Stratégie de façade maritime Nord Atlantique - Manche Ouest : document stratégique de la façade
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France. Direction interrégionale de la mer Nord Atlantique-Manche Ouest
Auteur secondaire
Résumé
Ce document comprend quatre parties :*la situation de l'existant, les enjeux et une vision pour l'avenir de la façade souhaité en2050 (partie 1) ;? la définition des objectifs stratégiques du point de vue économique, social et environne-mental et des indicateurs associés. Ils sont accompagnés d'une carte des vocations qui dé-finit, dans les espaces maritimes, des zones cohérentes au regard des enjeux et des objec-tifs généraux qui leur sont assignés (partie 2) et les règles de cohabitation entre usages ausein de chaque zone ;? les modalités d'évaluation de la mise en oeuvre du document stratégique (partie 3) ;? le plan d'action (partie 4).Les parties 1 et 2 constituent la Stratégie de façade maritime (SFM) ou « volet stratégique » du DSF.Le « volet opérationnel » est composé des parties 3 et 4.
Descripteur Urbamet
stratégie territoriale
;écosystème
;patrimoine naturel
;site protégé
;risques naturels
;énergie éolienne
Descripteur écoplanete
océan
Thème
Maritime
Texte intégral
STRATÉGIE DE
FAÇADE MARITIME
Document stratégique de la façade
Nord Atlantique - Manche Ouest
l
SOMMAIRE
PRÉAMBULE.........................................................................................................................................................4
1. Cadre européen et national......................................................................................................................5
2. Échelle de la façade Nord Atlantique-Manche Ouest..........................................................................6
3. Régime d?opposabilité du Document stratégique de façade.............................................................7
4. Contenu du Document stratégique de façade.....................................................................................8
5. Élaboration et mise à jour du Document stratégique de façade.......................................................9
6. Calendrier général....................................................................................................................................10
7. Vision à 2050 pour la façade...................................................................................................................12
PARTIE 1: SITUATION DE L?EXISTANT..........................................................................................................14
1. Caractéristiques de la façade.................................................................................................................14
2. Activités maritimes et littorales.............................................................................................................17
3. Écosystèmes marins et littoraux............................................................................................................26
4. Sites, paysages et patrimoine culturel..................................................................................................34
5. Risques littoraux.......................................................................................................................................34
6. Connaissance, recherche, innovation, sensibilisation et formation................................................35
7. Les initiatives locales de planification ou de gestion intégrée de la mer et du littoral.................39
8. Interactions entre activités et entre activités et environnement....................................................40
PARTIE 2: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET PLANIFICATION DES ESPACES MARITIMES.....................44
CHAPITRE 1: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIO-ÉCONOMIQUES. .44
1. Objectifs stratégiques environnementaux......................................................................................44
2. Objectifs stratégiques socio-économiques....................................................................................47
CHAPITRE 2: PLANIFICATION DE L?ÉOLIEN EN MER ET DES ZONES DE PROTECTION FORTE. 50
1. La planification de l?éolien en mer...................................................................................................50
1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer................................................................50
1.2. La planification de l?éolien en mer dans la façade NAMO...................................................51
2. La planification des zones de protection forte.............................................................................54
2.1. Les objectifs de la planification des zones de protection forte..........................................54
2.2. La planification de la protection forte en mer dans la façade NAMO..............................56
2.3. L?implication des acteurs dans la démarche ZPF..................................................................58
CHAPITRE 3: CARTE DES VOCATIONS OU TRADUCTION CARTOGRAPHIQUE DES OBJECTIFS
STRATÉGIQUES............................................................................................................................................59
GLOSSAIRE.........................................................................................................................................................66
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
ANNEXES
? Annexe 1: Description détaillée des activités et usages de l?espace maritime
? Annexe 2: Synthèse scientifique et technique relative à l?évaluation initiale
de l?état écologique des eaux marines et de l?impact environnemental des
activités humaines sur ces eaux
? Partie A: Évaluation de l?état des eaux marines au regard des 11
descripteurs de la DCSMM
? Partie B: Analyse économique et sociale - Coût de la dégradation
? Annexe 3: Arrêté ministériel définissant le bon état écologique
? Annexe 4: Atlas cartographique
? Annexe 5: Description des enjeux écologiques
? Annexe 6: Objectifs stratégiques et indicateurs associés
? Partie A: Objectifs environnementaux
? Partie B: Objectifs socio-économiques
? Annexe 7: Tableau justificatif des dérogations associées à un objectif
environnemental
? Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte des
vocations
? Annexe 9: Document d?orientation et de gestion des granulats marins
(DOGGM)
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
PRÉAMBULE
La mer abrite une biodiversité exceptionnelle,
fournit des ressources alimentaires et accueille
de nombreuses activités économiques structu-
rantes pour les communautés côtières et au-de-
là.
Mers et océans sont aujourd?hui au coeur du défi
du siècle, celui du dérèglement climatique, qui
désigne les variations à long terme de la tempé-
rature et des modèles météorologiques. Depuis
le XIXe siècle, l?Homme a considérablement ac-
cru la quantité de gaz à effet de serre présente
dans l?atmosphère. L?équilibre climatique naturel
est modifié et le climat se réajuste par un ré-
chauffement de la surface terrestre.
Ce réchauffement, dont les effets concrets
s?imposent un peu plus chaque année aux Fran-
çais, a un impact direct sur le fonctionnement
des océans (hausse des températures de l?eau,
acidification, érosion de la biodiversité marine,
etc.). En regard, le milieu marin est le premier
puits de carbone de la planète et constitue un
véritable régulateur thermique; il joue ainsi un
rôle essentiel dans les équilibres climatiques et
l?atténuation des effets de ces changements
globaux. Sa protection, et celle de son rôle
écosystémique, sont donc indispensables.
Les espaces maritimes français constituent par
ailleurs des opportunités majeures pour ré-
pondre à cet enjeu climatique, notamment en
termes de potentiel d?accueil de projets éo-
liens en mer, alors que cette source d?énergie
devrait représenter près du quart de la pro-
duction d?électricité nationale en 2050.
Ces espaces font aujourd?hui face à de mul-
tiples enjeux: préservation de la biodiversité,
gestion des activités existantes et émergentes,
transition énergétique et écologique. La plani-
fication maritime, qui repose sur la construc-
tion, en concertation avec l?ensemble des ac-
teurs et des citoyens, d?une vision pluriannuelle
partagée et évolutive des usages et de la ges-
tion de l?espace maritime, est un levier majeur
pour relever ces défis.
Cette planification est portée par les docu-
ments stratégiques de façade (DSF), qui dé-
clinent, sur chacune des quatre façades, les
orientations de la Stratégie nationale pour la
mer et le littoral 2024-2030 (SNML), au regard
des enjeux économiques, sociaux et écolo-
giques propres à chaque façade. Ils visent ainsi
à concilier la préservation du milieu marin avec
le développement durable des activités mari-
times.
Dans une approche intégrée des enjeux, le nou-
veau cycle de planification (2025-2030) consi-
dère l?importance d?un développement accru
de l?éolien en mer, au regard de l?ambition de la
France en la matière. L?atteinte au niveau natio-
nal de l?objectif de neutralité carbone en 2050
nécessite en effet une accélération du rythme
d?attribution de nouveaux projets d?énergies
marines renouvelables.
Ce cycle de planification poursuit également
l?ambition de gestion durable des activités ma-
ritimes dans l?objectif d?atteindre le bon état
écologique du milieu marin en réduisant ou en
4
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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supprimant les pressions induites par les activi-
tés humaines sur le milieu marin, là où cela est
nécessaire.
1. Cadre européen et national
Face aux enjeux maritimes et littoraux, la France
a choisi de répondre de façon coordonnée à
deux directives cadre européennes transposées
conjointement dans le Code de l?environne-
ment:
? la directive cadre «stratégie pour le milieu
marin» (2008/56/CE du 17 juin 2008) qui
vise l?atteinte ou le maintien du bon état
écologique des milieux marins;
? la directive cadre «planification de l?es-
pace maritime» (2014/89/UE du 23 juillet
2014) qui établit un cadre pour la planifi-
cation maritime et demande aux États
membres d?assurer une coordination des
différentes activités en mer.
Au niveau national, ces deux directives sont
mises en oeuvre par la SNML. Coconstruite par
l?État, les collectivités locales et l?ensemble des
parties prenantes de la mer et du littoral, la
SNML fixe le socle de référence national des po-
litiques publiques concernant la mer et le litto-
ral et constitue une vision intégrée de la poli-
tique maritime. Elle s?articule de ce fait avec
d?autres stratégies nationales, et notamment
celles pour la biodiversité (SNB), les aires proté-
gées (SNAP), le développement portuaire (SNP),
le bas-carbone (SNBC), le trait de côte (SN-
GITC).
Après un premier exercice en 2017 qui a posé les
fondements d?une vision prospective, la SNML a
été mise à jour en 2023 et adoptée par décret le
10 juin 20241. Elle identifie quatre priorités pour
2030: une protection renforcée de la biodiversi-
té, la promotion de l?équité et de la justice so-
ciale, le développement de l?économie bleue et
l?atteinte de la neutralité carbone en 2050, qui
1 Décret n° 2024-530 du 10 juin 2024 portant adoption de
la Stratégie nationale pour la mer et le littoral.
requiert une mise en oeuvre rapide des projets
éoliens en mer. Elle fixe également dix-huit ob-
jectifs qui couvrent l?ensemble des enjeux mari-
times et littoraux2.
En métropole, la SNML est déclinée à l?échelon
des façades maritimes par les documents stra-
tégiques de façade (DSF).
Les DSF précisent et complètent les orienta-
tions nationales au regard des enjeux écono-
miques, sociaux et écologiques propres à
chaque façade, dans une logique de bonne arti-
culation et de continuité entre les échelles na-
tionale/façade, inter-façades, terre-mer.
Le contenu, l?élaboration et la mise en oeuvre
des DSF sont encadrés par les articles L. 219-3 et
suivants et R. 219-1-7 et suivants du Code de
l?environnement. En tant que plans/pro-
grammes, les DSF sont soumis à évaluation envi-
ronnementale stratégique.
Mis à jour par cycle de six ans, les DSF s?actua-
lisent au regard des nouveaux enjeux et priori-
tés identifiés au niveau national et des façades.
Ainsi, à la suite de l?adoption de la loi n° 2023-
175 relative à l?accélération de la production
d?énergies renouvelables du 10 mars 20233, et
conformément à l?article L.219-5-1 du Code de
l?environnement, les DSF intègrent désormais
une cartographie de zones prioritaires, à hori-
zon 10ans à compter de leur publication et à
2050, pour l?implantation d?installations de pro-
duction d?énergies renouvelables en mer à par-
tir du vent et de leurs ouvrages de raccorde-
ment au réseau public de transport d?électrici-
té. Les zones ainsi identifiées contribuent aux
objectifs nationaux de puissance rappelés dans
la SNML (objectif 13) de 18GW mis en service à
10ans et 45GW de capacité de production en
2050.
2 h ttps://www.mer.gouv.fr/strategie-nationale-pour-la-mer-
et-le-littoral.
3 Loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération
de la production d?énergies renouvelables, Titre IV Article
56.
5
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
https://www.mer.gouv.fr/strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral
https://www.mer.gouv.fr/strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral
https://www.mer.gouv.fr/strategie-nationale-pour-la-mer-et-le-littoral
l
Par ailleurs, les DSF déclinent l?objectif 2 de la
SNML et ses mesures portant sur le déploie-
ment de zones de protection forte (ZPF)4, visant
à atteindre, en 2030, 5% de ZPF à l?échelle de la
zone sous souveraineté et sous juridiction de
l?Hexagone, avec un objectif surfacique inter-
médiaire, à 2027, de 3% de ZPF pour l?espace
maritime NAMO.
2. Échelle de la façade Nord
Atlantique-Manche Ouest
L?interrégion Bretagne et Pays de la Loire s?est
historiquement construite et développée en
lien étroit avec la mer. Son environnement, ses
activités économiques, tout comme ses enjeux
lui sont intimement liés. Les activités maritimes
historiques (pêche et aquaculture profession-
nelles, transport maritime, plaisance) néces-
sitent de nouvelles formes de cohabitation avec
les filières émergentes (dont les énergies ma-
rines renouvelables (EMR)) pour l?accès à l?es-
pace et aux ressources maritimes et littorales.
Les interactions des activités entre elles et avec
le milieu marin, sur la bande littorale et en mer
territoriale (jusqu?à 12 milles nautiques) s?en
voient accrues.
Dès lors, le DSF permet d?identifier les activités
et usages en mer et leur développement, la ré-
gulation voire la réduction des pressions exer-
cées par l?homme sur les milieux marins et litto-
raux. Il synthétise les enjeux et précise les zones
à privilégier pour l?implantation des activités et
pour la préservation de l?environnement marin
et littoral.
Cet ensemble vise à coordonner les activités et
à prévenir les conflits liés à la diversification et à
la densification des usages de la mer et du litto-
ral. Le développement cumulé des activités hu-
maines doit s?effectuer dans le respect de l?at-
teinte ou du maintien du bon état écologique.
Confrontés à une question de conflits d?usage,
les acteurs et les autorités disposent au travers
4 Définies par le décret du décret 2022-527 du 12 avril
2022
du DSF d?une aide pour trouver les moyens de la
conciliation sur une zone donnée, rarement un
verdict net privilégiant l?une ou l?autre solution,
choix qui relève aussi d?une analyse locale. Les
activités en expansion y trouvent des orienta-
tions leur permettant de connaître les zones
dans lesquelles leur développement sera recher-
ché, sans pour autant qu?il leur soit accordé une
exclusivité.
Bassins versants et espaces terrestres ont une
influence sur les espaces maritimes et littoraux
au travers des questions de qualité des eaux,
d?occupation des sols, des aménagements ur-
bains, touristiques et agricoles, des projets d?ac-
tivités en mer, etc.
En conséquence, le DSF NAMO appréhende les
interactions terre-mer en articulation avec les
stratégies de gestion des bassins versants et du
littoral, de l?aménagement du territoire et les
documents de planification attenants: schémas
directeurs d?aménagement et de gestion des
eaux (SDAGE/SAGE, mettant en oeuvre la direc-
tive cadre sur l?eau), schémas régionaux de dé-
veloppement durable et d?égalité des territoires
(SRADDET), schémas de cohérence territoriale
(SCOT), plans locaux d?urbanisme intercommu-
naux (PLUi), stratégies locales de gestion des
risques inondation (SLGRI).
Le continuum terre-mer pour les enjeux relatifs
à la biodiversité marine et littorale est égale-
ment considéré en bonne articulation avec les
stratégies régionales biodiversité, les plans d?ac-
tion territoriaux pour les aires protégées, les
stratégies foncières sur la frange littorale.
Par ailleurs, les deux régions Bretagne et Pays de
la Loire disposent d?instances de gouvernance
dédiées à la mer et au littoral, qui déclinent et
alimentent au niveau régional la stratégie à
l?échelle de la façade.
Enfin, la façade NAMO présente des interfaces
avec :
? la façade Sud Atlantique (SA), dont les
enjeux de circulation maritime, de coor-
6
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
dination inter-portuaire ou encore de
pêches professionnelles couvrent tout le
golfe de Gascogne. Les deux façades
partagent aussi de grands écosystèmes
marins et concentrent de nombreuses
espèces mobiles. Le parc naturel marin
Estuaire de la Gironde et mer des Pertuis
se situe par ailleurs à l?interfaçade NA-
MO-SA;
? la façade Manche Est ? Mer du Nord
(MEMN) qui borde l?Est de la baie du
Mont Saint-Michel et des Îles anglo-nor-
mandes. Elle partage, avec NAMO, une
biodiversité exceptionnelle, une forte
identité maritime et un enjeu lié à la
qualité de l?eau. Les deux façades
connaissent également les effets du
Brexit pour les activités maritimes (liai-
sons transmanche, pêches) de cet es-
pace commun;
? le Royaume-Uni et les Îles anglo-nor-
mandes de Jersey et Guernesey avec qui
la France entretient des relations diplo-
matiques et de coopération. Ces es-
paces transfrontaliers sont, eux aussi, au
coeur d?enjeux environnementaux et so-
cio-économiques forts, et au croisement
de stratégies de planifications maritimes
étatiques à coordonner.
Cette position géographique implique donc la
prise en compte des enjeux interfaçades et
transfrontaliers dans la planification maritime
NAMO et la recherche d?une coordination ren-
forcée avec ses voisins dans sa mise en oeuvre.
3. Régime d?opposabilité du
Document stratégique de façade
Le régime d?opposabilité juridique du DSF, défi-
ni à l?article L. 219-4 du Code de l?environne-
ment, est le suivant:
? en mer, les plans, programmes, schémas et
projets de travaux, d?ouvrages, d?aménage-
ments doivent être compatibles ou rendus
compatibles avec les objectifs et disposi-
tions du DSF. La compatibilité implique de
ne pas contrarier les orientations fonda-
mentales: objectifs stratégiques et carte
des vocations, en laissant une certaine
marge de manoeuvre aux services instruc-
teurs pour en préciser l?application. Pour
les actes suivants, la compatibilité porte
uniquement sur les objectifs environne-
mentaux:
? les documents d?objectifs de sites
Natura 2000, lorsque les objectifs
environnementaux concernent les
espèces et les habitats justifiant la
désignation du site5;
? les décisions d?utilisation du domaine
public maritime (DPM)6;
? les autorisations des activités exercées
sur le plateau continental et dans la
zone économique exclusive (ZEE)7.
? s?ils sont à terre et qu?ils ont une influence
en mer, les plans, programmes, schémas
et projets de travaux, d?ouvrages et
d?aménagements doivent prendre en
compte8 les objectifs et dispositions du
DSF, il s?agit d?un principe de «non remise
en cause» visant à ne pas s?écarter des
orientations fondamentales sauf pour un
motif tiré de l?intérêt général.
Le lien terre-mer est un enjeu transversal majeur
du DSF NAMO, tant au titre de l?environnement
marin (qualité de l?eau et des écosystèmes) que
de celui des activités maritimes. De nombreuses
interactions existent ainsi entre les milieux
aquatiques continentaux et les milieux marins.
Une cohérence est donc nécessaire entre leurs
différents documents de planification, notam-
5 Code de l?environnement, article L. 414-2.
6 Code général de la propriété des personnes publiques,
article L. 2124-1.
7 Loi n° 76-655 du 16 juillet 1976 relative à la zone
économique et à la zone de protection écologique au
large des côtes du territoire de la République, article 6.
8 Code de l?environnement, article L. 219-4, point II.
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
ment entre le SDAGE et le DSF. Le Code de l?en-
vironnement prévoit une obligation de compati-
bilité réciproque entre les deux documents.
Différents leviers sont mis au service de cette
cohérence: des gouvernances coordonnées,
des méthodes d?évaluations et des dispositifs
de surveillance harmonisés pour les théma-
tiques communes et une articulation entre les
objectifs et actions du SDAGE et du DSF.
4. Contenu du Document stratégique de façade
Le DSF comprend quatre parties:
? la situation de l?existant, les enjeux et une vision pour l?avenir de la façade souhaité en
2050 (partie 1);
? la définition des objectifs stratégiques du point de vue économique, social et environne-
mental et des indicateurs associés. Ils sont accompagnés d?une carte des vocations qui dé-
finit, dans les espaces maritimes, des zones cohérentes au regard des enjeux et des objec-
tifs généraux qui leur sont assignés (partie 2) et les règles de cohabitation entre usages au
sein de chaque zone;
? les modalités d?évaluation de la mise en oeuvre du document stratégique (partie 3);
? le plan d?action (partie 4).
Les parties 1 et 2 constituent la Stratégie de façade maritime (SFM) ou «volet stratégique» du DSF.
Le «volet opérationnel» est composé des parties 3 et 4.
8
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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La SFM est structurée en un document principal de nature synthétique accompagné d?annexes pré-
sentant notamment le détail des analyses scientifiques et techniques relatives à l?évaluation initiale
et des éléments constitutifs des objectifs stratégiques et de la planification.
5. Élaboration et mise à jour du
Document stratégique de façade
Le DSF est élaboré par l?État. Au niveau natio-
nal, le pilotage est assuré par les ministères en
charge de la mer et du littoral, de la transition
écologique et de l?énergie. Au niveau local, la
responsabilité de son élaboration incombe au
préfet maritime de l?Atlantique et au préfet de
région des Pays de la Loire, désignés préfets co-
ordonnateurs de façade.
Ce binôme préfectoral s?appuie sur une ins-
tance de concertation unique: le Conseil mari-
time de façade (CMF) et sa commission perma-
nente, lieu d?échanges entre les différents ac-
teurs de la mer, du littoral et de la terre.
Conformément aux directives européennes et
au Code de l?environnement, chaque partie du
DSF doit être mise à jour tous les 6ans; à cette
occasion, elles sont enrichies et amendées au vu
de l?amélioration des connaissances dispo-
nibles, des évolutions des enjeux, des priorités
nationales et locales.
La première génération des DSF a été adoptée,
pour son volet stratégique, entre 2019 et 2022
puis pour son volet opérationnel en 2021-20229.
La SFM 2025-2031 constitue ainsi une mise à
jour de la SFM 2019, complétée en 2022. Elle se
fonde sur les acquis du premier cycle de planifi-
cation.
Pour être adoptée par les préfets coordonna-
teurs en 2025, tout en tenant compte des
phases de travaux scientifiques et techniques,
de concertations et des consultations, la mise à
jour de la SFM a été amorcée dès 2022 en lien
avec le calendrier de programmation énergé-
tique.
9 Les différents volets du DSF cycle 1 sont accessibles à
l?adresse : https://www.dirm.nord-atlantique-manche-
ouest.developpement-durable.gouv.fr/documents-
adoptes-r343.html.
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Cette mise à jour vise trois priorités:
? garantir l?atteinte du bon état écologique
et le renforcement de la protection du mi-
lieu marin via, notamment, la reconnais-
sance en zones de protection forte de 3%
des eaux de la façade;
? assurer une visibilité de long terme à l?en-
semble des acteurs en matière de déve-
loppement des activités maritimes exis-
tantes et émergentes;
? planifier le développement de l?éolien en
mer à horizon dix ans et 2050, pour
contribuer à l?objectif de neutralité car-
bone à 2050 nécessitant le déploiement
de 45GW d?éolien en mer à cette
échéance (échelle nationale).
En application de la loi n° 2023-175 du 10 mars
2023 relative à l?accélération de la production
d?énergies renouvelables, cette mise à jour a
donné lieu à la tenue préalable d?un débat pu-
blic mutualisé avec la planification de l?éolien en
mer. Piloté par la Commission nationale du dé-
bat public (CNDP), «La mer en débat»10 s?est
tenu de fin novembre 2023 à fin avril 2024 et a
questionné le public sur l?avenir de la mer, du lit-
toral, de la biodiversité marine et de l?éolien en
mer. Les événements organisés pour la façade
NAMO ont bénéficié d?un fort investissement
du grand public et des acteurs de la façade. Cet
investissement s?est également matérialisé par la
publication d?une cinquantaine de cahiers d?ac-
teurs (collectivités locales, socioprofessionnels,
associations, collectifs d?usagers, etc.).
Dans son compte-rendu, publié le 26 avril 2024,
la CNDP a identifié les principaux résultats du
débat sur chacune des 4 façades maritimes et
établi plusieurs demandes de précisions et re-
commandations. En réponse, le maître d?ou-
vrage a publié, le 17 octobre 2024, la décision
ministérielle consécutive au débat public «la
mer en débat» portant sur la mise à jour des
volets stratégiques des documents stratégiques
10 Le site internet du débat public est accessible à
l?adresse : https://www.debatpublic.fr/la-mer-en-debat.
de façade et la cartographie des zones mari-
times et terrestres prioritaires pour l?éolien en
mer. Cette décision s?est accompagnée d?un
rapport des maîtres d?ouvrage sur la prise en
compte des enseignements du débat public.
Outre la gouvernance, les enseignements du dé-
bat public en NAMO ont mis en exergue les thé-
matiques-clés, régulièrement abordées par le
public de la façade: la dépendance et les en-
jeux des activités maritimes et du bon état éco-
logique du milieu marin, les enjeux et modalités
de la protection de la mer ainsi que l?opportuni-
té et les conditions du développement de l?éo-
lien en mer. Si plusieurs enseignements étaient
déjà pris en compte au sein de la SFM 1er cycle,
un certain nombre d?éléments centraux ont gui-
dé sa mise à jour, ou ont été renforcés dans ses
différentes composantes11.
En parallèle et à l?issue du débat public, l?asso-
ciation «pas à pas» des acteurs de la façade
s?est poursuivie au sein des instances de concer-
tation, en particulier au travers des réunions du
Conseil maritime de façade et de sa commission
permanente, ainsi que les instances régionales
que sont la Conférence régionale mer et littoral
de Bretagne (CRML) et l?Assemblée régionale
mer et littorale des Pays de la Loire (ARML). Ces
différentes instances de concertation ont per-
mis de présenter l?avancement des travaux de
révision et de recueillir les avis.
Enfin, cette mise à jour a fait l?objet d?une éva-
luation environnementale stratégique, accom-
pagnée du projet de SFM, présentés à l?Autorité
environnementale qui a été saisie le 19 dé-
cembre 2024.
6. Calendrier général
Les principaux jalons calendaires de la mise à
jour de la SFM et du déploiement de l?éolien en
mer sont les suivants:
11 Pour plus de précisions, se référer au rapport des
maîtres d?ouvrages sur la prise en compte des
enseignements du débat public:
https://www.mer.gouv.fr/la-mer-en-debat.
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
https://www.mer.gouv.fr/la-mer-en-debat
l
? du 20 novembre 2023 au 26 avril 2024: te-
nue des débats publics dans les quatre fa-
çades sur la planification maritime et la
cartographie de l?éolien en mer;
? premier semestre-été 2024: en concerta-
tion avec les instances de façade et avec
les éclairages du débat public, rédaction
d?un projet de SFM et conduite de son
évaluation environnementale stratégique
dans la perspective d?une saisine de l?Au-
torité environnementale en décembre
2024;
? 26 juin 2024: publication du compte-ren-
du du débat public par la CNDP;
? 17 octobre 2024: publication de la déci-
sion ministérielle consécutive au débat
public «la mer en débat» portant sur la
mise à jour des volets stratégiques des do-
cuments stratégiques de façade et la car-
tographie des zones maritimes et ter-
restres prioritaires pour l?éolien en mer
ainsi que du rapport des maîtres d?ou-
vrage sur la prise en compte des enseigne-
ments du débat public;
? premier semestre 2025: avis de l?autorité
environnementale puis consultation offi-
cielle des instances et du public sur le pro-
jet de stratégie de façade maritime (SFM);
procédure de mise en concurrence pour
l?appel d?offres n°10; Conférence des Na-
tions Unies sur l?Océan à Nice du 8 au 13
juin 2025;
? 10 septembre 2025: publication de l?ins-
truction technique relative aux zones de
protection forte en mer12
? novembre 2025: adoption du volet straté-
gique du DSF par arrêté inter-préfectoral.
Notification à la Commission européenne
des éléments relatifs à l?évaluation initiale
des eaux marines, la définition du bon
12 Accessible ici: https://www.bulletin-
officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/
Bulletinofficiel-0034189/TECL2525202J.pdf
état écologique et des objectifs environ-
nementaux adoptés.
? à venir: Plan national restauration de la
nature.
11
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
7. Vision à 2050 pour la façade13
En 2050, forts d?une culture maritime partagée, les femmes et les hommes de la façade Nord Atlan-
tique-Manche Ouest sont parvenus à dépasser l?antagonisme économie/environnement en ayant in-
venté un modèle de société qui répond aux défis majeurs que représentent la lutte contre le chan-
gement climatique, l?adaptation à ce dérèglement ainsi que les transitions écologique et énergé-
tique sur les espaces maritimes, insulaires et littoraux. Confrontés à des crises sanitaires, géopoli-
tiques et climatiques, ils ont su les appréhender, et construire un modèle résilient répondant aux
enjeux de sobriété et de souveraineté (notamment alimentaire, énergétique) nationale.
Structurée par un réseau de territoires maritimes et littoraux dynamiques et complémentaires, la fa-
çade bénéficie des coopérations entre les filières traditionnelles et nouvelles, exploitant les res-
sources de manière raisonnée et d?une situation géographique privilégiée.
L?équilibre des écosystèmes, le bien-être humain, la santé et l?emploi, au travers d?activités durables
et de qualité, sont reconnus comme objectifs primordiaux de la transition écologique. Celle-ci re-
pose sur le bon état de l?environnement et de ses ressources, socle principal d?une économie mari-
time et littorale, dynamique, soutenable et créatrice de valeurs et de justice sociale. La priorité est
donnée à l?utilisation et à la valorisation durable des ressources (énergétiques, halieutiques, aqua-
coles, minérales, eau douce) dans une logique de coexistence voire de synergie, gérée dans le temps
et dans l?espace.
Les acteurs de la façade préservent et restaurent la biodiversité, les espèces, les habitats embléma-
tiques et représentatifs, la fonctionnalité des milieux et un réseau de sites et de paysages marqueurs
des identités bretonnes et ligériennes. La valeur intrinsèque de la biodiversité est reconnue et pré-
servée particulièrement au sein d?un réseau d?aires marines protégées en cohabitation avec les acti-
vités humaines.
Les niveaux de pression et les impacts cumulés générés par les activités terrestres et maritimes sont
compatibles avec le bon état écologique du milieu marin atteint et la bonne qualité des eaux, no-
tamment sur la mer territoriale et le rétro-littoral.
Les acteurs des bassins-versants ont pris des mesures efficaces pour réduire drastiquement les pol-
lutions marines d?origine terrestre à l?aide d?objectifs ambitieux définis en lien avec les représen-
tants du milieu marin.
La transition écologique et énergétique engendre de nouveaux modèles portuaires et facilite l?ins-
tallation d?ouvrages maritimes intégrant l?écoconception. Le réseau de ports diversifiés et complé-
mentaires de la façade seconde le développement des énergies marines renouvelables en mettant à
disposition de la filière des infrastructures dimensionnées. Ces nouvelles activités s?associent au
processus de décarbonation du transport maritime, porté par une filière navale et nautique d?excel-
lence dans une logique d?économie circulaire.
Face à la montée du niveau marin, les côtes exposées à l?érosion et à la submersion marine sont au
coeur d?une stratégie territoriale de résilience et d?adaptation au recul du trait de côte impliquant
fortement l?État et les collectivités et visant à mettre en sécurité les populations exposées et les ac-
tivités associées.
13 Texte produit lors des travaux des acteurs de la façade (Conseil maritime de façade/commission permanente).
12
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Toujours attractifs et propices aux activités comme aux loisirs, les territoires littoraux gèrent de fa-
çon équilibrée leur capacité d?accueil tout au long de l?année. L?État et les collectivités, dans le
cadre des politiques terrestres, définissent et mettent en oeuvre un aménagement du territoire éco-
nome en espace, en énergie, et en eau douce préservant les paysages locaux et favorisant les mobi-
lités douces et collectives.
Les instances terrestres et maritimes coordonnent leurs actions ?: les liens forts entre terre et mer,
tant au sens de la gestion de l?eau et des milieux naturels qu?au sens social et économique, sont sys-
tématiquement pris en considération par une articulation cohérente des politiques mises en oeuvre
à différentes échelles.
Une gestion intégrant des outils fonciers spécifiques à la bande littorale permet la mise en place
d?une mixité sociale et générationnelle, d?une agriculture de proximité, respectueuse des équilibres
naturels et de la bonne qualité des eaux, le maintien et l?installation d?infrastructures et d?équipe-
ments nécessaires aux activités maritimes (aquacultures, pêches, tourisme, plaisance/nautisme, in-
dustries navales, biotechnologies, etc.).
À ce titre, et en raison des fortes contraintes de ces territoires qui rendent plus pressante la re-
cherche de solutions, les îles du Ponant sont notamment une vitrine de l?innovation dans la façade.
La transition écologique est soutenue par des activités de recherche-développement très ancrées
territorialement, un savoir-faire et des investissements publics et privés, labellisés Bretagne-Pays de
la Loire. Ces investissements, assortis des réglementations adaptées, facilitent le déploiement d?in-
novations vertueuses.
La communauté scientifique Nord Atlantique-Manche Ouest est très active et influente dans les ré-
seaux nationaux, européens et mondiaux liés à la mer et au littoral. Ces connaissances, mises à la
portée du grand public et des acteurs de la mer, contribuent aux choix éclairés et construits au sein
d?instances de gouvernance coordonnées et dédiées à la gestion de la mer et du littoral.
La transition numérique participe à la connaissance et à la surveillance fine des écosystèmes, des
espèces et des ressources marines de la zone économique exclusive et des activités humaines qui
en dépendent.
La sécurité et la sûreté maritime sont renforcées par des systèmes automatisés et connectés.
En 2050, la façade Nord Atlantique-Manche Ouest est ouverte sur le monde et forte de ses partena-
riats inter-régionaux et internationaux. L?État et les collectivités territoriales poursuivent leurs inves-
tissements dans la formation initiale et continue, la recherche et l?innovation, pour faire de la mer
un espace au service de l?épanouissement et du bien-être des populations.
13
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
PARTIE 1: SITUATION DE L?EXISTANT
1. Caractéristiques de la façade
Caractéristiques physiques
La façade Nord Atlantique-Manche Ouest
s?étend sur plus de 2728km de linéaire côtier
(38% du linéaire côtier métropolitain), et jus-
qu?à 200 milles au large.
Elle englobe le secteur «mers celtiques» ainsi
que le nord du secteur «golfe de Gascogne».
Elle est située au droit des régions Bretagne et
Pays de la Loire, du bassin Loire-Bretagne et du
bassin versant de la Loire.
Elle se caractérise par:
? un plateau continental de faible profon-
deur (de 0 à -200m) se prolongeant loin au
large, limité par un talus continental en-
taillé de nombreux canyons, qui rejoignent
la plaine abyssale (-5000m);
? plus d?une dizaine d?îles situées parfois à
distance de la côte (l?île d?Yeu à plus de
20km du continent, Belle-île à 14km de
Quiberon);
? de nombreuses rades, baies, abers et rias.
L?alternance de roches dures et tendres sur le
littoral favorise la diversité des paysages côtiers,
avec des côtes basses (plages, dunes, cordons
de sable et de galets, marais littoraux), des côtes
rocheuses, des falaises, entaillées de profonds
estuaires, abers et rias, golfes. Le caractère mari-
time structure fortement l?identité des six dé-
partements littoraux dotés d?un vaste domaine
public maritime naturel lié au fort marnage (dif-
férence de hauteur d?eau entre une pleine mer
et une basse mer successive) et de côtes très dé-
coupées.
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique
14
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Caractéristiques démographiques
et socio-économiques
Avec 1662600 habitants, la façade NAMO ac-
cueille 25% de la population littorale métropo-
litaine, faisant d?elle la seconde façade la plus
peuplée. Ses 314 communes littorales maritimes
font face à une forte attractivité démogra-
phique et touristique, qui génère des activités
et de la croissance économique mais également
des pressions sur les équilibres naturels, ter-
restres et maritimes (artificialisation des sols14,
consommation d?eau). L?urbanisation littorale
liée à l?attractivité de la façade, y compris dans
les îles, conduit à une artificialisation du rivage
et des sols sur la bande côtière et en rétro-litto-
ral, avec 30% des territoires artificialisés à
moins de 500m de la mer.
