Conjoncture de l'immobilier. Résultats au deuxième trimestre 2025
MATHIEU, Benoit
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
"Au deuxième trimestre 2025, la conjoncture de l'immobilier reste dégradée, notamment sur le marché du neuf tandis que la situation sur le marché du logement ancien continue de s'améliorer modérément. Le léger reflux des taux d'intérêt se poursuit, il favorise le rebond de la demande et de la production de crédits. Sur le marché du logement ancien, le volume de transactions continue de se redresser. Les prix fléchissent après avoir augmenté au trimestre précédent. Dans le logement neuf, les autorisations et les mises en vente demeurent en hausse, mais les ventes continuent de se replier. Les prix des logements neufs ralentissent. L'emploi continue de diminuer dans les secteurs des activités immobilières, de la promotion immobilière et du bâtiment. Les perspectives d'activité s'améliorent un peu dans le bâtiment, mais se replient dans la promotion immobilière." SDES
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
logement
;emploi
;financement du logement
;marché immobilier
;conjoncture
;loyer
;donnée statistique
Descripteur écoplanete
Thème
Habitat - Logement
Texte intégral
Conjoncture de l?immobilier
Résultats au deuxième trimestre 2025
OCTOBRE 2025
Au deuxième trimestre 2025, la conjoncture de
l?immobilier reste dégradée, notamment sur le
marché du neuf tandis que la situation sur le
marché du logement ancien continue de
s'améliorer modérément.
Le léger reflux des taux d?intérêt se poursuit, il
favorise le rebond de la demande et de la
production de crédits.
Sur le marché du logement ancien, le volume de
transactions continue de se redresser. Les prix
fléchissent après avoir augmenté au trimestre
précédent.
Dans le logement neuf, les autorisations et les
mises en vente demeurent en hausse mais les
ventes continuent de se replier. Les prix des
logements neufs ralentissent.
L?emploi continue de diminuer dans les secteurs
des activités immobilières, de la promotion
immobilière et du bâtiment.
Les perspectives d?activité s?améliorent un peu
dans le bâtiment mais se replient dans la promotion
immobilière.
LA DEMANDE ET LA PRODUCTION DE CRÉDITS
CONTINUE DE SE REDRESSER
Le taux fixe moyen des crédits à l?habitat continue
de refluer légèrement en valeur trimestrielle
Au deuxième trimestre 2025, le taux de l?OAT* 10 ans
se stabilise après un rebond au trimestre précédent. Il
s?établit en moyenne à 3,26 %, après 3,32 % au
premier trimestre 2025 et 3,03 % au quatrième
trimestre 2024.
Le taux fixe moyen des crédits à l?habitat (y compris
renégociations) continue de légèrement refluer. Il est
stable à 2,99 % depuis avril 2025, contre 3,07 % au
premier trimestre 2025. Après avoir fortement
progressé entre son point bas de décembre 2021
(1,10 %) et décembre 2023 (3,62 %), il est désormais
en repli de 63 points de base par rapport au pic de
décembre 2023
Graphique 1 : taux d?intérêt effectifs des crédits à
l?habitat et de l?OAT* 10 ans
En %
* OAT = obligation assimilable du Trésor.
Source : Banque de France, calcul SDES
Le redressement de la demande de crédits à
l?habitat se poursuit
Dans ce contexte, selon l'enquête de la Banque de
France sur la distribution du crédit réalisée auprès des
banques, le redressement de la demande de crédits (y
compris renégociations) se poursuit au même rythme
qu?au trimestre précédent.
Graphique 2 : évolution des critères d?octroi et de
la demande de crédits à l?habitat
Solde d?opinion des banques (en %)
Source : Banque de France, enquête sur la distribution du crédit
-0,4
0,0
0,4
0,8
1,2
1,6
2,0
2,4
2,8
3,2
3,6
4,0
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Taux fixes OAT 10 ans
-100
-80
-60
-40
-20
0
20
40
60
80
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Critères d'octroi Demande de crédits
+ resserrement
- assouplissement
+ augmentation
- diminution
Conjoncture de l?immobilier : résultats au deuxième trimestre 2025
Les critères d?octroi de crédits à l?habitat demeurent
inchangés après cinq trimestres consécutifs
d?assouplissement.
