Prime à la conversion des véhicules : bilan socio-économique et environnemental pour 2023
MOTAMEDI, Kiarash ;ROUCHAUD, Didier ;TOUATI, Ethan
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service de l'économie verte et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
Cette note du CGDD présente le bilan socio-économique et environnemental de la prime à la conversion des véhicules, pour 2023. La Prime à la Conversion (PAC) encourage le remplacement des vieux véhicules par des modèles écoperformants. En 2023, 72 000 primes ont été attribuées pour les voitures particulières (VP), coûtant 224 M¤ à l'État. Ciblant plus de 71 % de ménages modestes, la prime moyenne a atteint 3 090 ¤. L'incitation a fortement augmenté l'acquisition de véhicules électriques (VE), qui représentent 65,6 % des bénéficiaires. La mesure met principalement au rebut les vieux véhicules diesel (72 %), assurant d'importants gains environnementaux, notamment la réduction des particules fines. Le bilan socio-économique pour la collectivité est positif (32 M¤ hors coût d'opportunité des fonds publics, COFP), tandis que le bénéfice direct pour l'usager est évalué en moyenne à 2 412 ¤.
Editeur
CGDD
Descripteur Urbamet
véhicule électrique
;prime
;émission de CO2
;parc de véhicules
;évaluation des politiques publiques
;achat
;politique publique
;économie des transports
;politique des transports
;écologie
Descripteur écoplanete
Thème
Transports
Texte intégral
Prime à la conversion des
véhicules: bilan socio-économique
et environnemental pour 2023
La prime à la conversion (PAC) est une mesure incitant les
ménages et les entreprises à remplacer leurs vieux
véhicules par des véhicules plus performants pour
l?environnement. Depuis sa mise en place en 2015, la prime
a participé au remplacement de plus d?un million de
véhicules. Cela a permis de réduire de plus de 1,8million de
tonnes les émissions de gaz à effet de serre (dont le CO2)
et les émissions de particules fines (PM) de près de
745tonnes (pour un total d?émissions françaises de 403Mt
de gaz à effet de serre en 2023 et de 260 kt de PM). Laprime
est d?autant plus efficace qu?elle est versée sous condition
de revenus, ciblant des ménages plus sensibles à l?incitation
et possédant des véhicules plus polluants que la moyenne.
En 2023, environ 72 000 PAC ont été attribuées pour des
acquisitions de voitures particulières1 (VP), neuves et d?occasion,
contre environ 90 000 en 2022, pour des coûts budgétaires
respectifs pour l?État de 224 et 233 millions d?euros2 (M¤).
Lenombre de primes accordées a ainsi diminué de 20%,
malgré un rebond de 15% des ventes de VP neuves en 2023
par rapport à 2022. Cette baisse peut s?expliquer notamment
par le renforcement en 2023 des critères d?éligibilité des
véhicules achetés via la PAC (baisse de leur taux d?émissions).
En revanche, le montant moyen de la prime a augmenté, passant
de 2 622 à 3 090 euros car la proportion de véhicules électriques
(VE) acquis est plus importante comme celle des ménages aux
revenus plus modestes (appartenant aux déciles D1-D2 et
D3-D5 «gros rouleurs»). L?âge moyen des véhicules mis au
rebut augmente, passant à 19,3 ans en 2023 (contre18,7 en
2022). L?évaluation socio-économique de la mesure pour l?année
2023 (i.e. intégrant la valorisation monétaire des effets
économiques, sociaux et environnementaux, voir méthodologie)
conduit à plusieurs constats:
? Le remplacement des véhicules soutenus par la PAC
présente un bilan socio-économique positif soit un bénéfice
pour la société de 32 M¤ en 2023, hors prise en compte du
coût d?opportunité des fonds publics (COFP)3 engagés pour
ce dispositif (graphique 1).
? Les gains ? notamment environnementaux ? sont plus
importants lorsque les bénéficiaires sont des ménages
appartenant aux deux premiers déciles de revenus4 ou des
«gros rouleurs»5 des déciles 3 à 5, ceux-ci possédant en plus
grande proportion des vieux véhicules diesel très polluants.
