Stratégie de façade maritime, document stratégique de façade Manche Est - mer du Nord. Annexe 5 : SYNTHÈSE DES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX FORTS ET MAJEURS DE LA FAÇADE

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France. Ministère chargé de la Mer et de la Pêche (2025 -...) ; Préfet de la région Normandie, préfet de la Seine-Maritime ; Préfet maritime de la Manche et de la mer du Nord
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Résumé
"Le document présente une hiérarchisation des enjeux écologiques de la façade Manche Est - mer du Nord afin d'orienter les politiques publiques vers le maintien ou le rétablissement du bon état écologique. Il décrit une méthode fondée sur la représentativité, la sensibilité et l'importance fonctionnelle des habitats, espèces et processus écosystémiques. Les analyses révèlent des enjeux forts sur l'ensemble des secteurs, notamment pour les habitats sédimentaires, les zones fonctionnelles halieutiques, les oiseaux marins, les mammifères et les structures hydrographiques. Ce travail sert de base aux documents stratégiques de façade et à la planification maritime."
Editeur
Ministère chargé de la Mer et de la Pêche (2025 -...)
Descripteur Urbamet
stratégie territoriale ; protection de l'environnement
Descripteur écoplanete
Thème
Maritime ; Environnement - Nature
Texte intégral
Stratégie de façade maritime Document stratégique de façade Manche Est - mer du Nord Version finale adoptée 2025 Annexe 5 | SYNTHÈSE DES ENJEUX ENVIRONNEMENTAUX FORTS ET MAJEURS DE LA FAÇADE mer.gouv.fr Ministère chargé de la Mer et de la Pêche PARTIE A : Carte de synthèse des enjeux environnementaux 2 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade PARTIE B : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade 4 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade La présente partie est extraite du travail réalisé en janvier 2024 les équipes de l?Office français de la biodiversité sous la coordination de M. Vincent TOISON, visant à identifier et hiérarchiser les enjeux écologiques des façades maritimes métropolitaines. L?étude complète (Vincent Toison. Identification et hiérarchisation des enjeux écologiques des façades maritimes métropolitaines. OFB. 2024, pp.72.) est accessible via le lien suivant : https://hal.science/hal-04454651 RÉSUMÉ Les enjeux écologiques sont des éléments des écosystèmes marins ou de leur fonctionnement dont on doit rétablir ou maintenir le « bon état écologique ». Sont considérés comme prioritaires, en l?état des connaissances actuelles, les enjeux revêtant une importance particulière dans une région donnée (notion de représentativité), les enjeux identifiés pour leur sensibilité ou pour leur importance fonctionnelle. Le travail de « hiérarchisation » des enjeux est une étape incontournable pour prioriser les mesures de gestion dans le cadre de la mise en oeuvre des politiques publiques dont l?objet est la protection de l?environnement : documents stratégiques de façade, plans de gestions d?aires marines protégées, évaluation d?incidence etc. Ce travail a été réalisé dans le cadre de l?élaboration des documents stratégiques de façade pour le 2nd cycle de la DCSMM avec l?aide de chercheurs, d?experts locaux et des services de l?État. Il a fait progresser de façon significative la définition des enjeux par façade en particulier pour certains enjeux peu abordés lors du 1er cycle de la DCSMM comme les conditions hydrographiques, les habitats pélagiques, les réseaux trophiques, les élasmobranches ou les habitats profonds. Il devra être amandé et complété pour le prochain cycle. Ce travail s?est révélé très structurant pour les étapes suivantes de l?élaboration des DSF (croisement avec les pressions, définition des objectifs environnementaux et des programmes de mesures). Ce travail a fait l?objet d?une mise à jour pour intégrer les données les plus récentes sur la répartition des poissons migrateurs en mer et des habitats biogéniques en Manche Atlantique. https://hal.science/hal-04454651 | 5Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Sommaire PARTIE 1 : Méthode ..................................................................... 7 I. Introduction et portée de la démarche .........................................................7 II. Méthodes générales et critères de hiérarchisation .....................................8 a. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale ................................................................ 8 b. Sensibilité ou vulnérabilité à large échelle ....................................................................................... 9 c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique ............................................................................ 9 d. Critère additionnel lié à la spécificité locale ................................................................................... 9 III. Méthodologie retenue pour ce travail .......................................................10 1. Choix retenus pour la hiérarchisation des enjeux....................................................10 a. Critères utilisés pour l?identification et la hiérarchisation des enjeux écologiques .................10 b. Limites de connaissance et incertitude du diagnostic ..................................................................10 2. Application de la méthode à chaque compartiment écologique ........................10 a. Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques ................................10 b. Habitats benthiques et structures géomorphologiques ............................................................... 11 c. Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines ...........................13 d. Enjeux transversaux pour les espèces mobiles ...............................................................................14 IV. Discussion ........................................................................................................ 14 1. Une étape à l?interface entre science et action publique ......................................14 2. Plus-value de la démarche ...........................................................................................15 3. Des enjeux forts partout ? ..........................................................................................15 4. Suites à donner .............................................................................................................15 V. Déclinaison à l?échelle locale ........................................................................16 1. Hiérarchisation des enjeux pour les espèces mobiles à l?échelle locale ..............16 a. Critère de sensibilité ou vulnérabilité à large échelle ....................................................................16 b. Critère de représentativité ................................................................................................................17 c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique ...........................................................................18 d. Critère additionnel ..............................................................................................................................18 e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les espèces mobiles ....................................................19 2. Hiérarchisation des enjeux pour les habitats à l?échelle locale ............................19 a. Critère de sensibilité ...........................................................................................................................19 b. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale ...............................................................19 c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique .......................................................................... 20 d. Critères additionnels liés à la spécificité locale ............................................................................ 20 e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les habitats .................................................................. 20 3. Adaptations locales ......................................................................................................21 6 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade PARTIE 2 : Synthèse des enjeux en Manche Est - mer du Nord . 22 > Zone 1 : Caps et détroit du Pas-de-Calais ................................................................. 25 > Zone 2 : Estuaires Picards et mer d?Opale ................................................................ 27 > Zone 3 : Côte d?Albâtre et ses ouverts ...................................................................... 29 > Zone 4 : Baie de Seine ...................................................................................................31 > Zone 5 : Large Baie de Seine ....................................................................................... 33 > Zone 6 : Nord Cotentin ................................................................................................ 34 > Zone 7 : Ouest Cotentin Baie du Mont Saint-Michel .............................................. 36 > Zone 8 : Mer Celtique et Manche Ouest ................................................................... 38 Annexe ......................................................................................... 40 | 7Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade PARTIE 1 : Méthode I. INTRODUCTION ET PORTÉE DE LA DÉMARCHE Une obligation de résultats sur l?ensemble des composantes de l?écosystème Les directives DCSMM et Natura 2000 (Oiseaux et habitats faune flore) imposent une obligation de résultat pour l?ensemble des composantes de l?écosystème : le « bon état écologique » (BEE, qui inclut l?état de conservation favorable de conservation des espèces et habitats Natura 20001). Le travail présenté ici ne vise pas à définir une liste « réduite » d?enjeux écologiques auxquels appliquer cette obligation : il vise à identifier les enjeux écologiques pour lesquels l?atteinte ou le maintien du BEE revêt en l?état des connaissances un caractère prioritaire. Définitions Les enjeux écologiques sont considérés comme des éléments des écosystèmes marins ou de leur fonctionnement dont on doit rétablir ou maintenir le bon état (d?après Collectif 20182). Parmi ces enjeux écologiques, sont considérés comme prioritaires, les éléments des écosystèmes marins ou de leur fonctionnement au sein de la façade ou d?un secteur pour lesquels l?atteinte ou le maintien du bon état est prioritaire, en l?état des connaissances actuelles, au regard de la représentativité de la façade pour cet enjeu, de sa sensibilité et de son importance fonctionnelle. Exemples : ? Un secteur particulier : front de marée très productif déterminant le fonctionnement de la façade. ? Un élément : le compartiment zooplanctonique du fleuve côtier de Manche-Est. ? Une espèce ou un groupe d?espèces de mammifères prioritaire au regard des autres mammifères. Une étape incontournable dans la mise en oeuvre des politiques publiques La définition d?enjeux écologiques est une étape incontournable dans la mise en oeuvre des politiques publiques dont l?objet est la protection de l?environnement : document stratégique de façade, plans de gestions d?AMP, dossiers d?évaluation d?incidence, planification spatiale d?une activité? Il s?agit d?une étape charnière visant à synthétiser et analyser l?information scientifique disponible sous la forme la plus pertinente possible, afin d?orienter l?action publique. L?identification des enjeux a conduit à préciser les sites ou activités sur lesquels portent les objectifs environnementaux (OE), et la hiérarchisation a justifié un niveau d?ambition élevé pour les enjeux prioritaires, assorties des mesures de gestion adaptées. Exemple de prise en compte des enjeux écologiques dans la mise en oeuvre des politiques : ? Certains OE portent de façon spécifique sur les secteurs à enjeu. ? La mise en oeuvre des protections fortes est priorisée pour les enjeux forts et majeurs. ? Le niveau d?enjeu intervient également dans le cadre des analyses de risques3 liés à la pêche, qui conditionnent la mise en oeuvre des mesures réglementaires dans les sites Natura 2000. ? Le niveau d?enjeu permet au gestionnaire de prioriser les mesures de gestion. 1 Décision (ue) 2017/848 de la Commission du 17 mai 2017 établissant des critères et des normes méthodologiques applicables au bon état écologique des eaux marines ainsi que des spécifications et des méthodes normalisées de surveillance et d?évaluation, et abrogeant la directive 2010/477/ue. 2 Collectif, Guide d?élaboration des plans de gestion des espaces naturels. Coll. Cahiers techniques n°88, AFB, 2018. http://ct88.espaces-naturels.fr/ 3 Analyses des risques d?atteinte aux objectifs de conservation des sites Natura 2000 par les activités de pêche maritime prévue par l?article l414-4-IIbis du code de l?environnement. Ces analyses entraînent une obligation de mesures réglementaires quand un risque est identifié. Le niveau de risque est rehaussé pour les enjeux forts (et abaissé pour les enjeux faible). http://ct88.espaces-naturels.fr/ 8 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Une approche stratégique qui intègre une vision préventive Cette approche ne se focalise pas uniquement sur les éléments aujourd?hui dégradés ou soumis à de fortes pressions anthropiques. Elle ambitionne ainsi de ne pas se limiter à des mesures de réduction de pressions présentes ou des mesures curatives de restauration de milieux dégradés, mais de définir également des objectifs environnementaux (et des mesures) ambitieux pour le maintien du bon état, là où cela est possible. Ce 2ème versant revêt un caractère tout aussi stratégique que le 1er, en particulier dans le cadre de la planification maritime. Exemple : Une zone de coraux profonds qui n?est soumise à aucune pression pourra être identifiée comme un enjeu écologique prioritaire du fait de sa sensibilité et de sa représentativité. Cet enjeu pourra dans les étapes suivantes justifier un objectif environnemental de maintien d?un niveau d?abrasion nul sur ce secteur. Un outil de mise en cohérence des politiques publiques Ce travail répond enfin à l?objectif de la Directive de contribuer « à la cohérence entre les différentes politiques, accords et mesures législatives qui ont une incidence sur le milieu marin, et vise[r] à assurer l?intégration des préoccupations environnementales dans ces domaines » (Article I.4 de la DCSMM). La définition des enjeux et leur inscription dans les DSF fournit ainsi un socle commun pour la prise en compte des écosystèmes marins dans les différentes politiques, qu?elles aient une vocation environnementale (stratégie nationale aires protégées, DCE), de planification de l?espace (DSF, document d?urbanisme) ou de développement économique (appel d?offre éolien, schéma aquacole). Exemple : Dans le cadre de l?élaboration des Documents Stratégiques de Façade (DSF), les enjeux écologiques ont facilité la prise en considération des questions environnementales dans l?élaboration des objectifs et actions socio-économiques et ainsi permis une bonne articulation avec les OE et actions associées. II. MÉTHODES GÉNÉRALES ET CRITÈRES DE HIÉRARCHISATION Différentes méthodes de hiérarchisation ont été analysées à partir d?une étude bibliographique. Le tableau D en annexe propose une synthèse des critères utilisés par les différentes méthodes. Il en ressort trois grandes familles de critères principaux (représentativité, sensibilité, fonctionnalité, présentés ci-dessous) et des critères additionnels notamment liés à des spécificités locales. Les enjeux écologiques de nature « fonctionnalité de l?écosystème » sont moins fréquemment abordés dans ces publications. Les critères devront par conséquent être adaptés pour ces finalités et la méthode pourra être revue pour le 3ème cycle. a. