modèle (Le) technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
BOURGUEIL, Jules ;DE GUIBERT, Olivier ;LE HIR, Boris
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service de l'économie verte et solidaire
Auteur secondaire
Résumé
TiTAN est un modèle technico-économique d'optimisation du système énergétique français. Il est développé, maintenu et exploité au Commissariat général au développement durable (CGDD). Il a été cofinancé par le CGDD, la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC) et France Stratégie. Basé sur une représentation explicite et détaillée des technologies qui composent le système énergétique (production-distribution d'énergie, transport, bâtiments, industrie), il permet de calculer la trajectoire d'investissement et d'activité la moins coûteuse, à jeu d'hypothèses donné, pour atteindre un objectif de baisse des émissions tout en satisfaisant la demande en services énergétiques. Il a vocation à éclairer la décision publique dans la planification de la transition vers la neutralité carbone. La première version du modèle a été finalisée courant 2024 et a participé à la révision de la valeur de l'action pour le climat (VAC) par la commission « Quinet III » de France Stratégie. Ce document de travail est la première publication à offrir une présentation approfondie de TiTAN. Il vise à décrire le fonctionnement du modèle et à détailler les simulations produites pour la révision de la VAC.
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
transition énergétique
;neutralité carbone
;gaz à effet de serre
;décarbonation
Descripteur écoplanete
réduction des GES
;modélisation
Thème
Énergie - Climat
Texte intégral
Le modèle technico-économique
TiTAN : optimiser le système
énergétique pour une transition
bas-carbone efficace
Méthodologie et résultats
Juillet 2025
DOCUMENT DE TRAVAIL
? 2 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Résumé
TiTAN est un modèle technico-économique d?optimisation du système énergétique français. Il est
développé, maintenu et exploité au Commissariat général au développement durable (CGDD). Il
a été cofinancé par le CGDD, la direction générale de l?énergie et du climat (DGEC) et France
Stratégie. Basé sur une représentation explicite et détaillée des technologies qui composent le
système énergétique (production-distribution d?énergie, transport, bâtiments, industrie), il permet
de calculer la trajectoire d?investissement et d?activité la moins coûteuse, à jeu d?hypothèses
donné, pour atteindre un objectif de baisse des émissions tout en satisfaisant la demande en
services énergétiques. Il a vocation à éclairer la décision publique dans la planification de la
transition vers la neutralité carbone. La première version du modèle a été finalisée courant 2024
et a participé à la révision de la valeur de l?action pour le climat (VAC) par la commission
« Quinet III » de France Stratégie. Ce document de travail est la première publication à offrir une
présentation approfondie de TiTAN. Il vise à décrire le fonctionnement du modèle et à détailler
les simulations produites pour la révision de la VAC.
Mots clés : transition bas-carbone, transition énergétique, système énergétique, coût d?abattement, valeur de l?action
pour le climat, modèle technico-économique, modèle d?optimisation.
Citation pour ce document : Bourgueil J., De Guibert O. , Le Hir B. (2025), « Le modèle technico-économique TiTAN :
optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace », CGDD, document de travail,
juillet 2025.
Auteurs
Jules BOURGUEIL (CGDD)
Olivier DE GUIBERT* (CGDD)
Boris LE HIR* (CGDD)
* En poste au CGDD/SEVS lors de la rédaction du document.
Remerciements
Les auteurs remercient les stagiaires qui ont contribué au développement du modèle TiTAN depuis 2019 : Yves
Abraham, Rind Alhage, Mathis Azema, Alexandre Bernier, Mattéo Boissière, Sylvain Cazeaux, Noé Clavier, Augustin
Clédat, Tom Collignon, Matthieu Colin, Alban Cusset, Simon Defradas, Nathan Doumèche, Sylvain Duchesne, Marvin
Dupuis, Joseph Durand, Othman Elbaz, Victor François, Mathis Gauthier, Benjamin Goll, Téo Gruber, Jingjing Huang,
Thomas Jourdan, Lucille Lacoste, Louise Lallemand, Julie Le Vot, Camille Mascles, Hubert Massoni, Nathan Miscopein,
Aurel Mélard, Emmanuel Memmi, Amélie Pesnec, Côme Pollet, Antony Rey-Pommier, Nils Reynaud, Mathis Rigaud,
Charlotte de Romémont, Gabrielle Sauger, Emeric Seraille, Benjamin Somson, Pierric Spery, Martin Stoll, Jérémie
Stym-Popper, Stanislas Temam-Basse, Yinuo Zhang.
Un remerciement particulier à Paul Rovel, qui a apporté plusieurs développements fondamentaux au modèle et à
son interface en 2024, dans le cadre de sa mission professionnelle pour la formation initiale du corps des ingénieurs
des ponts, des eaux et des forêts.
Merci par ailleurs à Alexis Boutet, Léon Ferrari, Alexandre Marié, de la société Artelys, qui ont élaboré
en 2020 et 2021 la première version du code de la version multisectorielle du modèle.
Les auteurs remercient également Robert Benda et Stéphane Crémel qui ont construit en 2018 un prototype de
TiTAN appliqué au secteur des transports, sous la conduite d'Antonin Vergez qui a engagé la généralisation inter-
sectorielle, ainsi que Baptiste Perrissin Fabert et Alexis Foussard, qui ont initié les études technico-économiques au
CGDD en 2016.
Les auteurs tiennent aussi à remercier les participants aux comités de pilotage de TiTAN qui se sont succédés depuis
2020 : Maxime Gérardin, Bérengère Mesqui et Nicolas Riedinger pour France Stratégie ; Yanis Chaigneau, Samuel
Laval, Ophélie Risler et Mickaël Thiery pour la DGEC ; Silvano Domergue, Vincent Marcus et Olivier Simon pour le
CGDD.
Enfin, les auteurs remercient Alexandre Godzinski et Audrey Coreau pour leur relecture attentive et leurs
commentaires.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 3 ?
Introduction ............................................................................................................................................... 4
Partie 1 - Présentation du modèle TiTAN ............................................................................................ 7
1. TiTAN en bref ...................................................................................................................................... 8
2. La structure générale de TiTAN ..................................................................................................... 11
3. Les secteurs modélisés dans TiTAN ............................................................................................. 16
4. La construction de scénarios avec TiTAN................................................................................... 24
Partie 2 - Une première application : la contribution de TiTAN à la révision de la valeur de
l?action pour le climat ............................................................................................................................ 31
1. Un cadrage des simulations cohérent avec la SNBC3 .............................................................. 32
2. La réduction des émissions de GES .............................................................................................. 40
3. Le coût d?abattement marginal du système, un indicateur de l?intensité des efforts de
décarbonation ...................................................................................................................................... 44
4. La sensibilité du coût d?abattement marginal aux hypothèses de contexte....................... 47
5. Les coûts de la décarbonation ...................................................................................................... 53
6. La transformation du système énergétique ............................................................................... 56
Conclusion ................................................................................................................................................ 70
Annexes ..................................................................................................................................................... 71
Bibliographie ............................................................................................................................................ 96
Sigles .......................................................................................................................................................... 98
Table des matières .................................................................................................................................. 99
Sommaire
? 4 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Introduction
La décarbonation profonde de l?économie est indispensable pour limiter le réchauffement
climatique et ses effets néfastes. Cette transition implique des investissements massifs dans
l?ensemble du système énergétique : moyens de production d?électricité et de carburants,
réseaux, isolation des bâtiments et appareils de chauffage, flottes de véhicules,
infrastructures de production industrielles? De plus, au regard des enjeux, cette transition
doit s?effectuer très rapidement, la France et l?Union européenne visant la neutralité de leurs
émissions respectives en 2050. Pour atteindre cet objectif et maîtriser son coût, il est donc
essentiel de planifier avec soin les investissements, en s?assurant de leur efficacité et de leur
cohérence. En outre, les prises de décisions publiques et privées doivent tenir compte de
l?évolution de la demande vers plus ou moins de sobriété, qui joue sur le volume et la
composition des investissements nécessaires.
Le modèle technico-économique d?optimisation du système énergétique TiTAN (Trajectoire
des Technologies d?Abattement vers la Neutralité), développé au CGDD et cofinancé par le
CGDD, la DGEC et France Stratégie, a pour objectif d?informer ces prises de décisions. En se
basant sur une description détaillée et cohérente du système énergétique (production-
distribution d?énergie, transport, industrie et bâtiment) il permet d?identifier la trajectoire de
décarbonation la moins coûteuse sous un jeu d?hypothèses donné, à l?horizon 2050 et au-delà.
Il permet en particulier d?apporter des éléments de réponse à de nombreuses questions
relatives à la stratégie de décarbonation à déployer sur le territoire français, telles que :
? Quel coût l?objectif de neutralité carbone représente-t-il ?
? Comment répartir l?effort de décarbonation entre les différents secteurs de
l?économie ?
? Quel montant d?investissement la neutralité carbone pourrait-elle impliquer et
quelles économies d?énergie peut-on en attendre ?
? Quel poids donner à l?amélioration de l?efficacité énergétique et à la substitution
vers des vecteurs énergétiques décarbonés ?
? Quel est l?effet de la sobriété sur le coût de la décarbonation ?
? À quelles hypothèses ces résultats sont-ils les plus sensibles ?
? Qu?impliquent les incertitudes sur les capacités des puits naturels de carbone sur le
coût de la décarbonation profonde ?
TiTAN s?inscrit dans une approche bottom-up et d?optimisation classique pour la
modélisation du système énergétique 1. On y trouve par exemple le générateur de modèles
MARKAL-TIMES, développé depuis la fin des années 1970 et connaissant des dizaines
d?applications 2 , de même que plusieurs des modèles d?évaluation intégrée (integrated
assessment models) ayant alimenté les rapports du GIEC 3. Au sein de cette famille de modèles,
TiTAN se caractérise par une relative simplicité (détail technologique modéré, absence de
représentation endogène des comportements, absence de bouclage macroéconomique), qui
vise à répondre aux exigences fortes d?explicabilité des résultats et d?opérationnalité pour
l?aide à l?élaboration des politiques publiques
1 Cf. Lopion et al. (2018) pour une revue globale des approches de modélisation du système énergétique, Giacomo Prina et al. (2020)
pour une revue des modèles bottom-up et Plazas-Niño, Ortiz-Pimiento, et Montes-Páez (2022) pour une revue des modèles bottom-
up d?optimisation à l?échelle nationale en particulier.
2 Cf. Krakowski et al. (2016) et Millot, Krook-Riekkola, et Maïzi (2020) pour des applications de TIMES au cas de la France et Seck et
al. (2022) pour une application à l?Union européenne.
3 Par exemple, les modèles GENeSYS-MOD, MESSAGEix-GLOBIOM et TIAM-ECN. Cf. IPCC (2022).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 5 ?
La première version du modèle a été finalisée courant 2024 et a été mobilisée par la troisième
commission sur la valeur de l?action pour le climat (VAC) de France Stratégie4. Le modèle sera
publié intégralement (code, paramétrage, notices détaillées) en open source courant 2025.
Ce document de travail est structuré en deux parties relativement indépendantes. La
première décrit l?ensemble du fonctionnement du modèle, sans pour autant viser
l?exhaustivité. La liste des variables et des équations n?est donc pas détaillée ici, elles le seront
dans des notices publiées ultérieurement. La deuxième partie présente les simulations
produites pour la révision de la valeur de l?action pour le climat, en détaillant notamment les
sous-jacents technologiques des scénarios et les coûts de la transition.
4 France Stratégie (2025).
? 6 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 7 ?
Partie 1
Présentation du modèle TiTAN
? 8 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
1. TITAN EN BREF
Un modèle technico-économique d?optimisation du système énergétique
TiTAN est un modèle d?optimisation intertemporelle du système énergétique, codé en
Python. Il prend en entrée des projections de coût des énergies primaires, de coût et
d?efficacité des technologies disponibles, de demande en services énergétiques, ainsi que
diverses contraintes définies par l?utilisateur, notamment une contrainte sur les émissions de
gaz à effet de serre (GES) dite « contrainte carbone ». Il renvoie la trajectoire d?investissement
et d?activité des technologies qui satisfait la demande au coût intertemporel minimal tout en
respectant les contraintes définies par l?utilisateur. L?optimisation est réalisée en une seule
fois sur l?horizon temporel considéré, en supposant une anticipation parfaite du futur. La
résolution du modèle par la minimisation du coût sous contrainte carbone correspond à un
traitement coût-efficacité de l?externalité climatique. Cette approche permet d?expliquer
simplement les choix technologiques faits par le modèle : si une technologie n?est pas
mobilisée, c?est qu?il en existe d?autres qui permettent d?atteindre la même réduction
d?émissions à moindre coût global. Inversement si un investissement est réalisé, c?est qu?il
participe à la trajectoire vers la neutralité la moins chère possible.
Encadré 1 : problème d?optimisation du modèle TiTAN, version simplifiée
Sous contraintes :
? satisfaction de la demande d?énergie finale ;
? contraintes technologiques :
o disponibilité des capacités ;
o efficacité des technologies ;
o équilibre production-consommation des vecteurs énergétiques ;
o accumulation et dépréciation des capacités ;
o limites sur les gisements et importations d?énergies primaires ;
o limites sur le rythme de déploiement des technologies ;
? contraintes de politiques publiques : contrainte carbone, part minimum ou
maximum de certaines technologies, consommation d?énergie finale, etc.
Avec :
??0 : année de calage du modèle
???????? : année de référence pour l'actualisation
?? : l'ensemble des années calculées
?? : le taux d?actualisation
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 9 ?
C?est également un modèle technico-économique : il est fondé sur une description explicite
et détaillée des flux énergétiques et des technologies mobilisables, présentes et futures
(centrales électriques, bâtiments et leurs équipements, parc de véhicules, etc.). Cette
approche correspond à la logique de modélisation bottom-up : la demande en énergie finale,
la structure de la production et les coûts des énergies finales résultent de l?agrégation
d?éléments individuels détaillés dans la modélisation. Elle s?oppose à la logique top-down, où
ces variables sont directement décrites par des fonctions agrégées, comme par exemple dans
un modèle macroéconomique.
TiTAN est enfin un modèle intégré du système énergétique, ce qui lui permet de tenir compte
des effets de rétroaction des choix technologiques d?un secteur sur les autres. Par exemple, il
permet de rendre compte des tensions entre disponibilité et besoin d?électricité causées par
l?électrification simultanée des transports, du chauffage résidentiel et de l?industrie, ou de la
compétition entre les usages pour certaines ressources énergétiques limitées (biomasse,
hydrogène, etc.).
Le choix d?une approche strictement technico-économique
TiTAN se caractérise par un traitement des choix technologiques entièrement fondé sur le
critère « coût-efficacité », en excluant tout effet endogène lié aux comportements des agents.
Notamment, la demande en service énergétique est exogène, donc insensible aux coûts des
énergies qui résultent de l?optimisation. Le calcul de cette demande paramétrée est
cependant très détaillé et fait intervenir de nombreux leviers de sobriété potentiels (cf. infra).
TiTAN se distingue en cela de certains autres modèles d?optimisation du système énergétique
qui endogénéisent le niveau de la demande en introduisant des élasticités-prix 5 . Cette
extension transforme des modèles strictement technico-économiques, résolus en minimisant
le coût technique du système, en des modèles hybrides (à la fois technico-économiques et
d?équilibre partiel), résolus en maximisant la différence « surplus total moins coût
technique » 6.
Cependant, les élasticités étant estimées sur des observations passées, elles semblent peu
adéquates à représenter des changements de comportements et de modes de vie aussi
importants que ceux qu?impliquent l?atteinte de la neutralité carbone. Traiter la réduction de
la demande uniquement par des élasticités-prix tend donc à limiter les possibilités de
décarbonation, et de fait, les modèles technico-économiques adoptant cette approche
peinent à converger vers la neutralité carbone, ou l?atteignent avec des coûts excessivement
élevés 7. En revanche, un traitement exogène de la demande avec des hypothèses de sobriété
permet de représenter des ruptures dans les comportements et les modes de vie qui sont
compatibles avec la neutralité carbone à des coûts vraisemblables 8.
Il est bien entendu possible de combiner les deux approches en décrivant la demande à la
fois avec des élasticités-prix et des hypothèses de sobriété exogènes. Cependant, les
élasticités-prix présentent des difficultés spécifiques qui ont dissuadé jusque-là leur
intégration dans TiTAN. En particulier leurs estimations sont sujettes à des incertitudes
importantes 9, à tel point que les valeurs retenues peuvent varier beaucoup d?un modèle à
l?autre 10. Enfin, la contribution des hypothèses aux résultats est plus facile à expliciter dans le
cas de projections paramétrées que celui d?élasticités.
5 Loulou et Lavigne (1996) ; Patankar et al. (2022).
6 DeCarolis et al. (2017).
7 Cf. les simulations des modèles TIMES-FR et POLES-Enerdata pour la commission « Quinet II » dans France Stratégie (2019).
8 Millot et al. (2018).
9 Pye, Usher, et Strachan (2014).
10 DeCarolis et al. (2017).
? 10 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Limites de TiTAN et complémentarité avec d?autres approches
L?économie est représentée dans TiTAN de façon simplifiée et partielle : la demande est
parfaitement rigide, l?investissement est disponible sans limite, et toutes les dépenses dans le
système énergétique sont décidées par un planificateur omniscient, qu?elles concernent dans
la réalité les ménages, les entreprises ou les institutions publiques. Cette approche permet
d?identifier et d?expliquer facilement des trajectoires de décarbonation coût-efficaces, mais
elle présente deux limites importantes.
D?une part, elle ne permet pas d?évaluer les politiques publiques de soutien à la
décarbonation. Par exemple, si TiTAN peut évaluer le coût (positif ou négatif) pour le système
énergétique d?une accélération de l?électrification du parc automobile, il ne peut pas évaluer
les mesures soutenant cette accélération, quelle que soit leur nature (réglementaire, fiscale,
ou autre). D?autre part, l?approche de TiTAN ne permet pas d?évaluer les incidences et
bouclages macroéconomiques de la décarbonation. Par exemple, les investissements de
décarbonation du système énergétique calculés par le modèle ne rétroagissent pas sur la
demande domestique en produits industriels et les coûts de production des équipements.
Pour traiter ces questions de politiques publiques, l?utilisation de modèles complémentaires
à TiTAN est nécessaire. Différents types de modèles prenant en compte le comportement
microéconomique des agents et/ou le bouclage macroéconomique sont mobilisables, qui
varient par leur couverture sectorielle et leur niveau de détail technologique. Par exemple,
certains permettent d?étudier finement les interactions entre technologies et mécanismes
microéconomiques au sein d?un seul secteur 11 , tandis que d?autres s?intéressent aux
interactions macroéconomiques entre secteurs tout en intégrant une représentation des
technologies de détail intermédiaire 12.
TiTAN tient uniquement compte des coûts et des gains valorisés financièrement. Cela
implique qu?il n?intègre pas dans l?optimisation les effets du système énergétique sur les
externalités hors climat 13 : biodiversité, effets de santé de la rénovation des bâtiments,
conséquences géostratégiques d?une dépendance diminuée aux énergies fossiles, etc. La
valorisation monétaire des externalités pourrait être intégrée au modèle en s?appuyant sur
des valeurs tutélaires pour les enjeux qui en disposent, de sorte à s?approcher davantage
d?une optimisation socio-économique complète. Néanmoins, la dimension conventionnelle
des valeurs tutélaires et la fragilité de leur interprétation en termes de conséquences
économiques directes incitent à rester prudents quant à leur intégration.
11 Par exemple, le modèle Res-IRF développé par le CIRED est un modèle du secteur résidentiel, avec une approche hybride à la
fois microéconomique et technico-économique. Il permet entre autres d?évaluer l?effet des politiques d?efficacité énergétique sur
la dynamique de rénovation énergétique. Cf. Giraudet, Guivarch, et Quirion (2012).
12 Par exemple, le modèle Three-ME, codéveloppé par l?OFCE et l?Ademe, est un modèle macroéconomique multisectoriel. Il
s?inscrit dans une approche hybride qui combine une modélisation d?équilibre général calculable avec une modélisation technico-
économique simplifiée de certains secteurs. Il permet notamment d?évaluer l?impact des mesures de politique environnementale
et énergétique sur l?économie au niveau macroéconomique et sectoriel. Cf. Callonnec et al. (2013).
13 Le paramétrage de TiTAN prend néanmoins compte de nombreuses externalités, en cohérence avec la SNBC. Par exemple, les
potentiels d?hydraulique STEP et de photovoltaïque au sol sont limités pour tenir compte de leurs impacts sur la biodiversité. De
même, la part de chauffage au bois est limitée pour tenir compte de son impact sur la pollution de l?air.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 11 ?
La suite du document est organisée ainsi : la section suivante présente la structure du modèle
TiTAN en matière de découpage sectoriel, d?indexation temporelle et spatiale et de comptabi-
lité des émissions et des coûts ; la troisième section détaille la modélisation des différents
secteurs ; la quatrième section décrit et illustre la construction de scénario avec TiTAN et la
dernière section présente les résultats des simulations produites dans le cadre de la révision de
la valeur de l?action pour le climat.
2. LA STRUCTURE GÉNÉRALE DE TITAN
Décomposition du système énergétique en secteurs
TiTAN décompose le système énergétique en quatre secteurs (figure 1) : un secteur de
production-stockage-distribution d?énergie dit « secteur amont » et trois secteurs consom-
mateurs d?énergie dits secteurs « avals ». Ces derniers comprennent le bâtiment (résidentiel
et tertiaire), le transport (de passagers et de marchandises, et avec les soutes internationales)
et l?industrie. Le secteur agricole n?est pas modélisé en propre mais incorporé au sein des
secteurs bâtiments et transport. L?investissement et l?activité des technologies sont optimisés
dans tous les secteurs. Ces secteurs sont reliés entre eux par l?équilibre énergétique : l?offre
d?énergie assurée par le secteur « amont » doit satisfaire la demande des trois secteurs
« avals ».
Figure 1 : schéma simplifié du modèle TiTAN
Source : CGDD
? 12 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Traitement de la dimension temporelle
TiTAN est un modèle en temps discret et fini : les variables sont définies et calculées pour un
nombre fini de points du temps. Chacun de ces points représente une année, les variables de
flux sont donc définies en unités annualisées (Md¤/an, véhicules/an, GW/an, TWh/an, etc.). Le
pas de temps est fixe et de 5 ans. L?année 2020 est le point de départ, les points modélisés
correspondent donc aux années 2020, 2025, 2030, 2035, etc. Cependant, pour éviter un
calibrage sur des données anormales du fait de la crise du Covid-19, l?année 2020 est en réalité
calibrée sur l?année 2019.
On appelle « horizon d?optimisation » le point calculé le plus lointain. En général c?est le point
2055, cependant le paramétrage intègre des projections jusqu?à 2080. Optimiser sur un
horizon lointain permet de vérifier l?absence d?éventuels effets de bord, et de s?intéresser à
des phénomènes de long terme (par exemple, l?impact d?une évolution du niveau du puits
forestier). Le modèle ne définit pas de valeur des variables pendant les années
« intermédiaires » non calculées (par exemple, les années 2026, 2027, 2028, 2029 entre les
points 2025 et 2030). On peut cependant calculer une valeur pour ces années intermédiaires
par interpolation linéaire entre deux points modélisés. De plus, le modèle distingue au sein du
secteur énergie des divisions du temps inférieures à l?année (saison, jour et heure) pour
dimensionner de façon plus vraisemblable le système électrique (cf. infra).
Traitement de la dimension spatiale et périmètre géographique
La dimension spatiale n?est pas explicitement représentée dans TiTAN. Cela implique
notamment que le dimensionnement des infrastructures de réseau (voies ferrées, lignes
électriques, réseau de gaz, etc.) est calculé de façon simplifiée, le plus souvent par
proportionnalité au flux transporté et d?une façon légèrement plus subtile pour le réseau
électrique. Cependant lorsque la dimension spatiale joue un rôle essentiel, elle est traitée de
façon indirecte. Par exemple, pour tenir compte de l?effet de la densité du bâti sur le
déploiement des réseaux de gaz et de chaleur urbaine, on introduit pour ces technologies des
catégories par zone de densité, caractérisées par des potentiels et des coûts différenciés.
Par simplicité, le périmètre géographique de TiTAN se limite à la France métropolitaine.
Comptabilité des émissions
Le périmètre de comptage des émissions comprend, pour la France métropolitaine, les
émissions des secteurs de l?énergie, de l?industrie, des transports (dont les soutes
internationales), du bâtiment, les émissions énergétiques de l?agriculture et les émissions
négatives des puits technologiques (figure 2). Ce périmètre représente 308 MtCO2e en 2019,
soit 82 % des émissions métropolitaines (brutes de l?UTCATF). Le reste des émissions
métropolitaines n?est pas inclus dans le périmètre d?optimisation : il s?agit des émissions non
énergétiques de l?agriculture, de celles liées à l?utilisation des terres, au changement
d?affectation des terres et à la forêt (UTCATF), des émissions du secteur des déchets et des
émissions de gaz fluorés.
Au sein du périmètre TiTAN, les GES comptabilisés sont les suivants : le dioxyde de carbone
(CO2), le méthane (CH4) et les oxydes d?azote (NOx). Les émissions de CO2 par combustion
sont calculées en multipliant les consommations de ressource primaire par des facteurs
d?émissions issus de la base empreinte de l?Ademe. Les émissions de procédés de l?industrie
sont calculées avec des facteurs d?émissions unitaire en CO2-équivalent par voie
technologique, tirés de préférence des plans de transition sectoriels de l?Ademe, sinon de la
base de données du modèle JRC-EU-TIMES. Les émissions de GES hors CO2 sont converties en
CO2-équivalent en utilisant les valeurs de PRG100 du sixième rapport d?évaluation du GIEC.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 13 ?
Figure 2 : périmètre des émissions de TiTAN et périmètre des émissions nationales (SNBC)
Source : CGDD
Comptabilité des coûts
Les coûts comptabilisés par le modèle TiTAN sont les coûts de production et d?installation
des équipements et infrastructures représentés ; les coûts d?opération et de maintenance de
ces équipements et infrastructures ; et les coûts des approvisionnements en énergie primaire.
Ces coûts sont exprimés hors taxe et comprennent le coût de la main-d?oeuvre (tableau 1). De
plus, on peut choisir d?ajouter à la fonction objectif un coût monétaire des émissions de GES,
selon une trajectoire de coût unitaire exogène.
Le coût des externalités hors climat est exclu. Par exemple, on ne valorise monétairement ni
les coûts de bien-être et de santé des logements indécents, ni les coûts de santé de la
pollution de l?air, ni le coût environnemental de l?artificialisation des sols. Parmi les autres
coûts non pris en compte, on peut citer les taxes et les subventions, les revenus des
exportations d?électricité et les revenus issus de la valorisation des équipements démantelés.
? 14 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 1 : panorama des coûts comptés par TiTAN
Secteur Type de coût Périmètre
Bâtiment CAPEX
Construction des bâtiments
Travaux d?isolation thermique des bâtiments
Fabrication-installation des équipements de chauffage, climatisation, ECS
et cuisson
Énergie
OPEX
Opération/maintenance des infrastructures de production
Opération/maintenance des infrastructures de distribution
Opération/maintenance des infrastructures de stockage de l'énergie
Opération/maintenance des infrastructures de stockage du carbone
CAPEX
Construction des infrastructures de distribution
Construction/démantèlement des infrastructures de production
Construction des infrastructures de stockage de l'énergie
Approvisionnement Approvisionnement en énergies primaires
Industrie
OPEX
Opération des infrastructures de production
Maintenance des infrastructures de production
CAPEX Construction-installation des infrastructures de production
Transport
OPEX
Maintenance des véhicules
Opération/maintenance des infrastructures de transport
CAPEX
Construction des infrastructures de transport
Fabrication des véhicules
Global Coût des émissions Optionnel ? Coût unitaire des émissions de GES
Source : CGDD
Lors du calcul de la fonction objectif, tous les coûts sont actualisés à l?année de référence
2024, en utilisant un unique taux d?actualisation, fixé à la valeur recommandée pour
l?évaluation socio-économique des investissements publics (3,2 %) 14 . De plus, les coûts
d?investissement (CAPEX) des équipements sont divisés en amortissements égaux et ventilés
sur la durée de vie de l?équipement. Cela permet d?éviter un effet de bord en fin
d?optimisation : si le coût d?un investissement potentiel à la dernière période était imputé
entièrement à cette date, son utilisation cumulée serait trop faible relativement à son coût
pour justifier son installation dans la trajectoire coût-optimale (figure 3).
14 France Stratégie, Guide de l?évaluation socioéconomique des investissements publics - Complément opérationnel I : révision du taux
d?actualisation, octobre 2021.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 15 ?
Figure 3 : principe de l'amortissement des investissements dans le calcul de la fonction
objectif de TiTAN
Source : CGDD
Comptabilité des stocks de capital
Dans TiTAN, on appelle « capital » tout stock d?équipement physique qui participe à la
satisfaction de la demande en services énergétiques. Cette définition comprend le capital
productif au sens usuel (usines, centrales électriques, méthaniseurs, etc.), les infrastructures
de réseaux (réseau électrique et réseau de gaz, voies ferrées, bornes de recharge, etc.), mais
aussi certains équipements usuellement classés parmi les biens de consommation durables
(voitures, chaudières, etc.).
TiTAN autorise la mise hors service du capital avant sa fin de vie dans tous les secteurs. Par
exemple, les chaudières à fioul ou à gaz des logements peuvent être remplacées
prématurément par des pompes à chaleur et l?activité des centrales thermiques à charbon ou
à fioul peut cesser avant leur démantèlement si le modèle estime cette option de
décarbonation coût-efficace malgré le coût échoué généré. Les équipements hors service
restent néanmoins disponibles jusqu?à la fin de leur durée de vie. Il convient donc de surveiller
la potentielle réutilisation d?un équipement précédemment mis hors service et
éventuellement de la contrôler par une contrainte ad hoc.
? 16 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
3. LES SECTEURS MODÉLISÉS DANS TITAN
Cette partie décrit de façon schématique la modélisation de chaque secteur représenté dans
TiTAN. Elle indique pour chacun d?eux le détail des activités et des technologies prises en
compte ainsi que les principales variables et paramètres, notamment en matière de coûts et
d?émissions. Elle présente les principales équations de chaque secteur, sous formes simplifiées
et de façon non exhaustive par souci de clarté.
Secteur énergie
Le secteur énergie de TiTAN comprend les activités d?approvisionnement, de transformation
et de distribution d?énergie, ainsi que l?activité de capture de CO2 dans les unités de
production énergétiques et directement dans l?atmosphère 15 . Ce secteur, aussi appelé
secteur « amont », joue un rôle central : il est relié à tous les autres secteurs, dit « avals », via
leur demande énergétique. Il constitue ainsi le principal canal de transmission des effets
intersectoriels.
Les variables du secteur énergie sont l?investissement dans les technologies de production, de
stockage et de distribution d?énergie ; l?activité de ces technologies (le taux d?usage du stock) ;
ainsi que l?investissement dans et l?activité de la capture directe atmosphérique du CO2 (ou
DAC, pour Direct Air Capture).
Les coûts pris en compte dans ce secteur comprennent le coût d?investissement (CAPEX) dans
les technologies de production, de distribution et de stockage d?énergie et de CO2, le coût
15 Cf. annexe 1 pour un schéma des technologies et énergies représentées dans le secteur énergie.
Encadré 2 : évolution des stocks de capital et valeur implicite
des investissements sur les années non calculées
Si ?? et ?? + ??? sont deux points temporels consécutifs (par exemple, les années 2020 et
2025), on décrit comme suit l?évolution du stock d?une technologie ?? de durée de vie ??
(multiple de ???) :
En langage naturel, cette équation s?écrit :
Cette équation suppose implicitement que les investissements sont constants entre
deux points temporels successifs. Il s?agit d?une convention, qui permet de simplifier
grandement les calculs.
Afin de décrire correctement la dépréciation des stocks historiques, on paramètre des
chroniques d?investissement sur la période avant le premier point modélisé.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 17 ?
des consommations d?énergies primaires et les coûts d?activité (OPEX hors consommation
d?énergie) de ces technologies.
Les variables sont définies pour chaque plage horaire de l?année lorsqu?elles concernent
l?électricité et la chaleur de réseau, et par an lorsqu?elles concernent les autres énergies qui
sont plus faciles à stocker. Le nombre de plages horaires par jour et leur répartition dans la
journée sont choisis par l?utilisateur selon un compromis entre temps de calcul et précision
de la modélisation. Dans le cas de l?électricité et de la chaleur urbaine, les moyens de
production ont des facteurs de charge horaires constants, calés sur ceux observés l?année
2019. De même, la demande de chaque usage (industrie, chauffage, ECS, charge des véhicules
électriques, etc.) pour ces énergies est déclinée à l?échelle horaire, selon un profil de
répartition calé sur l?année 2019 et constant au cours de la trajectoire. Cela implique que la
flexibilité du système électrique est assurée uniquement par l?amont (stockage par station de
transfert d?énergie par pompage (STEP), batteries ou Power-to-Gas) et non par l?aval (pas
d?effacement de la demande industrielle, de flexibilité de la demande résidentielle ni de
vehicule-to-grid).
Figure 4 : divisions temporelles utilisées dans la représentation du système énergétique de
TiTAN
Source : CGDD
Le dimensionnement des réseaux est calculé simplement. Pour l?électricité, la capacité
nécessaire, exprimée en GW, est une moyenne pondérée de la puissance totale de production
installée et de la puissance appelée maximale dans l?année (la « pointe électrique »). Pour les
réseaux de gaz, de chaleur et de froid, le dimensionnement est proportionnel au nombre de
bâtiments à raccorder. De plus, trois zones de densité d?habitat sont distinguées, dont les
coûts sont décroissants avec la densité.
? 18 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
La modélisation conduit à opérer de nombreuses simplifications du secteur énergie, dont
quelques-unes des plus importantes sont listées ci-dessous.
? Les infrastructures de stockage et de transport de l?hydrogène ne sont pas
représentées, les coûts associés sont agrégés dans un seul coût unitaire.
? La biomasse primaire est modélisée par un unique gisement homogène pouvant
satisfaire tous les usages (bois d?oeuvre, bois d?industrie, production de biogaz ou de
biocarburant?), à l?exception d?un petit volume ne pouvant servir qu?à la
méthanisation. La disponibilité de la biomasse primaire est décrite par une courbe
de coût marginal en escalier : des tranches supplémentaires de biomasse peuvent
être mobilisées à des coûts supérieurs, potentiellement très élevés (jusqu?à
200 ¤/MWh primaire).
? On ne tient pas compte des interactions entre prélèvements de biomasse et niveau
du puits d?émissions UTCATF.
Encadré 3 : principales équations du secteur énergie de TiTAN
Production en fonction de l?activité ? cas des énergies « horaires » :
Satisfaction de la demande des secteurs aval ? cas des énergies « horaires » :
Émissions de CO2 de la consommation des énergies primaires :
Émissions des fuites de méthane en CO2-équivalent :
Avec :
?? : une technologie de transformation d?énergie
?? : un vecteur énergétique
?? : une énergie primaire
???? : l?ensemble des heures ? comprises dans l?année ??
Activité : le volume d?énergie amont consommé
Production : le volume d?énergie aval produit
???? : l?ensemble des énergies produites et consommées à la maille horaire
?? : l?ensemble des secteurs avals ??
????? : l?ensemble des technologies ?? produisant l?énergie ??
????? : l?ensemble des technologies ?? consommant l?énergie primaire ??
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 19 ?
Secteur transport
Le secteur transport de TiTAN est dédoublé entre transport de passagers et fret en raison des
dynamiques différentes de ces sous-secteurs, mais leurs structures sont identiques.
Les variables du secteur sont l?investissement dans les véhicules et les infrastructures, et
l?activité des véhicules. La demande totale de transport et les parts modales sont
paramétrées. Les coûts du secteur transport sont les coûts d?investissement dans les véhicules
et les infrastructures (CAPEX), ainsi que les coûts d?entretien des véhicules et des
infrastructures légères telles les bornes de recharge (OPEX). La demande en énergie finale du
transport est calculée en multipliant l?activité des véhicules avec leurs consommations
unitaires respectives.
On distingue la demande de trajets courtes distances (moins de 100 km, en France métropo-
litaine), longues distances (plus de 100 km, en France métropolitaine) et internationaux (vers
là/hors de France métropolitaine), car ces types trajet ne donnent pas lieu aux mêmes
arbitrages entre les modes de transport. Ensuite, on distingue au sein de chaque mode
plusieurs possibilités d?alimentation énergétiques. Par exemple, on distingue dans le cas des
voitures trois motorisations thermiques (diesel/essence, gaz et 100 % biosourcé), une hybride
non rechargeable, une hybride rechargeable, une électrique à batteries et une électrique à
Encadré 4 : principales équations des secteurs
transport de passagers et fret de TiTAN
Satisfaction de la demande en transport :
Dimensionnement du stock de véhicules :
Avec :
?? ? un type de distance (longue distance, courte distance ou international)
?? ? un mode de transport (voiture, bus, train, avion, etc.)
???? : l'ensemble des véhicules ?? disponibles pour le mode ??, distingués par l?énergie
consommée (voiture à essence, à gaz, électrique à batteries, électrique à pile H2?)
?? : une classe de consommation unitaire pour une motorisation donnée
???? ? l?ensemble des classes de consommation disponibles pour un véhicule ??
