Stratégie de façade maritime Sud-Atlantique : document stratégique de façade maritime
Auteur moral
Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine, préfet de la zone de défense et de sécurité Sud-Ouest, préfet de la Gironde
;Préfet maritime de l'Atlantique
Auteur secondaire
Résumé
Pour ce nouveau cycle de planification, cette stratégie de façade est le fruit d'un remarquable travail deconcertation des acteurs, des professionnels, des élus, des associations et du public pour précisercollectivement le cap à suivre à horizon 2050. Les travaux menés ont permis non seulement d'intégrerdavantage les problématiques locales, comme celles des bassins versants ou des risques littoraux maisaussi, les stratégies de réponse aux enjeux d'avenir, tant environnementaux que des filières socio-professionnelles. Cette co-écriture constitue une véritable force pour que, demain, le développement denotre façade rime avec réduction des impacts sur les milieux marins et cohabitation des usages.
Editeur
Direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique
Descripteur Urbamet
stratégie territoriale
;protection de l'environnement
;énergie éolienne
Descripteur écoplanete
Thème
Maritime
;Environnement - Nature
Texte intégral
D
S
F
STRATÉGIE
DE FAÇADE MARITIME
SUD-ATLANTIQUE
D O C U M E N T S T R A T É G I Q U E
D E F A Ç A D E M A R I T I M E
Version Octobre 2025
Ce document est édité et réalisé par la DIRM Sud-Atlantique
DIRM SA - Direction interrégionale de la mer Sud-Atlantique
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CS 21227 | 33074 BORDEAUX CEDEX
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Coordination graphique : DIRM SA / Mission Mer et Littoral / Unité géomatique
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© DIRM SA - Octobre 2025
M. Étienne GUYOT,
Préfet de la région Nouvelle-Aquitaine
Avec plus de 720 kilomètres de linéaire côtier, la façade Sud-Atlantique dispose
de vastes espaces naturels marins protégés et d?écosystèmes uniques en Europe.
Elle détient également des atouts considérables pour développer une économie
maritime performante et source d?emplois. C?est dans un objectif de conciliation
de la protection des milieux marins avec un développement durable des activités
économiques que la stratégie de façade maritime mise à jour a été bâtie.
Le précédent cycle de planification avait permis de présenter un état des lieux
inédit des enjeux environnementaux et socio-économiques de la façade, basé sur
l?ensemble des connaissances disponibles. Il portait, pour la première fois, une
véritable vision stratégique dans la gestion des espaces maritimes et littoraux qui soit convergente avec
celle des collectivités territoriales et l?ensemble des acteurs maritimes et littoraux de la façade.
Pour ce nouveau cycle de planification, cette stratégie de façade est le fruit d?un remarquable travail de
concertation des acteurs, des professionnels, des élus, des associations et du public pour préciser
collectivement le cap à suivre à horizon 2050. Les travaux menés ont permis non seulement d?intégrer
davantage les problématiques locales, comme celles des bassins versants ou des risques littoraux mais
aussi, les stratégies de réponse aux enjeux d?avenir, tant environnementaux que des filières socio-
professionnelles. Cette co-écriture constitue une véritable force pour que, demain, le développement de
notre façade rime avec réduction des impacts sur les milieux marins et cohabitation des usages.
À titre d?illustration, je souhaiterais rappeler combien la résilience et la protection du littoral face à des
risques naturels qui ne feront qu?augmenter sont primordiaux. L?érosion côtière constitue une menace
croissante pour les infrastructures et les populations de notre littoral. Celle-ci doit être anticipée pour
protéger les personnes et les biens. Elle nous oblige à repenser l?aménagement du territoire, renforcer les
moyens de protection et développer des stratégies d?adaptation.
Les activités anthropiques doivent impérativement s?inscrire dans la transition écologique et énergétique.
Ce vaste chantier en perpétuel ajustement est déjà bien intégré dans les réflexions de la façade. Les projets
d?aménagement d?espaces et d?accès nautiques que recouvre cette stratégie seront demain exemplaires
pour répondre aux besoins des filières et aux enjeux de protection des milieux. C?est par l?innovation, la
construction de filières maritimes compétitives, socialement acceptées et durables que nous bâtirons
demain un littoral engagé et respectueux de la diversité marine.
« Les territoires littoraux et l?espace maritime de la Nouvelle-Aquitaine sont notre richesse
collective et un atout pour l?avenir : il nous appartient collectivement de les préserver et d?en
faire un usage durable. L?État agit en ce sens, en lien avec l?ensemble des acteurs. »
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ÉDITORIAL DES PRÉFETS COORDONNATEURS DE FAÇADE
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Vice-Amiral d'escadre Jean-François QUERAT,
Préfet maritime de l'Atlantique
Face à l?augmentation et à l?évolution des usages en mer, une planification agile
de la gestion des activités et de l?espace maritime, construite avec les acteurs et
les citoyens, est essentielle.
Après plus de 3 ans de travaux, de concertation des parties prenantes, de
consultation du public et des instances et l?organisation du débat public « La mer
en débat » sous l?égide de la Commission nationale du débat public, je salue la
finalisation de cette stratégie qui est celle de tous les acteurs de la façade Sud-
Atlantique.
En cohérence avec les orientations fixées par la stratégie nationale pour la mer et le littoral, notre stratégie
de façade a pour objectif, en particulier, l?accompagnement actif du développement des énergies marines
renouvelables en mer, la protection de l?environnement marin, la préservation des activités maritimes
historiques et le soutien de l'économie bleue qui accompagne et structure ces objectifs. Par un
encadrement dérisqué et adapté des usages, cette stratégie favorise la co-activité tout en garantissant la
sécurité maritime et la protection du milieu marin.
Dans ce cadre, je suis particulièrement attentif au déroulement efficace des travaux en cours sur la
préservation des espèces, la restauration des habitats et la protection forte. Nous serons vigilants à ce que
ces zones constituent un réseau cohérent réparti à la fois sur le secteur côtier et au large, contribuant à la
préservation des écosystèmes uniques de la façade. Nous contribuerons ainsi au respect, à l?échelle de la
façade, des engagements pris en juin dernier à l?occasion de Conférence des nations unies sur l?Océan
(UNOC) de mettre en oeuvre dans les eaux hexagonales une stratégie dédiée à la protection des fonds
marins et de renforcement du niveau de protection au sein des aires marines protégées.
Par ailleurs, notre stratégie de façade se veut résolument innovante, en intégrant l?ensemble des enjeux liés
à la mer, dont celui particulièrement nouveau de l?éolien en mer. Le développement des futurs parcs
éoliens en mer est une réponse incontournable aux défis énergétiques. Cette ambition devra s?appuyer sur
les avancées techniques, être portée par la poursuite d'une concertation exigeante avec l?ensemble des
acteurs, et prendre en compte les enjeux des territoires littoraux mais aussi les solutions de raccordement
adaptées.
Enfin, par les objectifs qu?elle fixe et la vision qu?elle ambitionne d?atteindre à horizon 2050, notre stratégie
nous oblige à une conciliation de l?ensemble des activités maritimes, historiques comme émergentes, qui
tienne compte de la fragilité de notre espace et de la nécessité impérieuse de le préserver.
« La planification des espaces maritimes est devenue un sujet essentiel afin que les acteurs du
monde maritime puissent y trouver chacun leur place en toute sécurité. La concertation et
l?association des parties prenantes et du public s?avère plus que jamais nécessaire. »
5
Table des matières de la stratégie de façade maritime
Préambule ?................................................................................................................... 10
1. Le cadre national et européen du document stratégique de façade ?......................................................... 12
2. L?échelle de la façade Sud-Atlantique ?.............................................................................................................. 13
3. Opposabilité du document stratégique de façade ?....................................?................................................. 14
4. Champ d?application géographique du document stratégique de façade .................................................. 17
5. Le calendrier d'élaboration du document stratégique de façade ?....?........................................................ 18
6. La composition du document stratégique de façade ?.........................?........................................................ 19
Partie 1 : Situation de l?existant ?............................................................................... 23
Chapitre 1 : État des lieux ?............................................................................................................... 24
1.1. Les activités maritimes et littorales ?............................................................................................................... 26
1.2. Les écosystèmes marins et littoraux ................................................................................................................. 38
1.3. Les sites, paysages et le patrimoine naturel .?................................................................................................. 44
1.4. Les risques ?........................................................................................................................................................... 45
1.5. La connaissance, la recherche, l?innovation et la formation .?..................................................................... 46
1.6. Les initiatives locales de planification ou de gestion intégrée de la mer et du littoral ..?........................ 49
1.7. Les interactions entre activités et avec l'environnement .............................................................................. 54
Chapitre 2 : Vision pour la façade ?................................................................................................. 62
Une exigence : le maintien d?un patrimoine littoral et marin d?exception ........................................................... 62
Notre projet : une économie maritime et littorale respectueuse des équilibres écologiques .?....................... 63
Nos leviers : l?amélioration des connaissances comme moteur de l?innovation .................................................. 65
Partie 2 : Objectifs stratégiques et planification des espaces maritimes ?......... 67
Chapitre 1 : Objectifs stratégiques environnementaux et socio-économiques ?.................... 68
Objectifs stratégiques environnementaux ?........................................................................................................... 69
Objectifs stratégiques socio-économiques .?......................................................................................................... 70
Chapitre 2 : Planification de l'éolien en mer et des zones de protection forte ....................... 71
2.1. Les zones prioritaires de développement de l'éolien en mer ?.................................................................... 71
2.2. Les zones prioritaires de développement de la protection forte ?............................................................. 74
Chapitre 3 : Carte des vocations ?................................................................................................... 82
Glossaire ?.................................................................................................................................................... 87
Liste des annexes ?...................................................................................................................................... 92
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Table des matières des annexes à la stratégie de façade maritime
Annexe 1 Diagnostic de l'existant
Annexe 1.a : Description des activités de la façade intégrant l?analyse économique et sociale
de l?utilisation des eaux marines .................................................................................................................................. 3
Pêche professionnelle : état des lieux, interactions et perspectives ................................................................... 7
Aquaculture : état des lieux, interactions et perspectives .................................................................................... 22
Commerce et transformation des produits de la mer : état des lieux, interactions et perspectives ?......... 34
Extraction de granulats marins : état des lieux, interactions et perspectives .................................................... 40
Les énergies renouvelables en mer : état des lieux, interactions et perspectives ............................................. 46
Activités parapétrolières et paragazières offshore : état des lieux, interactions et perspectives .................. 59
Ports et transport maritime : état des lieux, interactions et perspectives ?....................................................... 64
Travaux publics maritimes : état des lieux, interactions et perspectives ?......................................................... 80
Activité câblière : état des lieux, interactions et perspectives ?........................................................................... 87
Construction navale ?.................................................................................................................................................. 94
L?Action de l?État en mer : état des lieux, interactions et perspectives ?............................................................ 102
Défense et sécurité : état des lieux et interactions ?.............................................................................................. 108
Pêches de loisir : état des lieux, interactions et perspectives ?............................................................................. 114
Navigation de plaisance et sports nautiques : état des lieux, interactions et perspectives ?.......................... 120
Activités de baignade et de fréquentation des plages : état des lieux, interactions et perspectives ........... 130
Tourisme et loisirs : état des lieux, interactions et perspectives .......................................................................... 140
Agriculture: état des lieux, interactions et perspectives ....................................................................................... 147
Industries: état des lieux, interactions et perspectives ......................................................................................... 159
Artificialisation des littoraux : état des lieux, interactions et perspectives ?......................................................170
Protection de l?environnement littoral et marin : état des lieux, interactions et perspectives ?.................... 184
Recherche publique : état des lieux, interactions et perspectives ?.................................................................... 192
Formation et structure des emplois liés à la mer sur la façade ?.......................................................................... 199
Services financiers maritimes : état des lieux, interactions et perspectives ...................................................... 207
Annexe 1.b : Synthèse scientifique et technique relative à l'évaluation initiale
de l'état écologique des eaux marines et des pressions exercées ......................................................................... 213
Descripteur 1 - Biodiversité - Habitats benthiques ................................................................................................ 215
Descripteur 1 - Biodiversité - Habitats pélagiques ?............................................................................................... 251
Descripteur 1 - Biodiversité ? Mammifères ?........................................................................................................... 259
Descripteur 1 - Biodiversité - Oiseaux ....................................................................................................................... 281
Descripteur 1 - Biodiversité - Poissons & Céphalopodes ....................................................................................... 306
Descripteur 1 - Biodiversité - Reptiles ....................................................................................................................... 335
Descripteur 2 - Espèces non indigènes ..................................................................................................................... 348
Descripteur 3 - Espèces commerciales ..................................................................................................................... 361
Descripteur 5 - Eutrophisation ................................................................................................................................... 377
Descripteur 6 - Intégrité des fonds marins .............................................................................................................. 403
Descripteur 7 - Changements hydrographiques ?................................................................................................... 427
Descripteur 8 ? Contaminants ?................................................................................................................................ 451
Descripteur 9 ? Questions sanitaires ........................................................................................................................ 473
Descripteur 10 - Déchets marins ............................................................................................................................... 498
Descripteur 11 - Bruit sous-marin ?............................................................................................................................ 518
Annexe 1.c : Coût de la dégradation des milieux marins ......................................................................................... 537
1 ? Organisation de l'évolution .................................................................................................................................. 539
2 ? Principaux messages-clés ...................................................................................................................................... 540
3 ? Principaux résultats par thématique de dégradation ...................................................................................... 541
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Annexe 2 Carte des enjeux socio-économiques
Annexe 3 Les enjeux environnementaux
Annexe 3.a : Carte de synthèse des enjeux environnementaux de la façade Sud-Atlantique ........................... 5
Annexe 3.b : Carte des secteurs à enjeux écologiques en Sud-Atlantique ?........................................................ 9
Annexe 3.c : Identification des enjeux écologiques forts et majeurs en Sud-Atlantique ................................... 13
1 ? Synthèse des enjeux majeurs ............................................................................................................................... 15
2 ? Présentation par secteurs ?.................................................................................................................................. 17
Secteur 23 : Plateau de Golfe de Gascogne, Grande Vasière ?..................................................?................... 18
Secteur 21 : Mer des Pertuis et Panache de la Gironde ?..................................................?.............................. 19
Secteur 22 : Plateau de Rochebonne ?..................................................?............................................................ 20
Secteur 24 : Bassin d?Arcachon ?..................................................?...................................................................... 21
Secteur 25 : Côtes sableuses girondines et landaises ?..................................................?................................ 22
Secteur 26 : Côte rocheuse basque ?..................................................?.............................................................. 22
Secteur 41 : Plateau armoricain méridional et plateau aquitain ?..................................................?.............. 23
Secteur 15 et 16 : Talus central et sud du Golfe de Gascogne ?..................................................?................. 23
Secteur 40 :Plaine abyssale du Golfe de Gascogne ..................................................?...................................... 24
Principales ressources mobilisées ?..................................................?........................................................................ 26
Annexe 4 Objectifs stratégiques et indicateurs associés
Annexe 4.a : Tableau des objectifs stratégiques socio-économiques et indicateurs associés .......................... 3
01. Pêche professionnelle .......................................................................................................................................... 6
02. Aquaculture ........................................................................................................................................................... 7
03. Ports de commerce et transport maritime ?.................................................................................................... 8
04. Industries navales et nautiques ........................................................................................................................... 9
05. Énergies marines renouvelables ?....................................................................................................................... 10
06. Sédiments marins et estuariens ?....................................................................................................................... 11
07. Plaisance et loisirs nautiques .............................................................................................................................. 12
08. Tourisme ?.............................................................................................................................................................. 13
09. Risques .................................................................................................................................................................... 14
10. Sécurité et sûreté maritimes ............................................................................................................................... 15
11. Paysages, sites et patrimoine ............................................................................................................................... 16
12. Connaissance et recherche ................................................................................................................................. 17
13. Formation, sensibilisation et attractivité des métiers de la mer ................................................................... 18
Annexe 4.b : Tableau des objectifs stratégiques environnementaux et indicateurs associés .......................... 19
D1. Diversité biologique .............................................................................................................................................. 21
D2. Espèces invasives .................................................................................................................................................. 26
D3. Espèces exploitées ?............................................................................................................................................. 26
D4. Réseau trophique ................................................................................................................................................. 27
D5. Eutrophisation ....................................................................................................................................................... 28
D6. Intégrité des fonds marins .................................................................................................................................. 30
D7 Conditions hydrologiques .................................................................................................................................... 31
D8. Contaminants ........................................................................................................................................................ 32
D9. Questions sanitaires .............................................................................................................................................. 33
D10. Déchets marins .................................................................................................................................................... 34
D11. Énergie introduite en mer .................................................................................................................................. 34
OET01. Développer la protection forte .................................................................................................................... 34
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Annexe 4.c : Fiches descriptives des objectifs stratégiques environnementaux ?.............................................. 35
D1. Prés salés atlantiques et végétations pionnières à salicornes ?.................................................................... 37
D1. Habitats rocheux intertidaux.......................................................?.................................................................... 40
D1. Bioconstructions à sabellaridés (hermelles) ?.................................................................................................. 43
D1. Herbiers de zostères ?......................................................................................................................................... 46
D1. Habitats sédimentaires intertidaux, infralittoraux et circalittoraux ........................................................... 50
D1. Structures géomorphologiques particulières et habitats associés .............................................................. 53
D1. Mammifères marins et tortues marines ?......................................................................................................... 57
D1. Oiseaux marins ?................................................................................................................................................... 61
D1. Elasmobranches ?................................................................................................................................................. 68
D1. Poissons amphihalins ?........................................................................................................................................ 72
D1. Zones fonctionnelles halieutiques ?.................................................................................................................. 75
D2. Espèces non indigènes ?.......?............................................................................................................................ 78
D3. Espèces commerciales ?.......?............................................................................................................................ 82
D7. Conditions hydrographiques / D4. Réseaux trophiques ?..........................................................?.......?....... 85
D5. Eutrophisation ?.......?.......................................................................................................................................... 91
D6. Intégrité de fonds marins ?................................................................................................................................. 96
D8. Contaminants ?.......?........................................................................................................................................... 100
D9. Contaminants / Questions sanitaires ?............................................................................................................. 107
D10. Macrodéchets marins ......................................................................................................................................... 110
D10. Microdéchets marins ?.......?.............................................................................................................................. 114
D11. Bruit sous-marin ?.......?...................................................................................................................................... 117
Annexe 4.d : Ventilation des objectifs socio-économiques et environnementaux par filières ........................ 120
THÈME 1 : Pêche professionnelle ?............................................................................................................................ 122
THÈME 2 : Aquaculture.......................................................?....................................................................................... 123
THÈME 3 : Ports de commerce et transport maritime ?......... .............................................................................. 124
THÈME 4 : Industries navales et nautiques ?............................................................................................................ 125
THÈME 5 : Énergies marines renouvelables ............................................................................................................. 126
THÈME 6 : Sédiments marins et estuariens ?........................................................................................................... 127
THÈME 7 : Plaisance et loisirs nautiques ?................................................................................................................ 128
THÈME 8 : Aménagement et évolution du littoral ?............................................................................................... 129
THÈME 9 : Sécurité et sûreté maritime ?.................................................................................................................. 130
THÈME 10 : Recherche et connaissances ?............................................................................................................... 131
THÈME 11 : Formation, attractivité et sensibilisation des métiers de la mer ?................................................... 132
Annexe 4.e : Rattachement des objectifs socio-économiques et environnementaux à la vision
et à la stratégie nationale pour la mer et le littoral 2 ............................................................................................ 133
1. Une exigence : le maintien d'un patrimoine littoral et marin d'exception ?..................................................
2. Notre projet : une économie maritime et littorale respectueuse des équilibres écologiques ...................
3. Nos leviers : l'amélioration des connaissances comme moteur de l'innovation .........................................
134
136
139
Annexe 5 Planification des zones de protection forte
1. Définition de la protection forte ........................................................................................................................... 3
2. La recherche d'un réseau cohérent de Zones de Protection Forte (ZPF) ....................................................... 4
3. Trajectoire pour l?atteinte de la cible chiffrée en Sud-Atlantique ?................................................................ 5
Annexe 6 Planification énergétique
1. Les atouts de l'éolien en mer ?.............................................................................................................................. 3
2. Les objectifs de développement de l'éolien en mer .........................................................................................
3. L?identification de zones prioritaires d?implantation de parcs éoliens en mer ?..........................................
3
4
9
Annexe 7 Planification aquacole
Introduction .................................................................................................................................................................. 3
Les chiffres-clés et les principales tendances ?.................................................................................................. 4
Le principal enjeu, une forte dépendance à la qualité du milieu ................................................................... 4
Le cadre réglementaire ?....................................................................................................................................... 5
La méthodologie d'élaboration?.......................................................................................................................... 7
Les grands principes ?................?.......................................................................................................................... 8
1. Contexte et éléments ayant conduit à l?existence de zones d?activités aquacoles
(Charente-Maritime) ?................................................................................................................................................... 10
2. Contexte et éléments ayant conduit à l?existence de zones d?activités aquacoles (Gironde) ?.................. 19
3. Contexte et éléments ayant conduit à l?existence de zones d?activités aquacoles
(Landes et Pyrénées-Atlantiques) ?.....................................................................................................?..................... 24
Annexe 8 Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte des vocations
Carte des vocations de la façade Sud-Atlantique ?................................................................................................. 3
Secteur 1. Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis .......................................... 5
Secteur 2. Côte sableuse aquitaine .......................................................................................................................... 15
Secteur 3. Parc naturel marin du Bassin d'Arcachon ?.......................................................................................... 23
Secteur 4. Côte rocheuse basque, estuaire de l'Adour et Gouf de Capbreton ................................................ 31
Secteur 5. Plateau continental du Golfe de Gascogne ?........................................................................................ 39
Secteur 6. Talus continental du Golfe de Gascogne ?............................................................................................ 47
Secteur 7. Plaine abyssale ?........................................................................................................................................ 55
Annexe 9 Tableau des dérogations
Annexe 10 Atlas cartographique
01. La pêche professionnelle maritime ?.................................................................................................................. 4
02. L?aquaculture ?..........................?.......................................................................................................................... 5
03. L?extraction des granulats marins ?.................................................................................................................... 6
04. Éolien en mer : zones prioritaires retenues au large de la façade SA ........................................................... 7
05. Le transport maritime ?........................................................................................................................................ 8
06. La filière navale et nautique ?.............................................................................................................................. 9
07. L'Action de l'État en Mer (AEM) .......................................................................................................................... 10
08. Les ports de plaisance ?.........................?............................................................................................................ 11
09. Les sports et les loisirs nautiques ?...................................................................................................................... 12
10. Les capacités d?hébergement touristique ?..........................................?........................................................... 13
11. Les aires marines protégées ............................?.................................................................................................... 14
12. La protection du patrimoine ?..........................?................................................................................................. 15
13. L?évolution du trait de côte ?...........................?..?.............................................................................................. 16
14. La vulnérabilité aux risques littoraux ?...........................?................................................................................... 17
15. La connaissance et les pôles de recherche ?...................................................................................................... 18
16. La formation professionnelle maritime ?..........................?............................................................................... 19
17. Les initiatives locales de planification ?........................................?................................................................... 20
18. Les zones humides en Sud-Atlantique : Inventaire et pré-localisation ?....................................................... 21
19. Les projets énergétiques en mer au large de la façade atlantique ?.....?...................................................... 22
10
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
HAUTS-DE-FRANCE
NORMANDIE
PAYS DE LA LOIRE
BRETAGNE
NOUVELLE-AQUITAINE
PROVENCE-ALPES-CÔTE D'AZUR
OCCITANIE
CORSE
Façade
Sud-Atlantique
Façade
Nord Atlantique -
Manche Ouest
Façade Manche
Est - Mer
du Nord
Préfet de région coordonnateur
Préfet maritime coordonnateur
0 100 200 km
Façade
Méditerranée
Bordeaux
N
©IGN ©CEREMA - Réalisation DIRM SA
Nantes
Brest
Rouen
Marseille
Cherbourg
Toulon
LES FAÇADES MARITIMES
Préambule
Le secteur maritime et littoral présente des enjeux essentiels pour la préservation de l?environnement, la
souveraineté alimentaire et le développement des activités. La France, par ses espaces maritimes et littoraux,
possède un patrimoine naturel remarquable ainsi qu?un important potentiel de développement socio-
économique (recherche océanographique, pavillon, gestion d?espaces naturels, filières industrielles comme la
construction navale, le transport de marchandises ou le nautisme).
Ces espaces voient se développer des usages multiples et nouveaux, et font ainsi face à la conciliation de
plusieurs enjeux : préservation de la biodiversité, cohabitation d?activités existantes et émergentes, transition
énergétique et écologique et adaptation au changement climatique. Ils sont également soumis à de
nombreuses pressions liées à l?urbanisation, à l?artificialisation des sols, aux effets du changement climatique,
aux pollutions terrestres et à l?impact des activités humaines. C'est sur la base de ce constat et des évolutions
en cours que la planification maritime vise à construire une vision des organisations des usages et de la gestion
de l'espace maritime à long terme. Cet exercice repose sur une importante concertation des acteurs maritimes
et littoraux ainsi que du public, de façon à ce que les stratégies soient partagées et évolutives.
11
Dans une approche intégrée des enjeux, ce nouveau cycle de planification doit tenir compte du développe-
ment de l?éolien en mer au regard de l?ambition de la France en la matière (45 GW à horizon 2050). L?atteinte
de la neutralité carbone en 2050 implique en effet une accélération historique du rythme d?identification et
d?attribution de nouveaux parcs d?énergies renouvelables et de raccordement. Ce cycle de planification doit
également mettre l?accent en faveur d?une gestion durable des activités maritimes dans l?objectif d?atteindre
le bon état écologique du milieu marin en réduisant ou en supprimant les pressions induites par les activités
humaines sur le milieu marin là où cela est nécessaire.
1 Le cadre national et européen du document stratégique de façade
Pour fixer son ambition maritime sur le long terme, la France s'est dotée, en février 2017, d'une stratégie
nationale pour la mer et le littoral (SNML), qui constitue le document de référence pour la protection du
milieu, la valorisation des ressources marines et la gestion intégrée et concertée des activités liées à la mer et
au littoral. Le conseil national de la mer et des littoraux (CNML), qui regroupe élus et représentants de la
société civile, est associé à son élaboration et veille à sa mise en oeuvre, son suivi et son évaluation.
Après un premier exercice qui a posé les fondements d?une vision prospective, la SNML a été mise à jour en
2024 (décret n°2024-530 du 10 juin 2024). Co-construite par l?État, les collectivités locales et l?ensemble des
parties prenantes de la mer et du littoral, elle fixe quatre priorités pour 2030 : une protection renforcée de la
biodiversité, la promotion de l?équité et de la justice sociale, le développement de l?économie bleue et
l?atteinte de la neutralité carbone en 2050.
Elle s?articule de ce fait avec d?autres stratégies nationales, notamment la stratégie nationale pour la
biodiversité (SNB), la stratégie nationale pour les aires protégées (SNAP), la stratégie nationale portuaire (SNP),
la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et la stratégie nationale du trait de côte (SNTC).
La SNML se décline à travers un document de planification : le document stratégique de façade (DSF) au
regard des enjeux économiques, sociaux et écologiques propres à la façade. Cette territorialisation est
essentielle pour garantir une continuité et une bonne articulation entre l?échelle nationale et celle de chacune
des façades. Au sein de ce document, la France a choisi de répondre conjointement à deux directives cadre
européennes transposées dans le code de l?environnement :
? La directive cadre « stratégie pour le milieu marin » (2008/56/CE du 17 juin 2008) qui vise l?atteinte ou
le maintien du bon état écologique des milieux marins ;
? La directive cadre « planification de l?espace maritime » (2014/89/UE du 23 juillet 2014) qui établit un
cadre pour la planification maritime et demande aux États membres d?assurer une coordination des
différentes activités en mer.
Suite à l?adoption de la loi n° 2023-175 relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables
(APER) du 10 mars 2023, et conformément à l?article L.219-5-1 du code de l?environnement, le DSF intègre
désormais une cartographie des zones prioritaires pour l?implantation d?installations de production d?énergies
renouvelables en mer à partir du vent et de leurs ouvrages de raccordement au réseau public de transport
d?électricité.
Mis à jour tous les six ans, le DSF répond ainsi aux nouveaux enjeux et priorités identifiées au niveau national
et à l?échelle des façades.
12
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
2 L?échelle de la façade Sud-Atlantique
Dans un contexte de multiplication des usages, le document stratégique de façade traite à la fois du dévelop-
pement durable des activités socio-économiques et des actions à établir pour la régulation voire la réduction
des pressions exercées par l?homme sur les milieux marins et littoraux. Sur la base de la synthèse des enjeux
environnementaux et socio-économiques de la façade, un ensemble de cartes à destination du grand public
précise les secteurs à privilégier pour l?implantation des activités et la préservation de l?environnement marin
et littoral. L?ensemble vise à coordonner les activités et à faciliter les co-usages liés à la diversification et à la
densification des usages de la mer et du littoral. Le développement cumulé des activités humaines doit
s?effectuer dans le respect de l?objectif de l?atteinte ou du maintien du bon état écologique.
Compte tenu des interactions entre la terre et la mer, tout ne se règle pas en mer. Les activités qui se dévelop-
pent sur les espaces terrestres et à l?échelle des bassins versants ont des conséquences directes sur les espaces
maritimes et littoraux. La qualité des eaux, le taux d?occupation des sols ainsi que les grands aménagements
urbains, touristiques ou agricoles influencent directement l?état du milieu marin. Un enjeu important réside
dans l?articulation avec les schémas directeurs d?aménagement et de gestion des eaux (SDAGE), les schémas
régionaux de développement durable et d?égalité des territoires (SRADDET), les schémas de cohérence
territoriale (SCOT) et les plans locaux d'urbanisme (PLU) ou les plans locaux d'urbanisme intercommunaux
(PLUi) le cas échéant.
13
Dans ce deuxième DSF, l'adaptation au changement climatique et ses manifestations concernent essentielle-
ment la mobilité du trait de côte (augmentation du niveau de la mer conduisant à un risque accru de
submersion et à une érosion du trait de côte par exemple). Il sera enrichi lors des prochains cycles, afin
d?intégrer plus largement les impacts du changement climatique.
3 Opposabilité du DSF aux autres documents administratifs
En droit, il existe trois niveaux d?opposabilité juridique allant de la moins contraignante à la plus contrai-
gnante : la prise en compte, la compatibilité et la conformité.
Le régime d?opposabilité du document stratégique de façade est précisé par deux principaux articles :
? l?article L. 219-4 du code de l?environnement, qui introduit un principe de compatibilité avec le volet
stratégique (objectifs et dispositions) du DSF et un principe de prise en compte de l?ensemble de ses
dispositions ;
? l?article L. 2124-1 du code général de la propriété des personnes publiques, qui introduit un principe de
compatibilité entre les projets nécessitant une décision d?utilisation du domaine public maritime et les
objectifs environnementaux du DSF.
a) Compatibilité de certaines décisions administratives avec le DSF
Le caractère stratégique du DSF se traduit par le fait que de nombreux plans et autorisations doivent être
compatibles avec lui, c'est-à-dire qu?ils doivent « s?inscrire dans le cadre de [ses] orientations et objectifs »1.
L?article L. 219-4 du code de l?environnement fait référence à :
? la compatibilité de plusieurs documents explicitement listés aux objectifs et dispositions du DSF ;
? la prise en compte du DSF pour les plans, les programmes et les schémas applicables aux espaces et
territoires maritimes et côtiers autres que ceux explicitement cités mais susceptibles d'avoir des
incidences significatives sur la mer.
Le rapport de compatibilité concerne donc le volet stratégique du DSF, qui comprend notamment :
? les objectifs stratégiques, détaillés à l?annexe 4 de la stratégie de façade maritime ;
? la carte des vocations.
En tant que « dispositions » déclinant les objectifs, sont opposables les recommandations et les prescriptions
des fiches descriptives de chaque zone.
Le principe de compatibilité impose la non contrariété par le document « inférieur » à l?économie générale du
DSF. Pour la partie stratégique du DSF, les documents « inférieurs » devront donc être compatibles ou rendus
compatibles avec la carte des vocations (recommandations, prescriptions, planifications thématiques) et les
objectifs stratégiques (environnementaux et socio-économiques) du DSF. Le non-respect du DSF par un acte
« inférieur » peut ainsi constituer un motif d?annulation de cet acte.
Inversement, le rapport de compatibilité ne va pas jusqu?à la conformité avec le DSF et le juge « ne
recherchera pas l?adéquation de l?autorisation au regard de chaque disposition ou objectif particulier »2 du
DSF. Ainsi lorsqu?un projet conduit à ne pas respecter une cible (notamment chiffrée) d?un objectif ou à
consommer une partie trop importante de cette dernière, mais qu?il est compatible avec les autres objectifs,
ce dernier peut tout de même être jugé compatible avec le DSF. En pratique, le juge reconnaît au rédacteur du
document de rang inférieur une marge d?appréciation dans le respect des objectifs généraux définis dans le
document stratégique.3
1 Conseil d?Etat, 6e et 1ère chambres réunies, 18 décembre 2017, n°395216, mentionné aux tables.
2 Conseil d?Etat, 21/11/2018, 408175
3 Conseil d?Etat, 11 janv. 2002, n° 215314, Janin c/ Commune d'Hagetmau, publié au recueil Lebon
14
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Les documents devant être compatibles ou rendus compatibles avec le volet stratégique du DSF sont les
suivants4 :
? les plans, les programmes et les schémas relatifs aux activités exclusivement localisées dans les espaces
maritimes sous souveraineté ou sous juridiction nationale, les fonds marins et le sous-sol de la mer ;
? Dans ces mêmes espaces, les projets de travaux, d'ouvrages ou d'aménagements publics et privés,
soumis à étude d'impact comme les projets de parcs éoliens, de certaines extensions portuaires, des
zones de mouillage d?équipements légers, des principaux rejets en mer?
? Dans ces mêmes espaces, les permis exclusifs de recherche de substances concessibles et les
concessions mentionnées aux articles L. 122-1 et L. 132-2 du code minier lorsqu'elles concernent des
substances minérales autres que celles énumérées à l'article L. 111-1 du même code ;
? Les schémas de mise en valeur de la mer ;
? Les schémas régionaux de développement de l'aquaculture marine5 ;
? Les schémas de cohérence territoriale et, à défaut, les plans locaux d'urbanisme, les documents en
tenant lieu et les cartes communales, notamment lorsqu'ils sont susceptibles d'avoir des incidences
significatives sur la mer ;
? Les projets portant sur les granulats marins ;
? Les plans de gestion des Parcs naturels marins.
Par ailleurs, les documents suivants doivent être compatibles avec les seuls objectifs environnementaux portés
par le DSF :
? Les documents d'objectifs de site Natura 2000, lorsque les objectifs environnementaux concernent les
espèces et les habitats justifiant la désignation du site6 ;
? Les décisions d'utilisation du domaine public maritime (DPM)7 ;
? Les autorisations des activités exercées sur le plateau continental et dans la zone économique
exclusive (ZEE)8 ;
? Certains plans/programmes ne seront opposables qu?aux objectifs environnementaux du DSF
(SDAGE ?).
b) Un rapport différent vis-à-vis des documents encadrant les activités à terre
Avant tout, il convient de souligner que, pour les eaux côtières, c?est-à-dire les eaux marines rattachées à un
bassin ou à un groupement de bassin, le rapport de compatibilité est inversé et ce sont « [les objectifs
environnementaux du DSF qui doivent être] compatibles ou rendus compatibles avec [les dispositions du]
schéma directeur »9.
4 Code de l?environnement, article L 219-4
5 Code rural et de la pêche maritime, article L. 923-1-1
6 Code de l?environnement, article L. 414-2
7 Code général de la propriété des personnes publiques, article L. 2124-1
8 Loi n° 76-655 du 16 juillet 1976 relative à la zone économique et à la zone de protection écologique au large des côtes du
territoire de la République, article 6
9 Code de l?environnement, article L. 219-9
15
DOCUMENT STRATÉGIQUE DE FAÇADE
Quant aux autres plans, programmes et schémas encadrant des activités à terre mais susceptibles d'avoir des
incidences significatives sur la mer, le rapport au DSF se limite à une simple prise en compte 10. La jurisprudence
la définit comme un principe de « non remise en cause ». Ce rapport impose de ne pas s?écarter des
orientations fondamentales du document supérieur sauf pour un motif d?intérêt général. L?analyse de la prise
en compte du DSF prend la même forme que celle relative à la compatibilité dans le sens où c?est le DSF dans
son ensemble qui doit être pris en compte (tant le volet stratégique que le volet opérationnel) dans le
document inférieur. Toutefois, il est possible de déroger « à l?économie générale du DSF » si cela est motivé
par l?intérêt général. Cette distinction dans l?opposabilité du DSF se retrouve dans son champ d?application
géographique.
Les documents devant prendre en compte l?ensemble du DSF sont notamment les suivants :
? le plan local d?urbanisme ou la carte communale en l?absence d?un ScoT ;
? le plan de prévention des risques (PPR) ;
? la charte des parcs nationaux (PN) et des parcs naturels régionaux (PNR) ;
? le schéma d?aménagement et de gestion des eaux (SAGE) ;
? le contrat de baie ;
? le schéma régional d?aménagement, de développement durable et d?égalité des territoires (SRADDET) ;
? l?arrêté de protection de biotope ;
? le programme d?actions et de prévention des inondations (PAPI) ;
? le plan de gestion des poissons migrateurs (PLAGEPOMI) ;
? le projet stratégique d?un grand port maritime ;
? le plan de gestion du Conservatoire du littoral ;
? la stratégie locale de gestion intégrée du trait de côte.
10 Code de l?environnement, article L. 219-4, point II
D
S
F
16
SDAGE
RA
PP
O
RT
D
E
C
O
M
PA
TI
BI
LI
TÉ
PRISE EN COMPTE
SRADDET
SAGE
? Plans, programmes concernant les activités maritimes
? Projets, ouvrages et aménagement en mer
? Permis de recherche et concessions de carrières
? Schémas de mise en valeur de la mer
? Schémas de développement de l'aquaculture
? SCOT et PLU susceptibles d'avoir des incidences
significatives sur la mer
? Plan national d?adaptation au changement climatique
? Plans de gestion des parcs naturels marins
POUR LES EAUX MARINES RATTACHÉES À UN BASSIN
RAPPORT DE COMPATIBILITÉ
OBJECTIFS
ENVIRONNEMENTAUX
RAPPORT DE COMPATIBILITÉ
DOCOB
Utilisation du DPM
Autorisation en ZEE
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
4 Champ d?application géographique du document stratégique de façade
L?article L.219-1 du code de l?environnement dispose que la stratégie nationale pour la mer et le littoral, dont le
document stratégique de façade est la déclinaison à l?échelle de la façade, fixe « les principes et les
orientations générales qui concernent [?] les espaces maritimes sous souveraineté ou sous juridiction
nationale, les fonds marins et le sous-sol de la mer. Il fixe également les principes et les orientations générales
concernant les activités situées sur le territoire des régions administratives côtières [?] et ayant un impact sur
ces espaces [maritimes] ».
Par ailleurs, l?article L219-5-1 I. al. 3 du code de l?environnement intègre la notion d?interactions terre-mer en
disposant que « le document stratégique de façade [?] favorise la coexistence optimale des activités et des
usages en incluant les interactions terre-mer ».
L?article R.219-1-7 du code de l?environnement prévoit ainsi que le document stratégique de façade est élaboré
« pour » chaque façade, dont le périmètre est défini comme correspondant au littoral des régions la bordant
et son prolongement jusqu?à la zone économique exclusive (ZEE).
Les notions d?espaces maritimes sous-souveraineté ou sous juridiction nationale (a) renvoient à des définitions
établies en droit international de la mer. Le littoral n?est quant à lui pas une notion juridique, permettant une
certaine latitude dans son interprétation (b).
a) Espaces maritimes sous juridiction ou souveraineté nationale
Les espaces maritimes sous souveraineté ou sous juridiction nationale sont ceux définis dans la convention des
Nations unies sur le droit de la mer, signée à Montego Bay le 10 décembre 1982, et, en droit national, dans
l?ordonnance n° 2016-1687 du 8 décembre 2016. Ces espaces sont respectivement constitués des baies
historiques, des eaux intérieures (cours d?eau, estuaires et canaux, lacs et plans d?eau) et de la mer territoriale
(12 milles marins), de la zone contiguë (24 milles marins), de la zone économique exclusive et du plateau
continental11, ainsi que de la zone de protection écologique. Ainsi, la limite du plateau continental correspond
à la limite extérieure du DSF.
La limite intérieure maritime du DSF est définie au regard de critères réglementaires, du domaine public
maritime, de la limite transversale de la mer et de la présence d?activités socio-économiques. Plus
spécifiquement, aux termes de l?article L. 219-5-1 du code de l?environnement, « dans les façades définies à
l'article L. 219-1 et pour les espaces définis au 1° de l'article L. 219-8, la planification de l'espace maritime est
conduite dans le cadre de l'élaboration du document stratégique de façade [?]. [Celui-ci] adopte, pour chaque
zone, l'échelle géographique la plus appropriée à la démarche de planification de l'espace maritime. Celle-ci
favorise la cohérence entre les plans qui en résultent et d'autres processus, tels que la gestion intégrée des
zones côtières [?] ».
Ces dispositions, propres à la planification de l?espace maritime, concernent notamment les espaces définis au
1° de l'article L. 219-8 du code de l?environnement, c?est-à-dire les eaux marines qui comprennent :
? « les eaux, fonds marins et sous-sols situés au-delà de la ligne de base servant pour la mesure de la
largeur des eaux territoriales et s'étendant jusqu'aux confins de la zone où la France détient et exerce
sa compétence, conformément à la convention des Nations unies sur le droit de la mer du 10
décembre 1982 ;
? les eaux côtières telles que définies par la directive n° 2000/60/CE du Parlement européen et du
Conseil du 23 octobre 2000 établissant un cadre pour une politique communautaire dans le domaine
de l'eau, y compris les fonds marins et le sous-sol, dans la mesure où les aspects particuliers liés à l'état
écologique du milieu marin ne sont pas déjà couverts par ladite directive [?] ».
La directive cadre sur l?eau définit les eaux côtières comme « les eaux de surface situées en deçà d'une ligne
dont tout point est situé à une distance d'un mille marin au-delà du point le plus proche de la ligne de base
servant pour la mesure de la largeur des eaux territoriales et qui s'étendent, le cas échéant, jusqu'à la limite
extérieure d'une eau de transition ».
11 Les délimitations de ces espaces sont précisées par décret et présentées en ligne sur le site dédié :
https://limitesmaritimes.gouv.fr/thematiques/espaces-maritimes-francais.
17
Les eaux de transition sont incluses dans la définition des eaux côtières, ce qui permet d?intégrer les lagunes
dans la planification de l?espace maritime.
La ligne de base normale est la laisse de basse mer le long de la côte, telle qu'elle est indiquée sur les cartes
marines à grande échelle reconnues officiellement par l'État côtier (correspondant au zéro des cartes marines).
Toutefois, cette limite géographique concerne la planification de l?espace maritime ? en mer stricto sensu ? et
non l?ensemble du DSF, qui peut s?étendre sur le « littoral » des régions côtières de la façade.
b) Littoral
Conformément à l?article L. 219-1 du code de l?environnement, la stratégie nationale mer et littoral, dont le
DSF est la traduction à l?échelle de la façade, « fixe les principes et les orientations générales concernant les
activités situées sur le territoire des régions administratives côtières et ayant un impact sur ces espaces [les
espaces maritimes] ». La seule limite géographique dans les terres est celle des régions administratives côtières.
Le champ d?application du DSF peut, le cas échéant, s?étendre sur le littoral au-delà du rivage et donc du
domaine public maritime, défini à l?article L. 2111-4 du code général de la propriété des personnes publiques.
Les règles d?opposabilité mentionnées au point 1 vis-à-vis des documents d?aménagement locaux (SCOT, PLU,
SAGE?) s?appliquent alors.
5 Le calendrier d'élaboration du document stratégique de façade
L?élaboration et la mise en oeuvre des documents stratégiques de façade sont prévues aux articles L. 219-3 et
suivants et R. 219-1-7 et suivants du code de l?environnement.
La première génération de DSF a été adoptée entre 2019 (volet stratégique) et 2021/2022 (volet opérationnel).
L?élaboration du premier volet stratégique des DSF entre 2017 et 2019 avait fait l?objet d?une concertation
préalable du public en 2018.
Conformément aux directives communautaires et au code de l?environnement, chaque partie du DSF doit être
revue tous les 6 ans. Ces travaux sont réalisés par les services et établissements publics de l?État. Au niveau
local, la responsabilité de son élaboration incombe aux préfets coordonnateurs : préfet maritime de
l?Atlantique et préfet de la région Nouvelle-Aquitaine. Les préfets coordonnateurs s?appuient sur une instance
de concertation unique, le Conseil maritime de façade (CMF), qui est un lieu d?échanges privilégié entre les
différents acteurs de la façade. Au niveau national, le pilotage est assuré par les ministères respectivement en
charge de la mer, de l?environnement et de l?énergie.
Pour être adoptée par les préfets coordonnateurs avant fin 2025, en tenant compte des phases de consul-
tations réglementaires incompressibles, la mise à jour de la stratégie de façade maritime adoptée en 2019 a été
amorcée dès 2022 en lien avec le calendrier de programmation énergétique.
Elle visait trois priorités majeures pour concrétiser l?approche intégrée :
? Assurer l?atteinte du bon état écologique et renforcer la protection du milieu marin ;
? Offrir une visibilité de long terme à l?ensemble des acteurs en matière de développement des activités
maritimes existantes et émergentes ;
? Planifier le développement de l?éolien en mer de façon pluriannuelle pour contribuer à l?atteinte de
l?objectif de neutralité carbone à horizon 2050.
En application de la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies
renouvelables, cette mise à jour a donné lieu à la tenue préalable d?un débat public « La mer en débat »,
mutualisé avec la planification de l?éolien en mer. Cet exercice marque un saut qualitatif vers une approche
intégrée de l?ensemble des enjeux maritimes, tenant pleinement compte des enjeux liés au développement de
l?éolien en mer.
Piloté par la Commission nationale du débat public (CNDP), ce débat s?est tenu entre novembre 2023 et avril
2024 dans le but de permettre l?expression la plus large sur les nouvelles priorités et sur le zonage des usages et
des choix de préservation qui en découlent.
18
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
À l?issue du débat public, une phase de prise en compte des retours du public a été déterminante pour ajuster
les différents éléments et préparer la réponse au bilan de la CNDP du 26 juin 2024. Cette réponse a été
apportée via la décision interministérielle du 17 octobre 2024 consécutive au débat public « La mer en débat »
et présentait le calendrier de mise à jour de la stratégie de façade en intégrant les cartographies des zones
prioritaires pour le développement de l?éolien en mer et de la protection forte.
À l?issue de ces travaux et sur la base d?une version consolidée des projets de SFM, l?autorité environnementale
a été saisie en décembre 2024 et a rendu son avis en mars 2025. Dans ce cadre, les services de l?État en façade
et les acteurs locaux réunis au sein des commissions du Conseil maritime de façade ont été fortement
mobilisés pour formaliser les objectifs stratégiques définitifs, tant environnementaux que socio-économiques,
et présenter une première mise à jour de l?ensemble du document.
19
Phare de Cordouan © Arnaud Bouissou / Terra
À l?issue de la consultation réglementaire du public, des instances et des pays limitrophes qui a eu lieu à
compter de mai 2025, intégrant l?avis de l?autorité environnementale et la réponse de l?État à celui-ci, la
stratégie de façade a été formellement adoptée le 6 novembre 2025.
6 La composition du document stratégique de façade
Le document stratégique de façade est composé de deux volets, chacun ayant vocation à être enrichi et
amendé au vu de l?amélioration des connaissances disponibles :
? le volet stratégique, dit « stratégie de façade maritime », qui comprend la situation de l?existant dans
le périmètre de la façade (état écologique des eaux, activité économique?) et les objectifs stratégiques
(environnementaux et socio-économiques) et indicateurs associés ;
? le volet opérationnel, qui comprend les modalités d?évaluation et de mise en oeuvre du volet
stratégique et un plan d?action contenant les mesures concrètes mises en place pour le dévelop-
pement économique et l?atteinte du bon état écologique.
Dans la triple perspective d?un approfondissement des travaux conduits au premier cycle, d?une territoria-
lisation des enjeux nationaux et d?une simplification du document pour gagner en lisibilité, le volet stratégique
a été mis à jour en conservant la structure actuelle telle qu?adoptée en 2020.
Sur la base d?un diagnostic des activités et enjeux existants en mer et sur le littoral de la façade, ce document
de synthèse en deux parties présente la situation de l?existant (état des lieux) ainsi que les objectifs
stratégiques environnementaux et socio-économiques de développement mesuré des activités afin d?atteindre
un avenir souhaité (la vision) pour la façade à horizon 2050. Cette partie se traduit par la représentation
cartographique des choix de planification opérés dans les différents secteurs de la façade à travers la carte des
vocations. Ce document de synthèse renvoie ensuite vers une série d?annexes contenant la synthèse des
analyses scientifiques et techniques ainsi que les éléments constitutifs des objectifs stratégiques et de la
planification de l?espace maritime.
Dans une logique de capitalisation sur l?existant et de simplification, chacun de ces éléments a été retravaillé
en tissant davantage de liens entre les différentes pièces constitutives du DSF.
20
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
La stratégie de façade maritime Sud-Atlantique
(parties 1 et 2 du DSF)
Document synthétique Annexes
Partie 1 - Situation de l?existant
Chapitre 1
État des lieux
Annexe 1
Situation de l'existant
Chapitre 2
Vision pour la façade
(avenir souhaité pour la façade
Sud-Atlantique à horizon 2050)
Annexe 2 et 3
Cartes de synthèse des enjeux socio-écono-
miques et environnementaux
Annexe 10
Atlas cartographique
Partie 2 - Objectifs stratégiques et
planification des espaces maritimes
Chapitre 1
Objectifs stratégiques
socio-économiques
et environnementaux
Annexe 4
Objectifs stratégiques et indicateurs associés
Annexe 9
Tableau justificatif des dérogations
associées à un objectif environnemental
Chapitre 2
Planification de l'éolien en mer
et des zones de protection forte (ZPF)
Annexe 5
Planification des zones de protection forte
Annexe 6
Planification énergétique
Chapitre 3
Carte des vocations
Annexe 7
Planification aquacole
Annexe 8
Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte
des vocations
21
Détail
Détail
Détail
Détail
Annexes de la stratégie de façade maritime Sud-Atlantique
Stratégie Annexes Présentation
Partie 1 : Situation de l?existant
Chapitre 1
État des lieux
Annexe 1 :
- Diagnostic de l?existant
(description détaillée des
activités)
- Synthèse scientifique et
technique
- Coûts de la dégradation
Cette annexe est structurée en 3 chapitres :
1° Description des activités de la façade intégrant l'analyse économique et
sociale sur l?utilisation des eaux marines ;
2° Synthèse scientifique et technique relative à l'évaluation de l?état
écologique des eaux marines et des pressions exercées ;
3° Analyse économique et sociale des coûts induits par la dégradation de
l?environnement marin (coûts supportés par la société et liés à l?état dégradé
du milieu qui découle de l?impact des pressions qu?il subit).
Annexe 2 et 3 :
Cartes de synthèse des
enjeux socio-économiques
et environnementaux
Ces annexes constituent une représentation cartographique des principaux
enjeux de la façade identifiés tant sur le plan socio-économique qu?envi-
ronnemental ainsi que l?identification des enjeux écologiques forts et
majeurs de la façade
Annexe 10 :
Atlas cartographique
Cette annexe dresse un panorama cartographique des principales activités
et contraintes environnementales existantes sur la façade.
Chapitre 2
Vision
pour la façade
Pas d?annexe spécifique
Sur la base de l?état des lieux, une trajectoire souhaitée pour le dévelop-
pement de la façade à l?horizon 2050 a été dessinée. Cette vision se décline
en deux éléments présentés en partie 2.
Partie 2 : Objectifs stratégiques et planification des espaces maritimes
Chapitre 1
Objectifs stratégiques
socio-économiques et
environnementaux
Annexe 4 :
Objectifs stratégiques et
indicateurs associés
Cette annexe présente le détail de l?ensemble des objectifs, dont la
réalisation doit permettre d?atteindre la vision à horizon 2050 pour la façade.
Des indicateurs et des cibles ont été définis afin de pouvoir évaluer l?atteinte
de ces objectifs. Les liens entre les objectifs et les mesures de la stratégie
nationale pour la mer et le littoral et la vison sont précisés.
Annexe 9 :
Tableau justificatif des
dérogations associées à un
objectif environnemental
À ce stade, ce tableau ne comporte aucune dérogation mais pourra être
complété au moment de la révision du plan d?action pour les cas où
l?atteinte du bon état écologique des eaux marines ou d?un objectif
environnemental afférant n?est pas possible.
Chapitre 2
Planification de
l?éolien en mer et des
Zones de Protection
Forte (ZPF)
Annexe 5 :
Planification des zones de
protection forte
Cette annexe présente de façon détaillée le cadre de référence, les objectifs
de la façade et la trajectoire pour identifier les zones reconnues, des zones
candidates, des zones potentielles et des zones d?intérêt pour le dévelop-
pement de la protection forte sur la façade Sud-Atlantique.
Annexe 6 :
Planification énergétique
Cette annexe expose les objectifs, les potentiels et le calendrier de
déploiement des énergies marines renouvelables sur la façade Sud-
Atlantique.
Chapitre 3
Carte des vocations
Annexe 7 :
Planification aquacole
Cette annexe présente les activités aquacoles existantes sur la façade. À
terme, une projection vers les sites potentiels d?activités permettra de
proposer une planification aquacole au cours du cycle.
Annexe 8 :
Fiches descriptives des
zones délimitées sur la
carte des vocations
Pour chaque zone de la carte des vocations, une fiche détaille l?ensemble des
informations disponibles relatives aux activités existantes et aux éléments
environnementaux, économiques ou transversaux prépondérants. Des
prescriptions et recommandations pour une gestion durable de la zone sont
également formulées.
22
SITUATION DE L'EXISTANT
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1
23
CHAPITRE 1 État des lieux
Présentation introductive de la façade
La façade Sud-Atlantique s?étend du Nord au Sud sur plus de 720 km de linéaire côtier. Cela représente 14 %
de l?ensemble du linéaire côtier métropolitain. Elle s?étire au Nord de la commune de Charron en Charente-
Maritime dans la baie de l?Aiguillon, jusqu?à la commune d?Hendaye au Sud dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle
comprend les quatre départements littoraux de la région Nouvelle-Aquitaine, soit respectivement la Charente-
Maritime, la Gironde, les Landes et les Pyrénées-Atlantiques.
Le littoral de la façade concentre 730 000 habitants, répartis sur 138 communes littorales. Parmi celles-ci, 38
bordent un estuaire (Charente, Gironde et Adour) ou un étang rétro-littoral.
Les eaux maritimes de la façade font partie intégrante de la sous-région marine « Golfe de Gascogne » et
couvrent un peu moins d?un quart de l?ensemble des eaux métropolitaines, soit 90 000 km² dans les limites de
la zone économique exclusive (ZEE).
Quatre grands secteurs peuvent être distingués au sein de ces eaux :
? le plateau continental se compose d?une pente douce avec peu d?irrégularités et des fonds allant de 0
à 200 mètres de profondeur. Il se rétrécit progressivement vers le sud de la façade (plus de 200 km au
nord contre 50 km au sud). Le plateau aquitain se distingue principalement par des fonds sableux, mais
on y trouve quelques particularités géomorphologiques telles que des structures rocheuses carbona-
tées formées par des émissions de méthane froid au sud (unique en France) et le plateau de
Rochebonne ;
? la marge continentale entre le plateau et la plaine abyssale, se présente sous la forme d?un talus abrupt
permettant d?atteindre des profondeurs allant jusqu?à 4000 mètres en seulement quelques dizaines de
kilomètres et présentant de nombreux canyons sous-marins ;
? La plaine abyssale au-delà du plateau continental, se caractérise par des profondeurs allant au-delà de
4000 mètres ;
? le Gouf de Capbreton en limite sud du Golfe de Gascogne, est un long canyon qui entaille le plateau
continental. Il commence à quelques centaines de mètres de l?entrée du port de Capbreton et s?étend
à l?ouest sur plus de 250 km dans les eaux espagnoles, atteignant des profondeurs inférieures à 2000
mètres.
L?économie maritime en Nouvelle-Aquitaine constitue une spécificité notable de l?économie régionale et
génère plus de 53 000 emplois, soit 2,1 % de l?emploi régional.
Le tourisme littoral représente plus de 60 % des emplois maritimes. Considérant qu?un emploi en mer génère
environ 3 à 4 emplois à terre, on dénombre plus de 10 000 emplois directs et indirects dans la filière pêche et
transformation des produits de la pêche. En 2022, 16 % des effectifs nationaux de l?activité construction navale
se trouvent dans les départements littoraux de la façade Sud-Atlantique, soit 6 864 emplois1. En 2019, la façade
Sud-Atlantique représentait 5,6 % du trafic national de marchandises avec un tonnage total de 19,5 millions de
tonnes et environ 5 % de l?emploi maritime régional équivalent à celui de l?intervention publique, particu-
lièrement représentés dans les activités de défense.
Au 1er janvier 20212, la façade Sud-Atlantique présentait une densité de population de 144 hab./km², inférieure
à celle des communes littorales métropolitaines (281 hab./km²). Elle est en revanche une fois et demi
supérieure à celle de la moyenne hexagonale (119 hab./km²). Cette densité de population est en augmentation
continue et soutenue. Sa répartition géographique est hétérogène sur l?ensemble de la façade. Elle se
caractérise par une forte proportion de personnes âgées et un indice de vieillissement de 1,26 contre 0,99 en
France métropolitaine.
1 Source FIN 2023 ? chiffres-clés 2022
2 Chiffres-clés de la mer et du littoral ? Édition 2024
24
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 25
1.1. Les activités maritimes et littorales
1.1.1. Exploitation des ressources vivantes
? La pêche professionnelle
La pêche constitue une filière économique importante (13 % de la flotte de pêche métropolitaine en 2020),
exercée par des pêcheurs professionnels français et étrangers. Elle participe au dynamisme local et génère un
nombre conséquent d'emplois indirects à terre. Avec un chiffre d'affaires de près de 143 millions d'euros et
une valeur ajoutée de 66 millions d'euros en 2020, la flotte de pêche Sud-Atlantique cumule 12 % de la richesse
nationale. Plus de 75 % des navires de cette flotte mesurent moins de 12 mètres.
La pêche professionnelle en Nouvelle-Aquitaine se caractérise par une grande diversité de pratiques, d'engins
et de zones de travail. On y retrouve l'ensemble des types d?engins de pêche, notamment les arts traînants
(chaluts de fond, chaluts pélagiques) et les arts dormants (filets, palangres, casiers), utilisés selon les espèces
ciblées et les zones d?activité. À cela s?ajoute une activité de pêche à pied professionnelle, principalement
orientée vers les bivalves fouisseurs (palourdes, coques, huîtres sauvages) sur le littoral charentais et girondins.
Les navires sont répartis sur toute la façade maritime, des
estuaires de la Charente à l?Adour, de Charron à
Hendaye, et opèrent sur des zones côtières, estuariennes
ou en haute mer. Selon leur capacité et leur rayon
d?action, certains bateaux pratiquent une pêche de
proximité, souvent journalière, tandis que d?autres
partent en pêche hauturière, notamment dans le Golfe
de Gascogne, au large de l?Irlande, de l?Écosse, de
l?Espagne ou du Sénégal. Cette diversité d?engins et de
stratégies de pêche permet de cibler un large éventail
d?espèces : poissons (bar, sole, maigre, merlu, lieu?),
céphalopodes (seiche, encornet), crustacés (crevette,
homard) et coquillages. Le port de Capbreton, unique
port de pêche des Landes, s?inscrit dans cette
dynamique : il abrite une dizaine de navires dont l?activité
bénéficie directement de la richesse halieutique offerte
par le Gouf de Capbreton.
Toutes les catégories de navires sont représentées, du petit fileyeur côtier au chalutier hauturier, avec des
tailles et des rayons d?action variés. Cette pluralité de pratiques se traduit par une grande diversité de métiers
et une offre de produits halieutiques très riche à l?échelle régionale.
La pêche française fait face à de nombreux défis (manque de vocation avec un déficit de recrutement de
marins-pêcheurs, vieillissement des navires et des équipages, connaissance inégale des stocks halieutiques,
changements environnementaux dont ceux liés à l?impact du changement climatique à moyen terme, enjeux
de durabilité de l?exploitation de certains stocks et de réduction des impacts sur l?environnement, décisions
politiques liées aux captures accidentelles, cohabitation des usages en mer, diversification de la filière,
politiques énergétiques, enjeu de décarbonation des navires, accès à certaines zones de pêche lié à des
changements politiques), qui peuvent à terme fortement impacter son activité. Ces défis font l?objet d?un
accompagnement public fort mais limitent la visibilité du secteur sur son devenir. La mise en oeuvre d?une
stratégie multi-critères pour les pêches pourrait constituer un levier pertinent pour soutenir durablement la
filière dans les années à venir.
Pêche à la bolinche au large de la côte basque
© CRPMEM Nouvelle-Aquitaine
26
Chiffres-clés de l'économie maritime
Sud-Atlantique
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
La mer, un formidable vivier d'emplois
222
millions d'euros
générés par la filière
conchylicole
en Nouvelle-Aquitaine
81,4
millions d'euros
générés par les halles
à marée de Nouvelle-
Aquitaine
4126
marins
professionnels
en activité sur la façade
Sud-Atlantique
53000
emplois
dans l'économie
maritime
19,5
millions de tonnes
de marchandises
traitées par les ports
de la région
990
millions d'euros
générés par la filière
navale et nautique
en Nouvelle-Aquitaine
1
million
de journées de surf pour
un nombre de surfeurs
estimé à 100000, et plus
de 1000 moniteurs
Année de référence 2021 / Inforgraphie © DIRM SA
27
Ostréiculture, Île d'Oléron © Jean-Pierre Bazard
? L?aquaculture et la conchyliculture
L?aquaculture comprend des activités conchylicoles emblématiques (l'ostréiculture (huîtres) et la mytiliculture
(moules)), et d?autres plus émergentes, encore limitées à quelques exploitations, telles que la pisciculture
(poissons), la pénéiculture (crevettes) ou la vénériculture (palourde). Marennes-Oléron et le Bassin d?Arcachon
constituent les principaux bassins conchylicoles de Nouvelle-Aquitaine. La Nouvelle-Aquitaine, première région
française du secteur, assure plus de la moitié de la commercialisation nationale d?huîtres. En 2020, elle
comptait 873 entreprises conchylicoles, soit 276,3 millions d?euros de chiffre d?affaires, dont 252,9 millions
pour la seule ostréiculture. Avec 17 % de la production nationale en Charente-Maritime, la mytiliculture se
pratique sur bouchots de la baie de l?Aiguillon aux côtes de l?île d?Oléron et sur filières en eau profonde dans
les pertuis Breton et d'Antioche. Enfin, la pisciculture marine ne concerne qu?un très faible nombre
d?entreprises de la façade. Ces activités, vectrices d?emplois et de développement économique sur le littoral,
dépendent fortement de l?état du milieu (qualité de l?eau et gestion quantitative) qui peut être impacté par les
pollutions anthropiques terrestres et marines parfois accidentelles, la présence d?espèces exotiques, le
réchauffement climatique ou encore la gestion amont des eaux. La reconquête ou le maintien d?un bon état
qualitatif et quantitatif des masses d?eau est un enjeu essentiel.
L?aquaculture peut également affecter l?environnement et générer des conflits d?usages. La gestion des
déchets, l?entretien du domaine public maritime et la remise en état après exploitation, en tenant en compte
des gisements naturels et de la sédimentation des bassins (un enjeu crucial sur le Bassin d?Arcachon),
constituent des éléments clés pour assurer le développement durable de l?activité. Différents chantiers de
valorisation des déchets ostréicoles en aménagements routiers, comblements de carrières et réaménagement
d?aires d?accueil (Dune du Pilat) sont à souligner sur la façade. L?accès au foncier dans la bande des cent mètres
du littoral, en concurrence directe avec les usages résidentiels et récréatifs, constitue un enjeu majeur pour
permettre le développement de l?activité et les nouvelles installations. Face à ces contraintes, l?identification
de zones propices pourrait favoriser l?attractivité et la viabilité de la filière à long terme, en améliorant l?image
de ce secteur auprès du grand public.
? La transformation et la commercialisation des produits de la mer
Les circuits de commercialisation et de transformation des produits de la mer sont marqués par la multiplicité
des sources d?approvisionnement et la grande diversité des modes d?exploitation en aval : ventes de gré à gré,
vente en hall à marées, vente de matières premières aux entreprises de mareyage et vente de produits finis aux
opérateurs (poissonneries, grandes surfaces?). Un emploi en mer génère l?équivalent de 3 à 4 emplois à terre,
faisant de ce secteur une source de nombreux emplois indirects. Avec ses 5 criées (dont Saint-Jean-de-Luz à la
6ème place française et La Cotinière à la 8ème place) pour une production totale dépassant 20 000 tonnes et
une valeur ajoutée de plus de 85 millions d'euros, la façade représente 10 % du volume et 13 % de la valeur des
ventes réalisées en halles à marée en France métropolitaine. Le chiffre d?affaires annuel moyen par entreprise
est de 32 millions d?euros, supérieur de plus de 50 % à la moyenne nationale. En raison d?une forte proportion
d?espèces à forte valeur ajoutée dans les débarquements (bar, sole?) et d?une bonne valorisation des produits
de la pêche (labels, circuits courts), le prix de vente moyen est supérieur au prix de vente moyen national.
Le Bassin d'Arcachon et la Charente-Maritime constituent les principaux centres de production ostréicoles de
France. La production de la façade alimente ainsi les autres façades qui ne produisent pas de naissains. De
récents épisodes de surmortalités ont eu de lourdes conséquences sur la production des autres façades.
Enfin, les attentes des consommateurs en termes de qualité des produits et de productions respectueuses de
l?environnement sont nombreuses. Pour cela, la modernisation et la diversification de la filière de
transformation et commercialisation des produits issus de la mer (compétitivité, valorisation des co-produits,
valorisation des initiatives de production durable, maintien du tissu économique local, labellisation et image
de marque) pourront s?avérer stratégiques, notamment pour préserver la pêche artisanale, développer
l?aquaculture ou encore valoriser les produits en circuits courts et assurer sa pérennité.
28
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.1.2. L?exploitation des ressources non vivantes
? L?extraction de matériaux
La gestion des gisements et des principaux flux de granulats marins est opérée à l?échelle du Golfe de
Gascogne. Sur la façade, les granulats marins sont principalement constitués de sables et de graviers,
essentiellement destinés au secteur du BTP. Cette activité compte 2 navires extracteurs qui alimentent les 4
ports de débarquement (La Rochelle, Rochefort-Tonnay Charente, Barzan, Bordeaux) et 5 concessions d?une
superficie totale d?un peu moins de 18 km². Ces concessions sont actuellement exploitées sur deux secteurs :
Chassiron (4 concessions) et le Platin de Grave. Un permis exclusif de recherche a par ailleurs été délivré au
large de l?embouchure de la Gironde. La superficie des concessions devrait être portée à 12 km² à l?issue de la
procédure de renouvellement de la concession du Platin de Grave pour les granulats siliceux.
En 2021, 1,9 millions de m³ ont été extraits pour une valeur ajoutée de 4,5 millions d?euros. Les granulats marins
extraits de ces concessions sont utilisés à plus de 60 % pour les besoins de l?industrie de béton de la Charente-
Maritime. Par ailleurs, la filière emploie directement environ 190 personnes à terre et en mer.
Alors que la demande en granulats reste élevée, l?enjeu de leur extraction est de planifier et d?encadrer le
développement de l?activité. Il s?agit à la fois de concilier les différents usages, et de répondre aux besoins du
secteur tout en protégeant l?environnement et en maîtrisant l?impact des prélèvements sur le trait de côte. Il
est aussi essentiel d?anticiper les besoins futurs de la filière, particulièrement du fait de la forte attractivité de
la façade (construction de logements et d?infrastructures, ouvrages de protection?)
? La production en mer d?énergies renouvelables
Les pays signataires de l?Accord de Paris se sont engagés à limiter l?augmentation de la température moyenne à
2° C et, si possible, à 1,5 °C. Pour cela, ils se sont engagés à atteindre la neutralité carbone en 2050
conformément à la Loi européenne sur le climat de 2021.
En France, la Loi sur la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015 et la Loi énergie-climat
(LEC) de 2019 ont fixé des objectifs ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de
diversification des sources d?énergie, notamment l?atteinte de 33 % d?énergies renouvelables dans la consom-
mation finale brute d?énergie en France d?ici 2030. Pour atteindre ces objectifs, l?État a défini deux feuilles de
route : la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et la Programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE). Un levier
clé de cette stratégie repose sur l?augmentation de la production d?électricité décarbonée. L?éolien en mer
s?impose comme la principale source d?électricité décarbonée, du fait de l?abondance de son gisement, de sa
productivité élevée, de sa technologie peu émettrice de CO2, de sa compétitivité et de son fort potentiel de
création d?emploi.
En France, le Gouvernement a annoncé des objectifs de 18 gigawatts (GW) installés en 2035 et de 45 gigawatts
(GW) en 2050, soit 50 parcs éolien offshore couvrant à terme plus de 20 % de la consommation électrique
nationale. Cela se traduit, sur les quatre façades de métropole, par l?attribution de gigawatts dans le cadre de
la construction et de la mise en service de parcs éoliens en mer.
