Synthèse de la consultation du public par voie électronique menée sur la mise à jour de la stratégie de façade maritime Méditerranée du 5 mai au 5 août 2025
Auteur moral
France. Direction interrégionale de la mer Méditerranée
;Préfet de la région Provence Alpes Côte d'Azur
;Préfet maritime de la Méditerranée
Auteur secondaire
Résumé
La planification maritime est le processus par lequel l'État analyse et organise les activitéshumaines en mer, dans une perspective écologique, économique et sociale. Elle est élaboréede manière concertée avec les usagers de la mer et le public.L'Union européenne s'est saisie de cet enjeu par le biais d'une directive-cadre dédiée à laplanification de l'espace maritime (DCPEM - 2014), en complément de la directive-cadrestratégie pour le milieu marin (DCSMM - 2008) qui vise à maintenir ou restaurer un bonfonctionnement des écosystèmes marins tout en permettant l'exercice des usages en mer pourles générations futures, dans une perspective de développement durable. Ces deux directivesont été transposées en droit français et donnent un cadre juridique à la planification maritime.Au niveau national, la planification maritime est portée par la Stratégie nationale pour la meret le littoral (SNML) 2024-2030, adoptée par décret le 10 juin 2024. Fixant le cadre général dela politique maritime française, celle-ci est le fruit d'un travail interministériel, en concertationavec les parties prenantes maritimes sous l'égide du Conseil national de la mer et des littoraux(CNML) composé pour moitié d'élus et pour moitié de représentants des établissementspublics, des entreprises, des organisations syndicales de salariés représentatives au niveaunational, et d'associations et fondations.
Descripteur Urbamet
stratégie territoriale
Descripteur écoplanete
Thème
Maritime
;Environnement - Nature
Texte intégral
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Synthèse de la consultation du public par voie
électronique menée sur la mise à jour de la stratégie de
façade maritime Méditerranée du 5 mai au 5 août 2025
https://jeparticipe.expertises-
territoires.fr/processes/PPVESFM2025
Octobre 2025
https://jeparticipe.expertises-territoires.fr/processes/PPVESFM2025
https://jeparticipe.expertises-territoires.fr/processes/PPVESFM2025
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I. Contexte
1. Cadre général de la mise à jour des stratégies de façade maritime
La planification maritime est le processus par lequel l?État analyse et organise les activités
humaines en mer, dans une perspective écologique, économique et sociale. Elle est élaborée
de manière concertée avec les usagers de la mer et le public.
L?Union européenne s?est saisie de cet enjeu par le biais d?une directive-cadre dédiée à la
planification de l?espace maritime (DCPEM - 2014), en complément de la directive-cadre
stratégie pour le milieu marin (DCSMM - 2008) qui vise à maintenir ou restaurer un bon
fonctionnement des écosystèmes marins tout en permettant l?exercice des usages en mer pour
les générations futures, dans une perspective de développement durable. Ces deux directives
ont été transposées en droit français et donnent un cadre juridique à la planification maritime.
Au niveau national, la planification maritime est portée par la Stratégie nationale pour la mer
et le littoral (SNML) 2024-2030, adoptée par décret le 10 juin 2024. Fixant le cadre général de
la politique maritime française, celle-ci est le fruit d?un travail interministériel, en concertation
avec les parties prenantes maritimes sous l?égide du Conseil national de la mer et des littoraux
(CNML) composé pour moitié d?élus et pour moitié de représentants des établissements
publics, des entreprises, des organisations syndicales de salariés représentatives au niveau
national, et d?associations et fondations.
À l?échelle de chaque façade maritime métropolitaine ? Manche Est - mer du Nord, Nord
Atlantique-Manche Ouest, Sud Atlantique et Méditerranée ?, la planification est définie par un
document stratégique de façade (DSF). La responsabilité de son élaboration incombe aux
préfets coordonnateurs (préfet de région coordinatrice et préfet maritime), qui s?appuient sur
une instance de concertation
unique, le Conseil maritime de
façade, lieu d?échanges privilégié
entre les différents acteurs de la
mer, du littoral et de la terre. Au
niveau national, la coordination des
travaux est assurée par les
ministères en charge de la mer, de
l?environnement et de l?énergie.
Les documents stratégiques de
façade sont composés de deux
volets adoptés dans des
temporalités différentes et mis à
jour tous les 6 ans : le volet
stratégique, dit « stratégie de
façade maritime » (SFM) et le volet
opérationnel. Après un premier
cycle d'élaboration des DSF mené
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entre 2019 et 2022, leur volet stratégique fait l?objet depuis 2022 d?une mise à jour : tel était
l?objet de la participation du public par voie électronique (PPVE) dont le présent document fait
la synthèse.
