Document stratégique de bassin maritime Antilles : fiches thématiques
Auteur moral
Conseil Maritime Ultramarin du Bassin Antilles (CMUBA)
Auteur secondaire
Résumé
Le décret n° 2014-483 du 13 mai 2014 relatif aux conseils maritimes ultramarins et aux documents stratégiques de bassin maritime, codifié aux articles R.219-1-23 à R.219-1-28 instaure le document stratégique du bassin (DSB) comme déclinaison sur le bassin Antilles de la Stratégie Nationale pour la Mer et le Littoral (SNML). Le document stratégique de bassin maritime précise et complète les orientations de la stratégie nationale pour la mer et le littoral au regard de ses enjeux économiques, sociaux et écologiques propres. Il est composé de 10 fiches thématiques, ainsi que 3 annexes (état des lieux, cartographies et indicateurs de suivi des objectifs). Le document stratégique de bassin maritime Antilles a été validé en plénière du CMUBA et approuvé par arrêté interpréfectoral n°R02-2021-06-17-00005 et n°971-2021-06-24-00010 du 17 juin 2021.
Editeur
CMUBA
Descripteur Urbamet
coopération interrégionale
;protection de l'environnement
;biodiversité
;mer
;formation
;profession
;tourisme
;loisir
;pêche (secteur d'activité)
;navigation de plaisance
;port maritime
;recherche
;innovation
;ressources naturelles
Descripteur écoplanete
Thème
Maritime
Texte intégral
Document stratégique de
bassin maritime des
Antilles
Version finale
Secrétariat du CMUBA ? Juin 2021
FICHES THÉMATIQUES
Coopération régionale maritime | Environnement marin | Formation aux métiers de la mer
Mer & Société | Pêche & aquaculture |Plaisance, croisière & activités nautiques
Ports de commerce & réseaux maritimes | Recherche & innovation | Ressources marines | Risques
Sommaire
Préambule...................................................................................................................................................................................................1
Coopération régionale maritime...............................................................................................................................................................7
Environnement marin..............................................................................................................................................................................12
Formation aux métiers de la mer...........................................................................................................................................................21
Mer et société............................................................................................................................................................................................26
Pêche et aquaculture................................................................................................................................................................................32
Plaisance, croisière et activités nautiques..............................................................................................................................................42
Ports de commerce et réseaux maritimes..............................................................................................................................................51
Recherche et innovation..........................................................................................................................................................................60
Ressources marines..................................................................................................................................................................................65
Risques......................................................................................................................................................................................................71
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Préambule
1° Le cadrage national
Présente dans tous les océans sauf l?Arctique, la France dispose du deuxième espace maritime mondial, avec plus de 10 millions de km². Elle
dispose ainsi d?atouts inestimables en termes de patrimoine naturel marin et de croissance économique maritime. La politique maritime de la France se
veut à la fois protectrice de la biodiversité et de la ressource, mais également soucieuse de développer une activité économique durable.
En effet, la mer et le littoral font l?objet de nombreux usages. Ils sont également soumis à de nombreuses pressions du fait de l?urbanisation, de
l?artificialisation des sols, du changement climatique, des pollutions terrestres ou de l?impact des activités maritimes. Pour que la mer et le littoral soient des
lieux d?échanges, de richesses, de partage, de connaissances et de culture, la France s?est engagée dans une politique maritime prenant en compte la
préservation du milieu marin, patrimoine commun de la nation, ainsi que le développement économique des activités maritimes et littorales, en favorisant
une gestion intégrée de la terre et la mer.
La stratégie nationale pour la mer et le littoral, adoptée par décret en février 2017 et prévue aux articles L219-1 et suivants du code de l?environnement, a
la responsabilité de donner un cadre de référence pour les politiques publiques concernant la mer et le littoral. Elle traite, dans une perspective de gestion
intégrée, des six thèmes suivants d?après l?article R219-1-1 du code de l?environnement :
? la protection des milieux, des ressources, des équilibres biologiques et écologiques ainsi que la préservation des sites, des paysages et du
patrimoine ;
? la prévention des risques et la gestion du trait de côte ;
? la connaissance, la recherche et l?innovation ainsi que l?éducation et la formation aux métiers de la mer ;
? le développement durable des activités économiques, maritimes et littorales et la valorisation des ressources naturelles minérales, biologiques et
énergétiques ;
? la participation de la France à l?élaboration et à la mise en oeuvre de politiques internationales et européennes intégrées pour la protection et la
valorisation des espaces et activités maritime ;
? la gouvernance associée à cette stratégie, les moyens de sa mise en oeuvre et les modalités de son suivi et de son évaluation.
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2° Une déclinaison locale à l?échelle du bassin Antilles
Cette stratégie nationale se décline en outre-mer par des documents stratégiques de bassin maritime, qui ont pour vocation de coordonner toutes les
politiques sectorielles s?exerçant en mer ou sur le littoral. La gouvernance de chacun de ces bassins est assurée par un conseil maritime ultramarin (créé
par le décret 2014-483 du 13 mai 2014).
Quatre bassins maritimes ont été créés, dont « le bassin Antilles1, correspondant aux littoraux et aux eaux sous souveraineté ou juridiction françaises
bordant la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy ». Le conseil maritime ultramarin du bassin Antilles (CMUBA) a été installé le 8
mars 2016. Il est co-présidé par les Préfets de Guadeloupe et de Martinique. Il compte 80 membres et 6 collèges.
La présidence de ce Conseil maritime ultramarin du bassin Antilles (CMUBA) est assurée « conjointement par les préfets de la Martinique et de la
Guadeloupe, ou leurs représentants. Le préfet délégué pour Saint-Martin et Saint-Barthélemy, ou son représentant, est de droit vice-président du
conseil. »2. Son secrétariat est assuré par les Directions de la mer de la Guadeloupe et de la Martinique.
1Article R219-1-15 du code de l?environnement
2Article R219-1-17 du code de l?environnement
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Cette gouvernance de la mer et du littoral, à une échelle supra-régionale, est tout à fait nouvelle et doit permettre de porter l?ambition de la
France en matière de politique maritime intégrée outre-mer.
Le CMUBA ? dont la composition a été prise par arrêté inter-préfectoral, conformément aux règles inscrites au code de l?environnement et en respectant
un équilibre territorial entre les 4 îles du bassin, comprend 80 membres, répartis en 6 collèges : État / collectivités / acteurs économiques / organisations
syndicales de salariés / associations de protection de l?environnement et usagers de la mer / personnalités qualifiées.
Le CMUBA peut ainsi être considéré comme le lieu privilégié d?échanges et de concertation sur tous les sujets ayant trait à la mer et au littoral sur le
bassin Antilles.
Le document stratégique de bassin Antilles ici présenté est le fruit d?une concertation auprès de tous les acteurs du monde maritime des Antilles
françaises.
3° L?opposabilité du document
L?article L219-4 du code de l?environnement définit les conditions d?opposabilité du document stratégique de bassin maritime :
1/ Il y a obligation de compatibilité (non-contrariété) pour les plans, schémas, programmes relatifs aux activités localisées exclusivement en mer.
Citons à titre d?exemples le Schéma de mise en valeur de la mer (SMVM), le Schéma régional de développement de l?aquaculture marine (SRDAM), les
mesures du SDAGE en mer, les projets de travaux/ouvrages/aménagements en mer soumis à étude d?impact, etc.
2/ Il y a obligation de prise en compte pour les plans/programmes/schémas susceptibles d?avoir une incidence significative sur la mer. Citons à titre
d?exemples le Schéma régional climat-air-énergie, les Scot, etc.
4° L?élaboration du document stratégique de bassin (DSB)
Le document stratégique de bassin est élaboré par l?État et les collectivités locales, membres des collèges 1 et 2 du Conseil maritime qui se réunissent à
ce titre au sein d?une commission dite « commission du DSB ». Le processus d?élaboration du document stratégique de bassin a été lancé lors de la 1ère
séance plénière du Conseil maritime le 8 mars 2016, en présence du Secrétaire général à la mer. Depuis lors, de nombreuses réunions se sont tenues sur
les 4 îles du bassin, afin que ce document soit le plus concerté et le plus partagé possible. Des séminaires de travail se sont réunis en 2018 et 2019,
réunissant chacun une cinquantaine de personnes, pour travailler sur des tables rondes thématiques pour établir les grands enjeux du bassin. Ces tables
rondes ont été présidées par des acteurs de 1er plan : élus locaux, socio-professionnels et membre du corps diplomatique de l?Ambassade de France à
Sainte-Lucie pour la table ronde « coopération ».
En parallèle, une commission thématique dédiée au nautisme a été mise en place afin de mettre en cohérence les projets des 4 îles, d?élaborer une
doctrine Antilles et de porter leurs voix dans les instances nationales du nautisme.
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Le projet final du document stratégique de bassin a été présentée lors de la plénière du 11 juin 2019 et a fait l?objet d?une consultation écrite de tous les
membres du CMUBA au cours du second semestre 2019. La version ici présentée a fait l?objet d?un avis favorable des membres du Conseil maritime
ultramarin du 23 janvier 2020.
La procédure d?approbation du document qui s?ensuit est la suivante :
- saisine de l?autorité environnementale,
- consultation des organismes cités au R219-1-24 du code de l?environnement,
- consultation du public,
- saisine des ministres en charge de la mer et des outre-mer.
À l?issue, après consultation de la commission du DSB et de l?ensemble des membres réunis en séance plénière, le DSB Antilles sera adopté pour une
durée de 6 ans par arrêté conjoint des Préfets de Guadeloupe et de Martinique.
5° Le document stratégique de bassin
Au fil des discussions dans l?élaboration du document, la commission DSB a préconisé une présentation de ce document sous forme de 10 fiches
thématiques pour bien prendre la mesure de chacun des grands thèmes et pour faciliter la lecture du document. Les 10 thématiques retenues se divisent
en thématiques transversales et en thématiques filières.
Paradigme : changement climatique
Pêche & aquaculture
Thématiques « filières »
Plaisance, croisière & activités nautiques
Port de commerce & réseaux maritimes
Ressources marines
Coopération régionale maritime
Thématiques « transversales »
Environnement marin
Formation aux métiers de la mer
Mer & Société
Recherche & innovation
Risques
Toutefois, tous ces sujets sont interdépendants et la vision stratégique du bassin que porte ce document ne saurait se limiter à une lecture fragmentée.
Chaque fiche thématique se décompose de la manière suivante :
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? un état des lieux simplifié, avec mise en exergue des chiffres clés et éventuellement de cartographies,
? une matrice atouts ? forces ? opportunités ? menaces (AFOM) permettant, à partir de l?état des lieux, de définir les enjeux prioritaires,
? des tableaux présentant les enjeux et les objectifs tels que ressortis lors des séminaires d?élaboration du DSB.
Les thématiques « filières » sont interconnectées avec les thématiques
« transversales ». Pour chacune des 4 fiches thématiques « filières », un diagramme
représente ces interactions, permettant de faciliter la lecture du DSB. De plus, il est
spécifié pour chaque enjeu inscrit au DSB les éventuels liens avec les autres
thématiques du DSB.
En outre, un enjeu transversal s?impose à toutes ces thématiques : il s?agit du changement climatique, véritable paradigme dans lequel s?inscrit le DSB,
tant par la nécessité de le limiter que par l?impératif de se préparer aux changements qu?il va induire.
L?enjeu du changement climatique doit effectivement être pris en compte à tous les niveaux, y compris à un niveau stratégique comme le DSB. Le
changement climatique ne fait donc pas l?objet d?une fiche thématique du DSB, car de part son caractère absolu et transversal, il est abordé dans la
majorité des fiches thématiques :
? Dans chacune des fiches thématiques « filières », un enjeu de performance environnementale est défini afin que les filières de l?économie bleue
tendent vers des pratiques plus vertueuses et plus économes en gaz à effet de serre et autres polluants. La fiche thématique « ressources
marines » met en avant de nouvelles technologies ou énergies marines qui pourraient être une solution vers des énergies bas carbone.
? La fiche « environnement marin » met en valeur le patrimoine écologique et environnementale du bassin maritime. C?est un véritable atout
commercial et touristique, et une opportunité forte pour un développement durable des activités maritimes.
? Pour la thématique « recherche et innovation », le changement climatique est l?un des facteurs prépondérants conditionnant la recherche.
? La fiche « risque » met en avant l?impact fort du changement climatique sur les risques naturels que peuvent subir les îles (ouragans, érosion du
trait de côte, etc).
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Le document stratégique de bassin est également composé :
? d?un état des lieux complet, validé par le Conseil maritime le 11 juin 2019 et porté en annexe 1,
? d?un atlas cartographique des enjeux socio-économiques, porté en annexe 2,
? d?un recueil d?indicateurs de suivi de ce document stratégique, porté en annexe 3.
Au cours des 6 ans de validité de ce DSB, un suivi annuel sera produit afin de communiquer sur l?évolution des indicateurs. Le secrétariat du CMUBA
assurera le pilotage de ce document annuel, avec l?appui de la commission du DSB et de groupes de travail dédiés qui pourraient être mobilisés. L?état
des lieux pourra également utilement être actualisé à mi-parcours.
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Coopération régionale maritime
Le contexte global de la coopération régionale
Compte tenu de la nature insulaire et du positionnement au coeur de l?arc caribéen
du « bassin Antilles », les questions relatives à la coopération régionale doivent être
au coeur du document stratégique de bassin. L?espace maritime dans les Antilles est
particulier : la fragmentation de la région, les faibles distances entre les îles, les
enjeux économiques, politiques et environnementaux, les moyens inégaux dont
disposent les États pour exploiter et surveiller leur domaine maritime, etc., tout
concourt à faire de la mer un espace sensible, un lieu à la fois de coopération mais
également de conflits d?usage.
Grandes caractéristiques de la coopération régionale maritime
? Au niveau de la protection de l?environnement marin, la France est
signataire de la convention pour la protection et la mise en valeur du milieu
marin dans la région des Caraïbes (convention de Carthagène).
? Au niveau de la gestion de la ressource halieutique, la France fait partie de
la Copaco (Commission Pêche de l?Atlantique Centre Ouest) et de l?ICCAT
(Commission internationale pour la conservation des thonidés de
l'Atlantique).
? Au niveau de la sécurité en mer, en particulier grâce au CROSS AG (Centre
Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage aux Antilles et en
Guyane) hébergé en Martinique, mais également avec des initiatives
régionales comme la CARICOM-CBSI (Caribbean Basin Security Initiative).
Outils financiers dédiés à la coopération
Le principal outil financier dédié à la coopération est l?Interreg Caraïbes, programme
européen visant à promouvoir la coopération entre les RUP et les pays de la région
Caraïbe.
Parmi les projets approuvés et en cours, il y a notamment le projet « Odyssea
Caraïbes Blue Growth Multi-Destination » porté par la Communauté
d?Agglomération de l?Espace Sud Martinique qui vise la création d?itinéraires
nautiques transnationaux, afin de favoriser le développement économique et
l'internationalisation du tourisme côtier et maritime, ou encore le projet « CARIB-
COAST », qui vise à mettre en oeuvre un réseau caribéen de surveillance de
prévention des risques côtiers et d?adaptation au changement climatique, ou le
projet « CARIMAM » pour la protection des mammifères marins dans la Caraïbe.
Le fonds européen de développement (FED) peut également être mobilisé pour
financer des projets communs à des bénéficiaires caribéens.
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Martinique
Guadeloupe
Saint-Martin
Organisation des Etats de la Caraïbe Orientale (OECO)
Martinique
Guadeloupe
Saint-Barthélemy
Saint-Martin
Association des Etats
de la Caraïbe (AEC)
sont membres
associés
sont membres associés
ambitieux & en lien avec la mer
et le littoral
Des projets INTERREG Moins de 2%
des échanges
économiques
s?effectuent avec
les pays de la
Caraïbe malgré les
accords de
partenariats
économiques
3 000 000 km²
= surface sur laquelle le CROSS AG
assure la coordination des
opérations de sauvetage des
personnes et d?assistance en mer
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Un réseau diplomatique français mobilisable
Un espace maritime très important et bien positionné dans l?arc de la Caraïbe
Un bassin caribéen étant l?un des premiers bassins de navigation au monde
Des liens maritimes via les ports et le transport maritime de passagers
Les accords de partenariat économique (APE) signés en 2008, accords commerciaux pour
développer le libre-échange entre l?Union européenne et les pays ACP (Afrique, Caraïbe, Pacifique)
Une très large SRR (Search & Rescue Region) dans laquelle la sécurité maritime est
assurée par le CROSS AG, hébergé en Martinique et centre de sauvetage en mer compétent
pour l?ensemble des petites Antilles d?Anguilla à Sainte-Lucie
Une responsabilité française forte dans la sûreté maritime puisque la France a la
responsabilité de la zone Est Caraïbe, en lien avec les États-Unis et les Pays-Bas, en termes
de lutte contre les stupéfiants
CAR-SPAW, structure internationale hébergée en Guadeloupe
Des instances régionales (AEC, OECO)
Des retours d?expérience de réussites dans le domaine des transports, à capitaliser
Une fracture linguistique
Des Antilles françaises essentiellement tournées vers l?UE
Des freins aux déplacements des biens (exemple des déchets) et
des personnes (visas difficiles à obtenir) dans les Antilles françaises
malgré une proximité géographique
Peu de partage de données et d?informations ? lorsqu?elles existent
? entre institutions des différents pays
Des liens commerciaux maritimes avec les pays de la Caraïbe
faibles (ex : 90 % des exportations des GPM Martinique et
Guadeloupe vers UE)
Des prérogatives État/Collectivités qui freinent parfois les initiatives
de coopération
Un manque d?observatoires / appels à projets relatifs aux actions en cours
dans la Caraïbe
Des accords de délimitation de la ZEE entre la France et certains pays
voisins encore non définis
OPPORTUNITÉS MENACES
Existence d?organismes de coopération régionale pour la pêche (COPACO, ICCAT) pour
mieux gérer la ressource halieutique
Des enjeux similaires sur certaines grandes thématiques intéressant le CMUBA :
préservation de l?environnement marin, gestion de la ressource halieutique, résilience aux
risques climatiques, sécurité maritime, gestion des sargasses
Formalisation en cours des accords de partenariats dans le cadre du sauvetage en mer avec
6 États insulaires des petites Antilles inclus dans la zone du CROSS AG
Une capacité et des moyens de transport permettant de développer la coopération et les
échanges inter-États Caraïbes
Des institutions de coopération françaises intégrées dans des organisations inter-États Caraïbes
Un commerce illégal/informel sur les produits halieutiques
Des initiatives de coopération qui ne s?incarnent généralement pas
dans la durée
Des États non caribéens (Chine, Singapour) qui ont des ambitions
d?implantation dans la Caraïbe
Des aléas climatiques et environnementaux
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Enjeux et objectifs
ENJEU : Organisation de la coopération
Objectifs stratégiques
1.1 - Apporter aux acteurs institutionnels et
économiques une meilleure connaissance des outils
et des travaux de coopération
Il s?agit ici d?un préalable indispensable : recenser les acteurs du monde maritime
(acteurs économiques, administrations?), leurs actions et leurs besoins de
coopération.
L?identification des structures et outils capables de mener et tisser des liens de
coopération avec les pays voisins (collectivités, ambassade, acteurs économiques, etc)
est également indispensable.
La création d?un observatoire de la coopération maritime à l?échelle de la Caraïbe
pourra être envisagée.
1.2 - Identifier/créer des réseaux d?expertises
caribéennes et les mobiliser en faveur d?actions de
coopération dans le secteur maritime
Il s?agit ici de valoriser notre expertise auprès des États de la Caraïbe (formation
maritime, archéologie sous-marine?), mais également de mieux mutualiser nos
compétences pour faire face à l?émergence d?autres initiatives et pour développer
l?attractivité de notre bassin maritime.
Ce réseau d?expertises permettra également d?apporter des connaissances solides aux
décideurs politiques, comme aides à la décision. Ce réseau permettra de renforcer les
coopérations régionales autour de sujets maritimes.
Il s?agit également de multiplier les projets de recherche sur le maritime à l?échelle de la
Caraïbe.
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ENJEU : Priorités de coopération
Objectifs stratégiques
1.3 - Faire converger les politiques et réglementations
au sein de la Caraïbe et en garantir le respect
Il s?agira d?abord d?établir un état des lieux des réglementations communes en termes
de pêche, de protection des espèces, de sécurité des navires?
Il s?agit également de faire appliquer les nombreuses normes qui existent déjà, de
veiller à leur mise en oeuvre par les États.
1.4 - Monter prioritairement des opérations de
coopération à l?échelle de la Caraïbe sur :
- la gestion durable de la ressource halieutique
- les échouements massifs de sargasses
Lors de l?élaboration du document, deux sujets ont déjà été identifiés comme étant
prioritaires.
Sur la gestion durable de la ressource halieutique, il existe déjà des instances telles
que la COPACO qui portent cette coopération. La présence de navires de pêche
étrangers dans les eaux territoriales françaises est également une préoccupation.
Par ailleurs, les échouements massifs d?algues sargasses impactent l?ensemble de
l?arc antillais et la Caraïbe, appelant à une lutte et des actions de coopération entre les
différents pays de la région. Aussi, à l?issue de la conférence internationale sur les
sargasses qui s?est tenue en Guadeloupe en octobre 2019, la mise en place d?un
observatoire caribéen a été annoncée.
1.5 - Mobiliser les outils de la coopération
Les projets de coopération pourront se réaliser grâce à l?utilisation des outils de
coopération identifiés.
En lien avec les thématiques « Pêche & aquaculture », « Ports de commerce et
réseaux maritimes », « Environnement marin » et « Risques ».
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Environnement marin
1
3
2
1. Gorgones et éponges (Saint-Martin)
2. Corail corne d?élan (Saint-Martin)
3. Récifs à Saint-Barthélemy
4. Sargasses
5. Mangrove, Sainte-Luce (Martinique)
4
5
Caractérisation de la biodiversité marine du bassin Antilles
Le bassin maritime Antilles est caractérisé par sa grande diversité de paysages et
d?écosystèmes littoraux et marins (mangroves, étangs et forêts littoraux, récifs
coralliens, herbiers marins, canyons sous marins, etc.), qui, lorsqu?ils sont en bon état,
rendent de nombreux services écosystémiques (mitigation des risques, zones
fonctionnelles halieutiques, puits de carbone, nourriture pour les populations, activités
touristiques, etc.).
Les espèces marines côtières du bassin présentent un niveau élevé d?endémisme.
Les inventaires réalisés depuis 2010 (Karubenthos et Madibenthos) ont révélé
d?importantes différences entre les communautés d?espèces de Guadeloupe et de
Martinique malgré leur proximité géographique. Ce taux d?endémisme élevé est
synonyme de grande fragilité pour les écosystèmes marins, encore accrue par la
diminution observée des abondances de nombreuses espèces.
Les eaux bordant les îles antillaises abritent encore des populations de nombreuses
espèces emblématiques, pour certaines menacées (inscrites au CITES, la liste
rouge de l?UICN, dans les annexes de la convention de mer régionale de
Carthagène) : 49 espèces de requins, 24 espèces de mammifères marins, 5
espèces de tortues marines, d?importantes colonies d?oiseaux marins ou limicoles à
statut, 16 espèces de coraux, etc.
Certaines espèces font l?objet de mesures de gestion en matière de pêche, en
particulier lorsqu?elles sont menacées (oursins, lambis, langoustes, requins,
mérous, makaires?). D?autres font l?objet de mesures de préservation et de
restauration, comme les tortues marines, dans le cadre d?un plan national d?actions.
Ces populations, migratrices ou sédentaires trouvent dans le bassin maritime des
habitats essentiels à leur cycle de vie (croissance, reproduction, haltes migratoires,
alimentation). Certains de ces habitats font également l?objet de protection ou de
mesures de gestion spécifiques (parc national ou naturel marin, réserve naturelle
nationale, sites du Conservatoire du littoral, cantonnements de pêche?).
Les principales pressions et sources de dégradation de l?environnement
marin
L?état écologique des écosystèmes marins et côtiers aux Antilles est préoccupant,
notamment pour les récifs coralliens dont 80 % sont dégradés. En effet, aux
pressions globales (cyclones, température, acidification, montée des eaux), dont
l'intensité va augmenter avec les changements climatiques annoncés, s?ajoutent de
nombreuses pressions anthropiques locales, sources de dégradation pour les
habitats et la biodiversité marine des Antilles :
? les rejets d?eaux usées (dispositifs d?assainissement individuels et
collectifs en mauvais état, mauvais taux de raccordement aux réseaux
collectifs, dysfonctionnement des stations d?épuration des eaux usées),
qui provoquent une eutrophisation et une contamination du milieu
conduisant à une détérioration de la qualité des eaux littorales et de
l?état de santé des habitats côtiers ;
? le lessivage (transport de sédiments par les eaux de surfaces) des
terres agricoles, qui engendre une forte érosion (hypersédimentation
accrue sur les écosystèmes côtiers et marins) et entraîne une pollution
des eaux (produits phytosanitaires dont la chlordécone, macro-déchets,
plastiques) ;
? l?urbanisation du littoral, qui entraîne la destruction d?habitats côtiers
(principalement les zones humides côtières telles que les mangroves)
et le dépôt de matériaux polluants ;
? les activités maritimes diverses comme par exemple le dragage et le
clapage de sédiments.
À ces pressions déjà fortes et nombreuses, s?ajoutent depuis 2011 les
échouements massifs d?algues sargasses, qui détériorent les habitats côtiers
(blocage de la lumière naturelle, anoxie du milieu, etc).
Les politiques publiques pour la préservation de l?environnement marin
Du fait de l?importance des milieux, des espèces et des paysages antillais,
différentes politiques publiques ont été adoptées pour assurer leur préservation
et leur valorisation :
? la directive cadre sur l?eau, mise en oeuvre au travers des SDAGE, qui
vise à atteindre le bon état écologique et chimique des eaux côtières ;
? divers arrêtés ministériels et préfectoraux, qui ont vocation à protéger
les espèces : mammifères marins, tortues, oiseaux marins, coraux?
Dans certains cas, ces arrêtés sont soutenus par des plans d?actions
comme le Plan National d?Actions (PNA) tortues ;
? des espaces marins font l?objet de protection spécifiques constituant un
réseau d?aires marines protégées. Il en est ainsi pour le sanctuaire
Agoa (pour les mammifères marins), les espaces maritimes du parc
national de la Guadeloupe, et des réserves naturelles (Saint-
Barthélemy, Saint-Martin, Petite-Terre...), ou encore le parc naturel
marin de Martinique (qui est un outil de gestion ne créant pas de
réglementation supplémentaire).
Environnement marin | 13/80
Environnement marin | 14/80
50 pesticides différents
retrouvés dans les cours d?eau (ODE
Martinique, CIRAD)
Larges zones
côtières
contaminées à la chlordécone et
interdites à la pêche en Martinique
et Guadeloupe
Pression agricole sur la
qualité des eaux
côtières
Diversité de biodiversité entre les îles
La faune marine de la
Martinique présente moins de
50% de recouvrement avec
celle de la Gaudeloupe (MNHN)
+ de 300 espèces
de poissons côtiers
340 millions ¤
= valeur estimée des services
écosystémiques des récifs coralliens dans
les Antilles françaises (IFRECOR)
80%
des récifs coralliens des
Antilles françaises sont
dégradés
49 espèces de requins
28 espèces de mammifères
marins
5 espèces de tortues
Espèces
emblématiques
Seuls environ 40%
des foyers sont reliés à un système
d?assainissement collectif
Dispositifs d?assainissement
individuels en mauvais état
Dysfonctionnement de
nombreuses stations d?épuration
Parc Naturel Marin de Martinique
Espace maritime du Parc National de
Guadeloupe
Réserves naturelles de Saint-Martin & Saint-
Barthélemy
Sanctuaire Agoa...
Nombreuses aires marines protégées
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Un patrimoine naturel extrêmement riche, qui fait de ce bassin
un des « hot spots » de la biodiversité mondiale
La présence d?espèces emblématiques et donc un attrait
scientifique et touristique
La diversité et la connectivité des habitats côtiers
Des éléments de préservation/protection à l?échelle du bassin
avec notamment le PNA (Plan national d?actions) tortues
marines pour les Antilles et le sanctuaire Agoa
La présence d?experts largement reconnus, en particulier au
sein de l?Université des Antilles
Une fragilité liée à l?endémisme élevé de chaque île (une grande partie des taxons côtiers
est spécifique au niveau régional)
La richesse spécifique peu élevée (nombre d?espèces) en comparaison à d?autres régions
tropicales
La disparition par le passé de certaines grandes espèces (grand mérou, lamantin) et un
déséquilibre trophique dans les espèces côtières exploitées (absence des grandes
espèces et des individus de grande taille)
Une dégradation des habitats benthiques (herbiers, récifs) avec risque de dépassement du
seuil de résilience pour les communautés coralliennes
Peu de sensibilisation aux questions d?environnement marin (à l?école notamment)
Des moyens de contrôle et de surveillance trop faibles par rapport à la taille de la ZEE et la
richesse de la biodiversité (en comparaison avec l?hexagone)
Des atteintes aux écosystèmes forestiers côtiers (mangroves, etc.), facteurs de filtration
des apports terrigènes
Une qualité des eaux côtières dégradées (notamment par la chlordécone et les rejets
d?eaux usées insuffisamment traitées), au sens de la DCE
Des capacités d?analyse (laboratoires) incomplètes
Environnement marin | 15/80
OPPORTUNITÉS MENACES
Des connaissances suffisantes pour engager des actions
significatives de réduction des pressions
Une protection réglementaire de plusieurs groupes d?espèces
emblématiques : tortues, mammifères marins, coraux, oiseaux
marins, poissons
Des aires marines protégées : couverture satisfaisante, plans de
gestion et équipes dédiées
Des outils stratégiques d?orientation et d?action : SDAGE, contrat
de baies/bassins, stratégie du Conservatoire du littoral, mais des
stratégies régionales pour la biodiversité (SRB, TVB, SRCE) à
construire
Une montée en puissance de l?OFB (ingénierie écologique au
service des territoires) avec la perspective de partenariats
locaux (sous forme par exemple d?Agences Régionales pour la
Biodiversité)
Des services de police coordonnés (COPOLEN, MIPE, MISEN)
et des moyens de détection renouvelés aux Douanes et à la
Marine nationale
Un CROSS AG, centre opérationnel joignable H24 pour signaler
les atteintes à l?environnement
La mise en place d?une filière de déconstruction des navires de
plaisance (responsabilité élargie du producteur, éco-organisme
agréé)
Une révision des SDAGE en cours d?élaboration
Un assainissement privé ou collectif en mauvais état et un faible taux de raccordement
aux réseaux collectifs
Des pratiques agricoles (érosion des sols, produits phytosanitaires, effluents d?élevage)
qui impactent la qualité des eaux côtières
Une influence sur l?environnement marin (dérangement, pollutions) des pratiques
récréatives (sportives, festives, d?observation des mammifères marins, etc.) et de
certaines manifestations nautiques d?ampleur
Des mouillages de navires de commerce et de plaisance non régulés dans certaines
zones à enjeux (herbiers)
Un effort de pêche encore trop important sur les populations d?herbivores
Des aires marines protégées (AMP) qui manquent de mesures de protection fortes
Une expertise sur le milieu marin qui repose sur un faible nombre d?experts scientifiques
Une pollution aux macro-déchets plastiques : gestion des plages, des ravines,
nombreuses épaves de navires avec un stock grandissant (cyclones, abandon de navires,
etc.)
Des pratiques de pêche illégales et informelles importantes difficiles à combattre faute de
moyens de contrôle suffisants (pêche de lambis juvéniles, pêche d?oursins blancs, pêche
de loisir à réguler?)
Le réchauffement climatique et les changements globaux
Des espèces invasives (poisson lion, herbiers)
La maladie SCTLD menace les coraux
Environnement marin | 16/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Pollutions
Objectifs stratégiques
2.1 - Gérer la pollution par la chlordécone
La chlordécone est un pesticide organochloré épandu sur les champs de bananes
jusqu?au début des années 1990. Doté d?une forte rémanence dans le milieu naturel, il
est retrouvé dans les organismes aquatiques, y compris les produits de la pêche.
L?accompagnement de la gestion de la pollution par la chlordécone passe par les Plans
Chlordécone financés par l?État, dont le plan chlordécone IV (2021-2027).
