Estimation de l'empreinte carbone de la France entre 1990 et 2024
BAUDE, Manuel ;LARRIEU, Sylvain
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
"L'empreinte carbone représente la quantité de gaz à effet de serre (GES) induite par la demande finale intérieure d'un pays (consommation finale des ménages, des administrations publiques, des organismes à but non lucratifs et investissement), que les biens ou services concernés soient produits sur le territoire national ou importés. En tenant compte du contenu en gaz à effet de serre des importations, l'empreinte carbone permet d'apprécier les pressions sur le climat de la demande intérieure française quelle que soit l'origine géographique des produits consommés. L'empreinte carbone de la France est un indicateur calculé par le Service des données et études statistiques (SDES) et l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Le calcul de l'empreinte carbone d'un pays n'est pas encadré par des normes ou des règles internationales ou nationales. Il existe différentes approches méthodologiques. La modélisation macro-économique (calcul "input-output") est la méthodologie privilégiée par les organismes statistiques internationaux et la communauté scientifique. C'est également l'approche méthodologique retenue par le SDES et l'Insee." SDES
Editeur
Ministères Transition écologique, Aménagement du territoire, Transports, Ville et Logement
Descripteur Urbamet
empreinte carbone
;méthode
;gaz à effet de serre
;émission atmosphérique
Descripteur écoplanete
modélisation
;macroéconomie
Thème
Méthodes - Techniques
Texte intégral
Estimation de l?empreinte
carbone de la France
entre 1990 et 2024
OCTOBRE 2025
NOTE MÉTHODOLOGIQUE
2
Résumé
L'empreinte carbone représente la quantité de gaz à effet de serre (GES) induite par la demande
finale intérieure d'un pays (consommation finale des ménages, des administrations publiques, des
organismes à but non lucratifs et investissement), que les biens ou services concernés soient
produits sur le territoire national ou importés. En tenant compte du contenu en gaz à effet de serre
des importations, l'empreinte carbone permet d'apprécier les pressions sur le climat de la demande
intérieure française quelle que soit l'origine géographique des produits consommés.
L?empreinte carbone de la France est un indicateur calculé par le Service des données et études
statistiques (SDES) du ministère en charge de la transition écologique et l?Institut national de la
statistique et des études économiques (Insee). Le calcul de l?empreinte carbone d?un pays n?est pas
encadré par des normes ou des règles internationales ou nationales. Il existe différentes approches
méthodologiques. La modélisation macro-économique (calcul input-output) est la méthodologie
privilégiée par les organismes statistiques internationaux et la communauté scientifique. C?est
également l?approche méthodologique retenue par le SDES et l?Insee. Les modalités de calcul sont
détaillées ici.
Remerciements
La méthodologie présentée ci-après s?appuie en partie sur le document de travail de 2016 rédigé
par Jean-Louis PASQUIER, économiste de l?environnement au Service des données et études
statistiques et à l?origine des modalités de calcul de l?empreinte carbone de la France.
Auteurs
Manuel BAUDE, SDES
Sylvain LARRIEU, Insee
3
Sommaire
1. Introduction ......................................................................................................................................... 4
1.1. Des flux internationaux de GES ............................................................................................... 5
1.2. L?estimation par le SDES de l?empreinte carbone depuis 2010 et ses usages ................ 7
1.3. À compter de 2024, une estimation de l?empreinte carbone coproduite par l?Insee
et le SDES avec une méthodologie révisée ........................................................................................ 8
2. Méthode de calcul de l?empreinte carbone .................................................................................. 9
2.1. Émissions et empreinte.............................................................................................................. 9
2.2. Calcul d?empreinte à partir du TIES FIGARO ...................................................................... 13
2.3. Application d?une méthode « SNAC simplifiée »............................................................... 19
2.4. Présentation de l?empreinte de la demande finale au prix d?acquisition .................... 29
2.5. Rétropolation des résultats entre 1990 et 2009 ................................................................. 31
3. Résultats et sensibilité aux hypothèses et choix méthodologiques ...................................... 35
3.1. Principaux résultats ................................................................................................................. 35
3.2. Écarts entre résultats du TIES et méthode SNAC ............................................................. 40
3.3. Révisions par rapport à la publication précédente (novembre 2024) ........................... 41
3.4. Sensibilité : choix de source pour les émissions mondiales de CH4 et N2O ................ 43
3.5. Comparaison avec d?autres modèles de calcul d?empreinte ......................................... 46
4. Diffusion des résultats ..................................................................................................................... 47
4.1. Tableaux de données .............................................................................................................. 47
4.2. Publication régulière ............................................................................................................... 48
5. Conclusion ......................................................................................................................................... 48
4
1. Introduction
La mondialisation croissante de la production et de la diffusion des biens et services rend de
plus en plus difficile de déterminer les responsabilités des impacts environnementaux des
activités économiques à l?échelle planétaire. C?est ce que visent à apprécier les indicateurs dits
d?empreinte environnementale de la consommation. Ils permettent notamment de sensibiliser
les populations concernées sur les conséquences environnementales, à la fois directes et
indirectes, de leurs comportements de consommation ou plus généralement de leurs modes
de vie : consommation de biens et services, utilisation d?équipements et d?infrastructures, etc.
Ces indicateurs permettent également aux acteurs des différents secteurs économiques
(administrations, entreprises, organisations professionnelles?) d?identifier les éventuelles
sources de pressions environnementales exercées indirectement par leurs activités, c?est-à-dire
en amont de leurs sites de production (chez leurs fournisseurs et ceux de ces derniers, etc.).
Avec l?accroissement des problématiques liées au changement climatique, la mesure de
l?empreinte carbone est un enjeu statistique, économique et politique. Elle est déterminante
pour identifier la provenance des émissions de gaz à effet de serre (GES) et les leviers d?actions
permettant de les réduire. Le caractère mondial de l?empreinte carbone souligne la nécessaire
solidarité de la communauté internationale dans la lutte contre le changement climatique.
5
1.1. Des flux internationaux de GES
Les inventaires des émissions de GES sur le territoire national, qui sont réalisés au titre de la
Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) répertorient
les GES émis au sein d?un territoire en affectant les GES à leurs sources d?émissions. En 2023,
les émissions mondiales de CO2 liées à la consommation de combustibles fossiles et à la
fabrication de ciment sont estimées à 37,6 Gt CO2. Elles ont été multipliées par plus de 6 depuis
1950 et ont augmenté de 65 % depuis 1990. Cette hausse traduit deux tendances différentes :
une stabilisation des émissions dans les pays de l?OCDE et une augmentation de 148 % dans les
pays n?appartenant pas à l?OCDE. Depuis 2005, les émissions des pays de l?OCDE sont
inférieures à celles des pays n?y appartenant pas.
Figure 1 : évolution mondiale des émissions de CO2 émis par les pays de l?OCDE et les pays
n?appartenant pas à l?OCDE
En Mt CO2
Sources : Global Carbon Project, Friedlingstein et al. 2024
Plusieurs études (Aichele et al., 2012 ; Boitier, 2012 ; Peters et al. ; 2011) ont montré l?existence
d?un « transfert » vers les pays tiers, via le commerce international, d?émissions de CO2 de
l?ensemble des pays ayant des engagements de réduction d?émissions de GES dans le cadre du
protocole de Kyoto. Depuis l?année 1990, qui sert de base au protocole, les premiers ont
0
5 000
10 000
15 000
20 000
25 000
30 000
35 000
40 000
OCDE Non-OCDE
6
collectivement stabilisé les émissions de CO2 sur leur territoire, alors qu?augmentaient les
émissions de CO2 liées à leurs importations en provenance des pays hors du protocole ;
l?ensemble des émissions de ces derniers a plus que doublé depuis cette date.
Figure 2 : évolution des transferts d?émissions de CO2 des pays de l?OCDE et des pays
n?appartenant pas à l?OCDE
En Mt CO2
Source : Global Carbon Project ; Updated from Peters, GP, Minx, JC, Weber, CL and Edenhofer, O
2011.
L'empreinte carbone d?un pays fournit une information complémentaire aux inventaires des
émissions de GES sur le territoire national, qui sont réalisés au titre de la Convention-cadre des
Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Le calcul de l'empreinte carbone
d?une population vise à estimer la quantité de GES émise pour satisfaire sa consommation au
sens large (biens, services, infrastructures), en tenant compte des émissions liées aux
importations et aux exportations. Certains pays présentent une empreinte moyenne par
personne supérieure aux émissions territoriales de GES (es : France, UE, USA, Japon,?) : ils sont
importateurs de GES ; alors que d?autres pays présentent des émissions territoriales de GES par
personne supérieure à l?empreinte carbone moyenne par personne (ex : Russie, Afrique du Sud,
Chine, Arabie Saoudite,?). Ils sont exportateurs de GES.
-2 500
-2 000
-1 500
-1 000
-500
0
500
1 000
1 500
2 000
2 500
OCDE Hors OCDE
7
Figure 3 : empreinte carbone moyenne par personne en 2022
En t CO2 éq par personne
Source : SDES-Insee pour la France, Eurostat Figaro 2024 pour les autres pays
1.2. L?estimation par le SDES de l?empreinte carbone
depuis 2010 et ses usages
Depuis 2010 le Service des données et études statistiques (SDES) estime l?empreinte carbone
de la France. Cette estimation est fondée sur une modélisation macro-économique, qui
combine des données d?émissions de GES et les tableaux entrées-sorties symétriques des
comptes nationaux.
Les résultats sont publiés chaque année dans des publications du CGDD (Chiffres clés du climat
en particulier). Par ailleurs, depuis 2015, l?indicateur empreinte carbone est retenu pour le suivi
et l?évaluation de la Stratégie nationale bas carbone. L?empreinte carbone est également un
des indicateurs complémentaires au PIB présenté chaque année dans le rapport « les nouveaux
indicateurs de richesse » (NIR) diffusé par l?Insee. Enfin, l?empreinte carbone est un des
indicateurs du suivi national de l?atteinte de l?Objectif de développement durable (ODD) n° 13 :
« mesures relatives à la lutte contre le changement climatique ».
Pour réaliser ces travaux le SDES a mobilisé des informations produites ou diffusées par :
17,8
21,8
24,5
9,6 9,4
17,9
8,1
10,6
6,4 6,4 6,2
2,7
21,8 21,6
19,7
13,2 13,0 12,6
10,7
10,2
9,1
6,4
5,1
2,9
0
5
10
15
20
25
USA Australie Arabie
Saoudite
Allemagne Japon Russie UE 27 Chine France Monde Brésil Inde
Émissions des unités résidentes Empreinte carbone
8
? Le Citepa, association mandatée par l?État français pour réaliser tous les inventaires de
polluants atmosphériques et d?émissions de GES. Le SDES commande chaque année au
Citepa la réalisation du compte d?émissions dans l?air (inventaire au format Air
Emissions Accounts - AEA) qui alloue les émissions de GES aux branches d?activité qui
les ont émises ou aux ménages lorsqu?ils sont à l?origine des émissions.
? L?Insee pour les tableaux entrées sorties symétriques (TESS) des comptes nationaux qui
constituent les jeux de données économiques de référence pour le calcul d?empreinte
carbone.
? Différents organismes nationaux et internationaux (Douanes, Eurostat, AIE, FAO et
EDGAR) pour estimer les contenus unitaires en GES des importations.
En octobre 2020, suite à une saisine gouvernementale, le Haut Conseil pour le Climat (HCC) a
publié un rapport intitulé « Maîtriser l?empreinte carbone de la France » préconisant
notamment d?améliorer la mesure de l?empreinte carbone. Le SDES a réuni ses partenaires et
des experts de la comptabilité carbone sous l?angle macroéconomique afin d?améliorer les
méthodologies d?estimation de l?empreinte carbone de la France. Dans ce contexte, l?Insee
s?est impliqué dans l?instruction des méthodes d?estimation de l?empreinte carbone.
1.3. À compter de 2024, une estimation de
l?empreinte carbone coproduite par l?Insee et le
SDES avec une méthodologie révisée
Depuis l?année 2024, l?estimation de l?empreinte carbone est coproduite par l?Insee et le SDES.
Compte tenu de la nature des calculs, largement fondés sur les agrégats macro-économiques
des comptes nationaux, l?implication de l?Insee est de nature à améliorer la qualité des données
sources et leur traitement. De surcroît l?expertise économique de l?Insee facilite
l?interprétation et la contextualisation des résultats.
Ce partenariat s?est accompagné d?une révision globale de la méthode d?estimation de
l?empreinte carbone. L?approche macro-économique est conservée mais les sources de
données sont modifiées et le mode de calcul est amélioré. La méthodologie précédente était
fondée sur les TESS français et européens censés représenter toute l?économie mondiale.
Cette méthode dite SRIO (Single Region Input Output) estime les émissions importées en faisant
l?hypothèse que les biens et services importés sont produits dans les conditions techniques et
économiques du dernier pays exportateur.
La méthode révisée est fondée sur un tableau international entrées sorties (TIES) symétrique
développé par Eurostat : le modèle Figaro (en anglais modèle MRIO - Multi Region Input Output).
Il présente l?avantage de retracer les chaînes de production des biens et services de l?économie
mondiale en présentant les interdépendances entre branches des différents pays. La
mobilisation du TIES Figaro améliore sensiblement la mesure du contenu en émissions des
importations et la localisation de l?origine géographique des émissions. Plus précisément, la
méthode retenue est dénommée « SNAC simplifié » (Simplified single national accounts
consistent method). Les contenus unitaires en GES des importations proviennent du modèle
9
Figaro mais toutes les informations économiques nationales sont tirées des comptes nationaux
français (cf. partie 2.3).
L?indicateur et ses décompositions ont vocation à alimenter les « comptes nationaux
augmentés » de l?Insee, qui visent à compléter l?information apportée par la comptabilité
nationale dans de nouvelles dimensions environnementales et sociales.
2. Méthode de calcul de l?empreinte carbone
2.1. Émissions et empreinte
2.1.1. Les émissions de GES : les inventaires territoriaux et les inventaires des
unités résidentes
Les inventaires d?émissions ont pour objet de quantifier (en masse de substances émises par
an) les gaz à effet de serre (GES) émis par un pays, et de relier ces émissions à des activités
humaines. Les inventaires rapportés par les États à la Convention Cadre des Nations Unis sur
les Changements Climatique (CCNUCC) constituent la référence en matière d?émissions de
GES. Ils sont encadrés par des règles de comptabilisation et de contrôle partagées à l?échelle
internationale, sous l?égide du Groupe Intergouvernemental sur l?Évolution du Climat (GIEC).
En France, le Ministère en charge de la Transition écologique a confié la réalisation des
inventaires, dans différents formats, au Centre interprofessionnel technique d'études de la
pollution atmosphérique (Citepa). L?élaboration de ces inventaires nationaux est encadrée par
des procédures décrites dans le Système national d?inventaires d?émissions et de bilans dans
l?atmosphère (SNIEBA). Les méthodes d?estimations des émissions sont précisées dans le
rapport Ominea (https://www.citepa.org/fr/ominea/).
Les inventaires territoriaux (format CCNUCC ou Secten) allouent les GES physiquement émis
au sein d?un territoire à leurs sources d?émissions (consommation d?énergie, agriculture,
procédés industriels, déchets, secteurs des terres et des forêts).
Les « comptes d?émissions dans l?air » (ou AEA, pour Air Emissions Accounts) s?appuient sur les
inventaires nationaux conventionnels, avec deux différences principales :
? Ils classent les sources d?émissions en 64 branches d?activités conformément à la
nomenclature statistique des activités économiques (NACE ou NAF pour la version
française).
? Pour les transports, cet inventaire inclut les émissions des unités résidentes nationales
à l?étranger et exclut les émissions des résidents étrangers dans le pays considéré. Cela
concerne principalement les opérations à l?étranger des entreprises du transport
aérien et maritime (par exemple pour la France, CMA-CGM ou Air France).
Le périmètre retenu et la ventilation sont ainsi rendus cohérents avec ceux utilisés dans la
comptabilité économique nationale, ce qui permet le croisement de flux physiques
https://www.citepa.org/fr/ominea/
10
atmosphériques avec les différents agrégats économiques (production, valeur ajoutée,
composantes de la demande finale...). Les inventaires AEA identifient également les émissions
des ménages issues des voitures particulières et des chauffages dans les logements, qui ne sont
pas décrites comme des activités productives en tant que telles dans les comptes nationaux.
L?inventaire AEA s?inscrit dans le cadre des « comptes économiques européens de
l?environnement », eux-mêmes fondés sur le cadre normatif du « système de comptabilité
économique et environnementale » des Nations unies (acronyme anglais SEEA). Les comptes
économiques de l?environnement sont couverts par le règlement européen n° 691/2011.
