L'empreinte carbone de la consommation d'énergie des ménages : le rôle central du chauffage et des véhicules thermiques
MARTIN, Élise ;PINTON, Caroline
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service de l'économie verte et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
Afin de respecter les objectifs climatiques pour la France, les ménages devront réaliser a minima 31 milliards d'euros par an d'investissements pour la transition bas-carbone en moyenne sur la période 2025-2030. Ces investissements concernent principalement le changement de système de chauffage, l'isolation thermique des logements et l'électrification des véhicules. En l'absence d'aides publiques, la moitié de ces actions sont susceptibles d'être réalisées spontanément par les ménages, parce qu'elles sont rentables ou induites par une réglementation, et que les ménages concernés ont la capacité financière d'assurer l'investissement initial. Pour l'autre moitié, cette étude démontre que les principaux freins économiques à ces investissements sont le manque de rentabilité de la rénovation thermique des logements, ainsi que le manque de capacité financière des 30 % de ménages les plus modestes, justifiant une intervention publique. En complément des dispositifs déjà existants, des politiques aussi diverses que les subventions vertes, des restrictions à l'installation des chaudières gaz neuves, un renforcement de la taxation du gaz, ou encore une hausse des obligations de certificats d'économie d'énergie, permettraient d'accélérer la réalisation de ces investissements.
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
changement climatique
;ménage
;consommation d'énergie
;empreinte carbone
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Paysage
Texte intégral
L?empreinte carbone de
laconsommation d?énergie des
ménages: le rôle central du chauffage
et des véhicules thermiques
L?empreinte carbone de la consommation d?énergie directe
des ménages en France métropolitaine atteint 3,7tonnes
de CO2 équivalent par ménage en 2023. Untiers est lié à
la consommation d?énergie pour le logement et deux tiers
à celle de carburant pour les véhicules thermiques.
Derrière cette moyenne se cachent de fortes
disparités:les émissions croissent avec le niveau de vie
et l?éloignement des centres urbains. Mais ce sont surtout
les équipements des ménages (type de chauffage,
surface du logement, nombre et motorisation des
véhicules) qui structurent les écarts. Les effets du
chauffage au fioul et de la possession de plusieurs
véhicules thermiques dépassent ceux du revenu ou du
lieu de résidence, ce qui souligne l?importance de
politiques ciblées sur les équipements et les
infrastructures pour atteindre les objectifs climatiques.
Pour respecter les engagements de l?Accord de Paris, l?empreinte
carbone annuelle à l?horizon 2050 doit diminuer fortement.
Leseuil de dépassement de 2 tonnes de CO2 équivalent
(tCO2éq) par personne, soit environ 4 t CO2éq par ménage, est
régulièrement mis en avant1. La troisième édition de la stratégie
nationale bas-carbone prévoit de fixer un objectif en empreinte,
qui pourra venir préciser ces cibles. Ces niveaux s?entendent
tous postes confondus (habitat, déplacement, alimentation,
biens d?équipement, services publics, services marchands).
L?EMPREINTE CARBONE DE LA CONSOMMATION
D?ÉNERGIE DES MÉNAGES EST DE 3,7 T CO2 ÉQ
ENMOYENNE
L?empreinte carbone liée à la consommation d?énergie directe
des ménages en France métropolitaine est estimée à
3,7tCO2éq par ménage en moyenne en 20232. Le carburant
utilisé pour les déplacements en véhicule constitue la principale
source d?émissions, avec 2,4 t CO2 éq, contre 1,3 t CO2 éq pour
les consommations énergétiques liées au logement (tableau 1).
Concernant le transport, le diesel domine l?empreinte,
àla fois en raison du nombre de kilomètres parcourus par
véhicule utilisant ce carburant et de la prévalence de ce type
de motorisation dans le parc automobile.
Concernant le logement, le gaz est le premier contributeur à
l?empreinte moyenne des ménages, à hauteur de 0,7 t CO2éq, et
le fioul est le second, à hauteur de 0,4tCO2 éq. Laprévalence de
la contribution du gaz s?explique à la fois par un facteur d?émissions
élevé et par le nombre de ménages concernés: 4 ménages sur 10
sont raccordés au gaz. La contribution du fioul quant à elle résulte
essentiellement de son facteur d?émissions élevé.
