
Tableau 3 : Caractère temporaire ou permanent (?) des incidences sectorielles notables probables de la
SNBC 3
7 - Mesures ERC retenues compte tenu des incidences notables
probables identifiées
Des mesures techniques pour éviter, réduire et compenser la mise en oeuvre des orientations
de la SNBC, dites mesures « ERC », ont été identifiées suite à cette évaluation. Elles devront
être prises en compte, notamment au niveau des projets, pour s?assurer de la réduction de
l?impact sur l?environnement des projets découlant de la SNBC à un seuil incompressible.
Compte-tenu des incidences les plus notables identifiées, les mesures ERC à renforcer ou
à déployer proposées sont les suivantes
Transports
- Intégrer de nouveaux critères tels que l?éco-conception et la recyclabilité, par exemple
au dispositif existant de score environnemental, qui prend déjà en compte l?empreinte
carbone liée à la production et à l?acheminement des véhicules, afin d?élargir
l?évaluation pour l?attribution des aides à l?acquisition et l?application des dispositifs
fiscaux29 ;
- Inciter davantage à réduire le poids moyen des voitures particulières neuves ;
- Améliorer le recyclage des batteries électriques. Les textes règlementaires prévoient la
possibilité de prendre en compte la recyclabilité des déchets dans le calcul du score
environnemental ;
- Encourager le développement de moteurs plus efficaces et compatibles avec des
mélanges plus élevés de biocarburants et de carburants de synthèse ;
- Encourager l?électrification des bateaux fluviaux pour une moindre pollution et
perturbation des écosystèmes ;
- Privilégier l'implantation des infrastructures de transport (notamment ferroviaires) sur
des sites déjà artificialisés. Pour les projets nécessitant de nouvelles infrastructures,
compenser l'artificialisation par des actions de renaturation.
Agriculture /
29 Depuis le 1er février 2025, le score environnemental intervient également dans le calcul de la taxe annuelle incitative
relative à l'acquisition de véhicules légers à faibles émissions et pour l?évaluation de l?avantage en nature lié à la mise à
disposition d?un véhicule.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
44
Industrie
- Mettre en place des politiques publiques de recyclage des matériaux fortement
consommateurs d?eau (métallurgie, papier-carton) ;
- Veiller à l?application de la règlementation ICPE, qui encadre les risques technologiques,
du code minier (pour le stockage géologique de CO2 et de tout autre gaz) et de la
règlementation sur le transport de matières dangereuses (notamment pour le transport
de CO2 et d?hydrogène). Des mesures de réduction du risque sont imposés à chaque
fois que cela est nécessaire ;
- Utiliser des technologies de combustion avancées accompagnées de procédés de
filtrage et de traitement des émissions, pour réduire les émissions de particules et de
polluants et permettre leur capture avant libération. En particulier, la règlementation
nationale impose le recours à des systèmes performants de traitement des fumées
sortant des installations de production de chaleur ou d?électricité à partir de biomasse,
permettant l?atteinte de valeurs limites d?émissions, notamment par la mise en oeuvre
des meilleures techniques disponibles (MTD) applicables à ces installations classées,
celles-ci pouvant être durcies en fonction du contexte local.
Bâtiments
- Renforcer la lutte contre la fraude à la rénovation énergétique et contre le démarchage
abusif afin de préserver la qualité des rénovations et ainsi assurer des gains énergétiques
et GES optimaux ;
- Privilégier l'utilisation de matériaux recyclés ou issus de sources durables pour la
fabrication des PAC et des matériaux d'isolation ;
- Mettre en place des programmes de recyclage et de réemploi pour les pompes à
chaleur et les matériaux d'isolation en fin de vie (en lien avec la filière à responsabilité
élargie des producteurs (REP) produits et matériaux de construction du secteur du
bâtiment (PMCB)) ;
- Concevoir de manière intégrée les réseaux de chaleur urbain et le système de gestion
des eaux pluviales, pour que cette eau puisse servir au refroidissement des RCU et
réduire la dépendance aux sources d?eau traditionnelles ;
- Éviter toute fuite des fluides frigorigènes utilisés, car ils ont un potentiel de
réchauffement climatique très important. A cette fin, il est prévu que toutes les
installations de plus de 12 kW soient régulièrement inspectées30.
Production
d?énergie
- Mesures ERC identifiées dans l?EES de la PPE 3 ;
- Respecter les dispositions du guide BRGM-Ineris de 2023 sur la maîtrise des risques
sismiques dans les travaux de géothermie.
Déchets
- Appliquer le « Best available techniques Reference Document on Landfills », dit « BREF
LAN »), réglementation européenne, dont l?entrée en vigueur est prévue en 2033, qui
prescrira la mise en place des meilleures techniques disponibles pour le captage et le
traitement des pollutions atmosphériques des ISDND ;
- Veiller à l?application de l?arrêté du 15 février 2016 et notamment ses articles 33, qui
limite la superficie de la zone en cours d?exploitation afin de limiter l?entrée des eaux
pluviales dans le massif de déchets, et 11, qui impose la collecte des lixiviats et leur
traitement avant rejet ;
- Privilégier le stockage des biodéchets dans des bâtiments fermés avec traitement d?air
pour limiter les nuisances olfactives.