L?estimation de l?empreinte carbone est fondée sur l?exploitation des AEA, qui sont par
définition parfaitement compatibles avec les tableaux entrées-sorties nationaux et
internationaux.
2.1.2. L?empreinte carbone estimée selon l?approche macro-économique
On distingue deux grandes familles parmi les méthodes de calcul de l?empreinte carbone de la
consommation. L?une est de nature microéconomique et résulte de la combinaison de
statistiques détaillées sur la consommation des ménages et de « facteurs d?émissions » issus
d?études spécifiques, réalisées produit par produit (à partir de méthodes dites « d?analyse en
cycle de vie » ou ACV). L?autre est de nature macroéconomique et s?appuie sur la combinaison
de statistiques macroéconomiques monétaires et physiques.
Nous nous intéressons ici uniquement à la seconde, qui est l?approche adoptée par l?Insee et
le SDES pour calculer l?empreinte carbone de la demande finale intérieure française. Dans ce
cadre, l'empreinte carbone représente la quantité de GES induite par la demande finale
intérieure d'un pays (consommation des ménages, administrations publiques, organismes à but
non lucratifs, investissement), que ces biens ou services soient produits sur le territoire
national ou importés.
L?empreinte carbone de la demande finale intérieure inclut les GES directement émis par les
ménages (chauffage résidentiel, véhicules individuels) et les émissions (indirectes) provoquées
lors de la fabrication et du transport des produits consommés par ces derniers, que ces
produits soient fabriqués en France ou à l?étranger. L?information sur les émissions directes des
ménages est issue des comptes d?émissions dans l?air par activités économiques (inventaire au
format AEA). Celle qui concerne les émissions indirectes associées à la production, au transport
et la distribution des biens et services demandés par les ménages provient du calcul input-
output qui met en relation le TIES et les AEA de tous les pays, ventilés par branches d?activité.
2.1.3. Passage des émissions à l'empreinte
À l?échelle du monde, l?empreinte GES est par définition égale à la somme des émissions de
GES de tous les pays : toutes les émissions sont, in fine, induites par la demande finale des
ménages, administrations ou entreprises (consommation finale ou investissement). L?approche
méthodologique retenue consiste donc à réaliser une correspondance entre les émissions
11
mondiales (ventilées par pays et branches d?activités à l?origine des émissions) et la
consommation des biens et services (ventilés par pays et produit finaux).
Cette allocation des émissions nécessite d?identifier et localiser :
- les chaînes de production mondiale des biens et services afin d?estimer leurs contenus
en émissions,
- les pays où sont consommés ces biens et les services afin de constituer les empreintes
nationales.
Les TIES apportent ces informations sur l?interdépendance des flux économiques
internationaux et permettent d?incorporer à des biens et services consommés des GES émis
tout au long de leur chaîne de production mondiale.
Figure 4 : passage des émissions à l?empreinte à l?aide de statistiques macroéconomiques
2.1.4. Le calcul Input-Output et l?équation de Leontieff : analyser la
production en fonction de la demande
Le calcul input-output décrit ici vise à estimer la masse de GES associée à chaque euro de
demande finale pour chacune des grandes catégories de produits (biens et services) identifiés
par la comptabilité nationale. Ces intensités en GES des produits sont alors multipliées par la
valeur (euros) des produits demandés en France. On parle de demande intérieure dans la
mesure où les émissions de GES associées aux produits exportés (demande extérieure) ne sont
pas prises en compte dans l?empreinte carbone.
Le calcul type input-output en économie est issu des travaux d?analyse interindustrielle de
l?économiste Wassily Leontief qui fut l?inventeur dans les années 1930/40 des tableaux input-
output ou tableaux entrées-sorties (TES). Aujourd?hui, cette méthode de calcul est
abondamment documentée dans la littérature académique.
L?analyse input-output étendue à l?interface entre économie et environnement s?inspire
également de travaux menés par Leontief au cours des années 1970 et pour lesquels il combina
TES et statistiques environnementales physiques. Dans les années 1990, avec sa proposition
12
d?inventaire au format AEA, l?office statistique néerlandais (Keuning et al., 1999) a remis à
l?ordre du jour l?analyse input-output étendue à l?environnement. Dorénavant, celle-ci est
également bien documentée (e.g. Miller & Blair, 1985 ; Moll et al., 2007 ; Suh, 2009).
Cette méthode d?analyse s?appuie sur l?équilibre comptable entre offre et demande décrit par
le tableau d?entrées-sorties de la comptabilité nationale. Dans l?explication qui suit, on se
placera au niveau mondial, donc avec une économie fermée qui ne présente ni importations,
ni exportations. L?offre est composée de la production (P). Elle permet de satisfaire la
demande, qui se compose des consommations intermédiaires (CI) des entreprises (matières
premières, produits semi-finis et services qu?elles utilisent) et de la demande finale (DF). Cette
dernière comprend la consommation de produits finis et de services et l?investissement
(équipement des entreprises, logement des ménages).
[??] = [????] + [????] (1)
Sur la base d?une représentation très agrégée de l?économie en trois branches et trois produits
(biens et services), l?équilibre entre offre et demande s?écrit par exemple de la façon suivante
dans le TES symétrique :
?
??1
??2
??3
? = ?
????11 ????12 ????13
????21 ????22 ????23
????31 ????32 ????33
? . ?
1
1
1
? + ?
????1
????2
????3
? (1bis)
En outre, il est possible d?exprimer les consommations intermédiaires en fonction de la
production. Pour chacune des branches (j = 1,?, n), on peut en effet déterminer les ratios
rapportant la valeur des consommations intermédiaires (????????) de chacun des produits (i = 1,?,
n) à celle de sa production (????). Dans la littérature académique, ces ratios sont appelés
« coefficients techniques » et sont notés ?????? = ???????? ????? . La matrice composée de l?ensemble des
coefficients techniques est notée [??].
Il devient alors possible d?exprimer la production en fonction de la demande finale en récrivant
l?équation (1) de la façon suivante :
?? = [????]. ???? + ?????? ? [?? ? ????]. ???? = ?????? ? ?? = [?? ? ????]?1. ???????? (2)
[I] est la matrice identité (composée de 1 sur la diagonale correspondant aux couples branches
i/produits j et de 0 par ailleurs). La version finale est traditionnellement désignée comme
l?équation de Leontief de base, dans laquelle, la matrice [?? ? ????]?1 a vocation à décrire la
structure de l?appareil productif sur le territoire national.
Sur cette base, le calcul des émissions (??) de GES (ou toute autre pression environnementale)
associé à la demande finale est réalisé à l?aide de l?introduction dans l?équation de Leontief des
intensités émettrices de chacune de branches (???? = ???? ????? ) considérées.
???? = ???????? . [?? ? ????]?1. ???????? (3)
À chaque euro de la demande finale du produit i est donc attribué un contenu en GES
directement émis par la branche j pour la production de cet euro, ainsi que les GES qui y sont
indirectement imputables via les consommations intermédiaires de la branche j, plus celles des
branches fournissant cette dernière, et ainsi de suite jusqu?à l?étape située la plus en amont du
processus, c?est-à-dire la production des matières premières. L?équation de Leontieff est
fondamentalement récursive, ce qui peut être illustré par l?égalité suivante :
[?? ? ????]?1 = ?? + [????] + [????]2 + [????]3 + ? (4)
13
2.2. Calcul d?empreinte à partir du TIES FIGARO
2.2.1. Comptes d?émissions dans l?air au niveau mondial
Pour calculer l?empreinte carbone de la France, il est nécessaire de disposer des inventaires de
GES au format AEA pour tous les pays du monde et pour toutes les substances gazeuses.
On veut associer ces comptes d?émissions au TIES Figaro, ce qui requiert le niveau de détail
suivant : 45 pays du modèle Figaro1 + un ensemble « reste du monde » (qui couvre tous les
autres pays), ventilé en 64 branches de la nomenclature NACE. Les données doivent couvrir,
comme Figaro, la période allant de 2010 à l?année N-2.
On dispose d?AEA complets au niveau A64 pour la France (comptes réalisés par le Citepa) et
pour tous les pays de l?Union Européenne. Les États membres sont en effet tenus de réaliser
chaque année ces comptes et de les transmettre à Eurostat, suivant le règlement UE
n° 691/2011. Ces données sont disponibles pour les années 2008 à N-2 ; le Citepa produit une
estimation provisoire pour l?année N-1 pour la France et Eurostat réalise également une
extrapolation pour l?année N-1 pour les autres pays de l?UE.
Eurostat centralise également des AEA moins détaillés pour la Suisse, la Norvège et la Turquie.
Enfin, le Royaume-Uni publie des AEA en 64 branches jusqu?à l?année N-1. Ils ne sont pas
transmis à Eurostat mais facilement disponibles sur le site internet de l?institut statistique.
Pour tous les autres pays du monde, Eurostat a réalisé un exercice de construction d?AEA au
niveau A64, dans le cadre d?un programme « d?applications de FIGARO »2. Les AEA de tous les
gaz à effet de serre (dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4), protoxyde d?azote (N2O) et gaz
fluorés) sont fondés sur la base de données EDGAR constituée par le Centre de recherches de
la Commission européenne (Joint research center ou JRC). La base EDGAR s?appuie elle-même
largement sur les estimations de l?Agence Internationale de l?Énergie (AIE) en ce qui concerne
le CO2. Les données EDGAR au format CRF (common reporting format, utilisé pour le
rapportage des inventaires territoriaux à la CCNUCC) sont converties par Eurostat au format
NACE en utilisant des informations issues de Figaro sur la structure économique des pays
concernés. Le passage des émissions territoriales aux émissions résidentes est réalisé en
s?appuyant sur des bases de données de l?OCDE sur le transport maritime et aérien. Ces AEA
estimés par Eurostat sont disponibles pour les années 2010 à N-3.
Afin de pouvoir comparer et combiner les différents gaz à effet de serre entre eux, la capacité
de chaque gaz à renvoyer de l?énergie vers le sol est évaluée comparativement au CO2. Le
potentiel de réchauffement global (PRG) d?un gaz dépend de sa capacité à intercepter et
renvoyer les rayonnements solaires ainsi que de sa durée de vie. Le PRG de chaque GES est
déterminé par le Giec au fur et à mesure de ses rapports d?évaluation (Assessment Reports ou
1 Depuis 2025, Eurostat le modèle Figaro est disponible pour 49 pays et un ensemble reste du monde. Pour l?exercice
d?estimation de l?empreinte carbone de la France, la Macédoine, le Monténégro, la Serbie et l?Albanie sont inclus
dans la zone « reste du monde ».
2 Méthodologie disponible sur le site internet d?Eurostat :
https://ec.europa.eu/eurostat/documents/1798247/6191529/Methodological+Note_GHG_estimates_FIGARO_21_June
_2024/b23da1a7-d8bb-6834-0608-7fc9bb293ddc?t=1719236345901
https://ec.europa.eu/eurostat/documents/1798247/6191529/Methodological+Note_GHG_estimates_FIGARO_21_June_2024/b23da1a7-d8bb-6834-0608-7fc9bb293ddc?t=1719236345901
https://ec.europa.eu/eurostat/documents/1798247/6191529/Methodological+Note_GHG_estimates_FIGARO_21_June_2024/b23da1a7-d8bb-6834-0608-7fc9bb293ddc?t=1719236345901
14
AR). Les valeurs des PRG du cinquième rapport d?évaluation du Giec paru en 2013-2014 sont
actuellement en vigueur pour le rapportage des émissions de GES au titre de la CCNUCC. Sur
une échelle de temps de 100 ans, les PRG de l?AR5 retenus pour les calculs de l?empreinte
carbone sont les suivant :
? CO2 = 1
? CH4 = 28
? N2O = 265
? HFC = <1 à 12 400 en fonction de la substance considérée
? PFC = <1 à 11 100 en fonction de la substance considérée
? SF6 = 23 500
? NF3 = 16 100
Ce sont ces coefficients qui ont été utilisés pour construire les « équivalents GES » dans ce
projet.
2.2.2. Description des données disponibles dans FIGARO
Chaque année, le projet FIGARO diffuse 4 séries de tables : un tableau des ressources au prix
de base (« supply table »), un tableau des emplois au prix de base (« use table ») et deux
tableaux entrées-sorties (« input-output tables »), l?un dit « produit X produit » et l?autre
« branche X branche ». Dans tous ces tableaux, le niveau de détail est le suivant : 45 pays + une
région « reste du monde » et 64 activités ou produits, selon la nomenclature NACE A64.
Le tableau des ressources présente la production de chaque branche (nomenclature NACE)
suivant sa composition par produit (nomenclature CPA). En règle générale, une branche génère
essentiellement le produit correspondant à son activité principale (le code CPA correspond
alors au code NACE), mais elle peut également générer des productions secondaires dans des
catégories différentes de la nomenclature. Ce tableau est important pour comprendre
l?articulation entre « branches » et « produits », mais il n?est cependant pas utilisé en tant que
tel pour le calcul d?empreinte GES.
Le tableau des emplois au prix de base se présente sous la forme de deux blocs (figure 5) :
? Le tableau des entrées intermédiaires (TEI) décrit les consommations intermédiaires par
produit X branche utilisatrice, c?est-à-dire les intrants utilisés par chaque branche pour
réaliser sa production annuelle ;
? Le tableau des emplois finaux décrit pour chaque produit les emplois finaux suivant 5
types : consommation des administrations publiques, des ménages, des ISBLSM, FBCF
et « variations de stocks + acquisition moins cession d?objets de valeur ».
Chaque ligne du tableau des emplois au prix de base correspond à un produit, et la somme des
emplois (intermédiaire + finaux) est égale au total des ressources par produit qu?on trouve dans
le tableau des ressources. L?ensemble de ces deux premiers tableaux constitue ce qu?on
appelle le tableau des ressources et des emplois au prix de base (« Supply and use table »).
15
Figure 5 : structure du tableau des emplois au prix de base de FIGARO
Ce tableau des emplois ne peut pas être directement utilisé pour le calcul de l?empreinte
carbone. En effet, sa partie « consommations intermédiaires » (TEI) n?est pas « symétrique » :
elle comprend en ligne des produits et en colonne des branches, si bien que la méthode de
Leontieff ne peut pas s?appliquer.
La base FIGARO propose donc deux tableaux entrées-sorties « symétriques » dérivés du
tableau des emplois au prix de base. Un IOT « produit x produit » où le TEI a été modifié pour
présenter des produits en colonne ; et un IOT « branche X branche » où le TEI présente des
branches en ligne. À noter, dans ce second tableau, le bloc des « emplois finaux » est également
modifié pour présenter des branches en ligne au lieu de produits. Dans l?IOT « produit X
produits », le bloc des emplois finaux n?est quant à lui pas modifié, il est identique à celui du
tableau des emplois au prix de base (figure 6).
16
Figure 6 : structure du tableau entrées-sorties « produit X produit » de FIGARO
Le TES symétrique de chaque pays peut se retrouver, en principe, dans le tableau FIGARO
(figure 7). Les informations disponibles sont plus détaillées que ce que chaque pays compile
dans ses propres comptes, en particulier :
? l?emploi des importations est détaillé suivant chaque pays d?origine, ce qui est très
rarement réalisé dans les comptes nationaux ;
? l?emploi à l?étranger des exportations nationales est également détaillé dans le TIES,
alors que cette information ne peut, par nature, pas apparaître dans les comptes
nationaux de chaque pays.
Figure 7 : comment retrouver l?équivalent du TES du pays A dans le tableau FIGARO ?
17
2.2.3. Quelle table utiliser pour le calcul d?empreinte carbone ?
En théorie, il est possible de réaliser un calcul d?empreinte carbone à partir des deux tableaux
symétriques : « produit X produit » et « branche X branche ». Aucune des deux approches n?est
cependant uniformément supérieure à l?autre, il faut donc réaliser un arbitrage.
? L?avantage principal de travailler avec l?IOT « produit X produit » est une meilleure
interprétabilité des résultats finaux : l?empreinte de la demande finale est ventilée par
produits, ce qui permet un lien direct avec les statistiques usuelles par exemple sur la
consommation des ménages par produit.
? L?avantage principal de l?IOT « branche X branche » est sa meilleure compatibilité avec
la donnée source sur les émissions de gaz à effet de serre, à savoir les comptes
d?émission dans l?air qui présentent des émissions réalisées par branche, et non pas par
produit. L?inconvénient est que le résultat d?une empreinte « branche X branche » est
présenté par « production de la branche », ce qui est difficile à interpréter.
En pratique, l?écart entre les deux approches est très faible. En utilisant la même source pour
les émissions dans les deux cas, à savoir les comptes d?émission par branche, l?empreinte GES
de la France en utilisant l?IOT « branche X branche » est très légèrement inférieure à celle
calculée avec l?IOT « produit X produit », de -0,0 % (en 2018) à -0,6 % (en 2012 et 2013).