La façade Sud-Atlantique contribuera à l?objectif national à hauteur de 7 à 11 GW. Une première étape a été
franchie en 2022 avec l?attribution de deux parcs éoliens au large de l?Île d?Oléron. La décision ministérielle du
17 octobre 2024, consécutive au débat public « La Mer en Débat » a permis d?inclure des dispositions pour
l?attribution de trois nouvelles zones à horizon 2035 et 2050. En complément du chapitre dédié à la
« planification de l?éolien en mer et des zones de protection forte », une présentation détaillée des objectifs,
potentiels et calendrier de déploiement des parcs éoliens en mer sur la façade figure en annexe 6.
Parallèlement à l?éolien en mer, le développement d?autres énergies marines renouvelables représente une
voie complémentaire pour diversifier les sources d?énergies renouvelables et atteindre l?objectif de neutralité
carbone. Ces technologies, telles que l?hydrolien, le houlomoteur, le photovoltaïque flottant et la
thalassothermie, sont à des stades de maturité différents. L?hydrolien est la technologie la plus avancée, avec
plusieurs démonstrateurs et fermes pilotes en exploitation. Le houlomoteur, encore en phase de recherche et
développement, démontre également un potentiel pour l?avenir.
29
Sur la façade Sud-Atlantique, plusieurs projets expérimentaux et études sont menés pour explorer le potentiel
de ces technologies.
? L?ouverture du site expérimental bordelais SEENEOH, porté par la Fondation Open-C et dédié au test
d?hydroliennes fluviales et marines, témoigne de cette dynamique.
? En Charente-Maritime, une étude menée par la CARA (Communauté d?Agglomération Royan
Atlantique), la CARO (Communauté d?Agglomération Rochefort Océan), la CCIO (Communauté de
Communes de l?Ile d?Oléron) et la CCBM (Communauté d?Agglomération du Bassin de Marennes) vise a
évaluer le potentiel des énergies marines renouvelables au large des côtes pour la partie sud de ce
département, en explorant diverses technologies telles que l?hydrolien, le houlomoteur, le
photovoltaïque flottant et la thalassothermie.
? Au Pays basque, la CAPB (Communauté d?Agglomération du Pays Basque) et la Région Nouvelle-
Aquitaine ont conclu une convention de partenariat pour favoriser l?émergence d?une filière
houlomotrice dans le Sud-Aquitaine. Une étude amont a permis d?identifier un site propice au large de
Biarritz. Le département des Landes ainsi que les Communautés de communes MACS (Maremne Adour
Côte-Sud) et du Seignanx se sont associées au partenariat pour étudier la faisabilité d?une ferme
houlomotrice dans le sud des Landes.
? Les activités pétrolières et gazières
Des gisements de pétrole sont enfouis sous les eaux de certains lacs côtiers aquitains, comme ceux de
Cazaux/Sanguinet ou de Parentis. Ce dernier est le plus gros champ d?huile français. Au milieu des années
2000, sa production totale s?élevait à près de 30 millions de tonnes. Le Bassin d?Arcachon est également le
siège de forages de pétrole avec plusieurs gisements exploités (plus de 150 000 tonnes par an).
Bien que la loi dite « Hydrocarbures » du 30 décembre 2017 prévoie l?arrêt des exploitations d?hydrocarbures
liquides et gazeux en France à compter de 2040, la demande d?exploitation de 8 nouveaux puits de forages
pétroliers sur la concession située à La Teste-de-Buch a reçu un avis favorable.
Dans un contexte géopolitique complexe, la France, comme beaucoup d?autres pays, cherche à diversifier ses
sources d?approvisionnement en énergie. La directive européenne 2014/94 demande aux États membres de
l?Union européenne de se doter d?un cadre d?action de déploiement des combustibles alternatifs (gaz naturel
liquéfié, hydrogène, alimentation électrique) au plus tard fin 2025 dans les principaux ports européens.
L?hydrogène pourra ainsi jouer un rôle essentiel pour atteindre la neutralité carbone en 2050, en particulier
pour les secteurs industriels ou de la mobilité qui n?ont pas d?autres solutions pour se décarboner (sidérurgie,
cimenterie, mobilité lourde..). Toutefois, la production d?hydrogène en mer n?est à ce stade pas privilégiée.
1.1.3. Le transport maritime et les ports de commerce
Ce secteur recouvre les activités portuaires en lien avec le transport de marchandises et de passagers. Le
transport maritime représente près de 90 % des flux de marchandises. Le transport de passagers en mer et sur
les voies fluviales s?intensifie, notamment avec la recrudescence des escales à Bordeaux, des liaisons par bacs
entre les deux rives de l?estuaire de la Gironde, et des navires à passagers en Charente-Maritime et sur le Bassin
d?Arcachon.
La façade Sud-Atlantique compte 4 ports de commerce dont deux grands ports maritimes, Bordeaux et La
Rochelle, et deux pôles portuaires décentralisés : les ports de Bayonne et de Rochefort/Tonnay-Charente.
Les ports de La Rochelle et de Bordeaux se classent respectivement en 5ème et 6ème places des grands ports
maritimes français en termes de trafic global de marchandises. Les 9 millions de tonnes de marchandises qui
transitent chaque année par le port de La Rochelle se répartissent principalement entre les filières des céréales
(40 %) et les produits pétroliers (35 %). Avec un trafic de l?ordre de 7 millions de tonnes de marchandises par
an, les vracs liquides, les vracs agro-alimentaires et les matières premières industrielles représentent la majorité
du tonnage du port de Bordeaux.
Les ports territoriaux de Bayonne et de Rochefort/Tonnay-Charente sont des maillons essentiels de la
logistique régionale. Avec environ 700 000 tonnes de marchandises par an, le trafic du port de Rochefort /
30
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Tonnay-Charente concerne essentiellement les produits recyclés (28 %), les granulats marins (25 %) et les
céréales (20 %). Le port de Bayonne, 12ème port de la métropole avec environ 2,5 Mt de trafic, est un port
majoritairement industriel dont l?activité principale se concentre sur les secteurs de l?acier (35 %), des vracs
agro-alimentaires (35 %) et des produits pétroliers (15 %).
Dans leur ensemble, les zones d?activité industrialo-portuaires génèrent près de 11 000 emplois directs et
assurent le transit de plus de 20 millions de tonnes de marchandises chaque année, principalement à l?origine
(exportation de produits agricoles, production industrielle, bateaux de plaisance) ou à destination de
l?économie régionale (hydrocarbures, engrais et matières premières industrielles).
Les ports sont les maillons essentiels des chaînes logistiques mondialisées en concurrence les unes avec les
autres. L?amélioration des dessertes routières et ferroviaires de chaque port est un facteur clé de la compéti-
tivité portuaire. Ces dessertes connectent les ports aux territoires et favorisent le développement économique
régional. De plus, le développement du fret ferroviaire et le recours au transport fluvial ainsi que le renouveau
du transport vélique contribuent à la décarbonation du transport de marchandises.
L?un des enjeux est d?accompagner la transformation des infrastructures portuaires afin de leur permettre
d?accueillir de nouvelles filières dont celles liées à la transition énergétique, en particulier l?éolien en mer,
facteur essentiel de la politique énergétique nationale, qui vont nécessiter de nouvelles installations
industrielles et logistiques mais aussi des carburants alternatifs (hydrogène, e-carburants?). Il s?agit également
de contribuer à la décarbonation des ports eux-mêmes et de leurs tissus d?entreprises. À titre d?exemple, avec
sa stratégie de décarbonation, le Port de Bordeaux ambitionne de devenir un « hub vert » dans les prochaines
années avec comme objectif de pouvoir produire 1 GW d?électrolyse par an d?ici 2030 et d?accroître sa
production en hydrogène décarbonée.
Le développement de la propulsion vélique des navires participe également à la décarbonation du transport
maritime et s?inscrit dans la trajectoire bas-carbone de la façade Sud-Atlantique. La région Nouvelle-Aquitaine
compte déjà une dizaine d?acteurs positionnés sur la filière, avec la mobilisation d?acteurs importants tels que
les ports de commerce, les armateurs, équipementiers et les bureaux d?études spécialisés. Les initiatives
concernent le secteur du transport de passagers, de marchandises et de la pêche professionnelle. Des
formations spécialisées sont également développées pour répondre aux besoins en compétences dans la
conception, l?installation et la maintenance des systèmes de propulsion vélique.
Pour gagner en compétitivité et optimiser leurs complémentarités, les quatre ports de commerce développent
des synergies. C'est dans cet objectif qu'ils ont créé Aquitania Ports Link en 2022 conjointement avec la Région
et la Chambre de commerce et d?industrie régionale. L'association vise à développer des démarches
communes et des initiatives complémentaires sur la communication, le numérique, la multimodalité et la
décarbonation. L?identification de leviers et de synergies à développer avec les autres ports de la façade est
également un des bénéfices attendus de la mission prospective sur l?avenir du Port de Bordeaux, lancée en mai
2025 par le préfet de région et les collectivités locales. Les quatre ports ont répondu de manière coordonnée,
avec le projet Aquitania Wind Energy, à un appel à projets de l?ADEME sur l'adaptation des infrastructures
portuaires à l?accueil des chantiers liés à l?éolien flottant. Dans le cadre de ce projet, des zones de mouillage
temporaires de flotteurs d'éoliennes sont envisagées devant les grands ports maritimes de la façade.
La construction maritime devra également s'adapter aux enjeux de décarbonation, dans la conception tant
des navires que de leurs moyens de propulsion. La construction et la réparation navales sont parties prenantes
de ces transformations, avec à la fois l?émergence d?une nouvelle flotte technique en lien avec les énergies
marines renouvelables et la décarbonation de la flotte elle-même.
31
Grand port maritime de La Rochelle © Laurent Mignaux / Terra
1.1.4. Travaux maritimes
? Les travaux publics maritimes
Sont considérés comme travaux publics maritimes :
? les travaux d?infrastructures en mer et sous-marins à l?exception des câbles sous-marins et de la
production d?électricité, les opérations de dragage ;
? les travaux publics de protection contre les inondations, la submersion marine et la gestion du trait de
côte contre l?érosion ;
? la construction, la rénovation et l?entretien des installations portuaires (digues, quais, pontons, formes
de radoub, etc).
Ces travaux permettent, d'une part, de gérer le trait de côte afin de protéger les populations et les
installations de toutes natures implantées sur le littoral contre les submersions marines et l?érosion côtière et,
d?autre part, de répondre aux besoins du transport maritime, de la pêche et de la plaisance.
Sur la façade Sud-Atlantique, le dragage des ports d?estuaires (Gironde, Adour?) et les projets d?investisse-
ments portuaires fournissent les principaux marchés de la filière des travaux publics maritimes. Le chenal de
navigation est un élément clé pour les ports, car l?accumulation de sédiments réduit les hauteurs d?eau,
nécessitant des opérations de dragage pour garantir un accès sécurisé des navires aux installations portuaires.
Réalisées dans le cadre des travaux portuaires, ces opérations de dragage sont strictement encadrées et
prennent en compte les enjeux environnementaux. Si la majeure partie des sédiments est immergée, certains
font l?objet d?une gestion à terre en vue d?une valorisation, d?un stockage ou d?un traitement. La recherche
doit donc se poursuivre pour valoriser les sédiments dont la qualité ne serait pas compatible avec un maintien
dans le milieu naturel. Parmi les projets structurants sur la façade, le Préfet de Charente-Maritime a autorisé en
juin 2020 les travaux de La Rochelle Port horizon 2025 (développement du terminal Chef de Baie, création du
terminal de l?anse Saint-Marc 3, l?aménagement de la Repentie et des accès nautiques).
? Les câbles sous-marins
L?activité câblière comprend trois sous-activités : la fabrication, la pose et la maintenance de câbles sous-
marins (de télécommunications et de transport d?énergie). En France métropolitaine, cette activité
représentait en 2020 un chiffre d?affaires de 1 489 millions d?euros pour une valeur ajoutée de 44 millions
d?euros et environ 1 317 emplois.
La façade Sud-Atlantique accueillera la première interconnexion électrique majoritairement sous-marine entre
la France et l?Espagne. Prévue pour 2028, cette liaison en courant continu de 400 km, reliant Cubnezais (près
de Bordeaux) à Gatika (près de Bilbao), fera passer la capacité d?échange entre les deux pays de 2 800 à 5 000
mégawatts (MW). Déclarée d?utilité publique en septembre 2023, cette interconnexion vise à renforcer la
sécurité, la stabilité et la qualité de l?approvisionnement électrique des deux pays.
Le raccordement des parcs éoliens en mer impliquera également la pose de câbles reliant ces parcs aux
stations de conversion à terre. Ces perspectives sont tout aussi indispensables au gestionnaire de réseau de
transport d?électricité afin qu?il puisse anticiper sur le long terme les besoins de développement du réseau
électrique en mer et à terre et permettre l?accueil de ces grandes puissances d?énergie. La planification
conjointe de la production et du réseau d?énergies marines renouvelables est particulièrement utile afin
d?éviter la surconsommation de la ressource foncière et maritime utile aux raccordements et aux atterrages
sur les zones littorales, alors que ces ressources sont à la fois rares et écologiquement sensibles.
1.1.5. Les industries navales et nautiques
Ce secteur regroupe les activités de construction et réparation de navires civils (de commerce, de pêche et de
services), de petits navires militaires, de bateaux de plaisance et de démolition navale (démantèlement et
recyclage des navires), soit plus de 1 200 emplois et 400 millions d'euros de chiffres d?affaires. Les ports,
notamment ceux de Bordeaux et La Rochelle, offrent des outils d'assèchement et des écosystèmes d'entre-
prises performants, essentiels pour accueillir ces activités (construction, réparation, transformation, démantè-
lement?).
32
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Très diversifiées sur la façade, les industries navales et nautiques se concentrent sur trois zones : le littoral
charentais et notamment La Rochelle qui se spécialise dans le nautisme, le Bassin d?Arcachon et la région de
Bordeaux qui axent leurs activités sur le nautisme professionnel et la grande plaisance, ainsi que la côte basco-
landaise qui représente le premier pôle européen de l?industrie des sports de glisse. Composé principalement
de PME et de TPE de taille artisanale mais aussi quelques grands acteurs de renommées internationales
(Chantier CNB, entreprise OCEA, Chantier naval Couach/Dubourdieu, Rhéa Marine..) et de marques à forte
notoriété (Dufour Yachts, Fountaine Pajot), cette filière génère d?importantes retombées économiques
(Quicksilver, Rip Curl?) et touristiques pour la région.
Compte tenu des enjeux autour de la transition écologique au sein de l?Union européenne, l?adaptation
technique, technologique et réglementaire de la flotte et de toute l?activité de production des TPE/PME
représente un défi pour la filière. Toutefois, la part de ses exportations étant très importantes (environ 60-
70 %) notamment vers le Moyen-Orient, ce secteur reste sensible à la conjoncture internationale et à des
normes différenciées hors de l?Union européenne. Pour se démarquer, l?innovation demeure au coeur de ses
préoccupations pour inscrire la filière dans une démarche de transition numérique, énergétique et écologique
(modes de propulsion propres et décarbonées, écoconception, économie circulaire?). À ce propos, la
question de la déconstruction des navires en fin de vie constitue un enjeu majeur de diversification et une
nouvelle opportunité d?emplois pour cette filière.
1.1.6. L?action de l?État en mer
De nature interministérielle, l?action de l?État en mer est assurée par les services de l?État, en charge de 45
missions en mer centrées sur la sécurité et la sûreté maritimes.
La sécurité maritime est liée à la protection des personnes et de l?environnement. Elle couvre la sauvegarde de
la vie humaine, l?assistance des navires en difficulté et la lutte contre les pollutions maritimes. La sûreté
maritime recouvre la prévention et la lutte contre les actes illicites à l?encontre des navires, des personnes, des
installations portuaires ou en mer. Ainsi, l?optimisation des moyens de surveillance maritime et la consolidation
d?un cadre réglementaire destiné à intégrer le recours aux nouvelles technologies (drones, navire autonome?)
constituent un enjeu fort pour la façade.
1.1.7. Les loisirs
? La pêche maritime de loisir
Sur la façade Sud-Atlantique, la pêche maritime de loisir est une activité ancienne qui représente environ 13 %
de l?ensemble des sorties de pêche de loisirs réalisées à l?échelle nationale (4ème façade maritime). Cette
activité a produit environ 186 millions d'euros de dépenses en 2017. Elle regroupe une importante diversité de
pratiques : pêche à pied, pêche du bord, pêche embarquée (bateau, kayak) et chasse sous-marine. Elle
présente quelques spécificités locales comme la pêche aux filets fixes sur l?estran ou les écluses à poissons. Ce
loisir représente un atout pour le cadre de vie des résidents et attire les usagers plus occasionnels.
S?apparentant à une activité de masse sur certaines zones littorales de la façade, la pêche maritime de loisir a
des impacts sur les ressources halieutiques, les espèces non exploitées et les habitats (hermelles, hippocampes,
zostères, etc.). Si la taille minimale autorisée des captures est fixée au niveau national pour toutes les espèces,
la réglementation peut être différente d?un département à l?autre ce qui peut être préjudiciable à sa lisibilité
et à sa bonne application. Ces activités font l?objet de différentes actions d?amélioration des connaissances,
de sensibilisation et de limitation des impacts afin de répondre aux enjeux environnementaux des espaces
fréquentés.
? La plaisance
La plaisance constitue une part importante de l?activité économique et touristique directement liée à la mer.
La façade abrite quatre bassins emblématiques pour le nautisme et la navigation de plaisance : la Mer des
Pertuis avec le premier port de plaisance métropolitain (Port des Minimes de La Rochelle : 5 157 places), le
Bassin d?Arcachon (2 700 anneaux au ponton pour le port d?Arcachon), l?estuaire de la Gironde et le Pays
basque.
33
Les conditions de navigation particulièrement difficiles entre ces 4 bassins (houle, courants) impliquent une
pratique concentrée autour des ports d?attache et zones de mouillage. En 2019, 72 ports étaient recensés sur
l?ensemble de la région. Les gestionnaires de l?espace maritime poursuivent leurs efforts pour optimiser
l?occupation des ports, notamment dans les zones de corps morts, et limiter l?impact des zones de mouillage
et d?équipements légers (ZMEL).
Le dynamisme de cette filière est principalement porté par le nautisme qui est actuellement confronté à des
enjeux nouveaux (changements de pratique de navigation, encombrement des ports, vieillissement des
navires). Les activités de plaisance constituent un vecteur potentiel de transition écologique, énergétique et
numérique à saisir par des changements de pratiques et/ou des équipements plus durables. Au-delà de
l?adaptation de la capacité portuaire, il importe aux acteurs portuaires d?assurer une meilleure prise en compte
des enjeux environnementaux dans une logique de planification des projets de développement, en intégrant
les usages nouveaux ou en développement. À ce titre, la certification Port Propres des ports de plaisance est à
poursuivre sur la façade.
? Les activités de sports et de loisirs nautique et subaquatique en mer
Ces activités se pratiquent depuis l?estran jusqu?à la haute mer et sont extrêmement diversifiées. Si Le surf
reste une activité emblématique de la région, les autres activités (planche à voile, kitesurf, motonautisme,
canoë, plongée et pêche sous-marine, voile, pêche de loisirs embarquée, etc.) sont particulièrement présentes,
notamment par leur nombre de licenciés dans les clubs fédéraux.
Les pratiquants réguliers ou occasionnels peuvent être
accueillis et/ou encadrés par des cadres diplômés dans
les structures fédérales ou professionnelles (nombreu-
ses sur le littoral). Avec la démocratisation de l?accès
au matériel, on note aussi une constante augmentation
du nombre de pratiquants libres ou auto-organisés qui
restent, de ce fait, plus difficiles à sensibiliser aux
bonnes conduites.
Pour les activités les plus représentatives de notre
territoire en 2022, on dénombrait 28 806 pratiquants
pour le canoë kayak, 25 328 pratiquants de la voile,
21 000 pratiquants pour les sports sous-marins, 10 000
pour le surf. Ces activités restent un important levier
de sensibilisation au milieu marin notamment par leurs
implications dans les sciences participatives en lien
avec des organisations scientifiques (Institut français
de recherche pour l'exploitation de la mer - Ifremer,
Muséum national d'histoires naturelles ? MNHN). Surfeurs à Hossegor © Matthieu Melsbach / DIRM SA
34
Port de plaisance des Minimes à La Rochelle © Laurent Mignaux / Terra
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.1.8. Tourisme côtier et maritime
Par la qualité paysagère de ses espaces naturels, l?existence de sites emblématiques internationalement
connus et le patrimoine de ses stations balnéaires, le littoral néo-aquitain est une destination touristique
majeure (17 % de l?offre totale d?hébergement, 69 millions de nuitées en 2019).
Troisième espace littoral le plus touristique de France, cette activité représente plus de la moitié des emplois
de l?économie maritime de la région. Cette économie a cependant été impactée par la crise sanitaire de 2020.
En effet, si avant la crise sanitaire, les enjeux liés au tourisme portaient principalement sur la qualité de l?eau, la
sensibilisation des vacanciers au respect de l?environnement, la proposition d?une offre plurielle et diversifiée
ainsi qu'une augmentation des labellisations Pavillon Bleu, les conséquences économiques du Covid 19 ont fait
évoluer les priorités (relance de l?emploi touristique, reprise du chiffre d?affaires de l?hôtellerie et de la restau-
ration, difficulté d?embauche pour le secteur, tensions sur le marché immobilier). Les grands incendies de
forêts de 2022 imposent également de s?interroger sur les usages et les pratiques dans les territoires littoraux.
Ainsi, la conjonction entre des enjeux écologiques forts et des risques amplifiés par les effets du changement
climatique (érosion côtière, feux de forêt?) nécessite de tenir compte de l?importance de la préservation et
de la valorisation du patrimoine et des paysages du littoral, tout en les conciliant avec les capacités d?accueil
des infrastructures, la fréquentation touristique croissante et l?évolution de la demande.
Par conséquent, l?aménagement est un sujet crucial qui contribue à la fois à la gestion de l?espace et celle des
risques, tout en assurant la pérennité de l'attractivité et du développement économique touristique. La
pédagogie auprès des résidents et/ou estivants est également à développer afin d?améliorer leur appréhension
des enjeux en présence et de permettre le maintien du tourisme dans un contexte de concurrence fort entre
les différentes régions littorales. Plusieurs démarches d'accompagnement des collectivités par le Groupement
d?intérêt public (GIP) Littoral visent ainsi à proposer un cadre d'aménagement durable du littoral (démarches
"Aménagement Durable des stations" et "Espace naturels fréquentés") ainsi qu'un plan de communication sur
les bons comportements à adopter sur les plages ("Mes plages océanes").
1.1.9. Gestion et contrôle de l?environnement marin
Depuis quelques années, les politiques en faveur de la protection des milieux marins sont en développement
avec notamment la désignation puis la gestion d?aires marines protégées (AMP). La stratégie nationale pour les
aires protégées 2030 fixe un objectif de 30 % de couverture du territoire national en AMP et de 10 % en zone
de protection forte (ZPF). Depuis 2015, les ministères en charge de l?environnement et de la mer pilotent la
politique nationale de contrôle des activités pour la protection de l?environnement marin, afin de garantir
l?atteinte des objectifs de conservation. Un plan de contrôle et de surveillance à l?échelle de la façade Sud-
Atlantique fixe ainsi les priorités de contrôle et mobilise l?ensemble des unités de contrôle dont celles de
l?action de l?État en mer. Les objectifs chiffrés de ce plan de contrôle sont déclinés à l?échelle départementale.
La Tremblade, équipe de contrôle environnement marin,
Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis © OFB
35
1.1.10. Activités littorales à dominante terrestre
? L?agriculture et la sylviculture littorales
Première région agricole et forestière de France, la Nouvelle-Aquitaine présente une grande diversité de
productions (grandes cultures, viticulture, élevage) et le plus grand massif forestier d?Europe, celui des Landes
de Gascogne. En 2020, la façade compte 27 013 exploitations agricoles (?21,7 % par rapport à 2010) pour une
surface agricole utilisée (SAU) de 1 190 461 ha (?1,8 %). L?emploi du secteur agricole diminue fortement, passant
de 52 383 unités de travail annuel (UTA) en 2010 à 45 035 UTA en 2019 (?14 %). Les exploitations agricoles des
communes littorales sont généralement de petite taille et pourvoyeuses de nombreux emplois mais les
exploitations de plus de 100 ha ont progressé de 20,6 % par rapport à 2010. Au sein des départements littoraux
de la façade, 3 114 exploitations sont engagées dans l?agriculture biologique en 2020. Ce sont surtout les
filières agricoles et bois-papier du littoral Sud-Atlantique qui contribuent à la vitalité de l?économie locale et à
la richesse des territoires. Ce sont surtout les filières agricoles et bois-papier du littoral Sud-Atlantique qui
contribuent à la vitalité de l?économie locale et à la richesse des territoires.
L?agriculture littorale joue un rôle dans la structuration et l?entretien des paysages, la conservation d?une
biodiversité spécifique et la prévention des incendies. Elle participe du patrimoine culturel régional.
L?agriculture est aussi source de pressions pour le milieu marin à travers l?utilisation de substances chimiques
responsables de pollutions diffuses, de substances nutritives à l?origine de l?eutrophisation via les prélèvements
en eau qui réduisent les apports d?eau douce dans les eaux côtières. Ces écoulements d'eau en provenance
des bassins versants ont des impacts sur la biodiversité
Face à la concurrence des usages du sol, l?accès au foncier constitue un enjeu important de l?agriculture
littorale. La prise en compte du lien terre-mer apparaît indispensable dans la gestion qualitative et quantitative
de la ressource en eau du fait de l?impact des activités agricoles sur le milieu marin.
Les espaces forestiers sont quant à eux majoritaires sur la façade mais la filière du bois rencontre des
difficultés liées notamment à la concurrence internationale, aux différentes tempêtes de ces dernières années
ou aux récents incendies. La préservation des forêts dunaires constitue un enjeu fort compte tenu de ses
spécificités au regard de la biodiversité, de la protection de l?arrière-pays ou de l?accueil du public.
Afin de lutter contre la diminution des surfaces forestières naturelles du littoral Sud-Atlantique, des dispositifs
réglementaires ont été mis en place ainsi que des initiatives de valorisation et de diversification des produits
sylvicoles et des débouchés de la filière.
? L?industrie
À l?échelle du bassin hydrographique Adour-Garonne (soit les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie), 52 000
entreprises des secteurs des industries extractives et manufacturières étaient recensées en 2016, pour un
emploi total de plus de 442 000 équivalents temps plein (ETP) et une valeur ajoutée de 29,6 milliards d?euros,
en hausse de 45 % par rapport à 2010. À l?échelle des départements littoraux de la façade, 517 établissements,
toutes activités industrielles confondues, sont classés « installations classées pour la protection de
l?environnement » (ICPE) en 2022. Secteur phare de l?industrie de la région, les industries agroalimentaires
(hors artisanat commercial) regroupent près de 2 000 entreprises du secteur privé et coopératif pour un
chiffre d?affaires net de près de 12 milliards d?euros.
Au regard des autres façades, la façade Sud-Atlantique se caractérise par une industrie peu développée, mais
qui reste diversifiée dans cinq secteurs d?activités principaux : l?agroalimentaire, la métallurgie, la pharmaco-
chimie, l?industrie du bois et du papier et la fabrication d?équipements électriques et électroniques,
notamment dans l?aéronautique. À l?échelle des communes littorales, l?industrie représentait en 2013, 8,8 %
des emplois pour environ 19 728 salariés, dominés par la métallurgie et la fabrication de produits métalliques
(21,8 %). En 2016, on comptait 442 000 salariés à l?échelle de la façade, soit environ 16 % des emplois
nationaux. Les activités industrielles et notamment les secteurs de l?industrie du bois, du papier et de
l?imprimerie, la métallurgie, la fabrication de produits métalliques et l?agroalimentaire sont de potentielles
sources de pollution, notamment par les écoulements d?eau en provenance des bassins versants.
36
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
L?intégration par le secteur industriel des problématiques environnementales, particulièrement la gestion des
déchets et des rejets, est primordiale pour le milieu marin. Les ports prennent en compte les aménagements
nécessaires pour faire face au changement climatique et contribuent à la décarbonation de l'économie en
accueillant les industries de demain et en permettant la mutation des industries actuelles.
? L?urbanisation de la frange littorale
La frange littorale de Nouvelle-Aquitaine offre des paysages exceptionnels par leur taille, leur qualité et leur
diversité : îles (Ré, Oléron, Aix, Madame), marais (Brouage), paysage dunaire (dune du Pilat), lagunes (Arcachon),
estuaires (Charente, Gironde), étangs (girondins, landais), corniches rocheuses (Pays basque).
Du fait de son attractivité notamment sur la période estivale, la façade Sud-Atlantique subit de fortes
pressions liées à la concentration des populations résidentielle et touristique, et aux activités en découlant, et
connaît, par conséquent, un fort taux d?artificialisation et un étalement urbain qui se fait au détriment des
terres agricoles et des milieux naturels et forestiers. Ce phénomène est d?autant plus marqué dans les
communes littorales des Pyrénées-Atlantiques, de la Charente-Maritime et sur le Bassin d?Arcachon. La
pression foncière ainsi engendrée entraîne également une augmentation de la production d?eaux usées et de
déchets, que les stations de traitement ne peuvent pas toujours absorber.
Face à ces constats, un des principaux enjeux pour les communes littorales est de préserver leur attractivité
touristique en réduisant l?artificialisation et le niveau des risques associés, tout en diversifiant et en étendant
leur offre touristique sur l?ensemble de l?année.
L?aménagement du territoire ne peut plus se limiter à la frange littorale, qui atteint un niveau critique de
saturation, en particulier pour le foncier et la mobilité. De fait, la pérennité de l?activité touristique, qui
dépend en grande partie des politiques publiques de protection et/ou de mise en valeur du patrimoine naturel
et culturel local, pose la question d?une éventuelle réorganisation des activités et aménagements en particulier
dans les espaces rétro-littoraux. Ces derniers disposeraient de capacités d?accueil et de développement avérés
pour faire face au recul du trait de côte.
37
Front de mer, Arcachon © Laurent Mignaux / Terra
1.2. Les écosystèmes marins et littoraux
L?atteinte d?un bon état écologique du milieu marin, grâce à une gestion maîtrisée des impacts anthropiques,
garantit une biodiversité préservée et un fonctionnement durable des écosystèmes. Du fait des nombreux
services écosystémiques qui y sont associés (alimentation, qualité de l?air, protection contre les aléas
climatiques, lutte contre le changement climatique, paysage, etc.), la biodiversité est consubstantielle à
l?habitabilité de la planète. Constituant le plus grand espace naturel de la planète, la mer est tout
particulièrement concernée : elle abrite une biodiversité d?une richesse exceptionnelle mais qui reste encore
largement méconnue. Cette biodiversité et les nombreux services qu?elle rend, indispensables à l?humanité,
sont aujourd?hui menacés. Sa protection est donc primordiale pour garantir aux générations futures une
planète et des espaces accueillants pour l?Homme et l?ensemble des espèces qui en font la richesse.
1.2.1. Les milieux et la biodiversité marine de la façade Sud-Atlantique
La façade comporte une vaste richesse d?habitats marins et littoraux. Le Golfe de Gascogne est particuliè-
rement représentatif des habitats sédimentaires qui occupent plus de 95 % des fonds du plateau continental
(qui peut lui-même être sous-divisé du nord au sud par le plateau du Golfe de Gascogne, le plateau armoricain
méridional et le plateau aquitain).
On distingue les côtes girondines, landaise et le plateau continental sous influence océanique et des zones plus
abritées (pertuis, baies et estuaires), milieux plus ou moins envasés, où se développe une diversité d?habitats
propice au développement de la vie aquatique. On compte ainsi les plus grands herbiers français de zostères
(le Bassin d?Arcachon abrite plus de 3 800 ha d?herbiers de Zostère naine, et plus de 2 120 ha dans la mer des
Pertuis), les récifs d?hermelles, les prés salés (3 736 ha sur le littoral de Charente-Maritime et l?estuaire de la
Gironde) et d?autres habitats particuliers de surfaces plus limitées tels que les bancs de maërl (286 ha pour le
Banc du Rocha dans le Pertuis Breton) ou les huîtres plates. Les milieux littoraux de la façade se caractérisent
par ailleurs par la présence de nombreuses zones humides à l'interface terre-mer (marais, étangs...), véritables
puits de carbone et renfermant une grande richesse biologique.
Avec ses falaises plongeant dans l?océan et sa concentration d?algues méditerranéennes unique en Atlantique,
la côte basque contraste également avec le littoral sableux des Landes et de la Gironde. On y retrouve de
nombreux récifs et l?imposant Gouf de Capbreton, dont la particularité est sa proximité avec la côte. En effet,
seuls 30 canyons côtiers, dont le Gouf de Capbreton, sont répertoriés dans le monde. Ces habitats côtiers sont
enrichis par les panaches fluviaux, dont celui du plus grand estuaire d?Europe qu?est la Gironde. Ces zones
d?interface terre-mer constituent des secteurs de nourriceries et de frayères importants pour les espèces
halieutiques et une zone d?habitats spécifiques pour les espèces amphihalines.
Plus au large, on retrouve plusieurs particularités géomorphologiques :
? Le plateau de Rochebonne, pics rocheux au sein du plateau continental présentant une diversité
exceptionnelle d?habitats et d?espèces ;
? Les vases circalittorales à pennatules, habitats benthiques biogéniques d?enjeu écologique majeur
présents sur le plateau du Golfe de Gascogne ;
? Au sud du Golfe de Gascogne, des structures de roches carbonatées formées par des émissions de
méthane froid (unique en France) ;
? À la rupture du plateau continental (talus), les canyons de la façade Sud-Atlantique, hot spot de
biodiversité, sont particulièrement riches en gorgones, crinoïdes, éponges et huîtres.
La façade joue un rôle majeur pour le maintien des populations d?oiseaux marins tout au long de l?année. Au
sein de la mer des Pertuis et du Bassin d?Arcachon, cinq sites d?hivernage de limicoles côtiers sont répertoriés
comme présentant des effectifs importants au niveau international. À titre d?exemples, plus de 20 % de la
population mondiale des bernaches cravant à ventre sombre hiverne sur le Bassin d?Arcachon, le second site
national d?accueil étant la mer des Pertuis.
38
Chiffres-clés de l'environnement marin
Sud-Atlantique
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Préserver durablement les écosystèmes marins et littoraux
40%
de la surface nationale
des herbiers de zostères
naines situés dans le
Bassin d'Arcachon
4
espèces de delphinidés
(dauphin commun,
marsouin commun,
dauphin bleu et blanc,
grand dauphin)
fréquentant le Golfe
de Gascogne
36%
des débarquements
français provenant de
stocks du Golfe de
Gascogne considérés
« en bon état » en 2022
par l'Ifremer
61
aires marines
protégées
dont 2 parcs
naturels marins
99%
des effectifs
d'esturgeons
européens vivent
dans les eaux de la
façade Sud-
Atlantique
Plus de 20%
de la population
mondiale des
bernaches cravants
hivernent sur le
Bassin d'Arcachon
704
missions de surveillance
et de contrôle
«environnement
marin» comptabilisées
en 2023 sur la façade
Sud-Atlantique
Inforgraphie © DIRM SA
39
© OFB
Le banc d?Arguin est l'un des seuls sites de la façade où l?huîtrier pie se reproduit chaque année avec succès.
Ce site accueille le gravelot à collier interrompu et quelque 500 goélands, appartenant à 5 espèces, dont le
très rare goéland d?Audouin. La composition spécifique de cette colonie est unique au monde.
La mer des Pertuis accueille jusqu?à 300 000 oiseaux d?eau côtiers en hivernage. En particulier, ce secteur
accueille plus de 30 % de la population nationale des avocettes élégantes, plus de 40 % de la population
nationale de barges à queue noire, 30 % de la population nationale des barges rousses, 50 % de la population
nationale de bécasseau maubèche, 30 % de la population nationale de bécasseau variable, et 30 % de la
population nationale de pluvier argenté.
Au large, des espèces remarquables comme le puffin des Baléares (menacé au niveau mondial, en danger
critique d?extinction) sont présents notamment en été sur tout le Golfe de Gascogne, et plus spécifiquement
au niveau de la zone de concentration du Gouf de Capbreton.
Le secteur de la zone de protection spéciale Pertuis-Rochebonne accueille en hiver jusqu?à 60 000 alcidés
(Pingouin Torda et Guillemot de Troïl) et de 15 000 à 20 000 Fous de Bassan (automne - hiver). Au moins 10 000
macreuses noires ont été observées lors des derniers comptages Wetland International (2022), représentant
plus d?un tiers des effectifs comptés sur le territoire métropolitain.
Concernant les mammifères marins, le sud du Golfe de Gascogne constitue une zone majeure pour les grands
cétacés (baleines à bec, rorqual commun, globicéphale noir, cachalot). Les concentrations d?espèces
observées sont parmi les plus fortes d?Europe. Quant aux petits delphinidés, ils sont présents en abondance
mais de manière plus diffuse à l?échelle du Golfe de Gascogne et composés de plus petits groupes d?individus.
Enfin, plusieurs espèces d?élasmobranches (raies et requins) présentant des statuts de conservation très
défavorables au niveau mondial, sont présentes au sein du Bassin d?Arcachon et de la mer des Pertuis jusqu?au
Plateau de Rochebonne.
40
Réserve naturelle de Lilleau des Niges © Yann Werdefroy
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.2.2. État écologique de la façade et coût de la dégradation environnementale
Comme sur l?ensemble des façades maritimes, la mise en oeuvre de la politique de protection du milieu marin
en Sud-Atlantique s?appuie largement sur le cadre fixé par la directive-cadre stratégie pour le milieu marin
(DCSMM). Cette directive communautaire vise à maintenir ou restaurer le bon fonctionnement des
écosystèmes marins (diversité biologique conservée et interactions correctes entre les espèces et leurs
habitats, océans dynamiques et productifs) tout en permettant les développement durable des activités
humaines. Les États membres de l?Union européenne doivent ainsi prendre toutes les mesures nécessaires pour
réduire les impacts des activités sur le milieu marin jusqu?à en atteindre le bon état écologique.
Il s?agit ainsi d?évaluer l?état initial du milieu marin par rapport au bon état écologique à atteindre puis de
définir des objectifs environnementaux pour orienter les actions à conduire afin d?en améliorer l?état, en
s?assurant que les activités et usages de la mer soient compatibles avec le maintien ou l?atteinte du bon état
écologique des eaux marines.
Dans ce cadre, une évaluation de l?état écologique des eaux marines et de l?impact environnemental des
activités humaines sur ces dernières est réalisée. Elle s?appuie sur 11 « descripteurs thématiques » qui
correspondent à différentes composantes permettant de juger de l?état du milieu marin :
Diversité biologique
(D1)
La diversité biologique est conservée. La qualité des habitats et leur nombre ainsi que la
distribution et l?abondance des espèces sont adaptés aux conditions physiographiques,
géographiques et climatiques existantes.
Espèces invasives
(D2)
Les espèces non indigènes introduites par le biais des activités humaines sont à des niveaux qui
ne perturbent pas les écosystèmes.
Espèces exploitées
(D3)
Les populations de tous les poissons, crustacés et coquillages exploitées à des fins
commerciales se situent dans les limites de sécurité biologique, en présentant une répartition
de la population par âge et par taille qui témoigne de la bonne santé du stock.
Réseau trophique
(D4)
Tous les éléments constituant les réseaux trophiques marins, dans la mesure où ils sont connus,
sont présents en abondance et diversité normales et à des niveaux pouvant garantir
l?abondance des espèces à long terme et le maintien complet de leurs capacités reproductives.
Eutrophisation
(D5)
L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier pour ce qui est de ses effets néfastes, tels
que l?appauvrissement de la biodiversité, la dégradation des écosystèmes, la prolifération
d?algues toxiques et la désoxygénation des eaux de fond, est réduite au minimum.
Intégrité des fonds marins
(D6)
Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la structure et les fonctions des
écosystèmes sont préservées et que les écosystèmes benthiques, en particulier, ne sont pas
perturbés.
Conditions
hydrographiques
(D7)
Une modification permanente des conditions hydrographiques ne nuit pas aux écosystèmes
marins.
Contaminants
(D8)
Le niveau de concentration des contaminants ne provoque pas d?effets dus à la pollution.
Questions sanitaires
(D9)
Les quantités de contaminants présents dans les poissons et autres fruits de mer destinés à la
consommation humaine ne dépassent pas les seuils fixés par la législation communautaire ou
autres normes applicables.
Déchets marins
(D10)
Les propriétés et les quantités de déchets marins ne provoquent pas de dommages au milieu
côtier et marin.
Énergie intrroduite
en mer (bruit)
(D11)
L?introduction d?énergie, y compris de sources sonores sous-marines, s?effectue à des niveaux
qui ne nuisent pas au milieu marin.
41
L?évaluation de ces composantes est basée sur des travaux scientifiques et techniques menés à partir des
meilleures données disponibles et des réseaux de suivi de la qualité des eaux, grâce à l?appui d?un réseau
national d?experts sous la coordination technique de l'Office français de la biodiversité (OFB) et les Agences de
l'Eau. Pour assurer un niveau de connaissance actualisé sur l?état du milieu, ces évaluations sont mises à jour
tous les 6 ans. Les derniers travaux d?évaluation de l?état du milieu ont abouti en 2023. Ces réseaux nationaux
sont complétés par des réseaux de surveillance locaux, que ce soit à l?interface terre-mer ou en mer.
Si l?excellence de l?océanographie et des instituts de recherche français est mondialement reconnue, les
milieux marins constituent des écosystèmes complexes dont la connaissance reste à consolider et requiert des
moyens particulièrement conséquents. L?état actuel des connaissances est ainsi très variable selon les
descripteurs. Certains descripteurs, comme le descripteur 3 relatif aux espèces commerciales, font l?objet de
suivis pérennes depuis de nombreuses années, permettant l?acquisition de données quantitatives. Pour les
autres descripteurs, des appréciations qualitatives (« dire d?expert », sur des bases bibliographiques) peuvent
être fournies mais ne permettent pas toujours de conclure sur l?état de ces descripteurs.
Par ailleurs, les effets du changement climatique (hausse régulière de la température moyenne des eaux,
perturbation des courants, acidification des eaux, hausse du niveau de la mer, etc.) affectent directement le
milieu marin : diminution de la production de plancton, dégradation des habitats, modification des aires de
répartition des espèces, diminution de la capacité de production d?oxygène et d?absorption du dioxyde de
carbone, etc. Si l?impact du changement climatique sur la dégradation des milieux est aujourd?hui avéré, ce
paramètre majeur reste toutefois difficile à appréhender en l?état des connaissances sur le milieu marin. Ainsi,
les évaluations menées dans le cadre de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin n?intègrent pas en
tant que tel le changement climatique. L?adaptation des méthodologies d?évaluation aux changements
structurels impactant le milieu marin, dont le réchauffement climatique, constitue donc un véritable défi pour
les experts scientifiques.
Un résumé des résultats de l?évaluation pour la façade Sud-Atlantique est disponible en annexe 1b pour
l?ensemble des descripteurs. Vous trouverez ci-dessous les résultats les plus saillants :
? Un état des mammifères marins qui se dégrade
Très présentes sur la façade, certaines espèces de mammifères marins comme les dauphins, marsouins ou
rorquals sont emblématiques de la région. Bien que l?évaluation de ces espèces soit encore partielle, les
dauphins communs et marsouins communs apparaissent comme étant en mauvais état au titre des seuils du
bon état écologique définis en déclinaison de la DCSMM, mettant principalement en cause un nombre trop
important de captures accidentelles (par les activités de pêche) sur l?ensemble des façades où ces espèces
sont présentes. En ce qui concerne les autres espèces de mammifères présents sur la façade, quatre
apparaissent en état inconnu ou ne sont pas évalués, du fait du manque de données (dauphin bleu et blanc,
baleine à bosse, cachalot pygmée et grand cachalot), et six apparaissent en bon état (petit rorqual, rorqual
commun, grand dauphin du large, baleine à bec, dauphin de Risso et globicéphale noir). Les captures
accidentelles ne sont pour l?instant évaluées que pour les dauphins communs et marsouins communs.
? Une évaluation des espèces exploitées à des fins commerciales encore largement inconnue
Avec près de 70 000 tonnes de poissons, céphalopodes et crustacés pêchées par an, appartenant à près de
340 espèces et représentant 35 % de la pêche métropolitaine, la façade Sud-Atlantique constitue l?une des
façades où cette activité est la plus représentée. Comme pour la façade Nord Atlantique-Manche Ouest, plus
du tiers des stocks évalués est en état inconnu du fait d?un manque de données. Comme sur les autres façades
métropolitaines, la proportion de stocks en mauvais état (25 %) est plus importante que celle des stocks en
bon état (20 %). Une amélioration de l?état du maquereau commun et du thon germon est cependant à noter,
ainsi qu?une dégradation de l?état du merlu européen. La gestion des stocks de pêche apparaît donc comme
étant un enjeu primordial afin d?assurer la durabilité de l?activité de pêche.
42
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
? Une évaluation des oiseaux marins préoccupante, similaire à celle des autres façades
Du fait de leur grande longévité et de leur faible et tardive fécondité, les oiseaux marins sont très sensibles aux
pressions anthropiques. Près d?un tiers des espèces d?oiseaux marins figure ainsi sur la liste rouge des espèces
menacées de l?UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Bien qu?encore partielle, car ne
mesurant que l?abondance et certaines caractéristiques démographiques des populations (pas de prise en
compte des captures accidentelles, de la distribution spatiale ou encore de l?état de l?habitat des espèces),
l?évaluation des oiseaux marins au niveau national présente globalement un état inconnu ou mauvais.
Sur la façade, 63 espèces d?oiseaux réparties en cinq groupes d?espèces sont évalués. La façade Sud-Atlantique
et la façade Nord Atlantique-Manche Ouest sont les deux seules façades pour lesquelles un groupe d?espèces
apparaît en bon état parmi lesquels le groupe des échassiers, auquel appartient les bécasses et les gravelots.
Deux autres groupes d?espèces sont en état inconnu (oiseaux herbivores et oiseaux plongeurs benthiques) et
deux sont en mauvais état (oiseaux marins de surface et oiseaux plongeurs pélagiques).
? Une évaluation de l?eutrophisation positive
Les phénomènes d?eutrophisation d?origine anthropique (c?est-à-dire liée aux activités humaines) se sont
multipliés au XXème siècle en raison notamment du développement industriel, de l?agriculture intensive et de
l?accroissement des pressions urbaines le long des côtes. Toutefois, la façade Sud-Atlantique, tout comme la
façade méditerranéenne, est considérée comme étant en bon état au regard de l?eutrophisation à la côte
comme au large. En effet, seul 0,1 % de la surface de la façade est classée comme étant eutrophisée, ce qui
correspond au lac salé d?Hossegor.
? Une évaluation des fonds marins mitigée
Bien que les pertes physiques des fonds marins ne représentent que 0,1 % de la surface de la façade Sud-
Atlantique, on considère que les perturbations physiques des fonds marins s?étendent quant à elles sur environ
37 % de la surface de la façade et concernent plus de 80 % des habitats présents. L?évaluation, encore
incomplète, des habitats de la façade Sud-Atlantique permet toutefois de mettre en évidence le bon état de
trois des sept habitats évalués : les herbiers de zostères et les récifs d?hermelles, habitats à forts enjeux de
conservation, ainsi que les roches et récifs biogènes infralittoraux. Toutefois, l?état des récifs d?hermelles
apparaît comme se dégradant. Les autres habitats évalués sont indiqués à un état inconnu.
Le milieu marin est donc aujourd?hui menacé en raison de nombreuses pressions qui s?y exercent, liées aux
activités humaines. Le niveau et la nature de ces impacts sont variables en fonction du type d?activité.
? Une évaluation des coûts de la dégradation
Les études menées dans le cadre de l?évaluation de l?état écologique des eaux marines portent également sur
les coûts économiques de la dégradation des milieux naturels qui correspondent à l?estimation de l?effort que
la société déploie pour maintenir le milieu marin dans un certain état. La méthodologie repose sur l?évaluation
des coûts associés aux différents dispositifs de gestion du milieu marin existants (dépenses supportées par la
société pour maintenir ou améliorer leur état), organisée par thématique de dégradation ciblée (eutro-
phisation, contaminants?) et type de mesures déployées (mesures d?information et de suivi, mesures de
prévention, mesures de préservation, mesures de remédiation).
Pour la façade Sud-Atlantique, le coût moyen annuel pour l?ensemble des dispositifs de gestion du milieu
marin recensés est estimé à 332 millions d?euros sur la période 2017-2021, représentant 14 % du montant au
niveau national.
La majorité des coûts de la dégradation du milieu marin sur la façade porte sur les questions sanitaires et est
dominée par des mesures de préservation, permettant d?éviter des impacts d?origine anthropique sur le milieu
marin.
43
1.3. Les sites, paysages et le patrimoine naturel
1.3.1. Les sites et paysages de la façade
La façade est composée d?une grande variété de paysages et d?espaces littoraux façonnés par l?histoire
géologique du territoire. En Charente-Maritime, les îles des Pertuis Charentais (Ré, Oléron, Aix, Madame) font
face à des zones humides (vasières et marais) ou à des forêts de production. L?estuaire de la Gironde, le plus
grand d?Europe, délimite ensuite la frontière avec le département du même nom. Marquée par les vestiges du
Mur de l?Atlantique, la côte sableuse et rectiligne de Gironde se poursuit dans les Landes après une
interruption au niveau du Bassin d?Arcachon et de sa célèbre Dune du Pilat. La côte landaise présente
également une particularité mondiale avec le Gouf du Capbreton (canyon sous-marin). Enfin, les côtes
rocheuses du Pays basque bénéficient d?une identité forte, avec notamment la présence de nombreuses
grottes sous-marines. Façonnés par les éléments naturels, ces paysages très attractifs ont été transformés par
des aménagements notamment liés au tourisme et à l?accroissement de la pression urbaine. Ils subissent de
surcroît l?impact de l?érosion côtière.
Le littoral Sud-Atlantique possède également un patrimoine culturel très diversifié (phares, stations balnéaires,
villages ostréicoles, navires historiques, patrimoine sous-marin, etc) et de nombreux sites classés au titre d?un
intérêt paysager, artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque : Dune du Pilat, Marais Poitevin,
Estuaire de la Charente, Marais de Brouage. La protection de ces paysages littoraux est donc indispensable, au
regard notamment de leurs composantes naturelle, historique et culturelle très riches.
Il est essentiel de prendre en compte les usages et dynamiques du littoral, car l?implantation de nouvelles
activités en mer et/ou sur le littoral (éolien, stations d?atterrage?) peut engendrer des conflits paysagers et
nécessiter une réévaluation de l?occupation des sites en fonction des activités susceptibles d?y être
développées. Les politiques d?aménagement du territoire contribuent à la prise en compte de ces évolutions,
notamment par la mise en place de réglementations et de dispositions visant la protection des milieux marins,
terrestres et à l?interface terre-mer.
L?inscription des fortifications de Vauban en 2008 et du phare de Cordouan en 2021 au patrimoine mondial de
l?UNESCO est également un bon exemple de protection, impliquant des restrictions d?activités aux alentours
des sites. Par ailleurs, la valorisation du potentiel patrimonial et paysager du littoral est un enjeu majeur qui
participe à l?identité et à l?attractivité du territoire. Ainsi, la poursuite du classement des sites remarquables
permet d?en assurer une protection renforcée.
L'Île aux Oiseaux © Laurent Mignaux / Terra
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.3.2. La gestion du domaine public maritime et le libre-accès au rivage
La vocation des espaces est définie par la planification en mer. La préservation de l?état naturel du rivage a été
consacrée par la loi « Littoral » du 3 janvier 1986. Une gestion durable et intégrée du domaine public maritime
naturel (DPMn) articulée avec la gestion du trait de côte (recul prévisible du trait de côte du fait de l?érosion
naturelle amplifiée par le changement climatique) constitue une politique publique de fort enjeu.
Le domaine public maritime (DPM) de la façade Sud-Atlantique est un espace sensible et convoité géré par
l?État. Selon la vocation de ces sites et espaces, il peut faire l?objet d?interventions du Conservatoire du littoral
et de délégations de gestion aux personnes publiques ou privées. Siège de nombreux usages et occupations, il
est au centre de différents objectifs de développement durable des activités économiques littorales, de
maîtrise foncière, de prévention des risques naturels et sanitaires et de préservation de l?environnement et du
patrimoine naturel côtier et marin.
Pour assurer le libre accès aux rivages, il est nécessaire d?assurer les servitudes longitudinale et transversale de
passage des piétons et l?ouverture de portions de sentier du littoral par la gestion partagée de son aménage-
ment et de son entretien, ainsi qu?en informant le public sur son cheminement.
1.4. Les risques
Les communes littorales de la façade Sud-Atlantique sont soumises à de nombreux aléas (inondation, submer-
sion marine, érosion, mouvements de terrain, feux de forêts, événements accidentels, pollutions, etc.) qui, au
regard d?enjeux croissants (habitations, activités économiques, etc.), conduisent à un niveau de risque élevé
sur la frange littorale.
L?érosion côtière concerne près d?un tiers du littoral de
Nouvelle-Aquitaine. Sa prise en compte dans les démarches
de planification doit permettre d?assurer une plus grande
résilience des territoires littoraux. Le partenariat régional en
cours depuis 1996, pour l?Observatoire de la Côte Nouvelle-
Aquitaine (OCNA), et depuis 2009, pour le Groupement
d?Intérêt Public (GIP) Littoral, y contribue par différents
aspects tels que l?accompagnement des collectivités à la mise
en oeuvre de démarches locales d?aménagement du territoire
ou de gestion de risques (stratégies locales de gestion de la
bande côtière) et la facilitation à la mise en oeuvre des
dispositions de la loi Climat et Résilience d?août 2021 visant
l?adaptation des territoires littoraux au recul du trait de côte.
À ce titre, quarante-six communes de Nouvelle-Aquitaine ayant intégré la liste issue du décret du 10 juin 2024
doivent réaliser une cartographie d'évolution du trait de côte à court (0-30 ans) et long (30-100 ans) termes afin
de pouvoir mobiliser les outils spécifiques prévus par cette loi. Par ailleurs, les collectivités et leurs partenaires
se mobilisent aux côtés de l?État pour s?engager dans des projets de territoires intégrant le recul du trait de
côte et la nécessaire recomposition spatiale (projets partenariaux d?aménagement « recul du trait de côte »).
La façade concentre également de nombreuses activités industrielles, génératrices de risques technologiques
tels que ceux notamment liés à la centrale nucléaire du Blayais. Certaines d?entre elles sont en outre situées sur
des zones à forts risques naturels. La mise en place de mesures de sûreté appropriées et une surveillance
accrue représentent des enjeux prioritaires. Des mesures réglementaires, telles que des plans de prévention
des risques technologiques, ont ainsi été mises en place afin d?assurer la sécurité des populations et des biens.
Le littoral présente également une sensibilité particulière aux risques sanitaires, du fait de sa situation
d?interface entre différents milieux (marin, fluvial, estuarien et terrestre), de la multiplicité des activités
potentiellement polluantes et de la concentration de la population sur des territoires restreints.
Érosion côtière à Biscarosse © Thierry Degen / Terra
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Ainsi, afin de répondre aux forts enjeux de santé publique, des profils de vulnérabilité et des dispositifs
d?alertes ont été mis en place pour évaluer la sensibilité des zones de baignade aux pollutions et prévenir les
risques éventuels. À titre d?exemple, suite à des constats de troubles respiratoires potentiellement liés à sa
présence, un programme de surveillance de l'abondance de la microalgue marine Ostreopsis a été mis en place
en 2021 dans les eaux de baignade du Pays basque pour évaluer et gérer les risques associés aux activités
récréatives pendant la période estivale. La réduction des risques sanitaires liés à la contamination
bactériologique des zones de production conchylicoles et de pêche à pied est aussi un enjeu majeur pour la
conchyliculture de Charente-Maritime. Depuis 2017, l?élaboration de ces profils est pilotée par le Conseil
Départemental et financée en partie par les programmes des agences de l?eau Adour-Garonne et Loire-
Bretagne. Ces démarches doivent être poursuivies pour les zones conchylicoles et de pêche afin de mieux
connaître le milieu et définir des mesures de protection et d?amélioration de la qualité des eaux dans le but de
garantir le maintien de l?ensemble des usages.
Le développement de la culture du risque au sein des populations littorales, permanentes et saisonnières, est
primordial et doit permettre de mieux appréhender les évolutions à venir compte tenu du changement
climatique (développement des micro-algues toxiques, de bactéries, de virus, élévation du niveau de la mer?).
Les projections en termes de changement et réchauffement climatique prévoient une augmentation accrue
des risques naturels :
? de submersion marine et inondations par une augmentation du niveau de la mer, de la fréquence des
tempêtes et événements extrêmes ;
? de feux de forêt, y compris sur l?estran, de part le massif forestier très développé sur la façade ;
? d?intrusion saline dans les nappes souterraines exploitées en frange littorale par une augmentation des
prélèvements souterrains, pouvant conduire à l?arrêt irréversible de leur utilisation, et très vite limiter
les ressources en eau.
Enfin, la fréquence et l?intensité des événements climatiques, combinées à l?accroissement de la population et
de l?activité économique littorale nécessitent une démarche de réflexion globale et concertée pour assurer la
protection des populations. Plusieurs engagements tels que la mise en oeuvre de stratégies nationales ou
régionales de gestion du risque (stratégie de gestion de la bande côtière et stratégie de gestion du risque
inondation notamment) ont été pris et doivent être poursuivis au niveau local. Le territoire de la Nouvelle-
Aquitaine s?est positionné en pointe sur la question de la gestion des risques littoraux et la résilience des
territoires côtiers par des stratégies adaptées et ambitieuses, répondant également aux objectifs fixés dans les
plans nationaux d?adaptation au changement climatique (PNACC) visant notamment à « protéger la
population des conséquences du recul du trait de côte en repensant l'aménagement des territoires exposés ».
1.5. La connaissance, la recherche, l'innovation et la formation
1.5.1. Recherche et innovation
La recherche nécessite l?acquisition de données. Pour cela, différents programmes, bases de données et
dispositifs de suivi sont menés sur les problématiques variées du littoral Sud-Atlantique, dont le patrimoine
naturel marin et l?évolution de trait de côte. L?essor des sciences participatives permet en outre de fournir de
nouvelles données, soulever de nouvelles questions et créer un réseau d?alerte et de surveillance d?un nouveau
genre. La masse de données ainsi recueillie nécessite d?être bancarisée et valorisée pour identifier, développer
et partager les connaissances nécessaires à la conduite de la politique maritime et littorale de la façade.
Par ailleurs, des programmes de recherche variés et interdisciplinaires sont menés par les différents organismes
de recherche de la façade (notamment les unités mixtes de recherche du CNRS et des Universités de Bordeaux
et La Rochelle, l?Université de Pau et des Pays de l?Adour, l?IFREMER, l?INRAE et le LabEx COTE, etc.). Ces
structures portent parfois des programmes de recherche nationaux ou locaux spécifiques sur les milieux
marins. Par exemple, le GIP Littoral accompagne les collectivités littorales dans l?élaboration de leurs projets
par de la mise en réseau et du partage de méthodes pour décliner, sur chaque secteur, les principes
d?aménagement et de gestion durable. CAPENA apporte entre autres une expertise technique et scientifique
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
aux acteurs des filières pêche et aquaculture, ainsi qu?aux acteurs publics et privés. Les parcs naturels marins
mettent également en oeuvre des observatoires et des programmes de suivi des milieux et des espèces
faunistiques. Le groupement d?intérêt scientifique littoral basque fait émerger, quant à lui, des projets de
recherche et développement en adéquation avec les besoins des collectivités à l?échelle transfrontalière. Un
projet de pôle océanographique aquitain visant à regrouper différents acteurs de la recherche littorale a été
relancé en 2023. La mise en réseau des acteurs régionaux est un enjeu majeur afin d?améliorer les
connaissances sur les milieux marins et de permettre le développement durable des activités.
Pour la façade Sud-Atlantique, au vu du tissu économique diversifié, l?innovation, notamment dans le secteur
de la construction navale très sensible à la demande internationale, est un défi majeur. L?introduction de la
dimension environnementale au sein des différentes filières constitue un enjeu fort qui permettra l?essor d?une
croissance bleue respectueuse des milieux marins. Le Grand Port Maritime de Bordeaux et les acteurs de l?eau
ont initié la mise en place de jumeaux numériques du fleuve, avec pour objectif de créer un référentiel
commun de modélisation des impacts du changement climatique.
1.5.2. Formation maritime
Sur la façade Sud-Atlantique, des établissements d'enseignement maritime (lycée maritime de la Rochelle et
Ciboure, lycée de la mer de Bourcefranc et Gujan-Mestras) délivrent un large panel de formations maritimes.
Dispensées par la voie scolaire, l'apprentissage ou la formation continue, ces dernières permettent d'exercer
des fonctions aussi bien au pont qu'à la machine dans tous les secteurs professionnels (pêche, cultures
marines, commerce, plaisance) et à plusieurs niveaux de responsabilité.
Au-delà des métiers de navigants, de nombreux métiers de la mer sont représentés en Nouvelle-Aquitaine
grâce à une offre de formation variée (maintenance nautique, plasturgie et composites?), également offerte
dans l'enseignement supérieur (BTS ou formations universitaire de haut niveau). D'autre part, des structures
publiques en partenariat avec les professionnels délivrent des formations plus spécifiques aux loisirs nautiques.
Atelier de ramendage du lycée maritime et aquacole de La Rochelle © Jacky Grange / LMA de La Rochelle
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Depuis 2015, la formation professionnelle maritime fait l'objet d'une profonde réforme afin d'adapter et
moderniser les référentiels au plus près des métiers. En effet, les filières maritimes de naviguant, et notamment
celles de la pêche et des cultures marines, souffrent d?un manque d?attractivité. Or, pour assurer la continuité
de certaines activités professionnelles et faire face aux nouveaux métiers promis par l?émergence de nouvelles
technologies (nautisme, production d?énergie), les besoins sont considérables et les formations qui
correspondent à ces métiers conditionnent dès aujourd?hui la pérennité et la maîtrise des savoir-faire. Le
gouvernement a donc mis en place une politique d?attractivité des métiers de la mer déclinée en 2022 en Sud-
Atlantique dans le cadre du plan de relance. Différents porteurs de projets emblématiques de la façade ont
ainsi été mobilisés autour d?actions concrètes (site internet dédié à l?orientation, salons/forums, capsules
multimédia, podcast?) pour adapter les formations des métiers de la mer d?aujourd?hui à ceux de demain et
améliorer la communication.
Pour répondre aux enjeux de formations adaptées à la réalité des métiers et des besoins en Sud-Atlantique,
plusieurs actions ont été engagées. A titre d?exemple, un partenariat entre la région et les autorités
académiques (éducation nationale, DRAAF) a été conclu pour élaborer une carte des formations et ainsi
répondre aux besoins des entreprises. Ces travaux devraient s?intensifier dans les années à venir pour se
préparer aux besoins futurs (comme les métiers de l?éolien en mer ou ceux autour des nouveaux modes de
propulsion, de la déconstruction, de l?économie circulaire...) et faire face à l?évolution du marché de l?emploi.
L?encadrement des activités nautiques et subaquatiques rentre dans le cadre des professions réglementées par
le code du sport. Elles obligent les encadrants à détenir un diplôme reconnu par l?état. Ces formations sont
délivrées par des structures publiques (CREPS de Bordeaux surf, plongées.) et ou privé (fédération délégataire,
Canoë Kayak, voile, UCPA etc.). Les fédérations dispensent également des formations d?encadrement des
licencié(e)s dans les clubs tout au long de l?année.
1.5.3. Sensibilisation
Un grand nombre d?actions de sensibilisation des usagers de la mer et du grand public est mené par les
services et opérateurs de l'État ainsi que par les collectivités territoriales, les professionnels de la mer, les
acteurs des sports nautiques, dont les fédérations nautiques sportives et les associations qui oeuvrent pour la
protection de l'environnement marin. A titre d?exemple, plusieurs aires marines éducatives existent sur la
façade pour faire découvrir ces milieux en impliquant les élèves autour d?un projet pédagogique et écocitoyen
de connaissance et de protection du milieu marin.
De nombreuses manifestations de sensibilisation des milieux marins sont mises en place par les clubs et
acteurs fédéraux en direction de leurs licenciés et du grand public (nettoyages de plages, expositions,
commissions dédiées, comptage espèces faune et flore, etc.). Ces activités constituent un important levier de
sensibilisation au milieu marin notamment par leurs implications dans les sciences participatives en lien avec
des organisations scientifiques (IFREMER, Muséum National d'Histoire Naturelle Paris).
D?autre part, la Nouvelle-Aquitaine compte 5 Centres Permanents d?Initiative pour l?Environnement (CPIE) sur
son littoral. Ce réseau associatif labellisé agit en faveur du développement durable soit en accompagnant les
territoires au service des politiques publiques et des projets d?acteurs (collectivités, entreprises...), soit par des
actions de sensibilisation et d?éducation de tous à l?environnement. A titre d?exemple, la campagne « L?écho
de nos gestes, pour une plaisance responsable » est une initiative destinée à promouvoir auprès des usagers et
des professionnels de l?océan des pratiques respectueuses de l?environnement et de la biodiversité. Pour cela,
le CPIE Seignanx-Adour des Landes est ambassadeur depuis 2016.
Enfin, par leurs projets structurants et les études d?impact menées, les acteurs professionnels dont les
industriels contribuent grandement à améliorer l?état des connaissances sur les milieux marins et favorisent par
leurs activités la sensibilisation de tout un chacun aux espaces maritimes et littoraux.
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1.6. Les initiatives locales de planification ou de gestion intégrée
de la mer et du littoral
1.6.1. Le cadre juridique
L?évolution de la planification des espaces maritimes et littoraux est le résultat d?un contexte international et
européen (directives cadre) et d?une dynamique à la fois nationale (stratégie nationale pour la mer et le
littoral) et portée par et au sein des territoires (collectivités, acteurs socio-professionnels, associatifs et
scientifiques).
Cadre de référence à l?échelle de la façade pour la planification de l?espace maritime et de l?interface terre
mer, le DSF est l'outil qui organise l'aménagement des espaces maritimes sous juridiction et souveraineté
nationales, ainsi que les activités s'y rapportant. À ce titre, il instaure une cohérence d?ensemble que ne
peuvent assurer seules les planifications sectorielles menées à terre ou en mer, portées par l?État (SRDAM,
éolien flottant, projet stratégiques des grands ports maritimes), ses établissements publics (charte et plan de
gestion de parcs) ou les collectivités (SRADDET, SCoT et volet valant SMVM, etc.).
D?un point de vue juridique, il s?inscrit dans un rapport d?opposabilité et de prise en compte avec les
documents de planification de rang inférieur, notamment le Plan Local d?Urbanisme (PLU) ou le Schéma de
Cohérence Territorial (SCOT). Le DSF fixe un cap que ces documents, à une échelle plus locale, doivent
respecter. Ces modalités sont précisées dans le préambule (Partie 1.3). Le DSF doit permettre, au-delà de son
opposabilité, d?accompagner les collectivités et porteurs de projets dans leur démarche de planification.
1.6.2. Les outils de planification
Si la mer est un espace régalien, le développement des activités en mer est aussi un enjeu territorial : tourisme,
infrastructures portuaires (plaisance, pêche et commerce), développement des énergies marines renouve-
lables. Face à la densité croissante des usages de la mer et la prise en compte des impacts cumulés dus aux
activités humaines, les outils de gestion et de planification en mer et sur le littoral favorisent la création de
synergie pour une bonne cohabitation des usages en mer et sur la frange littorale. La gouvernance ainsi mise
en place nécessite l?implication de tous les acteurs et usagers de la mer et du littoral afin d?intégrer une
pluralité d?intérêts divergents et d?aboutir à une vision à horizon 2050 qui soit partagée par tous.
De nombreux acteurs aux compétences propres interviennent en matière de planification et de gestion
intégrée de la mer et du littoral. Les collectivités territoriales sont compétentes pour divers secteurs liés aux
activités maritimes, économiques et portuaires, de loisir ou de plaisance. Il s?agit en Sud-Atlantique de la
région Nouvelle-Aquitaine, des quatre départements de la façade ainsi que des communes et leurs
groupements. Les acteurs socio-professionnels et scientifiques (syndicats mixtes, établissements publics,
gestionnaires d?espaces protégés, fédérations et associations) contribuent à cette gestion intégrée en assurant
la conservation et l?animation d?espaces en apportant leur expertise ou en aidant à la décision.
Carrelets de pêche à Mortagne-sur-Gironde © Laurent Mignaux / Terra
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Par ailleurs, les établissements publics (Office français pour la biodiversité, Agence de l?eau...) et instituts
scientifiques (Ifremer - Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer, CEREMA - Centre d?études
et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement) apportent leurs expertises dans
le processus de planification de l?espace maritime. Le Conservatoire du littoral mène quant à lui une politique
foncière de sauvegarde des espaces. Parmi les acteurs professionnels figurent les Comités régionaux des
pêches maritimes et des élevages marins, l?Union nationale des producteurs de granulats, le Réseau de
transport d?électricité, les Grands ports maritimes (La Rochelle, Bordeaux). France Nature Environnement et
l?Association des ports de plaisance de l?Atlantique sont des acteurs associatifs.
Sur la façade Sud-Atlantique, l?enjeu de l?interface entre le domaine public maritime et les espaces terrestres
est primordial, notamment pour garantir une gestion durable de la ressource en eau dans les territoires à
commencer par la frange côtière. La lutte contre l?érosion, la mise en oeuvre de la loi Climat et Résilience ainsi
que la politique de l?eau nécessitent une collaboration étroite entre les collectivités et l?État dans
l?aménagement du littoral. Cette gestion est tout particulièrement examinée par les Comités de bassin Loire
Bretagne et Adour Garonne à travers l?élaboration de leur Schéma directeur d?aménagement et de gestion des
eaux (SDAGE), et déclinée par des contrats territoriaux avec les communes et intercommunalités littorales.