Le redressement de la production de crédits
nouveaux se poursuit
Le redressement de la production de crédits nouveaux
à l?habitat (y compris renégociations), amorcé il y a un
an, se poursuit (+ 10,0 %, en glissement trimestriel et
en données CVS-CJO, après + 2,6 % au trimestre
précédent). Le montant de ces crédits s?établit à
43,0 milliards d?euros, soit un niveau inférieur de 20 %
à sa moyenne de la période 2020-2024.
Le flux de crédits nets (apuré des renégociations et
diminué des remboursements de capitaux) diminue
mais demeure positif (0,9 milliards d?euros, après
2,1 milliards d?euros) après avoir été négatif pendant
six trimestres consécutifs (les montants de
remboursements dépassant ceux des crédits
nouveaux).
Le montant de l?encours de crédits à l?habitat des
ménages progresse très légèrement (+ 0,1 %). Il
s?établit à 1 283,5 milliards d?euros.
Graphique 3 : crédits nouveaux et encours de
crédits à l?habitat des particuliers
Milliards d?euros, crédits nouveaux en CVS-CJO
Source : Banque de France
La durée des crédits immobiliers hors rachats et
renégociations demeure au plus haut
La durée initiale moyenne des crédits immobiliers, hors
rachats et renégociations, demeure stable et au plus
haut, à 265 mois. La durée y compris rachats et
renégociations continue de légèrement progresser
(+ 1 mois, comme au trimestre précédent) et atteint
262 mois.
Graphique 4 : durée initiale moyenne des crédits à
l?habitat (hors travaux et prêts relais)
Nombre de mois
Source : Banque de France
LE VOLUME DE TRANSACTION DANS L?ANCIEN
POURSUIT SON REBOND ALORS QUE LES PRIX
FLÉCHISSENT
Le nombre de transactions dans l?ancien continue
de se redresser
Au deuxième trimestre 2025, le volume annuel de
transactions de logements anciens poursuit son
redressement (+ 2,7 % en glissement trimestriel, après
+ 4,4 % et + 1,6 %), après avoir chuté de 33 % en trois
ans. Il s?établit à 906 000 transactions, soit un niveau
inférieur de 15 % à son niveau moyen 2020-2024.
Graphique 5 : nombre de transactions dans
l?ancien
Milliers de logements cumulés sur un an
Source : IGEDD, d?après DGFiP et Bases notariales
Les prix des logements anciens fléchissent
Au deuxième trimestre 2025, les prix des logements
anciens baissent de 0,6 % en glissement trimestriel
CVS-CJO alors qu?ils s?étaient redressés de 1,1 % au
trimestre précédent. Ce repli est quasi équivalent en
Île-de-France et en province (- 0,4 %, après + 0,8 % et
- 0,6 %, après + 1,1 %) et entre les maisons et les
appartements (- 0,5 % et - 0,6 %). En Île-de-France, la
baisse est portée par les appartements (- 0,5 %, dont
- 0,8 % à Paris, contre - 0,1 % pour les maisons) alors
qu?en province, elle est identique pour les deux types
de logement.
Sur un an, les prix augmentent légèrement en France
métropolitaine (+ 0,3 %, après + 0,3 %) et en province
(+ 0,5 %, après + 0,6 %) alors qu?ils continuent de
baisser, plus légèrement, en Île-de-France (- 0,2 %,
après - 0,8 %).
Graphique 6 : prix des logements anciens
Évolution trimestrielle en % (T/T-1), CVS
Source : Notaires-Insee, indice des prix des logements anciens
1 050
1 100
1 150
1 200
1 250
1 300
1 350
20
30
40
50
60
70
80
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Crédits nouveaux Encours des crédits à l'habitat
Crédits nouveaux Encours des crédits à l'habitat
240
244
248
252
256
260
264
268
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Prêts yc rachats et renégociations
Prêts nc rachats et renégociations
800
850
900
950
1 000
1 050
1 100
1 150
1 200
1 250
1 300
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Nombre de transactions
-2,5
-2,0
-1,5
-1,0
-0,5
0,0
0,5
1,0
1,5
2,0
2,5
3,0
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Île-de-France
France métropolitaine
Province
Conjoncture de l?immobilier : résultats au deuxième trimestre 2025
Dans le secteur des activités immobilières,
l?emploi continue de se contracter
L?indice de chiffre d?affaires dans les activités
immobilières diminue légèrement après cinq trimestres
consécutifs de progression (- 0,4 %, après + 1,6 %, en
données CVS-CJO). Depuis son point bas du
quatrième trimestre 2023, il a cru un peu plus que celui
de l?ensemble des services (+ 7,3 %, contre + 6,8 %).