En effet, de manière générale, les branches de l?économie mondiale sont globalement
homogènes, c?est-à-dire produisent en grande majorité un seul produit, correspondant à leur
activité principale. Cette homogénéité dépend des structures économiques réelles, mais aussi
de la manière dont les statisticiens nationaux ont choisi de définir la « branche d?activité » dans
leur pays3.
Cette homogénéité des branches est particulièrement marquée dans les comptes nationaux
français, où les branches sont (quasiment) mono-produits. Les tableaux symétriques « produit
X produit » et « branche X branche » issus du tableau des ressources et emplois français sont
donc très proches. Il faut d?ailleurs noter que les comptables nationaux français compilent
seulement un TES symétrique « produit X produit ». Le TES symétrique « branche X branche »
pour la France est reconstruit par l?équipe FIGARO, en utilisant des méthodes de symétrisation
standard.
Au final, pour le calcul de l?empreinte française, le SDES et l?Insee font le choix de privilégier
le tableau FIGARO symétrique « produit X produit », qui conduit à des résultats plus faciles à
interpréter et à réconcilier avec les informations des comptes nationaux sur la demande finale.
2.2.4. Révisions annuelles de FIGARO
Eurostat publie chaque année une version de FIGARO disponible pour les années 2010 à l?année
N-2. Chaque nouveau millésime de FIGARO contient un TIES modélisant une année
supplémentaire (N-2) et actualise les TIES de l?ensemble de la série chronologique 2010 à N-2.
3 Cf. la note de blog Insee qui discute cette question : https://blog.insee.fr/combien-pese-l-industrie-en-france-et-en-
allemagne/
https://blog.insee.fr/combien-pese-l-industrie-en-france-et-en-allemagne/
https://blog.insee.fr/combien-pese-l-industrie-en-france-et-en-allemagne/
18
Ces mises à jour peuvent donner lieu à des actualisations conséquentes de certains agrégats
économiques engendrant des révisions importantes des estimations de l?empreinte carbone
de la France.
En 2025, la série 1990-2022 de FIGARO a été sensiblement révisée par rapport au modèle
FIGARO diffusé en 2024. Ces révisions portent principalement sur le niveau de production, en
valeur, des branches d?activités de la zone géographique « reste du monde » de FIGARO (code
FIGW1). Elles ont conduit à diminuer la production des services et augmenter celle de
l?agriculture, des activités extractives et de l?industrie (figure 8).
Figure 8 : productions de l?année 2021 par branches de Figaro 2024 et Figaro 2025
Production par branche 2021, en milliards d?euros
Cette modification des données économiques entraîne une révision à la baisse des résultats
d?empreinte pour la France. Dans la version 2025, la production agricole est ainsi revue en
hausse d?un facteur 4. Dans le même temps, les émissions de GES de la branche agricole dans
cette région ne sont pratiquement pas revues, car elles proviennent d?une source
indépendante (EDGAR, retraité par Eurostat). Au total, le contenu carbone par euro de produit
agricole importé par la France en provenance de cette région « reste du monde » est donc
divisé par 4 entre les deux versions, ce qui se traduit par une baisse notable de l?empreinte
associée.
La révision 2025 sur la production des activités extractives avait déjà été anticipée par l?Insee
et le SDES en 2024 lors de l?estimation de l?empreinte carbone de la France.
19
Figure 9 : Estimation de l?empreinte carbone de la France fondée sur Figaro 2024 et Figaro
2025 (résultats directs FIGARO, sans application de la méthode « SNAC simplifiée »)
En millions de tonnes CO2 équivalent
2.2.5. Quelques résultats de FIGARO pour la France
En utilisant l?IOT « produit X produit » de FIGARO et les émissions de GES mondiales décrites
plus haut, on trouve une empreinte en gaz à effet de serre de la France qui s?élève à 549 Mt
CO2éq en 2023, ou 449 Mt CO2éq hors émissions directes des ménages.
Parmi celles-ci, 178 Mt CO2éq proviennent de la production intérieure et 270 Mt CO2éq sont
associées aux importations. Les émissions de l?empreinte française ont lieu en France à 51 % et
à l?étranger à 49 %. Le CO2 compte pour 406 Mt dans l?empreinte totale, le méthane (CH4) pour
101 Mt CO2 éq, le protoxyde d?azote (N2O) pour 29 Mt CO2 éq et les gaz fluorés pour 13 Mt CO2
éq.
2.3. Application d?une méthode « SNAC simplifiée »
2.3.1. Pourquoi ne pas retenir directement les résultats de FIGARO pour
l?empreinte carbone de la France ?
Bien que FIGARO soit construit à partir des comptes nationaux français, il s?en éloigne sur un
point très important pour le calcul d?empreinte carbone : la composition des importations.
Un TIES comme FIGARO ne peut pas respecter tous les résultats des comptes nationaux de
chaque pays, car ses auteurs sont forcément confrontés au problème suivant : les données
20
d?import / export par produit publiées par les différents pays du monde ne sont pas cohérentes
entre elles. En général, ce qu?un pays A déclare importer d?un pays B est différent de ce le pays
B dit exporter vers le pays A (par produit mais aussi au total). Cette incohérence entre sources
oblige les compilateurs de TIES à réaliser un arbitrage. Pour assurer la cohérence des flux
mondiaux de biens et services, ils doivent modifier, soit les importations déclarées par les pays,
soit les exportations, soit les deux. Dans FIGARO, les exportations déclarées par les pays sont
conservées telles quelles, et ce sont les importations qui sont modifiées.
En pratique, les importations de la France dans FIGARO sont donc différentes de celles donnés
dans les comptes français. Plus précisément : le total est identique, mais la composition par
produits est différente. C?est en particulier le cas pour les produits des activités extractives
(dont le gaz naturel et le pétrole brut) dont le poids carbone est important. De manière
générale, les importations françaises dans FIGARO sont composées de moins de biens et de
plus de services, ce qui tend à « alléger » l?empreinte carbone (figure 10).
21
Figure 10 : comparaison des importations entre le TESS français et FIGARO (version 2024) en
2021
En milliards d?euros
2.3.2. Principe de la méthode « SNAC simplifié »
Pour le calcul de l?empreinte carbone de la France, on choisit d?appliquer une méthode dit
« single national accounts consistent » (SNAC). C?est-à-dire qu?on va modifier les résultats de
FIGARO pour assurer leur cohérence avec les comptes nationaux français (d?où le « national
accounts consistent ») mais sans essayer d?améliorer la cohérence avec les comptes d?autres
pays (d?où le « single »).
0,0 20,0 40,0 60,0 80,0 100,0 120,0
A - Produits de l'agriculture, de la sylvicuture et de la?
B - Produits des industries extractives
C10T12 - Produits des industries alimentaires, boissons?
C13T15 - Produits de l'industrie textile, articles?
C16 - Bois, articles en bois et en liège, à l'exclusion des?
C17-C18 - Papier et carton, travaux d'impression et?
C19 - Produits de la cokéfaction et du raffinage
C20 - Produits chimiques
C21 - Produits pharmaceutiques de base et?
C22 - Produits en caoutchouc et en plastique
C23 - Autres produits minéraux non métalliques
C24 - Produits métallurgiques
C25 - Produits métalliques, à l'exclusion des machines?
C26 - Produits informatiques, électroniques et optiques
C27 - Équipements électriques
C28 - Machines et équipements n.c.a.
C29 - Véhicules automobiles, remorques et semi-?
C30 - Autres matériels de transport
C31_32 - Meubles et autres produits manufacturés
C33 - Réparation et installation de machines et?
D35 - Électricité, gaz, vapeur et air conditionné
E36-E37T39 - Eeau, déchets et récupération
F - Constructions et travaux de construction
G45 - Commerce et réparation d'automobiles et de?
G46 - Commerce de gros, à l'exclusion des automobiles?
G47 - Commerce de détail, à l'exclusion des?
H49 - Transports terrestres et transports par conduites
H50 - Transport par eau
H51 - Transports aériens
H52 - Entreposage et services auxiliaires des transports
M - Activités spécialisées, scientifiques et techniques
N - Activités de services administratifs et de soutien
Autres services
Comptes français (au prix de base) FIGARO
22
La méthode SNAC « complète » a été présentée dans un article de 2015 rédigé par des
statisticiens des Pays-Bas4. Elle consiste à partir d?un TIES donné (FIGARO par exemple), à
remplacer toutes les données correspondant à la France (imports et exports par produits, TES
domestique) par celle des comptes nationaux français, et recaler enfin la totalité de la table
pour assurer sa cohérence comptable (emploi = ressource pour tous les produits). Cette
méthodologie est assez lourde car elle requiert de recaler le TIES complet en utilisant des
algorithmes de calage sur marges multiples, avec les risques d?instabilité que cela comporte.
La méthode SNAC « simplifiée », qui a été adoptée pour ce projet, a été présentée initialement
dans un article de 20195. Contrairement à la précédente, elle ne requiert pas de modifier le
TIES FIGARO lui-même. Elle consiste simplement, dans l?expression de l?empreinte carbone de
la France, à utiliser certains termes issus des comptes nationaux français, et certains termes
issus de FIGARO. Plus précisément, on part de l?équation de Leontieff classique pour un TIES :
?????????? = ??(?? ? ??)?1????
On peut montrer que cette expression peut se développer sous la forme suivante :
?????????? = ??????(?? ? ??????????)?1???????? + ??(?? ? ??)?1????????(?? ? ??????????)?1???????? + ??(?? ? ??)?1??????
Où ???????? représente la demande finale française en produits français, ?????? représente la
demande finale française en produits étrangers, ?????? représente le vecteur des émissions
françaises, ?????????? est la matrice des coefficients techniques réduite aux produits français utilisés
comme intrant par les branches françaises et ???????? est la matrice des coefficients techniques
réduite aux produits étrangers utilisés comme intrant par les branches françaises. La
démonstration de cette décomposition est disponible en annexe 1.
L?empreinte SNAC simplifiée est définie comme l?expression ci-dessus, dans laquelle on
remplace tous les termes en rouge par leur valeur dans les comptes nationaux français.
?????????? = ??????(?? ? ??????????)?1???????? + ??(?? ? ??)?1????????(?? ? ??????????)?1???????? + ??(?? ? ??)?1??????
Le seul terme qui est repris de FIGARO sans modification est donc ??(?? ? ??)?1 , le vecteur des
contenus GES unitaires des produits étrangers (c?est-à-dire leur contenu en kg CO2éq par euro).
Ce contenu FIGARO est appliqué aux importations pour demande finale (dernier terme de la
décomposition) et aux importations pour demande intermédiaire (deuxième terme).
2.3.3. Quelle approximation fait-on en utilisant la méthode SNAC
simplifiée par rapport à la méthode SNAC complète ?
La méthodologie SNAC simplifiée permet de couvrir 98 % des émissions françaises contribuant
à l?empreinte par des données françaises, tout en restant dans un cadre nettement plus simple
que la méthode SNAC « complète ».
4 ?À method to create carbon footprint estimates consistent with national accounts?, Economic Systems Research, Juin
2015.
5 ?Towards accepted procedures for calculating international consumption-based carbon accounts?, Climate Policy,
Février 2020.
23
On peut noter que dans l?expression de l?empreinte ci-dessus, le vecteur de contenus unitaires
??(?? ? ??)?1 tiré de FIGARO recouvre une (faible) part d?émissions de GES ayant lieu en France.
En effet, dans les chaînes de valeur mondiales, il arrive que certains produits soient fabriqués
en France où ils donnent lieu à des émissions directes, soient ensuite exportés dans un pays
partenaire où ils sont utilisés comme intrant dans la fabrication d?un autre produit, puis que ce
nouveau produit soit réimporté en France. En pratique, en 2023, 1,0 % du contenu GES des
produits importés en France pour satisfaire la demande finale est constitué d?émissions ayant
eu lieu en France.
Dans la méthodologie SNAC simplifiée, cette petite fraction d?émissions françaises
contribuant à l?empreinte via la production de biens à l?étranger est donc modélisée
directement par FIGARO. Tout le reste des chaînes de production française contribuant à
l?empreinte (termes en rouge dans l?équation précédente) est modélisé à partir des comptes
nationaux français.
2.3.4. Pré-requis : un TESS français enrichi
L?expression de l?empreinte SNAC donnée ci-dessus suppose que l?on connaisse les termes ??????
(demande finale directe en produits étrangers) et ???????? (demande pour la consommation
intermédiaire des branches françaises) à un niveau de détail compatible avec le TIES FIGARO,
c?est-à-dire 64 produits X 45 pays (hors France). Le niveau de détail par produits ne pose pas
de problème, car le TES symétrique français est réalisé au niveau A138 et peut donc être
réagrégé au niveau A64. En revanche, la ventilation par pays n?est a priori pas connue : le TES
symétrique habituellement produit par les comptes nationaux français ne distingue que 3
provenances : France, UE et hors UE.
Le premier enrichissement nécessaire est donc de ventiler le TES symétrique « importé » en 45
pays de provenance.
Une seconde difficulté concerne la valorisation des importations : dans le TIES FIGARO, tous
les emplois sont « au prix de base » dans tous les pays, c?est-à-dire « sortie d?usine ». Les
éventuelles marges de commerce et de transport ne font pas partie du prix des biens mais sont
« achetées » séparément par les utilisateurs. Dans le TES symétrique français en revanche,
comme dans tous les comptes nationaux, les importations sont valorisées « CAF » (coût
assurance et fret), c?est-à-dire à leur valeur à l?arrivée sur le territoire français. Pour revenir au
« prix de base », on peut distinguer deux types de marges à retirer :
? Celles réalisées dans le pays exportateur, entre la sortie de l'usine et la frontière. Ce
sont les marges "domestiques" de ce pays. À la frontière du pays exportateur, la
valorisation du bien est dite "FAB" (franco à bord) ;
? Celles réalisées "en transit international", entre la frontière du pays exportateur et la
frontière française. Ce sont les marges dites "CAF-FAB". Par définition, les marges CAF-
FAB ne concernent que les pays qui ne sont pas frontaliers de la France. Pour les pays
frontaliers, la marge CAF-FAB est nulle.
Prenons l'exemple d'une voiture importée de Chine et vendue en France en concession pour
18 000 euros. On souhaite retracer l'itinéraire de la voiture pour séparer les éléments suivants :
24
? Prix de base (sortie d'usine en Chine) : 13 000 euros
? Marges de commerce et de transport en Chine (TTM Chine) : 1 000 euros
? Marges de transport et d'assurance en transit entre la Chine et la France (marge CAF-
FAB) : 2 000 euros
? Marges de commerce et de transport en France (TTM France) : 2 000 euros
? Prix d'acquisition pour le ménage en France : 18 000 euros
Ce partage permettra de calculer correctement l'empreinte carbone du véhicule, en
comptabilisant le contenu carbone unitaire de la production automobile chinoise (en kg CO2 /
euro) pour 13 000 euros, et les contenus carbone du commerce et du transport dans divers
pays pour 5 000 euros.
Le second enrichissement nécessaire du TES consiste donc à réaliser cette séparation des
marges « TTM à l?étranger » et « CAF-FAB » dans la valorisation des importations françaises.
2.3.5. Comment a-t-on enrichi le TESS ?
Pour obtenir la ventilation par pays des importations françaises, on mobilise trois sources de
données :
? Pour les biens hors produits des activités extractives, la source utilisée est la douane ;
? Pour les produits des activités extractives (c?est-à-dire essentiellement, en valeur
monétaire, le pétrole brut et le gaz naturel), la source utilisée est issue des statistiques
sur l?énergie du SDES ;
? Pour les services, on reprend la ventilation proposée dans le TIES FIGARO pour les
importations françaises, qui est elle-même indirectement issue de données de la
balance des paiements française.
Pour séparer les marges de commerce et de transport sur les importations de biens, on mobilise
trois autres sources :
? Un fichier spécifique de la douane fournit une ventilation des marges CAF-FAB croisée
par type de bien X mode de transport (routier, maritime, aérien) ;
? Pour les marges TTM ayant lieu dans les pays de l?Union Européenne, on utilise les
données des TES symétriques de ces pays (taux de marges TTM sur les exports) ;
? Pour les marges TTM ayant lieu dans les pays hors Union Européenne, on utilise des
données issues de la compilation du TIES FIGARO.
Ces différentes étapes de traitement permettent d?aboutir à un TES symétrique français
entièrement compatible avec FIGARO, tant en niveau de détail qu?en mode de valorisation.
25
2.3.6. Prolongement des résultats jusqu?à l?année N-1
Un objectif majeur du projet est de pouvoir calculer une empreinte carbone de la France
jusqu?à l?année N-1 (par exemple 2024 pour une publication des résultats à l?automne 2025).