Les stratégies de façade maritime se composent d?une description de la situation de l?existant
sur la façade, qui comprend un diagnostic des activités et usages en mer ainsi que de l?état
écologique de l?environnement marin et des enjeux associés. Elles incluent également des
orientations et objectifs qui définissent les conditions et règles de coexistence spatiale et
temporelle des activités et des usages, afin de ramener les pressions exercées par les activités
humaines sur le milieu marin à des niveaux compatibles avec le maintien et l?atteinte du bon
état écologique (BEE) des eaux marines.
Désormais, en application de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la
production d'énergies renouvelables (APER), ces stratégies intègrent une cartographie des
zones prioritaires pour le développement de l?éolien en mer à horizon 10 ans et à horizon 2050.
Les stratégies de façade maritime mises à jour comprennent également une trajectoire de
développement de la protection forte en mer (définie par le décret n° 2022-527 du 12 avril
2022) en vue de l?atteinte des cibles surfaciques fixées pour chaque façade (1% en Manche Est
- mer du Nord, 3% en Nord Atlantique-Manche Ouest, 3% en Sud Atlantique et 5% en
Méditerranée) à horizon 2027 et à l?échelle des eaux métropolitaines (5%) à horizon 2030
conformément à la SNML.
Les stratégies de façade maritime sont complétées par un volet opérationnel, élaboré dans un
second temps, comprenant un dispositif de suivi et un plan d?action.
En application de la directive européenne du 27 juin 2001 relative à l'évaluation des incidences
de certains plans et programmes sur l'environnement, tous les plans et programmes
susceptibles d'avoir des incidences notables sur l'environnement et fixant le cadre de décisions
ultérieures d'aménagements et d'ouvrages doivent faire l'objet d'une évaluation
environnementale. Les DSF sont soumis à évaluation environnementale, conformément à
l?article R. 122-10 du code de l?environnement. La démarche de l?évaluation environnementale
d?un plan (définie au L. 122-4 du code de l?environnement) poursuit un triple objectif :
? aider à l?élaboration du plan en prenant en compte l?ensemble des champs de
l?environnement et en identifiant ses effets sur l?environnement ;
? contribuer à la bonne information du public et faciliter sa participation au processus
décisionnel de l?élaboration du programme. Il s?agit d?assurer la transparence sur les
difficultés rencontrées, notamment les déficits de connaissances, afin d?exposer les
limites du plan, non pour le fragiliser, mais pour permettre une meilleure information
du public sur les choix engagés et son évolution à l?occasion de sa révision ;
? éclairer l?autorité administrative qui arrête le plan sur la décision à prendre.
Dans le cadre de cette évaluation, un rapport environnemental a été élaboré et joint au projet
de stratégie de façade maritime.
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2. Calendrier et étapes de la mise à jour des stratégies de façade maritime
Le DSF est élaboré selon un processus itératif et progressif.
? Depuis 2022 : La mise à jour de la stratégie de façade maritime adoptée en 2019 a été
amorcée dès 2022 en lien avec le calendrier de programmation énergétique.
? De novembre 2023 à avril 2024 : Pour la première fois, la mise à jour des DSF a fait
l?objet d?un débat public « La mer en débat », piloté par la Commission nationale du
débat public (CNDP), mutualisé par façade avec la planification de l?éolien en mer, en
application du nouveau cadre permis par la loi APER.
? De mai 2024 à octobre 2024 : Le débat public a donné lieu à un bilan et un compte-
rendu publiés par la CNDP le 26 juin 2024. Suite à une phase de concertation
complémentaire avec les acteurs du milieu maritime, l'État a tiré les enseignements du
débat public le 17 octobre dernier dans une décision ministérielle accompagnée d'un
rapport des maîtres d?ouvrage, pour répondre au compte-rendu de la CNDP.
? Décembre 2024 :
o Le 11 décembre, la CNDP a émis des avis relatifs à la mise à jour des documents
stratégiques de façade maritime et à l?éolien en mer pour les 4 façades,
constatant que « les précisions apportées par les maîtres d?ouvrage aux
demandes de réponses et aux observations et propositions du public sont
suffisamment complètes pour engager la concertation continue ».
o L?Autorité environnementale a été saisie fin décembre sur la base du projet de
stratégie de façade maritime et du rapport d?évaluation des incidences sur
l?environnement stabilisé à l?issue notamment du débat public et des
concertations qui ont suivi. Elle a rendu son avis le 13 mars 2025.