La façade est le deuxième espace littoral fran-
çais le plus touristique. Le tourisme littoral
concentre la plupart des emplois (51 %) liés à la
mer. Il est sous tendu par une forte activité de
plaisance, la façade détenant la deuxième place
en nombre de ports de plaisance et la première
place en nombre de navires immatriculés. Elle
est également le siège de courses au large em-
blématiques (Vendée Globe, Route du Rhum).
Avec 1632 navires et 4155 marins embarqués, la
façade est aussi la première façade maritime
pour la pêche professionnelle en nombre de na-
vires, en puissance totale et en valeur; bau-
droie, langoustine, sole, merlu, sardine, coquille
Saint-Jacques et bar assurent 60% des débar-
quements. Cette pêche est avant tout une
pêche côtière, dans les 12 milles nautiques,
source importante d?attractivité pour les terri-
toires littoraux. Les flottilles fréquentent les
eaux et les espaces des façades voisines et les
eaux des îles anglo-normandes, qui font l?objet
d?un régime particulier.
14 L'artificialisation est définie dans l'article 192 de la loi
Climat et résilience comme«l'altération durable de tout
ou partie des fonctions écologiques d'un sol, en
particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et
climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par
son occupation ou son usage».
La façade se classe également en seconde posi-
tion au niveau national pour les productions
aquacoles. Elle assure ainsi 60% des expéditions
françaises de moules en valeur, avec la Bretagne
nord comme première région mytilicole. Elle est
la seconde région ostréicole avec 31% des
ventes d?huîtres nationales en volume et 29%
en valeur.
14 ports de commerce jalonnent le littoral dont
le Grand Port Maritime de Nantes-Saint-Nazaire
(GPMNSN) qui assure les 3/4 du fret maritime de
la façade, les autres ports d?importance étant
ceux de Lorient, Brest, Saint-Malo, les Sables-
d?Olonne, Roscoff et Le Légué. Le site industriel
de Saint-Nazaire inclut le plus grand chantier na-
val français. Le port militaire de Brest, et les
bases navales et aéronavales qui y sont ratta-
chées, est le plus important de l?Atlantique.
Le dispositif de séparation du trafic (DST)15 au
large de l?île d?Ouessant, dit «rail d?Ouessant »,
est l?un des passages maritimes les plus fréquen-
tés au monde.
Trois projets éoliens en mer posés sont déjà at-
tribués, dont le parc de Saint-Nazaire, premier
parc en service en France. Le projet de parc flot-
tant au sud de la Bretagne d?environ 250MW, at-
tribué en 2024, est prévu pour une mise en ser-
vice en 2031. Il sera complété par une extension
ultérieure d?environ 500MW.
L?activité d?extraction des granulats marins,
composés de sables siliceux (Pays de la Loire) et
de sables calcaires (Bretagne nord), recouvre 12
points de déchargement dans 9 ports. Cinq
concessions sont exploitées, elles couvrent 45%
de la production nationale de granulats marins
siliceux et 100% des sables calcaires marins.
Cette activité est encadrée par le document
d?orientation et de gestion des granulats marins
(DOGGM).
Les risques naturels sont prégnants mais inégale-
ment répartis sur le littoral. Les zones basses
15 Mode d?organisation réglementée du trafic maritime
visant à séparer des flux opposés de navigation par la
mise en place de voies de circulation.
15
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
sont les plus exposées aux risques littoraux (sub-
mersions marines, érosion littorale, inondations)
et vulnérables face aux effets du dérèglement
climatique.
Les réseaux de recherche, d?innovation et de
formation sont structurés et actifs et offrent
des moyens techniques à la pointe (plate-forme
de recherche, bassin d?essai, etc.). La façade
NAMO regroupe 36% des unités de recherche
françaises des domaines mer et littoral, deux
pôles de compétitivité (pôle mer Bretagne At-
lantique et VALORIAL pour l?alimentation), deux
instituts de recherche technologique, des clus-
ters spécialisés et des centres d?expertise tech-
nique et de transfert. Son réseau de formations
maritimes est conséquent et diversifié, allant du
CAP à Bac+8 avec 12 lycées professionnels mari-
times, 2 sites de l?École nationale supérieure ma-
ritime (ENSM), l?École Navale, ainsi que de nom-
breuses écoles d?ingénieurs et des masters uni-
versitaires spécialisés.
Paysages naturels et activités humaines histo-
riques sont à l?origine d?un patrimoine naturel et
bâti exceptionnel, reconnu et valorisé par la
puissance publique mais également les citoyens.
En savoir plus
Annexe 1: Description détaillée des activités et usages de l?es-
pace maritime et littoral
Annexe 4: Atlas cartographique
Annexe 9: Document d?orientation et de gestion des granu-
lats marins (DOGGM) en façade NAMO
Caractéristiques environnementales
Les écosystèmes et les paysages marins et litto-
raux de la façade sont riches et variés.
Au Nord, le front thermique qui se forme entre
les eaux côtières froides et les eaux du large plus
chaudes, du printemps à la fin de l?été à l?entrée
de la Manche, est à l?origine d?une forte produc-
tion planctonique structurante pour la biodiver-
sité et les écosystèmes. Plusieurs zones d?inter-
face terre-mer (baies du Mont Saint-Michel, de
Saint-Brieuc, de Lannion et de Goulven, rade de
Brest, baie de Douarnenez), sièges de cette pro-
duction printanière, constituent ainsi des zones
d?abri et d?alimentation importantes pour les
espèces marines, notamment les oiseaux (puffin
des Baléares, harle huppé, plongeon arctique,
etc.), mais également des populations de mam-
mifères marins comme la colonie de phoques.
Au Sud de la façade, le talus océanique et la
configuration du golfe favorisent les upwellings
(remontées d?eaux froides riches en nutriments)
tandis que les panaches estuariens (Loire et Vi-
laine) et les grandes baies abritées (golfe du
Morbihan et baie de Bourgneuf) garantissent
une production planctonique importante, favo-
risant la présence des petits poissons pélagiques
(maquereau et sardine) structurante pour la bio-
diversité.
À la côte et en zone littorale, les eaux du Nord
du golfe de Gascogne constituent ainsi une zone
importante de concentration de l?avifaune ma-
rine en particulier en été (notamment pour le
puffin des Baléares), du requin-pèlerin au prin-
temps et en été et, dans une moindre mesure,
des petits cétacés (delphinidés et marsouins),
majoritairement présents en hiver. Plus au large,
entre la grande vasière et le talus, les sédiments
sont majoritairement sableux. La zone du talus
océanique est une zone fonctionnelle majeure à
l?échelle européenne pour la mégafaune marine.
Elle se caractérise par une forte diversité géo-
morphologique avec la présence de canyons à
des profondeurs allant de 160 à 2000m; les co-
raux d?eaux froides s?y développent.
Cette richesse des écosystèmes a conduit à la
désignation de 153 aires marines protégées
(AMP). Plusieurs de ces AMP ont fait l?objet de
démarches de création ou d?extension récentes
(extension de la Réserve naturelle nationale
(RNN) d?Iroise en septembre 2021 et de la RNN
des Sept-Îles en juillet 2023. La mise en oeuvre
du DSF 1er cycle a également conduit à la recon-
naissance de 14 zones de protection forte, pour
un total cumulé de 36km² soit 0,02% de la fa-
çade.
En raison de connaissances partielles, il reste ce-
pendant difficile d?évaluer de façon exhaustive
l?étendue de ces écosystèmes ainsi que leur bon
16
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
état ou non et les pressions qui peuvent s?y
exercer.
Parmi celles-ci, figure le dérèglement climatique
qui affecte directement le milieu marin et l?in-
terface terre-mer. Avec la baisse attendue des
débits nominaux estivaux des cours d?eau et de
plus forts débits hivernaux, l?apport d?eau douce
dans les estuaires va se déréguler, avec des
conséquences sur le fragile équilibre physico-
chimique de ces zones de transition. À cela
s?ajoute le réchauffement de l?eau des mers et
des océans, facteur non seulement de dilatation
de l?eau (et donc de hausse du niveau de la mer)
mais aussi de modification de l?acidité de l?eau
de mer, d?évolution des habitats, de répartition
des populations animales et végétales, etc.
L?augmentation de l?acidité de l?eau de mer, due
à l?absorption du CO2, a des impacts sur cer-
taines espèces sensibles (diatomées, coquillages,
maërl, corail, etc.).
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique
Annexe 5 : Description des enjeux écologiques
2. Activités maritimes et littorales
La mer et ses rivages, par leurs multiples dimen-
sions (espace aérien, surface, colonne d?eau, sol
et sous-sol), accueillent de nombreuses activités
humaines.
L?objectif de la planification maritime est d?as-
surer la coexistence de ces activités, historiques
ou émergentes, tout en assurant le bon état du
milieu marin, indispensable pour faire face au
dérèglement climatique.
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique
17
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Ces activités font l?objet d?enjeux propres, dé-
taillés ci-après.
Énergies marines renouvelables
et leur raccordement
Les énergies marines renouvelables (EMR) dési-
gnent l?ensemble des technologies permettant
de produire de l?énergie à partir de phéno-
mènes physiques liés au milieu marin: le vent, la
houle, les courants, les marées, le gradient de
température entre les eaux de surface chaudes
et les eaux froides en profondeur. Les installa-
tions productrices d?électricité sont reliées à la
terre par un raccordement qui permet de trans-
porter l?électricité produite vers les lieux de
consommation. Les enjeux de cette filière sont:
? l?identification des zones favorables16 aux
EMR dont l?éolien en mer (toutes techno-
logies, du site d?essai aux fermes pilotes
puis commerciales) et réseaux de raccor-
dement et de transport, issus des travaux
préparatoires à la prochaine programma-
tion pluriannuelle de l?énergie, comme un
objectif affirmé de la démarche de planifi-
cation globale portée par le DSF, afin de
respecter les échéances de développe-
ment de l?éolien en mer aux horizons dix
ans et 2050;
? l?identification des aires marines et ter-
restres pour le raccordement des parcs
éoliens en mer dans un objectif de mutua-
lisation, d?optimisation des emprises et de
simplification des projets;
? la compatibilité du développement de
l?éolien en mer avec le maintien ou l?at-
teinte du bon état écologique du milieu
marin en appliquant la séquence «Éviter,
Réduire, Compenser» (ERC), en poursui-
vant les efforts de suivi des effets des
parcs et de prise en compte des effets cu-
mulés avec les parcs des façades voisines
16 Le terme recouvre l?ensemble des vocables: zones
prioritaires, zones propices, zones potentielles, etc.
et des pays voisins et avec les autres acti-
vités en mer;
? la visibilité pour la filière industrielle des
EMR et pour les acteurs de la mer afin
d?anticiper les investissements (évolution
de la réglementation) et d?accompagner
les évolutions socio-économiques des ter-
ritoires locaux;
? en lien avec l?enjeu relatif à l?adaptation
des infrastructures portuaires pour le dé-
veloppement des EMR, la nécessité de
concevoir des infrastructures logistiques,
de montage et de stockage mais aussi des
quais renforcés pour l?accueil de colis XXL
avec des enjeux d?accès maritimes et ter-
restres pour l?éolien, l?hydrolien ou l?éner-
gie houlomotrice;
? la disponibilité d?une flotte de navires de
services pour la réalisation des travaux
maritimes avec l?objectif d?une neutralité
carbone de la flotte à 2050;
? les conditions de cohabitation avec les ac-
tivités et usages pré-existants (pêche,
transport, défense) et à expérimenter
(aquaculture) ainsi que la recherche de
l?acceptation des acteurs de la mer et du
littoral et du grand public (paysages, pro-
jets de territoires décarbonés);
? l?acquisition et la diffusion des connais-
sances scientifiques sur les technologies,
leurs impacts sur le milieu marin et leur
durabilité et les retours d?expériences (y
compris de l?étranger);
? le positionnement d?un savoir-faire natio-
nal et local en assurant des formations
aux métiers de l?éolien, permettant ainsi
de répondre aux besoins de compé-
tences.
Ports et transport maritime
Le littoral et l?espace marin assurent une fonc-
tion d?interconnexion des territoires, servant no-
tamment de porte d?entrée pour les flux de
18
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
marchandises et de passagers. Les enjeux de
cette filière sont:
? l?évolution du modèle économique de
tous les ports de la façade (pêche, plai-
sance, commerce) dans un objectif de dé-
veloppement durable;
? la transition écologique et énergétique de
tous les ports de la façade (pêche, plai-
sance, commerce): qualité des eaux por-
tuaires et des sédiments, gestion des dé-
chets, des émissions et des bruits, gestion
des espaces naturels, navire du futur, avi-
taillement en gaz naturel liquéfié (GNL) et
électrification des quais, filière émergente
énergies, innovation, intermodalité/hinter-
land, démarche «SMART Port» d?inter-
connexions des acteurs portuaires;
? la coopération inter-portuaire entre, les
grands ports maritimes du golfe de Gas-
cogne (Nantes-Saint-Nazaire, Bordeaux et
La Rochelle), l?ensemble des ports de com-
merce décentralisés et des places por-
tuaires de la façade (Brest, Saint-Malo, Lo-
rient) ainsi que la réponse aux enjeux
trans-européens;
? le maintien des accès nautiques sécurisés
et de moindre impact aux ports de la fa-
çade;
? la transition écologique et énergétique
des navires construits et opérant sur la fa-
çade (décarbonation des modes de pro-
pulsion, réduction du bruit sous-marin, ré-
duction des risques de pollution);
? la lutte contre le dumping social, notam-
ment dans un contexte post-Brexit et de
développement d?infrastructures off-
shores faisant appels à des opérateurs
étrangers;
? la prise en compte du «risque cyber» et
le développement de procédures internes
pour les ports et les compagnies mari-
times afin de protéger les systèmes infor-
matiques;
? l?adaptation du transport maritime et la
consolidation d?une flotte stratégique au
niveau territorial en cohérence avec l?en-
semble de la flotte nationale en réponse
aux potentielles situations de crise;
? la transition numérique du secteur, notam-
ment dans le cadre du développement de
l?intelligence artificielle dans les systèmes
de navigation et d?opération des navires et
drones sous-marins;
? l?attractivité des métiers maritimes, en
particulier la profession de marin;
? l?approfondissement et l?évolution des
formations maritimes dans la perspective
des enjeux contemporains (décarbona-
tion, numérisation, cybersécurité, etc.);
? l?adaptation des ports au dérèglement cli-
matique, en particulier aux effets de l?élé-
vation du niveau de la mer;
? l?acceptabilité des activités portuaires en
améliorant l?intégration du port à la ville.
Industries navales et nautiques
Les industries navales et nautiques désignent en
particulier les chantiers navals et les entreprises
intervenant dans le secteur de la construction,
de la maintenance et de la déconstruction des
navires et infrastructures maritimes. Les enjeux
de cette filière sont:
? la compétitivité d?une filière innovante
pour des navires et les infrastructures as-
sociées à forte valeur ajoutée et technolo-
giques (pêche, passagers, défense et plai-
sance), notamment pour le développe-
ment de navires décarbonés et respec-
tueux de l?environnement (modes de pro-
pulsion décarbonés, écoconception, ré-
duction de la pollution sonore et électro-
magnétique);
19
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
? un réseau de compétences locales adapté
à la conception, à la construction et à la
réparation des navires du futur;
? l?approche coordonnée des investisse-
ments et la mutualisation de sites pour la
réparation et la déconstruction navales à
l?échelle de la façade (nature des équipe-
ments et des infrastructures, coûts, etc.);
? le développement de nouvelles filières de
déconstruction, des infrastructures mari-
times (ouvrages portuaires, éoliennes, etc.)
et de dépollution des navires;
? la transition numérique à tous les niveaux
de la filière (recherche et développement,
conception, construction et déconstruc-
tion).
Plaisance, loisirs et sports nautiques
Il s?agit d?activités récréatives et sportives qui
s?exercent sur le littoral et en mer (navigation,
plongée, baignades, sports ou loisirs de glisse ou
de voile, manifestations nautiques, etc.). Les en-
jeux de cette filière sont:
? la gestion raisonnée et la régulation des
pratiques, en particulier non encadrées,
composante essentielle de l?attractivité
touristique de la façade
? le renouvellement des ressources hu-
maines en lien avec la consolidation des
dispositifs de formation existants sur le
territoire et dédiés à cette économie spé-
cifique;
? la préservation des accès à l?eau et aux es-
paces de navigation pour les structures
professionnelles organisant les pratiques;
? la préservation de la qualité sanitaire des
eaux côtières;
? l?évolution des aménagements portuaires,
de leurs dispositifs de traitement des eaux
et résidus (carénage, eaux usées, déchets)
et des mouillages existants, y compris
hors port via le développement des zones
de mouillage et d?équipements légers
(ZMEL), en fonction des besoins et des
nouvelles pratiques identifiés par bassin
de navigation;
? la sensibilisation aux enjeux environne-
mentaux et la responsabilisation des prati-
quants des sports et loisirs nautiques à la
conservation de ces enjeux;
? la régulation de la fréquentation et la res-
ponsabilisation des usagers aux enjeux de
cohabitation des usages et de sécurité en
mer;
? la garantie de l?équité sociale dans l?ac-
cessibilité aux pratiques du nau-
tisme(usages partagés, co-propriété, co-
gestion et location des bateaux ou équi-
pements nautiques, optimisation et dispo-
nibilité des places portuaires).
Tourisme littoral et activités terrestres
ayant un impact sur le littoral
Le littoral est un espace sujet à de nombreuses
pressions issues des activités terrestres (urbani-
sation, tourisme littoral, agriculture). Les enjeux
de cette filière sont:
? la soutenabilité du tourisme au regard des
autres enjeux notamment environnemen-
taux;
? le dimensionnement des capacités d?ac-
cueil et des infrastructures d?accompagne-
ment (eau potable, eaux usées, déchets,
etc.) au bénéfice de la mixité sociale et
prenant en compte la pression urbaine et
la gestion du coût des logements des habi-
tants et saisonniers, croissance impor-
tante des meublés de tourisme, etc.);
? la continuité physique du sentier côtier,
avec prise en compte du recul du trait de
côte, de la sensibilité de certains enjeux
20
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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environnementaux, notamment les zones
de repos de l?avifaune;
? la desserte littorale via le déploiement
d?un réseau de mobilité des habitants et
des touristes, dans la perspective du déve-
loppement des mobilités douces;
? l?intégration du lien terre-mer dans les ac-
tivités terrestres ayant un impact sur le lit-
toral (urbanisation, aménagement, agricul-
ture, pollution plastique et chimique), en
particulier en matière de qualité de l?eau
et de gestion quantitative des apports
d?eau douce à la mer;
? la prise en compte des effets du dérègle-
ment climatique dans la politique d?amé-
nagement du territoire littoral;
? la sensibilisation du grand public à l?envi-
ronnement côtier.
Pêche maritime de loisir
La pêche maritime de loisir désigne une activité
de pêche dont le produit est soit relâché direc-
tement, soit destiné à la consommation exclu-
sive du pêcheur et de sa famille. Elle peut
prendre plusieurs formes: pêche à pied, pêche
du bord, pêche embarquée ou pêche sous-ma-
rine. Elle n?est pas soumise à la détention d?un
permis de pêche. En application du règlement
(UE) 2023/2842, à compter du 10 janvier 2026,
les pêcheurs de loisir en mer auront l?obligation
de s?enregistrer via un système électronique et
de déclarer leurs captures, si elles concernent
une liste d?espèces sensibles. Les enjeux de cette
filière sont:
? l?accès partagé au littoral et à la res-
source;
? la participation au dialogue avec les diffé-
rentes pêcheries de loisir concernées et
les autres acteurs pour prévenir les
conflits d?usage: pêches professionnelles,
scientifiques assurant le suivi des espèces
ciblées, usagers et associations, etc.;
? l?accès à l?information et la responsabilisa-
tion des pêcheurs de loisir vis-à-vis de la
réglementation relative à la préservation
du milieu marin et des ressources;
? le partage de l?information relative aux es-
pèces capturées entre établissements et
services compétents;
? la connaissance et la promotion des re-
tombées socio-économiques associées à
ce secteur.
Pêche maritime professionnelle
La pêche professionnelle désigne la filière qui re-
groupe les marins-pêcheurs dont l?activité et le
revenu reposent sur le prélèvement des res-
sources halieutiques. Elle peut s?exercer à pied,
en nageant, en plongée ou embarquée, depuis
des navires de tailles et engins variés qui partent
en mer sur des distances et des durées plus ou
moins longues. De la pêche professionnelle dé-
pend par ailleurs l?activité de nombreuses fi-
lières amont et aval (chantiers navals, moto-
ristes, coopératives d?avitaillement, criées, ma-
reyeurs, poissonniers, carénage, etc.). Elle contri-
bue à la souveraineté alimentaire. Les enjeux de
cette filière sont:
? le renouvellement de la flotte de pêche
aujourd?hui âgée de plus de 25ans17
(navires plus économes en énergie, plus
sûrs et plus confortables et navires du
futur);
? le renouvellement des hommes et femmes
(équipages et patrons), l?attractivité des
métiers (en réponse aux difficultés de
recrutement), la gestion prévisionnelle
des emplois et des compétences en
confortant le dispositif de formation
professionnelle maritime dont dispose la
façade, la formation professionnelle
(sécurité, conduite d?entreprise, etc.);
17 Source: synthèse socio-économique de la façade
maritime de la DIRM NAMO
21
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
? la résilience des filières face aux risques
climatiques, énergétiques, et écono-
miques et face aux pollutions;
? la modernisation de la filière aval, et parti-
culièrement du réseau de halles à marée
et les techniques de valorisation des pro-
duits pour conforter la compétitivité de la
filière des produits de la mer de la façade
face à la concurrence internationale;
? la transition énergétique afin de réduire la
dépendance de la filière aux énergies fos-
siles;
? la performance économique d?une filière
pêche en mutation (du poisson au
consommateur, avec valorisation com-
plète (co-produits), accès aux finance-
ments, transmission des entreprises);
? la sélectivité des pratiques pour assurer le
renouvellement des stocks et limiter les
captures d?espèces non ciblées;
? l?adaptabilité des pêcheries et de la filière
aux évolutions des stocks halieutiques no-
tamment dans le cadre du dérèglement
climatique (évolution des localisations, di-
versification des activités, promotion, ex-
ploitation et valorisation de nouvelles es-
pèces);
? la modération des pressions exercées par
la filière sur l?environnement marin (pres-
sions physiques, chimiques, biologiques);
? la qualité trophique et sanitaire des eaux
et la performance et la pérennité des dis-
positifs de suivi associés (milieu, co-
quillages);
? l?accès aux espaces (zones de pêche,
ports, infrastructures terrestres, installa-
tions énergétiques en mer, etc.);
? la sensibilisation du grand public à la pro-
fession de marin pêcheur, tant pour faire
connaître cette activité qu?inciter à
s?orienter vers les métiers de la filière.
Aquaculture
L?aquaculture marine comprend les activités de
pisciculture (élevage de poissons), conchylicul-
ture (élevage de coquillages), algoculture
(culture d?algues) et pénéiculture (élevage de
crevettes). Ces activités utilisent de l?eau de mer
et sont pratiquées en mer ou à terre. Elles ex-
ploitent le cycle biologique d?espèces marines
végétales ou animales. Les enjeux de cette filière
sont:
? la résilience des exploitations et des fi-
lières face aux risques climatiques, énergé-
tiques, économiques et aux aléas sani-
taires et épidémiologiques;
? la qualité trophique et sanitaire des eaux
et la performance et la pérennité des dis-
positifs de suivi et de mise à l?abri associés
(milieu, coquillages);
? la pérennisation des exploitations et le re-
nouvellement des générations et des ou-
tils de production (création, transmission,
accès au foncier terrestre et au littoral
dont réutilisation des friches existantes,
etc.);
? le maintien d?un accès à des zones de pro-
duction et d?expérimentation sur le litto-
ral, le rétro-littoral et le large;
? la diversification des productions aqua-
coles (développement de l?algoculture, de
fermes aquacoles multi-trophiques inté-
grées, etc.) et le réemploi et la valorisation
des déchets (coquilles);
? la sensibilisation du public sur la dépen-
dance de cette activité à la qualité des
eaux dans une perspective de responsabi-
lisation et de regain de confiance du
consommateur.
Extractions de granulats marins
Les granulats sont des fragments de roches
meubles ou massives qui entrent dans la compo-
22
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
sition de divers matériaux utilisés notamment
pour la construction d?ouvrages de travaux pu-
blic, de génie civil ou de bâtiment. Le terme de
«granulats marins» désigne les granulats issus
des gisements de sables et de graviers exploités
en mer. Cette ressource sert également à
l?amendement agricole et au maraîchage. Les
enjeux de la filière sont:
? l?objectivation des besoins de granulats
marins pour définir une capacité de pro-
duction acceptable au niveau de la façade
(établie dans le cadre des schémas régio-
naux des carrières et du document
d?orientation et de gestion des granulats
marins, en cohérence avec la Stratégie na-
tionale mer et littoral et son objectif 14
dédié, la Stratégie nationale de transition
vers l?économie circulaire et la Stratégie
nationale de gestion intégrée du trait de
côte);
? l?incitation auprès des prescripteurs à la
valorisation des matériaux issus des sédi-
ments de dragages, au réemploi par la va-
lorisation des matériaux de recyclage;
? la stabilité des routes commerciales et des
points de déchargement;
? la stabilité juridique et fiscale.
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique
Annexe 9: Document d?orientation et de gestion des granu-
lats marins (DOGGM) en façade NAMO
Défense
La défense et la sécurité s?inscrivent dans la mis-
sion générale de sauvegarde maritime, de Dé-
fense et de protection des intérêts de la France
en mer ou depuis la mer. Les enjeux des activités
de défense sont:
? le maintien des zones nécessaires et suffi-
santes à la conduite opérationnelle, l?en-
traînement des forces armées et notam-
ment de la marine nationale;
? le développement de l?industrie navale de
défense qui contribue au dynamisme de
filières technologiques à hautes valeurs
ajoutées, dont une part importante de la
production est exportée;
? le maintien des emplois(conformément à
la loi du 1er août 2023 relative à la pro-
grammation militaire);
? la sensibilisation du public aux enjeux de
sécurité et sûreté maritime, d?action de
l?État en mer de défense et de sécurité na-
tionale
À retenir
? Pêche: une flotte de pêche professionnelle représentant 38% de la flotte de pêche métropoli-
taine en nombre de navires, 45% de sa puissance totale et plus de 40% de la richesse nationale
(1 façade maritime).??
? Aquaculture: 60% des expéditions françaises de moules, en valeur, assurées par la façade, avec la
Bretagne nord comme première région mytilicole. La façade est également la seconde région os-
tréicole (31% des ventes d?huîtres nationales en volume et 29% en valeur).
? Construction navale et nautique: des entreprises représentant 44% de l?emploi à l?échelle natio-
nale en 2016.
? Tourisme: le 2e espace littoral français le plus touristique avec une capacité d?accueil correspon-
dant à 26% de l?offre totale d?hébergement de France métropolitaine en bord de mer.
23
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l
? Plaisance: 140 ports de plaisance pour une capacité globale de 55695 places (2e façade pour la
plaisance). La plupart d?entre eux se situent en Bretagne et particulièrement dans le Finistère.
? Sports nautiques: plus de 3 millions de pratiquants de sports nautiques.
? Extraction de granulats marins: cinq concessions en exploitation, couvrant 45% de la production
nationale de granulats marins siliceux et 100% des sables calcaires marins.
? Éolien en mer: en 2023, une filière représentant 3041 emplois pour un chiffre d?affaires de 1,6 mil-
liard d?euros sur la façade NAMO. 5 projets éoliens en mer sont déjà prévus pour 2,2GW de puis-
sance dont 2 parcs posés d'environ 500 MW en service, un autre de même puissance et posé en
construction et les 2 premiers parcs commerciaux flottants en développement (750MW au total).
? Câbles sous-marins: 4 points d?atterrage situés sur la façade et 18113km de câbles sous-marins
(dont 25% pour les télécommunications).
? Transport maritime: 11,2% du trafic national de marchandises avec un tonnage total de 39 mil-
lions de tonnes (chiffres 2019). Le port de Saint-Malo est le principal port de trafic passagers de la
façade, (738265 passagers accueillis en 2019), notamment dans le cadre des liaisons trans-
Manche.
24
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Stratégie de façade maritime
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l
3. Écosystèmes marins et littoraux
Les différentes composantes de l?écosystème
marin sont soumises à l?effet conjugué des acti-
vités humaines et du dérèglement climatique.
On estime que 80% des pollutions des eaux cô-
tières sont d?origine terrigène et les 20% res-
tants proviennent des activités maritimes.
L?augmentation de température de l?eau de mer
génère des effets en cascade avec pour consé-
quence pour la façade la migration d?espèces
vers des latitudes plus élevées. L?acidification
des océans, l?élévation du niveau de la mer, les
variations accentuées des salinités des eaux cô-
tières ont aussi un impact sur la biodiversité et
les activités maritimes.
Les résultats des évaluations les plus récentes
concernant l?état écologique des écosystèmes
montrent que le milieu marin de la façade
NAMO n?est actuellement pas en bon état éco-
logique pour plusieurs composantes.
En savoir plus
Annexe 2a: Évaluation de l?état des eaux marines au regard
des 11 descripteurs de la DCSMM
Il est donc nécessaire de renforcer les efforts de
réduction des pressions à la fois pour protéger
et pour restaurer les écosystèmes marins, de
manière à préserver les services écosystémiques
vitaux qui y sont associés ainsi que les emplois
qui en dépendent. Sur la base des évaluations et
dans le cadre du processus de planification ma-
ritime, des actions concrètes pour réduire les
pressions sur le milieu marin ont déjà été mises
en place et continueront à être développées18.
18 Via le Plan d?action du DSF adopté le 6 mai 2022.
Ces actions ont notamment vocation à cibler
les enjeux écologiques qui, au regard de diffé-
rents critères comme le niveau de représentati-
vité, la sensibilité ou leur importance fonction-
nelle, ont été évalués comme les plus prégnants.
Cette information est traduite et parfois locali-
sée dans la SFM, via des objectifs environne-
mentaux spécifiques à certains habitats et es-
pèces ou compartiments de l?écosystème.
Pour certains de ces enjeux, des zones de pro-
tection forte sont préconisées afin de réduire
de façon significative les impacts induits par les
activitéshumaines.
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique
Annexe 6a: Objectifs environnementaux
Annexe 8: Fiches descriptives des zones de vocation
Enjeux environnementaux et
écologiques
Au sein de la façade NAMO, 16 grands espaces à
enjeux environnementaux se distinguent. Les
enjeux écologiques localisés dans ces 16 grands
espaces dits «secteurs écologiques», sont
détaillés dans l?annexe 5.
Certains enjeux liés aux espèces mobiles, à large
spectre spatial en raison de leur cycle de vie,
sont transversaux et concernent toute la façade
ou seulement une partie.
Plus localement, on examine particulièrement
les 31 grands types d?enjeux écologiques sui-
vants, auxquels s?ajoutent les enjeux de qualité
des eaux.
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique
Annexe 5: Description des enjeux écologiques
26
Stratégie de façade maritime
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l
Tableau des enjeux écologiques de la façade NAMO
Grands types d?enjeux Descripteurs concernés
Conditions
hydrographiques,
habitats pélagiques
et réseaux
trophiques
Structures hydrographiques particulières: front thermique
(Ouessant); plusieurs zones d?interface terre-mer à la côte,
zones de forts courants (Iroise) et de fort marnage ? baies
du Mont Saint-Michel et de Saint-Brieuc; zone frontale as-
sociée au niveau du talus océanique; zone du bourrelet
froid; upwellings, panaches estuariens
D7 en lien D1-HP
Zone d?interface terre-mer et panaches fluviaux: confine-
ment dynamique des masses d?eau (baie); baies semi-fer-
mées; bassins; baies et panaches fluviaux; pertuis; zones
macrotidales avec fort brassage; interfaces terre-mer (rias,
estuaires, rade, etc.)
D7 en lien D1-HP
D4
Producteurs primaires et secondaires et espèces fourrages
de petits poissons pélagiques (notamment maquereau et
sardine)
D4 en lien D1-HP, D1-PC et D3
Habitats
benthiques et
structures
géomorphologiques
Habitats biogéniques: herbiers de zostère (naine et ma-
rine); banc de maërl; récifs d?hermelles intertidaux et sub-
tidaux; moulières; gisements naturels d?huîtres plates; la-
minaires; bancs de sables coquilliers; peuplements à ha-
ploops; zones à pennatules, etc.
D1-HB
Habitats profonds: écosystèmes marins vulnérables; mas-
sifs de coraux d?eaux froides (coraux blancs); scléracti-
niaires coloniaux et communautés de crinoïdes
D1-HB
Habitats rocheux: à la côte, colonisés par des ceintures de
fucales et de laminaires; grands plateaux rocheux (plateau
de Rochebonne)
D1-HB
Habitats sédimentaires: majoritairement grossiers et fonds
hétérogènes, vasières (Grande vasière); sableux D1-HB
Dunes hydrauliques du plateau et du haut de talus D7
Structures géomorphologiques particulières: structures ro-
cheuses isolées (Roches-Douvres, plateau de Rochebonne);
plateaux sédimentaires bathyaux; pockmark*; le môle in-
connu (dôme rocheux isolé); plateau de Meriadzeck (bases
bathyales par plus de 2000 mètres, colonisées par les gor-
gones et pennatules); escarpement de Trevelyan; canyons
* dépressions sédimentaires liées à l?émission de méthane
D7 en lien avec D1-HB
27
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l
Grands types d?enjeux Descripteurs concernés
Zones
fonctionnelles de
dimension
«restreinte» pour
les espèces marines
Zones fonctionnelles halieutiques ? frayères: frayères en
centre Manche (araignée, bar, barbue, lieu jaune, limande,
sole, sardine, anchois, sprat, merlu, langoustine, etc.), à la
côte (raie bouclée, griset et seiche) ou sur le talus (chin-
chard, maquereau et merlu)
D1-PC et D3
Zones fonctionnelles halieutiques ? nourriceries: pour de
nombreuses espèces de poissons (lieu jaune, bar, barbue,
plie, raie bouclée, céteau, sole, turbot, anguille, crevette
grise, sardine, etc.) et de crustacés (tourteau, araignée,
homard)
D1-PC et D3
Populations localisées d?invertébrés benthiques protégés
et/ou exploités (ormeau, crevette, tourteau)
D1-PC et D3
Secteurs de concentration et de migration des poissons
amphihalins (anguille, alose, lamproie et saumon)
D1-PC
Populations localement importantes d?élasmobranches
(grands poissons pélagiques: requin)
D1-PC
Nidification de limicoles et zones d?alimentation D1-OM
Colonies d?oiseaux marins et zones d?alimentation D1-OM
Sites d?hivernage pour les oiseaux d?eau D1-OM
Zones de densité maximales et zones fonctionnelles
identifiées pour les oiseaux marins en période
internuptiale
D1-OM
Domaine vital des groupes sédentaires de grands dauphins D1-MM
Colonies de phoques et zones d?alimentation D1-MM
Zones de densité maximale de marsouin commun D1-MM
Enjeux transversaux
pour les espèces
mobiles*
* à large
distribution
Grands cétacés plongeurs: cachalot, baleine à bec,
globicéphale et dauphin de Risso
D1-MM
Baleines à fanons: petit rorqual et rorqual commun D1-MM
Petits cétacés à dents: dauphin commun, dauphin bleu et
blanc, marsouin commun, grand dauphin
D1-MM
Tortues marines: notamment tortue luth D1-TM
28
Stratégie de façade maritime
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Grands types d?enjeux Descripteurs concernés
Populations de poissons exploitées soumises à la PCP*
* Politique commune des pêches
D1-PC et D3
Espèces prioritaires d?élasmobranches: raie blanche, ange
de mer, pocheteau, «petit pocheteau gris»
D1-PC et D3
Espèces prioritaires d?oiseaux marins D1-OM
Thonidés, espadons D1-PC et D3
Espèces fourrages D1-PC et D3
Espèces de fond D1-PC et D3
Qualité de l?eau
Qualité des eaux continentales, de transition, côtières et
territoriales
D5, D8, D9, D10
Disponibilité des apports en eau douce pour la
productivité primaire, la bonne fonctionnalité des
écosystèmes et le bon état écologique du milieu marin
(BEE), notamment dans les golfes, estuaires et baies
D5, D8, D9, D10
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l
À retenir
? Une situation géographique en limite d?aires de répartition d?espèces floristiques, faunistiques,
marines et terrestres, septentrionales et méridionales.