Entre le troisième trimestre 2021 et le quatrième
trimestre 2023, il avait fléchi de 2,4 % tandis que celui
de l?ensemble des services progressait de 19,4 %.
Le nombre de défaillances d?entreprises dans les
activités immobilières reste stable (640, après 638, en
données CVS-CJO). Il demeure, ainsi, à un niveau très
élevé, après avoir plus que doublé depuis fin 2021.
Graphique 7 : chiffre d?affaires dans l?ensemble des
services et les activités immobilières
Indice base 100 en 2021, CVS-CJO
Source : Insee, indice de chiffre d?affaires
L?emploi dans les activités immobilières continue de se
contracter (- 0,4 % en glissement trimestriel, après
- 0,5 %). Avec 316 000 emplois, il se situe 4,2 % en
dessous de son point haut du quatrième trimestre 2022
(14 000 emplois de moins). Les évolutions à la baisse
sont très proches entre l?emploi salarié et l?emploi non
salarié (- 0,4 % et - 0,5 %). En revanche, ce dernier n?a
diminué que depuis le quatrième trimestre 2024 alors
que le nombre de salariés diminue depuis fin 2022
(- 6,0 % sur la période).
Graphique 8 : emploi dans les activités
immobilières
Milliers d?emplois, CVS
Sources : Insee ; Dares
75
80
85
90
95
100
105
110
115
120
125
130
135
140
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Activités immobilières Ensemble des services
40
50
60
70
80
90
100
110
120
180
200
220
240
260
280
300
320
340
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Emploi salarié Emploi total
Emploi non salarié
Emploi non salarié Emploi salarié et emploi total
Évolution des loyers
L?indice de référence des loyers sert à la
revalorisation des loyers en cours de bail. Il est
calculé sur la base de l?évolution des prix à la
consommation. Alors que sa hausse avait été
plafonnée à 3,5 % jusqu?au premier trimestre
2024, cet indice continue de ralentir au premier
trimestre 2025 (+ 1,0 %, après + 1,4 %) en lien
avec le reflux de l?indice des prix à la
consommation (+ 0,8 %, après + 1,1 %).
Le rythme de hausse des loyers des résidences
principales ? de l?ensemble du parc, à
caractéristiques constantes ? est globalement
stable depuis le deuxième trimestre 2023, à
+ 2,3 % en glissement annuel (après + 2,4 %
lors des deux trimestres précédents).
Graphique 9 : prix dans le marché locatif
Évolution annuelle en % (T/T-4)
Source : Insee, indice des prix à la consommation, indice de
référence des loyers, calcul SDES
Conjoncture de l?immobilier : résultats au deuxième trimestre 2025
L?ACTIVITÉ DE LA PROMOTION IMMOBILIÈRE
DEMEURE DÉGRADÉE
Les mises en vente de logements neufs aux
particuliers continuent de se redresser tandis que
les ventes poursuivent leur repli
Au deuxième trimestre 2025, les mises en vente de
logements neufs à destination des particuliers
continuent d?augmenter (+ 4,5 %, après + 11,2 % et
+ 10,8 %, en données CVS-CJO et en glissement
trimestriel) après quasiment deux ans de recul. Le
nombre de logements neufs nouvellement
commercialisés s?établit ainsi à 18 395, soit un niveau
inférieur de 23 % à sa moyenne des cinq dernières
années (2020-2024).
À l?inverse, les ventes aux particuliers continuent de se
replier, quoique moins nettement (- 2,3 %, après
- 7,2 %) alors qu?elles s?étaient redressées lors des
trois premiers trimestres de 2024. Avec 15 726
réservations, elles sont inférieures de 36 % à leur
niveau trimestriel moyen des cinq dernières années.