? De décembre 2024 à avril 2025 :
o Afin d?assurer la bonne information et la participation du public entre le débat
public « La mer en débat » et la présente participation du public par voie
électronique, une phase intermédiaire de concertation continue a été mise en
place. Des réunions de travail et des webinaires au niveau national et en façade
ont été organisés.
o Le 28 avril, les garants de la CNDP pour cette concertation ont rendu leur bilan.
? De mai à août 2025 :
o La participation du public par voie électronique s?est déroulée du 5 mai au 5
août 2025, et avait pour objectif de recueillir les avis du public sur les projets de
stratégies de façade maritime.
o En parallèle entre mai et août 2025, différentes instances ont été consultées au
titre du code de l?environnement (R.219-1-10) ainsi que les pays voisins,
notamment au titre de la convention d?Espoo et des directives susmentionnées.
? D?août à octobre 2025 : Le rapport environnemental, l?avis de l?Autorité
environnementale, ainsi que les contributions du public, des pays limitrophes et des
instances, ont été traités afin de finaliser la stratégie de façade maritime, en vue de son
adoption. Ils éclairent également l?élaboration de la partie opérationnelle.
? L?adoption de la SFM est prévue pour le mois de novembre 2025.
Concernant l?éolien en mer, l?objectif est de pouvoir lancer une première procédure de mise
en concurrence (appel d'offres n°10) au sein des zones prioritaires identifiées dans la décision
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interministérielle du 17 octobre 2024, avec un objectif d'attribution des projets fin 2026. Ce
calendrier suppose de publier un cahier des charges final de l?AO10 début 2026.
3. La PPVE : cadre réglementaire et organisation
Conformément aux articles L. 122-4 et R. 121-1-1 du code de l?environnement, les documents
stratégiques de façade sont soumis à évaluation environnementale. En conséquence, après une
première phase de consultation du public « amont » ? dont les modalités sont actées par la
Commission nationale du débat public (un débat public pour la présente mise à jour)
conformément aux articles L. 121-8 et suivants du code de l?environnement ?, la mise à jour de
ces documents fait l?objet d?une participation du public « aval ». Celle-ci prend la forme d?une
participation du public par voie électronique sur la base du projet de plan/programme établi.
L?article L. 219-11 du code de l?environnement prévoit une durée de 3 mois pour la mise à
disposition du public du volet environnemental du DSF, dit « plan d?action pour le milieu
marin », outil de mise en oeuvre de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin.
Conformément à ce cadre réglementaire, la PPVE relative à la mise à jour des stratégies de
façade maritime intégrant la planification de l?éolien en mer a été organisée du 5 mai au 5 août
2025.
Cette PPVE a fait l?objet d?un avis de lancement publié par voie de presse au niveau national
(via le quotidien Le Monde) et au niveau local (via Midi Libre, La Dépêche du Midi, L?Indépendant,
La Marseillaise, Nice-Matin, Var-Matin, Corse-Matin), sur le site internet de la DIRM Méditerranée
et par voie d?affiche dans les locaux de la DIRM Méditerranée (16, rue Antoine Zattara, 13003
Marseille) et de la DREAL Occitanie (520, allée Henri II de Montmorency, 34064 Montpellier) 15
jours avant son ouverture, conformément à l?article R. 123-46-1 du code de l?environnement.
La plateforme de participation en ligne a été hébergée sur le site « expertise territoire »
administrée par le CEREMA : https://jeparticipe.expertises-
territoires.fr/processes/PPVESFM2025. Elle intégrait une page générale de contexte et une
page dédiée aux SFM de chaque façade. Elle comprenait par ailleurs un onglet dédié aux
consultations transfrontalières. L?ensemble des documents requis ont été mis à disposition :
? Le projet de stratégie de façade maritime ;
? Le rapport sur les incidences sur l?environnement et son résumé non technique, au titre
de l?évaluation environnementale ;
? L?avis de l?Autorité environnementale ;
? Le bilan et le compte-rendu du débat public « La mer en débat » ;
? La décision interministérielle précisant les conditions de poursuite de la mise à jour des
SFM ;
? Le bilan de la concertation continue.
Ce dossier a été complété par un document produit par les services en façade précisant les
principales conclusions de l?avis de l?Autorité environnementale et la façon dont elles
pourraient être prises en compte.
Par ailleurs, suite aux annonces du président de la République lors de la troisième Conférence
des Nations unies sur l'Océan (UNOC) concernant le lancement d?une stratégie dédiée à la
protection des fonds marins en France hexagonale, un document a été déposé sur la
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plateforme pour préciser l?articulation de ces annonces avec la trajectoire de développement
de la protection forte portée par les stratégies de façade maritime.
