Émissions de gaz à effet de serre et empreinte carbone de la France en 2024 : une baisse plus faible qu'en 2023
BAUDE, Manuel ;LARRIEU, Sylvain
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
"En 2024, les émissions de gaz à effet de serre des unités résidentes françaises, qui incluent certaines émissions à l'étranger pour le transport maritime et aérien notamment, s'élèvent à 404 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq), soit 5,9 tonnes par personne, alors que l'empreinte carbone de la France s'élève à 563 Mt CO2 éq, soit 8,2 tonnes par personne. La différence s'explique par les émissions importées pour satisfaire la demande finale française, nettement supérieures aux émissions exportées par la France. Les émissions françaises se replient légèrement en 2024, de 0,9 % (après - 6,0 % en 2023). La production d'électricité est moins carbonée, alors que les émissions provenant du transport maritime international augmentent nettement. Au total, les émissions françaises répondant à la demande finale intérieure se replient (- 2,9 %), tandis que celles associées aux exportations augmentent légèrement (+ 1,7 %)."
Editeur
Ministères Transition écologique, Aménagement du territoire, Transports, Ville et Logement
Descripteur Urbamet
pollution atmosphérique
;changement climatique
;émission atmosphérique
;gaz à effet de serre
;empreinte carbone
;donnée statistique
Descripteur écoplanete
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
L A BT AD A Essentiel
Émissions de gaz à effet de serre
et empreinte carbone de la France
en 2024 : une baisse plus faible
qu?en 2023
En 2024, les émissions de gaz à effet de serre des unités
résidentes françaises, qui incluent certaines émissions à
l?étranger pour le transport maritime et aérien notamment,
s?élèvent à 404 millions de tonnes équivalent CO2
(MtCO2éq), soit 5,9 tonnes par personne, alors que
l?empreinte carbone de la France s?élève à 563 Mt CO2 éq,
soit 8,2tonnes par personne. La différence s?explique par
les émissions importées pour satisfaire la demande finale
française, nettement supérieures aux émissions exportées
par la France. Les émissions françaises se replient
légèrement en 2024, de 0,9 % (après - 6,0 % en 2023).
OCTOBRE 2025
Laproduction d?électricité est moins carbonée, alors que
les émissions provenant du transport maritime international
augmentent nettement. Au total, les émissions françaises
répondant à la demande finale intérieure se replient
(-2,9%), tandis que celles associées aux exportations
augmentent légèrement (+ 1,7 %). L?empreinte carbone
diminue quant à elle de 3,4 % (après - 6,1 % en 2023),
lesdeux tiers de cette baisse étant attribuables au recul des
émissions importées (- 4,6 %). Depuis 1990, les émissions
françaises ont diminué plus rapidement que l?empreinte
carbone, issue aujourd?hui pour moitié des importations.
Lecture : en 2024, l'empreinte carbone de la France est de 563 Mt CO2 éq. Elle se décompose en 284 Mt CO2 éq d'émissions importées, 180 Mt CO2 éq d'émissions
intérieures et 99 Mt CO2 éq d'émissions directes des ménages.
Notes : les émissions de la France correspondent aux émissions des unités résidentes françaises (inventaire au format AEA) ; les flux internationaux de gaz à effet de serre (GES)
représentent les émissions associées aux exportations et importations françaises ; les émissions associées aux exportations peuvent être « brutes » (y compris les importations réexportées)
ou « nettes » (hors importations réexportées) ; l'empreinte carbone est une estimation des émissions de GES associées à la demande finale française hors exportations.
Champ : France ; GES (CO2 + CH4 + N2O + gaz fluorés).
