santé (La) économique et financière des entreprises de la construction au tournant de la décennie 2020
HAFFOU, Smaël
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
"Les entreprises de la construction ont connu une nette baisse de leur activité et de leurs marges en France en 2020, dans un contexte de crise sanitaire. Leur trésorerie s'est toutefois fortement accrue, en lien notamment avec les différents mécanismes de soutien public : aides de l'État pour les petites et moyennes entreprises (PME), paiements anticipés des travaux reportés pour les entreprises intermédiaires et les grandes entreprises des travaux publics. Ce haut niveau de trésorerie a permis un important rebond de l'investissement en 2021, au sortir de la crise sanitaire. En 2022, avec le fort ralentissement de la construction et des ventes de logements, et plus encore les années suivantes, les défaillances d'entreprises du secteur repartent à la hausse, touchant principalement les plus petites entreprises avec une faible trésorerie." Source SDES
Editeur
Ministères Transition écologique, Aménagement du territoire, Transports, Ville et Logement
Descripteur Urbamet
entreprise
;construction
;aide aux entreprises
;économie
;PME
;donnée statistique
Descripteur écoplanete
Thème
Construction
Texte intégral
L A BT AD A Essentiel
La santé économique et financière
des entreprises de la construction
au tournant de la décennie 2020
Les entreprises de la construction ont connu une nette
baisse de leur activité et de leurs marges en France en
2020, dans un contexte de crise sanitaire. Leur trésorerie
s?est toutefois fortement accrue, en lien notamment avec
les différents mécanismes de soutien public: aides de
l?État pour les petites et moyennes entreprises (PME),
paiements anticipés des travaux reportés pour les
entreprises intermédiaires et les grandes entreprises des
travaux publics. Ce haut niveau de trésorerie a permis un
important rebond de l?investissement en 2021, au sortir
de la crise sanitaire. En 2022, avec le fort ralentissement
de la construction et des ventes de logements, et plus
encore les années suivantes, les défaillances d?entreprises
du secteur repartent à la hausse, touchant principalement
les plus petites entreprises avec une faible trésorerie.
En 2020, les entreprises du secteur de la construction ont
été confrontées, comme celle de l?ensemble des secteurs,
à une situation inédite engendrée par la crise sanitaire, avec
notamment l?interruption temporaire des chantiers, puis les
mesures particulières de précaution pour la reprise d?activité.
Les statistiques structurelles sur les entreprises produites
par l?Insee (voir Sources) permettent de décrire l?évolution
des principaux indicateurs économiques et financiers entre
2018 et 2021 en France (y compris dans les DROM), et ainsi
de mieux comprendre les stratégies adoptées par les
entreprises pour s?adapter à la crise.
UN DYNAMISME MARQUÉ DU SECOND OEUVRE
ÉNERGIE SUR LA PÉRIODE 2018-2021
Entre 2018 et 2021, les entreprises de la construction
connaissent une dynamique plus favorable que celle de
l?ensemble de l?économie. La valeur ajoutée hors taxe
progresse ainsi plus fortement en 2019 (+6,9% à prix
courant) que celle des branches du secteur marchand non
agricoles et non financières (+4,3%). Après une contraction
proche de celle de l?ensemble de l?économie en 2020 dans
le contexte de la crise sanitaire (-6,1%, contre -6,3%),
lareprise est plus marquée en 2021 dans la construction
(+14,2%, contre +8,0%)?(graphique1).
OCTOBRE 2025
Le second oeuvre énergétique, qui comprend notamment
les activités liées à la rénovation énergétique, se distingue
par une progression particulièrement soutenue (+8,8% en
2019 et +18,0% en 2021, après -4,4% en 2020) dans un
contexte de renforcement des politiques publiques en faveur
de la rénovation énergétique, avec notamment le lancement
en 2020 de MaPrimeRenov?.