AOÛT 2025
AÉ MT H Essentiel
Tableau 1: empreinte carbone moyenne
delaconsommation d?énergie des ménages
par type d?énergie en 2023
EntCO2éq
Champ: France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus, 2025
Énergie Empreinte
carbone
directe
Empreinte
carbone
indirecte
Empreinte
carbone totale
Toutes énergies
du logement 0,9 0,4 1,3
Gaz 0,6 0,1 0,7
Fioul 0,3 0,1 0,4
Électricité 0,0 0,2 0,2
Urbain 0,0 0,0 0,0
Bois 0,0 0,0 0,0
Tous carburants 1,9 0,5 2,4
Diesel 1,4 0,4 1,8
Essence 0,5 0,1 0,6
Total 2,8 0,9 3,7
1 Ces cibles sont des estimations destinées à éclairer le chemin à parcourir. Concernant l?évolution de la démographie, voir par exemple le document de travail
Projections du nombre de ménages à horizon 2030 et 2050. À l?horizon 2050, un ménage serait composé en moyenne de deux personnes.
2 Tous postes confondus, cette empreinte carbone est estimée à 20,6 t CO2 éq par ménage en France en 2023.
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/6951/download?inline
L?empreinte carbone de laconsommation d?énergie desménages:
le rôle central du chauffage et des véhicules thermiques
L?empreinte carbone moyenne liée à la consommation
d?énergie directe des ménages est due pour plus des
troisquarts aux émissions directes (celles générées au
moment de la consommation finale, voir méthodologie) et
pour moins d?un quart aux émissions indirectes (émissions
amont liées à la production, au transport, à la transformation
et à la distribution des énergies). La part des émissions
indirectes est plus importante pour le logement que pour le
transport, car les énergies finales utilisées sont davantage
transformées (électricité notamment).
UN ACCROISSEMENT EN FONCTION DU NIVEAU DE
VIE ET DE L?ÉLOIGNEMENT À LA COMMUNE-CENTRE
L?empreinte carbone liée à la consommation d?énergie directe
des ménages varie fortement selon le niveau de vie et la
localisation géographique.
Ainsi, les ménages du dernier dixième de niveau de vie
ont une empreinte deux fois plus élevée que ceux du premier
et l?empreinte carbone croît davantage avec le niveau de vie
pour le transport que pour le logement (graphique 1). Cela
s?explique d?une part par la proportionnalité3 entre émissions
et consommation d?énergie, pour chaque type d?énergie, et
d?autre part, par un profil de consommation d?énergie
davantage croissant côté transport que côté logement.
Les différences d?empreinte carbone liée à la
consommation d?énergie directe des ménages sont
également très marquées selon la localisation géographique
des ménages au sens du zonage en aire d?attraction de
ville4 (graphique2). Pour les ménages des communes-
centre, l?empreinte carbone s?établit à 2,9tCO2éq, contre
4,4tCO2éq dans les communes périurbaines ou rurales,
soit un facteur d?un et demi. Ces disparités s?expliquent
essentiellement par une utilisation plus importante de la
voiture lorsqu?on s?éloigne des communes-centre.
La fonction de quantile apporte un éclairage sur
l?hétérogénéité des situations individuelles (voir encadré).
3 Le coefficient de proportionnalité étant le facteur d?émissions (voir méthodologie).
4 Voir le site de l'Insee pour la définition de ces catégories et l?Insee première Aires d?attraction des villes: plus de 15-29 ans et de cadres dans les pôles et dans les grandes
aires pour une analyse sociodémographique.
Graphique 2: empreinte carbone de la consommation
d?énergie des ménages, par catégorie de commune
En tCO2éq
Champ: France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus, 2025
Empreinte carbone de la consommation d'énergie du logement :
émissions indirectes
Empreinte carbone de la consommation d'énergie du logement :
émissions directes
Empreinte carbone de la consommation de carburant : émissions indirectes
Empreinte carbone de la consommation de carburant : émissions directes
Empreinte carbone de la consommation d'énergie des ménages
Lecture: l?empreinte carbone de la consommation d?énergie d?un ménage du premier dixième de niveau de vie est égale à 2,5 t CO2 éq en moyenne en 2023. Ce total se
décompose en 1,2 t CO2 éq pour le logement, et en 1,4 t CO2 éq pour le transport.