Sources: Insee ; Eurostat ; Citepa ; Douanes ; OCDE. Traitements : Insee et SDES, 2025
Graphique 1 : émissions et empreinte carbone de la France en 2024
En Mt CO2 éq
Émissions de la France :
404 Mt
2024/2023 : - 0,9 %
5,9 tonnes par personne
Production intérieure
2024/2023 : -1,1%
Importations
Empreinte carbone
de la France : 563 Mt
2024/2023 : - 3,4 %
8,2 tonnes par personne
800
700
600
500
400
300
200
100
0
305
Production intérieure
99
Ménages
180
Production intérieure
(hors exportations)
180
Production intérieure
(hors exportations)
125
Production exportée
285
Exportations
160
Importations réexportées
284
Importations
(hors réexportations)
2024/2023 : -4,6%
99
Ménages
284
Importations
(hors réexportations)
Émissions de gaz à effet de serre et empreinte carbone de la France en 2024 :
une baisse plus faible qu?en 2023
EN 2024, LES ÉMISSIONS FRANÇAISES DE GAZ
ÀEFFET DE SERRE S?ÉLÈVENT À 404 MT CO2 ÉQ
ETL?EMPREINTE À 563 MT CO2 ÉQ
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) des unités
résidentes françaises (méthodes) s?élèvent à 404 millions de
tonnes équivalent CO2 (Mt CO2 éq) en 2024, dont 99 Mt
émises directement par les ménages via l?usage de
combustibles fossiles pour le chauffage de leur logement et
l?utilisation de leurs véhicules (graphique 1). Les autres
émissions, soit 305 Mt, sont émises par les activités
économiques. Elles se décomposent en 180 Mt qui servent
à satisfaire la demande finale intérieure française et 125 Mt
qui sont intégrées à des biens et services exportés pour
servir la demande finale d?autres pays.
La France importe également des biens et services, dont
la production a engendré des émissions de GES à l?étranger
à hauteur de 443 Mt CO2 éq. Une majorité de ces GES
(284Mt) est destinée à servir la demande finale française
(émissions « importées »). Le reste (160 Mt) est intégré à des
biens et services fabriqués en France mais exportés ensuite
vers le reste du monde.
Ainsi, l?empreinte carbone de la France, qui correspond
aux émissions destinées à satisfaire la demande finale
française et à celles émises directement par les ménages, est
estimée à 563 Mt en 2024, après 583 Mt en 2023 (estimation
revue à la baisse par rapport à la publication de 2024 ?
voirencadré). 99 Mt proviennent directement des ménages
(18%), 180 Mt des activités économiques françaises (32 %)
et 284 Mt sont importées (50 %).
LES ÉMISSIONS DE GES FRANÇAISES BAISSENT
DE0,9 %, NETTEMENT MOINS QUE L?ANNÉE
PRÉCÉDENTE
En 2024, les émissions françaises s?établissent à 404 Mt CO2 éq
(soit 5,9 tonnes de CO2 éq par personne), contre 471 Mt CO2 éq
en 2019 (7,0 tonnes par personne). Après une chute inédite
liée à la crise sanitaire (-10,3 % entre 2019 et 2020), elles ont
rebondi en 2021 (+6,0 %). Ces évolutions sont alors proches
de celles de l?activité économique mesurée par le produit
intérieur brut (PIB, - 7,4 % en 2020 et + 6,9 % en 2021) ?
(graphique 2). Mais depuis 2022, les émissions diminuent
chaque année alors que le PIB s?accroît. La baisse observée
en 2024 (- 0,9 %, soit - 3,8 Mt CO2 éq) est cependant
nettement plus limitée que celle de 2023 (- 6,0 %, soit
-25,9Mt), alors que la croissance du PIB est assez similaire
les deux années (+ 1,2 % en 2024, après + 1,4 % en 2023).
Entre 2023 et 2024, les émissions directes des ménages
sont quasi stables (- 0,6 %, soit - 0,6 Mt) alors qu?elles ont
diminué en moyenne de 2,1 % par an entre 2014 et 2024.
Parmi elles, les émissions des logements diminuent de 0,4Mt
en raison principalement d?une météo hivernale plus clémente
qu?en 2023 qui a permis de réduire les besoins en chauffage.
Les GES émis par les véhicules des ménages sont presque
stables (- 0,2 Mt) dans un contexte de légère augmentation
du trafic.
Les émissions des branches d?activité diminuent légèrement
(- 1,1 %, soit - 3,2 Mt) essentiellement grâce à la décarbonation
de la production d?électricité. Les émissions de la production,
du transport et de la distribution d?électricité se réduisent de
24,4 % (- 3,5 Mt), poursuivant la tendance déjà observée
en2023. L?amélioration provient à la fois de la meilleure
disponibilité du parc de production nucléaire, de la hausse de
la production hydraulique et des autres énergies renouvelables,
permettant un moindre recours aux centrales à gaz.
Les émissions du transport maritime, essentiellement
dues au transport international réalisé par les armateurs
français, rebondissent de 11,8 % (+ 3,2 Mt). Celles du
transport aérien augmentent également (+ 3,1 %, soit
+0,6Mt), ce pour la troisième année consécutive, en lien avec
l?accroissement du trafic. Celles des services de transports
terrestres diminuent en revanche de 3,3 % (- 0,5 Mt).