? Des caractéristiques hydrodynamiques et géomorphologiques favorisant une grande diversité
d?écosystèmes et de paysages côtiers.
? 16 secteurs écologiques identifiés, dont 10 en bande côtière et 6 au large.
? 153 aires marines protégées, soit 50% des eaux de la façade NAMO (ZEE comprise).
? 54% des habitats côtiers d?intérêt communautaire métropolitains.
? Une présence, sur 1/3 des communes littorales de la façade, d?espèces végétales terrestres proté-
gées au niveau national.
? 9 types d?habitats benthiques évalués, dont les bancs de maërl, en mauvais état.
? 8 zones de protection forte existantes, reconnues en 2023, toutes situées en Bretagne, puis 6
autres ZPF en 2025, pour une couverture totale de 0,02% des eaux de la façade, soit 14 ZPF re-
connues au moment de l?adoption de la SFM.
? Une majorité des eaux littorales en bon état: 79% des eaux côtières, des déclassements dus ma-
joritairement aux ulves (marées vertes) et aux macroalgues, au phytoplancton (embouchure de la
Vilaine), et à l?indice poissons (évaluation 2017).
? Une très grande majorité des lieux de baignades (94% en mers celtiques, 97% en secteur Nord du
golfe de Gascogne) en bon état au regard de la contamination par E. coli et les entérocoques in-
testinaux.
? Un coût moyen annuel pour l?ensemble des dispositifs de gestion du milieu marin recensés estimé
à 671 millions d?euros sur la période 2017-2021, soit 28% du montant au niveau national19.
? La présence de nombreux organismes de recherche dans chacune des composantes de la biodi-
versité littorale et marine.
? Une gestion des écosystèmes facilitée par une amélioration permanente des connaissances, no-
tamment relatives aux impacts cumulés et qui permet de prendre en compte la complexité des
fonctionnalités du milieu, l?importance du contexte local et des variations naturelles (saisonnières
et interannuelles).
Évaluation de l?état écologique
Pour la mise en oeuvre de la directive cadre stra-
tégie pour le milieu marin (DCSMM), chaque
État membre adopte, à son échelle, une défini-
tion du bon état écologique. Le bon état écolo-
gique correspond à de bonnes qualités des
eaux, des habitats et des espèces. Il garantit un
19 Coûts économiques de la dégradation des milieux naturels correspondant à l?estimation de l?effort que la société
déploie pour maintenir le milieu marin dans un certain état désiré.
31
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
fonctionnement équilibré des écosystèmes (au
niveau biologique, physique, chimique et sani-
taire) permettant une résilience du milieu marin
et de ses usages.
En savoir plus:
Annexe 3: Arrêté ministériel définissant
le bon état écologique
Les évaluations de l?état écologique des eaux
marines et de l?impact environnemental des ac-
tivités humaines sur ces dernières20 (annexe 2a)
sont conduites au regard des 11 «descripteurs
thématiques» correspondant à différentes
composantes de l?environnement permettant
de définir l?état du milieu marin:
D1-HB
Habitats
benthiques D4
Réseaux
trophiques
D1-HP
Habitats
pélagiques D5 Eutrophisation
D1-MM
Mammifères
marins D6
Intégrité des
fonds
D1-OM Oiseaux marins D7
Changements
hydrographiques
D1-PC
Poissons et
céphalopodes D8 Contaminants
D1-TM Tortues marines D9
Questions
sanitaires
D2
Espèces non-
indigènes D10 Déchets marins
D3 Espèces
commerciales
D11 Bruit sous-marin
Ces évaluations sont menées par des
organismes scientifiques (Institut français de
recherche pour l?exploitation de la mer, Muséum
national d?Histoire naturelle, Centre de
documentation, de recherche et
d'expérimentations sur les pollutions
accidentelles des eaux, Bureau de Recherches
20 Annexe 2a:Évaluation de l?état des eaux marines au
regard des 11 descripteurs de la DCSMM.
Géologiques et Minières, Université Pierre et
Marie Curie, Université de La Rochelle,
Université de Liège, service hydrographique et
océanographique de la Marine, Agence
nationale de sécurité sanitaire de l?alimentation,
de l?environnement et du travail).
Sont décrits ci-après les principaux
enseignements qui ressortent pour quatre de
ces descripteurs: les oiseaux (D1-OM) et les
mammifères marins (D1-MM), les espèces
exploitées (D3) et l?eutrophisation (D5).
Une régression des populations d?oiseaux
marins préoccupante, mais similaire à celle
des autres façades
Du fait de leur grande longévité et de leur faible
et tardive fécondité, les oiseaux marins sont très
sensibles aux pressions anthropiques. Ainsi, bien
qu?encore partielle, car ne mesurant que l?abon-
dance et certaines caractéristiques démogra-
phiques des populations (pas de prise en
compte des captures accidentelles, de la distri-
bution spatiale ou encore de l?état de l?habitat
des espèces), l?évaluation des oiseaux marins au
niveau national présente globalement un état
inconnu ou mauvais. Près d?un tiers des espèces
d?oiseaux marins figure sur la liste rouge des es-
pèces menacées de l?Union internationale pour
la conservation de la nature (UICN).
Sur la façade NAMO, 67 espèces d?oiseaux ont
été évaluées en mers celtiques et 66 espèces
sont évaluées dans la partie Nord du golfe de
Gascogne. Ces espèces sont réparties en cinq
groupes. Deux de ces groupes apparaissent
comme étant «en état inconnu» sur les deux
zones d?évaluation (oiseaux herbivores et oi-
seaux plongeurs benthiques). Deux autres
groupes apparaissent comme étant en mauvais
état: les oiseaux marins de surface ainsi que les
oiseaux plongeurs pélagiques. Enfin, les popula-
tions d?échassiers sont en situation de mauvais
état en mers Celtiques et en bon état dans la
partie Nord du golfe de Gascogne. L?améliora-
tion des connaissances sur les oiseaux marins
constitue donc un enjeu majeur afin de pouvoir
32
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
adopter les mesures nécessaires à leur protec-
tion.
Une dégradation de l?état des mammifères
marins
Les phoques (phoques gris et phoques veau-ma-
rin), espèces emblématiques de la façade, sont
évalués en situation de bon état.
En ce qui concerne les autres mammifères ma-
rins présents sur la façade NAMO, les dauphins
communs et marsouins communs apparaissent
comme étant en situation de mauvais état.
L?état de ces derniers présente de plus une ten-
dance à la détérioration en lien notamment
avec une intensification des captures acciden-
telles (par les activités de pêche).
L?état des petits rorquals, rorquals communs,
grands dauphins, baleines à bec, dauphin de Ris-
so et globicéphales noirs est considéré comme
bon, tandis que l?état du dauphin bleu et blanc
et des grands cachalots apparaît inconnu.
Une estimation des espèces exploitées à
des fins commerciales encore largement
inconnue
Sur la façade, les espèces exploitées à des fins
commerciales sont évaluées sur deux zones dis-
tinctes: en mers celtiques et dans le golfe de
Gascogne. Au total, 30% de la pêche métropoli-
taine est réalisée en mers celtiques et 35% dans
le golfe de Gascogne, faisant de la façade
NAMO l?une des façades où cette activité est la
plus représentée.
Comme sur l?ensemble des façades, la propor-
tion de stocks en mauvais état (28% en mers
celtiques et 25% en golfe de Gascogne) est plus
importante que celle des stocks en bon état
(24% en mers celtiques et 20% en golfe de Gas-
cogne). Environ la moitié des stocks évalués
(48% en mers celtiques et 55% en golfe de Gas-
cogne) se trouve en état inconnu du fait notam-
ment d?un manque de données.
Une amélioration de l?état du maquereau com-
mun et du thon germon est à noter, ainsi qu?une
dégradation de l?état du merlu européen sur les
deux zones distinctes et du merlan et de la plie
d?Europe en mers celtiques.
Une eutrophisation persistante
L?eutrophisation marine est un déséquilibre
entre les éléments nutritifs du milieu, provoqué
par des apports excessifs d?origine terrigène,
soit d?azote, provoquant les marées vertes à
ulves, soit d?azote et/ou de phosphore, provo-
quant des blooms phytoplanctoniques et des
développements de microalgues toxiques. Elle
est caractérisée par un développement excessif
ou toxique de macro ou microalgues marines,
qui provoque des dysfonctionnements et des
nuisances sanitaires au sein de l?écosystème.
Elle touche particulièrement les côtes de la fa-
çade NAMO, dont les bassins versants amont
ont un taux d?occupation du sol particulière-
ment agricole. Les problèmes d?eutrophisation
se traduisent majoritairement par des marées
vertes dans les baies de Fresnaye, de Saint-
Brieuc, Lannion, Dossen, Guisseny, au Nord de la
Bretagne, et dans les baies de Douarnenez et de
Concarneau, en ria d?Étel, et dans le golfe du
Morbihan au Sud de la Bretagne. La façade
NAMO connaît également des épisodes de
bloom de phytoplancton, dont les plus intenses
sont observés en baie de Vilaine.
Les microalgues toxiques possèdent des cycles,
des conditions et des sites de développement
différents qui ne sont pas encore totalement
élucidés. L?efflorescence de Dinophysis se déve-
loppe plutôt à large échelle sur la côte Ouest
ainsi qu?en sud Bretagne et Pays de la Loire; sa
production de toxine est augmentée lorsque
l?azote est limitant. Alexandrium prolifère dans
quelques estuaires du Nord-Bretagne; la pro-
duction de toxines est stimulée par des condi-
tions limitantes en phosphore. Pseudonitzchia,
dont la sécrétion de toxine est déclenchée par
un excès d?azote ou de phosphore par rapport à
33
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
la silice, prolifère dans certaines baies enrichies,
comme la rade de Brest.
En savoir plus:
Annexe 2a: Évaluation de l?état des eaux marines
au regard des 11 descripteurs de la DCSMM
4. Sites, paysages et patrimoine
culturel
Outre ses caractéristiques naturelles, le paysage
de la façade est façonné par les activités hu-
maines, telles que la pêche, les cultures marines,
l?agriculture littorale et la saliculture, le trans-
port maritime et sa sécurité, les énergies ma-
rines, la construction navale et le nautisme,
dans des conditions de navigation souvent diffi-
ciles (forts marnages et courants, plateaux ro-
cheux affleurants, nombreux archipels côtiers et
au large).
Paysages naturels et activités sont ainsi à l?ori-
gine d?un remarquable patrimoine culturel, bâti
ou non, reconnu (sites inscrits/classés, grands
sites de France, sites patrimoniaux protégés,
etc.).
La valeur patrimoniale et culturelle, les usages
de ces sites et paysages sont à prendre en
compte dans le développement des activités
maritimes et littorales.
Les enjeux de la façade en la matière sont:
? le maintien de la qualité paysagère et du
capital patrimonial des espaces marins,
sous-marins et littoraux, qui fondent
l?identité et l?attractivité des territoires de
la façade, dans une vision depuis la mer
vers la terre aussi bien que depuis la terre
vers la mer;
? les conditions d?évolution du paysage et
du capital patrimonial maritime et littoral,
lors de l?implantation des parcs éoliens en
mer (Saint-Nazaire, Saint-Brieuc, Îles d?Yeu
et de Noirmoutier, Bretagne Sud) ou dans
le cadre de la planification maritime se-
cond cycle;
? la protection des sites et des paysages
emblématiques des territoires de la fa-
çade, ainsi que de la diversité d?ambiances
et de paysages maritimes (côtes rocheuses
intégrant de nombreuses baies et pointes
rocheuses, prolongées en mer par des ré-
cifs et des îlots, les rias, abers et petites
mers intérieures, alternance de roches
dures et tendres, coexistence de falaises
et de dunes), accrue par la variation des
marées et le changement incessant des
conditions météorologiques du climat bre-
ton et ligérien;
? la sensibilisation aux enjeux maritimes et
littoraux, comme composante de la
culture commune aux habitants de la fa-
çade, en particulier sur le lien entre la
terre et la mer;
? la préservation du patrimoine bâti, emblé-
matique des territoires littoraux bretons
et ligériens (phares, églises, chapelles, cal-
vaires, ports, villages côtiers, stations bal-
néaires, mégalithes, passages et voies sub-
mersibles) dont certains font l?objet d?une
reconnaissance récente avec le dévelop-
pement de plusieurs Sites patrimoniaux
protégés (SPR);
? au sein du patrimoine bâti, l?entretien et
la valorisation de nombreux phares en ac-
tivité qui participent à l?identité paysagère
de la façade et assurent un rôle majeur
pour la sécurité de la navigation;
? la valorisation du patrimoine flottant et
des manifestations culturelles nautiques,
qu?elles soient emblématiques (Route du
Rhum, Vendée Globe, etc.) ou plus locales.
5. Risques littoraux
Les risques littoraux (submersion, inondations,
tempêtes, érosion) sont à considérer dans leur
ensemble, car ils concernent les mêmes terri-
toires et se combinent. Des zones basses sont
ainsi partiellement protégées de submersions
par des cordons dunaires ou des ouvrages an-
34
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
thropiques, pouvant eux-mêmes subir les as-
sauts de la mer. En outre, parmi les nombreuses
conséquences du dérèglement climatique, l?élé-
vation du niveau de la mer (+45 à +100cm en
2100 en Bretagne et +38cm à +76cm en Pays de
la Loire) provoquera nécessairement un recul si-
gnificatif du trait de côte, et donc la disparition
d?infrastructures, l?inhabitabilité ou l?insularité
de certains territoires. Dans les estuaires, l?évolu-
tion de la hausse du niveau de la mer combinée
à des inondations terrestres plus intenses pour-
rait avoir une incidence sur le risque d?inonda-
tion pour la partie des cours d?eau sous in-
fluence maritime.
Aussi, au sein de la façade NAMO, les enjeux en
matière de risque se concentrent sur les zones
en érosion et sur les zones basses soumises aux
risques de submersion hébergeant des loge-
ments et activités (sites SEVESO, zones habitées,
etc.). Des risques industriels majeurs, réels et di-
versifiés sont concentrés sur quelques espaces
côtiers: activité d?établissements industriels
dangereux classés SEVESO, transport maritime
et terrestre de matières dangereuses, stockage
et manutention des matières dans les ports, ac-
tivités de la Marine nationale dans le domaine
du nucléaire (propulsion, armement), plus loca-
lement, rupture de barrages.
L?urbanisation littorale importante, y compris
dans les îles, conduit à une artificialisation du ri-
vage et des sols sur la bande côtière et en rétro-
littoral, avec 30% des territoires de la façade ar-
tificialisés à moins de 500m de la mer. Le fort
développement démographique sur le littoral
entraîne une consommation plus importante de
ressources, en particulier d?eau potable, dans un
contexte de tension et de risque pour l?équilibre
du biseau salé, et une augmentation des vo-
lumes d?eaux usées à épurer avant rejet au mi-
lieu.
La vulnérabilité des territoires littoraux augmen-
tera donc dans les décennies à venir, par la
poursuite des phénomènes d?érosion côtière, de
submersions marines, l?élévation du niveau de la
mer, l?évolution très incertaine du régime des
tempêtes, de la salinité en estuaire, et égale-
ment du fait de leur croissance démographique
et de la place économique des activités litto-
rales (ports, cultures marines, tourisme, etc.).
Au-delà d?une stricte approche du risque, le dé-
règlement climatique est l?occasion de réinterro-
ger le mode de gestion de la bande côtière par
des approches plus résilientes avec des oppor-
tunités sur le plan écologique à partir de solu-
tions fondées sur la nature.
En résumé, les enjeux des risques littoraux de la
façade sont les suivants:
? une connaissance partagée des aléas et de
leurs incertitudes, des enjeux associés aux
territoires concernés;
? la culture du risque chez les élus et les po-
pulations littorales permanentes et sai-
sonnières dans un contexte de dérègle-
ment climatique, associant un meilleur re-
tour d?expériences sur les événements vé-
cus;
? la sécurité des populations et des biens
dans les zones soumises aux risques litto-
raux (zones basses et en érosion) et plus
ponctuellement aux risques technolo-
giques (zones industrielles et portuaires de
Saint-Malo, Brest, Lorient, Saint-Nazaire,
Nantes, les Sables-d?Olonne, etc.);
? la maîtrise et la limitation de l?urbanisa-
tion par anticipation, et la gestion de
l?existant, à distinguer selon la nature des
espaces exposés (littoral et rétro-littoral),
leur résilience et les temporalités (durées
des mandats électifs, de vie des construc-
tions et des cycles climatiques, etc.).
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique
35
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
6. Connaissance, recherche,
innovation, sensibilisation et
formation
La façade présente une densité de compétences
maritimes publiques et privées: l?Institut fran-
çais de recherche pour l?exploitation de la mer
(IFREMER), le service hydrographique et océano-
graphique de la Marine (SHOM), l?Office français
de la biodiversité (OFB), le Centre de documen-
tation, de recherche et d?expérimentations sur
les pollutions accidentelles des eaux (Cedre), le
Centre d?études et d?expertise sur les risques,
l?environnement, la mobilité et l?aménagement
(CEREMA), plusieurs universités, etc.
Ces équipes de recherche sont en pointe sur
certaines thématiques, en particulier les milieux
et ressources, les télécommunications, les ma-
thématiques et la recherche médicale. Par
ailleurs, de nombreux outils d?acquisition de
connaissance sont mobilisables par les acteurs
de la façade: navires océanographiques, sub-
mersibles, observatoires automatisés (bouées,
flotteurs), satellites, réseaux, pôle de calcul in-
tensif de l?IFREMER, laboratoires, stations d?es-
sais et dispositifs aéroportés.
Ces instituts mènent de multiples actions de
sensibilisation pour tous les publics, s?appuyant
sur le riche patrimoine maritime de la façade,
les espaces naturels et les musées. Les associa-
tions environnementales sont actives: elles
gèrent des réserves ou des observatoires litto-
raux et marins, des réseaux de suivis et pra-
tiquent la sensibilisation du public, des élus et
des professionnels à la connaissance et la pro-
tection de la nature.
Compte tenu de l?immensité du milieu océa-
nique, des interactions complexes entre les acti-
vités et l?environnement, entre la terre et la mer,
du dérèglement climatique à l?oeuvre, la com-
préhension du milieu marin et des impacts des
activités humaines demande toujours de la
connaissance, de la recherche, de l?innovation,
de la sensibilisation et de la formation.
En outre, sur la thématique éolien en mer de
nouvelles instances ont été créées: l?Observa-
toire national de l?éolien en mer ainsi que des
conseils scientifiques dans chacune des façades.
L?Observatoire, créé en 2022, est en charge de la
valorisation des connaissances existantes. Il
mène également des programmes d?acquisition
de connaissances sur le milieu marin et sur les
impacts de l?éolien en mer, et contribue à défi-
nir une méthodologie nationale scientifique
pour l?évaluation et le suivi des impacts environ-
nementaux des parcs.
En NAMO, le conseil scientifique de façade éo-
lien en mer a été créé par l?arrêté inter-préfecto-
ral du 24 avril 2023. Il se réunit périodiquement
pour apporter son expertise sur:
? la cohérence des suivis environnementaux
et des protocoles scientifiques associés;
? l?harmonisation des suivis, des protocoles
et des indicateurs, en appui aux services
chargés de l?instruction des autorisations en-
vironnementales;
? les mesures d?évitement, de réduction et
de compensation et d?accompagnement, sur
les résultats de ces mesures et leur efficacité
et propose des évolutions de mesures si né-
cessaire.
Les enjeux du domaine de la connaissance, de la
recherche, de l?innovation, de la sensibilisation
et de la formation sont les suivants:
? la «maritimisation» des enseignements
initiaux et continus, généraux et spéciali-
sés, sur le milieu marin, le littoral et sur les
activités;
? la prise en compte des enjeux liés au bon
état écologique du milieu marin dans les
formations et les différentes professions
maritimes;
? la formation et la qualification adaptées
des personnes aux métiers en mer (scienti-
fiques, EMR, biotechnologies, aquaculture,
36
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
pêches professionnelles, industries navales
et nautiques);
? le maintien d?une capacité d?innovation
maritime (universités, instituts, entre-
prises, clusters, Pôle mer Bretagne Atlan-
tique, etc.);
? l?acquisition de connaissances (y compris
locales) et la recherche sur le milieu marin
(ressources, fonctionnement des milieux
marins sur l?ensemble de la ZEE);
? la connaissance des activités et leurs in-
teractions afin de faciliter l?évaluation des
impacts des projets et des effets cumulés;
? la diffusion de la connaissance auprès des
élus, du grand public (vulgarisation y com-
pris vers les jeunes) et des réseaux scienti-
fiques internationaux (publications) sur le
milieu marin et le littoral.
37
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
18 enjeux communs et transversaux à l?ensemble des espaces
et activités
1. Le bon état du milieu marin et de ses ressources vivantes comme condition nécessaire pour le
développement de certaines activités (pêches professionnelle et de loisir, aquaculture, saliculture,
bio-ressources, tourisme, plaisance, etc.).
2. La cohabitation des activités durables et des usages.
3. La durabilité des ressources exploitées, vivantes ou non (pêches professionnelles et de loisir,
aquacultures, extraction de granulats, récolte des algues, thalassothérapies, etc.).
4. L?effectivité du lien terre-mer et la dimension sociale, culturelle, humaine des activités en lien
avec les territoires littoraux.
5. La qualité des eaux continentales, de transition, côtières et territoriales, ainsi que la disponibilité
de l?eau douce comme conditions nécessaires pour certaines activités (pêches professionnelles et
de loisir, aquacultures, bio-ressources, tourisme, baignade et loisirs nautiques, thalassothérapie,
plaisance, agriculture littorale).
6. Le réseau d?acteurs mobilisés au sein de gouvernances interfacées (entre bassins versants et la
façade maritime) et la participation citoyenne favorisée.
7. La performance économique de toutes les filières et les capacités d?investissements,
d?innovation et de recherche.
8. La performance environnementale de toutes les filières dans une démarche de sobriété et de
mise en oeuvre de la séquence éviter-réduire-compenser.
9. La durabilité, le nombre et la qualité des emplois (attractivité, création de nouvelles filières et
d?emplois, adaptation des formations aux besoins des employeurs et des employés, etc.).
10. La transformation numérique de l?économie maritime et la mise en place de l?industrie du futur
en lien avec l?innovation.
11. La préservation des paysages, fondateurs de l?identité de la façade et supports d?usages et/ou
d?activités (tourisme, plaisance, pêche de loisir, urbanisation, biens culturels maritimes).
12. Le dimensionnement des capacités d?accueil et de l?accès aux espaces maritimes (zone
économique exclusive (ZEE) nationale et frontalière) et littoraux (foncier littoral notamment
portuaire, domaine public naturel, sentier du littoral, espaces rétro-littoraux, accès à la ressource
en eau, à l?offre de soin, etc.), en tenant compte des équilibres des écosystèmes.
13. L?acceptabilité sociétale des activités, des projets et des acteurs, en particulier sur les activités
impliquant l?attribution d?un espace dédié et la recherche de synergies (EMR, aquacultures,
extraction de granulats marins, création/extension de ports, manifestations terrestres et
nautiques).
38
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
14. La responsabilisation des usagers de la mer face aux risques (sécurité maritime, risques naturels
et technologiques), aux enjeux de préservation du milieu marin et des ressources marines et de
cohabitation entre les différents usages (récréatifs ou productifs).
15. La sécurisation juridique des nouvelles activités, des projets et/ou expérimentations en mer et
sur le littoral (EMR, aquaculture, biotechnologies, etc.).
16. La connaissance, la formation et la sensibilisation au milieu marin et aux impacts des activités
sur le milieu marin auprès du grand public comme des socio-professionnels.
17. La sécurité et la sûreté maritimes, les activités de défense et de sécurité nationale.
18. L?anticipation et la prise en compte des crises majeures (climatiques, sanitaires, géopolitiques)
et l?adaptation des politiques et des décisions.
7. Les initiatives locales de
planification ou de gestion
intégrée de la mer et du littoral
En façade NAMO, on peut constater une forte
implication historique des acteurs maritimes,
nombreux et diversifiés, et des contributions ac-
tives aux travaux de planification et de gestion
de la mer et du littoral.
Au niveau régional, il existe deux instances de
gouvernance: la Conférence régionale pour la
mer et le littoral de Bretagne (CRML) et l?Assem-
blée régionale de la mer et du littoral (ARML) en
Pays de la Loire qui sont mobilisées pour conce-
voir les stratégies pour la mer et le littoral pour
chacune des régions. Ces instances se coor-
donnent avec le Conseil maritime de façade et
sont coprésidées par l?État et la région.
Au niveau départemental, certains départe-
ments comme le Finistère, la Loire-Atlantique et
la Vendée se sont dotés de stratégies pour la
mer et le littoral dès le premier cycle. Les collec-
tivités locales sont par ailleurs fortement impli-
quées dans la territorialisation et la mise en
oeuvre des schémas et stratégies relatives à la
gestion durable de la ressource en eau, à la rési-
lience des territoires face à l?érosion du littoral
et au recul du trait de côte, et plus générale-
ment aux enjeux d?aménagement du littoral.
Des réflexions sont ainsi conduites sur l?intégra-
tion d?un volet mer dans les SCOT, sur l?élabora-
tion de stratégies locales de gestion intégrées
du trait de côte, sur les schémas touristiques,
etc. On peut citer à titre d?exemple les straté-
gies locales des territoires de Nantes-Saint-Na-
zaire et Pornic agglomération sur les enjeux ma-
ritimes et littoraux.
Deux schémas de mise en valeur de la mer sont
actifs sur la façade (Morbihan et Trégor-Goëlo)
ainsi que deux parcs naturels marins (Iroise et
estuaire de la Gironde et mer des Pertuis). Les
parcs naturels du Golfe du Morbihan, d?Armo-
rique et du Marais Poitevin participent à la quali-
té du lien terre-mer.
Ce lien est également tout particulièrement exa-
miné par le Comité de bassin Loire-Bretagne à
travers l?élaboration du SDAGE et décliné par
les commissions locales de l?eau des SAGE litto-
raux.
Les collectivités participent par ailleurs, comme
un grand nombre d?acteurs maritimes, aux ins-
tances locales relatives aux espaces protégés ré-
glementaires, fonciers ou contractuels, sur la
frange littorale et rétro-littorale: comités de pi-
lotage Natura 2000, conseils de gestion des
deux parcs naturels marins, comités consultatifs
des réserves naturelles nationales.
39
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Le réseau de conseil est par ailleurs bien déve-
loppé: CESER, pôles de compétitivité dont l?un,
interrégional, est dédié spécifiquement à la mer,
acteurs du monde de la recherche dont la
Chaire maritime de Nantes qui a développé des
outils de sensibilisation et participation du pu-
blic à l?image de la Fresque de la planification
maritime.
Les acteurs de la façade ont ainsi acquis une so-
lide expérience de travail et de gestion, nourrie
de ces nombreuses démarches partenariales.
8. Interactions entre activités et
entre activités et environnement
Interactions entre activités
De nombreuses activités s?exercent en mer et
sur le littoral, générant des interactions. Pour
être compatibles spatialement et/ou temporel-
lement, la cohabitation des usages est néces-
saire et mise en oeuvre à différentes échelles.
Deux facteurs structurants sont à prendre en
compte: la saisonnalité (ouverture de la pêche
pendant une période spécifique ; activité de
transport maritime et tourisme plus ou moins
importante selon la période) et une temporalité
propre à chaque projet (phase de chantier, de
fonctionnement, de démantèlement des EMR,
aquaculture, etc.). Des activités peuvent donc
être incompatibles à une période de l?année et
cohabiter sans difficultés sur les autres pé-
riodes.
Le caractère mobile ou fixe des usages, ainsi
que leur temporalité sont essentiels à considé-
rer dans le cadre de la planification de l?espace
maritime. Les usages mobiles interagissent entre
eux (transports, pêches professionnelles, naviga-
tion de loisir, etc.) ou avec des activités inféo-
dées à des zones spécifiques (extractions,
câbles, parcs éoliens, immersion de sédiments,
zone d?attente, chenal de navigation, etc.). De
nombreux usagers doivent partager un même
espace à des périodes du jour, de la marée, de
la saison ou de l?année qui peuvent être proches
ou simultanées.
Si la façade est vaste et variée dans ses écosys-
tèmes et espaces comme dans ses utilisations,
les interactions entre activités sont marquées
sur l?ensemble de la mer territoriale en particu-
lier dans les zones réduites que sont les baies,
abers, rias, rades et estuaires qui concentrent
souvent des utilisations intenses de l?espace
avec des milieux fragiles.
Le plateau continental et son talus sont égale-
ment des zones où interagissent de nombreux
métiers, sur des espaces cependant plus larges.
L?augmentation et la diversification des usages
de la mer mais également des usages terrestres
nécessitant un accès à la mer, accroissent le
nombre et l?ampleur de ces interactions.
L?implantation des parcs éoliens au large des
côtes implique une analyse spécifique de la co-
habitation/conciliation des usages selon les dif-
férentes phases du projet. En effet, le déploie-
ment de l?éolien doit tenir compte des activités
préexistantes comme la pêche, le trafic mari-
time ou les activités relevant de la défense na-
tionale. Ceci est réalisé au stade de la planifica-
tion, à l?échelle de la façade; les modalités pré-
cises de cohabitation des projets avec les activi-
tés existantes sont ensuite étudiées au cas par
cas dans le cadre des différentes instances de
concertation (instance de concertation et suivi,
commission nautique locale, grande commission
nautique) et donnent lieu à une décision du pré-
fet maritime. Des interactions positives peuvent
40
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
émerger, tel que le développement de forme
d?aquaculture au sein des parcs.
Les interactions entre activités terrestres et ma-
rines dans l?accès aux ressources (eau, foncier)
sont également constatées. Les ostréiculteurs
sont dépendants de la qualité et de la quantité
d?eau qui leur parvient via les cours d?eau, dont
la qualité et disponibilité peuvent être affectées
par les usages agricoles ou pour l?eau potable.
Les interactions entre habitat résidentiel ou tou-
ristique de bord de mer et activités profession-
nelles nécessitant la proximité immédiate de la
mer sont générateurs de conflits potentiels.
En savoir plus:
Annexe 1: Description détaillée des activités et usages
de l'espace maritime et littoral
Annexe 4: Atlas cartographique
Interactions entre activités
et environnement marin
Les activités maritimes et littorales dépendent
des services écosystémiques rendus par un mi-
lieu, littoral ou marin, en bon état; elles sont
également sources de pressions sur les diffé-
rentes composantes de l?environnement marin.
La mise en oeuvre des mesures d?évitement et
de réduction de ces impacts sur le milieu marin
pour l?exercice des activités professionnelles ou
de loisirs est encadrée par différentes réglemen-
tations, de niveau local (arrêtés préfectoraux,
municipaux, aires marines protégées), national
(législation sur les études d?impacts) ou euro-
péen (politique commune des pêches).
L?étude des interactions «milieu marin/activi-
tés» effectuée dans le cadre de la mise en
oeuvre de la planification maritime (directive-
cadre stratégie pour le milieu marin) consiste en
une analyse des activités anthropiques et de
leurs impacts générés sur le milieu marin et sa
mise en correspondance avec les 11 descripteurs
du bon état écologique.
Cette analyse permet d?identifier les théma-
tiques à traiter prioritairement en vue d?at-
teindre ou de maintenir le bon état écologique
du milieu marin. Réalisée en amont, à l?échelle
de la planification, elle oriente également les
projets ou activités dans la mise en oeuvre de la
séquence éviter-réduire-compenser en identi-
fiant les enjeux environnementaux et interac-
tions à approfondir.
Les matrices ci-dessous permettent de représen-
ter de manière visuelle ces interactions. Leur ob-
jectif est de donner un aperçu global et synthé-
tique de l?existence de pressions et d?impacts
potentiels des secteurs d?activité sur le milieu
marin au regard des descripteurs du bon état
écologique (BEE).
La première matrice porte sur les pressions gé-
nérées par les secteurs d?activités sur le milieu
marin: le texte de la cellule précise cette rela-
tion de pression potentielle entre l?activité (en
entrée de ligne) et le descripteur de pression (en
entrée de colonne).
La seconde matrice porte sur les impacts géné-
rés par les secteurs d?activités sur le milieu ma-
rin: le texte de la cellule précise cette relation
d?impact potentiel entre l?activité (en entrée de
ligne) et le descripteur d?état (en entrée de co-
lonne). Une case vide indique une absence ? a
priori ? de relation.
Ces matrices ont été construites sur la base de
la bibliographie existante et de dires d?experts.
Elles ne prennent pas en compte les relations de
dépendance des activités vis-à-vis du bon fonc-
tionnement du milieu marin. Par exemple, les ni-
veaux de pression et d?impact peuvent varier
suivant le type de pratique ou l?intensité asso-
ciés à chaque activité ou suivant les endroits où
cette activité se déroule. Par souci de synthèse,
seules les activités anthropiques générant des
pressions avérées sur le milieu marin sont repré-
sentées.
En savoir plus:
Annexe 1: Description détaillée des activités et usages de
l?espace maritime et littoral
Annexe 2: Synthèse scientifique et technique relative à
l?évaluation initiale de l?état écologique des eaux marines et
de l?impact environnemental des activités humaines sur ces
eaux
41
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Matrice 1: pressions potentielles générées par les secteurs d?activités sur le milieu marin
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Matrice 2: impacts potentiels induits par les secteurs d?activités sur le milieu marin
l
PARTIE 2: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET PLANIFICATION
DES ESPACES MARITIMES
Au vu des enjeux identifiés précédemment et en tenant compte de la Vision à 2050, des objectifs
ont été fixés. Ces objectifs peuvent être de nature environnementale ? afin de préserver le milieu
marin ? ou socio-économique ? leur finalité étant alors de promouvoir le maintien ou le
développement d?une activité économique ou récréative.
Les objectifs peuvent également être stratégiques ou particuliers: les objectifs stratégiques sont
des objectifs généraux et les objectifs particuliers les décomposent plus finement. Il est entendu
que la nature des objectifs ne signifie pas un cloisonnement de la préservation de l?environnement
et des activités humaines. Ces objectifs ont été construits en regard les uns des autres:
? les objectifs environnementaux visent à protéger le milieu marin tout en tenant compte
des répercussions sociales et économiques pouvant en découler;
? les objectifs socio-économiques cherchent à favoriser le maintien ou le développement
des activités humaines tout en veillant à ne pas entraver l?atteinte du bon état
écologique du milieu marin.