Graphique 10 : commercialisation des logements
neufs aux particuliers
Nombre de logements, CVS-CJO
Source : SDES, ECLN
Les annulations de réservation sont en légère hausse
(+ 3,6 %) après une baisse de 41 % en deux ans. Elles
représentent 17 % des ventes, après 16 % au trimestre
précédent. Elles s?établissaient à 24 % des ventes au
quatrième trimestre 2023.
L?encours de logements neufs proposés à la vente
augmente (+ 1,2 %, après + 0,2 %) après un repli de
11,1 % entre le troisième trimestre 2023 et le quatrième
trimestre 2024. Il s?élève à 121 270 logements.
Le délai moyen d?écoulement des logements neufs
poursuit son léger rebond (23 mois, après 22 mois et
20 mois) sous l?effet, de la hausse des délais moyens
d?écoulement des appartements (+ 3 mois depuis le
quatrième trimestre 2024). À l?inverse, le délai
d?écoulement des maisons continue de diminuer et
redescend à 28 mois contre 35 mois il y a un an.
Les ventes de logements aux institutionnels (ou ventes
en bloc) diminuent après un net rebond au trimestre
précédent (- 6,5 %, après + 19,8 %, en données CVS-
CJO). Elles s?élèvent à 12 127 réservations, soit 44 %
de l?ensemble des logements vendus (particuliers et
institutionnels). Les ventes aux bailleurs sociaux
contribuent majoritairement à cette baisse et
représentent 82 % des acquisitions en bloc ce
trimestre.
Graphique 11 : ventes de logements neufs aux
institutionnels
Nombre de logements CVS-CJO
Source : SDES, ECLN
Les prix des logements neufs ralentissent
légèrement en glissement trimestriel
Au deuxième trimestre 2025, les prix de production des
logements neufs (prix conclus entre les maîtres
d?ouvrage et les entreprises assurant les travaux)
baissent de 2,8 % Sur un an, les prix continuent de
reculer (- 5,5 %, après - 3,7 %).
Dans le même temps, les prix des logements neufs à
destination des particuliers, poursuivent leur
progression, amorcée il y a un an, mais ralentissent
légèrement (+ 0,3 %, après + 0,8 %). Sur un an, ils
restent dynamiques (+ 2,1 %, après + 1,9 %).
Graphique 12 : prix de production de la
construction neuve à usage d?habitation et des
logements neufs
Indice de prix de production base 100 2021
Indice des prix des logements neufs base 100 en moyenne
annuelle 2015
Source : Insee
40 000
60 000
80 000
100 000
120 000
140 000
13 000
18 000
23 000
28 000
33 000
38 000
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Mises en vente
Ventes
Encours de logements proposés à la vente
Mises en vente et ventes Encours de logements proposés à la vente
0
2 000
4 000
6 000
8 000
10 000
12 000
14 000
16 000
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Bailleurs sociaux Autres acquéreurs
113
115
117
119
121
123
125
127
129
131
133
92
96
100
104
108
112
116
120
124
128
132
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Prix de production (ICC) Prix des logements neufs
Prix des logements neufsPrix de production
Conjoncture de l?immobilier : résultats au deuxième trimestre 2025
L?emploi salarié continue de reculer dans le
secteur de la promotion immobilière
Le chiffre d?affaires du secteur de la promotion
immobilière augmente légèrement (+ 0,8 %, après
- 5,2 % en CVS-CJO). Il avait connu quatre trimestres
consécutifs de net recul à partir du deuxième trimestre
2023 (- 23 % sur la période).
Les effectifs salariés dans la promotion immobilière
poursuivent leur recul, entamé depuis le premier
trimestre 2023 (- 2,6 %, par rapport au trimestre
précédent, après - 2,5 %). Sur an, ils baissent de
11,3 %. Avec un peu plus de 24 500 salariés, ils sont
inférieurs de 23 % à leur point haut du quatrième
trimestre 2022, soit un recul d?environ 7 100 emplois.