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale La représentativité renseigne la proportion de l?enjeu (espèce, habitat ou zone fonctionnelle) présente sur le secteur considéré par rapport à une échelle plus large. Ce critère est utilisé par toutes les méthodes analysées. Ce critère peut être exprimé en proportion de l?aire de répartition, de l?effectif d?une espèce, de la surface totale occupée par un habitat, ou de la biomasse totale. Exemple : Le golfe de Gascogne accueille 100% des effectifs d?esturgeon Européen. NB : quand cette part est de 100% on parle d?unicité ou d?endémisme. | 9Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade b. Sensibilité ou vulnérabilité à large échelle La sensibilité renseigne sur la propension intrinsèque de l?enjeu considéré à être détruit ou dégradé par une pression et sur sa capacité de récupération. Exemples : ? Sensibilité intrinsèque liée à sa biologie : faible résistance physique (= fragilité) ou croissance lente. ? Faible amplitude écologique qui confère une capacité d?adaptation moindre aux variations du milieu. ? Rareté qui limite sa capacité de recolonisation en cas de destruction (si tous les individus d?une espèce sont détruits, la capacité de recolonisation est nulle). Dans de nombreux cas, la sensibilité intrinsèque de l?enjeu n?est pas connue. Le choix peut alors se porter sur la vulnérabilité de l?enjeu à large échelle c?est-à-dire le risque de voir l?enjeu disparaître ou être dégradé. Ce choix repose sur l?hypothèse (pouvant être discutée) que le niveau de vulnérabilité actuel renseigne indirectement sur la sensibilité de l?enjeu aux pressions auxquelles il est (ou a été) exposé. Exemples : ? Probabilité d?extinction d?une espèce (renseigné via le statut UICN). ? Etat de conservation de l?enjeu à une large échelle (renseigné via l?évaluation européenne). ? Tendances historiques des biomasses d?une espèce exploitée. Point de vigilance : Le critère vulnérabilité ne doit pas être appréhendé au niveau local. Les enjeux écologiques sont définis et hiérarchisés indépendamment de leur état actuel au niveau local ou des pressions qui pèsent sur eux localement. Il ne s?agit pas de regarder si tel ou tel enjeu justifie une intervention immédiate, mais d?identifier avec les critères listés dans cette partie les éléments de l?écosystème devant être maintenus ou restaurés de façon prioritaire (cf. partie I.3.a). La prise en compte des pressions intervient ultérieurement, au moment de définir les objectifs environnementaux et les mesures. c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique L?importance fonctionnelle renseigne sur le caractère déterminant (ou non) de l?enjeu pour le fonctionnement global du secteur considéré ou des espèces présentes sur le secteur. Exemples : ? Secteur indispensable pour l?un des stades du cycle de vie d?une espèce. ? Zone de biodiversité spécifique ou fonctionnelle importante. ? Zone de production primaire importante. ? Habitat ou espèce déterminant le fonctionnement du site (critère OSPAR « espèce clef de voûte »). d. Critère additionnel lié à la spécificité locale La spécificité regroupe un ensemble de critères permettant de singulariser l?enjeu sur des considérations phénoty- piques, biogéographiques, génétiques ou phylogénétiques. Ce critère n?est pas utilisé systématiquement. Exemples : ? Habitat ou espèce présentant un faciès particulier que l?on ne retrouve pas ailleurs. ? Localisation particulière dans l?aire de répartition : limites d?aire, sites isolés. ? Population locale constituant une sous-population de l?espèce. ? Espèce étant le seul représentant d?une famille ou d?un genre. 10 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade III. MÉTHODOLOGIE RETENUE POUR CE TRAVAIL 1. Choix retenus pour la hiérarchisation des enjeux a. Critères utilisés pour l?identification et la hiérarchisation des enjeux écologiques Suite au tour d?horizon de différentes méthodes, nous avons fait les choix méthodologiques suivants en lien avec les experts thématiques. Ils rejoignent les recommandations formulées par Schmeller et al. dans leur revue méthodologique (2008) : ? Le résultat final, présenté par nécessité de synthèse sous forme de liste, tâche de donner le reflet le plus fidèle possible de la vision écosystémique de la façade maritime. ? La méthode doit être « applicable à tous les taxons, ou au moins à la plupart d?entre eux, adaptable à différentes échelles spatiales et fondée sur un petit nombre de critères pour lesquels on peut obtenir facilement des données fiables et qui ne nécessitent pas de méthode de pondération complexe » (Schmeller et al. 2008 in Savouré-Soubelet A. 2015). ? Dans la mesure du possible, nous avons utilisé un critère relatif à la représentativité pour l?enjeu écologique considéré sur la façade (ou un secteur) par rapport à une échelle plus large. NB : Pour certains enjeux, ce critère a dû être adapté (cf. partie 5) ? Le critère de sensibilité intrinsèque a été renseigné pour les habitats marins (pour lesquels il existait une évaluation réalisée par le MNHN) ; pour les autres enjeux pour lesquels la sensibilité n?était pas disponible, le critère de vulnérabilité a été retenu et utilisé à l?échelle biogéographique. ? Les critères de fonctionnalité ont été plus délicats à renseigner. Néanmoins la question du fonctionnement des écosystèmes étant essentielle pour orienter la gestion, il a semblé important de les intégrer. Aussi, en l?absence de données permettant de les renseigner de façon standardisée, ils ont été renseignés à dires d?expert. ? L?utilisation de critères additionnels portant sur la spécificité a été laissée à l?appréciation des experts thématiques. b. Limites de connaissance et incertitude du diagnostic Le niveau de connaissance s?est révélé très hétérogène suivant les compartiments. Le niveau de finesse de définition des enjeux écologiques a donc été adapté au niveau de connaissance disponible. De même l?exercice a porté pour tout ou partie sur l?avis des experts suivant les compartiments. Enfin, pour certains compartiments, les connaissances actuelles ne permettant pas de hiérarchiser les enjeux, les experts scientifiques ont seulement identifié ces derniers sans les hiérarchiser. 2. Application de la méthode à chaque compartiment écologique a. Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Enjeux considérés Trois grands types d?enjeux relatifs aux conditions hydrographiques, aux habitats pélagiques et aux réseaux trophiques ont été identifiés : les structures hydrographiques4 particulières, les zones d?interface terre-mer et panaches fluviaux, et les producteurs primaires, secondaires et les espèces fourrages (tableau 1). Les ateliers ont permis d?identifier les éléments représentatifs pour chaque secteur. 4 Le terme qui figure dans les DSF est hydrologique (qui se rapporte aux propriétés physico-chimiques de la masse d?eau) mais le terme adéquat est hydrographique qui se rapporte aux mouvements des masses d?eau. | 11Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Renseignement des critères Pour ces trois grands types d?enjeux, les trois critères n?ont pas pu être renseignés de façon standardisée (fort/ moyen/faible) mais de façon qualitative : ? critère de fonctionnalité : structures déterminantes pour le fonctionnement des écosystèmes ; ? critère de représentativité : secteurs particulièrement représentatifs, voire uniques, pour ces structures (ex : seule zone frontale permanente) ; ? La sensibilité n?a pas été renseignée mis à part pour certains enjeux à l?interface terre-mer où elle a été qualifiée de forte (vis-à-vis de l?enrichissement en nutriments) ; ? Les critères additionnels n?ont pas été renseignés. Tableau 1 : Enjeux relatifs aux conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques. Grands types d?enjeux Fonctionnalité Sensibilité aux principales pressions Structures hydrographiques particulières ? Brassage, remobilisation de nutriments, et productivité associée ? Secteurs d?alimentation de prédateurs ? Apports de nutriments ? Modification des conditions hydrographiques Zone d?interface terre- mer et panaches fluviaux ? Échanges biologiques (connectivité) ? Apport de nutriments et productivité associée ? Secteurs d?alimentation de prédateurs ? Apports de nutriments ? Modification des conditions hydrographiques Les producteurs primaires, secondaires, et les espèces fourrages ? Élément clef de la chaine alimentaire ? Extraction et introduction d?espèces ? Enrichissement et appauvrissement en nutriments Niveau de priorité Étant donné le caractère non standardisé des informations utilisées pour renseigner les critères, les enjeux relatifs aux conditions hydrographiques, aux habitats pélagiques et aux réseaux trophiques ont tous été qualifiés de forts (critère de fonctionnalité). Ils n?ont pas été hiérarchisés entre eux. b. Habitats benthiques et structures géomorphologiques Enjeux considérés Les habitats pris en compte dans l?analyse sont ceux décrits pour la définition du BEE (incluant les habitats Natura 2000 et les habitats concernés par les conventions de mers régionales), les habitats décrits dans les listes ZNIEFF disponibles (Nord Pas-de-Calais, Normandie, Bretagne, PACA, Languedoc Roussillon et Corse) et les habitats mentionnés lors des ateliers avec les experts, soit un total de 300 habitats. Pour faciliter l?analyse et la compréhension du milieu marin, ces habitats ont été regroupés sous la forme de 50 enjeux pour la façade Manche-Atlantique et 42 enjeux pour la façade Méditerranée (voir tableaux B et C en annexe)5. Ces enjeux ont été regroupés en 4 grands types : les habitats sédimentaires, les habitats rocheux, les habitats biogéniques et les habitats profonds. En outre, les ateliers ont mis en avant des structures géomorphologiques particulières telles que les dunes hydrauliques, les structures rocheuses isolées (ex : roches Douvres ou plateau de Rochebonne) et les plateaux sédimentaires bathyaux. Les dunes hydrauliques dont l?importance fonctionnelle a été soulignée lors des trois ateliers ont été individualisées, les autres structures ont été regroupées au sein d?un grand type d?enjeu générique « Structures géomorphologiques particulières ». 5 Le regroupement a été fait au niveau des habitats « physiques » ce qui correspond au niveau 2 de la typologie nationale Atlantique (Michez et al 2015) et niveau 3 de la typologie nationale Méditerranéenne (Michez et al 2014). Certaines biocénoses ont été individualisées quand elles présentaient des critères différents ou pour identifier les biocénoses OSPAR. 12 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Renseignement des critères La sensibilité a été renseignée via le travail du MNHN (sensibilité à l?abrasion profonde et au dépôt important de matériel), qui l?évalue suivant 5 classes. En Atlantique-Manche, plusieurs sources complémentaires ont été ajoutées : ? MARLIN : Sensible à l?abrasion profonde, à l?enrichissement en nutriments ou en matière organique, à la modification de la charge en particules (turbidité), au dépôt de sédiment et à la contamination ; ? OSPAR : Sensible non/oui/« very sensitive » ; ? Dires d?experts Natura 2000 au large ; ? ZNIEFF Normandie : Sensibilité oui/non. Par principe de précaution, nous avons retenu le niveau de sensibilité le plus fort (voir tableau B en annexe). Pour les étapes suivantes et notamment le croisement avec les pressions, il sera nécessaire de revenir aux évaluations de sensibilité par type de pression. Le critère de représentativité a été renseigné par secteur. Les 4 classes suivantes ont été appliquées6 : ? Représentativité majeure : plus d?un tiers des surfaces connues au niveau national ; ? Représentativité forte : plus de 15 % des surfaces connues ; ? Représentativité moyenne : plus de 5 % des surfaces connues ; ? Représentativité faible : moins de 5 % des surfaces connues. Ce critère de représentativité n?a pas pu être renseigné pour tous les habitats (cf. annexe). C?est le cas par exemple des ceintures de fucales en Atlantique ou des ceintures de cystoseires en Méditerranée). Ils constituent tout de même des enjeux écologiques. Le critère de fonctionnalité n?a pas pu être qualifié (majeur/fort/moyen/faible), néanmoins les informations qualitatives fournies par les chercheurs ont été renseignées. Dans la mesure du possible, le lien entre les différentes composantes de l?écosystème a été renseigné. NB : Pour les structures géomorphologiques particulières et les dunes hydrauliques, les trois critères n?ont pas pu être renseignés de façon standardisée. Les structures identifiées répondent à un critère de représentativité (ex : « principal secteur de dune hydraulique ») ou à un critère additionnel lié à l?isolement (ex : « Fonds rocheux basques isolés »). Niveau de priorité Le niveau de priorité a été défini à partir des deux critères qui ont pu être renseignés de façon standardisée : la représentativité de chaque secteur pour un habitat et la sensibilité intrinsèque de cet habitat. Le niveau de priorité est obtenu en croisant les critères de représentativité et de sensibilité suivant le tableau de croisement ci-dessous. 6 Dans le cadre de Natura 2000, les classes de surface relatives utilisées sont 15 % pour les sites « remarquables » et 2 % pour les sites « très importants ». Nous avons rehaussé le seuil des 2 %, pour ne pas multiplier les enjeux sur chaque secteur. Nous avons introduit le seuil des 33 % pour discriminer d?avantage les secteurs avec une représentativité très supérieure à 15 %. | 13Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Tableau 2 : Détermination du niveau d?enjeu. Sensibilité Très forte / forte Moyenne Faible N.d. Représentativité Majeure Majeure Majeure Majeure Majeure Forte Forte Forte Forte Forte Moyenne Forte Moyenne Moyenne Moyenne Faible Moyenne Faible Faible Faible N.d. N.d. N.d. N.d. N.d. NB : Pour les structures géomorphologiques, les enjeux répondant à au moins un critère de représentativité ou de particularité ont tous été qualifiés de fort. Ils n?ont pas été hiérarchisés entre eux. c. Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Enjeux considérés Cette partie s?attache aux zones fonctionnelles identifiées de façon « précise » et de dimension relativement restreinte. Les zones fonctionnelles des espèces plus mobiles (ou celles ne pouvant être identifiées de façon précise) sont traitées dans la partie suivante en tant qu?enjeux à l?échelle des façades. Par ailleurs les zones déjà traitées dans la partie « Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques » ne sont pas répétées ici. Elles constituent néanmoins des zones fonctionnelles pour les espèces (cf. tableau 1 page 11). Douze catégories de zones fonctionnelles ont été recensées (cf. tableau A en annexe) : ? Zones fonctionnelles halieutiques ? Frayères ; ? Zones fonctionnelles halieutiques ? Nourriceries ; ? Populations localisées d?invertébrés benthiques protégés et/ou exploités ; ? Secteurs de concentration et de migration des poissons amphihalins ; ? Populations localement importantes d?élasmobranches ; ? Nidification de limicoles et zones d?alimentation ; ? Site d?hivernage pour les oiseaux d?eau ; ? Zones de densité maximale et zones fonctionnelles identifiées pour les oiseaux marins en période internuptiale ; ? Domaine vital des groupes sédentaires de grands dauphins ; ? Colonies de phoques et zones d?alimentation ; ? Zones de densité maximale de marsouin commun. Renseignement des critères Le critère de sensibilité a été renseigné via la vulnérabilité des espèces (et pour les élasmobranches et les phoques via leur sensibilité intrinsèque). Le critère de représentativité a été renseigné pour chaque secteur de la même façon que pour les habitats (majeur /fort/moyen/faible). Le critère de fonctionnalité n?a pas été renseigné de façon standardisée. Pour les zones fonctionnelles halieutiques, le critère de représentativité n?a pas pu être renseigné de façon standardisée pour ce 2nd cycle. Les ateliers ont permis de déterminer pour chaque secteur les espèces concernées. Les critères de sensibilité et de fonctionnalité ont été renseignés comme « fort » de façon générique par les experts scientifiques « poissons céphalopodes ». 14 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Niveau de priorité retenu Le niveau de hiérarchisation a été déterminé de la même façon que pour les habitats en croisant les critères de représentativité et de sensibilité (voir tableau 2 page 13). Pour les zones fonctionnelles halieutiques, au vu des informations parcellaires, les enjeux liés aux nourriceries et aux frayères sont qualifiés comme « forts ? » de façon générique. Les travaux menés par Agrocampus Ouest sur l?identification des zones fonctionnelles halieutiques ont précisé les espèces concernées pour chaque secteur. La poursuite de ces travaux et l?identification des zones fonctionnelles d?importance (ZFHi) précisera les niveaux d?enjeux sur chaque secteur. d. Enjeux transversaux pour les espèces mobiles Enjeux considérés Pour onze groupes d?espèces il n?est pas apparu pertinent et/ou possible de définir des zones fonctionnelles par espèce en plus des zones identifiées via les conditions hydrographiques, et les habitats pélagiques telles que les zones de talus ou de front. Ces groupes sont (cf. tableau A en annexe) : ? Grands cétacés plongeurs (Cachalot, Baleine à bec, globicéphale et dauphin de Risso) ; ? Baleines à fanons (petit rorqual et rorqual commun) ; ? Petits cétacés à dents (dauphin commun, dauphin bleu et blanc, marsouin commun, grand dauphin) ; ? Tortues marines ; ? Populations de poissons exploitées soumises à la PCP ; ? Espèces prioritaires d?