Les émissions sont en baisse de 1,3 Mt (- 7,3 %) dans la
fabrication de produits plastiques et minéraux non métalliques
(dont le verre et le ciment), accompagnant un recul de la
production en volume (- 4,4 % en euros constants).
Lacontribution des autres branches d?activité à l?évolution
globale des émissions est marginale.
SUR LE LONG TERME, LES ÉMISSIONS DIMINUENT
ALORS QUE L?ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE AUGMENTE
Sur le plus long terme, pour l?économie en général et dans la
plupart des branches, les émissions diminuent alors que
l?activité économique (production et valeur ajoutée) mesurée
en euros constants augmente (on parle de « découplage »
entre ces deux grandeurs). Par exemple, entre 1990 et 2024,
les émissions de GES par unité de valeur ajoutée ont été
divisées par huit pour l?industrie chimique et pharmaceutique,
par cinq pour l?industrie du textile, de l?habillement et du cuir,
et par deux pour les activités de services. Ce découplage
tendanciel peut résulter de différents facteurs : l?externalisation
de procédés de fabrication intensifs en carbone en particulier
à l?étranger, la consommation de produits énergétiques moins
carbonés, la modification de la nature des produits fabriqués
ou l?adoption de technologies, procédés ou comportements
moins émissifs. À plus court terme, le lien entre émissions et
activité économique observé une année donnée peut
également être affecté par des facteurs conjoncturels : rigueur
climatique affectant la consommation d?énergie, disponibilité
de la production d?électricité décarbonée, prix des énergies
fossiles, etc.
Lecture : en 2024, les émissions de gaz à effet de serre des activités économiques
(hors émissions directes des ménages) de la France reculent de 1,1 %, alors que
leproduit intérieur brut progresse de 1,2 % en euros constants.
Note : les émissions de la France correspondent aux émissions des unités
résidentes françaises.
Champ : France ; GES (CO2 + CH4 + N2O + gaz fluorés).
Sources: Insee ; Citepa. Traitements : Insee et SDES, 2025
Graphique 2 : évolution des émissions et du produit
intérieur brut en France
En %
Émissions des activités économiques Produit intérieur brut
2020/2019 2021/2020 2022/2021 2023/2022 2024/2023
8
6
4
2
0
-2
-4
-6
-8
-10
-12
Émissions de gaz à effet de serre et empreinte carbone de la France en 2024 :
une baisse plus faible qu?en 2023
En 2024, la demande intérieure capte la majorité des
baisses d?émissions (- 2,9 %, soit - 5,4 Mt) alors que les
émissions exportées augmentent de 1,7 % (+ 2,1 Mt).
Cesévolutions sont à rapprocher de la stagnation de la
demande finale intérieure (- 0,1 % en euros constants) et de
la progression significative des exportations (+ 2,5 %).
Laproduction d?électricité, fortement décarbonée, est en
premier lieu destinée au marché intérieur alors que le
transport maritime, qui présente la principale hausse
d?émissions, est fortement tourné vers la demande
internationale.
Depuis 1990, les émissions de la France ont baissé de
31 % en raison principalement de la réduction des émissions
dans l?industrie et la production d?électricité.
EN 2024, L?EMPREINTE CARBONE DIMINUE DE 3,4 %
EN RAISON DU LÉGER REPLI DES IMPORTATIONS
ETDE LEUR MOINDRE CONTENU EN GES
En 2024, l?empreinte carbone de la France est estimée à
563Mt CO2 éq, en baisse de 3,4 % par rapport à 2023
(-19,7Mt CO2 éq). En 2023, la baisse était plus forte encore
(- 6,1 %). Ces deux années renouent avec la tendance
baissière engagée en 2009. Entre 2019 et 2020, l?empreinte
carbone avait connu une chute historique de 8,9 %, en lien
avec la crise sanitaire. En 2021, avec la fin des restrictions
des déplacements et la reprise de l?activité économique et
du commerce international, elle avait sensiblement rebondi
(+6,8 %), avant de se stabiliser en 2022 (+ 0,2 %). En 2024,
l?empreinte carbone atteint 8,2 tonnes par personne, contre
9,5 tonnes en 2019 avant la crise sanitaire.
Les émissions directes des ménages (99 Mt CO2 éq, soit
18 % de l?empreinte) sont quasi stables en 2024. Celles
destinées à satisfaire la demande finale intérieure
(463MtCO2 éq, soit 82 % de l?empreinte) sont en recul de
4,0 % par rapport à 2023, alors que cette demande, en
euros constants, est stable entre 2023 et 2024 (graphique3).