CHAPITRE 1: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ENVIRONNEMENTAUX ET
SOCIO-ÉCONOMIQUES
1. Objectifs stratégiques environnementaux
En application de la directive-cadre Stratégie pour le milieu marin (DCSMM), transposée dans le
Code de l?environnement, les objectifs environnementaux (OE) ont pour rôle d?orienter les actions
d?encadrement des activités humaines pour les ramener lorsque nécessaire à des niveaux
compatibles avec l?atteinte ou le maintien du bon état écologique (BEE) des eaux marines. Ils sont
établis sur la base de l?évaluation de l?état écologique du milieu marin et de l?identification des
pressions exercées sur chacune de ses composantes par chaque activité. Pour atteindre ces
objectifs environnementaux, une série d?actions concrètes sont mises en oeuvre par le plan d?action
du DSF (volet opérationnel). Des indicateurs, pour lesquels des cibles sont définies, permettent de
mesurer l?efficacité de ces actions pour atteindre les objectifs environnementaux auxquels elles se
rapportent, et de les réorienter si nécessaire.
Les 15 objectifs stratégiques environnementaux définis au DSF 1er cycle ont été conservés et
enrichis d?un nouvel objectif transversal OET01 «développer la protection forte». Ce dernier est
créé afin de prendre en compte l?objectif cible de la SNML de 3% des eaux de la façade NAMO en
protection forte.
Les objectifs stratégiques environnementaux et particuliers sont codifiés selon les 11 descripteurs
de la DCSMM. Le tableau ci-après identifie la correspondance entre ces derniers et les objectifs
stratégiques environnementaux de la SFM NAMO cycle 2.
44
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Les objectifs environnementaux particuliers sont présentés en annexe 6A, ainsi que la
méthodologie employée pour les rendre plus opérationnels dans le cycle 2 du DSF.
Descripteurs du bon état écologique au
titre de la DCSMM
Objectifs stratégiques environnementaux
Objectif transversal Développer la protection forte
D01
La diversité biologique est
conservée. La qualité des
habitats et leur nombre, ainsi
que la distribution et
l?abondance des espèces sont
adaptées aux conditions
physiographiques,
géographiques et climatiques
existantes
D1-HB
Habitats benthiques
Limiter ou éviter les perturbations physiques d?origine
anthropique impactant le bon état écologique des habitats
benthiques littoraux, notamment les habitats particuliers
Limiter ou éviter les perturbations physiques d?origine
anthropique impactant le bon état écologique du plateau
continental et des habitats profonds, notamment les
habitats particuliers
D01-MT
Mammifères marins
et tortues
Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités
directes et du dérangement des mammifères marins et des
tortues
D01-OM
Oiseaux marins
Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités
directes, du dérangement et la perte d?habitats
fonctionnels importants pour le cycle de vie des oiseaux
marins et de l?estran, en particulier pour les espèces
vulnérables et en danger
D01-PC
Poissons ?
Céphalopodes
Limiter les pressions sur les espèces de poissons
vulnérables ou en danger voire favoriser leur restauration
et limiter le niveau de pression sur les zones fonctionnelles
halieutiques d?importance
D02
Les espèces non indigènes introduites par le biais des
activités humaines sont à des niveaux qui ne
perturbent pas les écosystèmes
Limiter les risques d?introduction et de dissémination
d?espèces non indigènes par le biais des activités humaines
D03
Les populations de tous les poissons et crustacés
exploités à des fins commerciales se situent dans les
limites de sécurité biologique, en présentant une
répartition de la population par âge et par taille qui
témoigne de la bonne santé du stock
Favoriser une exploitation des stocks de poissons,
mollusques et crustacés au niveau du rendement maximum
durable
D04
Tous les éléments constituant les réseaux trophiques
marins, dans la mesure où ils sont connus, sont
présents en abondance et diversité normales et à des
Favoriser le maintien dans le milieu des ressources
trophiques nécessaires aux grands prédateurs
45
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
niveaux pouvant garantir l?abondance des espèces à
long terme et le maintien complet de leurs capacités
reproductives
D05
L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier
pour ce qui est de ses effets néfastes, tels que
l?appauvrissement de la biodiversité, la dégradation
des écosystèmes, la prolifération d?algues toxiques et
la désoxygénation des eaux de fond, est réduite au
minimum
Réduire les apports excessifs en nutriments et leur
transfert dans le milieu marin
D06
Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la
structure et les fonctions des écosystèmes sont
préservées et que les écosystèmes benthiques, en
particulier, ne sont pas perturbés
Éviter les pertes et les perturbations physiques des
habitats marins liés aux activités maritimes et littorales
D07
Une modification permanente des conditions
hydrographiques ne nuit pas aux écosystèmes marins
Limiter les modifications des conditions hydrographiques
par les activités humaines qui soient défavorables au bon
fonctionnement de l?écosystème
D08
Le niveau de concentration des contaminants ne
provoque pas d?effets dus à la pollution
Réduire ou supprimer les apports en contaminants
chimiques dans le milieu marin, d?origine terrestre ou
maritime, chroniques ou accidentels
D09
Les quantités de contaminants présents dans les
poissons et autres fruits de mer destinés à la
consommation humaine ne dépassent pas les seuils
fixés par la législation de l?Union ou les autres normes
applicables
Réduire les contaminations microbiologiques, chimiques et
phycotoxines dégradant la qualité sanitaire des produits
de la mer, des zones de production aquacole et halieutique
et des zones de baignade
D10
Les propriétés et les quantités de déchets marins ne
provoquent pas de dommages au milieu côtier et
marin
Réduire les apports et la présence de déchets en mer et
sur le littoral d?origine terrestre ou maritime
D11
L?introduction d?énergie, y compris de sources
sonores sous-marines, s?effectue à des niveaux qui ne
nuisent pas au milieu marin
Limiter les émissions sonores dans le milieu marin à des
niveaux non impactant pour les mammifères marins
En savoir plus
Annexe 6a:Objectifs environnementaux
46
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
2. Objectifs stratégiques socio-économiques
La Stratégie de façade maritime NAMO comporte 1 objectif transversal et 15 objectifs stratégiques
à finalité socio-économique. Ceux-ci sont précisés par des objectifs particuliers accompagnés
d?indicateurs permettant leur évaluation, suivi et rapportage auprès des instances nationales et de
façade.
Les objectifs sont codifiés sur la base de 3 objectifs de long terme de la SNML 2017-2023: le
développement d?une économe bleue durable (DE), la transition écologique pour la mer et le
littoral (TE), le rayonnement de la France (RF).
La SNML ayant été mise à jour pour la période 2024 à 2030, ses objectifs et mesures adossées ont
ainsi évolué.
Afin de maintenir une continuité entre les deux cycles du DSF NAMO, il a été choisi de ne pas
modifier la codification des objectifs adoptés au 1er cycle, telle que décrite ci-avant.
Les principaux enjeux qui ont guidé l?évolution au second cycle en façade NAMO sont:
? la prise en compte de l?objectif national relatif au déploiement de l?éolien en mer à 10ans et à
2050;
? la recherche d?indicateurs communs SNML-DSF en lien avec les travaux du Conseil national de
la mer et des littoraux;
? la vérification de la complétude des thématiques couvertes, ayant conduit à intégrer un
objectif transversal relatif à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à renforcer le
suivi des activités liées au transport maritime et au tourisme;
? la fiabilisation des indicateurs au regard des sources de données et de leur accessibilité. Il
convient toutefois de préciser que certains indicateurs restent à expertiser en cours de
cycle2 afin notamment de préciser les méthodes d?évaluation et consolider les sources de
données.
Le tableau ci-après identifie la correspondance entre les objectifs de la SNML cycle 2 et les objectifs
de la SFM NAMO cycle 2.
Les objectifs particuliers sont présentés en annexe 6B.
Objectifs de la SNML2 Objectifs stratégiques socio-économiques
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports,
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement
climatique et leurs activités au service des territoires»
Objectif 14 «Accompagner les filières maritimes dans
la transition vers la neutralité carbone à horizon 2050
et sécuriser l?approvisionnement en ressources
minérales non énergétiques dans un cadre de gestion
durable»
OT-OSE-I: Réduire les émissions de gaz à effet de
serre
47
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Objectif 7 «Promouvoir l?innovation technologique et
numérique pour des activités performantes,
soutenables et un meilleur partage des
connaissances»
Objectif 8 «Soutenir l?effort de recherche et de
connaissances au service des politiques publiques
maritimes et des territoires»
DE-OSE-I: Soutenir et promouvoir la recherche et
l?innovation dans tous les domaines de l?économie
maritime NAMO
Objectif 9 «Affirmer les dimensions sociale et durable
des activités maritimes et consolider les formations
initiales et continues pour répondre à l?évolution des
besoins»
DE-OSE-II: Développer un vivier de main-d?oeuvre
qualifiée et compétente au service de l?économie
bleue NAMO
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports,
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement
climatique et leurs activités au service des territoires»
DE-OSE-III: Promouvoir et accompagner le
développement de l?économie circulaire maritime
Objectif 13 «Développer les énergies marines
renouvelables pour contribuer à la neutralité carbone
2050 avec un objectif de 18GW mis en service en
2035 pour l?éolien en mer»
DE-OSE-IV: Développer les énergies marines
renouvelables
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports,
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement
climatique et leurs activités au service des territoires»
DE-OSE-V: Accélérer la transition énergétique et
écologique des ports de la façade
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement climatique
et leurs activités au service des territoires»
Objectif 14 «Accompagner les filières maritimes dans
la transition vers la neutralité carbone à horizon 2050
et sécuriser l?approvisionnement en ressources
minérales non énergétiques dans un cadre de gestion
durable»
DE-OSE-VI: Accompagner et valoriser les industries
navales et nautiques durables
Objectif 2 «Atteindre le bon état écologique et
restaurer la biodiversité marine et littorale avec des
outils adaptés»
Objectif 6 «Bien vivre sur le littoral et recomposer le
modèle d?attractivité des littoraux»
DE-OSE-VII: Encourager un nautisme et un tourisme
durables et accessibles à tous
Objectif 11 «Soutenir et promouvoir un modèle de
pêche durable et une aquaculture performante et
respectueuse de l?environnement, pour améliorer
notre souveraineté alimentaire»
DE-OSE-VIII: Encourager des pêches et des
aquacultures durables et résilientes
48
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Objectif 14 «Accompagner les filières maritimes dans
la transition vers la neutralité carbone à horizon 2050
et sécuriser l?approvisionnement en ressources
minérales non énergétiques dans un cadre de gestion
durable»
DE-OSE-IX: Stabiliser l?approvisionnement en
granulats marins
Objectif 7 «Promouvoir l?innovation technologique
et numérique pour des activités performantes,
soutenables et un meilleur partage des
connaissances»
DE-OSE-X: Accélérer le développement des
biotechnologies marines
Objectif 5 «S?adapter aux effets du changement
climatique et accompagner l?évolution du trait de
côte»
Objectif 4 «Assurer la protection de la zone littorale
grâce à une action coordonnée entre bassins versants
et façades maritimes pour assurer une eau de qualité
et réduire les pressions de la terre vers la mer»
TE-OSE-I: Connaître, prévenir et gérer de façon
intégrée les risques maritimes et littoraux
Objectif 3 «Valoriser le patrimoine littoral et
maritime»
Objectif 6 «Bien vivre sur le littoral et recomposer le
modèle d?attractivité des littoraux»
TE-OSE-II: Promouvoir des territoires maritimes,
insulaires et littoraux résilients et équilibrés
Objectif 9 «Affirmer les dimensions sociale et
durable des activités maritimes et consolider les
formations initiales et continues pour répondre à
l?évolution des besoins»
RF-OSE-I: Faire comprendre et aimer la mer
Objectif 2 «Atteindre le bon état écologique et
restaurer la biodiversité marine et littorale avec des
outils adaptés»
Objectif 7 «Promouvoir l?innovation technologique et
numérique pour des activités performantes,
soutenables et un meilleur partage des
connaissances»
Objectif 8 «Soutenir l?effort de recherche et de
connaissances au service des politiques publiques
maritimes et des territoires»
RF-OSE-II: Explorer la mer
Objectif 15 «Porter des positions ambitieuses pour le
maritime en développant des coopérations» RF-OSE-III: Exporter nos savoir-faire maritimes
En savoir plus
Annexe 6b:Objectifs socio-économiques
49
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
CHAPITRE 2: PLANIFICATION DE L?ÉOLIEN EN MER ET DES ZONES
DE PROTECTION FORTE
1. La planification de l?éolien en mer
1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer
Le développement de l?éolien en mer s?inscrit dans la transition énergétique de la France guidée par
l?Accord de Paris sur le climat ratifié en 2015 et l?objectif de neutralité carbone en 2050 inscrit dans
la loi énergie-climat (LEC) de 2019. Pour y parvenir, l?État doit à la fois s?assurer de la réduction des
consommations énergétiques et de la décarbonation de ses sources d?énergie.
Pour atteindre ces objectifs, l?État a défini deux feuilles de route, la Stratégie nationale bas-carbone
(SNBC) adoptée en 2020 et la prochaine programmation pluriannuelle de l?énergie n°3 (PPE3).
La SNBC prévoit à l'horizon 2050 une augmentation en volume du besoin de production électrique
à hauteur de 645TWh. Il en résulte que le besoin en électricité provenant de sources décarbonées
augmentera significativement dans les décennies à venir.
Cela implique une trajectoire indispensable de développement de l?éolien en mer, en complément
des autres sources d?énergie renouvelable et du nucléaire, pour répondre aux besoins en électricité
décarbonée et atteindre les objectifs climatiques de baisse des émissions de gaz à effet de serre;
ce développement est également considéré comme nécessaire pour garantir l?indépendance
énergétique et la sécurité de l?approvisionnement.
Par ailleurs, lors des travaux sur la révision de la Stratégie française pour l?énergie et le climat (SFEC),
le Gouvernement a publié, le 12 juin 2023, une trajectoire de déploiement de l?éolien en mer
prévoyant la mise en service de 45GW à l?horizon 2050au regard des tensions identifiées sur le
système électrique, impliquant un besoin supérieur à celui envisagé initialement. Ces orientations
ont vocation à être traduites, adaptées et précisées dans la PPE.
Outre la neutralité carbone, cette planification vise à répondre à un besoin de visibilité des
territoires, des citoyens et de la filière industrielle de l?éolien en mer. Un pacte entre la filière et
l?État a par ailleurs été conclu en mars 202221.
La loi relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables (APER), promulguée le
10?mars 2023, a instauré l?établissement de cartographies de zones prioritaires pour le
développement de l?éolien en mer à l?horizon dix ans et 2050.
La mise à jour de la SFM NAMO est ainsi l?occasion de planifier l?implantation des futurs parcs
éoliens en mer pour répondre aux objectifs nationaux de transition énergétique et de
développement des énergies renouvelables, tout en assurant la préservation des enjeux
environnementaux les plus sensibles, des paysages et l?articulation avec les autres usages de la mer,
notamment les activités de pêche.
21 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/2022.03.14_pacte-eolien-mer.pdf
50
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/2022.03.14_pacte-eolien-mer.pdf
l
1.2. La planification de l?éolien en mer dans la façade NAMO
Sur la façade NAMO, trois projets éoliens en mer posés sont déjà attribués dont le premier parc
commercial français de Saint-Nazaire, mis en service en 2022 (480MW), ainsi que le parc de Saint-
Brieuc (issu du même appel d?offres, 496MW), entré en service en 2024. En travaux, le parc des Îles
d?Yeu et de Noirmoutier (500MW) entrera en service fin 2025. Le premier parc commercial flottant
au sud de la Bretagne (250MW) a été attribué en mai 2024 et une procédure de mise en
concurrence pour un second parc flottant (500MW) est en cours. Au total, ce sont cinq parcs
éoliens en service ou en projet qui ont été planifiés pour une production de plus de 2,2GW avant
2034.
L?atteinte des objectifs de développement fixés au niveau national à 10ans et à 2050 dépend
largement de la contribution de la façade maritime NAMO, en raison de sa superficie et de ses
potentiels techniques. Ainsi, les objectifs qui lui ont été assignés22 sont de l?ordre de 6 à 9,5GW à
10ans (dont le second parc flottant de 0,5MW en Bretagne sud) et 17 à 25GW pour 2050.
L?application de cinq critères techniques (profondeur d?eau, navigation maritime, défense nationale,
distance minimale à la côte de 15km, force du vent) a permis de définir 5 zones propices à 10ans
(A, B, C, D et E) et 2 à 2050 (F et G) qui totalisent une superficie respectivement de 3320km² et
15700km². Ces 7 zones ont été soumises au débat public23.
En complément des enseignements du débat public, la définition des zones prioritaires au sein des
zones propices a pris en compte les enjeux environnementaux (habitats, avifaune et mammifères
marins) ainsi que de ceux des pêches professionnelles excluant les secteurs de plus forte
sensibilité24. Les sensibilités paysagères à l?éolien en mer ont été également évaluées sur la façade
pour questionner l?éloignement minimal à la côte. Les capacités et les contraintes de raccordement
ont également été prises en compte dans l'exercice.
Ces éléments ont fait l?objet d?un partage auprès des instances de la façade (CMF, ARML, CRML et
son groupe de travail technique, Conseil scientifique de façade), ainsi que de travaux concertés
avec les acteurs dont les élus locaux pour trouver un équilibre entre les enjeux environnementaux,
de cohabitation des usages et paysagers de la façade NAMO.
Les cartographies des zones prioritaires sont le fruit de ce processus itératif de concertation.
Ainsi, la cartographie à 10 ans présente deux zones prioritaires à l?éolien en mer:
? Bretagne Nord-Ouest (BNO), de 2GW maximum, raccordable en Finistère à 2035;
? Bretagne Nord-Est (BNE), d'environ 2 GW située totalement ou pour partie sur la façade
NAMO et, pour la partie restante, sur la façade MEMN sans que cette dernière ne puisse
dépasser 1 GW. Son raccordement est prévu à 2040 en Bretagne ou en Normandie.
22 Stratégie nationale pour la mer et le littoral ? Objectif 13.
23 Cette cartographie est disponible sur le site eoliennesenmer.fr, accessible ici:
https://www.eoliennesenmer.fr/planification-et-participation-du-public
24 Étude «pêche» du CEREMA sur l'ensemble de l'espace maritime des 4 façades métropolitaines ? 2024; Étude ZIP 1 des
comités des pêches bretons et ligériens ? mars 2024
51
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
https://www.eoliennesenmer.fr/planification-et-participation-du-public
l
La cartographie à 2050 identifie deux zones prioritaires à l?éolien en mer , Bretagne Grand Large
(BGL) et Centre Atlantique Grand Large (CAGL) qui feront l?objet d?études de faisabilité et de
concertation supplémentaires.
Les trois zones propices B, C et D situées dans le prolongement des parcs éoliens en
développement (Bretagne sud), en service (Saint-Nazaire) et en construction (Yeu-Noirmoutier) ne
sont pas retenues comme zones prioritaires, tout comme la zone E au large de la Vendée au Sud de
la façade.
L'aired'étude pour le raccordement de la zone Golfe de Gascogne Sud (GGS), en SA, a été définie
en lien avec liaison électrique GILA.Le projet « Gironde ? Loire Atlantique » (GILA) porté par RTE et
situé sur la façade maritime atlantique a pour double objectif le renforcement interne du réseau de
transport d'électricité par la mer et le raccordement de parcs EMR, avec la possibilité de raccorder
au moins un parc éolien en mer (en complément du raccordement du parc Oléron 2).
Depuis la décision interministérielle du 17 octobre 2024, la concertation continue menée sous
l?égide du préfet de région Bretagne et du préfet maritime de l?Atlantique avec les instances, les
parties prenantes et le public a permis de préciser la zone prioritaire Bretagne Nord Ouest et la
zone d?étude de son raccordement.
Les études et la concertation au sein des zones prioritaires à l?éolien en mer à 10 ans BNO et BNE se
poursuivront pour l?identification, d?un ou plusieurs périmètres d?appels d?offres afin de lancer les
procédures de mise en concurrence actées par la future programmation pluriannuelle de l?énergie.
En conséquence, la carte des zones prioritaires à l?éolien en mer à 10 ans et à 2050 a été actualisée ,
(cf. page ci-après).
Les zones prioritaires au développement de l?éolien en mer sont cartographiées, par zones de
vocation, dans l?annexe 8 dédiée aux fiches descriptives des zones de vocation.
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique ? la décision interministérielle est insérée dans l?atlas
Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte ds vocations
52
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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53
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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2. La planification des zones de protection forte
2.1. Les objectifs de la planification des zones de protection forte
Les dernières évaluations de l?état du milieu marin en France sont préoccupantes. Elles démontrent
que la biodiversité marine et les nombreux services rendus par la mer, indispensables à l?humanité,
sont menacés, notamment en raison des nombreuses pressions liées aux activités humaines. Réduire
les pressions sur le milieu marin implique en particulier d?encadrer, sur une base volontaire ou
réglementaire, les activités humaines là où leur impact affecte l?état écologique des espèces et des
habitats.
La Stratégie nationale pour la biodiversité et la SNML 2024-2030 ambitionnent, à horizon 2030, de
renforcer le réseau des aires protégées pour couvrir 30% du territoire national et des eaux marines
(cible aujourd?hui atteinte, avec une couverture de 33,6 % des eaux marines), et 10% des eaux
françaises en protection forte. Ces cibles sont également indiquées respectivement dans les
mesures 1 et 2 de l?objectif 1 de la Stratégie nationale aires protégées (SNAP) 2030. Cette dernière
se décline à l?échelle nationale via un plan d?action SNAP (en cours de révision) et des plans
d?actions territoriaux aux échelles régionales (Bretagne et Pays de Loire) et façade maritime.
Définie par le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 pris en application de l?article L. 110-4 du Code de
l?environnement, la protection forte correspond à «une zone géographique dans laquelle les
pressions engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des
enjeux écologiques sont absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées, et ce de manière
pérenne, grâce à la mise en oeuvre d?une protection foncière ou d?une réglementation adaptée,
associée à un contrôle effectif des activités concernées».
Les zones de protection forte (ZPF) ne constituent donc pas en soi une nouvelle catégorie juridique
d?aires marines protégées. Il s?agit d?un label reconnaissant des bonnes pratiques et une gestion
exemplaire avec un encadrement adapté des activités, permettant à moyen et long termes la
préservation d?une biodiversité remarquable25 et de ses services rendus. Elle ne vise ainsi pas
l?exclusion a priori des activités humaines mais marque une suppression ou a minima une forte
limitation des pressions générées par ces activités, en fonction de leurs impacts effectifs sur les
enjeux écologiques de la zone considérée.
Les bénéfices associés à une aire marine protégée efficacement gérée et fortement protégée sont
nombreux pour l?environnement marin: la biodiversité y est notamment plus riche, les espèces plus
nombreuses, en abondance plus importante, les habitats en meilleur état de conservation. Les
bénéfices écosystémiques fournis (reproduction des espèces halieutiques, lutte contre l?érosion
côtière, paysage de qualité, etc.) sont accrus et renforcés jusqu?à bénéficier même aux zones
avoisinantes: c?est «l?effet réserve».
25 La biodiversité remarquable désigne une biodiversité patrimoniale, rare avec une notion de responsabilité de la façade,
et/ou une biodiversité assurant une à plusieurs étapes de vie primordiales pour une ou plusieurs espèces.
54
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 précise les 3 critères ci-dessous à respecter pour une recon-
naissance en zone de protection forte. Il est mis en application suivant l?instruction technique du 8
septembre 2025 relative à la reconnaissance des zones de protection forte des espaces mari-
times26 .
26 Accessible à l?adresse: https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-
0034189/TECL2525202J.pdf
55
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0034189/TECL2525202J.pdf
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0034189/TECL2525202J.pdf
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2.2. La planification de la protection forte en mer dans la façade NAMO
Pour construire ce réseau, l?élément guide est la préservation des enjeux écologiques majeurs et
forts identifiés par le DSF NAMO (cf annexe 5 de la stratégie de façade). Ces enjeux écologiques
majeurs et forts contribuent à la biodiversité remarquable de la façade Nord Atlantique-Manche
Ouest.
La démarche d?identification et de mise en oeuvre de zones de protection forte est en cours en
façade depuis le 1er cycle du DSF. Ainsi, l?annexe 2 du tome 1 du plan d?action du premier DSF ?
adopté par les Préfets coordonnateurs le 6 mai 2022 après concertation avec les membres du CMF
et de sa commission permanente ? identifiait en zone côtière une cinquantaine de secteurs d?étude
ZPF, existantes et potentielles, et listait pour chacun, les enjeux environnementaux d?intérêt pour le
développement de la protection forte27.
8 ZPF existantes ont été reconnues en 2023, pour un total cumulé de 27km²:
? réserve naturelle nationale de la baie de Saint-Brieuc, en «fond de baie»: zone de protection
renforcée et zone interdite à la navigation;
? réserve naturelle régionale du sillon de Talbert;
? périmètre de la RNN historique de l?archipel des Sept-Îlesainsi que zone de protection
intégrale et zone de protection renforcée issues de l?extension de 2023;
? arrêté de protection de biotope des îlots de la baie de Morlaix (îlots aux Dames, Beglem et
Rikard);
? zone marine de la réserve naturelle nationale d?Iroise étendue (par décret le 4 septembre
2021) dans l?archipel de Molène;
? arrêté de protection de biotope de l?île aux Moutons;
? réserve naturelle nationale des marais de Séné et son périmètre de protection ? golfe du
Morbihan;
? cantonnement de pêche au sud de l?île Longue ? golfe du Morbihan.
6 autres zones maritimes ont été reconnues en protection forte en 2025 (reconnaissance
automatique dès l?adoption des textes réglementaires de création de nouveaux arrêtés de
protection de biotope ou d?habitats naturels):
? APHN récifs d?hermelles de la baie du Mont Saint-Michel;
? AP cordons coquiller et gravelot à collier interrompu de la baie du Mont Saint-Michel;
? APB îlet de la Richardais;
? APB Etang de Toulvern;
? APB île Dumet et ses abords;
? APHN Pointe de l?Aiguillon.
À ce jour, 14 zones de protection forte sont reconnues sur la façade, ce qui porte à 36km² (soit
0,02%) des eaux de la façade.
L?atteinte de l?objectif de 3% des eaux marines de la façade NAMO en protection forte à horizon
2027 participerait de façon notable à celle des objectifs nationaux, du fait de sa superficie et de sa
richesse écologique.
27 Enjeux forts et majeurs du DSF principalement.
56
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Pour ce second cycle de planification maritime, l?identification des secteurs de développement des
zones de protection forte s?est appuyée sur les secteurs d?étude identifiés au 1er cycle, complétés
par des enjeux écologiques et des secteurs d?étude au large.
En mer territoriale (zone de vocation 5), la reconnaissance en zone de protection forte est mise en
oeuvre, à l?échelle de la façade, en priorité sur les secteurs d?étude ZPF potentielle identifiés dans la
carte ci-dessus. Cela n?exclut par d?autres projets de reconnaissance en ZPF éventuellement issus de
propositions d?instances de gouvernance locales (COPIL Natura 2000, etc.).
Les enjeux environnementaux d?intérêt identifiés dans le DSF 1er cycle et représentés ci-dessus,
pourront également être complétés par d?autres enjeux caractérisés à l?échelle des AMP dans les
DOCOB ou plans de gestion, ou faisant l?objet de plans nationaux d?actions, suite à des diagnostics
écologiques ou socio-économiques réalisés au niveau de l?AMP, ainsi que des analyses risque pêche.
Ainsi dans la zone de vocation 5e «Bretagne sud», l?enjeu Puffin des Baléares a pu être identifié.
Les autres enjeux devront être pris en compte dans le secteur du Mor braz (autres enjeux
oiseaux,etc.), afin de déterminer une zone d?enjeux environnementaux d?intérêt et considérer alors
un secteur d?étude ZPF potentielle.
57
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Au large (zones de vocation 1 et 2), les enjeux environnementaux d?intérêt correspondent aux
écosystèmes marins vulnérables visés par le règlement européen pour la pêche en eaux profondes28,
aux zones récifs situés en zone spéciale de conservation au titre de la DHFF et à la mégafaune
marine (oiseaux et mammifères marins).
À l?occasion de la troisième Conférence des Nations unies sur l?Océan (UNOC 3) en juin 2025, le Pré-
sident de la République et le Gouvernement ont annoncé le lancement d?une stratégie dédiée à la
protection des fonds marins en France hexagonale (les herbiers, le maërl, les coraux, les hermelles,
les canyons?). Elle comprend une accélération du développement de la protection forte, notam-
ment sur les zones de canyons et coraux profonds en Atlantique, avec des propositions concrètes
de zones à reconnaître en protection forte avant fin 2026, sous réserve de l?absence ou de la limita-
tion des pressions d?éventuels usages, autres que la pêche professionnelle, déjà réglementée, qui se-
raient présents sur ces zones.
2.3. L?implication des acteurs dans la démarche ZPF
La reconnaissance en protection forte est recherchée en priorité dans les secteurs d?étude ZPF
potentielle présentés précédemment (pour plus de détails annexe 8 par zone de vocation), en
particulier au sein d?aires marines protégées existantes.
La reconnaissance en protection forte vient ainsi souligner les bonnes pratiques et l?exemplarité de
la gestion de ladite zone protégée proposée. 11 catégories d?outils de protection existent en
28 Règlement d?exécution (UE) 2022/1614 de la commission du 15 septembre 2022 déterminant les zones existantes de
pêche en eau profonde et établissant une liste des zones qui abritent ou sont susceptibles d?abriter des écosystèmes
marins vulnérables.
58
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
France, avec chacune son propre système de gouvernance (cf annexe 1 ? Fiche protection de
l?environnement marin). L?ensemble des parties prenantes est associé (collectivités territoriales,
usagers socio-professionnels, usagers de loisirs, représentants des associations environnementales,
experts scientifiques, services d?État) à la concertation qui se réalise à l?échelon local.
Afin de respecter le critère de reconnaissance en protection forte, il pourra être parfois nécessaire
de renforcer la protection au sein des AMP existantes, via la mise en oeuvre de mesures
d?encadrement des usages et/ou d?arrêtés de protection des habitats naturels ou biotopes. Ces
mesures réglementaires sont prises par arrêté préfectoral. De fait, chaque outil réglementaire
mobilisé pour contribuer à une zone maritime reconnaissable en PF fait l?objet d?une concertation
locale définissant son périmètre, ses objectifs et les enjeux écologiques à préserver et ses mesures
de suivi. En fonction des outils reconnus en PF, cette concertation sera menée dans le cadre des
instances de gouvernance locales ou dans des instances ad hoc (par ex. pour les APB et APHN).
Les acteurs de la façade maritime sont également impliqués, comme le prévoit le décret du 12 avril
2022 dans son article 6: «les propositions de reconnaissance de zones de protection forte pour les
espaces maritimes sont formulées par les préfets maritimes, après recommandations des conseils mari-
times de façades sur la base de leurs attributions prévues par l?article L. 219-6-1 du code de l?environ-
nement». En façade Nord Atlantique-Manche Ouest, les propositions de reconnaissance en protec-
tion forte sur le domaine public maritime sont présentées au sein de la Commission permanente du
CMF et un bilan annuel sera réalisé chaque année en instance plénière du CMF.
En savoir plus
Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte ds vocations
CHAPITRE 3: CARTE DES VOCATIONS OU TRADUCTION
CARTOGRAPHIQUE DES OBJECTIFS STRATÉGIQUES
La mise en oeuvre de la planification maritime par chaque État membre de l?Union européenne
implique d?identifier la répartition spatiale et temporelle des activités et usages pertinents,
existants et futurs dans les eaux marines, afin de promouvoir leur coexistence29. Cette planification
s?inscrit dans l?objectif prioritaire de l?atteinte ou du maintien du bon état écologique (BEE) du
milieu marin30. Elle se traduit au sein des DSF par l?établissement de cartes des vocations.
Les périmètres des zones de vocations résultent des travaux menés au DSF 1er cycle, de
superposition des enjeux environnementaux et socio-économiques, tout en prenant en compte des
évolutions à venir.
La carte des vocations est ainsi un document intégrateur, fruit d?un travail approfondi des services
de l?État et des établissements publics, en lien avec la commission permanente du Conseil maritime
de façade.
13 zones ont été identifiées dès le premier cycle 1 du DSF. Elles sont définies à la fois au regard de
limites administratives et géographiques, et en lien avec la présence d?enjeux et d?objectifs
stratégiques homogènes:
? 5 zones situées au niveau de la plaine abyssale, du talus continental et du plateau
continental;
? 8 zones réparties en mer territoriale.
29 Articles 5 et 8 de la directive cadre «planification de l?espace maritime».
30 Conformément à la directive cadre «stratégie pour le milieu marin».
59
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Chaque zone fait l?objet d?une vocation particulière qui exprime une projection dans l?avenir
fondée sur une volonté d?évolution relative à une ou plusieurs activités et/ou à la qualité du milieu
marin et des eaux côtières. Dans un principe de complémentarité et de subsidiarité, la carte des
vocations intègre les vocations établies par des planifications existantes telles que les orientations
de gestion des parcs naturels marins et les schémas de mise en valeur de la mer.
Selon les zones, la priorité est donnée à une ou plusieurs activités ou exigence environnementale en
cohabitation avec d?autres activités. Il ne s?agit pas d?exclure mais d?encourager la cohabitation des
usages au service des objectifs stratégiques identifiés, tout en permettant en cas de litige, de
statuer sur les priorités au sein de chaque zone.
L?état des lieux des usages et les potentiels techniques connus sont précisés au sein de l?Atlas
cartographique31 qui établit la situation de l?existant.
Un usage non cité dans une zone peut s?implanter ou exister préalablement à la carte des
vocations, mais il ne pourra se prévaloir d?une priorité stratégique telle que définie dans le présent
document.
L?actualisation de la carte des vocations pour ce second cycle s?est appuyée sur la mise à jour des
objectifs stratégiques. Les périmètres initiaux des zones de vocation ont été conservés mais les
priorités et cohabitations, détaillées ci-après, ont évolué sur certaines zones, en concertation avec
les acteurs de la façade.
De manière générale, la planification de l?éolien en mer, se traduit, dans cette mise à jour, par
l?intégration des zones prioritaires à 10ans et à 2050 et par certaines évolutions qui prennent en
compte les usages historiques (pêche, aquaculture, transport, etc.) au sein des vocations. Afin de
tenir compte des horizons temporels de cette planification, les énergies marines renouvelables et
leur raccordement prennent le rang de co-priorité dans les zones susceptibles d?accueillir des
projets à horizon 10ans et conservent, à ce stade, le rang établi en 2019 pour les zones susceptibles
d?accueillir des projets à horizon 2050.
La planification de la protection forte n?a pas appelé d?évolution particulière des vocations
puisqu?elle s?inscrit dans l?objectif prioritaire d?atteinte du BEE du milieu marin qui s?applique pour
toutes les zones de vocation.
Zone 1: Plaine abyssale
Peu d?activités s?exercent dans cette zone hormis le transport maritime et les câbles sous-marins.
Toutefois, des enjeux écologiques sont identifiés notamment pour les oiseaux, les poissons, les
cétacés et les delphinidés. Cette zone méconnue offre également des zones de nourriceries
privilégiées (maquereau, merlu et chinchard).
Vocation: utilisation et valorisation possible du milieu et des ressources marines par une
exploitation durable conditionnée à une meilleure connaissance de la zone et à la préservation des
grands cétacés et leurs ressources nourricières.
Cette zone est partagée avec la façade Sud-Atlantique (SA).
Zone 2: Talus continental
La zone abrite de nombreux canyons sous-marins à l?origine d?habitats variés (notamment récifs de
coraux froids) qui sont le refuge de nombreuses espèces de poissons, de cétacés et de delphinidés.
