Feuille de route pour l'économie bleue durable ultramarine à l'horizon 2030
Auteur moral
Direction Générale des Affaires Maritimes, de la Pêche et de l'Aquaculture (DGAMPA)
;France. Direction générale des Outre-mer (DGOM)
Auteur secondaire
Résumé
Le mardi 10 juin, lors de la Conférence des Nations Unies sur l'Océan qui s'est tenue à Nice, la direction générale des outre-mer (DGOM) du ministère des Outre-Mer, et la direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l'aquaculture (DGAMPA) du ministère de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche, ont cosigné la feuille de route pour une économie bleue durable ultramarine à l'horizon 2030, en présence de nombreux acteurs du monde maritime et d'élus des Outre-mer. Ce document a été élaboré à la suite de la rencontre entre les élus ultramarins et le Président de la République le 7 septembre 2022. Il répond à la volonté commune de construire, avec les territoires, des politiques publiques plus efficaces et adaptées à leurs singularités. Il a été élaboré de manière concertée et fait apparaître les grands enjeux et défis qu'impliquera sa mise en oeuvre.
Editeur
Ministère de transition écologique
Descripteur Urbamet
économie
;mer
;littoral
;biodiversité
;développement durable
;protection de l'environnement
;pêche (secteur d'activité)
;tourisme
;changement climatique
;transport maritime
;formation
;port
Descripteur écoplanete
ressource marine
;océan
Thème
Maritime
Texte intégral
1
Feuille de route
pour l?économie
bleue durable
ultramarine
à l?horizon 2030
2
SOMMAIRE
MOT DES AUTORITÉS......................................................4
INTRODUCTION...............................................................6
SECTION 1 : POTENTIEL ET DEFIS POUR
L? ÉCONOMIE BLEUE ULTRAMARINE
A L?HORIZON 2030..........................................................12
SECTION 2 : PRIORITÉS COMMUNES IDENTIFIEES
A L?ISSUE DES TRAVAUX DE CONCERTATION..........21
SECTION 3 : MESURES OPÉRATIONNELLES
PAR TERRITOIRE.............................................................30
ANNEXES-CRÉDITS NATIONAUX...............................69
FONDS EUROPÉENS.......................................................70
BIBLIOGRAPHIE..............................................................71
SECTION 3 : MESURES OPÉRATIONNELLES
PAR TERRITOIRE.............................................................30
3
© Alexis Rosenfeld
4
La publication de la feuille de route pour l?économie bleue ultramarine vient concrétiser un objectif
défini dans le cadre du comité interministériel de la mer du 17 novembre 2023 et confirmé par la
stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML) 2024-2030.
A travers nos Outre-mer, la France rayonne sur trois océans. Partout, les atouts et le potentiel issus
de la mer sont considérables.
Au regard de la prégnance des défis économiques, sociaux et environnementaux de chaque
territoire, l?économie bleue est un levier qui ne doit pas être négligé.
Développer la formation maritime à travers la création d?un établissement dédié à l?enseignement
maritime ou l?ouverture d?un nouveau diplôme, c?est offrir des opportunités concrètes d?insertion
et d?épanouissement à nos jeunes ultramarins.
Défendre la révision des lignes directrices de la politique commune des pêches et se battre pour le
renouvellement de la flotte de pêche dans les régions ultrapériphériques françaises, c?est défendre
un modèle économique et social qui contribue à la souveraineté alimentaire de chaque territoire
ultramarin.
Soutenir le développement des énergies marines renouvelables, c?est valoriser nos Outre-mer
comme terres d?innovation et territoires pionniers dans l?adaptation au changement climatique.
Développer nos infrastructures portuaires ultramarines, c?est conforter le positionnement
stratégique et la souveraineté de la France, au coeur du commerce maritime mondial.
Protéger la biodiversité marine et prévenir les pollutions en mer, c?est défendre un patrimoine
naturel exceptionnel dont nous pouvons collectivement être fiers.
Ainsi, il est aujourd?hui essentiel de tenir compte des besoins spécifiques des acteurs ultramarins du
monde maritime sous le prisme de la durabilité économique.
En mettant en perspective les priorités communes à nos territoires avec les défis de l?économie
ultramarine à horizon 2030, la présente feuille de route vise à définir les grandes orientations qui
doivent guider la mise en oeuvre des politiques publiques maritimes au niveau local.
La concertation des acteurs locaux a été au coeur de la méthode, afin de prendre en
considération les spécificités de chaque territoire. La feuille de route définit le cadre, rappelle les
outils et identifie les priorités: il revient désormais à l?ensemble des membres des communautés
maritimes ultramarines de s?approprier ce document, et surtout, de le faire vivre.
En effet, l?économie bleue doit être une matière vivante, en particulier dans les territoires
ultramarins.
Les Outre-mer seront à l?honneur de la troisième conférence des Nations Unies pour l?océan (UNOC),
comme l?illustre le Pavillon des Trois Océans situé au coeur de la Baleine, à Nice. Il s?agit d?une
formidable tribune pour faire connaître les atouts de nos territoires et créer les synergies
nécessaires au développement de l?économie bleue ultramarine.
MOT DE MONSIEUR MANUEL VALLS,
MINISTRE D?ETAT, MINISTRE DES
OUTRE-MER
5
La feuille de route pour l?économie bleue ultramarine est l?aboutissement d?un travail commun entre
l?État et les territoires d?outre-mer. Elle marque une volonté forte de bâtir ensemble des politiques
publiques plus efficaces et mieux adaptées aux réalités locales.
En tant que ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la
Pêche, je réaffirme l?engagement du Gouvernement à travailler étroitement avec chaque territoire
ultramarin. Notre ambition est claire : construire une économie bleue à la fois prospère, durable et
inclusive.
Ce document stratégique vise à accompagner les territoires ultramarins dans le développement
durable de leurs activités maritimes et littorales d?ici 2030. Il s?inscrit dans la perspective
d?atteindre la neutralité carbone, de renforcer la résilience des territoires et des écosystèmes,
d?améliorer le bien-être des populations et de consolider la compétitivité de notre économie bleue.
Ces priorités s?intègrent pleinement dans la Stratégie nationale pour la mer et le littoral
(SNML), révisée pour la période 2024-2030, ainsi que dans les stratégies de bassins maritimes
actuellement mises en oeuvre dans les Antilles, en Guyane, dans le sud de l?océan Indien et à
Saint-Pierre-et-Miquelon. Construites de manière participative avec les acteurs locaux, ces
stratégies traduisent notre volonté de promouvoir une gouvernance maritime partagée, fondée sur
les besoins et les spécificités de chaque territoire.
La feuille de route aborde un large éventail de thématiques, allant de l?attractivité des métiers
de la mer au développement d?un transport maritime performant, en passant par la structuration
de pôles de recherche stratégiques. Parmi ces priorités, le renouvellement de la flotte de pêche
constitue un enjeu majeur pour la structuration de l?économie bleue dans les outre-mer.
La pêche est en effet un pilier essentiel de l?économie bleue ultramarine. Renouveler les navires,
c?est non seulement garantir la durabilité de l?exploitation des ressources halieutiques, mais aussi
renforcer la compétitivité économique des filières locales.
Dans le contexte de la troisième Conférence des Nations Unies pour l?océan (UNOC), la mise
en oeuvre de cette feuille de route positionnera la France et ses outre-mer comme des acteurs
engagés dans un développement territorial inclusif au service d?un leadership maritime mondial.
MOT DE MADAME
AGNES PANNIER-RUNACHER,
MINISTRE DE LA TRANSITION ECOLOGIQUE,
DE LA BIODIVERSITE, DE LA FORET,
DE LA MER ET DE LA PECHE
6
La feuille de route pour l?économie bleue ultramarine présente les priorités
exprimées par les territoires d?outre-mer pour accompagner le développement
durable de leurs activités maritimes et littorales, à l?horizon 2030 et au-delà.
Elle rassemble et répertorie les développements communs et spécifiques de
l?économie bleue sur chacun des territoires en établissant des pistes d?action
pour son déploiement local, en lien avec les stratégies conduites par l?Etat et
les projets de feuille de route des collectivités territoriales et gouvernements
locaux.
Ces priorités et mesures opérationnelles constituent des leviers de croissance
bleue contribuant à l?exercice de gestion intégrée de la mer et du littoral des 10,9
millions de km² de zone économique exclusive française (ZEE), située à 97 % en
outre-mer1.
Pour accompagner les territoires, un comité, animé par la Direction générale des
outre-mer (DGOM) et la Direction générale des affaires maritimes, de la pêche
et de l?aquaculture (DGAMPA) et rattaché au conseil national de la mer et des
littoraux, assurera le suivi de la mise en oeuvre de la feuille de route, en associant
les collectivités et l?ensemble des parties prenantes concernées, notamment
les comités maritimes ultramarins de bassins ainsi que les différents services de
l?Etat concernés. Ce suivi et les indicateurs dédiés qui seront établis permettront
de suivre l?évolution et le déploiement d?une économie bleue durable dans les
territoires ultramarins et contribueront au rapportage prévu pour la stratégie
nationale mer et littoral 2024-2030.
A court terme, la mise en oeuvre de la feuille de route s?inscrit dans l?horizon
de l?Année de la mer, qui a débuté le 1er janvier 2025. En juin 2025 aura lieu
la troisième Conférence des Nation Unies sur l?Océan (UNOC) organisée par la
France et le Costa Rica à Nice.
Dix ans après la COP21 et l?Accord de Paris, l?UNOC-3 entend réunir l?ensemble
des Etats-membres des Nations Unies, les agences spécialisées, la société
civile, le secteur privé et les donateurs internationaux autour des enjeux liés aux
espaces maritimes. Ce sommet permettra de poursuivre les efforts pour la
bonne inclusion des territoires d?outre-mer au déploiement de l?économie bleue
et plus largement à la gestion intégrée de la mer et du littoral.
1. A titre d?exemple, la ZEE de l?île de La Passion-Clipperton équivaut à la ZEE de l?hexagone.
Introduction
7
Comment a été élaborée
cette feuille de route?
A quels territoires s?adresse
cette feuille de route?
La feuille de route pour l?économie bleue ultramarine est le fruit d?un travail de
concertation proposé par le Gouvernement afin de répondre à l?attente des élus
ultramarins, lors de leur rencontre avec le Président de la République le 7 septembre
2022, de construire avec les territoires des politiques publiques plus efficaces et
adaptées à leurs singularités.
Elle a fait l?objet de consultations écrites et de réunions de synthèse conduites par les
préfets et hauts-commissaires, auprès des acteurs du monde maritime local, et par la
DGOM et la DGAMPA auprès des services déconcentrés et des collectivités.
Ces concertations ont permis d?identifier, par champs d?intervention, des priorités
communes (section 2) et des mesures opérationnelles par territoire (section 3), pour
le déploiement de l?économie bleue en outre-mer.
La feuille de route permet de donner davantage de visibilité aux singularités
locales par rapport aux autres stratégies et de conforter l?importance des secteurs
maritimes ultramarins comme leviers de croissance pour les filières en leur permettant
de créer de la valeur et des emplois souvent non délocalisables et attractifs. Du fait
de leurs richesses et spécificités maritimes diverses, mettre l?accent sur un mode de
gouvernance bleue durable est un enjeu stratégique pour les outre-mer français.
La feuille de route s?adresse à l?ensemble des territoires ultramarins : Guadeloupe,
Guyane, La Réunion, Martinique, Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie française,
Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna et les Terres
australes et antarctiques françaises (TAAF).