? L?évolution des critères d?éligibilité a conduit, comme en
2022, à accroître la part des voitures particulières électriques
acquise avec le soutien de la PAC (65,6% en 2023 contre
59,0% en 2022).
SEPTEMBRE 2025
AÉ MT H Essentiel
1 Le champ de l?étude se limite aux VP, représentant 95% des primes attribuées en 2023 (champ de la PAC: voitures particulières, véhicules utilitaires légers, 2-3 roues
et quadricycles, vélos à assistance électrique).
2 À comparer à des dépenses totales de l?État de 567 milliards d?euros en 2023.
3 Le COFP valorise le fait qu?une dépense publique additionnelle nécessite de mettre en place de nouveaux prélèvements pour financer la mesure ou de réduire d?autres
dépenses par ailleurs, ce qui peut générer des effets de distorsion sur l?économie. Par convention, le coût associé à cela représente 20% du coût budgétaire de la mesure.
4 Les 20% des ménages les plus modestes, dont le revenu fiscal de référence par part (RFR/part) est inférieur à 7 010 ¤.
5 Les ménages dont la distance domicile-travail est supérieure à 30 kilomètres (km) ou parcourant plus de 12 000 km/an dans le cadre de leur activité professionnelle
avecleur véhicule personnel, et qui ont un RFR/part inférieur à 14 089 ¤.
Graphique 1: bilan socio-économique pour 2023
En millions d?euros
Lecture: la situation où le véhicule est acquis avec la PAC est comparée à celle, où
il est acquis sans PAC. Les gains proviennent des différences d?émissions entre ces
deux situations multipliées par le kilométrage annuel et valorisées parles valeurs
tutélaires fixées par l?État, et de leurs différences de dépenses decarburant et
d?entretien (hors taxes). Lescoûts proviennent d?une anticipation du décaissement
pour l?achat et du surcoût d?acquisition d?un véhicule plus performant.
Champ: véhicules particuliers, France.
Source: ASP, calculs CGDD
Particules
fines
NOx CO2 Carburant Entretien Anticipation
et surcoût
Total
60
40
20
0
-20
-40
-60
-80
39
5
18 18 15
32
-63
Prime à la conversion des véhicules: bilan socio-économique et environnemental pour 2023
Depuis 2019, les véhicules thermiques sont éligibles à la
PAC seulement sous condition de revenu du ménage
acquéreur et avec des critères de performance devenus de
plus en plus exigeants. En effet, une modification du barème
intervenue en 2021 limite l?éligibilité aux seuls véhicules
Crit?Air 1 (neufs ou d?occasion), excluant de fait les véhicules
diesel. Laprincipale modification de barème pour les primes
attribuées en 2023 concerne les taux d?émissions unitaires
maximaux pour les véhicules thermiques neufs et d?occasion,
chacun ayant été abaissé de 5 gCO2/km. Une surprime de
1000euros a été instaurée pour les zones à faibles émissions
(ZFE).
DES GAINS SOCIO-ÉCONOMIQUES ESTIMÉS À 32 M¤
EN 2023 POUR LA COLLECTIVITÉ
Pour l?ensemble des 72 000 dossiers attribués en 2023, le
bilan socio-économique présente un gain pour la collectivité
de 32 M¤ (graphique 1). Le principal bénéfice tiré du
dispositif provient de la réduction de la pollution
atmosphérique aux particules fines : 29 tonnes (t)
d?émissions de particules fines (PM) évitées, soit 39 M¤ en
termes monétaires, correspondant à une baisse des
maladies respiratoires et cardiovasculaires et de la mortalité6
(soit environ 13 morts évités). Les économies de carburant
s?élèvent à 18 M¤ (hors toutes taxes) et les économies
d?entretien à 15 M¤ (les véhicules anciens ont des frais
d?entretien environ deux fois supérieurs). Les émissions de
CO2 sont réduites d?environ 100 000 t, soit un gain de
18M¤7.
L?ensemble de ces bénéfices ? soit 95 M¤ ? est supérieur
aux surcoûts directs liés à l?acquisition de nouveaux
véhicules, résultant à la fois de l?anticipation des acquisitions
et de la sélection de véhicules plus performants, plus chers
(63 M¤). L?effet de la mesure sur la consommation de
ressources est considéré comme négligeable, les montants
en jeu n?étant pas à même de modifier l?offre de véhicules,
laquelle est déterminée sur le marché européen, voire
mondial, de l?automobile8.