(Objectif qui ne concerne pas Saint-Martin et Saint-Barthélemy)
2.2 - Lutter contre les échouements massifs d?algues
sargasses
Les échouements massifs de sargasses engendrent des impacts sanitaires (émanation
de gaz toxiques), économiques (tourisme, pêche), et environnementaux. La lutte
contre les échouements est une priorité forte de l?action publique.
2.3 - Réduire la pollution plastique
Le plan biodiversité de l?État, signé en 2018, fixe un objectif ambitieux de 0 plastique
rejeté en mer d?ici 2025.
2.4 - Améliorer la qualité des eaux côtières et
atteindre les objectifs des SDAGE
L?état des lieux indique une qualité des eaux côtières globalement moyenne à
mauvaise au sein du bassin maritime. Les actions menées, en conformité avec les
SDAGE (lutte contre l?assainissement défectueux, les pollutions diffuses et l?érosion
des sols), doivent permettre d?améliorer la qualité des eaux.
2.5 - Prévenir les pollutions par les navires
Les navires sont soumis à des réglementations nationales ou internationales qu?il
convient de contrôler et renforcer. La lutte contre les BHU doit se renforcer, grâce à la
mise en place de la filière REP (responsabilité élargie du producteur).
ENJEU : Activités maritimes
Objectifs stratégiques
2.6 - Organiser spatialement les occupations et
activités en mer pour réduire les pressions
En cas de conflits d?usages en mer ou de trop fortes pressions sur le milieu marin,
l?organisation spatiale des activités via des outils réglementaires peut être une réponse
adaptée afin de préserver l?environnement.
2.7 - Assurer la transition écologique des activités
maritimes
Les filières et activités de l?économie bleue doivent assurer leur transition écologique.
Les objectifs sont précisés dans chacune des fiches thématiques « filières ».
Environnement marin | 17/80
ENJEU : Sensibilisation à l?environnement marin
Objectifs stratégiques
2.8 - Développer la conscience environnementale
chez les plus jeunes La sensibilisation à l?environnement est un enjeu fort pour pérenniser les politiques
environnementales dans le temps.
Ces objectifs se retrouvent dans les thématiques « mer & société » et « plaisance,
croisière & activités nautiques ».
2.9 - Sensibiliser les pratiquants de loisirs nautiques
à l?environnement marin
2.10 - Sensibiliser les élus à la richesse, la protection
et la mise en valeur du milieu marin
ENJEU : Espèces et des habitats
Objectifs stratégiques
2.11 - Renforcer les mesures de gestion et de
protection au sein des AMP existantes
La surface maritime couverte par les aires marines protégées est jugée suffisante : en
juillet 2019, 33,3% des eaux françaises sont couvertes par au moins une aire marine
protégée (alors qu?elles n?étaient que 0,3% en 2006). L?objectif fixé à 20% à
horizon 2020 ? deux fois supérieur aux engagements internationaux ? est d?ores et
déjà atteint.
Il s?agit désormais de renforcer les mesures de gestion en leur sein.
2.12 - Protéger et reconquérir les zones humides /
mangroves et récifs coralliens
La préservation des espèces et des habitats est une priorité forte pour la reconquête
de la biodiversité. Le plan biodiversité de l?État, signé en 2018, fixe un objectif de
100 % des récifs coralliens protégés d?ici 2025. Leur protection passe avant tout par
l?amélioration de la qualité des eaux côtières.
2.13 - Restaurer les habitats marins
La restauration des habitats marins reste une alternative même si l?objectif premier doit
être la protection.
2.14 - Lutter contre les espèces invasives
Les espèces invasives sont l?un des premiers facteurs de l?érosion de la biodiversité à
l?échelle mondiale. Le bassin maritime est déjà menacé : poisson lion, halophilea, etc.
2.15 - Préserver le domaine public maritime naturel
L?économie bleue s?exerce majoritairement en mer et sur le littoral, impliquant une
occupation croissante du domaine public maritime. Les stratégies départementales de
gestion du DPM naturel (en Martinique et Guadeloupe) sont des documents
respectivement validés ou en cours d?élaboration, donnant un cadre pour la gestion
durable du DPM naturel, alliant la possibilité de mise en place d?installations en mer
tout en préservant l?environnement et les paysages.
Environnement marin | 18/80
2.16 - Préserver les espèces marines à statut
La protection des espèces marines est également prioritaire. Plusieurs outils existent
déjà, qu?il faudra veiller à maintenir tant que la situation ne s?améliore pas : les PNA
Tortues marines et Iguane, la réglementation de la pêche maritime, le sanctuaire Agoa
pour la protection des cétacés, etc.
ENJEU : Financement
Objectifs stratégiques
2 .17 - Trouver des modes de financement innovants
L?objectif est de solliciter ou de faire naître des initiatives privées afin de financer en
partie la préservation de l?environnement marin.
ENJEU : Gouvernance
Objectifs stratégiques
2.18 - Renforcer la qualité de gouvernance des AMP
(moyens, réseaux des AMP, etc)
De nombreux outils de gouvernance existent désormais afin d?agir en faveur de la
protection de l?environnement marin : le CMUBA, les comités eau & biodiversité, les
instances gestionnaires des aires marines protégées (parc naturel marin, réserve, parc
national, parc naturel régional, etc), les contrats de milieu, etc.
Il s?agit d?assurer une meilleure coordination entre les plans de gestion et schémas
directeurs de ces outils de gouvernance afin de garantir une cohérence des actions,
compte-tenu des compétences de chacun.
Il est enfin nécessaire de mieux prendre en compte le lien terre-mer et l?interface qu?est
le littoral. Les politiques publiques terrestres et maritimes se croisent et doivent
chacune prendre l?autre en compte.
2.19 -Améliorer la gouvernance sur le littoral
2.20 - S?appuyer sur les comités de l?eau et de la
biodiversité (CEB) pour agir en faveur de la
biodiversité marine
2.21 - Mettre en oeuvre les actions prévues pour
réduire les pollutions d?origine terrestre par les
documents stratégiques tels que le SDAGE et les
documents d?orientations agricoles
ENJEU : Police
Objectifs stratégiques
2.22 - Renforcer la police contre la délinquance
environnementale
La mer est un espace partagé et libre, et l?intensification des actions de police contre la
délinquance environnementale est une attente forte des professionnels du monde
maritime, et des usagers de la mer.
Environnement marin | 19/80
ENJEU : Réchauffement climatique
Objectifs stratégiques
2.23 - S?adapter pour faire face au réchauffement
climatique
Cet enjeu est transversal et commun à de nombreuses thématiques. Il s?agira ici en
particulier de lutter contre l?érosion du trait de côte.
Cet objectif se retrouve donc également dans les thématiques « risques » et
« recherche & innovation ».
ENJEU : Connaissance
Objectifs stratégiques
L?enjeu de connaissance est commun à la très grande majorité des thématiques. Les sujets de recherche ici priorisés sont également mentionnés
dans la thématique « Recherche & Innovation ».
2.24 - Améliorer la connaissance de la biodiversité
marine
Il s?agit ici d?un objectif assez généraliste mais qui est fondamental tant le milieu marin
du bassin Antilles est riche. Des campagnes d?inventaire telles que celles déjà menées
par le Museum national d?histoire naturelle (Karubenthos et Madibenthos) ont permis
des avancées significatives mais les travaux restant à mener sont encore très
importants.
2.25 - Améliorer la connaissance sur les pressions
qui s?exercent sur les milieux littoraux insulaires et
les espèces, ainsi qu?en écotoxicologie des
principaux polluants
Outre la connaissance de la biodiversité elle-même, il est indispensable de connaître
très précisément les pressions qu?exercent les activités maritimes et les activités
anthropiques à terre, et d?en définir l?impact sur les milieux (mangroves, herbiers, récifs
coralliens) et les espèces. À partir de cette connaissance, des mesures de gestion
adaptées pourront être prises.
Ces travaux de recherche devront en particulier prendre en compte les enjeux liés au
réchauffement climatique : recul du trait de côte, montée des eaux?
2.26 - Mener des actions de recherche sur le lien
terre/mer et les impacts des modifications du climat
2 .27 - Améliorer de la connaissance pour la
restauration écologique des milieux (génie
écologique)
La priorité doit rester la protection de l?environnement marin. Toutefois, une fois que la
dégradation est constatée, des actions de génie écologique peuvent être envisagées.
Leur bonne connaissance est donc indispensable pour envisager de les mettre en
oeuvre.
2.28 - Mieux connaître l?état des masses d?eau
hauturières
Les travaux réalisés en particulier dans le cadre des SDAGE sont relatifs aux masses
d?eau côtières. L?état des masses d?eau hauturière reste relativement inconnu à ce
stade.
Environnement marin | 20/80
Formation aux métiers de la mer
Formation à l?EFPMA,
Martinique
L?économie maritime constitue d?ores et déjà une part significative des économies
insulaires des Antilles françaises, part qui devrait croître significativement dans les
années à venir : l?emploi maritime représentait 6 % de l?emploi total en Martinique
en 2015 et 8 % en Guadeloupe (INSEE, 2015).
Les métiers de la mer, très variés, se retrouvent dans des activités historiques
comme la pêche, la construction navale, les activités portuaires et de transport,
mais aussi des activités plus récentes ou émergentes comme l?aquaculture, les
énergies marines renouvelables, les biotechnologies, la transformation des
produits de la pêche, les activités sportives et touristiques liées à la mer. Ces
métiers demandent une grande technicité et une bonne connaissance de
l?environnement maritime. Ce sont des métiers de passion.
La formation à ces métiers qui permet aux jeunes et moins jeunes d?acquérir les
savoirs théoriques et pratiques doit répondre aux besoins des acteurs de
l?économie bleue.
La formation initiale
Dans le secondaire, 6 établissements, situés à Saint-Martin, en Guadeloupe et en
Martinique, proposent des formations initiales de niveau IV et V aux métiers de la
réparation nautique et de la marine marchande (pont et machine). L?université des
Antilles, présente en Guadeloupe et en Martinique, propose quant à elle l?essentiel
des formations post-bac en lien avec la mer et le littoral.
Ces formations techniques et professionnelles sont souvent peu connues et peu
valorisées. Par ailleurs, faute de disposer d?un panel suffisant de formations,
notamment dans l?enseignement supérieur, les jeunes sont contraints de quitter le
bassin pour trouver des formations et n?y reviennent pas nécessairement. Enfin, il
faut indiquer que les centres de formation maritime sont fragiles et connaissent des
difficultés pour maintenir l?agrément de leurs formations.
La formation continue
Le recours à la formation professionnelle continue n?est pas encore suffisamment
envisagé ou développé alors qu?elle permet des montées en compétences et des
réorientations professionnelles (notamment pour des salariés du monde
« terrestre »).
Depuis la réforme de la formation professionnelle, de nombreuses structures
peuvent être habilitées pour préparer des diplômes d?État ou des certificats de
qualification professionnelle (CQP) créés par les branches professionnelles. Ainsi
plusieurs CQP ont été créés par les branches Ports de plaisance et Navigation de
plaisance. Les formations sont proposées par les GRETA de Martinique Sud et des
îles du Nord à Saint-Martin ainsi que le centre Guadeloupe Grand Large.
Deux structures proposent des formations continues de navigants (ponts et
machine): l?EPFMA (Martinique) et TOP 50 en Guadeloupe, qui proposent des
formations répondant aux normes OMI. Par ailleurs, les organismes de formation
pour les marins aux Antilles respectent les normes de l?OMI, un atout dans l?arc
caraïbe. L?International Yacht Training Worldwide, dont le siège est actuellement au
Canada, est également présent à Saint-Martin et forme des personnels de conduite
des navires de plaisance professionnelle.
Enfin, les qualifications professionnelles peuvent être obtenues par l?intermédiaire
de la validation des acquis par l?expérience (VAE). Compte-tenu du nombre très
élevé de candidats, le jury VAE maritime a été délocalisé à plusieurs reprises en
Martinique et en Guadeloupe depuis 2014.
Formation aux métiers de la mer | 22/80
6% en Martinique
8% en Guadeloupe
Part de l?emploi maritime
dans l?emploi total
avec des activités TRADITIONNELLES
(pêche, construction navale, activités portuaires,
tourisme?)
ou EMERGENTES
(énergies marines renouvelables,
biotechnologies...)
Très grande diversité des métiers de la mer
6 établissements
proposent des
formations initiales de
niveau IV et V aux
métiers de la
réparation nautique et
de la navigation
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Un marché existant et solvable
Une offre de formations répartie sur le bassin pour les métiers de marin et
pour les autres métiers de la mer (logistique, entretien)
Des structures professionnelles (notamment des clusters) qui portent des
initiatives (« terre d?emploi », partenariat avec le lycée Tabarly des Sables
d?Olonne..)
Des établissements proposant des formations initiales comme continues
Une absence de calendriers de formations. Pas de lisibilité en amont alors que les besoins sont
prévisibles (revalidations notamment)
Une méconnaissance des entreprises quant aux possibilités de financements (OPCO, FSE).
Des besoins de formation peu identifiés
Un manque de coordination de l?offre de formation
Une offre de formation à la recherche limitée
Une offre de formation incomplète aux Antilles tant en formation continue qu?en formation
initiale
Des structures de formation assez fragiles (liquidation de l?Institut Régional Pêche et Marine en
Guadeloupe par exemple)
Un problème d?attractivité et d?image de certains métiers / une valorisation insuffisante
Des bassins de population insuffisants à l?échelle de chacun des territoires pris
indépendamment pour certaines formations
Une trop faible employabilité des diplômés des écoles et lycées et des difficultés pour les
navigants à trouver des embarquements
OPPORTUNITÉS MENACES
Une économie bleue pleine de potentiels sur les territoires insulaires
La prise en compte du « fait maritime » et de l?économie bleue par les
collectivités territoriales et l?État
Le dépôt de candidature pour un campus des métiers et des qualifications
(CMQ) de la mer en Martinique
Un potentiel d?ouverture à l?échelle caraïbe et la possibilité d?étendre le
marché au bassin caraïbe au-delà des seuls territoires français
La réforme de la formation maritime et la création de brevets allégés
La décision du Gouvernement de créer des lycées de la mer dans chaque
collectivité outre-mer
Une méconnaissance des activités maritimes et littorales et donc des besoins en formation par
les institutions non maritimes
La concurrence des établissements de formation étrangers
La concurrence de la main d?oeuvre étrangère à bas coût
La concurrence potentielle entre territoires français si développement d?une offre non-
coordonnée
La complexité croissante des circuits de financement et des budgets publics contraints
Formation aux métiers de la mer | 23/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Offre de formation
Objectifs stratégiques
3.1 - Identifier l?offre de formation existante Ces objectifs sont prioritaires.
Il s?agit de mieux connaître l?offre de formation maritime existante aux Antilles, initiale ou
continue, en termes de variété de formations, de nombre de formés, d?intégration des
diplômés dans les filières de l?économie bleue? et d?identifier si elle est en adéquation
avec les besoins des filières.
3.2 - Identifier les besoins spécifiques des
différentes filières maritimes en tenant compte des
gisements d?emplois locaux et durables
3.3 - Améliorer l?attractivité des centres de formation
du bassin
Les métiers de la mer sont en constante mutation et doivent s?adapter aux transitions
écologiques, énergétiques, numériques en cours. Les formations, afin de garder leur
attractivité et afin de répondre aux attentes des futurs employeurs, doivent intégrer ces
changements et les intégrer dans leurs offres. Par ailleurs, la formation continue doit
être renforcée.
3.4 - Développer l?offre de formation continue
3.5 - Développer la transmission des savoirs au sein
des entreprises
Certains métiers du monde maritime ? la pêche par exemple ? peuvent relever du
secteur artisanal. Ces métiers nécessitent un savoir-faire et une expertise très
opérationnelle, qui sont souvent transmis de génération en génération ou en tout état
de cause, par compagnonnage au sein des entreprises. Cette transmission des savoirs
doit être valorisée et encadrée.
ENJEU : Qualité de la formation
Objectifs stratégiques
3.6 - Moderniser les outils de formation existants
pour optimiser l?offre de formation à l?échelle du
bassin et accompagner de manière continue les
évolutions numériques et technologiques et de
dématérialisation Il s?agit ici de proposer des formations qui soient adaptées aux besoins des employeurs
et des offres d?emploi, ainsi qu?aux évolutions des contextes économique, social et
environnemental.
3.7 - Intégrer les enjeux de durabilité et
d?environnement marin dans tous les parcours de
formation
3.8 - Maintenir, développer et adapter les
compétences des formateurs
Formation aux métiers de la mer | 24/80
ENJEU : Sensibilisation
Objectifs stratégiques
3.9 - Valoriser et communiquer sur les métiers de la
mer
Les métiers de la mer sont peu connus et restent souvent perçus comme étant limités
aux seuls métiers de la pêche. Il s?agit donc ici de mieux promouvoir la diversité des
métiers existants et de les rendre plus attractifs.
Cet enjeu est donc également en lien avec la thématique « mer & société » puisqu?il
s?agit de sensibiliser également plus largement à l?importance de la mer (par sa
richesse en termes de biodiversité, par les emplois qu?elle peut générer, par le lien
entre les États qu?elle peut créer?)
3.10 - Promouvoir l?offre de formation existante au
sein du bassin
3.11 - Faciliter l?accès aux formations
3.12 - Favoriser l?inclusion maritime
ENJEU : Coopération régionale
Objectifs stratégiques
3.13 - Identifier l?offre et les besoins de formation de
la Caraïbe
Il s?agit de mieux identifier l?offre de formation maritime existante à l?échelle de la
Caraïbe, pour à la fois pouvoir proposer une offre aux habitants du bassin ? qui
pourraient se tourner vers des formations dans des îles voisines, plutôt que d?aller en
Europe.
3.14 - Adapter de manière ciblée l?offre de formation
à l?échelle de la Caraïbe
Mer et société
Exemples d?actions de
sensibilisation auprès des
scolaires menées par l?ATE à
Saint-Barthélemy
Tour des Yoles, Martinique
(© DM Martinique)
Pratique du surf bwa flo
(© www.martiniquesurfpro.com)
http://www.martiniquesurfpro.com/
Comme le précisait le Grenelle de la mer en 2009, « l?éducation à la mer doit
devenir une priorité ». Cette priorité est d?autant plus forte aux Antilles que les
populations se sont souvent développées « dos à la mer ». Cette réalité
s?explique en grande partie par des raisons historiques, mais sa compréhension
reste complexe.
Des activités traditionnelles de pêche et de sports nautiques
La pêche est la principale activité traditionnelle liée à la mer dont les navires
ancestraux (yoles en Martinique et saintoises en Guadeloupe, elles-mêmes
inspirées des pirogues de haute-mer des amérindiens) sont toujours en activité
aujourd?hui. La culture maritime liée à la pêche est très ancrée dans les familles
de pêcheurs qui ont longtemps été les seuls « utilisateurs » de la mer.
Aujourd?hui encore, de très nombreuses communes littorales organisent
annuellement des fêtes des pêcheurs ou des fêtes de la mer. La pratique de la
yole et des saintoises a conduit à l?organisation de régates, aujourd?hui
considérées comme des événements sportifs de 1er plan comme le célèbre Tour
des yoles en Martinique, ou le tour de la Guadeloupe en voile traditionnelle
(TGVT).
Par ailleurs, de nombreuses épaves témoignent également de l?activité maritime
accrue dès l?arrivée des colons européens dans les Antilles. Le site de Saint-
Pierre en Martinique est mondialement connu pour ses épaves, vestiges du
début du XXème siècle suite à leur destruction par l?éruption de la montagne
Pelée.
Également, le « bwa flo », la glisse sur des vagues grâce à des troncs d?arbre,
véritable ancêtre du surf en Martinique, s?est à l?époque développée pour
acheminer les tonneaux des navires à la terre. Divers évènements aujourd?hui
visent à redécouvrir cette pratique nautique ancienne et peu connue.
Une culture maritime à construire, entre sports nautiques et protection de
l?environnement
Les sports nautiques (voile, surf, kitesurf, plongée, etc) participent grandement à
l?appropriation de la mer par la population et contribuent fortement à sensibiliser les
plus jeunes. De plus en plus de « classes de mer » sont organisées afin que les
scolaires puissent découvrir et pratiquer ces sports. Des événements, comme la
Fête de la Mer à Saint-Martin, qui a fêté ses 10 ans en 2019, permettent de faire
découvrir le monde de la mer et les activités nautiques à la population à prix réduits.
Les grandes manifestations nautiques, mondialement connues comme la Route du
Rhum, les Voiles de Saint-Barth ou encore la Heineken Regatta Cup, concourent
également à cet attrait de la mer via les pratiques sportives.
Mais le développement d?une culture maritime passe également par une meilleure
connaissance de l?environnement marin, et par une sensibilisation du grand public à
sa nécessaire protection : de nombreux établissements publics comme le Parc
national de la Guadeloupe, le Parc naturel marin de la Martinique, l?Agence
Territoriale de l?Environnement à Saint-Barthélemy, ou encore des associations
comme l?École de la mer en Guadeloupe ou des centres de culture scientifique,
technique et industrielle (CCSTI) comme le Carbet des Sciences en Martinique,
multiplient les initiatives auprès du grand public et des scolaires. La mise en place
d?Aires Marines Éducatives, encouragées par l?Office français pour la biodiversité,
contribue également à cette sensibilisation.
Enfin, le rôle des entreprises d?écotourisme ? excursions en mer en particulier ? est
également essentiel pour ancrer un attrait de la mer chez les populations
guadeloupéennes, martiniquaises, saint-martinoises, et ? dans une moindre mesure
car déjà davantage tournées vers la mer ? saint-barthinoises.
Cette thématique apparaît comme centrale et constitue un pré-requis
incontournable pour l?atteinte des objectifs dans tous les autres
domaines.
Mer & Société| 27/80
ATOUTS FAIBLESSES
Un bassin Antilles composé exclusivement de
territoires insulaires, dépendants des flux
maritimes
Des activités traditionnelles tournées vers la
mer : pêche, voile traditionnelle, aviron?
De nombreux acteurs institutionnels et
associations mobilisés pour la sensibilisation du
grand public à l?importance et à la protection de
l?environnement marin
Une ouverture de lignes maritimes de passagers
reliant les îles de la Caraïbe
Des populations antillaises peu
tournées vers la mer
Une formation professionnelle
maritime peu développée
Une pratique des activités
nautiques limitée
Un faible nombre de moniteurs
de sports nautiques d?origine
antillaise, en particulier dans
les formations (DE plongée par
exemple)
L?absence de musées de la
mer
OPPORTUNITÉS MENACES
Une mobilisation des élus locaux en faveur de
l?économie bleue
L?apprentissage de la natation de plus en plus
développé : 12 % (en Martinique) et 18 % (en
Guadeloupe) des 12-30 ans ne savent pas nager
contre 45 % des 61-75 ans (source : Baromètre
Santé DOM 2014, Inpes)
Des programmes Interreg à l?échelle de la
Caraïbe
Formation des Antillais aux métiers de la mer, en
particulier dans les sports nautiques
L?installation en Martinique de l?école des
Glénans
Des plans d?eau de grande qualité pour la régate
Un potentiel d?emplois très important dans
l?économie bleue
Des capacités budgétaires
réduites des communes
La baisse du nombre de
licenciés dans les sports
nautiques (voile, aviron)
Pressions sur le milieu marin
31% des Guadeloupéens
28% des Martiniquais
contre 19% dans l?hexagone
(source: Baromètre Santé DOM 2014, Inpes)
Un objectif clair:
Se tourner vers la mer
19
Aires Marines Éducatives aux
Antilles françaises en 2019-2020
dont au moins 1 sur chaque
territoire
Plus de 200
manifestations
nautiques
déclarées chaque
année auprès des
Directions de la
Mer du bassin
Antilles
10ème édition de la Fête de la Mer
à Saint-Martin
2019
Des dizaines de milliers
de spectateurs pour les grands
événements nautiques
Ils déclarent ne pas
savoir nager
Enjeux et objectifs
ENJEU : Sensibilisation à la mer
Objectifs stratégiques
4.1 -Développer une conscience environnementale
marine chez les plus jeunes
Ces objectifs visent à ancrer une culture et une sensibilité de la mer au sein de la
population aux Antilles, afin de mieux en comprendre les enjeux (protéger les océans
et leur biodiversité) et les opportunités (emplois, loisirs, etc). Il s?agit de communiquer
de manière positive afin d?enjoindre à agir et à faire, et de ne pas être défaitiste dans
sa communication.
Auprès des plus jeunes, des outils tels que les Aires marines éducatives sont des outils
pédagogiques intéressants, qu?il conviendrait de mettre en réseau au sein du bassin
Antilles.
Par ailleurs, compte tenu en particulier du vieillissement de certains territoires
(Guadeloupe et Martinique), les personnes âgées ne devront pas être écartées de
toutes ces mesures.
En réalité, il s?agit ici de trouver ce qui fait sens et ce qui est commun à l?échelle du
bassin.
4.2 - Ancrer cette sensibilité environnementale dans
l?ensemble de la population
4.3 - Restaurer les habitats marins via des projets
citoyens et scolaires
4.4 - Valoriser le patrimoine culturel et l?histoire
maritime du bassin
ENJEU : Pratique des activités nautiques
Objectifs stratégiques
4.5 - Développer les pratiques sportives pour le plus
grand nombre
Ces objectifs visent à utiliser le sport comme vecteur de découverte et d?appropriation
de la mer et de son environnement.
La mer comme vecteur de santé et de bien-être par la pratique d?activités nautiques et
balnéaires doit également être valorisée.
Les activités et évènements pratiqués sur le littoral et en mer devraient intégrer le
concept d?éco-responsabilité.
4.6 - Renforcer les événements nautiques sportifs
4.7 - Consolider la pratique des activités
traditionnelles
Mer & Société| 29/80
ENJEU : Métiers de la mer
Objectifs stratégiques
4.8 - Renforcer le poids de l?économie bleue dans
l?économie du bassin
La croissance bleue est un des piliers de la politique maritime intégrée de l?Union
européenne. L?Europe entend mobiliser le potentiel de croissance inexploité dans son
économie bleue tout en assurant la préservation de la biodiversité et la protection de
l'environnement.
Le développement de l?économie bleue durable ? définie comme l?économie maritime
et littorale en lien avec la mer - est un des 4 grands objectifs de long terme de la
stratégie nationale pour la mer et le littoral.
Localement, les décideurs se saisissent de ce sujet, de nombreuses collectivités se
sont dotées de directions dédiées à la croissance bleue, des études sont menées pour
mieux en comprendre les contours et les potentiels.
L?économie bleue doit désormais jouer un rôle majeur dans l?économie du bassin.
4.9 - Employer les populations locales pour exercer
les métiers de la mer
En lien avec la thématique « formation professionnelle » : renforcer l?économie bleue
nécessite avant tout une main d?oeuvre qualifiée. Il est donc indispensable, afin que les
retombées de cette économie soient fortes pour le bassin, qu?elle permette des emplois
locaux.
En particulier, dans certains domaines comme les loisirs nautiques, les emplois sont
principalement occupés par des personnes venues hors bassin pour s?installer aux
Antilles, faute de main d?oeuvre qualifiée localement.
La sensibilisation du plus grand nombre aux enjeux maritimes devrait donc permettre
également d?offrir davantage d?opportunités en termes d?emplois.
ENJEU : Gouvernance
Objectifs stratégiques
4.10 - Former les décideurs aux enjeux maritimes
Afin que les décideurs (élus en particulier, mais également institutionnels) puissent se
saisir des enjeux maritimes, à leur importance en termes de retombées économiques
et d?impact environnemental, il est avant tout nécessaire que ces décideurs
s?approprient la mer, qu?ils puissent la parcourir et ainsi mieux l?appréhender.
Mer & Société| 30/80
ENJEU : Région Caraïbe
Objectifs stratégiques
4.11 - Affirmer le rôle de la mer comme colonne
vertébrale du bassin Antilles
En lien avec la thématique « coopération maritime » : le dénominateur commun entre
les Antilles françaises et leurs voisins caribéens est avant tout la mer qui les relie. Ces
sujets maritimes, qu?il s?agisse de protection de l?environnement ou de développement
d?activités économiques (transports en particulier) devraient donc être des sujets
majeurs de coopération entre les États et entre les peuples.
Mer & Société| 31/80
Pêche et aquaculture
Débarquement
de dorade
Coryphène,
Martinique
(© Ifremer)
Vente à l?étal
(© Direction de la Mer
Martinique)
Installations aquacoles,
Martinique (© Ifremer)
La pêche, une activité essentiellement artisanale?
L?activité de pêche professionnelle est essentiellement présente en Guadeloupe, en
Martinique et, dans une moindre mesure, à Saint-Barthélemy. Seule une dizaine de
pêcheurs professionnels est recensée à Saint-Martin, où cette activité est
marginale.
La flotte de pêche du bassin Antilles est composée en 2019 de 1 177 navires actifs
répartis à parts égales entre la Guadeloupe (y compris Saint-Martin et Saint-
Barthélemy) et la Martinique. Les navires sont en immense majorité d?une taille
inférieure à 12 mètres, non pontés, et relèvent de la catégorie « petite pêche »,
caractérisée par une activité de sortie à la journée essentiellement vivrière. Les
entreprises de pêche sont beaucoup de petites unités familiales, financièrement
fragiles. Les marins-pêcheurs sont relativement âgés (plus de 50 ans en moyenne)
et la profession se renouvelle peu.
?et peu structurée
La population antillaise consomme beaucoup de produits de la mer mais la grande
majorité est importée faute de production locale suffisante (70 % à 90 %
d?importations selon les territoires).
Il n?y a pas de véritable réseau de commercialisation de la production et la majorité
de la production est écoulée en vente directe.
Par ailleurs, de nombreuses menaces s?exercent sur la ressource halieutique, qu?ils
s?agissent de pressions issues de pollutions terrestres, ou par les activités
maritimes (pêche, plaisance?).
Des mesures de gestion mais encore insuffisantes au regard de l?état de la
ressource côtière, ont été mises en place essentiellement à l?échelle de chaque
territoire malgré l?existence de plusieurs organisations régionales de pêche comme
la COPACO ou le CRFM (Caribbean Regional Fisheries Mechanism).
L?aquaculture : un secteur d?avenir, pourtant en difficulté
L?aquaculture est présente en Guadeloupe et en Martinique. L?espèce élevée en
quasi-totalité est l?ombrine ocellée appelée « loup des Caraïbes » sur le marché.
L?Ifremer basé en Martinique gère le stock génétique de reproducteurs d?ombrine
ocellée et produit des larves, transférées ensuite à deux écloseries l?une en
Martinique, l?autre en Guadeloupe qui elles-mêmes approvisionnent les fermes de
grossissement en cages en mer.
Une seule ferme aquacole est en activité en Guadeloupe aujourd?hui, et 3 en
Martinique contre une douzaine au total il y a seulement quelques années. Le
secteur est en difficulté, comme en témoignent les récentes fermetures
d?entreprises et une production aquacole en 2018 qui n?excède pas une
cinquantaine de tonnes. Cette activité connaît plusieurs freins (techniques,
financiers) mais plusieurs initiatives sont lancées pour favoriser l?investissement
dans ce secteur d?avenir (y compris pour trouver d?autres ressources).
Pêche & aquaculture| 33/80
Pêche & aquaculture| 34/80
Dont 90% pêchant en proche côtier
1177 navires actifs
(Ifremer)
Environ 1660 pêcheurs
En 2019 avec un permis d?armement,
dont la moitié a plus de 52 ans
IFREMER
Seul gestionnaire
du stock de
reproducteurs
d?ombrine ocellée
et producteur de
larves pour les
écloseries
POLLUTIONS TERRESTRES
(chlordécone etc.)
SUREXPLOITATION sur certaines
zones côtières (pêche de loisir et
professionnelle)
DÉGRADATION DES MILIEUX
(qualité des eaux etc.)