Demande : paramètre (passagers.km pour le transport de passagers, t.km pour le fret)
Part modale : part d?un mode de transport, pour un type de distance donné (%)
Activité : activité des véhicules (km/an)
Taux remplissage : taux de remplissage des véhicules, paramétré (passagers/véhicule
pour le transport de passagers, t/véhicule pour le fret)
Kilométrage annuel : kilométrage annuel maximal d?un véhicule, paramétré
(km/véhicule/an)
Stock : stock de véhicules (nombre de véhicules)
? 20 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
pile à hydrogène. Pour chaque possibilité d?alimentation énergétique, plusieurs classes
d?efficacité sont distinguées, dont le coût d?investissement croît quand la consommation
unitaire décroît.
Les infrastructures de transport (linéaire de réseau, gares et bornes de recharge) sont
représentées avec un type unique par mode de transport accueilli. Leur stock est dimensionné
par proportionnalité à l?activité totale du mode concerné. Les réseaux routiers et leurs coûts
ne sont pas représentés.
Secteur bâtiment
Le secteur bâtiment de TiTAN comprend les cinq usages énergétiques associés au résidentiel
et au tertiaire : chauffage, climatisation, eau chaude sanitaire (ECS), cuisson et électricité
spécifique. Le parc résidentiel est scindé en trois modes de logement : maisons individuelles
(MI), habitations à loyer modéré (HLM) et logements collectifs hors HLM (HC). Le parc tertiaire
est représenté par un mode unique. La demande individuelle pour chaque usage (en énergie
utile), la population, la répartition entre les trois modes de logement (individuel, collectif et
social), le nombre moyen de personnes par logement, ainsi que les constructions et les
destructions de bâtiments sont paramétrés. Les variables de décision du secteur sont les
achats d?équipements, l?usage des stocks d?équipements disponibles et les travaux d?isolation
des logements. Les coûts du secteur bâtiment correspondent aux achats d?équipement, aux
rénovations, aux constructions et destructions de bâtiment. Il ne s?agit que de coûts
d?investissements (CAPEX), on ne tient pas compte des coûts d?entretien des équipements et
des bâtiments.
Les équipements sont différenciés par mode, par usage énergétique et par énergie finale
consommée. Pour les usages thermosensibles (chauffage et climatisation), les équipements
sont en plus différenciés par classe de puissance : il faut un équipement plus puissant pour
atteindre le même niveau de confort dans un logement moins bien isolé. On prend en compte
les possibilités d?équipement multi-usages. Par exemple, une pompe à chaleur (PAC) air-air
peut être utilisée pour le chauffage et la climatisation et une PAC air-eau peut être utilisée
pour le chauffage et l?ECS.
L?isolation des bâtiments est représentée par une classe à sept niveaux, notés de « A? » à « G? »
(« A? » pour la performance de la construction neuve, « G? » pour le pire niveau de
performance). Cette classe est différente de l?étiquette énergie du diagnostic de
performance énergétique (DPE) 16, qui caractérise la consommation d?énergie primaire sur
tous les usages et dépend donc à la fois de la performance thermique et des systèmes de
chauffage, ECS et climatisation. En pratique, on peut cependant obtenir une assez bonne
approximation de l?étiquette énergie du DPE d?un logement dans TiTAN à partir de sa classe
d?isolation et de son système de chauffage. En effet, l?équivalence entre classe d?isolation et
étiquette énergie est assez bonne pour la plupart des systèmes de chauffage, à l?exception du
chauffage électricité-joule pour lequel il faut dégrader la classe d?isolation de deux rangs pour
tenir compte du ratio « énergie primaire/énergie utile », aujourd?hui plutôt élevé en raison de
la part importante du nucléaire dans le mix électrique). Par exemple, à un logement de classe
d?isolation « C? » correspond en général une étiquette énergie du DPE « C » lorsqu?il est équipé
d?une chaudière gaz, d?un poêle à bois ou d?une PAC, et une étiquette « E » lorsqu?il est équipé
d?un chauffage électricité-Joule.
Les travaux d?isolation sont représentés comme un saut depuis un niveau d?isolation donné
vers un niveau plus performant. On suppose que les coûts des travaux sont croissants et
convexes avec le nombre de niveaux gagnés, et qu?il est toujours moins coûteux d?atteindre
16 Pour une explication des règles et de l?usage du DPE, voir : www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/diagnostic-performance-
energetique-dpe.
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/diagnostic-performance-energetique-dpe
https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/diagnostic-performance-energetique-dpe
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 21 ?
un niveau donné en une étape de travaux plutôt qu?en plusieurs étapes. De plus, on considère
qu?il n?y pas de dégradation de l?isolation des bâtiments au cours du temps, et que les travaux
d?isolation ne permettent pas d?atteindre le niveau de performance thermique de la
construction neuve. Les destructions de logements sont paramétrées à un taux constant du
parc, avec l?hypothèse que les logements détruits sont toujours les plus mal isolés. La
construction est paramétrée pour satisfaire la demande en logements pour chaque mode et
ne produit que des bâtiments de la meilleure classe d?isolation.
La demande en énergie finale du secteur bâtiment est calculée pour chaque usage, en
fonction des demandes en énergie utile et des efficacités des équipements (cf. s 5). Pour les
usages thermosensibles (chauffage et climatisation), on prend également en compte
l?isolation du bâtiment, la température de consigne visée selon la saison et la chronique des
températures extérieures quotidiennes sur l?année de référence (2019). La hausse moyenne
des températures due au réchauffement climatique est prise en compte, et suit une tendance
linéaire jusqu?à + 1,4 °C de réchauffement en 2060 par rapport à 2020.
De nombreuses simplifications sont effectuées, notamment les résidences secondaires et les
logements inoccupés ne sont pas représentés.
Encadré 5 : principales équations du secteur bâtiment de TiTAN
Disponibilité des équipements pour les usages chauffage et climatisation :
Évolution du stock de logements :
Avec :
?? : un service énergétique thermosensible (chauffage ou climatisation)
?? : un mode de bâtiment (maison individuelle, habitat collectif, HLM ou tertiaire)
?? : la classe d?isolation du logement (plus ?? est bas, mieux le logement est isolé)
?? : une technologie d?équipement du bâtiment (PAC air-air, ballon d?eau chaude
électrique, climatiseur, etc.)
???? : l?ensemble des technologies qui peuvent fournir le service ??
?? : la classe de puissance d?un équipement pour un usage thermosensible (il faut un
équipement de classe ?? ou plus pour chauffer/climatiser un logement de classe ?? ou
moins)
? 22 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Secteur industrie
Le secteur industrie de TiTAN correspond à l?ensemble du secteur secondaire - industrie
lourde, industrie diffuse et artisanat ? et est décomposé en quinze filières (cf. annexe 1). La
demande totale de produits industriels est paramétrée pour chaque filière et exprimée en
production physique (Mt/an). Elle comprend la demande intérieure et les exportations. Du
côté de l?offre, les caractéristiques technico-économiques des options disponibles pour
chaque filière sont paramétrées, tandis que l?investissement dans les capacités de production
et leur niveau d?activité sont les variables de décision ajustées lors de l?optimisation. La
demande d?énergie du secteur industrie ne correspond en général qu?à la consommation à
usage énergétique, la consommation à usage matière n?étant prise en compte que dans le cas
de la consommation de charbon de la sidérurgie et de la consommation de gaz de la filière
ammoniac.
Pour chaque filière, on distingue des « voies technologiques », qui représentent chacune une
combinaison de technologies constituant un mode de production disponible pour la filière
(cf. annexe 1). Une voie est caractérisée par ses coûts d?investissement (CAPEX), d?opération
et de maintenance (OPEX), sa consommation unitaire d?énergie et son intensité d?émissions
de procédé. Pour les industries grandes consommatrices d?énergies (IGCE), les voies
technologiques sont paramétrées en fonction des options décrites dans les plans de transition
sectoriels (PTS) de l?Ademe 17 disponibles à date. Pour les autres filières, quatre voies
technologiques sont distinguées en croisant deux caractères binaires : l?intensité énergétique
(faible versus forte) et l?intensité d?émissions de process (faible versus forte). La possibilité de
conversion des infrastructures existantes vers de nouveaux procédés n?est pas représentée.
On considère que certaines énergies finales sont directement substituables dans les
infrastructures industrielles sans nécessiter d?investissement supplémentaire (tableau 2). On
classe donc les énergies finales disponibles pour l?industrie en groupes d?énergies
substituables et on indexe les infrastructures de production par ces groupes. Cependant, pour
tenir compte des cas particuliers où ces substitutions directes sont impossibles ou limitées,
on impose également des parts minimum et maximum de consommation d?énergie finale par
voie technologique.
Tableau 2 : groupes d'énergies finales directement substituables dans le secteur industrie
Énergie finale Groupe d'énergies substituables
Électricité Électricité
Chaleur de réseau haute température
Chaleurs de réseau
Chaleur de réseau moyenne température
Gaz
Gaz et fioul
Fioul
Charbon
Combustibles solides
Biomasse solide
Hydrogène Hydrogène
Lecture : le gaz et le fioul sont considérés comme substituables dans les infrastructures de production sans
investissement supplémentaire, et constituent à ce titre le groupe « gaz et fioul ».
Source : CGDD, modèle TiTAN
17 Par exemple : https://librairie.ademe.fr/changement-climatique/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-
france.html.
https://librairie.ademe.fr/changement-climatique/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france.html
https://librairie.ademe.fr/changement-climatique/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france.html
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 23 ?
La demande d?énergie finale de l?industrie dépend du niveau de production physique, des
voies technologiques choisies, des énergies finales utilisées ainsi que des éventuelles
consommations de vecteurs énergétiques pour des usages matière (charbon pour l?acier et
gaz pour l?ammoniac). On distingue deux types d?émissions du secteur industrie : les émissions
directes énergétiques, déterminées par la consommation énergétique de l?industrie ; et les
émissions directes non énergétiques (émissions de procédé), déterminées directement par le
niveau de production et les voies technologiques choisies.
Comme la production physique est paramétrée, il n?y a pas de rétroaction des
investissements choisis par le modèle dans l?ensemble des secteurs sur l?activité industrielle.
La cohérence entre la production industrielle et les investissements réalisés peut néanmoins
être évaluée après la simulation et éventuellement ajustée par itération.
Encadré 6 : principales équations du secteur industrie de TiTAN
Satisfaction de la demande en produits industriels :
Consommation d?énergie pour la production industrielle :
Dimensionnement des capacités de production :
Émissions de procédés :
Avec :
?? : une filière industrielle
?? : une voie technologique
???? : l?ensemble des voies technologiques comprises dans la filière ??
???? : un groupe d?énergies finales ?? directement substituables
???? : l?ensemble des groupes d?énergies finales utilisables par la voie ??
Demande : la demande en produit fini adressée à la filière ?? (Mt/an)
Activité : la consommation totale d?énergie finale ?? pour la production de la voie
technologique ?? (TWh/an)
Consommation unitaire : consommation d?énergie finale ?? par la voie ?? par unité de
produit fini (TWh/Mt)
Capacité : le stock de capacités de production de la voie ?? consommant le paquet
d?énergies (Mt de production/an)
? 24 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Secteur agriculture
Le secteur agriculture n?est à ce jour pas modélisé en propre. Les consommations
énergétiques des bâtiments et véhicules agricoles, ainsi que les émissions associées, sont
respectivement intégrées au sein des secteurs bâtiment et transport via des demandes
spécifiques.
4. LA CONSTRUCTION DE SCENARIOS AVEC TITAN
La démarche de scénarisation
Les scénarios dans la gouvernance climatique française
Les scénarios sont un outil essentiel de la démarche prospective. En France, on peut citer les
exercices Futurs Énergétiques 2050 de RTE et Transition(s) 2050 de l?Ademe, et à l?échelle
internationale les Shared Socioeconomic Pathways présentés dans le 6e rapport du GIEC, ou
les scénarios présentés par l?agence internationale de l?énergie (AIE) dans son rapport annuel
World Energy Outlook.
Les scénarios sont également au coeur de l?élaboration de la stratégie nationale bas-carbone
(SNBC) française. Dans ce contexte, la direction générale de l?énergie et du climat (DGEC)
produit plusieurs scénarios, chacun réalisé à partir d?un jeu cohérent d?hypothèses sur les
évolutions technologiques et des modes de vie, le contexte économique (notamment les prix
de l?énergie) ainsi que sur les politiques et les mesures mises en place. Ces jeux d?hypothèses
sont ensuite appliqués à une collection de modèles sectoriels, qui permettent de décrire
l?évolution du sous-jacent physique des émissions nationales de GES (bâtiment, transport,
industrie, système électrique, agriculture, forêt, etc.). Les résultats de ces différents modèles
sont ensuite agrégés en vérifiant le bouclage énergétique offre-demande pour aboutir à une
trajectoire cohérente des émissions nationales jusqu?à 2050.
Le principal scénario produit pour la SNBC est celui dit « avec mesures supplémentaires »
(AMS). Il s?agit d?un scénario normatif qui vise l?atteinte de l?objectif zéro émissions nettes
(ZEN) en 2050, grâce à l?application de nouvelles mesures de décarbonation de natures
variées (réglementaire, fiscale, incitative, etc.). Les autres scénarios produits incluent
notamment un scénario dit « avec mesures existantes » (AME), qui décrit l?évolution
tendancielle des émissions à partir des mesures déjà en oeuvre à date, ainsi que des variantes
de l?AMS.
TiTAN, un outil de scénarisation
En tant qu?outil de prospective, TiTAN permet de produire des scénarios. Un scénario TiTAN
est l?ensemble formé par un paramétrage cohérent de projections technologiques et de
demande, et par la trajectoire produite à partir de ce paramétrage. Même si des éléments
qualitatifs et narratifs font souvent partie des scénarios prospectifs, ils ont été peu
développés dans les scénarios TiTAN produits jusqu?ici et ceux présentés dans ce document.
Cependant, il est tout à fait possible d?en développer en interprétant les projections
paramétrées dans un scénario. Notamment, les projections de demande sont construites à
partir d?hypothèses sur les modes de vie et de consommation qui peuvent impliquer des
narratifs très contrastés d?un scénario à l?autre (par exemple sur le report modal dans les
transports, la densification de l?habitat, etc.)
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 25 ?
L?analyse des scénarios TiTAN
L?analyse d?un scénario d?intérêt peut se faire de façon isolée, ou par comparaison à un
scénario contrefactuel. En général, le scénario contrefactuel est construit comme une
variante du scénario d?intérêt dont on fait varier un ou plusieurs éléments de paramétrage.
Par exemple, le contrefactuel peut consister en une variante avec une contrainte carbone
plus faible ou absente, une variante sans hypothèses de sobriété, une variante avec une
moindre disponibilité des technologies de rupture, etc. Par différence avec le scénario
d?intérêt, la variante permet d?isoler les effets des différents éléments de paramétrages
TiTAN a également vocation à réaliser des analyses mobilisant plus de deux scénarios,
notamment des analyses de sensibilité. Il s?agit d?un type d?analyse paramétrique, qui consiste
à produire plusieurs scénarios en faisant varier les valeurs d?une sélection paramètres d?intérêt
(par exemple le potentiel de capture et stockage de carbone (CCS) ou le potentiel de
biomasse) et à en analyser l?effet sur la trajectoire produite.
Les éléments de contexte
Les projections macroéconomiques et démographique
Une trajectoire de population et une trajectoire de PIB sont utilisées pour dimensionner les
trajectoires de demande de services énergétiques paramétrées (cf. infra), mais elles
n?interviennent pas directement dans le modèle.
D?autre part, des projections de prix des énergies fossiles sur les marchés mondiaux sont
paramétrées pour décrire les coûts d?approvisionnement de la France.
Les paramètres technologiques
Les paramètres décrivant les technologies (CAPEX, OPEX, efficacité, consommation unitaire,
date de disponibilité, etc.) sont entièrement paramétrés. Le progrès technologique est donc
strictement exogène, pris en compte via des chroniques évolutives des paramètres
technologiques. Étant donné que TiTAN suit un critère coût-efficacité, les valeurs retenues
déterminent fortement les résultats.
Les paramètres technologiques varient en général peu entre les simulations, ou alors sur des
aspects identifiés comme sensibles (coûts du nucléaire ou des énergies renouvelables,
efficacité et flexibilité des électrolyseurs, etc.). Les sources principales sont les bases de
données des modèles technico-économiques utilisés par la Commission européenne : modèle
JRC-TIMES 18 pour les secteurs de l?énergie et du bâtiment, modèle PRIMES 19 pour le transport.
Les paramètres technologiques se rapportant à la production et au transport d?électricité
sont quant à eux issus de données de RTE. Pour l?industrie, le modèle a vocation à être
paramétré finement sur la base des PTS de l?Ademe au fil de leur publication, c?est déjà le cas
des filières acier, ciment et aluminium. Dans l?attente de ces publications, les voies
technologiques des autres filières sont paramétrées avec des valeurs volontairement
pessimistes des coûts et des potentiels de décarbonation.
Les hypothèses sur le déploiement des technologies
Par défaut, TiTAN n?impose pas de limite, haute ou basse, sur les investissements dans les
technologies. Cela peut conduire à des trajectoires d?investissement très irrégulières d?un
point au suivant, voire intermittentes. Par exemple, on peut observer un déploiement très
18 www.data.jrc.ec.europa.eu/collection/id-00287.
19 www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en.
https://data.jrc.ec.europa.eu/collection/id-00287
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
? 26 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
brusque du nucléaire ou un effondrement de certains types de rénovations de bâtiments d?un
point au suivant.
Ces trajectoires d?investissement accidentées sont un résultat normal du programme de
minimisation du coût, mais elles sont bien entendues peu vraisemblables économiquement
pour de nombreuses raisons : durées des chantiers, développement progressif des filières
économiques, freins économiques, sociaux et comportementaux à la diffusion de certaines
technologies, capacité d?investissement limitée, etc. C?est pourquoi TiTAN dispose de
plusieurs types de contraintes pour contrôler la dynamique et le potentiel de déploiement
des technologies.
Le réglage de ces contraintes est fondamentalement arbitraire, qu?il soit fait à l?appréciation
du modélisateur ou inspiré d?autres scénarios prospectifs. De plus, ces contraintes ont un
impact important sur les résultats, aussi bien en matière de choix technologiques que de coût
de la décarbonation. Leur usage doit donc être raisonné et leur réglage doit idéalement faire
l?objet d?un compromis entre la vraisemblance des trajectoires et la liberté laissée au modèle.
Encadré 7 : deux approches pour contraindre
le déploiement des technologies
La première approche, qu?on appelle « niveau maximum », consiste à limiter à chaque
point le déploiement des technologies selon des plafonds exogènes, qui peuvent être
exprimés en capacité installée ou en part de marché. Les valeurs de ces plafonds
peuvent éventuellement être alignées sur d?autres travaux prospectifs, par exemple les
scénarios de la SNBC ou de RTE.
Exemple : limitation de la part des logements chauffés par des PAC
Avec : PartMaxPAC,t la part de marché maximum des PAC à la période ??
La deuxième approche, qu?on appelle « croissance maximum », est plus indirecte. Elle
consiste à lisser la croissance des investissements physiques d?un point au suivant. Les
paramètres de ce lissage sont en général réglés par tâtonnement, par défaut de valeurs
de référence disponibles.
Exemple : limitation de la croissance des installations de PAC
Avec : A, B respectivement un pourcentage de croissance annuel maximal des
investissements et un accroissement annuel maximal des investissements
On peut également limiter la baisse des investissements par des contraintes
symétriques, dans l?une et l?autre approche.
En pratique, l?approche « croissance maximum » est plus difficile à utiliser que
l?approche « niveau maximum » : en raison de l?absence de valeurs de référence pour
ses paramètres, elle demande de juger a posteriori de la vraisemblance des dynamiques
technologiques. L?approche « part maximum » a quant à elle l?avantage de pouvoir
s?aligner sur une référence avant la simulation. En revanche, les résultats produits sont
alors très dépendants du choix de cette référence.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 27 ?
Les projections de demande
La demande en service énergétique et la demande en énergie finale
En toute généralité, il convient de distinguer la demande en un service de la demande
d?énergie finale associée à ce service. Par exemple, dans le cas du transport de passagers, la
demande en service correspond au trafic réalisé (en passagers.km/an), tandis que la demande
en énergie finale correspond à la consommation de carburants des véhicules (en TWh/an) qui
réalisent le trafic. La demande en service « transport de passagers » est décrite par plusieurs
facteurs : les distances parcourues, mais aussi les modes de transport utilisés et les taux de
remplissages des véhicules. La demande en énergie finale pour le transport dépend quant à
elle de la demande en service, en niveau et en parts modales, et de la consommation unitaire
(en kWh/km) des véhicules utilisés. Cet exemple peut être généralisé à tous les services
énergétiques : la demande en service dépend du niveau de service fourni par personne, du
type d?équipements utilisés, du taux d?utilisation des équipements, etc. La consommation
finale associée dépend quant à elle de la demande en service, dans toutes ses dimensions, et
de la consommation d?énergie unitaire des équipements utilisés.
Dans TiTAN, la demande en service énergétique est exogène, calculée en amont de la
simulation pour chaque secteur aval et chaque point de la trajectoire, en prenant en compte
de nombreux facteurs. La liste de ces facteurs dépend bien sûr du service énergétique
considéré, mais en général elle fait intervenir la population, une demande unitaire par
habitant et des parts modales. La demande en énergie finale est quant à elle endogène,
puisqu?elle dépend à la fois de la demande en service paramétrée, et de l?efficacité des
équipements choisis par le modèle.
Figure 5 : schéma simplifié du calcul de la demande d'énergie du transport de passagers dans
TiTAN
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 28 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Les hypothèses de sobriété
Les demandes en service énergétique des secteurs aval de TiTAN peuvent être paramétrées
en ajustant la valeur de certains des facteurs de leur calcul, de façon à décrire une évolution
vers des modes de production et de consommation plus sobres. Ces hypothèses peuvent
correspondre à des évolutions de comportement à technologie inchangée (comme le
covoiturage ou la baisse de la température de consigne de chauffage), mais aussi à des
évolutions à l?interface entre comportement et technologie qui nécessitent des
investissements (comme le report modal de la voiture vers le train ou l?augmentation de la
part recyclée dans les matières premières industrielles) - (cf. annexe 2).
Toutes choses égales par ailleurs, les hypothèses de sobriété abaissent la demande en énergie
finale. Elles facilitent donc à la fois la satisfaction de la demande et le respect de la contrainte
carbone, tout en diminuant les coûts du système.
Les hypothèses sur les émissions hors périmètre et les puits de carbone
Les secteurs UTCATF, agriculture (hors énergie), déchets et gaz fluorés
Les secteurs UTCATF, agriculture (hors énergie), déchets et gaz fluorés 20 ne sont pas
modélisés. Pour définir au périmètre de TiTAN une contrainte carbone cohérente avec les
objectifs nationaux, il est cependant nécessaire de faire des hypothèses sur les émissions de
ces secteurs. Une chronique d?émissions est donc paramétrée pour chacun de ces secteurs.
Une conséquence du traitement exogène des secteurs UTCATF et agriculture (hors énergie)
est que TiTAN ne prend pas en compte l?interaction entre le prélèvement de biomasse,
forestière ou agricole, et l?évolution des puits de carbone correspondants. Endogénéiser cette
interaction pourrait être une piste d?amélioration du modèle, mais pose un important défi
technique en raison de la complexité des phénomènes biologiques et physiques sous-jacents.
Les déchets et les gaz fluorés ont des contributions mineures au total des émissions en début
de trajectoire (respectivement 3,1 % et 3,6 % des émissions nationales en 2019, brutes de
l?UTCATF). Ils peuvent cependant représenter une part plus importante à l?approche de la
neutralité, étant donnée la difficulté d?abattre complètement leurs émissions.
Les puits technologiques
Les technologies de capture, stockage et utilisation du carbone (CCUS) sont représentées
dans TiTAN, conformément à leur prise en compte dans la SNBC. Le coût de la chaîne
capture-transport-stockage-utilisation est décomposé entre le coût du transport-stockage
(OPEX unique) et le coût de la capture. Dans le cas de la capture sur site, le coût est pris en
compte par un surplus de CAPEX et une légère dégradation de l?efficacité de l?activité
énergétique ou industrielle concernée. La capture atmosphérique directe (ou DAC, pour
Direct Air Capture) est quant à elle caractérisée par ses CAPEX, OPEX et consommation
unitaire. Son activité est en général fortement contrainte. Enfin, le stockage géologique de
CO2 est contraint par un plafond annuel maximal, qui comprend la possibilité de stockage en
mer ou à l?étranger. En alternative au stockage géologique, le CO2 capturé peut être utilisé en
le combinant à du dihydrogène pour produire du méthane synthétique ou des carburants
liquides synthétiques.
20 Les émissions de méthane dues au traitement centralisé des déchets et les émissions des gaz fluorés sont respectivement
regroupées dans des postes à part au sein des bilans d?émissions nationales.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 29 ?
L?objectif de réduction des émissions de GES
Dans les scénarios TiTAN, les émissions de GES peuvent être limitées par une contrainte
spécifique, appelée par abus de langage « contrainte carbone ». Elle est définie sur le total
des émissions de GES, tous gaz confondus, qui est converti en CO2-équivalent en utilisant les
PRG100.
L?ampleur du réchauffement climatique étant liée à la concentration de GES dans
l?atmosphère, c?est-à-dire aux émissions cumulées passées de ces GES, la contrainte à
appliquer sur les émissions pour contenir le réchauffement au niveau mondial doit s?exprimer
en budget d?émissions. Toutefois, en pratique, en France comme dans la plupart des autres
pays, les objectifs de réduction des émissions sont exprimés en flux d?émissions annuels :
objectifs de - 50 % d?émissions brutes à l?horizon 2030 par rapport à 1990 et de neutralité
carbone en 2050 dans le cas de la France. La contrainte carbone peut prendre ces différentes
formes dans TiTAN : elle peut soit s?appliquer sur le flux d?émissions de GES ? chaque point
de la trajectoire est contraint à respecter son propre plafond d?émissions ? soit s?appliquer
en budget ? le cumul des émissions le long de la trajectoire doit respecter un unique plafond 21.
Dans le premier cas, la répartition temporelle des efforts d?abattement est paramétrée, dans
le second cas elle est endogène :
En appliquant le modèle de Hotelling, la gestion optimale d?un budget carbone consiste à
minimiser le coût intertemporel actualisé de la réduction des émissions à budget carbone fixé.
En plus de la trajectoire optimale d?émissions, la résolution de ce problème donne la
trajectoire optimale de coût d?abattement marginal qui, en l?absence d?incertitudes, croît au
même rythme que le taux d?actualisation (« règle de Hotelling ») 22. Cette règle assure alors la
neutralité intertemporelle des efforts : on est indifférent à réduire les émissions d?une tonne
supplémentaire aujourd?hui ou dans 10 ans.
Le modèle TiTAN étant à horizon fini, la contrainte carbone en budget doit être combinée à
une contrainte en flux si l?on souhaite garantir le niveau des émissions à long terme. Par
exemple, il est possible de définir simultanément une contrainte sur le cumul des émissions
avant 2050 et une contrainte sur le flux d?émissions en 2050, pour produire un scénario qui
atteint la neutralité en 2050 avec certitude, tout en étant libre de l?allocation temporelle des
émissions avant ce point. Si on souhaite assurer la continuité de certaines variables (émissions,
coût d?abattement marginal) et s?approcher d?une optimisation intertemporelle à horizon
infini 23, l?horizon pour la fin de la contrainte en budget et le début de la contrainte en flux
peut être recherché par tâtonnement.
Quelle que soit le type de contrainte carbone (exprimée en flux ou en budget), la répartition
des efforts de réduction des émissions entre les différents secteurs est endogène. Ces
réductions d?émissions peuvent donc être contrastées entre les secteurs, bien que l?ensemble
soit optimal pour le système entier.
21 Calculer des budgets tous GES en « carbone équivalent » n?est pas parfaitement rigoureux du point de vue de la climatologie,
mais les méthodes alternatives ne font pas encore consensus (IPCC (2023), p. 63). En outre, la part des émissions de GES hors CO2
est assez faible dans le périmètre des émissions optimisées par TiTAN.
22 Pour une présentation de l?approche coût-efficacité et de la règle de Hotelling dans le contexte des politiques climatiques, voir
par exemple Gollier (2019).
23 Dans le cas contraire, un saut important de ces variables peut se produire à la date de changement de contrainte.
? 30 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
En plus de contraintes sur les volumes d?émissions, TiTAN permet aussi d?adopter l?approche
duale qui consiste à valoriser monétairement les émissions : pour une valeur donnée des
émissions de GES, TiTAN renvoie le niveau de réduction des émissions qu?il serait rentable de
réaliser du point de vue de la société.
Figure 6 : illustration des approches « flux » et « budget » de la contrainte carbone
En MtCO2e/an
Lecture : les valeurs ne sont pas significatives et sont présentées à titre illustratif.
Source : CGDD
Les objectifs hors émissions de GES
Outre l?objectif d?abattement des émissions, il est possible d?imposer plusieurs objectifs
politiques à un scénario donné. Par exemple, on peut imposer l?objectif de réduction de la
consommation totale d?énergie à horizon 2030 et 2050 prévu par la directive relative à
l?efficacité énergétique du 13 septembre 2023 ou bien les objectifs de production d?énergie
renouvelables inscrits dans les lois de programmation énergétique. Il est également possible
d?imposer des objectifs ne relevant pas strictement de la politique climatique, telles que des
cibles de rénovation thermique du parc de logements pour des raisons sanitaires.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 31 ?
Partie 2
Une première application :
la contribution de TiTAN à la révision de la
valeur de l?action pour le climat
? 32 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Cette seconde partie présente en détail les simulations qui ont alimenté les travaux de la
troisième commission sur la valeur de l?action pour le climat 24 (cf. encadré), présidée par Alain
Quinet. Dans le contexte de cet exercice, l?objectif premier des simulations TiTAN est
d?évaluer la trajectoire de coût marginal de réduction des émissions de GES dans un cadre
cohérent avec la stratégie nationale bas-carbone (SNBC3), en cours d?élaboration au moment
des travaux. La présentation des simulations qui est faite dans cette partie dépasse cet
objectif et détaille les mécanismes de décarbonation sous-jacents, de sorte à caractériser de
façon fine les scénarios produits par TiTAN pour la commission.
La première section décrit les hypothèses sur lesquelles reposent les simulations. Les sections
suivantes présentent les résultats des simulations TiTAN sur la base de ce cadrage, en
décrivant dans un premier temps les trajectoires de réduction des émissions, le coût
d?abattement marginal associé à ces trajectoires de réduction et la sensibilité de celui-ci à
certaines hypothèses. Elles détaillent ensuite les coûts globaux et la transformation du
système énergétique associés à la trajectoire de décarbonation.
1. UN CADRAGE DES SIMULATIONS COHÉRENT AVEC
LA SNBC3
Comme précisé dans la partie précédente, les simulations de TiTAN reposent sur trois grandes
catégories d?hypothèses :
? les objectifs d?émissions de GES, traduits en contraintes sur les émissions du
périmètre d?optimisation et en hypothèses sur les émissions hors périmètre
(émissions non énergétiques de l?agriculture et de l?UTCATF, des gaz fluorés et du
secteur des déchets) ;
? les hypothèses relatives au contexte socio-économique (telles que la demande en
services énergétiques et les prix des énergies fossiles) ;
24 Rapport de la commission sur la valeur de l?action pour le climat présidée par Alain Quinet, France Stratégie, 2025.
Encadré 8: la valeur de l?action pour le climat (VAC)
La valeur de l?action pour le climat (VAC) est un indicateur développé en France pour
l?évaluation socio-économique des investissements publics, défini comme la « valeur
que la collectivité donne aux actions permettant d?éviter l?émission d?une tonne de CO2
équivalent ». Il est attendu que cet indicateur serve de signal pour décentraliser la
sélection des actions de décarbonation selon une logique coût-efficacité : « Cette valeur
doit permettre de classer et de sélectionner les actions à déployer pour atteindre au
moindre coût les objectifs de décarbonation : toute action dont le coût d?abattement,
c?est-à-dire le coût par tonne de CO2e évitée, est inférieur à la valeur de l?action pour le
climat ? c?est-à-dire dont leur mise en oeuvre est rentable socioéconomiquement ? est
souhaitable du point de vue de la collectivité. » (Les coûts d?abattement | Partie 1 ?
Méthodologie, France Stratégie, 2021). La trajectoire de la VAC a fait l?objet de trois
évaluations successives, dont la dernière repose entre autres sur les simulations de
TiTAN présentées dans ce document.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 33 ?
? les hypothèses relatives aux technologies (chroniques des coûts de production-
installation des équipements et infrastructures ; des coûts d?opération et de
maintenance ; du coût des approvisionnements en énergies primaires ; des
efficacités et consommations unitaires des technologies ; des potentiels de
déploiement des technologies).
Dans le cadre des travaux sur la VAC, les objectifs d?émissions de GES et les hypothèses
relatives au contexte socio-économique ont été, dans la mesure du possible, calés sur celles
du scénario AMS de la SNBC3 selon son état d?avancement à date 25. Pour les besoins de
l?exercice, les simulations ont été poussées jusqu?à l?horizon 2065, ce qui a nécessité de
prolonger certaines hypothèses au-delà de l?horizon 2050 de la SNBC.
Un objectif climatique cohérent avec la SNBC3, exprimé en budget pour assurer une
bonne répartition des efforts dans le temps
La SNBC fixe les objectifs d?émissions sous forme de budgets quinquennaux, correspondant
à des flux d?émissions annuelles moyennes par quinquennat. Néanmoins, dans le cadre de
l?élaboration de la VAC, il est apparu important de favoriser autant que possible une
approche en budget carbone, de sorte que la VAC suive la règle de Hotelling (cf. supra),
garantissant ainsi une répartition neutre des efforts dans le temps et évitant d?inciter à leur
report26. Les deux types de contraintes d?émissions ont ainsi été simulés, mais la priorité dans
l?analyse des résultats et la contribution à la révision de la VAC a été donnée à l?approche en
budget.
Le premier jeu de simulations suit la formulation des objectifs de la SNBC3, comprenant un
objectif intermédiaire en flux pour 2030 et une série de budgets quinquennaux 2024-2028,
2029-2033, 2034-2038, en cohérence avec la cible ZEN en 2050. On en déduit une trajectoire
de réduction des émissions de GES au périmètre TiTAN, qu?on impose comme contrainte
carbone (figure 7, série A). Dans ce cas, la répartition des efforts dans le temps est fixée ex
ante et imposée au modèle.
Un second jeu de simulations s?affranchit de tout jalon intermédiaire et se fonde sur une
contrainte carbone en budget, lequel correspond aux émissions cumulées d?aujourd?hui à
2050 de la trajectoire précédente (aire bleue sur la figure 7). Le budget a ainsi été défini
jusqu?en 2060 (série B sur la figure 7) et est suivi d?une contrainte de flux assurant le maintien
de la neutralité au point temporel suivant (point B? sur la figure 7). La durée sur laquelle le
budget est alloué a été identifiée par tâtonnement de sorte à lisser la trajectoire de réduction
et la courbe de coût d?abattement à la date de changement de contrainte.
Bien que les contraintes de la seconde simulation n?imposent pas explicitement l?atteinte de
l?objectif ZEN en 2050, leur effet est équivalent aux efforts climatiques visés par la France
dans le projet de SNBC3, car les émissions cumulées sont identiques dans les deux
trajectoires.
Dans l?approche en budget, le plafond d?émissions imposé au-delà de 2060 est fixé pour
maintenir la neutralité, étant donnée la trajectoire des émissions hors périmètre. Cette
contrainte en flux est négative (- 7 MtCO2e/an), pour compenser des émissions résiduelles
positives hors périmètre. Sous ces hypothèses, l?atteinte de la neutralité des émissions
nationales implique donc le recours à des technologies d?émissions négatives, c?est-à-dire la
capture et stockage de carbone d?origine biogénique (BECCS) ou atmosphérique (DACCS).
25 La SNBC 3 étant encore en cours de construction pendant ces travaux, avec un projet de SNBC3 soumis à concertation en
novembre 2024 présentant une trajectoire jusqu?en 2030 seulement. La SNBC3 finale qui sera publiée en 2025 précisera la
trajectoire post-2030 (présentée dans ce document sous forme de fourchettes), la commission Quinet a toutefois pu intégrer les
travaux les plus récents sur cet horizon pour l?élaboration de la VAC.
26 France Stratégie (2025).
? 34 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 7 : contraintes carbone en flux et en budget et hypothèses sous-jacentes
En MtCO2e/an
Lecture : les hypothèses d?émissions nationales totales (série 1) et d?émissions hors périmètre TiTAN (série 2)
correspondent au scénario AMS (run 2) de la SNBC3 jusqu?en 2035, puis à des hypothèses de la commission Quinet III
après 2035, le scénario AMS n?étant pas complètement stabilisé à la date de production des simulations. La contrainte
carbone en flux (série A) est calculée par différence de la trajectoire d?émissions nationales (série 1) et de la trajectoire
des émissions hors périmètre (série 2). La contrainte carbone en budget se compose d?un budget d?émissions de 2025 à
2060 (série B), calculé en cumulant la série A ; puis d?un plafond d?émissions en 2065 (point B?), compatible avec la
neutralité des émissions nationales totales. Le budget d?émissions s?élève à environ 2 940 MtCO2e de 2025 à 2050.
Sources : DGEC jusqu?en 2035 (scénario AMS (run2) en préparation de la SNBC3) ; hypothèses commission Quinet III
après 2035.