Champ: France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus, 2025
Graphique 1: empreinte carbone de la consommation d?énergie des ménages par dixième de niveau de vie
EntCO2éq
Empreinte carbone de la consommation d'énergie
du logement : émissions indirectes
Empreinte carbone de la consommation d'énergie
du logement : émissions directes
Empreinte carbone de la consommation de carburant :
émissions indirectes
Empreinte carbone de la consommation de carburant :
émissions directes
Empreinte carbone de la consommation d'énergie des ménages
5
4
3
2
1
0
0,9
1,3
2,9
Commune-
centre
1,0
1,6
3,4
Autre commune
d'un pôle
2,5
0,8
0,5
4,4
Commune
de la
couronne
0,9
0,5 2,4
4,4
Commune
hors attraction
des villes
6
5
4
3
2
1
0
0,8
1,1
2,5
1er dixième
0,8
1,3
2,8
2e dixième
0,8
1,6
3,2
3e dixième
0,8
0,4 1,8
3,5
4e dixième
0,8
3,7
5e dixième
0,8
3,8
6e dixième
0,8
0,4 2,1
3,9
7e dixième
0,9
0,5 2,3
4,3
8e dixième
1,0
0,5 2,3
4,4
9e dixième
1,3
0,6
2,4
5,0
10e dixième
0,3
0,4 0,4
0,3
0,4
0,4
0,5
0,4 0,4 2,0
0,5 0,5
0,6 0,6 0,6
0,3
0,4
0,6 0,6
0,4 0,4
2,0
0,5
https://www.insee.fr/fr/information/4803954
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4983000
https://www.insee.fr/fr/statistiques/4983000
L?empreinte carbone de laconsommation d?énergie desménages:
le rôle central du chauffage et des véhicules thermiques
5 Les voitures électriques et hybrides ne sont pas prises en compte (voir méthodologie).
ENCADRÉ
Distribution de l?empreinte
carbone de la consommation
d?énergie desménages
L?utilisation d?une fonction quantile permet une lecture
continue de la distribution des émissions. Elle met en évidence
la diversité des situations des ménages, sans dépendre d?une
hypothèse de segmentation des ménages par catégorie.
Cette approche permet ainsi d?identifier finement la part
des ménages dont l?empreinte est en dessous ou au-dessus
d?un certain seuil.
Ainsi, du côté des carburants pour se déplacer, 35% des
ménages ont une empreinte carbone inférieure à 1tCO2 éq
(dont 18% uneempreinte carbone nulle: il s?agit de ménages
ne possédant pas de véhicule ou ne l?utilisant pas), tandis que
ducôté des énergies dulogement, 55% des ménages
ontune empreinte carbone inférieure à 1tCO2éq
(graphique 3). Ces faibles niveaux d?émissions correspondent
principalement àdesménages chauffés à l?électricité ou
au bois. Cependant, 15% seulement des ménages ont
une empreinte carbone de leur consommation totale d'énergie
inférieureà1tCO2éq.
20
18
16
14
12
10
8
6
4
2
0
0 20
Graphique 3: fonction quantile de l?empreinte carbone
de la consommation d?énergie des ménages en 2023
En tCO2éq
Lecture: l'empreinte carbone de la consommation de carburant est nulle pour
18% des ménages, ces ménages ne consommant pas de carburant. Par ailleurs,
elle est inférieure à 3 t CO2 éq pour 68 % d'entre eux.
Note: la fonction quantile est la fonction réciproque de la fonction de répartition.
Champ: France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus, 2025
Empreinte carbone de la consommation d'énergie des ménages
Empreinte carbone de la consommation de carburant
Empreinte carbone de la consommation d'énergie du logement
Part des ménages (%)
40 60 80 100
Ces écarts s?expliquent à la fois par des facteurs d?émissions très
différents selon les énergies, mais aussi par les caractéristiques
du logement (type et taille de logement, niveau d?isolation, etc.).
L?empreinte carbone liée à la consommation de carburant
pour les déplacements en voiture est fortement corrélée au
nombre de véhicules possédés par le ménage, mais aussi au type
de motorisation (graphique 5). L?effet du nombre de véhicules
domine, mais la motorisation joue aussi un rôle: le diesel est en
moyenne plus émetteur que l?essence, du fait de distances
parcourues plus élevées.
UN FORT IMPACT DE L?ÉNERGIE DE CHAUFFAGE
ETDE LA COMPOSITION DU PARC DE VÉHICULES
Les écarts d?empreinte carbone de consommation d?énergie
directe entre ménages s?expliquent par leurs choix
d?équipements: le type d?énergie utilisé pour se chauffer et le
nombre de véhicules thermiques5 détenues.
En moyenne, un ménage chauffé à l?électricité a une
empreinte dix fois plus faible qu?un ménage chauffé au fioul et
cinq fois plus faible qu?un ménage chauffé au gaz (graphique 4).