Graphique 13 : chiffre d?affaires et effectifs
salariés de la promotion immobilière
Indice base 100 en 2021, CVS-CJO
Effectifs salariés en fin de trimestre
Sources : Urssaf, calcul SDES ; Insee, indice de chiffre d?affaires
LES AUTORISATIONS DE LOGEMENTS
ACCENTUENT LEUR REDRESSEMENT
Les autorisations de logements accentuent leur
rebond et les mises en chantier progressent
légèrement
Au deuxième trimestre 2025, en données CVS-CJO,
les autorisations de logements progressent
sensiblement (+ 17,5 % en glissement trimestriel,
après + 8,0 % et + 1,6 %) et retrouvent quasiment leur
niveau trimestriel moyen des cinq dernières années
(102 900 par rapport à 103 700). Elles sont, toutefois,
inférieures de 15 % à leur niveau moyen des années
2021 et 2022. La hausse de ce trimestre est davantage
portée par le collectif (+ 23,2 % contre + 7,5 % dans
l?individuel). Les autorisations progressent davantage
en Île-de-France qu'en province (+ 31,6 % contre
+ 15,0 %).
Le nombre de logements mis en chantier (66 800)
augmente après avoir diminué au trimestre précédent
(+ 2,9 % en glissement trimestriel, après - 2,2 % et
+ 4,6 %). Il se stabilise à un niveau très bas depuis le
troisième trimestre 2023, inférieur de 23 % à sa
moyenne trimestrielle des cinq dernières années. Le
rebond de ce trimestre est lié aux mises en chantier
dans l?individuel (+ 11,1 %, contre - 1,5 % pour les
collectifs) et en province (+ 3,5 %, contre 0,0 % pour en
Île-de-France).
Graphique 14 : autorisations et mises en chantier
de logements en fréquence trimestrielle
Nombre de logements, CVS-CJO, estimations en date réelle
Source : SDES, Sitadel
Les surfaces de locaux non résidentiels mis en
chantier poursuivent leur recul
En données brutes, cumulées sur un an, les surfaces
de locaux non résidentiels autorisés, au deuxième
trimestre 2025, continuent d?augmenter (+ 3,2 % en
glissement annuel, après + 2,4 %). Elles s?établissent à
38,1 millions de m², soit un niveau légèrement
supérieur (+ 1 %) à leur niveau moyen des cinq
dernières années.
À l?inverse, les surfaces de locaux mis en chantier
continuent de reculer (- 6,6 %) dans la tendance
amorcée au premier trimestre 2023. Avec 19,8 millions
de m² mis en chantier sur 12 mois, elles restent ainsi à
leur plus bas niveau depuis le début de la série en
2000. Ce chiffre correspond à environ la moitié des
surfaces annuelles mises en chantier, en moyenne, sur
la décennie 2000.
Graphique 15 : surface de locaux non résidentiels
autorisés et mis en chantier
Surface sur un an en milliers de m², en date de prise en compte
Source : SDES, Sitadel
24 000
25 000
26 000
27 000
28 000
29 000
30 000
31 000
32 000
70
75
80
85
90
95
100
105
110
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Indice de chiffre d'affaires Effectifs salariés
Indice de chiffre d'affaires Effectifs salariés
60 000
70 000
80 000
90 000
100 000
110 000
120 000
130 000
140 000
150 000
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Mis en chantier Autorisés
18 000
20 000
22 000
24 000
26 000
28 000
30 000
32 000
34 000
36 000
38 000
40 000
42 000
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Autorisés Mis en chantier
Conjoncture de l?immobilier : résultats au deuxième trimestre 2025
DANS LE BÂTIMENT, LE REPLI DE L?EMPLOI SE
POURSUIT
Les coûts de production dans le bâtiment
continuent de progresser modérément
Au deuxième trimestre 2025, les coûts des matériaux
dans le bâtiment sont quasi stables, après avoir connu
un léger rebond au trimestre précédent (+ 0,1 %, après
+ 0,5 % et - 0,6 %). Le coût du travail dans la
construction est en hausse après un repli au premier
trimestre 2025 (+ 1,2 %, après - 1,1 %).
Les coûts de production dans le bâtiment continuent de
progresser modérément (+ 0,3 %, après + 0,5 %). Ils
diminuent de 1,5% sur un an.