Les émissions hors périmètre font l?objet d?hypothèses détaillées sur leur trajectoire, tirées
des versions intermédiaires des simulations de la SNBC3 et complétées de projections de
tendances (figure 8) :
? Les émissions agricoles non énergétiques décroissent linéairement d?environ 40 % à
l?horizon 2050 par rapport à 2020 (- 25MtCO2e/an) ;
? Les émissions liées au traitement des déchets décroissent légèrement pour atteindre
rapidement un palier autour 5 à 6 MtCO2e/an et parallèlement les émissions de gaz
fluorés se contractent à moins de 1,5 MtCO2e/an ;
? Le « puits » UTCATF, source d?émissions négatives, se renforce sur la période pour
atteindre - 35 MtCO2e/an à l?horizon 2050 dans le scénario central ;
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 35 ?
Au total, les émissions annuelles nettes de GES hors du périmètre d?optimisation décroissent
depuis 70 MtCO2e/an jusqu?à un palier de 7 MtCO2e/an à partir de 2050. Ces hypothèses étant
sujettes à d?importantes incertitudes, notamment le puits UTCATF, elles ont donné lieu à des
analyses de sensibilités décrites ci-après.
Figure 8 : hypothèses sur les émissions hors périmètre TiTAN
En MtCO2e/an
Sources : jusqu'en 2035, version intermédiaire des modélisations de la SNBC3 ; projections de la commission Quinet III
après 2035
Le cadrage du contexte socio-économique
Les hypothèses sur le contexte socio-économique regroupent différents éléments : des
hypothèses macroéconomiques et démographiques ; des hypothèses sur les demandes des
services énergétiques embarquant notamment les changements de comportement
(sobriété) ; et des prospectives sur les prix des énergies fossiles qui ont un effet direct sur le
coût de la décarbonation de l?économie.
Les tendances macroéconomiques et démographiques du scénario
La projection de population pour la France métropolitaine est un paramètre crucial, qui
dimensionne fortement la demande en service énergétique dans tous les secteurs. Elle est
calée pour ces simulations sur la projection de l?Insee à horizon 2070 la plus récente (figure 9).
La projection de PIB (figure 10) indique seulement le contexte économique dans lequel les
hypothèses de demande s?inscrivent et n?affecte pas directement les simulations.
L?hypothèse retenue est l?hypothèse de cadrage de la SNBC3, elle-même fondée sur un
scénario de cadrage de la Commission européenne27.
27 Cf. le plan national intégré énergie-climat (PNIEC) de la France, dans sa version de juin 2024,
https://commission.europa.eu/publications/france-final-updated-necp-2021-2030-submitted-2024_en.
https://commission.europa.eu/publications/france-final-updated-necp-2021-2030-submitted-2024_en
? 36 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 9 : hypothèse de population
En Mhab
Source : Insee Première n° 1881, novembre 2021
Figure 10 : hypothèse de PIB et
comparaison à d'autres projections
En base 100 à 2018
Note de lecture : le taux de croissance du PIB dans la
projection de la SNBC3 varie entre 0,8 % et 0,9 % de 2025 à
2030 ; puis entre 1 % et 1,6 % de 2030 à 2050. Dans le
paramétrage de TiTAN, cette trajectoire est prolongée
tendanciellement jusqu?en 2065.
Sources : DGEC ; CGDD
Des hypothèses de sobriété et de réindustrialisation ambitieuses
Au-delà du PIB et de la population, de nombreux paramètres dimensionnent les demandes en
services énergétiques (demande unitaire de service par habitant, parts modales, taux
d?utilisation des équipements et des infrastructures, etc.). Les évolutions de ces paramètres
par rapport à leur valeur tendancielle permettent d?expliciter en détail les hypothèses de
sobriété. Les leviers de sobriété, entendus ici comme l?ensemble des changements de
comportement permettant de diminuer la demande en services énergétiques toutes choses
égales par ailleurs, sont donc traités de façon strictement exogène dans TiTAN.
Les hypothèses retenues (tableau 3 et tableau 17 en annexe) sont calées jusqu?à 2035 sur les
hypothèses de la SNBC3, puis de 2030 à 2050 sur des versions de travail de ces hypothèses,
puis sont maintenues fixes au-delà de 2050. L?impact de ces hypothèses sur la consommation
énergétique est illustré dans le cas du chauffage et du transport de passagers (figure 11) et leur
effet global sur la trajectoire d?émission est décrit dans la section suivante (figure 13).
On rappelle que les leviers de sobriété sont pris en compte ex ante via les hypothèses
exogènes sur la demande, les comportements des individus n?étant pas endogènes dans
TiTAN.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 37 ?
Tableau 3 : exemples d?hypothèses de sobriété intégrées dans les simulations TiTAN
Secteur Paramètre Valeur 2020 Écart 2020-2050 Action publique
accompagnant l?évolution Sans
sobriété
Avec
sobriété
Bâtiment
Température de
consigne hiver
19 °C + 0 °C - 0,5 °C Campagnes d?information
Demande d?ECS par
personne et par an
dans les maisons
individuelles
361 kWh/an/
personne
- 6 % - 26 % Campagnes d?information
Transport
Taux de remplissage
des véhicules
particuliers
1,62
passager/traj
et
+ 0 % + 11 %
Soutien au covoiturage et
à l?autopartage
Part modale du train
dans les trajets longue
distance
17,6 % + 3,2 p.p.* + 8,1 p.p.
Extension du réseau,
politique tarifaire,
campagnes d?information
Industrie
Taux d?incorporation
de matières
premières recyclées
en sidérurgie
42 % + 7 p.p. + 18 p.p. Mesures réglementaires
Demande intérieure
en papiers-cartons
8,7 Mt/an + 38 % + 20 %
Mesures réglementaires
sur les emballages,
campagnes d?information
*p.p. : point de pourcentage.
Lecture : dans le secteur résidentiel et tertiaire, on suppose que la température de consigne pour le chauffage des
bâtiments (logement et bureaux) initialement de 19 °C, serait maintenue à ce niveau sans hypothèses de sobriété et
réduite de 0,5 °C à l?horizon 2050 dans un scénario avec sobriété. En ce qui concerne l?eau chaude sanitaire (ECS), le
besoin individuel (initialement de 360 kWh utile/an/personne) serait réduit de 6 % dans un scénario tendanciel et de
26 % dans un scénario avec sobriété. Côté transport, le taux de remplissage des véhicules particuliers, de
1,6 passagers/trajet en tendanciel, pourrait être accru de 11 % par des mesures de soutien au covoiturage et à
l?autopartage ; la part du train dans les trajets longue distance, initialement de 17,6 % pourrait être accrue de 8 points
de pourcentage à l?horizon 2050 contre 3,2 pp en tendanciel. En sidérurgie, le taux d?incorporation de matières
premières passerait de 42 % à 60 % à l?horizon 2050 contre un maintien sous les 50 % dans un scénario tendanciel. Enfin
les mesures pour la réduction des emballages permettraient de réduire la demande en papiers-cartons de 20 % à
l?horizon 2050 contre une augmentation de près de 40 % dans un scénario tendanciel.
Sources : DGEC ; CGDD
Figure 11 : demande en énergie finale selon les hypothèses de demande, pour le chauffage et le
transport de passagers, à parc d?équipements constant
En TWh/an
Lecture : à parc d?équipements et de bâtiments constant (celui de 2020), la demande de chauffage projetée en 2050,
qui incorpore une sobriété forte, réduit la consommation d?énergie finale de 59 TWh/an par rapport à 2020.
Source : modèle TiTAN, calculs CGDD sur la base des hypothèses du projet de SNBC3 et prolongées jusqu?en 2050
? 38 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
L?ambition de réindustrialisation de la France est intégrée dans les simulations via une
croissance de la production physique plus soutenue qu?en tendanciel, pour la plupart des
filières (tableau 4). Les hypothèses sur la production industrielle embarquent également des
hypothèses de sobriété sur la consommation de plastique, de ciment, de verre et de sucre qui
se traduisent par des diminutions substantielles de la production des filières concernées.
Tableau 4 : hypothèses d?évolution de la production physique des filières industrielles (base
100 à 2019)
Filière 2019 2025 2030 2035 2040 2045 2050 2055 2060 2065
Aluminium 100 115 132 155 180 210 238 238 238 238
Ammoniac 100 111 115 113 109 103 97 97 97 97
Chlore 100 119 117 113 109 106 104 104 104 104
Ciment 100 95 94 91 85 79 74 74 74 74
Construction 100 98 97 96 97 98 101 101 101 101
Équipement 100 88 90 95 100 106 111 111 111 111
Papier-pâtes 100 107 114 121 128 136 143 143 143 143
Pétrochimie 100 94 89 86 82 78 75 75 75 75
Sidérurgie 100 103 103 104 104 104 105 105 105 105
Sucre 100 98 98 96 93 90 87 87 87 87
Verre 100 97 95 89 83 77 71 71 71 71
Autres chimies 100 101 105 107 113 120 126 126 126 126
Autres IAA 100 103 107 112 119 129 137 137 137 137
Autres métaux primaires 100 99 100 101 106 113 121 121 121 121
Autres non-métalliques 100 100 102 102 104 108 112 112 112 112
Autres (textile, etc.) 100 103 108 112 117 123 128 128 128 128
Lecture : la production physique (Mt) de la filière Ciment en 2030 est égale à 94 % de son niveau de 2019. « IAA » signifie
« industries agro-alimentaires ».
Sources : projections DGEC, CGDD
Des hypothèses de prix des énergies fossiles alignées sur les projections de la Commission
européenne et une hypothèse ad hoc de disponibilité de la biomasse
Les projections des prix d?approvisionnement (hors taxes) des énergies primaires sont des
hypothèses cruciales pour les simulations. Dans le cas des énergies fossiles (charbon, pétrole
et gaz fossile), elles suivent là aussi les hypothèses de cadrage de la SNBC3, elles-mêmes
fondées sur les projections de la Commission européenne 28 (figure 12). Ces projections
reposent sur l?hypothèse d?une mise en oeuvre des politiques climatiques annoncées à date
par les états du monde entier, mais sans effort supplémentaire (scénario « business as usual »).
Il est à noter que ces trajectoires de prix sont notablement plus élevées que les dernières
projections de l?AIE, quelles que soient leurs hypothèses en termes d?action climatique
mondiale. Au vu de l?incertitude pesant sur ces projections et de leur impact sur les résultats
de simulations, une analyse de sensibilité à ce facteur est décrite plus bas.
La biomasse est l?autre catégorie d?énergie primaire dont le coût et la disponibilité constituent
des hypothèses cruciales. En raison du peu d?éléments prospectifs disponibles sur les coûts
de production de la biomasse en France au-delà des volumes actuels, on fait une hypothèse
ad hoc : on considère que des volumes supplémentaires importants de biomasse peuvent être
produits sur le territoire national, avec un coût marginal croissant par paliers jusqu?à des
valeurs potentiellement très élevées. Cette hypothèse est résumée par une courbe de coût
28 Cf. le PNIEC de la France, dans sa version de juin 2024.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 39 ?
marginal en escalier (cf. annexe 2). Par simplicité, les différents types de biomasse (liquide,
solide, ligneuse, cellulosique) ne sont pas distingués, à l?exception d?un petit volume ne
pouvant être utilisé que pour la méthanisation.
On considère que les importations de vecteurs énergétiques sont impossibles, à l?exception
des énergies primaires fossiles, de l?uranium et de l?électricité (à un coût très élevé, prohibitif
de fait). Cela implique notamment que toutes les consommations de biomasse et dérivés,
d?hydrogène et de carburants synthétiques doivent être satisfaites par la production
nationale.
Figure 12 : trajectoire des prix d?approvisionnement en énergies fossiles pour
l?Union européenne, selon le cadrage de la Commission européenne
En ¤2023/MWh
Lecture : les valeurs aux années 2020 et 2023 sont indiquées pour information mais ne sont pas intégrées dans la
simulation. L?année 2020 du modèle est calibrée sur les données de 2019 pour éviter de capter l?effet de la crise du
Covid-19. Les valeurs de 2050 sont prolongées jusqu?à la fin de la simulation en 2065.
Source : Commission européenne. Calculs CGDD pour la conversion en ¤2023/MWh
Des potentiels technologiques alignés sur la SNBC3
Afin de tenir compte des contraintes d?ajustement 29 qui pèsent sur les déploiements des
technologies de décarbonation dans la réalité, le potentiel des technologies de
décarbonation est limité à chaque point de la trajectoire par des contraintes de type
« capacité maximum » (cf. supra). Ces contraintes sont réglées jusqu?en 2050 d?après les
trajectoires technologiques d?une version de travail du scénario AMS de la SNBC3, et en
général relaxées sur le post-2050 (tableau 5). Le modèle conserve malgré tout de nombreux
degrés de liberté, notamment les efforts d?efficacité énergétique et le choix des procédés
dans le secteur industrie. Ces facteurs peuvent être à la source d?écarts significatifs entre la
simulation TiTAN et le scénario AMS.
29 Les contraintes d?ajustement recouvrent plusieurs notions (coûts échoués, tensions sur les marchés, coût d?information, etc.).
Seuls les coûts échoués (la mise au rebut anticipé du capital) sont explicitement pris en compte dans TiTAN, les autres contraintes
d?ajustement sont intégrées de façon exogène. Cf. la partie 1 de ce document de travail et l?encadré sur le sujet dans le rapport de
la commission Quinet III.
? 40 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 5 : panorama des potentiels technologiques plafonnés dans les simulations TiTAN
Secteurs Variables plafonnées Variables non
plafonnées
Énergie
Capacités de production électrique (GW) par famille de
technologies (éolien terrestre, éolien marin, PV au sol, PV
toitures, nucléaire ancien et nouveau)
Parts de biogaz et de gaz de synthèse dans la production
de gaz (%)
Part des énergies renouvelables dans la production de
chaleur (%)
Capacité en électrolyseurs (GW)
Capacité en stockage géologique de carbone (MtCO2/an)
Transport
Part de véhicules électriques et à hydrogène, dans les
transports terrestres, par mode de transport (% du parc)
Part des SAF et de l?hydrogène dans le mix énergétique
de l?aviation ( % de consommation)
Efforts d?efficacité énergétique
Bâtiment
Part dans les parcs résidentiel et tertiaire des PAC, des
chaudières biomasse et de la chaleur de réseau ( % des
logements)
Part dans les parcs résidentiel et tertiaire des ECS à effet-
joule et des CET (% des logements)
Quantité et qualité des travaux
d?isolation des bâtiments
Industrie
Part de l?électricité, de la biomasse et de l?hydrogène
dans le mix énergétique, par filière industrielle (%)
Part des différents procédés dans
la production d?une filière
industrielle
Efforts d?efficacité énergétique à
énergie finale donnée
Source : CGDD
2. LA RÉDUCTION DES ÉMISSIONS DE GES
Une réduction des émissions par plusieurs mécanismes
Dans les simulations TiTAN produites pour la commission, la réduction des émissions de GES
est permise par quatre mécanismes (figure 13) :
? Une réduction endogène et spontanée par l?optimisation : dans un scénario
tendanciel, sans contrainte carbone et avec des demandes en services énergétiques
tendancielles, la minimisation du coût du système énergétique par TiTAN conduit
spontanément à réduire les émissions, notamment grâce aux économies sur les
importations d?énergies fossiles et à l?efficacité énergétique. Cette réduction des
émissions du périmètre TiTAN s?élève à 188 MtCO2e/an en 2050 par rapport à 2020.
Elle correspond au potentiel de réduction économiquement rentable hors
contrainte carbone. Ce potentiel s?explique notamment par la croissance des prix
des énergies fossiles retenue en projection et les perspectives de réduction des
coûts des technologies de décarbonation ;
? Une réduction exogène des émissions hors périmètre : la trajectoire des émissions
hors du périmètre d?optimisation de TiTAN est fixée de façon exogène comme
expliqué plus haut (de 70 MtCO2e/an en 2020 à 7 MtCO2e/an à partir de 2050), et
permet une réduction de 39 MtCO2e/an en 2050 par rapport à une évolution
tendancielle ;
? Une réduction exogène par la sobriété paramétrée : les leviers de sobriété,
intervenant dans les calculs de la demande présentés plus haut, permettent de
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 41 ?
réduire les émissions d?encore 46 MtCO2e/an à l?horizon 2050, en supposant ici qu?ils
peuvent se déployer indépendamment des investissements optimisés par ailleurs 30 ;
? Le déploiement endogène des technologies de décarbonation : pour respecter la
contrainte carbone et satisfaire la demande, TiTAN déploie la combinaison coût-
optimale des technologies de décarbonation (à hypothèses technologiques et de
demande données). Cette transformation du système énergétique permet en 2050
une réduction supplémentaire de 150 MtCO2e/an si l?objectif ZEN en 2050 est
imposé (approche flux), et de 123 MtCO2e/an si la contrainte carbone prend la forme
d?un budget équivalent sur un horizon plus étalé (approche budget).
Figure 13 : trajectoires d'émissions selon la contrainte carbone, les hypothèses de demande et
les hypothèses d?émissions hors périmètre
En MtCO2e/an
*Tendanciel : scénario sans contrainte carbone, à mode de vie inchangé et à trajectoire des émissions hors périmètre
TiTAN tendancielle (d?après scénario AME). La réduction des émissions sur le périmètre TiTAN correspond au potentiel
de réduction économiquement rentable sans contrainte carbone.
**Baseline : scénario sans contrainte carbone sur le périmètre TiTAN mais avec leviers de sobriété activés (évolution de
la demande cohérente à l?AMS) et réduction des émissions des émissions hors périmètre TiTAN.
Source : CGDD sur la base de données DGEC et des modélisations TiTAN
30 Les effets de la sobriété sur les investissements ne sont pris en compte que partiellement (par exemple, baisse des besoins
d?investissements sur les véhicules particuliers et sur les logements d?un côté et augmentation des besoins sur les infrastructures
de transport). De plus, la réduction des émissions induite par les leviers de sobriété telle que mesurée ici ne tient pas compte des
effets croisés avec les réductions permises par les investissements optimisés par TiTAN.
? 42 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
La trajectoire de réduction des émissions selon la forme de la contrainte carbone
La trajectoire d?émissions qui résulte de l?optimisation de la consommation du budget
carbone diffère légèrement de celle suivant les objectifs intermédiaires de la SNBC (en flux),
bien que les deux correspondent au même niveau d?émissions cumulées. La trajectoire sous
budget carbone apparaît plus ambitieuse à court terme et tend à reculer l?atteinte stricte de
la neutralité, avec néanmoins des émissions résiduelles faibles à l?horizon 2050 où 93 % des
émissions sont abattues par rapport à 2020 (figure 14). L?optimisation de la consommation du
budget carbone conduit ainsi à lisser les efforts dans le temps, en anticipant dès le départ le
coût très élevé des toutes dernières actions à mettre en oeuvre pour atteindre la neutralité
carbone, et dont la faisabilité reste encore incertaine. Ce décalage des efforts vers le court
terme est cependant réalisé sous des hypothèses relativement optimistes sur les capacités
d?ajustement du système énergétique, qui ne tiennent pas compte de toutes les barrières au
déploiement des solutions de décarbonation.
Figure 14 : trajectoire d'émissions dans les scénarios TiTAN en flux et en budget, périmètre
SNBC
En MtCO2e/an
Lecture : le graphique représente les niveaux d?émissions aux différentes dates : dans le scénario où la contrainte est
exprimée comme une trajectoire d?émissions a priori (en bleu, simulation en flux) et dans le scénario où la contrainte est
exprimée en budget (en orange). Dans ce dernier scénario, les niveaux d?émissions à chaque point résultent de
l?optimisation de la consommation du budget des points 2025 à 2060, et une contrainte de flux assure la neutralité des
émissions à partir du point 2065. Les émissions au périmètre TiTAN sont ensuite ajoutées aux hypothèses d?émissions
hors périmètre TiTAN pour obtenir la trajectoire d?émissions au périmètre SNBC. La SNBC3 n?étant pas encore
complètement établie à la date des simulations, la trajectoire d'émissions post-2035 avec contrainte en flux correspond
à une interpolation linéaire entre le point 2035 retenu dans le projet de SNBC3 et la neutralité en 2050.
Sources : CGDD, modèle TiTAN ; DGEC. Calculs CGDD
Par rapport à la trajectoire du scénario en flux, calée sur le projet de SNBC3, la consommation
optimale du budget carbone équivalent se traduit par une baisse des émissions plus rapide à
court terme et plus lente à long terme. Sur le périmètre TiTAN, l?abattement annuel moyen
de 2020 à 2030 est de 14 MtCO2e/an dans le scénario en budget, contre 12 MtCO2e/an dans
celui en flux. En revanche, l?abattement moyen de 2030 à 2050 est de 9 MtCO2e/an en budget
contre 11 MtCO2e/an en flux. Les émissions nationales sont encore de 27 MtCO2e/an en 2050,
dont 14 MtCO2e/an sur le périmètre TiTAN (figure 15).
Ces écarts de répartition des efforts dans les simulations ne signifient ni une remise en cause
des objectifs fixés dans la SNBC3, ni une incompatibilité stricte du scénario en budget avec
ces objectifs. En premier lieu, le modèle a tendance à sous-estimer les contraintes
d?ajustement à court terme et donc à surévaluer les possibilités de réduction des émissions à
court terme. Par conséquent, il tend aussi à surestimer les possibilités de report de la
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 43 ?
neutralité carbone. En second lieu, l?écart d?émissions en 2050 par rapport à l?objectif ZEN
reste délicat à évaluer compte tenu de l?ampleur des incertitudes sur le contexte économique,
social et technologique à cet horizon.
Figure 15 : trajectoires d?émissions de GES par périmètre, scénario en budget
En MtCO2e/an
Source : CGDD, simulations TiTAN et calculs sur données DGEC
Des réductions d?émissions importantes dans tous les secteurs
Sans surprise, le scénario TiTAN en budget montre que tous les secteurs doivent réduire
drastiquement leurs émissions pour atteindre les objectifs climatiques (figure 16). Le rythme
des efforts est relativement homogène entre les secteurs, avec néanmoins certaines
disparités. Ainsi, le secteur bâtiment abat ses émissions à un rythme très régulier (entre 6 %/an
et 8 %/an de 2025 à 2050), comme le secteur industrie (entre 6 %/an et 10 %/an). Le secteur
transport (passagers et fret, hors soutes internationales) est plus lent au démarrage (5,5 %/an
en moyenne jusqu?en 2030), avant d?accélérer fortement et d?être le premier secteur à
atteindre la quasi-neutralité, dès 2045. Quant aux soutes internationales, leurs émissions
stagnent jusqu?en 2035, avant de décroître rapidement grâce aux carburants synthétiques
décarbonés puis à l?avion à hydrogène.
Dans le scénario en budget, les émissions en 2050 s?élèvent encore à 27 MtCO2e/an, dont
14 MtCO2e/an sur le périmètre TiTAN. Elles se partagent entre le secteur du bâtiment
(9 MtCO2e/an), de l?industrie (6 MtCO2e/an), des soutes internationales (4 MtCO2e/an) et du
transport (1 MtCO2e/an). L?atteinte de la neutralité stricte est possible notamment grâce à un
déploiement important des puits technologiques, qui permet au système énergétique
d?afficher un bilan négatif et de de compenser les + 7 MtCO2e/an résiduelles hors périmètre
TiTAN.
? 44 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 16 : répartition sectorielle des émissions sur le périmètre TiTAN, scénario en budget
En MtCO2e/an
Lecture : les émissions liées à la production-distribution d?énergie sont ventilées sur les secteurs aval au prorata de leurs
consommations, le secteur énergie n?apparaît donc pas dans cette décomposition. Les émissions sont présentées nettes
de la CCS.
Source : CGDD, modèle TiTAN
3. LE COÛT D?ABATTEMENT MARGINAL DU SYSTÈME, UN
INDICATEUR DE L?INTENSITÉ DES EFFORTS DE
DÉCARBONATION
La résolution du problème d?optimisation par TiTAN renvoie une trajectoire de coût
d?abattement marginal du système (CAMS). Celui-ci est défini comme le coût pour le système
optimisé de la dernière tonne de carbone abattue 31 , c?est-à-dire le coût d?abattement
complet du levier mobilisé à la marge (en intégrant les « effets système », cf. encadré 9). On
peut aussi comprendre cette valeur comme le prix fictif (shadow price) des émissions, c?est à
dire le coût unitaire qu?il faudrait leur affecter dans une simulation sans contrainte carbone
pour retrouver le niveau d?abattement imposé par cette contrainte.
La CAMS correspond ainsi à la valeur de l?action pour le climat (VAC) dans le cadre de TiTAN.
Il ne constitue toutefois pas une VAC « clé en main » pour la commission Quinet III. Celle-ci
utilise une approche plus complète, combinant les enseignements de la théorie économique,
une interprétation raisonnée des résultats chiffrés des modèles, une prise en compte des
prospectives technologiques disponibles et d?éventuels éléments additionnels à prendre en
compte comme les cobénéfices.
31 Mathématiquement, il s?agit de la valeur de la variable duale associée à la contrainte carbone à l?optimum, ce qui revient à la
dérivée de la fonction objectif à l?optimum par rapport au niveau de la contrainte carbone.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 45 ?
Le CAMS renseigne également le modélisateur sur la tension du système pour respecter la
contrainte carbone dans une configuration donnée du problème. Par exemple, il peut arriver
que le modèle renvoie une solution du problème avec un CAMS très élevé (supérieur à
plusieurs milliers d?euros). Bien que le problème soit mathématiquement faisable, l?intensité
de l?effort requis est alors invraisemblable et invite à reconsidérer le réalisme de l?abattement
imposé vis-à-vis des hypothèses technologiques et socioéconomiques.
Dans le cas où la contrainte carbone exprimée en budget, la trajectoire de CAMS suit la règle
de Hotelling et croît au taux d?actualisation (figure 17). Elle part d?environ 260 ¤2023/tCO2e en
2025 pour atteindre près de 580 ¤2023/tCO2e en 2050 et jusqu?à 790 ¤2023/tCO2e en 2060.
Encadré 9 : coût d?abattement marginal du système
et coût d?abattement des technologies
Le coût d?abattement marginal du système (CAMS) issu de TiTAN ne peut pas être
directement comparé au coût d?abattement spécifique d?une technologie. La principale
raison est d?ordre méthodologique. Ce qu?on désigne usuellement par « coût d?abattement
d?une technologie » correspond à un coût d?abattement microfondé, c?est-à-dire calculé en
comparant un déploiement unitaire de la technologie à une situation de référence, sans
considérer les impacts sur le reste du système énergétique. Dans la réalité, le déploiement à
grande ampleur d?une technologie d?abattement peut avoir des répercussions sur
l?ensemble du système, notamment par l?ajustement des coûts des énergies. Par exemple, le
déploiement des voitures électriques cause un surcroît de demande d?électricité,
impliquant une augmentation de la production d?électricité et donc de son coût. Cela
provoque en retour des ajustements de la consommation dans tous les secteurs.
Ces « effets système » sont captés dans TiTAN grâce aux contraintes de bouclage offre-
demande et à la logique coût-efficacité : le CAMS correspond non seulement au
déploiement d?une technologie d?abattement, mais aussi à l?ajustement en conséquence de
la configuration optimale dans l?ensemble des secteurs.
En pratique, la portée de ces effets système varie d?une technologie à l?autre. Par exemple,
l?électrification d?un usage tend à affecter l?ensemble du système énergétique, tandis qu?un
changement de procédé industriel à consommation énergétique constante n?a aucune
répercussion sur le reste du système. La comparabilité du coût d?abattement marginal du
système issu de TiTAN et des coûts d?abattement microfondés doit donc être étudié au cas
par cas.
De façon plus générale, la comparabilité de deux coûts d?abattements dépend aussi de la
cohérence de leurs hypothèses paramétriques (CAPEX/OPEX des technologies, taux
d?actualisation, taxes et subventions, coût des énergies, etc.).
? 46 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 17 : coût d?abattement marginal du système optimisé, scénario TiTAN budget
En ¤2023/tCO2e
Lecture : le coût d?abattement marginal croît au taux d?actualisation du modèle (3,2 %) sur la période du budget
carbone, du point 2025 au point 2060. La valeur au point 2065 correspond à la valeur duale de la contrainte sur le flux
d?émissions en 2065, qui permet de maintenir la neutralité carbone après le budget.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Dans le scénario où la contrainte carbone est exprimée « en flux », la trajectoire de CAMS
diffère fortement de la trajectoire précédente (figure 18). Elle part cette fois d?une valeur
initiale faible et croît à un taux non constant et rapidement supérieur au taux d?actualisation
pour atteindre un niveau très élevé (proche de 1200 ¤2023/tCO2e) à l?approche de la neutralité
carbone. Cette forte pente traduit à la fois l?accélération nécessaire des efforts en fin de
période pour compenser des efforts initiaux plus progressifs et la plus grande difficulté à
atteindre la neutralité carbone plus tôt et donc avec des technologies moins matures et/ou
aux potentiels plus réduits32. Les coûts marginaux à l?atteinte de la neutralité carbone stricte
s?avèrent ainsi plus élevé dans la simulation en flux que dans la simulation en budget. Cette
trajectoire de CAMS fondée sur une contrainte carbone exprimée en flux se rapproche
fortement de celles produites, également sous contrainte de flux, par les modèles technico-
économiques TIMES-FR et POLES-Enerdata utilisés par la deuxième commission sur la VAC en
2019 (« commission Quinet II ») 33. Dans le cadre de l?élaboration de la valeur de l?action pour
le climat, la forte sensibilité du CAMS à la trajectoire de réduction des émissions que montre
la simulation en flux conduit à favoriser une approche budget, de sorte à aboutir à une
trajectoire qui n?incite pas au report de ces efforts.
32 Les possibilités technologiques de décarbonation sont améliorées au-delà de 2050 dans les simulations, principalement en
relevant les plafonds paramétrés sur les potentiels technologiques. Par exemple, la part de marché maximum des PAC est relevée
de 46 % en 2050 à 90 % en 2065.
33 France Stratégie (2019).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 47 ?
Figure 18 : émissions du périmètre TiTAN et coût d'abattement marginal du système (CAMS)
dans la variante en budget et la variante en flux
Émissions en MtCO2e/an et CAMS en ¤2023/tCO2e
Lecture : la série « CAMS, TiTAN flux » correspond à la valeur duale de la contrainte sur le flux d?émissions définie à
chaque point. Le scénario en flux n?est simulé que jusqu?en 2055.
Source : CGDD, modèle TiTAN
4. LA SENSIBILITÉ DU COÛT D?ABATTEMENT MARGINAL
AUX HYPOTHÈSES DE CONTEXTE
Cette section présente les analyses de sensibilité produites avec TiTAN dans le cadre de la
troisième commission sur la valeur de l?action pour le climat (VAC). Celles-ci ont été réalisées
en faisant varier un seul élément à la fois et en observant les effets sur le CAMS (la VAC au
sens de TiTAN, cf. supra). Le CAMS constitue un indicateur de la « tension » du système
énergétique pour respecter la contrainte carbone : plus il est élevé, plus la contrainte carbone
est difficile à respecter pour le modèle. Les effets sur les autres variables du modèle n?ont pas
été analysés.
Les variantes ont été concentrées sur les hypothèses les plus structurantes d?après la
littérature et l?expérience des modélisateurs. Elles portent sur le contexte international (prix
des énergies fossiles) ou le contexte national (potentiels d?absorption des puits naturels et
technologiques, sobriété). Elles ont été calibrées pour correspondre à des chocs importants
mais plausibles, en s?appuyant autant que possible sur les valeurs alternatives disponibles dans
des sources de référence. Par défauts d?éléments suffisamment robustes, les variantes n?ont
pas été probabilisées.
La sensibilité aux hypothèses de prix des énergies fossiles
Les prix anticipés des énergies fossiles sont très liés au contexte international et au degré
d?ambition de réduction des émissions de GES dans les autres pays. De plus, ils ont un effet
direct sur la trajectoire optimale de décarbonation et son coût. Pour rendre compte de cet
effet, quatre variantes ont été produites : une variante analytique considérant une
multiplication par deux du prix des énergies fossiles par rapport aux hypothèses centrales
(cadrage de la Commission européenne) et trois variantes reprenant les projections des trois
? 48 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
scénarios-phares de l?AIE 34 (Stated Policies (STEP), Announced Pledges (APS), et Net Zero
Emissions by 2050 (NZE)). Ces trois scénarios présentent tous des trajectoires de prix des
énergies fossiles inférieures aux projections de la Commission européenne (figure 19).
Figure 19 : projection des prix d?approvisionnement en énergies fossiles pour l?Union
européenne, selon le cadrage de la Commission européenne et les différents scénarios de l'AIE
En ¤2023/MWh
Lecture : l?année 2020 du modèle est calibrée sur l?année observée 2019 pour éviter de capter l?effet de la crise du
Covid19. Les valeurs 2050 sont prolongées jusqu?en 2065.
Source : AIE, World Energy Outlook 2024, p.90
34IEA, World Energy Outlook 2024, octobre 2024, p.78.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 49 ?
Le CAMS est respectivement plus élevé de 19 %, 23 % et 28 % par rapport à la référence dans
les variantes alignées sur les scénarios STEP, APS et NZE (tableau 6). En effet, un prix plus bas
des énergies fossiles implique que la substitution des énergies fossiles par les renouvelables
permet moins d?économies sur les importations d?énergies, ce qui relève mécaniquement le
coût d?abattement marginal. Inversement, la variante où le prix des énergies fossiles est
multiplié par deux montre une réduction de 28 % du CAMS : plus les énergies fossiles sont
chères, moins il est coûteux de s?en passer.
Il est important de remarquer que s?il a bien un effet sur le CAMS, le prix des énergies fossiles
n?impacte pas nécessairement les décisions d?investissement du modèle. En effet, la neutralité
des émissions suppose une disparition quasi-complète des énergies fossiles dans le système
énergétique, en dehors des volumes qui peuvent éventuellement être compensés par les puits
naturels et technologiques. Puisque le potentiel de ces puits est limité, le modèle doit
déployer des technologies qui se passent des énergies fossiles, quel qu?en soit le coût.
Tableau 6 : sensibilité du CAMS aux hypothèse de prix des énergies fossiles
Scénario CAMS 2030 (¤2023/tCO2e) CAMS 2050 (¤2023/tCO2e) Écart à
Central (%)
Central 308 578 -
PrixFossilex2 222 416 - 28 %
AIE-STEP 367 690 + 19 %
AIE-APS 377 709 + 23 %
AIE-NZE 393 738 + 28 %
Lecture : dans la variante « PrixFossilex2 », le prix paramétré des énergies fossiles est multiplié par 2 par rapport à
l?hypothèse centrale. En réponse, le CAMS est abaissé de 28 % par rapport au scénario central, soit une valeur de
222 ¤2023/tCO2e en 2030 et de 416 ¤2023/tCO2e en 2050.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La sensibilité aux hypothèses sur les puits de carbone
L?atteinte de la neutralité implique par construction que les émissions brutes soient égales à
la capacité d?absorption des puits de carbone, naturels et artificiels. Dans ce cadre, on produit
deux jeux de variantes distincts, l?une portant sur les puits naturels, l?autre sur les puits
technologiques, car ces deux types de puits ne présentent pas les mêmes caractéristiques.
Les puits naturels ont un effet mécanique sur la contrainte carbone : renforcer les puits
naturels, hors périmètre TiTAN, relâche par construction la contrainte carbone sur les
émissions du périmètre TiTAN. De plus, ils sont sans coût pour le modèle. En revanche, les
puits technologiques ont un coût pour le modèle. Par conséquent, augmenter leur potentiel
ne signifie pas forcément qu?ils vont être mobilisés davantage, cela dépend de leurs coûts et
potentiels comparés aux autres options d?abattement.
Les chocs sur les puits naturels ont été calibrés arbitrairement pour les chocs intermédiaires,
et d?après une récente étude de l?IGN et de la FCBA 35 pour les chocs les plus extrêmes
(UTCATF+++ et UTCATF---). Les chocs sur les puits technologiques ont été calibrés pour
correspondre respectivement à de petites variations du potentiel de stockage, et à un choc
radical (aucun stockage).
35 IGN et FCBA (2024).
? 50 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 7 : sensibilité du CAMS aux hypothèses sur les puits naturels de carbone
Scénario
Choc sur la cible d'émissions 2050
(Choc sur le budget carbone 2025-
2060)
CAMS 2030
(¤2023/tCO2e)
CAMS 2050
(¤2023/tCO2e)
Écart à
Central (%)
Central - 308 578 -
UTCATF+ + 5 MtCO2e/an
(+ 2 %) 291 546 - 6 %
UTACTF++ + 10 MtCO2e/an
(+ 5 %) 270 507 - 12 %
UTCATF+++ + 15 MtCO2e/an
(+ 8 %) 260 488 - 15 %
UTCATF- - 5 MtCO2e/an
(- 2 %) 314 590 + 2 %
UTCATF-- - 5 MtCO2e/an
(- 5 %) 361 678 + 17 %
UTCATF--- - 22 MtCO2e/an
(- 13 %) Pas de solution
Lecture : dans la variante UTCATF-, les puits naturels sont affaiblis à partir de 2035 pour aboutir à un niveau de
- 30 MtCO2e/an en 2050 et au-delà, contre - 35 MtCO2e/an dans le scénario principal. À trajectoire d?émissions nettes
inchangée, cela se traduit par une réduction du budget carbone imposé au modèle de 2 %. Le CAMS s?en trouve relevé
de 2 %.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Une légère dégradation des puits naturels par rapport à l?hypothèse centrale (UTCATF-) ne
relève la trajectoire de de CAMS que de 2 % (tableau 7). En effet le budget d?émissions que
doit respecter le modèle n?est que faiblement réduit (- 2 %) par ce choc. Le choc symétrique,
correspondant à un léger renforcement des puits naturels, (UTCATF+) réduit le CAMS de 6 %,
soit un effet de sens inverse et de plus grande ampleur. Cela suggère que la courbe de coût
d?abattement marginal implicite de TiTAN 36 , bien que croissante, est localement non
convexe. Cela contredit les hypothèses usuelles sur les fonctions agrégées de coût
d?abattement, mais c?est une possibilité qu?autorisent les approches bottom-up.