élasmobranches (Stéphan E. et Al.) ; ? Espèces prioritaires d?oiseaux marins (OFB et GISOM) ; ? Thonidés, espadons ; ? Espèces fourrages ; ? Autres espèces de poissons menacées : Mérou (menacée) Corb (vulnérable) ; ? Espèces de fond. Pour ces espèces, des enjeux transversaux à l?échelle de la façade ont été définis. Ces enjeux ont parfois été localisés à une échelle plus précise (ex : bathymétrie 50-100 m pour les delphinidés en hiver) mais le découpage en secteur n?est pas apparu pertinent. Renseignement des critères Pour ces espèces, seul le critère de sensibilité a été renseigné via la vulnérabilité des espèces (et pour les élasmobranches et les phoques via leur sensibilité intrinsèque). Niveau de priorité retenu Étant donné l?absence d?information pour les critères « responsabilité » et « fonctionnalité », les enjeux transversaux définis pour les espèces mobiles n?ont pas été hiérarchisés. IV. DISCUSSION 1. Une étape à l?interface entre science et action publique Cette étape à l?interface entre science et action publique peut être délicate à appréhender pour les scientifiques (qui peuvent considérer légitimement que ce n?est pas leur rôle) mais aussi par les services de l?état (qui inversement peuvent estimer que c?est aux scientifiques d?y répondre). Néanmoins la mobilisation des scientifiques et l?appropriation des résultats par les services de l?Etat sont indispensables pour la réussite de cet exercice. Il est donc crucial de partager ensemble les concepts et les définitions des termes utilisés et de définir collectivement la méthode de travail. | 15Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade 2. Plus-value de la démarche Le travail réalisé avec l?aide des chercheurs, des experts locaux et des services de l?État a permis de faire progresser de façon significative la définition des enjeux par façade. Ainsi, 21 grands types d?enjeux ont pu être identifiés et répartis au sein des secteurs géographiques et 11 grands types d?enjeux transversaux à l?échelle des façades. Ce travail a permis de formaliser et de hiérarchiser les enjeux pour des thématiques qui avaient peu été abordées lors du 1er cycle pour la définition des objectifs environnementaux. Cela concerne en particulier les conditions hydrographiques, les habitats pélagiques et les réseaux trophiques, mais également certains compartiments biologiques moins bien connus comme les élasmobranches ou les habitats profonds. Les enjeux définis se sont révélés très structurants pour les étapes suivantes de l?élaboration des volets environnementaux des DSF (croisement avec les pressions, définition des objectifs environnementaux et des actions...) ainsi que pour l?intégration des thématiques environnementales dans les volets économiques et sociaux des stratégies de façade maritime. De plus, ces travaux ont permis d?appuyer et d?orienter la séquence d?évaluation environnementale stratégique (EES) ayant pour objectif d?évaluer les incidences environnementales des DSF. Enfin, la mobilisation des experts des différentes thématiques a fait émerger de nombreux échanges « interdisciplinaires » lors des ateliers qui ont été l?occasion de forger une vision partagée et fonctionnelle des enjeux. Ceci est particulièrement vrai pour les enjeux relatifs aux conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques. De ce point de vue, si les résultats sont présentés par nécessité sous forme de tableaux, la lecture qui en est faite doit intégrer une approche fonctionnelle à l?échelle de chaque secteur. Par exemple sur le secteur 1 (Caps et détroit du Pas-de-Calais), la présence de populations d?oiseaux et de mammifères en forte densité est dépendante de l?abondance des espèces « fourrages » elle-même étroitement liée aux conditions hydrographiques et aux systèmes de dunes hydrauliques. 3. Des enjeux forts partout ? Une des demandes initiales qui a conduit à réaliser ce travail était d?identifier des zones à forts enjeux écologiques et des zones de moindres enjeux. Dans une logique de planification spatiale, les objectifs de conservation auraient ainsi pu être plus forts dans les zones à forts enjeux et moins contraignants dans les secteurs à faibles enjeux. Ces zones de « moindres contraintes » auraient légitimement pu se voir définir des objectifs plus ambitieux de développement des activités maritimes. Les résultats de ce travail ont cependant montré que tous les secteurs présentent des enjeux écologiques forts ou majeurs. Ce constat plaide pour une approche écosystémique intégrative des enjeux écologiques et socio-économiques. Les travaux de planification doivent ainsi être orientés sur la compatibilité des objectifs environnementaux et des objectifs socio-économiques entre eux plutôt qu?à une spatialisation uniquement « exclusive » de zones à vocation de « conservation » et de zones à vocation de « développement des activités ». 4. Suites à donner Ce travail constitue un premier exercice de ce type dans le cadre de la DCSMM effectué lors du 2ème cycle de la DCSMM ; il a été partiellement mis à jour en 2023 sur la base des contributions majeures acquises en termes de connaissances sur les poissons amphihalins et des habitats biogéniques en Manche Atlantique. Comme l?ensemble des éléments du DSF, il pourra utilement être mis à jour et enrichi pour les prochains cycles. Les diagnostics sur certains compartiments restent à ce stade perfectibles et mériteraient d?être précisés. Cela est valable en particulier pour les réseaux trophiques, les habitats pélagiques ou les zones fonctionnelles halieutiques. Réalisé à l?échelle des façades maritimes, ce travail permet une bonne mise en perspective d?enjeux locaux à une échelle plus large. Néanmoins, pour certaines thématiques, il apparait d?ores et déjà nécessaire de disposer de 16 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade données géographiques plus précises pour localiser les enjeux identifiés au sein de chaque secteur. Cela concerne en particulier les habitats benthiques et certaines zones fonctionnelles pour les espèces comme les colonies d?oiseaux ou les reposoirs de phoques. V. DÉCLINAISON À L?ÉCHELLE LOCALE La gestion des AMP, la réalisation de dossiers d?évaluation d?incidence reposent également sur l?identification des enjeux écologiques locaux. Ceux-ci peuvent différer des enjeux à l?échelle de la façade. Du fait des emboîtements des échelles et de la répartition non homogène des enjeux au sein des secteurs, le niveau d?enjeu obtenu au niveau local sera parfois supérieur et parfois inférieur à celui obtenu au niveau du secteur7. Dans ce contexte, la question de la déclinaison de ces travaux à l?échelle locale se pose. Si le travail à l?échelle locale ne fait pas ressortir un enjeu fort identifié au sein d?un secteur à enjeu, le gestionnaire pourra en accord avec l?organe de gouvernance évaluer s?il est opportun ou non de considérer cet enjeu à l?échelle du site. Cela pourrait concerner les sites de petite taille ou les espèces présentant une répartition « homogène » dans le secteur. Inversement, le travail à l?échelle locale pourra faire ressortir un nouvel enjeu fort non identifié à l?échelle du secteur. La hiérarchisation des enjeux à l?échelle des sites doit être réalisée suivant les mêmes principes que ceux utilisés dans le cadre de l?approche par façade. Cette partie propose les grandes lignes pour décliner les enjeux à l?échelle locale pour les habitats et les espèces mobiles. Elle s?inscrit dans le travail lancé au niveau national par le ministère de l?environnement et est en grande partie issue de la note AFB/UMS PatriNat « Hiérarchisation des enjeux de conservation du réseau Natura 2000 en France - Principes et méthodes proposés pour prioriser les actions - Version 2 - avril 2019 » transmise par le ministère aux services. Ces méthodes ont été développées par l?OFB et le GISOM pour les espèces mobiles et par l?OFB pour les habitats benthiques. 1. Hiérarchisation des enjeux pour les espèces mobiles à l?échelle locale Cette partie est issue directement de la note : Identification et priorisation de la responsabilité de chaque sous- région marine pour les enjeux ornithologiques OFB - GISOM. a. Critère de sensibilité ou vulnérabilité à large échelle Il n?existe pas actuellement de synthèse sur la sensibilité intrinsèque des espèces mobiles marines. Nous avons donc retenu de renseigner la vulnérabilité des espèces, traduisant leur état de conservation, à des échelles plus larges que l?échelle locale. Néanmoins pour le prochain cycle, un travail sur la sensibilité intrinsèque des espèces pourra être réalisé à partir des traits d?histoire de vie (âge de 1er reproduction et survie adulte). Trois sources de données sont prises en compte suivant leur disponibilité : ? Les listes rouges Monde, Europe et France ; ? Évaluation de l?état de conservation au titre de la DHFF8 ; ? La tendance à court (12 ans) ou long terme (24 ans) renseignée par la France auprès de la commission européenne dans le cadre du rapportage pour la directive oiseau9. 7 Un enjeu concentré dans un site et peu présent ailleurs dans le secteur aura un niveau d?enjeu supérieur à l?échelle du site. Inversement un enjeu uniformément réparti dans tout le secteur (ou absent du site considéré) aura un niveau d?enjeu inférieur à l?échelle du site. 8 L?évaluation de l?état de conservation étant très peu discriminants (19 espèces sur 26 évaluées en Méditerranée ou en Atlantique présentent un mauvais état de conservation au niveau français ou européen), la note moyenne a été attribuée à l?évaluation « mauvais état ». 9 Nous avons fait correspondre les fourchettes de tendance aux critères UICN. | 17Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Deux méthodes ont été testées : 1) La moyenne des critères disponibles et 2) La valeur maximale des critères disponibles (Approche précautionneuse). Les résultats obtenus étant globalement peu différents, nous avons retenu la deuxième méthode qui répond bien au manque d?information pour certaines espèces. Le tableau 3 ci-dessous précise le remplissage de ce critère. Indice de vulnérabilitésp = MAX (liste rouge Monde ; liste rouge Europe ; liste rouge France ; Etat de conservation ; Tendance France court terme ; Tendance France long terme) Tableau 3 : Points affectés à l?indice de vulnérabilité. UICN France, Europe (biogéographique) ou monde10 Etat de conservation (France et Europe) Tendance court (12 ans) ou long terme (24 ans) CR - -80 % > T 10 pts EN - -50 % > T > -80 % 7.5 pts VU Mauvais (U2) -30 % > T > -50 % 5 pts NT Inadéquat (U1) -10 % > T > -30 % 2.5 pts LC, ND, NA Favorable (FV) Stable / Fluctuant augmentation 1 pt Nous rappelons ici le point de vigilance qui figure à la page 9. Point de vigilance : Le critère vulnérabilité ne doit pas être appréhendé au niveau local. Les enjeux écologiques sont définis et hiérarchisés indépendamment de leur état actuel au niveau local ou des pressions qui pèsent sur eux localement. Il ne s?agit pas de regarder si tel ou tel enjeu justifie une intervention immédiate mais d?identifier avec les critères listés dans cette partie les éléments de l?écosystème devant être maintenus ou restaurés de façon prioritaire (cf. partie I.3.a). La prise en compte des pressions intervient ultérieurement au moment de définir les objectifs environnementaux et les mesures. b. Critère de représentativité En plus des seuils proposés dans la note AFB/UMS-PatriNat 2019 (2 et 15 %), nous proposons d?ajouter deux seuils pour les espèces marines : ? seuil à 1% de la population nationale pour distinguer les sites importants (Niveau C) et les sites non significatifs (Niveau D). Il s?agit d?une proposition de reprendre le seuil de la convention RAMSAR couramment utilisé par les ornithologues. ? seuil à 33% de la population pour identifier des sites majeurs. Il s?agit du seuil utilisé à l?échelle des secteurs à enjeux dans le cadre de ce travail. Le tableau 4 sur la page suivante précise le remplissage de ce critère. En outre, quand cela est possible, la représentativité des effectifs français par rapport à l?échelle biogéographique sera utilisée. 10 Pour les listes au niveau national, il existe trois évaluations suivant les périodes du cycle de vie (nidification, hivernage et passage). On utilise donc l?évaluation correspondant à la période considérée. 18 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Indice de représentativitéAMP = Moyenne (RFrance/Abiogéo ; RAMP/France) Tableau 4 : Points affectés aux indices de représentativité. Représentativité de l?AMP en France Points affectés > 33 % 10 pts 15 à 33 % 7.5 pts 2 à 15 % 5 pts 1 à 2 % 2.5 pts < 1 % 1 pt Représentativité de la France / aire biogéographique Points affectés 45 - 100 % 10 pts 40 - 45 % 9 pts 35 - 40 % 8 pts 30 - 35 % 7 pts 25 - 30 % 6 pts 20 - 25 % 5 pts 15 - 20 % 4 pts 10 - 15 % 3 pts 5 - 10 % 2 pts 0 - 5 % 1 pt En l?absence de données précises sur les effectifs, le renseignement de ce critère pourra se faire à dires d?experts. c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique En l?état des connaissances il n?est pas possible de renseigner ce critère pour les espèces mobiles. Les experts scientifiques recommandent de ne pas prioriser un stade du cycle de vie par rapport à un autre (tous étant indispensables au maintien de l?espèce). Une plus grande vulnérabilité à certains stades ou une plus forte concentration sur des secteurs restreints doivent être intégrées dans les deux critères précédents et non dans celui-ci. d. Critère additionnel Le critère isolement (génétique ou géographique) du site peut être renseigné à dires d?experts au niveau local. Le guide méthodologique de saisie des Formulaires Standards de Données des sites Natura 2000 précise comment renseigner ce critère11. 11 ROUVEYROL P., HERARD K. & LEPAREUR F., 2015 - Guide méthodologique de Saisie des Formulaires Standards de Données des sites Natura 2000 - MNHN-SPN. 90. http://spn.mnhn.fr/spn_rapports/archivage_rapports/2015/SPN%202015%20-%2058%20-%20Guide_ methodologique_de_remplissage_des_FSD.pdf http://spn.mnhn.fr/spn_rapports/archivage_rapports/2015/SPN%202015%20-%2058%20-%20Guide_methodologique_de_remplissage_des_FSD.pdf http://spn.mnhn.fr/spn_rapports/archivage_rapports/2015/SPN%202015%20-%2058%20-%20Guide_methodologique_de_remplissage_des_FSD.pdf | 19Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les espèces mobiles Indice de responsabilitéAMP = Moyenne (Vulnérabilitésp ; ReprésentativitéAMP) + 1 si site isolé Où : Vulnérabilité = Maximum (liste rouge Monde ; France ; Europe ; Etat de conservation France ; Europe ; tendance court et long terme) ReprésentativitéAMP = Moyenne (RFrance/Abiogéo ; RAMP/France) Suite aux retours d?expériences des différents documents d?objectifs ayant mis en oeuvre cette méthode, la grille de lecture suivante a été établie : ? 4 (inclus) et plus : Enjeu fort ; ? 2 (inclus) à 4 points : Enjeu moyen ; ? 0 à 2 points : Enjeu faible. 2. Hiérarchisation des enjeux pour les habitats à l?échelle locale Cette partie est issue des travaux menés par l?OFB en lien avec l?élaboration de la Méthodologie d?évaluation des risques de porter atteinte aux objectifs de conservation des sites. Elle est déjà mise en oeuvre sur de nombreux sites. a. Critère de sensibilité La sensibilité est renseignée par la note maximale de sensibilité aux pressions pour lesquelles il existe une évaluation et en excluant les pressions les plus fortes qui ne sont pas discriminantes12). A ce stade, elle est renseignée uniquement pour les pressions physiques via le travail du MNHN. Néanmoins, des sources complémentaires peuvent être mobilisées au cas par cas (cf. tableau B en annexe). b. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale De la même façon que pour les espèces, en plus des seuils proposés dans la note AFB/UMS-PatriNat 2019 (2 et 15 %), nous proposons d?ajouter deux seuils pour les habitats marins : ? proposition de seuil à 1 % de la surface nationale13 pour distinguer les sites importants (Niveau C) et les sites non significatifs (Niveau D). Il s?agit d?une proposition de reprendre le seuil de la convention RAMSAR. ? proposition de seuil à 33 % de la surface nationale pour identifier des sites majeurs. Il s?agit du seuil utilisé à l?échelle des secteurs à enjeux dans le cadre de ce travail. Le tableau 5 précise le remplissage de ce critère. Les recommandations pour remplir le formulaire standard de données suggèrent d?utiliser la surface connue en France comme référence. Dans la mesure où nous n?avons pas de connaissance sur la répartition des habitats élémentaires en dehors du réseau, nous utiliserons la surface estimée au sein du réseau comme cela avait été fait par le MNHN en 2010. Ce choix n?est pas anodin mais plusieurs arguments peuvent l?appuyer : ? Le réseau de sites a été évalué comme cohérent et représentatif pour les habitats côtiers. ? Il conduit à surestimer la représentativité d?un site pour un habitat d?autant plus que cet habitat est peu représenté dans le réseau. Cela conduit à attribuer légèrement plus d?attention aux habitats moins bien couverts, ce qui est pertinent. 