DES TRÉSORERIES RENFORCÉES PENDANT
LACRISE SANITAIRE
Face à la récession historique engendrée par la crise sanitaire
en 2020, l?État a déployé un éventail de mesures de soutien
Note de lecture : en 2019, la valeur de l?indice pour l?ensemble des entreprises
dela construction (courbe noire en pointillés) est de 106,9.
Cela signifie que la valeur ajoutée hors taxe est, cette année-là, supérieure
de 6,9 % à son niveau de 2018.
Champ : entreprises de la construction en France.
Source: Insee, Esane 2019, 2020 et 2021
Graphique 1: évolution de la valeur ajoutée hors taxe
dans la construction
Indice 100 en 2018
2018 2019 2020 2021
Second oeuvre énergie Travaux publics
Second oeuvre général Gros oeuvre BTP ensemble
125
120
115
110
105
100
95
La santé économique et financière des entreprises de la construction
au tournant de la décennie 2020
Les grandes entreprises et dans une moindre mesure
les ETI, qui n?ont pas bénéficié de subventions d?exploitation
de même niveau, présentent des évolutions plus accentuées
du taux de marge avec une forte baisse en 2020 (-4,9points
pour les GE et -2,0points pour les ETI) suivie d?une nette
remontée en 2021 (+5,5 pour les GE et +1,5point pour
lesETI)?(graphique4).
économique: prêts garantis par l?État, reports d?échéances
fiscales et sociales, amélioration de la prise en charge de
l?activité partielle, aides du fonds de solidarité notamment.
Ces dispositifs visaient à soutenir la trésorerie des
entreprises, à préserver les emplois et à éviter les faillites.
En 2020, la trésorerie des entreprises de la construction
a ainsi fortement progressé (+20,8milliards d?euros).
Cettehausse concerne toutes les tailles d?entreprises.
En2021, la trésorerie se maintient à un niveau élevé, même
si elle se contracte légèrement dans le secteur dans son
ensemble (-1,4milliard d?euros), tirée à la baisse par les
grandes entreprises (graphique 3).
Plusieurs mécanismes sont susceptibles d?expliquer la
forte hausse de la trésorerie des entreprises en 2020, puis
son maintien à des niveaux élevés en 2021: contraction
maîtrisée des marges grâce aux aides publiques consécutives
à la crise sanitaire, recours accru à l?endettement, paiements
anticipés des travaux reportés. Ces différents facteurs ont
joué un rôle variable selon la taille des entreprises.
UNE BAISSE DES MARGES EN 2020, MODÉRÉE
TOUTEFOIS DANS LES PME PAR LES AIDES
LIÉESÀLA CRISE SANITAIRE
Comme l?ensemble des entreprises de la construction, les PME
ont connu une baisse de leurs marges brutes en 2020, mais
celle-ci a été plus limitée que celle des entreprises de plus
grande taille (15,4% de la valeur ajoutée pour les PME en 2020,
après 16,1% en 2019). La baisse de leur taux de marge en 2020
a notamment été contenue (pour 0,7point environ) par la
hausse des subventions d?exploitation dont elles ont bénéficié
dans le cadre des aides exceptionnelles liées à la crise sanitaire
(fonds de solidarité et prise en charge du chômage partiel).
En2021, la remontée du taux de marge (+2,4points) a été
également soutenue (à hauteur de +0,6point environ) par le
maintien à un niveau élevé des subventions d?exploitation.
ENCADRÉ
Une surreprésentation des PME
dans la construction
Le secteur de la construction regroupe lesentreprises
dubâtiment (gros oeuvre etsecond oeuvre) et des travaux
publics. Le second oeuvre représente près de lamoitié
duchiffre d?affaires net de lasous-traitance (34,1% pour
lesecond oeuvre général et 14,1% pour le second oeuvre
énergie), devant le gros oeuvre (27,5%) et les travaux
publics(24,3%). Le secteur de la construction se caractérise
par une structure d?activité peu concentrée : 270000 petites
et moyennes entreprises (PME) réalisent plus des deux tiers
du chiffre d?affaires net en 2021 (68,1% dont 31,6% pour
lestrès petites entreprises). Elles sont fortement représentées
dans lesecond oeuvre (général et énergie) dont elles assurent
plusde 80% du chiffre d?affaires net (graphique2).