Les activités de pêche y sont développées sur le bord supérieur.
31 En annexe 4
60
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Vocation: exploitation durable des ressources marines respectueuse des habitats et espèces à forts
enjeux écologiques.
Les zones prioritaires pour le développement de l?éolien en mer à l?horizon 2050 se situent en
majorité en zones 3a et 3b. Toutefois, elles s?étendent sur la zone 2 sur de petites superficies. La
cohabitation dans cette zone de vocation pourra être réactualisée, à mesure de l?avancement des
travaux de planification de l?éolien en mer, sur la base des réflexions menées par la façade et les
assemblées régionales.
Cette zone est partagée avec la façade Sud-Atlantique (SA).
Zone 3: Plateau continental
La zone est marquée principalement par les activités de pêche professionnelle et de navigation. Le
développement de nouvelles activités (énergies marines renouvelables, extraction de granulats
marins, activité câblière) devra prendre en compte les zones à forts enjeux écologiques (grande
vasière, plateau de Rochebonne, etc.).
Zone 3a: Plateau continental nord
Vocation: priorité aux pêches professionnelles durables; en veillant à la cohabitation, par ordre
d?importance, avec le transport maritime, les énergies marines renouvelables et leur
raccordement; en préservant les habitats et espèces à forts enjeux écologiques.
La cohabitation dans cette zone de vocation pourra être réactualisée, à mesure de l?avancement
des travaux de planification de l?éolien en mer, sur la base des réflexions menées par la façade et les
assemblées régionales.
Zone 3b: Plateau continental central
Vocation: priorité aux énergies marines renouvelables et à leur raccordement et aux pêches
professionnelles durables; en veillant à la cohabitation, par ordre d?importance, avec le transport
maritime et l?extraction de granulats marins32; en préservant les habitats et espèces à forts enjeux
écologiques.
Cette zone jouxte la façade Sud-Atlantique (SA).
Zone 4: Manche occidentale
La zone est marquée par un trafic trans-Manche et intercontinental très dense à fort enjeu de
sécurité maritime et par des activités de pêche professionnelle très présentes. L?éventuel
développement de nouvelles activités devra considérer les enjeux de sécurité maritime,
halieutiques et les enjeux écologiques de la zone (dunes hydrauliques, zones d?alimentation pour la
mégafaune, zones de ponte pour espèces commerciales, sole, bar, etc.).
Vocation: priorité au transport maritime et aux énergies marines renouvelables et à leur
raccordement; en veillant à la cohabitation, par ordre d?importance, avec les pêches
professionnelles durables, ainsi que l?extraction de granulats marins33; en préservant les oiseaux et
les mammifères marins.
Le développement de l?éolien en mer devra prendre en compte les enjeux de sécurité liés au
transport maritime (usage historique).
32 Permis exclusif de recherche (PER)
33 Permis exclusif de recherche (PER)
61
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Cette zone jouxte la façade Manche Est-Mer du Nord (MEMN).
Zone 5: Mer territoriale
La mer territoriale est l?espace sur lequel se concentrent de multiples activités humaines et enjeux
écologiques. Ainsi, la totalité des enjeux communs et transversaux y coexistent à des niveaux
d?intensité variable: bon état du milieu marin, qualité des eaux, paysage, prévention des crises,
performance économique et environnementale, sécurité et sûreté maritimes, connaissance,
recherche et formation, gouvernance, etc.
Par ailleurs, en raison de leur situation d?interface terre-mer, ces espaces sont particulièrement
exposés aux pollutions terrestres.
Priorité générale dans les zones 5a à 5h à la reconquête du bon état écologique du milieu marin et
de la qualité des eaux en prenant en compte la dynamique hydrosédimentaire et le lien terre-mer
et les enjeux climatiques, au bénéfice des services écosystémiques et de la cohabitation des usages
et des activités maritimes et littorales.
Zone 5a: Golfe normand breton et baie du Mont-Saint-Michel
La zone est caractérisée par la présence de la baie du Mont-Saint-Michel et de l?estuaire de la Rance.
Très touristique, elle est le siège d?activités conchylicoles denses ainsi que des activités de pêches
professionnelles et de loisir. Site d?importance pour les oiseaux, il abrite des habitats particuliers
(prés salés, vasières, récifs d?Hermelles) dont la préservation doit être intégrée aux modalités de
gestion.
Vocation: priorité au patrimoine culturel, aux pêches et aux aquacultures durables; en veillant à la
cohabitation avec les activités touristiques et la préservation des écosystèmes marins.
Cette zone jouxte la façade Manche Est-Mer du Nord (MEMN).
Zone 5b: Bretagne nord
La zone est caractérisée par une grande diversité des usages: des usages historiques tels que les
pêches professionnelles et de loisir, les aquacultures, l?extraction de granulats marins ou encore le
transport maritime; et des usages nouveaux comme le parc éolien au large de Saint-Brieuc (en
service). Elle accueille également une forte activité de plaisance de tourisme et constitue un site
d?importance pour les espèces marines (avifaune, poissons, petits cétacés) en raison notamment de
la présence de nombreuses baies qui jalonnent le littoral. Elle comprend les îles de Batz et Bréhat,
qui font partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation pour la transition énergétique et
écologique.
Vocation: priorité aux pêches et aquacultures durables et aux énergies marines renouvelables et à
leur raccordement; en veillant à la cohabitation avec le nautisme et le tourisme durables; en
préservant les habitats à fort enjeu écologique, les oiseaux et les mammifères marins.
Le développement de l?éolien en mer devra prendre en compte les enjeux liés aux pêches et
aquacultures (usages historiques).
Cette zone inclut le périmètre du SMVM du Trégor-Goëlo, lequel définit des zones de vocations
dans le cadre d?une gouvernance spécifique.
Zone 5c: Parc naturel marin d?Iroise
La zone est caractérisée par un hydrodynamisme très puissant qui présente un intérêt pour la
technologie de l?hydrolien. Elle comprend deux archipels importants (Molène-Ouessant et la
chaussée de Sein) qui font partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation pour la transition
62
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
énergétique et écologique. Cette zone héberge une grande variété d?activités. Le parc naturel marin
a vocation à assurer un équilibre harmonieux entre la préservation du capital naturel d?exception et
des activités économiques pérennes.
Vocation: connaissance du patrimoine, protection et développement durable du milieu marin
(Orientations de gestion définies dans l?article 6 du décret 2007-1406 du 28 septembre 2007
portant création du parc naturel marin d?Iroise tel que modifié par le décret n° 2022-1589 du 19
décembre 2022).
Zone 5d: Rade de Brest
La zone est caractérisée par la présence de l?une des plus grandes rades du monde qui abrite une
base navale, un port de commerce tourné vers les services (réparation, remorquage portuaire et de
haute mer, etc.) et les énergies marines renouvelables, des activités développées de conchyliculture,
de pêche et de plaisance et de loisirs nautiques. Elle connaît une concentration exceptionnelle de
compétences et d?établissements en matière de recherche, sciences et technologies marines. Son
importance écologique réside notamment dans la présence d?un banc de maërl d?intérêt majeur.
Vocation: priorité aux activités industrialo-portuaires et militaires; en veillant à la cohabitation,
par ordre d?importance, avec les pêches et les aquacultures durables, la plaisance, le nautisme et le
tourisme durables; en assurant la reconquête de la qualité de l?eau et la préservation des habitats à
fort enjeu écologique.
Zone 5e: Bretagne sud
La zone est caractérisée par la présence des plus importants ports de pêche de la façade, d?une
conchyliculture structurante, de chantiers de réparation et de construction navales, et d?une
activité nautique dense. Par ailleurs, elle accueille le premier projet de parc éolien flottant
commercial national. C?est également une zone de grande importance halieutique (grande vasière)
en raison notamment de la diversité des habitats présents. Elle abrite les îles de Groix, Houat,
Hoedic et Belle-Île-en-Mer, qui font partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation pour la
transition énergétique et écologique.
Vocation: priorité aux pêches et aquacultures durables; en veillant à la cohabitation, par ordre
d?importance, avec les énergies marines renouvelables et leur raccordement, le nautisme et le
tourisme durables; en prenant en compte la préservation du massif dunaire, des habitats à fort
enjeu écologique et des oiseaux marins.
Cette zone inclut le périmètre du SMVM du Golfe du Morbihan, lequel définit des zones de
vocations dans le cadre d?une gouvernance spécifique, ainsi qu?une partie de la circonscription du
grand port maritime de Nantes ? Saint-Nazaire.
Zone 5f: Estuaire de la Loire
La zone est caractérisée par l?exutoire du plus grand fleuve de France et la présence du grand port
maritime de Nantes - Saint-Nazaire, pôle industrialo-portuaire d?importance mondiale notamment
pour la croisière, l?aérospatiale et les biotechnologies marines. Deux sites d?extraction de granulats
marins et le parc éolien de Saint-Nazaire (banc de Guérande ? en service) se trouvent dans cette
zone. Ces activités doivent être conjuguées avec la préservation d?un patrimoine naturel
d?exception (vasières, marais rétro-littoraux, prés salés).
Vocation: priorité aux activités industrialo-portuaires et au trafic maritime; en veillant à la
cohabitation, par ordre d?importance, avec les pêches et les aquacultures durables, le nautisme et
le tourisme durables, les énergies marines renouvelables et leur raccordement, l?extraction de
63
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
granulats marins; en préservant les forts enjeux écologiques estuariens et rétro-littoraux et le bon
fonctionnement de l?interface terre-mer.
Zone 5g: Baie de Bourgneuf et littoral vendéen
La zone est caractérisée par une baie de grande importance pour les herbiers zostères, hermelles et
laminaires. Elle comprend l?île d?Yeu, qui fait partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation
pour la transition énergétique et écologique. Elle tire son dynamisme économique de la
construction nautique, du tourisme, des aquacultures et des pêches professionnelles et de loisir. Le
parc éolien des Îles d?Yeu et de Noirmoutier (en développement) se trouvent dans cette zone. Ce
littoral très touristique est maillé de nombreuses cités balnéaires.
Vocation: priorité aux pêches et aux aquacultures durables; en veillant à la cohabitation, par ordre
d?importance, avec les énergies marines renouvelables et leur raccordement, le nautisme et le
tourisme durables; en préservant le massif dunaire et les habitats et espèces à enjeux écologiques
forts.
Zone 5h: Parc naturel marin de l?Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis
La zone se distingue par la présence de nombreuses activités: pêches, aquacultures, extraction de
granulats marins, transport maritime, plaisance, tourisme dont la gestion doit intégrer la présence
d?habitats particuliers (prés salés, vasières, etc.) et d?espèces à enjeux (notamment les amphihalins).
Vocation: connaissance du patrimoine, protection et développement durable du milieu marin
(Orientations de gestion définies dans l?article 8 du décret 2015-424 du 15 avril 2015 portant
création du parc naturel marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis).
Cette zone est très largement partagée avec la façade Sud-Atlantique (SA).
La notice technique de lecture de la carte des vocations et les fiches descriptives de chacune des
zones de vocation figurent à l'annexe 8.
À chaque fiche descriptive sont notamment rattachées trois cartes détaillées de la zone maritime,
permettant ainsi d?illustrer à une échelle plus locale les différents éléments de planification.
En savoir plus
Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte ds vocations
64
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
GLOSSAIRE
AMP Aire marine protégée
ARML Assemblée régionale mer et littoral
BEE Bon état écologique
CEREMA Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement
CESER Conseil économique, social et environnemental
CMF Conseil maritime de façade
CNDP Commission nationale du débat public
CRML Conférence régionale mer et littoral
DCPEM Directive cadre planification de l?espace maritime
DCSMM Directive cadre stratégie pour le milieu marin
DPM Domaine public maritime
DSF Document stratégique de façade
DST Dispositif de séparation du trafic
EMR Énergies marines renouvelables
ENSM École nationale supérieure maritime
GPMN-SN Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire
IFREMER Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
MEMN Manche Est-Mer du Nord
NAMO Nord Atlantique-Manche Ouest
OFB Office français de la biodiversité
PLUi Plan local d?urbanisme intercommunal
RNN Réserve nationale naturelle
66
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
SA Sud Atlantique
SAGE Schéma d?aménagement et de gestion des eaux
SCOT Schéma de cohérence territoriale
SDAGE Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
SFM Stratégie de façade maritime
SHOM Service hydrographique de la Marine
SLGRI Stratégie locale de gestion des risques d?inondation
SMVM Schéma de mise en valeur de la mer
SNAP Stratégie nationale pour les aires protégées
SNB Stratégie nationale biodiversité
SNML Stratégie nationale pour la mer et le littoral
SNP Stratégie nationale portuaire
SNGITC Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte
SPR Site patrimonial remarquable
SRADDET Schéma régional de développement durable et d?égalité des territoires
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
ZEE Zone économique exclusive
ZMEL Zone de mouillage et d?équipements légers
ZPF Zone de protection forte
67
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
PRÉAMBULE
1. Cadre européen et national
2. Échelle de la façade Nord Atlantique-Manche Ouest
3. Régime d?opposabilité du Document stratégique de façade
4. Contenu du Document stratégique de façade
5. Élaboration et mise à jour du Document stratégique de façade
6. Calendrier général
7. Vision à 2050 pour la façade
PARTIE 1: SITUATION DE L?EXISTANT
1. Caractéristiques de la façade
2. Activités maritimes et littorales
3. Écosystèmes marins et littoraux
4. Sites, paysages et patrimoine culturel
5. Risques littoraux
6. Connaissance, recherche, innovation, sensibilisation et formation
7. Les initiatives locales de planification ou de gestion intégrée de la mer et du littoral
8. Interactions entre activités et entre activités et environnement
PARTIE 2: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET PLANIFICATION DES ESPACES MARITIMES
CHAPITRE 1: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIO-ÉCONOMIQUES
1. Objectifs stratégiques environnementaux
2. Objectifs stratégiques socio-économiques
CHAPITRE 2: PLANIFICATION DE L?ÉOLIEN EN MER ET DES ZONES DE PROTECTION FORTE
1. La planification de l?éolien en mer
1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer
1.2. La planification de l?éolien en mer dans la façade NAMO
2. La planification des zones de protection forte
2.1. Les objectifs de la planification des zones de protection forte
2.2. La planification de la protection forte en mer dans la façade NAMO
2.3. L?implication des acteurs dans la démarche ZPF
CHAPITRE 3: CARTE DES VOCATIONS OU TRADUCTION CARTOGRAPHIQUE DES OBJECTIFS STRATÉGIQUES
GLOSSAIRE
(ATTENTION: OPTION sionnelles et de loisir,
aquacultures, extraction de granulats, récolte des algues, thalassothérapies, etc.).
4. L?effectivité du lien terre-mer et la dimension sociale, culturelle, humaine des activités en lien
avec les territoires littoraux.
5. La qualité des eaux continentales, de transition, côtières et territoriales, ainsi que la disponibilité
de l?eau douce comme conditions nécessaires pour certaines activités (pêches professionnelles et
de loisir, aquacultures, bio-ressources, tourisme, baignade et loisirs nautiques, thalassothérapie,
plaisance, agriculture littorale).
6. Le réseau d?acteurs mobilisés au sein de gouvernances interfacées (entre bassins versants et la
façade maritime) et la participation citoyenne favorisée.
7. La performance économique de toutes les filières et les capacités d?investissements,
d?innovation et de recherche.
8. La performance environnementale de toutes les filières dans une démarche de sobriété et de
mise en oeuvre de la séquence éviter-réduire-compenser.
9. La durabilité, le nombre et la qualité des emplois (attractivité, création de nouvelles filières et
d?emplois, adaptation des formations aux besoins des employeurs et des employés, etc.).
10. La transformation numérique de l?économie maritime et la mise en place de l?industrie du futur
en lien avec l?innovation.
11. La préservation des paysages, fondateurs de l?identité de la façade et supports d?usages et/ou
d?activités (tourisme, plaisance, pêche de loisir, urbanisation, biens culturels maritimes).
12. Le dimensionnement des capacités d?accueil et de l?accès aux espaces maritimes (zone
économique exclusive (ZEE) nationale et frontalière) et littoraux (foncier littoral notamment
portuaire, domaine public naturel, sentier du littoral, espaces rétro-littoraux, accès à la ressource
en eau, à l?offre de soin, etc.), en tenant compte des équilibres des écosystèmes.
13. L?acceptabilité sociétale des activités, des projets et des acteurs, en particulier sur les activités
impliquant l?attribution d?un espace dédié et la recherche de synergies (EMR, aquacultures,
extraction de granulats marins, création/extension de ports, manifestations terrestres et
nautiques).
38
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
14. La responsabilisation des usagers de la mer face aux risques (sécurité maritime, risques naturels
et technologiques), aux enjeux de préservation du milieu marin et des ressources marines et de
cohabitation entre les différents usages (récréatifs ou productifs).
15. La sécurisation juridique des nouvelles activités, des projets et/ou expérimentations en mer et
sur le littoral (EMR, aquaculture, biotechnologies, etc.).
16. La connaissance, la formation et la sensibilisation au milieu marin et aux impacts des activités
sur le milieu marin auprès du grand public comme des socio-professionnels.
17. La sécurité et la sûreté maritimes, les activités de défense et de sécurité nationale.
18. L?anticipation et la prise en compte des crises majeures (climatiques, sanitaires, géopolitiques)
et l?adaptation des politiques et des décisions.
7. Les initiatives locales de
planification ou de gestion
intégrée de la mer et du littoral
En façade NAMO, on peut constater une forte
implication historique des acteurs maritimes,
nombreux et diversifiés, et des contributions ac-
tives aux travaux de planification et de gestion
de la mer et du littoral.
Au niveau régional, il existe deux instances de
gouvernance: la Conférence régionale pour la
mer et le littoral de Bretagne (CRML) et l?Assem-
blée régionale de la mer et du littoral (ARML) en
Pays de la Loire qui sont mobilisées pour conce-
voir les stratégies pour la mer et le littoral pour
chacune des régions. Ces instances se coor-
donnent avec le Conseil maritime de façade et
sont coprésidées par l?État et la région.
Au niveau départemental, certains départe-
ments comme le Finistère, la Loire-Atlantique et
la Vendée se sont dotés de stratégies pour la
mer et le littoral dès le premier cycle. Les collec-
tivités locales sont par ailleurs fortement impli-
quées dans la territorialisation et la mise en
oeuvre des schémas et stratégies relatives à la
gestion durable de la ressource en eau, à la rési-
lience des territoires face à l?érosion du littoral
et au recul du trait de côte, et plus générale-
ment aux enjeux d?aménagement du littoral.
Des réflexions sont ainsi conduites sur l?intégra-
tion d?un volet mer dans les SCOT, sur l?élabora-
tion de stratégies locales de gestion intégrées
du trait de côte, sur les schémas touristiques,
etc. On peut citer à titre d?exemple les straté-
gies locales des territoires de Nantes-Saint-Na-
zaire et Pornic agglomération sur les enjeux ma-
ritimes et littoraux.
Deux schémas de mise en valeur de la mer sont
actifs sur la façade (Morbihan et Trégor-Goëlo)
ainsi que deux parcs naturels marins (Iroise et
estuaire de la Gironde et mer des Pertuis). Les
parcs naturels du Golfe du Morbihan, d?Armo-
rique et du Marais Poitevin participent à la quali-
té du lien terre-mer.
Ce lien est également tout particulièrement exa-
miné par le Comité de bassin Loire-Bretagne à
travers l?élaboration du SDAGE et décliné par
les commissions locales de l?eau des SAGE litto-
raux.
Les collectivités participent par ailleurs, comme
un grand nombre d?acteurs maritimes, aux ins-
tances locales relatives aux espaces protégés ré-
glementaires, fonciers ou contractuels, sur la
frange littorale et rétro-littorale: comités de pi-
lotage Natura 2000, conseils de gestion des
deux parcs naturels marins, comités consultatifs
des réserves naturelles nationales.
39
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Le réseau de conseil est par ailleurs bien déve-
loppé: CESER, pôles de compétitivité dont l?un,
interrégional, est dédié spécifiquement à la mer,
acteurs du monde de la recherche dont la
Chaire maritime de Nantes qui a développé des
outils de sensibilisation et participation du pu-
blic à l?image de la Fresque de la planification
maritime.
Les acteurs de la façade ont ainsi acquis une so-
lide expérience de travail et de gestion, nourrie
de ces nombreuses démarches partenariales.
8. Interactions entre activités et
entre activités et environnement
Interactions entre activités
De nombreuses activités s?exercent en mer et
sur le littoral, générant des interactions. Pour
être compatibles spatialement et/ou temporel-
lement, la cohabitation des usages est néces-
saire et mise en oeuvre à différentes échelles.
Deux facteurs structurants sont à prendre en
compte: la saisonnalité (ouverture de la pêche
pendant une période spécifique ; activité de
transport maritime et tourisme plus ou moins
importante selon la période) et une temporalité
propre à chaque projet (phase de chantier, de
fonctionnement, de démantèlement des EMR,
aquaculture, etc.). Des activités peuvent donc
être incompatibles à une période de l?année et
cohabiter sans difficultés sur les autres pé-
riodes.
Le caractère mobile ou fixe des usages, ainsi
que leur temporalité sont essentiels à considé-
rer dans le cadre de la planification de l?espace
maritime. Les usages mobiles interagissent entre
eux (transports, pêches professionnelles, naviga-
tion de loisir, etc.) ou avec des activités inféo-
dées à des zones spécifiques (extractions,
câbles, parcs éoliens, immersion de sédiments,
zone d?attente, chenal de navigation, etc.). De
nombreux usagers doivent partager un même
espace à des périodes du jour, de la marée, de
la saison ou de l?année qui peuvent être proches
ou simultanées.
Si la façade est vaste et variée dans ses écosys-
tèmes et espaces comme dans ses utilisations,
les interactions entre activités sont marquées
sur l?ensemble de la mer territoriale en particu-
lier dans les zones réduites que sont les baies,
abers, rias, rades et estuaires qui concentrent
souvent des utilisations intenses de l?espace
avec des milieux fragiles.
Le plateau continental et son talus sont égale-
ment des zones où interagissent de nombreux
métiers, sur des espaces cependant plus larges.
L?augmentation et la diversification des usages
de la mer mais également des usages terrestres
nécessitant un accès à la mer, accroissent le
nombre et l?ampleur de ces interactions.
L?implantation des parcs éoliens au large des
côtes implique une analyse spécifique de la co-
habitation/conciliation des usages selon les dif-
férentes phases du projet. En effet, le déploie-
ment de l?éolien doit tenir compte des activités
préexistantes comme la pêche, le trafic mari-
time ou les activités relevant de la défense na-
tionale. Ceci est réalisé au stade de la planifica-
tion, à l?échelle de la façade; les modalités pré-
cises de cohabitation des projets avec les activi-
tés existantes sont ensuite étudiées au cas par
cas dans le cadre des différentes instances de
concertation (instance de concertation et suivi,
commission nautique locale, grande commission
nautique) et donnent lieu à une décision du pré-
fet maritime. Des interactions positives peuvent
40
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
émerger, tel que le développement de forme
d?aquaculture au sein des parcs.
Les interactions entre activités terrestres et ma-
rines dans l?accès aux ressources (eau, foncier)
sont également constatées. Les ostréiculteurs
sont dépendants de la qualité et de la quantité
d?eau qui leur parvient via les cours d?eau, dont
la qualité et disponibilité peuvent être affectées
par les usages agricoles ou pour l?eau potable.
Les interactions entre habitat résidentiel ou tou-
ristique de bord de mer et activités profession-
nelles nécessitant la proximité immédiate de la
mer sont générateurs de conflits potentiels.
En savoir plus:
Annexe 1: Description détaillée des activités et usages
de l'espace maritime et littoral
Annexe 4: Atlas cartographique
Interactions entre activités
et environnement marin
Les activités maritimes et littorales dépendent
des services écosystémiques rendus par un mi-
lieu, littoral ou marin, en bon état; elles sont
également sources de pressions sur les diffé-
rentes composantes de l?environnement marin.
La mise en oeuvre des mesures d?évitement et
de réduction de ces impacts sur le milieu marin
pour l?exercice des activités professionnelles ou
de loisirs est encadrée par différentes réglemen-
tations, de niveau local (arrêtés préfectoraux,
municipaux, aires marines protégées), national
(législation sur les études d?impacts) ou euro-
péen (politique commune des pêches).
L?étude des interactions «milieu marin/activi-
tés» effectuée dans le cadre de la mise en
oeuvre de la planification maritime (directive-
cadre stratégie pour le milieu marin) consiste en
une analyse des activités anthropiques et de
leurs impacts générés sur le milieu marin et sa
mise en correspondance avec les 11 descripteurs
du bon état écologique.
Cette analyse permet d?identifier les théma-
tiques à traiter prioritairement en vue d?at-
teindre ou de maintenir le bon état écologique
du milieu marin. Réalisée en amont, à l?échelle
de la planification, elle oriente également les
projets ou activités dans la mise en oeuvre de la
séquence éviter-réduire-compenser en identi-
fiant les enjeux environnementaux et interac-
tions à approfondir.
Les matrices ci-dessous permettent de représen-
ter de manière visuelle ces interactions. Leur ob-
jectif est de donner un aperçu global et synthé-
tique de l?existence de pressions et d?impacts
potentiels des secteurs d?activité sur le milieu
marin au regard des descripteurs du bon état
écologique (BEE).
La première matrice porte sur les pressions gé-
nérées par les secteurs d?activités sur le milieu
marin: le texte de la cellule précise cette rela-
tion de pression potentielle entre l?activité (en
entrée de ligne) et le descripteur de pression (en
entrée de colonne).
La seconde matrice porte sur les impacts géné-
rés par les secteurs d?activités sur le milieu ma-
rin: le texte de la cellule précise cette relation
d?impact potentiel entre l?activité (en entrée de
ligne) et le descripteur d?état (en entrée de co-
lonne). Une case vide indique une absence ? a
priori ? de relation.
Ces matrices ont été construites sur la base de
la bibliographie existante et de dires d?experts.
Elles ne prennent pas en compte les relations de
dépendance des activités vis-à-vis du bon fonc-
tionnement du milieu marin. Par exemple, les ni-
veaux de pression et d?impact peuvent varier
suivant le type de pratique ou l?intensité asso-
ciés à chaque activité ou suivant les endroits où
cette activité se déroule. Par souci de synthèse,
seules les activités anthropiques générant des
pressions avérées sur le milieu marin sont repré-
sentées.
En savoir plus:
Annexe 1: Description détaillée des activités et usages de
l?espace maritime et littoral
Annexe 2: Synthèse scientifique et technique relative à
l?évaluation initiale de l?état écologique des eaux marines et
de l?impact environnemental des activités humaines sur ces
eaux
41
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Matrice 1: pressions potentielles générées par les secteurs d?activités sur le milieu marin
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Matrice 2: impacts potentiels induits par les secteurs d?activités sur le milieu marin
l
PARTIE 2: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET PLANIFICATION
DES ESPACES MARITIMES
Au vu des enjeux identifiés précédemment et en tenant compte de la Vision à 2050, des objectifs
ont été fixés. Ces objectifs peuvent être de nature environnementale ? afin de préserver le milieu
marin ? ou socio-économique ? leur finalité étant alors de promouvoir le maintien ou le
développement d?une activité économique ou récréative.
Les objectifs peuvent également être stratégiques ou particuliers: les objectifs stratégiques sont
des objectifs généraux et les objectifs particuliers les décomposent plus finement. Il est entendu
que la nature des objectifs ne signifie pas un cloisonnement de la préservation de l?environnement
et des activités humaines. Ces objectifs ont été construits en regard les uns des autres:
? les objectifs environnementaux visent à protéger le milieu marin tout en tenant compte
des répercussions sociales et économiques pouvant en découler;
? les objectifs socio-économiques cherchent à favoriser le maintien ou le développement
des activités humaines tout en veillant à ne pas entraver l?atteinte du bon état
écologique du milieu marin.
CHAPITRE 1: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ENVIRONNEMENTAUX ET
SOCIO-ÉCONOMIQUES
1. Objectifs stratégiques environnementaux
En application de la directive-cadre Stratégie pour le milieu marin (DCSMM), transposée dans le
Code de l?environnement, les objectifs environnementaux (OE) ont pour rôle d?orienter les actions
d?encadrement des activités humaines pour les ramener lorsque nécessaire à des niveaux
compatibles avec l?atteinte ou le maintien du bon état écologique (BEE) des eaux marines. Ils sont
établis sur la base de l?évaluation de l?état écologique du milieu marin et de l?identification des
pressions exercées sur chacune de ses composantes par chaque activité. Pour atteindre ces
objectifs environnementaux, une série d?actions concrètes sont mises en oeuvre par le plan d?action
du DSF (volet opérationnel). Des indicateurs, pour lesquels des cibles sont définies, permettent de
mesurer l?efficacité de ces actions pour atteindre les objectifs environnementaux auxquels elles se
rapportent, et de les réorienter si nécessaire.
Les 15 objectifs stratégiques environnementaux définis au DSF 1er cycle ont été conservés et
enrichis d?un nouvel objectif transversal OET01 «développer la protection forte». Ce dernier est
créé afin de prendre en compte l?objectif cible de la SNML de 3% des eaux de la façade NAMO en
protection forte.
Les objectifs stratégiques environnementaux et particuliers sont codifiés selon les 11 descripteurs
de la DCSMM. Le tableau ci-après identifie la correspondance entre ces derniers et les objectifs
stratégiques environnementaux de la SFM NAMO cycle 2.
44
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Les objectifs environnementaux particuliers sont présentés en annexe 6A, ainsi que la
méthodologie employée pour les rendre plus opérationnels dans le cycle 2 du DSF.
Descripteurs du bon état écologique au
titre de la DCSMM
Objectifs stratégiques environnementaux
Objectif transversal Développer la protection forte
D01
La diversité biologique est
conservée. La qualité des
habitats et leur nombre, ainsi
que la distribution et
l?abondance des espèces sont
adaptées aux conditions
physiographiques,
géographiques et climatiques
existantes
D1-HB
Habitats benthiques
Limiter ou éviter les perturbations physiques d?origine
anthropique impactant le bon état écologique des habitats
benthiques littoraux, notamment les habitats particuliers
Limiter ou éviter les perturbations physiques d?origine
anthropique impactant le bon état écologique du plateau
continental et des habitats profonds, notamment les
habitats particuliers
D01-MT
Mammifères marins
et tortues
Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités
directes et du dérangement des mammifères marins et des
tortues
D01-OM
Oiseaux marins
Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités
directes, du dérangement et la perte d?habitats
fonctionnels importants pour le cycle de vie des oiseaux
marins et de l?estran, en particulier pour les espèces
vulnérables et en danger
D01-PC
Poissons ?
Céphalopodes
Limiter les pressions sur les espèces de poissons
vulnérables ou en danger voire favoriser leur restauration
et limiter le niveau de pression sur les zones fonctionnelles
halieutiques d?importance
D02
Les espèces non indigènes introduites par le biais des
activités humaines sont à des niveaux qui ne
perturbent pas les écosystèmes
Limiter les risques d?introduction et de dissémination
d?espèces non indigènes par le biais des activités humaines
D03
Les populations de tous les poissons et crustacés
exploités à des fins commerciales se situent dans les
limites de sécurité biologique, en présentant une
répartition de la population par âge et par taille qui
témoigne de la bonne santé du stock
Favoriser une exploitation des stocks de poissons,
mollusques et crustacés au niveau du rendement maximum
durable
D04
Tous les éléments constituant les réseaux trophiques
marins, dans la mesure où ils sont connus, sont
présents en abondance et diversité normales et à des
Favoriser le maintien dans le milieu des ressources
trophiques nécessaires aux grands prédateurs
45
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
niveaux pouvant garantir l?abondance des espèces à
long terme et le maintien complet de leurs capacités
reproductives
D05
L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier
pour ce qui est de ses effets néfastes, tels que
l?appauvrissement de la biodiversité, la dégradation
des écosystèmes, la prolifération d?algues toxiques et
la désoxygénation des eaux de fond, est réduite au
minimum
Réduire les apports excessifs en nutriments et leur
transfert dans le milieu marin
D06
Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la
structure et les fonctions des écosystèmes sont
préservées et que les écosystèmes benthiques, en
particulier, ne sont pas perturbés
Éviter les pertes et les perturbations physiques des
habitats marins liés aux activités maritimes et littorales
D07
Une modification permanente des conditions
hydrographiques ne nuit pas aux écosystèmes marins
Limiter les modifications des conditions hydrographiques
par les activités humaines qui soient défavorables au bon
fonctionnement de l?écosystème
D08
Le niveau de concentration des contaminants ne
provoque pas d?effets dus à la pollution
Réduire ou supprimer les apports en contaminants
chimiques dans le milieu marin, d?origine terrestre ou
maritime, chroniques ou accidentels
D09
Les quantités de contaminants présents dans les
poissons et autres fruits de mer destinés à la
consommation humaine ne dépassent pas les seuils
fixés par la législation de l?Union ou les autres normes
applicables
Réduire les contaminations microbiologiques, chimiques et
phycotoxines dégradant la qualité sanitaire des produits
de la mer, des zones de production aquacole et halieutique
et des zones de baignade
D10
Les propriétés et les quantités de déchets marins ne
provoquent pas de dommages au milieu côtier et
marin
Réduire les apports et la présence de déchets en mer et
sur le littoral d?origine terrestre ou maritime
D11
L?introduction d?énergie, y compris de sources
sonores sous-marines, s?effectue à des niveaux qui ne
nuisent pas au milieu marin
Limiter les émissions sonores dans le milieu marin à des
niveaux non impactant pour les mammifères marins
En savoir plus
Annexe 6a:Objectifs environnementaux
46
Stratégie de façade maritime
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l
2. Objectifs stratégiques socio-économiques
La Stratégie de façade maritime NAMO comporte 1 objectif transversal et 15 objectifs stratégiques
à finalité socio-économique. Ceux-ci sont précisés par des objectifs particuliers accompagnés
d?indicateurs permettant leur évaluation, suivi et rapportage auprès des instances nationales et de
façade.
Les objectifs sont codifiés sur la base de 3 objectifs de long terme de la SNML 2017-2023: le
développement d?une économe bleue durable (DE), la transition écologique pour la mer et le
littoral (TE), le rayonnement de la France (RF).
La SNML ayant été mise à jour pour la période 2024 à 2030, ses objectifs et mesures adossées ont
ainsi évolué.
Afin de maintenir une continuité entre les deux cycles du DSF NAMO, il a été choisi de ne pas
modifier la codification des objectifs adoptés au 1er cycle, telle que décrite ci-avant.
Les principaux enjeux qui ont guidé l?évolution au second cycle en façade NAMO sont:
? la prise en compte de l?objectif national relatif au déploiement de l?éolien en mer à 10ans et à
2050;
? la recherche d?indicateurs communs SNML-DSF en lien avec les travaux du Conseil national de
la mer et des littoraux;
? la vérification de la complétude des thématiques couvertes, ayant conduit à intégrer un
objectif transversal relatif à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à renforcer le
suivi des activités liées au transport maritime et au tourisme;
? la fiabilisation des indicateurs au regard des sources de données et de leur accessibilité. Il
convient toutefois de préciser que certains indicateurs restent à expertiser en cours de
cycle2 afin notamment de préciser les méthodes d?évaluation et consolider les sources de
données.
Le tableau ci-après identifie la correspondance entre les objectifs de la SNML cycle 2 et les objectifs
de la SFM NAMO cycle 2.
Les objectifs particuliers sont présentés en annexe 6B.
