Stratégie de façade maritime Méditerranée : document principal synthétique
Auteur moral
France. Direction interrégionale de la mer Méditerranée
;Préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur
;Préfet maritime de la Méditerranée
Auteur secondaire
Résumé
La stratégie de façade maritime permet de fixer lesobjectifs et les principes d'une conciliation dudéveloppement économique des activités maritimeset du respect du milieu marin.Ce document stratégique s'inscrit dans la dynamiquede l'économie bleue, en encourageant undéveloppement maritime à la fois innovant, durable etrespectueux des écosystèmes.En concertation avec les parties prenantes et lescitoyens, l'État a développé une planification concrèteet inédite des espaces maritimes, fixant pour chacunedes zones de vocations identifiées des objectifsstratégiques à atteindre, tant environnementaux quesocio-économiques.
Descripteur Urbamet
stratégie territoriale
Descripteur écoplanete
Thème
Maritime
;Environnement - Nature
Texte intégral
STRATÉGIE DE
FAÇADE
MARITIME
MÉDITERRANÉE
Document principal
synthétique
©Greg Lecoeur
©Michel Marengo-STARESO©Montpellier Agglomération
ÉDITO DES PRÉFETS COORDONNATEURS DE FAÇADE
La façade méditerranéenne
constitue un espace à forts
enjeux stratégiques. Elle
concentre de nombreuses
activités économiques, une
démographie conséquente en
croissance et est qualifiée de
haut lieu de biodiversité
menacé par le changement
climatique.
La Méditerranée a notamment
pour caractéristique les usages
croissants de sa bande côtière
par les activités économiques et
touristiques, mais aussi
l?exceptionnelle richesse de sa
biodiversité illustrée par l?herbier
de posidonie qui recouvre une
grande partie des petits fonds
bordant notre façade.
La stratégie de façade maritime permet de fixer les
objectifs et les principes d?une conciliation du
développement économique des activités maritimes
et du respect du milieu marin.
Ce document stratégique s?inscrit dans la dynamique
de l?économie bleue, en encourageant un
développement maritime à la fois innovant, durable et
respectueux des écosystèmes.
En concertation avec les parties prenantes et les
citoyens, l?État a développé une planification concrète
et inédite des espaces maritimes, fixant pour chacune
des zones de vocations identifiées des objectifs
stratégiques à atteindre, tant environnementaux que
socio-économiques.
Parmi ces objectifs, peuvent être cités :
des objectifs concrets et quantifiables de
préservation de l?environnement marin comme la
limitation du rythme de l?artificialisation du littoral,
ou encore la création de zones de protection
forte ;
des objectifs d?accroissement de l?attractivité
économique, comme le développement de l?éolien
flottant à échelle commerciale ;
des objectifs conciliant développement
économique et protection de l?environnement
marin, comme le soutien à la mise en place de
zones de mouillage organisé et la mise en place de
services auprès des plaisanciers.
L?action du préfet maritime repose dès lors sur la
recherche de la meilleure conciliation entre la
préservation de l?environnement et le maintien ou le
développement des activités économiques en mer.
La coexistence apaisée des usages sur la façade passe
nécessairement par une action concertée de
réglementation et de régulation de ceux-ci qui est au
coeur de mon action réglementaire et de coordination
des contrôles en mer.
Je mène cette action quotidienne dans le cadre
précieux de cette stratégie de façade maritime dont la
révision permet de donner de façon inédite de la
lisibilité sur plusieurs politiques majeures que nous
conduisons dont le développement de l?éolien flottant,
mais aussi le développement du réseau de zones de
protection forte en mer.
C?est dans ce cadre qu?ont été prises ces dernières
années plusieurs mesures réglementaires phares
comme l?interdiction du mouillage à l?ancre des grands
navires sur l?herbier de posidonie sur toute la façade,
mais aussi l?interdiction des courses de VNM (véhicule
nautique à moteur - jet-skis) dans les secteurs
caractérisés par la présence de mammifères marins.
C?est dans ce contexte qu?il nous revient aussi
d?encadrer et de favoriser le développement croissant
et inédit des activités et usages au large et
notamment dans la zone économique exclusive.
Georges-François Leclerc, Préfet de la
région Provence-Alpes-Côte d?Azur
Vice-amiral d?escadre Christophe Lucas,
Préfet maritime de la Méditerranée
3
SOMMAIRE
PRÉAMBULE
I. LE CADRE NATIONAL ET EUROPÉEN DU DOCUMENT STRATÉGIQUE DE FAÇADE page 4
II. LE PÉRIMÈTRE DE LA STRATÉGIE DE FAÇADE MARITIME page 5
III. LA FORCE JURIDIQUE DU DOCUMENT STRATÉGIQUE DE FAÇADE page 6
IV. L?ÉLABORATION DU DOCUMENT STRATÉGIQUE DE FAÇADE page 7
V. LA COMPOSITION DU DOCUMENT STRATÉGIQUE DE FAÇADE page 13
PARTIE 1 : SITUATION DE L?EXISTANT
I. PRÉSENTATION INTRODUCTIVE DE LA FAÇADE MÉDITERRANÉE page 15
II. LES ÉCOSYSTÈMES MARINS ET LITTORAUX page 17
III. LES ACTIVITÉS MARITIMES ET LITTORALES page 24
IV. LES PAYSAGES, LES SITES ET LE PATRIMOINE page 31
V. LES RISQUES page 34
VI. LA CONNAISSANCE, LA RECHERCHE ET LA FORMATION page 36
VII. LES INITIATIVES LOCALES DE PLANIFICATION page 39
VIII. ANALYSE DES INTERACTIONS page 42
PARTIE 2 : VISION POUR LA MÉDITERRANÉE EN 2050
PARTIE 3 : OBJECTIFS STRATÉGIQUES ET PLANIFICATION DES ESPACES MARITIMES
CHAPITRE 1 : OBJECTIFS STRATÉGIQUES page 53
I. OBJECTIFS ENVIRONNEMENTAUX
II. OBJECTIFS SOCIO-ÉCONOMIQUES ET TRANSVERSAUX
CHAPITRE 2 : PLANIFICATION DES ESPACES MARITIMES page 77
Préambule
I. Le cadre national et européen du document stratégique de façade
En se dotant d?une Stratégie nationale pour la mer et le littoral et de documents stratégiques de
façade, la France répond aux obligations de transpositions de deux directives cadre européennes :
la directive 2008/56/CE du 17 juin 2008 dite directive cadre « stratégie pour le milieu marin »
(DCSMM) qui vise d?ici à 2020 l?atteinte ou le maintien du bon état écologique des milieux marins ;
la directive 2014/89/UE du 23 juillet 2014 dite directive cadre « planification de l?espace maritime »
(DCPEM) qui établit un cadre pour la planification maritime et demande aux États membres
d?assurer une coordination des différentes activités en mer.
Pour fixer son ambition maritime sur le long terme, la France s?est dotée, en février 2017, d?une
stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML), qui constitue le document de référence pour la
protection du milieu, la valorisation des ressources marines et la gestion intégrée et concertée des
activités liées à la mer et au littoral. Cette stratégie est coconstruite par l?État, les collectivités locales
et les différents acteurs des filières, associations, usagers ou encore syndicats ou scientifiques. Le
Conseil national de la mer et des littoraux (CNML), qui regroupe élus et représentants de la société
civile, est associé à son élaboration et veille à sa mise en oeuvre, son suivi et son évaluation.
4
II. Le périmètre de la stratégie de façade maritime
Le document stratégique de façade permet le développement régulé des activités humaines de façon
à réduire les pressions exercées par l?homme sur les milieux marins et littoraux. Un ensemble de
cartes destiné au grand public synthétise les enjeux et précise les secteurs à privilégier pour
l?implantation des activités et la préservation de l?environnement marin et littoral.
Façades maritimes de France métropolitaine
Un enjeu important réside dans l?articulation avec la gestion des bassins versants et du littoral et des
stratégies des collectivités territoriales, notamment :
les documents de planification permettant la mise en oeuvre de la directive cadre sur l?eau
(schémas directeurs d?aménagement et de gestion des eaux ? SDAGE, SAGE) ;
les schémas régionaux de développement durable et d?égalité des territoires (SRADDET) ;
le Plan d?aménagement durable de la Corse (PADDUC) ;
les schémas de cohérence territoriale (SCOT), notamment dans leur volet mer et littoral (VLM) ou
leur chapitre individualisé valant schéma de mise en valeur de la mer (SMVM) ;
les plans locaux d?urbanisme, intercommunaux le cas échéant (PLUi).
Compte tenu des interactions entre la
terre et la mer, tout ne se règle pas en
mer. Bassins versants et espaces
terrestres ont une influence sur les
espaces maritimes et littoraux au
travers des questions de la qualité des
eaux, de l?occupation des sols, des
grands aménagements urbains,
touristiques et agricoles, des projets
d?activités en mer, etc.
L?ensemble vise à coordonner les
activités et à prévenir les conflits liés à
la diversification et à la densification
des usages de la mer et du littoral. Le
développement des activités humaines
doit s?effectuer dans le respect de
l?objectif de l?atteinte ou du maintien du
bon état écologique.
Mise à jour en 2024 après consultation du public, la SNML fixe quatre grandes priorités d?ici à 2030 en
matière de neutralité carbone, biodiversité, équité et économie.
Pour chacune des façades maritimes en métropole, un document de planification, le document
stratégique de façade (DSF), doit préciser et compléter les orientations de la stratégie nationale au
regard des enjeux écologiques, économiques et sociaux propres à chaque façade.
Les documents stratégiques de façade doivent ainsi concilier développement économique,
planification des usages et préservation du milieu marin, avec l?impératif fixé par la directive cadre «
stratégie pour le milieu marin » d?atteindre ou de maintenir le bon état écologique des eaux marines.
5
III. La force juridique du document stratégique de façade
Le législateur a doté le document stratégique de façade d?une force juridique. Il existe une multitude
d?articles précisant les contours de cette opposabilité, à des degrés et dans des conditions différentes.
Parmi ces articles, deux sont structurants :
l?article L. 219-4 du code de l?environnement pour certains plans, programmes et certains projets
qui introduit un principe de compatibilité avec les objectifs et dispositions du document
stratégique de façade et un principe de prise en compte du document stratégique de façade ;
l?article L. 2124-1 du code général de la propriété des personnes publiques pour les projets
nécessitants une décision d?utilisation du domaine public maritime qui introduit un principe de
compatibilité de ces décisions avec les objectifs environnementaux du document stratégique de
façade.
L?annexe 1 de la Stratégie de façade maritime décrit plus en détail la force juridique du document
stratégique de façade. Elle identifie précisément les plans, programmes et projets devant être
compatibles ou rendus compatibles avec le document stratégique de façade et les documents qui
doivent le prendre en compte. Elle s?attache également à caractériser la compatibilité et la prise en
compte pour éclairer les maîtres d?ouvrages et les services instructeurs qui ont à regarder le
document stratégique de façade dans le cadre des autorisations de projets et des plans et
programmes, en mer et à proximité de la mer.
Analyse de compatibilité du document stratégique de façade Méditerranée avec les schémas
directeurs d'aménagement et de gestion des eaux du bassin Rhône-Méditerranée et du bassin de
Corse
Les objectifs environnementaux du document stratégique de façade doivent être compatibles ou
rendus compatibles avec les schémas directeurs d?aménagement et de gestion des eaux (article L.219-
9 du code de l?environnement). Cette obligation de compatibilité étant réciproque, l?articulation entre
les politiques constitue un levier majeur pour assurer une planification stratégique de la gestion des
eaux pertinente et cohérente entre le milieu terrestre et le milieu marin, à même d'assurer l'atteinte
du bon état écologique pour l'ensemble des masses d'eau.
L?annexe 4 de la Stratégie de façade maritime contient une analyse de la compatibilité du document
stratégique de façade avec les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux du bassin
Rhône-Méditerranée et du bassin de Corse.
6
IV. L?élaboration du document stratégique de façade
Le document stratégique de façade est élaboré par l?État. Au niveau national, le pilotage est assuré
par le ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires. Au niveau local, la
responsabilité de son élaboration incombe au préfet maritime de Méditerranée et au préfet de la
région Provence-Alpes-Côte d?Azur, préfets coordonnateurs.
Ces préfets coordonnateurs s?appuient sur une instance de concertation unique, le Conseil maritime
de façade de Méditerranée, lieu d?échanges entre les différents acteurs de la mer, du littoral et de la
terre. Après plusieurs concertations et consultations citoyennes au cours de l?élaboration du premier
cycle du document stratégique de façade, la mise à jour du volet stratégique a fait l?objet d?un débat
public mutualisé (stratégie de façade maritime et planification de l?éolien en mer) de plus de cinq
mois en 2023-2024.
La tenue d?un débat public mutualisé est une avancée majeure dans le processus de planification.
Elle marque un important saut qualitatif vers une approche intégrée de l?ensemble des enjeux
maritimes, tenant pleinement compte des enjeux liés au développement de l?éolien en mer.
L?État a répondu aux enseignements du débat public le 26 septembre 2024 par décision
interministérielle intégrant l?adoption de la cartographie de l?éolien en mer. À l?issue de ces travaux et
sur la base d?une version consolidée du projet de Stratégie de façade maritime, l?autorité
environnementale a été saisie en octobre 2024. Dans ce cadre, les services de l?État en façade et les
acteurs locaux ont été étroitement mobilisés pour formaliser les objectifs stratégiques définitifs, tant
environnementaux que socio-économiques, et présenter une première mise à jour de l?ensemble du
document.
L?ensemble du processus de mise à jour a abouti à l?issue de la consultation réglementaire du public
par voie électronique, des instances de concertation et des pays limitrophes avant son adoption en
2025.
Élaboré et mis en oeuvre au niveau local, le document stratégique de façade s?inscrit dans une
logique de coopération internationale. Les États voisins ont donc été consultés et les instruments de
coopération internationale (accords Pelagos et RAMOGE, Convention de Barcelone et ses protocoles,
etc.) y sont intégrés.
7
ZOOM sur les enseignements du débat public « La mer en débat » et sur leur prise en
compte dans la mise à jour de la Stratégie de façade maritime[1]
Sur la façade Méditerranée, 111 événements ont été organisés dans le cadre du débat public, qui ont
rassemblé 5722 participants (20 novembre 2023 ? 26 avril 2024).
Pour tenir compte des enseignements du débat public « La mer en débat », la maîtrise d?ouvrage a
notamment :
créé 1 objectif général environnemental ;
reformulé 1 objectif général environnemental ;
reformulé 4 objectifs généraux socio-économiques ;
reformulé ou ajouté 41 objectifs stratégiques (9 environnementaux et 32 socio-économiques) ;
reformulé ou ajouté 107 indicateurs (23 environnementaux et 84 socio-économiques) ;
reformulé ou ajouté 90 cibles (21 environnementales et 69 socio-économiques) ;
reformulé le document principal synthétique de la Stratégie de façade maritime ;
reformulé les prescriptions et recommandations figurant au sein de chaque zone de vocations.
Pour la façade Méditerranée, le débat public s?est focalisé autour du questionnement central sur
l?intensité des activités maritimes et leur impact sur l?environnement marin, avec l?impératif de trouver
les conditions d?un équilibre véritablement durable :
« Une mer en voie de saturation et dont l?état de la biodiversité et des habitats marins,
particulièrement dégradé, nécessite de nouvelles ambitions »[2] ;
« La pression devrait être allégée, que ce soit par l?incitation, la régulation, mais aussi, si
nécessaire, par des interdictions ou des contraintes plus fortes, et sur la base de vocations
clarifiées et simplifiées pour les espaces maritimes »[3].
Les éléments ci-après détaillent les grands axes de questionnement qui ont émergé du débat public,
ainsi que leur prise en compte dans la révision du volet stratégique du DSF, autrement appelé
stratégie de façade maritime (SFM).
1. Des zones de protection forte dans la bande côtière, là où les enjeux et les pressions
sont élevés, en épaississant les aires protégées existantes[4]
Avant la tenue du débat public, 35 zones étaient en cours de labellisation en protection forte. Elles se
trouvent toutes dans la bande côtière et représentent 0,22 % des eaux sous souveraineté et sous
juridiction françaises en Méditerranée. Au lendemain du débat public, le conseil maritime de façade
(présidé par les préfets coordonnateurs, réunissant 80 parties prenantes publiques et privées de
Méditerranée) a approuvé à l?unanimité la proposition de 5 nouvelles zones de protection forte.
Toutes sont également situées dans la bande côtière et permettraient de tripler la surface
actuellement couverte en protection forte.
[1] Ce zoom est uniquement dédié aux enseignements du débat public « La mer en débat », il ne reflète pas les
enseignements ultérieurs (participation du public par voie électronique, consultation des instances, consultation
des États voisins). La synthèse de la participation par voie électronique et la déclaration environnementale font
état des modifications ultérieures.
[2] Compte rendu du débat public.
[3] Compte rendu du débat public.
[4] Compte rendu du débat public.
8
En complément, et de manière à atteindre la cible de couverture de 5 % des eaux de la façade d?ici
2027, le volet stratégique du document stratégique de façade (annexe 6 du DSF)) prévoit la
labellisation en priorité des espaces côtiers déjà couverts par une aire marine protégée qui
présentent les enjeux les plus significatifs en matière de localisation d?habitats sensibles, comme les
espaces couverts par l?herbier de posidonie, mais aussi les espaces caractérisés par une richesse
naturelle importante comme les interfaces mer-terre (lagunes, estuaires, deltas et graus par
exemple).
L?interaction avec le secteur de la pêche professionnelle a été un enjeu important dans l?identification
de ces zones.
Enfin, plusieurs projets de création ou d?extension de réserves naturelles nationales marines
contribueront à développer ce réseau.
2. Des nouvelles zones de protection forte au large : canyons en limite du plateau,
Corse orientale et zone contestée avec l?Espagne[1]
À ce stade, aucune zone au large n?est reconnue ou en cours de reconnaissance en protection forte.
Le volet stratégique du document stratégique de façade (annexe 6 du DSF) (annexe 6) prévoit la
labellisation, d?ici à 2027, de zones situées au large en zone économique exclusive (ZEE) qui couvrent
des enjeux significatifs sur des superficies souvent importantes, et notamment les sites Natura 2000
au large ayant pour objet principal la protection d?habitats comme les canyons ou les monts sous-
marins.
À court terme (2025), quatre de ces zones au large sont particulièrement identifiées pour être
labellisées (en tout ou partie) : les récifs des canyons Lacaze-Duthiers, Pruvost et Bourcart, les récifs
du banc de l?Ichtys et du canyon de Sète, les récifs du mont sous-marin de l?Agriate, et les récifs du
mont sous-marin d?Ajaccio et affleurements rocheux de Valinco.
3. Une action plus déterminée sur le trait de côte, associant les citoyens, sur la base
de moyens sécurisés à long terme[2]
Le trait de côte est défini comme la limite entre la terre et la mer. Le trait de côte évolue sous l?effet
de processus naturels mais également sous l?effet d?activités anthropiques comme l?urbanisation, les
rechargements en sable, l?assèchement des marais, l?artificialisation sur terre et en mer (digues, épis,
etc.), la présence de barrages, etc. Il est également influencé par le changement climatique (montée
du niveau marin).
Le plan d?action du DSF Méditerranée adopté en 2022 demande aux différentes autorités
compétentes de « décliner sur la façade méditerranéenne, à une échelle territoriale et
hydrosédimentaire pertinente, la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte et [d?] en
assurer le suivi ».
Le développement et le partage de la connaissance est également un sujet important concernant le
suivi de l?évolution du trait de côte et les moyens mis en place pour s?y adapter. Le plan d?action 2022-
2027 du DSF Méditerranée érige en priorité le fait d?« animer et harmoniser le recueil, la bancarisation
et l?analyse des données relatives à l?évolution du trait de côte et du littoral, et favoriser leur
communication à l?ensemble des publics concernés ».
[1] Compte-rendu du débat public
[2] Compte-rendu du débat public
9
En Occitanie, les partenaires du Plan Littoral 21, élaboré par l?État et la région Occitanie, ont engagé
une démarche structurante pour aider les collectivités du littoral à concevoir et mettre en oeuvre des
stratégies locales de gestion intégrée du trait de côte. Le programme apporte des moyens financiers
dédiés permettant de financer des chefs de projet, des études ou expérimentations, et propose un
appui méthodologique, notamment sur le volet « participation citoyenne ». Un séminaire sur ce sujet a
été organisé à l?automne 2024 pour présenter les différents dispositifs de concertation pouvant être
mis en place, en capitalisant sur les démarches déjà engagées (panel de 24 citoyens conçu et suivi par
l?Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) pour
expérimenter des outils participatifs innovants ; association des citoyens dans le cadre du projet
partenarial d?aménagement porté par Sète Agglopôle Méditerranée, etc.).
Le volet stratégique du document stratégique de façade intègre dans la vision à 2050 pour la façade :
« Les collectivités territoriales ont adopté des stratégies relatives à la gestion du trait de côte. L?érosion du
trait de côte est désormais communément appréhendée par les élus et les citoyens comme un phénomène
prévisible auquel les Méditerranéens se sont adaptés.
Des décisions importantes ont été prises pour atténuer les effets du dérèglement climatique et pour s?y
adapter. D?ici à 2050, les Méditerranéens ont accepté le recul du rivage. Le système littoral est rétabli dans
un état plus naturel (notamment par le retrait des ouvrages et le maintien des banquettes de feuilles de
posidonie), ce qui lui permet d?être un rempart contre les risques et événements climatiques, en jouant le
rôle de zone d?expansion de crues contre les submersions marines. En particulier, la présence d?ouvrages en
enrochements perturbant les courants et artificialisant les fonds marins a été réduite au maximum. Il en est
de même pour certaines pratiques artificielles comme le réensablement des plages, dont le coût financier, la
vulnérabilité accrue face aux événements climatiques, les impacts environnementaux et leurs effets
(recouvrement et donc déclin des herbiers) ne permettait plus de répondre aux attentes des populations et
de générer des bénéfices économiques pour les collectivités. »
4. L?avenir du modèle touristique de masse et les conséquences de la
surfréquentation[1]
La Méditerranée est la façade littorale la plus fréquentée et la plus touristique de France.
Si le tourisme littoral rapporte environ 4 milliards d?euros chaque année en valeur ajoutée, sa
soutenabilité environnementale et sociale est menacée par la surfréquentation et les impacts qui en
découlent.
Il importe de protéger la façade Méditerranée, à commencer par les sites sensibles, contre le tourisme
de masse. De premières actions ont récemment vu le jour :
Au sein du Parc national des Calanques, la calanque de Sugiton et des Pierres Tombées étant
victimes d?une érosion très marquée liée à la surfréquentation (2 500 visiteurs par jour), le Parc
national limite désormais le nombre de visiteurs (400 par jour) en soumettant l?accès à une
réservation obligatoire et gratuite, uniquement pendant la très haute saison. Expérimentée pour
la première fois en 2022, cette mesure a été reconduite jusqu?en 2027. Un suivi scientifique a été
mis en place pour évaluer précisément les bénéfices de cette mesure dans les prochaines années.
[1] Compte-rendu du débat public
10
Au sein du Parc national de Port-Cros, l?affluence sur l?île de Porquerolles est limitée à 6 000
visiteurs quotidiens en très haute saison depuis 2021 afin de protéger l?environnement et de
maintenir une expérience touristique de qualité. Cette limitation est effectuée au travers d?une
charte des compagnies maritimes qui effectuent un service de transport maritime par navettes.
Un des objectifs est de favoriser le report des séjours à des périodes de moindre fréquentation
(milieu de semaine, hors saison). Parallèlement, le parc a engagé une démarche ambitieuse
d?installations de bouées d?amarrage (ZMEL) afin d?encadrer le mouillage des navires de plaisance
sur des sites sensibles.
La stratégie de façade maritime mise à jour (annexe 4, objectif R) prévoit que l?État accompagne les
collectivités littorales et les professionnels dans leur stratégie de durabilité, notamment en matière de
désaisonnalisation, de diversification et de régulation de l?offre touristique. La Stratégie fixe l?objectif
d?une hausse du nombre de ces dispositifs.
La stratégie de façade maritime intègre dans la vision à 2050 pour la façade :
« En 2050, l?offre touristique en Méditerranée a opéré sa transition écologique. Il s?agit non pas d?attirer un
nombre croissant de touristes chaque été, mais de proposer une expérience touristique de qualité,
accessible à tous et respectueuse de l?environnement. Les flux touristiques sont compatibles avec les
objectifs de protection des sites, du littoral et du milieu marin. La surfréquentation de l?ensemble des sites
emblématiques de la façade a été évitée, notamment par la promotion d?un tourisme durable et
équitablement réparti entre le littoral, l?arrière-pays et la montagne. »
Particulièrement visible et croissante, l?activité de croisière est au coeur des préoccupations des
citoyens en matière de tourisme.
Suite à l?adoption du plan d?action 2022-2027 du DSF Méditerranée, la façade s?est donc dotée d?une
stratégie et d?une charte pour une croisière durable.
Inédite au niveau mondial, cette charte est construite autour de 13 engagements concrets qui vont
au-delà de, ou anticipent, la réglementation en vigueur. Pour garantir son efficacité, l?État a mis en
place une certification, assurée par un organisme tiers, qui s?appuie sur trois étapes : l?adhésion des
compagnies à la charte, l?auto-évaluation de la performance du navire par la compagnie et l?audit
externe d?un échantillon de navires par un organisme certificateur. En 2024, 56 navires assurant plus
de dix escales sur la façade Méditerranée, réaliseront 1 376 escales, soit 81,3 % du nombre d?escales.
Fin 2024, 35 navires ont été audités depuis la mise en place de la charte.
En 2025, la charte croisière a évolué de manière conséquente pour intégrer de nouvelles exigences,
en liaison avec les évolutions réglementaires, pour favoriser une activité de croisière plus durable
réduisant davantage son impact environnemental et favorisant une activité économique locale, en
proposant des escales et circuits alternatifs et une programmation des escales en liaison avec les
capacités d?accueil et les obligations européennes de branchement à quai au plus tard en 2030.
La mise à jour de la stratégie de façade maritime (annexe 4, objectif L) prévoit le soutien par l?État du
développement d?un transport maritime hauturier et de services maritimes durables et compétitifs. La
Stratégie fixera les trois objectifs suivants : au moins 80 % des compagnies de croisière naviguant
dans les eaux françaises de Méditerranée devront être signataires de la charte croisière durable ;
incorporation en hausse des carburants durables marins dans le Grand Port Maritime ; baisse du
nombre de pollutions en mer confirmées.
11
5. La régulation de la navigation de plaisance et de la pêche de loisir[1]
La Méditerranée est la façade maritime avec l?activité de navigation de plaisance la plus importante.
La régulation de cette activité historique s?avère nécessaire pour de multiples raisons : sauvegarde de
la vie humaine en mer, sûreté et sécurité maritime, protection de la biodiversité (la plaisance étant
l?une des principales causes de destruction de l?herbier de posidonie), conflits d?usage, etc.
Plusieurs arrêtés préfectoraux (AP) ont ainsi été élaborés par la préfecture maritime de la
Méditerranée après une large concertation des acteurs :
les notions d?arrêt et de mouillage dans les eaux intérieures et territoriales françaises de
Méditerranée ont été définies dans l?arrêté « cadre » (AP 123/2019) ;
les émissions lumineuses et le bruit aérien ont été réglementés (AP 384/2023) ;
la durée du mouillage est désormais limitée à 72 heures pour tout navire (AP 258/2024) ;
le mouillage et l?arrêt des navires de plus de 45 mètres et des yachts de plus de 80 mètres dans
des zones obligatoires identifiées dans certaines zones littorales particulièrement vulnérables (AP
157/2024) ;
le mouillage des navires de plus de 20/24 mètres (selon les zones) sur les biocénoses sensibles
(comme les herbiers de posidonie) est interdit via des arrêtés dits « locaux » de déclinaison
élaborés en collaboration avec les autres services de l?État et les différents partenaires socio-
économiques.
La mise à jour de la stratégie de façade maritime (annexe 4, objectif P) prévoit le soutien à la
recherche et l?innovation en faveur des thématiques Green Ship (décarbonation, navire écologique),
Smart Ship (navires intelligents, système autonome) et Smart Yard (nouveaux matériaux, chantiers
intelligents).
Elle prévoit également (annexe 4, objectif Q) le soutien à la mise en place de zones de mouillage
organisé dans les sites identifiés comme stratégiques. Un objectif sera fixé quant au nombre de sites
équipés d?ici à 2030 (100) et de contrôles réalisés chaque année.
La pêche de loisir, activité elle aussi historique et en plein essor, fera l?objet d?un suivi accru afin d?en
évaluer et d?en maîtriser les impacts sur la biodiversité et les conflits avec la pêche professionnelle et
les autres activités (loisirs nautiques, plongée sous-marine, etc.). Au fil des années, des mesures de
restriction en fonction des espèces ont été fixées en concertation avec les fédérations de pêche et les
scientifiques, dans l?objectif de garantir des niveaux de prélèvement compatibles avec la préservation
des espèces les plus sensibles.
En février 2024, l?État a formalisé un régime d?autorisations et de déclarations des prises en matière
de pêche de loisir au sein de deux aires marines protégées en Méditerranée (le Parc national de
Calanques et le Parc naturel marin du golfe du Lion). Cette démarche en Méditerranée anticipe le
futur règlement contrôle européen UE n°2023/2842 qui exigera que les États membres enregistrent
les pêcheurs de loisirs et certaines de leurs captures.
[1] Compte-rendu du débat public
12
La mise à jour de la stratégie de façade maritime (annexe 4, objectif M) intègre l?accompagnement de
la pêche de loisir en mer vers des pratiques raisonnées et responsables. D?ici à 2030, 100 % des aires
marines protégées devront proposer un outil enregistrant les pêcheurs de loisir et déclarant leurs
captures. 100 % d?entre elles devront également avoir défini un quota harmonisé de prises
quotidiennes, des mesures d'interdiction spatio-temporelles de la pêche de loisir ainsi que les
moyens de surveillance et de contrôle.
6. Déploiement de l?éolien en mer
La Méditerranée (golfe du Lion) est la façade maritime la plus ventée et constitue une zone d?accueil
particulièrement propice sur le plan technique à l?implantation de parcs éoliens en mer flottants.
À ce titre, le volet du document stratégique de façade en vigueur identifie quatre macro-zones
propices pour le développement de l?éolien en mer commercial dans le golfe du Lion, et deux zones
de développement ont déjà été définies en 2022 pour la réalisation des deux premiers parcs
commerciaux flottants de 250 MW chacun et de leurs extensions de 500 MW chacune (1,5 GW au
total).
La mise à jour de la stratégie de façade maritime (annexe 6) a permis une actualisation des quatre
macro-zones propices, toutes situées au-delà des 12 milles nautiques, et identifiera trois zones
prioritaires de développement aux horizons 10 ans et 2050 situées dans les macro-zones A, B et C.
V. La composition du document stratégique de façade
Le document stratégique de façade comprend quatre parties, chacune d?elle ayant vocation à être
enrichie et amendée au vu de l?amélioration des connaissances disponibles et actualisées dans les
révisions ultérieures du document, prévues tous les six ans :
la situation de l?existant, les enjeux et une vision pour l?avenir de la façade souhaité en 2050
(partie 1) ;
la définition des objectifs stratégiques, du point de vue environnemental, économique, social et et
des indicateurs associés. Ils sont accompagnés d?une carte des vocations qui définit, dans les
espaces maritimes, des zones cohérentes au regard des enjeux et objectifs généraux qui leur sont
assignés (partie 2) ;
les modalités d?évaluation de la mise en oeuvre du document stratégique (partie 3) ;
le plan d?action (partie 4).
La présente stratégie de façade maritime correspond aux parties 1 et 2 (volet stratégique). Sur la base
d?une évaluation des enjeux écologiques correspondant aux descripteurs de la DCSMM et d?un
diagnostic des activités et enjeux existants en mer et sur le littoral de la façade, cette stratégie fixe
des objectifs environnementaux et socio-économiques permettant d?atteindre un avenir équilibré
pour la façade à horizon 2050. L?étude spatiale des enjeux et objectifs se traduit par une carte des
vocations permettant d?identifier des priorités stratégiques par zone. Le format retenu pour cette
stratégie est celui d?un document synthétique, qui renvoie vers une série d?annexes contenant la
synthèse des analyses scientifiques et techniques, ainsi que les éléments constitutifs des objectifs
stratégiques et de la planification de l?espace maritime.
Les parties 3 et 4 (volet opérationnel) ont été adoptées en 2021 et 2022 et seront mises à jour
ultérieurement.