Les variantes traduisant respectivement une dégradation modérée et un renforcement
modéré des puits naturels (UTCATF-- et UTCATF++) montrent des effets plus marqués sur le
CAMS, de respectivement + 17 % et - 12 %. De plus, on voit qu?à cette échelle le coût
d?abattement marginal est globalement convexe : l?effet d?une dégradation des puits (ie. un
resserrement du budget carbone) est plus fort que celui d?un renforcement symétrique.
Dans l?hypothèse la plus favorable sur un renforcement fort des puits (UTCATF+++), l?effet est
de - 15 %, soit assez proche de celui d?un choc moyen (UTCATF++), traduisant un coût
d?abattement marginal relativement « plat » à ce niveau d?effort. Enfin, dans l?hypothèse la
plus défavorable de forte dégradation des puits naturels (UTCATF---), le problème est
infaisable : l?objectif de réduction des émissions ne peut physiquement pas être atteint sous
les hypothèses technologiques et économiques retenues, même à des valeurs très élevées du
coût d?abattement marginal.
S?agissant des puits technologiques37 , trois tests de sensibilité ont été réalisés (tableau 8).
Dans les deux premiers tests, le plafond annuel sur le stockage géologique de CO2 a été
légèrement ajusté tout le long de la trajectoire, conduisant à un écart relativement modeste
sur la capacité de stockage cumulée (+/- 20 % de capacité cumulée sur 2025-2060). Dans le
troisième test, le plafond a été fixé à 0 tCO2/an sur toute la trajectoire, interdisant de fait le
stockage géologique du CO2.
36 Aucune courbe de coût d?abattement n?est paramétrée dans TiTAN, en revanche on peut révéler sa courbe de coût d?abattement
marginal implicite en resserrant progressivement l?objectif d?abattement au cours d?une série de simulations, à reste du paramétrage
identique.
37 Les puits technologiques intègrent les technologies de CCUS, de capture atmosphérique (DAC) ? contrainte à 5 MtCO2/an
maximum compte tenu de l?incertitude sur sa faisabilité ? et le stockage géologique.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 51 ?
Le CAMS réagit faiblement (- 3 %) à une légère augmentation des capacités des puits, et
beaucoup plus fortement (+ 11 %) à une légère diminution. La variante sans stockage
géologique de CO2 apparaît quant à elle infaisable pour le modèle.
Tableau 8 : sensibilité du CAMS aux hypothèses de potentiel de stockage de CO2
Scénario Choc sur la capacité de stockage
géologique en 2050
(Choc sur la capacité cumulée 2025-2060)
CAMS 2030
(¤2023/tCO2e)
CAMS 2050
(¤2023/tCO2e)
Écart à
Central (%)
Central - 308 578 -
Stockage+ + 5 MtCO2/an
(+ 20 %) 299 561 - 3 %
Stockage- - 5 MtCO2/an
(- 20 %) 342 642 + 11 %
Aucun stockage
- 29 MtCO2/an
(- 100 %) Pas de solution
Lecture : dans la variante Stockage+, la capacité de stockage géologique de CO2 est progressivement renforcée jusqu?à
aboutir à 34 MtCO2/an en 2050 et au-delà, contre 29 MtCO2/an dans le scénario Central. Cela correspond à un choc de
+ 20 % sur la capacité cumulée de stockage géologique. Le CAMS en est abaissé de ? 3 %.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La sensibilité aux hypothèses de sobriété
La demande en services énergétiques, exogène dans TiTAN, est alignée dans le scénario
central sur le scénario AMS de la SNBC3 (cf. supra). Un test de sensibilité a été réalisé en
construisant un jeu alternatif d?hypothèses de demande aligné tant que possible sur le
scénario AME 38 de la SNBC3, qui représente une évolution tendancielle de la demande en
services énergétiques (cf. annexe 5). Ce test, dit « sans sobriété », aboutit à un coût
d?abattement marginal accru de près de 35 % par rapport au scénario central (tableau 9).
L?effet de la sobriété est fort : en effet, elle réduit mécaniquement l?abattement à réaliser par
le système énergétique, et cela sans coût pour le modèle. Une sobriété forte permet donc
d?éliminer le recours aux technologies décarbonées les plus coûteuses, et abaisse in fine le
coût d?abattement marginal. Inversement, une sobriété faible augmente le coût
d?abattement marginal.
Tableau 9 : sensibilité du CAMS aux hypothèses de sobriété
Scénario Valeur 2030
(¤2023/tCO2e)
Valeur 2050
(¤2023/tCO2e)
Écart à
Central (%)
Central
(sobriété généralisée, alignée sur l?AMS) 308 578 -
Sans sobriété
(demande tendancielle, proche de l?AME) 413 775 + 34 %
Source : CGDD, modèle TiTAN
38 Voir Synthèse du scénario avec mesures existantes 2024, DGEC, octobre 2024.
? 52 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Synthèse des tests de sensibilité
Plusieurs enseignements peuvent être dégagés des tests de sensibilité réalisés (figure 20):
? Une sobriété généralisée à tous les secteurs réduit beaucoup l?intensité des efforts à
faire pour respecter les objectifs d?émissions, et soutient par là leur faisabilité.
? Les effets des puits de carbone, naturels et technologiques, sont importants et non-
linéaires : un affaiblissement des puits intensifie beaucoup les efforts à fournir, tandis
qu?un renforcement équivalent ne les soulage que faiblement.
? Compte tenu d?un niveau incompressible d?émissions brutes en l?état des
prospectives technologiques, les objectifs d?émissions ne sont pas atteignables sans
des puits naturels vigoureux et semblent difficilement atteignables sans puits
technologiques.
? Le prix des énergies fossiles a un impact fort sur l?intensité des efforts économiques
de décarbonation, même s?il ne change rien à sa faisabilité physique.
Figure 20 : trajectoires du CAMS dans l?ensemble des variantes réalisées
En ¤2023/tCO2e
Lecture : chaque courbe correspond à la trajectoire du CAMS dans un test de sensibilité. Le faisceau qui en résulte
correspond à la plage de CAMS qui a été explorée lors des tests. La variante PrixFossilesx2 a été écartée de cette synthèse
car elle a été produite avec un choc très invraisemblable pour des raisons purement analytiques.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Étant donné qu?on a réalisé les tests sur un seul paramètre à la fois et sans les probabiliser, ils
ne constituent qu?une première exploration des incertitudes sur l?intensité des efforts de
décarbonation, et sont un préalable à des analyses plus ciblées et approfondies. Celles-ci
pourront par exemple étudier les effets de chocs croisés sur les paramètres et analyser les
effets sur d?autres variables que le CAMS.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 53 ?
5. LES COÛTS DE LA DÉCARBONATION
Périmètre des coûts considérés et nécessité d?un contrefactuel
Plusieurs points doivent être précisés pour la bonne compréhension du coût de la
décarbonation évalué sur la base des simulations TiTAN :
? Le coût du système minimisé par TiTAN est un coût purement technique : il décrit la
dépense à injecter dans le système énergétique pour atteindre des objectifs donnés
de réduction des émissions et de satisfaction de la demande, calculée sans tenir
compte des effets macroéconomiques. D?autre part, il n?inclut ni les coûts de
l?adaptation au changement climatique, ni les cobénéfices de la décarbonation
(santé, biodiversité?), ni la variation de bien-être que peut impliquer l?évolution des
modes de vie. Enfin, ce coût est déterminé pour l?ensemble du système énergétique,
sans s?intéresser à sa répartition entre les différents agents économiques (État,
ménages, entreprises, collectivités?).
? Les coûts des réductions d?émissions hors périmètre TiTAN ne sont pas inclus. En
particulier, les coûts associés aux réductions des émissions énergétiques de
l?agriculture et au renforcement du puits UTCATF ne sont pas inclus.
? Le coût est évalué en écart à un scénario contrefactuel sans contrainte carbone. Il
correspond ainsi au surcoût du scénario de décarbonation net des coûts supportés
dans le scénario de référence. Cette évaluation se distingue donc fortement des
calculs de besoins d?investissements en comparaison à une année de référence
(approche retenue par exemple dans le rapport Pisani-Ferry-Mahfouz 39 ou par le
panorama des investissements climat d?I4CE 40).
En résumé, le coût de la décarbonation tel qu?il est évalué ici ne correspond pas au coût
complet de la transition bas-carbone. Il exclut notamment les coûts (positifs ou négatifs) liés
à la sobriété et aux réductions d?émissions hors périmètre TiTAN. Il constitue en revanche une
évaluation rigoureuse du surcoût « pur » qu?implique la décarbonation de l?ensemble du
système énergétique.
Le coût de la décarbonation est modéré sous les hypothèses retenues.
Afin de révéler le coût strictement associé à la contrainte carbone, le contrefactuel retenu
est un scénario où tous les paramètres sont identiques aux scénarios de décarbonation
(budget et flux), à l?exception de la contrainte carbone qui est désactivée. Ce contrefactuel
comprend donc les mêmes hypothèses de demandes (avec sobriété généralisée, cf. supra) et
les mêmes possibilités technologiques que les scénarios de décarbonation, mais en étant libre
sur le niveau de ses émissions. On appelle donc ce contrefactuel « scénario libre ». Même sans
contrainte carbone, le scénario libre montre un abattement important (- 267 MtCO2e de 2020
à 2050, cf. supra, figure 13), qui s?explique par les hypothèses de sobriété et par la minimisation
du coût du système dans un contexte de prix des énergies fossiles élevés. Sous les hypothèses
retenues, il existe donc un important potentiel d?abattement à coût négatif ou nul.
L?écart de coût entre le scénario en budget et le scénario libre fournit une estimation du coût
de la décarbonation du scénario en budget (figure 21). Ce coût est significatif tout au long de
la trajectoire, à court terme comme à long terme, bien qu?il reste relativement modéré (+ 12
à + 27 Md¤2023/an). Ce surcoût se compose principalement d?un surplus d?investissement
(CAPEX, + 18 Md¤2023/an en moyenne) important dès le début de la trajectoire, ainsi que d?un
39 Pisani-Ferry, Mahfouz, et France Stratégie (2023).
40 I4CE (2023).
? 54 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
surplus croissant de coûts d?opération hors énergie (OPEX, + 9 Md¤2023/an en moyenne). Des
économies croissantes sur les approvisionnements en énergie primaire, grâce à la réduction
des importations d?énergies fossiles (- 8 Md¤2023/an en moyenne), viennent réduire le surcoût
total sans le compenser.
Figure 21 : surcoût du scénario en budget par rapport à une variante sans contrainte carbone,
par type de coût
En Md¤2023/an
Lecture : les OPEX présentés correspondent à des coûts d?opération et de maintenance, hors coût des consommation
énergétiques.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La répartition des coûts de la décarbonation
Les besoins d?investissement supplémentaires se concentrent avant tout dans le secteur
énergie (respectivement + 7,4 Md¤/an et + 2,7 Md¤/an en moyenne pour la production et la
distribution d?énergie), puis dans le secteur bâtiment (respectivement + 3,5 Md¤/an et
+ 1,0 Md¤/an pour les équipements et la rénovation thermique) et enfin les transports
(+ 3,2 Md¤/an pour les véhicules) - (tableau 10). Les besoins d?investissement dans l?industrie
semblent très faibles au regard de l?abattement réalisé par le secteur. Ce paradoxe s?explique
notamment par le fait que l?abattement du secteur est en grande partie réalisé par des
substitutions entre énergies finales de mêmes natures, qui sont paramétrées comme peu
coûteuses en investissement (cf. supra), et par la baisse du contenu carbone des énergies
finales, dont le coût est supporté par le secteur énergie.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 55 ?
Tableau 10 : surplus d'investissement du scénario en budget par rapport au scénario libre
Secteur
Principaux postes
d?investissements (CAPEX)
Surplus moyen de CAPEX (Md¤2023/an)
2025-2030 2035-2050 2055-2065 2025-2065
Énergie
Capacités de production + 1,9 + 11,5 + 5,7 + 7,4
Réseaux + 1,6 + 5,6 -0,3 2,7
Stockage de l?énergie - - - -
Bâtiment
Isolation thermique + 4,6 - - + 1,0
Équipements de chauffage,
climatisation et ECS
+ 1,8 + 0,2 + 8,9 + 3,5
Transport Véhicules + 5,8 + 2,7 + 2,0 + 3,2
Industrie Capacités de production + 0,3 - + 0,2 + 0,1
Total + 16,0 + 16,0 + 20,0 + 16,5
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le surplus d?OPEX se concentre lui aussi dans le secteur énergie (tableau 11). Il correspond à
l?augmentation des coûts d?opération et de maintenance qu?implique l?extension du réseau
électrique (+ 2 Md¤/an en 2035 et + 5 Md¤/an à partir de 2045), mais aussi aux coûts de
maintenance et d?opération des capacités supplémentaires de production énergétique :
éolien et photovoltaïque principalement (+ 2,6 Md¤/an à partir de 2050), thermique
décarboné (+ 0,8 Md¤/an) et électrolyse (+ 0,4 Md¤/an). Enfin l?ensemble des activités de
capture, distribution et stockage de carbone contribuent de manière significative au surplus
d?OPEX du secteur énergie (environ + 1 Md¤/an à partir de 2050). Pour le secteur industrie, la
décarbonation n?implique qu?un léger surcoût d?OPEX (+ 0,4 Md¤/an en 2050), tandis qu?elle
est quasi-neutre dans le transport (- 0,1 Md¤/an en 2050).
Tableau 11 : surplus d'OPEX du scénario en budget par rapport au scénario libre
Secteur
Principaux postes de coûts
d?opération (OPEX)
Surplus moyen d?OPEX (Md¤2023/an)
2025-2030 2035-2050 2055-2065 2025-2065
Énergie
Capacités de production - 0,3 + 4,3 + 6,5 + 4,0
Réseaux + 0,3 + 4,3 + 6,0 + 4,0
Stockage du CO2 + 0,1 + 0,6 + 1,0 + 0,6
Stockage de l?énergie - - - -
Transport Véhicules + 0,8 + 0,1 - 0,9 - 0,1
Industrie Capacités de production + 0,1 + 0,2 + 0,4 + 0,3
Total + 1,0 + 9,5 + 13,0 + 8,8
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le scénario en budget réalise d?importantes économies sur les approvisionnements en
énergies primaires fossiles par rapport au scénario libre (tableau 12). Ces économies sont
particulièrement importantes sur les importations de gaz fossile (- 2,5 Md¤2023/an dès 2030, et
plus de - 12 Md¤2023/an à partir de 2050). Elles sont moins marquées pour les produits pétroliers
(- 2,4 Md¤2023/an en moyenne), qui représentent pourtant les trois quarts de la facture
d?importations de fossiles en 2020. En effet, la consommation de ces énergies baisse aussi
beaucoup dans le scénario libre du fait d?une électrification importante du parc de véhicules
roulants, qui s?avère optimale même sans objectif d?abattement sous les hypothèses
technologiques et de prix des fossiles retenues. La décarbonation du système énergétique
conduit in fine à se passer presque intégralement des énergies fossiles, la facture des
importations d?énergies fossiles de la France dans le scénario en budget passant ainsi de
40 Md¤2023 en 2020 à 3 Md¤2023 après l?atteinte de la neutralité carbone.
? 56 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
L?approvisionnement en biomasse, supposé réalisé uniquement à partir de la production
nationale sans recours aux importations, représente un surcoût croissant au cours de la
trajectoire (de + 2,1 Md¤2023/an sur 2025-2030 à + 6,2 Md¤2023/an sur 2055-2065), qui reflète la
mobilisation accrue de cette énergie.
Tableau 12 : surcoût d'approvisionnement en énergies primaires du scénario en budget par
rapport au scénario libre
Énergie primaire
Surcoût d'approvisionnement moyen (Md¤2023/an)
2025-2030 2035-2050 2055-2065 2025-2065
Biomasse + 2,1 + 5,2 + 6,2 + 4,8
Charbon - 0,7 - 1,1 - 1,3 - 1,0
Produits pétroliers - 2,8 - 3,4 - 0,8 - 2,4
Gaz fossile - 2,2 - 9,4 - 13,2 - 9,1
Uranium - 0,0 - 0,1 - 0,0 - 0,1
Total - 3,5 - 8,7 - 9,3 - 7,6
Source : CGDD, modèle TiTAN
6. LA TRANSFORMATION DU SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE
Les résultats présentés dans cette section sont issus d?une modélisation simplifiée du système
énergétique, malgré son niveau de détail, et calculés selon une approche d?optimisation avec
anticipations parfaites. Par construction, ils sont donc optimistes sur les possibilités
d?ajustement du système énergétique et sur la faisabilité des différentes configurations
technologiques. De plus, ces résultats sont dépendants des hypothèses de coûts, de
potentiels, de demandes, qui font l?objet de nombreuses incertitudes. Enfin, ils sont
déterminés sans considérer les externalités hors changement climatique : salubrité des
logements, pollution de l?air, biodiversité? Pour toutes ces raisons, ils ne permettent pas à eux
seuls d?établir une prescription de politique énergétique, mais ils peuvent constituer des
éléments d?aide à la décision.
L?évolution de la consommation totale
La substitution quasi-complète des énergies fossiles est un des principaux traits de l?évolution
de la consommation finale totale dans le scénario en budget. La consommation primaire
(figure 22) de produits pétroliers et celle de charbon baissent dès 2025 et de façon continue,
jusqu?à un niveau quasi-nul à long terme (- 99 % de 2020 à 2050 pour les produits pétroliers et
- 98 % pour le charbon). Des consommations résiduelles subsistent cependant,
respectivement dans le transport aérien et l?industrie (10 TWh/an de pétrole et 2 TWh/an de
charbon en 2050). Le cas du gaz fossile est différent : sa consommation diminue moins
rapidement, et se maintient à un niveau important en 2050 (- 69 % de 2020 à 2050, soit
130 TWh/an résiduels). Elle baisse encore en 2060, à l?atteinte de la neutralité, tout en restant
significative (46 TWh/an résiduels en 2060).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 57 ?
Figure 22 : consommation d'énergie primaire
En TWh/an
Note : la consommation de chaleur de l?environnement n?est pas représentée.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La substitution des énergies fossiles dans la consommation finale est principalement réalisée
par l?électrification (figure 23). La part de l?électricité dans le mix énergétique final passe ainsi
de 25 % en 2020 à 56 % en 2050, et progresse même au-delà grâce à la baisse de la
consommation finale totale. Si la consommation d?électricité est en quasi-stagnation à court-
terme (croissance de + 0,3 %/an en jusqu?en 2030), elle connaît une croissance soutenue de
2030 à 2050 (+ 1,6 %/an en moyenne), avant de se stabiliser.
Figure 23 : consommation d'énergie finale
En TWh/an
Note : pour l?industrie, la consommation finale représentée est celle à usage énergétique seulement, à l?exception de la
filière sidérurgie et de la filière ammoniac pour lesquels la consommation à usage matière de charbon (coke) d?une part,
et celle de gaz naturel et d?hydrogène d?autre part sont prises en comptes.
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 58 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
D?autres vecteurs énergétiques viennent compléter la substitution des énergies fossiles,
notamment pour les usages difficiles à électrifier. Ainsi, la consommation de biocarburants
double presque de 2020 à 2045 (de 44 à 85 TWh/an), portée par tous les modes de transport,
avant de redescendre légèrement jusqu?en 2055 (75 TWh/an) pour rester concentrée dans
l?aérien, le transport maritime international et l?agriculture. La biomasse solide voit sa
consommation augmenter légèrement à court terme (de 85 TWh/an en 2020 à 98 TWh/an en
2030) pour l?industrie et le chauffage des bâtiments, puis diminuer (76 TWh/an en 2050) à
mesure que l?électrification de ces usages progresse et qu?elle est réaffectée vers d?autres
usages à plus haute valeur. Notamment, la production de chaleur de réseau haute
température biosourcée, couplée à de la CCS, permet de capturer du carbone biogénique
pour réaliser des émissions négatives nécessaires au respect de la contrainte carbone 41, tout
en se substituant aux énergies fossiles dans l?industrie et le chauffage des bâtiments. Le gaz
biosourcé reste quant à lui peu mobilisé : sa consommation stagne sur l?essentiel de la
trajectoire (de 9 TWh/an en 2020 à 11 TWh/an en 2050), avant d?augmenter légèrement à
l?atteinte de la neutralité pour se substituer en partie au gaz fossile (23 TWh/an en 2060).
Enfin, l?hydrogène et les carburants synthétiques dérivés émergent progressivement à partir
de 2035, jusqu?à constituer une part significative de la consommation totale (7 % du mix final
en 2050, soit 73 TWh/an, soit). L?hydrogène est d?abord consommé par l?industrie, puis
également par le transport aérien à partir de 2045 grâce à l?apparition de l?avion à hydrogène,
où il s?ajoute aux carburants synthétiques déjà en usage.
Tous vecteurs confondus, la consommation d?énergie finale diminue de façon rapide
(- 374 TWh/an de 2020 à 2030) et soutenue (- 675 TWh/an de 2020 à 2050). Cette réduction
résulte de trois leviers complémentaires : les hypothèses de sobriété sur la demande en
service énergétique, les efforts d?efficacité à vecteur énergétique constant 42 , et la
substitution des énergies fossiles par l?électricité, plus efficace 43. Une grande partie de cette
réduction est spontanée (- 445 TWh/an en 2050, figure 24) car considérée comme rentable
par le modèle, mais la sobriété y contribue également de façon significative (- 197 TWh/an en
2050). La consommation d?énergie primaire diminue également, mais proportionnellement
moins que la consommation finale (respectivement - 33 % et - 38 % de 2020 à 2050). En effet,
la baisse de la consommation primaire induite par l?efficacité énergétique et l?électrification
est mitigée par le déploiement de nouvelles chaînes énergétiques peu efficaces, mais
nécessaires pour la neutralité (notamment hydrogène, carburants synthétiques et carburants
biosourcés).
41 Le facteur d?émission retenu pour la biomasse est nul, ce qui permet d?obtenir des émissions négatives avec les technologies de
BECCS (bio-energy with carbon capture and storage). Cette convention comptable peut ne pas tenir si les prélèvements de
biomasse participent à la dégradation du puits UTCATF, notamment en ce qui concerne la forêt. Cependant, les interactions
entre prélèvement de biomasse et puits UTCATF ne sont pour l?instant pas modélisées dans TiTAN en raison de leur complexité et
du manque de consensus scientifique.
42 L?efficacité énergétique à vecteur énergétique constant correspond par exemple à l?isolation des bâtiments sans changement
d?équipement de chauffage, à la réduction de la consommation des véhicules à type de motorisation donnée et à la réduction de
la consommation d?énergie des équipements industriels à procédé et vecteur énergétique constant.
43 Pour un même usage, le rendement « énergie utile/énergie finale » des appareils électriques est souvent meilleur que celui de
leurs analogues thermiques. Par exemple, les véhicules électriques ont un rendement « de la charge aux roues » de l?ordre de 80-
95 %, contre 20-40 % pour les véhicules thermiques. De même, une chaudière à gaz a un rendement de l?ordre de 80-110 %, contre
près de 300 % pour une pompe à chaleur.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 59 ?
Figure 24 : consommation d'énergie finale selon les projections de demande et la contrainte
carbone
En TWh/an
*Tendanciel : scénario sans contrainte carbone, à mode de vie inchangée et à trajectoire des émissions hors périmètre
TiTAN tendancielle (d?après scénario AME). Étant donné que ce scénario est le résultat de l?optimisation libre du système
énergétique (sans contrainte sur les émissions ou la consommation d?énergie), la réduction de la consommation
correspond au potentiel d?économies d?énergies rentables.
**Baseline : scénario sans contrainte carbone mais avec leviers de sobriété actifs (évolution de la demande cohérente à
l?AMS). L?écart avec le scénario « tendanciel » correspond à l?effet de la sobriété.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La transformation du secteur de production d?énergie
L?évolution de la production d?énergie est en miroir de l?évolution de la consommation : elle
est marquée par une forte augmentation de la production électrique, la quasi-disparition des
énergies fossiles et une mobilisation accrue de la biomasse et des carburants décarbonés.
La production électrique (figure 25) est en quasi-stagnation de 2020 à 2030 (+ 13 TWh/an),
puis connaît un développement important de 2030 à 2050 (+ 294 TWh/an) avant une phase
de plateau. La part du nucléaire dans le mix passe de 72 % en 2020 à 33 % en 2050 et au-delà :
de nouvelles centrales nucléaires entrent en service à partir de 2040 (figure 26) mais sans aller
jusqu?à remplacer complètement le parc historique. Les énergies renouvelables assurent donc
à la fois le remplacement de la production nucléaire non renouvelée et la production
supplémentaire. L?éolien est le plus mobilisé, à la fois sur terre (+ 1,8 GW/an en moyenne de
2020 à 2050) et en mer (+ 1,7 GW/an en moyenne de 2025 à 2050), jusqu?à constituer plus de
40 % de la production en 2050. Le photovoltaïque est mobilisé plus tard (+ 5,3 GW/an de 2035
à 2050) et dans une moindre mesure (15 % de la production en 2050), du fait d?hypothèses
relativement plus pessimistes sur son potentiel 44 . Le reste du mix en 2050 et au-delà
correspond à l?hydroélectrique (7 % en 2050), qui se maintient à son niveau historique, ainsi
que de petites parts de gaz fossile (1,4 % en 2050) et de biogaz (1,0 % en 2050). L?intensité
carbone de l?électricité (cf. annexe 3), déjà très basse en 2020 (33 gCo2e/kWh), est donc
quasiment nulle à terme.
44 Il convient de rappeler que les potentiels des différents moyens de production sont plafonnés de façon étroite tout au long de
la trajectoire. Le mix qui en résulte n?est donc optimal qu?au sein d?un champ restreint des possibles.
? 60 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 25: production totale d'électricité par technologie
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
L?augmentation de la part des énergies renouvelables intermittentes dans le mix électrique a
pour corollaire d?augmenter les besoins de flexibilité. Étant donné que les flexibilités de la
demande ne sont pas modélisées (pas d?effacement, ni de smart-grid ni de vehicle-to-grid) et
que les capacités hydroélectriques et de STEP sont plafonnées à leur niveau historique, la
réponse du modèle est d?augmenter fortement les capacités de production pilotables (de
20 GWe en 2020 à 39 GWe en 2050, figure 26), principalement de thermique à gaz (+ 20 GWe)
et secondairement de thermique à hydrogène (+ 2 GWe). Aucun investissement dans les
batteries n?est réalisé, bien qu?il soit possible. Paradoxalement, la production annuelle des
capacités thermiques pilotables diminue de 2020 à 2050 (38 TWh/an à 16 TWh/an), en dépit
de l?augmentation des capacités. L?analyse de la production journalière indique que l?appel
des centrales thermiques est en effet moins fréquent, mais correspond à des pics de
puissance plus élevés (cf. annexe 3).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 61 ?
Figure 26 : capacités de production électrique
En GW électrique
Lecture : les valeurs correspondent aux capacités disponibles et non aux capacités effectivement en service. Par
exemple, des capacités de centrales au charbon et au fioul sont disponibles jusqu?en 2045, mais sont effectivement hors
service dès 2030 avec des productions inférieures à 0,1 TWh/an.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La capture de CO2 (figure 27) représente des volumes importants dès 2030 (6 MtCO2/an), qui
augmentent rapidement jusqu?en 2050 (31 MtCO2/an). Le CO2 capté vient principalement de
la production d?énergie, en l?occurrence la méthanisation et la production de chaleur de
réseau de haute température biosourcée. La capture d?émissions de procédés industriels n?est
que très peu mobilisée, alors qu?elle est souvent présentée comme un levier pertinent pour la
réduction des émissions industrielles. Ce résultat contre-intuitif peut s?expliquer en
comparant la valeur de l?option « capture de CO2 biogénique dans le secteur énergie +
stockage géologique » à celle de l?option « capture d?émissions de procédés + stockage
géologique ». La première option co-produit de l?énergie et des émissions négatives 45 qui
peuvent annuler les émissions de procédés ; tandis que la deuxième option annule les
émissions de procédés mais sans co-production d?énergie, et semble donc moins intéressante.
Ce résultat peut cependant être interrogée en rappelant que la pertinence économique de la
chaîne CCUS dépend aussi de la dispersion géographique des productions ciblées et de la
taille des unités de production 46, des facteurs dont la modélisation ne tient pas compte ici.
La capture directe de carbone atmosphérique (DAC) est déployée à partir de 2040, jusqu?à
représenter des volumes significatifs en 2050 (7 MtCO2/an), et cela malgré sans coût
énergétique élevé (11 TWh/an de chaleur haute température et 3 TWh/an d?électricité en
2050).
Le CO2 capté est principalement destiné au stockage géologique, et son origine presque
entièrement biogénique ou atmosphérique permet d?obtenir d?importantes émissions
négatives. La consommation du CO2 capté ne représente qu?une part mineure du flux capté
et elle sert uniquement à produire du kérosène synthétique décarboné par combinaison avec
de l?hydrogène vert. Cet usage atteint un pic vers 2040, pour abattre les émissions de
l?aviation en attendant la montée en puissance de l?avion à hydrogène, et diminue ensuite.
45 Sous la convention comptable retenue, le facteur d?émission de la biomasse est nul et les technologies de bioénergie couplées à
la capture et au stockage de CO2 (BECCS) permettent d?obtenir des émissions négatives.
46 CRE (2024)
? 62 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 27 : volumes de CO2 capté et utilisé, par source et par usage
En MtCO2/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
La transformation des secteurs consommateurs d?énergie
Cette partie présente des résultats détaillés pour chaque secteur consommateur d?énergie :
évolution de la consommation d?énergie par usage, principales technologies de
décarbonation mobilisées, efforts d?efficacité énergétique?
Les bâtiments
La consommation d?énergie de chauffage des bâtiments résidentiels (figure 28) est dominée
en 2020 par le gaz fossile (119 TWh/an) et l?électricité (81 TWh/an), avec des parts significatives
de bois (72 TWh/an) et de fioul (44 TWh/an). La consommation de fioul décroît très
rapidement de 2020 à 2030 (- 34 TWh/an), mais ne disparaît qu?après 2040, le modèle
trouvant coût-efficace de maintenir quelques chauffages au fioul dans les logements les mieux
isolés. La consommation de gaz diminue rapidement de 2020 à 2030 (- 34 TWh/an), à la fois
grâce à sa substitution par les PAC et la chaleur de réseau (figure 29), et grâce à des travaux
d?isolation ciblant les logements les plus mal isolés. La consommation de gaz fossile continue
de diminuer (43 TWh/an en 2050) grâce au remplacement des chaudières gaz par des PAC et
par le chauffage urbain. La contrainte sur la part de marché maximum des PAC est levée de
2050 à 2060 sous hypothèse de progrès technologique et économique de la filière, le modèle
choisit alors de s?en servir pour remplacer complètement les dernières chaudières à gaz. Les
chauffages à électricité-joule sont remplacés par des PAC et des chauffages urbains dès 2030
(figure 29), et ont complètement disparu après 2050. La part des logements chauffés au bois
est relativement stable jusqu?en 2050, mais la consommation diminue sous les effets du
progrès technique des chaudières bois et de l?isolation des logements (20 TWh/an en 2050).
La consommation d?énergie de chauffage des bâtiments tertiaires connaît une trajectoire
assez semblable à celle des bâtiments résidentiels, avec une mobilisation légèrement plus
forte de la chaleur de réseau en raison d?un potentiel technico-économique supérieur (plus
grande taille des bâtiments et localisation plus concentrée dans les zones denses).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 63 ?
Figure 28 : consommation finale de chauffage des bâtiments résidentiels
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 29 : parc résidentiel par énergie de chauffage principale
En millions de logements
Lecture : l?énergie « Gaz » correspond ici à un mélange de gaz fossile et de gaz biosourcé.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Les parcs résidentiel et tertiaire connaissent une forte amélioration de leurs performances
énergétiques respectives au cours de la trajectoire (figure 30), mais ils restent relativement
hétérogènes et comportent encore des « passoires thermiques » (étiquettes énergie du DPE
en « F » ou « G ») à long terme. Le modèle choisit de réaliser des travaux d?isolation de 2020 à
2030, avec en moyenne respectivement 131 000 logements/an pour le résidentiel et
30 000 bâtiments/an pour le tertiaire. Ces volumes peuvent sembler modestes, mais du fait
de l?optimisation technico-économique leurs effets sont importants. Les travaux sont en effet
ciblés sur les classes d?isolation « F? » et « E? » 47 et correspondent à des rénovations plus
profondes que celles observées dans le passé (2,3 sauts de classe d?isolation TiTAN en
47 Le modèle distingue la classe d?isolation du bâtiment, indiquée par une lettre suivie d?un prime (X?), et la performance énergétique
globale du bâtiment qui inclut aussi la performance du système de chauffage et correspond au DPE. On approxime l?étiquette
énergie du DPE, avec un biais négatif, selon la règle suivante : on prend « étiquette énergie du DPE = classe d?isolation » pour tous
les systèmes de chauffage, à l?exception du chauffage électricité-Joule, pour lequel on dégrade la classe d?isolation de deux rangs.
Par exemple, un logement de classe d?isolation « C? » correspond à peu près à un logement d?étiquette énergie du DPE « C » lorsqu?il
est équipé d?une chaudière gaz, d?un poêle à bois ou d?une PAC et à un logement d?étiquette énergie du DPE « E » lorsqu?il est
équipé d?un chauffage électricité-joule.
? 64 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
moyenne sur 2020-2030, contre 1,3 en 2020). Les travaux d?isolation cessent complètement
après 2030, l?amélioration de la performance énergétique du parc est ensuite uniquement le
fait des changements d?équipements et du renouvellement des bâtiments par les
constructions et destructions. Ce dernier phénomène, sous l?hypothèse d?une destruction
systématique des bâtiments les plus mal isolés à raison de 1,2 % du parc par an 48, est un
puissant canal d?amélioration des performances thermiques, qui explique le maintien des
« passoires thermiques » dans le parc (figure 30). En effet, en considérant uniquement un
objectif de réduction des émissions, le modèle trouve peu efficace de payer les coûts de
l?isolation des bâtiments « passoires » alors qu?ils peuvent être détruits à terme et remplacés
par des bâtiments neufs très performants.
Figure 30 : composition des parcs résidentiel et tertiaire par étiquette énergie du DPE
(approximation conservative)
En %
Source : CGDD, modèle TiTAN
Les autres usages énergétiques du bâtiment sont déjà largement électrifiés en 2020 (figure 31),
une situation qui s?accentue jusqu?en 2050 (de 145 TWh/an à 160 TWh/an), où le gaz ne joue
plus qu?un rôle résiduel (13 TWh/an). La maîtrise de la demande et le passage à des
équipements plus efficaces (notamment PAC air-air réversibles et chauffe-eau
thermodynamiques (CET)) conduit à une baisse significative de la consommation totale (de
212 TWh/an en 2020 à 179 TWh/an en 2050), malgré l?augmentation de la consommation de
la climatisation.
L'eau chaude sanitaire (ECS) se débarrasse très vite du fioul et plus progressivement du gaz
fossile, au profit de l'électricité (22 TWh/an en 2050) et des réseaux de chaleur (4 TWh/an en
2050). La consommation totale pour l?ECS diminue légèrement grâce à la sobriété et à la
diffusion des CET. La consommation d?électricité pour la climatisation est influencée à la
hausse par la part croissante de logements équipés et la hausse des températures ; et à la
baisse par l?efficacité accrue des équipements (notamment des PAC air-air réversibles) et la
sobriété sur le confort d?été. La combinaison de ces facteurs conduit à une augmentation
plutôt modérée de la consommation de la climatisation, de 14 TWh/an en 2020 à 29 TWh/an
en 2050. La cuisson est quant à elle fortement électrifiée (28 TWh/an). Enfin, la consommation
d?électricité spécifique décroit significativement, de 107 TWh/an en 2020 à 81 TWh/an en
2050, sous l?hypothèse d?une modération des usages et de gains d?efficacité des appareils
électriques domestiques.
48 Cette hypothèse ne tient pas compte de l?impossibilité de destruction pour les bâtiments situés en zone patrimoniale.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 65 ?
Figure 31 : consommation finale des usages énergétiques des bâtiments hors chauffage
(résidentiel et tertiaire confondus)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le transport
La consommation d?énergie du transport de passagers (figure 32) est à terme massivement
électrifiée, les biocarburants jouant plutôt un rôle de transition. L?aérien est en 2050 le seul
poste important de consommation de biocarburants, d?hydrogène et de carburants
synthétiques. La substitution des véhicules thermiques par les électriques participe, avec
l?efficacité énergétique et la sobriété, à une réduction drastique de la consommation finale
du secteur (de 373 TWh/an en 2020 à 115 TWh/an en 2050).