Objectifs de la SNML2 Objectifs stratégiques socio-économiques
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports,
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement
climatique et leurs activités au service des territoires»
Objectif 14 «Accompagner les filières maritimes dans
la transition vers la neutralité carbone à horizon 2050
et sécuriser l?approvisionnement en ressources
minérales non énergétiques dans un cadre de gestion
durable»
OT-OSE-I: Réduire les émissions de gaz à effet de
serre
47
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Objectif 7 «Promouvoir l?innovation technologique et
numérique pour des activités performantes,
soutenables et un meilleur partage des
connaissances»
Objectif 8 «Soutenir l?effort de recherche et de
connaissances au service des politiques publiques
maritimes et des territoires»
DE-OSE-I: Soutenir et promouvoir la recherche et
l?innovation dans tous les domaines de l?économie
maritime NAMO
Objectif 9 «Affirmer les dimensions sociale et durable
des activités maritimes et consolider les formations
initiales et continues pour répondre à l?évolution des
besoins»
DE-OSE-II: Développer un vivier de main-d?oeuvre
qualifiée et compétente au service de l?économie
bleue NAMO
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports,
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement
climatique et leurs activités au service des territoires»
DE-OSE-III: Promouvoir et accompagner le
développement de l?économie circulaire maritime
Objectif 13 «Développer les énergies marines
renouvelables pour contribuer à la neutralité carbone
2050 avec un objectif de 18GW mis en service en
2035 pour l?éolien en mer»
DE-OSE-IV: Développer les énergies marines
renouvelables
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports,
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement
climatique et leurs activités au service des territoires»
DE-OSE-V: Accélérer la transition énergétique et
écologique des ports de la façade
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement climatique
et leurs activités au service des territoires»
Objectif 14 «Accompagner les filières maritimes dans
la transition vers la neutralité carbone à horizon 2050
et sécuriser l?approvisionnement en ressources
minérales non énergétiques dans un cadre de gestion
durable»
DE-OSE-VI: Accompagner et valoriser les industries
navales et nautiques durables
Objectif 2 «Atteindre le bon état écologique et
restaurer la biodiversité marine et littorale avec des
outils adaptés»
Objectif 6 «Bien vivre sur le littoral et recomposer le
modèle d?attractivité des littoraux»
DE-OSE-VII: Encourager un nautisme et un tourisme
durables et accessibles à tous
Objectif 11 «Soutenir et promouvoir un modèle de
pêche durable et une aquaculture performante et
respectueuse de l?environnement, pour améliorer
notre souveraineté alimentaire»
DE-OSE-VIII: Encourager des pêches et des
aquacultures durables et résilientes
48
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Objectif 14 «Accompagner les filières maritimes dans
la transition vers la neutralité carbone à horizon 2050
et sécuriser l?approvisionnement en ressources
minérales non énergétiques dans un cadre de gestion
durable»
DE-OSE-IX: Stabiliser l?approvisionnement en
granulats marins
Objectif 7 «Promouvoir l?innovation technologique
et numérique pour des activités performantes,
soutenables et un meilleur partage des
connaissances»
DE-OSE-X: Accélérer le développement des
biotechnologies marines
Objectif 5 «S?adapter aux effets du changement
climatique et accompagner l?évolution du trait de
côte»
Objectif 4 «Assurer la protection de la zone littorale
grâce à une action coordonnée entre bassins versants
et façades maritimes pour assurer une eau de qualité
et réduire les pressions de la terre vers la mer»
TE-OSE-I: Connaître, prévenir et gérer de façon
intégrée les risques maritimes et littoraux
Objectif 3 «Valoriser le patrimoine littoral et
maritime»
Objectif 6 «Bien vivre sur le littoral et recomposer le
modèle d?attractivité des littoraux»
TE-OSE-II: Promouvoir des territoires maritimes,
insulaires et littoraux résilients et équilibrés
Objectif 9 «Affirmer les dimensions sociale et
durable des activités maritimes et consolider les
formations initiales et continues pour répondre à
l?évolution des besoins»
RF-OSE-I: Faire comprendre et aimer la mer
Objectif 2 «Atteindre le bon état écologique et
restaurer la biodiversité marine et littorale avec des
outils adaptés»
Objectif 7 «Promouvoir l?innovation technologique et
numérique pour des activités performantes,
soutenables et un meilleur partage des
connaissances»
Objectif 8 «Soutenir l?effort de recherche et de
connaissances au service des politiques publiques
maritimes et des territoires»
RF-OSE-II: Explorer la mer
Objectif 15 «Porter des positions ambitieuses pour le
maritime en développant des coopérations» RF-OSE-III: Exporter nos savoir-faire maritimes
En savoir plus
Annexe 6b:Objectifs socio-économiques
49
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
CHAPITRE 2: PLANIFICATION DE L?ÉOLIEN EN MER ET DES ZONES
DE PROTECTION FORTE
1. La planification de l?éolien en mer
1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer
Le développement de l?éolien en mer s?inscrit dans la transition énergétique de la France guidée par
l?Accord de Paris sur le climat ratifié en 2015 et l?objectif de neutralité carbone en 2050 inscrit dans
la loi énergie-climat (LEC) de 2019. Pour y parvenir, l?État doit à la fois s?assurer de la réduction des
consommations énergétiques et de la décarbonation de ses sources d?énergie.
Pour atteindre ces objectifs, l?État a défini deux feuilles de route, la Stratégie nationale bas-carbone
(SNBC) adoptée en 2020 et la prochaine programmation pluriannuelle de l?énergie n°3 (PPE3).
La SNBC prévoit à l'horizon 2050 une augmentation en volume du besoin de production électrique
à hauteur de 645TWh. Il en résulte que le besoin en électricité provenant de sources décarbonées
augmentera significativement dans les décennies à venir.
Cela implique une trajectoire indispensable de développement de l?éolien en mer, en complément
des autres sources d?énergie renouvelable et du nucléaire, pour répondre aux besoins en électricité
décarbonée et atteindre les objectifs climatiques de baisse des émissions de gaz à effet de serre;
ce développement est également considéré comme nécessaire pour garantir l?indépendance
énergétique et la sécurité de l?approvisionnement.
Par ailleurs, lors des travaux sur la révision de la Stratégie française pour l?énergie et le climat (SFEC),
le Gouvernement a publié, le 12 juin 2023, une trajectoire de déploiement de l?éolien en mer
prévoyant la mise en service de 45GW à l?horizon 2050au regard des tensions identifiées sur le
système électrique, impliquant un besoin supérieur à celui envisagé initialement. Ces orientations
ont vocation à être traduites, adaptées et précisées dans la PPE.
Outre la neutralité carbone, cette planification vise à répondre à un besoin de visibilité des
territoires, des citoyens et de la filière industrielle de l?éolien en mer. Un pacte entre la filière et
l?État a par ailleurs été conclu en mars 202221.
La loi relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables (APER), promulguée le
10?mars 2023, a instauré l?établissement de cartographies de zones prioritaires pour le
développement de l?éolien en mer à l?horizon dix ans et 2050.
La mise à jour de la SFM NAMO est ainsi l?occasion de planifier l?implantation des futurs parcs
éoliens en mer pour répondre aux objectifs nationaux de transition énergétique et de
développement des énergies renouvelables, tout en assurant la préservation des enjeux
environnementaux les plus sensibles, des paysages et l?articulation avec les autres usages de la mer,
notamment les activités de pêche.
21 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/2022.03.14_pacte-eolien-mer.pdf
50
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/2022.03.14_pacte-eolien-mer.pdf
l
1.2. La planification de l?éolien en mer dans la façade NAMO
Sur la façade NAMO, trois projets éoliens en mer posés sont déjà attribués dont le premier parc
commercial français de Saint-Nazaire, mis en service en 2022 (480MW), ainsi que le parc de Saint-
Brieuc (issu du même appel d?offres, 496MW), entré en service en 2024. En travaux, le parc des Îles
d?Yeu et de Noirmoutier (500MW) entrera en service fin 2025. Le premier parc commercial flottant
au sud de la Bretagne (250MW) a été attribué en mai 2024 et une procédure de mise en
concurrence pour un second parc flottant (500MW) est en cours. Au total, ce sont cinq parcs
éoliens en service ou en projet qui ont été planifiés pour une production de plus de 2,2GW avant
2034.
L?atteinte des objectifs de développement fixés au niveau national à 10ans et à 2050 dépend
largement de la contribution de la façade maritime NAMO, en raison de sa superficie et de ses
potentiels techniques. Ainsi, les objectifs qui lui ont été assignés22 sont de l?ordre de 6 à 9,5GW à
10ans (dont le second parc flottant de 0,5MW en Bretagne sud) et 17 à 25GW pour 2050.
L?application de cinq critères techniques (profondeur d?eau, navigation maritime, défense nationale,
distance minimale à la côte de 15km, force du vent) a permis de définir 5 zones propices à 10ans
(A, B, C, D et E) et 2 à 2050 (F et G) qui totalisent une superficie respectivement de 3320km² et
15700km². Ces 7 zones ont été soumises au débat public23.
En complément des enseignements du débat public, la définition des zones prioritaires au sein des
zones propices a pris en compte les enjeux environnementaux (habitats, avifaune et mammifères
marins) ainsi que de ceux des pêches professionnelles excluant les secteurs de plus forte
sensibilité24. Les sensibilités paysagères à l?éolien en mer ont été également évaluées sur la façade
pour questionner l?éloignement minimal à la côte. Les capacités et les contraintes de raccordement
ont également été prises en compte dans l'exercice.
Ces éléments ont fait l?objet d?un partage auprès des instances de la façade (CMF, ARML, CRML et
son groupe de travail technique, Conseil scientifique de façade), ainsi que de travaux concertés
avec les acteurs dont les élus locaux pour trouver un équilibre entre les enjeux environnementaux,
de cohabitation des usages et paysagers de la façade NAMO.
Les cartographies des zones prioritaires sont le fruit de ce processus itératif de concertation.
Ainsi, la cartographie à 10 ans présente deux zones prioritaires à l?éolien en mer:
? Bretagne Nord-Ouest (BNO), de 2GW maximum, raccordable en Finistère à 2035;
? Bretagne Nord-Est (BNE), d'environ 2 GW située totalement ou pour partie sur la façade
NAMO et, pour la partie restante, sur la façade MEMN sans que cette dernière ne puisse
dépasser 1 GW. Son raccordement est prévu à 2040 en Bretagne ou en Normandie.
22 Stratégie nationale pour la mer et le littoral ? Objectif 13.
23 Cette cartographie est disponible sur le site eoliennesenmer.fr, accessible ici:
https://www.eoliennesenmer.fr/planification-et-participation-du-public
24 Étude «pêche» du CEREMA sur l'ensemble de l'espace maritime des 4 façades métropolitaines ? 2024; Étude ZIP 1 des
comités des pêches bretons et ligériens ? mars 2024
51
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
https://www.eoliennesenmer.fr/planification-et-participation-du-public
l
La cartographie à 2050 identifie deux zones prioritaires à l?éolien en mer , Bretagne Grand Large
(BGL) et Centre Atlantique Grand Large (CAGL) qui feront l?objet d?études de faisabilité et de
concertation supplémentaires.
Les trois zones propices B, C et D situées dans le prolongement des parcs éoliens en
développement (Bretagne sud), en service (Saint-Nazaire) et en construction (Yeu-Noirmoutier) ne
sont pas retenues comme zones prioritaires, tout comme la zone E au large de la Vendée au Sud de
la façade.
L'aired'étude pour le raccordement de la zone Golfe de Gascogne Sud (GGS), en SA, a été définie
en lien avec liaison électrique GILA.Le projet « Gironde ? Loire Atlantique » (GILA) porté par RTE et
situé sur la façade maritime atlantique a pour double objectif le renforcement interne du réseau de
transport d'électricité par la mer et le raccordement de parcs EMR, avec la possibilité de raccorder
au moins un parc éolien en mer (en complément du raccordement du parc Oléron 2).
Depuis la décision interministérielle du 17 octobre 2024, la concertation continue menée sous
l?égide du préfet de région Bretagne et du préfet maritime de l?Atlantique avec les instances, les
parties prenantes et le public a permis de préciser la zone prioritaire Bretagne Nord Ouest et la
zone d?étude de son raccordement.
Les études et la concertation au sein des zones prioritaires à l?éolien en mer à 10 ans BNO et BNE se
poursuivront pour l?identification, d?un ou plusieurs périmètres d?appels d?offres afin de lancer les
procédures de mise en concurrence actées par la future programmation pluriannuelle de l?énergie.
En conséquence, la carte des zones prioritaires à l?éolien en mer à 10 ans et à 2050 a été actualisée ,
(cf. page ci-après).
Les zones prioritaires au développement de l?éolien en mer sont cartographiées, par zones de
vocation, dans l?annexe 8 dédiée aux fiches descriptives des zones de vocation.
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique ? la décision interministérielle est insérée dans l?atlas
Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte ds vocations
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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2. La planification des zones de protection forte
2.1. Les objectifs de la planification des zones de protection forte
Les dernières évaluations de l?état du milieu marin en France sont préoccupantes. Elles démontrent
que la biodiversité marine et les nombreux services rendus par la mer, indispensables à l?humanité,
sont menacés, notamment en raison des nombreuses pressions liées aux activités humaines. Réduire
les pressions sur le milieu marin implique en particulier d?encadrer, sur une base volontaire ou
réglementaire, les activités humaines là où leur impact affecte l?état écologique des espèces et des
habitats.
La Stratégie nationale pour la biodiversité et la SNML 2024-2030 ambitionnent, à horizon 2030, de
renforcer le réseau des aires protégées pour couvrir 30% du territoire national et des eaux marines
(cible aujourd?hui atteinte, avec une couverture de 33,6 % des eaux marines), et 10% des eaux
françaises en protection forte. Ces cibles sont également indiquées respectivement dans les
mesures 1 et 2 de l?objectif 1 de la Stratégie nationale aires protégées (SNAP) 2030. Cette dernière
se décline à l?échelle nationale via un plan d?action SNAP (en cours de révision) et des plans
d?actions territoriaux aux échelles régionales (Bretagne et Pays de Loire) et façade maritime.
Définie par le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 pris en application de l?article L. 110-4 du Code de
l?environnement, la protection forte correspond à «une zone géographique dans laquelle les
pressions engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des
enjeux écologiques sont absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées, et ce de manière
pérenne, grâce à la mise en oeuvre d?une protection foncière ou d?une réglementation adaptée,
associée à un contrôle effectif des activités concernées».
Les zones de protection forte (ZPF) ne constituent donc pas en soi une nouvelle catégorie juridique
d?aires marines protégées. Il s?agit d?un label reconnaissant des bonnes pratiques et une gestion
exemplaire avec un encadrement adapté des activités, permettant à moyen et long termes la
préservation d?une biodiversité remarquable25 et de ses services rendus. Elle ne vise ainsi pas
l?exclusion a priori des activités humaines mais marque une suppression ou a minima une forte
limitation des pressions générées par ces activités, en fonction de leurs impacts effectifs sur les
enjeux écologiques de la zone considérée.
Les bénéfices associés à une aire marine protégée efficacement gérée et fortement protégée sont
nombreux pour l?environnement marin: la biodiversité y est notamment plus riche, les espèces plus
nombreuses, en abondance plus importante, les habitats en meilleur état de conservation. Les
bénéfices écosystémiques fournis (reproduction des espèces halieutiques, lutte contre l?érosion
côtière, paysage de qualité, etc.) sont accrus et renforcés jusqu?à bénéficier même aux zones
avoisinantes: c?est «l?effet réserve».
25 La biodiversité remarquable désigne une biodiversité patrimoniale, rare avec une notion de responsabilité de la façade,
et/ou une biodiversité assurant une à plusieurs étapes de vie primordiales pour une ou plusieurs espèces.
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 précise les 3 critères ci-dessous à respecter pour une recon-
naissance en zone de protection forte. Il est mis en application suivant l?instruction technique du 8
septembre 2025 relative à la reconnaissance des zones de protection forte des espaces mari-
times26 .
26 Accessible à l?adresse: https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-
0034189/TECL2525202J.pdf
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0034189/TECL2525202J.pdf
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0034189/TECL2525202J.pdf
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2.2. La planification de la protection forte en mer dans la façade NAMO
Pour construire ce réseau, l?élément guide est la préservation des enjeux écologiques majeurs et
forts identifiés par le DSF NAMO (cf annexe 5 de la stratégie de façade). Ces enjeux écologiques
majeurs et forts contribuent à la biodiversité remarquable de la façade Nord Atlantique-Manche
Ouest.
La démarche d?identification et de mise en oeuvre de zones de protection forte est en cours en
façade depuis le 1er cycle du DSF. Ainsi, l?annexe 2 du tome 1 du plan d?action du premier DSF ?
adopté par les Préfets coordonnateurs le 6 mai 2022 après concertation avec les membres du CMF
et de sa commission permanente ? identifiait en zone côtière une cinquantaine de secteurs d?étude
ZPF, existantes et potentielles, et listait pour chacun, les enjeux environnementaux d?intérêt pour le
développement de la protection forte27.
8 ZPF existantes ont été reconnues en 2023, pour un total cumulé de 27km²:
? réserve naturelle nationale de la baie de Saint-Brieuc, en «fond de baie»: zone de protection
renforcée et zone interdite à la navigation;
? réserve naturelle régionale du sillon de Talbert;
? périmètre de la RNN historique de l?archipel des Sept-Îlesainsi que zone de protection
intégrale et zone de protection renforcée issues de l?extension de 2023;
? arrêté de protection de biotope des îlots de la baie de Morlaix (îlots aux Dames, Beglem et
Rikard);
? zone marine de la réserve naturelle nationale d?Iroise étendue (par décret le 4 septembre
2021) dans l?archipel de Molène;
? arrêté de protection de biotope de l?île aux Moutons;
? réserve naturelle nationale des marais de Séné et son périmètre de protection ? golfe du
Morbihan;
? cantonnement de pêche au sud de l?île Longue ? golfe du Morbihan.
6 autres zones maritimes ont été reconnues en protection forte en 2025 (reconnaissance
automatique dès l?adoption des textes réglementaires de création de nouveaux arrêtés de
protection de biotope ou d?habitats naturels):
? APHN récifs d?hermelles de la baie du Mont Saint-Michel;
? AP cordons coquiller et gravelot à collier interrompu de la baie du Mont Saint-Michel;
? APB îlet de la Richardais;
? APB Etang de Toulvern;
? APB île Dumet et ses abords;
? APHN Pointe de l?Aiguillon.
À ce jour, 14 zones de protection forte sont reconnues sur la façade, ce qui porte à 36km² (soit
0,02%) des eaux de la façade.
L?atteinte de l?objectif de 3% des eaux marines de la façade NAMO en protection forte à horizon
2027 participerait de façon notable à celle des objectifs nationaux, du fait de sa superficie et de sa
richesse écologique.
27 Enjeux forts et majeurs du DSF principalement.
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Pour ce second cycle de planification maritime, l?identification des secteurs de développement des
zones de protection forte s?est appuyée sur les secteurs d?étude identifiés au 1er cycle, complétés
par des enjeux écologiques et des secteurs d?étude au large.
En mer territoriale (zone de vocation 5), la reconnaissance en zone de protection forte est mise en
oeuvre, à l?échelle de la façade, en priorité sur les secteurs d?étude ZPF potentielle identifiés dans la
carte ci-dessus. Cela n?exclut par d?autres projets de reconnaissance en ZPF éventuellement issus de
propositions d?instances de gouvernance locales (COPIL Natura 2000, etc.).
Les enjeux environnementaux d?intérêt identifiés dans le DSF 1er cycle et représentés ci-dessus,
pourront également être complétés par d?autres enjeux caractérisés à l?échelle des AMP dans les
DOCOB ou plans de gestion, ou faisant l?objet de plans nationaux d?actions, suite à des diagnostics
écologiques ou socio-économiques réalisés au niveau de l?AMP, ainsi que des analyses risque pêche.
Ainsi dans la zone de vocation 5e «Bretagne sud», l?enjeu Puffin des Baléares a pu être identifié.
Les autres enjeux devront être pris en compte dans le secteur du Mor braz (autres enjeux
oiseaux,etc.), afin de déterminer une zone d?enjeux environnementaux d?intérêt et considérer alors
un secteur d?étude ZPF potentielle.
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Au large (zones de vocation 1 et 2), les enjeux environnementaux d?intérêt correspondent aux
écosystèmes marins vulnérables visés par le règlement européen pour la pêche en eaux profondes28,
aux zones récifs situés en zone spéciale de conservation au titre de la DHFF et à la mégafaune
marine (oiseaux et mammifères marins).
À l?occasion de la troisième Conférence des Nations unies sur l?Océan (UNOC 3) en juin 2025, le Pré-
sident de la République et le Gouvernement ont annoncé le lancement d?une stratégie dédiée à la
protection des fonds marins en France hexagonale (les herbiers, le maërl, les coraux, les hermelles,
les canyons?). Elle comprend une accélération du développement de la protection forte, notam-
ment sur les zones de canyons et coraux profonds en Atlantique, avec des propositions concrètes
de zones à reconnaître en protection forte avant fin 2026, sous réserve de l?absence ou de la limita-
tion des pressions d?éventuels usages, autres que la pêche professionnelle, déjà réglementée, qui se-
raient présents sur ces zones.
2.3. L?implication des acteurs dans la démarche ZPF
La reconnaissance en protection forte est recherchée en priorité dans les secteurs d?étude ZPF
potentielle présentés précédemment (pour plus de détails annexe 8 par zone de vocation), en
particulier au sein d?aires marines protégées existantes.
La reconnaissance en protection forte vient ainsi souligner les bonnes pratiques et l?exemplarité de
la gestion de ladite zone protégée proposée. 11 catégories d?outils de protection existent en
28 Règlement d?exécution (UE) 2022/1614 de la commission du 15 septembre 2022 déterminant les zones existantes de
pêche en eau profonde et établissant une liste des zones qui abritent ou sont susceptibles d?abriter des écosystèmes
marins vulnérables.
58
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
France, avec chacune son propre système de gouvernance (cf annexe 1 ? Fiche protection de
l?environnement marin). L?ensemble des parties prenantes est associé (collectivités territoriales,
usagers socio-professionnels, usagers de loisirs, représentants des associations environnementales,
experts scientifiques, services d?État) à la concertation qui se réalise à l?échelon local.
Afin de respecter le critère de reconnaissance en protection forte, il pourra être parfois nécessaire
de renforcer la protection au sein des AMP existantes, via la mise en oeuvre de mesures
d?encadrement des usages et/ou d?arrêtés de protection des habitats naturels ou biotopes. Ces
mesures réglementaires sont prises par arrêté préfectoral. De fait, chaque outil réglementaire
mobilisé pour contribuer à une zone maritime reconnaissable en PF fait l?objet d?une concertation
locale définissant son périmètre, ses objectifs et les enjeux écologiques à préserver et ses mesures
de suivi. En fonction des outils reconnus en PF, cette concertation sera menée dans le cadre des
instances de gouvernance locales ou dans des instances ad hoc (par ex. pour les APB et APHN).
Les acteurs de la façade maritime sont également impliqués, comme le prévoit le décret du 12 avril
2022 dans son article 6: «les propositions de reconnaissance de zones de protection forte pour les
espaces maritimes sont formulées par les préfets maritimes, après recommandations des conseils mari-
times de façades sur la base de leurs attributions prévues par l?article L. 219-6-1 du code de l?environ-
nement». En façade Nord Atlantique-Manche Ouest, les propositions de reconnaissance en protec-
tion forte sur le domaine public maritime sont présentées au sein de la Commission permanente du
CMF et un bilan annuel sera réalisé chaque année en instance plénière du CMF.
En savoir plus
Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte ds vocations
CHAPITRE 3: CARTE DES VOCATIONS OU TRADUCTION
CARTOGRAPHIQUE DES OBJECTIFS STRATÉGIQUES
La mise en oeuvre de la planification maritime par chaque État membre de l?Union européenne
implique d?identifier la répartition spatiale et temporelle des activités et usages pertinents,
existants et futurs dans les eaux marines, afin de promouvoir leur coexistence29. Cette planification
s?inscrit dans l?objectif prioritaire de l?atteinte ou du maintien du bon état écologique (BEE) du
milieu marin30. Elle se traduit au sein des DSF par l?établissement de cartes des vocations.
Les périmètres des zones de vocations résultent des travaux menés au DSF 1er cycle, de
superposition des enjeux environnementaux et socio-économiques, tout en prenant en compte des
évolutions à venir.
La carte des vocations est ainsi un document intégrateur, fruit d?un travail approfondi des services
de l?État et des établissements publics, en lien avec la commission permanente du Conseil maritime
de façade.
13 zones ont été identifiées dès le premier cycle 1 du DSF. Elles sont définies à la fois au regard de
limites administratives et géographiques, et en lien avec la présence d?enjeux et d?objectifs
stratégiques homogènes:
? 5 zones situées au niveau de la plaine abyssale, du talus continental et du plateau
continental;
? 8 zones réparties en mer territoriale.
29 Articles 5 et 8 de la directive cadre «planification de l?espace maritime».
30 Conformément à la directive cadre «stratégie pour le milieu marin».
59
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Chaque zone fait l?objet d?une vocation particulière qui exprime une projection dans l?avenir
fondée sur une volonté d?évolution relative à une ou plusieurs activités et/ou à la qualité du milieu
marin et des eaux côtières. Dans un principe de complémentarité et de subsidiarité, la carte des
vocations intègre les vocations établies par des planifications existantes telles que les orientations
de gestion des parcs naturels marins et les schémas de mise en valeur de la mer.
Selon les zones, la priorité est donnée à une ou plusieurs activités ou exigence environnementale en
cohabitation avec d?autres activités. Il ne s?agit pas d?exclure mais d?encourager la cohabitation des
usages au service des objectifs stratégiques identifiés, tout en permettant en cas de litige, de
statuer sur les priorités au sein de chaque zone.
L?état des lieux des usages et les potentiels techniques connus sont précisés au sein de l?Atlas
cartographique31 qui établit la situation de l?existant.
Un usage non cité dans une zone peut s?implanter ou exister préalablement à la carte des
vocations, mais il ne pourra se prévaloir d?une priorité stratégique telle que définie dans le présent
document.
L?actualisation de la carte des vocations pour ce second cycle s?est appuyée sur la mise à jour des
objectifs stratégiques. Les périmètres initiaux des zones de vocation ont été conservés mais les
priorités et cohabitations, détaillées ci-après, ont évolué sur certaines zones, en concertation avec
les acteurs de la façade.
De manière générale, la planification de l?éolien en mer, se traduit, dans cette mise à jour, par
l?intégration des zones prioritaires à 10ans et à 2050 et par certaines évolutions qui prennent en
compte les usages historiques (pêche, aquaculture, transport, etc.) au sein des vocations. Afin de
tenir compte des horizons temporels de cette planification, les énergies marines renouvelables et
leur raccordement prennent le rang de co-priorité dans les zones susceptibles d?accueillir des
projets à horizon 10ans et conservent, à ce stade, le rang établi en 2019 pour les zones susceptibles
d?accueillir des projets à horizon 2050.
La planification de la protection forte n?a pas appelé d?évolution particulière des vocations
puisqu?elle s?inscrit dans l?objectif prioritaire d?atteinte du BEE du milieu marin qui s?applique pour
toutes les zones de vocation.
Zone 1: Plaine abyssale
Peu d?activités s?exercent dans cette zone hormis le transport maritime et les câbles sous-marins.
Toutefois, des enjeux écologiques sont identifiés notamment pour les oiseaux, les poissons, les
cétacés et les delphinidés. Cette zone méconnue offre également des zones de nourriceries
privilégiées (maquereau, merlu et chinchard).
Vocation: utilisation et valorisation possible du milieu et des ressources marines par une
exploitation durable conditionnée à une meilleure connaissance de la zone et à la préservation des
grands cétacés et leurs ressources nourricières.
Cette zone est partagée avec la façade Sud-Atlantique (SA).
Zone 2: Talus continental
La zone abrite de nombreux canyons sous-marins à l?origine d?habitats variés (notamment récifs de
coraux froids) qui sont le refuge de nombreuses espèces de poissons, de cétacés et de delphinidés.
Les activités de pêche y sont développées sur le bord supérieur.
31 En annexe 4
60
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Vocation: exploitation durable des ressources marines respectueuse des habitats et espèces à forts
enjeux écologiques.
Les zones prioritaires pour le développement de l?éolien en mer à l?horizon 2050 se situent en
majorité en zones 3a et 3b. Toutefois, elles s?étendent sur la zone 2 sur de petites superficies. La
cohabitation dans cette zone de vocation pourra être réactualisée, à mesure de l?avancement des
travaux de planification de l?éolien en mer, sur la base des réflexions menées par la façade et les
assemblées régionales.
Cette zone est partagée avec la façade Sud-Atlantique (SA).
Zone 3: Plateau continental
La zone est marquée principalement par les activités de pêche professionnelle et de navigation. Le
développement de nouvelles activités (énergies marines renouvelables, extraction de granulats
marins, activité câblière) devra prendre en compte les zones à forts enjeux écologiques (grande
vasière, plateau de Rochebonne, etc.).
Zone 3a: Plateau continental nord
Vocation: priorité aux pêches professionnelles durables; en veillant à la cohabitation, par ordre
d?importance, avec le transport maritime, les énergies marines renouvelables et leur
raccordement; en préservant les habitats et espèces à forts enjeux écologiques.
La cohabitation dans cette zone de vocation pourra être réactualisée, à mesure de l?avancement
des travaux de planification de l?éolien en mer, sur la base des réflexions menées par la façade et les
assemblées régionales.
Zone 3b: Plateau continental central
Vocation: priorité aux énergies marines renouvelables et à leur raccordement et aux pêches
professionnelles durables; en veillant à la cohabitation, par ordre d?importance, avec le transport
maritime et l?extraction de granulats marins32; en préservant les habitats et espèces à forts enjeux
écologiques.
Cette zone jouxte la façade Sud-Atlantique (SA).
Zone 4: Manche occidentale
La zone est marquée par un trafic trans-Manche et intercontinental très dense à fort enjeu de
sécurité maritime et par des activités de pêche professionnelle très présentes. L?éventuel
développement de nouvelles activités devra considérer les enjeux de sécurité maritime,
halieutiques et les enjeux écologiques de la zone (dunes hydrauliques, zones d?alimentation pour la
mégafaune, zones de ponte pour espèces commerciales, sole, bar, etc.).
Vocation: priorité au transport maritime et aux énergies marines renouvelables et à leur
raccordement; en veillant à la cohabitation, par ordre d?importance, avec les pêches
professionnelles durables, ainsi que l?extraction de granulats marins33; en préservant les oiseaux et
les mammifères marins.
Le développement de l?éolien en mer devra prendre en compte les enjeux de sécurité liés au
transport maritime (usage historique).
32 Permis exclusif de recherche (PER)
33 Permis exclusif de recherche (PER)
61
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Cette zone jouxte la façade Manche Est-Mer du Nord (MEMN).
Zone 5: Mer territoriale
La mer territoriale est l?espace sur lequel se concentrent de multiples activités humaines et enjeux
écologiques. Ainsi, la totalité des enjeux communs et transversaux y coexistent à des niveaux
d?intensité variable: bon état du milieu marin, qualité des eaux, paysage, prévention des crises,
performance économique et environnementale, sécurité et sûreté maritimes, connaissance,
recherche et formation, gouvernance, etc.
Par ailleurs, en raison de leur situation d?interface terre-mer, ces espaces sont particulièrement
exposés aux pollutions terrestres.
Priorité générale dans les zones 5a à 5h à la reconquête du bon état écologique du milieu marin et
de la qualité des eaux en prenant en compte la dynamique hydrosédimentaire et le lien terre-mer
et les enjeux climatiques, au bénéfice des services écosystémiques et de la cohabitation des usages
et des activités maritimes et littorales.
Zone 5a: Golfe normand breton et baie du Mont-Saint-Michel
La zone est caractérisée par la présence de la baie du Mont-Saint-Michel et de l?estuaire de la Rance.
Très touristique, elle est le siège d?activités conchylicoles denses ainsi que des activités de pêches
professionnelles et de loisir. Site d?importance pour les oiseaux, il abrite des habitats particuliers
(prés salés, vasières, récifs d?Hermelles) dont la préservation doit être intégrée aux modalités de
gestion.
Vocation: priorité au patrimoine culturel, aux pêches et aux aquacultures durables; en veillant à la
cohabitation avec les activités touristiques et la préservation des écosystèmes marins.
Cette zone jouxte la façade Manche Est-Mer du Nord (MEMN).
Zone 5b: Bretagne nord
La zone est caractérisée par une grande diversité des usages: des usages historiques tels que les
pêches professionnelles et de loisir, les aquacultures, l?extraction de granulats marins ou encore le
transport maritime; et des usages nouveaux comme le parc éolien au large de Saint-Brieuc (en
service). Elle accueille également une forte activité de plaisance de tourisme et constitue un site
d?importance pour les espèces marines (avifaune, poissons, petits cétacés) en raison notamment de
la présence de nombreuses baies qui jalonnent le littoral. Elle comprend les îles de Batz et Bréhat,
qui font partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation pour la transition énergétique et
écologique.
Vocation: priorité aux pêches et aquacultures durables et aux énergies marines renouvelables et à
leur raccordement; en veillant à la cohabitation avec le nautisme et le tourisme durables; en
préservant les habitats à fort enjeu écologique, les oiseaux et les mammifères marins.
Le développement de l?éolien en mer devra prendre en compte les enjeux liés aux pêches et
aquacultures (usages historiques).
Cette zone inclut le périmètre du SMVM du Trégor-Goëlo, lequel définit des zones de vocations
dans le cadre d?une gouvernance spécifique.
Zone 5c: Parc naturel marin d?Iroise
La zone est caractérisée par un hydrodynamisme très puissant qui présente un intérêt pour la
technologie de l?hydrolien. Elle comprend deux archipels importants (Molène-Ouessant et la
chaussée de Sein) qui font partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation pour la transition
62
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
énergétique et écologique. Cette zone héberge une grande variété d?activités. Le parc naturel marin
a vocation à assurer un équilibre harmonieux entre la préservation du capital naturel d?exception et
des activités économiques pérennes.
Vocation: connaissance du patrimoine, protection et développement durable du milieu marin
(Orientations de gestion définies dans l?article 6 du décret 2007-1406 du 28 septembre 2007
portant création du parc naturel marin d?Iroise tel que modifié par le décret n° 2022-1589 du 19
décembre 2022).
Zone 5d: Rade de Brest
La zone est caractérisée par la présence de l?une des plus grandes rades du monde qui abrite une
base navale, un port de commerce tourné vers les services (réparation, remorquage portuaire et de
haute mer, etc.) et les énergies marines renouvelables, des activités développées de conchyliculture,
de pêche et de plaisance et de loisirs nautiques. Elle connaît une concentration exceptionnelle de
compétences et d?établissements en matière de recherche, sciences et technologies marines. Son
importance écologique réside notamment dans la présence d?un banc de maërl d?intérêt majeur.
Vocation: priorité aux activités industrialo-portuaires et militaires; en veillant à la cohabitation,
par ordre d?importance, avec les pêches et les aquacultures durables, la plaisance, le nautisme et le
tourisme durables; en assurant la reconquête de la qualité de l?eau et la préservation des habitats à
fort enjeu écologique.