L?île de la Passion-Clipperton ne disposant pas de population permanente,
des politiques publiques spécifiques y sont déployées.
8
Dans quel cadre s?inscrit
cette feuille de route?
? Les exercices de gestion intégrée de la mer et du littoral, en application
de la directive-cadre planification de l?espace maritime (DCPEM) avec, au
niveau national, la stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML),
et au niveau territorial pour les bassins Antilles, Guyane et Sud Océan
Indien, les documents stratégiques de bassins maritimes (DSBM) en vigueur ;
? La stratégie nationale portuaire (SNP) qui encadre l?ensemble des actions
publiques relatives au développement économique des ports de commerce
et de leurs hinterlands ainsi qu?à leur participation à la décarbonation de
l?économie, des transports, à la transition énergétique, ou encore, à la préservation
de la biodiversité et à l?adaptation des ports aux effets du changement climatique;
? La stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) 2030 qui traduit l?engagement
de la France au titre de la convention sur la diversité biologique (1992). Cette
stratégie fixe des objectifs visant à réduire les pressions sur la biodiversité,
protéger et restaurer les écosystèmes et susciter des changements en
profondeur afin d?inverser la trajectoire du déclin de la biodiversité.
Les Outre-mer, qui concentrent 80 % de la
biodiversité nationale, constituent un enjeu majeur de cette stratégie ;
? La stratégie nationale bas carbone (SNBC) qui fixe les priorités en matière de lutte
contre le changement climatique.
? L?objectif de développement durable n°14 des Nations unies«conserver et
exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins
du développement durable »;
? L?objectif 16 de la stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML) 2024-2030:
« accompagner dans les Outre-mer le développement de l?économie bleue et
valoriser une biodiversité préservée, selon les particularités et les atouts de
chacun»,dont l?une des mesures est d?« adopter une feuille de route ambitieuse
pour le développement de l?économie bleue dans les Outre-mer français » ;
? La mesure B1.7 « construction d?une feuille de route pour l?économie bleue
ultramarine» du comité interministériel de la mer du 17 novembre 2023.
La feuille de route intervient en application de:
Elle donne corps aux stratégies conduites par l?Etat :
9
La feuille de route s?inscrit également dans le cadre de la circulaire du 10 juillet
20241 sur la coordination de l?action du Gouvernement dans les outre-mer, visant le
«réflexe outre-mer» dans toutes les réformes et tous les projets impliquant la puissance
publique.
Elle intervient en complément des projets de feuille de route économie bleue conduits
par les gouvernements locaux de Nouvelle-Calédonie et de Polynésie française.
Elle prend en compte la stratégie de développement de Wallis et Futuna 2017-2030.
. https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf/circ?id=45575
Qu?est-ce que l?économie
bleuedurable et quels sont les
champs d?intervention en cours
de développement
communément identifiés en
outre-mer ?
La Commission européenne décrit l?économie bleue comme « tous les secteurs
et toutes les industries liées aux océans, aux mers et aux côtes, qu?ils relèvent du
milieu marin (comme le transport maritime, la pêche, la production d?énergie) ou du
milieu terrestre (comme les ports, les chantiers navals, l?aquaculture terrestre et la
production d?algues ainsi que le tourisme littoral) ».
Selon la communication de la Commission européenne relative à une nouvelle
approche pour l?économie bleue durable dans l?Union européenne de 2021, les
objectifs de transformation dans les chaînes de valeur des secteurs du maritime se
traduisent par:
L?atteinte des objectifs de neutralité climatique et de zéro pollution
Le dévéloppement de l?économie circulaire et la prévention des déchets
La préservation et la protection de la biodiversité
La résilience côtière, en privilégiant les infrastructures vertes
contribuant à préserver la biodiversité, les écosystèmes et
les paysages côtiers notamment
Le développement de systèmes alimentaires respon-
sables
2
3
3.
2
https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:52021DC0240&qid=1705499035536
10
Selon les travaux du Comité France Maritime, « l?économie maritime française est
composée de cinq secteurs dits « traditionnels » : le transport maritime, la pêche,
l?industrie et la construction navale et nautique, les télécommunications/câbles
sous-marins et les ressources énergétiques. Ces cinq secteurs sont complétés par
cinq secteurs « émergents » tels que les ressources minérales, le tourisme, les
biotechnologies, les énergies marines renouvelables et l?aquaculture. Pour atteindre
l?objectif d?un développement durable de l?économie maritime, ces dix secteurs
précités devront utiliser le dynamisme de dix autres secteurs qui leurs sont
communs à savoir l?environnement, les infrastructures portuaires et les réseaux,
les infrastructures en mer, les digues et polders, le numérique, les sciences et
l?innovation, les services (assurance, courtage, droit et finance), la sûreté et la sécurité,
la surveillance et enfin la formation. »
En d?autres termes, l?économie bleue est une économie composée de plusieurs
secteurs d?activités qui contribuent à la gestion intégrée de la mer et du
littoral, dans une perspective de développement durable, à savoir concourant à la
résilience des territoires et des écosystèmes maritimes et littoraux; au bien-être des
populations, salariés et acteurs du maritime et des zones littorales ; et à la
compétitivité de l?économie maritime et littorale. Il s?agit de 3 des priorités de
la stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML). L?économie bleue est le
résultat d?une économie locale basée sur la mise en valeur de ses spécificités
maritimes comme source solide de développement tout en maintenant des océans
en bonne santé.
A l?échelle des outre-mer, les champs d?intervention en cours de développement
communément identifiés à l?issue des concertations figurent dans le schéma
ci-après:
4.
4
L?économie bleue en France, CFM, édition 2022
11
Sécurité
maritime et sûreté
portuaire
Industrie,
construction
et réparation
navales
Déploiement
d?un tourisme
bleu
Développement
d?un transport
maritime
ultramarin
concurrentiel
Promotion de la
recherche et de
l?innovation bleue
Protection
du patrimoine
naturel des
territoires
Exploitation
durable des
ressources
halieutiques et
développement
de l?aquaculture
Attractivité
des métiers
de la mer
L?ECONOMIE
BLEUE DURABLE
EN OUTRE-MER
12
SECTION 01
POTENTIEL ET DEFIS
POUR L?ECONOMIE
BLEUE ULTRAMARINE
A L?HORIZON 2030
13
Port de Pariacabo, Guyane
©DGOM
14
? Mayotte et La Réunion hébergent un quart des espèces mondiales de
mammifères marins.
? La Nouvelle-Calédonie possède la deuxième plus longue barrière
récifale du monde, où vivent plus de 9000 espèces marines identifiées la
surface récifale de la Polynésie française couvre 15000 km2 de récifs et lagons,
soit plus d?un quart (26 %) de la surface totale des récifs coralliens français.
? La Guyane héberge 70 % des mangroves françaises.
? Dans les Antilles françaises, les services écosystémiques des récifs coralliens
sont estimés à près de 340 millions d?euros.
? Saint-Pierre-et-Miquelon est le seul territoire d?outre-mer situé en Atlantique
nord reconnu pour sa biodiversité marine subarctique.
? Les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) représentent plus
de 2,2 millions de km², soit plus de 20 % du territoire maritime français et
abritent l?une des plus riches communautés d?oiseaux marins du monde, dont
la première population mondiale de manchots royaux.
Les espaces maritimes et littoraux ultramarins abritent
une biodiversité exceptionnelle,
soumise à plusieurs pressions.
Couvrant 97 % de la zone économique exclusive française (ZEE) de près de
11 millions de km², les outre-mer concentrent 80 % de la biodiversité française.
Dans un contexte de changement climatique, cette biodiversité exceptionnelle
subit d?importantes pressions liées à certains phénomènes naturels (acidification
des mers, canicules marines, blanchiment des coraux, évolution des espèces et
des ressources) ou d?origine anthropique (surexploitation de certaines ressources
halieutiques, extraction des ressources fossiles et les risques générés, multiplication
des axes de transport maritime,accentuation des flux touristiques sur les littoraux,
pollutions issues des activités terrestres par les eaux usées). Ces éléments menacent
l?équilibre et la résilience des écosystèmes marins. Par exemple, 80 % des récifs
coralliens sont dégradés aux Antilles. Près de 60 % des habitats littoraux sont
fortement dégradés à La Réunion. 70,5 % des masses d?eau ont été évaluées de
qualité moyenne à médiocre à Mayotte. En Guyane, 84 % des habitants recensés
résident sur les communes littorales, fortement exposées aux évolutions du trait
de côte qui peuvent atteindre des variations annuelles comprises entre 100 et 300
mètres par an, pour les côtes les plus sensibles à l?érosion.
5.
5
6.
6
7
7.
8.
8
DSBM SOI 2020-2026.
Chiffres clés 2021 du Gouvernement de Nouvelle-Calédonie.
Comité Ifrecor Polynésie français.
Ifrecor, donnée DSBM Antilles 2021-2027.
9.
9
10.
10
11.
11
TAAF- 2019-2020, bilan d?activité.
DSBM 2021-2027.
DSBM SOI 2020-2026.
15
La gestion intégrée de la mer et du littoral vise à
réduire ces impacts, tout en favorisant
le développement économique et social
des territoires.
Concrètement, le déploiement de l?économie bleue
dans les territoires implique de mobiliser
le potentiel de chacun des champs d?intervention
identifiés lors des concertations pour l?élaboration de
la feuille de route.
Les documents stratégiques des bassins maritimes (DSBM) en vigueur aux
Antilles, en Guyane et dans le sud océan Indien exposent précisément les différentes
pressions subies à l?échelle des bassins respectifs de ces territoires et établissent,
sur la base d?un état des lieux, une vision stratégique pour l?avenir de leurs
espaces maritimes et littoraux, incluant des priorités et des actions ciblées pour le
développement durable de leurs usages sociaux et économiques.
Les gouvernements locaux de Nouvelle-Calédonie, Polynésie française et
Wallis-et-Futuna travaillent également à l?élaboration de stratégies de gestion
intégrée de la mer et du littoral, co-construites avec les parties prenantes, afin
d?inclure aux perspectives de développement économique et social de leurs
territoires, la sauvegarde des équilibres écologiques et biologiques.
Dans son communiqué de presse « Vers une gestion intégrée de l?espace
maritime de la Nouvelle-Calédonie », le Gouvernement de Nouvelle-Calédonie
mentionne ainsi l?importance de cohérence entre l?approche par secteur d?activité ?
exploitation des ressources halieutiques, tourisme bleu, innovation et recherche, ? ?
et les objectifs de gestion des différents espaces maritimes et littoraux.
Le rapport du Sénat de février 2022 met en avant le potentiel sous-exploité des
outre-mer et l?importance d?accompagner leur transition économique.
La délégation sénatoriale aux outre-mer insiste sur la nécessité de structurer
l?économie bleue.
L?étude de 2022 pilotée par la DGOM évalue le potentiel des territoires
ultramarins dans le secteur de l?économie bleue à horizon 2050. Trois scénarios,
articulés autour du changement climatique, ressortent de cette étude : un scénario
optimiste avec une transition écologique réussie, un scénario intermédiaire et enfin,
un scénario catastrophique dans lequel les ressources et territoires habitables sont
en constante diminution. La notion d?économie bleue « durable » induit alors un
développement pérenne de l?économie maritime dans une volonté de lutter contre le
réchauffement climatique.
DSBM SOI 2020-2026.12.
