Universités et transition écologique : où en est-on ?
BORTZMEYER, Martin ;PHILIPPE, Violette
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service de la recherche et de l'innovation
Auteur secondaire
Résumé
"L'enseignement supérieur joue un rôle crucial dans la transition écologique, tant par la réduction de son propre impact environnemental que par la production et la diffusion des connaissances indispensables à la réussite de cette transition. Dans ce contexte, les universités occupent une position stratégique, car elles concentrent la majorité des étudiants. 1 604 200 étudiants sont inscrits dans les universités françaises, représentant 54 % de l'ensemble des inscriptions dans l'enseignement supérieur. Cette publication présente un état des lieux basé sur un échantillon de 30 universités françaises et vise à identifier les facteurs explicatifs de leur engagement en faveur de la transition écologique." CGDD
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
université
;enseignement supérieur
;transition écologique
Descripteur écoplanete
Thème
Emploi - Formation - Education
Texte intégral
L?enseignement supérieur joue un rôle crucial dans la
transition écologique, tant par la réduction de son propre
impact environnemental que par la production et la
diffusion des connaissances indispensables à la réussite
de cette transition. Dans ce contexte, les universités
occupent une position stratégique, car elles concentrent
la majorité des étudiants. 1604200étudiants sont inscrits
dans les universités françaises1, représentant 54% de
l?ensemble des inscriptions dans l?enseignement
supérieur.
Cette publication présente un état des lieux basé sur un
échantillon de 30universités françaises et vise à identifier
les facteurs explicatifs de leur engagement en faveur de
la transition écologique. L?approche mobilisée est fondée
sur l?analyse croisée des deux premières vagues des
contrats d?objectifs, de moyens et de performance
(COMP), de 30 schémas directeurs développement
durable et responsabilité sociétale et environnementale
(DD&RSE) et de projets ExcellencES, enrichie d?une
dizaine d?entretiens qualitatifs.
Lesétablissements sont aujourd?hui hétérogènes dans
leur engagement en faveur de la transition écologique.
Tousne partent pas du même point de départ: certains
ont déjà atteint un niveau de maturité significatif sur les
enjeux de transition écologique, grâce à des projets
structurants, dans le cadre de France 2030 et notamment
des appels à projets ExcellencES.
LES PREMIERS RÉSULTATS MONTRENT
UNETRANSITION ENCORE INÉGALE
Les premiers résultats révèlent des modes d?engagement
contrastés, structurés autour de profils types d?universités,
identifiés par analyse en composantes multiples. Quatre
profils dominants se dégagent (schéma 1 et tableau 1).
L?analyse confirme une concentration des efforts sur
l?empreinte environnementale, notamment énergétique, qui
traduit l?impact du fonctionnement de l?établissement
universitaire dans différents domaines environnementaux.
Elle montre également un investissement significatif dans la
formation des étudiants de premier cycle, mais également
des marges de progression notables sur la formation des
personnels et la structuration des équipes opérationnelles
DD&RSE. Ces résultats révèlent une transition encore
inégale, souvent dépendante de dynamiques locales, et
appellent un renforcement de mesures structurantes à
l?échelle nationale et territoriale.
QUATRE PROFILS D?ENGAGEMENT EN FAVEUR
DELA TRANSITION ÉCOLOGIQUE
Sur la base d?un échantillon de 30universités, une série
d?analyses en composantes multiples (ACM) a été réalisée,
combinée à une classification hiérarchique ascendante
(CAH). Elles ont permis d?identifier les profils types
d?engagement dans la transition écologique à partir des
caractéristiques qui sont issues des documents collectés.
Universités et transition
écologique : où en est-on ?
OCTOBRE 2025
AÉ MT H Essentiel
1 L?état de l?enseignement supérieur, de la recherche et de l?innovation en France 2025 (site du ministère de l?Enseignement supérieur et de la Recherche)
ENCADRÉ
Contrats d?objectifs et schémas directeurs
Les schémas directeurs développement durable et responsabilité sociétale et environnementale (SD-DD&RSE) sont
desfeuilles de route obligatoires qui fixent la stratégie et le cadre opérationnel pour la mise en oeuvre des mesures de transition
écologique au sein des établissements. En mai 2025, 40universités sur les 74 étudiées ont transmis leur schéma directeur.