Graphique 4: empreinte carbone de la consommation
d?énergie du logement selon l?énergie principale
dechauffage
En tCO2éq
Champ: France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus, 2025
Empreinte carbone de la consommation d'énergie du logement :
émissions indirectes
Empreinte carbone de la consommation d'énergie du logement :
émissions directes
Empreinte carbone totale de la consommation d'énergie du logement
4
3
2
1
0
2,9
0,8
1,4
0,3
0,4
0,9
1,2
1,8
3,8
0,1
Électricité Bois Urbain Gaz Fioul
Graphique 5: empreinte carbone de la consommation
de carburant pour les déplacements en véhicules
selon leur nombre et leur type de motorisation
En tCO2éq
Note: les niveaux d?émissions en moyenne plus élevés pour une voiture diesel
que pour une voiture essence s?expliquent par des distances parcourues par les
ménages plus élevées dans le premier cas que dans le second. À distance égale,
une voiture diesel est en moyenne un peu moins émettrice qu?une voiture essence.
Champ: France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus, 2025
Empreinte carbone de la consommation de carburant : émissions indirectes
Empreinte carbone de la consommation de carburant : émissions directes
Empreinte carbone totale de la consommation de carburant
8
7
6
5
4
3
2
1
0
1 essence
0 diesel
Un véhicule Deux véhicules
0 essence
1 diesel
2 essence
0 diesel
1 essence
1 diesel
0 essence
2 diesel
3 véhicules
ou plus
0,4
0,6
0,3
0,4
0,9
5,2
1,3
6,5
4,0
1,0
5,0
3,2
0,8
4,0
2,2
0,5
2,8
1,9
0,5
2,3
1,0
0,2
1,2
-1 0 1 2 3 4 5 6
Empreinte carbone
de la consommation
d'énergie des ménages
Empreinte carbone
de la consommation
d'énergie du logement
Empreinte carbone
de la consommation
de carburant
L?empreinte carbone de laconsommation d?énergie desménages:
le rôle central du chauffage et des véhicules thermiques
Graphique 6 : déterminants de l?empreinte carbone de laconsommation d?énergie des ménages en 2023
Niveau
de vie
1er cinquième
2e cinquième
3e cinquième
4e cinquième
5e cinquième
Catégorie de
commune
Pôle
Couronne
Hors attraction des villes
Âge
Moins de 36 ans
Entre 36 et 55 ans
Entre 56 et 70 ans
Plus de 70 ans
Chauffage
Électricité
Bois
Urbain
Gaz
Fioul
Surface
Moins de 40 m2
40 à 80 m2
80 à 120 m2
120 m2 et plus
Période de
construction
Avant 1948
De 1949 à 1981
De 1982 à 1998
Après 1999
Véhicule
Aucun véhicule
1 essence, 0 diesel
0 essence, 1 diesel
2 essence, 0 diesel
1 essence, 1 diesel
0 essence, 2 diesel
3 véhicules et plus
Empreinte carbone de la consommation d'énergie du logement Empreinte carbone de la consommation de carburant
Empreinte carbone de la consommation d'énergie des ménages
Lecture: un ménage chauffé principalement au fioul émet en moyenne 3tCO2éq de plus que qu?un ménage chauffé principalement à l?électricité en 2023, toutes choses
égales par ailleurs.
Note: les coefficients sont estimés dans trois régressions linéaires séparées. Pour chaque régression et variable explicative, la modalité de référence est indiquée en vert,
l?intervalle de confiance des coefficients estimés est représenté par la barre horizontale qui traverse le losange.
Champ: France métropolitaine, hors ménages étudiants.
Source: CGDD, modèle Prometheus, 2025
Le fait de posséder plusieurs véhicules à motorisation
thermique (essence ou diesel) est associé à une forte hausse
de l?empreinte carbone liée au transport. Certains
coefficients dépassent même ceux du chauffage au fioul,
traduisant le poids majeur des véhicules thermiques dans
l?empreinte de la consommation d?énergie des ménages.
La surface habitable et l?année de construction du
logement apparaissent comme des facteurs amplificateurs
des émissions liées au logement. Les logements plus grands
correspondent à des émissions plus importantes. Et plus le
logement a été construit récemment, plus faible est
l?empreinte. Cependant ces facteurs pèsent moins que le
type d?énergie de chauffage.