Une ressource halieutique
côtière sous pression
Seules 4 fermes aquacoles
encore actives en 2019, mais un
potentiel de production élevé (300 T
selon l?IEDOM)
Près de 4000 T/an (SIH-IFREMER)
= quantités pêchées estimées en
Guadeloupe, y compris îles du Nord
(3000 T (± 27%) en moyenne 2014-2017)
et en Martinique (950 T (± 51%) en 2018) Possibilité de financement
public du renouvellement de la flotte
de pêche accordée par la PCP, pour des
nouveaux navires adaptés à la
pêche au large
+ de 45%
de la production
pêchée sur DCP
(IFREMER) MARTINIQUE
7 ports de pêche
18 APIT (Aménagements de Pêche d?Intérêt Territorial)
GUADELOUPE
25 ports affectés en totlité ou en partie à la pêche
Nombreux aménagements pour la pêche mais
peu fonctionnels
De 10à 30 %
(douanes // SIH)
C?est la part de la production locale
dans la consommation globale de
produits frais de la mer
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Une vente directe majoritaire : qualité/fraîcheur du produit/variétés des produits
Demande élevée des consommateurs pour les produits de la pêche et de
l?aquaculture
Une pêche et une aquaculture artisanales pourvoyeuses d?emplois et d?activités
Des dispositifs de concentration de poissons existants (DCP)
Une dimension culturelle et sociale, et un ancrage territorial important avec un tissu
associatif dense
Une ressource du large insuffisamment exploitée par la flottille locale (thon,
daurade, etc.)
Une réglementation des pêches excluant les techniques les plus impactantes
(engins traînants?)
Un soutien des collectivités locales aux secteurs de la pêche et de l?aquaculture
La maîtrise technique de l?aquaculture pour une espèce (ombrine ocellée) avec
une forte demande
Des conditions thermiques favorables à l?aquaculture et de nombreuses zones
d?implantations potentielles
Une vente directe majoritaire : prix de vente bas, temps de commercialisation long, structure de
commercialisation insuffisante en cas d?apports importants
Une production de la filière insuffisante et donc une majorité des produits importée
Une absence de référentiel technico-économique de la pêche
Une pêche côtière prédominante en raison de navires (yoles / saintoises) peu adaptés à la pêche au
large : une flotte de pêche inadaptée
Une durée de vie limitée des DCP, nécessitant des investissements réguliers
Une filière insuffisamment structurée (pas d?interprofessions ou de structures organisatrices hors
comités régionaux des pêches qui peuvent connaître des difficultés financières ou de gouvernance)
Des points de débarquements nombreux et des équipements vieillissants peu ou pas fonctionnels
(infrastructures portuaires non structurées et non gérées)
Peu de structures de transformation, qui permettraient une meilleure valorisation des produits de la
pêche
La pénibilité du métier et l?absence de suivi des accidentologies liées aux métiers, une prise en
compte de la sécurité au travail insuffisante par les marins pêcheurs
Peu de moyen de recherche et de transfert/développement par rapport aux besoins de
connaissances identifiés
Un manque de connaissances sur l?état et la gestion des ressources, des contraintes ICPE et un
mille-feuille réglementaire freinant les initiatives aquacoles
Une absence de systèmes de couverture des risques (privés et publics)
Une offre de formation insuffisante et des difficultés d?embarquement et d?accompagnement des
apprenants, des surcoûts liés à l?éloignement et l?insularité
Une vision stratégique à moyen et long terme contrainte par la PCP (Politique Commune de Pêche)
et un FEAMP difficile à mettre en oeuvre
La fragilité des entreprises avec une majorité de TPE (1 personne), un manque de compétences en
gestion d?entreprise et des difficultés de pré-financement
Une filière aquacole en grande difficulté financière souffrant d?un déficit de structuration et qui peine à
se dynamiser
Un manque de sensibilisation quant à la maladie ciguatera et son impact sur les pratiques de la
pêche et la typologie des espèces pêchées
Pêche & aquaculture| 35/80
OPPORTUNITÉS MENACES
Des ressources au large sous-exploitées, même si des stocks d?espèces sont mal
évalués à ce jour (dorade coryphène, thon noir) voire menacées (marlin bleu et
blanc)
Le plan de renouvellement de la flotte de pêche par des aides nationales,
désormais autorisé par l?Union européenne
Une forte potentialité d?une gestion durable de la pêche et de l?aquaculture
Des marges réglementaires encore importantes en termes de capacité de flotte de
pêche (jauge et puissance)
La création du Conseil Consultatif des RUP (CC-RUP) dans le cadre de la PCP et
une amélioration réglementaire tenant compte de la spécificité des RUP
L?existence d?organismes de coopération régionale (COPACO, ICCAT, CRFM?)
malgré l?absence de représentation directe des territoires
Une meilleure valorisation de la filière professionnelle (communication)
La diversification des activités (tourisme) et la valorisation des produits locaux
La réduction de la dépendance alimentaire des territoires
Un tissu associatif dense mais à dynamiser
Une augmentation de la demande en ombrine ocellée d?aquaculture en grandes et
moyennes surfaces, et sur le segment du produit de première transformation (filet)
Une approche en matière de coopération régionale
Des appels à projet de fonds européens relatifs à l?innovation en aquaculture
Des ressources du plateau continental en mauvais état : pollutions diverses dont la chlordécone, des
espèces invasives, les sargasses
Un effort de pêche mal connu (non-respect des obligations déclaratives, pêche illégale) mais
globalement en diminution (en nombre de navires actifs, d?effectifs embarqués et de marées)
Un âge moyen des pêcheurs élevé avec une profession qui se renouvelle peu
La dépendance énergétique vis-à-vis du prix du carburant
L?évolution réglementaire du FEAMP post-2020 : possible arrêt de l?aide à l?investissement sous
forme de subvention pour l?aquaculture et la transformation des produits, notamment
Une concurrence de l?importation illégale, de la pêche de loisir et de la pêche informelle difficile à
juguler
La vulnérabilité de la pêche et de l?aquaculture au réchauffement climatique
Des vols et des destructions des installations aquacoles et des engins et navires de pêche
Un endettement social et fiscal des professionnels
En aquaculture, une absence de sécurisation à moyen/long terme sur la fourniture des larves/alevins
Des difficultés persistantes pour bénéficier des aides à la production (Plan de compensation des
surcoûts) en comparaison d?autres territoires
Des conditions météo défavorables (destruction d?engins, courants trop importants?)
La prolifération des sargasses qui perturbent l?activité
Des capacités d?investissement limitées
Des seuils réglementaires inadaptés à la production aquacole locale (seuil ICPE)
Le problème de la ciguatera qui impacte les pratiques de la pêche et la typologie des espèces
pêchées.
Pêche & aquaculture| 36/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Connaissance
Objectifs stratégiques
Cet enjeu de connaissance est récurrent et se retrouve dans la très grande majorité des thématiques. Il est particulièrement important dans le
domaine de la pêche, dont de nombreux aspects restent méconnus. La biologie et la dynamique de populations de plusieurs espèces halieutiques
fortement pêchées doivent être mieux connues (lambis, oursins blancs, langoustes, espèces pélagiques, etc).
5.1 - Améliorer les connaissances scientifiques sur
les espèces biologiques et leurs milieux
Il s?agit ici de mieux connaître les espèces d?intérêt halieutique pêchées dans les eaux
du bassin. Ces travaux pourront également servir l?enjeu suivant relatif à la gestion de
la ressource : en effet des connaissances sur les cycles biologiques, sur les
migrations de certaines espèces, sur les tailles de maturité sexuelle, etc. sont
indispensables pour envisager une pêche durable.
De sensibiliser à la ciguatera.
Par ailleurs, afin d?anticiper et de préparer le domaine de la pêche aux conséquences
du réchauffement climatique, il est indispensable d?approfondir les connaissances sur
l?impact de ce réchauffement sur les espèces et habitats du bassin. Des travaux
spécifiques aux eaux des Petites Antilles devront être menés pour accompagner les
pêcheurs.
Cet objectif rejoint ceux de la thématique « environnement marin ».
5.2 - Renforcer les connaissances sur les ressources
halieutiques et sur le suivi de la pêche (technique,
sociale et économique)
Il s?agit ici de mener des travaux sur la profession même et de bien suivre l?évolution
dans le temps. Les travaux de l?Ifremer dans le cadre du Système d?information
halieutique (SIH) permettent déjà de répondre en grande partie à cet objectif.
L?enjeu de la connaissance des stocks est essentiel et rejoint bien sûr l?enjeu de
gestion de la ressource. Il s?agit d?une part de connaître les stocks des principales
espèces d?intérêt halieutique mais également d?assurer des suivis dans des zones à
statut de protection (cantonnements, réserves, zones fonctionnelles halieutiques?).
Pêche & aquaculture| 37/80
ENJEU : Gestion de la ressource
Objectifs stratégiques
5.3 - Encadrer l?activité de pêche La gestion de la ressource est une nécessité afin de préserver une activité de pêche
durable au sein du bassin maritime. Les données relatives aux quantités pêchées
doivent être consolidées et l?activité de pêche encadrée. Des mesures de protection
d?espèces ou d?espaces (mise en place de cantonnements) peuvent être mises en
oeuvre. Ces objectifs sont en lien avec la thématique « Environnement marin ».
5.4 - Protéger la ressource halieutique et préserver
les milieux
5.5 - Redéployer en partie les pêcheries vers le large
La modification des lignes directrices pour l?examen des aides d?État dans le secteur
de la pêche et de l?aquaculture ouvre la possibilité d?un financement de nouveaux
navires de pêche de moins de 12 mètres, dans l?optique d?un redéploiement de la flotte
de pêche vers le large (pêche sur DCP notamment). En effet, le rapport ministériel de
juin 2018 sur le renouvellement de la flotte dans les RUP indique que « même si les
données sont partielles, leur analyse montre que l?exploitation du plateau continental
est saturée? Par contre la ressource disponible en pélagique est peu impactée ». Il
existe donc un vrai levier de croissance sur la pêche au large, qui permettrait
d?accroître la part locale des poissons consommés.
5.6 - Renforcer les contrôles
Le contrôle de la pêche INN (illégale, non déclarée, non réglementée) est un objectif
prioritaire afin d?éviter le pillage des ressources halieutiques et les trafics illégaux.
Cet objectif est en particulier inscrit dans les plans régionaux de contrôle des pêches et
de l?environnement marin, qui assurent la coordination des moyens nautiques de police
afin de renforcer les contrôles.
ENJEU : Une main d?oeuvre qualifiée
Objectifs stratégiques
5.7 - Favoriser le renouvellement des générations
La population des marins-pêcheurs est vieillissante et sur le déclin. Un effort doit être
consenti pour renouveler les marins-pêcheurs, en diversifiant et adaptant le métier afin
de le rendre plus attractif pour les nouvelles générations.
5.8 - Assurer la formation des marins-pêcheurs
Cet objectif rejoint ceux de l?enjeu suivant, relatif à la structuration des filières. En effet,
les marins-pêcheurs ont longtemps été formés « sur le tas », par transmission orale et
par l?expérience. Aujourd?hui, tous les pêcheurs doivent pouvoir justifier d?un certain
niveau de formation.
Il sera également indispensable de développer des formations afin que les marins-
pêcheurs soient de véritables chefs d?entreprise.
En lien avec la thématique « formation professionnelle », qui détaille tous les aspects
de cet objectif.
Pêche & aquaculture| 38/80
ENJEU : Structuration des filières
Objectifs stratégiques
5.9 - Professionnaliser les entreprises
Le marché local est déficitaire par rapport à la demande des consommateurs et les
importations de produits de la mer restent aujourd?hui majoritaires.
Il est nécessaire d?accompagner l?augmentation de la production, la
professionnalisation des entreprises et l?amélioration des conditions de conservation et
de ventes des produits halieutiques afin de garantir la pérennité de la profession de
marin-pêcheur et la développer.
En lien avec la thématique « formation professionnelle ».
5.10 - Réduire la fracture numérique au sein de la
filière
5.11 - Mieux valoriser les produits de la mer
5.12 - Mettre en place et gérer des équipements
portuaires qui répondent aux besoins des
professionnels
5.13 - Assurer une organisation collective de la filière
ENJEU : Pêche de loisir
Objectifs stratégiques
5.14 - Évaluer la pêche de loisir La pêche de loisir est mal connue et évaluée, mais les quantités pêchées ne sont pas
négligeables et ses modalités (engins, période?) doivent s?inscrire dans une logique
de durabilité.
En lien avec les thématiques « environnement marin » et « mer & société ».
5.15 - Favoriser le développement d?une pêche
maritime de loisir durable
ENJEU : Gouvernance
Objectifs stratégiques
5.16 - Améliorer la gouvernance (partagée
et partenariale)
Au-delà des pêcheurs et des institutionnels, dont les relations sont réglementées (exemple :
obligation de consultation du CRPMEM pour les arrêtés pêche), il s?agit ici de développer de plus
en plus de partenariats entre scientifiques et pêcheurs, entre gestionnaires d?AMP et pêcheurs,
mais également avec les partenaires de la Caraïbe.
Sur ces sujets sensibles, il s?agit donc de renforcer la mise en réseau et la coopération.
Les mesures de gestion partagées assurent une pêche durable. Cet enjeu rejoint celui de la
gestion de la ressource et celui de la connaissance : en effet, en l?absence de travaux suffisants
sur la ressource halieutique, il s?agit de s?entourer des « experts » sur le terrain, et notamment
des pêcheurs.
En lien avec « coopération régionale maritime », « environnement marin » et « mer & société ».
Pêche & aquaculture| 39/80
5.17 - Mieux reconnaître les spécificités
des RUP
L?activité de pêche dans le bassin Antilles reste très différente de la pêche en Europe
continentale puisqu?elle est majoritairement artisanale. Ces spécificités doivent être relayées
auprès des instances nationales et européennes.
ENJEU : Performance environnementale
Objectif stratégique
5.18 - Promouvoir les pratiques de pêche durable
L?impact de la pêche sur l?environnement peut être réduit notamment par une meilleure
efficience des moteurs, par une meilleure gestion des déchets, par une évolution vers
des engins de pêche durables.
Cet objectif rejoint bien sûr ceux de la thématique « environnement marin ».
ENJEU : Aquaculture
Objectifs stratégiques
5.19 - Développer l?aquaculture en respectant la
résilience du milieu (apports en intrants, etc)
La filière aquacole est à relancer dans le bassin maritime qui a un fort potentiel de
production.
Pour mémoire, le développement de l?aquaculture est un des objectifs de la Stratégie
nationale pour la mer et le littoral.
5.20 - Améliorer le taux d?octroi d?aides aux
aquaculteurs
5.21 - Assurer un appui et des outils techniques aux
entreprises aquacoles
5.22 - Diversifier l?aquaculture en espèces locales
ENJEU : Changement climatique
Objectif stratégique
5.23 - Anticiper les effets du changement climatique
La mer est sensible, fortement impactée par les changements globaux, et les pêcheurs
restent tributaires de ce que fournit la mer. Les pêcheurs et les aquaculteurs sont des
sentinelles sur ce sujet et ils devront certainement être précurseurs dans l?adaptation
au changement climatique.
Pêche & aquaculture| 40/80
Les enjeux de la thématique « pêche & aquaculture » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Pêche & aquaculture| 41/80
Plaisance, croisière et activités nautiques
Pêche & aquaculture| 42/80
Cours de
plongée
subaquatique
Marina du Marin, en Martinique
(© Marina du Marin)
Marina du
Gosier en
Guadeloupe
(© Marina du
Gosier)
Les Antilles françaises, un des leaders du nautisme mondial
Le bassin caribéen est actuellement un des premiers bassins de navigation et de
pratique nautique au monde, même le premier de l?hémisphère nord pendant l?hiver.
Pour l?industrie nautique française, leader mondial sur plusieurs segments d?activité
du marché du nautisme, notamment la construction de voiliers, les Antilles
représentent un marché stratégique, véritable vitrine des marques et savoir-faire
français, grâce au grand nombre de voiliers naviguant dans la zone (voiliers de
propriétaires ou de location).
Les Antilles françaises sont particulièrement bien positionnées en matière de
nautisme, grâce à une offre large reposant sur quatre destinations aux
positionnements différenciés et complémentaires entre les îles :
? Saint-Barthélemy : la grande plaisance,
? la Guadeloupe : l?archipel nautique,
? la Martinique : la location et l?entretien de navires de plaisance,
? Saint-Martin, avant Irma : le stockage, l?entretien de navires et l?achat de
pièces en hors-taxes. La reconstruction de Saint-Martin doit d?ailleurs
intégrer fortement les enjeux de la filière et affirmer un positionnement
nautique clair.
Les Antilles françaises sont donc prisées par les acteurs économiques du secteur,
notamment pour la location, l?entretien et la réparation de navires de plaisance.
Le secteur de la location de navires de plaisance est particulièrement stratégique : il
est estimé que les Antilles françaises accueillent environ 10 % de la flotte mondiale.
Pourtant, peu naviguent autour des îles françaises, préférant d?autres itinéraires
(British & Virgin Islands, les Grenadines, etc). Cela peut s?expliquer par le manque
de zones de mouillages organisées, structurantes pour l?accueil et la mise à
disposition de services pour les plaisanciers, et une faible valorisation du patrimoine
naturel.
L?activité de location est structurante, car elle a fortement contribué à l?émergence et
au développement des activités périphériques que sont la vente, l?entretien et la
réparation de navires de plaisance. Des infrastructures d?entretien et de réparation
nautiques sont présentes sur chacune des îles : par exemple, les aires de carénage
du Marin et de Fort-de-France en Martinique ; la marina du Bas-du-Fort en
Guadeloupe ; l?aire de carénage de Sandy Ground à Saint-Martin, etc. La diversité,
la technicité et la compétence des entreprises (shipchandlers, voileries, réparation
navale, etc) regroupées autour de ces pôles de réparation nautique sont un atout
important au sein du bassin caribéen.
Des sports nautiques nombreux et variés
Au-delà de la plaisance, les Antilles possèdent de nombreux atouts nautiques qui
ont permis le développement d?un très grand nombre de pratiques sportives : voile,
sports de glisse, paddle, plongée, véhicules nautiques à moteur? Ces activités
nautiques et subaquatiques sont pratiquées à la fois par les populations locales et
par les touristes, et constituent un secteur important de l?économie des Antilles
françaises, en particulier lorsqu?elles ont trait au tourisme. A Saint-Martin et à Saint-
Barthélemy, le poids de l?emploi touristique représente 1/4 voire 1/3 de l?emploi
salarié.
La croisière, secteur incontournable de l?économie locale
Situées au coeur de la Caraïbe, premier bassin de croisière mondial, les Antilles
françaises contribuent au tourisme de croisière de masse instauré dans l?archipel.
En 2017, la mer des Antilles a vu passer plus de 27 millions de voyageurs en
croisière soit 46 % des croisiéristes du monde. Parmi eux, moins de 1 million de
passagers ont fait escale aux Antilles françaises. Cependant, les croisiéristes
représentent 40 % de la totalité des touristes accueillis en Martinique et Guadeloupe
en 2017. Ces deux îles ont notamment été des destinations refuges suite à
l?ouragan Irma.
La clientèle a connu une profonde mutation au cours des 20 dernières années.
Outre les Antillais friands de croisière, elle est désormais dominée ? depuis que les
prix ont nettement baissé ? par les Européens qui représentent désormais plus de
la moitié des passagers des navires.
Cette manne touristique est mal valorisée, puisque les dépenses moyennes des
touristes en escale sont très faibles : en Martinique, les croisiéristes représentent
4 % des dépenses globales des visiteurs. Par ailleurs, la croisière pose des
problématiques environnementales (qualité de l?air, etc), d?accueil des navires
(demandant des investissements importants en infrastructures ? 12 millions d?euros
investi entre 2012 et 2017 par le GPM Martinique), et est dépendante des aléas
climatiques et sanitaires notamment.
Plaisance, croisière et activités nautiques| 43/80
Plaisance, croisière et activités nautiques| 44/80
1er
Près de 30 000
navires de plaisance
(à voile, à moteur)
immatriculés dans les
Antilles françaises
La Guadeloupe,
département français
en nombre de véhicules
nautiques à moteurs
immatriculés (jet-skis)
Estimation à 40 000
Nombre annuel de
plaisanciers naviguant dans
les eaux françaises
24
Des évènements
nautiques
internationalement
reconnus: les voiles de
Saint-Barth, la route du
Rhum, Heineken Regatta
Cup, le Tour des Yoles de la
Martinique, la Karujet, etc
Des dizaines de milliers
de spectateurs pour les grands
événements nautiques
Ports ou zones de
mouillages organisées
dédiés à la plaisance dans
le bassin Antilles
46% des croisiéristes du monde
entier sont dans la Caraïbe, dont moins
de
3% dans les Antilles françaises
Près de 600
entreprises en
relation avec les
activités nautiques
dans l?ensemble du
bassin
100 000
Nombre de plongées
annuelles en Martinique
comme en Guadeloupe
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Des infrastructures de qualité et des professionnels reconnus
Des incitations fiscales à l?investissement (défiscalisation des navires de
plaisance, de TVA sur charter)
Une complémentarité de l?offre nautique (plaisance et loisirs nautiques) entre
les îles françaises
Des savoir-faire et des compétences techniques (qualité des formations
techniques et des éducateurs) reconnus
La plaisance, locomotive de la filière nautique
Un secteur professionnel ou associatif dynamique (plongée, kitesurf,
découverte mammifères marins?) avec une offre globale de qualité (et
pouvant encore monter en gamme)
Des événements nautiques majeurs : Route du rhum, Voiles de St-Barth,
Heineken Regatta Cup, Karujet, Tour des Yoles en Martinique
De nombreuses aires marines protégées
Un positionnement géographique au Nord des Petites Antilles, à proximité du
grand foyer émetteur nord-américain pour la croisière
Des Antilles françaises non identifiées comme destination nautique (contrairement
aux BVI-British Virgin Islands, ou aux Grenadines)
Une gouvernance trop peu lisible
Des gestions des équipements publics peu transparentes et en évolution
Une absence de structuration de la filière nautique dans le bassin et dans les
territoires, pas de dimension « hub »
Une insuffisance de zones techniques (Guadeloupe)
Un manque de capacités d?accueil (places au port, ZMEL), et d?offres nautiques
en lien avec un manque de gestion dynamique des ports
Une baisse du nombre de navires de plaisance en location
Une transition écologique des ports et des infrastructures liées au nautisme non
aboutie
Une pratique des sports nautiques développée mais peu structurée
Une formation professionnelle nautique peu valorisée et peu identifiée comme
filière d?avenir
Une absence de réseau des gestionnaires de ports
Plaisance, croisière et activités nautiques| 45/80
OPPORTUNITÉS MENACES
Une stabilité politique et une sécurité assurées
Des évolutions récentes du régime social et fiscal (ZFANG, exonération de
TVA?)
L?appartenance à la France et à l?Europe : un atout vis-à-vis du marché
américain notamment (normes environnementales à valoriser)
Un attrait touristique et culturel, le développement de la demande pour la
destination « Antilles françaises » (plongée par exemple)
Des aires marines protégées dont la biodiversité, les paysages et les
écosystèmes marins sont à valoriser
Un marché de la plaisance en croissance, un fort attrait pour les activités et
loisirs nautiques : la filière « nautisme » est identifiée comme filière d?avenir et
levier de croissance
Un cadre national structurant pour le développement des activités nautiques et
la formation (fédérations sportives, FIN?)
La reconstruction de Saint-Martin post-Irma
Le Livre bleu de l?outre-mer avec de nombreux projets concernant le nautisme.
Des annonces des CIMer 2018 et 2019 : développement de l?attractivité des
sports nautiques par l?accompagnement de la « Génération Océan 2024 », en
particulier en vue des Jeux Olympiques 2024, et du dispositif « j?apprends à
nager »
La mise en oeuvre de la Responsabilité élargie au producteur (REP) pour
prendre en charge la déconstruction des navires de plaisance en fin de vie
Une activité internationalisée dans un environnement fortement concurrentiel
Une main d?oeuvre locale peu tournée vers les métiers du nautisme et une
formation professionnelle locale peu adaptée
Une baisse du nombre de navires de plaisance en location
Des potentiels conflits d?usages avec d?autres activités en mer et sur le littoral
Un risque cyclonique très élevé sur le bassin et des difficultés assurantielles / coût
très élevé des assurances
Des mouillages insuffisamment organisés et des dommages environnementaux
Des échouements de sargasses qui peuvent conduire les plaisanciers à se
tourner vers d?autres destinations
La mise en oeuvre complexe des fonds européens
Les contraintes environnementales et les nécessités d?éviter, réduire, compenser
Une augmentation des bateaux abandonnés ou hors d?usage (BHU)
Le développement des bases nautiques et des chantiers navals dans le sud du
Bassin (St-Vincent, Grenade)
L?acceptabilité sociale et environnementale de la croisière
Le changement climatique
Les crises sanitaires
Plaisance, croisière et activités nautiques| 46/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Attractivité du bassin
Objectifs stratégiques
6.1 - Augmenter les capacités d?accueil pour la
plaisance et la grande plaisance sans porter atteinte
au bon état écologique et aux paysages et en
respectant l?identité des îles
Le bassin maritime souffre d?un manque de capacité d?accueil pour la plaisance par
rapport à la fréquentation, en hausse régulière, impactant de manière négative
l?environnement marin (mouillage forain en zones sensibles, etc).
Les lieux d?accueil de la plaisance (ports, ZMEL) sont également des lieux d?interface
entre la terre et la mer, et doivent être équipés pour conforter l?attractivité et l?accueil de
ces zones. L?enjeu est également fort pour la fréquentation touristique des communes
littorales. L?offre à l?échelle du bassin se doit d?être complémentaire et jouer sur un
positionnement commun.
De même afin de développer la croisière au sein des îles françaises, elles doivent
s?inscrire dans une logique de captation des flux de paquebots dans l?arc caribéen.
6.2 - Conforter l?attractivité nautique du bassin pour
les touristes
6.3 - Définir et valoriser un positionnement
stratégique « Nautisme et Antilles françaises »
6.4 - Renforcer la complémentarité des ports de
plaisance à l?échelle du bassin
6.5 - Améliorer la résilience de la filière nautique aux
cyclones et aux crises sanitaires
La filière nautique doit penser sa résilience face à l?augmentation du nombre et de
l?intensité des phénomènes cycloniques et sanitaires, en imaginant des actions de
résilience innovantes afin d?éviter les échouements des navires et de maintenir des
activités de croisière.
ENJEU : Compétitivité des entreprises du nautisme
Objectifs stratégiques
6.6 - Renforcer un dispositif fiscal adapté compte
tenu de la situation du bassin
La filière nautique doit contribuer à la lutte contre le chômage des îles du bassin
maritime en recrutant localement. Les formations professionnelles et l?expertise
technique doivent être adaptées au marché du travail local.
La mise en place de zones duty-free pour les navires de croisière en escale dans les
Antilles françaises est un exemple de dispositif fiscal adapté.
6.7 - Maintenir l?expertise technique des
professionnels du nautisme
6.8 - Développer une filière de déconstruction des
navires de plaisance à l?échelle du bassin
La question des navires en fin de vie doit être traitée de manière urgente, grâce
notamment à la mise en place de la filière REP qui permet de financer le
démantèlement des navires. Cependant, des financements doivent être trouvés pour le
transport des BHU vers les centres agréés de démantèlement.
6.9 - Préserver le foncier côtier pour des activités
liées à l?économie bleue
Les entreprises des filières de l?économie bleue (construction et réparation navale,
entreprises nautiques, ports à sec, etc) doivent être implantées en bord de mer où la
pression foncière dans un contexte insulaire est extrêmement forte. Les schémas
d?aménagement du territoire doivent intégrer cette problématique.
Plaisance, croisière et activités nautiques| 47/80
ENJEU : Se tourner vers la mer
Objectifs stratégiques
6.10 - Sensibiliser les décideurs au nautisme
Afin que les décideurs (élus en particulier, mais également institutionnels) puissent se
saisir des enjeux liés au nautisme, de son importance en termes de retombées
économiques et d?impact environnemental, il est avant tout nécessaire que ces
décideurs connaissent le nautisme, ce qu?il représente, son potentiel?
6.11 - Développer les sports nautiques comme
filières de diversification touristique
Les îles du bassin Antilles connaissent une forte pression touristique, qui devrait
s?accroître dans les années à venir (volonté politique forte). Afin que le tourisme
augmente tout en respectant la capacité de charge des îles, il est indispensable de
diversifier l?offre touristique pour d?une part mieux « répartir » les visiteurs sur
l?ensemble du territoire, à terre comme en mer, mais également pour conforter leur
attractivité.
6.12 - Développer la pratique des activités
traditionnelles (yoles, gommiers, aviron, bwa flo...)
Cet objectif rejoint la thématique « mer & société » : au-delà des activités nautiques
classiques, qui peuvent être pratiquées n?importe où dans le monde, il s?agit ici de
développer les activités traditionnelles pour d?une part préserver le patrimoine culturel
des Antilles françaises, mais également pour diversifier l?offre touristique.
6.13 - Développer la pratique de la natation et de la
plongée
Cet objectif rejoint la thématique « mer & société » :afin que l?appropriation de
l?environnement maritime des îles puisse se réaliser, il est indispensable que les
Antillais découvrent le milieu qui les entoure.
L?apprentissage de la pratique de la natation, en hausse ces dernières années, est un
premier pas indispensable : cet effort doit être poursuivi et maintenu, en particulier
auprès des plus jeunes.
S?agissant de la plongée, elle est majoritairement pratiquée par les touristes résidant
hors du bassin : sa pratique doit être développée afin qu?un plus grand nombre puisse
connaître la richesse des fonds marins antillais. Cet objectif rejoint ici celui de la
sensibilisation du public dans la thématique « environnement marin ».
Plaisance, croisière et activités nautiques| 48/80
ENJEU : Performance environnementale
Objectifs stratégiques Indicateurs de suivi
6.14 - Réduire l?impact des infrastructures et des
équipements d?accueil (ports, zones de mouillages)
L?impact de la plaisance sur les milieux marins est particulièrement important. Pourtant,
de nombreux outils existent et peuvent être mis en place pour pratiquer une plaisance
responsable et durable : ainsi, des zones de mouillages organisés peuvent être
réalisées pour limiter les mouillages forains, et les gestionnaires de ces zones peuvent
s?équiper de dispositifs pour recueillir les eaux usées des navires.
S?agissant de la croisière, il est indispensable que son impact environnemental puisse
être limité, en particulier lors des escales (pollution de l?air?).
6.15 - Accompagner les acteurs dans l?évolution de
leurs prestations
Les prestataires nautiques évoluent dans le milieu naturel, et de son bon état dépend la
qualité de la prestation. Ainsi les prestataires nautiques doivent orienter leurs
prestations vers plus de découverte de la nature et de sensibilisation à l?environnement.
Plaisance, croisière et activités nautiques| 49/80
Les enjeux de la thématique « plaisance & activités nautiques » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Plaisance, croisière et activités nautiques| 50/80
Ports de commerce et
réseaux maritimes
Plaisance, croisière et activités nautiques| 51/80
| Grand Port Maritime
(Guadeloupe)
© Guadeloupe Port Caraïbes
| Port de commerce (Saint-
Barthélemy)
© Collectivité de Saint-Barthélémy
| Grand Port Maritime (Martinique)
©GPMLM
| Port de Galisbay (Saint-Martin)
© Soualiga
Le contexte caribéen
Le bassin Caraïbe est un carrefour pour les échanges internationaux de
conteneurs. Le caractère insulaire d?une grande partie de ses territoires explique
sa densité portuaire élevée.
À l?échelle de ce bassin Caraïbe, les principaux ports « de marché » (pour
approvisionner un marché) sont situés en Colombie et au Guatemala, alors que
les principaux ports de transbordement (pour assurer un stockage intermédiaire
de marchandises avant envoi vers une destination finale) sont Colón au Panama
et Kingston en Jamaïque.
À titre de comparaison, les ports des Antilles françaises ont traité en 2018
3,78 MT pour le Grand Port Maritime de la Guadeloupe, 3,06 MT pour le Grand
Port Maritime de Martinique et 0,33 MT en 2019 pour le port de Galisbay , contre
13 MT pour le port de Kingston en Jamaïque en 2016.
À l?échelle du bassin caribéen, le premier Cargo Community System maritime et
aéroportuaire a été mis en place en Guadeloupe en 2002, puis en Martinique en
2005.
Les ports des Antilles françaises
Les ports sont des portes d?entrée incontournables pour le fonctionnement de
l?économie des Antilles françaises.