UTCATF
- Mettre en place et pérenniser des politiques publiques pour adapter la forêt française
aux nouvelles conditions climatiques et limiter les impacts négatifs associés : aide au
renouvellement forestier, plan national d?adaptation au changement climatique,
30 Légifrance. Décret n° 2010-349 du 31 mars 2010 relatif à l'inspection des systèmes de climatisation et des pompes à
chaleur réversibles : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000022050074
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
45
stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les
incendies, etc. ;
- Renforcer la résilience et l?adaptabilité de la filière forêt-bois dans un contexte de
baisse de l?accroissement net forestier et de multiplication des crises, en développant
les usages matière du bois (et en particulier les usages à longue durée de vie), les
capacités de valorisation d?essences peu transformées (bois feuillus, bois de crise), en
augmentant la durée de vie des produits bois et le recyclage et le réemploi des produits
bois en fin de vie ;
- Promouvoir une gestion forestière durable attentive aux cycles de l?eau et du carbone.
Empreinte
carbone
- Appliquer à tout projet de réindustrialisation, la règlementation relative à l?évaluation
environnementale qui impose la réalisation d?une étude d?impact, incluant une étude
faune-flore, lorsque les incidences négatives notables du projet le justifient. Celle-ci
permet d?identifier les potentiels impacts négatifs et impose le déploiement d?une
séquence « ERC » (Eviter Réduire Compenser) de manière à limiter l?impact sur la
biodiversité, et par extension sur les services écosystémiques ;
- Appliquer à tout projet de réindustrialisation la règlementation ICPE, qui impose des
valeurs limites d?émissions de manière à garantir un bon niveau de qualité de l?air et de
l?eau. Une étude des risques sanitaires est notamment demandée dans le cadre des
demandes d?autorisations environnementales (ICPE) à obtenir pour avoir le droit
d?exploiter une nouvelle usine ;
- Optimiser les consommations d?eau des procédés de production relocalisés sur le
territoire ;
- Optimiser l?empreinte au sol des relocalisations industrielles sur le territoire dans le
cadre du ZAN en privilégiant notamment l?implantation des industries sur des sols déjà
artificialisés ou des friches ;
- Inciter les relocalisations industrielles à mettre en place des démarches d?économie
circulaire sur le territoire.
Numérique
- Veiller à l?application de la « Directive Efficacité Energétique » qui prévoit la mise à
disposition du public de l?indicateur d?efficacité eau (WUE) pour les centres de données
de plus de 500 kW et permettra d?accroitre la transparence des performances
environnementales des centres de données et de mieux piloter les impacts sur la
ressource en eau ;
- Adopter de nouvelles normes européennes d?écoconception applicables aux terminaux
numériques, notamment via les deux actes délégués pris en application du règlement
ESPR31 (2024/1781) qui porteront sur la réparabilité des EEE32 (adoption prévue en 2027)
et sur le contenu recyclé et la recyclabilité des EEE (adoption prévue en 2029) ;
- Réfléchir pour les futures stratégies portant sur le numérique à l?association
systématique d?objectifs de préservation écologique dans les chaînes de valeur et les
projets territoriaux.
Aménagement
du territoire
/
Financement
de la
transition
- Engager une réflexion sur l?inclusion dans les mécanismes de financement pertinents,
d?un critère explicite de préservation de la ressource en eau (efficience hydrique,
prévention des pollutions) et de restauration écologique, afin d?éviter des projets qui
réduisent les émissions mais aggravent les pressions sur les écosystèmes.
31 Règlement (UE) (2024/1781) du 28 juin 2024 (« Règlement sur l?écoconception des produits durables »). https://eur-
lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401781
32 Équipements Électriques et Électroniques
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401781
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401781
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
46
Mobilisation
des acteurs
/
Recherche
- Mettre en place une évaluation systématique et indépendante des risques
technologiques dès les phases amont de la recherche et du développement pour les
recherches à risque majeur et intégrer des critères de soutenabilité, de sécurité et de
précaution dans les appels à projets et les financements publics.
Emplois et
compétences
/
Biomasse
Commun :
- Transposer la directive RED III, dans ses volets relatifs aux critères de durabilité et
de réduction des émissions de GES pour la biomasse forestière et au principe
d?utilisation en cascade de la biomasse ;
- Publier les textes pour reconnaitre les certifications de gestion durable des haies et
de distribution de bois issu de haies gérées durablement ;
- Mettre en place une priorisation des usages de la biomasse (intégrée dans le corps
de la SNBC), qui favorise les usages matières à longue durée de vie, dont les produits
biosourcés, sur les usages énergétiques, et priorisera les usages énergétiques ne
disposant pas d'alternative de décarbonation techniquement et économiquement
viable ;
- Réviser la stratégie nationale de mobilisation de la biomasse (SNMB) suite aux
nouveaux objectifs de la SNBC 3 et veiller à la cohérence réciproque entre la SNMB
et les schémas régionaux biomasse (SRB), dont la révision se fera selon un calendrier
spécifique à chaque région ;
- Mettre en place des mesures pour inciter à la récolte raisonnée des résidus de
culture à des fins énergétiques ;
- Renforcer l?expertise des cellules biomasse sur les ressources agricoles et
forestières (et la disponibilité de données actuelles et projetées) ;
- Systématiser l?étude de la viabilité du plan d?approvisionnement de chaque projet
consommateur de biomasse pour des usages non-alimentaires demandeurs d?aides
publiques, notamment sa cohérence avec la capacité estimée des écosystèmes
agricoles et forestiers à fournir la biomasse correspondante, y compris en
projection.