Ils visent à expliciter les engagements majeurs en matière de développement durable.
Les contrats d?objectifs, de moyens et de performance (COMP) sont des outils de pilotage synthétiques, formels, dans lesquels
les établissements universitaires s?engagent sur les grandes politiques publiques prioritaires, dont la transition écologique et
ledéveloppement soutenable (TEDS). Les deux premières vagues des COMP ont été analysées dans le cadre de cette étude.
http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/l-etat-de-l-enseignement-superieur-de-la-recherche-et-de-l-innovation-en-france-2025-99292
Universités et transition écologique : où en est-on ?
Les entretiens réalisés ont ensuite permis d?éclairer et
d?enrichir l?interprétation des résultats statistiques.
Deux principaux facteurs structurent les différences
d?engagement. Le premier reflète le degré de structuration
globale de la stratégie de transition: il oppose les universités
qui, tout à la fois, sont labellisées DDRS, mettent en place
des actions claires et structurées avec des équipes
opérationnelles déployées, et portent des projets
ExcellencES à forte dimension environnementale, à celles
qui n?activent pas ces leviers. Le second facteur met en
lumière l?engagement par l?établissement, au travers de
l?AMI CMA, de projets de formation qui peuvent être
ambitieux mais restent sectoriels, propres à un secteur
d?activité économique donné en lien avec la transition
écologique. Du fait de ce choix spécifique, celles-ci sont
modérément engagées dans la mise en place des actions
plus transversales.
À partir de cette lecture, quatre profils types d?universités
ont été identifiés (tableau 1) révélant des modes
d?engagement contrastés : les universités «avancées»,
caractérisées par une stratégie de transition écologique
claire et structurée et des engagements clairs et cohérents;
les universités «intermédiaires», engagées dans une
dynamique de développement stratégique et pédagogique
cohérente; les universités «en retrait», dont l?implication
reste limitée; et enfin les universités cheffes de fil d?un AMI
CMA avec des engagements spécifiques mais en manque
de stratégie globale.
DES DÉFIS ORGANISATIONNELS
ET DE GOUVERNANCE
Le caractère transversal des enjeux de transition écologique
bouscule l?organisation traditionnelle des universités et met
en lumière des besoins en matière de gouvernance, de
dialogue et d?intégration dans l?ensemble des services
administratifs et activités de l?établissement. Les entretiens
menés ainsi que l?analyse des 30schémas directeurs
révèlent l?existence de défis organisationnels et de
gouvernance au sein des établissements.
La création d?une vice-présidence (VP) dédiée à la
transition écologique ou au développement durable est une
réponse fréquente de la part des communautés universitaires.
Cette fonction vise à assurer un portage stratégique et politique
au sein des instances décisionnelles. Toutefois, les entretiens
et les analyses des schémas directeurs réalisés tendent à
montrer que sa portée peut varier fortement d?un établissement
à l?autre. Certaines universités interrogées évoquent des
marges demanoeuvre limitées, en lien avec une ambiguïté du
Source: CGDD, sur la base des ACM et CAH réalisées sur l?échantillon de 30 universités
Schéma: résultats de l?analyse en composantes multiples ? variables structurant l?engagement des universités
en faveur de la transition écologique
Engagement
labellisation DDRS
AMI CMA à dimension
environnementale
Pas d?action du SD
significative
Pas d?engagement à
la labellisation DDRS
Actions du SD
moyennement structurées
Labellisation
DDRS
Actions du SD
structurées
Projets ExcellencES
à dimension
environnementale
Universités
structurées
(26%)
Universités
en retrait
(30%)
Engagement
spécifique
sans stratégie
d?ensemble
(16%)
Universités
intermédiaires
(30%) AXE 1
AXE 2
0
Tableau 1: typologie des universités en fonction de leur
engagement en faveur de la transition écologique
Source: CGDD
Profil 1 :
les universités
« avancées »
? Lauréates d?appel à projet ExcellencES
comportant une dimension écologique forte
? Labellisées DDRS
? Formation structurée
(des étudiants et du personnel)
? Stratégie et dispositif opérationnels structurés
Profil 2 :
les universités
« intermédiaires »
? Lauréates d?appel à projet ExcellencES
comportant une dimension écologique forte
? Engagées dans un processus de labellisation
DDRS
? Formation moyennement structurée
? Stratégie et dispositif opérationnels
moyennement structurés
Profil 3 :
les universités
« en retrait »
? Pas de labellisation DDRS
? Formation peu voire pas structurée
? Stratégie et dispositif opérationnels peu
voire pas structurés
? Absentes des lauréats AMI CMA ou ExcellencES
Profil 4 :
les universités
aux engagements
spécifiques
? Cheffes de file de projet AMI CMA
? Pas d?engagement à la labellisation DDRS
? Mise en place d?actions de portée moyenne
pour la formation des étudiants et des
enseignants et enseignants chercheurs
Variable déterminant la formation de l?axe
Universités et transition écologique : où en est-on ?