Les 300 entreprises de taille intermédiaire (ETI) et grandes
entreprises (GE) représentent un tiers du chiffre d?affaires net
(12,8 % pour les ETI et 19,2 % pour les GE), soit beaucoup
moins que dans l?ensemble des secteurs marchands non
agricoles et non financiers (deux tiers environ). Cesentreprises
sont particulièrement présentes dans les travaux publics où
elles assurent 64,1 % du chiffre d?affaires net. Cesecteur
représente à lui seul 57,4 % du chiffre d?affaires net
desgrandes entreprises et 35,9 % de celui des ETI.
PMEGE
GE GE
ETI
ETI
ETI
ETI 3,4
PME
PME
PME
44,312,7
8,5
26,2
20,7
10,9
30,2
66,7
7,5
6,7
Second oeuvre général Gros oeuvre
Travaux publics Second oeuvre énergie
Champ : entreprises de la construction en France en 2021 hors personnes
physiques, sociétés en économie mixte et syndicats intercommunaux.
Source: Insee, Esane 2021
Graphique 2 : chiffre d?affaires net de la sous-traitance
des entreprises de la construction en 2021 selon
lesous-secteur et la catégorie d?entreprise
En milliards d?euros
Note de lecture : en 2019, la valeur de l?indice pour l?ensemble des entreprises
de la construction (courbe noire en pointillés) est de 111,7. Cela signifie que
latrésorerie est, cette année-là, supérieure de 11,7 % à leur niveau de 2018.
Champ : entreprises de la construction en France.
Source: Insee, Esane 2019, 2020 et 2021
Graphique 3 : évolution de la trésorerie des entreprises
de la construction entre 2018 et 2021 selon la catégorie
d?entreprise
Indice 100 en 2018
PME ETI GE BTP ensemble
2018 2019 2020 2021
170
160
150
140
130
120
110
100
La santé économique et financière des entreprises de la construction
au tournant de la décennie 2020
DES AVANCES POUR LES ENTREPRISES
DESTRAVAUX PUBLICS POUR COMPENSER
LESRETARDS DES CHANTIERS
Dans les entreprises des travaux publics, les produits
constatés d?avance, qui représentent un engagement
financier des clients avant la réalisation des travaux, ont
fortement augmenté en 2020. Ils se sont accrus de
1,6 milliard d?euros dans les entreprises de taille
intermédiaire (ETI) et, dans une moindre mesure, de
0,5 milliard d?euros dans les grandes entreprises.
Graphique 4: marge brute des entreprises
de la construction entre 2018 et 2021
En %
Champ : entreprises de la construction en France.
Source: Insee, Esane 2019, 2020 et 2021
ETI PME GE Ensemble
20
19
18
17
16
15
14
13
12
11
10
2018 2019 2020 2021
Graphique 5 : évolution des produits constatés d?avance
des entreprises de la construction entre 2018 et 2021
selon le secteur d?activité
Indice 100 en 2018
Note de lecture : en 2019, la valeur de l?indice pour l?ensemble des entreprises de
laconstruction (courbe noire en pointillés) est de 107,3. Cela signifie que les produits
constatés d?avance sont, cette année-là, supérieurs de 7,3 % à leur niveau de 2018.
Champ : entreprises de la construction en France.
Source: Insee, Esane 2019, 2020 et 2021
Travaux publics Second oeuvre énergie
Second oeuvre général Gros oeuvre Ensemble
210
200
190
180
170
160
150
140
130
120
110
100
90
2018 2019 2020 2021
Note de lecture : en 2019, la valeur de l?indice pour l?ensemble des entreprises
de la construction (courbe noire en pointillés) est de 109,8. Cela signifie que
l?endettement financier est, cette année-là, supérieur de 9,8 % à leur niveau de 2018.