12
16
Les activités maritimes en outre-mer sont généralement concentrées sur la pêche,
le transport maritime, les activités portuaires, le tourisme, la plaisance et le
nautisme. D?autres secteurs émergent tels que l?aquaculture ou celui des énergies
marines renouvelables mais font face à des défis structurants notamment liés au
changement climatique et aux singularités géographiques des territoires (isolement,
éloignement, insularité pour certains et risques cycloniques auxquels ils sont exposés
ou l?exposition à des aléas naturels singuliers).
Formation et emploi
Pêche et aquaculture ? exploitation
durable des ressources halieutiques et
développement de l?aquaculture
Protection du patrimoine naturel
En 2019, l?emploi maritime concentre plus de 525 000 emplois, pour une valeur
ajoutée de 43 milliards d?euros. A l?échelle des territoires d?outre-mer, il représente
en 2018 près de 12500 emplois, soit 2,4 % de l?emploi marchand. Le défi principal
réside dans l?adaptation et l?attractivité de l?offre de formation locale pour répondre
aux besoins spécifiques d?emploi des territoires.
Une mission d?inspection a été mandatée par le Gouvernement en juin 2024 pour
recenser l?offre de formation outre-mer en faveur de l?emploi maritime, navigant
et à terre. Les recommandations que cette mission devrait formuler au cours de
l?année 2025 pourront utilement servir à compléter cette offre de formation pour
tirer parti du potentiel de développement particulièrement important de
l?économie bleue et pour anticiper et préparer l?évolution des compétences qui
permettront d?accompagner la transition écologique.
Le secteur de la pêche est essentiel pour nourrir les populations locales.
C?est une source majeure d?emplois pour les populations et indispensable au
développement économique des territoires. L?un des enjeux de l?économie bleue
est la préservation des ressources naturelles et des écosystèmes marins dont elles
dépendent, à un niveau biologiquement durable pour la bonne santé des océans.
La protection du patrimoine naturel maritime par des mesures de gestion
spécifiques pour l?exercice de l?ensemble des activités maritimes (pêche, recherche,
tourisme, transport maritime, surveillance de la navigation) est essentielle pour une
utilisation durable et intégrée des espaces maritimes.
13.
14.
15.
Article 349 Traité de fonctionnement de l?Union européenne
Chiffres clés de la mer et du littoral 2024, SDES
Étude IEDOM-IEOM, 2018
13
14
15
17
Dans le respect de cet équilibre entre préservation de la ressource et capacités de
pêche, le renouvellement de la flotte ultramarine est un objectif primordial pour
que les professionnels puissent disposer de navires modernes (moins polluants,
répondant aux normes de sécurité et améliorant les conditions de travail des
marins). La spécificité des flottes de pêche immatriculées dans les régions
ultrapériphériques a été reconnue dès 2018 par la Commission européenne.
Après de longues négociations, elle a autorisé en 2022 la possibilité de financer la
construction d?unités de pêche productives neuves dans le cadre de régimes d?aides
d?Etat notifiés. Chaque année, la Commission européenne rend un avis sur la base
d?un rapport capacité rédigé par les services de l?Etat. Cet avis autorise ou non
des segments de flotte de pêche ultramarine à bénéficier d?aides d?Etat pour le
nouvellement de leurs capacités de production. L?Etat porte une attention
particulière dans la défense des intérêts des territoires à l?occasion de ces décisions
annuelles.
Parmi les enjeux structurants du secteur de la pêche figure également l?endiguement
de la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN), en particulier en Guyane,
du fait des pressions exercées sur les ressources halieutiques. A titre d?exemple, au
premier semestre de l?année 2024, les autorités françaises en Guyane ont contrôlé
126 navires battant pavillon tiers à l?Union européenne en infraction pêche INN.
Tourisme bleu, plaisance et nautisme
Adaptation au changement climatique,
énergies marines renouvelables, biotechnologies
? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
Le secteur du nautisme et de la plaisance est en plein essor. Il représente un
potentiel fort d?emploi, de structuration et de régulation des usages, notamment
par la sensibilisation et l?éducation au développement durable.
La plaisance touristique polynésienne permet au territoire de bénéficier des
retombées économiques similaires aux exportations du secteur de la pêche ou
près de trois fois supérieures aux exportations de vanille ou de monoï. De même, le
bassin caribéen est actuellement l?un des premiers bassins de navigation et de
pratique nautique au monde. La Martinique est devenue en un peu plus d?une
décennie une place incontournable de la filière nautique antillaise, notamment pour
la location, l?entretien et la réparation de navires de plaisance, avec 260 entreprises
pour environ 1000 emplois. La plaisance et le nautisme font l?objet d?une feuille de
route nationale actuellement en cours d?élaboration avec la filière. La Guadeloupe
abrite quant à elle la plus grande Marina des petites Antilles avec 1 131 anneaux
dédiés aux plaisanciers et aux loueurs de Point-à-Pitre.
Sur le plan de la transition énergétique, les énergies marines renouvelables (EMR)
constituent une opportunité de mix énergétique et font l?objet d?études de
potentiel dans les territoires d?outre-mer.
18
Sur le plan économique et de la communication, 90 % du commerce international se
fait par voie maritime. La France dispose d?un réseau portuaire dense constitué de
grands ports de commerce, notamment en outre-mer, connectés aux grandes routes
maritimes et axes logistiques stratégiques. Le transport multimodal (marchandises
acheminées par au moins deux types de transport) tend également à se déployer en
outre-mer et permettrait de désengorger certains axes routiers. Certains territoires
d?outre-mer dépendent de leurs grands ports maritimes pour optimiser et maintenir
une connexion au niveau régional et avec l?hexagone.
Au niveau national, le transport maritime de marchandises s?est élevé à 326,1 millions
de tonnes en 2023. Les ports de Guadeloupe, Guyane, La Réunion et Martinique y
contribuent, notamment pour le transit régional et les échanges internationaux. En
Martinique, par exemple, le grand port maritime totalise un trafic de conteneurs de
plus de 187252 équivalent vingt pieds (EVP) en 2023 et de 216006 EVP pour le grand
port maritime de Guadeloupe. Pour La Réunion, un trafic de conteneurs d?environ
393000 EVP a transité par les installations portuaires du grand port maritime en
2021.
Sur le plan scientifique et de la recherche, il s?agit de mieux connaître les grands
fonds marins, dont moins de 3 % ont été explorés jusqu?à présent dans le monde,
notamment leur rôle dans la régulation du climat.
17.
17
France 2030: 11 lauréats pour investir le champ des grands fonds marins:
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/documents/23.04.2024%20-%20DP%20Grands%20Fonds%20Marins.pdf
19.
18.
18
https://www.senat.fr/rap/r21-546/r21-546.html
Transport maritime de marchandises, SDES, 2024
Transport maritime - développer un
transport martinime ultramarin concurrentiel
Le rapport du Sénat précité de février 2022 appelle à renforcer la surveillance et la
défense des territoires face aux enjeux tels que la pêche illicite, non déclarée et non
réglementée (INN) et la piraterie.
Sécurité maritime et sûreté portuaire
19
Industrie, construction et réparation
navale
L?industrie navale française repose sur un savoir-faire technique historique,
soutenu par une recherche maritime de haut niveau. L?excellence de sa flotte navale
(navires militaires, de commerce et de plaisance) lui permet d?être une puissance
exportatrice, disposant d?un pavillon internationalement reconnu.
19
Source des données: Office français pour la biodiversité (OFB)
Île de la Passion
20
EN RÉSUMÉ
??Espaces maritimes : 97 % de la ZEE française située en outre-mer
??90 % du commerce se fait par voie maritime
??80 % de la biodiversité française se trouve en outre-mer
??Adaptation au changement climatique dans les services écosystémiques
naturels
??Recherche et innovation bleues
??Tourisme bleu durable
??Espaces maritimes comme source majeure d?emploi, territoires attractifs
pour les jeunes entrepreneurs
??Renouvellement de la flotte de pêche et gestion halieutique durable
??Synergies par bassin
??Coopération régionale : transport maritime concurrentiel
??Année de la mer 2025, Conférence des Nations Unies sur l?Océan (UNOC-3)
?? Insularité et manque de connectivité
??Manque de main-d?oeuvre qualifiée
??Faiblesse d?investissement
??Peu d?intégration des outre-mer dans les dynamiques régionales
??Territoires principalement tournés vers l?Union européenne
??Manque de connaissances sur l?etat des stocks halieutiques et des
écosystèmes marins
??Limite de moyens de contrôle, de surveillance et de souveraineté en mer
??Territoires en première ligne face au changement climatique
(cyclones, sargasses, montée des eaux)
??Pêche illicite, non réglementée, non déclarée (INN)
??Trafic de stupéfiants et criminalité en mer
?? Impact du chlordécone sur la pêche et les écosystèmes marins
??Déchets portuaires, de l?industrie navale et des activités de pêche
Avantages
Opportunités
Faiblesses
Menaces
21
SECTION02
PRIORITES COMMUNES
IDENTIFIEES A L?ISSUE
DES TRAVAUX DE
CONCERTATION
22
Pêche dans le lagon de Mayotte
© Lizot Pierrick
23
? Sensibiliser aux enjeux maritimes ;
? Développer des offres de formation continues et diversifiées : assurer des
formations de marins-pêcheurs, moderniser les outils pédagogiques, renforcer
l?attractivité des formations, adapter les compétences des formateurs aux
spécificités ultramarines des filières maritimes, valoriser les qualifications,
intégrer un prisme environnemental dans les formations, former à la gestion
environnementale des ports de plaisance, mutualiser certaines formations
du nautisme et de la plaisance (passerelles/équivalences), développer la
communication autour de l?offre professionnelle ;
? Etendre l?emploi: favoriser l?installation des jeunes entrepreneurs et l?emploi des
populations locales ;
? Promouvoir la place des femmes dans les métiers de la mer ;
? Encourager la formation de bénévoles pour la sécurité en merdans les territoires;
? Etudier la possibilité de déployer une filière de « mentorat dans l?univers
maritime» pour accompagner les jeunes d?outre-mer par des professionnels issus
de l?ensemble des filières maritimes et contribuer ainsi à faire naître des vocations;
? Favoriser l?insertion de personnel ultramarin dans la marine par le biais du service
militaire adapté (SMA), lequel a noué récemment un partenariat avec la Marine
nationale ;
Les résultats de la mission d?inspection sur la formation maritime outre-mer (voir
page 17) attendus en 2025 permettront d?enrichir, d?éclairer et d?approfondir les
mesures «formation» contenues dans cette feuille de route.
Les documents de planification maritime et stratégies gouvernementales applicables aux territoires
des bassins maritimes Antilles, Guyane, Sud Océan Indien et Saint-Pierre-et-Miquelon :
? Objectif 9 de la SNML 2 « Affirmer les dimensions sociales et durables des
activités maritimes et consolider les formations initiales et continues pour répondre
à l?évolution des besoins ». Cet objectif comprend un focus outre-mer qui vise à
assurer le développement des formations adaptées et à valoriser les initiatives locales ;
? CIMER, mesure N°5 «Développement des formations maritimes en outre-mer». Cette mesure
acte la participation de l?Etat au financement de la construction du lycée des métiers de la mer
en Guyane, le lancement d?un plan de déploiement des formations maritimes dans les outre-mer,
la création d?un CAP maritime au lycée agricole de Matitiet le lancement d?une mission « inter
inspections ».