Biocarburants :
- Privilégier le développement des biocarburants hors première génération pour ne
pas concurrencer les ressources alimentaires ;
- Utiliser des terres marginales et dégradées pour cultiver des cultures destinées aux
biocarburants, ou utiliser des cultures intermédiaires à vocation énergétique et
éviter la conversion de terres naturelles ou agricoles à surfaces d?intérêt
écologique.
Biogaz :
- Respecter les exigences minimales de sécurité à adopter lors de la conception, de
la construction et de l?exploitation d?une installation de méthanisation ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
47
- Réduire le temps de stockage des effluents d?élevage avant méthanisation afin
d?éviter les rejets de GES33 ;
- Installer des torchères afin de brûler les gaz relâchés en cas de surpression34 ;
- Effectuer des concertations associant l?ensemble des parties prenantes lors des
études préalables, communiquer régulièrement sur l?impact environnemental et
économique de la production d?énergie renouvelable à partir de déchets
organiques décarbonant le réseau de gaz naturel.
Biomasse solide :
- Mettre en oeuvre le PNACC
- Elaborer et mettre en oeuvre le second PNFB (Programme National Forêt Bois) pour
la biomasse forestière et la SNMB ;
- Mettre en oeuvre la Stratégie Nationale sur la Biodiversité (SNB) et les plans qui en
découlent (PASF, PNA vieilles forêts) ;
- Prioriser le remplacement des appareils domestique aux bois moins performants et
l?installation de nouveaux équipements aux logements sans autre alternative « bas
carbone » en tenant compte des enjeux locaux de qualité de l?air.
CCUS
- Veiller au respect de la règlementation en la matière ;
- Limiter au strict nécessaire le recours au DACCS ;
- Encourager la recherche et le développement visant à réduire les consommations en
eau et en énergie des procédés de captage du CO2 ;
- Prendre en compte l?impact sur les ressources minérales, et en particulier les matériaux
critiques, dans le développement des technologies de capture du CO2.
8 - Suivi des enjeux environnementaux de la SNBC 3
Compte tenu des impacts environnementaux potentiels identifiés de la SNBC 3, des
indicateurs spécifiques ont été définis afin de suivre, dans le temps, l?évolution des pressions
exercées sur les milieux et d?évaluer ainsi les effets de la SNBC sur l?environnement.
Un nombre restreint d?indicateurs représentatifs des évolutions a été préféré à un nombre trop
important, difficiles à réunir et tout aussi difficiles à interpréter et à suivre dans le temps. Bien
que n?étant pas exhaustifs, l?intérêt de ces indicateurs sera d?alerter sur les tendances
d?évolution, afin de pouvoir réagir en cas d?augmentation de la pression sur les milieux, et de
mener des investigations complémentaires si nécessaire.
Parmi ces indicateurs, afin de suivre de manière rapprochée l?évolution des incidences de
premier ordre de la SNBC 3 et la prise en compte des mesures ERC, certains ont été retenus
pour être intégrés directement dans la SNBC. Ils seront mis à jour et accessibles au grand public
à fréquence annuelle :
? Empreinte matières de la France ;
? Consommations d?eau douce par usage et prélèvement d?eau douce par usage ;
? Consommation d?espaces naturels, agricoles et forestiers ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
48
? Production d?énergie primaire à partir de biomasse solide ;
? Émissions totales de polluants atmosphériques (SO2, NOx, PM2,5, PM10, COVNM, NH3) ;
? Quantité de Déchets des Activités Economiques (DAE) par filière ;
? Inventaire des incidents / accidents technologiques.
D?autres indicateurs environnementaux sont prévus pour le suivi de l?EES de la SNBC. Ils sont
présentés en partie VIII.2. de l?EES.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
49
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION tion de la
sobriété dans les déplacements et les modes de consommation et de production, le recours
à des matériaux biosourcés pour les bâtiments, la réduction de l?utilisation de fertilisants
minéraux ainsi qu?au développement de l?économie circulaire. Cependant, certaines
technologies décarbonées pourraient accentuer la pression sur les ressources minérales.
C?est notamment le cas de l?électrification des transports, des technologies de captage et
stockage du carbone, et du développement des énergies décarbonés ;
? Concernant la résilience des territoires face au changement climatique et les risques
naturels, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive limitée. La SNBC 3
adopte une vision intégrée, articulant atténuation et adaptation, avec des orientations qui
invitent à tenir compte des enjeux de résilience. C?est en particulier le cas pour la
décarbonation du secteur des transports, avec la prise en compte du climat futur dans les
systèmes et modes de transport, du secteur des bâtiments avec la prise en compte des
enjeux de confort d?été dans les rénovations thermiques et du secteur UTCATF avec
l?adaptation des peuplements forestiers aux nouvelles conditions climatiques afin de
consolider le puits de carbone sur le long terme. Par ailleurs, les pratiques agricoles
favorables à la préservation des sols (pratiques agroécologiques, développement des haies
et de l?agroforesterie, etc.), contribuent à limiter les risques d'érosion et de ruissellement et
les mesures de prévention des incendies de forêt apportent une réponse directe à ce type
de risque. Enfin, certaines orientations concernant l?aménagement du territoire dans la
SNBC 3 visent spécifiquement à contenir l'artificialisation des sols et à promouvoir la
renaturation, ce qui contribue à atténuer les impacts des risques naturels, en particulier les
canicules et les inondations ;
? Concernant la préservation de la biodiversité et les services écosystémiques, l?incidence de
la mise en oeuvre de la SNBC est jugée positive limitée. Les incidences positives principales
concernent les secteurs de l?agriculture et de l?utilisation des terres à travers la meilleure
gestion de la fertilisation azotée et la diminution du recours aux engrais minéraux azotés et
produits phytopharmaceutiques, la diversification des cultures et le développement
d?infrastructures agroécologiques, le maintien des prairies permanentes et des zones
humides, l?adaptation des forêts au changement climatique, le renouvellement forestier,
ainsi que le boisement hors forêt. Toutefois, dans ces deux secteurs, l?augmentation de la
mobilisation de la biomasse, telle que prévue dans la SNBC 3, pourrait conduire à atténuer
les bénéfices identifiés sur la préservation de la biodiversité et les services écosystémiques.