Elles est aussi traitée dans les différents documents de planification, en particulier les Schémas
d?Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGEs).
Cette planification par « schémas » permet d?identifier et de prioriser des enjeux locaux, notamment la
protection des habitats naturels face à l?urbanisation. En Nouvelle-Aquitaine, le Conseil Régional est aussi un
acteur important de l?économie maritime et littorale (FEAMPA, FEDER, acquisition de connaissances, gestion
des ports de commerce régionaux et formation). En termes d?outils de planification, le Schéma régional
d?aménagement, de développement durable et d?égalité des territoires (SRADDET), élaboré par la Région, doit
obligatoirement intégrer les objectifs du DSF, en particulier ceux relatifs à la préservation des écosystèmes
marins, au développement des énergies marines renouvelables, et à la gestion des risques côtiers.
À échelle locale, la planification de l?urbanisme dispose d?outils stratégiques articulés à différents échelons et
comportant plusieurs mesures ou orientations relatives au littoral ou au domaine maritime. Ainsi, les Schémas
de Cohérence Territoriale (SCOT) et les Plans Locaux d?Urbanisme (PLU) doivent être compatibles avec les
orientations du DSF. Cela se traduit dans les SCOT par une prise en compte des dynamiques littorales dans
l?aménagement du territoire et la gestion des zones inondables. Les PLU doivent, quant-à-eux, inclure des
dispositions pour protéger des sites sensibles, et peuvent restreindre la construction dans certaines zones
côtières, conformément aux objectifs du DSF.
Nombre de communes sont également couvertes par des espaces protégés réglementaires, fonciers ou
contractuels, caractéristiques du bord de mer. Parmi eux, la façade compte 2 Parcs naturels marins (Bassin
d?Arcachon et Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis) ainsi que 61 aires marines protégées (AMP) dont
22 sites Natura 2000 au titre de la directive Habitats Faune Flore et 15 sites Natura 2000 au titre de la directive
Oiseaux.
Enfin, la politique de gestion des risques, notamment littoraux, repose sur 4 piliers : information, prévention,
protection et gestion de crise pour atténuer les conséquences lors de la survenance d?un risque. Les études
stratégiques locales permettent de déterminer la sensibilité du territoire aux aléas, de partager la connaissance
du risque avec les acteurs locaux et de définir collectivement les meilleurs outils : les plans de prévention des
risques naturels (PPRN), les plans de prévention des risques inondation (PPRI)?
Ces différents outils, représentés de manière simplifiée dans l?annexe 8 (hors démarches de planification
sectorielle dédiées à des activités spécifiques), contribuent à cette dynamique intégrée (planification terrestre
ou mixte, dispositifs concourant à la gestion des usages, en mer comme sur le domaine public maritime).
Les différentes activités présentes sur la façade Sud-Atlantique
ainsi que les habitats écologiques et les espèces à enjeux ont fait l?objet
de représentations cartographiques présentées dans les pages suivantes.
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.6.2.1. Carte de synthèse des enjeux écologiques de la façade Sud-Atlantique
51
1.6.2.2. Carte de synthèse des enjeux socio-économiques de la façade Sud-Atlantique
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1.7. Les interactions entre activités et avec l'environnement
1.7.1. Interactions entre activités
Dans un contexte de multiplicité des usages en mer et sur le littoral, une gestion harmonieuse des activités est
nécessaire afin d?assurer leur compatibilité spatiale et temporelle.
La temporalité des activités est essentielle à considérer dans le cadre de la planification de l?espace maritime.
Deux facteurs structurants sont à prendre en compte : la saisonnalité (ouverture de la pêche pendant une
période spécifique, activité de transport maritime et tourisme plus ou moins importants selon la période) et
une temporalité propre à chaque projet (phase de chantier, de fonctionnement, aquaculture?). Ainsi, des
activités peuvent être incompatibles à une période de l?année et cohabiter parfaitement le reste du temps.
Sur la façade Sud-Atlantique, deux territoires apparaissent particulièrement comme des zones de fortes
contraintes compte tenu du nombre élevé d?activités en présence : le secteur de la mer des Pertuis et le Bassin
d?Arcachon. Ces zones sont également marquées par une forte saisonnalité des activités : la fréquentation
touristique durant la période estivale rend les conflits d?usages d?autant plus forts notamment entre les
professionnels et les autres usagers de la mer.
L?implantation des parcs éoliens au large des côtes nécessite une analyse spécifique sur la
cohabitation/conciliation des usages selon les différentes phases du projet. En effet, le déploiement de l?éolien
doit prendre en compte les activités préexistantes comme la pêche, le trafic maritime ou les activités relevant
de la défense nationale. La planification et la concertation avec les acteurs concernés devront faciliter les co-
usages dans les secteurs de projets.
Si certaines activités peuvent sembler incompatibles sur une même zone, la planification de l'espace permet
de gérer cette incompatibilité. A contrario, les énergies marines renouvelables (EMR) vont permettre de créer
une nouvelle filière industrielle, localisée en particulier au sein des zones industrialo-portuaires du fait des
activités qu?elles génèrent.
De plus, et conformément à la stratégie nationale de sûreté des espaces maritimes, la planification spatiale et
le développement des EMR doivent intégrer les enjeux de sécurité nationale. Il s?agit non seulement d?intégrer
les enjeux de sûreté de ces installations mais également de s?assurer que ces installations répondent aux
exigences plus larges de sécurité nationale et qu?elles n?entravent pas notre capacité collective à assurer la
défense de la Nation, la sécurité et liberté de la navigation ainsi que la protection des intérêts nationaux. Elles
devront aussi répondre à l?enjeu de restauration des écosystèmes marins.
Si les activités de production (pêche professionnelle, conchyliculture) ou la proximité de stations balnéaires
imposent la limitation de certaines activités telles que le dragage, le clapage et les énergies marines
renouvelables, la détermination des règles d?usages permet de concilier l?ensemble des activités y compris
récréatives et de tourisme (baignade..).
De la même façon, dans les secteurs de la côte sableuse et de la côte basque, les activités de pêche
professionnelle et les activités récréatives et touristiques sont tout à fait compatibles entre elles, sous réserve
d'une prise en compte réciproque et du respect de la réglementation.
En plus des interactions entre activités purement maritimes, on note également l'existence d'enjeux terre-mer,
notamment entre l'ostréiculture et la pêche d'une part, et la pollution diffuse ainsi que la gestion de la
ressource en eau d'autre part. Les activités ostréicoles et de pêche sont dépendantes de la qualité et de la
quantité d'eau qui leur parviennent via les cours d'eau. Les interactions sont particulièrement marquées l'été
en période de sécheresse et de canicule, où l'eau est plus chaude et se déverse en moindre quantité ainsi
qu'en cas de fortes pluies en hiver, ce qui impacte le niveau de salinité du bassin et peut conduire à la montée
en charge du réseau d'assainissement. La multiplication des événements climatiques majeurs peut ainsi
impacter la qualité de la ressource en ce qui concerne les zones de frayères et de nourriceries, ainsi que le
cycle de vie de certains poissons. Le recours aux intrants chimiques nuit également à la bonne qualité de l'eau
et a des conséquences sur les activités conchylicoles et de pêche de la façade maritime.
54
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Enfin, les interactions entre logements résidentiels de bord de mer et activités professionnelles nécessitant la
proximité immédiate de la mer sont générateurs de conflits potentiels.
Un autre enjeu, commun à l'ensemble des activités maritimes et littorales, est la disponibilité des "accès à
terre" qui peut entraîner des conflits d?usages, ou être générateurs de nuisances néfastes à d?autres activités.
Les zones côtières qui accueillent des activités professionnelles de pêche et d?aquaculture, sont des zones de
fortes interactions entre activités professionnelles (pêche, aquaculture) et de loisir (plaisanciers, pratiquants de
sport nautique), avec l?émergence possible de conflits, notamment en période estivale. De même, des tensions
entre plaisance et navigation ou pêche récréative peuvent avoir des enjeux similaires en matière de conditions
de sorties (plongée versus chasse sous-marine ou pêche embarquée, motonautisme versus voiles). La
conciliation spatiale et temporelle est à rechercher quand ces activités sont pratiquées au sein d?un même
espace, constituant ainsi un enjeu majeur de la planification.
Ainsi, l?ensemble du développement économique a vocation à s?appuyer sur une approche écosystémique
privilégiant la recherche de synergie et la collaboration entre les acteurs, pour envisager les co-usages.
1.7.2 Interactions entre activités et environnement
Le règlement (UE) 2024/1991 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2024 relatif à la restauration de la
nature prévoit la mise en place des mesures en vue de restaurer les habitats dégradés, à la fois terrestres et
marins. Il vise ainsi à couvrir, d?ici 2030, 20 % des terres et 20% des mers de l?UE par des mesures de
restauration et d?ici 2050 tous les écosystèmes dégradés. A cette fin, il définit des objectifs contraignants à
horizon 2030, 2040 et 2050 en termes de résorption des lacunes de connaissance, de prise de mesures de
restauration sur les habitats dégradés, de recréation d'habitats et d'augmentation de la qualité et de la
quantité d'habitats d'espèces. Pour le milieu marin, il doit permettre de renforcer la mise en oeuvre des
directives existantes, dont la DCSMM.
Ces éléments feront l?objet du plan national de restauration, que les Etats membres ont l?obligation de
transmettre à la Commission européenne le 1er septembre 2026 au plus tard.
L'élaboration de ce plan s'appuiera sur les mesures existantes qui peuvent être valorisées au titre de
l'application de ce règlement, et notamment certaines mesures prévues ou reprises par les DSF, comme par
exemple celles relevant du développement de la protection forte.
Par ailleurs, le développement des activités anthropiques interagit avec le milieu marin. Les activités
bénéficient des services écosystémiques offerts par un milieu marin en bonne santé, par exemple en rendant
les ressources halieutiques disponibles pour la pêche. Les activités peuvent générer des pressions sur le milieu
marin (modifications du milieu, pollutions, surexploitation, espèces non-indigènes?) et conduire à des impacts
sur les espèces et habitats. Toutefois, la limitation de ces impacts sur le milieu marin est de plus en plus
intégrée dans les pratiques des entreprises et très encadrée par les différentes réglementations, qu?elles soient
locales, nationales ou européennes. Les acteurs de la mer sont en questionnement permanent pour
développer des bonnes pratiques respectueuses des milieux marins.
Face à ces pressions et impacts, plusieurs normes internationales ont été édictées au fil des années pour
encadrer le transport maritime tant sur la question des déchets, des espèces non indigènes avec la mise en
place de systèmes de filtration des eaux de ballast que sur la pollution atmosphérique avec l?instauration de
zones de contrôle des émissions atmosphériques (NECA). Chacun de ces impacts est par ailleurs bien pris en
compte dans les études d?impact préliminaires à la délivrance des autorisations. L?étude des interactions
« milieu marin/activités » est donc essentielle pour planifier l?espace maritime et littoral de façon à assurer la
cohabitation d?activités, suivant des modalités notamment compatibles avec l?atteinte du bon état écologique
des eaux marines.
55
25 M
-25 M
0 M
56
Modélisation topographique du Bassin d'Arcachon
à partir du modèle numérique de terrain Litto 3D®
(vue maillée du terrain issu d'un moyennage des échos
lidars- mailles de 5 mètres)
Source : Litto 3D® Nouvelle-Aquitaine 2024 (SHOM-IGN)
Traitement et réalisation : DIRM SA/MML - Mai 2025
Li
tt
o3
D
®
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Les matrices ci-après ? non exhaustives ? permettent de représenter de manière visuelle ces interactions. Leur
objectif est de donner un aperçu global et synthétique de l?existence de pressions et d?impacts potentiels des
secteurs d'activités sur le milieu marin au regard des descripteurs du Bon état écologique. Elles peuvent ainsi
permettre de mieux faire le lien entre les livrables du volet Analyse économique et sociale (AES) et celui du
bon état écologique dans les stratégies de façades maritimes. La première matrice porte sur les pressions
générées par les secteurs d?activités sur le milieu marin : le texte de la cellule précise cette relation de pression
potentielle entre l?activité (en entrée de ligne) et le descripteur d'état (en entrée de colonne). La seconde
matrice porte sur les impacts générés par les secteurs d?activités sur le milieu marin : le texte de la cellule
précise cette relation d?impact potentiel entre l?activité (en entrée de ligne) et le descripteur de pression (en
entrée de colonne). Une case vide indique une absence - à priori - de relation.
Ces matrices n?ont pas vocation à illustrer de manière complète et détaillée l?ensemble des pressions et
impacts s?exerçant sur le milieu marin et impliquent des précautions de lecture. Par exemple, les niveaux de
pression et d?impact peuvent varier suivant le type de pratique ou l?intensité associés à chaque activité ou
suivant les endroits où cette activité se déroule. Par souci de synthèse, seules les activités anthropiques
générant des pressions avérées sur le milieu marin sont représentées.
Cette matrice présente les interactions entre les activités maritimes, les habitats et les espèces. Elle a été
construite sur la base de la bibliographie existante et de dires d?experts dont les sources sont précisées en
annexe 1 relative au diagnostic de l?existant de la présente stratégie de façade.
57
Lège-Cap-Ferret © Matthieu Melsbach / DIRM SA
MATRICE 1 : Les pressions potentielles générées par les secteurs d'activités sur le milieu marin
Les activités ci-dessous ?
peuvent entraîner des
impacts sur les composantes
suivantes ?
Espèces non-
indigènes (ENI)
Changements
hydrographiques Eutrophisation
Agriculture Prélèvement d'eau par les activités agricoles
au dépend de la zone côtière
Rejets potentiels de substances nutritives
(azote et phosphate issus d'épandage
d'engrais et d'effluents organiques)
Aquaculture
En cas d'élevage d'espèces non
indigènes, potentiel échappement
risquant la diffusion de certaines
maladies et des espèces associées
Modification des régimes de courants,
marées, vagues, de la nature de fond et de la
turbidité
Rejets locaux potentiels de nutriments et de
matière organique (pisciculture)
Câbles sous-marins Risque d'installation d?ENl sur les câbles
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de la pose Modification de la turbidité lors de la pose
Construction navale
Énergies marines
renouvelables (EMR)
Risque d'installation d?ENl sur les
installations EMR
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de la pose Modifications de la turbidité lors de la pose
Extraction de
minéraux
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité Remise en suspension de nutriments
Industries Risque d'introduction d?ENl
Rejets potentiels d'eau à une
température plus élevée que l'eau
prélevée
Rejets potentiels de matière organique et
contaminants affectant la production
primaire
Pêche de loisir Risque d'introduction d?ENl lié au transfert
entre différents sites de pêche à pied
Pêche
professionnelle Risque d'introduction d?ENl
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité suivant les techniques de pêche
Plaisance et
nautisme
Risque potentiel d'introduction d?ENl pour
la grande plaisance
Risque de remise en suspension de
sédiments liés notamment aux ancrages Rejets potentiels de matière organique*
Tourisme, baignade
et fréquentation des
plages
Risque d'introduction d?ENl Rejets potentiels de matière organique
Transports maritimes
et ports
Risque d?introduction d?ENl via les eaux de
ballast et la présence éventuelle de
biosalissures sur les coques et
équipements
Modification potentielle de l?hydrodynamisme
et de la turbidité liées à la construction
d?aménagements portuaires
Rejets de matière organique et
contaminants affectant la production
primaire
Dragage / clapage Risque de remise en suspension de
sédiments et modifications de la turbidité
Rejets potentiels de matière organique et
contaminants affectant la production
primaire
* Ne s?appliquent pas aux bateaux avec marquage « CE », qui doivent être accompagné de documents spécifiques et répondre à certaines obligations,
en application de la réglementation européenne qui encadre, depuis le 16 juin 1998, la construction des bateaux de plaisance et, depuis le 1er janvier
2006, des véhicules nautiques à moteur mis sur le marché européen.
58
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Contaminants Questions sanitaires Déchets marins
Bruit
sous-marin
Rejets potentiels de substances
chimiques (produits
phytopharmaceutiques)
Rejets potentiels de substances
chimiques (produits
phytopharmaceutiques)
Rejets potentiels de déchets via le
ruissellement et les cours d'eau
Risque potentiel de diffusion de
certaines maladies Rejets potentiels de déchets
Émissions ponctuelles de bruits
(installation des infrastructures et
récolte)
Rejets potentiels de contaminants
(métaux lourds, éléments chimiques) via
l'usure des câbles anciens non ensouillés Rejets potentiels de déchets
Émissions ponctuelles de bruits (pose et
entretien des câbles)
Rejets potentiels de contaminants
(métaux lourds, éléments chimiques)
Rejets potentiels de substances
chimiques Rejets potentiels de déchets
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques lors
de la remise en suspension de sédiments
liée à la pose
Émissions ponctuelles de bruits (pose
et entretien) et champs
électromagnétiques
Remise en suspension de sédiments
Émissions ponctuelles de bruits sous-
marins
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques
Rejets potentiels de déchets dangereux
(amiantés, médicaux, huiles minérales et
synthétiques, plastiques...)
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Risque de pertes d'engins en plomb
Rejets potentiels de déchets et risque de
pertes d'engins
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Risque de contamination par
hydrocarbures
Rejets potentiels de déchets et risque de
pertes d'engins
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Risque de contamination par
hydrocarbures et via les eaux de fond de
cale, des eaux noires et grises et des
peintures antisalissures*
Risque d'introduction d'organismes
pathogènes Rejets potentiels de déchets
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Rejets en contaminants chimiques
(résidus médicamenteux, crèmes
solaires et protection, etc.)
Rejets de contaminants et risque
d'introduction ou de concentration en
organismes pathogènes microbiens Rejets potentiels de déchets
Rejets de contaminants (dégazage,
collisions, avaries, échouages, aire de
carénage, zone d'avitaillement)
Rejets de contaminants (dégazage,
collisions, avaries, échouages, aire de
carénage, zone d'avitaillement)
Rejets potentiels de déchets (sacs
poubelles, détritus, pertes de
conteneurs)
Émissions de bruit continu générées
par le trafic maritime
Risque de remise en suspension de
contaminants (éléments traces
métalliques, PCB, hydrocarbures, TBT,
etc.)
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques et
risque d'introduction d'organismes
pathogènes
Émissions ponctuelles de bruits lors des
dragages
59
MATRICE 2 : Les impacts potentiels induits par les secteurs d?activités sur le milieu marin
Les activités ci-dessous ?
peuvent entraîner des
impacts sur les
composantes suivantes ?
Habitats
benthiques
Habitats
pélagiques
Tortues et
mammifères marins
Agriculture
Apports potentiels en éléments nutritifs et
contaminants impactant le cycle de vie des
espèces
Apports potentiels en éléments nutritifs et
contaminants impactant le cycle de vie des
espèces
Apports potentiels en contaminants impactant
les individus et leur cycle de vie
Aquaculture
Modifications potentielles du substrat par
envasement et pertes potentielles d'habitats
benthiques lors de la mise en place des
infrastructures d'élevage
Risque d'apports en éléments exogènes
susceptibles d?avoir un impact sur le plancton
Risques de pertes et de modifications
d?habitats liées aux infrastructures d'élevage et
à l?envasement
Câbles sous-marins
Risque de pertes ou modifications des
habitats benthiques liées à la modification de
l?hydrodynamisme et de la turbidité lors de
l?installation, au changement de substrat et
au risque d?installation d?ENI
Modifications de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de l?installation pouvant impacter
les communautés planctoniques
Risque de champs électromagnétiques pouvant
conduire à des dérangements d?espèces
Construction navale Apports potentiels en contaminants
impactant le cycle de vie des espèces
Apports potentiels en contaminants impactant
le cycle de vie du plancton
Énergies marines
renouvelables (EMR)
Risque de pertes ou modifications des
habitats benthiques liées à la modification de
l?hydrodynamisme et de la turbidité lors de
l?installation, au changement de substrat et
au risque d?installation d?ENI
Modifications de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de l?installation pouvant impacter
les communautés planctoniques
Risque de blessure, de perturbation et de perte
d'habitat lié au bruit sous-marin en phase
travaux
Extraction de
minéraux
Risque de pertes ou modifications des
habitats benthiques liées à la modification de
l?hydrodynamisme et de la turbidité et risque
d?apport de contaminants impactant les
espèces ; Extraction potentielle et
involontaires d?espèces
Modifications de l?hydrodynamisme, de la
turbidité et apport de contaminants pouvant
impacter les communautés planctoniques
Risque de perturbations sonores
Industries
Pertes et modifications d'habitats benthiques
liées aux risques d?introduction d?ENI et
d?apports en contaminants
Risque d?introduction d?ENI et apports
potentiels en contaminants impactant le cycle
de vie du plancton
Apports potentiels en contaminants impactant
les individus et leur cycle de vie et
dérangements sonores
Pêche de loisir
Pertes et modifications d'habitats benthiques
liées à certaines techniques de pêche et au
risque d?introduction d?ENI
Risques de dérangements sonores et visuels
Pêche
professionnelle
Pertes et modifications d'habitats benthiques
liées à certaines techniques de pêche
Risque de perturbation du cycle trophique par le
prélèvement d'espèces planctivores
Risques de captures accidentelles directes,
d?enchevêtrement dans certains engins et
déchets de pêche et de diminution des
ressources alimentaires disponibles et de
dérangements sonores et visuels
Plaisance et
nautisme
Pertes, abrasion ou modifications
d'habitats benthiques liées aux ancrages, au
risque d?introduction d?ENI et aux apports de
contaminants
Risque d?introduction d?ENI et apports
potentiels en contaminants impactant le
plancton
Dérangements sonores et visuels
Tourisme, baignade
et fréquentation des
plages
Pertes et modifications potentielles
d'habitats (artificialisation, piétinement des
fonds et des herbiers, actions de nettoyages
des plages, apports de contaminants et
déchets)
Apports potentiels en contaminants impactant
le cycle de vie des espèces
Augmentation du stress et modifications
comportementales résultant des activités
d'observation de mammifères marins (whale
watching) et risque d?ingestion de déchets
Transports maritimes
et ports
Pertes ou modifications potentielles des
habitats benthiques liées aux aménagements
portuaires, aux risques d?introduction d?ENI
et d?apport de contaminants ;
Risque d?introduction d?ENI et apports
potentiels en contaminants impactant le
plancton (reproduction, développement,
croissance et nutrition)
Risque de dérangement, de collision,
d?ingestion de déchets et pertes ou
modifications potentielles de leurs habitats
Dragage / clapage
Risque de pertes et modifications d'habitats
benthiques liées notamment à la
modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité
Modifications de l?hydrodynamisme et de la
turbidité et apports potentiels en contaminants
variés impactant le plancton (reproduction,
développement, croissance et nutrition)
Risque de pertes et modifications d'habitats
essentiels aux tortues et mammifères marins
60
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Oiseaux marins
Poissons et céphalopodes
+ espèces commerciales Intégrité des fonds marins
Apports potentiels en contaminants impactant les
individus et leur cycle de vie
Apports potentiels en éléments nutritifs et contaminants
impactant le cycle de vie des espèces
Risque de pertes et de modifications d'habitats liées
aux infrastructures d'élevage et à l?envasement
Risque d'impacts indirects des apports de nutriments sur
les habitats des poissons démersaux et benthiques
Modifications potentielles du substrat par envasement et
pertes potentielles d'habitats lors de la mise en place des
infrastructures d'élevage .
Risque de pertes ou modifications de leurs habitats liées à
la modification de l?hydrodynamisme et de la turbidité
lors de l?installation, au changement de substrat ; Risque
de dérangements d?espèces liés aux champs
électromagnétiques
Risque de pertes et modifications d'habitats
Apports potentiels en contaminants impactant le cycle de
vie des espèces
Risque de perte d'habitats, de collision ; effet barrière
Risque de champs électromagnétiques pouvant conduire
à des dérangements d?espèces ; Pertes et modifications
potentielles d'habitats en phase travaux
Pertes ou modifications d'habitats
(notamment effets récif)
Risque de dérangements sonores et visuels
Risque de pertes ou modifications de leurs habitats liées à
la modification de l?hydrodynamisme et de la turbidité et
risque d?apport de contaminants impactant les espèces
Pertes et modifications d'habitats
Apports potentiels en contaminants impactant les
individus et leur cycle de vie
Pertes et modifications de leurs habitats liées au risque
d?introduction d?ENI et d?apports en contaminants
Risque d?ingestion et enchevêtrement liés aux déchets
(filets, fils) et de dérangements sonores et visuels
Extraction d'espèces causant une modification locale de
la structure des populations et possible non-respect des
tailles et des seuils ; Impact sur les espèces via l'utilisation
d'engins non sélectifs
Pertes et modifications d'habitats sur l?estran
(piétinement, retournement de blocs)
Risques de captures accidentelles directes, d?ingestion
et d?enchevêtrement dans certains et déchets de pêche
et de diminution des ressources alimentaires
disponibles et de dérangements sonores et visuels
Extraction d'espèces pouvant causer une modification de
leur abondance et de la structure des populations ; Pertes
ou modifications potentielles d'habitats par l'utilisation
d'engins de pêche traînants (chalut, dragues, panneaux)
Risque de pertes ou abrasion des habitats suivant les
techniques de pêche
Dérangements sonores et visuels
Risque d?introduction d?ENI et apports de contaminants
et déchets impactant les populations et pertes ou
modifications potentielles de leurs habitats
Risque de pertes ou d'abrasion d'habitats par les ancres
Risque d?ingestion et enchevêtrement liés aux déchets,
de dérangements sonores et visuels et de modifications
des habitats liées à l?artificialisation
Risques de dérangements et de modifications voire pertes
des habitats (piétinement et abrasion des zones de
nourricerie et de refuge, artificialisation)
Pertes et modifications potentielles d'habitats
(artificialisation, piétinement et abrasion, actions de
nettoyages des plages)
Risque d?ingestion de déchets et de pollution aux
hydrocarbures et pertes ou modifications potentielles
de leurs habitats
Risque d?introduction d?ENI et apport de contaminants
impactant les populations et pertes ou modifications
potentielles de leurs habitats
Pertes ou modifications potentielles des habitats via le
mouillage des navires et la construction des ports
Risque de pertes et modifications d'habitats essentiels
aux oiseaux
Risque de pertes et modifications d'habitats liées
notamment à la modification de l?hydrodynamisme et de
la turbidité
Risque de pertes et modifications des habitats liées au
dragage et clapage
61
CHAPITRE 2 Vision de la façade Sud-Atlantique à horizon 2050
Contexte
L?objectif de la stratégie de façade maritime Sud-Atlantique est de mettre en oeuvre à horizon 2050 un projet
de développement global pour la façade maritime, traduisant les axes majeurs de la stratégie nationale pour la
mer et le littoral révisée. Pour y parvenir, les atouts ne manquent pas et doivent être pleinement exploités : des
espaces naturels et un patrimoine culturel préservés, des filières professionnelles dynamiques et ouvertes à
l?innovation, des identités fortes porteuses de sens pour la façade maritime.
La première stratégie de façade maritime a permis de définir les grandes lignes d?une trajectoire visant à
atteindre le bon état écologique des eaux marines, en ajustant les pratiques afin de favoriser un dévelop-
pement durable des activités tout en réduisant les pressions exercées sur le milieu marin.
Même si des lacunes subsistent, notamment du fait du caractère mouvant de ces milieux et des ressorts de son
évolution dans le temps et l?espace, les connaissances sur la mer et son environnement se sont accumulées,
grâce aux différents dispositifs de suivi du DSF et au développement des usages. Des événements
exceptionnels sont néanmoins intervenus ces dernières années (pandémie, canicules, incendies), pour certains
symptomatiques du changement climatique. Ces éléments doivent être intégrés dans la construction de la
nouvelle vision pour la façade.
Pour définir les conditions spatiales et temporelles d?un développement durable du territoire, les schémas
simples de compréhension, les relations causales des phénomènes naturels ou sociaux, l?exploitation de la
diversité des ressources marines tout en recherchant leur préservation se complexifient. La solidarité amont-
aval a alors une place à jouer indispensable pour comprendre puis agir, en développant une responsabilisation
des partenaires éloignés entre l?amont et l?aval.
Cette stratégie de façade doit aussi permettre d?assurer une planification des espaces maritimes intégratrice
des enjeux climatiques et de la transition énergétique. Cette planification, qui inclut la frange littorale et les
risques côtiers afférents, est porteuse de synergies entre les différentes activités de la façade maritime. Elle
doit tenir compte des activités de production contribuant à la souveraineté alimentaire, telles la pêche ou
l?ostréiculture, et des zones nécessaires aux activités de défense et plus particulièrement celles liées aux essais.
Cette stratégie est un document révisable tous les 6 ans. Mais l?ambition qu?elle porte et son opposabilité
juridique aux autres documents de planification imposent de se projeter à un horizon 2050 et au-delà autour
d?une vision partagée.
Le «Bus de Mer» à technologie électro-solaire relie le Vieux-Port
de La Rochelle au Port des Minimes © Laurent Mignaux / Terra
62
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.1 Une exigence : le maintien d?un patrimoine littoral et marin d?exception
????
Une bonne qualité de l?eau pour l?ensemble des acteurs
L?eau douce, issue des fleuves des bassins versants Adour-Garonne et Loire-Bretagne a un impact direct ? du
fait de sa qualité et quantité ? sur le bon état du milieu marin de la façade maritime Sud-Atlantique. Les
prélèvements en amont des fleuves et rivières ont une incidence sur les volumes d?eau douce arrivant à la côte
ainsi que sur la qualité des eaux littorales, impactant directement les activités dépendantes du milieu telles
que la conchyliculture ainsi que les frayères et les nurseries de poissons. Une eau de mer de qualité est
également essentielle pour les activités balnéaires littorales. Les acteurs de la gestion de l?eau des bassins
versants amont doivent naturellement s?impliquer dans la préservation des milieux marins et le lien terre-mer,
notamment via leurs stratégies de gestion quantitative de la ressource en eau. Par ailleurs, le maintien et le
renforcement de réseaux croisés facilite la compréhension de l?évolution des contaminants entre terre et mer.
Il permet de créer des axes de travaux adaptés pour prévenir les risques et/ou agir sur les sources potentielles
identifiées.
Cette dépendance des activités vis-à-vis de l?eau nécessite la mise en place d?actions et de mesures qui
contribuent au maintien ou à la restauration du bon état des masses d?eaux, par l?adaptation des équipements
et aménagements au changement climatique (solutions fondées sur la nature, poursuite du renforcement du
traitement des eaux par les stations d?épuration littorales, réutilisation des eaux usées...).
L?importance des moyens, y compris financiers, à mobiliser pour la préservation du milieu marin nécessite
l?application constante, dans la durée, d?une solidarité amont-aval et l?approfondissement des synergies avec
les acteurs des bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne, au travers notamment des programmes d?inter-
ventions des Agences de l?eau.
????
Le bon état écologique atteint, garantissant la préservation des milieux marins
et littoraux d?exception
La façade maritime Sud-Atlantique bénéficie d?un patrimoine littoral et marin naturel et culturel d?exception :
plus de 60 aires marines protégées ont été créées sous des formes juridiques diverses (réserves naturelles
nationales, parcs naturels marins, sites Natura 2000?). Ce réseau doit évoluer pour renforcer la préservation
des enjeux écologiques forts et majeurs patrimoniaux de la façade, en tenant compte des évolutions
dynamiques des milieux dues au changement climatique. Ce patrimoine est un élément essentiel de
l?attractivité de la Nouvelle-Aquitaine. Il est aussi le support de nombreuses activités économiques telles que le
tourisme, les sports nautiques et sous-marins, et le garant d?une production primaire de qualité (pêche
maritime, aquaculture?).
L?augmentation de la pression sur ces espaces rend impérative la mise en oeuvre des plans de gestion et des
documents d?objectifs par les organes de gouvernance propres à chacune de ces aires marines. Outre leur
effet attendu sur l?environnement marin, la gestion raisonnée des milieux au plus près des enjeux de territoires
est un facilitateur de la réduction des conflits d?usage.
????
Des territoires littoraux résilients face au changement climatique
La prévention des risques littoraux est indispensable à la sécurité de nos concitoyens face au changement
climatique et à l?urbanisation croissante du littoral. Au Nord de la façade, le littoral est fortement exposé au
risque de submersion marine. De nombreux outils ont été déployés pour y faire face. Plus au Sud, la forte
érosion de la côte sableuse aquitaine et la côte rocheuse basque sujette au recul du trait de côte ont conduit à
une mobilisation conjointe de l?État et des collectivités. Le territoire de la Nouvelle-Aquitaine s?est positionné
en pointe sur la question de la gestion des risques littoraux et la résilience des territoires côtiers par des
stratégies adaptées et ambitieuses.
63
1.2 Notre projet : une économie maritime et littorale respectueuse
des équilibres écologiques
????
La Nouvelle Aquitaine, un territoire contribuant activement aux objectifs nationaux
de neutralité carbone
Engagée dans les objectifs nationaux de neutralité carbone, la Nouvelle-Aquitaine renforce son mix
énergétique grâce à la production d?énergies renouvelables. Déjà actés, les parcs éoliens en mer au large de
l?île d?Oléron et la ligne d?interconnexion électrique entre la France et l?Espagne participent pleinement aux
objectifs nationaux pour 2030. Parallèlement, d?autres technologies émergentes, telles que le houlomoteur au
Pays basque et l?hydrolien dans l?estuaire de la Gironde, continuent de se développer et pourraient enrichir
l?offre énergétique régionale.
????
Une transition écologique en mouvement pour une économie maritime performante
et pourvoyeuse d?emplois au niveau local
Les filières motrices de la construction navale, du transport maritime, d?extraction de matériaux, du nautisme,
de la glisse, du tourisme balnéaire et celles des productions primaires (ostréiculture et pêche), emblématiques
de la Nouvelle-Aquitaine, ainsi que les infrastructures portuaires de commerce, de pêche et de plaisance
poursuivent leurs transitions structurelles au service d?une économie maritime plus propre. L?économie
circulaire est intégrée dans leur modèle de développement.
Leur inscription dans le processus de transition écologique et énergétique répond aux attentes de la société.
Cette opportunité permet de consolider le tissu socio-économique de la région et contribue au dynamisme de
sa démographie et de l?emploi.
Les filières maritimes adoptent une approche globale de gestion des ressources et des solutions de moindre
incidence sur l?environnement marin générant une dynamique sur tous les territoires de Nouvelle-Aquitaine.
Les filières de production primaire assurent une exploitation raisonnée, garante de la pérennité des ressources
vivantes. Le renouvellement des navires de pêche intègre structurellement les nouvelles technologies
énergétiques de propulsion. Le dynamisme de la plaisance, fondée sur une économie de partage, permet le
développement des industries navales et nautiques.
L?État en région souhaite conforter et encourager les filières, en synergie avec la Région Nouvelle-Aquitaine. En
tout état de cause, le développement potentiel de l?ensemble des activités maritimes tiendra compte de la
zone de défense de la Direction Générale de l'Armement au niveau de la façade Sud-Atlantique.
????
Des ports attractifs au service d?une économie régionale décarbonée
Les grands ports maritimes de La Rochelle et de Bordeaux, les ports de commerce de Rochefort-Tonnay-
Charente et de Bayonne et les 7 principaux ports de pêche de la région Nouvelle-Aquitaine constituent
l?armature logistique principale du développement de l?économie bleue, notamment au travers d?Aquitania
Port Link. À l?instar des ports de pêche et de commerce, les ports de plaisance sont identifiés comme un
acteur économique maritime. Les ports prennent en compte les aménagements nécessaires consécutifs aux
impacts du changement climatique et contribuent à la décarbonation de l'économie. Ils sont les supports des
projets structurants et de l?innovation et vecteurs de densification industrielle. La vision de l?État en région
pour 2050 repose sur une recherche accrue de synergie entre les ports de l?Atlantique et sur l?amélioration de
connexions à leur hinterland ? en particulier par la voie ferrée ? au travers d?une approche intégrée dans la
gestion des flux et des projets.
64
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
????
Une coexistence harmonieuse des usages, économe des ressources et des espaces
Le milieu marin et le littoral sont le lieu d?enjeux contradictoires et de pressions multiples. L?accentuation des
risques, la pression démographique et celle de l?urbanisation sur la frange littorale, l?impératif de l?emploi et du
développement économique, les effets du changement climatique pèsent sur les ressources naturelles.
Le déploiement de l?économie bleue doit tenir compte des capacités d?accueil des territoires, adopter une
sobriété énergétique et un usage raisonné des ressources et des espaces.
Cependant, la pêche maritime doit disposer d?une visibilité sur le moyen-long terme face à l?augmentation des
pressions qu?elle subit (réglementation, état de la ressource, principe de précaution, emploi, impacts
économiques).
En mer, le développement des parcs éoliens impose une approche nouvelle des enjeux de cohabitation avec
les activités préexistantes.
1.3 Nos leviers : l?amélioration des connaissances comme moteur de l?innovation
????
Davantage connaître la mer et communiquer
Le maillage territorial des structures universitaires et scientifiques à l?échelle de la région Nouvelle-Aquitaine
constitue un atout majeur pour le développement de la connaissance sur les milieux marins et les nouvelles
technologies. Ces différents organismes (CNRS, Universités de Bordeaux et La Rochelle, de Pau et des Pays de
l?Adour, l?IFREMER, l?INRAE?), qui mènent des programmes de recherche variés et interdisciplinaires, sont
incités à se fédérer pour prioriser les efforts de connaissances là où les impacts sont méconnus dans le cadre
de projets territorialisés. En outre, de nombreux réseaux ou organismes de recherche privés ou associatifs
(AcclimaTerra, Centre de la Mer de Biarritz, Observatoire de la côte Nouvelle-Aquitaine?) existent. La nécessité
de partager des données produites par la communauté scientifique, comme celles issues des filières
professionnelles au sein d?observatoires, facilite le travail collaboratif des chercheurs et les échanges entre ces
structures et la société civile autour des grands enjeux du territoire littoral. De nouveaux phénomènes
émergents liés notamment au changement climatique seront appréhendés sous le prisme de la santé publique.
Les projets d?implantation d?infrastructures lourdes de type énergies marines renouvelables, nécessitent
l?amélioration des connaissances des milieux marins par le suivi des impacts de ces projets sur les milieux
existants. Un conseil scientifique de l?éolien permet d?objectiver ces suivis.
La compréhension du fonctionnement des écosystèmes remarquables, de l?hydrodynamique, des dynamiques
sédimentaires et l?appréhension des impacts cumulés des pressions s?appliquant aux milieux apparaissent
comme des éléments essentiels à la prise en compte du lien terre-mer et à l?évaluation des incidences de
l?activité humaine sur les milieux marins. Devant la complexité de la compréhension de ces dynamiques
naturelles, les connaissances scientifiques intègrent les données issues des sciences sociales et sont
complétées par les savoirs empiriques des acteurs et les résultats des sciences participatives pour mieux
mesurer l?impact de ces projets sur la société.
????
Des liens renforcés entre la communauté scientifique, la société civile et le monde
industriel pour une connaissance partagée de la mer et du littoral
Les synergies entre les acteurs scientifiques et la société civile (professionnels de la mer, associations, clubs
sportifs?) pour le partage et le développement de la connaissance sont valorisées, sous l?impulsion du Conseil
Maritime de Façade. Les acteurs professionnels s?impliquent et portent les projets d?études scientifiques pour
une meilleure acceptabilité des résultats scientifiques et une cohérence des projets.
65
Les liens entre la communauté scientifique et le monde industriel se renforcent sur des projets structurants
et concrets (développement de filières, contribution aux objectifs de développement durable, transition
écologique des filières maritimes). Avec le développement du fonds de dotation pour la biodiversité, l?État
organise la collaboration entre le monde scientifique et le monde industriel. Une synergie des besoins de
recherche des collectivités et de l?État dans la façade est à construire, en coordination avec le Conseil
Régional.
????
Développer des capacités de R&D pour l?adaptation des filières historiques et promouvoir
l?innovation dans les secteurs émergents
Les innovations dans le domaine maritime permettent l?accompagnement et la transformation des filières
pour des activités respectueuses de leur environnement (adaptation et renouvellement des navires,
déconstruction, recyclage, transition numérique et énergétique dont la décarbonation des modes de
propulsion). La réglementation est adaptée pour mettre en oeuvre des solutions techniques et technologiques
permettant de faire face au changement climatique. Les innovations dans le secteur maritime favorisent
l?implantation de TPE-PME. La façade Sud-Atlantique continue à affirmer sa place de leader en recherche et
développement pour la filière nautique et la glisse.
????
Un public conscient de son interdépendance à la mer
À travers la mise en place d?événements éducatifs et culturels, l?ensemble des acteurs oeuvre collectivement
pour sensibiliser et éduquer, dès le plus jeune âge, l?ensemble des citoyens aux enjeux, aux perspectives
(technologiques, pharmaceutiques, en termes de métiers, d?innovation?) et aux bonnes pratiques liés à la mer
et au littoral.
Cette prise de conscience est collective (jeunes, nouvelles populations, populations âgées...). Des outils,
notamment numériques, existent pour sensibiliser ces différents publics à la fragilité et au potentiel de la mer
(marées de découverte, BiMer, aires marines éducatives).
Les connaissances scientifiques sont valorisées et mises à disposition du public sous une forme accessible et
synthétique.
????
Des métiers de la mer réinventés et attractifs
Les transitions écologiques, numériques et énergétiques constituent une source d?emplois en croissance pour
la façade maritime. Avec la transformation du marché de l?emploi tourné vers la mer, des formations adaptées
sont mises en place à mesure de la décarbonation des techniques et des métiers. La réglementation est
simplifiée pour faciliter l?accès aux professions maritimes. La mutation des métiers de la mer va créer des
niches attractives. Des partenariats renforcent les connexions entre les lycées et universités et les entreprises
pour augmenter l?attractivité des métiers de la mer.
En parallèle, l?amélioration des conditions de travail (cadre social, visibilité sur les métiers, promotion sociale
des parcours, modernisation des navires,?) contribue à l?attractivité de ces métiers.
66
OBJECTIFS STRATÉGIQUES
ET PLANIFICATION DES ESPACES
MARITIMES
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 67
2
CHAPITRE 1 Objectifs stratégiques socio-économiques et environnementaux
L?état des lieux socio-économique et environnemental de la façade Sud-Atlantique a permis de faire émerger
des enjeux tant écologiques que physiques (risques littoraux), ainsi que des problématiques thématiques
spécifiques. Sur cette base, la vision à horizon 2050 permet de dégager de grandes orientations stratégiques,
intégratrices à long terme pour l?avenir de la façade maritime et organisées autour de 3 axes : un patrimoine
littoral et marin d'exception, une économie maritime et littorale respectueuse des équilibres écologiques et
l'amélioration des connaissances comme moteur de l?innovation.
Afin d'atteindre cet avenir souhaité, des objectifs stratégiques et particuliers ont été fixés sur l'échelle de
temps du DSF (6 ans). De nature environnementales ou socio-économiques, ils visent à préserver le milieu
marin ou à donner une impulsion à chacun des secteurs de l?économie maritime.
68
Le Porge (Gironde), plage et dunes littorales © Matthieu Melsbach / DIRM SA
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Quatorze objectifs stratégiques environnementaux ont été définis. Les objectifs stratégiques environnemen-
taux sont précisés par des objectifs particuliers, lesquels sont accompagnés d?indicateurs et de cibles pour
permettre leur mesure, leur évaluation et leur rapportage auprès des instances européennes.
Descripteur Enjeux ciblés Objectifs stratégiques environnementaux
D1
La diversité biologique est conservée. La qualité des
habitats et leur nombre, ainsi que la distribution et
l?abondance des espèces sont adaptées aux conditions
physiographiques, géographiques et climatiques existantes.
Habitats
Benthiques et
pélagiques
1. Limiter ou éviter les perturbations physiques d'origine
anthropique impactant le bon état écologique des habitats
benthiques littoraux, du plateau continental et des habitats
profonds, notamment les habitats particuliers
Mammifères
marins et
tortues
2. Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités directes et
du dérangement des mammifères marins et des tortues
Oiseaux
marins
3. Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités directes,
du dérangement et la perte d'habitats fonctionnels importants pour
le cycle de vie des oiseaux marins et de l'estran, en particulier pour
les espèces vulnérables et en danger
Poissons et
céphalopodes
4. Limiter les pressions sur les espèces de poissons vulnérables ou en
danger voire favoriser leur restauration et limiter le niveau de
pression sur les zones fonctionnelles halieutiques d'importance
D2
Les espèces non indigènes introduites par le biais des
activités humaines sont à des niveaux qui ne perturbent
pas les écosystèmes.
Espèces non
indigènes
5. Limiter les risques d?introduction et de dissémination d?espèces
non indigènes par le biais des activités humaines
D3
Les populations de tous les poissons et crustacés exploités
à des fins commerciales se situent dans les limites de
sécurité biologique, en présentant une répartition de la
population par âge et par taille qui témoigne de la bonne
santé du stock.
Espèces
commerciales
6. Favoriser une exploitation des stocks de poissons, mollusques et
crustacés au niveau du rendement maximum durable
D4
Tous les éléments constituant les réseaux trophiques
marins, dans la mesure où ils sont connus, sont présents en
abondance et diversité normales et à des niveaux pouvant
garantir l?abondance des espèces à long terme et le
maintien complet de leurs capacités reproductives
Réseaux
trophiques
7. Favoriser le maintien dans le milieu des ressources trophiques
nécessaires aux grands prédateurs
D5
L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier pour ce
qui est de ses effets néfastes, tels que l?appauvrissement
de la biodiversité, la dégradation des écosystèmes, la
prolifération d?algues toxiques et la désoxygénation des
eaux de fond, est réduite au minimum.
Eutrophisation 8. Réduire les apports excessifs en nutriments et leur transfert dans
le milieu marin
D6
Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la
structure et les fonctions des écosystèmes sont préservées
et que les écosystèmes benthiques, en particulier, ne sont
pas perturbés
Intégrité des
fonds marins
9. Éviter les pertes et les perturbations physiques des habitats
marins liés aux activités maritimes et littorales
D7
Une modification permanente des conditions hydrogra-
phiques ne nuit pas aux écosystèmes marins
Conditions
hydrogra-
phiques
10. Limiter les modifications des conditions hydrographiques (par les
activités humaines) défavorables au bon fonctionnement de
l'écosystème
D8
Le niveau de concentration des contaminants ne provoque
pas d?effets dus à la pollution
Contaminants
11. Réduire ou supprimer les apports en contaminants chimiques
dans le milieu marin, qu?ils soient d'origine terrestre ou maritime,
chroniques ou accidentels
D9
Les quantités de contaminants présents dans les poissons
et autres fruits de mer destinés à la consommation
humaine ne dépassent pas les seuils fixés par la législation
de l?Union ou les autres normes applicables
Contaminants
aspects
sanitaires
12. Réduire les contaminations microbiologiques, chimiques et
phycotoxiques dégradant la qualité sanitaire des produits de la mer,
des zones de production aquacole et halieutique et des zones de
baignade
D10
Les propriétés et les quantités de déchets marins ne
provoquent pas de dommages au milieu côtier et marin
Déchets 13. Réduire les apports et la présence de déchets en mer et sur le
littoral d'origine terrestre ou maritime
D11
L?introduction d?énergie, y compris de sources sonores
sous-marines, s?effectue à des niveaux qui ne nuisent pas
au milieu marin
Bruit 14. Limiter les émissions sonores dans le milieu marin à des niveaux
non impactants pour les mammifères marins
Un 15ème objectif stratégique environnemental « OET01. Développer la Protection Forte » a été ajouté et est
décorrélé de la Directive cadre « stratégie pour le milieu marin ».
69
Trente-et-un objectifs stratégiques socio-économiques généraux ont été définis.
Chaque objectif stratégique socio-économique général est associé à des objectifs stratégiques particuliers
accompagnés, le cas échéant, d?indicateurs pour permettre leur mesure et leur évaluation.
DescripteurThème/filière Objectifs stratégiques socio-économiques
1. Pêche professionnelle
1. Développer une filière pêche professionnelle diversifiée, durable, performante, modernisée et
attractive
2. Renforcer la gestion des ressources halieutiques pour conforter une activité de pêche maritime
durable et résiliente
3. Bâtir une stratégie de pêche professionnelle dans un contexte de cohabitation des usages
2. Aquaculture
1. Améliorer la gestion des eaux permettant la pérennisation de l?activité aquacole
2. Poursuivre la transition vers une aquaculture respectueuse des écosystèmes
3. Valoriser l?activité pour le maintien du tissu social et économique
4. Décliner la stratégie nationale de planification aquacole à l'échelle de la façade
3. Ports de commerce et
transports maritimes
1. Assurer la compétitivité et la complémentarité des ports de commerce, améliorer leur desserte et
favoriser le report modal
2. Assurer la transition énergétique des ports de commerce et la décarbonation des activités
portuaires (dont le transport)
3. Adapter des infrastructures portuaires au déploiement de l?éolien en mer
4. Industries navale et nautique
1. Pérenniser la compétitivité des industries navale et nautique et adapter les flottes aux enjeux de la
transition écologique
5. Énergies marines
renouvelables
1. Accompagner la montée en puissance de la filière EMR par une planification adaptée
2. Soutenir la R&D dans le domaine des énergies renouvelables pour leur développement
6. Sédiments marins et
estuariens
1. Intégrer les extractions de sédiments dans une approche de développement durable répondant aux
besoins des filières et des territoires à l?échelle du Golfe de Gascogne
2. Intégrer la gestion des sédiments de dragage dans une approche de développement durable
7. Plaisance/loisirs nautiques
1. Optimiser l?occupation de l?espace dans les ports de plaisance et zones de mouillage dans le respect
de la qualité de l?eau et des écosystèmes marins
2. Maintenir l?attractivité des sites de pratique pour une cohabitation des activités, harmonieuse avec
leur environnement
3. Promouvoir des pratiques et des équipements portuaires sobres permettant une consommation
énergétique optimisée
4. Engager la transition énergétique des ports de plaisance et la décarbonation des activités portuaires
8. Tourisme
1. Conforter le potentiel touristique du littoral respectueux de son environnement et de la capacité
d?accueil des territoires
9. Risques littoraux
1. Prendre en compte les risques naturels dans la planification pour des territoires littoraux plus
résilients
2. Une qualité des eaux littorales garante du maintien de l?ensemble des usages
10. Sécurité et sûreté maritime
1. Réduire et contenir les risques de pollution
2. Garantir des conditions de navigation sûres
3. Optimiser les moyens de surveillance
11. Paysages, sites et patrimoine
1. Protéger le patrimoine et les sites attractifs
2. Valoriser le potentiel patrimonial et paysager du littoral
12. Recherche et connaissances
1. Développer la connaissance pluridisciplinaire et la recherche intégrée sur le fonctionnement des
milieux marins
2. Assurer une collecte des données partagées et une meilleure valorisation des connaissances
13. Formation / sensibilisation /
attractivité
1. Valoriser l?image de la filière maritime et rendre plus attractifs les métiers de la mer
2. Un public conscient du potentiel et de la fragilité de la mer
L'annexe 4e précise la façon dont ces objectifs territorialise la stratégie nationale pour la mer et le littoral
2 et sont rattachés à la vision.
70
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
CHAPITRE 2 Planification de l'éolien en mer et des zones de protection forte
2.1. Les zones prioritaires de développement de l'éolien en mer
2.1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer
La loi du 10 mars 2023 relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables (APER) a introduit la
possibilité de mener en commun la participation du public à l?élaboration de la planification maritime et la
participation du public pour l?élaboration de la cartographie de l?éolien en mer par façade. Cette
mutualisation permet d?une part d?aborder l?éolien comme un usage parmi l?ensemble des enjeux maritimes à
l?échelle des façades, et d?autre part d?accélérer le développement de l?éolien en l?intégrant au coeur de la
planification maritime.
La participation du public a pris la forme de débats publics organisés sur les quatre façades métropolitaines
sous l?égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). Les enseignements tirés de ces débats ont
par la suite alimenté les décisions ministérielles concernant l?implantation géographique des parcs.
Suite à un premier débat public en 2021-2022, l?État a validé l?implantation de deux parcs éoliens en mer au
large de l?Île d?Oléron, dont la mise en service est prévue entre 2032 et 2034 :
le parc Oléron 1, situé à 40 kilomètres des côtes de la Charente-Maritime, sera équipé d?éoliennes posées?
pour une puissance de 1000 MW ;
le parc Oléron 2, d'une puissance équivalente, constituera l?extension au large du parc Oléron 1 et utilisera?
des éoliennes posées ou flottantes pour une capacité équivalente
Un second débat, intitulé « La mer en débat », s?est tenu entre 2023 et 2024 pour identifier de nouvelles zones
prioritaires pour le développement de l?éolien en mer à horizon 2035 et 2050. Trois nouvelles zones prioritaires
ont été définies dans la décision ministérielle du 17 octobre 2024, en tenant compte des enjeux environne-
mentaux et de ceux liés aux activités de pêche :
la zone Golfe de Gascogne Sud (GGS), d?une superficie de 250 km², destinée à accueillir un parc éolien?
flottant d?une capacité de 1,2 GW, avec une mise en service prévue pour 2035 ;
la zone Golfe de Gascogne Nord (GGN), d?une superficie de 250 km², qui accueillera des éoliennes flottantes?
d?une capacité similaire à la zone GGS pour une mise en service prévue pour 2040 ;
la zone Golfe de Gascogne Ouest (GGO), d?une superficie de 838 km², prévue pour une mise en service en?
2050, et dont le développement dépendra des résultats des études complémentaires et de la concertation
avec les parties prenantes locales.
La concertation avec les acteurs concernés et le public sur les zones prioritaires se poursuivra au cours des
années afin de préciser certaines des zones prioritaires et les solutions de raccordement correspondantes.
2.1.2. L?identification des futures zones prioritaires d?implantation de parcs éoliens en mer
Conformément à la loi relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables (APER), promulguée
le 10 mars 2023, l?objectif est donc de proposer deux cartographies :
? Une cartographie des zones prioritaires dans lesquelles des projets de parcs éoliens en mer pourront être
attribués dans un délai de dix ans suivant son adoption ;
? Une cartographie des zones prioritaires à l'horizon 2050 qui sera précisée et révisée après une nouvelle
participation du public qui devrait se dérouler d?ici une dizaine d?années.
La loi précise que ces cartographies doivent cibler en priorité les zones situées dans la zone économique
exclusive, autrement dit au-delà de 12 miles nautiques (soit 22 km des côtes), et en dehors des parcs nationaux
ayant une partie maritime, sans interdire l?identification de zones également sur le domaine public maritime.
71
Des critères techniques doivent être pris en compte pour la définition de ces zones :
? Profondeur de l?eau (bathymétrie) : critère de 100 mètres de profondeur maximale pour le poste en mer
pour les zones prioritaires de la cartographie à 2035. Il est aujourd?hui techniquement et économiquement
inenvisageable, à cette échéance, de raccorder un parc éolien en mer dont le poste en mer serait dans une
profondeur d?eau supérieure à 100 mètres, la technologie flottante pour la sous-station électrique n?existant
pas encore à ce jour ;
? Force du vent : critère de vitesse du vent moyen supérieure à 8 m/s à hauteur de nacelle. Le fait d?implanter
des éoliennes dans des zones avec trop peu de vent conduirait à augmenter le besoin en surface, en nombre
d?éoliennes ainsi que le coût pour arriver à une production équivalente ;
? Défense nationale : critère d?exclusion des zones d?activités de la défense nationale en cas d?incompa-
tibilité. Certaines activités de défense (tirs de missile, couloir d?accès aux bases militaires) sont en effet
incompatibles avec l?éolien en mer.
Par ailleurs, l?historique de la concertation récente conduite
sur la façade a également été pris en compte, avec le débat
public sur le premier projet de parc éolien en mer au large de
l?île d?Oléron, actant une zone de projet en dehors du Parc
Naturel Marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des
Pertuis.
Les enjeux liés au raccordement sont également à intégrer
dans les choix des zones afin de limiter les impacts des câbles
et stations électriques utilisés pour acheminer l?électricité sur
le réseau national. Ces impacts peuvent concerner le
paysage, la biodiversité ou encore le coût de l?électricité pour
les consommateurs.
Pour la façade Sud-Atlantique, RTE privilégie un raccorde-
ment par le projet de renforcement interne du réseau de
transport d?électricité par la mer, situé sur la façade maritime
atlantique et nommé « Gironde ? Loire Atlantique » (GILA). Il
pourrait permettre, au-delà de sa fonction de transport inter-
régional d?électricité, de raccorder deux parcs éoliens en mer
(dont l?extension du parc au large de l?île d?Oléron), évitant
ainsi le besoin d?un nouvel atterrage en zone littorale en
Charente-Maritime.
Au-delà de ces critères, il s?agit de tenir compte des autres enjeux considérés comme prioritaires, en particulier
ceux liés à la pêche et à la protection de la biodiversité, suivant une démarche d?évitement des impacts. Il est à
noter que le partage de la mer n?est pas nécessairement exclusif : certaines activités ou enjeux peuvent être
compatibles entre elles (possibilité d?activités de pêche au sein des parcs éoliens en mer, en particulier posés,
« effet récif » des parcs éoliens et de leurs raccordements pouvant favoriser la biodiversité?). La méthode
déployée, en concertation avec les principales catégories d?acteurs concernées, a permis de dégager plusieurs
scénarios de zones possibles, chacun étant pondéré au regard des impacts potentiels sur l?environnement, le
paysage et les usages (pêche, trafic maritime?), ce qui a permis d?en déterminer le niveau de sensibilité. Ces
éléments sont approfondis dans l'annexe 6.
L'aire d'étude pour le raccordement de la zone de développement de l?éolien en mer à horizon 10 ans (Golfe
de Gascogne Sud) est représentée dans la carte ci-après.
Les aires d'étude pour le raccordement des projets éoliens qui feront l'objet d'appel d'offres ultérieurs (Golfe
de Gascogne Nord et Ouest) seront précisées dans le cadre de concertations complémentaires et ne figurent
donc pas sur cette carte.
Il en résulte la carte figurant sur la page suivante.
72
Le parc éolien de la baie de Saint-Brieuc
est entré en service en 2023 © Terra
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 73
Acronymes de la carte :
Golfe de Gascogne Sud (GGS ? 250 km²) ? Zone prioritaire à horizon 10 ans concernée par la procédure de
mise en concurrence mentionnée au 1° du III de l'article 3 de la décision du 17 octobre 2024 consécutive au
débat public « La mer en débat » ;
Golfe de Gascogne Nord (GGN ? 500 km²) ? Zone prioritaire à l'horizon 10 ans pour le développement d'un
projet d'environ 1,2 GW flottant concernée par la ou les procédures de mise en concurrence mentionnées au
2° du III de l'article 3 de la décision du 17 octobre 2024 consécutive au débat public « La mer en débat ». Cette
zone fera l'objet de concertations spécifiques complémentaires, associant les instances de la façade maritime
limitrophe le cas échéant, de façon à réduire son périmètre à environ 250 km² ;
Golfe de Gascogne Ouest (GGO ? 838 km²) ? Zone prioritaire pour le développement de l'éolien en mer à
horizon 2050, valorisable sous réserve d'études complémentaires et de la poursuite de la concertation locale
avec les acteurs.
2.2. Les zones prioritaires de développement de la protection forte
2.2.1. Le réseau actuel des aires marines protégées en Sud-Atlantique
La façade Sud-Atlantique compte 61 aires marines protégées (AMP). Les AMP sont des espaces délimités en
mer qui répondent à des objectifs de protection de la biodiversité marine. La dénomination d? « aire marine
protégée » renvoie à un ensemble très vaste d?outils, répondant à différents types d?objectifs de conservation.
Au total, 32,8 % des eaux de la façade sont situées dans le périmètre d'au moins une AMP. Ces différentes aires
marines se recoupent ou se superposent en fonction des espèces et habitats qu'elles protègent et des
objectifs de conservation qu'elles endossent. Elles sont réparties entre 8 catégories d?outils différents,
réparties comme suit :
Les différentes aires marines protégées de la façade listées ci-dessus
sont visualisables sur la carte ci-contre.
74
2
parcs naturels marins
22
sites Natura 2000 au
titre de la directive
habitats faune flore
15
sites Natura 2000 au
titre de la directive
oiseaux
6
réserves naturelles
nationales
3
sites du Conservatoire
du littoral
2
sites RAMSAR
1
site UNESCO, bien
inscrit sur la liste du
Patrimoine Mondial
10
sites OSPAR
Inforgraphie © DIRM SA
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 75
Parcs naturels marins
Parc Naturel Marin de l?Estuaire de la Gironde
et de la Mer des Pertuis
Parc Naturel Marin du Bassin d?Arcachon
Sites Natura 2000 directive habitats
Portion du littoral sableux de la côte Aquitaine
Côte Basque rocheuse et extension au Large
La Nivelle (estuaire, Barthes et cours d'eau)
Falaises de Saint-Jean-de-Luz à Biarritz
Domaine d?Abbadia et corniche basque
Panache de la Gironde et plateau rocheux
de Cordouan
Bassin d'Arcachon et Cap-Ferret
Marais de Brouage (et marais nord d'Oléron)
Vallée de la Charente (basse vallée)
Marais et falaises des côteaux de Gironde
Ile de Ré : Fier d'Ars
Marais Poitevin
Presqu'île d'Arvert
Baie de Chingoudy
Marais de Rochefort
Marais de la Seudre
Estuaire de la Gironde
Pertuis charentais
Plateau de Rochebonne
Dunes du littoral girondin
Sites d'importance communautaire
Directive habitats récifs et mammifères marins
Récifs du talus du Golfe de Gascogne
Sites d'importance communautaire
Directive habitats mammifères marins
Mers Celtiques - Talus du Golfe de Gascogne
Sites Natura 2000 directive oiseaux
Estuaire de la Bidassoa et baie de Fontarabie
Rochers de Biarritz : le Bouccalot
et la Roche Ronde
Fier d'Ars et fosse de Loix
Panache de la Gironde
Bonne Anse, marais de Bréjat
et de Saint-Augustin
Marais et Estuaire de la Seudre, Ile d?Oléron
Marais de Brouage, Ile d?Oléron
Estuaire et basse-vallée de la Charente
Pertuis charentais - Rochebonne
Marais Poitevin
Anse de Fouras, baie d?Yves,
marais de Rochefort
Bassin d'Arcachon et Banc d'Arguin
Au droit de l'étang d'Hourtin-Carcans
Tête du canyon du Cap-Ferret
Mers Celtiques - Talus du Golfe de Gascogne
Réserves naturelles nationales
Courant d'Huchet
Banc d'Arguin
Prés salés d'Arès et de Lège-Cap-Ferret
Baie de l'Aiguillon (Charente-Maritime)
Moëze-Oléron
Lilleau des Niges
SItes du Conservatoire du littoral
Ile aux Oiseaux
Bonne Anse
Domaine d'Abbadia
Zones protégées de la convention OSPAR
Au droit de l'étang d'Hourtin-Carcans
Portion du littoral sableux de la côte aquitaine
Panache de la Gironde et plateau
rocheux de Cordouan système Pertuis-Gironde
Panache de la Gironde
Banc d'Arguin
Bassin d'Arcachon et Cap-Ferret
Pertuis charentais
Pertuis charentais - Rochebonne
Côte basque rocheuse et extension au large
Marais de Moëze
Zones humides d'importance internationale
RAMSAR
Bassin d'Arcachon - secteur du delta de la Leyre
Marais du Fier d'Ars
Bien inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial
Phare de Cordouan
Les aires marines protégées de la façade Sud-Atlantique
76
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
2.2.2. Mise en place d'un réseau de zones de protection forte en Sud-Atlantique
Les dernières évaluations de l?état du milieu marin en France démontrent que la biodiversité marine et les
externalités positives qui en découlent sont menacées. Dans une logique de labellisation, la protection forte
vise à reconnaître un réseau cohérent de zones dans lesquelles les pressions engendrées par les activités
humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont durablement évitées ou
significativement limitées.
2.2.2.1. Définition de la protection forte
Dans ce cadre, la stratégie nationale pour les aires protégées ambitionne, à horizon 2030, de renforcer le
réseau des aires protégées pour couvrir 30 % du territoire national et des eaux marines (cible aujourd?hui
atteinte, avec une couverture de 33.6% des eaux marines au niveau national), et 10 % en protection forte.
Définie par le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 pris en application de l?article L. 110-4 du code de
l?environnement, la protection forte correspond à « une zone géographique dans laquelle les pressions
engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont
absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées, et ce de manière pérenne, grâce à la mise en oeuvre d?une
protection foncière ou d'une réglementation adaptée, associée à un contrôle effectif des activités concernées ».
Les Zones de protection fortes (ZPF) ne constituent donc pas en soi une nouvelle catégorie juridique d?aires
marines protégées. Il s?agit d?un label reconnaissant une gestion et un encadrement adaptés des usages,
permettant à moyen et long termes la préservation de la biodiversité en présence. Elle ne vise ainsi pas
l?exclusion à priori des activités humaines mais marque une suppression ou a minima une forte limitation des
pressions générées par ces activités, en fonction de leurs impacts effectifs sur les enjeux écologiques de la
zone considérée.
Les bénéfices associés à une aire marine protégée efficacement gérée et fortement protégée sont nombreux
pour l?environnement marin : la biodiversité y est notamment plus riche, les espèces plus nombreuses, en
abondance plus importante, les habitats en meilleur état de conservation. Les bénéfices écosystémiques
fournis (reproduction des espèces halieutiques, lutte contre l?érosion côtière, paysage de qualité, etc.)
s?accentuent alors et se renforcent jusqu?à bénéficier même aux zones avoisinantes : c?est « l?effet réserve ».
Un espace naturel protégé ou en projet de protection doit réunir les 3 critères suivants
pour être considéré comme une zone de protection forte
Sur la base de l?analyse des usages et des enjeux environnementaux en présence, chaque proposition de
labellisation de zone en protection forte doit faire l?objet d?une concertation locale définissant son périmètre,
les objectifs poursuivis et les mesures à éventuellement définir.
77
CRITÈRE 1
Disposer de mesures de gestion
ou de réglementation des
activités permettant de
diminuer très significativement
les pressions sur la biodiversité
remarquable, sur une zone
ayant une cohérence
écologique par rapport à cette
biodiversité
ZONE
DE PROTECTION
FORTE
CRITÈRE 2
S'appuyer sur un document
de gestion, définissant des
objectifs de protection de
cette biodiversité marine
CRITÈRE 3
Bénéficier d'un dispositif
opérationnel de contrôle du
respect de la réglementation
par les usagers de la zone
Source: Décret n°2022-527 du 12 avril 2022
2.2.2.2. Cible à atteindre en Sud-Atlantique
L?objectif fixé par la stratégie nationale pour la biodiversité et la stratégie nationale pour la mer et le littoral est
une couverture de 5% des espaces maritimes hexagonaux reconnus en protection forte d?ici 2030. Cet objectif
a été décliné par façades avec la définition de cibles intermédiaires pour 2027, prenant en compte leurs
spécificités écologiques. Conformément aux objectifs fixés par la stratégie nationale pour la mer et le littoral
2024-2030, rappelés dans la décision du 17 octobre 2024 consécutive au débat public « la mer en débat », ce
sont 3% des eaux de la façade Sud-Atlantique qui doivent être labellisées en protection forte d?ici la fin de
l?année 2027.
La stratégie dédiée à la protection des fonds marins annoncée lors de la Troisième Conférence des Nations-
unies sur l?Océan identifie par ailleurs des zones ayant vocation à être labellisées d?ici la fin de l?année 2026,
qui devraient permettre de porter les surfaces marines en protection forte dans l?Hexagone à 4 % à cette
échéance.
2.2.2.3. La recherche de la cohérence du réseau et la trajectoire associée
Afin de constituer un réseau robuste en termes de conservation, les zones identifiées pour le développement
de la protection forte doivent constituer un maillage cohérent. Cette cohérence s?apprécie au regard de la
continuité surfacique du périmètre considéré et des critères identifiés par les textes internationaux
(représentativité, réplication, viabilité des populations de chaque zone prise individuellement et connectivité
des enjeux écologiques).
Pour construire ce réseau, l?élément guide est la préservation des enjeux écologiques majeurs et forts identifiés
par le DSF. Ces derniers constituent la biodiversité remarquable de la façade Sud-Atlantique.
En complément des travaux déjà menés par les services de l?État en lien avec les acteurs sur la façade, dans le
cadre des précédents cycles de mise en oeuvre de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin, les débats
publics ont permis, sur la base des secteurs d?intérêt écologique pour le développement de la protection forte,
de dégager des orientations pour préciser la trajectoire de la façade vers l?atteinte de la cible en 2027.
78
Le patrouilleur des affaires maritimes IRIS © DIRM SA
L?objectif de protection forte à atteindre
sur la façade Sud-Atlantique d?ici 2027 est de 3%
des eaux marines de la façade
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
2.2.3. La planification de la protection forte en Sud-Atlantique
Dans le cadre des travaux de planification et de mise à jour de la stratégie de façade maritime, trois types de
secteurs d?étude ont été identifiés pour engager les travaux relatifs à la labellisation de zones en protection
forte. Quatre zones sont déjà reconnues en protection forte.
L?ensemble des secteurs est identifié dans la carte annexée à la décision ministérielle du 17 octobre 2024
consécutive au débat public « La mer en débat » :
? Les zones reconnues en protection forte
Quatre zones situées au sein du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis ont été
reconnues en protection forte en juillet 2025, correspondant aux zones 1 à 4 de la carte de synthèse, soit :
? la partie marine de la Réserve naturelle nationale de Lilleau des Niges ;
? la partie marine du secteur de réserve intégrale de la Réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron ;
? le secteur Arceau-Baudissière de la Réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron ;
? le secteur Baudissière-le Château d?Oléron de la Réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron.
? Les zones candidates à la labellisation
Les zones correspondant à la partie marine de la Réserve naturelle nationale du marais d?Yves et à la zone de
protection renforcée de la Réserve naturelle nationale du banc d?Arguin, respectivement identifiées sur la
carte de synthèse comme les zones 5 et 8 et situées dans le parc naturel marin du Bassin d?Arcachon et dans
celui de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, seront prioritairement portées à la concertation.