Les contributeurs pouvaient déposer un commentaire de façon libre via un encart « donner
votre avis », mais étaient invités à répondre notamment aux questions suivantes :
? Sur l'état des lieux : Identifiez-vous des éléments à amender ou compléter sur les
spécificités de la façade Méditerranée (activités, environnement, patrimoine) ?
? Sur la vision : Que pensez-vous de la vision de la façade à horizon 2050 ? Identifiez-vous
des éléments qui nécessiteraient d'être complétés ?
? Sur les objectifs : Quels sont les objectifs qui, selon vous, méritent d'être précisés ou
complétés, ou ceux que vous estimez comme manquants dans la stratégie de façade
maritime ?
? Sur la carte des vocations : Partagez-vous les priorités et orientations données à chaque
zone ? Et sinon, quelles modifications proposez-vous ?
La PPVE s?est clôturée le 5 août 2025. Conformément à l?article L. 123-19-1 du code de
l?environnement, cette participation doit faire l?objet d?une « synthèse des observations et
propositions du public avec l'indication de celles dont il a été tenu compte, les observations et
propositions déposées par voie électronique », publiée au plus tard à la date de publication de
la décision. C?est l?objet du présent document, qui dresse la synthèse de cette phase de
consultation sur la façade Méditerranée.
II. Bilan national quantitatif de la consultation du public par voie
électronique
La plateforme a reçu 481 contributions écrites.
Ces contributions sont réparties de la façon suivante à l?échelle des façades :
? 25 pour la façade Manche Est-mer du Nord ;
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? 412 pour la façade Nord Atlantique-Manche Ouest ;
? 30 pour la façade Sud Atlantique ;
? 14 pour la façade Méditerranée.
? Concernant les thématiques abordées dans les contributions : 408 portent notamment
sur la planification de l?éolien en mer :
? 59 portent notamment sur la protection de l?environnement marin ;
? 67 portent notamment sur les activités maritimes, hors éolien en mer ;
? 29 portent notamment sur le processus de planification maritime (processus de mise à
jour des stratégies de façade maritime, contenu et format des livrables, modalités
d?élaboration associées) ;
? 6 portent sur d?autres sujets hors planification maritime ;
? 7 n?ont pas de contenu ou sont inexploitables.
25
412
30
14
Nombre de contributions à la PPVE par façade
MEMN NAMO SA MED
408
59
67
29 6 7
Statistiques contributions PPVE par thématique
Planification de l'éolien en mer
Protection de l'environnement marin
Activités maritimes
Planification maritime : processus, contenu et format des documents, modalités d'élaboration, etc.)
Autres sujets
Absence de contenu ou inexploitable
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La majorité des contributions porte sur une façade en particulier. 4 acteurs ont toutefois
déposé des contributions à l?échelle nationale, portant sur les 4 façades maritimes.
Les statistiques montrent un volume de contributions très important en façade Nord
Atlantique-Manche Ouest sur le sujet de l'éolien en mer. Si des évènements spécifiques ont été
organisés en façade dans le cadre de la concertation continue sur les parcs éoliens en mer, le
public a également pu exprimer son avis dans le cadre de la PPVE sur les stratégies de façade
maritime, dans la mesure où celles-ci intègrent les cartes de planification de l'éolien en mer.
Ces contributions portent plus spécifiquement sur la zone "Bretagne Nord-Ouest" identifiée
comme zone indicative de poursuite de la concertation dans la décision ministérielle
consécutive au débat public "La mer en débat". En effet, cette zone a fait l'objet d'une
concertation renforcée en vue d'en préciser le périmètre d'ici l'adoption des stratégies de
façade maritime. Le public s'est ainsi saisi de la PPVE pour apporter des contributions visant
spécifiquement cette zone.
Synthèses des contributions pour la façade Méditerranée
? Protection de la biodiversité
Trois contributions demandent d?aligner la protection forte (retenue par la France) sur la
protection stricte (retenue dans la stratégie Biodiversité 2030 de l?Union européenne). La
maîtrise d?ouvrage considère que ces deux approches peuvent souvent se rejoindre même si
elles ne sont pas strictement équivalentes : si l?analyse au cas par cas, dans le cadre d?une zone
de protection forte, conclut à l?incompatibilité de toutes les activités, alors elle répond aussi à
la définition de la protection stricte. Ainsi, toutes les zones de protection stricte sont des zones
de protection forte, mais toutes les zones de protection forte ne sont pas des zones de
protection stricte et permettent le maintien d?activités ne générant pas de pressions sur les
écosystèmes concernés.