Champ : entreprises de la construction en France.
Source: Insee, Esane 2019, 2020 et 2021
Cesentreprises, qui ont la plus grande proportion de
clientèle publique, ont ainsi bénéficié d?une hausse des
avances sur leurs chantiers, notamment pour compenser
les retards pris du fait de l?interruption d?activité pendant la
pandémie.
Les délais de règlement ont également diminué de
manière significative pour les ETI des travaux publics,
passant de 117jours en 2019, à 112jours en 2020, puis 106
en 2021, alors que les créances des clients s?allongeaient
pour l?ensemble du secteur (+2,4%). Cette réduction des
délais de paiement, conjuguée à la hausse des produits
constatés d?avance, a ainsi contribué à alimenter la
trésorerie des ETI des travaux publics (graphique 5).
UNE FORTE CROISSANCE DE L?ENDETTEMENT
FINANCIER EN 2020
Entre 2018 et 2021, l?endettement financier des entreprises
de la construction connaît des évolutions contrastées selon
leur taille. En 2020, la dette financière de plus d?un an des
PME s?accroît de 39,0%, en lien notamment avec le recours
aux prêts garantis par l?État (PGE). Les grandes entreprises,
non éligibles à ce dispositif, accroissent également leur
endettement (+26,0%) principalement par le biais des
émissions obligataires. Concernant les ETI, leur dette
financière de plus d?un an s?accroît plus modérément en
2020 (+10,4%), même si les ETI du second oeuvre général
voient leur dette augmenter fortement (+33,1%). Au total,
la dette financière de plus d?un an des entreprises de la
construction augmente de 19,5milliards d?euros en 2020.
En 2021, la dette financière varie peu pour les grandes
entreprises (-3,0%) comme pour les PME (+1,6%).
Enrevanche, les ETI enregistrent une nouvelle hausse
(+2,8milliards d?euros, soit +15,8%). Dans cette catégorie
assez hétérogène d?entreprises, les évolutions globales
peuvent refléter en large partie la situation spécifique de
quelques entreprises (graphique6).
PME ETI GE Ensemble
Graphique 6 : évolution de la dette financière brute
(deplus d?un an) des entreprises de la construction
entre 2018 et 2021 selon la catégorie d?entreprise
Indice 100 en 2018
150
145
140
135
130
125
120
115
110
105
100
2018 2019 2020 2021
La santé économique et financière des entreprises de la construction
au tournant de la décennie 2020
UN INVESTISSEMENT SOUTENU EN 2021 DANS
LESPME ET LES GRANDES ENTREPRISES
Les niveaux élevés de trésorerie en 2020 ont permis une
hausse significative de l?investissement corporel brut hors
apports en 2021 (+ 17,8 %). En particulier, les
investissements des PME connaissent une accélération
(+19,6%, après +5,3% en 2020). Après avoir peu investi
entre 2018 et 2020 (-0,8% en 2019, puis +2,7% en 2020),
les grandes entreprises accroissent nettement leurs
investissements en 2021 (+23,3%). La dynamique dans les
ETI est en revanche différente. L?investissement progresse
fortement en 2019 (+36,0%) et 2020 (+17,2%), puis plus
modérément en 2021 (+3,4%). Ces évolutions globales
reflètent pour l?essentiel la dynamique de quelques
entreprises (graphique7).
UNE FAIBLE TRÉSORERIE, PRINCIPAL FACTEUR
DEVULNÉRABILITÉ DES ENTREPRISES
Le niveau élevé de l?endettement des entreprises de la
construction en 2021 interroge sur leur solvabilité à moyen terme,
compte tenu notamment du fort ralentissement de la construction
et des ventes de logement survenu à partir de fin 2022.