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Partie 1 : Situation de l?existant
I. Présentation introductive de la façade Méditerranée
La mer Méditerranée est une mer intercontinentale de 2,5 millions de kilomètres carrés composée de
deux bassins, un occidental entre le détroit de Gibraltar et la Sicile et un oriental allant de la Sicile au
canal de Suez.
« Point chaud » de biodiversité à l?échelle de la planète, la mer Méditerranée comprend des habitats
remarquables (herbiers, notamment herbiers de posidonie, fonds coralligènes, lagunes côtières?)
accueillant plus de 17 000 espèces - soit 18 % des espèces répertoriées mondialement, alors qu?elle
représente moins de 1 % de la surface maritime du globe. Mer presque entièrement fermée faisant
l?objet d?un faible rythme de renouvellement de ses eaux, elle est particulièrement vulnérable aux
pressions extérieures et à l?introduction de facteurs exogènes.
Du fait de sa situation géographique, la mer Méditerranée est un espace à forts enjeux stratégiques,
concentre nombreuses activités économiques sans égal au niveau mondial (25% du fret maritime, 30
% du trafic pétrolier, 31 % du tourisme, entre autres) et se caractérise par une croissance
démographique conséquente sur ses rivages (un tiers de la population méditerranéenne vit sur la
côte). Située dans le bassin occidental, la mer Méditerranée française n?échappe pas à cette
dynamique. L?augmentation démographique (7 501 570 habitants en 2023 au sein des neuf
départements du littoral méditerranéen français) et le développement des activités économiques
concernent un espace qui s?étend de Cerbère à Menton et inclut la Corse.
Ceci n?est pas sans conséquences pour des espaces restreints géographiquement et réglementés, sur
lesquels peuvent être constatés :
une concurrence pour l?accès au plan d?eau et à ses ressources, en particulier en période estivale ;
des pressions anthropiques pouvant altérer le milieu et la biodiversité ;
une évolution du milieu, du fait de l?action de l?homme ou de phénomènes géologiques ou
climatiques (érosion du trait de côte, hausse de la température de l?eau, raréfaction de l?eau, etc.) ;
une absence d?accord de délimitation des eaux sous souveraineté ou juridiction entre la France et
certains États voisins.
La carte ci-après représente de façon simplifiée les principales autorités compétentes en mer.
16
II. Les écosystèmes marins et littoraux
La façade Méditerranée s?étend sur 2?057 km, de la frontière espagnole à la frontière italienne. Elle
compte neuf départements de bord de mer et trois régions littorales?: Occitanie, Provence-Alpes-Côte
d?Azur et Corse. La Méditerranée représente moins de 1 % de la surface des océans à l?échelle
mondiale mais regroupe 18 % des espèces marines connues dans le monde, dont 25 à 30 % d?espèces
endémiques.
L?écosystème du bassin méditerranéen nord-occidental se caractérise par la présence de secteurs de
convection entre les eaux de surface et les eaux profondes, à l?origine d?une forte production
planctonique structurante pour la biodiversité et les écosystèmes.
Les fonds marins de la façade sont constitués en majorité d?habitats sédimentaires (sable, vase,
détritique), qui occupent 99 % de la surface du plateau continental et la quasi-totalité des abysses. Ces
sédiments constituent des zones fonctionnelles primordiales pour nombre d?espèces de faune et de
flore diversifiées et vulnérables. On y trouve ainsi, jusqu?à 40 mètres de profondeur, herbiers (de
posidonies, zostères ou cymodocées), bancs de maërl, bancs de rhodolithes, et à des profondeurs
plus importantes, pennatules, gorgones et crinoïdes.
L?herbier de posidonie est un habitat endémique (c?est-à-dire spécifique à la Méditerranée) et un
écosystème-pivot de la bande littorale méditerranéenne. Il occupe près de 800 km² (environ 5 % du
plateau continental) répartis de façon hétérogène sur la façade?: principalement en Corse et en
Provence-Alpes-Côte d?Azur, et peu en Occitanie. Il offre de nombreuses fonctionnalités écologiques
clés?: stabilisation et oxygénation des sédiments et de la masse d?eau, capture et stockage de carbone,
lieux de frayères et nurseries pour nombre d?espèces (poissons, hippocampes, crustacés, mollusques,
algues calcaires encroûtantes...), atténuation de l?hydrodynamisme, etc.
17
Dans certaines conditions de houle et de courantologie,
l?herbier se présente sous forme de « récifs barrières »
ou d?herbier tigré qui constituent des habitats
particulièrement vulnérables. À noter que les herbiers
de posidonie constituent également l?habitat de la
grande nacre, espèce emblématique et très menacée de
Méditerranée.
Herbier de posidonie (crédit : Sandrine Ruitton)
Dans les zones plus abritées (lagunes et fonds de baie),
d?autres types d?herbiers ? cymodocées, zostères ?
peuvent se développer. Il convient par ailleurs de noter
que les feuilles de posidonies tombent abondamment
en automne et sont en partie arrachées lors des
tempêtes hivernales pour être déposées sur nos côtes
sous forme de « banquettes ».
Elles jouent ainsi également un important rôle écologique mais aussi mécanique en protégeant les
côtes de l?érosion. Une fois reprises par la mer au gré des courants, vents et tempêtes, elles
constituent une source d?alimentation pour de nombreuses espèces.
Les récifs de coralligène sont également des habitats caractéristiques, constituant non seulement un
habitat et un paysage sous-marin typique de la mer Méditerranée (gorgones rouges par exemple),
mais également un haut lieu de biodiversité.
Sur la façade, cet habitat est bien représenté le long des côtes rocheuses de Provence-Alpes-Côte
d?Azur et de Corse et se trouve de façon plus localisée en Occitanie (côtes des Albères, Cap d?Agde et
côte palavasienne).
Parmi les récifs, on trouve également des roches de l?infralittoral à algues photophiles (c?est-à-dire
affectionnant les milieux éclairés) comprenant notamment les cystoseires et des formations algales à
Lithophyllum, habitats extrêmement riches et diversifiés, caractéristiques du littoral de Provence
(calanques, îles du Frioul et de Riou) et de la côte ouest de la Corse.
Ils offrent des habitats à de nombreuses espèces animales, dont des espèces emblématiques de la
Méditerranée française comme le corb, le mérou brun, la patelle géante, la grande cigale et la datte
de mer.
Plus en profondeur, le talus océanique abrite de
nombreux canyons, dont ceux de Lacaze-Duthiers,
Cassidaigne, Porto et Valinco. Les monts sous-marins
d?Asinara et du cap Corse y présentent une faune fixée
très diversifiée sur les secteurs rocheux (coraux blancs,
jaunes, rouges et noirs, gorgones, éponges et huîtres).
Les secteurs vaseux présentent également une
biodiversité riche proche de celle observée sur le
plateau (pennatules, gorgones et crinoïdes) avec
notamment les canyons du Petit Rhône, de Couronne
et de Saint Florent.
La plaine abyssale est constituée de sédiments fins,
marquée par des « hauts topographiques » (hauts
fonds). Les écosystèmes associés à la plaine et à ces
reliefs ne sont pas connus.
La façade Méditerranée abrite de fait une grande diversité d?espèces marines. On y trouve de
nombreuses espèces d?oiseaux migrateurs terrestres et d?oiseaux marins, qui se concentrent
principalement vers le golfe du Lion et la Camargue?: puffins, sternes, océanites, mouettes et
goélands. Bien que moins fréquenté, le large constitue un lieu de nourrissage privilégié pour les
océanites et les mouettes pygmées et une zone de migration pour les passereaux. Les lagunes, la
Camargue, les îles et les îlots constituent des secteurs majeurs pour la nidification de l?avifaune
marine et limicole.
Coralligène (crédit : Bruno Ferrari - OFB)
Les grottes marines constituent par ailleurs des
habitats particuliers associés à tout un cortège
spécifique d?espèces, liés notamment à la
raréfaction de la lumière. Elles sont bien
représentées dans les Bouches-du-Rhône et en
Corse.
À l?extrémité du plateau continental, on trouve
dans le golfe du Lion des dunes hydrauliques qui
constituent un habitat singulier pour la
Méditerranée.
Mérou (crédit : Gilles Saragoni ? CNRS)
18
Ceci confère à la façade une responsabilité importante pour la conservation de huit espèces marines
(océanite tempête, puffin Yelkouan et Scopoli, goéland d?Audouin, railleur et leucophée, sterne hansel
et cormoran huppé) et pour le gravelot à collier interrompu en zone littorale.
Les eaux françaises de la Méditerranée constituent une zone majeure à l?échelle de la Méditerranée
pour les cétacés, dont sept espèces sont régulièrement recensées, en particulier les grands plongeurs
(rorqual commun et cachalot), observables principalement dans les zones de forte bathymétrie et au
niveau des canyons, le dauphin bleu et blanc, le dauphin de Risso et le globicéphale.
Les zones de concentration du grand dauphin, espèce principalement côtière, sont au niveau du golfe
du Lion, au cap Corse, dans les bouches de Bonifacio, et de manière plus diffuse en région Provence-
Alpes-Côte d?Azur. On y trouve également la baleine à bec, dont la répartition et l?abondance sont
moins bien connues. Les eaux du large sont également fréquentées par les tortues caouannes, dont
certaines se reproduisent sur les côtes.
Puffin de Scopoli (crédit : Steven Piel - OFB) Goéland d?Audouin (crédit : B. Recorbet)
Rorqual commun (crédit : Claire Maudet)
La façade accueille par ailleurs de nombreuses espèces de poissons pélagiques, particulièrement dans
le golfe du Lion, secteur majeur pour les nourriceries et frayères de poissons pélagiques (sprat,
anchois, sardine, chinchard, merlu, thon) et démersaux (sole, grondin, rouget?). Les eaux du large
sont également fréquentées par le thon rouge et l?espadon. Les abords du talus continental
présentent un intérêt particulier pour le merlu, le chinchard et les langoustines. En outre, plusieurs
espèces d?élasmobranches (raies et requins) à forts enjeux de conservation sont présentes sur la
façade (raie blanche, ange de mer et mante de Méditerranée, squale-chagrin, roussette, requin-taupe,
requin-pèlerin et peau-bleue par exemple). Le pocheteau noir est présent à l?est de la Corse.
19
Enfin, le delta du Rhône et les lagunes côtières de la côte roussillonnaise constituent des zones de
transition importantes pour certains amphihalins comme les aloses, les anguilles d?Europe et les
lamproies.
Les aires marines protégées
Du fait des nombreux services écosystémiques associés à la biodiversité marine (alimentation, qualité
de l?air, lutte contre les nuisibles, protection contre les aléas climatiques, lutte contre les changements
climatiques, paysage, etc.), celle-ci est essentielle au maintien d?une planète habitable et en bonne
santé. La biodiversité marine est toutefois fragile et son déclin est aujourd?hui avéré à l?échelle globale.
En Méditerranée française, les dernières évaluations en matière de déchets marins, d?espèces
commerciales ou encore d?herbiers de posidonie sont très préoccupantes. Les récents épisodes de
mortalité de la grande nacre ou des gorgones n?apparaissent pas plus rassurants.
Ces constats impliquent de renforcer les efforts pour maintenir en bon état ou restaurer les
écosystèmes marins.
En 2024, la moitié (52,3 %) des eaux de la façade Méditerranée a un statut d?aire marine protégée. Il
s?agit d?une augmentation de 2 % par rapport à 2017. Il importe toutefois de noter que la majorité de
ces 102 aires marines sont des sites Natura 2000, dont le niveau de protection diffère nettement des
zones de protection forte qui doivent représenter 5 % de la Méditerranée française d?ici à 2027 (contre
0,22 % au 1 janvier 2024).er
Ce renforcement de la protection en Méditerranée est aujourd?hui nécessaire pour atteindre le bon
état écologique.
20
Une première évaluation partielle des tortues
marines
Les tortues marines sont des espèces « sentinelles »
des pressions s?exerçant sur l?environnement marin
et donc emblématiques pour la conservation de la
biodiversité. Auparavant évaluées uniquement à dire
d?expert (en raison notamment d?un manque de
données chiffrées), les tortues marines font l?objet
d?une première évaluation quantitative concernant
l?espèce des tortues caouannes sur la façade
Méditerranée : sur six ans (un cycle d?évaluation),
l?abondance des tortues caouannes apparaît stable.
D?autres critères de l?état écologique, notamment le
taux de captures accidentelles à l?occasion d?actions
de pêche, la distribution spatiale ou encore l?état de
l?habitat des tortues sont en effet nécessaires afin de
pouvoir conclure sur l?état global des tortues
caouannes. Aucune évaluation n?a par ailleurs pu être
rendue sur les autres façades littorales
métropolitaines ni sur les autres espèces de tortues
marines (tortues vertes, tortues luth, tortues de
Kemp) fréquentant les eaux marines métropolitaines.
Une évaluation des déchets marins très alarmante
Soumise à de nombreuses pressions anthropiques comme le tourisme ou l?industrie, la mer
Méditerranée est particulièrement sensible à la pollution par les déchets du fait de ses
caractéristiques de mer semi-fermée. Le descripteur dédié aux déchets en mer prévoit une évaluation
relative à l?abondance des micro- et macro-déchets dans plusieurs compartiments du milieu marin
(sur le littoral, à la surface des eaux et sur les fonds) mais aussi de l?impact de ces déchets sur les
organismes marins (par enchevêtrement ou ingestion). Seule l?abondance des macro déchets sur le
littoral a pu être évaluée pour toutes les façades maritimes métropolitaines?: en Méditerranée, la
façade française la plus touchée, l?abondance des déchets sur le littoral est plus de 33 fois supérieure
au seuil du bon état écologique défini par l?Union européenne. Comme sur les autres façades, les
déchets plastiques y sont majoritaires, représentant près de 75 % de la pollution observée. Si les
autres compartiments n?ont pas pu faire l?objet d?une évaluation conclusive, faute notamment de
définition agréée des seuils à ne pas dépasser, une tendance à la hausse des déchets à la surface a
été mise en évidence en Méditerranée comme en Atlantique. Le développement des connaissances
permettant une évaluation complète des déchets marins est l?une des priorités pour les prochaines
évaluations.
Une évaluation des poissons préoccupante
La Méditerranée, remarquable pour sa richesse spécifique en poissons avec près de 700 espèces
recensées, est divisée en deux zones distinctes pour les besoins de l?évaluation, à savoir le golfe du
Lion et la Corse Est. Parmi les espèces sélectionnées comme représentatives de ces zones, 70 ont pu
être évaluées dans le golfe du Lion et 61 en Corse Est, soit environ deux fois plus qu?au cycle
précédent, grâce aux progrès en matière de connaissance et de méthodologie. Ces espèces sont
réparties en quatre groupes d?espèces, dont deux (les poissons démersaux et les poissons d?eau
profonde) ne présentent aucune espèce en bon état. Au total, seules 3 % des espèces évaluées dans le
golfe du Lion et 2 % des espèces évaluées en Corse Est sont en bon état, faisant de la façade
Méditerranée celle ayant le plus faible taux d?espèces en bon état. Parmi les espèces en mauvais état,
comme les hippocampes (à long bec et à nez court) et les requins (pèlerin, renard, requin-taupe),
certaines sont exploitées pour la consommation humaine (daurade royale, petite roussette, etc.). Les
activités humaines susceptibles d?impacter les poissons sont nombreuses et peuvent affecter
directement les individus (pêche professionnelle ou de loisir, etc.) ou la qualité de leurs habitats
(contamination agricole ou industrielle, transport maritime, etc.), voire détruire irrémédiablement les
habitats de la bande littorale (réalisation de travaux publics).
Des posidonies en mauvais état
Présents en métropole uniquement sur la façade méditerranéenne, ces herbiers sont menacés par de
nombreuses pressions. Au regard des données de perte surfacique (environ 11 % de la surface totale
estimée) et de dégradation (environ 25 % de la surface actuelle), les herbiers de posidonie sont
considérés comme en mauvais état. Les mouillages de navires de plaisance constituent à l?heure
actuelle la principale source de menace anthropique pesant sur les posidonies (par arrachage), dont la
croissance est par ailleurs extrêmement lente. Il convient toutefois de noter que la réglementation a
été renforcée ces dernières années (interdiction du mouillage des navires de plus de 24 mètres dans
les herbiers notamment) dans l?objectif de diminuer cette pression. On peut aussi noter que le
rechargement des plages peut entraîner un recouvrement des herbiers par les sédiments repris par la
mer et une augmentation de la turbidité qui nuisent à la photosynthèse des herbiers, pouvant causer
leur régression. De plus, les digues et autres ouvrages maritimes modifiant l?hydrodynamisme et la
turbidité locale peuvent également impacter cette plante marine d?importance.
21
22
Résumé relatif à l?atteinte du bon état écologique (2024)
La DCSMM impose à chaque État-membre de l?UE d?atteindre le « bon état écologique » des eaux
marines. Le bon état écologique correspond à un bon fonctionnement des écosystèmes (au niveau
biologique, physique chimique et sanitaire) permettant un usage durable du milieu marin. Ce « bon
état » est défini par chaque État-membre, à l?échelle nationale, en fonction des caractéristiques
spécifiques de son territoire.
D1 « Biodiversité » : La diversité biologique est conservée. La qualité des habitats et leur
nombre, ainsi que la distribution et l?abondance des espèces sont adaptées aux conditions
physiographiques, géographiques et climatiques existantes.
Ce descripteur est décliné suivant plusieurs groupes d?espèces :
Les habitats benthiques : plus communément appelés « fonds marins », ils se définissent par les
espèces qui les composent, ainsi que par leurs fonctionnalités pour les espèces : nourricerie,
frayère, zone d?alimentation, de reproduction ou de repos.
Les habitats pélagiques : le domaine pélagique correspond à la zone libre de la colonne d?eau
(hors côtes et fond). Il est habité par le pelagos, c?est-à-dire l?ensemble des organismes, animaux et
végétaux, qui vivent en pleine mer, sans contact avec le fond marin (par opposition aux espèces
benthiques) ou le rivage.
Les mammifères marins (phoques, baleines, dauphin, marsouins, etc.).
Les oiseaux marins (limicoles, puffins, mouettes, goélands, cormorans, etc.).
Les poissons et céphalopodes : les céphalopodes sont des animaux invertébrés, dont les
tentacules à ventouses sont reliés à leur tête (seiche, calmar, poulpe, etc.).
Les tortues marines (luth, caouanne, etc.).
D2 « Espèces non indigènes » : Les espèces non indigènes introduites par le biais des activités
humaines sont à des niveaux qui ne perturbent pas les écosystèmes.
On désigne par le terme « espèce non indigène » (ENI) toute espèce animale ou végétale dont la
présence hors de son aire de répartition naturelle est avérée. Ces espèces représentent une menace
majeure pour la biodiversité marine.
D3 « Espèces commerciales » : Les populations de tous les poissons et crustacés exploités à des
fins commerciales se situent dans les limites de sécurité biologique, en présentant une
répartition de la population par âge et par taille qui témoigne de la bonne santé du stock.
Les principales espèces (ou groupe d'espèces) commerciales sont la coquille Saint-Jacques, le merlu,
les baudroies, la sole, les dorades, le maquereau, la sardine, l?anchois, les céphalopodes (seiches et
calmars) et les thonidés (germon, thon rouge, thons tropicaux).
D4 « Réseaux trophiques » : Tous les éléments constituant le réseau trophique marin, dans la
mesure où ils sont connus, sont présents en abondance et diversité normales et à des niveaux
pouvant garantir l?abondance des espèces à long terme et le maintien total de leurs capacités
reproductives.
Un réseau trophique se définit comme l?ensemble des relations alimentaires entre espèces au sein
d'un écosystème, par lesquelles l'énergie et la matière circulent. Dans le milieu marin, les relations
trophiques prennent la forme d?un réseau, souvent d?une très grande complexité faute de méthode
d'évaluation stabilisée, l'état des réseaux trophique n'a pu être évaluée lors du présent cycle de mise
en oeuvre de la DCSMM.
23
D5 « Eutrophisation» : L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier pour ce qui est de ses
effets néfastes, tels que l?appauvrissement de la biodiversité, la dégradation des écosystèmes,
la prolifération d?algues toxiques et la désoxygénation des eaux de fond, est réduite au
minimum.
L?eutrophisation marine est un déséquilibre du milieu provoqué par des apports excessifs de
nutriments, notamment l?azote et le phosphore. Elle est caractérisée par un développement important
des végétaux, qui provoque des dysfonctionnements au sein de l?écosystème.
D6 « Intégrité des fonds marins » : Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la
structure et les fonctions des écosystèmes sont préservées et que les écosystèmes benthiques,
en particulier, ne sont pas perturbés.
D7 « Changements hydrographiques » : Une modification permanente des conditions
hydrographiques ne nuit pas aux écosystèmes marins.
Dans les eaux marines, les conditions hydrographiques sont multiples : les vagues, la marée, les
courants, la bathymétrie, la nature des fonds, la turbidité, la température et la salinité. Essentielles,
elles représentent les facteurs non-vivants d?un écosystème (dits abiotiques) et interagissent avec les
facteurs vivants.
D8 « Contaminants » : Le niveau de concentration des contaminants ne provoque pas d?effets
dus à la pollution.
L?évolution exponentielle de la production chimique industrielle et des pratiques agricoles, ainsi que
l?augmentation des rejets pharmaceutiques et domestiques accentuent le phénomène de la
contamination chimique. Les contaminants chimiques atteignent le milieu marin en transitant par les
voies fluviales, les vents, les pluies ou en étant directement rejetés dans les océans.
D9 « Questions sanitaires » : Les quantités de contaminants présents dans les poissons et autres
fruits de mer destinés à la consommation humaine ne dépassent pas les seuils fixés par la
législation communautaire ou autres normes applicables.
D10 « Déchets marins » : Les propriétés et les quantités de déchets marins ne provoquent pas de
dommages au milieu côtier et marin.
D11 « Bruit sous-marin » : L?introduction d?énergie, y compris de sources sonores sous-marines,
s?effectue à des niveaux qui ne nuisent pas au milieu marin.
Autres précisions de vocabulaires sur les messages clés :
Sous-région marine : échelle d?évaluation définie sur la base de caractéristiques hydrologiques,
océanographiques et biogéographiques.
Critères : caractéristiques techniques liées aux descripteurs. Ils prennent la forme suivante dans
les conclusions des évaluations « D(n° du descripteur)C(n° du critère) ».
Par exemple, le D1C1 est défini par « Le taux de mortalité par espèce dû aux captures accidentelles
est inférieur au niveau susceptible de constituer une menace pour l'espèce, de sorte que la
viabilité à long terme de celle-ci est assurée ».
Indicateur : variable ou combinaison de variables pouvant être mesurées, calculées ou
modélisées en vue de renseigner un critère et de quantifier les améliorations ou dégradations de
l?état écologique
Valeur seuil » ou « seuil » : valeur, fourchette de valeurs ou gamme de valeurs permettant
d?évaluer le niveau de qualité atteint pour un critère ou un indicateur donné, contribuant ainsi à
l?évaluation du degré de réalisation du bon état écologique
Les principaux enseignements des évaluations sont résumés ci-dessous.
En 2019, la consommation de biens et services touristiques dans les lieux de séjour a généré une
valeur ajoutée de 4,3 milliards d?euros et représente environ 77?000 emplois dans les communes
littorales. Une tendance générale de la fréquentation est toutefois constatée à la baisse ces deix
dernières années, notamment par les touristes français, accentuée par la crise sanitaire, mais une
relance de la fréquentation s?est avérée importante depuis la fin de cette crise en 2021.
Le secteur de la croisière est quant à lui en croissance. Marseille est le premier port de croisière
français et connaît une croissance sensible?: le nombre de croisiéristes transitant par ce port a été
multiplié par trois depuis 2008, et compte en 2021 plus de 1,4 million de passagers.
Le secteur de la plaisance est lui aussi en hausse. Plus de la moitié des ports de plaisance et des
places disponibles au niveau métropolitain sont sur la façade Méditerranée. Les locations de navires
de plaisance sont de plus en plus nombreuses. Depuis 2019, les réglementations relatives aux
mouillages des navires ont considérablement évolué et des zones de mouillage et d?équipements
légers ont été créées.
24
III. Les activités maritimes et littorales
La mer et ses rivages sont composés de multiples
dimensions (espace aérien, surface, colonne d?eau, sol,
sous-sol) qui lui ont permis d?accueillir de nombreuses
activités. Ces activités ont des incidences les unes sur
les autres, par exemple la pêche et le tourisme. Elles
sont également impactées par les grandes évolutions
(changement climatique, contexte économique, coût de
l?énergie?) tout comme le milieu marin qui est fragilisé
par les mutations rapides liées au changement
climatique. La mer et le littoral sont également soumis
à de nombreuses pressions du fait de l?urbanisation, de
l?artificialisation des sols, du changement climatique ou
des pollutions terrestres. Cet espace est donc d?autant
plus sensible à la densification des activités.
Vieux port de Bastia (crédit : Benoît Rodrigues)
La Méditerranée est la première destination touristique sur le littoral français. L?un des
enjeux majeurs est désormais de réduire la surfréquentation de certains sites et
d?organiser les usages de plaisance
On observe aujourd?hui que ces activités sont de plus en plus denses, ce qui nécessite de repenser la
manière dont elles sont réparties. Il s?agit à la fois de leur permettre de poursuivre leur
développement et de respecter les capacités d?accueil des milieux marins et littoraux qui demeurent
des écosystèmes fragiles et encore méconnus. La planification maritime en Méditerranée concerne
l?ensemble des activités maritimes qui s?y déroulent, aux premiers rangs desquelles : le tourisme et les
loisirs, le transport maritime, la pêche professionnelle, l?aquaculture, la pêche de loisir, l?éolien en mer,
l?activité câblière, la construction navale et nautique.
La Méditerranée reste dynamique sur le plan du transport maritime de marchandises et du
transport de passagers. Les ports doivent quant à eux être acteurs des transitions
écologique et énergétique
25
La surfréquentation touristique de certains sites, à
certaines périodes de l?année est une
problématique qui apparaît sur l?ensemble des
littoraux français et qui n?épargne pas la façade
Méditerranée. Différentes stratégies sont mises en
place sur certains sites (par différentes autorités)
et les expérimentations se multiplient sur les
territoires concernés. Sur la façade, on peut citer
les exemples suivants?:
Le Parc national des Calanques (13) qui a
décidé de limiter l'accès à celle de Sugiton
depuis 2022. Pour s'y rendre en été, il est
nécessaire de réserver en ligne, avant sa visite.
L'accès reste gratuit mais limité à 400
personnes par jour (contre une fréquentation
quotidienne de 2?500 personnes en moyenne
avant la mise en place de cette mesure). Mouillages entre les îles de Lérins (crédit : Marion Brichet)
Les îles du Parc national de Port-Cros (83) sont limitées à 6?000 visiteurs par jour, depuis 2021. Une
jauge a également été mise en place par les loueurs de vélos sur l?île de Porquerolles.
Transporteur de marchandises au large des îles du Frioul (crédit : Benoît Rodrigues)
La façade représente 27 % du trafic
métropolitain de marchandises
(94 millions de tonnes) et 45 % du trafic
métropolitain de passagers
(11,8 millions de passagers). Elle se
hausse au second rang à l?échelle
nationale pour le transit de
marchandises par voie maritime.
Les principaux ports de la façade par région représentent un trafic important à l?échelle nationale?:
?Grand Port Maritime de Marseille (GPMM)?: premier pour le trafic de marchandises (78 millions de
tonnes soit 84 % de l?activité totale de la façade) et premier pour le trafic de croisiéristes en 2021
(multiplié par trois depuis 2008)?;
Sète?: neuvième pour le trafic de marchandises (5,3 millions de tonnes) en 2022 (4,3 en 2019)?;
Bastia?: quatrième pour le trafic de passagers (2,1 millions de passagers) en 2019.
La pêche professionnelle, activité historique, résiste et s?adapte aux évolutions, mais reste
menacée par la surpêche, le dérèglement climatique et les autres usages
26
À l?avenir, les activités portuaires feront face à des enjeux majeurs tels que la décarbonation du
transport maritime et, plus largement, des activités portuaires au profit d?une meilleure intégration
des complexes portuaires à la ville et de bénéfices environnementaux et sanitaires importants. Il
faudra développer davantage la coopération interportuaire et les synergies de façade. Enfin, dans un
contexte de transition écologique, les infrastructures portuaires ont engagé leur adaptation au
déploiement de l?éolien en mer et des autres énergies marines renouvelables tout en veillant à
contenir l?artificialisation et à poursuivre les efforts en matière de préservation environnementale. La
régulation sociale des activités ouvertes à la concurrence européenne et internationale devra croître
et faire l?objet d?un suivi en matière de contrôles et de sanctions.
Chalutier au port de Sète (crédit : Benoît Rodrigues)
En 2020, la flotte de pêche de la façade totalise 1?
340 navires pour une puissance totale de 143?
326 kW et 1?812 marins embarqués (soit 920 ETP),
soit 32 % de la flotte de pêche métropolitaine en
nombre de navires et 20 % de sa puissance totale.
Avec un chiffre d?affaires de près de 136 millions
d?euros et une valeur ajoutée de 94 millions
d?euros, la flotte de pêche de la façade cumule
17 % de la richesse nationale en matière de pêche.
La tendance au niveau national et au niveau de la
façade est à la baisse du nombre de navires de
pêche. L?activité de pêche professionnelle résiste
toutefois à la concurrence et aux interactions avec
les autres activités (loisirs nautiques, éolien
flottant, pêche de loisir, protection de la
biodiversité, etc.).
En 2022, certaines espèces étaient confrontées à
leur effondrement en Méditerranée du fait de la
surpêche. 86% des espèces suivies
scientifiquement (rouget, merlus, anchois, sardine,
thon rouge et germon, espadon, baudroie et
anguille) sont surexploitées.
La pêche professionnelle travaille d'ores et déjà à de nombreux défis à court et moyen termes pour
répondre aux nécessaires mutations à entreprendre ?: la gestion de la problématique de la surpêche,
l?éco-transition des outils de production avec l?objectif de décarbonation des flottes de pêche, le
dérèglement climatique et son influence sur l?état des stocks, ainsi que l?adaptation avec les autres
usages, en particulier le développement de l?éolien flottant ou la création de zones de protection forte
.
La promotion des produits et des métiers est aussi un enjeu. Des perspectives se dessinent au travers
des actions en cours visant la structuration des voies de commercialisation, la valorisation du métier
de pêcheur (comme par exemple dans le contrat de filière pêche de la région Occitanie), ou encore
l?amélioration de la connaissance des stocks et la réduction de l?impact des navires et des engins sur le
milieu.
L?aquaculture marine, un enjeu majeur dont l?acceptabilité sociale n?est pas assurée
L?activité conchylicole est essentiellement présente en région Occitanie, tandis que l?activité piscicole
est plus développée en région Provence-Alpes-Côte d?Azur et en Corse.
La façade Méditerranée arrive en quatrième position pour l?activité conchylicole, avec environ 17 %
des entreprises et 12 % des emplois conchylicoles français. Le nombre d?entreprises conchylicoles qui
s?élevait à 520 en 2013 a diminué jusqu?à 425 en moyenne 2018-2020 (-16 %). En 2020, le chiffre
d?affaires de la conchyliculture de la façade s?élevait à 44,1 millions d?euros et la valeur ajoutée à
26,2 millions d?euros.
La façade est en revanche en première position pour la pisciculture marine, avec un nombre
d?entreprises plus important en Méditerranée que sur les autres façades maritimes. Ce chiffre est
toutefois en recul?: 15 en 2018 et 13 en 2020.
Alors que le principal défi pour le développement de la conchyliculture semble être l?adaptation au
changement climatique, l?acceptabilité sociale constitue probablement aujourd'hui le facteur
déterminant du développement éventuel de la pisciculture marine sur la façade. Sur certains étangs
notamment Thau et Canet, le crabe bleu ? espèce exotique? représente quant à lui une menace
depuis quelques années.
27
Parc aquacole dans le golfe d?Ajaccio (crédit : Benoît Rodrigues)
La pêche de loisir, une activité en plein essor
L?attractivité de la façade Méditerranée pour la pratique de la pêche de loisir génère environ
480 millions d?euros de chiffre d?affaires par an, une valeur ajoutée annuelle comprise entre 146 et
216 millions d?euros, et entre 2?100 et 4?300 emplois. Comme à l?échelle nationale, le premier poste de
dépense concerne les embarcations, suivi des coûts d?hébergement et de restauration.
Près de 7 millions de sorties de pêche ont été réalisées en Méditerranée durant l?année 2017. En
Méditerranée, les pêcheurs sont très expérimentés, avec en moyenne plus de dix ans de pratique. Les
pêcheurs pratiquent surtout la pêche du bord (40 % des pêcheurs), puis la pêche depuis une
embarcation (14 % des pêcheurs).