L?ensemble des territoires d?outre-mer sont marqués par des réalités locales
différenciées mais également par des caractéristiques communes liées aux enjeux de
l?ultrapériphéricité. Cette section répertorie les priorités communes exprimées par les
territoires, DROM et COM lors des travaux de concertation, pour une économie bleue
durable.
FORMATION ET EMPLOI - RENFORCER L?ATTRACTIVITE AUX METIERS DE LA MER
24
? Sensibiliser la population aux enjeux de protection des milieux marins pour en
faire des acteurs de l?économie bleue ;
? Valoriser le patrimoine naturel pour le rendre attractif (aires marines protégées,
tourisme d?observation passive) tout en veillant à préserver les milieux naturels
des risques de sur fréquentation;
? Renforcer la protection de l?environnement marin en mobilisant les outils les
plus appropriés: Aires Marines Protégées réglementées(réserves naturelles, parcs
nationaux) ou contractuelles (parc naturel marin) et autres zones à enjeux du
territoire.
? Renouveler la flotte de pêche ultramarine: moderniser les équipements et
améliorer la sélectivité des engins de pêche;
? Utiliser durablement les ressources halieutiques dans le respect des
réglementations européennes Politique commune de la pêche (PCP), aires
marines protégées (AMP), avis scientifiques : préserver et conserver des
stocks de pêche et des écosystèmes marins via le réseau d?aires marines
protégées, réduire les captures accidentelles d?espèces protégées ou sensibles;
? Accentuer la présence de la France dans les Organisations Régionales de Gestion
des Pêches compétentes, s?appuyant sur une expertise locale des pêcheries ;
? Développer des infrastructures de débarquement permettant le recensement et
la traçabilité efficients des espèces pour une pêche durable;
Les documents de planification maritime et stratégies gouvernementales applicables aux territoires
des bassins maritimes Antilles, Guyane, Sud Océan Indien et Saint-Pierre-et-Miquelon:
? Objectif 2 de la SNML 2 « Atteindre le bon état écologique et restaurer la biodiversité
marine et littorale avec des outils adaptés ». Cet objectif comprend un focus outre-mer
relatif à la protection des mangroves et des récifs coralliens. Il mentionne également la nécessité
d?assurer le développement de la recherche, du suivi et de la réhabilitation de ces milieux fragiles.
Le suivi et la collecte des données sur les stocks halieutiques sont aussi des mesures prioritaires;
? Objectif 4 de la SNML 2 «Assurer la protection de la zone littorale grâce à une action
coordonnée entre bassins versants et façades maritimes pour assurer une eau de qualité
et réduire les pressions de la terre vers la mer»;
? Objectif 5 de la SNML 2 «Accroître la résilience des écosystèmes marins aux changements
climatiques et mieux gérer le domaine public maritime» ;
? La stratégie nationale biodiversité (SNB) rappelle la nécessité d?accélérer la restauration
des écosystèmes ultra-marins.
PROTECTION DU PATRIMOINE NATUREL
PÊCHE ET AQUACULTURE ? EXPLOITATION DURABLE DES RESSOURCES
HALIEUTIQUES ET DEVELOPPEMENT DE L?AQUACULTURE
25
? Déployer une aquaculture durable adaptée aux spécificités naturelles des
territoires (en milieu naturel ou hors sol) et avec des infrastructures résistantes
au changement climatique ;
? Renforcer la connaissance liée aux ressources halieutiques;
? Evaluer les pistes d?amélioration de la protection des données halieutiques du fait
de leur dimension géopolitique, notamment dans le cadre de la pêche thonière.
Les documents de planification maritime et stratégies gouvernementales applicables aux territoires
des bassins maritimes Antilles, Guyane, Sud Océan Indien et Saint-Pierre-et-Miquelon :
? Objectif 11 de la SNML 2 «Soutenir et promouvoir un modèle de pêche durable et une aquaculture
performante et respectueuse de l?environnement, pour améliorer notre souveraineté alimentaire» ;
? CIMER, mesure N°3 « Renforcement de la collecte halieutique en outre-mer» ;
? Plan aquaculture d?avenir 2021-2027.
? Promouvoir l?éco-tourisme, notamment les activités nautiques à propulsion
vélique, le rétablissement les sentiers côtiers naturels, l?encadrement de
l?observation passive d?espèces endémiques (exemple de l?observation des cétacés
à La Réunion soumise à des mesures strictes - arrêté préfectoral du 7 juillet 2021);
? Développer une filière croisière durable ;
? Développer la filière nautisme et plaisance ? attractivité par des
infrastructures adaptées, polyvalentes, durables et sécurisées et
organisation d?évènements sportifs ? transition environnementale des
ports de plaisance et labellisation (feuille de route nautisme et plaisance) ;
? Valoriser le patrimoine culturel nautique des outre-mer (yoles,
pirogues, surf, doris, voiles traditionnelles?);
? Evaluer l?opportunité d?accompagner le tourisme bleu par une fiscalité adaptée.
TOURISME BLEU, PLAISANCE ET NAUTISME
26
? Projeter des pôles de recherche stratégiques;
? Approfondir les connaissances sur les ressources marines et sur le fonctionnement des
écosystèmes marins : collecte de données sur les stocks de pêche, rôle des barrières de
corail (protection contre l?érosion), rôle des puits de carbone (mangroves);
? Développer la science liée aux biotechnologies et aux énergies marines
renouvelables (EMR) tel que le Sea Water Air Conditionning (SWAC) qui est
déployé en Polynésie française et qui fait l?objet d?appels à manifestation
d?intérêt dans les Antilles françaises ou encore l?énergie houlomotrice ou thermique ;
? Promouvoir les initiatives d?exploration des grands fonds marins pour mieux les
connaître, notamment leur rôle dans la régulation du climat et mieux les protéger ;
? Accroître les moyens innovants pour permettre une économie circulaire :
déchets portuaires, de l?industrie navale et des activités de pêche (engins) ;
? Soutenir le développement de technologies sous-marines innovantes permettant
l?étude environnementale et sismologique des grands fonds marins et une meilleure
connaissance des conséquences du dérèglement climatique et aléas naturels sur ces
milieux fragiles;
? Développer et améliorer les études sur les conséquences du changement
climatique pour les outre-mer, et mettre en oeuvre des plans d?adaptation ;
? Valoriser les innovations liées à la prévention du changement climatique,
notamment avec les solutions fondées sur la nature et identifier des
financements associés;
? Adapter les infrastructures nautiques, portuaires et aquacoles au changement
climatique.
ADAPTATION AU CHANGEMENT CLIMATIQUE, ÉNERGIES MARINES
RENOUVELABLES, BIOTECHNOLOGIES ? PROMOUVOIR LA RECHERCHE
ET L?INNOVATION BLEUES
Les documents de planification maritime et stratégies gouvernementales applicables aux territoires
des bassins maritimes Antilles, Guyane, Sud Océan Indien et Saint-Pierre-et-Miquelon:
? Objectif 3 de la SNML 2 «Valoriser le patrimoine littoral et maritime», le focus outre-mer
précise notamment qu?il serait utile d?encourager l?éco-tourisme, la valorisation des traditions et
de l?artisanat local pour promouvoir l?emploi;
? Objectif 16 de la SNML « Accompagner dans les outre-mer le développement de l?économie
bleue et valoriser une biodiversité préservée selon les particularités et les atouts de chacun»;
? La feuille de route nautisme plaisance en cours d?élaboration pourra orienter le développement
de l?économie bleue sur ces thématiques.
27
Les documents de planification maritime et stratégies gouvernementales applicables aux
territoires des bassins maritimes Antilles, Guyane, Sud Océan Indien et Saint-Pierre-et-Miquelon :
? Objectif 7 de la SNML 2 « Promouvoir l?innovation technologique et numérique pour des
activités performantes, soutenables et un meilleur partage des connaissances ». Le focus
outre-mer encourage la création d?un réseau d?observatoire locaux de
l?environnement et des usages, la pérennisation des infrastructures de surveillance et d?alerte
et l?accroissement des connaissances sur les phénomènes météorologiques extrêmes ;
? CIMER, mesure N°5 « Le développement des énergies marines renouvelable en
outre-mer ». Le CIMER acte la mise en place d?un état des lieux pour le développement des
énergies marines renouvelables et l?intégration aux réseaux de distribution d?électricité ;
? CIMER, mesure N°2 « Identifier en outre-mer une ou plusieurs missions
d?exploration des grands fonds marins dans le cadre de la stratégie France 2030 » ;
? CIMER, mesure N°10 « Inventaire du potentiel en ressource de granulats marins, cette mesure
concerne particulièrement la Guyane».
? Développer les coopérations inter et intra bassins sur le plan économique et
universitaire entre les Antilles et la Guyane (hub Antilles et transbordement
jusqu?en Guyane); au sein du bassin océan Indien entre La Réunion, Mayotte et
les Etats voisins; entre la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie Française,
Wallis-et-Futuna et les Etats voisins du Pacifique;
? Poursuivre les concertations dans le cadre du conseil de coordination
interportuaire Antilles-Guyane (CCIAG);
? Déployer une stratégie ultramarine liée à la décarbonation du
transport maritime adaptée aux enjeux singuliers des territoires d?outre-mer
(adaptation des réglementations européennes, déploiement d?alternatives
locales à l?utilisation d?un carburant fossile tel que le cabotage à la voile ...) ;
? Étudier les capacités de déploiement d?infrastructures flottantes à
des fins de réparations navales (par exemple des docks flottants) ;
? Renouveler la flotte de pêche et développer une filière de
construction propre et respectueuse de l?environnement inexistante à ce jour ;
? Etablir des filières locales de déconstruction-recyclage des bateaux de
plaisance en fin de vie à l?image du réseau de l?association pour la Plaisance
Eco?Responsable (APER) dans l?hexagone.
TRANSPORT MARITIME - DÉVELOPPER UN TRANSPORT MARITIME ULTRAMARIN
CONCURRENTIEL
INDUSTRIE ET RÉPARATION NAVALES
28
? Assurer la sécurité maritime sous l?angle de la planification maritime (réduction
des conflits d?usage, renforcement des moyens de contrôle et de surveillance);
? Lutter contre la cybercriminalité dans les ports maritimes, lutter contre les
trafics illicites en mer, protéger les ressortissants et les navires, défendre les
intérêts économiques, promouvoir un domaine maritime international sûr.
SÉCURITÉ MARITIME ET SÛRETÉ PORTUAIRE
29
Ministère de l?intérieur et des outre-mer © P.LERAITRE
photo DICOM
30
SECTION03
MESURES
OPÉRATIONNELLES
PAR TERRITOIRE
31
TERRITOIRES DU PACIFIQUE
NOUVELLE-CALÉDONIE
Gouvernance maritime
Simplification administrative et outils modernes de gestion intégrée
? La première priorité du territoire est de mettre en place un organe de
gouvernance maritime local ou « comité stratégique maritime » basé
sur un partenariat public-privé, dans l?esprit des conseils ultramarins de
bassin (CMUB) prévus par le code de l?environnement pour les territoires des
bassins Antilles, Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon et Sud océan Indien.
Ce système de gouvernance sera fondé sur le décloisonnement et la
concertation entre les parties prenantes ? élus, administrations, acteurs
économiques et scientifiques, société civile et permettra au territoire de
mobiliser l?ensemble des forces vives locales dans le contexte actuel de
définition de la future reconstruction économique. Dans le cadre de la
feuille de route, il est proposé d?apporter un appui méthodologique au
territoire dans le cadre d?un groupe de travail dédié ;
? Par ailleurs, la stratégie de la France dans l?Indo-pacifique est déployée
depuis 2018. Elle prévoit, à l?échelle de la Nouvelle-Calédonie, la
protection des espaces sous souveraineté française, en particulier la ZEE, et la
coopération régionale et internationale.