composante de formation définit ses propres ambitions»,
formalisées dans une charte DD&RS commune.
Les témoignages sur la participation des personnels
sont eux aussi contrastés. Un responsable relève que, dans
certains cas, «plusieurs chefs de service sont convaincus
par la transition écologique? Par ailleurs, je constate que
les BIATSS (bibliothécaires, ingénieurs, administratifs,
techniciens, personnels sociaux et de santé de
l?enseignement supérieur) sont particulièrement engagés;
dans mon cas, les enseignants-chercheurs dégagent moins
de temps pour cela». Enfin, une autre voix souligne que
«ladynamique repose sur très peu de gens, qu?ils soient
enseignants, enseignants-chercheurs ou ingénieurs
pédagogiques, ce sont quelques individus qui portent à bout
de bras le travail d?écologisation».
Un vice-président confie : «on a des profils variés, des
enthousiastes, des réticents, des indifférents. Il faut vraiment
un travail très profond si on veut dépasser les postures.»
En outre, le contexte local, l?histoire propre à chaque
université, l?engagement personnel de la présidence et de
son équipe, sont des facteurs qui expliquent ces appréciations
bien différentes quant à la sensibilité des personnels.
LA FORMATION À LA TEDS : UN MOUVEMENT
QUIPRÉSENTE DES FRAGILITÉS
Conformément aux recommandations du rapport de Jean
Jouzel et Luc Abbadie, ainsi qu?aux objectifs de la ministre
de tutelle en 2022, l?enseignement supérieur et la recherche
(ESR) est appelé à former à la transition écologique le plus
grand nombre d?étudiants à l?horizon 2025. À la suite d?un
travail collaboratif et d?une consultation nationale des
établissements de l?ESR, coordonné par le ministère, une
note de cadrage a été publiée en juin 2023 pour encadrer
cette formation en premier cycle, qui devra être mise en
place par les établissements à la rentrée 2025-2026.
Les dispositifs de formation des étudiants de premier
cycle de 47établissements ont été étudiés. Cela comprend
les 30universités dont les schémas directeurs ont été
analysés, auxquels s?ajoutent 17universités dont les
dispositifs de formation des étudiants de premier cycle ont
été examinés sur la base des informations contenues dans
les COMP, complétées par les informations mises à
disposition sur les sites internet des établissements
(maquettes pédagogiques notamment).
Les dispositifs de formation des étudiants à la transition
écologique et au développement soutenable (TEDS)
déployés au sein des universités présentent une forte
hétérogénéité, tant dans leurs contenus que dans leurs
modalités pédagogiques. L?objectif partagé par la majorité
des établissements est de dépasser la simple sensibilisation
rôleduVP, son isolement institutionnel ou un cumul de
portefeuil les. Une chargée de mission témoigne :
«lagouvernance dépend de la façon dont les présidents
envisagent les cercles qui les entourent», tandis qu?une autre
note que «mille façons de penser la gouvernance existent,
selon les présidents».
Les équipes opérationnelles représentent également un
enjeu central. Dans la majorité des 30schémas directeurs
DD&RSE étudiés (environ 70%), des personnels en charge du
DD&RS sont intégrés à des directions existantes (patrimoine,
logistique, responsabilité sociétale), ce qui permet d?élargir leur
champ d?action. Plus rarement, il apparaît que des directions
spécifiques ou des services communs sont mis en place,
disposant de ressources humaines et budgétaires plus
importantes (environ 10 % des cas). Par ailleurs, les
témoignages récoltés mettent en évidence que dans le cas où
il existe des équipes DDRS ou que des services sont formés,
ceux-ci manquent fréquemment de ressources humaines
suffisantes. Les équipes DDRS rencontrées comptent
généralement entre un et trois agents, tandis que d?autres
services peuvent en compter une dizaine. Leur faible effectif
les rend vulnérables aux aléas : une absence ou un départ peut
désorganiser l?ensemble du pilotage de la transition écologique.