12 Nous avons retiré les pressions pour lesquelles la sensibilité avait été évaluée comme forte pour tous les habitats (perte d?un habitat, changement d?habitat) et pour plus de la moitié des habitats (extraction de substrat et dépôt important de sédiment). 13 Les habitats marins étant distincts sur les façades méditerranéenne et Manche-atlantique, dans la pratique la surface nationale correspond à la surface occupée sur la façade maritime. 20 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Les surfaces de chaque habitat à l?échelle biogéographique étant souvent inconnues, la représentativité des surfaces françaises à cette échelle (utilisée pour les espèces) ne sera pas utilisée pour les habitats. c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique L?importance fonctionnelle renseigne sur le caractère déterminant (ou non) de l?habitat à une plus large échelle, pour le fonctionnement global de la sous-région (une zone de production primaire importante par exemple) ou pour le cycle biologique d?une espèce à enjeu fort pour le site. Ce critère sera renseigné de façon qualitative à dire d?expert. d. Critères additionnels liés à la spécificité locale Le critère d?isolement peut être utilisé comme pour les espèces et sera renseigné à dires d?expert. La spécificité regroupe un ensemble de critères permettant de singulariser l?enjeu sur des considérations phénotypiques, biogéographiques, génétiques ou phylogénétiques. Ce critère est optionnel et pourra être renseigné par rapport à la présence de facteurs particuliers ou à l?isolement de l?habitat considéré par rapport à son aire de répartition européenne. e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les habitats Indice de responsabilitéAMP = Somme (Sensibilité + ReprésentativitéAMP) + 1 si critère de fonctionnalité + 1 si critère de particularité Tableau 5 : Points affectés aux indices pour les habitats marins. Niveau de sensibilité Représentativité du site Fonctionnalités du site (avis d?experts) Particularité du site (additionnel) - - + 33 - 100 %14 4 + Habitat structurant le fonction- nement de la SRM et/ ou Habitat d?espèce à enjeu fort15 pour le site +1 + Faciès particulier unique au niveau SRM et/ ou Habitat isolé16 ou en limite d?aire bio- géogra- phique +1 Fort 3 15 - 33 % 3 Moyen 2 2 - 15 % 2 Faible 1 1 - 2 % 1 - - 0 - 1 % 0 14 NB : cette classe a été ajoutée pour reprendre les classes utilisées dans ce travail (et pour les espèces mobiles), dans la pratique elle n?est quasiment jamais atteinte. 15 Ceci implique que la hiérarchisation des enjeux aura déjà été réalisée. 16 Critère utilisé pour les espèces FICHE B-1 annexée à la circulaire DNP/SDEN Du 20 novembre 2007 sur les Compléments à apporter au réseau Natura 2000 en mer ? Instructions pour la désignation des sites - Recommandations générales pour remplir le « formulaire standard de données ». | 21Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Suite aux retours d?expériences des différents documents d?objectifs ayant mis en oeuvre cette méthode, la grille de lecture suivante a été établie : ? 1 à 2 points : Enjeu faible ; ? 3 à 4 points : Enjeu moyen ; ? 5 points et plus : Enjeu fort. 3. Adaptations locales Les critères présentés ci-dessus visent à permettre une approche nationale cohérente. Le niveau d?enjeu qui en résulte constitue un niveau d?enjeu minimal en deçà duquel l?opérateur du site ne pourra aller. Néanmoins, dans certains cas (exemple ci-dessous), l?opérateur pourra proposer de rehausser les niveaux d?enjeux issus de la grille d?interprétation des scores. Ces évolutions devront être validées par le comité de pilotage du site et apparaître explicitement dans le document de gestion. Voici deux exemples de motivations qui pourraient conduire à adapter ces critères : ? Pour des sites de petite taille, le critère de représentativité du site sera limitant. La grille de renseignement de ce critère pourra évoluer dans ce cadre ; ? De même pour des sites Natura 2000 concernés par d?autres statuts (réserve nationale, parc naturel marin ou coeur de parc national) ou bénéficiant d?une forte implication des acteurs locaux, la grille d?interprétation des résultats pourra être modifiée pour traduire une ambition locale plus forte. 22 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade PARTIE 2 : Synthèse des enjeux en Manche Est - mer du Nord Les enjeux écologiques identifiés sont présentés sous forme de texte et de tableaux de synthèse par secteurs à enjeux. Les résultats sous forme brute sont disponibles auprès de l?OFB (https://hal.science/hal-04454651v1). Lien avec les documents stratégiques de façade approuvés Les enjeux identifiés au 2ème cycle ont été approuvés dans le cadre des documents stratégiques de façade (DSF) en septembre et octobre 2019. Ils constituent à ce titre des documents opposables. Important : Pour les façades MEMM, NAMO et SA, les documents figurant dans les DSF approuvés reprennent in extenso les résultats de ce travail. Pour la façade Méditerranée, le DSF a défini les enjeux à une échelle spatiale plus précise que celle utilisée pour ce travail. Nous rapportons ici les résultats issus de notre travail technique. Le lecteur pourra se rapporter à l?annexe 6 du DSF pour retrouver le détail par zone de la carte des vocations. Actualisation des données : Ce travail a fait l?objet d?une mise à jour pour intégrer les données récentes sur la répartition des poissons migrateurs et des habitats biogéniques en Manche Atlantique. SYNTHÈSE DES ENJEUX EN MANCHE EST - MER DU NORD Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Plusieurs habitats pélagiques particuliers ont été identifiés en Manche Est - mer du Nord. Il s?agit des deux zones de détroit (Pas-de-Calais et Cotentin), de la zone du fleuve côtier (entre Antifer et Boulogne-sur-Mer) et des zones d?interface terre mer que sont les grandes baies macro-tidales (estuaires picards, baie de Seine, baie des Veys et baie du Mont Saint-Michel). Les communautés planctoniques de ces habitats, les espèces supra-benthiques (crevettes) et les petits poissons bentho-démersaux (lançons, gobies, callionymes) occupent une place importante dans les réseaux trophiques de ces écosystèmes. Habitats benthiques et structures géomorphologiques La façade est particulièrement représentative des habitats sédimentaires qui occupent plus de 95 % de ses fonds. Les zones plus calmes (baies et estuaires) sont caractérisées par des sédiments fins plus ou moins envasés tandis que les zones à forts courants (le détroit du Pas-de-Calais, le centre de la Manche et les côtes de Seine maritime) sont caractérisées par des sédiments plus grossiers allant des sables moyens jusqu?aux cailloutis et roches. Ces sédiments forment des dunes sous-marines mobiles majeures par leur ampleur au niveau du Pas-de-Calais, et en Manche Ouest ainsi que des dunes de plus petites dimensions dans le golfe normand breton. La baie de Seine est le site le plus représentatif au niveau français pour les sédiments hétérogènes envasés. Le golfe normand breton est quant à lui le site le plus important au niveau national pour les sédiments plus grossiers et graviers, les herbiers de zostère marine, les estrans sableux, les prés salés. C?était également dans le passé une zone majeure pour les bancs de maërl. Enfin, on peut noter la présence au centre de la Manche Ouest d?une fosse de 170 m de profondeur qui constitue une structure sédimentaire (ou géomorphologique) particulière. Les récifs couvrent des étendues plus limitées au niveau du Cotentin, de la Seine-Maritime et du Cap Blanc-Nez. En zones intertidale et subtidale les ceintures d?algues brunes sont des habitats fonctionnels pour nombre d?espèces halieutiques. Il convient de noter les enjeux particuliers que sont les récifs d?hermelles de la baie du Mont Saint- https://hal.science/hal-04454651v1 | 23Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Michel (parmi les plus importants d?Europe), deux structures rocheuses (ou géomorphologiques) particulières de par leur isolement (les Ridens de Boulogne et les roches Douvres) ainsi que les formations algales sur substrat crayeux de Seine-Maritime (habitat OSPAR). Zones fonctionnelles pour les espèces marines La Manche est de loin le premier site de concentration de l?avifaune marine en particulier en hiver (en Manche Est et en baie de Seine) mais également en été (en baie de Seine et dans le golfe normand breton, site majeur pour le puffin des Baléares et la Macreuse noire en mue). C?est également le cas pour le marsouin commun et les phoques veau marin et gris (avec les colonies des baies de Somme, des Veys et du Mont Saint-Michel et le reposoir du phare de Walde). Sur l?estran, 4 sites d?hivernage présentent des effectifs d?oiseaux importants au niveau international (la baie du Mont Saint-Michel, le littoral picard, la baie des Veys, et la côte ouest du Cotentin). Les secteurs de falaises (Cap Blanc-Nez, pays de Caux et Bessin) font de la Manche Est - mer du Nord le 1er secteur pour la nidification de la Mouette tridactyle, du Fulmar boréal et du Goéland argenté. Les côtes basses sont d?avantage utilisées par les limicoles (Grand Gravelot, Gravelot à collier interrompu et Huîtrier pie). Le groupe de grand Dauphin du golfe normand breton est parmi les plus importants d?Europe. Pour les espèces halieutiques, les sédiments fins côtiers, les baies et estuaires et les prés salés sont des secteurs majeurs pour les nourriceries (notamment bar, limande, merlan, plie, sole, hareng et sprat) tandis que les sédiments grossiers du large sont davantage des zones de frayères (limande, plie, sole, merlan, morue?). Ces secteurs sont également importants pour les raies bouclée, douce et brunette. Plus à la côte, certaines espèces vont frayer dans les baies ou au niveau du fleuve côtier (seiche, hareng, griset). Les baies constituent des couloirs de migration pour les poissons amphihalins (anguille, aloses, lamproies, saumon et truite de mer), et les secteurs côtiers des zones de croissance. En outre, plusieurs espèces d?élasmobranches, présentant des statuts de conservation très défavorables au niveau mondial, étaient historiquement bien présentes en Manche Est - mer du Nord (raie blanche, ange de mer et pocheteaux par exemple). Enfin, la façade constitue un axe de migration majeur au niveau européen pour nombre d?espèces de poissons, d?oiseaux et de mammifères marins. 24 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade CARTE DES ZONES DE MANCHE EST - MER DU NORD 1 : Caps et détroit du Pas-de-Calais 2 : Estuaires Picards et mer d?Opale 3 : Côte d?Albâtre et ses ouverts 4 : Baie de Seine 5 : Large Baie de Seine 6 : Nord Cotentin 7 : Ouest Cotentin Baie du Mont Saint-Michel 8 : Mer Celtique et Manche Ouest Contributeurs :AH, XH, MR, SP, GdR, OA, VT. Précaution d?usage : Par souci de lisibilité, les enjeux moyens et faibles de chaque secteur n?ont pas tous été renseignés dans les tableaux. « * » : Signifie que le critère de responsabilité du secteur pour l?enjeu est jugé très probable à dire d?expert. « ** » : Signifie que l?enjeu est considéré comme fort mais que les enjeux n?ont pas été hiérarchisés entre eux au sein des catégories : zones fonctionnelles halieutiques, les structures hydrographiques et géomorphologiques. | 25Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade > Zone 1 : Caps et détroit du Pas-de-Calais Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Structures hydrographiques particulières Fort** : tourbillons et front de Calais Les producteurs primaires, secondaires, et les espèces fourrages Fort** : espèces fourrage : lançons ; callionymes Communautés planctoniques perturbées par les blooms de Phaeocystis globosa Habitats benthiques et structures géomorphologiques Dunes hydrauliques du plateau et du haut de talus Fort** : principale zone de dunes hydrauliques Habitats biogéniques Fort* : banc de moules intertidal Moyen : laminaire Habitats rocheux nd : cailloutis graviers et roches circalittoraux Habitats sédimentaires Fort : sables moyens subtidaux Moyen : sédiments hétérogènes subtidaux Le détroit du Pas-de-Calais représente un véritable goulet d?étranglement reliant la mer du Nord à la Manche. Cette unité écologique connait des conditions hydrographiques particulières, caractérisées par des faibles profondeurs et des courants tourbillonnants (front de Calais). Les bancs de sables sont très représentés dans le secteur, notamment sous la forme de dunes hydrauliques façonnées par les houles et courants, qui présentent une aire de répartition à l?échelle européenne jugée réduite et un enjeu de conservation fort. Les sables mal triés situés sur la frange littorale sont caractérisés par de fortes densités d?invertébrés notamment des mollusques et de bivalves (banc de moules sur la zone intertidale). Depuis le littoral, les fonds meubles cèdent la place aux cailloutis, graviers et roches circalittorales au sud du secteur. Siège d?une forte production zooplanctonique (parfois perturbé par des blooms de Phaeocystis), ce milieu productif offre des ressources alimentaires abondantes et diversifiées à l?épifaune et également aux espèces fourrages, comme les gobies, les crustacés, le lançon (présent sur les sables dunaires). Aire d?alimentation importante pour les prédateurs supérieurs, le détroit constitue également une zone de concentration de morue, une zone de nourricerie pour le merlan, la plie et la sole et une zone de frayère pour le hareng. 26 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Zones fonctionnelles halieutiques - Frayères Fort** : hareng, morue et rouget Zones fonctionnelles halieutiques - Nourriceries Fort** : merlan, plie, sole, limande, limande sole, turbot, tacaud, chinchard commun et rouget Secteurs de concentration et de migration des poissons amphihalins Fort : alose feinte ; truite de mer Moyen : lamproies, grande alose Faible : saumon Populations localement importantes d?élasmobranche Fort* : raies bouclée, douce et brunette Nidification de limicoles et zones d?alimentation Moyen : grand gravelot Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation Majeur : mouette tridactyle Fort : sterne pierregarin Moyen : fulmar boréal, sterne caugek, sterne naine Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Zones densité maximale et zones fonctionnelles - oiseaux marins en période internuptiale Fort : densité toutes espèces Colonies de phoques et zones d?alimentation Majeur : phoque gris Moyen* : phoque veau-marin Zones de densité maximale de marsouin commun Fort : marsouin commun Enjeux transversaux Autre cétacé Fonction de migration (goulets d?