L?expression de l?empreinte SNAC donnée plus haut (cf. partie 2.3.2) requiert pour cela de
connaître le TES symétrique français d?une part, les contenus carbone unitaires des produits
étrangers issus de FIGARO d?autre part.
Historiquement, le TES symétrique français n?était calculé que sur les comptes nationaux
définitifs, soit l?année N-3. À partir de 2024, pour les besoins de l?empreinte carbone, le TES
symétrique est maintenant calculé également pour les comptes semi-définitifs (N-2) et
provisoire (N-1). L?enrichissement décrit au paragraphe précédent (origine géographique et
valorisation des importations) est également réalisé jusqu?à l?année N-1.
Avant 2024, les émissions de GES au format AEA étaient réalisées uniquement sur l?année N-2,
sur la base de l?inventaire d?émissions « définitif ». À partir de 2024, elles sont également
estimées par le Citepa sur l?année N-1, sur la base de l?inventaire de GES « proxy ». Tous les
termes « français » nécessaires pour l?empreinte SNAC (TESS et émissions) sont donc bien
disponibles jusqu?à l?année N-1.
Concernant les contenus GES unitaires des produits étrangers en revanche, il est nécessaire de
recourir à une part de modélisation. En effet, le TIES FIGARO n?étant disponible que jusqu?à
l?année N-2, il faut prolonger l?information nécessaire sur une année. La méthode suivante a
été adoptée :
? La projection est réalisée au niveau le plus fin disponible c?est-à-dire : pays de
fabrication du produit (45) X produit (64) X type de GES (4) X origine des émissions en
France ou à l?étranger (2), soit au total 23 040 séries à prolonger.
? Cependant, la plupart de ces séries contribuent de manière extrêmement faible à
l?empreinte carbone de la France. On ordonne donc les contenus GES par contribution
croissante à l?empreinte française importée pour une année de référence (par exemple
2023 pour les estimations publiées en 2025) et on fixe un seuil pour juger de la
pertinence de la projection. Toutes les séries dont le cumul contribue à moins de 0,1 %
de l?empreinte GES importée (en partant de la plus faible) sont projetées de manière
« naïve » en N-1 : on reprend simplement la valeur du contenu carbone unitaire observé
en N-2.
? Seules les 6 729 séries au-dessus du seuil font l?objet d?une vraie modélisation. On
commence par calculer la différence en logarithme sur toute la série disponible (2010-
N-2). On retire ensuite les variations de prix du produit considéré, tel que connu dans
les comptes nationaux français. Cela revient à s?intéresser aux variations du contenu
carbone unitaire en volume plutôt qu?en valeur. On estime ensuite un modèle linéaire
de cette série sans explicative, c?est-à-dire simplement la valeur moyenne de la série,
ou avec un outlier pour l?année 2015 s?il est estimé significatif au seuil de 5 %. Cette
estimation est ensuite mobilisée pour prolonger la série sur les années où le TIES n?est
pas disponible, en taux d?évolution à partir du dernier point observé.
26
2.3.7. Correction apportée au TIES FIGARO pour 2022 et 2023
Les prix de l?énergie ont connu des fluctuations très importantes depuis 2021, qui mettent à
l?épreuve la méthode d?estimation de l?empreinte carbone basée sur des tableaux entrées-
sorties internationaux en valeur monétaire (euros courants).
Nous avons combiné les tableaux FIGARO avec des données physiques de l?Agence
internationale de l?énergie (IEA) sur la production de pétrole brut, gaz naturel, charbon et
produits pétroliers raffinés, afin d?estimer des « indices de prix à la production » pour chaque
pays détaillé dans FIGARO. Nous avons ensuite comparé ces indices avec les indices de prix
des importations françaises pour les mêmes produits.
Le niveau des prix est très différent suivant ces deux perspectives (figures 11 et 12). Avec une
base 100 en 2020, le prix des imports français de produits « bruts » des activités extractives
(CPA B) atteint 394 en 2022 puis 304 en 2023, contre seulement 246 en 2022 et 193 en 2023
pour le prix à la production moyen des fournisseurs de la France. Pour les produits pétroliers
raffinés (CPA C19) l?écart est également élevé en 2022 mais se referme largement en 2023.
Figure 11 : niveau de prix des « produits des activités extractives » (CPA B)
Année 2020 = 1
27
Figure 12 : niveau de prix des « produits de la cokéfaction et du raffinage » (CPA C19)
Année 2020 = 1
En soi, il est possible que les indices de prix des producteurs et des importations françaises
divergent, pour différentes raisons :
? La composition par produit fin (pétrole, gaz, charbon) de l?agrégat « B » peut différer
entre production et importations françaises, avec des indices de prix différents pour
chaque composante ;
? Les prix des importations françaises sont essentiellement ceux observés sur les marchés
internationaux. Mais il est tout à fait possible que les producteurs aient vendu une
partie de leur production 2022 et 2023 à des prix moins volatils à certains autres clients
(sur leur marché intérieur régulé ou à des clients ayant conclu des contrats à long
terme).
Quels que soient ces facteurs économiques, le problème est que, dans la mécanique de calcul
d?empreinte « SNAC simplifiée » basée sur un TIES en valeur, le contenu GES par euro de
produit importé est fixé essentiellement par la variation de prix du producteur. Le décalage
avec les prix d?imports en 2022 peut donc introduire une surestimation significative des GES
importés, par rapport à leur sous-jacent physique (quantités de pétrole et gaz importés en
tonnes ou m3).
Pour la publication du 16 octobre 2025, par rapport aux données issues directement de
FIGARO, nous avons donc corrigé les contenus importés des produits « B » et « C19 » en 2022
et 2023, en les réduisant du même facteur que la différence observée entre les indices de prix
imports vs. producteur, soit environ - 25 % en 2022 et 2023 sur le produit B et environ - 20 %
28
en 2022 sur le produit C19. Cette correction est non négligeable, elle a un effet d?environ - 16
Mt CO2éq sur l?empreinte totale en 2022 et - 7 Mt CO2éq en 2023 et 2024. En termes de
demande finale, elle affecte principalement les déplacements (via le carburant routier) et le
logement (via le gaz naturel).
Ce point devra faire l?objet d?une étude plus approfondie pour les prochaines éditions du
calcul, en lien avec l?équipe d?Eurostat responsable de la compilation de FIGARO.
29
2.4. Présentation de l?empreinte de la demande
finale au prix d?acquisition
2.4.1. Répartir l'empreinte de la demande finale par produit suivant les prix
d'acquisition
Les résultats de la modélisation SNAC sont calculés à partir d?une valorisation des biens au prix
de base, c?est-à-dire que les contenus GES des éventuelles marges de commerce et de
transport applicables à un bien sont séparés du contenu carbone du bien lui-même.
Cependant, les statistiques les plus courantes sur la demande finale monétaire ne suivent pas
cette convention : la consommation des ménages ou l?investissement sont présentés « au prix
d?acquisition », c?est-à-dire y compris marges de commerce et de transport.
Dans les tableaux présentant l?empreinte par produit de la demande finale, nous avons donc
« reclassé » l?empreinte liée aux marges de commerce et de transport vers les biens concernés,
afin d?obtenir une présentation homogène entre contenus carbone et valeurs monétaires. Pour
cela, nous avons mobilisé une table donnant chaque année le croisement entre les marges
applicables aux biens et le service concerné (commerce ou transport), au niveau de détail A64
compatible avec FIGARO. Cette table permet de calculer le « contenu carbone » des marges,
que l?on retire au contenu des services de commerce et transport, pour les ajouter aux
contenus des biens.
Il faut noter que ce retraitement ne modifie pas le total de l?empreinte carbone, seulement sa
répartition par produit final. Au total, le poids GES des biens est « alourdi » de 41 Mt CO2 éq en
2021 dans une valorisation au prix d?acquisition par rapport au prix de base, soit + 14 % (figure
13).
30
Figure 13 : empreinte des biens et des services suivant le mode de valorisation des importations
en 2021
En millions de tonnes CO2 éq
2.4.2. Passage d'une nomenclature de biens à des "postes de demande"
Le calcul input-output est fondé sur la nomenclature NACE et décompose l?empreinte carbone
de la France en 64 biens et services plus 3 catégories pour les émissions directes des ménages.
Pour permettre une meilleure appropriation des résultats par le public mais aussi pour mieux
comparer les résultats avec ceux issus d?une approche « microéconomique » (facteurs
d?émissions X données d?activités), il est opportun de regrouper le contenu en émissions des
biens et services en grandes catégories de « postes de demande » :
- Alimentation
- Habitat
- Déplacements
- Équipements (achats de biens)
- Administration, Santé, Enseignement, Action sociale
- Services principalement marchands
La décomposition et le regroupement des émissions par poste de demande sont d?abord
fondés sur les composantes de la demande finale intérieure : consommation finale (P3),
formation brute de capital (P5) et variations des stocks et acquisitions moins cessions de valeur
(P5M).
Les émissions associées à la consommation finale (P3) des ménages, des APU et des ISBLSM
sont ventilées par postes de demande à l?aide la table de passage entre produits dans la
nomenclature CPF et « postes de demande » donnée en annexe 2 (table A2.1).
Les émissions associées à la formation brute de capital fixe (P51G) sont ventilées par postes de
demande en fonction du secteur institutionnel qui réalise l?investissement (figure 14).
0
50
100
150
200
250
300
350
prix de base à l'étranger FAB CAF prix d'acquisition en France
Commerce et transport Biens Services
31
Figure 14 : affectation de l?empreinte de l?investissement aux grands « postes de demande »
Secteur institutionnel Grand poste de demande
Sociétés financières (S12) Services marchands
Administrations publiques
(S13), produit génie civil (F42)
Déplacements
Administrations publiques
(S13), sauf produit génie civil
(F42)
Services publics et santé
Ménages (S14) Habitat
Associations (S15) Services marchands
Les émissions associées aux investissements réalisés par les sociétés non financières (S11) sont
affectées à différents postes de demande conformément à la table de passage entre branches
d?activités réalisant l?investissement et postes de demande donnée en annexe 2 (table A2.2).
Enfin, les émissions associées aux variations des stocks et acquisitions moins cessions d?objets
de valeur (P5M) sont affectées à différents postes de demande suivant le produit concerné.
? Pour tous les produits, à l?exception des produits des activités extractives (B) et produits
de la cokéfaction et du raffinage (C19), on utilise la même table que pour la
consommation finale P3 (table A2.1) ;
? Pour les produits B et C19, le raisonnement est le suivant : ces stocks sont destinés aux
ménages mais aussi aux entreprises, et finissent donc par alimenter toutes les émissions
de CO2 énergétiques de l?économie française, de manière assez indiscriminée. On
adopte donc comme clé de ventilation par poste celle de l?empreinte CO2 (hors stocks),
pour les émissions ayant lieu en France. Un coefficient fixe moyen 2010-2024 est retenu
par simplicité (figure 15).
Figure 15 : affectation de l?empreinte des variations de stocks de produits « B » et « C19 » aux
grands « postes de demande »
P5M
Déplacements 36 %
Habitat 30 %
Alimentation 12 %
Équipements 5 %
Services principalement marchands 6 %
Services publics et santé 11 %
2.5. Rétropolation des résultats entre 1990 et 2009
L?estimation de l?empreinte carbone repose sur l?exploitation du TIES Figaro développé par
Eurostat. Le TIES est disponible à compter de l?année 2010. L?empreinte est rétropolée « à
rebours », en partant de l?année 2010 jusqu?en 1990.
32
Sources de données mobilisées
Pour les émissions françaises :
- Inventaires Secten, Citepa
- Inventaires AEA, Citepa
Pour l?économie française :
- TESS France 1995, 2000 et 2005
- Production de biens et de services par produit (38 postes), Comptes nationaux, Insee
- Importations de biens et de services par produit (38 postes), Comptes nationaux, Insee
- Exportations de biens et de services par produit (38 postes), Comptes nationaux, Insee
Pour les contenus GES des importations et des exportations français :
- Inventaire de GES mondial, EDGAR-JRC
- PIB mondial, en $ courant, Banque mondial
- Taux de change $/¤, OCDE
- Contenus unitaires moyens en GES des exportations en 1995, 2000 et 2005 et calculs
de l?empreinte carbone intérieure, Insee-SDES
Pour le raccrochage sur l?année 2010 :
- Contenus unitaires moyens en GES des importations et des exportations en 2010,
- Calcul de l?empreinte carbone fondée sur le SNAC simplifié, Insee-SDES
Méthode retenue
L?empreinte carbone est décomposée en trois composantes :
- Émissions directes des ménages,
- Émissions de la production française hors émissions associées aux exportations,
- Émissions associées aux importations.
Estimation des AEA français 1990 ? 2007 en Naf rev 2
En amont de l?estimation des composantes « Émissions directes des ménages » et « Émissions
de la production française hors émissions associées aux exportations » de l?empreinte carbone
des années 1990-à 2007, il est nécessaire d?estimer les AEA des années 1990 à 2007.
Le Citepa estime les AEA des années 1990 à 2007 en NAF rev1. On connaît par ailleurs les
niveaux des AEA NAF rev2 pour l?année 2008. La méthode adoptée consiste donc à rétropoler
les niveaux NAF rev2 de 2008 en appliquant à rebours les évolutions annuelles des catégories
NAF rev1 « les plus proches possible » de la nouvelle nomenclature. En pratique, on établit pour
cela une correspondance à un niveau 54 branches, où les deux nomenclatures correspondent
suffisamment bien (table en annexe A3). Avec cette approche, certaines catégories NAF rev2
(C33, J58, 59 et 60) n?ont cependant pas d?équivalent naturel en NAF rev1. On leur applique
alors les évolutions d?autres catégories, proches dans la nomenclature.
33
Pour les émissions des ménages, les AEA du Citepa pour les années 1990-2007 ne distinguent
pas les deux catégories « Logement » et « Autres émissions » que l?on souhaite obtenir. Pour
estimer ce partage, on mobilise l?inventaire SECTEN. Les évolutions des catégories SECTEN
« Chauffage, eau chaude sanitaire et cuisson domestique » ; « Climatisation domestique » ;
« Réfrigération domestique » sont utilisées pour rétropoler la catégorie AEA « Logement ». La
catégorie « Autres émissions » reprend les évolutions SECTEN « Utilisation de produits
domestiques (y.c. peintures, aérosols) » ; « Engins (y.c. jardinage) domestiques » ; « Déchets et
brûlage domestiques et eaux usées » ; « Autres activités domestiques (tabac et feux
d?artifice) ».
Enfin, les émissions NAF rev2 estimées aux étapes précédentes sont recalées de manière
proportionnelle afin de conserver inchangé le total des AEA NAF rev1 du Citepa pour chaque
type de gaz à effet de serre et chaque année.
Les émissions de la production française : partage entre émissions exportées et intérieures
Les émissions de la production intérieure hors exportations de l?empreinte sont estimées en
déduisant des AEA, hors émissions directes des ménages, les émissions associées aux
exportations.
Les émissions associées aux exportations des années 1995, 2000 et 2005 résultent du calcul
input-output fondée sur les TESS et AEA en NAF rev1 disponibles. Les émissions associées aux
exportations de l?année 2010 résultent de l?estimation fondée sur le SNAC-Simplifié / Figaro.
Le rapport entre les données d?émissions totales (hors UTACTF) de l?inventaire SECTEN et les
données de production en valeur permet d?estimer les évolutions de l?intensité en GES de la
production pour les années manquantes (ie. 1990 à 1994 ; 1996 à 1999 ; 2001 à 2004 et 2007-
2008).
On fait l?hypothèse que les évolutions du contenu unitaire moyen en GES des exportations sont
similaires aux évolutions de l?intensité en GES de la production totale. Cela permet d?estimer
les contenus en GES des exportations, par substance gazeuse, pour toutes les années.
Le produit du contenu unitaire en GES des exportations par les exportations en valeur permet
d?estimer le contenu total en GES des exportations françaises, pour chaque année et chaque
substance.
Les émissions intérieures de l?empreinte sont estimées par soustraction entre les inventaires
AEA hors ménages totaux et les émissions associées aux exportations
Les émissions associées aux importations
Les émissions associées aux exportations sont estimées en multipliant le contenu unitaire des
importations par les importations en valeur (hors corrections).
34
Les émissions associées aux importations de l?année 2010 résultent de l?estimation fondée sur
le SNAC-Simplifié / Figaro. Elles permettent d?estimer le contenu unitaire des importations sur
cette année de référence.
