Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 2020-2026
Auteur moral
Terres australes et antarctiques françaises
;Réunion. Préfecture
;Mayotte. Préfecture
;France. Conseil maritime ultramarin du bassin Sud océan Indien (CMUB)
Auteur secondaire
Résumé
Le document stratégique de bassin maritime (DSBM) Sud océan Indien (SOI) précise et complète les orientations de la stratégie nationale de la mer et du littoral (SNML) 2017-2023 au regard des enjeux économiques, sociaux et écologiques propres aux territoires de La Réunion, Mayotte et des Terres arctiques et australes françaises (TAAF). Il comprend un état des lieux et une stratégie.
Editeur
CMUB
Descripteur Urbamet
protection de l'environnement
;prévention des risques
;recherche
;innovation
;éducation
;formation
;développement durable
;économie
;activité économique
;mer
;changement climatique
;coopération interrégionale
;risques sanitaires
Descripteur écoplanete
milieu marin
Thème
Maritime
Texte intégral
SOMMAIRE
PRÉAMBULE 3
PARTIE 1 : SYNTHÈSE DE L?ÉTAT DES LIEUX 7
Présentation générale du bassin maritime Sud océan Indien 8
Chapitre 1 : Protection de l?environnement et qualité des sites 12
Chapitre 2 : Prévention des risques et gestion du trait de côte 21
Chapitre 3 : Connaissance, recherche, innovation et éducation-formation 26
Chapitre 4 : Activités maritimes et littorales 34
Chapitre 5 : Changement climatique 48
Chapitre 6 : Coopération régionale 50
Chapitre 7 : Nouveau contexte sanitaire 53
PARTIE 2 : DE L?ÉTAT DES LIEUX À LA STRATÉGIE 54
Chapitre 1 : Tableaux de synthèse sur les 13 thématiques 55
Chapitre 2 : Avenir souhaité pour le bassin à l?horizon 2030 70
PARTIE 3 : STRATÉGIE POUR LE BASSIN MARITIME SUD OCÉAN INDIEN 71
Introduction 72
Chapitre 1 : Protection de l?environnement et qualité des sites 72
Chapitre 2 : Prévention des risques et gestion du trait de côte / changements globaux 75
Chapitre 3 : Connaissance, recherche, innovation, éducation et formation 77
Chapitre 4 : Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin 78
Tableaux des éléments de stratégie 84
Cartographie générale 92
PARTIE 4 : Mise en oeuvre de la stratégie pour le bassin maritime sud océan Indien 93
ANNEXES 98
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 1
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 2
PRÉAMBULE
Avec ses espaces maritimes et littoraux, la France possède un patrimoine naturel remarquable et un
potentiel de développement socio-économique important. L?excellence de sa recherche
océanographique est reconnue à travers le monde, certaines filières industrielles comme la construction
navale, le transport de marchandises et le nautisme sont en pointe, son pavillon est reconnu pour la qualité,
la technicité et le sérieux de ses navires et de ses équipages, sa Marine nationale est présente sur toutes les
mers. Des mutations ou des impulsions sont lancées pour des secteurs historiques ou émergents. Sa
compétence en matière de gestion des espaces naturels marins protégés est largement reconnue dans le
monde.
La mer et le littoral font l?objet de nombreux usages. Ils sont également soumis à de nombreuses pressions
du fait de l?urbanisation, l?artificialisation des sols, du changement climatique, des pollutions d?origine
terrestres ou de l?impact des activités. Pour que la mer et le littoral soient des lieux d?échanges, de richesses,
de partage, de connaissances et de culture, la France s?est engagée depuis le début du millénaire dans une
politique maritime intégrée prenant en compte simultanément la préservation du milieu marin, patrimoine
commun de la Nation, le développement économique des activités maritimes et littorales, et favorisant une
gestion du continuum terre-mer.
Illustration 1 : Carte des bassins maritimes ultramarins
1. Cadre national et européen du document stratégique de bassin maritime
Pour fixer son ambition maritime sur le long terme, la France s?est dotée, en février 2017, d?une stratégie
nationale pour la mer et le littoral (SNML), qui constitue le document de référence pour la protection du
milieu, la valorisation des ressources marines et la gestion intégrée et concertée des activités liées à la mer
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 3
et au littoral. Le Conseil national de la mer et des littoraux, qui regroupe élus et représentants de la société
civile, a assuré son élaboration et veille à sa mise en oeuvre, son suivi et son évaluation.
La stratégie nationale pour la mer et le littoral fixe quatre objectifs de long terme : la nécessaire transition
écologique, la volonté de développer une économie bleue durable, l?objectif de bon état écologique du milieu
et l?ambition d?une France qui a de l?influence en tant que nation maritime.
Elle donne un cadre d?action au travers de quatre orientations stratégiques : s?appuyer sur la
connaissance et l?innovation, développer des territoires maritimes et littoraux durables et résilients, soutenir
et valoriser les initiatives et lever les freins, promouvoir une vision française au sein de l?Union européenne et
dans les négociations internationales et porter les enjeux nationaux.
Contrairement aux façades de métropole, pour ses territoires d?outre-mer la France n?a pas l?obligation de
transposer la directive-cadre ?stratégie pour le milieu marin? (directive 2008/56/CE du 17 juin 2008) qui vise
d?ici à 2020 l?atteinte ou le maintien du bon état écologique des milieux marins. De même, la directive-cadre
« planification des espaces maritimes » (directive 2014/89/UE du 23 juillet 2014) ne s?applique pas aux
territoires ultramarins.
Cependant, les espaces maritimes de ces territoires représentant près de 97% des zones économiques
exclusives françaises (ZEE), ce qui confère à la France la deuxième place mondiale, le Gouvernement a
souhaité, à l?occasion du Grenelle de la mer en 2009, promouvoir la dimension maritime des outre-mer.
Ainsi, la loi du 12 juillet 2010, dite « Grenelle II », a créé les conseils maritimes ultramarins de bassins et
a prescrit l?élaboration, pour chaque bassin, d?un document de planification ? le document stratégique de
bassin maritime ? qui doit préciser et compléter les orientations de la Stratégie nationale pour la mer et le
littoral.
Ce document fait l?objet d?une révision tous les six ans et est opposable. En particulier, les plans,
programmes et schémas, ainsi que les divers projets publics et privés, en lien avec la mer et le littoral,
doivent être compatibles ou rendus compatibles avec le document stratégique de bassin maritime.
2. Élaboration du document stratégique de bassin Sud océan Indien
Le document stratégique de bassin maritime est élaboré par le Conseil maritime ultramarin de bassin
(CMUB), rassemblant 71 membres répartis en 6 collèges1, sa présidence étant assurée conjointement par
les préfets de La Réunion, de Mayotte et des Terres australes et antarctiques françaises. Au sein de la
« Commission du document stratégique de bassin maritime », les collectivités territoriales et l?État sont
chargés des travaux d?élaboration de ce document. Il traite des 4 premiers thèmes de la SNML :
Le document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien s?articule en 3 parties :
1. État des lieux exposant la situation de l?existant dans le périmètre du bassin en particulier
description de l'état de l'environnement en mer et sur le littoral, conditions d?utilisation de
l'espace marin et littoral et activités économiques en lien avec la mer et le littoral ;
1 Collège 1 : représentants de l?État / Collège 2 : collectivités territoriales / Collège 3 : entreprises présentes dans le bassin / Collège
4 : organisations syndicales de salariés / Collège 5 : associations et fondations / Collège 6 : personnalités qualifiées.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 4
? La protection des milieux, des ressources, des équilibres biologiques et écologiques ainsi que
la préservation des sites, des paysages et du patrimoine
? La prévention des risques et la gestion du trait de côte
? La connaissance, la recherche et l'innovation ainsi que l'éducation et la formation aux métiers
de la mer
? Le développement durable des activités économiques, maritimes et littorales et la valorisation
des ressources naturelles minérales, biologiques et énergétiques
2. Identification de 13 thématiques sur la base de l?état des lieux ;
3. Définition de la stratégie : objectifs et cadres d?actions pour les sujets prioritaires identifiés.
Le secrétariat du CMUB et la coordination de l?élaboration du document stratégique sont confiés à la
Direction de la mer Sud océan Indien (DMSOI).
3. Méthodologie
L?élaboration du DSBM Sud océan Indien a nécessité de relever 3 défis :
? Prise en compte d?un espace immense et hétérogène avec des disparités économiques et
culturelles entre Mayotte et La Réunion, et des territoires sans habitants mais abritant un
patrimoine naturel exceptionnel, les Terres australes et antarctiques françaises ;
? Nécessité de répondre au besoin de concret des membres du CMUB, tout en respectant la
compétence des collectivités territoriales, notamment dans les domaines de l'économie, de
l'aménagement du territoire, de l'urbanisation?
? Difficulté de maintenir la mobilisation des membres du Conseil maritime ultramarin, dont
certains sont éloignés géographiquement (Mayotte), pour cet exercice dont la durée a dépassé
trois années.
C?est ce contexte particulier qui a conduit à adopter une méthodologie originale avec notamment un degré
élevé de mise à contribution des membres du CMUB et associés, illustrant ainsi pleinement le concept de
« gouvernance à 5 » introduit en 2007 à l?occasion du Grenelle de l?environnement. Il convient également de
souligner la forte implication des personnalités qualifiées du CMUB, issues du monde scientifique.
On peut distinguer 3 étapes dans l?élaboration du document stratégique :
1. L?élaboration de l?état des lieux du bassin maritime Sud océan Indien qui regroupe l?ensemble des
fiches produites par quatre groupes de travail (GT) thématiques, chacun ayant eu en charge l?un des
quatre thèmes de la SNML cités supra. Ces GT, composés de différents acteurs du bassin Sud
océan Indien (publics, privés et associatifs), membres ou non du CMUB, ont été déclinés en sous-
groupes géographiques et se sont réunis de février à mai 2017 au niveau des territoires constituant
le bassin : Mayotte, La Réunion et les TAAF. Les fiches ont donc été rédigées par chaque territoire
pour la plupart. L?implication de plus de 150 contributeurs au sein de ces GT a permis d?aboutir, pour
la séance plénière du 22 novembre 2017, à une première version contenant une centaine de fiches
(environ 350 pages). La finalisation de l?état des lieux s?est poursuivie au cours de l?année
2018 (relecture, recherche de rédacteurs pour les fiches manquantes...).
2. L?identification des thématiques principales : au cours de l?année 2018, outre la finalisation de l?état
des lieux, un travail sur les enjeux et objectifs, identifiés dans les fiches du document, a été engagé
avec les animateurs des groupes de travail et l?appui méthodologique du CEREMA qui a apporté
l?expérience acquise à la faveur d?un travail similaire conduit précédemment en métropole. Une liste
de 13 thématiques (enjeux) a ainsi été identifiée.
3. La finalisation du document stratégique : lors de la séance plénière du CMUB du 13 novembre 2018,
les grandes lignes d?une méthode pour la préparation du document final ont été validées. Cette
méthode prévoyait en particulier le recours à une assistance à maîtrise d?ouvrage pour la deuxième
étape d?élaboration du DSBM au regard du travail important restant à accomplir pour valoriser au
mieux la masse d?informations constituant l?état des lieux.
Ainsi, à partir du mois d?avril 2019, deux bureaux d?études choisis après consultation, ont été chargés d?une
mission d?accompagnement à l?élaboration du document stratégique sous la responsabilité et avec l?appui de
la DMSOI : Technopolis France et Biotope Réunion.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 5
? La synthèse de l?état des lieux a été établie à partir du document de 350 pages cité supra et
constitue la première partie du projet de document stratégique.
? La transition vers la stratégie se fait dans la deuxième partie avec principalement la déclinaison des
13 thématiques en objectifs et cadres d?actions avec l?appui d?ateliers de travail. La synthèse de ces
ateliers, sous forme de tableaux, a ensuite été largement partagée notamment lors d?un déplacement à
Mayotte au cours duquel l?ensemble des membres mahorais du CMUB s?est mobilisé.
? Enfin, une proposition de stratégie, objet de la troisième partie, établie à la suite des travaux
précédents, a été présentée et discutée en séance plénière du CMUB puis consolidée par la Commission
permanente réunie à 2 reprises fin octobre et fin novembre.
Le projet de document stratégique, finalisé en décembre 2019, a ensuite fait l?objet de différentes
consultations et transmissions, selon les dispositions réglementaires qui lui sont applicables :
? saisine de l?Autorité environnementale, dont l?avis a été adopté lors de sa séance du 22 avril 2020 ;
? transmission pour avis en février 2020 aux personnes publiques associées dont les conseils
régionaux et départementaux ;
? consultation du public réalisée sous la forme d?une enquête en ligne du 4 août au 5 octobre 2020
Le DSBM a également été porté en juillet 2020 à la connaissance des maires et présidents d?EPCI après
les élections municipales et communautaires. Ce calendrier a été impacté par la crise sanitaire liée à la
situation épidémique de la COVID 19, apparue début 2020. Cette crise a également amené à réinterroger les
orientations données par le DSBM à l?aune de la dégradation de la situation sanitaire et économique, du
ralentissement des déplacements et de l?activité touristique et des dispositifs de relance économique
déployés.
Les observations formulées dans les avis recueillis lors des phases de consultation ont été synthétisées par
la DMSOI et présentées lors de réunions de travail regroupant les membres de la commission permanente
du CMUB et de la commission du DSBM en vue de proposer des amendements au DSBM. Ces synthèses
ont également été communiquées aux ministres de l?outre-mer et de la mer pour recueillir leurs observations
justifiées par la mise en compatibilité et en cohérence du document avec la stratégie nationale pour la mer et
le littoral. Le CMUB, réuni en séance plénière le 9 décembre 2020, a approuvé le projet de DSBM et proposé
des modalités de mise en oeuvre des actions qui y sont inscrites.
Le DSBM fera l?objet d?une déclinaison en plans d?actions, identifiant précisément les acteurs, projets et
plans contribuant à la réalisation de ses orientations. Ces actions pourront être territorialisées. L?exécution du
DSBM sera suivie annuellement par le CMUB au moyen d?indicateurs de suivi et de réalisation. Une
action particulière sera portée par la DMSOI sur l?engagement de réalisations concrètes sur les sujets
identifiés comme orphelins ou ceux pour lesquelles les actions identifiées ne paraissent pas à même de
répondre à la hauteur de l?enjeu. Les modalités de mise en action du DSBM et de sa prise en compte par les
autres documents, plans et stratégies, sont précisées dans sa partie 4.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 6
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 7
PARTIE 1
SYNTHÈSE DE
L?ÉTAT DES LIEUX
Présentation générale
du bassin maritime Sud océan Indien
1. La France dans l?océan Indien, des territoires riches et contrastés
La France est un acteur incontournable de l?océan Indien de par ses différentes possessions territoriales
dans cet espace maritime. Sur les 22 millions de km² que couvre cet océan, elle possède 2,8 millions de
km² de zones économiques exclusives (ZEE) soit 25 % de son espace maritime total couvrant 11 millions
de km². Les terres françaises dans l?océan Indien, concentrées dans la zone sud-ouest, sont importantes tant
à l?échelle de la France qu?à l?échelle de la région. Elles se répartissent sur plusieurs zones : la zone
tropicale avec l?île de Mayotte, La Réunion et les îles Éparses (Europa, Bassas da India, Juan de
Nova, Glorieuse, Tromelin) et la zone subantarctique avec les Terres australes françaises (Iles de St-
Paul et Amsterdam, Archipels de Crozet et Kerguelen).
Seul le quart de ces terres, représentant au total 10 000 km², soit la superficie d?un département métropolitain
moyen, est peuplé de manière permanente et de façon très inégale. Sur un plan administratif, la France de
l?océan Indien est représentée par deux départements d?outre-mer, La Réunion et Mayotte, et une
collectivité sui generis, les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).
2. L?île de La Réunion
Illustration 2 : L?île de La Réunion, vue de la mer © A. Bein
La Réunion est une région dont les infrastructures, notamment en matière de transport (port, routes,
aéroport), sont aux standards européens. Elle souffre néanmoins d?écarts importants avec la métropole dans
les domaines sociaux et éducatifs. En dépit de son appartenance à la zone euro, son tissu productif reste
structurellement fragile et fortement dépendant de la France métropolitaine. On y relève un taux de chômage
particulièrement élevé, de l?ordre de 29 %, et 60 % chez les jeunes. Le premier secteur économique de l?île
est aujourd?hui le tourisme. La Réunion, qui accueille un parc national et une réserve nationale naturelle
marine, est un des 34 points chauds (« hot spots ») de la biodiversité mondiale (selon le classement de
l?université d?Oxford) et a été inscrite au Patrimoine mondial de l?UNESCO pour ses « Pitons, cirques et
remparts » en 2010.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 8
Département d?outre-mer (DOM) depuis 1946 et région
ultra-périphérique (RUP) pour l?Europe, elle est habitée et
française depuis 1638. L?île se caractérise par un relief
marqué, conduisant notamment à un développement de
l?urbanisation sur le littoral ou à basse altitude, générant
diverses pressions et menaces pour le littoral et le milieu
marin. Avec sa population dépassant 800 000 habitants,
elle est de loin le DOM le plus peuplé. Le métissage de sa
population en fait également son originalité : celle-ci est
multi-ethnique, multiculturelle et multicultuelle avec des
origines africaines, malgaches, indiennes, chinoises et
européennes.
3. L?île de Mayotte
Peuplée dès le Moyen-Âge, Mayotte n?est française que depuis 1841. Elle est devenue DOM en mars 2011 à
la suite du referendum de 2009 et RUP, donc partie de l?Union européenne, en 2014.
La population mahoraise est issue d?un métissage entre les populations d?origine bantoue et les différentes
vagues d?immigration, principalement malgache. L?île se caractérise par une très forte densité : 511 habitants
au km², faisant de cette île la seconde île la plus densément peuplée du Sud-Ouest de l?océan Indien, après
l?île Maurice. Avec une ZEE de 74 000 km², Mayotte ouvre à la France une porte sur le canal du
Mozambique et sur les routes maritimes stratégiques de l?océan Indien. Cependant, elle n?est pas reconnue
comme française sur le plan international, ce qui limite sa pleine insertion dans l?ensemble régional.
Mayotte a la particularité d?avoir l?intégralité de sa zone économique exclusive intégrée dans une aire marine
protégée, le Parc naturel marin de Mayotte, premier parc naturel marin créé en outre-mer (décret du 18
janvier 2010). Cela se justifie notamment par la richesse et la superficie de son lagon qui, avec 1 100 km²,
couvre une superficie quatre fois supérieure aux terres émergées. La pêche professionnelle y est bien
implantée, constituant la seconde activité économique de l?île, ce qui procure des ressources alimentaires et
économiques indispensables à la population.
4. Les TAAF (Terres australes et antarctiques françaises)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 9
Illustration 3 : Coucher de soleil sur Mayotte © DMSOI
Avec plus de 250 000 habitants, elle connaît
une croissance démographique exponentielle
puisque sa population a été multipliée par 7
entre 1950 et nos jours. Cela s?explique par
une forte natalité (5 enfants par femme en
moyenne) et l?immigration clandestine en
provenance des Comores (environ 40 % de la
population est de nationalité étrangère).
Mayotte est de ce fait le département le plus
jeune de France avec la moitié de sa
population composée de jeunes de moins de
18 ans.
Bien qu?étant une collectivité sans population
permanente, les TAAF constituent l?un des plus
anciens territoires français d?outre-mer dont la
ZEE couvre 2,2 millions de km².
Situés dans les mers Australes, les îles
Kerguelen et l?archipel Crozet sont en effet
français depuis 1772, année de leur découverte.
Les îles Saint-Paul et Nouvelle Amsterdam sont
passées sous souveraineté française en 1892. La
France exerce des activités scientifiques depuis
1950 en terre Adélie, zone de présence française
en Antarctique. Le district de Terre Adélie couvre
environ 390 000km² et dispose d?une station
scientifique permanente (Dumont d?Urville) et
d?une base annexe (Cap Prud?homme).
Illustration 4 : Manchot royal (Aptenodytes patagonicus) dans la
manchotière de la Baie Américaine, archipel deCrozet © Lise
Chambrin
Le district des îles Éparses de l?océan Indien, intégré aux TAAF en 2007, est composé d?îles, îlots et atolls
tropicaux tous inhabités et pour la plupart situés dans le canal du Mozambique.
Créée en 2006, la Réserve naturelle nationale (RNN) des Terres australes françaises a été étendue en mer
en 2016 pour atteindre une surface de 672 969 km². Par ailleurs, les TAAF ont institué en 2017 un périmètre
de protection autour de la RNN (arrêté préfectoral 2017-28), qui étend la gouvernance et la réglementation
environnementale de cette dernière jusqu?aux limites extérieures des ZEE des Terres australes françaises,
soit un peu plus de 1,66 millions de km². L?importance du patrimoine naturel marin de ce territoire et la
qualité de sa gestion ont été reconnus au niveau international en 2018 via sa labellisation « Liste Verte des
aires protégées et conservées » de l?UICN et son inscription sur la Liste du patrimoine mondial de l?Unesco le
5 juillet 2019 sous l?appellation « Terres et mers australes françaises ». Il s?agit du plus grand bien classé
au patrimoine mondial de l?Humanité. Concernant les îles Éparses, des protections existent également
(Parc naturel marin des Glorieuses, zone Ramsar à Europa, autres procédures en cours pour la protection
du patrimoine naturel). L?isolement de ces terres nécessite pour leur administration une chaîne logistique
complexe, assurée par l?administration des TAAF et symbolisée par l?affrètement de son navire emblématique
le « Marion Dufresne ».
Ce descriptif d?une architecture complexe, aux réalités contrastées, ne doit pas cacher les potentialités
considérables du bassin sud océan Indien, exploitées ou inexploitées.
La France dispose d?importantes ressources de pêche dans le bassin grâce à ses ZEE. Si la pêche reste un
secteur d?activité en devenir à Mayotte et à La Réunion, les eaux australes ont vu le développement de la
pêche hauturière à la légine, une filière à haute valeur ajoutée strictement encadrée pour assurer le
maintien de l?espèce et des écosystèmes dans lesquelles elle se déploie.
La pêche réunionnaise hauturière, qui cible les espèces thonières, dispose d?intéressantes opportunités de
valorisation de sa production. Le bassin Sud océan Indien disposerait également dans son sous-sol
d?importantes ressources de matières premières comme des hydrocarbures ou des hydrates de méthane.
Les îles du bassin Sud océan Indien jouissent également d?une position privilégiée à proximité immédiate des
grandes routes du transport maritime mondial. La région voit en effet passer les flux issus du Moyen
Orient, du sous-continent indien ou de l?Asie du sud-est à destination de l?Europe ou de l?Amérique du Nord
via le Cap de Bonne Espérance et qui empruntent le canal du Mozambique ou contournent les
Mascareignes. Il n?est pas étonnant dans ce contexte que les plus grands opérateurs aient recours aux
installations portuaires de la région et que Port Réunion soit devenu un hub de transbordement de la
compagnie CMA-CGM.
Il en résulte que le sud océan Indien est une zone stratégique pour la France qui doit y entretenir des
moyens de défense à la hauteur de ces enjeux. Cela est bien le cas si l?on considère les moyens navals
présents qui sont sans équivalent dans la région. La base navale du port de la Pointe des Galets (Port Ouest
de Port Réunion) est ainsi le troisième port militaire français.
Les richesses et le positionnement stratégique des pays de l?océan Indien ainsi que leurs liens forts avec des
nations lointaines qui peuvent être des métropoles, anciennes ou actuelles, ou des pays d?origine de
diasporas locales expliquent l?inclinaison naturelle de cette région vers la coopération internationale. Ainsi, La
Réunion est un membre actif de la Commission de l?océan Indien (COI), organisation
intergouvernementale réunissant cinq États insulaires du bassin sud océan Indien (Madagascar, Maurice, les
Seychelles, les Comores et la France). Seule organisation régionale africaine composée exclusivement
d?îles, la COI défend leurs intérêts insulaires sur la scène régionale et internationale et promeut un
développement plus durable et solidaire, en bâtissant notamment des projets régionaux de développement
durable, destinés à les protéger, améliorer leurs conditions de vie et préserver les ressources naturelles dont
elles dépendent fortement. Le bassin sud océan Indien, dont les ressources halieutiques sont convoitées et
régulées internationalement, accueille les sièges de deux organisations régionales de gestion des pêches, la
Commission des thons de l?océan Indien (CTOI), aux Seychelles, et l?Accord relatif aux pêches dans le
Sud de l?océan Indien (APSOI) à La Réunion. Le transport maritime connaît également des initiatives visant
à harmoniser les exigences en matière de sécurité avec le mémorandum d?entente des États côtiers de
l?océan Indien (IOMOU).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 10
Le statut de RUP de Mayotte et de La Réunion leur permettent de disposer d?importantes sources de
financement pour des projets de coopération via le dispositif INTERREG.
Le besoin de valoriser davantage les ressources du bassin Sud océan Indien, de passer d?une conception
territoriale à une vision résolument maritime de la présence française dans la région, a déjà été identifié et a
donné lieu à la publication du Livre Bleu sud océan Indien. Présenté en décembre 2011, il s?inscrivait déjà
dans le cadre du Grenelle de la mer.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 11
Illustration 5 : Carte du bassin maritime Sud océan Indien avec les ZEE françaises
Chapitre 1 : Protection de l?environnement et qualité des sites
Une biodiversité exceptionnelle?
...qui subit d?importantes pressions
1. Habitats et espèces marins et côtiers
Considérés comme des hotspots mondiaux pour la biodiversité, les îles françaises du Sud océan Indien
accueillent un patrimoine naturel exceptionnel, se traduisant par une biodiversité littorale et marine
remarquable, à forte valeur écologique et économique (Carte 9 : Espèces patrimoniales, page 102). Le littoral
terrestre présente des habitats et espèces associées remarquables participant à la richesse naturelle de ces
îles et au bon fonctionnement des écosystèmes :
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 12
30% du littoral mahorais
occupés par des mangroves
Plus de 6800 espèces marines liées au récif corallien
dont 9 endémiques et 22 menacées à la Réunion
47 espèces d?oiseaux marins dans les terres australes
dont 14 menacées d?extinction
Un patrimoine naturel et culturel riche
784 879 km² d?aires marines protégées réparties en
3 réserves naturelles nationales et 2 parcs naturels marins
15 sites archéologiques sous-marins
remarquables à Mayotte
12 édifices inscrits au Patrimoine maritime bâti
protégé à La Réunion
Plusieurs centaines d?épaves échouées dans les TAAF
?
de la biodiversité de
mammifères marins mondiale
à Mayotte et La Réunion
81%
de mortalité constatée
des tortues marines
due au braconnage à Mayotte
? -1,8% de la surface de mangrove de Mayotte
entre 2008 et 2016
? 70,5% des masses d?eau évaluées de qualité
moyenne à médiocre à Mayotte
? Près de 60% des habitats littoraux fortement
dégradés à La Réunion
164 espèces exotiques envahissantes sur le littoral réunionnais
140 espèces végétales introduites dont 30 invasives dans les terres australe
1100 km²
de lagon à Mayotte bordés
par un récif de plus de
250 espèces de coraux durs
? Les mangroves, qui occupent 30% du littoral mahorais, et sont présentes sur Europa, jouent un rôle
important à divers titres : production primaire, protection du trait de côte, épuration des ressources en
eau, puits de carbone, rétention des sédiments issus de l?érosion terrestre, intérêt paysager et
écologique ;
? Les zones humides littorales, étangs littoraux de La Réunion (étang de Saint-Paul, étang du Gol),
lagunes et vasières à Mayotte (Ambato et Badamiers) constituent aussi des milieux remarquables et
particuliers, accueillant une grande biodiversité ;
? Certaines plages sont qualifiées de remarquables, accueillant une végétation littorale typique, et
constituent des sites de pontes importants pour les tortues (ex. : l?île Europa est le plus important site de
ponte pour les tortues vertes - Cheloniamydas - à l?échelle du bassin).
Les habitats littoraux sont aussi importants pour de nombreuses espèces remarquables et/ou endémiques
(cas des oiseaux, comme les puffins se reproduisant dans les falaises littorales, ou des populations de
sternes fuligineuses présentes sur le littoral des îles Éparses).
Les îles tropicales se distinguent également par leurs habitats marins :
? Les récifs coralliens sont le support d?une biodiversité
exceptionnelle, parmi les plus riches à l?échelle mondiale pour le
milieu marin, composée d?un large ensemble de groupes
taxonomiques (coraux, poissons, éponges, crustacés,
mollusques... plus de 10 000 espèces recensées à ce jour).
Leurs états de conservation sont variables.
Les îles Éparses possèdent les écosystèmes les mieux
conservés (bancs récifaux, atolls) du fait de leur faible pression
anthropique, constituant des sites de référence à l?échelle
mondiale (notamment Europa). Le lagon et les récifs de
Mayotte (récifs barrière), encore en bon état, sont caractérisés
par une capacité de résilience exceptionnelle, alors que les
habitats coralliens de La Réunion (récifs frangeants) souffrent
davantage des pressions anthropiques provenant
essentiellement des bassins versants du fait de leur jeunesse et
de leur faible développement (récifs attenants à la côte). Ainsi,
selon l?UICN, 15 % des espèces de coraux constructeurs de
récifs sont menacées ou quasi menacées à La Réunion, 12 % à
Mayotte et 6 % dans les îles Éparses. (Carte 12 : Mortalité des
coraux dans le PNMM, page 104).
? Les herbiers à phanérogames marines sont la nurserie de nombreuses espèces, y compris d?intérêt
halieutique, et sont un lieu d?alimentation d?espèces protégées telles que les dugongs et les tortues
marines. Ils jouent également un rôle fonctionnel de clarification de l?eau et de fixation des sédiments.
Leur régression a donc un fort impact sur la qualité de l?eau, donc sur l?ensemble de l?écosystème (Carte
10 : Évolution des herbiers dans le PNMM, page 103).
? Les récifs mésophotiques, compris généralement entre 40 et 150 m de profondeur, restent encore
très largement méconnus dans le bassin océan Indien, mais aussi à l?échelle mondiale du fait de la
difficulté de les étudier. Des études récentes ont montré que la partie supérieure des récifs
mésophotiques (40-60 m) pouvait partager des espèces avec les récifs moins profonds, alors que leur
partie inférieure (60-150 m) héberge plutôt des espèces spécialistes, inféodées à ces environnements
profonds. Ces récifs pourraient jouer un rôle de refuge face aux pressions anthropiques exercées dans
les milieux moins profonds et à l?augmentation de température, accentués dans les eaux de surface.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 13
Illustration 6 : Ambiance sous-marine, Europa,
Iles Eparses © Jérôme Bourjea
Autour des îles, les eaux côtières accueillent aussi des
habitats permettant le développement de la mégafaune
marine, tels que les mammifères marins (dauphins et
baleines principalement). La baleine à bosse vient s?y
reproduire et y mettre bas durant l?hiver austral à La
Réunion ou à Mayotte, alors que le grand dauphin de
l?Indopacifique se développe dans un habitat spécifique
côtier restreint (moins de 100 m de profondeur
uniquement). De nombreuses espèces de raies et
requins, certaines menacées d?extinction, sont
également présentes (Carte 11 : Habitats du PNMM,
page 103).
Alors que la plupart des îles sont tropicales, les 3
districts-austraux ? Archipel de Crozet, Archipel des
Kerguelen et Iles Saint-Paul et Amsterdam ? situés dans
la zone subantarctique et subtropicale pour Saint-Paul
et Amsterdam, présentent une diversité d?habitats et
d?espèces remarquables, avec un fort taux
d?endémicité régionale, voire mondiale.
Les fonds marins, en particulier les zones de plateaux continentaux, présentent aussi une forte diversité et
densité d?organismes, ce qui constitue des milieux remarquables (cas des EMV : écosystèmes marins
vulnérables). En outre, les eaux côtières présentent aussi une forte production primaire et secondaire, ce qui
crée un milieu favorable et riche pour de nombreuses espèces (comme les poissons mésopélagiques et les
céphalopodes). Ces habitats permettent aussi le développement des mammifères marins (dont 3 espèces
de pinnipèdes), des oiseaux marins (47 espèces dont 14 classées « menacées » par l?UICN), et des cétacés
(6 espèces), eux-mêmes bioindicateurs efficaces des changements dans les écosystèmes.
Des actions de protection ont été mises en place pour préserver ce réservoir de biodiversité : plans
d?actions de conservation (PNA, plan de lutte contre la mortalité aviaire dans les terres australes, IFRECOR,
etc.), et la mise en place de 5 aires marines protégées (voir tableau).
Année de création Nombre
Superficie
en km²
Parcs naturels marins 2 111 874
Parc naturel marin de Mayotte (PNMM) 2010 68 383
Parc naturel marin des Glorieuses (PMG) 2012 43 491
Réserves naturelles nationales 3 673 005
Réserve naturelle marine de La Réunion (RNMR) 2007 35
Réserve naturelle nationale des terres australes
françaises (RNN-TAF)
2006 672 969
Réserve naturelle nationale de l?îlot M?Bouzi à
Mayotte
2007 1,4
Total des aires protégées 5 784 879
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 14
Illustration 7 Baleine à bosse et son baleineau, La Réunion ©
Guillaume Cottarel, GLOBICE
Ces habitats et espèces remarquables, encore mal connus, subissent des pressions, sont en recul à l?échelle
mondiale, et nécessitent donc des efforts importants de conservation. D?autres comme les milieux
mésophotiques, encore largement méconnus, méritent une attention particulière dans les recherches à venir.
2. Espèces invasives
Une espèce invasive est une espèce qui vient d?ailleurs (espèce exotique, non indigène). Une espèce
envahissante est une espèce dont le potentiel de reproduction est important (espèce indigène ou exotique).
Les espèces invasives et envahissantes représentent une menace importante pour les habitats en cas de
déséquilibre et sont une problématique forte pour les milieux insulaires.
Les écosystèmes littoraux sont menacés par les espèces invasives exotiques :
? La flore exotique dégrade considérablement les habitats littoraux et tend à un appauvrissement de la
biodiversité indigène (ex : Filaos - Casuarina equisetifolia - sur les plages ou Chocas - Furcrea foetida -
sur les falaises et îles isolées) ;
? Il en est de même pour la faune exotique comme les rats, souris, chats et chiens qui se nourrissent
de l?avifaune, y compris les espèces menacées d?extinction comme les pétrels, et les oeufs des tortues
marines, dans les mangroves ou sur les îlots ;
Pour le milieu marin des îles françaises de l?océan Indien, il n?existe pas d?espèces exotiques envahissantes,
mais certaines espèces peuvent présenter un risque et sont suivies du fait de leur dynamique naturelle
pouvant engendrer des déséquilibres écologiques importants. C?est le cas notamment de l?étoile de mer
corallivore, Acanthaster planci, pour laquelle des phénomènes de pullulation sont parfois observés. D?autres
espèces exotiques peuvent également constituer une menace pour le milieu marin, et sont à surveiller (cas
des algues rouges, Asparagopsis taxiformis, caractère invasif non avéré pour le moment).
Leurs origines sont diverses : eaux de ballasts, biofouling, débarquement des agents dans les îles
inhabitées, aquaculture? L?importation accidentelle d?espèces exotiques constitue un risque important
d?introduction de nouvelles espèces, en plus des voies naturelles induites par le mouvement des masses
océaniques. Le transport maritime représente également un facteur important de risque d?introduction
d?espèces exotiques terrestres (agame des colons?). Cette problématique est prise en compte dans un
ensemble de programmes et projets (stratégie régionale de lutte impliquant l?évaluation des menaces,
prévention de nouvelles invasions et lutte ciblée, procédures spécifiques, réglementation).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 15
ENJEUX
? Conservation du bon état ou restauration des écosystèmes récifaux
? Conservation des potentialités d?accueil des habitats pour les espèces sensibles, en particulier
tortues marines, mammifères marins (cétacés, dugongs), avifaune marine et littorale
? Préservation des espèces remarquables encore méconnues (raies, requins, poissons rares et
remarquables?)
? Approfondissement des connaissances sur l?ensemble des habitats littoraux et marins (0-150 m)
et espèces associées afin de permettre une meilleure gestion et préservation (ex : la dynamique
des mangroves, les maladies coralliennes, etc)
? Sensibilisation, pédagogie, communication et valorisation des écosystèmes littoraux et marins,
en particulier auprès des populations locales pour permettre une dynamique partagée de la
conservation de la faune et la flore
3. Pressions sur le littoral, le milieu marin et les écosystèmes
Les pollutions d?origines anthropiques et terrestres impactent le littoral et le milieu marin La Réunion et
surtout de Mayotte entraînant des pollutions marines en augmentation (Cadmium, Nickel, Plomb, molécules
hydrophobes, pesticides, détergents, herbicides et bactéries fécales). Un ensemble de rejets est à
considérer : cas des eaux usées domestiques, activités agricoles, certaines activités économiques et
industrielles (absence d?aires de carénage dans certains ports).
En outre, La Réunion et Mayotte souffrent d?un déficit structurel du point de vue de l?assainissement
collectif : l?assainissement non collectif (ANC) concerne encore 49 % des foyers à La Réunion et 82% à
Mayotte et présente un taux de non-conformité élevé. Le risque environnemental et sanitaire induit peut
être caractérisé de modéré à fort. L?urbanisation croissante, provoquant l?imperméabilisation des surfaces, et
la modification des pratiques agricoles voire les défrichements, entraînent également des modifications de
l?état des bassins versants qui favorisent les pollutions.
À Mayotte, le cas des défrichements et de l?érosion des sols, pouvant entraîner une altération significative
des habitats côtiers et marins, mérite une attention particulière. En outre, les mangroves ont présenté un
recul de 3,5 % de leur surface entre 2003 et 2009, en raison principalement des remblaiements côté terre et
de l?hydrodynamisme côté mer. Enfin, une autre pollution importante, fortement visible depuis le littoral
(Mayotte et La Réunion), concerne les macrodéchets, notamment les plastiques, qui se retrouvent sur le
littoral (plages, estuaires, mangroves?) ou dans les embouchures des rivières, pour se diffuser ensuite dans
le milieu marin. Pour ce type de déchets, une sensibilisation des populations locales apparaît des plus
adaptées.
Les activités balnéaires et de loisir répondent à l?attractivité du littoral et sont généralement génératrices
de revenus et/ou de bien-être pour les populations. Mais elles sont également sources de pressions et de
dégradations en raison notamment de la surfréquentation du littoral ou des eaux côtières. Cela concerne
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 16
À ces pollutions d'origine anthropiques, il faut
ajouter une pollution d'origine naturelle,
caractéristique des îles volcaniques. En effet,
les sédiments marins, issus de la roche mère,
sont naturellement riche en métaux, notamment
en Chrome et Nickel, avec des valeurs
régulièrement supérieures aux seuils
réglementaires.
Il est à noter que ces pollutions varient suivant
les îles, du fait d?un hydrodynamisme différent
ou des marnages constatés suivant les secteurs
(cas du lagon de Mayotte en fonction des
marées). Ces apports se produisent via le
réseau hydrographique, notamment lors de
fortes pluies, mais également de manière diffuse
via les eaux souterraines et les résurgences
sous-marines.
ENJEUX
? Surveillance de la dynamique des espèces exotiques envahissantes marines
? Limitation du développement des espèces exotiques envahissantes marines
? Informations et sensibilisations
Illustration 8 : L?artificialisation du littoral est une pression pour les
écosystèmes. Ici, la route du littoral et la Nouvelle route du littoral à La
Réunion © Biotope
notamment les plages de La Réunion, qui reçoivent durant les week-ends de nombreuses familles ou
touristes, tendant à créer des points de surfréquentation sur certains secteurs (cas des plages de Saint-Gilles
et La Saline). Les conséquences peuvent être néfastes pour l?environnement, avec la production de
déchets ou la dégradation des formations coralliennes à l?intérieur de ce récif frangeant peu profond
(piétinement des coraux, usages des crèmes solaires?). Sur le plan d?eau, la bande côtière est aussi
soumise à la présence accrue de bateaux durant la période des baleines à bosse (hiver austral), engendrant
une pression sur les mammifères marins, que ce soit à La Réunion ou à Mayotte (dérangement, « pollution
acoustique »).
Un travail est en cours pour développer une filière écotouristique durable limitant le dérangement anthropique
(action du PNMM sur le label HQWW à Mayotte et marque Quiétude à La Réunion, charte d?approche, arrêté
en 2019 à La Réunion actualisé en 2020) et doit être poursuivi et consolidé dans les années à venir.
L?observation des pontes de tortue à Mayotte constitue également une activité écotouristique nécessitant une
approche respectueuse, mise en oeuvre par les acteurs du territoire (Conseil départemental de Mayotte,
Naturalistes de Mayotte, Oulanga Na Nyamba?), expérience qui pourra être valorisée à La Réunion quand
les opérations de revégétalisation des plages de ponte auront porté leurs fruits.
Une autre problématique concerne l?exploitation durable des ressources vivantes liées à la pêche, en
considérant les cas de la petite pêche côtière et de la pêche palangrière.
Pour la pêche côtière, il ressort que cette pratique peut impacter l?état des ressources marines (cas de la
pêche dans le lagon de Mayotte et à La Réunion). L?évaluation des stocks halieutiques demande à être
consolidée. Cela nécessite aussi de quantifier l?état de la pression sur les ressources. L?évaluation des
stocks de poissons et la protection des zones fonctionnelles halieutiques constituent donc des enjeux
majeurs. L?exploitation des ressources halieutiques par des techniques alternatives doit être explorée.
Pour la pêche au large, il s?agit d?une activité commerciale plus importante, affectant notamment les grands
pélagiques des eaux réunionnaises, du canal du Mozambique ou les eaux australes. L'exploitation des
ressources démersales dans le canal du Mozambique connaît un développement générant des risques
d'exploitation non durable. Les enjeux sont faire évoluer de la gestion des stocks par l?amélioration des
connaissances (stock, habitat, comportement, connectivité entre populations, biologie), le développement de
mesures d?atténuation pour les prises accessoires et la connaissance des interactions entre les engins de
pêche et le milieu marin.
Les pêcheries gérées par les TAAF sont encadrées par le Code rural et des pêches maritimes (CRPM).
Elles sont soumises à la délivrance d?une autorisation de pêche par le Préfet, administrateur supérieur, et à
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 17
Illustration 9 : Affluence à la plage de l?Ermitage, La Réunion © Léa Suarez
des prescriptions techniques encadrant l?exercice des pêcheries et visant à limiter leurs impacts sur les
écosystèmes. La pêche australe (principalement la légine à Kerguelen et Crozet et la langouste et les
poissons à Saint-Paul et Amsterdam) est soumise à des plafonds de captures autorisées, les taux
admissibles de capture (TAC), établis sur recommandation du Muséum national d?histoire naturelle (MNHN)
et après avis des ministères en charge des outre-mer, des pêches, des affaires étrangères et de l?écologie au
titre de la réserve naturelle nationale (RNN) des Terres australes françaises.
L?ensemble de ces pêcheries opère dans une zone couverte par cette RNN qui a été inscrite sur la « Liste
du patrimoine mondial de l?UNESCO » en 2019. Au-delà de l?encadrement réglementaire et de l?exigence
de limitation des impacts de la pêcherie au sein d?une réserve naturelle nationale, l?existence de zones de
protection renforcée marines au sein de la Réserve, où toute activité extractive et commerciale telle que la
pêche est interdite, garantissent la préservation des enjeux de conservation de cet espace maritime.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 18
ENJEUX
? Limitation des pollutions, avec le développement de l?assainissement (collectifs et/ou non
collectifs), caractérisation et traitement des rejets (industriels, portuaires, hospitaliers, etc.),
limitation de l?utilisation de pesticides agricoles, et contrôle des défrichements
? Amélioration de la connaissance des usages (pêche, activités touristiques, etc.)
? Gestion durable du littoral et trait de côte, en lien avec les pressions humaines et menaces
? Limitation des pressions et actions de restauration (cas de l?érosion, pollution lumineuse,
défrichement...)
? Sensibilisation des usagers sur les bons comportements liés à certains usages (observation
des baleines, nage autour des récifs, déchets, etc.)
? Développement d?une approche durable dans les îles Éparses et Australes, avec la mise en
place d?une gestion des déchets, l?utilisation d?énergies vertes, la dépollution des sites, la
gestion des mouillages pour les bateaux, etc.
Illustration 10 : Carapace d'une tortue braconnée, Mayotte
© J.S. Philippe
De son côté, la pêche dans les ZEE des îles Éparses,
également gérée par les TAAF, est strictement interdite
dans les eaux territoriales et, dans le cas de l?archipel
des Glorieuses, dans les 10 milles nautiques autour du
banc du Geyser.
Outre les senneurs et les palangriers autorisés à pêcher
les thonidés, plusieurs espèces subissent une pêche
illégale et du braconnage, notamment les tortues
marines, les concombres de mer et les requins.
4. Sites, paysages et patrimoine culturel maritimes et littoraux
Les îles du bassin Sud océan Indien recèlent une diversité de paysages sous-marins et littoraux, qui
s?explique par leurs histoires géologiques et naturelles. Certaines, d?origine volcanique et marquées par des
reliefs échancrés, présentent des bassins versants occupés par les activités humaines (culture de la canne à
sucre?), pour se terminer par des côtes rocheuses ou des plages sableuses.
Les paysages côtiers sont donc variés, s?illustrant par la présence de falaises vives et de côtes rocheuses,
de côtes à galets, de côtes sableuses, de baies, voire de linéaires côtiers artificialisés (Pour La Réunion,
voir carte 2 page 91). Une végétation côtière typique vient également apporter une certaine particularité,
telles que les mangroves (à Mayotte, Europa) ou les zones humides (cas des étangs littoraux de La
Réunion). L?originalité paysagère réside aussi dans la présence de volcans (encore actif pour le Piton de La
Fournaise à La Réunion, résiduel pour la Petite Terre à Mayotte ou sous-marin en formation au large de
Mayotte), créant des paysages et des habitats originaux. De même, parmi les autres paysages
emblématiques, les presqu?îles ou les îlots de sable blanc sont aussi à considérer. Enfin, les îles Australes,
soumises à un climat plus rude, présentent des ambiances et des paysages typiques des eaux froides.
Illustration 11 et 12: Diversité des paysages des territoires du bassin. A gauche, Plage de Saziley, Mayotte © J.S. Philippe ; A droite,
Kerguelen, Terres Australes © TAAF
Le milieu marin présente aussi des paysages remarquables, avec la présence de lagons et récifs
coralliens, jouant sur des graduations bleutées. Les fonds marins participent aussi à cette richesse, au
travers de pentes externes et tombants densément habités.
La prise en compte de la valeur patrimoniale de ces paysages dans les politiques, programmes ou projets
d?aménagement se fait de manière progressive. Des atlas des paysages existent pour La Réunion et
Mayotte, permettant une meilleure considération des paysages dans l?aménagement du territoire. Enfin,
d?autres outils permettent en outre de développer cette prise en compte (cas de l?étude de faisabilité d?atlas
et d?observatoires des paysages sous-marins porté par le PNMM, la Stratégie d?intervention du
Conservatoire du Littoral ?).
Les îles du bassin Sud océan Indien sont marquées par un métissage des peuples, lié à une histoire
humaine particulière, créant une richesse culturelle notable. Ainsi, les influences sont multiples, à la fois
africaines, malgaches, européennes, arabes, indiennes ou chinoises. À la confluence d?un ensemble de
chemins maritimes, ces territoires insulaires témoignent d?une histoire importante en termes d?échanges
maritimes (le commerce des esclaves ou des épices, la piraterie, les commerces plus contemporains avant
l?avènement du réseau routier?). Cette histoire met ainsi en exergue une diversité de paysages et de
patrimoine, aussi bien culturel qu?architectural : activités culturelles et vivrières de Mayotte (pêche en
pirogue à balancier, pêche à pied, pêche au Djarifa, préparation du Mdzindzano ? masque de beauté
traditionnel), ou ouvrages historiques portuaires (phare de Bel Air), artisanaux (four à chaux), à La Réunion.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 19
Pour les îles peu ou pas habitées, ce patrimoine culturel existe également, et apparaît plus riche qu?il n?y
paraît. Ainsi, les îles Éparses et Australes, malgré leur éloignement, furent régulièrement visitées, voire
exploitées pour leurs ressources naturelles locales (cas de la langouste autour de l?île de Saint-Paul, ou
des chasseurs de baleines?). Ainsi, pour les îles Australes, il reste aussi un ensemble de vestiges
d?infrastructures, tels que les premières stations scientifiques (en date de 1950), les stations baleinières (Port
Jeanne-D?arc) ou la langousterie de Saint-Paul.
Sur le plan archéologique, ces îles ont accueilli de nombreux bateaux, créant aussi, du fait de l?histoire
maritime, des vestiges et sites archéologiques sous-marins, dont les épaves sont les plus nombreuses. À ce
titre, les îles isolées présentent une histoire maritime mouvementée, s?illustrant notamment par différents
naufrages (cas des îles Australes et Éparses).
Enfin, les îles habitées possèdent également un patrimoine immatériel, avec notamment un fort ancrage
des contes et légendes, en particulier à Mayotte. Ce patrimoine s?illustre également au regard d?autres
pratiques comme les pique-niques créoles ou la musique (le « Maloya », bien immatériel UNESCO).
Illustration 13 et 14 : A gauche, le phare de Bel Air, La Réunion © DMSOI ; A droite, une pirogue à balancier, Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 20
ENJEU
? Prise en compte et valorisation des sites, paysages, éléments culturels et historiques
patrimoniaux
Chapitre 2 : Prévention des risques et gestion du trait de côte
Les risques liés aux aléas naturels
1. Les risques naturels et aléas météorologiques
Les îles françaises du bassin Sud océan Indien présentent un climat tropical (à l?exception des îles
Australes) et se situent dans une zone à fort aléa climatique. Les conditions météorologiques extrêmes sont
fréquentes, notamment durant la saison cyclonique, avec en moyenne une douzaine de systèmes
dépressionnaires tropicaux par an dans le bassin. Ces phénomènes peuvent avoir pour conséquences un
fort risque de submersion marine et une érosion côtière importante.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 21
Les risques industriels
? 133 installations classées pour la protection
de l?environnement (ICPE) à Mayotte et 826 à La Réunion
? 3 et 4 sites Seveso sur les littoraux mahorais
et réunionnais respectivement
20%
du littoral réunionnais
considéré en érosion
7% de la population, soit près de 15 500 personnes, sont concernés
par le risque de submersion marine sur la période de retour de
100 ans à Mayotte, 5000 à La Réunion
60% de l?urbanisme et la quasi-totalité des activités nécessaires au
fonctionnement du territoire concentrés sur le littoral réunionnais
11 millions d?euros par an de services écosystémiques rendus
par la mangrove et les récifs à Mayotte
Sécurité et sûreté maritime
? 15 navires par jour, dont 2 à 3 pétroliers, transitent dans le
canal du Mozambique, 30 navires par jour aux abords de La Réunion (rayon de 50 milles)
? Près de 11% des navires transitant aux abords de La Réunion transportent
exclusivement des matières dangereuses (produits pétroliers, chimiques, gaz liquéfié, etc.)
Les risques sanitaires
? 18% des 44 plages évaluées sont de Qualité insuffisante à Mayotte,
et seulement 32% d?Excellente Qualité
? 83% des plages évaluées à La Réunion d?Excellente Qualité
La submersion marine correspond à l?inondation temporaire de la zone côtière et de l?arrière du littoral en
raison des déferlements qui franchissent le haut de plage grâce à l?effet combiné d?une forte houle, d?une
marée haute et de vents violents. Aux conséquences des inondations s?ajoutent les impacts induits par les
violents chocs mécaniques des vagues. À La Réunion, ce phénomène est limité par le fort relief de l?île.
Illustration 15 : Conséquences de l'érosion du littoral, La Réunion © BRGM
Toutefois, ce phénomène est fortement accentué par des pressions anthropiques mal maîtrisées, en
particulier par la déforestation du littoral, par l?artificialisation des bassins versants (urbanisme, ouvrages type
digues) ou des prélèvements abusifs de matériaux (sables), qui perturbent les dynamiques hydro-
sédimentaires. Ainsi, une partie des falaises à Mayotte (Petite Terre principalement) sont en situation
d?érosion (Carte 26 : Érosion côtière à Mayotte ? CEREMA, page 117).
À La Réunion, l?absence de barrière de corail sur la quasi-totalité des littoraux expose l?île à la houle et
favorise l?érosion. Ces deux phénomènes menacent les habitations et les activités humaines, très
majoritairement concentrées sur le littoral de Mayotte et de La Réunion. En effet, l?urbanisme s?est
développé rapidement, sans nécessairement suivre une planification urbaine bien cadrée dans un contexte
de croissance démographique forte, créant un phénomène de compression côtière. Une grande partie du bâti
s?est donc construit dans les zones à risques, y compris dans les zones basses et submersibles, avec de
nombreux empiétements sur le domaine public maritime, jusque dans la bande côtière des 30 m.
Pour limiter ce phénomène, des ouvrages de défense ont été mis en place, augmentant toutefois
l?artificialisation du littoral. De plus, leur efficacité sur le long terme est largement discutée, et ils pourraient à
terme produire un effet inverse en déséquilibrant les transports sédimentaires. L?étude, la surveillance et la
prévention contre l?aléa de submersion marine sont actuellement en cours, avec notamment la stratégie
locale de gestion du risque inondation et les plans de prévention des risques littoraux (PPRL). Dans ce
cadre, la cartographie de l?aléa de recul du trait de côte est également en cours à Mayotte.
Concernant le risque sismique, pour ces territoires, le risque de tsunami est évalué à modéré mais non nul.
Il est toutefois à noter que des tremblements de terre sont régulièrement enregistrés à Mayotte depuis mai
2018 (émergence d?un volcan sous-marin). Le phénomène sismo-volcanique à Mayotte fait depuis l?objet
d?un suivi scientifique constant par le REVOSIMA (réseau de surveillance volcanologique et sismologique de
Mayotte), qui a permis notamment de mettre en évidence un déplacement de surface vers l?est d?environ 21
à 24 cm et un affaissement d?environ 9 à 18 cm. Cette subsidence aggrave la vulnérabilité de Mayotte face
aux autres risques littoraux.
Enfin, dans un contexte de changement climatique, les phénomènes liés aux risques naturels sont
susceptibles d?être plus intenses et d?avoir de plus forts impacts, notamment en raison du réchauffement
climatique et de la montée des eaux.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 22
L?érosion côtière est un processus naturel
qui dépend de la nature des côtes (plages,
falaises?) (Carte 27 : Morphotypes du
littoral de Mayotte ? BRGM, page 137).
Elle peut être accrue par la houle et des
conditions météorologiques fortes, et à
l?inverse, limitée par la présence de la
végétation littorale ou d?une barrière de
corail.
2. Les risques industriels et de pollution des eaux
Liées aux topographies de ces îles habitées, il apparaît que la quasi-totalité des activités et industries
sont concentrées sur le littoral de Mayotte et de La Réunion. Les ICPE (Installation classée pour la
protection de l?environnement), installations à risques susceptibles de provoquer des pollutions ou nuisances,
se trouvent notamment à basse altitude sur le littoral. De plus, au regard de l?activité industrielle, des risques
de pollutions existent, susceptibles d?affecter le littoral, les cours d?eau ou le milieu marin. Mayotte regroupe
133 ICPE, parmi elles, les plus sensibles en matière de risque accidentel, dont 3 classées Seveso, sont
situées sur la bande côtière, zone soumise à aléas naturels.
L?application de la réglementation des ICPE à Mayotte étant récente, le véritable nombre d?activités
industrielles à risque n?est pas connu à ce jour. À La Réunion, ces installations se concentrent principalement
dans la commune du Port, qui rassemble 53 des 826 ICPE de l?île, dont 4 installations classées Seveso. Pour
prévenir ce risque, Mayotte dispose seulement de 3 ouvrages de protection ayant les caractéristiques
permettant de résister structurellement à un événement cyclonique. De manière générale, les aléas naturels
peuvent donc présenter un risque pour l?activité industrielle de Mayotte et de La Réunion.
Le développement urbain sur le littoral a fortement augmenté ces dernières décennies, que ce soit à La
Réunion ou à Mayotte. Lié à un fort accroissement démographique, la multiplication des constructions n?a
pas été nécessairement suivie par la création de réseaux d?assainissement et de traitement des déchets bien
calibrés, ce qui représente donc un risque de pollution des eaux du littoral. Plus particulièrement à
Mayotte, la plupart des foyers ne sont pas reliés au réseau collectif de collecte des eaux usées et de
nombreux bâtis ne sont pas aux normes et sont toujours insalubres. Les installations industrielles et
hospitalières peuvent aussi entraîner des rejets non correctement traités, en lien avec les réseaux
insuffisamment développés. Les lixiviats agricoles sont aussi à considérer en période de fortes pluies, ce qui
est davantage lié au bon calibrage des réseaux d?évacuation des eaux pluviales. Ce dernier point est
notamment accentué à La Réunion par les reliefs qui accroissent le débit des cours d?eau en cas de pluies et
facilitent le transport des particules (matières organiques et/ou polluantes) jusqu?à la mer.
L?ensemble de ces pollutions viennent s?ajouter aux phénomènes naturels et favorisent l?apparition de
pollutions localisées (bactériologiques, matières organiques, blooms de cyanobactéries pathogènes) pouvant
être à l?origine de défaut de qualité des eaux de baignade ou de contamination des produits de la mer
consommés. À Mayotte, 18% des plages sont ainsi jugées de Qualité Insuffisante. À La Réunion, malgré une
forte concentration des constructions et des activités balnéaires, la qualité des eaux de baignade reste
bonne, puisque 83% des plages sont qualifiées d?Excellente Qualité, bien que des dépassements des seuils
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 23
ENJEUX
? Planification de l?urbanisation intégrant les risques naturels et limitant l?étalement urbain afin
de limiter l?empiètement sur la bande côtière et la régularisation de l?habitat « rudimentaire » à
Mayotte.
? Aménagement pour la fixation du trait de côte privilégiant des méthodes douces valorisant les
espèces végétales locales, et ayant des retombées négatives limitées (accélération de l?érosion,
suppression de plages, barrières artificielles créant un « faux sentiment » de sécurité).
? Sensibilisation de la population aux aléas naturels.
? Amélioration des connaissances sur les aléas naturels, la prédiction de leurs impacts et de
leur évolution dans un contexte de changement climatique ainsi que le partage des
connaissances à l?échelle de la zone océan Indien.
aient été relevés par des contrôles sanitaires et aient occasionnellement entrainé des fermetures de
certaines plages. Le réchauffement des eaux pourra accentuer ces phénomènes de pollutions et de
contamination bactériologiques.
Illustration 16: L?étalement urbain (cas de Mamoudzou à Mayotte) © J.S. Philippe
À La Réunion, la surexploitation des nappes littorales pour l?extraction d?eau de consommation pose
également un risque sanitaire. En effet, leur utilisation excessive sur les littoraux provoque un phénomène
de salinisation des nappes via le biseau salé, c?est-à-dire une intrusion d?eau salée dans les aquifères
côtiers. Ce phénomène est l?une des principales causes de la détérioration de la qualité des eaux
réunionnaises, et met en danger la pérennité de l?utilisation des installations de pompage en milieu côtier
(Carte 6 : État écologique des masses d?eau à Mayotte, page 101 ? Carte 7 : État des masses d?eau à La
Réunion, page 101).
3. La sécurité et sûreté maritime et portuaire
Avec un trafic maritime mondial en hausse, les eaux et les ports de l?océan Indien connaissent une
augmentation de leur fréquentation. Le bassin Sud océan Indien présente une activité maritime
commerciale importante, générant un flux significatif de navires de commerce. Certaines voies maritimes
constituent aussi une route stratégique pour le transport d?hydrocarbures en provenance du Golfe persique.
Ce trafic est associé à un risque pour les personnes, les équipements, et peut aussi générer diverses
pollutions, que ce soit aux abords des ports ou plus largement dans la ZEE.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 24
Enfin, Mayotte et La Réunion
partagent également une
problématique de ressources en
eau potable limitées. À Mayotte, le
développement des captages en
milieu superficiel marin est un enjeu
important. Un risque sanitaire est
associé au captage d?eau de mer
pour la consommation. Afin d?assurer
la sécurité sanitaire de l?eau produite,
une zone de sécurité est établie aux
abords du captage et des contrôles
de qualité sont fréquemment
effectués.
ENJEUX
? Développement de l?assainissement collectif aux normes et correctement dimensionné, du
traitement des déchets ainsi que du traitement adéquat des rejets industriels.
? Connaissance et encadrement réglementaire, par le contrôle et le suivi, des installations à
risques (ICPE) ainsi que prise en compte des aléas naturels lors de la conception de futures
installations.
? Surveillance efficace de la qualité des eaux de baignade et des produits de la mer
consommés.
? Surveillance et gestion durable des aquifères.
La sûreté en mer est réglementée par le Code international pour la sûreté des navires et des installations
portuaires (ISPS), les Directives Européennes relatives à la sûreté des ports et des navires, ainsi que les
réglementations nationales et locales sur le trafic maritime. La surveillance de la navigation est assurée par
le CROSS Sud Océan Indien (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) pour les eaux
réunionnaises et mahoraises. Les missions sont de prévenir les risques d?échouements, notamment à
proximité des îles Éparses (Carte 8 : zones couvertes par le CROSS Sud Océan Indien, page 102).
Outre sa mission de contrôle périodique de la flotte de navires professionnels sous pavillon Français, le
centre de sécurité des navires de la DMSOI inspecte aussi les navires étrangers en escale dans nos ports,
dans le cadre du mémorandum de l'océan indien IOMOU.
Ces contrôles par l'État du port ont pour objectif d'identifier et d'éliminer les navires vieillissants en terme de
normes de la région, en se référant notamment à des conventions internationales de sécurité maritime (OMI)
et du travail (OIT).La sûreté des deux ports est quant à elle sous l?autorité du Conseil départemental de
Mayotte et du directoire du Grand port maritime à La Réunion et fait l?objet de plans de sûreté portuaire
(PSP) et plans de sûreté des installations portuaires (ISPS).
Le CROSS assure également la coordination des opérations de sauvetage dans sa région de
compétence et peut participer à la coordination pour les pays ayant des capacités d?intervention limitées
(Madagascar, les Comores et certains pays de l?Afrique de l?Est). Les activités de loisirs nautiques et
balnéaires présentent un enjeu de sécurité maritime et de sauvetage en mer, illustré en particulier à La
Réunion par une forte accidentologie liée aux chutes à la mer depuis la côte ou à Mayotte avec des
noyades ou des accidents de plongée. L?existence du risque requin est également une forte particularité,
pour laquelle des actions spécifiques de réduction du risque sont engagées. À Mayotte et à La Réunion, les
moyens en mer pour le sauvetage sont adaptés, alors que les moyens aériens sont très limités. Avec
l?augmentation de l?activité de croisière, il existe un risque supplémentaire de nécessité de secours maritime
de grande ampleur.
Enfin, il est à signaler l?absence de navigation commerciale dans la ZEE des îles Kerguelen et Crozet, et très
peu de trafic dans la ZEE de Saint-Paul et Amsterdam (Carte 13 : Surveillance du bassin des Mascareignes,
page 105).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 25
ENJEUX
? Développement et modernisation des moyens de surveillance des espaces maritimes et
portuaires, notamment par l?amélioration de la communication et du suivi par imagerie
(radar/satellite)
? Adaptation des moyens de sûreté maritime et d?infrastructure portuaires au développement de
l?activité croisiériste, notamment par la mise en place d?un système de Secours Maritime de
Grande Ampleur
? Développer la part captée du trafic en transit (transbordement, avitaillement et relève
d?équipage par exemple)
Illustration 17 : Salle des opération, CROSS Sud océan Indien (C)
DMSOI CROSS
En effet, du fait de la présence importante de navires
transportant exclusivement des matières
dangereuses, le risque de pollution est
particulièrement élevé. Une surveillance continue de
la ZEE est donc réalisée pour prévenir ce risque, bien
que les moyens ne soient pas suffisants pour assurer
de manière optimale cette mission (absence de
chaîne sémaphorique pour les deux îles et manque
de moyens côtiers pour La Réunion depuis 2017).
Chapitre 3 : Connaissance, recherche, innovation
et éducation-formation
Une importante communauté d?étudiants et de chercheurs
De nombreux dispositifs pour la recherche et l?innovation
Des actions pour sensibiliser le public à la mer
1. Connaissance
L?information, sa capitalisation et sa mise à disposition sont des paramètres essentiels à la bonne conduite
de tous les projets concernant les territoires.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 26
? 100 étudiants / an dans le domaine marin à l?Université de La Réunion (Master-Doctorat)
? 200 chercheurs / an dans les TAAF
? 1 Centre Universitaire de Formation et de Recherche (Mayotte)
? 1 Université (La Réunion)
? 4 plateformes d?excellence (La Réunion)
? Plus de 100 laboratoires en partenariat rattachés aux centres
de recherche nationaux (les TAAF)
Des formations variées proposées
Plus de 500 stagiaires/an à l?Ecole d?Apprentissage Maritime de Mayotte (EAMM)
100 jeunes suivant une formation initiale (40 CAP maritime à Mayotte,
60 BAC pro électromécanicien de marine à La Réunion)
11 offres de formation continue sur le bassin
120 à 140 000 visiteurs par an à Kélonia (observatoire des tortues marines)
depuis 2006 à La Réunion, dont 15 000 visites scolaires
100 à 120 000 visiteurs par an à l?Aquarium de Saint-Gilles-les-Bains à La Réunion
7000 élèves ayant bénéficié d?animation ou de projets relatifs à l?environnement
(9% des élèves scolarisés) à Mayotte
150 à 200 classes de mer par an au Centre Jacques Tessier à La Saline-les-Bains à La Réunion
7 000 à 12 000 exemplaires de la « Charte d?approche et d?observation responsables
des mammifères marins et des tortues marines à La Réunion » distribués aux professionnels par an
1300 élèves touchés par les projets pédagogiques aidés par le Parc naturel marin à Mayotte
3
opérateurs publics de recherche
(IFREMER, IRD, CNRS)
? Collecte de données
La collecte de données concerne un grand nombre de sujets contribuant à l?acquisition de connaissances
relatives notamment aux écosystèmes marins et littoraux, aux espèces associées, à la dynamique côtière ou
aux impacts des activités humaines qui s?y déroulent. On distingue :
? L?acquisition de données dans le cadre de programmes scientifiques académiques avec un degré
variable de coordination des nombreux programmes scientifiques réalisés sur le bassin, résultant des
contextes différents et de l?implantation des différents acteurs ;
? L?acquisition de données dans le cadre de la mise en oeuvre d?outils de gestion et de
surveillance, avec de nombreux programmes de gestions ou de suivis, déclinés à différentes
échelles spatio-temporelles et incluant des degrés variables de mutualisation des efforts logistiques
et humains, notamment les programmes de recherche collaborative scientifiques-pêcheurs ;
? L?acquisition de données dans le cadre d?approches de sciences participatives.
? Bancarisation des données
Il existe différentes modalités de bancarisation des données et métadonnées associées, contribuant aux
systèmes d?information (SI) traitant de la mer et du littoral :
? Bases de données propres à chaque programme de recherche et à chaque laboratoire pour les
données acquises dans le cadre de programmes scientifiques ;
? Bases de données spécifiques au programme ou alimentant divers systèmes d?information
régionaux, nationaux ou internationaux pour les données acquises dans le cadre de programmes
d?amélioration des connaissances et de suivis de surveillance et de gestion.
À l?échelle du bassin, on distingue les données qui alimentent des bases de données ou systèmes
d?information internationaux ou nationaux, et celles qui alimentent des bases de données ou systèmes
d?information locaux ou régionaux.
Les observatoires sont également des plateformes sur lesquelles s?appuient des recherches concernant les
études sur le bassin de l?océan Indien en relations avec les sciences de la mer et le climat.
Au fil des projets et des études, il est constaté une grande difficulté à accéder aux données historiques non
bancarisées. De même, un trop grand nombre de données acquises actuellement ne sont pas bancarisées et
de fait, potentiellement non ou peu sécurisées, non disponibles. Le nombre d?acteurs impliqués et de
programmes concernés par la collecte de la donnée étant nombreux à travers le bassin, le degré de
valorisation et la forme qu?elle prend est très variable. En effet, il existe de nombreux rapports manquant
parfois de standardisation et de visibilité. Ainsi, la valorisation des données et leur mise à disposition,
notamment via internet, restent insuffisantes. Le rapportage et la publication des résultats ne sont pas
systématiques, la mise à disposition des produits encore moins. Une plus grande accessibilité des rapports
à tous est nécessaire.
? Valorisation des données
Les informations concernant la mer et le littoral sont valorisées à la fois sous une forme brute (uniquement la
donnée) ainsi que sous des formes plus élaborées (création d?indicateurs, rapports, publications?).
La plupart des bases de données et systèmes d?information proposent des outils d?analyse des données et
de cartographie en ligne, qui permettent une meilleure valorisation et visibilité des données.