79
? Les zones potentielles à porter en priorité à la concertation (fin 2025 - fin 2027)
Les zones identifiées se situent dans les parcs naturels marins et les sites Natura 2000. Elles doivent faire l?objet
d?une concertation locale préalable à toute proposition de labellisation. Il s?agit de :
? La zone actuellement à l?étude pour le projet de la Réserve naturelle nationale de Bonne-Anse
(zone 6) ;
? Le chenal du Courbey au sein du Parc naturel marin du Bassin d?Arcachon (zone 7) ;
? Le site Natura 2000 « Plateau de Rochebonne » (zone 9) ;
? Le site Natura 2000 « Portion du littoral sableux de la côte Aquitaine » (dit Hourtin-Carcans) (zone 10) ;
? Les sites Natura 2000 « Mers Celtiques ? Talus du Golfe de Gascogne » et « Récifs du Talus du Golfe de
Gascogne » intégrant les sites récifs et les espaces marins vulnérables (zones 11a, 11b, 11c, 11d) ;
? Les sites Natura 2000 de la côte basque (zone 12).
? Les zones d?intérêt pour le développement de la protection forte (potentiellement au-delà de 2027)
Au sein de la façade Sud-Atlantique, il existe des espaces d?importance présentant des enjeux écologiques
forts et majeurs, situés en dehors du réseau actuel d?aires marines protégées. Ils constituent les zones d?intérêt
dont une potentielle labellisation pourrait s?opérer après avoir fait l?objet d?une protection par des outils
réglementaires :
? Les affleurements de carbonates authigènes au large du département des Landes, à la rupture du
plateau continental (talus), constituent une structure géomorphologique causée par des émissions de
méthane froid, rare et unique en France (zone 13) ;
? L?Espace marin vulnérable le plus au Sud, actuellement situé hors AMP (zone 14) ;
? Le Gouf de Capbreton, dont la spécificité est sa proximité avec la côte, offre une biodiversité
remarquable (zone 15) ;
? Le Dôme de Gascogne est un mont sous-marin émergeant au Sud de la plaine abyssale du Golfe de
Gascogne, constituant une structure géomorphologique patrimoniale particulière (zone 16).
La labellisation d?ici 2027 des zones de protection forte candidates et potentielles, en l?état des périmètres
représentés sur la carte de synthèse, permet l?atteinte de la cible de 3 % des eaux de la façade. L'ensemble des
zones proposées constitue un réseau cohérent réparti à la fois sur le secteur côtier et au large, sur le plateau
continental, le talus et la plaine abyssale.
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Récifs coralliens profonds du talus du golfe de Gascogne © Ifremer, ChEReef 2022
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Une présentation détaillée du cadre de référence, des objectifs de la façade et de la trajectoire pour identifier
des zones candidates, les zones potentielles et les zones d'intérêt pour le développement de protection forte
sur la façade Sud-Atlantique figure en annexe 5.
2.2.4. Le développement de la protection forte dans le cadre de la stratégie dédiée à la protection
des fonds marins
Le déploiement d?une stratégie dédiée à la protection des fonds marins en France hexagonale a été annoncé
lors Troisième Conférence des Nations-unies sur l?Océan en juin 2025. Cette stratégie identifie plusieurs zones
ayant vocation à être labellisées d?ici la fin de l?année 2026. Ces dernières abritent les fonds marins les plus
fragiles et remarquables, en visant l?interdiction de toute activité susceptible d?impacter ces fonds.
Les secteurs ciblés sont représentés dans la carte ci-après :
81
CHAPITRE 3 Carte des vocations
Sur la base de l?état des lieux des activités socio-économiques et des enjeux écologiques de la façade, la carte
des vocations a été mise à jour. Elle décline la vision à horizon 2050 de la façade Sud-Atlantique présentée en
partie 1, chapitre 2. Cette carte permet d'identifier, dans les espaces maritimes, des zones cohérentes au
regard des enjeux identifiés et la concertation avec les acteurs. Elle favorise la définition de priorités
stratégiques (vocations) dans chacun des secteurs. Sept territoires ont ainsi été définis, non pas par des limites
administratives ou géographiques strictes, mais comme des zones homogènes d?enjeux en présence.
Chaque secteur fait l?objet d?une vocation particulière qui exprime une projection dans l?avenir ou une volonté
d?évolution concernant les activités et la protection du milieu marin. Les vocations retenues reposent sur les
principaux enjeux écologiques identifiés et les activités présentes ou potentielles. La liste des activités n?est
cependant pas exhaustive et les vocations ne sont pas exclusives du développement d?autres activités. Pour
chaque secteur, une fiche descriptive, accompagnée d?une carte détaillée, offre une vision à une échelle plus
locale des différents éléments de planification maritime. Des concertations sont en cours sur chacun des
secteurs, excepté sur le secteur 7 (plaine abyssale), pour identifier les zones prioritaires pour la reconnaissance
en zone de protection forte.
Banc d'Arguin et voilier dans la passe nord du Bassin d'Arcachon © Matthieu Melsbach / DIRM SA
82
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Secteur 1 Parc naturel marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis
AMP dans le secteur 100%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : hermelles, vase subtidale, vasière
intertidale
Zones fonctionnelles halieutiques : esturgeon
Enjeux socio-économiques
Activités principales : pêche professionnelle, aquaculture, transport maritime, plaisance,
tourisme, extraction de granulats
Vocation
Connaissance et protection du milieu marin ; développement durable des activités
maritimes
Secteur 2 Côte sableuse aquitaine
AMP dans le secteur 17,90%
Enjeux environnementaux
majeurs
Zones fonctionnelles halieutiques : esturgeon en mer
Zones fonctionnelles avifaune : densité toutes espèces
Enjeux socio-économiques
Activités principales : tourisme balnéaire, loisirs nautiques, pêche
Risques : risques littoraux notamment le recul du trait de côte
Vocation
Usages et activités maritimes et littorales en cohabitation, conditionnés à la réduction des
pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du milieu marin et à la prise en
compte de l?évolution du trait de côte
Secteur 3 Parc naturel marin du Bassin d'Arcachon
AMP dans le secteur 100%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : herbiers de zostère naine ; oiseaux
(toutes espèces)
Enjeux socio-économiques
Activités principales : pêche professionnelle, ostréiculture, tourisme, loisirs nautiques,
transport maritime
Risques : forte pressions liées à l?artificialisation du littoral et aux aléas naturels
Vocation
Connaissance et protection du milieu marin ; développement durable des activités
maritimes
Secteur 4 Côte rocheuse basque, estuaire de l?Adour et Gouf de Capbreton
AMP dans le secteur 19%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : grottes
Zones fonctionnelles avifaune : densité toutes espèces
Site emblématique : Gouf de Capbreton
Enjeux socio-économiques Activités principales : pêche professionnelle, filière nautique, transport maritime
Vocation
Usages et activités maritimes et littorales en cohabitation, conditionnés à la réduction des
pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du milieu marin, à la prise en compte
de l?évolution du trait de côte, en privilégiant les activités historiques emblématiques
(pêche, port de commerce, tourisme, plaisance et loisirs nautiques) et en tenant compte
d?activités émergentes potentielles (énergies marines renouvelables / houlomoteur)
83
Secteur 5 Le plateau continental
AMP dans le secteur 15,60%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : vases circalittorales à pennatules
Enjeux socio-économiques
Activités principales : transport maritime, pêche, plaisance, implantation d?énergies marines
renouvelables, extraction de granulats
Vocation
Priorité aux pêches professionnelles durables et au développement de nouvelles productions
d?énergies marines renouvelables (éolien en mer) en cohabitation notamment avec le
transport maritime et l?extraction de granulats marins en prenant en compte les secteurs à
forts enjeux écologiques.
Secteur 6 Le talus continental
AMP dans le secteur 83%
Enjeux environnementaux
majeurs
Présence d?enjeux forts sur chacun des compartiments écologiques (conditions
hydrographiques, habitats pélagiques, réseaux trophiques, habitats benthiques, structures
géomorphologiques, zones fonctionnelles halieutiques et avifaune, mammifères marins)
Enjeux socio-économiques Activités principales : pêche professionnelle, transport maritime
Vocation
Exploitation durable des ressources marines respectueuse des habitats et espèces à forts
enjeux écologiques
Secteur 7 La plaine abyssale
AMP dans le secteur 0%
Enjeux environnementaux
majeurs
Enjeux transversaux : rorqual commun (densité maximale européenne)
Enjeux socio-économiques Activités principales : transport maritime
Vocation
Utilisation et valorisation possible du milieu et des ressources marines, conditionnées par la
nécessité d?une meilleure connaissance de la zone
En annexe 8, une fiche descriptive de chaque secteur à laquelle est attachée une carte détaillée de la zone,
permet d?afficher à une échelle plus locale les différents éléments de planification maritime.
Sont également mentionnés dans la fiche :
? les activités présentes sur le territoire ;
? les spécificités écologiques, en particulier les enjeux environnementaux majeurs ;
? les interactions entre activités et milieu marin ;
? les perspectives d?évolution des activités ;
? les documents de planification nécessitant une compatibilité ou une prise en compte du DSF ;
? les objectifs stratégiques associés au territoire ;
? les éléments relatifs à la planification de l?éolien en mer et aux Zones de Protection Forte (ZPF) ;
? les éléments de la planification aquacole.
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Carte des vocations de la façade maritime Sud-Atlantique
Parc naturel marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis : Connaissance et protection du
milieu marin ; développement durable des activités maritimes.
Côte sableuse aquitaine : Usages et activités maritimes et littorales en cohabitation, conditionnés à la
réduction des pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du milieu marin et à la prise en
compte de l?évolution du trait de côte.
Parc naturel marin du Bassin d'Arcachon : Connaissance et protection du milieu marin ; développement
durable des activités maritimes.
Côte rocheuse basque, estuaire de l?Adour et Gouf de Capbreton : Usages et activités maritimes et littorales
en cohabitation, conditionnés à la réduction des pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du
milieu marin, à la prise en compte de l?évolution du trait de côte, en privilégiant les activités historiques
emblématiques (pêche, port de commerce, tourisme, plaisance et loisirs nautiques) et en tenant compte
d?activités émergentes potentielles (énergies marines renouvelables / houlomoteur).
Le plateau continental : Priorité aux pêches professionnelles durables et au développement de nouvelles
productions d?énergies marines renouvelables (éolien en mer) en cohabitation notamment avec le transport
maritime et l?extraction de granulats marins et prenant en compte les secteurs à forts enjeux écologiques.
Le talus continental : Exploitation durable des ressources marines respectueuse des habitats et espèces à
forts enjeux écologiques.
La plaine abyssale : Utilisation et valorisation possible du milieu et des ressources marines, conditionnées par
la nécessité d?une meilleure connaissance de la zone.
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Glossaire
A
Abrasion : usure mécanique du substrat en place par frottement.
Activités anthropiques : activités d?origine humaine.
Aire marine protégée : espace délimité en mer, sur lequel est fixé un objectif de protection de la nature à long terme. Cet
objectif est rarement exclusif : il est souvent, soit associé à un objectif local de développement socio-économique, soit
articulé avec une gestion durable des ressources. Elle se caractérise également par un certain nombre de mesures de
gestion mises en oeuvre au profit de l?objectif de protection : suivi scientifique, programme d?actions, chartes de bonne
conduite, protection du domaine public maritime, réglementation, surveillance, information du public, etc.
Amphihalins : organisme aquatique migrateur qui, à des moments bien déterminés de son cycle de vie, passe de l'eau salée
à l?eau douce et vice versa.
Anthropisation : effet de l?homme sur les milieux naturels.
Antifouling (peinture) : peinture contenant des substances destinées à empêcher les organismes aquatiques de se fixer sur
la coque des navires ou sur d?autres objets immergés.
Aquaculture : production d?organismes aquatiques en eau douce, saumâtre ou marine et dans des conditions contrôlées ou
semi-contrôlées par l?homme, qu?il s?agisse d?animaux ou de végétaux.
Artificialisation : modification des espaces naturels par l?homme du fait de la construction d?infrastructures.
Assises de la mer et du littoral : initiées en juillet 2013, elles constituent une démarche de concertation autour de 10 grands
thèmes dont l?objectif est de participer à l?élaboration de la stratégie nationale de la mer et du littoral.
B
Bassin versant : un bassin versant, ou bassin hydrographique, correspond à une surface d'alimentation d'un cours d?eau ou
d'un lac. Le bassin versant se définit comme l'aire de collecte limitée par le contour à l'intérieur duquel se rassemblent les
eaux précipitées qui s'écoulent en surface et en souterrain vers une sortie.
Bathymétrie : équivalent sous-marin de la topographie, c?est-à-dire description du relief immergé grâce aux mesures de
profondeurs.
Benthique : adjectif qui qualifie l?interface eau-sédiment (= interface eau-lithosphère) d?un écosystème aquatique, quelle
qu?en soit la profondeur. Qualifie également un organisme vivant libre (vagile) sur le fond ou fixé (sessile).
Biocénose : ensemble des organismes vivants (animaux et végétaux dont micro-organismes) qui occupent un milieu naturel
déterminé (le biotope). Ce groupement d'êtres vivants est caractérisé par une composition spécifique déterminée et par
l'existence de phénomènes d'interdépendance. L?ensemble biocénose -biotope constitue l'écosystème. Une biocénose se
modifie au cours du temps (phase pionnière, phase intermédiaire et phase d'équilibre). La biocénose correspond à la
composante vivante de l'écosystème, par opposition au biotope.
Biodiversité : la biodiversité ou diversité biologique est une expression apparue dans les années 1980, vulgarisée lors de la
Conférence de Rio en 1992.
Elle est constituée de l?ensemble des espèces vivantes (diversité spécifique), de leur patrimoine génétique (diversité
génétique), des habitats (diversité des écosystèmes et des fonctionnalités) et des paysages. Par des relations de
compétition, de prédation, ou de coopération, tels les maillons d?une chaîne infinie, chacun vit en interdépendance. La
biodiversité est indispensable aux grands équilibres écologiques, lesquels jouent un rôle déterminant dans la disponibilité
des éléments essentiels à la vie : la nourriture, l?eau et l?air.
Biotechnologie : toute technique utilisant des êtres vivants (micro-organismes, animaux, végétaux), généralement après
modification de leurs caractéristiques génétiques, pour la fabrication industrielle de composés biologiques ou chimiques
(médicaments, matières premières industrielles) ou pour l'amélioration de la production agricole (plantes et animaux
transgéniques ou OGM.
Biotope : espace caractérisé par des facteurs climatiques, géographiques, physiques, morphologiques et géologiques, etc.
en équilibre constant ou cyclique et occupé par des organismes qui vivent en association spécifique (biocénose). C?est la
composante non vivante de l'écosystème.
87
Bon état écologique : le « bon état écologique » du milieu marin est défini dans la Directive cadre « stratégie pour le milieu
marin (DCSMM) comme étant « l?état écologique des eaux marines tel que celles-ci conservent la diversité écologique et le
dynamisme d?océans et de mers qui soient propres, en bon état sanitaire et productifs dans le cadre de leurs conditions
intrinsèques, et que l?utilisation du milieu marin soit durable, sauvegardant ainsi le potentiel de celui-ci aux fins des
utilisations et activités des générations actuelles et à venir ».
C
Canyon sous-marin : entaille profonde et encaissée dans le talus continental, plus ou moins sinueuse et ramifiée,
caractérisée par des versants raides et un profil en long très incliné, parcouru par des courants de turbidité.
Captures accidentelles : espèces capturées involontairement dont l?occurrence est faible.
Chiffre d?affaires : montant des affaires (hors taxes) réalisées par l'entreprise avec les tiers dans l'exercice de son activité
professionnelle normale et courante. Il correspond à la somme des ventes de marchandises, de produits fabriqués, des
prestations de services et des produits des activités annexes.
Circalittoral : étage qui s?étend depuis la limite inférieure de vie des algues (=jusqu?à la limite de vie des organismes les plus
tolérantes aux faibles éclairements. Les limites supérieures et inférieures de cet étage varient donc en fonction de la
turbidité de l'eau. (de -40m à ? 100m environ)
L'étage circalittoral est une zone de l'estran qui s'observe sous le niveau infralittoral, là où les algues photophiles
commencent à se faire rares. Il se termine lorsque les organismes sciaphiles, i.e., disparaissent à leur tour.
Clapage : immersion en mer des produits de dragage de ports en un lieu réservé et autorisé à cet effet.
Cluster : réseau d?entreprises constitué majoritairement de PME et de TPE, fortement ancrés localement, souvent sur un
même créneau de production et souvent à une même filière.
Code de l?environnement : recueil dans lequel ont été réunis les lois, décrets et règlements concernant l?environnement. Le
code de l?environnement reconnaît aujourd?hui quatre principes de base en matière de gestion de l'environnement : le
principe de précaution, le principe d?action préventive, le principe pollueur-payeur et le principe de participation.
Conchyliculture : ensemble des procédés et des techniques utilisés pour favoriser la production de coquillages.
Conflit d?usage : rivalités entre usagers d?une même ressource ou d?un même espace pour son appropriation, sa gestion ou
son exploitation.
Criée : lieu de première mise en marché du poisson lorsqu?il est débarqué dans le port de pêche.
Crinoïde : classe de la systématique animale, qui appartient à l?embranchement des échinodermes et qui est la seule
catégorie encore vivante de ce qui fut autrefois un groupe florissant d'animaux toujours fixés au sol.
Croissance bleue : croissance économique durable des secteurs liés à la mer.
D
Débat public : dispositif de démocratie participative institué par la loi et mis en oeuvre par la Commission nationale de
débat public.
DCSMM : Directive cadre stratégie pour le milieu marin : Directive 2008/56/CE du 17 juin 2008 qui établit un cadre d?action
communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin en vue de l?atteinte ou du maintien du bon état
écologique.
DCE : Directive cadre sur l?eau: Directive 2000/60/CE du 22 octobre 2000 qui établit des règles pour mettre fin à la
détérioration de l?état des masses d?eau de l?Union européenne et parvenir au bon état des rivières, lacs et eaux
souterraines et côtières en Europe.
DHFF : Directive Habitats Faune Flore (plus connue sous le nom de Directive « Habitats »): Directive 92/43/CEE du Conseil,
du 21 mai 1992, concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
Directive Oiseaux : directive 2009/147/CE concernant la préservation des oiseaux sauvages. Elle complète la directive
« Habitats», avec pour objectif la constitution d?un « réseau écologique européen cohérent de zones spéciales de
conservation (ZSC), dénommé Natura 2000 »
88
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Domaine public maritime (DPM) : il est constitué du sol, du sous-sol de la mer, compris entre la limite haute du rivage, c?est-
à-dire celles des plus hautes mers en l?absence de perturbations météorologiques exceptionnelles, et la limite, côté large, de
la mer territoriale ; des étangs salés en communication directe, naturelle et permanente avec la mer ; des lais (parcelles
dont la mer s?est définitivement retirée) et relais (dépôts alluvionnaires) de la mer ;
Dragage : action de prélever du sédiment sur le fond de la mer à l?aide d?une drague, soit pour étudier un échantillon de
sédiment, soit pour dégager un chenal navigable (création ou entretien).
E
Écosystème : ensemble des êtres vivants (biocénose), des éléments non vivants et des conditions climatiques et géologiques
(biotopes) qui sont liés et interagissent entre eux et qui constitue une unité fonctionnelle de base en écologie. L?écosystème
a des propriétés qui sont distinctes de la somme des propriétés de ses deux composantes.
Écosystémique (approche) : méthode de gestion où les terres, l'eau et les ressources vivantes sont intégrées pour favoriser
la conservation et l?exploitation durable des ressources naturelles, afin de respecter les interactions dans les écosystèmes
dont dépend l?être humain.
Elasmobranche : sous-classe des poissons cartilagineux. Ce taxon comprend les raies et les requins.
Endémique : caractérise des espèces vivantes propres à un territoire bien délimité.
Énergie marine renouvelable : le terme énergie marine renouvelable recouvre un ensemble de technologies qui permettent
la production d?énergie à partir du milieu marin(marée, houle, courants, chaleur, etc.) On associe également le production
des éoliennes en mer à cet ensemble.
Ensouillage : enfouissement d?une canalisation sous-marine ou d?un câble dans le sol marin.
Érosion : phénomène résultant de l'action de l?eau, des vents ou d?un produit chimique sur de la matière minérale ou autre,
et qui provoque l?enlèvement des couches supérieures des sols.
Estuaire : embouchure d'un fleuve, un plan d?eau côtier créé par un cours d?eau se jetant dans le milieu marin et dans lequel
les organismes qui y vivent sont sujets à des variations de salinité créées par les marées.
Étalement urbain : extension non maîtrisée de zones construites à la périphérie d?un espace urbain.
Étang rétro-littoral : étang situé en arrière du trait de côte.
Eutrophisation : enrichissement des eaux (cours d?eau, plans d?eau, eaux marines) en éléments nutritifs, essentiellement le
phosphore et l?azote qui constituent un véritable engrais pour les plantes aquatiques. Elle se manifeste par la prolifération
excessive des végétaux dont la décomposition provoque une diminution notable de la teneur en oxygène. Il s?ensuit, entre
autres, une diversité animale et végétale amoindrie et des usages perturbés (alimentation en eau potable ? loisirs, etc.).
F
Flottille : ensemble de navires de même nature (ex : flottille de chalutiers, flottille de fileyeurs)
Foncier : relatif à un fonds de terre, à sa propriété, à son exploitation et à son imposition.
Frange littorale : bande étroite située à proximité immédiate du trait de côte et directement concernée par sa mobilité.
Frayère : aire (marine, ou d'eau douce ou saumâtre) dans laquelle les animaux, poissons principalement, se rassemblent
périodiquement pour leur reproduction et où ils déposent leurs oeufs.
Fret ferroviaire : transport de marchandises par train.
G
Gestion intégrée : la gestion intégrée désigne un mode de gestion de certaines activités qui intègre, dès la phase de
conception, l'ensemble des facteurs écologiques, économiques et sociaux qui leur sont liés.
Gorgones : organismes marins de la famille des cnidaires marins (coraux). Ce sont des octocoralliaires coloniaux dont le
squelette est constitué par une matière organique cornée élastique (la gorgonine) incluant des aiguilles calcaires. Ce
squelette est entouré d?un tissu mou où se trouvent des polypes munis d?une bouche et de 8 tentacules. Elles sont
suspensivores.
Granulat : ensemble des constituants inertes (sables, fines, graviers, cailloux concassés) des mortiers et bétons.
89
H
Habitats (au sens de la directive) : milieu dans lequel vit une espèce ou un groupe d'espèces animales ou végétales (ex. :
tourbières, roselières d'estuaire, chênaies?). Ce sont des zones terrestres ou aquatiques possédant des caractéristiques
biogéographiques et géologiques particulières et uniques. (ex : en dynamique des populations, on parlera d?un «Habitat à
Abra alba», pour faire allusion à toute la population ? et le milieu naturel environnant ? caractérisé par l?occurrence de Abra
alba, espèce représentative de ce milieu, de cet habitat).
Habitat benthique : habitat à l?interface eau-sédiment (= interface eau-lithosphère) d?un écosystème aquatique, quelle
qu?en soit la profondeur. Habitat composé d?organisme vivant libre (vagile) sur le fond ou fixé (sessile).
Habitat biogénique : habitat d?origine naturelle.
Halieutique : qualifie toutes les activités relevant de la pêche sous toutes ses formes.
Herbiers de zostères : cet habitat est constitué par une plante à fleur (phanérogame marine) qui se développe sur des fonds
constitués de sédiments meubles (graviers, sables et vase) de la zone infralittorale, jusqu?à dix mètres de profondeur. Les
zostères forment des herbiers, parfois denses, comparables aux prairies terrestres.
Hermelles : annélide polychète sédentaire (Sabellaria alveolata) vivant dans des tubes de sable aggloméré. Ces vers sont
capables de constituer des récifs assez importants. Cette espèce dite ingénieure.
Hinterland : désigne la zone d?influence et d?attraction économique d?un port, c?est-à-dire la zone qu?un port approvisionne
ou dont il tire ses ressources.
I
Intrant (agriculture) : produits apportés aux terres et aux cultures, qui ne proviennent ni de l?exploitation agricole ni de sa
proximité.
L
Linéaire côtier : longueur développée de la côte.
Loi littoral : loi du 3 janvier 1986 qui a posé un certain nombre de règles relatives à la gestion, à la préservation et à
l?aménagement et l?urbanisme du littoral.
M
Maërl : mot d?origine bretonne utilisé pour désigner les algues calcaires du genre Lithothamnium. dont le thalle de couleur
violette n?est pas fixé et est emporté par les courants pour se déposer en bancs importants dans les zones calmes. Ces
algues sont exploitées pour produire un amendement calcaire utilisé sur les sols acides (en Bretagne notamment).
Mytiliculture : culture des moules.
N
Nourricerie : zone où se regroupent les alevins et juvéniles d'une espèce mobile pour s?y nourrir et poursuivre leur
développement. Une zone de nourricerie peut être fréquentée par plusieurs (nombreuses) espèces.
Nurserie : lieu où se regroupe des individus juvéniles.
O
Offshore : qui s?effectue au large.
Ostréiculture : culture des huîtres.
P
Panache : se dit de la zone de dispersion d'un rejet ou d?un fleuve.
Pélagique : qualifie le milieu marin de pleine eau et les êtres qui y vivent. Se dit également d?une espèce vivant en pleine
eau, ou au large comme les oiseaux marins.
Pisciculture marine : élevage de poissons marins.
90
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Plaisance : se dit de la navigation pratiquée pour le loisir, le sport, et de ce qui s?y rapporte.
Plan de prévention des risques technologiques : outil introduit par la loi du 30 juillet 2003 et le décret du 7 septembre 2005
pour renforcer la maîtrise de l?urbanisation autour des sites à haut risque, et notamment pour tenter de résorber certaines
situations existantes héritées du passé.
PLU (Plan local d?urbanisme) il est le principal document de planification de l'urbanisme au niveau communal (PLU) ou
intercommunal (PLUI). Il remplace le plan d?occupation des sols (POS) depuis la loi relative à la solidarité et au
renouvellement urbain du 13 décembre 2000, dite « loi SRU ».
Poisson migrateur : poisson qui effectue des déplacements, ou migrations, plus ou moins longs au cours de sa vie pour
accomplir son cycle biologique. Les poissons amphihalins sont par définition des poissons migrateurs
Production primaire : quantité totale de matière organique en mer principalement produite par les algues et fixée par
photosynthèse.
R
Réseau trophique : ensemble des relations alimentaires entre espèces au sein d'une communauté et par lesquelles l?énergie
et la matière circulent.
Résilience : capacité à absorber une perturbation, à se réorganiser et à continuer de fonctionner de la même manière
qu?avant.
Ressource naturelle : ensemble des ressources minérales ou biologiques nécessaires à la vie de l?homme et à ses activités
économiques.
Roche carbonatée : roche sédimentaire constituée d?au moins 50 % de carbonates (aragonite, calcite ou dolomite).
S
SCoT : Schéma de cohérence territorial : outil de conception et de mise en oeuvre d?une planification stratégique
intercommunale, à l?échelle d?un large bassin de vie ou d?une aire urbaine, dans le cadre d?un projet d?aménagement et de
développement durables.
Servitude : la servitude de passage des piétons sur le littoral est destinée à assurer exclusivement le passage des piétons le
long du littoral et à leur assurer un libre accès au littoral. Elle interdit aux propriétaires des terrains grevés et à leurs ayants-
droit d?apporter à l'état des lieux des modifications de nature à faire, même provisoirement, obstacle au libre passage des
piétons, sauf autorisation préalable accordée par le préfet, pour une durée de six mois au maximum.
Site d?hivernage : espace géographique dans lequel un oiseau migrateur passe l?hiver.
Submersion : inondation ou invasion par la mer.
T
Talus continental: zone de fort dénivelé qui conduit du bord du plateau continental à la plaine abyssale.
Trait de côte : est une courbe/ligne représentant l'intersection de la terre et de la mer dans le cas d?une marée haute de
coefficient 120 et dans des conditions météorologiques normales. Par extension c?est la limite entre la terre et la mer, c?est-
à-dire la côte.
Turbidité de l?eau : désigne l?obstruction à la pénétration de la lumière. La turbidité résulte de la quantité de particules
solides en suspension (dites «matières en suspension »), qu?elles soient minérales - sables, argiles, limons -, ou d?origine
organique - phyto - ou zooplancton, matières organiques détritiques.
Z
ZEE : zone économique exclusive : espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière
d?exploration et d?usage des ressources. Il s?étend de 12 miles (limite de la mer territoriale) à 200 milles.
Zone fonctionnelle halieutique : un espace est considéré comme une zone fonctionnelle halieutique à partir du moment où
il est le siège d?au moins une phase du cycle de vie (naissance, croissance, alimentation, migration, reproduction) d?une
ressource halieutique.
91
Liste des annexes
Annexe 1 Diagnostic de l?existant
Annexe 1.a? : Description des activités de la façade intégrant l?analyse économique et sociale de l?utilisation
des eaux marines
Annexe 1.b? : Synthèse scientifique et technique relative à l?évaluation de l?état écologique des eaux marines
et des pressions exercées
Annexe 1.c? : Analyse économique et sociale des coûts induits par la dégradation de l?environnement marin
Annexe 2 Carte de synthèse des enjeux socio-économiques
Annexe 3 Les enjeux environnementaux
Annexe 3.a? : Carte de synthèse des enjeux environnementaux
Annexe 3.b? : Carte des secteurs à enjeux écologiques
Annexe 3.c? : Identification des enjeux écologiques forts et majeurs
Annexe 4 Objectifs stratégiques et indicateurs associés
Annexe 4.a? : Tableau des objectifs stratégiques socio-économiques et indicateurs associés
Annexe 4.b? : Tableau des objectifs stratégiques environnementaux et indicateurs associés
Annexe 4.c? : Fiches descriptives des objectifs stratégiques environnementaux
Annexe 4.d? : Objectifs par filières
Annexe 4.e? : Rattachement des objectifs socio-économiques et environnementaux à la vision et à la stratégie
nationale pour la mer et le littoral 2
Annexe 5 Planification des zones de protection forte
Annexe 6 Planification énergétique
Annexe 7 Planification des zones de vocation aquacole
Annexe 8 Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte des vocations
Annexe 9 Tableau des dérogations
Annexe 10 Atlas cartographique
92
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 93
D
S
F
Direction interrégionale de la mer Sud-
Atlantique
1-3, rue Fondaudège, 33074 Bordeaux Cédex
Tél. : 33 (0) 5 56 00 83 00
dirm-sa@developpement-durable.gouv.fr
www.dirm.sud-atlantique.developpement-durable.gouv.fr
(ATTENTION: OPTION tique accueillera la première interconnexion électrique majoritairement sous-marine entre
la France et l?Espagne. Prévue pour 2028, cette liaison en courant continu de 400 km, reliant Cubnezais (près
de Bordeaux) à Gatika (près de Bilbao), fera passer la capacité d?échange entre les deux pays de 2 800 à 5 000
mégawatts (MW). Déclarée d?utilité publique en septembre 2023, cette interconnexion vise à renforcer la
sécurité, la stabilité et la qualité de l?approvisionnement électrique des deux pays.
Le raccordement des parcs éoliens en mer impliquera également la pose de câbles reliant ces parcs aux
stations de conversion à terre. Ces perspectives sont tout aussi indispensables au gestionnaire de réseau de
transport d?électricité afin qu?il puisse anticiper sur le long terme les besoins de développement du réseau
électrique en mer et à terre et permettre l?accueil de ces grandes puissances d?énergie. La planification
conjointe de la production et du réseau d?énergies marines renouvelables est particulièrement utile afin
d?éviter la surconsommation de la ressource foncière et maritime utile aux raccordements et aux atterrages
sur les zones littorales, alors que ces ressources sont à la fois rares et écologiquement sensibles.
1.1.5. Les industries navales et nautiques
Ce secteur regroupe les activités de construction et réparation de navires civils (de commerce, de pêche et de
services), de petits navires militaires, de bateaux de plaisance et de démolition navale (démantèlement et
recyclage des navires), soit plus de 1 200 emplois et 400 millions d'euros de chiffres d?affaires. Les ports,
notamment ceux de Bordeaux et La Rochelle, offrent des outils d'assèchement et des écosystèmes d'entre-
prises performants, essentiels pour accueillir ces activités (construction, réparation, transformation, démantè-
lement?).
32
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Très diversifiées sur la façade, les industries navales et nautiques se concentrent sur trois zones : le littoral
charentais et notamment La Rochelle qui se spécialise dans le nautisme, le Bassin d?Arcachon et la région de
Bordeaux qui axent leurs activités sur le nautisme professionnel et la grande plaisance, ainsi que la côte basco-
landaise qui représente le premier pôle européen de l?industrie des sports de glisse. Composé principalement
de PME et de TPE de taille artisanale mais aussi quelques grands acteurs de renommées internationales
(Chantier CNB, entreprise OCEA, Chantier naval Couach/Dubourdieu, Rhéa Marine..) et de marques à forte
notoriété (Dufour Yachts, Fountaine Pajot), cette filière génère d?importantes retombées économiques
(Quicksilver, Rip Curl?) et touristiques pour la région.
Compte tenu des enjeux autour de la transition écologique au sein de l?Union européenne, l?adaptation
technique, technologique et réglementaire de la flotte et de toute l?activité de production des TPE/PME
représente un défi pour la filière. Toutefois, la part de ses exportations étant très importantes (environ 60-
70 %) notamment vers le Moyen-Orient, ce secteur reste sensible à la conjoncture internationale et à des
normes différenciées hors de l?Union européenne. Pour se démarquer, l?innovation demeure au coeur de ses
préoccupations pour inscrire la filière dans une démarche de transition numérique, énergétique et écologique
(modes de propulsion propres et décarbonées, écoconception, économie circulaire?). À ce propos, la
question de la déconstruction des navires en fin de vie constitue un enjeu majeur de diversification et une
nouvelle opportunité d?emplois pour cette filière.
1.1.6. L?action de l?État en mer
De nature interministérielle, l?action de l?État en mer est assurée par les services de l?État, en charge de 45
missions en mer centrées sur la sécurité et la sûreté maritimes.
La sécurité maritime est liée à la protection des personnes et de l?environnement. Elle couvre la sauvegarde de
la vie humaine, l?assistance des navires en difficulté et la lutte contre les pollutions maritimes. La sûreté
maritime recouvre la prévention et la lutte contre les actes illicites à l?encontre des navires, des personnes, des
installations portuaires ou en mer. Ainsi, l?optimisation des moyens de surveillance maritime et la consolidation
d?un cadre réglementaire destiné à intégrer le recours aux nouvelles technologies (drones, navire autonome?)
constituent un enjeu fort pour la façade.
1.1.7. Les loisirs
? La pêche maritime de loisir
Sur la façade Sud-Atlantique, la pêche maritime de loisir est une activité ancienne qui représente environ 13 %
de l?ensemble des sorties de pêche de loisirs réalisées à l?échelle nationale (4ème façade maritime). Cette
activité a produit environ 186 millions d'euros de dépenses en 2017. Elle regroupe une importante diversité de
pratiques : pêche à pied, pêche du bord, pêche embarquée (bateau, kayak) et chasse sous-marine. Elle
présente quelques spécificités locales comme la pêche aux filets fixes sur l?estran ou les écluses à poissons. Ce
loisir représente un atout pour le cadre de vie des résidents et attire les usagers plus occasionnels.
S?apparentant à une activité de masse sur certaines zones littorales de la façade, la pêche maritime de loisir a
des impacts sur les ressources halieutiques, les espèces non exploitées et les habitats (hermelles, hippocampes,
zostères, etc.). Si la taille minimale autorisée des captures est fixée au niveau national pour toutes les espèces,
la réglementation peut être différente d?un département à l?autre ce qui peut être préjudiciable à sa lisibilité
et à sa bonne application. Ces activités font l?objet de différentes actions d?amélioration des connaissances,
de sensibilisation et de limitation des impacts afin de répondre aux enjeux environnementaux des espaces
fréquentés.
? La plaisance
La plaisance constitue une part importante de l?activité économique et touristique directement liée à la mer.
La façade abrite quatre bassins emblématiques pour le nautisme et la navigation de plaisance : la Mer des
Pertuis avec le premier port de plaisance métropolitain (Port des Minimes de La Rochelle : 5 157 places), le
Bassin d?Arcachon (2 700 anneaux au ponton pour le port d?Arcachon), l?estuaire de la Gironde et le Pays
basque.
33
Les conditions de navigation particulièrement difficiles entre ces 4 bassins (houle, courants) impliquent une
pratique concentrée autour des ports d?attache et zones de mouillage. En 2019, 72 ports étaient recensés sur
l?ensemble de la région. Les gestionnaires de l?espace maritime poursuivent leurs efforts pour optimiser
l?occupation des ports, notamment dans les zones de corps morts, et limiter l?impact des zones de mouillage
et d?équipements légers (ZMEL).
Le dynamisme de cette filière est principalement porté par le nautisme qui est actuellement confronté à des
enjeux nouveaux (changements de pratique de navigation, encombrement des ports, vieillissement des
navires). Les activités de plaisance constituent un vecteur potentiel de transition écologique, énergétique et
numérique à saisir par des changements de pratiques et/ou des équipements plus durables. Au-delà de
l?adaptation de la capacité portuaire, il importe aux acteurs portuaires d?assurer une meilleure prise en compte
des enjeux environnementaux dans une logique de planification des projets de développement, en intégrant
les usages nouveaux ou en développement. À ce titre, la certification Port Propres des ports de plaisance est à
poursuivre sur la façade.
? Les activités de sports et de loisirs nautique et subaquatique en mer
Ces activités se pratiquent depuis l?estran jusqu?à la haute mer et sont extrêmement diversifiées. Si Le surf
reste une activité emblématique de la région, les autres activités (planche à voile, kitesurf, motonautisme,
canoë, plongée et pêche sous-marine, voile, pêche de loisirs embarquée, etc.) sont particulièrement présentes,
notamment par leur nombre de licenciés dans les clubs fédéraux.
Les pratiquants réguliers ou occasionnels peuvent être
accueillis et/ou encadrés par des cadres diplômés dans
les structures fédérales ou professionnelles (nombreu-
ses sur le littoral). Avec la démocratisation de l?accès
au matériel, on note aussi une constante augmentation
du nombre de pratiquants libres ou auto-organisés qui
restent, de ce fait, plus difficiles à sensibiliser aux
bonnes conduites.
Pour les activités les plus représentatives de notre
territoire en 2022, on dénombrait 28 806 pratiquants
pour le canoë kayak, 25 328 pratiquants de la voile,
21 000 pratiquants pour les sports sous-marins, 10 000
pour le surf. Ces activités restent un important levier
de sensibilisation au milieu marin notamment par leurs
implications dans les sciences participatives en lien
avec des organisations scientifiques (Institut français
de recherche pour l'exploitation de la mer - Ifremer,
Muséum national d'histoires naturelles ? MNHN). Surfeurs à Hossegor © Matthieu Melsbach / DIRM SA
34
Port de plaisance des Minimes à La Rochelle © Laurent Mignaux / Terra
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.1.8. Tourisme côtier et maritime
Par la qualité paysagère de ses espaces naturels, l?existence de sites emblématiques internationalement
connus et le patrimoine de ses stations balnéaires, le littoral néo-aquitain est une destination touristique
majeure (17 % de l?offre totale d?hébergement, 69 millions de nuitées en 2019).
Troisième espace littoral le plus touristique de France, cette activité représente plus de la moitié des emplois
de l?économie maritime de la région. Cette économie a cependant été impactée par la crise sanitaire de 2020.
En effet, si avant la crise sanitaire, les enjeux liés au tourisme portaient principalement sur la qualité de l?eau, la
sensibilisation des vacanciers au respect de l?environnement, la proposition d?une offre plurielle et diversifiée
ainsi qu'une augmentation des labellisations Pavillon Bleu, les conséquences économiques du Covid 19 ont fait
évoluer les priorités (relance de l?emploi touristique, reprise du chiffre d?affaires de l?hôtellerie et de la restau-
ration, difficulté d?embauche pour le secteur, tensions sur le marché immobilier). Les grands incendies de
forêts de 2022 imposent également de s?interroger sur les usages et les pratiques dans les territoires littoraux.
Ainsi, la conjonction entre des enjeux écologiques forts et des risques amplifiés par les effets du changement
climatique (érosion côtière, feux de forêt?) nécessite de tenir compte de l?importance de la préservation et
de la valorisation du patrimoine et des paysages du littoral, tout en les conciliant avec les capacités d?accueil
des infrastructures, la fréquentation touristique croissante et l?évolution de la demande.
Par conséquent, l?aménagement est un sujet crucial qui contribue à la fois à la gestion de l?espace et celle des
risques, tout en assurant la pérennité de l'attractivité et du développement économique touristique. La
pédagogie auprès des résidents et/ou estivants est également à développer afin d?améliorer leur appréhension
des enjeux en présence et de permettre le maintien du tourisme dans un contexte de concurrence fort entre
les différentes régions littorales. Plusieurs démarches d'accompagnement des collectivités par le Groupement
d?intérêt public (GIP) Littoral visent ainsi à proposer un cadre d'aménagement durable du littoral (démarches
"Aménagement Durable des stations" et "Espace naturels fréquentés") ainsi qu'un plan de communication sur
les bons comportements à adopter sur les plages ("Mes plages océanes").
1.1.9. Gestion et contrôle de l?environnement marin
Depuis quelques années, les politiques en faveur de la protection des milieux marins sont en développement
avec notamment la désignation puis la gestion d?aires marines protégées (AMP). La stratégie nationale pour les
aires protégées 2030 fixe un objectif de 30 % de couverture du territoire national en AMP et de 10 % en zone
de protection forte (ZPF). Depuis 2015, les ministères en charge de l?environnement et de la mer pilotent la
politique nationale de contrôle des activités pour la protection de l?environnement marin, afin de garantir
l?atteinte des objectifs de conservation. Un plan de contrôle et de surveillance à l?échelle de la façade Sud-
Atlantique fixe ainsi les priorités de contrôle et mobilise l?ensemble des unités de contrôle dont celles de
l?action de l?État en mer. Les objectifs chiffrés de ce plan de contrôle sont déclinés à l?échelle départementale.
La Tremblade, équipe de contrôle environnement marin,
Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis © OFB
35
1.1.10. Activités littorales à dominante terrestre
? L?agriculture et la sylviculture littorales
Première région agricole et forestière de France, la Nouvelle-Aquitaine présente une grande diversité de
productions (grandes cultures, viticulture, élevage) et le plus grand massif forestier d?Europe, celui des Landes
de Gascogne. En 2020, la façade compte 27 013 exploitations agricoles (?21,7 % par rapport à 2010) pour une
surface agricole utilisée (SAU) de 1 190 461 ha (?1,8 %). L?emploi du secteur agricole diminue fortement, passant
de 52 383 unités de travail annuel (UTA) en 2010 à 45 035 UTA en 2019 (?14 %). Les exploitations agricoles des
communes littorales sont généralement de petite taille et pourvoyeuses de nombreux emplois mais les
exploitations de plus de 100 ha ont progressé de 20,6 % par rapport à 2010. Au sein des départements littoraux
de la façade, 3 114 exploitations sont engagées dans l?agriculture biologique en 2020. Ce sont surtout les
filières agricoles et bois-papier du littoral Sud-Atlantique qui contribuent à la vitalité de l?économie locale et à
la richesse des territoires. Ce sont surtout les filières agricoles et bois-papier du littoral Sud-Atlantique qui
contribuent à la vitalité de l?économie locale et à la richesse des territoires.
L?agriculture littorale joue un rôle dans la structuration et l?entretien des paysages, la conservation d?une
biodiversité spécifique et la prévention des incendies. Elle participe du patrimoine culturel régional.
L?agriculture est aussi source de pressions pour le milieu marin à travers l?utilisation de substances chimiques
responsables de pollutions diffuses, de substances nutritives à l?origine de l?eutrophisation via les prélèvements
en eau qui réduisent les apports d?eau douce dans les eaux côtières. Ces écoulements d'eau en provenance
des bassins versants ont des impacts sur la biodiversité
Face à la concurrence des usages du sol, l?accès au foncier constitue un enjeu important de l?agriculture
littorale. La prise en compte du lien terre-mer apparaît indispensable dans la gestion qualitative et quantitative
de la ressource en eau du fait de l?impact des activités agricoles sur le milieu marin.
Les espaces forestiers sont quant à eux majoritaires sur la façade mais la filière du bois rencontre des
difficultés liées notamment à la concurrence internationale, aux différentes tempêtes de ces dernières années
ou aux récents incendies. La préservation des forêts dunaires constitue un enjeu fort compte tenu de ses
spécificités au regard de la biodiversité, de la protection de l?arrière-pays ou de l?accueil du public.
Afin de lutter contre la diminution des surfaces forestières naturelles du littoral Sud-Atlantique, des dispositifs
réglementaires ont été mis en place ainsi que des initiatives de valorisation et de diversification des produits
sylvicoles et des débouchés de la filière.
? L?industrie
À l?échelle du bassin hydrographique Adour-Garonne (soit les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie), 52 000
entreprises des secteurs des industries extractives et manufacturières étaient recensées en 2016, pour un
emploi total de plus de 442 000 équivalents temps plein (ETP) et une valeur ajoutée de 29,6 milliards d?euros,
en hausse de 45 % par rapport à 2010. À l?échelle des départements littoraux de la façade, 517 établissements,
toutes activités industrielles confondues, sont classés « installations classées pour la protection de
l?environnement » (ICPE) en 2022. Secteur phare de l?industrie de la région, les industries agroalimentaires
(hors artisanat commercial) regroupent près de 2 000 entreprises du secteur privé et coopératif pour un
chiffre d?affaires net de près de 12 milliards d?euros.
Au regard des autres façades, la façade Sud-Atlantique se caractérise par une industrie peu développée, mais
qui reste diversifiée dans cinq secteurs d?activités principaux : l?agroalimentaire, la métallurgie, la pharmaco-
chimie, l?industrie du bois et du papier et la fabrication d?équipements électriques et électroniques,
notamment dans l?aéronautique. À l?échelle des communes littorales, l?industrie représentait en 2013, 8,8 %
des emplois pour environ 19 728 salariés, dominés par la métallurgie et la fabrication de produits métalliques
(21,8 %). En 2016, on comptait 442 000 salariés à l?échelle de la façade, soit environ 16 % des emplois
nationaux. Les activités industrielles et notamment les secteurs de l?industrie du bois, du papier et de
l?imprimerie, la métallurgie, la fabrication de produits métalliques et l?agroalimentaire sont de potentielles
sources de pollution, notamment par les écoulements d?eau en provenance des bassins versants.
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
L?intégration par le secteur industriel des problématiques environnementales, particulièrement la gestion des
déchets et des rejets, est primordiale pour le milieu marin. Les ports prennent en compte les aménagements
nécessaires pour faire face au changement climatique et contribuent à la décarbonation de l'économie en
accueillant les industries de demain et en permettant la mutation des industries actuelles.
? L?urbanisation de la frange littorale
La frange littorale de Nouvelle-Aquitaine offre des paysages exceptionnels par leur taille, leur qualité et leur
diversité : îles (Ré, Oléron, Aix, Madame), marais (Brouage), paysage dunaire (dune du Pilat), lagunes (Arcachon),
estuaires (Charente, Gironde), étangs (girondins, landais), corniches rocheuses (Pays basque).
Du fait de son attractivité notamment sur la période estivale, la façade Sud-Atlantique subit de fortes
pressions liées à la concentration des populations résidentielle et touristique, et aux activités en découlant, et
connaît, par conséquent, un fort taux d?artificialisation et un étalement urbain qui se fait au détriment des
terres agricoles et des milieux naturels et forestiers. Ce phénomène est d?autant plus marqué dans les
communes littorales des Pyrénées-Atlantiques, de la Charente-Maritime et sur le Bassin d?Arcachon. La
pression foncière ainsi engendrée entraîne également une augmentation de la production d?eaux usées et de
déchets, que les stations de traitement ne peuvent pas toujours absorber.
Face à ces constats, un des principaux enjeux pour les communes littorales est de préserver leur attractivité
touristique en réduisant l?artificialisation et le niveau des risques associés, tout en diversifiant et en étendant
leur offre touristique sur l?ensemble de l?année.
L?aménagement du territoire ne peut plus se limiter à la frange littorale, qui atteint un niveau critique de
saturation, en particulier pour le foncier et la mobilité. De fait, la pérennité de l?activité touristique, qui
dépend en grande partie des politiques publiques de protection et/ou de mise en valeur du patrimoine naturel
et culturel local, pose la question d?une éventuelle réorganisation des activités et aménagements en particulier
dans les espaces rétro-littoraux. Ces derniers disposeraient de capacités d?accueil et de développement avérés
pour faire face au recul du trait de côte.
37
Front de mer, Arcachon © Laurent Mignaux / Terra
1.2. Les écosystèmes marins et littoraux
L?atteinte d?un bon état écologique du milieu marin, grâce à une gestion maîtrisée des impacts anthropiques,
garantit une biodiversité préservée et un fonctionnement durable des écosystèmes. Du fait des nombreux
services écosystémiques qui y sont associés (alimentation, qualité de l?air, protection contre les aléas
climatiques, lutte contre le changement climatique, paysage, etc.), la biodiversité est consubstantielle à
l?habitabilité de la planète. Constituant le plus grand espace naturel de la planète, la mer est tout
particulièrement concernée : elle abrite une biodiversité d?une richesse exceptionnelle mais qui reste encore
largement méconnue. Cette biodiversité et les nombreux services qu?elle rend, indispensables à l?humanité,
sont aujourd?hui menacés. Sa protection est donc primordiale pour garantir aux générations futures une
planète et des espaces accueillants pour l?Homme et l?ensemble des espèces qui en font la richesse.
1.2.1. Les milieux et la biodiversité marine de la façade Sud-Atlantique
La façade comporte une vaste richesse d?habitats marins et littoraux. Le Golfe de Gascogne est particuliè-
rement représentatif des habitats sédimentaires qui occupent plus de 95 % des fonds du plateau continental
(qui peut lui-même être sous-divisé du nord au sud par le plateau du Golfe de Gascogne, le plateau armoricain
méridional et le plateau aquitain).
On distingue les côtes girondines, landaise et le plateau continental sous influence océanique et des zones plus
abritées (pertuis, baies et estuaires), milieux plus ou moins envasés, où se développe une diversité d?habitats
propice au développement de la vie aquatique. On compte ainsi les plus grands herbiers français de zostères
(le Bassin d?Arcachon abrite plus de 3 800 ha d?herbiers de Zostère naine, et plus de 2 120 ha dans la mer des
Pertuis), les récifs d?hermelles, les prés salés (3 736 ha sur le littoral de Charente-Maritime et l?estuaire de la
Gironde) et d?autres habitats particuliers de surfaces plus limitées tels que les bancs de maërl (286 ha pour le
Banc du Rocha dans le Pertuis Breton) ou les huîtres plates. Les milieux littoraux de la façade se caractérisent
par ailleurs par la présence de nombreuses zones humides à l'interface terre-mer (marais, étangs...), véritables
puits de carbone et renfermant une grande richesse biologique.
Avec ses falaises plongeant dans l?océan et sa concentration d?algues méditerranéennes unique en Atlantique,
la côte basque contraste également avec le littoral sableux des Landes et de la Gironde. On y retrouve de
nombreux récifs et l?imposant Gouf de Capbreton, dont la particularité est sa proximité avec la côte. En effet,
seuls 30 canyons côtiers, dont le Gouf de Capbreton, sont répertoriés dans le monde. Ces habitats côtiers sont
enrichis par les panaches fluviaux, dont celui du plus grand estuaire d?Europe qu?est la Gironde. Ces zones
d?interface terre-mer constituent des secteurs de nourriceries et de frayères importants pour les espèces
halieutiques et une zone d?habitats spécifiques pour les espèces amphihalines.
Plus au large, on retrouve plusieurs particularités géomorphologiques :
? Le plateau de Rochebonne, pics rocheux au sein du plateau continental présentant une diversité
exceptionnelle d?habitats et d?espèces ;
? Les vases circalittorales à pennatules, habitats benthiques biogéniques d?enjeu écologique majeur
présents sur le plateau du Golfe de Gascogne ;
? Au sud du Golfe de Gascogne, des structures de roches carbonatées formées par des émissions de
méthane froid (unique en France) ;
? À la rupture du plateau continental (talus), les canyons de la façade Sud-Atlantique, hot spot de
biodiversité, sont particulièrement riches en gorgones, crinoïdes, éponges et huîtres.
La façade joue un rôle majeur pour le maintien des populations d?oiseaux marins tout au long de l?année. Au
sein de la mer des Pertuis et du Bassin d?Arcachon, cinq sites d?hivernage de limicoles côtiers sont répertoriés
comme présentant des effectifs importants au niveau international. À titre d?exemples, plus de 20 % de la
population mondiale des bernaches cravant à ventre sombre hiverne sur le Bassin d?Arcachon, le second site
national d?accueil étant la mer des Pertuis.
38
Chiffres-clés de l'environnement marin
Sud-Atlantique
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Préserver durablement les écosystèmes marins et littoraux
40%
de la surface nationale
des herbiers de zostères
naines situés dans le
Bassin d'Arcachon
4
espèces de delphinidés
(dauphin commun,
marsouin commun,
dauphin bleu et blanc,
grand dauphin)
fréquentant le Golfe
de Gascogne
36%
des débarquements
français provenant de
stocks du Golfe de
Gascogne considérés
« en bon état » en 2022
par l'Ifremer
61
aires marines
protégées
dont 2 parcs
naturels marins
99%
des effectifs
d'esturgeons
européens vivent
dans les eaux de la
façade Sud-
Atlantique
Plus de 20%
de la population
mondiale des
bernaches cravants
hivernent sur le
Bassin d'Arcachon
704
missions de surveillance
et de contrôle
«environnement
marin» comptabilisées
en 2023 sur la façade
Sud-Atlantique
Inforgraphie © DIRM SA
39
© OFB
Le banc d?Arguin est l'un des seuls sites de la façade où l?huîtrier pie se reproduit chaque année avec succès.
Ce site accueille le gravelot à collier interrompu et quelque 500 goélands, appartenant à 5 espèces, dont le
très rare goéland d?Audouin. La composition spécifique de cette colonie est unique au monde.
La mer des Pertuis accueille jusqu?à 300 000 oiseaux d?eau côtiers en hivernage. En particulier, ce secteur
accueille plus de 30 % de la population nationale des avocettes élégantes, plus de 40 % de la population
nationale de barges à queue noire, 30 % de la population nationale des barges rousses, 50 % de la population
nationale de bécasseau maubèche, 30 % de la population nationale de bécasseau variable, et 30 % de la
population nationale de pluvier argenté.
Au large, des espèces remarquables comme le puffin des Baléares (menacé au niveau mondial, en danger
critique d?extinction) sont présents notamment en été sur tout le Golfe de Gascogne, et plus spécifiquement
au niveau de la zone de concentration du Gouf de Capbreton.
Le secteur de la zone de protection spéciale Pertuis-Rochebonne accueille en hiver jusqu?à 60 000 alcidés
(Pingouin Torda et Guillemot de Troïl) et de 15 000 à 20 000 Fous de Bassan (automne - hiver). Au moins 10 000
macreuses noires ont été observées lors des derniers comptages Wetland International (2022), représentant
plus d?un tiers des effectifs comptés sur le territoire métropolitain.
Concernant les mammifères marins, le sud du Golfe de Gascogne constitue une zone majeure pour les grands
cétacés (baleines à bec, rorqual commun, globicéphale noir, cachalot). Les concentrations d?espèces
observées sont parmi les plus fortes d?Europe. Quant aux petits delphinidés, ils sont présents en abondance
mais de manière plus diffuse à l?échelle du Golfe de Gascogne et composés de plus petits groupes d?individus.
Enfin, plusieurs espèces d?élasmobranches (raies et requins) présentant des statuts de conservation très
défavorables au niveau mondial, sont présentes au sein du Bassin d?Arcachon et de la mer des Pertuis jusqu?au
Plateau de Rochebonne.
40
Réserve naturelle de Lilleau des Niges © Yann Werdefroy
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.2.2. État écologique de la façade et coût de la dégradation environnementale
Comme sur l?ensemble des façades maritimes, la mise en oeuvre de la politique de protection du milieu marin
en Sud-Atlantique s?appuie largement sur le cadre fixé par la directive-cadre stratégie pour le milieu marin
(DCSMM). Cette directive communautaire vise à maintenir ou restaurer le bon fonctionnement des
écosystèmes marins (diversité biologique conservée et interactions correctes entre les espèces et leurs
habitats, océans dynamiques et productifs) tout en permettant les développement durable des activités
humaines. Les États membres de l?Union européenne doivent ainsi prendre toutes les mesures nécessaires pour
réduire les impacts des activités sur le milieu marin jusqu?à en atteindre le bon état écologique.
Il s?agit ainsi d?évaluer l?état initial du milieu marin par rapport au bon état écologique à atteindre puis de
définir des objectifs environnementaux pour orienter les actions à conduire afin d?en améliorer l?état, en
s?assurant que les activités et usages de la mer soient compatibles avec le maintien ou l?atteinte du bon état
écologique des eaux marines.
Dans ce cadre, une évaluation de l?état écologique des eaux marines et de l?impact environnemental des
activités humaines sur ces dernières est réalisée. Elle s?appuie sur 11 « descripteurs thématiques » qui
correspondent à différentes composantes permettant de juger de l?état du milieu marin :
Diversité biologique
(D1)
La diversité biologique est conservée. La qualité des habitats et leur nombre ainsi que la
distribution et l?abondance des espèces sont adaptés aux conditions physiographiques,
géographiques et climatiques existantes.
Espèces invasives
(D2)
Les espèces non indigènes introduites par le biais des activités humaines sont à des niveaux qui
ne perturbent pas les écosystèmes.
Espèces exploitées
(D3)
Les populations de tous les poissons, crustacés et coquillages exploitées à des fins
commerciales se situent dans les limites de sécurité biologique, en présentant une répartition
de la population par âge et par taille qui témoigne de la bonne santé du stock.
Réseau trophique
(D4)
Tous les éléments constituant les réseaux trophiques marins, dans la mesure où ils sont connus,
sont présents en abondance et diversité normales et à des niveaux pouvant garantir
l?abondance des espèces à long terme et le maintien complet de leurs capacités reproductives.
Eutrophisation
(D5)
L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier pour ce qui est de ses effets néfastes, tels
que l?appauvrissement de la biodiversité, la dégradation des écosystèmes, la prolifération
d?algues toxiques et la désoxygénation des eaux de fond, est réduite au minimum.
Intégrité des fonds marins
(D6)
Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la structure et les fonctions des
écosystèmes sont préservées et que les écosystèmes benthiques, en particulier, ne sont pas
perturbés.
Conditions
hydrographiques
(D7)
Une modification permanente des conditions hydrographiques ne nuit pas aux écosystèmes
marins.
Contaminants
(D8)
Le niveau de concentration des contaminants ne provoque pas d?effets dus à la pollution.
Questions sanitaires
(D9)
Les quantités de contaminants présents dans les poissons et autres fruits de mer destinés à la
consommation humaine ne dépassent pas les seuils fixés par la législation communautaire ou
autres normes applicables.
Déchets marins
(D10)
Les propriétés et les quantités de déchets marins ne provoquent pas de dommages au milieu
côtier et marin.
Énergie intrroduite
en mer (bruit)
(D11)
L?introduction d?énergie, y compris de sources sonores sous-marines, s?effectue à des niveaux
qui ne nuisent pas au milieu marin.
41
L?évaluation de ces composantes est basée sur des travaux scientifiques et techniques menés à partir des
meilleures données disponibles et des réseaux de suivi de la qualité des eaux, grâce à l?appui d?un réseau
national d?experts sous la coordination technique de l'Office français de la biodiversité (OFB) et les Agences de
l'Eau. Pour assurer un niveau de connaissance actualisé sur l?état du milieu, ces évaluations sont mises à jour
tous les 6 ans. Les derniers travaux d?évaluation de l?état du milieu ont abouti en 2023. Ces réseaux nationaux
sont complétés par des réseaux de surveillance locaux, que ce soit à l?interface terre-mer ou en mer.
Si l?excellence de l?océanographie et des instituts de recherche français est mondialement reconnue, les
milieux marins constituent des écosystèmes complexes dont la connaissance reste à consolider et requiert des
moyens particulièrement conséquents. L?état actuel des connaissances est ainsi très variable selon les
descripteurs. Certains descripteurs, comme le descripteur 3 relatif aux espèces commerciales, font l?objet de
suivis pérennes depuis de nombreuses années, permettant l?acquisition de données quantitatives. Pour les
autres descripteurs, des appréciations qualitatives (« dire d?expert », sur des bases bibliographiques) peuvent
être fournies mais ne permettent pas toujours de conclure sur l?état de ces descripteurs.
Par ailleurs, les effets du changement climatique (hausse régulière de la température moyenne des eaux,
perturbation des courants, acidification des eaux, hausse du niveau de la mer, etc.) affectent directement le
milieu marin : diminution de la production de plancton, dégradation des habitats, modification des aires de
répartition des espèces, diminution de la capacité de production d?oxygène et d?absorption du dioxyde de
carbone, etc. Si l?impact du changement climatique sur la dégradation des milieux est aujourd?hui avéré, ce
paramètre majeur reste toutefois difficile à appréhender en l?état des connaissances sur le milieu marin. Ainsi,
les évaluations menées dans le cadre de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin n?intègrent pas en
tant que tel le changement climatique. L?adaptation des méthodologies d?évaluation aux changements
structurels impactant le milieu marin, dont le réchauffement climatique, constitue donc un véritable défi pour
les experts scientifiques.
Un résumé des résultats de l?évaluation pour la façade Sud-Atlantique est disponible en annexe 1b pour
l?ensemble des descripteurs. Vous trouverez ci-dessous les résultats les plus saillants :
? Un état des mammifères marins qui se dégrade
Très présentes sur la façade, certaines espèces de mammifères marins comme les dauphins, marsouins ou
rorquals sont emblématiques de la région. Bien que l?évaluation de ces espèces soit encore partielle, les
dauphins communs et marsouins communs apparaissent comme étant en mauvais état au titre des seuils du
bon état écologique définis en déclinaison de la DCSMM, mettant principalement en cause un nombre trop
important de captures accidentelles (par les activités de pêche) sur l?ensemble des façades où ces espèces
sont présentes. En ce qui concerne les autres espèces de mammifères présents sur la façade, quatre
apparaissent en état inconnu ou ne sont pas évalués, du fait du manque de données (dauphin bleu et blanc,
baleine à bosse, cachalot pygmée et grand cachalot), et six apparaissent en bon état (petit rorqual, rorqual
commun, grand dauphin du large, baleine à bec, dauphin de Risso et globicéphale noir). Les captures
accidentelles ne sont pour l?instant évaluées que pour les dauphins communs et marsouins communs.
? Une évaluation des espèces exploitées à des fins commerciales encore largement inconnue
Avec près de 70 000 tonnes de poissons, céphalopodes et crustacés pêchées par an, appartenant à près de
340 espèces et représentant 35 % de la pêche métropolitaine, la façade Sud-Atlantique constitue l?une des
façades où cette activité est la plus représentée. Comme pour la façade Nord Atlantique-Manche Ouest, plus
du tiers des stocks évalués est en état inconnu du fait d?un manque de données. Comme sur les autres façades
métropolitaines, la proportion de stocks en mauvais état (25 %) est plus importante que celle des stocks en
bon état (20 %). Une amélioration de l?état du maquereau commun et du thon germon est cependant à noter,
ainsi qu?une dégradation de l?état du merlu européen. La gestion des stocks de pêche apparaît donc comme
étant un enjeu primordial afin d?assurer la durabilité de l?activité de pêche.
42
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
? Une évaluation des oiseaux marins préoccupante, similaire à celle des autres façades
Du fait de leur grande longévité et de leur faible et tardive fécondité, les oiseaux marins sont très sensibles aux
pressions anthropiques. Près d?un tiers des espèces d?oiseaux marins figure ainsi sur la liste rouge des espèces
menacées de l?UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Bien qu?encore partielle, car ne
mesurant que l?abondance et certaines caractéristiques démographiques des populations (pas de prise en
compte des captures accidentelles, de la distribution spatiale ou encore de l?état de l?habitat des espèces),
l?évaluation des oiseaux marins au niveau national présente globalement un état inconnu ou mauvais.
Sur la façade, 63 espèces d?oiseaux réparties en cinq groupes d?espèces sont évalués. La façade Sud-Atlantique
et la façade Nord Atlantique-Manche Ouest sont les deux seules façades pour lesquelles un groupe d?espèces
apparaît en bon état parmi lesquels le groupe des échassiers, auquel appartient les bécasses et les gravelots.
Deux autres groupes d?espèces sont en état inconnu (oiseaux herbivores et oiseaux plongeurs benthiques) et
deux sont en mauvais état (oiseaux marins de surface et oiseaux plongeurs pélagiques).
? Une évaluation de l?eutrophisation positive
Les phénomènes d?eutrophisation d?origine anthropique (c?est-à-dire liée aux activités humaines) se sont
multipliés au XXème siècle en raison notamment du développement industriel, de l?agriculture intensive et de
l?accroissement des pressions urbaines le long des côtes. Toutefois, la façade Sud-Atlantique, tout comme la
façade méditerranéenne, est considérée comme étant en bon état au regard de l?eutrophisation à la côte
comme au large. En effet, seul 0,1 % de la surface de la façade est classée comme étant eutrophisée, ce qui
correspond au lac salé d?Hossegor.
? Une évaluation des fonds marins mitigée
Bien que les pertes physiques des fonds marins ne représentent que 0,1 % de la surface de la façade Sud-
Atlantique, on considère que les perturbations physiques des fonds marins s?étendent quant à elles sur environ
37 % de la surface de la façade et concernent plus de 80 % des habitats présents. L?évaluation, encore
incomplète, des habitats de la façade Sud-Atlantique permet toutefois de mettre en évidence le bon état de
trois des sept habitats évalués : les herbiers de zostères et les récifs d?hermelles, habitats à forts enjeux de
conservation, ainsi que les roches et récifs biogènes infralittoraux. Toutefois, l?état des récifs d?hermelles
apparaît comme se dégradant. Les autres habitats évalués sont indiqués à un état inconnu.
Le milieu marin est donc aujourd?hui menacé en raison de nombreuses pressions qui s?y exercent, liées aux
activités humaines. Le niveau et la nature de ces impacts sont variables en fonction du type d?activité.
? Une évaluation des coûts de la dégradation
Les études menées dans le cadre de l?évaluation de l?état écologique des eaux marines portent également sur
les coûts économiques de la dégradation des milieux naturels qui correspondent à l?estimation de l?effort que
la société déploie pour maintenir le milieu marin dans un certain état. La méthodologie repose sur l?évaluation
des coûts associés aux différents dispositifs de gestion du milieu marin existants (dépenses supportées par la
société pour maintenir ou améliorer leur état), organisée par thématique de dégradation ciblée (eutro-
phisation, contaminants?) et type de mesures déployées (mesures d?information et de suivi, mesures de
prévention, mesures de préservation, mesures de remédiation).
Pour la façade Sud-Atlantique, le coût moyen annuel pour l?ensemble des dispositifs de gestion du milieu
marin recensés est estimé à 332 millions d?euros sur la période 2017-2021, représentant 14 % du montant au
niveau national.
La majorité des coûts de la dégradation du milieu marin sur la façade porte sur les questions sanitaires et est
dominée par des mesures de préservation, permettant d?éviter des impacts d?origine anthropique sur le milieu
marin.
43
1.3. Les sites, paysages et le patrimoine naturel
1.3.1. Les sites et paysages de la façade
La façade est composée d?une grande variété de paysages et d?espaces littoraux façonnés par l?histoire
géologique du territoire. En Charente-Maritime, les îles des Pertuis Charentais (Ré, Oléron, Aix, Madame) font
face à des zones humides (vasières et marais) ou à des forêts de production. L?estuaire de la Gironde, le plus
grand d?Europe, délimite ensuite la frontière avec le département du même nom. Marquée par les vestiges du
Mur de l?Atlantique, la côte sableuse et rectiligne de Gironde se poursuit dans les Landes après une
interruption au niveau du Bassin d?Arcachon et de sa célèbre Dune du Pilat. La côte landaise présente
également une particularité mondiale avec le Gouf du Capbreton (canyon sous-marin). Enfin, les côtes
rocheuses du Pays basque bénéficient d?une identité forte, avec notamment la présence de nombreuses
grottes sous-marines. Façonnés par les éléments naturels, ces paysages très attractifs ont été transformés par
des aménagements notamment liés au tourisme et à l?accroissement de la pression urbaine. Ils subissent de
surcroît l?impact de l?érosion côtière.
Le littoral Sud-Atlantique possède également un patrimoine culturel très diversifié (phares, stations balnéaires,
villages ostréicoles, navires historiques, patrimoine sous-marin, etc) et de nombreux sites classés au titre d?un
intérêt paysager, artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque : Dune du Pilat, Marais Poitevin,
Estuaire de la Charente, Marais de Brouage. La protection de ces paysages littoraux est donc indispensable, au
regard notamment de leurs composantes naturelle, historique et culturelle très riches.
Il est essentiel de prendre en compte les usages et dynamiques du littoral, car l?implantation de nouvelles
activités en mer et/ou sur le littoral (éolien, stations d?atterrage?) peut engendrer des conflits paysagers et
nécessiter une réévaluation de l?occupation des sites en fonction des activités susceptibles d?y être
développées. Les politiques d?aménagement du territoire contribuent à la prise en compte de ces évolutions,
notamment par la mise en place de réglementations et de dispositions visant la protection des milieux marins,
terrestres et à l?interface terre-mer.