Avant 2010, on fait l?hypothèse que le contenu unitaire moyen en GES des importations évolue
comme l?intensité en GES du PIB mondial. Les données en dollars courant du PIB mondial
diffusé par la Banque mondiale sont converties en euros à l?aide d?informations sur les taux de
parité monétaire de l?OCDE. Les contenus en GES des importations, par substance gazeuse,
sont ainsi estimés pour toutes les années de 1990 à 2010.
Le produit du contenu unitaire en GES des importations et des importations en valeur permet
enfin d?estimer le contenu total en GES pour chaque année et chaque substance, des
importations françaises.
35
3. Résultats et sensibilité aux hypothèses et choix
méthodologiques
3.1. Principaux résultats
Les calculs réalisés en 2025 permettent de retracer les flux de GES depuis l?inventaire national
AEA jusqu?à l?empreinte carbone des Français.
En 2024, les émissions de l?inventaire AEA s?élèvent à 404 Mt CO2 éq en 2024. 99 Mt sont émises
directement par les ménages et 305 Mt par les activités économiques résidentes. 125 Mt des
émissions des activités économiques nationales sont associées aux exportations. En ajoutant
les émissions importées, incorporées dans la production nationale puis réexportées, le contenu
brut des exportations est de 285 Mt. 180 Mt des émissions des activités économiques
résidentes sont incorporées dans des biens et services consommés en France.
443 Mt de GES sont associées aux importations. 160 Mt sont incorporées dans la production
nationale puis réexportées. Les émissions nettes associées aux importations représentent donc
284 Mt. 174 Mt sont incorporées dans la production nationale consommée en France et 110 Mt
sont incorporés dans des biens et services produits à l?étranger et consommés en France.
L?empreinte carbone est ainsi constituée de 18 % de GES émis directement part les ménages,
32 % de GES émis par les activités économiques intérieures et 50 % de GES associés aux
importations.
Figure 16 : émissions et empreinte GES de la France en 2024
Source : Insee-SDES, 2025.
36
L?exploitation du TIES Figaro entre 2010 et 2023, la rétropolation de l?empreinte et les
estimations des deux années les plus récentes permettent de reconstituer une série historique
1990 à l?année N-1.
Entre 1990 et 2024 l?empreinte carbone de la France diminue de 20 %. Les émissions intérieures
(activités économiques et ménages) ont diminué de 34 % alors que les émissions importées ont
augmenté de 2 %. L?empreinte carbone augmente jusqu?en 2008, puis chute en 2009 en lien
avec la crise financière. Elle décroît en moyenne depuis 2009 de 2,3 % par an.
L?empreinte carbone moyenne par personne a diminué de 32 % entre 1990 et 2023. Elle est
estimée à 8,2 tonnes de CO2 éq en 2024. Elle représente entre 12,1 et 12,7 tonnes jusqu?en 2008
et ne dépasse plus les 10 tonnes depuis 2015.
Figure 17 : empreinte GES de la France en masse CO2 éq et par tête depuis 1990
Source : Insee-SDES, 2025.
L?exploitation des résultats du SNAC Simplifié / Figaro permet de décomposer l?empreinte
carbone selon différentes variables : origine géographique des émissions, branches d?activités
dans le monde qui ont émis les GES, biens et les services de la demande finale intérieure
française dans lesquels sont incorporés les GES, postes de demandes constituant l?empreinte
carbone, composantes de l?empreinte (figures 18 et 19).
L?empreinte carbone peut également être décomposée par substances gazeuses : en 2023,
74 % pour le CO2, 18 % pour le CH4, 5 % pour le N2O et 2 % pour les gaz fluorés), ou par
composantes de la demande finale : en 2023, 52 % pour la consommation finale des ménages,
10 % pour la consommation finale des APU, 1 % pour la consommation finale des ISBLSM, 20 %
pour les investissements et 0,5 % pour les variations de stock.
37
Figure 18 : l'empreinte carbone de la France et ses décompositions en 2023 - graphique
Source : Insee-SDES, 2025.
Figure 19 : l'empreinte carbone de la France et ses décompositions en 2023 - tableau
Total empreinte carbone
Total 583 100 %
Quels sont les GES comptabilisés dans l'empreinte carbone ?
GES 583 100 %
CO2 434 74 %
CH4 105 18 %
N2O 30 5 %
Gaz fluorés 14 2 %
Total 583 100 %
Où ont été émis les GES ?
France 285 49 %
Allemagne 15 3 %
Union européenne à 27, hors France et Allemagne 60 10 %
Chine 61 11 %
Russie 16 3 %
États-Unis 20 3 %
38
Autres pays d'origine des émissions 125 21 %
Total 583 100 %
Quelles sont les composantes de l'empreinte carbone ?
GES issus de la production intérieure, hors exportations 185 32 %
GES associés aux importations de la production intérieure 182 31 %
GES associées aux importations pour usage final 116 20 %
Émissions directes des ménages 100 17 %
Total 583 100 %
Quelles branches d'activité ont émis les GES ?
A - Agriculture 87 15 %
B - Activités extractives 45 8 %
C - Industrie 126 22 %
D - Production et distribution d'électricité, chaleur, gaz 85 15 %
E - Eau, assainissement, déchets 30 5 %
F - Construction 9 2 %
G - Commerce 12 2 %
H - Services de transport 59 10 %
I à U - Services marchands et non marchands 29 5 %
GES émis directement par les ménages 100 17 %
Total 583 100 %
Dans quels biens et services sont contenus les GES ?
A - Agriculture 35 6 %
B - Activités extractives 0 0 %
C - Industrie 201 34 %
D - Production et distribution d'électricité, chaleur, gaz 19 3 %
E - Eau, assainissement, déchets 10 2 %
F - Construction 66 11 %
G - Commerce 1 0 %
H - Services de transport 26 4 %
I à U - Services marchands et non marchands 125 21 %
GES émis directement par les ménages 100 17 %
Total 583 100 %
Quels postes de consommation constituent l'empreinte ?
Alimentation 135 23 %
Habitat 121 21 %
Déplacements 142 24 %
Services principalement publics 75 13 %
Biens d'équipements 57 10 %
Services principalement marchands 54 9 %
Total 583 100 %
39
Quelles sont les composantes de la demande finale retenues dans le calcul
de l'empreinte carbone ?
Consommation finale des administrations publiques 58 10 %
Consommation finale des ménages 301 52 %
Consommation finale des ISBLSM 6 1 %
Formation brute de capital fixe - entreprises financières 66 11 %
Formation brute de capital fixe - entreprises non financières 4 1 %
Formation brute de capital fixe - administrations publiques 20 3 %
Formation brute de capital fixe - ménages 25 4 %
Formation brute de capital fixe - ISBLM 1 0 %
Variations de stock et acquisition d?objets de valeur 3 0 %
GES émis directement par les ménages 100 17 %
Total 583 100 %
40
3.2. Écarts entre résultats du TIES et méthode SNAC
En 2023, l?empreinte carbone de la France s?élève à 583 Mt CO2éq avec la méthode SNAC
simplifiée contre 549 Mt en utilisant directement FIGARO, soit un écart de + 6 %. La
composante domestique est, comme attendu, proche entre les deux méthodes (+ 4 %), car les
données mobilisées sont comparables. L?essentiel de l?écart porte sur l?empreinte importée
pour satisfaire les consommations intermédiaires de la production française (+30 Mt soit + 20 %
de cette composante).
Figure 20 : empreinte carbone en 2023 selon la méthodologie SNAC et FIGARO brut
En milliers de tonnes CO2 éq
SNAC FIGARO SNAC - FIGARO
Empreinte totale 582 561 548 667 33 895 6 %
Emissions directes des ménages 99 980 99 980 0 0 %
Empreinte hors émissions directes des
ménages
482 581 448 687 33 895 8 %
décomposition par composante
Domestique 182 356 175 886 6 470 4 %
Importations pour consommation
intermédiaire
183 391 153 241 30 151 20 %
Importations pour demande finale 116 834 119 560 -2 726 -2 %
décomposition par type de GES
CO2 340 230 312 427 27 803 9 %
CH4 101 528 97 126 4 402 5 %
N2O 28 634 27 640 994 4 %
Gaz fluorés 12 189 11 494 695 6 %
Cet important écart tient essentiellement à la composition par produit qui diffère entre les
deux sources, alors que la composition par origine géographique a une importance moindre.
Quelques produits, au contenu GES unitaire élevé, expliquent l?essentiel de la différence :
produits de l?agriculture (A01), produits pétroliers raffinés (C19), produits chimiques (C20),
métaux de base (C24), produits informatiques, électroniques et optiques (C26) et équipements
électriques (C27).
41
Figure 21 : Écart d?empreinte carbone sur les importations pour consommation intermédiaire
en 2023
En milliers de tonnes CO2 éq
SNAC FIGARO SNAC - MRIO
Tous produits 183 391 153 241 30 151
A01 - Produits de l'agriculture 9 973 3 811 6 162
C19 - Produits de la cokéfaction et du raffinage 11 483 5 573 5 910
C20 - Produits chimiques 18 496 13 616 4 880
C26 - produits informatiques, électroniques et
optiques 6 987 2 676 4 311
C27 - Équipements électriques 9 984 6 250 3 735
C10T12 - Produits des industries agro-
alimentaires 10 087 7 225 2 862
C24 - produits métallurgiques 12 671 9 935 2 736
Autres produits 103 710 104 154 -445
Pour tous ces produits, la demande adressée par la France à ses partenaires étrangers est plus
élevée dans le SNAC que dans la source FIGARO, ce qui pèse significativement sur l?empreinte
carbone.
Le constat présenté ici sur 2023 est relativement stable sur la série temporelle disponible.
L?écart sur l?empreinte totale est ainsi de + 6 % pour le SNAC en 2023 contre + 8 % en 2010. Le
diagnostic général en évolution n?est donc pas modifié : l?empreinte SNAC diminue ainsi de
22 % entre 2010 et 2023 contre 21 % pour l?empreinte directement calculée à partir de FIGARO.
3.3. Révisions par rapport à la publication
précédente (novembre 2024)
L?empreinte GES de la France pour l?année 2021 est revue de 666 millions de tonnes équivalent
CO2 (Mt CO2éq) dans la publication de l?an dernier à 620 Mt CO2éq dans la publication de
cette année, soit - 46 Mt CO2éq ou - 6,9 %.
Les causes de révision sont les suivantes :
? (+ 6 Mt CO2 éq) Correction d?une erreur dans la publication précédente : certaines
données d?émissions de gaz fluorés dans les pays hors UE étaient manquantes, elles ont
été ajoutées.
? (- 7 Mt CO2 éq) Des améliorations méthodologiques ont été apportées à la réalisation
du « TES symétrique » français qui sert de support au calcul de l?empreinte carbone. En
particulier, les taux de taxes sur les produits énergétiques étaient, de manière erronée,
tous identiques quel que soit l?utilisateur du produit. Or, les ménages payent en
moyenne des taux plus élevés que les entreprises, et certains secteurs bénéficient
d?abattements particuliers (gazole non routier par exemple pour l?agriculture ou la
construction). La prise en compte de taux différenciés suivant les utilisateurs conduit à
42
attribuer moins de contenu carbone des produits énergétique aux ménages (où ils
contribuent à 100 % à l?empreinte de la France) et plus aux entreprises (où une part finit
par être exportée à l?étranger). L?effet agrégé de cette modification est donc de réduire
l?empreinte de la France.
? (+ 7 Mt CO2 éq) Les émissions françaises de GES ont été revues par le Citepa sur
différents postes, en moyenne en hausse sur toute la période.
? (- 9 Mt CO2 éq) Les émissions mondiales de GES ont été revues dans la base de données
EDGAR (pays hors UE), en moyenne en baisse sur toute la période. Les émissions des
pays de l?UE (qui transmettent à Eurostat des comptes d?émission dans l?air complets)
ne sont pratiquement pas revues.
? (- 44 Mt CO2 éq) La révision de loin la plus importante est liée à l?intégration du TIES
FIGARO version 2025, en remplacement de la version 2024 (cf. partie 2.2.4).
L?estimation de la production monétaire par branche de la région « reste du monde »
était très incorrecte dans la version 2024, avec trop de poids accordé aux services et
pas assez à l?agriculture et à l?industrie. Dans la version 2025, la production agricole est
ainsi revue en hausse d?un facteur 4. Dans le même temps, les émissions de GES de la
branche agricole dans cette région ne sont pratiquement pas revues, car elles
proviennent d?une source indépendante (EDGAR, retraité par Eurostat). Au total, le
contenu carbone par euro de produit agricole importé par la France en provenance de
cette région « reste du monde » est donc divisé par 4 entre les deux versions, ce qui se
traduit par une baisse notable de l?empreinte associée.
Les tableaux suivants présentent la révision suivant ces différentes causes en Mt CO2 éq et en
tonnes par habitant, suivant le partage par type de GES et par origine des émissions.
Empreinte 2021 par type de GES ? millions de tonnes de CO2 éq
Tous GES CO2 CH4 N2O GF
Publication novembre 2024 666 485 134 37 10
correction gaz fluorés manquants 6 0 0 0 6
améliorations méthodo TESS -7 -4 -3 0 0
maj émissions françaises 7 3 2 2 0
maj émissions mondiales -9 1 -8 -1 0
maj FIGARO 2025 -44 -18 -19 -7 -1
Publication octobre 2025 620 468 106 31 15
révision totale -46 -17 -28 -6 5
Empreinte 2021 par type de GES ? tonnes de CO2 éq par habitant
Tous GES CO2 CH4 N2O GF
Publication novembre 2024 9,8 7,1 2,0 0,5 0,1
correction gaz fluorés manquants 0,1 0,0 0,0 0,0 0,1
améliorations méthodo TESS -0,1 -0,1 0,0 0,0 0,0
maj émissions françaises 0,1 0,0 0,0 0,0 0,0
maj émissions mondiales -0,1 0,0 -0,1 0,0 0,0
maj FIGARO 2025 -0,7 -0,3 -0,3 -0,1 0,0
Publication octobre 2025 9,1 6,9 1,6 0,5 0,2
révision totale -0,7 -0,3 -0,4 -0,1 0,1
43
Empreinte 2021 par origine ? millions de tonnes de CO2 éq
Empreinte
totale
Émissions
directes
ménages
Hors émissions ménages
Total Domestique Importée
dont
« FIGW1 »
Publication novembre 2024 666 111 555 192 363 106
correction gaz fluorés manquants 6 0 6 0 6 0
améliorations méthodo TESS -7 0 -7 1 -8 -4
maj émissions françaises 7 3 5 5 0 0
maj émissions mondiales -9 0 -9 0 -9 -5
maj FIGARO 2025 -44 0 -44 0 -44 -37
Publication octobre 2025 620 113 507 198 309 61
révision totale -46 3 -49 5 -54 -45
Sur la période 2010-2021, la révision du niveau de l?empreinte s?élève à - 7 % en moyenne pour
l?ensemble des GES et affecte principalement le méthane (CH4, - 20 %) et le protoxyde d?azote
(N2O, - 14 %). Elle est globalement homogène sur l?ensemble de la période et n?affecte donc
pas significativement les évolutions annuelles. La révision du niveau de l?empreinte pour
l?année 2023 est un peu plus forte (- 9,5 %) : 583 Mt estimées actuellement, soit 8,5 tonnes par
personne contre 644 Mt CO2 éq l?an dernier, soit 9,4 t CO2 éq par personne. L?estimation pour
la dernière année est en effet toujours plus fragile, compte tenu de l?indisponibilité de certaines
données sources. La baisse de l?empreinte en 2023 par rapport à 2022 est ainsi révisée à - 6,1 %,
contre - 4,1 % pour la première estimation publiée l?an passé. Cette révision est de plus forte
ampleur que celle des émissions françaises (- 6,0 % contre - 5,6 % estimés l?an dernier).
3.4. Sensibilité : choix de source pour les émissions
mondiales de CH4 et N2O
Pour la France et les pays de l?Union Européenne (plus le Royaume-Uni, la Norvège et la Suisse),
le calcul d?empreinte est basé sur les comptes d?émission dans l?air officiels diffusés par les
pays concernés (cf. partie 2.2.1).
L?incertitude est plus importante pour le reste du monde, où les instituts statistiques ne
diffusent pas d?AEA, et donc les inventaires d?émissions sont souvent peu fréquents et/ou
incomplets. La base EDGAR qui a été retenue par Eurostat pour construire ses AEA mondiaux
réalise des estimations d?émissions qui sont en partie indépendantes des données rapportées
par les pays dans leurs inventaires pour la CCNUCC. L?écart est particulièrement marqué sur le
méthane (CH4). À titre d?illustration, nous avons reconstitué des AEA pour les pays hors UE à
partir de la source PRIMAP-HISTCR, qui privilégie une cohérence complète avec les inventaires
rapportés par les pays6. Avec cette source, l?empreinte CH4 de la demande finale française
serait inférieure de 24 Mt CO2 éq en 2021, soit - 18 % (hors émissions directes des ménages).