DES GAINS QUI NE COUVRENT PAS LE COÛT
BUDGÉTAIRE D?UN DISPOSITIF QUI RESTE
FAVORABLE AUX MÉNAGES MODESTES
Les taxes et subventions constituant des transferts entre
agents présentent en soi un bilan socio-économique nul.
Enrevanche, les pertes de recettes fiscales générées par
une mesure peuvent être source d?une perte de bien-être
social dans le sens où elles nécessiteraient, toutes
choses égales par ailleurs, de mettre en place de
nouveaux prélèvements pouvant avoir des effets de
distorsion. Pour cette raison, l?évaluation tient compte
également du coût d?opportunité des fonds publics
(COFP)9 de la mesure. En tenant compte du coût
budgétaire de la PAC, soit 224 M¤, des gains de recettes
de TVA associés au surcoût des véhicules plus
performants achetés et des pertes de TVA liées à la
baisse des dépenses d?entretien, le COFP de la mesure
est de 45 M¤10. En 2023, la différence entre le COFP et
le gain socio-économique, qui peut s?interpréter comme
une perte, s?élève donc à 13 M¤. En 2022, le COFP
s?élevait à 47 M¤ et le gain socio-économique à 41 M¤,
soit une perte estimée de 6 M¤. La perte a donc doublé
entre 2022 et 2023, les gains ayant baissé plus fortement
que le coût. Toutefois, ce bilan ne prend pas en compte
les effets distributifs induits par la mesure, favorables aux
ménages modestes et ayant une valeur positive pour la
société.
Dans cette évaluation, un effet rebond, induit par le
fait d?acquérir un véhicule plus performant et
potentiellement plus confortable, a été pris en compte.
Cet effet rebond se caractérise par l?augmentation de
3% de la distance annuelle parcourue par les ménages
avec les véhicules acquis, en comparaison à celle
parcourue avec les véhicules mis au rebut. Il provient de
l?étude de Gillingham (2012)11, qui porte sur la mise en
place d?une politique du même type que la PAC. La prise
en compte de l?effet rebond dans la présente évaluation
réduit de 1 M¤ le bénéfice socio-économique induit par
la PAC.
UN BILAN POSITIF ÉVALUÉ À 2412¤ POUR L?USAGER
BÉNÉFICIAIRE DE LA PRIME À LA CONVERSION
Les principaux gains économiques directs pour l?acquéreur
sont les économies de carburant (551 ¤ TTC en moyenne
en 2023) et la réduction des frais d?entretien (256 ¤) ?
(tableau 1). À l?inverse, l?acquéreur doit supporter le coût
d?anticipation12 d?une acquisition qu?il aurait réalisée un an
plus tard en moyenne (moyenne des durées d?anticipation
modélisées pour chaque bénéficiaire13) et au prix plus élevé
d?un véhicule plus performant. Ce surcoût, estimé à 1 485¤
en moyenne, serait largement couvert par la prime: le bilan
économique à terme pour les bénéficiaires, évalué à plus de
2 400 ¤, s?avère ainsi très positif. Le bilan pour les VE est de
2720¤ et le bilan hors VE de 1748¤.
UN BILAN LARGEMENT PORTÉ PAR LA MISE
AU REBUT DE VIEUX VÉHICULES DIESEL
Les véhicules diesel sont les seuls véhicules pour lesquels
la mise au rebut présente un bilan socio-économique positif
dans toutes les configurations. Ils constituent 72% des
voitures mises au rebut via la PAC en 2023, part plus élevée
qu?en 2022 mais toujours en deçà du record de 2019 (84%).
6 Pour passer des quantités physiques aux valeurs monétaires, on utilise les valeurs tutélaires de la pollution atmosphérique aux PM présentes dans le rapport Quinet
de2013 sur l?évaluation socio-économique des investissements publics.
7 La valeur de la tonne de CO2 utilisée est celle de la trajectoire préconisée par le rapport sur La valeur de l?action pour le climat, France Stratégie, 2019.