Lesémissions des activités économiques françaises
destinées à la demande finale intérieure (180 Mt CO2 éq)
diminuent de 2,9 %, soit - 5,4 Mt CO2 éq, et celles importées
(284 Mt CO2éq) reculent de 4,6 %, soit - 13,8 Mt CO2 éq.
Au total, les émissions intérieures (y compris celles des
ménages) contribuent donc pour 30 % à la baisse totale de
l?empreinte, contre 70 % pour les importations.
Les importations diminuent en 2024 (- 1,2 % en euros
constants) et leur intensité en GES moyenne décroît.
Eneffet, elles reculent notamment pour des produits très
chargés en GES comme les produits des activités extractives
(c?est-à-dire essentiellement pétrole brut et gaz naturel,
- 7,0 % en 2024 en euros constants, équivalent à
-2,6MtCO2 éq), les véhicules automobiles et autres
matériels de transports (-3,0 % en euros constants, soit
-3,8 Mt), les produits chimiques et pharmaceutiques
(-1,9% en euros constants, soit - 3,6 Mt) et les produits
informatiques et électroniques (- 3,1 % en euros constants,
soit - 2,6 Mt). Autotal, environ les deux tiers du contenu en
GES des importations contribuent à l?empreinte carbone de
la France, le reste étant réexporté.
L?empreinte carbone de la France peut être ventilée
selon l?origine géographique des émissions : en 2023, 49 %
des GES sont émis en France, 13 % proviennent de l?Union
européenne hors France, 11 % de Chine, 3 % des États-
Unis et 3 % de Russie (contre 6 % en 2021 avant la guerre
en Ukraine). Cette structure est différente de celle des
importations françaises de biens et services. D?abord,
àchaque euro d?importation, sont associées des émissions
très différentes selon la nature des produits importés.
Ensuite, les processus de production sont plus ou moins
carbonés suivant les pays d?origine. Enfin, un produit fini
importé d?un pays donné résulte d?un processus de
production souvent complexe et mondialisé qui a pu
entraîner des émissions dans différents pays du monde.
L?empreinte carbone peut aussi être ventilée par grands
«postes de demande » : les déplacements, l?habitat
et l?alimentation représentent 68 % des émissions,
alorsqu?environ 13 % sont attribuables aux services
principalement publics.
Lecture : en 2024, l?empreinte carbone de la demande finale est de 563 Mt CO2 éq.
Notes : chaque barre représente l?empreinte carbone d?une année. Les données de 1990 à 2009 sont rétropolées à partir du calcul de l?année 2010, les données
de l?année 2024 sont provisoires.
Champ : France ; GES (CO2 + CH4 + N2O + gaz fluorés).
Sources: Insee ; Eurostat ; Citepa ; Douanes, OCDE. Traitements : Insee et SDES, 2025
Émissions directes des ménages Émissions intérieures Émissions importées
Graphique 3 : l?empreinte carbone et ses composantes de 1990 à 2024
En Mt CO2 éq
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2004 2006 2008 2010 2012 2014 2016 2018 2020 2022 2024
Émissions de gaz à effet de serre et empreinte carbone de la France en 2024 :
une baisse plus faible qu?en 2023
L?EMPREINTE CARBONE BAISSE SUR LONGUE
PÉRIODE SOUS L?EFFET DE LA DÉCARBONATION
DUPIB ET DES IMPORTATIONS
L?empreinte carbone de la France a diminué de 20 % depuis 1990
(et de 32 % rapportée au nombre d?habitants), traduisant une
double tendance : une nette diminution des émissions de la
production intérieure et des émissions directes des ménages
(respectivement - 39 % et - 24 %), modérée par une légère
hausse des émissions importées (+ 2 %). Lesémissions importées
représentent ainsi 50 % de l?empreinte en 2024 contre 40 % en
1990. Plusieurs facteurs contribuent à cette hausse : délocalisation
de certaines productions (laproduction textile a par exemple été
divisée par deux en euros constants en France sur la période,
alors que la consommation est restée relativement stable),
augmentation de la demande finale française pour des produits
principalement fabriqués à l?étranger (smartphones par exemple).
En 2024, l?intensité en GES des activités économiques en
France est de 117 grammes de CO2 éq par euro alors que le
contenu en GES par euro des importations est de 543grammes
de CO2 éq par euro (graphique 4). Lacomposition de ces
deuxagrégats est en effet très différente : le PIB français recouvre
principalement des activités de services ou de transformation
industrielle relativement peu intenses en GES, alors que les
importations sont composées de produits au fort contenu
carbone (produits énergétiques, métaux, biens manufacturés
fabriqués dans des pays au mix énergétique très carboné),
indispensables au fonctionnement de l?économie nationale.