L?inscription des fortifications de Vauban en 2008 et du phare de Cordouan en 2021 au patrimoine mondial de
l?UNESCO est également un bon exemple de protection, impliquant des restrictions d?activités aux alentours
des sites. Par ailleurs, la valorisation du potentiel patrimonial et paysager du littoral est un enjeu majeur qui
participe à l?identité et à l?attractivité du territoire. Ainsi, la poursuite du classement des sites remarquables
permet d?en assurer une protection renforcée.
L'Île aux Oiseaux © Laurent Mignaux / Terra
44
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.3.2. La gestion du domaine public maritime et le libre-accès au rivage
La vocation des espaces est définie par la planification en mer. La préservation de l?état naturel du rivage a été
consacrée par la loi « Littoral » du 3 janvier 1986. Une gestion durable et intégrée du domaine public maritime
naturel (DPMn) articulée avec la gestion du trait de côte (recul prévisible du trait de côte du fait de l?érosion
naturelle amplifiée par le changement climatique) constitue une politique publique de fort enjeu.
Le domaine public maritime (DPM) de la façade Sud-Atlantique est un espace sensible et convoité géré par
l?État. Selon la vocation de ces sites et espaces, il peut faire l?objet d?interventions du Conservatoire du littoral
et de délégations de gestion aux personnes publiques ou privées. Siège de nombreux usages et occupations, il
est au centre de différents objectifs de développement durable des activités économiques littorales, de
maîtrise foncière, de prévention des risques naturels et sanitaires et de préservation de l?environnement et du
patrimoine naturel côtier et marin.
Pour assurer le libre accès aux rivages, il est nécessaire d?assurer les servitudes longitudinale et transversale de
passage des piétons et l?ouverture de portions de sentier du littoral par la gestion partagée de son aménage-
ment et de son entretien, ainsi qu?en informant le public sur son cheminement.
1.4. Les risques
Les communes littorales de la façade Sud-Atlantique sont soumises à de nombreux aléas (inondation, submer-
sion marine, érosion, mouvements de terrain, feux de forêts, événements accidentels, pollutions, etc.) qui, au
regard d?enjeux croissants (habitations, activités économiques, etc.), conduisent à un niveau de risque élevé
sur la frange littorale.
L?érosion côtière concerne près d?un tiers du littoral de
Nouvelle-Aquitaine. Sa prise en compte dans les démarches
de planification doit permettre d?assurer une plus grande
résilience des territoires littoraux. Le partenariat régional en
cours depuis 1996, pour l?Observatoire de la Côte Nouvelle-
Aquitaine (OCNA), et depuis 2009, pour le Groupement
d?Intérêt Public (GIP) Littoral, y contribue par différents
aspects tels que l?accompagnement des collectivités à la mise
en oeuvre de démarches locales d?aménagement du territoire
ou de gestion de risques (stratégies locales de gestion de la
bande côtière) et la facilitation à la mise en oeuvre des
dispositions de la loi Climat et Résilience d?août 2021 visant
l?adaptation des territoires littoraux au recul du trait de côte.
À ce titre, quarante-six communes de Nouvelle-Aquitaine ayant intégré la liste issue du décret du 10 juin 2024
doivent réaliser une cartographie d'évolution du trait de côte à court (0-30 ans) et long (30-100 ans) termes afin
de pouvoir mobiliser les outils spécifiques prévus par cette loi. Par ailleurs, les collectivités et leurs partenaires
se mobilisent aux côtés de l?État pour s?engager dans des projets de territoires intégrant le recul du trait de
côte et la nécessaire recomposition spatiale (projets partenariaux d?aménagement « recul du trait de côte »).
La façade concentre également de nombreuses activités industrielles, génératrices de risques technologiques
tels que ceux notamment liés à la centrale nucléaire du Blayais. Certaines d?entre elles sont en outre situées sur
des zones à forts risques naturels. La mise en place de mesures de sûreté appropriées et une surveillance
accrue représentent des enjeux prioritaires. Des mesures réglementaires, telles que des plans de prévention
des risques technologiques, ont ainsi été mises en place afin d?assurer la sécurité des populations et des biens.
Le littoral présente également une sensibilité particulière aux risques sanitaires, du fait de sa situation
d?interface entre différents milieux (marin, fluvial, estuarien et terrestre), de la multiplicité des activités
potentiellement polluantes et de la concentration de la population sur des territoires restreints.
Érosion côtière à Biscarosse © Thierry Degen / Terra
45
Ainsi, afin de répondre aux forts enjeux de santé publique, des profils de vulnérabilité et des dispositifs
d?alertes ont été mis en place pour évaluer la sensibilité des zones de baignade aux pollutions et prévenir les
risques éventuels. À titre d?exemple, suite à des constats de troubles respiratoires potentiellement liés à sa
présence, un programme de surveillance de l'abondance de la microalgue marine Ostreopsis a été mis en place
en 2021 dans les eaux de baignade du Pays basque pour évaluer et gérer les risques associés aux activités
récréatives pendant la période estivale. La réduction des risques sanitaires liés à la contamination
bactériologique des zones de production conchylicoles et de pêche à pied est aussi un enjeu majeur pour la
conchyliculture de Charente-Maritime. Depuis 2017, l?élaboration de ces profils est pilotée par le Conseil
Départemental et financée en partie par les programmes des agences de l?eau Adour-Garonne et Loire-
Bretagne. Ces démarches doivent être poursuivies pour les zones conchylicoles et de pêche afin de mieux
connaître le milieu et définir des mesures de protection et d?amélioration de la qualité des eaux dans le but de
garantir le maintien de l?ensemble des usages.
Le développement de la culture du risque au sein des populations littorales, permanentes et saisonnières, est
primordial et doit permettre de mieux appréhender les évolutions à venir compte tenu du changement
climatique (développement des micro-algues toxiques, de bactéries, de virus, élévation du niveau de la mer?).
Les projections en termes de changement et réchauffement climatique prévoient une augmentation accrue
des risques naturels :
? de submersion marine et inondations par une augmentation du niveau de la mer, de la fréquence des
tempêtes et événements extrêmes ;
? de feux de forêt, y compris sur l?estran, de part le massif forestier très développé sur la façade ;
? d?intrusion saline dans les nappes souterraines exploitées en frange littorale par une augmentation des
prélèvements souterrains, pouvant conduire à l?arrêt irréversible de leur utilisation, et très vite limiter
les ressources en eau.
Enfin, la fréquence et l?intensité des événements climatiques, combinées à l?accroissement de la population et
de l?activité économique littorale nécessitent une démarche de réflexion globale et concertée pour assurer la
protection des populations. Plusieurs engagements tels que la mise en oeuvre de stratégies nationales ou
régionales de gestion du risque (stratégie de gestion de la bande côtière et stratégie de gestion du risque
inondation notamment) ont été pris et doivent être poursuivis au niveau local. Le territoire de la Nouvelle-
Aquitaine s?est positionné en pointe sur la question de la gestion des risques littoraux et la résilience des
territoires côtiers par des stratégies adaptées et ambitieuses, répondant également aux objectifs fixés dans les
plans nationaux d?adaptation au changement climatique (PNACC) visant notamment à « protéger la
population des conséquences du recul du trait de côte en repensant l'aménagement des territoires exposés ».
1.5. La connaissance, la recherche, l'innovation et la formation
1.5.1. Recherche et innovation
La recherche nécessite l?acquisition de données. Pour cela, différents programmes, bases de données et
dispositifs de suivi sont menés sur les problématiques variées du littoral Sud-Atlantique, dont le patrimoine
naturel marin et l?évolution de trait de côte. L?essor des sciences participatives permet en outre de fournir de
nouvelles données, soulever de nouvelles questions et créer un réseau d?alerte et de surveillance d?un nouveau
genre. La masse de données ainsi recueillie nécessite d?être bancarisée et valorisée pour identifier, développer
et partager les connaissances nécessaires à la conduite de la politique maritime et littorale de la façade.
Par ailleurs, des programmes de recherche variés et interdisciplinaires sont menés par les différents organismes
de recherche de la façade (notamment les unités mixtes de recherche du CNRS et des Universités de Bordeaux
et La Rochelle, l?Université de Pau et des Pays de l?Adour, l?IFREMER, l?INRAE et le LabEx COTE, etc.). Ces
structures portent parfois des programmes de recherche nationaux ou locaux spécifiques sur les milieux
marins. Par exemple, le GIP Littoral accompagne les collectivités littorales dans l?élaboration de leurs projets
par de la mise en réseau et du partage de méthodes pour décliner, sur chaque secteur, les principes
d?aménagement et de gestion durable. CAPENA apporte entre autres une expertise technique et scientifique
46
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
aux acteurs des filières pêche et aquaculture, ainsi qu?aux acteurs publics et privés. Les parcs naturels marins
mettent également en oeuvre des observatoires et des programmes de suivi des milieux et des espèces
faunistiques. Le groupement d?intérêt scientifique littoral basque fait émerger, quant à lui, des projets de
recherche et développement en adéquation avec les besoins des collectivités à l?échelle transfrontalière. Un
projet de pôle océanographique aquitain visant à regrouper différents acteurs de la recherche littorale a été
relancé en 2023. La mise en réseau des acteurs régionaux est un enjeu majeur afin d?améliorer les
connaissances sur les milieux marins et de permettre le développement durable des activités.
Pour la façade Sud-Atlantique, au vu du tissu économique diversifié, l?innovation, notamment dans le secteur
de la construction navale très sensible à la demande internationale, est un défi majeur. L?introduction de la
dimension environnementale au sein des différentes filières constitue un enjeu fort qui permettra l?essor d?une
croissance bleue respectueuse des milieux marins. Le Grand Port Maritime de Bordeaux et les acteurs de l?eau
ont initié la mise en place de jumeaux numériques du fleuve, avec pour objectif de créer un référentiel
commun de modélisation des impacts du changement climatique.
1.5.2. Formation maritime
Sur la façade Sud-Atlantique, des établissements d'enseignement maritime (lycée maritime de la Rochelle et
Ciboure, lycée de la mer de Bourcefranc et Gujan-Mestras) délivrent un large panel de formations maritimes.
Dispensées par la voie scolaire, l'apprentissage ou la formation continue, ces dernières permettent d'exercer
des fonctions aussi bien au pont qu'à la machine dans tous les secteurs professionnels (pêche, cultures
marines, commerce, plaisance) et à plusieurs niveaux de responsabilité.
Au-delà des métiers de navigants, de nombreux métiers de la mer sont représentés en Nouvelle-Aquitaine
grâce à une offre de formation variée (maintenance nautique, plasturgie et composites?), également offerte
dans l'enseignement supérieur (BTS ou formations universitaire de haut niveau). D'autre part, des structures
publiques en partenariat avec les professionnels délivrent des formations plus spécifiques aux loisirs nautiques.
Atelier de ramendage du lycée maritime et aquacole de La Rochelle © Jacky Grange / LMA de La Rochelle
47
Depuis 2015, la formation professionnelle maritime fait l'objet d'une profonde réforme afin d'adapter et
moderniser les référentiels au plus près des métiers. En effet, les filières maritimes de naviguant, et notamment
celles de la pêche et des cultures marines, souffrent d?un manque d?attractivité. Or, pour assurer la continuité
de certaines activités professionnelles et faire face aux nouveaux métiers promis par l?émergence de nouvelles
technologies (nautisme, production d?énergie), les besoins sont considérables et les formations qui
correspondent à ces métiers conditionnent dès aujourd?hui la pérennité et la maîtrise des savoir-faire. Le
gouvernement a donc mis en place une politique d?attractivité des métiers de la mer déclinée en 2022 en Sud-
Atlantique dans le cadre du plan de relance. Différents porteurs de projets emblématiques de la façade ont
ainsi été mobilisés autour d?actions concrètes (site internet dédié à l?orientation, salons/forums, capsules
multimédia, podcast?) pour adapter les formations des métiers de la mer d?aujourd?hui à ceux de demain et
améliorer la communication.
Pour répondre aux enjeux de formations adaptées à la réalité des métiers et des besoins en Sud-Atlantique,
plusieurs actions ont été engagées. A titre d?exemple, un partenariat entre la région et les autorités
académiques (éducation nationale, DRAAF) a été conclu pour élaborer une carte des formations et ainsi
répondre aux besoins des entreprises. Ces travaux devraient s?intensifier dans les années à venir pour se
préparer aux besoins futurs (comme les métiers de l?éolien en mer ou ceux autour des nouveaux modes de
propulsion, de la déconstruction, de l?économie circulaire...) et faire face à l?évolution du marché de l?emploi.
L?encadrement des activités nautiques et subaquatiques rentre dans le cadre des professions réglementées par
le code du sport. Elles obligent les encadrants à détenir un diplôme reconnu par l?état. Ces formations sont
délivrées par des structures publiques (CREPS de Bordeaux surf, plongées.) et ou privé (fédération délégataire,
Canoë Kayak, voile, UCPA etc.). Les fédérations dispensent également des formations d?encadrement des
licencié(e)s dans les clubs tout au long de l?année.
1.5.3. Sensibilisation
Un grand nombre d?actions de sensibilisation des usagers de la mer et du grand public est mené par les
services et opérateurs de l'État ainsi que par les collectivités territoriales, les professionnels de la mer, les
acteurs des sports nautiques, dont les fédérations nautiques sportives et les associations qui oeuvrent pour la
protection de l'environnement marin. A titre d?exemple, plusieurs aires marines éducatives existent sur la
façade pour faire découvrir ces milieux en impliquant les élèves autour d?un projet pédagogique et écocitoyen
de connaissance et de protection du milieu marin.
De nombreuses manifestations de sensibilisation des milieux marins sont mises en place par les clubs et
acteurs fédéraux en direction de leurs licenciés et du grand public (nettoyages de plages, expositions,
commissions dédiées, comptage espèces faune et flore, etc.). Ces activités constituent un important levier de
sensibilisation au milieu marin notamment par leurs implications dans les sciences participatives en lien avec
des organisations scientifiques (IFREMER, Muséum National d'Histoire Naturelle Paris).
D?autre part, la Nouvelle-Aquitaine compte 5 Centres Permanents d?Initiative pour l?Environnement (CPIE) sur
son littoral. Ce réseau associatif labellisé agit en faveur du développement durable soit en accompagnant les
territoires au service des politiques publiques et des projets d?acteurs (collectivités, entreprises...), soit par des
actions de sensibilisation et d?éducation de tous à l?environnement. A titre d?exemple, la campagne « L?écho
de nos gestes, pour une plaisance responsable » est une initiative destinée à promouvoir auprès des usagers et
des professionnels de l?océan des pratiques respectueuses de l?environnement et de la biodiversité. Pour cela,
le CPIE Seignanx-Adour des Landes est ambassadeur depuis 2016.
Enfin, par leurs projets structurants et les études d?impact menées, les acteurs professionnels dont les
industriels contribuent grandement à améliorer l?état des connaissances sur les milieux marins et favorisent par
leurs activités la sensibilisation de tout un chacun aux espaces maritimes et littoraux.
48
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.6. Les initiatives locales de planification ou de gestion intégrée
de la mer et du littoral
1.6.1. Le cadre juridique
L?évolution de la planification des espaces maritimes et littoraux est le résultat d?un contexte international et
européen (directives cadre) et d?une dynamique à la fois nationale (stratégie nationale pour la mer et le
littoral) et portée par et au sein des territoires (collectivités, acteurs socio-professionnels, associatifs et
scientifiques).
Cadre de référence à l?échelle de la façade pour la planification de l?espace maritime et de l?interface terre
mer, le DSF est l'outil qui organise l'aménagement des espaces maritimes sous juridiction et souveraineté
nationales, ainsi que les activités s'y rapportant. À ce titre, il instaure une cohérence d?ensemble que ne
peuvent assurer seules les planifications sectorielles menées à terre ou en mer, portées par l?État (SRDAM,
éolien flottant, projet stratégiques des grands ports maritimes), ses établissements publics (charte et plan de
gestion de parcs) ou les collectivités (SRADDET, SCoT et volet valant SMVM, etc.).
D?un point de vue juridique, il s?inscrit dans un rapport d?opposabilité et de prise en compte avec les
documents de planification de rang inférieur, notamment le Plan Local d?Urbanisme (PLU) ou le Schéma de
Cohérence Territorial (SCOT). Le DSF fixe un cap que ces documents, à une échelle plus locale, doivent
respecter. Ces modalités sont précisées dans le préambule (Partie 1.3). Le DSF doit permettre, au-delà de son
opposabilité, d?accompagner les collectivités et porteurs de projets dans leur démarche de planification.
1.6.2. Les outils de planification
Si la mer est un espace régalien, le développement des activités en mer est aussi un enjeu territorial : tourisme,
infrastructures portuaires (plaisance, pêche et commerce), développement des énergies marines renouve-
lables. Face à la densité croissante des usages de la mer et la prise en compte des impacts cumulés dus aux
activités humaines, les outils de gestion et de planification en mer et sur le littoral favorisent la création de
synergie pour une bonne cohabitation des usages en mer et sur la frange littorale. La gouvernance ainsi mise
en place nécessite l?implication de tous les acteurs et usagers de la mer et du littoral afin d?intégrer une
pluralité d?intérêts divergents et d?aboutir à une vision à horizon 2050 qui soit partagée par tous.
De nombreux acteurs aux compétences propres interviennent en matière de planification et de gestion
intégrée de la mer et du littoral. Les collectivités territoriales sont compétentes pour divers secteurs liés aux
activités maritimes, économiques et portuaires, de loisir ou de plaisance. Il s?agit en Sud-Atlantique de la
région Nouvelle-Aquitaine, des quatre départements de la façade ainsi que des communes et leurs
groupements. Les acteurs socio-professionnels et scientifiques (syndicats mixtes, établissements publics,
gestionnaires d?espaces protégés, fédérations et associations) contribuent à cette gestion intégrée en assurant
la conservation et l?animation d?espaces en apportant leur expertise ou en aidant à la décision.
Carrelets de pêche à Mortagne-sur-Gironde © Laurent Mignaux / Terra
49
Par ailleurs, les établissements publics (Office français pour la biodiversité, Agence de l?eau...) et instituts
scientifiques (Ifremer - Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer, CEREMA - Centre d?études
et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement) apportent leurs expertises dans
le processus de planification de l?espace maritime. Le Conservatoire du littoral mène quant à lui une politique
foncière de sauvegarde des espaces. Parmi les acteurs professionnels figurent les Comités régionaux des
pêches maritimes et des élevages marins, l?Union nationale des producteurs de granulats, le Réseau de
transport d?électricité, les Grands ports maritimes (La Rochelle, Bordeaux). France Nature Environnement et
l?Association des ports de plaisance de l?Atlantique sont des acteurs associatifs.
Sur la façade Sud-Atlantique, l?enjeu de l?interface entre le domaine public maritime et les espaces terrestres
est primordial, notamment pour garantir une gestion durable de la ressource en eau dans les territoires à
commencer par la frange côtière. La lutte contre l?érosion, la mise en oeuvre de la loi Climat et Résilience ainsi
que la politique de l?eau nécessitent une collaboration étroite entre les collectivités et l?État dans
l?aménagement du littoral. Cette gestion est tout particulièrement examinée par les Comités de bassin Loire
Bretagne et Adour Garonne à travers l?élaboration de leur Schéma directeur d?aménagement et de gestion des
eaux (SDAGE), et déclinée par des contrats territoriaux avec les communes et intercommunalités littorales.
Elles est aussi traitée dans les différents documents de planification, en particulier les Schémas
d?Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGEs).
Cette planification par « schémas » permet d?identifier et de prioriser des enjeux locaux, notamment la
protection des habitats naturels face à l?urbanisation. En Nouvelle-Aquitaine, le Conseil Régional est aussi un
acteur important de l?économie maritime et littorale (FEAMPA, FEDER, acquisition de connaissances, gestion
des ports de commerce régionaux et formation). En termes d?outils de planification, le Schéma régional
d?aménagement, de développement durable et d?égalité des territoires (SRADDET), élaboré par la Région, doit
obligatoirement intégrer les objectifs du DSF, en particulier ceux relatifs à la préservation des écosystèmes
marins, au développement des énergies marines renouvelables, et à la gestion des risques côtiers.
À échelle locale, la planification de l?urbanisme dispose d?outils stratégiques articulés à différents échelons et
comportant plusieurs mesures ou orientations relatives au littoral ou au domaine maritime. Ainsi, les Schémas
de Cohérence Territoriale (SCOT) et les Plans Locaux d?Urbanisme (PLU) doivent être compatibles avec les
orientations du DSF. Cela se traduit dans les SCOT par une prise en compte des dynamiques littorales dans
l?aménagement du territoire et la gestion des zones inondables. Les PLU doivent, quant-à-eux, inclure des
dispositions pour protéger des sites sensibles, et peuvent restreindre la construction dans certaines zones
côtières, conformément aux objectifs du DSF.
Nombre de communes sont également couvertes par des espaces protégés réglementaires, fonciers ou
contractuels, caractéristiques du bord de mer. Parmi eux, la façade compte 2 Parcs naturels marins (Bassin
d?Arcachon et Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis) ainsi que 61 aires marines protégées (AMP) dont
22 sites Natura 2000 au titre de la directive Habitats Faune Flore et 15 sites Natura 2000 au titre de la directive
Oiseaux.
Enfin, la politique de gestion des risques, notamment littoraux, repose sur 4 piliers : information, prévention,
protection et gestion de crise pour atténuer les conséquences lors de la survenance d?un risque. Les études
stratégiques locales permettent de déterminer la sensibilité du territoire aux aléas, de partager la connaissance
du risque avec les acteurs locaux et de définir collectivement les meilleurs outils : les plans de prévention des
risques naturels (PPRN), les plans de prévention des risques inondation (PPRI)?
Ces différents outils, représentés de manière simplifiée dans l?annexe 8 (hors démarches de planification
sectorielle dédiées à des activités spécifiques), contribuent à cette dynamique intégrée (planification terrestre
ou mixte, dispositifs concourant à la gestion des usages, en mer comme sur le domaine public maritime).
Les différentes activités présentes sur la façade Sud-Atlantique
ainsi que les habitats écologiques et les espèces à enjeux ont fait l?objet
de représentations cartographiques présentées dans les pages suivantes.
50
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.6.2.1. Carte de synthèse des enjeux écologiques de la façade Sud-Atlantique
51
1.6.2.2. Carte de synthèse des enjeux socio-économiques de la façade Sud-Atlantique
52
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 53
1.7. Les interactions entre activités et avec l'environnement
1.7.1. Interactions entre activités
Dans un contexte de multiplicité des usages en mer et sur le littoral, une gestion harmonieuse des activités est
nécessaire afin d?assurer leur compatibilité spatiale et temporelle.
La temporalité des activités est essentielle à considérer dans le cadre de la planification de l?espace maritime.
Deux facteurs structurants sont à prendre en compte : la saisonnalité (ouverture de la pêche pendant une
période spécifique, activité de transport maritime et tourisme plus ou moins importants selon la période) et
une temporalité propre à chaque projet (phase de chantier, de fonctionnement, aquaculture?). Ainsi, des
activités peuvent être incompatibles à une période de l?année et cohabiter parfaitement le reste du temps.
Sur la façade Sud-Atlantique, deux territoires apparaissent particulièrement comme des zones de fortes
contraintes compte tenu du nombre élevé d?activités en présence : le secteur de la mer des Pertuis et le Bassin
d?Arcachon. Ces zones sont également marquées par une forte saisonnalité des activités : la fréquentation
touristique durant la période estivale rend les conflits d?usages d?autant plus forts notamment entre les
professionnels et les autres usagers de la mer.
L?implantation des parcs éoliens au large des côtes nécessite une analyse spécifique sur la
cohabitation/conciliation des usages selon les différentes phases du projet. En effet, le déploiement de l?éolien
doit prendre en compte les activités préexistantes comme la pêche, le trafic maritime ou les activités relevant
de la défense nationale. La planification et la concertation avec les acteurs concernés devront faciliter les co-
usages dans les secteurs de projets.
Si certaines activités peuvent sembler incompatibles sur une même zone, la planification de l'espace permet
de gérer cette incompatibilité. A contrario, les énergies marines renouvelables (EMR) vont permettre de créer
une nouvelle filière industrielle, localisée en particulier au sein des zones industrialo-portuaires du fait des
activités qu?elles génèrent.
De plus, et conformément à la stratégie nationale de sûreté des espaces maritimes, la planification spatiale et
le développement des EMR doivent intégrer les enjeux de sécurité nationale. Il s?agit non seulement d?intégrer
les enjeux de sûreté de ces installations mais également de s?assurer que ces installations répondent aux
exigences plus larges de sécurité nationale et qu?elles n?entravent pas notre capacité collective à assurer la
défense de la Nation, la sécurité et liberté de la navigation ainsi que la protection des intérêts nationaux. Elles
devront aussi répondre à l?enjeu de restauration des écosystèmes marins.
Si les activités de production (pêche professionnelle, conchyliculture) ou la proximité de stations balnéaires
imposent la limitation de certaines activités telles que le dragage, le clapage et les énergies marines
renouvelables, la détermination des règles d?usages permet de concilier l?ensemble des activités y compris
récréatives et de tourisme (baignade..).
De la même façon, dans les secteurs de la côte sableuse et de la côte basque, les activités de pêche
professionnelle et les activités récréatives et touristiques sont tout à fait compatibles entre elles, sous réserve
d'une prise en compte réciproque et du respect de la réglementation.
En plus des interactions entre activités purement maritimes, on note également l'existence d'enjeux terre-mer,
notamment entre l'ostréiculture et la pêche d'une part, et la pollution diffuse ainsi que la gestion de la
ressource en eau d'autre part. Les activités ostréicoles et de pêche sont dépendantes de la qualité et de la
quantité d'eau qui leur parviennent via les cours d'eau. Les interactions sont particulièrement marquées l'été
en période de sécheresse et de canicule, où l'eau est plus chaude et se déverse en moindre quantité ainsi
qu'en cas de fortes pluies en hiver, ce qui impacte le niveau de salinité du bassin et peut conduire à la montée
en charge du réseau d'assainissement. La multiplication des événements climatiques majeurs peut ainsi
impacter la qualité de la ressource en ce qui concerne les zones de frayères et de nourriceries, ainsi que le
cycle de vie de certains poissons. Le recours aux intrants chimiques nuit également à la bonne qualité de l'eau
et a des conséquences sur les activités conchylicoles et de pêche de la façade maritime.
54
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Enfin, les interactions entre logements résidentiels de bord de mer et activités professionnelles nécessitant la
proximité immédiate de la mer sont générateurs de conflits potentiels.
Un autre enjeu, commun à l'ensemble des activités maritimes et littorales, est la disponibilité des "accès à
terre" qui peut entraîner des conflits d?usages, ou être générateurs de nuisances néfastes à d?autres activités.
Les zones côtières qui accueillent des activités professionnelles de pêche et d?aquaculture, sont des zones de
fortes interactions entre activités professionnelles (pêche, aquaculture) et de loisir (plaisanciers, pratiquants de
sport nautique), avec l?émergence possible de conflits, notamment en période estivale. De même, des tensions
entre plaisance et navigation ou pêche récréative peuvent avoir des enjeux similaires en matière de conditions
de sorties (plongée versus chasse sous-marine ou pêche embarquée, motonautisme versus voiles). La
conciliation spatiale et temporelle est à rechercher quand ces activités sont pratiquées au sein d?un même
espace, constituant ainsi un enjeu majeur de la planification.
Ainsi, l?ensemble du développement économique a vocation à s?appuyer sur une approche écosystémique
privilégiant la recherche de synergie et la collaboration entre les acteurs, pour envisager les co-usages.
1.7.2 Interactions entre activités et environnement
Le règlement (UE) 2024/1991 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2024 relatif à la restauration de la
nature prévoit la mise en place des mesures en vue de restaurer les habitats dégradés, à la fois terrestres et
marins. Il vise ainsi à couvrir, d?ici 2030, 20 % des terres et 20% des mers de l?UE par des mesures de
restauration et d?ici 2050 tous les écosystèmes dégradés. A cette fin, il définit des objectifs contraignants à
horizon 2030, 2040 et 2050 en termes de résorption des lacunes de connaissance, de prise de mesures de
restauration sur les habitats dégradés, de recréation d'habitats et d'augmentation de la qualité et de la
quantité d'habitats d'espèces. Pour le milieu marin, il doit permettre de renforcer la mise en oeuvre des
directives existantes, dont la DCSMM.
Ces éléments feront l?objet du plan national de restauration, que les Etats membres ont l?obligation de
transmettre à la Commission européenne le 1er septembre 2026 au plus tard.
L'élaboration de ce plan s'appuiera sur les mesures existantes qui peuvent être valorisées au titre de
l'application de ce règlement, et notamment certaines mesures prévues ou reprises par les DSF, comme par
exemple celles relevant du développement de la protection forte.
Par ailleurs, le développement des activités anthropiques interagit avec le milieu marin. Les activités
bénéficient des services écosystémiques offerts par un milieu marin en bonne santé, par exemple en rendant
les ressources halieutiques disponibles pour la pêche. Les activités peuvent générer des pressions sur le milieu
marin (modifications du milieu, pollutions, surexploitation, espèces non-indigènes?) et conduire à des impacts
sur les espèces et habitats. Toutefois, la limitation de ces impacts sur le milieu marin est de plus en plus
intégrée dans les pratiques des entreprises et très encadrée par les différentes réglementations, qu?elles soient
locales, nationales ou européennes. Les acteurs de la mer sont en questionnement permanent pour
développer des bonnes pratiques respectueuses des milieux marins.
Face à ces pressions et impacts, plusieurs normes internationales ont été édictées au fil des années pour
encadrer le transport maritime tant sur la question des déchets, des espèces non indigènes avec la mise en
place de systèmes de filtration des eaux de ballast que sur la pollution atmosphérique avec l?instauration de
zones de contrôle des émissions atmosphériques (NECA). Chacun de ces impacts est par ailleurs bien pris en
compte dans les études d?impact préliminaires à la délivrance des autorisations. L?étude des interactions
« milieu marin/activités » est donc essentielle pour planifier l?espace maritime et littoral de façon à assurer la
cohabitation d?activités, suivant des modalités notamment compatibles avec l?atteinte du bon état écologique
des eaux marines.
55
25 M
-25 M
0 M
56
Modélisation topographique du Bassin d'Arcachon
à partir du modèle numérique de terrain Litto 3D®
(vue maillée du terrain issu d'un moyennage des échos
lidars- mailles de 5 mètres)
Source : Litto 3D® Nouvelle-Aquitaine 2024 (SHOM-IGN)
Traitement et réalisation : DIRM SA/MML - Mai 2025
Li
tt
o3
D
®
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Les matrices ci-après ? non exhaustives ? permettent de représenter de manière visuelle ces interactions. Leur
objectif est de donner un aperçu global et synthétique de l?existence de pressions et d?impacts potentiels des
secteurs d'activités sur le milieu marin au regard des descripteurs du Bon état écologique. Elles peuvent ainsi
permettre de mieux faire le lien entre les livrables du volet Analyse économique et sociale (AES) et celui du
bon état écologique dans les stratégies de façades maritimes. La première matrice porte sur les pressions
générées par les secteurs d?activités sur le milieu marin : le texte de la cellule précise cette relation de pression
potentielle entre l?activité (en entrée de ligne) et le descripteur d'état (en entrée de colonne). La seconde
matrice porte sur les impacts générés par les secteurs d?activités sur le milieu marin : le texte de la cellule
précise cette relation d?impact potentiel entre l?activité (en entrée de ligne) et le descripteur de pression (en
entrée de colonne). Une case vide indique une absence - à priori - de relation.
Ces matrices n?ont pas vocation à illustrer de manière complète et détaillée l?ensemble des pressions et
impacts s?exerçant sur le milieu marin et impliquent des précautions de lecture. Par exemple, les niveaux de
pression et d?impact peuvent varier suivant le type de pratique ou l?intensité associés à chaque activité ou
suivant les endroits où cette activité se déroule. Par souci de synthèse, seules les activités anthropiques
générant des pressions avérées sur le milieu marin sont représentées.
Cette matrice présente les interactions entre les activités maritimes, les habitats et les espèces. Elle a été
construite sur la base de la bibliographie existante et de dires d?experts dont les sources sont précisées en
annexe 1 relative au diagnostic de l?existant de la présente stratégie de façade.
57
Lège-Cap-Ferret © Matthieu Melsbach / DIRM SA
MATRICE 1 : Les pressions potentielles générées par les secteurs d'activités sur le milieu marin
Les activités ci-dessous ?
peuvent entraîner des
impacts sur les composantes
suivantes ?
Espèces non-
indigènes (ENI)
Changements
hydrographiques Eutrophisation
Agriculture Prélèvement d'eau par les activités agricoles
au dépend de la zone côtière
Rejets potentiels de substances nutritives
(azote et phosphate issus d'épandage
d'engrais et d'effluents organiques)
Aquaculture
En cas d'élevage d'espèces non
indigènes, potentiel échappement
risquant la diffusion de certaines
maladies et des espèces associées
Modification des régimes de courants,
marées, vagues, de la nature de fond et de la
turbidité
Rejets locaux potentiels de nutriments et de
matière organique (pisciculture)
Câbles sous-marins Risque d'installation d?ENl sur les câbles
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de la pose Modification de la turbidité lors de la pose
Construction navale
Énergies marines
renouvelables (EMR)
Risque d'installation d?ENl sur les
installations EMR
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de la pose Modifications de la turbidité lors de la pose
Extraction de
minéraux
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité Remise en suspension de nutriments
Industries Risque d'introduction d?ENl
Rejets potentiels d'eau à une
température plus élevée que l'eau
prélevée
Rejets potentiels de matière organique et
contaminants affectant la production
primaire
Pêche de loisir Risque d'introduction d?ENl lié au transfert
entre différents sites de pêche à pied
Pêche
professionnelle Risque d'introduction d?ENl
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité suivant les techniques de pêche
Plaisance et
nautisme
Risque potentiel d'introduction d?ENl pour
la grande plaisance
Risque de remise en suspension de
sédiments liés notamment aux ancrages Rejets potentiels de matière organique*
Tourisme, baignade
et fréquentation des
plages
Risque d'introduction d?ENl Rejets potentiels de matière organique
Transports maritimes
et ports
Risque d?introduction d?ENl via les eaux de
ballast et la présence éventuelle de
biosalissures sur les coques et
équipements
Modification potentielle de l?hydrodynamisme
et de la turbidité liées à la construction
d?aménagements portuaires
Rejets de matière organique et
contaminants affectant la production
primaire
Dragage / clapage Risque de remise en suspension de
sédiments et modifications de la turbidité
Rejets potentiels de matière organique et
contaminants affectant la production
primaire
* Ne s?appliquent pas aux bateaux avec marquage « CE », qui doivent être accompagné de documents spécifiques et répondre à certaines obligations,
en application de la réglementation européenne qui encadre, depuis le 16 juin 1998, la construction des bateaux de plaisance et, depuis le 1er janvier
2006, des véhicules nautiques à moteur mis sur le marché européen.
58
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Contaminants Questions sanitaires Déchets marins
Bruit
sous-marin
Rejets potentiels de substances
chimiques (produits
phytopharmaceutiques)
Rejets potentiels de substances
chimiques (produits
phytopharmaceutiques)
Rejets potentiels de déchets via le
ruissellement et les cours d'eau
Risque potentiel de diffusion de
certaines maladies Rejets potentiels de déchets
Émissions ponctuelles de bruits
(installation des infrastructures et
récolte)
Rejets potentiels de contaminants
(métaux lourds, éléments chimiques) via
l'usure des câbles anciens non ensouillés Rejets potentiels de déchets
Émissions ponctuelles de bruits (pose et
entretien des câbles)
Rejets potentiels de contaminants
(métaux lourds, éléments chimiques)
Rejets potentiels de substances
chimiques Rejets potentiels de déchets
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques lors
de la remise en suspension de sédiments
liée à la pose
Émissions ponctuelles de bruits (pose
et entretien) et champs
électromagnétiques
Remise en suspension de sédiments
Émissions ponctuelles de bruits sous-
marins
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques
Rejets potentiels de déchets dangereux
(amiantés, médicaux, huiles minérales et
synthétiques, plastiques...)
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Risque de pertes d'engins en plomb
Rejets potentiels de déchets et risque de
pertes d'engins
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Risque de contamination par
hydrocarbures
Rejets potentiels de déchets et risque de
pertes d'engins
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Risque de contamination par
hydrocarbures et via les eaux de fond de
cale, des eaux noires et grises et des
peintures antisalissures*
Risque d'introduction d'organismes
pathogènes Rejets potentiels de déchets
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Rejets en contaminants chimiques
(résidus médicamenteux, crèmes
solaires et protection, etc.)
Rejets de contaminants et risque
d'introduction ou de concentration en
organismes pathogènes microbiens Rejets potentiels de déchets
Rejets de contaminants (dégazage,
collisions, avaries, échouages, aire de
carénage, zone d'avitaillement)
Rejets de contaminants (dégazage,
collisions, avaries, échouages, aire de
carénage, zone d'avitaillement)
Rejets potentiels de déchets (sacs
poubelles, détritus, pertes de
conteneurs)
Émissions de bruit continu générées
par le trafic maritime
Risque de remise en suspension de
contaminants (éléments traces
métalliques, PCB, hydrocarbures, TBT,
etc.)
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques et
risque d'introduction d'organismes
pathogènes
Émissions ponctuelles de bruits lors des
dragages
59
MATRICE 2 : Les impacts potentiels induits par les secteurs d?activités sur le milieu marin
Les activités ci-dessous ?
peuvent entraîner des
impacts sur les
composantes suivantes ?
Habitats
benthiques
Habitats
pélagiques
Tortues et
mammifères marins
Agriculture
Apports potentiels en éléments nutritifs et
contaminants impactant le cycle de vie des
espèces
Apports potentiels en éléments nutritifs et
contaminants impactant le cycle de vie des
espèces
Apports potentiels en contaminants impactant
les individus et leur cycle de vie
Aquaculture
Modifications potentielles du substrat par
envasement et pertes potentielles d'habitats
benthiques lors de la mise en place des
infrastructures d'élevage
Risque d'apports en éléments exogènes
susceptibles d?avoir un impact sur le plancton
Risques de pertes et de modifications
d?habitats liées aux infrastructures d'élevage et
à l?envasement
Câbles sous-marins
Risque de pertes ou modifications des
habitats benthiques liées à la modification de
l?hydrodynamisme et de la turbidité lors de
l?installation, au changement de substrat et
au risque d?installation d?ENI
Modifications de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de l?installation pouvant impacter
les communautés planctoniques
Risque de champs électromagnétiques pouvant
conduire à des dérangements d?espèces
Construction navale Apports potentiels en contaminants
impactant le cycle de vie des espèces
Apports potentiels en contaminants impactant
le cycle de vie du plancton
Énergies marines
renouvelables (EMR)
Risque de pertes ou modifications des
habitats benthiques liées à la modification de
l?hydrodynamisme et de la turbidité lors de
l?installation, au changement de substrat et
au risque d?installation d?ENI
Modifications de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de l?installation pouvant impacter
les communautés planctoniques
Risque de blessure, de perturbation et de perte
d'habitat lié au bruit sous-marin en phase
travaux
Extraction de
minéraux
Risque de pertes ou modifications des
habitats benthiques liées à la modification de
l?hydrodynamisme et de la turbidité et risque
d?apport de contaminants impactant les
espèces ; Extraction potentielle et
involontaires d?espèces
Modifications de l?hydrodynamisme, de la
turbidité et apport de contaminants pouvant
impacter les communautés planctoniques
Risque de perturbations sonores
Industries
Pertes et modifications d'habitats benthiques
liées aux risques d?introduction d?ENI et
d?apports en contaminants
Risque d?introduction d?ENI et apports
potentiels en contaminants impactant le cycle
de vie du plancton
Apports potentiels en contaminants impactant
les individus et leur cycle de vie et
dérangements sonores
Pêche de loisir
Pertes et modifications d'habitats benthiques
liées à certaines techniques de pêche et au
risque d?introduction d?ENI
Risques de dérangements sonores et visuels
Pêche
professionnelle
Pertes et modifications d'habitats benthiques
liées à certaines techniques de pêche
Risque de perturbation du cycle trophique par le
prélèvement d'espèces planctivores
Risques de captures accidentelles directes,
d?enchevêtrement dans certains engins et
déchets de pêche et de diminution des
ressources alimentaires disponibles et de
dérangements sonores et visuels
Plaisance et
nautisme
Pertes, abrasion ou modifications
d'habitats benthiques liées aux ancrages, au
risque d?introduction d?ENI et aux apports de
contaminants
Risque d?introduction d?ENI et apports
potentiels en contaminants impactant le
plancton
Dérangements sonores et visuels
Tourisme, baignade
et fréquentation des
plages
Pertes et modifications potentielles
d'habitats (artificialisation, piétinement des
fonds et des herbiers, actions de nettoyages
des plages, apports de contaminants et
déchets)
Apports potentiels en contaminants impactant
le cycle de vie des espèces
Augmentation du stress et modifications
comportementales résultant des activités
d'observation de mammifères marins (whale
watching) et risque d?ingestion de déchets
Transports maritimes
et ports
Pertes ou modifications potentielles des
habitats benthiques liées aux aménagements
portuaires, aux risques d?introduction d?ENI
et d?apport de contaminants ;
Risque d?introduction d?ENI et apports
potentiels en contaminants impactant le
plancton (reproduction, développement,
croissance et nutrition)
Risque de dérangement, de collision,
d?ingestion de déchets et pertes ou
modifications potentielles de leurs habitats
Dragage / clapage
Risque de pertes et modifications d'habitats
benthiques liées notamment à la
modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité
Modifications de l?hydrodynamisme et de la
turbidité et apports potentiels en contaminants
variés impactant le plancton (reproduction,
développement, croissance et nutrition)
Risque de pertes et modifications d'habitats
essentiels aux tortues et mammifères marins
60
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Oiseaux marins
Poissons et céphalopodes
+ espèces commerciales Intégrité des fonds marins
Apports potentiels en contaminants impactant les
individus et leur cycle de vie
Apports potentiels en éléments nutritifs et contaminants
impactant le cycle de vie des espèces
Risque de pertes et de modifications d'habitats liées
aux infrastructures d'élevage et à l?envasement
Risque d'impacts indirects des apports de nutriments sur
les habitats des poissons démersaux et benthiques
Modifications potentielles du substrat par envasement et
pertes potentielles d'habitats lors de la mise en place des
infrastructures d'élevage .
Risque de pertes ou modifications de leurs habitats liées à
la modification de l?hydrodynamisme et de la turbidité
lors de l?installation, au changement de substrat ; Risque
de dérangements d?espèces liés aux champs
électromagnétiques
Risque de pertes et modifications d'habitats
Apports potentiels en contaminants impactant le cycle de
vie des espèces
Risque de perte d'habitats, de collision ; effet barrière
Risque de champs électromagnétiques pouvant conduire
à des dérangements d?espèces ; Pertes et modifications
potentielles d'habitats en phase travaux
Pertes ou modifications d'habitats
(notamment effets récif)
Risque de dérangements sonores et visuels
Risque de pertes ou modifications de leurs habitats liées à
la modification de l?hydrodynamisme et de la turbidité et
risque d?apport de contaminants impactant les espèces
Pertes et modifications d'habitats
Apports potentiels en contaminants impactant les
individus et leur cycle de vie
Pertes et modifications de leurs habitats liées au risque
d?introduction d?ENI et d?apports en contaminants
Risque d?ingestion et enchevêtrement liés aux déchets
(filets, fils) et de dérangements sonores et visuels
Extraction d'espèces causant une modification locale de
la structure des populations et possible non-respect des
tailles et des seuils ; Impact sur les espèces via l'utilisation
d'engins non sélectifs
Pertes et modifications d'habitats sur l?estran
(piétinement, retournement de blocs)
Risques de captures accidentelles directes, d?ingestion
et d?enchevêtrement dans certains et déchets de pêche
et de diminution des ressources alimentaires
disponibles et de dérangements sonores et visuels
Extraction d'espèces pouvant causer une modification de
leur abondance et de la structure des populations ; Pertes
ou modifications potentielles d'habitats par l'utilisation
d'engins de pêche traînants (chalut, dragues, panneaux)
Risque de pertes ou abrasion des habitats suivant les
techniques de pêche
Dérangements sonores et visuels
Risque d?introduction d?ENI et apports de contaminants
et déchets impactant les populations et pertes ou
modifications potentielles de leurs habitats
Risque de pertes ou d'abrasion d'habitats par les ancres
Risque d?ingestion et enchevêtrement liés aux déchets,
de dérangements sonores et visuels et de modifications
des habitats liées à l?artificialisation
Risques de dérangements et de modifications voire pertes
des habitats (piétinement et abrasion des zones de
nourricerie et de refuge, artificialisation)
Pertes et modifications potentielles d'habitats
(artificialisation, piétinement et abrasion, actions de
nettoyages des plages)
Risque d?ingestion de déchets et de pollution aux
hydrocarbures et pertes ou modifications potentielles
de leurs habitats
Risque d?introduction d?ENI et apport de contaminants
impactant les populations et pertes ou modifications
potentielles de leurs habitats
Pertes ou modifications potentielles des habitats via le
mouillage des navires et la construction des ports
Risque de pertes et modifications d'habitats essentiels
aux oiseaux
Risque de pertes et modifications d'habitats liées
notamment à la modification de l?hydrodynamisme et de
la turbidité
Risque de pertes et modifications des habitats liées au
dragage et clapage
61
CHAPITRE 2 Vision de la façade Sud-Atlantique à horizon 2050
Contexte
L?objectif de la stratégie de façade maritime Sud-Atlantique est de mettre en oeuvre à horizon 2050 un projet
de développement global pour la façade maritime, traduisant les axes majeurs de la stratégie nationale pour la
mer et le littoral révisée. Pour y parvenir, les atouts ne manquent pas et doivent être pleinement exploités : des
espaces naturels et un patrimoine culturel préservés, des filières professionnelles dynamiques et ouvertes à
l?innovation, des identités fortes porteuses de sens pour la façade maritime.
La première stratégie de façade maritime a permis de définir les grandes lignes d?une trajectoire visant à
atteindre le bon état écologique des eaux marines, en ajustant les pratiques afin de favoriser un dévelop-
pement durable des activités tout en réduisant les pressions exercées sur le milieu marin.
Même si des lacunes subsistent, notamment du fait du caractère mouvant de ces milieux et des ressorts de son
évolution dans le temps et l?espace, les connaissances sur la mer et son environnement se sont accumulées,
grâce aux différents dispositifs de suivi du DSF et au développement des usages. Des événements
exceptionnels sont néanmoins intervenus ces dernières années (pandémie, canicules, incendies), pour certains
symptomatiques du changement climatique. Ces éléments doivent être intégrés dans la construction de la
nouvelle vision pour la façade.
Pour définir les conditions spatiales et temporelles d?un développement durable du territoire, les schémas
simples de compréhension, les relations causales des phénomènes naturels ou sociaux, l?exploitation de la
diversité des ressources marines tout en recherchant leur préservation se complexifient. La solidarité amont-
aval a alors une place à jouer indispensable pour comprendre puis agir, en développant une responsabilisation
des partenaires éloignés entre l?amont et l?aval.
Cette stratégie de façade doit aussi permettre d?assurer une planification des espaces maritimes intégratrice
des enjeux climatiques et de la transition énergétique. Cette planification, qui inclut la frange littorale et les
risques côtiers afférents, est porteuse de synergies entre les différentes activités de la façade maritime. Elle
doit tenir compte des activités de production contribuant à la souveraineté alimentaire, telles la pêche ou
l?ostréiculture, et des zones nécessaires aux activités de défense et plus particulièrement celles liées aux essais.
Cette stratégie est un document révisable tous les 6 ans. Mais l?ambition qu?elle porte et son opposabilité
juridique aux autres documents de planification imposent de se projeter à un horizon 2050 et au-delà autour
d?une vision partagée.
Le «Bus de Mer» à technologie électro-solaire relie le Vieux-Port
de La Rochelle au Port des Minimes © Laurent Mignaux / Terra
62
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.1 Une exigence : le maintien d?un patrimoine littoral et marin d?exception
????
Une bonne qualité de l?eau pour l?ensemble des acteurs
L?eau douce, issue des fleuves des bassins versants Adour-Garonne et Loire-Bretagne a un impact direct ? du
fait de sa qualité et quantité ? sur le bon état du milieu marin de la façade maritime Sud-Atlantique. Les
prélèvements en amont des fleuves et rivières ont une incidence sur les volumes d?eau douce arrivant à la côte
ainsi que sur la qualité des eaux littorales, impactant directement les activités dépendantes du milieu telles
que la conchyliculture ainsi que les frayères et les nurseries de poissons. Une eau de mer de qualité est
également essentielle pour les activités balnéaires littorales. Les acteurs de la gestion de l?eau des bassins
versants amont doivent naturellement s?impliquer dans la préservation des milieux marins et le lien terre-mer,
notamment via leurs stratégies de gestion quantitative de la ressource en eau. Par ailleurs, le maintien et le
renforcement de réseaux croisés facilite la compréhension de l?évolution des contaminants entre terre et mer.
Il permet de créer des axes de travaux adaptés pour prévenir les risques et/ou agir sur les sources potentielles
identifiées.
Cette dépendance des activités vis-à-vis de l?eau nécessite la mise en place d?actions et de mesures qui
contribuent au maintien ou à la restauration du bon état des masses d?eaux, par l?adaptation des équipements
et aménagements au changement climatique (solutions fondées sur la nature, poursuite du renforcement du
traitement des eaux par les stations d?épuration littorales, réutilisation des eaux usées...).
L?importance des moyens, y compris financiers, à mobiliser pour la préservation du milieu marin nécessite
l?application constante, dans la durée, d?une solidarité amont-aval et l?approfondissement des synergies avec
les acteurs des bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne, au travers notamment des programmes d?inter-
ventions des Agences de l?eau.
????
Le bon état écologique atteint, garantissant la préservation des milieux marins
et littoraux d?exception
La façade maritime Sud-Atlantique bénéficie d?un patrimoine littoral et marin naturel et culturel d?exception :
plus de 60 aires marines protégées ont été créées sous des formes juridiques diverses (réserves naturelles
nationales, parcs naturels marins, sites Natura 2000?). Ce réseau doit évoluer pour renforcer la préservation
des enjeux écologiques forts et majeurs patrimoniaux de la façade, en tenant compte des évolutions
dynamiques des milieux dues au changement climatique. Ce patrimoine est un élément essentiel de
l?attractivité de la Nouvelle-Aquitaine. Il est aussi le support de nombreuses activités économiques telles que le
tourisme, les sports nautiques et sous-marins, et le garant d?une production primaire de qualité (pêche
maritime, aquaculture?).
L?augmentation de la pression sur ces espaces rend impérative la mise en oeuvre des plans de gestion et des
documents d?objectifs par les organes de gouvernance propres à chacune de ces aires marines. Outre leur
effet attendu sur l?environnement marin, la gestion raisonnée des milieux au plus près des enjeux de territoires
est un facilitateur de la réduction des conflits d?usage.
????
Des territoires littoraux résilients face au changement climatique
La prévention des risques littoraux est indispensable à la sécurité de nos concitoyens face au changement
climatique et à l?urbanisation croissante du littoral. Au Nord de la façade, le littoral est fortement exposé au
risque de submersion marine. De nombreux outils ont été déployés pour y faire face. Plus au Sud, la forte
érosion de la côte sableuse aquitaine et la côte rocheuse basque sujette au recul du trait de côte ont conduit à
une mobilisation conjointe de l?État et des collectivités. Le territoire de la Nouvelle-Aquitaine s?est positionné
en pointe sur la question de la gestion des risques littoraux et la résilience des territoires côtiers par des
stratégies adaptées et ambitieuses.
63
1.2 Notre projet : une économie maritime et littorale respectueuse
des équilibres écologiques
????
La Nouvelle Aquitaine, un territoire contribuant activement aux objectifs nationaux
de neutralité carbone
Engagée dans les objectifs nationaux de neutralité carbone, la Nouvelle-Aquitaine renforce son mix
énergétique grâce à la production d?énergies renouvelables. Déjà actés, les parcs éoliens en mer au large de
l?île d?Oléron et la ligne d?interconnexion électrique entre la France et l?Espagne participent pleinement aux
objectifs nationaux pour 2030. Parallèlement, d?autres technologies émergentes, telles que le houlomoteur au
Pays basque et l?hydrolien dans l?estuaire de la Gironde, continuent de se développer et pourraient enrichir
l?offre énergétique régionale.
????
Une transition écologique en mouvement pour une économie maritime performante
et pourvoyeuse d?emplois au niveau local
Les filières motrices de la construction navale, du transport maritime, d?extraction de matériaux, du nautisme,
de la glisse, du tourisme balnéaire et celles des productions primaires (ostréiculture et pêche), emblématiques
de la Nouvelle-Aquitaine, ainsi que les infrastructures portuaires de commerce, de pêche et de plaisance
poursuivent leurs transitions structurelles au service d?une économie maritime plus propre. L?économie
circulaire est intégrée dans leur modèle de développement.
Leur inscription dans le processus de transition écologique et énergétique répond aux attentes de la société.
Cette opportunité permet de consolider le tissu socio-économique de la région et contribue au dynamisme de
sa démographie et de l?emploi.
Les filières maritimes adoptent une approche globale de gestion des ressources et des solutions de moindre
incidence sur l?environnement marin générant une dynamique sur tous les territoires de Nouvelle-Aquitaine.
Les filières de production primaire assurent une exploitation raisonnée, garante de la pérennité des ressources
vivantes. Le renouvellement des navires de pêche intègre structurellement les nouvelles technologies
énergétiques de propulsion. Le dynamisme de la plaisance, fondée sur une économie de partage, permet le
développement des industries navales et nautiques.
L?État en région souhaite conforter et encourager les filières, en synergie avec la Région Nouvelle-Aquitaine. En
tout état de cause, le développement potentiel de l?ensemble des activités maritimes tiendra compte de la
zone de défense de la Direction Générale de l'Armement au niveau de la façade Sud-Atlantique.
????
Des ports attractifs au service d?une économie régionale décarbonée
Les grands ports maritimes de La Rochelle et de Bordeaux, les ports de commerce de Rochefort-Tonnay-
Charente et de Bayonne et les 7 principaux ports de pêche de la région Nouvelle-Aquitaine constituent
l?armature logistique principale du développement de l?économie bleue, notamment au travers d?Aquitania
Port Link. À l?instar des ports de pêche et de commerce, les ports de plaisance sont identifiés comme un
acteur économique maritime. Les ports prennent en compte les aménagements nécessaires consécutifs aux
impacts du changement climatique et contribuent à la décarbonation de l'économie. Ils sont les supports des
projets structurants et de l?innovation et vecteurs de densification industrielle. La vision de l?État en région
pour 2050 repose sur une recherche accrue de synergie entre les ports de l?Atlantique et sur l?amélioration de
connexions à leur hinterland ? en particulier par la voie ferrée ? au travers d?une approche intégrée dans la
gestion des flux et des projets.
64
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
????
Une coexistence harmonieuse des usages, économe des ressources et des espaces
Le milieu marin et le littoral sont le lieu d?enjeux contradictoires et de pressions multiples. L?accentuation des
risques, la pression démographique et celle de l?urbanisation sur la frange littorale, l?impératif de l?emploi et du
développement économique, les effets du changement climatique pèsent sur les ressources naturelles.
Le déploiement de l?économie bleue doit tenir compte des capacités d?accueil des territoires, adopter une
sobriété énergétique et un usage raisonné des ressources et des espaces.
Cependant, la pêche maritime doit disposer d?une visibilité sur le moyen-long terme face à l?augmentation des
pressions qu?elle subit (réglementation, état de la ressource, principe de précaution, emploi, impacts
économiques).
En mer, le développement des parcs éoliens impose une approche nouvelle des enjeux de cohabitation avec
les activités préexistantes.
1.3 Nos leviers : l?amélioration des connaissances comme moteur de l?innovation
????
Davantage connaître la mer et communiquer
Le maillage territorial des structures universitaires et scientifiques à l?échelle de la région Nouvelle-Aquitaine
constitue un atout majeur pour le développement de la connaissance sur les milieux marins et les nouvelles
technologies. Ces différents organismes (CNRS, Universités de Bordeaux et La Rochelle, de Pau et des Pays de
l?Adour, l?IFREMER, l?INRAE?), qui mènent des programmes de recherche variés et interdisciplinaires, sont
incités à se fédérer pour prioriser les efforts de connaissances là où les impacts sont méconnus dans le cadre
de projets territorialisés. En outre, de nombreux réseaux ou organismes de recherche privés ou associatifs
(AcclimaTerra, Centre de la Mer de Biarritz, Observatoire de la côte Nouvelle-Aquitaine?) existent. La nécessité
de partager des données produites par la communauté scientifique, comme celles issues des filières
professionnelles au sein d?observatoires, facilite le travail collaboratif des chercheurs et les échanges entre ces
structures et la société civile autour des grands enjeux du territoire littoral. De nouveaux phénomènes
émergents liés notamment au changement climatique seront appréhendés sous le prisme de la santé publique.
Les projets d?implantation d?infrastructures lourdes de type énergies marines renouvelables, nécessitent
l?amélioration des connaissances des milieux marins par le suivi des impacts de ces projets sur les milieux
existants. Un conseil scientifique de l?éolien permet d?objectiver ces suivis.
La compréhension du fonctionnement des écosystèmes remarquables, de l?hydrodynamique, des dynamiques
sédimentaires et l?appréhension des impacts cumulés des pressions s?appliquant aux milieux apparaissent
comme des éléments essentiels à la prise en compte du lien terre-mer et à l?évaluation des incidences de
l?activité humaine sur les milieux marins. Devant la complexité de la compréhension de ces dynamiques
naturelles, les connaissances scientifiques intègrent les données issues des sciences sociales et sont
complétées par les savoirs empiriques des acteurs et les résultats des sciences participatives pour mieux
mesurer l?impact de ces projets sur la société.
????
Des liens renforcés entre la communauté scientifique, la société civile et le monde
industriel pour une connaissance partagée de la mer et du littoral
Les synergies entre les acteurs scientifiques et la société civile (professionnels de la mer, associations, clubs
sportifs?) pour le partage et le développement de la connaissance sont valorisées, sous l?impulsion du Conseil
Maritime de Façade. Les acteurs professionnels s?impliquent et portent les projets d?études scientifiques pour
une meilleure acceptabilité des résultats scientifiques et une cohérence des projets.
65
Les liens entre la communauté scientifique et le monde industriel se renforcent sur des projets structurants
et concrets (développement de filières, contribution aux objectifs de développement durable, transition
écologique des filières maritimes). Avec le développement du fonds de dotation pour la biodiversité, l?État
organise la collaboration entre le monde scientifique et le monde industriel. Une synergie des besoins de
recherche des collectivités et de l?État dans la façade est à construire, en coordination avec le Conseil
Régional.
????
Développer des capacités de R&D pour l?adaptation des filières historiques et promouvoir
l?innovation dans les secteurs émergents
Les innovations dans le domaine maritime permettent l?accompagnement et la transformation des filières
pour des activités respectueuses de leur environnement (adaptation et renouvellement des navires,
déconstruction, recyclage, transition numérique et énergétique dont la décarbonation des modes de
propulsion). La réglementation est adaptée pour mettre en oeuvre des solutions techniques et technologiques
permettant de faire face au changement climatique. Les innovations dans le secteur maritime favorisent
l?implantation de TPE-PME. La façade Sud-Atlantique continue à affirmer sa place de leader en recherche et
développement pour la filière nautique et la glisse.
????
Un public conscient de son interdépendance à la mer
À travers la mise en place d?événements éducatifs et culturels, l?ensemble des acteurs oeuvre collectivement
pour sensibiliser et éduquer, dès le plus jeune âge, l?ensemble des citoyens aux enjeux, aux perspectives
(technologiques, pharmaceutiques, en termes de métiers, d?innovation?) et aux bonnes pratiques liés à la mer
et au littoral.
Cette prise de conscience est collective (jeunes, nouvelles populations, populations âgées...). Des outils,
notamment numériques, existent pour sensibiliser ces différents publics à la fragilité et au potentiel de la mer
(marées de découverte, BiMer, aires marines éducatives).
Les connaissances scientifiques sont valorisées et mises à disposition du public sous une forme accessible et
synthétique.
????
Des métiers de la mer réinventés et attractifs
Les transitions écologiques, numériques et énergétiques constituent une source d?emplois en croissance pour
la façade maritime. Avec la transformation du marché de l?emploi tourné vers la mer, des formations adaptées
sont mises en place à mesure de la décarbonation des techniques et des métiers. La réglementation est
simplifiée pour faciliter l?accès aux professions maritimes. La mutation des métiers de la mer va créer des
niches attractives. Des partenariats renforcent les connexions entre les lycées et universités et les entreprises
pour augmenter l?attractivité des métiers de la mer.
En parallèle, l?amélioration des conditions de travail (cadre social, visibilité sur les métiers, promotion sociale
des parcours, modernisation des navires,?) contribue à l?attractivité de ces métiers.
66
OBJECTIFS STRATÉGIQUES
ET PLANIFICATION DES ESPACES
MARITIMES
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 67
2
CHAPITRE 1 Objectifs stratégiques socio-économiques et environnementaux
L?état des lieux socio-économique et environnemental de la façade Sud-Atlantique a permis de faire émerger
des enjeux tant écologiques que physiques (risques littoraux), ainsi que des problématiques thématiques
spécifiques. Sur cette base, la vision à horizon 2050 permet de dégager de grandes orientations stratégiques,
intégratrices à long terme pour l?avenir de la façade maritime et organisées autour de 3 axes : un patrimoine
littoral et marin d'exception, une économie maritime et littorale respectueuse des équilibres écologiques et
l'amélioration des connaissances comme moteur de l?innovation.
Afin d'atteindre cet avenir souhaité, des objectifs stratégiques et particuliers ont été fixés sur l'échelle de
temps du DSF (6 ans). De nature environnementales ou socio-économiques, ils visent à préserver le milieu
marin ou à donner une impulsion à chacun des secteurs de l?économie maritime.
68
Le Porge (Gironde), plage et dunes littorales © Matthieu Melsbach / DIRM SA
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Quatorze objectifs stratégiques environnementaux ont été définis. Les objectifs stratégiques environnemen-
taux sont précisés par des objectifs particuliers, lesquels sont accompagnés d?indicateurs et de cibles pour
permettre leur mesure, leur évaluation et leur rapportage auprès des instances européennes.
Descripteur Enjeux ciblés Objectifs stratégiques environnementaux
D1
La diversité biologique est conservée. La qualité des
habitats et leur nombre, ainsi que la distribution et
l?abondance des espèces sont adaptées aux conditions
physiographiques, géographiques et climatiques existantes.
Habitats
Benthiques et
pélagiques
1. Limiter ou éviter les perturbations physiques d'origine
anthropique impactant le bon état écologique des habitats
benthiques littoraux, du plateau continental et des habitats
profonds, notamment les habitats particuliers
Mammifères
marins et
tortues
2. Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités directes et
du dérangement des mammifères marins et des tortues
Oiseaux
marins
3. Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités directes,
du dérangement et la perte d'habitats fonctionnels importants pour
le cycle de vie des oiseaux marins et de l'estran, en particulier pour
les espèces vulnérables et en danger
Poissons et
céphalopodes
4. Limiter les pressions sur les espèces de poissons vulnérables ou en
danger voire favoriser leur restauration et limiter le niveau de
pression sur les zones fonctionnelles halieutiques d'importance
D2
Les espèces non indigènes introduites par le biais des
activités humaines sont à des niveaux qui ne perturbent
pas les écosystèmes.
Espèces non
indigènes
5. Limiter les risques d?introduction et de dissémination d?espèces
non indigènes par le biais des activités humaines
D3
Les populations de tous les poissons et crustacés exploités
à des fins commerciales se situent dans les limites de
sécurité biologique, en présentant une répartition de la
population par âge et par taille qui témoigne de la bonne
santé du stock.
Espèces
commerciales
6. Favoriser une exploitation des stocks de poissons, mollusques et
crustacés au niveau du rendement maximum durable
D4
Tous les éléments constituant les réseaux trophiques
marins, dans la mesure où ils sont connus, sont présents en
abondance et diversité normales et à des niveaux pouvant
garantir l?abondance des espèces à long terme et le
maintien complet de leurs capacités reproductives
Réseaux
trophiques
7. Favoriser le maintien dans le milieu des ressources trophiques
nécessaires aux grands prédateurs
D5
L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier pour ce
qui est de ses effets néfastes, tels que l?appauvrissement
de la biodiversité, la dégradation des écosystèmes, la
prolifération d?algues toxiques et la désoxygénation des
eaux de fond, est réduite au minimum.
Eutrophisation 8. Réduire les apports excessifs en nutriments et leur transfert dans
le milieu marin
D6
Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la
structure et les fonctions des écosystèmes sont préservées
et que les écosystèmes benthiques, en particulier, ne sont
pas perturbés
Intégrité des
fonds marins
9. Éviter les pertes et les perturbations physiques des habitats
marins liés aux activités maritimes et littorales
D7
Une modification permanente des conditions hydrogra-
phiques ne nuit pas aux écosystèmes marins
Conditions
hydrogra-
phiques
10. Limiter les modifications des conditions hydrographiques (par les
activités humaines) défavorables au bon fonctionnement de
l'écosystème
D8
Le niveau de concentration des contaminants ne provoque
pas d?effets dus à la pollution
Contaminants
11. Réduire ou supprimer les apports en contaminants chimiques
dans le milieu marin, qu?ils soient d'origine terrestre ou maritime,
chroniques ou accidentels
D9
Les quantités de contaminants présents dans les poissons
et autres fruits de mer destinés à la consommation
humaine ne dépassent pas les seuils fixés par la législation
de l?Union ou les autres normes applicables
Contaminants
aspects
sanitaires
12. Réduire les contaminations microbiologiques, chimiques et
phycotoxiques dégradant la qualité sanitaire des produits de la mer,
des zones de production aquacole et halieutique et des zones de
baignade
D10
Les propriétés et les quantités de déchets marins ne
provoquent pas de dommages au milieu côtier et marin
Déchets 13. Réduire les apports et la présence de déchets en mer et sur le
littoral d'origine terrestre ou maritime
D11
L?introduction d?énergie, y compris de sources sonores
sous-marines, s?effectue à des niveaux qui ne nuisent pas
au milieu marin
Bruit 14. Limiter les émissions sonores dans le milieu marin à des niveaux
non impactants pour les mammifères marins
Un 15ème objectif stratégique environnemental « OET01. Développer la Protection Forte » a été ajouté et est
décorrélé de la Directive cadre « stratégie pour le milieu marin ».
69
Trente-et-un objectifs stratégiques socio-économiques généraux ont été définis.
Chaque objectif stratégique socio-économique général est associé à des objectifs stratégiques particuliers
accompagnés, le cas échéant, d?indicateurs pour permettre leur mesure et leur évaluation.
DescripteurThème/filière Objectifs stratégiques socio-économiques
1. Pêche professionnelle
1. Développer une filière pêche professionnelle diversifiée, durable, performante, modernisée et
attractive
2. Renforcer la gestion des ressources halieutiques pour conforter une activité de pêche maritime
durable et résiliente
3. Bâtir une stratégie de pêche professionnelle dans un contexte de cohabitation des usages
2. Aquaculture
1. Améliorer la gestion des eaux permettant la pérennisation de l?activité aquacole
2. Poursuivre la transition vers une aquaculture respectueuse des écosystèmes
3. Valoriser l?activité pour le maintien du tissu social et économique
4. Décliner la stratégie nationale de planification aquacole à l'échelle de la façade
3. Ports de commerce et
transports maritimes
1. Assurer la compétitivité et la complémentarité des ports de commerce, améliorer leur desserte et
favoriser le report modal
2. Assurer la transition énergétique des ports de commerce et la décarbonation des activités
portuaires (dont le transport)
3. Adapter des infrastructures portuaires au déploiement de l?éolien en mer
4. Industries navale et nautique
1. Pérenniser la compétitivité des industries navale et nautique et adapter les flottes aux enjeux de la
transition écologique
5. Énergies marines
renouvelables
1. Accompagner la montée en puissance de la filière EMR par une planification adaptée
2. Soutenir la R&D dans le domaine des énergies renouvelables pour leur développement
6. Sédiments marins et
estuariens
1. Intégrer les extractions de sédiments dans une approche de développement durable répondant aux
besoins des filières et des territoires à l?échelle du Golfe de Gascogne
2. Intégrer la gestion des sédiments de dragage dans une approche de développement durable
7. Plaisance/loisirs nautiques
1. Optimiser l?occupation de l?espace dans les ports de plaisance et zones de mouillage dans le respect
de la qualité de l?eau et des écosystèmes marins
2. Maintenir l?attractivité des sites de pratique pour une cohabitation des activités, harmonieuse avec
leur environnement
3. Promouvoir des pratiques et des équipements portuaires sobres permettant une consommation
énergétique optimisée
4. Engager la transition énergétique des ports de plaisance et la décarbonation des activités portuaires
8. Tourisme
1. Conforter le potentiel touristique du littoral respectueux de son environnement et de la capacité
d?accueil des territoires
9. Risques littoraux
1. Prendre en compte les risques naturels dans la planification pour des territoires littoraux plus
résilients
2. Une qualité des eaux littorales garante du maintien de l?ensemble des usages
10. Sécurité et sûreté maritime
1. Réduire et contenir les risques de pollution
2. Garantir des conditions de navigation sûres
3. Optimiser les moyens de surveillance
11. Paysages, sites et patrimoine
1. Protéger le patrimoine et les sites attractifs
2. Valoriser le potentiel patrimonial et paysager du littoral
12. Recherche et connaissances
1. Développer la connaissance pluridisciplinaire et la recherche intégrée sur le fonctionnement des
milieux marins
2. Assurer une collecte des données partagées et une meilleure valorisation des connaissances
13. Formation / sensibilisation /
attractivité
1. Valoriser l?image de la filière maritime et rendre plus attractifs les métiers de la mer
2. Un public conscient du potentiel et de la fragilité de la mer
L'annexe 4e précise la façon dont ces objectifs territorialise la stratégie nationale pour la mer et le littoral
2 et sont rattachés à la vision.