8 Les véhicules neufs achetés via la PAC sont au nombre de 51 000, soit 0,4% de la production européenne totale de véhicules neufs (12 millions en 2023).
9 Voir E. Quinet 2013, L?évaluation socio-économique des investissements publics, rapport, Commissariat général à la stratégie et à la prospective, pour le calcul du COFP.
10 La perte de recette de TICPE et de TVA sur le carburant, de l?ordre de 27 M¤ cumulés actualisés, liée au passage d?une motorisation thermique à électrique ou à
unemotorisation thermique moins consommatrice représenterait un COFP de l?ordre de 5 M¤. Elle n?est pas prise en compte ici dans le sens où elle doit davantage
êtreassociée au système fiscal actuel fondé sur la consommation des fossiles qu?à la mesure de la PAC en elle-même.
11 Voir Gillingham, K. (2012), Selection on anticipated driving and the consumer response to changing gasoline prices, Yale University Working Paper.
Économies
de carburant
Économies
d?entretien
Coût
d?anticipation
et de
performance
accrue
du véhicule
Prime Gain pour
l?usager
avec prime
551 256 - 1 485 3 090 2 412
Tableau 1 : bilan moyen par bénéficiaire pour 2023
En euros, TTC
Champ : véhicules particuliers, France.
Source: ASP, calculs CGDD
https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/Rapport/fs-2019-rapport-la-valeur-de-laction-pour-le-climat_0.pdf
https://www.strategie-plan.gouv.fr/publications/levaluation-socioeconomique-investissements-publics-tome1
Prime à la conversion des véhicules: bilan socio-économique et environnemental pour 2023
Ils représentent l?essentiel des gains environnementaux de
la PAC, avec 78% des gains de réduction des émissions de
CO2, 85% des gains de réduction de NOx et la quasi-totalité
des gains de réduction des PM.
La part des VP électriques dans le total des VP acquises
via la PAC poursuit sa progression et atteint 66% en 2023,
largement au-dessus de la part de marché de ces véhicules
dans le total des ventes (17%) ? (graphique 2). La hausse
par rapport à 2022 s?explique notamment par le
renforcement des exigences en matière de performances
environnementales des véhicules thermiques éligibles au
dispositif et aussi par une hausse de la prime pour l?achat
d?un VE. La part des véhicules à essence a ainsi continué à
reculer en 2023 (32%, contre 35% en 2022). La part des
véhicules hybrides rechargeables a diminué par rapport à
2022 et reste marginale (2%).
En 2023, la part des VP achetées neuves avec l?aide
de la PAC continue de croître (71%, contre 62% en 2022).
Cette évolution est directement liée à l?incitation de plus
en plus forte pour les VE, encore peu disponibles sur le
marché de l?occasion (1,7% des véhicules d?occasion
vendus en 2023), et à la possibilité de coupler la PAC au
bonus écologique (77% des acheteurs de véhicules neufs
ont également bénéficié du bonus écologique). L?ensemble
des véhicules achetés neufs ont un taux d?émissions
unitaire moyen de 38,2 gCO2/km contre 44,1 gCO2/km en
202214. Cetaux est tiré à la baisse par les VE. Il est très
inférieur à la moyenne de l?ensemble des VP neuves
immatriculées en 2023 (96,2 gCO2/km). Pour les véhicules
achetés d?occasion, l?écart est un peu plus important:
71,7gCO2/km pour les véhicules achetés avec la PAC,
contre 128,4 gCO2/km pour l?ensemble des véhicules
d?occasion achetés en 2023.
LES VOITURES ÉLECTRIQUES DEVIENNENT PLUS
ACCESSIBLES AUX MÉNAGES MODESTES
La progression des acquisitions de VP électriques neconcerne
pas uniquement les ménages les plus aisés:lamoitié la plus
modeste des ménages a acquis plus de 27000 VE dans le
cadre de la PAC (soit 66% des achats de VE ayant bénéficié
de la PAC). Ainsi, grâce à l?émergence d?un marché de
l?occasion et à des primes attribuées en 2023 plus généreuses
qu?auparavant, 53% des ménages des deux premiers déciles
bénéficiaires de la PAC ont pu opter pour un VE.