Une contribution estime crucial d?intégrer les zones littorales et lagunaires au sein des zones
de protection forte. Ceci est déjà pris en compte par la maîtrise d?ouvrage (annexes 4 et 6).
Il est également demandé de rehausser le taux de couverture en zone de protection forte. La
maîtrise d?ouvrage considère à ce stade que l?objectif fixé par la stratégie nationale des aires
protégées et par la stratégie nationale de la mer et des littoraux, porté au plus haut niveau de
l?État lors de la conférence sur les océans de juin 2025, à savoir 5% en 2027 en Méditerranée,
puis 5% en 2030 à l?échelle de l?Hexagone, est la cible poursuivie afin de pouvoir concerter
l?ensemble des acteurs et de privilégier un travail qualitatif à un travail quantitatif.
Deux contributions, à l?instar de celles formulées par l?Autorité environnementale et le Conseil
national de la mer et des littoraux, demandent à la maîtrise d?ouvrage d?augmenter la surface
de zone de protection forte à l?est de la façade (Alpes-Maritimes). La maîtrise d?ouvrage fait
remarquer que la trajectoire 2027 identifie dans les espaces potentiellement labellisables une
grande partie de la bande côtière des Alpes-Maritimes dans la mesure où celle-ci est largement
recouverte par l?herbier de posidonies, et plus singulièrement des espaces côtiers caractérisés
par des projets de création d?aires marines protégées. La confirmation de labellisation du
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cantonnement de pêche de Cap d?Ail et de la réserve de pêche de Roquebrune, ainsi que la
proposition de labellisation du périmètre de la zone maritime de protection de biotope de
l?embouchure du Var illustrent l?intégration entière des eaux maralpines dans cette trajectoire
de façade. La maîtrise d?ouvrage rappelle enfin que les périmètres identifiés dans la trajectoire
de façade ne sont ni exhaustifs ni limitatifs, et que tout secteur de la façade peut se voir
labelliser protection forte dans le cadre du décret n°2022-527.
Une contribution demande la sanctuarisation de la bande côtière pour les navires de moins de
24 mètres, afin de protéger les juvéniles, les zones de nourricerie et les frayères. La maîtrise
d?ouvrage précise que la zone des trois nautiques ne fait pas l?objet de dérogation à
l?interdiction de chalutage en Méditerranée française. De fait, seuls les navires dits « petits
métiers » sont autorisés à y travailler conformément à la réglementation en vigueur.
Une contribution demande de poursuivre les efforts de limitation de l?artificialisation et de
désartificialisation (notamment par le retrait des récifs artificiels sur les fonds meubles).
Comme le prévoit le plan d'action du document stratégique de façade, les travaux
d'élaboration de la stratégie méditerranéenne de limitation de l'artificialisation seront
prochainement lancés en ce sens.
? Pêche et aquaculture
Une contribution rappelle que, sans continuité écologique rétablie et sans répression efficace
du braconnage, les efforts consentis par les pêcheurs et les gestionnaires demeureront vains.
C?est pourquoi la stratégie de façade maritime renvoie désormais au plan de surveillance et de
contrôle de l?environnement marin, intègre les espaces maritimes intérieurs et prévoit une
protection renforcée de ces espaces notamment avec la mise en place d?un meilleur suivi des
activités de pêche de loisir (cf. diffusion de l?application Catch Machine).
Une contribution considère que les zones réservées aux énergies marines renouvelables
devraient être définies avec plus de concertation avec les pêcheurs et que des solutions de
cohabitations pourraient être définies dans le document stratégique de façade.
Force est de constater que les représentants des pêcheurs professionnels se sont exprimés
lors du débat public et lors des ateliers de concertation post-débat, et que l?État a pris en
compte leurs recommandations pour le choix des zones dans le golfe du Lion afin de minimiser
l?impact pour la pêche. En effet, il n'y a pas de nouveaux parcs, dans la bande côtière, ni dans
la macro-zone D, ni au nord-est de C. Les zones retenues à horizon 10 ans sont situées à plus
de 20Nq des côtes, avec un espacement suffisant entre les parcs AO6/AO9 et la nouvelle zone
« GLC » pour pratiquer la pêche. L'implantation de nouveaux parcs éoliens au-delà du plateau
continental a été étudiée et n'a pas été retenue du fait de l?absence de solutions techniques
viables et prouvées (poste électrique flottant, câble dynamique d?export adapté à ces
profondeurs au niveau de tension requis, possibilité de franchir les zones de canyons sous-
marins au relief très marqué et présentant des profondeurs importantes) et des incidences
économiques d'un tel éloignement des côtes.