Tout comme au niveau national, la pêche de loisir est fortement saisonnière?: elle connaît un pic lors
des mois de juillet et août, et elle est peu pratiquée en hiver. Toutefois, des spécificités locales
demeurent.
Les éoliennes flottantes ont le vent en poupe mais doivent s?intégrer dans un espace
maritime fragile et très prisé. D?autres énergies marines renouvelables gagnent également
du terrain
En Méditerranée, le potentiel éolien est essentiellement localisé dans le golfe du Lion, à des
profondeurs impliquant le recours à la technologie de l?éolien flottant. Plusieurs projets pilotes ont été
actés et une procédure de mise en concurrence a été lancée en 2022 pour les deux premiers parcs
commerciaux de la façade d?une puissance respective de 250 MW. Il en sera de même pour leurs
extensions futures de 500 MW chacune.
À l?échelle de la façade, les acteurs de la filière estiment le nombre d?équivalent temps plein en 2022 à
375 en Occitanie, 330 en PACA et 8 en Corse, soit une progression continue (+53 % entre 2021 et 2022),
notamment grâce à la construction de projets pilotes en Méditerranée, dans l?attente du lancement
des travaux des fermes commerciales. L?anticipation des besoins en emplois et la régulation sociale
s?avèrent nécessaires pour la filière.
En 2023, la ministre de la Transition énergétique, le ministre de la Transition écologique et de la
Cohésion des territoires, ainsi que le secrétaire d?État chargé de la Mer ont proposé, pour l?atteinte de
l?objectif prévisionnel de 45 GW d?éolien en mer en service en 2050 à l?échelle de la France
métropolitaine, l?attribution de 15,5 GW à horizon 2033 et l?identification supplémentaire de 19 GW à
horizon 2050.
28
La pêche de loisir exerce une pression de prélèvement sur la ressource parfois supérieure à la pêche
professionnelle. Il s?agit là d?un défi à surmonter pour concilier au mieux ces activités parfois
concurrentes et les objectifs en matière de protection de la biodiversité. Une expérimentation a ainsi
été lancée en 2024 au sein de certaines aires marines protégées afin de recenser les pêcheurs de
loisir, voire leurs captures.
L?objectif fixé pour la façade Méditerranée est de 3 à 4,5 GW en 2033 et de 4 à 7,5 GW d?ici 2050. Il
s?agit donc d?une filière en pleine expansion sur la façade, mais dont l?ambition n?atteint pas celle
fixée sur les autres façades métropolitaines.
D?autres énergies marines renouvelables trouvent leur place en Méditerranée, au premier rang
desquelles la thalassothermie. Des territoires d?accueil potentiel ont été identifiés, permettant
d?envisager un développement sur l?ensemble de la façade, en priorité dans des zones portuaires
déjà artificialisées.
29
L?activité câblière
Cette fonction d?interface avec le monde ne se limite pas aux échanges matériels. Le littoral est en
effet une porte d?entrée pour les flux d?information et d?énergie, qui se matérialisent à travers les
câbles sous-marins. L?activité induite par ces câbles sous-marins comprend la fabrication, la pose et la
maintenance de câbles immergés destinés à acheminer des communications ou de l?énergie
électrique.
En France métropolitaine, on dénombre 14 points d?atterrage (lieux d?arrivée à terre de câbles sous-
marins) et 38?401 kilomètres de câbles sous-marins. 35 % de ces câbles sont affectés au secteur des
télécommunications, 1 % à l?électricité, et 64 % de câbles sont considérés comme désaffectés ou non
utilisés.
En Méditerranée, l?atterrage des câbles se répartit principalement entre les départements des
Bouches-du-Rhône et du Var. Marseille est en ce sens un hub numérique stratégique, à la neuvième
place mondiale. Cette situation reconnue internationalement permet à Marseille de disposer d?une
image de marque dans le monde du numérique.
De ce fait, une dizaine de câbles y sont atterrés ou envisagés. Les principaux projets en cours ou à
venir concernent les infrastructures Blue, Medusa, PeaceMed, 2Africa, IEX et Centurion. Marseille sera
ainsi bientôt le premier noeud de raccordement de télécommunications du Sud de l?Europe.
La construction navale et nautique
Par ailleurs, le littoral accueille de nombreuses activités industrielles, notamment pour les chantiers
navals. La construction navale est, en France, essentiellement tournée vers les navires spécialisés
et/ou à haute valeur ajoutée, ainsi que vers les navires de pêche.
Les chantiers de construction et de réparation navale se concentrent majoritairement sur la côte
Atlantique, mais les régions Normandie et Provence-Alpes-Côte d?Azur accueillent aussi un certain
nombre d?infrastructures. Sur la façade Méditerranée, les activités du secteur se concentrent
essentiellement en Provence-Alpes-Côte d?Azur autour des pôles de Toulon/Saint-Mandrier, Marseille,
La Ciotat et Saint-Tropez. Le yachting est une des activités spécifiques de ces chantiers. Les emplois de
la façade méditerranéenne, qui représentaient en 2018 23 % des effectifs nationaux de la filière, sont
localisés dans le Var pour 74 % d?entre eux. L'Occitanie est également la deuxième région française
pour la construction de catamarans avec une filière complète des constructeurs aux équipementiers
et sous-traitants.
Plus largement, les industries navales et nautiques sont composées principalement de PME et de TPE
de taille artisanale, importantes pour l?économie littorale. Elles se positionnent sur des secteurs variés
allant de la conception/construction à la réparation de voiliers, monocoques et catamarans et la
fabrication de moteurs et matériaux composites. Cette filière génère d?importantes retombées
économiques et touristiques pour la région. L?innovation demeure au coeur de ses préoccupations
pour sans cesse se démarquer (électrotechnique, électronique marine, R&D?) de ses concurrents.
30
La formation
Plusieurs types de formation dédiées à la mer et au littoral permettent d?appréhender les dynamiques
et les enjeux propres à ces espaces. Une partie d?entre elles est assurée directement par le ministère
en charge de la mer. Il s?agit de formations qui permettent d?exercer la profession réglementée de
marin professionnel sur des navires armés au commerce, à la plaisance, à la pêche ou aux cultures
marines. Elles diffèrent suivant le niveau de responsabilité visé et les fonctions exercées sur un navire.
Elles sont dispensées par un réseau d?établissements publics et d'organismes privés de formation. La
France compte 12 lycées professionnels maritimes qui accueillent 1?848 élèves pour un budget total
de 4,2 millions d?euros. Deux de ces lycées professionnels maritimes sont situés en Méditerranée, à
Sète et à Bastia.
L?enseignement supérieur maritime est principalement assuré par l?École nationale supérieure
maritime (ENSM). Elle accueille 1?285 élèves à la rentrée 2023?2024 entre Le Havre, Marseille, Nantes
et Saint-Malo.
La façade Méditerranée comptabilise près de 214?000 emplois dans les activités de la mer, répartis au
sein des 71?144 établissements employeurs. On y décompte près de 24?000 emplois dans les activités
considérées comme le « coeur » de l?économie maritime (pêche, construction navale, transport
maritime, etc.). À titre de comparaison, la région Bretagne compte 70?348 emplois répartis au sein de
7?446 établissements.
Les activités de défense
Le ministère des Armées a besoin, en mer (sur l?eau, sous l?eau et dans les airs), d?espace suffisant
pour l?accomplissement de l?ensemble de ses missions. Certains de ces espaces ne peuvent pas être
utilisés pour le développement d?activités économiques « fixes » et doivent être sanctuarisés pour les
besoins de la défense nationale.
D?autres espaces dans lesquels des activités autres que militaires sont autorisées peuvent faire
temporairement l?objet de restrictions (interdiction de vol et de navigation pendant un tir missile, par
exemple).
31
VI. Les paysages, les sites et le patrimoine
Les régions et les territoires des collectivités de la façade partagent des traits propres aux paysages
méditerranéens : intensité de la lumière, climat « méditerranéen », végétation en partie persistante,
horizons montagneux, marque culturelle (plus ou moins nuancée) des anciennes civilisations qui ont
dominé cette mer.
Chacune des trois régions présente toutefois des caractères singuliers, des sites et un patrimoine qui
contribuent à leur identité et à leur attractivité. Le littoral de la région Occitanie présente une courte
séquence rocheuse et une longue côte basse et sableuse s?accompagnant d?un chapelet d?étangs
littoraux.
La région Provence-Alpes-Côte d?Azur offre une côte plus diverse et rocheuse.
La Corse offre quant à elle des paysages très variés, avec des côtes rocheuses occupant plus de la
moitié des rivages ou des zones sableuses et humides sur la côte orientale.
Ces paysages sont déterminés par l?évolution géologique, dont les processus encore à l?oeuvre sont
bien visibles aujourd?hui à l?échelle de temps humaine sur le littoral, du fait du changement
climatique. Depuis l?apparition de l?homme sur ces rivages et au fil des siècles, les peuples ont,
parallèlement, façonné ces territoires, en partageant l?influence des civilisations méditerranéennes,
foisonnantes dès l?Antiquité.
La reconnaissance de ces paysages résulte d?inventions et de constructions collectives contrastées,
intervenant à des temporalités différentes (tourisme balnéaire au XVIII siècle, « mission Racine »
planifiant les stations balnéaires et les coupures d?urbanisation sur la côte du Languedoc-Roussillon,
jardins d?acclimatation en Côte d?Azur, influence des artistes au XX siècle).
e
e
La politique des sites reconnaît et protège les paysages présentant un intérêt artistique, historique,
scientifique ou pittoresque. Elle a été progressivement étendue à de plus grandes entités, certaines
d?entre elles bénéficiant même d?un label national (Grand Site de France). La reconnaissance
internationale (patrimoine mondial de l?UNESCO) concerne des biens culturels immatériels et
matériels. Sur la façade, la Camargue gardoise et les Îles Sanguinaires - Pointe de la Parata bénéficient
du label « Grand Site de France », tandis que le golfe de Porto et le canal du Midi sont inscrits sur la
liste du patrimoine mondial de l?UNESCO. La protection des monuments historiques vise
spécifiquement le patrimoine bâti.
Le principe de libre accès au public est au coeur de la gestion du domaine public maritime (DPM). Des
mesures d?ordre législatif (loi « Littoral ») ou réglementaire couplées à une action des collectivités ou
d?établissements publics tels que le Conservatoire du Littoral ont permis une action en faveur de son
accessibilité ? laquelle peut induire le tracé, l?ouverture et l?entretien d?une servitude de passage de
piétons le long du littoral par exemple ? et de son caractère naturel. Au-delà du droit d?usage qui
appartient à tous, une autorisation d?occupation est obligatoire, temporaire, précaire et révocable.
Le paysage n?est pas seulement littoral : il est aussi infralittoral, à envisager depuis le rivage et enfin
sous-marin, où des sites d?exception sont explorés (tombants sous-marins, canyons), dévoilant une
faune et une flore emblématiques de la mer Méditerranée (herbiers de posidonie, coralligènes). Ce
patrimoine naturel et subaquatique côtoie également un patrimoine matériel et immatériel, lié aux
activités humaines développées autour de la mer : les tours génoises, les citadelles, les sémaphores,
les phares, les bateaux d?intérêt patrimonial et les sites archéologiques sous-marins jalonnent le
littoral méditerranéen.
Espace convoité et à la croisée d?intérêts parfois
contradictoires (développement économique-
préservation du tiers naturel, libre-accès au public
- prévention des risques), le domaine public
maritime naturel partage avec les sites, les
territoires et le patrimoine la nécessité de prendre
en compte leur capacité de charge, laquelle est
gage de leur attractivité.
Les problématiques récurrentes sur le paysage et
le patrimoine du littoral sont nombreuses : la
pression de l?urbanisation et le respect des
coupures d?urbanisation ; le mitage des espaces
naturels et agricoles, la déprise et disparition des
espaces agricoles et la cabanisation sur certains
secteurs ; la surfréquentation et la prise en compte
de la capacité d?accueil des sites et paysages
littoraux ; la défense du libre-accès du public au
DPM. À ces problématiques issues du tourisme
balnéaire s?ajoute celle de l?érosion du littoral, du
biseau salé accusé par l?élévation progressive du
niveau de la mer, de la submersion marine qui
peut transformer radicalement les paysages
lagunaires notamment, ainsi que des inondations
rétro-littorales qui impliquent des processus de
mutation.
Une prise en compte pertinente des aléas climatiques et la prise de conscience collective d?une
potentielle mutation des espaces face aux risques naturels littoraux tout en s?adaptant au contexte
physique et culturel de chacun des lieux est clé. L?échelle et la temporalité des compositions et
recompositions à opérer renvoient à l?expérimentation et à la planification.
32
Îles Sanguinaires (crédit : Benoît Rodrigues)
Villeneuve-lès-Maguelone (crédit : Montpellier Agglomération) Baie de Cannes (crédit : Benoît Rodrigues)
La carte ci-après représente de façon simplifiée les principaux outils, issus des politiques publiques en
faveur des sites, des paysages ou du patrimoine (naturel ou bâti, littoral, maritime ou sous-marin).
33
34
V. Les risques
Le rivage méditerranéen français comporte une pluralité de risques induits par des activités
anthropiques sur terre comme sur mer d?une part, et par les conséquences de ces dernières sur le
milieu, d?autre part.
De nombreux établissements à risques en lien avec des industries pétrochimiques, métallurgiques ou
agro-pharmaceutiques par exemple se situent à proximité des principaux ports de la façade
(Marseille, Sète, Toulon, Bastia, Port-la-Nouvelle) ou dans des bassins d?emplois (zone industrialo-
portuaire de Berre). Ces industries et activités maritimes, génératrices pour certaines de pressions
(pollutions atmosphérique, tellurique, sonore, etc.), présentent des risques majeurs pour le milieu
marin et la santé publique, impliquant une réglementation et une surveillance appropriées, en
particulier lors du transport de marchandises dangereuses par voie ferroviaire, routière ou maritime.
Ces risques peuvent être pris en compte, anticipés voire minorés par des mesures réglementaires
telles que les plans de prévention des risques ou la création de voies de navigation dédiées, par
l?intermédiaire d?un dispositif de surveillance du trafic maritime au niveau du canal de Corse par
exemple. La présence d?un effectif et de moyens suffisants sont nécessaires pour faire respecter la
réglementation et apporter une réponse dimensionnée en cas de risque pour la vie humaine, la
sécurité des biens et la protection de l?environnement.
À ces pressions d?origine industrielle peuvent s?ajouter d?autres formes de pressions, parmi lesquelles
une forte attractivité du littoral, induisant des problématiques de traitement des eaux résiduelles
urbaines et de gestion des déchets par exemple, et des activités présentes en amont de bassins
versants et sur la frange littorale, qui peuvent impacter la qualité de l?eau et donc le déroulement
optimal d?autres activités comme la baignade ou l?aquaculture.
Les risques sanitaires ne sont pas seulement anthropiques, ils peuvent avoir une origine naturelle
(bloom, modification des propriétés physiques de l?eau), dont la connaissance sur la survenance,
l?impact sur le milieu, les modalités de prévention et la diffusion aux professionnels et au grand public
doivent être améliorés. La qualité des eaux de baignade et aquacoles constitue en effet un enjeu
environnemental, économique et sociétal majeur.
C?est également vrai pour les effets du réchauffement climatique, générateur potentiel de bactéries,
virus et espèces invasives présentant un enjeu de santé publique ou contribuant à l?élévation du
niveau de la mer et aggravant la vulnérabilité des territoires face aux risques littoraux (submersion
marine, érosion). L?amélioration de la connaissance des risques naturels littoraux, de leurs évolutions
et de leurs effets doit se traduire par une information appropriée à l?attention des personnes qui y
résident et une recomposition spatiale des activités littorales, qu?il conviendra d?anticiper au sein
d?une gouvernance adaptée.
La loi climat et résilience (2021) et la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (2012)
définissent les démarches et outils à mettre en oeuvre localement pour y parvenir. Plusieurs
méthodes d?adaptation sont envisageables, le recours à la construction d?ouvrages de protection du
littoral étant à éviter autant que possible. Aujourd?hui, les politiques publiques cherchent en effet à
promouvoir des mesures d?adaptation douce et/ou de résilience. Le but est de tendre vers une
gestion souple du trait de côte en privilégiant des actions en faveur de la préservation et/ou de la
restauration de sa mobilité naturelle. Ces bonnes pratiques sont expérimentées à travers des projets
comme ceux de la démarche Adapto portés par le Conservatoire du Littoral.
La carte ci-après représente de façon simplifiée les données relatives aux risques technologiques,
sanitaires, naturels et en lien avec la sécurité maritime, localisés sur le littoral ou en mer.
Nota bene : l?indicateur national de l?érosion côtière indique les tendances moyennes de l?évolution du trait de côte, issues de
l?observation des côtes pouvant être espacées de plusieurs années. Cet indicateur pourrait ne pas représenter fidèlement la
situation actuelle et ne saurait être utilisé pour établir des prévisions d?évolution du trait de côte.
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LA RECHERCHE
Des programmes de recherche variés et interdisciplinaires sont menés par les différents organismes
de recherche de la façade (unités mixtes de recherche du CNRS et des universités ; établissements
publics tels que le CEREMA, l?OFB et l?IFREMER ; associations telles que le Plan Bleu ou l?Institut
océanographique Paul Ricard).
Des thématiques ou des secteurs géographiques restent insuffisamment connus et requièrent le
maintien et l?accroissement des moyens humains et financiers dédiés à ces domaines pour prendre
en compte les effets du changement climatique, l?adaptation des populations et des activités aux
risques littoraux, entre autres. En outre, une valorisation et une exploitation de ces travaux existants
et à venir, une meilleure articulation de la recherche à l?échelle de la façade et une fédération des
acteurs issus du monde de la recherche et ceux du monde économique permettront de mieux
répondre à des problématiques locales et de favoriser l?essor d?une « croissance bleue » respectueuse
du milieu.
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VI. La connaissance, la recherche et la formation
elle contribue à la mise en oeuvre
de politiques publiques issues de
conventions internationales ou
d?instruments juridiques de
l?Union européenne, de leur
définition à leur évaluation ;
elle apporte des éléments de
réponses aux multiples enjeux
parfois antagonistes liés à la
protection du milieu marin face à
des projets d?aménagement et de
développement de territoires ;
sa mise à disposition et son
partage permettent une
sensibilisation des citoyens et des
usagers de la mer.
Sensibilisation sur la Promenade des Anglais à Nice (crédit : DIRM)
Différents programmes visant la collecte d?informations sont menés sur les problématiques variées
du littoral méditerranéen. L?acquisition de connaissances est nécessaire à plusieurs titres :
L?INNOVATION
Pour la façade Méditerranée, au vu du contexte économique et de compétition internationale,
l?innovation (motorisation, carburants, apparaux, nautisme, etc.), la transition numérique et le
renforcement de pratiques durables (économie circulaire, certifications et éco-labélisation) au sein des
différents secteurs d?activité constituent un défi majeur pour l?ensemble des acteurs.
LA FORMATION MARITIME PROFESSIONNELLE
LA SENSIBILISATION
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L?emploi maritime sur la façade Méditerranée est principalement lié au tourisme, aux activités de
transport maritime, de pêche/aquaculture et de plaisance ; il nécessite une formation ad hoc. Le
secteur des énergies marines renouvelables, en plein essor, ne déroge pas à cette règle.
La formation maritime des gens de mer est développée au niveau des enseignements secondaire et
supérieur au travers du réseau des lycées professionnels maritimes de Sète et de Bastia et d?un site
de l?École nationale supérieure maritime (ENSM) basé à Marseille. Ils proposent un large panel de
formations initiales et continues permettant une spécialisation et une évolution de carrière pour les
marins.
La validation des acquis de l?expérience possible dans le domaine maritime permet aux
professionnels de la mer de certifier un niveau de compétence. Par ailleurs, l?enseignement maritime
fait évoluer ses référentiels de formations, notamment en termes de sécurité et sûreté maritime afin
d?être en conformité avec les exigences fixées par les conventions internationales et pour répondre
aux besoins et attentes des marins, rendant ainsi les métiers de la mer plus attractifs. Au-delà de la
formation, le déficit de marins et les difficultés de recrutement constituent des handicaps pour les
entreprises d?armement.
Des actions de sensibilisation des
usagers de la mer sont menées par les
services et opérateurs de l?État ainsi que
par des collectivités territoriales, les
professionnels de la mer et des
associations environnementales et de
sports nautiques. Le grand public est
aussi une cible de cette action de
communication au travers de différents
événements concernant la découverte
du milieu naturel, la compréhension des
enjeux maritimes et littoraux et la culture
maritime. Ainsi, la sensibilisation du
grand public à la protection de
l?environnement marin constitue un
enjeu majeur pour à veiller à faire
connaître les richesses et les
potentialités du milieu marin au plus
grand nombre.
Campagne écogestes à Porquerolles (crédit : TPM)
En Méditerranée, la sensibilisation au sujet de l?importance de protéger et restaurer les herbiers de
posidonie est montée en puissance en juin 2023. En effet, sous l'égide des préfets coordonnateurs, les
acteurs publics et privés se sont associés au sein de l?Alliance Posidonia pour agir auprès des citoyens,
des élus, des plaisanciers et de l'ensemble des acteurs économiques et sociaux sur le littoral
méditerranéen français.
La carte ci-dessous représente de façon simplifiée les universités et centres de recherche contribuant
à la recherche, à l?innovation ou à la connaissance, les établissements de formation des marins et des
gens de mer ainsi que les dispositifs existants permettant de capitaliser la connaissance des
écosystèmes de la Méditerranée.
38
39
VII. Les initiatives locales de planification
L?évolution de la politique du littoral et le développement de la gestion intégrée des zones côtières
(GIZC) puis de la planification des espaces maritimes sont le résultat d?un contexte international et
européen et d?une dynamique à la fois nationale et portée par les territoires.
Envisagée dès 2002, la GIZC a été déclinée en droit français sous le nom de « gestion intégrée de la
mer et du littoral » puis complétée plus récemment par la planification des espaces maritimes. Ces
deux démarches ont une approche similaire (dimension de long terme, dynamique et reposant sur
une gouvernance spécifique) et des principes communs (développement durable des activités en mer,
gestion des usages et prévention des conflits). La planification des espaces maritimes élargit le spectre
de la GIZC, en considérant la totalité des espaces maritimes, y compris transfrontaliers, et en
comportant une dimension stratégique.
La GIZC comme la planification des espaces maritimes impose à l?État ? seule autorité compétente in
fine dans l?occupation et l?exploitation du DPM et de la ZEE ? d?intégrer en amont du procédé :
une réflexion et une hiérarchisation des priorités entre les différentes affectations de ces espaces ;
la prise en compte ou la mise en compatibilité avec des documents de rang équivalent ou
inférieur ;
une association des acteurs du territoire concerné.
L?implication des acteurs littoraux et maritimes, nombreux et diversifiés, est ancienne, tout comme
leurs contributions aux travaux de planification et de gestion de la mer et du littoral sont une réalité
en Méditerranée.
Au niveau institutionnel, les régions Occitanie et Provence-Alpes-Côte d?Azur se sont dotées d?un
Parlement de la mer. Ces instances régionales travaillent de concert avec le Conseil maritime de
façade Méditerranée.
Quant à la gestion intégrée de la mer et du littoral, la façade Méditerranée se caractérise par quatre
chapitres individualisés valant schéma de mise en valeur de la mer (SMVM) actifs sur la façade, trois
au niveau d?établissements publics de coopération intercommunale (Littoral Sud, Golfe de Saint-
Tropez et Bassin de Thau) et un à l?échelle de la Corse. En effet, la collectivité de Corse s?est dotée d?un
outil d?aménagement du territoire et de planification dédié à horizon 2040 ? le plan d?aménagement et
de développement durable de la Corse (PADDUC) ? qui concerne le littoral et la mer. Enfin, deux parcs
nationaux (Port-Cros et Calanques), deux parcs naturels marins (Golfe du Lion et Cap Corse et Agriate)
et trois parcs naturels régionaux (Narbonnaise, Camargue et Corse) participent à la qualité du lien
terre-mer.
Si la planification de l?urbanisme dispose de plusieurs outils stratégiques, qui s?articulent entre
différentes échelles et comportent différentes mesures ou orientations relatives au littoral ou au
domaine maritime (SCoT, plan local d?urbanisme, etc.), on constate dans la pratique une faible
intégration des enjeux littoraux et maritimes dans les projets de planification communaux et
intercommunaux, ainsi qu?une faible prise en compte des interactions entre les milieux et activités
terrestres et maritimes.
Sur la façade Méditerranée, l?enjeu de l?interface entre le domaine public maritime et les espaces
terrestres est primordial. Créés par la loi n° 2010-788 du 12 juillet 2010 portant engagement national
pour l?environnement, ont été mis en place la SNML et le DSF. L?article L. 219-3 du code de
l?environnement en précise l?ambition. Le DSF définit les objectifs de la gestion intégrée de la mer et
du littoral et les dispositions correspondant à ces objectifs, au niveau de la façade Méditerranée et
dans le respect des principes et des orientations posées par celle-ci.
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Le DSF, dont la portée est rappelée dans le préambule, instaure une réelle planification permettant de
couvrir l?ensemble de l?espace maritime sous juridiction et souveraineté nationale et des activités de
toute nature s?y rapportant. Il apporte une cohérence d?ensemble que ne peuvent assurer seules les
planifications sectorielles menées à terre ou en mer, portées par l?État (SRDAM, éolien flottant), ses
établissements publics (charte et plan de gestion de parcs) ou les collectivités (PADDUC, SRADDET,
SCoT et volet mer, etc.). Véritable cadre de référence à l?échelle de la façade pour la planification de
l?espace maritime et de l?interface terre-mer, le DSF doit permettre, au-delà de son opposabilité aux
projets et documents de rang inférieur, d?accompagner les collectivités et porteurs de projets dans
leur démarche de planification.
Au travers du Conseil maritime de façade, les acteurs sont amenés à collaborer pour la mise en oeuvre
d?une vision intégrée et élargie de la planification des espaces littoraux et maritimes, répondant ainsi
aux enjeux et exigences de cette nouvelle gouvernance et contribuant par la même occasion à
l?atteinte des objectifs de la DCSMM et de la DCPEM.
Ces différents outils, représentés de manière simplifiée sur la carte ci-dessous, contribuent à cette
dynamique intégrée (planification terrestre ou mixte, dispositifs concourant à la gestion des usages,
en mer comme sur le domaine public maritime). La carte ne traite pas de démarches de planification
sectorielle dédiées à des activités spécifiques (aquaculture ou éolien flottant, entre autres).
41
42
VIII. Anayse des interactions
Le développement des activités anthropiques mentionnées ci-dessus interagit avec le milieu marin.
Les activités bénéficient des services écosystémiques offerts par un milieu marin en bonne santé, en
rendant par exemple les ressources halieutiques disponibles pour la pêche.
Le développement d?une activité peut aussi aboutir à la dégradation de l?état du milieu marin en
générant des impacts. À titre d?exemple, les travaux sous-marins génèrent des perturbations sonores
pour la biodiversité.
Toutefois, la limitation de ces impacts sur le milieu marin est de plus en plus intégrée dans les
pratiques des entreprises et très encadrée par les différentes réglementations, qu?elles soient locales,
nationales ou européennes. Les acteurs de la mer sont en questionnement permanent pour
développer de bonnes pratiques respectueuses des milieux marins. Face à ces pressions et impacts, la
communauté internationale a d?ailleurs déjà réagi depuis de nombreuses années en mettant en place
de nombreuses normes, que ce soit sur la question des déchets, des espèces non indigènes avec
systèmes de filtration, des démarches d?information sur les cétacés comme avec Pelagis en mer
Méditerranée, des zones de contrôle des émissions atmosphériques (ECA) face au soufre ou à l?azote,
ou encore des normes SEVESO. Enfin, chacun de ces impacts est par ailleurs bien pris en compte dans
les études d?impact environnemental préliminaires à la délivrance des autorisations.
L?étude des interactions « milieu marin/activités » reste essentielle pour planifier l?espace maritime et
littoral de façon à assurer la cohabitation d?activités, suivant des modalités notamment compatibles
avec l?atteinte du bon état écologique des eaux marines.
L?étude de ces interactions s?effectue dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive-cadre stratégie
pour le milieu marin. Pour ce faire, une analyse des activités anthropiques et de leurs impacts générés
sur le milieu marin est proposée avant d?être mise en correspondance avec les 11 descripteurs du bon
état écologique. Le recensement de ces interactions permet d?identifier les thématiques à traiter
prioritairement en vue d?atteindre ou de maintenir le bon état écologique du milieu marin.
Les matrices ci-dessous ? non exhaustives ? permettent de représenter de manière visuelle ces
interactions. Leur objectif est de donner un aperçu global et synthétique de l?existence de pressions et
d?impacts potentiels des secteurs d'activité sur le milieu marin au regard des descripteurs du Bon état
écologique (BEE). Elles peuvent ainsi permettre de mieux faire le lien entre les livrables du volet
Analyse économique et sociale (AES) et celui du BEE dans les Stratégies de façades maritimes (SFM).
La première matrice porte sur les pressions générées par les secteurs d?activités sur le milieu marin :
le texte de la cellule précise cette relation de pression potentielle entre l?activité (en entrée de ligne) et
le descripteur de pression (en entrée de colonne).
La seconde matrice porte sur les impacts générés par les secteurs d?activités sur le milieu marin : le
texte de la cellule précise cette relation d?impact potentiel entre l?activité (en entrée de ligne) et le
descripteur d?état (en entrée de colonne).
Une case vide indique une absence ? a priori ? de relation.
Ces matrices n?ont pas vocation à illustrer de manière complète et détaillée l?ensemble des pressions
et impacts s?exerçant sur le milieu marin et impliquent des précautions de lecture. Par exemple, les
niveaux de pression et d?impact peuvent varier suivant le type de pratique ou l?intensité associés à
chaque activité ou suivant les endroits où cette activité se déroule. Par souci de synthèse, seules les
activités anthropiques générant des pressions avérées sur le milieu marin sont représentées.
43
Ces matrices ont été construites sur la base de la bibliographie existante et de dires d?experts. Elles ne
prennent pas en compte les relations de dépendance des activités vis-à-vis du bon fonctionnement du
milieu marin. Pour en savoir plus, il est nécessaire de se référer aux rapports scientifiques.
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45
46
47
Pour limiter leurs impacts sur le milieu marin, la régulation des activités anthropiques est nécessaire.
La planification de l?espace maritime et littoral contribue ainsi à l?atteinte ou au maintien du bon état
écologique du milieu marin, en définissant les conditions d?exercice ou d?accès dans le temps et
l?espace des activités anthropiques.
Cette planification se voit également renforcée par un réseau de surveillance et de contrôle,
permettant de suivre et d?évaluer l?état du milieu marin. Enfin, la planification maritime se traduit
également par des actions concrètes qui sont définies afin de permettre l?atteinte du bon état
écologique. Le développement de chaque activité de façon durable est fondamental afin de concilier
souveraineté alimentaire, énergétique, économique tout en prenant en compte les enjeux
environnementaux.
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Partie 2 : Vision pour la Méditerranée en 2050
De Cerbère à Menton, en passant par l?île de la Giraglia et Bonifacio, la Méditerranée française et ses
territoires littoraux vont devoir faire face à de nombreux changements et défis d?ici à 2050.
La vision ci-dessous présente l?état de la façade en 2050, tel qu?il devrait être si les recommandations
des scientifiques sont suivies et si les engagements pris collectivement sont tenus.
CLIMAT
Particulièrement touchée par les effets du changement climatique, la Méditerranée a subi
d?importants bouleversements tant environnementaux que sociétaux. En 2040, il est estimé que la
température de l?eau se soit réchauffée de 2,2 degrés Celsius (contre 1,5 pour l?Océan mondial). Ceci a
profondément affecté la biodiversité marine de Méditerranée, qui représentait en 2020 18% de la
biodiversité marine mondiale connue et dont une partie est endémique de cette mer quasi-fermée.
En zone côtière, la montée du niveau de la mer se poursuit (entre 0,43 et 2,5 mètres d?ici 2100). Les
tempêtes centennales deviennent progressivement décennales et la submersion marine ainsi que
l?érosion des rivages s?amplifient.
Les collectivités territoriales ont adopté des stratégies relatives à la gestion du trait de côte. L?érosion
du trait de côte est désormais communément appréhendée par les élus et les citoyens comme un
phénomène prévisible auquel les Méditerranéens se sont adaptés.