Demême, le contenu en GES des exportations françaises
(338grammes de CO2 éq par euro) est principalement porté par
les biens manufacturés. Enfin, l?empreinte carbone hors émissions
directes des ménages, qui intègre les émissions intérieures et
importées, représente 180 grammes de CO2éq par euro de
demande finale.
Entre 2010 et 2024, les émissions des activités économiques
françaises et l?empreinte hors émissions directes des ménages
ont diminué à un rythme comparable (respectivement - 25 % et
- 24 %). Sur cette période, le PIB et la demande finale ont
augmenté respectivement de 18 % et 16 % en euros constants.
L?intensité d?émission de GES des activités économiques a donc
diminué (- 36 % sur la période), à un rythme similaire à celui de
la demande finale (- 35 %).
DÉFINITIONS
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont les
émissions de dioxyde de carbone (CO2), méthane (CH4),
protoxyde d?azote (N2O) et gaz fluorés générées par les
activités économiques et directement par les ménages, qui
conduisent à retenir dans l?atmosphère une partie de la
chaleur reçue du soleil.
La demande finale intérieure française est constituée de
la consommation finale des ménages, des administrations,
des organismes à but non lucratif et de la formation brute
de capital (investissements et variations de stocks).
L?empreinte carbone de la France représente les
émissions de gaz à effet de serre induites par la demande
finale intérieure française, que les biens ou services
consommés soient produits sur le territoire national ou
importés. Àl?inverse, les émissions françaises associées
aux exportations ne contribuent pas à l?empreinte carbone.
L?intensité en GES des activités économiques françaises
est le ratio entre les émissions des activités économiques
(hors émissions directes des ménages) et le produit intérieur
brut (PIB).
Graphique 4 : contenu en GES par euro des activités
économiques intérieures (PIB), des importations,
de la demande finale intérieure et des exportations
En gramme de CO2 éq par euro constant base 2020
Lecture : en 2024, les activités économiques intérieures (PIB) émettent
117grammes de CO2 par euro (euros constants base 2020).
Note : chaque courbe représente la quantité de GES pour un euro de différents
agrégats économiques.
Champ : France ; GES (CO2 + CH4 + N2O + gaz fluorés) ; données économiques
eneuros constants base 2020.
Sources: Insee ; Eurostat ; Citepa ; Douanes ; OCDE. Traitements : Insee
etSDES, 2025
1000
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
2010
2011
2012
2013
2014
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2021
2022
2023
Importations Exportations
Demande finale intérieure PIB
ENCADRÉ
Par rapport à la publication
del?année précédente, le niveau
de l?empreinte carbone est
revu à la baisse, sans corriger
significativement les évolutions
annuelles
L?estimation de l?empreinte carbone de la France est fondée
enparticulier sur l?exploitation de données économiques
internationales (les tableaux internationaux entrées-sorties ? TES)
fournies par Eurostat (méthodes). Les résultats de l?ensemble
dela période étudiée sont revus significativement en 2025 à
lasuite de fortes révisions proposées par Eurostat, en particulier
pour la production agricole de certains pays étrangers qui
engendre une diminution du contenu en GES des importations
françaises de produits agricoles. Sur la période 2010-2021,
larévision du niveau de l?empreinte s?élève à - 7 % en moyenne
pour l?ensemble des GES et affecte principalement le méthane
(CH4, - 20 %) et le protoxyde d?azote (N2O, - 14 %). Elle est
globalement homogène sur l?ensemble de la période et n?affecte
donc pas significativement les évolutions annuelles. La révision
du niveau de l?empreinte pour l?année 2023 est un peu plus forte
(- 9,5 %) : 583 Mt estimées actuellement, soit 8,5 tonnes par
personne contre 644 Mt CO2 éq l?an dernier, soit 9,4 t CO2 éq
par personne. L?estimation pour la dernière année est en effet
toujours plus fragile, compte tenu de l?indisponibilité de certaines
données sources. La baisse de l?empreinte en 2023 par rapport
à 2022 est ainsi révisée à - 6,1 %, contre - 4,1 % pour la première
estimation publiée l?an passé. La révision est de moindre ampleur
sur la baisse des émissions françaises (- 6,0 % contre - 5,6 %
estimés l?an dernier).