6 Les données PRIMAP sont librement accessibles, en version « country reported » (CR) ou « third party » (TP) :
https://primap.org/primap-hist/
https://primap.org/primap-hist/
44
L?écart est inverse sur le protoxyde d?azote (N2O) : l?empreinte calculée en mobilisant PRIMAP-
CR est supérieure de 3 Mt CO2 éq soit + 7 %.
Ces écarts illustrent l?incertitude relativement importante qui existe aujourd?hui concernant
les émissions de méthane, qui sont essentiellement « biogéniques » ou « fugitives », qu?elles
soient liées à l?agriculture ou à l?extraction d?hydrocarbures. De nombreux projets de recherche
actuels visent à mieux mesurer ces émissions de manière directe, notamment en mobilisant
des données satellitaires.
Dans la base de données EDGAR, mobilisée par Eurostat pour estimer les AEA, les émissions
fugitives de méthane associées aux chaînes de production et de distribution des combustibles
solides (charbon), liquides (produits pétroliers) et gazeux (gaz naturel) sont spécifiquement
marquées par une très forte incertitude. Si la méthodologie EDGAR repose en partie sur des
données satellitaires fiables pour ce qui peut être identifié comme étant du torchage
(« flaring »), il est difficile de conclure quant à la précision de ces estimations relatives aux
émissions fugitives des mines de charbon et des installations pétrolières et gazières.
Les facteurs d?émission par défaut proposés par le Giec et employés pour constituer la base
de données EDGAR présentent des limites compte tenu des spécificités technologiques
propres à chaque producteur ou site de production. Les estimations sont sans doute assez
conservatrices et surestiment probablement les émissions de CH4 du secteur des émissions
fugitives. De plus, elles sont encore calculées à partir des lignes directrices 2006 du Giec alors
que les raffinements 2019 de ces mêmes lignes directrices ont proposé une mise à jour de
nombreux facteurs d?émission dans le secteur 1.B.1 et 1.B.2. L?utilisation de ces facteurs révisés
améliorera la précision des estimations d?émissions de CH4.
45
Figure 22 : empreinte GES de la France suivant la source retenue pour les émissions de CH4 et
N2O dans les pays hors Union européenne
En millions de tonnes CO2 éq
0
20
40
60
80
100
120
140
160
180
2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021
CH4 (CO2 éq) - Eurostat basé sur EDGAR N2O (CO2 éq) - Eurostat basé sur EDGAR
CH4 (CO2 éq) - Primap CR N2O (CO2 éq) - Primap CR
46
3.5. Comparaison avec d?autres modèles de calcul
d?empreinte
Figure 23 : comparaisons des estimations de l?empreinte carbone selon différents
producteurs (tous GES)
L?empreinte carbone calculée selon le SNAC simplifié est fondée sur Figaro. Le SNAC simplifié
présente des niveaux d?empreintes légèrement plus élevées d?empreinte carbone, car les
importations enregistrées par les comptes nationaux comprennent plus de biens à fort
contenu carbone (activités extractives en particulier) que celles enregistrées dans le modèle
Figaro (cf. partie 3.2).
L?ensemble des modèles présentent néanmoins des évolutions chronologiques globalement
similaires sur une longue période.
0
100
200
300
400
500
600
700
800
900
INSEE-SDES / FIGARO-SNAC EUROSTAT / FIGARO v.2025 OCDE / ICIO EXIOBASE
47
4. Diffusion des résultats
4.1. Tableaux de données
Des tableaux de données détaillés sont disponibles en téléchargement sur les sites internet du
SDES et de l?Insee. Ils sont organisés en six grands blocs.
Le tableau T.100 présente les principaux résultats de manière très agrégés : émissions des unités
résidentes en France et empreinte de la France, en niveau et en ratio par habitant, par type de
gaz à effet de serre et selon différents PRG
Les tableaux T.20x présentent les émissions des unités résidentes françaises.
- Le tableau T.201 présente l?ensemble des émissions des unités résidentes (ménages et
branches d?activités), avec le détail par type de gaz à effet de serre ;
- Le tableau T.202 rapproche les émissions des branches d?activités des données
économiques principales les concernant : production et valeur ajoutées monétaires, en
euros courants et constants ;
- Le tableau T.203 rapproche les émissions directes des ménages d?indicateurs d?activités
spécifiques, non monétaires : kilomètres parcourus en voiture particulière, surface du
parc de logements, consommations d?énergie des logements.
Les tableaux T.30x présentent les flux d?import et d?export de GES, qui permettent d?expliquer
le passage des émissions à l?empreinte.
- Le tableau T.301 présente une table de passage entre émissions résidentes et empreinte
GES, au niveau macroéconomique, et rapproche ses différents éléments des équations
comptables monétaires classiques : PIB + importations = demande finale intérieure +
exportations ;
- Le tableau T.302 rapproche les flux monétaires et de GES importés et exportés suivant
leur contrepartie géographique et leur composition par produit.
Les tableaux T.4xx présentent l?empreinte GES à proprement parler, suivant plusieurs
décompositions complémentaires. Le tableau T.401 décrit l?empreinte GES suivant l?origine
géographique (10 pays / régions) et par branche (10 activités) des émissions. Les tableaux 3B
représentent l?empreinte carbone vue de la demande finale française.
- Le tableau T.411 présente l?empreinte suivant un regroupement ad hoc par grands
postes de demande : déplacements, habitat, alimentation, équipements, services
principalement marchands, services principalement publics et santé.
- Le tableau T.412 présente l?empreinte par produit fini faisant l?objet d?une demande
finale en France. Le contenu en GES de chaque produit fini est rapproché de la
demande finale monétaire correspondante au prix d?acquisition, en euros courants et
constants. Les données détaillées identifient l?origine géographique des émissions et
pour l?année 2023 l?origine des produits et l?origine géographique des émissions.
- Le tableau T.413 présente l?empreinte suivant les secteurs institutionnels responsables
de la demande finale. Pour la consommation finale il s?agit des administrations
48
publiques, ménages, institutions sans but lucratif au service des ménages (ISBLSM).
Pour l?investissement, tous les secteurs sont concernés : entreprises financières et non-
financières, administrations publiques, ménages et ISBLSM. Seules les variations de
stocks ne sont pas détaillées par secteur institutionnel.
Le tableau T.501 présente le contenu carbone de la production française, suivant une approche
sectorielle. L?objectif principal de ce tableau est de fournir des contenus GES unitaires moyen
des produits français à partir de 2010, en euros courants. Contrairement aux données du
tableau T.412, ces contenus unitaires représentent des transactions au prix de base (hors taxes,
marges de commerce et de transport séparées de la valeur des biens). Ces données sont donc
plus représentatives de transactions entre entreprises.
Enfin, le tableau T.600 présente des comparaisons internationales d?émissions et d?empreinte
GES par pays, en masse totale et en ratio / habitant.
4.2. Publication régulière
Les données d?émissions au format AEA et l?empreinte carbone sont mises à jour chaque année
par le SDES et l?Insee.
Elles sont accompagnées d?une publication de 4 pages qui paraît simultanément dans les
collections « Insee Première » de l?Insee et « Datalab Essentiel » du SDES. Cette publication
présente les principaux résultats sur les émissions et l?empreinte, en se concentrant sur les
évolutions les plus récentes.
Chaque année les nouvelles estimations sont également diffusées dans la publication du SDES
« Les chiffres clés du climat » et sur le site internet du SDES. Sont présentés les résultats de la
dernière année, les évolutions depuis 1990, les différentes décompositions de l?empreinte et
des comparaisons internationales d?empreinte carbone.
5. Conclusion
La méthode présentée permet d?estimer l?empreinte carbone de la France en suivant deux
principes essentiels : d?une part le recours à un TIES permet de modéliser explicitement les
chaînes de valeur internationales ; d?autre part la méthodologie « SNAC simplifiée » permet
d?assurer une cohérence complète avec les comptes nationaux réalisés par l?Insee.
Le choix du TIES FIGARO permet d?envisager une mise à jour annuelle fiable à moyen et long
terme, en bénéficiant d?un effort collaboratif mondial qui ne serait pas réalisable au niveau
français. Le recours à une méthodologie « SNAC simplifiée » est de facto le standard actuel
pour les empreintes carbones publiées par des instituts statistiques.
La modélisation proposée possède cependant certaines limites :
49
? Les émissions mondiales doivent être connues de manière précise par pays et par
branche. On peut noter que dans le cadre de l?accord de Kyoto, seuls les pays dits
« développés » en 1995 avaient l?obligation de réaliser des inventaires d?émissions
annuels complets. Les données d?émissions des autres pays sont donc connues avec
davantage d?incertitude. La situation devrait progressivement s?améliorer à partir de
2025, où commence à s?appliquer le régime de l?accord de Paris qui rend obligatoire les
inventaires d?émissions annuels et complets pour tous les pays signataires. Dans le
même temps, les organismes internationaux comme l?OCDE et le FMI incitent
activement leurs membres, notamment ceux du G20, à réaliser des « comptes
d?émission dans l?air » AEA à partir de ces inventaires.
? Le TIES lui-même peut être imprécis ou imparfait, du fait d?insuffisance des données
sources économiques dans un grand nombre de pays, en particulier ceux hors OCDE.
Là aussi, des initiatives mondiales existent pour améliorer à la fois la disponibilité des
données sources dans les pays qui réalisent des TES incomplets ou peu fréquents, mais
aussi la qualité de compilation des modèles TIES7.
? Enfin, il ne faut pas oublier que la modélisation « entrée-sortie étendue à
l?environnement » utilisant le formalisme de Leontieff repose sur une hypothèse
d?homogénéité implicite qui est relativement forte : tous les utilisateurs d?un produit
donné achètent un contenu carbone proportionnel à la valeur monétaire de ce produit,
autrement dit le produit est homogène en termes de caractéristiques et de prix pour
tous les utilisateurs, et ce au niveau mondial. La manière principale de limiter les biais
potentiels liés à cette hypothèse est d?augmenter le niveau de détail des produits suivis
dans le TIES.
Malgré ces limites, l?empreinte carbone calculée à partir de données macro-économiques
constitue un indicateur très utile de la contribution d?un pays au changement climatique, et
permet de nombreuses analyses quantitatives. Dans les années à venir, le SDES et l?Insee
prévoient de continuer à travailler à la méthodologie du calcul de l?empreinte, afin d?intégrer
en continu les meilleures sources et méthodes disponibles au niveau français et international.
D?éventuelles améliorations méthodologiques seront toujours rétropolées depuis 1990, afin
d?assurer la continuité des séries diffusées.
7 Par exemple l?initiative GIANT : https://ec.europa.eu/newsroom/jrcseville/items/831273/.
https://ec.europa.eu/newsroom/jrcseville/items/831273/
50
Annexe 1 : décomposition de l?empreinte carbone de la France en
3 composantes
On part de l?équation de Leontieff classique pour calculer l?empreinte carbone dans un TIES
(cf. partie 2.1.4).
?????? = ??(?? ? ??)?1???????? (1)
On commence par séparer, au sein de la demande finale, la demande en produits français et
la demande en produits étrangers.
?????? = ??(?? ? ??)?1???????????? + ??(?? ? ??)?1?????????? (2)
Où ???????????? représente la demande finale française en produits français, avec des zéros sur les
produits étrangers, et ?????????? représente la demande finale française en produits étrangers, avec
des zéros sur les produits français. Pour la demande finale en produits étrangers (deuxième
terme), on retiendra directement le contenu carbone ??(?? ? ??)?1 issu de FIGARO. La suite de la
décomposition porte uniquement sur l?empreinte liée à la demande finale en produits français
(premier terme).
L?enjeu est de construire une expression du contenu carbone des produits français qui sépare
une contribution purement domestique d?une contribution importée.
On nomme ?????? le vecteur qui représente la production induite en France par la demande finale
française, en prenant en compte uniquement la chaîne d?approvisionnement française :
?????? = (?? ? ??????????)?1???????????? (3)
Ce qui est équivalent à :
???????????? = (?? ? ??????????)?????? (4a)
Sans modifier le résultat, on peut étendre ?????? et ?????????? à la dimension complète du TIES, en
ajoutant des 0 pour tous les produits étrangers (on peut vérifier que tous les termes ajoutés au
produit matriciel sont nuls). On note avec un chapeau les vecteurs et matrices ainsi étendus.
????????????? = (?? ? ??????????? )??????? (4b)
On introduit ensuite une décomposition de la matrice A des coefficients techniques du TIES
en deux blocs : ?? = ??????????? + ????????? . La matrice ????????? est égale à la matrice A, dans laquelle on a
remplacé par des zéros tous les coefficients techniques des CI françaises en produits français.
En remplaçant ??????????? par ?? ? ????????? dans l?équation (4b), on obtient :
????????????? = ??? ? ?? + ????????? ???????? = (?? ? ??)??????? + ????????? ??????? (5)
On peut enfin multiplier à gauche par ??(?? ? ??)?1 pour retrouver l?expression de l?empreinte
carbone des produits français que l?on cherchait :
??(?? ? ??)?1????????????? = ????????? + ??(?? ? ??)?1????????? ??????? (6)
Sans modifier le résultat, on peut à présent réduire la dimension de certains termes. Le produit
scalaire ????????? est égal au produit ???????????? . Le produit matriciel ????????? ??????? est égal au produit ?????????????? .
51
En combinant les équations (2) et (6) on obtient l?expression de l?empreinte carbone de la
France qui est mobilisée pour appliquer la méthode SNAC simplifiée :
?????? = ??????(?? ? ??????????)?1???????????? + ??(?? ? ??)?1????????(?? ? ??????????)?1???????????? + ??(?? ? ??)?1??????????
Dans cette décomposition :
? Le premier terme représente la composante « purement domestique » de l?empreinte ;
? Le deuxième terme représente l?empreinte importée pour satisfaire les consommations
intermédiaires de la production française ;
? Le troisième terme représente l?empreinte importée sous forme de produits finis qui
alimentent directement la demande finale française.
52
Annexe 2 : tables de passage utilisées pour le calcul de l?empreinte par grands
postes de demande
Les émissions associées à la consommation finale (P3) des ménages, des APU et des ISBLM sont
ventilées par postes de demande à l?aide de la table de passage entre catégories NACE et
postes de demande suivante :
Table A2.1
Produit Poste de demande Coefficent Commentaire
A01 Alimentation 1,00 produits agricoles
A02 Habitat 1,00 Bois de chauffage
A03 Alimentation 1,00 produits de la mer
B Équipements 1,00
C10T12 Alimentation 1,00 produits agro-alimentaires
C13T15 Équipements 1,00 habillement
C16 Équipements 1,00
C17 Équipements 1,00
C18 Équipements 1,00
C19 Déplacements 0,88 Fabrication des carburants
C19 Habitat 0,12 Fabrication du fioul
C20 Équipements 1,00
C21 Services publics 1,00 Santé
C22 Équipements 1,00
C23 Équipements 1,00
C24 Équipements 1,00
C25 Équipements 1,00
C26 Équipements 1,00 Équipements informatiques
C27 Équipements 1,00 Équipements électriques
C28 Équipements 1,00 Machines
C29 Déplacements 1,00 fabrication et entretien des
véhicules
C30 Déplacements 1,00 fabrication et entretien des
véhicules
C31_32 Équipements 1,00 Mobilier
C33 Équipements 1,00 Réparation et entretien
D35 Habitat 0,93 Consommation d'électricité
D35 Alimentation 0,07 Cuisson électricité
E36 Alimentation 1,00 eau alimentaire
E37T39 Habitat 0,43 traitement des déchets
E37T39 Alimentation 0,30 traitement des déchets
E37T39 Équipements 0,27 traitement des déchets
F Habitat 1,00 Construction
G45 Déplacements 1,00 fabrication et entretien des
véhicules
H49 Déplacements 1,00 Services de transports
H50 Déplacements 1,00 Services de transports
53
H51 Déplacements 1,00 Services de transports
H52 Déplacements 1,00 Services de transports
H53 Services marchands 1,00 Poste et courier
I Alimentation 0,77 Restaurants
I Services marchands 0,23 Hotels restaurants
J58 Services marchands 1,00 Médias, communication
J59_60 Services marchands 1,00 Médias, communication
J61 Services marchands 1,00 Médias, communication
J62_63 Services marchands 1,00 Services divers
K64 Services marchands 1,00 Services divers
K65 Services marchands 1,00 Services divers
K66 Services marchands 1,00 Services divers
L Habitat 1,00 Services immobiliers
M69_70 Services marchands 1,00 Services divers
M71 Habitat 1,00 Services immobiliers
M72 Services marchands 1,00 Services divers
M73 Services marchands 1,00 Services divers
M74_75 Services marchands 1,00 Services divers
N77 Habitat 1,00 Services immobiliers
N78 Services publics 1,00 Recherche
N79 Services marchands 1,00 Services divers
N80T82 Services marchands 1,00 Services divers
O84 Services publics 1,00 Administration, Défense, Santé
P85 Services publics 1,00 Enseignement
Q86 Services publics 1,00 Santé
Q87_88 Services publics 1,00 Action sociale
R90T92 Services marchands 1,00 Loisirs
R93 Services marchands 1,00 Loisirs
S94 Services marchands 1,00 Loisirs
S95 Équipements 1,00 Réparation et entretien
S96 Services marchands 1,00 Autres
T Services marchands 1,00 Services divers
Les émissions dans les postes contenus dans le produit C19 sont ventilées dans les postes
« déplacement » et « habitat » en fonction des consommations de carburants et de
combustibles fossiles à usage de chauffage et de transport.