«Mon université est trop petite pour avoir un VP dédié. Et pour
les moyens administratifs, ils ne reposent que sur une personne
en charge du DDRS : une maladie, unchangement de poste,
et je me retrouve sans personnel sur le sujet» indique un
responsable de service de développement durable.
Enfin, les équipes interrogées notent que leur
positionnement dans l?organigramme ne garantit pas leur
reconnaissance. Obtenir des données, mobiliser d?autres
services ou faire avancer les projets suppose une légitimité
claire, qui reste à consolider dans de nombreux établissements.
«Il existe un enjeu d?acceptabilité, notamment parce que ces
équipes doivent solliciter d?autres directions pour collecter des
données environnementales, ce qui est chronophage et parfois
perçu comme intrusif» confie une chargée de mission.
La création d?un service commun dédié à la transition
écologique pourrait fournir un cadre structurant adaptable,
pour garantir un portage clair et reconnu dans chaque
université.
LES DÉMARCHES PARTICIPATIVES PROGRESSENT
L?implication large de tous les acteurs de l?université,
notamment des étudiants, est un levier essentiel pour la
réussite de la transition écologique. En pratique, les
universités oscillent entre une rédaction centralisée des
documents stratégiques et une intégration large de tous les
acteurs, cette dernière entraînant des défis dans la synthèse
de positions parfois divergentes.
Parmi les 30 schémas directeurs analysés en détail,
18ont été construits en mode participatif en intégrant les
personnels et les étudiants à travers des dispositifs de
consultation et d?animation d?échanges collectifs. Pour les
douze schémas DD&RSE restants, la démarche s?est basée
sur la constitution de groupes de travail internes, composés
des équipes de direction, des services administratifs, ainsi
que de la présidence accompagnée des vice-présidents
concernés. Si l?analyse des schémas directeurs met en
évidence une progression des démarches participatives, les
entretiens menés montrent qu?il existe une diversité de
logiques au sein même des universités. Par exemple, une
vice-présidente observe la difficulté d?imposer une approche
uniforme au sein du schéma directeur DD&RS, caractérisé
par une logique jugée trop descendante. Elle a donc opté
pour une stratégie dans laquelle «chaque laboratoire et
ENCADRÉ
Des initiatives participatives
sedémarquent
Certaines initiatives participatives se démarquent, comme
uneassemblée DD&RSE collaborative, réunissant 40parties
prenantes représentatives de la communauté universitaire, tirées
au sort et mandatées annuellement. Cette assemblée se réunit
plusieurs fois par an pour challenger la politique DD&RSE, nourrir
le débat et renforcer les compétences collectives sur ces sujets.
Par ailleurs, l?université en question a intégré un suivi
systématique des objectifs DD&RSE dans les dialogues de
gestion annuels qu?elle mène avec les services et composantes.
Universités et transition écologique : où en est-on ?
LES OUTILS POUR LES ENSEIGNANTS
Par ailleurs, les universités outillent également leurs
personnels, enseignants et enseignants-chercheurs.
Toutefois, l?analyse menée sur les 30schémas directeurs
révèlent que les établissements peinent à systématiser leur
formation. Une note de cadrage sur la formation à la
transition écologique des enseignants (E), enseignants-
chercheurs (EC) et plus largement tout le personnel de
l?établissement, a été publiée en septembre 2024 suite à un
groupe de travail et de consultations coordonné par le
ministère de septembre 2023 à juillet 2024. Celle-ci distingue
deux types de dispositif: d?une part, unsocle commun
d?acculturation des personnels en tant que citoyens,
proposés à l?ensemble du corps enseignant et du personnel
de l?établissementet d?autre part, desformations de
formateurs qui enseigneront la TEDS aux étudiants,
àdestination des E/EC et du personnel d?appui à la
pédagogie, sur la base du volontariat
Plusieurs établissements proposent, dans leur offre de
formation continue, des ressources mutualisées issues
notamment de plateformes nationales, comme par exemple
l?Université virtuelle environnement et développement
durable (UVED) ou un module socle. En revanche,aucune
obligation généraliséen?existe à ce jour, en dehors des
parcours de formation des nouveaux maîtres de conférences
et des nouveaux encadrants. Parmi les 30universités
analysées, 6 proposent des formations obligatoires aux
enseignants et chercheurs néoentrants, soit 19%.