Les voitures constituent de très loin le principal poste de consommation du transport de
passagers. En 2020, elles consomment 245 TWh/an de carburants fossiles, mais dès 2030
l'adoption de carburants biosourcés et de l'électricité s'accélère. En 2050, l'électricité domine
le mix (53 TWh/an), le fossile a disparu et les biocarburants ne font plus que l?appoint. Le
transport collectif routier connaît une trajectoire similaire : initialement très dépendant des
carburants fossiles (8 TWh/an en 2020), il adopte progressivement l'électricité et les
carburants biosourcés. En 2050, l'électricité est la composante principale de son mix
(4 TWh/an), avec le carburant biosourcé et l?hydrogène en appoints. Le transport collectif
ferroviaire est déjà largement électrifié en 2020 (5 TWh/an) et le reste (8 TWh/an en 2050).
Enfin, le transport aérien de passagers (dont international), le deuxième poste de
consommation du secteur, commence à intégrer des carburants biosourcés dès 2030
(6 TWh/an en 2030) et synthétiques à partir de 2040. Sous l?hypothèse de la disponibilité de
l?avion à hydrogène à partir de 2040, il commence à consommer cette énergie entre 2040 et
2050 (33 TWh/an), réduisant drastiquement sa consommation de carburants fossiles à terme
(87 TWh/an en 2020 versus 9 TWh/an en 2050).
? 66 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 32 : consommation finale du transport de passagers, par mode
En TWh/an
Lecture : « 2RM » signifie « deux-roues motorisés », « TC » signifie « transports en commun ».
Source : CGDD, modèle TiTAN
La consommation d?énergie du fret (figure 33) évolue vers un mix largement décarboné,
équilibré entre électricité et biocarburants, avec des situations contrastées selon les modes.
Le transport maritime maintient cependant une consommation significative de gaz fossile à
long terme. La substitution des véhicules thermiques par les électriques participe, avec
l?efficacité énergétique et la sobriété, à une réduction importante de la consommation finale
du secteur (de 248 TWh/an en 2020 à 116 TWh/an en 2050).
Les poids lourds, consommant presque exclusivement des carburants fossiles en 2020
(75 TWh/an), s'électrifient progressivement à partir de 2030 et jusqu?en 2050 (24 TWh/an).
Leur consommation de biocarburants augmente légèrement jusqu?en 2040 (10 TWh/an), ce
qui permet d?abattre des émissions avant que l?électrification monte à pleine puissance. Cette
consommation redescend ensuite à un niveau modeste en 2050 (8 TWh/an), qui correspond
aux trajets longue distance pour lesquels l?autonomie des poids lourds électriques n?est pas
suffisante. Les véhicules utilitaires légers connaissent une évolution similaire, passant d?un mix
dominé par le fossile (98 TWh/an en 2020) à un mix très électrifié (26 TWh/an en 2050). Leur
électrification est plus profonde que celle des poids lourds, en raison de leur usage
préférentiel pour les trajets courte distance pour lesquels l?autonomie des batteries suffit. Le
transport fluvial et maritime (dont international) commence par substituer le gaz fossile au
fioul en 2030, avant d?adopter le carburant biosourcé et l?hydrogène à partir de 2040. Il
consomme encore une quantité importante de gaz fossile en 2050 (11 TWh/an). L?aérien
commence à adopter les carburants biosourcés dès 2030 (0,3 TWh/an), puis les carburants
synthétiques et l'hydrogène, réduisant progressivement la dépendance aux fossiles
(0,5 TWh/an en 2050). Enfin, les engins agricoles commencent à adopter les carburants
biosourcés dès 2030 (4 TWh/an), jusqu?à ne plus consommer que cette énergie en 2050
(25 TWh/an).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 67 ?
Figure 33 : consommation finale du fret, par mode
En TWh/an
Lecture : « 2RM » signifie « deux-roues motorisés », « VUL » signifie « véhicules utilitaires légers ».
Source : CGDD, modèle TiTAN
L?industrie
La consommation finale49 de l?industrie est assez diversifiée en 2020 (figure 34) : gaz fossile
(129 TWh/an), électricité (118 TWh/an) et charbon (75 TWh/an) forment l?essentiel du mix, et
sont complémentés par le fioul (16 TWh/an), la chaleur de réseau (15 TWh/an) et la biomasse
solide (10 TWh/an). Le charbon, très émetteur de CO2, est principalement consommé par la
sidérurgie et les cimenteries. Il est fortement substitué dès 2030 (- 53 TWh/an), par l?électricité
et l?hydrogène dans la sidérurgie et par la biomasse dans les cimenteries. La sidérurgie en
particulier ne consomme plus de charbon en 2050, toute la production étant assurée par des
fours à arc électrique et avec des sources non fossiles de carbone matière. La consommation
totale de gaz fossile diminue fortement dès 2030 (- 34 TWh/an), substituée par la biomasse
solide et la chaleur de réseau ? et secondairement l?électricité ? dans de nombreuses filières,
notamment la pétrochimie (- 9 TWh/an) et autres chimies (- 6 TWh/an), les IAA (- 12 TWh/an)
et les papier-pâtes (- 4 TWh/an). La substitution du gaz fossile se poursuit dans toutes les
filières jusqu?en 2050 (38 TWh/an) et au-delà, en accordant une part de plus en plus
importante à l?électricité (213 TWh/an en 2050). L?hydrogène est consommé en grande
quantité à partir de 2040 (18 TWh/an), principalement par la sidérurgie pour la réduction
directe du minerai de fer, mais aussi par d?autres filières pour les besoins de haute
température (papier-pâtes, verres, etc.). Sa part dans le mix à long terme reste cependant
modeste (28 TWh/an en 2050, soit 8 % du mix).
49 On rappelle que la consommation d?énergie pour des usages non énergétiques n?est pas prise en compte, à l?exception de la
filière acier (consommation de charbon pour carbone matière et de gaz fossile ou hydrogène pour la réduction directe) et de la
filière ammoniac (consommation de gaz fossile ou d?hydrogène comme précurseurs de la molécule).
? 68 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 34 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Malgré les hausses de production qu?impliquent les hypothèses de réindustrialisation sur la
plupart des filières, la consommation finale totale de l?industrie est relativement stable à long
terme (de 367 TWh/an en 2020 à 374 TWh/an en 2050) grâce à des efforts d?efficacité
énergétique. En effet, toutes les filières réduisent significativement leur consommation finale
unitaire (tableau 13). Ces gains d?efficacité de 2020 à 2050 se situent entre 8 % et 11 % pour la
plupart des filières, et dépassent les 15 % dans la sidérurgie, le ciment et l?aluminium.
Tableau 13 : consommation finale unitaire par filière
En MWh/t de produit fini
Filière 2020 2030 2040 2050 2060 Écart 2020-2050
Pétrochimie 10,64 9,98 9,71 9,52 9,42 - 11 %
Aluminium 11,40 8,40 8,88 9,48 9,41 - 17 %
Ammoniac 5,02 5,69 5,23 4,55 4,49 - 10 %
Autres chimies 5,06 4,70 4,42 4,53 4,47 - 11 %
Chlore 4,17 4,70 4,15 3,77 3,72 - 10 %
Sidérurgie 4,56 3,38 3,46 3,65 3,52 - 20 %
Papier-pâtes 3,25 3,07 2,91 2,90 2,87 - 11 %
Verre 2,68 2,80 2,67 2,47 2,44 - 8 %
Équipement 2,52 2,10 2,14 2,27 2,24 - 10 %
Sucre 2,07 2,01 1,86 1,79 1,77 - 14 %
Autres non métalliques 1,36 1,29 1,21 1,24 1,23 - 9 %
Ciment 1,14 0,96 0,97 0,92 0,92 - 19 %
Autres autres (textiles, etc.) 1,04 0,99 0,94 0,93 0,92 - 10 %
Autres métaux primaires 1,06 0,95 0,89 0,95 0,94 - 10 %
Construction 0,74 0,70 0,66 0,67 0,66 - 10 %
Autres IAA 0,30 0,27 0,25 0,26 0,26 - 15 %
Source : CGDD, modèle TiTAN
La décarbonation des vecteurs énergétiques, l?efficacité énergétique et la réduction des
émissions de procédés conduisent à des réductions très importantes des facteurs d?émissions
pour toutes les filières de l?industrie (tableau 14). La décarbonation des vecteurs et l?efficacité
accomplissent la plus grande part de cet effort. Notamment, la chaleur de réseau haute
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 69 ?
température pour l?industrie est entièrement produites par BECCS, ce qui lui confère un
contenu carbone fortement négatif. De plus, les émissions de procédés ne représentent
qu?une faible part des émissions de l?industrie en 202050 (13 MtCO2e d?émissions de procédés
contre 67 MtCO2e d?émissions énergétiques), et sont relativement peu réduites en 2050
(9 MtCO2e/an). L?effort de réduction des émissions de procédés est principalement supporté
par les filières ciment, ammoniac et sidérurgie.
Tableau 14 : facteur d?émissions (énergie + procédés) par filière, nets de la CCS sur site et en
amont
En kgCO2e/t de produit
Filière 2020 2030 2040 2050 2060 Écart 2020-2050
Pétrochimie 2061 1030 337 115 - 152 - 94 %
Aluminium 1910 1233 233 252 112 - 87 %
Sidérurgie 1544 847 506 242 109 - 84 %
Ammoniac 1202 1255 1033 733 200 - 39 %
Autres chimies 1013 354 104 21 -142 - 98 %
Ciment 771 330 331 304 303 - 61 %
Verre 732 609 409 230 168 - 69 %
Sucre 526 188 95 65 12 -88 %
Autres non métalliques 454 361 289 283 217 - 38 %
Papier-pâtes 333 122 - 8 - 91 - 90 - 100 %
Équipement 313 168 64 - 40 - 96 - 100 %
Construction 170 101 59 28 17 - 84 %
Chlore 171 81 41 41 20 - 76 %
Autres autres (textiles, etc.) 149 72 13 - 51 - 70 -100 %
Autres métaux primaires 105 50 22 3 - 1 - 97 %
Autres IAA 40 18 - 3 - 18 - 17 - 100 %
Lecture : les facteurs d?émissions présentés sont nets de la capture et du stockage de carbone réalisés sur le site de
production et pendant la production de l?énergie consommée. L?écart 2020-2050 a été fixé à -100 % lorsque les
émissivités sont négatives en 2050.
Source : CGDD, modèle TiTAN
50 Ce volume d?émissions de procédés peut sembler faible au regard des inventaires nationaux (41 MtCO2e/an en 2018 selon le
CGDD : www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-empreinte-carbone-
ressources/article/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-du-secteur-de-l-industrie-manufacturiere). Le paramétrage du secteur
industrie de TiTAN s?améliorera au fur et à mesure de la publication des plans de transition sectoriels de l?Ademe et de leur
intégration dans le paramétrage.
https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-empreinte-carbone-ressources/article/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-du-secteur-de-l-industrie-manufacturiere
https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-empreinte-carbone-ressources/article/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-du-secteur-de-l-industrie-manufacturiere
? 70 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Conclusion
Les simulations produites avec TiTAN pour la révision de la valeur de l?action pour le climat
montrent que l?atteinte de la neutralité nette des émissions française vers 2050 est
techniquement possible à des coûts raisonnables, sous les hypothèses combinées d?une
sobriété généralisée, d?un renforcement du puits UTCATF par rapport au présent et de la
disponibilité de certaines technologies de rupture (CCS, avion à hydrogène, etc. ). Toutefois,
les variantes produites en relâchant une de ces hypothèses toutes choses égales par ailleurs
montrent que l?atteinte de l?objectif de décarbonation y est très sensible : l?effort nécessaire
devient très intense sous l?hypothèse d?une évolution tendancielle des modes de vie, tandis
qu?une dégradation trop importante du puits UTCATF ou une indisponibilité du stockage
géologique de carbone empêchent le modèle de trouver une solution. Ces résultats
soulignent l?importance pour l?action publique de mobiliser l?ensemble des leviers disponibles
pour atteindre l?objectif de décarbonation que la France s?est fixée. Il s?agit notamment de
soutenir et d?inciter à des modes de vie plus sobres d?une part, ainsi qu?à soutenir le
développement des technologies de rupture, en particulier d?émissions négatives, d?autre
part. Plus généralement, l?optimisation des efforts de décarbonation montre l?importance
d?agir dès aujourd?hui et dans l?ensemble des secteurs, au risque, dans le cas contraire,
d?augmenter significativement le coût de la transition.
La version de TiTAN présentée dans ce document n?est pas définitive. Le modèle et ses
données d?entrée ont vocation à être améliorés en continu, sur des aspects déjà identifiés
comme perfectibles (paramétrage du secteur industrie, réseaux de CO2 et d?H2, flexibilité des
moyens de production, etc.), mais aussi pour répondre aux besoins rencontrés lors des
utilisations futures. Ce travail d?amélioration continue pourra être facilité par la mise en libre
accès intégrale du modèle (code, paramétrage, notices) courant 2025.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 71 ?
ANNEXES
? 72 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
ANNEXE 1 ? STRUCTURE DU MODÈLE TITAN
Tableau 15 : listes des filières du secteur industrie de TiTAN et exemples de voies
technologiques
IGCE/diffus Filière Exemples de voies technologiques
IGCE
Acier
Haut fourneau + Injection de gaz de cokerie +
Augmentation du taux de ferrailles dans le
convertisseur à 30 %
Four à arc électrique + Brûleurs oxyfuel pour le
préchauffage des poches
Aluminium Usine d'aluminium primaire + Efficacité anodes
efficaces + Efficacité fonderie
Ammoniac Voie Haber-Bosch + Capture de carbone
Chlore Vapeur décarbonée
Ciment
Conversion en voie sèche avec précalcinateur + Baisse
du taux de clinker par des argiles calcinées
Papier-pâtes Voie (émissivité -/consommation +)
Pétrochimie Vapocraquage ; Vapocraquage + capture de CO2
Sucre Récupération biogaz
Verre Four électrique + recyclage
Diffus
Équipement Voie (émissivité +/consommation +)
Autres chimies Voie (émissivité -/consommation +)
Autres IAA Voie (émissivité +/consommation -)
Autres métaux primaires Voie (émissivité -/consommation -)
Autres non métalliques ??
Construction ??
Autres autres (textile, etc.) ??
Lecture : l?industrie est décomposée en 16 filières. La finesse du paramétrage varie selon la filière. Les industries grandes
consommatrices d?énergie (IGCE) sont les plus détaillées : pour les filières ciment, acier et aluminium, le paramétrage
inclut une liste de briques technologiques pouvant être combinées.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 73 ?
Figure 35 : schéma simplifié du secteur énergie
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 74 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 36 : schéma simplifié de la construction de la demande d'énergie de chauffage dans
TiTAN
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 75 ?
ANNEXE 2 ? PARAMÉTRAGE
Tableau 16 : panorama des hypothèses de sobriété dans les variantes produites pour la
révision de la valeur de l?action pour le climat
Secteur Champ Variante « avec sobriété » Variante « sans sobriété »
Bâtiment
Chauffage
Part croissante de ménages
« consciencieux » se chauffant moins que
la consigne générale
Part constante
Part décroissante de ménages précaires se
sous-chauffant
Part constante
Température de consigne générale
abaissée de 19 °C à 18,5 °C
Température de consigne
constante
Climatisation
Température de consigne relevée de 22 °C
à 26 °C
Température de consigne
constante
Autres usages
Baisse de la demande individuelle
d?énergie utile pour la cuisson, l?ECS,
l?électricité spécifique
Demande constante
Logement
Croissance ralentie de la part des maisons
individuelles
Croissance tendancielle
Baisse ralentie du nombre moyen
d'habitants par logement
Baisse tendancielle
Transport
Passagers
Report modal vers les mobilités douces et
les transports en commun
Parts modales constantes
Augmentation du taux de remplissage des
véhicules
Taux constant
Croissance modérée de la demande en
mobilité
Croissance forte
Fret
Croissance modérée de la demande en
fret
Croissance forte
Augmentation du taux de remplissage des
véhicules
Taux constant
Report modal des poids lourds vers le fret
ferroviaire et fluvial
Parts modales constantes
Industrie
Toutes filières Hypothèse de réindustrialisation forte idem
Pétrochimie,
aluminium, acier
Augmentation du taux d?incorporation de
matériaux recyclés
Taux constant
Source : CGDD d?après hypothèses de travail DGEC pour la SNBC3.
? 76 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Paramétrage du secteur énergie
Tableau 17 : facteurs d?émission des ressources primaires
Ressource primaire Facteur d?émission à la consommation (kgCO2/kWh)
Charbon 0,374
Pétrole 0,286
Gaz fossile 0,204
Électricité importée 0,325
Biomasse 0,00
Lecture : émissivités calculées avec analyse du cycle de vie (émissions comptées de l'extraction jusqu'à la combustion).
Dans les simulations présentées ici, les émissivités sont supposés fixes dans le temps et ne tiennent donc pas compte
des variations dues aux éventuels changements d?approvisionnements (par exemple : gaz de schiste versus gaz naturel
conventionnel).
Source : Ademe (www.bilans-ges.ademe.fr), calculs CGDD
https://bilans-ges.ademe.fr/
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 77 ?
Tableau 18 : paramètres économiques des principales technologies de production énergétique
Energie produite Technologie
OPEX fixes
(¤2023/MWh produit)
2020 2030 2050
Carburants Raffinage fossile aérien 33 33 33
Raffinage fossile terrestre 30 30 30
Energie produite Technologie
CAPEX
(¤2023/kW amont)
OPEX fixes
(¤2023/kW amont/an) Durée de vie
(en ans)
2020 2030 2050 2020 2030 2050
Carburants Bioraffinage aérien 330 248 248 17 17 17 20
Bioraffinage terrestre 153 129 129 8 8 8 20
Synthèse de carburant aérien 451 451 451 23 23 23 20
Synthèse de carburant terrestre 977 977 977 49 49 49 20
Chaleur de réseau Chaleur biosourcée 491 465 465 21 19 19 25
Chaleur biosourcée + capture CO2 1 258 1 237 1 237 320 312 297 25
Chaleur gaz 145 145 145 3 3 3 25
Chaleur gaz + capture CO2 970 970 970 163 159 152 25
Chaleur géothermique 1 553 1 553 1 553 104 104 104 25
Chaleur de réseau/
électricité
Cogénération biosourcée 2 350 1 898 1 953 47 41 39 30
Cogénération biosourcée + capture CO2 2 808 2 444 2515 346 334 317 30
Cogénération gaz 1 014 956 991 26 26 26 30
Cogénération gaz + capture CO2 1 695 1 662 1 722 186 182 175 30
Électricité Éolienne en mer, flottante [min;max] [4 290 ; 6 249] [3721 ; 5301] [3152 ; 4353] 127 92 58 30
Éolienne en mer, posée [min;max] [3 816 ; 5 459] [2963 ; 4037] [2584 ; 3405] 92 67 41 30
Éolienne terrestre [min;max] [1 121 ; 1 869] [1035 ; 1725] [776 ; 1294] 46 40 29 30
PV au sol [min;max] [430 ; 1 289] [343 ; 1030] [274 ; 823] 13 12 9 30
PV sur toiture [min;max] [1 227 ; 2 722] [997 ; 2205] [779 ; 1710] 23 23 17 30
Thermique biosourcée 1 509 1 370 1 250 26 26 26 30
Thermique biosourcée + capture CO2 1 448 1 428 1 480 28 29 29 30
Thermique gaz 621 642 662 188 185 178 30
Thermique gaz + capture CO2 1 023 1 140 1 233 40 39 39 30
Thermique nucléaire ancien 2 768 2 679 2 679 41 43 46 60
Thermique nucléaire nouveau 6 142 2 695 2 584 48 46 40 60
Géothermique 1 668 1 550 1 618 348 338 319 30
Thermique H2 721 721 721 53 51 52 30
Méthane Méthanation 540 405 225 27 22 11 30
Méthaniseur 897 863 725 20 18 16 30
Méthaniseur + capture CO2 1 306 1 272 1 134 83 81 79 30
Hydrogène Vaporeformage 944 944 944 47 42 40 25
Vaporeformage + capture CO2 1 744 1 412 1 328 52 42 40 25
Électrolyseur 1 150 958 863 35 29 26 25
Lecture : les CAPEX et OPEX sont exprimés en euros par kW amont, qu?on peut diviser par l?efficacité pour passer en
puissance aval. Par exemple, le CAPEX d?une centrale thermique à gaz est de 621 ¤/kW amont en 2020, ce qui correspond
à 621/0,6 = 1 035 ¤/kW électrique. Cette convention implique pour certaines technologies une hausse des CAPEX/OPEX
en puissance amont au cours du temps : il y a une amélioration de l?efficacité à CAPEX/OPEX constants en puissance
aval. Les technologies éoliennes et photovoltaïque sont déclinées en trois catégories chacune, à coûts croissants, pour
tenir compte de l?hétérogénéité des gisements (ex : coûts de raccordement variables, zones de vents ou ensoleillement
moins forts).
Sources : RTE ; base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; hypothèses CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
? 78 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 19 : efficacité des principales technologies de production énergétique
Energie produite Technologie Efficacité
2020 2050
Carburants Raffinage fossile aérien 0,97 0,97
Raffinage fossile terrestre 0,97 0,97
Bioraffinage aérien 0,55 0,7
Bioraffinage terrestre 0,55 0,8
Synthèse de carburant aérien 0,84 0,84
Synthèse de carburant terrestre 0,84 0,84
Chaleur de réseau Chaleur biosourcée 0,9 0,9
Chaleur biosourcée + capture CO2 0,75 0,75
Chaleur gaz 0,9 0,9
Chaleur gaz + capture CO2 0,75 0,75
Chaleur géothermique 1 1
Chaleur de réseau/électricité Cogénération biosourcée 0,65/0,25 0,68/0,26
Cogénération biosourcée + capture CO2 0,54/0,21 0,56/0,22
Cogénération gaz 0,59/0,32 0,62/0,33
Cogénération gaz + capture CO2 0,49/0,26 0,51/0,28
Électricité Éolienne en mer, flottante 1 1
Éolienne en mer, posée 1 1
Éolienne terrestre 1 1
PV au sol 1 1
PV sur toiture 1 1
Thermique biosourcée 0,46 0,49
Thermique biosourcée + capture CO2 0,32 0,39
Thermique gaz 0,6 0,64
Thermique gaz + capture CO2 0,44 0,53
Thermique nucléaire ancien 0,34 0,34
Thermique nucléaire nouveau 0,36 0,4
Géothermique 1 1
Thermique H2 0,57 0,57
Méthane Méthanation 0,78 0,78
Méthaniseur 0,6 0,6
Méthaniseur + capture CO2 0,6 0,6
Hydrogène Vaporeformage 0,76 0,76
Vaporeformage + capture CO2 0,69 0,69
Électrolyseur 0,6 0,64
Lecture : par convention l?efficacité des technologies de production à partir d?énergie primaire renouvelable est fixée à
1. Les deux efficacités pour les technologies de cogénération correspondent respectivement aux rapports de l?énergie
thermique utile et de l?énergie électrique produites sur l?énergie primaire consommée pour le total des deux productions
(leur somme correspond donc à l?efficacité totale du processus de cogénération).
Sources : base de données du modèles JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; RTE ; hypothèses CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 79 ?
Tableau 20 : paramètres technico-économiques des technologies de stockage énergétique
CAPEX
Technologie Unité CAPEX 2030 2050 Efficacité
(cycle complet) Durée de vie (ans)
Batteries ¤2023/kWh 316 213 0,85 12
Pompage STEP ¤2023/kW 932 932 0,81 50
Stockage H2 ¤2023/kW 9 177 4 669 1 40
Source : RTE ; base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; hypothèses CGDD
Figure 37 : facteur de charge quotidien sur l?année utilisée pour le calibrage (année 2019) pour
les technologies concernées
Lecture : le facteur de charge des technologies de production énergétique est supposé égal à 1, sauf pour les éoliennes,
le photovoltaïque, les centrales nucléaires et les barrages. Pour ces technologies, le facteur de charge est paramétré
heure par heure de l?année d?après l?année de référence (2019), puis moyenné sur chaque plage horaire utilisée dans la
modélisation du système électrique. Par exemple, si une seule plage horaire par jour (0h-24h) est utilisée, le facteur de
charge quotidien est la moyenne des facteurs de charge horaire paramétrés pour toutes les heures de la journée. Le
graphique décrit ce facteur de charge quotidien moyen. Si la modélisation est réalisée avec plusieurs plages horaires
(par exemple : 7h-10h ; 10h-19h ; 19h-21h ; 21h-7h), le facteur de charge pour chaque plage est la moyenne des facteurs
de charge horaire sur les heures composant la plage.
Sources : RTE ; www.renewables.ninja/
https://zenodo.org/records/3544900
https://www.renewables.ninja/
? 80 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 38 : facteur de charge horaire sur une journée-type estivale (25/08/2019)
Sources : RTE ; www.renewables.ninja/
Figure 39 : facteur de charge horaire sur une journée-type hivernale (23/01/2019)
Sources : RTE ; www.renewables.ninja
https://www.renewables.ninja/
http://www.renewables.ninja/
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 81 ?
Tableau 21 : paramètres technico-économiques des infrastructures de distribution d?énergie
Énergie distribuée
CAPEX
(M¤2023/MW)
OPEX
(M¤2023/MW)
Efficacité Durée de vie
(ans)
2020 2050
Électricité 1,2 0,05 0,92 0,94 60
Énergie distribuée Zone de densité Type de bâtiment CAPEX
(k¤2023/bâtiment raccordé)
OPEX
(k¤2023/bâtiment raccordé)
Efficacité Durée de vie
(ans)
2020 2050
Gaz de réseau urbaine MI 5,8 0,2
0,98 0,98 25
HC 11,5 0,5
HLM 28,8 1,2
Tertiaire 11,5 0,5
périurbaine MI 17,3 0,7
HC 34,5 1,4
HLM 86,3 3,5
Tertiaire 34,5 1,4
rurale MI 575,0 23,0
HC 1 150,0 46,0
HLM 2 875,0 115,0
Tertiaire 1 150,0 46,0
Gaz en vrac toutes MI 1,8
0,98 0,98 25
HC 3,0
HLM 3,6
Tertiaire 3,6
Chaleur moyenne
température
urbaine MI 16,3 0,1
0,83 0,83 25
HC 24,8 0,4
HLM 42,5 1,0
Tertiaire 25,7 0,4
périurbaine MI 39,1 0,1
HC 59,5 0,6
HLM 102,0 1,6
Tertiaire 61,7 0,6
rurale MI 391,3 1,0
HC 595,3 5,3
HLM 1 019,7 14,3
Tertiaire 617,1 5,8
Froid urbaine HLM 135,7 1,6
0,79 0,83 25
HC 72,0 0,6
MI 41,4 0,1
Tertiaire 75,3 0,6
périurbaine MI 414,4 14,3
HC 720,4 5,3
HLM 1 357,1 1,0
Tertiaire 753,1 5,8
rurale
MI 17,3 1,0
HC 30,0 0,4
HLM 56,5 0,1
Tertiaire 31,4 0,4
Lecture : le réseau électrique est compté de façon homogène, sans distinguer le transport de la distribution et sans
distinguer de zone de densité. Les réseaux de distribution de gaz, de chaleur et de froid vers les bâtiments résidentiels
et tertiaires sont comptés en nombre de bâtiments raccordés, et distingués par la zone de densité et le type de bâtiment
raccordé (MI : maison individuelle ; HC : habitat collectif de 10 logements ; HLM : habitat collectif de 30 logements). Les
réseaux desservant les infrastructures industrielles ne sont pas représentés (hors électricité).
Source : RTE ; hypothèses CGDD
? 82 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 40 : courbe de coût marginal de la biomasse primaire
En ¤2023/MWh et TWh d?énergie primaire/an
Lecture : les gisements de biomasse primaire sont considérés comme un réservoir homogène disponible pour tous les
usages énergétiques, à l?exception d?un petit volume disponible uniquement pour la méthanisation (19 TWh/an à
5,8 ¤2023/MWh) et d?un volume disponible uniquement pour le chauffage dans les maisons individuelles (59 TWh/an à
5,8 ¤2023/MWh).
Source : SDES pour les premières tranches (jusqu?à 180 TWh/an) ; stratégie nationale de mobilisation de la biomasse et
hypothèses CGDD pour les suivantes.
Paramétrage du secteur bâtiment
Tableau 22 : paramètres technico-économiques des bâtiments-types
Type de
bâtiment Description Nombre de
logements
Surface par
logement
(m² habitable)
CAPEX de
construction
(k¤2023/bâtiment)
Durée
d'amortissement des
travaux de
construction et
d'isolation (ans)
MI maison individuelle 1 1 134
30
HC habitat collectif, immeuble de taille
modérée
10 68 814
HLM
habitat collectif, immeuble de grande
taille 30 60 2 156
Tertiaire bâtiment tertiaire 1 665 797
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; calculs CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 83 ?
Tableau 23 : paramètres technico-économiques des équipements des bâtiments
Technologie Type de bâtiment CAPEX
(k¤2023/bâtiment équipé)
Efficacité
chauffage
Efficacité
climatisation
Efficacité ECS Durée de vie (ans)
Chauffage joule MI 2,6-5,4
1 15
HC 13,4-29,5
HLM 35,6-78,3
Tertiaire 13,7-30
Chaudière gaz MI 2,4-4,9
0,96 20
HC 12,3-27,2
HLM 32,8-72
Tertiaire 12,6-27,6
Chaudière bois MI 5,4-11,3
0,85 15
HC 28,1-61,8
HLM 74,5-163,7
Tertiaire 28,6-62,8
Chaleur de réseau MI 3-5,9
0,95 0,95 20
HC 17-33,4
HLM 43,5-87
Tertiaire 16-32,7
PAC air-air MI 10,1-20,9
3 3 20
HC 64,6-77
HLM 136-168,9
Tertiaire 64,8-77,4
PAC air-eau MI 19,1-37
2,4 2,4 15
HC 123,1-143,8
HLM 258,3-313
Tertiaire 121,9-142,9
PAC géothermique MI 17,9-34,7
3,8 3,8 20
HC 115,5-134,8
HLM 242,2-293,5
Tertiaire 114,3-134
Climatiseur MI 1,2-2,5
3 15
HC 6,4-14
HLM 16,9-37,3
Tertiaire 6,5-14,3
Froid de réseau MI 0,8-1,8
0,95 20
HC 4,5-10
HLM 12,1-26,6
Tertiaire 4,6-10,2
Chauffe-eau thermodynamique MI 2,4
2,4 15
HC 20,8
HLM 45,4
Tertiaire 13,2
Chauffe-eau joule MI 0,2
1 15
HC 1,9
HLM 4,1
Tertiaire 1,2
Chauffe-eau gaz MI 0,2
0,8 15
HC 2,1
HLM 4,7
Tertiaire 1,4
Lecture : les CAPEX des équipements sont déclinés par type de bâtiment équipé (MI : maison individuelle ; HC : habitat
collectif de 10 logements ; HLM : habitat collectif de 30 logements) et par classe d?isolation du logement (il faut un
équipement plus puissant et donc plus coûteux pour un logement moins bien isolé). Par exemple, une maison neuve
peut se chauffer avec une chaudière gaz ne coûtant que 2 400 ¤, tandis qu?une maison similaire mais de la pire classe
d?isolation devra s?équiper d?une chaudière gaz plus puissante coûtant 4 900 ¤.
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; hypothèses CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
? 84 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 24 : paramètres de coût des travaux d?isolation (CAPEX, k¤2023/bâtiment)
Type de bâtiment Classe après travaux Classe avant travaux
C' D' E' F' G'
MI
B' 25,4 27,3 29,7 34,4 40,9
C' 15,7 18,1 22,8 29,3
D' 11,3 16,0 22,5
E' 11,2 17,7
F' 12,9
HC
B' 186,3 199,4 214,3 242,5 294,4
C' 96,8 111,8 140,0 191,9
D' 61,2 89,4 141,2
E' 59,4 111,3
F' 83,2
HLM
B' 493,0 527,7 567,3 641,9 779,2
C' 256,4 296,0 370,5 507,8
D' 162,0 236,5 373,9
E' 157,3 294,7
F' 220,2
Tertiaire
B' 182,1 195,0 209,6 237,1 287,9
C' 94,7 109,3 136,9 187,6
D' 59,8 87,4 138,1
E' 58,1 108,9
F' 81,3
Lecture : les coûts des travaux dépendent des classes d?isolation avant et après travaux ainsi que du type de bâtiment
(MI : maison individuelle ; HC : habitat collectif de 10 logements ; HLM : habitat collectif de 30 logements).
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; calculs CGDD
Figure 41 : coût des travaux d?isolation des maisons individuelles
Lecture : les travaux d?isolation ont un coût croissant et convexe en le nombre de classe gagnées. De plus, il est toujours
plus coûteux d?atteindre une classe donnée en plusieurs étapes qu?en une seule.
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; calculs CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
https://zenodo.org/records/3544900
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 85 ?
Paramétrage du secteur transport
Tableau 25 : paramètres technico-économiques des véhicules de transport de passagers
Technologie Type de
distance
Classes de consommation 1-5 Classes de consommation 6-7
OPEX
(k¤2023/
véhicule)
Kilométrage
annuel
(km/véhicule/
an)
Taux de
remplissage
2019
(passager/
véhicule)
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
(kWh/100 km)
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
(kWh/100 km)
Durée de vie
(ans)
2030 2050
Énergie
principale
(électricité si
hybride)
2030 2050
Énergie principale
(électricité si
hybride)
Bus essence
CD
317 - 402 317 - 359 333 - 200 433 - 463 371 - 382 166 - 133 15,9
45 000 18,4
15
Bus électrique 369 - 468 333 - 377 115 - 99 504 - 540 389 - 402 95,8 - 92 12,7 15
Bus gaz 345 - 430 345 - 387 418,4 - 251 460 - 491 398 - 410 209 - 167 51,8 15
Bus hybride non
rechargeable
337 - 344 337 - 344 221- 198 347 - 352 347 - 352 191,4 - 184,4 16,9 15
Bus hybride
rechargeable 362 - 369 342 - 348
44,3 - 39,7
(92 - 79,7) 372 - 378 352 - 357
38,3 - 36,9
(76,7 - 73,6) 18,1 15
Bus pile H2 446 - 487 363 - 378 297 - 217 524 - 561 390 - 403 198 - 178,2 12,7 15
Métro 11 500 11 500 800 500 60 000 150 40
Train diesel 5 750 5 750 3195 250
65 000 130
30
Train électrique 8 049 8 049 1000 200 30
Tramway 2 300 2 300 400 100 45 000 30 40
2RM essence 6,9 6,9 40,2 0,3
5 000 1 10
2RM électrique 9,5 8,2 5,7 0,2
Vélo électrique 0,8 0,0 2 500 1 10
VP essence/diesel
CD et LD
23 - 27 23 - 27 56 - 34,1 57 - 102 57 - 102 30,1 - 26,1 1,2
CD : 11 870
LD : 14 525
1,62
15
VP électrique 27 - 30 24 - 27 15 - 13 71 - 148 64 - 134 12,5 - 12 0,9 15
VP gaz 24 - 27 24 - 27 59,2 - 35,5 59 - 122 59 - 122 29,6 - 23,7 3,7 15
VP pile H2 41 - 44 32 - 34 31,2 - 22,9 103 - 214 79 - 164 20,8 - 18,7 0,9 15
VP hybride non
rechargeable 25 - 30 25 - 30 84,9 - 51 54 - 81 54 - 81 42,5 - 34 1,3 15
VP hybride
rechargeable 41 - 44 32 - 34
CD : 8,5 ? 5,1
(12,0 ? 10,4)
103 - 214 79 - 164
CD : 4,2 ? 3,4
(10,0 ? 9,6)
0,8 15
LD : 34,0 ? 20,4
(3,0 ? 2,6)
LD : 17,0 ? 13,6
(2,5 ? 2,4)
Car essence
LD
339 - 429 339 - 390 240 - 144 491 - 552 420 - 450 120 - 96 17,0
34 000 18,4
15
Car électrique 458 - 579 376 - 433 115 - 99,7 663 - 746 466 - 499 95 - 92 13,6 15
Car gaz 345 - 430 345 - 387 418 - 251 460 - 491 398 - 410 209 - 167 51,8 15
Car hybride non
rechargeable 370 - 446 370 - 419 278 - 167 498 - 550 447 - 475 139 - 111 18,5 15
Car hybride
rechargeable
439 - 530 439 - 497 223 - 133
(23 - 19,9)
591 - 653 531 - 564 111,5 - 89,2
(19,2 - 18,4)
22,0 15
Car pile H2 hydrogène 479 - 565 389 - 424 219 - 161 646 - 728 456 - 489 146 - 131 13,6 15
TGV 31 260 31260 816 1359 295 000 350 25
Train grande ligne
diesel 9 797 9797 1938 490
70 000
30
Train grande ligne
électrique 9 797 9797 1209 392 150 30
Train pile H2 13 718 12 547 1214 392 30
Avion kérosène LD et
interna-
tional
125 502 ?
143 447
125 502 -
143 447
7 959 ? 6 172 149 991 -
166 772
149 057 -
154 667
5 774 - 5 376 5457
200 000 200
30
Avion H2 liquide
166 307 -
206 937
152 723 -
174 608
5 651 - 4 636
250 832 -
294 408
180 219 -
188 073
4 410 - 4 184 4365 30
Lecture : « CD » et « LD » signifient respectivement « courte distance » et « longue distance », « VP » signifie « véhicule particulier » et
désigne les voitures. La plupart des véhicules sont déclinés en plusieurs classes de consommation décroissante et de CAPEX croissant,
numérotées de 1 à 7. Les classes 1 à 5 correspondent à des niveaux d?efficacité correspondant aux technologies actuelles ou très
proches. Les classes 6 et 7 correspondent à des niveaux d?efficacité beaucoup plus élevés, associés à des coûts très élevés en début de
trajectoire et diminuant fortement au cours du temps. Quand ils sont déclinés par classe, les paramètres sont indiqués pour la classe 1
et 5, ou la classe 6 et 7, en étant séparés par un tiret. Par exemple, le CAPEX d?une voiture électrique en 2030 pour les classes 1 à 5 est
compris entre 27 k¤2023 (classe 1) et 30 k¤2023 (classe 5). Les voitures hybrides rechargeables ont des consommations différenciées
selon qu?elles réalisent des trajets courts ou longs.