70
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
CHAPITRE 2 Planification de l'éolien en mer et des zones de protection forte
2.1. Les zones prioritaires de développement de l'éolien en mer
2.1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer
La loi du 10 mars 2023 relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables (APER) a introduit la
possibilité de mener en commun la participation du public à l?élaboration de la planification maritime et la
participation du public pour l?élaboration de la cartographie de l?éolien en mer par façade. Cette
mutualisation permet d?une part d?aborder l?éolien comme un usage parmi l?ensemble des enjeux maritimes à
l?échelle des façades, et d?autre part d?accélérer le développement de l?éolien en l?intégrant au coeur de la
planification maritime.
La participation du public a pris la forme de débats publics organisés sur les quatre façades métropolitaines
sous l?égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). Les enseignements tirés de ces débats ont
par la suite alimenté les décisions ministérielles concernant l?implantation géographique des parcs.
Suite à un premier débat public en 2021-2022, l?État a validé l?implantation de deux parcs éoliens en mer au
large de l?Île d?Oléron, dont la mise en service est prévue entre 2032 et 2034 :
le parc Oléron 1, situé à 40 kilomètres des côtes de la Charente-Maritime, sera équipé d?éoliennes posées?
pour une puissance de 1000 MW ;
le parc Oléron 2, d'une puissance équivalente, constituera l?extension au large du parc Oléron 1 et utilisera?
des éoliennes posées ou flottantes pour une capacité équivalente
Un second débat, intitulé « La mer en débat », s?est tenu entre 2023 et 2024 pour identifier de nouvelles zones
prioritaires pour le développement de l?éolien en mer à horizon 2035 et 2050. Trois nouvelles zones prioritaires
ont été définies dans la décision ministérielle du 17 octobre 2024, en tenant compte des enjeux environne-
mentaux et de ceux liés aux activités de pêche :
la zone Golfe de Gascogne Sud (GGS), d?une superficie de 250 km², destinée à accueillir un parc éolien?
flottant d?une capacité de 1,2 GW, avec une mise en service prévue pour 2035 ;
la zone Golfe de Gascogne Nord (GGN), d?une superficie de 250 km², qui accueillera des éoliennes flottantes?
d?une capacité similaire à la zone GGS pour une mise en service prévue pour 2040 ;
la zone Golfe de Gascogne Ouest (GGO), d?une superficie de 838 km², prévue pour une mise en service en?
2050, et dont le développement dépendra des résultats des études complémentaires et de la concertation
avec les parties prenantes locales.
La concertation avec les acteurs concernés et le public sur les zones prioritaires se poursuivra au cours des
années afin de préciser certaines des zones prioritaires et les solutions de raccordement correspondantes.
2.1.2. L?identification des futures zones prioritaires d?implantation de parcs éoliens en mer
Conformément à la loi relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables (APER), promulguée
le 10 mars 2023, l?objectif est donc de proposer deux cartographies :
? Une cartographie des zones prioritaires dans lesquelles des projets de parcs éoliens en mer pourront être
attribués dans un délai de dix ans suivant son adoption ;
? Une cartographie des zones prioritaires à l'horizon 2050 qui sera précisée et révisée après une nouvelle
participation du public qui devrait se dérouler d?ici une dizaine d?années.
La loi précise que ces cartographies doivent cibler en priorité les zones situées dans la zone économique
exclusive, autrement dit au-delà de 12 miles nautiques (soit 22 km des côtes), et en dehors des parcs nationaux
ayant une partie maritime, sans interdire l?identification de zones également sur le domaine public maritime.
71
Des critères techniques doivent être pris en compte pour la définition de ces zones :
? Profondeur de l?eau (bathymétrie) : critère de 100 mètres de profondeur maximale pour le poste en mer
pour les zones prioritaires de la cartographie à 2035. Il est aujourd?hui techniquement et économiquement
inenvisageable, à cette échéance, de raccorder un parc éolien en mer dont le poste en mer serait dans une
profondeur d?eau supérieure à 100 mètres, la technologie flottante pour la sous-station électrique n?existant
pas encore à ce jour ;
? Force du vent : critère de vitesse du vent moyen supérieure à 8 m/s à hauteur de nacelle. Le fait d?implanter
des éoliennes dans des zones avec trop peu de vent conduirait à augmenter le besoin en surface, en nombre
d?éoliennes ainsi que le coût pour arriver à une production équivalente ;
? Défense nationale : critère d?exclusion des zones d?activités de la défense nationale en cas d?incompa-
tibilité. Certaines activités de défense (tirs de missile, couloir d?accès aux bases militaires) sont en effet
incompatibles avec l?éolien en mer.
Par ailleurs, l?historique de la concertation récente conduite
sur la façade a également été pris en compte, avec le débat
public sur le premier projet de parc éolien en mer au large de
l?île d?Oléron, actant une zone de projet en dehors du Parc
Naturel Marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des
Pertuis.
Les enjeux liés au raccordement sont également à intégrer
dans les choix des zones afin de limiter les impacts des câbles
et stations électriques utilisés pour acheminer l?électricité sur
le réseau national. Ces impacts peuvent concerner le
paysage, la biodiversité ou encore le coût de l?électricité pour
les consommateurs.
Pour la façade Sud-Atlantique, RTE privilégie un raccorde-
ment par le projet de renforcement interne du réseau de
transport d?électricité par la mer, situé sur la façade maritime
atlantique et nommé « Gironde ? Loire Atlantique » (GILA). Il
pourrait permettre, au-delà de sa fonction de transport inter-
régional d?électricité, de raccorder deux parcs éoliens en mer
(dont l?extension du parc au large de l?île d?Oléron), évitant
ainsi le besoin d?un nouvel atterrage en zone littorale en
Charente-Maritime.
Au-delà de ces critères, il s?agit de tenir compte des autres enjeux considérés comme prioritaires, en particulier
ceux liés à la pêche et à la protection de la biodiversité, suivant une démarche d?évitement des impacts. Il est à
noter que le partage de la mer n?est pas nécessairement exclusif : certaines activités ou enjeux peuvent être
compatibles entre elles (possibilité d?activités de pêche au sein des parcs éoliens en mer, en particulier posés,
« effet récif » des parcs éoliens et de leurs raccordements pouvant favoriser la biodiversité?). La méthode
déployée, en concertation avec les principales catégories d?acteurs concernées, a permis de dégager plusieurs
scénarios de zones possibles, chacun étant pondéré au regard des impacts potentiels sur l?environnement, le
paysage et les usages (pêche, trafic maritime?), ce qui a permis d?en déterminer le niveau de sensibilité. Ces
éléments sont approfondis dans l'annexe 6.
L'aire d'étude pour le raccordement de la zone de développement de l?éolien en mer à horizon 10 ans (Golfe
de Gascogne Sud) est représentée dans la carte ci-après.
Les aires d'étude pour le raccordement des projets éoliens qui feront l'objet d'appel d'offres ultérieurs (Golfe
de Gascogne Nord et Ouest) seront précisées dans le cadre de concertations complémentaires et ne figurent
donc pas sur cette carte.
Il en résulte la carte figurant sur la page suivante.
72
Le parc éolien de la baie de Saint-Brieuc
est entré en service en 2023 © Terra
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 73
Acronymes de la carte :
Golfe de Gascogne Sud (GGS ? 250 km²) ? Zone prioritaire à horizon 10 ans concernée par la procédure de
mise en concurrence mentionnée au 1° du III de l'article 3 de la décision du 17 octobre 2024 consécutive au
débat public « La mer en débat » ;
Golfe de Gascogne Nord (GGN ? 500 km²) ? Zone prioritaire à l'horizon 10 ans pour le développement d'un
projet d'environ 1,2 GW flottant concernée par la ou les procédures de mise en concurrence mentionnées au
2° du III de l'article 3 de la décision du 17 octobre 2024 consécutive au débat public « La mer en débat ». Cette
zone fera l'objet de concertations spécifiques complémentaires, associant les instances de la façade maritime
limitrophe le cas échéant, de façon à réduire son périmètre à environ 250 km² ;
Golfe de Gascogne Ouest (GGO ? 838 km²) ? Zone prioritaire pour le développement de l'éolien en mer à
horizon 2050, valorisable sous réserve d'études complémentaires et de la poursuite de la concertation locale
avec les acteurs.
2.2. Les zones prioritaires de développement de la protection forte
2.2.1. Le réseau actuel des aires marines protégées en Sud-Atlantique
La façade Sud-Atlantique compte 61 aires marines protégées (AMP). Les AMP sont des espaces délimités en
mer qui répondent à des objectifs de protection de la biodiversité marine. La dénomination d? « aire marine
protégée » renvoie à un ensemble très vaste d?outils, répondant à différents types d?objectifs de conservation.
Au total, 32,8 % des eaux de la façade sont situées dans le périmètre d'au moins une AMP. Ces différentes aires
marines se recoupent ou se superposent en fonction des espèces et habitats qu'elles protègent et des
objectifs de conservation qu'elles endossent. Elles sont réparties entre 8 catégories d?outils différents,
réparties comme suit :
Les différentes aires marines protégées de la façade listées ci-dessus
sont visualisables sur la carte ci-contre.
74
2
parcs naturels marins
22
sites Natura 2000 au
titre de la directive
habitats faune flore
15
sites Natura 2000 au
titre de la directive
oiseaux
6
réserves naturelles
nationales
3
sites du Conservatoire
du littoral
2
sites RAMSAR
1
site UNESCO, bien
inscrit sur la liste du
Patrimoine Mondial
10
sites OSPAR
Inforgraphie © DIRM SA
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 75
Parcs naturels marins
Parc Naturel Marin de l?Estuaire de la Gironde
et de la Mer des Pertuis
Parc Naturel Marin du Bassin d?Arcachon
Sites Natura 2000 directive habitats
Portion du littoral sableux de la côte Aquitaine
Côte Basque rocheuse et extension au Large
La Nivelle (estuaire, Barthes et cours d'eau)
Falaises de Saint-Jean-de-Luz à Biarritz
Domaine d?Abbadia et corniche basque
Panache de la Gironde et plateau rocheux
de Cordouan
Bassin d'Arcachon et Cap-Ferret
Marais de Brouage (et marais nord d'Oléron)
Vallée de la Charente (basse vallée)
Marais et falaises des côteaux de Gironde
Ile de Ré : Fier d'Ars
Marais Poitevin
Presqu'île d'Arvert
Baie de Chingoudy
Marais de Rochefort
Marais de la Seudre
Estuaire de la Gironde
Pertuis charentais
Plateau de Rochebonne
Dunes du littoral girondin
Sites d'importance communautaire
Directive habitats récifs et mammifères marins
Récifs du talus du Golfe de Gascogne
Sites d'importance communautaire
Directive habitats mammifères marins
Mers Celtiques - Talus du Golfe de Gascogne
Sites Natura 2000 directive oiseaux
Estuaire de la Bidassoa et baie de Fontarabie
Rochers de Biarritz : le Bouccalot
et la Roche Ronde
Fier d'Ars et fosse de Loix
Panache de la Gironde
Bonne Anse, marais de Bréjat
et de Saint-Augustin
Marais et Estuaire de la Seudre, Ile d?Oléron
Marais de Brouage, Ile d?Oléron
Estuaire et basse-vallée de la Charente
Pertuis charentais - Rochebonne
Marais Poitevin
Anse de Fouras, baie d?Yves,
marais de Rochefort
Bassin d'Arcachon et Banc d'Arguin
Au droit de l'étang d'Hourtin-Carcans
Tête du canyon du Cap-Ferret
Mers Celtiques - Talus du Golfe de Gascogne
Réserves naturelles nationales
Courant d'Huchet
Banc d'Arguin
Prés salés d'Arès et de Lège-Cap-Ferret
Baie de l'Aiguillon (Charente-Maritime)
Moëze-Oléron
Lilleau des Niges
SItes du Conservatoire du littoral
Ile aux Oiseaux
Bonne Anse
Domaine d'Abbadia
Zones protégées de la convention OSPAR
Au droit de l'étang d'Hourtin-Carcans
Portion du littoral sableux de la côte aquitaine
Panache de la Gironde et plateau
rocheux de Cordouan système Pertuis-Gironde
Panache de la Gironde
Banc d'Arguin
Bassin d'Arcachon et Cap-Ferret
Pertuis charentais
Pertuis charentais - Rochebonne
Côte basque rocheuse et extension au large
Marais de Moëze
Zones humides d'importance internationale
RAMSAR
Bassin d'Arcachon - secteur du delta de la Leyre
Marais du Fier d'Ars
Bien inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial
Phare de Cordouan
Les aires marines protégées de la façade Sud-Atlantique
76
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
2.2.2. Mise en place d'un réseau de zones de protection forte en Sud-Atlantique
Les dernières évaluations de l?état du milieu marin en France démontrent que la biodiversité marine et les
externalités positives qui en découlent sont menacées. Dans une logique de labellisation, la protection forte
vise à reconnaître un réseau cohérent de zones dans lesquelles les pressions engendrées par les activités
humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont durablement évitées ou
significativement limitées.
2.2.2.1. Définition de la protection forte
Dans ce cadre, la stratégie nationale pour les aires protégées ambitionne, à horizon 2030, de renforcer le
réseau des aires protégées pour couvrir 30 % du territoire national et des eaux marines (cible aujourd?hui
atteinte, avec une couverture de 33.6% des eaux marines au niveau national), et 10 % en protection forte.
Définie par le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 pris en application de l?article L. 110-4 du code de
l?environnement, la protection forte correspond à « une zone géographique dans laquelle les pressions
engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont
absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées, et ce de manière pérenne, grâce à la mise en oeuvre d?une
protection foncière ou d'une réglementation adaptée, associée à un contrôle effectif des activités concernées ».
Les Zones de protection fortes (ZPF) ne constituent donc pas en soi une nouvelle catégorie juridique d?aires
marines protégées. Il s?agit d?un label reconnaissant une gestion et un encadrement adaptés des usages,
permettant à moyen et long termes la préservation de la biodiversité en présence. Elle ne vise ainsi pas
l?exclusion à priori des activités humaines mais marque une suppression ou a minima une forte limitation des
pressions générées par ces activités, en fonction de leurs impacts effectifs sur les enjeux écologiques de la
zone considérée.
Les bénéfices associés à une aire marine protégée efficacement gérée et fortement protégée sont nombreux
pour l?environnement marin : la biodiversité y est notamment plus riche, les espèces plus nombreuses, en
abondance plus importante, les habitats en meilleur état de conservation. Les bénéfices écosystémiques
fournis (reproduction des espèces halieutiques, lutte contre l?érosion côtière, paysage de qualité, etc.)
s?accentuent alors et se renforcent jusqu?à bénéficier même aux zones avoisinantes : c?est « l?effet réserve ».
Un espace naturel protégé ou en projet de protection doit réunir les 3 critères suivants
pour être considéré comme une zone de protection forte
Sur la base de l?analyse des usages et des enjeux environnementaux en présence, chaque proposition de
labellisation de zone en protection forte doit faire l?objet d?une concertation locale définissant son périmètre,
les objectifs poursuivis et les mesures à éventuellement définir.
77
CRITÈRE 1
Disposer de mesures de gestion
ou de réglementation des
activités permettant de
diminuer très significativement
les pressions sur la biodiversité
remarquable, sur une zone
ayant une cohérence
écologique par rapport à cette
biodiversité
ZONE
DE PROTECTION
FORTE
CRITÈRE 2
S'appuyer sur un document
de gestion, définissant des
objectifs de protection de
cette biodiversité marine
CRITÈRE 3
Bénéficier d'un dispositif
opérationnel de contrôle du
respect de la réglementation
par les usagers de la zone
Source: Décret n°2022-527 du 12 avril 2022
2.2.2.2. Cible à atteindre en Sud-Atlantique
L?objectif fixé par la stratégie nationale pour la biodiversité et la stratégie nationale pour la mer et le littoral est
une couverture de 5% des espaces maritimes hexagonaux reconnus en protection forte d?ici 2030. Cet objectif
a été décliné par façades avec la définition de cibles intermédiaires pour 2027, prenant en compte leurs
spécificités écologiques. Conformément aux objectifs fixés par la stratégie nationale pour la mer et le littoral
2024-2030, rappelés dans la décision du 17 octobre 2024 consécutive au débat public « la mer en débat », ce
sont 3% des eaux de la façade Sud-Atlantique qui doivent être labellisées en protection forte d?ici la fin de
l?année 2027.
La stratégie dédiée à la protection des fonds marins annoncée lors de la Troisième Conférence des Nations-
unies sur l?Océan identifie par ailleurs des zones ayant vocation à être labellisées d?ici la fin de l?année 2026,
qui devraient permettre de porter les surfaces marines en protection forte dans l?Hexagone à 4 % à cette
échéance.
2.2.2.3. La recherche de la cohérence du réseau et la trajectoire associée
Afin de constituer un réseau robuste en termes de conservation, les zones identifiées pour le développement
de la protection forte doivent constituer un maillage cohérent. Cette cohérence s?apprécie au regard de la
continuité surfacique du périmètre considéré et des critères identifiés par les textes internationaux
(représentativité, réplication, viabilité des populations de chaque zone prise individuellement et connectivité
des enjeux écologiques).
Pour construire ce réseau, l?élément guide est la préservation des enjeux écologiques majeurs et forts identifiés
par le DSF. Ces derniers constituent la biodiversité remarquable de la façade Sud-Atlantique.
En complément des travaux déjà menés par les services de l?État en lien avec les acteurs sur la façade, dans le
cadre des précédents cycles de mise en oeuvre de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin, les débats
publics ont permis, sur la base des secteurs d?intérêt écologique pour le développement de la protection forte,
de dégager des orientations pour préciser la trajectoire de la façade vers l?atteinte de la cible en 2027.
78
Le patrouilleur des affaires maritimes IRIS © DIRM SA
L?objectif de protection forte à atteindre
sur la façade Sud-Atlantique d?ici 2027 est de 3%
des eaux marines de la façade
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
2.2.3. La planification de la protection forte en Sud-Atlantique
Dans le cadre des travaux de planification et de mise à jour de la stratégie de façade maritime, trois types de
secteurs d?étude ont été identifiés pour engager les travaux relatifs à la labellisation de zones en protection
forte. Quatre zones sont déjà reconnues en protection forte.
L?ensemble des secteurs est identifié dans la carte annexée à la décision ministérielle du 17 octobre 2024
consécutive au débat public « La mer en débat » :
? Les zones reconnues en protection forte
Quatre zones situées au sein du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis ont été
reconnues en protection forte en juillet 2025, correspondant aux zones 1 à 4 de la carte de synthèse, soit :
? la partie marine de la Réserve naturelle nationale de Lilleau des Niges ;
? la partie marine du secteur de réserve intégrale de la Réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron ;
? le secteur Arceau-Baudissière de la Réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron ;
? le secteur Baudissière-le Château d?Oléron de la Réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron.
? Les zones candidates à la labellisation
Les zones correspondant à la partie marine de la Réserve naturelle nationale du marais d?Yves et à la zone de
protection renforcée de la Réserve naturelle nationale du banc d?Arguin, respectivement identifiées sur la
carte de synthèse comme les zones 5 et 8 et situées dans le parc naturel marin du Bassin d?Arcachon et dans
celui de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, seront prioritairement portées à la concertation.
79
? Les zones potentielles à porter en priorité à la concertation (fin 2025 - fin 2027)
Les zones identifiées se situent dans les parcs naturels marins et les sites Natura 2000. Elles doivent faire l?objet
d?une concertation locale préalable à toute proposition de labellisation. Il s?agit de :
? La zone actuellement à l?étude pour le projet de la Réserve naturelle nationale de Bonne-Anse
(zone 6) ;
? Le chenal du Courbey au sein du Parc naturel marin du Bassin d?Arcachon (zone 7) ;
? Le site Natura 2000 « Plateau de Rochebonne » (zone 9) ;
? Le site Natura 2000 « Portion du littoral sableux de la côte Aquitaine » (dit Hourtin-Carcans) (zone 10) ;
? Les sites Natura 2000 « Mers Celtiques ? Talus du Golfe de Gascogne » et « Récifs du Talus du Golfe de
Gascogne » intégrant les sites récifs et les espaces marins vulnérables (zones 11a, 11b, 11c, 11d) ;
? Les sites Natura 2000 de la côte basque (zone 12).
? Les zones d?intérêt pour le développement de la protection forte (potentiellement au-delà de 2027)
Au sein de la façade Sud-Atlantique, il existe des espaces d?importance présentant des enjeux écologiques
forts et majeurs, situés en dehors du réseau actuel d?aires marines protégées. Ils constituent les zones d?intérêt
dont une potentielle labellisation pourrait s?opérer après avoir fait l?objet d?une protection par des outils
réglementaires :
? Les affleurements de carbonates authigènes au large du département des Landes, à la rupture du
plateau continental (talus), constituent une structure géomorphologique causée par des émissions de
méthane froid, rare et unique en France (zone 13) ;
? L?Espace marin vulnérable le plus au Sud, actuellement situé hors AMP (zone 14) ;
? Le Gouf de Capbreton, dont la spécificité est sa proximité avec la côte, offre une biodiversité
remarquable (zone 15) ;
? Le Dôme de Gascogne est un mont sous-marin émergeant au Sud de la plaine abyssale du Golfe de
Gascogne, constituant une structure géomorphologique patrimoniale particulière (zone 16).
La labellisation d?ici 2027 des zones de protection forte candidates et potentielles, en l?état des périmètres
représentés sur la carte de synthèse, permet l?atteinte de la cible de 3 % des eaux de la façade. L'ensemble des
zones proposées constitue un réseau cohérent réparti à la fois sur le secteur côtier et au large, sur le plateau
continental, le talus et la plaine abyssale.
80
Récifs coralliens profonds du talus du golfe de Gascogne © Ifremer, ChEReef 2022
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Une présentation détaillée du cadre de référence, des objectifs de la façade et de la trajectoire pour identifier
des zones candidates, les zones potentielles et les zones d'intérêt pour le développement de protection forte
sur la façade Sud-Atlantique figure en annexe 5.
2.2.4. Le développement de la protection forte dans le cadre de la stratégie dédiée à la protection
des fonds marins
Le déploiement d?une stratégie dédiée à la protection des fonds marins en France hexagonale a été annoncé
lors Troisième Conférence des Nations-unies sur l?Océan en juin 2025. Cette stratégie identifie plusieurs zones
ayant vocation à être labellisées d?ici la fin de l?année 2026. Ces dernières abritent les fonds marins les plus
fragiles et remarquables, en visant l?interdiction de toute activité susceptible d?impacter ces fonds.
Les secteurs ciblés sont représentés dans la carte ci-après :
81
CHAPITRE 3 Carte des vocations
Sur la base de l?état des lieux des activités socio-économiques et des enjeux écologiques de la façade, la carte
des vocations a été mise à jour. Elle décline la vision à horizon 2050 de la façade Sud-Atlantique présentée en
partie 1, chapitre 2. Cette carte permet d'identifier, dans les espaces maritimes, des zones cohérentes au
regard des enjeux identifiés et la concertation avec les acteurs. Elle favorise la définition de priorités
stratégiques (vocations) dans chacun des secteurs. Sept territoires ont ainsi été définis, non pas par des limites
administratives ou géographiques strictes, mais comme des zones homogènes d?enjeux en présence.
Chaque secteur fait l?objet d?une vocation particulière qui exprime une projection dans l?avenir ou une volonté
d?évolution concernant les activités et la protection du milieu marin. Les vocations retenues reposent sur les
principaux enjeux écologiques identifiés et les activités présentes ou potentielles. La liste des activités n?est
cependant pas exhaustive et les vocations ne sont pas exclusives du développement d?autres activités. Pour
chaque secteur, une fiche descriptive, accompagnée d?une carte détaillée, offre une vision à une échelle plus
locale des différents éléments de planification maritime. Des concertations sont en cours sur chacun des
secteurs, excepté sur le secteur 7 (plaine abyssale), pour identifier les zones prioritaires pour la reconnaissance
en zone de protection forte.
Banc d'Arguin et voilier dans la passe nord du Bassin d'Arcachon © Matthieu Melsbach / DIRM SA
82
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Secteur 1 Parc naturel marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis
AMP dans le secteur 100%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : hermelles, vase subtidale, vasière
intertidale
Zones fonctionnelles halieutiques : esturgeon
Enjeux socio-économiques
Activités principales : pêche professionnelle, aquaculture, transport maritime, plaisance,
tourisme, extraction de granulats
Vocation
Connaissance et protection du milieu marin ; développement durable des activités
maritimes
Secteur 2 Côte sableuse aquitaine
AMP dans le secteur 17,90%
Enjeux environnementaux
majeurs
Zones fonctionnelles halieutiques : esturgeon en mer
Zones fonctionnelles avifaune : densité toutes espèces
Enjeux socio-économiques
Activités principales : tourisme balnéaire, loisirs nautiques, pêche
Risques : risques littoraux notamment le recul du trait de côte
Vocation
Usages et activités maritimes et littorales en cohabitation, conditionnés à la réduction des
pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du milieu marin et à la prise en
compte de l?évolution du trait de côte
Secteur 3 Parc naturel marin du Bassin d'Arcachon
AMP dans le secteur 100%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : herbiers de zostère naine ; oiseaux
(toutes espèces)
Enjeux socio-économiques
Activités principales : pêche professionnelle, ostréiculture, tourisme, loisirs nautiques,
transport maritime
Risques : forte pressions liées à l?artificialisation du littoral et aux aléas naturels
Vocation
Connaissance et protection du milieu marin ; développement durable des activités
maritimes
Secteur 4 Côte rocheuse basque, estuaire de l?Adour et Gouf de Capbreton
AMP dans le secteur 19%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : grottes
Zones fonctionnelles avifaune : densité toutes espèces
Site emblématique : Gouf de Capbreton
Enjeux socio-économiques Activités principales : pêche professionnelle, filière nautique, transport maritime
Vocation
Usages et activités maritimes et littorales en cohabitation, conditionnés à la réduction des
pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du milieu marin, à la prise en compte
de l?évolution du trait de côte, en privilégiant les activités historiques emblématiques
(pêche, port de commerce, tourisme, plaisance et loisirs nautiques) et en tenant compte
d?activités émergentes potentielles (énergies marines renouvelables / houlomoteur)
83
Secteur 5 Le plateau continental
AMP dans le secteur 15,60%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : vases circalittorales à pennatules
Enjeux socio-économiques
Activités principales : transport maritime, pêche, plaisance, implantation d?énergies marines
renouvelables, extraction de granulats
Vocation
Priorité aux pêches professionnelles durables et au développement de nouvelles productions
d?énergies marines renouvelables (éolien en mer) en cohabitation notamment avec le
transport maritime et l?extraction de granulats marins en prenant en compte les secteurs à
forts enjeux écologiques.
Secteur 6 Le talus continental
AMP dans le secteur 83%
Enjeux environnementaux
majeurs
Présence d?enjeux forts sur chacun des compartiments écologiques (conditions
hydrographiques, habitats pélagiques, réseaux trophiques, habitats benthiques, structures
géomorphologiques, zones fonctionnelles halieutiques et avifaune, mammifères marins)
Enjeux socio-économiques Activités principales : pêche professionnelle, transport maritime
Vocation
Exploitation durable des ressources marines respectueuse des habitats et espèces à forts
enjeux écologiques
Secteur 7 La plaine abyssale
AMP dans le secteur 0%
Enjeux environnementaux
majeurs
Enjeux transversaux : rorqual commun (densité maximale européenne)
Enjeux socio-économiques Activités principales : transport maritime
Vocation
Utilisation et valorisation possible du milieu et des ressources marines, conditionnées par la
nécessité d?une meilleure connaissance de la zone
En annexe 8, une fiche descriptive de chaque secteur à laquelle est attachée une carte détaillée de la zone,
permet d?afficher à une échelle plus locale les différents éléments de planification maritime.
Sont également mentionnés dans la fiche :
? les activités présentes sur le territoire ;
? les spécificités écologiques, en particulier les enjeux environnementaux majeurs ;
? les interactions entre activités et milieu marin ;
? les perspectives d?évolution des activités ;
? les documents de planification nécessitant une compatibilité ou une prise en compte du DSF ;
? les objectifs stratégiques associés au territoire ;
? les éléments relatifs à la planification de l?éolien en mer et aux Zones de Protection Forte (ZPF) ;
? les éléments de la planification aquacole.
84
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Carte des vocations de la façade maritime Sud-Atlantique
Parc naturel marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis : Connaissance et protection du
milieu marin ; développement durable des activités maritimes.
Côte sableuse aquitaine : Usages et activités maritimes et littorales en cohabitation, conditionnés à la
réduction des pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du milieu marin et à la prise en
compte de l?évolution du trait de côte.
Parc naturel marin du Bassin d'Arcachon : Connaissance et protection du milieu marin ; développement
durable des activités maritimes.
Côte rocheuse basque, estuaire de l?Adour et Gouf de Capbreton : Usages et activités maritimes et littorales
en cohabitation, conditionnés à la réduction des pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du
milieu marin, à la prise en compte de l?évolution du trait de côte, en privilégiant les activités historiques
emblématiques (pêche, port de commerce, tourisme, plaisance et loisirs nautiques) et en tenant compte
d?activités émergentes potentielles (énergies marines renouvelables / houlomoteur).
Le plateau continental : Priorité aux pêches professionnelles durables et au développement de nouvelles
productions d?énergies marines renouvelables (éolien en mer) en cohabitation notamment avec le transport
maritime et l?extraction de granulats marins et prenant en compte les secteurs à forts enjeux écologiques.
Le talus continental : Exploitation durable des ressources marines respectueuse des habitats et espèces à
forts enjeux écologiques.
La plaine abyssale : Utilisation et valorisation possible du milieu et des ressources marines, conditionnées par
la nécessité d?une meilleure connaissance de la zone.
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Glossaire
A
Abrasion : usure mécanique du substrat en place par frottement.
Activités anthropiques : activités d?origine humaine.
Aire marine protégée : espace délimité en mer, sur lequel est fixé un objectif de protection de la nature à long terme. Cet
objectif est rarement exclusif : il est souvent, soit associé à un objectif local de développement socio-économique, soit
articulé avec une gestion durable des ressources. Elle se caractérise également par un certain nombre de mesures de
gestion mises en oeuvre au profit de l?objectif de protection : suivi scientifique, programme d?actions, chartes de bonne
conduite, protection du domaine public maritime, réglementation, surveillance, information du public, etc.
Amphihalins : organisme aquatique migrateur qui, à des moments bien déterminés de son cycle de vie, passe de l'eau salée
à l?eau douce et vice versa.
Anthropisation : effet de l?homme sur les milieux naturels.
Antifouling (peinture) : peinture contenant des substances destinées à empêcher les organismes aquatiques de se fixer sur
la coque des navires ou sur d?autres objets immergés.
Aquaculture : production d?organismes aquatiques en eau douce, saumâtre ou marine et dans des conditions contrôlées ou
semi-contrôlées par l?homme, qu?il s?agisse d?animaux ou de végétaux.
Artificialisation : modification des espaces naturels par l?homme du fait de la construction d?infrastructures.
Assises de la mer et du littoral : initiées en juillet 2013, elles constituent une démarche de concertation autour de 10 grands
thèmes dont l?objectif est de participer à l?élaboration de la stratégie nationale de la mer et du littoral.
B
Bassin versant : un bassin versant, ou bassin hydrographique, correspond à une surface d'alimentation d'un cours d?eau ou
d'un lac. Le bassin versant se définit comme l'aire de collecte limitée par le contour à l'intérieur duquel se rassemblent les
eaux précipitées qui s'écoulent en surface et en souterrain vers une sortie.
Bathymétrie : équivalent sous-marin de la topographie, c?est-à-dire description du relief immergé grâce aux mesures de
profondeurs.
Benthique : adjectif qui qualifie l?interface eau-sédiment (= interface eau-lithosphère) d?un écosystème aquatique, quelle
qu?en soit la profondeur. Qualifie également un organisme vivant libre (vagile) sur le fond ou fixé (sessile).
Biocénose : ensemble des organismes vivants (animaux et végétaux dont micro-organismes) qui occupent un milieu naturel
déterminé (le biotope). Ce groupement d'êtres vivants est caractérisé par une composition spécifique déterminée et par
l'existence de phénomènes d'interdépendance. L?ensemble biocénose -biotope constitue l'écosystème. Une biocénose se
modifie au cours du temps (phase pionnière, phase intermédiaire et phase d'équilibre). La biocénose correspond à la
composante vivante de l'écosystème, par opposition au biotope.
Biodiversité : la biodiversité ou diversité biologique est une expression apparue dans les années 1980, vulgarisée lors de la
Conférence de Rio en 1992.
Elle est constituée de l?ensemble des espèces vivantes (diversité spécifique), de leur patrimoine génétique (diversité
génétique), des habitats (diversité des écosystèmes et des fonctionnalités) et des paysages. Par des relations de
compétition, de prédation, ou de coopération, tels les maillons d?une chaîne infinie, chacun vit en interdépendance. La
biodiversité est indispensable aux grands équilibres écologiques, lesquels jouent un rôle déterminant dans la disponibilité
des éléments essentiels à la vie : la nourriture, l?eau et l?air.
Biotechnologie : toute technique utilisant des êtres vivants (micro-organismes, animaux, végétaux), généralement après
modification de leurs caractéristiques génétiques, pour la fabrication industrielle de composés biologiques ou chimiques
(médicaments, matières premières industrielles) ou pour l'amélioration de la production agricole (plantes et animaux
transgéniques ou OGM.
Biotope : espace caractérisé par des facteurs climatiques, géographiques, physiques, morphologiques et géologiques, etc.
en équilibre constant ou cyclique et occupé par des organismes qui vivent en association spécifique (biocénose). C?est la
composante non vivante de l'écosystème.
87
Bon état écologique : le « bon état écologique » du milieu marin est défini dans la Directive cadre « stratégie pour le milieu
marin (DCSMM) comme étant « l?état écologique des eaux marines tel que celles-ci conservent la diversité écologique et le
dynamisme d?océans et de mers qui soient propres, en bon état sanitaire et productifs dans le cadre de leurs conditions
intrinsèques, et que l?utilisation du milieu marin soit durable, sauvegardant ainsi le potentiel de celui-ci aux fins des
utilisations et activités des générations actuelles et à venir ».
C
Canyon sous-marin : entaille profonde et encaissée dans le talus continental, plus ou moins sinueuse et ramifiée,
caractérisée par des versants raides et un profil en long très incliné, parcouru par des courants de turbidité.
Captures accidentelles : espèces capturées involontairement dont l?occurrence est faible.
Chiffre d?affaires : montant des affaires (hors taxes) réalisées par l'entreprise avec les tiers dans l'exercice de son activité
professionnelle normale et courante. Il correspond à la somme des ventes de marchandises, de produits fabriqués, des
prestations de services et des produits des activités annexes.
Circalittoral : étage qui s?étend depuis la limite inférieure de vie des algues (=jusqu?à la limite de vie des organismes les plus
tolérantes aux faibles éclairements. Les limites supérieures et inférieures de cet étage varient donc en fonction de la
turbidité de l'eau. (de -40m à ? 100m environ)
L'étage circalittoral est une zone de l'estran qui s'observe sous le niveau infralittoral, là où les algues photophiles
commencent à se faire rares. Il se termine lorsque les organismes sciaphiles, i.e., disparaissent à leur tour.
Clapage : immersion en mer des produits de dragage de ports en un lieu réservé et autorisé à cet effet.
Cluster : réseau d?entreprises constitué majoritairement de PME et de TPE, fortement ancrés localement, souvent sur un
même créneau de production et souvent à une même filière.
Code de l?environnement : recueil dans lequel ont été réunis les lois, décrets et règlements concernant l?environnement. Le
code de l?environnement reconnaît aujourd?hui quatre principes de base en matière de gestion de l'environnement : le
principe de précaution, le principe d?action préventive, le principe pollueur-payeur et le principe de participation.
Conchyliculture : ensemble des procédés et des techniques utilisés pour favoriser la production de coquillages.
Conflit d?usage : rivalités entre usagers d?une même ressource ou d?un même espace pour son appropriation, sa gestion ou
son exploitation.
Criée : lieu de première mise en marché du poisson lorsqu?il est débarqué dans le port de pêche.
Crinoïde : classe de la systématique animale, qui appartient à l?embranchement des échinodermes et qui est la seule
catégorie encore vivante de ce qui fut autrefois un groupe florissant d'animaux toujours fixés au sol.
Croissance bleue : croissance économique durable des secteurs liés à la mer.
D
Débat public : dispositif de démocratie participative institué par la loi et mis en oeuvre par la Commission nationale de
débat public.
DCSMM : Directive cadre stratégie pour le milieu marin : Directive 2008/56/CE du 17 juin 2008 qui établit un cadre d?action
communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin en vue de l?atteinte ou du maintien du bon état
écologique.
DCE : Directive cadre sur l?eau: Directive 2000/60/CE du 22 octobre 2000 qui établit des règles pour mettre fin à la
détérioration de l?état des masses d?eau de l?Union européenne et parvenir au bon état des rivières, lacs et eaux
souterraines et côtières en Europe.
DHFF : Directive Habitats Faune Flore (plus connue sous le nom de Directive « Habitats »): Directive 92/43/CEE du Conseil,
du 21 mai 1992, concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
Directive Oiseaux : directive 2009/147/CE concernant la préservation des oiseaux sauvages. Elle complète la directive
« Habitats», avec pour objectif la constitution d?un « réseau écologique européen cohérent de zones spéciales de
conservation (ZSC), dénommé Natura 2000 »
88
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Domaine public maritime (DPM) : il est constitué du sol, du sous-sol de la mer, compris entre la limite haute du rivage, c?est-
à-dire celles des plus hautes mers en l?absence de perturbations météorologiques exceptionnelles, et la limite, côté large, de
la mer territoriale ; des étangs salés en communication directe, naturelle et permanente avec la mer ; des lais (parcelles
dont la mer s?est définitivement retirée) et relais (dépôts alluvionnaires) de la mer ;
Dragage : action de prélever du sédiment sur le fond de la mer à l?aide d?une drague, soit pour étudier un échantillon de
sédiment, soit pour dégager un chenal navigable (création ou entretien).
E
Écosystème : ensemble des êtres vivants (biocénose), des éléments non vivants et des conditions climatiques et géologiques
(biotopes) qui sont liés et interagissent entre eux et qui constitue une unité fonctionnelle de base en écologie. L?écosystème
a des propriétés qui sont distinctes de la somme des propriétés de ses deux composantes.
Écosystémique (approche) : méthode de gestion où les terres, l'eau et les ressources vivantes sont intégrées pour favoriser
la conservation et l?exploitation durable des ressources naturelles, afin de respecter les interactions dans les écosystèmes
dont dépend l?être humain.
Elasmobranche : sous-classe des poissons cartilagineux. Ce taxon comprend les raies et les requins.
Endémique : caractérise des espèces vivantes propres à un territoire bien délimité.
Énergie marine renouvelable : le terme énergie marine renouvelable recouvre un ensemble de technologies qui permettent
la production d?énergie à partir du milieu marin(marée, houle, courants, chaleur, etc.) On associe également le production
des éoliennes en mer à cet ensemble.
Ensouillage : enfouissement d?une canalisation sous-marine ou d?un câble dans le sol marin.
Érosion : phénomène résultant de l'action de l?eau, des vents ou d?un produit chimique sur de la matière minérale ou autre,
et qui provoque l?enlèvement des couches supérieures des sols.
Estuaire : embouchure d'un fleuve, un plan d?eau côtier créé par un cours d?eau se jetant dans le milieu marin et dans lequel
les organismes qui y vivent sont sujets à des variations de salinité créées par les marées.
Étalement urbain : extension non maîtrisée de zones construites à la périphérie d?un espace urbain.
Étang rétro-littoral : étang situé en arrière du trait de côte.
Eutrophisation : enrichissement des eaux (cours d?eau, plans d?eau, eaux marines) en éléments nutritifs, essentiellement le
phosphore et l?azote qui constituent un véritable engrais pour les plantes aquatiques. Elle se manifeste par la prolifération
excessive des végétaux dont la décomposition provoque une diminution notable de la teneur en oxygène. Il s?ensuit, entre
autres, une diversité animale et végétale amoindrie et des usages perturbés (alimentation en eau potable ? loisirs, etc.).
F
Flottille : ensemble de navires de même nature (ex : flottille de chalutiers, flottille de fileyeurs)
Foncier : relatif à un fonds de terre, à sa propriété, à son exploitation et à son imposition.
Frange littorale : bande étroite située à proximité immédiate du trait de côte et directement concernée par sa mobilité.
Frayère : aire (marine, ou d'eau douce ou saumâtre) dans laquelle les animaux, poissons principalement, se rassemblent
périodiquement pour leur reproduction et où ils déposent leurs oeufs.
Fret ferroviaire : transport de marchandises par train.
G
Gestion intégrée : la gestion intégrée désigne un mode de gestion de certaines activités qui intègre, dès la phase de
conception, l'ensemble des facteurs écologiques, économiques et sociaux qui leur sont liés.
Gorgones : organismes marins de la famille des cnidaires marins (coraux). Ce sont des octocoralliaires coloniaux dont le
squelette est constitué par une matière organique cornée élastique (la gorgonine) incluant des aiguilles calcaires. Ce
squelette est entouré d?un tissu mou où se trouvent des polypes munis d?une bouche et de 8 tentacules. Elles sont
suspensivores.
Granulat : ensemble des constituants inertes (sables, fines, graviers, cailloux concassés) des mortiers et bétons.
89
H
Habitats (au sens de la directive) : milieu dans lequel vit une espèce ou un groupe d'espèces animales ou végétales (ex. :
tourbières, roselières d'estuaire, chênaies?). Ce sont des zones terrestres ou aquatiques possédant des caractéristiques
biogéographiques et géologiques particulières et uniques. (ex : en dynamique des populations, on parlera d?un «Habitat à
Abra alba», pour faire allusion à toute la population ? et le milieu naturel environnant ? caractérisé par l?occurrence de Abra
alba, espèce représentative de ce milieu, de cet habitat).
Habitat benthique : habitat à l?interface eau-sédiment (= interface eau-lithosphère) d?un écosystème aquatique, quelle
qu?en soit la profondeur. Habitat composé d?organisme vivant libre (vagile) sur le fond ou fixé (sessile).
Habitat biogénique : habitat d?origine naturelle.
Halieutique : qualifie toutes les activités relevant de la pêche sous toutes ses formes.
Herbiers de zostères : cet habitat est constitué par une plante à fleur (phanérogame marine) qui se développe sur des fonds
constitués de sédiments meubles (graviers, sables et vase) de la zone infralittorale, jusqu?à dix mètres de profondeur. Les
zostères forment des herbiers, parfois denses, comparables aux prairies terrestres.
Hermelles : annélide polychète sédentaire (Sabellaria alveolata) vivant dans des tubes de sable aggloméré. Ces vers sont
capables de constituer des récifs assez importants. Cette espèce dite ingénieure.
Hinterland : désigne la zone d?influence et d?attraction économique d?un port, c?est-à-dire la zone qu?un port approvisionne
ou dont il tire ses ressources.
I
Intrant (agriculture) : produits apportés aux terres et aux cultures, qui ne proviennent ni de l?exploitation agricole ni de sa
proximité.
L
Linéaire côtier : longueur développée de la côte.
Loi littoral : loi du 3 janvier 1986 qui a posé un certain nombre de règles relatives à la gestion, à la préservation et à
l?aménagement et l?urbanisme du littoral.
M
Maërl : mot d?origine bretonne utilisé pour désigner les algues calcaires du genre Lithothamnium. dont le thalle de couleur
violette n?est pas fixé et est emporté par les courants pour se déposer en bancs importants dans les zones calmes. Ces
algues sont exploitées pour produire un amendement calcaire utilisé sur les sols acides (en Bretagne notamment).
Mytiliculture : culture des moules.
N
Nourricerie : zone où se regroupent les alevins et juvéniles d'une espèce mobile pour s?y nourrir et poursuivre leur
développement. Une zone de nourricerie peut être fréquentée par plusieurs (nombreuses) espèces.
Nurserie : lieu où se regroupe des individus juvéniles.
O
Offshore : qui s?effectue au large.
Ostréiculture : culture des huîtres.
P
Panache : se dit de la zone de dispersion d'un rejet ou d?un fleuve.
Pélagique : qualifie le milieu marin de pleine eau et les êtres qui y vivent. Se dit également d?une espèce vivant en pleine
eau, ou au large comme les oiseaux marins.
Pisciculture marine : élevage de poissons marins.
90
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Plaisance : se dit de la navigation pratiquée pour le loisir, le sport, et de ce qui s?y rapporte.
Plan de prévention des risques technologiques : outil introduit par la loi du 30 juillet 2003 et le décret du 7 septembre 2005
pour renforcer la maîtrise de l?urbanisation autour des sites à haut risque, et notamment pour tenter de résorber certaines
situations existantes héritées du passé.
PLU (Plan local d?urbanisme) il est le principal document de planification de l'urbanisme au niveau communal (PLU) ou
intercommunal (PLUI). Il remplace le plan d?occupation des sols (POS) depuis la loi relative à la solidarité et au
renouvellement urbain du 13 décembre 2000, dite « loi SRU ».
Poisson migrateur : poisson qui effectue des déplacements, ou migrations, plus ou moins longs au cours de sa vie pour
accomplir son cycle biologique. Les poissons amphihalins sont par définition des poissons migrateurs
Production primaire : quantité totale de matière organique en mer principalement produite par les algues et fixée par
photosynthèse.
R
Réseau trophique : ensemble des relations alimentaires entre espèces au sein d'une communauté et par lesquelles l?énergie
et la matière circulent.
Résilience : capacité à absorber une perturbation, à se réorganiser et à continuer de fonctionner de la même manière
qu?avant.
Ressource naturelle : ensemble des ressources minérales ou biologiques nécessaires à la vie de l?homme et à ses activités
économiques.
Roche carbonatée : roche sédimentaire constituée d?au moins 50 % de carbonates (aragonite, calcite ou dolomite).
S
SCoT : Schéma de cohérence territorial : outil de conception et de mise en oeuvre d?une planification stratégique
intercommunale, à l?échelle d?un large bassin de vie ou d?une aire urbaine, dans le cadre d?un projet d?aménagement et de
développement durables.
Servitude : la servitude de passage des piétons sur le littoral est destinée à assurer exclusivement le passage des piétons le
long du littoral et à leur assurer un libre accès au littoral. Elle interdit aux propriétaires des terrains grevés et à leurs ayants-
droit d?apporter à l'état des lieux des modifications de nature à faire, même provisoirement, obstacle au libre passage des
piétons, sauf autorisation préalable accordée par le préfet, pour une durée de six mois au maximum.
Site d?hivernage : espace géographique dans lequel un oiseau migrateur passe l?hiver.
Submersion : inondation ou invasion par la mer.
T
Talus continental: zone de fort dénivelé qui conduit du bord du plateau continental à la plaine abyssale.
Trait de côte : est une courbe/ligne représentant l'intersection de la terre et de la mer dans le cas d?une marée haute de
coefficient 120 et dans des conditions météorologiques normales. Par extension c?est la limite entre la terre et la mer, c?est-
à-dire la côte.
Turbidité de l?eau : désigne l?obstruction à la pénétration de la lumière. La turbidité résulte de la quantité de particules
solides en suspension (dites «matières en suspension »), qu?elles soient minérales - sables, argiles, limons -, ou d?origine
organique - phyto - ou zooplancton, matières organiques détritiques.
Z
ZEE : zone économique exclusive : espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière
d?exploration et d?usage des ressources. Il s?étend de 12 miles (limite de la mer territoriale) à 200 milles.
Zone fonctionnelle halieutique : un espace est considéré comme une zone fonctionnelle halieutique à partir du moment où
il est le siège d?au moins une phase du cycle de vie (naissance, croissance, alimentation, migration, reproduction) d?une
ressource halieutique.
91
Liste des annexes
Annexe 1 Diagnostic de l?existant
Annexe 1.a? : Description des activités de la façade intégrant l?analyse économique et sociale de l?utilisation
des eaux marines
Annexe 1.b? : Synthèse scientifique et technique relative à l?évaluation de l?état écologique des eaux marines
et des pressions exercées
Annexe 1.c? : Analyse économique et sociale des coûts induits par la dégradation de l?environnement marin
Annexe 2 Carte de synthèse des enjeux socio-économiques
Annexe 3 Les enjeux environnementaux
Annexe 3.a? : Carte de synthèse des enjeux environnementaux
Annexe 3.b? : Carte des secteurs à enjeux écologiques
Annexe 3.c? : Identification des enjeux écologiques forts et majeurs
Annexe 4 Objectifs stratégiques et indicateurs associés
Annexe 4.a? : Tableau des objectifs stratégiques socio-économiques et indicateurs associés
Annexe 4.b? : Tableau des objectifs stratégiques environnementaux et indicateurs associés
Annexe 4.c? : Fiches descriptives des objectifs stratégiques environnementaux
Annexe 4.d? : Objectifs par filières
Annexe 4.e? : Rattachement des objectifs socio-économiques et environnementaux à la vision et à la stratégie
nationale pour la mer et le littoral 2
Annexe 5 Planification des zones de protection forte
Annexe 6 Planification énergétique
Annexe 7 Planification des zones de vocation aquacole
Annexe 8 Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte des vocations
Annexe 9 Tableau des dérogations
Annexe 10 Atlas cartographique
92
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 93
D
S
F
Direction interrégionale de la mer Sud-
Atlantique
1-3, rue Fondaudège, 33074 Bordeaux Cédex
Tél. : 33 (0) 5 56 00 83 00
dirm-sa@developpement-durable.gouv.fr
www.dirm.sud-atlantique.developpement-durable.gouv.fr
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION ès
de Bordeaux) à Gatika (près de Bilbao), fera passer la capacité d?échange entre les deux pays de 2 800 à 5 000
mégawatts (MW). Déclarée d?utilité publique en septembre 2023, cette interconnexion vise à renforcer la
sécurité, la stabilité et la qualité de l?approvisionnement électrique des deux pays.
Le raccordement des parcs éoliens en mer impliquera également la pose de câbles reliant ces parcs aux
stations de conversion à terre. Ces perspectives sont tout aussi indispensables au gestionnaire de réseau de
transport d?électricité afin qu?il puisse anticiper sur le long terme les besoins de développement du réseau
électrique en mer et à terre et permettre l?accueil de ces grandes puissances d?énergie. La planification
conjointe de la production et du réseau d?énergies marines renouvelables est particulièrement utile afin
d?éviter la surconsommation de la ressource foncière et maritime utile aux raccordements et aux atterrages
sur les zones littorales, alors que ces ressources sont à la fois rares et écologiquement sensibles.
1.1.5. Les industries navales et nautiques
Ce secteur regroupe les activités de construction et réparation de navires civils (de commerce, de pêche et de
services), de petits navires militaires, de bateaux de plaisance et de démolition navale (démantèlement et
recyclage des navires), soit plus de 1 200 emplois et 400 millions d'euros de chiffres d?affaires. Les ports,
notamment ceux de Bordeaux et La Rochelle, offrent des outils d'assèchement et des écosystèmes d'entre-
prises performants, essentiels pour accueillir ces activités (construction, réparation, transformation, démantè-
lement?).
32
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Très diversifiées sur la façade, les industries navales et nautiques se concentrent sur trois zones : le littoral
charentais et notamment La Rochelle qui se spécialise dans le nautisme, le Bassin d?Arcachon et la région de
Bordeaux qui axent leurs activités sur le nautisme professionnel et la grande plaisance, ainsi que la côte basco-
landaise qui représente le premier pôle européen de l?industrie des sports de glisse. Composé principalement
de PME et de TPE de taille artisanale mais aussi quelques grands acteurs de renommées internationales
(Chantier CNB, entreprise OCEA, Chantier naval Couach/Dubourdieu, Rhéa Marine..) et de marques à forte
notoriété (Dufour Yachts, Fountaine Pajot), cette filière génère d?importantes retombées économiques
(Quicksilver, Rip Curl?) et touristiques pour la région.
Compte tenu des enjeux autour de la transition écologique au sein de l?Union européenne, l?adaptation
technique, technologique et réglementaire de la flotte et de toute l?activité de production des TPE/PME
représente un défi pour la filière. Toutefois, la part de ses exportations étant très importantes (environ 60-
70 %) notamment vers le Moyen-Orient, ce secteur reste sensible à la conjoncture internationale et à des
normes différenciées hors de l?Union européenne. Pour se démarquer, l?innovation demeure au coeur de ses
préoccupations pour inscrire la filière dans une démarche de transition numérique, énergétique et écologique
(modes de propulsion propres et décarbonées, écoconception, économie circulaire?). À ce propos, la
question de la déconstruction des navires en fin de vie constitue un enjeu majeur de diversification et une
nouvelle opportunité d?emplois pour cette filière.
1.1.6. L?action de l?État en mer
De nature interministérielle, l?action de l?État en mer est assurée par les services de l?État, en charge de 45
missions en mer centrées sur la sécurité et la sûreté maritimes.
La sécurité maritime est liée à la protection des personnes et de l?environnement. Elle couvre la sauvegarde de
la vie humaine, l?assistance des navires en difficulté et la lutte contre les pollutions maritimes. La sûreté
maritime recouvre la prévention et la lutte contre les actes illicites à l?encontre des navires, des personnes, des
installations portuaires ou en mer. Ainsi, l?optimisation des moyens de surveillance maritime et la consolidation
d?un cadre réglementaire destiné à intégrer le recours aux nouvelles technologies (drones, navire autonome?)
constituent un enjeu fort pour la façade.
1.1.7. Les loisirs
? La pêche maritime de loisir
Sur la façade Sud-Atlantique, la pêche maritime de loisir est une activité ancienne qui représente environ 13 %
de l?ensemble des sorties de pêche de loisirs réalisées à l?échelle nationale (4ème façade maritime). Cette
activité a produit environ 186 millions d'euros de dépenses en 2017. Elle regroupe une importante diversité de
pratiques : pêche à pied, pêche du bord, pêche embarquée (bateau, kayak) et chasse sous-marine. Elle
présente quelques spécificités locales comme la pêche aux filets fixes sur l?estran ou les écluses à poissons. Ce
loisir représente un atout pour le cadre de vie des résidents et attire les usagers plus occasionnels.
S?apparentant à une activité de masse sur certaines zones littorales de la façade, la pêche maritime de loisir a
des impacts sur les ressources halieutiques, les espèces non exploitées et les habitats (hermelles, hippocampes,
zostères, etc.). Si la taille minimale autorisée des captures est fixée au niveau national pour toutes les espèces,
la réglementation peut être différente d?un département à l?autre ce qui peut être préjudiciable à sa lisibilité
et à sa bonne application. Ces activités font l?objet de différentes actions d?amélioration des connaissances,
de sensibilisation et de limitation des impacts afin de répondre aux enjeux environnementaux des espaces
fréquentés.
? La plaisance
La plaisance constitue une part importante de l?activité économique et touristique directement liée à la mer.
La façade abrite quatre bassins emblématiques pour le nautisme et la navigation de plaisance : la Mer des
Pertuis avec le premier port de plaisance métropolitain (Port des Minimes de La Rochelle : 5 157 places), le
Bassin d?Arcachon (2 700 anneaux au ponton pour le port d?Arcachon), l?estuaire de la Gironde et le Pays
basque.
33
Les conditions de navigation particulièrement difficiles entre ces 4 bassins (houle, courants) impliquent une
pratique concentrée autour des ports d?attache et zones de mouillage. En 2019, 72 ports étaient recensés sur
l?ensemble de la région. Les gestionnaires de l?espace maritime poursuivent leurs efforts pour optimiser
l?occupation des ports, notamment dans les zones de corps morts, et limiter l?impact des zones de mouillage
et d?équipements légers (ZMEL).
Le dynamisme de cette filière est principalement porté par le nautisme qui est actuellement confronté à des
enjeux nouveaux (changements de pratique de navigation, encombrement des ports, vieillissement des
navires). Les activités de plaisance constituent un vecteur potentiel de transition écologique, énergétique et
numérique à saisir par des changements de pratiques et/ou des équipements plus durables. Au-delà de
l?adaptation de la capacité portuaire, il importe aux acteurs portuaires d?assurer une meilleure prise en compte
des enjeux environnementaux dans une logique de planification des projets de développement, en intégrant
les usages nouveaux ou en développement. À ce titre, la certification Port Propres des ports de plaisance est à
poursuivre sur la façade.
? Les activités de sports et de loisirs nautique et subaquatique en mer
Ces activités se pratiquent depuis l?estran jusqu?à la haute mer et sont extrêmement diversifiées. Si Le surf
reste une activité emblématique de la région, les autres activités (planche à voile, kitesurf, motonautisme,
canoë, plongée et pêche sous-marine, voile, pêche de loisirs embarquée, etc.) sont particulièrement présentes,
notamment par leur nombre de licenciés dans les clubs fédéraux.
Les pratiquants réguliers ou occasionnels peuvent être
accueillis et/ou encadrés par des cadres diplômés dans
les structures fédérales ou professionnelles (nombreu-
ses sur le littoral). Avec la démocratisation de l?accès
au matériel, on note aussi une constante augmentation
du nombre de pratiquants libres ou auto-organisés qui
restent, de ce fait, plus difficiles à sensibiliser aux
bonnes conduites.
Pour les activités les plus représentatives de notre
territoire en 2022, on dénombrait 28 806 pratiquants
pour le canoë kayak, 25 328 pratiquants de la voile,
21 000 pratiquants pour les sports sous-marins, 10 000
pour le surf. Ces activités restent un important levier
de sensibilisation au milieu marin notamment par leurs
implications dans les sciences participatives en lien
avec des organisations scientifiques (Institut français
de recherche pour l'exploitation de la mer - Ifremer,
Muséum national d'histoires naturelles ? MNHN). Surfeurs à Hossegor © Matthieu Melsbach / DIRM SA
34
Port de plaisance des Minimes à La Rochelle © Laurent Mignaux / Terra
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.1.8. Tourisme côtier et maritime
Par la qualité paysagère de ses espaces naturels, l?existence de sites emblématiques internationalement
connus et le patrimoine de ses stations balnéaires, le littoral néo-aquitain est une destination touristique
majeure (17 % de l?offre totale d?hébergement, 69 millions de nuitées en 2019).
Troisième espace littoral le plus touristique de France, cette activité représente plus de la moitié des emplois
de l?économie maritime de la région. Cette économie a cependant été impactée par la crise sanitaire de 2020.
En effet, si avant la crise sanitaire, les enjeux liés au tourisme portaient principalement sur la qualité de l?eau, la
sensibilisation des vacanciers au respect de l?environnement, la proposition d?une offre plurielle et diversifiée
ainsi qu'une augmentation des labellisations Pavillon Bleu, les conséquences économiques du Covid 19 ont fait
évoluer les priorités (relance de l?emploi touristique, reprise du chiffre d?affaires de l?hôtellerie et de la restau-
ration, difficulté d?embauche pour le secteur, tensions sur le marché immobilier). Les grands incendies de
forêts de 2022 imposent également de s?interroger sur les usages et les pratiques dans les territoires littoraux.
Ainsi, la conjonction entre des enjeux écologiques forts et des risques amplifiés par les effets du changement
climatique (érosion côtière, feux de forêt?) nécessite de tenir compte de l?importance de la préservation et
de la valorisation du patrimoine et des paysages du littoral, tout en les conciliant avec les capacités d?accueil
des infrastructures, la fréquentation touristique croissante et l?évolution de la demande.
Par conséquent, l?aménagement est un sujet crucial qui contribue à la fois à la gestion de l?espace et celle des
risques, tout en assurant la pérennité de l'attractivité et du développement économique touristique. La
pédagogie auprès des résidents et/ou estivants est également à développer afin d?améliorer leur appréhension
des enjeux en présence et de permettre le maintien du tourisme dans un contexte de concurrence fort entre
les différentes régions littorales. Plusieurs démarches d'accompagnement des collectivités par le Groupement
d?intérêt public (GIP) Littoral visent ainsi à proposer un cadre d'aménagement durable du littoral (démarches
"Aménagement Durable des stations" et "Espace naturels fréquentés") ainsi qu'un plan de communication sur
les bons comportements à adopter sur les plages ("Mes plages océanes").
1.1.9. Gestion et contrôle de l?environnement marin
Depuis quelques années, les politiques en faveur de la protection des milieux marins sont en développement
avec notamment la désignation puis la gestion d?aires marines protégées (AMP). La stratégie nationale pour les
aires protégées 2030 fixe un objectif de 30 % de couverture du territoire national en AMP et de 10 % en zone
de protection forte (ZPF). Depuis 2015, les ministères en charge de l?environnement et de la mer pilotent la
politique nationale de contrôle des activités pour la protection de l?environnement marin, afin de garantir
l?atteinte des objectifs de conservation. Un plan de contrôle et de surveillance à l?échelle de la façade Sud-
Atlantique fixe ainsi les priorités de contrôle et mobilise l?ensemble des unités de contrôle dont celles de
l?action de l?État en mer. Les objectifs chiffrés de ce plan de contrôle sont déclinés à l?échelle départementale.
La Tremblade, équipe de contrôle environnement marin,
Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis © OFB
35
1.1.10. Activités littorales à dominante terrestre
? L?agriculture et la sylviculture littorales
Première région agricole et forestière de France, la Nouvelle-Aquitaine présente une grande diversité de
productions (grandes cultures, viticulture, élevage) et le plus grand massif forestier d?Europe, celui des Landes
de Gascogne. En 2020, la façade compte 27 013 exploitations agricoles (?21,7 % par rapport à 2010) pour une
surface agricole utilisée (SAU) de 1 190 461 ha (?1,8 %). L?emploi du secteur agricole diminue fortement, passant
de 52 383 unités de travail annuel (UTA) en 2010 à 45 035 UTA en 2019 (?14 %). Les exploitations agricoles des
communes littorales sont généralement de petite taille et pourvoyeuses de nombreux emplois mais les
exploitations de plus de 100 ha ont progressé de 20,6 % par rapport à 2010. Au sein des départements littoraux
de la façade, 3 114 exploitations sont engagées dans l?agriculture biologique en 2020. Ce sont surtout les
filières agricoles et bois-papier du littoral Sud-Atlantique qui contribuent à la vitalité de l?économie locale et à
la richesse des territoires. Ce sont surtout les filières agricoles et bois-papier du littoral Sud-Atlantique qui
contribuent à la vitalité de l?économie locale et à la richesse des territoires.
L?agriculture littorale joue un rôle dans la structuration et l?entretien des paysages, la conservation d?une
biodiversité spécifique et la prévention des incendies. Elle participe du patrimoine culturel régional.
L?agriculture est aussi source de pressions pour le milieu marin à travers l?utilisation de substances chimiques
responsables de pollutions diffuses, de substances nutritives à l?origine de l?eutrophisation via les prélèvements
en eau qui réduisent les apports d?eau douce dans les eaux côtières. Ces écoulements d'eau en provenance
des bassins versants ont des impacts sur la biodiversité
Face à la concurrence des usages du sol, l?accès au foncier constitue un enjeu important de l?agriculture
littorale. La prise en compte du lien terre-mer apparaît indispensable dans la gestion qualitative et quantitative
de la ressource en eau du fait de l?impact des activités agricoles sur le milieu marin.
Les espaces forestiers sont quant à eux majoritaires sur la façade mais la filière du bois rencontre des
difficultés liées notamment à la concurrence internationale, aux différentes tempêtes de ces dernières années
ou aux récents incendies. La préservation des forêts dunaires constitue un enjeu fort compte tenu de ses
spécificités au regard de la biodiversité, de la protection de l?arrière-pays ou de l?accueil du public.
Afin de lutter contre la diminution des surfaces forestières naturelles du littoral Sud-Atlantique, des dispositifs
réglementaires ont été mis en place ainsi que des initiatives de valorisation et de diversification des produits
sylvicoles et des débouchés de la filière.
? L?industrie
À l?échelle du bassin hydrographique Adour-Garonne (soit les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie), 52 000
entreprises des secteurs des industries extractives et manufacturières étaient recensées en 2016, pour un
emploi total de plus de 442 000 équivalents temps plein (ETP) et une valeur ajoutée de 29,6 milliards d?euros,
en hausse de 45 % par rapport à 2010. À l?échelle des départements littoraux de la façade, 517 établissements,
toutes activités industrielles confondues, sont classés « installations classées pour la protection de
l?environnement » (ICPE) en 2022. Secteur phare de l?industrie de la région, les industries agroalimentaires
(hors artisanat commercial) regroupent près de 2 000 entreprises du secteur privé et coopératif pour un
chiffre d?affaires net de près de 12 milliards d?euros.
Au regard des autres façades, la façade Sud-Atlantique se caractérise par une industrie peu développée, mais
qui reste diversifiée dans cinq secteurs d?activités principaux : l?agroalimentaire, la métallurgie, la pharmaco-
chimie, l?industrie du bois et du papier et la fabrication d?équipements électriques et électroniques,
notamment dans l?aéronautique. À l?échelle des communes littorales, l?industrie représentait en 2013, 8,8 %
des emplois pour environ 19 728 salariés, dominés par la métallurgie et la fabrication de produits métalliques
(21,8 %). En 2016, on comptait 442 000 salariés à l?échelle de la façade, soit environ 16 % des emplois
nationaux. Les activités industrielles et notamment les secteurs de l?industrie du bois, du papier et de
l?imprimerie, la métallurgie, la fabrication de produits métalliques et l?agroalimentaire sont de potentielles
sources de pollution, notamment par les écoulements d?eau en provenance des bassins versants.
36
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
L?intégration par le secteur industriel des problématiques environnementales, particulièrement la gestion des
déchets et des rejets, est primordiale pour le milieu marin. Les ports prennent en compte les aménagements
nécessaires pour faire face au changement climatique et contribuent à la décarbonation de l'économie en
accueillant les industries de demain et en permettant la mutation des industries actuelles.
? L?urbanisation de la frange littorale
La frange littorale de Nouvelle-Aquitaine offre des paysages exceptionnels par leur taille, leur qualité et leur
diversité : îles (Ré, Oléron, Aix, Madame), marais (Brouage), paysage dunaire (dune du Pilat), lagunes (Arcachon),
estuaires (Charente, Gironde), étangs (girondins, landais), corniches rocheuses (Pays basque).
Du fait de son attractivité notamment sur la période estivale, la façade Sud-Atlantique subit de fortes
pressions liées à la concentration des populations résidentielle et touristique, et aux activités en découlant, et
connaît, par conséquent, un fort taux d?artificialisation et un étalement urbain qui se fait au détriment des
terres agricoles et des milieux naturels et forestiers. Ce phénomène est d?autant plus marqué dans les
communes littorales des Pyrénées-Atlantiques, de la Charente-Maritime et sur le Bassin d?Arcachon. La
pression foncière ainsi engendrée entraîne également une augmentation de la production d?eaux usées et de
déchets, que les stations de traitement ne peuvent pas toujours absorber.
Face à ces constats, un des principaux enjeux pour les communes littorales est de préserver leur attractivité
touristique en réduisant l?artificialisation et le niveau des risques associés, tout en diversifiant et en étendant
leur offre touristique sur l?ensemble de l?année.
L?aménagement du territoire ne peut plus se limiter à la frange littorale, qui atteint un niveau critique de
saturation, en particulier pour le foncier et la mobilité. De fait, la pérennité de l?activité touristique, qui
dépend en grande partie des politiques publiques de protection et/ou de mise en valeur du patrimoine naturel
et culturel local, pose la question d?une éventuelle réorganisation des activités et aménagements en particulier
dans les espaces rétro-littoraux. Ces derniers disposeraient de capacités d?accueil et de développement avérés
pour faire face au recul du trait de côte.
37
Front de mer, Arcachon © Laurent Mignaux / Terra
1.2. Les écosystèmes marins et littoraux
L?atteinte d?un bon état écologique du milieu marin, grâce à une gestion maîtrisée des impacts anthropiques,
garantit une biodiversité préservée et un fonctionnement durable des écosystèmes. Du fait des nombreux
services écosystémiques qui y sont associés (alimentation, qualité de l?air, protection contre les aléas
climatiques, lutte contre le changement climatique, paysage, etc.), la biodiversité est consubstantielle à
l?habitabilité de la planète. Constituant le plus grand espace naturel de la planète, la mer est tout
particulièrement concernée : elle abrite une biodiversité d?une richesse exceptionnelle mais qui reste encore
largement méconnue. Cette biodiversité et les nombreux services qu?elle rend, indispensables à l?humanité,
sont aujourd?hui menacés. Sa protection est donc primordiale pour garantir aux générations futures une
planète et des espaces accueillants pour l?Homme et l?ensemble des espèces qui en font la richesse.
1.2.1. Les milieux et la biodiversité marine de la façade Sud-Atlantique
La façade comporte une vaste richesse d?habitats marins et littoraux. Le Golfe de Gascogne est particuliè-
rement représentatif des habitats sédimentaires qui occupent plus de 95 % des fonds du plateau continental
(qui peut lui-même être sous-divisé du nord au sud par le plateau du Golfe de Gascogne, le plateau armoricain
méridional et le plateau aquitain).
On distingue les côtes girondines, landaise et le plateau continental sous influence océanique et des zones plus
abritées (pertuis, baies et estuaires), milieux plus ou moins envasés, où se développe une diversité d?habitats
propice au développement de la vie aquatique. On compte ainsi les plus grands herbiers français de zostères
(le Bassin d?Arcachon abrite plus de 3 800 ha d?herbiers de Zostère naine, et plus de 2 120 ha dans la mer des
Pertuis), les récifs d?hermelles, les prés salés (3 736 ha sur le littoral de Charente-Maritime et l?estuaire de la
Gironde) et d?autres habitats particuliers de surfaces plus limitées tels que les bancs de maërl (286 ha pour le
Banc du Rocha dans le Pertuis Breton) ou les huîtres plates. Les milieux littoraux de la façade se caractérisent
par ailleurs par la présence de nombreuses zones humides à l'interface terre-mer (marais, étangs...), véritables
puits de carbone et renfermant une grande richesse biologique.