Les flux commerciaux y sont très déséquilibrés, les importations, depuis
l?hexagone essentiellement, étant bien plus importantes que les exportations :
plus de la moitié des conteneurs exportés des Antilles françaises sont vides et la
grande majorité des conteneurs remplis (90 %) sont des bananes à destination
de l?hexagone, essentiellement par le biais de l?opérateur CMA-CGM. L?activité
des ports est ainsi principalement tournée vers le marché intérieur. Par exemple
en Guadeloupe, l?approvisionnement énergétique, l?importation des matières
premières, des produits intermédiaires et la plupart des biens de consommation
représentent 80 % du trafic. Il existe peu de liaisons maritimes entre les Antilles
françaises et les îles voisines, reflétant l?état du commerce entre ces pays.
A Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, les infrastructures portuaires sont certes
importantes, mais elles sont sous-dimensionnées. A Saint-Martin, la réalisation
de travaux permettrait notamment de mieux rééquilibrer l?île vis-à-vis de la partie
hollandaise, qui capte la grande majorité des flux.
La Guadeloupe et la Martinique sont chacune dotées d?un Grand Port Maritime,
établissement public portuaire autonome et sous tutelle du ministère chargé des
transports. Ils se classent respectivement 11ème et 13ème au rang national en
termes de trafic de marchandises. Ces deux ports sont entrés dans une stratégie de
développement du transbordement de marchandises.
Le Conseil de coordination interportuaire Antilles-Guyane, mis en place en 2016,
doit permettre de coordonner l?action de ces grands ports et d?en améliorer la
compétitivité. Un document commun à ces ports doit être validé en 2020.
L?industrie navale
Les ports accueillent les activités d?industrie navale. Il n?existe pas de grands
chantiers constructeurs dans les Antilles françaises, mais néanmoins quelques
pôles de réparation navale : en Martinique, le bassin de radoub, permettant l?accueil
de navires jusqu?à 180 mètres de long et l?aire de carénage du Marin pour l?accueil
de méga-yachts (plus de 50 mètres) grâce à un élévateur de bateau de 440 T, ou
encore les deux docks flottants en Guadeloupe (Marina Bas-du-fort, Caraïbes
Docks Services) permettant la réparation de navires jusqu?à 50 mètres de long.
Les réseaux des Antilles françaises
De nombreux câbles sous-marins parcourent la Caraïbe, notamment pour
acheminer de l?énergie électrique et des communications (99 % des
communications mondiales passent par les câbles sous-marins).
En particulier, les câbles de télécommunication ont pour objectif d?améliorer la
connectivité des territoires en accompagnant les usages numériques et en
optimisant la qualité des réseaux. En 2018, un câble sous-marin de 1 746 km a été
installé entre la Martinique et la Guyane.
Il existe également des conduites d?eau potable permettant d?alimenter les Saintes
et la Désirade à partir de la Guadeloupe.
Port de commerce et réseaux maritimes| 52/80
Port de commerce et réseaux maritimes| 53/80
+ de 50% 70à 80 %
des marchandises traitées
en entrée des GPM sont
consommées sur place
2 Grands Ports Maritimes à
l?échelle du bassin
Les principales routes maritimes et ports de la Caraîbe
3,78 MT pour le GPM Guadeloupe
3,06 MT pour le GPM Martinique
0,33 MT pour le port de Galisbay (2019)
A titre de comparaison, en 2016
13 MTpour Kingston en Jamaique
Marchandises traitées en 2018
des conteneurs exportés des
Antilles sont vides
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Un très bon positionnement central dans l?arc caribéen plutôt à une
échelle sub-régionale
Le bassin Antilles comme tête de pont (et porte d?entrée) de l?Union
européenne dans l?arc caribéen
Le caractère insulaire des îles du bassin Antilles, à condition qu?il soit
coordonné
Une bonne qualité de service des ports français : beaucoup de
progrès en termes de formation des personnels et très bonnes
infrastructures (profondeurs, linéaires des quais?)
Les accords de partenariat économique (APE) pour développer le
libre-échange entre l?Union européenne et les pays ACP (Afrique,
Caraïbe, Pacifique)
La sûreté au sens large
La stabilité politique
Une réglementation française et européenne, qui apporte de
nombreuses garanties (sanitaires et sécuritaires en particulier)
Des savoir-faire portés par de nombreuses entreprises privées
Le Marché Unique Antillais, territoire fiscal unique
Un déséquilibre important des flux commerciaux (95 % des flux à l?importation)
La fiscalité : détaxe du carburant uniquement pour certains secteurs, pas de zone duty-free
Des choix politiques différents en termes de fiscalité (octroi de mer par exemple)
Peu de volumes de marchandises entre îles de la Caraïbe et donc pas d?offre de transports par
des armateurs français antillais auprès des îles voisines
Une crainte d?instabilité sociale
L?insuffisance du foncier
Une formation professionnelle non adaptée aux besoins
Une absence de poste d?inspection frontalier (PIF) de plein exercice dans tous les ports
Pas d?offre de niche auprès des marchés de la Grande Caraïbe ou de la Guyane
Un manque de moyen permettant la prise en compte de la problématique de sûreté maritime
Des manques de connexion entre les ports et les territoires
Les réglementations européennes et nationales qui ne prennent pas toujours en compte les
spécificités ultramarines (code européen des douanes, article 15 du décret n°2015-1077?)
Port de commerce et réseaux maritimes| 54/80
OPPORTUNITÉS MENACES
La mise en place d?une stratégie simultanée des deux GPM grâce au Conseil
de Coordination Interportuaire
Des stratégies (nationale et au niveau de chaque GPM) en cours d?élaboration
Des réflexions en cours sur la mise en place de régimes douaniers particuliers
ou de zones coordonnées de logistique
La mutualisation, notamment en termes de formation et une nécessaire
« coopétition » (mot-valise composé de « coopération » et de « compétition »
dans le bassin)
Le développement d?un maillage à l?échelle du bassin entre ports et mouillages,
qui joueraient un véritable rôle de portes d?entrée sur les territoires
L?appartenance à l?Union européenne (normes à valoriser, fonds structurels?)
Une nécessaire dématérialisation et digitalisation
Le contexte européen avec le Brexit : positionnement dans les échanges entre
Europe et Amérique/Caraïbe
La mise en oeuvre de grands projets structurants (ex : Karukera Bay en
Guadeloupe)
La mise en place d?un indice de performance logistique et d?un indice composite
des coûts logistiques par les acteurs du secteur
Une vulnérabilité aux aléas climatiques et sanitaires (et des risques assurantiels)
Un marché qui pourrait se rétracter avec la diminution et le vieillissement de la
population
Le changement climatique (ouverture des voies polaires ?)
Port de commerce et réseaux maritimes| 55/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Gouvernance
Objectifs stratégiques
7.1 - Renforcer une stratégie de développement
concertée des ports et définir des stratégies
communes (le hub « Martinique-Guadeloupe »)
La coordination des actions des ports, de l?État et des collectivités vise à améliorer la
compétitivité des GPM et au-delà de l?économie de chaque île du bassin.
Le conseil de coopération interportuaire Antilles-Guyane créé en 2016 permettra cette
mise en réseau et l?élaboration d?une stratégie concertée (ni unique, ni commune).
L?objectif est donc bien une harmonisation et un partage accrus des pratiques.
En particulier, les Antilles doivent être alliées sur la question du transbordement afin de
pérenniser les lignes directes vers la Martinique et la Guadeloupe en provenance de
l?Europe continentale. À défaut, il y aurait un risque que les Antilles françaises soient
« feederisées », c?est-à-dire qu?elles deviennent une étape secondaire, sans ligne
directe avec les ports d?Europe. L?importance de l?activité d?exportation de la banane
antillaise pour le maintien d?une ligne directe est également soulignée.
Par ailleurs, le développement portuaire n?est possible que s?il y a un développement du
territoire (notion de hinterland). Les ports étant de véritables outils au service des
territoires, leur gouvernance doit être suffisamment partagée et partenariale pour
permettre un développement portuaire intégré et durable.
7.2 - Renforcer les partenariats État / Collectivités et
le secteur privé et ainsi le rôle des grands ports au
service du développement territorial
ENJEU : Compétitivité à l?international
Objectifs stratégiques
7.3 - Conforter sa position dans le marché
international des flux de marchandises
Le bassin maritime est déjà dans le marché mondial puisque 90 % de la consommation
vient de l?extérieur : l?objectif désormais est surtout d?y rester, nos territoires y sont en
tout état de cause contraints.
L?élargissement du canal de Panama offre une opportunité de développement de
l?activité des ports des îles du bassin maritime) à l?échelle internationale, notamment
pour les activités de transbordement. S?agissant du cabotage inter-îles, il reste trop
volatile et peu adapté au marché des Petites Antilles pour être développé : le marché
n?existe pas.
Les Antilles françaises sont une tête de pont de l?Union européenne, ce qui constitue
une véritable force pour le bassin et un atout aux yeux des armateurs.
7.4 - Consolider les grands ports dans leur vocation
de porte d?entrée de l?Europe
Port de commerce et réseaux maritimes| 56/80
ENJEU : Performance économique
Objectifs stratégiques
7.5 - Améliorer la fluidité et l?efficacité de la chaîne
logistique au sein du Marché Unique Antillais
(MUA)
Depuis le 1er janvier 1995, les régions de Guadeloupe et de Martinique constituent un
territoire fiscal unique au regard de la TVA, des accises et de l'octroi de mer. Les
marchandises produites en Guadeloupe ou importées dans cette région et qui sont
expédiées ou livrées en Martinique, et vice-versa, ne sont donc pas soumises à des
formalités de dédouanement.
La mise en place du MUA, territoire fiscal unique en Martinique et en Guadeloupe, a été
une avancée majeure pour une approche en « coopétition » (mot-valise combinant la
nécessaire « coopération » et l?inévitable « compétition ») des 2 territoires.
Toutefois, elle ne constitue qu?une 1ère étape, qui doit désormais être renforcée et
consolidée par l?efficacité de la chaîne logistique.
Par ailleurs, la mise en place de l?indice de coût logistique permettrait par exemple
d?intégrer des classements internationaux et de pouvoir valoriser les avantages
concurrentiels des ports du bassin vis-à-vis des autres ports de la Caraïbe.
7.6 - Mettre en place des équipements portuaires
qui répondent aux besoins des professionnels
Afin de favoriser l?économie bleue au sein du bassin, il est non seulement indispensable
d?avoir une main d?oeuvre qualifiée mais également de proposer des aménagements qui
puissent répondre aux attentes de tous les professionnels (compagnies de transport
maritime, croisière, nautisme?). Ces infrastructures conditionnent l?interface avec le
terrestre et les territoires dans leur ensemble.
En lien avec les thématiques « plaisance, croisière et activités nautiques » et « pêche
et aquaculture ».
7.7 - Maintenir et/ou augmenter la capacité de
réparation navale dans les ports
Les performances économiques des ports reposent en grande partie sur l?optimisation
de leur foncier.
En outre, la destination de ce foncier constitue un enjeu majeur dans l?aménagement
des territoires et pour le développement de certains secteurs de l?économie bleue.
En particulier, le maintien et le développement des constructeurs navals ? activité qui ne
peut exister que sur le littoral ? doivent être impérativement privilégiés par les ports.
7.8 - Développer l?intelligence économique L?intelligence économique peut être définie comme l?ensemble des actions coordonnées
de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de
l?information utile aux acteurs économiques.
Compte tenu de la concurrence au sein de l?arc caribéen, les ports du bassin et les
transporteurs ne peuvent s?exonérer de se positionner très vite ? et plus vite que leurs
concurrents ? dans ces nouvelles technologies.
La mise en place des « Port Community Systems » au sein de la Caraïbe, avec les îles
Port de commerce et réseaux maritimes| 57/80
françaises comme précurseurs, permet au bassin de marquer le pas.
Cette intelligence économique nécessite en particulier la dématérialisation des flux de
données et leurs consolidations dans des délais resserrés. Elle permettra d?anticiper les
évolutions du marché.
En ce sens, cet objectif rejoint également la thématique « formation professionnelle
maritime » puisque la main d?oeuvre antillaise, à tout niveau de responsabilité, doit être
formée pour mieux appréhender cette nécessité.
ENJEU : Performance environnementale et changement climatique
Objectifs stratégiques
7.9 - Accompagner la transition énergétique et
écologique de tous les ports de la façade et des
transports/réseaux
Le développement durable des GPM et autres ports de commerce (à Saint-Martin et
Saint-Barthélemy en particulier) nécessite la mise en place d?investissements
permettant de réduire les impacts sur l?environnement et de permettre l?accueil des
nouvelles générations de navires plus propres.
Cette nécessaire transition écologique des ports et des navires doit également
permettre de mieux anticiper les effets du changement climatique : l?argument
écologique sera alors aussi un argument économique par les innovations qui seront
mises en place et les nouveaux services portuaires qui seront développés.
7.10 - Adapter les ports et les transports maritimes
au changement climatique
7.11 - Atténuer les effets du changement climatique
Port de commerce et réseaux maritimes| 58/80
Les enjeux de la thématique « ports de commerce & réseaux maritimes » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Port de commerce et réseaux maritimes| 59/80
Recherche et innovation
Port de commerce et réseaux maritimes| 60/80
Récifs artificiels du cantonnement de pêche de
Case-Pilote
(© Observatoire du Milieu Marin Martiniquais
(OMMM), 2017)
Houlographe
(© CEREMA)
Mieux connaître la mer
La connaissance du milieu marin est un enjeu fort inscrit dans la stratégie nationale
pour la mer et le littoral (SNML) qui fixe comme première action prioritaire le
développement d?une société de la connaissance marine et maritime. Cette
connaissance est indispensable au pilotage des politiques publiques sur les
domaines côtiers et maritimes.
La SNML affiche par ailleurs la volonté de valoriser les spécificités de l?outre-mer
dans la recherche. Les Antilles françaises constituent un espace d?étude
remarquable (biodiversité, énergies renouvelables, risques, géologie marine,
gestion intégrée des espaces marins?). Cependant les connaissances doivent
encore être développées sur de nombreux sujets, notamment sur l?économie bleue.
La recherche dans le secteur public est davantage présente aux Antilles françaises
que celle du secteur privé. Des équipes de recherche de très bon niveau telles que
l?Ifremer, l?Université des Antilles et le BRGM sont en particulier présentes dans le
bassin.
Toutefois, alors que 80 % de la biodiversité française est celle de l?outre-mer et que
la très grande majorité de l?espace maritime français se situe en outre-mer, les
effectifs des équipes de recherche dédiées aux sujets maritimes restent faibles et
manquent d?infrastructures comme des stations marines ou des bassins d?étude
dédiés à la recherche. De plus, l?accès aux financements nationaux et européens
est souvent difficile.
La recherche scientifique dans le bassin caribéen
Les Antilles font l?objet de nombreux projets de recherches sur la mer et le littoral
animés par une pluralité d?acteurs issus d?horizons variés. Afin de structurer la
recherche, le RTPi Caraïbes (Réseau thématique pluridisciplinaire international) a
été mis en place autour de 4 thématiques concernant l?écologie et l?environnement
dans la région des Caraïbes : insularité et évolution, diversité et santé des
écosystèmes, anthropisation, et espèces envahissantes. Construit dans un premier
temps autour des laboratoires français, le réseau s?étend désormais aux partenaires
étrangers.
Les îles sont par excellence des territoires d?innovation. Dans le domaine maritime,
des solutions innovantes (travaux, ingénierie, réglementation...) devront être
encouragées en s?appuyant sur les mécanismes prévus pour favoriser l?innovation
(Lab, plate-forme, incubateur comme Zebox en Guadeloupe?).
Recherche & innovation | 61/80
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Un espace d?étude remarquable (biodiversité, énergies
renouvelables, risques, géologie marine, archéologie marine, gestion
intégrée des espaces marins, réseau d?AMP...)
Une coopération des équipes locales à un niveau national et
international (réseau d?excellence scientifique)
Des équipes de recherche (UA, IFREMER, IRD, IRSTEA, BRGM, etc)
et des bureaux d?étude
Un réseau d?observateurs et de recherche par les associations
environnementales
Des structures d?accompagnement de l?innovation (technopole,
PARM...)
Un accès difficile aux financements nationaux et européens de la recherche
Une faiblesse de l?ingénierie de projet
Une faible mobilisation des crédits disponibles, des difficultés de préfinancement des outils financiers disponibles
Une inadéquation des cadres nationaux aux spécificités du bassin (par exemple le FEAMP)
De faibles effectifs des équipes de recherche dédiées aux sujets maritimes
Un manque de connaissance sur de très nombreux sujets (sur les stocks halieutiques par exemple)
Des priorités nationales de recherche sans moyens dédiés pour le bassin (absence de directive nationale sur les
ressources halieutiques?)
Pas ou peu de porteurs de projet identifiés sur des projets innovants, absence de start-up, des départements R&D
privés quasi inexistants
Un manque d?attractivité pour la mobilité des scientifiques
Une faible structuration de la recherche. Peu d?infrastructures existantes
Des surcoûts exorbitants des moyens de recherche
Une absence d?institut de transfert des connaissances et d?incubateurs
Une absence de stations marines et de stations d?observation sous-marine
OPPORTUNITÉS MENACES
Des recherches sur de nouvelles espèces aquacoles, malgré une faible production de la filière
Une valorisation de la biodiversité marine (biomolécules, biomimétisme, sargasses, etc)
Le protocole international de Nagoya sur l?Accès et le Partage des Avantages (APA)
Un bassin propice pour les énergies renouvelables marines
Des politiques régionales de soutien à la recherche (par exemple Interreg - Feder)
Des engagements politiques récurrents en faveur de la recherche outre-mer
Un potentiel de développement des équipes existantes
Des relations entre l?université et le monde de l?entreprise à optimiser (cellule de valorisation de l?UA)
Une coopération entre organismes de recherche à l?échelle du bassin caraïbe
Une valorisation des savoirs et connaissances traditionnels, en pêche notamment
Peu de mise en réseau des projets de recherche : méconnaissance par les
acteurs des projets menés sur le territoire
Un manque de soutien des instances nationales
Une instabilité des équipes de recherche
Des engagements politiques récurrents non tenus ou soutenus
Des crises successives impactant les crédits dédiés à la recherche
Un manque d?étude sur la gestion des stocks pouvant conduire à une
surexploitation
Des difficultés à nouer des partenariats entre scientifiques et professionnels
Recherche & innovation | 62/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Application / valorisation de la recherche
Objectifs stratégiques
8.1 - Développer les structures et outils de transfert
Il s?agit ici d?un objectif majeur de cette thématique « recherche & innovation » pour
répondre à l?enjeu d?application de la recherche.
Ces structures de transfert permettent de faciliter les liens entre le monde économique
et le monde universitaire, entre les chercheurs et les entreprises ou autres
entrepreneurs.
Cet objectif peut conduire à la mise en place d?instituts techniques.
8.2 - Mieux connaître les travaux de recherche et les
valoriser à des fins d?innovation
Il s?agit non seulement de diffusion de connaissance mais aussi de partage de ces
connaissances. La problématique de la diffusion et du partage est récurrente dans tous
les secteurs de recherche.
8.3 - Valoriser économiquement les ressources
Cet objectif vise à permettre un gain économique suite aux recherches réalisées.
Il consiste également à ce que les chercheurs et entrepreneurs se protègent en matière
de propriété intellectuelle, et qu?ils déposent ainsi des brevets pour valoriser toutes les
innovations mises en place.
8.4 - S?orienter vers des outils innovants
Il s?agit ici de s?orienter vers de nouvelles formes de recherche, en s?appuyant par
exemple sur la science participative (en faisant ainsi le lien avec l?objectif suivant) ou
sur des outils innovants dans une approche de recherche à l?échelle du bassin (images
satellitaires par exemple).
Recherche & innovation | 63/80
ENJEU : Gouvernance et moyens de la recherche
Objectifs stratégiques
8.5 - Renforcer les moyens humains et financiers
dédiés à la recherche
Il s?agit ici d?un objectif majeur pour cet enjeu : il faut avant tout renforcer les équipes de
recherche et les moyens qui leur sont alloués aux Antilles. Alors que le bassin est
constitué uniquement de territoires insulaires ? voire archipélagiques ? et que leur
linéaire côtier est très important, la recherche dédiée à des sujets maritimes reste plutôt
limitée.
8.6 - Améliorer la cohésion des acteurs en
structurant la recherche et l?innovation maritimes /
marines à l?échelle du bassin
La structuration de la recherche et de l?innovation en améliorant la gouvernance et les
moyens alloués est une priorité forte. Il s?agit notamment de mutualiser des outils et
équipements de recherche ou d?application technique entre territoires.
Les Antilles françaises, en tant que « laboratoire » idéal pour étudier les impacts du
changement climatique, doivent attirer les moyens humains et financiers de la
recherche.
Cet enjeu rejoint la thématique « formation professionnelle ».
8.7 - Développer et adapter les filières de formation
aux besoins
ENJEU : Objets prioritaires de recherche et d?innovation
Objectifs stratégiques
8.8 - Améliorer la connaissance de la biodiversité
marine et des pressions qui s?exercent sur les
milieux littoraux insulaires (mangroves, herbiers,
récifs coralliens) et les espèces
Les acteurs maritimes du bassin doivent inscrire leurs programmes de recherche et
d?innovation dans une démarche de « faire mieux plutôt que faire plus » afin de
préserver l?identité de ses îles.
Plusieurs sujets prioritaires de recherche ont été déterminés (voir objectifs stratégiques
ci-joints) : ces besoins de connaissance ont également été identifiés dans les
thématiques correspondantes (environnement marin, risques, pêche et aquaculture?).
8.9 - Améliorer la connaissance pour une meilleure
gestion des ressources halieutiques
8.10 -Identifier les ressources minérales et
énergétiques pour une exploitation durable
8.11 - Connaître et prévoir les risques naturels
côtiers (érosion, trait de côte, submersion marine,
tsunami, échouements massifs de sargasses...)
8.12 - Développer la recherche dans le domaine
des sciences humaines et sociales
8.13 - Soutenir les actions de recherche sur les
dépollutions et décontaminations
Recherche & innovation | 64/80
Ressources marines
Recherche & innovation | 65/80
Usine de désalinisation de
Saint-Barthélemy
(© TIRU)
Carte de potentialité
(Ademe, Région
Guadeloupe)
Des ressources marines encore inexploitées
Les ressources marines autres qu?halieutiques sont encore inexploitées dans le
bassin Antilles : énergies renouvelables, biotechnologies, granulats marins, etc. Le
potentiel reste peu connu.
Les énergies marines renouvelables
Les objectifs du Grenelle de l?environnement pour les territoires d?Outre-mer,
réaffirmés par la loi de transition énergétique pour une croissance verte, sont
ambitieux : générer 50 % de l?énergie consommée à partir de sources
renouvelables en 2020 et atteindre l?autonomie énergétique à l?horizon 2030. En
2015 et d?après l?ADEME, la part du charbon et du pétrole dans le mix énergétique
s?élève à près de 100 % à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, à 82 % en Guadeloupe
et à 93 % en Martinique.
L?indépendance énergétique représente en effet un enjeu stratégique dans les
régions insulaires, contraintes d?importer massivement des ressources fossiles
(fioul, charbon, carburants). La faible taille des systèmes électriques conjuguée à la
non-interconnexion des réseaux, induit une plus grande fragilité que celle des
réseaux interconnectés et nécessite une approche spécifique.
En effet le bassin maritime possède des atouts considérables en matière d?énergies
marines renouvelables : des alizés constants pour l?éolien en mer, une mer chaude
et des fonds marins profonds proches des côtes pour l?ETM (énergie thermique des
mers) et le SWAC (Sea Water Air Conditioning), des trains de houle réguliers, etc.
Des études prospectives ont déjà été réalisées : en 2007, le Conseil Régional de la
Martinique a piloté une étude portant sur « l?Exploitation des ressources marines
destinées à la production d?électricité dans les Régions Ultra Périphériques » et en
2015, un pré-diagnostic pour le développement éolien offshore flottant en
Guadeloupe a été mené par AKUO Energy, co-financé par la Région Guadeloupe et
l?ADEME.
Outre les études de potentialité, il existe plusieurs projets, certains très avancés
mais n?ayant pas encore abouti (projet NEMO en Martinique d?énergie thermique
des mers de 10 MW).
Les granulats marins
Devant les difficultés croissantes d?accès aux gisements terrestres, les producteurs
de granulats diversifient leurs ressources, notamment par les granulats marins.
Ces matériaux extraits en mer possèdent des caractéristiques semblables à celles
des granulats de roches meubles extraits de carrières terrestres. Jusqu?en 2019,
seul un gisement était exploité (au large de Petit-Havre au Gosier en Guadeloupe),
avec un prélèvement maximal autorisé de 118 000 m³ par an, mais en 2020, il n?est
plus en activité et toutes les autorisations relatives à cette activité sont échues.
Pourtant, diverses études ont montré un important potentiel sur l?ensemble du
bassin maritime.
Les biotechnologies
Les écosystèmes antillais, du fait de leur diversité, présentent un potentiel pour
l?exploitation des biotechnologies qui mériterait d?être développé (IEDOM, Institut
d?émission des départements d?Outre-mer, 2018).
Par ailleurs, la problématique des sargasses a poussé vers une réflexion globale
sur leur devenir. Ainsi, un appel à projets et des appels à manifestation d?intérêt ont
été lancés par l?ADEME en Guadeloupe et en Martinique afin de valoriser ces
algues à travers la production de compost, de biogaz, de bioplastique ou encore de
produits cosmétiques.
La désalinisation
Les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy sont des îles « sèches », ne
possédant pas de ressources naturelles en eau potable. Ainsi, chaque île dispose
d?une usine de désalinisation pour l?alimentation en eau potable. A Saint-Martin,
l?usine mise en place en 2006 traite par osmose inverse une capacité maximale de
9 000 m³ d?eau de mer par jour. L?énergie fournie pour faire fonctionner les usines
provient en partie de l?incinération des ordures ménagères.
Ressources marines | 66/80
Carte sur le potentiel des énergies de la mer en Martinique
(Conseil Régional Martinique, 2007)
? Filière houle : très bonnes potentialités, principalement à l?Est et au
Nord Est de l?île ;
? Filière gradient thermique des mers : très fortes potentialités,
principalement sur la façade Ouest de l?île en mer des Caraïbes
avec environ 350 km² de surface utilisable à l?intérieur de la zone
étudiée ;
? Filière vent : bonnes potentialités, principalement sur les façades
Est et Sud Est de l?île avec environ 40 km² de surface utilisable à
l?intérieur de la zone étudiée ;
? Filières courant : pas de potentialité identifiée à ce jour pour la
Martinique.
Carte sur les zones potentielles pour l?implantation d?éoliennes
flottantes en Guadeloupe (Ademe, Région Guadeloupe, 2015)
? Zones encadrées en rose favorables au vu des contraintes physiques,
géomorphologiques et conditions des sols notamment.
? Zones en vert : zones préférentiellement identifiées pour la création d?un parc éolien
flottant, l?analyse des contraintes ne montrant pas d?arguments défavorables à leur
installation.
Ressources marines | 67/80
2
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Des territoires insulaires propices à l?expérimentation /
installation de démonstrateurs
Une zone maritime large avec un fort potentiel pour les
filières houle, vent et énergie thermique des mers
Des potentialités fortes (présence de coraux, algues,
éponges) pour les biomolécules
Des unités de désalinisation installées à Saint-Martin et
Saint-Barthélemy et alimentées par de l?énergie produite
à partir d?incinération d?ordures ménagères
Aucune installation à ce jour d?énergies marines renouvelables, hors usines de désalinisation
Peu de connaissance sur l?impact environnemental des prélèvements
Des connaissances encore insuffisantes sur le potentiel en biotechnologie de la flore et de la faune marines
OPPORTUNITÉS MENACES
Les objectifs de la loi de transition énergétique pour la
croissance verte (2015) qui fixe des objectifs d?autonomie
énergétique en 2030 et de 50 % d?énergies renouvelables
en 2050
Des entreprises prêtes à investir dans les énergies
renouvelables
Une possible valorisation des sargasses
Des projets qui émergent (énergie houlomotrice en
Guadeloupe)
L?acceptabilité des énergies marines et une sensibilité citoyenne sur les conséquences paysagères et
d?occupation de l?espace en mer des énergies renouvelables en mer
Des obstacles potentiels à la navigation et aux activités économiques en mer
Des installations pouvant perturber les milieux marins
Disponibilité aléatoire de la ressource sargasses
Pas ou peu de porteurs de projets identifiés sur des projets innovants
Des risques naturels forts (cyclones notamment)
Ressources marines | 68/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Connaissance
Objectifs stratégiques
9.1 - Identifier les ressources minérales,
biologiques et énergétiques pour une exploitation
durable Les potentialités du bassin maritime en termes de ressources marines nouvelles, hors
ressources halieutiques, sont très mal connues. Cet objectif vise à identifier ces
ressources marines (extractions de matériaux et de granulats marins, potentiel de
développement en énergies marines renouvelables?) et à capitaliser, partager cette
connaissance au sein du bassin.
9.2 - Capitaliser la connaissance à l?échelle du
bassin à partir des expériences déjà menées
9.3 - Sensibiliser les acteurs institutionnels aux
possibilités de développement et d?exploitation
des ressources marines
ENJEU : Valorisation économique
Objectifs stratégiques
9.4 - Favoriser l?innovation et la mise en place
d?entreprises d?exploitation durable des
ressources marines
L?exploitation des ressources marines est une filière économique à fort potentiel pour le
bassin maritime, pouvant contribuer non seulement au développement de son
économie mais aussi à son indépendance énergétique.
En effet, au niveau énergétique, les objectifs du Grenelle de l?environnement pour les
DOM, réaffirmés par la Loi transition énergétique pour une croissance verte, sont
ambitieux : en 2020, 50 % de l?énergie consommée doit être produite à partir de
sources renouvelables et à l?horizon 2030, l?autonomie énergétique doit être atteinte.
Cependant, l?exploitation des ressources doit être durable et s?inscrire dans une
politique de préservation du milieu marin et de sa biodiversité.
ENJEU : Sensibilisation
Objectifs stratégiques
9.5 - Communiquer auprès du grand public autour
des objectifs du Grenelle de l?environnement et de
la mer
L?acceptabilité sociale des projets d?exploitation des ressources marines est une
composante importante de leur mise en oeuvre.
Ressources marines | 69/80
Les enjeux de la thématique « ressources marines » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Ressources marines | 70/80
RisquesServices Phares Et balises
des Directions de la Mer
Ouragan Irma, septembre 2017
Image de la NASA (© NOAA/CIRA)
et capture d?écran windy.com
Risques naturels littoraux
Les communes littorales, et donc a fortiori les territoires insulaires, sont plus
exposées aux risques naturels majeurs que la moyenne nationale.
Les Antilles françaises sont fortement vulnérables puisqu?elles sont confrontées à de
très nombreux risques naturels : tempêtes tropicales, submersions marines, érosion
côtière ? phénomènes d?ores et déjà sensiblement renforcés par le changement
climatique ? mais également tsunamis et éruptions volcaniques.
Les risques liés aux tempêtes tropicales et aux submersions marines sont
particulièrement prégnants, alors même qu?une grande majorité des activités et
infrastructures, qu?elles soient liées à l?économie bleue (ports, plaisance, pêche, etc)
ou à d?autres secteurs économiques (urbanisme, installations ICPE, etc), sont situées
précisément sur le littoral. Cette situation induit une grande fragilité des territoires
face aux risques naturels extrêmes, à l?image des destructions majeures causées par
l?ouragan Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélemy en 2017.
Des outils d?aménagement, tels que les plans de prévention des risques naturels et la
stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte ? qui devra être déclinée
localement ? permettent à long terme de réduire ces risques.
Lorsque les événements surviennent, la gestion de crise est du ressort des
communes et, de manière supra, de l?État qui vient se substituer le cas échéant et qui
peut mobiliser des plans ORSEC (organisation de la réponse de la sécurité civile)
dédiés permettant d?assurer une gestion de crise face à un évènement majeur.
Toutefois, des incertitudes fortes pèsent sur la capacité des territoires à assurer un
retour à la normale, dans de bonnes conditions en termes d?organisation et de délais.
Risques technologiques et sanitaires
Les principaux risques technologiques aux Antilles sont les risques industriels et les
risques liés au transport de marchandises dangereuses. Le littoral est caractérisé par
la présence de nombreuses industries liées notamment aux activités portuaires et aux
échanges maritimes : raffinage du pétrole, cokéfaction, sidérurgie ou industrie
chimique.
Les rejets issus des activités humaines peuvent par ailleurs dégrader la qualité des
eaux littorales et générer des risques sanitaires. La consommation de produits de la
mer doit également être encadrée du fait de la présence potentielle de contaminants
dans la chair des organismes consommés (chlordécone, ciguatoxine?).