Des décisions importantes ont été prises pour atténuer les effets du dérèglement climatique et pour
s?y adapter. D?ici à 2050, les Méditerranéens ont accepté le recul du rivage. Le système littoral est
rétabli dans un état plus naturel (notamment par le retrait des ouvrages et le maintien des banquettes
de feuilles de posidonie), ce qui lui permet d?être un rempart contre les risques et événements
climatiques, en jouant le rôle de zone d?expansion de crues contre les submersions marines. En
particulier, la présence d?ouvrages en enrochements perturbant les courants et artificialisant les fonds
marins a été réduite au maximum. Il en est de même pour certaines pratiques artificielles comme le
réensablement des plages, dont le coût financier, la vulnérabilité accrue face aux événements
climatiques, les impacts environnementaux et leurs effets (recouvrement et donc déclin des herbiers)
ne permettait plus de répondre aux attentes des populations et de générer des bénéfices
économiques pour les collectivités.
La réorganisation du littoral a été appréhendée de manière à nous adapter au changement
climatique. Ainsi, plusieurs activités ont été relocalisées à une distance plus éloignée de la côte et
certains sites ont été renaturés afin d?atténuer les effets du changement climatique et de rendre les
territoires plus résilients. La construction de nouveaux bâtiments sur cette zone côtière est très
exceptionnelle, voire exclue.
Les mécanismes et conséquences de l?acidification de la mer Méditerranée sont désormais connus.
BIODIVERSITÉ
Entre 2025 et 2050, d?importantes campagnes d?inventaire de diversité ont été menées. Ces
campagnes ont permis de caractériser avec précision la biodiversité méditerranéenne et son
fonctionnement. Ces connaissances nouvelles nous mettent en capacité de protéger durablement la
biodiversité et les écosystèmes.
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D?ici à 2050, nous avons mis en place des stratégies de gestion pour mieux appréhender la mutation
de la biodiversité. En effet, le changement climatique contribue à modifier les conditions de vie des
espèces, les forçant ainsi à migrer ou à adapter leur mode de vie. Le milieu marin étant
particulièrement ouvert, les migrations sont très rapides et les espèces présentes peuvent
soudainement varier.
Des systèmes de surveillance précoce sont mis en place afin de prévenir l?introduction d?espèces
exotiques envahissantes. De nombreux dommages et des coûts économiques importants ont ainsi
évités.
En 2050, le réseau des aires marines protégées en Méditerranée française assure la conservation de
la biodiversité ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui leur sont associés. La
gestion effective de ces aires protégées, dont une partie importante est en protection renforcée,
permet de répondre aux exigences internationales de lutte contre l?érosion de la biodiversité et de
faire face aux pressions foncières locales, aux pollutions aquatiques et marines, aux pressions sur le
prélèvement de la ressource, aux effets du dérèglement climatique et aux afflux de visiteurs.
Les herbiers de posidonie, espèce endémique de Méditerranée permettant de piéger le carbone
atmosphérique, sont en progression du fait de la mise en place de zones de mouillage et
d?équipements légers, de la désartificialisation du littoral, de l?arrêt des rechargements de plages et de
l?amélioration de la qualité de l?eau.
Le plastique à usage unique, définitivement supprimé du territoire national depuis dix ans, n?est plus
une source de pollution et de fragilisation de la biodiversité marine. Par la suppression progressive de
notre production et consommation de plastique, nous avons agi à l?encontre de la projection selon
laquelle il devait y avoir plus de plastique que de poissons en 2050 dans la Méditerranée.
La façade ne compte plus de décharge littorale. De nombreux déchets sont toutefois présents dans le
milieu marin, du fait des apports passés et de leur lente dégradation. Le traitement des déchets dans
le milieu marin reste donc un enjeu majeur. Des technologies de récupération et de traitement de ces
déchets, jusqu?alors émergentes, se sont déployées et permettent de résorber petit à petit ces
apports. La question de la pollution par les micro-plastiques reste un sujet prégnant.
ÉNERGIE
Conformément à son engagement, la France vient d?atteindre la neutralité carbone. En Méditerranée,
ce sont entre 4 et 7,5 gigawatts (GW) d?éolien flottant qui sont en service et permettent de produire
une électricité d?origine renouvelable. D?importants progrès ont été réalisés en matière de
connaissance, d?évitement et de réduction des impacts et des effets cumulés de ces projets entre eux
et avec les autres activités maritimes.
La façade est approvisionnée en hydrogène décarboné ou, dans une moindre mesure, bas carbone.
Ceci lui permet de maintenir le cap de la sobriété énergétique. Alors que la production d?hydrogène
était dépendante des énergies fossiles et du dessalement d?eau de mer dans les années 2020-2030,
l?hydrogène produit et/ou utilisé en façade Méditerranée en 2050 a un impact environnemental très
limité. La technique du dessalement d?eau de mer n?est utilisée qu?en cas d?absence d?impact sur le
milieu marin.
D?autres sources d?énergies renouvelables sont utilisées, telles que l?osmotique, la thalassothermie, le
photovoltaïque flottant ou l?énergie houlomotrice ou hydrolienne, à condition d?avoir démontré leur
efficacité au niveau de la façade et leur compatibilité avec nos objectifs en matière de climat et de
biodiversité.
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PÊCHE ET AQUACULTURE
De nombreux efforts sont faits afin d'améliorer l'état de la ressource halieutique mais la situation de
certaines espèces ne s'améliore pas voire continue de se dégrader. Plusieurs facteurs l'expliquent :
l'augmentation de la température de l?eau de la Méditerranée, l'acidification, le braconnage ou encore
la surpêche. Le maintien d'une petite pêche côtière est cependant fortement encouragé par les
pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les professionnels du secteur. Du fait de la mise
oeuvre du Plan West Med depuis 2020 et de l?augmentation du prix de l?énergie, les flottilles de pêche
sont, aujourd'hui, décarbonées. La réduction de la flottille chalutière sur la façade est arrivée à son
point d'équilibre aussi bien au regard de la ressource disponible que de la rentabilité des entreprises.
L?augmentation du prix de la ressource halieutique, en lien avec sa raréfaction, et le développement
des circuits de vente en direct permet de maintenir une juste rémunération des pêcheurs.
L?utilisation de moteurs plus propres diminue les coûts d?énergie, ce qui permet aux navires de se
tourner vers des techniques de pêches plus vertueuses. Ainsi, l?impact de la pêche sur
l?environnement est plus limité et les engins de pêche plus sélectifs. La petite pêche côtière est en
phase d?atteindre, pour les espèces à forte valeur économique le rendement maximal durable.
Envisager une reconstitution lente de la ressource est désormais possible.
Des efforts ont été faits pour développer de manière durable l?aquaculture, toutefois la hausse de la
température et l'acidification des eaux se sont révélées être un défi de taille, celles-ci favorisant le
développement des bactéries pathogènes et donc la propagation de maladies dans les élevages
aquacoles.
TRANSPORTS ET PORTS
En 2050, les ports de la façade Méditerranée sont des acteurs de la transition énergétique, numérique
et de l?industrie verte à l?échelle nationale.
L?axe Méditerranée-Rhône-Saône est opérationnel, le corridor de transport mis en place renforce
l?attractivité des ports de la façade ainsi que des territoires. La coopération interportuaire a favorisé
l?émergence d?un réseau efficient. Il capte de nouveaux flux, assurant ainsi le rayonnement des ports
de la façade à l?international, ainsi que sur l?hinterland grâce au développement du transport fluvial.
Certains ports se sont spécialisés dans la filière de l?éolien flottant. D?importants investissements de la
part de l?État, des collectivités et des acteurs portuaires, nous ont permis d?électrifier les principaux
ports de la façade et d?ainsi réduire les pollutions générées par les navires. Les ports permettent
depuis plus de vingt ans à chaque navire de se raccorder électriquement lors d?une escale.
La décarbonation des transports maritimes est pérenne. D?ici à 2050, au sein du Grand Port Maritime
Marseille-Fos, le tissu industriel autrefois vu comme une importante source de pollution a opéré sa
transition verte et sa décarbonation profonde. La Méditerranée dans son ensemble est une zone à
faibles émissions d?oxyde de soufre et d?oxyde d?azote, ce qui diminue considérablement la pollution
atmosphérique et contribue à préserver la santé des Méditerranéens.
Les pollutions sonore et lumineuse émises par les navires sont réduites au maximum, de manière à
n?avoir aucune incidence sur la faune et la flore marines.
Les ports, ayant majoritairement adhéré à la norme ISO 18725 (Ports propres et Ports propres actifs
en biodiversité), permettent la généralisation des pratiques vertueuses, telle que la gestion des eaux
usées des navires.
51
TOURISME ET LOISIRS
En 2050, l?offre touristique en Méditerranée a opéré sa transition écologique. Il s?agit non pas d?attirer
un nombre croissant de touristes chaque été, mais de proposer une expérience touristique de qualité,
accessible à tous et respectueuse de l?environnement. Les flux touristiques sont compatibles avec les
objectifs de protection des sites, du littoral et du milieu marin. La surfréquentation de l?ensemble des
sites emblématiques de la façade a été évitée, notamment par la promotion d?un tourisme durable et
réparti entre le littoral, l?arrière-pays et la montagne.
L?offre de loisir met prioritairement en avant la découverte de la culture méditerranéenne et de la
nature. Les nuisances générées par les loisirs sont strictement limitées. Pour satisfaire les exigences
sociétales et environnementales, la filière du yachting a quant à elle fait l?objet d?importantes
mutations technologiques et énergétiques. En 2050, cette filière fait également l?objet d?une
coopération transrégionale européenne avec l?Espagne et l?Italie.
D?ici à 2050, ces ambitions ont été portées par les Schémas régionaux de développement du tourisme
et des loisirs.
EMPLOI ET FORMATION
Grâce à l'Observatoire interrégional des métiers de la mer qui a démontré sa robustesse, les acteurs
de l'emploi et de la formation sur la façade ont une bonne connaissance des caractéristiques du
marché du travail maritime. La Méditerranée est proche de l'adéquation emploi-formation et les
référentiels de compétences sont pleinement adaptés aux enjeux écologiques de 2050. Les obstacles
au plein emploi dans les métiers de la mer ont été levés. Enfin, les marins professionnels sont
complètement intégrés aux dispositifs de France Travail (ex-Pôle emploi).
L'ensemble des activités maritimes est réalisé par des emplois répondant aux normes réglementaires
et conventionnelles françaises, notamment au travers des dispositions de l'État d'accueil. Des accords
avec les pays riverains du bassin méditerranéen nous permettent aussi d'assurer des bonnes
conditions de travail sans effet de dumping social ou fiscal sur les dessertes maritimes régulières à
l'international.
GOUVERNANCE
En 2050, la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée française ainsi que le
développement durable de l?économie bleue sont régis par le document stratégique de façade.
Dorénavant les volets stratégique et opérationnel du document stratégique sont adoptés de manière
concomitante. L?opérationnalité du document est effective.
L?implication des acteurs de la façade est renforcée pour chacun des volets du document :
La meilleure association des scientifiques qui assurent le suivi du bon état écologique de la façade
a permis aux acteurs de se saisir des enjeux de surveillance et d?adapter les dispositifs
d?évaluation ;
Les objectifs et leurs indicateurs ainsi que le plan d?action sont élaborés en concertation à l?échelle
de la façade.
Le Conseil maritime de façade, dont la composition a été ajustée aux nouveaux enjeux, est conforté
pour définir des trajectoires et prendre des décisions éclairées et de long terme. Le bien-fondé de ces
décisions est garanti par l?augmentation notable de notre connaissance du milieu marin dans son
52
ensemble et par une prise de conscience globale et partagée des enjeux en présence.
L?articulation est renforcée avec les Parlements de la mer Méditerranée qui élaborent leurs stratégies
à l?échelle régionale.
Les États voisins sont associés au Conseil et les échanges sont systématisés pour assurer une
cohérence des politiques publiques à l?échelle de la Méditerranée. L?établissement par la France,
l'Italie, la Principauté de Monaco et l'Espagne de la zone maritime particulièrement vulnérable « Nord-
Ouest de la mer Méditerranée pour protéger les cétacés de la navigation internationale » a produit
des effets positifs.
RÉGLEMENTATION
Les réglementations existantes sont appliquées sur l?ensemble du territoire. L?exigence sociétale au
sujet des enjeux environnementaux a incité les juges français à prendre des décisions plus strictes vis-
à-vis des infractions à la législation en matière environnementale.
Les moyens de contrôle sont renforcés sur le littoral comme en mer (renforcement des moyens
humains et financiers, formations communes d?agents assermentés, formation de procureurs, etc.).
Sources :
CEREMA, IFREMER, OFB et UMR AMURE
Rapport sur l?état de l?environnement et du développement en Méditerranée, Plan Bleu (2020)
Recommandations pour le développement soutenable de la mer Méditerranée, (CNRS, Aix-Marseille
Université, Institut Sciences de l?Océan, École Centrale Méditerranée).
Partie 3 : Objectifs stratégiques et
planification des espaces maritimes
Chapitre 1 : Objectifs stratégiques
I. Objectifs environnementaux
Un objectif environnemental peut être défini en rapport avec un ou plusieurs enjeux et :
définit pour le ou les enjeux un état à atteindre, à moyen / long terme ;
vise à agir sur les facteurs d?influence du ou des enjeux, qu?ils soient limitants ou favorables.
Les objectifs environnementaux constituent la déclinaison opérationnelle de la définition du bon état
souhaité du milieu marin à horizon 2020, et au-delà. Ils portent soit :
sur un évitement ou une réduction des pressions exercées sur le milieu ;
sur une restauration d?habitats ou de population d?espèces ;
sur le maintien d?une situation estimée compatible avec le bon état écologique.
Ces objectifs environnementaux sont accompagnés d?indicateurs et de cibles pour permettre leur
mesure, leur évaluation et leur rapportage auprès des instances européennes.
Ils ont, dans le présent document, été regroupés et classés selon des objectifs généraux cohérents
avec les attendus de la DCSMM, matérialisés par des descripteurs de l?état écologique.
Ces objectifs généraux sont sensiblement les mêmes que ceux du cycle précédent. Un objectif
transversal relatif à la protection forte a été ajouté. Ce nouvel objectif intègre notamment des
indicateurs et cibles déjà présents au cycle précédent.
Les objectifs environnementaux sont listés ci-dessous, les indicateurs et les cibles associés sont
précisés dans l?annexe 4.1.
II. Objectifs socio-économiques et transversaux
Un objectif socio-économique ou transversal peut être défini en rapport avec une ou plusieurs
activités, ou une politique publique « terrestre » concernant par extension des activités ayant lien
direct avec le littoral et la mer et :
définit pour cette ou ces dernières un état à atteindre, à moyen / long terme ;
vise à agir sur les facteurs d?influence du ou des enjeux, qu?ils soient limitants ou favorables.
Les objectifs socio-économiques et transversaux répondent aux priorités fixées par la stratégie
nationale pour la mer et le littoral et sont accompagnés d?indicateurs pour permettre leur mesure et
leur évaluation.
Ils ont, dans le présent document, été regroupés selon des objectifs généraux liés aux activités
économiques maritimes et littorales, d?une part, et à des thématiques transversales, d?autre part.
Les objectifs socio-économiques et transversaux sont listés ci-dessous, les indicateurs associés sont
précisés dans l?annexe 4.1.
53
Partie 3 : Objectifs stratégiques et planification
des espaces maritimes
Objectif général A
Maintenir ou rétablir la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes des fonds côtiers
et littoraux
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
A1| D01-HB6OE03
Réduire les perturbations physiques liées à la fréquentation humaine sur les habitats
rocheux intertidaux*, notamment par la pêche à pied
*Champs de blocs, bancs de moules intertidaux, ceintures à cystoseires et trottoirs à lithophyllum
Objectif stratégique
A2 | D01-HB-OE06
Réduire les perturbations physiques sur les habitats sédimentaires infralittoraux et
circalittoraux* notamment dans la zone des 3 milles
*Détritique côtier ; biocénoses des sables ; graviers sous influence des courants de fond ; maërl
et rhodolithes
A3 | D01-HB-OE07
Maintenir un niveau d?exploitation durable du corail rouge sous influence de la pêche
professionnelle en plongée sous-marine
A4 | D01-HB-OE09
Éviter la perturbation physique des herbiers de phanérogames méditerrannéens et du
coralligène (par les mouillages, la plongée sous-marine de loisir, les engins de pêche de
fond, le rechargement des plages)
54
Objectif stratégique
A5 | D01-HB-OE12
Réduire les pertes physiques des banquettes de posidonie
Objectif stratégique
A7 | D06-OE02
Réduire les perturbations et les pertes physiques des habitats génériques et particuliers
liées aux ouvrages, activités et usages maritimes
Objectif stratégique
A6 | D06-OE01
Limiter les pertes physiques d?habitats génériques et particuliers liés à l?artificialisation, de
la limite du domaine public maritime jusqu?à 20 mètres de profondeur et en lagunes
Pertes et perturbations physiques des habitats
Objectif général A
Maintenir ou rétablir la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes des fonds côtiers
et littoraux
Objectif stratégique
A8 | D06-A8
Restaurer le linéaire du trait de côte et les petits fonds côtiers présentant une altération
structurelle et/ou une altération des fonctions écologiques en respectant la nature des
fonds et du linéaire préexistant et hors de toute séquence ERC
Restaurer les écosystèmes
55
A9 | D06-A10
Optimiser les fonctions écologiques des aménagements artificialisant les fonds côtiers
Objectif stratégique
A10 | D07-A2
Éviter tout nouvel aménagement ou activité (ouvrages maritimes, extraction de
matériaux, dragage, immersion de matériaux de dragage, aménagements et rejets
terrestres) modifiant les conditions hydrographiques présentant un impact résiduel
notable sur la courantologie et la sédimentologie des zones de transition mer-
lagunes
Objectif stratégique
A11 | D07-B2
Éviter tout nouvel aménagement ou activité (ouvrages maritimes, extraction de
matériaux, dragage, immersion de matériaux de dragage, aménagements et rejets
terrestres) modifiant les conditions hydrographiques présentant un impact résiduel
notable sur la courantologie et la sédimentologie des secteurs de dunes sableuses
sous-marines profondes
Objectif stratégique
Changements hydrographiques induits par les projets,
aménagements ou activités
Objectif général A
Maintenir ou rétablir la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes des fonds côtiers
et littoraux
Objectif stratégique
Objectif stratégique
A14 | D07-OE03
Limiter les pressions et les obstacles à la connectivité mer-terre au niveau des estuaires
et des lagunes côtières
A13 | D07-OE01
Eviter les impacts résiduels notables de la turbidité au niveau des habitats et des
principales zones fonctionnelles halieutiques d?importance les plus sensibles à cette
pression, sous l?influence des ouvrages maritimes, de l?extraction de matériaux, du
dragage, de l?immersion de matériaux de dragage, des aménagements et de rejets
terrestres
56
A15 | D07-OE04
Assurer un volume d?eau douce suffisant en secteur côtier toute l?année, notamment en
réduisant les niveaux de prélèvements d?eau (souterraine et de surface) au niveau du
bassin versant
Objectif stratégique
Objectif général A?
Développer les zones de protection forte
Objectif stratégique
A?1 | OE-T01
Développer les zones de protection forte
A12 | D07-C2
Éviter tout nouvel aménagement ou activité (ouvrages maritimes, extraction de
matériaux, dragage, immersion de matériaux de dragage, aménagements et rejets
terrestres) modifiant les conditions hydrographiques présentant un impact résiduel
notable sur la courantologie et la sédimentologie de la limite du domaine public
maritime jusqu?à 30 mètres de profondeur
Objectif stratégique
Objectif général B
Maintenir un bon état de conservation des habitats
profonds des canyons sous-marins
Objectif stratégique
B1 | D01-HB-OE10
Éviter l?abrasion et l?étouffement des zones les plus représentatives des habitats
profonds (Écosystèmes Marins Vulnérables) et réduire l?abrasion des structures
géomorphologiques particulières
57
B2 | D01-HB-OE11
Limiter la pression d?extraction sur les dunes hydrauliques de sables coquilliers et éviter
la pression d?extraction sur les dunes du haut de talus
Objectif stratégique
Objectif général C
Préserver la ressource halieutique du plateau du
golfe du Lion et des zones côtières
Objectif stratégique
C1 | D01-PC-OE01
Maximiser la survie des élasmobranches capturés accidentellement, en particulier les
espèces interdites à la pêche (catégorie A) et les espèces non interdites à la pêche, mais
prioritaires en termes de conservation (catégories B et C)
Réduire l?impact des prélèvements et des captures accidentelles
d?éspèces vulnérables de poissons
Objectif stratégique
C2 | D01-PC-OE03
Adapter les prélèvements en aval de la limite de salure des eaux (LSE) d'espèces
amphihalines de manière à atteindre ou à maintenir le bon état du stock et réduire les
captures accidentelles des espèces amphihalines dont la capacité de renouvellement
est compromise, en particulier dans les zones de grands rassemblements, les estuaires
et les panaches estuariens identifiés par les PLAGEPOMI
Objectif général C
Préserver la ressource halieutique du plateau du
golfe du Lion et des zones côtières
Réduire l?impact des prélèvements et des captures accidentelles
d?éspèces vulnérables de poissons
C3 | D01-PC-OE04
Limiter les captures des espèces vulnérables et en danger sur la façade Méditerranée
Objectif stratégique
58
C4 | D01-PC-OE02
Favoriser la restauration des populations d'élasmobranches en danger critique
d'extinction, en danger, vulnérables, quasi menacées selon la liste rouge des espèces
menacées de l'UICN
Objectif stratégique
Objectif stratégique
C5 | D01-PC-OE05
Diminuer toutes les pressions qui affectent l?étendue et la condition des zones
fonctionnelles halieutiques d'importance ZFHi identifiées (dont frayères, nourriceries,
voies de migration), essentielles à la réalisation du cycle de vie des poissons,
céphalopodes et crustacés d?intérêt halieutique
Préserver les habitats et les zones fonctionnelles importants
pour les poissons et céphalopodes
Objectif général C
Préserver la ressource halieutique du plateau du
golfe du Lion et des zones côtières
Objectif stratégique
C6 | D03-OE01
Conformément à la Politique Commune de la Pêche (PCP), adapter la mortalité par
pêche pour atteindre le rendement maximum durable (RMD) pour les stocks
halieutiques couverts par des recommandations internationales et européennes
Adapter la mortalité par pêche pour atteindre une exploitation
durable des stocks halieutiques
Objectif stratégique
C7 | D03-OE02
Adapter la mortalité par pêche pour assurer une gestion durable des stocks locaux pour
les stocks halieutiques concernés totalement ou partiellement par une évaluation
nationale ou infranationale et faisant l'objet d'une gestion locale
Objectif stratégique
C8 | D03-OE03
Adapter les prélèvements par la pêche de loisir de manière à atteindre ou maintenir le
bon état des stocks sur la base des meilleures connaissances disponibles
59
C9 | D04-OE01
Limiter les atteintes à des maillons sensibles de la chaîne trophique en faveur de la
restauration de la ressource
Objectif stratégique
C10 | D04-OE03
Maintenir un niveau de prélèvement nul sur le micro-necton océanique (notamment le
Krill, et les myctophidés ou poissons lanterne, etc.)
Objectif stratégique
Adapter le prélèvement des premiers maillons de la chaîne
trophique (micro-necton, espèces fourrage)
Objectif général D
Maintenir ou rétablir les populations de
mammifères marins et tortues dans un bon état
de conservation
Objectif stratégique
D1 | D01-MT-OE01
Limiter le dérangement anthropique des mammifères marins et des tortues
Préserver les habitats et les zones fonctionnelles importants pour
les mammifères et les tortues
Réduire la mortalité des mammifères et tortues liée aux activités
humaines
Objectif stratégique
D2 | D01-MT-OE02
Réduire les captures accidentelles de tortues marines et de mammifères marins, en
particulier des petits cétacés
60
D3 | D01-MT-OE03
Réduire les collisions avec les tortues marines et les mammifères marins
Objectif stratégique
Objectif général E
Garantir les potentialités d?accueil du milieu marin
pour les oiseaux : alimentation, repos,
reproduction, déplacement
Réduire la mortalité directe des oiseaux marins liée aux activités
humaines
E1 | D01-OM-OE01
Réduire les captures accidentelles d?oiseaux marins (au large et à proximité des
colonies), par les palangres, les filets fixes et les sennes pélagiques
Objectif stratégique
Objectif général E
Garantir les potentialités d?accueil du milieu marin
pour les oiseaux : alimentation, repos,
reproduction, déplacement
Objectif stratégique
E5 | D01-OM-OE05
Maintenir ou restaurer les habitats fonctionnels* des oiseaux marins** dans les zones
humides littorales
*Les zones fonctionnelles sont celles identifiées par le MNHN
**cf. espèces d'oiseaux marins listées dans l'arrêté BEE
61
Objectif stratégique
E6| D01-OM-OE06
Limiter le dérangement physique, sonore, lumineux des oiseaux marins* au niveau de
leurs zones d'habitats fonctionnels
*cf. espèces d'oiseaux marins listées dans l'arrêté BEE
Les zones fonctionnelles sont celles identifiées par le MNHN
E4 | D01-OM-OE04
Réduire la pression exercée par certaines espèces introduites et domestiques sur les
sites de reproduction des oiseaux marins*
*cf. espèces d'oiseaux marins listées dans l'arrêté BEE
E3 | D01-OM-OE03
Éviter les pertes d?habitats fonctionnels pour les oiseaux marins, en particulier dans les
sites fonctionnels à enjeux forts*
*Les sites fonctionnels à enjeux forts sont définis comme ceux remplissant les critères RAMSAR
d?importance internationale ou accueillant plus de 15% de l?effectif national ou les zones
fonctionnelles identifiées par le MNHN
Objectif stratégique
Préserver les habitats et les zones fonctionnelles importants pour les
oiseaux marins
Objectif stratégique
Objectif stratégique
E2 | D01-OM-OE02
Prévenir les collisions des oiseaux marins avec les infrastructures en mer, notamment
les parcs éoliens (application de la séquence « éviter, réduire, compenser »)
Objectif général F
Réduire les apports à la mer de contaminants
bactériologiques, chimiques et atmosphériques
Objectif stratégique
F1 | D05-OE03
Ne pas augmenter les apports de nutriments dans les zones peu ou pas impactées par
l?eutrophisation
Réduire les apports de nutriments d?origine tellurique
Réduire les apports et rejets directs de contaminants chimiques
F2 | D08-OE01
Réduire les apports de contaminants dus aux apports pluviaux des communes, des
agglomérations littorales et des ports
Objectif stratégique
F3 | D08-OE02
Réduire les apports directs en mer de contaminants, notamment les hydrocarbures liés
au transport maritime et à la navigation
Objectif stratégique
62
F4 | D08-OE03
Réduire les rejets d?effluents liquides (eaux noires, eaux grises), de résidus
d?hydrocarbures et de substances dangereuses issus des navires de commerce, de
pêche ou de plaisance
Objectif stratégique
F5 | D08-OE04
Limiter le rejet dans le milieu naturel de contaminants et la dissémination d?espèces non
indigènes lors du carénage des navires (plaisance et professionnels) et des équipements
immergés (bouées, structures d?élevages, etc.)
Objectif stratégique
v
Objectif général F
Réduire les apports à la mer de contaminants
bactériologiques, chimiques et atmosphériques
Objectif stratégique
63
Objectif stratégique
F6 | D08-OE05
Limiter les apports directs, les transferts et la remobilisation de contaminants en mer liés
aux activités telles que le creusement des fonds marins pour installation de câbles, EMR,
transport maritime, etc. (autres que le dragage et l?immersion de sédiments) et
supprimer les rejets, émissions, relargage des substances dangereuses prioritaires
mentionnées en annexe 10 de la DCE
Objectif stratégique
F7 | D08-OE06
Limiter les apports en mer de contaminants des sédiments liés aux activités de dragage
et d?immersion
F8 | D08-OE07
Réduire les rejets à la mer de contaminants d?origine terrestre*
*hors activités de dragage et clapage
Objectif stratégique
Préserver la qualité microbiologique des eaux côtières
F9 | D09-OE01
Réduire les transferts directs de polluants microbiologiques en particulier vers les zones
de baignade et les zones de production de coquillages
Objectif général G
Réduire les apports et la présence de déchets dans
les eaux marines
Objectif stratégique
G1 | D10-OE01
Réduire les apports et la présence des macrodéchets d'origine terrestre retrouvés en mer
et sur le littoral
Réduire les fuites de plastique vers la mer (SNB, mesure 7,
action 2)
G2 | D10-OE02
Réduire les apports et la présence de macrodéchets en mer issus des activités, usages et
aménagements maritimes
64
Objectif stratégique
G3 | D10-OE03
Réduire les apports et la présence de microdéchets sur le littoral
Objectif stratégique
Objectif général H
Réduire le risque d?introduction et de
développement d?espèces non indigènes
Objectif stratégique
H1 | D02-OE01
Limiter le risque d'introduction d'espèces non indigènes lié à l'importation de faune et de
flore
Limiter l?introduction et lutter contre les espèces exotiques
envahissantes (SNB, mesure 10)
H2 | D02-OE03
Limiter les risques d?introduction et de dissémination d?espèces non indigènes (ENI) liés à
la navigation (eaux et sédiments de ballast des navires, fouling) et à l?immersion de récifs
artificiels
Objectif stratégique
Objectif général H
Réduire le risque d?introduction et de
développement d?espèces non indigènes
Objectif stratégique
Objectif général I
Réduire les sources sonores sous-marines
Objectif stratégique
I1 | D11-OE01
Réduire le niveau de bruit lié aux émissions impulsives produites par les activités
anthropiques au regard des risques de dérangement et de mortalité des espèces à un
niveau inférieur au seuil de déclenchement d?un effet biologique négatif
I2 | D11-OE02
Réduire le niveau de bruit continu produit par les activités anthropiques au regard des
risques de dérangement et de mortalité des espèces à un niveau inférieur au seuil de
déclenchement d?un effet biologique négatif
65
H3 | D02-OE04
Limiter les risques de dissémination des espèces non indigènes lors de l?introduction et
du transfert des espèces aquacoles
Objectif stratégique
66
Objectif général J
Soutenir la recherche et l?acquisition de
connaissances au service des politiques publiques
de la mer et du littoral
J2
Favoriser la recherche dans les domaines du DSF
Objectif stratégique
J3
Mieux connaître l?impact des activités sur les milieux marins et littoraux, y compris les
impacts cumulés
J4
Affiner et capitaliser la connaissance dans les territoires, en lien avec l?adaptation au
changement climatique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
J5
Développer des réseaux d?observation à l?échelle la plus pertinente afin de comprendre
et guider les politiques publiques de la mer et du littoral
J1
Définir et affiner les méthodes opérationnelles de suivi pour permettre une évaluation
complète du bon état écologique
Objectif stratégique
67
Objectif général K
Développer les énergies marines renouvelables
(EMR) en Méditerrannée
Objectif stratégique
K1
Favoriser l?implantation des parcs éoliens flottants commerciaux, de leurs
raccordements, et des autres EMR, conformément aux objectifs de la Programmation
pluriannuelle de l'énergie (PPE)
K2
Favoriser le développement de filières structurées à l?échelle de la façade génératrices
d?emplois (éolien flottant, énergie thermique des mers, etc.), en assurant les régulations
sociales
Objectif stratégique
K3
Soutenir la formation pour les besoins très spécifiques de la chaîne de valeur des filières
EMR (recherche, ingénierie, fonctionnement, maintenance, etc.)