Graphique 16 : coûts de production et des
matériaux dans le bâtiment et coût du travail dans
la construction
Indices des coûts de production et des matériaux dans le bâtiment
base 100 2021
Indice du coût du travail dans la construction base 100 2020
Source : Insee, calcul SDES
La baisse du nombre d?heures rémunérées et de
l?emploi se poursuit dans le bâtiment
Au deuxième trimestre 2025, le nombre d?heures
rémunérées des ouvriers du secteur du bâtiment
diminue par rapport à l?année précédente (- 4,0 %
comme au trimestre précédent). Les heures
rémunérées reculent également dans les entreprises
de travaux de performance énergétique1 (- 3,9 %,
après - 4,5 %).
La diminution de l?ensemble des effectifs salariés des
entreprises du bâtiment, amorcée depuis le deuxième
trimestre 2023, se poursuit (- 0,4 % par rapport au
trimestre précédent, après - 0,6 %, en données CVS).
Les effectifs descendent ainsi à 1 259 400 salariés, en
baisse de 3,9 % ? soit environ 48 700 emplois ? par
rapport à leur point haut du premier trimestre 2023.
1 Entreprises d?isolation, d?installation d?équipements
thermiques et de menuiserie bois-PVC.
Graphique 17 : effectifs salariés dans le bâtiment
Effectifs salariés (en milliers) en fin de trimestre, CVS
Source : Urssaf, calcul SDES
L?emploi intérimaire dans la construction (y compris
promotion immobilière et génie civil) continue de fléchir
mais moins nettement qu?au trimestre précédent
(- 0,7 % en glissement trimestriel et CVS, après
- 3,4 %). Avec 130 100 emplois, il est à son plus bas
niveau depuis le troisième trimestre 2016, en dehors de
la période du premier confinement.
Les défaillances d?entreprises dans la construction sont
en légère progression après une baisse au trimestre
précédent (+ 3,2 %, après - 11,0 %, en données CVS-
CJO et en glissement trimestriel). Leur nombre
équivaut à celui du niveau trimestriel moyen très élevé
de 2024 (3 719 comparé à 3 723).
LES PERSPECTIVES S?AMELIORENT UN PEU
DANS LE BÂTIMENT MAIS SE DEGRADENT DANS
LA PROMOTION IMMOBILIÈRE
Dans le bâtiment, les perspectives d?activité
s?améliorent légèrement
Au deuxième trimestre 2025, le solde d?opinion des
entrepreneurs du bâtiment sur les perspectives
d?activité à l?horizon de trois mois, continue de
s?améliorer légèrement. Il demeure néanmoins inférieur
à sa moyenne des cinq dernières années. Dans le
détail, le solde relatif aux activités de construction de
logements augmente, même s?il reste à un niveau bas,
alors que celui relatif aux activités d?entretien et
amélioration diminue.
Le solde d?opinion sur les effectifs anticipés dans le
bâtiment est quasi stable par rapport au trimestre
précédent. Il est inférieur de 8 points à son niveau
moyen 2020-2024.
Graphique 18 : tendance d?évolution prévue des
effectifs et de l?activité dans le bâtiment
Solde d?opinion des entrepreneurs (en %), CVS
Source : Insee, enquête de conjoncture dans l?industrie du
bâtiment, calcul SDES
90
94
98
102
106
110
114
118
122
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Coûts de production Coût du travail
Coûts des matériaux
1160
1180
1200
1220
1240
1260
1280
1300
1320
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2019 2020 2021 2022 2023 2024 2025
Effectifs salariés dans le bâtiment
-45
-40
-35
-30
-25
-20
-15
-10
-5
0
5
10
15
20
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Tendance d'évolution prévue des effectifs
Tendance d'activité prévue
Conjoncture de l?immobilier : résultats au deuxième trimestre 2025
Le jugement sur les carnets de commandes dans le
bâtiment est un peu moins dégradé
Au deuxième trimestre 2025, les opinions sur les
carnets de commandes dans le bâtiment sont un peu
plus favorables. Le solde d?opinion demeure à un très
bas niveau, en net retrait par rapport à son niveau des
cinq dernières années.
Les entreprises du secteur estiment que leurs carnets
de commandes leur assurent 7,9 mois de travail (en
données CVS) comme au trimestre précédent. Cette
durée est inférieure à sa moyenne de 2020-2024
(8,4 mois).