Pour le secteur UTCATF en particulier, ces potentiels impacts négatifs seront limités en
respectant le cadre réglementaire permettant de pratiquer une gestion durable et
multifonctionnelle de la forêt française, dans le respect du sol, de la biodiversité, des cycles
de l?eau, du carbone et en développant le nombre de forêts gérées bénéficiant d?un
document de gestion durable. En particulier, l?encadrement de la récolte de biomasse à
destination de la production d?énergie évoluera avec la transposition de la directive RED III,
notamment dans les écosystèmes riches en biodiversité ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
39
? Concernant les risques technologiques, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC est jugée
neutre. Les incidences positives observées dans plusieurs secteurs en lien avec la réduction
de l?utilisation de carburants fossiles, sont contrebalancées par la hausse des risques
technologiques induits par certaines solutions décarbonées prévues par la SNBC 3. Cela
concerne notamment le secteur de l?industrie avec l?utilisation croissante de l?hydrogène
comme alternative aux énergies fossiles, et le secteur de l?énergie avec la hausse de la
production de chaleur renouvelable ou de récupération et de l?emploi d?hydrogène ;
? Concernant le cadre de vie et la santé publique, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC
est jugée positive limitée. Par la transformation significative et positive de la structuration
de l?espace et ses usages, la mise en oeuvre de la SNBC 3 améliore l?accès à des espaces
naturels et végétalisés, contribue à préserver des paysages diversifiés, améliore l?accès aux
transports et favorise des logements plus agréables à vivre. La mise en oeuvre de la SNBC
tend par ailleurs à réduire les nuisances sonores, visuelles et olfactives. Certaines
technologies rencontrent néanmoins encore des défis liés à leur acceptabilité sociale. Pour
la santé publique, d?importants bénéfices sont attendus grâce à la décarbonation du
secteur des transports et à l?aménagement durable du territoire. Par ailleurs, la diminution
des produits à forte empreinte environnementale permet de limiter l?exposition de la
société aux substances toxiques ou polluantes présentes dans certains biens de
consommation ;
? Concernant la lutte contre la pollution de l?air, l?incidence de la mise en oeuvre de la SNBC
est jugée positive limitée, principalement grâce à la réduction de la dépendance aux
combustibles fossiles, les nouvelles pratiques agricoles encouragée par la SNBC 3 et le tri
des biodéchets. Une vigilance particulière devra toutefois être portée aux effets de la
combustion des déchets et à l?utilisation de biomasse en chauffage ;
? En matière de prévention et de gestion des déchets, l?incidence de la mise en oeuvre de la
SNBC est jugée positive limitée notamment grâce aux mesures visant à promouvoir la
sobriété matière, le recyclage et la valorisation des sous-produits. Cependant, certains
bénéfices pourraient être atténués par le volume important de déchets générés lors du
remplacement des équipements (chaudières, convecteurs), des travaux de rénovation ou
du renouvellement du parc de véhicules et par l?apparition de flux de déchets spécifiques,
tels que les batteries en fin de vie ou les bornes de recharge nécessitant des filières de
recyclage spécialisées.
Incidences Natura 2000 :
En application de la loi, l?EES doit comprendre une évaluation des incidences de la SNBC sur le
réseau Natura 2000. Cette évaluation a pour but de vérifier la compatibilité de l?activité avec
les objectifs de conservation du ou des sites Natura 2000. À la différence de l?évaluation
environnementale, l?évaluation des incidences Natura 2000 ne porte pas sur les effets de la
SNBC sur l?environnement dans son ensemble mais est ciblée sur l?analyse de ses effets sur les
espèces animales et végétales et habitats d?intérêt communautaire qui ont présidé à la
désignation des sites Natura 2000.
À l?échelle nationale et stratégique de la SNBC, cette stratégie n?a pas d?impact identifiable
sur l?une ou l?autre des espèces ou habitats d?intérêt communautaire, ni sur des sites
spécifiques. Cependant, aucun site du réseau Natura 2000 ne peut être écarté face à
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
40
d?éventuelles incidences futures, et non identifiées à ce stade, liées à la mise en oeuvre au
niveau local de projets précis répondant aux objectifs globaux de la SNBC. Les études
environnementales préalables aux projets devront, le cas échéant, prendre en considération
tout impact potentiel direct ou indirect sur un site Natura 2000 à proximité directe ou indirecte
du lieu d?implantation du projet.