L?État s?est par ailleurs engagé, au travers de la décision interministérielle du 17 octobre 2024,
à améliorer les conditions de cohabitation et à faciliter la mise en place d?un dialogue avec la
pêche professionnelle tout au long de la vie du projet.
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Ainsi, la décision prévoit que « les cahiers des charges des procédures de mise en concurrence
prévoiront l?obligation pour le lauréat de proposer des mesures d?évitement, de réduction et
de compensation des impacts sur les activités de pêche pendant tout ou partie des phases de
travaux, d?exploitation et de démantèlement, en tenant compte des exigences de sécurité de
la navigation maritime et de sécurité des biens et personnes, et afin d?améliorer les conditions
de cohabitation avec la pêche au sein du parc éolien. Une concertation étroite sera menée
entre les lauréats et les représentants professionnels de la pêche tout au long des projets ».
? Transition énergétique (éolien en mer, décarbonation du transport maritime, etc.)
La vision à 2050, au sein du document principal synthétique, indiquait que « la façade est
approvisionnée en hydrogène dit vert ». Tenant compte d?une contribution, la maîtrise
d?ouvrage a reformulé cette mention comme suit : « la façade est approvisionnée en
hydrogène décarboné ou, dans une moindre mesure, bas carbone ».
Faisant écho à une contribution, la maîtrise d?ouvrage a également complété la vision à 2050,
qui mentionne désormais que « la décarbonation des transports maritimes est pérenne,
notamment grâce à l?essor de la propulsion des navires par le vent et à l?électrification du
secteur ».
Comme demandé par une contribution, la maîtrise d?ouvrage a mis à jour les données relatives
au mix énergétique, à la filière des énergies marines renouvelables et mentionné la mise en
service de la ferme pilote Provence Grand Large (annexe 3).
Une contribution propose d?ajouter ou modifier plusieurs indicateurs (aux objectifs socio-
économiques L, M et Q au sein de l?annexe 4) afin d?y inscrire plus nettement la transition
énergétique des ports (électrification, alternatives aux carburants, etc.). Après analyse, la
maîtrise d'ouvrage a ajouté les indicateurs suivants comme candidats au cycle 3 :
- L1-6 : Nombre de points de recharge et de ravitaillement décarbonés le long de l?axe,
avec une cible tendance à la hausse ;
- L2-6 : Nombre de postes de raccordement électrique installés à quai dans les ports de
commerce décentralisés, avec une cible tendance à la hausse ;
- Q4-2 : Nombre de points de recharge et de ravitaillement décarbonés dans les ports de
plaisance, avec une cible tendance à la hausse.
Une contribution demande le réexamen des zones prioritaires pour le développement de
l?éolien en mer au regard des résultats de l?étude MIGRALION (restitués à la maîtrise d?ouvrage
durant la procédure de participation par voie électronique). La maîtrise d?ouvrage a procédé à
ce réexamen et a conclu qu?il n?était pas nécessaire de modifier les zones identifiées et inscrites
dans la cartographie (annexe 6). Au stade de la planification (document stratégique de façade),
l?analyse menée à l?échelle de chaque façade pour rechercher des zones prioritaires pour
l?éolien permet d?éviter les enjeux majeurs et de rechercher des zones de moindre impact pour
la biodiversité. Les décisions définitives relatives à l?implantation des futurs parcs éoliens en
mer planifiés dans les DSF interviendront au moment de la délivrance de l?autorisation
nécessaire à la construction et à l?exploitation de chaque parc. Les principales mesures ERC
sont proposées par le porteur de projet (développeur éolien) dans son étude d?impact et fixées
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par les services instructeurs de l?Etat dans les autorisations administratives. Les autorisations
fixent également des mesures permettant de suivre les impacts effectifs du projet et
l?efficacité des mesures ERC.
Trois contributions demandent également d?exclure les projets éoliens des aires marines
protégées. Les zones prioritaires pour le développement de l?éolien flottant en Méditerranée
et leur raccordement, fixées par la décision ministérielle du 17 octobre 2024, n?empiètent pas
sur les zones de protection forte (ZPF) identifiées dans la stratégie de façade, mais peuvent
partiellement recouper certains sites Natura 2000, notamment celui dédié au grand dauphin
ou le périmètre du parc naturel marin du golfe du Lion.
Conformément au code de l?environnement, les projets éoliens en mer susceptibles d?avoir
une incidence sur un site Natura 2000 devront présenter une évaluation des incidences dans
leur dossier de demande d?autorisation. Cette évaluation doit démontrer que les incidences
du projet ne nuisent pas aux objectifs de conservation des espèces et habitats ayant conduit
à la désignation du site Natura 2000.