Objectif stratégique
Objectif stratégique
K4
Bancariser et diffuser la connaissance et les retours d?expériences relatifs aux projets
français et étrangers à l?ensemble des parties prenantes
Objectif stratégique
K5
Favoriser la recherche, l?innovation technologique et environnementale et les
expérimentations de co-usages dans les parcs éoliens
Objectif général L
Contribuer à un système de transport et de
services maritimes durable et compétitif, reposant
sur des ports complémentaires
Objectif stratégique
L1
Conforter le positionnement des ports de commerce comme aménageur et
gestionnaire intégré des espaces (logistiques, industriels et naturels), en lien avec les
collectivités et les opérateurs de l?intermodalité, et favoriser l?intégration de l?axe
Méditerranée-Rhône-Saône, tout en veillant à limiter l?artificialisation
L2
Veiller aux enjeux de qualité de l?air et à l?intégration de la dimension ville-port dans les
démarches de développement du trafic maritime
Objectif stratégique
L3
Soutenir le développement d?un transport maritime hauturier et de services maritimes
durable et compétitif
Objectif stratégique
L4
Accompagner le développement de stratégies en faveur du cabotage côtier de passagers
et de marchandises contribuant au désengorgement / à la fluidification du trafic routier
Objectif stratégique
68
Objectif général M
Soutenir une pêche durable, efficace dans
l?utilisation des ressources et innovante
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
M2
Aider les professionnels à moderniser leur flottille en soutenant la décarbonation des
navires
M3
Maintenir et valoriser les métiers de la pêche
M4
Soutenir les démarches de valorisation des produits
M5
Veiller à l?adéquation d?une offre de formation compatible avec les besoins des socio-
professionnels (pratiques innovantes, conduite d?entreprise, diversification d?activités ou
réorientation professionnelle, évolutions réglementaires, etc.) et disponible au plus près
des bassins d?emplois
M6
Améliorer l?intégration des activités de transformation à proximité des ports de pêche ou
ports mixtes, pour favoriser de nouvelles installations
Objectif stratégique
M7
Soutenir et moderniser la filière aval en veillant à une bonne articulation entre le
développement des circuits courts et des criées existantes
Objectif stratégique
M8
Accompagner la pêche récréative vers des pratiques raisonnées et responsables
69
Objectif stratégique
M1
Accompagner les professionnels dans la préservation des ressources et des
écosystèmes
Objectif général N
Soutenir une aquaculture durable, efficace dans
l?utilisation des ressources, innovante et
compétitive
Objectif stratégique
Objectif stratégique
N1
Valoriser les produits de l'aquaculture marine
70
N2
Soutenir le développement de l?aquaculture, l?accès au foncier et aux points de
débarquement tout en veillant à limiter l?artificialisation
Objectif stratégique
N3
Veiller à l?adéquation d?une offre de formation compatible avec les besoins des socio-
professionnels (pratiques innovantes, conduite d?entreprise, diversification d?activités,
évolutions réglementaires, etc.) et disponible au plus près des bassins d?emplois
Objectif stratégique
N4
Soutenir la sécurisation des infrastructures et du cheptel et accompagner les
professionnels face aux menaces de maladies/mortalités, en prenant en compte les
effets du changement climatique
Objectif stratégique
N5
Favoriser la recherche et l?innovation pour développer de nouvelles pratiques et
cultures d?espèces endémiques
71
Objectif général O
Structurer des filières compétitives et
complémentaires d?opérateurs de travaux publics,
d?activités sous-marines et d?ingénierie écologique
Objectif stratégique
O1
Soutenir la recherche et l?innovation en lien avec les pôles de compétitivité, les pôles
régionaux, les établissements publics (industriels et commerciaux, dédiés à la recherche)
et les socio-professionnels concernés
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
O2
Soutenir la constitution d?une filière de traitement et de valorisation à terre des
sédiments de dragage et accompagner les initiatives permettant une optimisation des
dragages
O3
Soutenir la structuration d?une filière d?ingénierie écologique
O4
Optimiser la pose des câbles en vue de limiter les conflits d?usage liées notamment aux
mouillages des navires, en évitant les habitats à enjeu fort
O5
Soutenir la structuration de la filière des biotechnologies bleues
72
Objectif général P
Accompagner et soutenir les industries nautiques
et navales
Objectif stratégique
P1
Soutenir la recherche et l?innovation en faveur des thématiques Green Ship
(décarbonation, navire écologique), Smart Ship (navires intelligents, système autonome) et
Smart Yard (nouveaux matériaux, chantiers intelligents)
Objectif stratégique
P2
Soutenir la filière de déconstruction des bateaux de plaisance hors d?usage (transport,
valorisation des déchets)
Objectif stratégique
P3
Favoriser le développement concerté entre tous les acteurs des industries nautiques et
navales
Objectif stratégique
P4
Maintenir et valoriser les métiers des industries nautiques et navales et assurer leur
attractivité
73
Objectif général Q
Accompagner le développement durable des
activités de loisirs
Objectif stratégique
Q1
Accompagner la plaisance vers un modèle durable intégrant l?innovation numérique et
l?optimisation des espaces
Objectif stratégique
Q2
Favoriser le développement des sports nautiques et subaquatiques à faible impact sur
l'environnement
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Q3
Valoriser les ports de plaisance comme outils stratégiques de développement durable du
territoire
Q4
Soutenir les dynamiques d?équipements et de services s?inscrivant dans les transitons
écologique et énergétique (gestion sobre de l?eau, collecte des déchets, décarbonation)
Q5
Soutenir la mise en place de zones de mouillages organisés dans les sites sensibles
identifiés par la Stratégie de gestion des sites de mouillage
Objectif général R
Accompagner l?économie du tourisme dans le
respect des enjeux environnementaux et sociaux
R1
Accompagner les collectivités littorales et les professionnels dans leur stratégie de
durabilité (désaisonnalisation, diversification et régulation de l?offre touristique), tout en
veillant à limiter l?artificialisation
Objectif stratégique
R2
Garantir une occupation exemplaire et réversible du domaine public maritime,
s?inscrivant dans une orientation de préservation des écosystèmes côtiers et des
paysages
Objectif stratégique
R3
Maintenir et restaurer le caractère naturel des plages
Objectif stratégique
Objectif général S
Protéger, préserver et mettre en valeur les
paysages et le patrimoine (littoral, maritime,
subaquatique, historique, etc.) méditerranéen
Objectif stratégique
S1
Préserver les paysages emblématiques, les espaces naturels du littoral et le patrimoine
en tant que composantes essentielles du cadre de vie et de l?attractivité touristique
Objectif stratégique
74
S2
Valoriser l?ensemble des composantes du patrimoine méditerranéen, garant de l?identité
des territoires
75
Objectif général T
Garantir le libre-accès à la mer et au littoral
T1
Garantir aux piétons et aux personnes à mobilité réduite un accès libre et gratuit à la
mer et au littoral, sauf zones à accès réglementé
Objectif stratégique
T2
Inciter, au sein d?espaces déjà urbanisés ou aménagés, à l?accès au foncier, aux quais et
aux cales pour les activités, les industries et les services maritimes
Objectif stratégique
Objectif général U
Développer l?attractivité, la qualification et la
variété des emplois de l?économie maritime et
littorale
U1
Favoriser les outils permettant la connexion entre l?offre et la demande d?emplois dans
les métiers de la mer
Objectif stratégique
U2
Développer et consolider les dispositifs de formation aux métiers de la mer
Objectif stratégique
U3
Valoriser, favoriser et prioriser les savoir-faire (pacte générationnel notamment)
Objectif stratégique
U4
Anticiper les besoins en compétences et en volumes d?emplois pour renforcer
l?attractivité des métiers de la mer
Objectif stratégique
U5
Assurer de bonnes conditions de travail et de vie aux salariés des métiers de la mer, en
veillant notamment aux régulations sociales
Objectif stratégique
76
Objectif général V
Accompagner les acteurs de l?économie maritime
et de l?ensemble des usagers de la mer vers la
sobriété (transition écologique, énergétique et
numérique) et les sensibiliser à cet impératif
V1
Soutenir la recherche, l?innovation et l?expérimentation en faveur de l?économie bleue
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
V2
Éduquer et sensibiliser les usagers de la mer
Objectif stratégique
V3
Favoriser la création de filières de collecte et de valorisation des déchets
V4
Réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique liées à
l?économie maritime
Objectif général W
Anticiper et gérer les risques littoraux et le recul de
trait de côte
W1
Améliorer la connaissance sur les risques côtiers et la connaissance du recul du trait de
côte, en prenant en compte le changement climatique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
W2
Prendre en compte les risques naturels littoraux et le recul du trait de côte dans les
projets d?aménagement, tout en veillant à limiter l?artificialisation, et accompagner la
recomposition spatiale et l?adaptation des littoraux au changement climatique
W3
Inciter à la déclinaison territoriale de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de
côte
77
Chapitre 2 : Planification des espaces maritimes
L?analyse effectuée et résumée dans les chapitres précédents a permis d?identifier dès le premier cycle
du DSF, dans les espaces maritimes, des zones cohérentes au regard des enjeux et objectifs généraux
qui leur sont assignés, tant par le DSF que par d?autres processus. La carte des vocations favorise la
définition de priorités stratégiques (vocations) pour les zones identifiées. Au nombre de 30 lors du
premier cycle, le découpage de ces zones a été revu afin de mieux s?adapter aux connaissances des
zones, faisant ainsi évoluer certaines vocations. Au sein de ce second cycle, elles sont au nombre de
27.
Ces zones sont définies par l?homogénéité des enjeux en présence et par l?existence de dispositifs de
gouvernance locale et de réglementations spécifiques. Chaque zone fait l?objet d?une vocation
particulière qui exprime une projection dans l?avenir ou une volonté d?évolution concernant les
activités et le milieu marin.
À ce stade, il est important de préciser les éléments suivants :
la préservation de l?environnement, la réduction et la maîtrise des impacts anthropiques, le
maintien ou l?atteinte du bon état écologique constituent un impératif pour l?ensemble des zones ;
les prescriptions liées à la défense et la sécurité ne figurent pas sur cette carte et peuvent être
appréhendées au cas par cas, en s?appuyant sur le site Internet de la préfecture maritime de
Méditerranée si besoin ;
l?identification des vocations au sein de chaque zone est issue d?un travail de concertation locale.
L?annexe 6 se compose d?une fiche pour chaque zone et de représentations cartographiques plus
fines de l?existant.
Elle est complétée par trois fiches concernant les planifications thématiques suivantes :
éolien flottant ;
zones de protection forte ;
aquaculture.
Un bref aperçu de chaque zone de vocations est reproduit ci-dessous.
78
Zone - Périmètre du Parc naturel marin du golfe du Lion
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (0,02% en
protection forte en
2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité marine
côtière du plateau
et des habitats
profonds
Mettre en valeur les
patrimoines naturel
et culturel
Assurer l?évolution
durable des usages
traditionnels (pêche
professionnelle,
activité de tourisme
et de loisirs) et
émergents (éolien
flottant, etc.)
Maîtriser les
pressions cumulées
prioritairement en
zone côtière
Conflits
d?usages
majeurs
Plaisance, mouillage et
tourisme balnéaire
Zone - Port-la-Nouvelle
Couverture
en aires
marines
protégées
99% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Accompagner une
évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Développement des
sports de voile (kite,
wing, etc.) et activité
de pêche (petits
métiers, pêche à pied).
79
1
2
Zone - Littoral languedocien
Couverture
en aires
marines
protégées
85% (0,67% en
protection forte en
2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner une
évolution durable
des filières
halieutiques et du
transport maritime
Structurer une offre
touristique
respectueuse
Réduire les impacts
et conflits d?usages
potentiels
Zone - Sète
Couverture
en aires
marines
protégées
95% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Accompagner une
évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
80
3
4
Zone - Camargue
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (1,3% en
protection forte en
2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner
l'évolution durable
des activités
humaine, du
tourisme et des
filières halieutiques
Réduire les impacts
et conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Forte fréquentation des
plages en zone
naturelle, exerçant une
pression importante
sur l?environnement
Zone - Plateau du golfe du Lion ? Eaux territoriales
Couverture
en aires
marines
protégées
42% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Accompagner
l'évolution durable
des filières
halieutiques
Assurer la
compatibilité des
usages avec les
fermes pilotes de
l'éolien offshore
flottant
81
5
6
Zone - Plateau du golfe du Lion ? Zone économique exclusive
Couverture
en aires
marines
protégées
96% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces.
Accompagner le
développement de
l?éolien offshore
flottant.
Assurer la
compatibilité des
usages avec les
fermes
commerciales de
l'éolien offshore
flottant.
Conflits
d?usages
majeurs
Activité de pêche,
développement de
l?éolien flottant et
transport maritime
Zone - Golfe de Fos-sur-Mer
Couverture
en aires
marines
protégées
30% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Accompagner
l'évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Fort impact
environnemental des
mouillages au large du
port de Marseille-Fos.
Forte densité du trafic
maritime..
82
7
8
Zone - Côte Bleue
Couverture
en aires
marines
protégées
91% (1,40% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et l?accrétion
du littoral
Accompagner
l'évolution durable des
activités humaines,
des loisirs nautiques et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Pression forte de la
plaisance en mer et du
tourisme balnéaire à terre
Zone - Rade de Marseille
Couverture en
aires marines
protégées
0% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Accompagner
l'évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime,
des filières
halieutiques et
d?autres activités
humaines
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Forte limitation de
l?accès à la mer et
forte pollution subie
par les populations
locales, dues à la
présence du Grand
Port Maritime
Importants conflits
sur le plan d?eau du
fait des locations
motonautiques
83
9
10
Zone - Périmètre du Parc national des Calanques
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (4,22% en
protection forte en
2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité marine
côtière et les
habitats profonds
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Prendre en compte
l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Mettre en valeur le
patrimoine naturel
et culturel
Accompagner
l'évolution durable
des activités
maritimes, en
conformité avec les
objectifs de la
charte du Parc
national
Conflits
d?usages
majeurs
Fort impact sur
l?environnement du
tourisme et de la
plaisance
Zone - Littoral varois Ouest
Couverture
en aires
marines
protégées
23% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en
compte l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner
l'évolution durable
des activités
maritimes, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
84
11
12
Zone - Rade de Toulon
Couverture
en aires
marines
protégées
0% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Accompagner
l'évolution durable
des activités
maritimes, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les impacts
et conflits d?usages
potentiels
Zone - Périmètre du Parc national de Port-Cros
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (0,20% en
protection forte en
2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité
marine côtière et
les habitats
profonds
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Prendre en
compte l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner
l'évolution durable
des activités
humaines, du
transport maritime
et des filières
halieutiques, en
conformité avec
les objectifs de la
charte du Parc
national
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
85
13
14
Zone - Littoral varois Est
Couverture
en aires
marines
protégées
23% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et l?accrétion
du littoral
Accompagner
l'évolution durable des
activités humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Littoral des Alpes-Maritimes
Couverture en
aires marines
protégées
39% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Accompagner
l'évolution durable
des activités
humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Très forte concertation
d?usages (petite et grande
plaisance, pêche
professionnelle, véhicules
motonautiques, croisière,
baignade) qui entrent en
conflit entre eux et avec
l?environnement marin.
86
15
16
Zone - Large Provence-Alpes-Côte d?Azur
Couverture
en aires
marines
protégées
4% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Préserver des canyons
Maintenir l?état de
conservation des
espèces
Accompagner
l?évolution durable des
activités humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Plaine bathyale
Couverture en
aires marines
protégées
6% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Améliorer la
connaissance de la
zone sur l?ensemble
des compartiments
Maintenir l?état de
conservation des
espèces
Accompagner
l?évolution durable
des activités
humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
87
17
18
Zone - Canyons
Couverture
en aires
marines
protégées
15% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Préserver les habitats
remarquables, des
canyons
Maintenir l?état de
conservation des
espèces en présence
Améliorer la
connaissance, en
particulier sur les
écosystèmes marins
vulnérables
Accompagner
l?évolution durable des
activités humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Zone - Périmètre du Parc naturel marin du Cap Corse et de l?Agriate
Couverture en
aires marines
protégées
98% (0,34% en protection
forte en 2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité marine
du parc, y compris
des canyons, des
habitats profonds et
de monts sous-
marins, en prenant
notamment en
compte le rôle
écologique du front
liguro-provençal, ainsi
que la diversité des
cétacés
Maîtriser les
pressions cumulées
prioritairement en
zone côtière
Mettre en valeur le
patrimoine naturel et
culturel
Accompagner
l?évolution durable
des usages
traditionnels (pêche
professionnelle et de
loisir, activités de
tourisme et de loisirs)
et émergents
88
19
20
Zone - Bastia
Couverture
en aires
marines
protégées
0% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtière
Accompagner une
évolution durable des
infrastructures
portuaires, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Littoral occidental de la Corse
Couverture en
aires marines
protégées
63% (0,07% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Maintenir la diversité
des espaces,
l?intégrité paysagère
et le patrimoine
géologique
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Gérer, encadrer et
accompagner
l?évolution durable
des activités
humaines
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
89
21
22
Zone - Golfe d?Ajaccio
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Accompagner
l?évolution durable des
infrastructures
portuaires, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Large côte occidentale de la Corse
Couverture en
aires marines
protégées
46% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maintenir l?état de
conservation des
habitats profonds et
des espèces
Accompagner
l?évolution durable du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
90
23
24
Zone - Littoral Sud de la Corse
Couverture
en aires
marines
protégées
58% (7,96% en protection
forte en 2024)
Vocations
Conserver la diversité
et la qualité des
milieux, des habitats
et des espèces
Maintenir la diversité
des espaces, l?intégrité
paysagère et le
patrimoine géologique
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Gérer, encadrer et
accompagner
l?évolution durable des
activités humaines
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Plaine orientale et large Est de la Corse
Couverture en
aires marines
protégées
8% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtrisant les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Améliorer la
connaissance de la
zone sur l?ensemble
des compartiments
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
91
25
26
Zone - Espaces maritimes intérieurs (lagunes, graus, etc.)
Couverture
en aires
marines
protégées
0% (0% en
protection forte en
2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées des
espaces
maritimes
intérieurs
Maintenir de
l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en
compte
l?utilisation et la
valorisation
possible du
milieu et des
ressources
marines par une
exploitation
durable
Améliorer la
connaissance
des zones sur
l'ensemble des
compartiments
Réduire les
impacts et
conflits d?usages
potentiels
92
27
93
Planification thématique - Zones de protection forte
Planification thématique - Éolien en mer
94
Planification thématique - Aquaculture
(ATTENTION: OPTION utils, représentés de manière simplifiée sur la carte ci-dessous, contribuent à cette
dynamique intégrée (planification terrestre ou mixte, dispositifs concourant à la gestion des usages,
en mer comme sur le domaine public maritime). La carte ne traite pas de démarches de planification
sectorielle dédiées à des activités spécifiques (aquaculture ou éolien flottant, entre autres).
41
42
VIII. Anayse des interactions
Le développement des activités anthropiques mentionnées ci-dessus interagit avec le milieu marin.
Les activités bénéficient des services écosystémiques offerts par un milieu marin en bonne santé, en
rendant par exemple les ressources halieutiques disponibles pour la pêche.
Le développement d?une activité peut aussi aboutir à la dégradation de l?état du milieu marin en
générant des impacts. À titre d?exemple, les travaux sous-marins génèrent des perturbations sonores
pour la biodiversité.
Toutefois, la limitation de ces impacts sur le milieu marin est de plus en plus intégrée dans les
pratiques des entreprises et très encadrée par les différentes réglementations, qu?elles soient locales,
nationales ou européennes. Les acteurs de la mer sont en questionnement permanent pour
développer de bonnes pratiques respectueuses des milieux marins. Face à ces pressions et impacts, la
communauté internationale a d?ailleurs déjà réagi depuis de nombreuses années en mettant en place
de nombreuses normes, que ce soit sur la question des déchets, des espèces non indigènes avec
systèmes de filtration, des démarches d?information sur les cétacés comme avec Pelagis en mer
Méditerranée, des zones de contrôle des émissions atmosphériques (ECA) face au soufre ou à l?azote,
ou encore des normes SEVESO. Enfin, chacun de ces impacts est par ailleurs bien pris en compte dans
les études d?impact environnemental préliminaires à la délivrance des autorisations.
L?étude des interactions « milieu marin/activités » reste essentielle pour planifier l?espace maritime et
littoral de façon à assurer la cohabitation d?activités, suivant des modalités notamment compatibles
avec l?atteinte du bon état écologique des eaux marines.
L?étude de ces interactions s?effectue dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive-cadre stratégie
pour le milieu marin. Pour ce faire, une analyse des activités anthropiques et de leurs impacts générés
sur le milieu marin est proposée avant d?être mise en correspondance avec les 11 descripteurs du bon
état écologique. Le recensement de ces interactions permet d?identifier les thématiques à traiter
prioritairement en vue d?atteindre ou de maintenir le bon état écologique du milieu marin.
Les matrices ci-dessous ? non exhaustives ? permettent de représenter de manière visuelle ces
interactions. Leur objectif est de donner un aperçu global et synthétique de l?existence de pressions et
d?impacts potentiels des secteurs d'activité sur le milieu marin au regard des descripteurs du Bon état
écologique (BEE). Elles peuvent ainsi permettre de mieux faire le lien entre les livrables du volet
Analyse économique et sociale (AES) et celui du BEE dans les Stratégies de façades maritimes (SFM).
La première matrice porte sur les pressions générées par les secteurs d?activités sur le milieu marin :
le texte de la cellule précise cette relation de pression potentielle entre l?activité (en entrée de ligne) et
le descripteur de pression (en entrée de colonne).
La seconde matrice porte sur les impacts générés par les secteurs d?activités sur le milieu marin : le
texte de la cellule précise cette relation d?impact potentiel entre l?activité (en entrée de ligne) et le
descripteur d?état (en entrée de colonne).
Une case vide indique une absence ? a priori ? de relation.
Ces matrices n?ont pas vocation à illustrer de manière complète et détaillée l?ensemble des pressions
et impacts s?exerçant sur le milieu marin et impliquent des précautions de lecture. Par exemple, les
niveaux de pression et d?impact peuvent varier suivant le type de pratique ou l?intensité associés à
chaque activité ou suivant les endroits où cette activité se déroule. Par souci de synthèse, seules les
activités anthropiques générant des pressions avérées sur le milieu marin sont représentées.
43
Ces matrices ont été construites sur la base de la bibliographie existante et de dires d?experts. Elles ne
prennent pas en compte les relations de dépendance des activités vis-à-vis du bon fonctionnement du
milieu marin. Pour en savoir plus, il est nécessaire de se référer aux rapports scientifiques.
44
45
46
47
Pour limiter leurs impacts sur le milieu marin, la régulation des activités anthropiques est nécessaire.
La planification de l?espace maritime et littoral contribue ainsi à l?atteinte ou au maintien du bon état
écologique du milieu marin, en définissant les conditions d?exercice ou d?accès dans le temps et
l?espace des activités anthropiques.
Cette planification se voit également renforcée par un réseau de surveillance et de contrôle,
permettant de suivre et d?évaluer l?état du milieu marin. Enfin, la planification maritime se traduit
également par des actions concrètes qui sont définies afin de permettre l?atteinte du bon état
écologique. Le développement de chaque activité de façon durable est fondamental afin de concilier
souveraineté alimentaire, énergétique, économique tout en prenant en compte les enjeux
environnementaux.
48
Partie 2 : Vision pour la Méditerranée en 2050
De Cerbère à Menton, en passant par l?île de la Giraglia et Bonifacio, la Méditerranée française et ses
territoires littoraux vont devoir faire face à de nombreux changements et défis d?ici à 2050.
La vision ci-dessous présente l?état de la façade en 2050, tel qu?il devrait être si les recommandations
des scientifiques sont suivies et si les engagements pris collectivement sont tenus.
CLIMAT
Particulièrement touchée par les effets du changement climatique, la Méditerranée a subi
d?importants bouleversements tant environnementaux que sociétaux. En 2040, il est estimé que la
température de l?eau se soit réchauffée de 2,2 degrés Celsius (contre 1,5 pour l?Océan mondial). Ceci a
profondément affecté la biodiversité marine de Méditerranée, qui représentait en 2020 18% de la
biodiversité marine mondiale connue et dont une partie est endémique de cette mer quasi-fermée.
En zone côtière, la montée du niveau de la mer se poursuit (entre 0,43 et 2,5 mètres d?ici 2100). Les
tempêtes centennales deviennent progressivement décennales et la submersion marine ainsi que
l?érosion des rivages s?amplifient.
Les collectivités territoriales ont adopté des stratégies relatives à la gestion du trait de côte. L?érosion
du trait de côte est désormais communément appréhendée par les élus et les citoyens comme un
phénomène prévisible auquel les Méditerranéens se sont adaptés.
Des décisions importantes ont été prises pour atténuer les effets du dérèglement climatique et pour
s?y adapter. D?ici à 2050, les Méditerranéens ont accepté le recul du rivage. Le système littoral est
rétabli dans un état plus naturel (notamment par le retrait des ouvrages et le maintien des banquettes
de feuilles de posidonie), ce qui lui permet d?être un rempart contre les risques et événements
climatiques, en jouant le rôle de zone d?expansion de crues contre les submersions marines. En
particulier, la présence d?ouvrages en enrochements perturbant les courants et artificialisant les fonds
marins a été réduite au maximum. Il en est de même pour certaines pratiques artificielles comme le
réensablement des plages, dont le coût financier, la vulnérabilité accrue face aux événements
climatiques, les impacts environnementaux et leurs effets (recouvrement et donc déclin des herbiers)
ne permettait plus de répondre aux attentes des populations et de générer des bénéfices
économiques pour les collectivités.
La réorganisation du littoral a été appréhendée de manière à nous adapter au changement
climatique. Ainsi, plusieurs activités ont été relocalisées à une distance plus éloignée de la côte et
certains sites ont été renaturés afin d?atténuer les effets du changement climatique et de rendre les
territoires plus résilients. La construction de nouveaux bâtiments sur cette zone côtière est très
exceptionnelle, voire exclue.
Les mécanismes et conséquences de l?acidification de la mer Méditerranée sont désormais connus.
BIODIVERSITÉ
Entre 2025 et 2050, d?importantes campagnes d?inventaire de diversité ont été menées. Ces
campagnes ont permis de caractériser avec précision la biodiversité méditerranéenne et son
fonctionnement. Ces connaissances nouvelles nous mettent en capacité de protéger durablement la
biodiversité et les écosystèmes.
49
D?ici à 2050, nous avons mis en place des stratégies de gestion pour mieux appréhender la mutation
de la biodiversité. En effet, le changement climatique contribue à modifier les conditions de vie des
espèces, les forçant ainsi à migrer ou à adapter leur mode de vie. Le milieu marin étant
particulièrement ouvert, les migrations sont très rapides et les espèces présentes peuvent
soudainement varier.
Des systèmes de surveillance précoce sont mis en place afin de prévenir l?introduction d?espèces
exotiques envahissantes. De nombreux dommages et des coûts économiques importants ont ainsi
évités.
En 2050, le réseau des aires marines protégées en Méditerranée française assure la conservation de
la biodiversité ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui leur sont associés. La
gestion effective de ces aires protégées, dont une partie importante est en protection renforcée,
permet de répondre aux exigences internationales de lutte contre l?érosion de la biodiversité et de
faire face aux pressions foncières locales, aux pollutions aquatiques et marines, aux pressions sur le
prélèvement de la ressource, aux effets du dérèglement climatique et aux afflux de visiteurs.
Les herbiers de posidonie, espèce endémique de Méditerranée permettant de piéger le carbone
atmosphérique, sont en progression du fait de la mise en place de zones de mouillage et
d?équipements légers, de la désartificialisation du littoral, de l?arrêt des rechargements de plages et de
l?amélioration de la qualité de l?eau.
Le plastique à usage unique, définitivement supprimé du territoire national depuis dix ans, n?est plus
une source de pollution et de fragilisation de la biodiversité marine. Par la suppression progressive de
notre production et consommation de plastique, nous avons agi à l?encontre de la projection selon
laquelle il devait y avoir plus de plastique que de poissons en 2050 dans la Méditerranée.
La façade ne compte plus de décharge littorale. De nombreux déchets sont toutefois présents dans le
milieu marin, du fait des apports passés et de leur lente dégradation. Le traitement des déchets dans
le milieu marin reste donc un enjeu majeur. Des technologies de récupération et de traitement de ces
déchets, jusqu?alors émergentes, se sont déployées et permettent de résorber petit à petit ces
apports. La question de la pollution par les micro-plastiques reste un sujet prégnant.
ÉNERGIE
Conformément à son engagement, la France vient d?atteindre la neutralité carbone. En Méditerranée,
ce sont entre 4 et 7,5 gigawatts (GW) d?éolien flottant qui sont en service et permettent de produire
une électricité d?origine renouvelable. D?importants progrès ont été réalisés en matière de
connaissance, d?évitement et de réduction des impacts et des effets cumulés de ces projets entre eux
et avec les autres activités maritimes.
La façade est approvisionnée en hydrogène décarboné ou, dans une moindre mesure, bas carbone.
Ceci lui permet de maintenir le cap de la sobriété énergétique. Alors que la production d?hydrogène
était dépendante des énergies fossiles et du dessalement d?eau de mer dans les années 2020-2030,
l?hydrogène produit et/ou utilisé en façade Méditerranée en 2050 a un impact environnemental très
limité. La technique du dessalement d?eau de mer n?est utilisée qu?en cas d?absence d?impact sur le
milieu marin.
D?autres sources d?énergies renouvelables sont utilisées, telles que l?osmotique, la thalassothermie, le
photovoltaïque flottant ou l?énergie houlomotrice ou hydrolienne, à condition d?avoir démontré leur
efficacité au niveau de la façade et leur compatibilité avec nos objectifs en matière de climat et de
biodiversité.
50
PÊCHE ET AQUACULTURE
De nombreux efforts sont faits afin d'améliorer l'état de la ressource halieutique mais la situation de
certaines espèces ne s'améliore pas voire continue de se dégrader. Plusieurs facteurs l'expliquent :
l'augmentation de la température de l?eau de la Méditerranée, l'acidification, le braconnage ou encore
la surpêche. Le maintien d'une petite pêche côtière est cependant fortement encouragé par les
pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les professionnels du secteur. Du fait de la mise
oeuvre du Plan West Med depuis 2020 et de l?augmentation du prix de l?énergie, les flottilles de pêche
sont, aujourd'hui, décarbonées. La réduction de la flottille chalutière sur la façade est arrivée à son
point d'équilibre aussi bien au regard de la ressource disponible que de la rentabilité des entreprises.
L?augmentation du prix de la ressource halieutique, en lien avec sa raréfaction, et le développement
des circuits de vente en direct permet de maintenir une juste rémunération des pêcheurs.
L?utilisation de moteurs plus propres diminue les coûts d?énergie, ce qui permet aux navires de se
tourner vers des techniques de pêches plus vertueuses. Ainsi, l?impact de la pêche sur
l?environnement est plus limité et les engins de pêche plus sélectifs. La petite pêche côtière est en
phase d?atteindre, pour les espèces à forte valeur économique le rendement maximal durable.
Envisager une reconstitution lente de la ressource est désormais possible.
Des efforts ont été faits pour développer de manière durable l?aquaculture, toutefois la hausse de la
température et l'acidification des eaux se sont révélées être un défi de taille, celles-ci favorisant le
développement des bactéries pathogènes et donc la propagation de maladies dans les élevages
aquacoles.
TRANSPORTS ET PORTS
En 2050, les ports de la façade Méditerranée sont des acteurs de la transition énergétique, numérique
et de l?industrie verte à l?échelle nationale.
L?axe Méditerranée-Rhône-Saône est opérationnel, le corridor de transport mis en place renforce
l?attractivité des ports de la façade ainsi que des territoires. La coopération interportuaire a favorisé
l?émergence d?un réseau efficient. Il capte de nouveaux flux, assurant ainsi le rayonnement des ports
de la façade à l?international, ainsi que sur l?hinterland grâce au développement du transport fluvial.
Certains ports se sont spécialisés dans la filière de l?éolien flottant. D?importants investissements de la
part de l?État, des collectivités et des acteurs portuaires, nous ont permis d?électrifier les principaux
ports de la façade et d?ainsi réduire les pollutions générées par les navires. Les ports permettent
depuis plus de vingt ans à chaque navire de se raccorder électriquement lors d?une escale.
La décarbonation des transports maritimes est pérenne. D?ici à 2050, au sein du Grand Port Maritime
Marseille-Fos, le tissu industriel autrefois vu comme une importante source de pollution a opéré sa
transition verte et sa décarbonation profonde. La Méditerranée dans son ensemble est une zone à
faibles émissions d?oxyde de soufre et d?oxyde d?azote, ce qui diminue considérablement la pollution
atmosphérique et contribue à préserver la santé des Méditerranéens.
Les pollutions sonore et lumineuse émises par les navires sont réduites au maximum, de manière à
n?avoir aucune incidence sur la faune et la flore marines.
Les ports, ayant majoritairement adhéré à la norme ISO 18725 (Ports propres et Ports propres actifs
en biodiversité), permettent la généralisation des pratiques vertueuses, telle que la gestion des eaux
usées des navires.
51
TOURISME ET LOISIRS
En 2050, l?offre touristique en Méditerranée a opéré sa transition écologique. Il s?agit non pas d?attirer
un nombre croissant de touristes chaque été, mais de proposer une expérience touristique de qualité,
accessible à tous et respectueuse de l?environnement. Les flux touristiques sont compatibles avec les
objectifs de protection des sites, du littoral et du milieu marin. La surfréquentation de l?ensemble des
sites emblématiques de la façade a été évitée, notamment par la promotion d?un tourisme durable et
réparti entre le littoral, l?arrière-pays et la montagne.