Source : : paramétrage du secteur transport pour le "EU Reference Scenario 2020" de la Commission européenne
(www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en) ; hypothèses CGDD
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
? 86 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 26: paramètres technico-économiques des véhicules de fret et agricoles
Technologie Type de distance
Classes de consommation 1 à 5 Classes de consommation 6 à 7
OPEX
(k¤2023/véh
icule)
Kilométrage
annuel
(km/véhicule/
an)
Taux de
remplissage
2019
(tonne/véhicu
le)
Durée de vie
(ans)
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
2030 2050
Énergie principale
(Électricité si
hybride)
2030 2050
Énergie principale
(Électricité si
hybride)
Cyclomoteur essence
CD
2 2 26,5 0,1
5 000 0,023
15
Cyclomoteur gaz 2 2 29,2 0,3 15
Cyclomoteur hybride
non rechargeable 2 2 23,1 0,1 15
Cyclomoteur hybride
rechargeable
2 2 4,6
(3,6)
0,1 15
Cyclomoteur pile H2 3 2 14,9 0,1 15
Cyclomoteur
électrique
3 3 4,5 0,1 15
VUL essence/diesel
CD et LD
22 - 26 22 - 26 70,5 - 42,3 90 - 277 89 - 243 35,2 - 28,2 1,1
CD : 16 000
LD : 16 000 0,17
18
VUL gaz 22 - 27 22 - 27 77,7 - 46,6 48 - 92 48 - 92 38,9 - 31,1 3,4 18
VUL hybride non
rechargeable 24 - 60 24 - 60 61,5 - 36,9 141 - 223 141 - 223 30,7 - 24,6 1,3 18
VUL pile H2 38 - 43 30 - 32 34,4 - 24,6
(3 - 2,8)
164 - 426 121 - 234 4,9 - 19,7
(10,9 - 2,7)
0,9 18
VUL électrique 28 - 36 24 - 31 17 - 14,7 138 - 359 115 - 223 14,2 - 13,6 0,9 18
VUL hybride
rechargeable
26 - 28 24 - 26
CD : 12,3 ? 7,4
(13,6 ? 11,8) 30 - 71 27 - 68
CD : 6,1 ? 4,9
(11,3 ? 10,9) 1,6 18
LD : 49,2 ? 29,5
(3,4 ? 2,9)
LD : 24,6 ? 19,7
(2,8 ? 2,7)
Navire fluvial diesel
LD
8067 8067 6207,5 80,7
14 395 425
35
Navire fluvial gaz 12135 12135 85 121,4 35
Navire fluvial H2 18989 14809 3497 80,7 35
Poids lourd
essence/diesel
LD
119 - 190 119 - 181 241 - 144 244 - 298 229 - 277 120 - 96 6,0
100 000 8,29
20
Poids lourd gaz 155 - 225 155 - 217 212 ? 127 280 - 334 265 - 312 106 - 85 23,3 20
Poids lourd hybride
non rechargeable
130 - 155 126 - 150 229 ? 137 172 - 190 167 - 183 114 - 91 6,8 20
Poids lourd hybride
rechargeable 140 - 153 127 - 138
183 ? 110
(26,0 ? 22,5) 161 - 383 145 - 357
91,8 - 73,4
(21,7 ? 20,8) 8,3 20
Poids lourd
hydrogène
237 - 405 166 - 253 184 ? 135 520 - 636 320 - 386 123 - 110 4,8 20
Poids lourd électrique 209 - 333 166 - 252 130 - 112 428 - 523 318 - 385 108 - 104 4,8 20
Train grande ligne
diesel
LD
10120 10120 12654 101,2
70 000 468
35
Train grande ligne pile
H2
14757 13294 6844 101,2 35
Train grande ligne
électrique
10120 10120 4012 101,2 35
Navire maritime
diesel
International
24724 24724 196647 247
100 000
35
Navire maritime gaz 27601 27601 206413 276 10 000 35
Navire maritime H2 229 229 134059 247 35
Avion kérosène
LD
125502 -
143447
125502 -
143447
4345 ? 3369 149991 -
166772
149057 -
154667
3152 ? 2935 1 255
600 000 8,5
25
Avion hydrogène
166307 -
206937
152723 -
174608
3085 - 2531
250832 -
294408
180219 -
188073
2407 - 2284 1 255 25
Tracteur biodiesel
Agriculture
117 117 181 6,0
10 000 1
15
Tracteur diesel fossile 114 114 182 5,8 15
Lecture : « CD » et « LD » signifient respectivement « courte distance » et « longue distance », « VUL » signifie « véhicule utilitaire
léger ». La plupart des véhicules sont déclinés en plusieurs classes de consommation décroissante et de CAPEX croissant, numérotées
de 1 à 7. Les classes 1 à 5 correspondent à des niveaux d?efficacité correspondant aux technologies actuelles ou très proches. Les classes
6 et 7 correspondent à des niveaux d?efficacité beaucoup plus élevés, associés à des coûts très élevés en début de trajectoire et
diminuant fortement au cours du temps. Quand ils sont déclinés par classe, les paramètres sont indiqués pour la classe 1 et 5, ou la
classe 6 et 7, en étant séparés par un tiret. Par exemple, le CAPEX d?un VUL électrique en 2030 pour les classes 1 à 5 est compris entre
28 k¤2023 (classe 1) et 36 k¤2023 (classe 5). Les VUL hybrides rechargeables ont des consommations différenciées selon qu?ils réalisent
des trajets courts ou longs.
Source : paramétrage du secteur transport pour le "EU Reference Scenario 2020" de la Commission européenne
(www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en) ; hypothèses CGDD
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 87 ?
Tableau 27 : paramètres technico-économiques des infrastructures de transport
Infrastructure Unité
CAPEX
(k¤2023/unité)
OPEX
(k¤2023/an/unité)
Taux d'occupation
(106 véhicules.km/an/unité)
Bornes de recharge électrique CD
infrastructure
0,92 0,05 0,144
Bornes de recharge électrique LD 3,68 0,17 0,144
Station hydrogène CD 1 725 69 18,25
Station hydrogène LD 1 725 69 18,25
Aéroport intranational 460 000 3 450 1,3
Aéroport international 460 000 3 450 2,6
Port 172 500 115 0,8
Réseau métro
km
138 000 0,23 0,19
Réseau tramway 23 000 0,12 0,08
Réseau ferré grandes lignes 13 800 0,12 0,017
Réseau ferré LGV 23 000 0,12 0,077
Lecture : « CD » et « LD » signifient respectivement « courte distance » et « longue distance ».
Source : paramétrage du secteur transport pour le "EU Reference Scenario 2020" de la Commission européenne
(www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en) ; hypothèses CGDD
Paramétrage du secteur industrie
Tableau 28 : liste des usines-type et des briques technologiques de la filière sidérurgie
Type d?usine Étiquette
Four à arc électrique A
Haut fourneau F
Brique technologique Étiquette
Brûleurs oxyfuel pour le préchauffage des poches B
Brûleurs régénératifs C
Capture de CO2 D
Capture de CO2 sur laminage à chaud E
Conversion haut fourneau en four à arc - 100 % minerai de fer pré-réduit au gaz naturel G
Conversion haut fourneau en four à arc - 100 % minerai de fer pré-réduit à l?hydrogène H
Conversion haut fourneau en four à arc - 40 % ferrailles - 60 % minerai de fer pré-réduit au gaz naturel I
Conversion haut fourneau en four à arc - 40 % ferrailles - 60 % minerai de fer pré-réduit à l?hydrogène J
Électrolyse du fer K
Electrowinning L
Augmentation du taux de ferrailles dans le convertisseur à 30 % M
Fours à induction pour le réchauffage N
Combustion H2 pour le réchauffage O
Injection de gaz de cokerie dans haut fourneau P
Pompes à vide pour VOD (Vacuum Oxygen Decarburization) Q
TGR (Top Gas Recycling) sur haut fourneau avec capture de CO2 R
TGR (Top Gas Recycling) sur haut fourneau S
Lecture : les voies technologiques de la filière sidérurgie sont construites en combinant une usine-type (haut fourneau ou four à
arc) avec une ou plusieurs briques technologiques. Les briques peuvent affecter les coûts, la consommation énergétique, le
facteur d?émission de procédés et le taux de capture des émissions de CO2. Les briques ne sont disponibles qu?à partir d?une
certaine date, et certaines ne sont pas compatibles entre elles.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie de l'acier en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-
9791029722950.html) ; retraitement CGDD
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
? 88 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 29 : paramètres technico-économiques de la filière sidérurgie
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX
variable
(M¤2023/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé
brutes (tCO2e/t)
Taux de capture
des émissions de
procédé
Date
d'apparition
A 240 24 270 2,235 0,072 - 2000
A+B 246 25 270 1,920 0,066 - 2025
A+B+Q 257 26 270 1,880 0,064 - 2025
A+C 248 25 270 1,875 0,042 - 2025
A+C+Q 260 26 270 1,835 0,040 - 2025
A+K 799 80 120 4,477 0,072 - 2035
A+L 1 408 141 120 4,777 - - 2035
A+N 740 74 270 2,085 - - 2025
A+N+Q 751 75 270 2,045 - - 2025
A+O 270 27 270 2,235 - - 2025
A+O+Q 281 28 270 2,195 - - 2025
A+Q 251 25 270 2,195 0,070 - 2025
F 284 28 194 5,543 0,086 - 2000
F+E 300 30 194 5,584 - - 2035
F+E+M 319 32 207 4,829 - - 2035
F+G 888 89 285 4,216 0,803 - 2030
F+G+D 994 99 285 4,376 0,302 100 % 2035
F+H 857 86 262 6,808 0,127 - 2030
F+I 730 73 260 2,823 0,511 - 2030
F+I+D 791 79 260 2,914 0,227 100 % 2035
F+J 720 72 246 4,303 0,127 - 2030
F+M 303 30 207 4,788 0,088 - 2025
F+P 289 29 194 4,986 0,087 - 2025
F+P+E 305 30 194 5,028 - - 2035
F+P+E+M 324 32 207 4,347 - - 2035
F+P+M 308 31 207 4,305 0,089 - 2025
F+R 434 43 194 4,864 0,086 100 % 2035
F+R+E 450 45 194 4,906 - - 2035
F+R+E+M 469 47 207 4,150 - - 2035
F+R+M 453 45 207 4,109 0,088 100 % 2035
F+S 394 39 194 4,636 0,145 - 2025
F+S+E 410 41 194 4,678 0,043 - 2035
F+S+E+M 429 43 207 3,772 0,046 - 2035
F+S+M 413 41 207 3,730 0,149 - 2025
Lecture : les infrastructures de production industrielle sont comptées en capacités de production (Mt de produit fini/an). La
durée de vie de toutes les infrastructures sidérurgiques est de 20 ans. Les OPEX sont pour partie fixes (proportionnels aux
capacités installées), pour partie variables (proportionnels à la production). Les voies technologiques sont indiquées en
combinant les étiquettes d?une usine-type et d?une ou plusieurs briques technologiques. Par exemple, la voie « F+G+D » désigne
un haut fourneau converti en four à arc, utilisant du minerai de fer réduit au gaz naturel et couplé à de la capture de CO2.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie de l'acier en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-
9791029722950.html) ; retraitement CGDD
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 89 ?
Tableau 30 : liste des usines-type et des briques technologiques de la filière ciment
Type d?usine Étiquette
Cimenterie C
Brique technologique Étiquette
Baisse du taux de clinker par des argiles calcinées - 78 %-> 50 % A
Baisse du taux de clinker par du laitier de haut fourneau - 78 %-> 68 % B
Conversion en voie sèche avec précalcinateur D
Liant alcali activé au laitier E
Liant alcali activé aux argiles F
Air de combustion enrichi en oxygène G
Capture du CO2 postcombustion par boucle de calcium H
Capture du CO2 postcombustion par solvant MOA I
Substitution combustibles fossiles par biomasse ou CSR - 25 % J
Substitution combustibles fossiles par biomasse ou CSR - 40 % K
Substitution combustibles fossiles par biomasse ou CSR - 80 % L
Lecture : les voies technologiques de la filière sidérurgie sont construites en combinant une usine-type (cimenterie) avec une ou
plusieurs briques technologiques. Les briques peuvent affecter les coûts, la consommation énergétique, le facteur d?émission
de procédés et le taux de capture des émissions de CO2. Les briques ne sont disponibles qu?à partir d?une certaine date, et
certaines ne sont pas compatibles entre elles.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie cimentière en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-
9791029718212.html) ; retraitement CGDD
Tableau 31 : paramètres technico-économiques de la filière ciment
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX variable
(M¤/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé brutes
(tCO2e/t)
Taux de capture des
émissions de procédé Date d'apparition
C 160 16 14 1,250 0,410 - 2000
C+A 185 19 17 1,237 0,263 - 2030
C+B 161 16 20 1,165 0,357 - 2030
C+A+G 188 19 17 1,225 0,263 - 2030
C+B+G 164 16 20 1,154 0,357 - 2030
C+A+H 612 61 17 3,408 0,263 - 78 % 2035
C+B+H 588 59 20 3,336 0,357 - 57 % 2035
C+A+I 612 61 17 1,995 0,263 - 100 % 2035
C+A+G+H 616 62 17 3,395 0,263 - 78 % 2035
C+B+G+H 592 59 20 3,325 0,357 - 57 % 2035
C+A+G+I 616 62 17 1,982 0,263 - 100 % 2035
C+B+G+I 592 59 20 1,912 0,357 - 100 % 2035
C+B+I 588 59 20 1,923 0,357 - 100 % 2035
C+D 160 16 14 1,153 0,410 - 2000
C+D+A 185 19 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+A+G 188 19 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+A+G+H 616 62 17 3,301 0,263 - 78 % 2035
C+D+A+G+I 616 62 17 1,888 0,263 - 100 % 2035
C+D+A+H 612 61 17 3,311 0,263 - 78 % 2035
C+D+A+I 612 61 17 1,898 0,263 - 100 % 2035
C+D+B 161 16 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+B+G 164 16 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+B+G+H 592 59 20 3,236 0,357 - 57 % 2035
C+D+B+G+I 592 59 20 1,824 0,357 - 100 % 2035
C+D+B+H 588 59 20 3,245 0,357 - 57 % 2035
C+D+B+I 588 59 20 1,832 0,357 - 100 % 2035
C+D+G 163 16 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+G+H 591 59 14 3,313 0,410 - 50 % 2035
C+D+G+I 591 59 14 1,901 0,410 - 100 % 2035
C+D+H 587 59 14 3,323 0,410 - 50 % 2035
C+D+I 587 59 14 1,910 0,410 - 100 % 2035
C+D+J 168 17 14 1,153 0,410 - 2025
C+D+J+A 193 19 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+J+A+G 197 20 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+J+A+G+H 624 62 17 3,848 0,263 - 78 % 2035
C+D+J+A+G+I 624 62 17 2,049 0,263 - 100 % 2035
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
? 90 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX variable
(M¤/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé brutes
(tCO2e/t)
Taux de capture des
émissions de procédé
Date d'apparition
C+D+J+A+H 621 62 17 3,858 0,263 - 78 % 2035
C+D+J+A+I 621 62 17 2,059 0,263 - 100 % 2035
C+D+J+B 169 17 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+J+B+G 173 17 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+J+B+G+H 600 60 20 3,783 0,357 - 57 % 2035
C+D+J+B+G+I 600 60 20 1,985 0,357 - 100 % 2035
C+D+J+B+H 597 60 20 3,792 0,357 - 57 % 2035
C+D+J+B+I 597 60 20 1,993 0,357 - 100 % 2035
C+D+J+G 172 17 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+J+G+H 599 60 14 3,860 0,410 - 50 % 2035
C+D+J+G+I 599 60 14 2,061 0,410 - 100 % 2035
C+D+J+H 596 60 14 3,870 0,410 - 50 % 2035
C+D+J+I 596 60 14 2,071 0,410 - 100 % 2035
C+D+K 177 18 14 1,153 0,410 - 2025
C+D+K+A 202 20 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+K+A+G 205 21 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+K+A+G+H 632 63 17 4,176 0,263 - 78 % 2035
C+D+K+A+G+I 632 63 17 2,146 0,263 - 100 % 2035
C+D+K+A+H 629 63 17 4,186 0,263 - 78 % 2035
C+D+K+A+I 629 63 17 2,156 0,263 - 100 % 2035
C+D+K+B 178 18 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+K+B+G 181 18 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+K+B+G+H 608 61 20 4,111 0,357 - 57 % 2035
C+D+K+B+G+I 608 61 20 2,081 0,357 - 100 % 2035
C+D+K+B+H 605 61 20 4,120 0,357 - 57 % 2035
C+D+K+B+I 605 61 20 2,090 0,357 - 100 % 2035
C+D+K+G 180 18 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+K+G+H 607 61 14 4,188 0,410 - 50 % 2035
C+D+K+G+I 607 61 14 2,158 0,410 - 100 % 2035
C+D+K+H 604 60 14 4,198 0,410 - 50 % 2035
C+D+K+I 604 60 14 2,168 0,410 - 100 % 2035
C+D+L 185 19 14 1,153 0,410 - 2030
C+D+L+A 210 21 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+L+A+G 213 21 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+L+A+G+H 641 64 17 5,050 0,263 - 78 % 2035
C+D+L+A+G+I 641 64 17 2,403 0,263 - 100 % 2035
C+D+L+A+H 637 64 17 5,060 0,263 - 78 % 2035
C+D+L+A+I 637 64 17 2,413 0,263 - 100 % 2035
C+D+L+B 186 19 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+L+B+G 189 19 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+L+B+G+H 617 62 20 4,986 0,357 - 57 % 2035
C+D+L+B+G+I 617 62 20 2,338 0,357 - 100 % 2035
C+D+L+B+H 613 61 20 4,994 0,357 - 57 % 2035
C+D+L+B+I 613 61 20 2,347 0,357 - 100 % 2035
C+D+L+G 188 19 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+L+G+H 616 62 14 5,063 0,410 - 50 % 2035
C+D+L+G+I 616 62 14 2,415 0,410 - 100 % 2035
C+D+L+H 612 61 14 5,072 0,410 - 50 % 2035
C+D+L+I 612 61 14 2,425 0,410 - 100 % 2035
C+E 248 25 58 0,140 0,232 - 2025
C+F 248 25 31 0,140 0,316 - 2025
C+G 163 16 14 1,238 0,410 - 2030
C+G+H 591 59 14 3,408 0,410 - 50 % 2035
C+G+I 591 59 14 1,995 0,410 - 100 % 2035
C+H 587 59 14 3,421 0,410 - 50 % 2035
C+I 587 59 14 2,008 0,410 - 100 % 2035
C+J 168 17 14 1,250 0,410 - 2025
C+J+A 193 19 17 1,237 0,263 - 2030
C+J+A+G 197 20 17 1,225 0,263 - 2030
C+J+A+G+H 624 62 17 3,942 0,263 - 78 % 2035
C+J+A+G+I 624 62 17 2,143 0,263 - 100 % 2035
C+J+A+H 621 62 17 3,954 0,263 - 78 % 2035
C+J+A+I 621 62 17 2,156 0,263 - 100 % 2035
C+J+B 169 17 20 1,165 0,357 - 2030
C+J+B+G 173 17 20 1,154 0,357 - 2030
C+J+B+G+H 600 60 20 3,871 0,357 - 57 % 2035
C+J+B+G+I 600 60 20 2,073 0,357 - 100 % 2035
C+J+B+H 597 60 20 3,882 0,357 - 57 % 2035
C+J+B+I 597 60 20 2,084 0,357 - 100 % 2035
C+J+G 172 17 14 1,238 0,410 - 2030
C+J+G+H 599 60 14 3,955 0,410 - 50 % 2035
C+J+G+I 599 60 14 2,156 0,410 - 100 % 2035
C+J+H 596 60 14 3,967 0,410 - 50 % 2035
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 91 ?
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX variable
(M¤/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé brutes
(tCO2e/t)
Taux de capture des
émissions de procédé
Date d'apparition
C+J+I 596 60 14 2,169 0,410 - 100 % 2035
C+K 177 18 14 1,250 0,410 - 2025
C+K+A 202 20 17 1,237 0,263 - 2030
C+K+A+G 205 21 17 1,225 0,263 - 2030
C+K+A+G+H 632 63 17 4,270 0,263 - 78 % 2035
C+K+A+G+I 632 63 17 2,240 0,263 - 100 % 2035
C+K+A+H 629 63 17 4,282 0,263 - 78 % 2035
C+K+A+I 629 63 17 2,252 0,263 - 100 % 2035
C+K+B 178 18 20 1,165 0,357 - 2030
C+K+B+G 181 18 20 1,154 0,357 - 2030
C+K+B+G+H 608 61 20 4,199 0,357 - 57 % 2035
C+K+B+G+I 608 61 20 2,169 0,357 - 100 % 2035
C+K+B+H 605 61 20 4,210 0,357 - 57 % 2035
C+K+B+I 605 61 20 2,180 0,357 - 100 % 2035
C+K+G 180 18 14 1,238 0,410 - 2030
C+K+G+H 607 61 14 4,283 0,410 - 50 % 2035
C+K+G+I 607 61 14 2,253 0,410 - 100 % 2035
C+K+H 604 60 14 4,295 0,410 - 50 % 2035
C+K+I 604 60 14 2,265 0,410 - 100 % 2035
C+L 185 19 14 1,250 0,410 - 2030
C+L+A 210 21 17 1,237 0,263 - 2030
C+L+A+G 213 21 17 1,225 0,263 - 2030
C+L+A+G+H 641 64 17 5,145 0,263 - 78 % 2035
C+L+A+G+I 641 64 17 2,497 0,263 - 100 % 2035
C+L+A+H 637 64 17 5,157 0,263 - 78 % 2035
C+L+A+I 637 64 17 2,510 0,263 - 100 % 2035
C+L+B 186 19 20 1,165 0,357 - 2030
C+L+B+G 189 19 20 1,154 0,357 - 2030
C+L+B+G+H 617 62 20 5,074 0,357 - 57 % 2035
C+L+B+G+I 617 62 20 2,427 0,357 - 100 % 2035
C+L+B+H 613 61 20 5,085 0,357 - 57 % 2035
C+L+B+I 613 61 20 2,438 0,357 - 100 % 2035
C+L+G 188 19 14 1,238 0,410 - 2030
C+L+G+H 616 62 14 5,158 0,410 - 50 % 2035
C+L+G+I 616 62 14 2,510 0,410 - 100 % 2035
C+L+H 612 61 14 5,170 0,410 - 50 % 2035
C+L+I 612 61 14 2,523 0,410 - 100 % 2035
Lecture : les infrastructures de production industrielle sont comptées en capacités de production (Mt de produit fini/an). La
durée de vie de toutes les infrastructures cimentières est de 20 ans. Les OPEX sont pour partie fixes (proportionnels aux
capacités installées), pour partie variables (proportionnels à la production). Les voies technologiques sont indiquées en
combinant les étiquettes d?une usine-type et d?une ou plusieurs briques technologiques. Par exemple, la voie « C+A+G » désigne
une cimenterie utilisant un mélange dont le taux de clinker est abaissé de 78 % à 50 % grâce à l?incorporation d?argiles calcinées
et avec un air de combustion enrichi en oxygène.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie cimentière en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-
9791029718212.html) ; retraitement CGDD
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
? 92 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
ANNEXE 3 ?RÉSULTATS COMPLÉMENTAIRES
Figure 42 : production journalière d?électricité des capacités pilotables en 2020 et 2050
En GWh/jour
Lecture : les appels aux capacités électriques pilotables thermiques durent moins en 2050 qu?en 2020 (pics moins larges), mais
ils sont plus puissants (pics plus élevés), ce qui implique une plus grande puissance installée.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 93 ?
Tableau 32 : coût moyen de fourniture (production et distribution) des principales énergies
finales
En ¤2023/MWh
2020 2030 2040 2050 2060
Carburant aérien 76,5 95,6 107,6 84,9 92,2
Carburant terrestre 69,7 89,8 78,2 52,6 53,9
Chaleur de réseau (bâtiment) 102,6 121,2 148,4 170,8 188,5
Chaleur de réseau (industrie) 52,1 86,8 111,9 124,5 138,0
Charbon 8,6 12,8 13,4 15,1 15,9
Électricité 122,5 115,7 107,3 107,4 105,3
Gaz de réseau 31,7 66,8 67,3 71,1 109,3
Granulé 12,4 25,6 39,0 39,4 41,3
H2 190,1 161,9 138,8 127,8
Lecture : le coût de fourniture est calculé de façon analogue à un LCOE. Le coût de l?intrant CO2 dans les hydrocarbures
synthétiques n?est pas pris en compte. Les énergies finales « gaz de réseau », « carburant terrestre » et « carburant
aérien » sont des mélanges en proportions variables de précurseurs fossile, biosourcé et synthétique. Le coût élevé de
la chaleur de réseau s?explique par la mobilisation de technologies BECCS pour sa production, qui sont coûteuses mais
co-produisent des émissions négatives qui ont une grande valeur pour l?ensemble du système.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Tableau 33 : intensité carbone des énergies finales, nette du CCUS
En gCO2e/kWh
2020 2030 2040 2050 2060
Carburant aérien 293,7 270,7 184,6 61,9 61,9
Carburant terrestre 270,1 256,5 125,0 0 0
Chaleur de réseau (bâtiment) 94,7 - 4,8 - 40,2 - 100,2 - 87,6
Chaleur de réseau (industrie) 195,8 - 126,3 - 201,1 - 284,9 - 333,5
Charbon 374,0 374,0 374,0 374,0 374,0
Électricité 33,1 12,6 5,5 6,1 0,9
Gaz de réseau 232,6 222,0 214,4 197,2 53,5
Granulé 0 0 0 0 0
H2 0 0 0 0 0
Lecture : l?intensités carbone présentée est nette de la capture, du stockage et de l?utilisation du CO2 qui ont lieu
pendant la production. Par exemple, la chaleur de réseau pour l?industrie ou le bâtiment a une intensité carbone très
négative à partir de 2030 car elle est produite en très grande partie par des technologies BECCS.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 43 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie, par filière (1)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 94 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 44 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie, par filière (2)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 45 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie, par filière (3)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 95 ?
Figure 46 : production de ciment, par voie technologique
En Mt/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 47 : production d'acier, par voie technologique
En Mt/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 96 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
? Benda, Robert. 2018. Économie de la transition bas-carbone dans le secteur des Transports.
hal-01888602.
? Callonnec, Gaël, Landa, Malliet, Reynès, et Yedir-Tamsamani. 2013. « A full description of the
Three-ME model: Multi-sector Macroeconomic Model for the Evaluation of Environmental
and Energy policy ».
? CRE. 2024. « Le captage et la chaîne de valeur du dioxyde de carbone ».
? DeCarolis, Joseph, Hannah Daly, Paul Dodds, Ilkka Keppo, Francis Li, Will McDowall, Steve
Pye, et al. 2017. « Formalizing Best Practice for Energy System Optimization Modelling ».
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? France Stratégie. 2019. « La valeur de l?action pour le climat - Une valeur tutélaire du carbone
pour évaluer les investissements et les politiques publiques ».
? France Stratégie. 2025. « La valeur de l?action pour le climat - Une référence pour évaluer et
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? Giacomo Prina, Manzolini, Moser, et Nastasi. 2020. « Classification and challenges of bottom-
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? 98 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Ademe Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
AIE Agence internationale de l?énergie
AME Avec mesures existantes
AMS Avec mesures supplémentaires
BECCS Bioénergie avec capture et stockage de carbone
CAMS Coût d?abattement marginal du système
CAPEX Coûts d?investissement
CCS Capture et stockage de carbone
CCUS Capture, stockage et utilisation du carbone
CET Chauffe-eau thermodynamique
CGDD Commissariat général au développement durable
DGEC Direction générale de l?énergie et du climat
ECS Eau chaude sanitaire
GES Gaz à effet de serre
IAA Industries agro-alimentaires
IGCE Industries grandes consommatrices d?énergies
OPEX Coûts d?opération
PAC Pompe à chaleur
PNIEC Plan national intégré énergie-climat
PTS Plans de transition sectoriels
SNBC Stratégie nationale bas-carbone
STEP Station de transfert d?énergie par pompage
UTCATF Utilisation des terres, changement d?affectation des terres et forêt
VAC Valeur de l?action pour le climat
ZEN Zéro émissions nettes
Sigles
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 99 ?
Table des matières
Introduction ............................................................................................................................................... 4
Partie 1 - Présentation du modèle TiTAN ............................................................................................ 7
1. TiTAN en bref ...................................................................................................................................... 8
A. Un modèle technico-économique d?optimisation du système énergétique ..................... 8
B. Le choix d?une approche strictement technico-économique .............................................. 9
C. Limites de TiTAN et complémentarité avec d?autres approches .......................................10
2. La structure générale de TiTAN ..................................................................................................... 11
A. Décomposition du système énergétique en secteurs ........................................................... 11
B. Traitement de la dimension temporelle ..................................................................................12
C. Traitement de la dimension spatiale et périmètre géographique ......................................12
D. Comptabilité des émissions .......................................................................................................12
E. Comptabilité des coûts ...............................................................................................................13
F. Comptabilité des stocks de capital ..........................................................................................15
3. Les secteurs modélisés dans TiTAN ............................................................................................. 16
A. Secteur énergie .............................................................................................................................16
B. Secteur transport .........................................................................................................................19
C. Secteur bâtiment ......................................................................................................................... 20
D. Secteur industrie .......................................................................................................................... 22
E. Secteur agriculture ...................................................................................................................... 24
4. La construction de scénarios avec TiTAN .................................................................................. 24
A. La démarche de scénarisation .................................................................................................. 24
B. Les éléments de contexte .......................................................................................................... 25
C. Les hypothèses sur le déploiement des technologies .......................................................... 25
D. Les projections de demande ..................................................................................................... 27
E. Les hypothèses sur les émissions hors périmètre et les puits de carbone ....................... 28
F. L?objectif de réduction des émissions de GES ....................................................................... 29
G. Les objectifs hors émissions de GES ........................................................................................ 30
Partie 2 - Une première application : la contribution de TiTAN à la révision de la valeur de
l?action pour le climat ............................................................................................................................ 31
1. Un cadrage des simulations cohérent avec la SNBC3 .............................................................. 32
A. Un objectif climatique cohérent avec la SNBC3, exprimé en budget pour assurer une
bonne répartition des efforts dans le temps .............................................................................. 33
B. Le cadrage du contexte socio-économique ........................................................................... 35
C. Des potentiels technologiques alignés sur la SNBC3 ........................................................... 39
? 100 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
2. La réduction des émissions de GES .............................................................................................. 40
A. Une réduction des émissions par plusieurs mécanismes ..................................................... 40
B. La trajectoire de réduction des émissions selon la forme de la contrainte carbone .... 42
C. Des réductions d?émissions importantes dans tous les secteurs ....................................... 43
3. Le coût d?abattement marginal du système, un indicateur de l?intensité des efforts de
décarbonation ...................................................................................................................................... 44
4. La sensibilité du coût d?abattement marginal aux hypothèses de contexte ...................... 47
A. La sensibilité aux hypothèses de prix des énergies fossiles ................................................ 47
B. La sensibilité aux hypothèses sur les puits de carbone........................................................ 49
C. La sensibilité aux hypothèses de sobriété ...............................................................................51
D. Synthèse des tests de sensibilité .............................................................................................. 52
5. Les coûts de la décarbonation ...................................................................................................... 53
A. Périmètre des coûts considérés et nécessité d?un contrefactuel ...................................... 53
B. Le coût de la décarbonation est modéré sous les hypothèses retenues. ........................ 53
C. La répartition des coûts de la décarbonation ....................................................................... 54
6. La transformation du système énergétique ............................................................................... 56
A. L?évolution de la consommation totale .................................................................................. 56
B. La transformation du secteur de production d?énergie ...................................................... 59
C. La transformation des secteurs consommateurs d?énergie ................................................ 62
Conclusion ................................................................................................................................................ 70
ANNEXES .................................................................................................................................................. 71
Annexe 1 ? Structure du modèle TiTAN .......................................................................................... 72
Annexe 2 ? Paramétrage ..................................................................................................................... 75
Paramétrage du secteur énergie ............................................................................................... 76
Paramétrage du secteur bâtiment ........................................................................................... 82
Paramétrage du secteur transport ........................................................................................... 85
Paramétrage du secteur industrie ............................................................................................ 87
Annexe 3 ? Résultats complémentaires .......................................................................................... 92
Bibliographie ............................................................................................................................................ 96
Sigles .......................................................................................................................................................... 98
Table des matières .................................................................................................................................. 99
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 101 ?
CGDD, juillet 2025
Coordination éditoriale : Laurianne Courtier
Commissariat général
au développement durable
Service de l?économie verte et solidaire (SEVS)
Sous-direction de l?économie et de l?évaluation
Tour Séquoia ? 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.ecologie.gouv.fr
mailto:diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
http://www.ecologie.gouv.fr/
Résumé
Sommaire
Introduction
Partie 1 Présentation du modèle TiTAN
Partie 2 Une première application :
la contribution de TiTAN à la révision de la
valeur de l?action pour le climat
Conclusion
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/UKR <FEFF04120438043A043E0440043804410442043E043204430439044204350020044604560020043F043004400430043C043504420440043800200434043B044F0020044104420432043E04400435043D043D044F00200434043E043A0443043C0435043D044204560432002000410064006F006200650020005000440046002C0020043F044004380437043D043004470435043D0438044500200434043B044F0020043D0430043404560439043D043E0433043E0020043F0435044004350433043B044F04340443002004560020043404400443043A0443002004340456043B043E04320438044500200434043E043A0443043C0435043D044204560432002E0020042104420432043E04400435043D04560020005000440046002D0434043E043A0443043C0435043D044204380020043C043E0436043D04300020043204560434043A04400438043204300442043800200437043000200434043E043F043E043C043E0433043E044E0020043F0440043E043304400430043C04380020004100630072006F00620061007400200456002000410064006F00620065002000520065006100640065007200200036002E00300020044204300020043F04560437043D04560448043804450020043204350440044104560439002E>
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(ATTENTION: OPTION s perspectives de réduction des
coûts des technologies de décarbonation ;
? Une réduction exogène des émissions hors périmètre : la trajectoire des émissions
hors du périmètre d?optimisation de TiTAN est fixée de façon exogène comme
expliqué plus haut (de 70 MtCO2e/an en 2020 à 7 MtCO2e/an à partir de 2050), et
permet une réduction de 39 MtCO2e/an en 2050 par rapport à une évolution
tendancielle ;
? Une réduction exogène par la sobriété paramétrée : les leviers de sobriété,
intervenant dans les calculs de la demande présentés plus haut, permettent de
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 41 ?
réduire les émissions d?encore 46 MtCO2e/an à l?horizon 2050, en supposant ici qu?ils
peuvent se déployer indépendamment des investissements optimisés par ailleurs 30 ;
? Le déploiement endogène des technologies de décarbonation : pour respecter la
contrainte carbone et satisfaire la demande, TiTAN déploie la combinaison coût-
optimale des technologies de décarbonation (à hypothèses technologiques et de
demande données). Cette transformation du système énergétique permet en 2050
une réduction supplémentaire de 150 MtCO2e/an si l?objectif ZEN en 2050 est
imposé (approche flux), et de 123 MtCO2e/an si la contrainte carbone prend la forme
d?un budget équivalent sur un horizon plus étalé (approche budget).
Figure 13 : trajectoires d'émissions selon la contrainte carbone, les hypothèses de demande et
les hypothèses d?émissions hors périmètre
En MtCO2e/an
*Tendanciel : scénario sans contrainte carbone, à mode de vie inchangé et à trajectoire des émissions hors périmètre
TiTAN tendancielle (d?après scénario AME). La réduction des émissions sur le périmètre TiTAN correspond au potentiel
de réduction économiquement rentable sans contrainte carbone.
**Baseline : scénario sans contrainte carbone sur le périmètre TiTAN mais avec leviers de sobriété activés (évolution de
la demande cohérente à l?AMS) et réduction des émissions des émissions hors périmètre TiTAN.
Source : CGDD sur la base de données DGEC et des modélisations TiTAN
30 Les effets de la sobriété sur les investissements ne sont pris en compte que partiellement (par exemple, baisse des besoins
d?investissements sur les véhicules particuliers et sur les logements d?un côté et augmentation des besoins sur les infrastructures
de transport). De plus, la réduction des émissions induite par les leviers de sobriété telle que mesurée ici ne tient pas compte des
effets croisés avec les réductions permises par les investissements optimisés par TiTAN.
? 42 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
La trajectoire de réduction des émissions selon la forme de la contrainte carbone
La trajectoire d?émissions qui résulte de l?optimisation de la consommation du budget
carbone diffère légèrement de celle suivant les objectifs intermédiaires de la SNBC (en flux),
bien que les deux correspondent au même niveau d?émissions cumulées. La trajectoire sous
budget carbone apparaît plus ambitieuse à court terme et tend à reculer l?atteinte stricte de
la neutralité, avec néanmoins des émissions résiduelles faibles à l?horizon 2050 où 93 % des
émissions sont abattues par rapport à 2020 (figure 14). L?optimisation de la consommation du
budget carbone conduit ainsi à lisser les efforts dans le temps, en anticipant dès le départ le
coût très élevé des toutes dernières actions à mettre en oeuvre pour atteindre la neutralité
carbone, et dont la faisabilité reste encore incertaine. Ce décalage des efforts vers le court
terme est cependant réalisé sous des hypothèses relativement optimistes sur les capacités
d?ajustement du système énergétique, qui ne tiennent pas compte de toutes les barrières au
déploiement des solutions de décarbonation.