Les orientations développées dans l?EES et qui visent à limiter au maximum les incidences de
la SNBC sur la biodiversité devront également être transposées à l?échelle régionale et des
projets menés en sites Natura 2000 ou à proximité. L'évaluation des incidences Natura 2000
réalisées dans le cadre des documents sectoriels du type de la PPE, de la SNMB, du PNFB,
permettront également de limiter au maximum les incidences.
C. Evaluation du caractère direct ou indirect des incidences notables
probables de la SNBC 3
Les incidences de la mise en oeuvre de la SNBC 3 pour les secteurs de l?agriculture, de l?énergie,
des déchets et de l?UTCATF sont estimées globalement directes sur la plupart des enjeux
considérés, de par leurs interactions plus directes avec l?environnement (sol, eau, cadre de vie,
etc.). Les incidences des orientations transversales sont estimées plus indirectes sur la plupart
des enjeux considérés.
Au global, les incidences des orientations sectorielles de la SNBC sont estimées plutôt directes
sur l?enjeu principal de la SNBC 3 à savoir la réduction des émissions territoriales de GES et la
baisse de l?empreinte carbone nationale, ainsi que sur les risques technologiques, la ressource
en eau, les ressources minérales et l?économie circulaire et la pollution de l?air. Les incidences
de la SNBC 3 sont estimées plus indirectes pour les autres enjeux.
Enjeux
environnem
entaux27
1-
GES
2-
EAU
3-
SOLS
4-
RESSOURC
ES
5-
RESILIENC
E
6-
BIODIVERS
ITE
7-
RISQUES
TECH.
8-SANTE
9-
AIR
10-
DECHETS
Transports Dir. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir Dir Dir Dir Ind.
Agriculture Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Ind.
Industrie Dir. Dir. Ind. Dir. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir. Dir.
27 Les 10 enjeux examinés ici sont : 1) Réduire les émissions territoriales et les émissions importées de GES ;2) Préserver la
ressource en eau ;3) Préserver les sols et assurer une gestion rationnelle de l?espace ;4) Limiter l?épuisement des ressources
minérales et développer l?économie circulaire ; 5) Renforcer la résilience des territoires et limiter les risques naturels ; 6)
Préserver et restaurer la biodiversité et les services écosystémiques ; 7) Limiter les risques technologiques ; 8) Préserver et
améliorer le cadre de vie et la santé publique ; 9) Lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur ; 10) Prévenir et
gérer les déchets ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
41
Bâtiments Dir. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir. Dir. Dir. Ind.
Production
d?énergie
Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Ind. Dir. Ind. Dir. Dir.
Déchets Dir. Dir. Dir. Dir. NP Ind. Dir. Ind. Dir. Dir.
UTCATF Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Dir. Ind. Dir. Ind. Ind.
Empreinte
carbone
Dir. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir.
Numérique Dir. Ind. Dir. Dir. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Dir.
Aménagem
ent du
territoire
Dir. Ind. Dir. Ind. Ind. Dir. Ind. Dir.
Ind. Ind.
Financemen
t de la
transition
Dir. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. NP Ind. Ind. Ind.
Mobilisation
des acteurs
Dir Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Ind. Dir. Dir. Dir.
Recherche Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind.
Emplois et
compétenc
es
Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind. Ind.
Biomasse Dir. Dir. Dir. Ind. Ind. Ind. Ind. Dir. Ind. Ind.
CCUS Dir. Dir. Dir. Dir. Ind Ind. Ind. Ind. Ind. Dir.
Tableau 2 : Caractère direct ou indirect des incidences sectorielles notables probables de la SNBC 3 (Code
couleur : Direct ; Indirect, Non pertinent - NP)
D. Evaluation du caractère temporaire ou permanent des incidences
notables probables de la SNBC 3
Les incidences de la SNBC sont plutôt permanentes sur l?enjeu premier de la SNBC, c?est à dire
la réduction des émissions de GES, ainsi que sur la plupart des enjeux sur lesquels elle a une
incidence importante. Pour le secteur UTCATF, l?incidence sur la réduction des émissions de
GES a été estimée temporaire compte tenu des projections pessimistes sur le puits de carbone
forestier après 2050.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
42
Les incidences sur l?eau, les ressources minérales et les déchets de la mise en oeuvre de la SNBC
3 par les secteurs des transports, des bâtiments sont considérées temporaires car
principalement liées à la phase de « déploiement » des technologies : électrification du parc,
mise en rebut des anciens véhicules, rénovation énergétique, conception des dispositifs de
chauffage décarbonés, déploiement des énergies renouvelables et des technologies de
captage et stockage du carbone. Concernant les risques technologiques, les incidences de la
mise en oeuvre de la SNBC 3 sont estimées temporaires pour plusieurs items (empreinte,
mobilisation des acteurs, recherche) considérant que les « risques technologiques » induits
directement ou indirectement par la mise en oeuvre de la SNBC 3, par exemple avec
l?implantation de nouvelles usines liées à la réindustrialisation, pourront être mieux
appréhendés et gérés dans les années à venir.
Enjeux
environnem
entaux28
1-
GES
2-
EAU
3-
SOLS
4-
RESSOURC
ES
5-
RESILIENC
E
6-
BIODIVERS
ITE
7-
RISQUES
TECH.
8-SANTE
9-
AIR
10-
DECHETS
Transports ? Temp. ? Temp. ? ? ? ? ? Temp.
Agriculture ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Industrie ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Bâtiments ? Temp. ? Temp. ? ? ? ? ? Temp.