Les projets éoliens ne pourront être autorisés en zone Natura 2000 (ou à proximité et
susceptibles d?affecter une zone Natura 2000) que si les incidences résiduelles, après évitement
et réduction, sont négligeables.
Les projets susceptibles d?avoir un effet notable sur le milieu marin du parc naturel marin du
golfe du Lion feront l?objet d?un avis conforme de l'Office français de la biodiversité.
Une contribution demande de favoriser l?implantation des parcs éoliens éloignée des côtes afin
de protéger la pêche artisanale. La planification proposée à l?annexe 6 prend déjà en compte
cette demande. En effet, les nouvelles zones de développement de l'éolien en mer ne sont
jamais localisées dans la bande côtière et sont majoritairement situées au-delà des 20Nq,
conformément aux dispositions du code de l?environnement issues de loi APER qui établissent
une obligation de priorisation des zones de développement de l?éolien flottant en zne
économique exclusive.
Une contribution suggère l?ajout d?un nouvel objectif socio-économique visant 100% des
atterrages et raccordements des parcs en zone déjà anthropisée.
Le choix d?une zone d?atterrage résulte systématiquement d?études techniques, économiques
et environnementales, et d?une concertation continue avec les parties prenantes locales, qui
permettent de définir une zone de moindre impact. Celle-ci n?est pas toujours située en zone
déjà anthropisée, dont les capacités d?accueil sont souvent limitées et font face à une
concurrence d?usages (exemple des ports). En Méditerranée notamment, le profil du littoral,
relativement contraint, ne permet pas d?accueillir tous les raccordements des projets en mer
dans des zones anthropisées. A l?échelle nationale, plus de 60% des atterrages en projet ou
réalisés par RTE dans le cadre de raccordements de centrales de production EMR et
d?interconnexions sont situés en milieu naturel. Pour les raccordements mutualisés des
AO6/AO9 Narbonnaise Sud-Hérault et Fos, l?atterrage sera réalisé respectivement sur la plage
du Créneau naturel (parking non bitumé) à Narbonne et sur la plage Napoléon à Port-Saint-
Louis-du-Rhône.
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Dans le cadre de la détermination du fuseau de moindre impact (FMI), et lorsque les conditions
le permettent, RTE favorise l?atterrage dans des zones déjà artificialisées. Lorsque le choix
d?atterrage se fait en milieu naturel (généralement, une plage ou un parking non bitumé sous
lequel sont implantées les chambres de jonction), RTE met en oeuvre des modes opératoires
qui permettent d?éviter ou de réduire a minima l?impact sur le milieu naturel, selon les enjeux
identifiés sur le site.
S?agissant de la taxe éolienne, une contribution demande son fléchage vers la transition
écologique et sociale de la pêche. Il faut à ce sujet distinguer les projets situés sur le domaine
public maritime (DPM) et ceux situés en zone économique exclusive (ZEE). Pour rappel, les
nouvelles zones de développement de l'éolien en mer Méditerranée sont toutes situées en ZEE.
Les trois fermes pilotes sont en revanche toutes situées sur le DPM.
Cette taxe annuelle est acquittée par l?exploitant du parc éolien. Elle dépend du nombre de
mégawatts installés dans chaque unité de production d?électricité.
Pour les projets situés sur le DPM, la répartition de la taxe est prévue par l'article 1519 C du
code général des impôts :
50 % sont affectés aux communes littorales d?où les installations sont visibles ;
35 % sont affectés aux comités des pêches maritimes et des élevages marins ;
10 % sont affectés, à l?échelle de la façade maritime, à l?Office français de la biodiversité ;
5 % sont affectés aux organismes de secours et de sauvetage en mer.
Pour les projets situés en ZEE, le produit de la taxe est pour le moment intégralement reversé
au budget général de l?État afin de financer des actions de développement durable de l'espace
maritime.
Une contribution demande l?ajout d?un objectif stratégique visant la réduction de la vitesse des
navires de 40% en aires marines protégées et de 25% en dehors des aires marines protégées.
La France est engagée dans la réduction de la vitesse des navires et de la pollution maritime,
engagement qui s?est notamment traduit par la création d?une zone maritime particulièrement
vulnérable en Méditerranée (avec l?Italie, Monaco et l?Espagne) dans le cadre de l?Organisation
maritime internationale. Pour tenir compte de cette proposition, tout en rappelant que la
France n?est pas compétente pour limiter seule la vitesse des navires en zone économique
exclusive, la maîtrise d?ouvrage a ajouté l?indicateur suivant « part des aires marines protégées
ayant régulé la vitesse des navires (cible : tendance à la hausse) ».