De fait, après une nette baisse des procédures de
liquidation judiciaire en 2020 et 2021, le secteur de la
construction connaît une reprise marquée des défaillances
en 2022. Cette tendance se poursuit jusqu?en 2024, année
record sur la période récente, en cohérence avec une activité
immobilière très dégradée. Les défaillances concernent
essentiellement de très petites entreprises indépendantes,
qui représentent 95% des liquidations entre 2018 et 2024.
DES DISTRIBUTIONS DE DIVIDENDES EN BAISSE
DANS LES GRANDES ENTREPRISES ET ETI EN 2020
Au-delà de l?investissement, la trésorerie a pu être utilisée
pour verser des dividendes. Au cours de la crise sanitaire et
du rebond d?activité, les politiques de distribution de
dividendes ont été hétérogènes au sein des entreprises de
la construction.
Les versements totaux de dividendes des grandes
entreprises ont nettement reculéen 2020 (-1,5milliard d?euros,
soit -22,5%), puis plus modérément en 2021 (-0,1milliard
d?euros). Avec 63,6% du total des dividendes versés en 2021,
les grandes entreprises restent toutefois les plus distributrices.
Les versements de dividendes des ETI, déjà en baisse
en 2019 (-8,5%), se sont également fortement contractés
en 2020 (-46,8%) avant de rebondir en 2021 pour retrouver
un niveau proche de celui de 2018 (+2,4%). À l?inverse, les
dividendes versés par les PME ont augmenté chaque année,
avec une progression particulièrement marquée en 2021
(+24,0%)?(graphique8).
Graphique 7 : évolution de l?investissement des
entreprises de la construction entre 2018 et 2021
selonla catégorie d?entreprise
Indice 100 en 2018
Note de lecture : en 2019, la valeur de l?indice pour l?ensemble des entreprises
de la construction (courbe noire en pointillés) est de 108,1.
Cela signifie que l?investissement (corporel brut hors apports) est, cette année-là,
supérieur de 8,1 % à leur niveau de 2018.
Champ : entreprises de la construction en France.
Source: Insee, Esane 2019, 2020 et 2021
2018 2019 2020 2021
ETI PME GE Ensemble
170
160
150
140
130
120
110
100
90
Graphique 8 : évolution des dividendes des entreprises
de la construction entre 2018 et 2021 selon la catégorie
d?entreprise
Indice 100 en 2018
Note de lecture : en 2019, la valeur de l?indice pour l?ensemble des entreprises
de la construction (courbe noire en pointillés) est de 110,0. Cela signifie que
lesdividendes sont, cette année-là, supérieurs de 10,0 % à leur niveau de 2018.
Champ : entreprises de la construction en France.
Source: Insee, Esane 2019, 2020 et 2021
PME ETI GE Ensemble
160
140
120
100
80
60
40
2018 2019 2020 2021
Graphique 9 : nombre d?ouvertures de procédure
deliquidation des entreprises de la construction
entre 2018 et 2024
2018 2019 2020 2021 2022 2023 2024
Note : pour les entreprises constituées de multiples unités légales, si 90 %
de la valeur ajoutée provient d?unités légales en liquidation judiciaire l?entreprise
entière est alors considérée comme en liquidation.
Champ : entreprises de la construction en France.
Sources: Insee, Esane 2019, 2020 et 2021 et Bodacc
9000
8000
7000
6000
5000
4000
3000
2000
1000
0
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service des données et études statistiques (SDES)
Sous-direction des statistiques du logement et de la construction
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal: octobre 2025
ISSN: 2557-8510 (en ligne)
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Coordination éditoriale : Claude Baudu-Baret
Rédacteur en chef : François Leray
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
Très petite entreprise (TPE): moins de 10salariés et chiffre
d?affaires annuel ou total de bilan n?excédant pas 2millions
d?euros.
Petite et moyenne entreprise (PME): moins de 250salariés
et chiffre d?affaires annuel n?excédant pas 50millions
d?euros ou total de bilan n?excédant pas 43millions d?euros.