CIBLAGE DU DISPOSITIF: 71% BÉNÉFICIAIRES SONT
DES MÉNAGES MODESTES
La mesure bénéficie majoritairement aux ménages modestes
(avec un RFR/part en dessous du niveau médian,
correspondant à la moitié des ménages français) qui
représentent plus de 71% des bénéficiaires, soit 12 points de
plus qu?en 202215. Les 20% des ménages les plus modestes,
c?est-à-dire ceux appartenant aux deux premiers déciles de
revenus, ont représenté plus de 34% des primes attribuées
en 2023. Les ménages des déciles 3 à 5, ayant un profil «gros
rouleurs », ont bénéficié d?une prime plus élevée et
représentent 16% du budget du dispositif (graphique 3).
LE DISPOSITIF PROCURE DAVANTAGE DE BÉNÉFICES
LORSQU?IL CIBLE LES MÉNAGES MODESTES
Les gains associés à chaque prime dépendent fortement de
la catégorie de ménages à laquelle elle est versée.
12 Une étude de Durrmeyer et al. (2024) pour France Stratégie suggère la non-significativité de l'anticipation de mise au rebut des véhicules dans l'ensemble du parc. Cette
étude, n'ayant pas accès aux données individuelles des véhicules concernés, ne met pas en cause nos hypothèses d'anticipation.
13 La durée d?anticipation dépend de l?âge du véhicule mis au rebut, du rapport de la prime au prix du véhicule acquis et d?une élasticité prix liée au caractère imposable ou
non du bénéficiaire.
14 Ces chiffres correspondent aux émissions théoriques mesurées à l?homologation selon la norme WLTP.
15 Dans la présente évaluation, les déciles de RFR/part ont été définis, tant pour 2023 que 2022, à partir des données des revenus des ménages de 2022, les derniers en date disponibles.
Cela peut expliquer que les chiffres cités pour 2022 diffèrent de la précédente publication, pour laquelle les déciles de RFR/part n?avaient pas été mis à jour sur ces données.
16 Données de RFR/part non disponibles pour 476 dossiers.
Graphique 2: évolution du taux d?émissions moyen
et de la motorisation des véhicules acquis avec la PAC
En %
* Véhicules hybrides rechargeables.
Lecture: pour chaque année est donnée la part de chaque motorisation des
véhicules acquis avec la PAC, dont l?évolution se traduit par une baisse du taux
d?émissions moyen de 2018 à 2023.
Champ: véhicules particuliers, France.
Source: ASP, calculs CGDD
Essence Diesel Électrique VHR*
2018 2019 2020 2021 2022 2023
100
90
80
70
60
50
40
30
20
10
0
134,1 gCO2/km 132,4 gCO2/km 102,1 gCO2/km 69,3 gCO2/km 44,1 gCO2/km 38,2 gCO2/km
Graphique 3 : répartition du nombre et du montant total
des primes attribuées en 2023, selon la catégorie
de bénéficiaires
En %
Note : les ménages sont catégorisés par décile de revenu fiscal de référence
annuel (RFR/part). Les ménages des déciles 3-5 ayant un profil « gros rouleurs »
ont bénéficié d?une surprime. Le cercle intérieur représente le nombre des primes
et l?anneau extérieur le montant total. Ainsi, les ménages des deux premiers déciles
de revenu bénéficient de 34,1 % du montant total des primes accordées tandis
qu?ils constituent 23,2 % des dossiers.
Champ : véhicules particuliers, France.