Production
d?énergie
? ? ?
Temp.
? ? ? ? ? ?
Déchets ? ? ? ? NP ? ? ? ? ?
UTCATF Temp. ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Empreinte
carbone
? ? ? ? ? ?
Temp.
? ? ?
Numérique ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
Aménagement
du territoire
? ? ? ? ? ? ? ? ? Temp.
Financement
de la transition
? ? ? ? ? ?
NP
? ? ?
28 Les 10 enjeux examinés ici sont : 1) Réduire les émissions territoriales et les émissions importées de GES ;2) Préserver la
ressource en eau ;3) Préserver les sols et assurer une gestion rationnelle de l?espace ;4) Limiter l?épuisement des ressources
minérales et développer l?économie circulaire ; 5) Renforcer la résilience des territoires et limiter les risques naturels ; 6)
Préserver et restaurer la biodiversité et les services écosystémiques ; 7) Limiter les risques technologiques ; 8) Préserver et
améliorer le cadre de vie et la santé publique ; 9) Lutter contre la pollution de l?air extérieur et intérieur ; 10) Prévenir et
gérer les déchets ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
43
Mobilisation
des acteurs
? ? ? ? ? ? Temp. ? ? ?
Recherche ? ? ? ? ? ? Temp. ? ? ?
Emplois et
compétences
? ? ? ? ? ?
?
? ? ?
Biomasse ? ? ? ? ? ? ? ? ? ?
CCUS ? ? ? Temp. ? ? ? ? ? ?
Tableau 3 : Caractère temporaire ou permanent (?) des incidences sectorielles notables probables de la
SNBC 3
7 - Mesures ERC retenues compte tenu des incidences notables
probables identifiées
Des mesures techniques pour éviter, réduire et compenser la mise en oeuvre des orientations
de la SNBC, dites mesures « ERC », ont été identifiées suite à cette évaluation. Elles devront
être prises en compte, notamment au niveau des projets, pour s?assurer de la réduction de
l?impact sur l?environnement des projets découlant de la SNBC à un seuil incompressible.
Compte-tenu des incidences les plus notables identifiées, les mesures ERC à renforcer ou
à déployer proposées sont les suivantes
Transports
- Intégrer de nouveaux critères tels que l?éco-conception et la recyclabilité, par exemple
au dispositif existant de score environnemental, qui prend déjà en compte l?empreinte
carbone liée à la production et à l?acheminement des véhicules, afin d?élargir
l?évaluation pour l?attribution des aides à l?acquisition et l?application des dispositifs
fiscaux29 ;
- Inciter davantage à réduire le poids moyen des voitures particulières neuves ;
- Améliorer le recyclage des batteries électriques. Les textes règlementaires prévoient la
possibilité de prendre en compte la recyclabilité des déchets dans le calcul du score
environnemental ;
- Encourager le développement de moteurs plus efficaces et compatibles avec des
mélanges plus élevés de biocarburants et de carburants de synthèse ;
- Encourager l?électrification des bateaux fluviaux pour une moindre pollution et
perturbation des écosystèmes ;
- Privilégier l'implantation des infrastructures de transport (notamment ferroviaires) sur
des sites déjà artificialisés. Pour les projets nécessitant de nouvelles infrastructures,
compenser l'artificialisation par des actions de renaturation.
Agriculture /
29 Depuis le 1er février 2025, le score environnemental intervient également dans le calcul de la taxe annuelle incitative
relative à l'acquisition de véhicules légers à faibles émissions et pour l?évaluation de l?avantage en nature lié à la mise à
disposition d?un véhicule.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
44
Industrie
- Mettre en place des politiques publiques de recyclage des matériaux fortement
consommateurs d?eau (métallurgie, papier-carton) ;
- Veiller à l?application de la règlementation ICPE, qui encadre les risques technologiques,
du code minier (pour le stockage géologique de CO2 et de tout autre gaz) et de la
règlementation sur le transport de matières dangereuses (notamment pour le transport
de CO2 et d?hydrogène). Des mesures de réduction du risque sont imposés à chaque
fois que cela est nécessaire ;
- Utiliser des technologies de combustion avancées accompagnées de procédés de
filtrage et de traitement des émissions, pour réduire les émissions de particules et de
polluants et permettre leur capture avant libération. En particulier, la règlementation
nationale impose le recours à des systèmes performants de traitement des fumées
sortant des installations de production de chaleur ou d?électricité à partir de biomasse,
permettant l?atteinte de valeurs limites d?émissions, notamment par la mise en oeuvre
des meilleures techniques disponibles (MTD) applicables à ces installations classées,
celles-ci pouvant être durcies en fonction du contexte local.
Bâtiments
- Renforcer la lutte contre la fraude à la rénovation énergétique et contre le démarchage
abusif afin de préserver la qualité des rénovations et ainsi assurer des gains énergétiques
et GES optimaux ;
- Privilégier l'utilisation de matériaux recyclés ou issus de sources durables pour la
fabrication des PAC et des matériaux d'isolation ;
- Mettre en place des programmes de recyclage et de réemploi pour les pompes à
chaleur et les matériaux d'isolation en fin de vie (en lien avec la filière à responsabilité
élargie des producteurs (REP) produits et matériaux de construction du secteur du
bâtiment (PMCB)) ;
- Concevoir de manière intégrée les réseaux de chaleur urbain et le système de gestion
des eaux pluviales, pour que cette eau puisse servir au refroidissement des RCU et
réduire la dépendance aux sources d?eau traditionnelles ;
- Éviter toute fuite des fluides frigorigènes utilisés, car ils ont un potentiel de
réchauffement climatique très important. A cette fin, il est prévu que toutes les
installations de plus de 12 kW soient régulièrement inspectées30.