? Tourisme
Une contribution déposée en Méditerranée dans le cadre de la participation du public par voie
électronique vise la suppression de la mention des « croisières » au sein de l?indicateur L3-1
(annexe 4 « Objectifs stratégiques ») rédigé comme suit : « Nombre de services maritimes / de
lignes desservant le Grand Port Maritime Marseille-Fos (Conteneurs, RoRo / RoPax, Croisières /
Ferrys) ».
Cet indicateur étant accompagné d?une cible « tendance à la hausse », il induit un objectif
d?augmentation du nombre navires de croisière desservant le Grand Port Maritime Marseille-
Fos. Cet objectif ne reflétant ni la vision à 2050 établie par le projet de stratégie, ni les
conclusions du débat public « La mer en débat », ni l?avis de l?Autorité environnementale, la
maîtrise d?ouvrage a supprimé la mention « croisières » au sein de l?indicateur L3-1.
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Une contribution a demandé l?ajout d?un objectif stratégique visant l?interdiction des engins
de loisir de type motomarine dans l?ensemble des aires marines protégées. Toutefois, dans le
cadre de cette mise à jour, la maîtrise d?ouvrage a déjà fait le choix d?ajouter un indicateur
visant la régulation des engins nautiques motorisés dans les aires marines protégées.
Une contribution demande de renforcer la mise en place des zones d?interdiction de mouillage,
en parallèle de la politique de développement des zones de mouillages et d?équipements
légers. En façade Méditerranée, la politique du mouillage est régie par une stratégie
méditerranéenne du mouillage petite et grande plaisance, notamment avec l?objectif de
protection des herbiers de posidonie, écosystèmes fragiles et d?une grande valeur écologique.
Celle-ci a défini des sites prioritaires (cumulant pression de fréquentation de la plaisance et
sensibilité écologique de l'habitat) sur lesquels évaluer l'opportunité d'instaurer une
réglementation (ZIM) ou un outil d'organisation du mouillage (ZMEL). La mise en place de ZIM
et de ZMEL répond aux enjeux géographiquement identifiés dans la stratégie. La ZMEL propose
une solution de mouillage moins impactante sur les habitats sensibles ; elle n'a pas pour objectif
de répondre au manque de places dans les ports de plaisance. La stratégie de façade maritime
concrétise la politique maritime intégrée ; elle vise le développement durable de la mer par la
conciliation des usages avec le respect des habitats et des espèces. Ainsi l'opportunité de
nouvelles ZIM et/ou ZMEL continuera à être étudiée dans une démarche de cohérence
territoriale afin d'éviter le report des pressions et en concertation avec les représentants des
usagers. La maîtrise d?ouvrage rappelle toutefois que sauf lorsque sa nécessité est absolue,
l?interdiction stricte de mouillage n?est pas une solution privilégiée par le préfet maritime dont
la politique consiste là où cela est nécessaire à substituer au mouillage libre un mouillage régulé,
organisé et non impactant pour le milieu.
? Connaissance
Une contribution demande à décliner l?objectif de la SNML visant à « améliorer la connaissance
des écosystèmes de la zone mésophotique (profondeur comprise entre 30 et 200 m), encore
trop peu explorés afin d?en évaluer la qualité ». La maîtrise d?ouvrage a pris en compte cette
proposition et formulé un nouvel objectif environnemental général « J » dont le libellé est le
suivant « Soutenir la recherche et l?acquisition de connaissance au service des politiques
publiques de la mer et du littoral ».
L?absence d?évaluation des impacts cumulés de l?ensemble des activités anthropiques à
l?échelle de la façade est regrettée par deux contributions. Il convient de souligner qu?il n?existe
pas à ce jour de méthodologie de modélisation des effets cumulés à l?échelle d?une ou de
plusieurs activités. C?est une problématique bien connue du monde de la recherche, également
présente dans les réflexions de nos voisins européens. L?État a ainsi engagé des travaux de
recherche concernant l?éolien en mer (mais pas uniquement, à terme), dans le cadre du groupe
de travail ECUME. L?objectif est de mettre à disposition des porteurs de projet et des services
de l?État une méthodologie d?appréciation des effets cumulés. Les premières méthodologies
développées par le GT ECUME ? sur le bruit sous-marin (BRUICUME) et les habitats benthiques
(HABECUME) ? ont été appliquées pour l?évaluation environnementale stratégique des SFM. En
Méditerranée, un travail relatif à la connaissance des effets cumulés de l?ensemble des activités
en mer est en cours de réalisation par le CEREMA (Centre d?études et d?expertise sur les risques,
l?environnement, la mobilité et l?aménagement).