? Promouvoir, faire connaître et utiliser les outils de gestion privilégiés
que sont la planification stratégique spatiale maritime, les réseaux de
connaissance, d?exploration, de suivi et de surveillance de la mer
(milieux, ressources, biodiversité, activités, changement climatique, ?) et la
structuration des bases de savoirs (hub de données) accessibles et ouvertes;
? Appuyer la réalisation d?une cartographie des emprises de
responsabilités et de décisions pour une optimisation de la gestion ;
? Apporter un appui dans le travail d?exploration et d?inventaire des
potentiels économiques des espaces maritimes et les patrimoines à protéger;
? Apporter un appui méthodologique dans l?élaboration d?indicateurs clés,
fondés sur des critères environnementaux, sociaux et économiques, et dans
la mise en place d?un système de suivi.
32
Formation et emploi - renforcer l?attractivité des métiers de la mer
Protection du patrimoine naturel
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Former et renforcer la culture maritime par l?éducation et la promotion
d?offres de formation attractives;
? Sensibiliser la jeunesse aux métiers et aux enjeux du maritime dans le
cadre d?un « parcours éducatif mer » afin de favoriser les vocations ;
? Favoriser l?égalité des genres dans l?éducation et l?entreprenariat ;
? Développer une offre de formation adéquate aux besoins en ressources et
vivier.
? Poursuivre les objectifs de préservation de la biodiversité
exceptionnelle des zones marines bordant la Nouvelle-Calédonie tout
en favorisant l?attractivité touristique de la région et la gestion durable
des ressources halieutiques, au sein du Parc naturel de la mer de Corail ;
? Moratoire interdisant l?exploitation des fonds marins pour 10 ans tout
en favorisant des campagnes d?exploration de la ZEE dans un objectif
de mieux connaître les patrimoines naturels (géosciences, biodiversité,
énergies, évolution à long terme?) et des objets sous-marins emblématiques;
? Favoriser la mise en place d?aménagements innovants dans les zones
littorales et côtières: mouillages, sentiers de découverte?
? Promouvoir la diversification et le développement d?une aquaculture
marine durable dans l?optique d?une meilleure autosuffisance alimentaire.
? Promouvoir la formation d?un centre stratégique d?innovation bleue via des
plateformes technologiques avancées : le « pôle mer » calédonien et pour
faire de Nouméa une base technologique et un port scientifique dans le
Pacifique sud;
? S?inspirer et s?insérer dans la feuille de route nationale de la décarbonation
du maritime afin de trouver des solutions adaptées au territoire.
33
Activités portuaires
Transport maritime ? développer un transport maritime ultramarin
concurrentiel
Coopérations
Bonnes pratiques
? Conduire des études de faisabilité et de détermination des modèles
économiques associés pour la construction des premières infrastructures
portuaires et pourra être examiné la possibilité d?inclure des moyens de
maintenance et de levage adaptés et les infrastructures d?une filière de
déconstruction et d?entretien/réparation navale ;
? Conduire des études de faisabilité vers les plugs électriques de
navires à quai, les solutions innovantes pour les navires transporteurs de
passagers ou de fret, l?inventaire des ressources énergétiques originales ;
? Promouvoir l?implantation d?un centre international en matière d?économie
bleue.
? Promouvoir la mobilité intra-territoire via les espaces maritimes ;
? Renforcer l?axe francophone et européen Pacifique et l?ouverture à l?Océan
Indien.
? Développer l?intégration et la coopération régionale notamment avec
l?Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et des partenariats avec les Etats
insulaires voisins.
? Recréer, à partir du plan de sauvegarde, de refondation et de reconstruction
(PS2R) du gouvernement de Nouvelle-Calédonie, les conditions d?une
adaptation de la filière maritime aux conséquences économiques des
événements de mai 2024;
? Observatoire calédonien pour l?économie bleue porté au titre de
l?édition 2023 du Fonds d?intervention maritime (FIM). Par le biais de cet
observatoire soutenu à hauteur de 50 000¤, le Cluster maritime de
Nouvelle-Calédonie accompagne le développement de projets liés au
maritime, oriente les politiques publiques de développement et peut
anticiper les besoins en infrastructures et emplois dans le secteur de
l?économie maritime.
34
Kitesurf en Nouvelle-Calédonie
© Gendarmerie/SIRPA/F.BALSAMO
35
WALLIS-ET-FUTUNA
Protection du patrimoine naturel
Tourisme bleu, plaisance et nautisme
Transport maritime ? développer un transport maritime ultramarin
concurrentiel
? Protéger l?environnement marin, notamment le lagon sensible de
Wallis-et-Futuna, face au changement climatique et aux pressions anthropiques.
? Promouvoir le développement du tourisme bleu (à l?échelle du territoire) et
l?attractivité des activités nautiques sportives pour un développement
économique de l?archipel;
? Evaluer le potentiel d?une pêche hauturière dans les eaux de Wallis-et-Futuna.
? Soutenir le désenclavement de l?archipel par l?instauration de nouvelles
liaisons maritimes inter-îles mais également vers les Etats voisins;
? Développer des partenariats.
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Professionnaliser (par le biais de formations) le tissu de la pêche
côtière tout en préservant les ressources halieutiques dans une
optique de garantir un bon état de santé des Wallisiens et des
Futuniens notamment via une alimentation saine et équilibrée ;
? Accompagner le renforcement du secteur aquacole (opportunités
de marché).
? Promouvoir des partenariats avec les Etats voisins.
36
Sécurité maritime et sûreté portuaire
? Assurer la sécurité en mer de la navigation par le déploiement de moyens
nautiques et de personnel associé.
Bonnes pratiques
? Création de l?association de sauvetage en mer à Wallis-et-Futuna au cours
de l?année 2024 afin d?assurer la sécurité en mer, dans une zone qui ne
compte pas de centre de sauvetage.
37
wallis en attente de droit
Pirogue traditionnelle Wallis-et-Futuna
38
POLYNÉSIE FRANÇAISE
En 2024, le Gouvernement de Polynésie française a adopté une feuille de route
pour l?économie bleue durable à horizon 2030. Par ce document, le territoire de la
Polynésie française se veut être un phare de la transition écoénergétique dans les
secteurs liés à l?océan.
En Polynésie française, les activités liées aux espaces maritimes représentent 12%
du chiffre d?affaires de l?ensemble des entreprises polynésiennes. Exploiter et
préserver durablement pour les communautés et les générations futures ces
espaces sont les mots d?ordre du Gouvernement.
Cette stratégie maritime vise à consolider le modèle polynésien de préservation et
de valorisation durables de l?océan, autour de trois grands axes :
- Le renforcement des secteurs de l?économie bleue polynésienne : pêche (avec
un objectif d?augmenter significativement le niveau des captures), perliculture
(année 2023 historique en termes de chiffre d?affaire), aquaculture, biotechnologies
marines, tourisme nautique, formation maritime et énergies marines
renouvelables (SWAC en particulier, mais aussi énergie thermique de la mer) ;
- La mise en place d?une gestion durable des activités maritimes et l?adaptation des
infrastructures portuaires au changement climatique et aux évolutions des trafics
maritimes;
- La coopération scientifique en vue de renforcer l?acquisition de connaissances
et ainsi améliorer les mesures de préservation de l?océan, avec une priorité mise
sur les grands fonds marins, dans un environnement régional très partagé entre
exploitation et exploration; L?ensemble de ces objectifs sont déclinés de manière
plus détaillée dans le document cadre susmentionné.
39
Bonnes pratiques
? Aire Marine Gérée (AMG) dans l?ensemble de la ZEE de Polynésie française.
La volonté d?assurer un équilibre entre la conservation des écosystèmes
et le développement des activités économiques dans la ZEE a conduit le
Gouvernement polynésien à employer le terme d?« aire marine gérée »
plutôt qu?« aire marine protégée ». A l?occasion de la conférence de l?ONU
sur les océans à Nice en juin 2025, la création de la plus grande AMP au
monde à été annoncée (concernera la quasi totalité de la ZEE de l?achipel) ;
? Développement d?une énergie marine renouvelable : Sea Water Air
Conditionning (SWAC). Ce système repose sur le principe d?utiliser l?eau
froide des eaux profondes en mer pour permettre de climatiser des
zones côtières dans la mesure où les océans sont une source d?eau froide
inépuisable. Le SWAC offre une alternative à la climatisation conventionnelle.
Cette technologie n?est déployée qu?en Polynésie française (deux à l?échelle
d?infrastructures hôtelières et une à destination du centre hospitalier de
Polynésie française-CHPF), ce qui rend le territoire attractif pour la recherche;
? Marina de Fare ute (Papeete), lauréat de l?appel à projets ports de plaisance
d?avenir, pour l?aménagement de nouveaux pontons et le développement de
l?offre d?activités nautiques pour la population locale.
Ile de kaukura aux Tuamotu, Polynésie française
© Ministère des Outre-mer/P.LERAITRE
40
BASSIN SUD-OCEAN INDIEN
Les mesures opérationnelles identifiées dans la feuille de route constituent une
déclinaison du document stratégique de bassin maritime (DSBM) Sud-Océan Indien (SOI).
Adopté par arrêté inter-préfectoral du 16 décembre 2020, le DSBMSOI est
le fruit d?un processus de 3 ans de co-construction sous l?égide du Conseil
maritime ultramarin de bassin Sud océan Indien (CMUB SOI). Il présente la
vision stratégique et le cadre d?actions conjoint à l?horizon 2026, pour les territoires
de La Réunion, Mayotte et les Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).
LA RÉUNION
Formation et emploi - renforcer l?attractivité des métiers de la mer
Protection du patrimoine naturel
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
Tourisme bleu, plaisance et nautisme
? Développer la formation aux métiers de la mer (avec de nouveaux
partenariats, le développement du lycée des métiers de la mer selon
une logique campus maritime valorisant les acteurs historiques).
? Mobiliser les associations et les professionnels pour sensibiliser les
élèves au milieu marin, dès les classes de primaire et secondaire ;
? Favoriser le partenariat entre professionnels, scientifiques, et
associations locales pour garantir le développement durable des activités.
? Porter auprès de la Commission européenne et
accompagner au niveau budgétaire le renouvellement des
différents segments de la flotte de pêche (unités côtières et hauturières) ;
? Développer des infrastructures aquacoles durables, sécurisées et adaptées
au changement climatique, notamment en encourageant l?aquaculture
marine à terre et en impulsant une dynamique de recherche et d?innovation.
? Accompagner le déploiement des infrastructures de la plaisance et du nautisme.
41
? Accompagner le déploiement des infrastructures de la plaisance et du nautisme.
Industrie navale
Activités portuaires
Transport maritime ? développer un transport maritime ultramarin
concurrentiel
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? S?assurer de la livraison d?un dock flottant pour la réparation navale;
? Evaluer les capacités de mise à disposition du foncier;
? Accompagner la mise en place d?une filière de déconstruction des
navires professionnels et de plaisance après avoir évalué les besoins en
matière de déconstruction et la viabilité au regard du nombre de navires ;
? Travailler à l?évolution de la gestion des déchets et de la
réglementation pour mettre en oeuvre des actions de déconstruction.