L?offre de loisir met prioritairement en avant la découverte de la culture méditerranéenne et de la
nature. Les nuisances générées par les loisirs sont strictement limitées. Pour satisfaire les exigences
sociétales et environnementales, la filière du yachting a quant à elle fait l?objet d?importantes
mutations technologiques et énergétiques. En 2050, cette filière fait également l?objet d?une
coopération transrégionale européenne avec l?Espagne et l?Italie.
D?ici à 2050, ces ambitions ont été portées par les Schémas régionaux de développement du tourisme
et des loisirs.
EMPLOI ET FORMATION
Grâce à l'Observatoire interrégional des métiers de la mer qui a démontré sa robustesse, les acteurs
de l'emploi et de la formation sur la façade ont une bonne connaissance des caractéristiques du
marché du travail maritime. La Méditerranée est proche de l'adéquation emploi-formation et les
référentiels de compétences sont pleinement adaptés aux enjeux écologiques de 2050. Les obstacles
au plein emploi dans les métiers de la mer ont été levés. Enfin, les marins professionnels sont
complètement intégrés aux dispositifs de France Travail (ex-Pôle emploi).
L'ensemble des activités maritimes est réalisé par des emplois répondant aux normes réglementaires
et conventionnelles françaises, notamment au travers des dispositions de l'État d'accueil. Des accords
avec les pays riverains du bassin méditerranéen nous permettent aussi d'assurer des bonnes
conditions de travail sans effet de dumping social ou fiscal sur les dessertes maritimes régulières à
l'international.
GOUVERNANCE
En 2050, la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée française ainsi que le
développement durable de l?économie bleue sont régis par le document stratégique de façade.
Dorénavant les volets stratégique et opérationnel du document stratégique sont adoptés de manière
concomitante. L?opérationnalité du document est effective.
L?implication des acteurs de la façade est renforcée pour chacun des volets du document :
La meilleure association des scientifiques qui assurent le suivi du bon état écologique de la façade
a permis aux acteurs de se saisir des enjeux de surveillance et d?adapter les dispositifs
d?évaluation ;
Les objectifs et leurs indicateurs ainsi que le plan d?action sont élaborés en concertation à l?échelle
de la façade.
Le Conseil maritime de façade, dont la composition a été ajustée aux nouveaux enjeux, est conforté
pour définir des trajectoires et prendre des décisions éclairées et de long terme. Le bien-fondé de ces
décisions est garanti par l?augmentation notable de notre connaissance du milieu marin dans son
52
ensemble et par une prise de conscience globale et partagée des enjeux en présence.
L?articulation est renforcée avec les Parlements de la mer Méditerranée qui élaborent leurs stratégies
à l?échelle régionale.
Les États voisins sont associés au Conseil et les échanges sont systématisés pour assurer une
cohérence des politiques publiques à l?échelle de la Méditerranée. L?établissement par la France,
l'Italie, la Principauté de Monaco et l'Espagne de la zone maritime particulièrement vulnérable « Nord-
Ouest de la mer Méditerranée pour protéger les cétacés de la navigation internationale » a produit
des effets positifs.
RÉGLEMENTATION
Les réglementations existantes sont appliquées sur l?ensemble du territoire. L?exigence sociétale au
sujet des enjeux environnementaux a incité les juges français à prendre des décisions plus strictes vis-
à-vis des infractions à la législation en matière environnementale.
Les moyens de contrôle sont renforcés sur le littoral comme en mer (renforcement des moyens
humains et financiers, formations communes d?agents assermentés, formation de procureurs, etc.).
Sources :
CEREMA, IFREMER, OFB et UMR AMURE
Rapport sur l?état de l?environnement et du développement en Méditerranée, Plan Bleu (2020)
Recommandations pour le développement soutenable de la mer Méditerranée, (CNRS, Aix-Marseille
Université, Institut Sciences de l?Océan, École Centrale Méditerranée).
Partie 3 : Objectifs stratégiques et
planification des espaces maritimes
Chapitre 1 : Objectifs stratégiques
I. Objectifs environnementaux
Un objectif environnemental peut être défini en rapport avec un ou plusieurs enjeux et :
définit pour le ou les enjeux un état à atteindre, à moyen / long terme ;
vise à agir sur les facteurs d?influence du ou des enjeux, qu?ils soient limitants ou favorables.
Les objectifs environnementaux constituent la déclinaison opérationnelle de la définition du bon état
souhaité du milieu marin à horizon 2020, et au-delà. Ils portent soit :
sur un évitement ou une réduction des pressions exercées sur le milieu ;
sur une restauration d?habitats ou de population d?espèces ;
sur le maintien d?une situation estimée compatible avec le bon état écologique.
Ces objectifs environnementaux sont accompagnés d?indicateurs et de cibles pour permettre leur
mesure, leur évaluation et leur rapportage auprès des instances européennes.
Ils ont, dans le présent document, été regroupés et classés selon des objectifs généraux cohérents
avec les attendus de la DCSMM, matérialisés par des descripteurs de l?état écologique.
Ces objectifs généraux sont sensiblement les mêmes que ceux du cycle précédent. Un objectif
transversal relatif à la protection forte a été ajouté. Ce nouvel objectif intègre notamment des
indicateurs et cibles déjà présents au cycle précédent.
Les objectifs environnementaux sont listés ci-dessous, les indicateurs et les cibles associés sont
précisés dans l?annexe 4.1.
II. Objectifs socio-économiques et transversaux
Un objectif socio-économique ou transversal peut être défini en rapport avec une ou plusieurs
activités, ou une politique publique « terrestre » concernant par extension des activités ayant lien
direct avec le littoral et la mer et :
définit pour cette ou ces dernières un état à atteindre, à moyen / long terme ;
vise à agir sur les facteurs d?influence du ou des enjeux, qu?ils soient limitants ou favorables.
Les objectifs socio-économiques et transversaux répondent aux priorités fixées par la stratégie
nationale pour la mer et le littoral et sont accompagnés d?indicateurs pour permettre leur mesure et
leur évaluation.
Ils ont, dans le présent document, été regroupés selon des objectifs généraux liés aux activités
économiques maritimes et littorales, d?une part, et à des thématiques transversales, d?autre part.
Les objectifs socio-économiques et transversaux sont listés ci-dessous, les indicateurs associés sont
précisés dans l?annexe 4.1.
53
Partie 3 : Objectifs stratégiques et planification
des espaces maritimes
Objectif général A
Maintenir ou rétablir la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes des fonds côtiers
et littoraux
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
A1| D01-HB6OE03
Réduire les perturbations physiques liées à la fréquentation humaine sur les habitats
rocheux intertidaux*, notamment par la pêche à pied
*Champs de blocs, bancs de moules intertidaux, ceintures à cystoseires et trottoirs à lithophyllum
Objectif stratégique
A2 | D01-HB-OE06
Réduire les perturbations physiques sur les habitats sédimentaires infralittoraux et
circalittoraux* notamment dans la zone des 3 milles
*Détritique côtier ; biocénoses des sables ; graviers sous influence des courants de fond ; maërl
et rhodolithes
A3 | D01-HB-OE07
Maintenir un niveau d?exploitation durable du corail rouge sous influence de la pêche
professionnelle en plongée sous-marine
A4 | D01-HB-OE09
Éviter la perturbation physique des herbiers de phanérogames méditerrannéens et du
coralligène (par les mouillages, la plongée sous-marine de loisir, les engins de pêche de
fond, le rechargement des plages)
54
Objectif stratégique
A5 | D01-HB-OE12
Réduire les pertes physiques des banquettes de posidonie
Objectif stratégique
A7 | D06-OE02
Réduire les perturbations et les pertes physiques des habitats génériques et particuliers
liées aux ouvrages, activités et usages maritimes
Objectif stratégique
A6 | D06-OE01
Limiter les pertes physiques d?habitats génériques et particuliers liés à l?artificialisation, de
la limite du domaine public maritime jusqu?à 20 mètres de profondeur et en lagunes
Pertes et perturbations physiques des habitats
Objectif général A
Maintenir ou rétablir la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes des fonds côtiers
et littoraux
Objectif stratégique
A8 | D06-A8
Restaurer le linéaire du trait de côte et les petits fonds côtiers présentant une altération
structurelle et/ou une altération des fonctions écologiques en respectant la nature des
fonds et du linéaire préexistant et hors de toute séquence ERC
Restaurer les écosystèmes
55
A9 | D06-A10
Optimiser les fonctions écologiques des aménagements artificialisant les fonds côtiers
Objectif stratégique
A10 | D07-A2
Éviter tout nouvel aménagement ou activité (ouvrages maritimes, extraction de
matériaux, dragage, immersion de matériaux de dragage, aménagements et rejets
terrestres) modifiant les conditions hydrographiques présentant un impact résiduel
notable sur la courantologie et la sédimentologie des zones de transition mer-
lagunes
Objectif stratégique
A11 | D07-B2
Éviter tout nouvel aménagement ou activité (ouvrages maritimes, extraction de
matériaux, dragage, immersion de matériaux de dragage, aménagements et rejets
terrestres) modifiant les conditions hydrographiques présentant un impact résiduel
notable sur la courantologie et la sédimentologie des secteurs de dunes sableuses
sous-marines profondes
Objectif stratégique
Changements hydrographiques induits par les projets,
aménagements ou activités
Objectif général A
Maintenir ou rétablir la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes des fonds côtiers
et littoraux
Objectif stratégique
Objectif stratégique
A14 | D07-OE03
Limiter les pressions et les obstacles à la connectivité mer-terre au niveau des estuaires
et des lagunes côtières
A13 | D07-OE01
Eviter les impacts résiduels notables de la turbidité au niveau des habitats et des
principales zones fonctionnelles halieutiques d?importance les plus sensibles à cette
pression, sous l?influence des ouvrages maritimes, de l?extraction de matériaux, du
dragage, de l?immersion de matériaux de dragage, des aménagements et de rejets
terrestres
56
A15 | D07-OE04
Assurer un volume d?eau douce suffisant en secteur côtier toute l?année, notamment en
réduisant les niveaux de prélèvements d?eau (souterraine et de surface) au niveau du
bassin versant
Objectif stratégique
Objectif général A?
Développer les zones de protection forte
Objectif stratégique
A?1 | OE-T01
Développer les zones de protection forte
A12 | D07-C2
Éviter tout nouvel aménagement ou activité (ouvrages maritimes, extraction de
matériaux, dragage, immersion de matériaux de dragage, aménagements et rejets
terrestres) modifiant les conditions hydrographiques présentant un impact résiduel
notable sur la courantologie et la sédimentologie de la limite du domaine public
maritime jusqu?à 30 mètres de profondeur
Objectif stratégique
Objectif général B
Maintenir un bon état de conservation des habitats
profonds des canyons sous-marins
Objectif stratégique
B1 | D01-HB-OE10
Éviter l?abrasion et l?étouffement des zones les plus représentatives des habitats
profonds (Écosystèmes Marins Vulnérables) et réduire l?abrasion des structures
géomorphologiques particulières
57
B2 | D01-HB-OE11
Limiter la pression d?extraction sur les dunes hydrauliques de sables coquilliers et éviter
la pression d?extraction sur les dunes du haut de talus
Objectif stratégique
Objectif général C
Préserver la ressource halieutique du plateau du
golfe du Lion et des zones côtières
Objectif stratégique
C1 | D01-PC-OE01
Maximiser la survie des élasmobranches capturés accidentellement, en particulier les
espèces interdites à la pêche (catégorie A) et les espèces non interdites à la pêche, mais
prioritaires en termes de conservation (catégories B et C)
Réduire l?impact des prélèvements et des captures accidentelles
d?éspèces vulnérables de poissons
Objectif stratégique
C2 | D01-PC-OE03
Adapter les prélèvements en aval de la limite de salure des eaux (LSE) d'espèces
amphihalines de manière à atteindre ou à maintenir le bon état du stock et réduire les
captures accidentelles des espèces amphihalines dont la capacité de renouvellement
est compromise, en particulier dans les zones de grands rassemblements, les estuaires
et les panaches estuariens identifiés par les PLAGEPOMI
Objectif général C
Préserver la ressource halieutique du plateau du
golfe du Lion et des zones côtières
Réduire l?impact des prélèvements et des captures accidentelles
d?éspèces vulnérables de poissons
C3 | D01-PC-OE04
Limiter les captures des espèces vulnérables et en danger sur la façade Méditerranée
Objectif stratégique
58
C4 | D01-PC-OE02
Favoriser la restauration des populations d'élasmobranches en danger critique
d'extinction, en danger, vulnérables, quasi menacées selon la liste rouge des espèces
menacées de l'UICN
Objectif stratégique
Objectif stratégique
C5 | D01-PC-OE05
Diminuer toutes les pressions qui affectent l?étendue et la condition des zones
fonctionnelles halieutiques d'importance ZFHi identifiées (dont frayères, nourriceries,
voies de migration), essentielles à la réalisation du cycle de vie des poissons,
céphalopodes et crustacés d?intérêt halieutique
Préserver les habitats et les zones fonctionnelles importants
pour les poissons et céphalopodes
Objectif général C
Préserver la ressource halieutique du plateau du
golfe du Lion et des zones côtières
Objectif stratégique
C6 | D03-OE01
Conformément à la Politique Commune de la Pêche (PCP), adapter la mortalité par
pêche pour atteindre le rendement maximum durable (RMD) pour les stocks
halieutiques couverts par des recommandations internationales et européennes
Adapter la mortalité par pêche pour atteindre une exploitation
durable des stocks halieutiques
Objectif stratégique
C7 | D03-OE02
Adapter la mortalité par pêche pour assurer une gestion durable des stocks locaux pour
les stocks halieutiques concernés totalement ou partiellement par une évaluation
nationale ou infranationale et faisant l'objet d'une gestion locale
Objectif stratégique
C8 | D03-OE03
Adapter les prélèvements par la pêche de loisir de manière à atteindre ou maintenir le
bon état des stocks sur la base des meilleures connaissances disponibles
59
C9 | D04-OE01
Limiter les atteintes à des maillons sensibles de la chaîne trophique en faveur de la
restauration de la ressource
Objectif stratégique
C10 | D04-OE03
Maintenir un niveau de prélèvement nul sur le micro-necton océanique (notamment le
Krill, et les myctophidés ou poissons lanterne, etc.)
Objectif stratégique
Adapter le prélèvement des premiers maillons de la chaîne
trophique (micro-necton, espèces fourrage)
Objectif général D
Maintenir ou rétablir les populations de
mammifères marins et tortues dans un bon état
de conservation
Objectif stratégique
D1 | D01-MT-OE01
Limiter le dérangement anthropique des mammifères marins et des tortues
Préserver les habitats et les zones fonctionnelles importants pour
les mammifères et les tortues
Réduire la mortalité des mammifères et tortues liée aux activités
humaines
Objectif stratégique
D2 | D01-MT-OE02
Réduire les captures accidentelles de tortues marines et de mammifères marins, en
particulier des petits cétacés
60
D3 | D01-MT-OE03
Réduire les collisions avec les tortues marines et les mammifères marins
Objectif stratégique
Objectif général E
Garantir les potentialités d?accueil du milieu marin
pour les oiseaux : alimentation, repos,
reproduction, déplacement
Réduire la mortalité directe des oiseaux marins liée aux activités
humaines
E1 | D01-OM-OE01
Réduire les captures accidentelles d?oiseaux marins (au large et à proximité des
colonies), par les palangres, les filets fixes et les sennes pélagiques
Objectif stratégique
Objectif général E
Garantir les potentialités d?accueil du milieu marin
pour les oiseaux : alimentation, repos,
reproduction, déplacement
Objectif stratégique
E5 | D01-OM-OE05
Maintenir ou restaurer les habitats fonctionnels* des oiseaux marins** dans les zones
humides littorales
*Les zones fonctionnelles sont celles identifiées par le MNHN
**cf. espèces d'oiseaux marins listées dans l'arrêté BEE
61
Objectif stratégique
E6| D01-OM-OE06
Limiter le dérangement physique, sonore, lumineux des oiseaux marins* au niveau de
leurs zones d'habitats fonctionnels
*cf. espèces d'oiseaux marins listées dans l'arrêté BEE
Les zones fonctionnelles sont celles identifiées par le MNHN
E4 | D01-OM-OE04
Réduire la pression exercée par certaines espèces introduites et domestiques sur les
sites de reproduction des oiseaux marins*
*cf. espèces d'oiseaux marins listées dans l'arrêté BEE
E3 | D01-OM-OE03
Éviter les pertes d?habitats fonctionnels pour les oiseaux marins, en particulier dans les
sites fonctionnels à enjeux forts*
*Les sites fonctionnels à enjeux forts sont définis comme ceux remplissant les critères RAMSAR
d?importance internationale ou accueillant plus de 15% de l?effectif national ou les zones
fonctionnelles identifiées par le MNHN
Objectif stratégique
Préserver les habitats et les zones fonctionnelles importants pour les
oiseaux marins
Objectif stratégique
Objectif stratégique
E2 | D01-OM-OE02
Prévenir les collisions des oiseaux marins avec les infrastructures en mer, notamment
les parcs éoliens (application de la séquence « éviter, réduire, compenser »)
Objectif général F
Réduire les apports à la mer de contaminants
bactériologiques, chimiques et atmosphériques
Objectif stratégique
F1 | D05-OE03
Ne pas augmenter les apports de nutriments dans les zones peu ou pas impactées par
l?eutrophisation
Réduire les apports de nutriments d?origine tellurique
Réduire les apports et rejets directs de contaminants chimiques
F2 | D08-OE01
Réduire les apports de contaminants dus aux apports pluviaux des communes, des
agglomérations littorales et des ports
Objectif stratégique
F3 | D08-OE02
Réduire les apports directs en mer de contaminants, notamment les hydrocarbures liés
au transport maritime et à la navigation
Objectif stratégique
62
F4 | D08-OE03
Réduire les rejets d?effluents liquides (eaux noires, eaux grises), de résidus
d?hydrocarbures et de substances dangereuses issus des navires de commerce, de
pêche ou de plaisance
Objectif stratégique
F5 | D08-OE04
Limiter le rejet dans le milieu naturel de contaminants et la dissémination d?espèces non
indigènes lors du carénage des navires (plaisance et professionnels) et des équipements
immergés (bouées, structures d?élevages, etc.)
Objectif stratégique
v
Objectif général F
Réduire les apports à la mer de contaminants
bactériologiques, chimiques et atmosphériques
Objectif stratégique
63
Objectif stratégique
F6 | D08-OE05
Limiter les apports directs, les transferts et la remobilisation de contaminants en mer liés
aux activités telles que le creusement des fonds marins pour installation de câbles, EMR,
transport maritime, etc. (autres que le dragage et l?immersion de sédiments) et
supprimer les rejets, émissions, relargage des substances dangereuses prioritaires
mentionnées en annexe 10 de la DCE
Objectif stratégique
F7 | D08-OE06
Limiter les apports en mer de contaminants des sédiments liés aux activités de dragage
et d?immersion
F8 | D08-OE07
Réduire les rejets à la mer de contaminants d?origine terrestre*
*hors activités de dragage et clapage
Objectif stratégique
Préserver la qualité microbiologique des eaux côtières
F9 | D09-OE01
Réduire les transferts directs de polluants microbiologiques en particulier vers les zones
de baignade et les zones de production de coquillages
Objectif général G
Réduire les apports et la présence de déchets dans
les eaux marines
Objectif stratégique
G1 | D10-OE01
Réduire les apports et la présence des macrodéchets d'origine terrestre retrouvés en mer
et sur le littoral
Réduire les fuites de plastique vers la mer (SNB, mesure 7,
action 2)
G2 | D10-OE02
Réduire les apports et la présence de macrodéchets en mer issus des activités, usages et
aménagements maritimes
64
Objectif stratégique
G3 | D10-OE03
Réduire les apports et la présence de microdéchets sur le littoral
Objectif stratégique
Objectif général H
Réduire le risque d?introduction et de
développement d?espèces non indigènes
Objectif stratégique
H1 | D02-OE01
Limiter le risque d'introduction d'espèces non indigènes lié à l'importation de faune et de
flore
Limiter l?introduction et lutter contre les espèces exotiques
envahissantes (SNB, mesure 10)
H2 | D02-OE03
Limiter les risques d?introduction et de dissémination d?espèces non indigènes (ENI) liés à
la navigation (eaux et sédiments de ballast des navires, fouling) et à l?immersion de récifs
artificiels
Objectif stratégique
Objectif général H
Réduire le risque d?introduction et de
développement d?espèces non indigènes
Objectif stratégique
Objectif général I
Réduire les sources sonores sous-marines
Objectif stratégique
I1 | D11-OE01
Réduire le niveau de bruit lié aux émissions impulsives produites par les activités
anthropiques au regard des risques de dérangement et de mortalité des espèces à un
niveau inférieur au seuil de déclenchement d?un effet biologique négatif
I2 | D11-OE02
Réduire le niveau de bruit continu produit par les activités anthropiques au regard des
risques de dérangement et de mortalité des espèces à un niveau inférieur au seuil de
déclenchement d?un effet biologique négatif
65
H3 | D02-OE04
Limiter les risques de dissémination des espèces non indigènes lors de l?introduction et
du transfert des espèces aquacoles
Objectif stratégique
66
Objectif général J
Soutenir la recherche et l?acquisition de
connaissances au service des politiques publiques
de la mer et du littoral
J2
Favoriser la recherche dans les domaines du DSF
Objectif stratégique
J3
Mieux connaître l?impact des activités sur les milieux marins et littoraux, y compris les
impacts cumulés
J4
Affiner et capitaliser la connaissance dans les territoires, en lien avec l?adaptation au
changement climatique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
J5
Développer des réseaux d?observation à l?échelle la plus pertinente afin de comprendre
et guider les politiques publiques de la mer et du littoral
J1
Définir et affiner les méthodes opérationnelles de suivi pour permettre une évaluation
complète du bon état écologique
Objectif stratégique
67
Objectif général K
Développer les énergies marines renouvelables
(EMR) en Méditerrannée
Objectif stratégique
K1
Favoriser l?implantation des parcs éoliens flottants commerciaux, de leurs
raccordements, et des autres EMR, conformément aux objectifs de la Programmation
pluriannuelle de l'énergie (PPE)
K2
Favoriser le développement de filières structurées à l?échelle de la façade génératrices
d?emplois (éolien flottant, énergie thermique des mers, etc.), en assurant les régulations
sociales
Objectif stratégique
K3
Soutenir la formation pour les besoins très spécifiques de la chaîne de valeur des filières
EMR (recherche, ingénierie, fonctionnement, maintenance, etc.)
Objectif stratégique
Objectif stratégique
K4
Bancariser et diffuser la connaissance et les retours d?expériences relatifs aux projets
français et étrangers à l?ensemble des parties prenantes
Objectif stratégique
K5
Favoriser la recherche, l?innovation technologique et environnementale et les
expérimentations de co-usages dans les parcs éoliens
Objectif général L
Contribuer à un système de transport et de
services maritimes durable et compétitif, reposant
sur des ports complémentaires
Objectif stratégique
L1
Conforter le positionnement des ports de commerce comme aménageur et
gestionnaire intégré des espaces (logistiques, industriels et naturels), en lien avec les
collectivités et les opérateurs de l?intermodalité, et favoriser l?intégration de l?axe
Méditerranée-Rhône-Saône, tout en veillant à limiter l?artificialisation
L2
Veiller aux enjeux de qualité de l?air et à l?intégration de la dimension ville-port dans les
démarches de développement du trafic maritime
Objectif stratégique
L3
Soutenir le développement d?un transport maritime hauturier et de services maritimes
durable et compétitif
Objectif stratégique
L4
Accompagner le développement de stratégies en faveur du cabotage côtier de passagers
et de marchandises contribuant au désengorgement / à la fluidification du trafic routier
Objectif stratégique
68
Objectif général M
Soutenir une pêche durable, efficace dans
l?utilisation des ressources et innovante
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
M2
Aider les professionnels à moderniser leur flottille en soutenant la décarbonation des
navires
M3
Maintenir et valoriser les métiers de la pêche
M4
Soutenir les démarches de valorisation des produits
M5
Veiller à l?adéquation d?une offre de formation compatible avec les besoins des socio-
professionnels (pratiques innovantes, conduite d?entreprise, diversification d?activités ou
réorientation professionnelle, évolutions réglementaires, etc.) et disponible au plus près
des bassins d?emplois
M6
Améliorer l?intégration des activités de transformation à proximité des ports de pêche ou
ports mixtes, pour favoriser de nouvelles installations
Objectif stratégique
M7
Soutenir et moderniser la filière aval en veillant à une bonne articulation entre le
développement des circuits courts et des criées existantes
Objectif stratégique
M8
Accompagner la pêche récréative vers des pratiques raisonnées et responsables
69
Objectif stratégique
M1
Accompagner les professionnels dans la préservation des ressources et des
écosystèmes
Objectif général N
Soutenir une aquaculture durable, efficace dans
l?utilisation des ressources, innovante et
compétitive
Objectif stratégique
Objectif stratégique
N1
Valoriser les produits de l'aquaculture marine
70
N2
Soutenir le développement de l?aquaculture, l?accès au foncier et aux points de
débarquement tout en veillant à limiter l?artificialisation
Objectif stratégique
N3
Veiller à l?adéquation d?une offre de formation compatible avec les besoins des socio-
professionnels (pratiques innovantes, conduite d?entreprise, diversification d?activités,
évolutions réglementaires, etc.) et disponible au plus près des bassins d?emplois
Objectif stratégique
N4
Soutenir la sécurisation des infrastructures et du cheptel et accompagner les
professionnels face aux menaces de maladies/mortalités, en prenant en compte les
effets du changement climatique
Objectif stratégique
N5
Favoriser la recherche et l?innovation pour développer de nouvelles pratiques et
cultures d?espèces endémiques
71
Objectif général O
Structurer des filières compétitives et
complémentaires d?opérateurs de travaux publics,
d?activités sous-marines et d?ingénierie écologique
Objectif stratégique
O1
Soutenir la recherche et l?innovation en lien avec les pôles de compétitivité, les pôles
régionaux, les établissements publics (industriels et commerciaux, dédiés à la recherche)
et les socio-professionnels concernés
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
O2
Soutenir la constitution d?une filière de traitement et de valorisation à terre des
sédiments de dragage et accompagner les initiatives permettant une optimisation des
dragages
O3
Soutenir la structuration d?une filière d?ingénierie écologique
O4
Optimiser la pose des câbles en vue de limiter les conflits d?usage liées notamment aux
mouillages des navires, en évitant les habitats à enjeu fort
O5
Soutenir la structuration de la filière des biotechnologies bleues
72
Objectif général P
Accompagner et soutenir les industries nautiques
et navales
Objectif stratégique
P1
Soutenir la recherche et l?innovation en faveur des thématiques Green Ship
(décarbonation, navire écologique), Smart Ship (navires intelligents, système autonome) et
Smart Yard (nouveaux matériaux, chantiers intelligents)
Objectif stratégique
P2
Soutenir la filière de déconstruction des bateaux de plaisance hors d?usage (transport,
valorisation des déchets)
Objectif stratégique
P3
Favoriser le développement concerté entre tous les acteurs des industries nautiques et
navales
Objectif stratégique
P4
Maintenir et valoriser les métiers des industries nautiques et navales et assurer leur
attractivité
73
Objectif général Q
Accompagner le développement durable des
activités de loisirs
Objectif stratégique
Q1
Accompagner la plaisance vers un modèle durable intégrant l?innovation numérique et
l?optimisation des espaces
Objectif stratégique
Q2
Favoriser le développement des sports nautiques et subaquatiques à faible impact sur
l'environnement
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Q3
Valoriser les ports de plaisance comme outils stratégiques de développement durable du
territoire
Q4
Soutenir les dynamiques d?équipements et de services s?inscrivant dans les transitons
écologique et énergétique (gestion sobre de l?eau, collecte des déchets, décarbonation)
Q5
Soutenir la mise en place de zones de mouillages organisés dans les sites sensibles
identifiés par la Stratégie de gestion des sites de mouillage
Objectif général R
Accompagner l?économie du tourisme dans le
respect des enjeux environnementaux et sociaux
R1
Accompagner les collectivités littorales et les professionnels dans leur stratégie de
durabilité (désaisonnalisation, diversification et régulation de l?offre touristique), tout en
veillant à limiter l?artificialisation
Objectif stratégique
R2
Garantir une occupation exemplaire et réversible du domaine public maritime,
s?inscrivant dans une orientation de préservation des écosystèmes côtiers et des
paysages
Objectif stratégique
R3
Maintenir et restaurer le caractère naturel des plages
Objectif stratégique
Objectif général S
Protéger, préserver et mettre en valeur les
paysages et le patrimoine (littoral, maritime,
subaquatique, historique, etc.) méditerranéen
Objectif stratégique
S1
Préserver les paysages emblématiques, les espaces naturels du littoral et le patrimoine
en tant que composantes essentielles du cadre de vie et de l?attractivité touristique
Objectif stratégique
74
S2
Valoriser l?ensemble des composantes du patrimoine méditerranéen, garant de l?identité
des territoires
75
Objectif général T
Garantir le libre-accès à la mer et au littoral
T1
Garantir aux piétons et aux personnes à mobilité réduite un accès libre et gratuit à la
mer et au littoral, sauf zones à accès réglementé
Objectif stratégique
T2
Inciter, au sein d?espaces déjà urbanisés ou aménagés, à l?accès au foncier, aux quais et
aux cales pour les activités, les industries et les services maritimes
Objectif stratégique
Objectif général U
Développer l?attractivité, la qualification et la
variété des emplois de l?économie maritime et
littorale
U1
Favoriser les outils permettant la connexion entre l?offre et la demande d?emplois dans
les métiers de la mer
Objectif stratégique
U2
Développer et consolider les dispositifs de formation aux métiers de la mer
Objectif stratégique
U3
Valoriser, favoriser et prioriser les savoir-faire (pacte générationnel notamment)
Objectif stratégique
U4
Anticiper les besoins en compétences et en volumes d?emplois pour renforcer
l?attractivité des métiers de la mer
Objectif stratégique
U5
Assurer de bonnes conditions de travail et de vie aux salariés des métiers de la mer, en
veillant notamment aux régulations sociales
Objectif stratégique
76
Objectif général V
Accompagner les acteurs de l?économie maritime
et de l?ensemble des usagers de la mer vers la
sobriété (transition écologique, énergétique et
numérique) et les sensibiliser à cet impératif
V1
Soutenir la recherche, l?innovation et l?expérimentation en faveur de l?économie bleue
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
V2
Éduquer et sensibiliser les usagers de la mer
Objectif stratégique
V3
Favoriser la création de filières de collecte et de valorisation des déchets
V4
Réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique liées à
l?économie maritime
Objectif général W
Anticiper et gérer les risques littoraux et le recul de
trait de côte
W1
Améliorer la connaissance sur les risques côtiers et la connaissance du recul du trait de
côte, en prenant en compte le changement climatique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
W2
Prendre en compte les risques naturels littoraux et le recul du trait de côte dans les
projets d?aménagement, tout en veillant à limiter l?artificialisation, et accompagner la
recomposition spatiale et l?adaptation des littoraux au changement climatique
W3
Inciter à la déclinaison territoriale de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de
côte
77
Chapitre 2 : Planification des espaces maritimes
L?analyse effectuée et résumée dans les chapitres précédents a permis d?identifier dès le premier cycle
du DSF, dans les espaces maritimes, des zones cohérentes au regard des enjeux et objectifs généraux
qui leur sont assignés, tant par le DSF que par d?autres processus. La carte des vocations favorise la
définition de priorités stratégiques (vocations) pour les zones identifiées. Au nombre de 30 lors du
premier cycle, le découpage de ces zones a été revu afin de mieux s?adapter aux connaissances des
zones, faisant ainsi évoluer certaines vocations. Au sein de ce second cycle, elles sont au nombre de
27.
Ces zones sont définies par l?homogénéité des enjeux en présence et par l?existence de dispositifs de
gouvernance locale et de réglementations spécifiques. Chaque zone fait l?objet d?une vocation
particulière qui exprime une projection dans l?avenir ou une volonté d?évolution concernant les
activités et le milieu marin.
À ce stade, il est important de préciser les éléments suivants :
la préservation de l?environnement, la réduction et la maîtrise des impacts anthropiques, le
maintien ou l?atteinte du bon état écologique constituent un impératif pour l?ensemble des zones ;
les prescriptions liées à la défense et la sécurité ne figurent pas sur cette carte et peuvent être
appréhendées au cas par cas, en s?appuyant sur le site Internet de la préfecture maritime de
Méditerranée si besoin ;
l?identification des vocations au sein de chaque zone est issue d?un travail de concertation locale.
L?annexe 6 se compose d?une fiche pour chaque zone et de représentations cartographiques plus
fines de l?existant.