Entreprise de taille intermédiaire (ETI): entre 250 et
4999salariés, et chiffre d?affaires annuel n?excédant pas
1,5milliard d?euros ou total de bilan n?excédant pas
2milliards d?euros.
Grande entreprise (GE): au moins 5000salariés et chiffre
d?affaires annuel supérieur à 1,5milliard d?euros ou total de
bilan supérieur à 2milliards d?euros.
SOURCE
Le dispositif Esane permet de produire des statistiques
structurelles d?entreprises, à partir de données
administratives (liasses fiscales) complétées par deux
enquêtes statistiques (enquête sectorielle annuelle et
enquête annuelle de production). Le contour des entreprises,
leur activité et leurs résultats peuvent subir des modifications
d?une année sur l?autre. Afin de suivre les performances
économiques des entreprises de la construction sur un
champ homogène sur la période d?étude, certains
retraitements ont dû être réalisés sur le périmètre des
entreprises, leur activité principale et, dans le cas des
entreprises profilées, sur la consolidation des résultats.
Les ouvertures de liquidation judiciaire sont celles
publiées au bulletin officiel des annonces civiles et
commerciales (Bodacc).
CHAMP
Le champ de la construction utilisé dans cette publication
recouvre la construction de bâtiments résidentiels et non
résidentiels, le génie civil et les travaux de construction
spécialisés, soit la sectionF de la nomenclature d?activités
française rév.2 (NAF) à l?exception du groupe41.1 (promotion
immobilière). Sont exclus les personnes physiques, les
sociétés d?économie mixte et les syndicats intercommunaux
dont la comptabilité est spécifique (opérations, soldes et
règles d?enregistrement comptables adaptés).
Ismaël HAFFOUD, SDES*
* en poste au SDES au moment de la rédaction de la publication
Le gros oeuvre, très dépendant de la construction de
logements neufs, est le plus touché avec 8,7% des
entreprises de 2021 ayant fait l?objet d?une liquidation entre
2022 et 2024, contre 5,7% pour le reste de la construction.
Les travaux publics affichent le taux de défaillance le plus
faible (4,2%) devant le second oeuvre énergie (5,4%) et le
second oeuvre général (6,0%)?(graphique 9).
Le manque de trésorerie constitue le principal facteur de
risque de défaillance. Les 10% d?entreprises dont la trésorerie
était la plus faible en 2021, celles disposant de moins d?un
jour et demi de chiffre d?affaires en liquidités, ont connu un
taux de défaillance de 17,6%. Ce taux diminue fortement à
mesure que la trésorerie s?accroît. Il est par exemple de 5,3%
pour les entreprises du cinquième décile, dont la trésorerie
couvre entre 36 et 53jours de chiffre d?affaires (graphique 10).
Au-delà des défaillances, la fragilisation des entreprises
de la construction se traduit aussi par des suppressions
d?emplois salariés. Environ 30000emplois salariés ont été
supprimés entre fin 2021 et fin 2024, soit une baisse de 2%
des effectifs du secteur de la construction, après une
progression de 11%, entre 2018 et 2021.
DÉFINITIONS
Entreprise : plus petite combinaison d?unités légales
constituant une unité organisationnelle de production de biens
et de services jouissant d?une certaine autonomie de décision,
notamment pour l?affectation de ses ressources courantes.
Graphique 10 : proportion des défaillances entre 2022
et2024 selon le décile de trésorerie des entreprises
dela construction en 2021
En %
D1 D2 D3 D4 D5 D6 D7 D8 D9 D10
20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
Note de lecture : la première barre orange signifie que 17,6 % des entreprises
de la construction dans le premier décile selon la trésorerie (en jours de chiffre
d?affaires) en 2021 sont ou ont été en liquidation judiciaire entre 2022 et 2024.
Champ : entreprises de la construction en France, données de 2018 à 2021.
Sources: Insee, Esane 2019, 2020 et 2021 et Bodacc
17,6
14,1
9,7
7,1
5,3 4,7
2,4 2,0
1,1 1,2