Les échouements massifs des sargasses sont également à l?origine de risques
sanitaires puisqu?elles dégagent des gaz toxiques en pourrissant après leur
échouement. La lutte contre les sargasses se déploie sur plusieurs fronts
(ramassage, barrages en mer, valorisation, etc) mais reste très difficile et coûteuse.
L?impact sur les activités économiques (tourisme, loisirs nautiques, pêche, baignade,
etc) n?est pas négligeable.
Finalement, le risque sanitaire suite à la crise Covid-19 de début 2020 est une
nouvelle réalité avec laquelle il est désormais impératif de composer. L?importance du
trafic maritime dans la propagation de l?épidémie (croisière, plaisance) a été l?une des
caractéristiques de la crise. Des mesures de gestion du trafic maritime ont été prises
et devront sans doute être affinées dans le futur afin de prendre en compte cette
nouvelle composante du risque.
Risques liés au trafic maritime
La Caraïbe concentre près de la moitié de l?activité de croisière mondiale. Pendant la
saison touristique, de novembre à mai, on enregistre en moyenne la présence
simultanée d?une vingtaine de navires de croisière représentant environ 70 000
personnes. Le risque d?une intervention de type SMGA (Secours Maritime de Grande
Ampleur) est donc particulièrement prégnant.
La présence de terminaux pétroliers majeurs dans les petites Antilles (Saint-
Eustache, Sainte-Lucie, Martinique et Guadeloupe) et d?un fort trafic commercial
renforcent l?existence d?un risque d?accident maritime pouvant entraîner une pollution
par hydrocarbure.
La sécurité maritime est sous la responsabilité aux Antilles françaises du délégué du
Gouvernement pour l?action de l?État en mer (DDG AEM), le préfet de Martinique,
assisté par le commandant de zone maritime (CZM). Le DDG AEM engage et
coordonne les moyens des administrations et autres acteurs agissant en mer (affaires
maritimes, douane, marine nationale, sécurité civile, SNSM, gendarmerie) pour
assurer les secours en mer, prévenir et lutter contre les pollutions marines.
Il dispose d?un centre opérationnel, le CROSS Antilles-Guyane, qui assure le suivi du
trafic maritime et la coordination des opérations de sauvetage des personnes et
d?assistance en mer dans une zone de 3 millions de kilomètres allant d?Anguilla à la
Guyane jusqu?au milieu de l?Atlantique. Le CROSS assure un rôle important
d?animateur du réseau de sécurité civile des moyens intervenant en mer, et possède
de nombreux accords de coopération avec les pays voisins. La plaisance reste
l?activité suscitant le plus de sauvetages et d?assistance (près de 60 % des
opérations).
Enfin, les établissements de signalisation maritime (ESM), dont l?entretien est assuré
par le service des Phares et Balises des Directions de la Mer, permettent de sécuriser
la navigation aux abords des ports et abris. Du matériel de lutte contre la pollution est
stocké dans des centres POLMAR en Martinique et en Guadeloupe et mis à
disposition du SDIS (Service départemental d?incendie et de secours) en cas de
pollutions marines menaçant les côtes. La Marine nationale dispose également dans
la base navale de Fort-de-France de moyens de lutte contre les pollutions marines
pouvant intervenir en mer.
Risques| 72/80
Risques| 73/80
7 sites Seveso Haut aux
Antilles (en Guadeloupe et
en Martinique
uniquement)
EN 2019
2906 personnes impliquées dans des
opérations de recherche, sauvetage,
assistance ou sûreté en mer
dont
1391 personnes assistées, retrouvées
ou secourues
24 tsunamis recensés aux Petites
Antilles ces 400 dernières années
100% des communes et des
collectivités des Antilles françaises sont
couvertes par un Plan de Prévention des
Risques Naturels (PPRN)
Risques & prévention
2 Mm³ Saint-Eustache
1,3 Mm³ Sainte-Lucie
0,4 Mm³ Martinique/Guadeloupe
Terminaux pétroliers
81%
des sites de baignade en mer aux
Antilles françaises classés en qualité
d?eau de baignade excellente
(source: ARS 2016)
9249 messages SURNAV et MOUVINF
sur l?Antilles Guyane enregistrés
(signalement obligatoire des navires
transportant une cargaison dangereuse ou
d?un navire en avarie)
MARTINIQUE
7% du trait de côte en recul
0,28 km2 perdus entre 1960 et 2010
GUADELOUPE
18% du trait de côte en recul
1,08 km2 perdus entre 1960 et 2010
Erosion du trait de côte (2017) Source: CROSS-AG 2019
En haute saison, la croisière génère la
présence simultanée en mer de
35 000 à 50 000
passagers
Sur la zone de compétence du CROSS,
impliquant un risque de sauvetage
maritime de grande ampleur
335
établissements de
signalisation maritime
(ESM)
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
La présence de moyens aéromaritimes d?État conséquents (Affaires maritimes, Gendarmerie,
Marine, Service Garde-Côtes des douanes)
L?intégration régionale des îles françaises et l?exercice assumé et reconnu de responsabilités
régionales (SRR, CROSS AG, accords bilatéraux SAR)
La cohérence de l?organisation zonale avec un unique Délégué Du Gouvernement pour l?Action
de l?État en Mer (DDG AEM) aux Antilles, basé en Martinique (Préfet de Martinique, préfet de
zone Antilles)
Un réseau ORSEC maritime qui s?appuie sur les réseaux POLMAR (anti-pollution), ANED
(assistance aux navires en difficulté) et SAR (Search And Rescue)
Le CROSS AG comme centre régional opérationnel de coordination du sauvetage en mer et de
la surveillance du trafic maritime
Des PPRN pour toutes les communes de Guadeloupe et de Martinique et pour la collectivité de
Saint-Martin
Une qualité des eaux de baignade globalement bonne
Une surveillance sanitaire régulière par l?ARS
Un Centre de Sécurité des Navires (CSN) présent en Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin,
qui réalise également des visites sur les navires étrangers
La mise en place de capteurs pour surveiller la qualité de l?air suite aux échouements de
sargasses
Le caractère insulaire des Antilles françaises, qui accroît les risques naturels
(littoraux en particulier) et l?élongation pour l?emploi des moyens aéromaritimes
La double insularité, notamment pour les dépendances de la Guadeloupe (les
Saintes, la Désirade, Marie-Galante)
La récurrence des événements cycloniques majeurs
L?organisation de la réponse internationale de gestion de crise maritime au niveau
de l?interface « mer-terre » dans les petites Antilles
Une concentration de la population et des infrastructures sur les zones les plus
exposées aux risques
Un littoral particulièrement concerné par l?érosion côtière
Une méconnaissance de certains phénomènes d?érosion côtière (sur les falaises
meubles en particulier)
Des échouements de sargasses
Une contamination des produits de la mer par la chlordécone
Une contamination de certains poissons par la ciguatoxine
OPPORTUNITÉS MENACES
Des plans complémentaires de prévention des risques (contre les inondations par ex ? les
PAPI)
Des pistes d?adaptation au changement climatique proposées par l?ONERC (Observatoire
national sur les effets du réchauffement climatique
Une sensibilisation du grand public et des consommateurs
Des connaissances à affiner (en particulier en matière de risques sanitaires) pour mieux adapter
les mesures de précaution
La position des Antilles françaises au coeur de la Caraïbe
Des accords de partenariat en matière de sauvetage maritime en cours de finalisation avec les
États insulaires des petites Antilles
Des solutions biosourcées pour réduire les risques et favoriser la résilience (restauration de
mangroves, récifs artificiels, etc)
Les risques naturels majeurs du fait de la zone de subduction océanique (séisme,
tsunami, éruption volcanique?) et du changement climatique (recul du trait de
côte, cyclones)
Des risques d?épisodes de sargasses plus massifs et plus réguliers
Une dégradation de la qualité du milieu marin
Des menaces en termes de sûreté maritime : sûreté des personnes et des biens
transportés, instabilité politique de certains États du bassin
Une augmentation du trafic maritime, notamment de la croisière,
Des défauts de sécurité potentiels sur les mega-ships (marchandises, croisières)
Des crises sanitaires majeures, pouvant être amplifiées par le trafic maritime à
passager (croisière, plaisance)
Risques| 74/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Connaissance
Objectifs stratégiques
10.1 - Connaître et prévoir les risques naturels
côtiers (érosion, trait de côte, submersion marine,
tsunami, échouements massifs de sargasses?)
Il s?agit ici de développer les actions de connaissance des phénomènes naturels et de
leurs impacts potentiels sur les littoraux du bassin. Ces connaissances peuvent être
mises au service de prévisions très localisées (exemple des études réalisées à la
parcelle sur l?impact de l?évolution du trait de côte) ou être beaucoup plus générales sur
l?impact de ces risques (par exemple pour l?impact sanitaire des échouements de
sargasses) ou inscrites dans un contexte global (par exemple pour les questions
relatives au changement climatique).
ENJEU : Action publique
Objectifs stratégiques
10.2 - Coordonner l?action publique grâce à la
mise en place de plans d?actions
À chacun des risques connus, des plans d?actions sont associés. Par exemple, les plans
de prévention des risques, la stratégie nationale de lutte contre l?érosion du trait de côte,
etc. Il s?agit ici non pas de créer de nouveaux plans d?actions mais plutôt d?assurer une
meilleure coordination entre ces plans et entre les acteurs concernés, compte-tenu des
compétences de chacun.
Il s?agira également de mettre en place des outils de résilience pour favoriser le retour à
la normale des activités côtières après un événement majeur.
10.3 - Sensibiliser le grand public et prévenir les
accidents
La puissance publique a un véritable rôle à jouer dans la sensibilisation du grand public
pour mieux anticiper les phénomènes naturels et pour mieux prévenir les risques
d?accidents en mer. Il s?agit ici de mener des campagnes d?information et d?organiser
des exercices pour que chacun puisse acquérir les bons réflexes.
10.4 - Lutter contre les échouements massifs
d?algues sargasses
Les échouements massifs de sargasses engendrent des impacts sanitaires (émanation
de gaz toxiques), économiques (pour le tourisme, la pêche), et environnementaux. La
lutte contre les échouements est une priorité forte.
De même, une fois les algues échouées, leur enlèvement dans des délais restreints est
également une priorité de l?action publique dans les Antilles françaises.
Cet objectif est également une priorité en matière de protection de l?environnement
marin.
ENJEU : Sécurité maritime
Objectifs stratégiques
10.5 - Assurer la sécurité des biens et des
personnes en circulation dans le bassin
La plupart des objectifs précités est conditionnée à la nécessaire sécurité des biens et
des personnes qui circulent par voie maritime dans le bassin maritime. Cette sécurité
doit être maintenue et garantie à un très haut niveau dans les eaux françaises.
10.6 - Mener des actions de prévention des
risques dans les ports et dans les transports
maritimes
La sécurité des biens et des personnes doit également être garantie dans les ports et à
bord des navires, et des exercices peuvent être organisés pour mieux s?assurer de
l?efficacité des moyens engagés en cas d?accident ou d?attaque.
Des exercices de type Sauvetage maritime de grande ampleur (SMGA) peuvent par
exemple être mis en place.
10.7 - Améliorer la sécurité dans la bande côtière La sécurité dans la bande côtière est assurée par des moyens spécifiques, en particulier
compte tenu des compétences partagées dans la bande littorale maritime des 300
mètres entre le Délégué du gouvernement pour l?action de l?État en mer et les maires.
Les plans de balisage, la surveillance des plages, etc sont autant d?outils permettant
d?améliorer la sécurité dans la bande côtière.
ENJEU : Sécurité sanitaire
Objectifs stratégiques
10.8 - Assurer la sécurité des personnes à terre et
en mer en cas de pandémie
La crise du Covid-19 modifie de manière durable la gestion du risque sanitaire et
pandémique. Particulièrement dans le domaine maritime où, suite aux nombreuses
contaminations à bord des navires de croisière et le fort afflux de plaisanciers sur les
îles du bassin maritime pour le confinement, une réflexion poussée doit être menée pour
mieux gérer ce risque et assurer la sécurité des personnes.
10.9 - Mener des actions de prévention des
risques dans les ports et dans les transports
maritimes en cas de pandémie
Risques| 76/80
Glossaire
ACP : Afrique, Caraïbe, Pacifique
ADEME : Agence de l?environnement et de la maîtrise de l'énergie
AEC : Association des États de la Caraïbe
AEM : Action de l?État en Mer
AMP : Aire marine protégée
ANED : Assistance aux navires en difficulté
APE : Accords de partenariat économique
APIT : Abri portuaire d?intérêt territorial
BHU : Bateau hors d?usage
BRGM : Bureau de recherches géologiques et minières
BVI : British Virgin Islands
CARIMAM : Caribbean Marine Mammals Preservation Network
CAR-SPAW : Centre régional d?activités destiné à la mise en oeuvre du Protocole
relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées de la zone Caraïbe
(Specially Protected Areas and Wildlife en anglais ? SPAW)
CCIAG : Conseil de coordination inter- portuaire Antilles Guyane
CCS : Cargo Community System
CCSTI : Centres de culture scientifique, technique et industrielle
CEB : Comité de l?eau et de la biodiversité
CIMer : Comité interministériel de la mer
CITES : Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d?extinction
CMQ : Campus des Métiers et des Qualifications
COM : Collectivité d?Outre-mer
COPACO : Commission Pêche de l?Atlantique Centre Ouest
COPOLEN : Comité des polices de l?environnement
CQP : Certificats de qualification professionnelle
CRFM : Caribbean regional fisheries mechanism
CROSS AG : Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage Antilles
Guyane
CRPMEM : Comité Régional des Pêches Maritime et des Élevages Marins
CSN : Centre de sécurité des navires
CZM : Commandant de zone maritime
DCE : Directive cadre sur l?eau
DCP : Dispositif de concentration de poissons
DDG AEM : Délégué du Gouvernement pour l?Action de l?État en Mer
DE : Diplôme d?État
DOM : Département d?Outre-mer
DPM : Domaine public maritime
EFPMA : École de Formation Professionnelle Maritime et Aquacole de Martinique
ESM : Établissement de signalisation maritime
ETM : Énergie thermique des mers
FEAMP : Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche
FEDER : Fonds européen de développement régional
FIN : Fédération des industries nautiques
FSE : Fonds social européen
GPM : Grand port maritime
Greta : Groupement d?Établissements
ICCAT : Commission internationale pour la conservation des thonidés
ICPE : Installation classée pour la protection de l?environnement
IEDOM : Institut d?émission des départements d?Outre-mer
IFREMER : Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
INN : illégale, non déclarée et non réglementée (pêche)
IRD : Institut de recherche pour le développement
IRSTEA : Institut national de recherche en sciences et technologies pour
l?environnement et l?agriculture
MIPE: Mission interservices des polices de l?environnement
MISEN : Mission interservices de l?eau et de la nature
MUA : Marché unique antillais
OECO : Organisation des États de la Caraïbe Orientale
OFB : Office français de la biodiversité
OMI : Organisation maritime internationale
ONERC : Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique
OPCO : Opérateurs de compétences
ORSEC : Organisation de la réponse de sécurité civile
PAPI : Programme d'actions de prévention des inondations
PARM : Pôle agroressources et de recherche de Martinique
PCP : Politique commune de la pêche
PCS : Plan de compensation des surcoûts (aide FEAMP)
PIC : Plan investissement dans les compétences
PIF : Poste d?inspection frontalier
PLU : Plan local d?urbanisme
PNA : Plan national d?actions
POLMAR : Pollution marine
PPRN : Plan de prévention des risques naturels
R&D : Recherche & Développement
REP : Responsabilité élargie des producteurs
RUP : Région ultra-périphérique
RTPi : Réseau thématique pluridisciplinaire international (Caraïbes)
SAR : Search and rescue (recherche et sauvetage)
SDAGE : Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
SDIS : Service départemental d?incendie et de secours
SIH : Système d?informations halieutiques
SMGA : Sauvetage maritime de grande ampleur
SNML : Stratégie nationale pour la mer et le littoral
SNSM : Société nationale de sauvetage en mer
SRB : Stratégie régionale pour la biodiversité
SRR : Search & rescue region
SRCE : Schéma régional de cohérence écologique
STCW : Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de
délivrance des brevets et de veille
SWAC : Sea water air conditioning
TVA : Taxe sur la valeur ajoutée
TVB : Trame verte et bleue
UA : Université des Antilles
UE : Union Européenne
UICN : Union internationale pour la conservation de la nature
VAE : Validation des acquis de l?expérience
ZEE : Zone économique exclusive
ZFANG : Zone franche d?activité Nouvelle Génération
ZMEL : Zone de mouillages et d?équipements légers
Préambule
1° Le cadrage national
2° Une déclinaison locale à l?échelle du bassin Antilles
3° L?opposabilité du document
4° L?élaboration du document stratégique de bassin (DSB)
5° Le document stratégique de bassin
Coopération régionale maritime
Le contexte global de la coopération régionale
Grandes caractéristiques de la coopération régionale maritime
Outils financiers dédiés à la coopération
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Organisation de la coopération
ENJEU: Priorités de coopération
Environnement marin
Caractérisation de la biodiversité marine du bassin Antilles
Les principales pressions et sources de dégradation de l?environnement marin
Les politiques publiques pour la préservation de l?environnement marin
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Pollutions
ENJEU: Activités maritimes
ENJEU: Sensibilisation à l?environnement marin
ENJEU: Espèces et des habitats
ENJEU: Financement
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Police
ENJEU: Réchauffement climatique
ENJEU: Connaissance
Formation aux métiers de la mer
La formation initiale
La formation continue
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Sensibilisation
ENJEU: Coopération régionale
Mer et société
Des activités traditionnelles de pêche et de sports nautiques
Une culture maritime à construire, entre sports nautiques et protection de l?environnement
Enjeux et objectifs
ENJEU: Sensibilisation à la mer
ENJEU: Pratique des activités nautiques
ENJEU: Métiers de la mer
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Région Caraïbe
Pêche et aquaculture
La pêche, une activité essentiellement artisanale?
?et peu structurée
L?aquaculture: un secteur d?avenir, pourtant en difficulté
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Connaissance
ENJEU: Gestion de la ressource
ENJEU: Une main d?oeuvre qualifiée
ENJEU: Structuration des filières
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Performance environnementale
ENJEU: Aquaculture
ENJEU: Changement climatique
Les enjeux de la thématique «pêche & aquaculture» sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous):
Plaisance, croisière et activités nautiques
Les Antilles françaises, un des leaders du nautisme mondial
La croisière, secteur incontournable de l?économie locale
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Performance environnementale
Les enjeux de la thématique «plaisance & activités nautiques» sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous):
Ports de commerce et réseaux maritimes
Le contexte caribéen
Les ports des Antilles françaises
L?industrie navale
Enjeux et objectifs
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Compétitivité à l?international
ENJEU: Performance économique
ENJEU: Performance environnementale et changement climatique
Les enjeux de la thématique «ports de commerce & réseaux maritimes» sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous):
Recherche et innovation
Mieux connaître la mer
La recherche scientifique dans le bassin caribéen
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Application / valorisation de la recherche
ENJEU: Gouvernance et moyens de la recherche
ENJEU: Objets prioritaires de recherche et d?innovation
Ressources marines
Des ressources marines encore inexploitées
Les énergies marines renouvelables
Les granulats marins
Les biotechnologies
La désalinisation
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Connaissance
ENJEU: Valorisation économique
ENJEU: Sensibilisation
Risques
Risques naturels littoraux
Risques technologiques et sanitaires
Risques liés au trafic maritime
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Connaissance
ENJEU: Action publique
ENJEU: Sécurité maritime
ENJEU: Sécurité sanitaire
Glossaire
(ATTENTION: OPTION imiter les mouillages forains, et les gestionnaires de ces zones peuvent
s?équiper de dispositifs pour recueillir les eaux usées des navires.
S?agissant de la croisière, il est indispensable que son impact environnemental puisse
être limité, en particulier lors des escales (pollution de l?air?).
6.15 - Accompagner les acteurs dans l?évolution de
leurs prestations
Les prestataires nautiques évoluent dans le milieu naturel, et de son bon état dépend la
qualité de la prestation. Ainsi les prestataires nautiques doivent orienter leurs
prestations vers plus de découverte de la nature et de sensibilisation à l?environnement.
Plaisance, croisière et activités nautiques| 49/80
Les enjeux de la thématique « plaisance & activités nautiques » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Plaisance, croisière et activités nautiques| 50/80
Ports de commerce et
réseaux maritimes
Plaisance, croisière et activités nautiques| 51/80
| Grand Port Maritime
(Guadeloupe)
© Guadeloupe Port Caraïbes
| Port de commerce (Saint-
Barthélemy)
© Collectivité de Saint-Barthélémy
| Grand Port Maritime (Martinique)
©GPMLM
| Port de Galisbay (Saint-Martin)
© Soualiga
Le contexte caribéen
Le bassin Caraïbe est un carrefour pour les échanges internationaux de
conteneurs. Le caractère insulaire d?une grande partie de ses territoires explique
sa densité portuaire élevée.
À l?échelle de ce bassin Caraïbe, les principaux ports « de marché » (pour
approvisionner un marché) sont situés en Colombie et au Guatemala, alors que
les principaux ports de transbordement (pour assurer un stockage intermédiaire
de marchandises avant envoi vers une destination finale) sont Colón au Panama
et Kingston en Jamaïque.
À titre de comparaison, les ports des Antilles françaises ont traité en 2018
3,78 MT pour le Grand Port Maritime de la Guadeloupe, 3,06 MT pour le Grand
Port Maritime de Martinique et 0,33 MT en 2019 pour le port de Galisbay , contre
13 MT pour le port de Kingston en Jamaïque en 2016.
À l?échelle du bassin caribéen, le premier Cargo Community System maritime et
aéroportuaire a été mis en place en Guadeloupe en 2002, puis en Martinique en
2005.
Les ports des Antilles françaises
Les ports sont des portes d?entrée incontournables pour le fonctionnement de
l?économie des Antilles françaises.
Les flux commerciaux y sont très déséquilibrés, les importations, depuis
l?hexagone essentiellement, étant bien plus importantes que les exportations :
plus de la moitié des conteneurs exportés des Antilles françaises sont vides et la
grande majorité des conteneurs remplis (90 %) sont des bananes à destination
de l?hexagone, essentiellement par le biais de l?opérateur CMA-CGM. L?activité
des ports est ainsi principalement tournée vers le marché intérieur. Par exemple
en Guadeloupe, l?approvisionnement énergétique, l?importation des matières
premières, des produits intermédiaires et la plupart des biens de consommation
représentent 80 % du trafic. Il existe peu de liaisons maritimes entre les Antilles
françaises et les îles voisines, reflétant l?état du commerce entre ces pays.
A Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, les infrastructures portuaires sont certes
importantes, mais elles sont sous-dimensionnées. A Saint-Martin, la réalisation
de travaux permettrait notamment de mieux rééquilibrer l?île vis-à-vis de la partie
hollandaise, qui capte la grande majorité des flux.
La Guadeloupe et la Martinique sont chacune dotées d?un Grand Port Maritime,
établissement public portuaire autonome et sous tutelle du ministère chargé des
transports. Ils se classent respectivement 11ème et 13ème au rang national en
termes de trafic de marchandises. Ces deux ports sont entrés dans une stratégie de
développement du transbordement de marchandises.
Le Conseil de coordination interportuaire Antilles-Guyane, mis en place en 2016,
doit permettre de coordonner l?action de ces grands ports et d?en améliorer la
compétitivité. Un document commun à ces ports doit être validé en 2020.
L?industrie navale
Les ports accueillent les activités d?industrie navale. Il n?existe pas de grands
chantiers constructeurs dans les Antilles françaises, mais néanmoins quelques
pôles de réparation navale : en Martinique, le bassin de radoub, permettant l?accueil
de navires jusqu?à 180 mètres de long et l?aire de carénage du Marin pour l?accueil
de méga-yachts (plus de 50 mètres) grâce à un élévateur de bateau de 440 T, ou
encore les deux docks flottants en Guadeloupe (Marina Bas-du-fort, Caraïbes
Docks Services) permettant la réparation de navires jusqu?à 50 mètres de long.
Les réseaux des Antilles françaises
De nombreux câbles sous-marins parcourent la Caraïbe, notamment pour
acheminer de l?énergie électrique et des communications (99 % des
communications mondiales passent par les câbles sous-marins).
En particulier, les câbles de télécommunication ont pour objectif d?améliorer la
connectivité des territoires en accompagnant les usages numériques et en
optimisant la qualité des réseaux. En 2018, un câble sous-marin de 1 746 km a été
installé entre la Martinique et la Guyane.
Il existe également des conduites d?eau potable permettant d?alimenter les Saintes
et la Désirade à partir de la Guadeloupe.
Port de commerce et réseaux maritimes| 52/80
Port de commerce et réseaux maritimes| 53/80
+ de 50% 70à 80 %
des marchandises traitées
en entrée des GPM sont
consommées sur place
2 Grands Ports Maritimes à
l?échelle du bassin
Les principales routes maritimes et ports de la Caraîbe
3,78 MT pour le GPM Guadeloupe
3,06 MT pour le GPM Martinique
0,33 MT pour le port de Galisbay (2019)
A titre de comparaison, en 2016
13 MTpour Kingston en Jamaique
Marchandises traitées en 2018
des conteneurs exportés des
Antilles sont vides
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Un très bon positionnement central dans l?arc caribéen plutôt à une
échelle sub-régionale
Le bassin Antilles comme tête de pont (et porte d?entrée) de l?Union
européenne dans l?arc caribéen
Le caractère insulaire des îles du bassin Antilles, à condition qu?il soit
coordonné
Une bonne qualité de service des ports français : beaucoup de
progrès en termes de formation des personnels et très bonnes
infrastructures (profondeurs, linéaires des quais?)
Les accords de partenariat économique (APE) pour développer le
libre-échange entre l?Union européenne et les pays ACP (Afrique,
Caraïbe, Pacifique)
La sûreté au sens large
La stabilité politique
Une réglementation française et européenne, qui apporte de
nombreuses garanties (sanitaires et sécuritaires en particulier)
Des savoir-faire portés par de nombreuses entreprises privées
Le Marché Unique Antillais, territoire fiscal unique
Un déséquilibre important des flux commerciaux (95 % des flux à l?importation)
La fiscalité : détaxe du carburant uniquement pour certains secteurs, pas de zone duty-free
Des choix politiques différents en termes de fiscalité (octroi de mer par exemple)
Peu de volumes de marchandises entre îles de la Caraïbe et donc pas d?offre de transports par
des armateurs français antillais auprès des îles voisines
Une crainte d?instabilité sociale
L?insuffisance du foncier
Une formation professionnelle non adaptée aux besoins
Une absence de poste d?inspection frontalier (PIF) de plein exercice dans tous les ports
Pas d?offre de niche auprès des marchés de la Grande Caraïbe ou de la Guyane
Un manque de moyen permettant la prise en compte de la problématique de sûreté maritime
Des manques de connexion entre les ports et les territoires
Les réglementations européennes et nationales qui ne prennent pas toujours en compte les
spécificités ultramarines (code européen des douanes, article 15 du décret n°2015-1077?)
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OPPORTUNITÉS MENACES
La mise en place d?une stratégie simultanée des deux GPM grâce au Conseil
de Coordination Interportuaire
Des stratégies (nationale et au niveau de chaque GPM) en cours d?élaboration
Des réflexions en cours sur la mise en place de régimes douaniers particuliers
ou de zones coordonnées de logistique
La mutualisation, notamment en termes de formation et une nécessaire
« coopétition » (mot-valise composé de « coopération » et de « compétition »
dans le bassin)
Le développement d?un maillage à l?échelle du bassin entre ports et mouillages,
qui joueraient un véritable rôle de portes d?entrée sur les territoires
L?appartenance à l?Union européenne (normes à valoriser, fonds structurels?)
Une nécessaire dématérialisation et digitalisation
Le contexte européen avec le Brexit : positionnement dans les échanges entre
Europe et Amérique/Caraïbe
La mise en oeuvre de grands projets structurants (ex : Karukera Bay en
Guadeloupe)
La mise en place d?un indice de performance logistique et d?un indice composite
des coûts logistiques par les acteurs du secteur
Une vulnérabilité aux aléas climatiques et sanitaires (et des risques assurantiels)
Un marché qui pourrait se rétracter avec la diminution et le vieillissement de la
population
Le changement climatique (ouverture des voies polaires ?)
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Enjeux et objectifs
ENJEU : Gouvernance
Objectifs stratégiques
7.1 - Renforcer une stratégie de développement
concertée des ports et définir des stratégies
communes (le hub « Martinique-Guadeloupe »)
La coordination des actions des ports, de l?État et des collectivités vise à améliorer la
compétitivité des GPM et au-delà de l?économie de chaque île du bassin.
Le conseil de coopération interportuaire Antilles-Guyane créé en 2016 permettra cette
mise en réseau et l?élaboration d?une stratégie concertée (ni unique, ni commune).
L?objectif est donc bien une harmonisation et un partage accrus des pratiques.
En particulier, les Antilles doivent être alliées sur la question du transbordement afin de
pérenniser les lignes directes vers la Martinique et la Guadeloupe en provenance de
l?Europe continentale. À défaut, il y aurait un risque que les Antilles françaises soient
« feederisées », c?est-à-dire qu?elles deviennent une étape secondaire, sans ligne
directe avec les ports d?Europe. L?importance de l?activité d?exportation de la banane
antillaise pour le maintien d?une ligne directe est également soulignée.
Par ailleurs, le développement portuaire n?est possible que s?il y a un développement du
territoire (notion de hinterland). Les ports étant de véritables outils au service des
territoires, leur gouvernance doit être suffisamment partagée et partenariale pour
permettre un développement portuaire intégré et durable.
7.2 - Renforcer les partenariats État / Collectivités et
le secteur privé et ainsi le rôle des grands ports au
service du développement territorial
ENJEU : Compétitivité à l?international
Objectifs stratégiques
7.3 - Conforter sa position dans le marché
international des flux de marchandises
Le bassin maritime est déjà dans le marché mondial puisque 90 % de la consommation
vient de l?extérieur : l?objectif désormais est surtout d?y rester, nos territoires y sont en
tout état de cause contraints.
L?élargissement du canal de Panama offre une opportunité de développement de
l?activité des ports des îles du bassin maritime) à l?échelle internationale, notamment
pour les activités de transbordement. S?agissant du cabotage inter-îles, il reste trop
volatile et peu adapté au marché des Petites Antilles pour être développé : le marché
n?existe pas.
Les Antilles françaises sont une tête de pont de l?Union européenne, ce qui constitue
une véritable force pour le bassin et un atout aux yeux des armateurs.
7.4 - Consolider les grands ports dans leur vocation
de porte d?entrée de l?Europe
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ENJEU : Performance économique
Objectifs stratégiques
7.5 - Améliorer la fluidité et l?efficacité de la chaîne
logistique au sein du Marché Unique Antillais
(MUA)
Depuis le 1er janvier 1995, les régions de Guadeloupe et de Martinique constituent un
territoire fiscal unique au regard de la TVA, des accises et de l'octroi de mer. Les
marchandises produites en Guadeloupe ou importées dans cette région et qui sont
expédiées ou livrées en Martinique, et vice-versa, ne sont donc pas soumises à des
formalités de dédouanement.
La mise en place du MUA, territoire fiscal unique en Martinique et en Guadeloupe, a été
une avancée majeure pour une approche en « coopétition » (mot-valise combinant la
nécessaire « coopération » et l?inévitable « compétition ») des 2 territoires.
Toutefois, elle ne constitue qu?une 1ère étape, qui doit désormais être renforcée et
consolidée par l?efficacité de la chaîne logistique.
Par ailleurs, la mise en place de l?indice de coût logistique permettrait par exemple
d?intégrer des classements internationaux et de pouvoir valoriser les avantages
concurrentiels des ports du bassin vis-à-vis des autres ports de la Caraïbe.
7.6 - Mettre en place des équipements portuaires
qui répondent aux besoins des professionnels
Afin de favoriser l?économie bleue au sein du bassin, il est non seulement indispensable
d?avoir une main d?oeuvre qualifiée mais également de proposer des aménagements qui
puissent répondre aux attentes de tous les professionnels (compagnies de transport
maritime, croisière, nautisme?). Ces infrastructures conditionnent l?interface avec le
terrestre et les territoires dans leur ensemble.