Figure 14 : trajectoire d'émissions dans les scénarios TiTAN en flux et en budget, périmètre
SNBC
En MtCO2e/an
Lecture : le graphique représente les niveaux d?émissions aux différentes dates : dans le scénario où la contrainte est
exprimée comme une trajectoire d?émissions a priori (en bleu, simulation en flux) et dans le scénario où la contrainte est
exprimée en budget (en orange). Dans ce dernier scénario, les niveaux d?émissions à chaque point résultent de
l?optimisation de la consommation du budget des points 2025 à 2060, et une contrainte de flux assure la neutralité des
émissions à partir du point 2065. Les émissions au périmètre TiTAN sont ensuite ajoutées aux hypothèses d?émissions
hors périmètre TiTAN pour obtenir la trajectoire d?émissions au périmètre SNBC. La SNBC3 n?étant pas encore
complètement établie à la date des simulations, la trajectoire d'émissions post-2035 avec contrainte en flux correspond
à une interpolation linéaire entre le point 2035 retenu dans le projet de SNBC3 et la neutralité en 2050.
Sources : CGDD, modèle TiTAN ; DGEC. Calculs CGDD
Par rapport à la trajectoire du scénario en flux, calée sur le projet de SNBC3, la consommation
optimale du budget carbone équivalent se traduit par une baisse des émissions plus rapide à
court terme et plus lente à long terme. Sur le périmètre TiTAN, l?abattement annuel moyen
de 2020 à 2030 est de 14 MtCO2e/an dans le scénario en budget, contre 12 MtCO2e/an dans
celui en flux. En revanche, l?abattement moyen de 2030 à 2050 est de 9 MtCO2e/an en budget
contre 11 MtCO2e/an en flux. Les émissions nationales sont encore de 27 MtCO2e/an en 2050,
dont 14 MtCO2e/an sur le périmètre TiTAN (figure 15).
Ces écarts de répartition des efforts dans les simulations ne signifient ni une remise en cause
des objectifs fixés dans la SNBC3, ni une incompatibilité stricte du scénario en budget avec
ces objectifs. En premier lieu, le modèle a tendance à sous-estimer les contraintes
d?ajustement à court terme et donc à surévaluer les possibilités de réduction des émissions à
court terme. Par conséquent, il tend aussi à surestimer les possibilités de report de la
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 43 ?
neutralité carbone. En second lieu, l?écart d?émissions en 2050 par rapport à l?objectif ZEN
reste délicat à évaluer compte tenu de l?ampleur des incertitudes sur le contexte économique,
social et technologique à cet horizon.
Figure 15 : trajectoires d?émissions de GES par périmètre, scénario en budget
En MtCO2e/an
Source : CGDD, simulations TiTAN et calculs sur données DGEC
Des réductions d?émissions importantes dans tous les secteurs
Sans surprise, le scénario TiTAN en budget montre que tous les secteurs doivent réduire
drastiquement leurs émissions pour atteindre les objectifs climatiques (figure 16). Le rythme
des efforts est relativement homogène entre les secteurs, avec néanmoins certaines
disparités. Ainsi, le secteur bâtiment abat ses émissions à un rythme très régulier (entre 6 %/an
et 8 %/an de 2025 à 2050), comme le secteur industrie (entre 6 %/an et 10 %/an). Le secteur
transport (passagers et fret, hors soutes internationales) est plus lent au démarrage (5,5 %/an
en moyenne jusqu?en 2030), avant d?accélérer fortement et d?être le premier secteur à
atteindre la quasi-neutralité, dès 2045. Quant aux soutes internationales, leurs émissions
stagnent jusqu?en 2035, avant de décroître rapidement grâce aux carburants synthétiques
décarbonés puis à l?avion à hydrogène.
Dans le scénario en budget, les émissions en 2050 s?élèvent encore à 27 MtCO2e/an, dont
14 MtCO2e/an sur le périmètre TiTAN. Elles se partagent entre le secteur du bâtiment
(9 MtCO2e/an), de l?industrie (6 MtCO2e/an), des soutes internationales (4 MtCO2e/an) et du
transport (1 MtCO2e/an). L?atteinte de la neutralité stricte est possible notamment grâce à un
déploiement important des puits technologiques, qui permet au système énergétique
d?afficher un bilan négatif et de de compenser les + 7 MtCO2e/an résiduelles hors périmètre
TiTAN.
? 44 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 16 : répartition sectorielle des émissions sur le périmètre TiTAN, scénario en budget
En MtCO2e/an
Lecture : les émissions liées à la production-distribution d?énergie sont ventilées sur les secteurs aval au prorata de leurs
consommations, le secteur énergie n?apparaît donc pas dans cette décomposition. Les émissions sont présentées nettes
de la CCS.
Source : CGDD, modèle TiTAN
3. LE COÛT D?ABATTEMENT MARGINAL DU SYSTÈME, UN
INDICATEUR DE L?INTENSITÉ DES EFFORTS DE
DÉCARBONATION
La résolution du problème d?optimisation par TiTAN renvoie une trajectoire de coût
d?abattement marginal du système (CAMS). Celui-ci est défini comme le coût pour le système
optimisé de la dernière tonne de carbone abattue 31 , c?est-à-dire le coût d?abattement
complet du levier mobilisé à la marge (en intégrant les « effets système », cf. encadré 9). On
peut aussi comprendre cette valeur comme le prix fictif (shadow price) des émissions, c?est à
dire le coût unitaire qu?il faudrait leur affecter dans une simulation sans contrainte carbone
pour retrouver le niveau d?abattement imposé par cette contrainte.
La CAMS correspond ainsi à la valeur de l?action pour le climat (VAC) dans le cadre de TiTAN.
Il ne constitue toutefois pas une VAC « clé en main » pour la commission Quinet III. Celle-ci
utilise une approche plus complète, combinant les enseignements de la théorie économique,
une interprétation raisonnée des résultats chiffrés des modèles, une prise en compte des
prospectives technologiques disponibles et d?éventuels éléments additionnels à prendre en
compte comme les cobénéfices.
31 Mathématiquement, il s?agit de la valeur de la variable duale associée à la contrainte carbone à l?optimum, ce qui revient à la
dérivée de la fonction objectif à l?optimum par rapport au niveau de la contrainte carbone.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 45 ?
Le CAMS renseigne également le modélisateur sur la tension du système pour respecter la
contrainte carbone dans une configuration donnée du problème. Par exemple, il peut arriver
que le modèle renvoie une solution du problème avec un CAMS très élevé (supérieur à
plusieurs milliers d?euros). Bien que le problème soit mathématiquement faisable, l?intensité
de l?effort requis est alors invraisemblable et invite à reconsidérer le réalisme de l?abattement
imposé vis-à-vis des hypothèses technologiques et socioéconomiques.
Dans le cas où la contrainte carbone exprimée en budget, la trajectoire de CAMS suit la règle
de Hotelling et croît au taux d?actualisation (figure 17). Elle part d?environ 260 ¤2023/tCO2e en
2025 pour atteindre près de 580 ¤2023/tCO2e en 2050 et jusqu?à 790 ¤2023/tCO2e en 2060.
Encadré 9 : coût d?abattement marginal du système
et coût d?abattement des technologies
Le coût d?abattement marginal du système (CAMS) issu de TiTAN ne peut pas être
directement comparé au coût d?abattement spécifique d?une technologie. La principale
raison est d?ordre méthodologique. Ce qu?on désigne usuellement par « coût d?abattement
d?une technologie » correspond à un coût d?abattement microfondé, c?est-à-dire calculé en
comparant un déploiement unitaire de la technologie à une situation de référence, sans
considérer les impacts sur le reste du système énergétique. Dans la réalité, le déploiement à
grande ampleur d?une technologie d?abattement peut avoir des répercussions sur
l?ensemble du système, notamment par l?ajustement des coûts des énergies. Par exemple, le
déploiement des voitures électriques cause un surcroît de demande d?électricité,
impliquant une augmentation de la production d?électricité et donc de son coût. Cela
provoque en retour des ajustements de la consommation dans tous les secteurs.
Ces « effets système » sont captés dans TiTAN grâce aux contraintes de bouclage offre-
demande et à la logique coût-efficacité : le CAMS correspond non seulement au
déploiement d?une technologie d?abattement, mais aussi à l?ajustement en conséquence de
la configuration optimale dans l?ensemble des secteurs.
En pratique, la portée de ces effets système varie d?une technologie à l?autre. Par exemple,
l?électrification d?un usage tend à affecter l?ensemble du système énergétique, tandis qu?un
changement de procédé industriel à consommation énergétique constante n?a aucune
répercussion sur le reste du système. La comparabilité du coût d?abattement marginal du
système issu de TiTAN et des coûts d?abattement microfondés doit donc être étudié au cas
par cas.
De façon plus générale, la comparabilité de deux coûts d?abattements dépend aussi de la
cohérence de leurs hypothèses paramétriques (CAPEX/OPEX des technologies, taux
d?actualisation, taxes et subventions, coût des énergies, etc.).
? 46 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 17 : coût d?abattement marginal du système optimisé, scénario TiTAN budget
En ¤2023/tCO2e
Lecture : le coût d?abattement marginal croît au taux d?actualisation du modèle (3,2 %) sur la période du budget
carbone, du point 2025 au point 2060. La valeur au point 2065 correspond à la valeur duale de la contrainte sur le flux
d?émissions en 2065, qui permet de maintenir la neutralité carbone après le budget.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Dans le scénario où la contrainte carbone est exprimée « en flux », la trajectoire de CAMS
diffère fortement de la trajectoire précédente (figure 18). Elle part cette fois d?une valeur
initiale faible et croît à un taux non constant et rapidement supérieur au taux d?actualisation
pour atteindre un niveau très élevé (proche de 1200 ¤2023/tCO2e) à l?approche de la neutralité
carbone. Cette forte pente traduit à la fois l?accélération nécessaire des efforts en fin de
période pour compenser des efforts initiaux plus progressifs et la plus grande difficulté à
atteindre la neutralité carbone plus tôt et donc avec des technologies moins matures et/ou
aux potentiels plus réduits32. Les coûts marginaux à l?atteinte de la neutralité carbone stricte
s?avèrent ainsi plus élevé dans la simulation en flux que dans la simulation en budget. Cette
trajectoire de CAMS fondée sur une contrainte carbone exprimée en flux se rapproche
fortement de celles produites, également sous contrainte de flux, par les modèles technico-
économiques TIMES-FR et POLES-Enerdata utilisés par la deuxième commission sur la VAC en
2019 (« commission Quinet II ») 33. Dans le cadre de l?élaboration de la valeur de l?action pour
le climat, la forte sensibilité du CAMS à la trajectoire de réduction des émissions que montre
la simulation en flux conduit à favoriser une approche budget, de sorte à aboutir à une
trajectoire qui n?incite pas au report de ces efforts.
32 Les possibilités technologiques de décarbonation sont améliorées au-delà de 2050 dans les simulations, principalement en
relevant les plafonds paramétrés sur les potentiels technologiques. Par exemple, la part de marché maximum des PAC est relevée
de 46 % en 2050 à 90 % en 2065.
33 France Stratégie (2019).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 47 ?
Figure 18 : émissions du périmètre TiTAN et coût d'abattement marginal du système (CAMS)
dans la variante en budget et la variante en flux
Émissions en MtCO2e/an et CAMS en ¤2023/tCO2e
Lecture : la série « CAMS, TiTAN flux » correspond à la valeur duale de la contrainte sur le flux d?émissions définie à
chaque point. Le scénario en flux n?est simulé que jusqu?en 2055.
Source : CGDD, modèle TiTAN
4. LA SENSIBILITÉ DU COÛT D?ABATTEMENT MARGINAL
AUX HYPOTHÈSES DE CONTEXTE
Cette section présente les analyses de sensibilité produites avec TiTAN dans le cadre de la
troisième commission sur la valeur de l?action pour le climat (VAC). Celles-ci ont été réalisées
en faisant varier un seul élément à la fois et en observant les effets sur le CAMS (la VAC au
sens de TiTAN, cf. supra). Le CAMS constitue un indicateur de la « tension » du système
énergétique pour respecter la contrainte carbone : plus il est élevé, plus la contrainte carbone
est difficile à respecter pour le modèle. Les effets sur les autres variables du modèle n?ont pas
été analysés.
Les variantes ont été concentrées sur les hypothèses les plus structurantes d?après la
littérature et l?expérience des modélisateurs. Elles portent sur le contexte international (prix
des énergies fossiles) ou le contexte national (potentiels d?absorption des puits naturels et
technologiques, sobriété). Elles ont été calibrées pour correspondre à des chocs importants
mais plausibles, en s?appuyant autant que possible sur les valeurs alternatives disponibles dans
des sources de référence. Par défauts d?éléments suffisamment robustes, les variantes n?ont
pas été probabilisées.
La sensibilité aux hypothèses de prix des énergies fossiles
Les prix anticipés des énergies fossiles sont très liés au contexte international et au degré
d?ambition de réduction des émissions de GES dans les autres pays. De plus, ils ont un effet
direct sur la trajectoire optimale de décarbonation et son coût. Pour rendre compte de cet
effet, quatre variantes ont été produites : une variante analytique considérant une
multiplication par deux du prix des énergies fossiles par rapport aux hypothèses centrales
(cadrage de la Commission européenne) et trois variantes reprenant les projections des trois
? 48 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
scénarios-phares de l?AIE 34 (Stated Policies (STEP), Announced Pledges (APS), et Net Zero
Emissions by 2050 (NZE)). Ces trois scénarios présentent tous des trajectoires de prix des
énergies fossiles inférieures aux projections de la Commission européenne (figure 19).
Figure 19 : projection des prix d?approvisionnement en énergies fossiles pour l?Union
européenne, selon le cadrage de la Commission européenne et les différents scénarios de l'AIE
En ¤2023/MWh
Lecture : l?année 2020 du modèle est calibrée sur l?année observée 2019 pour éviter de capter l?effet de la crise du
Covid19. Les valeurs 2050 sont prolongées jusqu?en 2065.
Source : AIE, World Energy Outlook 2024, p.90
34IEA, World Energy Outlook 2024, octobre 2024, p.78.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 49 ?
Le CAMS est respectivement plus élevé de 19 %, 23 % et 28 % par rapport à la référence dans
les variantes alignées sur les scénarios STEP, APS et NZE (tableau 6). En effet, un prix plus bas
des énergies fossiles implique que la substitution des énergies fossiles par les renouvelables
permet moins d?économies sur les importations d?énergies, ce qui relève mécaniquement le
coût d?abattement marginal. Inversement, la variante où le prix des énergies fossiles est
multiplié par deux montre une réduction de 28 % du CAMS : plus les énergies fossiles sont
chères, moins il est coûteux de s?en passer.
Il est important de remarquer que s?il a bien un effet sur le CAMS, le prix des énergies fossiles
n?impacte pas nécessairement les décisions d?investissement du modèle. En effet, la neutralité
des émissions suppose une disparition quasi-complète des énergies fossiles dans le système
énergétique, en dehors des volumes qui peuvent éventuellement être compensés par les puits
naturels et technologiques. Puisque le potentiel de ces puits est limité, le modèle doit
déployer des technologies qui se passent des énergies fossiles, quel qu?en soit le coût.
Tableau 6 : sensibilité du CAMS aux hypothèse de prix des énergies fossiles
Scénario CAMS 2030 (¤2023/tCO2e) CAMS 2050 (¤2023/tCO2e) Écart à
Central (%)
Central 308 578 -
PrixFossilex2 222 416 - 28 %
AIE-STEP 367 690 + 19 %
AIE-APS 377 709 + 23 %
AIE-NZE 393 738 + 28 %
Lecture : dans la variante « PrixFossilex2 », le prix paramétré des énergies fossiles est multiplié par 2 par rapport à
l?hypothèse centrale. En réponse, le CAMS est abaissé de 28 % par rapport au scénario central, soit une valeur de
222 ¤2023/tCO2e en 2030 et de 416 ¤2023/tCO2e en 2050.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La sensibilité aux hypothèses sur les puits de carbone
L?atteinte de la neutralité implique par construction que les émissions brutes soient égales à
la capacité d?absorption des puits de carbone, naturels et artificiels. Dans ce cadre, on produit
deux jeux de variantes distincts, l?une portant sur les puits naturels, l?autre sur les puits
technologiques, car ces deux types de puits ne présentent pas les mêmes caractéristiques.
Les puits naturels ont un effet mécanique sur la contrainte carbone : renforcer les puits
naturels, hors périmètre TiTAN, relâche par construction la contrainte carbone sur les
émissions du périmètre TiTAN. De plus, ils sont sans coût pour le modèle. En revanche, les
puits technologiques ont un coût pour le modèle. Par conséquent, augmenter leur potentiel
ne signifie pas forcément qu?ils vont être mobilisés davantage, cela dépend de leurs coûts et
potentiels comparés aux autres options d?abattement.
Les chocs sur les puits naturels ont été calibrés arbitrairement pour les chocs intermédiaires,
et d?après une récente étude de l?IGN et de la FCBA 35 pour les chocs les plus extrêmes
(UTCATF+++ et UTCATF---). Les chocs sur les puits technologiques ont été calibrés pour
correspondre respectivement à de petites variations du potentiel de stockage, et à un choc
radical (aucun stockage).
35 IGN et FCBA (2024).
? 50 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 7 : sensibilité du CAMS aux hypothèses sur les puits naturels de carbone
Scénario
Choc sur la cible d'émissions 2050
(Choc sur le budget carbone 2025-
2060)
CAMS 2030
(¤2023/tCO2e)
CAMS 2050
(¤2023/tCO2e)
Écart à
Central (%)
Central - 308 578 -
UTCATF+ + 5 MtCO2e/an
(+ 2 %) 291 546 - 6 %
UTACTF++ + 10 MtCO2e/an
(+ 5 %) 270 507 - 12 %
UTCATF+++ + 15 MtCO2e/an
(+ 8 %) 260 488 - 15 %
UTCATF- - 5 MtCO2e/an
(- 2 %) 314 590 + 2 %
UTCATF-- - 5 MtCO2e/an
(- 5 %) 361 678 + 17 %
UTCATF--- - 22 MtCO2e/an
(- 13 %) Pas de solution
Lecture : dans la variante UTCATF-, les puits naturels sont affaiblis à partir de 2035 pour aboutir à un niveau de
- 30 MtCO2e/an en 2050 et au-delà, contre - 35 MtCO2e/an dans le scénario principal. À trajectoire d?émissions nettes
inchangée, cela se traduit par une réduction du budget carbone imposé au modèle de 2 %. Le CAMS s?en trouve relevé
de 2 %.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Une légère dégradation des puits naturels par rapport à l?hypothèse centrale (UTCATF-) ne
relève la trajectoire de de CAMS que de 2 % (tableau 7). En effet le budget d?émissions que
doit respecter le modèle n?est que faiblement réduit (- 2 %) par ce choc. Le choc symétrique,
correspondant à un léger renforcement des puits naturels, (UTCATF+) réduit le CAMS de 6 %,
soit un effet de sens inverse et de plus grande ampleur. Cela suggère que la courbe de coût
d?abattement marginal implicite de TiTAN 36 , bien que croissante, est localement non
convexe. Cela contredit les hypothèses usuelles sur les fonctions agrégées de coût
d?abattement, mais c?est une possibilité qu?autorisent les approches bottom-up.
Les variantes traduisant respectivement une dégradation modérée et un renforcement
modéré des puits naturels (UTCATF-- et UTCATF++) montrent des effets plus marqués sur le
CAMS, de respectivement + 17 % et - 12 %. De plus, on voit qu?à cette échelle le coût
d?abattement marginal est globalement convexe : l?effet d?une dégradation des puits (ie. un
resserrement du budget carbone) est plus fort que celui d?un renforcement symétrique.
Dans l?hypothèse la plus favorable sur un renforcement fort des puits (UTCATF+++), l?effet est
de - 15 %, soit assez proche de celui d?un choc moyen (UTCATF++), traduisant un coût
d?abattement marginal relativement « plat » à ce niveau d?effort. Enfin, dans l?hypothèse la
plus défavorable de forte dégradation des puits naturels (UTCATF---), le problème est
infaisable : l?objectif de réduction des émissions ne peut physiquement pas être atteint sous
les hypothèses technologiques et économiques retenues, même à des valeurs très élevées du
coût d?abattement marginal.
S?agissant des puits technologiques37 , trois tests de sensibilité ont été réalisés (tableau 8).
Dans les deux premiers tests, le plafond annuel sur le stockage géologique de CO2 a été
légèrement ajusté tout le long de la trajectoire, conduisant à un écart relativement modeste
sur la capacité de stockage cumulée (+/- 20 % de capacité cumulée sur 2025-2060). Dans le
troisième test, le plafond a été fixé à 0 tCO2/an sur toute la trajectoire, interdisant de fait le
stockage géologique du CO2.
36 Aucune courbe de coût d?abattement n?est paramétrée dans TiTAN, en revanche on peut révéler sa courbe de coût d?abattement
marginal implicite en resserrant progressivement l?objectif d?abattement au cours d?une série de simulations, à reste du paramétrage
identique.
37 Les puits technologiques intègrent les technologies de CCUS, de capture atmosphérique (DAC) ? contrainte à 5 MtCO2/an
maximum compte tenu de l?incertitude sur sa faisabilité ? et le stockage géologique.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 51 ?
Le CAMS réagit faiblement (- 3 %) à une légère augmentation des capacités des puits, et
beaucoup plus fortement (+ 11 %) à une légère diminution. La variante sans stockage
géologique de CO2 apparaît quant à elle infaisable pour le modèle.
Tableau 8 : sensibilité du CAMS aux hypothèses de potentiel de stockage de CO2
Scénario Choc sur la capacité de stockage
géologique en 2050
(Choc sur la capacité cumulée 2025-2060)
CAMS 2030
(¤2023/tCO2e)
CAMS 2050
(¤2023/tCO2e)
Écart à
Central (%)
Central - 308 578 -
Stockage+ + 5 MtCO2/an
(+ 20 %) 299 561 - 3 %
Stockage- - 5 MtCO2/an
(- 20 %) 342 642 + 11 %
Aucun stockage
- 29 MtCO2/an
(- 100 %) Pas de solution
Lecture : dans la variante Stockage+, la capacité de stockage géologique de CO2 est progressivement renforcée jusqu?à
aboutir à 34 MtCO2/an en 2050 et au-delà, contre 29 MtCO2/an dans le scénario Central. Cela correspond à un choc de
+ 20 % sur la capacité cumulée de stockage géologique. Le CAMS en est abaissé de ? 3 %.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La sensibilité aux hypothèses de sobriété
La demande en services énergétiques, exogène dans TiTAN, est alignée dans le scénario
central sur le scénario AMS de la SNBC3 (cf. supra). Un test de sensibilité a été réalisé en
construisant un jeu alternatif d?hypothèses de demande aligné tant que possible sur le
scénario AME 38 de la SNBC3, qui représente une évolution tendancielle de la demande en
services énergétiques (cf. annexe 5). Ce test, dit « sans sobriété », aboutit à un coût
d?abattement marginal accru de près de 35 % par rapport au scénario central (tableau 9).
L?effet de la sobriété est fort : en effet, elle réduit mécaniquement l?abattement à réaliser par
le système énergétique, et cela sans coût pour le modèle. Une sobriété forte permet donc
d?éliminer le recours aux technologies décarbonées les plus coûteuses, et abaisse in fine le
coût d?abattement marginal. Inversement, une sobriété faible augmente le coût
d?abattement marginal.
Tableau 9 : sensibilité du CAMS aux hypothèses de sobriété
Scénario Valeur 2030
(¤2023/tCO2e)
Valeur 2050
(¤2023/tCO2e)
Écart à
Central (%)
Central
(sobriété généralisée, alignée sur l?AMS) 308 578 -
Sans sobriété
(demande tendancielle, proche de l?AME) 413 775 + 34 %
Source : CGDD, modèle TiTAN
38 Voir Synthèse du scénario avec mesures existantes 2024, DGEC, octobre 2024.
? 52 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Synthèse des tests de sensibilité
Plusieurs enseignements peuvent être dégagés des tests de sensibilité réalisés (figure 20):
? Une sobriété généralisée à tous les secteurs réduit beaucoup l?intensité des efforts à
faire pour respecter les objectifs d?émissions, et soutient par là leur faisabilité.
? Les effets des puits de carbone, naturels et technologiques, sont importants et non-
linéaires : un affaiblissement des puits intensifie beaucoup les efforts à fournir, tandis
qu?un renforcement équivalent ne les soulage que faiblement.
? Compte tenu d?un niveau incompressible d?émissions brutes en l?état des
prospectives technologiques, les objectifs d?émissions ne sont pas atteignables sans
des puits naturels vigoureux et semblent difficilement atteignables sans puits
technologiques.
? Le prix des énergies fossiles a un impact fort sur l?intensité des efforts économiques
de décarbonation, même s?il ne change rien à sa faisabilité physique.
Figure 20 : trajectoires du CAMS dans l?ensemble des variantes réalisées
En ¤2023/tCO2e
Lecture : chaque courbe correspond à la trajectoire du CAMS dans un test de sensibilité. Le faisceau qui en résulte
correspond à la plage de CAMS qui a été explorée lors des tests. La variante PrixFossilesx2 a été écartée de cette synthèse
car elle a été produite avec un choc très invraisemblable pour des raisons purement analytiques.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Étant donné qu?on a réalisé les tests sur un seul paramètre à la fois et sans les probabiliser, ils
ne constituent qu?une première exploration des incertitudes sur l?intensité des efforts de
décarbonation, et sont un préalable à des analyses plus ciblées et approfondies. Celles-ci
pourront par exemple étudier les effets de chocs croisés sur les paramètres et analyser les
effets sur d?autres variables que le CAMS.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 53 ?
5. LES COÛTS DE LA DÉCARBONATION
Périmètre des coûts considérés et nécessité d?un contrefactuel
Plusieurs points doivent être précisés pour la bonne compréhension du coût de la
décarbonation évalué sur la base des simulations TiTAN :
? Le coût du système minimisé par TiTAN est un coût purement technique : il décrit la
dépense à injecter dans le système énergétique pour atteindre des objectifs donnés
de réduction des émissions et de satisfaction de la demande, calculée sans tenir
compte des effets macroéconomiques. D?autre part, il n?inclut ni les coûts de
l?adaptation au changement climatique, ni les cobénéfices de la décarbonation
(santé, biodiversité?), ni la variation de bien-être que peut impliquer l?évolution des
modes de vie. Enfin, ce coût est déterminé pour l?ensemble du système énergétique,
sans s?intéresser à sa répartition entre les différents agents économiques (État,
ménages, entreprises, collectivités?).
? Les coûts des réductions d?émissions hors périmètre TiTAN ne sont pas inclus. En
particulier, les coûts associés aux réductions des émissions énergétiques de
l?agriculture et au renforcement du puits UTCATF ne sont pas inclus.
? Le coût est évalué en écart à un scénario contrefactuel sans contrainte carbone. Il
correspond ainsi au surcoût du scénario de décarbonation net des coûts supportés
dans le scénario de référence. Cette évaluation se distingue donc fortement des
calculs de besoins d?investissements en comparaison à une année de référence
(approche retenue par exemple dans le rapport Pisani-Ferry-Mahfouz 39 ou par le
panorama des investissements climat d?I4CE 40).
En résumé, le coût de la décarbonation tel qu?il est évalué ici ne correspond pas au coût
complet de la transition bas-carbone. Il exclut notamment les coûts (positifs ou négatifs) liés
à la sobriété et aux réductions d?émissions hors périmètre TiTAN. Il constitue en revanche une
évaluation rigoureuse du surcoût « pur » qu?implique la décarbonation de l?ensemble du
système énergétique.
Le coût de la décarbonation est modéré sous les hypothèses retenues.
Afin de révéler le coût strictement associé à la contrainte carbone, le contrefactuel retenu
est un scénario où tous les paramètres sont identiques aux scénarios de décarbonation
(budget et flux), à l?exception de la contrainte carbone qui est désactivée. Ce contrefactuel
comprend donc les mêmes hypothèses de demandes (avec sobriété généralisée, cf. supra) et
les mêmes possibilités technologiques que les scénarios de décarbonation, mais en étant libre
sur le niveau de ses émissions. On appelle donc ce contrefactuel « scénario libre ». Même sans
contrainte carbone, le scénario libre montre un abattement important (- 267 MtCO2e de 2020
à 2050, cf. supra, figure 13), qui s?explique par les hypothèses de sobriété et par la minimisation
du coût du système dans un contexte de prix des énergies fossiles élevés. Sous les hypothèses
retenues, il existe donc un important potentiel d?abattement à coût négatif ou nul.
L?écart de coût entre le scénario en budget et le scénario libre fournit une estimation du coût
de la décarbonation du scénario en budget (figure 21). Ce coût est significatif tout au long de
la trajectoire, à court terme comme à long terme, bien qu?il reste relativement modéré (+ 12
à + 27 Md¤2023/an). Ce surcoût se compose principalement d?un surplus d?investissement
(CAPEX, + 18 Md¤2023/an en moyenne) important dès le début de la trajectoire, ainsi que d?un
39 Pisani-Ferry, Mahfouz, et France Stratégie (2023).
40 I4CE (2023).
? 54 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
surplus croissant de coûts d?opération hors énergie (OPEX, + 9 Md¤2023/an en moyenne). Des
économies croissantes sur les approvisionnements en énergie primaire, grâce à la réduction
des importations d?énergies fossiles (- 8 Md¤2023/an en moyenne), viennent réduire le surcoût
total sans le compenser.
Figure 21 : surcoût du scénario en budget par rapport à une variante sans contrainte carbone,
par type de coût
En Md¤2023/an
Lecture : les OPEX présentés correspondent à des coûts d?opération et de maintenance, hors coût des consommation
énergétiques.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La répartition des coûts de la décarbonation
Les besoins d?investissement supplémentaires se concentrent avant tout dans le secteur
énergie (respectivement + 7,4 Md¤/an et + 2,7 Md¤/an en moyenne pour la production et la
distribution d?énergie), puis dans le secteur bâtiment (respectivement + 3,5 Md¤/an et
+ 1,0 Md¤/an pour les équipements et la rénovation thermique) et enfin les transports
(+ 3,2 Md¤/an pour les véhicules) - (tableau 10). Les besoins d?investissement dans l?industrie
semblent très faibles au regard de l?abattement réalisé par le secteur. Ce paradoxe s?explique
notamment par le fait que l?abattement du secteur est en grande partie réalisé par des
substitutions entre énergies finales de mêmes natures, qui sont paramétrées comme peu
coûteuses en investissement (cf. supra), et par la baisse du contenu carbone des énergies
finales, dont le coût est supporté par le secteur énergie.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 55 ?
Tableau 10 : surplus d'investissement du scénario en budget par rapport au scénario libre
Secteur
Principaux postes
d?investissements (CAPEX)
Surplus moyen de CAPEX (Md¤2023/an)
2025-2030 2035-2050 2055-2065 2025-2065
Énergie
Capacités de production + 1,9 + 11,5 + 5,7 + 7,4
Réseaux + 1,6 + 5,6 -0,3 2,7
Stockage de l?énergie - - - -
Bâtiment
Isolation thermique + 4,6 - - + 1,0
Équipements de chauffage,
climatisation et ECS
+ 1,8 + 0,2 + 8,9 + 3,5
Transport Véhicules + 5,8 + 2,7 + 2,0 + 3,2
Industrie Capacités de production + 0,3 - + 0,2 + 0,1
Total + 16,0 + 16,0 + 20,0 + 16,5
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le surplus d?OPEX se concentre lui aussi dans le secteur énergie (tableau 11). Il correspond à
l?augmentation des coûts d?opération et de maintenance qu?implique l?extension du réseau
électrique (+ 2 Md¤/an en 2035 et + 5 Md¤/an à partir de 2045), mais aussi aux coûts de
maintenance et d?opération des capacités supplémentaires de production énergétique :
éolien et photovoltaïque principalement (+ 2,6 Md¤/an à partir de 2050), thermique
décarboné (+ 0,8 Md¤/an) et électrolyse (+ 0,4 Md¤/an). Enfin l?ensemble des activités de
capture, distribution et stockage de carbone contribuent de manière significative au surplus
d?OPEX du secteur énergie (environ + 1 Md¤/an à partir de 2050). Pour le secteur industrie, la
décarbonation n?implique qu?un léger surcoût d?OPEX (+ 0,4 Md¤/an en 2050), tandis qu?elle
est quasi-neutre dans le transport (- 0,1 Md¤/an en 2050).
Tableau 11 : surplus d'OPEX du scénario en budget par rapport au scénario libre
Secteur
Principaux postes de coûts
d?opération (OPEX)
Surplus moyen d?OPEX (Md¤2023/an)
2025-2030 2035-2050 2055-2065 2025-2065
Énergie
Capacités de production - 0,3 + 4,3 + 6,5 + 4,0
Réseaux + 0,3 + 4,3 + 6,0 + 4,0
Stockage du CO2 + 0,1 + 0,6 + 1,0 + 0,6
Stockage de l?énergie - - - -
Transport Véhicules + 0,8 + 0,1 - 0,9 - 0,1
Industrie Capacités de production + 0,1 + 0,2 + 0,4 + 0,3
Total + 1,0 + 9,5 + 13,0 + 8,8
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le scénario en budget réalise d?importantes économies sur les approvisionnements en
énergies primaires fossiles par rapport au scénario libre (tableau 12). Ces économies sont
particulièrement importantes sur les importations de gaz fossile (- 2,5 Md¤2023/an dès 2030, et
plus de - 12 Md¤2023/an à partir de 2050). Elles sont moins marquées pour les produits pétroliers
(- 2,4 Md¤2023/an en moyenne), qui représentent pourtant les trois quarts de la facture
d?importations de fossiles en 2020. En effet, la consommation de ces énergies baisse aussi
beaucoup dans le scénario libre du fait d?une électrification importante du parc de véhicules
roulants, qui s?avère optimale même sans objectif d?abattement sous les hypothèses
technologiques et de prix des fossiles retenues. La décarbonation du système énergétique
conduit in fine à se passer presque intégralement des énergies fossiles, la facture des
importations d?énergies fossiles de la France dans le scénario en budget passant ainsi de
40 Md¤2023 en 2020 à 3 Md¤2023 après l?atteinte de la neutralité carbone.
? 56 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
L?approvisionnement en biomasse, supposé réalisé uniquement à partir de la production
nationale sans recours aux importations, représente un surcoût croissant au cours de la
trajectoire (de + 2,1 Md¤2023/an sur 2025-2030 à + 6,2 Md¤2023/an sur 2055-2065), qui reflète la
mobilisation accrue de cette énergie.
Tableau 12 : surcoût d'approvisionnement en énergies primaires du scénario en budget par
rapport au scénario libre
Énergie primaire
Surcoût d'approvisionnement moyen (Md¤2023/an)
2025-2030 2035-2050 2055-2065 2025-2065
Biomasse + 2,1 + 5,2 + 6,2 + 4,8
Charbon - 0,7 - 1,1 - 1,3 - 1,0
Produits pétroliers - 2,8 - 3,4 - 0,8 - 2,4
Gaz fossile - 2,2 - 9,4 - 13,2 - 9,1
Uranium - 0,0 - 0,1 - 0,0 - 0,1
Total - 3,5 - 8,7 - 9,3 - 7,6
Source : CGDD, modèle TiTAN
6. LA TRANSFORMATION DU SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE
Les résultats présentés dans cette section sont issus d?une modélisation simplifiée du système
énergétique, malgré son niveau de détail, et calculés selon une approche d?optimisation avec
anticipations parfaites. Par construction, ils sont donc optimistes sur les possibilités
d?ajustement du système énergétique et sur la faisabilité des différentes configurations
technologiques. De plus, ces résultats sont dépendants des hypothèses de coûts, de
potentiels, de demandes, qui font l?objet de nombreuses incertitudes. Enfin, ils sont
déterminés sans considérer les externalités hors changement climatique : salubrité des
logements, pollution de l?air, biodiversité? Pour toutes ces raisons, ils ne permettent pas à eux
seuls d?établir une prescription de politique énergétique, mais ils peuvent constituer des
éléments d?aide à la décision.
L?évolution de la consommation totale
La substitution quasi-complète des énergies fossiles est un des principaux traits de l?évolution
de la consommation finale totale dans le scénario en budget. La consommation primaire
(figure 22) de produits pétroliers et celle de charbon baissent dès 2025 et de façon continue,
jusqu?à un niveau quasi-nul à long terme (- 99 % de 2020 à 2050 pour les produits pétroliers et
- 98 % pour le charbon). Des consommations résiduelles subsistent cependant,
respectivement dans le transport aérien et l?industrie (10 TWh/an de pétrole et 2 TWh/an de
charbon en 2050). Le cas du gaz fossile est différent : sa consommation diminue moins
rapidement, et se maintient à un niveau important en 2050 (- 69 % de 2020 à 2050, soit
130 TWh/an résiduels). Elle baisse encore en 2060, à l?atteinte de la neutralité, tout en restant
significative (46 TWh/an résiduels en 2060).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 57 ?