étranglement) Le marsouin commun s?y concentre en hiver en raison notamment de l?abondance des espèces proies et les bancs de sable offrent des reposoirs particulièrement appréciés par les phoques gris (principale colonie française). Situé sur la principale route migratoire des oiseaux marins, ce secteur représente une zone d?hivernage d?intérêt national, voire international pour les oiseaux marins notamment les alcidés, goélands et mouettes. De manière générale, c?est un lieu de passage incontournable pour les migrations des espèces. On y dénombre également une part importante de mouette tridactyle (principale colonie française), de sternes pierregarin et naine et de fulmar boréal en reproduction. C?est un secteur bien fréquenté par les poissons amphihalins, et notamment par la truite de mer et l?alose feinte. | 27Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade > Zone 2 : Estuaires Picards et mer d?Opale Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Structures hydrographiques particulières Fort** : zone frontale « semi-permanente » du fleuve côtier et fortes biomasses planctoniques associées Zones d?interface terre-mer et panaches fluviaux Fort** : estuaires picards : zone macro-tidale occasionnant un intense brassage Les producteurs primaires, secondaires, et les espèces fourrages Fort* : espèces fourrages : callionymes, lançons, gobies, crevettes Communautés planctoniques perturbées par les blooms de Phaeocystis globosa Habitats benthiques et structures géomorphologiques Dunes hydrauliques du plateau et du haut de talus Fort** : principale zone de dunes hydrauliques Structures géomorphologique particulières Fort** : ridens de Boulogne Habitats biogéniques Fort* : banc de moules intertidal, végétations pionnières à salicornes Moyen : prés salés atlantiques Habitats sédimentaires Fort : sables fins subtidaux, vasière intertidale, sables moyens subtidaux Moyen : sédiments hétérogènes subtidaux, sédiments intertidaux Faible : sédiments grossiers subtidaux Dans cette mer peu profonde de la Manche orientale, ventée et animée par des courants moyens à forts, la dérive des eaux, depuis l?estuaire de la Seine, crée l?existence d?un « fleuve marin côtier » qui génère une zone frontale semi permanente à l?origine de fortes biomasses planctoniques. Au large, les fonds marins se composent de longs bancs de sables et graviers, et de hauts-fonds rocheux qui dominent les fonds sableux du nord et du centre de la Manche. Les Ridens de Boulogne, seul haut-fond rocheux de toute la Manche, constituent un massif isolé. Ce plateau d?environ 8 kilomètres carrés, gît, en moyenne, à une quinzaine de mètres de la surface. Il offre ainsi des habitats variés aux organismes marins : platiers rocheux, sables fins et plus grossiers constitués de coquilles brisées de mollusques, de squelettes d?oursins et autres invertébrés, auxquels se mêlent des algues rouges calcaires constituant le maërl... Plus de 250 espèces ont été dénombrées. Certaines présentent une grande valeur patrimoniale, en raison de leur rareté locale (coraux mous, algues rouges), ou de leur intérêt économique (refuges pour crabes, homards, bars, cabillauds?). Le littoral, soumis à une forte amplitude marée (en moyenne 9 à 10 mètres en baie de Somme, 8 mètres à Boulogne- sur-Mer) est caractérisé par une succession d?estuaires et de falaises ; au sud l?estuaire de la Bresle et les falaises blanches annonçant le pays de Caux et au nord, les falaises grises et blanches du Boulonnais, les estuaires de la Liane, du Wimereux, et de la Slack. Au centre, les estuaires de la plaine maritime picarde (baie de Somme, baie d?Authie et baie de Canche) avec leurs longues plages de sable et ouverts estuariens. Ces milieux abritent un ensemble d?habitats, de végétations et d?espèces en interaction spécifique, unique et à haute valeur patrimoniale. Les « vases et sables nus » de la slikke sont le siège d?une production de micro-algues fixées intense. Le schorre, quant à lui, est caractérisé par des tapis d?obione, dont la forte productivité participe à la chaîne alimentaire des juvéniles de bar. Les estuaires, milieux humides et salés à l?interface terre / mer sont étroitement associés au fonctionnement de l?ensemble des écosystèmes du nord de la Manche et des chaînes alimentaires associées. Très productifs, les habitats estuariens à marée haute sont des nourriceries et des frayères pour les poissons (Gobies, Sprat, Flet, Bar, Plie, Hareng, Turbot et Mulets et certaines espèces d?élasmobranches) et la Crevette grise. Les vastes zones d?estran croisent plusieurs fonctionnalités essentielles pour l?écosystème (apport de nourriture, zone de repos et de reproduction pour de nombreuses espèces). 28 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade A marée basse, les estrans sont fréquentés par de nombreux oiseaux comme l?huîtrier pie (qui se nourrit principalement de bivalves), le courlis cendré ou le tadorne de Belon et autres anatidés. Ce sont aussi des zones de refuge et d?alimentation de nombreuses espèces d?oiseaux, tels que les limicoles comme le grand gravelot ou encore des reposoirs pour les phoques gris et les phoques veau marins. A l?ouvert des estuaires et aux abords du détroit du Pas-de-Calais, succèdent les bancs de sables mobiles, ou dunes hydrauliques sous-marines. En termes de densité des populations et de fréquence des passages ce sont aussi des zones extrêmement importantes pour les oiseaux marins migrateurs qui viennent en transit mais aussi pour l?hivernage ou la nidification, et pour les poissons amphihalins qui fréquentent les baies et zones côtières en migration ou croissance. Il n?est pas rare d?apercevoir le marsouin ou le globicéphale et d?autres mammifères marins migrateurs, migrant vers des eaux plus septentrionales, à l?instar des fous de Bassan, sternes et plongeons arctiques. Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Zones fonctionnelles halieutiques - Frayères Fort** : hareng, sole, plie, limande, merlan, morue, rouget et seiche Zones fonctionnelles halieutiques - Nourriceries Fort** : bar, merlan, plie, sole, hareng, raie bouclée, limande, limande sole, turbot, morue, sprat, seiche, tacaud, chinchard commun, maquereau, crevette et rouget Populations localisées d?invertébrés benthiques exploités Fort* : coque, crevette grise Secteurs de concentration et de migration des poissons amphihalins Fort : saumon, truite de mer, éperlan Moyen : aloses, lamproies, anguille Populations localement importantes d?élasmobranche Fort* : raies bouclée, douce et brunette Nidification de limicoles et zones d?alimentation Fort : grand gravelot Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation Fort : mouette tridactyle Site d?hivernage pour les oiseaux d?eau Fort : canard pilet, canard souchet, tadorne de belon, huîtrier pie Zones de densité maximale et zones fonctionnelles - oiseaux marins en période internuptiale Majeur : densité toutes espèces Fort : hivernage de plongeon en mer Colonies de phoques et zones d?alimentation Majeur : phoque veau-marin Fort : phoque gris Zones de densité maximale de marsouin commun Fort : marsouin commun | 29Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade > Zone 3 : Côte d?Albâtre et ses ouverts Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Structures hydrographiques particulières Fort** : zone frontale « semi-permanente » du fleuve côtier et fortes biomasses planctoniques associées Zones d?interface terre-mer et panaches fluviaux Fort** : panache de la Seine Les producteurs primaires, secondaires, et les espèces fourrages Fort : secteur d?alimentation pour les prédateurs supérieurs Habitats benthiques et structures géomorphologiques Habitats biogéniques Fort* : banc de moules intertidal Moyen : laminaire Nd : hermelles (S. spinulosa) Habitats rocheux Fort : communautés calcaires du littoral Moyen : récifs médiolittoraux Habitats sédimentaires Faible : sédiments grossiers subtidaux Située au nord de l?estuaire de la Seine, l?unité écologique du littoral seino-marin est caractérisée par des habitats pélagiques présentant un gradient de salinité, allant de la côte vers le large, issu des apports en eau douce du fleuve côtier de la Seine remontant le long de la côte. Les caractéristiques hydrodynamiques et physico-chimiques mettent en évidence une zone frontale semi permanente, particulièrement riche en production phytoplanctonique et zooplanctonique. A la côte, il faut souligner la présence de ceintures algales de fucales, de laminaires et d?algues rouges, fixées sur un platier récifal ainsi que l?habitat particulier « Communautés calcaires du littoral » caractérisé par l?habitat de roche exposée en milieu marin sur du substrat crayeux. Très sensible au risque d?abrasion, il est en déclin au niveau européen et présent en France presque exclusivement sur la côte normande, formant un paysage remarquable. Quelques récifs de Sabellaria spinulosa sont observés depuis quelques années sur ce littoral. 30 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Zones fonctionnelles halieutiques ? Frayères & Nourriceries Fort** : hareng, chinchard commun, dorade grise Secteurs de concentration et de migration des poissons amphihalins Fort : truite de mer Moyen : aloses, lamproies, saumon* Populations localement importantes d?élasmobranches Fort : raies bouclée, douce et brunette Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation Fort : fulmar boréal, goéland argenté Moyen : mouette tridactyle Site d?hivernage pour les oiseaux d?eau Moyen : hivernage de grèbes huppé en mer Zones densité maximale et zones fonctionnelles oiseaux marins en période internuptiale Majeur : densité toutes espèces Moyen : hivernage de plongeons en mer Colonies de phoques et zones d?alimentation Moyen : phoque veau-marin Faible : phoque gris Zones de densité maximale de marsouin commun Fort : marsouin commun en hiver Les falaises du littoral seino-marin abritent également d?importantes colonies d?oiseaux marins : plus de 15 % des effectifs nationaux de goéland argenté et de fulmar boréal et plus de 10 % des effectifs nationaux de mouette tridactyle en période de reproduction. La responsabilité du secteur est donc très importante pour les oiseaux marins nicheurs, et présente de fortes densités pour de nombreuses espèces (alcidés, plongeons, grèbes, mouettes) du fait des zones d?alimentation disponibles. Ce secteur représente également la principale zone de frayère de hareng et de dorade grise connue en manche dont profitent certaines espèces caractéristiques de la mégafaune marine comme le marsouin commun (notamment en hiver). L?Arques présente une population importante de truite de mer. | 31Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade > Zone 4 : Baie de Seine Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Zones d?interface terre-mer et panaches fluviaux Fort** : baie de Seine et baie des Veys. panache de la Seine et fortes populations zooplanctoniques associées Les producteurs primaires, secondaires, et les espèces fourrages Fort* : espèces fourrage : callionymes, lançons, gobies Communautés planctoniques perturbées par des efflorescences toxiques épisodiques Habitats benthiques et structures géomorphologiques Habitats biogéniques Fort* : bancs de moules subtidaux Moyen : herbiers de zostères naines, laminaire et prés salés atlantiques Habitats sédimentaires Majeur : sédiments hétérogènes subtidaux Fort : vasière intertidale Moyen : sables fins subtidaux, sables moyens subtidaux, sédiments grossiers subtidaux Largement ouverte au nord sur la Manche centrale, la baie de Seine est une zone d?accumulation sédimentaire protégée des vents dominants d?ouest par le Cotentin et caractérisée par des courants faibles et des fonds n?excédant pas 40 m. Différents petits fleuves (Touques, Dives, Orne, Vire et Douve pour les principaux) se déversent dans la baie. Le principal, la Seine, est une source majeure de sels nutritifs (azote et phosphore), à l?origine de très fortes populations zooplanctoniques (copépodes, mysidacés ?) et générant une production primaire intense sur les fonds inférieurs à 30 m de la baie de Seine. De fortes biomasses phytoplanctoniques observées de mai à août, parfois sous des formes d?efflorescences toxiques, sont à la base d?une chaine alimentaire pélagique riche, bénéficiant aux poissons pélagiques (sprat, hareng, maquereau), oiseaux piscivores et mammifères marins. Faiblement diversifiées en raison de la dessalure, les vasières estuariennes de l?estuaire de Seine (13 % de la surface nationale du 1130-1) et de la baie des Veys sont un lieu majeur de productivité benthique et supportent à pleine mer de fortes fonctionnalités de nourriceries pour la sole, la plie, le bar et la crevette grise, et d?alimentation et de repos pour de nombreuses espèces d?oiseaux limicoles et le phoque veau marin (2ème colonie française). Jusqu?en 2017, les plus importants gisements mouliers subtidaux français se situaient dans la partie occidentale de la baie et étaient exploités par une pêcherie locale ; la baie de Seine est également un secteur de ponte primordial pour la seiche et la dorade grise. Enfin les herbiers de zostère naine à l?Est du Cotentin sont les seuls herbiers français de Manche orientale, et quelques zones de laminaires subsistent à l?ouest de la baie de Seine. 32 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Zones fonctionnelles halieutiques - Frayères Fort** : seiche et dorade grise Zones fonctionnelles halieutiques - Nourriceries Fort** : bar, merlan, plie, sole, sprat, griset, raie bouclée, limande, seiche, tacaud, maquereau, hareng Populations localisées d?invertébrés benthiques exploités Fort* : coquille st jacques, crevette grise et bouquet Secteurs de concentration et de migration des poissons amphihalins Majeur : grande alose, truite de mer Fort : alose feinte, lamproies, anguille, éperlan, saumon Nidification de limicoles et zones d?alimentation Moyen : gravelot à collier interrompu Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation Fort : fulmar boréal, grand cormoran, mouette tridactyle Moyen : cormoran huppé, goéland argenté, goéland marin Nd : site d?alimentation des colonies anglo-normandes Site d?hivernage pour les oiseaux d?eau Fort : canard pilet, canard souchet, bernache nonnette et macreuse brune Moyen : macreuse noire Zones de densité maximale et zones fonctionnelles - oiseaux marins en période internuptiale Majeur : densité toutes espèces Domaine vital des groupes sédentaires de grands dauphins Fort : grand dauphin (groupe sédentaire) Colonies de phoques et zones d?alimentation Fort : phoque veau-marin Nd : phoque gris Zones de densité maximale de marsouin commun Moyen : marsouin commun en été Les estuaires représentent des zones d?interface terre/mer et permettent la migration des poissons migrateurs amphihalins ; la Vire et la Seine présentent notamment un enjeu important vis-à-vis de la grande alose (remontée en avril/mai ; dévalaison de septembre à novembre), et la Seine vis-à-vis des lamproies marine (montaison de février à mai) et de rivière ; la Touques est une rivière à truite de mer d?importance nationale. La baie de Seine est une zone de croissance importante pour les poissons amphihalins. Les chenaux secondaires traversant les prés salés bien représentés dans les baies et estuaires, sont également des nourriceries privilégiées pour le bar, le mulet porc et le hareng notamment. A l?embouchure des estuaires et en domaine côtier, les petits fonds envasés (63 % de la surface nationale en baie de Seine orientale pour les sables mal triés) constituent des hauts lieux de production benthique, véritables nourriceries côtières pour les poissons plats, le bar et le merlan et zones de pêche pour la crevette grise. Vers le large, leur succèdent les sables moyens abritant les populations d?espèces fourrage (lançon, gobies) ou sables grossiers qui abritent un gisement important de coquille St Jacques. Cette productivité confère à la baie de Seine des fonctionnalités vis-à-vis des prédateurs supérieurs, oiseaux et mammifères marins ; elle abrite un nombre croissant de marsouin commun au printemps et un groupe sédentaire de grand dauphin. Elle constitue une zone à enjeu majeur pour de nombreux oiseaux marins et une zone d?hivernage très importante pour les grèbes, plongeons et certains anatidés (macreuses, fuligule milouinan, eider, souchet et pilet ; importance internationale pour ces deux espèces). Les baies et les plages permettent l?hivernage de très nombreux limicoles côtiers. Des colonies de | 33Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade mouettes tridactyles, de fulmars boréaux et de cormorans (15 % des populations françaises) sont présentes sur les falaises du Bessin occidentale et les îles St-Marcouf. Ces dernières abritent également l?une des plus grandes colonies françaises de goélands, tandis que la côte Est du Cotentin devient une zone majeure pour la reproduction du gravelot à collier interrompu. > Zone 5 : Large Baie de Seine Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Les producteurs primaires, secondaires, et les espèces fourrages nd : espèces fourrages : gobies Habitats benthiques et structures géomorphologiques Habitats sédimentaires Fort : sédiments grossiers subtidaux L?axe central de la Manche est le lieu privilégié du transfert des eaux atlantiques vers la mer du Nord. Les fonds marins au large sont formés majoritairement de sédiments grossiers, lieux de frayères majeures pour de nombreuses espèces (sole, plie, gadidés, élasmobranches). Des poissons fourrages tels que les gobies y sont fréquemment observés, et la présence de sédiments durs favorise une communauté démersale typique du centre de la Manche. Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Zones fonctionnelles halieutiques - Frayères Fort** : sole, plie, chinchard, limande, sprat, grondin rouge, sardine, tacaud, rouget et gadidés Zones fonctionnelles halieutiques - Nourriceries Fort** : rouget barbet, grondin rouge, chinchard commun Secteurs de concentration et de migration des poissons amphihalins Fort : alose feinte Moyen : grande alose Populations localement importantes d?élasmobranches Fort* : raies bouclée, douce et brunette ; pastenague Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation nd : sites d?alimentation des colonies anglo-normandes Zones de densité maximale et zones fonctionnelles - oiseaux marins en période internuptiale Fort : densité toutes espèces Zones de densité maximale de marsouin commun Fort : marsouin commun en hiver Le secteur concentre en hiver et au printemps de nombreux petits cétacés, notamment le marsouin commun, et des oiseaux marins (fous de Bassan et alcidés au large). La pointe du Cotentin forme un goulet d?