Avec ses falaises plongeant dans l?océan et sa concentration d?algues méditerranéennes unique en Atlantique,
la côte basque contraste également avec le littoral sableux des Landes et de la Gironde. On y retrouve de
nombreux récifs et l?imposant Gouf de Capbreton, dont la particularité est sa proximité avec la côte. En effet,
seuls 30 canyons côtiers, dont le Gouf de Capbreton, sont répertoriés dans le monde. Ces habitats côtiers sont
enrichis par les panaches fluviaux, dont celui du plus grand estuaire d?Europe qu?est la Gironde. Ces zones
d?interface terre-mer constituent des secteurs de nourriceries et de frayères importants pour les espèces
halieutiques et une zone d?habitats spécifiques pour les espèces amphihalines.
Plus au large, on retrouve plusieurs particularités géomorphologiques :
? Le plateau de Rochebonne, pics rocheux au sein du plateau continental présentant une diversité
exceptionnelle d?habitats et d?espèces ;
? Les vases circalittorales à pennatules, habitats benthiques biogéniques d?enjeu écologique majeur
présents sur le plateau du Golfe de Gascogne ;
? Au sud du Golfe de Gascogne, des structures de roches carbonatées formées par des émissions de
méthane froid (unique en France) ;
? À la rupture du plateau continental (talus), les canyons de la façade Sud-Atlantique, hot spot de
biodiversité, sont particulièrement riches en gorgones, crinoïdes, éponges et huîtres.
La façade joue un rôle majeur pour le maintien des populations d?oiseaux marins tout au long de l?année. Au
sein de la mer des Pertuis et du Bassin d?Arcachon, cinq sites d?hivernage de limicoles côtiers sont répertoriés
comme présentant des effectifs importants au niveau international. À titre d?exemples, plus de 20 % de la
population mondiale des bernaches cravant à ventre sombre hiverne sur le Bassin d?Arcachon, le second site
national d?accueil étant la mer des Pertuis.
38
Chiffres-clés de l'environnement marin
Sud-Atlantique
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Préserver durablement les écosystèmes marins et littoraux
40%
de la surface nationale
des herbiers de zostères
naines situés dans le
Bassin d'Arcachon
4
espèces de delphinidés
(dauphin commun,
marsouin commun,
dauphin bleu et blanc,
grand dauphin)
fréquentant le Golfe
de Gascogne
36%
des débarquements
français provenant de
stocks du Golfe de
Gascogne considérés
« en bon état » en 2022
par l'Ifremer
61
aires marines
protégées
dont 2 parcs
naturels marins
99%
des effectifs
d'esturgeons
européens vivent
dans les eaux de la
façade Sud-
Atlantique
Plus de 20%
de la population
mondiale des
bernaches cravants
hivernent sur le
Bassin d'Arcachon
704
missions de surveillance
et de contrôle
«environnement
marin» comptabilisées
en 2023 sur la façade
Sud-Atlantique
Inforgraphie © DIRM SA
39
© OFB
Le banc d?Arguin est l'un des seuls sites de la façade où l?huîtrier pie se reproduit chaque année avec succès.
Ce site accueille le gravelot à collier interrompu et quelque 500 goélands, appartenant à 5 espèces, dont le
très rare goéland d?Audouin. La composition spécifique de cette colonie est unique au monde.
La mer des Pertuis accueille jusqu?à 300 000 oiseaux d?eau côtiers en hivernage. En particulier, ce secteur
accueille plus de 30 % de la population nationale des avocettes élégantes, plus de 40 % de la population
nationale de barges à queue noire, 30 % de la population nationale des barges rousses, 50 % de la population
nationale de bécasseau maubèche, 30 % de la population nationale de bécasseau variable, et 30 % de la
population nationale de pluvier argenté.
Au large, des espèces remarquables comme le puffin des Baléares (menacé au niveau mondial, en danger
critique d?extinction) sont présents notamment en été sur tout le Golfe de Gascogne, et plus spécifiquement
au niveau de la zone de concentration du Gouf de Capbreton.
Le secteur de la zone de protection spéciale Pertuis-Rochebonne accueille en hiver jusqu?à 60 000 alcidés
(Pingouin Torda et Guillemot de Troïl) et de 15 000 à 20 000 Fous de Bassan (automne - hiver). Au moins 10 000
macreuses noires ont été observées lors des derniers comptages Wetland International (2022), représentant
plus d?un tiers des effectifs comptés sur le territoire métropolitain.
Concernant les mammifères marins, le sud du Golfe de Gascogne constitue une zone majeure pour les grands
cétacés (baleines à bec, rorqual commun, globicéphale noir, cachalot). Les concentrations d?espèces
observées sont parmi les plus fortes d?Europe. Quant aux petits delphinidés, ils sont présents en abondance
mais de manière plus diffuse à l?échelle du Golfe de Gascogne et composés de plus petits groupes d?individus.
Enfin, plusieurs espèces d?élasmobranches (raies et requins) présentant des statuts de conservation très
défavorables au niveau mondial, sont présentes au sein du Bassin d?Arcachon et de la mer des Pertuis jusqu?au
Plateau de Rochebonne.
40
Réserve naturelle de Lilleau des Niges © Yann Werdefroy
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.2.2. État écologique de la façade et coût de la dégradation environnementale
Comme sur l?ensemble des façades maritimes, la mise en oeuvre de la politique de protection du milieu marin
en Sud-Atlantique s?appuie largement sur le cadre fixé par la directive-cadre stratégie pour le milieu marin
(DCSMM). Cette directive communautaire vise à maintenir ou restaurer le bon fonctionnement des
écosystèmes marins (diversité biologique conservée et interactions correctes entre les espèces et leurs
habitats, océans dynamiques et productifs) tout en permettant les développement durable des activités
humaines. Les États membres de l?Union européenne doivent ainsi prendre toutes les mesures nécessaires pour
réduire les impacts des activités sur le milieu marin jusqu?à en atteindre le bon état écologique.
Il s?agit ainsi d?évaluer l?état initial du milieu marin par rapport au bon état écologique à atteindre puis de
définir des objectifs environnementaux pour orienter les actions à conduire afin d?en améliorer l?état, en
s?assurant que les activités et usages de la mer soient compatibles avec le maintien ou l?atteinte du bon état
écologique des eaux marines.
Dans ce cadre, une évaluation de l?état écologique des eaux marines et de l?impact environnemental des
activités humaines sur ces dernières est réalisée. Elle s?appuie sur 11 « descripteurs thématiques » qui
correspondent à différentes composantes permettant de juger de l?état du milieu marin :
Diversité biologique
(D1)
La diversité biologique est conservée. La qualité des habitats et leur nombre ainsi que la
distribution et l?abondance des espèces sont adaptés aux conditions physiographiques,
géographiques et climatiques existantes.
Espèces invasives
(D2)
Les espèces non indigènes introduites par le biais des activités humaines sont à des niveaux qui
ne perturbent pas les écosystèmes.
Espèces exploitées
(D3)
Les populations de tous les poissons, crustacés et coquillages exploitées à des fins
commerciales se situent dans les limites de sécurité biologique, en présentant une répartition
de la population par âge et par taille qui témoigne de la bonne santé du stock.
Réseau trophique
(D4)
Tous les éléments constituant les réseaux trophiques marins, dans la mesure où ils sont connus,
sont présents en abondance et diversité normales et à des niveaux pouvant garantir
l?abondance des espèces à long terme et le maintien complet de leurs capacités reproductives.
Eutrophisation
(D5)
L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier pour ce qui est de ses effets néfastes, tels
que l?appauvrissement de la biodiversité, la dégradation des écosystèmes, la prolifération
d?algues toxiques et la désoxygénation des eaux de fond, est réduite au minimum.
Intégrité des fonds marins
(D6)
Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la structure et les fonctions des
écosystèmes sont préservées et que les écosystèmes benthiques, en particulier, ne sont pas
perturbés.
Conditions
hydrographiques
(D7)
Une modification permanente des conditions hydrographiques ne nuit pas aux écosystèmes
marins.
Contaminants
(D8)
Le niveau de concentration des contaminants ne provoque pas d?effets dus à la pollution.
Questions sanitaires
(D9)
Les quantités de contaminants présents dans les poissons et autres fruits de mer destinés à la
consommation humaine ne dépassent pas les seuils fixés par la législation communautaire ou
autres normes applicables.
Déchets marins
(D10)
Les propriétés et les quantités de déchets marins ne provoquent pas de dommages au milieu
côtier et marin.
Énergie intrroduite
en mer (bruit)
(D11)
L?introduction d?énergie, y compris de sources sonores sous-marines, s?effectue à des niveaux
qui ne nuisent pas au milieu marin.
41
L?évaluation de ces composantes est basée sur des travaux scientifiques et techniques menés à partir des
meilleures données disponibles et des réseaux de suivi de la qualité des eaux, grâce à l?appui d?un réseau
national d?experts sous la coordination technique de l'Office français de la biodiversité (OFB) et les Agences de
l'Eau. Pour assurer un niveau de connaissance actualisé sur l?état du milieu, ces évaluations sont mises à jour
tous les 6 ans. Les derniers travaux d?évaluation de l?état du milieu ont abouti en 2023. Ces réseaux nationaux
sont complétés par des réseaux de surveillance locaux, que ce soit à l?interface terre-mer ou en mer.
Si l?excellence de l?océanographie et des instituts de recherche français est mondialement reconnue, les
milieux marins constituent des écosystèmes complexes dont la connaissance reste à consolider et requiert des
moyens particulièrement conséquents. L?état actuel des connaissances est ainsi très variable selon les
descripteurs. Certains descripteurs, comme le descripteur 3 relatif aux espèces commerciales, font l?objet de
suivis pérennes depuis de nombreuses années, permettant l?acquisition de données quantitatives. Pour les
autres descripteurs, des appréciations qualitatives (« dire d?expert », sur des bases bibliographiques) peuvent
être fournies mais ne permettent pas toujours de conclure sur l?état de ces descripteurs.
Par ailleurs, les effets du changement climatique (hausse régulière de la température moyenne des eaux,
perturbation des courants, acidification des eaux, hausse du niveau de la mer, etc.) affectent directement le
milieu marin : diminution de la production de plancton, dégradation des habitats, modification des aires de
répartition des espèces, diminution de la capacité de production d?oxygène et d?absorption du dioxyde de
carbone, etc. Si l?impact du changement climatique sur la dégradation des milieux est aujourd?hui avéré, ce
paramètre majeur reste toutefois difficile à appréhender en l?état des connaissances sur le milieu marin. Ainsi,
les évaluations menées dans le cadre de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin n?intègrent pas en
tant que tel le changement climatique. L?adaptation des méthodologies d?évaluation aux changements
structurels impactant le milieu marin, dont le réchauffement climatique, constitue donc un véritable défi pour
les experts scientifiques.
Un résumé des résultats de l?évaluation pour la façade Sud-Atlantique est disponible en annexe 1b pour
l?ensemble des descripteurs. Vous trouverez ci-dessous les résultats les plus saillants :
? Un état des mammifères marins qui se dégrade
Très présentes sur la façade, certaines espèces de mammifères marins comme les dauphins, marsouins ou
rorquals sont emblématiques de la région. Bien que l?évaluation de ces espèces soit encore partielle, les
dauphins communs et marsouins communs apparaissent comme étant en mauvais état au titre des seuils du
bon état écologique définis en déclinaison de la DCSMM, mettant principalement en cause un nombre trop
important de captures accidentelles (par les activités de pêche) sur l?ensemble des façades où ces espèces
sont présentes. En ce qui concerne les autres espèces de mammifères présents sur la façade, quatre
apparaissent en état inconnu ou ne sont pas évalués, du fait du manque de données (dauphin bleu et blanc,
baleine à bosse, cachalot pygmée et grand cachalot), et six apparaissent en bon état (petit rorqual, rorqual
commun, grand dauphin du large, baleine à bec, dauphin de Risso et globicéphale noir). Les captures
accidentelles ne sont pour l?instant évaluées que pour les dauphins communs et marsouins communs.
? Une évaluation des espèces exploitées à des fins commerciales encore largement inconnue
Avec près de 70 000 tonnes de poissons, céphalopodes et crustacés pêchées par an, appartenant à près de
340 espèces et représentant 35 % de la pêche métropolitaine, la façade Sud-Atlantique constitue l?une des
façades où cette activité est la plus représentée. Comme pour la façade Nord Atlantique-Manche Ouest, plus
du tiers des stocks évalués est en état inconnu du fait d?un manque de données. Comme sur les autres façades
métropolitaines, la proportion de stocks en mauvais état (25 %) est plus importante que celle des stocks en
bon état (20 %). Une amélioration de l?état du maquereau commun et du thon germon est cependant à noter,
ainsi qu?une dégradation de l?état du merlu européen. La gestion des stocks de pêche apparaît donc comme
étant un enjeu primordial afin d?assurer la durabilité de l?activité de pêche.
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
? Une évaluation des oiseaux marins préoccupante, similaire à celle des autres façades
Du fait de leur grande longévité et de leur faible et tardive fécondité, les oiseaux marins sont très sensibles aux
pressions anthropiques. Près d?un tiers des espèces d?oiseaux marins figure ainsi sur la liste rouge des espèces
menacées de l?UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature). Bien qu?encore partielle, car ne
mesurant que l?abondance et certaines caractéristiques démographiques des populations (pas de prise en
compte des captures accidentelles, de la distribution spatiale ou encore de l?état de l?habitat des espèces),
l?évaluation des oiseaux marins au niveau national présente globalement un état inconnu ou mauvais.
Sur la façade, 63 espèces d?oiseaux réparties en cinq groupes d?espèces sont évalués. La façade Sud-Atlantique
et la façade Nord Atlantique-Manche Ouest sont les deux seules façades pour lesquelles un groupe d?espèces
apparaît en bon état parmi lesquels le groupe des échassiers, auquel appartient les bécasses et les gravelots.
Deux autres groupes d?espèces sont en état inconnu (oiseaux herbivores et oiseaux plongeurs benthiques) et
deux sont en mauvais état (oiseaux marins de surface et oiseaux plongeurs pélagiques).
? Une évaluation de l?eutrophisation positive
Les phénomènes d?eutrophisation d?origine anthropique (c?est-à-dire liée aux activités humaines) se sont
multipliés au XXème siècle en raison notamment du développement industriel, de l?agriculture intensive et de
l?accroissement des pressions urbaines le long des côtes. Toutefois, la façade Sud-Atlantique, tout comme la
façade méditerranéenne, est considérée comme étant en bon état au regard de l?eutrophisation à la côte
comme au large. En effet, seul 0,1 % de la surface de la façade est classée comme étant eutrophisée, ce qui
correspond au lac salé d?Hossegor.
? Une évaluation des fonds marins mitigée
Bien que les pertes physiques des fonds marins ne représentent que 0,1 % de la surface de la façade Sud-
Atlantique, on considère que les perturbations physiques des fonds marins s?étendent quant à elles sur environ
37 % de la surface de la façade et concernent plus de 80 % des habitats présents. L?évaluation, encore
incomplète, des habitats de la façade Sud-Atlantique permet toutefois de mettre en évidence le bon état de
trois des sept habitats évalués : les herbiers de zostères et les récifs d?hermelles, habitats à forts enjeux de
conservation, ainsi que les roches et récifs biogènes infralittoraux. Toutefois, l?état des récifs d?hermelles
apparaît comme se dégradant. Les autres habitats évalués sont indiqués à un état inconnu.
Le milieu marin est donc aujourd?hui menacé en raison de nombreuses pressions qui s?y exercent, liées aux
activités humaines. Le niveau et la nature de ces impacts sont variables en fonction du type d?activité.
? Une évaluation des coûts de la dégradation
Les études menées dans le cadre de l?évaluation de l?état écologique des eaux marines portent également sur
les coûts économiques de la dégradation des milieux naturels qui correspondent à l?estimation de l?effort que
la société déploie pour maintenir le milieu marin dans un certain état. La méthodologie repose sur l?évaluation
des coûts associés aux différents dispositifs de gestion du milieu marin existants (dépenses supportées par la
société pour maintenir ou améliorer leur état), organisée par thématique de dégradation ciblée (eutro-
phisation, contaminants?) et type de mesures déployées (mesures d?information et de suivi, mesures de
prévention, mesures de préservation, mesures de remédiation).
Pour la façade Sud-Atlantique, le coût moyen annuel pour l?ensemble des dispositifs de gestion du milieu
marin recensés est estimé à 332 millions d?euros sur la période 2017-2021, représentant 14 % du montant au
niveau national.
La majorité des coûts de la dégradation du milieu marin sur la façade porte sur les questions sanitaires et est
dominée par des mesures de préservation, permettant d?éviter des impacts d?origine anthropique sur le milieu
marin.
43
1.3. Les sites, paysages et le patrimoine naturel
1.3.1. Les sites et paysages de la façade
La façade est composée d?une grande variété de paysages et d?espaces littoraux façonnés par l?histoire
géologique du territoire. En Charente-Maritime, les îles des Pertuis Charentais (Ré, Oléron, Aix, Madame) font
face à des zones humides (vasières et marais) ou à des forêts de production. L?estuaire de la Gironde, le plus
grand d?Europe, délimite ensuite la frontière avec le département du même nom. Marquée par les vestiges du
Mur de l?Atlantique, la côte sableuse et rectiligne de Gironde se poursuit dans les Landes après une
interruption au niveau du Bassin d?Arcachon et de sa célèbre Dune du Pilat. La côte landaise présente
également une particularité mondiale avec le Gouf du Capbreton (canyon sous-marin). Enfin, les côtes
rocheuses du Pays basque bénéficient d?une identité forte, avec notamment la présence de nombreuses
grottes sous-marines. Façonnés par les éléments naturels, ces paysages très attractifs ont été transformés par
des aménagements notamment liés au tourisme et à l?accroissement de la pression urbaine. Ils subissent de
surcroît l?impact de l?érosion côtière.
Le littoral Sud-Atlantique possède également un patrimoine culturel très diversifié (phares, stations balnéaires,
villages ostréicoles, navires historiques, patrimoine sous-marin, etc) et de nombreux sites classés au titre d?un
intérêt paysager, artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque : Dune du Pilat, Marais Poitevin,
Estuaire de la Charente, Marais de Brouage. La protection de ces paysages littoraux est donc indispensable, au
regard notamment de leurs composantes naturelle, historique et culturelle très riches.
Il est essentiel de prendre en compte les usages et dynamiques du littoral, car l?implantation de nouvelles
activités en mer et/ou sur le littoral (éolien, stations d?atterrage?) peut engendrer des conflits paysagers et
nécessiter une réévaluation de l?occupation des sites en fonction des activités susceptibles d?y être
développées. Les politiques d?aménagement du territoire contribuent à la prise en compte de ces évolutions,
notamment par la mise en place de réglementations et de dispositions visant la protection des milieux marins,
terrestres et à l?interface terre-mer.
L?inscription des fortifications de Vauban en 2008 et du phare de Cordouan en 2021 au patrimoine mondial de
l?UNESCO est également un bon exemple de protection, impliquant des restrictions d?activités aux alentours
des sites. Par ailleurs, la valorisation du potentiel patrimonial et paysager du littoral est un enjeu majeur qui
participe à l?identité et à l?attractivité du territoire. Ainsi, la poursuite du classement des sites remarquables
permet d?en assurer une protection renforcée.
L'Île aux Oiseaux © Laurent Mignaux / Terra
44
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.3.2. La gestion du domaine public maritime et le libre-accès au rivage
La vocation des espaces est définie par la planification en mer. La préservation de l?état naturel du rivage a été
consacrée par la loi « Littoral » du 3 janvier 1986. Une gestion durable et intégrée du domaine public maritime
naturel (DPMn) articulée avec la gestion du trait de côte (recul prévisible du trait de côte du fait de l?érosion
naturelle amplifiée par le changement climatique) constitue une politique publique de fort enjeu.
Le domaine public maritime (DPM) de la façade Sud-Atlantique est un espace sensible et convoité géré par
l?État. Selon la vocation de ces sites et espaces, il peut faire l?objet d?interventions du Conservatoire du littoral
et de délégations de gestion aux personnes publiques ou privées. Siège de nombreux usages et occupations, il
est au centre de différents objectifs de développement durable des activités économiques littorales, de
maîtrise foncière, de prévention des risques naturels et sanitaires et de préservation de l?environnement et du
patrimoine naturel côtier et marin.
Pour assurer le libre accès aux rivages, il est nécessaire d?assurer les servitudes longitudinale et transversale de
passage des piétons et l?ouverture de portions de sentier du littoral par la gestion partagée de son aménage-
ment et de son entretien, ainsi qu?en informant le public sur son cheminement.
1.4. Les risques
Les communes littorales de la façade Sud-Atlantique sont soumises à de nombreux aléas (inondation, submer-
sion marine, érosion, mouvements de terrain, feux de forêts, événements accidentels, pollutions, etc.) qui, au
regard d?enjeux croissants (habitations, activités économiques, etc.), conduisent à un niveau de risque élevé
sur la frange littorale.
L?érosion côtière concerne près d?un tiers du littoral de
Nouvelle-Aquitaine. Sa prise en compte dans les démarches
de planification doit permettre d?assurer une plus grande
résilience des territoires littoraux. Le partenariat régional en
cours depuis 1996, pour l?Observatoire de la Côte Nouvelle-
Aquitaine (OCNA), et depuis 2009, pour le Groupement
d?Intérêt Public (GIP) Littoral, y contribue par différents
aspects tels que l?accompagnement des collectivités à la mise
en oeuvre de démarches locales d?aménagement du territoire
ou de gestion de risques (stratégies locales de gestion de la
bande côtière) et la facilitation à la mise en oeuvre des
dispositions de la loi Climat et Résilience d?août 2021 visant
l?adaptation des territoires littoraux au recul du trait de côte.
À ce titre, quarante-six communes de Nouvelle-Aquitaine ayant intégré la liste issue du décret du 10 juin 2024
doivent réaliser une cartographie d'évolution du trait de côte à court (0-30 ans) et long (30-100 ans) termes afin
de pouvoir mobiliser les outils spécifiques prévus par cette loi. Par ailleurs, les collectivités et leurs partenaires
se mobilisent aux côtés de l?État pour s?engager dans des projets de territoires intégrant le recul du trait de
côte et la nécessaire recomposition spatiale (projets partenariaux d?aménagement « recul du trait de côte »).
La façade concentre également de nombreuses activités industrielles, génératrices de risques technologiques
tels que ceux notamment liés à la centrale nucléaire du Blayais. Certaines d?entre elles sont en outre situées sur
des zones à forts risques naturels. La mise en place de mesures de sûreté appropriées et une surveillance
accrue représentent des enjeux prioritaires. Des mesures réglementaires, telles que des plans de prévention
des risques technologiques, ont ainsi été mises en place afin d?assurer la sécurité des populations et des biens.
Le littoral présente également une sensibilité particulière aux risques sanitaires, du fait de sa situation
d?interface entre différents milieux (marin, fluvial, estuarien et terrestre), de la multiplicité des activités
potentiellement polluantes et de la concentration de la population sur des territoires restreints.
Érosion côtière à Biscarosse © Thierry Degen / Terra
45
Ainsi, afin de répondre aux forts enjeux de santé publique, des profils de vulnérabilité et des dispositifs
d?alertes ont été mis en place pour évaluer la sensibilité des zones de baignade aux pollutions et prévenir les
risques éventuels. À titre d?exemple, suite à des constats de troubles respiratoires potentiellement liés à sa
présence, un programme de surveillance de l'abondance de la microalgue marine Ostreopsis a été mis en place
en 2021 dans les eaux de baignade du Pays basque pour évaluer et gérer les risques associés aux activités
récréatives pendant la période estivale. La réduction des risques sanitaires liés à la contamination
bactériologique des zones de production conchylicoles et de pêche à pied est aussi un enjeu majeur pour la
conchyliculture de Charente-Maritime. Depuis 2017, l?élaboration de ces profils est pilotée par le Conseil
Départemental et financée en partie par les programmes des agences de l?eau Adour-Garonne et Loire-
Bretagne. Ces démarches doivent être poursuivies pour les zones conchylicoles et de pêche afin de mieux
connaître le milieu et définir des mesures de protection et d?amélioration de la qualité des eaux dans le but de
garantir le maintien de l?ensemble des usages.
Le développement de la culture du risque au sein des populations littorales, permanentes et saisonnières, est
primordial et doit permettre de mieux appréhender les évolutions à venir compte tenu du changement
climatique (développement des micro-algues toxiques, de bactéries, de virus, élévation du niveau de la mer?).
Les projections en termes de changement et réchauffement climatique prévoient une augmentation accrue
des risques naturels :
? de submersion marine et inondations par une augmentation du niveau de la mer, de la fréquence des
tempêtes et événements extrêmes ;
? de feux de forêt, y compris sur l?estran, de part le massif forestier très développé sur la façade ;
? d?intrusion saline dans les nappes souterraines exploitées en frange littorale par une augmentation des
prélèvements souterrains, pouvant conduire à l?arrêt irréversible de leur utilisation, et très vite limiter
les ressources en eau.
Enfin, la fréquence et l?intensité des événements climatiques, combinées à l?accroissement de la population et
de l?activité économique littorale nécessitent une démarche de réflexion globale et concertée pour assurer la
protection des populations. Plusieurs engagements tels que la mise en oeuvre de stratégies nationales ou
régionales de gestion du risque (stratégie de gestion de la bande côtière et stratégie de gestion du risque
inondation notamment) ont été pris et doivent être poursuivis au niveau local. Le territoire de la Nouvelle-
Aquitaine s?est positionné en pointe sur la question de la gestion des risques littoraux et la résilience des
territoires côtiers par des stratégies adaptées et ambitieuses, répondant également aux objectifs fixés dans les
plans nationaux d?adaptation au changement climatique (PNACC) visant notamment à « protéger la
population des conséquences du recul du trait de côte en repensant l'aménagement des territoires exposés ».
1.5. La connaissance, la recherche, l'innovation et la formation
1.5.1. Recherche et innovation
La recherche nécessite l?acquisition de données. Pour cela, différents programmes, bases de données et
dispositifs de suivi sont menés sur les problématiques variées du littoral Sud-Atlantique, dont le patrimoine
naturel marin et l?évolution de trait de côte. L?essor des sciences participatives permet en outre de fournir de
nouvelles données, soulever de nouvelles questions et créer un réseau d?alerte et de surveillance d?un nouveau
genre. La masse de données ainsi recueillie nécessite d?être bancarisée et valorisée pour identifier, développer
et partager les connaissances nécessaires à la conduite de la politique maritime et littorale de la façade.
Par ailleurs, des programmes de recherche variés et interdisciplinaires sont menés par les différents organismes
de recherche de la façade (notamment les unités mixtes de recherche du CNRS et des Universités de Bordeaux
et La Rochelle, l?Université de Pau et des Pays de l?Adour, l?IFREMER, l?INRAE et le LabEx COTE, etc.). Ces
structures portent parfois des programmes de recherche nationaux ou locaux spécifiques sur les milieux
marins. Par exemple, le GIP Littoral accompagne les collectivités littorales dans l?élaboration de leurs projets
par de la mise en réseau et du partage de méthodes pour décliner, sur chaque secteur, les principes
d?aménagement et de gestion durable. CAPENA apporte entre autres une expertise technique et scientifique
46
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
aux acteurs des filières pêche et aquaculture, ainsi qu?aux acteurs publics et privés. Les parcs naturels marins
mettent également en oeuvre des observatoires et des programmes de suivi des milieux et des espèces
faunistiques. Le groupement d?intérêt scientifique littoral basque fait émerger, quant à lui, des projets de
recherche et développement en adéquation avec les besoins des collectivités à l?échelle transfrontalière. Un
projet de pôle océanographique aquitain visant à regrouper différents acteurs de la recherche littorale a été
relancé en 2023. La mise en réseau des acteurs régionaux est un enjeu majeur afin d?améliorer les
connaissances sur les milieux marins et de permettre le développement durable des activités.
Pour la façade Sud-Atlantique, au vu du tissu économique diversifié, l?innovation, notamment dans le secteur
de la construction navale très sensible à la demande internationale, est un défi majeur. L?introduction de la
dimension environnementale au sein des différentes filières constitue un enjeu fort qui permettra l?essor d?une
croissance bleue respectueuse des milieux marins. Le Grand Port Maritime de Bordeaux et les acteurs de l?eau
ont initié la mise en place de jumeaux numériques du fleuve, avec pour objectif de créer un référentiel
commun de modélisation des impacts du changement climatique.
1.5.2. Formation maritime
Sur la façade Sud-Atlantique, des établissements d'enseignement maritime (lycée maritime de la Rochelle et
Ciboure, lycée de la mer de Bourcefranc et Gujan-Mestras) délivrent un large panel de formations maritimes.
Dispensées par la voie scolaire, l'apprentissage ou la formation continue, ces dernières permettent d'exercer
des fonctions aussi bien au pont qu'à la machine dans tous les secteurs professionnels (pêche, cultures
marines, commerce, plaisance) et à plusieurs niveaux de responsabilité.
Au-delà des métiers de navigants, de nombreux métiers de la mer sont représentés en Nouvelle-Aquitaine
grâce à une offre de formation variée (maintenance nautique, plasturgie et composites?), également offerte
dans l'enseignement supérieur (BTS ou formations universitaire de haut niveau). D'autre part, des structures
publiques en partenariat avec les professionnels délivrent des formations plus spécifiques aux loisirs nautiques.
Atelier de ramendage du lycée maritime et aquacole de La Rochelle © Jacky Grange / LMA de La Rochelle
47
Depuis 2015, la formation professionnelle maritime fait l'objet d'une profonde réforme afin d'adapter et
moderniser les référentiels au plus près des métiers. En effet, les filières maritimes de naviguant, et notamment
celles de la pêche et des cultures marines, souffrent d?un manque d?attractivité. Or, pour assurer la continuité
de certaines activités professionnelles et faire face aux nouveaux métiers promis par l?émergence de nouvelles
technologies (nautisme, production d?énergie), les besoins sont considérables et les formations qui
correspondent à ces métiers conditionnent dès aujourd?hui la pérennité et la maîtrise des savoir-faire. Le
gouvernement a donc mis en place une politique d?attractivité des métiers de la mer déclinée en 2022 en Sud-
Atlantique dans le cadre du plan de relance. Différents porteurs de projets emblématiques de la façade ont
ainsi été mobilisés autour d?actions concrètes (site internet dédié à l?orientation, salons/forums, capsules
multimédia, podcast?) pour adapter les formations des métiers de la mer d?aujourd?hui à ceux de demain et
améliorer la communication.
Pour répondre aux enjeux de formations adaptées à la réalité des métiers et des besoins en Sud-Atlantique,
plusieurs actions ont été engagées. A titre d?exemple, un partenariat entre la région et les autorités
académiques (éducation nationale, DRAAF) a été conclu pour élaborer une carte des formations et ainsi
répondre aux besoins des entreprises. Ces travaux devraient s?intensifier dans les années à venir pour se
préparer aux besoins futurs (comme les métiers de l?éolien en mer ou ceux autour des nouveaux modes de
propulsion, de la déconstruction, de l?économie circulaire...) et faire face à l?évolution du marché de l?emploi.
L?encadrement des activités nautiques et subaquatiques rentre dans le cadre des professions réglementées par
le code du sport. Elles obligent les encadrants à détenir un diplôme reconnu par l?état. Ces formations sont
délivrées par des structures publiques (CREPS de Bordeaux surf, plongées.) et ou privé (fédération délégataire,
Canoë Kayak, voile, UCPA etc.). Les fédérations dispensent également des formations d?encadrement des
licencié(e)s dans les clubs tout au long de l?année.
1.5.3. Sensibilisation
Un grand nombre d?actions de sensibilisation des usagers de la mer et du grand public est mené par les
services et opérateurs de l'État ainsi que par les collectivités territoriales, les professionnels de la mer, les
acteurs des sports nautiques, dont les fédérations nautiques sportives et les associations qui oeuvrent pour la
protection de l'environnement marin. A titre d?exemple, plusieurs aires marines éducatives existent sur la
façade pour faire découvrir ces milieux en impliquant les élèves autour d?un projet pédagogique et écocitoyen
de connaissance et de protection du milieu marin.
De nombreuses manifestations de sensibilisation des milieux marins sont mises en place par les clubs et
acteurs fédéraux en direction de leurs licenciés et du grand public (nettoyages de plages, expositions,
commissions dédiées, comptage espèces faune et flore, etc.). Ces activités constituent un important levier de
sensibilisation au milieu marin notamment par leurs implications dans les sciences participatives en lien avec
des organisations scientifiques (IFREMER, Muséum National d'Histoire Naturelle Paris).
D?autre part, la Nouvelle-Aquitaine compte 5 Centres Permanents d?Initiative pour l?Environnement (CPIE) sur
son littoral. Ce réseau associatif labellisé agit en faveur du développement durable soit en accompagnant les
territoires au service des politiques publiques et des projets d?acteurs (collectivités, entreprises...), soit par des
actions de sensibilisation et d?éducation de tous à l?environnement. A titre d?exemple, la campagne « L?écho
de nos gestes, pour une plaisance responsable » est une initiative destinée à promouvoir auprès des usagers et
des professionnels de l?océan des pratiques respectueuses de l?environnement et de la biodiversité. Pour cela,
le CPIE Seignanx-Adour des Landes est ambassadeur depuis 2016.
Enfin, par leurs projets structurants et les études d?impact menées, les acteurs professionnels dont les
industriels contribuent grandement à améliorer l?état des connaissances sur les milieux marins et favorisent par
leurs activités la sensibilisation de tout un chacun aux espaces maritimes et littoraux.
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.6. Les initiatives locales de planification ou de gestion intégrée
de la mer et du littoral
1.6.1. Le cadre juridique
L?évolution de la planification des espaces maritimes et littoraux est le résultat d?un contexte international et
européen (directives cadre) et d?une dynamique à la fois nationale (stratégie nationale pour la mer et le
littoral) et portée par et au sein des territoires (collectivités, acteurs socio-professionnels, associatifs et
scientifiques).
Cadre de référence à l?échelle de la façade pour la planification de l?espace maritime et de l?interface terre
mer, le DSF est l'outil qui organise l'aménagement des espaces maritimes sous juridiction et souveraineté
nationales, ainsi que les activités s'y rapportant. À ce titre, il instaure une cohérence d?ensemble que ne
peuvent assurer seules les planifications sectorielles menées à terre ou en mer, portées par l?État (SRDAM,
éolien flottant, projet stratégiques des grands ports maritimes), ses établissements publics (charte et plan de
gestion de parcs) ou les collectivités (SRADDET, SCoT et volet valant SMVM, etc.).
D?un point de vue juridique, il s?inscrit dans un rapport d?opposabilité et de prise en compte avec les
documents de planification de rang inférieur, notamment le Plan Local d?Urbanisme (PLU) ou le Schéma de
Cohérence Territorial (SCOT). Le DSF fixe un cap que ces documents, à une échelle plus locale, doivent
respecter. Ces modalités sont précisées dans le préambule (Partie 1.3). Le DSF doit permettre, au-delà de son
opposabilité, d?accompagner les collectivités et porteurs de projets dans leur démarche de planification.
1.6.2. Les outils de planification
Si la mer est un espace régalien, le développement des activités en mer est aussi un enjeu territorial : tourisme,
infrastructures portuaires (plaisance, pêche et commerce), développement des énergies marines renouve-
lables. Face à la densité croissante des usages de la mer et la prise en compte des impacts cumulés dus aux
activités humaines, les outils de gestion et de planification en mer et sur le littoral favorisent la création de
synergie pour une bonne cohabitation des usages en mer et sur la frange littorale. La gouvernance ainsi mise
en place nécessite l?implication de tous les acteurs et usagers de la mer et du littoral afin d?intégrer une
pluralité d?intérêts divergents et d?aboutir à une vision à horizon 2050 qui soit partagée par tous.
De nombreux acteurs aux compétences propres interviennent en matière de planification et de gestion
intégrée de la mer et du littoral. Les collectivités territoriales sont compétentes pour divers secteurs liés aux
activités maritimes, économiques et portuaires, de loisir ou de plaisance. Il s?agit en Sud-Atlantique de la
région Nouvelle-Aquitaine, des quatre départements de la façade ainsi que des communes et leurs
groupements. Les acteurs socio-professionnels et scientifiques (syndicats mixtes, établissements publics,
gestionnaires d?espaces protégés, fédérations et associations) contribuent à cette gestion intégrée en assurant
la conservation et l?animation d?espaces en apportant leur expertise ou en aidant à la décision.
Carrelets de pêche à Mortagne-sur-Gironde © Laurent Mignaux / Terra
49
Par ailleurs, les établissements publics (Office français pour la biodiversité, Agence de l?eau...) et instituts
scientifiques (Ifremer - Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer, CEREMA - Centre d?études
et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement) apportent leurs expertises dans
le processus de planification de l?espace maritime. Le Conservatoire du littoral mène quant à lui une politique
foncière de sauvegarde des espaces. Parmi les acteurs professionnels figurent les Comités régionaux des
pêches maritimes et des élevages marins, l?Union nationale des producteurs de granulats, le Réseau de
transport d?électricité, les Grands ports maritimes (La Rochelle, Bordeaux). France Nature Environnement et
l?Association des ports de plaisance de l?Atlantique sont des acteurs associatifs.
Sur la façade Sud-Atlantique, l?enjeu de l?interface entre le domaine public maritime et les espaces terrestres
est primordial, notamment pour garantir une gestion durable de la ressource en eau dans les territoires à
commencer par la frange côtière. La lutte contre l?érosion, la mise en oeuvre de la loi Climat et Résilience ainsi
que la politique de l?eau nécessitent une collaboration étroite entre les collectivités et l?État dans
l?aménagement du littoral. Cette gestion est tout particulièrement examinée par les Comités de bassin Loire
Bretagne et Adour Garonne à travers l?élaboration de leur Schéma directeur d?aménagement et de gestion des
eaux (SDAGE), et déclinée par des contrats territoriaux avec les communes et intercommunalités littorales.
Elles est aussi traitée dans les différents documents de planification, en particulier les Schémas
d?Aménagement et de Gestion des Eaux (SAGEs).
Cette planification par « schémas » permet d?identifier et de prioriser des enjeux locaux, notamment la
protection des habitats naturels face à l?urbanisation. En Nouvelle-Aquitaine, le Conseil Régional est aussi un
acteur important de l?économie maritime et littorale (FEAMPA, FEDER, acquisition de connaissances, gestion
des ports de commerce régionaux et formation). En termes d?outils de planification, le Schéma régional
d?aménagement, de développement durable et d?égalité des territoires (SRADDET), élaboré par la Région, doit
obligatoirement intégrer les objectifs du DSF, en particulier ceux relatifs à la préservation des écosystèmes
marins, au développement des énergies marines renouvelables, et à la gestion des risques côtiers.
À échelle locale, la planification de l?urbanisme dispose d?outils stratégiques articulés à différents échelons et
comportant plusieurs mesures ou orientations relatives au littoral ou au domaine maritime. Ainsi, les Schémas
de Cohérence Territoriale (SCOT) et les Plans Locaux d?Urbanisme (PLU) doivent être compatibles avec les
orientations du DSF. Cela se traduit dans les SCOT par une prise en compte des dynamiques littorales dans
l?aménagement du territoire et la gestion des zones inondables. Les PLU doivent, quant-à-eux, inclure des
dispositions pour protéger des sites sensibles, et peuvent restreindre la construction dans certaines zones
côtières, conformément aux objectifs du DSF.
Nombre de communes sont également couvertes par des espaces protégés réglementaires, fonciers ou
contractuels, caractéristiques du bord de mer. Parmi eux, la façade compte 2 Parcs naturels marins (Bassin
d?Arcachon et Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis) ainsi que 61 aires marines protégées (AMP) dont
22 sites Natura 2000 au titre de la directive Habitats Faune Flore et 15 sites Natura 2000 au titre de la directive
Oiseaux.
Enfin, la politique de gestion des risques, notamment littoraux, repose sur 4 piliers : information, prévention,
protection et gestion de crise pour atténuer les conséquences lors de la survenance d?un risque. Les études
stratégiques locales permettent de déterminer la sensibilité du territoire aux aléas, de partager la connaissance
du risque avec les acteurs locaux et de définir collectivement les meilleurs outils : les plans de prévention des
risques naturels (PPRN), les plans de prévention des risques inondation (PPRI)?
Ces différents outils, représentés de manière simplifiée dans l?annexe 8 (hors démarches de planification
sectorielle dédiées à des activités spécifiques), contribuent à cette dynamique intégrée (planification terrestre
ou mixte, dispositifs concourant à la gestion des usages, en mer comme sur le domaine public maritime).
Les différentes activités présentes sur la façade Sud-Atlantique
ainsi que les habitats écologiques et les espèces à enjeux ont fait l?objet
de représentations cartographiques présentées dans les pages suivantes.
50
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.6.2.1. Carte de synthèse des enjeux écologiques de la façade Sud-Atlantique
51
1.6.2.2. Carte de synthèse des enjeux socio-économiques de la façade Sud-Atlantique
52
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 53
1.7. Les interactions entre activités et avec l'environnement
1.7.1. Interactions entre activités
Dans un contexte de multiplicité des usages en mer et sur le littoral, une gestion harmonieuse des activités est
nécessaire afin d?assurer leur compatibilité spatiale et temporelle.
La temporalité des activités est essentielle à considérer dans le cadre de la planification de l?espace maritime.
Deux facteurs structurants sont à prendre en compte : la saisonnalité (ouverture de la pêche pendant une
période spécifique, activité de transport maritime et tourisme plus ou moins importants selon la période) et
une temporalité propre à chaque projet (phase de chantier, de fonctionnement, aquaculture?). Ainsi, des
activités peuvent être incompatibles à une période de l?année et cohabiter parfaitement le reste du temps.
Sur la façade Sud-Atlantique, deux territoires apparaissent particulièrement comme des zones de fortes
contraintes compte tenu du nombre élevé d?activités en présence : le secteur de la mer des Pertuis et le Bassin
d?Arcachon. Ces zones sont également marquées par une forte saisonnalité des activités : la fréquentation
touristique durant la période estivale rend les conflits d?usages d?autant plus forts notamment entre les
professionnels et les autres usagers de la mer.
L?implantation des parcs éoliens au large des côtes nécessite une analyse spécifique sur la
cohabitation/conciliation des usages selon les différentes phases du projet. En effet, le déploiement de l?éolien
doit prendre en compte les activités préexistantes comme la pêche, le trafic maritime ou les activités relevant
de la défense nationale. La planification et la concertation avec les acteurs concernés devront faciliter les co-
usages dans les secteurs de projets.
Si certaines activités peuvent sembler incompatibles sur une même zone, la planification de l'espace permet
de gérer cette incompatibilité. A contrario, les énergies marines renouvelables (EMR) vont permettre de créer
une nouvelle filière industrielle, localisée en particulier au sein des zones industrialo-portuaires du fait des
activités qu?elles génèrent.
De plus, et conformément à la stratégie nationale de sûreté des espaces maritimes, la planification spatiale et
le développement des EMR doivent intégrer les enjeux de sécurité nationale. Il s?agit non seulement d?intégrer
les enjeux de sûreté de ces installations mais également de s?assurer que ces installations répondent aux
exigences plus larges de sécurité nationale et qu?elles n?entravent pas notre capacité collective à assurer la
défense de la Nation, la sécurité et liberté de la navigation ainsi que la protection des intérêts nationaux. Elles
devront aussi répondre à l?enjeu de restauration des écosystèmes marins.
Si les activités de production (pêche professionnelle, conchyliculture) ou la proximité de stations balnéaires
imposent la limitation de certaines activités telles que le dragage, le clapage et les énergies marines
renouvelables, la détermination des règles d?usages permet de concilier l?ensemble des activités y compris
récréatives et de tourisme (baignade..).
De la même façon, dans les secteurs de la côte sableuse et de la côte basque, les activités de pêche
professionnelle et les activités récréatives et touristiques sont tout à fait compatibles entre elles, sous réserve
d'une prise en compte réciproque et du respect de la réglementation.
En plus des interactions entre activités purement maritimes, on note également l'existence d'enjeux terre-mer,
notamment entre l'ostréiculture et la pêche d'une part, et la pollution diffuse ainsi que la gestion de la
ressource en eau d'autre part. Les activités ostréicoles et de pêche sont dépendantes de la qualité et de la
quantité d'eau qui leur parviennent via les cours d'eau. Les interactions sont particulièrement marquées l'été
en période de sécheresse et de canicule, où l'eau est plus chaude et se déverse en moindre quantité ainsi
qu'en cas de fortes pluies en hiver, ce qui impacte le niveau de salinité du bassin et peut conduire à la montée
en charge du réseau d'assainissement. La multiplication des événements climatiques majeurs peut ainsi
impacter la qualité de la ressource en ce qui concerne les zones de frayères et de nourriceries, ainsi que le
cycle de vie de certains poissons. Le recours aux intrants chimiques nuit également à la bonne qualité de l'eau
et a des conséquences sur les activités conchylicoles et de pêche de la façade maritime.
54
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Enfin, les interactions entre logements résidentiels de bord de mer et activités professionnelles nécessitant la
proximité immédiate de la mer sont générateurs de conflits potentiels.
Un autre enjeu, commun à l'ensemble des activités maritimes et littorales, est la disponibilité des "accès à
terre" qui peut entraîner des conflits d?usages, ou être générateurs de nuisances néfastes à d?autres activités.
Les zones côtières qui accueillent des activités professionnelles de pêche et d?aquaculture, sont des zones de
fortes interactions entre activités professionnelles (pêche, aquaculture) et de loisir (plaisanciers, pratiquants de
sport nautique), avec l?émergence possible de conflits, notamment en période estivale. De même, des tensions
entre plaisance et navigation ou pêche récréative peuvent avoir des enjeux similaires en matière de conditions
de sorties (plongée versus chasse sous-marine ou pêche embarquée, motonautisme versus voiles). La
conciliation spatiale et temporelle est à rechercher quand ces activités sont pratiquées au sein d?un même
espace, constituant ainsi un enjeu majeur de la planification.
Ainsi, l?ensemble du développement économique a vocation à s?appuyer sur une approche écosystémique
privilégiant la recherche de synergie et la collaboration entre les acteurs, pour envisager les co-usages.
1.7.2 Interactions entre activités et environnement
Le règlement (UE) 2024/1991 du Parlement européen et du Conseil du 24 juin 2024 relatif à la restauration de la
nature prévoit la mise en place des mesures en vue de restaurer les habitats dégradés, à la fois terrestres et
marins. Il vise ainsi à couvrir, d?ici 2030, 20 % des terres et 20% des mers de l?UE par des mesures de
restauration et d?ici 2050 tous les écosystèmes dégradés. A cette fin, il définit des objectifs contraignants à
horizon 2030, 2040 et 2050 en termes de résorption des lacunes de connaissance, de prise de mesures de
restauration sur les habitats dégradés, de recréation d'habitats et d'augmentation de la qualité et de la
quantité d'habitats d'espèces. Pour le milieu marin, il doit permettre de renforcer la mise en oeuvre des
directives existantes, dont la DCSMM.
Ces éléments feront l?objet du plan national de restauration, que les Etats membres ont l?obligation de
transmettre à la Commission européenne le 1er septembre 2026 au plus tard.
L'élaboration de ce plan s'appuiera sur les mesures existantes qui peuvent être valorisées au titre de
l'application de ce règlement, et notamment certaines mesures prévues ou reprises par les DSF, comme par
exemple celles relevant du développement de la protection forte.
Par ailleurs, le développement des activités anthropiques interagit avec le milieu marin. Les activités
bénéficient des services écosystémiques offerts par un milieu marin en bonne santé, par exemple en rendant
les ressources halieutiques disponibles pour la pêche. Les activités peuvent générer des pressions sur le milieu
marin (modifications du milieu, pollutions, surexploitation, espèces non-indigènes?) et conduire à des impacts
sur les espèces et habitats. Toutefois, la limitation de ces impacts sur le milieu marin est de plus en plus
intégrée dans les pratiques des entreprises et très encadrée par les différentes réglementations, qu?elles soient
locales, nationales ou européennes. Les acteurs de la mer sont en questionnement permanent pour
développer des bonnes pratiques respectueuses des milieux marins.
Face à ces pressions et impacts, plusieurs normes internationales ont été édictées au fil des années pour
encadrer le transport maritime tant sur la question des déchets, des espèces non indigènes avec la mise en
place de systèmes de filtration des eaux de ballast que sur la pollution atmosphérique avec l?instauration de
zones de contrôle des émissions atmosphériques (NECA). Chacun de ces impacts est par ailleurs bien pris en
compte dans les études d?impact préliminaires à la délivrance des autorisations. L?étude des interactions
« milieu marin/activités » est donc essentielle pour planifier l?espace maritime et littoral de façon à assurer la
cohabitation d?activités, suivant des modalités notamment compatibles avec l?atteinte du bon état écologique
des eaux marines.
55
25 M
-25 M
0 M
56
Modélisation topographique du Bassin d'Arcachon
à partir du modèle numérique de terrain Litto 3D®
(vue maillée du terrain issu d'un moyennage des échos
lidars- mailles de 5 mètres)
Source : Litto 3D® Nouvelle-Aquitaine 2024 (SHOM-IGN)
Traitement et réalisation : DIRM SA/MML - Mai 2025
Li
tt
o3
D
®
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Les matrices ci-après ? non exhaustives ? permettent de représenter de manière visuelle ces interactions. Leur
objectif est de donner un aperçu global et synthétique de l?existence de pressions et d?impacts potentiels des
secteurs d'activités sur le milieu marin au regard des descripteurs du Bon état écologique. Elles peuvent ainsi
permettre de mieux faire le lien entre les livrables du volet Analyse économique et sociale (AES) et celui du
bon état écologique dans les stratégies de façades maritimes. La première matrice porte sur les pressions
générées par les secteurs d?activités sur le milieu marin : le texte de la cellule précise cette relation de pression
potentielle entre l?activité (en entrée de ligne) et le descripteur d'état (en entrée de colonne). La seconde
matrice porte sur les impacts générés par les secteurs d?activités sur le milieu marin : le texte de la cellule
précise cette relation d?impact potentiel entre l?activité (en entrée de ligne) et le descripteur de pression (en
entrée de colonne). Une case vide indique une absence - à priori - de relation.
Ces matrices n?ont pas vocation à illustrer de manière complète et détaillée l?ensemble des pressions et
impacts s?exerçant sur le milieu marin et impliquent des précautions de lecture. Par exemple, les niveaux de
pression et d?impact peuvent varier suivant le type de pratique ou l?intensité associés à chaque activité ou
suivant les endroits où cette activité se déroule. Par souci de synthèse, seules les activités anthropiques
générant des pressions avérées sur le milieu marin sont représentées.
Cette matrice présente les interactions entre les activités maritimes, les habitats et les espèces. Elle a été
construite sur la base de la bibliographie existante et de dires d?experts dont les sources sont précisées en
annexe 1 relative au diagnostic de l?existant de la présente stratégie de façade.
57
Lège-Cap-Ferret © Matthieu Melsbach / DIRM SA
MATRICE 1 : Les pressions potentielles générées par les secteurs d'activités sur le milieu marin
Les activités ci-dessous ?
peuvent entraîner des
impacts sur les composantes
suivantes ?
Espèces non-
indigènes (ENI)
Changements
hydrographiques Eutrophisation
Agriculture Prélèvement d'eau par les activités agricoles
au dépend de la zone côtière
Rejets potentiels de substances nutritives
(azote et phosphate issus d'épandage
d'engrais et d'effluents organiques)
Aquaculture
En cas d'élevage d'espèces non
indigènes, potentiel échappement
risquant la diffusion de certaines
maladies et des espèces associées
Modification des régimes de courants,
marées, vagues, de la nature de fond et de la
turbidité
Rejets locaux potentiels de nutriments et de
matière organique (pisciculture)
Câbles sous-marins Risque d'installation d?ENl sur les câbles
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de la pose Modification de la turbidité lors de la pose
Construction navale
Énergies marines
renouvelables (EMR)
Risque d'installation d?ENl sur les
installations EMR
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de la pose Modifications de la turbidité lors de la pose
Extraction de
minéraux
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité Remise en suspension de nutriments
Industries Risque d'introduction d?ENl
Rejets potentiels d'eau à une
température plus élevée que l'eau
prélevée
Rejets potentiels de matière organique et
contaminants affectant la production
primaire
Pêche de loisir Risque d'introduction d?ENl lié au transfert
entre différents sites de pêche à pied
Pêche
professionnelle Risque d'introduction d?ENl
Modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité suivant les techniques de pêche
Plaisance et
nautisme
Risque potentiel d'introduction d?ENl pour
la grande plaisance
Risque de remise en suspension de
sédiments liés notamment aux ancrages Rejets potentiels de matière organique*
Tourisme, baignade
et fréquentation des
plages
Risque d'introduction d?ENl Rejets potentiels de matière organique
Transports maritimes
et ports
Risque d?introduction d?ENl via les eaux de
ballast et la présence éventuelle de
biosalissures sur les coques et
équipements
Modification potentielle de l?hydrodynamisme
et de la turbidité liées à la construction
d?aménagements portuaires
Rejets de matière organique et
contaminants affectant la production
primaire
Dragage / clapage Risque de remise en suspension de
sédiments et modifications de la turbidité
Rejets potentiels de matière organique et
contaminants affectant la production
primaire
* Ne s?appliquent pas aux bateaux avec marquage « CE », qui doivent être accompagné de documents spécifiques et répondre à certaines obligations,
en application de la réglementation européenne qui encadre, depuis le 16 juin 1998, la construction des bateaux de plaisance et, depuis le 1er janvier
2006, des véhicules nautiques à moteur mis sur le marché européen.
58
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Contaminants Questions sanitaires Déchets marins
Bruit
sous-marin
Rejets potentiels de substances
chimiques (produits
phytopharmaceutiques)
Rejets potentiels de substances
chimiques (produits
phytopharmaceutiques)
Rejets potentiels de déchets via le
ruissellement et les cours d'eau
Risque potentiel de diffusion de
certaines maladies Rejets potentiels de déchets
Émissions ponctuelles de bruits
(installation des infrastructures et
récolte)
Rejets potentiels de contaminants
(métaux lourds, éléments chimiques) via
l'usure des câbles anciens non ensouillés Rejets potentiels de déchets
Émissions ponctuelles de bruits (pose et
entretien des câbles)
Rejets potentiels de contaminants
(métaux lourds, éléments chimiques)
Rejets potentiels de substances
chimiques Rejets potentiels de déchets
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques lors
de la remise en suspension de sédiments
liée à la pose
Émissions ponctuelles de bruits (pose
et entretien) et champs
électromagnétiques
Remise en suspension de sédiments
Émissions ponctuelles de bruits sous-
marins
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques
Rejets potentiels de déchets dangereux
(amiantés, médicaux, huiles minérales et
synthétiques, plastiques...)
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Risque de pertes d'engins en plomb
Rejets potentiels de déchets et risque de
pertes d'engins
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Risque de contamination par
hydrocarbures
Rejets potentiels de déchets et risque de
pertes d'engins
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Risque de contamination par
hydrocarbures et via les eaux de fond de
cale, des eaux noires et grises et des
peintures antisalissures*
Risque d'introduction d'organismes
pathogènes Rejets potentiels de déchets
Emissions potentielles de bruits sous-
marins
Rejets en contaminants chimiques
(résidus médicamenteux, crèmes
solaires et protection, etc.)
Rejets de contaminants et risque
d'introduction ou de concentration en
organismes pathogènes microbiens Rejets potentiels de déchets
Rejets de contaminants (dégazage,
collisions, avaries, échouages, aire de
carénage, zone d'avitaillement)
Rejets de contaminants (dégazage,
collisions, avaries, échouages, aire de
carénage, zone d'avitaillement)
Rejets potentiels de déchets (sacs
poubelles, détritus, pertes de
conteneurs)
Émissions de bruit continu générées
par le trafic maritime
Risque de remise en suspension de
contaminants (éléments traces
métalliques, PCB, hydrocarbures, TBT,
etc.)
Rejets potentiels de contaminants
chimiques, biologiques et physiques et
risque d'introduction d'organismes
pathogènes
Émissions ponctuelles de bruits lors des
dragages
59
MATRICE 2 : Les impacts potentiels induits par les secteurs d?activités sur le milieu marin
Les activités ci-dessous ?
peuvent entraîner des
impacts sur les
composantes suivantes ?
Habitats
benthiques
Habitats
pélagiques
Tortues et
mammifères marins
Agriculture
Apports potentiels en éléments nutritifs et
contaminants impactant le cycle de vie des
espèces
Apports potentiels en éléments nutritifs et
contaminants impactant le cycle de vie des
espèces
Apports potentiels en contaminants impactant
les individus et leur cycle de vie
Aquaculture
Modifications potentielles du substrat par
envasement et pertes potentielles d'habitats
benthiques lors de la mise en place des
infrastructures d'élevage
Risque d'apports en éléments exogènes
susceptibles d?avoir un impact sur le plancton
Risques de pertes et de modifications
d?habitats liées aux infrastructures d'élevage et
à l?envasement
Câbles sous-marins
Risque de pertes ou modifications des
habitats benthiques liées à la modification de
l?hydrodynamisme et de la turbidité lors de
l?installation, au changement de substrat et
au risque d?installation d?ENI
Modifications de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de l?installation pouvant impacter
les communautés planctoniques
Risque de champs électromagnétiques pouvant
conduire à des dérangements d?espèces
Construction navale Apports potentiels en contaminants
impactant le cycle de vie des espèces
Apports potentiels en contaminants impactant
le cycle de vie du plancton
Énergies marines
renouvelables (EMR)
Risque de pertes ou modifications des
habitats benthiques liées à la modification de
l?hydrodynamisme et de la turbidité lors de
l?installation, au changement de substrat et
au risque d?installation d?ENI
Modifications de l?hydrodynamisme et de la
turbidité lors de l?installation pouvant impacter
les communautés planctoniques
Risque de blessure, de perturbation et de perte
d'habitat lié au bruit sous-marin en phase
travaux
Extraction de
minéraux
Risque de pertes ou modifications des
habitats benthiques liées à la modification de
l?hydrodynamisme et de la turbidité et risque
d?apport de contaminants impactant les
espèces ; Extraction potentielle et
involontaires d?espèces
Modifications de l?hydrodynamisme, de la
turbidité et apport de contaminants pouvant
impacter les communautés planctoniques
Risque de perturbations sonores
Industries
Pertes et modifications d'habitats benthiques
liées aux risques d?introduction d?ENI et
d?apports en contaminants
Risque d?introduction d?ENI et apports
potentiels en contaminants impactant le cycle
de vie du plancton
Apports potentiels en contaminants impactant
les individus et leur cycle de vie et
dérangements sonores
Pêche de loisir
Pertes et modifications d'habitats benthiques
liées à certaines techniques de pêche et au
risque d?introduction d?ENI
Risques de dérangements sonores et visuels
Pêche
professionnelle
Pertes et modifications d'habitats benthiques
liées à certaines techniques de pêche
Risque de perturbation du cycle trophique par le
prélèvement d'espèces planctivores
Risques de captures accidentelles directes,
d?enchevêtrement dans certains engins et
déchets de pêche et de diminution des
ressources alimentaires disponibles et de
dérangements sonores et visuels
Plaisance et
nautisme
Pertes, abrasion ou modifications
d'habitats benthiques liées aux ancrages, au
risque d?introduction d?ENI et aux apports de
contaminants
Risque d?introduction d?ENI et apports
potentiels en contaminants impactant le
plancton
Dérangements sonores et visuels
Tourisme, baignade
et fréquentation des
plages
Pertes et modifications potentielles
d'habitats (artificialisation, piétinement des
fonds et des herbiers, actions de nettoyages
des plages, apports de contaminants et
déchets)
Apports potentiels en contaminants impactant
le cycle de vie des espèces
Augmentation du stress et modifications
comportementales résultant des activités
d'observation de mammifères marins (whale
watching) et risque d?ingestion de déchets
Transports maritimes
et ports
Pertes ou modifications potentielles des
habitats benthiques liées aux aménagements
portuaires, aux risques d?introduction d?ENI
et d?apport de contaminants ;
Risque d?introduction d?ENI et apports
potentiels en contaminants impactant le
plancton (reproduction, développement,
croissance et nutrition)
Risque de dérangement, de collision,
d?ingestion de déchets et pertes ou
modifications potentielles de leurs habitats
Dragage / clapage
Risque de pertes et modifications d'habitats
benthiques liées notamment à la
modification de l?hydrodynamisme et de la
turbidité
Modifications de l?hydrodynamisme et de la
turbidité et apports potentiels en contaminants
variés impactant le plancton (reproduction,
développement, croissance et nutrition)
Risque de pertes et modifications d'habitats
essentiels aux tortues et mammifères marins
60
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Oiseaux marins
Poissons et céphalopodes
+ espèces commerciales Intégrité des fonds marins
Apports potentiels en contaminants impactant les
individus et leur cycle de vie
Apports potentiels en éléments nutritifs et contaminants
impactant le cycle de vie des espèces
Risque de pertes et de modifications d'habitats liées
aux infrastructures d'élevage et à l?envasement
Risque d'impacts indirects des apports de nutriments sur
les habitats des poissons démersaux et benthiques
Modifications potentielles du substrat par envasement et
pertes potentielles d'habitats lors de la mise en place des
infrastructures d'élevage .
Risque de pertes ou modifications de leurs habitats liées à
la modification de l?hydrodynamisme et de la turbidité
lors de l?installation, au changement de substrat ; Risque
de dérangements d?espèces liés aux champs
électromagnétiques
Risque de pertes et modifications d'habitats
Apports potentiels en contaminants impactant le cycle de
vie des espèces
Risque de perte d'habitats, de collision ; effet barrière
Risque de champs électromagnétiques pouvant conduire
à des dérangements d?espèces ; Pertes et modifications
potentielles d'habitats en phase travaux
Pertes ou modifications d'habitats
(notamment effets récif)
Risque de dérangements sonores et visuels
Risque de pertes ou modifications de leurs habitats liées à
la modification de l?hydrodynamisme et de la turbidité et
risque d?apport de contaminants impactant les espèces
Pertes et modifications d'habitats
Apports potentiels en contaminants impactant les
individus et leur cycle de vie
Pertes et modifications de leurs habitats liées au risque
d?introduction d?ENI et d?apports en contaminants
Risque d?ingestion et enchevêtrement liés aux déchets
(filets, fils) et de dérangements sonores et visuels
Extraction d'espèces causant une modification locale de
la structure des populations et possible non-respect des
tailles et des seuils ; Impact sur les espèces via l'utilisation
d'engins non sélectifs
Pertes et modifications d'habitats sur l?estran
(piétinement, retournement de blocs)
Risques de captures accidentelles directes, d?ingestion
et d?enchevêtrement dans certains et déchets de pêche
et de diminution des ressources alimentaires
disponibles et de dérangements sonores et visuels
Extraction d'espèces pouvant causer une modification de
leur abondance et de la structure des populations ; Pertes
ou modifications potentielles d'habitats par l'utilisation
d'engins de pêche traînants (chalut, dragues, panneaux)
Risque de pertes ou abrasion des habitats suivant les
techniques de pêche
Dérangements sonores et visuels
Risque d?introduction d?ENI et apports de contaminants
et déchets impactant les populations et pertes ou
modifications potentielles de leurs habitats
Risque de pertes ou d'abrasion d'habitats par les ancres
Risque d?ingestion et enchevêtrement liés aux déchets,
de dérangements sonores et visuels et de modifications
des habitats liées à l?artificialisation
Risques de dérangements et de modifications voire pertes
des habitats (piétinement et abrasion des zones de
nourricerie et de refuge, artificialisation)
Pertes et modifications potentielles d'habitats
(artificialisation, piétinement et abrasion, actions de
nettoyages des plages)
Risque d?ingestion de déchets et de pollution aux
hydrocarbures et pertes ou modifications potentielles
de leurs habitats
Risque d?introduction d?ENI et apport de contaminants
impactant les populations et pertes ou modifications
potentielles de leurs habitats
Pertes ou modifications potentielles des habitats via le
mouillage des navires et la construction des ports
Risque de pertes et modifications d'habitats essentiels
aux oiseaux
Risque de pertes et modifications d'habitats liées
notamment à la modification de l?hydrodynamisme et de
la turbidité
Risque de pertes et modifications des habitats liées au
dragage et clapage
61
CHAPITRE 2 Vision de la façade Sud-Atlantique à horizon 2050
Contexte
L?objectif de la stratégie de façade maritime Sud-Atlantique est de mettre en oeuvre à horizon 2050 un projet
de développement global pour la façade maritime, traduisant les axes majeurs de la stratégie nationale pour la
mer et le littoral révisée. Pour y parvenir, les atouts ne manquent pas et doivent être pleinement exploités : des
espaces naturels et un patrimoine culturel préservés, des filières professionnelles dynamiques et ouvertes à
l?innovation, des identités fortes porteuses de sens pour la façade maritime.
La première stratégie de façade maritime a permis de définir les grandes lignes d?une trajectoire visant à
atteindre le bon état écologique des eaux marines, en ajustant les pratiques afin de favoriser un dévelop-
pement durable des activités tout en réduisant les pressions exercées sur le milieu marin.
Même si des lacunes subsistent, notamment du fait du caractère mouvant de ces milieux et des ressorts de son
évolution dans le temps et l?espace, les connaissances sur la mer et son environnement se sont accumulées,
grâce aux différents dispositifs de suivi du DSF et au développement des usages. Des événements
exceptionnels sont néanmoins intervenus ces dernières années (pandémie, canicules, incendies), pour certains
symptomatiques du changement climatique. Ces éléments doivent être intégrés dans la construction de la
nouvelle vision pour la façade.
Pour définir les conditions spatiales et temporelles d?un développement durable du territoire, les schémas
simples de compréhension, les relations causales des phénomènes naturels ou sociaux, l?exploitation de la
diversité des ressources marines tout en recherchant leur préservation se complexifient. La solidarité amont-
aval a alors une place à jouer indispensable pour comprendre puis agir, en développant une responsabilisation
des partenaires éloignés entre l?amont et l?aval.
Cette stratégie de façade doit aussi permettre d?assurer une planification des espaces maritimes intégratrice
des enjeux climatiques et de la transition énergétique. Cette planification, qui inclut la frange littorale et les
risques côtiers afférents, est porteuse de synergies entre les différentes activités de la façade maritime. Elle
doit tenir compte des activités de production contribuant à la souveraineté alimentaire, telles la pêche ou
l?ostréiculture, et des zones nécessaires aux activités de défense et plus particulièrement celles liées aux essais.
Cette stratégie est un document révisable tous les 6 ans. Mais l?ambition qu?elle porte et son opposabilité
juridique aux autres documents de planification imposent de se projeter à un horizon 2050 et au-delà autour
d?une vision partagée.
Le «Bus de Mer» à technologie électro-solaire relie le Vieux-Port
de La Rochelle au Port des Minimes © Laurent Mignaux / Terra
62
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
1.1 Une exigence : le maintien d?un patrimoine littoral et marin d?exception
????
Une bonne qualité de l?eau pour l?ensemble des acteurs
L?eau douce, issue des fleuves des bassins versants Adour-Garonne et Loire-Bretagne a un impact direct ? du
fait de sa qualité et quantité ? sur le bon état du milieu marin de la façade maritime Sud-Atlantique. Les
prélèvements en amont des fleuves et rivières ont une incidence sur les volumes d?eau douce arrivant à la côte
ainsi que sur la qualité des eaux littorales, impactant directement les activités dépendantes du milieu telles
que la conchyliculture ainsi que les frayères et les nurseries de poissons. Une eau de mer de qualité est
également essentielle pour les activités balnéaires littorales. Les acteurs de la gestion de l?eau des bassins
versants amont doivent naturellement s?impliquer dans la préservation des milieux marins et le lien terre-mer,
notamment via leurs stratégies de gestion quantitative de la ressource en eau. Par ailleurs, le maintien et le
renforcement de réseaux croisés facilite la compréhension de l?évolution des contaminants entre terre et mer.
Il permet de créer des axes de travaux adaptés pour prévenir les risques et/ou agir sur les sources potentielles
identifiées.
Cette dépendance des activités vis-à-vis de l?eau nécessite la mise en place d?actions et de mesures qui
contribuent au maintien ou à la restauration du bon état des masses d?eaux, par l?adaptation des équipements
et aménagements au changement climatique (solutions fondées sur la nature, poursuite du renforcement du
traitement des eaux par les stations d?épuration littorales, réutilisation des eaux usées...).
L?importance des moyens, y compris financiers, à mobiliser pour la préservation du milieu marin nécessite
l?application constante, dans la durée, d?une solidarité amont-aval et l?approfondissement des synergies avec
les acteurs des bassins Adour-Garonne et Loire-Bretagne, au travers notamment des programmes d?inter-
ventions des Agences de l?eau.
????
Le bon état écologique atteint, garantissant la préservation des milieux marins
et littoraux d?exception
La façade maritime Sud-Atlantique bénéficie d?un patrimoine littoral et marin naturel et culturel d?exception :
plus de 60 aires marines protégées ont été créées sous des formes juridiques diverses (réserves naturelles
nationales, parcs naturels marins, sites Natura 2000?). Ce réseau doit évoluer pour renforcer la préservation
des enjeux écologiques forts et majeurs patrimoniaux de la façade, en tenant compte des évolutions
dynamiques des milieux dues au changement climatique. Ce patrimoine est un élément essentiel de
l?attractivité de la Nouvelle-Aquitaine. Il est aussi le support de nombreuses activités économiques telles que le
tourisme, les sports nautiques et sous-marins, et le garant d?une production primaire de qualité (pêche
maritime, aquaculture?).