L?ÉNERGIE DE CHAUFFAGE, LE TYPE DE VÉHICULE
ETLA SURFACE DU LOGEMENT PÈSENT PLUS QUE
LE REVENU OU LE LIEU DE VIE
Des corrélations peuvent exister entre les facteurs explicatifs
présentés ci-dessus6. En isolant les facteurs selon une
méthode de régression linéaire (graphique 6), le rôle majeur
de l?énergie de chauffage utilisée ressort. Le fioul se
distingue nettement: les ménages chauffés au fioul émettent
en moyenne 3tCO2éq de plus que ceux chauffés à
l?électricité, toutes choses égales par ailleurs (notamment
avec la prise en compte de la surface du logement, de son
année de construction et du niveau de vie).
6 Par exemple, les ménages aisés possèdent en moyenne davantage de véhicules que les ménages modestes.
-1 0 1 2 3 4 5 6 7
www.ecologie.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service de l?économie verte et solidaire (SEVS)
Sous-direction de l?économie et de l?évaluation
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal: août 2025
Version modifiée en octobre 2025
(révisions relatives à l'empreinte carbone
de la consommation de carburant)
ISSN: 2555-493X (en ligne)
Directeur de publication: Brice Huet
Rédactrice en chef: Florence Abadia
Coordination éditoriale: Céline Blivet et Claude Baudu-Baret
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
Enfin, l?âge de la personne de référence joue également
un rôle: les ménages les plus âgés tendent à avoir une
empreinte plus faible, notamment pour le transport. Cela
reflète en partie des mobilités plus réduites, par exemple
concernant les déplacements domicile-travail.
Ainsi, les facteurs socio-économiques comme le niveau
de vie ou la catégorie de communes ont bien un effet sur
l?empreinte carbone de la consommation d?énergie des
ménages, mais les équipements énergétiques et les
comportements associés sont prépondérants.
MÉTHODOLOGIE
Les données mobilisées dans cette analyse proviennent
du modèle de microsimulation Prometheus du CGDD.
Cemodèle permet une représentation des consommations
d?énergie directes des ménages résidant en France
métropolitaine, en couvrant à la fois les usages liés au
logement principal (chauffage, eau chaude, électroménager)
et ceux associés aux déplacements en véhicule thermique7.
L?empreinte carbone de la consommation d?énergie
directe des ménages correspond aux émissions de gaz à
effet de serre associées à cette consommation d?énergie.
Pour chaque énergie, cette empreinte carbone est calculée
en multipliant la consommation de l?énergie achetée par le
ménage avec le facteur d?émissions de l?énergie8.
Les émissions directes et indirectes sont déterminées
selon les hypothèses et conventions suivantes :
? Les émissions de l?électricité sont intégralement
indirectes et correspondent à la combustion dans les
centrales, ainsi qu?à l?ensemble des émissions amont
liées à la production et au transport de l?énergie, jusqu?à
la distribution finale.
? Les émissions des chaudières situées au sein de
locaux collectifs (dont le chauffage urbain) sont
considérées comme étant des émissions directes.
? Conformément aux principes de la comptabilité
carbone, les émissions directes liées à la combustion du
bois sont considérées comme nulles en raison du cycle
biogénique du carbone: le CO2 émis est supposé être
réabsorbé par la croissance forestière. En revanche, les
émissions indirectes, associées à l?exploitation et au
transport, sont comptabilisées.
Les composantes de l?empreinte carbone non liées à la
consommation d?énergie directe des ménages sont hors du
champ de cette étude9 (par exemple émissions liées au
transport en avion, à la construction des véhicules, des
logements ou des systèmes de chauffage).
Élise MARTIN*, SEVS
Caroline PINTON, SEVS
* en poste au SEVS au moment de la rédaction de la publication
7 Les consommations d?énergie liées à l?utilisation de voitures électriques ou hybrides ne sont pas connues compte tenu du faible nombre d?observations
associées dans l?enquête mobilité des personnes de 2019.
8 Sources: Ademe, base Empreinte, 2025 (pour chaque énergie, dernière année disponible au moment de la rédaction de cette étude) et Amorce,
Contenu carbone des réseaux de chaleur et de froid, réglementations et bilans GES,2022 (pour le chauffage urbain).
9 Pour une vision agrégée de l?ensemble de l?empreinte carbone, voir l?article web du SDES L?empreinte carbone de la France de 1990 à 2023.
https://www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/publications/document_travail_70_prometheus_microsimulation_facture_energetique_menage_mars2025.pdf
https://base-empreinte.ademe.fr/
https://amorce.asso.fr/publications/contenu-carbone-des-reseaux-de-chaleur-et-de-froid-reglementations-et-bilans-ges-rct55
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/lempreinte-carbone-de-la-france-de-1990-2023?rubrique=&dossier=1286