En lien avec les thématiques « plaisance, croisière et activités nautiques » et « pêche
et aquaculture ».
7.7 - Maintenir et/ou augmenter la capacité de
réparation navale dans les ports
Les performances économiques des ports reposent en grande partie sur l?optimisation
de leur foncier.
En outre, la destination de ce foncier constitue un enjeu majeur dans l?aménagement
des territoires et pour le développement de certains secteurs de l?économie bleue.
En particulier, le maintien et le développement des constructeurs navals ? activité qui ne
peut exister que sur le littoral ? doivent être impérativement privilégiés par les ports.
7.8 - Développer l?intelligence économique L?intelligence économique peut être définie comme l?ensemble des actions coordonnées
de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de
l?information utile aux acteurs économiques.
Compte tenu de la concurrence au sein de l?arc caribéen, les ports du bassin et les
transporteurs ne peuvent s?exonérer de se positionner très vite ? et plus vite que leurs
concurrents ? dans ces nouvelles technologies.
La mise en place des « Port Community Systems » au sein de la Caraïbe, avec les îles
Port de commerce et réseaux maritimes| 57/80
françaises comme précurseurs, permet au bassin de marquer le pas.
Cette intelligence économique nécessite en particulier la dématérialisation des flux de
données et leurs consolidations dans des délais resserrés. Elle permettra d?anticiper les
évolutions du marché.
En ce sens, cet objectif rejoint également la thématique « formation professionnelle
maritime » puisque la main d?oeuvre antillaise, à tout niveau de responsabilité, doit être
formée pour mieux appréhender cette nécessité.
ENJEU : Performance environnementale et changement climatique
Objectifs stratégiques
7.9 - Accompagner la transition énergétique et
écologique de tous les ports de la façade et des
transports/réseaux
Le développement durable des GPM et autres ports de commerce (à Saint-Martin et
Saint-Barthélemy en particulier) nécessite la mise en place d?investissements
permettant de réduire les impacts sur l?environnement et de permettre l?accueil des
nouvelles générations de navires plus propres.
Cette nécessaire transition écologique des ports et des navires doit également
permettre de mieux anticiper les effets du changement climatique : l?argument
écologique sera alors aussi un argument économique par les innovations qui seront
mises en place et les nouveaux services portuaires qui seront développés.
7.10 - Adapter les ports et les transports maritimes
au changement climatique
7.11 - Atténuer les effets du changement climatique
Port de commerce et réseaux maritimes| 58/80
Les enjeux de la thématique « ports de commerce & réseaux maritimes » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Port de commerce et réseaux maritimes| 59/80
Recherche et innovation
Port de commerce et réseaux maritimes| 60/80
Récifs artificiels du cantonnement de pêche de
Case-Pilote
(© Observatoire du Milieu Marin Martiniquais
(OMMM), 2017)
Houlographe
(© CEREMA)
Mieux connaître la mer
La connaissance du milieu marin est un enjeu fort inscrit dans la stratégie nationale
pour la mer et le littoral (SNML) qui fixe comme première action prioritaire le
développement d?une société de la connaissance marine et maritime. Cette
connaissance est indispensable au pilotage des politiques publiques sur les
domaines côtiers et maritimes.
La SNML affiche par ailleurs la volonté de valoriser les spécificités de l?outre-mer
dans la recherche. Les Antilles françaises constituent un espace d?étude
remarquable (biodiversité, énergies renouvelables, risques, géologie marine,
gestion intégrée des espaces marins?). Cependant les connaissances doivent
encore être développées sur de nombreux sujets, notamment sur l?économie bleue.
La recherche dans le secteur public est davantage présente aux Antilles françaises
que celle du secteur privé. Des équipes de recherche de très bon niveau telles que
l?Ifremer, l?Université des Antilles et le BRGM sont en particulier présentes dans le
bassin.
Toutefois, alors que 80 % de la biodiversité française est celle de l?outre-mer et que
la très grande majorité de l?espace maritime français se situe en outre-mer, les
effectifs des équipes de recherche dédiées aux sujets maritimes restent faibles et
manquent d?infrastructures comme des stations marines ou des bassins d?étude
dédiés à la recherche. De plus, l?accès aux financements nationaux et européens
est souvent difficile.
La recherche scientifique dans le bassin caribéen
Les Antilles font l?objet de nombreux projets de recherches sur la mer et le littoral
animés par une pluralité d?acteurs issus d?horizons variés. Afin de structurer la
recherche, le RTPi Caraïbes (Réseau thématique pluridisciplinaire international) a
été mis en place autour de 4 thématiques concernant l?écologie et l?environnement
dans la région des Caraïbes : insularité et évolution, diversité et santé des
écosystèmes, anthropisation, et espèces envahissantes. Construit dans un premier
temps autour des laboratoires français, le réseau s?étend désormais aux partenaires
étrangers.
Les îles sont par excellence des territoires d?innovation. Dans le domaine maritime,
des solutions innovantes (travaux, ingénierie, réglementation...) devront être
encouragées en s?appuyant sur les mécanismes prévus pour favoriser l?innovation
(Lab, plate-forme, incubateur comme Zebox en Guadeloupe?).
Recherche & innovation | 61/80
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Un espace d?étude remarquable (biodiversité, énergies
renouvelables, risques, géologie marine, archéologie marine, gestion
intégrée des espaces marins, réseau d?AMP...)
Une coopération des équipes locales à un niveau national et
international (réseau d?excellence scientifique)
Des équipes de recherche (UA, IFREMER, IRD, IRSTEA, BRGM, etc)
et des bureaux d?étude
Un réseau d?observateurs et de recherche par les associations
environnementales
Des structures d?accompagnement de l?innovation (technopole,
PARM...)
Un accès difficile aux financements nationaux et européens de la recherche
Une faiblesse de l?ingénierie de projet
Une faible mobilisation des crédits disponibles, des difficultés de préfinancement des outils financiers disponibles
Une inadéquation des cadres nationaux aux spécificités du bassin (par exemple le FEAMP)
De faibles effectifs des équipes de recherche dédiées aux sujets maritimes
Un manque de connaissance sur de très nombreux sujets (sur les stocks halieutiques par exemple)
Des priorités nationales de recherche sans moyens dédiés pour le bassin (absence de directive nationale sur les
ressources halieutiques?)
Pas ou peu de porteurs de projet identifiés sur des projets innovants, absence de start-up, des départements R&D
privés quasi inexistants
Un manque d?attractivité pour la mobilité des scientifiques
Une faible structuration de la recherche. Peu d?infrastructures existantes
Des surcoûts exorbitants des moyens de recherche
Une absence d?institut de transfert des connaissances et d?incubateurs
Une absence de stations marines et de stations d?observation sous-marine
OPPORTUNITÉS MENACES
Des recherches sur de nouvelles espèces aquacoles, malgré une faible production de la filière
Une valorisation de la biodiversité marine (biomolécules, biomimétisme, sargasses, etc)
Le protocole international de Nagoya sur l?Accès et le Partage des Avantages (APA)
Un bassin propice pour les énergies renouvelables marines
Des politiques régionales de soutien à la recherche (par exemple Interreg - Feder)
Des engagements politiques récurrents en faveur de la recherche outre-mer
Un potentiel de développement des équipes existantes
Des relations entre l?université et le monde de l?entreprise à optimiser (cellule de valorisation de l?UA)
Une coopération entre organismes de recherche à l?échelle du bassin caraïbe
Une valorisation des savoirs et connaissances traditionnels, en pêche notamment
Peu de mise en réseau des projets de recherche : méconnaissance par les
acteurs des projets menés sur le territoire
Un manque de soutien des instances nationales
Une instabilité des équipes de recherche
Des engagements politiques récurrents non tenus ou soutenus
Des crises successives impactant les crédits dédiés à la recherche
Un manque d?étude sur la gestion des stocks pouvant conduire à une
surexploitation
Des difficultés à nouer des partenariats entre scientifiques et professionnels
Recherche & innovation | 62/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Application / valorisation de la recherche
Objectifs stratégiques
8.1 - Développer les structures et outils de transfert
Il s?agit ici d?un objectif majeur de cette thématique « recherche & innovation » pour
répondre à l?enjeu d?application de la recherche.
Ces structures de transfert permettent de faciliter les liens entre le monde économique
et le monde universitaire, entre les chercheurs et les entreprises ou autres
entrepreneurs.
Cet objectif peut conduire à la mise en place d?instituts techniques.
8.2 - Mieux connaître les travaux de recherche et les
valoriser à des fins d?innovation
Il s?agit non seulement de diffusion de connaissance mais aussi de partage de ces
connaissances. La problématique de la diffusion et du partage est récurrente dans tous
les secteurs de recherche.
8.3 - Valoriser économiquement les ressources
Cet objectif vise à permettre un gain économique suite aux recherches réalisées.
Il consiste également à ce que les chercheurs et entrepreneurs se protègent en matière
de propriété intellectuelle, et qu?ils déposent ainsi des brevets pour valoriser toutes les
innovations mises en place.
8.4 - S?orienter vers des outils innovants
Il s?agit ici de s?orienter vers de nouvelles formes de recherche, en s?appuyant par
exemple sur la science participative (en faisant ainsi le lien avec l?objectif suivant) ou
sur des outils innovants dans une approche de recherche à l?échelle du bassin (images
satellitaires par exemple).
Recherche & innovation | 63/80
ENJEU : Gouvernance et moyens de la recherche
Objectifs stratégiques
8.5 - Renforcer les moyens humains et financiers
dédiés à la recherche
Il s?agit ici d?un objectif majeur pour cet enjeu : il faut avant tout renforcer les équipes de
recherche et les moyens qui leur sont alloués aux Antilles. Alors que le bassin est
constitué uniquement de territoires insulaires ? voire archipélagiques ? et que leur
linéaire côtier est très important, la recherche dédiée à des sujets maritimes reste plutôt
limitée.
8.6 - Améliorer la cohésion des acteurs en
structurant la recherche et l?innovation maritimes /
marines à l?échelle du bassin
La structuration de la recherche et de l?innovation en améliorant la gouvernance et les
moyens alloués est une priorité forte. Il s?agit notamment de mutualiser des outils et
équipements de recherche ou d?application technique entre territoires.
Les Antilles françaises, en tant que « laboratoire » idéal pour étudier les impacts du
changement climatique, doivent attirer les moyens humains et financiers de la
recherche.
Cet enjeu rejoint la thématique « formation professionnelle ».
8.7 - Développer et adapter les filières de formation
aux besoins
ENJEU : Objets prioritaires de recherche et d?innovation
Objectifs stratégiques
8.8 - Améliorer la connaissance de la biodiversité
marine et des pressions qui s?exercent sur les
milieux littoraux insulaires (mangroves, herbiers,
récifs coralliens) et les espèces
Les acteurs maritimes du bassin doivent inscrire leurs programmes de recherche et
d?innovation dans une démarche de « faire mieux plutôt que faire plus » afin de
préserver l?identité de ses îles.
Plusieurs sujets prioritaires de recherche ont été déterminés (voir objectifs stratégiques
ci-joints) : ces besoins de connaissance ont également été identifiés dans les
thématiques correspondantes (environnement marin, risques, pêche et aquaculture?).
8.9 - Améliorer la connaissance pour une meilleure
gestion des ressources halieutiques
8.10 -Identifier les ressources minérales et
énergétiques pour une exploitation durable
8.11 - Connaître et prévoir les risques naturels
côtiers (érosion, trait de côte, submersion marine,
tsunami, échouements massifs de sargasses...)
8.12 - Développer la recherche dans le domaine
des sciences humaines et sociales
8.13 - Soutenir les actions de recherche sur les
dépollutions et décontaminations
Recherche & innovation | 64/80
Ressources marines
Recherche & innovation | 65/80
Usine de désalinisation de
Saint-Barthélemy
(© TIRU)
Carte de potentialité
(Ademe, Région
Guadeloupe)
Des ressources marines encore inexploitées
Les ressources marines autres qu?halieutiques sont encore inexploitées dans le
bassin Antilles : énergies renouvelables, biotechnologies, granulats marins, etc. Le
potentiel reste peu connu.
Les énergies marines renouvelables
Les objectifs du Grenelle de l?environnement pour les territoires d?Outre-mer,
réaffirmés par la loi de transition énergétique pour une croissance verte, sont
ambitieux : générer 50 % de l?énergie consommée à partir de sources
renouvelables en 2020 et atteindre l?autonomie énergétique à l?horizon 2030. En
2015 et d?après l?ADEME, la part du charbon et du pétrole dans le mix énergétique
s?élève à près de 100 % à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, à 82 % en Guadeloupe
et à 93 % en Martinique.
L?indépendance énergétique représente en effet un enjeu stratégique dans les
régions insulaires, contraintes d?importer massivement des ressources fossiles
(fioul, charbon, carburants). La faible taille des systèmes électriques conjuguée à la
non-interconnexion des réseaux, induit une plus grande fragilité que celle des
réseaux interconnectés et nécessite une approche spécifique.
En effet le bassin maritime possède des atouts considérables en matière d?énergies
marines renouvelables : des alizés constants pour l?éolien en mer, une mer chaude
et des fonds marins profonds proches des côtes pour l?ETM (énergie thermique des
mers) et le SWAC (Sea Water Air Conditioning), des trains de houle réguliers, etc.
Des études prospectives ont déjà été réalisées : en 2007, le Conseil Régional de la
Martinique a piloté une étude portant sur « l?Exploitation des ressources marines
destinées à la production d?électricité dans les Régions Ultra Périphériques » et en
2015, un pré-diagnostic pour le développement éolien offshore flottant en
Guadeloupe a été mené par AKUO Energy, co-financé par la Région Guadeloupe et
l?ADEME.
Outre les études de potentialité, il existe plusieurs projets, certains très avancés
mais n?ayant pas encore abouti (projet NEMO en Martinique d?énergie thermique
des mers de 10 MW).
Les granulats marins
Devant les difficultés croissantes d?accès aux gisements terrestres, les producteurs
de granulats diversifient leurs ressources, notamment par les granulats marins.
Ces matériaux extraits en mer possèdent des caractéristiques semblables à celles
des granulats de roches meubles extraits de carrières terrestres. Jusqu?en 2019,
seul un gisement était exploité (au large de Petit-Havre au Gosier en Guadeloupe),
avec un prélèvement maximal autorisé de 118 000 m³ par an, mais en 2020, il n?est
plus en activité et toutes les autorisations relatives à cette activité sont échues.
Pourtant, diverses études ont montré un important potentiel sur l?ensemble du
bassin maritime.
Les biotechnologies
Les écosystèmes antillais, du fait de leur diversité, présentent un potentiel pour
l?exploitation des biotechnologies qui mériterait d?être développé (IEDOM, Institut
d?émission des départements d?Outre-mer, 2018).
Par ailleurs, la problématique des sargasses a poussé vers une réflexion globale
sur leur devenir. Ainsi, un appel à projets et des appels à manifestation d?intérêt ont
été lancés par l?ADEME en Guadeloupe et en Martinique afin de valoriser ces
algues à travers la production de compost, de biogaz, de bioplastique ou encore de
produits cosmétiques.
La désalinisation
Les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy sont des îles « sèches », ne
possédant pas de ressources naturelles en eau potable. Ainsi, chaque île dispose
d?une usine de désalinisation pour l?alimentation en eau potable. A Saint-Martin,
l?usine mise en place en 2006 traite par osmose inverse une capacité maximale de
9 000 m³ d?eau de mer par jour. L?énergie fournie pour faire fonctionner les usines
provient en partie de l?incinération des ordures ménagères.
Ressources marines | 66/80
Carte sur le potentiel des énergies de la mer en Martinique
(Conseil Régional Martinique, 2007)
? Filière houle : très bonnes potentialités, principalement à l?Est et au
Nord Est de l?île ;
? Filière gradient thermique des mers : très fortes potentialités,
principalement sur la façade Ouest de l?île en mer des Caraïbes
avec environ 350 km² de surface utilisable à l?intérieur de la zone
étudiée ;
? Filière vent : bonnes potentialités, principalement sur les façades
Est et Sud Est de l?île avec environ 40 km² de surface utilisable à
l?intérieur de la zone étudiée ;
? Filières courant : pas de potentialité identifiée à ce jour pour la
Martinique.
Carte sur les zones potentielles pour l?implantation d?éoliennes
flottantes en Guadeloupe (Ademe, Région Guadeloupe, 2015)
? Zones encadrées en rose favorables au vu des contraintes physiques,
géomorphologiques et conditions des sols notamment.
? Zones en vert : zones préférentiellement identifiées pour la création d?un parc éolien
flottant, l?analyse des contraintes ne montrant pas d?arguments défavorables à leur
installation.
Ressources marines | 67/80
2
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Des territoires insulaires propices à l?expérimentation /
installation de démonstrateurs
Une zone maritime large avec un fort potentiel pour les
filières houle, vent et énergie thermique des mers
Des potentialités fortes (présence de coraux, algues,
éponges) pour les biomolécules
Des unités de désalinisation installées à Saint-Martin et
Saint-Barthélemy et alimentées par de l?énergie produite
à partir d?incinération d?ordures ménagères
Aucune installation à ce jour d?énergies marines renouvelables, hors usines de désalinisation
Peu de connaissance sur l?impact environnemental des prélèvements
Des connaissances encore insuffisantes sur le potentiel en biotechnologie de la flore et de la faune marines
OPPORTUNITÉS MENACES
Les objectifs de la loi de transition énergétique pour la
croissance verte (2015) qui fixe des objectifs d?autonomie
énergétique en 2030 et de 50 % d?énergies renouvelables
en 2050
Des entreprises prêtes à investir dans les énergies
renouvelables
Une possible valorisation des sargasses
Des projets qui émergent (énergie houlomotrice en
Guadeloupe)
L?acceptabilité des énergies marines et une sensibilité citoyenne sur les conséquences paysagères et
d?occupation de l?espace en mer des énergies renouvelables en mer
Des obstacles potentiels à la navigation et aux activités économiques en mer
Des installations pouvant perturber les milieux marins
Disponibilité aléatoire de la ressource sargasses
Pas ou peu de porteurs de projets identifiés sur des projets innovants
Des risques naturels forts (cyclones notamment)
Ressources marines | 68/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Connaissance
Objectifs stratégiques
9.1 - Identifier les ressources minérales,
biologiques et énergétiques pour une exploitation
durable Les potentialités du bassin maritime en termes de ressources marines nouvelles, hors
ressources halieutiques, sont très mal connues. Cet objectif vise à identifier ces
ressources marines (extractions de matériaux et de granulats marins, potentiel de
développement en énergies marines renouvelables?) et à capitaliser, partager cette
connaissance au sein du bassin.
9.2 - Capitaliser la connaissance à l?échelle du
bassin à partir des expériences déjà menées
9.3 - Sensibiliser les acteurs institutionnels aux
possibilités de développement et d?exploitation
des ressources marines
ENJEU : Valorisation économique
Objectifs stratégiques
9.4 - Favoriser l?innovation et la mise en place
d?entreprises d?exploitation durable des
ressources marines
L?exploitation des ressources marines est une filière économique à fort potentiel pour le
bassin maritime, pouvant contribuer non seulement au développement de son
économie mais aussi à son indépendance énergétique.
En effet, au niveau énergétique, les objectifs du Grenelle de l?environnement pour les
DOM, réaffirmés par la Loi transition énergétique pour une croissance verte, sont
ambitieux : en 2020, 50 % de l?énergie consommée doit être produite à partir de
sources renouvelables et à l?horizon 2030, l?autonomie énergétique doit être atteinte.
Cependant, l?exploitation des ressources doit être durable et s?inscrire dans une
politique de préservation du milieu marin et de sa biodiversité.
ENJEU : Sensibilisation
Objectifs stratégiques
9.5 - Communiquer auprès du grand public autour
des objectifs du Grenelle de l?environnement et de
la mer
L?acceptabilité sociale des projets d?exploitation des ressources marines est une
composante importante de leur mise en oeuvre.
Ressources marines | 69/80
Les enjeux de la thématique « ressources marines » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Ressources marines | 70/80
RisquesServices Phares Et balises
des Directions de la Mer
Ouragan Irma, septembre 2017
Image de la NASA (© NOAA/CIRA)
et capture d?écran windy.com
Risques naturels littoraux
Les communes littorales, et donc a fortiori les territoires insulaires, sont plus
exposées aux risques naturels majeurs que la moyenne nationale.
Les Antilles françaises sont fortement vulnérables puisqu?elles sont confrontées à de
très nombreux risques naturels : tempêtes tropicales, submersions marines, érosion
côtière ? phénomènes d?ores et déjà sensiblement renforcés par le changement
climatique ? mais également tsunamis et éruptions volcaniques.
Les risques liés aux tempêtes tropicales et aux submersions marines sont
particulièrement prégnants, alors même qu?une grande majorité des activités et
infrastructures, qu?elles soient liées à l?économie bleue (ports, plaisance, pêche, etc)
ou à d?autres secteurs économiques (urbanisme, installations ICPE, etc), sont situées
précisément sur le littoral. Cette situation induit une grande fragilité des territoires
face aux risques naturels extrêmes, à l?image des destructions majeures causées par
l?ouragan Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélemy en 2017.
Des outils d?aménagement, tels que les plans de prévention des risques naturels et la
stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte ? qui devra être déclinée
localement ? permettent à long terme de réduire ces risques.
Lorsque les événements surviennent, la gestion de crise est du ressort des
communes et, de manière supra, de l?État qui vient se substituer le cas échéant et qui
peut mobiliser des plans ORSEC (organisation de la réponse de la sécurité civile)
dédiés permettant d?assurer une gestion de crise face à un évènement majeur.
Toutefois, des incertitudes fortes pèsent sur la capacité des territoires à assurer un
retour à la normale, dans de bonnes conditions en termes d?organisation et de délais.
Risques technologiques et sanitaires
Les principaux risques technologiques aux Antilles sont les risques industriels et les
risques liés au transport de marchandises dangereuses. Le littoral est caractérisé par
la présence de nombreuses industries liées notamment aux activités portuaires et aux
échanges maritimes : raffinage du pétrole, cokéfaction, sidérurgie ou industrie
chimique.
Les rejets issus des activités humaines peuvent par ailleurs dégrader la qualité des
eaux littorales et générer des risques sanitaires. La consommation de produits de la
mer doit également être encadrée du fait de la présence potentielle de contaminants
dans la chair des organismes consommés (chlordécone, ciguatoxine?).
Les échouements massifs des sargasses sont également à l?origine de risques
sanitaires puisqu?elles dégagent des gaz toxiques en pourrissant après leur
échouement. La lutte contre les sargasses se déploie sur plusieurs fronts
(ramassage, barrages en mer, valorisation, etc) mais reste très difficile et coûteuse.
L?impact sur les activités économiques (tourisme, loisirs nautiques, pêche, baignade,
etc) n?est pas négligeable.
Finalement, le risque sanitaire suite à la crise Covid-19 de début 2020 est une
nouvelle réalité avec laquelle il est désormais impératif de composer. L?importance du
trafic maritime dans la propagation de l?épidémie (croisière, plaisance) a été l?une des
caractéristiques de la crise. Des mesures de gestion du trafic maritime ont été prises
et devront sans doute être affinées dans le futur afin de prendre en compte cette
nouvelle composante du risque.
Risques liés au trafic maritime
La Caraïbe concentre près de la moitié de l?activité de croisière mondiale. Pendant la
saison touristique, de novembre à mai, on enregistre en moyenne la présence
simultanée d?une vingtaine de navires de croisière représentant environ 70 000
personnes. Le risque d?une intervention de type SMGA (Secours Maritime de Grande
Ampleur) est donc particulièrement prégnant.
La présence de terminaux pétroliers majeurs dans les petites Antilles (Saint-
Eustache, Sainte-Lucie, Martinique et Guadeloupe) et d?un fort trafic commercial
renforcent l?existence d?un risque d?accident maritime pouvant entraîner une pollution
par hydrocarbure.
La sécurité maritime est sous la responsabilité aux Antilles françaises du délégué du
Gouvernement pour l?action de l?État en mer (DDG AEM), le préfet de Martinique,
assisté par le commandant de zone maritime (CZM). Le DDG AEM engage et
coordonne les moyens des administrations et autres acteurs agissant en mer (affaires
maritimes, douane, marine nationale, sécurité civile, SNSM, gendarmerie) pour
assurer les secours en mer, prévenir et lutter contre les pollutions marines.
Il dispose d?un centre opérationnel, le CROSS Antilles-Guyane, qui assure le suivi du
trafic maritime et la coordination des opérations de sauvetage des personnes et
d?assistance en mer dans une zone de 3 millions de kilomètres allant d?Anguilla à la
Guyane jusqu?au milieu de l?Atlantique. Le CROSS assure un rôle important
d?animateur du réseau de sécurité civile des moyens intervenant en mer, et possède
de nombreux accords de coopération avec les pays voisins. La plaisance reste
l?activité suscitant le plus de sauvetages et d?assistance (près de 60 % des
opérations).
Enfin, les établissements de signalisation maritime (ESM), dont l?entretien est assuré
par le service des Phares et Balises des Directions de la Mer, permettent de sécuriser
la navigation aux abords des ports et abris. Du matériel de lutte contre la pollution est
stocké dans des centres POLMAR en Martinique et en Guadeloupe et mis à
disposition du SDIS (Service départemental d?incendie et de secours) en cas de
pollutions marines menaçant les côtes. La Marine nationale dispose également dans
la base navale de Fort-de-France de moyens de lutte contre les pollutions marines
pouvant intervenir en mer.
Risques| 72/80
Risques| 73/80
7 sites Seveso Haut aux
Antilles (en Guadeloupe et
en Martinique
uniquement)
EN 2019
2906 personnes impliquées dans des
opérations de recherche, sauvetage,
assistance ou sûreté en mer
dont
1391 personnes assistées, retrouvées
ou secourues
24 tsunamis recensés aux Petites
Antilles ces 400 dernières années
100% des communes et des
collectivités des Antilles françaises sont
couvertes par un Plan de Prévention des
Risques Naturels (PPRN)
Risques & prévention
2 Mm³ Saint-Eustache
1,3 Mm³ Sainte-Lucie
0,4 Mm³ Martinique/Guadeloupe
Terminaux pétroliers
81%
des sites de baignade en mer aux
Antilles françaises classés en qualité
d?eau de baignade excellente
(source: ARS 2016)
9249 messages SURNAV et MOUVINF
sur l?Antilles Guyane enregistrés
(signalement obligatoire des navires
transportant une cargaison dangereuse ou
d?un navire en avarie)
MARTINIQUE
7% du trait de côte en recul
0,28 km2 perdus entre 1960 et 2010
GUADELOUPE
18% du trait de côte en recul
1,08 km2 perdus entre 1960 et 2010
Erosion du trait de côte (2017) Source: CROSS-AG 2019
En haute saison, la croisière génère la
présence simultanée en mer de
35 000 à 50 000
passagers
Sur la zone de compétence du CROSS,
impliquant un risque de sauvetage
maritime de grande ampleur
335
établissements de
signalisation maritime
(ESM)
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
La présence de moyens aéromaritimes d?État conséquents (Affaires maritimes, Gendarmerie,
Marine, Service Garde-Côtes des douanes)
L?intégration régionale des îles françaises et l?exercice assumé et reconnu de responsabilités
régionales (SRR, CROSS AG, accords bilatéraux SAR)
La cohérence de l?organisation zonale avec un unique Délégué Du Gouvernement pour l?Action
de l?État en Mer (DDG AEM) aux Antilles, basé en Martinique (Préfet de Martinique, préfet de
zone Antilles)
Un réseau ORSEC maritime qui s?appuie sur les réseaux POLMAR (anti-pollution), ANED
(assistance aux navires en difficulté) et SAR (Search And Rescue)
Le CROSS AG comme centre régional opérationnel de coordination du sauvetage en mer et de
la surveillance du trafic maritime
Des PPRN pour toutes les communes de Guadeloupe et de Martinique et pour la collectivité de
Saint-Martin
Une qualité des eaux de baignade globalement bonne
Une surveillance sanitaire régulière par l?ARS
Un Centre de Sécurité des Navires (CSN) présent en Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin,
qui réalise également des visites sur les navires étrangers
La mise en place de capteurs pour surveiller la qualité de l?air suite aux échouements de
sargasses
Le caractère insulaire des Antilles françaises, qui accroît les risques naturels
(littoraux en particulier) et l?élongation pour l?emploi des moyens aéromaritimes
La double insularité, notamment pour les dépendances de la Guadeloupe (les
Saintes, la Désirade, Marie-Galante)
La récurrence des événements cycloniques majeurs
L?organisation de la réponse internationale de gestion de crise maritime au niveau
de l?interface « mer-terre » dans les petites Antilles
Une concentration de la population et des infrastructures sur les zones les plus
exposées aux risques
Un littoral particulièrement concerné par l?érosion côtière
Une méconnaissance de certains phénomènes d?érosion côtière (sur les falaises
meubles en particulier)
Des échouements de sargasses
Une contamination des produits de la mer par la chlordécone
Une contamination de certains poissons par la ciguatoxine
OPPORTUNITÉS MENACES
Des plans complémentaires de prévention des risques (contre les inondations par ex ? les
PAPI)
Des pistes d?adaptation au changement climatique proposées par l?ONERC (Observatoire
national sur les effets du réchauffement climatique
Une sensibilisation du grand public et des consommateurs
Des connaissances à affiner (en particulier en matière de risques sanitaires) pour mieux adapter
les mesures de précaution
La position des Antilles françaises au coeur de la Caraïbe
Des accords de partenariat en matière de sauvetage maritime en cours de finalisation avec les
États insulaires des petites Antilles
Des solutions biosourcées pour réduire les risques et favoriser la résilience (restauration de
mangroves, récifs artificiels, etc)
Les risques naturels majeurs du fait de la zone de subduction océanique (séisme,
tsunami, éruption volcanique?) et du changement climatique (recul du trait de
côte, cyclones)
Des risques d?épisodes de sargasses plus massifs et plus réguliers
Une dégradation de la qualité du milieu marin
Des menaces en termes de sûreté maritime : sûreté des personnes et des biens
transportés, instabilité politique de certains États du bassin
Une augmentation du trafic maritime, notamment de la croisière,
Des défauts de sécurité potentiels sur les mega-ships (marchandises, croisières)
Des crises sanitaires majeures, pouvant être amplifiées par le trafic maritime à
passager (croisière, plaisance)
Risques| 74/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Connaissance
Objectifs stratégiques
10.1 - Connaître et prévoir les risques naturels
côtiers (érosion, trait de côte, submersion marine,
tsunami, échouements massifs de sargasses?)
Il s?agit ici de développer les actions de connaissance des phénomènes naturels et de
leurs impacts potentiels sur les littoraux du bassin. Ces connaissances peuvent être
mises au service de prévisions très localisées (exemple des études réalisées à la
parcelle sur l?impact de l?évolution du trait de côte) ou être beaucoup plus générales sur
l?impact de ces risques (par exemple pour l?impact sanitaire des échouements de
sargasses) ou inscrites dans un contexte global (par exemple pour les questions
relatives au changement climatique).
ENJEU : Action publique
Objectifs stratégiques
10.2 - Coordonner l?action publique grâce à la
mise en place de plans d?actions
À chacun des risques connus, des plans d?actions sont associés. Par exemple, les plans
de prévention des risques, la stratégie nationale de lutte contre l?érosion du trait de côte,
etc. Il s?agit ici non pas de créer de nouveaux plans d?actions mais plutôt d?assurer une
meilleure coordination entre ces plans et entre les acteurs concernés, compte-tenu des
compétences de chacun.
Il s?agira également de mettre en place des outils de résilience pour favoriser le retour à
la normale des activités côtières après un événement majeur.
10.3 - Sensibiliser le grand public et prévenir les
accidents
La puissance publique a un véritable rôle à jouer dans la sensibilisation du grand public
pour mieux anticiper les phénomènes naturels et pour mieux prévenir les risques
d?accidents en mer. Il s?agit ici de mener des campagnes d?information et d?organiser
des exercices pour que chacun puisse acquérir les bons réflexes.
10.4 - Lutter contre les échouements massifs
d?algues sargasses
Les échouements massifs de sargasses engendrent des impacts sanitaires (émanation
de gaz toxiques), économiques (pour le tourisme, la pêche), et environnementaux. La
lutte contre les échouements est une priorité forte.