? Accompagner l?adaptation des installations portuaires au changement
climatique.
? Étudier les possibilités de développement du transport maritime
régional : faisabilité d?une compagnie maritime régionale,
augmentation des échanges commerciaux et touristiques, croisière durable?
? Accompagner le développement de la recherche en identifiant les besoins
communs, les moyens humains et les financements possibles.
Bonnes pratiques
? Création d?un lycée métiers de la mer (du CAP au BTS) pour la rentrée
scolaire de 2027.
42
Le grand port maritime de La Réunion
© Grand Port Maritime de La Réunion
43
TERRES AUSTRALES ET
ANTARCTIQUES FRANÇAISES
Protection du patrimoine naturel
? Créer une réserve naturelle nationale dans les îles éparses;
? Identifier les leviers pour la bonne mise en oeuvre des plans de gestion des
réserves naturelles;
? Porter la reconnaissance de secteurs en zones de protection forte pour
contribuer aux objectifs de la Stratégie nationale des Aires Protégées ;
? Assurer une surveillance et un contrôle des activités (pêche INN,
tourisme...) dans la ZEE;
? Acquérir de la connaissance pour appuyer le gestionnaire dans la mise en
place de mesures de gestion des espaces marins protégés.
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
? Améliorer les plans de gestion des pêcheries qui assurent une exploitation
durable et exemplaire ;
? Poursuivre la fédération des acteurs de la pêche autour d?une approche
écoresponsable ;
? Poursuivre les pratiques de pêche plus sélectives;
? Assurer une surveillance et un contrôle efficaces des activités de pêche;
? Contribuer à l?émergence d?une approche régionale (bassin océan Indien)
pour une gestion efficace et durable des ressources halieutiques migratrices
(par ex. les thonidés);
? Améliorer le suivi et la gestion des DCP dérivants;
? Assurer une surveillance et un contrôle efficaces des activités de pêche.
44
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Accompagner la réalisation de campagnes d?exploration et d?inventaire
de la biodiversité dans les zones marines méconnues, notamment les
monts sous-marins;
? Suivre les impacts des changements globaux sur la biodiversité et les
écosystèmes marins et littoraux (observatoires marins, suivi du trait
de côte, suivi des récifs coralliens et mangroves, etc.).
Bonnes pratiques
Le programme MARIO qui porte sur les écosystèmes marins et la gestion
durable des ressources naturelles du sud-ouest de l?Océan Indien financé à 80 %
par l?Union européenne pour la période 2025-2030 permettra d?accompagner
le gestionnaire dans l?acquisition de connaissances pour améliorer la gestion de
ses espaces marins. Avec un volet sur les Eparses et un volet sur les Australes, il
permettra également d?éprouver des technologies innovantes de lutte contre la
pêche INN via l?équipement d?animaux marins pour détecter d?éventuels navires
fantômes.
45
Le Marion Dufresne
© Ministère des Outre-mer
Le Marion Dufresne, TAAF
© Nelly Gravier
46
MAYOTTE
Les mesures opérationnelles du présent focus seront adaptées au regard
des conséquences du cyclone Chido sur le secteur maritime local. Certaines
mesures restent cependant structurantes sur le long terme pour le
déploiement d?une économie bleue locale durable et compétitive sur le territoire.
Tourisme bleu, plaisance et nautisme
Formation et emploi - renforcer l?attractivité des métiers de la mer
? Soutenir le développement de l?offre touristique par la plaisance,
le nautisme et les activités de croisière;
? Promouvoir des activités transversales pour mutualiser les ressources :
agrotourisme, pescatourisme.
? Accroître les offres de formation pour l?ensemble des secteurs
de l?économie bleue.
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
? Structurer la filière pêche et aquacole en veillant à la
préservation des ressources marines et à la réduction de la
dépendance alimentaire, notamment en renforçant l?attractivité des
métiers de l?aquaculture et en développant une offre de formation adaptée;
? Développer une flotte de pêche conforme et durable, en lançant
notamment le régime d?aide de minimis au renouvellement de la flotte de
pêche professionnelle pour des navires de longueur inférieure à 12 mètres;
? Améliorer l?équipement des ports pour accompagner
l?adaptation aux contraintes règlementaires notamment liées à
l?obligation de débarquement (amélioration de la traçabilité et des quantités).
47
Activités portuaires
Transport maritime ? développer un transport maritime ultramarin
concurrentiel
? Accompagner la modernisation logistique du port maritime de Longoni,
infrastructure stratégique pour le développement économique du territoire
et vecteur d?intégration régionale.
? Etudier les possibilités d?exploitation durable du lagon (3e rang mondial) pour
le développement d?un transport multimodal (navettes maritimes pour les
passagers et liaisons maritimes de transport des marchandises).
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Promouvoir la recherche et l?innovation bleue (EMR ? biotechnologies).
Bonnes pratiques
? Projet de création d?un lycée maritime (formation continue Bac pro
commerce, électromécanique et culture marine) à l?horizon
2027-2030 porté par le rectorat;
? Construction de deux halles à marée fonctionnelles;
? Mise en place d?une formation Brevet Professionnel de la Jeunesse, de
l?Education Populaire et du Sport (BPJEPS) option plongée à Mayotte dans
un parcours d?insertion. Soutenu au titre du Fonds d?intervention maritime
(FIM) 2024 à hauteur de 92 000¤, ce projet est destiné aux jeunes de l?île
dans un parcours d?insertion et de lutte contre l?exclusion. Il s?intègre au
développement des activités de tourisme bleu, de nautisme et de plaisance.
48
Mayotte
©Ministère de l?intérieure et des outre-mer/D.MENDIBOURE
49
BASSIN GUYANE
Les mesures des champs d?intervention identifiés dans la feuille de route
constituent une déclinaison complémentaire au document stratégique de bassin
maritime (DSBM) Guyane. Adopté par arrêté préfectoral du 18 janvier 2024,
le DSBM Guyane est le fruit d?un processus de 9 ans de co-construction sous
l?égide du Conseil maritime ultramarin (CMU) Guyane. Il présente la vision
stratégique et le cadre d?actions à l?horizon 2030, pour la gestion intégrée de la mer
et du littoral du territoire.
GUYANE
Tourisme bleu, plaisance et nautisme
Formation et emploi - renforcer l?attractivité des métiers de la mer
? Soutenir le développement d?un tourisme fluvial;
? Accompagner le développement d?activités de plaisance et nautisme
de manière harmonieuse et sécurisée, notamment par l?aménagement
du littoral.
? Développer les offres de formations aux métiers de la mer, peu présentes sur
le territoire.
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
? Lutter contre la pêche INN ;
? Mettre en oeuvre le plan pour la modernisation et le développement de la
filière pêche en Guyane.
Protection du patrimoine naturel
? Protéger les milieux, les ressources marines et les équilibres biologiques et
écologiques en réduisant les pressions par les activités et aménagements
anthropiques;
? Réduire les apports et la présence de déchets dans les eaux marines.
50
Activités portuaires
Sécurité maritime et sûreté portuaire
Transport maritime ? développer un transport maritime ultramarin
concurrentiel
? Promouvoir une dynamique littorale par le transport maritime et les
activités portuaires.
? Prévenir les risques (pollution maritime) et adopter une gestion optimale du
trait de côte (sécurité maritime).
? Renforcer la coopération avec les Etats voisins;
? Appuyer un développement compétitif et durable des ports de commerce;
? Renforcer les capacités de post-déroutement.
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Réaliser un inventaire du potentiel en ressources de granulats marins sur le
plateau continental du territoire pour étudier la faisabilité de leur
exploitation;
? Favoriser le développement des EMR, en lançant notamment la réalisation
d?études de gisement ou de potentiel.
Bonnes pratiques
? Création d?un certificat d?aptitude professionnelle (CAP) maritime
associé au lycée professionnel agricole (LPA) de Matiti depuis la rentrée scolaire
de septembre 2024. Ce projet est soutenu par le FIM 2024 à hauteur de 300
000¤ et contribuera au déploiement de la formation maritime en outre-mer ;
? Modernisation des ports et bases nautiques: base nautique de Kourou (Guyane),
lauréat de l?AAP 2022 ports et bases d?avenir, avec la mise en place d?un accueil
écoresponsable du public et salariés; Port de plaisance de Roura lauréat 2023
pour la modernisation de ses infrastructures pour compenser la fermeture de la
marina de Degrad des Cannes ;
? Pérennisation et renforcement de l?action coordonnée de l?ensemble
des services de l?Etat, en lien avec la Commission européenne et
Interpol, en matière de lutte contre le phénomène de pêche INN.
51
Débarquement du filet
© WWF Guyane
52
BASSIN ANTILLES
Les mesures des champs d?intervention identifiés dans la feuille de route
constituent une déclinaison complémentaire au document stratégique de
bassin maritime (DSBM) Antilles. Adopté par arrêté inter-préfectoral du 17
juin 2021, le DSBM est le fruit d?un processus de 4 ans de co-construction
sous l?égide du Conseil maritime ultramarin de bassin Antilles (CMUBA). Il
présente la vision stratégique et le cadre d?actions conjoint à l?horizon 2027,
selon une approche par thématiques transversales et par filières, pour les
territoires de Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin. Il sera
révisé en 2027 dans le cadre d?un nouveau cycle de planification de six ans.
GUADELOUPE
Formation et emploi - renforcer l?attractivité des métiers de la mer
? Développer une offre de formation pour la filière maritime pour répondre aux
besoins du territoire (notamment par des formations continues et techniques);
? Accompagner l?organisation de campagnes de sensibilisation des citoyens aux
risques du changement climatique ;
? Maritimiser les formations : sensibilisation de la primaire au lycée en lien avec
le rectorat et à l?université par la mise en place de licences de la mer et sorties
terrain.
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
? Structurer la filière pêche de la phase de production à la phase de
transformation et de commercialisation;
? Prendre en compte et traiter les effets de la pollution par la chlordécone,
notamment en adaptant les zones de pêche ;
? Développer l?aquaculture en facilitant les démarches d?obtention
des autorisations d?exploitation et en renforçant l?offre de formation
pour accompagner la professionnalisation du secteur.
Protection du patrimoine naturel
? Inclure la protection de l?environnement dans le déploiement de l?ensemble
des secteurs d?activité (tourisme côtier, croisière, pêche et aquaculture,
activités portuaires).
53
Tourisme bleu, plaisance et nautisme
? Soutenir la filière de plaisance et nautisme au coeur de la notion de
tourisme sur ce territoire et le développement d?évènements sportifs ;
? Evaluer l?efficacité des moyens normatifs existants relatifs à la protection des
cétacés.
Industrie navale
Transport maritime ? développer un transport maritime ultramarin
concurrentiel
? Consolider l?existant et développer la construction et la réparation
navale dans un contexte de croissance économique (activité économique et
emplois) et de développement durable (meilleure gestion des gisements
de bateaux), filière qui tend à se développer et se structurer à ce jour ;
? Promouvoir la mise en place d?une filière de déconstruction de navires
de plaisance pour un traitement des déchets optimal et créer de l?emploi
immédiat : 15 à 20 % de la construction des navires de plaisance en
Guadeloupe se fait localement, 80 % des navires importés ont payé une taxe
de déconstruction (Association pour la plaisance éco-responsable - APER) .
? Accompagner l?établissement d?un hub Antilles (en lien avec la Martinique);
? Encourager les acteurs locaux à développer les activités de croisière
durables et proposer des adaptations lors des révisions des réglementations
européennes en matière de décarbonation du transport maritime.