Différents opérateurs, tant nationaux que locaux (ex : l?Observatoire National de la Biodiversité) réalisent des
tableaux de bord avec des indicateurs ou des synthèses et les mettent à disposition afin de renseigner
plusieurs observatoires environnementaux ainsi que pour compléter des indicateurs de suivi de l?état des
milieux (ex : le tableau de bord du Parc naturel marin des Glorieuses, indicateurs du plan de gestion de la
Réserve naturelle des Terres australes françaises). Dans le cadre des programmes scientifiques soutenus
par les TAAF, les données collectées sont mises à disposition de la collectivité.
Les différents opérateurs peuvent également mettre à disposition les rapports d?études et de programmes de
recherche sur leurs sites internet respectifs ainsi que valoriser les différentes données acquises à travers des
publications scientifiques.
Le degré de valorisation de la donnée et la forme qu?elle prend à travers le bassin est très variable. De
nombreux rapports manquent parfois de standardisation et de visibilité. La valorisation des données et leur
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 27
mise à disposition, notamment via internet, restent insuffisantes. Le suivi et la publication des résultats ne
sont pas systématiques, la mise à disposition des produits encore moins. Une plus grande accessibilité des
rapports à tous est nécessaire.
2. Recherche scientifique
La recherche scientifique s?appuie, très inégalement, sur un tissu dans le bassin réparti entre :
? La Réunion, possédant une Université de plein exercice bien développée,
? Mayotte, dont le Centre universitaire de formation et de recherche (CUFR) créé en 2011 qui, s'il n'a
pas encore atteint sa pleine autonomie, a développé des partenariats avec les universités de France
métropolitaine et des laboratoires de recherche de France métropolitaine et d'outre-mer,
? Les TAAF ne pouvant servir de base que pour des missions scientifiques ponctuelles.
À La Réunion, l?Université accueille 21 unités de recherche et 3 fédérations de recherche (BioST, OMNCG,
OSOI). Les recherches sur le milieu littoral et marin sont conduites principalement par des unités mixtes de
recherche (UMR) ayant comme tutelle l?Université de La Réunion et l?IRD ; il s?agit de l?UMR ENTROPIE -
Écologie marine tropicale des océans Pacifique et Indien - (Université de La Réunion, IRD, CNRS) et de
l?UMR Espace-Dev - Observation spatiale, modèles et science impliquée - (IRD, Universités Réunion,
Guyane, Antilles, Montpellier).
L?IRD et l?IFREMER sont également impliqués à La Réunion à travers l?UMR MARBEC - Marine Biodiversity,
Exploitation and Conservation - (IRD, Ifremer, Univ. Montpellier, CNRS). Il existe aussi à l?Université un
laboratoire de chimie de substances naturelles (LCSNSA) et le laboratoire de physique et d'ingénierie
mathématique pour l'énergie, l?environnement et le bâtiment (PIMENT). Ces UMR s?adossent à des
plateformes technologiques de pointe opérationnelles dans les domaines de l?observation, de la biodiversité
et de la santé (3P, 3P, CYROI, OVPF, OSU-R). Elles cherchent à promouvoir l?interdisciplinarité de la
recherche sur le territoire, les liens entre la science et la société ainsi que le transfert et la diffusion des
connaissances et la valorisation des résultats de la recherche vers le grand public. La recherche scientifique
se fait sur le territoire, mais également en étroite collaboration avec ses partenaires régionaux et
internationaux.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 28
Illustration 18 : Le Marion Dufresne, navire des terres extrêmes ©
TAAF
ENJEU
? Amélioration de la collecte, la bancarisation ainsi que la valorisation des données dans
l?ensemble des territoires
À Mayotte, la création du CUFR a permis de
dynamiser la recherche sur le milieu marin et
littoral par le recrutement d?enseignants-
chercheurs qui sont associés à des unités
mixtes de recherche de la métropole. Une
commission scientifique a été créée qui
soutient les projets interdisciplinaires. La
présence d?un laboratoire de biologie facilite le
travail des chercheurs de passage sur le territoire
ainsi que des partenaires locaux (ex. Parc Marin
de Mayotte). Par contre, il n?existe pas de
structures dans le domaine de l?innovation en
milieu marin. Il existe donc un besoin important
de continuer à développer l?expertise et les
moyens disponibles localement pour la
recherche.
Les activités de recherche des TAAF permettent à la France de figurer au 5? rang mondial des auteurs
d?articles relatifs à l?Antarctique et au 1er rang en ce qui concerne le Subantarctique. Les TAAF
coopèrent avec l?Institut Polaire français Paul-Émile Victor (IPEV) pour le développement des activités de
recherche sur le territoire. La collectivité s?est plus récemment engagée dans le développement de la
recherche sur les îles Éparses. Les TAAF constituent un territoire unique pour l?observation du vivant, de la
biodiversité et des changements globaux ; elles occupent en cela une position stratégique pour le
développement de la recherche.
3. Innovation
La dynamique de recherche et d?innovation permet de renforcer le rôle et la visibilité des territoires
français dans leur environnement régional. Les démarches de recherche-développement et d?innovation
permettent la prise en compte et l?apport de réponses à des particularités très spécifiques de ces territoires :
insularité/éloignement, vulnérabilité, dépendance économique, nécessité de développer une économie
circulaire notamment une structuration de l?économie bleue, attentes sociétales fortes (préservation de
l?écosystème, santé, nutrition, durabilité, etc.), besoin de ?tropicalisation?...
Pour soutenir l?innovation, La Réunion cherche à mieux valoriser des ressources marines sur des marchés
non alimentaires, à renforcer des moyens de préservation de la biodiversité, et à créer de la valeur par la
mise en marché de nouveaux produits ou services, tout en mobilisant des chercheurs et les entreprises
locales.
La présence du pôle de compétitivité Qualitropic en bioéconomie tropicale permet de développer et mettre
sur le marché de nouveaux produits et services à forte valeur ajoutée et de nouveaux process toujours plus
compétitifs, à haute qualité environnementale (valorisation des produits de la pêche, production d?appâts à
partir de produits biosourcés?). Qualitropic est le seul pôle de compétitivité présent dans l?outre-mer
français.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 29
À Mayotte, par exemple, il n?existe pas de
structures dans le domaine de l?innovation en
milieu marin. Des perspectives existent, mais
malgré l?importance des enjeux de
développement, notamment durable, la
question de l?innovation n?est pas encore à
l?ordre du jour.
La Réunion :
? Pôle de compétitivité Qualitropic ;
? Agence Régionale de Développement
d?Investissement et d?Innovation NEXA ;
? Technopôle ;
? Cluster Temergie (énergie).
ENJEU
? Appui au développement de la recherche scientifique, avec une meilleure répartition des
moyens et outils dédiés dans les territoires du bassin
ENJEU
? Apport d?un réel appui au développement de l?innovation, et ce dans tous les domaines de
l?économie maritime et de la transition écologique
4. Formation aux métiers de la mer
Deux écoles d?apprentissage maritime françaises, constituées sous forme d?associations loi 1901, sont
présentes dans le bassin Sud océan Indien :
? L?école d?apprentissage maritime de Mayotte (EAMM) (enseignement professionnel maritime aux
étudiants, aux professionnels et aux particuliers ? formations initiales et continues),
? L?école d?apprentissage maritime de La Réunion (EAMR) (formations initiales et continues).
Ces établissements forment les marins selon des référentiels conformes à la convention STCW, sous la
tutelle académique de la DMSOI. La collaboration entre ces écoles doit être encouragée pour permettre une
mutualisation des compétences et la mise en oeuvre des meilleures pratiques.
La Réunion offre un panel de formations liées à la mer à côté de l?EAM : Master d?écologie marine à
l?Université de La Réunion, stages et doctorats avec l?Université de La Réunion, le CUFR de Mayotte et les
organismes de recherche (IRD, IFREMER). Il existe aussi des propositions dans le secteur de la
maintenance et de la réparation navale. À Mayotte, pour favoriser l'emploi local, une formation spécifique a
été créée pour les observateurs de pêche embarqués mahorais. Actuellement, dans les deux départements,
plusieurs projets sont en cours. On peut citer l'ouverture d'un CAP maritime prévu en septembre 2020 et la
création du campus international des métiers de l'océan (CIMO) à La Réunion.
Pour les TAAF, la Direction des Pêches et des Questions Maritimes (DPQM) s'occupe de dispenser des
formations spécifiques aux contrôleurs et aux observateurs des pêches.
Pour répondre aux besoins du secteur maritime, il est nécessaire que celui de la formation s'adapte :
ouverture de formations, tant pour répondre aux demandes des entreprises qu'à l'évolution des métiers,
développement de l'apprentissage, ou encore développement de partenariats avec les universités.
5. Formation par la recherche
Dans l?océan Indien, au niveau français et européen, seule l?Université de La Réunion propose une formation
de Master d?une part en lien étroit avec la mer d?une part, (Master BEST-ALI - Biodiversité, écologie et
écosystèmes tropicaux, centrés sur les écosystèmes aquatiques, littoraux et marins) et le littoral et les
risques d?autre part (Master RNET - Ressources naturelles et risques en environnement tropical). La
formation par la recherche se fait également à travers l?encadrement de stages de licence, master et doctorat
par les enseignants-chercheurs de l?Université de La Réunion et chercheurs des organismes de recherche
(IRD, l'IFREMER) regroupés au sein des unités mixtes de recherche (ENTROPIE, Espace-Dev et
MARBEC). D?autres structures peuvent accueillir des stages pour les étudiants en relation avec le milieu
marin (Kelonia, Réserve naturelle nationale marine, Parc marin de Mayotte) ou des bureaux d?étude (Marex,
Creocean, Biotope, ?) et associations (Globice, ?) en partenariat avec des universités ou organismes de
recherche.
À Mayotte, l?offre de formation par la recherche reste limitée du fait de la jeunesse du Centre universitaire
de formation et de recherche (CUFR). Cela n?empêche pas l?émergence de projets de recherche, ainsi que
la réalisation de travaux de recherche par des enseignants-chercheurs du CUFR, mais aussi de stages de
Master et de thèses de doctorat sur place. Les partenariats avec des universités métropolitaines (Aix-
Marseille, Montpellier 3, Nîmes...), et en particulier le lien avec des Unités mixtes de recherche (UMR) de
haut niveau académique, permettent de développer une activité de recherche pérenne et dynamique sur des
questions d?excellence dans le domaine maritime.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 30
ENJEU
? Développement complémentaire des formations en lien avec le milieu marin
Il n?existe pas de formation par la recherche dans les TAAF.
Afin de développer la formation par la recherche, il est donc nécessaire que les organismes de recherche
des trois territoires soient attractifs au niveau régional, national et international, pour transmettre l?expertise
française dans le bassin et viser l?excellence scientifique.
Pour la capacité d?accueil et de formation des structures d?enseignement et de recherche, il serait également
nécessaire de renforcer par la formation à la recherche les partenariats public-privé et l?innovation, de
favoriser l?interdisciplinarité au sein et entre les domaines Sciences Technologies Santé et Sciences
Humaines et Sociales, et d?assurer l?intégration des outils de la pédagogie numérique et de l?autoformation. Il
faudrait également développer une Université de plein exercice à Mayotte pour augmenter la capacité
d?accueil des masters et améliorer les conditions d?accueil des jeunes chercheurs (thèses et post-
doctorants).
6. Attractivité des métiers maritimes
Les métiers de la mer sont globalement faiblement attractifs à l?échelle des territoires du bassin. En effet,
les risques liés à la pratique de l?océan ont longtemps détourné les Réunionnais des activités maritimes, et à
Mayotte, la culture est davantage tournée vers la terre que vers la mer (peu d?activités sur la mer proposées
à la jeunesse, peu d?attractivité des filières maritimes auprès des jeunes?). À La Réunion, plusieurs secteurs
liés aux activités maritimes sont en cours de développement, mais ne représentent pas encore une activité
économique significative pour l?île. Cependant, plusieurs facteurs favorisent un intérêt croissant pour ces
métiers maritimes, comme la journée de la mer, le développement de l?activité portuaire et de réparation
navale ainsi que des métiers liés à la recherche, la construction de la nouvelle route du littoral (NRL), les
actions de sensibilisation à l?environnement marin des enfants et du grand public, etc. À La Réunion, il s?agit
surtout de sensibiliser les habitants du territoire et de valoriser les métiers de la mer afin d?anticiper et
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 31
? 15000 étudiants accueillis par l?Université de La
Réunion par an
? 35 étudiants accueillis en masters à l?Université
de La Réunion
? 2 unités de recherches (SHS et STS) au CUFR
travaillant en lien avec le domaine maritime et
littoral à Mayotte
? 100 chercheurs et enseignants-chercheurs dans
le domaine marin, dont 50 titulaires
? 3 opérateurs publics de recherche?(IRD,CNRS et
IFREMER)
? 1 réserve nationale marine et 2 parcs naturels
marins
Pour la formation en stage, en alternance et
continue, il a été soulevé l?importance de
favoriser la formation des personnes tout au
long de la vie et les reconversions de
carrières à Mayotte ; ainsi que de former des
cadres dans le domaine de la recherche, qui
soient capables de répondre aux
problématiques du territoire pour assurer son
développement durable. Il faut également
développer la visibilité de l?accueil des
stagiaires de Master dans des structures non
académiques et les thèses (co) financées par le
Conseil départemental de Mayotte.
ENJEUX
? Adaptation des formations par la recherche
? Collaboration et mutualisation entre les organismes et établissements de formation maritime
? Mobilité transversale au sein des métiers de la mer
? Coopération régionale
? Stratégie de formation aux métiers de l?économie bleue
d?accompagner le développement des activités maritimes génératrices d?emplois. À Mayotte, le
développement et la valorisation des activités nautiques et des métiers de la mer restent conditionnés à la
présence d?investisseurs ainsi qu?à l?acquisition de compétences.
7. Sensibilisation-communication et éducation à la mer
Le constat montre qu?une grande partie des acteurs (adultes, scolaires, décideurs ou politiques?) n?a pas
suffisamment conscience et connaissance des enjeux environnementaux des milieux insulaires dans
lesquels ils évoluent. Afin d?y pallier, de nombreuses structures sont mobilisées pour la sensibilisation, la
communication et l?éducation à la mer.
? L?Éducation nationale, qui poursuit le développement de l?éducation à la mer dans les établissements
scolaires ;
? Plusieurs acteurs généralistes, dont le Museum d?histoire naturelle de La Réunion, la Société d?étude
ornithologique de La Réunion (SEOR), la Maison du sel, Kelonia (Observatoire des tortues marines),
l?Université, l?IRD, la DEAL, les collectivités territoriales telles que la Région et le Département, les
communautés de communes, le Parc national, le Conservatoire botanique de Mascarin, les TAAF ou
Sciences Réunion, qui mènent de nombreuses actions d?information et de sensibilisation sur le milieu
marin ;
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 32
À Mayotte, il s?agit, par exemple, du Parc naturel marin de Mayotte
(PNMM), d?associations (Naturalistes de Mayotte, Mayotte Nature
Environnement, Oulanga Na Nyamba...) ainsi que d?opérateurs
nautiques. Ainsi, à titre d?exemple, des outils existent comme le
réseau de sciences participatives TsiÔno ou les actions de
communication autour des suivis du REMMAT (communication sur
les mammifères marins et les tortues du lagon) ainsi que d?autres
outils pédagogiques disponibles pour les scolaires sur d?autres
thématiques. D?autre part, le master du CUFR formant les
enseignants du premier degré offre aussi la possibilité aux
professeurs stagiaires de sensibiliser leurs classes aux questions
relatives à la mer et au littoral. Malgré cela, la sensibilisation de tous
les acteurs aux enjeux de la protection de la mer est encore minime.
À La Réunion, une certaine méfiance vis-à-vis de l?océan a toujours
prévalu. Face aux pressions multiples s?exerçant sur le littoral
réunionnais, et aux impacts sur les milieux récifaux, les associations
de protection de la nature, (SREPEN et Vie Océane notamment) et
les scientifiques, se sont fortement mobilisés. Il existe aujourd?hui une
grande diversité d?acteurs impliqués dans les actions de
sensibilisation et d?éducation au milieu marin. Il s?agit par exemple
de :
Illustration 19 : Panneau de sensibilisation,
sur les îlots (Conservatoire du Littoral,
Mayotte © J.S. Philippe
ENJEUX
? Appui au développement de l?attractivité des métiers maritimes
? Transmission de l?expertise française en métiers maritimes dans le bassin maritime.
? Intégration des outils pédagogiques numériques et de l?autoformation (Mooc) pour les
métiers maritimes afin de toucher plus largement les jeuneses des îles françaises.
? Des acteurs spécialisés, comptants de nombreuses organisations, qui réalisent des actions de
sensibilisation comme la Réserve nationale marine de La Réunion (RNMR), des associations, le réseau
GRANDDIR2, le Conservatoire du littoral, le Centre Jacques Tessier ; des expositions temporaires
réalisées par différents acteurs tels que : Sciences Réunion, Globice, la RNMR, les TAAF, la SEOR ; des
documentaires ou brochures ;
? Des événements grands publics tels que le Festival de l?image sous-marine, les Journées de la Mer
organisées par le Cluster-Maritime et la Fête de la Science;
? Des organismes professionnels et sportifs, tels que le grand port maritime de La Réunion
(GPMDLR), le Cluster maritime, et les ligues sportives.
Au sein des TAAF, les principaux acteurs sont les agents de la Direction de l?environnement, les agents de
terrain (agents de la réserve naturelle des Terres australes françaises, agents de conservation de
l?environnement à Europa et à Tromelin) et des bases et camps militaires, les contrôleurs et observateurs des
pêches. Les TAAF participent régulièrement à des événements tournés vers le grand public (festivals,
expositions, manifestations occasionnelles...) à La Réunion. Il existe également un partenariat entre les TAAF
et le rectorat de La Réunion.
Chaque rotation du navire Marion Dufresne II est également un moment privilégié que les agents de la
Direction de l?environnement mettent à profit pour évoquer l?environnement des territoires, et faire prendre
conscience aux passagers des enjeux de gestion et de meilleure protection de l?environnement.
Sur les bases et camps militaires, les agents de terrain (agents de la réserve naturelle nationale des Terres
australes françaises, agents de conservation de l?environnement à Europa et à Tromelin) sensibilisent en
continu les personnes qui y séjournent à la biodiversité qui les entoure. Cette sensibilisation est aussi
destinée aux quelques touristes qui visitent les îles.
Afin d?accroître la prise de conscience des habitants sur le potentiel et la fragilité de la mer pour qu?ils
adaptent leurs comportements, il est nécessaire de développer des plans d?actions et outils, et de
s?appuyer sur des acteurs et partenaires ainsi que sur des associations locales.
2 GRANDDIR : Réseau Réunionnais de l?Education à l?Environnement
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 33
ENJEUX
? Développement structurel des petites associations locales
? Sensibilisation aux enjeux marins avec des outils adaptés en fonction du public
? Mobilisation du monde enseignant et scolaire aux enjeux de la mer
Chapitre 4 : Activités maritimes et littorales
Pêche maritime
? 7 sites de pêche professionnelle recensés à Mayotte
? 230 barques de pêche mahoraises immatriculées au registre national (Asterie)
? 750 tonnes de captures recensées par le Système informatique halieutique (PNM et IFREMER) à
Mayotte (525 tonnes en 2015)
? 120 tonnes de production piscicole en 2008 à La Réunion (40 tonnes en 2013)
? 29 millions d?euros de CA annuel pour la pêche professionnelle à La Réunion (0,45% du PIB) en 2017
(source INSEE)
? 95 millions d?euros de CA annuel pour la pêche australe en 2017 (source INSEE)
? 2ème place pour les produits exportés à La Réunion (pêche australe et aquaculture incluses)
? 0,5% des emplois à La Réunion (hors pêche australe)
Port Tonnage
global (kT)
Conteneurs
(evp)
Source des
données
Réunion 5586 332754 Grand Port Maritime
de La Réunion
Mayotte 1150 71564 Mayotte Channel
Gateway
Maurice 7713 379371 Mauritius Port
Authority
Durban 41458 2620026 Transet National
Ports
Authority (2016)
Moroni 160 10000 Bolloré Ports (2016)
Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
? 6 ports de plaisance à La Réunion (1 770 anneaux) et 2 pontons de plaisance à Mayotte (125
anneaux), complétés par des zones de mouillage
? 32 structures proposant des activités liées à la mer à Mayotte et environ 100 à La Réunion
? Plus de 43 000 croisiéristes accueillis en 2017 dans le cadre des actions de l?Association « Iles Vanille »
? 200 passagers ont visité, sur une journée, chacune des îles Éparses du canal du Mozambique dans le
cadre du partenariat TAAF ? compagnie PONANT
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 34
1er port français
d?outre mer
Port Réunion, avec un trafic global
de 5,6 millions de tonnes en 2017
1 million de m3 extraits lors du dernier
dragage à Mayotte, qui date de 2006 et
avait été réalisé dans le cadre de la
construction du Quai n°2 et du
creusement du plan
Ressources marines et énergies marines renouvelables
Dépendent à plus de 95% des importations d?hydrocarbures pour ses besoins énergétiques,
en particulier dans le secteur de l?électricité (60% de la consommation et des émissions de CO2 en 2015)
Environ 4,8% d?augmentation de la consommation d?hydrocarbures entre 2014 et 2015
1. Pêche maritime et aquaculture
? Pêche professionnelle
À Mayotte, il s?agit d?un maillon
indispensable de l?économie côtière qui
contribue fortement à l?identité du littoral.
La filière reste encore peu structurée,
caractérisée par l?insuffisance de structures
dédiées (appontements, lieux de
débarquements, zone de stockage de
bateaux). Le coût élevé du matériel ne
facilite toutefois pas le développement de
cette activité. Les professionnels de la
pêche sont représentés par leurs élus à la
CAPAM (chambre d?agriculture) par une
commission pêche et aquaculture qui
assure en partie le rôle du Comité régional
des pêches maritimes et des élevages
marins (CRPMEM) dont la création est
prévue pour 2021 (Carte 25 : Zones de
pêche à Mayotte, page 116).
À La Réunion, la filière occupe encore une place limitée. Le CRPMEM, chambre consulaire des pêcheurs et
premiers acheteurs, pilote des actions dans le domaine de la gestion des ressources et des droits d?accès
aux pêcheries. Il peut exister des conflits d?usage et d?intérêts entre les pêcheurs professionnels et les
pêcheurs de loisir car certains commercialisent illégalement leurs captures dans les circuits parallèles et
concurrents. Certaines espèces donnent des signes de surexploitation. L?association réunionnaise
interprofessionnelle de la pêche et de l?aquaculture (ARIPA) rassemble une grande partie des opérateurs, de
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 35
Urbanisme et tourisme
426 400 touristes extérieurs à La Réunion en 2015, soit 5,1% de plus qu?en 2014
551 018 visiteurs extérieurs à La Réunion en 2017, dont 82% de touristes loisirs,
9% de touristes d?affaires, 8% de croisiéristes, soit 10% de plus qu?en 2016
En 2015, pour La Réunion, la répartition des activités touristiques : 84,5% des
activités liées à la plage à La Réunion, 14% des promenades en mer / observation
de fonds marins et 9% des activités de plongées
12 000 sorties effectuées par les opérateurs touristiques sur le lagon à Mayotte en 2015
51 000 touristes à Mayotte en 2014 : 55% venus de métropole, 38% venus de
La Réunion. 50% de cette fréquentation est de nature affinitaire
Les moyens nautiques hauturiers
2 frégates de surveillance (Nivôse et Floréal) équipées d?un
hélicoptère
1 patrouilleur hauturier (le Malin)
1 bâtiment de soutien et d?assistance outre-mer (le Champlain)
1 patrouilleur polaire (l?Astrolabe)
1 patrouilleur des affaires maritimes (l?Osiris II)
200 opérations
En 2016, dont 151 opérations
de recherche et de sauvetage
Illustration 20 : Barque de pêche à La Réunion ©CRPMEM
l?amont à l?aval, autour d?une stratégie commune de mise en marché des produits (Carte 23 : Zones de
pêche côtière à La Réunion, page 114).
La pêche australe (pêche à la légine à Kerguelen et Crozet, à la langouste et aux poissons à Saint-Paul et
Amsterdam) constitue le deuxième secteur d?exportation de La Réunion, après la filière canne-sucre.
? Transformation et commercialisation des produits de la mer
Les pêcheurs artisans en souffrent, notamment du fait du faible coût des importations et de la main d?oeuvre
étrangère. La variabilité des apports, très dépendants des conditions météorologiques, pénalise par ailleurs
la petite pêche côtière. Un plan d?avenir de la pêche réunionnaise est en cours d?élaboration. Le risque de
délocalisation des entreprises réunionnaises existe notamment à cause des normes, des conditions de
production, nationales ou communautaires, qui surenchérissent de quatre à cinq fois les coûts de production
et de commercialisation des produits réunionnais.
? Pêche de loisir
À Mayotte, 1357 navires de plaisance sont enregistrés au fichier, auxquels il convient d?ajouter 700 pirogues.
Autorisés à n?effectuer qu?une pêche récréative, nombre de ces embarcations pratiquent néanmoins une
concurrence déloyale vis-à-vis des navires de pêche inscrits au registre professionnel, ce qui déséquilibre
la structuration de la filière par la vente informelle du produit de cette pêche.
Un port de plaisance regroupant des sites de Mamoudzou et Dzaoudzi a une capacité d?accueil de 200
navires de plaisance. Le reste de la flottille est disséminé sur le littoral mahorais en mouillage forain.
La pêche à pied reste une activité conséquente, notamment par la pêche au poulpe et par la pêche au
Djarifa, pêche traditionnelle pratiqué par les femmes. À La Réunion, plusieurs types de pêche sont pratiqués :
à pied sur le littoral, depuis le bord, à bord d?un navire ou sous-marine. Certaines pêches traditionnelles
font partie de la culture réunionnaise, mais peu compatibles avec les objectifs de protection au sein de la
réserve marine (RNMR), sont autorisées et encadrées par arrêté préfectoral. La pêche sous-marine en
apnée est toutefois autorisée sur le pourtour de l?île, excepté dans les réserves marines.
La commercialisation par les pêcheurs non professionnels est interdite.
? Aquaculture et biotechnologies marines
L?aquaculture à Mayotte, qui a débuté en 1999 est représentée par six pisciculteurs (élevage d?ombrines) et
un perliculteur de mabés (demi-perles nacrées) destinées au secteur de la bijouterie. Le secteur aquacole
privatise plus de 250 000 m² sur le domaine public maritime et portuaire. Actuellement, l?activité piscicole est
à l?arrêt, (liquidation judiciaire d?Aquamay) mais la nouvelle coopérative composée de quatre aquaculteurs
sous l?égide du conseil départemental de Mayotte a un projet de construction d?écloserie et de nurseries à
Dembéni. À La Réunion, l?aquaculture continentale a débuté dans les années 1990. A partir de 2013, de
nouvelles filières de production ont pu émerger, comme la culture de microalgues (spiruline) qui bénéficie
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 36
À Mayotte, la vente de poissons à la sauvette
(sur la plage, au bord des routes, à même le sol,
dans des brouettes ou sur des étals de palettes)
reste importante. Toutefois, la filière tend à se
structurer via les poissonneries, exploitées par
des COVIPEM (comités villageois de pêcheurs
mahorais) et des entrepreneurs individuels.
L?activité de transformation de la pêche est
inexistante.
À La Réunion, le marché des produits de la mer
est structuré, avec une filière aval bien
organisée. Le marché est entièrement ouvert à
la concurrence mondiale, qui privilégie le prix à
la qualité et travaille en dollars.
Illustration 21 : Le palangrier Albius affronte les eaux australes pour
pêcher la légine © TAAF
d?un marché local en pleine expansion mais dont la filière reste à consolider. L?activité d?aquaculture marine
est inexistante depuis 2008, tandis que la production piscicole baisse de manière continue. Les producteurs
ne réussissent pas encore à se fédérer autour de projets collectifs permettant leur développement, face à
une concurrence mondiale de plus en plus exacerbée. Enfin, aucune tentative d?aquaculture n?a été
entreprise dans les TAAF depuis 1993, à la suite d?une expérimentation infructueuse sur le plateau central de
Kerguelen. Les biotechnologies marines constituent une filière naissante à La Réunion (un laboratoire de
recherche possède une phytobanque) qui offre des perspectives d?emploi et de croissance.
2. Ressources marines et énergies marines renouvelables (EMR)
? Énergies marines renouvelables
Mayotte connaît une forte croissance pour ses besoins électriques, notamment en raison de la généralisation
des climatiseurs, et importe aujourd?hui l?ensemble des hydrocarbures dont l?archipel a besoin. À Mayotte et à
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 37
L?énergie de la mer n?est à ce jour pas utilisée à La
Réunion. Plusieurs projets majeurs ont été tentés mais
abandonnés par manque de financement ou pour
cause de catastrophe naturelle. Pourtant, La Réunion
dispose d?acteurs avec des compétences
scientifiques et industrielles dans le domaine des
EMR. Des projets sont toujours en cours et ont été
redimensionnés.
Dans les TAAF, plusieurs expérimentations
d?exploitation d?énergie renouvelable ont été tentées
mais soldées par des échecs, principalement à cause
des conditions météorologiques extrêmes et aux
défauts de maintenance. Aujourd?hui, compte tenu de
ces conditions, l?avenir des EMR semble surtout exister
à travers l?exploitation de la houle, qui ne nécessite pas
de stockage. Une étude de faisabilité pour les îles
Kerguelen a été effectuée mais n?a pas connu de suite,
notamment à cause des coûts et de la logistique.
L?Outre-mer cumule des défis majeurs en
matières énergétiques :
?Le bilan carbone de l?outre-mer est à
améliorer : seuls territoires continuant à être
alimentés principalement par des* centrales
thermiques au charbon et au fioul ;
?Le coût de l?énergie est élevé ;
?L?outre-mer dépend à 90% des ressources
fossiles importées.
ENJEUX
? Développement d?une pêche professionnelle durable, plus respectueuse de l?environnement
et de la ressource par la mise en oeuvre de plans de gestion
? Structuration d?une filière de pêche professionnelle
? Modernisation de la flotte de pêche professionnelle
? Collecte des co-produits de la pêche
? Mise en place, développement et valorisation de la production locale et des filières locales de
commercialisation et de transformation des produits de la mer
? Prévention des conflits d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir et la pêche professionnelle
? Connaissance des impacts et régulation effective des activités de pêche de loisir
? Lutte contre la pêche INN
? Identification et soutien des projets d?aquaculture adaptés au bassin
La superficie de la France ultramarine lui
permet toutefois d?être dotée de ressources
naturelles pour développer toutes les
technologies liées à l?énergie des mers,
considérée comme non intermittente.
La Réunion, les EMR sont appelées à croître. Toutefois, il existe plusieurs freins au développement de ces
énergies tels que la rentabilité économique, le contexte climatique (houles cycloniques), l?état de maturité de
la filière? Le projet de programmation pluriannuelle de l?énergie validé en novembre 2020 prévoit pour La
Réunion :
? pour la production de froid : la prise en compte du SWAC sud à l?horizon 2023 pour une économie de
l'ordre de 9 Gwhe/an
? pour la production d?électricité : l'éolien off-shore pour 0 à 40 MW à l'horizon 2028, l'Energie
thermique des mers pour 2 MW en 2023 et 2 à 5 en 2028, le houlomoteur pour 0 à 5 MW en 2028 et de
l'ORC pour 0 à 0,3 MW en 2028
Dans les TAAF, le coût important du gazole, et l?absence de quai en eau profonde pour le ravitaillement des
bases, nécessitent une logistique complexe et onéreuse. Pour pouvoir être développées les EMR doivent
être des alternatives simples d?usage : il faut disposer des compétences et moyens permettant leur
exploitation et maintenance sur ces sites isolés.
? Activités pétrolières et gazières offshore
Dans les TAAF, ces activités sont réglementées par les codes de l?environnement et code minier, et sont
sujettes à des conventions internationales. Deux permis de recherche de mines d?hydrocarbures liquides ou
gazeux avaient été délivrés le 22 décembre 2008 pour cinq ans dans la ZEE de l?île Juan de Nova et sont
caducs. La Loi du 30 décembre 2017 prévoit toutefois que les concessions d?exploitation existantes ne
puissent pas être renouvelées au-delà de 2040. Deux demandes de permis d?exploration dans la ZEE de l?île
Europa, déposées en 2013 et 2017, et une demande d?APP dans la ZEE des îles Glorieuses, déposée en
2014, ont fait l?objet d?un rejet.
3. Ports et industries navales et nautiques
? Ports de commerce
Les ports de La Réunion et de Mayotte constituent des vecteurs maritimes économiques et logistiques
essentiels. La quasi-totalité des matières premières, des produits énergétiques, des biens intermédiaires et
des biens de consommation y transitent.
Port Réunion est composé de deux sites distants de 3 km. Le Port Ouest, créé en 1886, accueille les
activités de pêche et de plaisance, l?exportation et l?importation de certaines matières premières, et la base
militaire dont la flotte opère dans une large partie de l?océan Indien et des TAAF. Le Port Est, créé en 1986, a
vocation de port de commerce et concentre désormais l?essentiel des investissements. Il offre une meilleure
performance en matière de sécurité, car protégé des aléas climatiques, et de sûreté, car aux normes ISPS
(Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires). Port Réunion doit donc
poursuivre ses investissements pour faire face à la forte croissance de trafic attendue, et se donner les
meilleures chances pour occuper une place significative dans le commerce maritime régional (Carte 21 :
Range des ports de l?océan Indien, page 112).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 38
ENJEUX
? Autonomie énergétique à l?horizon 2030 (cf. LTECV)
? Intégration des EMR dans les stratégies de transition des territoires
Illustration 22 : Port de commerce de Longoni, Mayotte © DMSOI
À Mayotte, le mouillage des Badamiers, situé sur Petite Terre, accueille les pétroliers ainsi que tout autre type
de bâtiment en escale (militaire, scientifique?). A Mamoudzou, un ponton est dédié exclusivement à l?accueil
des navires de croisière en escale. Le port de Longoni, construit en 1992, est un port « en eaux profondes ».
La société Mayotte Channel Gateway (MCG) a pour ambition de l?ériger en « hub européen de référence
dans le canal du Mozambique » en moins de cinq ans. Ce projet répond à une volonté de donner une
nouvelle dynamique à l?activité portuaire, de moderniser le port, et de réhabiliter et améliorer les capacités
des infrastructures existantes. Il doit également permettre une plus grande cohésion entre les différents
acteurs sociaux-économiques intervenant dans le port.
? Transports et services maritimes
Le transport maritime est important sur l?ensemble du
bassin. Il occupe une place de premier plan à La Réunion
et concerne principalement les marchandises. À cela
s?ajoutent les rotations du Marion Dufresne pour le
ravitaillement des TAAF, les navires militaires et la
croisière. La montée en puissance de la zone océan
Indien par la massification du transport maritime sur l?axe
Asie/Afrique a conduit les compagnies maritimes à créer,
à La Réunion et dans la zone, des « hubs » de
transbordement ce qui s?est traduit par un renforcement
significatif de la connectivité maritime de Port Réunion
(Cartes 16 à 18 et 22 en annexe, pages 107 à 109 et
113).
Le port peut jouer un rôle dans la sécurisation des flux logistiques entre l?Asie et l?Afrique, en mettant en
valeur la qualité de sa connectivité portuaire mais aussi la sécurité logistique, juridique et financière qu?offre
son statut de Région Ultrapériphérique d?Europe. Le GPMDLR étudie les possibilités de promotion de la
destination Réunion en lien avec les autres ports de l?océan Indien pour l?accueil de navires de croisière de
capacité intermédiaire compte tenu du contexte sanitaire nouveau et des capacités d?accueil des territoires.
Dans son projet stratégique 2019-2023, le GPMDLR envisage ainsi son développement sur deux axes, celui
d?un port responsable, engagé dans la transition énergétique et écologique du territoire, et celui d?un port
rayonnant, positionné comme hub innovant, compétitif et fiable.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 39
Illustration 23 : Porte-conteneur, La Réunion
À Mayotte, le Conseil départemental a engagé une démarche pour la création de lignes de transports
maritimes de voyageurs intra-îles comme alternative à l?engorgement du réseau routier vers Mamoudzou.
Le transport régulier de passagers, de véhicules et de marchandises entre Petite Terre et Grande Terre est
assuré par le service des transports maritimes du conseil départemental. Le transport de passagers entre
Mayotte et les îles des Comores est assuré par la compagnie SGTM et la société Cruise Line océan Indien.
Le transport de marchandises a connu une réorganisation de la desserte « feeder » par CMA/CGM pour
effectuer une nouvelle rotation entre Mayotte, les Comores et le Mozambique. La COI a, par ailleurs, engagé
une réflexion depuis 2009 sur la faisabilité de création d?un système régional de cabotage maritime pour
améliorer la connectivité maritime. Ce projet semble actuellement en stand-by.
Le projet de terminaux gaziers au Mozambique, au budget considérable, devrait générer des besoins
logistiques dans les ports de la zone. Par leur niveau de sécurité et la stabilité politique, les ports français
présentent des atouts pour capter quelques parts de marché.
? Travaux publics maritimes
Le Port de Longoni présente un état dégradé
des infrastructures portuaires, notamment sur le
quai n°1 et le quai de servitude, construits en
1990, et dans une moindre mesure, sur le
terminal pétrolier et gazier. Les travaux qui seront
entrepris dans la période 2020-2025 prévoient la
prolongation du quai n°1 jusqu?au quai de
servitude. Un projet d?agrandissement de
l?emprise de la DSP pourrait être mené. Financés
par Total, les travaux subaquatiques notables ont
concerné principalement le remplacement du pipe
du terminal pétrolier des Badamiers.
Le chenal d?entrée au Port Ouest de La Réunion subit un engravement régulier issu du transit des
matériaux apportés par la Rivière des Galets. Afin de garantir la continuité des opérations commerciales, le
GPMDLR est contraint à des travaux réguliers de dragage. Plus au nord, entre 1886 et 1996, l?érosion du
rivage de la Pointe des Galets a été permanente et importante (Carte 15 : Dragage de l?entrée du Port Ouest
de La Réunion, page 106).
Le GPMDLR étudie avec le CEREMA et en partenariat avec l?État et les collectivités concernées, les
solutions opérationnelles de dragage et renforcement des ouvrages de protection afin d?arrêter une
stratégie de long terme pour la gestion du trait de côte.
Dans les TAAF, le premier ouvrage a été édifié en 1952 aux Kerguelen. En 2015, le quai de Kerguelen a été
réhabilité pour répondre aux contraintes climatiques, logistiques et techniques. Suivant une vision à long
terme, il serait intéressant que les quais de Crozet et Amsterdam connaissent aussi une refonte.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 40
Illustration 24 : Dragage dans le Port Ouest, Réunion
? Construction et réparation navale
Au niveau du bassin, la construction navale est
quasi voire totalement inexistante. À Mayotte, la
société Mayotte Plastique avait lancé la production
de barques de pêche aux normes européennes
mais, plus lourdes et moins économes, ces
dernières n?ont pas su trouver leur place. Seuls
trois ateliers de réparation de navires existent à
Mayotte et il n?existe aucune solution locale de
traitement des déchets, ni de déconstruction des
bateaux de plaisance hors d?usage (BPHU). Les
impacts environnementaux et les risques sanitaires
font encore l?objet d?une gestion diffuse.
À La Réunion, il existe une activité de réparation navale. Une partie non négligeable des travaux à flot
s?effectue au Port Ouest et représente 80% des prestations de réparation navale. La filière est composée de
quelques PME spécialisées (électronique, tuyauterie, chaudronnerie, etc.). Piriou Réunion, qui apporte son
expertise en matière de coordination de métiers, et ENDEL Réunion qui possède une activité de réparation
navale militaire, se sont récemment implantés. Leur présence pourrait générer la relance d?une
interprofession de la réparation navale qui pourrait permettre de conserver localement une partie
substantielle des marchés de réparation navale de la Marine nationale, mais aussi de la pêche hauturière et
des navires à passagers.
Les TAAF sont aussi concernées, du fait de l?entretien fréquent nécessaire pour leur navire ravitailleur, le
Marion Dufresne.
Le développement d?une filière de maintenance navale, s?appuyant sur une nouvelle aire de carénage de
plus grande capacité, présente un réel intérêt économique et social. Actuellement, une part importante des
navires est carénée à l?étranger du fait d'une capacité limitée des infrastructures réunionnaises (63 m et 800
tonnes).
? Surveillance des activités et du milieu marin
La surveillance est assurée par plusieurs
administrations faisant partie du dispositif de
l?action de l?État en mer sous la coordination du
Délégué du gouvernement pour l?action de l?État
en mer : Gendarmerie nationale, Marine
Nationale, Gendarmerie maritime, Direction de la
mer Sud océan Indien (ex-Affaires maritimes)
avec notamment le CROSS, et le personnel des
aires marines protégées. Depuis 2017, il existe
un « Plan de surveillance et de contrôle des
activités pour la protection du milieu marin »
(PSCMM) pour le bassin Sud océan Indien en
complément du Plan régional de contrôle des
pêches (PRCP). Il existe également des polices
de l?environnement sur les différents territoires.
Mayotte ne dispose pas de plan de balisage et
les plages les plus fréquentées ne sont pas
surveillées. Les mises à l?eau, à partir de navires à utilisation commerciale, sont également problématiques
en l?absence d?un encadrement approprié. Après une décennie peu marquée par les attaques de requins, La
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 41
Illustration 25 : Carénage d?un bateau de pêche et d?un catamaran
de plaisance, La Réunion © J.S. Philippe
Illustration 26 : Départ de l'OSIRIS II, navire de surveillance © DMSOI-
CROSS
Réunion a dû faire face à une multiplication des attaques sur le littoral Ouest depuis 2010, ce qui a impacté la
fréquentation des plages et concentré l?activité balnéaire sur les plages protégées du lagon.. Par ailleurs, la
surveillance des loisirs nautiques et des aires marines protégées apparaît insuffisante.
Dans les ZEE des îles Éparses, les efforts entrepris pour lutter contre la présence épisodique de pêches
illégales (navires non autorisés, pêche dans des zones interdites, etc.) doivent être maintenus voire
renforcés. L?épuisement des stocks dans le canal du Mozambique, notamment des grands migrateurs
comme les thons, risque en effet d?accentuer la pression de pêche illégale dans les ZEE françaises.
Les TAAF disposent, en outre, d?un niveau élevé de protection de la biodiversité marine. Les nombreux
moyens de contrôle déployés dans la zone permettent de construire une véritable police de l?environnement
marin. La prévention et la lutte contre les pollutions maritimes volontaires ou accidentelles sont également un
enjeu clé de la surveillance des activités et du milieu marin.
3. Canalisations et câbles sous-marins
Afin d?améliorer la connectivité régionale, un accord de coopération a été signé en 2016 entre les
différents opérateurs de l?océan Indien concernant le lancement d?un nouveau câble sous-marin « METISS
», qui relie La Réunion, Maurice, Madagascar, l?Afrique du Sud (Carte 24 : Câbles sous-marins, page 115).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 42
Mayotte :
2 câbles internet LION 2 et AVASSA à Mayotte.
Câbles sous-marins reliant électriquement Petite et Grande
Terre mis en service en 1998.
Une canalisation de distribution d?eau potable entre Petite
et Grande Terre.
Une sealine de dépotage d?hydrocarbures.
La Réunion :
Câbles sous-marins existants : SEAS (320 Gb), TEAMs
(1280 Gb), SEACOM (1280 Gb), LION2 (1280 Gb), LION
(1300 Gb), EASSY (10 Tb)
Projets de câbles sous-marins : METISS, Mauritius
Submarine Cable Project.
ENJEUX
? Continuité du développement des ports de commerce et services maritimes associés,
comme vecteurs de développement et logistiques essentiels au bassin.
? Renforcement de la connectivité maritime des territoires français dans la zone pour
développer et maintenir leur attractivité (offre de services, fluidité?).
? Développement, structuration et pérennisation d?une filière construction et réparation navale.
? Forte attente de travaux publics maritimes à impact économique important.
? Développement harmonieux des activités maritimes.
La mise en service en 2009 d?un
câble internet sous-marin à fibre
optique « LION 2 » a marqué l?entrée
de Mayotte dans l?ère numérique haut
débit. Le tracé exact et à jour des
câbles dédiés à la fibre optique, ainsi
que le positionnement exact des
émissaires en mer ne sont pas connus,
tout comme leur état d?entretien.
La Réunion est actuellement reliée au
réseau mondial numérique par le câble
sous-marin SAFE, reliant
Melkbosstrand en Afrique du Sud à
Penang en Malaisie. Le débit a
toutefois subi de nombreux
ralentissements à la suite
d?effondrements sous-marins.
Dans les TAAF, un seul type de câble sous-marin a été déployé : celui composant le système de la station
hydroacoustique HA04. Aucun autre câblage sous-marin ou canalisation ne sont prévus car l?ensemble des
systèmes de télécommunication ou d?approvisionnement (électricité, eau potable, hydrocarbure...) s?effectue
par ravitaillement naval ou par le biais d?installations indépendantes pour chaque île.
4. Urbanisme et tourisme
? Tourisme
L?Association des « Iles Vanille » regroupe six îles du bassin (Maurice, La Réunion, Madagascar, Mayotte,
les Comores et les Seychelles). Depuis 2014, elle centre son action sur le développement du secteur de la
croisière, plus particulièrement les combinés inter-îles, avec l?objectif d?atteindre 50 000 passagers en 2020.
Le tourisme est un secteur très marginal dans les TAAF, mais permet de contribuer à leur financement
dès lors qu?il est compatible et en adéquation avec les objectifs de développement durable. À bord du Marion
Dufresne, l?activité touristique est axée sur la découverte des missions quotidiennes des TAAF et des
personnels détachés sur les bases. La collectivité ouvre également la possibilité aux plaisanciers d?accéder à
son territoire de manière strictement encadrée. Elle envisage de développer des partenariats privilégiés avec
des prestataires touristiques de plaisance, comme elle l?a déjà fait avec la compagnie PONANT.
? Activités balnéaires et fréquentation des plages
Mayotte bénéficie d?un ensoleillement toute l?année. Les plages constituent donc un Mayotte bénéficie d?un
ensoleillement toute l?année. Les plages constituent donc un potentiel économique et touristique, mais sont
encore peu aménagées et peu fréquentées. Elles sont toutefois particulièrement prisées par les opérateurs
nautiques et par les plaisanciers. Il est possible d?aller observer à faible profondeur les paysages sous-
marins et les peuplements récifaux, qui constituent des sites d?alimentation pour les tortues marines, que les
nageurs ont la possibilité de croiser et d?observer régulièrement. La pratique d?activités balnéaires est assez
récente, chez les mahorais, car beaucoup ne savent pas nager, et concerne essentiellement les jeunes qui
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 43
Illustration 27 : Le Lyrial, navire de croisière de la
compagnie PONANT © Davis Ringler
ENJEUX
? Soutien des innovations et désenclavement numérique à l?échelle du bassin.
? Réduction de l?impact des câbles sous-marins sur la biodiversité et suivi de l?évolution de cet
impact dans le temps.
À Mayotte et à La Réunion, l?activité touristique liée à la mer
est importante et essentiellement orientée autour des récifs
coralliens de l?île. Selon le rapport de l?Institut d?émission des
?départements d?Outre mer (IEDOM) de 2016, les structures
d?hébergement sont peu nombreuses et recrutent peu. À La
Réunion, hormis la navigation de plaisance et les activités
subaquatiques, peu d?activités se déroulent sur les zones non-
récifales du fait des vents d?alizés qui rendent le milieu
inhospitalier. Des efforts en matière de protection de la
biodiversité ont été réalisés et concrétisés par : l?obtention
d?un label du Pavillon bleu pour 3 plages de Saint-Gilles, la
création de la RNMR en 2007 dans laquelle se trouve les
plages et récifs coralliens, et l?obtention en 2014 de la Palme
IFRECOR pour la mairie de Saint-Paul à La Réunion et le
département de Mayotte.
sont incités, par le biais des programmes d?éducation physique et sportive ou le développement
d?évènements sportifs et compétitifs, à apprivoiser ce milieu qui leur semble culturellement hostile. Les
mahorais fréquentent davantage les arrières-plages pour la pratique du voulé, un rassemblement convivial
autour d?un repas à base de grillades.
La Réunion ne compte que 40 km de plages, et l?activité de baignade est concentrée au niveau des lagons
situés sur les côtes Ouest et Sud de l?île et dans quelques bassins de baignade où les pics de fréquentation
justifient l?aménagement de nouvelles zones sur l?ensemble de l?île comme prévu dans le Schéma
d?aménagement régional (SAR). En dehors de ces zones, la côte est globalement hostile. Toutefois, la
sensibilité écologique de ces milieux nécessite l?aménagement de nouvelles zones de baignade, de façon à
accroître le potentiel de baignade avec des activités diversifiées et dans des conditions sécurisées. Le
risque requin a un impact substantiel sur la baignade et sur le chiffre d?affaires, qui a chuté de 20 à 30%
durant cette dernière décennie. L?arrière-plage est souvent l?occasion de campements informels très
fréquentés. Le camping de l?Ermitage, qui offre une alternative au camping sauvage, rencontre un succès
important mais aussi une saturation des emplacements.
? Artificialisation des territoires littoraux
À Mayotte, il est nécessaire d?attirer de nouvelles activités dans des espaces déjà artificialisés, en faisant
respecter les servitudes transversales et longitudinales prévues par le code de l?urbanisme et les accès aux
plages et au rivage de la mer. Cela doit se traduire également par le développement de sentiers de
promenade ou des pistes cyclables le long du littoral, tout en proposant des points d?accueil mixte pour
l?ensemble des usages (pêche, loisir, cabotage, transport maritime).
5. Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 44
À Mayotte, l?accent est mis sur la nécessité de
développer un tourisme différencié par rapport à
l?offre existante dans l?océan Indien, en misant sur un
écotourisme valorisant l?authenticité de l?île, et
conciliant la mise en valeur du territoire. L?une des
prestations touristiques les plus appréciées est
l?observation des mammifères marins, pratiquée
d?ailleurs depuis 1998. La concurrence entre les
opérateurs s?est durcie, et les conflits d?usages se
multiplient, en période de présence de baleines, en
dépit de la charte d?approche des mammifères marins,
élaborée en 1999 et transformée depuis en arrêté
préfectoral. En outre, la randonnée subaquatique se
pratique régulièrement dans le lagon.
ENJEUX
? Sécurisation des sites naturels touristiques, et surveillance des baignades.
? Prise en compte de la préservation et de la valorisation du patrimoine naturel dans les
activités balnéaires et la fréquentation des plages.
? Développement maîtrisé et accompagné du tourisme.
? Prise en compte des enjeux environnementaux et paysagers, et des conflits d?usage sur le
littoral, pour l?artificialisation des territoires littoraux.
Équipements pour les bateaux de
plaisance à Mayotte :
Ponton de plaisance de Mamoudzou : 75
anneaux et 150 bouées d?amarrage
Ponton de plaisance de Dzaoudzi : 50
anneaux et 130 bouées d?amarrage
57 mouillages entretenus par le Parc Naturel
Marin de Mayotte.
Illustration 28 : Port de plaisance à La Réunion (Port
Ouest), avec au second plan, les catamarans de tourisme
© J.S. Philippe
Les clubs de plongée sont prisés et sont demandeurs d?une diversification des sites de découverte
subaquatique (ex. : cas d?épaves immergées). D'autres activités sont également pratiquées comme le kayak,
la chasse sous-marine, le jet-ski, le ski nautique et le wakeboard.
À La Réunion, l?attrait pour les activités nautiques se développe progressivement depuis les années
1970, malgré des restrictions réglementaires d?usages. Des activités similaires à Mayotte s?y pratiquent, en
plus de la promenade en mer, la voile, du surf, du dragon boat, et du stand-up paddle (Carte 19 : Localisation
des centres de plongée, page 110 ? Carte 20 : Localisation des clubs de canoë-kayak, page 111 ? Carte 28 :
Plaisance et loisirs nautiques à La Réunion, page 118).
Il existe aujourd?hui six ports de plaisance réunionnais :
? Le Port de la Pointe des Galets (550 anneaux dont 50 navires de pêche, géré par le TCO) : c?est le
seul port à pouvoir accueillir des gros navires de plaisance mais qui présente des équipements
vieillissants selon les usagers. De nombreuses dégradations et dépôts d?ordures sauvages sont
constatées par manque de surveillance suffisante ;
? Le Port de Sainte-Rose (100 anneaux dont 12 navires de pêche, géré par la commune) : des travaux
sont en cours pour augmenter la capacité d?accueil. Des équipements sont prévus ;
? Le Port de Sainte-Marie (180 anneaux dont 19 navires de pêche, géré par la CINOR) : port de pêche
et de plaisance, il a fait l?objet de travaux d?extension et de rénovation depuis 2018 pour renforcer la
sécurité et limiter le phénomène d?ensablement.
Concernant les bateaux, un certain nombre sont en mauvais état et devraient être détruits, mais il n?existe
pas de filière de déconstruction navale à La Réunion. Certains sont également habités par des
personnes qui y trouvent une alternative aux logements classiques.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 45
? Le Port de Saint-Gilles-les-Bains (360 anneaux
dont 60 navires de pêche, géré par la CCIR jusqu?en
2022 puis par le TCO) : il est utilisé par les pêcheurs
professionnels mais abrite aussi les ligues de voile, de
plongée, de surf?
? Le Port de Saint-Pierre (370 anneaux dont 30
navires de pêche, géré par la commune) : port de
pêche et de plaisance, il bénéficie de réparations et
d?entretiens réguliers, et de projets d?aménagements ;
? Le Port de Saint-Leu (150 anneaux dont 10 navires
de pêche, géré par le TCO) : historiquement dédié aux
pêcheurs traditionnels, il est utilisé par les particuliers et
professionnels exerçant d?autres activités. Un projet de
réaménagement et d?extension est en cours ;
ENJEUX
? Intégration de pratiques écoresponsables pour la plaisance, les loisirs nautiques et les
activités subaquatiques à fort potentiel économique
? Aménagement et développement des capacités d?accueil des navires (ports à sec)
6. Protection de l?environnement
À Mayotte comme à La Réunion, le patrimoine naturel
marin exceptionnel (lagon de Mayotte, récif corallien
frangeant à l?ouest et affleurements basaltiques à l?est
de La Réunion, nombreuses espèces marines et
côtières?) est particulièrement vulnérable mais
primordial pour le maintien de la qualité de vie des
Mahorais, car il joue un rôle majeur pour le
développement de l?île (ressources en eau, ressources
alimentaires, potentiel économique?).
Ainsi, un certain nombre de structures oeuvrent pour la
protection de l?environnement et participent au
soutien du développement économique local par la
création d?emplois dans ce domaine, mais aussi en
maintenant ou en développant la valeur écosystémique
des milieux naturels (en particulier les récifs coralliens
et écosystèmes associés) par la protection et en
accompagnement du développement d?activités
durables.
Parmi les acteurs clés s?impliquant de manière directe ou indirecte dans la protection de l?environnement, on
peut citer : les administrations et collectivités territoriales, les établissements publics (OFB, Conservatoire du
littoral, BRGM?) et les gestionnaires des Parcs et réserves naturelles, sans oublier les entreprises privées
(tri des déchets notamment) et nombreuses associations.
Dans le cadre de leur mission prioritaire, les TAAF ont notamment mis en place différents outils de
protection et de gestion tels que le Parc naturel marin des Glorieuses (2012) appelé à évoluer en réserve, et
la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et son périmètre de protection (se référer à la
présentation du bassin).
La collectivité est également responsable de la mise en oeuvre des plans de gestion et d?actions
associés, générateurs d?emplois. Ces activités permettent de mobiliser des moyens financiers et matériels
complémentaires qui sont le plus généralement mutualisé aux bénéfices d?autres activités de la collectivité ou
de ses partenaires sur les territoires.
7. Réseaux et systèmes de suivi scientifique
À Mayotte, il existe différents systèmes de suivi scientifique, tels que le Réseau échouage mahorais de
mammifères marins et tortues marines (REMMAT), le Système d?informations halieutiques (SIH),
l?Observatoire des récifs coralliens, et le suivi de la qualité des eaux. Le PNMM, qui gère le REMMAT, pilote
également de nombreux suivis scientifiques : Global Coral Reef Monitoring Network...).
À La Réunion, les récifs coralliens sont également intégrés dans le réseau mondial de suivi des récifs
coralliens (GCRMN) depuis 1998. D?autre part, des suivis sont réalisés en lien avec la Directive cadre sur
l?eau (DCE). A Mayotte comme à La Réunion, un réseau de zones naturelles d?intérêt écologique, faunistique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 46
ENJEU
? Conciliation du développement des activités économiques et touristiques et de la protection
de l?environnement
Illustration 29 : Ambiance sous-marine au niveau d?un
récif frangeant à Mayotte © JS Philippe
et floristique (ZNIEFF) marines est en cours de constitution, comptant déjà près d?une centaine de zones
identifiées et documentées sur la base de l?INPN. (Carte 14 : Zones naturelles d'intérêt écologique,
faunistique et floristique mer (ZNIEFF-Mer) à La Réunion, page 106).
Les TAAF sont le lieu de nombreuses activités de recherche des sciences de la vie aux sciences de
l?univers, menées sur les bases : IRD, IPEV, Ifremer, CNRS, CNES? Dans les eaux de Kerguelen, Crozet,
Saint-Paul et Amsterdam, des contrôleurs de pêche, formés par les TAAF et le MNHN, sont
systématiquement embarqués à bord des navires. Ils s?assurent du respect de la règlementation et
participent au suivi scientifique des pêcheries australes, en collaboration avec les agents de la réserve
naturelle nationale des Terres australes françaises qui sont embarqués plus ponctuellement sur les navires
de pêche pour déployer des protocoles de suivi des ressources halieutiques et des écosystèmes marins.
Dans les eaux des îles Éparses, des observateurs de pêche embarqués à bord des senneurs et palangriers
contribuent au suivi scientifique de la pêcherie thonière. Leur présence permet le respect des mesures de
gestion des ressources marines exploitées stipulées dans le droit international, national et territorial.
8. Souveraineté en mer
Aux menaces constantes comme la pêche illégale, qui peut se manifester par des incursions de navires de
pêche dans les eaux françaises, s?ajoutent d?autres menaces ou paramètres à prendre en compte :
? La multiplication des trafics illicites en raison de la faiblesse des pays de la zone ;
? L?immigration illicite des Comores vers Mayotte ;
? La menace terroriste potentielle ;
? La piraterie au nord du bassin, limitée grâce aux moyens engagés mais qui reste significative ;
? La contestation de la souveraineté de six îles françaises en zone tropicale ;
? L?exercice du jeu des puissances émergentes dans la région (Inde et Chine multiplient les
déploiements dans une volonté d?influence croissante) ;
Dans ce contexte, la présence des moyens maritimes et aériens français est impérative pour affirmer
la souveraineté de la France. La connaissance de la zone implique le partage de l?information et du
renseignement entre les administrations, à l?échelle nationale et internationale, et nécessite un recueil
d?informations dans les zones d?intérêt (ZEE des TAAF, zones de transit des trafics dans le nord de la
région).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 47
ENJEUX
? Accompagnement et soutien au développement de réseaux et systèmes de suivi scientifique
? Acquisition d?expertise locale sur les systèmes de suivi scientifique
Illustration 30 et 31 : Les Frégates militaires basées à La Réunion (à gauche © J.S. Philippe) et l?Astrolabe, le patrouilleur polaire (à
droite © TAAF) assurent la surveillance et la souveraineté française en mer
Chapitre 5 : Changement climatique
1. Les effets du changement climatique sur les îles tropicales
L?océan Indien est la 3ème région du monde la plus touchée par des phénomènes naturels intenses,
avec plus de 50 catastrophes naturelles au cours des vingt dernières années. Selon les scientifiques, le
changement climatique est très probablement un facteur aggravant d?un ensemble de risques naturels déjà
existants, et devrait provoquer une augmentation de leur fréquence et/ou de leur intensité. L?action combinée
de la montée des eaux et d?évènements climatiques plus intenses augmente le risque de submersion marine
pour Mayotte et La Réunion. Cela devrait avoir un impact également sur l?érosion côtière, avec pour
conséquences un recul du trait de côte plus important, et un envasement plus rapide du lagon pour Mayotte.
Le recul du trait de côte et la submersion sont déjà des problématiques majeures pour ces îles et le
changement climatique en augmenterait donc les effets. En outre, le changement climatique entraîne un
réchauffement et l?acidification des eaux. La récurrence de ces phénomènes affaiblit notamment les récifs
coralliens (mortalité partielle par blanchissement des coraux, diminution de la croissance corallienne), ce qui
constitue une problématique majeure pour les îles protégées par des récifs barrière, dont le rôle est important
contre les fortes houles. Enfin, l?altération des écosystèmes coralliens entraîne aussi des modifications au
niveau trophique et ressources halieutiques associées.
La gestion durable des ressources est une problématique forte en contexte de changement climatique. En
effet, ces modifications vont se traduire par des variations de l?ensoleillement, du régime de vents et surtout
des précipitations, pouvant notamment mener à des changements dans les ressources en eau. Cela pourrait
affecter La Réunion, avec de probables changements sur la saison estivale plus chaude, la saison hivernale
plus venteuse, ainsi qu?une baisse globale de la fréquence des précipitations. Les conséquences
amèneraient à des sécheresses plus fréquentes, et surtout à un déséquilibre plus fort en ressources en eau
entre l?Ouest et l?Est de l?île. Cette problématique se pose également pour la gestion des ressources
halieutiques (pêche). En effet, le changement climatique génère des variations de courants qui devraient
mener à une modification des routes de migration, notamment celle du thon listao, l?une des espèces
majoritairement pêchées dans l?océan Indien. Enfin, dans la recherche d?une réduction significative de notre
empreinte carbone, il existe une nécessité forte de réduction de l?utilisation des énergies fossiles et, à
terme, d?autonomie énergétique. Cette transition énergétique bénéficie d?atouts dans les îles du bassin du fait
des conditions climatiques, hydrologiques et de la proximité avec la mer. La Réunion, notamment, affiche
l?objectif d?atteindre l?autonomie énergétique d?ici 2030.
Le changement climatique est également un facteur aggravant pour la problématique de santé publique,
notamment concernant les épidémies. En effet, le changement climatique tend à élargir l?aire de répartition, la
période et l?intensité des transmissions de maladies infectieuses transportées par les moustiques. Ces
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 48
Les scenarii du Groupement d?Experts Intergouvernemental sur
l?Évolution du Climat (GIEC) indiquent, à l?horizon 2100 pour la
zone OI :
? + 1,4 à+ 3,7 °C (valeur moyenne de 2,1°C) de réchauffement des
températures
? -2 à +20 % (moyenne de +4 %) de variation des précipitations
annuelles
? Une élévation pouvant aller jusqu?à 84 centimètres du niveau de
la mer
? L?hypothèse du doublement d?ici 2100 de la distance parcourue
par les manchots royaux pour s?alimenter, dont la plus grande
population se reproduit dans les TAAF, en raison du déplacement des
fronts océaniques.
Plus de 50
catastrophes naturelles
au cours de ces 20
dernières années dans
l?océan Indien, causant
un coût de plus de 17
milliards de dollars aux
économies régionales
risques, combinés aux aléas climatiques et à la dégradation des récifs, peuvent également avoir un impact
sur le tourisme d?agrément.
L?une des problématiques majeures concerne enfin l?impact du changement climatique sur les
écosystèmes et les espèces. Parmi les incidences identifiées, la migration des espèces peut être affectée,
en lien notamment avec la modification des températures (terrestres ou marines), ce qui entraîne des
modifications des niches écologiques (cas des habitats d?altitude) ou des voies migratoires. Les
conséquences peuvent prendre la forme de variations des équilibres écologiques (cas des espèces
exotiques envahissantes au détriment d?espèces indigènes). De plus, l?augmentation des évènements
climatiques violents peut aussi provoquer la destruction de la végétation et l?érosion des plages, ce qui
affecte certaines espèces comme les tortues marines pour la ponte.
2. Les effets du changement climatique des îles australes
Les eaux froides du Sud de l?océan Indien constituent des réservoirs de biodiversité précieux qui
accueillent une faune menacée (30 % des espèces sont menacées selon l?UICN). Ainsi, l?augmentation des
évènements climatiques violents sont susceptibles d?impacter les colonies d?oiseaux marins (érosion,
végétation modifiée?). De plus, le déplacement des fronts océaniques modifie la répartition des espèces
marines, ainsi que les zones d?alimentation des prédateurs supérieurs. Pour illustrer cette problématique, la
distance parcourue par les manchots royaux pour s?alimenter, dont la plus grande population se reproduit
dans les TAAF, pourrait doubler d?ici 2100, mettant en péril l?espèce.
Pour ces îles éloignées, la faible présence humaine limite les impacts associés, ce qui permet d?obtenir des
données pertinentes et fiables sur les impacts environnementaux et sur la biodiversité spécifique en lien avec
les changements climatiques associés.
Depuis plus de 50 ans, les séries de données temporelles offrent des opportunités uniques d?études sur le
long terme pour le suivi de ces thématiques, ce qui positionne les TAAF comme un observatoire des
changements globaux (nombreux programmes de recherches en cours, à l?échelle nationale ou
internationale).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 49
ENJEUX
? Surveillance, étude et anticipation des impacts du changement climatique sur les
écosystèmes.
? Positionnement des TAAF comme un observatoire des changements globaux.
? Maintien et création de partenariats de recherches et de projets coopératifs, interdisciplinaires
et internationaux.
ENJEUX
? Développement des connaissances concernant le changement climatique pour l?ensemble du
bassin : études et suivis du changement climatique, anticipation des effets sur l?environnement
et sur les activités humaines
? Mise en place de politiques et de programmes en anticipation de ces changements
? Sensibilisation aux risques liés au changement climatique
? Sensibilisation aux bonnes pratiques pour un impact environnemental limité
? Réduction de l?utilisation des ressources fossiles, vers une autonomie énergétique
? Anticipation des risques d?épidémie par des systèmes de veille, d?alerte et de plans de
d?urgence
? Anticipation des effets sur les écosystèmes et les espèces et mise en place de mesures de
protection adaptées
Chapitre 6 : Coopération régionale
Les îles françaises du bassin Sud océan Indien, entourées par les eaux internationales et voisines de pays
tiers de l?Union européenne sont le théâtre d?une intense coopération s?exprimant sur les questions
maritimes et dans différentes enceintes.
La coopération régionale maritime du bassin Sud océan Indien s?inscrit dans différentes thématiques
(biodiversité, recherche, pêche, sécurité maritime, ports, croisières et tourisme?)
1. Coopération avec la Commission de l?océan Indien (COI)
La coopération multilatérale des territoires français du bassin Sud océan Indien s?effectue par le biais de la
Commission de l?océan Indien (COI), organisation intergouvernementale qui réunit cinq pays du bassin
(l?Union des Comores, la France, Madagascar, Maurice et les Seychelles). Elle a pour objectif de construire
et développer une Indianocéanie stable, solidaire et durable, et de mener des actions extérieures conjointes
d?intégration et de coopération, en particulier avec l?Afrique orientale et australe.
Institutionnalisée en 1984, elle est aujourd?hui établie et reconnue dans le bassin : avec un portefeuille de
projets d?environ 30M¤ par an, financés essentiellement par le FED et l?Agence française de développement,
la COI attire aujourd?hui de nouveaux bailleurs et observateurs séduits par la réussite de l?organisation.
La COI a permis d?engager de nombreux projets sur les sujets maritimes, en particulier sur la sécurité
maritime (projet MASE), la biodiversité marine, la pêche et sa surveillance ou l?économie bleue (élaboration
en cours d?un plan d?action régional de l?économie bleue ? PAREB).
2. Coopération dans le cadre de la politique commune de la pêche (PCP)
La PCP est une politique intégrée de l?Union européenne dont un pilier est la politique externe. L?Union
européenne a ainsi établi plusieurs accords bilatéraux avec les pays tiers de la zone afin de permettre aux
navires européens de pêcher les ressources excédentaires au sein de la Zone économique exclusive (ZEE)
du pays concerné, dans un environnement réglementé. En contrepartie, les pays partenaires bénéficient
d?une contribution financière qui vise notamment à favoriser le développement de la pêche durable par le
renforcement des capacités scientifiques et administratives, des activités de suivi, de contrôle et de
surveillance. Le FEAMPA est l?outil financier de mise en oeuvre de la PCP. À ce titre, l?une de ses priorités
stratégiques pour la programmation 2021-2027 est de renforcer la gouvernance internationale des
océans et faire en sorte que les mers et les océans soient sûrs, sécurisés, propres et gérés de manière
durable. Ce cadre offre la possibilité d?accompagner des projets de coopération sur ces enjeux.
Les TAAF, en tant que Pays et territoire d?outre-mer (PTOM), ne sont pas soumises aux réglementations
européennes, notamment la PCP.