étranglement pour les mammifères marins en migration, et un cap franchi par les nombreux oiseaux qui suivent les côtes ou viennent des îles britanniques. Cette zone de passage entre la Manche Est et la Manche Ouest est également régulièrement fréquentée par des grands dauphins qui pourraient provenir des groupes sédentaires du golfe normand-breton, ainsi que par les aloses. 34 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade > Zone 6 : Nord Cotentin Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Structures hydrographiques particulières Fort** : zone de transition entre manche ouest et est (connectivité) Courants tidaux maximums. Tourbillon de Barfleur Habitats benthiques et structures géomorphologiques Habitats biogéniques Fort : laminaire Moyen : herbier zostères marines nd : hermelles S. Spinulosa Habitats rocheux Fort : récifs infralittoraux Le secteur de la Manche orientale est caractérisé par la présence des plus forts courants de marée de toute la Manche. Ces courants tidaux sont violents, notamment entre la pointe de Barfleur et le Cap Lévi et, surtout, de la pointe de Jardeheu au nez de Jobourg, dans le Raz Blanchard et dans son voisinage, où ils atteignent 10 noeuds en flot et 7 noeuds en jusant (SHOM). Ce brassage très fort et les tourbillons engendrés favorisent l?activité microbienne, la mise à disposition de nutriments et une forte oxygénation des eaux. Cela permet une intense régénération du phytoplancton, y compris au large, où cette biomasse est relativement importante pendant la période productive, et répartie généralement de manière assez homogène de la surface jusqu?au fond, malgré une production en chlorophylle-a relativement faible. Près de la côte, les sédiments grossiers alternent avec des fonds rocheux sur lesquels, à faibles profondeurs, se développent des laminaires qui forment des milieux très riches et des zones de frayères et de nourriceries pour de nombreux poissons (vieille, lieu, congre) et des habitats préférentiels pour espèces comme les crustacés, le bar ou l?ormeau par exemple. A l?échelle de la Manche-Est, les laminaires du nord Cotentin sont les seules à présenter un état de conservation « très bon ». Des récifs d?hermelles subtidaux sont signalés. | 35Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade La pointe du Cotentin forme un goulet d?étranglement pour les mammifères marins en migration ou en chasse, un cap franchi par les nombreux oiseaux qui suivent les côtes ou viennent des îles britanniques et une halte importante pour certaines espèces (mouette mélanocéphale, plongeons, grèbes). Sur les estrans de la partie Nord Cotentin les deux espèces de gravelot constituent un enjeu fort. Cette zone de passage entre la Manche Est et la Manche Ouest est également régulièrement fréquentée par des grands dauphins qui pourraient provenir des groupes sédentaires du golfe normand-breton. L?alose feinte est bien présente sur ce secteur. Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Zones fonctionnelles halieutiques - Nourriceries Fort** : tourteau Populations localisées d?invertébrés benthiques exploités Fort* : homard européen, ormeau Secteurs de concentration et de migration des poissons amphihalins Fort : alose feinte Nidification de limicoles et zones d?alimentation Fort : grand gravelot Moyen : gravelot à collier interrompu Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation Moyen : goéland argenté nd : sites d?alimentation des colonies anglo-normandes Site d?hivernage pour les oiseaux d?eau Moyen : densité toutes espèces Zones de densité maximale et zones fonctionnelles - oiseaux marins en période internuptiale Majeur : grand dauphin (groupe sédentaire) Domaine vital des groupes sédentaires de grands dauphins Moyen : phoque veau-marin Faible : phoque gris Colonies de phoques et zones d?alimentation Fort : marsouin commun Zones de densité maximale de marsouin commun Fonction de migration (goulets d?étranglement) 36 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade > Zone 7 : Ouest Cotentin Baie du Mont Saint-Michel Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Zones d?interface terre-mer et panaches fluviaux Fort** : zone macro-tidale occasionnant un intense brassage et des structures tourbillonnaires autour des îles et des archipels Les producteurs primaires, secondaires, et les espèces fourrages Fort** : espèces fourrages : lançons Habitats benthiques et structures géomorphologiques Dunes hydrauliques du plateau et du haut de talus Fort** : dunes hydrauliques de sables coquillers Habitats biogéniques Majeur : hermelles S. Alveolata Fort : bancs de maërl*, banquette à lanice, herbier zostère marine, huîtres plates*, prés salés atlantiques, végétation pionnières à salicornes Moyen : herbier zostère naine, laminaire Habitats rocheux Moyen : récifs médiolittoraux Habitats sédimentaires Majeur : sédiments grossiers subtidaux, sédiments intertidaux Fort : sédiments hétérogènes subtidaux Situées dans une échancrure de faible profondeur au relief accidenté et confinées entre le Cotentin et les baies de Bretagne Nord, les eaux du golfe normand breton sont constamment brassées par des courants puissants. Rythmés par un régime de marée exceptionnel, les courants deviennent gyres tourbillonnaires autour des îles, archipels, et hauts-fonds rocheux et s?accélèrent à proximité des caps. Ils structurent ainsi une mosaïque de paysages littoraux et sous-marins alternant larges baies sableuses et côtes à falaises, dunes hydrauliques et récifs subtidaux et intertidaux. Les espèces vivant sur les fonds marins s?organisent selon la taille des sédiments et leur capacité à s?adapter à la mobilité des fonds. Les sédiments hétérogènes subtidaux dominent. Ils occupent les deux tiers de la superficie de la zone essentiellement au large et sont favorables aux coquillages bivalves (huîtres, praires, amande de mer, pétoncles, coquilles Saint Jacques) et gastéropodes (bulot) mais aussi à certains élasmobranches comme la raie brunette très représentée sur ce secteur. Les fonds rocheux et zones de récifs fournissent des habitats favorables aux crustacés (homard, araignée). | 37Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Zones fonctionnelles halieutiques - Frayères Fort** : sole, seiche araignée, barbue, calmar et dorade grise Zones fonctionnelles halieutiques - Nourriceries Fort** : bar, plie, sole, lieu jaune, lingue franche, crevette grise, raie bouclée, turbot, araignée de mer, merlan, homard, seiche, tacaud, dorade grise Populations localisées d?invertébrés benthiques exploités Fort* : homard européen, bulot, praires & amande de mer Secteurs de concentration et de migration des poissons amphihalins Fort : saumon Moyen : aloses, lamproies, truite de mer Populations localement importantes d?élasmobranche Fort* : raie brunette et lisse Nidification de limicoles et zones d?alimentation Fort : huîtrier pie Moyen : gravelot à collier interrompu Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation Fort : cormoran huppé, goéland marin, sterne de Dougall nd : site d?alimentation des colonies anglo-normandes Site d?hivernage pour les oiseaux d?eau Fort : barge à queue noire, bécasseau variable, pluvier argent, tadorne de belon et bernache cravant, bernache cravant à ventre pâle, huîtrier pie, macreuse noire Zones de densité maximale et zones fonctionnelles - oiseaux marins en période internuptiale Majeur : puffin des Baléares, hivernage et de mue de macreuse noire Fort : densité toutes espèces Domaine vital des groupes sédentaires de grands dauphins Majeur : grand dauphin (groupe sédentaire) Colonies de phoques et zones d?alimentation Fort : phoque veau-marin Les estrans sédimentaires (sédiments intertidaux enjeu majeur) accueillent des habitats particuliers comme les récifs d?hermelles et les herbiers de zostères marines et naines. Les sédiments les plus fins, de type vaseux à sablo-vaseux, sont confinés en fond de baies. C?est dans ces estuaires et la baie du Mont Saint-Michel que l?on trouve les fonds d?estuaire végétalisés (pré salés particulièrement développés et végétation pionnière de salicornes) parmi les plus développés de France métropolitaine. Ils sont intimement liés aux débouchés des fleuves côtiers, zone d?interface essentielle pour les amphihalins comme le saumon. On y trouve aussi d?importantes nourriceries côtières de bar, plie et sole, une frayère de sole et le long du littoral les principaux secteurs de ponte de seiche qui attirent tout autant les prédateurs supérieurs dont une population importante de grands dauphins sédentaires. Ces même estrans et baies accueillent une avifaune particulièrement riche et diversifiée et constituent des sites d?importance internationale pour au moins 5 espèces de limicoles notamment en hivernage et des zones essentielles pour certaines phases vitales (site de repli pour la sterne de Dougall, site d?estivage pour le puffin des Baléares, site de mue postnuptiale pour la macreuse noire). Les îlots isolés et les archipels (Chausey notamment) accueillent des effectifs importants d?oiseaux marins (cormorans huppés, goélands marins, huitrier pie, harle huppé) tandis que la baie du Mont Saint- Michel, la plus grande baie du secteur, accueille à l?année une colonie de phoques veaux marins en limite d?aire de distribution. Une population importante de saumon effectue sa migration en baie du Mont Saint-Michel. 38 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade > Zone 8 : Mer Celtique et Manche Ouest Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques Structures hydrographiques particulières Fort** : Front thermique de Ouessant et Stratification tardive en été. Fortes biomasses planctoniques associées. Les producteurs primaires, secondaires, et les espèces fourrages nd : espèces fourrages : phytoplancton associé au front Habitats benthiques et structures géomorphologiques Dunes hydrauliques du plateau et du haut de talus Principale zone de dunes hydrauliques Structures géomorphologique particulières Roches Douvres. Fosse centrale de la Manche Habitats sédimentaires Majeur : sédiments hétérogènes subtidaux Fort : sédiments grossiers subtidaux Les habitats pélagiques sont caractérisés par un front thermique (Ouessant) qui se forme du printemps à la fin de l?été entre les eaux froides et brassées à la côte et les eaux stratifiées plus chaudes du large. Ce secteur est une zone de forte production primaire et secondaire. Les eaux stratifiées (au Nord du front) peuvent également être le siège de production primaire à des niveaux très élevés en fin d?été. Les fonds marins sont quant à eux caractérisés par des sédiments plutôt grossiers (mis à part dans la partie la plus occidentale) formant des dunes hydrauliques de dimensions importantes tandis qu?au Nord-Est, la fosse centrale et le plateau des Roches Douvres constituent des particularités géomorphologiques. | 39Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines Zones fonctionnelles halieutiques - Frayères Fort** : bar, chinchard, araignée, sprat, barbue, grondin rouge, lieu jaune, limande sole, sardine, tacaud, et sole Zones fonctionnelles halieutiques - Nourriceries Fort** : chinchard commun Populations localisées d?invertébrés benthiques exploités Fort* : tourteau, pétoncle blanc (olivette) Populations localement importantes d?élasmobranche Fort : « petit pocheteau gris » et « grand pocheteau gris » nd : requins peau bleu, requin pèlerin (été), et raie douce Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation Fort : fou de Bassan Moyen : goéland argenté Faible : goéland brun, goéland marin nd : sites d?alimentation des colonies anglo-normandes Zones de densité maximale et zones fonctionnelles - oiseaux marins en période internuptiale Fort : Densité toutes espèces & Hivernage du fulmar boréal Zones de densité maximale de marsouin commun Fort : marsouin commun en été Enjeux transversaux Autres cétacés Fort : dauphin commun (Zone d?alimentation) Tortues marines Fort : zone de concentration estivale de tortue luth En lien avec ces conditions hydrographiques et géomorphologiques, un réseau trophique riche s?établit et le secteur constitue une zone d?alimentation estivale importante pour la mégafaune : oiseaux (en particulier les fous de Bassan, les fulmars et les goélands marins), les petits cétacés (marsouin et dauphin commun) et les élasmobranches dont les requins (peau bleu et pèlerin) et pocheteaux. Ce secteur est également une zone de ponte importante pour plusieurs espèces de poissons dont la sole commune et le bar et des concentrations de tortues Luth sont observées à l?Ouest en période estivale. 40 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade Annexe 66 66 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr 1. Annexe Tableau A : Grands types d?enjeux identifiés GRANDS TYPES D?ENJEUX DESCRIPTEUR(S) CONCERNE(S) Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques (partie 2.1) Structures hydrographiques particulières D7 - Lien D1 (pélagos) Zone d?interface terre-mer et panache fluviaux D7 - Lien D1 (pélagos) et D4 Les producteurs primaires, secondaires, et les espèces fourrages D4 - Lien D1 & D3 Habitats benthiques et structures géomorphologiques (partie 2.2) Habitats biogéniques D1 Habitats profonds D1 Habitats rocheux D1 Habitats sédimentaires D1 Dunes hydrauliques du plateau et du haut de talus D7 Structures géomorphologiques particulières D7 - Lien D1 (benthos) Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines (partie 2.3) Zones fonctionnelles halieutiques - Frayères D1 & D3 Zones fonctionnelles halieutiques - Nourriceries D1 & D3 Populations localisées d?invertébrés benthiques protégés et/ou exploités D1 & D3 Secteurs de concentration et de migration des poissons amphihalins D1 Populations localement importantes d?élasmobranches D1 Nidification de limicoles et zones d?alimentation D1 Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation D1 Site d?hivernage pour les oiseaux d'eau D1 Zones de densité maximale et zones fonctionnelles identifiées pour les oiseaux marins en période internuptiale D1 Domaine vital des groupes sédentaires de grands dauphins D1 Colonies de phoques et zones d?alimentation D1 Zones de densité maximale de marsouin commun D1 Enjeux transversaux pour les espèces très mobiles (partie 2.4) Grands cétacés plongeurs (Cachalot, Baleine à bec, globicéphale et dauphin de Risso) D1 Baleines à fanons (petit rorqual et rorqual commun) D1 Petits cétacés à dents (dauphin commun, dauphin bleu et blanc, marsouin commun, grand dauphin) D1 Tortues marines D1 Populations de poissons exploitées soumises à la PCP D1 & D3 Espèces prioritaires d?élasmobranches (Stéphan E. et Al.) D1 & D3 Espèces prioritaires d?oiseaux marins (GISOM et AFB) D1 Thonidés, espadons D1 & D3 Espèces fourrages D1 & D3 Autres espèces de poissons menacées : Mérou (menacée) Corb (vulnérable) ? D1 & D3 Espèces de fond D1 & D3 | 41Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade 67 67 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr Tableau B : Synthèse des enjeux relatifs aux habitats pour la Manche et l?Atlantique Dénomination ENJEU Code (typologie Nationale V3) Représentativité à l?