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Soutenir les études relatives à l?insularité et aux caractéristiques qui
exacerbent les risques;
? Promouvoir l?innovation dans les moyens de lutte contre les échouements de
sargasses.
54
Bonnes pratiques
? Adaptation d?un simulateur incendie aux normes de l?Organisation
Maritime Internationale (OMI) pour dispenser des formations labélisées
selon la convention internationale sur les normes de formation du
personnel des navires de pêche, de délivrance des brevets et de veille (en
anglais STCW-Standards of Training, Certification and Watchkeeping)
nécessaires sur le territoire de la Guadeloupe. Cet équipement
permettra de garantir aux marins le maintien des qualifications
nécessaires à leur emploi et aux jeunes une formation maritime ;
? Etude en cours sur le projet de création d?une ferme aquacole dans la
commune de Grand-Bourg à Marie-Galante;
? Renouvellement d?un navire à vocation de formation et de recherche
scientifique en Guadeloupe. Ce projet concerne le renouvellement du
navire de l?Université des Antilles dont les missions sont la formation
universitaire des étudiants et salariés et la recherche scientifique sur les
écosystèmes marins de Guadeloupe. Il fait l?objet d?une subvention de 45
000¤ au titre de l?édition 2024 du Fonds d?intervention maritime (FIM).
55
Guadeloupe
© Gendarmerie/SIRPA/F.BALSAMO
56
MARTINIQUE
Formation et emploi - renforcer l?attractivité des métiers de la mer
? Promouvoir la formation des décideurs politiques aux enjeux maritimes ;
? Encourager le développement d?interactions entre les métiers de la mer,
notamment via le campus des métiers de la mer, de non navigant et
les métiers de marins;
? Adapter l?offre de formations aux besoins des entreprises;
? Evaluer le potentiel du déploiement du plateau technique de l?école de forma-
tion professionnelle et de son insertion dans un cadre de coopération régionale;
? Etudier l?opportunité de créer une bourse de l?emploi formation;
? Communiquer sur les formations et métiers de la mer.
Protection du patrimoine naturel
? Favoriser la gestion intégrée du littoral et des milieux marins;
? Lutter contre les pollutions externes, dont telluriques (pesticides dont
chlordécone, plastique, sargasses) pour améliorer la qualité des eaux
côtières;
? Renforcer les interventions en mer contre la délinquance
environnementale;
? Protéger, restaurer et valoriser les habitats marins (mangroves, récifs
coralliens);
? Appuyer le développement des zones de mouillage écologique pour
diminuer la pression sur le milieu et l?élaboration d?une stratégie régionale.
57
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
? Maintenir le lien constant avec la filière pêche pour permettre la
modernisation de la flotte;
? Favoriser l?attractivité des métiers de la pêche et de l?aquaculture;
? Promouvoir le développement de pratiques de pêche durables et
responsables;
? Renforcer la structuration de la filière autour du comité des pêches.
Tourisme bleu, plaisance et nautisme
? Soutenir la réduction des pressions anthropiques pour permettre la
pérennité des activités;
? Améliorer la connaissance des usages en mer en s?appuyant sur les outils
existants (observatoire);
? Déployer les outils de planification maritime, dont les plans de
balisages et adapter la promotion de zones de mouillages organisées ;
? Accompagner la structuration de filières avec des contrats d?objectifs ciblés;
? Evaluer l?efficacité des moyens législatifs existants relatifs à la protection
des cétacés.
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Approfondir les études sur la vulnérabilité aux effets du changement
climatique;
? Promouvoir l?innovation dans les moyens de lutte contre les échouements
de sargasses;
? Accompagner l?adaptation des filières aux enjeux des changements
climatiques.
58
Industrie navale
Activités portuaires
Transport maritime ? développer un transport maritime ultramarin
concurrentiel
? Accompagner la mise en place d?équipements portuaires qui répondent aux
besoins des professionnels.
? Evaluer l?accroissement de la capacité de réparation navale;
? Maintenir et augmenter la capacité de réparation navale dans les ports;
? Développer l?attractivité du site de réparation navale vis-à-vis du yachting.
? Accompagner l?établissement d?un hub Antilles (en lien avec
la Guadeloupe), qui garantisse le lien direct avec l?Europe ;
? Encourager les acteurs locaux à développer les activités de croisière
durables (feuille de route croisière durable aux Antilles), et
proposer des adaptations lors des révisions des réglementations
européennes en matière de décarbonation du transport maritime ;
? Etudier la possibilité de création d?un outil de surveillance
régionale qui garantisse la sécurité périmétrique de la Martinique ;
? Promouvoir la coopération régionale en matière de sécurité des navires et de
formation des marins.
Bonnes pratiques
? L?Ecole de formation professionnelle maritime et aquacole (EFPMA) de la
Trinité en Martinique dispose d?une offre de formation de marins et
d?infrastructures dédiées. Les apprenants peuvent bénéficier d?un plateau
technique centralisé en formation initiale (64 élèves) et continue, sur des
formations des matelots et d?officiers (jusqu?à C500). Cette pratique illustre la
volonté de développer des formations maritimes continues locales. Il s?agit de
maintenir les formations pêche, de développer des formations commerce et
de dynamiser les formations plaisance professionnelle, moteur économique en
forte croissance. Ce projet est inscrit dans le contrat de convergence et de
transformation, cofinancé par la région et l?Etat ;
? La Martinique développe sa capacité de collecte en mer de la sargasse pour
diminuer les effets de ce fléau sur les populations, puis pour en expérimenter
une valorisation économique ;
? La Martinique a développé et a valorisé une filière croisière nautique
à travers la signature d?un contrat de filière le 24 octobre 2024.
59
Ministère de l?Intérieur/S.QUINTIN
60
SAINT- MARTIN
Formation et emploi - renforcer l?attractivité des métiers de la mer
? Instiguer une « culture mer »;
? Promouvoir le développement et l?attractivité des métiers de la mer.
Protection du patrimoine naturel
? Faire le lien avec la protection de l?environnement dans l?ensemble des
décisions et actions stratégiques et évaluer les conséquences de ces
décisions et actions sur l?environnement;
? Evaluer l?efficacité des moyens législatifs existants relatifs à la protection des
cétacés.
Tourisme bleu, plaisance et nautisme
? Promouvoir le développement d?un tourisme bleu durable (infrastructures de
plaisance adaptées à l?environnement, valorisation du capital naturel de l?île);
? Renforcer la sensibilisation de la population et des touristes à l?environnement;
? Appuyer l?installation d?une zone de tri pour améliorer le traitement des
déchets.
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Étudier la création d?un Institut Caribéen de la Biodiversité Insulaire afin
d?accroître les connaissances scientifiques (espèces marines, habitats
naturels).
Transport maritime ? développer un transport maritime ultramarin
concurrentiel
? Encourager le développement du transport inter-îles et vers les îles
environnantes (seule liaison actuelle : Saint-Martin/Saint-Barthélemy).
61
Industrie navale
Activités portuaires
? Étudier l?opportunité de construire un port de débarquement et
des infrastructures de conservation au froid et de transformation.
? Encourager le développement de la filière navale aussi bien d?un point de
vue de la construction que de la réparation et l?entretien, afin d?accentuer la
position centrale que représente l?île de Saint-Martin dans les activités de
plaisance.
Bonnes pratiques
? Création d?un outil numérique pour les usagers de la Réserve Naturelle
Nationale de Saint-Martin pour organiser l?usage du parc de mouillage,
mieux communiquer sur la réglementation, et faciliter le partage des
connaissances.
62
Port de Marigot, Saint-Martin
©Delphotostock
63
SAINT-BARTHÉLEMY
Formation et emploi - renforcer l?attractivité des métiers de la mer
? Développer des formations et valoriser des compétences maritimes.
Protection du patrimoine naturel
? Aider à la protection des habitats marins (zones coralliennes et mangroves).
Transport maritime ? développer un transport maritime ultramarin
concurrentiel
? Encourager le développement de la coopération régionale avec les îles
voisines pour le transport de marchandises et de passagers.
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Favoriser le développement des EMR, en lançant notamment la réalisation
d?études de gisement ou de potentiel.
Activités portuaires
? Promouvoir le développement des activités portuaires (conteneurs,
nautisme et plaisance).
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
? Encourager le recrutement de travailleurs qualifiés issus du territoire et la
coopération intra filière, pour assurer une logique de sécurité alimentaire.
64
Port de Gustavia, Saint-Barthélémy
© Designpics
65
BASSIN DE SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON
SAINT-PIERRE-ET-MIQUELON
Formation et emploi - renforcer l?attractivité des métiers de la mer
? Aider au développement de la coopération en matière de
formation aux métiers de la mer avec l?hexagone, et les autres
territoires ultramarins et la région environnante.
Pêche et aquaculture ? exploitation durable des ressources
halieutiques et développement de l?aquaculture
? Accompagner le déploiement de l?activité de pêche de
manière durable, c?est-à-dire en captant de la valeur ajoutée et
en testant de nouvelles productions et de nouveaux débouchés ;
? Maintenir la recherche pour une meilleure connaissance des stocks et
espèces (partenariat IFREMER, organismes scientifiques canadiens et des
pêcheurs locaux);
? Maintenir la coopération internationale et en particulier avec le
Canada, pour une cogestion des ressources partagées qui soit équitable.
Tourisme bleu, plaisance et nautisme
? Promouvoir le maintien et le développement d?activités de croisières
durables;
? Promouvoir le tourisme de plaisance en bénéficiant du positionnement
géographique de l?archipel, tout en segmentant les différents marchés
potentiels et en adaptant l?offre et la promotion à chacun ;
? Promouvoir la restructuration de l?offre globale de services (accueil,
hivernage, entretien, réparation) à destination de l?ensemble des acteurs
du maritime (pêche, plaisance, commerce), et le retour au rôle historique
de « station-service » des bancs de Terre-Neuve.
66
Changement climatique, énergies marines renouvelables,
biotechnologies ? promouvoir la recherche et l?innovation bleues
? Favoriser le développement des EMR, en lançant notamment la réalisation
d?études de gisement ou de potentiel.
Activités portuaires
? Accompagner la programmation des travaux de réhabilitation des
infrastructures portuaires du dernier port d?intérêt national, à réaliser
dans le cadre du nouveau contrat de convergence et de transformation ;
? Accompagner une possible réorganisation globale du port en fonction des
besoins des différents secteurs, et le cas échéant, l?étude d?une éventuelle
réaffectation d?une réserve foncière à destination des activités maritimes.
Bonnes pratiques
? Recherche de nouveaux débouchés avec le développement de la filière
algale : installation de filières en 2024 pour le développement de
l?algoculture par un porteur de projet. Après une année de test,
l?expérience pourra être renouvelée pour permettre de développer les
débouchés. Les thalles (corps végétatif) sont prélevés en milieu naturel ;
? Structuration de la filière et captation de valeur ajoutée : création d?une
coopérative maritime qui renforce les capacités de transformation et de
commercialisation et mène des études visant à mieux connaître les ressources
halieutiques et définir des règles de gestion. A ce titre, l?État soutient via le
fonds d?intervention maritime (FIM) les projets de recherche scientifique
menés par l?ARDA (association de recherche et de développement pour la pêche
et l?aquaculture) concernant la migration du homard et celle du flétan blanc ;
? Signature en 2024 d?une charte pour l?engagement des pêcheurs plaisanciers
de l?archipel pour une pêche de loisir durable du saumon de l?Atlantique.