En outre, il existe plusieurs instances de gestion des pêches compétentes dans le bassin Sud océan Indien,
dont les ORGP (Organisations de gestion des pêches) telles que la Commission des Thons de l?océan Indien
(CTOI) ou l?Accord relatif aux pêches du Sud de l?océan Indien (APSOI).
Ces ORGP sont des organismes internationaux mis en place par des pays ayant des intérêts en matière de
pêche dans une zone géographique spécifique. Certaines organisations sont chargées de gérer l?ensemble
des stocks de poissons d?une zone donnée (APSOI). D?autres se concentrent sur des espèces hautement
migratoires, comme le thon (CTOI). La Commission des pêches du Sud-Ouest de l?océan Indien (CPSOOI)
quant à elle, s?efforce de promouvoir le développement harmonieux de la pêche dans les États parties.
Les ORGP sont constituées à la fois de pays dits « côtiers », situés dans la région concernée, et de pays
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 50
ayant des intérêts dans les pêcheries de cette région. Si certaines ORGP ont un rôle purement consultatif, la
plupart ont le pouvoir de fixer des limites aux captures et à l?effort de pêche, de définir des mesures
techniques et de contrôler l?application des obligations.
La Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l?Antarctique (CCAMLR) a une
vocation environnementale marquée dont un axe fort sur la bonne gestion des ressources halieutiques.
Assurer la sécurité et la sûreté maritime est un enjeu central pour permettre un développement économique
pérenne du bassin, notamment pour les secteurs de la pêche et du tourisme.
La coopération régionale est un vecteur majeur de lutte contre la surpêche et la pêche illicite, non
déclarée et non réglementée (INN). En effet, afin de lutter contre la surpêche et la pêche INN, un Plan
régional de surveillance des pêches (PRSP) a été mis en place par la COI. Financé par l?Union européenne
depuis 2014 (FED et FEDER INTERREG), il organise les patrouilles régionales de contrôle des pêches et la
mise en place d?un Vessel Monitoring System (VMS) régional qui permet de visualiser en continu les
déplacements des navires de pêche. Les actions menées dans ce cadre ont notamment permis d?inquiéter
les flottilles asiatiques naviguant dans la zone et de peser sur certaines pratiques illicites. Le Kenya, le
Mozambique et la Tanzanie ont également pris part à certaines missions, permettant d?élargir et de renforcer
le dispositif déjà en place. Début 2019, le programme Ecofish de l?Union européenne a succédé à
SMARTFISH.
Les organisations institutionnelles et professionnelles de La Réunion, de Mayotte et des pays et
territoires de la zone doivent pouvoir, au travers d?une coopération régionale efficace :
? Organiser des campagnes de surveillance dans l?océan Indien au moyen du patrouilleur des
Affaires maritime (OSIRIS II), embarquant des observateurs français et des pays de la COI, dans les ZEE
des États-membres de la COI ;
? Former des agents en charge de la surveillance des activités maritimes au profit des États du
sud-ouest de l?océan Indien ;
? Échanger l?information entre les autorités en charge de la surveillance des activités maritimes
dans l?océan Indien, permettant d?effectuer des opérations de surveillance de manière conjointe et
régulière en les rendant plus efficaces, plus sûres et moins coûteuses ;
? Mettre en commun des informations relatives à la sécurité des navires détenus par les stations
de pilotage ;
? Surveiller la pêche par satellite pour dissuader les activités illégales, et mettre cette information à
disposition des autres États voisins afin d?assurer leur participation à la répression de ces infractions.
La coopération régionale est également un appui majeur pour le développement du potentiel économique
de l?océan. En effet, elle est un outil essentiel pour favoriser les échanges de savoir-faire entre
professionnels, pour renforcer la compétitivité de la pêche et de l?aquaculture. Elle peut également soutenir le
développement des opérateurs économiques sur les marchés régionaux et internationaux, et soutenir les
processus d?innovation.
La coopération régionale soutient également la protection du patrimoine naturel exceptionnel. En effet,
elle est un dispositif clef pour soutenir la gestion intégrée des zones côtières (GIZC), qui consiste à
consolider, capitaliser et diffuser les démarches corroborées par l?expérience de terrain, au travers de
partenariats actifs d?acteurs locaux et régionaux, pour :
? Favoriser et appuyer le développement (et la réplication dans la région) de bonnes initiatives
locales
? Mettre en commun les compétences, les expériences, les connaissances et les outils
développés dans la région
? Développer les liens, mettre les acteurs réseau et renforcer la coopération entre les partenaires
régionaux
? Soutenir une gestion intégrée, articulant une approche terre-mer.
En outre, l?axe 3 du plan de développement stratégique 2018-2021 de la COI comporte un volet « gestion
des risques de catastrophes et adaptation au changement climatique ».
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 51
Il est important de noter également la présence du WIOMSA (Western Indian Ocean Marine Science
Association), association internationale extrêmement active dans la région Sud océan Indien (> 1000
membres). Cette association oeuvre depuis une vingtaine d?années pour l'émergence d'une communauté
scientifique dans la région Afrique de l'Est et océan Indien avec des finalités de gestion durable des
ressources marines pour lutter contre la pauvreté des populations humaines dépendantes de ces
ressources. Elle s?implique également dans la formation et la mise en réseau des personnes impliquées dans
les sciences marines des écosystèmes océaniques de l?océan Indien occidental (scientifiques, gestionnaires,
privés...). WIOMSA constitue la plus importante organisation régionale dédiée à l'émergence et au
renforcement des capacités en sciences marines dans l?océan Indien.
3. Coopération dans le cadre de la politique régionale de l?Union européenne
Afin de développer des projets de coopération transfrontalière avec les pays voisins, Mayotte et La
Réunion disposent chacune d?enveloppes de fonds européens (dits INTERREG V) pour la période 2014-
2020. En outre, une somme supplémentaire est disponible pour la coopération transnationale entre La
Réunion, Mayotte et les TAAF, et les États du grand voisinage.
Sur cette base, la région Réunion a développé en partenariat avec l?État et l?Université et avec l?appui de la
COI, une remarquable initiative de construction d?un outil d?aide à la décision dans le domaine de la
planification spatiale maritime (PSM) : le projet « Océan Métiss ».
Le programme de coopération, abondé par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) et le
Fonds Européen de Développement (FED)3, se décline en cinq priorités stratégiques :
? Construire un espace de recherche et d?innovation, en mutualisant la recherche et le
développement dans le secteur de la pharmacopée, des biotechnologies, de l?énergie et du changement
climatique ;
? Consolider la coopération économique, notamment le développement des échanges de produits
agricoles et agro-alimentaires, la gestion durable des pêches et la coopération dans le domaine du
tourisme ;
? Développer les capacités d?adaptation au changement climatique et la prévention et la gestion
des risques avec le renforcement du dispositif régional de protection civile, la coopération sur les risques
épidémiologiques et infectieux, et la prévention des risques liés aux activités marines (pollution marine et
côtière) et au risque requin ;
? Valoriser le patrimoine naturel et culturel grâce à des actions conjointes de préservation de
l?environnement et de la biodiversité ;
? Renforcer les compétences en développant des formations (initiales, professionnelles et
supérieures) d?excellence et en favorisant la mobilité et les échanges de professionnels.
3 Le FED finance des programmes de coopération et de développement économique dans plusieurs pays tiers de la zone.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 52
ENJEUX
? Soutien au développement du potentiel économique du bassin Sud océan Indien
? Renforcement de la sécurité maritime pour permettre un développement économique pérenne
du bassin, notamment pour les secteurs de la pêche et du tourisme
? Soutien à la protection du patrimoine naturel exceptionnel
? Implication des régions ultrapériphériques et des pays de la zone océan Indien dans la
gestion des pêches régionales
Chapitre 7 : Le nouveau contexte sanitaire
Le contexte épidémique lié à la COVID-19 a marqué l?année 2020 dans le secteur maritime comme partout
ailleurs. Il a généré la prise en compte d?un risque jusqu?alors sous-estimé qui devrait générer durablement
des changements de fond dans nos comportements, en matière de mobilité notamment.
Le mouvement général de « repli sur soi » observé partout en 2020, que traduit spécialement le confinement,
et le ralentissement significatif des activités économiques et sociales ont eu des effets très divers dans le
domaine maritime. Certains peuvent d?ores et déjà être quantifiés, par exemple la baisse de trafic portuaire
ou la chute de la fréquentation touristique. D?autres effets ne pourront être documentés que plus tard, par
exemple, les effets sur les écosystèmes de l?interruption des activités humaines. D?une manière
générale, il ne sera vraiment possible d?évaluer les effets de la crise sanitaire qu?une fois celle-ci terminée, ce
qui n?est pas le cas à la date de validation du document stratégique de bassin maritime.
Les acteurs ont dû s?adapter pour poursuivre des opérations d?intérêt essentiel pour la population. Port
Réunion a mis en place, en collaboration avec les entreprises et salariés, un protocole de manutention des
marchandises, sécurisé sur le plan sanitaire. Cette adaptation des usages a permis de préserver non
seulement la santé des travailleurs portuaires mais également de garantir la poursuite des
approvisionnements en marchandises. A Mayotte, l?opération Résilience a permis d?apporter un renfort
sanitaire mais également au titre de la logistique maritime pour garantir le bon approvisionnement de l?île.
Dans les TAAF, l?impérieuse nécessité de préserver les territoires du virus a conduit à renforcer les
protocoles sanitaires préalables à l?embarquement pour le Marion Dufresne et les navires de pêche, avec
un impact sur la bonne réalisation des programmes scientifiques.
La crise liée à la COVID-19 a aussi apporté quelques opportunités. Ainsi, La Réunion est devenue un des
rares ports de l?océan Indien où les navires peuvent effectuer une relève d?équipage. Plus de 1 100 navires
et 14 000 gens de mer ont ainsi transité par ce territoire pour rentrer dans leur pays ou rejoindre leur navire
générant une activité économique inespérée pour certains acteurs (agents maritimes, compagnies de
transport à passagers).
En réalité, toutes les activités devront s?adapter peu ou prou à un contexte sanitaire incertain et contraignant,
même après la généralisation des vaccins. Les conséquences pour les personnes et les organisations, les
menaces et les opportunités ne peuvent pas être appréhendées avec précision à ce stade. Mais elles
infléchiront à la fois la lecture des orientations découlant de la présente stratégie et, en conséquence, les
modalités de sa mise en oeuvre.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 53
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 54
PARTIE 2
DE L?ÉTAT DES
LIEUX À LA
STRATÉGIE
Chapitre 1 : Tableaux de synthèse sur les 13 thématiques
L?état des lieux du bassin maritime Sud océan Indien a permis de d?identifier 13 thématiques qui ont été
présentées et validées par les membres du Conseil maritime ultramarin du bassin Sud océan Indien (CMUB),
lors de son assemblée plénière le 13 novembre 2018 :
1. Ecosystèmes marins et côtiers
2. Pêche maritime
3. Aquaculture
4. Ports et transport maritime, industries navales et nautiques
5. Energies marines renouvelables
6. Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
7. Aménagement du littoral et offre touristique
8. Paysage, sites et patrimoine
9. Risques et changements globaux
10. Connaissance, recherche et innovation
11. Emploi/formation
12. Sensibilisation du public
13. Coopération régionale
Quatre ateliers de travail ont alors été organisés à La Réunion et à Mayotte en juin 2019 et ont réuni les
référents désignés pour chacune des thématiques. Ils ont permis de répondre aux objectifs qui étaient fixés,
à savoir la formalisation d?enjeux transversaux, la définition des objectifs stratégiques et opérationnels de
chacune des thématiques, ainsi que la déclinaison des objectifs en cadre d?actions.
Atelier 1 : Protection de l?environnement
? Écosystèmes marins et côtiers (Thématique 1) ;
? Paysages, sites et patrimoine (Thématique 8).
Atelier 2 : Prévention des risques et gestion du trait de côte
? Risques et changements globaux (thématique 9) ;
? Aménagement du littoral et offre touristique (Thématique 7) ;
? Ecosystèmes marins et côtiers (Thématique 1) ;
? Ports et transports maritimes, industries navales et nautiques (Thématique 4).
Atelier 3 : Connaissance, recherche, innovation et éducation-formation
? Connaissance, recherche et innovation (Thématique 10) ;
? Emploi/formation (Thématique 11) ;
? Pêche maritime (Thématique 2 ;
? Sensibilisation du public (thématique 12).
Atelier 4 : Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin
? Pêche maritime (Thématique 2) ;
? Aquaculture (Thématique 3) ;
? Ressources marines et énergies marines renouvelables (Thématique 5) ;
? Ports et transports maritimes, industries navales et nautiques (Thématique 4) ;
? Plaisance et loisirs (Thématique 6) ;
? Aménagement du littoral et offre touristique (Thématique 7).
Les tableaux ci-dessous présentent les résultats de ces travaux. À noter que les thématiques coopération
régionale et changement climatique ont fait l?objet d?une appréhension transversale. Ces tableaux, issus des
ateliers de travail collaboratifs, permettent donc d?identifier les briques de construction de la stratégie du
DSBM qui sera développée en partie 3 en se concentrant sur les domaines où une action au niveau du
bassin est pertinente.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 55
Thématique 1 : Écosystèmes marins et littoraux
Enjeux transversaux
identifiés
? Les nécessaires conservation et restauration de la biodiversité
? Le maintien et l?amélioration de la qualité des masses d'eaux littorales
? La gestion des pressions anthropiques sur le littoral, milieu marin et sur les bassins versants associés
? La nécessaire définition d?un cadre et du suivi des usages sur le littoral et en mer
? Le développement de l?approfondissement des connaissances
? Le renforcement de la communication et sensibilisation liées à la valorisation et préservation de la biodiversité
? L?adaptation et la résilience des écosystèmes littoraux et marins
? La nécessité de gérer durablement les ressources
Objectif stratégique Préserver et tendre vers une amélioration de l'état de conservation des écosystèmes marins et littoraux
Sous-thématiques Biodiversité Qualité de l?eau et continuum terre-mer
Objectifs particuliers
Garantir les conditions optimales de conservation de l?ensemble des
écosystèmes naturels littoraux et maritimes
Limiter les pressions d?origine anthropique sur la qualité de l?eau
Objectifs transversaux
? Participer à la protection du patrimoine naturel maritime remarquable de la zone SOI
? Comprendre et prévoir les phénomènes liés au changement climatique et favoriser l?adaptation et la résilience des écosystèmes
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Mettre en place les moyens et les actions pour la conservation des
écosystèmes marins et littoraux (habitats, espèces...)
? Définir et mettre en oeuvre des actions permettant la protection
intégrale des récifs coralliens du bassin
? Développer les actions de restauration et de reconquête naturelle
? Disposer d?outils de protection adaptés du patrimoine naturel
? Renforcer et mutualiser les moyens de contrôle et de surveillance
? Développer des programmes d?amélioration de la connaissance à
l?échelle du bassin
? Mettre en réseau les espaces protégés du bassin afin d?échanger les
connaissances et bonnes pratiques
? Identifier et limiter l?ensemble des pollutions d?origine
anthropique
? Approfondir les connaissances et le suivi sur l?ensemble des
pollutions
Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les connaissances sur les capacités de charge des territoires et écosystèmes littoraux (
Actions transversales
Coopération régionale
? Développer et renforcer les collaborations des îles françaises du bassin entre elles, au sein de la zone SOI et à l?échelle internationale
Changement climatique
? Développer les observatoires et les réseaux d?observatoires à l?échelle du bassin sur les thématiques de changement globaux et climatiques
? Définir et mettre en place des actions facilitant la résilience et l?adaptation des écosystèmes
? Mettre en oeuvre le plan national d?adaptation au changement climatique dans le bassin
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
56
Thématique 2 : Pêche maritime (1/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? Le maintien d?une pêche professionnelle respectueuse de l?environnement et de la ressource
? L?importance de régler les conflits d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir, la pêche informelle et la pêche professionnelle
? Le développement et la valorisation des filières locales de commercialisation et transformation des produits de la mer
? La lutte contre la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non règlementée
Objectif stratégique Soutenir une pêche durable et innovante
Sous-thématiques
Développement d?une pêche
durable
Pêche de loisir
responsable
Transformation et commercialisation des produits
halieutiques
Objectifs particuliers Maintenir et valoriser une pêche durable à l?échelle du Bassin
Accompagner la mise en place, le développement et la valorisation
des filières locales de commercialisation et transformation des
produits de la mer
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Maintenir et renforcer une coopération internationale pour une pêche durable à l?échelle de la zone SOI
? Poursuivre la coopération régionale pour le renforcement de l?attractivité de la profession
? Prendre en compte le changement climatique dans la gestion des pêches dans les îles françaises
Territoires concernés Bassin Mayotte et La Réunion Bassin (et de manière différenciée selon les territoires)
Cadre d?actions
? Renforcer le suivi de la
ressource afin d?avoir une
vision de long terme
? Définir un effort de pêche
durable
Lutter contre la
commercialisation des
produits issus de la pêche
de loisir et la pêche
informelle
? Structurer la filière professionnelle
? Développer la labellisation des produits
? Renforcer les capacités de stockage et sécuriser la filière
? Valoriser les déchets issus de la filière
Focus Réunion & Mayotte :
? Favoriser les circuits courts
Actions transversales
Coopération régionale
? Renforcer la lutte commune contre les pêches INN
? Développer les missions de surveillance conjointes
? Étudier le principe d'une évaluation conjointe de certains stocks des pays de la zone
? OEuvrer pour le maintien des accords de pêche à l?échelle internationale
Changement climatique
? Évaluer l?impact du changement climatique sur la ressource
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
57
Thématique 2 : Pêche maritime (2/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? La nécessité d?une pêche professionnelle plus respectueuse de l?environnement et de la ressource
? L?importance de régler les conflits d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir et la pêche professionnelle
? Le développement et la valorisation des filières locales de commercialisation et transformation des produits de la mer
? La lutte contre la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non règlementée
Objectif stratégique Soutenir une pêche durable et innovante
Sous-thématiques Adaptation de l?outil de travail Surveillance des pêches
Objectifs particuliers
Optimiser et mettre aux normes les outils de production et de
pêche
Augmenter les moyens et contrôles en matière de pratiques des
pêches
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Maintenir et renforcer une coopération internationale pour une pêche durable à l?échelle de la zone SOI
? Poursuivre la coopération régionale pour le renforcement de l?attractivité de la profession
? Prendre en compte le changement climatique dans la gestion des pêches dans les îles françaises
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Bassin
Cadre d?actions
? Mettre en place un plan de renouvellement et de
modernisation de la flottille
? Créer des points de débarquement
? Augmenter les contrôles aux points de débarquement
? Limiter le nombre de points de débarquement
Actions transversales
Coopération régionale
? Renforcer la lutte commune contre les pêches INN
? Développer les missions de surveillance conjointes
? Étudier le principe d'une évaluation conjointe de certains stocks des pays de la zone
? OEuvrer pour le maintien des accords de pêche à l?échelle internationale
Changement climatique
? Évaluer l?impact du changement climatique sur la ressource
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
58
Thématique 3 : Aquaculture
Enjeux transversaux
identifiés
Un potentiel aquacole et en biotechnologies marines à exploiter de manière adaptée selon les territoires du bassin
Objectif stratégique Soutenir une aquaculture durable, efficace dans l?utilisation des ressources, innovante et compétitive
Sous-thématiques Relance de la filière dans le respect des écosystèmes Développement de la filière aval
Objectifs particuliers Identifier et soutenir les projets aquacoles durables
Accompagner la mise en place, le développement et la
valorisation des filières
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
Territoires concernés Mayotte La Réunion
Cadre d?actions
? Créer une unité de recherche visant à accompagner le
développement de la filière, promouvoir sa diversification et
sécuriser la mise sur le marché des produits
? Mettre en place les outils permettant d?accompagner les
porteurs de projets
? Sécuriser les niveaux de production
Réaliser une étude de marché intégrant les habitudes de
consommation et les circuits courts
Actions transversales
/
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
59
Thématique 4 : Ports, industries navales et nautiques
Enjeux transversaux
identifiés
? La continuité du développement et la pérennisation des ports de commerce, et services maritimes associés, comme vecteurs de
développement essentiels aux territoires français du bassin
? Des travaux publics maritimes très attendus à fort impact économique
? L?importance du développement, de la structuration et de la pérennisation d?une filière construction et réparation navale en support
à l?économie bleue
? Une nécessaire surveillance des activités et du milieu marin (cf. en lien avec le sujet pêche)
Objectif stratégique
Accompagner les systèmes portuaires français du bassin SOI et encourager leur rôle de support du
développement des territoires
Sous-thématiques Connectivité maritime et compétitivité portuaire Construction navale et réparation navale
Objectifs particuliers
Renforcer la connectivité maritime des territoires français dans la zone
SOI pour développer et maintenir leur attractivité (offre de service,
fluidité, ?)
Augmenter l?offre de services en matière de construction et
réparation navale dans la filière
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Développer une offre complémentaire en matière portuaire et construction et réparation navale à l?échelle de la zone SOI
? Rechercher les modalités d?accompagnement des ports français de la zone SOI en matière de sûreté portuaire
? Veiller à la prise en compte du changement climatique dans la programmation des aménagements portuaires
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Mayotte et La Réunion
Cadre d?actions
? Étudier et mesurer les impacts de l'amélioration de la connectivité
maritime à l?échelle des territoires français (indicateurs)
? Définir et mettre en place un plan d?investissement
(infrastructures et outils associés) améliorant la compétitivité
portuaire
? Valoriser le respect des normes et la qualité environnementale
des ports français à l?échelle de la zone
Focus Mayotte :
? Consacrer Mayotte comme port de transbordement et de
logistique à l?échelle du canal du Mozambique
Mettre en place les outils et infrastructures nécessaires à la
création et au développement de la filière
Actions transversales
Coopération régionale
? Focus La Réunion : Maintenir Port Réunion comme port de transbordement et de logistique à l'échelle du bassin SOI
? Favoriser le partage des bonnes pratiques et la mise en réseau des ports de l?OI (cf. APIOI, GIZC)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
60
Thématique 5 : Ressources marines et énergies marines renouvelables
Enjeux transversaux
identifiés
L?importance de l?intégration des Énergies marines renouvelables (EMR) dans la stratégie de transition énergétique des territoires du
bassin
Objectif stratégique Développer les énergies marines renouvelables
Sous-thématiques Stratégie de transition énergétique Extraction de matériaux marins
Activités pétrolières et gazières
offshore
Objectifs particuliers
? Atteindre l?autonomie énergétique à horizon
2030 (cf. LTECV)
? Intégrer les EMR dans les stratégies de
transition des territoires
Étudier la faisabilité et l?opportunité de l?exploitation des ressources (matériaux, gaz
et pétrole?)
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Garantir la souveraineté de la France dans les ZEE dans l?hypothèse d?une exploitation des ressources maritimes
? Prendre en compte le changement climatique dans la transition énergétique
Territoires concernés Bassin TAAF TAAF
Cadre d?actions
? Anticiper les besoins portuaires en
infrastructures, en zones et moyens de
logistiques, pour le déploiement et la
maintenance des EMR
? Accompagner le développement des
énergies marines renouvelables dans le
bassin
/ /
Actions transversales
/
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
61
Thématique 6 : Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
Enjeux transversaux
identifiés
Une plaisance des loisirs nautiques et subaquatiques ainsi qu?une plaisance professionnelle à fort potentiel économique intégrant des
pratiques écoresponsables
Objectif stratégique
Encourager des pratiques de loisirs et sports nautiques, subaquatiques et de plaisance mieux structurées et plus
respectueuses entre elles
Sous-thématiques
Ports de plaisance ? zone de mouillage ? mises à l?eau ? bases
nautiques
Compatibilité des activités avec les écosystèmes
Objectifs particuliers
? Développer la capacité d?accueil et la sécurité dans les ports de
plaisance, bases nautiques et services
? Augmenter l?aménagement et la création de sites de mises à
l?eau
Définir un cadre pour le développement de pratiques nautiques
respectueuses de la biodiversité marine
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
Identifier et mettre en oeuvre les meilleures pratiques qui soient respectueuses de l?environnement en matière d?activités nautiques et
subaquatiques à l?échelle de la zone SOI
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Mayotte et La Réunion
Cadre d?actions
? Mettre en place une signalétique globale d?information des
usagers dans la bande des 300m
? Développer la filière de maintenance à destination de la grande
plaisance et les équipements associés
Focus Mayotte :
? Développer une filière de plaisance professionnelle à Mayotte à
l?échelle du canal du Mozambique
? Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les
connaissances sur les capacités de charge des territoires et
écosystèmes littoraux (activités nautiques/loisirs)
? Mettre en place les zonages liés aux usages nautiques (avec
mouillage et bouées libres)
Focus Mayotte :
? Accompagner le développement des pratiques dans le
respect des réglementations, et si nécessaire, leur
adaptation (cf. plan de balisage)
Focus Réunion:
? Valoriser les activités à faible vulnérabilité « requin » (usages
lagon, plongée, voile, etc.)
Actions transversales
/
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
62
Thématique 7 : Aménagement du littoral et offre touristique
Enjeux transversaux
identifiés
? Une nécessaire prise en compte de la préservation et de la valorisation du patrimoine naturel dans les activités balnéaires et la
fréquentation des plages
? Un tourisme dont le développement doit être maitrisé et accompagné
Objectif stratégique Accompagner un tourisme littoral et maritime durable et respectueux
Sous-thématiques Offre touristique
Objectifs particuliers Définir un cadre de développement pour un tourisme littoral et maritime pérenne et durable
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Conforter la connaissance des labels existants autour notamment du concept de "tourisme durable" des îles françaises dans
l?océan Indien
? Prendre en compte le changement climatique dans le développement des politiques touristiques littorales et maritimes
? Proposer une coopération régionale pour homogénéiser la gestion du littoral à l?échelle internationale
Territoires concernés Bassin
Cadre d?actions
Mayotte et La Réunion :
? Développer une approche partagée de l?offre touristique sur le continuum littoral terre-mer
? Promouvoir les cultures et identités de la région sud océan indien
? Renforcer la sécurité des plages et zones de baignade
? Lutter contre les activités de tourisme non autorisées
Focus La Réunion :
? Étudier la possibilité de créer de nouveaux bassins/sites de baignade et spots de surfs sécurisés (cf. problématique « requin »)
Focus Mayotte :
? Faciliter et sécuriser les accès aux plages
Focus TAAF :
? Consolider et pérenniser le partenariat avec PONANT pour l?organisation de croisière dans les Iles Éparses et étudier la faisabilité
du développement d?une filière de tourisme de plaisance durable sur le périmètre du Parc Naturel Marin des Glorieuses
Actions transversales
Coopération régionale
? Renforcer les actions de coopération régionale dans la gestion des zones côtières
? Consolider la promotion d?une destination commune océan Indien (Iles Vanille) à destination des croisiéristes
Changement climatique
? Intégrer les changements climatiques dans le développement de l?urbanisme et du tourisme à l?échelle du bassin
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
63
Thématique 8 : Paysages, sites et patrimoines
Enjeux transversaux
identifiés
? Une prise en compte des paysages littoraux et marins
? Une meilleure prise en compte du patrimoine culturel et historique (bâti, objets et immatériel)
Objectif stratégique Protéger, préserver et mettre en valeur les paysages et le patrimoine littoral et maritime de façon concertée
Sous-thématiques
Paysages littoraux, marins et sous-marins et patrimoine
maritime et littoral
Pratiques traditionnelles
Objectifs particuliers
Préserver et valoriser des sites et paysages marins, sous-marins
et littoraux
Pérenniser et valoriser les savoirs traditionnels et pratiques
vivrières dans le cadre d?une gestion précautionneuse du milieu
marin et littoral
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Valoriser les paysages et le patrimoine à l?échelle de la zone SOI
? Étudier l?impact du changement climatique sur les paysages
Territoires concernés Bassin Mayotte et La Réunion
Cadre d?actions
? Faire un inventaire des éléments patrimoniaux (bâti et
mobilier), ainsi que des paysages littoraux, marins, sous-
marins et littoraux
? Élaborer et mettre en oeuvre une politique de préservation et
valorisation des sites et paysages
? Articuler les modalités de protection prévues par les codes
du patrimoine et de l?environnement
? Valoriser le patrimoine par la communication et la
restauration
? Définir les cadres pour concilier les pratiques vivrières et
savoirs traditionnels et la préservation de l?environnement
? Associer et impliquer l?ensemble des usagers et les acteurs
locaux dans la gestion du patrimoine
Actions transversales
Coopération régionale
? Approfondir la connaissance sur l?histoire et le patrimoine maritimes communs de la zone SOI
? Mettre en réseau les acteurs pour le partage des savoir-faire et la valorisation du patrimoine
Changement climatique
? Approfondir les connaissances et suivre les évolutions des paysages face au changement climatique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
64
Thématique 9 : Risques et changements globaux
Enjeux transversaux
identifiés
? La nécessité d?une planification de l?aménagement du littoral intégrant les risques naturels
? L?anticipation des risques industriels et de pollution des eaux
? Le besoin de sécurisation des espaces maritimes
Objectif stratégique
Accompagner les acteurs économiques littoraux dans l?anticipation et la gestion des risques littoraux, en prenant
en compte la dynamique démographique et le changement global
Sous-thématiques Aléas littoraux naturels Risques industriels Risques sanitaires
Objectifs particuliers
Gérer le territoire dans le respect des
équilibres naturels et littoraux
Mieux prendre en compte les risques
industriels dans la gestion du littoral
Viser un état sanitaire qui garantisse la santé des
écosystèmes et de l?Homme
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
Renforcer et valoriser ?expertise française dans la zone SOI concernant la gestion des risques
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Mayotte et La Réunion Bassin
Cadre d?actions
? Mettre en place une gestion intégrée /
des zones côtières au regard des aléas
littoraux (intégrant la dynamique
démographique)
? Approfondir les connaissances sur
l?ensemble des problématiques des
aléas littoraux naturels (submersion
marine, érosion, tsunami, risques liés au
phénomène sismo-volcanique à
Mayotte?.) et sur les services
écosystémiques (observatoires)
? Approfondir les connaissances sur
les incidences du risque industriel
sur le milieu et les écosystèmes
marins (nouveaux produits
dangereux, nouvelles incidences
potentielles?)
? Recenser l?ensemble des activités et
installations à risques du littoral
? Impulser la prise en compte des
risques dès la conception des futures
installations
? Définir et mettre en oeuvre les moyens pour garantir
la santé des écosystèmes et de l?Homme
? Mettre en place une surveillance accrue des risques
sanitaires (produits consommés de la mer, eaux de
baignade, etc.)
? Améliorer la gestion des risques sanitaires (réseau
d?assainissement, gestion et traitement des déchets,
etc.)
? Approfondir les connaissances sur les incidences
des risques sanitaires sur le milieu et les
écosystèmes marins (incluant nouvelles incidences
potentielles)
Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les connaissances sur les capacités de charge des territoires et écosystèmes littoraux
(risques et résilience)
Actions transversales
Coopération régionale
? Accompagner et soutenir le projet de la PIROI (Plateforme d?Intervention Régionale océan Indien) concernant la gestion des risques
? Pérenniser l?ouverture des assises régionales des risques naturels aux pays de la zone SOI
? Renforcer les actions de coopération des acteurs français au sein des programmes de coopération de la zone SOI
? Faire valoir les cadres nationaux et européens au sein des instances internationales (gestion des risques)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
65
Thématique 10 : Connaissance, recherche et innovation (1/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? L?amélioration de la collecte, la bancarisation ainsi que la valorisation des données dans l?ensemble des territoires
? Le besoin d?apporter un appui au développement de la recherche scientifique ainsi qu?à l?innovation
Objectif stratégique
Soutenir et promouvoir la recherche et l?innovation dans tous les domaines de l?économie maritime (intégrant tous les
champs disciplinaires associés, y compris la dimension humaine et sociétale) et de la transition écologique (au sens large,
y compris la prise en compte des personnes)
Sous-thématiques Collecte et bancarisation des données Valorisation des données
Objectifs particuliers
? Améliorer la collecte, la bancarisation et la valorisation des données sur la base des outils existants
? Inciter à appliquer les méthodologies standardisées européennes même si elles n?ont pas encore de déclinaison dans les régions
ultrapériphériques (DCSMM par exemple)
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Développer les coopérations en matière de recherche dans tous les domaines
? Favoriser le lien entre la base de données SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Impulser la prise en compte des enjeux et de l?expression du changement climatique dans les programmes de recherche
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Travailler au référencement des données et métadonnées
disponibles et partageables au sein du SIMM
? Définir le mode opératoire rendant obligatoire le
partage/bancarisation des données et métadonnées et
documents divers
? Former les acteurs à la démarche de collecte des données
? Créer une bibliothèque virtuelle à l?échelle du Bassin qui
permette une centralisation des documents
? Promouvoir l?outil SIMM afin de mieux valoriser et diffuser les
données
? Favoriser l?accès aux données référencées de manière
pérenne
Actions transversales
Coopération régionale
? Faire l?interface entre le SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Valoriser l?accès au SIMM dans les projets de coopération régionale
? Valoriser l?expertise française à l?échelle internationale
Changement Climatique
? Favoriser le suivi temporel d?indicateurs et de mesures en matière de changement climatique
? Favoriser la contribution à l?effort international de suivi du changement climatique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
66
Thématique 10 : Connaissance, recherche et innovation (2/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? L?amélioration de la collecte, la bancarisation ainsi que la valorisation des données dans l?ensemble des territoires
? Le besoin d?apporter un appui au développement de la recherche scientifique ainsi qu?à l?innovation
Objectif stratégique
Soutenir et promouvoir la recherche et l?innovation dans tous les domaines de l?économie maritime (intégrant tous les
champs disciplinaires associés, y compris la dimension humaine et sociétale), et de la transition écologique (au sens large,
y compris la prise en compte des personnes)
Sous-thématiques Recherche Innovation
Objectifs particuliers
Développer les collaborations en matière de recherche
fondamentale et appliquée dans tous les domaines entre les îles
françaises
Rapprocher le monde économique de celui de la recherche afin
de favoriser les transfert de technologies et de développer de
nouveaux produits / procédés / services à haute valeur ajoutée
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Développer les coopérations en matière de recherche dans tous les domaines
? Favoriser le lien entre la base de données SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Impulser la prise en compte des enjeux et de l?expression du changement climatique dans les programmes de recherche
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Travailler à une meilleure répartition des moyens et outils
dédiés à la recherche scientifique dans les territoires du
bassin
? Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les
connaissances sur les capacités de charge des territoires et
écosystèmes littoraux (biodiversité et qualité de l?eau)
? Définir communément les objectifs de recherche
(privé/public)
? Développer et mettre en place une structure favorisant le
transfert de technologies
? Mettre en place un pôle de compétences unique à l?échelle
du Bassin
Actions transversales
Coopération régionale
? Faire l?interface entre le SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Valoriser l?accès au SIMM dans les projets de coopération régionale
? Valoriser l?expertise française à l?échelle internationale
Changement Climatique
? Favoriser le suivi temporel d?indicateurs et de mesures en matière de changement climatique
? Favoriser la contribution à l?effort international de suivi du changement climatique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
67
Thématique 11 : Emploi, formation
Enjeux transversaux
identifiés
Le développement complémentaire au sein du bassin des formations en lien avec le milieu marin, et l?appui au développement de
l?attractivité des métiers maritimes
Objectif stratégique Développer l?attractivité, la qualification et la variété des emplois de l?économie maritime et littorale
Sous-thématiques
Adaptation et mutualisation des
offres de formation
Formation par la recherche Attractivité des métiers liés à la mer
Objectifs particuliers
Développer une offre complémentaire entre les territoires du bassin
en matière de formations en lien avec le milieu marin, qui soit
cohérente avec les besoins d?aujourd?hui et en anticipation des
besoins de demain
Augmenter le nombre d?emplois pour les métiers liés à
la mer occupés par des jeunes des îles françaises
Objectifs transversaux
? Valoriser l?offre de formations françaises à l?échelle des territoires voisins de la zone SOI
? Intégrer la prise en compte des enjeux du changement climatique dans les formations en lien avec la mer
Territoires concernés Bassin Bassin Bassin
Cadre d?actions
Développer un « observatoire »
des métiers de la mer (besoins
et offres) permettant de faire
des diagnostic emploi/formation,
de définir des préconisations et
de mettre en relation les
différents acteurs
? Renforcer la valorisation des
compétences des diplômés
masters et doctorats à
l?international
? Focus Mayotte : favoriser le
développement de formations
par la recherche au Centre
Universitaire de Mayotte
? Développer les moyens pour une meilleure information
et orientation des scolaires aux métiers en lien avec le
milieu marin, notamment à Mayotte
? Mettre en place un plan de promotion et de valorisation
des métiers liés à la mer à l?échelle du Bassin en lien
avec les professionnels
? Appliquer le régime de l?ENIM à l?échelle du Bassin et
notamment à Mayotte
? Renouveler et moderniser la flottille de pêche
Actions transversales
Coopération régionale
? Identifier et mettre en place les formations par filière répondant aux standards internationaux à l?échelle de la zone SOI
? Développer des échanges entre les différentes formations à l?échelle des territoires voisins de la zone SOI (stages, écoles d?été,
etc.)
? Internationaliser l?offre de formation (niveau master)
Changement climatique
? S?assurer de la prise en compte des enjeux du changement climatique dans l?ensemble des formations des métiers liés à la mer des
îles françaises
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
68
Thématique 12 : Sensibilisation du public
Enjeux transversaux
identifiés
Le renforcement de la sensibilisation- communication et de l?éducation à la mer
Objectif stratégique Conduire le public à prendre conscience du potentiel et de la fragilité de la mer afin qu?il adapte ses comportements
Sous-thématiques Grand Public Jeunes notamment les scolaires
Objectifs particuliers
Sensibiliser le grand public à l?échelle des îles françaises au
potentiel et à la fragilité de la mer pour qu?il adapte ses
comportements
Sensibiliser les jeunes et scolaires des îles françaises au
potentiel et à la fragilité de la mer
Objectifs transversaux
? Promouvoir une sensibilisation sur l?ensemble des thématiques liées à la mer à destination de différents publics l?échelle
internationale
? Intégrer la notion de changement climatique à ces actions de sensibilisation
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Définir et mettre en place un plan d?actions pour la
sensibilisation « littoral et milieu marin » à l?échelle des îles
françaises
? Décliner spécifiquement ces actions à destination des
professionnels par filières
? Mesurer l?efficacité de la sensibilisation du grand public et
identification des bonnes pratiques
? Accompagner et sensibiliser les acteurs et partenaires
publics sur la préservation de la biodiversité, les usages durables,
les aléas littoraux naturels et les risques industriels et sanitaires
? Sensibiliser et accompagner les populations et usagers, et
les acteurs publics aux bonnes pratiques
? Mettre en place des actions de sensibilisation à
destination des jeunes et scolaires des îles françaises
? Intégrer les notions » économie et développement
durable » dans les actions de sensibilisation des jeunes
? Développer des supports pédagogiques
contextualisés, intégrant la culture et les langue locales
Actions transversales
Coopération régionale
Faire le lien avec la coopération internationale à l?échelle de la COI à destination des scolaires (par exemple EcoSchool) et autres
initiatives
Changement climatique
S?assurer de la prise en compte de la notion de changement climatique dans l?ensemble des actions de sensibilisation
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
69
Chapitre 2 : Avenir souhaité pour le bassin à l?horizon 2030
En 2030, les habitants du bassin maritime Sud océan Indien, se sont pleinement approprié les enjeux de leur
espace maritime. Ils sont conscients de la nécessité de protéger la biodiversité exceptionnelle qu?il abrite
et de valoriser son patrimoine, ses sites et paysages et agissent en ce sens. En particulier, la multiplication
des actions en direction des jeunes a permis à ceux-ci d?acquérir une « culture maritime » insuffisamment
présente auparavant.
Les secteurs de la recherche, de l?innovation et du transfert technologique ont progressé de manière notable
et les territoires ont rattrapé leur retard dans ces domaines.
Les Mahorais et les Réunionnais ont parfaitement intégré la réalité du changement climatique et le concept
de « transition écologique et énergétique » et s?accordent sur la nécessité de soutenir une « croissance
bleue » durable à Mayotte et à La Réunion. On constate en particulier :
? Une meilleure exploitation du fort potentiel touristique maritime et littoral à travers l?adaptation de
l?offre touristique et des infrastructures nécessaires aux activités nautiques dans un cadre respectueux de
l?environnement et davantage sécurisé ;
? La création d?emplois, dans un contexte de croissance démographique des deux territoires, favorisée
par l?adaptation et la mutualisation des formations ainsi que l?adéquation dynamique entre l?offre et la
demande ;
? Le développement de filières qui présentaient un retard dans les territoires du bassin : énergies
marines renouvelables, aquaculture, biotechnologies...
La gestion durable des ressources halieutiques et la lutte contre la pêche illégale assurent la bonne santé
des stocks. Dans le respect des pratiques traditionnelles, associées à une évolution des formations et des
outils de travail, elles permettent aux pêcheurs professionnels de vivre de leur métier. La filière aval est
devenue plus performante, en lien avec l?augmentation de la consommation locale de produits de la pêche,
mais aussi de l?aquaculture qui a été relancée durablement.
Les ports de commerce de Mayotte et de La Réunion, véritables poumons économiques des territoires, ont
accéléré le développement de leurs infrastructures et de leurs flux maritimes, acquérant ainsi une position
prépondérante à la croisée des routes maritimes de l?océan Indien et du Canal du Mozambique, tout en
mettant en oeuvre une démarche environnementale exemplaire.
Dans les îles Éparses et les îles Australes, les mesures de gestion et de protection des écosystèmes ont
conforté leur rôle d?observatoire des changements climatiques, en lien avec la coopération internationale.
Cette gestion permet aussi une valorisation durable des ressources naturelles.
En 2030, les risques, tant naturels qu?industriels, font l?objet de politiques rigoureuses de prévention et de
gestion impliquant l?État et les collectivités.
Enfin, la participation active des collectivités à la coopération régionale permet aux populations du bassin de
partager les bonnes pratiques dans le Sud océan Indien et aux entreprises de développer leur activité à
l?échelle indianocéanique / indopacifique.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 70
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 71
PARTIE 3
STRATEGIE POUR LE BASSIN MARITIME
SUD OCEAN INDIEN
Introduction
L?objectif de la stratégie du bassin maritime Sud océan Indien est de définir et mettre en oeuvre un projet de
développement durable global à l?échelle du bassin.
Afin de concrétiser cette stratégie et de répondre aux enjeux identifiés pour le bassin maritime Sud océan
Indien, différents sujets prioritaires ont été mis en lumière répondant aux objectifs stratégiques fixés à horizon
2030. Ces sujets prioritaires, ainsi que les cadres des actions à mettre en place pour y répondre, sont
présentés dans les quatre chapitres qui suivent :
1. Protection de l?environnement et qualité des sites
2. Prévention des risques et gestion du trait de côte / changements globaux
3. Connaissance, recherche, innovation, éducation et formation
4. Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin
La stratégie définie ci-après, est ensuite présentée, en fin de chapitre, sous forme de tableaux tels qu?ils ont
été établis lors des travaux des membres du CMUB et de la commission permanente au dernier trimestre de
l?année 2019.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 72
Chapitre 1 : Protection de l?environnement et qualité des sites
Le bassin maritime Sud océan Indien rassemble une richesse naturelle et culturelle exceptionnelle qu?il
est crucial de préserver et de valoriser. Le DSBM a pour ambition de contribuer à l?amélioration de l?état de
conservation des écosystèmes marins et littoraux, ainsi que de préserver et mettre en valeur les paysages et
le patrimoine littoral et maritime, tant naturel que culturel et historique.
Ces sujets prioritaires sont en adéquation avec les grands objectifs de la Stratégie nationale pour la mer et le
littoral (SNML), en particulier le maintien du bon état écologique du milieu marin, la préservation d?un littoral
attractif et le développement d?une économie bleue et durable.
1. Écosystèmes et biodiversité
Les sujets prioritaires identifiés par le DSBM visent de façon générale à la conservation des écosystèmes,
habitats et espèces marins et littoraux ainsi qu?à l?amélioration de leur état, par la protection,
l?amélioration des connaissances et la réduction des pressions d?origine anthropique.
Les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers sont des habitats majeurs pour les territoires du bassin,
à la fois pour la biodiversité qu?ils renferment, en tant que sites d?alimentation, de protection et de nurseries,
mais ils fournissent également de nombreux services écosystémiques, contribuant par exemple à la fixation
des sédiments et limitant ainsi l?érosion. La vigilance sur l?état de santé des récifs coralliens et leurs
écosystèmes associés portent donc sur des enjeux de conservation et de restauration de la biodiversité,
de gestion des pressions anthropiques sur le milieu marin et d?approfondissement des connaissances.
En premier lieu, il s?agit de définir et d'assurer la mise en oeuvre d?actions permettant la protection
intégrale des récifs coralliens du bassin en coordination avec l?IFRECOR et l?OFB (Office français de la
biodiversité) et avec l?aide d?outils réglementaires et de gestion des aires marines protégées ou des plans
nationaux ou régionaux de conservation. Pour les mangroves et les herbiers, il s?agira de mettre en place des
actions ciblées de protection de ces écosystèmes.
En second lieu, il est proposé de mettre en réseau les espaces protégés du bassin et leurs acteurs afin
d?échanger les connaissances et les bonnes pratiques concernant la conservation des coraux et des
écosystèmes associés. Cela permettra de suivre leur état de santé à l?échelle du bassin, de participer à une
protection globalisée et internationale et d?identifier les meilleures méthodes de conservation.
Illustration 32 : Récifs coralliens et espèces associées, Mayotte © J.S. Philippe
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 73
Pour faciliter la mise en place de ce cadre
d?actions, l?OFB, les Agences régionales de
la biodiversité (ARB) et les Aires marines
protégées (AMP), dont les réserves
naturelles marines, seront mobilisés, de
même que les programmes de coopération
internationale adaptés, tels que IFRECOR.
Ces actions s?inscriront également dans le
cadre de la territorialisation de la stratégie
nationale des aires protégées 2020-2030
préparée par le CMUB.
Le lancement et la mise en place d?un projet de classement UNESCO du lagon de Mayotte permettra à la fois
de répondre aux enjeux de conservation des écosystèmes et de la biodiversité et de contribuer à
l?indispensable besoin de mieux communiquer et sensibiliser les populations et les visiteurs pour la
préservation de la biodiversité grâce à ce statut universellement reconnu. Il convient donc de définir et de
mettre en place des outils de protection adaptés pour le patrimoine afin de préparer les démarches de
classement UNESCO. Ce projet pourra être porté par le Conseil départemental de Mayotte avec le soutien
de l?OFB, en s?appuyant sur les travaux de la stratégie régionale pour la biodiversité et le concours de
l?UNESCO.
La prise en compte de l?augmentation des risques naturels (tsunami,
évènements climatiques extrêmes...) dans la conservation des
habitats marins remarquables, passera par des actions facilitant la
résilience et l?adaptation des écosystèmes, en lien avec les États
voisins dans le cadre de la coopération régionale, à l?initiative de
l?État, des collectivités, des universités et organismes de recherche
et des gestionnaires des sites. L?objectif est de comprendre et de
prévoir les effets des aléas naturels, en particulier du fait des
évolutions climatiques, sur les écosystèmes afin de mieux les
prévenir.
Pour évaluer la résilience des écosystèmes face à la pression des
populations, il s?agit de développer la connaissance des
territoires et écosystèmes littoraux et de ce qui les impacte, sous
le pilotage des gestionnaires des sites et des organismes de
recherche et associations, au travers de programmes de recherche
interdisciplinaires et d?autres outils tels (par exemple REMMAT -
Réseau d?Echouage Mahorais de MAmmifères marins et de Tortues
marines)), les outils régionaux de planification de la gestion des
eaux, ainsi que les travaux des différentes associations d?éducation
au développement durable.
L?un des enjeux majeurs pour le bassin Sud océan Indien est de
mieux connaître et encadrer les usages en mer et sur le littoral. La définition d?une démarche globale dans
la problématique de l?observation des cétacés et autres espèces marines à l?échelle du bassin répond à cet
enjeu, afin de permettre l?exercice de cette activité dans le respect de la faune sauvage. Pour cela, la mise
en place de moyens et d?actions pour la conservation des écosystèmes marins et littoraux, par l?État au
travers de réglementations et de moyens de contrôle, par les AMP avec leurs plans de gestion et avec l?aide
des associations, est primordiale afin de cadrer les usages et d?en limiter les impacts. Il est également
nécessaire de définir des programmes d?amélioration de la connaissance de ces espèces marines à
l?échelle du bassin en s?appuyant par exemple sur le Plan directeur de conservation en faveur des cétacés à
La Réunion et le programme d?actions du Parc naturel marin de Mayotte (PNMM). Enfin, la mise en réseau
des acteurs et des espaces protégés du bassin, notamment les AMP dont les réserves naturelles marines,
permettra d?échanger les connaissances et de généraliser les bonnes pratiques d?observation.
Enfin, pour répondre aux enjeux de maintien et d?amélioration de la qualité des masses d?eaux littorales et de
gestion des pressions anthropiques sur le littoral, le milieu marin et les bassins versants associés, la lutte
contre les rejets nuisibles au milieu marin a été identifiée comme sujet prioritaire qui se décline ainsi :
? Lutter contre la pollution par les plastiques : pour cela, il est tout d?abord nécessaire de sensibiliser, en
particulier au niveau des principales sources afin de limiter les rejets. Des réglementations peuvent venir
également en appui. Le ramassage et la collecte efficaces des déchets plastiques demeurent indispensables
et doivent être renforcés, en premier lieu à terre. La responsabilité en est collective, et l?État, les collectivités
et l?ADEME soutiennent les acteurs locaux dans ces tâches.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 74
Illustration 33 : Hydrophone pour l'écoute des
mammifères marins © J.S. Philippe
? Contribuer à la lutte contre les déchets issus des engins de pêche perdus ou abandonnés en mer,
dans la lignée de la trajectoire outre-mer 5.0 : cela passe à nouveau par une sensibilisation et une
communication importante, pilotée par les acteurs de la pêche, tels que la Chambre d?agriculture et de la
pêche de Mayotte (CAPAM) et le Comité régional des pêches maritimes et élevages marins de La
Réunion (CRPMEM), ainsi que la mise en place d?une collecte systématique.
? Garantir l?application des conventions internationales relatives à la gestion des eaux de ballast :
ces eaux étant un vecteur majeur d?introduction d?espèces exotiques envahissantes, le respect des
réglementations est primordial et devra être assuré par l?État, les armateurs et par les gestionnaires des
ports.
? Promouvoir, sous le pilotage de l?État et dans une volonté d?exemplarité pour la région
indianocéanique, la réduction des rejets et pollutions issus des navires, en particulier les rejets
d?hydrocarbures et de produits chimiques, les émissions atmosphériques, ainsi que des déchets
organiques et non organiques, tant pour la préservation des écosystèmes que pour la protection de la
santé humaine.
2. Paysages et patrimoine littoraux, marins et sous-marins
La stratégie identifie un sujet prioritaire d?élaboration et mise en oeuvre d?une politique de préservation
et valorisation des sites et paysages.
Il vise à répondre à la nécessité de mieux prendre en compte les paysages littoraux et marins et le
patrimoine naturel, culturel et historique dans le bassin en premier lieu par la définition des paysages sous-
marins et littoraux remarquables suivant des critères, propres aux îles de l?océan Indien à définir, et la
valorisation de ces paysages. Il sera nécessaire de s?appuyer sur un inventaire préalable du patrimoine
naturel remarquable et de s?articuler avec les modalités de protection prévues dans le code du patrimoine
et le code de l?environnement.
Une deuxième action consisterait à mettre en réseau les acteurs pour le partage des savoirs et savoir-faire et
la valorisation du patrimoine matériel et immatériel à l?échelle locale, des territoires, du bassin et au-delà des
frontières nationales.
Illustration 34 et 35 : A gauche, Cap Méchant, La Réunion © DMSOI ; A droite, Mtsamboro, Mayotte © J.S. Philippe
Ces actions pourraient être portées par l?État, les collectivités, les gestionnaires de sites (AMP dont les
réserves naturelles?), l?OFB ainsi que les acteurs du monde de la culture et de l?éducation et les
associations. Elles devront s?inscrire dans les documents d?urbanisme ou les atlas des paysages, et
également utiliser des outils réglementaires comme le régime forestier pour les mangroves, les classements
ou inscriptions des sites ou des actions d?inventaire et de valorisation du patrimoine matériel et immatériel.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 75
Chapitre 2 : Prévention des risques et gestion du trait de côte /
changements globaux
Le contexte insulaire est associé à une relation étroite entre risques littoraux, évolution du trait de côte,
aménagement du littoral et gestion de bassins versants de faible superficie. Afin de prévenir ces risques
naturels et sanitaires, le DSBM vise à la gestion intégrée du continuum terre-mer, en prenant en compte les
changements globaux et à l?accompagnement des acteurs économiques littoraux pour une meilleure
anticipation de ces risques dans un contexte de croissance démographique et économique.
Ces sujets prioritaires sont en accord avec les grands objectifs de la Stratégie nationale pour la mer et le
littoral (SNML), en particulier le maintien du bon état écologique du milieu marin et la préservation d?un
littoral attractif ainsi que l?objectif de transition écologique pour la mer et le littoral.
1. Risques et aléas littoraux
Le Sud de l?océan Indien étant fortement exposé aux aléas naturels, il y a lieu de considérer les risques et le
changement climatique, à la fois dans l?aménagement du littoral à l?échelle locale et de façon plus globale à
l?échelle du Bassin.
Cela passe en premier lieu par la mise en place d?une gestion intégrée du continuum terre-mer au regard
des aléas littoraux, en considérant notamment la croissance démographique et le développement
économique, qui conduisent à l?urbanisation et entraînent l?artificialisation du littoral. L?État, au travers de ses
services tels que les DEAL, la DAAF pour les mangroves, le BRGM, Météo France ou le CEREMA, ainsi que
les collectivités territoriales, pourront s?appuyer sur des outils tels que les documents d?urbanisme, et à
Mayotte les programmes de Lutte contre l?érosion des sols et l?envasement (LESELAM2 et ENVALAG) pour
piloter cette action de maîtrise de l?aménagement littoral.
Il est en outre nécessaire d?approfondir les connaissances sur l?ensemble des problématiques des risques
et aléas littoraux naturels, notamment les phénomènes de submersion marine et d?érosion du trait de côte, et
d?assurer le suivi de l?état et de l?évolution de la biodiversité ainsi que les effets des changements globaux Il
convient également de suivre les effets du changement climatique sur les littoraux du bassin et en particulier
à Mayotte, les effets de l?activité volcanique sous-marine et la subsidence associée. Il est important de
mesurer la perception de ces évènements par la population locale. Les Universités et organismes de
recherche mettront en place des programmes de recherche en partenariat avec l?Observatoire du littoral de
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 76
Mayotte, et en s?appuyant sur des outils tels que le plan
LESELAM. Cet approfondissement des connaissances est
primordial afin de permettre l?anticipation et la prévention des
risques naturels littoraux, notamment pour les acteurs
économiques littoraux.
La gestion durable du trait de côte afin de prévenir et limiter les
risques est également prioritaire. Elle dépend de la gestion
intégrée du trait de côte et de la bonne prise en compte de
l?aménagement du littoral dans les différents plans et schémas
locaux, afin de répartir les pressions et d?éviter la saturation de
certaines zones du littoral, qui pourraient mener à des pics de
pollutions accrus. Cette gestion du trait de côte sera pilotée par
l?État et les collectivités, en s?appuyant sur les documents
d?urbanisme et le plan de Gestion intégrée des zones côtières
(GIZC).
Illustration 36 : Recul de la falaise, Pamandzi,
Mayotte © BRGM
2. Risques sanitaires
L?objectif est de viser un état sanitaire qui garantisse la santé des écosystèmes et de l?homme et
d?améliorer une situation aujourd?hui dégradée.
La garantie de la salubrité et de la qualité sanitaire des plages, des eaux côtières et des mangroves
contribuera à atteindre cet objectif en particulier par la mise en oeuvre d?une surveillance accrue des risques
sanitaires, grâce à un suivi régulier et complet de la qualité des masses d?eau et eaux de baignades, ainsi
que par la surveillance de la qualité des produits de la mer consommés. La communication au grand public
des résultats de ces suivis est également importante, afin de réduire les risques en cas de dépassement des
seuils.
Les services sanitaires (ARS, DAAF) et les collectivités seront en charge de la mise en oeuvre de ces actions
de suivi en s?appuyant sur leurs plans de surveillance et de contrôle, des outils tels que les documents
d?urbanisme, les schémas et plans (ex : plan d?urgence de Mayotte) et sur les profils des eaux de baignade.
Il est également nécessaire de définir et mettre en oeuvre les moyens pour garantir la santé des écosystèmes
et de l?homme, avec en priorité la réduction drastique des rejets d?eaux usées non conformes dans le milieu
naturel ainsi que la mise en place généralisée de leur traitement adapté.
Illustration 37 et 38 : Déchets (pneus, filets de pêche, etc.) en mer © A. Bein
3. Risque requin
Une place particulière doit être réservée à la gestion du risque requin qui affecte sensiblement le
développement de l?économie touristique sur le littoral à La Réunion.
Afin de réduire ce risque, et par conséquent son impact sur le développement des activités humaines, il est
nécessaire de mieux connaître les requins, leurs populations et leurs comportements, mais aussi d?identifier
et favoriser la mise en oeuvre de dispositifs de prévention des attaques. Ces actions seront pilotées par les
collectivités territoriales, à travers le Centre sécurité requin (CSR, anciennement CRA), et les associations
d?usagers.
Par ailleurs, les collectivités de La Réunion ont besoin d?être accompagnées dans l?élaboration des politiques
d?aménagement et de développement économique littoral composant avec le risque requin.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 77
Chapitre 3 : Connaissance, recherche, innovation, éducation et
formation
En matière de connaissance, recherche, innovation, éducation et formation, et en cohérence avec les axes
stratégiques de la Stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML), l?ambition est triple. Elle vise, d?une
part, à soutenir et promouvoir la recherche et l?innovation dans tous les domaines de l?économie
maritime et de la transition écologique ; d?autre part, à développer l?attractivité, la qualification et la
variété des emplois de l?économie maritime et littorale ; tout en conduisant le public à prendre
conscience du potentiel et de la fragilité de la mer, afin qu?il adapte ses comportements. Pour ce faire,
plusieurs sujets prioritaires ont été définis dans chacune des thématiques traitées.
1. Connaissance, recherche et innovation
A l?ère de l?ouverture des données publiques, il conviendra tout d?abord de s?assurer que les données
disponibles sont rendues accessibles. Pour ce faire, il s?agira pour les détenteurs de données (État, OFB,
IFREMER et autres organismes de recherche) de travailler au référencement des données et
métadonnées disponibles et partageables au sein du Système d'information sur le milieu marin (SIMM)
en s?appuyant, de manière pérenne, sur les autres bases de données existantes (Conseil départemental de
Mayotte, Océan Métiss, Quadrige, Sextant?). Les clés de succès seront, à la fois, et sur la base du retour
d?expérience d?Océan Métiss, la définition du mode opératoire favorisant le partage et la bancarisation des
données, métadonnées et documents divers, ainsi que la promotion du SIMM visant à mieux valoriser et
diffuser durablement ces données.
Les pilotes pour ces sujets seront les services de l?État, la Région Réunion, le Conseil départemental de
Mayotte, l?OFB, l?IFREMER, les universités et organismes de recherche ainsi que le CEREMA.
Il conviendra également de procéder à un recensement et à une mise à disposition de toutes les études
existantes. La création d?une bibliothèque littorale et maritime virtuelle à l?échelle du bassin, qui permette une
centralisation effective des documents, sera à mettre en oeuvre par les collectivités territoriales pour y
parvenir. Là aussi, il conviendra de s?appuyer sur les retours d?expérience en lien avec les bases de données
documentaires préexistantes.
Au niveau de la coopération régionale, le développement de la coordination et de la coopération en
matière de recherche, et ce, dans tous les domaines, a été avancé comme prioritaire pour le bassin. Ces
domaines incluent en particulier la préservation des écosystèmes (environnement, biodiversité et
ressources associées) et du littoral dans un contexte de changements globaux (accentuation des risques
naturels et des effets du réchauffement climatique). Ainsi les Universités et Instituts de recherche
s?attelleront, à la fois, à développer les collaborations en matière de recherche fondamentale et appliquée
(dans tous les domaines, y compris les sciences humaines et sociales), et également, à travailler à un
rééquilibrage des moyens et outils dédiés à la recherche scientifique dans les territoires du bassin. Des outils
de financement sont d?ores et déjà mobilisables à ces fins (programme de coopération territoriale
européenne INTERREG, fonds de coopération régionale).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 78
2. Emploi et formation
L?adaptation et la mutualisation des offres de formation sont apparues comme d?une haute importance
pour le développement de l?économie maritime, dans toutes ses composantes, à terre comme en mer. Elles
répondent à l?enjeu d?un développement complémentaire, au sein du bassin, des formations en lien avec le
milieu marin, et l?appui au développement de l?attractivité des métiers maritimes. Pour ce faire, il appartiendra
au Conseil régional de La Réunion et au Conseil départemental de Mayotte, compétents pour la formation
professionnelle, en collaboration avec les autorités académiques (Rectorats, DMSOI, DAAF) et les autres
acteurs de la formation (CREFOP, Pôle Emploi), de développer une offre de formation en lien avec
l?économie bleue et la préservation du milieu marin, qui soit complémentaire entre les territoires du
bassin et cohérente avec les besoins d?aujourd?hui et de demain.
Le développement d?un « observatoire » des métiers de la mer permettra de faire des diagnostics
emploi/formation (offre-demande) et de mettre en relation les différents acteurs dans ces domaines. Il sera
mis en place par les services de l?État, les collectivités, les chambres consulaires, les organismes paritaires
collecteurs agréés (OPCA), et le CREFOP, en lien avec les organisations professionnelles et les entreprises
concernées. Cela devra permettre d?aboutir à la définition d?une réelle stratégie de formation aux métiers de
la mer. L?étude de la Maison de l?emploi du Nord de La Réunion sera un des outils mobilisables au lancement
de cet observatoire.
L?identification et la mise en place des formations de marins répondant aux standards internationaux
(STCW), pour chaque filière à l?échelle du bassin, ainsi que le développement des échanges entre les
différentes formations à l?échelle des territoires voisins (stages, écoles d?été...), constituent le troisième
domaine d?actions à mettre en place pour cette thématique. Là aussi, services de l?État, Région et
organismes de formation devront se mobiliser sur la base de cartographies des formations à l?échelle du
bassin Sud océan Indien.
Pour terminer, l?internationalisation de l?offre de formation supérieure se devra d?être accentuée via les
Universités (cf. Erasmus océan Indien). Il est aussi nécessaire de favoriser la poursuite du développement
des formations supérieures liées à la mer et au littoral à Mayotte.
3. Sensibilisation du public
Le renforcement de la sensibilisation des populations à la richesse et à la fragilité de leur patrimoine
marin est un enjeu prioritaire mis en lumière dans le cadre de cette démarche stratégique. La définition ainsi
que la mise en place d?un plan d?actions pour la sensibilisation au littoral et au milieu marin à l?échelle des îles
françaises et en coopération avec les États voisins constitue la première action à mettre en place pour y
répondre. Le développement de supports pédagogiques contextualisés, intégrant la culture et les langues
locales, sera poursuivi. Le pilotage pourra être assuré par les services de l?État, les collectivités, les
associations d?éducation à l?environnement ainsi que les gestionnaires de sites concernés en s?appuyant sur
des outils existants tels le Livre bleu Sud océan Indien, les aires marines éducatives (AME), les réserves
naturelles marines, les labels, le plan ARESMA sur les mangroves ainsi que des programmes de coopération
régionale (ex : Ecoschool).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 79
Chapitre 4 : Développement durable des activités économiques en
lien avec le milieu marin
La stratégie promeut le développement des activités économique dans les différents secteurs de l?économie
bleue : pour la connectivité maritime et la compétitivité portuaire, la pêche maritime, la relance de la filière
aquacole, la plaisance et les loisirs nautiques et subaquatiques, l?aménagement maîtrisé du littoral et le
renforcement d?une offre écotouristique, sans oublier la contribution à la stratégie de transition énergétique.
1. Connectivité maritime et compétitivité portuaire
L?objectif est d?accompagner les systèmes portuaires français du bassin Sud océan Indien et d?encourager
leur rôle de support du développement de ces territoires insulaires. Cette ambition répond aux nombreux
enjeux identifiés tels la poursuite du développement des ports de commerce et services maritimes associés
comme vecteurs de développement essentiels aux territoires français du bassin, l?importance de structurer et
développer une filière construction et réparation navale, la nécessaire surveillance des activités et du milieu
marin ou encore l?opportunité de travaux publics maritimes à fort impact économique et social.
Cela doit se traduire tout d?abord, par la priorité donnée au renforcement de l?attractivité des ports des
territoires français du bassin. Pour ce faire, il s?agira d?accompagner les ports français dans la recherche
de compétitivité, d?anticiper les besoins portuaires (infrastructures, zones logistiques), d?identifier et de
réserver le foncier nécessaire pour y répondre au mieux et également d?étudier et de mesurer les impacts de
l?amélioration de la connectivité maritime à l?échelle des territoires français.
Cet accompagnement doit également se traduire dans l?élaboration de plans d?investissement
(infrastructures et outils associés) visant à améliorer la compétitivité portuaire. Enfin, la valorisation du
respect des normes et de la qualité environnementale des ports français est un atout à développer.
Une seconde priorité a été mise en lumière pour répondre à cette ambition, celle du développement de la
complémentarité, à l?échelle du bassin, des offres en matière portuaire, et construction et réparation
navale. L?ensemble des cadres d?actions identifiés pour ces deux sujets prioritaires se devra d?être porté et
mis en oeuvre à la fois par les services de l?État, les collectivités territoriales, les gestionnaires de ports ainsi
que les opérateurs portuaires concernés.
2. Pêche maritime
Le soutien à une activité de pêche professionnelle durable et innovante est une ambition partagée par
les parties prenantes du bassin.
Dans cet objectif, il a été retenu comme prioritaire de mieux connaître les ressources halieutiques en vue
d?établir des règles de gestion adaptées. Ont également été soulignés l?importance de régler les conflits
d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir et la pêche professionnelle, de développer et valoriser les filières
locales de commercialisation et transformation des produits de la mer, et enfin de demeurer vigilant dans la
lutte contre la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
Pour répondre à la priorité de développer durablement la filière pêche maritime professionnelle, il conviendra
tout d?abord pour la DMSOI, la DEALM et d?autres acteurs de la mer (collectivités,
CRPMEM/CAPAM/SARPC, IFREMER, IRD, PNMM, MNHN...) de favoriser la collecte des données, en
s?appuyant notamment sur le système d?information halieutique d?ores et déjà mis en place.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 80
Il sera également nécessaire de généraliser une approche écosystémique de la gestion des pêcheries
avec le concours des organisations professionnelles. L?optimisation, et si besoin, la mise aux normes des
outils de production et de pêche font partie des actions à mettre à place par les mêmes acteurs en présence,
avec le financement du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture (FEAMPA) et
du plan de relance et la mise en place d?un plan de renouvellement et de modernisation de la flottille ainsi
que la création ou l?aménagement des points de débarquement.
IIlustration 39 et 40 : Les palangriers Manohal et Reder Mor à La Réunion © J.S. Philippe
3. Relance de la filière aquacole
Le soutien d?une filière aquacole durable et efficace dans l?utilisation des ressources, qui soit également
innovante et compétitive, est une ambition prioritaire qui concerne surtout le territoire de Mayotte.
Pour ce faire, une première étape consistera dans le redémarrage de l?activité aquacole par la mise en
oeuvre de l?écloserie-nurserie en cours de construction. Il conviendra de s?orienter alors vers la création d?un
centre technique et de recherche visant à accompagner le développement de la filière, à promouvoir la
diversification, notamment des espèces, et également à sécuriser la mise sur le marché des produits.
Les services de l?État, les collectivités, ainsi que les organisations professionnelles, potentiels porteurs de
ces cadres d?actions, pourront s?appuyer sur le Schéma régional de développement de l?aquaculture marine
de Mayotte (SRDAM) ainsi que sur le Plan stratégique de développement durable de l?aquaculture mahoraise
(PSDDAM), et bénéficier d?un financement via le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et
l?aquaculture(FEAMPA).
4. Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
L?ambition est aussi d?encourager les pratiques de loisirs et sports nautiques, subaquatiques et de
plaisance, en veillant à mieux les structurer, dans une logique d?intégration de pratiques écoresponsables,
et à garantir leur respect mutuel.