Elle est complétée par trois fiches concernant les planifications thématiques suivantes :
éolien flottant ;
zones de protection forte ;
aquaculture.
Un bref aperçu de chaque zone de vocations est reproduit ci-dessous.
78
Zone - Périmètre du Parc naturel marin du golfe du Lion
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (0,02% en
protection forte en
2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité marine
côtière du plateau
et des habitats
profonds
Mettre en valeur les
patrimoines naturel
et culturel
Assurer l?évolution
durable des usages
traditionnels (pêche
professionnelle,
activité de tourisme
et de loisirs) et
émergents (éolien
flottant, etc.)
Maîtriser les
pressions cumulées
prioritairement en
zone côtière
Conflits
d?usages
majeurs
Plaisance, mouillage et
tourisme balnéaire
Zone - Port-la-Nouvelle
Couverture
en aires
marines
protégées
99% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Accompagner une
évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Développement des
sports de voile (kite,
wing, etc.) et activité
de pêche (petits
métiers, pêche à pied).
79
1
2
Zone - Littoral languedocien
Couverture
en aires
marines
protégées
85% (0,67% en
protection forte en
2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner une
évolution durable
des filières
halieutiques et du
transport maritime
Structurer une offre
touristique
respectueuse
Réduire les impacts
et conflits d?usages
potentiels
Zone - Sète
Couverture
en aires
marines
protégées
95% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Accompagner une
évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
80
3
4
Zone - Camargue
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (1,3% en
protection forte en
2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner
l'évolution durable
des activités
humaine, du
tourisme et des
filières halieutiques
Réduire les impacts
et conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Forte fréquentation des
plages en zone
naturelle, exerçant une
pression importante
sur l?environnement
Zone - Plateau du golfe du Lion ? Eaux territoriales
Couverture
en aires
marines
protégées
42% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Accompagner
l'évolution durable
des filières
halieutiques
Assurer la
compatibilité des
usages avec les
fermes pilotes de
l'éolien offshore
flottant
81
5
6
Zone - Plateau du golfe du Lion ? Zone économique exclusive
Couverture
en aires
marines
protégées
96% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces.
Accompagner le
développement de
l?éolien offshore
flottant.
Assurer la
compatibilité des
usages avec les
fermes
commerciales de
l'éolien offshore
flottant.
Conflits
d?usages
majeurs
Activité de pêche,
développement de
l?éolien flottant et
transport maritime
Zone - Golfe de Fos-sur-Mer
Couverture
en aires
marines
protégées
30% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Accompagner
l'évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Fort impact
environnemental des
mouillages au large du
port de Marseille-Fos.
Forte densité du trafic
maritime..
82
7
8
Zone - Côte Bleue
Couverture
en aires
marines
protégées
91% (1,40% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et l?accrétion
du littoral
Accompagner
l'évolution durable des
activités humaines,
des loisirs nautiques et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Pression forte de la
plaisance en mer et du
tourisme balnéaire à terre
Zone - Rade de Marseille
Couverture en
aires marines
protégées
0% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Accompagner
l'évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime,
des filières
halieutiques et
d?autres activités
humaines
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Forte limitation de
l?accès à la mer et
forte pollution subie
par les populations
locales, dues à la
présence du Grand
Port Maritime
Importants conflits
sur le plan d?eau du
fait des locations
motonautiques
83
9
10
Zone - Périmètre du Parc national des Calanques
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (4,22% en
protection forte en
2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité marine
côtière et les
habitats profonds
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Prendre en compte
l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Mettre en valeur le
patrimoine naturel
et culturel
Accompagner
l'évolution durable
des activités
maritimes, en
conformité avec les
objectifs de la
charte du Parc
national
Conflits
d?usages
majeurs
Fort impact sur
l?environnement du
tourisme et de la
plaisance
Zone - Littoral varois Ouest
Couverture
en aires
marines
protégées
23% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en
compte l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner
l'évolution durable
des activités
maritimes, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
84
11
12
Zone - Rade de Toulon
Couverture
en aires
marines
protégées
0% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Accompagner
l'évolution durable
des activités
maritimes, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les impacts
et conflits d?usages
potentiels
Zone - Périmètre du Parc national de Port-Cros
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (0,20% en
protection forte en
2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité
marine côtière et
les habitats
profonds
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Prendre en
compte l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner
l'évolution durable
des activités
humaines, du
transport maritime
et des filières
halieutiques, en
conformité avec
les objectifs de la
charte du Parc
national
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
85
13
14
Zone - Littoral varois Est
Couverture
en aires
marines
protégées
23% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et l?accrétion
du littoral
Accompagner
l'évolution durable des
activités humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Littoral des Alpes-Maritimes
Couverture en
aires marines
protégées
39% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Accompagner
l'évolution durable
des activités
humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Très forte concertation
d?usages (petite et grande
plaisance, pêche
professionnelle, véhicules
motonautiques, croisière,
baignade) qui entrent en
conflit entre eux et avec
l?environnement marin.
86
15
16
Zone - Large Provence-Alpes-Côte d?Azur
Couverture
en aires
marines
protégées
4% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Préserver des canyons
Maintenir l?état de
conservation des
espèces
Accompagner
l?évolution durable des
activités humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Plaine bathyale
Couverture en
aires marines
protégées
6% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Améliorer la
connaissance de la
zone sur l?ensemble
des compartiments
Maintenir l?état de
conservation des
espèces
Accompagner
l?évolution durable
des activités
humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
87
17
18
Zone - Canyons
Couverture
en aires
marines
protégées
15% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Préserver les habitats
remarquables, des
canyons
Maintenir l?état de
conservation des
espèces en présence
Améliorer la
connaissance, en
particulier sur les
écosystèmes marins
vulnérables
Accompagner
l?évolution durable des
activités humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Zone - Périmètre du Parc naturel marin du Cap Corse et de l?Agriate
Couverture en
aires marines
protégées
98% (0,34% en protection
forte en 2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité marine
du parc, y compris
des canyons, des
habitats profonds et
de monts sous-
marins, en prenant
notamment en
compte le rôle
écologique du front
liguro-provençal, ainsi
que la diversité des
cétacés
Maîtriser les
pressions cumulées
prioritairement en
zone côtière
Mettre en valeur le
patrimoine naturel et
culturel
Accompagner
l?évolution durable
des usages
traditionnels (pêche
professionnelle et de
loisir, activités de
tourisme et de loisirs)
et émergents
88
19
20
Zone - Bastia
Couverture
en aires
marines
protégées
0% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtière
Accompagner une
évolution durable des
infrastructures
portuaires, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Littoral occidental de la Corse
Couverture en
aires marines
protégées
63% (0,07% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Maintenir la diversité
des espaces,
l?intégrité paysagère
et le patrimoine
géologique
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Gérer, encadrer et
accompagner
l?évolution durable
des activités
humaines
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
89
21
22
Zone - Golfe d?Ajaccio
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Accompagner
l?évolution durable des
infrastructures
portuaires, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Large côte occidentale de la Corse
Couverture en
aires marines
protégées
46% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maintenir l?état de
conservation des
habitats profonds et
des espèces
Accompagner
l?évolution durable du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
90
23
24
Zone - Littoral Sud de la Corse
Couverture
en aires
marines
protégées
58% (7,96% en protection
forte en 2024)
Vocations
Conserver la diversité
et la qualité des
milieux, des habitats
et des espèces
Maintenir la diversité
des espaces, l?intégrité
paysagère et le
patrimoine géologique
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Gérer, encadrer et
accompagner
l?évolution durable des
activités humaines
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Plaine orientale et large Est de la Corse
Couverture en
aires marines
protégées
8% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtrisant les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Améliorer la
connaissance de la
zone sur l?ensemble
des compartiments
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
91
25
26
Zone - Espaces maritimes intérieurs (lagunes, graus, etc.)
Couverture
en aires
marines
protégées
0% (0% en
protection forte en
2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées des
espaces
maritimes
intérieurs
Maintenir de
l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en
compte
l?utilisation et la
valorisation
possible du
milieu et des
ressources
marines par une
exploitation
durable
Améliorer la
connaissance
des zones sur
l'ensemble des
compartiments
Réduire les
impacts et
conflits d?usages
potentiels
92
27
93
Planification thématique - Zones de protection forte
Planification thématique - Éolien en mer
94
Planification thématique - Aquaculture
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION er comme sur le domaine public maritime). La carte ne traite pas de démarches de planification
sectorielle dédiées à des activités spécifiques (aquaculture ou éolien flottant, entre autres).
41
42
VIII. Anayse des interactions
Le développement des activités anthropiques mentionnées ci-dessus interagit avec le milieu marin.
Les activités bénéficient des services écosystémiques offerts par un milieu marin en bonne santé, en
rendant par exemple les ressources halieutiques disponibles pour la pêche.
Le développement d?une activité peut aussi aboutir à la dégradation de l?état du milieu marin en
générant des impacts. À titre d?exemple, les travaux sous-marins génèrent des perturbations sonores
pour la biodiversité.
Toutefois, la limitation de ces impacts sur le milieu marin est de plus en plus intégrée dans les
pratiques des entreprises et très encadrée par les différentes réglementations, qu?elles soient locales,
nationales ou européennes. Les acteurs de la mer sont en questionnement permanent pour
développer de bonnes pratiques respectueuses des milieux marins. Face à ces pressions et impacts, la
communauté internationale a d?ailleurs déjà réagi depuis de nombreuses années en mettant en place
de nombreuses normes, que ce soit sur la question des déchets, des espèces non indigènes avec
systèmes de filtration, des démarches d?information sur les cétacés comme avec Pelagis en mer
Méditerranée, des zones de contrôle des émissions atmosphériques (ECA) face au soufre ou à l?azote,
ou encore des normes SEVESO. Enfin, chacun de ces impacts est par ailleurs bien pris en compte dans
les études d?impact environnemental préliminaires à la délivrance des autorisations.
L?étude des interactions « milieu marin/activités » reste essentielle pour planifier l?espace maritime et
littoral de façon à assurer la cohabitation d?activités, suivant des modalités notamment compatibles
avec l?atteinte du bon état écologique des eaux marines.
L?étude de ces interactions s?effectue dans le cadre de la mise en oeuvre de la directive-cadre stratégie
pour le milieu marin. Pour ce faire, une analyse des activités anthropiques et de leurs impacts générés
sur le milieu marin est proposée avant d?être mise en correspondance avec les 11 descripteurs du bon
état écologique. Le recensement de ces interactions permet d?identifier les thématiques à traiter
prioritairement en vue d?atteindre ou de maintenir le bon état écologique du milieu marin.
Les matrices ci-dessous ? non exhaustives ? permettent de représenter de manière visuelle ces
interactions. Leur objectif est de donner un aperçu global et synthétique de l?existence de pressions et
d?impacts potentiels des secteurs d'activité sur le milieu marin au regard des descripteurs du Bon état
écologique (BEE). Elles peuvent ainsi permettre de mieux faire le lien entre les livrables du volet
Analyse économique et sociale (AES) et celui du BEE dans les Stratégies de façades maritimes (SFM).
La première matrice porte sur les pressions générées par les secteurs d?activités sur le milieu marin :
le texte de la cellule précise cette relation de pression potentielle entre l?activité (en entrée de ligne) et
le descripteur de pression (en entrée de colonne).
La seconde matrice porte sur les impacts générés par les secteurs d?activités sur le milieu marin : le
texte de la cellule précise cette relation d?impact potentiel entre l?activité (en entrée de ligne) et le
descripteur d?état (en entrée de colonne).
Une case vide indique une absence ? a priori ? de relation.
Ces matrices n?ont pas vocation à illustrer de manière complète et détaillée l?ensemble des pressions
et impacts s?exerçant sur le milieu marin et impliquent des précautions de lecture. Par exemple, les
niveaux de pression et d?impact peuvent varier suivant le type de pratique ou l?intensité associés à
chaque activité ou suivant les endroits où cette activité se déroule. Par souci de synthèse, seules les
activités anthropiques générant des pressions avérées sur le milieu marin sont représentées.
43
Ces matrices ont été construites sur la base de la bibliographie existante et de dires d?experts. Elles ne
prennent pas en compte les relations de dépendance des activités vis-à-vis du bon fonctionnement du
milieu marin. Pour en savoir plus, il est nécessaire de se référer aux rapports scientifiques.
44
45
46
47
Pour limiter leurs impacts sur le milieu marin, la régulation des activités anthropiques est nécessaire.
La planification de l?espace maritime et littoral contribue ainsi à l?atteinte ou au maintien du bon état
écologique du milieu marin, en définissant les conditions d?exercice ou d?accès dans le temps et
l?espace des activités anthropiques.
Cette planification se voit également renforcée par un réseau de surveillance et de contrôle,
permettant de suivre et d?évaluer l?état du milieu marin. Enfin, la planification maritime se traduit
également par des actions concrètes qui sont définies afin de permettre l?atteinte du bon état
écologique. Le développement de chaque activité de façon durable est fondamental afin de concilier
souveraineté alimentaire, énergétique, économique tout en prenant en compte les enjeux
environnementaux.
48
Partie 2 : Vision pour la Méditerranée en 2050
De Cerbère à Menton, en passant par l?île de la Giraglia et Bonifacio, la Méditerranée française et ses
territoires littoraux vont devoir faire face à de nombreux changements et défis d?ici à 2050.
La vision ci-dessous présente l?état de la façade en 2050, tel qu?il devrait être si les recommandations
des scientifiques sont suivies et si les engagements pris collectivement sont tenus.
CLIMAT
Particulièrement touchée par les effets du changement climatique, la Méditerranée a subi
d?importants bouleversements tant environnementaux que sociétaux. En 2040, il est estimé que la
température de l?eau se soit réchauffée de 2,2 degrés Celsius (contre 1,5 pour l?Océan mondial). Ceci a
profondément affecté la biodiversité marine de Méditerranée, qui représentait en 2020 18% de la
biodiversité marine mondiale connue et dont une partie est endémique de cette mer quasi-fermée.
En zone côtière, la montée du niveau de la mer se poursuit (entre 0,43 et 2,5 mètres d?ici 2100). Les
tempêtes centennales deviennent progressivement décennales et la submersion marine ainsi que
l?érosion des rivages s?amplifient.
Les collectivités territoriales ont adopté des stratégies relatives à la gestion du trait de côte. L?érosion
du trait de côte est désormais communément appréhendée par les élus et les citoyens comme un
phénomène prévisible auquel les Méditerranéens se sont adaptés.
Des décisions importantes ont été prises pour atténuer les effets du dérèglement climatique et pour
s?y adapter. D?ici à 2050, les Méditerranéens ont accepté le recul du rivage. Le système littoral est
rétabli dans un état plus naturel (notamment par le retrait des ouvrages et le maintien des banquettes
de feuilles de posidonie), ce qui lui permet d?être un rempart contre les risques et événements
climatiques, en jouant le rôle de zone d?expansion de crues contre les submersions marines. En
particulier, la présence d?ouvrages en enrochements perturbant les courants et artificialisant les fonds
marins a été réduite au maximum. Il en est de même pour certaines pratiques artificielles comme le
réensablement des plages, dont le coût financier, la vulnérabilité accrue face aux événements
climatiques, les impacts environnementaux et leurs effets (recouvrement et donc déclin des herbiers)
ne permettait plus de répondre aux attentes des populations et de générer des bénéfices
économiques pour les collectivités.
La réorganisation du littoral a été appréhendée de manière à nous adapter au changement
climatique. Ainsi, plusieurs activités ont été relocalisées à une distance plus éloignée de la côte et
certains sites ont été renaturés afin d?atténuer les effets du changement climatique et de rendre les
territoires plus résilients. La construction de nouveaux bâtiments sur cette zone côtière est très
exceptionnelle, voire exclue.
Les mécanismes et conséquences de l?acidification de la mer Méditerranée sont désormais connus.
BIODIVERSITÉ
Entre 2025 et 2050, d?importantes campagnes d?inventaire de diversité ont été menées. Ces
campagnes ont permis de caractériser avec précision la biodiversité méditerranéenne et son
fonctionnement. Ces connaissances nouvelles nous mettent en capacité de protéger durablement la
biodiversité et les écosystèmes.
49
D?ici à 2050, nous avons mis en place des stratégies de gestion pour mieux appréhender la mutation
de la biodiversité. En effet, le changement climatique contribue à modifier les conditions de vie des
espèces, les forçant ainsi à migrer ou à adapter leur mode de vie. Le milieu marin étant
particulièrement ouvert, les migrations sont très rapides et les espèces présentes peuvent
soudainement varier.
Des systèmes de surveillance précoce sont mis en place afin de prévenir l?introduction d?espèces
exotiques envahissantes. De nombreux dommages et des coûts économiques importants ont ainsi
évités.
En 2050, le réseau des aires marines protégées en Méditerranée française assure la conservation de
la biodiversité ainsi que les services écosystémiques et les valeurs culturelles qui leur sont associés. La
gestion effective de ces aires protégées, dont une partie importante est en protection renforcée,
permet de répondre aux exigences internationales de lutte contre l?érosion de la biodiversité et de
faire face aux pressions foncières locales, aux pollutions aquatiques et marines, aux pressions sur le
prélèvement de la ressource, aux effets du dérèglement climatique et aux afflux de visiteurs.
Les herbiers de posidonie, espèce endémique de Méditerranée permettant de piéger le carbone
atmosphérique, sont en progression du fait de la mise en place de zones de mouillage et
d?équipements légers, de la désartificialisation du littoral, de l?arrêt des rechargements de plages et de
l?amélioration de la qualité de l?eau.
Le plastique à usage unique, définitivement supprimé du territoire national depuis dix ans, n?est plus
une source de pollution et de fragilisation de la biodiversité marine. Par la suppression progressive de
notre production et consommation de plastique, nous avons agi à l?encontre de la projection selon
laquelle il devait y avoir plus de plastique que de poissons en 2050 dans la Méditerranée.
La façade ne compte plus de décharge littorale. De nombreux déchets sont toutefois présents dans le
milieu marin, du fait des apports passés et de leur lente dégradation. Le traitement des déchets dans
le milieu marin reste donc un enjeu majeur. Des technologies de récupération et de traitement de ces
déchets, jusqu?alors émergentes, se sont déployées et permettent de résorber petit à petit ces
apports. La question de la pollution par les micro-plastiques reste un sujet prégnant.
ÉNERGIE
Conformément à son engagement, la France vient d?atteindre la neutralité carbone. En Méditerranée,
ce sont entre 4 et 7,5 gigawatts (GW) d?éolien flottant qui sont en service et permettent de produire
une électricité d?origine renouvelable. D?importants progrès ont été réalisés en matière de
connaissance, d?évitement et de réduction des impacts et des effets cumulés de ces projets entre eux
et avec les autres activités maritimes.
La façade est approvisionnée en hydrogène décarboné ou, dans une moindre mesure, bas carbone.
Ceci lui permet de maintenir le cap de la sobriété énergétique. Alors que la production d?hydrogène
était dépendante des énergies fossiles et du dessalement d?eau de mer dans les années 2020-2030,
l?hydrogène produit et/ou utilisé en façade Méditerranée en 2050 a un impact environnemental très
limité. La technique du dessalement d?eau de mer n?est utilisée qu?en cas d?absence d?impact sur le
milieu marin.
D?autres sources d?énergies renouvelables sont utilisées, telles que l?osmotique, la thalassothermie, le
photovoltaïque flottant ou l?énergie houlomotrice ou hydrolienne, à condition d?avoir démontré leur
efficacité au niveau de la façade et leur compatibilité avec nos objectifs en matière de climat et de
biodiversité.
50
PÊCHE ET AQUACULTURE
De nombreux efforts sont faits afin d'améliorer l'état de la ressource halieutique mais la situation de
certaines espèces ne s'améliore pas voire continue de se dégrader. Plusieurs facteurs l'expliquent :
l'augmentation de la température de l?eau de la Méditerranée, l'acidification, le braconnage ou encore
la surpêche. Le maintien d'une petite pêche côtière est cependant fortement encouragé par les
pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les professionnels du secteur. Du fait de la mise
oeuvre du Plan West Med depuis 2020 et de l?augmentation du prix de l?énergie, les flottilles de pêche
sont, aujourd'hui, décarbonées. La réduction de la flottille chalutière sur la façade est arrivée à son
point d'équilibre aussi bien au regard de la ressource disponible que de la rentabilité des entreprises.
L?augmentation du prix de la ressource halieutique, en lien avec sa raréfaction, et le développement
des circuits de vente en direct permet de maintenir une juste rémunération des pêcheurs.
L?utilisation de moteurs plus propres diminue les coûts d?énergie, ce qui permet aux navires de se
tourner vers des techniques de pêches plus vertueuses. Ainsi, l?impact de la pêche sur
l?environnement est plus limité et les engins de pêche plus sélectifs. La petite pêche côtière est en
phase d?atteindre, pour les espèces à forte valeur économique le rendement maximal durable.
Envisager une reconstitution lente de la ressource est désormais possible.
Des efforts ont été faits pour développer de manière durable l?aquaculture, toutefois la hausse de la
température et l'acidification des eaux se sont révélées être un défi de taille, celles-ci favorisant le
développement des bactéries pathogènes et donc la propagation de maladies dans les élevages
aquacoles.
TRANSPORTS ET PORTS
En 2050, les ports de la façade Méditerranée sont des acteurs de la transition énergétique, numérique
et de l?industrie verte à l?échelle nationale.
L?axe Méditerranée-Rhône-Saône est opérationnel, le corridor de transport mis en place renforce
l?attractivité des ports de la façade ainsi que des territoires. La coopération interportuaire a favorisé
l?émergence d?un réseau efficient. Il capte de nouveaux flux, assurant ainsi le rayonnement des ports
de la façade à l?international, ainsi que sur l?hinterland grâce au développement du transport fluvial.
Certains ports se sont spécialisés dans la filière de l?éolien flottant. D?importants investissements de la
part de l?État, des collectivités et des acteurs portuaires, nous ont permis d?électrifier les principaux
ports de la façade et d?ainsi réduire les pollutions générées par les navires. Les ports permettent
depuis plus de vingt ans à chaque navire de se raccorder électriquement lors d?une escale.
La décarbonation des transports maritimes est pérenne. D?ici à 2050, au sein du Grand Port Maritime
Marseille-Fos, le tissu industriel autrefois vu comme une importante source de pollution a opéré sa
transition verte et sa décarbonation profonde. La Méditerranée dans son ensemble est une zone à
faibles émissions d?oxyde de soufre et d?oxyde d?azote, ce qui diminue considérablement la pollution
atmosphérique et contribue à préserver la santé des Méditerranéens.
Les pollutions sonore et lumineuse émises par les navires sont réduites au maximum, de manière à
n?avoir aucune incidence sur la faune et la flore marines.
Les ports, ayant majoritairement adhéré à la norme ISO 18725 (Ports propres et Ports propres actifs
en biodiversité), permettent la généralisation des pratiques vertueuses, telle que la gestion des eaux
usées des navires.
51
TOURISME ET LOISIRS
En 2050, l?offre touristique en Méditerranée a opéré sa transition écologique. Il s?agit non pas d?attirer
un nombre croissant de touristes chaque été, mais de proposer une expérience touristique de qualité,
accessible à tous et respectueuse de l?environnement. Les flux touristiques sont compatibles avec les
objectifs de protection des sites, du littoral et du milieu marin. La surfréquentation de l?ensemble des
sites emblématiques de la façade a été évitée, notamment par la promotion d?un tourisme durable et
réparti entre le littoral, l?arrière-pays et la montagne.
L?offre de loisir met prioritairement en avant la découverte de la culture méditerranéenne et de la
nature. Les nuisances générées par les loisirs sont strictement limitées. Pour satisfaire les exigences
sociétales et environnementales, la filière du yachting a quant à elle fait l?objet d?importantes
mutations technologiques et énergétiques. En 2050, cette filière fait également l?objet d?une
coopération transrégionale européenne avec l?Espagne et l?Italie.
D?ici à 2050, ces ambitions ont été portées par les Schémas régionaux de développement du tourisme
et des loisirs.
EMPLOI ET FORMATION
Grâce à l'Observatoire interrégional des métiers de la mer qui a démontré sa robustesse, les acteurs
de l'emploi et de la formation sur la façade ont une bonne connaissance des caractéristiques du
marché du travail maritime. La Méditerranée est proche de l'adéquation emploi-formation et les
référentiels de compétences sont pleinement adaptés aux enjeux écologiques de 2050. Les obstacles
au plein emploi dans les métiers de la mer ont été levés. Enfin, les marins professionnels sont
complètement intégrés aux dispositifs de France Travail (ex-Pôle emploi).
L'ensemble des activités maritimes est réalisé par des emplois répondant aux normes réglementaires
et conventionnelles françaises, notamment au travers des dispositions de l'État d'accueil. Des accords
avec les pays riverains du bassin méditerranéen nous permettent aussi d'assurer des bonnes
conditions de travail sans effet de dumping social ou fiscal sur les dessertes maritimes régulières à
l'international.
GOUVERNANCE
En 2050, la protection du milieu marin et du littoral de la Méditerranée française ainsi que le
développement durable de l?économie bleue sont régis par le document stratégique de façade.
Dorénavant les volets stratégique et opérationnel du document stratégique sont adoptés de manière
concomitante. L?opérationnalité du document est effective.
L?implication des acteurs de la façade est renforcée pour chacun des volets du document :
La meilleure association des scientifiques qui assurent le suivi du bon état écologique de la façade
a permis aux acteurs de se saisir des enjeux de surveillance et d?adapter les dispositifs
d?évaluation ;
Les objectifs et leurs indicateurs ainsi que le plan d?action sont élaborés en concertation à l?échelle
de la façade.
Le Conseil maritime de façade, dont la composition a été ajustée aux nouveaux enjeux, est conforté
pour définir des trajectoires et prendre des décisions éclairées et de long terme. Le bien-fondé de ces
décisions est garanti par l?augmentation notable de notre connaissance du milieu marin dans son
52
ensemble et par une prise de conscience globale et partagée des enjeux en présence.
L?articulation est renforcée avec les Parlements de la mer Méditerranée qui élaborent leurs stratégies
à l?échelle régionale.
Les États voisins sont associés au Conseil et les échanges sont systématisés pour assurer une
cohérence des politiques publiques à l?échelle de la Méditerranée. L?établissement par la France,
l'Italie, la Principauté de Monaco et l'Espagne de la zone maritime particulièrement vulnérable « Nord-
Ouest de la mer Méditerranée pour protéger les cétacés de la navigation internationale » a produit
des effets positifs.
RÉGLEMENTATION
Les réglementations existantes sont appliquées sur l?ensemble du territoire. L?exigence sociétale au
sujet des enjeux environnementaux a incité les juges français à prendre des décisions plus strictes vis-
à-vis des infractions à la législation en matière environnementale.
Les moyens de contrôle sont renforcés sur le littoral comme en mer (renforcement des moyens
humains et financiers, formations communes d?agents assermentés, formation de procureurs, etc.).
Sources :
CEREMA, IFREMER, OFB et UMR AMURE
Rapport sur l?état de l?environnement et du développement en Méditerranée, Plan Bleu (2020)
Recommandations pour le développement soutenable de la mer Méditerranée, (CNRS, Aix-Marseille
Université, Institut Sciences de l?Océan, École Centrale Méditerranée).
Partie 3 : Objectifs stratégiques et
planification des espaces maritimes
Chapitre 1 : Objectifs stratégiques
I. Objectifs environnementaux
Un objectif environnemental peut être défini en rapport avec un ou plusieurs enjeux et :
définit pour le ou les enjeux un état à atteindre, à moyen / long terme ;
vise à agir sur les facteurs d?influence du ou des enjeux, qu?ils soient limitants ou favorables.
Les objectifs environnementaux constituent la déclinaison opérationnelle de la définition du bon état
souhaité du milieu marin à horizon 2020, et au-delà. Ils portent soit :
sur un évitement ou une réduction des pressions exercées sur le milieu ;
sur une restauration d?habitats ou de population d?espèces ;
sur le maintien d?une situation estimée compatible avec le bon état écologique.
Ces objectifs environnementaux sont accompagnés d?indicateurs et de cibles pour permettre leur
mesure, leur évaluation et leur rapportage auprès des instances européennes.
Ils ont, dans le présent document, été regroupés et classés selon des objectifs généraux cohérents
avec les attendus de la DCSMM, matérialisés par des descripteurs de l?état écologique.
Ces objectifs généraux sont sensiblement les mêmes que ceux du cycle précédent. Un objectif
transversal relatif à la protection forte a été ajouté. Ce nouvel objectif intègre notamment des
indicateurs et cibles déjà présents au cycle précédent.
Les objectifs environnementaux sont listés ci-dessous, les indicateurs et les cibles associés sont
précisés dans l?annexe 4.1.
II. Objectifs socio-économiques et transversaux
Un objectif socio-économique ou transversal peut être défini en rapport avec une ou plusieurs
activités, ou une politique publique « terrestre » concernant par extension des activités ayant lien
direct avec le littoral et la mer et :
définit pour cette ou ces dernières un état à atteindre, à moyen / long terme ;
vise à agir sur les facteurs d?influence du ou des enjeux, qu?ils soient limitants ou favorables.
Les objectifs socio-économiques et transversaux répondent aux priorités fixées par la stratégie
nationale pour la mer et le littoral et sont accompagnés d?indicateurs pour permettre leur mesure et
leur évaluation.
Ils ont, dans le présent document, été regroupés selon des objectifs généraux liés aux activités
économiques maritimes et littorales, d?une part, et à des thématiques transversales, d?autre part.
Les objectifs socio-économiques et transversaux sont listés ci-dessous, les indicateurs associés sont
précisés dans l?annexe 4.1.
53
Partie 3 : Objectifs stratégiques et planification
des espaces maritimes
Objectif général A
Maintenir ou rétablir la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes des fonds côtiers
et littoraux
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
A1| D01-HB6OE03
Réduire les perturbations physiques liées à la fréquentation humaine sur les habitats
rocheux intertidaux*, notamment par la pêche à pied
*Champs de blocs, bancs de moules intertidaux, ceintures à cystoseires et trottoirs à lithophyllum
Objectif stratégique
A2 | D01-HB-OE06
Réduire les perturbations physiques sur les habitats sédimentaires infralittoraux et
circalittoraux* notamment dans la zone des 3 milles
*Détritique côtier ; biocénoses des sables ; graviers sous influence des courants de fond ; maërl
et rhodolithes
A3 | D01-HB-OE07
Maintenir un niveau d?exploitation durable du corail rouge sous influence de la pêche
professionnelle en plongée sous-marine
A4 | D01-HB-OE09
Éviter la perturbation physique des herbiers de phanérogames méditerrannéens et du
coralligène (par les mouillages, la plongée sous-marine de loisir, les engins de pêche de
fond, le rechargement des plages)
54
Objectif stratégique
A5 | D01-HB-OE12
Réduire les pertes physiques des banquettes de posidonie
Objectif stratégique
A7 | D06-OE02
Réduire les perturbations et les pertes physiques des habitats génériques et particuliers
liées aux ouvrages, activités et usages maritimes
Objectif stratégique
A6 | D06-OE01
Limiter les pertes physiques d?habitats génériques et particuliers liés à l?artificialisation, de
la limite du domaine public maritime jusqu?à 20 mètres de profondeur et en lagunes
Pertes et perturbations physiques des habitats
Objectif général A
Maintenir ou rétablir la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes des fonds côtiers
et littoraux
Objectif stratégique
A8 | D06-A8
Restaurer le linéaire du trait de côte et les petits fonds côtiers présentant une altération
structurelle et/ou une altération des fonctions écologiques en respectant la nature des
fonds et du linéaire préexistant et hors de toute séquence ERC
Restaurer les écosystèmes
55
A9 | D06-A10
Optimiser les fonctions écologiques des aménagements artificialisant les fonds côtiers
Objectif stratégique
A10 | D07-A2
Éviter tout nouvel aménagement ou activité (ouvrages maritimes, extraction de
matériaux, dragage, immersion de matériaux de dragage, aménagements et rejets
terrestres) modifiant les conditions hydrographiques présentant un impact résiduel
notable sur la courantologie et la sédimentologie des zones de transition mer-
lagunes
Objectif stratégique
A11 | D07-B2
Éviter tout nouvel aménagement ou activité (ouvrages maritimes, extraction de
matériaux, dragage, immersion de matériaux de dragage, aménagements et rejets
terrestres) modifiant les conditions hydrographiques présentant un impact résiduel
notable sur la courantologie et la sédimentologie des secteurs de dunes sableuses
sous-marines profondes
Objectif stratégique
Changements hydrographiques induits par les projets,
aménagements ou activités
Objectif général A
Maintenir ou rétablir la biodiversité et le
fonctionnement des écosystèmes des fonds côtiers
et littoraux
Objectif stratégique
Objectif stratégique
A14 | D07-OE03
Limiter les pressions et les obstacles à la connectivité mer-terre au niveau des estuaires
et des lagunes côtières
A13 | D07-OE01
Eviter les impacts résiduels notables de la turbidité au niveau des habitats et des
principales zones fonctionnelles halieutiques d?importance les plus sensibles à cette
pression, sous l?influence des ouvrages maritimes, de l?extraction de matériaux, du
dragage, de l?immersion de matériaux de dragage, des aménagements et de rejets
terrestres
56
A15 | D07-OE04
Assurer un volume d?eau douce suffisant en secteur côtier toute l?année, notamment en
réduisant les niveaux de prélèvements d?eau (souterraine et de surface) au niveau du
bassin versant
Objectif stratégique
Objectif général A?