LE CONTENU DES ENSEIGNEMENTS
Deux types d?enseignements coexistent: d?une part, des
enseignements transversaux TEDS, à vocation
pluridisciplinaire, souvent portés par l?établissement, qui
fournissent le socle de connaissance de base tel que défini
par le ministère et d?autre part, des enseignements
disciplinaires, intégrés à l?offre de formation des composantes
de l?université. Dans ce second cas, la mise en oeuvre est
très variable selon les unités de formation et de recherche
(UFR) et dépend fortement des dynamiques locales.
Plusieurs établissements ont fait le choix de laisser à
leurs composantes une marge d?autonomie sur les modalités
d?intégration. Les configurations sont diverses et reflètent
des choix propres à chaque université. Une université de
petite taille, par exemple, recommande un socle de volume
horaire et d?ECTS (système européen de transfert et
d?accumulation de crédits) dédié à la TEDS, tout en laissant
chaque UFR ou IUT libre de définir les modalités
pédagogiques. Le format présentiel et l?organisation
d?ateliers sont toutefois encouragés pour favoriser
l?appropriation par les étudiants.
D?autres universités optent pour un modèle hybride.
Ainsi, une doyenne d?une faculté parisienne indique: «Il ya
12 UFR dans ma faculté, donc un cadre très hétérogène.
C?est pourquoi nous avons choisi, pour le cycle TEDS, que
18 heures sur les 30 prévues feraient l?objet d?un tronc
commun, les 12 autres étant à prendre en charge par chaque
UFR comme elles l?entendraient».
pour structurer une véritable politique de formation aux
enjeux de la TEDS. Cette dynamique est illustrée par le
graphique 1, qui montre que 36% des universités de
l?échantillon étudié proposent des formations structurées,
dans la mesure où elles répondent aux attentes du ministère
formulées dans la note de cadrage de juin 2023 (socle de
base de 30heures, crédits ECTS accordés) et seront mises
en place à la rentrée 2025-2026. Toutefois, cette transition
reste encore partielle: 42% des universités parmi les
47universités étudiées pour la formation des étudiants de
premier cycle font partie de la classe «en développement».
Cela signifie que les dispositifs décrits par les établissements
ne répondent pas à toutes les demandes du ministère et/ou
ne seront pas mis en place à la rentrée 2025-2026.
Graphique 1 : état d?avancement des dispositifs
deformation des étudiants de premier cycle,
analyse de 47 universités
En %
Source: CGDD, données issues de COMP, schémas directeurs DD&RSE
et sites internet des universités
Formation structurée
Formation en développement
Manque d?informations ou formation en retard
37
42
10
ENCADRÉ
Le chiffre clé
La formation des personnels, enseignants et enseignants-
chercheurs à la transition progresse, mais reste encore marginale
et peu structurée à l?échelle nationale. Sur les 30 schémas
directeurs analysés, 15 disposent de dispositifs de sensibilisation
et/ou formation de leurs enseignants-chercheurs clairement
identifiables.
Parmi ces 15universités, 7 proposent des formations de
formateurs à leurs enseignants, soit 22% du groupe analysé.
ENCADRÉ
Deux exemples de bonnes
pratiques
Pour répondre aux besoins de formation des E/EC,
unétablissement a mis en place un atelier sur la posture de
l?enseignant. Cedispositif vise à accompagner les enseignants
dans l?animation de débats complexes, à mieux gérer l?éco-anxiété
étudiante et àassumer un rôle d?acteur pédagogique dans des
domaines potentiellement controversés. Ce même établissement
prévoit également de former l?ensemble de ses cadres dirigeants
àlaprise de décision en contexte de crise socio-environnementale,
via un séminaire reconduit à chaque renouvellement d?équipe.
Un second établissement propose un congé pédagogique dédié
àla transition écologique, pouvant aller jusqu?à 20heures.