Cela devra se matérialiser prioritairement par le développement de la capacité d?accueil et de la sécurité
des ports de plaisance, des zones de mouillage, des zones de mise à l?eau et des bases nautiques. Pour ce
faire, différentes actions se devront d?être mises en oeuvre, sur la base des documents d?urbanisme intégrant
correctement ces enjeux, par les services de l?État, les collectivités, les gestionnaires de ports et acteurs
associatifs concernés, notamment du mouvement sportif. Il s?agira ainsi de développer la capacité et la
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 81
qualité d?accueil (y compris en matière de sécurité) des ports de plaisance et de leurs services, ainsi que la
capacité et l?accessibilité des bases nautiques existantes. Concernant les sites de mise à l?eau, l?inventaire
des besoins d?aménagement et de création de nouveaux sites sécurisés et accessibles constitue un cadre
d?actions complémentaire, tout en veillant à une gestion économe de l?espace littoral et à la préservation de
la biodiversité. Quand les conditions le permettent, il conviendra ainsi de favoriser les ports à sec. La
stratégie identifie également le besoin de mettre en place une signalétique globale d?information sur la
réglementation des usages dans la bande des 300 mètres et la sensibilité du milieu.
Illustration 41 : Saut de baleine, La Réunion © Laurent Debordes, GLOBICE
5. Aménagement du littoral et offre touristiques
Une nécessaire prise en compte de la préservation et de la valorisation du patrimoine naturel marin et
littoral dans les activités balnéaires et la fréquentation des plages, ainsi qu?un tourisme dont le
développement doit être maîtrisé et accompagné, sont les principaux enjeux forts identifiés pour cette
thématique.
Le développement d?un tourisme littoral et maritime pérenne et durable est donc stratégique et
prioritaire pour le bassin Sud océan Indien. Pour y parvenir, les collectivités ainsi que les professionnels du
tourisme se devront à la fois, d?informer le public et les autres professionnels concernés, et valoriser les
labels existants concernant le « tourisme durable » dans les îles françaises de l?océan Indien, mais
également de développer une approche partagée de l?offre écotouristique sur le continuum littoral terre-mer.
En particulier, des bassins de baignade pourront être créés hors des zones récifales pour alléger la pression
sur ces milieux vulnérables, des opérations de communication devront également être mises en place
afin de promouvoir et valoriser les cultures et les identités de la région Sud océan Indien, ainsi que la
destination commune océan Indien (Îles Vanille), en particulier les destinations Mayotte et La Réunion, en
direction des croisiéristes, pour des croisières haut de gamme et des croisières d?exploration, compatibles
avec les capacités d?accueil des différents ports du bassin.
De nombreux outils, comme les schémas de développement touristiques et les documents d?urbanisme, ont
d?ores et déjà été mis en place sur ces sujets et serviront de socle commun à la mise en oeuvre de ces
actions.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 82
6. Contribution à la stratégie de transition énergétique
Enfin, il est apparu primordial que les acteurs de
l?économie bleue du bassin se préparent à être en
capacité de répondre favorablement à une demande en
lien avec le développement des énergies marines
renouvelable (EMR). Pour cela, une veille R&D à
l?échelle du bassin, ainsi qu?une anticipation des
réserves foncières et des infrastructures mobilisables
seront nécessaires pour pouvoir capter et
accompagner les projets pertinents pour le bassin dès
leur émergence.
Les porteurs potentiels de ces actions d?anticipation sont les pouvoirs publics, les collectivités, les opérateurs
mais aussi les gestionnaires des ports qui pourront s?appuyer sur les documents d?urbanisme, les schémas
régionaux, les stratégies des ports ainsi que la programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) qui identifie
l?opportunité et les freins au développement de l?éolien en mer, de la climatisation à l?eau de mer (SWAC), de
l?énergie thermique des mers et du houlomoteur.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 83
Illustration 42 : Prototype d?ETM, Saint-Pierre, La Réunion
Tableaux des éléments de stratégie
Les tableaux ci-après présentent, pour chacun des chapitres, les sujets prioritaires identifiés et pour
lesquels des cadres d?actions (avec modalités de pilotage, de financement et outils associés) ont été
précisés.
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Chapitre 1 ? Protection de l?environnement et qualité des sites
Écosystèmes et biodiversité
Vigilance sur l?état de santé
des récifs coralliens,
mangroves et herbiers
Définir et mettre en oeuvre des actions
permettant la protection intégrale des récifs
coralliens du bassin en coordination avec les
initiatives déjà existantes dans le cadre de
l?action d?IFRECOR et l?Office français de la
biodiversité (OFB), Engager des actions de
protection particulières aux mangroves et aux
herbiers
- État (réglementation), aires marines
protégées (AMP), Conservatoire du littoral,
réserves naturelles marines et leurs plans
de gestion
- Outils de gestion-conservation des
espèces (Plan national d?action et plan de
conservation), déclinaison territoriale de la
stratégie nationale des aires protégées
-Financements : FEDER, INTERREG, Plan
de relance, LIFE
Mettre en réseau les espaces protégés du
bassin afin d?échanger les connaissances et
bonnes pratiques
- Office français de la biodiversité (OFB ?
dont réseau TE ME UM), agences
régionales de la biodiversité (ARB) et aires
marines protégées
- Outils : Programmes de coopération COI /
IFRECOR
-Financements : FEDER, INTERREG
Lancement et mise en place
d?un projet de classement
UNESCO pour le lagon de
Mayotte
Définir et mettre en place des outils de
protection adaptés pour le patrimoine naturel
- Conseil départemental de Mayotte, OFB
- Outils : Classement UNESCO, Stratégie
régionale pour la biodiversité
Prise en compte de
l?augmentation des risques
naturels (tsunami,
évènements climatiques
extrêmes, ?) dans la
conservation des habitats
marins remarquables
Définir et mettre en place des actions facilitant
la résilience et l?adaptation des écosystèmes
- État (DEAL), universités et organismes de
recherche et gestionnaires des sites
Développer et renforcer les collaborations des
îles françaises du bassin entre elles, au sein de
la zone SOI et à l?échelle internationale
- État et collectivités, universités et
organismes de recherche
Importance d?évaluer la
résilience des écosystèmes
face à la pression des
populations
Définir et homogénéiser la méthode, et
approfondir les connaissances sur la résilience
des territoires et écosystèmes littoraux
(biodiversité et qualité de l?eau)
- Gestionnaires des sites (AMP, réserves
naturelles marines Conservatoire du
littoral...)
- Outils : programmes de recherche
universitaire interdisciplinaires, REMMAT
(Réseau d?Echouage Mahorais de
MAmmifères marins et de Tortues marines)
Définition d?une démarche
globale dans la
problématique de
l?observation des cétacés et
autres espèces marines à
l?échelle du Bassin en vue
de leur conservation
Mettre en place les moyens et les actions pour
la conservation des écosystèmes marins et
littoraux
- État (réglementation), aires marines
protégées (AMP) et leurs plans de gestion,
associations
Développer des programmes d?amélioration de
la connaissance (cétacés et autres espèces
marines) à l?échelle du Bassin
- État (DEAL), Région, CEDTM, universités
et organismes de recherche, concours des
gestionnaires de sites et associations
- Outils : Plan directeur de conservation
(PDC) en faveur des cétacés
Mettre en réseau les espaces protégés du
Bassin afin d?échanger les connaissances et
bonnes pratiques d?observation
- AMP, réserves naturelles marines et leurs
plans de gestion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 84
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Lutte contre les rejets
nuisibles au milieu marin
Lutter contre la pollution par les plastiques
(sensibiliser, réglementer, collecter et valoriser,
ramasser)
- État, ADEME, collectivités, associations
En référence à la trajectoire outre-mer 5.0,
contribuer à la lutte contre les déchets issus
des engins de pêche perdus ou abandonnés
en mer (« zéro déchet »)
- Chambre d?agriculture et de la pêche de
Mayotte (CAPAM), commission pêche,
Comité régional des pêches maritimes et
élevages marins de La Réunion
(CRPMEM), AMP, professionnels
Garantir l?application des conventions
internationales relatives à la gestion des eaux
de ballast
- État (DMSOI), gestionnaires de ports
Promouvoir la réduction des rejets et pollutions
issus des navires, en particulier les rejets
d?hydrocarbures et de produits chimiques,
ainsi que les déchets organiques et non
organiques.
- État (DMSOI)
Outils : SDAGE
Paysages et patrimoines littoraux, marins et sous-marins
Elaboration et mise en
oeuvre d?une politique de
préservation et valorisation
des sites et paysages
Définition des paysages sous-marins et
littoraux remarquables (critères propres à
l?océan Indien) et leur valorisation
- État et collectivités, AMP
- Outils : Documents d?urbanisme, Atlas des
paysages (par territoire), régime forestier
(mangroves) / ZPG, porters à connaissance
(ZNIEFF, ZIG)
Mettre en réseau les acteurs pour le partage
des savoir-faire et la valorisation du
patrimoine, à l?échelle locale, des territoires et
du bassin
- OFB et gestionnaires des sites,
associations
- Outils : Atlas des paysages, méthodologie
des paysages remarquables
Chapitre 2 ? Prévention des risques et gestion du trait de côte / Changements globaux
Risques et aléas littoraux
Nécessité de considérer les
risques et le changement
climatique global à l?échelle
du bassin
Mettre en place une gestion intégrée du
continuum terre-mer au regard des aléas
littoraux (intégrant la dynamique
démographique)
- État (DEAL, DAAF, BRGM, Météo France,
CEREMA), collectivités, associations
- Outils : documents d?urbanisme, SDPRN,
PGRI, Lutte contre l?érosion des sols et
l?envasement (LESELAM)
Approfondir les connaissances sur l?ensemble
des problématiques des risques et aléas
littoraux naturels (submersion marine, érosion,
etc.) et assurer le suivi de l?état et de
l?évolution de la biodiversité ainsi que les effets
des changements globaux (observatoires)
- Universités et organismes de recherche
- Outils : Observatoire du littoral (Mayotte),
plan LESELAM Mayotte (portage BRGM
avec associations)
-Financements : FEDER
Gestion durable du trait de
côte (« zéro vulnérabilité »)
Garantir une gestion intégrée du trait de côte - État (DEAL), collectivités, universités et
organismes de recherche
- Documents d?urbanisme, gestion intégrée
des zones côtières (GIZC)
S?assurer notamment de la bonne prise en
compte de l?aménagement du littoral dans les
différents plans et schémas locaux (PLU, etc.)
Risques sanitaires
Garantir la salubrité (« zéro
déchet ») et la qualité
sanitaire des plages, eaux
côtières et mangroves
Définir et mettre en oeuvre les moyens pour
garantir la santé des écosystèmes et de
l?Homme (traitement et rejet des eaux usées
notamment)
- État (DEAL, ARS) et collectivités
- Outils : Documents d?urbanisme, schémas
et plans (SDAGE)
Mettre en place une surveillance accrue des
risques sanitaires (produits de la mer
consommés, eaux de baignade, etc.)
- État (ARS) et collectivités
- Documents d?urbanisme, schémas et
plans (dont plan d?urgence de 140 M¤ pour
Mayotte), profils des eaux de baignade
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 85
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Risque requin
Réduire le risque requin et
son impact sur le
développement des activités
humaines
Mieux connaître les populations de requins et
leurs comportements
- État, région Réunion, communes et
intercommunalités, centre de sécurité
Requin (ex CRA), Université, associations
Identifier et favoriser la mise en oeuvre de
dispositifs de prévention des attaques
Accompagner et conseiller les collectivités
dans l'élaboration des
politiques d'aménagement et de
développement économique du littoral
composant avec le risque requin
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Chapitre 3 ? Connaissance, recherche, innovation, éducation et formation
Connaissance, recherche et innovation
Rendre la donnée
accessible en cohérence
avec l?obligation
réglementaire
Travailler au référencement des données et
métadonnées disponibles et partageables au
sein du Système d?information pour le milieu
marin (SIMM) en s?appuyant sur les autres
bases de données existantes (CD Mayotte,
Océan Métiss, ?) de manière pérenne
- État, OFB, IFREMER
- Outils : bases/banques de données
(QUADRIGE, SEXTANT), Centre
d?assemblage de données globales (Coriolis
Data Center), Observatoire (OSU-Réunion)
Définir le mode opératoire favorisant le
partage et la bancarisation des données,
métadonnées et documents divers
- État, région, université, CEREMA
- Retour d?expérience d?Océan Métiss
Promouvoir l?outil Système d?information pour
le milieu marin (SIMM) afin de mieux valoriser
et diffuser durablement les données
- État, OFB, IFREMER
- Outil : SIMM
Recensement et mise à
disposition de toutes les
études existantes
Créer une bibliothèque virtuelle à l?échelle du
Bassin qui permette une centralisation des
documents
- Collectivités
- Outil : retour d?expérience Océan Métiss et
SIMM
Développement de la
coordination / coopération
de la recherche à l?échelle
du Bassin
Développer les collaborations en matière de
recherche fondamentale et appliquée dans
tous les domaines (y compris sciences
humaines et sociales)
- Universités et instituts de recherche
- Outils : Projet européen INTERREG
(collaboration régionale)
Travailler à un rééquilibrage des moyens et
outils dédiés à la recherche scientifique dans
les territoires du Bassin
- État, universités et organismes de
recherche
- Outils : Fonds de coopération régionale
(FCR)
Emploi/Formation
Adaptation et mutualisation
des offres de formation
Développer une offre complémentaire entre
les territoires du bassin en matière de
formations en lien avec l?économie bleue et la
préservation du milieu marin, qui soit
cohérente avec les besoins d?aujourd?hui et
anticipe les besoins de demain
- Région Réunion et département de
Mayotte, appui État (DMSOI, DIECCTE,
Rectorat, CREFOP (Comité régional de
l'emploi, de la formation et de l'orientation
professionnelles), CCI, Fédérations
sportives
Développer un « observatoire » des métiers
de la mer (besoins et offres) permettant de
faire des diagnostics emploi/formation, de
définir des préconisations et de mettre en
relation les différents acteurs et élaboration
d?une stratégie de formation aux métiers de
l?économie bleue
- État, collectivités, chambres consulaires,
entreprises, organismes paritaires,
CREFOP, Pôle emploi
- Outils : étude de la Maison de l?emploi du
Nord de La Réunion,
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 86
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Identifier et mettre en place les formations par
filière répondant aux standards internationaux
(STCW) à l?échelle du bassin SOI et
développer des échanges entre les
différentes formations à l?échelle des
territoires voisins (stages, écoles d?été...)
- État (DMSOI), Région et organismes de
formation (écoles d?apprentissage maritime,
lycées de la mer)
- Outils : Carte des formations à l?échelle du
bassin, à commencer par STCW
Développer et internationaliser l?offre de
formation supérieure
- Universités
- Outils : Erasmus océan Indien
Sensibilisation du public
Sensibilisation des
populations à la richesse et
à la fragilité de leur
patrimoine marin
Définir et mettre en place un plan d?actions
coordonné et davantage visible pour la
sensibilisation « littoral et milieu marin » à
l?échelle des îles françaises et en coopération
avec les États voisins
- État, collectivités, associations,
gestionnaires de sites
- Outils : Livre bleu Sud océan Indien, aires
marines éducatives (AME), labels, plan
ARESMA (mangroves), outils pédagogiques
(ex. MARECO sur les récifs coralliens),
programmes de coopération régionale (ex :
EcoSchool), Journées portes ouvertes, salon
maritime (Institut bleu)
Développer des supports pédagogiques
contextualisés, intégrant la culture et les
langues locales
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Chapitre 4 ? Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin
Connectivité maritime et compétitivité portuaire
Renforcer la connectivité
maritime des territoires
français du bassin pour
développer et maintenir
leur attractivité
Accompagner les ports français et
encourager leur rôle de support du
développement durable des territoires
- État, collectivités, gestionnaires des ports,
entreprises
- Outils : documents d?urbanisme, plans et
schémas régionaux, Stratégie nationale
portuaire, stratégies des ports
- Financement : FEDER / Contrats de
convergence / Plan de relance
Anticiper les besoins portuaires
(infrastructures, zones logistiques), identifier
et réserver le foncier nécessaire
Étudier et mesurer les impacts de
l?amélioration de la connectivité maritime à
l?échelle des territoires français (indicateurs)
Développement de la
complémentarité des
offres en matière
portuaire, construction et
réparation navale à
l?échelle du bassin
Développer une offre complémentaire en
matière portuaire et de construction et
réparation navale à l?échelle du bassin
Élaborer des plans d?investissement
(infrastructures et outils associés) dans le
but d?améliorer la compétitivité portuaire
Valoriser le respect des normes et la qualité
environnementale des ports français
Pêche maritime
Développement durable
de la filière pêche
maritime professionnelle
Favoriser la collecte des données
(sensibilisation, contrôle, sanctions)
- État (DMSOI), organisations professionnelles
(CRPMEM/CAPAM), IFREMER, IRD, Parc
naturel marin de Mayotte (PNMM), Museum
national d?histoire naturelle (MNHN)
- Outils : Système d?Information Halieutique (de
production), outils déclaratifs
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 87
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Généraliser une approche écosystémique
de gestion des pêcheries
- État, organisations professionnelles
(CRPMEM/CAPAM), Institut bleu, organismes
de recherche
- Outils : documents stratégiques de
développement de la filière
Optimiser et, si besoin, mettre aux normes
les outils de production et de pêche.
- État (DMSOI, DEALM), collectivités,
organisations professionnelles
(CRPMEM/CAPAM)
- Outils : documents stratégiques de
développement de la filière
- Financement : FEAMPA, Plan de relance
Mettre en place un plan de renouvellement
et de modernisation de la flottille
- État, Région Réunion, Département de
Mayotte
- Financement : Régime d'aides d'État
Créer, aménager et équiper des points de
débarquement
- État (DMSOI), collectivités, organisations
professionnelles (CRPMEM/CAPAM)
- Outils : PROEPP, Plan régional stratégique
pour la pêche de Mayotte
- Financement : FEAMPA
Relance de la filière aquacole
Soutien d?une
aquaculture durable et
efficace dans l?utilisation
des ressources,
innovante et compétitive
Réaliser une étude de marché intégrant les
habitudes de consommation et les circuits
courts (filière aval)
- État, collectivités, organisations
professionnelles
- Outils : Schéma régional de développement
de l?aquaculture marine (SRDAM), Plan
stratégique de développement durable de
l?aquaculture mahoraise (PSDDAM)
- Financement : FEAMPA
Créer un centre technique et de recherche
à Mayotte visant à accompagner le
développement de la filière, promouvoir sa
diversification et sécuriser la mise sur le
marché des produits
Mettre en place les outils juridiques et
financiers permettant d?accompagner les
porteurs de projets
Sécuriser les niveaux de production
Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
Développement de la
capacité d?accueil et de
la sécurité des ports de
plaisance, zones de
mouillage, mises à l?eau,
bases nautiques
Développer la capacité et la qualité
d?accueil (y compris en matière de sécurité)
des ports de plaisance et leurs services
- État, collectivités, gestionnaires des ports,
mouvements sportifs, associations
- Outils : documents d?urbanisme
Développer la capacité et l?accessibilité des
bases nautiques existantes
Aménager les sites de mises à l?eau
existants ; répertorier les besoins et créer
des sites de mises à l?eau sécurisé et
accessibles sur le pourtour des îles
Favoriser les ports à sec quand les
conditions le permettent
Mettre en place une signalétique globale
d?information des usages dans la bande des
300 m sur la réglementation et la sensibilité
du milieu
- Communes
- Outils : plans de balisage des plages
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 88
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Aménagement du littoral et offre touristique
Développement d?un
tourisme littoral et
maritime pérenne et
durable
Informer le public et les professionnels sur
les labels existants concernant le
« tourisme durable » dans les îles
françaises de l?océan Indien
- Collectivités, professionnels,
- Outils : Documents d?urbanisme, schémas de
développement touristiques (SADTR)
-Financements : FEDER
Développer une approche partagée de
l?offre touristique sur le continuum littoral
terre-mer
Promouvoir les cultures et identités de la
région Sud océan Indien
Promouvoir une destination commune
océan Indien (Iles Vanille) pour des
croisières à haute valeur ajoutée et
adaptées à la capacité d?accueil des îles, et
apportant (aux croisiéristes et aux
populations) un haut niveau de garanties
sanitaires
- Collectivités, gestionnaires des ports
- Outils : étude de l?Association des ports des
îles de l?océan Indien (APIOI), stratégies des
ports (amélioration des conditions d?accueil des
croisiéristes)Améliorer et promouvoir l?attractivité des
destinations La Réunion et Mayotte pour
des activités écotouristiques
Contribution à la stratégie de transition énergétique
Capacité à répondre
favorablement à une
demande en lien avec
les EMR
Assurer une veille R&D dans le domaine des
énergies marines renouvelables (EMR) à
l?échelle du Bassin
- État (DEAL, DMSOI, ADEME), collectivités,
opérateurs, gestionnaires des ports
- Outils : documents d?urbanisme, schéma
régionaux, Programmation pluriannuelle de
l?énergie (PPE), stratégies des ports
Anticiper les besoins de foncier et
d?infrastructures pour l?assemblage, le
déploiement et la maintenance des
équipements des EMR (éoliennes,
climatisation à eau de mer - SWAC, énergie
thermique des mers...)
Accompagner les projets de développement
des énergies marines renouvelables dans le
Bassin
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 89
Cartographie générale
Des cartes générales des différents territoires et zones maritimes du bassin Sud océan Indien sont
présentées ci-après :
? Carte des vocations du Parc naturel marin de Mayotte (n°1)
? Carte des principaux usages et activités liés au milieu marin à La Réunion - hors
pêche qui fait l?objet de la carte n° 23 en annexe ? (n°2)
3 cartes concernant les TAAF ;
? Carte des vocations du Parc naturel marin des Glorieuses (n°3)
? Carte du périmètre du site RAMSAR d'Europa dans les îles Éparses (n°4)
? Carte du périmètre de protection de la réserve naturelle nationale des terres
australes françaises (n°5)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 90
Carte 2 : Usages et activités liés au milieu marin à La Réunion
Carte 1 : Carte des vocations du Parc naturel marin
de Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 91
Carte 2 : Usages et activités liés au milieu marin à La Réunion
Carte 3 : Carte des vocations du Parc naturel marin des
glorieuses
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 92
Carte 4 : Périmètre du site RAMSAR d?Europa (îles
Éparses)
Carte 5 : Zones de protection de la Réserve nationale des
Terres australes françaises
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 93
PARTIE 4
MISE EN OEUVRE DE LA STRATÉGIE
POUR LE BASSIN MARITIME SUD OCÉAN
INDIEN
Le document stratégique de bassin maritime est établi pour une durée de six ans. Sa construction a fait
l?objet d?un travail participatif riche, impliquant 150 contributeurs et allant même au-delà des membres du
Conseil maritime ultramarin de bassin. Il est proposé que sa mise en oeuvre et son suivi soient également
l?objet d?un partenariat constant entre tous les acteurs du développement durable de la mer et du littoral sur
les territoires du bassin.
La situation sanitaire découlant de l?épidémie de COVID 19 a freiné un temps les dynamiques collectives de
travail entre les territoires ou entre les acteurs. Cette crise sanitaire et ses répercussions économiques ont
également amené les acteurs à réinterroger leurs stratégies de long terme, dont le DSBM.
Dans ce contexte post-COVID 19, le développement de l?économie bleue apparaît plus que jamais comme
une opportunité pour les territoires français de l?océan Indien pour rendre les activités historiques plus
résilientes et durables et apporter les conditions d?émergence pour de nouvelles activités. L?exigence d?en
faire davantage pour la protection des espèces et des écosystèmes marins est également réaffirmée, et
a notamment été fortement portée lors de la consultation du public sur le projet de DSBM.
Le DSBM a été conçu pour porter une vision intégrée de la mer et du littoral, amenant à mettre en regard
les enjeux environnementaux, économiques et sociaux, à l?échelle du bassin. Les cadres d?action qu?il
propose ont vocation à être déclinés dans les plans, projets et opérations sur les territoires. La première
modalité de mise en oeuvre du DSBM consistera donc à s?assurer de cette bonne prise en compte de la
stratégie et de la vision qu?elle sous-tend. Le code de l?environnement prévoit à ce titre dans son article L219-
4 que les plans, schémas, programmes relatifs aux activités localisées exclusivement en mer doivent être
compatibles ou rendus compatibles avec le DSBM. Sont notamment concernés par cette disposition les
schémas de mise en valeur de la mer (SMVM), plans de gestion des aires marines protégées (AMP), les
schémas régionaux de développement de l?aquaculture marine (SRDAM), les plans d?actions RUP pour la
programmation des Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l?Aquaculture (FEAMPA 2021-
2027), les mesures du SDAGE en mer, les plans nationaux d?action pour la protection des espèces marines,
les projets de travaux, ouvrages ou aménagements en mer soumis à étude d?impact? Les plans,
programmes et schémas susceptibles d?avoir une incidence significative sur la mer, comme les schémas
d?aménagement régionaux (SAR), les schémas de cohérence territoriale (SCOT) ou les plans locaux
d?urbanisme (PLU), les plans régionaux de prévention et de gestion des déchets (PRPGD), les
programmations pluriannuelles de l?énergie, doivent prendre en compte le DSBM.
Pour ce faire, le secrétariat du CMUB identifiera les plans, schémas et projets et assurera un suivi régulier
de leur élaboration afin que le DSBM soit porté à la connaissance des personnes responsables de leur
élaboration en précisant les enjeux particuliers à prendre en compte au vu du territoire concerné. Le cas
échéant, le secrétariat et les membres du CMUB seront amenés à formuler un avis ou à être associés à la
définition du projet. Il pourra être proposé que des commissions de travail conjointes avec d?autres instances,
et notamment les comités de l?eau et de la biodiversité (CEB), soient instituées sur les enjeux et actions
communs. Une attention particulière sera portée sur l?intégration des objectifs du DSBM dans les travaux
d?élaboration des programmes opérationnels des fonds européens et les autres outils de financement (plans
de relance, appels à projets?) pour s?assurer que les projets portant sur ces enjeux stratégiques disposent
de possibilités consolidées de financement.
La mise en oeuvre du DSBM consistera également en la déclinaison des cadres d?actions qu?il propose en
actions et mesures concrètes, portées par une multitude d?acteurs. À ce titre, le secrétariat du CMUB,
appuyé par les membres du CMUB et plus largement les réseaux d?acteurs, recensera régulièrement les
initiatives, facilitera les mises en réseaux et contribuera à rendre davantage visibles les projets des territoires.
Ce suivi permettra de renseigner des indicateurs de réalisation des actions permettant la mise en oeuvre du
DSBM. La déclinaison de la stratégie de bassin en actions devra ainsi porter une vision intégrée de
développement du bassin et prévoir dans le cadre du suivi des indicateurs correspondants. Ce recensement
veillera notamment à identifier les cadres d?actions pour lesquels trop peu d?actions sont engagées. Une
animation particulière pourra alors être mise en place pour assurer le portage de ces actions orphelines. Un
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 94
bilan annuel sera produit, présenté et validé par le CMUB et largement diffusé pour que le grand public
continue à s?approprier les enjeux que le DSBM porte.
Ce suivi permettra également de s?assurer que les effets sur l?environnement du DSBM sont conformes à ce
que son rapport environnemental avait établi et que les mesures d?accompagnement, d?évitement, de
réduction et de compensation des effets négatifs notables soient mises en oeuvre.
Parmi les outils de mise en oeuvre des cadres d?actions, figurent les démarches de planification spatiale
marine (PSM). Elles permettront d?approfondir l?analyse stratégique sur des zones géographiques où
pourraient apparaître des conflits d?usage et ainsi contribuer à développer une vision intégrée sur les
territoires permettant un développement équilibré des activités. L?échelle de ces démarches est variable,
allant de territoires très circonscrit à l?ensemble du sud-ouest océan Indien.
Enfin, conformément à l?article R219-1-27 du code de l?environnement, le DSBM sera porté à la
connaissance des États voisins et pourra appuyer la conception et la mise en oeuvre de projets communs
dans les divers domaines maritimes de coopération. L?association des partenaires régionaux assurera un
partage d?expérience précieux et une plus grande efficacité pour traiter des enjeux environnementaux et de
développement qui dépassent les frontières.
Le suivi annuel de la mise en oeuvre du DSBM permettra également de préparer, à l?échéance des six ans de
son premier cycle, son évaluation. Celle-ci pourra considérer 3 axes principaux :
? L?organisation des différents acteurs (gouvernance, implication des partenaires?),
? La mise en oeuvre des objectifs et cadres d?actions
? Une analyse financière des actions.
Cette évaluation à six ans participera à la révision de cette stratégie, permettant notamment d?apporter des
pistes d?amélioration et des mesures correctives.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 95
ANNEXES
Annexe 1 : Table des illustrations et cartes 98
Annexe 2 : Glossaire des sigles et acronymes 100
Annexe 3 : Cartes de la synthèse de l'état des lieux 103
Annexe 1 : Table des illustrations et cartes
? Illustrations
1. Carte des bassins maritimes ultramarins
2. L?île de la Réunion, vue de la mer © A. Bein
3. Coucher de soleil sur Mayotte © DMSOI
4. Manchot royal (Aptenodytes patagonicus) dans la manchotière de la Baie Américaine, archipel de
Crozet © Lise Chambrin
5. Carte du bassin maritime Sud océan Indien avec les ZEE françaises
6. Ambiance sous-marine, Europa, Iles Eparses © Jérôme Bourjea
7. Baleine à bosse et son baleineau, La Réunion © Guillaume Cottarel, GLOBICE
8. L?artificialisation du littoral est une pression pour les écosystèmes.
9. Affluence à la plage de l?Ermitage, La Réunion © Léa Suarez
10. Carapace d'une tortue braconnée, Mayotte © J.S. Philippe
11. Diversité des paysages des territoires du bassin. A gauche, Plage de Saziley, Mayotte © J.S. Philippe
;
12. Kerguelen, Terres Australes © TAAF
13. Le phare de Bel Air, La Réunion © DMSOI ;
14. Une pirogue à balancier, Mayotte
15. Conséquences de l'érosion du littoral, La Réunion © BRGM
16. L?étalement urbain (cas de Mamoudzou à Mayotte) © J.S. Philippe
17. Salle des opération, CROSS Sud Océan Indien(C) DMSOI CROSS
18. Le Marion Dufresne, navire des terres extrêmes © TAAF
19. Panneau de sensibilisation, sur les îlots (Conservatoire du Littoral, Mayotte © J.S. Philippe
20. Barque de pêche à La Réunion © CRPMEM
21. L?Albius affronte les eaux australes pour pêcher la légine © TAAF
22. Port de commerce de Longoni, Mayotte © DMSOI
23. Porte-conteneur, La Réunion
24. Dragage dans le Port Ouest, Réunion
25. Carénage d?un bateau de pêche et d?un catamaran de plaisance, La Réunion © J.S. Philippe
26. Départ de l'OSIRIS II, navire de surveillance © DMSOI-CROSS
27. Le Lyrial, navire de croisière de la compagnie PONANT © Davis Ringler
28. Port de plaisance à La Réunion (Port Ouest), avec au second plan, les catamarans de tourisme ©
J.S. Philippe
29. Ambiance sous-marine au niveau d?un récif frangeant à Mayotte © JS Philippe
30. Les Frégates militaires basées à La Réunion (© J.S. Philippe)
31. L?Astrolabe, patrouilleur polaire © TAAF
32. Récifs coralliens et espèces associées, Mayotte © J.S. Philippe
33. Hydrophone pour l'écoute des mammifères marins © J.S. Philippe
34. Cap Méchant, La Réunion © DMSOI
35. Mtsamboro, Mayotte © J.S. Philippe
36. Recul de la falaise, Pamandzi, Mayotte © BRGM
37. Déchets (pneus, filets de pêche, etc.) en mer © A. Bein
38. Déchets (pneus, filets de pêche, etc.) en mer © A. Bein
39. Les palangriers Manohal et Reder Mor à La Réunion © J.S. Philippe
40. Les palangriers Manohal et Reder Mor à La Réunion © J.S. Philippe
41. Saut de baleine, La Réunion © Laurent Debordes, GLOBICE
42. Prototype d'ETM, Saint-Pierre, La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 96
? Cartes
1. Carte des vocations du Parc naturel marin de Mayotte
2. Usages et activités liés au milieu marin à La Réunion
3. Carte des vocations du Parc naturel marin des glorieuses
4. Périmètre du site RAMSAR d?Europa (îles Eparses)
5. Zones de protection de la Réserve nationale des Terres australes françaises
6. État écologique des masses d?eau à Mayotte
7. État des masses d?eau à La Réunion
8. Zones couvertes par le CROSS de La Réunion
9. Espèces patrimoniales du Parc naturel marin de Mayotte
10. Évolution des herbiers du Parc naturel marin de Mayotte
11. Habitats du Parc naturel marin de Mayotte
12. Mortalité des coraux dans le Parc naturel marin de Mayotte
13. Surveillance du bassin des Mascareignes
14. Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique mer (ZNIEFF-Mer) à La Réunion
15. Dragage de l?entrée du Port Ouest de La Réunion
16. Lignes maritimes Asie du Sud ? Afrique
17. Lignes maritimes Europe ? océan Indien
18. Lignes maritimes Extrême Orient ? Afrique
19. Localisation des centres de plongée à La Réunion
20. Localisation des clubs de canoë-kayak à La Réunion
21. Range des ports de l?océan Indien
22. Trafic du fret maritime de l?Océan indien
23. Zones de pêche côtière à La Réunion
24. Câbles sous-marins
25. Zones de pêche à Mayotte
26. Erosion côtière à Mayotte (CEREMA)
27. Morphotypes du littoral de Mayotte (BRGM)
28. Plaisance et loisirs nautiques à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 97
Annexe 2 : Glossaire des sigles et acronymes
3P Pôle de protection des plantes
ACE Africa Coast to Europe
AEM Action de l?État en mer
AFD Agence française de développement
ANC Assainissement non collectif
APIOI Association des ports des îles de l?océan Indien
APP Autorisation de prospection préalable
APSOI Accord relatif aux pêches du sud l?océan Indien (SIOFA en anglais)
ARIPA Association réunionnaise interprofessionnelle de la pêche et de l?aquaculture
BPHU Bateaux de plaisance hors d?usage
BPJEPS
Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation
populaire et du sport
CAPAM Chambre d?agriculture, de la pêche et de l?aquaculture de Mayotte
CCAMLR Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l?Antarctique
CCIR Chambre de commerce et de l?industrie de La Réunion
CEA Commissariat à l?énergie atomique et aux énergies alternatives
CEREMA Centre d?étude et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement
CIRAD Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
CLOI Cruise line océan indien
CLOE Cellule locale pour l?environnement
CNES Centre national d?études spatiales
CNRS Centre national de la recherche scientifique
COI Commission de l?océan Indien
COVIPEM Comités villageois des pêcheurs et éleveurs marins
CPER Contrat de plan État-Région
CPSOOI Commission des pêches du Sud-Ouest de l?océan Indien
CROSS Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage
CRPMEM Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins
CTOI Commission des thons de l?océan Indien (IOTC en anglais)
CUFR Centre universitaire de Mayotte
CYROI Cyclotron Réunion océan Indien
CZM Commandant de zone maritime
DAM Direction des affaires maritimes
DCP Dispositif de concentration de poissons
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 98
DDG AEM Délégué du gouvernement pour l?action de l?État en mer
DEAL Direction de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DMSOI Direction de la mer du Sud océan Indien
DOM Département d?outre-Mer
DPQM Direction des pêches et des questions maritimes
EAMM École d?apprentissage maritime de Mayotte
EAMR École d?apprentissage maritime de La Réunion
EMR Énergies marines renouvelables
EMV Écosystèmes marins vulnérables
ETM Énergie thermique des mers
FEAMPA Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture
FEDER Fonds européen de développement régional
GPMDLR Grand port maritime de La Réunion
ICPE Installation classée pour la protection de l?environnement
IFRECOR Initiative française pour les récifs coralliens
IFREMER Institut français de la recherche pour l?exploitation de la mer
IOMOU Memorandum d?entente des états côtiers de l?océan Indien
IPEV Institut polaire français Paul-Émile Victor
IRD Institut de recherche pour le développement
ISM International Safety Management - Code international de gestion de la sécurité
ISPS
International Ship and Port Security ? Code international pour la sûreté des navires et des
installations portuaires
LION Lower Indian Ocean Network
METISS MEltingpoT Indianoceanic Submarine System
MNHN Muséum national d?histoire naturelle
NTIC Nouvelles technologies de l?information et de la communication
OI océan Indien
OPAR Observatoire de physique de l?atmosphère de La Réunion
ORC Observatoire des récifs coralliens
PC-AEM Centre opérationnel de l'action de l'État en mer de Mayotte
PCP Politique commune de la pêche
PMT Palmes-Masque-Tuba
PNA Plan national d?action
PNMG Parc marin des Glorieuses
PNMM Parc naturel marin de Mayotte
PPRL Plan de prévention des risques littoraux
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 99
PRCP Plan régional de contrôle des pêches
PSCMM Plan de surveillance et de contrôle des activités pour la protection du milieu marin
PSIP Plans de sûreté des installations portuaires
PSP Plans de sûreté portuaire
RMD Rendement maximum durable
RNMR Réserve naturelle marine de La Réunion
RNN-TAF Réserve naturelle nationale des terres australes françaises
RUP Région ultrapériphérique (territoire de l?Union Européenne)
SAFE South Africa ? Far East
SEAS-OI Surveillance de l?environnement assistée par satellite pour l?océan Indien
SEOR Société d?étude ornithologique de La Réunion
SHS Sciences humaines et sociales
SIH Système d?informations halieutiques
SNSM Société nationale du sauvetage en mer
SPEREN Société réunionnaise pour l?étude et la protection de la nature
STCW
Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des
brevets et de veille
STRATOM Stratégie territoriale pour les Outre-mer
STM Service des transports maritimes de Mayotte
STS Sciences-Technologies-Santé
SWAC Sea Water Air Conditioning ? climatisation à l?eau naturellement froide
TAAF Terres australes et antarctiques françaises
TAC Taux admissibles de capture
TICE Traité d?interdiction complète des essais nucléaires
UICN Union internationale de conservation de la nature
UMR Unité mixte de recherche
VCSM Vedette côtière de surveillance maritime
WACS West Africa Cable System
ZEE Zone économique exclusive
ZMSOI Zone maritime Sud océan Indien
ZNIEFF Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 100
Annexe 3 : Cartes de la synthèse de l?état des lieux
Carte 6 : État
écologique des
masses d?eau à
Mayotte
Carte 7 : État
des masses
d?eau à La
Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 101
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 102
Carte 9 : Espèces
patrimoniales du
Parc naturel marin
de Mayotte
Carte 8 : Zones
couvertes par le
CROSS de La
Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 103
Carte 11 : Habitats du Parc naturel marin de Mayotte
Carte 10 : Évolution des
herbiers du Parc naturel marin
de Mayotte
Carte 12 : Mortalité des coraux dans le Parc naturel marin de Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 104
Carte 12 : Mortalité des coraux
dans le Parc naturel marin de
Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
105
Carte 13 : Surveillance du bassin des Mascareignes
Carte 14 : Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique mer (ZNIEFF-Mer) à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
106
Carte 15 : Dragage de l?entrée du Port
Ouest de La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
107
Carte 16 : Lignes maritimes Asie du Sud ? Afrique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
108
Carte 17 : Lignes maritimes Europe ? Océan Indien
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
109
Carte 18 : Lignes maritimes Extrême Orient - Afrique
Carte 19 : Localisation des centres de plongée à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
110
Carte 20 : Localisation des clubs de canoë-kayak à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
111
Carte 21 : Range des ports de l?océan Indien
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
112
Carte 22 : Densité de la navigation maritime dans l?Océan indien
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
113
Carte 23 : Zones de pêche côtière à La Réunion
Carte 24 : Câbles sous-marins
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
115
Carte 25 : Zones de pêche à Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
116
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
117
Carte 26 : Carte de l'érosion côtière
à Mayotte (CEREMA)
Carte 27 : Cartes des morphotypes
du littoral de Mayotte (BRGM)
Carte 28 : Plaisance et loisirs nautiques à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
118
(ATTENTION: OPTION e sous-marine en
apnée est toutefois autorisée sur le pourtour de l?île, excepté dans les réserves marines.
La commercialisation par les pêcheurs non professionnels est interdite.
? Aquaculture et biotechnologies marines
L?aquaculture à Mayotte, qui a débuté en 1999 est représentée par six pisciculteurs (élevage d?ombrines) et
un perliculteur de mabés (demi-perles nacrées) destinées au secteur de la bijouterie. Le secteur aquacole
privatise plus de 250 000 m² sur le domaine public maritime et portuaire. Actuellement, l?activité piscicole est
à l?arrêt, (liquidation judiciaire d?Aquamay) mais la nouvelle coopérative composée de quatre aquaculteurs
sous l?égide du conseil départemental de Mayotte a un projet de construction d?écloserie et de nurseries à
Dembéni. À La Réunion, l?aquaculture continentale a débuté dans les années 1990. A partir de 2013, de
nouvelles filières de production ont pu émerger, comme la culture de microalgues (spiruline) qui bénéficie
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 36
À Mayotte, la vente de poissons à la sauvette
(sur la plage, au bord des routes, à même le sol,
dans des brouettes ou sur des étals de palettes)
reste importante. Toutefois, la filière tend à se
structurer via les poissonneries, exploitées par
des COVIPEM (comités villageois de pêcheurs
mahorais) et des entrepreneurs individuels.
L?activité de transformation de la pêche est
inexistante.
À La Réunion, le marché des produits de la mer
est structuré, avec une filière aval bien
organisée. Le marché est entièrement ouvert à
la concurrence mondiale, qui privilégie le prix à
la qualité et travaille en dollars.
Illustration 21 : Le palangrier Albius affronte les eaux australes pour
pêcher la légine © TAAF
d?un marché local en pleine expansion mais dont la filière reste à consolider. L?activité d?aquaculture marine
est inexistante depuis 2008, tandis que la production piscicole baisse de manière continue. Les producteurs
ne réussissent pas encore à se fédérer autour de projets collectifs permettant leur développement, face à
une concurrence mondiale de plus en plus exacerbée. Enfin, aucune tentative d?aquaculture n?a été
entreprise dans les TAAF depuis 1993, à la suite d?une expérimentation infructueuse sur le plateau central de
Kerguelen. Les biotechnologies marines constituent une filière naissante à La Réunion (un laboratoire de
recherche possède une phytobanque) qui offre des perspectives d?emploi et de croissance.
2. Ressources marines et énergies marines renouvelables (EMR)
? Énergies marines renouvelables
Mayotte connaît une forte croissance pour ses besoins électriques, notamment en raison de la généralisation
des climatiseurs, et importe aujourd?hui l?ensemble des hydrocarbures dont l?archipel a besoin. À Mayotte et à
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 37
L?énergie de la mer n?est à ce jour pas utilisée à La
Réunion. Plusieurs projets majeurs ont été tentés mais
abandonnés par manque de financement ou pour
cause de catastrophe naturelle. Pourtant, La Réunion
dispose d?acteurs avec des compétences
scientifiques et industrielles dans le domaine des
EMR. Des projets sont toujours en cours et ont été
redimensionnés.
Dans les TAAF, plusieurs expérimentations
d?exploitation d?énergie renouvelable ont été tentées
mais soldées par des échecs, principalement à cause
des conditions météorologiques extrêmes et aux
défauts de maintenance. Aujourd?hui, compte tenu de
ces conditions, l?avenir des EMR semble surtout exister
à travers l?exploitation de la houle, qui ne nécessite pas
de stockage. Une étude de faisabilité pour les îles
Kerguelen a été effectuée mais n?a pas connu de suite,
notamment à cause des coûts et de la logistique.
L?Outre-mer cumule des défis majeurs en
matières énergétiques :
?Le bilan carbone de l?outre-mer est à
améliorer : seuls territoires continuant à être
alimentés principalement par des* centrales
thermiques au charbon et au fioul ;
?Le coût de l?énergie est élevé ;
?L?outre-mer dépend à 90% des ressources
fossiles importées.
ENJEUX
? Développement d?une pêche professionnelle durable, plus respectueuse de l?environnement
et de la ressource par la mise en oeuvre de plans de gestion
? Structuration d?une filière de pêche professionnelle
? Modernisation de la flotte de pêche professionnelle
? Collecte des co-produits de la pêche
? Mise en place, développement et valorisation de la production locale et des filières locales de
commercialisation et de transformation des produits de la mer
? Prévention des conflits d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir et la pêche professionnelle
? Connaissance des impacts et régulation effective des activités de pêche de loisir
? Lutte contre la pêche INN
? Identification et soutien des projets d?aquaculture adaptés au bassin
La superficie de la France ultramarine lui
permet toutefois d?être dotée de ressources
naturelles pour développer toutes les
technologies liées à l?énergie des mers,
considérée comme non intermittente.
La Réunion, les EMR sont appelées à croître. Toutefois, il existe plusieurs freins au développement de ces
énergies tels que la rentabilité économique, le contexte climatique (houles cycloniques), l?état de maturité de
la filière? Le projet de programmation pluriannuelle de l?énergie validé en novembre 2020 prévoit pour La
Réunion :
? pour la production de froid : la prise en compte du SWAC sud à l?horizon 2023 pour une économie de
l'ordre de 9 Gwhe/an
? pour la production d?électricité : l'éolien off-shore pour 0 à 40 MW à l'horizon 2028, l'Energie
thermique des mers pour 2 MW en 2023 et 2 à 5 en 2028, le houlomoteur pour 0 à 5 MW en 2028 et de
l'ORC pour 0 à 0,3 MW en 2028
Dans les TAAF, le coût important du gazole, et l?absence de quai en eau profonde pour le ravitaillement des
bases, nécessitent une logistique complexe et onéreuse. Pour pouvoir être développées les EMR doivent
être des alternatives simples d?usage : il faut disposer des compétences et moyens permettant leur
exploitation et maintenance sur ces sites isolés.
? Activités pétrolières et gazières offshore
Dans les TAAF, ces activités sont réglementées par les codes de l?environnement et code minier, et sont
sujettes à des conventions internationales. Deux permis de recherche de mines d?hydrocarbures liquides ou
gazeux avaient été délivrés le 22 décembre 2008 pour cinq ans dans la ZEE de l?île Juan de Nova et sont
caducs. La Loi du 30 décembre 2017 prévoit toutefois que les concessions d?exploitation existantes ne
puissent pas être renouvelées au-delà de 2040. Deux demandes de permis d?exploration dans la ZEE de l?île
Europa, déposées en 2013 et 2017, et une demande d?APP dans la ZEE des îles Glorieuses, déposée en
2014, ont fait l?objet d?un rejet.
3. Ports et industries navales et nautiques
? Ports de commerce
Les ports de La Réunion et de Mayotte constituent des vecteurs maritimes économiques et logistiques
essentiels. La quasi-totalité des matières premières, des produits énergétiques, des biens intermédiaires et
des biens de consommation y transitent.
Port Réunion est composé de deux sites distants de 3 km. Le Port Ouest, créé en 1886, accueille les
activités de pêche et de plaisance, l?exportation et l?importation de certaines matières premières, et la base
militaire dont la flotte opère dans une large partie de l?océan Indien et des TAAF. Le Port Est, créé en 1986, a
vocation de port de commerce et concentre désormais l?essentiel des investissements. Il offre une meilleure
performance en matière de sécurité, car protégé des aléas climatiques, et de sûreté, car aux normes ISPS
(Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires). Port Réunion doit donc
poursuivre ses investissements pour faire face à la forte croissance de trafic attendue, et se donner les
meilleures chances pour occuper une place significative dans le commerce maritime régional (Carte 21 :
Range des ports de l?océan Indien, page 112).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 38
ENJEUX
? Autonomie énergétique à l?horizon 2030 (cf. LTECV)
? Intégration des EMR dans les stratégies de transition des territoires
Illustration 22 : Port de commerce de Longoni, Mayotte © DMSOI
À Mayotte, le mouillage des Badamiers, situé sur Petite Terre, accueille les pétroliers ainsi que tout autre type
de bâtiment en escale (militaire, scientifique?). A Mamoudzou, un ponton est dédié exclusivement à l?accueil
des navires de croisière en escale. Le port de Longoni, construit en 1992, est un port « en eaux profondes ».
La société Mayotte Channel Gateway (MCG) a pour ambition de l?ériger en « hub européen de référence
dans le canal du Mozambique » en moins de cinq ans. Ce projet répond à une volonté de donner une
nouvelle dynamique à l?activité portuaire, de moderniser le port, et de réhabiliter et améliorer les capacités
des infrastructures existantes. Il doit également permettre une plus grande cohésion entre les différents
acteurs sociaux-économiques intervenant dans le port.
? Transports et services maritimes
Le transport maritime est important sur l?ensemble du
bassin. Il occupe une place de premier plan à La Réunion
et concerne principalement les marchandises. À cela
s?ajoutent les rotations du Marion Dufresne pour le
ravitaillement des TAAF, les navires militaires et la
croisière. La montée en puissance de la zone océan
Indien par la massification du transport maritime sur l?axe
Asie/Afrique a conduit les compagnies maritimes à créer,
à La Réunion et dans la zone, des « hubs » de
transbordement ce qui s?est traduit par un renforcement
significatif de la connectivité maritime de Port Réunion
(Cartes 16 à 18 et 22 en annexe, pages 107 à 109 et
113).
Le port peut jouer un rôle dans la sécurisation des flux logistiques entre l?Asie et l?Afrique, en mettant en
valeur la qualité de sa connectivité portuaire mais aussi la sécurité logistique, juridique et financière qu?offre
son statut de Région Ultrapériphérique d?Europe. Le GPMDLR étudie les possibilités de promotion de la
destination Réunion en lien avec les autres ports de l?océan Indien pour l?accueil de navires de croisière de
capacité intermédiaire compte tenu du contexte sanitaire nouveau et des capacités d?accueil des territoires.
Dans son projet stratégique 2019-2023, le GPMDLR envisage ainsi son développement sur deux axes, celui
d?un port responsable, engagé dans la transition énergétique et écologique du territoire, et celui d?un port
rayonnant, positionné comme hub innovant, compétitif et fiable.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 39
Illustration 23 : Porte-conteneur, La Réunion
À Mayotte, le Conseil départemental a engagé une démarche pour la création de lignes de transports
maritimes de voyageurs intra-îles comme alternative à l?engorgement du réseau routier vers Mamoudzou.
Le transport régulier de passagers, de véhicules et de marchandises entre Petite Terre et Grande Terre est
assuré par le service des transports maritimes du conseil départemental. Le transport de passagers entre
Mayotte et les îles des Comores est assuré par la compagnie SGTM et la société Cruise Line océan Indien.
Le transport de marchandises a connu une réorganisation de la desserte « feeder » par CMA/CGM pour
effectuer une nouvelle rotation entre Mayotte, les Comores et le Mozambique. La COI a, par ailleurs, engagé
une réflexion depuis 2009 sur la faisabilité de création d?un système régional de cabotage maritime pour
améliorer la connectivité maritime. Ce projet semble actuellement en stand-by.
Le projet de terminaux gaziers au Mozambique, au budget considérable, devrait générer des besoins
logistiques dans les ports de la zone. Par leur niveau de sécurité et la stabilité politique, les ports français
présentent des atouts pour capter quelques parts de marché.
? Travaux publics maritimes
Le Port de Longoni présente un état dégradé
des infrastructures portuaires, notamment sur le
quai n°1 et le quai de servitude, construits en
1990, et dans une moindre mesure, sur le
terminal pétrolier et gazier. Les travaux qui seront
entrepris dans la période 2020-2025 prévoient la
prolongation du quai n°1 jusqu?au quai de
servitude. Un projet d?agrandissement de
l?emprise de la DSP pourrait être mené. Financés
par Total, les travaux subaquatiques notables ont
concerné principalement le remplacement du pipe
du terminal pétrolier des Badamiers.
Le chenal d?entrée au Port Ouest de La Réunion subit un engravement régulier issu du transit des
matériaux apportés par la Rivière des Galets. Afin de garantir la continuité des opérations commerciales, le
GPMDLR est contraint à des travaux réguliers de dragage. Plus au nord, entre 1886 et 1996, l?érosion du
rivage de la Pointe des Galets a été permanente et importante (Carte 15 : Dragage de l?entrée du Port Ouest
de La Réunion, page 106).
Le GPMDLR étudie avec le CEREMA et en partenariat avec l?État et les collectivités concernées, les
solutions opérationnelles de dragage et renforcement des ouvrages de protection afin d?arrêter une
stratégie de long terme pour la gestion du trait de côte.
Dans les TAAF, le premier ouvrage a été édifié en 1952 aux Kerguelen. En 2015, le quai de Kerguelen a été
réhabilité pour répondre aux contraintes climatiques, logistiques et techniques. Suivant une vision à long
terme, il serait intéressant que les quais de Crozet et Amsterdam connaissent aussi une refonte.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 40
Illustration 24 : Dragage dans le Port Ouest, Réunion
? Construction et réparation navale
Au niveau du bassin, la construction navale est
quasi voire totalement inexistante. À Mayotte, la
société Mayotte Plastique avait lancé la production
de barques de pêche aux normes européennes
mais, plus lourdes et moins économes, ces
dernières n?ont pas su trouver leur place. Seuls
trois ateliers de réparation de navires existent à
Mayotte et il n?existe aucune solution locale de
traitement des déchets, ni de déconstruction des
bateaux de plaisance hors d?usage (BPHU). Les
impacts environnementaux et les risques sanitaires
font encore l?objet d?une gestion diffuse.
À La Réunion, il existe une activité de réparation navale. Une partie non négligeable des travaux à flot
s?effectue au Port Ouest et représente 80% des prestations de réparation navale. La filière est composée de
quelques PME spécialisées (électronique, tuyauterie, chaudronnerie, etc.). Piriou Réunion, qui apporte son
expertise en matière de coordination de métiers, et ENDEL Réunion qui possède une activité de réparation
navale militaire, se sont récemment implantés. Leur présence pourrait générer la relance d?une
interprofession de la réparation navale qui pourrait permettre de conserver localement une partie
substantielle des marchés de réparation navale de la Marine nationale, mais aussi de la pêche hauturière et
des navires à passagers.
Les TAAF sont aussi concernées, du fait de l?entretien fréquent nécessaire pour leur navire ravitailleur, le
Marion Dufresne.
Le développement d?une filière de maintenance navale, s?appuyant sur une nouvelle aire de carénage de
plus grande capacité, présente un réel intérêt économique et social. Actuellement, une part importante des
navires est carénée à l?étranger du fait d'une capacité limitée des infrastructures réunionnaises (63 m et 800
tonnes).
? Surveillance des activités et du milieu marin
La surveillance est assurée par plusieurs
administrations faisant partie du dispositif de
l?action de l?État en mer sous la coordination du
Délégué du gouvernement pour l?action de l?État
en mer : Gendarmerie nationale, Marine
Nationale, Gendarmerie maritime, Direction de la
mer Sud océan Indien (ex-Affaires maritimes)
avec notamment le CROSS, et le personnel des
aires marines protégées. Depuis 2017, il existe
un « Plan de surveillance et de contrôle des
activités pour la protection du milieu marin »
(PSCMM) pour le bassin Sud océan Indien en
complément du Plan régional de contrôle des
pêches (PRCP). Il existe également des polices
de l?environnement sur les différents territoires.
Mayotte ne dispose pas de plan de balisage et
les plages les plus fréquentées ne sont pas
surveillées. Les mises à l?eau, à partir de navires à utilisation commerciale, sont également problématiques
en l?absence d?un encadrement approprié. Après une décennie peu marquée par les attaques de requins, La
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 41
Illustration 25 : Carénage d?un bateau de pêche et d?un catamaran
de plaisance, La Réunion © J.S. Philippe
Illustration 26 : Départ de l'OSIRIS II, navire de surveillance © DMSOI-
CROSS
Réunion a dû faire face à une multiplication des attaques sur le littoral Ouest depuis 2010, ce qui a impacté la
fréquentation des plages et concentré l?activité balnéaire sur les plages protégées du lagon.. Par ailleurs, la
surveillance des loisirs nautiques et des aires marines protégées apparaît insuffisante.
Dans les ZEE des îles Éparses, les efforts entrepris pour lutter contre la présence épisodique de pêches
illégales (navires non autorisés, pêche dans des zones interdites, etc.) doivent être maintenus voire
renforcés. L?épuisement des stocks dans le canal du Mozambique, notamment des grands migrateurs
comme les thons, risque en effet d?accentuer la pression de pêche illégale dans les ZEE françaises.
Les TAAF disposent, en outre, d?un niveau élevé de protection de la biodiversité marine. Les nombreux
moyens de contrôle déployés dans la zone permettent de construire une véritable police de l?environnement
marin. La prévention et la lutte contre les pollutions maritimes volontaires ou accidentelles sont également un
enjeu clé de la surveillance des activités et du milieu marin.
3. Canalisations et câbles sous-marins
Afin d?améliorer la connectivité régionale, un accord de coopération a été signé en 2016 entre les
différents opérateurs de l?océan Indien concernant le lancement d?un nouveau câble sous-marin « METISS
», qui relie La Réunion, Maurice, Madagascar, l?Afrique du Sud (Carte 24 : Câbles sous-marins, page 115).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 42
Mayotte :
2 câbles internet LION 2 et AVASSA à Mayotte.
Câbles sous-marins reliant électriquement Petite et Grande
Terre mis en service en 1998.
Une canalisation de distribution d?eau potable entre Petite
et Grande Terre.
Une sealine de dépotage d?hydrocarbures.
La Réunion :
Câbles sous-marins existants : SEAS (320 Gb), TEAMs
(1280 Gb), SEACOM (1280 Gb), LION2 (1280 Gb), LION
(1300 Gb), EASSY (10 Tb)
Projets de câbles sous-marins : METISS, Mauritius
Submarine Cable Project.
ENJEUX
? Continuité du développement des ports de commerce et services maritimes associés,
comme vecteurs de développement et logistiques essentiels au bassin.
? Renforcement de la connectivité maritime des territoires français dans la zone pour
développer et maintenir leur attractivité (offre de services, fluidité?).
? Développement, structuration et pérennisation d?une filière construction et réparation navale.
? Forte attente de travaux publics maritimes à impact économique important.
? Développement harmonieux des activités maritimes.
La mise en service en 2009 d?un
câble internet sous-marin à fibre
optique « LION 2 » a marqué l?entrée
de Mayotte dans l?ère numérique haut
débit. Le tracé exact et à jour des
câbles dédiés à la fibre optique, ainsi
que le positionnement exact des
émissaires en mer ne sont pas connus,
tout comme leur état d?entretien.
La Réunion est actuellement reliée au
réseau mondial numérique par le câble
sous-marin SAFE, reliant
Melkbosstrand en Afrique du Sud à
Penang en Malaisie. Le débit a
toutefois subi de nombreux
ralentissements à la suite
d?effondrements sous-marins.
Dans les TAAF, un seul type de câble sous-marin a été déployé : celui composant le système de la station
hydroacoustique HA04. Aucun autre câblage sous-marin ou canalisation ne sont prévus car l?ensemble des
systèmes de télécommunication ou d?approvisionnement (électricité, eau potable, hydrocarbure...) s?effectue
par ravitaillement naval ou par le biais d?installations indépendantes pour chaque île.
4. Urbanisme et tourisme
? Tourisme
L?Association des « Iles Vanille » regroupe six îles du bassin (Maurice, La Réunion, Madagascar, Mayotte,
les Comores et les Seychelles). Depuis 2014, elle centre son action sur le développement du secteur de la
croisière, plus particulièrement les combinés inter-îles, avec l?objectif d?atteindre 50 000 passagers en 2020.
Le tourisme est un secteur très marginal dans les TAAF, mais permet de contribuer à leur financement
dès lors qu?il est compatible et en adéquation avec les objectifs de développement durable. À bord du Marion
Dufresne, l?activité touristique est axée sur la découverte des missions quotidiennes des TAAF et des
personnels détachés sur les bases. La collectivité ouvre également la possibilité aux plaisanciers d?accéder à
son territoire de manière strictement encadrée. Elle envisage de développer des partenariats privilégiés avec
des prestataires touristiques de plaisance, comme elle l?a déjà fait avec la compagnie PONANT.
? Activités balnéaires et fréquentation des plages
Mayotte bénéficie d?un ensoleillement toute l?année. Les plages constituent donc un Mayotte bénéficie d?un
ensoleillement toute l?année. Les plages constituent donc un potentiel économique et touristique, mais sont
encore peu aménagées et peu fréquentées. Elles sont toutefois particulièrement prisées par les opérateurs
nautiques et par les plaisanciers. Il est possible d?aller observer à faible profondeur les paysages sous-
marins et les peuplements récifaux, qui constituent des sites d?alimentation pour les tortues marines, que les
nageurs ont la possibilité de croiser et d?observer régulièrement. La pratique d?activités balnéaires est assez
récente, chez les mahorais, car beaucoup ne savent pas nager, et concerne essentiellement les jeunes qui
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 43
Illustration 27 : Le Lyrial, navire de croisière de la
compagnie PONANT © Davis Ringler
ENJEUX
? Soutien des innovations et désenclavement numérique à l?échelle du bassin.
? Réduction de l?impact des câbles sous-marins sur la biodiversité et suivi de l?évolution de cet
impact dans le temps.
À Mayotte et à La Réunion, l?activité touristique liée à la mer
est importante et essentiellement orientée autour des récifs
coralliens de l?île. Selon le rapport de l?Institut d?émission des
?départements d?Outre mer (IEDOM) de 2016, les structures
d?hébergement sont peu nombreuses et recrutent peu. À La
Réunion, hormis la navigation de plaisance et les activités
subaquatiques, peu d?activités se déroulent sur les zones non-
récifales du fait des vents d?alizés qui rendent le milieu
inhospitalier. Des efforts en matière de protection de la
biodiversité ont été réalisés et concrétisés par : l?obtention
d?un label du Pavillon bleu pour 3 plages de Saint-Gilles, la
création de la RNMR en 2007 dans laquelle se trouve les
plages et récifs coralliens, et l?obtention en 2014 de la Palme
IFRECOR pour la mairie de Saint-Paul à La Réunion et le
département de Mayotte.
sont incités, par le biais des programmes d?éducation physique et sportive ou le développement
d?évènements sportifs et compétitifs, à apprivoiser ce milieu qui leur semble culturellement hostile. Les
mahorais fréquentent davantage les arrières-plages pour la pratique du voulé, un rassemblement convivial
autour d?un repas à base de grillades.
La Réunion ne compte que 40 km de plages, et l?activité de baignade est concentrée au niveau des lagons
situés sur les côtes Ouest et Sud de l?île et dans quelques bassins de baignade où les pics de fréquentation
justifient l?aménagement de nouvelles zones sur l?ensemble de l?île comme prévu dans le Schéma
d?aménagement régional (SAR). En dehors de ces zones, la côte est globalement hostile. Toutefois, la
sensibilité écologique de ces milieux nécessite l?aménagement de nouvelles zones de baignade, de façon à
accroître le potentiel de baignade avec des activités diversifiées et dans des conditions sécurisées. Le
risque requin a un impact substantiel sur la baignade et sur le chiffre d?affaires, qui a chuté de 20 à 30%
durant cette dernière décennie. L?arrière-plage est souvent l?occasion de campements informels très
fréquentés. Le camping de l?Ermitage, qui offre une alternative au camping sauvage, rencontre un succès
important mais aussi une saturation des emplacements.
? Artificialisation des territoires littoraux
À Mayotte, il est nécessaire d?attirer de nouvelles activités dans des espaces déjà artificialisés, en faisant
respecter les servitudes transversales et longitudinales prévues par le code de l?urbanisme et les accès aux
plages et au rivage de la mer. Cela doit se traduire également par le développement de sentiers de
promenade ou des pistes cyclables le long du littoral, tout en proposant des points d?accueil mixte pour
l?ensemble des usages (pêche, loisir, cabotage, transport maritime).
5. Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 44
À Mayotte, l?accent est mis sur la nécessité de
développer un tourisme différencié par rapport à
l?offre existante dans l?océan Indien, en misant sur un
écotourisme valorisant l?authenticité de l?île, et
conciliant la mise en valeur du territoire. L?une des
prestations touristiques les plus appréciées est
l?observation des mammifères marins, pratiquée
d?ailleurs depuis 1998. La concurrence entre les
opérateurs s?est durcie, et les conflits d?usages se
multiplient, en période de présence de baleines, en
dépit de la charte d?approche des mammifères marins,
élaborée en 1999 et transformée depuis en arrêté
préfectoral. En outre, la randonnée subaquatique se
pratique régulièrement dans le lagon.
ENJEUX
? Sécurisation des sites naturels touristiques, et surveillance des baignades.
? Prise en compte de la préservation et de la valorisation du patrimoine naturel dans les
activités balnéaires et la fréquentation des plages.
? Développement maîtrisé et accompagné du tourisme.
? Prise en compte des enjeux environnementaux et paysagers, et des conflits d?usage sur le
littoral, pour l?artificialisation des territoires littoraux.
Équipements pour les bateaux de
plaisance à Mayotte :
Ponton de plaisance de Mamoudzou : 75
anneaux et 150 bouées d?amarrage
Ponton de plaisance de Dzaoudzi : 50
anneaux et 130 bouées d?amarrage
57 mouillages entretenus par le Parc Naturel
Marin de Mayotte.
Illustration 28 : Port de plaisance à La Réunion (Port
Ouest), avec au second plan, les catamarans de tourisme
© J.S. Philippe
Les clubs de plongée sont prisés et sont demandeurs d?une diversification des sites de découverte
subaquatique (ex. : cas d?épaves immergées). D'autres activités sont également pratiquées comme le kayak,
la chasse sous-marine, le jet-ski, le ski nautique et le wakeboard.
À La Réunion, l?attrait pour les activités nautiques se développe progressivement depuis les années
1970, malgré des restrictions réglementaires d?usages. Des activités similaires à Mayotte s?y pratiquent, en
plus de la promenade en mer, la voile, du surf, du dragon boat, et du stand-up paddle (Carte 19 : Localisation
des centres de plongée, page 110 ? Carte 20 : Localisation des clubs de canoë-kayak, page 111 ? Carte 28 :
Plaisance et loisirs nautiques à La Réunion, page 118).
Il existe aujourd?hui six ports de plaisance réunionnais :
? Le Port de la Pointe des Galets (550 anneaux dont 50 navires de pêche, géré par le TCO) : c?est le
seul port à pouvoir accueillir des gros navires de plaisance mais qui présente des équipements
vieillissants selon les usagers. De nombreuses dégradations et dépôts d?ordures sauvages sont
constatées par manque de surveillance suffisante ;
? Le Port de Sainte-Rose (100 anneaux dont 12 navires de pêche, géré par la commune) : des travaux
sont en cours pour augmenter la capacité d?accueil. Des équipements sont prévus ;
? Le Port de Sainte-Marie (180 anneaux dont 19 navires de pêche, géré par la CINOR) : port de pêche
et de plaisance, il a fait l?objet de travaux d?extension et de rénovation depuis 2018 pour renforcer la
sécurité et limiter le phénomène d?ensablement.
Concernant les bateaux, un certain nombre sont en mauvais état et devraient être détruits, mais il n?existe
pas de filière de déconstruction navale à La Réunion. Certains sont également habités par des
personnes qui y trouvent une alternative aux logements classiques.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 45
? Le Port de Saint-Gilles-les-Bains (360 anneaux
dont 60 navires de pêche, géré par la CCIR jusqu?en
2022 puis par le TCO) : il est utilisé par les pêcheurs
professionnels mais abrite aussi les ligues de voile, de
plongée, de surf?
? Le Port de Saint-Pierre (370 anneaux dont 30
navires de pêche, géré par la commune) : port de
pêche et de plaisance, il bénéficie de réparations et
d?entretiens réguliers, et de projets d?aménagements ;
? Le Port de Saint-Leu (150 anneaux dont 10 navires
de pêche, géré par le TCO) : historiquement dédié aux
pêcheurs traditionnels, il est utilisé par les particuliers et
professionnels exerçant d?autres activités. Un projet de
réaménagement et d?extension est en cours ;
ENJEUX
? Intégration de pratiques écoresponsables pour la plaisance, les loisirs nautiques et les
activités subaquatiques à fort potentiel économique
? Aménagement et développement des capacités d?accueil des navires (ports à sec)
6. Protection de l?environnement
À Mayotte comme à La Réunion, le patrimoine naturel
marin exceptionnel (lagon de Mayotte, récif corallien
frangeant à l?ouest et affleurements basaltiques à l?est
de La Réunion, nombreuses espèces marines et
côtières?) est particulièrement vulnérable mais
primordial pour le maintien de la qualité de vie des
Mahorais, car il joue un rôle majeur pour le
développement de l?île (ressources en eau, ressources
alimentaires, potentiel économique?).
Ainsi, un certain nombre de structures oeuvrent pour la
protection de l?environnement et participent au
soutien du développement économique local par la
création d?emplois dans ce domaine, mais aussi en
maintenant ou en développant la valeur écosystémique
des milieux naturels (en particulier les récifs coralliens
et écosystèmes associés) par la protection et en
accompagnement du développement d?activités
durables.