Graphique 19 : carnets de commandes dans le
bâtiment
Solde d?opinion des entrepreneurs (en %)
Carnets de commandes (en mois), CVS
Source : Insee, enquête de conjoncture dans l?industrie du
bâtiment, calcul SDES
Dans la promotion immobilière, les perspectives de
mises en chantier se replient
En juillet 2025, le solde d?opinion des promoteurs
immobiliers sur la demande de logement continue de
s?améliorer légèrement. Il retrouve sa moyenne de
2020-2024.
Le solde relatif aux perspectives de mises en chantier
à l?horizon de trois mois se dégrade, après une nette
amélioration au trimestre précédent. Ainsi, il repasse
en dessous de sa moyenne des cinq dernières années.
Le solde relatif aux logements destinés à la location, et
particulièrement ceux du parc social, se détériore un
peu plus que celui relatif aux logements destinés à la
vente.
Graphique 20 : perspectives de mises en chantier
des promoteurs
Solde d?opinion des entrepreneurs (en %), CVS
Source : Insee, enquête de conjoncture dans la promotion
immobilière, calcul SDES
Les promoteurs se montrent bien plus pessimistes que
lors du trimestre précédent quant aux perspectives
d?évolution des moyens de financement consacrés aux
achats de logements. Le solde associé se dégrade
nettement et retrouve sa moyenne de la période 2020-
2024.
Enfin, la part des promoteurs désirant mettre à l?étude
de nouveaux projets recule nettement après deux
trimestres d?amélioration (51 %, après 57 % et 53 %
aux trimestres précédents) et repasse en dessous de
sa moyenne des cinq dernières années.
Graphique 21 : part des promoteurs immobiliers
désirant mettre à l?étude de nouveaux
programmes
En %, CVS
Source : Insee, enquête de conjoncture dans la promotion
immobilière
5,2
5,7
6,2
6,7
7,2
7,7
8,2
8,7
9,2
-40
-30
-20
-10
0
10
20
30
40
T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2 T3 T4 T1 T2
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Jugement sur le niveau du carnet de commandes
Niveau du carnet de commande en mois de travail
Jugement sur le niveau du carnet
de commandes
Niveau du carnet de commande en
mois de travail
-7
-13
4
-65
-60
-55
-50
-45
-40
-35
-30
-25
-20
-15
-10
-5
0
5
10
15
20
25
JanAvrJulOctJanAvrJulOctJanAvrJulOctJanAvrJulOctJanAvrJulOctJanAvrJul
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Ensemble des logements
Destinés à la vente
Destinés à la location
Abs. de données en avril 2020
car enquête non conduite
65
46
48
50
52
54
56
58
60
62
64
66
68
JanAvrJulOctJanAvrJulOctJanAvrJulOctJanAvrJulOctJanAvrJulOctJanAvrJul
2020 2021 2022 2023 2024 2025
Pourcentage d'entreprises désirant mettre à l'étude de
nouveaux programmes
Abs. de données en avril 2020
car enquête non conduite
Conjoncture de l?immobilier : résultats au deuxième trimestre 2025
MÉTHODOLOGIE
Champ et sources
Les données utilisées pour la constitution de cette note
de conjoncture proviennent de l?Insee, de la Banque de
France, de la Dares et du service des données et
études statistiques (SDES). Certains indicateurs
portent sur des champs spécifiques, explicités dans le
Bulletin trimestriel des statistiques sur le logement et la
construction publié simultanément à la note.
Révision des données
Certaines données peuvent être révisées sur plusieurs
trimestres. C?est le cas notamment des estimations
flash de l?emploi par l?Insee, des transactions et des prix
dans l?ancien, des résultats de la commercialisation, du
volume des crédits à l?habitat ou encore des
estimations de la construction neuve issues de
Sit@del2. Les indicateurs soumis à révisions sont
revus chaque trimestre, avec les dernières données
disponibles, afin d?en améliorer la qualité. Au premier
trimestre 2022, les estimations trimestrielles d?emploi
ont été révisées par l?Insee à la suite de plusieurs
changements méthodologiques, dont notamment la
prise en compte de la nouvelle source de données que
constituent les déclarations sociales nominatives, et
l?intégration des alternants.