De même, une fois les algues échouées, leur enlèvement dans des délais restreints est
également une priorité de l?action publique dans les Antilles françaises.
Cet objectif est également une priorité en matière de protection de l?environnement
marin.
ENJEU : Sécurité maritime
Objectifs stratégiques
10.5 - Assurer la sécurité des biens et des
personnes en circulation dans le bassin
La plupart des objectifs précités est conditionnée à la nécessaire sécurité des biens et
des personnes qui circulent par voie maritime dans le bassin maritime. Cette sécurité
doit être maintenue et garantie à un très haut niveau dans les eaux françaises.
10.6 - Mener des actions de prévention des
risques dans les ports et dans les transports
maritimes
La sécurité des biens et des personnes doit également être garantie dans les ports et à
bord des navires, et des exercices peuvent être organisés pour mieux s?assurer de
l?efficacité des moyens engagés en cas d?accident ou d?attaque.
Des exercices de type Sauvetage maritime de grande ampleur (SMGA) peuvent par
exemple être mis en place.
10.7 - Améliorer la sécurité dans la bande côtière La sécurité dans la bande côtière est assurée par des moyens spécifiques, en particulier
compte tenu des compétences partagées dans la bande littorale maritime des 300
mètres entre le Délégué du gouvernement pour l?action de l?État en mer et les maires.
Les plans de balisage, la surveillance des plages, etc sont autant d?outils permettant
d?améliorer la sécurité dans la bande côtière.
ENJEU : Sécurité sanitaire
Objectifs stratégiques
10.8 - Assurer la sécurité des personnes à terre et
en mer en cas de pandémie
La crise du Covid-19 modifie de manière durable la gestion du risque sanitaire et
pandémique. Particulièrement dans le domaine maritime où, suite aux nombreuses
contaminations à bord des navires de croisière et le fort afflux de plaisanciers sur les
îles du bassin maritime pour le confinement, une réflexion poussée doit être menée pour
mieux gérer ce risque et assurer la sécurité des personnes.
10.9 - Mener des actions de prévention des
risques dans les ports et dans les transports
maritimes en cas de pandémie
Risques| 76/80
Glossaire
ACP : Afrique, Caraïbe, Pacifique
ADEME : Agence de l?environnement et de la maîtrise de l'énergie
AEC : Association des États de la Caraïbe
AEM : Action de l?État en Mer
AMP : Aire marine protégée
ANED : Assistance aux navires en difficulté
APE : Accords de partenariat économique
APIT : Abri portuaire d?intérêt territorial
BHU : Bateau hors d?usage
BRGM : Bureau de recherches géologiques et minières
BVI : British Virgin Islands
CARIMAM : Caribbean Marine Mammals Preservation Network
CAR-SPAW : Centre régional d?activités destiné à la mise en oeuvre du Protocole
relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées de la zone Caraïbe
(Specially Protected Areas and Wildlife en anglais ? SPAW)
CCIAG : Conseil de coordination inter- portuaire Antilles Guyane
CCS : Cargo Community System
CCSTI : Centres de culture scientifique, technique et industrielle
CEB : Comité de l?eau et de la biodiversité
CIMer : Comité interministériel de la mer
CITES : Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d?extinction
CMQ : Campus des Métiers et des Qualifications
COM : Collectivité d?Outre-mer
COPACO : Commission Pêche de l?Atlantique Centre Ouest
COPOLEN : Comité des polices de l?environnement
CQP : Certificats de qualification professionnelle
CRFM : Caribbean regional fisheries mechanism
CROSS AG : Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage Antilles
Guyane
CRPMEM : Comité Régional des Pêches Maritime et des Élevages Marins
CSN : Centre de sécurité des navires
CZM : Commandant de zone maritime
DCE : Directive cadre sur l?eau
DCP : Dispositif de concentration de poissons
DDG AEM : Délégué du Gouvernement pour l?Action de l?État en Mer
DE : Diplôme d?État
DOM : Département d?Outre-mer
DPM : Domaine public maritime
EFPMA : École de Formation Professionnelle Maritime et Aquacole de Martinique
ESM : Établissement de signalisation maritime
ETM : Énergie thermique des mers
FEAMP : Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche
FEDER : Fonds européen de développement régional
FIN : Fédération des industries nautiques
FSE : Fonds social européen
GPM : Grand port maritime
Greta : Groupement d?Établissements
ICCAT : Commission internationale pour la conservation des thonidés
ICPE : Installation classée pour la protection de l?environnement
IEDOM : Institut d?émission des départements d?Outre-mer
IFREMER : Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
INN : illégale, non déclarée et non réglementée (pêche)
IRD : Institut de recherche pour le développement
IRSTEA : Institut national de recherche en sciences et technologies pour
l?environnement et l?agriculture
MIPE: Mission interservices des polices de l?environnement
MISEN : Mission interservices de l?eau et de la nature
MUA : Marché unique antillais
OECO : Organisation des États de la Caraïbe Orientale
OFB : Office français de la biodiversité
OMI : Organisation maritime internationale
ONERC : Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique
OPCO : Opérateurs de compétences
ORSEC : Organisation de la réponse de sécurité civile
PAPI : Programme d'actions de prévention des inondations
PARM : Pôle agroressources et de recherche de Martinique
PCP : Politique commune de la pêche
PCS : Plan de compensation des surcoûts (aide FEAMP)
PIC : Plan investissement dans les compétences
PIF : Poste d?inspection frontalier
PLU : Plan local d?urbanisme
PNA : Plan national d?actions
POLMAR : Pollution marine
PPRN : Plan de prévention des risques naturels
R&D : Recherche & Développement
REP : Responsabilité élargie des producteurs
RUP : Région ultra-périphérique
RTPi : Réseau thématique pluridisciplinaire international (Caraïbes)
SAR : Search and rescue (recherche et sauvetage)
SDAGE : Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
SDIS : Service départemental d?incendie et de secours
SIH : Système d?informations halieutiques
SMGA : Sauvetage maritime de grande ampleur
SNML : Stratégie nationale pour la mer et le littoral
SNSM : Société nationale de sauvetage en mer
SRB : Stratégie régionale pour la biodiversité
SRR : Search & rescue region
SRCE : Schéma régional de cohérence écologique
STCW : Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de
délivrance des brevets et de veille
SWAC : Sea water air conditioning
TVA : Taxe sur la valeur ajoutée
TVB : Trame verte et bleue
UA : Université des Antilles
UE : Union Européenne
UICN : Union internationale pour la conservation de la nature
VAE : Validation des acquis de l?expérience
ZEE : Zone économique exclusive
ZFANG : Zone franche d?activité Nouvelle Génération
ZMEL : Zone de mouillages et d?équipements légers
Préambule
1° Le cadrage national
2° Une déclinaison locale à l?échelle du bassin Antilles
3° L?opposabilité du document
4° L?élaboration du document stratégique de bassin (DSB)
5° Le document stratégique de bassin
Coopération régionale maritime
Le contexte global de la coopération régionale
Grandes caractéristiques de la coopération régionale maritime
Outils financiers dédiés à la coopération
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Organisation de la coopération
ENJEU: Priorités de coopération
Environnement marin
Caractérisation de la biodiversité marine du bassin Antilles
Les principales pressions et sources de dégradation de l?environnement marin
Les politiques publiques pour la préservation de l?environnement marin
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Pollutions
ENJEU: Activités maritimes
ENJEU: Sensibilisation à l?environnement marin
ENJEU: Espèces et des habitats
ENJEU: Financement
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Police
ENJEU: Réchauffement climatique
ENJEU: Connaissance
Formation aux métiers de la mer
La formation initiale
La formation continue
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Sensibilisation
ENJEU: Coopération régionale
Mer et société
Des activités traditionnelles de pêche et de sports nautiques
Une culture maritime à construire, entre sports nautiques et protection de l?environnement
Enjeux et objectifs
ENJEU: Sensibilisation à la mer
ENJEU: Pratique des activités nautiques
ENJEU: Métiers de la mer
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Région Caraïbe
Pêche et aquaculture
La pêche, une activité essentiellement artisanale?
?et peu structurée
L?aquaculture: un secteur d?avenir, pourtant en difficulté
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Connaissance
ENJEU: Gestion de la ressource
ENJEU: Une main d?oeuvre qualifiée
ENJEU: Structuration des filières
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Performance environnementale
ENJEU: Aquaculture
ENJEU: Changement climatique
Les enjeux de la thématique «pêche & aquaculture» sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous):
Plaisance, croisière et activités nautiques
Les Antilles françaises, un des leaders du nautisme mondial
La croisière, secteur incontournable de l?économie locale
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Performance environnementale
Les enjeux de la thématique «plaisance & activités nautiques» sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous):
Ports de commerce et réseaux maritimes
Le contexte caribéen
Les ports des Antilles françaises
L?industrie navale
Enjeux et objectifs
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Compétitivité à l?international
ENJEU: Performance économique
ENJEU: Performance environnementale et changement climatique
Les enjeux de la thématique «ports de commerce & réseaux maritimes» sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous):
Recherche et innovation
Mieux connaître la mer
La recherche scientifique dans le bassin caribéen
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Application / valorisation de la recherche
ENJEU: Gouvernance et moyens de la recherche
ENJEU: Objets prioritaires de recherche et d?innovation
Ressources marines
Des ressources marines encore inexploitées
Les énergies marines renouvelables
Les granulats marins
Les biotechnologies
La désalinisation
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Connaissance
ENJEU: Valorisation économique
ENJEU: Sensibilisation
Risques
Risques naturels littoraux
Risques technologiques et sanitaires
Risques liés au trafic maritime
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Connaissance
ENJEU: Action publique
ENJEU: Sécurité maritime
ENJEU: Sécurité sanitaire
Glossaire
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION n impact environnemental puisse
être limité, en particulier lors des escales (pollution de l?air?).
6.15 - Accompagner les acteurs dans l?évolution de
leurs prestations
Les prestataires nautiques évoluent dans le milieu naturel, et de son bon état dépend la
qualité de la prestation. Ainsi les prestataires nautiques doivent orienter leurs
prestations vers plus de découverte de la nature et de sensibilisation à l?environnement.
Plaisance, croisière et activités nautiques| 49/80
Les enjeux de la thématique « plaisance & activités nautiques » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Plaisance, croisière et activités nautiques| 50/80
Ports de commerce et
réseaux maritimes
Plaisance, croisière et activités nautiques| 51/80
| Grand Port Maritime
(Guadeloupe)
© Guadeloupe Port Caraïbes
| Port de commerce (Saint-
Barthélemy)
© Collectivité de Saint-Barthélémy
| Grand Port Maritime (Martinique)
©GPMLM
| Port de Galisbay (Saint-Martin)
© Soualiga
Le contexte caribéen
Le bassin Caraïbe est un carrefour pour les échanges internationaux de
conteneurs. Le caractère insulaire d?une grande partie de ses territoires explique
sa densité portuaire élevée.
À l?échelle de ce bassin Caraïbe, les principaux ports « de marché » (pour
approvisionner un marché) sont situés en Colombie et au Guatemala, alors que
les principaux ports de transbordement (pour assurer un stockage intermédiaire
de marchandises avant envoi vers une destination finale) sont Colón au Panama
et Kingston en Jamaïque.
À titre de comparaison, les ports des Antilles françaises ont traité en 2018
3,78 MT pour le Grand Port Maritime de la Guadeloupe, 3,06 MT pour le Grand
Port Maritime de Martinique et 0,33 MT en 2019 pour le port de Galisbay , contre
13 MT pour le port de Kingston en Jamaïque en 2016.
À l?échelle du bassin caribéen, le premier Cargo Community System maritime et
aéroportuaire a été mis en place en Guadeloupe en 2002, puis en Martinique en
2005.
Les ports des Antilles françaises
Les ports sont des portes d?entrée incontournables pour le fonctionnement de
l?économie des Antilles françaises.
Les flux commerciaux y sont très déséquilibrés, les importations, depuis
l?hexagone essentiellement, étant bien plus importantes que les exportations :
plus de la moitié des conteneurs exportés des Antilles françaises sont vides et la
grande majorité des conteneurs remplis (90 %) sont des bananes à destination
de l?hexagone, essentiellement par le biais de l?opérateur CMA-CGM. L?activité
des ports est ainsi principalement tournée vers le marché intérieur. Par exemple
en Guadeloupe, l?approvisionnement énergétique, l?importation des matières
premières, des produits intermédiaires et la plupart des biens de consommation
représentent 80 % du trafic. Il existe peu de liaisons maritimes entre les Antilles
françaises et les îles voisines, reflétant l?état du commerce entre ces pays.
A Saint-Martin et à Saint-Barthélemy, les infrastructures portuaires sont certes
importantes, mais elles sont sous-dimensionnées. A Saint-Martin, la réalisation
de travaux permettrait notamment de mieux rééquilibrer l?île vis-à-vis de la partie
hollandaise, qui capte la grande majorité des flux.
La Guadeloupe et la Martinique sont chacune dotées d?un Grand Port Maritime,
établissement public portuaire autonome et sous tutelle du ministère chargé des
transports. Ils se classent respectivement 11ème et 13ème au rang national en
termes de trafic de marchandises. Ces deux ports sont entrés dans une stratégie de
développement du transbordement de marchandises.
Le Conseil de coordination interportuaire Antilles-Guyane, mis en place en 2016,
doit permettre de coordonner l?action de ces grands ports et d?en améliorer la
compétitivité. Un document commun à ces ports doit être validé en 2020.
L?industrie navale
Les ports accueillent les activités d?industrie navale. Il n?existe pas de grands
chantiers constructeurs dans les Antilles françaises, mais néanmoins quelques
pôles de réparation navale : en Martinique, le bassin de radoub, permettant l?accueil
de navires jusqu?à 180 mètres de long et l?aire de carénage du Marin pour l?accueil
de méga-yachts (plus de 50 mètres) grâce à un élévateur de bateau de 440 T, ou
encore les deux docks flottants en Guadeloupe (Marina Bas-du-fort, Caraïbes
Docks Services) permettant la réparation de navires jusqu?à 50 mètres de long.
Les réseaux des Antilles françaises
De nombreux câbles sous-marins parcourent la Caraïbe, notamment pour
acheminer de l?énergie électrique et des communications (99 % des
communications mondiales passent par les câbles sous-marins).
En particulier, les câbles de télécommunication ont pour objectif d?améliorer la
connectivité des territoires en accompagnant les usages numériques et en
optimisant la qualité des réseaux. En 2018, un câble sous-marin de 1 746 km a été
installé entre la Martinique et la Guyane.
Il existe également des conduites d?eau potable permettant d?alimenter les Saintes
et la Désirade à partir de la Guadeloupe.
Port de commerce et réseaux maritimes| 52/80
Port de commerce et réseaux maritimes| 53/80
+ de 50% 70à 80 %
des marchandises traitées
en entrée des GPM sont
consommées sur place
2 Grands Ports Maritimes à
l?échelle du bassin
Les principales routes maritimes et ports de la Caraîbe
3,78 MT pour le GPM Guadeloupe
3,06 MT pour le GPM Martinique
0,33 MT pour le port de Galisbay (2019)
A titre de comparaison, en 2016
13 MTpour Kingston en Jamaique
Marchandises traitées en 2018
des conteneurs exportés des
Antilles sont vides
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Un très bon positionnement central dans l?arc caribéen plutôt à une
échelle sub-régionale
Le bassin Antilles comme tête de pont (et porte d?entrée) de l?Union
européenne dans l?arc caribéen
Le caractère insulaire des îles du bassin Antilles, à condition qu?il soit
coordonné
Une bonne qualité de service des ports français : beaucoup de
progrès en termes de formation des personnels et très bonnes
infrastructures (profondeurs, linéaires des quais?)
Les accords de partenariat économique (APE) pour développer le
libre-échange entre l?Union européenne et les pays ACP (Afrique,
Caraïbe, Pacifique)
La sûreté au sens large
La stabilité politique
Une réglementation française et européenne, qui apporte de
nombreuses garanties (sanitaires et sécuritaires en particulier)
Des savoir-faire portés par de nombreuses entreprises privées
Le Marché Unique Antillais, territoire fiscal unique
Un déséquilibre important des flux commerciaux (95 % des flux à l?importation)
La fiscalité : détaxe du carburant uniquement pour certains secteurs, pas de zone duty-free
Des choix politiques différents en termes de fiscalité (octroi de mer par exemple)
Peu de volumes de marchandises entre îles de la Caraïbe et donc pas d?offre de transports par
des armateurs français antillais auprès des îles voisines
Une crainte d?instabilité sociale
L?insuffisance du foncier
Une formation professionnelle non adaptée aux besoins
Une absence de poste d?inspection frontalier (PIF) de plein exercice dans tous les ports
Pas d?offre de niche auprès des marchés de la Grande Caraïbe ou de la Guyane
Un manque de moyen permettant la prise en compte de la problématique de sûreté maritime
Des manques de connexion entre les ports et les territoires
Les réglementations européennes et nationales qui ne prennent pas toujours en compte les
spécificités ultramarines (code européen des douanes, article 15 du décret n°2015-1077?)
Port de commerce et réseaux maritimes| 54/80
OPPORTUNITÉS MENACES
La mise en place d?une stratégie simultanée des deux GPM grâce au Conseil
de Coordination Interportuaire
Des stratégies (nationale et au niveau de chaque GPM) en cours d?élaboration
Des réflexions en cours sur la mise en place de régimes douaniers particuliers
ou de zones coordonnées de logistique
La mutualisation, notamment en termes de formation et une nécessaire
« coopétition » (mot-valise composé de « coopération » et de « compétition »
dans le bassin)
Le développement d?un maillage à l?échelle du bassin entre ports et mouillages,
qui joueraient un véritable rôle de portes d?entrée sur les territoires
L?appartenance à l?Union européenne (normes à valoriser, fonds structurels?)
Une nécessaire dématérialisation et digitalisation
Le contexte européen avec le Brexit : positionnement dans les échanges entre
Europe et Amérique/Caraïbe
La mise en oeuvre de grands projets structurants (ex : Karukera Bay en
Guadeloupe)
La mise en place d?un indice de performance logistique et d?un indice composite
des coûts logistiques par les acteurs du secteur
Une vulnérabilité aux aléas climatiques et sanitaires (et des risques assurantiels)
Un marché qui pourrait se rétracter avec la diminution et le vieillissement de la
population
Le changement climatique (ouverture des voies polaires ?)
Port de commerce et réseaux maritimes| 55/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Gouvernance
Objectifs stratégiques
7.1 - Renforcer une stratégie de développement
concertée des ports et définir des stratégies
communes (le hub « Martinique-Guadeloupe »)
La coordination des actions des ports, de l?État et des collectivités vise à améliorer la
compétitivité des GPM et au-delà de l?économie de chaque île du bassin.
Le conseil de coopération interportuaire Antilles-Guyane créé en 2016 permettra cette
mise en réseau et l?élaboration d?une stratégie concertée (ni unique, ni commune).
L?objectif est donc bien une harmonisation et un partage accrus des pratiques.
En particulier, les Antilles doivent être alliées sur la question du transbordement afin de
pérenniser les lignes directes vers la Martinique et la Guadeloupe en provenance de
l?Europe continentale. À défaut, il y aurait un risque que les Antilles françaises soient
« feederisées », c?est-à-dire qu?elles deviennent une étape secondaire, sans ligne
directe avec les ports d?Europe. L?importance de l?activité d?exportation de la banane
antillaise pour le maintien d?une ligne directe est également soulignée.
Par ailleurs, le développement portuaire n?est possible que s?il y a un développement du
territoire (notion de hinterland). Les ports étant de véritables outils au service des
territoires, leur gouvernance doit être suffisamment partagée et partenariale pour
permettre un développement portuaire intégré et durable.
7.2 - Renforcer les partenariats État / Collectivités et
le secteur privé et ainsi le rôle des grands ports au
service du développement territorial
ENJEU : Compétitivité à l?international
Objectifs stratégiques
7.3 - Conforter sa position dans le marché
international des flux de marchandises
Le bassin maritime est déjà dans le marché mondial puisque 90 % de la consommation
vient de l?extérieur : l?objectif désormais est surtout d?y rester, nos territoires y sont en
tout état de cause contraints.
L?élargissement du canal de Panama offre une opportunité de développement de
l?activité des ports des îles du bassin maritime) à l?échelle internationale, notamment
pour les activités de transbordement. S?agissant du cabotage inter-îles, il reste trop
volatile et peu adapté au marché des Petites Antilles pour être développé : le marché
n?existe pas.
Les Antilles françaises sont une tête de pont de l?Union européenne, ce qui constitue
une véritable force pour le bassin et un atout aux yeux des armateurs.
7.4 - Consolider les grands ports dans leur vocation
de porte d?entrée de l?Europe
Port de commerce et réseaux maritimes| 56/80
ENJEU : Performance économique
Objectifs stratégiques
7.5 - Améliorer la fluidité et l?efficacité de la chaîne
logistique au sein du Marché Unique Antillais
(MUA)
Depuis le 1er janvier 1995, les régions de Guadeloupe et de Martinique constituent un
territoire fiscal unique au regard de la TVA, des accises et de l'octroi de mer. Les
marchandises produites en Guadeloupe ou importées dans cette région et qui sont
expédiées ou livrées en Martinique, et vice-versa, ne sont donc pas soumises à des
formalités de dédouanement.
La mise en place du MUA, territoire fiscal unique en Martinique et en Guadeloupe, a été
une avancée majeure pour une approche en « coopétition » (mot-valise combinant la
nécessaire « coopération » et l?inévitable « compétition ») des 2 territoires.
Toutefois, elle ne constitue qu?une 1ère étape, qui doit désormais être renforcée et
consolidée par l?efficacité de la chaîne logistique.
Par ailleurs, la mise en place de l?indice de coût logistique permettrait par exemple
d?intégrer des classements internationaux et de pouvoir valoriser les avantages
concurrentiels des ports du bassin vis-à-vis des autres ports de la Caraïbe.
7.6 - Mettre en place des équipements portuaires
qui répondent aux besoins des professionnels
Afin de favoriser l?économie bleue au sein du bassin, il est non seulement indispensable
d?avoir une main d?oeuvre qualifiée mais également de proposer des aménagements qui
puissent répondre aux attentes de tous les professionnels (compagnies de transport
maritime, croisière, nautisme?). Ces infrastructures conditionnent l?interface avec le
terrestre et les territoires dans leur ensemble.
En lien avec les thématiques « plaisance, croisière et activités nautiques » et « pêche
et aquaculture ».
7.7 - Maintenir et/ou augmenter la capacité de
réparation navale dans les ports
Les performances économiques des ports reposent en grande partie sur l?optimisation
de leur foncier.
En outre, la destination de ce foncier constitue un enjeu majeur dans l?aménagement
des territoires et pour le développement de certains secteurs de l?économie bleue.
En particulier, le maintien et le développement des constructeurs navals ? activité qui ne
peut exister que sur le littoral ? doivent être impérativement privilégiés par les ports.
7.8 - Développer l?intelligence économique L?intelligence économique peut être définie comme l?ensemble des actions coordonnées
de recherche, de traitement et de distribution, en vue de son exploitation, de
l?information utile aux acteurs économiques.
Compte tenu de la concurrence au sein de l?arc caribéen, les ports du bassin et les
transporteurs ne peuvent s?exonérer de se positionner très vite ? et plus vite que leurs
concurrents ? dans ces nouvelles technologies.
La mise en place des « Port Community Systems » au sein de la Caraïbe, avec les îles
Port de commerce et réseaux maritimes| 57/80
françaises comme précurseurs, permet au bassin de marquer le pas.
Cette intelligence économique nécessite en particulier la dématérialisation des flux de
données et leurs consolidations dans des délais resserrés. Elle permettra d?anticiper les
évolutions du marché.
En ce sens, cet objectif rejoint également la thématique « formation professionnelle
maritime » puisque la main d?oeuvre antillaise, à tout niveau de responsabilité, doit être
formée pour mieux appréhender cette nécessité.
ENJEU : Performance environnementale et changement climatique
Objectifs stratégiques
7.9 - Accompagner la transition énergétique et
écologique de tous les ports de la façade et des
transports/réseaux
Le développement durable des GPM et autres ports de commerce (à Saint-Martin et
Saint-Barthélemy en particulier) nécessite la mise en place d?investissements
permettant de réduire les impacts sur l?environnement et de permettre l?accueil des
nouvelles générations de navires plus propres.
Cette nécessaire transition écologique des ports et des navires doit également
permettre de mieux anticiper les effets du changement climatique : l?argument
écologique sera alors aussi un argument économique par les innovations qui seront
mises en place et les nouveaux services portuaires qui seront développés.
7.10 - Adapter les ports et les transports maritimes
au changement climatique
7.11 - Atténuer les effets du changement climatique
Port de commerce et réseaux maritimes| 58/80
Les enjeux de la thématique « ports de commerce & réseaux maritimes » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Port de commerce et réseaux maritimes| 59/80
Recherche et innovation
Port de commerce et réseaux maritimes| 60/80
Récifs artificiels du cantonnement de pêche de
Case-Pilote
(© Observatoire du Milieu Marin Martiniquais
(OMMM), 2017)
Houlographe
(© CEREMA)
Mieux connaître la mer
La connaissance du milieu marin est un enjeu fort inscrit dans la stratégie nationale
pour la mer et le littoral (SNML) qui fixe comme première action prioritaire le
développement d?une société de la connaissance marine et maritime. Cette
connaissance est indispensable au pilotage des politiques publiques sur les
domaines côtiers et maritimes.
La SNML affiche par ailleurs la volonté de valoriser les spécificités de l?outre-mer
dans la recherche. Les Antilles françaises constituent un espace d?étude
remarquable (biodiversité, énergies renouvelables, risques, géologie marine,
gestion intégrée des espaces marins?). Cependant les connaissances doivent
encore être développées sur de nombreux sujets, notamment sur l?économie bleue.
La recherche dans le secteur public est davantage présente aux Antilles françaises
que celle du secteur privé. Des équipes de recherche de très bon niveau telles que
l?Ifremer, l?Université des Antilles et le BRGM sont en particulier présentes dans le
bassin.
Toutefois, alors que 80 % de la biodiversité française est celle de l?outre-mer et que
la très grande majorité de l?espace maritime français se situe en outre-mer, les
effectifs des équipes de recherche dédiées aux sujets maritimes restent faibles et
manquent d?infrastructures comme des stations marines ou des bassins d?étude
dédiés à la recherche. De plus, l?accès aux financements nationaux et européens
est souvent difficile.
La recherche scientifique dans le bassin caribéen
Les Antilles font l?objet de nombreux projets de recherches sur la mer et le littoral
animés par une pluralité d?acteurs issus d?horizons variés. Afin de structurer la
recherche, le RTPi Caraïbes (Réseau thématique pluridisciplinaire international) a
été mis en place autour de 4 thématiques concernant l?écologie et l?environnement
dans la région des Caraïbes : insularité et évolution, diversité et santé des
écosystèmes, anthropisation, et espèces envahissantes. Construit dans un premier
temps autour des laboratoires français, le réseau s?étend désormais aux partenaires
étrangers.
Les îles sont par excellence des territoires d?innovation. Dans le domaine maritime,
des solutions innovantes (travaux, ingénierie, réglementation...) devront être
encouragées en s?appuyant sur les mécanismes prévus pour favoriser l?innovation
(Lab, plate-forme, incubateur comme Zebox en Guadeloupe?).
Recherche & innovation | 61/80
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Un espace d?étude remarquable (biodiversité, énergies
renouvelables, risques, géologie marine, archéologie marine, gestion
intégrée des espaces marins, réseau d?AMP...)
Une coopération des équipes locales à un niveau national et
international (réseau d?excellence scientifique)
Des équipes de recherche (UA, IFREMER, IRD, IRSTEA, BRGM, etc)
et des bureaux d?étude
Un réseau d?observateurs et de recherche par les associations
environnementales
Des structures d?accompagnement de l?innovation (technopole,
PARM...)
Un accès difficile aux financements nationaux et européens de la recherche
Une faiblesse de l?ingénierie de projet
Une faible mobilisation des crédits disponibles, des difficultés de préfinancement des outils financiers disponibles
Une inadéquation des cadres nationaux aux spécificités du bassin (par exemple le FEAMP)
De faibles effectifs des équipes de recherche dédiées aux sujets maritimes
Un manque de connaissance sur de très nombreux sujets (sur les stocks halieutiques par exemple)
Des priorités nationales de recherche sans moyens dédiés pour le bassin (absence de directive nationale sur les
ressources halieutiques?)
Pas ou peu de porteurs de projet identifiés sur des projets innovants, absence de start-up, des départements R&D
privés quasi inexistants
Un manque d?attractivité pour la mobilité des scientifiques
Une faible structuration de la recherche. Peu d?infrastructures existantes
Des surcoûts exorbitants des moyens de recherche
Une absence d?institut de transfert des connaissances et d?incubateurs
Une absence de stations marines et de stations d?observation sous-marine
OPPORTUNITÉS MENACES
Des recherches sur de nouvelles espèces aquacoles, malgré une faible production de la filière
Une valorisation de la biodiversité marine (biomolécules, biomimétisme, sargasses, etc)
Le protocole international de Nagoya sur l?Accès et le Partage des Avantages (APA)
Un bassin propice pour les énergies renouvelables marines
Des politiques régionales de soutien à la recherche (par exemple Interreg - Feder)
Des engagements politiques récurrents en faveur de la recherche outre-mer
Un potentiel de développement des équipes existantes
Des relations entre l?université et le monde de l?entreprise à optimiser (cellule de valorisation de l?UA)
Une coopération entre organismes de recherche à l?échelle du bassin caraïbe
Une valorisation des savoirs et connaissances traditionnels, en pêche notamment
Peu de mise en réseau des projets de recherche : méconnaissance par les
acteurs des projets menés sur le territoire
Un manque de soutien des instances nationales
Une instabilité des équipes de recherche
Des engagements politiques récurrents non tenus ou soutenus
Des crises successives impactant les crédits dédiés à la recherche
Un manque d?étude sur la gestion des stocks pouvant conduire à une
surexploitation
Des difficultés à nouer des partenariats entre scientifiques et professionnels
Recherche & innovation | 62/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Application / valorisation de la recherche
Objectifs stratégiques
8.1 - Développer les structures et outils de transfert
Il s?agit ici d?un objectif majeur de cette thématique « recherche & innovation » pour
répondre à l?enjeu d?application de la recherche.
Ces structures de transfert permettent de faciliter les liens entre le monde économique
et le monde universitaire, entre les chercheurs et les entreprises ou autres
entrepreneurs.
Cet objectif peut conduire à la mise en place d?instituts techniques.
8.2 - Mieux connaître les travaux de recherche et les
valoriser à des fins d?innovation
Il s?agit non seulement de diffusion de connaissance mais aussi de partage de ces
connaissances. La problématique de la diffusion et du partage est récurrente dans tous
les secteurs de recherche.
8.3 - Valoriser économiquement les ressources
Cet objectif vise à permettre un gain économique suite aux recherches réalisées.
Il consiste également à ce que les chercheurs et entrepreneurs se protègent en matière
de propriété intellectuelle, et qu?ils déposent ainsi des brevets pour valoriser toutes les
innovations mises en place.
8.4 - S?orienter vers des outils innovants
Il s?agit ici de s?orienter vers de nouvelles formes de recherche, en s?appuyant par
exemple sur la science participative (en faisant ainsi le lien avec l?objectif suivant) ou
sur des outils innovants dans une approche de recherche à l?échelle du bassin (images
satellitaires par exemple).
Recherche & innovation | 63/80
ENJEU : Gouvernance et moyens de la recherche
Objectifs stratégiques
8.5 - Renforcer les moyens humains et financiers
dédiés à la recherche
Il s?agit ici d?un objectif majeur pour cet enjeu : il faut avant tout renforcer les équipes de
recherche et les moyens qui leur sont alloués aux Antilles. Alors que le bassin est
constitué uniquement de territoires insulaires ? voire archipélagiques ? et que leur
linéaire côtier est très important, la recherche dédiée à des sujets maritimes reste plutôt
limitée.
8.6 - Améliorer la cohésion des acteurs en
structurant la recherche et l?innovation maritimes /
marines à l?échelle du bassin
La structuration de la recherche et de l?innovation en améliorant la gouvernance et les
moyens alloués est une priorité forte. Il s?agit notamment de mutualiser des outils et
équipements de recherche ou d?application technique entre territoires.