Parmi les acteurs clés s?impliquant de manière directe ou indirecte dans la protection de l?environnement, on
peut citer : les administrations et collectivités territoriales, les établissements publics (OFB, Conservatoire du
littoral, BRGM?) et les gestionnaires des Parcs et réserves naturelles, sans oublier les entreprises privées
(tri des déchets notamment) et nombreuses associations.
Dans le cadre de leur mission prioritaire, les TAAF ont notamment mis en place différents outils de
protection et de gestion tels que le Parc naturel marin des Glorieuses (2012) appelé à évoluer en réserve, et
la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et son périmètre de protection (se référer à la
présentation du bassin).
La collectivité est également responsable de la mise en oeuvre des plans de gestion et d?actions
associés, générateurs d?emplois. Ces activités permettent de mobiliser des moyens financiers et matériels
complémentaires qui sont le plus généralement mutualisé aux bénéfices d?autres activités de la collectivité ou
de ses partenaires sur les territoires.
7. Réseaux et systèmes de suivi scientifique
À Mayotte, il existe différents systèmes de suivi scientifique, tels que le Réseau échouage mahorais de
mammifères marins et tortues marines (REMMAT), le Système d?informations halieutiques (SIH),
l?Observatoire des récifs coralliens, et le suivi de la qualité des eaux. Le PNMM, qui gère le REMMAT, pilote
également de nombreux suivis scientifiques : Global Coral Reef Monitoring Network...).
À La Réunion, les récifs coralliens sont également intégrés dans le réseau mondial de suivi des récifs
coralliens (GCRMN) depuis 1998. D?autre part, des suivis sont réalisés en lien avec la Directive cadre sur
l?eau (DCE). A Mayotte comme à La Réunion, un réseau de zones naturelles d?intérêt écologique, faunistique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 46
ENJEU
? Conciliation du développement des activités économiques et touristiques et de la protection
de l?environnement
Illustration 29 : Ambiance sous-marine au niveau d?un
récif frangeant à Mayotte © JS Philippe
et floristique (ZNIEFF) marines est en cours de constitution, comptant déjà près d?une centaine de zones
identifiées et documentées sur la base de l?INPN. (Carte 14 : Zones naturelles d'intérêt écologique,
faunistique et floristique mer (ZNIEFF-Mer) à La Réunion, page 106).
Les TAAF sont le lieu de nombreuses activités de recherche des sciences de la vie aux sciences de
l?univers, menées sur les bases : IRD, IPEV, Ifremer, CNRS, CNES? Dans les eaux de Kerguelen, Crozet,
Saint-Paul et Amsterdam, des contrôleurs de pêche, formés par les TAAF et le MNHN, sont
systématiquement embarqués à bord des navires. Ils s?assurent du respect de la règlementation et
participent au suivi scientifique des pêcheries australes, en collaboration avec les agents de la réserve
naturelle nationale des Terres australes françaises qui sont embarqués plus ponctuellement sur les navires
de pêche pour déployer des protocoles de suivi des ressources halieutiques et des écosystèmes marins.
Dans les eaux des îles Éparses, des observateurs de pêche embarqués à bord des senneurs et palangriers
contribuent au suivi scientifique de la pêcherie thonière. Leur présence permet le respect des mesures de
gestion des ressources marines exploitées stipulées dans le droit international, national et territorial.
8. Souveraineté en mer
Aux menaces constantes comme la pêche illégale, qui peut se manifester par des incursions de navires de
pêche dans les eaux françaises, s?ajoutent d?autres menaces ou paramètres à prendre en compte :
? La multiplication des trafics illicites en raison de la faiblesse des pays de la zone ;
? L?immigration illicite des Comores vers Mayotte ;
? La menace terroriste potentielle ;
? La piraterie au nord du bassin, limitée grâce aux moyens engagés mais qui reste significative ;
? La contestation de la souveraineté de six îles françaises en zone tropicale ;
? L?exercice du jeu des puissances émergentes dans la région (Inde et Chine multiplient les
déploiements dans une volonté d?influence croissante) ;
Dans ce contexte, la présence des moyens maritimes et aériens français est impérative pour affirmer
la souveraineté de la France. La connaissance de la zone implique le partage de l?information et du
renseignement entre les administrations, à l?échelle nationale et internationale, et nécessite un recueil
d?informations dans les zones d?intérêt (ZEE des TAAF, zones de transit des trafics dans le nord de la
région).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 47
ENJEUX
? Accompagnement et soutien au développement de réseaux et systèmes de suivi scientifique
? Acquisition d?expertise locale sur les systèmes de suivi scientifique
Illustration 30 et 31 : Les Frégates militaires basées à La Réunion (à gauche © J.S. Philippe) et l?Astrolabe, le patrouilleur polaire (à
droite © TAAF) assurent la surveillance et la souveraineté française en mer
Chapitre 5 : Changement climatique
1. Les effets du changement climatique sur les îles tropicales
L?océan Indien est la 3ème région du monde la plus touchée par des phénomènes naturels intenses,
avec plus de 50 catastrophes naturelles au cours des vingt dernières années. Selon les scientifiques, le
changement climatique est très probablement un facteur aggravant d?un ensemble de risques naturels déjà
existants, et devrait provoquer une augmentation de leur fréquence et/ou de leur intensité. L?action combinée
de la montée des eaux et d?évènements climatiques plus intenses augmente le risque de submersion marine
pour Mayotte et La Réunion. Cela devrait avoir un impact également sur l?érosion côtière, avec pour
conséquences un recul du trait de côte plus important, et un envasement plus rapide du lagon pour Mayotte.
Le recul du trait de côte et la submersion sont déjà des problématiques majeures pour ces îles et le
changement climatique en augmenterait donc les effets. En outre, le changement climatique entraîne un
réchauffement et l?acidification des eaux. La récurrence de ces phénomènes affaiblit notamment les récifs
coralliens (mortalité partielle par blanchissement des coraux, diminution de la croissance corallienne), ce qui
constitue une problématique majeure pour les îles protégées par des récifs barrière, dont le rôle est important
contre les fortes houles. Enfin, l?altération des écosystèmes coralliens entraîne aussi des modifications au
niveau trophique et ressources halieutiques associées.
La gestion durable des ressources est une problématique forte en contexte de changement climatique. En
effet, ces modifications vont se traduire par des variations de l?ensoleillement, du régime de vents et surtout
des précipitations, pouvant notamment mener à des changements dans les ressources en eau. Cela pourrait
affecter La Réunion, avec de probables changements sur la saison estivale plus chaude, la saison hivernale
plus venteuse, ainsi qu?une baisse globale de la fréquence des précipitations. Les conséquences
amèneraient à des sécheresses plus fréquentes, et surtout à un déséquilibre plus fort en ressources en eau
entre l?Ouest et l?Est de l?île. Cette problématique se pose également pour la gestion des ressources
halieutiques (pêche). En effet, le changement climatique génère des variations de courants qui devraient
mener à une modification des routes de migration, notamment celle du thon listao, l?une des espèces
majoritairement pêchées dans l?océan Indien. Enfin, dans la recherche d?une réduction significative de notre
empreinte carbone, il existe une nécessité forte de réduction de l?utilisation des énergies fossiles et, à
terme, d?autonomie énergétique. Cette transition énergétique bénéficie d?atouts dans les îles du bassin du fait
des conditions climatiques, hydrologiques et de la proximité avec la mer. La Réunion, notamment, affiche
l?objectif d?atteindre l?autonomie énergétique d?ici 2030.
Le changement climatique est également un facteur aggravant pour la problématique de santé publique,
notamment concernant les épidémies. En effet, le changement climatique tend à élargir l?aire de répartition, la
période et l?intensité des transmissions de maladies infectieuses transportées par les moustiques. Ces
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 48
Les scenarii du Groupement d?Experts Intergouvernemental sur
l?Évolution du Climat (GIEC) indiquent, à l?horizon 2100 pour la
zone OI :
? + 1,4 à+ 3,7 °C (valeur moyenne de 2,1°C) de réchauffement des
températures
? -2 à +20 % (moyenne de +4 %) de variation des précipitations
annuelles
? Une élévation pouvant aller jusqu?à 84 centimètres du niveau de
la mer
? L?hypothèse du doublement d?ici 2100 de la distance parcourue
par les manchots royaux pour s?alimenter, dont la plus grande
population se reproduit dans les TAAF, en raison du déplacement des
fronts océaniques.
Plus de 50
catastrophes naturelles
au cours de ces 20
dernières années dans
l?océan Indien, causant
un coût de plus de 17
milliards de dollars aux
économies régionales
risques, combinés aux aléas climatiques et à la dégradation des récifs, peuvent également avoir un impact
sur le tourisme d?agrément.
L?une des problématiques majeures concerne enfin l?impact du changement climatique sur les
écosystèmes et les espèces. Parmi les incidences identifiées, la migration des espèces peut être affectée,
en lien notamment avec la modification des températures (terrestres ou marines), ce qui entraîne des
modifications des niches écologiques (cas des habitats d?altitude) ou des voies migratoires. Les
conséquences peuvent prendre la forme de variations des équilibres écologiques (cas des espèces
exotiques envahissantes au détriment d?espèces indigènes). De plus, l?augmentation des évènements
climatiques violents peut aussi provoquer la destruction de la végétation et l?érosion des plages, ce qui
affecte certaines espèces comme les tortues marines pour la ponte.
2. Les effets du changement climatique des îles australes
Les eaux froides du Sud de l?océan Indien constituent des réservoirs de biodiversité précieux qui
accueillent une faune menacée (30 % des espèces sont menacées selon l?UICN). Ainsi, l?augmentation des
évènements climatiques violents sont susceptibles d?impacter les colonies d?oiseaux marins (érosion,
végétation modifiée?). De plus, le déplacement des fronts océaniques modifie la répartition des espèces
marines, ainsi que les zones d?alimentation des prédateurs supérieurs. Pour illustrer cette problématique, la
distance parcourue par les manchots royaux pour s?alimenter, dont la plus grande population se reproduit
dans les TAAF, pourrait doubler d?ici 2100, mettant en péril l?espèce.
Pour ces îles éloignées, la faible présence humaine limite les impacts associés, ce qui permet d?obtenir des
données pertinentes et fiables sur les impacts environnementaux et sur la biodiversité spécifique en lien avec
les changements climatiques associés.
Depuis plus de 50 ans, les séries de données temporelles offrent des opportunités uniques d?études sur le
long terme pour le suivi de ces thématiques, ce qui positionne les TAAF comme un observatoire des
changements globaux (nombreux programmes de recherches en cours, à l?échelle nationale ou
internationale).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 49
ENJEUX
? Surveillance, étude et anticipation des impacts du changement climatique sur les
écosystèmes.
? Positionnement des TAAF comme un observatoire des changements globaux.
? Maintien et création de partenariats de recherches et de projets coopératifs, interdisciplinaires
et internationaux.
ENJEUX
? Développement des connaissances concernant le changement climatique pour l?ensemble du
bassin : études et suivis du changement climatique, anticipation des effets sur l?environnement
et sur les activités humaines
? Mise en place de politiques et de programmes en anticipation de ces changements
? Sensibilisation aux risques liés au changement climatique
? Sensibilisation aux bonnes pratiques pour un impact environnemental limité
? Réduction de l?utilisation des ressources fossiles, vers une autonomie énergétique
? Anticipation des risques d?épidémie par des systèmes de veille, d?alerte et de plans de
d?urgence
? Anticipation des effets sur les écosystèmes et les espèces et mise en place de mesures de
protection adaptées
Chapitre 6 : Coopération régionale
Les îles françaises du bassin Sud océan Indien, entourées par les eaux internationales et voisines de pays
tiers de l?Union européenne sont le théâtre d?une intense coopération s?exprimant sur les questions
maritimes et dans différentes enceintes.
La coopération régionale maritime du bassin Sud océan Indien s?inscrit dans différentes thématiques
(biodiversité, recherche, pêche, sécurité maritime, ports, croisières et tourisme?)
1. Coopération avec la Commission de l?océan Indien (COI)
La coopération multilatérale des territoires français du bassin Sud océan Indien s?effectue par le biais de la
Commission de l?océan Indien (COI), organisation intergouvernementale qui réunit cinq pays du bassin
(l?Union des Comores, la France, Madagascar, Maurice et les Seychelles). Elle a pour objectif de construire
et développer une Indianocéanie stable, solidaire et durable, et de mener des actions extérieures conjointes
d?intégration et de coopération, en particulier avec l?Afrique orientale et australe.
Institutionnalisée en 1984, elle est aujourd?hui établie et reconnue dans le bassin : avec un portefeuille de
projets d?environ 30M¤ par an, financés essentiellement par le FED et l?Agence française de développement,
la COI attire aujourd?hui de nouveaux bailleurs et observateurs séduits par la réussite de l?organisation.
La COI a permis d?engager de nombreux projets sur les sujets maritimes, en particulier sur la sécurité
maritime (projet MASE), la biodiversité marine, la pêche et sa surveillance ou l?économie bleue (élaboration
en cours d?un plan d?action régional de l?économie bleue ? PAREB).
2. Coopération dans le cadre de la politique commune de la pêche (PCP)
La PCP est une politique intégrée de l?Union européenne dont un pilier est la politique externe. L?Union
européenne a ainsi établi plusieurs accords bilatéraux avec les pays tiers de la zone afin de permettre aux
navires européens de pêcher les ressources excédentaires au sein de la Zone économique exclusive (ZEE)
du pays concerné, dans un environnement réglementé. En contrepartie, les pays partenaires bénéficient
d?une contribution financière qui vise notamment à favoriser le développement de la pêche durable par le
renforcement des capacités scientifiques et administratives, des activités de suivi, de contrôle et de
surveillance. Le FEAMPA est l?outil financier de mise en oeuvre de la PCP. À ce titre, l?une de ses priorités
stratégiques pour la programmation 2021-2027 est de renforcer la gouvernance internationale des
océans et faire en sorte que les mers et les océans soient sûrs, sécurisés, propres et gérés de manière
durable. Ce cadre offre la possibilité d?accompagner des projets de coopération sur ces enjeux.
Les TAAF, en tant que Pays et territoire d?outre-mer (PTOM), ne sont pas soumises aux réglementations
européennes, notamment la PCP.
En outre, il existe plusieurs instances de gestion des pêches compétentes dans le bassin Sud océan Indien,
dont les ORGP (Organisations de gestion des pêches) telles que la Commission des Thons de l?océan Indien
(CTOI) ou l?Accord relatif aux pêches du Sud de l?océan Indien (APSOI).
Ces ORGP sont des organismes internationaux mis en place par des pays ayant des intérêts en matière de
pêche dans une zone géographique spécifique. Certaines organisations sont chargées de gérer l?ensemble
des stocks de poissons d?une zone donnée (APSOI). D?autres se concentrent sur des espèces hautement
migratoires, comme le thon (CTOI). La Commission des pêches du Sud-Ouest de l?océan Indien (CPSOOI)
quant à elle, s?efforce de promouvoir le développement harmonieux de la pêche dans les États parties.
Les ORGP sont constituées à la fois de pays dits « côtiers », situés dans la région concernée, et de pays
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 50
ayant des intérêts dans les pêcheries de cette région. Si certaines ORGP ont un rôle purement consultatif, la
plupart ont le pouvoir de fixer des limites aux captures et à l?effort de pêche, de définir des mesures
techniques et de contrôler l?application des obligations.
La Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l?Antarctique (CCAMLR) a une
vocation environnementale marquée dont un axe fort sur la bonne gestion des ressources halieutiques.
Assurer la sécurité et la sûreté maritime est un enjeu central pour permettre un développement économique
pérenne du bassin, notamment pour les secteurs de la pêche et du tourisme.
La coopération régionale est un vecteur majeur de lutte contre la surpêche et la pêche illicite, non
déclarée et non réglementée (INN). En effet, afin de lutter contre la surpêche et la pêche INN, un Plan
régional de surveillance des pêches (PRSP) a été mis en place par la COI. Financé par l?Union européenne
depuis 2014 (FED et FEDER INTERREG), il organise les patrouilles régionales de contrôle des pêches et la
mise en place d?un Vessel Monitoring System (VMS) régional qui permet de visualiser en continu les
déplacements des navires de pêche. Les actions menées dans ce cadre ont notamment permis d?inquiéter
les flottilles asiatiques naviguant dans la zone et de peser sur certaines pratiques illicites. Le Kenya, le
Mozambique et la Tanzanie ont également pris part à certaines missions, permettant d?élargir et de renforcer
le dispositif déjà en place. Début 2019, le programme Ecofish de l?Union européenne a succédé à
SMARTFISH.
Les organisations institutionnelles et professionnelles de La Réunion, de Mayotte et des pays et
territoires de la zone doivent pouvoir, au travers d?une coopération régionale efficace :
? Organiser des campagnes de surveillance dans l?océan Indien au moyen du patrouilleur des
Affaires maritime (OSIRIS II), embarquant des observateurs français et des pays de la COI, dans les ZEE
des États-membres de la COI ;
? Former des agents en charge de la surveillance des activités maritimes au profit des États du
sud-ouest de l?océan Indien ;
? Échanger l?information entre les autorités en charge de la surveillance des activités maritimes
dans l?océan Indien, permettant d?effectuer des opérations de surveillance de manière conjointe et
régulière en les rendant plus efficaces, plus sûres et moins coûteuses ;
? Mettre en commun des informations relatives à la sécurité des navires détenus par les stations
de pilotage ;
? Surveiller la pêche par satellite pour dissuader les activités illégales, et mettre cette information à
disposition des autres États voisins afin d?assurer leur participation à la répression de ces infractions.
La coopération régionale est également un appui majeur pour le développement du potentiel économique
de l?océan. En effet, elle est un outil essentiel pour favoriser les échanges de savoir-faire entre
professionnels, pour renforcer la compétitivité de la pêche et de l?aquaculture. Elle peut également soutenir le
développement des opérateurs économiques sur les marchés régionaux et internationaux, et soutenir les
processus d?innovation.
La coopération régionale soutient également la protection du patrimoine naturel exceptionnel. En effet,
elle est un dispositif clef pour soutenir la gestion intégrée des zones côtières (GIZC), qui consiste à
consolider, capitaliser et diffuser les démarches corroborées par l?expérience de terrain, au travers de
partenariats actifs d?acteurs locaux et régionaux, pour :
? Favoriser et appuyer le développement (et la réplication dans la région) de bonnes initiatives
locales
? Mettre en commun les compétences, les expériences, les connaissances et les outils
développés dans la région
? Développer les liens, mettre les acteurs réseau et renforcer la coopération entre les partenaires
régionaux
? Soutenir une gestion intégrée, articulant une approche terre-mer.
En outre, l?axe 3 du plan de développement stratégique 2018-2021 de la COI comporte un volet « gestion
des risques de catastrophes et adaptation au changement climatique ».
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 51
Il est important de noter également la présence du WIOMSA (Western Indian Ocean Marine Science
Association), association internationale extrêmement active dans la région Sud océan Indien (> 1000
membres). Cette association oeuvre depuis une vingtaine d?années pour l'émergence d'une communauté
scientifique dans la région Afrique de l'Est et océan Indien avec des finalités de gestion durable des
ressources marines pour lutter contre la pauvreté des populations humaines dépendantes de ces
ressources. Elle s?implique également dans la formation et la mise en réseau des personnes impliquées dans
les sciences marines des écosystèmes océaniques de l?océan Indien occidental (scientifiques, gestionnaires,
privés...). WIOMSA constitue la plus importante organisation régionale dédiée à l'émergence et au
renforcement des capacités en sciences marines dans l?océan Indien.
3. Coopération dans le cadre de la politique régionale de l?Union européenne
Afin de développer des projets de coopération transfrontalière avec les pays voisins, Mayotte et La
Réunion disposent chacune d?enveloppes de fonds européens (dits INTERREG V) pour la période 2014-
2020. En outre, une somme supplémentaire est disponible pour la coopération transnationale entre La
Réunion, Mayotte et les TAAF, et les États du grand voisinage.
Sur cette base, la région Réunion a développé en partenariat avec l?État et l?Université et avec l?appui de la
COI, une remarquable initiative de construction d?un outil d?aide à la décision dans le domaine de la
planification spatiale maritime (PSM) : le projet « Océan Métiss ».
Le programme de coopération, abondé par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) et le
Fonds Européen de Développement (FED)3, se décline en cinq priorités stratégiques :
? Construire un espace de recherche et d?innovation, en mutualisant la recherche et le
développement dans le secteur de la pharmacopée, des biotechnologies, de l?énergie et du changement
climatique ;
? Consolider la coopération économique, notamment le développement des échanges de produits
agricoles et agro-alimentaires, la gestion durable des pêches et la coopération dans le domaine du
tourisme ;
? Développer les capacités d?adaptation au changement climatique et la prévention et la gestion
des risques avec le renforcement du dispositif régional de protection civile, la coopération sur les risques
épidémiologiques et infectieux, et la prévention des risques liés aux activités marines (pollution marine et
côtière) et au risque requin ;
? Valoriser le patrimoine naturel et culturel grâce à des actions conjointes de préservation de
l?environnement et de la biodiversité ;
? Renforcer les compétences en développant des formations (initiales, professionnelles et
supérieures) d?excellence et en favorisant la mobilité et les échanges de professionnels.
3 Le FED finance des programmes de coopération et de développement économique dans plusieurs pays tiers de la zone.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 52
ENJEUX
? Soutien au développement du potentiel économique du bassin Sud océan Indien
? Renforcement de la sécurité maritime pour permettre un développement économique pérenne
du bassin, notamment pour les secteurs de la pêche et du tourisme
? Soutien à la protection du patrimoine naturel exceptionnel
? Implication des régions ultrapériphériques et des pays de la zone océan Indien dans la
gestion des pêches régionales
Chapitre 7 : Le nouveau contexte sanitaire
Le contexte épidémique lié à la COVID-19 a marqué l?année 2020 dans le secteur maritime comme partout
ailleurs. Il a généré la prise en compte d?un risque jusqu?alors sous-estimé qui devrait générer durablement
des changements de fond dans nos comportements, en matière de mobilité notamment.
Le mouvement général de « repli sur soi » observé partout en 2020, que traduit spécialement le confinement,
et le ralentissement significatif des activités économiques et sociales ont eu des effets très divers dans le
domaine maritime. Certains peuvent d?ores et déjà être quantifiés, par exemple la baisse de trafic portuaire
ou la chute de la fréquentation touristique. D?autres effets ne pourront être documentés que plus tard, par
exemple, les effets sur les écosystèmes de l?interruption des activités humaines. D?une manière
générale, il ne sera vraiment possible d?évaluer les effets de la crise sanitaire qu?une fois celle-ci terminée, ce
qui n?est pas le cas à la date de validation du document stratégique de bassin maritime.
Les acteurs ont dû s?adapter pour poursuivre des opérations d?intérêt essentiel pour la population. Port
Réunion a mis en place, en collaboration avec les entreprises et salariés, un protocole de manutention des
marchandises, sécurisé sur le plan sanitaire. Cette adaptation des usages a permis de préserver non
seulement la santé des travailleurs portuaires mais également de garantir la poursuite des
approvisionnements en marchandises. A Mayotte, l?opération Résilience a permis d?apporter un renfort
sanitaire mais également au titre de la logistique maritime pour garantir le bon approvisionnement de l?île.
Dans les TAAF, l?impérieuse nécessité de préserver les territoires du virus a conduit à renforcer les
protocoles sanitaires préalables à l?embarquement pour le Marion Dufresne et les navires de pêche, avec
un impact sur la bonne réalisation des programmes scientifiques.
La crise liée à la COVID-19 a aussi apporté quelques opportunités. Ainsi, La Réunion est devenue un des
rares ports de l?océan Indien où les navires peuvent effectuer une relève d?équipage. Plus de 1 100 navires
et 14 000 gens de mer ont ainsi transité par ce territoire pour rentrer dans leur pays ou rejoindre leur navire
générant une activité économique inespérée pour certains acteurs (agents maritimes, compagnies de
transport à passagers).
En réalité, toutes les activités devront s?adapter peu ou prou à un contexte sanitaire incertain et contraignant,
même après la généralisation des vaccins. Les conséquences pour les personnes et les organisations, les
menaces et les opportunités ne peuvent pas être appréhendées avec précision à ce stade. Mais elles
infléchiront à la fois la lecture des orientations découlant de la présente stratégie et, en conséquence, les
modalités de sa mise en oeuvre.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 53
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 54
PARTIE 2
DE L?ÉTAT DES
LIEUX À LA
STRATÉGIE
Chapitre 1 : Tableaux de synthèse sur les 13 thématiques
L?état des lieux du bassin maritime Sud océan Indien a permis de d?identifier 13 thématiques qui ont été
présentées et validées par les membres du Conseil maritime ultramarin du bassin Sud océan Indien (CMUB),
lors de son assemblée plénière le 13 novembre 2018 :
1. Ecosystèmes marins et côtiers
2. Pêche maritime
3. Aquaculture
4. Ports et transport maritime, industries navales et nautiques
5. Energies marines renouvelables
6. Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
7. Aménagement du littoral et offre touristique
8. Paysage, sites et patrimoine
9. Risques et changements globaux
10. Connaissance, recherche et innovation
11. Emploi/formation
12. Sensibilisation du public
13. Coopération régionale
Quatre ateliers de travail ont alors été organisés à La Réunion et à Mayotte en juin 2019 et ont réuni les
référents désignés pour chacune des thématiques. Ils ont permis de répondre aux objectifs qui étaient fixés,
à savoir la formalisation d?enjeux transversaux, la définition des objectifs stratégiques et opérationnels de
chacune des thématiques, ainsi que la déclinaison des objectifs en cadre d?actions.
Atelier 1 : Protection de l?environnement
? Écosystèmes marins et côtiers (Thématique 1) ;
? Paysages, sites et patrimoine (Thématique 8).
Atelier 2 : Prévention des risques et gestion du trait de côte
? Risques et changements globaux (thématique 9) ;
? Aménagement du littoral et offre touristique (Thématique 7) ;
? Ecosystèmes marins et côtiers (Thématique 1) ;
? Ports et transports maritimes, industries navales et nautiques (Thématique 4).
Atelier 3 : Connaissance, recherche, innovation et éducation-formation
? Connaissance, recherche et innovation (Thématique 10) ;
? Emploi/formation (Thématique 11) ;
? Pêche maritime (Thématique 2 ;
? Sensibilisation du public (thématique 12).
Atelier 4 : Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin
? Pêche maritime (Thématique 2) ;
? Aquaculture (Thématique 3) ;
? Ressources marines et énergies marines renouvelables (Thématique 5) ;
? Ports et transports maritimes, industries navales et nautiques (Thématique 4) ;
? Plaisance et loisirs (Thématique 6) ;
? Aménagement du littoral et offre touristique (Thématique 7).
Les tableaux ci-dessous présentent les résultats de ces travaux. À noter que les thématiques coopération
régionale et changement climatique ont fait l?objet d?une appréhension transversale. Ces tableaux, issus des
ateliers de travail collaboratifs, permettent donc d?identifier les briques de construction de la stratégie du
DSBM qui sera développée en partie 3 en se concentrant sur les domaines où une action au niveau du
bassin est pertinente.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 55
Thématique 1 : Écosystèmes marins et littoraux
Enjeux transversaux
identifiés
? Les nécessaires conservation et restauration de la biodiversité
? Le maintien et l?amélioration de la qualité des masses d'eaux littorales
? La gestion des pressions anthropiques sur le littoral, milieu marin et sur les bassins versants associés
? La nécessaire définition d?un cadre et du suivi des usages sur le littoral et en mer
? Le développement de l?approfondissement des connaissances
? Le renforcement de la communication et sensibilisation liées à la valorisation et préservation de la biodiversité
? L?adaptation et la résilience des écosystèmes littoraux et marins
? La nécessité de gérer durablement les ressources
Objectif stratégique Préserver et tendre vers une amélioration de l'état de conservation des écosystèmes marins et littoraux
Sous-thématiques Biodiversité Qualité de l?eau et continuum terre-mer
Objectifs particuliers
Garantir les conditions optimales de conservation de l?ensemble des
écosystèmes naturels littoraux et maritimes
Limiter les pressions d?origine anthropique sur la qualité de l?eau
Objectifs transversaux
? Participer à la protection du patrimoine naturel maritime remarquable de la zone SOI
? Comprendre et prévoir les phénomènes liés au changement climatique et favoriser l?adaptation et la résilience des écosystèmes
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Mettre en place les moyens et les actions pour la conservation des
écosystèmes marins et littoraux (habitats, espèces...)
? Définir et mettre en oeuvre des actions permettant la protection
intégrale des récifs coralliens du bassin
? Développer les actions de restauration et de reconquête naturelle
? Disposer d?outils de protection adaptés du patrimoine naturel
? Renforcer et mutualiser les moyens de contrôle et de surveillance
? Développer des programmes d?amélioration de la connaissance à
l?échelle du bassin
? Mettre en réseau les espaces protégés du bassin afin d?échanger les
connaissances et bonnes pratiques
? Identifier et limiter l?ensemble des pollutions d?origine
anthropique
? Approfondir les connaissances et le suivi sur l?ensemble des
pollutions
Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les connaissances sur les capacités de charge des territoires et écosystèmes littoraux (
Actions transversales
Coopération régionale
? Développer et renforcer les collaborations des îles françaises du bassin entre elles, au sein de la zone SOI et à l?échelle internationale
Changement climatique
? Développer les observatoires et les réseaux d?observatoires à l?échelle du bassin sur les thématiques de changement globaux et climatiques
? Définir et mettre en place des actions facilitant la résilience et l?adaptation des écosystèmes
? Mettre en oeuvre le plan national d?adaptation au changement climatique dans le bassin
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
56
Thématique 2 : Pêche maritime (1/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? Le maintien d?une pêche professionnelle respectueuse de l?environnement et de la ressource
? L?importance de régler les conflits d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir, la pêche informelle et la pêche professionnelle
? Le développement et la valorisation des filières locales de commercialisation et transformation des produits de la mer
? La lutte contre la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non règlementée
Objectif stratégique Soutenir une pêche durable et innovante
Sous-thématiques
Développement d?une pêche
durable
Pêche de loisir
responsable
Transformation et commercialisation des produits
halieutiques
Objectifs particuliers Maintenir et valoriser une pêche durable à l?échelle du Bassin
Accompagner la mise en place, le développement et la valorisation
des filières locales de commercialisation et transformation des
produits de la mer
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Maintenir et renforcer une coopération internationale pour une pêche durable à l?échelle de la zone SOI
? Poursuivre la coopération régionale pour le renforcement de l?attractivité de la profession
? Prendre en compte le changement climatique dans la gestion des pêches dans les îles françaises
Territoires concernés Bassin Mayotte et La Réunion Bassin (et de manière différenciée selon les territoires)
Cadre d?actions
? Renforcer le suivi de la
ressource afin d?avoir une
vision de long terme
? Définir un effort de pêche
durable
Lutter contre la
commercialisation des
produits issus de la pêche
de loisir et la pêche
informelle
? Structurer la filière professionnelle
? Développer la labellisation des produits
? Renforcer les capacités de stockage et sécuriser la filière
? Valoriser les déchets issus de la filière
Focus Réunion & Mayotte :
? Favoriser les circuits courts
Actions transversales
Coopération régionale
? Renforcer la lutte commune contre les pêches INN
? Développer les missions de surveillance conjointes
? Étudier le principe d'une évaluation conjointe de certains stocks des pays de la zone
? OEuvrer pour le maintien des accords de pêche à l?échelle internationale
Changement climatique
? Évaluer l?impact du changement climatique sur la ressource
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
57
Thématique 2 : Pêche maritime (2/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? La nécessité d?une pêche professionnelle plus respectueuse de l?environnement et de la ressource
? L?importance de régler les conflits d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir et la pêche professionnelle
? Le développement et la valorisation des filières locales de commercialisation et transformation des produits de la mer
? La lutte contre la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non règlementée
Objectif stratégique Soutenir une pêche durable et innovante
Sous-thématiques Adaptation de l?outil de travail Surveillance des pêches
Objectifs particuliers
Optimiser et mettre aux normes les outils de production et de
pêche
Augmenter les moyens et contrôles en matière de pratiques des
pêches
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Maintenir et renforcer une coopération internationale pour une pêche durable à l?échelle de la zone SOI
? Poursuivre la coopération régionale pour le renforcement de l?attractivité de la profession
? Prendre en compte le changement climatique dans la gestion des pêches dans les îles françaises
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Bassin
Cadre d?actions
? Mettre en place un plan de renouvellement et de
modernisation de la flottille
? Créer des points de débarquement
? Augmenter les contrôles aux points de débarquement
? Limiter le nombre de points de débarquement
Actions transversales
Coopération régionale
? Renforcer la lutte commune contre les pêches INN
? Développer les missions de surveillance conjointes
? Étudier le principe d'une évaluation conjointe de certains stocks des pays de la zone
? OEuvrer pour le maintien des accords de pêche à l?échelle internationale
Changement climatique
? Évaluer l?impact du changement climatique sur la ressource
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
58
Thématique 3 : Aquaculture
Enjeux transversaux
identifiés
Un potentiel aquacole et en biotechnologies marines à exploiter de manière adaptée selon les territoires du bassin
Objectif stratégique Soutenir une aquaculture durable, efficace dans l?utilisation des ressources, innovante et compétitive
Sous-thématiques Relance de la filière dans le respect des écosystèmes Développement de la filière aval
Objectifs particuliers Identifier et soutenir les projets aquacoles durables
Accompagner la mise en place, le développement et la
valorisation des filières
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
Territoires concernés Mayotte La Réunion
Cadre d?actions
? Créer une unité de recherche visant à accompagner le
développement de la filière, promouvoir sa diversification et
sécuriser la mise sur le marché des produits
? Mettre en place les outils permettant d?accompagner les
porteurs de projets
? Sécuriser les niveaux de production
Réaliser une étude de marché intégrant les habitudes de
consommation et les circuits courts
Actions transversales
/
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
59
Thématique 4 : Ports, industries navales et nautiques
Enjeux transversaux
identifiés
? La continuité du développement et la pérennisation des ports de commerce, et services maritimes associés, comme vecteurs de
développement essentiels aux territoires français du bassin
? Des travaux publics maritimes très attendus à fort impact économique
? L?importance du développement, de la structuration et de la pérennisation d?une filière construction et réparation navale en support
à l?économie bleue
? Une nécessaire surveillance des activités et du milieu marin (cf. en lien avec le sujet pêche)
Objectif stratégique
Accompagner les systèmes portuaires français du bassin SOI et encourager leur rôle de support du
développement des territoires
Sous-thématiques Connectivité maritime et compétitivité portuaire Construction navale et réparation navale
Objectifs particuliers
Renforcer la connectivité maritime des territoires français dans la zone
SOI pour développer et maintenir leur attractivité (offre de service,
fluidité, ?)
Augmenter l?offre de services en matière de construction et
réparation navale dans la filière
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Développer une offre complémentaire en matière portuaire et construction et réparation navale à l?échelle de la zone SOI
? Rechercher les modalités d?accompagnement des ports français de la zone SOI en matière de sûreté portuaire
? Veiller à la prise en compte du changement climatique dans la programmation des aménagements portuaires
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Mayotte et La Réunion
Cadre d?actions
? Étudier et mesurer les impacts de l'amélioration de la connectivité
maritime à l?échelle des territoires français (indicateurs)
? Définir et mettre en place un plan d?investissement
(infrastructures et outils associés) améliorant la compétitivité
portuaire
? Valoriser le respect des normes et la qualité environnementale
des ports français à l?échelle de la zone
Focus Mayotte :
? Consacrer Mayotte comme port de transbordement et de
logistique à l?échelle du canal du Mozambique
Mettre en place les outils et infrastructures nécessaires à la
création et au développement de la filière
Actions transversales
Coopération régionale
? Focus La Réunion : Maintenir Port Réunion comme port de transbordement et de logistique à l'échelle du bassin SOI
? Favoriser le partage des bonnes pratiques et la mise en réseau des ports de l?OI (cf. APIOI, GIZC)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
60
Thématique 5 : Ressources marines et énergies marines renouvelables
Enjeux transversaux
identifiés
L?importance de l?intégration des Énergies marines renouvelables (EMR) dans la stratégie de transition énergétique des territoires du
bassin
Objectif stratégique Développer les énergies marines renouvelables
Sous-thématiques Stratégie de transition énergétique Extraction de matériaux marins
Activités pétrolières et gazières
offshore
Objectifs particuliers
? Atteindre l?autonomie énergétique à horizon
2030 (cf. LTECV)
? Intégrer les EMR dans les stratégies de
transition des territoires
Étudier la faisabilité et l?opportunité de l?exploitation des ressources (matériaux, gaz
et pétrole?)
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Garantir la souveraineté de la France dans les ZEE dans l?hypothèse d?une exploitation des ressources maritimes
? Prendre en compte le changement climatique dans la transition énergétique
Territoires concernés Bassin TAAF TAAF
Cadre d?actions
? Anticiper les besoins portuaires en
infrastructures, en zones et moyens de
logistiques, pour le déploiement et la
maintenance des EMR
? Accompagner le développement des
énergies marines renouvelables dans le
bassin
/ /
Actions transversales
/
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
61
Thématique 6 : Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
Enjeux transversaux
identifiés
Une plaisance des loisirs nautiques et subaquatiques ainsi qu?une plaisance professionnelle à fort potentiel économique intégrant des
pratiques écoresponsables
Objectif stratégique
Encourager des pratiques de loisirs et sports nautiques, subaquatiques et de plaisance mieux structurées et plus
respectueuses entre elles
Sous-thématiques
Ports de plaisance ? zone de mouillage ? mises à l?eau ? bases
nautiques
Compatibilité des activités avec les écosystèmes
Objectifs particuliers
? Développer la capacité d?accueil et la sécurité dans les ports de
plaisance, bases nautiques et services
? Augmenter l?aménagement et la création de sites de mises à
l?eau
Définir un cadre pour le développement de pratiques nautiques
respectueuses de la biodiversité marine
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
Identifier et mettre en oeuvre les meilleures pratiques qui soient respectueuses de l?environnement en matière d?activités nautiques et
subaquatiques à l?échelle de la zone SOI
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Mayotte et La Réunion
Cadre d?actions
? Mettre en place une signalétique globale d?information des
usagers dans la bande des 300m
? Développer la filière de maintenance à destination de la grande
plaisance et les équipements associés
Focus Mayotte :
? Développer une filière de plaisance professionnelle à Mayotte à
l?échelle du canal du Mozambique
? Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les
connaissances sur les capacités de charge des territoires et
écosystèmes littoraux (activités nautiques/loisirs)
? Mettre en place les zonages liés aux usages nautiques (avec
mouillage et bouées libres)
Focus Mayotte :
? Accompagner le développement des pratiques dans le
respect des réglementations, et si nécessaire, leur
adaptation (cf. plan de balisage)
Focus Réunion:
? Valoriser les activités à faible vulnérabilité « requin » (usages
lagon, plongée, voile, etc.)
Actions transversales
/
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
62
Thématique 7 : Aménagement du littoral et offre touristique
Enjeux transversaux
identifiés
? Une nécessaire prise en compte de la préservation et de la valorisation du patrimoine naturel dans les activités balnéaires et la
fréquentation des plages
? Un tourisme dont le développement doit être maitrisé et accompagné
Objectif stratégique Accompagner un tourisme littoral et maritime durable et respectueux
Sous-thématiques Offre touristique
Objectifs particuliers Définir un cadre de développement pour un tourisme littoral et maritime pérenne et durable
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Conforter la connaissance des labels existants autour notamment du concept de "tourisme durable" des îles françaises dans
l?océan Indien
? Prendre en compte le changement climatique dans le développement des politiques touristiques littorales et maritimes
? Proposer une coopération régionale pour homogénéiser la gestion du littoral à l?échelle internationale
Territoires concernés Bassin
Cadre d?actions
Mayotte et La Réunion :
? Développer une approche partagée de l?offre touristique sur le continuum littoral terre-mer
? Promouvoir les cultures et identités de la région sud océan indien
? Renforcer la sécurité des plages et zones de baignade
? Lutter contre les activités de tourisme non autorisées
Focus La Réunion :
? Étudier la possibilité de créer de nouveaux bassins/sites de baignade et spots de surfs sécurisés (cf. problématique « requin »)
Focus Mayotte :
? Faciliter et sécuriser les accès aux plages
Focus TAAF :
? Consolider et pérenniser le partenariat avec PONANT pour l?organisation de croisière dans les Iles Éparses et étudier la faisabilité
du développement d?une filière de tourisme de plaisance durable sur le périmètre du Parc Naturel Marin des Glorieuses
Actions transversales
Coopération régionale
? Renforcer les actions de coopération régionale dans la gestion des zones côtières
? Consolider la promotion d?une destination commune océan Indien (Iles Vanille) à destination des croisiéristes
Changement climatique
? Intégrer les changements climatiques dans le développement de l?urbanisme et du tourisme à l?échelle du bassin
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
63
Thématique 8 : Paysages, sites et patrimoines
Enjeux transversaux
identifiés
? Une prise en compte des paysages littoraux et marins
? Une meilleure prise en compte du patrimoine culturel et historique (bâti, objets et immatériel)
Objectif stratégique Protéger, préserver et mettre en valeur les paysages et le patrimoine littoral et maritime de façon concertée
Sous-thématiques
Paysages littoraux, marins et sous-marins et patrimoine
maritime et littoral
Pratiques traditionnelles
Objectifs particuliers
Préserver et valoriser des sites et paysages marins, sous-marins
et littoraux
Pérenniser et valoriser les savoirs traditionnels et pratiques
vivrières dans le cadre d?une gestion précautionneuse du milieu
marin et littoral
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Valoriser les paysages et le patrimoine à l?échelle de la zone SOI
? Étudier l?impact du changement climatique sur les paysages
Territoires concernés Bassin Mayotte et La Réunion
Cadre d?actions
? Faire un inventaire des éléments patrimoniaux (bâti et
mobilier), ainsi que des paysages littoraux, marins, sous-
marins et littoraux
? Élaborer et mettre en oeuvre une politique de préservation et
valorisation des sites et paysages
? Articuler les modalités de protection prévues par les codes
du patrimoine et de l?environnement
? Valoriser le patrimoine par la communication et la
restauration
? Définir les cadres pour concilier les pratiques vivrières et
savoirs traditionnels et la préservation de l?environnement
? Associer et impliquer l?ensemble des usagers et les acteurs
locaux dans la gestion du patrimoine
Actions transversales
Coopération régionale
? Approfondir la connaissance sur l?histoire et le patrimoine maritimes communs de la zone SOI
? Mettre en réseau les acteurs pour le partage des savoir-faire et la valorisation du patrimoine
Changement climatique
? Approfondir les connaissances et suivre les évolutions des paysages face au changement climatique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
64
Thématique 9 : Risques et changements globaux
Enjeux transversaux
identifiés
? La nécessité d?une planification de l?aménagement du littoral intégrant les risques naturels
? L?anticipation des risques industriels et de pollution des eaux
? Le besoin de sécurisation des espaces maritimes
Objectif stratégique
Accompagner les acteurs économiques littoraux dans l?anticipation et la gestion des risques littoraux, en prenant
en compte la dynamique démographique et le changement global
Sous-thématiques Aléas littoraux naturels Risques industriels Risques sanitaires
Objectifs particuliers
Gérer le territoire dans le respect des
équilibres naturels et littoraux
Mieux prendre en compte les risques
industriels dans la gestion du littoral
Viser un état sanitaire qui garantisse la santé des
écosystèmes et de l?Homme
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
Renforcer et valoriser ?expertise française dans la zone SOI concernant la gestion des risques
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Mayotte et La Réunion Bassin
Cadre d?actions
? Mettre en place une gestion intégrée /
des zones côtières au regard des aléas
littoraux (intégrant la dynamique
démographique)
? Approfondir les connaissances sur
l?ensemble des problématiques des
aléas littoraux naturels (submersion
marine, érosion, tsunami, risques liés au
phénomène sismo-volcanique à
Mayotte?.) et sur les services
écosystémiques (observatoires)
? Approfondir les connaissances sur
les incidences du risque industriel
sur le milieu et les écosystèmes
marins (nouveaux produits
dangereux, nouvelles incidences
potentielles?)
? Recenser l?ensemble des activités et
installations à risques du littoral
? Impulser la prise en compte des
risques dès la conception des futures
installations
? Définir et mettre en oeuvre les moyens pour garantir
la santé des écosystèmes et de l?Homme
? Mettre en place une surveillance accrue des risques
sanitaires (produits consommés de la mer, eaux de
baignade, etc.)
? Améliorer la gestion des risques sanitaires (réseau
d?assainissement, gestion et traitement des déchets,
etc.)
? Approfondir les connaissances sur les incidences
des risques sanitaires sur le milieu et les
écosystèmes marins (incluant nouvelles incidences
potentielles)
Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les connaissances sur les capacités de charge des territoires et écosystèmes littoraux
(risques et résilience)
Actions transversales
Coopération régionale
? Accompagner et soutenir le projet de la PIROI (Plateforme d?Intervention Régionale océan Indien) concernant la gestion des risques
? Pérenniser l?ouverture des assises régionales des risques naturels aux pays de la zone SOI
? Renforcer les actions de coopération des acteurs français au sein des programmes de coopération de la zone SOI
? Faire valoir les cadres nationaux et européens au sein des instances internationales (gestion des risques)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
65
Thématique 10 : Connaissance, recherche et innovation (1/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? L?amélioration de la collecte, la bancarisation ainsi que la valorisation des données dans l?ensemble des territoires
? Le besoin d?apporter un appui au développement de la recherche scientifique ainsi qu?à l?innovation
Objectif stratégique
Soutenir et promouvoir la recherche et l?innovation dans tous les domaines de l?économie maritime (intégrant tous les
champs disciplinaires associés, y compris la dimension humaine et sociétale) et de la transition écologique (au sens large,
y compris la prise en compte des personnes)
Sous-thématiques Collecte et bancarisation des données Valorisation des données
Objectifs particuliers
? Améliorer la collecte, la bancarisation et la valorisation des données sur la base des outils existants
? Inciter à appliquer les méthodologies standardisées européennes même si elles n?ont pas encore de déclinaison dans les régions
ultrapériphériques (DCSMM par exemple)
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Développer les coopérations en matière de recherche dans tous les domaines
? Favoriser le lien entre la base de données SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Impulser la prise en compte des enjeux et de l?expression du changement climatique dans les programmes de recherche
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Travailler au référencement des données et métadonnées
disponibles et partageables au sein du SIMM
? Définir le mode opératoire rendant obligatoire le
partage/bancarisation des données et métadonnées et
documents divers
? Former les acteurs à la démarche de collecte des données
? Créer une bibliothèque virtuelle à l?échelle du Bassin qui
permette une centralisation des documents
? Promouvoir l?outil SIMM afin de mieux valoriser et diffuser les
données
? Favoriser l?accès aux données référencées de manière
pérenne
Actions transversales
Coopération régionale
? Faire l?interface entre le SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Valoriser l?accès au SIMM dans les projets de coopération régionale
? Valoriser l?expertise française à l?échelle internationale
Changement Climatique
? Favoriser le suivi temporel d?indicateurs et de mesures en matière de changement climatique
? Favoriser la contribution à l?effort international de suivi du changement climatique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
66
Thématique 10 : Connaissance, recherche et innovation (2/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? L?amélioration de la collecte, la bancarisation ainsi que la valorisation des données dans l?ensemble des territoires
? Le besoin d?apporter un appui au développement de la recherche scientifique ainsi qu?à l?innovation
Objectif stratégique
Soutenir et promouvoir la recherche et l?innovation dans tous les domaines de l?économie maritime (intégrant tous les
champs disciplinaires associés, y compris la dimension humaine et sociétale), et de la transition écologique (au sens large,
y compris la prise en compte des personnes)
Sous-thématiques Recherche Innovation
Objectifs particuliers
Développer les collaborations en matière de recherche
fondamentale et appliquée dans tous les domaines entre les îles
françaises
Rapprocher le monde économique de celui de la recherche afin
de favoriser les transfert de technologies et de développer de
nouveaux produits / procédés / services à haute valeur ajoutée
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Développer les coopérations en matière de recherche dans tous les domaines
? Favoriser le lien entre la base de données SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Impulser la prise en compte des enjeux et de l?expression du changement climatique dans les programmes de recherche
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Travailler à une meilleure répartition des moyens et outils
dédiés à la recherche scientifique dans les territoires du
bassin
? Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les
connaissances sur les capacités de charge des territoires et
écosystèmes littoraux (biodiversité et qualité de l?eau)
? Définir communément les objectifs de recherche
(privé/public)
? Développer et mettre en place une structure favorisant le
transfert de technologies
? Mettre en place un pôle de compétences unique à l?échelle
du Bassin
Actions transversales
Coopération régionale
? Faire l?interface entre le SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Valoriser l?accès au SIMM dans les projets de coopération régionale
? Valoriser l?expertise française à l?échelle internationale
Changement Climatique
? Favoriser le suivi temporel d?indicateurs et de mesures en matière de changement climatique
? Favoriser la contribution à l?effort international de suivi du changement climatique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
67
Thématique 11 : Emploi, formation
Enjeux transversaux
identifiés
Le développement complémentaire au sein du bassin des formations en lien avec le milieu marin, et l?appui au développement de
l?attractivité des métiers maritimes
Objectif stratégique Développer l?attractivité, la qualification et la variété des emplois de l?économie maritime et littorale
Sous-thématiques
Adaptation et mutualisation des
offres de formation
Formation par la recherche Attractivité des métiers liés à la mer
Objectifs particuliers
Développer une offre complémentaire entre les territoires du bassin
en matière de formations en lien avec le milieu marin, qui soit
cohérente avec les besoins d?aujourd?hui et en anticipation des
besoins de demain
Augmenter le nombre d?emplois pour les métiers liés à
la mer occupés par des jeunes des îles françaises
Objectifs transversaux
? Valoriser l?offre de formations françaises à l?échelle des territoires voisins de la zone SOI
? Intégrer la prise en compte des enjeux du changement climatique dans les formations en lien avec la mer
Territoires concernés Bassin Bassin Bassin
Cadre d?actions
Développer un « observatoire »
des métiers de la mer (besoins
et offres) permettant de faire
des diagnostic emploi/formation,
de définir des préconisations et
de mettre en relation les
différents acteurs
? Renforcer la valorisation des
compétences des diplômés
masters et doctorats à
l?international
? Focus Mayotte : favoriser le
développement de formations
par la recherche au Centre
Universitaire de Mayotte
? Développer les moyens pour une meilleure information
et orientation des scolaires aux métiers en lien avec le
milieu marin, notamment à Mayotte
? Mettre en place un plan de promotion et de valorisation
des métiers liés à la mer à l?échelle du Bassin en lien
avec les professionnels
? Appliquer le régime de l?ENIM à l?échelle du Bassin et
notamment à Mayotte
? Renouveler et moderniser la flottille de pêche
Actions transversales
Coopération régionale
? Identifier et mettre en place les formations par filière répondant aux standards internationaux à l?échelle de la zone SOI
? Développer des échanges entre les différentes formations à l?échelle des territoires voisins de la zone SOI (stages, écoles d?été,
etc.)
? Internationaliser l?offre de formation (niveau master)
Changement climatique
? S?assurer de la prise en compte des enjeux du changement climatique dans l?ensemble des formations des métiers liés à la mer des
îles françaises
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
68
Thématique 12 : Sensibilisation du public
Enjeux transversaux
identifiés
Le renforcement de la sensibilisation- communication et de l?éducation à la mer
Objectif stratégique Conduire le public à prendre conscience du potentiel et de la fragilité de la mer afin qu?il adapte ses comportements
Sous-thématiques Grand Public Jeunes notamment les scolaires
Objectifs particuliers
Sensibiliser le grand public à l?échelle des îles françaises au
potentiel et à la fragilité de la mer pour qu?il adapte ses
comportements
Sensibiliser les jeunes et scolaires des îles françaises au
potentiel et à la fragilité de la mer
Objectifs transversaux
? Promouvoir une sensibilisation sur l?ensemble des thématiques liées à la mer à destination de différents publics l?échelle
internationale
? Intégrer la notion de changement climatique à ces actions de sensibilisation
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Définir et mettre en place un plan d?actions pour la
sensibilisation « littoral et milieu marin » à l?échelle des îles
françaises
? Décliner spécifiquement ces actions à destination des
professionnels par filières
? Mesurer l?efficacité de la sensibilisation du grand public et
identification des bonnes pratiques
? Accompagner et sensibiliser les acteurs et partenaires
publics sur la préservation de la biodiversité, les usages durables,
les aléas littoraux naturels et les risques industriels et sanitaires
? Sensibiliser et accompagner les populations et usagers, et
les acteurs publics aux bonnes pratiques
? Mettre en place des actions de sensibilisation à
destination des jeunes et scolaires des îles françaises
? Intégrer les notions » économie et développement
durable » dans les actions de sensibilisation des jeunes
? Développer des supports pédagogiques
contextualisés, intégrant la culture et les langue locales
Actions transversales
Coopération régionale
Faire le lien avec la coopération internationale à l?échelle de la COI à destination des scolaires (par exemple EcoSchool) et autres
initiatives
Changement climatique
S?assurer de la prise en compte de la notion de changement climatique dans l?ensemble des actions de sensibilisation
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
69
Chapitre 2 : Avenir souhaité pour le bassin à l?horizon 2030
En 2030, les habitants du bassin maritime Sud océan Indien, se sont pleinement approprié les enjeux de leur
espace maritime. Ils sont conscients de la nécessité de protéger la biodiversité exceptionnelle qu?il abrite
et de valoriser son patrimoine, ses sites et paysages et agissent en ce sens. En particulier, la multiplication
des actions en direction des jeunes a permis à ceux-ci d?acquérir une « culture maritime » insuffisamment
présente auparavant.
Les secteurs de la recherche, de l?innovation et du transfert technologique ont progressé de manière notable
et les territoires ont rattrapé leur retard dans ces domaines.
Les Mahorais et les Réunionnais ont parfaitement intégré la réalité du changement climatique et le concept
de « transition écologique et énergétique » et s?accordent sur la nécessité de soutenir une « croissance
bleue » durable à Mayotte et à La Réunion. On constate en particulier :
? Une meilleure exploitation du fort potentiel touristique maritime et littoral à travers l?adaptation de
l?offre touristique et des infrastructures nécessaires aux activités nautiques dans un cadre respectueux de
l?environnement et davantage sécurisé ;
? La création d?emplois, dans un contexte de croissance démographique des deux territoires, favorisée
par l?adaptation et la mutualisation des formations ainsi que l?adéquation dynamique entre l?offre et la
demande ;
? Le développement de filières qui présentaient un retard dans les territoires du bassin : énergies
marines renouvelables, aquaculture, biotechnologies...
La gestion durable des ressources halieutiques et la lutte contre la pêche illégale assurent la bonne santé
des stocks. Dans le respect des pratiques traditionnelles, associées à une évolution des formations et des
outils de travail, elles permettent aux pêcheurs professionnels de vivre de leur métier. La filière aval est
devenue plus performante, en lien avec l?augmentation de la consommation locale de produits de la pêche,
mais aussi de l?aquaculture qui a été relancée durablement.
Les ports de commerce de Mayotte et de La Réunion, véritables poumons économiques des territoires, ont
accéléré le développement de leurs infrastructures et de leurs flux maritimes, acquérant ainsi une position
prépondérante à la croisée des routes maritimes de l?océan Indien et du Canal du Mozambique, tout en
mettant en oeuvre une démarche environnementale exemplaire.
Dans les îles Éparses et les îles Australes, les mesures de gestion et de protection des écosystèmes ont
conforté leur rôle d?observatoire des changements climatiques, en lien avec la coopération internationale.
Cette gestion permet aussi une valorisation durable des ressources naturelles.
En 2030, les risques, tant naturels qu?industriels, font l?objet de politiques rigoureuses de prévention et de
gestion impliquant l?État et les collectivités.
Enfin, la participation active des collectivités à la coopération régionale permet aux populations du bassin de
partager les bonnes pratiques dans le Sud océan Indien et aux entreprises de développer leur activité à
l?échelle indianocéanique / indopacifique.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 70
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 71
PARTIE 3
STRATEGIE POUR LE BASSIN MARITIME
SUD OCEAN INDIEN
Introduction
L?objectif de la stratégie du bassin maritime Sud océan Indien est de définir et mettre en oeuvre un projet de
développement durable global à l?échelle du bassin.
Afin de concrétiser cette stratégie et de répondre aux enjeux identifiés pour le bassin maritime Sud océan
Indien, différents sujets prioritaires ont été mis en lumière répondant aux objectifs stratégiques fixés à horizon
2030. Ces sujets prioritaires, ainsi que les cadres des actions à mettre en place pour y répondre, sont
présentés dans les quatre chapitres qui suivent :
1. Protection de l?environnement et qualité des sites
2. Prévention des risques et gestion du trait de côte / changements globaux
3. Connaissance, recherche, innovation, éducation et formation
4. Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin
La stratégie définie ci-après, est ensuite présentée, en fin de chapitre, sous forme de tableaux tels qu?ils ont
été établis lors des travaux des membres du CMUB et de la commission permanente au dernier trimestre de
l?année 2019.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 72
Chapitre 1 : Protection de l?environnement et qualité des sites
Le bassin maritime Sud océan Indien rassemble une richesse naturelle et culturelle exceptionnelle qu?il
est crucial de préserver et de valoriser. Le DSBM a pour ambition de contribuer à l?amélioration de l?état de
conservation des écosystèmes marins et littoraux, ainsi que de préserver et mettre en valeur les paysages et
le patrimoine littoral et maritime, tant naturel que culturel et historique.
Ces sujets prioritaires sont en adéquation avec les grands objectifs de la Stratégie nationale pour la mer et le
littoral (SNML), en particulier le maintien du bon état écologique du milieu marin, la préservation d?un littoral
attractif et le développement d?une économie bleue et durable.
1. Écosystèmes et biodiversité
Les sujets prioritaires identifiés par le DSBM visent de façon générale à la conservation des écosystèmes,
habitats et espèces marins et littoraux ainsi qu?à l?amélioration de leur état, par la protection,
l?amélioration des connaissances et la réduction des pressions d?origine anthropique.
Les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers sont des habitats majeurs pour les territoires du bassin,
à la fois pour la biodiversité qu?ils renferment, en tant que sites d?alimentation, de protection et de nurseries,
mais ils fournissent également de nombreux services écosystémiques, contribuant par exemple à la fixation
des sédiments et limitant ainsi l?érosion. La vigilance sur l?état de santé des récifs coralliens et leurs
écosystèmes associés portent donc sur des enjeux de conservation et de restauration de la biodiversité,
de gestion des pressions anthropiques sur le milieu marin et d?approfondissement des connaissances.
En premier lieu, il s?agit de définir et d'assurer la mise en oeuvre d?actions permettant la protection
intégrale des récifs coralliens du bassin en coordination avec l?IFRECOR et l?OFB (Office français de la
biodiversité) et avec l?aide d?outils réglementaires et de gestion des aires marines protégées ou des plans
nationaux ou régionaux de conservation. Pour les mangroves et les herbiers, il s?agira de mettre en place des
actions ciblées de protection de ces écosystèmes.
En second lieu, il est proposé de mettre en réseau les espaces protégés du bassin et leurs acteurs afin
d?échanger les connaissances et les bonnes pratiques concernant la conservation des coraux et des
écosystèmes associés. Cela permettra de suivre leur état de santé à l?échelle du bassin, de participer à une
protection globalisée et internationale et d?identifier les meilleures méthodes de conservation.
Illustration 32 : Récifs coralliens et espèces associées, Mayotte © J.S. Philippe
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 73
Pour faciliter la mise en place de ce cadre
d?actions, l?OFB, les Agences régionales de
la biodiversité (ARB) et les Aires marines
protégées (AMP), dont les réserves
naturelles marines, seront mobilisés, de
même que les programmes de coopération
internationale adaptés, tels que IFRECOR.
Ces actions s?inscriront également dans le
cadre de la territorialisation de la stratégie
nationale des aires protégées 2020-2030
préparée par le CMUB.
Le lancement et la mise en place d?un projet de classement UNESCO du lagon de Mayotte permettra à la fois
de répondre aux enjeux de conservation des écosystèmes et de la biodiversité et de contribuer à
l?indispensable besoin de mieux communiquer et sensibiliser les populations et les visiteurs pour la
préservation de la biodiversité grâce à ce statut universellement reconnu. Il convient donc de définir et de
mettre en place des outils de protection adaptés pour le patrimoine afin de préparer les démarches de
classement UNESCO. Ce projet pourra être porté par le Conseil départemental de Mayotte avec le soutien
de l?OFB, en s?appuyant sur les travaux de la stratégie régionale pour la biodiversité et le concours de
l?UNESCO.
La prise en compte de l?augmentation des risques naturels (tsunami,
évènements climatiques extrêmes...) dans la conservation des
habitats marins remarquables, passera par des actions facilitant la
résilience et l?adaptation des écosystèmes, en lien avec les États
voisins dans le cadre de la coopération régionale, à l?initiative de
l?État, des collectivités, des universités et organismes de recherche
et des gestionnaires des sites. L?objectif est de comprendre et de
prévoir les effets des aléas naturels, en particulier du fait des
évolutions climatiques, sur les écosystèmes afin de mieux les
prévenir.
Pour évaluer la résilience des écosystèmes face à la pression des
populations, il s?agit de développer la connaissance des
territoires et écosystèmes littoraux et de ce qui les impacte, sous
le pilotage des gestionnaires des sites et des organismes de
recherche et associations, au travers de programmes de recherche
interdisciplinaires et d?autres outils tels (par exemple REMMAT -
Réseau d?Echouage Mahorais de MAmmifères marins et de Tortues
marines)), les outils régionaux de planification de la gestion des
eaux, ainsi que les travaux des différentes associations d?éducation
au développement durable.
L?un des enjeux majeurs pour le bassin Sud océan Indien est de
mieux connaître et encadrer les usages en mer et sur le littoral. La définition d?une démarche globale dans
la problématique de l?observation des cétacés et autres espèces marines à l?échelle du bassin répond à cet
enjeu, afin de permettre l?exercice de cette activité dans le respect de la faune sauvage. Pour cela, la mise
en place de moyens et d?actions pour la conservation des écosystèmes marins et littoraux, par l?État au
travers de réglementations et de moyens de contrôle, par les AMP avec leurs plans de gestion et avec l?aide
des associations, est primordiale afin de cadrer les usages et d?en limiter les impacts. Il est également
nécessaire de définir des programmes d?amélioration de la connaissance de ces espèces marines à
l?échelle du bassin en s?appuyant par exemple sur le Plan directeur de conservation en faveur des cétacés à
La Réunion et le programme d?actions du Parc naturel marin de Mayotte (PNMM). Enfin, la mise en réseau
des acteurs et des espaces protégés du bassin, notamment les AMP dont les réserves naturelles marines,
permettra d?échanger les connaissances et de généraliser les bonnes pratiques d?observation.
Enfin, pour répondre aux enjeux de maintien et d?amélioration de la qualité des masses d?eaux littorales et de
gestion des pressions anthropiques sur le littoral, le milieu marin et les bassins versants associés, la lutte
contre les rejets nuisibles au milieu marin a été identifiée comme sujet prioritaire qui se décline ainsi :
? Lutter contre la pollution par les plastiques : pour cela, il est tout d?abord nécessaire de sensibiliser, en
particulier au niveau des principales sources afin de limiter les rejets. Des réglementations peuvent venir
également en appui. Le ramassage et la collecte efficaces des déchets plastiques demeurent indispensables
et doivent être renforcés, en premier lieu à terre. La responsabilité en est collective, et l?État, les collectivités
et l?ADEME soutiennent les acteurs locaux dans ces tâches.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 74
Illustration 33 : Hydrophone pour l'écoute des
mammifères marins © J.S. Philippe
? Contribuer à la lutte contre les déchets issus des engins de pêche perdus ou abandonnés en mer,
dans la lignée de la trajectoire outre-mer 5.0 : cela passe à nouveau par une sensibilisation et une
communication importante, pilotée par les acteurs de la pêche, tels que la Chambre d?agriculture et de la
pêche de Mayotte (CAPAM) et le Comité régional des pêches maritimes et élevages marins de La
Réunion (CRPMEM), ainsi que la mise en place d?une collecte systématique.
? Garantir l?application des conventions internationales relatives à la gestion des eaux de ballast :
ces eaux étant un vecteur majeur d?introduction d?espèces exotiques envahissantes, le respect des
réglementations est primordial et devra être assuré par l?État, les armateurs et par les gestionnaires des
ports.
? Promouvoir, sous le pilotage de l?État et dans une volonté d?exemplarité pour la région
indianocéanique, la réduction des rejets et pollutions issus des navires, en particulier les rejets
d?hydrocarbures et de produits chimiques, les émissions atmosphériques, ainsi que des déchets
organiques et non organiques, tant pour la préservation des écosystèmes que pour la protection de la
santé humaine.
2. Paysages et patrimoine littoraux, marins et sous-marins
La stratégie identifie un sujet prioritaire d?élaboration et mise en oeuvre d?une politique de préservation
et valorisation des sites et paysages.
Il vise à répondre à la nécessité de mieux prendre en compte les paysages littoraux et marins et le
patrimoine naturel, culturel et historique dans le bassin en premier lieu par la définition des paysages sous-
marins et littoraux remarquables suivant des critères, propres aux îles de l?océan Indien à définir, et la
valorisation de ces paysages. Il sera nécessaire de s?appuyer sur un inventaire préalable du patrimoine
naturel remarquable et de s?articuler avec les modalités de protection prévues dans le code du patrimoine
et le code de l?environnement.
Une deuxième action consisterait à mettre en réseau les acteurs pour le partage des savoirs et savoir-faire et
la valorisation du patrimoine matériel et immatériel à l?échelle locale, des territoires, du bassin et au-delà des
frontières nationales.
Illustration 34 et 35 : A gauche, Cap Méchant, La Réunion © DMSOI ; A droite, Mtsamboro, Mayotte © J.S. Philippe
Ces actions pourraient être portées par l?État, les collectivités, les gestionnaires de sites (AMP dont les
réserves naturelles?), l?OFB ainsi que les acteurs du monde de la culture et de l?éducation et les
associations. Elles devront s?inscrire dans les documents d?urbanisme ou les atlas des paysages, et
également utiliser des outils réglementaires comme le régime forestier pour les mangroves, les classements
ou inscriptions des sites ou des actions d?inventaire et de valorisation du patrimoine matériel et immatériel.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 75
Chapitre 2 : Prévention des risques et gestion du trait de côte /
changements globaux
Le contexte insulaire est associé à une relation étroite entre risques littoraux, évolution du trait de côte,
aménagement du littoral et gestion de bassins versants de faible superficie. Afin de prévenir ces risques
naturels et sanitaires, le DSBM vise à la gestion intégrée du continuum terre-mer, en prenant en compte les
changements globaux et à l?accompagnement des acteurs économiques littoraux pour une meilleure
anticipation de ces risques dans un contexte de croissance démographique et économique.
Ces sujets prioritaires sont en accord avec les grands objectifs de la Stratégie nationale pour la mer et le
littoral (SNML), en particulier le maintien du bon état écologique du milieu marin et la préservation d?un
littoral attractif ainsi que l?objectif de transition écologique pour la mer et le littoral.
1. Risques et aléas littoraux
Le Sud de l?océan Indien étant fortement exposé aux aléas naturels, il y a lieu de considérer les risques et le
changement climatique, à la fois dans l?aménagement du littoral à l?échelle locale et de façon plus globale à
l?échelle du Bassin.
Cela passe en premier lieu par la mise en place d?une gestion intégrée du continuum terre-mer au regard
des aléas littoraux, en considérant notamment la croissance démographique et le développement
économique, qui conduisent à l?urbanisation et entraînent l?artificialisation du littoral. L?État, au travers de ses
services tels que les DEAL, la DAAF pour les mangroves, le BRGM, Météo France ou le CEREMA, ainsi que
les collectivités territoriales, pourront s?appuyer sur des outils tels que les documents d?urbanisme, et à
Mayotte les programmes de Lutte contre l?érosion des sols et l?envasement (LESELAM2 et ENVALAG) pour
piloter cette action de maîtrise de l?aménagement littoral.
Il est en outre nécessaire d?approfondir les connaissances sur l?ensemble des problématiques des risques
et aléas littoraux naturels, notamment les phénomènes de submersion marine et d?érosion du trait de côte, et
d?assurer le suivi de l?état et de l?évolution de la biodiversité ainsi que les effets des changements globaux Il
convient également de suivre les effets du changement climatique sur les littoraux du bassin et en particulier
à Mayotte, les effets de l?activité volcanique sous-marine et la subsidence associée. Il est important de
mesurer la perception de ces évènements par la population locale. Les Universités et organismes de
recherche mettront en place des programmes de recherche en partenariat avec l?Observatoire du littoral de
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 76
Mayotte, et en s?appuyant sur des outils tels que le plan
LESELAM. Cet approfondissement des connaissances est
primordial afin de permettre l?anticipation et la prévention des
risques naturels littoraux, notamment pour les acteurs
économiques littoraux.