Zone 5e: Bretagne sud
La zone est caractérisée par la présence des plus importants ports de pêche de la façade, d?une
conchyliculture structurante, de chantiers de réparation et de construction navales, et d?une
activité nautique dense. Par ailleurs, elle accueille le premier projet de parc éolien flottant
commercial national. C?est également une zone de grande importance halieutique (grande vasière)
en raison notamment de la diversité des habitats présents. Elle abrite les îles de Groix, Houat,
Hoedic et Belle-Île-en-Mer, qui font partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation pour la
transition énergétique et écologique.
Vocation: priorité aux pêches et aquacultures durables; en veillant à la cohabitation, par ordre
d?importance, avec les énergies marines renouvelables et leur raccordement, le nautisme et le
tourisme durables; en prenant en compte la préservation du massif dunaire, des habitats à fort
enjeu écologique et des oiseaux marins.
Cette zone inclut le périmètre du SMVM du Golfe du Morbihan, lequel définit des zones de
vocations dans le cadre d?une gouvernance spécifique, ainsi qu?une partie de la circonscription du
grand port maritime de Nantes ? Saint-Nazaire.
Zone 5f: Estuaire de la Loire
La zone est caractérisée par l?exutoire du plus grand fleuve de France et la présence du grand port
maritime de Nantes - Saint-Nazaire, pôle industrialo-portuaire d?importance mondiale notamment
pour la croisière, l?aérospatiale et les biotechnologies marines. Deux sites d?extraction de granulats
marins et le parc éolien de Saint-Nazaire (banc de Guérande ? en service) se trouvent dans cette
zone. Ces activités doivent être conjuguées avec la préservation d?un patrimoine naturel
d?exception (vasières, marais rétro-littoraux, prés salés).
Vocation: priorité aux activités industrialo-portuaires et au trafic maritime; en veillant à la
cohabitation, par ordre d?importance, avec les pêches et les aquacultures durables, le nautisme et
le tourisme durables, les énergies marines renouvelables et leur raccordement, l?extraction de
63
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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granulats marins; en préservant les forts enjeux écologiques estuariens et rétro-littoraux et le bon
fonctionnement de l?interface terre-mer.
Zone 5g: Baie de Bourgneuf et littoral vendéen
La zone est caractérisée par une baie de grande importance pour les herbiers zostères, hermelles et
laminaires. Elle comprend l?île d?Yeu, qui fait partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation
pour la transition énergétique et écologique. Elle tire son dynamisme économique de la
construction nautique, du tourisme, des aquacultures et des pêches professionnelles et de loisir. Le
parc éolien des Îles d?Yeu et de Noirmoutier (en développement) se trouvent dans cette zone. Ce
littoral très touristique est maillé de nombreuses cités balnéaires.
Vocation: priorité aux pêches et aux aquacultures durables; en veillant à la cohabitation, par ordre
d?importance, avec les énergies marines renouvelables et leur raccordement, le nautisme et le
tourisme durables; en préservant le massif dunaire et les habitats et espèces à enjeux écologiques
forts.
Zone 5h: Parc naturel marin de l?Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis
La zone se distingue par la présence de nombreuses activités: pêches, aquacultures, extraction de
granulats marins, transport maritime, plaisance, tourisme dont la gestion doit intégrer la présence
d?habitats particuliers (prés salés, vasières, etc.) et d?espèces à enjeux (notamment les amphihalins).
Vocation: connaissance du patrimoine, protection et développement durable du milieu marin
(Orientations de gestion définies dans l?article 8 du décret 2015-424 du 15 avril 2015 portant
création du parc naturel marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis).
Cette zone est très largement partagée avec la façade Sud-Atlantique (SA).
La notice technique de lecture de la carte des vocations et les fiches descriptives de chacune des
zones de vocation figurent à l'annexe 8.
À chaque fiche descriptive sont notamment rattachées trois cartes détaillées de la zone maritime,
permettant ainsi d?illustrer à une échelle plus locale les différents éléments de planification.
En savoir plus
Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte ds vocations
64
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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GLOSSAIRE
AMP Aire marine protégée
ARML Assemblée régionale mer et littoral
BEE Bon état écologique
CEREMA Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement
CESER Conseil économique, social et environnemental
CMF Conseil maritime de façade
CNDP Commission nationale du débat public
CRML Conférence régionale mer et littoral
DCPEM Directive cadre planification de l?espace maritime
DCSMM Directive cadre stratégie pour le milieu marin
DPM Domaine public maritime
DSF Document stratégique de façade
DST Dispositif de séparation du trafic
EMR Énergies marines renouvelables
ENSM École nationale supérieure maritime
GPMN-SN Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire
IFREMER Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
MEMN Manche Est-Mer du Nord
NAMO Nord Atlantique-Manche Ouest
OFB Office français de la biodiversité
PLUi Plan local d?urbanisme intercommunal
RNN Réserve nationale naturelle
66
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
SA Sud Atlantique
SAGE Schéma d?aménagement et de gestion des eaux
SCOT Schéma de cohérence territoriale
SDAGE Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
SFM Stratégie de façade maritime
SHOM Service hydrographique de la Marine
SLGRI Stratégie locale de gestion des risques d?inondation
SMVM Schéma de mise en valeur de la mer
SNAP Stratégie nationale pour les aires protégées
SNB Stratégie nationale biodiversité
SNML Stratégie nationale pour la mer et le littoral
SNP Stratégie nationale portuaire
SNGITC Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte
SPR Site patrimonial remarquable
SRADDET Schéma régional de développement durable et d?égalité des territoires
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
ZEE Zone économique exclusive
ZMEL Zone de mouillage et d?équipements légers
ZPF Zone de protection forte
67
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
PRÉAMBULE
1. Cadre européen et national
2. Échelle de la façade Nord Atlantique-Manche Ouest
3. Régime d?opposabilité du Document stratégique de façade
4. Contenu du Document stratégique de façade
5. Élaboration et mise à jour du Document stratégique de façade
6. Calendrier général
7. Vision à 2050 pour la façade
PARTIE 1: SITUATION DE L?EXISTANT
1. Caractéristiques de la façade
2. Activités maritimes et littorales
3. Écosystèmes marins et littoraux
4. Sites, paysages et patrimoine culturel
5. Risques littoraux
6. Connaissance, recherche, innovation, sensibilisation et formation
7. Les initiatives locales de planification ou de gestion intégrée de la mer et du littoral
8. Interactions entre activités et entre activités et environnement
PARTIE 2: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET PLANIFICATION DES ESPACES MARITIMES
CHAPITRE 1: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIO-ÉCONOMIQUES
1. Objectifs stratégiques environnementaux
2. Objectifs stratégiques socio-économiques
CHAPITRE 2: PLANIFICATION DE L?ÉOLIEN EN MER ET DES ZONES DE PROTECTION FORTE
1. La planification de l?éolien en mer
1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer
1.2. La planification de l?éolien en mer dans la façade NAMO
2. La planification des zones de protection forte
2.1. Les objectifs de la planification des zones de protection forte
2.2. La planification de la protection forte en mer dans la façade NAMO
2.3. L?implication des acteurs dans la démarche ZPF
CHAPITRE 3: CARTE DES VOCATIONS OU TRADUCTION CARTOGRAPHIQUE DES OBJECTIFS STRATÉGIQUES
GLOSSAIRE
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION ivités en lien
avec les territoires littoraux.
5. La qualité des eaux continentales, de transition, côtières et territoriales, ainsi que la disponibilité
de l?eau douce comme conditions nécessaires pour certaines activités (pêches professionnelles et
de loisir, aquacultures, bio-ressources, tourisme, baignade et loisirs nautiques, thalassothérapie,
plaisance, agriculture littorale).
6. Le réseau d?acteurs mobilisés au sein de gouvernances interfacées (entre bassins versants et la
façade maritime) et la participation citoyenne favorisée.
7. La performance économique de toutes les filières et les capacités d?investissements,
d?innovation et de recherche.
8. La performance environnementale de toutes les filières dans une démarche de sobriété et de
mise en oeuvre de la séquence éviter-réduire-compenser.
9. La durabilité, le nombre et la qualité des emplois (attractivité, création de nouvelles filières et
d?emplois, adaptation des formations aux besoins des employeurs et des employés, etc.).
10. La transformation numérique de l?économie maritime et la mise en place de l?industrie du futur
en lien avec l?innovation.
11. La préservation des paysages, fondateurs de l?identité de la façade et supports d?usages et/ou
d?activités (tourisme, plaisance, pêche de loisir, urbanisation, biens culturels maritimes).
12. Le dimensionnement des capacités d?accueil et de l?accès aux espaces maritimes (zone
économique exclusive (ZEE) nationale et frontalière) et littoraux (foncier littoral notamment
portuaire, domaine public naturel, sentier du littoral, espaces rétro-littoraux, accès à la ressource
en eau, à l?offre de soin, etc.), en tenant compte des équilibres des écosystèmes.
13. L?acceptabilité sociétale des activités, des projets et des acteurs, en particulier sur les activités
impliquant l?attribution d?un espace dédié et la recherche de synergies (EMR, aquacultures,
extraction de granulats marins, création/extension de ports, manifestations terrestres et
nautiques).
38
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
14. La responsabilisation des usagers de la mer face aux risques (sécurité maritime, risques naturels
et technologiques), aux enjeux de préservation du milieu marin et des ressources marines et de
cohabitation entre les différents usages (récréatifs ou productifs).
15. La sécurisation juridique des nouvelles activités, des projets et/ou expérimentations en mer et
sur le littoral (EMR, aquaculture, biotechnologies, etc.).
16. La connaissance, la formation et la sensibilisation au milieu marin et aux impacts des activités
sur le milieu marin auprès du grand public comme des socio-professionnels.
17. La sécurité et la sûreté maritimes, les activités de défense et de sécurité nationale.
18. L?anticipation et la prise en compte des crises majeures (climatiques, sanitaires, géopolitiques)
et l?adaptation des politiques et des décisions.
7. Les initiatives locales de
planification ou de gestion
intégrée de la mer et du littoral
En façade NAMO, on peut constater une forte
implication historique des acteurs maritimes,
nombreux et diversifiés, et des contributions ac-
tives aux travaux de planification et de gestion
de la mer et du littoral.
Au niveau régional, il existe deux instances de
gouvernance: la Conférence régionale pour la
mer et le littoral de Bretagne (CRML) et l?Assem-
blée régionale de la mer et du littoral (ARML) en
Pays de la Loire qui sont mobilisées pour conce-
voir les stratégies pour la mer et le littoral pour
chacune des régions. Ces instances se coor-
donnent avec le Conseil maritime de façade et
sont coprésidées par l?État et la région.
Au niveau départemental, certains départe-
ments comme le Finistère, la Loire-Atlantique et
la Vendée se sont dotés de stratégies pour la
mer et le littoral dès le premier cycle. Les collec-
tivités locales sont par ailleurs fortement impli-
quées dans la territorialisation et la mise en
oeuvre des schémas et stratégies relatives à la
gestion durable de la ressource en eau, à la rési-
lience des territoires face à l?érosion du littoral
et au recul du trait de côte, et plus générale-
ment aux enjeux d?aménagement du littoral.
Des réflexions sont ainsi conduites sur l?intégra-
tion d?un volet mer dans les SCOT, sur l?élabora-
tion de stratégies locales de gestion intégrées
du trait de côte, sur les schémas touristiques,
etc. On peut citer à titre d?exemple les straté-
gies locales des territoires de Nantes-Saint-Na-
zaire et Pornic agglomération sur les enjeux ma-
ritimes et littoraux.
Deux schémas de mise en valeur de la mer sont
actifs sur la façade (Morbihan et Trégor-Goëlo)
ainsi que deux parcs naturels marins (Iroise et
estuaire de la Gironde et mer des Pertuis). Les
parcs naturels du Golfe du Morbihan, d?Armo-
rique et du Marais Poitevin participent à la quali-
té du lien terre-mer.
Ce lien est également tout particulièrement exa-
miné par le Comité de bassin Loire-Bretagne à
travers l?élaboration du SDAGE et décliné par
les commissions locales de l?eau des SAGE litto-
raux.
Les collectivités participent par ailleurs, comme
un grand nombre d?acteurs maritimes, aux ins-
tances locales relatives aux espaces protégés ré-
glementaires, fonciers ou contractuels, sur la
frange littorale et rétro-littorale: comités de pi-
lotage Natura 2000, conseils de gestion des
deux parcs naturels marins, comités consultatifs
des réserves naturelles nationales.
39
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Le réseau de conseil est par ailleurs bien déve-
loppé: CESER, pôles de compétitivité dont l?un,
interrégional, est dédié spécifiquement à la mer,
acteurs du monde de la recherche dont la
Chaire maritime de Nantes qui a développé des
outils de sensibilisation et participation du pu-
blic à l?image de la Fresque de la planification
maritime.
Les acteurs de la façade ont ainsi acquis une so-
lide expérience de travail et de gestion, nourrie
de ces nombreuses démarches partenariales.
8. Interactions entre activités et
entre activités et environnement
Interactions entre activités
De nombreuses activités s?exercent en mer et
sur le littoral, générant des interactions. Pour
être compatibles spatialement et/ou temporel-
lement, la cohabitation des usages est néces-
saire et mise en oeuvre à différentes échelles.
Deux facteurs structurants sont à prendre en
compte: la saisonnalité (ouverture de la pêche
pendant une période spécifique ; activité de
transport maritime et tourisme plus ou moins
importante selon la période) et une temporalité
propre à chaque projet (phase de chantier, de
fonctionnement, de démantèlement des EMR,
aquaculture, etc.). Des activités peuvent donc
être incompatibles à une période de l?année et
cohabiter sans difficultés sur les autres pé-
riodes.
Le caractère mobile ou fixe des usages, ainsi
que leur temporalité sont essentiels à considé-
rer dans le cadre de la planification de l?espace
maritime. Les usages mobiles interagissent entre
eux (transports, pêches professionnelles, naviga-
tion de loisir, etc.) ou avec des activités inféo-
dées à des zones spécifiques (extractions,
câbles, parcs éoliens, immersion de sédiments,
zone d?attente, chenal de navigation, etc.). De
nombreux usagers doivent partager un même
espace à des périodes du jour, de la marée, de
la saison ou de l?année qui peuvent être proches
ou simultanées.
Si la façade est vaste et variée dans ses écosys-
tèmes et espaces comme dans ses utilisations,
les interactions entre activités sont marquées
sur l?ensemble de la mer territoriale en particu-
lier dans les zones réduites que sont les baies,
abers, rias, rades et estuaires qui concentrent
souvent des utilisations intenses de l?espace
avec des milieux fragiles.
Le plateau continental et son talus sont égale-
ment des zones où interagissent de nombreux
métiers, sur des espaces cependant plus larges.
L?augmentation et la diversification des usages
de la mer mais également des usages terrestres
nécessitant un accès à la mer, accroissent le
nombre et l?ampleur de ces interactions.
L?implantation des parcs éoliens au large des
côtes implique une analyse spécifique de la co-
habitation/conciliation des usages selon les dif-
férentes phases du projet. En effet, le déploie-
ment de l?éolien doit tenir compte des activités
préexistantes comme la pêche, le trafic mari-
time ou les activités relevant de la défense na-
tionale. Ceci est réalisé au stade de la planifica-
tion, à l?échelle de la façade; les modalités pré-
cises de cohabitation des projets avec les activi-
tés existantes sont ensuite étudiées au cas par
cas dans le cadre des différentes instances de
concertation (instance de concertation et suivi,
commission nautique locale, grande commission
nautique) et donnent lieu à une décision du pré-
fet maritime. Des interactions positives peuvent
40
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
émerger, tel que le développement de forme
d?aquaculture au sein des parcs.
Les interactions entre activités terrestres et ma-
rines dans l?accès aux ressources (eau, foncier)
sont également constatées. Les ostréiculteurs
sont dépendants de la qualité et de la quantité
d?eau qui leur parvient via les cours d?eau, dont
la qualité et disponibilité peuvent être affectées
par les usages agricoles ou pour l?eau potable.
Les interactions entre habitat résidentiel ou tou-
ristique de bord de mer et activités profession-
nelles nécessitant la proximité immédiate de la
mer sont générateurs de conflits potentiels.
En savoir plus:
Annexe 1: Description détaillée des activités et usages
de l'espace maritime et littoral
Annexe 4: Atlas cartographique
Interactions entre activités
et environnement marin
Les activités maritimes et littorales dépendent
des services écosystémiques rendus par un mi-
lieu, littoral ou marin, en bon état; elles sont
également sources de pressions sur les diffé-
rentes composantes de l?environnement marin.
La mise en oeuvre des mesures d?évitement et
de réduction de ces impacts sur le milieu marin
pour l?exercice des activités professionnelles ou
de loisirs est encadrée par différentes réglemen-
tations, de niveau local (arrêtés préfectoraux,
municipaux, aires marines protégées), national
(législation sur les études d?impacts) ou euro-
péen (politique commune des pêches).
L?étude des interactions «milieu marin/activi-
tés» effectuée dans le cadre de la mise en
oeuvre de la planification maritime (directive-
cadre stratégie pour le milieu marin) consiste en
une analyse des activités anthropiques et de
leurs impacts générés sur le milieu marin et sa
mise en correspondance avec les 11 descripteurs
du bon état écologique.
Cette analyse permet d?identifier les théma-
tiques à traiter prioritairement en vue d?at-
teindre ou de maintenir le bon état écologique
du milieu marin. Réalisée en amont, à l?échelle
de la planification, elle oriente également les
projets ou activités dans la mise en oeuvre de la
séquence éviter-réduire-compenser en identi-
fiant les enjeux environnementaux et interac-
tions à approfondir.
Les matrices ci-dessous permettent de représen-
ter de manière visuelle ces interactions. Leur ob-
jectif est de donner un aperçu global et synthé-
tique de l?existence de pressions et d?impacts
potentiels des secteurs d?activité sur le milieu
marin au regard des descripteurs du bon état
écologique (BEE).
La première matrice porte sur les pressions gé-
nérées par les secteurs d?activités sur le milieu
marin: le texte de la cellule précise cette rela-
tion de pression potentielle entre l?activité (en
entrée de ligne) et le descripteur de pression (en
entrée de colonne).
La seconde matrice porte sur les impacts géné-
rés par les secteurs d?activités sur le milieu ma-
rin: le texte de la cellule précise cette relation
d?impact potentiel entre l?activité (en entrée de
ligne) et le descripteur d?état (en entrée de co-
lonne). Une case vide indique une absence ? a
priori ? de relation.
Ces matrices ont été construites sur la base de
la bibliographie existante et de dires d?experts.
Elles ne prennent pas en compte les relations de
dépendance des activités vis-à-vis du bon fonc-
tionnement du milieu marin. Par exemple, les ni-
veaux de pression et d?impact peuvent varier
suivant le type de pratique ou l?intensité asso-
ciés à chaque activité ou suivant les endroits où
cette activité se déroule. Par souci de synthèse,
seules les activités anthropiques générant des
pressions avérées sur le milieu marin sont repré-
sentées.
En savoir plus:
Annexe 1: Description détaillée des activités et usages de
l?espace maritime et littoral
Annexe 2: Synthèse scientifique et technique relative à
l?évaluation initiale de l?état écologique des eaux marines et
de l?impact environnemental des activités humaines sur ces
eaux
41
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
Stratégie de façade maritime
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Matrice 1: pressions potentielles générées par les secteurs d?activités sur le milieu marin
Stratégie de façade maritime
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Matrice 2: impacts potentiels induits par les secteurs d?activités sur le milieu marin
l
PARTIE 2: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET PLANIFICATION
DES ESPACES MARITIMES
Au vu des enjeux identifiés précédemment et en tenant compte de la Vision à 2050, des objectifs
ont été fixés. Ces objectifs peuvent être de nature environnementale ? afin de préserver le milieu
marin ? ou socio-économique ? leur finalité étant alors de promouvoir le maintien ou le
développement d?une activité économique ou récréative.
Les objectifs peuvent également être stratégiques ou particuliers: les objectifs stratégiques sont
des objectifs généraux et les objectifs particuliers les décomposent plus finement. Il est entendu
que la nature des objectifs ne signifie pas un cloisonnement de la préservation de l?environnement
et des activités humaines. Ces objectifs ont été construits en regard les uns des autres:
? les objectifs environnementaux visent à protéger le milieu marin tout en tenant compte
des répercussions sociales et économiques pouvant en découler;
? les objectifs socio-économiques cherchent à favoriser le maintien ou le développement
des activités humaines tout en veillant à ne pas entraver l?atteinte du bon état
écologique du milieu marin.
CHAPITRE 1: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ENVIRONNEMENTAUX ET
SOCIO-ÉCONOMIQUES
1. Objectifs stratégiques environnementaux
En application de la directive-cadre Stratégie pour le milieu marin (DCSMM), transposée dans le
Code de l?environnement, les objectifs environnementaux (OE) ont pour rôle d?orienter les actions
d?encadrement des activités humaines pour les ramener lorsque nécessaire à des niveaux
compatibles avec l?atteinte ou le maintien du bon état écologique (BEE) des eaux marines. Ils sont
établis sur la base de l?évaluation de l?état écologique du milieu marin et de l?identification des
pressions exercées sur chacune de ses composantes par chaque activité. Pour atteindre ces
objectifs environnementaux, une série d?actions concrètes sont mises en oeuvre par le plan d?action
du DSF (volet opérationnel). Des indicateurs, pour lesquels des cibles sont définies, permettent de
mesurer l?efficacité de ces actions pour atteindre les objectifs environnementaux auxquels elles se
rapportent, et de les réorienter si nécessaire.
Les 15 objectifs stratégiques environnementaux définis au DSF 1er cycle ont été conservés et
enrichis d?un nouvel objectif transversal OET01 «développer la protection forte». Ce dernier est
créé afin de prendre en compte l?objectif cible de la SNML de 3% des eaux de la façade NAMO en
protection forte.
Les objectifs stratégiques environnementaux et particuliers sont codifiés selon les 11 descripteurs
de la DCSMM. Le tableau ci-après identifie la correspondance entre ces derniers et les objectifs
stratégiques environnementaux de la SFM NAMO cycle 2.
44
Stratégie de façade maritime
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l
Les objectifs environnementaux particuliers sont présentés en annexe 6A, ainsi que la
méthodologie employée pour les rendre plus opérationnels dans le cycle 2 du DSF.
Descripteurs du bon état écologique au
titre de la DCSMM
Objectifs stratégiques environnementaux
Objectif transversal Développer la protection forte
D01
La diversité biologique est
conservée. La qualité des
habitats et leur nombre, ainsi
que la distribution et
l?abondance des espèces sont
adaptées aux conditions
physiographiques,
géographiques et climatiques
existantes
D1-HB
Habitats benthiques
Limiter ou éviter les perturbations physiques d?origine
anthropique impactant le bon état écologique des habitats
benthiques littoraux, notamment les habitats particuliers
Limiter ou éviter les perturbations physiques d?origine
anthropique impactant le bon état écologique du plateau
continental et des habitats profonds, notamment les
habitats particuliers
D01-MT
Mammifères marins
et tortues
Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités
directes et du dérangement des mammifères marins et des
tortues
D01-OM
Oiseaux marins
Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités
directes, du dérangement et la perte d?habitats
fonctionnels importants pour le cycle de vie des oiseaux
marins et de l?estran, en particulier pour les espèces
vulnérables et en danger
D01-PC
Poissons ?
Céphalopodes
Limiter les pressions sur les espèces de poissons
vulnérables ou en danger voire favoriser leur restauration
et limiter le niveau de pression sur les zones fonctionnelles
halieutiques d?importance
D02
Les espèces non indigènes introduites par le biais des
activités humaines sont à des niveaux qui ne
perturbent pas les écosystèmes
Limiter les risques d?introduction et de dissémination
d?espèces non indigènes par le biais des activités humaines
D03
Les populations de tous les poissons et crustacés
exploités à des fins commerciales se situent dans les
limites de sécurité biologique, en présentant une
répartition de la population par âge et par taille qui
témoigne de la bonne santé du stock
Favoriser une exploitation des stocks de poissons,
mollusques et crustacés au niveau du rendement maximum
durable
D04
Tous les éléments constituant les réseaux trophiques
marins, dans la mesure où ils sont connus, sont
présents en abondance et diversité normales et à des
Favoriser le maintien dans le milieu des ressources
trophiques nécessaires aux grands prédateurs
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
niveaux pouvant garantir l?abondance des espèces à
long terme et le maintien complet de leurs capacités
reproductives
D05
L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier
pour ce qui est de ses effets néfastes, tels que
l?appauvrissement de la biodiversité, la dégradation
des écosystèmes, la prolifération d?algues toxiques et
la désoxygénation des eaux de fond, est réduite au
minimum
Réduire les apports excessifs en nutriments et leur
transfert dans le milieu marin
D06
Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la
structure et les fonctions des écosystèmes sont
préservées et que les écosystèmes benthiques, en
particulier, ne sont pas perturbés
Éviter les pertes et les perturbations physiques des
habitats marins liés aux activités maritimes et littorales
D07
Une modification permanente des conditions
hydrographiques ne nuit pas aux écosystèmes marins
Limiter les modifications des conditions hydrographiques
par les activités humaines qui soient défavorables au bon
fonctionnement de l?écosystème
D08
Le niveau de concentration des contaminants ne
provoque pas d?effets dus à la pollution
Réduire ou supprimer les apports en contaminants
chimiques dans le milieu marin, d?origine terrestre ou
maritime, chroniques ou accidentels
D09
Les quantités de contaminants présents dans les
poissons et autres fruits de mer destinés à la
consommation humaine ne dépassent pas les seuils
fixés par la législation de l?Union ou les autres normes
applicables
Réduire les contaminations microbiologiques, chimiques et
phycotoxines dégradant la qualité sanitaire des produits
de la mer, des zones de production aquacole et halieutique
et des zones de baignade
D10
Les propriétés et les quantités de déchets marins ne
provoquent pas de dommages au milieu côtier et
marin
Réduire les apports et la présence de déchets en mer et
sur le littoral d?origine terrestre ou maritime
D11
L?introduction d?énergie, y compris de sources
sonores sous-marines, s?effectue à des niveaux qui ne
nuisent pas au milieu marin
Limiter les émissions sonores dans le milieu marin à des
niveaux non impactant pour les mammifères marins
En savoir plus
Annexe 6a:Objectifs environnementaux
46
Stratégie de façade maritime
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l
2. Objectifs stratégiques socio-économiques
La Stratégie de façade maritime NAMO comporte 1 objectif transversal et 15 objectifs stratégiques
à finalité socio-économique. Ceux-ci sont précisés par des objectifs particuliers accompagnés
d?indicateurs permettant leur évaluation, suivi et rapportage auprès des instances nationales et de
façade.
Les objectifs sont codifiés sur la base de 3 objectifs de long terme de la SNML 2017-2023: le
développement d?une économe bleue durable (DE), la transition écologique pour la mer et le
littoral (TE), le rayonnement de la France (RF).
La SNML ayant été mise à jour pour la période 2024 à 2030, ses objectifs et mesures adossées ont
ainsi évolué.
Afin de maintenir une continuité entre les deux cycles du DSF NAMO, il a été choisi de ne pas
modifier la codification des objectifs adoptés au 1er cycle, telle que décrite ci-avant.
Les principaux enjeux qui ont guidé l?évolution au second cycle en façade NAMO sont:
? la prise en compte de l?objectif national relatif au déploiement de l?éolien en mer à 10ans et à
2050;
? la recherche d?indicateurs communs SNML-DSF en lien avec les travaux du Conseil national de
la mer et des littoraux;
? la vérification de la complétude des thématiques couvertes, ayant conduit à intégrer un
objectif transversal relatif à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à renforcer le
suivi des activités liées au transport maritime et au tourisme;
? la fiabilisation des indicateurs au regard des sources de données et de leur accessibilité. Il
convient toutefois de préciser que certains indicateurs restent à expertiser en cours de
cycle2 afin notamment de préciser les méthodes d?évaluation et consolider les sources de
données.
Le tableau ci-après identifie la correspondance entre les objectifs de la SNML cycle 2 et les objectifs
de la SFM NAMO cycle 2.
Les objectifs particuliers sont présentés en annexe 6B.
Objectifs de la SNML2 Objectifs stratégiques socio-économiques
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports,
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement
climatique et leurs activités au service des territoires»
Objectif 14 «Accompagner les filières maritimes dans
la transition vers la neutralité carbone à horizon 2050
et sécuriser l?approvisionnement en ressources
minérales non énergétiques dans un cadre de gestion
durable»
OT-OSE-I: Réduire les émissions de gaz à effet de
serre
47
Stratégie de façade maritime
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l
Objectif 7 «Promouvoir l?innovation technologique et
numérique pour des activités performantes,
soutenables et un meilleur partage des
connaissances»
Objectif 8 «Soutenir l?effort de recherche et de
connaissances au service des politiques publiques
maritimes et des territoires»
DE-OSE-I: Soutenir et promouvoir la recherche et
l?innovation dans tous les domaines de l?économie
maritime NAMO
Objectif 9 «Affirmer les dimensions sociale et durable
des activités maritimes et consolider les formations
initiales et continues pour répondre à l?évolution des
besoins»
DE-OSE-II: Développer un vivier de main-d?oeuvre
qualifiée et compétente au service de l?économie
bleue NAMO
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports,
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement
climatique et leurs activités au service des territoires»
DE-OSE-III: Promouvoir et accompagner le
développement de l?économie circulaire maritime
Objectif 13 «Développer les énergies marines
renouvelables pour contribuer à la neutralité carbone
2050 avec un objectif de 18GW mis en service en
2035 pour l?éolien en mer»
DE-OSE-IV: Développer les énergies marines
renouvelables
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports,
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement
climatique et leurs activités au service des territoires»
DE-OSE-V: Accélérer la transition énergétique et
écologique des ports de la façade
Objectif 12 «Accélérer la contribution des ports à la
décarbonation de l?économie et des transports
promouvoir leur performance environnementale et
garantir leur résilience face au changement climatique
et leurs activités au service des territoires»
Objectif 14 «Accompagner les filières maritimes dans
la transition vers la neutralité carbone à horizon 2050
et sécuriser l?approvisionnement en ressources
minérales non énergétiques dans un cadre de gestion
durable»
DE-OSE-VI: Accompagner et valoriser les industries
navales et nautiques durables
Objectif 2 «Atteindre le bon état écologique et
restaurer la biodiversité marine et littorale avec des
outils adaptés»
Objectif 6 «Bien vivre sur le littoral et recomposer le
modèle d?attractivité des littoraux»
DE-OSE-VII: Encourager un nautisme et un tourisme
durables et accessibles à tous
Objectif 11 «Soutenir et promouvoir un modèle de
pêche durable et une aquaculture performante et
respectueuse de l?environnement, pour améliorer
notre souveraineté alimentaire»
DE-OSE-VIII: Encourager des pêches et des
aquacultures durables et résilientes
48
Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
Objectif 14 «Accompagner les filières maritimes dans
la transition vers la neutralité carbone à horizon 2050
et sécuriser l?approvisionnement en ressources
minérales non énergétiques dans un cadre de gestion
durable»
DE-OSE-IX: Stabiliser l?approvisionnement en
granulats marins
Objectif 7 «Promouvoir l?innovation technologique
et numérique pour des activités performantes,
soutenables et un meilleur partage des
connaissances»
DE-OSE-X: Accélérer le développement des
biotechnologies marines
Objectif 5 «S?adapter aux effets du changement
climatique et accompagner l?évolution du trait de
côte»
Objectif 4 «Assurer la protection de la zone littorale
grâce à une action coordonnée entre bassins versants
et façades maritimes pour assurer une eau de qualité
et réduire les pressions de la terre vers la mer»
TE-OSE-I: Connaître, prévenir et gérer de façon
intégrée les risques maritimes et littoraux
Objectif 3 «Valoriser le patrimoine littoral et
maritime»
Objectif 6 «Bien vivre sur le littoral et recomposer le
modèle d?attractivité des littoraux»
TE-OSE-II: Promouvoir des territoires maritimes,
insulaires et littoraux résilients et équilibrés
Objectif 9 «Affirmer les dimensions sociale et
durable des activités maritimes et consolider les
formations initiales et continues pour répondre à
l?évolution des besoins»
RF-OSE-I: Faire comprendre et aimer la mer
Objectif 2 «Atteindre le bon état écologique et
restaurer la biodiversité marine et littorale avec des
outils adaptés»
Objectif 7 «Promouvoir l?innovation technologique et
numérique pour des activités performantes,
soutenables et un meilleur partage des
connaissances»
Objectif 8 «Soutenir l?effort de recherche et de
connaissances au service des politiques publiques
maritimes et des territoires»
RF-OSE-II: Explorer la mer
Objectif 15 «Porter des positions ambitieuses pour le
maritime en développant des coopérations» RF-OSE-III: Exporter nos savoir-faire maritimes
En savoir plus
Annexe 6b:Objectifs socio-économiques
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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CHAPITRE 2: PLANIFICATION DE L?ÉOLIEN EN MER ET DES ZONES
DE PROTECTION FORTE
1. La planification de l?éolien en mer
1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer
Le développement de l?éolien en mer s?inscrit dans la transition énergétique de la France guidée par
l?Accord de Paris sur le climat ratifié en 2015 et l?objectif de neutralité carbone en 2050 inscrit dans
la loi énergie-climat (LEC) de 2019. Pour y parvenir, l?État doit à la fois s?assurer de la réduction des
consommations énergétiques et de la décarbonation de ses sources d?énergie.
Pour atteindre ces objectifs, l?État a défini deux feuilles de route, la Stratégie nationale bas-carbone
(SNBC) adoptée en 2020 et la prochaine programmation pluriannuelle de l?énergie n°3 (PPE3).
La SNBC prévoit à l'horizon 2050 une augmentation en volume du besoin de production électrique
à hauteur de 645TWh. Il en résulte que le besoin en électricité provenant de sources décarbonées
augmentera significativement dans les décennies à venir.
Cela implique une trajectoire indispensable de développement de l?éolien en mer, en complément
des autres sources d?énergie renouvelable et du nucléaire, pour répondre aux besoins en électricité
décarbonée et atteindre les objectifs climatiques de baisse des émissions de gaz à effet de serre;
ce développement est également considéré comme nécessaire pour garantir l?indépendance
énergétique et la sécurité de l?approvisionnement.
Par ailleurs, lors des travaux sur la révision de la Stratégie française pour l?énergie et le climat (SFEC),
le Gouvernement a publié, le 12 juin 2023, une trajectoire de déploiement de l?éolien en mer
prévoyant la mise en service de 45GW à l?horizon 2050au regard des tensions identifiées sur le
système électrique, impliquant un besoin supérieur à celui envisagé initialement. Ces orientations
ont vocation à être traduites, adaptées et précisées dans la PPE.
Outre la neutralité carbone, cette planification vise à répondre à un besoin de visibilité des
territoires, des citoyens et de la filière industrielle de l?éolien en mer. Un pacte entre la filière et
l?État a par ailleurs été conclu en mars 202221.
La loi relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables (APER), promulguée le
10?mars 2023, a instauré l?établissement de cartographies de zones prioritaires pour le
développement de l?éolien en mer à l?horizon dix ans et 2050.
La mise à jour de la SFM NAMO est ainsi l?occasion de planifier l?implantation des futurs parcs
éoliens en mer pour répondre aux objectifs nationaux de transition énergétique et de
développement des énergies renouvelables, tout en assurant la préservation des enjeux
environnementaux les plus sensibles, des paysages et l?articulation avec les autres usages de la mer,
notamment les activités de pêche.