Les émissions dans les postes contenus dans le produit D35 sont ventilées dans les postes
« habitat » et « alimentation » en fonction des consommations d?électricité à usage de
chauffage, eau chaude sanitaire, usages spécifiques et de cuisson.
Les émissions dans les postes contenus dans le produit I sont ventilées dans les postes
« alimentation » et « services principalement marchands » en fonction de la valeur ajoutée des
sous catégories « restauration » et « hôtellerie » de la branche « hôtellerie-restauration ».
Les émissions dans les postes contenus dans le produit E37-39 sont ventilées dans les postes
« alimentation », « habitat » et équipements en fonction de la nature des déchets ménagers
caractérisée dans l?enquête « MODECOM » conduite par l?Ademe.
54
Les émissions associées aux investissements réalisés par les sociétés non financières (S11) sont
affectées à différents postes de demande conformément à la table de passage suivante entre
branche d?activité qui réalise l?investissement et poste de demande.
Table A2.2
Branche Poste de demande Coefficient
A01 Alimentation 1,00
A02 Habitat 1,00
A03 Alimentation 1,00
B Équipements 1,00
C10T12 Alimentation 1,00
C13T15 Équipements 1,00
C16 Équipements 1,00
C17 Équipements 1,00
C18 Équipements 1,00
C19 Déplacements 0,88
C19 Habitat 0,12
C20 Équipements 1,00
C21 Services publics 1,00
C22 Équipements 1,00
C23 Équipements 1,00
C24 Équipements 1,00
C25 Équipements 1,00
C26 Équipements 1,00
C27 Équipements 1,00
C28 Équipements 1,00
C29 Déplacements 1,00
C30 Déplacements 1,00
C31_32 Équipements 1,00
C33 Équipements 1,00
D35 Habitat 0,93
D35 Alimentation 0,07
E36 Alimentation 1,00
E37T39 Habitat 0,43
E37T39 Alimentation 0,30
E37T39 Équipements 0,27
F Habitat 1,00
G45 Déplacements 1,00
G46 Services marchands 1,00
G47 Services marchands 1,00
H49 Déplacements 1,00
H50 Déplacements 1,00
H51 Déplacements 1,00
H52 Déplacements 1,00
H53 Services marchands 1,00
I55 Services marchands 1,00
I56 Alimentation 1,00
J58 Services marchands 1,00
55
J59_60 Services marchands 1,00
J61 Services marchands 1,00
J62_63 Services marchands 1,00
K64 Services marchands 1,00
K65 Services marchands 1,00
K66 Services marchands 1,00
L Habitat 1,00
M69_70 Services marchands 1,00
M71 Habitat 1,00
M72 Services marchands 1,00
M73 Services marchands 1,00
M74_75 Services marchands 1,00
N77 Habitat 1,00
N78 Services publics 1,00
N79 Services marchands 1,00
N80T82 Services marchands 1,00
O84 Services publics 1,00
P85 Services publics 1,00
Q86 Services publics 1,00
Q87_88 Services publics 1,00
R90T92 Services marchands 1,00
R93 Services marchands 1,00
S94 Services marchands 1,00
S95 Équipements 1,00
S96 Services marchands 1,00
56
Annexe 3 : table de correspondance utilisée pour la rétropolation des AEA
avant 2008
Libellé Naf rev1 Naf rev1
Correspondance
Naf rev2
Ménages autres - HH_HEAT_OTH
Ménages transport - HH_TRA
Agriculture, chasse, services annexes 01 A01
Sylviculture, exploitation forestière, services annexes 02 A02
Pêche, aquaculture 05 A03
Extraction de houille, de lignite et de tourbe 10 B
Extraction d'hydrocarbures, services annexes 11 B
Extraction de minerais d'uranium 12 B
Extraction de minerais métalliques 13 B
Autres industries extractives 14 B
Industries alimentaires 15 C10T12
Industrie du tabac 16 C10T12
Industrie textile 17 C13T15
Industrie de l'habillement et des fourrures 18 C13T15
Industrie du cuir et de la chaussure 19 C13T15
Travail du bois et fabrication d'articles en bois 20 C16
Industrie du papier et du carton 21 C17
Édition, imprimerie, reproduction 22 C18
Cokéfaction, raffinage, industries nucléaires 23 C19
Industrie chimique 24 C20 + C21
Industrie du caoutchouc et des plastiques 25 C22
Fabrication d'autres produits minéraux non métalliques 26 C23
Métallurgie 27 C24
Travail des métaux 28 C25
Fabrication de machines et équipements 29 C28
Fabrication de machines de bureau et de matériel informatique 30 C26
Fabrication de machines et appareils électriques 31 C27
Fabrication d'équipements de radio, télévision et communication 32
C26
Fabrication d'instruments médicaux, de précision, d'optique et
d'horlogerie 33
C26
Industrie automobile 34 C29
Fabrication d'autres matériels de transport 35 C30
Fabrication de meubles, industries diverses 36 C31_32
Récupération 37 E37T39
Production et distribution d'électricité, de gaz et de chaleur 40 D35
Captage, traitement et distribution d'eau 41 E36
Construction 45 F
Commerce et réparation automobile 50 G45
57
Commerce de gros et intermédiaires du commerce, excepté
véhicules automobiles 51
G46
Commerce de détail et réparation d'articles domestique 52 G47
Hôtels et restaurants 55 I
Transports terrestres 60 H49
Transports par eau 61 H50
Transports aériens 62 H51
Services auxiliaires des transports 63 H52
Postes et télécommunications 64 H53
Intermédiation financière 65 K64
Assurance 66 K65
Auxiliaires financiers et d'assurance 67 K66
Activités immobilières 70 L
Location sans opérateur 71 N77
Activités informatiques 72 J62_63
Recherche et développement 73 M72
Services fournis principalement aux entreprises 74 MN sauf M72
Administration publique 75 O84
Éducation 80 P85
Santé et action sociale 85 Q86 + Q87_88
Assainissement, voirie et gestion des déchets 90 E37T39
Activités associatives 91 S94
Activités récréatives, culturelles et sportives 92 R90T92 + R93
Services personnels 93 S96
Activités des ménages en tant qu'employeurs de personnel
domestique 95
T
Activités extra-territoriales 99 U
Commissariat général au développement durable
Service des données et études statistiques (SDES)
Sous-direction de l?information environnementale
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
1. Introduction
1.1. Des flux internationaux de GES
1.2. L?estimation par le SDES de l?empreinte carbone depuis 2010 et ses usages
1.3. À compter de 2024, une estimation de l?empreinte carbone coproduite par l?Insee et le SDES avec une méthodologie révisée
2. Méthode de calcul de l?empreinte carbone
2.1. Émissions et empreinte
2.1.1. Les émissions de GES : les inventaires territoriaux et les inventaires des unités résidentes
2.1.2. L?empreinte carbone estimée selon l?approche macro-économique
2.1.3. Passage des émissions à l'empreinte
2.1.4. Le calcul Input-Output et l?équation de Leontieff : analyser la production en fonction de la demande
2.2. Calcul d?empreinte à partir du TIES FIGARO
2.2.1. Comptes d?émissions dans l?air au niveau mondial
2.2.2. Description des données disponibles dans FIGARO
2.2.3. Quelle table utiliser pour le calcul d?empreinte carbone ?
2.2.4. Révisions annuelles de FIGARO
2.2.5. Quelques résultats de FIGARO pour la France
2.3. Application d?une méthode « SNAC simplifiée »
2.3.1. Pourquoi ne pas retenir directement les résultats de FIGARO pour l?empreinte carbone de la France ?
2.3.2. Principe de la méthode « SNAC simplifié »
2.3.3. Quelle approximation fait-on en utilisant la méthode SNAC simplifiée par rapport à la méthode SNAC complète ?
2.3.4. Pré-requis : un TESS français enrichi
2.3.5. Comment a-t-on enrichi le TESS ?
2.3.6. Prolongement des résultats jusqu?à l?année N-1
2.3.7. Correction apportée au TIES FIGARO pour 2022 et 2023
2.4. Présentation de l?empreinte de la demande finale au prix d?acquisition
2.4.1. Répartir l'empreinte de la demande finale par produit suivant les prix d'acquisition
2.4.2. Passage d'une nomenclature de biens à des "postes de demande"
2.5. Rétropolation des résultats entre 1990 et 2009
3. Résultats et sensibilité aux hypothèses et choix méthodologiques
3.1. Principaux résultats
3.2. Écarts entre résultats du TIES et méthode SNAC
3.3. Révisions par rapport à la publication précédente (novembre 2024)
3.4. Sensibilité : choix de source pour les émissions mondiales de CH4 et N2O
3.5. Comparaison avec d?autres modèles de calcul d?empreinte
4. Diffusion des résultats
4.1. Tableaux de données
4.2. Publication régulière
5. Conclusion
Annexe 1
Annexe 2
Annexe 3
(ATTENTION: OPTION 1,00 Bois de chauffage
A03 Alimentation 1,00 produits de la mer
B Équipements 1,00
C10T12 Alimentation 1,00 produits agro-alimentaires
C13T15 Équipements 1,00 habillement
C16 Équipements 1,00
C17 Équipements 1,00
C18 Équipements 1,00
C19 Déplacements 0,88 Fabrication des carburants
C19 Habitat 0,12 Fabrication du fioul
C20 Équipements 1,00
C21 Services publics 1,00 Santé
C22 Équipements 1,00
C23 Équipements 1,00
C24 Équipements 1,00
C25 Équipements 1,00
C26 Équipements 1,00 Équipements informatiques
C27 Équipements 1,00 Équipements électriques
C28 Équipements 1,00 Machines
C29 Déplacements 1,00 fabrication et entretien des
véhicules
C30 Déplacements 1,00 fabrication et entretien des
véhicules
C31_32 Équipements 1,00 Mobilier
C33 Équipements 1,00 Réparation et entretien
D35 Habitat 0,93 Consommation d'électricité
D35 Alimentation 0,07 Cuisson électricité
E36 Alimentation 1,00 eau alimentaire
E37T39 Habitat 0,43 traitement des déchets
E37T39 Alimentation 0,30 traitement des déchets
E37T39 Équipements 0,27 traitement des déchets
F Habitat 1,00 Construction
G45 Déplacements 1,00 fabrication et entretien des
véhicules
H49 Déplacements 1,00 Services de transports
H50 Déplacements 1,00 Services de transports
53
H51 Déplacements 1,00 Services de transports
H52 Déplacements 1,00 Services de transports
H53 Services marchands 1,00 Poste et courier
I Alimentation 0,77 Restaurants
I Services marchands 0,23 Hotels restaurants
J58 Services marchands 1,00 Médias, communication
J59_60 Services marchands 1,00 Médias, communication
J61 Services marchands 1,00 Médias, communication
J62_63 Services marchands 1,00 Services divers
K64 Services marchands 1,00 Services divers
K65 Services marchands 1,00 Services divers
K66 Services marchands 1,00 Services divers
L Habitat 1,00 Services immobiliers
M69_70 Services marchands 1,00 Services divers
M71 Habitat 1,00 Services immobiliers
M72 Services marchands 1,00 Services divers
M73 Services marchands 1,00 Services divers
M74_75 Services marchands 1,00 Services divers
N77 Habitat 1,00 Services immobiliers
N78 Services publics 1,00 Recherche
N79 Services marchands 1,00 Services divers
N80T82 Services marchands 1,00 Services divers
O84 Services publics 1,00 Administration, Défense, Santé
P85 Services publics 1,00 Enseignement
Q86 Services publics 1,00 Santé
Q87_88 Services publics 1,00 Action sociale
R90T92 Services marchands 1,00 Loisirs
R93 Services marchands 1,00 Loisirs
S94 Services marchands 1,00 Loisirs
S95 Équipements 1,00 Réparation et entretien
S96 Services marchands 1,00 Autres
T Services marchands 1,00 Services divers
Les émissions dans les postes contenus dans le produit C19 sont ventilées dans les postes
« déplacement » et « habitat » en fonction des consommations de carburants et de
combustibles fossiles à usage de chauffage et de transport.
Les émissions dans les postes contenus dans le produit D35 sont ventilées dans les postes
« habitat » et « alimentation » en fonction des consommations d?électricité à usage de
chauffage, eau chaude sanitaire, usages spécifiques et de cuisson.
Les émissions dans les postes contenus dans le produit I sont ventilées dans les postes
« alimentation » et « services principalement marchands » en fonction de la valeur ajoutée des
sous catégories « restauration » et « hôtellerie » de la branche « hôtellerie-restauration ».
Les émissions dans les postes contenus dans le produit E37-39 sont ventilées dans les postes
« alimentation », « habitat » et équipements en fonction de la nature des déchets ménagers
caractérisée dans l?enquête « MODECOM » conduite par l?Ademe.
54
Les émissions associées aux investissements réalisés par les sociétés non financières (S11) sont
affectées à différents postes de demande conformément à la table de passage suivante entre
branche d?activité qui réalise l?investissement et poste de demande.