L?augmentation de la pression sur ces espaces rend impérative la mise en oeuvre des plans de gestion et des
documents d?objectifs par les organes de gouvernance propres à chacune de ces aires marines. Outre leur
effet attendu sur l?environnement marin, la gestion raisonnée des milieux au plus près des enjeux de territoires
est un facilitateur de la réduction des conflits d?usage.
????
Des territoires littoraux résilients face au changement climatique
La prévention des risques littoraux est indispensable à la sécurité de nos concitoyens face au changement
climatique et à l?urbanisation croissante du littoral. Au Nord de la façade, le littoral est fortement exposé au
risque de submersion marine. De nombreux outils ont été déployés pour y faire face. Plus au Sud, la forte
érosion de la côte sableuse aquitaine et la côte rocheuse basque sujette au recul du trait de côte ont conduit à
une mobilisation conjointe de l?État et des collectivités. Le territoire de la Nouvelle-Aquitaine s?est positionné
en pointe sur la question de la gestion des risques littoraux et la résilience des territoires côtiers par des
stratégies adaptées et ambitieuses.
63
1.2 Notre projet : une économie maritime et littorale respectueuse
des équilibres écologiques
????
La Nouvelle Aquitaine, un territoire contribuant activement aux objectifs nationaux
de neutralité carbone
Engagée dans les objectifs nationaux de neutralité carbone, la Nouvelle-Aquitaine renforce son mix
énergétique grâce à la production d?énergies renouvelables. Déjà actés, les parcs éoliens en mer au large de
l?île d?Oléron et la ligne d?interconnexion électrique entre la France et l?Espagne participent pleinement aux
objectifs nationaux pour 2030. Parallèlement, d?autres technologies émergentes, telles que le houlomoteur au
Pays basque et l?hydrolien dans l?estuaire de la Gironde, continuent de se développer et pourraient enrichir
l?offre énergétique régionale.
????
Une transition écologique en mouvement pour une économie maritime performante
et pourvoyeuse d?emplois au niveau local
Les filières motrices de la construction navale, du transport maritime, d?extraction de matériaux, du nautisme,
de la glisse, du tourisme balnéaire et celles des productions primaires (ostréiculture et pêche), emblématiques
de la Nouvelle-Aquitaine, ainsi que les infrastructures portuaires de commerce, de pêche et de plaisance
poursuivent leurs transitions structurelles au service d?une économie maritime plus propre. L?économie
circulaire est intégrée dans leur modèle de développement.
Leur inscription dans le processus de transition écologique et énergétique répond aux attentes de la société.
Cette opportunité permet de consolider le tissu socio-économique de la région et contribue au dynamisme de
sa démographie et de l?emploi.
Les filières maritimes adoptent une approche globale de gestion des ressources et des solutions de moindre
incidence sur l?environnement marin générant une dynamique sur tous les territoires de Nouvelle-Aquitaine.
Les filières de production primaire assurent une exploitation raisonnée, garante de la pérennité des ressources
vivantes. Le renouvellement des navires de pêche intègre structurellement les nouvelles technologies
énergétiques de propulsion. Le dynamisme de la plaisance, fondée sur une économie de partage, permet le
développement des industries navales et nautiques.
L?État en région souhaite conforter et encourager les filières, en synergie avec la Région Nouvelle-Aquitaine. En
tout état de cause, le développement potentiel de l?ensemble des activités maritimes tiendra compte de la
zone de défense de la Direction Générale de l'Armement au niveau de la façade Sud-Atlantique.
????
Des ports attractifs au service d?une économie régionale décarbonée
Les grands ports maritimes de La Rochelle et de Bordeaux, les ports de commerce de Rochefort-Tonnay-
Charente et de Bayonne et les 7 principaux ports de pêche de la région Nouvelle-Aquitaine constituent
l?armature logistique principale du développement de l?économie bleue, notamment au travers d?Aquitania
Port Link. À l?instar des ports de pêche et de commerce, les ports de plaisance sont identifiés comme un
acteur économique maritime. Les ports prennent en compte les aménagements nécessaires consécutifs aux
impacts du changement climatique et contribuent à la décarbonation de l'économie. Ils sont les supports des
projets structurants et de l?innovation et vecteurs de densification industrielle. La vision de l?État en région
pour 2050 repose sur une recherche accrue de synergie entre les ports de l?Atlantique et sur l?amélioration de
connexions à leur hinterland ? en particulier par la voie ferrée ? au travers d?une approche intégrée dans la
gestion des flux et des projets.
64
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
????
Une coexistence harmonieuse des usages, économe des ressources et des espaces
Le milieu marin et le littoral sont le lieu d?enjeux contradictoires et de pressions multiples. L?accentuation des
risques, la pression démographique et celle de l?urbanisation sur la frange littorale, l?impératif de l?emploi et du
développement économique, les effets du changement climatique pèsent sur les ressources naturelles.
Le déploiement de l?économie bleue doit tenir compte des capacités d?accueil des territoires, adopter une
sobriété énergétique et un usage raisonné des ressources et des espaces.
Cependant, la pêche maritime doit disposer d?une visibilité sur le moyen-long terme face à l?augmentation des
pressions qu?elle subit (réglementation, état de la ressource, principe de précaution, emploi, impacts
économiques).
En mer, le développement des parcs éoliens impose une approche nouvelle des enjeux de cohabitation avec
les activités préexistantes.
1.3 Nos leviers : l?amélioration des connaissances comme moteur de l?innovation
????
Davantage connaître la mer et communiquer
Le maillage territorial des structures universitaires et scientifiques à l?échelle de la région Nouvelle-Aquitaine
constitue un atout majeur pour le développement de la connaissance sur les milieux marins et les nouvelles
technologies. Ces différents organismes (CNRS, Universités de Bordeaux et La Rochelle, de Pau et des Pays de
l?Adour, l?IFREMER, l?INRAE?), qui mènent des programmes de recherche variés et interdisciplinaires, sont
incités à se fédérer pour prioriser les efforts de connaissances là où les impacts sont méconnus dans le cadre
de projets territorialisés. En outre, de nombreux réseaux ou organismes de recherche privés ou associatifs
(AcclimaTerra, Centre de la Mer de Biarritz, Observatoire de la côte Nouvelle-Aquitaine?) existent. La nécessité
de partager des données produites par la communauté scientifique, comme celles issues des filières
professionnelles au sein d?observatoires, facilite le travail collaboratif des chercheurs et les échanges entre ces
structures et la société civile autour des grands enjeux du territoire littoral. De nouveaux phénomènes
émergents liés notamment au changement climatique seront appréhendés sous le prisme de la santé publique.
Les projets d?implantation d?infrastructures lourdes de type énergies marines renouvelables, nécessitent
l?amélioration des connaissances des milieux marins par le suivi des impacts de ces projets sur les milieux
existants. Un conseil scientifique de l?éolien permet d?objectiver ces suivis.
La compréhension du fonctionnement des écosystèmes remarquables, de l?hydrodynamique, des dynamiques
sédimentaires et l?appréhension des impacts cumulés des pressions s?appliquant aux milieux apparaissent
comme des éléments essentiels à la prise en compte du lien terre-mer et à l?évaluation des incidences de
l?activité humaine sur les milieux marins. Devant la complexité de la compréhension de ces dynamiques
naturelles, les connaissances scientifiques intègrent les données issues des sciences sociales et sont
complétées par les savoirs empiriques des acteurs et les résultats des sciences participatives pour mieux
mesurer l?impact de ces projets sur la société.
????
Des liens renforcés entre la communauté scientifique, la société civile et le monde
industriel pour une connaissance partagée de la mer et du littoral
Les synergies entre les acteurs scientifiques et la société civile (professionnels de la mer, associations, clubs
sportifs?) pour le partage et le développement de la connaissance sont valorisées, sous l?impulsion du Conseil
Maritime de Façade. Les acteurs professionnels s?impliquent et portent les projets d?études scientifiques pour
une meilleure acceptabilité des résultats scientifiques et une cohérence des projets.
65
Les liens entre la communauté scientifique et le monde industriel se renforcent sur des projets structurants
et concrets (développement de filières, contribution aux objectifs de développement durable, transition
écologique des filières maritimes). Avec le développement du fonds de dotation pour la biodiversité, l?État
organise la collaboration entre le monde scientifique et le monde industriel. Une synergie des besoins de
recherche des collectivités et de l?État dans la façade est à construire, en coordination avec le Conseil
Régional.
????
Développer des capacités de R&D pour l?adaptation des filières historiques et promouvoir
l?innovation dans les secteurs émergents
Les innovations dans le domaine maritime permettent l?accompagnement et la transformation des filières
pour des activités respectueuses de leur environnement (adaptation et renouvellement des navires,
déconstruction, recyclage, transition numérique et énergétique dont la décarbonation des modes de
propulsion). La réglementation est adaptée pour mettre en oeuvre des solutions techniques et technologiques
permettant de faire face au changement climatique. Les innovations dans le secteur maritime favorisent
l?implantation de TPE-PME. La façade Sud-Atlantique continue à affirmer sa place de leader en recherche et
développement pour la filière nautique et la glisse.
????
Un public conscient de son interdépendance à la mer
À travers la mise en place d?événements éducatifs et culturels, l?ensemble des acteurs oeuvre collectivement
pour sensibiliser et éduquer, dès le plus jeune âge, l?ensemble des citoyens aux enjeux, aux perspectives
(technologiques, pharmaceutiques, en termes de métiers, d?innovation?) et aux bonnes pratiques liés à la mer
et au littoral.
Cette prise de conscience est collective (jeunes, nouvelles populations, populations âgées...). Des outils,
notamment numériques, existent pour sensibiliser ces différents publics à la fragilité et au potentiel de la mer
(marées de découverte, BiMer, aires marines éducatives).
Les connaissances scientifiques sont valorisées et mises à disposition du public sous une forme accessible et
synthétique.
????
Des métiers de la mer réinventés et attractifs
Les transitions écologiques, numériques et énergétiques constituent une source d?emplois en croissance pour
la façade maritime. Avec la transformation du marché de l?emploi tourné vers la mer, des formations adaptées
sont mises en place à mesure de la décarbonation des techniques et des métiers. La réglementation est
simplifiée pour faciliter l?accès aux professions maritimes. La mutation des métiers de la mer va créer des
niches attractives. Des partenariats renforcent les connexions entre les lycées et universités et les entreprises
pour augmenter l?attractivité des métiers de la mer.
En parallèle, l?amélioration des conditions de travail (cadre social, visibilité sur les métiers, promotion sociale
des parcours, modernisation des navires,?) contribue à l?attractivité de ces métiers.
66
OBJECTIFS STRATÉGIQUES
ET PLANIFICATION DES ESPACES
MARITIMES
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 67
2
CHAPITRE 1 Objectifs stratégiques socio-économiques et environnementaux
L?état des lieux socio-économique et environnemental de la façade Sud-Atlantique a permis de faire émerger
des enjeux tant écologiques que physiques (risques littoraux), ainsi que des problématiques thématiques
spécifiques. Sur cette base, la vision à horizon 2050 permet de dégager de grandes orientations stratégiques,
intégratrices à long terme pour l?avenir de la façade maritime et organisées autour de 3 axes : un patrimoine
littoral et marin d'exception, une économie maritime et littorale respectueuse des équilibres écologiques et
l'amélioration des connaissances comme moteur de l?innovation.
Afin d'atteindre cet avenir souhaité, des objectifs stratégiques et particuliers ont été fixés sur l'échelle de
temps du DSF (6 ans). De nature environnementales ou socio-économiques, ils visent à préserver le milieu
marin ou à donner une impulsion à chacun des secteurs de l?économie maritime.
68
Le Porge (Gironde), plage et dunes littorales © Matthieu Melsbach / DIRM SA
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Quatorze objectifs stratégiques environnementaux ont été définis. Les objectifs stratégiques environnemen-
taux sont précisés par des objectifs particuliers, lesquels sont accompagnés d?indicateurs et de cibles pour
permettre leur mesure, leur évaluation et leur rapportage auprès des instances européennes.
Descripteur Enjeux ciblés Objectifs stratégiques environnementaux
D1
La diversité biologique est conservée. La qualité des
habitats et leur nombre, ainsi que la distribution et
l?abondance des espèces sont adaptées aux conditions
physiographiques, géographiques et climatiques existantes.
Habitats
Benthiques et
pélagiques
1. Limiter ou éviter les perturbations physiques d'origine
anthropique impactant le bon état écologique des habitats
benthiques littoraux, du plateau continental et des habitats
profonds, notamment les habitats particuliers
Mammifères
marins et
tortues
2. Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités directes et
du dérangement des mammifères marins et des tortues
Oiseaux
marins
3. Réduire ou éviter les pressions générant des mortalités directes,
du dérangement et la perte d'habitats fonctionnels importants pour
le cycle de vie des oiseaux marins et de l'estran, en particulier pour
les espèces vulnérables et en danger
Poissons et
céphalopodes
4. Limiter les pressions sur les espèces de poissons vulnérables ou en
danger voire favoriser leur restauration et limiter le niveau de
pression sur les zones fonctionnelles halieutiques d'importance
D2
Les espèces non indigènes introduites par le biais des
activités humaines sont à des niveaux qui ne perturbent
pas les écosystèmes.
Espèces non
indigènes
5. Limiter les risques d?introduction et de dissémination d?espèces
non indigènes par le biais des activités humaines
D3
Les populations de tous les poissons et crustacés exploités
à des fins commerciales se situent dans les limites de
sécurité biologique, en présentant une répartition de la
population par âge et par taille qui témoigne de la bonne
santé du stock.
Espèces
commerciales
6. Favoriser une exploitation des stocks de poissons, mollusques et
crustacés au niveau du rendement maximum durable
D4
Tous les éléments constituant les réseaux trophiques
marins, dans la mesure où ils sont connus, sont présents en
abondance et diversité normales et à des niveaux pouvant
garantir l?abondance des espèces à long terme et le
maintien complet de leurs capacités reproductives
Réseaux
trophiques
7. Favoriser le maintien dans le milieu des ressources trophiques
nécessaires aux grands prédateurs
D5
L?eutrophisation d?origine humaine, en particulier pour ce
qui est de ses effets néfastes, tels que l?appauvrissement
de la biodiversité, la dégradation des écosystèmes, la
prolifération d?algues toxiques et la désoxygénation des
eaux de fond, est réduite au minimum.
Eutrophisation 8. Réduire les apports excessifs en nutriments et leur transfert dans
le milieu marin
D6
Le niveau d?intégrité des fonds marins garantit que la
structure et les fonctions des écosystèmes sont préservées
et que les écosystèmes benthiques, en particulier, ne sont
pas perturbés
Intégrité des
fonds marins
9. Éviter les pertes et les perturbations physiques des habitats
marins liés aux activités maritimes et littorales
D7
Une modification permanente des conditions hydrogra-
phiques ne nuit pas aux écosystèmes marins
Conditions
hydrogra-
phiques
10. Limiter les modifications des conditions hydrographiques (par les
activités humaines) défavorables au bon fonctionnement de
l'écosystème
D8
Le niveau de concentration des contaminants ne provoque
pas d?effets dus à la pollution
Contaminants
11. Réduire ou supprimer les apports en contaminants chimiques
dans le milieu marin, qu?ils soient d'origine terrestre ou maritime,
chroniques ou accidentels
D9
Les quantités de contaminants présents dans les poissons
et autres fruits de mer destinés à la consommation
humaine ne dépassent pas les seuils fixés par la législation
de l?Union ou les autres normes applicables
Contaminants
aspects
sanitaires
12. Réduire les contaminations microbiologiques, chimiques et
phycotoxiques dégradant la qualité sanitaire des produits de la mer,
des zones de production aquacole et halieutique et des zones de
baignade
D10
Les propriétés et les quantités de déchets marins ne
provoquent pas de dommages au milieu côtier et marin
Déchets 13. Réduire les apports et la présence de déchets en mer et sur le
littoral d'origine terrestre ou maritime
D11
L?introduction d?énergie, y compris de sources sonores
sous-marines, s?effectue à des niveaux qui ne nuisent pas
au milieu marin
Bruit 14. Limiter les émissions sonores dans le milieu marin à des niveaux
non impactants pour les mammifères marins
Un 15ème objectif stratégique environnemental « OET01. Développer la Protection Forte » a été ajouté et est
décorrélé de la Directive cadre « stratégie pour le milieu marin ».
69
Trente-et-un objectifs stratégiques socio-économiques généraux ont été définis.
Chaque objectif stratégique socio-économique général est associé à des objectifs stratégiques particuliers
accompagnés, le cas échéant, d?indicateurs pour permettre leur mesure et leur évaluation.
DescripteurThème/filière Objectifs stratégiques socio-économiques
1. Pêche professionnelle
1. Développer une filière pêche professionnelle diversifiée, durable, performante, modernisée et
attractive
2. Renforcer la gestion des ressources halieutiques pour conforter une activité de pêche maritime
durable et résiliente
3. Bâtir une stratégie de pêche professionnelle dans un contexte de cohabitation des usages
2. Aquaculture
1. Améliorer la gestion des eaux permettant la pérennisation de l?activité aquacole
2. Poursuivre la transition vers une aquaculture respectueuse des écosystèmes
3. Valoriser l?activité pour le maintien du tissu social et économique
4. Décliner la stratégie nationale de planification aquacole à l'échelle de la façade
3. Ports de commerce et
transports maritimes
1. Assurer la compétitivité et la complémentarité des ports de commerce, améliorer leur desserte et
favoriser le report modal
2. Assurer la transition énergétique des ports de commerce et la décarbonation des activités
portuaires (dont le transport)
3. Adapter des infrastructures portuaires au déploiement de l?éolien en mer
4. Industries navale et nautique
1. Pérenniser la compétitivité des industries navale et nautique et adapter les flottes aux enjeux de la
transition écologique
5. Énergies marines
renouvelables
1. Accompagner la montée en puissance de la filière EMR par une planification adaptée
2. Soutenir la R&D dans le domaine des énergies renouvelables pour leur développement
6. Sédiments marins et
estuariens
1. Intégrer les extractions de sédiments dans une approche de développement durable répondant aux
besoins des filières et des territoires à l?échelle du Golfe de Gascogne
2. Intégrer la gestion des sédiments de dragage dans une approche de développement durable
7. Plaisance/loisirs nautiques
1. Optimiser l?occupation de l?espace dans les ports de plaisance et zones de mouillage dans le respect
de la qualité de l?eau et des écosystèmes marins
2. Maintenir l?attractivité des sites de pratique pour une cohabitation des activités, harmonieuse avec
leur environnement
3. Promouvoir des pratiques et des équipements portuaires sobres permettant une consommation
énergétique optimisée
4. Engager la transition énergétique des ports de plaisance et la décarbonation des activités portuaires
8. Tourisme
1. Conforter le potentiel touristique du littoral respectueux de son environnement et de la capacité
d?accueil des territoires
9. Risques littoraux
1. Prendre en compte les risques naturels dans la planification pour des territoires littoraux plus
résilients
2. Une qualité des eaux littorales garante du maintien de l?ensemble des usages
10. Sécurité et sûreté maritime
1. Réduire et contenir les risques de pollution
2. Garantir des conditions de navigation sûres
3. Optimiser les moyens de surveillance
11. Paysages, sites et patrimoine
1. Protéger le patrimoine et les sites attractifs
2. Valoriser le potentiel patrimonial et paysager du littoral
12. Recherche et connaissances
1. Développer la connaissance pluridisciplinaire et la recherche intégrée sur le fonctionnement des
milieux marins
2. Assurer une collecte des données partagées et une meilleure valorisation des connaissances
13. Formation / sensibilisation /
attractivité
1. Valoriser l?image de la filière maritime et rendre plus attractifs les métiers de la mer
2. Un public conscient du potentiel et de la fragilité de la mer
L'annexe 4e précise la façon dont ces objectifs territorialise la stratégie nationale pour la mer et le littoral
2 et sont rattachés à la vision.
70
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
CHAPITRE 2 Planification de l'éolien en mer et des zones de protection forte
2.1. Les zones prioritaires de développement de l'éolien en mer
2.1.1. Les objectifs de la planification de l?éolien en mer
La loi du 10 mars 2023 relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables (APER) a introduit la
possibilité de mener en commun la participation du public à l?élaboration de la planification maritime et la
participation du public pour l?élaboration de la cartographie de l?éolien en mer par façade. Cette
mutualisation permet d?une part d?aborder l?éolien comme un usage parmi l?ensemble des enjeux maritimes à
l?échelle des façades, et d?autre part d?accélérer le développement de l?éolien en l?intégrant au coeur de la
planification maritime.
La participation du public a pris la forme de débats publics organisés sur les quatre façades métropolitaines
sous l?égide de la Commission nationale du débat public (CNDP). Les enseignements tirés de ces débats ont
par la suite alimenté les décisions ministérielles concernant l?implantation géographique des parcs.
Suite à un premier débat public en 2021-2022, l?État a validé l?implantation de deux parcs éoliens en mer au
large de l?Île d?Oléron, dont la mise en service est prévue entre 2032 et 2034 :
le parc Oléron 1, situé à 40 kilomètres des côtes de la Charente-Maritime, sera équipé d?éoliennes posées?
pour une puissance de 1000 MW ;
le parc Oléron 2, d'une puissance équivalente, constituera l?extension au large du parc Oléron 1 et utilisera?
des éoliennes posées ou flottantes pour une capacité équivalente
Un second débat, intitulé « La mer en débat », s?est tenu entre 2023 et 2024 pour identifier de nouvelles zones
prioritaires pour le développement de l?éolien en mer à horizon 2035 et 2050. Trois nouvelles zones prioritaires
ont été définies dans la décision ministérielle du 17 octobre 2024, en tenant compte des enjeux environne-
mentaux et de ceux liés aux activités de pêche :
la zone Golfe de Gascogne Sud (GGS), d?une superficie de 250 km², destinée à accueillir un parc éolien?
flottant d?une capacité de 1,2 GW, avec une mise en service prévue pour 2035 ;
la zone Golfe de Gascogne Nord (GGN), d?une superficie de 250 km², qui accueillera des éoliennes flottantes?
d?une capacité similaire à la zone GGS pour une mise en service prévue pour 2040 ;
la zone Golfe de Gascogne Ouest (GGO), d?une superficie de 838 km², prévue pour une mise en service en?
2050, et dont le développement dépendra des résultats des études complémentaires et de la concertation
avec les parties prenantes locales.
La concertation avec les acteurs concernés et le public sur les zones prioritaires se poursuivra au cours des
années afin de préciser certaines des zones prioritaires et les solutions de raccordement correspondantes.
2.1.2. L?identification des futures zones prioritaires d?implantation de parcs éoliens en mer
Conformément à la loi relative à l?accélération de la production d?énergies renouvelables (APER), promulguée
le 10 mars 2023, l?objectif est donc de proposer deux cartographies :
? Une cartographie des zones prioritaires dans lesquelles des projets de parcs éoliens en mer pourront être
attribués dans un délai de dix ans suivant son adoption ;
? Une cartographie des zones prioritaires à l'horizon 2050 qui sera précisée et révisée après une nouvelle
participation du public qui devrait se dérouler d?ici une dizaine d?années.
La loi précise que ces cartographies doivent cibler en priorité les zones situées dans la zone économique
exclusive, autrement dit au-delà de 12 miles nautiques (soit 22 km des côtes), et en dehors des parcs nationaux
ayant une partie maritime, sans interdire l?identification de zones également sur le domaine public maritime.
71
Des critères techniques doivent être pris en compte pour la définition de ces zones :
? Profondeur de l?eau (bathymétrie) : critère de 100 mètres de profondeur maximale pour le poste en mer
pour les zones prioritaires de la cartographie à 2035. Il est aujourd?hui techniquement et économiquement
inenvisageable, à cette échéance, de raccorder un parc éolien en mer dont le poste en mer serait dans une
profondeur d?eau supérieure à 100 mètres, la technologie flottante pour la sous-station électrique n?existant
pas encore à ce jour ;
? Force du vent : critère de vitesse du vent moyen supérieure à 8 m/s à hauteur de nacelle. Le fait d?implanter
des éoliennes dans des zones avec trop peu de vent conduirait à augmenter le besoin en surface, en nombre
d?éoliennes ainsi que le coût pour arriver à une production équivalente ;
? Défense nationale : critère d?exclusion des zones d?activités de la défense nationale en cas d?incompa-
tibilité. Certaines activités de défense (tirs de missile, couloir d?accès aux bases militaires) sont en effet
incompatibles avec l?éolien en mer.
Par ailleurs, l?historique de la concertation récente conduite
sur la façade a également été pris en compte, avec le débat
public sur le premier projet de parc éolien en mer au large de
l?île d?Oléron, actant une zone de projet en dehors du Parc
Naturel Marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des
Pertuis.
Les enjeux liés au raccordement sont également à intégrer
dans les choix des zones afin de limiter les impacts des câbles
et stations électriques utilisés pour acheminer l?électricité sur
le réseau national. Ces impacts peuvent concerner le
paysage, la biodiversité ou encore le coût de l?électricité pour
les consommateurs.
Pour la façade Sud-Atlantique, RTE privilégie un raccorde-
ment par le projet de renforcement interne du réseau de
transport d?électricité par la mer, situé sur la façade maritime
atlantique et nommé « Gironde ? Loire Atlantique » (GILA). Il
pourrait permettre, au-delà de sa fonction de transport inter-
régional d?électricité, de raccorder deux parcs éoliens en mer
(dont l?extension du parc au large de l?île d?Oléron), évitant
ainsi le besoin d?un nouvel atterrage en zone littorale en
Charente-Maritime.
Au-delà de ces critères, il s?agit de tenir compte des autres enjeux considérés comme prioritaires, en particulier
ceux liés à la pêche et à la protection de la biodiversité, suivant une démarche d?évitement des impacts. Il est à
noter que le partage de la mer n?est pas nécessairement exclusif : certaines activités ou enjeux peuvent être
compatibles entre elles (possibilité d?activités de pêche au sein des parcs éoliens en mer, en particulier posés,
« effet récif » des parcs éoliens et de leurs raccordements pouvant favoriser la biodiversité?). La méthode
déployée, en concertation avec les principales catégories d?acteurs concernées, a permis de dégager plusieurs
scénarios de zones possibles, chacun étant pondéré au regard des impacts potentiels sur l?environnement, le
paysage et les usages (pêche, trafic maritime?), ce qui a permis d?en déterminer le niveau de sensibilité. Ces
éléments sont approfondis dans l'annexe 6.
L'aire d'étude pour le raccordement de la zone de développement de l?éolien en mer à horizon 10 ans (Golfe
de Gascogne Sud) est représentée dans la carte ci-après.
Les aires d'étude pour le raccordement des projets éoliens qui feront l'objet d'appel d'offres ultérieurs (Golfe
de Gascogne Nord et Ouest) seront précisées dans le cadre de concertations complémentaires et ne figurent
donc pas sur cette carte.
Il en résulte la carte figurant sur la page suivante.
72
Le parc éolien de la baie de Saint-Brieuc
est entré en service en 2023 © Terra
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 73
Acronymes de la carte :
Golfe de Gascogne Sud (GGS ? 250 km²) ? Zone prioritaire à horizon 10 ans concernée par la procédure de
mise en concurrence mentionnée au 1° du III de l'article 3 de la décision du 17 octobre 2024 consécutive au
débat public « La mer en débat » ;
Golfe de Gascogne Nord (GGN ? 500 km²) ? Zone prioritaire à l'horizon 10 ans pour le développement d'un
projet d'environ 1,2 GW flottant concernée par la ou les procédures de mise en concurrence mentionnées au
2° du III de l'article 3 de la décision du 17 octobre 2024 consécutive au débat public « La mer en débat ». Cette
zone fera l'objet de concertations spécifiques complémentaires, associant les instances de la façade maritime
limitrophe le cas échéant, de façon à réduire son périmètre à environ 250 km² ;
Golfe de Gascogne Ouest (GGO ? 838 km²) ? Zone prioritaire pour le développement de l'éolien en mer à
horizon 2050, valorisable sous réserve d'études complémentaires et de la poursuite de la concertation locale
avec les acteurs.
2.2. Les zones prioritaires de développement de la protection forte
2.2.1. Le réseau actuel des aires marines protégées en Sud-Atlantique
La façade Sud-Atlantique compte 61 aires marines protégées (AMP). Les AMP sont des espaces délimités en
mer qui répondent à des objectifs de protection de la biodiversité marine. La dénomination d? « aire marine
protégée » renvoie à un ensemble très vaste d?outils, répondant à différents types d?objectifs de conservation.
Au total, 32,8 % des eaux de la façade sont situées dans le périmètre d'au moins une AMP. Ces différentes aires
marines se recoupent ou se superposent en fonction des espèces et habitats qu'elles protègent et des
objectifs de conservation qu'elles endossent. Elles sont réparties entre 8 catégories d?outils différents,
réparties comme suit :
Les différentes aires marines protégées de la façade listées ci-dessus
sont visualisables sur la carte ci-contre.
74
2
parcs naturels marins
22
sites Natura 2000 au
titre de la directive
habitats faune flore
15
sites Natura 2000 au
titre de la directive
oiseaux
6
réserves naturelles
nationales
3
sites du Conservatoire
du littoral
2
sites RAMSAR
1
site UNESCO, bien
inscrit sur la liste du
Patrimoine Mondial
10
sites OSPAR
Inforgraphie © DIRM SA
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 75
Parcs naturels marins
Parc Naturel Marin de l?Estuaire de la Gironde
et de la Mer des Pertuis
Parc Naturel Marin du Bassin d?Arcachon
Sites Natura 2000 directive habitats
Portion du littoral sableux de la côte Aquitaine
Côte Basque rocheuse et extension au Large
La Nivelle (estuaire, Barthes et cours d'eau)
Falaises de Saint-Jean-de-Luz à Biarritz
Domaine d?Abbadia et corniche basque
Panache de la Gironde et plateau rocheux
de Cordouan
Bassin d'Arcachon et Cap-Ferret
Marais de Brouage (et marais nord d'Oléron)
Vallée de la Charente (basse vallée)
Marais et falaises des côteaux de Gironde
Ile de Ré : Fier d'Ars
Marais Poitevin
Presqu'île d'Arvert
Baie de Chingoudy
Marais de Rochefort
Marais de la Seudre
Estuaire de la Gironde
Pertuis charentais
Plateau de Rochebonne
Dunes du littoral girondin
Sites d'importance communautaire
Directive habitats récifs et mammifères marins
Récifs du talus du Golfe de Gascogne
Sites d'importance communautaire
Directive habitats mammifères marins
Mers Celtiques - Talus du Golfe de Gascogne
Sites Natura 2000 directive oiseaux
Estuaire de la Bidassoa et baie de Fontarabie
Rochers de Biarritz : le Bouccalot
et la Roche Ronde
Fier d'Ars et fosse de Loix
Panache de la Gironde
Bonne Anse, marais de Bréjat
et de Saint-Augustin
Marais et Estuaire de la Seudre, Ile d?Oléron
Marais de Brouage, Ile d?Oléron
Estuaire et basse-vallée de la Charente
Pertuis charentais - Rochebonne
Marais Poitevin
Anse de Fouras, baie d?Yves,
marais de Rochefort
Bassin d'Arcachon et Banc d'Arguin
Au droit de l'étang d'Hourtin-Carcans
Tête du canyon du Cap-Ferret
Mers Celtiques - Talus du Golfe de Gascogne
Réserves naturelles nationales
Courant d'Huchet
Banc d'Arguin
Prés salés d'Arès et de Lège-Cap-Ferret
Baie de l'Aiguillon (Charente-Maritime)
Moëze-Oléron
Lilleau des Niges
SItes du Conservatoire du littoral
Ile aux Oiseaux
Bonne Anse
Domaine d'Abbadia
Zones protégées de la convention OSPAR
Au droit de l'étang d'Hourtin-Carcans
Portion du littoral sableux de la côte aquitaine
Panache de la Gironde et plateau
rocheux de Cordouan système Pertuis-Gironde
Panache de la Gironde
Banc d'Arguin
Bassin d'Arcachon et Cap-Ferret
Pertuis charentais
Pertuis charentais - Rochebonne
Côte basque rocheuse et extension au large
Marais de Moëze
Zones humides d'importance internationale
RAMSAR
Bassin d'Arcachon - secteur du delta de la Leyre
Marais du Fier d'Ars
Bien inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial
Phare de Cordouan
Les aires marines protégées de la façade Sud-Atlantique
76
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
2.2.2. Mise en place d'un réseau de zones de protection forte en Sud-Atlantique
Les dernières évaluations de l?état du milieu marin en France démontrent que la biodiversité marine et les
externalités positives qui en découlent sont menacées. Dans une logique de labellisation, la protection forte
vise à reconnaître un réseau cohérent de zones dans lesquelles les pressions engendrées par les activités
humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont durablement évitées ou
significativement limitées.
2.2.2.1. Définition de la protection forte
Dans ce cadre, la stratégie nationale pour les aires protégées ambitionne, à horizon 2030, de renforcer le
réseau des aires protégées pour couvrir 30 % du territoire national et des eaux marines (cible aujourd?hui
atteinte, avec une couverture de 33.6% des eaux marines au niveau national), et 10 % en protection forte.
Définie par le décret n° 2022-527 du 12 avril 2022 pris en application de l?article L. 110-4 du code de
l?environnement, la protection forte correspond à « une zone géographique dans laquelle les pressions
engendrées par les activités humaines susceptibles de compromettre la conservation des enjeux écologiques sont
absentes, évitées, supprimées ou fortement limitées, et ce de manière pérenne, grâce à la mise en oeuvre d?une
protection foncière ou d'une réglementation adaptée, associée à un contrôle effectif des activités concernées ».
Les Zones de protection fortes (ZPF) ne constituent donc pas en soi une nouvelle catégorie juridique d?aires
marines protégées. Il s?agit d?un label reconnaissant une gestion et un encadrement adaptés des usages,
permettant à moyen et long termes la préservation de la biodiversité en présence. Elle ne vise ainsi pas
l?exclusion à priori des activités humaines mais marque une suppression ou a minima une forte limitation des
pressions générées par ces activités, en fonction de leurs impacts effectifs sur les enjeux écologiques de la
zone considérée.
Les bénéfices associés à une aire marine protégée efficacement gérée et fortement protégée sont nombreux
pour l?environnement marin : la biodiversité y est notamment plus riche, les espèces plus nombreuses, en
abondance plus importante, les habitats en meilleur état de conservation. Les bénéfices écosystémiques
fournis (reproduction des espèces halieutiques, lutte contre l?érosion côtière, paysage de qualité, etc.)
s?accentuent alors et se renforcent jusqu?à bénéficier même aux zones avoisinantes : c?est « l?effet réserve ».
Un espace naturel protégé ou en projet de protection doit réunir les 3 critères suivants
pour être considéré comme une zone de protection forte
Sur la base de l?analyse des usages et des enjeux environnementaux en présence, chaque proposition de
labellisation de zone en protection forte doit faire l?objet d?une concertation locale définissant son périmètre,
les objectifs poursuivis et les mesures à éventuellement définir.
77
CRITÈRE 1
Disposer de mesures de gestion
ou de réglementation des
activités permettant de
diminuer très significativement
les pressions sur la biodiversité
remarquable, sur une zone
ayant une cohérence
écologique par rapport à cette
biodiversité
ZONE
DE PROTECTION
FORTE
CRITÈRE 2
S'appuyer sur un document
de gestion, définissant des
objectifs de protection de
cette biodiversité marine
CRITÈRE 3
Bénéficier d'un dispositif
opérationnel de contrôle du
respect de la réglementation
par les usagers de la zone
Source: Décret n°2022-527 du 12 avril 2022
2.2.2.2. Cible à atteindre en Sud-Atlantique
L?objectif fixé par la stratégie nationale pour la biodiversité et la stratégie nationale pour la mer et le littoral est
une couverture de 5% des espaces maritimes hexagonaux reconnus en protection forte d?ici 2030. Cet objectif
a été décliné par façades avec la définition de cibles intermédiaires pour 2027, prenant en compte leurs
spécificités écologiques. Conformément aux objectifs fixés par la stratégie nationale pour la mer et le littoral
2024-2030, rappelés dans la décision du 17 octobre 2024 consécutive au débat public « la mer en débat », ce
sont 3% des eaux de la façade Sud-Atlantique qui doivent être labellisées en protection forte d?ici la fin de
l?année 2027.
La stratégie dédiée à la protection des fonds marins annoncée lors de la Troisième Conférence des Nations-
unies sur l?Océan identifie par ailleurs des zones ayant vocation à être labellisées d?ici la fin de l?année 2026,
qui devraient permettre de porter les surfaces marines en protection forte dans l?Hexagone à 4 % à cette
échéance.
2.2.2.3. La recherche de la cohérence du réseau et la trajectoire associée
Afin de constituer un réseau robuste en termes de conservation, les zones identifiées pour le développement
de la protection forte doivent constituer un maillage cohérent. Cette cohérence s?apprécie au regard de la
continuité surfacique du périmètre considéré et des critères identifiés par les textes internationaux
(représentativité, réplication, viabilité des populations de chaque zone prise individuellement et connectivité
des enjeux écologiques).
Pour construire ce réseau, l?élément guide est la préservation des enjeux écologiques majeurs et forts identifiés
par le DSF. Ces derniers constituent la biodiversité remarquable de la façade Sud-Atlantique.
En complément des travaux déjà menés par les services de l?État en lien avec les acteurs sur la façade, dans le
cadre des précédents cycles de mise en oeuvre de la directive-cadre stratégie pour le milieu marin, les débats
publics ont permis, sur la base des secteurs d?intérêt écologique pour le développement de la protection forte,
de dégager des orientations pour préciser la trajectoire de la façade vers l?atteinte de la cible en 2027.
78
Le patrouilleur des affaires maritimes IRIS © DIRM SA
L?objectif de protection forte à atteindre
sur la façade Sud-Atlantique d?ici 2027 est de 3%
des eaux marines de la façade
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
2.2.3. La planification de la protection forte en Sud-Atlantique
Dans le cadre des travaux de planification et de mise à jour de la stratégie de façade maritime, trois types de
secteurs d?étude ont été identifiés pour engager les travaux relatifs à la labellisation de zones en protection
forte. Quatre zones sont déjà reconnues en protection forte.
L?ensemble des secteurs est identifié dans la carte annexée à la décision ministérielle du 17 octobre 2024
consécutive au débat public « La mer en débat » :
? Les zones reconnues en protection forte
Quatre zones situées au sein du Parc naturel marin de l'estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis ont été
reconnues en protection forte en juillet 2025, correspondant aux zones 1 à 4 de la carte de synthèse, soit :
? la partie marine de la Réserve naturelle nationale de Lilleau des Niges ;
? la partie marine du secteur de réserve intégrale de la Réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron ;
? le secteur Arceau-Baudissière de la Réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron ;
? le secteur Baudissière-le Château d?Oléron de la Réserve naturelle nationale de Moëze-Oléron.
? Les zones candidates à la labellisation
Les zones correspondant à la partie marine de la Réserve naturelle nationale du marais d?Yves et à la zone de
protection renforcée de la Réserve naturelle nationale du banc d?Arguin, respectivement identifiées sur la
carte de synthèse comme les zones 5 et 8 et situées dans le parc naturel marin du Bassin d?Arcachon et dans
celui de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, seront prioritairement portées à la concertation.
79
? Les zones potentielles à porter en priorité à la concertation (fin 2025 - fin 2027)
Les zones identifiées se situent dans les parcs naturels marins et les sites Natura 2000. Elles doivent faire l?objet
d?une concertation locale préalable à toute proposition de labellisation. Il s?agit de :
? La zone actuellement à l?étude pour le projet de la Réserve naturelle nationale de Bonne-Anse
(zone 6) ;
? Le chenal du Courbey au sein du Parc naturel marin du Bassin d?Arcachon (zone 7) ;
? Le site Natura 2000 « Plateau de Rochebonne » (zone 9) ;
? Le site Natura 2000 « Portion du littoral sableux de la côte Aquitaine » (dit Hourtin-Carcans) (zone 10) ;
? Les sites Natura 2000 « Mers Celtiques ? Talus du Golfe de Gascogne » et « Récifs du Talus du Golfe de
Gascogne » intégrant les sites récifs et les espaces marins vulnérables (zones 11a, 11b, 11c, 11d) ;
? Les sites Natura 2000 de la côte basque (zone 12).
? Les zones d?intérêt pour le développement de la protection forte (potentiellement au-delà de 2027)
Au sein de la façade Sud-Atlantique, il existe des espaces d?importance présentant des enjeux écologiques
forts et majeurs, situés en dehors du réseau actuel d?aires marines protégées. Ils constituent les zones d?intérêt
dont une potentielle labellisation pourrait s?opérer après avoir fait l?objet d?une protection par des outils
réglementaires :
? Les affleurements de carbonates authigènes au large du département des Landes, à la rupture du
plateau continental (talus), constituent une structure géomorphologique causée par des émissions de
méthane froid, rare et unique en France (zone 13) ;
? L?Espace marin vulnérable le plus au Sud, actuellement situé hors AMP (zone 14) ;
? Le Gouf de Capbreton, dont la spécificité est sa proximité avec la côte, offre une biodiversité
remarquable (zone 15) ;
? Le Dôme de Gascogne est un mont sous-marin émergeant au Sud de la plaine abyssale du Golfe de
Gascogne, constituant une structure géomorphologique patrimoniale particulière (zone 16).
La labellisation d?ici 2027 des zones de protection forte candidates et potentielles, en l?état des périmètres
représentés sur la carte de synthèse, permet l?atteinte de la cible de 3 % des eaux de la façade. L'ensemble des
zones proposées constitue un réseau cohérent réparti à la fois sur le secteur côtier et au large, sur le plateau
continental, le talus et la plaine abyssale.
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Récifs coralliens profonds du talus du golfe de Gascogne © Ifremer, ChEReef 2022
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Une présentation détaillée du cadre de référence, des objectifs de la façade et de la trajectoire pour identifier
des zones candidates, les zones potentielles et les zones d'intérêt pour le développement de protection forte
sur la façade Sud-Atlantique figure en annexe 5.
2.2.4. Le développement de la protection forte dans le cadre de la stratégie dédiée à la protection
des fonds marins
Le déploiement d?une stratégie dédiée à la protection des fonds marins en France hexagonale a été annoncé
lors Troisième Conférence des Nations-unies sur l?Océan en juin 2025. Cette stratégie identifie plusieurs zones
ayant vocation à être labellisées d?ici la fin de l?année 2026. Ces dernières abritent les fonds marins les plus
fragiles et remarquables, en visant l?interdiction de toute activité susceptible d?impacter ces fonds.
Les secteurs ciblés sont représentés dans la carte ci-après :
81
CHAPITRE 3 Carte des vocations
Sur la base de l?état des lieux des activités socio-économiques et des enjeux écologiques de la façade, la carte
des vocations a été mise à jour. Elle décline la vision à horizon 2050 de la façade Sud-Atlantique présentée en
partie 1, chapitre 2. Cette carte permet d'identifier, dans les espaces maritimes, des zones cohérentes au
regard des enjeux identifiés et la concertation avec les acteurs. Elle favorise la définition de priorités
stratégiques (vocations) dans chacun des secteurs. Sept territoires ont ainsi été définis, non pas par des limites
administratives ou géographiques strictes, mais comme des zones homogènes d?enjeux en présence.
Chaque secteur fait l?objet d?une vocation particulière qui exprime une projection dans l?avenir ou une volonté
d?évolution concernant les activités et la protection du milieu marin. Les vocations retenues reposent sur les
principaux enjeux écologiques identifiés et les activités présentes ou potentielles. La liste des activités n?est
cependant pas exhaustive et les vocations ne sont pas exclusives du développement d?autres activités. Pour
chaque secteur, une fiche descriptive, accompagnée d?une carte détaillée, offre une vision à une échelle plus
locale des différents éléments de planification maritime. Des concertations sont en cours sur chacun des
secteurs, excepté sur le secteur 7 (plaine abyssale), pour identifier les zones prioritaires pour la reconnaissance
en zone de protection forte.
Banc d'Arguin et voilier dans la passe nord du Bassin d'Arcachon © Matthieu Melsbach / DIRM SA
82
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Secteur 1 Parc naturel marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis
AMP dans le secteur 100%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : hermelles, vase subtidale, vasière
intertidale
Zones fonctionnelles halieutiques : esturgeon
Enjeux socio-économiques
Activités principales : pêche professionnelle, aquaculture, transport maritime, plaisance,
tourisme, extraction de granulats
Vocation
Connaissance et protection du milieu marin ; développement durable des activités
maritimes
Secteur 2 Côte sableuse aquitaine
AMP dans le secteur 17,90%
Enjeux environnementaux
majeurs
Zones fonctionnelles halieutiques : esturgeon en mer
Zones fonctionnelles avifaune : densité toutes espèces
Enjeux socio-économiques
Activités principales : tourisme balnéaire, loisirs nautiques, pêche
Risques : risques littoraux notamment le recul du trait de côte
Vocation
Usages et activités maritimes et littorales en cohabitation, conditionnés à la réduction des
pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du milieu marin et à la prise en
compte de l?évolution du trait de côte
Secteur 3 Parc naturel marin du Bassin d'Arcachon
AMP dans le secteur 100%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : herbiers de zostère naine ; oiseaux
(toutes espèces)
Enjeux socio-économiques
Activités principales : pêche professionnelle, ostréiculture, tourisme, loisirs nautiques,
transport maritime
Risques : forte pressions liées à l?artificialisation du littoral et aux aléas naturels
Vocation
Connaissance et protection du milieu marin ; développement durable des activités
maritimes
Secteur 4 Côte rocheuse basque, estuaire de l?Adour et Gouf de Capbreton
AMP dans le secteur 19%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : grottes
Zones fonctionnelles avifaune : densité toutes espèces
Site emblématique : Gouf de Capbreton
Enjeux socio-économiques Activités principales : pêche professionnelle, filière nautique, transport maritime
Vocation
Usages et activités maritimes et littorales en cohabitation, conditionnés à la réduction des
pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du milieu marin, à la prise en compte
de l?évolution du trait de côte, en privilégiant les activités historiques emblématiques
(pêche, port de commerce, tourisme, plaisance et loisirs nautiques) et en tenant compte
d?activités émergentes potentielles (énergies marines renouvelables / houlomoteur)
83
Secteur 5 Le plateau continental
AMP dans le secteur 15,60%
Enjeux environnementaux
majeurs
Habitats benthiques et structures géomorphologiques : vases circalittorales à pennatules
Enjeux socio-économiques
Activités principales : transport maritime, pêche, plaisance, implantation d?énergies marines
renouvelables, extraction de granulats
Vocation
Priorité aux pêches professionnelles durables et au développement de nouvelles productions
d?énergies marines renouvelables (éolien en mer) en cohabitation notamment avec le
transport maritime et l?extraction de granulats marins en prenant en compte les secteurs à
forts enjeux écologiques.
Secteur 6 Le talus continental
AMP dans le secteur 83%
Enjeux environnementaux
majeurs
Présence d?enjeux forts sur chacun des compartiments écologiques (conditions
hydrographiques, habitats pélagiques, réseaux trophiques, habitats benthiques, structures
géomorphologiques, zones fonctionnelles halieutiques et avifaune, mammifères marins)
Enjeux socio-économiques Activités principales : pêche professionnelle, transport maritime
Vocation
Exploitation durable des ressources marines respectueuse des habitats et espèces à forts
enjeux écologiques
Secteur 7 La plaine abyssale
AMP dans le secteur 0%
Enjeux environnementaux
majeurs
Enjeux transversaux : rorqual commun (densité maximale européenne)
Enjeux socio-économiques Activités principales : transport maritime
Vocation
Utilisation et valorisation possible du milieu et des ressources marines, conditionnées par la
nécessité d?une meilleure connaissance de la zone
En annexe 8, une fiche descriptive de chaque secteur à laquelle est attachée une carte détaillée de la zone,
permet d?afficher à une échelle plus locale les différents éléments de planification maritime.
Sont également mentionnés dans la fiche :
? les activités présentes sur le territoire ;
? les spécificités écologiques, en particulier les enjeux environnementaux majeurs ;
? les interactions entre activités et milieu marin ;
? les perspectives d?évolution des activités ;
? les documents de planification nécessitant une compatibilité ou une prise en compte du DSF ;
? les objectifs stratégiques associés au territoire ;
? les éléments relatifs à la planification de l?éolien en mer et aux Zones de Protection Forte (ZPF) ;
? les éléments de la planification aquacole.
84
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Carte des vocations de la façade maritime Sud-Atlantique
Parc naturel marin de l?estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis : Connaissance et protection du
milieu marin ; développement durable des activités maritimes.
Côte sableuse aquitaine : Usages et activités maritimes et littorales en cohabitation, conditionnés à la
réduction des pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du milieu marin et à la prise en
compte de l?évolution du trait de côte.
Parc naturel marin du Bassin d'Arcachon : Connaissance et protection du milieu marin ; développement
durable des activités maritimes.
Côte rocheuse basque, estuaire de l?Adour et Gouf de Capbreton : Usages et activités maritimes et littorales
en cohabitation, conditionnés à la réduction des pressions cumulées, à l?atteinte du bon état écologique du
milieu marin, à la prise en compte de l?évolution du trait de côte, en privilégiant les activités historiques
emblématiques (pêche, port de commerce, tourisme, plaisance et loisirs nautiques) et en tenant compte
d?activités émergentes potentielles (énergies marines renouvelables / houlomoteur).
Le plateau continental : Priorité aux pêches professionnelles durables et au développement de nouvelles
productions d?énergies marines renouvelables (éolien en mer) en cohabitation notamment avec le transport
maritime et l?extraction de granulats marins et prenant en compte les secteurs à forts enjeux écologiques.
Le talus continental : Exploitation durable des ressources marines respectueuse des habitats et espèces à
forts enjeux écologiques.
La plaine abyssale : Utilisation et valorisation possible du milieu et des ressources marines, conditionnées par
la nécessité d?une meilleure connaissance de la zone.
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Glossaire
A
Abrasion : usure mécanique du substrat en place par frottement.
Activités anthropiques : activités d?origine humaine.
Aire marine protégée : espace délimité en mer, sur lequel est fixé un objectif de protection de la nature à long terme. Cet
objectif est rarement exclusif : il est souvent, soit associé à un objectif local de développement socio-économique, soit
articulé avec une gestion durable des ressources. Elle se caractérise également par un certain nombre de mesures de
gestion mises en oeuvre au profit de l?objectif de protection : suivi scientifique, programme d?actions, chartes de bonne
conduite, protection du domaine public maritime, réglementation, surveillance, information du public, etc.
Amphihalins : organisme aquatique migrateur qui, à des moments bien déterminés de son cycle de vie, passe de l'eau salée
à l?eau douce et vice versa.
Anthropisation : effet de l?homme sur les milieux naturels.
Antifouling (peinture) : peinture contenant des substances destinées à empêcher les organismes aquatiques de se fixer sur
la coque des navires ou sur d?autres objets immergés.
Aquaculture : production d?organismes aquatiques en eau douce, saumâtre ou marine et dans des conditions contrôlées ou
semi-contrôlées par l?homme, qu?il s?agisse d?animaux ou de végétaux.
Artificialisation : modification des espaces naturels par l?homme du fait de la construction d?infrastructures.
Assises de la mer et du littoral : initiées en juillet 2013, elles constituent une démarche de concertation autour de 10 grands
thèmes dont l?objectif est de participer à l?élaboration de la stratégie nationale de la mer et du littoral.
B
Bassin versant : un bassin versant, ou bassin hydrographique, correspond à une surface d'alimentation d'un cours d?eau ou
d'un lac. Le bassin versant se définit comme l'aire de collecte limitée par le contour à l'intérieur duquel se rassemblent les
eaux précipitées qui s'écoulent en surface et en souterrain vers une sortie.
Bathymétrie : équivalent sous-marin de la topographie, c?est-à-dire description du relief immergé grâce aux mesures de
profondeurs.
Benthique : adjectif qui qualifie l?interface eau-sédiment (= interface eau-lithosphère) d?un écosystème aquatique, quelle
qu?en soit la profondeur. Qualifie également un organisme vivant libre (vagile) sur le fond ou fixé (sessile).
Biocénose : ensemble des organismes vivants (animaux et végétaux dont micro-organismes) qui occupent un milieu naturel
déterminé (le biotope). Ce groupement d'êtres vivants est caractérisé par une composition spécifique déterminée et par
l'existence de phénomènes d'interdépendance. L?ensemble biocénose -biotope constitue l'écosystème. Une biocénose se
modifie au cours du temps (phase pionnière, phase intermédiaire et phase d'équilibre). La biocénose correspond à la
composante vivante de l'écosystème, par opposition au biotope.
Biodiversité : la biodiversité ou diversité biologique est une expression apparue dans les années 1980, vulgarisée lors de la
Conférence de Rio en 1992.
Elle est constituée de l?ensemble des espèces vivantes (diversité spécifique), de leur patrimoine génétique (diversité
génétique), des habitats (diversité des écosystèmes et des fonctionnalités) et des paysages. Par des relations de
compétition, de prédation, ou de coopération, tels les maillons d?une chaîne infinie, chacun vit en interdépendance. La
biodiversité est indispensable aux grands équilibres écologiques, lesquels jouent un rôle déterminant dans la disponibilité
des éléments essentiels à la vie : la nourriture, l?eau et l?air.
Biotechnologie : toute technique utilisant des êtres vivants (micro-organismes, animaux, végétaux), généralement après
modification de leurs caractéristiques génétiques, pour la fabrication industrielle de composés biologiques ou chimiques
(médicaments, matières premières industrielles) ou pour l'amélioration de la production agricole (plantes et animaux
transgéniques ou OGM.
Biotope : espace caractérisé par des facteurs climatiques, géographiques, physiques, morphologiques et géologiques, etc.
en équilibre constant ou cyclique et occupé par des organismes qui vivent en association spécifique (biocénose). C?est la
composante non vivante de l'écosystème.
87
Bon état écologique : le « bon état écologique » du milieu marin est défini dans la Directive cadre « stratégie pour le milieu
marin (DCSMM) comme étant « l?état écologique des eaux marines tel que celles-ci conservent la diversité écologique et le
dynamisme d?océans et de mers qui soient propres, en bon état sanitaire et productifs dans le cadre de leurs conditions
intrinsèques, et que l?utilisation du milieu marin soit durable, sauvegardant ainsi le potentiel de celui-ci aux fins des
utilisations et activités des générations actuelles et à venir ».
C
Canyon sous-marin : entaille profonde et encaissée dans le talus continental, plus ou moins sinueuse et ramifiée,
caractérisée par des versants raides et un profil en long très incliné, parcouru par des courants de turbidité.
Captures accidentelles : espèces capturées involontairement dont l?occurrence est faible.
Chiffre d?affaires : montant des affaires (hors taxes) réalisées par l'entreprise avec les tiers dans l'exercice de son activité
professionnelle normale et courante. Il correspond à la somme des ventes de marchandises, de produits fabriqués, des
prestations de services et des produits des activités annexes.
Circalittoral : étage qui s?étend depuis la limite inférieure de vie des algues (=jusqu?à la limite de vie des organismes les plus
tolérantes aux faibles éclairements. Les limites supérieures et inférieures de cet étage varient donc en fonction de la
turbidité de l'eau. (de -40m à ? 100m environ)
L'étage circalittoral est une zone de l'estran qui s'observe sous le niveau infralittoral, là où les algues photophiles
commencent à se faire rares. Il se termine lorsque les organismes sciaphiles, i.e., disparaissent à leur tour.
Clapage : immersion en mer des produits de dragage de ports en un lieu réservé et autorisé à cet effet.
Cluster : réseau d?entreprises constitué majoritairement de PME et de TPE, fortement ancrés localement, souvent sur un
même créneau de production et souvent à une même filière.
Code de l?environnement : recueil dans lequel ont été réunis les lois, décrets et règlements concernant l?environnement. Le
code de l?environnement reconnaît aujourd?hui quatre principes de base en matière de gestion de l'environnement : le
principe de précaution, le principe d?action préventive, le principe pollueur-payeur et le principe de participation.
Conchyliculture : ensemble des procédés et des techniques utilisés pour favoriser la production de coquillages.
Conflit d?usage : rivalités entre usagers d?une même ressource ou d?un même espace pour son appropriation, sa gestion ou
son exploitation.
Criée : lieu de première mise en marché du poisson lorsqu?il est débarqué dans le port de pêche.
Crinoïde : classe de la systématique animale, qui appartient à l?embranchement des échinodermes et qui est la seule
catégorie encore vivante de ce qui fut autrefois un groupe florissant d'animaux toujours fixés au sol.
Croissance bleue : croissance économique durable des secteurs liés à la mer.
D
Débat public : dispositif de démocratie participative institué par la loi et mis en oeuvre par la Commission nationale de
débat public.
DCSMM : Directive cadre stratégie pour le milieu marin : Directive 2008/56/CE du 17 juin 2008 qui établit un cadre d?action
communautaire dans le domaine de la politique pour le milieu marin en vue de l?atteinte ou du maintien du bon état
écologique.
DCE : Directive cadre sur l?eau: Directive 2000/60/CE du 22 octobre 2000 qui établit des règles pour mettre fin à la
détérioration de l?état des masses d?eau de l?Union européenne et parvenir au bon état des rivières, lacs et eaux
souterraines et côtières en Europe.
DHFF : Directive Habitats Faune Flore (plus connue sous le nom de Directive « Habitats »): Directive 92/43/CEE du Conseil,
du 21 mai 1992, concernant la conservation des habitats naturels ainsi que de la faune et de la flore sauvages.
Directive Oiseaux : directive 2009/147/CE concernant la préservation des oiseaux sauvages. Elle complète la directive
« Habitats», avec pour objectif la constitution d?un « réseau écologique européen cohérent de zones spéciales de
conservation (ZSC), dénommé Natura 2000 »
88
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Domaine public maritime (DPM) : il est constitué du sol, du sous-sol de la mer, compris entre la limite haute du rivage, c?est-
à-dire celles des plus hautes mers en l?absence de perturbations météorologiques exceptionnelles, et la limite, côté large, de
la mer territoriale ; des étangs salés en communication directe, naturelle et permanente avec la mer ; des lais (parcelles
dont la mer s?est définitivement retirée) et relais (dépôts alluvionnaires) de la mer ;
Dragage : action de prélever du sédiment sur le fond de la mer à l?aide d?une drague, soit pour étudier un échantillon de
sédiment, soit pour dégager un chenal navigable (création ou entretien).
E
Écosystème : ensemble des êtres vivants (biocénose), des éléments non vivants et des conditions climatiques et géologiques
(biotopes) qui sont liés et interagissent entre eux et qui constitue une unité fonctionnelle de base en écologie. L?écosystème
a des propriétés qui sont distinctes de la somme des propriétés de ses deux composantes.
Écosystémique (approche) : méthode de gestion où les terres, l'eau et les ressources vivantes sont intégrées pour favoriser
la conservation et l?exploitation durable des ressources naturelles, afin de respecter les interactions dans les écosystèmes
dont dépend l?être humain.
Elasmobranche : sous-classe des poissons cartilagineux. Ce taxon comprend les raies et les requins.
Endémique : caractérise des espèces vivantes propres à un territoire bien délimité.
Énergie marine renouvelable : le terme énergie marine renouvelable recouvre un ensemble de technologies qui permettent
la production d?énergie à partir du milieu marin(marée, houle, courants, chaleur, etc.) On associe également le production
des éoliennes en mer à cet ensemble.
Ensouillage : enfouissement d?une canalisation sous-marine ou d?un câble dans le sol marin.
Érosion : phénomène résultant de l'action de l?eau, des vents ou d?un produit chimique sur de la matière minérale ou autre,
et qui provoque l?enlèvement des couches supérieures des sols.
Estuaire : embouchure d'un fleuve, un plan d?eau côtier créé par un cours d?eau se jetant dans le milieu marin et dans lequel
les organismes qui y vivent sont sujets à des variations de salinité créées par les marées.
Étalement urbain : extension non maîtrisée de zones construites à la périphérie d?un espace urbain.
Étang rétro-littoral : étang situé en arrière du trait de côte.
Eutrophisation : enrichissement des eaux (cours d?eau, plans d?eau, eaux marines) en éléments nutritifs, essentiellement le
phosphore et l?azote qui constituent un véritable engrais pour les plantes aquatiques. Elle se manifeste par la prolifération
excessive des végétaux dont la décomposition provoque une diminution notable de la teneur en oxygène. Il s?ensuit, entre
autres, une diversité animale et végétale amoindrie et des usages perturbés (alimentation en eau potable ? loisirs, etc.).
F
Flottille : ensemble de navires de même nature (ex : flottille de chalutiers, flottille de fileyeurs)
Foncier : relatif à un fonds de terre, à sa propriété, à son exploitation et à son imposition.
Frange littorale : bande étroite située à proximité immédiate du trait de côte et directement concernée par sa mobilité.
Frayère : aire (marine, ou d'eau douce ou saumâtre) dans laquelle les animaux, poissons principalement, se rassemblent
périodiquement pour leur reproduction et où ils déposent leurs oeufs.
Fret ferroviaire : transport de marchandises par train.
G
Gestion intégrée : la gestion intégrée désigne un mode de gestion de certaines activités qui intègre, dès la phase de
conception, l'ensemble des facteurs écologiques, économiques et sociaux qui leur sont liés.
Gorgones : organismes marins de la famille des cnidaires marins (coraux). Ce sont des octocoralliaires coloniaux dont le
squelette est constitué par une matière organique cornée élastique (la gorgonine) incluant des aiguilles calcaires. Ce
squelette est entouré d?un tissu mou où se trouvent des polypes munis d?une bouche et de 8 tentacules. Elles sont
suspensivores.
Granulat : ensemble des constituants inertes (sables, fines, graviers, cailloux concassés) des mortiers et bétons.
89
H
Habitats (au sens de la directive) : milieu dans lequel vit une espèce ou un groupe d'espèces animales ou végétales (ex. :
tourbières, roselières d'estuaire, chênaies?). Ce sont des zones terrestres ou aquatiques possédant des caractéristiques
biogéographiques et géologiques particulières et uniques. (ex : en dynamique des populations, on parlera d?un «Habitat à
Abra alba», pour faire allusion à toute la population ? et le milieu naturel environnant ? caractérisé par l?occurrence de Abra
alba, espèce représentative de ce milieu, de cet habitat).
Habitat benthique : habitat à l?interface eau-sédiment (= interface eau-lithosphère) d?un écosystème aquatique, quelle
qu?en soit la profondeur. Habitat composé d?organisme vivant libre (vagile) sur le fond ou fixé (sessile).
Habitat biogénique : habitat d?origine naturelle.
Halieutique : qualifie toutes les activités relevant de la pêche sous toutes ses formes.
Herbiers de zostères : cet habitat est constitué par une plante à fleur (phanérogame marine) qui se développe sur des fonds
constitués de sédiments meubles (graviers, sables et vase) de la zone infralittorale, jusqu?à dix mètres de profondeur. Les
zostères forment des herbiers, parfois denses, comparables aux prairies terrestres.
Hermelles : annélide polychète sédentaire (Sabellaria alveolata) vivant dans des tubes de sable aggloméré. Ces vers sont
capables de constituer des récifs assez importants. Cette espèce dite ingénieure.
Hinterland : désigne la zone d?influence et d?attraction économique d?un port, c?est-à-dire la zone qu?un port approvisionne
ou dont il tire ses ressources.
I
Intrant (agriculture) : produits apportés aux terres et aux cultures, qui ne proviennent ni de l?exploitation agricole ni de sa
proximité.
L
Linéaire côtier : longueur développée de la côte.
Loi littoral : loi du 3 janvier 1986 qui a posé un certain nombre de règles relatives à la gestion, à la préservation et à
l?aménagement et l?urbanisme du littoral.
M
Maërl : mot d?origine bretonne utilisé pour désigner les algues calcaires du genre Lithothamnium. dont le thalle de couleur
violette n?est pas fixé et est emporté par les courants pour se déposer en bancs importants dans les zones calmes. Ces
algues sont exploitées pour produire un amendement calcaire utilisé sur les sols acides (en Bretagne notamment).
Mytiliculture : culture des moules.
N
Nourricerie : zone où se regroupent les alevins et juvéniles d'une espèce mobile pour s?y nourrir et poursuivre leur
développement. Une zone de nourricerie peut être fréquentée par plusieurs (nombreuses) espèces.
Nurserie : lieu où se regroupe des individus juvéniles.
O
Offshore : qui s?effectue au large.
Ostréiculture : culture des huîtres.
P
Panache : se dit de la zone de dispersion d'un rejet ou d?un fleuve.
Pélagique : qualifie le milieu marin de pleine eau et les êtres qui y vivent. Se dit également d?une espèce vivant en pleine
eau, ou au large comme les oiseaux marins.
Pisciculture marine : élevage de poissons marins.
90
S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E
Plaisance : se dit de la navigation pratiquée pour le loisir, le sport, et de ce qui s?y rapporte.
Plan de prévention des risques technologiques : outil introduit par la loi du 30 juillet 2003 et le décret du 7 septembre 2005
pour renforcer la maîtrise de l?urbanisation autour des sites à haut risque, et notamment pour tenter de résorber certaines
situations existantes héritées du passé.
PLU (Plan local d?urbanisme) il est le principal document de planification de l'urbanisme au niveau communal (PLU) ou
intercommunal (PLUI). Il remplace le plan d?occupation des sols (POS) depuis la loi relative à la solidarité et au
renouvellement urbain du 13 décembre 2000, dite « loi SRU ».
Poisson migrateur : poisson qui effectue des déplacements, ou migrations, plus ou moins longs au cours de sa vie pour
accomplir son cycle biologique. Les poissons amphihalins sont par définition des poissons migrateurs
Production primaire : quantité totale de matière organique en mer principalement produite par les algues et fixée par
photosynthèse.
R
Réseau trophique : ensemble des relations alimentaires entre espèces au sein d'une communauté et par lesquelles l?énergie
et la matière circulent.
Résilience : capacité à absorber une perturbation, à se réorganiser et à continuer de fonctionner de la même manière
qu?avant.
Ressource naturelle : ensemble des ressources minérales ou biologiques nécessaires à la vie de l?homme et à ses activités
économiques.
Roche carbonatée : roche sédimentaire constituée d?au moins 50 % de carbonates (aragonite, calcite ou dolomite).
S
SCoT : Schéma de cohérence territorial : outil de conception et de mise en oeuvre d?une planification stratégique
intercommunale, à l?échelle d?un large bassin de vie ou d?une aire urbaine, dans le cadre d?un projet d?aménagement et de
développement durables.
Servitude : la servitude de passage des piétons sur le littoral est destinée à assurer exclusivement le passage des piétons le
long du littoral et à leur assurer un libre accès au littoral. Elle interdit aux propriétaires des terrains grevés et à leurs ayants-
droit d?apporter à l'état des lieux des modifications de nature à faire, même provisoirement, obstacle au libre passage des
piétons, sauf autorisation préalable accordée par le préfet, pour une durée de six mois au maximum.
Site d?hivernage : espace géographique dans lequel un oiseau migrateur passe l?hiver.
Submersion : inondation ou invasion par la mer.
T
Talus continental: zone de fort dénivelé qui conduit du bord du plateau continental à la plaine abyssale.
Trait de côte : est une courbe/ligne représentant l'intersection de la terre et de la mer dans le cas d?une marée haute de
coefficient 120 et dans des conditions météorologiques normales. Par extension c?est la limite entre la terre et la mer, c?est-
à-dire la côte.
Turbidité de l?eau : désigne l?obstruction à la pénétration de la lumière. La turbidité résulte de la quantité de particules
solides en suspension (dites «matières en suspension »), qu?elles soient minérales - sables, argiles, limons -, ou d?origine
organique - phyto - ou zooplancton, matières organiques détritiques.
Z
ZEE : zone économique exclusive : espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière
d?exploration et d?usage des ressources. Il s?étend de 12 miles (limite de la mer territoriale) à 200 milles.
Zone fonctionnelle halieutique : un espace est considéré comme une zone fonctionnelle halieutique à partir du moment où
il est le siège d?au moins une phase du cycle de vie (naissance, croissance, alimentation, migration, reproduction) d?une
ressource halieutique.
91
Liste des annexes
Annexe 1 Diagnostic de l?existant
Annexe 1.a? : Description des activités de la façade intégrant l?analyse économique et sociale de l?utilisation
des eaux marines
Annexe 1.b? : Synthèse scientifique et technique relative à l?évaluation de l?état écologique des eaux marines
et des pressions exercées
Annexe 1.c? : Analyse économique et sociale des coûts induits par la dégradation de l?environnement marin
Annexe 2 Carte de synthèse des enjeux socio-économiques
Annexe 3 Les enjeux environnementaux
Annexe 3.a? : Carte de synthèse des enjeux environnementaux
Annexe 3.b? : Carte des secteurs à enjeux écologiques
Annexe 3.c? : Identification des enjeux écologiques forts et majeurs
Annexe 4 Objectifs stratégiques et indicateurs associés
Annexe 4.a? : Tableau des objectifs stratégiques socio-économiques et indicateurs associés
Annexe 4.b? : Tableau des objectifs stratégiques environnementaux et indicateurs associés
Annexe 4.c? : Fiches descriptives des objectifs stratégiques environnementaux
Annexe 4.d? : Objectifs par filières
Annexe 4.e? : Rattachement des objectifs socio-économiques et environnementaux à la vision et à la stratégie
nationale pour la mer et le littoral 2
Annexe 5 Planification des zones de protection forte
Annexe 6 Planification énergétique
Annexe 7 Planification des zones de vocation aquacole
Annexe 8 Fiches descriptives des zones délimitées sur la carte des vocations
Annexe 9 Tableau des dérogations
Annexe 10 Atlas cartographique
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S T RA TÉ G I E D E F A Ç A D E MA RI T I ME S U D -A TL A N TI Q U E 93
D
S
F
Direction interrégionale de la mer Sud-
Atlantique
1-3, rue Fondaudège, 33074 Bordeaux Cédex
Tél. : 33 (0) 5 56 00 83 00
dirm-sa@developpement-durable.gouv.fr
www.dirm.sud-atlantique.developpement-durable.gouv.fr
INVALIDE)