Ilpermet aux enseignants de créer ou adapter un cours, ou
deréfléchir à de nouvelles formes pédagogiques sur les enjeux
dedéveloppement soutenable, dans tous les niveaux de
formation. Le dispositif est souple et compatible avec d?autres
activités pédagogiques.
10 universités 17 universités
20 universités
www.ecologie.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service de la recherche et de l?innovation
Sous-direction de la recherche
Tour Séquoia ? 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal: octobre 2025
ISSN: 2555-493X (en ligne)
Directeur de publication: Brice Huet
Rédacteur en chef: François Leray
Coordination éditoriale: Laurianne Courtier
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
GLOSSAIRE
AMI CMA (appel à manifestation d?intérêt «compétences et
métiers d?avenir»): dispositif France2030 qui vise àpréparer
les compétences nécessaires pour répondre aux besoins
des secteurs stratégiques et émergents dedemain.
Appels à projets ExcellencES (financement par
leProgramme des investissements d?avenir - PIA puis
France2030): soutien aux projets universitaires d?excellence.
Label DDRS: reconnaissance attribuée, par l?association
CIRSES, aux universités engagées dans la transition
écologique. Évalue les stratégie, gouvernance, formation,
recherche, gestion environnementale et politique sociale.
MÉTHODOLOGIE
Les actions mises en place par les universités ont été
examinées à travers une analyse documentaire des deux
premières vagues des COMP, ainsi que de 30schémas
directeurs DD&RSE. Cette approche documentaire a été
complétée par une dizaine d?entretiens. Puis, sur la base
d?un échantillon de 30 universités, une analyse en
composantes multiples suivie d?une classification
ascendante hiérarchique ont permis d?identifier quatre
profils types d?universités distinctes de par leur engagement
en faveur de la transition écologique.
RÉFÉRENCES
? Les contrats d?objectifs, de moyens et de performance,
direction générale de l?enseignement supérieur
etdel?insertion professionnelle, octobre 2023
? Note de cadrage et préconisations sur la formation
àlatransition écologique pour un développement
soutenable des étudiants de premier cycle, ministère
del?Enseignement supérieur et de la Recherche,
juin 2023
? Note de préconisation sur la formation des enseignants
etenseignants chercheurs à la transition écologique
pourun développement soutenable, ministère de
l?Enseignement supérieur et de la Recherche
septembre2024
? Guide de rédaction du schéma directeur
«développement durable?responsabilité sociétale et
environnementale», ministère de l?Enseignement
supérieur et de la Recherche, juin 2025
Violette PHILIPPE*, SRI
Martin BORTZMEYER, SRI
* en poste au moment de la rédaction
L'étude a été réalisée en collaboration avec la direction générale de
l?enseignement supérieur et de l?insertion professionnelle (DGESIP) du
ministère de l?Enseignement supérieur et de la Recherche.
https://www.anrt.asso.fr/sites/default/files/2024-start/anrt_g._de_marcillac_presentation_comp-12.10.2023.pdf
https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-10/note-de-cadrage-formation-des-tudiants-de-1er-cycle-pdf-29688.pdf
https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-10/note-de-cadrage-formation-des-tudiants-de-1er-cycle-pdf-29688.pdf
https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-10/note-de-cadrage-formation-des-tudiants-de-1er-cycle-pdf-29688.pdf
https://www.uved.fr/fileadmin/user_upload/Documents/pdf/Note_Preconisations_Formation_TEDS_EC_Version_finale_septembre_2024.pdf
https://www.uved.fr/fileadmin/user_upload/Documents/pdf/Note_Preconisations_Formation_TEDS_EC_Version_finale_septembre_2024.pdf
https://www.uved.fr/fileadmin/user_upload/Documents/pdf/Note_Preconisations_Formation_TEDS_EC_Version_finale_septembre_2024.pdf
https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-06/sch-ma-directeur-d-veloppement-durable-responsabilit-soci-tale-et-environnementale-sd-dd-rse--28241.pdf
https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-06/sch-ma-directeur-d-veloppement-durable-responsabilit-soci-tale-et-environnementale-sd-dd-rse--28241.pdf
https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/sites/default/files/2023-06/sch-ma-directeur-d-veloppement-durable-responsabilit-soci-tale-et-environnementale-sd-dd-rse--28241.pdf