Source: ASP, calculs CGDD16
Déciles 1-2 Déciles 3-5 « gros rouleurs » Déciles 3-5 autres
Déciles 6-8 Déciles 9-10 Personnes morales
Parts dans
le nombre
de dossiers
Part dans
le montant total
de la PAC
18,1
26,5
15,7
34,1
4,2
5,2
1,3
9,4
23,2
1,6
22,2
38,3
https://www.ipp.eu/publication/evaluation-des-mesures-de-soutien-aux-vehicules-propres/
www.ecologie.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service de l?économie verte et solidaire (SEVS)
Sous-direction de l?économie et de l?évaluation
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal: septembre 2025
ISSN: 2555-493X (en ligne)
Directeur de publication: Brice Huet
Rédacteur en chef: François Leray
Coordination éditoriale: Céline Blivet
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
Lesprimes versées aux ménages les plus modestes et aux
ménages modestes «gros rouleurs» présentent un bilan
socio-économique unitaire bien meilleur que les autres
catégories (graphique 4). Au-delà des coûts associés à leur
kilométrage élevé, ces ménages possèdent en effet des
véhicules en moyenne plus anciens, plus souvent diesel,
pour lesquels la mise au rebut est associée à des gains
environnementaux plus élevés. En moyenne, les bénéfices
environnementaux induits par le renouvellement anticipé du
véhicule de ces ménages pèsent ainsi deux à trois fois plus
dans le bilan global que ceux associés aux autres ménages.
Le bilan socio-économique moyen par ménage obtenu en
2023 est inférieur à celui de 2022: il s?élève à 440 ¤ en 2023,
contre 462 ¤ en 2022. En revanche, pour les ménages
modestes (1-2 déciles de revenu), le bilan socio-économique
est équivalent entre 2023 et 2022. Il est en outre supérieur au
COFP correspondant, comme c?était aussi le cas en 2022.
MÉTHODOLOGIE
Cette évaluation socio-économique ex-post a été réalisée
à partir des données exhaustives d?attribution de primes
fournies par l?Agence de services et de paiement (ASP).
Laméthodologie est restée similaire à celle décrite dans
Prime à la conversion des véhicules particuliers en 2019 :
bilan socioéconomique (CGDD, Théma Analyse, septembre
2021).
Deux précisions méthodologiques sont apportées pour
l?année 2023:
1) Gestion d?un taux de non-réponse en baisse concernant
les revenus des bénéficiaires. Dans les données pour l?année
2023, la variable « revenu du ménage » n?est pas renseignée
dans 15 % des cas, contre 26 % pour l?année 2022. Le
procédé mis en oeuvre pour l?imputation de ces valeurs
manquantes est resté le même que lors de la précédente
évaluation, à savoir une imputation par « hot-deck »
aléatoire.
Des tests de sensibilité concluants ont été réalisés afin de
tester la fiabilité des résultats obtenus avec cette méthode
d?imputation.
2) Légère modification au niveau de l?hypothèse des prix
des carburants: sont utilisés pour cette évaluation les prix
moyens observés sur l?année 2022, à savoir 1,87 ¤/l TTC
pour l?essence et 1,82 ¤/l TTC pour le gazole17. Le prix
moyen considéré pour la recharge d?un VE est d?environ
3,20¤/100km.
Kiarash MOTAMEDI, SEVS
Didier ROUCHAUD, SEVS
Ethan TOUATI*, SEVS
* en poste au SEVS au moment de la rédaction de la publication
17 Source: DGEC.
Graphique 4: gain socio-économique moyen
par catégorie de ménages
En euros
Lecture: en moyenne, un ménage modeste au profil «gros rouleur» contribue
à hauteur de 592 ¤ en 2023 au bénéfice socio-économique total net, alors qu?il
contribuait àhauteur de 858 ¤ en 2022. Le COFP correspondant s?élève à 1040¤
en 2023 contre 827 ¤ en 2022.
Notes: gainSE22_D22 = gains socio-économiques de 2022 avec les déciles de
revenus de 2022. COPF22_D22 = coût d?opportunité des fonds publics de 2022
avec les déciles de revenus de 2022.
Champ: véhicules particuliers, France.
Source: ASP, calculs CGDD
GainSE22_D22 COFP22_D22 GainSE23_D22 COFP23_D22
Déciles 1-2 Déciles 3-5
«gros rouleurs»
Déciles 3-5
autres
Déciles 6-8 Déciles 9-10
1200
1100
1000
900
800
700
600
500
400
300
200
100
0
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/thema_analyse_09_prime_conversion_vehicules_particuliers_en_2019_septembre2021.pdf
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/thema_analyse_09_prime_conversion_vehicules_particuliers_en_2019_septembre2021.pdf