Cette charte est co-signée par le Préfet de l?archipel, le délégué de l?Ifremer
à Saint-Pierre et Miquelon et le président de l?association des plaisanciers.
67
Saint-Pierre-et-Miquelon
© Ministère de l?Intérieur et des Outre-mer/F.BRANCHOUX
68
© Alexis Rosenfeld
69
ANNEXES
FINANCEMENTS DISPONIBLES POUR ACCOMPAGNER
LE DÉPLOIEMENT DE L?ÉCONOMIE BLEUE DURABLE EN
OUTRE-MER
Crédits nationaux
Le Fonds vert pour l?accélération de la transition écologique en France comporte en 2025 une nouvelle
mesure dédiée au soutien à la transition et à la planification écologiques des activités et des espaces
maritimes et littoraux. Cette aide constitue un levier important en faveur des actions qui s?inscrivent
dans les objectifs de la stratégie nationale pour la mer et le littoral, notamment au travers du des
documents stratégiques de bassin maritime (DSBM) et de la présente feuille de route. Il doit permettre
d?appuyer et d?accélérer les investissements en faveur de la transition écologique des activités et des
espaces maritimes et littoraux.
? https://aides-territoires.beta.gouv.fr/aides/soutenir-la-transition-et-la-planification-ecologique-
des-activites-et-des-espaces-maritimes-et-littoraux/
France 2030 est un fonds applicable jusqu?à 2030 et doté de 54 milliards d?euros. Il est destiné à
poursuivre la transformation des secteurs clés de l?économie par l?innovation technologique,
en soutenant des investissements de capacité, pour rattraper notre retard dans certains secteurs et
de faire émerger de nouvelles filières dans ces secteurs stratégiques tout en explorant de nouveaux
domaines où la France se situe d?ores et déjà à la frontière technologique. France 2030 est applicable
aux départements et régions d?outre-mer ainsi qu?aux collectivités d?outre-mer selon la délimitation
établie par les appels à projets. Par exemple, l?axe 3 de ce programme vise la décarbonation de l?industrie
française et l?axe 10 de ce programme favorise l?exploration des grands fonds marins.
? https://www.info.gouv.fr/france-2030
70
Fonds européens
A l?échelle européenne, divers fonds et programmes européens interviennent dans plusieurs secteurs :
pêche, agriculture, environnement, énergie, transport (mécanisme pour l?interconnexion en Europe
? Transports / MIE-T?). Certains fonds européens semblent ainsi pertinents pour accompagner et
soutenir des projets maritimes et en lien avec le déploiement de l?économie bleue dans les territoires
ultramarins. De manière générale, les RUP sont éligibles aux fonds européens et les PTOM uniquement
aux fonds horizontaux.
Le fonds européen des affaires maritimes de la pêche et de l?aquaculture (FEAMPA) est le fonds
structurant les filières maritimes, notamment la filière de pêche côtière européenne, et a pour objectif
de soutenir l?économie bleue et de protéger la biodiversité. La gestion du programme est répartie
entre la gestion partagée et la gestion directe.
? Gestion partagée ? 5,311 milliards d?euros sont fournis par le biais de programmes nationaux
cofinancés par le budget de l?UE et les pays de l?UE.
? Gestion directe ? 797 millions d?euros sont fournis directement par la Commission
Les PTOM peuvent être éligibles aux appels sous gestion directe de la Commission européenne. Les
RUP sont éligibles à l?ensemble des appels à projets FEAMPA.
Le fonds social européen (FSE+) possède comme priorité l?emploi, la formation et l?inclusion. Il peut
être particulièrement utile pour le déploiement de l?attractivité aux métiers de la mer en outre-mer.
Seules les RUP sont éligibles.
Le programme LIFE est un programme européen d?investissement dans les projets qui ont pour objectif
de protéger, restaurer et améliorer l?environnement et de ralentir et inverser la perte de biodiversité.
Les RUP et les PTOM sont éligibles à ce programme.
Horizon Europe est un fonds européen en matière d?innovation qui permet de renforcer la base
scientifique et technologique de l?Union européenne sur les questions de la politique de transition
écologique notamment. Les RUP et les PTOM sont éligibles à ce fonds.
Le fonds innovation est un programme de financement pour la démonstration commerciale des
technologies innovantes à faible intensité carbone qui vise à mettre sur le marché des solutions
industrielles pour décarboner l?Europe. Il est abondé par les revenus de l?ETS ( système d?échange de
quotas d?émission de l?Union européenne) et s?est ouvert au secteur maritime en 2023. Il dispose
également d?un mécanisme spécial d?assistance au développement de projets grâce à un soutien
financier et technique fourni par la Banque européenne d?investissements (BEI). Il s?agit d?un soutien
financier qui n?est pas considéré comme une aide d?Etat.
Le fonds européen de développement régional (FEDER) est l?un des principaux programmes de
financements européens de l?Union Européenne visant à promouvoir la cohésion économique, sociale
et territoriale entre les régions. Depuis sa création en 1975, le FEDER a joué un rôle crucial dans la
réduction des disparités économiques et sociales entre les différentes régions européennes. La dotation
du FEDER pour les régions ultrapériphériques s?élève à 2 565 millions d?euros pour la période de
programmation 2021-2027. Le FEDER fonctionne selon le principe du cofinancement. Cela signifie que
les projets bénéficiaires du FEDER doivent également recevoir un financement provenant d?autres
sources, publiques ou privées. Ce fonds est ainsi susceptible de venir appuyer des projets maritimes
en fonction des lignes de partage du fonds, par exemple des projets portuaires ou liés à l?environnement
marin.
71
BIBLIOGRAPHIE
Stratégies nationales :
? Stratégie nationale pour la mer et le littoral 2024-2030 : https://www.mer.gouv.fr/strategie-nationale-
pour-la-mer-et-le-littoral
? Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/
documents/Dossier-de-presse_SNB2030.pdf
? Stratégie nationale portuaire : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/21002_
strategie-nationale-portuaire.pdf
? Stratégie nationale bas-carbone : https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/
documents/2020-03-25_MTES_SNBC2.pdf
Documents stratégiques de bassin :
? Document stratégique de bassin Antilles https://www.dm.martinique.developpement-durable.gouv.
fr/le-document-strategique-de-bassin-maritime-a115.html
? Document stratégique de bassin Guyane https://www.guyane.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Mer-Littoral-
et-Fleuves/Strategies-de-bassin-maritime/Document-strategique-de-bassin-maritime
? Document stratégique de bassin Sud Océan-Indien https://www.dm.sud-ocean-indien.developpement-
durable.gouv.fr/le-document-strategique-de-bassin-maritime-dsbm-r247.html
Communications européennes :
? Communication de la Commission européenne, nouvelle approche pour l?économie bleue durable
dans l ?Union européenne (2021) : https://eur- lex.europa.eu/legal-content/FR/ TXT/
PDF/?uri=CELEX:52021DC0240&qid=1705499035536
? Communication de la Commission européenne, Donner la priorité aux citoyens, assurer une croissance
durable et inclusive et libérer le potentiel des régions ultrapériphériques de l?Union (2022) : https://
eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX%3A52022DC0198
Divers :
? Association des pays et territoires d?outre-mer (OCTA), Feuille de route pour l?économie bleue,
concrétiser le potentiel de ces pays et territoires d?outre-mer (PTOM) pour une croissance bleue durable
(2021) : https://www.overseas-association.eu/content/uploads/2021/06/Final-report-Blue-Economy-
Study-FR.pdf
? Conseil économique, social et environnemental (CESE ), Développer les connexions des outre-mer :
une opportunité et une nécessité (2024) : https://www.lecese.fr/actualites/developper-les-connexions-
des-outre-mer-une-opportunite-et-une-necessite
? Données nationales : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/
chiffres-cles-mer-littoral-2024/elements-contexte et https://www.statistiques.developpement-durable.
gouv.fr/le-transport-maritime-de-marchandises-au-deuxieme-trimestre-2024
? IEDOM, L?économie bleue dans l?outre-mer (2018) : https://www.iedom.fr/IMG/pdf/iedom_economie_
de_la_mer_2018.pdf
? Secrétariat général de la mer, L?économie bleue en France (2022) : https://www.info.gouv.fr/
organisation/secretariat-general-de-la-mer-sgmer/l-economie-bleue-en-france
72
? Circulaire du 10 juillet 2024 sur la coordination de l?action du Gouvernement dans les outre-mer : https://
www.legifrance.gouv.fr/download/pdf/circ?id=45575
? Traité sur le fonctionnement de l?Union européenne : https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.
do?uri=CELEX:12012E/TXT:fr:PDF
? EY Parthenon, Etude sur l?économie bleue durable à horizon 2050 dans les régions ultrapériphériques françaises
(2022)
? Chiffres clés 2021 du Gouvernement de Nouvelle-Calédonie : https://choosenewcaledonia.nc/sites/default/
files/documents/Nouvelle_Caledonie_argumentaire_fr.pdf
? Comité IFRECOR de Polynésie Française : https://ifrecor.fr/comite-polynesie-francaise/
? Rapport Sénat, Les outre-mer au coeur de la stratégie maritime nationale (2022) : https://www.senat.fr/rap/
r21-546/r21-5461.pdf
? INSEE, Bilan économique 2020 ? Martinique (2021) : https://www.insee.fr/fr/statistiques/5017345
? Office français de la biodiversité, répartition des eaux françaises : la France, présente dans quatre océans en
km2
? IDEOM, le trafic de marchandises de Port Réunion dynamique en 2021 : https://www.iedom.fr/la-reunion/
actualites/la-lettre-de-l-iedom/septembre-2021/actualites-economiques-locales/article/le-trafic-de-
marchandises-de-port-reunion-dynamique-en-2021
? Synthèse des orientations stratégiques pour la Nouvelle- Calédonie du cluster maritime et du Gouvernement
de Nouvelle- Calédonie (2023)
? Préfecture de Wallis-et-Futuna, feuille de route pour l?économie bleue durable (2024)
? Haut-Commissariat de Polynésie française, projet de feuille de route pour l?économie bleue durable à horizon
2030 en Polynésie Française (2024)
? Direction de la mer Sud Océan-Indien, Réunion, contrat de filière pour l?économie bleue (2024)
? Direction de la mer Sud Océan-Indien, Mayotte, contribution des services déconcentrés pour la feuille de
route pour l?économie bleue ultramarine (2024)
? Préfecture de Guadeloupe, étude, après concertation locale, sur l?économie bleue durable à horizon 2030
(2024)
? Préfecture de la Martinique, restitution des travaux de concertation locale pour la feuille de route sur
l?économie bleue ultramarine (2024)
? Collectivité territoriale de Saint-Martin, stratégie pour l?économie bleue (2023)
? Direction des Territoire, de l?Alimentation et de la Mer de Saint-Pierre et Miquelon, contribution pour la
feuille de route sur l?économie bleue ultramarine (2024)
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Tour Séquoia 1 place Carpeaux
92800 Puteaux
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DES AFFAIRES MARITIMES,
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MOT DES AUTORITES
Introduction
POTENTIEL ET DEFIS POUR L?ECONOMIE BLEUE ULTRAMARINE
A L?HORIZON 2030
PRIORITES COMMUNES
IDENTIFIEES A L?ISSUE DES TRAVAUX DE
CONCERTATION
MESURES
OPÉRATIONNELLES
PAR TERRITOIRE
CREDITS NATIONAUX
Bibliographie