21 https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/2022.03.14_pacte-eolien-mer.pdf
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https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/2022.03.14_pacte-eolien-mer.pdf
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1.2. La planification de l?éolien en mer dans la façade NAMO
Sur la façade NAMO, trois projets éoliens en mer posés sont déjà attribués dont le premier parc
commercial français de Saint-Nazaire, mis en service en 2022 (480MW), ainsi que le parc de Saint-
Brieuc (issu du même appel d?offres, 496MW), entré en service en 2024. En travaux, le parc des Îles
d?Yeu et de Noirmoutier (500MW) entrera en service fin 2025. Le premier parc commercial flottant
au sud de la Bretagne (250MW) a été attribué en mai 2024 et une procédure de mise en
concurrence pour un second parc flottant (500MW) est en cours. Au total, ce sont cinq parcs
éoliens en service ou en projet qui ont été planifiés pour une production de plus de 2,2GW avant
2034.
L?atteinte des objectifs de développement fixés au niveau national à 10ans et à 2050 dépend
largement de la contribution de la façade maritime NAMO, en raison de sa superficie et de ses
potentiels techniques. Ainsi, les objectifs qui lui ont été assignés22 sont de l?ordre de 6 à 9,5GW à
10ans (dont le second parc flottant de 0,5MW en Bretagne sud) et 17 à 25GW pour 2050.
L?application de cinq critères techniques (profondeur d?eau, navigation maritime, défense nationale,
distance minimale à la côte de 15km, force du vent) a permis de définir 5 zones propices à 10ans
(A, B, C, D et E) et 2 à 2050 (F et G) qui totalisent une superficie respectivement de 3320km² et
15700km². Ces 7 zones ont été soumises au débat public23.
En complément des enseignements du débat public, la définition des zones prioritaires au sein des
zones propices a pris en compte les enjeux environnementaux (habitats, avifaune et mammifères
marins) ainsi que de ceux des pêches professionnelles excluant les secteurs de plus forte
sensibilité24. Les sensibilités paysagères à l?éolien en mer ont été également évaluées sur la façade
pour questionner l?éloignement minimal à la côte. Les capacités et les contraintes de raccordement
ont également été prises en compte dans l'exercice.
Ces éléments ont fait l?objet d?un partage auprès des instances de la façade (CMF, ARML, CRML et
son groupe de travail technique, Conseil scientifique de façade), ainsi que de travaux concertés
avec les acteurs dont les élus locaux pour trouver un équilibre entre les enjeux environnementaux,
de cohabitation des usages et paysagers de la façade NAMO.
Les cartographies des zones prioritaires sont le fruit de ce processus itératif de concertation.
Ainsi, la cartographie à 10 ans présente deux zones prioritaires à l?éolien en mer:
? Bretagne Nord-Ouest (BNO), de 2GW maximum, raccordable en Finistère à 2035;
? Bretagne Nord-Est (BNE), d'environ 2 GW située totalement ou pour partie sur la façade
NAMO et, pour la partie restante, sur la façade MEMN sans que cette dernière ne puisse
dépasser 1 GW. Son raccordement est prévu à 2040 en Bretagne ou en Normandie.
22 Stratégie nationale pour la mer et le littoral ? Objectif 13.
23 Cette cartographie est disponible sur le site eoliennesenmer.fr, accessible ici:
https://www.eoliennesenmer.fr/planification-et-participation-du-public
24 Étude «pêche» du CEREMA sur l'ensemble de l'espace maritime des 4 façades métropolitaines ? 2024; Étude ZIP 1 des
comités des pêches bretons et ligériens ? mars 2024
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https://www.eoliennesenmer.fr/planification-et-participation-du-public
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La cartographie à 2050 identifie deux zones prioritaires à l?éolien en mer , Bretagne Grand Large
(BGL) et Centre Atlantique Grand Large (CAGL) qui feront l?objet d?études de faisabilité et de
concertation supplémentaires.
Les trois zones propices B, C et D situées dans le prolongement des parcs éoliens en
développement (Bretagne sud), en service (Saint-Nazaire) et en construction (Yeu-Noirmoutier) ne
sont pas retenues comme zones prioritaires, tout comme la zone E au large de la Vendée au Sud de
la façade.
L'aired'étude pour le raccordement de la zone Golfe de Gascogne Sud (GGS), en SA, a été définie
en lien avec liaison électrique GILA.Le projet « Gironde ? Loire Atlantique » (GILA) porté par RTE et
situé sur la façade maritime atlantique a pour double objectif le renforcement interne du réseau de
transport d'électricité par la mer et le raccordement de parcs EMR, avec la possibilité de raccorder
au moins un parc éolien en mer (en complément du raccordement du parc Oléron 2).
Depuis la décision interministérielle du 17 octobre 2024, la concertation continue menée sous
l?égide du préfet de région Bretagne et du préfet maritime de l?Atlantique avec les instances, les
parties prenantes et le public a permis de préciser la zone prioritaire Bretagne Nord Ouest et la
zone d?étude de son raccordement.
Les études et la concertation au sein des zones prioritaires à l?éolien en mer à 10 ans BNO et BNE se
poursuivront pour l?identification, d?un ou plusieurs périmètres d?appels d?offres afin de lancer les
procédures de mise en concurrence actées par la future programmation pluriannuelle de l?énergie.
En conséquence, la carte des zones prioritaires à l?éolien en mer à 10 ans et à 2050 a été actualisée ,
(cf. page ci-après).
Les zones prioritaires au développement de l?éolien en mer sont cartographiées, par zones de
vocation, dans l?annexe 8 dédiée aux fiches descriptives des zones de vocation.
En savoir plus
Annexe 4: Atlas cartographique ? la décision interministérielle est insérée dans l?atlas
Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte ds vocations
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Stratégie de façade maritime
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2. La planification des zones de protection forte
2.1. Les objectifs de la planification des zones de protection forte
Les dernières évaluations de l?état du milieu marin en France sont préoccupantes. Elles démontrent
que la biodiversité marine et les nombreux services rendus par la mer, indispensables à l?humanité,
sont menacés, notamment en raison des nombreuses pressions liées aux activités humaines. Réduire
les pressions sur le milieu marin implique en particulier d?encadrer, sur une base volontaire ou
réglementaire, les activités humaines là où leur impact affecte l?état écologique des espèces et des
habitats.
La Stratégie nationale pour la biodiversité et la SNML 2024-2030 ambitionnent, à horizon 2030, de
renforcer le réseau des aires protégées pour couvrir 30% du territoire national et des eaux marines
(cible aujourd?hui atteinte, avec une couverture de 33,6 % des eaux marines), et 10% des eaux
françaises en protection forte. Ces cibles sont également indiquées respectivement dans les
mesures 1 et 2 de l?objectif 1 de la Stratégie nationale aires protégées (SNAP) 2030. Cette dernière
se décline à l?échelle nationale via un plan d?action SNAP (en cours de révision) et des plans
d?actions territoriaux aux échelles régionales (Bretagne et Pays de Loire) et façade maritime.
Définie par le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 pris en application de l?article L. 110-4 du Code de
l?environnement, la protection forte correspond à «une zone géographique dans laquelle les
pressions engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des
enjeux écologiques sont absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées, et ce de manière
pérenne, grâce à la mise en oeuvre d?une protection foncière ou d?une réglementation adaptée,
associée à un contrôle effectif des activités concernées».
Les zones de protection forte (ZPF) ne constituent donc pas en soi une nouvelle catégorie juridique
d?aires marines protégées. Il s?agit d?un label reconnaissant des bonnes pratiques et une gestion
exemplaire avec un encadrement adapté des activités, permettant à moyen et long termes la
préservation d?une biodiversité remarquable25 et de ses services rendus. Elle ne vise ainsi pas
l?exclusion a priori des activités humaines mais marque une suppression ou a minima une forte
limitation des pressions générées par ces activités, en fonction de leurs impacts effectifs sur les
enjeux écologiques de la zone considérée.
Les bénéfices associés à une aire marine protégée efficacement gérée et fortement protégée sont
nombreux pour l?environnement marin: la biodiversité y est notamment plus riche, les espèces plus
nombreuses, en abondance plus importante, les habitats en meilleur état de conservation. Les
bénéfices écosystémiques fournis (reproduction des espèces halieutiques, lutte contre l?érosion
côtière, paysage de qualité, etc.) sont accrus et renforcés jusqu?à bénéficier même aux zones
avoisinantes: c?est «l?effet réserve».
25 La biodiversité remarquable désigne une biodiversité patrimoniale, rare avec une notion de responsabilité de la façade,
et/ou une biodiversité assurant une à plusieurs étapes de vie primordiales pour une ou plusieurs espèces.
54
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Le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 précise les 3 critères ci-dessous à respecter pour une recon-
naissance en zone de protection forte. Il est mis en application suivant l?instruction technique du 8
septembre 2025 relative à la reconnaissance des zones de protection forte des espaces mari-
times26 .
26 Accessible à l?adresse: https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-
0034189/TECL2525202J.pdf
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https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0034189/TECL2525202J.pdf
https://www.bulletin-officiel.developpement-durable.gouv.fr/documents/Bulletinofficiel-0034189/TECL2525202J.pdf
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2.2. La planification de la protection forte en mer dans la façade NAMO
Pour construire ce réseau, l?élément guide est la préservation des enjeux écologiques majeurs et
forts identifiés par le DSF NAMO (cf annexe 5 de la stratégie de façade). Ces enjeux écologiques
majeurs et forts contribuent à la biodiversité remarquable de la façade Nord Atlantique-Manche
Ouest.
La démarche d?identification et de mise en oeuvre de zones de protection forte est en cours en
façade depuis le 1er cycle du DSF. Ainsi, l?annexe 2 du tome 1 du plan d?action du premier DSF ?
adopté par les Préfets coordonnateurs le 6 mai 2022 après concertation avec les membres du CMF
et de sa commission permanente ? identifiait en zone côtière une cinquantaine de secteurs d?étude
ZPF, existantes et potentielles, et listait pour chacun, les enjeux environnementaux d?intérêt pour le
développement de la protection forte27.
8 ZPF existantes ont été reconnues en 2023, pour un total cumulé de 27km²:
? réserve naturelle nationale de la baie de Saint-Brieuc, en «fond de baie»: zone de protection
renforcée et zone interdite à la navigation;
? réserve naturelle régionale du sillon de Talbert;
? périmètre de la RNN historique de l?archipel des Sept-Îlesainsi que zone de protection
intégrale et zone de protection renforcée issues de l?extension de 2023;
? arrêté de protection de biotope des îlots de la baie de Morlaix (îlots aux Dames, Beglem et
Rikard);
? zone marine de la réserve naturelle nationale d?Iroise étendue (par décret le 4 septembre
2021) dans l?archipel de Molène;
? arrêté de protection de biotope de l?île aux Moutons;
? réserve naturelle nationale des marais de Séné et son périmètre de protection ? golfe du
Morbihan;
? cantonnement de pêche au sud de l?île Longue ? golfe du Morbihan.
6 autres zones maritimes ont été reconnues en protection forte en 2025 (reconnaissance
automatique dès l?adoption des textes réglementaires de création de nouveaux arrêtés de
protection de biotope ou d?habitats naturels):
? APHN récifs d?hermelles de la baie du Mont Saint-Michel;
? AP cordons coquiller et gravelot à collier interrompu de la baie du Mont Saint-Michel;
? APB îlet de la Richardais;
? APB Etang de Toulvern;
? APB île Dumet et ses abords;
? APHN Pointe de l?Aiguillon.
À ce jour, 14 zones de protection forte sont reconnues sur la façade, ce qui porte à 36km² (soit
0,02%) des eaux de la façade.
L?atteinte de l?objectif de 3% des eaux marines de la façade NAMO en protection forte à horizon
2027 participerait de façon notable à celle des objectifs nationaux, du fait de sa superficie et de sa
richesse écologique.
27 Enjeux forts et majeurs du DSF principalement.
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Pour ce second cycle de planification maritime, l?identification des secteurs de développement des
zones de protection forte s?est appuyée sur les secteurs d?étude identifiés au 1er cycle, complétés
par des enjeux écologiques et des secteurs d?étude au large.
En mer territoriale (zone de vocation 5), la reconnaissance en zone de protection forte est mise en
oeuvre, à l?échelle de la façade, en priorité sur les secteurs d?étude ZPF potentielle identifiés dans la
carte ci-dessus. Cela n?exclut par d?autres projets de reconnaissance en ZPF éventuellement issus de
propositions d?instances de gouvernance locales (COPIL Natura 2000, etc.).
Les enjeux environnementaux d?intérêt identifiés dans le DSF 1er cycle et représentés ci-dessus,
pourront également être complétés par d?autres enjeux caractérisés à l?échelle des AMP dans les
DOCOB ou plans de gestion, ou faisant l?objet de plans nationaux d?actions, suite à des diagnostics
écologiques ou socio-économiques réalisés au niveau de l?AMP, ainsi que des analyses risque pêche.
Ainsi dans la zone de vocation 5e «Bretagne sud», l?enjeu Puffin des Baléares a pu être identifié.
Les autres enjeux devront être pris en compte dans le secteur du Mor braz (autres enjeux
oiseaux,etc.), afin de déterminer une zone d?enjeux environnementaux d?intérêt et considérer alors
un secteur d?étude ZPF potentielle.
57
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Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
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Au large (zones de vocation 1 et 2), les enjeux environnementaux d?intérêt correspondent aux
écosystèmes marins vulnérables visés par le règlement européen pour la pêche en eaux profondes28,
aux zones récifs situés en zone spéciale de conservation au titre de la DHFF et à la mégafaune
marine (oiseaux et mammifères marins).
À l?occasion de la troisième Conférence des Nations unies sur l?Océan (UNOC 3) en juin 2025, le Pré-
sident de la République et le Gouvernement ont annoncé le lancement d?une stratégie dédiée à la
protection des fonds marins en France hexagonale (les herbiers, le maërl, les coraux, les hermelles,
les canyons?). Elle comprend une accélération du développement de la protection forte, notam-
ment sur les zones de canyons et coraux profonds en Atlantique, avec des propositions concrètes
de zones à reconnaître en protection forte avant fin 2026, sous réserve de l?absence ou de la limita-
tion des pressions d?éventuels usages, autres que la pêche professionnelle, déjà réglementée, qui se-
raient présents sur ces zones.
2.3. L?implication des acteurs dans la démarche ZPF
La reconnaissance en protection forte est recherchée en priorité dans les secteurs d?étude ZPF
potentielle présentés précédemment (pour plus de détails annexe 8 par zone de vocation), en
particulier au sein d?aires marines protégées existantes.
La reconnaissance en protection forte vient ainsi souligner les bonnes pratiques et l?exemplarité de
la gestion de ladite zone protégée proposée. 11 catégories d?outils de protection existent en
28 Règlement d?exécution (UE) 2022/1614 de la commission du 15 septembre 2022 déterminant les zones existantes de
pêche en eau profonde et établissant une liste des zones qui abritent ou sont susceptibles d?abriter des écosystèmes
marins vulnérables.
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France, avec chacune son propre système de gouvernance (cf annexe 1 ? Fiche protection de
l?environnement marin). L?ensemble des parties prenantes est associé (collectivités territoriales,
usagers socio-professionnels, usagers de loisirs, représentants des associations environnementales,
experts scientifiques, services d?État) à la concertation qui se réalise à l?échelon local.
Afin de respecter le critère de reconnaissance en protection forte, il pourra être parfois nécessaire
de renforcer la protection au sein des AMP existantes, via la mise en oeuvre de mesures
d?encadrement des usages et/ou d?arrêtés de protection des habitats naturels ou biotopes. Ces
mesures réglementaires sont prises par arrêté préfectoral. De fait, chaque outil réglementaire
mobilisé pour contribuer à une zone maritime reconnaissable en PF fait l?objet d?une concertation
locale définissant son périmètre, ses objectifs et les enjeux écologiques à préserver et ses mesures
de suivi. En fonction des outils reconnus en PF, cette concertation sera menée dans le cadre des
instances de gouvernance locales ou dans des instances ad hoc (par ex. pour les APB et APHN).
Les acteurs de la façade maritime sont également impliqués, comme le prévoit le décret du 12 avril
2022 dans son article 6: «les propositions de reconnaissance de zones de protection forte pour les
espaces maritimes sont formulées par les préfets maritimes, après recommandations des conseils mari-
times de façades sur la base de leurs attributions prévues par l?article L. 219-6-1 du code de l?environ-
nement». En façade Nord Atlantique-Manche Ouest, les propositions de reconnaissance en protec-
tion forte sur le domaine public maritime sont présentées au sein de la Commission permanente du
CMF et un bilan annuel sera réalisé chaque année en instance plénière du CMF.
En savoir plus
Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte ds vocations
CHAPITRE 3: CARTE DES VOCATIONS OU TRADUCTION
CARTOGRAPHIQUE DES OBJECTIFS STRATÉGIQUES
La mise en oeuvre de la planification maritime par chaque État membre de l?Union européenne
implique d?identifier la répartition spatiale et temporelle des activités et usages pertinents,
existants et futurs dans les eaux marines, afin de promouvoir leur coexistence29. Cette planification
s?inscrit dans l?objectif prioritaire de l?atteinte ou du maintien du bon état écologique (BEE) du
milieu marin30. Elle se traduit au sein des DSF par l?établissement de cartes des vocations.
Les périmètres des zones de vocations résultent des travaux menés au DSF 1er cycle, de
superposition des enjeux environnementaux et socio-économiques, tout en prenant en compte des
évolutions à venir.
La carte des vocations est ainsi un document intégrateur, fruit d?un travail approfondi des services
de l?État et des établissements publics, en lien avec la commission permanente du Conseil maritime
de façade.
13 zones ont été identifiées dès le premier cycle 1 du DSF. Elles sont définies à la fois au regard de
limites administratives et géographiques, et en lien avec la présence d?enjeux et d?objectifs
stratégiques homogènes:
? 5 zones situées au niveau de la plaine abyssale, du talus continental et du plateau
continental;
? 8 zones réparties en mer territoriale.
29 Articles 5 et 8 de la directive cadre «planification de l?espace maritime».
30 Conformément à la directive cadre «stratégie pour le milieu marin».
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Stratégie de façade maritime
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Chaque zone fait l?objet d?une vocation particulière qui exprime une projection dans l?avenir
fondée sur une volonté d?évolution relative à une ou plusieurs activités et/ou à la qualité du milieu
marin et des eaux côtières. Dans un principe de complémentarité et de subsidiarité, la carte des
vocations intègre les vocations établies par des planifications existantes telles que les orientations
de gestion des parcs naturels marins et les schémas de mise en valeur de la mer.
Selon les zones, la priorité est donnée à une ou plusieurs activités ou exigence environnementale en
cohabitation avec d?autres activités. Il ne s?agit pas d?exclure mais d?encourager la cohabitation des
usages au service des objectifs stratégiques identifiés, tout en permettant en cas de litige, de
statuer sur les priorités au sein de chaque zone.
L?état des lieux des usages et les potentiels techniques connus sont précisés au sein de l?Atlas
cartographique31 qui établit la situation de l?existant.
Un usage non cité dans une zone peut s?implanter ou exister préalablement à la carte des
vocations, mais il ne pourra se prévaloir d?une priorité stratégique telle que définie dans le présent
document.
L?actualisation de la carte des vocations pour ce second cycle s?est appuyée sur la mise à jour des
objectifs stratégiques. Les périmètres initiaux des zones de vocation ont été conservés mais les
priorités et cohabitations, détaillées ci-après, ont évolué sur certaines zones, en concertation avec
les acteurs de la façade.
De manière générale, la planification de l?éolien en mer, se traduit, dans cette mise à jour, par
l?intégration des zones prioritaires à 10ans et à 2050 et par certaines évolutions qui prennent en
compte les usages historiques (pêche, aquaculture, transport, etc.) au sein des vocations. Afin de
tenir compte des horizons temporels de cette planification, les énergies marines renouvelables et
leur raccordement prennent le rang de co-priorité dans les zones susceptibles d?accueillir des
projets à horizon 10ans et conservent, à ce stade, le rang établi en 2019 pour les zones susceptibles
d?accueillir des projets à horizon 2050.
La planification de la protection forte n?a pas appelé d?évolution particulière des vocations
puisqu?elle s?inscrit dans l?objectif prioritaire d?atteinte du BEE du milieu marin qui s?applique pour
toutes les zones de vocation.
Zone 1: Plaine abyssale
Peu d?activités s?exercent dans cette zone hormis le transport maritime et les câbles sous-marins.
Toutefois, des enjeux écologiques sont identifiés notamment pour les oiseaux, les poissons, les
cétacés et les delphinidés. Cette zone méconnue offre également des zones de nourriceries
privilégiées (maquereau, merlu et chinchard).
Vocation: utilisation et valorisation possible du milieu et des ressources marines par une
exploitation durable conditionnée à une meilleure connaissance de la zone et à la préservation des
grands cétacés et leurs ressources nourricières.
Cette zone est partagée avec la façade Sud-Atlantique (SA).
Zone 2: Talus continental
La zone abrite de nombreux canyons sous-marins à l?origine d?habitats variés (notamment récifs de
coraux froids) qui sont le refuge de nombreuses espèces de poissons, de cétacés et de delphinidés.
Les activités de pêche y sont développées sur le bord supérieur.
31 En annexe 4
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Vocation: exploitation durable des ressources marines respectueuse des habitats et espèces à forts
enjeux écologiques.
Les zones prioritaires pour le développement de l?éolien en mer à l?horizon 2050 se situent en
majorité en zones 3a et 3b. Toutefois, elles s?étendent sur la zone 2 sur de petites superficies. La
cohabitation dans cette zone de vocation pourra être réactualisée, à mesure de l?avancement des
travaux de planification de l?éolien en mer, sur la base des réflexions menées par la façade et les
assemblées régionales.
Cette zone est partagée avec la façade Sud-Atlantique (SA).
Zone 3: Plateau continental
La zone est marquée principalement par les activités de pêche professionnelle et de navigation. Le
développement de nouvelles activités (énergies marines renouvelables, extraction de granulats
marins, activité câblière) devra prendre en compte les zones à forts enjeux écologiques (grande
vasière, plateau de Rochebonne, etc.).
Zone 3a: Plateau continental nord
Vocation: priorité aux pêches professionnelles durables; en veillant à la cohabitation, par ordre
d?importance, avec le transport maritime, les énergies marines renouvelables et leur
raccordement; en préservant les habitats et espèces à forts enjeux écologiques.
La cohabitation dans cette zone de vocation pourra être réactualisée, à mesure de l?avancement
des travaux de planification de l?éolien en mer, sur la base des réflexions menées par la façade et les
assemblées régionales.
Zone 3b: Plateau continental central
Vocation: priorité aux énergies marines renouvelables et à leur raccordement et aux pêches
professionnelles durables; en veillant à la cohabitation, par ordre d?importance, avec le transport
maritime et l?extraction de granulats marins32; en préservant les habitats et espèces à forts enjeux
écologiques.
Cette zone jouxte la façade Sud-Atlantique (SA).
Zone 4: Manche occidentale
La zone est marquée par un trafic trans-Manche et intercontinental très dense à fort enjeu de
sécurité maritime et par des activités de pêche professionnelle très présentes. L?éventuel
développement de nouvelles activités devra considérer les enjeux de sécurité maritime,
halieutiques et les enjeux écologiques de la zone (dunes hydrauliques, zones d?alimentation pour la
mégafaune, zones de ponte pour espèces commerciales, sole, bar, etc.).
Vocation: priorité au transport maritime et aux énergies marines renouvelables et à leur
raccordement; en veillant à la cohabitation, par ordre d?importance, avec les pêches
professionnelles durables, ainsi que l?extraction de granulats marins33; en préservant les oiseaux et
les mammifères marins.
Le développement de l?éolien en mer devra prendre en compte les enjeux de sécurité liés au
transport maritime (usage historique).
32 Permis exclusif de recherche (PER)
33 Permis exclusif de recherche (PER)
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Cette zone jouxte la façade Manche Est-Mer du Nord (MEMN).
Zone 5: Mer territoriale
La mer territoriale est l?espace sur lequel se concentrent de multiples activités humaines et enjeux
écologiques. Ainsi, la totalité des enjeux communs et transversaux y coexistent à des niveaux
d?intensité variable: bon état du milieu marin, qualité des eaux, paysage, prévention des crises,
performance économique et environnementale, sécurité et sûreté maritimes, connaissance,
recherche et formation, gouvernance, etc.
Par ailleurs, en raison de leur situation d?interface terre-mer, ces espaces sont particulièrement
exposés aux pollutions terrestres.
Priorité générale dans les zones 5a à 5h à la reconquête du bon état écologique du milieu marin et
de la qualité des eaux en prenant en compte la dynamique hydrosédimentaire et le lien terre-mer
et les enjeux climatiques, au bénéfice des services écosystémiques et de la cohabitation des usages
et des activités maritimes et littorales.
Zone 5a: Golfe normand breton et baie du Mont-Saint-Michel
La zone est caractérisée par la présence de la baie du Mont-Saint-Michel et de l?estuaire de la Rance.
Très touristique, elle est le siège d?activités conchylicoles denses ainsi que des activités de pêches
professionnelles et de loisir. Site d?importance pour les oiseaux, il abrite des habitats particuliers
(prés salés, vasières, récifs d?Hermelles) dont la préservation doit être intégrée aux modalités de
gestion.
Vocation: priorité au patrimoine culturel, aux pêches et aux aquacultures durables; en veillant à la
cohabitation avec les activités touristiques et la préservation des écosystèmes marins.
Cette zone jouxte la façade Manche Est-Mer du Nord (MEMN).
Zone 5b: Bretagne nord
La zone est caractérisée par une grande diversité des usages: des usages historiques tels que les
pêches professionnelles et de loisir, les aquacultures, l?extraction de granulats marins ou encore le
transport maritime; et des usages nouveaux comme le parc éolien au large de Saint-Brieuc (en
service). Elle accueille également une forte activité de plaisance de tourisme et constitue un site
d?importance pour les espèces marines (avifaune, poissons, petits cétacés) en raison notamment de
la présence de nombreuses baies qui jalonnent le littoral. Elle comprend les îles de Batz et Bréhat,
qui font partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation pour la transition énergétique et
écologique.
Vocation: priorité aux pêches et aquacultures durables et aux énergies marines renouvelables et à
leur raccordement; en veillant à la cohabitation avec le nautisme et le tourisme durables; en
préservant les habitats à fort enjeu écologique, les oiseaux et les mammifères marins.
Le développement de l?éolien en mer devra prendre en compte les enjeux liés aux pêches et
aquacultures (usages historiques).
Cette zone inclut le périmètre du SMVM du Trégor-Goëlo, lequel définit des zones de vocations
dans le cadre d?une gouvernance spécifique.
Zone 5c: Parc naturel marin d?Iroise
La zone est caractérisée par un hydrodynamisme très puissant qui présente un intérêt pour la
technologie de l?hydrolien. Elle comprend deux archipels importants (Molène-Ouessant et la
chaussée de Sein) qui font partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation pour la transition
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Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
énergétique et écologique. Cette zone héberge une grande variété d?activités. Le parc naturel marin
a vocation à assurer un équilibre harmonieux entre la préservation du capital naturel d?exception et
des activités économiques pérennes.
Vocation: connaissance du patrimoine, protection et développement durable du milieu marin
(Orientations de gestion définies dans l?article 6 du décret 2007-1406 du 28 septembre 2007
portant création du parc naturel marin d?Iroise tel que modifié par le décret n° 2022-1589 du 19
décembre 2022).
Zone 5d: Rade de Brest
La zone est caractérisée par la présence de l?une des plus grandes rades du monde qui abrite une
base navale, un port de commerce tourné vers les services (réparation, remorquage portuaire et de
haute mer, etc.) et les énergies marines renouvelables, des activités développées de conchyliculture,
de pêche et de plaisance et de loisirs nautiques. Elle connaît une concentration exceptionnelle de
compétences et d?établissements en matière de recherche, sciences et technologies marines. Son
importance écologique réside notamment dans la présence d?un banc de maërl d?intérêt majeur.
Vocation: priorité aux activités industrialo-portuaires et militaires; en veillant à la cohabitation,
par ordre d?importance, avec les pêches et les aquacultures durables, la plaisance, le nautisme et le
tourisme durables; en assurant la reconquête de la qualité de l?eau et la préservation des habitats à
fort enjeu écologique.
Zone 5e: Bretagne sud
La zone est caractérisée par la présence des plus importants ports de pêche de la façade, d?une
conchyliculture structurante, de chantiers de réparation et de construction navales, et d?une
activité nautique dense. Par ailleurs, elle accueille le premier projet de parc éolien flottant
commercial national. C?est également une zone de grande importance halieutique (grande vasière)
en raison notamment de la diversité des habitats présents. Elle abrite les îles de Groix, Houat,
Hoedic et Belle-Île-en-Mer, qui font partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation pour la
transition énergétique et écologique.
Vocation: priorité aux pêches et aquacultures durables; en veillant à la cohabitation, par ordre
d?importance, avec les énergies marines renouvelables et leur raccordement, le nautisme et le
tourisme durables; en prenant en compte la préservation du massif dunaire, des habitats à fort
enjeu écologique et des oiseaux marins.
Cette zone inclut le périmètre du SMVM du Golfe du Morbihan, lequel définit des zones de
vocations dans le cadre d?une gouvernance spécifique, ainsi qu?une partie de la circonscription du
grand port maritime de Nantes ? Saint-Nazaire.
Zone 5f: Estuaire de la Loire
La zone est caractérisée par l?exutoire du plus grand fleuve de France et la présence du grand port
maritime de Nantes - Saint-Nazaire, pôle industrialo-portuaire d?importance mondiale notamment
pour la croisière, l?aérospatiale et les biotechnologies marines. Deux sites d?extraction de granulats
marins et le parc éolien de Saint-Nazaire (banc de Guérande ? en service) se trouvent dans cette
zone. Ces activités doivent être conjuguées avec la préservation d?un patrimoine naturel
d?exception (vasières, marais rétro-littoraux, prés salés).
Vocation: priorité aux activités industrialo-portuaires et au trafic maritime; en veillant à la
cohabitation, par ordre d?importance, avec les pêches et les aquacultures durables, le nautisme et
le tourisme durables, les énergies marines renouvelables et leur raccordement, l?extraction de
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
granulats marins; en préservant les forts enjeux écologiques estuariens et rétro-littoraux et le bon
fonctionnement de l?interface terre-mer.
Zone 5g: Baie de Bourgneuf et littoral vendéen
La zone est caractérisée par une baie de grande importance pour les herbiers zostères, hermelles et
laminaires. Elle comprend l?île d?Yeu, qui fait partie des îles du Ponant, territoires d?expérimentation
pour la transition énergétique et écologique. Elle tire son dynamisme économique de la
construction nautique, du tourisme, des aquacultures et des pêches professionnelles et de loisir. Le
parc éolien des Îles d?Yeu et de Noirmoutier (en développement) se trouvent dans cette zone. Ce
littoral très touristique est maillé de nombreuses cités balnéaires.
Vocation: priorité aux pêches et aux aquacultures durables; en veillant à la cohabitation, par ordre
d?importance, avec les énergies marines renouvelables et leur raccordement, le nautisme et le
tourisme durables; en préservant le massif dunaire et les habitats et espèces à enjeux écologiques
forts.
Zone 5h: Parc naturel marin de l?Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis
La zone se distingue par la présence de nombreuses activités: pêches, aquacultures, extraction de
granulats marins, transport maritime, plaisance, tourisme dont la gestion doit intégrer la présence
d?habitats particuliers (prés salés, vasières, etc.) et d?espèces à enjeux (notamment les amphihalins).
Vocation: connaissance du patrimoine, protection et développement durable du milieu marin
(Orientations de gestion définies dans l?article 8 du décret 2015-424 du 15 avril 2015 portant
création du parc naturel marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis).
Cette zone est très largement partagée avec la façade Sud-Atlantique (SA).
La notice technique de lecture de la carte des vocations et les fiches descriptives de chacune des
zones de vocation figurent à l'annexe 8.
À chaque fiche descriptive sont notamment rattachées trois cartes détaillées de la zone maritime,
permettant ainsi d?illustrer à une échelle plus locale les différents éléments de planification.
En savoir plus
Annexe 8: Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte ds vocations
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Stratégie de façade maritime
Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
l
GLOSSAIRE
AMP Aire marine protégée
ARML Assemblée régionale mer et littoral
BEE Bon état écologique
CEREMA Centre d?études et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement
CESER Conseil économique, social et environnemental
CMF Conseil maritime de façade
CNDP Commission nationale du débat public
CRML Conférence régionale mer et littoral
DCPEM Directive cadre planification de l?espace maritime
DCSMM Directive cadre stratégie pour le milieu marin
DPM Domaine public maritime
DSF Document stratégique de façade
DST Dispositif de séparation du trafic
EMR Énergies marines renouvelables
ENSM École nationale supérieure maritime
GPMN-SN Grand port maritime Nantes-Saint-Nazaire
IFREMER Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
MEMN Manche Est-Mer du Nord
NAMO Nord Atlantique-Manche Ouest
OFB Office français de la biodiversité
PLUi Plan local d?urbanisme intercommunal
RNN Réserve nationale naturelle
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l
SA Sud Atlantique
SAGE Schéma d?aménagement et de gestion des eaux
SCOT Schéma de cohérence territoriale
SDAGE Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
SFM Stratégie de façade maritime
SHOM Service hydrographique de la Marine
SLGRI Stratégie locale de gestion des risques d?inondation
SMVM Schéma de mise en valeur de la mer
SNAP Stratégie nationale pour les aires protégées
SNB Stratégie nationale biodiversité
SNML Stratégie nationale pour la mer et le littoral
SNP Stratégie nationale portuaire
SNGITC Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte
SPR Site patrimonial remarquable
SRADDET Schéma régional de développement durable et d?égalité des territoires
UICN Union internationale pour la conservation de la nature
ZEE Zone économique exclusive
ZMEL Zone de mouillage et d?équipements légers
ZPF Zone de protection forte
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Document stratégique de la façade Nord Atlantique - Manche Ouest
PRÉAMBULE
1. Cadre européen et national
2. Échelle de la façade Nord Atlantique-Manche Ouest
3. Régime d?opposabilité du Document stratégique de façade
4. Contenu du Document stratégique de façade
5. Élaboration et mise à jour du Document stratégique de façade
6. Calendrier général
7. Vision à 2050 pour la façade
PARTIE 1: SITUATION DE L?EXISTANT
1. Caractéristiques de la façade
2. Activités maritimes et littorales
3. Écosystèmes marins et littoraux
4. Sites, paysages et patrimoine culturel
5. Risques littoraux
6. Connaissance, recherche, innovation, sensibilisation et formation
7. Les initiatives locales de planification ou de gestion intégrée de la mer et du littoral
8. Interactions entre activités et entre activités et environnement
PARTIE 2: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET PLANIFICATION DES ESPACES MARITIMES
CHAPITRE 1: OBJECTIFS STRATÉGIQUES ENVIRONNEMENTAUX ET SOCIO-ÉCONOMIQUES
1. Objectifs stratégiques environnementaux
2. Objectifs stratégiques socio-économiques
CHAPITRE 2: PLANIFICATION DE L?ÉOLIEN EN MER ET DES ZONES DE PROTECTION FORTE
1. La planification de l?éolien en mer
1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer
1.2. La planification de l?éolien en mer dans la façade NAMO
2. La planification des zones de protection forte
2.1. Les objectifs de la planification des zones de protection forte
2.2. La planification de la protection forte en mer dans la façade NAMO
2.3. L?implication des acteurs dans la démarche ZPF
CHAPITRE 3: CARTE DES VOCATIONS OU TRADUCTION CARTOGRAPHIQUE DES OBJECTIFS STRATÉGIQUES
GLOSSAIRE
INVALIDE)