Développer les zones de protection forte
Objectif stratégique
A?1 | OE-T01
Développer les zones de protection forte
A12 | D07-C2
Éviter tout nouvel aménagement ou activité (ouvrages maritimes, extraction de
matériaux, dragage, immersion de matériaux de dragage, aménagements et rejets
terrestres) modifiant les conditions hydrographiques présentant un impact résiduel
notable sur la courantologie et la sédimentologie de la limite du domaine public
maritime jusqu?à 30 mètres de profondeur
Objectif stratégique
Objectif général B
Maintenir un bon état de conservation des habitats
profonds des canyons sous-marins
Objectif stratégique
B1 | D01-HB-OE10
Éviter l?abrasion et l?étouffement des zones les plus représentatives des habitats
profonds (Écosystèmes Marins Vulnérables) et réduire l?abrasion des structures
géomorphologiques particulières
57
B2 | D01-HB-OE11
Limiter la pression d?extraction sur les dunes hydrauliques de sables coquilliers et éviter
la pression d?extraction sur les dunes du haut de talus
Objectif stratégique
Objectif général C
Préserver la ressource halieutique du plateau du
golfe du Lion et des zones côtières
Objectif stratégique
C1 | D01-PC-OE01
Maximiser la survie des élasmobranches capturés accidentellement, en particulier les
espèces interdites à la pêche (catégorie A) et les espèces non interdites à la pêche, mais
prioritaires en termes de conservation (catégories B et C)
Réduire l?impact des prélèvements et des captures accidentelles
d?éspèces vulnérables de poissons
Objectif stratégique
C2 | D01-PC-OE03
Adapter les prélèvements en aval de la limite de salure des eaux (LSE) d'espèces
amphihalines de manière à atteindre ou à maintenir le bon état du stock et réduire les
captures accidentelles des espèces amphihalines dont la capacité de renouvellement
est compromise, en particulier dans les zones de grands rassemblements, les estuaires
et les panaches estuariens identifiés par les PLAGEPOMI
Objectif général C
Préserver la ressource halieutique du plateau du
golfe du Lion et des zones côtières
Réduire l?impact des prélèvements et des captures accidentelles
d?éspèces vulnérables de poissons
C3 | D01-PC-OE04
Limiter les captures des espèces vulnérables et en danger sur la façade Méditerranée
Objectif stratégique
58
C4 | D01-PC-OE02
Favoriser la restauration des populations d'élasmobranches en danger critique
d'extinction, en danger, vulnérables, quasi menacées selon la liste rouge des espèces
menacées de l'UICN
Objectif stratégique
Objectif stratégique
C5 | D01-PC-OE05
Diminuer toutes les pressions qui affectent l?étendue et la condition des zones
fonctionnelles halieutiques d'importance ZFHi identifiées (dont frayères, nourriceries,
voies de migration), essentielles à la réalisation du cycle de vie des poissons,
céphalopodes et crustacés d?intérêt halieutique
Préserver les habitats et les zones fonctionnelles importants
pour les poissons et céphalopodes
Objectif général C
Préserver la ressource halieutique du plateau du
golfe du Lion et des zones côtières
Objectif stratégique
C6 | D03-OE01
Conformément à la Politique Commune de la Pêche (PCP), adapter la mortalité par
pêche pour atteindre le rendement maximum durable (RMD) pour les stocks
halieutiques couverts par des recommandations internationales et européennes
Adapter la mortalité par pêche pour atteindre une exploitation
durable des stocks halieutiques
Objectif stratégique
C7 | D03-OE02
Adapter la mortalité par pêche pour assurer une gestion durable des stocks locaux pour
les stocks halieutiques concernés totalement ou partiellement par une évaluation
nationale ou infranationale et faisant l'objet d'une gestion locale
Objectif stratégique
C8 | D03-OE03
Adapter les prélèvements par la pêche de loisir de manière à atteindre ou maintenir le
bon état des stocks sur la base des meilleures connaissances disponibles
59
C9 | D04-OE01
Limiter les atteintes à des maillons sensibles de la chaîne trophique en faveur de la
restauration de la ressource
Objectif stratégique
C10 | D04-OE03
Maintenir un niveau de prélèvement nul sur le micro-necton océanique (notamment le
Krill, et les myctophidés ou poissons lanterne, etc.)
Objectif stratégique
Adapter le prélèvement des premiers maillons de la chaîne
trophique (micro-necton, espèces fourrage)
Objectif général D
Maintenir ou rétablir les populations de
mammifères marins et tortues dans un bon état
de conservation
Objectif stratégique
D1 | D01-MT-OE01
Limiter le dérangement anthropique des mammifères marins et des tortues
Préserver les habitats et les zones fonctionnelles importants pour
les mammifères et les tortues
Réduire la mortalité des mammifères et tortues liée aux activités
humaines
Objectif stratégique
D2 | D01-MT-OE02
Réduire les captures accidentelles de tortues marines et de mammifères marins, en
particulier des petits cétacés
60
D3 | D01-MT-OE03
Réduire les collisions avec les tortues marines et les mammifères marins
Objectif stratégique
Objectif général E
Garantir les potentialités d?accueil du milieu marin
pour les oiseaux : alimentation, repos,
reproduction, déplacement
Réduire la mortalité directe des oiseaux marins liée aux activités
humaines
E1 | D01-OM-OE01
Réduire les captures accidentelles d?oiseaux marins (au large et à proximité des
colonies), par les palangres, les filets fixes et les sennes pélagiques
Objectif stratégique
Objectif général E
Garantir les potentialités d?accueil du milieu marin
pour les oiseaux : alimentation, repos,
reproduction, déplacement
Objectif stratégique
E5 | D01-OM-OE05
Maintenir ou restaurer les habitats fonctionnels* des oiseaux marins** dans les zones
humides littorales
*Les zones fonctionnelles sont celles identifiées par le MNHN
**cf. espèces d'oiseaux marins listées dans l'arrêté BEE
61
Objectif stratégique
E6| D01-OM-OE06
Limiter le dérangement physique, sonore, lumineux des oiseaux marins* au niveau de
leurs zones d'habitats fonctionnels
*cf. espèces d'oiseaux marins listées dans l'arrêté BEE
Les zones fonctionnelles sont celles identifiées par le MNHN
E4 | D01-OM-OE04
Réduire la pression exercée par certaines espèces introduites et domestiques sur les
sites de reproduction des oiseaux marins*
*cf. espèces d'oiseaux marins listées dans l'arrêté BEE
E3 | D01-OM-OE03
Éviter les pertes d?habitats fonctionnels pour les oiseaux marins, en particulier dans les
sites fonctionnels à enjeux forts*
*Les sites fonctionnels à enjeux forts sont définis comme ceux remplissant les critères RAMSAR
d?importance internationale ou accueillant plus de 15% de l?effectif national ou les zones
fonctionnelles identifiées par le MNHN
Objectif stratégique
Préserver les habitats et les zones fonctionnelles importants pour les
oiseaux marins
Objectif stratégique
Objectif stratégique
E2 | D01-OM-OE02
Prévenir les collisions des oiseaux marins avec les infrastructures en mer, notamment
les parcs éoliens (application de la séquence « éviter, réduire, compenser »)
Objectif général F
Réduire les apports à la mer de contaminants
bactériologiques, chimiques et atmosphériques
Objectif stratégique
F1 | D05-OE03
Ne pas augmenter les apports de nutriments dans les zones peu ou pas impactées par
l?eutrophisation
Réduire les apports de nutriments d?origine tellurique
Réduire les apports et rejets directs de contaminants chimiques
F2 | D08-OE01
Réduire les apports de contaminants dus aux apports pluviaux des communes, des
agglomérations littorales et des ports
Objectif stratégique
F3 | D08-OE02
Réduire les apports directs en mer de contaminants, notamment les hydrocarbures liés
au transport maritime et à la navigation
Objectif stratégique
62
F4 | D08-OE03
Réduire les rejets d?effluents liquides (eaux noires, eaux grises), de résidus
d?hydrocarbures et de substances dangereuses issus des navires de commerce, de
pêche ou de plaisance
Objectif stratégique
F5 | D08-OE04
Limiter le rejet dans le milieu naturel de contaminants et la dissémination d?espèces non
indigènes lors du carénage des navires (plaisance et professionnels) et des équipements
immergés (bouées, structures d?élevages, etc.)
Objectif stratégique
v
Objectif général F
Réduire les apports à la mer de contaminants
bactériologiques, chimiques et atmosphériques
Objectif stratégique
63
Objectif stratégique
F6 | D08-OE05
Limiter les apports directs, les transferts et la remobilisation de contaminants en mer liés
aux activités telles que le creusement des fonds marins pour installation de câbles, EMR,
transport maritime, etc. (autres que le dragage et l?immersion de sédiments) et
supprimer les rejets, émissions, relargage des substances dangereuses prioritaires
mentionnées en annexe 10 de la DCE
Objectif stratégique
F7 | D08-OE06
Limiter les apports en mer de contaminants des sédiments liés aux activités de dragage
et d?immersion
F8 | D08-OE07
Réduire les rejets à la mer de contaminants d?origine terrestre*
*hors activités de dragage et clapage
Objectif stratégique
Préserver la qualité microbiologique des eaux côtières
F9 | D09-OE01
Réduire les transferts directs de polluants microbiologiques en particulier vers les zones
de baignade et les zones de production de coquillages
Objectif général G
Réduire les apports et la présence de déchets dans
les eaux marines
Objectif stratégique
G1 | D10-OE01
Réduire les apports et la présence des macrodéchets d'origine terrestre retrouvés en mer
et sur le littoral
Réduire les fuites de plastique vers la mer (SNB, mesure 7,
action 2)
G2 | D10-OE02
Réduire les apports et la présence de macrodéchets en mer issus des activités, usages et
aménagements maritimes
64
Objectif stratégique
G3 | D10-OE03
Réduire les apports et la présence de microdéchets sur le littoral
Objectif stratégique
Objectif général H
Réduire le risque d?introduction et de
développement d?espèces non indigènes
Objectif stratégique
H1 | D02-OE01
Limiter le risque d'introduction d'espèces non indigènes lié à l'importation de faune et de
flore
Limiter l?introduction et lutter contre les espèces exotiques
envahissantes (SNB, mesure 10)
H2 | D02-OE03
Limiter les risques d?introduction et de dissémination d?espèces non indigènes (ENI) liés à
la navigation (eaux et sédiments de ballast des navires, fouling) et à l?immersion de récifs
artificiels
Objectif stratégique
Objectif général H
Réduire le risque d?introduction et de
développement d?espèces non indigènes
Objectif stratégique
Objectif général I
Réduire les sources sonores sous-marines
Objectif stratégique
I1 | D11-OE01
Réduire le niveau de bruit lié aux émissions impulsives produites par les activités
anthropiques au regard des risques de dérangement et de mortalité des espèces à un
niveau inférieur au seuil de déclenchement d?un effet biologique négatif
I2 | D11-OE02
Réduire le niveau de bruit continu produit par les activités anthropiques au regard des
risques de dérangement et de mortalité des espèces à un niveau inférieur au seuil de
déclenchement d?un effet biologique négatif
65
H3 | D02-OE04
Limiter les risques de dissémination des espèces non indigènes lors de l?introduction et
du transfert des espèces aquacoles
Objectif stratégique
66
Objectif général J
Soutenir la recherche et l?acquisition de
connaissances au service des politiques publiques
de la mer et du littoral
J2
Favoriser la recherche dans les domaines du DSF
Objectif stratégique
J3
Mieux connaître l?impact des activités sur les milieux marins et littoraux, y compris les
impacts cumulés
J4
Affiner et capitaliser la connaissance dans les territoires, en lien avec l?adaptation au
changement climatique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
J5
Développer des réseaux d?observation à l?échelle la plus pertinente afin de comprendre
et guider les politiques publiques de la mer et du littoral
J1
Définir et affiner les méthodes opérationnelles de suivi pour permettre une évaluation
complète du bon état écologique
Objectif stratégique
67
Objectif général K
Développer les énergies marines renouvelables
(EMR) en Méditerrannée
Objectif stratégique
K1
Favoriser l?implantation des parcs éoliens flottants commerciaux, de leurs
raccordements, et des autres EMR, conformément aux objectifs de la Programmation
pluriannuelle de l'énergie (PPE)
K2
Favoriser le développement de filières structurées à l?échelle de la façade génératrices
d?emplois (éolien flottant, énergie thermique des mers, etc.), en assurant les régulations
sociales
Objectif stratégique
K3
Soutenir la formation pour les besoins très spécifiques de la chaîne de valeur des filières
EMR (recherche, ingénierie, fonctionnement, maintenance, etc.)
Objectif stratégique
Objectif stratégique
K4
Bancariser et diffuser la connaissance et les retours d?expériences relatifs aux projets
français et étrangers à l?ensemble des parties prenantes
Objectif stratégique
K5
Favoriser la recherche, l?innovation technologique et environnementale et les
expérimentations de co-usages dans les parcs éoliens
Objectif général L
Contribuer à un système de transport et de
services maritimes durable et compétitif, reposant
sur des ports complémentaires
Objectif stratégique
L1
Conforter le positionnement des ports de commerce comme aménageur et
gestionnaire intégré des espaces (logistiques, industriels et naturels), en lien avec les
collectivités et les opérateurs de l?intermodalité, et favoriser l?intégration de l?axe
Méditerranée-Rhône-Saône, tout en veillant à limiter l?artificialisation
L2
Veiller aux enjeux de qualité de l?air et à l?intégration de la dimension ville-port dans les
démarches de développement du trafic maritime
Objectif stratégique
L3
Soutenir le développement d?un transport maritime hauturier et de services maritimes
durable et compétitif
Objectif stratégique
L4
Accompagner le développement de stratégies en faveur du cabotage côtier de passagers
et de marchandises contribuant au désengorgement / à la fluidification du trafic routier
Objectif stratégique
68
Objectif général M
Soutenir une pêche durable, efficace dans
l?utilisation des ressources et innovante
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
M2
Aider les professionnels à moderniser leur flottille en soutenant la décarbonation des
navires
M3
Maintenir et valoriser les métiers de la pêche
M4
Soutenir les démarches de valorisation des produits
M5
Veiller à l?adéquation d?une offre de formation compatible avec les besoins des socio-
professionnels (pratiques innovantes, conduite d?entreprise, diversification d?activités ou
réorientation professionnelle, évolutions réglementaires, etc.) et disponible au plus près
des bassins d?emplois
M6
Améliorer l?intégration des activités de transformation à proximité des ports de pêche ou
ports mixtes, pour favoriser de nouvelles installations
Objectif stratégique
M7
Soutenir et moderniser la filière aval en veillant à une bonne articulation entre le
développement des circuits courts et des criées existantes
Objectif stratégique
M8
Accompagner la pêche récréative vers des pratiques raisonnées et responsables
69
Objectif stratégique
M1
Accompagner les professionnels dans la préservation des ressources et des
écosystèmes
Objectif général N
Soutenir une aquaculture durable, efficace dans
l?utilisation des ressources, innovante et
compétitive
Objectif stratégique
Objectif stratégique
N1
Valoriser les produits de l'aquaculture marine
70
N2
Soutenir le développement de l?aquaculture, l?accès au foncier et aux points de
débarquement tout en veillant à limiter l?artificialisation
Objectif stratégique
N3
Veiller à l?adéquation d?une offre de formation compatible avec les besoins des socio-
professionnels (pratiques innovantes, conduite d?entreprise, diversification d?activités,
évolutions réglementaires, etc.) et disponible au plus près des bassins d?emplois
Objectif stratégique
N4
Soutenir la sécurisation des infrastructures et du cheptel et accompagner les
professionnels face aux menaces de maladies/mortalités, en prenant en compte les
effets du changement climatique
Objectif stratégique
N5
Favoriser la recherche et l?innovation pour développer de nouvelles pratiques et
cultures d?espèces endémiques
71
Objectif général O
Structurer des filières compétitives et
complémentaires d?opérateurs de travaux publics,
d?activités sous-marines et d?ingénierie écologique
Objectif stratégique
O1
Soutenir la recherche et l?innovation en lien avec les pôles de compétitivité, les pôles
régionaux, les établissements publics (industriels et commerciaux, dédiés à la recherche)
et les socio-professionnels concernés
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
O2
Soutenir la constitution d?une filière de traitement et de valorisation à terre des
sédiments de dragage et accompagner les initiatives permettant une optimisation des
dragages
O3
Soutenir la structuration d?une filière d?ingénierie écologique
O4
Optimiser la pose des câbles en vue de limiter les conflits d?usage liées notamment aux
mouillages des navires, en évitant les habitats à enjeu fort
O5
Soutenir la structuration de la filière des biotechnologies bleues
72
Objectif général P
Accompagner et soutenir les industries nautiques
et navales
Objectif stratégique
P1
Soutenir la recherche et l?innovation en faveur des thématiques Green Ship
(décarbonation, navire écologique), Smart Ship (navires intelligents, système autonome) et
Smart Yard (nouveaux matériaux, chantiers intelligents)
Objectif stratégique
P2
Soutenir la filière de déconstruction des bateaux de plaisance hors d?usage (transport,
valorisation des déchets)
Objectif stratégique
P3
Favoriser le développement concerté entre tous les acteurs des industries nautiques et
navales
Objectif stratégique
P4
Maintenir et valoriser les métiers des industries nautiques et navales et assurer leur
attractivité
73
Objectif général Q
Accompagner le développement durable des
activités de loisirs
Objectif stratégique
Q1
Accompagner la plaisance vers un modèle durable intégrant l?innovation numérique et
l?optimisation des espaces
Objectif stratégique
Q2
Favoriser le développement des sports nautiques et subaquatiques à faible impact sur
l'environnement
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Q3
Valoriser les ports de plaisance comme outils stratégiques de développement durable du
territoire
Q4
Soutenir les dynamiques d?équipements et de services s?inscrivant dans les transitons
écologique et énergétique (gestion sobre de l?eau, collecte des déchets, décarbonation)
Q5
Soutenir la mise en place de zones de mouillages organisés dans les sites sensibles
identifiés par la Stratégie de gestion des sites de mouillage
Objectif général R
Accompagner l?économie du tourisme dans le
respect des enjeux environnementaux et sociaux
R1
Accompagner les collectivités littorales et les professionnels dans leur stratégie de
durabilité (désaisonnalisation, diversification et régulation de l?offre touristique), tout en
veillant à limiter l?artificialisation
Objectif stratégique
R2
Garantir une occupation exemplaire et réversible du domaine public maritime,
s?inscrivant dans une orientation de préservation des écosystèmes côtiers et des
paysages
Objectif stratégique
R3
Maintenir et restaurer le caractère naturel des plages
Objectif stratégique
Objectif général S
Protéger, préserver et mettre en valeur les
paysages et le patrimoine (littoral, maritime,
subaquatique, historique, etc.) méditerranéen
Objectif stratégique
S1
Préserver les paysages emblématiques, les espaces naturels du littoral et le patrimoine
en tant que composantes essentielles du cadre de vie et de l?attractivité touristique
Objectif stratégique
74
S2
Valoriser l?ensemble des composantes du patrimoine méditerranéen, garant de l?identité
des territoires
75
Objectif général T
Garantir le libre-accès à la mer et au littoral
T1
Garantir aux piétons et aux personnes à mobilité réduite un accès libre et gratuit à la
mer et au littoral, sauf zones à accès réglementé
Objectif stratégique
T2
Inciter, au sein d?espaces déjà urbanisés ou aménagés, à l?accès au foncier, aux quais et
aux cales pour les activités, les industries et les services maritimes
Objectif stratégique
Objectif général U
Développer l?attractivité, la qualification et la
variété des emplois de l?économie maritime et
littorale
U1
Favoriser les outils permettant la connexion entre l?offre et la demande d?emplois dans
les métiers de la mer
Objectif stratégique
U2
Développer et consolider les dispositifs de formation aux métiers de la mer
Objectif stratégique
U3
Valoriser, favoriser et prioriser les savoir-faire (pacte générationnel notamment)
Objectif stratégique
U4
Anticiper les besoins en compétences et en volumes d?emplois pour renforcer
l?attractivité des métiers de la mer
Objectif stratégique
U5
Assurer de bonnes conditions de travail et de vie aux salariés des métiers de la mer, en
veillant notamment aux régulations sociales
Objectif stratégique
76
Objectif général V
Accompagner les acteurs de l?économie maritime
et de l?ensemble des usagers de la mer vers la
sobriété (transition écologique, énergétique et
numérique) et les sensibiliser à cet impératif
V1
Soutenir la recherche, l?innovation et l?expérimentation en faveur de l?économie bleue
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
V2
Éduquer et sensibiliser les usagers de la mer
Objectif stratégique
V3
Favoriser la création de filières de collecte et de valorisation des déchets
V4
Réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique liées à
l?économie maritime
Objectif général W
Anticiper et gérer les risques littoraux et le recul de
trait de côte
W1
Améliorer la connaissance sur les risques côtiers et la connaissance du recul du trait de
côte, en prenant en compte le changement climatique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
Objectif stratégique
W2
Prendre en compte les risques naturels littoraux et le recul du trait de côte dans les
projets d?aménagement, tout en veillant à limiter l?artificialisation, et accompagner la
recomposition spatiale et l?adaptation des littoraux au changement climatique
W3
Inciter à la déclinaison territoriale de la stratégie nationale de gestion intégrée du trait de
côte
77
Chapitre 2 : Planification des espaces maritimes
L?analyse effectuée et résumée dans les chapitres précédents a permis d?identifier dès le premier cycle
du DSF, dans les espaces maritimes, des zones cohérentes au regard des enjeux et objectifs généraux
qui leur sont assignés, tant par le DSF que par d?autres processus. La carte des vocations favorise la
définition de priorités stratégiques (vocations) pour les zones identifiées. Au nombre de 30 lors du
premier cycle, le découpage de ces zones a été revu afin de mieux s?adapter aux connaissances des
zones, faisant ainsi évoluer certaines vocations. Au sein de ce second cycle, elles sont au nombre de
27.
Ces zones sont définies par l?homogénéité des enjeux en présence et par l?existence de dispositifs de
gouvernance locale et de réglementations spécifiques. Chaque zone fait l?objet d?une vocation
particulière qui exprime une projection dans l?avenir ou une volonté d?évolution concernant les
activités et le milieu marin.
À ce stade, il est important de préciser les éléments suivants :
la préservation de l?environnement, la réduction et la maîtrise des impacts anthropiques, le
maintien ou l?atteinte du bon état écologique constituent un impératif pour l?ensemble des zones ;
les prescriptions liées à la défense et la sécurité ne figurent pas sur cette carte et peuvent être
appréhendées au cas par cas, en s?appuyant sur le site Internet de la préfecture maritime de
Méditerranée si besoin ;
l?identification des vocations au sein de chaque zone est issue d?un travail de concertation locale.
L?annexe 6 se compose d?une fiche pour chaque zone et de représentations cartographiques plus
fines de l?existant.
Elle est complétée par trois fiches concernant les planifications thématiques suivantes :
éolien flottant ;
zones de protection forte ;
aquaculture.
Un bref aperçu de chaque zone de vocations est reproduit ci-dessous.
78
Zone - Périmètre du Parc naturel marin du golfe du Lion
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (0,02% en
protection forte en
2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité marine
côtière du plateau
et des habitats
profonds
Mettre en valeur les
patrimoines naturel
et culturel
Assurer l?évolution
durable des usages
traditionnels (pêche
professionnelle,
activité de tourisme
et de loisirs) et
émergents (éolien
flottant, etc.)
Maîtriser les
pressions cumulées
prioritairement en
zone côtière
Conflits
d?usages
majeurs
Plaisance, mouillage et
tourisme balnéaire
Zone - Port-la-Nouvelle
Couverture
en aires
marines
protégées
99% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Accompagner une
évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Développement des
sports de voile (kite,
wing, etc.) et activité
de pêche (petits
métiers, pêche à pied).
79
1
2
Zone - Littoral languedocien
Couverture
en aires
marines
protégées
85% (0,67% en
protection forte en
2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner une
évolution durable
des filières
halieutiques et du
transport maritime
Structurer une offre
touristique
respectueuse
Réduire les impacts
et conflits d?usages
potentiels
Zone - Sète
Couverture
en aires
marines
protégées
95% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Accompagner une
évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
80
3
4
Zone - Camargue
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (1,3% en
protection forte en
2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner
l'évolution durable
des activités
humaine, du
tourisme et des
filières halieutiques
Réduire les impacts
et conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Forte fréquentation des
plages en zone
naturelle, exerçant une
pression importante
sur l?environnement
Zone - Plateau du golfe du Lion ? Eaux territoriales
Couverture
en aires
marines
protégées
42% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Accompagner
l'évolution durable
des filières
halieutiques
Assurer la
compatibilité des
usages avec les
fermes pilotes de
l'éolien offshore
flottant
81
5
6
Zone - Plateau du golfe du Lion ? Zone économique exclusive
Couverture
en aires
marines
protégées
96% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces.
Accompagner le
développement de
l?éolien offshore
flottant.
Assurer la
compatibilité des
usages avec les
fermes
commerciales de
l'éolien offshore
flottant.
Conflits
d?usages
majeurs
Activité de pêche,
développement de
l?éolien flottant et
transport maritime
Zone - Golfe de Fos-sur-Mer
Couverture
en aires
marines
protégées
30% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Accompagner
l'évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Fort impact
environnemental des
mouillages au large du
port de Marseille-Fos.
Forte densité du trafic
maritime..
82
7
8
Zone - Côte Bleue
Couverture
en aires
marines
protégées
91% (1,40% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et l?accrétion
du littoral
Accompagner
l'évolution durable des
activités humaines,
des loisirs nautiques et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Pression forte de la
plaisance en mer et du
tourisme balnéaire à terre
Zone - Rade de Marseille
Couverture en
aires marines
protégées
0% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Accompagner
l'évolution durable
des infrastructures
portuaires, du
transport maritime,
des filières
halieutiques et
d?autres activités
humaines
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Forte limitation de
l?accès à la mer et
forte pollution subie
par les populations
locales, dues à la
présence du Grand
Port Maritime
Importants conflits
sur le plan d?eau du
fait des locations
motonautiques
83
9
10
Zone - Périmètre du Parc national des Calanques
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (4,22% en
protection forte en
2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité marine
côtière et les
habitats profonds
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Prendre en compte
l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Mettre en valeur le
patrimoine naturel
et culturel
Accompagner
l'évolution durable
des activités
maritimes, en
conformité avec les
objectifs de la
charte du Parc
national
Conflits
d?usages
majeurs
Fort impact sur
l?environnement du
tourisme et de la
plaisance
Zone - Littoral varois Ouest
Couverture
en aires
marines
protégées
23% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en
compte l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner
l'évolution durable
des activités
maritimes, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
84
11
12
Zone - Rade de Toulon
Couverture
en aires
marines
protégées
0% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Accompagner
l'évolution durable
des activités
maritimes, du
transport maritime
et des filières
halieutiques
Réduire les impacts
et conflits d?usages
potentiels
Zone - Périmètre du Parc national de Port-Cros
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (0,20% en
protection forte en
2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité
marine côtière et
les habitats
profonds
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Maîtriser les
pressions
cumulées côtières
Prendre en
compte l'érosion et
l?accrétion du
littoral
Accompagner
l'évolution durable
des activités
humaines, du
transport maritime
et des filières
halieutiques, en
conformité avec
les objectifs de la
charte du Parc
national
Réduire les
impacts et conflits
d?usages potentiels
85
13
14
Zone - Littoral varois Est
Couverture
en aires
marines
protégées
23% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l'érosion et l?accrétion
du littoral
Accompagner
l'évolution durable des
activités humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Littoral des Alpes-Maritimes
Couverture en
aires marines
protégées
39% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Accompagner
l'évolution durable
des activités
humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Conflits
d?usages
majeurs
Très forte concertation
d?usages (petite et grande
plaisance, pêche
professionnelle, véhicules
motonautiques, croisière,
baignade) qui entrent en
conflit entre eux et avec
l?environnement marin.
86
15
16
Zone - Large Provence-Alpes-Côte d?Azur
Couverture
en aires
marines
protégées
4% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Préserver des canyons
Maintenir l?état de
conservation des
espèces
Accompagner
l?évolution durable des
activités humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Plaine bathyale
Couverture en
aires marines
protégées
6% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Améliorer la
connaissance de la
zone sur l?ensemble
des compartiments
Maintenir l?état de
conservation des
espèces
Accompagner
l?évolution durable
des activités
humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
87
17
18
Zone - Canyons
Couverture
en aires
marines
protégées
15% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Préserver les habitats
remarquables, des
canyons
Maintenir l?état de
conservation des
espèces en présence
Améliorer la
connaissance, en
particulier sur les
écosystèmes marins
vulnérables
Accompagner
l?évolution durable des
activités humaines, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Zone - Périmètre du Parc naturel marin du Cap Corse et de l?Agriate
Couverture en
aires marines
protégées
98% (0,34% en protection
forte en 2024)
Vocations
Préserver la
biodiversité marine
du parc, y compris
des canyons, des
habitats profonds et
de monts sous-
marins, en prenant
notamment en
compte le rôle
écologique du front
liguro-provençal, ainsi
que la diversité des
cétacés
Maîtriser les
pressions cumulées
prioritairement en
zone côtière
Mettre en valeur le
patrimoine naturel et
culturel
Accompagner
l?évolution durable
des usages
traditionnels (pêche
professionnelle et de
loisir, activités de
tourisme et de loisirs)
et émergents
88
19
20
Zone - Bastia
Couverture
en aires
marines
protégées
0% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtière
Accompagner une
évolution durable des
infrastructures
portuaires, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Littoral occidental de la Corse
Couverture en
aires marines
protégées
63% (0,07% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Maintenir la diversité
des espaces,
l?intégrité paysagère
et le patrimoine
géologique
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Gérer, encadrer et
accompagner
l?évolution durable
des activités
humaines
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
89
21
22
Zone - Golfe d?Ajaccio
Couverture
en aires
marines
protégées
100% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtriser les pressions
cumulées côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Accompagner
l?évolution durable des
infrastructures
portuaires, du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Large côte occidentale de la Corse
Couverture en
aires marines
protégées
46% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maintenir l?état de
conservation des
habitats profonds et
des espèces
Accompagner
l?évolution durable du
transport maritime et
des filières
halieutiques
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
90
23
24
Zone - Littoral Sud de la Corse
Couverture
en aires
marines
protégées
58% (7,96% en protection
forte en 2024)
Vocations
Conserver la diversité
et la qualité des
milieux, des habitats
et des espèces
Maintenir la diversité
des espaces, l?intégrité
paysagère et le
patrimoine géologique
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Gérer, encadrer et
accompagner
l?évolution durable des
activités humaines
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
Zone - Plaine orientale et large Est de la Corse
Couverture en
aires marines
protégées
8% (0% en protection
forte en 2024)
Vocations
Maîtrisant les
pressions cumulées
côtières
Maintenir l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en compte
l?érosion et l?accrétion
du littoral
Améliorer la
connaissance de la
zone sur l?ensemble
des compartiments
Réduire les impacts et
conflits d?usages
potentiels
91
25
26
Zone - Espaces maritimes intérieurs (lagunes, graus, etc.)
Couverture
en aires
marines
protégées
0% (0% en
protection forte en
2024)
Vocations
Maîtriser les
pressions
cumulées des
espaces
maritimes
intérieurs
Maintenir de
l?état de
conservation des
habitats et des
espèces
Prendre en
compte
l?utilisation et la
valorisation
possible du
milieu et des
ressources
marines par une
exploitation
durable
Améliorer la
connaissance
des zones sur
l'ensemble des
compartiments
Réduire les
impacts et
conflits d?usages
potentiels
92
27
93
Planification thématique - Zones de protection forte
Planification thématique - Éolien en mer
94
Planification thématique - Aquaculture
INVALIDE)