échelle nationale renseignée pour chaque secteur Sensibilité * Source HABITATS SEDIMENTAIRES Sables des hauts de plage à Talitres A5-1 Oui M MARLIN (Dépôt) Sédiments grossiers propres intertidaux A3-2 F MNHN (abrasion) Sables intertidaux mobiles A5-2 F MNHN (abrasion) Sables +/- envasés intertidaux A5-2345 M MNHN (abrasion) Sédiments hétérogènes envasés intertidaux A4 F MNHN (abrasion) Vases intertidales A6-1 et A6-2 Oui H MNHN (Dépôt) Cailloutis sublittoraux A4-2.3 Oui F Marlin (abrasion) Sables grossiers et graviers sublittoraux C3-1.2 M MNHN (abrasion) Sables fins à moyens sublittoraux mobiles B5-1, B5-4 et C5-1 Oui F MNHN (Dépôt) Sables fins propres ou envasés sublittoraux B5-2, B5-3 et B5-3 Oui M MNHN (Dépôt) Vases sublittorales B6 et C6 Oui H MNHN (Dépôt) Sédiments hétérogènes +/- envasés sublittoraux B4 et C4 Oui M MNHN (abrasion) Substrats meubles du bathyal E3 Oui nd nd Retenues d'eau sur sédiments A4-1.2 non nd nd HABITATS ROCHEUX Cuvettes en milieu rocheux A1-6 Non M MNHN (abrasion) Grottes, surplombs et fissure A1-7, B1-7, B1-9, C1-9 et D1,4 Oui H MNHN (abrasion) Roches et blocs médiolittoraux à dominance algale A1-2 Oui H MNHN (abrasion) Roches et blocs médiolittoraux à dominance animale A1-3 F MNHN (abrasion) Communautés des calcaires du littoral A1-3.3 oui M OSPAR Biocénoses à couverture végétale d'algues rouges B1-1.1.3 Oui M ZNIEFF Normandie Roches et blocs infralittoraux à dominance animale B1-6 M MNHN (abrasion) Biocénoses à couverture végétale d'algues brunes autre que les laminaires B1-5.2.8 M MARLIN (Dépôt) Tombants B1-7 Non M MARLIN (Dépôt) Roches et blocs circalittoraux C1 et D1 Oui M MARLIN (Extraction d'espèces) Roches et blocs circalittoraux à gorgones et Roses de mer C1-1 H MARLIN (Extraction d'espèces) Champs de blocs de la frange infralittorale B1-2 Oui M MNHN (abrasion) Champs de blocs médiolittoral B1-2 M MNHN (abrasion) HABITATS BIOGENIQUES Prés salés Atlantiques A6-2 Oui nd Nd Végétation pionnières à salicornes A6-3.2.1 Oui nd Nd Herbiers à Zostera noltei A5-6, A6-4 Oui H MNHN (abrasion) Herbiers à Zostera marina A3-4, A5-7, B4-4 et B5-5 Oui H MNHN (abrasion) Bancs à Lanice A5-4.5.1, B5-1.5 Oui M ZNIEFF Normandie Bancs à Pygospio elegans A5-4.5.3 Non M ZNIEFF Normandie Bancs de maërl B3-4 et B6-3 Oui TH MNHN (abrasion) Bancs de moules intertidaux sur sédiments A2-1.2 Oui M Marlin (abrasion) Moulières sur roches et blocs A2-1.1 Oui M Marlin (abrasion) Bancs de Modiolus modiolus C2-1.2.1 Non TH OSPAR Bancs de Musculus discors C2-1.2.2 Non M Marlin (abrasion) Bancs d'Ostrea edulis B2-2.1 Oui TH OSPAR Récifs à Sabellaria alveolata A2-3 Oui H MNHN (abrasion) Récifs à Sabellaria spinulosa C2-2.1 Oui M Marlin (abrasion) Bancs de Pouce-pieds A1-3.1.4 Non nd nd Banquettes à Haploops B6-1.13 Non nd Nd Fonds à Ampeliscidés B5-3.12, B6-1.5, B6-1.12, C5-2.4 Non F Marlin (abrasion) Biocénoses à Laminaires B1-1.2.2, B1-3, B1- 4, B1-5 Oui H MNHN (abrasion) Colonies de pennatules et mégafaune fouisseuse C6-2.5 Oui H Marlin (abrasion) HABITATS PROFONDS Habitats à coraux froids D1-2, D2, E1-6 Oui TH OSPAR Récifs ou massifs de scléractiniaires récifaux E2-1 Oui TH OSPAR Roches et blocs du bathyal E1 Oui F Experts N2000 au large Agrégations d'éponges E1-1 Oui TH OSPAR Bancs d'huîtres du bathyal E2-2 non M Experts N2000 au large * F : faible, M : Moyenne, H : Haute, TH : Très haute 42 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade 68 68 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr Tableau C : Synthèse des enjeux relatifs aux habitats pour la Méditerranée Dénomination enjeu Code (typologie Nationale) Représentativité à l?échelle nationale renseignée pour chaque secteur Sensibilité (source MNHN) HABITATS SEDIMENTAIRES sables vaseux et vases des lagunes et estuaires (SVLE) II.1.1. Oui H sables médiolittoraux (SM) II.2.1. F détritique médiolittoral (DM) II.3.1. F Lagune euryhaline et eurytherme (LEE) III.1.1. Oui nd sables fins de haut niveau (SFHN) III.2.1. F sables fins bien calibrés (SFBC) III.2.2. M sables vaseux superficiels de mode calme (SVMC) III.2.3. M sables grossiers et fins graviers brassés par les vagues (SGBV) III.3.1. Oui H sables et graviers sous influence des courants de fond (SGCF) III.3.2. H galets infralittoraux (GI) III.4.1. TF vases terrigènes côtières (VTC) IV.1.1. Oui M fonds détritiques envasés (DE) IV.2.1. Oui TH détritique côtier (DC) IV.2.2. Oui H fonds détritiques du large (DL) IV.2.3. Oui TH HABITATS ROCHEUX roche médiolittorale supérieure (RMS) II.4.1. Oui H roche médiolittorale inférieure (RMI) II.4.2. H grottes médiolittorales (GM) II.4.3. H algues infralittorales III.6.1. TH grottes semi-obscures (GSO) IV.3.3. Oui H grottes et boyaux à obscurité totale (GO) IV.3.4. TH HABITATS BIOGENIQUES Encorbellement à Lithophyllum II.4.2.a. Oui TH Cymodocea nodosa, Zostera noltei III.2.3.a. Oui M rhodolithes sur SGBV III.3.1.a. Oui H maërl sur SGCF III.3.2.a. TH rhodolithes sur SGCF III.3.2.b. H herbier à Posidonia oceanica III.5.1. Oui TH Récif barrière, herbier tigré, atoll III.5.1.a. Oui TH Association à Cystoseira III.6.1.a,b,c,d,e. TH Coralligène (C) IV.3.1. oui TH Association à Laminaria rodriguezii sur roche IV.3.1.c. oui TH HABITATS PROFONDS roche du large (RL) IV.3.5. TH vases bathyales V.1.1. Oui TH Vase molle à Pennatule V.1.1.c. Oui TH Vase compacte à Isidella elongata V.1.1.d. Oui TH Vase à Crinoïdes V.1.1.f. Oui TH sables détritiques bathyaux à Gryphus vitreus (SDB) V.2.1. H roches bathyales V.3.1. TH Gorgones-fouet Viminella flagellum V.3.1.a. Oui TH Gorgone Callogorgia verticillata V.3.1.b. Oui TH Coraux profonds V.3.1.d. Oui TH Antipathaires et/ou gorgonaires V.3.1.f. Oui TH Sédiments meubles de l'abyssal ND Oui H | 43Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade69 69 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr Tableau D : Critères utilisés dans différentes méthodes de hiérarchisation des enjeux écologiques. Représentativité du secteur considéré pour l?enjeu Sensibilité ou vulnérabilité à l?échelle biogéographique Importance fonctionnelle Critères additionnels : spécificité locale Enjeu de patrimoine naturel Collectif, 2017 Représentativité du site Sensibilité - rôle fonctionnel de l?enjeu / Espèces Savouré-Soubelet A. 2015 Représentativité nationale (aire de répartition) - Vulnérabilité : UICN - Critère additionnel : Tendance historique des populations / Originalité taxonomique Espèces et habitats Rufray X. et al. 2008 Représentativité régionale & locale (aire de répartition /effectifs) Sensibilité20 : 1. Aire de répartition ; 2. Amplitude écologique ; 3. niveau d?effectifs /surface ; 4. Dynamique / / Espèces et habitats MNHN, SPN, 2012 Superficie relative (=Représentativité du site) - Echelle européenne : habitats et espèces prioritaires DHFF - Echelle nationale : 1. en danger de disparition ; 2. aire de répartition réduite - importance fonctionnelle - variabilité des habitats - localisation dans l?aire de répartition ZNIEFF Importance (=Représentativité du site) - Sensibilité - Rareté : (effectifs / surface) - Importance écologique : * Valeur patrimoniale : symbolique, économique, pédagogique, paysager... Elasmobranches Stéphan et al, 2016 - Représentativité éco- régionale et de la façade (aire de répartition) - Etat de conservation : 1. CIEM ; 2. UICN ; 3 avis d?expert. - Vulnérabilité biologique : 1. taille maximale ; 2. mode de reproduction. / / Espèces et habitats OSPAR, 2003 Représentativité de la région OSPAR ou d?une partie de la région OSPAR (effectifs / surface) - Rareté : (effectifs / surface) - Sensibilité : 1. Fragilité ; 2. résilience) - Déclin - Espèce clef de voute: espèces qui a une forte influence sur les communautés - Importance écologique : habitat très important pour les processus écologiques, et les espèces qu?il supporte / Zone d?importance Critères EBSA - Unicité - Importance pour des espèces ou des habitats menacés ou en déclin - Rareté. - Vulnérabilité fragilité, sensibilité ou faible résilience - Importance spécial pour le cycle de vie des espèces. - Productivité biologique - Diversité biologique - Naturalité / Zones humides d'importance internationale Ramsar Unicité (critère 1) Représentativité pour les espèces (critères 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9) Rareté (Critère 1) Etat de conservation des espèces (Critères 2 et 4) Zone d?alimentation, de frayère, d?alevinage et/ou de migration (critère 8 ? poissons) / Zone fonctionnelle halieutique Delage N., et al 2016) - Zone de concentration : Densité d?individu - Contribution au stade de vie suivant : % de la biomasse. Critères envisagés : Statut d?exploitation et état écologique des espèces Critères envisagés : 1. Biomasse relative dans la communauté ; 2. Intérêt pour le fonctionnement des réseaux trophiques. / 20 Le terme sensibilité utilisé dans cette méthode regroupe des critères relatifs à la capacité d?adaptation aux changements de l?enjeu (Aire de répartition et Amplitude écologique) à sa capacité à se rétablir (niveau d?effectifs /surface) ainsi que critères relatifs à sa vulnérabilité (dynamique) C ré d it P h o to © B en ja m in G ui ch ar d / O ff ic e fr an ça is d e la b io d iv er si té | P A O : M au d C h as tr es Ministère chargé de la Mer et de la Pêche Direction interrégionale de la mer Manche Est - mer du Nord 4, rue du colonel Fabien - BP 34 76 083 Le Havre cedex www.dirm.memn.developpement-durable.gouv.fr  PARTIE 1 : Méthode  I. Introduction et portée de la démarche  II. Méthodes générales et critères de hiérarchisation  a. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale  b. Sensibilité ou vulnérabilité à large échelle  c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique  d. Critère additionnel lié à la spécificité locale  III. Méthodologie retenue pour ce travail  1. Choix retenus pour la hiérarchisation des enjeux  a. Critères utilisés pour l?identification et la hiérarchisation des enjeux écologiques  b. Limites de connaissance et incertitude du diagnostic  2. Application de la méthode à chaque compartiment écologique  a. Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques  b. Habitats benthiques et structures géomorphologiques  c. Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines  d. Enjeux transversaux pour les espèces mobiles  IV. Discussion  1. Une étape à l?interface entre science et action publique  2. Plus-value de la démarche  3. Des enjeux forts partout ?  4. Suites à donner  V. Déclinaison à l?échelle locale  1. Hiérarchisation des enjeux pour les espèces mobiles à l?échelle locale  a. Critère de sensibilité ou vulnérabilité à large échelle  b. Critère de représentativité  c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique  d. Critère additionnel  e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les espèces mobiles  2. Hiérarchisation des enjeux pour les habitats à l?échelle locale  a. Critère de sensibilité  b. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale  c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique  d. Critères additionnels liés à la spécificité locale  e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les habitats  3. Adaptations locales  PARTIE 2 : Synthèse des enjeux en Manche Est - mer du Nord  > Zone 8 : Mer Celtique et Manche Ouest  > Zone 7 : Ouest Cotentin Baie du Mont Saint-Michel  > Zone 6 : Nord Cotentin  > Zone 5 : Large Baie de Seine  > Zone 4 : Baie de Seine  > Zone 3 : Côte d?Albâtre et ses ouverts  > Zone 2 : Estuaires Picards et mer d?Opale  > Zone 1 : Caps et détroit du Pas-de-Calais  Annexe (ATTENTION: OPTION GISOM et AFB) D1 Thonidés, espadons D1 & D3 Espèces fourrages D1 & D3 Autres espèces de poissons menacées : Mérou (menacée) Corb (vulnérable) ? D1 & D3 Espèces de fond D1 & D3 | 41Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade 67 67 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr Tableau B : Synthèse des enjeux relatifs aux habitats pour la Manche et l?Atlantique Dénomination ENJEU Code (typologie Nationale V3) Représentativité à l?échelle nationale renseignée pour chaque secteur Sensibilité * Source HABITATS SEDIMENTAIRES Sables des hauts de plage à Talitres A5-1 Oui M MARLIN (Dépôt) Sédiments grossiers propres intertidaux A3-2 F MNHN (abrasion) Sables intertidaux mobiles A5-2 F MNHN (abrasion) Sables +/- envasés intertidaux A5-2345 M MNHN (abrasion) Sédiments hétérogènes envasés intertidaux A4 F MNHN (abrasion) Vases intertidales A6-1 et A6-2 Oui H MNHN (Dépôt) Cailloutis sublittoraux A4-2.3 Oui F Marlin (abrasion) Sables grossiers et graviers sublittoraux C3-1.2 M MNHN (abrasion) Sables fins à moyens sublittoraux mobiles B5-1, B5-4 et C5-1 Oui F MNHN (Dépôt) Sables fins propres ou envasés sublittoraux B5-2, B5-3 et B5-3 Oui M MNHN (Dépôt) Vases sublittorales B6 et C6 Oui H MNHN (Dépôt) Sédiments hétérogènes +/- envasés sublittoraux B4 et C4 Oui M MNHN (abrasion) Substrats meubles du bathyal E3 Oui nd nd Retenues d'eau sur sédiments A4-1.2 non nd nd HABITATS ROCHEUX Cuvettes en milieu rocheux A1-6 Non M MNHN (abrasion) Grottes, surplombs et fissure A1-7, B1-7, B1-9, C1-9 et D1,4 Oui H MNHN (abrasion) Roches et blocs médiolittoraux à dominance algale A1-2 Oui H MNHN (abrasion) Roches et blocs médiolittoraux à dominance animale A1-3 F MNHN (abrasion) Communautés des calcaires du littoral A1-3.3 oui M OSPAR Biocénoses à couverture végétale d'algues rouges B1-1.1.3 Oui M ZNIEFF Normandie Roches et blocs infralittoraux à dominance animale B1-6 M MNHN (abrasion) Biocénoses à couverture végétale d'algues brunes autre que les laminaires B1-5.2.8 M MARLIN (Dépôt) Tombants B1-7 Non M MARLIN (Dépôt) Roches et blocs circalittoraux C1 et D1 Oui M MARLIN (Extraction d'espèces) Roches et blocs circalittoraux à gorgones et Roses de mer C1-1 H MARLIN (Extraction d'espèces) Champs de blocs de la frange infralittorale B1-2 Oui M MNHN (abrasion) Champs de blocs médiolittoral B1-2 M MNHN (abrasion) HABITATS BIOGENIQUES Prés salés Atlantiques A6-2 Oui nd Nd Végétation pionnières à salicornes A6-3.2.1 Oui nd Nd Herbiers à Zostera noltei A5-6, A6-4 Oui H MNHN (abrasion) Herbiers à Zostera marina A3-4, A5-7, B4-4 et B5-5 Oui H MNHN (abrasion) Bancs à Lanice A5-4.5.1, B5-1.5 Oui M ZNIEFF Normandie Bancs à Pygospio elegans A5-4.5.3 Non M ZNIEFF Normandie Bancs de maërl B3-4 et B6-3 Oui TH MNHN (abrasion) Bancs de moules intertidaux sur sédiments A2-1.2 Oui M Marlin (abrasion) Moulières sur roches et blocs A2-1.1 Oui M Marlin (abrasion) Bancs de Modiolus modiolus C2-1.2.1 Non TH OSPAR Bancs de Musculus discors C2-1.2.2 Non M Marlin (abrasion) Bancs d'Ostrea edulis B2-2.1 Oui TH OSPAR Récifs à Sabellaria alveolata A2-3 Oui H MNHN (abrasion) Récifs à Sabellaria spinulosa C2-2.1 Oui M Marlin (abrasion) Bancs de Pouce-pieds A1-3.1.4 Non nd nd Banquettes à Haploops B6-1.13 Non nd Nd Fonds à Ampeliscidés B5-3.12, B6-1.5, B6-1.12, C5-2.4 Non F Marlin (abrasion) Biocénoses à Laminaires B1-1.2.2, B1-3, B1- 4, B1-5 Oui H MNHN (abrasion) Colonies de pennatules et mégafaune fouisseuse C6-2.5 Oui H Marlin (abrasion) HABITATS PROFONDS Habitats à coraux froids D1-2, D2, E1-6 Oui TH OSPAR Récifs ou massifs de scléractiniaires récifaux E2-1 Oui TH OSPAR Roches et blocs du bathyal E1 Oui F Experts N2000 au large Agrégations d'éponges E1-1 Oui TH OSPAR Bancs d'huîtres du bathyal E2-2 non M Experts N2000 au large * F : faible, M : Moyenne, H : Haute, TH : Très haute 42 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade 68 68 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr Tableau C : Synthèse des enjeux relatifs aux habitats pour la Méditerranée Dénomination enjeu Code (typologie Nationale) Représentativité à l?échelle nationale renseignée pour chaque secteur Sensibilité (source MNHN) HABITATS SEDIMENTAIRES sables vaseux et vases des lagunes et estuaires (SVLE) II.1.1. Oui H sables médiolittoraux (SM) II.2.1. F détritique médiolittoral (DM) II.3.1. F Lagune euryhaline et eurytherme (LEE) III.1.1. Oui nd sables fins de haut niveau (SFHN) III.2.1. F sables fins bien calibrés (SFBC) III.2.2. M sables vaseux superficiels de mode calme (SVMC) III.2.3. M sables grossiers et fins graviers brassés par les vagues (SGBV) III.3.1. Oui H sables et graviers sous influence des courants de fond (SGCF) III.3.2. H galets infralittoraux (GI) III.4.1. TF vases terrigènes côtières (VTC) IV.1.1. Oui M fonds détritiques envasés (DE) IV.2.1. Oui TH détritique côtier (DC) IV.2.2. Oui H fonds détritiques du large (DL) IV.2.3. Oui TH HABITATS ROCHEUX roche médiolittorale supérieure (RMS) II.4.1. Oui H roche médiolittorale inférieure (RMI) II.4.2. H grottes médiolittorales (GM) II.4.3. H algues infralittorales III.6.1. TH grottes semi-obscures (GSO) IV.3.3. Oui H grottes et boyaux à obscurité totale (GO) IV.3.4. TH HABITATS BIOGENIQUES Encorbellement à Lithophyllum II.4.2.a. Oui TH Cymodocea nodosa, Zostera noltei III.2.3.a. Oui M rhodolithes sur SGBV III.3.1.a. Oui H maërl sur SGCF III.3.2.a. TH rhodolithes sur SGCF III.3.2.b. H herbier à Posidonia oceanica III.5.1. Oui TH Récif barrière, herbier tigré, atoll III.5.1.a. Oui TH Association à Cystoseira III.6.1.a,b,c,d,e. TH Coralligène (C) IV.3.1. oui TH Association à Laminaria rodriguezii sur roche IV.3.1.c. oui TH HABITATS PROFONDS roche du large (RL) IV.3.5. TH vases bathyales V.1.1. Oui TH Vase molle à Pennatule V.1.1.c. Oui TH Vase compacte à Isidella elongata V.1.1.d. Oui TH Vase à Crinoïdes V.1.1.f. Oui TH sables détritiques bathyaux à Gryphus vitreus (SDB) V.2.1. H roches bathyales V.3.1. TH Gorgones-fouet Viminella flagellum V.3.1.a. Oui TH Gorgone Callogorgia verticillata V.3.1.b. Oui TH Coraux profonds V.3.1.d. Oui TH Antipathaires et/ou gorgonaires V.3.1.f. Oui TH Sédiments meubles de l'abyssal ND Oui H | 43Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade69 69 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr Tableau D : Critères utilisés dans différentes méthodes de hiérarchisation des enjeux écologiques. Représentativité du secteur considéré pour l?enjeu Sensibilité ou vulnérabilité à l?