Production
d?énergie
- Mesures ERC identifiées dans l?EES de la PPE 3 ;
- Respecter les dispositions du guide BRGM-Ineris de 2023 sur la maîtrise des risques
sismiques dans les travaux de géothermie.
Déchets
- Appliquer le « Best available techniques Reference Document on Landfills », dit « BREF
LAN »), réglementation européenne, dont l?entrée en vigueur est prévue en 2033, qui
prescrira la mise en place des meilleures techniques disponibles pour le captage et le
traitement des pollutions atmosphériques des ISDND ;
- Veiller à l?application de l?arrêté du 15 février 2016 et notamment ses articles 33, qui
limite la superficie de la zone en cours d?exploitation afin de limiter l?entrée des eaux
pluviales dans le massif de déchets, et 11, qui impose la collecte des lixiviats et leur
traitement avant rejet ;
- Privilégier le stockage des biodéchets dans des bâtiments fermés avec traitement d?air
pour limiter les nuisances olfactives.
UTCATF
- Mettre en place et pérenniser des politiques publiques pour adapter la forêt française
aux nouvelles conditions climatiques et limiter les impacts négatifs associés : aide au
renouvellement forestier, plan national d?adaptation au changement climatique,
30 Légifrance. Décret n° 2010-349 du 31 mars 2010 relatif à l'inspection des systèmes de climatisation et des pompes à
chaleur réversibles : https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000022050074
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
45
stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les
incendies, etc. ;
- Renforcer la résilience et l?adaptabilité de la filière forêt-bois dans un contexte de
baisse de l?accroissement net forestier et de multiplication des crises, en développant
les usages matière du bois (et en particulier les usages à longue durée de vie), les
capacités de valorisation d?essences peu transformées (bois feuillus, bois de crise), en
augmentant la durée de vie des produits bois et le recyclage et le réemploi des produits
bois en fin de vie ;
- Promouvoir une gestion forestière durable attentive aux cycles de l?eau et du carbone.
Empreinte
carbone
- Appliquer à tout projet de réindustrialisation, la règlementation relative à l?évaluation
environnementale qui impose la réalisation d?une étude d?impact, incluant une étude
faune-flore, lorsque les incidences négatives notables du projet le justifient. Celle-ci
permet d?identifier les potentiels impacts négatifs et impose le déploiement d?une
séquence « ERC » (Eviter Réduire Compenser) de manière à limiter l?impact sur la
biodiversité, et par extension sur les services écosystémiques ;
- Appliquer à tout projet de réindustrialisation la règlementation ICPE, qui impose des
valeurs limites d?émissions de manière à garantir un bon niveau de qualité de l?air et de
l?eau. Une étude des risques sanitaires est notamment demandée dans le cadre des
demandes d?autorisations environnementales (ICPE) à obtenir pour avoir le droit
d?exploiter une nouvelle usine ;
- Optimiser les consommations d?eau des procédés de production relocalisés sur le
territoire ;
- Optimiser l?empreinte au sol des relocalisations industrielles sur le territoire dans le
cadre du ZAN en privilégiant notamment l?implantation des industries sur des sols déjà
artificialisés ou des friches ;
- Inciter les relocalisations industrielles à mettre en place des démarches d?économie
circulaire sur le territoire.
Numérique
- Veiller à l?application de la « Directive Efficacité Energétique » qui prévoit la mise à
disposition du public de l?indicateur d?efficacité eau (WUE) pour les centres de données
de plus de 500 kW et permettra d?accroitre la transparence des performances
environnementales des centres de données et de mieux piloter les impacts sur la
ressource en eau ;
- Adopter de nouvelles normes européennes d?écoconception applicables aux terminaux
numériques, notamment via les deux actes délégués pris en application du règlement
ESPR31 (2024/1781) qui porteront sur la réparabilité des EEE32 (adoption prévue en 2027)
et sur le contenu recyclé et la recyclabilité des EEE (adoption prévue en 2029) ;
- Réfléchir pour les futures stratégies portant sur le numérique à l?association
systématique d?objectifs de préservation écologique dans les chaînes de valeur et les
projets territoriaux.
Aménagement
du territoire
/
Financement
de la
transition
- Engager une réflexion sur l?inclusion dans les mécanismes de financement pertinents,
d?un critère explicite de préservation de la ressource en eau (efficience hydrique,
prévention des pollutions) et de restauration écologique, afin d?éviter des projets qui
réduisent les émissions mais aggravent les pressions sur les écosystèmes.
31 Règlement (UE) (2024/1781) du 28 juin 2024 (« Règlement sur l?écoconception des produits durables »). https://eur-
lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401781
32 Équipements Électriques et Électroniques
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401781
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=OJ:L_202401781
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
46
Mobilisation
des acteurs
/
Recherche
- Mettre en place une évaluation systématique et indépendante des risques
technologiques dès les phases amont de la recherche et du développement pour les
recherches à risque majeur et intégrer des critères de soutenabilité, de sécurité et de
précaution dans les appels à projets et les financements publics.