2024
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service des données et études statistiques (SDES)
Sous-direction de l?information environnementale
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal: octobre 2025
ISSN: 2557-8510 (en ligne)
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Coordination éditoriale : Céline Blivet
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
MÉTHODES
Les comptes d?émissions dans l?air ou AEA (Air Emissions
Accounts) sont des inventaires d?émissions de substances
gazeuses, réalisés selon une nomenclature et une
convention géographique identiques à celles des comptes
nationaux. Ils retracent les émissions directes des branches
d?activité et des ménages ; par exemple, les émissions
issues de la production d?électricité sont allouées à la
branche « production d?électricité » et non au consommateur
final. Par convention, les émissions indirectes liées au
changement d?usage des sols (déforestation par exemple)
ne sont pas prises en compte. Comme les comptes
nationaux, les comptes d?émissions dans l?air suivent le
«principe de résidence ». Dans le domaine du transport,
cela signifie que toutes les émissions des entreprises
considérées comme « résidentes françaises » sont
comptabilisées, même si elles ont lieu à l?étranger.
Àl?inverse, les émissions en France des entreprises non
résidentes sont exclues. Pour cette raison, le total des
émissions (404 Mt CO2 éq en 2024) diffère des inventaires
diffusés par le Citepa aux formats CCNUCC et Secten, qui
comptabilisent les émissions ayant lieu sur le territoire
français (369 Mt CO2 éq). Enparticulier, les émissions de
GES liées à l?activité internationale des armateurs français
sont conséquentes (environ 8 % du total des activités
économiques nationales) et particulièrement influentes sur
l?évolution du total des émissions. Ainsi, entre 2023 et
2024, les émissions de GES totales des unités résidentes
baissent de 0,9 %, mais elles diminueraient de 1,8 % hors
émissions issues du transport maritime.
L?estimation de l?empreinte carbone est fondée sur une
modélisation macro-économique qui vise à affecter les
émissions annuelles mondiales de GES aux biens et
services faisant l?objet d?une demande finale dans chaque
pays. Les informations économiques proviennent des
tableaux internationaux entrées-sorties (TIES) « Figaro »,
développés par Eurostat, et des comptes nationaux
français. Les TIES décrivent l?origine de la production, les
relations entre les branches d?activité économique et la
nationalité des consommateurs de chaque bien et service.
L?estimation de l?empreinte carbone résulte de la
combinaison du TIES (harmonisé au préalable sur les
résultats des comptes nationaux français) et des AEA de
l?ensemble des pays du monde. Pour les pays de l?Union
européenne, le TIES et les AEA sont basés sur des données
rapportées directement par les pays. Pour le reste du
monde, les données d?émissions sont estimées à partir de
la base de données EDGAR de la commission européenne.
Les TES sont collectés par les auteurs de Figaro à partir
de multiples sources (Nations unies, OCDE, publications
nationales) et complétés par des estimations si nécessaire.
Faute de données détaillées complètes, les résultats
antérieurs à 2010 sont issus d?une rétropolation. Ceux de
l?année 2024 sont des estimations provisoires, dans
lesquelles les données françaises d?émissions de GES et
de demande finale monétaire sont connues, mais le
contenu en GES par euro de biens importés est projeté, en
tenant compte des tendances passées et des variations
de prix. Il est à noter qu?Eurostat diffuse sa propre
estimation de l?empreinte GES de la France pour les
années 2010 à 2022. Celle-ci est également basée sur
Figaro mais ne tient pas compte des traitements réalisés
par le SDES et l?Insee pour assurer la complète cohérence
avec les comptes nationaux français.
POUR EN SAVOIR PLUS
? Estimation de l?empreinte carbone de la France entre 1990
et 2024, SDES-Insee, note méthodologique, octobre 2025,
58 p.
? L?empreinte carbone de la France de 1990 à 2024, SDES,
article web, octobre 2025.
? Comptes carbone, Chiffres détaillés, Insee, octobre 2025.
? Inventaire de GES au format Secten, Citepa, juin 2025.
? Les tableaux entrées-sorties Figaro, Eurostat.
? Les facteurs d?évolution des émissions de CO2 liées à
l?énergie en France de 1990 à 2020, SDES, Datalab,
septembre 2022, 42 p.
Manuel Baude, SDES
Sylvain Larrieu, Insee
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/8720/download?inline
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/8720/download?inline
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https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/les-facteurs-devolution-des-emissions-de-co2-liees-lenergie-en-france-de-1990-2020
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