La gestion durable du trait de côte afin de prévenir et limiter les
risques est également prioritaire. Elle dépend de la gestion
intégrée du trait de côte et de la bonne prise en compte de
l?aménagement du littoral dans les différents plans et schémas
locaux, afin de répartir les pressions et d?éviter la saturation de
certaines zones du littoral, qui pourraient mener à des pics de
pollutions accrus. Cette gestion du trait de côte sera pilotée par
l?État et les collectivités, en s?appuyant sur les documents
d?urbanisme et le plan de Gestion intégrée des zones côtières
(GIZC).
Illustration 36 : Recul de la falaise, Pamandzi,
Mayotte © BRGM
2. Risques sanitaires
L?objectif est de viser un état sanitaire qui garantisse la santé des écosystèmes et de l?homme et
d?améliorer une situation aujourd?hui dégradée.
La garantie de la salubrité et de la qualité sanitaire des plages, des eaux côtières et des mangroves
contribuera à atteindre cet objectif en particulier par la mise en oeuvre d?une surveillance accrue des risques
sanitaires, grâce à un suivi régulier et complet de la qualité des masses d?eau et eaux de baignades, ainsi
que par la surveillance de la qualité des produits de la mer consommés. La communication au grand public
des résultats de ces suivis est également importante, afin de réduire les risques en cas de dépassement des
seuils.
Les services sanitaires (ARS, DAAF) et les collectivités seront en charge de la mise en oeuvre de ces actions
de suivi en s?appuyant sur leurs plans de surveillance et de contrôle, des outils tels que les documents
d?urbanisme, les schémas et plans (ex : plan d?urgence de Mayotte) et sur les profils des eaux de baignade.
Il est également nécessaire de définir et mettre en oeuvre les moyens pour garantir la santé des écosystèmes
et de l?homme, avec en priorité la réduction drastique des rejets d?eaux usées non conformes dans le milieu
naturel ainsi que la mise en place généralisée de leur traitement adapté.
Illustration 37 et 38 : Déchets (pneus, filets de pêche, etc.) en mer © A. Bein
3. Risque requin
Une place particulière doit être réservée à la gestion du risque requin qui affecte sensiblement le
développement de l?économie touristique sur le littoral à La Réunion.
Afin de réduire ce risque, et par conséquent son impact sur le développement des activités humaines, il est
nécessaire de mieux connaître les requins, leurs populations et leurs comportements, mais aussi d?identifier
et favoriser la mise en oeuvre de dispositifs de prévention des attaques. Ces actions seront pilotées par les
collectivités territoriales, à travers le Centre sécurité requin (CSR, anciennement CRA), et les associations
d?usagers.
Par ailleurs, les collectivités de La Réunion ont besoin d?être accompagnées dans l?élaboration des politiques
d?aménagement et de développement économique littoral composant avec le risque requin.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 77
Chapitre 3 : Connaissance, recherche, innovation, éducation et
formation
En matière de connaissance, recherche, innovation, éducation et formation, et en cohérence avec les axes
stratégiques de la Stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML), l?ambition est triple. Elle vise, d?une
part, à soutenir et promouvoir la recherche et l?innovation dans tous les domaines de l?économie
maritime et de la transition écologique ; d?autre part, à développer l?attractivité, la qualification et la
variété des emplois de l?économie maritime et littorale ; tout en conduisant le public à prendre
conscience du potentiel et de la fragilité de la mer, afin qu?il adapte ses comportements. Pour ce faire,
plusieurs sujets prioritaires ont été définis dans chacune des thématiques traitées.
1. Connaissance, recherche et innovation
A l?ère de l?ouverture des données publiques, il conviendra tout d?abord de s?assurer que les données
disponibles sont rendues accessibles. Pour ce faire, il s?agira pour les détenteurs de données (État, OFB,
IFREMER et autres organismes de recherche) de travailler au référencement des données et
métadonnées disponibles et partageables au sein du Système d'information sur le milieu marin (SIMM)
en s?appuyant, de manière pérenne, sur les autres bases de données existantes (Conseil départemental de
Mayotte, Océan Métiss, Quadrige, Sextant?). Les clés de succès seront, à la fois, et sur la base du retour
d?expérience d?Océan Métiss, la définition du mode opératoire favorisant le partage et la bancarisation des
données, métadonnées et documents divers, ainsi que la promotion du SIMM visant à mieux valoriser et
diffuser durablement ces données.
Les pilotes pour ces sujets seront les services de l?État, la Région Réunion, le Conseil départemental de
Mayotte, l?OFB, l?IFREMER, les universités et organismes de recherche ainsi que le CEREMA.
Il conviendra également de procéder à un recensement et à une mise à disposition de toutes les études
existantes. La création d?une bibliothèque littorale et maritime virtuelle à l?échelle du bassin, qui permette une
centralisation effective des documents, sera à mettre en oeuvre par les collectivités territoriales pour y
parvenir. Là aussi, il conviendra de s?appuyer sur les retours d?expérience en lien avec les bases de données
documentaires préexistantes.
Au niveau de la coopération régionale, le développement de la coordination et de la coopération en
matière de recherche, et ce, dans tous les domaines, a été avancé comme prioritaire pour le bassin. Ces
domaines incluent en particulier la préservation des écosystèmes (environnement, biodiversité et
ressources associées) et du littoral dans un contexte de changements globaux (accentuation des risques
naturels et des effets du réchauffement climatique). Ainsi les Universités et Instituts de recherche
s?attelleront, à la fois, à développer les collaborations en matière de recherche fondamentale et appliquée
(dans tous les domaines, y compris les sciences humaines et sociales), et également, à travailler à un
rééquilibrage des moyens et outils dédiés à la recherche scientifique dans les territoires du bassin. Des outils
de financement sont d?ores et déjà mobilisables à ces fins (programme de coopération territoriale
européenne INTERREG, fonds de coopération régionale).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 78
2. Emploi et formation
L?adaptation et la mutualisation des offres de formation sont apparues comme d?une haute importance
pour le développement de l?économie maritime, dans toutes ses composantes, à terre comme en mer. Elles
répondent à l?enjeu d?un développement complémentaire, au sein du bassin, des formations en lien avec le
milieu marin, et l?appui au développement de l?attractivité des métiers maritimes. Pour ce faire, il appartiendra
au Conseil régional de La Réunion et au Conseil départemental de Mayotte, compétents pour la formation
professionnelle, en collaboration avec les autorités académiques (Rectorats, DMSOI, DAAF) et les autres
acteurs de la formation (CREFOP, Pôle Emploi), de développer une offre de formation en lien avec
l?économie bleue et la préservation du milieu marin, qui soit complémentaire entre les territoires du
bassin et cohérente avec les besoins d?aujourd?hui et de demain.
Le développement d?un « observatoire » des métiers de la mer permettra de faire des diagnostics
emploi/formation (offre-demande) et de mettre en relation les différents acteurs dans ces domaines. Il sera
mis en place par les services de l?État, les collectivités, les chambres consulaires, les organismes paritaires
collecteurs agréés (OPCA), et le CREFOP, en lien avec les organisations professionnelles et les entreprises
concernées. Cela devra permettre d?aboutir à la définition d?une réelle stratégie de formation aux métiers de
la mer. L?étude de la Maison de l?emploi du Nord de La Réunion sera un des outils mobilisables au lancement
de cet observatoire.
L?identification et la mise en place des formations de marins répondant aux standards internationaux
(STCW), pour chaque filière à l?échelle du bassin, ainsi que le développement des échanges entre les
différentes formations à l?échelle des territoires voisins (stages, écoles d?été...), constituent le troisième
domaine d?actions à mettre en place pour cette thématique. Là aussi, services de l?État, Région et
organismes de formation devront se mobiliser sur la base de cartographies des formations à l?échelle du
bassin Sud océan Indien.
Pour terminer, l?internationalisation de l?offre de formation supérieure se devra d?être accentuée via les
Universités (cf. Erasmus océan Indien). Il est aussi nécessaire de favoriser la poursuite du développement
des formations supérieures liées à la mer et au littoral à Mayotte.
3. Sensibilisation du public
Le renforcement de la sensibilisation des populations à la richesse et à la fragilité de leur patrimoine
marin est un enjeu prioritaire mis en lumière dans le cadre de cette démarche stratégique. La définition ainsi
que la mise en place d?un plan d?actions pour la sensibilisation au littoral et au milieu marin à l?échelle des îles
françaises et en coopération avec les États voisins constitue la première action à mettre en place pour y
répondre. Le développement de supports pédagogiques contextualisés, intégrant la culture et les langues
locales, sera poursuivi. Le pilotage pourra être assuré par les services de l?État, les collectivités, les
associations d?éducation à l?environnement ainsi que les gestionnaires de sites concernés en s?appuyant sur
des outils existants tels le Livre bleu Sud océan Indien, les aires marines éducatives (AME), les réserves
naturelles marines, les labels, le plan ARESMA sur les mangroves ainsi que des programmes de coopération
régionale (ex : Ecoschool).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 79
Chapitre 4 : Développement durable des activités économiques en
lien avec le milieu marin
La stratégie promeut le développement des activités économique dans les différents secteurs de l?économie
bleue : pour la connectivité maritime et la compétitivité portuaire, la pêche maritime, la relance de la filière
aquacole, la plaisance et les loisirs nautiques et subaquatiques, l?aménagement maîtrisé du littoral et le
renforcement d?une offre écotouristique, sans oublier la contribution à la stratégie de transition énergétique.
1. Connectivité maritime et compétitivité portuaire
L?objectif est d?accompagner les systèmes portuaires français du bassin Sud océan Indien et d?encourager
leur rôle de support du développement de ces territoires insulaires. Cette ambition répond aux nombreux
enjeux identifiés tels la poursuite du développement des ports de commerce et services maritimes associés
comme vecteurs de développement essentiels aux territoires français du bassin, l?importance de structurer et
développer une filière construction et réparation navale, la nécessaire surveillance des activités et du milieu
marin ou encore l?opportunité de travaux publics maritimes à fort impact économique et social.
Cela doit se traduire tout d?abord, par la priorité donnée au renforcement de l?attractivité des ports des
territoires français du bassin. Pour ce faire, il s?agira d?accompagner les ports français dans la recherche
de compétitivité, d?anticiper les besoins portuaires (infrastructures, zones logistiques), d?identifier et de
réserver le foncier nécessaire pour y répondre au mieux et également d?étudier et de mesurer les impacts de
l?amélioration de la connectivité maritime à l?échelle des territoires français.
Cet accompagnement doit également se traduire dans l?élaboration de plans d?investissement
(infrastructures et outils associés) visant à améliorer la compétitivité portuaire. Enfin, la valorisation du
respect des normes et de la qualité environnementale des ports français est un atout à développer.
Une seconde priorité a été mise en lumière pour répondre à cette ambition, celle du développement de la
complémentarité, à l?échelle du bassin, des offres en matière portuaire, et construction et réparation
navale. L?ensemble des cadres d?actions identifiés pour ces deux sujets prioritaires se devra d?être porté et
mis en oeuvre à la fois par les services de l?État, les collectivités territoriales, les gestionnaires de ports ainsi
que les opérateurs portuaires concernés.
2. Pêche maritime
Le soutien à une activité de pêche professionnelle durable et innovante est une ambition partagée par
les parties prenantes du bassin.
Dans cet objectif, il a été retenu comme prioritaire de mieux connaître les ressources halieutiques en vue
d?établir des règles de gestion adaptées. Ont également été soulignés l?importance de régler les conflits
d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir et la pêche professionnelle, de développer et valoriser les filières
locales de commercialisation et transformation des produits de la mer, et enfin de demeurer vigilant dans la
lutte contre la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
Pour répondre à la priorité de développer durablement la filière pêche maritime professionnelle, il conviendra
tout d?abord pour la DMSOI, la DEALM et d?autres acteurs de la mer (collectivités,
CRPMEM/CAPAM/SARPC, IFREMER, IRD, PNMM, MNHN...) de favoriser la collecte des données, en
s?appuyant notamment sur le système d?information halieutique d?ores et déjà mis en place.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 80
Il sera également nécessaire de généraliser une approche écosystémique de la gestion des pêcheries
avec le concours des organisations professionnelles. L?optimisation, et si besoin, la mise aux normes des
outils de production et de pêche font partie des actions à mettre à place par les mêmes acteurs en présence,
avec le financement du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture (FEAMPA) et
du plan de relance et la mise en place d?un plan de renouvellement et de modernisation de la flottille ainsi
que la création ou l?aménagement des points de débarquement.
IIlustration 39 et 40 : Les palangriers Manohal et Reder Mor à La Réunion © J.S. Philippe
3. Relance de la filière aquacole
Le soutien d?une filière aquacole durable et efficace dans l?utilisation des ressources, qui soit également
innovante et compétitive, est une ambition prioritaire qui concerne surtout le territoire de Mayotte.
Pour ce faire, une première étape consistera dans le redémarrage de l?activité aquacole par la mise en
oeuvre de l?écloserie-nurserie en cours de construction. Il conviendra de s?orienter alors vers la création d?un
centre technique et de recherche visant à accompagner le développement de la filière, à promouvoir la
diversification, notamment des espèces, et également à sécuriser la mise sur le marché des produits.
Les services de l?État, les collectivités, ainsi que les organisations professionnelles, potentiels porteurs de
ces cadres d?actions, pourront s?appuyer sur le Schéma régional de développement de l?aquaculture marine
de Mayotte (SRDAM) ainsi que sur le Plan stratégique de développement durable de l?aquaculture mahoraise
(PSDDAM), et bénéficier d?un financement via le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et
l?aquaculture(FEAMPA).
4. Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
L?ambition est aussi d?encourager les pratiques de loisirs et sports nautiques, subaquatiques et de
plaisance, en veillant à mieux les structurer, dans une logique d?intégration de pratiques écoresponsables,
et à garantir leur respect mutuel.
Cela devra se matérialiser prioritairement par le développement de la capacité d?accueil et de la sécurité
des ports de plaisance, des zones de mouillage, des zones de mise à l?eau et des bases nautiques. Pour ce
faire, différentes actions se devront d?être mises en oeuvre, sur la base des documents d?urbanisme intégrant
correctement ces enjeux, par les services de l?État, les collectivités, les gestionnaires de ports et acteurs
associatifs concernés, notamment du mouvement sportif. Il s?agira ainsi de développer la capacité et la
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 81
qualité d?accueil (y compris en matière de sécurité) des ports de plaisance et de leurs services, ainsi que la
capacité et l?accessibilité des bases nautiques existantes. Concernant les sites de mise à l?eau, l?inventaire
des besoins d?aménagement et de création de nouveaux sites sécurisés et accessibles constitue un cadre
d?actions complémentaire, tout en veillant à une gestion économe de l?espace littoral et à la préservation de
la biodiversité. Quand les conditions le permettent, il conviendra ainsi de favoriser les ports à sec. La
stratégie identifie également le besoin de mettre en place une signalétique globale d?information sur la
réglementation des usages dans la bande des 300 mètres et la sensibilité du milieu.
Illustration 41 : Saut de baleine, La Réunion © Laurent Debordes, GLOBICE
5. Aménagement du littoral et offre touristiques
Une nécessaire prise en compte de la préservation et de la valorisation du patrimoine naturel marin et
littoral dans les activités balnéaires et la fréquentation des plages, ainsi qu?un tourisme dont le
développement doit être maîtrisé et accompagné, sont les principaux enjeux forts identifiés pour cette
thématique.
Le développement d?un tourisme littoral et maritime pérenne et durable est donc stratégique et
prioritaire pour le bassin Sud océan Indien. Pour y parvenir, les collectivités ainsi que les professionnels du
tourisme se devront à la fois, d?informer le public et les autres professionnels concernés, et valoriser les
labels existants concernant le « tourisme durable » dans les îles françaises de l?océan Indien, mais
également de développer une approche partagée de l?offre écotouristique sur le continuum littoral terre-mer.
En particulier, des bassins de baignade pourront être créés hors des zones récifales pour alléger la pression
sur ces milieux vulnérables, des opérations de communication devront également être mises en place
afin de promouvoir et valoriser les cultures et les identités de la région Sud océan Indien, ainsi que la
destination commune océan Indien (Îles Vanille), en particulier les destinations Mayotte et La Réunion, en
direction des croisiéristes, pour des croisières haut de gamme et des croisières d?exploration, compatibles
avec les capacités d?accueil des différents ports du bassin.
De nombreux outils, comme les schémas de développement touristiques et les documents d?urbanisme, ont
d?ores et déjà été mis en place sur ces sujets et serviront de socle commun à la mise en oeuvre de ces
actions.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 82
6. Contribution à la stratégie de transition énergétique
Enfin, il est apparu primordial que les acteurs de
l?économie bleue du bassin se préparent à être en
capacité de répondre favorablement à une demande en
lien avec le développement des énergies marines
renouvelable (EMR). Pour cela, une veille R&D à
l?échelle du bassin, ainsi qu?une anticipation des
réserves foncières et des infrastructures mobilisables
seront nécessaires pour pouvoir capter et
accompagner les projets pertinents pour le bassin dès
leur émergence.
Les porteurs potentiels de ces actions d?anticipation sont les pouvoirs publics, les collectivités, les opérateurs
mais aussi les gestionnaires des ports qui pourront s?appuyer sur les documents d?urbanisme, les schémas
régionaux, les stratégies des ports ainsi que la programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) qui identifie
l?opportunité et les freins au développement de l?éolien en mer, de la climatisation à l?eau de mer (SWAC), de
l?énergie thermique des mers et du houlomoteur.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 83
Illustration 42 : Prototype d?ETM, Saint-Pierre, La Réunion
Tableaux des éléments de stratégie
Les tableaux ci-après présentent, pour chacun des chapitres, les sujets prioritaires identifiés et pour
lesquels des cadres d?actions (avec modalités de pilotage, de financement et outils associés) ont été
précisés.
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Chapitre 1 ? Protection de l?environnement et qualité des sites
Écosystèmes et biodiversité
Vigilance sur l?état de santé
des récifs coralliens,
mangroves et herbiers
Définir et mettre en oeuvre des actions
permettant la protection intégrale des récifs
coralliens du bassin en coordination avec les
initiatives déjà existantes dans le cadre de
l?action d?IFRECOR et l?Office français de la
biodiversité (OFB), Engager des actions de
protection particulières aux mangroves et aux
herbiers
- État (réglementation), aires marines
protégées (AMP), Conservatoire du littoral,
réserves naturelles marines et leurs plans
de gestion
- Outils de gestion-conservation des
espèces (Plan national d?action et plan de
conservation), déclinaison territoriale de la
stratégie nationale des aires protégées
-Financements : FEDER, INTERREG, Plan
de relance, LIFE
Mettre en réseau les espaces protégés du
bassin afin d?échanger les connaissances et
bonnes pratiques
- Office français de la biodiversité (OFB ?
dont réseau TE ME UM), agences
régionales de la biodiversité (ARB) et aires
marines protégées
- Outils : Programmes de coopération COI /
IFRECOR
-Financements : FEDER, INTERREG
Lancement et mise en place
d?un projet de classement
UNESCO pour le lagon de
Mayotte
Définir et mettre en place des outils de
protection adaptés pour le patrimoine naturel
- Conseil départemental de Mayotte, OFB
- Outils : Classement UNESCO, Stratégie
régionale pour la biodiversité
Prise en compte de
l?augmentation des risques
naturels (tsunami,
évènements climatiques
extrêmes, ?) dans la
conservation des habitats
marins remarquables
Définir et mettre en place des actions facilitant
la résilience et l?adaptation des écosystèmes
- État (DEAL), universités et organismes de
recherche et gestionnaires des sites
Développer et renforcer les collaborations des
îles françaises du bassin entre elles, au sein de
la zone SOI et à l?échelle internationale
- État et collectivités, universités et
organismes de recherche
Importance d?évaluer la
résilience des écosystèmes
face à la pression des
populations
Définir et homogénéiser la méthode, et
approfondir les connaissances sur la résilience
des territoires et écosystèmes littoraux
(biodiversité et qualité de l?eau)
- Gestionnaires des sites (AMP, réserves
naturelles marines Conservatoire du
littoral...)
- Outils : programmes de recherche
universitaire interdisciplinaires, REMMAT
(Réseau d?Echouage Mahorais de
MAmmifères marins et de Tortues marines)
Définition d?une démarche
globale dans la
problématique de
l?observation des cétacés et
autres espèces marines à
l?échelle du Bassin en vue
de leur conservation
Mettre en place les moyens et les actions pour
la conservation des écosystèmes marins et
littoraux
- État (réglementation), aires marines
protégées (AMP) et leurs plans de gestion,
associations
Développer des programmes d?amélioration de
la connaissance (cétacés et autres espèces
marines) à l?échelle du Bassin
- État (DEAL), Région, CEDTM, universités
et organismes de recherche, concours des
gestionnaires de sites et associations
- Outils : Plan directeur de conservation
(PDC) en faveur des cétacés
Mettre en réseau les espaces protégés du
Bassin afin d?échanger les connaissances et
bonnes pratiques d?observation
- AMP, réserves naturelles marines et leurs
plans de gestion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 84
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Lutte contre les rejets
nuisibles au milieu marin
Lutter contre la pollution par les plastiques
(sensibiliser, réglementer, collecter et valoriser,
ramasser)
- État, ADEME, collectivités, associations
En référence à la trajectoire outre-mer 5.0,
contribuer à la lutte contre les déchets issus
des engins de pêche perdus ou abandonnés
en mer (« zéro déchet »)
- Chambre d?agriculture et de la pêche de
Mayotte (CAPAM), commission pêche,
Comité régional des pêches maritimes et
élevages marins de La Réunion
(CRPMEM), AMP, professionnels
Garantir l?application des conventions
internationales relatives à la gestion des eaux
de ballast
- État (DMSOI), gestionnaires de ports
Promouvoir la réduction des rejets et pollutions
issus des navires, en particulier les rejets
d?hydrocarbures et de produits chimiques,
ainsi que les déchets organiques et non
organiques.
- État (DMSOI)
Outils : SDAGE
Paysages et patrimoines littoraux, marins et sous-marins
Elaboration et mise en
oeuvre d?une politique de
préservation et valorisation
des sites et paysages
Définition des paysages sous-marins et
littoraux remarquables (critères propres à
l?océan Indien) et leur valorisation
- État et collectivités, AMP
- Outils : Documents d?urbanisme, Atlas des
paysages (par territoire), régime forestier
(mangroves) / ZPG, porters à connaissance
(ZNIEFF, ZIG)
Mettre en réseau les acteurs pour le partage
des savoir-faire et la valorisation du
patrimoine, à l?échelle locale, des territoires et
du bassin
- OFB et gestionnaires des sites,
associations
- Outils : Atlas des paysages, méthodologie
des paysages remarquables
Chapitre 2 ? Prévention des risques et gestion du trait de côte / Changements globaux
Risques et aléas littoraux
Nécessité de considérer les
risques et le changement
climatique global à l?échelle
du bassin
Mettre en place une gestion intégrée du
continuum terre-mer au regard des aléas
littoraux (intégrant la dynamique
démographique)
- État (DEAL, DAAF, BRGM, Météo France,
CEREMA), collectivités, associations
- Outils : documents d?urbanisme, SDPRN,
PGRI, Lutte contre l?érosion des sols et
l?envasement (LESELAM)
Approfondir les connaissances sur l?ensemble
des problématiques des risques et aléas
littoraux naturels (submersion marine, érosion,
etc.) et assurer le suivi de l?état et de
l?évolution de la biodiversité ainsi que les effets
des changements globaux (observatoires)
- Universités et organismes de recherche
- Outils : Observatoire du littoral (Mayotte),
plan LESELAM Mayotte (portage BRGM
avec associations)
-Financements : FEDER
Gestion durable du trait de
côte (« zéro vulnérabilité »)
Garantir une gestion intégrée du trait de côte - État (DEAL), collectivités, universités et
organismes de recherche
- Documents d?urbanisme, gestion intégrée
des zones côtières (GIZC)
S?assurer notamment de la bonne prise en
compte de l?aménagement du littoral dans les
différents plans et schémas locaux (PLU, etc.)
Risques sanitaires
Garantir la salubrité (« zéro
déchet ») et la qualité
sanitaire des plages, eaux
côtières et mangroves
Définir et mettre en oeuvre les moyens pour
garantir la santé des écosystèmes et de
l?Homme (traitement et rejet des eaux usées
notamment)
- État (DEAL, ARS) et collectivités
- Outils : Documents d?urbanisme, schémas
et plans (SDAGE)
Mettre en place une surveillance accrue des
risques sanitaires (produits de la mer
consommés, eaux de baignade, etc.)
- État (ARS) et collectivités
- Documents d?urbanisme, schémas et
plans (dont plan d?urgence de 140 M¤ pour
Mayotte), profils des eaux de baignade
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 85
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Risque requin
Réduire le risque requin et
son impact sur le
développement des activités
humaines
Mieux connaître les populations de requins et
leurs comportements
- État, région Réunion, communes et
intercommunalités, centre de sécurité
Requin (ex CRA), Université, associations
Identifier et favoriser la mise en oeuvre de
dispositifs de prévention des attaques
Accompagner et conseiller les collectivités
dans l'élaboration des
politiques d'aménagement et de
développement économique du littoral
composant avec le risque requin
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Chapitre 3 ? Connaissance, recherche, innovation, éducation et formation
Connaissance, recherche et innovation
Rendre la donnée
accessible en cohérence
avec l?obligation
réglementaire
Travailler au référencement des données et
métadonnées disponibles et partageables au
sein du Système d?information pour le milieu
marin (SIMM) en s?appuyant sur les autres
bases de données existantes (CD Mayotte,
Océan Métiss, ?) de manière pérenne
- État, OFB, IFREMER
- Outils : bases/banques de données
(QUADRIGE, SEXTANT), Centre
d?assemblage de données globales (Coriolis
Data Center), Observatoire (OSU-Réunion)
Définir le mode opératoire favorisant le
partage et la bancarisation des données,
métadonnées et documents divers
- État, région, université, CEREMA
- Retour d?expérience d?Océan Métiss
Promouvoir l?outil Système d?information pour
le milieu marin (SIMM) afin de mieux valoriser
et diffuser durablement les données
- État, OFB, IFREMER
- Outil : SIMM
Recensement et mise à
disposition de toutes les
études existantes
Créer une bibliothèque virtuelle à l?échelle du
Bassin qui permette une centralisation des
documents
- Collectivités
- Outil : retour d?expérience Océan Métiss et
SIMM
Développement de la
coordination / coopération
de la recherche à l?échelle
du Bassin
Développer les collaborations en matière de
recherche fondamentale et appliquée dans
tous les domaines (y compris sciences
humaines et sociales)
- Universités et instituts de recherche
- Outils : Projet européen INTERREG
(collaboration régionale)
Travailler à un rééquilibrage des moyens et
outils dédiés à la recherche scientifique dans
les territoires du Bassin
- État, universités et organismes de
recherche
- Outils : Fonds de coopération régionale
(FCR)
Emploi/Formation
Adaptation et mutualisation
des offres de formation
Développer une offre complémentaire entre
les territoires du bassin en matière de
formations en lien avec l?économie bleue et la
préservation du milieu marin, qui soit
cohérente avec les besoins d?aujourd?hui et
anticipe les besoins de demain
- Région Réunion et département de
Mayotte, appui État (DMSOI, DIECCTE,
Rectorat, CREFOP (Comité régional de
l'emploi, de la formation et de l'orientation
professionnelles), CCI, Fédérations
sportives
Développer un « observatoire » des métiers
de la mer (besoins et offres) permettant de
faire des diagnostics emploi/formation, de
définir des préconisations et de mettre en
relation les différents acteurs et élaboration
d?une stratégie de formation aux métiers de
l?économie bleue
- État, collectivités, chambres consulaires,
entreprises, organismes paritaires,
CREFOP, Pôle emploi
- Outils : étude de la Maison de l?emploi du
Nord de La Réunion,
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 86
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Identifier et mettre en place les formations par
filière répondant aux standards internationaux
(STCW) à l?échelle du bassin SOI et
développer des échanges entre les
différentes formations à l?échelle des
territoires voisins (stages, écoles d?été...)
- État (DMSOI), Région et organismes de
formation (écoles d?apprentissage maritime,
lycées de la mer)
- Outils : Carte des formations à l?échelle du
bassin, à commencer par STCW
Développer et internationaliser l?offre de
formation supérieure
- Universités
- Outils : Erasmus océan Indien
Sensibilisation du public
Sensibilisation des
populations à la richesse et
à la fragilité de leur
patrimoine marin
Définir et mettre en place un plan d?actions
coordonné et davantage visible pour la
sensibilisation « littoral et milieu marin » à
l?échelle des îles françaises et en coopération
avec les États voisins
- État, collectivités, associations,
gestionnaires de sites
- Outils : Livre bleu Sud océan Indien, aires
marines éducatives (AME), labels, plan
ARESMA (mangroves), outils pédagogiques
(ex. MARECO sur les récifs coralliens),
programmes de coopération régionale (ex :
EcoSchool), Journées portes ouvertes, salon
maritime (Institut bleu)
Développer des supports pédagogiques
contextualisés, intégrant la culture et les
langues locales
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Chapitre 4 ? Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin
Connectivité maritime et compétitivité portuaire
Renforcer la connectivité
maritime des territoires
français du bassin pour
développer et maintenir
leur attractivité
Accompagner les ports français et
encourager leur rôle de support du
développement durable des territoires
- État, collectivités, gestionnaires des ports,
entreprises
- Outils : documents d?urbanisme, plans et
schémas régionaux, Stratégie nationale
portuaire, stratégies des ports
- Financement : FEDER / Contrats de
convergence / Plan de relance
Anticiper les besoins portuaires
(infrastructures, zones logistiques), identifier
et réserver le foncier nécessaire
Étudier et mesurer les impacts de
l?amélioration de la connectivité maritime à
l?échelle des territoires français (indicateurs)
Développement de la
complémentarité des
offres en matière
portuaire, construction et
réparation navale à
l?échelle du bassin
Développer une offre complémentaire en
matière portuaire et de construction et
réparation navale à l?échelle du bassin
Élaborer des plans d?investissement
(infrastructures et outils associés) dans le
but d?améliorer la compétitivité portuaire
Valoriser le respect des normes et la qualité
environnementale des ports français
Pêche maritime
Développement durable
de la filière pêche
maritime professionnelle
Favoriser la collecte des données
(sensibilisation, contrôle, sanctions)
- État (DMSOI), organisations professionnelles
(CRPMEM/CAPAM), IFREMER, IRD, Parc
naturel marin de Mayotte (PNMM), Museum
national d?histoire naturelle (MNHN)
- Outils : Système d?Information Halieutique (de
production), outils déclaratifs
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 87
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Généraliser une approche écosystémique
de gestion des pêcheries
- État, organisations professionnelles
(CRPMEM/CAPAM), Institut bleu, organismes
de recherche
- Outils : documents stratégiques de
développement de la filière
Optimiser et, si besoin, mettre aux normes
les outils de production et de pêche.
- État (DMSOI, DEALM), collectivités,
organisations professionnelles
(CRPMEM/CAPAM)
- Outils : documents stratégiques de
développement de la filière
- Financement : FEAMPA, Plan de relance
Mettre en place un plan de renouvellement
et de modernisation de la flottille
- État, Région Réunion, Département de
Mayotte
- Financement : Régime d'aides d'État
Créer, aménager et équiper des points de
débarquement
- État (DMSOI), collectivités, organisations
professionnelles (CRPMEM/CAPAM)
- Outils : PROEPP, Plan régional stratégique
pour la pêche de Mayotte
- Financement : FEAMPA
Relance de la filière aquacole
Soutien d?une
aquaculture durable et
efficace dans l?utilisation
des ressources,
innovante et compétitive
Réaliser une étude de marché intégrant les
habitudes de consommation et les circuits
courts (filière aval)
- État, collectivités, organisations
professionnelles
- Outils : Schéma régional de développement
de l?aquaculture marine (SRDAM), Plan
stratégique de développement durable de
l?aquaculture mahoraise (PSDDAM)
- Financement : FEAMPA
Créer un centre technique et de recherche
à Mayotte visant à accompagner le
développement de la filière, promouvoir sa
diversification et sécuriser la mise sur le
marché des produits
Mettre en place les outils juridiques et
financiers permettant d?accompagner les
porteurs de projets
Sécuriser les niveaux de production
Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
Développement de la
capacité d?accueil et de
la sécurité des ports de
plaisance, zones de
mouillage, mises à l?eau,
bases nautiques
Développer la capacité et la qualité
d?accueil (y compris en matière de sécurité)
des ports de plaisance et leurs services
- État, collectivités, gestionnaires des ports,
mouvements sportifs, associations
- Outils : documents d?urbanisme
Développer la capacité et l?accessibilité des
bases nautiques existantes
Aménager les sites de mises à l?eau
existants ; répertorier les besoins et créer
des sites de mises à l?eau sécurisé et
accessibles sur le pourtour des îles
Favoriser les ports à sec quand les
conditions le permettent
Mettre en place une signalétique globale
d?information des usages dans la bande des
300 m sur la réglementation et la sensibilité
du milieu
- Communes
- Outils : plans de balisage des plages
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 88
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Aménagement du littoral et offre touristique
Développement d?un
tourisme littoral et
maritime pérenne et
durable
Informer le public et les professionnels sur
les labels existants concernant le
« tourisme durable » dans les îles
françaises de l?océan Indien
- Collectivités, professionnels,
- Outils : Documents d?urbanisme, schémas de
développement touristiques (SADTR)
-Financements : FEDER
Développer une approche partagée de
l?offre touristique sur le continuum littoral
terre-mer
Promouvoir les cultures et identités de la
région Sud océan Indien
Promouvoir une destination commune
océan Indien (Iles Vanille) pour des
croisières à haute valeur ajoutée et
adaptées à la capacité d?accueil des îles, et
apportant (aux croisiéristes et aux
populations) un haut niveau de garanties
sanitaires
- Collectivités, gestionnaires des ports
- Outils : étude de l?Association des ports des
îles de l?océan Indien (APIOI), stratégies des
ports (amélioration des conditions d?accueil des
croisiéristes)Améliorer et promouvoir l?attractivité des
destinations La Réunion et Mayotte pour
des activités écotouristiques
Contribution à la stratégie de transition énergétique
Capacité à répondre
favorablement à une
demande en lien avec
les EMR
Assurer une veille R&D dans le domaine des
énergies marines renouvelables (EMR) à
l?échelle du Bassin
- État (DEAL, DMSOI, ADEME), collectivités,
opérateurs, gestionnaires des ports
- Outils : documents d?urbanisme, schéma
régionaux, Programmation pluriannuelle de
l?énergie (PPE), stratégies des ports
Anticiper les besoins de foncier et
d?infrastructures pour l?assemblage, le
déploiement et la maintenance des
équipements des EMR (éoliennes,
climatisation à eau de mer - SWAC, énergie
thermique des mers...)
Accompagner les projets de développement
des énergies marines renouvelables dans le
Bassin
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 89
Cartographie générale
Des cartes générales des différents territoires et zones maritimes du bassin Sud océan Indien sont
présentées ci-après :
? Carte des vocations du Parc naturel marin de Mayotte (n°1)
? Carte des principaux usages et activités liés au milieu marin à La Réunion - hors
pêche qui fait l?objet de la carte n° 23 en annexe ? (n°2)
3 cartes concernant les TAAF ;
? Carte des vocations du Parc naturel marin des Glorieuses (n°3)
? Carte du périmètre du site RAMSAR d'Europa dans les îles Éparses (n°4)
? Carte du périmètre de protection de la réserve naturelle nationale des terres
australes françaises (n°5)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 90
Carte 2 : Usages et activités liés au milieu marin à La Réunion
Carte 1 : Carte des vocations du Parc naturel marin
de Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 91
Carte 2 : Usages et activités liés au milieu marin à La Réunion
Carte 3 : Carte des vocations du Parc naturel marin des
glorieuses
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 92
Carte 4 : Périmètre du site RAMSAR d?Europa (îles
Éparses)
Carte 5 : Zones de protection de la Réserve nationale des
Terres australes françaises
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 93
PARTIE 4
MISE EN OEUVRE DE LA STRATÉGIE
POUR LE BASSIN MARITIME SUD OCÉAN
INDIEN
Le document stratégique de bassin maritime est établi pour une durée de six ans. Sa construction a fait
l?objet d?un travail participatif riche, impliquant 150 contributeurs et allant même au-delà des membres du
Conseil maritime ultramarin de bassin. Il est proposé que sa mise en oeuvre et son suivi soient également
l?objet d?un partenariat constant entre tous les acteurs du développement durable de la mer et du littoral sur
les territoires du bassin.
La situation sanitaire découlant de l?épidémie de COVID 19 a freiné un temps les dynamiques collectives de
travail entre les territoires ou entre les acteurs. Cette crise sanitaire et ses répercussions économiques ont
également amené les acteurs à réinterroger leurs stratégies de long terme, dont le DSBM.
Dans ce contexte post-COVID 19, le développement de l?économie bleue apparaît plus que jamais comme
une opportunité pour les territoires français de l?océan Indien pour rendre les activités historiques plus
résilientes et durables et apporter les conditions d?émergence pour de nouvelles activités. L?exigence d?en
faire davantage pour la protection des espèces et des écosystèmes marins est également réaffirmée, et
a notamment été fortement portée lors de la consultation du public sur le projet de DSBM.
Le DSBM a été conçu pour porter une vision intégrée de la mer et du littoral, amenant à mettre en regard
les enjeux environnementaux, économiques et sociaux, à l?échelle du bassin. Les cadres d?action qu?il
propose ont vocation à être déclinés dans les plans, projets et opérations sur les territoires. La première
modalité de mise en oeuvre du DSBM consistera donc à s?assurer de cette bonne prise en compte de la
stratégie et de la vision qu?elle sous-tend. Le code de l?environnement prévoit à ce titre dans son article L219-
4 que les plans, schémas, programmes relatifs aux activités localisées exclusivement en mer doivent être
compatibles ou rendus compatibles avec le DSBM. Sont notamment concernés par cette disposition les
schémas de mise en valeur de la mer (SMVM), plans de gestion des aires marines protégées (AMP), les
schémas régionaux de développement de l?aquaculture marine (SRDAM), les plans d?actions RUP pour la
programmation des Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l?Aquaculture (FEAMPA 2021-
2027), les mesures du SDAGE en mer, les plans nationaux d?action pour la protection des espèces marines,
les projets de travaux, ouvrages ou aménagements en mer soumis à étude d?impact? Les plans,
programmes et schémas susceptibles d?avoir une incidence significative sur la mer, comme les schémas
d?aménagement régionaux (SAR), les schémas de cohérence territoriale (SCOT) ou les plans locaux
d?urbanisme (PLU), les plans régionaux de prévention et de gestion des déchets (PRPGD), les
programmations pluriannuelles de l?énergie, doivent prendre en compte le DSBM.
Pour ce faire, le secrétariat du CMUB identifiera les plans, schémas et projets et assurera un suivi régulier
de leur élaboration afin que le DSBM soit porté à la connaissance des personnes responsables de leur
élaboration en précisant les enjeux particuliers à prendre en compte au vu du territoire concerné. Le cas
échéant, le secrétariat et les membres du CMUB seront amenés à formuler un avis ou à être associés à la
définition du projet. Il pourra être proposé que des commissions de travail conjointes avec d?autres instances,
et notamment les comités de l?eau et de la biodiversité (CEB), soient instituées sur les enjeux et actions
communs. Une attention particulière sera portée sur l?intégration des objectifs du DSBM dans les travaux
d?élaboration des programmes opérationnels des fonds européens et les autres outils de financement (plans
de relance, appels à projets?) pour s?assurer que les projets portant sur ces enjeux stratégiques disposent
de possibilités consolidées de financement.
La mise en oeuvre du DSBM consistera également en la déclinaison des cadres d?actions qu?il propose en
actions et mesures concrètes, portées par une multitude d?acteurs. À ce titre, le secrétariat du CMUB,
appuyé par les membres du CMUB et plus largement les réseaux d?acteurs, recensera régulièrement les
initiatives, facilitera les mises en réseaux et contribuera à rendre davantage visibles les projets des territoires.
Ce suivi permettra de renseigner des indicateurs de réalisation des actions permettant la mise en oeuvre du
DSBM. La déclinaison de la stratégie de bassin en actions devra ainsi porter une vision intégrée de
développement du bassin et prévoir dans le cadre du suivi des indicateurs correspondants. Ce recensement
veillera notamment à identifier les cadres d?actions pour lesquels trop peu d?actions sont engagées. Une
animation particulière pourra alors être mise en place pour assurer le portage de ces actions orphelines. Un
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 94
bilan annuel sera produit, présenté et validé par le CMUB et largement diffusé pour que le grand public
continue à s?approprier les enjeux que le DSBM porte.
Ce suivi permettra également de s?assurer que les effets sur l?environnement du DSBM sont conformes à ce
que son rapport environnemental avait établi et que les mesures d?accompagnement, d?évitement, de
réduction et de compensation des effets négatifs notables soient mises en oeuvre.
Parmi les outils de mise en oeuvre des cadres d?actions, figurent les démarches de planification spatiale
marine (PSM). Elles permettront d?approfondir l?analyse stratégique sur des zones géographiques où
pourraient apparaître des conflits d?usage et ainsi contribuer à développer une vision intégrée sur les
territoires permettant un développement équilibré des activités. L?échelle de ces démarches est variable,
allant de territoires très circonscrit à l?ensemble du sud-ouest océan Indien.
Enfin, conformément à l?article R219-1-27 du code de l?environnement, le DSBM sera porté à la
connaissance des États voisins et pourra appuyer la conception et la mise en oeuvre de projets communs
dans les divers domaines maritimes de coopération. L?association des partenaires régionaux assurera un
partage d?expérience précieux et une plus grande efficacité pour traiter des enjeux environnementaux et de
développement qui dépassent les frontières.
Le suivi annuel de la mise en oeuvre du DSBM permettra également de préparer, à l?échéance des six ans de
son premier cycle, son évaluation. Celle-ci pourra considérer 3 axes principaux :
? L?organisation des différents acteurs (gouvernance, implication des partenaires?),
? La mise en oeuvre des objectifs et cadres d?actions
? Une analyse financière des actions.
Cette évaluation à six ans participera à la révision de cette stratégie, permettant notamment d?apporter des
pistes d?amélioration et des mesures correctives.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 95
ANNEXES
Annexe 1 : Table des illustrations et cartes 98
Annexe 2 : Glossaire des sigles et acronymes 100
Annexe 3 : Cartes de la synthèse de l'état des lieux 103
Annexe 1 : Table des illustrations et cartes
? Illustrations
1. Carte des bassins maritimes ultramarins
2. L?île de la Réunion, vue de la mer © A. Bein
3. Coucher de soleil sur Mayotte © DMSOI
4. Manchot royal (Aptenodytes patagonicus) dans la manchotière de la Baie Américaine, archipel de
Crozet © Lise Chambrin
5. Carte du bassin maritime Sud océan Indien avec les ZEE françaises
6. Ambiance sous-marine, Europa, Iles Eparses © Jérôme Bourjea
7. Baleine à bosse et son baleineau, La Réunion © Guillaume Cottarel, GLOBICE
8. L?artificialisation du littoral est une pression pour les écosystèmes.
9. Affluence à la plage de l?Ermitage, La Réunion © Léa Suarez
10. Carapace d'une tortue braconnée, Mayotte © J.S. Philippe
11. Diversité des paysages des territoires du bassin. A gauche, Plage de Saziley, Mayotte © J.S. Philippe
;
12. Kerguelen, Terres Australes © TAAF
13. Le phare de Bel Air, La Réunion © DMSOI ;
14. Une pirogue à balancier, Mayotte
15. Conséquences de l'érosion du littoral, La Réunion © BRGM
16. L?étalement urbain (cas de Mamoudzou à Mayotte) © J.S. Philippe
17. Salle des opération, CROSS Sud Océan Indien(C) DMSOI CROSS
18. Le Marion Dufresne, navire des terres extrêmes © TAAF
19. Panneau de sensibilisation, sur les îlots (Conservatoire du Littoral, Mayotte © J.S. Philippe
20. Barque de pêche à La Réunion © CRPMEM
21. L?Albius affronte les eaux australes pour pêcher la légine © TAAF
22. Port de commerce de Longoni, Mayotte © DMSOI
23. Porte-conteneur, La Réunion
24. Dragage dans le Port Ouest, Réunion
25. Carénage d?un bateau de pêche et d?un catamaran de plaisance, La Réunion © J.S. Philippe
26. Départ de l'OSIRIS II, navire de surveillance © DMSOI-CROSS
27. Le Lyrial, navire de croisière de la compagnie PONANT © Davis Ringler
28. Port de plaisance à La Réunion (Port Ouest), avec au second plan, les catamarans de tourisme ©
J.S. Philippe
29. Ambiance sous-marine au niveau d?un récif frangeant à Mayotte © JS Philippe
30. Les Frégates militaires basées à La Réunion (© J.S. Philippe)
31. L?Astrolabe, patrouilleur polaire © TAAF
32. Récifs coralliens et espèces associées, Mayotte © J.S. Philippe
33. Hydrophone pour l'écoute des mammifères marins © J.S. Philippe
34. Cap Méchant, La Réunion © DMSOI
35. Mtsamboro, Mayotte © J.S. Philippe
36. Recul de la falaise, Pamandzi, Mayotte © BRGM
37. Déchets (pneus, filets de pêche, etc.) en mer © A. Bein
38. Déchets (pneus, filets de pêche, etc.) en mer © A. Bein
39. Les palangriers Manohal et Reder Mor à La Réunion © J.S. Philippe
40. Les palangriers Manohal et Reder Mor à La Réunion © J.S. Philippe
41. Saut de baleine, La Réunion © Laurent Debordes, GLOBICE
42. Prototype d'ETM, Saint-Pierre, La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 96
? Cartes
1. Carte des vocations du Parc naturel marin de Mayotte
2. Usages et activités liés au milieu marin à La Réunion
3. Carte des vocations du Parc naturel marin des glorieuses
4. Périmètre du site RAMSAR d?Europa (îles Eparses)
5. Zones de protection de la Réserve nationale des Terres australes françaises
6. État écologique des masses d?eau à Mayotte
7. État des masses d?eau à La Réunion
8. Zones couvertes par le CROSS de La Réunion
9. Espèces patrimoniales du Parc naturel marin de Mayotte
10. Évolution des herbiers du Parc naturel marin de Mayotte
11. Habitats du Parc naturel marin de Mayotte
12. Mortalité des coraux dans le Parc naturel marin de Mayotte
13. Surveillance du bassin des Mascareignes
14. Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique mer (ZNIEFF-Mer) à La Réunion
15. Dragage de l?entrée du Port Ouest de La Réunion
16. Lignes maritimes Asie du Sud ? Afrique
17. Lignes maritimes Europe ? océan Indien
18. Lignes maritimes Extrême Orient ? Afrique
19. Localisation des centres de plongée à La Réunion
20. Localisation des clubs de canoë-kayak à La Réunion
21. Range des ports de l?océan Indien
22. Trafic du fret maritime de l?Océan indien
23. Zones de pêche côtière à La Réunion
24. Câbles sous-marins
25. Zones de pêche à Mayotte
26. Erosion côtière à Mayotte (CEREMA)
27. Morphotypes du littoral de Mayotte (BRGM)
28. Plaisance et loisirs nautiques à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 97
Annexe 2 : Glossaire des sigles et acronymes
3P Pôle de protection des plantes
ACE Africa Coast to Europe
AEM Action de l?État en mer
AFD Agence française de développement
ANC Assainissement non collectif
APIOI Association des ports des îles de l?océan Indien
APP Autorisation de prospection préalable
APSOI Accord relatif aux pêches du sud l?océan Indien (SIOFA en anglais)
ARIPA Association réunionnaise interprofessionnelle de la pêche et de l?aquaculture
BPHU Bateaux de plaisance hors d?usage
BPJEPS
Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation
populaire et du sport
CAPAM Chambre d?agriculture, de la pêche et de l?aquaculture de Mayotte
CCAMLR Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l?Antarctique
CCIR Chambre de commerce et de l?industrie de La Réunion
CEA Commissariat à l?énergie atomique et aux énergies alternatives
CEREMA Centre d?étude et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement
CIRAD Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
CLOI Cruise line océan indien
CLOE Cellule locale pour l?environnement
CNES Centre national d?études spatiales
CNRS Centre national de la recherche scientifique
COI Commission de l?océan Indien
COVIPEM Comités villageois des pêcheurs et éleveurs marins
CPER Contrat de plan État-Région
CPSOOI Commission des pêches du Sud-Ouest de l?océan Indien
CROSS Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage
CRPMEM Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins
CTOI Commission des thons de l?océan Indien (IOTC en anglais)
CUFR Centre universitaire de Mayotte
CYROI Cyclotron Réunion océan Indien
CZM Commandant de zone maritime
DAM Direction des affaires maritimes
DCP Dispositif de concentration de poissons
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 98
DDG AEM Délégué du gouvernement pour l?action de l?État en mer
DEAL Direction de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DMSOI Direction de la mer du Sud océan Indien
DOM Département d?outre-Mer
DPQM Direction des pêches et des questions maritimes
EAMM École d?apprentissage maritime de Mayotte
EAMR École d?apprentissage maritime de La Réunion
EMR Énergies marines renouvelables
EMV Écosystèmes marins vulnérables
ETM Énergie thermique des mers
FEAMPA Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture
FEDER Fonds européen de développement régional
GPMDLR Grand port maritime de La Réunion
ICPE Installation classée pour la protection de l?environnement
IFRECOR Initiative française pour les récifs coralliens
IFREMER Institut français de la recherche pour l?exploitation de la mer
IOMOU Memorandum d?entente des états côtiers de l?océan Indien
IPEV Institut polaire français Paul-Émile Victor
IRD Institut de recherche pour le développement
ISM International Safety Management - Code international de gestion de la sécurité
ISPS
International Ship and Port Security ? Code international pour la sûreté des navires et des
installations portuaires
LION Lower Indian Ocean Network
METISS MEltingpoT Indianoceanic Submarine System
MNHN Muséum national d?histoire naturelle
NTIC Nouvelles technologies de l?information et de la communication
OI océan Indien
OPAR Observatoire de physique de l?atmosphère de La Réunion
ORC Observatoire des récifs coralliens
PC-AEM Centre opérationnel de l'action de l'État en mer de Mayotte
PCP Politique commune de la pêche
PMT Palmes-Masque-Tuba
PNA Plan national d?action
PNMG Parc marin des Glorieuses
PNMM Parc naturel marin de Mayotte
PPRL Plan de prévention des risques littoraux
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 99
PRCP Plan régional de contrôle des pêches
PSCMM Plan de surveillance et de contrôle des activités pour la protection du milieu marin
PSIP Plans de sûreté des installations portuaires
PSP Plans de sûreté portuaire
RMD Rendement maximum durable
RNMR Réserve naturelle marine de La Réunion
RNN-TAF Réserve naturelle nationale des terres australes françaises
RUP Région ultrapériphérique (territoire de l?Union Européenne)
SAFE South Africa ? Far East
SEAS-OI Surveillance de l?environnement assistée par satellite pour l?océan Indien
SEOR Société d?étude ornithologique de La Réunion
SHS Sciences humaines et sociales
SIH Système d?informations halieutiques
SNSM Société nationale du sauvetage en mer
SPEREN Société réunionnaise pour l?étude et la protection de la nature
STCW
Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des
brevets et de veille
STRATOM Stratégie territoriale pour les Outre-mer
STM Service des transports maritimes de Mayotte
STS Sciences-Technologies-Santé
SWAC Sea Water Air Conditioning ? climatisation à l?eau naturellement froide
TAAF Terres australes et antarctiques françaises
TAC Taux admissibles de capture
TICE Traité d?interdiction complète des essais nucléaires
UICN Union internationale de conservation de la nature
UMR Unité mixte de recherche
VCSM Vedette côtière de surveillance maritime
WACS West Africa Cable System
ZEE Zone économique exclusive
ZMSOI Zone maritime Sud océan Indien
ZNIEFF Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 100
Annexe 3 : Cartes de la synthèse de l?état des lieux
Carte 6 : État
écologique des
masses d?eau à
Mayotte
Carte 7 : État
des masses
d?eau à La
Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 101
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 102
Carte 9 : Espèces
patrimoniales du
Parc naturel marin
de Mayotte
Carte 8 : Zones
couvertes par le
CROSS de La
Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 103
Carte 11 : Habitats du Parc naturel marin de Mayotte
Carte 10 : Évolution des
herbiers du Parc naturel marin
de Mayotte
Carte 12 : Mortalité des coraux dans le Parc naturel marin de Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 104
Carte 12 : Mortalité des coraux
dans le Parc naturel marin de
Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
105
Carte 13 : Surveillance du bassin des Mascareignes
Carte 14 : Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique mer (ZNIEFF-Mer) à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
106
Carte 15 : Dragage de l?entrée du Port
Ouest de La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
107
Carte 16 : Lignes maritimes Asie du Sud ? Afrique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
108
Carte 17 : Lignes maritimes Europe ? Océan Indien
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
109
Carte 18 : Lignes maritimes Extrême Orient - Afrique
Carte 19 : Localisation des centres de plongée à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
110
Carte 20 : Localisation des clubs de canoë-kayak à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
111
Carte 21 : Range des ports de l?océan Indien
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
112
Carte 22 : Densité de la navigation maritime dans l?Océan indien
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
113
Carte 23 : Zones de pêche côtière à La Réunion
Carte 24 : Câbles sous-marins
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
115
Carte 25 : Zones de pêche à Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
116
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
117
Carte 26 : Carte de l'érosion côtière
à Mayotte (CEREMA)
Carte 27 : Cartes des morphotypes
du littoral de Mayotte (BRGM)
Carte 28 : Plaisance et loisirs nautiques à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
118
INVALIDE) (ATTENTION: OPTION et biotechnologies marines
L?aquaculture à Mayotte, qui a débuté en 1999 est représentée par six pisciculteurs (élevage d?ombrines) et
un perliculteur de mabés (demi-perles nacrées) destinées au secteur de la bijouterie. Le secteur aquacole
privatise plus de 250 000 m² sur le domaine public maritime et portuaire. Actuellement, l?activité piscicole est
à l?arrêt, (liquidation judiciaire d?Aquamay) mais la nouvelle coopérative composée de quatre aquaculteurs
sous l?égide du conseil départemental de Mayotte a un projet de construction d?écloserie et de nurseries à
Dembéni. À La Réunion, l?aquaculture continentale a débuté dans les années 1990. A partir de 2013, de
nouvelles filières de production ont pu émerger, comme la culture de microalgues (spiruline) qui bénéficie
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 36
À Mayotte, la vente de poissons à la sauvette
(sur la plage, au bord des routes, à même le sol,
dans des brouettes ou sur des étals de palettes)
reste importante. Toutefois, la filière tend à se
structurer via les poissonneries, exploitées par
des COVIPEM (comités villageois de pêcheurs
mahorais) et des entrepreneurs individuels.
L?activité de transformation de la pêche est
inexistante.
À La Réunion, le marché des produits de la mer
est structuré, avec une filière aval bien
organisée. Le marché est entièrement ouvert à
la concurrence mondiale, qui privilégie le prix à
la qualité et travaille en dollars.
Illustration 21 : Le palangrier Albius affronte les eaux australes pour
pêcher la légine © TAAF
d?un marché local en pleine expansion mais dont la filière reste à consolider. L?activité d?aquaculture marine
est inexistante depuis 2008, tandis que la production piscicole baisse de manière continue. Les producteurs
ne réussissent pas encore à se fédérer autour de projets collectifs permettant leur développement, face à
une concurrence mondiale de plus en plus exacerbée. Enfin, aucune tentative d?aquaculture n?a été
entreprise dans les TAAF depuis 1993, à la suite d?une expérimentation infructueuse sur le plateau central de
Kerguelen. Les biotechnologies marines constituent une filière naissante à La Réunion (un laboratoire de
recherche possède une phytobanque) qui offre des perspectives d?emploi et de croissance.
2. Ressources marines et énergies marines renouvelables (EMR)
? Énergies marines renouvelables
Mayotte connaît une forte croissance pour ses besoins électriques, notamment en raison de la généralisation
des climatiseurs, et importe aujourd?hui l?ensemble des hydrocarbures dont l?archipel a besoin. À Mayotte et à
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 37
L?énergie de la mer n?est à ce jour pas utilisée à La
Réunion. Plusieurs projets majeurs ont été tentés mais
abandonnés par manque de financement ou pour
cause de catastrophe naturelle. Pourtant, La Réunion
dispose d?acteurs avec des compétences
scientifiques et industrielles dans le domaine des
EMR. Des projets sont toujours en cours et ont été
redimensionnés.
Dans les TAAF, plusieurs expérimentations
d?exploitation d?énergie renouvelable ont été tentées
mais soldées par des échecs, principalement à cause
des conditions météorologiques extrêmes et aux
défauts de maintenance. Aujourd?hui, compte tenu de
ces conditions, l?avenir des EMR semble surtout exister
à travers l?exploitation de la houle, qui ne nécessite pas
de stockage. Une étude de faisabilité pour les îles
Kerguelen a été effectuée mais n?a pas connu de suite,
notamment à cause des coûts et de la logistique.
L?Outre-mer cumule des défis majeurs en
matières énergétiques :
?Le bilan carbone de l?outre-mer est à
améliorer : seuls territoires continuant à être
alimentés principalement par des* centrales
thermiques au charbon et au fioul ;
?Le coût de l?énergie est élevé ;
?L?outre-mer dépend à 90% des ressources
fossiles importées.
ENJEUX
? Développement d?une pêche professionnelle durable, plus respectueuse de l?environnement
et de la ressource par la mise en oeuvre de plans de gestion
? Structuration d?une filière de pêche professionnelle
? Modernisation de la flotte de pêche professionnelle
? Collecte des co-produits de la pêche
? Mise en place, développement et valorisation de la production locale et des filières locales de
commercialisation et de transformation des produits de la mer
? Prévention des conflits d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir et la pêche professionnelle
? Connaissance des impacts et régulation effective des activités de pêche de loisir
? Lutte contre la pêche INN
? Identification et soutien des projets d?aquaculture adaptés au bassin
La superficie de la France ultramarine lui
permet toutefois d?être dotée de ressources
naturelles pour développer toutes les
technologies liées à l?énergie des mers,
considérée comme non intermittente.
La Réunion, les EMR sont appelées à croître. Toutefois, il existe plusieurs freins au développement de ces
énergies tels que la rentabilité économique, le contexte climatique (houles cycloniques), l?état de maturité de
la filière? Le projet de programmation pluriannuelle de l?énergie validé en novembre 2020 prévoit pour La
Réunion :
? pour la production de froid : la prise en compte du SWAC sud à l?horizon 2023 pour une économie de
l'ordre de 9 Gwhe/an
? pour la production d?électricité : l'éolien off-shore pour 0 à 40 MW à l'horizon 2028, l'Energie
thermique des mers pour 2 MW en 2023 et 2 à 5 en 2028, le houlomoteur pour 0 à 5 MW en 2028 et de
l'ORC pour 0 à 0,3 MW en 2028
Dans les TAAF, le coût important du gazole, et l?absence de quai en eau profonde pour le ravitaillement des
bases, nécessitent une logistique complexe et onéreuse. Pour pouvoir être développées les EMR doivent
être des alternatives simples d?usage : il faut disposer des compétences et moyens permettant leur
exploitation et maintenance sur ces sites isolés.
? Activités pétrolières et gazières offshore
Dans les TAAF, ces activités sont réglementées par les codes de l?environnement et code minier, et sont
sujettes à des conventions internationales. Deux permis de recherche de mines d?hydrocarbures liquides ou
gazeux avaient été délivrés le 22 décembre 2008 pour cinq ans dans la ZEE de l?île Juan de Nova et sont
caducs. La Loi du 30 décembre 2017 prévoit toutefois que les concessions d?exploitation existantes ne
puissent pas être renouvelées au-delà de 2040. Deux demandes de permis d?exploration dans la ZEE de l?île
Europa, déposées en 2013 et 2017, et une demande d?APP dans la ZEE des îles Glorieuses, déposée en
2014, ont fait l?objet d?un rejet.
3. Ports et industries navales et nautiques
? Ports de commerce
Les ports de La Réunion et de Mayotte constituent des vecteurs maritimes économiques et logistiques
essentiels. La quasi-totalité des matières premières, des produits énergétiques, des biens intermédiaires et
des biens de consommation y transitent.
Port Réunion est composé de deux sites distants de 3 km. Le Port Ouest, créé en 1886, accueille les
activités de pêche et de plaisance, l?exportation et l?importation de certaines matières premières, et la base
militaire dont la flotte opère dans une large partie de l?océan Indien et des TAAF. Le Port Est, créé en 1986, a
vocation de port de commerce et concentre désormais l?essentiel des investissements. Il offre une meilleure
performance en matière de sécurité, car protégé des aléas climatiques, et de sûreté, car aux normes ISPS
(Code international pour la sûreté des navires et des installations portuaires). Port Réunion doit donc
poursuivre ses investissements pour faire face à la forte croissance de trafic attendue, et se donner les
meilleures chances pour occuper une place significative dans le commerce maritime régional (Carte 21 :
Range des ports de l?océan Indien, page 112).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 38
ENJEUX
? Autonomie énergétique à l?horizon 2030 (cf. LTECV)
? Intégration des EMR dans les stratégies de transition des territoires
Illustration 22 : Port de commerce de Longoni, Mayotte © DMSOI
À Mayotte, le mouillage des Badamiers, situé sur Petite Terre, accueille les pétroliers ainsi que tout autre type
de bâtiment en escale (militaire, scientifique?). A Mamoudzou, un ponton est dédié exclusivement à l?accueil
des navires de croisière en escale. Le port de Longoni, construit en 1992, est un port « en eaux profondes ».
La société Mayotte Channel Gateway (MCG) a pour ambition de l?ériger en « hub européen de référence
dans le canal du Mozambique » en moins de cinq ans. Ce projet répond à une volonté de donner une
nouvelle dynamique à l?activité portuaire, de moderniser le port, et de réhabiliter et améliorer les capacités
des infrastructures existantes. Il doit également permettre une plus grande cohésion entre les différents
acteurs sociaux-économiques intervenant dans le port.
? Transports et services maritimes
Le transport maritime est important sur l?ensemble du
bassin. Il occupe une place de premier plan à La Réunion
et concerne principalement les marchandises. À cela
s?ajoutent les rotations du Marion Dufresne pour le
ravitaillement des TAAF, les navires militaires et la
croisière. La montée en puissance de la zone océan
Indien par la massification du transport maritime sur l?axe
Asie/Afrique a conduit les compagnies maritimes à créer,
à La Réunion et dans la zone, des « hubs » de
transbordement ce qui s?est traduit par un renforcement
significatif de la connectivité maritime de Port Réunion
(Cartes 16 à 18 et 22 en annexe, pages 107 à 109 et
113).
Le port peut jouer un rôle dans la sécurisation des flux logistiques entre l?Asie et l?Afrique, en mettant en
valeur la qualité de sa connectivité portuaire mais aussi la sécurité logistique, juridique et financière qu?offre
son statut de Région Ultrapériphérique d?Europe. Le GPMDLR étudie les possibilités de promotion de la
destination Réunion en lien avec les autres ports de l?océan Indien pour l?accueil de navires de croisière de
capacité intermédiaire compte tenu du contexte sanitaire nouveau et des capacités d?accueil des territoires.
Dans son projet stratégique 2019-2023, le GPMDLR envisage ainsi son développement sur deux axes, celui
d?un port responsable, engagé dans la transition énergétique et écologique du territoire, et celui d?un port
rayonnant, positionné comme hub innovant, compétitif et fiable.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 39
Illustration 23 : Porte-conteneur, La Réunion
À Mayotte, le Conseil départemental a engagé une démarche pour la création de lignes de transports
maritimes de voyageurs intra-îles comme alternative à l?engorgement du réseau routier vers Mamoudzou.
Le transport régulier de passagers, de véhicules et de marchandises entre Petite Terre et Grande Terre est
assuré par le service des transports maritimes du conseil départemental. Le transport de passagers entre
Mayotte et les îles des Comores est assuré par la compagnie SGTM et la société Cruise Line océan Indien.
Le transport de marchandises a connu une réorganisation de la desserte « feeder » par CMA/CGM pour
effectuer une nouvelle rotation entre Mayotte, les Comores et le Mozambique. La COI a, par ailleurs, engagé
une réflexion depuis 2009 sur la faisabilité de création d?un système régional de cabotage maritime pour
améliorer la connectivité maritime. Ce projet semble actuellement en stand-by.
Le projet de terminaux gaziers au Mozambique, au budget considérable, devrait générer des besoins
logistiques dans les ports de la zone. Par leur niveau de sécurité et la stabilité politique, les ports français
présentent des atouts pour capter quelques parts de marché.
? Travaux publics maritimes
Le Port de Longoni présente un état dégradé
des infrastructures portuaires, notamment sur le
quai n°1 et le quai de servitude, construits en
1990, et dans une moindre mesure, sur le
terminal pétrolier et gazier. Les travaux qui seront
entrepris dans la période 2020-2025 prévoient la
prolongation du quai n°1 jusqu?au quai de
servitude. Un projet d?agrandissement de
l?emprise de la DSP pourrait être mené. Financés
par Total, les travaux subaquatiques notables ont
concerné principalement le remplacement du pipe
du terminal pétrolier des Badamiers.
Le chenal d?entrée au Port Ouest de La Réunion subit un engravement régulier issu du transit des
matériaux apportés par la Rivière des Galets. Afin de garantir la continuité des opérations commerciales, le
GPMDLR est contraint à des travaux réguliers de dragage. Plus au nord, entre 1886 et 1996, l?érosion du
rivage de la Pointe des Galets a été permanente et importante (Carte 15 : Dragage de l?entrée du Port Ouest
de La Réunion, page 106).
Le GPMDLR étudie avec le CEREMA et en partenariat avec l?État et les collectivités concernées, les
solutions opérationnelles de dragage et renforcement des ouvrages de protection afin d?arrêter une
stratégie de long terme pour la gestion du trait de côte.
Dans les TAAF, le premier ouvrage a été édifié en 1952 aux Kerguelen. En 2015, le quai de Kerguelen a été
réhabilité pour répondre aux contraintes climatiques, logistiques et techniques. Suivant une vision à long
terme, il serait intéressant que les quais de Crozet et Amsterdam connaissent aussi une refonte.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 40
Illustration 24 : Dragage dans le Port Ouest, Réunion
? Construction et réparation navale
Au niveau du bassin, la construction navale est
quasi voire totalement inexistante. À Mayotte, la
société Mayotte Plastique avait lancé la production
de barques de pêche aux normes européennes
mais, plus lourdes et moins économes, ces
dernières n?ont pas su trouver leur place. Seuls
trois ateliers de réparation de navires existent à
Mayotte et il n?existe aucune solution locale de
traitement des déchets, ni de déconstruction des
bateaux de plaisance hors d?usage (BPHU). Les
impacts environnementaux et les risques sanitaires
font encore l?objet d?une gestion diffuse.
À La Réunion, il existe une activité de réparation navale. Une partie non négligeable des travaux à flot
s?effectue au Port Ouest et représente 80% des prestations de réparation navale. La filière est composée de
quelques PME spécialisées (électronique, tuyauterie, chaudronnerie, etc.). Piriou Réunion, qui apporte son
expertise en matière de coordination de métiers, et ENDEL Réunion qui possède une activité de réparation
navale militaire, se sont récemment implantés. Leur présence pourrait générer la relance d?une
interprofession de la réparation navale qui pourrait permettre de conserver localement une partie
substantielle des marchés de réparation navale de la Marine nationale, mais aussi de la pêche hauturière et
des navires à passagers.
Les TAAF sont aussi concernées, du fait de l?entretien fréquent nécessaire pour leur navire ravitailleur, le
Marion Dufresne.
Le développement d?une filière de maintenance navale, s?appuyant sur une nouvelle aire de carénage de
plus grande capacité, présente un réel intérêt économique et social. Actuellement, une part importante des
navires est carénée à l?étranger du fait d'une capacité limitée des infrastructures réunionnaises (63 m et 800
tonnes).
? Surveillance des activités et du milieu marin
La surveillance est assurée par plusieurs
administrations faisant partie du dispositif de
l?action de l?État en mer sous la coordination du
Délégué du gouvernement pour l?action de l?État
en mer : Gendarmerie nationale, Marine
Nationale, Gendarmerie maritime, Direction de la
mer Sud océan Indien (ex-Affaires maritimes)
avec notamment le CROSS, et le personnel des
aires marines protégées. Depuis 2017, il existe
un « Plan de surveillance et de contrôle des
activités pour la protection du milieu marin »
(PSCMM) pour le bassin Sud océan Indien en
complément du Plan régional de contrôle des
pêches (PRCP). Il existe également des polices
de l?environnement sur les différents territoires.