Les Antilles françaises, en tant que « laboratoire » idéal pour étudier les impacts du
changement climatique, doivent attirer les moyens humains et financiers de la
recherche.
Cet enjeu rejoint la thématique « formation professionnelle ».
8.7 - Développer et adapter les filières de formation
aux besoins
ENJEU : Objets prioritaires de recherche et d?innovation
Objectifs stratégiques
8.8 - Améliorer la connaissance de la biodiversité
marine et des pressions qui s?exercent sur les
milieux littoraux insulaires (mangroves, herbiers,
récifs coralliens) et les espèces
Les acteurs maritimes du bassin doivent inscrire leurs programmes de recherche et
d?innovation dans une démarche de « faire mieux plutôt que faire plus » afin de
préserver l?identité de ses îles.
Plusieurs sujets prioritaires de recherche ont été déterminés (voir objectifs stratégiques
ci-joints) : ces besoins de connaissance ont également été identifiés dans les
thématiques correspondantes (environnement marin, risques, pêche et aquaculture?).
8.9 - Améliorer la connaissance pour une meilleure
gestion des ressources halieutiques
8.10 -Identifier les ressources minérales et
énergétiques pour une exploitation durable
8.11 - Connaître et prévoir les risques naturels
côtiers (érosion, trait de côte, submersion marine,
tsunami, échouements massifs de sargasses...)
8.12 - Développer la recherche dans le domaine
des sciences humaines et sociales
8.13 - Soutenir les actions de recherche sur les
dépollutions et décontaminations
Recherche & innovation | 64/80
Ressources marines
Recherche & innovation | 65/80
Usine de désalinisation de
Saint-Barthélemy
(© TIRU)
Carte de potentialité
(Ademe, Région
Guadeloupe)
Des ressources marines encore inexploitées
Les ressources marines autres qu?halieutiques sont encore inexploitées dans le
bassin Antilles : énergies renouvelables, biotechnologies, granulats marins, etc. Le
potentiel reste peu connu.
Les énergies marines renouvelables
Les objectifs du Grenelle de l?environnement pour les territoires d?Outre-mer,
réaffirmés par la loi de transition énergétique pour une croissance verte, sont
ambitieux : générer 50 % de l?énergie consommée à partir de sources
renouvelables en 2020 et atteindre l?autonomie énergétique à l?horizon 2030. En
2015 et d?après l?ADEME, la part du charbon et du pétrole dans le mix énergétique
s?élève à près de 100 % à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, à 82 % en Guadeloupe
et à 93 % en Martinique.
L?indépendance énergétique représente en effet un enjeu stratégique dans les
régions insulaires, contraintes d?importer massivement des ressources fossiles
(fioul, charbon, carburants). La faible taille des systèmes électriques conjuguée à la
non-interconnexion des réseaux, induit une plus grande fragilité que celle des
réseaux interconnectés et nécessite une approche spécifique.
En effet le bassin maritime possède des atouts considérables en matière d?énergies
marines renouvelables : des alizés constants pour l?éolien en mer, une mer chaude
et des fonds marins profonds proches des côtes pour l?ETM (énergie thermique des
mers) et le SWAC (Sea Water Air Conditioning), des trains de houle réguliers, etc.
Des études prospectives ont déjà été réalisées : en 2007, le Conseil Régional de la
Martinique a piloté une étude portant sur « l?Exploitation des ressources marines
destinées à la production d?électricité dans les Régions Ultra Périphériques » et en
2015, un pré-diagnostic pour le développement éolien offshore flottant en
Guadeloupe a été mené par AKUO Energy, co-financé par la Région Guadeloupe et
l?ADEME.
Outre les études de potentialité, il existe plusieurs projets, certains très avancés
mais n?ayant pas encore abouti (projet NEMO en Martinique d?énergie thermique
des mers de 10 MW).
Les granulats marins
Devant les difficultés croissantes d?accès aux gisements terrestres, les producteurs
de granulats diversifient leurs ressources, notamment par les granulats marins.
Ces matériaux extraits en mer possèdent des caractéristiques semblables à celles
des granulats de roches meubles extraits de carrières terrestres. Jusqu?en 2019,
seul un gisement était exploité (au large de Petit-Havre au Gosier en Guadeloupe),
avec un prélèvement maximal autorisé de 118 000 m³ par an, mais en 2020, il n?est
plus en activité et toutes les autorisations relatives à cette activité sont échues.
Pourtant, diverses études ont montré un important potentiel sur l?ensemble du
bassin maritime.
Les biotechnologies
Les écosystèmes antillais, du fait de leur diversité, présentent un potentiel pour
l?exploitation des biotechnologies qui mériterait d?être développé (IEDOM, Institut
d?émission des départements d?Outre-mer, 2018).
Par ailleurs, la problématique des sargasses a poussé vers une réflexion globale
sur leur devenir. Ainsi, un appel à projets et des appels à manifestation d?intérêt ont
été lancés par l?ADEME en Guadeloupe et en Martinique afin de valoriser ces
algues à travers la production de compost, de biogaz, de bioplastique ou encore de
produits cosmétiques.
La désalinisation
Les îles de Saint-Martin et de Saint-Barthélemy sont des îles « sèches », ne
possédant pas de ressources naturelles en eau potable. Ainsi, chaque île dispose
d?une usine de désalinisation pour l?alimentation en eau potable. A Saint-Martin,
l?usine mise en place en 2006 traite par osmose inverse une capacité maximale de
9 000 m³ d?eau de mer par jour. L?énergie fournie pour faire fonctionner les usines
provient en partie de l?incinération des ordures ménagères.
Ressources marines | 66/80
Carte sur le potentiel des énergies de la mer en Martinique
(Conseil Régional Martinique, 2007)
? Filière houle : très bonnes potentialités, principalement à l?Est et au
Nord Est de l?île ;
? Filière gradient thermique des mers : très fortes potentialités,
principalement sur la façade Ouest de l?île en mer des Caraïbes
avec environ 350 km² de surface utilisable à l?intérieur de la zone
étudiée ;
? Filière vent : bonnes potentialités, principalement sur les façades
Est et Sud Est de l?île avec environ 40 km² de surface utilisable à
l?intérieur de la zone étudiée ;
? Filières courant : pas de potentialité identifiée à ce jour pour la
Martinique.
Carte sur les zones potentielles pour l?implantation d?éoliennes
flottantes en Guadeloupe (Ademe, Région Guadeloupe, 2015)
? Zones encadrées en rose favorables au vu des contraintes physiques,
géomorphologiques et conditions des sols notamment.
? Zones en vert : zones préférentiellement identifiées pour la création d?un parc éolien
flottant, l?analyse des contraintes ne montrant pas d?arguments défavorables à leur
installation.
Ressources marines | 67/80
2
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
Des territoires insulaires propices à l?expérimentation /
installation de démonstrateurs
Une zone maritime large avec un fort potentiel pour les
filières houle, vent et énergie thermique des mers
Des potentialités fortes (présence de coraux, algues,
éponges) pour les biomolécules
Des unités de désalinisation installées à Saint-Martin et
Saint-Barthélemy et alimentées par de l?énergie produite
à partir d?incinération d?ordures ménagères
Aucune installation à ce jour d?énergies marines renouvelables, hors usines de désalinisation
Peu de connaissance sur l?impact environnemental des prélèvements
Des connaissances encore insuffisantes sur le potentiel en biotechnologie de la flore et de la faune marines
OPPORTUNITÉS MENACES
Les objectifs de la loi de transition énergétique pour la
croissance verte (2015) qui fixe des objectifs d?autonomie
énergétique en 2030 et de 50 % d?énergies renouvelables
en 2050
Des entreprises prêtes à investir dans les énergies
renouvelables
Une possible valorisation des sargasses
Des projets qui émergent (énergie houlomotrice en
Guadeloupe)
L?acceptabilité des énergies marines et une sensibilité citoyenne sur les conséquences paysagères et
d?occupation de l?espace en mer des énergies renouvelables en mer
Des obstacles potentiels à la navigation et aux activités économiques en mer
Des installations pouvant perturber les milieux marins
Disponibilité aléatoire de la ressource sargasses
Pas ou peu de porteurs de projets identifiés sur des projets innovants
Des risques naturels forts (cyclones notamment)
Ressources marines | 68/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Connaissance
Objectifs stratégiques
9.1 - Identifier les ressources minérales,
biologiques et énergétiques pour une exploitation
durable Les potentialités du bassin maritime en termes de ressources marines nouvelles, hors
ressources halieutiques, sont très mal connues. Cet objectif vise à identifier ces
ressources marines (extractions de matériaux et de granulats marins, potentiel de
développement en énergies marines renouvelables?) et à capitaliser, partager cette
connaissance au sein du bassin.
9.2 - Capitaliser la connaissance à l?échelle du
bassin à partir des expériences déjà menées
9.3 - Sensibiliser les acteurs institutionnels aux
possibilités de développement et d?exploitation
des ressources marines
ENJEU : Valorisation économique
Objectifs stratégiques
9.4 - Favoriser l?innovation et la mise en place
d?entreprises d?exploitation durable des
ressources marines
L?exploitation des ressources marines est une filière économique à fort potentiel pour le
bassin maritime, pouvant contribuer non seulement au développement de son
économie mais aussi à son indépendance énergétique.
En effet, au niveau énergétique, les objectifs du Grenelle de l?environnement pour les
DOM, réaffirmés par la Loi transition énergétique pour une croissance verte, sont
ambitieux : en 2020, 50 % de l?énergie consommée doit être produite à partir de
sources renouvelables et à l?horizon 2030, l?autonomie énergétique doit être atteinte.
Cependant, l?exploitation des ressources doit être durable et s?inscrire dans une
politique de préservation du milieu marin et de sa biodiversité.
ENJEU : Sensibilisation
Objectifs stratégiques
9.5 - Communiquer auprès du grand public autour
des objectifs du Grenelle de l?environnement et de
la mer
L?acceptabilité sociale des projets d?exploitation des ressources marines est une
composante importante de leur mise en oeuvre.
Ressources marines | 69/80
Les enjeux de la thématique « ressources marines » sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous) :
Ressources marines | 70/80
RisquesServices Phares Et balises
des Directions de la Mer
Ouragan Irma, septembre 2017
Image de la NASA (© NOAA/CIRA)
et capture d?écran windy.com
Risques naturels littoraux
Les communes littorales, et donc a fortiori les territoires insulaires, sont plus
exposées aux risques naturels majeurs que la moyenne nationale.
Les Antilles françaises sont fortement vulnérables puisqu?elles sont confrontées à de
très nombreux risques naturels : tempêtes tropicales, submersions marines, érosion
côtière ? phénomènes d?ores et déjà sensiblement renforcés par le changement
climatique ? mais également tsunamis et éruptions volcaniques.
Les risques liés aux tempêtes tropicales et aux submersions marines sont
particulièrement prégnants, alors même qu?une grande majorité des activités et
infrastructures, qu?elles soient liées à l?économie bleue (ports, plaisance, pêche, etc)
ou à d?autres secteurs économiques (urbanisme, installations ICPE, etc), sont situées
précisément sur le littoral. Cette situation induit une grande fragilité des territoires
face aux risques naturels extrêmes, à l?image des destructions majeures causées par
l?ouragan Irma à Saint-Martin et Saint-Barthélemy en 2017.
Des outils d?aménagement, tels que les plans de prévention des risques naturels et la
stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte ? qui devra être déclinée
localement ? permettent à long terme de réduire ces risques.
Lorsque les événements surviennent, la gestion de crise est du ressort des
communes et, de manière supra, de l?État qui vient se substituer le cas échéant et qui
peut mobiliser des plans ORSEC (organisation de la réponse de la sécurité civile)
dédiés permettant d?assurer une gestion de crise face à un évènement majeur.
Toutefois, des incertitudes fortes pèsent sur la capacité des territoires à assurer un
retour à la normale, dans de bonnes conditions en termes d?organisation et de délais.
Risques technologiques et sanitaires
Les principaux risques technologiques aux Antilles sont les risques industriels et les
risques liés au transport de marchandises dangereuses. Le littoral est caractérisé par
la présence de nombreuses industries liées notamment aux activités portuaires et aux
échanges maritimes : raffinage du pétrole, cokéfaction, sidérurgie ou industrie
chimique.
Les rejets issus des activités humaines peuvent par ailleurs dégrader la qualité des
eaux littorales et générer des risques sanitaires. La consommation de produits de la
mer doit également être encadrée du fait de la présence potentielle de contaminants
dans la chair des organismes consommés (chlordécone, ciguatoxine?).
Les échouements massifs des sargasses sont également à l?origine de risques
sanitaires puisqu?elles dégagent des gaz toxiques en pourrissant après leur
échouement. La lutte contre les sargasses se déploie sur plusieurs fronts
(ramassage, barrages en mer, valorisation, etc) mais reste très difficile et coûteuse.
L?impact sur les activités économiques (tourisme, loisirs nautiques, pêche, baignade,
etc) n?est pas négligeable.
Finalement, le risque sanitaire suite à la crise Covid-19 de début 2020 est une
nouvelle réalité avec laquelle il est désormais impératif de composer. L?importance du
trafic maritime dans la propagation de l?épidémie (croisière, plaisance) a été l?une des
caractéristiques de la crise. Des mesures de gestion du trafic maritime ont été prises
et devront sans doute être affinées dans le futur afin de prendre en compte cette
nouvelle composante du risque.
Risques liés au trafic maritime
La Caraïbe concentre près de la moitié de l?activité de croisière mondiale. Pendant la
saison touristique, de novembre à mai, on enregistre en moyenne la présence
simultanée d?une vingtaine de navires de croisière représentant environ 70 000
personnes. Le risque d?une intervention de type SMGA (Secours Maritime de Grande
Ampleur) est donc particulièrement prégnant.
La présence de terminaux pétroliers majeurs dans les petites Antilles (Saint-
Eustache, Sainte-Lucie, Martinique et Guadeloupe) et d?un fort trafic commercial
renforcent l?existence d?un risque d?accident maritime pouvant entraîner une pollution
par hydrocarbure.
La sécurité maritime est sous la responsabilité aux Antilles françaises du délégué du
Gouvernement pour l?action de l?État en mer (DDG AEM), le préfet de Martinique,
assisté par le commandant de zone maritime (CZM). Le DDG AEM engage et
coordonne les moyens des administrations et autres acteurs agissant en mer (affaires
maritimes, douane, marine nationale, sécurité civile, SNSM, gendarmerie) pour
assurer les secours en mer, prévenir et lutter contre les pollutions marines.
Il dispose d?un centre opérationnel, le CROSS Antilles-Guyane, qui assure le suivi du
trafic maritime et la coordination des opérations de sauvetage des personnes et
d?assistance en mer dans une zone de 3 millions de kilomètres allant d?Anguilla à la
Guyane jusqu?au milieu de l?Atlantique. Le CROSS assure un rôle important
d?animateur du réseau de sécurité civile des moyens intervenant en mer, et possède
de nombreux accords de coopération avec les pays voisins. La plaisance reste
l?activité suscitant le plus de sauvetages et d?assistance (près de 60 % des
opérations).
Enfin, les établissements de signalisation maritime (ESM), dont l?entretien est assuré
par le service des Phares et Balises des Directions de la Mer, permettent de sécuriser
la navigation aux abords des ports et abris. Du matériel de lutte contre la pollution est
stocké dans des centres POLMAR en Martinique et en Guadeloupe et mis à
disposition du SDIS (Service départemental d?incendie et de secours) en cas de
pollutions marines menaçant les côtes. La Marine nationale dispose également dans
la base navale de Fort-de-France de moyens de lutte contre les pollutions marines
pouvant intervenir en mer.
Risques| 72/80
Risques| 73/80
7 sites Seveso Haut aux
Antilles (en Guadeloupe et
en Martinique
uniquement)
EN 2019
2906 personnes impliquées dans des
opérations de recherche, sauvetage,
assistance ou sûreté en mer
dont
1391 personnes assistées, retrouvées
ou secourues
24 tsunamis recensés aux Petites
Antilles ces 400 dernières années
100% des communes et des
collectivités des Antilles françaises sont
couvertes par un Plan de Prévention des
Risques Naturels (PPRN)
Risques & prévention
2 Mm³ Saint-Eustache
1,3 Mm³ Sainte-Lucie
0,4 Mm³ Martinique/Guadeloupe
Terminaux pétroliers
81%
des sites de baignade en mer aux
Antilles françaises classés en qualité
d?eau de baignade excellente
(source: ARS 2016)
9249 messages SURNAV et MOUVINF
sur l?Antilles Guyane enregistrés
(signalement obligatoire des navires
transportant une cargaison dangereuse ou
d?un navire en avarie)
MARTINIQUE
7% du trait de côte en recul
0,28 km2 perdus entre 1960 et 2010
GUADELOUPE
18% du trait de côte en recul
1,08 km2 perdus entre 1960 et 2010
Erosion du trait de côte (2017) Source: CROSS-AG 2019
En haute saison, la croisière génère la
présence simultanée en mer de
35 000 à 50 000
passagers
Sur la zone de compétence du CROSS,
impliquant un risque de sauvetage
maritime de grande ampleur
335
établissements de
signalisation maritime
(ESM)
Matrice AFOM
ATOUTS FAIBLESSES
La présence de moyens aéromaritimes d?État conséquents (Affaires maritimes, Gendarmerie,
Marine, Service Garde-Côtes des douanes)
L?intégration régionale des îles françaises et l?exercice assumé et reconnu de responsabilités
régionales (SRR, CROSS AG, accords bilatéraux SAR)
La cohérence de l?organisation zonale avec un unique Délégué Du Gouvernement pour l?Action
de l?État en Mer (DDG AEM) aux Antilles, basé en Martinique (Préfet de Martinique, préfet de
zone Antilles)
Un réseau ORSEC maritime qui s?appuie sur les réseaux POLMAR (anti-pollution), ANED
(assistance aux navires en difficulté) et SAR (Search And Rescue)
Le CROSS AG comme centre régional opérationnel de coordination du sauvetage en mer et de
la surveillance du trafic maritime
Des PPRN pour toutes les communes de Guadeloupe et de Martinique et pour la collectivité de
Saint-Martin
Une qualité des eaux de baignade globalement bonne
Une surveillance sanitaire régulière par l?ARS
Un Centre de Sécurité des Navires (CSN) présent en Martinique, Guadeloupe et Saint-Martin,
qui réalise également des visites sur les navires étrangers
La mise en place de capteurs pour surveiller la qualité de l?air suite aux échouements de
sargasses
Le caractère insulaire des Antilles françaises, qui accroît les risques naturels
(littoraux en particulier) et l?élongation pour l?emploi des moyens aéromaritimes
La double insularité, notamment pour les dépendances de la Guadeloupe (les
Saintes, la Désirade, Marie-Galante)
La récurrence des événements cycloniques majeurs
L?organisation de la réponse internationale de gestion de crise maritime au niveau
de l?interface « mer-terre » dans les petites Antilles
Une concentration de la population et des infrastructures sur les zones les plus
exposées aux risques
Un littoral particulièrement concerné par l?érosion côtière
Une méconnaissance de certains phénomènes d?érosion côtière (sur les falaises
meubles en particulier)
Des échouements de sargasses
Une contamination des produits de la mer par la chlordécone
Une contamination de certains poissons par la ciguatoxine
OPPORTUNITÉS MENACES
Des plans complémentaires de prévention des risques (contre les inondations par ex ? les
PAPI)
Des pistes d?adaptation au changement climatique proposées par l?ONERC (Observatoire
national sur les effets du réchauffement climatique
Une sensibilisation du grand public et des consommateurs
Des connaissances à affiner (en particulier en matière de risques sanitaires) pour mieux adapter
les mesures de précaution
La position des Antilles françaises au coeur de la Caraïbe
Des accords de partenariat en matière de sauvetage maritime en cours de finalisation avec les
États insulaires des petites Antilles
Des solutions biosourcées pour réduire les risques et favoriser la résilience (restauration de
mangroves, récifs artificiels, etc)
Les risques naturels majeurs du fait de la zone de subduction océanique (séisme,
tsunami, éruption volcanique?) et du changement climatique (recul du trait de
côte, cyclones)
Des risques d?épisodes de sargasses plus massifs et plus réguliers
Une dégradation de la qualité du milieu marin
Des menaces en termes de sûreté maritime : sûreté des personnes et des biens
transportés, instabilité politique de certains États du bassin
Une augmentation du trafic maritime, notamment de la croisière,
Des défauts de sécurité potentiels sur les mega-ships (marchandises, croisières)
Des crises sanitaires majeures, pouvant être amplifiées par le trafic maritime à
passager (croisière, plaisance)
Risques| 74/80
Enjeux et objectifs
ENJEU : Connaissance
Objectifs stratégiques
10.1 - Connaître et prévoir les risques naturels
côtiers (érosion, trait de côte, submersion marine,
tsunami, échouements massifs de sargasses?)
Il s?agit ici de développer les actions de connaissance des phénomènes naturels et de
leurs impacts potentiels sur les littoraux du bassin. Ces connaissances peuvent être
mises au service de prévisions très localisées (exemple des études réalisées à la
parcelle sur l?impact de l?évolution du trait de côte) ou être beaucoup plus générales sur
l?impact de ces risques (par exemple pour l?impact sanitaire des échouements de
sargasses) ou inscrites dans un contexte global (par exemple pour les questions
relatives au changement climatique).
ENJEU : Action publique
Objectifs stratégiques
10.2 - Coordonner l?action publique grâce à la
mise en place de plans d?actions
À chacun des risques connus, des plans d?actions sont associés. Par exemple, les plans
de prévention des risques, la stratégie nationale de lutte contre l?érosion du trait de côte,
etc. Il s?agit ici non pas de créer de nouveaux plans d?actions mais plutôt d?assurer une
meilleure coordination entre ces plans et entre les acteurs concernés, compte-tenu des
compétences de chacun.
Il s?agira également de mettre en place des outils de résilience pour favoriser le retour à
la normale des activités côtières après un événement majeur.
10.3 - Sensibiliser le grand public et prévenir les
accidents
La puissance publique a un véritable rôle à jouer dans la sensibilisation du grand public
pour mieux anticiper les phénomènes naturels et pour mieux prévenir les risques
d?accidents en mer. Il s?agit ici de mener des campagnes d?information et d?organiser
des exercices pour que chacun puisse acquérir les bons réflexes.
10.4 - Lutter contre les échouements massifs
d?algues sargasses
Les échouements massifs de sargasses engendrent des impacts sanitaires (émanation
de gaz toxiques), économiques (pour le tourisme, la pêche), et environnementaux. La
lutte contre les échouements est une priorité forte.
De même, une fois les algues échouées, leur enlèvement dans des délais restreints est
également une priorité de l?action publique dans les Antilles françaises.
Cet objectif est également une priorité en matière de protection de l?environnement
marin.
ENJEU : Sécurité maritime
Objectifs stratégiques
10.5 - Assurer la sécurité des biens et des
personnes en circulation dans le bassin
La plupart des objectifs précités est conditionnée à la nécessaire sécurité des biens et
des personnes qui circulent par voie maritime dans le bassin maritime. Cette sécurité
doit être maintenue et garantie à un très haut niveau dans les eaux françaises.
10.6 - Mener des actions de prévention des
risques dans les ports et dans les transports
maritimes
La sécurité des biens et des personnes doit également être garantie dans les ports et à
bord des navires, et des exercices peuvent être organisés pour mieux s?assurer de
l?efficacité des moyens engagés en cas d?accident ou d?attaque.
Des exercices de type Sauvetage maritime de grande ampleur (SMGA) peuvent par
exemple être mis en place.
10.7 - Améliorer la sécurité dans la bande côtière La sécurité dans la bande côtière est assurée par des moyens spécifiques, en particulier
compte tenu des compétences partagées dans la bande littorale maritime des 300
mètres entre le Délégué du gouvernement pour l?action de l?État en mer et les maires.
Les plans de balisage, la surveillance des plages, etc sont autant d?outils permettant
d?améliorer la sécurité dans la bande côtière.
ENJEU : Sécurité sanitaire
Objectifs stratégiques
10.8 - Assurer la sécurité des personnes à terre et
en mer en cas de pandémie
La crise du Covid-19 modifie de manière durable la gestion du risque sanitaire et
pandémique. Particulièrement dans le domaine maritime où, suite aux nombreuses
contaminations à bord des navires de croisière et le fort afflux de plaisanciers sur les
îles du bassin maritime pour le confinement, une réflexion poussée doit être menée pour
mieux gérer ce risque et assurer la sécurité des personnes.
10.9 - Mener des actions de prévention des
risques dans les ports et dans les transports
maritimes en cas de pandémie
Risques| 76/80
Glossaire
ACP : Afrique, Caraïbe, Pacifique
ADEME : Agence de l?environnement et de la maîtrise de l'énergie
AEC : Association des États de la Caraïbe
AEM : Action de l?État en Mer
AMP : Aire marine protégée
ANED : Assistance aux navires en difficulté
APE : Accords de partenariat économique
APIT : Abri portuaire d?intérêt territorial
BHU : Bateau hors d?usage
BRGM : Bureau de recherches géologiques et minières
BVI : British Virgin Islands
CARIMAM : Caribbean Marine Mammals Preservation Network
CAR-SPAW : Centre régional d?activités destiné à la mise en oeuvre du Protocole
relatif aux zones et à la vie sauvage spécialement protégées de la zone Caraïbe
(Specially Protected Areas and Wildlife en anglais ? SPAW)
CCIAG : Conseil de coordination inter- portuaire Antilles Guyane
CCS : Cargo Community System
CCSTI : Centres de culture scientifique, technique et industrielle
CEB : Comité de l?eau et de la biodiversité
CIMer : Comité interministériel de la mer
CITES : Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore
sauvages menacées d?extinction
CMQ : Campus des Métiers et des Qualifications
COM : Collectivité d?Outre-mer
COPACO : Commission Pêche de l?Atlantique Centre Ouest
COPOLEN : Comité des polices de l?environnement
CQP : Certificats de qualification professionnelle
CRFM : Caribbean regional fisheries mechanism
CROSS AG : Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage Antilles
Guyane
CRPMEM : Comité Régional des Pêches Maritime et des Élevages Marins
CSN : Centre de sécurité des navires
CZM : Commandant de zone maritime
DCE : Directive cadre sur l?eau
DCP : Dispositif de concentration de poissons
DDG AEM : Délégué du Gouvernement pour l?Action de l?État en Mer
DE : Diplôme d?État
DOM : Département d?Outre-mer
DPM : Domaine public maritime
EFPMA : École de Formation Professionnelle Maritime et Aquacole de Martinique
ESM : Établissement de signalisation maritime
ETM : Énergie thermique des mers
FEAMP : Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche
FEDER : Fonds européen de développement régional
FIN : Fédération des industries nautiques
FSE : Fonds social européen
GPM : Grand port maritime
Greta : Groupement d?Établissements
ICCAT : Commission internationale pour la conservation des thonidés
ICPE : Installation classée pour la protection de l?environnement
IEDOM : Institut d?émission des départements d?Outre-mer
IFREMER : Institut français de recherche pour l?exploitation de la mer
INN : illégale, non déclarée et non réglementée (pêche)
IRD : Institut de recherche pour le développement
IRSTEA : Institut national de recherche en sciences et technologies pour
l?environnement et l?agriculture
MIPE: Mission interservices des polices de l?environnement
MISEN : Mission interservices de l?eau et de la nature
MUA : Marché unique antillais
OECO : Organisation des États de la Caraïbe Orientale
OFB : Office français de la biodiversité
OMI : Organisation maritime internationale
ONERC : Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique
OPCO : Opérateurs de compétences
ORSEC : Organisation de la réponse de sécurité civile
PAPI : Programme d'actions de prévention des inondations
PARM : Pôle agroressources et de recherche de Martinique
PCP : Politique commune de la pêche
PCS : Plan de compensation des surcoûts (aide FEAMP)
PIC : Plan investissement dans les compétences
PIF : Poste d?inspection frontalier
PLU : Plan local d?urbanisme
PNA : Plan national d?actions
POLMAR : Pollution marine
PPRN : Plan de prévention des risques naturels
R&D : Recherche & Développement
REP : Responsabilité élargie des producteurs
RUP : Région ultra-périphérique
RTPi : Réseau thématique pluridisciplinaire international (Caraïbes)
SAR : Search and rescue (recherche et sauvetage)
SDAGE : Schéma directeur d?aménagement et de gestion des eaux
SDIS : Service départemental d?incendie et de secours
SIH : Système d?informations halieutiques
SMGA : Sauvetage maritime de grande ampleur
SNML : Stratégie nationale pour la mer et le littoral
SNSM : Société nationale de sauvetage en mer
SRB : Stratégie régionale pour la biodiversité
SRR : Search & rescue region
SRCE : Schéma régional de cohérence écologique
STCW : Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de
délivrance des brevets et de veille
SWAC : Sea water air conditioning
TVA : Taxe sur la valeur ajoutée
TVB : Trame verte et bleue
UA : Université des Antilles
UE : Union Européenne
UICN : Union internationale pour la conservation de la nature
VAE : Validation des acquis de l?expérience
ZEE : Zone économique exclusive
ZFANG : Zone franche d?activité Nouvelle Génération
ZMEL : Zone de mouillages et d?équipements légers
Préambule
1° Le cadrage national
2° Une déclinaison locale à l?échelle du bassin Antilles
3° L?opposabilité du document
4° L?élaboration du document stratégique de bassin (DSB)
5° Le document stratégique de bassin
Coopération régionale maritime
Le contexte global de la coopération régionale
Grandes caractéristiques de la coopération régionale maritime
Outils financiers dédiés à la coopération
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Organisation de la coopération
ENJEU: Priorités de coopération
Environnement marin
Caractérisation de la biodiversité marine du bassin Antilles
Les principales pressions et sources de dégradation de l?environnement marin
Les politiques publiques pour la préservation de l?environnement marin
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Pollutions
ENJEU: Activités maritimes
ENJEU: Sensibilisation à l?environnement marin
ENJEU: Espèces et des habitats
ENJEU: Financement
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Police
ENJEU: Réchauffement climatique
ENJEU: Connaissance
Formation aux métiers de la mer
La formation initiale
La formation continue
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Sensibilisation
ENJEU: Coopération régionale
Mer et société
Des activités traditionnelles de pêche et de sports nautiques
Une culture maritime à construire, entre sports nautiques et protection de l?environnement
Enjeux et objectifs
ENJEU: Sensibilisation à la mer
ENJEU: Pratique des activités nautiques
ENJEU: Métiers de la mer
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Région Caraïbe
Pêche et aquaculture
La pêche, une activité essentiellement artisanale?
?et peu structurée
L?aquaculture: un secteur d?avenir, pourtant en difficulté
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Connaissance
ENJEU: Gestion de la ressource
ENJEU: Une main d?oeuvre qualifiée
ENJEU: Structuration des filières
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Performance environnementale
ENJEU: Aquaculture
ENJEU: Changement climatique
Les enjeux de la thématique «pêche & aquaculture» sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous):
Plaisance, croisière et activités nautiques
Les Antilles françaises, un des leaders du nautisme mondial
La croisière, secteur incontournable de l?économie locale
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Performance environnementale
Les enjeux de la thématique «plaisance & activités nautiques» sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous):
Ports de commerce et réseaux maritimes
Le contexte caribéen
Les ports des Antilles françaises
L?industrie navale
Enjeux et objectifs
ENJEU: Gouvernance
ENJEU: Compétitivité à l?international
ENJEU: Performance économique
ENJEU: Performance environnementale et changement climatique
Les enjeux de la thématique «ports de commerce & réseaux maritimes» sont en lien avec diverses autres thématiques (voir schéma ci-dessous):
Recherche et innovation
Mieux connaître la mer
La recherche scientifique dans le bassin caribéen
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Application / valorisation de la recherche
ENJEU: Gouvernance et moyens de la recherche
ENJEU: Objets prioritaires de recherche et d?innovation
Ressources marines
Des ressources marines encore inexploitées
Les énergies marines renouvelables
Les granulats marins
Les biotechnologies
La désalinisation
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Connaissance
ENJEU: Valorisation économique
ENJEU: Sensibilisation
Risques
Risques naturels littoraux
Risques technologiques et sanitaires
Risques liés au trafic maritime
Matrice AFOM
Enjeux et objectifs
ENJEU: Connaissance
ENJEU: Action publique
ENJEU: Sécurité maritime
ENJEU: Sécurité sanitaire
Glossaire
INVALIDE)