Table A2.2
Branche Poste de demande Coefficient
A01 Alimentation 1,00
A02 Habitat 1,00
A03 Alimentation 1,00
B Équipements 1,00
C10T12 Alimentation 1,00
C13T15 Équipements 1,00
C16 Équipements 1,00
C17 Équipements 1,00
C18 Équipements 1,00
C19 Déplacements 0,88
C19 Habitat 0,12
C20 Équipements 1,00
C21 Services publics 1,00
C22 Équipements 1,00
C23 Équipements 1,00
C24 Équipements 1,00
C25 Équipements 1,00
C26 Équipements 1,00
C27 Équipements 1,00
C28 Équipements 1,00
C29 Déplacements 1,00
C30 Déplacements 1,00
C31_32 Équipements 1,00
C33 Équipements 1,00
D35 Habitat 0,93
D35 Alimentation 0,07
E36 Alimentation 1,00
E37T39 Habitat 0,43
E37T39 Alimentation 0,30
E37T39 Équipements 0,27
F Habitat 1,00
G45 Déplacements 1,00
G46 Services marchands 1,00
G47 Services marchands 1,00
H49 Déplacements 1,00
H50 Déplacements 1,00
H51 Déplacements 1,00
H52 Déplacements 1,00
H53 Services marchands 1,00
I55 Services marchands 1,00
I56 Alimentation 1,00
J58 Services marchands 1,00
55
J59_60 Services marchands 1,00
J61 Services marchands 1,00
J62_63 Services marchands 1,00
K64 Services marchands 1,00
K65 Services marchands 1,00
K66 Services marchands 1,00
L Habitat 1,00
M69_70 Services marchands 1,00
M71 Habitat 1,00
M72 Services marchands 1,00
M73 Services marchands 1,00
M74_75 Services marchands 1,00
N77 Habitat 1,00
N78 Services publics 1,00
N79 Services marchands 1,00
N80T82 Services marchands 1,00
O84 Services publics 1,00
P85 Services publics 1,00
Q86 Services publics 1,00
Q87_88 Services publics 1,00
R90T92 Services marchands 1,00
R93 Services marchands 1,00
S94 Services marchands 1,00
S95 Équipements 1,00
S96 Services marchands 1,00
56
Annexe 3 : table de correspondance utilisée pour la rétropolation des AEA
avant 2008
Libellé Naf rev1 Naf rev1
Correspondance
Naf rev2
Ménages autres - HH_HEAT_OTH
Ménages transport - HH_TRA
Agriculture, chasse, services annexes 01 A01
Sylviculture, exploitation forestière, services annexes 02 A02
Pêche, aquaculture 05 A03
Extraction de houille, de lignite et de tourbe 10 B
Extraction d'hydrocarbures, services annexes 11 B
Extraction de minerais d'uranium 12 B
Extraction de minerais métalliques 13 B
Autres industries extractives 14 B
Industries alimentaires 15 C10T12
Industrie du tabac 16 C10T12
Industrie textile 17 C13T15
Industrie de l'habillement et des fourrures 18 C13T15
Industrie du cuir et de la chaussure 19 C13T15
Travail du bois et fabrication d'articles en bois 20 C16
Industrie du papier et du carton 21 C17
Édition, imprimerie, reproduction 22 C18
Cokéfaction, raffinage, industries nucléaires 23 C19
Industrie chimique 24 C20 + C21
Industrie du caoutchouc et des plastiques 25 C22
Fabrication d'autres produits minéraux non métalliques 26 C23
Métallurgie 27 C24
Travail des métaux 28 C25
Fabrication de machines et équipements 29 C28
Fabrication de machines de bureau et de matériel informatique 30 C26
Fabrication de machines et appareils électriques 31 C27
Fabrication d'équipements de radio, télévision et communication 32
C26
Fabrication d'instruments médicaux, de précision, d'optique et
d'horlogerie 33
C26
Industrie automobile 34 C29
Fabrication d'autres matériels de transport 35 C30
Fabrication de meubles, industries diverses 36 C31_32
Récupération 37 E37T39
Production et distribution d'électricité, de gaz et de chaleur 40 D35
Captage, traitement et distribution d'eau 41 E36
Construction 45 F
Commerce et réparation automobile 50 G45
57
Commerce de gros et intermédiaires du commerce, excepté
véhicules automobiles 51
G46
Commerce de détail et réparation d'articles domestique 52 G47
Hôtels et restaurants 55 I
Transports terrestres 60 H49
Transports par eau 61 H50
Transports aériens 62 H51
Services auxiliaires des transports 63 H52
Postes et télécommunications 64 H53
Intermédiation financière 65 K64
Assurance 66 K65
Auxiliaires financiers et d'assurance 67 K66
Activités immobilières 70 L
Location sans opérateur 71 N77
Activités informatiques 72 J62_63
Recherche et développement 73 M72
Services fournis principalement aux entreprises 74 MN sauf M72
Administration publique 75 O84
Éducation 80 P85
Santé et action sociale 85 Q86 + Q87_88
Assainissement, voirie et gestion des déchets 90 E37T39
Activités associatives 91 S94
Activités récréatives, culturelles et sportives 92 R90T92 + R93
Services personnels 93 S96
Activités des ménages en tant qu'employeurs de personnel
domestique 95
T
Activités extra-territoriales 99 U
Commissariat général au développement durable
Service des données et études statistiques (SDES)
Sous-direction de l?information environnementale
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
1. Introduction
1.1. Des flux internationaux de GES
1.2. L?estimation par le SDES de l?empreinte carbone depuis 2010 et ses usages
1.3. À compter de 2024, une estimation de l?empreinte carbone coproduite par l?Insee et le SDES avec une méthodologie révisée
2. Méthode de calcul de l?empreinte carbone
2.1. Émissions et empreinte
2.1.1. Les émissions de GES : les inventaires territoriaux et les inventaires des unités résidentes
2.1.2. L?empreinte carbone estimée selon l?approche macro-économique
2.1.3. Passage des émissions à l'empreinte
2.1.4. Le calcul Input-Output et l?équation de Leontieff : analyser la production en fonction de la demande
2.2. Calcul d?empreinte à partir du TIES FIGARO
2.2.1. Comptes d?émissions dans l?air au niveau mondial
2.2.2. Description des données disponibles dans FIGARO
2.2.3. Quelle table utiliser pour le calcul d?empreinte carbone ?
2.2.4. Révisions annuelles de FIGARO
2.2.5. Quelques résultats de FIGARO pour la France
2.3. Application d?une méthode « SNAC simplifiée »
2.3.1. Pourquoi ne pas retenir directement les résultats de FIGARO pour l?empreinte carbone de la France ?
2.3.2. Principe de la méthode « SNAC simplifié »
2.3.3. Quelle approximation fait-on en utilisant la méthode SNAC simplifiée par rapport à la méthode SNAC complète ?
2.3.4. Pré-requis : un TESS français enrichi
2.3.5. Comment a-t-on enrichi le TESS ?
2.3.6. Prolongement des résultats jusqu?à l?année N-1
2.3.7. Correction apportée au TIES FIGARO pour 2022 et 2023
2.4. Présentation de l?empreinte de la demande finale au prix d?acquisition
2.4.1. Répartir l'empreinte de la demande finale par produit suivant les prix d'acquisition
2.4.2. Passage d'une nomenclature de biens à des "postes de demande"
2.5. Rétropolation des résultats entre 1990 et 2009
3. Résultats et sensibilité aux hypothèses et choix méthodologiques
3.1. Principaux résultats
3.2. Écarts entre résultats du TIES et méthode SNAC
3.3. Révisions par rapport à la publication précédente (novembre 2024)
3.4. Sensibilité : choix de source pour les émissions mondiales de CH4 et N2O
3.5. Comparaison avec d?autres modèles de calcul d?empreinte
4. Diffusion des résultats
4.1. Tableaux de données
4.2. Publication régulière
5. Conclusion
Annexe 1
Annexe 2
Annexe 3
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION 0
C17 Équipements 1,00
C18 Équipements 1,00
C19 Déplacements 0,88 Fabrication des carburants
C19 Habitat 0,12 Fabrication du fioul
C20 Équipements 1,00
C21 Services publics 1,00 Santé
C22 Équipements 1,00
C23 Équipements 1,00
C24 Équipements 1,00
C25 Équipements 1,00
C26 Équipements 1,00 Équipements informatiques
C27 Équipements 1,00 Équipements électriques
C28 Équipements 1,00 Machines
C29 Déplacements 1,00 fabrication et entretien des
véhicules
C30 Déplacements 1,00 fabrication et entretien des
véhicules
C31_32 Équipements 1,00 Mobilier
C33 Équipements 1,00 Réparation et entretien
D35 Habitat 0,93 Consommation d'électricité
D35 Alimentation 0,07 Cuisson électricité
E36 Alimentation 1,00 eau alimentaire
E37T39 Habitat 0,43 traitement des déchets
E37T39 Alimentation 0,30 traitement des déchets
E37T39 Équipements 0,27 traitement des déchets
F Habitat 1,00 Construction
G45 Déplacements 1,00 fabrication et entretien des
véhicules
H49 Déplacements 1,00 Services de transports
H50 Déplacements 1,00 Services de transports
53
H51 Déplacements 1,00 Services de transports
H52 Déplacements 1,00 Services de transports
H53 Services marchands 1,00 Poste et courier
I Alimentation 0,77 Restaurants
I Services marchands 0,23 Hotels restaurants
J58 Services marchands 1,00 Médias, communication
J59_60 Services marchands 1,00 Médias, communication
J61 Services marchands 1,00 Médias, communication
J62_63 Services marchands 1,00 Services divers
K64 Services marchands 1,00 Services divers
K65 Services marchands 1,00 Services divers
K66 Services marchands 1,00 Services divers
L Habitat 1,00 Services immobiliers
M69_70 Services marchands 1,00 Services divers
M71 Habitat 1,00 Services immobiliers
M72 Services marchands 1,00 Services divers
M73 Services marchands 1,00 Services divers
M74_75 Services marchands 1,00 Services divers
N77 Habitat 1,00 Services immobiliers
N78 Services publics 1,00 Recherche
N79 Services marchands 1,00 Services divers
N80T82 Services marchands 1,00 Services divers
O84 Services publics 1,00 Administration, Défense, Santé
P85 Services publics 1,00 Enseignement
Q86 Services publics 1,00 Santé
Q87_88 Services publics 1,00 Action sociale
R90T92 Services marchands 1,00 Loisirs
R93 Services marchands 1,00 Loisirs
S94 Services marchands 1,00 Loisirs
S95 Équipements 1,00 Réparation et entretien
S96 Services marchands 1,00 Autres
T Services marchands 1,00 Services divers
Les émissions dans les postes contenus dans le produit C19 sont ventilées dans les postes
« déplacement » et « habitat » en fonction des consommations de carburants et de
combustibles fossiles à usage de chauffage et de transport.
Les émissions dans les postes contenus dans le produit D35 sont ventilées dans les postes
« habitat » et « alimentation » en fonction des consommations d?électricité à usage de
chauffage, eau chaude sanitaire, usages spécifiques et de cuisson.
Les émissions dans les postes contenus dans le produit I sont ventilées dans les postes
« alimentation » et « services principalement marchands » en fonction de la valeur ajoutée des
sous catégories « restauration » et « hôtellerie » de la branche « hôtellerie-restauration ».
Les émissions dans les postes contenus dans le produit E37-39 sont ventilées dans les postes
« alimentation », « habitat » et équipements en fonction de la nature des déchets ménagers
caractérisée dans l?enquête « MODECOM » conduite par l?Ademe.
54
Les émissions associées aux investissements réalisés par les sociétés non financières (S11) sont
affectées à différents postes de demande conformément à la table de passage suivante entre
branche d?activité qui réalise l?investissement et poste de demande.
Table A2.2
Branche Poste de demande Coefficient
A01 Alimentation 1,00
A02 Habitat 1,00
A03 Alimentation 1,00
B Équipements 1,00
C10T12 Alimentation 1,00
C13T15 Équipements 1,00
C16 Équipements 1,00
C17 Équipements 1,00
C18 Équipements 1,00
C19 Déplacements 0,88
C19 Habitat 0,12
C20 Équipements 1,00
C21 Services publics 1,00
C22 Équipements 1,00
C23 Équipements 1,00
C24 Équipements 1,00
C25 Équipements 1,00
C26 Équipements 1,00
C27 Équipements 1,00
C28 Équipements 1,00
C29 Déplacements 1,00
C30 Déplacements 1,00
C31_32 Équipements 1,00
C33 Équipements 1,00
D35 Habitat 0,93
D35 Alimentation 0,07
E36 Alimentation 1,00
E37T39 Habitat 0,43
E37T39 Alimentation 0,30
E37T39 Équipements 0,27
F Habitat 1,00
G45 Déplacements 1,00
G46 Services marchands 1,00
G47 Services marchands 1,00
H49 Déplacements 1,00
H50 Déplacements 1,00
H51 Déplacements 1,00
H52 Déplacements 1,00
H53 Services marchands 1,00
I55 Services marchands 1,00
I56 Alimentation 1,00
J58 Services marchands 1,00
55
J59_60 Services marchands 1,00
J61 Services marchands 1,00
J62_63 Services marchands 1,00
K64 Services marchands 1,00
K65 Services marchands 1,00
K66 Services marchands 1,00
L Habitat 1,00
M69_70 Services marchands 1,00
M71 Habitat 1,00
M72 Services marchands 1,00
M73 Services marchands 1,00
M74_75 Services marchands 1,00
N77 Habitat 1,00
N78 Services publics 1,00
N79 Services marchands 1,00
N80T82 Services marchands 1,00
O84 Services publics 1,00
P85 Services publics 1,00
Q86 Services publics 1,00
Q87_88 Services publics 1,00
R90T92 Services marchands 1,00
R93 Services marchands 1,00
S94 Services marchands 1,00
S95 Équipements 1,00
S96 Services marchands 1,00
56
Annexe 3 : table de correspondance utilisée pour la rétropolation des AEA
avant 2008
Libellé Naf rev1 Naf rev1
Correspondance
Naf rev2
Ménages autres - HH_HEAT_OTH
Ménages transport - HH_TRA
Agriculture, chasse, services annexes 01 A01
Sylviculture, exploitation forestière, services annexes 02 A02
Pêche, aquaculture 05 A03
Extraction de houille, de lignite et de tourbe 10 B
Extraction d'hydrocarbures, services annexes 11 B
Extraction de minerais d'uranium 12 B
Extraction de minerais métalliques 13 B
Autres industries extractives 14 B
Industries alimentaires 15 C10T12
Industrie du tabac 16 C10T12
Industrie textile 17 C13T15
Industrie de l'habillement et des fourrures 18 C13T15
Industrie du cuir et de la chaussure 19 C13T15
Travail du bois et fabrication d'articles en bois 20 C16
Industrie du papier et du carton 21 C17
Édition, imprimerie, reproduction 22 C18
Cokéfaction, raffinage, industries nucléaires 23 C19
Industrie chimique 24 C20 + C21
Industrie du caoutchouc et des plastiques 25 C22
Fabrication d'autres produits minéraux non métalliques 26 C23
Métallurgie 27 C24
Travail des métaux 28 C25
Fabrication de machines et équipements 29 C28
Fabrication de machines de bureau et de matériel informatique 30 C26
Fabrication de machines et appareils électriques 31 C27
Fabrication d'équipements de radio, télévision et communication 32
C26
Fabrication d'instruments médicaux, de précision, d'optique et
d'horlogerie 33
C26
Industrie automobile 34 C29
Fabrication d'autres matériels de transport 35 C30
Fabrication de meubles, industries diverses 36 C31_32
Récupération 37 E37T39
Production et distribution d'électricité, de gaz et de chaleur 40 D35
Captage, traitement et distribution d'eau 41 E36
Construction 45 F
Commerce et réparation automobile 50 G45
57
Commerce de gros et intermédiaires du commerce, excepté
véhicules automobiles 51
G46
Commerce de détail et réparation d'articles domestique 52 G47
Hôtels et restaurants 55 I
Transports terrestres 60 H49
Transports par eau 61 H50
Transports aériens 62 H51
Services auxiliaires des transports 63 H52
Postes et télécommunications 64 H53
Intermédiation financière 65 K64
Assurance 66 K65
Auxiliaires financiers et d'assurance 67 K66
Activités immobilières 70 L
Location sans opérateur 71 N77
Activités informatiques 72 J62_63
Recherche et développement 73 M72
Services fournis principalement aux entreprises 74 MN sauf M72
Administration publique 75 O84
Éducation 80 P85
Santé et action sociale 85 Q86 + Q87_88
Assainissement, voirie et gestion des déchets 90 E37T39
Activités associatives 91 S94
Activités récréatives, culturelles et sportives 92 R90T92 + R93
Services personnels 93 S96
Activités des ménages en tant qu'employeurs de personnel
domestique 95
T
Activités extra-territoriales 99 U
Commissariat général au développement durable
Service des données et études statistiques (SDES)
Sous-direction de l?information environnementale
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/
1. Introduction
1.1. Des flux internationaux de GES
1.2. L?estimation par le SDES de l?empreinte carbone depuis 2010 et ses usages
1.3. À compter de 2024, une estimation de l?empreinte carbone coproduite par l?Insee et le SDES avec une méthodologie révisée
2. Méthode de calcul de l?empreinte carbone
2.1. Émissions et empreinte
2.1.1. Les émissions de GES : les inventaires territoriaux et les inventaires des unités résidentes
2.1.2. L?empreinte carbone estimée selon l?approche macro-économique
2.1.3. Passage des émissions à l'empreinte
2.1.4. Le calcul Input-Output et l?équation de Leontieff : analyser la production en fonction de la demande
2.2. Calcul d?empreinte à partir du TIES FIGARO
2.2.1. Comptes d?émissions dans l?air au niveau mondial
2.2.2. Description des données disponibles dans FIGARO
2.2.3. Quelle table utiliser pour le calcul d?empreinte carbone ?
2.2.4. Révisions annuelles de FIGARO
2.2.5. Quelques résultats de FIGARO pour la France
2.3. Application d?une méthode « SNAC simplifiée »
2.3.1. Pourquoi ne pas retenir directement les résultats de FIGARO pour l?empreinte carbone de la France ?
2.3.2. Principe de la méthode « SNAC simplifié »
2.3.3. Quelle approximation fait-on en utilisant la méthode SNAC simplifiée par rapport à la méthode SNAC complète ?
2.3.4. Pré-requis : un TESS français enrichi
2.3.5. Comment a-t-on enrichi le TESS ?
2.3.6. Prolongement des résultats jusqu?à l?année N-1
2.3.7. Correction apportée au TIES FIGARO pour 2022 et 2023
2.4. Présentation de l?empreinte de la demande finale au prix d?acquisition
2.4.1. Répartir l'empreinte de la demande finale par produit suivant les prix d'acquisition
2.4.2. Passage d'une nomenclature de biens à des "postes de demande"
2.5. Rétropolation des résultats entre 1990 et 2009
3. Résultats et sensibilité aux hypothèses et choix méthodologiques
3.1. Principaux résultats
3.2. Écarts entre résultats du TIES et méthode SNAC
3.3. Révisions par rapport à la publication précédente (novembre 2024)
3.4. Sensibilité : choix de source pour les émissions mondiales de CH4 et N2O
3.5. Comparaison avec d?autres modèles de calcul d?empreinte
4. Diffusion des résultats
4.1. Tableaux de données
4.2. Publication régulière
5. Conclusion
Annexe 1
Annexe 2
Annexe 3
INVALIDE)