Emplois et
compétences
/
Biomasse
Commun :
- Transposer la directive RED III, dans ses volets relatifs aux critères de durabilité et
de réduction des émissions de GES pour la biomasse forestière et au principe
d?utilisation en cascade de la biomasse ;
- Publier les textes pour reconnaitre les certifications de gestion durable des haies et
de distribution de bois issu de haies gérées durablement ;
- Mettre en place une priorisation des usages de la biomasse (intégrée dans le corps
de la SNBC), qui favorise les usages matières à longue durée de vie, dont les produits
biosourcés, sur les usages énergétiques, et priorisera les usages énergétiques ne
disposant pas d'alternative de décarbonation techniquement et économiquement
viable ;
- Réviser la stratégie nationale de mobilisation de la biomasse (SNMB) suite aux
nouveaux objectifs de la SNBC 3 et veiller à la cohérence réciproque entre la SNMB
et les schémas régionaux biomasse (SRB), dont la révision se fera selon un calendrier
spécifique à chaque région ;
- Mettre en place des mesures pour inciter à la récolte raisonnée des résidus de
culture à des fins énergétiques ;
- Renforcer l?expertise des cellules biomasse sur les ressources agricoles et
forestières (et la disponibilité de données actuelles et projetées) ;
- Systématiser l?étude de la viabilité du plan d?approvisionnement de chaque projet
consommateur de biomasse pour des usages non-alimentaires demandeurs d?aides
publiques, notamment sa cohérence avec la capacité estimée des écosystèmes
agricoles et forestiers à fournir la biomasse correspondante, y compris en
projection.
Biocarburants :
- Privilégier le développement des biocarburants hors première génération pour ne
pas concurrencer les ressources alimentaires ;
- Utiliser des terres marginales et dégradées pour cultiver des cultures destinées aux
biocarburants, ou utiliser des cultures intermédiaires à vocation énergétique et
éviter la conversion de terres naturelles ou agricoles à surfaces d?intérêt
écologique.
Biogaz :
- Respecter les exigences minimales de sécurité à adopter lors de la conception, de
la construction et de l?exploitation d?une installation de méthanisation ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
47
- Réduire le temps de stockage des effluents d?élevage avant méthanisation afin
d?éviter les rejets de GES33 ;
- Installer des torchères afin de brûler les gaz relâchés en cas de surpression34 ;
- Effectuer des concertations associant l?ensemble des parties prenantes lors des
études préalables, communiquer régulièrement sur l?impact environnemental et
économique de la production d?énergie renouvelable à partir de déchets
organiques décarbonant le réseau de gaz naturel.
Biomasse solide :
- Mettre en oeuvre le PNACC
- Elaborer et mettre en oeuvre le second PNFB (Programme National Forêt Bois) pour
la biomasse forestière et la SNMB ;
- Mettre en oeuvre la Stratégie Nationale sur la Biodiversité (SNB) et les plans qui en
découlent (PASF, PNA vieilles forêts) ;
- Prioriser le remplacement des appareils domestique aux bois moins performants et
l?installation de nouveaux équipements aux logements sans autre alternative « bas
carbone » en tenant compte des enjeux locaux de qualité de l?air.
CCUS
- Veiller au respect de la règlementation en la matière ;
- Limiter au strict nécessaire le recours au DACCS ;
- Encourager la recherche et le développement visant à réduire les consommations en
eau et en énergie des procédés de captage du CO2 ;
- Prendre en compte l?impact sur les ressources minérales, et en particulier les matériaux
critiques, dans le développement des technologies de capture du CO2.
8 - Suivi des enjeux environnementaux de la SNBC 3
Compte tenu des impacts environnementaux potentiels identifiés de la SNBC 3, des
indicateurs spécifiques ont été définis afin de suivre, dans le temps, l?évolution des pressions
exercées sur les milieux et d?évaluer ainsi les effets de la SNBC sur l?environnement.
Un nombre restreint d?indicateurs représentatifs des évolutions a été préféré à un nombre trop
important, difficiles à réunir et tout aussi difficiles à interpréter et à suivre dans le temps. Bien
que n?étant pas exhaustifs, l?intérêt de ces indicateurs sera d?alerter sur les tendances
d?évolution, afin de pouvoir réagir en cas d?augmentation de la pression sur les milieux, et de
mener des investigations complémentaires si nécessaire.
Parmi ces indicateurs, afin de suivre de manière rapprochée l?évolution des incidences de
premier ordre de la SNBC 3 et la prise en compte des mesures ERC, certains ont été retenus
pour être intégrés directement dans la SNBC. Ils seront mis à jour et accessibles au grand public
à fréquence annuelle :
? Empreinte matières de la France ;
? Consommations d?eau douce par usage et prélèvement d?eau douce par usage ;
? Consommation d?espaces naturels, agricoles et forestiers ;
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
48
? Production d?énergie primaire à partir de biomasse solide ;
? Émissions totales de polluants atmosphériques (SO2, NOx, PM2,5, PM10, COVNM, NH3) ;
? Quantité de Déchets des Activités Economiques (DAE) par filière ;
? Inventaire des incidents / accidents technologiques.
D?autres indicateurs environnementaux sont prévus pour le suivi de l?EES de la SNBC. Ils sont
présentés en partie VIII.2. de l?EES.
Résumé de l?évaluation environnementale stratégique du projet de SNBC 3
49
INVALIDE)