Mayotte ne dispose pas de plan de balisage et
les plages les plus fréquentées ne sont pas
surveillées. Les mises à l?eau, à partir de navires à utilisation commerciale, sont également problématiques
en l?absence d?un encadrement approprié. Après une décennie peu marquée par les attaques de requins, La
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 41
Illustration 25 : Carénage d?un bateau de pêche et d?un catamaran
de plaisance, La Réunion © J.S. Philippe
Illustration 26 : Départ de l'OSIRIS II, navire de surveillance © DMSOI-
CROSS
Réunion a dû faire face à une multiplication des attaques sur le littoral Ouest depuis 2010, ce qui a impacté la
fréquentation des plages et concentré l?activité balnéaire sur les plages protégées du lagon.. Par ailleurs, la
surveillance des loisirs nautiques et des aires marines protégées apparaît insuffisante.
Dans les ZEE des îles Éparses, les efforts entrepris pour lutter contre la présence épisodique de pêches
illégales (navires non autorisés, pêche dans des zones interdites, etc.) doivent être maintenus voire
renforcés. L?épuisement des stocks dans le canal du Mozambique, notamment des grands migrateurs
comme les thons, risque en effet d?accentuer la pression de pêche illégale dans les ZEE françaises.
Les TAAF disposent, en outre, d?un niveau élevé de protection de la biodiversité marine. Les nombreux
moyens de contrôle déployés dans la zone permettent de construire une véritable police de l?environnement
marin. La prévention et la lutte contre les pollutions maritimes volontaires ou accidentelles sont également un
enjeu clé de la surveillance des activités et du milieu marin.
3. Canalisations et câbles sous-marins
Afin d?améliorer la connectivité régionale, un accord de coopération a été signé en 2016 entre les
différents opérateurs de l?océan Indien concernant le lancement d?un nouveau câble sous-marin « METISS
», qui relie La Réunion, Maurice, Madagascar, l?Afrique du Sud (Carte 24 : Câbles sous-marins, page 115).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 42
Mayotte :
2 câbles internet LION 2 et AVASSA à Mayotte.
Câbles sous-marins reliant électriquement Petite et Grande
Terre mis en service en 1998.
Une canalisation de distribution d?eau potable entre Petite
et Grande Terre.
Une sealine de dépotage d?hydrocarbures.
La Réunion :
Câbles sous-marins existants : SEAS (320 Gb), TEAMs
(1280 Gb), SEACOM (1280 Gb), LION2 (1280 Gb), LION
(1300 Gb), EASSY (10 Tb)
Projets de câbles sous-marins : METISS, Mauritius
Submarine Cable Project.
ENJEUX
? Continuité du développement des ports de commerce et services maritimes associés,
comme vecteurs de développement et logistiques essentiels au bassin.
? Renforcement de la connectivité maritime des territoires français dans la zone pour
développer et maintenir leur attractivité (offre de services, fluidité?).
? Développement, structuration et pérennisation d?une filière construction et réparation navale.
? Forte attente de travaux publics maritimes à impact économique important.
? Développement harmonieux des activités maritimes.
La mise en service en 2009 d?un
câble internet sous-marin à fibre
optique « LION 2 » a marqué l?entrée
de Mayotte dans l?ère numérique haut
débit. Le tracé exact et à jour des
câbles dédiés à la fibre optique, ainsi
que le positionnement exact des
émissaires en mer ne sont pas connus,
tout comme leur état d?entretien.
La Réunion est actuellement reliée au
réseau mondial numérique par le câble
sous-marin SAFE, reliant
Melkbosstrand en Afrique du Sud à
Penang en Malaisie. Le débit a
toutefois subi de nombreux
ralentissements à la suite
d?effondrements sous-marins.
Dans les TAAF, un seul type de câble sous-marin a été déployé : celui composant le système de la station
hydroacoustique HA04. Aucun autre câblage sous-marin ou canalisation ne sont prévus car l?ensemble des
systèmes de télécommunication ou d?approvisionnement (électricité, eau potable, hydrocarbure...) s?effectue
par ravitaillement naval ou par le biais d?installations indépendantes pour chaque île.
4. Urbanisme et tourisme
? Tourisme
L?Association des « Iles Vanille » regroupe six îles du bassin (Maurice, La Réunion, Madagascar, Mayotte,
les Comores et les Seychelles). Depuis 2014, elle centre son action sur le développement du secteur de la
croisière, plus particulièrement les combinés inter-îles, avec l?objectif d?atteindre 50 000 passagers en 2020.
Le tourisme est un secteur très marginal dans les TAAF, mais permet de contribuer à leur financement
dès lors qu?il est compatible et en adéquation avec les objectifs de développement durable. À bord du Marion
Dufresne, l?activité touristique est axée sur la découverte des missions quotidiennes des TAAF et des
personnels détachés sur les bases. La collectivité ouvre également la possibilité aux plaisanciers d?accéder à
son territoire de manière strictement encadrée. Elle envisage de développer des partenariats privilégiés avec
des prestataires touristiques de plaisance, comme elle l?a déjà fait avec la compagnie PONANT.
? Activités balnéaires et fréquentation des plages
Mayotte bénéficie d?un ensoleillement toute l?année. Les plages constituent donc un Mayotte bénéficie d?un
ensoleillement toute l?année. Les plages constituent donc un potentiel économique et touristique, mais sont
encore peu aménagées et peu fréquentées. Elles sont toutefois particulièrement prisées par les opérateurs
nautiques et par les plaisanciers. Il est possible d?aller observer à faible profondeur les paysages sous-
marins et les peuplements récifaux, qui constituent des sites d?alimentation pour les tortues marines, que les
nageurs ont la possibilité de croiser et d?observer régulièrement. La pratique d?activités balnéaires est assez
récente, chez les mahorais, car beaucoup ne savent pas nager, et concerne essentiellement les jeunes qui
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 43
Illustration 27 : Le Lyrial, navire de croisière de la
compagnie PONANT © Davis Ringler
ENJEUX
? Soutien des innovations et désenclavement numérique à l?échelle du bassin.
? Réduction de l?impact des câbles sous-marins sur la biodiversité et suivi de l?évolution de cet
impact dans le temps.
À Mayotte et à La Réunion, l?activité touristique liée à la mer
est importante et essentiellement orientée autour des récifs
coralliens de l?île. Selon le rapport de l?Institut d?émission des
?départements d?Outre mer (IEDOM) de 2016, les structures
d?hébergement sont peu nombreuses et recrutent peu. À La
Réunion, hormis la navigation de plaisance et les activités
subaquatiques, peu d?activités se déroulent sur les zones non-
récifales du fait des vents d?alizés qui rendent le milieu
inhospitalier. Des efforts en matière de protection de la
biodiversité ont été réalisés et concrétisés par : l?obtention
d?un label du Pavillon bleu pour 3 plages de Saint-Gilles, la
création de la RNMR en 2007 dans laquelle se trouve les
plages et récifs coralliens, et l?obtention en 2014 de la Palme
IFRECOR pour la mairie de Saint-Paul à La Réunion et le
département de Mayotte.
sont incités, par le biais des programmes d?éducation physique et sportive ou le développement
d?évènements sportifs et compétitifs, à apprivoiser ce milieu qui leur semble culturellement hostile. Les
mahorais fréquentent davantage les arrières-plages pour la pratique du voulé, un rassemblement convivial
autour d?un repas à base de grillades.
La Réunion ne compte que 40 km de plages, et l?activité de baignade est concentrée au niveau des lagons
situés sur les côtes Ouest et Sud de l?île et dans quelques bassins de baignade où les pics de fréquentation
justifient l?aménagement de nouvelles zones sur l?ensemble de l?île comme prévu dans le Schéma
d?aménagement régional (SAR). En dehors de ces zones, la côte est globalement hostile. Toutefois, la
sensibilité écologique de ces milieux nécessite l?aménagement de nouvelles zones de baignade, de façon à
accroître le potentiel de baignade avec des activités diversifiées et dans des conditions sécurisées. Le
risque requin a un impact substantiel sur la baignade et sur le chiffre d?affaires, qui a chuté de 20 à 30%
durant cette dernière décennie. L?arrière-plage est souvent l?occasion de campements informels très
fréquentés. Le camping de l?Ermitage, qui offre une alternative au camping sauvage, rencontre un succès
important mais aussi une saturation des emplacements.
? Artificialisation des territoires littoraux
À Mayotte, il est nécessaire d?attirer de nouvelles activités dans des espaces déjà artificialisés, en faisant
respecter les servitudes transversales et longitudinales prévues par le code de l?urbanisme et les accès aux
plages et au rivage de la mer. Cela doit se traduire également par le développement de sentiers de
promenade ou des pistes cyclables le long du littoral, tout en proposant des points d?accueil mixte pour
l?ensemble des usages (pêche, loisir, cabotage, transport maritime).
5. Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 44
À Mayotte, l?accent est mis sur la nécessité de
développer un tourisme différencié par rapport à
l?offre existante dans l?océan Indien, en misant sur un
écotourisme valorisant l?authenticité de l?île, et
conciliant la mise en valeur du territoire. L?une des
prestations touristiques les plus appréciées est
l?observation des mammifères marins, pratiquée
d?ailleurs depuis 1998. La concurrence entre les
opérateurs s?est durcie, et les conflits d?usages se
multiplient, en période de présence de baleines, en
dépit de la charte d?approche des mammifères marins,
élaborée en 1999 et transformée depuis en arrêté
préfectoral. En outre, la randonnée subaquatique se
pratique régulièrement dans le lagon.
ENJEUX
? Sécurisation des sites naturels touristiques, et surveillance des baignades.
? Prise en compte de la préservation et de la valorisation du patrimoine naturel dans les
activités balnéaires et la fréquentation des plages.
? Développement maîtrisé et accompagné du tourisme.
? Prise en compte des enjeux environnementaux et paysagers, et des conflits d?usage sur le
littoral, pour l?artificialisation des territoires littoraux.
Équipements pour les bateaux de
plaisance à Mayotte :
Ponton de plaisance de Mamoudzou : 75
anneaux et 150 bouées d?amarrage
Ponton de plaisance de Dzaoudzi : 50
anneaux et 130 bouées d?amarrage
57 mouillages entretenus par le Parc Naturel
Marin de Mayotte.
Illustration 28 : Port de plaisance à La Réunion (Port
Ouest), avec au second plan, les catamarans de tourisme
© J.S. Philippe
Les clubs de plongée sont prisés et sont demandeurs d?une diversification des sites de découverte
subaquatique (ex. : cas d?épaves immergées). D'autres activités sont également pratiquées comme le kayak,
la chasse sous-marine, le jet-ski, le ski nautique et le wakeboard.
À La Réunion, l?attrait pour les activités nautiques se développe progressivement depuis les années
1970, malgré des restrictions réglementaires d?usages. Des activités similaires à Mayotte s?y pratiquent, en
plus de la promenade en mer, la voile, du surf, du dragon boat, et du stand-up paddle (Carte 19 : Localisation
des centres de plongée, page 110 ? Carte 20 : Localisation des clubs de canoë-kayak, page 111 ? Carte 28 :
Plaisance et loisirs nautiques à La Réunion, page 118).
Il existe aujourd?hui six ports de plaisance réunionnais :
? Le Port de la Pointe des Galets (550 anneaux dont 50 navires de pêche, géré par le TCO) : c?est le
seul port à pouvoir accueillir des gros navires de plaisance mais qui présente des équipements
vieillissants selon les usagers. De nombreuses dégradations et dépôts d?ordures sauvages sont
constatées par manque de surveillance suffisante ;
? Le Port de Sainte-Rose (100 anneaux dont 12 navires de pêche, géré par la commune) : des travaux
sont en cours pour augmenter la capacité d?accueil. Des équipements sont prévus ;
? Le Port de Sainte-Marie (180 anneaux dont 19 navires de pêche, géré par la CINOR) : port de pêche
et de plaisance, il a fait l?objet de travaux d?extension et de rénovation depuis 2018 pour renforcer la
sécurité et limiter le phénomène d?ensablement.
Concernant les bateaux, un certain nombre sont en mauvais état et devraient être détruits, mais il n?existe
pas de filière de déconstruction navale à La Réunion. Certains sont également habités par des
personnes qui y trouvent une alternative aux logements classiques.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 45
? Le Port de Saint-Gilles-les-Bains (360 anneaux
dont 60 navires de pêche, géré par la CCIR jusqu?en
2022 puis par le TCO) : il est utilisé par les pêcheurs
professionnels mais abrite aussi les ligues de voile, de
plongée, de surf?
? Le Port de Saint-Pierre (370 anneaux dont 30
navires de pêche, géré par la commune) : port de
pêche et de plaisance, il bénéficie de réparations et
d?entretiens réguliers, et de projets d?aménagements ;
? Le Port de Saint-Leu (150 anneaux dont 10 navires
de pêche, géré par le TCO) : historiquement dédié aux
pêcheurs traditionnels, il est utilisé par les particuliers et
professionnels exerçant d?autres activités. Un projet de
réaménagement et d?extension est en cours ;
ENJEUX
? Intégration de pratiques écoresponsables pour la plaisance, les loisirs nautiques et les
activités subaquatiques à fort potentiel économique
? Aménagement et développement des capacités d?accueil des navires (ports à sec)
6. Protection de l?environnement
À Mayotte comme à La Réunion, le patrimoine naturel
marin exceptionnel (lagon de Mayotte, récif corallien
frangeant à l?ouest et affleurements basaltiques à l?est
de La Réunion, nombreuses espèces marines et
côtières?) est particulièrement vulnérable mais
primordial pour le maintien de la qualité de vie des
Mahorais, car il joue un rôle majeur pour le
développement de l?île (ressources en eau, ressources
alimentaires, potentiel économique?).
Ainsi, un certain nombre de structures oeuvrent pour la
protection de l?environnement et participent au
soutien du développement économique local par la
création d?emplois dans ce domaine, mais aussi en
maintenant ou en développant la valeur écosystémique
des milieux naturels (en particulier les récifs coralliens
et écosystèmes associés) par la protection et en
accompagnement du développement d?activités
durables.
Parmi les acteurs clés s?impliquant de manière directe ou indirecte dans la protection de l?environnement, on
peut citer : les administrations et collectivités territoriales, les établissements publics (OFB, Conservatoire du
littoral, BRGM?) et les gestionnaires des Parcs et réserves naturelles, sans oublier les entreprises privées
(tri des déchets notamment) et nombreuses associations.
Dans le cadre de leur mission prioritaire, les TAAF ont notamment mis en place différents outils de
protection et de gestion tels que le Parc naturel marin des Glorieuses (2012) appelé à évoluer en réserve, et
la réserve naturelle nationale des Terres australes françaises et son périmètre de protection (se référer à la
présentation du bassin).
La collectivité est également responsable de la mise en oeuvre des plans de gestion et d?actions
associés, générateurs d?emplois. Ces activités permettent de mobiliser des moyens financiers et matériels
complémentaires qui sont le plus généralement mutualisé aux bénéfices d?autres activités de la collectivité ou
de ses partenaires sur les territoires.
7. Réseaux et systèmes de suivi scientifique
À Mayotte, il existe différents systèmes de suivi scientifique, tels que le Réseau échouage mahorais de
mammifères marins et tortues marines (REMMAT), le Système d?informations halieutiques (SIH),
l?Observatoire des récifs coralliens, et le suivi de la qualité des eaux. Le PNMM, qui gère le REMMAT, pilote
également de nombreux suivis scientifiques : Global Coral Reef Monitoring Network...).
À La Réunion, les récifs coralliens sont également intégrés dans le réseau mondial de suivi des récifs
coralliens (GCRMN) depuis 1998. D?autre part, des suivis sont réalisés en lien avec la Directive cadre sur
l?eau (DCE). A Mayotte comme à La Réunion, un réseau de zones naturelles d?intérêt écologique, faunistique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 46
ENJEU
? Conciliation du développement des activités économiques et touristiques et de la protection
de l?environnement
Illustration 29 : Ambiance sous-marine au niveau d?un
récif frangeant à Mayotte © JS Philippe
et floristique (ZNIEFF) marines est en cours de constitution, comptant déjà près d?une centaine de zones
identifiées et documentées sur la base de l?INPN. (Carte 14 : Zones naturelles d'intérêt écologique,
faunistique et floristique mer (ZNIEFF-Mer) à La Réunion, page 106).
Les TAAF sont le lieu de nombreuses activités de recherche des sciences de la vie aux sciences de
l?univers, menées sur les bases : IRD, IPEV, Ifremer, CNRS, CNES? Dans les eaux de Kerguelen, Crozet,
Saint-Paul et Amsterdam, des contrôleurs de pêche, formés par les TAAF et le MNHN, sont
systématiquement embarqués à bord des navires. Ils s?assurent du respect de la règlementation et
participent au suivi scientifique des pêcheries australes, en collaboration avec les agents de la réserve
naturelle nationale des Terres australes françaises qui sont embarqués plus ponctuellement sur les navires
de pêche pour déployer des protocoles de suivi des ressources halieutiques et des écosystèmes marins.
Dans les eaux des îles Éparses, des observateurs de pêche embarqués à bord des senneurs et palangriers
contribuent au suivi scientifique de la pêcherie thonière. Leur présence permet le respect des mesures de
gestion des ressources marines exploitées stipulées dans le droit international, national et territorial.
8. Souveraineté en mer
Aux menaces constantes comme la pêche illégale, qui peut se manifester par des incursions de navires de
pêche dans les eaux françaises, s?ajoutent d?autres menaces ou paramètres à prendre en compte :
? La multiplication des trafics illicites en raison de la faiblesse des pays de la zone ;
? L?immigration illicite des Comores vers Mayotte ;
? La menace terroriste potentielle ;
? La piraterie au nord du bassin, limitée grâce aux moyens engagés mais qui reste significative ;
? La contestation de la souveraineté de six îles françaises en zone tropicale ;
? L?exercice du jeu des puissances émergentes dans la région (Inde et Chine multiplient les
déploiements dans une volonté d?influence croissante) ;
Dans ce contexte, la présence des moyens maritimes et aériens français est impérative pour affirmer
la souveraineté de la France. La connaissance de la zone implique le partage de l?information et du
renseignement entre les administrations, à l?échelle nationale et internationale, et nécessite un recueil
d?informations dans les zones d?intérêt (ZEE des TAAF, zones de transit des trafics dans le nord de la
région).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 47
ENJEUX
? Accompagnement et soutien au développement de réseaux et systèmes de suivi scientifique
? Acquisition d?expertise locale sur les systèmes de suivi scientifique
Illustration 30 et 31 : Les Frégates militaires basées à La Réunion (à gauche © J.S. Philippe) et l?Astrolabe, le patrouilleur polaire (à
droite © TAAF) assurent la surveillance et la souveraineté française en mer
Chapitre 5 : Changement climatique
1. Les effets du changement climatique sur les îles tropicales
L?océan Indien est la 3ème région du monde la plus touchée par des phénomènes naturels intenses,
avec plus de 50 catastrophes naturelles au cours des vingt dernières années. Selon les scientifiques, le
changement climatique est très probablement un facteur aggravant d?un ensemble de risques naturels déjà
existants, et devrait provoquer une augmentation de leur fréquence et/ou de leur intensité. L?action combinée
de la montée des eaux et d?évènements climatiques plus intenses augmente le risque de submersion marine
pour Mayotte et La Réunion. Cela devrait avoir un impact également sur l?érosion côtière, avec pour
conséquences un recul du trait de côte plus important, et un envasement plus rapide du lagon pour Mayotte.
Le recul du trait de côte et la submersion sont déjà des problématiques majeures pour ces îles et le
changement climatique en augmenterait donc les effets. En outre, le changement climatique entraîne un
réchauffement et l?acidification des eaux. La récurrence de ces phénomènes affaiblit notamment les récifs
coralliens (mortalité partielle par blanchissement des coraux, diminution de la croissance corallienne), ce qui
constitue une problématique majeure pour les îles protégées par des récifs barrière, dont le rôle est important
contre les fortes houles. Enfin, l?altération des écosystèmes coralliens entraîne aussi des modifications au
niveau trophique et ressources halieutiques associées.
La gestion durable des ressources est une problématique forte en contexte de changement climatique. En
effet, ces modifications vont se traduire par des variations de l?ensoleillement, du régime de vents et surtout
des précipitations, pouvant notamment mener à des changements dans les ressources en eau. Cela pourrait
affecter La Réunion, avec de probables changements sur la saison estivale plus chaude, la saison hivernale
plus venteuse, ainsi qu?une baisse globale de la fréquence des précipitations. Les conséquences
amèneraient à des sécheresses plus fréquentes, et surtout à un déséquilibre plus fort en ressources en eau
entre l?Ouest et l?Est de l?île. Cette problématique se pose également pour la gestion des ressources
halieutiques (pêche). En effet, le changement climatique génère des variations de courants qui devraient
mener à une modification des routes de migration, notamment celle du thon listao, l?une des espèces
majoritairement pêchées dans l?océan Indien. Enfin, dans la recherche d?une réduction significative de notre
empreinte carbone, il existe une nécessité forte de réduction de l?utilisation des énergies fossiles et, à
terme, d?autonomie énergétique. Cette transition énergétique bénéficie d?atouts dans les îles du bassin du fait
des conditions climatiques, hydrologiques et de la proximité avec la mer. La Réunion, notamment, affiche
l?objectif d?atteindre l?autonomie énergétique d?ici 2030.
Le changement climatique est également un facteur aggravant pour la problématique de santé publique,
notamment concernant les épidémies. En effet, le changement climatique tend à élargir l?aire de répartition, la
période et l?intensité des transmissions de maladies infectieuses transportées par les moustiques. Ces
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 48
Les scenarii du Groupement d?Experts Intergouvernemental sur
l?Évolution du Climat (GIEC) indiquent, à l?horizon 2100 pour la
zone OI :
? + 1,4 à+ 3,7 °C (valeur moyenne de 2,1°C) de réchauffement des
températures
? -2 à +20 % (moyenne de +4 %) de variation des précipitations
annuelles
? Une élévation pouvant aller jusqu?à 84 centimètres du niveau de
la mer
? L?hypothèse du doublement d?ici 2100 de la distance parcourue
par les manchots royaux pour s?alimenter, dont la plus grande
population se reproduit dans les TAAF, en raison du déplacement des
fronts océaniques.
Plus de 50
catastrophes naturelles
au cours de ces 20
dernières années dans
l?océan Indien, causant
un coût de plus de 17
milliards de dollars aux
économies régionales
risques, combinés aux aléas climatiques et à la dégradation des récifs, peuvent également avoir un impact
sur le tourisme d?agrément.
L?une des problématiques majeures concerne enfin l?impact du changement climatique sur les
écosystèmes et les espèces. Parmi les incidences identifiées, la migration des espèces peut être affectée,
en lien notamment avec la modification des températures (terrestres ou marines), ce qui entraîne des
modifications des niches écologiques (cas des habitats d?altitude) ou des voies migratoires. Les
conséquences peuvent prendre la forme de variations des équilibres écologiques (cas des espèces
exotiques envahissantes au détriment d?espèces indigènes). De plus, l?augmentation des évènements
climatiques violents peut aussi provoquer la destruction de la végétation et l?érosion des plages, ce qui
affecte certaines espèces comme les tortues marines pour la ponte.
2. Les effets du changement climatique des îles australes
Les eaux froides du Sud de l?océan Indien constituent des réservoirs de biodiversité précieux qui
accueillent une faune menacée (30 % des espèces sont menacées selon l?UICN). Ainsi, l?augmentation des
évènements climatiques violents sont susceptibles d?impacter les colonies d?oiseaux marins (érosion,
végétation modifiée?). De plus, le déplacement des fronts océaniques modifie la répartition des espèces
marines, ainsi que les zones d?alimentation des prédateurs supérieurs. Pour illustrer cette problématique, la
distance parcourue par les manchots royaux pour s?alimenter, dont la plus grande population se reproduit
dans les TAAF, pourrait doubler d?ici 2100, mettant en péril l?espèce.
Pour ces îles éloignées, la faible présence humaine limite les impacts associés, ce qui permet d?obtenir des
données pertinentes et fiables sur les impacts environnementaux et sur la biodiversité spécifique en lien avec
les changements climatiques associés.
Depuis plus de 50 ans, les séries de données temporelles offrent des opportunités uniques d?études sur le
long terme pour le suivi de ces thématiques, ce qui positionne les TAAF comme un observatoire des
changements globaux (nombreux programmes de recherches en cours, à l?échelle nationale ou
internationale).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 49
ENJEUX
? Surveillance, étude et anticipation des impacts du changement climatique sur les
écosystèmes.
? Positionnement des TAAF comme un observatoire des changements globaux.
? Maintien et création de partenariats de recherches et de projets coopératifs, interdisciplinaires
et internationaux.
ENJEUX
? Développement des connaissances concernant le changement climatique pour l?ensemble du
bassin : études et suivis du changement climatique, anticipation des effets sur l?environnement
et sur les activités humaines
? Mise en place de politiques et de programmes en anticipation de ces changements
? Sensibilisation aux risques liés au changement climatique
? Sensibilisation aux bonnes pratiques pour un impact environnemental limité
? Réduction de l?utilisation des ressources fossiles, vers une autonomie énergétique
? Anticipation des risques d?épidémie par des systèmes de veille, d?alerte et de plans de
d?urgence
? Anticipation des effets sur les écosystèmes et les espèces et mise en place de mesures de
protection adaptées
Chapitre 6 : Coopération régionale
Les îles françaises du bassin Sud océan Indien, entourées par les eaux internationales et voisines de pays
tiers de l?Union européenne sont le théâtre d?une intense coopération s?exprimant sur les questions
maritimes et dans différentes enceintes.
La coopération régionale maritime du bassin Sud océan Indien s?inscrit dans différentes thématiques
(biodiversité, recherche, pêche, sécurité maritime, ports, croisières et tourisme?)
1. Coopération avec la Commission de l?océan Indien (COI)
La coopération multilatérale des territoires français du bassin Sud océan Indien s?effectue par le biais de la
Commission de l?océan Indien (COI), organisation intergouvernementale qui réunit cinq pays du bassin
(l?Union des Comores, la France, Madagascar, Maurice et les Seychelles). Elle a pour objectif de construire
et développer une Indianocéanie stable, solidaire et durable, et de mener des actions extérieures conjointes
d?intégration et de coopération, en particulier avec l?Afrique orientale et australe.
Institutionnalisée en 1984, elle est aujourd?hui établie et reconnue dans le bassin : avec un portefeuille de
projets d?environ 30M¤ par an, financés essentiellement par le FED et l?Agence française de développement,
la COI attire aujourd?hui de nouveaux bailleurs et observateurs séduits par la réussite de l?organisation.
La COI a permis d?engager de nombreux projets sur les sujets maritimes, en particulier sur la sécurité
maritime (projet MASE), la biodiversité marine, la pêche et sa surveillance ou l?économie bleue (élaboration
en cours d?un plan d?action régional de l?économie bleue ? PAREB).
2. Coopération dans le cadre de la politique commune de la pêche (PCP)
La PCP est une politique intégrée de l?Union européenne dont un pilier est la politique externe. L?Union
européenne a ainsi établi plusieurs accords bilatéraux avec les pays tiers de la zone afin de permettre aux
navires européens de pêcher les ressources excédentaires au sein de la Zone économique exclusive (ZEE)
du pays concerné, dans un environnement réglementé. En contrepartie, les pays partenaires bénéficient
d?une contribution financière qui vise notamment à favoriser le développement de la pêche durable par le
renforcement des capacités scientifiques et administratives, des activités de suivi, de contrôle et de
surveillance. Le FEAMPA est l?outil financier de mise en oeuvre de la PCP. À ce titre, l?une de ses priorités
stratégiques pour la programmation 2021-2027 est de renforcer la gouvernance internationale des
océans et faire en sorte que les mers et les océans soient sûrs, sécurisés, propres et gérés de manière
durable. Ce cadre offre la possibilité d?accompagner des projets de coopération sur ces enjeux.
Les TAAF, en tant que Pays et territoire d?outre-mer (PTOM), ne sont pas soumises aux réglementations
européennes, notamment la PCP.
En outre, il existe plusieurs instances de gestion des pêches compétentes dans le bassin Sud océan Indien,
dont les ORGP (Organisations de gestion des pêches) telles que la Commission des Thons de l?océan Indien
(CTOI) ou l?Accord relatif aux pêches du Sud de l?océan Indien (APSOI).
Ces ORGP sont des organismes internationaux mis en place par des pays ayant des intérêts en matière de
pêche dans une zone géographique spécifique. Certaines organisations sont chargées de gérer l?ensemble
des stocks de poissons d?une zone donnée (APSOI). D?autres se concentrent sur des espèces hautement
migratoires, comme le thon (CTOI). La Commission des pêches du Sud-Ouest de l?océan Indien (CPSOOI)
quant à elle, s?efforce de promouvoir le développement harmonieux de la pêche dans les États parties.
Les ORGP sont constituées à la fois de pays dits « côtiers », situés dans la région concernée, et de pays
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 50
ayant des intérêts dans les pêcheries de cette région. Si certaines ORGP ont un rôle purement consultatif, la
plupart ont le pouvoir de fixer des limites aux captures et à l?effort de pêche, de définir des mesures
techniques et de contrôler l?application des obligations.
La Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l?Antarctique (CCAMLR) a une
vocation environnementale marquée dont un axe fort sur la bonne gestion des ressources halieutiques.
Assurer la sécurité et la sûreté maritime est un enjeu central pour permettre un développement économique
pérenne du bassin, notamment pour les secteurs de la pêche et du tourisme.
La coopération régionale est un vecteur majeur de lutte contre la surpêche et la pêche illicite, non
déclarée et non réglementée (INN). En effet, afin de lutter contre la surpêche et la pêche INN, un Plan
régional de surveillance des pêches (PRSP) a été mis en place par la COI. Financé par l?Union européenne
depuis 2014 (FED et FEDER INTERREG), il organise les patrouilles régionales de contrôle des pêches et la
mise en place d?un Vessel Monitoring System (VMS) régional qui permet de visualiser en continu les
déplacements des navires de pêche. Les actions menées dans ce cadre ont notamment permis d?inquiéter
les flottilles asiatiques naviguant dans la zone et de peser sur certaines pratiques illicites. Le Kenya, le
Mozambique et la Tanzanie ont également pris part à certaines missions, permettant d?élargir et de renforcer
le dispositif déjà en place. Début 2019, le programme Ecofish de l?Union européenne a succédé à
SMARTFISH.
Les organisations institutionnelles et professionnelles de La Réunion, de Mayotte et des pays et
territoires de la zone doivent pouvoir, au travers d?une coopération régionale efficace :
? Organiser des campagnes de surveillance dans l?océan Indien au moyen du patrouilleur des
Affaires maritime (OSIRIS II), embarquant des observateurs français et des pays de la COI, dans les ZEE
des États-membres de la COI ;
? Former des agents en charge de la surveillance des activités maritimes au profit des États du
sud-ouest de l?océan Indien ;
? Échanger l?information entre les autorités en charge de la surveillance des activités maritimes
dans l?océan Indien, permettant d?effectuer des opérations de surveillance de manière conjointe et
régulière en les rendant plus efficaces, plus sûres et moins coûteuses ;
? Mettre en commun des informations relatives à la sécurité des navires détenus par les stations
de pilotage ;
? Surveiller la pêche par satellite pour dissuader les activités illégales, et mettre cette information à
disposition des autres États voisins afin d?assurer leur participation à la répression de ces infractions.
La coopération régionale est également un appui majeur pour le développement du potentiel économique
de l?océan. En effet, elle est un outil essentiel pour favoriser les échanges de savoir-faire entre
professionnels, pour renforcer la compétitivité de la pêche et de l?aquaculture. Elle peut également soutenir le
développement des opérateurs économiques sur les marchés régionaux et internationaux, et soutenir les
processus d?innovation.
La coopération régionale soutient également la protection du patrimoine naturel exceptionnel. En effet,
elle est un dispositif clef pour soutenir la gestion intégrée des zones côtières (GIZC), qui consiste à
consolider, capitaliser et diffuser les démarches corroborées par l?expérience de terrain, au travers de
partenariats actifs d?acteurs locaux et régionaux, pour :
? Favoriser et appuyer le développement (et la réplication dans la région) de bonnes initiatives
locales
? Mettre en commun les compétences, les expériences, les connaissances et les outils
développés dans la région
? Développer les liens, mettre les acteurs réseau et renforcer la coopération entre les partenaires
régionaux
? Soutenir une gestion intégrée, articulant une approche terre-mer.
En outre, l?axe 3 du plan de développement stratégique 2018-2021 de la COI comporte un volet « gestion
des risques de catastrophes et adaptation au changement climatique ».
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 51
Il est important de noter également la présence du WIOMSA (Western Indian Ocean Marine Science
Association), association internationale extrêmement active dans la région Sud océan Indien (> 1000
membres). Cette association oeuvre depuis une vingtaine d?années pour l'émergence d'une communauté
scientifique dans la région Afrique de l'Est et océan Indien avec des finalités de gestion durable des
ressources marines pour lutter contre la pauvreté des populations humaines dépendantes de ces
ressources. Elle s?implique également dans la formation et la mise en réseau des personnes impliquées dans
les sciences marines des écosystèmes océaniques de l?océan Indien occidental (scientifiques, gestionnaires,
privés...). WIOMSA constitue la plus importante organisation régionale dédiée à l'émergence et au
renforcement des capacités en sciences marines dans l?océan Indien.
3. Coopération dans le cadre de la politique régionale de l?Union européenne
Afin de développer des projets de coopération transfrontalière avec les pays voisins, Mayotte et La
Réunion disposent chacune d?enveloppes de fonds européens (dits INTERREG V) pour la période 2014-
2020. En outre, une somme supplémentaire est disponible pour la coopération transnationale entre La
Réunion, Mayotte et les TAAF, et les États du grand voisinage.
Sur cette base, la région Réunion a développé en partenariat avec l?État et l?Université et avec l?appui de la
COI, une remarquable initiative de construction d?un outil d?aide à la décision dans le domaine de la
planification spatiale maritime (PSM) : le projet « Océan Métiss ».
Le programme de coopération, abondé par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) et le
Fonds Européen de Développement (FED)3, se décline en cinq priorités stratégiques :
? Construire un espace de recherche et d?innovation, en mutualisant la recherche et le
développement dans le secteur de la pharmacopée, des biotechnologies, de l?énergie et du changement
climatique ;
? Consolider la coopération économique, notamment le développement des échanges de produits
agricoles et agro-alimentaires, la gestion durable des pêches et la coopération dans le domaine du
tourisme ;
? Développer les capacités d?adaptation au changement climatique et la prévention et la gestion
des risques avec le renforcement du dispositif régional de protection civile, la coopération sur les risques
épidémiologiques et infectieux, et la prévention des risques liés aux activités marines (pollution marine et
côtière) et au risque requin ;
? Valoriser le patrimoine naturel et culturel grâce à des actions conjointes de préservation de
l?environnement et de la biodiversité ;
? Renforcer les compétences en développant des formations (initiales, professionnelles et
supérieures) d?excellence et en favorisant la mobilité et les échanges de professionnels.
3 Le FED finance des programmes de coopération et de développement économique dans plusieurs pays tiers de la zone.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 52
ENJEUX
? Soutien au développement du potentiel économique du bassin Sud océan Indien
? Renforcement de la sécurité maritime pour permettre un développement économique pérenne
du bassin, notamment pour les secteurs de la pêche et du tourisme
? Soutien à la protection du patrimoine naturel exceptionnel
? Implication des régions ultrapériphériques et des pays de la zone océan Indien dans la
gestion des pêches régionales
Chapitre 7 : Le nouveau contexte sanitaire
Le contexte épidémique lié à la COVID-19 a marqué l?année 2020 dans le secteur maritime comme partout
ailleurs. Il a généré la prise en compte d?un risque jusqu?alors sous-estimé qui devrait générer durablement
des changements de fond dans nos comportements, en matière de mobilité notamment.
Le mouvement général de « repli sur soi » observé partout en 2020, que traduit spécialement le confinement,
et le ralentissement significatif des activités économiques et sociales ont eu des effets très divers dans le
domaine maritime. Certains peuvent d?ores et déjà être quantifiés, par exemple la baisse de trafic portuaire
ou la chute de la fréquentation touristique. D?autres effets ne pourront être documentés que plus tard, par
exemple, les effets sur les écosystèmes de l?interruption des activités humaines. D?une manière
générale, il ne sera vraiment possible d?évaluer les effets de la crise sanitaire qu?une fois celle-ci terminée, ce
qui n?est pas le cas à la date de validation du document stratégique de bassin maritime.
Les acteurs ont dû s?adapter pour poursuivre des opérations d?intérêt essentiel pour la population. Port
Réunion a mis en place, en collaboration avec les entreprises et salariés, un protocole de manutention des
marchandises, sécurisé sur le plan sanitaire. Cette adaptation des usages a permis de préserver non
seulement la santé des travailleurs portuaires mais également de garantir la poursuite des
approvisionnements en marchandises. A Mayotte, l?opération Résilience a permis d?apporter un renfort
sanitaire mais également au titre de la logistique maritime pour garantir le bon approvisionnement de l?île.
Dans les TAAF, l?impérieuse nécessité de préserver les territoires du virus a conduit à renforcer les
protocoles sanitaires préalables à l?embarquement pour le Marion Dufresne et les navires de pêche, avec
un impact sur la bonne réalisation des programmes scientifiques.
La crise liée à la COVID-19 a aussi apporté quelques opportunités. Ainsi, La Réunion est devenue un des
rares ports de l?océan Indien où les navires peuvent effectuer une relève d?équipage. Plus de 1 100 navires
et 14 000 gens de mer ont ainsi transité par ce territoire pour rentrer dans leur pays ou rejoindre leur navire
générant une activité économique inespérée pour certains acteurs (agents maritimes, compagnies de
transport à passagers).
En réalité, toutes les activités devront s?adapter peu ou prou à un contexte sanitaire incertain et contraignant,
même après la généralisation des vaccins. Les conséquences pour les personnes et les organisations, les
menaces et les opportunités ne peuvent pas être appréhendées avec précision à ce stade. Mais elles
infléchiront à la fois la lecture des orientations découlant de la présente stratégie et, en conséquence, les
modalités de sa mise en oeuvre.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 53
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 54
PARTIE 2
DE L?ÉTAT DES
LIEUX À LA
STRATÉGIE
Chapitre 1 : Tableaux de synthèse sur les 13 thématiques
L?état des lieux du bassin maritime Sud océan Indien a permis de d?identifier 13 thématiques qui ont été
présentées et validées par les membres du Conseil maritime ultramarin du bassin Sud océan Indien (CMUB),
lors de son assemblée plénière le 13 novembre 2018 :
1. Ecosystèmes marins et côtiers
2. Pêche maritime
3. Aquaculture
4. Ports et transport maritime, industries navales et nautiques
5. Energies marines renouvelables
6. Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
7. Aménagement du littoral et offre touristique
8. Paysage, sites et patrimoine
9. Risques et changements globaux
10. Connaissance, recherche et innovation
11. Emploi/formation
12. Sensibilisation du public
13. Coopération régionale
Quatre ateliers de travail ont alors été organisés à La Réunion et à Mayotte en juin 2019 et ont réuni les
référents désignés pour chacune des thématiques. Ils ont permis de répondre aux objectifs qui étaient fixés,
à savoir la formalisation d?enjeux transversaux, la définition des objectifs stratégiques et opérationnels de
chacune des thématiques, ainsi que la déclinaison des objectifs en cadre d?actions.
Atelier 1 : Protection de l?environnement
? Écosystèmes marins et côtiers (Thématique 1) ;
? Paysages, sites et patrimoine (Thématique 8).
Atelier 2 : Prévention des risques et gestion du trait de côte
? Risques et changements globaux (thématique 9) ;
? Aménagement du littoral et offre touristique (Thématique 7) ;
? Ecosystèmes marins et côtiers (Thématique 1) ;
? Ports et transports maritimes, industries navales et nautiques (Thématique 4).
Atelier 3 : Connaissance, recherche, innovation et éducation-formation
? Connaissance, recherche et innovation (Thématique 10) ;
? Emploi/formation (Thématique 11) ;
? Pêche maritime (Thématique 2 ;
? Sensibilisation du public (thématique 12).
Atelier 4 : Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin
? Pêche maritime (Thématique 2) ;
? Aquaculture (Thématique 3) ;
? Ressources marines et énergies marines renouvelables (Thématique 5) ;
? Ports et transports maritimes, industries navales et nautiques (Thématique 4) ;
? Plaisance et loisirs (Thématique 6) ;
? Aménagement du littoral et offre touristique (Thématique 7).
Les tableaux ci-dessous présentent les résultats de ces travaux. À noter que les thématiques coopération
régionale et changement climatique ont fait l?objet d?une appréhension transversale. Ces tableaux, issus des
ateliers de travail collaboratifs, permettent donc d?identifier les briques de construction de la stratégie du
DSBM qui sera développée en partie 3 en se concentrant sur les domaines où une action au niveau du
bassin est pertinente.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 55
Thématique 1 : Écosystèmes marins et littoraux
Enjeux transversaux
identifiés
? Les nécessaires conservation et restauration de la biodiversité
? Le maintien et l?amélioration de la qualité des masses d'eaux littorales
? La gestion des pressions anthropiques sur le littoral, milieu marin et sur les bassins versants associés
? La nécessaire définition d?un cadre et du suivi des usages sur le littoral et en mer
? Le développement de l?approfondissement des connaissances
? Le renforcement de la communication et sensibilisation liées à la valorisation et préservation de la biodiversité
? L?adaptation et la résilience des écosystèmes littoraux et marins
? La nécessité de gérer durablement les ressources
Objectif stratégique Préserver et tendre vers une amélioration de l'état de conservation des écosystèmes marins et littoraux
Sous-thématiques Biodiversité Qualité de l?eau et continuum terre-mer
Objectifs particuliers
Garantir les conditions optimales de conservation de l?ensemble des
écosystèmes naturels littoraux et maritimes
Limiter les pressions d?origine anthropique sur la qualité de l?eau
Objectifs transversaux
? Participer à la protection du patrimoine naturel maritime remarquable de la zone SOI
? Comprendre et prévoir les phénomènes liés au changement climatique et favoriser l?adaptation et la résilience des écosystèmes
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Mettre en place les moyens et les actions pour la conservation des
écosystèmes marins et littoraux (habitats, espèces...)
? Définir et mettre en oeuvre des actions permettant la protection
intégrale des récifs coralliens du bassin
? Développer les actions de restauration et de reconquête naturelle
? Disposer d?outils de protection adaptés du patrimoine naturel
? Renforcer et mutualiser les moyens de contrôle et de surveillance
? Développer des programmes d?amélioration de la connaissance à
l?échelle du bassin
? Mettre en réseau les espaces protégés du bassin afin d?échanger les
connaissances et bonnes pratiques
? Identifier et limiter l?ensemble des pollutions d?origine
anthropique
? Approfondir les connaissances et le suivi sur l?ensemble des
pollutions
Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les connaissances sur les capacités de charge des territoires et écosystèmes littoraux (
Actions transversales
Coopération régionale
? Développer et renforcer les collaborations des îles françaises du bassin entre elles, au sein de la zone SOI et à l?échelle internationale
Changement climatique
? Développer les observatoires et les réseaux d?observatoires à l?échelle du bassin sur les thématiques de changement globaux et climatiques
? Définir et mettre en place des actions facilitant la résilience et l?adaptation des écosystèmes
? Mettre en oeuvre le plan national d?adaptation au changement climatique dans le bassin
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
56
Thématique 2 : Pêche maritime (1/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? Le maintien d?une pêche professionnelle respectueuse de l?environnement et de la ressource
? L?importance de régler les conflits d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir, la pêche informelle et la pêche professionnelle
? Le développement et la valorisation des filières locales de commercialisation et transformation des produits de la mer
? La lutte contre la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non règlementée
Objectif stratégique Soutenir une pêche durable et innovante
Sous-thématiques
Développement d?une pêche
durable
Pêche de loisir
responsable
Transformation et commercialisation des produits
halieutiques
Objectifs particuliers Maintenir et valoriser une pêche durable à l?échelle du Bassin
Accompagner la mise en place, le développement et la valorisation
des filières locales de commercialisation et transformation des
produits de la mer
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Maintenir et renforcer une coopération internationale pour une pêche durable à l?échelle de la zone SOI
? Poursuivre la coopération régionale pour le renforcement de l?attractivité de la profession
? Prendre en compte le changement climatique dans la gestion des pêches dans les îles françaises
Territoires concernés Bassin Mayotte et La Réunion Bassin (et de manière différenciée selon les territoires)
Cadre d?actions
? Renforcer le suivi de la
ressource afin d?avoir une
vision de long terme
? Définir un effort de pêche
durable
Lutter contre la
commercialisation des
produits issus de la pêche
de loisir et la pêche
informelle
? Structurer la filière professionnelle
? Développer la labellisation des produits
? Renforcer les capacités de stockage et sécuriser la filière
? Valoriser les déchets issus de la filière
Focus Réunion & Mayotte :
? Favoriser les circuits courts
Actions transversales
Coopération régionale
? Renforcer la lutte commune contre les pêches INN
? Développer les missions de surveillance conjointes
? Étudier le principe d'une évaluation conjointe de certains stocks des pays de la zone
? OEuvrer pour le maintien des accords de pêche à l?échelle internationale
Changement climatique
? Évaluer l?impact du changement climatique sur la ressource
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
57
Thématique 2 : Pêche maritime (2/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? La nécessité d?une pêche professionnelle plus respectueuse de l?environnement et de la ressource
? L?importance de régler les conflits d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir et la pêche professionnelle
? Le développement et la valorisation des filières locales de commercialisation et transformation des produits de la mer
? La lutte contre la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non règlementée
Objectif stratégique Soutenir une pêche durable et innovante
Sous-thématiques Adaptation de l?outil de travail Surveillance des pêches
Objectifs particuliers
Optimiser et mettre aux normes les outils de production et de
pêche
Augmenter les moyens et contrôles en matière de pratiques des
pêches
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Maintenir et renforcer une coopération internationale pour une pêche durable à l?échelle de la zone SOI
? Poursuivre la coopération régionale pour le renforcement de l?attractivité de la profession
? Prendre en compte le changement climatique dans la gestion des pêches dans les îles françaises
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Bassin
Cadre d?actions
? Mettre en place un plan de renouvellement et de
modernisation de la flottille
? Créer des points de débarquement
? Augmenter les contrôles aux points de débarquement
? Limiter le nombre de points de débarquement
Actions transversales
Coopération régionale
? Renforcer la lutte commune contre les pêches INN
? Développer les missions de surveillance conjointes
? Étudier le principe d'une évaluation conjointe de certains stocks des pays de la zone
? OEuvrer pour le maintien des accords de pêche à l?échelle internationale
Changement climatique
? Évaluer l?impact du changement climatique sur la ressource
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
58
Thématique 3 : Aquaculture
Enjeux transversaux
identifiés
Un potentiel aquacole et en biotechnologies marines à exploiter de manière adaptée selon les territoires du bassin
Objectif stratégique Soutenir une aquaculture durable, efficace dans l?utilisation des ressources, innovante et compétitive
Sous-thématiques Relance de la filière dans le respect des écosystèmes Développement de la filière aval
Objectifs particuliers Identifier et soutenir les projets aquacoles durables
Accompagner la mise en place, le développement et la
valorisation des filières
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
Territoires concernés Mayotte La Réunion
Cadre d?actions
? Créer une unité de recherche visant à accompagner le
développement de la filière, promouvoir sa diversification et
sécuriser la mise sur le marché des produits
? Mettre en place les outils permettant d?accompagner les
porteurs de projets
? Sécuriser les niveaux de production
Réaliser une étude de marché intégrant les habitudes de
consommation et les circuits courts
Actions transversales
/
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
59
Thématique 4 : Ports, industries navales et nautiques
Enjeux transversaux
identifiés
? La continuité du développement et la pérennisation des ports de commerce, et services maritimes associés, comme vecteurs de
développement essentiels aux territoires français du bassin
? Des travaux publics maritimes très attendus à fort impact économique
? L?importance du développement, de la structuration et de la pérennisation d?une filière construction et réparation navale en support
à l?économie bleue
? Une nécessaire surveillance des activités et du milieu marin (cf. en lien avec le sujet pêche)
Objectif stratégique
Accompagner les systèmes portuaires français du bassin SOI et encourager leur rôle de support du
développement des territoires
Sous-thématiques Connectivité maritime et compétitivité portuaire Construction navale et réparation navale
Objectifs particuliers
Renforcer la connectivité maritime des territoires français dans la zone
SOI pour développer et maintenir leur attractivité (offre de service,
fluidité, ?)
Augmenter l?offre de services en matière de construction et
réparation navale dans la filière
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Développer une offre complémentaire en matière portuaire et construction et réparation navale à l?échelle de la zone SOI
? Rechercher les modalités d?accompagnement des ports français de la zone SOI en matière de sûreté portuaire
? Veiller à la prise en compte du changement climatique dans la programmation des aménagements portuaires
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Mayotte et La Réunion
Cadre d?actions
? Étudier et mesurer les impacts de l'amélioration de la connectivité
maritime à l?échelle des territoires français (indicateurs)
? Définir et mettre en place un plan d?investissement
(infrastructures et outils associés) améliorant la compétitivité
portuaire
? Valoriser le respect des normes et la qualité environnementale
des ports français à l?échelle de la zone
Focus Mayotte :
? Consacrer Mayotte comme port de transbordement et de
logistique à l?échelle du canal du Mozambique
Mettre en place les outils et infrastructures nécessaires à la
création et au développement de la filière
Actions transversales
Coopération régionale
? Focus La Réunion : Maintenir Port Réunion comme port de transbordement et de logistique à l'échelle du bassin SOI
? Favoriser le partage des bonnes pratiques et la mise en réseau des ports de l?OI (cf. APIOI, GIZC)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
60
Thématique 5 : Ressources marines et énergies marines renouvelables
Enjeux transversaux
identifiés
L?importance de l?intégration des Énergies marines renouvelables (EMR) dans la stratégie de transition énergétique des territoires du
bassin
Objectif stratégique Développer les énergies marines renouvelables
Sous-thématiques Stratégie de transition énergétique Extraction de matériaux marins
Activités pétrolières et gazières
offshore
Objectifs particuliers
? Atteindre l?autonomie énergétique à horizon
2030 (cf. LTECV)
? Intégrer les EMR dans les stratégies de
transition des territoires
Étudier la faisabilité et l?opportunité de l?exploitation des ressources (matériaux, gaz
et pétrole?)
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Garantir la souveraineté de la France dans les ZEE dans l?hypothèse d?une exploitation des ressources maritimes
? Prendre en compte le changement climatique dans la transition énergétique
Territoires concernés Bassin TAAF TAAF
Cadre d?actions
? Anticiper les besoins portuaires en
infrastructures, en zones et moyens de
logistiques, pour le déploiement et la
maintenance des EMR
? Accompagner le développement des
énergies marines renouvelables dans le
bassin
/ /
Actions transversales
/
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
61
Thématique 6 : Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
Enjeux transversaux
identifiés
Une plaisance des loisirs nautiques et subaquatiques ainsi qu?une plaisance professionnelle à fort potentiel économique intégrant des
pratiques écoresponsables
Objectif stratégique
Encourager des pratiques de loisirs et sports nautiques, subaquatiques et de plaisance mieux structurées et plus
respectueuses entre elles
Sous-thématiques
Ports de plaisance ? zone de mouillage ? mises à l?eau ? bases
nautiques
Compatibilité des activités avec les écosystèmes
Objectifs particuliers
? Développer la capacité d?accueil et la sécurité dans les ports de
plaisance, bases nautiques et services
? Augmenter l?aménagement et la création de sites de mises à
l?eau
Définir un cadre pour le développement de pratiques nautiques
respectueuses de la biodiversité marine
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
Identifier et mettre en oeuvre les meilleures pratiques qui soient respectueuses de l?environnement en matière d?activités nautiques et
subaquatiques à l?échelle de la zone SOI
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Mayotte et La Réunion
Cadre d?actions
? Mettre en place une signalétique globale d?information des
usagers dans la bande des 300m
? Développer la filière de maintenance à destination de la grande
plaisance et les équipements associés
Focus Mayotte :
? Développer une filière de plaisance professionnelle à Mayotte à
l?échelle du canal du Mozambique
? Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les
connaissances sur les capacités de charge des territoires et
écosystèmes littoraux (activités nautiques/loisirs)
? Mettre en place les zonages liés aux usages nautiques (avec
mouillage et bouées libres)
Focus Mayotte :
? Accompagner le développement des pratiques dans le
respect des réglementations, et si nécessaire, leur
adaptation (cf. plan de balisage)
Focus Réunion:
? Valoriser les activités à faible vulnérabilité « requin » (usages
lagon, plongée, voile, etc.)
Actions transversales
/
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
62
Thématique 7 : Aménagement du littoral et offre touristique
Enjeux transversaux
identifiés
? Une nécessaire prise en compte de la préservation et de la valorisation du patrimoine naturel dans les activités balnéaires et la
fréquentation des plages
? Un tourisme dont le développement doit être maitrisé et accompagné
Objectif stratégique Accompagner un tourisme littoral et maritime durable et respectueux
Sous-thématiques Offre touristique
Objectifs particuliers Définir un cadre de développement pour un tourisme littoral et maritime pérenne et durable
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Conforter la connaissance des labels existants autour notamment du concept de "tourisme durable" des îles françaises dans
l?océan Indien
? Prendre en compte le changement climatique dans le développement des politiques touristiques littorales et maritimes
? Proposer une coopération régionale pour homogénéiser la gestion du littoral à l?échelle internationale
Territoires concernés Bassin
Cadre d?actions
Mayotte et La Réunion :
? Développer une approche partagée de l?offre touristique sur le continuum littoral terre-mer
? Promouvoir les cultures et identités de la région sud océan indien
? Renforcer la sécurité des plages et zones de baignade
? Lutter contre les activités de tourisme non autorisées
Focus La Réunion :
? Étudier la possibilité de créer de nouveaux bassins/sites de baignade et spots de surfs sécurisés (cf. problématique « requin »)
Focus Mayotte :
? Faciliter et sécuriser les accès aux plages
Focus TAAF :
? Consolider et pérenniser le partenariat avec PONANT pour l?organisation de croisière dans les Iles Éparses et étudier la faisabilité
du développement d?une filière de tourisme de plaisance durable sur le périmètre du Parc Naturel Marin des Glorieuses
Actions transversales
Coopération régionale
? Renforcer les actions de coopération régionale dans la gestion des zones côtières
? Consolider la promotion d?une destination commune océan Indien (Iles Vanille) à destination des croisiéristes
Changement climatique
? Intégrer les changements climatiques dans le développement de l?urbanisme et du tourisme à l?échelle du bassin
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
63
Thématique 8 : Paysages, sites et patrimoines
Enjeux transversaux
identifiés
? Une prise en compte des paysages littoraux et marins
? Une meilleure prise en compte du patrimoine culturel et historique (bâti, objets et immatériel)
Objectif stratégique Protéger, préserver et mettre en valeur les paysages et le patrimoine littoral et maritime de façon concertée
Sous-thématiques
Paysages littoraux, marins et sous-marins et patrimoine
maritime et littoral
Pratiques traditionnelles
Objectifs particuliers
Préserver et valoriser des sites et paysages marins, sous-marins
et littoraux
Pérenniser et valoriser les savoirs traditionnels et pratiques
vivrières dans le cadre d?une gestion précautionneuse du milieu
marin et littoral
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Valoriser les paysages et le patrimoine à l?échelle de la zone SOI
? Étudier l?impact du changement climatique sur les paysages
Territoires concernés Bassin Mayotte et La Réunion
Cadre d?actions
? Faire un inventaire des éléments patrimoniaux (bâti et
mobilier), ainsi que des paysages littoraux, marins, sous-
marins et littoraux
? Élaborer et mettre en oeuvre une politique de préservation et
valorisation des sites et paysages
? Articuler les modalités de protection prévues par les codes
du patrimoine et de l?environnement
? Valoriser le patrimoine par la communication et la
restauration
? Définir les cadres pour concilier les pratiques vivrières et
savoirs traditionnels et la préservation de l?environnement
? Associer et impliquer l?ensemble des usagers et les acteurs
locaux dans la gestion du patrimoine
Actions transversales
Coopération régionale
? Approfondir la connaissance sur l?histoire et le patrimoine maritimes communs de la zone SOI
? Mettre en réseau les acteurs pour le partage des savoir-faire et la valorisation du patrimoine
Changement climatique
? Approfondir les connaissances et suivre les évolutions des paysages face au changement climatique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
64
Thématique 9 : Risques et changements globaux
Enjeux transversaux
identifiés
? La nécessité d?une planification de l?aménagement du littoral intégrant les risques naturels
? L?anticipation des risques industriels et de pollution des eaux
? Le besoin de sécurisation des espaces maritimes
Objectif stratégique
Accompagner les acteurs économiques littoraux dans l?anticipation et la gestion des risques littoraux, en prenant
en compte la dynamique démographique et le changement global
Sous-thématiques Aléas littoraux naturels Risques industriels Risques sanitaires
Objectifs particuliers
Gérer le territoire dans le respect des
équilibres naturels et littoraux
Mieux prendre en compte les risques
industriels dans la gestion du littoral
Viser un état sanitaire qui garantisse la santé des
écosystèmes et de l?Homme
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
Renforcer et valoriser ?expertise française dans la zone SOI concernant la gestion des risques
Territoires concernés Mayotte et La Réunion Mayotte et La Réunion Bassin
Cadre d?actions
? Mettre en place une gestion intégrée /
des zones côtières au regard des aléas
littoraux (intégrant la dynamique
démographique)
? Approfondir les connaissances sur
l?ensemble des problématiques des
aléas littoraux naturels (submersion
marine, érosion, tsunami, risques liés au
phénomène sismo-volcanique à
Mayotte?.) et sur les services
écosystémiques (observatoires)
? Approfondir les connaissances sur
les incidences du risque industriel
sur le milieu et les écosystèmes
marins (nouveaux produits
dangereux, nouvelles incidences
potentielles?)
? Recenser l?ensemble des activités et
installations à risques du littoral
? Impulser la prise en compte des
risques dès la conception des futures
installations
? Définir et mettre en oeuvre les moyens pour garantir
la santé des écosystèmes et de l?Homme
? Mettre en place une surveillance accrue des risques
sanitaires (produits consommés de la mer, eaux de
baignade, etc.)
? Améliorer la gestion des risques sanitaires (réseau
d?assainissement, gestion et traitement des déchets,
etc.)
? Approfondir les connaissances sur les incidences
des risques sanitaires sur le milieu et les
écosystèmes marins (incluant nouvelles incidences
potentielles)
Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les connaissances sur les capacités de charge des territoires et écosystèmes littoraux
(risques et résilience)
Actions transversales
Coopération régionale
? Accompagner et soutenir le projet de la PIROI (Plateforme d?Intervention Régionale océan Indien) concernant la gestion des risques
? Pérenniser l?ouverture des assises régionales des risques naturels aux pays de la zone SOI
? Renforcer les actions de coopération des acteurs français au sein des programmes de coopération de la zone SOI
? Faire valoir les cadres nationaux et européens au sein des instances internationales (gestion des risques)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
65
Thématique 10 : Connaissance, recherche et innovation (1/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? L?amélioration de la collecte, la bancarisation ainsi que la valorisation des données dans l?ensemble des territoires
? Le besoin d?apporter un appui au développement de la recherche scientifique ainsi qu?à l?innovation
Objectif stratégique
Soutenir et promouvoir la recherche et l?innovation dans tous les domaines de l?économie maritime (intégrant tous les
champs disciplinaires associés, y compris la dimension humaine et sociétale) et de la transition écologique (au sens large,
y compris la prise en compte des personnes)
Sous-thématiques Collecte et bancarisation des données Valorisation des données
Objectifs particuliers
? Améliorer la collecte, la bancarisation et la valorisation des données sur la base des outils existants
? Inciter à appliquer les méthodologies standardisées européennes même si elles n?ont pas encore de déclinaison dans les régions
ultrapériphériques (DCSMM par exemple)
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Développer les coopérations en matière de recherche dans tous les domaines
? Favoriser le lien entre la base de données SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Impulser la prise en compte des enjeux et de l?expression du changement climatique dans les programmes de recherche
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Travailler au référencement des données et métadonnées
disponibles et partageables au sein du SIMM
? Définir le mode opératoire rendant obligatoire le
partage/bancarisation des données et métadonnées et
documents divers
? Former les acteurs à la démarche de collecte des données
? Créer une bibliothèque virtuelle à l?échelle du Bassin qui
permette une centralisation des documents
? Promouvoir l?outil SIMM afin de mieux valoriser et diffuser les
données
? Favoriser l?accès aux données référencées de manière
pérenne
Actions transversales
Coopération régionale
? Faire l?interface entre le SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Valoriser l?accès au SIMM dans les projets de coopération régionale
? Valoriser l?expertise française à l?échelle internationale
Changement Climatique
? Favoriser le suivi temporel d?indicateurs et de mesures en matière de changement climatique
? Favoriser la contribution à l?effort international de suivi du changement climatique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
66
Thématique 10 : Connaissance, recherche et innovation (2/2)
Enjeux transversaux
identifiés
? L?amélioration de la collecte, la bancarisation ainsi que la valorisation des données dans l?ensemble des territoires
? Le besoin d?apporter un appui au développement de la recherche scientifique ainsi qu?à l?innovation
Objectif stratégique
Soutenir et promouvoir la recherche et l?innovation dans tous les domaines de l?économie maritime (intégrant tous les
champs disciplinaires associés, y compris la dimension humaine et sociétale), et de la transition écologique (au sens large,
y compris la prise en compte des personnes)
Sous-thématiques Recherche Innovation
Objectifs particuliers
Développer les collaborations en matière de recherche
fondamentale et appliquée dans tous les domaines entre les îles
françaises
Rapprocher le monde économique de celui de la recherche afin
de favoriser les transfert de technologies et de développer de
nouveaux produits / procédés / services à haute valeur ajoutée
Objectifs transversaux
(coopération régionale /
changement climatique)
? Développer les coopérations en matière de recherche dans tous les domaines
? Favoriser le lien entre la base de données SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Impulser la prise en compte des enjeux et de l?expression du changement climatique dans les programmes de recherche
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Travailler à une meilleure répartition des moyens et outils
dédiés à la recherche scientifique dans les territoires du
bassin
? Définir et homogénéiser la méthode, et approfondir les
connaissances sur les capacités de charge des territoires et
écosystèmes littoraux (biodiversité et qualité de l?eau)
? Définir communément les objectifs de recherche
(privé/public)
? Développer et mettre en place une structure favorisant le
transfert de technologies
? Mettre en place un pôle de compétences unique à l?échelle
du Bassin
Actions transversales
Coopération régionale
? Faire l?interface entre le SIMM et le Grand Observatoire de l?océan Indien
? Valoriser l?accès au SIMM dans les projets de coopération régionale
? Valoriser l?expertise française à l?échelle internationale
Changement Climatique
? Favoriser le suivi temporel d?indicateurs et de mesures en matière de changement climatique
? Favoriser la contribution à l?effort international de suivi du changement climatique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
67
Thématique 11 : Emploi, formation
Enjeux transversaux
identifiés
Le développement complémentaire au sein du bassin des formations en lien avec le milieu marin, et l?appui au développement de
l?attractivité des métiers maritimes
Objectif stratégique Développer l?attractivité, la qualification et la variété des emplois de l?économie maritime et littorale
Sous-thématiques
Adaptation et mutualisation des
offres de formation
Formation par la recherche Attractivité des métiers liés à la mer
Objectifs particuliers
Développer une offre complémentaire entre les territoires du bassin
en matière de formations en lien avec le milieu marin, qui soit
cohérente avec les besoins d?aujourd?hui et en anticipation des
besoins de demain
Augmenter le nombre d?emplois pour les métiers liés à
la mer occupés par des jeunes des îles françaises
Objectifs transversaux
? Valoriser l?offre de formations françaises à l?échelle des territoires voisins de la zone SOI
? Intégrer la prise en compte des enjeux du changement climatique dans les formations en lien avec la mer
Territoires concernés Bassin Bassin Bassin
Cadre d?actions
Développer un « observatoire »
des métiers de la mer (besoins
et offres) permettant de faire
des diagnostic emploi/formation,
de définir des préconisations et
de mettre en relation les
différents acteurs
? Renforcer la valorisation des
compétences des diplômés
masters et doctorats à
l?international
? Focus Mayotte : favoriser le
développement de formations
par la recherche au Centre
Universitaire de Mayotte
? Développer les moyens pour une meilleure information
et orientation des scolaires aux métiers en lien avec le
milieu marin, notamment à Mayotte
? Mettre en place un plan de promotion et de valorisation
des métiers liés à la mer à l?échelle du Bassin en lien
avec les professionnels
? Appliquer le régime de l?ENIM à l?échelle du Bassin et
notamment à Mayotte
? Renouveler et moderniser la flottille de pêche
Actions transversales
Coopération régionale
? Identifier et mettre en place les formations par filière répondant aux standards internationaux à l?échelle de la zone SOI
? Développer des échanges entre les différentes formations à l?échelle des territoires voisins de la zone SOI (stages, écoles d?été,
etc.)
? Internationaliser l?offre de formation (niveau master)
Changement climatique
? S?assurer de la prise en compte des enjeux du changement climatique dans l?ensemble des formations des métiers liés à la mer des
îles françaises
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
68
Thématique 12 : Sensibilisation du public
Enjeux transversaux
identifiés
Le renforcement de la sensibilisation- communication et de l?éducation à la mer
Objectif stratégique Conduire le public à prendre conscience du potentiel et de la fragilité de la mer afin qu?il adapte ses comportements
Sous-thématiques Grand Public Jeunes notamment les scolaires
Objectifs particuliers
Sensibiliser le grand public à l?échelle des îles françaises au
potentiel et à la fragilité de la mer pour qu?il adapte ses
comportements
Sensibiliser les jeunes et scolaires des îles françaises au
potentiel et à la fragilité de la mer
Objectifs transversaux
? Promouvoir une sensibilisation sur l?ensemble des thématiques liées à la mer à destination de différents publics l?échelle
internationale
? Intégrer la notion de changement climatique à ces actions de sensibilisation
Territoires concernés Bassin Bassin
Cadre d?actions
? Définir et mettre en place un plan d?actions pour la
sensibilisation « littoral et milieu marin » à l?échelle des îles
françaises
? Décliner spécifiquement ces actions à destination des
professionnels par filières
? Mesurer l?efficacité de la sensibilisation du grand public et
identification des bonnes pratiques
? Accompagner et sensibiliser les acteurs et partenaires
publics sur la préservation de la biodiversité, les usages durables,
les aléas littoraux naturels et les risques industriels et sanitaires
? Sensibiliser et accompagner les populations et usagers, et
les acteurs publics aux bonnes pratiques
? Mettre en place des actions de sensibilisation à
destination des jeunes et scolaires des îles françaises
? Intégrer les notions » économie et développement
durable » dans les actions de sensibilisation des jeunes
? Développer des supports pédagogiques
contextualisés, intégrant la culture et les langue locales
Actions transversales
Coopération régionale
Faire le lien avec la coopération internationale à l?échelle de la COI à destination des scolaires (par exemple EcoSchool) et autres
initiatives
Changement climatique
S?assurer de la prise en compte de la notion de changement climatique dans l?ensemble des actions de sensibilisation
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
69
Chapitre 2 : Avenir souhaité pour le bassin à l?horizon 2030
En 2030, les habitants du bassin maritime Sud océan Indien, se sont pleinement approprié les enjeux de leur
espace maritime. Ils sont conscients de la nécessité de protéger la biodiversité exceptionnelle qu?il abrite
et de valoriser son patrimoine, ses sites et paysages et agissent en ce sens. En particulier, la multiplication
des actions en direction des jeunes a permis à ceux-ci d?acquérir une « culture maritime » insuffisamment
présente auparavant.
Les secteurs de la recherche, de l?innovation et du transfert technologique ont progressé de manière notable
et les territoires ont rattrapé leur retard dans ces domaines.
Les Mahorais et les Réunionnais ont parfaitement intégré la réalité du changement climatique et le concept
de « transition écologique et énergétique » et s?accordent sur la nécessité de soutenir une « croissance
bleue » durable à Mayotte et à La Réunion. On constate en particulier :
? Une meilleure exploitation du fort potentiel touristique maritime et littoral à travers l?adaptation de
l?offre touristique et des infrastructures nécessaires aux activités nautiques dans un cadre respectueux de
l?environnement et davantage sécurisé ;
? La création d?emplois, dans un contexte de croissance démographique des deux territoires, favorisée
par l?adaptation et la mutualisation des formations ainsi que l?adéquation dynamique entre l?offre et la
demande ;
? Le développement de filières qui présentaient un retard dans les territoires du bassin : énergies
marines renouvelables, aquaculture, biotechnologies...