échelle biogéographique Importance fonctionnelle Critères additionnels : spécificité locale Enjeu de patrimoine naturel Collectif, 2017 Représentativité du site Sensibilité - rôle fonctionnel de l?enjeu / Espèces Savouré-Soubelet A. 2015 Représentativité nationale (aire de répartition) - Vulnérabilité : UICN - Critère additionnel : Tendance historique des populations / Originalité taxonomique Espèces et habitats Rufray X. et al. 2008 Représentativité régionale & locale (aire de répartition /effectifs) Sensibilité20 : 1. Aire de répartition ; 2. Amplitude écologique ; 3. niveau d?effectifs /surface ; 4. Dynamique / / Espèces et habitats MNHN, SPN, 2012 Superficie relative (=Représentativité du site) - Echelle européenne : habitats et espèces prioritaires DHFF - Echelle nationale : 1. en danger de disparition ; 2. aire de répartition réduite - importance fonctionnelle - variabilité des habitats - localisation dans l?aire de répartition ZNIEFF Importance (=Représentativité du site) - Sensibilité - Rareté : (effectifs / surface) - Importance écologique : * Valeur patrimoniale : symbolique, économique, pédagogique, paysager... Elasmobranches Stéphan et al, 2016 - Représentativité éco- régionale et de la façade (aire de répartition) - Etat de conservation : 1. CIEM ; 2. UICN ; 3 avis d?expert. - Vulnérabilité biologique : 1. taille maximale ; 2. mode de reproduction. / / Espèces et habitats OSPAR, 2003 Représentativité de la région OSPAR ou d?une partie de la région OSPAR (effectifs / surface) - Rareté : (effectifs / surface) - Sensibilité : 1. Fragilité ; 2. résilience) - Déclin - Espèce clef de voute: espèces qui a une forte influence sur les communautés - Importance écologique : habitat très important pour les processus écologiques, et les espèces qu?il supporte / Zone d?importance Critères EBSA - Unicité - Importance pour des espèces ou des habitats menacés ou en déclin - Rareté. - Vulnérabilité fragilité, sensibilité ou faible résilience - Importance spécial pour le cycle de vie des espèces. - Productivité biologique - Diversité biologique - Naturalité / Zones humides d'importance internationale Ramsar Unicité (critère 1) Représentativité pour les espèces (critères 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9) Rareté (Critère 1) Etat de conservation des espèces (Critères 2 et 4) Zone d?alimentation, de frayère, d?alevinage et/ou de migration (critère 8 ? poissons) / Zone fonctionnelle halieutique Delage N., et al 2016) - Zone de concentration : Densité d?individu - Contribution au stade de vie suivant : % de la biomasse. Critères envisagés : Statut d?exploitation et état écologique des espèces Critères envisagés : 1. Biomasse relative dans la communauté ; 2. Intérêt pour le fonctionnement des réseaux trophiques. / 20 Le terme sensibilité utilisé dans cette méthode regroupe des critères relatifs à la capacité d?adaptation aux changements de l?enjeu (Aire de répartition et Amplitude écologique) à sa capacité à se rétablir (niveau d?effectifs /surface) ainsi que critères relatifs à sa vulnérabilité (dynamique) C ré d it P h o to © B en ja m in G ui ch ar d / O ff ic e fr an ça is d e la b io d iv er si té | P A O : M au d C h as tr es Ministère chargé de la Mer et de la Pêche Direction interrégionale de la mer Manche Est - mer du Nord 4, rue du colonel Fabien - BP 34 76 083 Le Havre cedex www.dirm.memn.developpement-durable.gouv.fr PARTIE 1 : Méthode I. Introduction et portée de la démarche II. Méthodes générales et critères de hiérarchisation a. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale b. Sensibilité ou vulnérabilité à large échelle c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique d. Critère additionnel lié à la spécificité locale III. Méthodologie retenue pour ce travail 1. Choix retenus pour la hiérarchisation des enjeux a. Critères utilisés pour l?identification et la hiérarchisation des enjeux écologiques b. Limites de connaissance et incertitude du diagnostic 2. Application de la méthode à chaque compartiment écologique a. Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques b. Habitats benthiques et structures géomorphologiques c. Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines d. Enjeux transversaux pour les espèces mobiles IV. Discussion 1. Une étape à l?interface entre science et action publique 2. Plus-value de la démarche 3. Des enjeux forts partout ? 4. Suites à donner V. Déclinaison à l?échelle locale 1. Hiérarchisation des enjeux pour les espèces mobiles à l?échelle locale a. Critère de sensibilité ou vulnérabilité à large échelle b. Critère de représentativité c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique d. Critère additionnel e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les espèces mobiles 2. Hiérarchisation des enjeux pour les habitats à l?échelle locale a. Critère de sensibilité b. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique d. Critères additionnels liés à la spécificité locale e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les habitats 3. Adaptations locales PARTIE 2 : Synthèse des enjeux en Manche Est - mer du Nord > Zone 8 : Mer Celtique et Manche Ouest > Zone 7 : Ouest Cotentin Baie du Mont Saint-Michel > Zone 6 : Nord Cotentin > Zone 5 : Large Baie de Seine > Zone 4 : Baie de Seine > Zone 3 : Côte d?Albâtre et ses ouverts > Zone 2 : Estuaires Picards et mer d?Opale > Zone 1 : Caps et détroit du Pas-de-Calais Annexe INVALIDE) (ATTENTION: OPTION nnexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade 67 67 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr Tableau B : Synthèse des enjeux relatifs aux habitats pour la Manche et l?Atlantique Dénomination ENJEU Code (typologie Nationale V3) Représentativité à l?échelle nationale renseignée pour chaque secteur Sensibilité * Source HABITATS SEDIMENTAIRES Sables des hauts de plage à Talitres A5-1 Oui M MARLIN (Dépôt) Sédiments grossiers propres intertidaux A3-2 F MNHN (abrasion) Sables intertidaux mobiles A5-2 F MNHN (abrasion) Sables +/- envasés intertidaux A5-2345 M MNHN (abrasion) Sédiments hétérogènes envasés intertidaux A4 F MNHN (abrasion) Vases intertidales A6-1 et A6-2 Oui H MNHN (Dépôt) Cailloutis sublittoraux A4-2.3 Oui F Marlin (abrasion) Sables grossiers et graviers sublittoraux C3-1.2 M MNHN (abrasion) Sables fins à moyens sublittoraux mobiles B5-1, B5-4 et C5-1 Oui F MNHN (Dépôt) Sables fins propres ou envasés sublittoraux B5-2, B5-3 et B5-3 Oui M MNHN (Dépôt) Vases sublittorales B6 et C6 Oui H MNHN (Dépôt) Sédiments hétérogènes +/- envasés sublittoraux B4 et C4 Oui M MNHN (abrasion) Substrats meubles du bathyal E3 Oui nd nd Retenues d'eau sur sédiments A4-1.2 non nd nd HABITATS ROCHEUX Cuvettes en milieu rocheux A1-6 Non M MNHN (abrasion) Grottes, surplombs et fissure A1-7, B1-7, B1-9, C1-9 et D1,4 Oui H MNHN (abrasion) Roches et blocs médiolittoraux à dominance algale A1-2 Oui H MNHN (abrasion) Roches et blocs médiolittoraux à dominance animale A1-3 F MNHN (abrasion) Communautés des calcaires du littoral A1-3.3 oui M OSPAR Biocénoses à couverture végétale d'algues rouges B1-1.1.3 Oui M ZNIEFF Normandie Roches et blocs infralittoraux à dominance animale B1-6 M MNHN (abrasion) Biocénoses à couverture végétale d'algues brunes autre que les laminaires B1-5.2.8 M MARLIN (Dépôt) Tombants B1-7 Non M MARLIN (Dépôt) Roches et blocs circalittoraux C1 et D1 Oui M MARLIN (Extraction d'espèces) Roches et blocs circalittoraux à gorgones et Roses de mer C1-1 H MARLIN (Extraction d'espèces) Champs de blocs de la frange infralittorale B1-2 Oui M MNHN (abrasion) Champs de blocs médiolittoral B1-2 M MNHN (abrasion) HABITATS BIOGENIQUES Prés salés Atlantiques A6-2 Oui nd Nd Végétation pionnières à salicornes A6-3.2.1 Oui nd Nd Herbiers à Zostera noltei A5-6, A6-4 Oui H MNHN (abrasion) Herbiers à Zostera marina A3-4, A5-7, B4-4 et B5-5 Oui H MNHN (abrasion) Bancs à Lanice A5-4.5.1, B5-1.5 Oui M ZNIEFF Normandie Bancs à Pygospio elegans A5-4.5.3 Non M ZNIEFF Normandie Bancs de maërl B3-4 et B6-3 Oui TH MNHN (abrasion) Bancs de moules intertidaux sur sédiments A2-1.2 Oui M Marlin (abrasion) Moulières sur roches et blocs A2-1.1 Oui M Marlin (abrasion) Bancs de Modiolus modiolus C2-1.2.1 Non TH OSPAR Bancs de Musculus discors C2-1.2.2 Non M Marlin (abrasion) Bancs d'Ostrea edulis B2-2.1 Oui TH OSPAR Récifs à Sabellaria alveolata A2-3 Oui H MNHN (abrasion) Récifs à Sabellaria spinulosa C2-2.1 Oui M Marlin (abrasion) Bancs de Pouce-pieds A1-3.1.4 Non nd nd Banquettes à Haploops B6-1.13 Non nd Nd Fonds à Ampeliscidés B5-3.12, B6-1.5, B6-1.12, C5-2.4 Non F Marlin (abrasion) Biocénoses à Laminaires B1-1.2.2, B1-3, B1- 4, B1-5 Oui H MNHN (abrasion) Colonies de pennatules et mégafaune fouisseuse C6-2.5 Oui H Marlin (abrasion) HABITATS PROFONDS Habitats à coraux froids D1-2, D2, E1-6 Oui TH OSPAR Récifs ou massifs de scléractiniaires récifaux E2-1 Oui TH OSPAR Roches et blocs du bathyal E1 Oui F Experts N2000 au large Agrégations d'éponges E1-1 Oui TH OSPAR Bancs d'huîtres du bathyal E2-2 non M Experts N2000 au large * F : faible, M : Moyenne, H : Haute, TH : Très haute 42 | Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade 68 68 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr Tableau C : Synthèse des enjeux relatifs aux habitats pour la Méditerranée Dénomination enjeu Code (typologie Nationale) Représentativité à l?échelle nationale renseignée pour chaque secteur Sensibilité (source MNHN) HABITATS SEDIMENTAIRES sables vaseux et vases des lagunes et estuaires (SVLE) II.1.1. Oui H sables médiolittoraux (SM) II.2.1. F détritique médiolittoral (DM) II.3.1. F Lagune euryhaline et eurytherme (LEE) III.1.1. Oui nd sables fins de haut niveau (SFHN) III.2.1. F sables fins bien calibrés (SFBC) III.2.2. M sables vaseux superficiels de mode calme (SVMC) III.2.3. M sables grossiers et fins graviers brassés par les vagues (SGBV) III.3.1. Oui H sables et graviers sous influence des courants de fond (SGCF) III.3.2. H galets infralittoraux (GI) III.4.1. TF vases terrigènes côtières (VTC) IV.1.1. Oui M fonds détritiques envasés (DE) IV.2.1. Oui TH détritique côtier (DC) IV.2.2. Oui H fonds détritiques du large (DL) IV.2.3. Oui TH HABITATS ROCHEUX roche médiolittorale supérieure (RMS) II.4.1. Oui H roche médiolittorale inférieure (RMI) II.4.2. H grottes médiolittorales (GM) II.4.3. H algues infralittorales III.6.1. TH grottes semi-obscures (GSO) IV.3.3. Oui H grottes et boyaux à obscurité totale (GO) IV.3.4. TH HABITATS BIOGENIQUES Encorbellement à Lithophyllum II.4.2.a. Oui TH Cymodocea nodosa, Zostera noltei III.2.3.a. Oui M rhodolithes sur SGBV III.3.1.a. Oui H maërl sur SGCF III.3.2.a. TH rhodolithes sur SGCF III.3.2.b. H herbier à Posidonia oceanica III.5.1. Oui TH Récif barrière, herbier tigré, atoll III.5.1.a. Oui TH Association à Cystoseira III.6.1.a,b,c,d,e. TH Coralligène (C) IV.3.1. oui TH Association à Laminaria rodriguezii sur roche IV.3.1.c. oui TH HABITATS PROFONDS roche du large (RL) IV.3.5. TH vases bathyales V.1.1. Oui TH Vase molle à Pennatule V.1.1.c. Oui TH Vase compacte à Isidella elongata V.1.1.d. Oui TH Vase à Crinoïdes V.1.1.f. Oui TH sables détritiques bathyaux à Gryphus vitreus (SDB) V.2.1. H roches bathyales V.3.1. TH Gorgones-fouet Viminella flagellum V.3.1.a. Oui TH Gorgone Callogorgia verticillata V.3.1.b. Oui TH Coraux profonds V.3.1.d. Oui TH Antipathaires et/ou gorgonaires V.3.1.f. Oui TH Sédiments meubles de l'abyssal ND Oui H | 43Annexe 5 : Synthèse des enjeux environnementaux forts et majeurs de la façade69 69 Office français de la biodiversité Pôle de Brest 16 quai de la Douane CS 42932 29229 Brest Cedex 02 www.ofb.gouv.fr Tableau D : Critères utilisés dans différentes méthodes de hiérarchisation des enjeux écologiques. Représentativité du secteur considéré pour l?enjeu Sensibilité ou vulnérabilité à l?échelle biogéographique Importance fonctionnelle Critères additionnels : spécificité locale Enjeu de patrimoine naturel Collectif, 2017 Représentativité du site Sensibilité - rôle fonctionnel de l?enjeu / Espèces Savouré-Soubelet A. 2015 Représentativité nationale (aire de répartition) - Vulnérabilité : UICN - Critère additionnel : Tendance historique des populations / Originalité taxonomique Espèces et habitats Rufray X. et al. 2008 Représentativité régionale & locale (aire de répartition /effectifs) Sensibilité20 : 1. Aire de répartition ; 2. Amplitude écologique ; 3. niveau d?effectifs /surface ; 4. Dynamique / / Espèces et habitats MNHN, SPN, 2012 Superficie relative (=Représentativité du site) - Echelle européenne : habitats et espèces prioritaires DHFF - Echelle nationale : 1. en danger de disparition ; 2. aire de répartition réduite - importance fonctionnelle - variabilité des habitats - localisation dans l?aire de répartition ZNIEFF Importance (=Représentativité du site) - Sensibilité - Rareté : (effectifs / surface) - Importance écologique : * Valeur patrimoniale : symbolique, économique, pédagogique, paysager... Elasmobranches Stéphan et al, 2016 - Représentativité éco- régionale et de la façade (aire de répartition) - Etat de conservation : 1. CIEM ; 2. UICN ; 3 avis d?expert. - Vulnérabilité biologique : 1. taille maximale ; 2. mode de reproduction. / / Espèces et habitats OSPAR, 2003 Représentativité de la région OSPAR ou d?une partie de la région OSPAR (effectifs / surface) - Rareté : (effectifs / surface) - Sensibilité : 1. Fragilité ; 2. résilience) - Déclin - Espèce clef de voute: espèces qui a une forte influence sur les communautés - Importance écologique : habitat très important pour les processus écologiques, et les espèces qu?il supporte / Zone d?importance Critères EBSA - Unicité - Importance pour des espèces ou des habitats menacés ou en déclin - Rareté. - Vulnérabilité fragilité, sensibilité ou faible résilience - Importance spécial pour le cycle de vie des espèces. - Productivité biologique - Diversité biologique - Naturalité / Zones humides d'importance internationale Ramsar Unicité (critère 1) Représentativité pour les espèces (critères 2, 3, 4, 5, 6, 7, 9) Rareté (Critère 1) Etat de conservation des espèces (Critères 2 et 4) Zone d?alimentation, de frayère, d?alevinage et/ou de migration (critère 8 ? poissons) / Zone fonctionnelle halieutique Delage N., et al 2016) - Zone de concentration : Densité d?individu - Contribution au stade de vie suivant : % de la biomasse. Critères envisagés : Statut d?exploitation et état écologique des espèces Critères envisagés : 1. Biomasse relative dans la communauté ; 2. Intérêt pour le fonctionnement des réseaux trophiques. / 20 Le terme sensibilité utilisé dans cette méthode regroupe des critères relatifs à la capacité d?adaptation aux changements de l?enjeu (Aire de répartition et Amplitude écologique) à sa capacité à se rétablir (niveau d?effectifs /surface) ainsi que critères relatifs à sa vulnérabilité (dynamique) C ré d it P h o to © B en ja m in G ui ch ar d / O ff ic e fr an ça is d e la b io d iv er si té | P A O : M au d C h as tr es Ministère chargé de la Mer et de la Pêche Direction interrégionale de la mer Manche Est - mer du Nord 4, rue du colonel Fabien - BP 34 76 083 Le Havre cedex www.dirm.memn.developpement-durable.gouv.fr PARTIE 1 : Méthode I. Introduction et portée de la démarche II. Méthodes générales et critères de hiérarchisation a. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale b. Sensibilité ou vulnérabilité à large échelle c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique d. Critère additionnel lié à la spécificité locale III. Méthodologie retenue pour ce travail 1. Choix retenus pour la hiérarchisation des enjeux a. Critères utilisés pour l?identification et la hiérarchisation des enjeux écologiques b. Limites de connaissance et incertitude du diagnostic 2. Application de la méthode à chaque compartiment écologique a. Conditions hydrographiques, habitats pélagiques et réseaux trophiques b. Habitats benthiques et structures géomorphologiques c. Zones fonctionnelles de dimension « restreinte » pour les espèces marines d. Enjeux transversaux pour les espèces mobiles IV. Discussion 1. Une étape à l?interface entre science et action publique 2. Plus-value de la démarche 3. Des enjeux forts partout ? 4. Suites à donner V. Déclinaison à l?échelle locale 1. Hiérarchisation des enjeux pour les espèces mobiles à l?échelle locale a. Critère de sensibilité ou vulnérabilité à large échelle b. Critère de représentativité c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique d. Critère additionnel e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les espèces mobiles 2. Hiérarchisation des enjeux pour les habitats à l?échelle locale a. Critère de sensibilité b. Représentativité à large échelle et ou à l?échelle locale c. Importance fonctionnelle de l?enjeu écologique d. Critères additionnels liés à la spécificité locale e. Calcul de l?indice de responsabilité pour les habitats 3. Adaptations locales PARTIE 2 : Synthèse des enjeux en Manche Est - mer du Nord > Zone 8 : Mer Celtique et Manche Ouest > Zone 7 : Ouest Cotentin Baie du Mont Saint-Michel > Zone 6 : Nord Cotentin > Zone 5 : Large Baie de Seine > Zone 4 : Baie de Seine > Zone 3 : Côte d?Albâtre et ses ouverts > Zone 2 : Estuaires Picards et mer d?Opale > Zone 1 : Caps et détroit du Pas-de-Calais Annexe INVALIDE)

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