Définitions
Secteur de la construction : construction de bâtiments
résidentiels et non résidentiels, promotion immobilière, génie
civil, travaux de construction spécialisés. Il s?agit de la
section F de la nomenclature d?activités française rév.2
(NAF).
Secteur du bâtiment : activités de construction de
bâtiments résidentiels et non résidentiels, de démolition, de
travaux notamment d?installation électrique, de
chauffage et de conditionnement d?air, de plomberie,
d?isolation, de finition (plâtrerie, menuiserie, installation
de revêtement de sols et murs, peinture...), de
couverture. Ce secteur réunit le groupe 41.2 et une
partie de la division 43 de la NAF.
Secteur de la promotion immobilière : activité
consistant à réunir les moyens juridiques, financiers,
techniques et humains nécessaires à la réalisation de
projets immobiliers résidentiels et non résidentiels
destinés ultérieurement à la vente, qu?il s?agisse de
bâtiments neufs ou de réhabilitation. Il s?agit du groupe
41.1 de la NAF.
Secteur des activités immobilières : activité des agences
immobilières, de location, d?exploitation et d?administration de
biens immobiliers et des marchands de biens immobiliers. Il
s?agit de la section L de la NAF.
Crédits nets à l?habitat : montant des crédits à l?habitat
contractés par les ménages, apuré des renégociations
et diminué des remboursements d?actif.
Crédits nouveaux à l?habitat : montant des crédits à
l?habitat enregistré en actif par les banques. Celui-ci
inclut donc les nouveaux achats mais également les
renégociations de crédits.
OAT : obligation assimilable du Trésor. Les OAT sont
des emprunts que la République française émet pour
financer les besoins de l?État à long terme.
Glissement annuel (GA) : le glissement annuel d?une
variable à un trimestre T donné correspond au taux
d?évolution (en %) obtenu en rapportant le niveau de la
variable en T à son niveau au même trimestre de
l?année précédente (T-4).
Glissement trimestriel (GT) : le glissement trimestriel
est obtenu en rapportant le niveau d?une variable à un
trimestre T à son niveau au trimestre précédent (T-1).
Indice de référence des loyers : cet indice fixe le
plafond d?augmentation annuelle des loyers que
peuvent exiger les propriétaires. Il se déduit de l?indice
du même trimestre de l?année précédente en lui
appliquant l?évolution entre ces deux périodes de la
moyenne sur douze mois consécutifs de l?indice des
prix à la consommation hors tabac et hors loyers (IPC).
Correction des variations saisonnières et des
jours ouvrables et CVS lissée
Les séries reflétant une activité socio-économique
peuvent être sensibles aux saisons ou au nombre de
jours ouvrables contenus dans la période. La série
corrigée des variations saisonnières (CVS) et/ou corrigée
du nombre de jours ouvrables (CJO), construite à partir
de la série initiale dite « série brute », permet de neutraliser
l?effet régulier des périodes de l?année pour mieux faire
ressortir à la fois les tendances de fond et les évolutions
exceptionnelles. Contrairement au glissement annuel, la
CVS permet de comparer directement chaque période
avec la période précédente. Une série brute ne
comportant aucune saisonnalité sera notée comme
une série CVS à coefficients nuls. La technique peut être
complétée, pour en améliorer encore la lisibilité, par une
moyenne mobile qui permet de faire ressortir l?évolution
de fond, c?est-à-dire la tendance de la série.
Benoit MATHIEU, SDES
Directrice de publication : Béatrice Sédillot
Dépôt légal : octobre 2025
ISSN : 2557-8510 (en ligne)
Commissariat général au développement durable
Service des données et études statistiques
Sous-direction des statistiques du logement et de la construction
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
mailto:diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
LE VOLUME DE TRANSACTION DANS L?ANCIEN POURSUIT SON REBOND ALORS QUE LES PRIX FLÉCHISSENT
L?ACTIVITÉ DE LA PROMOTION IMMOBILIÈRE DEMEURE DÉGRADÉE
DANS LE BÂTIMENT, LE REPLI DE L?EMPLOI SE POURSUIT
LES PERSPECTIVES S?AMELIORENT UN PEU DANS LE BÂTIMENT MAIS SE DEGRADENT DANS LA PROMOTION IMMOBILIÈRE