La gestion durable des ressources halieutiques et la lutte contre la pêche illégale assurent la bonne santé
des stocks. Dans le respect des pratiques traditionnelles, associées à une évolution des formations et des
outils de travail, elles permettent aux pêcheurs professionnels de vivre de leur métier. La filière aval est
devenue plus performante, en lien avec l?augmentation de la consommation locale de produits de la pêche,
mais aussi de l?aquaculture qui a été relancée durablement.
Les ports de commerce de Mayotte et de La Réunion, véritables poumons économiques des territoires, ont
accéléré le développement de leurs infrastructures et de leurs flux maritimes, acquérant ainsi une position
prépondérante à la croisée des routes maritimes de l?océan Indien et du Canal du Mozambique, tout en
mettant en oeuvre une démarche environnementale exemplaire.
Dans les îles Éparses et les îles Australes, les mesures de gestion et de protection des écosystèmes ont
conforté leur rôle d?observatoire des changements climatiques, en lien avec la coopération internationale.
Cette gestion permet aussi une valorisation durable des ressources naturelles.
En 2030, les risques, tant naturels qu?industriels, font l?objet de politiques rigoureuses de prévention et de
gestion impliquant l?État et les collectivités.
Enfin, la participation active des collectivités à la coopération régionale permet aux populations du bassin de
partager les bonnes pratiques dans le Sud océan Indien et aux entreprises de développer leur activité à
l?échelle indianocéanique / indopacifique.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 70
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 71
PARTIE 3
STRATEGIE POUR LE BASSIN MARITIME
SUD OCEAN INDIEN
Introduction
L?objectif de la stratégie du bassin maritime Sud océan Indien est de définir et mettre en oeuvre un projet de
développement durable global à l?échelle du bassin.
Afin de concrétiser cette stratégie et de répondre aux enjeux identifiés pour le bassin maritime Sud océan
Indien, différents sujets prioritaires ont été mis en lumière répondant aux objectifs stratégiques fixés à horizon
2030. Ces sujets prioritaires, ainsi que les cadres des actions à mettre en place pour y répondre, sont
présentés dans les quatre chapitres qui suivent :
1. Protection de l?environnement et qualité des sites
2. Prévention des risques et gestion du trait de côte / changements globaux
3. Connaissance, recherche, innovation, éducation et formation
4. Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin
La stratégie définie ci-après, est ensuite présentée, en fin de chapitre, sous forme de tableaux tels qu?ils ont
été établis lors des travaux des membres du CMUB et de la commission permanente au dernier trimestre de
l?année 2019.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 72
Chapitre 1 : Protection de l?environnement et qualité des sites
Le bassin maritime Sud océan Indien rassemble une richesse naturelle et culturelle exceptionnelle qu?il
est crucial de préserver et de valoriser. Le DSBM a pour ambition de contribuer à l?amélioration de l?état de
conservation des écosystèmes marins et littoraux, ainsi que de préserver et mettre en valeur les paysages et
le patrimoine littoral et maritime, tant naturel que culturel et historique.
Ces sujets prioritaires sont en adéquation avec les grands objectifs de la Stratégie nationale pour la mer et le
littoral (SNML), en particulier le maintien du bon état écologique du milieu marin, la préservation d?un littoral
attractif et le développement d?une économie bleue et durable.
1. Écosystèmes et biodiversité
Les sujets prioritaires identifiés par le DSBM visent de façon générale à la conservation des écosystèmes,
habitats et espèces marins et littoraux ainsi qu?à l?amélioration de leur état, par la protection,
l?amélioration des connaissances et la réduction des pressions d?origine anthropique.
Les récifs coralliens, les mangroves et les herbiers sont des habitats majeurs pour les territoires du bassin,
à la fois pour la biodiversité qu?ils renferment, en tant que sites d?alimentation, de protection et de nurseries,
mais ils fournissent également de nombreux services écosystémiques, contribuant par exemple à la fixation
des sédiments et limitant ainsi l?érosion. La vigilance sur l?état de santé des récifs coralliens et leurs
écosystèmes associés portent donc sur des enjeux de conservation et de restauration de la biodiversité,
de gestion des pressions anthropiques sur le milieu marin et d?approfondissement des connaissances.
En premier lieu, il s?agit de définir et d'assurer la mise en oeuvre d?actions permettant la protection
intégrale des récifs coralliens du bassin en coordination avec l?IFRECOR et l?OFB (Office français de la
biodiversité) et avec l?aide d?outils réglementaires et de gestion des aires marines protégées ou des plans
nationaux ou régionaux de conservation. Pour les mangroves et les herbiers, il s?agira de mettre en place des
actions ciblées de protection de ces écosystèmes.
En second lieu, il est proposé de mettre en réseau les espaces protégés du bassin et leurs acteurs afin
d?échanger les connaissances et les bonnes pratiques concernant la conservation des coraux et des
écosystèmes associés. Cela permettra de suivre leur état de santé à l?échelle du bassin, de participer à une
protection globalisée et internationale et d?identifier les meilleures méthodes de conservation.
Illustration 32 : Récifs coralliens et espèces associées, Mayotte © J.S. Philippe
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 73
Pour faciliter la mise en place de ce cadre
d?actions, l?OFB, les Agences régionales de
la biodiversité (ARB) et les Aires marines
protégées (AMP), dont les réserves
naturelles marines, seront mobilisés, de
même que les programmes de coopération
internationale adaptés, tels que IFRECOR.
Ces actions s?inscriront également dans le
cadre de la territorialisation de la stratégie
nationale des aires protégées 2020-2030
préparée par le CMUB.
Le lancement et la mise en place d?un projet de classement UNESCO du lagon de Mayotte permettra à la fois
de répondre aux enjeux de conservation des écosystèmes et de la biodiversité et de contribuer à
l?indispensable besoin de mieux communiquer et sensibiliser les populations et les visiteurs pour la
préservation de la biodiversité grâce à ce statut universellement reconnu. Il convient donc de définir et de
mettre en place des outils de protection adaptés pour le patrimoine afin de préparer les démarches de
classement UNESCO. Ce projet pourra être porté par le Conseil départemental de Mayotte avec le soutien
de l?OFB, en s?appuyant sur les travaux de la stratégie régionale pour la biodiversité et le concours de
l?UNESCO.
La prise en compte de l?augmentation des risques naturels (tsunami,
évènements climatiques extrêmes...) dans la conservation des
habitats marins remarquables, passera par des actions facilitant la
résilience et l?adaptation des écosystèmes, en lien avec les États
voisins dans le cadre de la coopération régionale, à l?initiative de
l?État, des collectivités, des universités et organismes de recherche
et des gestionnaires des sites. L?objectif est de comprendre et de
prévoir les effets des aléas naturels, en particulier du fait des
évolutions climatiques, sur les écosystèmes afin de mieux les
prévenir.
Pour évaluer la résilience des écosystèmes face à la pression des
populations, il s?agit de développer la connaissance des
territoires et écosystèmes littoraux et de ce qui les impacte, sous
le pilotage des gestionnaires des sites et des organismes de
recherche et associations, au travers de programmes de recherche
interdisciplinaires et d?autres outils tels (par exemple REMMAT -
Réseau d?Echouage Mahorais de MAmmifères marins et de Tortues
marines)), les outils régionaux de planification de la gestion des
eaux, ainsi que les travaux des différentes associations d?éducation
au développement durable.
L?un des enjeux majeurs pour le bassin Sud océan Indien est de
mieux connaître et encadrer les usages en mer et sur le littoral. La définition d?une démarche globale dans
la problématique de l?observation des cétacés et autres espèces marines à l?échelle du bassin répond à cet
enjeu, afin de permettre l?exercice de cette activité dans le respect de la faune sauvage. Pour cela, la mise
en place de moyens et d?actions pour la conservation des écosystèmes marins et littoraux, par l?État au
travers de réglementations et de moyens de contrôle, par les AMP avec leurs plans de gestion et avec l?aide
des associations, est primordiale afin de cadrer les usages et d?en limiter les impacts. Il est également
nécessaire de définir des programmes d?amélioration de la connaissance de ces espèces marines à
l?échelle du bassin en s?appuyant par exemple sur le Plan directeur de conservation en faveur des cétacés à
La Réunion et le programme d?actions du Parc naturel marin de Mayotte (PNMM). Enfin, la mise en réseau
des acteurs et des espaces protégés du bassin, notamment les AMP dont les réserves naturelles marines,
permettra d?échanger les connaissances et de généraliser les bonnes pratiques d?observation.
Enfin, pour répondre aux enjeux de maintien et d?amélioration de la qualité des masses d?eaux littorales et de
gestion des pressions anthropiques sur le littoral, le milieu marin et les bassins versants associés, la lutte
contre les rejets nuisibles au milieu marin a été identifiée comme sujet prioritaire qui se décline ainsi :
? Lutter contre la pollution par les plastiques : pour cela, il est tout d?abord nécessaire de sensibiliser, en
particulier au niveau des principales sources afin de limiter les rejets. Des réglementations peuvent venir
également en appui. Le ramassage et la collecte efficaces des déchets plastiques demeurent indispensables
et doivent être renforcés, en premier lieu à terre. La responsabilité en est collective, et l?État, les collectivités
et l?ADEME soutiennent les acteurs locaux dans ces tâches.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 74
Illustration 33 : Hydrophone pour l'écoute des
mammifères marins © J.S. Philippe
? Contribuer à la lutte contre les déchets issus des engins de pêche perdus ou abandonnés en mer,
dans la lignée de la trajectoire outre-mer 5.0 : cela passe à nouveau par une sensibilisation et une
communication importante, pilotée par les acteurs de la pêche, tels que la Chambre d?agriculture et de la
pêche de Mayotte (CAPAM) et le Comité régional des pêches maritimes et élevages marins de La
Réunion (CRPMEM), ainsi que la mise en place d?une collecte systématique.
? Garantir l?application des conventions internationales relatives à la gestion des eaux de ballast :
ces eaux étant un vecteur majeur d?introduction d?espèces exotiques envahissantes, le respect des
réglementations est primordial et devra être assuré par l?État, les armateurs et par les gestionnaires des
ports.
? Promouvoir, sous le pilotage de l?État et dans une volonté d?exemplarité pour la région
indianocéanique, la réduction des rejets et pollutions issus des navires, en particulier les rejets
d?hydrocarbures et de produits chimiques, les émissions atmosphériques, ainsi que des déchets
organiques et non organiques, tant pour la préservation des écosystèmes que pour la protection de la
santé humaine.
2. Paysages et patrimoine littoraux, marins et sous-marins
La stratégie identifie un sujet prioritaire d?élaboration et mise en oeuvre d?une politique de préservation
et valorisation des sites et paysages.
Il vise à répondre à la nécessité de mieux prendre en compte les paysages littoraux et marins et le
patrimoine naturel, culturel et historique dans le bassin en premier lieu par la définition des paysages sous-
marins et littoraux remarquables suivant des critères, propres aux îles de l?océan Indien à définir, et la
valorisation de ces paysages. Il sera nécessaire de s?appuyer sur un inventaire préalable du patrimoine
naturel remarquable et de s?articuler avec les modalités de protection prévues dans le code du patrimoine
et le code de l?environnement.
Une deuxième action consisterait à mettre en réseau les acteurs pour le partage des savoirs et savoir-faire et
la valorisation du patrimoine matériel et immatériel à l?échelle locale, des territoires, du bassin et au-delà des
frontières nationales.
Illustration 34 et 35 : A gauche, Cap Méchant, La Réunion © DMSOI ; A droite, Mtsamboro, Mayotte © J.S. Philippe
Ces actions pourraient être portées par l?État, les collectivités, les gestionnaires de sites (AMP dont les
réserves naturelles?), l?OFB ainsi que les acteurs du monde de la culture et de l?éducation et les
associations. Elles devront s?inscrire dans les documents d?urbanisme ou les atlas des paysages, et
également utiliser des outils réglementaires comme le régime forestier pour les mangroves, les classements
ou inscriptions des sites ou des actions d?inventaire et de valorisation du patrimoine matériel et immatériel.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 75
Chapitre 2 : Prévention des risques et gestion du trait de côte /
changements globaux
Le contexte insulaire est associé à une relation étroite entre risques littoraux, évolution du trait de côte,
aménagement du littoral et gestion de bassins versants de faible superficie. Afin de prévenir ces risques
naturels et sanitaires, le DSBM vise à la gestion intégrée du continuum terre-mer, en prenant en compte les
changements globaux et à l?accompagnement des acteurs économiques littoraux pour une meilleure
anticipation de ces risques dans un contexte de croissance démographique et économique.
Ces sujets prioritaires sont en accord avec les grands objectifs de la Stratégie nationale pour la mer et le
littoral (SNML), en particulier le maintien du bon état écologique du milieu marin et la préservation d?un
littoral attractif ainsi que l?objectif de transition écologique pour la mer et le littoral.
1. Risques et aléas littoraux
Le Sud de l?océan Indien étant fortement exposé aux aléas naturels, il y a lieu de considérer les risques et le
changement climatique, à la fois dans l?aménagement du littoral à l?échelle locale et de façon plus globale à
l?échelle du Bassin.
Cela passe en premier lieu par la mise en place d?une gestion intégrée du continuum terre-mer au regard
des aléas littoraux, en considérant notamment la croissance démographique et le développement
économique, qui conduisent à l?urbanisation et entraînent l?artificialisation du littoral. L?État, au travers de ses
services tels que les DEAL, la DAAF pour les mangroves, le BRGM, Météo France ou le CEREMA, ainsi que
les collectivités territoriales, pourront s?appuyer sur des outils tels que les documents d?urbanisme, et à
Mayotte les programmes de Lutte contre l?érosion des sols et l?envasement (LESELAM2 et ENVALAG) pour
piloter cette action de maîtrise de l?aménagement littoral.
Il est en outre nécessaire d?approfondir les connaissances sur l?ensemble des problématiques des risques
et aléas littoraux naturels, notamment les phénomènes de submersion marine et d?érosion du trait de côte, et
d?assurer le suivi de l?état et de l?évolution de la biodiversité ainsi que les effets des changements globaux Il
convient également de suivre les effets du changement climatique sur les littoraux du bassin et en particulier
à Mayotte, les effets de l?activité volcanique sous-marine et la subsidence associée. Il est important de
mesurer la perception de ces évènements par la population locale. Les Universités et organismes de
recherche mettront en place des programmes de recherche en partenariat avec l?Observatoire du littoral de
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 76
Mayotte, et en s?appuyant sur des outils tels que le plan
LESELAM. Cet approfondissement des connaissances est
primordial afin de permettre l?anticipation et la prévention des
risques naturels littoraux, notamment pour les acteurs
économiques littoraux.
La gestion durable du trait de côte afin de prévenir et limiter les
risques est également prioritaire. Elle dépend de la gestion
intégrée du trait de côte et de la bonne prise en compte de
l?aménagement du littoral dans les différents plans et schémas
locaux, afin de répartir les pressions et d?éviter la saturation de
certaines zones du littoral, qui pourraient mener à des pics de
pollutions accrus. Cette gestion du trait de côte sera pilotée par
l?État et les collectivités, en s?appuyant sur les documents
d?urbanisme et le plan de Gestion intégrée des zones côtières
(GIZC).
Illustration 36 : Recul de la falaise, Pamandzi,
Mayotte © BRGM
2. Risques sanitaires
L?objectif est de viser un état sanitaire qui garantisse la santé des écosystèmes et de l?homme et
d?améliorer une situation aujourd?hui dégradée.
La garantie de la salubrité et de la qualité sanitaire des plages, des eaux côtières et des mangroves
contribuera à atteindre cet objectif en particulier par la mise en oeuvre d?une surveillance accrue des risques
sanitaires, grâce à un suivi régulier et complet de la qualité des masses d?eau et eaux de baignades, ainsi
que par la surveillance de la qualité des produits de la mer consommés. La communication au grand public
des résultats de ces suivis est également importante, afin de réduire les risques en cas de dépassement des
seuils.
Les services sanitaires (ARS, DAAF) et les collectivités seront en charge de la mise en oeuvre de ces actions
de suivi en s?appuyant sur leurs plans de surveillance et de contrôle, des outils tels que les documents
d?urbanisme, les schémas et plans (ex : plan d?urgence de Mayotte) et sur les profils des eaux de baignade.
Il est également nécessaire de définir et mettre en oeuvre les moyens pour garantir la santé des écosystèmes
et de l?homme, avec en priorité la réduction drastique des rejets d?eaux usées non conformes dans le milieu
naturel ainsi que la mise en place généralisée de leur traitement adapté.
Illustration 37 et 38 : Déchets (pneus, filets de pêche, etc.) en mer © A. Bein
3. Risque requin
Une place particulière doit être réservée à la gestion du risque requin qui affecte sensiblement le
développement de l?économie touristique sur le littoral à La Réunion.
Afin de réduire ce risque, et par conséquent son impact sur le développement des activités humaines, il est
nécessaire de mieux connaître les requins, leurs populations et leurs comportements, mais aussi d?identifier
et favoriser la mise en oeuvre de dispositifs de prévention des attaques. Ces actions seront pilotées par les
collectivités territoriales, à travers le Centre sécurité requin (CSR, anciennement CRA), et les associations
d?usagers.
Par ailleurs, les collectivités de La Réunion ont besoin d?être accompagnées dans l?élaboration des politiques
d?aménagement et de développement économique littoral composant avec le risque requin.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 77
Chapitre 3 : Connaissance, recherche, innovation, éducation et
formation
En matière de connaissance, recherche, innovation, éducation et formation, et en cohérence avec les axes
stratégiques de la Stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML), l?ambition est triple. Elle vise, d?une
part, à soutenir et promouvoir la recherche et l?innovation dans tous les domaines de l?économie
maritime et de la transition écologique ; d?autre part, à développer l?attractivité, la qualification et la
variété des emplois de l?économie maritime et littorale ; tout en conduisant le public à prendre
conscience du potentiel et de la fragilité de la mer, afin qu?il adapte ses comportements. Pour ce faire,
plusieurs sujets prioritaires ont été définis dans chacune des thématiques traitées.
1. Connaissance, recherche et innovation
A l?ère de l?ouverture des données publiques, il conviendra tout d?abord de s?assurer que les données
disponibles sont rendues accessibles. Pour ce faire, il s?agira pour les détenteurs de données (État, OFB,
IFREMER et autres organismes de recherche) de travailler au référencement des données et
métadonnées disponibles et partageables au sein du Système d'information sur le milieu marin (SIMM)
en s?appuyant, de manière pérenne, sur les autres bases de données existantes (Conseil départemental de
Mayotte, Océan Métiss, Quadrige, Sextant?). Les clés de succès seront, à la fois, et sur la base du retour
d?expérience d?Océan Métiss, la définition du mode opératoire favorisant le partage et la bancarisation des
données, métadonnées et documents divers, ainsi que la promotion du SIMM visant à mieux valoriser et
diffuser durablement ces données.
Les pilotes pour ces sujets seront les services de l?État, la Région Réunion, le Conseil départemental de
Mayotte, l?OFB, l?IFREMER, les universités et organismes de recherche ainsi que le CEREMA.
Il conviendra également de procéder à un recensement et à une mise à disposition de toutes les études
existantes. La création d?une bibliothèque littorale et maritime virtuelle à l?échelle du bassin, qui permette une
centralisation effective des documents, sera à mettre en oeuvre par les collectivités territoriales pour y
parvenir. Là aussi, il conviendra de s?appuyer sur les retours d?expérience en lien avec les bases de données
documentaires préexistantes.
Au niveau de la coopération régionale, le développement de la coordination et de la coopération en
matière de recherche, et ce, dans tous les domaines, a été avancé comme prioritaire pour le bassin. Ces
domaines incluent en particulier la préservation des écosystèmes (environnement, biodiversité et
ressources associées) et du littoral dans un contexte de changements globaux (accentuation des risques
naturels et des effets du réchauffement climatique). Ainsi les Universités et Instituts de recherche
s?attelleront, à la fois, à développer les collaborations en matière de recherche fondamentale et appliquée
(dans tous les domaines, y compris les sciences humaines et sociales), et également, à travailler à un
rééquilibrage des moyens et outils dédiés à la recherche scientifique dans les territoires du bassin. Des outils
de financement sont d?ores et déjà mobilisables à ces fins (programme de coopération territoriale
européenne INTERREG, fonds de coopération régionale).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 78
2. Emploi et formation
L?adaptation et la mutualisation des offres de formation sont apparues comme d?une haute importance
pour le développement de l?économie maritime, dans toutes ses composantes, à terre comme en mer. Elles
répondent à l?enjeu d?un développement complémentaire, au sein du bassin, des formations en lien avec le
milieu marin, et l?appui au développement de l?attractivité des métiers maritimes. Pour ce faire, il appartiendra
au Conseil régional de La Réunion et au Conseil départemental de Mayotte, compétents pour la formation
professionnelle, en collaboration avec les autorités académiques (Rectorats, DMSOI, DAAF) et les autres
acteurs de la formation (CREFOP, Pôle Emploi), de développer une offre de formation en lien avec
l?économie bleue et la préservation du milieu marin, qui soit complémentaire entre les territoires du
bassin et cohérente avec les besoins d?aujourd?hui et de demain.
Le développement d?un « observatoire » des métiers de la mer permettra de faire des diagnostics
emploi/formation (offre-demande) et de mettre en relation les différents acteurs dans ces domaines. Il sera
mis en place par les services de l?État, les collectivités, les chambres consulaires, les organismes paritaires
collecteurs agréés (OPCA), et le CREFOP, en lien avec les organisations professionnelles et les entreprises
concernées. Cela devra permettre d?aboutir à la définition d?une réelle stratégie de formation aux métiers de
la mer. L?étude de la Maison de l?emploi du Nord de La Réunion sera un des outils mobilisables au lancement
de cet observatoire.
L?identification et la mise en place des formations de marins répondant aux standards internationaux
(STCW), pour chaque filière à l?échelle du bassin, ainsi que le développement des échanges entre les
différentes formations à l?échelle des territoires voisins (stages, écoles d?été...), constituent le troisième
domaine d?actions à mettre en place pour cette thématique. Là aussi, services de l?État, Région et
organismes de formation devront se mobiliser sur la base de cartographies des formations à l?échelle du
bassin Sud océan Indien.
Pour terminer, l?internationalisation de l?offre de formation supérieure se devra d?être accentuée via les
Universités (cf. Erasmus océan Indien). Il est aussi nécessaire de favoriser la poursuite du développement
des formations supérieures liées à la mer et au littoral à Mayotte.
3. Sensibilisation du public
Le renforcement de la sensibilisation des populations à la richesse et à la fragilité de leur patrimoine
marin est un enjeu prioritaire mis en lumière dans le cadre de cette démarche stratégique. La définition ainsi
que la mise en place d?un plan d?actions pour la sensibilisation au littoral et au milieu marin à l?échelle des îles
françaises et en coopération avec les États voisins constitue la première action à mettre en place pour y
répondre. Le développement de supports pédagogiques contextualisés, intégrant la culture et les langues
locales, sera poursuivi. Le pilotage pourra être assuré par les services de l?État, les collectivités, les
associations d?éducation à l?environnement ainsi que les gestionnaires de sites concernés en s?appuyant sur
des outils existants tels le Livre bleu Sud océan Indien, les aires marines éducatives (AME), les réserves
naturelles marines, les labels, le plan ARESMA sur les mangroves ainsi que des programmes de coopération
régionale (ex : Ecoschool).
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 79
Chapitre 4 : Développement durable des activités économiques en
lien avec le milieu marin
La stratégie promeut le développement des activités économique dans les différents secteurs de l?économie
bleue : pour la connectivité maritime et la compétitivité portuaire, la pêche maritime, la relance de la filière
aquacole, la plaisance et les loisirs nautiques et subaquatiques, l?aménagement maîtrisé du littoral et le
renforcement d?une offre écotouristique, sans oublier la contribution à la stratégie de transition énergétique.
1. Connectivité maritime et compétitivité portuaire
L?objectif est d?accompagner les systèmes portuaires français du bassin Sud océan Indien et d?encourager
leur rôle de support du développement de ces territoires insulaires. Cette ambition répond aux nombreux
enjeux identifiés tels la poursuite du développement des ports de commerce et services maritimes associés
comme vecteurs de développement essentiels aux territoires français du bassin, l?importance de structurer et
développer une filière construction et réparation navale, la nécessaire surveillance des activités et du milieu
marin ou encore l?opportunité de travaux publics maritimes à fort impact économique et social.
Cela doit se traduire tout d?abord, par la priorité donnée au renforcement de l?attractivité des ports des
territoires français du bassin. Pour ce faire, il s?agira d?accompagner les ports français dans la recherche
de compétitivité, d?anticiper les besoins portuaires (infrastructures, zones logistiques), d?identifier et de
réserver le foncier nécessaire pour y répondre au mieux et également d?étudier et de mesurer les impacts de
l?amélioration de la connectivité maritime à l?échelle des territoires français.
Cet accompagnement doit également se traduire dans l?élaboration de plans d?investissement
(infrastructures et outils associés) visant à améliorer la compétitivité portuaire. Enfin, la valorisation du
respect des normes et de la qualité environnementale des ports français est un atout à développer.
Une seconde priorité a été mise en lumière pour répondre à cette ambition, celle du développement de la
complémentarité, à l?échelle du bassin, des offres en matière portuaire, et construction et réparation
navale. L?ensemble des cadres d?actions identifiés pour ces deux sujets prioritaires se devra d?être porté et
mis en oeuvre à la fois par les services de l?État, les collectivités territoriales, les gestionnaires de ports ainsi
que les opérateurs portuaires concernés.
2. Pêche maritime
Le soutien à une activité de pêche professionnelle durable et innovante est une ambition partagée par
les parties prenantes du bassin.
Dans cet objectif, il a été retenu comme prioritaire de mieux connaître les ressources halieutiques en vue
d?établir des règles de gestion adaptées. Ont également été soulignés l?importance de régler les conflits
d?usage et d?intérêt entre la pêche de loisir et la pêche professionnelle, de développer et valoriser les filières
locales de commercialisation et transformation des produits de la mer, et enfin de demeurer vigilant dans la
lutte contre la surpêche, la pêche illicite, non déclarée et non réglementée.
Pour répondre à la priorité de développer durablement la filière pêche maritime professionnelle, il conviendra
tout d?abord pour la DMSOI, la DEALM et d?autres acteurs de la mer (collectivités,
CRPMEM/CAPAM/SARPC, IFREMER, IRD, PNMM, MNHN...) de favoriser la collecte des données, en
s?appuyant notamment sur le système d?information halieutique d?ores et déjà mis en place.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 80
Il sera également nécessaire de généraliser une approche écosystémique de la gestion des pêcheries
avec le concours des organisations professionnelles. L?optimisation, et si besoin, la mise aux normes des
outils de production et de pêche font partie des actions à mettre à place par les mêmes acteurs en présence,
avec le financement du Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture (FEAMPA) et
du plan de relance et la mise en place d?un plan de renouvellement et de modernisation de la flottille ainsi
que la création ou l?aménagement des points de débarquement.
IIlustration 39 et 40 : Les palangriers Manohal et Reder Mor à La Réunion © J.S. Philippe
3. Relance de la filière aquacole
Le soutien d?une filière aquacole durable et efficace dans l?utilisation des ressources, qui soit également
innovante et compétitive, est une ambition prioritaire qui concerne surtout le territoire de Mayotte.
Pour ce faire, une première étape consistera dans le redémarrage de l?activité aquacole par la mise en
oeuvre de l?écloserie-nurserie en cours de construction. Il conviendra de s?orienter alors vers la création d?un
centre technique et de recherche visant à accompagner le développement de la filière, à promouvoir la
diversification, notamment des espèces, et également à sécuriser la mise sur le marché des produits.
Les services de l?État, les collectivités, ainsi que les organisations professionnelles, potentiels porteurs de
ces cadres d?actions, pourront s?appuyer sur le Schéma régional de développement de l?aquaculture marine
de Mayotte (SRDAM) ainsi que sur le Plan stratégique de développement durable de l?aquaculture mahoraise
(PSDDAM), et bénéficier d?un financement via le Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et
l?aquaculture(FEAMPA).
4. Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
L?ambition est aussi d?encourager les pratiques de loisirs et sports nautiques, subaquatiques et de
plaisance, en veillant à mieux les structurer, dans une logique d?intégration de pratiques écoresponsables,
et à garantir leur respect mutuel.
Cela devra se matérialiser prioritairement par le développement de la capacité d?accueil et de la sécurité
des ports de plaisance, des zones de mouillage, des zones de mise à l?eau et des bases nautiques. Pour ce
faire, différentes actions se devront d?être mises en oeuvre, sur la base des documents d?urbanisme intégrant
correctement ces enjeux, par les services de l?État, les collectivités, les gestionnaires de ports et acteurs
associatifs concernés, notamment du mouvement sportif. Il s?agira ainsi de développer la capacité et la
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 81
qualité d?accueil (y compris en matière de sécurité) des ports de plaisance et de leurs services, ainsi que la
capacité et l?accessibilité des bases nautiques existantes. Concernant les sites de mise à l?eau, l?inventaire
des besoins d?aménagement et de création de nouveaux sites sécurisés et accessibles constitue un cadre
d?actions complémentaire, tout en veillant à une gestion économe de l?espace littoral et à la préservation de
la biodiversité. Quand les conditions le permettent, il conviendra ainsi de favoriser les ports à sec. La
stratégie identifie également le besoin de mettre en place une signalétique globale d?information sur la
réglementation des usages dans la bande des 300 mètres et la sensibilité du milieu.
Illustration 41 : Saut de baleine, La Réunion © Laurent Debordes, GLOBICE
5. Aménagement du littoral et offre touristiques
Une nécessaire prise en compte de la préservation et de la valorisation du patrimoine naturel marin et
littoral dans les activités balnéaires et la fréquentation des plages, ainsi qu?un tourisme dont le
développement doit être maîtrisé et accompagné, sont les principaux enjeux forts identifiés pour cette
thématique.
Le développement d?un tourisme littoral et maritime pérenne et durable est donc stratégique et
prioritaire pour le bassin Sud océan Indien. Pour y parvenir, les collectivités ainsi que les professionnels du
tourisme se devront à la fois, d?informer le public et les autres professionnels concernés, et valoriser les
labels existants concernant le « tourisme durable » dans les îles françaises de l?océan Indien, mais
également de développer une approche partagée de l?offre écotouristique sur le continuum littoral terre-mer.
En particulier, des bassins de baignade pourront être créés hors des zones récifales pour alléger la pression
sur ces milieux vulnérables, des opérations de communication devront également être mises en place
afin de promouvoir et valoriser les cultures et les identités de la région Sud océan Indien, ainsi que la
destination commune océan Indien (Îles Vanille), en particulier les destinations Mayotte et La Réunion, en
direction des croisiéristes, pour des croisières haut de gamme et des croisières d?exploration, compatibles
avec les capacités d?accueil des différents ports du bassin.
De nombreux outils, comme les schémas de développement touristiques et les documents d?urbanisme, ont
d?ores et déjà été mis en place sur ces sujets et serviront de socle commun à la mise en oeuvre de ces
actions.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 82
6. Contribution à la stratégie de transition énergétique
Enfin, il est apparu primordial que les acteurs de
l?économie bleue du bassin se préparent à être en
capacité de répondre favorablement à une demande en
lien avec le développement des énergies marines
renouvelable (EMR). Pour cela, une veille R&D à
l?échelle du bassin, ainsi qu?une anticipation des
réserves foncières et des infrastructures mobilisables
seront nécessaires pour pouvoir capter et
accompagner les projets pertinents pour le bassin dès
leur émergence.
Les porteurs potentiels de ces actions d?anticipation sont les pouvoirs publics, les collectivités, les opérateurs
mais aussi les gestionnaires des ports qui pourront s?appuyer sur les documents d?urbanisme, les schémas
régionaux, les stratégies des ports ainsi que la programmation pluriannuelle de l?énergie (PPE) qui identifie
l?opportunité et les freins au développement de l?éolien en mer, de la climatisation à l?eau de mer (SWAC), de
l?énergie thermique des mers et du houlomoteur.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 83
Illustration 42 : Prototype d?ETM, Saint-Pierre, La Réunion
Tableaux des éléments de stratégie
Les tableaux ci-après présentent, pour chacun des chapitres, les sujets prioritaires identifiés et pour
lesquels des cadres d?actions (avec modalités de pilotage, de financement et outils associés) ont été
précisés.
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Chapitre 1 ? Protection de l?environnement et qualité des sites
Écosystèmes et biodiversité
Vigilance sur l?état de santé
des récifs coralliens,
mangroves et herbiers
Définir et mettre en oeuvre des actions
permettant la protection intégrale des récifs
coralliens du bassin en coordination avec les
initiatives déjà existantes dans le cadre de
l?action d?IFRECOR et l?Office français de la
biodiversité (OFB), Engager des actions de
protection particulières aux mangroves et aux
herbiers
- État (réglementation), aires marines
protégées (AMP), Conservatoire du littoral,
réserves naturelles marines et leurs plans
de gestion
- Outils de gestion-conservation des
espèces (Plan national d?action et plan de
conservation), déclinaison territoriale de la
stratégie nationale des aires protégées
-Financements : FEDER, INTERREG, Plan
de relance, LIFE
Mettre en réseau les espaces protégés du
bassin afin d?échanger les connaissances et
bonnes pratiques
- Office français de la biodiversité (OFB ?
dont réseau TE ME UM), agences
régionales de la biodiversité (ARB) et aires
marines protégées
- Outils : Programmes de coopération COI /
IFRECOR
-Financements : FEDER, INTERREG
Lancement et mise en place
d?un projet de classement
UNESCO pour le lagon de
Mayotte
Définir et mettre en place des outils de
protection adaptés pour le patrimoine naturel
- Conseil départemental de Mayotte, OFB
- Outils : Classement UNESCO, Stratégie
régionale pour la biodiversité
Prise en compte de
l?augmentation des risques
naturels (tsunami,
évènements climatiques
extrêmes, ?) dans la
conservation des habitats
marins remarquables
Définir et mettre en place des actions facilitant
la résilience et l?adaptation des écosystèmes
- État (DEAL), universités et organismes de
recherche et gestionnaires des sites
Développer et renforcer les collaborations des
îles françaises du bassin entre elles, au sein de
la zone SOI et à l?échelle internationale
- État et collectivités, universités et
organismes de recherche
Importance d?évaluer la
résilience des écosystèmes
face à la pression des
populations
Définir et homogénéiser la méthode, et
approfondir les connaissances sur la résilience
des territoires et écosystèmes littoraux
(biodiversité et qualité de l?eau)
- Gestionnaires des sites (AMP, réserves
naturelles marines Conservatoire du
littoral...)
- Outils : programmes de recherche
universitaire interdisciplinaires, REMMAT
(Réseau d?Echouage Mahorais de
MAmmifères marins et de Tortues marines)
Définition d?une démarche
globale dans la
problématique de
l?observation des cétacés et
autres espèces marines à
l?échelle du Bassin en vue
de leur conservation
Mettre en place les moyens et les actions pour
la conservation des écosystèmes marins et
littoraux
- État (réglementation), aires marines
protégées (AMP) et leurs plans de gestion,
associations
Développer des programmes d?amélioration de
la connaissance (cétacés et autres espèces
marines) à l?échelle du Bassin
- État (DEAL), Région, CEDTM, universités
et organismes de recherche, concours des
gestionnaires de sites et associations
- Outils : Plan directeur de conservation
(PDC) en faveur des cétacés
Mettre en réseau les espaces protégés du
Bassin afin d?échanger les connaissances et
bonnes pratiques d?observation
- AMP, réserves naturelles marines et leurs
plans de gestion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 84
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Lutte contre les rejets
nuisibles au milieu marin
Lutter contre la pollution par les plastiques
(sensibiliser, réglementer, collecter et valoriser,
ramasser)
- État, ADEME, collectivités, associations
En référence à la trajectoire outre-mer 5.0,
contribuer à la lutte contre les déchets issus
des engins de pêche perdus ou abandonnés
en mer (« zéro déchet »)
- Chambre d?agriculture et de la pêche de
Mayotte (CAPAM), commission pêche,
Comité régional des pêches maritimes et
élevages marins de La Réunion
(CRPMEM), AMP, professionnels
Garantir l?application des conventions
internationales relatives à la gestion des eaux
de ballast
- État (DMSOI), gestionnaires de ports
Promouvoir la réduction des rejets et pollutions
issus des navires, en particulier les rejets
d?hydrocarbures et de produits chimiques,
ainsi que les déchets organiques et non
organiques.
- État (DMSOI)
Outils : SDAGE
Paysages et patrimoines littoraux, marins et sous-marins
Elaboration et mise en
oeuvre d?une politique de
préservation et valorisation
des sites et paysages
Définition des paysages sous-marins et
littoraux remarquables (critères propres à
l?océan Indien) et leur valorisation
- État et collectivités, AMP
- Outils : Documents d?urbanisme, Atlas des
paysages (par territoire), régime forestier
(mangroves) / ZPG, porters à connaissance
(ZNIEFF, ZIG)
Mettre en réseau les acteurs pour le partage
des savoir-faire et la valorisation du
patrimoine, à l?échelle locale, des territoires et
du bassin
- OFB et gestionnaires des sites,
associations
- Outils : Atlas des paysages, méthodologie
des paysages remarquables
Chapitre 2 ? Prévention des risques et gestion du trait de côte / Changements globaux
Risques et aléas littoraux
Nécessité de considérer les
risques et le changement
climatique global à l?échelle
du bassin
Mettre en place une gestion intégrée du
continuum terre-mer au regard des aléas
littoraux (intégrant la dynamique
démographique)
- État (DEAL, DAAF, BRGM, Météo France,
CEREMA), collectivités, associations
- Outils : documents d?urbanisme, SDPRN,
PGRI, Lutte contre l?érosion des sols et
l?envasement (LESELAM)
Approfondir les connaissances sur l?ensemble
des problématiques des risques et aléas
littoraux naturels (submersion marine, érosion,
etc.) et assurer le suivi de l?état et de
l?évolution de la biodiversité ainsi que les effets
des changements globaux (observatoires)
- Universités et organismes de recherche
- Outils : Observatoire du littoral (Mayotte),
plan LESELAM Mayotte (portage BRGM
avec associations)
-Financements : FEDER
Gestion durable du trait de
côte (« zéro vulnérabilité »)
Garantir une gestion intégrée du trait de côte - État (DEAL), collectivités, universités et
organismes de recherche
- Documents d?urbanisme, gestion intégrée
des zones côtières (GIZC)
S?assurer notamment de la bonne prise en
compte de l?aménagement du littoral dans les
différents plans et schémas locaux (PLU, etc.)
Risques sanitaires
Garantir la salubrité (« zéro
déchet ») et la qualité
sanitaire des plages, eaux
côtières et mangroves
Définir et mettre en oeuvre les moyens pour
garantir la santé des écosystèmes et de
l?Homme (traitement et rejet des eaux usées
notamment)
- État (DEAL, ARS) et collectivités
- Outils : Documents d?urbanisme, schémas
et plans (SDAGE)
Mettre en place une surveillance accrue des
risques sanitaires (produits de la mer
consommés, eaux de baignade, etc.)
- État (ARS) et collectivités
- Documents d?urbanisme, schémas et
plans (dont plan d?urgence de 140 M¤ pour
Mayotte), profils des eaux de baignade
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 85
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Risque requin
Réduire le risque requin et
son impact sur le
développement des activités
humaines
Mieux connaître les populations de requins et
leurs comportements
- État, région Réunion, communes et
intercommunalités, centre de sécurité
Requin (ex CRA), Université, associations
Identifier et favoriser la mise en oeuvre de
dispositifs de prévention des attaques
Accompagner et conseiller les collectivités
dans l'élaboration des
politiques d'aménagement et de
développement économique du littoral
composant avec le risque requin
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Chapitre 3 ? Connaissance, recherche, innovation, éducation et formation
Connaissance, recherche et innovation
Rendre la donnée
accessible en cohérence
avec l?obligation
réglementaire
Travailler au référencement des données et
métadonnées disponibles et partageables au
sein du Système d?information pour le milieu
marin (SIMM) en s?appuyant sur les autres
bases de données existantes (CD Mayotte,
Océan Métiss, ?) de manière pérenne
- État, OFB, IFREMER
- Outils : bases/banques de données
(QUADRIGE, SEXTANT), Centre
d?assemblage de données globales (Coriolis
Data Center), Observatoire (OSU-Réunion)
Définir le mode opératoire favorisant le
partage et la bancarisation des données,
métadonnées et documents divers
- État, région, université, CEREMA
- Retour d?expérience d?Océan Métiss
Promouvoir l?outil Système d?information pour
le milieu marin (SIMM) afin de mieux valoriser
et diffuser durablement les données
- État, OFB, IFREMER
- Outil : SIMM
Recensement et mise à
disposition de toutes les
études existantes
Créer une bibliothèque virtuelle à l?échelle du
Bassin qui permette une centralisation des
documents
- Collectivités
- Outil : retour d?expérience Océan Métiss et
SIMM
Développement de la
coordination / coopération
de la recherche à l?échelle
du Bassin
Développer les collaborations en matière de
recherche fondamentale et appliquée dans
tous les domaines (y compris sciences
humaines et sociales)
- Universités et instituts de recherche
- Outils : Projet européen INTERREG
(collaboration régionale)
Travailler à un rééquilibrage des moyens et
outils dédiés à la recherche scientifique dans
les territoires du Bassin
- État, universités et organismes de
recherche
- Outils : Fonds de coopération régionale
(FCR)
Emploi/Formation
Adaptation et mutualisation
des offres de formation
Développer une offre complémentaire entre
les territoires du bassin en matière de
formations en lien avec l?économie bleue et la
préservation du milieu marin, qui soit
cohérente avec les besoins d?aujourd?hui et
anticipe les besoins de demain
- Région Réunion et département de
Mayotte, appui État (DMSOI, DIECCTE,
Rectorat, CREFOP (Comité régional de
l'emploi, de la formation et de l'orientation
professionnelles), CCI, Fédérations
sportives
Développer un « observatoire » des métiers
de la mer (besoins et offres) permettant de
faire des diagnostics emploi/formation, de
définir des préconisations et de mettre en
relation les différents acteurs et élaboration
d?une stratégie de formation aux métiers de
l?économie bleue
- État, collectivités, chambres consulaires,
entreprises, organismes paritaires,
CREFOP, Pôle emploi
- Outils : étude de la Maison de l?emploi du
Nord de La Réunion,
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 86
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Identifier et mettre en place les formations par
filière répondant aux standards internationaux
(STCW) à l?échelle du bassin SOI et
développer des échanges entre les
différentes formations à l?échelle des
territoires voisins (stages, écoles d?été...)
- État (DMSOI), Région et organismes de
formation (écoles d?apprentissage maritime,
lycées de la mer)
- Outils : Carte des formations à l?échelle du
bassin, à commencer par STCW
Développer et internationaliser l?offre de
formation supérieure
- Universités
- Outils : Erasmus océan Indien
Sensibilisation du public
Sensibilisation des
populations à la richesse et
à la fragilité de leur
patrimoine marin
Définir et mettre en place un plan d?actions
coordonné et davantage visible pour la
sensibilisation « littoral et milieu marin » à
l?échelle des îles françaises et en coopération
avec les États voisins
- État, collectivités, associations,
gestionnaires de sites
- Outils : Livre bleu Sud océan Indien, aires
marines éducatives (AME), labels, plan
ARESMA (mangroves), outils pédagogiques
(ex. MARECO sur les récifs coralliens),
programmes de coopération régionale (ex :
EcoSchool), Journées portes ouvertes, salon
maritime (Institut bleu)
Développer des supports pédagogiques
contextualisés, intégrant la culture et les
langues locales
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Chapitre 4 ? Développement durable des activités économiques en lien avec le milieu marin
Connectivité maritime et compétitivité portuaire
Renforcer la connectivité
maritime des territoires
français du bassin pour
développer et maintenir
leur attractivité
Accompagner les ports français et
encourager leur rôle de support du
développement durable des territoires
- État, collectivités, gestionnaires des ports,
entreprises
- Outils : documents d?urbanisme, plans et
schémas régionaux, Stratégie nationale
portuaire, stratégies des ports
- Financement : FEDER / Contrats de
convergence / Plan de relance
Anticiper les besoins portuaires
(infrastructures, zones logistiques), identifier
et réserver le foncier nécessaire
Étudier et mesurer les impacts de
l?amélioration de la connectivité maritime à
l?échelle des territoires français (indicateurs)
Développement de la
complémentarité des
offres en matière
portuaire, construction et
réparation navale à
l?échelle du bassin
Développer une offre complémentaire en
matière portuaire et de construction et
réparation navale à l?échelle du bassin
Élaborer des plans d?investissement
(infrastructures et outils associés) dans le
but d?améliorer la compétitivité portuaire
Valoriser le respect des normes et la qualité
environnementale des ports français
Pêche maritime
Développement durable
de la filière pêche
maritime professionnelle
Favoriser la collecte des données
(sensibilisation, contrôle, sanctions)
- État (DMSOI), organisations professionnelles
(CRPMEM/CAPAM), IFREMER, IRD, Parc
naturel marin de Mayotte (PNMM), Museum
national d?histoire naturelle (MNHN)
- Outils : Système d?Information Halieutique (de
production), outils déclaratifs
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 87
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Généraliser une approche écosystémique
de gestion des pêcheries
- État, organisations professionnelles
(CRPMEM/CAPAM), Institut bleu, organismes
de recherche
- Outils : documents stratégiques de
développement de la filière
Optimiser et, si besoin, mettre aux normes
les outils de production et de pêche.
- État (DMSOI, DEALM), collectivités,
organisations professionnelles
(CRPMEM/CAPAM)
- Outils : documents stratégiques de
développement de la filière
- Financement : FEAMPA, Plan de relance
Mettre en place un plan de renouvellement
et de modernisation de la flottille
- État, Région Réunion, Département de
Mayotte
- Financement : Régime d'aides d'État
Créer, aménager et équiper des points de
débarquement
- État (DMSOI), collectivités, organisations
professionnelles (CRPMEM/CAPAM)
- Outils : PROEPP, Plan régional stratégique
pour la pêche de Mayotte
- Financement : FEAMPA
Relance de la filière aquacole
Soutien d?une
aquaculture durable et
efficace dans l?utilisation
des ressources,
innovante et compétitive
Réaliser une étude de marché intégrant les
habitudes de consommation et les circuits
courts (filière aval)
- État, collectivités, organisations
professionnelles
- Outils : Schéma régional de développement
de l?aquaculture marine (SRDAM), Plan
stratégique de développement durable de
l?aquaculture mahoraise (PSDDAM)
- Financement : FEAMPA
Créer un centre technique et de recherche
à Mayotte visant à accompagner le
développement de la filière, promouvoir sa
diversification et sécuriser la mise sur le
marché des produits
Mettre en place les outils juridiques et
financiers permettant d?accompagner les
porteurs de projets
Sécuriser les niveaux de production
Plaisance et loisirs nautiques et subaquatiques
Développement de la
capacité d?accueil et de
la sécurité des ports de
plaisance, zones de
mouillage, mises à l?eau,
bases nautiques
Développer la capacité et la qualité
d?accueil (y compris en matière de sécurité)
des ports de plaisance et leurs services
- État, collectivités, gestionnaires des ports,
mouvements sportifs, associations
- Outils : documents d?urbanisme
Développer la capacité et l?accessibilité des
bases nautiques existantes
Aménager les sites de mises à l?eau
existants ; répertorier les besoins et créer
des sites de mises à l?eau sécurisé et
accessibles sur le pourtour des îles
Favoriser les ports à sec quand les
conditions le permettent
Mettre en place une signalétique globale
d?information des usages dans la bande des
300 m sur la réglementation et la sensibilité
du milieu
- Communes
- Outils : plans de balisage des plages
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 88
Sujets prioritaires Cadre d?actions Pilotage/outils/financement
Aménagement du littoral et offre touristique
Développement d?un
tourisme littoral et
maritime pérenne et
durable
Informer le public et les professionnels sur
les labels existants concernant le
« tourisme durable » dans les îles
françaises de l?océan Indien
- Collectivités, professionnels,
- Outils : Documents d?urbanisme, schémas de
développement touristiques (SADTR)
-Financements : FEDER
Développer une approche partagée de
l?offre touristique sur le continuum littoral
terre-mer
Promouvoir les cultures et identités de la
région Sud océan Indien
Promouvoir une destination commune
océan Indien (Iles Vanille) pour des
croisières à haute valeur ajoutée et
adaptées à la capacité d?accueil des îles, et
apportant (aux croisiéristes et aux
populations) un haut niveau de garanties
sanitaires
- Collectivités, gestionnaires des ports
- Outils : étude de l?Association des ports des
îles de l?océan Indien (APIOI), stratégies des
ports (amélioration des conditions d?accueil des
croisiéristes)Améliorer et promouvoir l?attractivité des
destinations La Réunion et Mayotte pour
des activités écotouristiques
Contribution à la stratégie de transition énergétique
Capacité à répondre
favorablement à une
demande en lien avec
les EMR
Assurer une veille R&D dans le domaine des
énergies marines renouvelables (EMR) à
l?échelle du Bassin
- État (DEAL, DMSOI, ADEME), collectivités,
opérateurs, gestionnaires des ports
- Outils : documents d?urbanisme, schéma
régionaux, Programmation pluriannuelle de
l?énergie (PPE), stratégies des ports
Anticiper les besoins de foncier et
d?infrastructures pour l?assemblage, le
déploiement et la maintenance des
équipements des EMR (éoliennes,
climatisation à eau de mer - SWAC, énergie
thermique des mers...)
Accompagner les projets de développement
des énergies marines renouvelables dans le
Bassin
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 89
Cartographie générale
Des cartes générales des différents territoires et zones maritimes du bassin Sud océan Indien sont
présentées ci-après :
? Carte des vocations du Parc naturel marin de Mayotte (n°1)
? Carte des principaux usages et activités liés au milieu marin à La Réunion - hors
pêche qui fait l?objet de la carte n° 23 en annexe ? (n°2)
3 cartes concernant les TAAF ;
? Carte des vocations du Parc naturel marin des Glorieuses (n°3)
? Carte du périmètre du site RAMSAR d'Europa dans les îles Éparses (n°4)
? Carte du périmètre de protection de la réserve naturelle nationale des terres
australes françaises (n°5)
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 90
Carte 2 : Usages et activités liés au milieu marin à La Réunion
Carte 1 : Carte des vocations du Parc naturel marin
de Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 91
Carte 2 : Usages et activités liés au milieu marin à La Réunion
Carte 3 : Carte des vocations du Parc naturel marin des
glorieuses
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 92
Carte 4 : Périmètre du site RAMSAR d?Europa (îles
Éparses)
Carte 5 : Zones de protection de la Réserve nationale des
Terres australes françaises
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 93
PARTIE 4
MISE EN OEUVRE DE LA STRATÉGIE
POUR LE BASSIN MARITIME SUD OCÉAN
INDIEN
Le document stratégique de bassin maritime est établi pour une durée de six ans. Sa construction a fait
l?objet d?un travail participatif riche, impliquant 150 contributeurs et allant même au-delà des membres du
Conseil maritime ultramarin de bassin. Il est proposé que sa mise en oeuvre et son suivi soient également
l?objet d?un partenariat constant entre tous les acteurs du développement durable de la mer et du littoral sur
les territoires du bassin.
La situation sanitaire découlant de l?épidémie de COVID 19 a freiné un temps les dynamiques collectives de
travail entre les territoires ou entre les acteurs. Cette crise sanitaire et ses répercussions économiques ont
également amené les acteurs à réinterroger leurs stratégies de long terme, dont le DSBM.
Dans ce contexte post-COVID 19, le développement de l?économie bleue apparaît plus que jamais comme
une opportunité pour les territoires français de l?océan Indien pour rendre les activités historiques plus
résilientes et durables et apporter les conditions d?émergence pour de nouvelles activités. L?exigence d?en
faire davantage pour la protection des espèces et des écosystèmes marins est également réaffirmée, et
a notamment été fortement portée lors de la consultation du public sur le projet de DSBM.
Le DSBM a été conçu pour porter une vision intégrée de la mer et du littoral, amenant à mettre en regard
les enjeux environnementaux, économiques et sociaux, à l?échelle du bassin. Les cadres d?action qu?il
propose ont vocation à être déclinés dans les plans, projets et opérations sur les territoires. La première
modalité de mise en oeuvre du DSBM consistera donc à s?assurer de cette bonne prise en compte de la
stratégie et de la vision qu?elle sous-tend. Le code de l?environnement prévoit à ce titre dans son article L219-
4 que les plans, schémas, programmes relatifs aux activités localisées exclusivement en mer doivent être
compatibles ou rendus compatibles avec le DSBM. Sont notamment concernés par cette disposition les
schémas de mise en valeur de la mer (SMVM), plans de gestion des aires marines protégées (AMP), les
schémas régionaux de développement de l?aquaculture marine (SRDAM), les plans d?actions RUP pour la
programmation des Fonds Européen pour les Affaires Maritimes, la Pêche et l?Aquaculture (FEAMPA 2021-
2027), les mesures du SDAGE en mer, les plans nationaux d?action pour la protection des espèces marines,
les projets de travaux, ouvrages ou aménagements en mer soumis à étude d?impact? Les plans,
programmes et schémas susceptibles d?avoir une incidence significative sur la mer, comme les schémas
d?aménagement régionaux (SAR), les schémas de cohérence territoriale (SCOT) ou les plans locaux
d?urbanisme (PLU), les plans régionaux de prévention et de gestion des déchets (PRPGD), les
programmations pluriannuelles de l?énergie, doivent prendre en compte le DSBM.
Pour ce faire, le secrétariat du CMUB identifiera les plans, schémas et projets et assurera un suivi régulier
de leur élaboration afin que le DSBM soit porté à la connaissance des personnes responsables de leur
élaboration en précisant les enjeux particuliers à prendre en compte au vu du territoire concerné. Le cas
échéant, le secrétariat et les membres du CMUB seront amenés à formuler un avis ou à être associés à la
définition du projet. Il pourra être proposé que des commissions de travail conjointes avec d?autres instances,
et notamment les comités de l?eau et de la biodiversité (CEB), soient instituées sur les enjeux et actions
communs. Une attention particulière sera portée sur l?intégration des objectifs du DSBM dans les travaux
d?élaboration des programmes opérationnels des fonds européens et les autres outils de financement (plans
de relance, appels à projets?) pour s?assurer que les projets portant sur ces enjeux stratégiques disposent
de possibilités consolidées de financement.
La mise en oeuvre du DSBM consistera également en la déclinaison des cadres d?actions qu?il propose en
actions et mesures concrètes, portées par une multitude d?acteurs. À ce titre, le secrétariat du CMUB,
appuyé par les membres du CMUB et plus largement les réseaux d?acteurs, recensera régulièrement les
initiatives, facilitera les mises en réseaux et contribuera à rendre davantage visibles les projets des territoires.
Ce suivi permettra de renseigner des indicateurs de réalisation des actions permettant la mise en oeuvre du
DSBM. La déclinaison de la stratégie de bassin en actions devra ainsi porter une vision intégrée de
développement du bassin et prévoir dans le cadre du suivi des indicateurs correspondants. Ce recensement
veillera notamment à identifier les cadres d?actions pour lesquels trop peu d?actions sont engagées. Une
animation particulière pourra alors être mise en place pour assurer le portage de ces actions orphelines. Un
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 94
bilan annuel sera produit, présenté et validé par le CMUB et largement diffusé pour que le grand public
continue à s?approprier les enjeux que le DSBM porte.
Ce suivi permettra également de s?assurer que les effets sur l?environnement du DSBM sont conformes à ce
que son rapport environnemental avait établi et que les mesures d?accompagnement, d?évitement, de
réduction et de compensation des effets négatifs notables soient mises en oeuvre.
Parmi les outils de mise en oeuvre des cadres d?actions, figurent les démarches de planification spatiale
marine (PSM). Elles permettront d?approfondir l?analyse stratégique sur des zones géographiques où
pourraient apparaître des conflits d?usage et ainsi contribuer à développer une vision intégrée sur les
territoires permettant un développement équilibré des activités. L?échelle de ces démarches est variable,
allant de territoires très circonscrit à l?ensemble du sud-ouest océan Indien.
Enfin, conformément à l?article R219-1-27 du code de l?environnement, le DSBM sera porté à la
connaissance des États voisins et pourra appuyer la conception et la mise en oeuvre de projets communs
dans les divers domaines maritimes de coopération. L?association des partenaires régionaux assurera un
partage d?expérience précieux et une plus grande efficacité pour traiter des enjeux environnementaux et de
développement qui dépassent les frontières.
Le suivi annuel de la mise en oeuvre du DSBM permettra également de préparer, à l?échéance des six ans de
son premier cycle, son évaluation. Celle-ci pourra considérer 3 axes principaux :
? L?organisation des différents acteurs (gouvernance, implication des partenaires?),
? La mise en oeuvre des objectifs et cadres d?actions
? Une analyse financière des actions.
Cette évaluation à six ans participera à la révision de cette stratégie, permettant notamment d?apporter des
pistes d?amélioration et des mesures correctives.
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 95
ANNEXES
Annexe 1 : Table des illustrations et cartes 98
Annexe 2 : Glossaire des sigles et acronymes 100
Annexe 3 : Cartes de la synthèse de l'état des lieux 103
Annexe 1 : Table des illustrations et cartes
? Illustrations
1. Carte des bassins maritimes ultramarins
2. L?île de la Réunion, vue de la mer © A. Bein
3. Coucher de soleil sur Mayotte © DMSOI
4. Manchot royal (Aptenodytes patagonicus) dans la manchotière de la Baie Américaine, archipel de
Crozet © Lise Chambrin
5. Carte du bassin maritime Sud océan Indien avec les ZEE françaises
6. Ambiance sous-marine, Europa, Iles Eparses © Jérôme Bourjea
7. Baleine à bosse et son baleineau, La Réunion © Guillaume Cottarel, GLOBICE
8. L?artificialisation du littoral est une pression pour les écosystèmes.
9. Affluence à la plage de l?Ermitage, La Réunion © Léa Suarez
10. Carapace d'une tortue braconnée, Mayotte © J.S. Philippe
11. Diversité des paysages des territoires du bassin. A gauche, Plage de Saziley, Mayotte © J.S. Philippe
;
12. Kerguelen, Terres Australes © TAAF
13. Le phare de Bel Air, La Réunion © DMSOI ;
14. Une pirogue à balancier, Mayotte
15. Conséquences de l'érosion du littoral, La Réunion © BRGM
16. L?étalement urbain (cas de Mamoudzou à Mayotte) © J.S. Philippe
17. Salle des opération, CROSS Sud Océan Indien(C) DMSOI CROSS
18. Le Marion Dufresne, navire des terres extrêmes © TAAF
19. Panneau de sensibilisation, sur les îlots (Conservatoire du Littoral, Mayotte © J.S. Philippe
20. Barque de pêche à La Réunion © CRPMEM
21. L?Albius affronte les eaux australes pour pêcher la légine © TAAF
22. Port de commerce de Longoni, Mayotte © DMSOI
23. Porte-conteneur, La Réunion
24. Dragage dans le Port Ouest, Réunion
25. Carénage d?un bateau de pêche et d?un catamaran de plaisance, La Réunion © J.S. Philippe
26. Départ de l'OSIRIS II, navire de surveillance © DMSOI-CROSS
27. Le Lyrial, navire de croisière de la compagnie PONANT © Davis Ringler
28. Port de plaisance à La Réunion (Port Ouest), avec au second plan, les catamarans de tourisme ©
J.S. Philippe
29. Ambiance sous-marine au niveau d?un récif frangeant à Mayotte © JS Philippe
30. Les Frégates militaires basées à La Réunion (© J.S. Philippe)
31. L?Astrolabe, patrouilleur polaire © TAAF
32. Récifs coralliens et espèces associées, Mayotte © J.S. Philippe
33. Hydrophone pour l'écoute des mammifères marins © J.S. Philippe
34. Cap Méchant, La Réunion © DMSOI
35. Mtsamboro, Mayotte © J.S. Philippe
36. Recul de la falaise, Pamandzi, Mayotte © BRGM
37. Déchets (pneus, filets de pêche, etc.) en mer © A. Bein
38. Déchets (pneus, filets de pêche, etc.) en mer © A. Bein
39. Les palangriers Manohal et Reder Mor à La Réunion © J.S. Philippe
40. Les palangriers Manohal et Reder Mor à La Réunion © J.S. Philippe
41. Saut de baleine, La Réunion © Laurent Debordes, GLOBICE
42. Prototype d'ETM, Saint-Pierre, La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 96
? Cartes
1. Carte des vocations du Parc naturel marin de Mayotte
2. Usages et activités liés au milieu marin à La Réunion
3. Carte des vocations du Parc naturel marin des glorieuses
4. Périmètre du site RAMSAR d?Europa (îles Eparses)
5. Zones de protection de la Réserve nationale des Terres australes françaises
6. État écologique des masses d?eau à Mayotte
7. État des masses d?eau à La Réunion
8. Zones couvertes par le CROSS de La Réunion
9. Espèces patrimoniales du Parc naturel marin de Mayotte
10. Évolution des herbiers du Parc naturel marin de Mayotte
11. Habitats du Parc naturel marin de Mayotte
12. Mortalité des coraux dans le Parc naturel marin de Mayotte
13. Surveillance du bassin des Mascareignes
14. Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique mer (ZNIEFF-Mer) à La Réunion
15. Dragage de l?entrée du Port Ouest de La Réunion
16. Lignes maritimes Asie du Sud ? Afrique
17. Lignes maritimes Europe ? océan Indien
18. Lignes maritimes Extrême Orient ? Afrique
19. Localisation des centres de plongée à La Réunion
20. Localisation des clubs de canoë-kayak à La Réunion
21. Range des ports de l?océan Indien
22. Trafic du fret maritime de l?Océan indien
23. Zones de pêche côtière à La Réunion
24. Câbles sous-marins
25. Zones de pêche à Mayotte
26. Erosion côtière à Mayotte (CEREMA)
27. Morphotypes du littoral de Mayotte (BRGM)
28. Plaisance et loisirs nautiques à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 97
Annexe 2 : Glossaire des sigles et acronymes
3P Pôle de protection des plantes
ACE Africa Coast to Europe
AEM Action de l?État en mer
AFD Agence française de développement
ANC Assainissement non collectif
APIOI Association des ports des îles de l?océan Indien
APP Autorisation de prospection préalable
APSOI Accord relatif aux pêches du sud l?océan Indien (SIOFA en anglais)
ARIPA Association réunionnaise interprofessionnelle de la pêche et de l?aquaculture
BPHU Bateaux de plaisance hors d?usage
BPJEPS
Brevet professionnel de la jeunesse, de l'éducation
populaire et du sport
CAPAM Chambre d?agriculture, de la pêche et de l?aquaculture de Mayotte
CCAMLR Convention sur la conservation de la faune et de la flore marines de l?Antarctique
CCIR Chambre de commerce et de l?industrie de La Réunion
CEA Commissariat à l?énergie atomique et aux énergies alternatives
CEREMA Centre d?étude et d?expertise sur les risques, l?environnement, la mobilité et l?aménagement
CIRAD Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement
CLOI Cruise line océan indien
CLOE Cellule locale pour l?environnement
CNES Centre national d?études spatiales
CNRS Centre national de la recherche scientifique
COI Commission de l?océan Indien
COVIPEM Comités villageois des pêcheurs et éleveurs marins
CPER Contrat de plan État-Région
CPSOOI Commission des pêches du Sud-Ouest de l?océan Indien
CROSS Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage
CRPMEM Comité régional des pêches maritimes et des élevages marins
CTOI Commission des thons de l?océan Indien (IOTC en anglais)
CUFR Centre universitaire de Mayotte
CYROI Cyclotron Réunion océan Indien
CZM Commandant de zone maritime
DAM Direction des affaires maritimes
DCP Dispositif de concentration de poissons
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 98
DDG AEM Délégué du gouvernement pour l?action de l?État en mer
DEAL Direction de l?environnement, de l?aménagement et du logement
DMSOI Direction de la mer du Sud océan Indien
DOM Département d?outre-Mer
DPQM Direction des pêches et des questions maritimes
EAMM École d?apprentissage maritime de Mayotte
EAMR École d?apprentissage maritime de La Réunion
EMR Énergies marines renouvelables
EMV Écosystèmes marins vulnérables
ETM Énergie thermique des mers
FEAMPA Fonds européen pour les affaires maritimes, la pêche et l?aquaculture
FEDER Fonds européen de développement régional
GPMDLR Grand port maritime de La Réunion
ICPE Installation classée pour la protection de l?environnement
IFRECOR Initiative française pour les récifs coralliens
IFREMER Institut français de la recherche pour l?exploitation de la mer
IOMOU Memorandum d?entente des états côtiers de l?océan Indien
IPEV Institut polaire français Paul-Émile Victor
IRD Institut de recherche pour le développement
ISM International Safety Management - Code international de gestion de la sécurité
ISPS
International Ship and Port Security ? Code international pour la sûreté des navires et des
installations portuaires
LION Lower Indian Ocean Network
METISS MEltingpoT Indianoceanic Submarine System
MNHN Muséum national d?histoire naturelle
NTIC Nouvelles technologies de l?information et de la communication
OI océan Indien
OPAR Observatoire de physique de l?atmosphère de La Réunion
ORC Observatoire des récifs coralliens
PC-AEM Centre opérationnel de l'action de l'État en mer de Mayotte
PCP Politique commune de la pêche
PMT Palmes-Masque-Tuba
PNA Plan national d?action
PNMG Parc marin des Glorieuses
PNMM Parc naturel marin de Mayotte
PPRL Plan de prévention des risques littoraux
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 99
PRCP Plan régional de contrôle des pêches
PSCMM Plan de surveillance et de contrôle des activités pour la protection du milieu marin
PSIP Plans de sûreté des installations portuaires
PSP Plans de sûreté portuaire
RMD Rendement maximum durable
RNMR Réserve naturelle marine de La Réunion
RNN-TAF Réserve naturelle nationale des terres australes françaises
RUP Région ultrapériphérique (territoire de l?Union Européenne)
SAFE South Africa ? Far East
SEAS-OI Surveillance de l?environnement assistée par satellite pour l?océan Indien
SEOR Société d?étude ornithologique de La Réunion
SHS Sciences humaines et sociales
SIH Système d?informations halieutiques
SNSM Société nationale du sauvetage en mer
SPEREN Société réunionnaise pour l?étude et la protection de la nature
STCW
Convention internationale sur les normes de formation des gens de mer, de délivrance des
brevets et de veille
STRATOM Stratégie territoriale pour les Outre-mer
STM Service des transports maritimes de Mayotte
STS Sciences-Technologies-Santé
SWAC Sea Water Air Conditioning ? climatisation à l?eau naturellement froide
TAAF Terres australes et antarctiques françaises
TAC Taux admissibles de capture
TICE Traité d?interdiction complète des essais nucléaires
UICN Union internationale de conservation de la nature
UMR Unité mixte de recherche
VCSM Vedette côtière de surveillance maritime
WACS West Africa Cable System
ZEE Zone économique exclusive
ZMSOI Zone maritime Sud océan Indien
ZNIEFF Zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 100
Annexe 3 : Cartes de la synthèse de l?état des lieux
Carte 6 : État
écologique des
masses d?eau à
Mayotte
Carte 7 : État
des masses
d?eau à La
Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 101
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 102
Carte 9 : Espèces
patrimoniales du
Parc naturel marin
de Mayotte
Carte 8 : Zones
couvertes par le
CROSS de La
Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 103
Carte 11 : Habitats du Parc naturel marin de Mayotte
Carte 10 : Évolution des
herbiers du Parc naturel marin
de Mayotte
Carte 12 : Mortalité des coraux dans le Parc naturel marin de Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien 104
Carte 12 : Mortalité des coraux
dans le Parc naturel marin de
Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
105
Carte 13 : Surveillance du bassin des Mascareignes
Carte 14 : Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique mer (ZNIEFF-Mer) à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
106
Carte 15 : Dragage de l?entrée du Port
Ouest de La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
107
Carte 16 : Lignes maritimes Asie du Sud ? Afrique
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
108
Carte 17 : Lignes maritimes Europe ? Océan Indien
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
109
Carte 18 : Lignes maritimes Extrême Orient - Afrique
Carte 19 : Localisation des centres de plongée à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
110
Carte 20 : Localisation des clubs de canoë-kayak à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
111
Carte 21 : Range des ports de l?océan Indien
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
112
Carte 22 : Densité de la navigation maritime dans l?Océan indien
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
113
Carte 23 : Zones de pêche côtière à La Réunion
Carte 24 : Câbles sous-marins
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
115
Carte 25 : Zones de pêche à Mayotte
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
116
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
117
Carte 26 : Carte de l'érosion côtière
à Mayotte (CEREMA)
Carte 27 : Cartes des morphotypes
du littoral de Mayotte (BRGM)
Carte 28 : Plaisance et loisirs nautiques à La Réunion
Document stratégique de bassin maritime Sud océan Indien
118
INVALIDE)