Figure 22 : consommation d'énergie primaire
En TWh/an
Note : la consommation de chaleur de l?environnement n?est pas représentée.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La substitution des énergies fossiles dans la consommation finale est principalement réalisée
par l?électrification (figure 23). La part de l?électricité dans le mix énergétique final passe ainsi
de 25 % en 2020 à 56 % en 2050, et progresse même au-delà grâce à la baisse de la
consommation finale totale. Si la consommation d?électricité est en quasi-stagnation à court-
terme (croissance de + 0,3 %/an en jusqu?en 2030), elle connaît une croissance soutenue de
2030 à 2050 (+ 1,6 %/an en moyenne), avant de se stabiliser.
Figure 23 : consommation d'énergie finale
En TWh/an
Note : pour l?industrie, la consommation finale représentée est celle à usage énergétique seulement, à l?exception de la
filière sidérurgie et de la filière ammoniac pour lesquels la consommation à usage matière de charbon (coke) d?une part,
et celle de gaz naturel et d?hydrogène d?autre part sont prises en comptes.
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 58 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
D?autres vecteurs énergétiques viennent compléter la substitution des énergies fossiles,
notamment pour les usages difficiles à électrifier. Ainsi, la consommation de biocarburants
double presque de 2020 à 2045 (de 44 à 85 TWh/an), portée par tous les modes de transport,
avant de redescendre légèrement jusqu?en 2055 (75 TWh/an) pour rester concentrée dans
l?aérien, le transport maritime international et l?agriculture. La biomasse solide voit sa
consommation augmenter légèrement à court terme (de 85 TWh/an en 2020 à 98 TWh/an en
2030) pour l?industrie et le chauffage des bâtiments, puis diminuer (76 TWh/an en 2050) à
mesure que l?électrification de ces usages progresse et qu?elle est réaffectée vers d?autres
usages à plus haute valeur. Notamment, la production de chaleur de réseau haute
température biosourcée, couplée à de la CCS, permet de capturer du carbone biogénique
pour réaliser des émissions négatives nécessaires au respect de la contrainte carbone 41, tout
en se substituant aux énergies fossiles dans l?industrie et le chauffage des bâtiments. Le gaz
biosourcé reste quant à lui peu mobilisé : sa consommation stagne sur l?essentiel de la
trajectoire (de 9 TWh/an en 2020 à 11 TWh/an en 2050), avant d?augmenter légèrement à
l?atteinte de la neutralité pour se substituer en partie au gaz fossile (23 TWh/an en 2060).
Enfin, l?hydrogène et les carburants synthétiques dérivés émergent progressivement à partir
de 2035, jusqu?à constituer une part significative de la consommation totale (7 % du mix final
en 2050, soit 73 TWh/an, soit). L?hydrogène est d?abord consommé par l?industrie, puis
également par le transport aérien à partir de 2045 grâce à l?apparition de l?avion à hydrogène,
où il s?ajoute aux carburants synthétiques déjà en usage.
Tous vecteurs confondus, la consommation d?énergie finale diminue de façon rapide
(- 374 TWh/an de 2020 à 2030) et soutenue (- 675 TWh/an de 2020 à 2050). Cette réduction
résulte de trois leviers complémentaires : les hypothèses de sobriété sur la demande en
service énergétique, les efforts d?efficacité à vecteur énergétique constant 42 , et la
substitution des énergies fossiles par l?électricité, plus efficace 43. Une grande partie de cette
réduction est spontanée (- 445 TWh/an en 2050, figure 24) car considérée comme rentable
par le modèle, mais la sobriété y contribue également de façon significative (- 197 TWh/an en
2050). La consommation d?énergie primaire diminue également, mais proportionnellement
moins que la consommation finale (respectivement - 33 % et - 38 % de 2020 à 2050). En effet,
la baisse de la consommation primaire induite par l?efficacité énergétique et l?électrification
est mitigée par le déploiement de nouvelles chaînes énergétiques peu efficaces, mais
nécessaires pour la neutralité (notamment hydrogène, carburants synthétiques et carburants
biosourcés).
41 Le facteur d?émission retenu pour la biomasse est nul, ce qui permet d?obtenir des émissions négatives avec les technologies de
BECCS (bio-energy with carbon capture and storage). Cette convention comptable peut ne pas tenir si les prélèvements de
biomasse participent à la dégradation du puits UTCATF, notamment en ce qui concerne la forêt. Cependant, les interactions
entre prélèvement de biomasse et puits UTCATF ne sont pour l?instant pas modélisées dans TiTAN en raison de leur complexité et
du manque de consensus scientifique.
42 L?efficacité énergétique à vecteur énergétique constant correspond par exemple à l?isolation des bâtiments sans changement
d?équipement de chauffage, à la réduction de la consommation des véhicules à type de motorisation donnée et à la réduction de
la consommation d?énergie des équipements industriels à procédé et vecteur énergétique constant.
43 Pour un même usage, le rendement « énergie utile/énergie finale » des appareils électriques est souvent meilleur que celui de
leurs analogues thermiques. Par exemple, les véhicules électriques ont un rendement « de la charge aux roues » de l?ordre de 80-
95 %, contre 20-40 % pour les véhicules thermiques. De même, une chaudière à gaz a un rendement de l?ordre de 80-110 %, contre
près de 300 % pour une pompe à chaleur.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 59 ?
Figure 24 : consommation d'énergie finale selon les projections de demande et la contrainte
carbone
En TWh/an
*Tendanciel : scénario sans contrainte carbone, à mode de vie inchangée et à trajectoire des émissions hors périmètre
TiTAN tendancielle (d?après scénario AME). Étant donné que ce scénario est le résultat de l?optimisation libre du système
énergétique (sans contrainte sur les émissions ou la consommation d?énergie), la réduction de la consommation
correspond au potentiel d?économies d?énergies rentables.
**Baseline : scénario sans contrainte carbone mais avec leviers de sobriété actifs (évolution de la demande cohérente à
l?AMS). L?écart avec le scénario « tendanciel » correspond à l?effet de la sobriété.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La transformation du secteur de production d?énergie
L?évolution de la production d?énergie est en miroir de l?évolution de la consommation : elle
est marquée par une forte augmentation de la production électrique, la quasi-disparition des
énergies fossiles et une mobilisation accrue de la biomasse et des carburants décarbonés.
La production électrique (figure 25) est en quasi-stagnation de 2020 à 2030 (+ 13 TWh/an),
puis connaît un développement important de 2030 à 2050 (+ 294 TWh/an) avant une phase
de plateau. La part du nucléaire dans le mix passe de 72 % en 2020 à 33 % en 2050 et au-delà :
de nouvelles centrales nucléaires entrent en service à partir de 2040 (figure 26) mais sans aller
jusqu?à remplacer complètement le parc historique. Les énergies renouvelables assurent donc
à la fois le remplacement de la production nucléaire non renouvelée et la production
supplémentaire. L?éolien est le plus mobilisé, à la fois sur terre (+ 1,8 GW/an en moyenne de
2020 à 2050) et en mer (+ 1,7 GW/an en moyenne de 2025 à 2050), jusqu?à constituer plus de
40 % de la production en 2050. Le photovoltaïque est mobilisé plus tard (+ 5,3 GW/an de 2035
à 2050) et dans une moindre mesure (15 % de la production en 2050), du fait d?hypothèses
relativement plus pessimistes sur son potentiel 44 . Le reste du mix en 2050 et au-delà
correspond à l?hydroélectrique (7 % en 2050), qui se maintient à son niveau historique, ainsi
que de petites parts de gaz fossile (1,4 % en 2050) et de biogaz (1,0 % en 2050). L?intensité
carbone de l?électricité (cf. annexe 3), déjà très basse en 2020 (33 gCo2e/kWh), est donc
quasiment nulle à terme.
44 Il convient de rappeler que les potentiels des différents moyens de production sont plafonnés de façon étroite tout au long de
la trajectoire. Le mix qui en résulte n?est donc optimal qu?au sein d?un champ restreint des possibles.
? 60 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 25: production totale d'électricité par technologie
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
L?augmentation de la part des énergies renouvelables intermittentes dans le mix électrique a
pour corollaire d?augmenter les besoins de flexibilité. Étant donné que les flexibilités de la
demande ne sont pas modélisées (pas d?effacement, ni de smart-grid ni de vehicle-to-grid) et
que les capacités hydroélectriques et de STEP sont plafonnées à leur niveau historique, la
réponse du modèle est d?augmenter fortement les capacités de production pilotables (de
20 GWe en 2020 à 39 GWe en 2050, figure 26), principalement de thermique à gaz (+ 20 GWe)
et secondairement de thermique à hydrogène (+ 2 GWe). Aucun investissement dans les
batteries n?est réalisé, bien qu?il soit possible. Paradoxalement, la production annuelle des
capacités thermiques pilotables diminue de 2020 à 2050 (38 TWh/an à 16 TWh/an), en dépit
de l?augmentation des capacités. L?analyse de la production journalière indique que l?appel
des centrales thermiques est en effet moins fréquent, mais correspond à des pics de
puissance plus élevés (cf. annexe 3).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 61 ?
Figure 26 : capacités de production électrique
En GW électrique
Lecture : les valeurs correspondent aux capacités disponibles et non aux capacités effectivement en service. Par
exemple, des capacités de centrales au charbon et au fioul sont disponibles jusqu?en 2045, mais sont effectivement hors
service dès 2030 avec des productions inférieures à 0,1 TWh/an.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La capture de CO2 (figure 27) représente des volumes importants dès 2030 (6 MtCO2/an), qui
augmentent rapidement jusqu?en 2050 (31 MtCO2/an). Le CO2 capté vient principalement de
la production d?énergie, en l?occurrence la méthanisation et la production de chaleur de
réseau de haute température biosourcée. La capture d?émissions de procédés industriels n?est
que très peu mobilisée, alors qu?elle est souvent présentée comme un levier pertinent pour la
réduction des émissions industrielles. Ce résultat contre-intuitif peut s?expliquer en
comparant la valeur de l?option « capture de CO2 biogénique dans le secteur énergie +
stockage géologique » à celle de l?option « capture d?émissions de procédés + stockage
géologique ». La première option co-produit de l?énergie et des émissions négatives 45 qui
peuvent annuler les émissions de procédés ; tandis que la deuxième option annule les
émissions de procédés mais sans co-production d?énergie, et semble donc moins intéressante.
Ce résultat peut cependant être interrogée en rappelant que la pertinence économique de la
chaîne CCUS dépend aussi de la dispersion géographique des productions ciblées et de la
taille des unités de production 46, des facteurs dont la modélisation ne tient pas compte ici.
La capture directe de carbone atmosphérique (DAC) est déployée à partir de 2040, jusqu?à
représenter des volumes significatifs en 2050 (7 MtCO2/an), et cela malgré sans coût
énergétique élevé (11 TWh/an de chaleur haute température et 3 TWh/an d?électricité en
2050).
Le CO2 capté est principalement destiné au stockage géologique, et son origine presque
entièrement biogénique ou atmosphérique permet d?obtenir d?importantes émissions
négatives. La consommation du CO2 capté ne représente qu?une part mineure du flux capté
et elle sert uniquement à produire du kérosène synthétique décarboné par combinaison avec
de l?hydrogène vert. Cet usage atteint un pic vers 2040, pour abattre les émissions de
l?aviation en attendant la montée en puissance de l?avion à hydrogène, et diminue ensuite.
45 Sous la convention comptable retenue, le facteur d?émission de la biomasse est nul et les technologies de bioénergie couplées à
la capture et au stockage de CO2 (BECCS) permettent d?obtenir des émissions négatives.
46 CRE (2024)
? 62 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 27 : volumes de CO2 capté et utilisé, par source et par usage
En MtCO2/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
La transformation des secteurs consommateurs d?énergie
Cette partie présente des résultats détaillés pour chaque secteur consommateur d?énergie :
évolution de la consommation d?énergie par usage, principales technologies de
décarbonation mobilisées, efforts d?efficacité énergétique?
Les bâtiments
La consommation d?énergie de chauffage des bâtiments résidentiels (figure 28) est dominée
en 2020 par le gaz fossile (119 TWh/an) et l?électricité (81 TWh/an), avec des parts significatives
de bois (72 TWh/an) et de fioul (44 TWh/an). La consommation de fioul décroît très
rapidement de 2020 à 2030 (- 34 TWh/an), mais ne disparaît qu?après 2040, le modèle
trouvant coût-efficace de maintenir quelques chauffages au fioul dans les logements les mieux
isolés. La consommation de gaz diminue rapidement de 2020 à 2030 (- 34 TWh/an), à la fois
grâce à sa substitution par les PAC et la chaleur de réseau (figure 29), et grâce à des travaux
d?isolation ciblant les logements les plus mal isolés. La consommation de gaz fossile continue
de diminuer (43 TWh/an en 2050) grâce au remplacement des chaudières gaz par des PAC et
par le chauffage urbain. La contrainte sur la part de marché maximum des PAC est levée de
2050 à 2060 sous hypothèse de progrès technologique et économique de la filière, le modèle
choisit alors de s?en servir pour remplacer complètement les dernières chaudières à gaz. Les
chauffages à électricité-joule sont remplacés par des PAC et des chauffages urbains dès 2030
(figure 29), et ont complètement disparu après 2050. La part des logements chauffés au bois
est relativement stable jusqu?en 2050, mais la consommation diminue sous les effets du
progrès technique des chaudières bois et de l?isolation des logements (20 TWh/an en 2050).
La consommation d?énergie de chauffage des bâtiments tertiaires connaît une trajectoire
assez semblable à celle des bâtiments résidentiels, avec une mobilisation légèrement plus
forte de la chaleur de réseau en raison d?un potentiel technico-économique supérieur (plus
grande taille des bâtiments et localisation plus concentrée dans les zones denses).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 63 ?
Figure 28 : consommation finale de chauffage des bâtiments résidentiels
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 29 : parc résidentiel par énergie de chauffage principale
En millions de logements
Lecture : l?énergie « Gaz » correspond ici à un mélange de gaz fossile et de gaz biosourcé.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Les parcs résidentiel et tertiaire connaissent une forte amélioration de leurs performances
énergétiques respectives au cours de la trajectoire (figure 30), mais ils restent relativement
hétérogènes et comportent encore des « passoires thermiques » (étiquettes énergie du DPE
en « F » ou « G ») à long terme. Le modèle choisit de réaliser des travaux d?isolation de 2020 à
2030, avec en moyenne respectivement 131 000 logements/an pour le résidentiel et
30 000 bâtiments/an pour le tertiaire. Ces volumes peuvent sembler modestes, mais du fait
de l?optimisation technico-économique leurs effets sont importants. Les travaux sont en effet
ciblés sur les classes d?isolation « F? » et « E? » 47 et correspondent à des rénovations plus
profondes que celles observées dans le passé (2,3 sauts de classe d?isolation TiTAN en
47 Le modèle distingue la classe d?isolation du bâtiment, indiquée par une lettre suivie d?un prime (X?), et la performance énergétique
globale du bâtiment qui inclut aussi la performance du système de chauffage et correspond au DPE. On approxime l?étiquette
énergie du DPE, avec un biais négatif, selon la règle suivante : on prend « étiquette énergie du DPE = classe d?isolation » pour tous
les systèmes de chauffage, à l?exception du chauffage électricité-Joule, pour lequel on dégrade la classe d?isolation de deux rangs.
Par exemple, un logement de classe d?isolation « C? » correspond à peu près à un logement d?étiquette énergie du DPE « C » lorsqu?il
est équipé d?une chaudière gaz, d?un poêle à bois ou d?une PAC et à un logement d?étiquette énergie du DPE « E » lorsqu?il est
équipé d?un chauffage électricité-joule.
? 64 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
moyenne sur 2020-2030, contre 1,3 en 2020). Les travaux d?isolation cessent complètement
après 2030, l?amélioration de la performance énergétique du parc est ensuite uniquement le
fait des changements d?équipements et du renouvellement des bâtiments par les
constructions et destructions. Ce dernier phénomène, sous l?hypothèse d?une destruction
systématique des bâtiments les plus mal isolés à raison de 1,2 % du parc par an 48, est un
puissant canal d?amélioration des performances thermiques, qui explique le maintien des
« passoires thermiques » dans le parc (figure 30). En effet, en considérant uniquement un
objectif de réduction des émissions, le modèle trouve peu efficace de payer les coûts de
l?isolation des bâtiments « passoires » alors qu?ils peuvent être détruits à terme et remplacés
par des bâtiments neufs très performants.
Figure 30 : composition des parcs résidentiel et tertiaire par étiquette énergie du DPE
(approximation conservative)
En %
Source : CGDD, modèle TiTAN
Les autres usages énergétiques du bâtiment sont déjà largement électrifiés en 2020 (figure 31),
une situation qui s?accentue jusqu?en 2050 (de 145 TWh/an à 160 TWh/an), où le gaz ne joue
plus qu?un rôle résiduel (13 TWh/an). La maîtrise de la demande et le passage à des
équipements plus efficaces (notamment PAC air-air réversibles et chauffe-eau
thermodynamiques (CET)) conduit à une baisse significative de la consommation totale (de
212 TWh/an en 2020 à 179 TWh/an en 2050), malgré l?augmentation de la consommation de
la climatisation.
L'eau chaude sanitaire (ECS) se débarrasse très vite du fioul et plus progressivement du gaz
fossile, au profit de l'électricité (22 TWh/an en 2050) et des réseaux de chaleur (4 TWh/an en
2050). La consommation totale pour l?ECS diminue légèrement grâce à la sobriété et à la
diffusion des CET. La consommation d?électricité pour la climatisation est influencée à la
hausse par la part croissante de logements équipés et la hausse des températures ; et à la
baisse par l?efficacité accrue des équipements (notamment des PAC air-air réversibles) et la
sobriété sur le confort d?été. La combinaison de ces facteurs conduit à une augmentation
plutôt modérée de la consommation de la climatisation, de 14 TWh/an en 2020 à 29 TWh/an
en 2050. La cuisson est quant à elle fortement électrifiée (28 TWh/an). Enfin, la consommation
d?électricité spécifique décroit significativement, de 107 TWh/an en 2020 à 81 TWh/an en
2050, sous l?hypothèse d?une modération des usages et de gains d?efficacité des appareils
électriques domestiques.
48 Cette hypothèse ne tient pas compte de l?impossibilité de destruction pour les bâtiments situés en zone patrimoniale.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 65 ?
Figure 31 : consommation finale des usages énergétiques des bâtiments hors chauffage
(résidentiel et tertiaire confondus)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le transport
La consommation d?énergie du transport de passagers (figure 32) est à terme massivement
électrifiée, les biocarburants jouant plutôt un rôle de transition. L?aérien est en 2050 le seul
poste important de consommation de biocarburants, d?hydrogène et de carburants
synthétiques. La substitution des véhicules thermiques par les électriques participe, avec
l?efficacité énergétique et la sobriété, à une réduction drastique de la consommation finale
du secteur (de 373 TWh/an en 2020 à 115 TWh/an en 2050).
Les voitures constituent de très loin le principal poste de consommation du transport de
passagers. En 2020, elles consomment 245 TWh/an de carburants fossiles, mais dès 2030
l'adoption de carburants biosourcés et de l'électricité s'accélère. En 2050, l'électricité domine
le mix (53 TWh/an), le fossile a disparu et les biocarburants ne font plus que l?appoint. Le
transport collectif routier connaît une trajectoire similaire : initialement très dépendant des
carburants fossiles (8 TWh/an en 2020), il adopte progressivement l'électricité et les
carburants biosourcés. En 2050, l'électricité est la composante principale de son mix
(4 TWh/an), avec le carburant biosourcé et l?hydrogène en appoints. Le transport collectif
ferroviaire est déjà largement électrifié en 2020 (5 TWh/an) et le reste (8 TWh/an en 2050).
Enfin, le transport aérien de passagers (dont international), le deuxième poste de
consommation du secteur, commence à intégrer des carburants biosourcés dès 2030
(6 TWh/an en 2030) et synthétiques à partir de 2040. Sous l?hypothèse de la disponibilité de
l?avion à hydrogène à partir de 2040, il commence à consommer cette énergie entre 2040 et
2050 (33 TWh/an), réduisant drastiquement sa consommation de carburants fossiles à terme
(87 TWh/an en 2020 versus 9 TWh/an en 2050).
? 66 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 32 : consommation finale du transport de passagers, par mode
En TWh/an
Lecture : « 2RM » signifie « deux-roues motorisés », « TC » signifie « transports en commun ».
Source : CGDD, modèle TiTAN
La consommation d?énergie du fret (figure 33) évolue vers un mix largement décarboné,
équilibré entre électricité et biocarburants, avec des situations contrastées selon les modes.
Le transport maritime maintient cependant une consommation significative de gaz fossile à
long terme. La substitution des véhicules thermiques par les électriques participe, avec
l?efficacité énergétique et la sobriété, à une réduction importante de la consommation finale
du secteur (de 248 TWh/an en 2020 à 116 TWh/an en 2050).
Les poids lourds, consommant presque exclusivement des carburants fossiles en 2020
(75 TWh/an), s'électrifient progressivement à partir de 2030 et jusqu?en 2050 (24 TWh/an).
Leur consommation de biocarburants augmente légèrement jusqu?en 2040 (10 TWh/an), ce
qui permet d?abattre des émissions avant que l?électrification monte à pleine puissance. Cette
consommation redescend ensuite à un niveau modeste en 2050 (8 TWh/an), qui correspond
aux trajets longue distance pour lesquels l?autonomie des poids lourds électriques n?est pas
suffisante. Les véhicules utilitaires légers connaissent une évolution similaire, passant d?un mix
dominé par le fossile (98 TWh/an en 2020) à un mix très électrifié (26 TWh/an en 2050). Leur
électrification est plus profonde que celle des poids lourds, en raison de leur usage
préférentiel pour les trajets courte distance pour lesquels l?autonomie des batteries suffit. Le
transport fluvial et maritime (dont international) commence par substituer le gaz fossile au
fioul en 2030, avant d?adopter le carburant biosourcé et l?hydrogène à partir de 2040. Il
consomme encore une quantité importante de gaz fossile en 2050 (11 TWh/an). L?aérien
commence à adopter les carburants biosourcés dès 2030 (0,3 TWh/an), puis les carburants
synthétiques et l'hydrogène, réduisant progressivement la dépendance aux fossiles
(0,5 TWh/an en 2050). Enfin, les engins agricoles commencent à adopter les carburants
biosourcés dès 2030 (4 TWh/an), jusqu?à ne plus consommer que cette énergie en 2050
(25 TWh/an).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 67 ?
Figure 33 : consommation finale du fret, par mode
En TWh/an
Lecture : « 2RM » signifie « deux-roues motorisés », « VUL » signifie « véhicules utilitaires légers ».
Source : CGDD, modèle TiTAN
L?industrie
La consommation finale49 de l?industrie est assez diversifiée en 2020 (figure 34) : gaz fossile
(129 TWh/an), électricité (118 TWh/an) et charbon (75 TWh/an) forment l?essentiel du mix, et
sont complémentés par le fioul (16 TWh/an), la chaleur de réseau (15 TWh/an) et la biomasse
solide (10 TWh/an). Le charbon, très émetteur de CO2, est principalement consommé par la
sidérurgie et les cimenteries. Il est fortement substitué dès 2030 (- 53 TWh/an), par l?électricité
et l?hydrogène dans la sidérurgie et par la biomasse dans les cimenteries. La sidérurgie en
particulier ne consomme plus de charbon en 2050, toute la production étant assurée par des
fours à arc électrique et avec des sources non fossiles de carbone matière. La consommation
totale de gaz fossile diminue fortement dès 2030 (- 34 TWh/an), substituée par la biomasse
solide et la chaleur de réseau ? et secondairement l?électricité ? dans de nombreuses filières,
notamment la pétrochimie (- 9 TWh/an) et autres chimies (- 6 TWh/an), les IAA (- 12 TWh/an)
et les papier-pâtes (- 4 TWh/an). La substitution du gaz fossile se poursuit dans toutes les
filières jusqu?en 2050 (38 TWh/an) et au-delà, en accordant une part de plus en plus
importante à l?électricité (213 TWh/an en 2050). L?hydrogène est consommé en grande
quantité à partir de 2040 (18 TWh/an), principalement par la sidérurgie pour la réduction
directe du minerai de fer, mais aussi par d?autres filières pour les besoins de haute
température (papier-pâtes, verres, etc.). Sa part dans le mix à long terme reste cependant
modeste (28 TWh/an en 2050, soit 8 % du mix).
49 On rappelle que la consommation d?énergie pour des usages non énergétiques n?est pas prise en compte, à l?exception de la
filière acier (consommation de charbon pour carbone matière et de gaz fossile ou hydrogène pour la réduction directe) et de la
filière ammoniac (consommation de gaz fossile ou d?hydrogène comme précurseurs de la molécule).
? 68 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 34 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Malgré les hausses de production qu?impliquent les hypothèses de réindustrialisation sur la
plupart des filières, la consommation finale totale de l?industrie est relativement stable à long
terme (de 367 TWh/an en 2020 à 374 TWh/an en 2050) grâce à des efforts d?efficacité
énergétique. En effet, toutes les filières réduisent significativement leur consommation finale
unitaire (tableau 13). Ces gains d?efficacité de 2020 à 2050 se situent entre 8 % et 11 % pour la
plupart des filières, et dépassent les 15 % dans la sidérurgie, le ciment et l?aluminium.
Tableau 13 : consommation finale unitaire par filière
En MWh/t de produit fini
Filière 2020 2030 2040 2050 2060 Écart 2020-2050
Pétrochimie 10,64 9,98 9,71 9,52 9,42 - 11 %
Aluminium 11,40 8,40 8,88 9,48 9,41 - 17 %
Ammoniac 5,02 5,69 5,23 4,55 4,49 - 10 %
Autres chimies 5,06 4,70 4,42 4,53 4,47 - 11 %
Chlore 4,17 4,70 4,15 3,77 3,72 - 10 %
Sidérurgie 4,56 3,38 3,46 3,65 3,52 - 20 %
Papier-pâtes 3,25 3,07 2,91 2,90 2,87 - 11 %
Verre 2,68 2,80 2,67 2,47 2,44 - 8 %
Équipement 2,52 2,10 2,14 2,27 2,24 - 10 %
Sucre 2,07 2,01 1,86 1,79 1,77 - 14 %
Autres non métalliques 1,36 1,29 1,21 1,24 1,23 - 9 %
Ciment 1,14 0,96 0,97 0,92 0,92 - 19 %
Autres autres (textiles, etc.) 1,04 0,99 0,94 0,93 0,92 - 10 %
Autres métaux primaires 1,06 0,95 0,89 0,95 0,94 - 10 %
Construction 0,74 0,70 0,66 0,67 0,66 - 10 %
Autres IAA 0,30 0,27 0,25 0,26 0,26 - 15 %
Source : CGDD, modèle TiTAN
La décarbonation des vecteurs énergétiques, l?efficacité énergétique et la réduction des
émissions de procédés conduisent à des réductions très importantes des facteurs d?émissions
pour toutes les filières de l?industrie (tableau 14). La décarbonation des vecteurs et l?efficacité
accomplissent la plus grande part de cet effort. Notamment, la chaleur de réseau haute
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 69 ?
température pour l?industrie est entièrement produites par BECCS, ce qui lui confère un
contenu carbone fortement négatif. De plus, les émissions de procédés ne représentent
qu?une faible part des émissions de l?industrie en 202050 (13 MtCO2e d?émissions de procédés
contre 67 MtCO2e d?émissions énergétiques), et sont relativement peu réduites en 2050
(9 MtCO2e/an). L?effort de réduction des émissions de procédés est principalement supporté
par les filières ciment, ammoniac et sidérurgie.
Tableau 14 : facteur d?émissions (énergie + procédés) par filière, nets de la CCS sur site et en
amont
En kgCO2e/t de produit
Filière 2020 2030 2040 2050 2060 Écart 2020-2050
Pétrochimie 2061 1030 337 115 - 152 - 94 %
Aluminium 1910 1233 233 252 112 - 87 %
Sidérurgie 1544 847 506 242 109 - 84 %
Ammoniac 1202 1255 1033 733 200 - 39 %
Autres chimies 1013 354 104 21 -142 - 98 %
Ciment 771 330 331 304 303 - 61 %
Verre 732 609 409 230 168 - 69 %
Sucre 526 188 95 65 12 -88 %
Autres non métalliques 454 361 289 283 217 - 38 %
Papier-pâtes 333 122 - 8 - 91 - 90 - 100 %
Équipement 313 168 64 - 40 - 96 - 100 %
Construction 170 101 59 28 17 - 84 %
Chlore 171 81 41 41 20 - 76 %
Autres autres (textiles, etc.) 149 72 13 - 51 - 70 -100 %
Autres métaux primaires 105 50 22 3 - 1 - 97 %
Autres IAA 40 18 - 3 - 18 - 17 - 100 %
Lecture : les facteurs d?émissions présentés sont nets de la capture et du stockage de carbone réalisés sur le site de
production et pendant la production de l?énergie consommée. L?écart 2020-2050 a été fixé à -100 % lorsque les
émissivités sont négatives en 2050.
Source : CGDD, modèle TiTAN
50 Ce volume d?émissions de procédés peut sembler faible au regard des inventaires nationaux (41 MtCO2e/an en 2018 selon le
CGDD : www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-empreinte-carbone-
ressources/article/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-du-secteur-de-l-industrie-manufacturiere). Le paramétrage du secteur
industrie de TiTAN s?améliorera au fur et à mesure de la publication des plans de transition sectoriels de l?Ademe et de leur
intégration dans le paramétrage.
https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-empreinte-carbone-ressources/article/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-du-secteur-de-l-industrie-manufacturiere
https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-empreinte-carbone-ressources/article/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-du-secteur-de-l-industrie-manufacturiere
? 70 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Conclusion
Les simulations produites avec TiTAN pour la révision de la valeur de l?action pour le climat
montrent que l?atteinte de la neutralité nette des émissions française vers 2050 est
techniquement possible à des coûts raisonnables, sous les hypothèses combinées d?une
sobriété généralisée, d?un renforcement du puits UTCATF par rapport au présent et de la
disponibilité de certaines technologies de rupture (CCS, avion à hydrogène, etc. ). Toutefois,
les variantes produites en relâchant une de ces hypothèses toutes choses égales par ailleurs
montrent que l?atteinte de l?objectif de décarbonation y est très sensible : l?effort nécessaire
devient très intense sous l?hypothèse d?une évolution tendancielle des modes de vie, tandis
qu?une dégradation trop importante du puits UTCATF ou une indisponibilité du stockage
géologique de carbone empêchent le modèle de trouver une solution. Ces résultats
soulignent l?importance pour l?action publique de mobiliser l?ensemble des leviers disponibles
pour atteindre l?objectif de décarbonation que la France s?est fixée. Il s?agit notamment de
soutenir et d?inciter à des modes de vie plus sobres d?une part, ainsi qu?à soutenir le
développement des technologies de rupture, en particulier d?émissions négatives, d?autre
part. Plus généralement, l?optimisation des efforts de décarbonation montre l?importance
d?agir dès aujourd?hui et dans l?ensemble des secteurs, au risque, dans le cas contraire,
d?augmenter significativement le coût de la transition.
La version de TiTAN présentée dans ce document n?est pas définitive. Le modèle et ses
données d?entrée ont vocation à être améliorés en continu, sur des aspects déjà identifiés
comme perfectibles (paramétrage du secteur industrie, réseaux de CO2 et d?H2, flexibilité des
moyens de production, etc.), mais aussi pour répondre aux besoins rencontrés lors des
utilisations futures. Ce travail d?amélioration continue pourra être facilité par la mise en libre
accès intégrale du modèle (code, paramétrage, notices) courant 2025.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 71 ?
ANNEXES
? 72 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
ANNEXE 1 ? STRUCTURE DU MODÈLE TITAN
Tableau 15 : listes des filières du secteur industrie de TiTAN et exemples de voies
technologiques
IGCE/diffus Filière Exemples de voies technologiques
IGCE
Acier
Haut fourneau + Injection de gaz de cokerie +
Augmentation du taux de ferrailles dans le
convertisseur à 30 %
Four à arc électrique + Brûleurs oxyfuel pour le
préchauffage des poches
Aluminium Usine d'aluminium primaire + Efficacité anodes
efficaces + Efficacité fonderie
Ammoniac Voie Haber-Bosch + Capture de carbone
Chlore Vapeur décarbonée
Ciment
Conversion en voie sèche avec précalcinateur + Baisse
du taux de clinker par des argiles calcinées
Papier-pâtes Voie (émissivité -/consommation +)
Pétrochimie Vapocraquage ; Vapocraquage + capture de CO2
Sucre Récupération biogaz
Verre Four électrique + recyclage
Diffus
Équipement Voie (émissivité +/consommation +)
Autres chimies Voie (émissivité -/consommation +)
Autres IAA Voie (émissivité +/consommation -)
Autres métaux primaires Voie (émissivité -/consommation -)
Autres non métalliques ??
Construction ??
Autres autres (textile, etc.) ??
Lecture : l?industrie est décomposée en 16 filières. La finesse du paramétrage varie selon la filière. Les industries grandes
consommatrices d?énergie (IGCE) sont les plus détaillées : pour les filières ciment, acier et aluminium, le paramétrage
inclut une liste de briques technologiques pouvant être combinées.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 73 ?
Figure 35 : schéma simplifié du secteur énergie
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 74 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 36 : schéma simplifié de la construction de la demande d'énergie de chauffage dans
TiTAN
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 75 ?
ANNEXE 2 ? PARAMÉTRAGE
Tableau 16 : panorama des hypothèses de sobriété dans les variantes produites pour la
révision de la valeur de l?action pour le climat
Secteur Champ Variante « avec sobriété » Variante « sans sobriété »
Bâtiment
Chauffage
Part croissante de ménages
« consciencieux » se chauffant moins que
la consigne générale
Part constante
Part décroissante de ménages précaires se
sous-chauffant
Part constante
Température de consigne générale
abaissée de 19 °C à 18,5 °C
Température de consigne
constante
Climatisation
Température de consigne relevée de 22 °C
à 26 °C
Température de consigne
constante
Autres usages
Baisse de la demande individuelle
d?énergie utile pour la cuisson, l?ECS,
l?électricité spécifique
Demande constante
Logement
Croissance ralentie de la part des maisons
individuelles
Croissance tendancielle
Baisse ralentie du nombre moyen
d'habitants par logement
Baisse tendancielle
Transport
Passagers
Report modal vers les mobilités douces et
les transports en commun
Parts modales constantes
Augmentation du taux de remplissage des
véhicules
Taux constant
Croissance modérée de la demande en
mobilité
Croissance forte
Fret
Croissance modérée de la demande en
fret
Croissance forte
Augmentation du taux de remplissage des
véhicules
Taux constant
Report modal des poids lourds vers le fret
ferroviaire et fluvial
Parts modales constantes
Industrie
Toutes filières Hypothèse de réindustrialisation forte idem
Pétrochimie,
aluminium, acier
Augmentation du taux d?incorporation de
matériaux recyclés
Taux constant
Source : CGDD d?après hypothèses de travail DGEC pour la SNBC3.
? 76 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Paramétrage du secteur énergie
Tableau 17 : facteurs d?émission des ressources primaires
Ressource primaire Facteur d?émission à la consommation (kgCO2/kWh)
Charbon 0,374
Pétrole 0,286
Gaz fossile 0,204
Électricité importée 0,325
Biomasse 0,00
Lecture : émissivités calculées avec analyse du cycle de vie (émissions comptées de l'extraction jusqu'à la combustion).
Dans les simulations présentées ici, les émissivités sont supposés fixes dans le temps et ne tiennent donc pas compte
des variations dues aux éventuels changements d?approvisionnements (par exemple : gaz de schiste versus gaz naturel
conventionnel).
Source : Ademe (www.bilans-ges.ademe.fr), calculs CGDD
https://bilans-ges.ademe.fr/
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 77 ?
Tableau 18 : paramètres économiques des principales technologies de production énergétique
Energie produite Technologie
OPEX fixes
(¤2023/MWh produit)
2020 2030 2050
Carburants Raffinage fossile aérien 33 33 33
Raffinage fossile terrestre 30 30 30
Energie produite Technologie
CAPEX
(¤2023/kW amont)
OPEX fixes
(¤2023/kW amont/an) Durée de vie
(en ans)
2020 2030 2050 2020 2030 2050
Carburants Bioraffinage aérien 330 248 248 17 17 17 20
Bioraffinage terrestre 153 129 129 8 8 8 20
Synthèse de carburant aérien 451 451 451 23 23 23 20
Synthèse de carburant terrestre 977 977 977 49 49 49 20
Chaleur de réseau Chaleur biosourcée 491 465 465 21 19 19 25
Chaleur biosourcée + capture CO2 1 258 1 237 1 237 320 312 297 25
Chaleur gaz 145 145 145 3 3 3 25
Chaleur gaz + capture CO2 970 970 970 163 159 152 25
Chaleur géothermique 1 553 1 553 1 553 104 104 104 25
Chaleur de réseau/
électricité
Cogénération biosourcée 2 350 1 898 1 953 47 41 39 30
Cogénération biosourcée + capture CO2 2 808 2 444 2515 346 334 317 30
Cogénération gaz 1 014 956 991 26 26 26 30
Cogénération gaz + capture CO2 1 695 1 662 1 722 186 182 175 30
Électricité Éolienne en mer, flottante [min;max] [4 290 ; 6 249] [3721 ; 5301] [3152 ; 4353] 127 92 58 30
Éolienne en mer, posée [min;max] [3 816 ; 5 459] [2963 ; 4037] [2584 ; 3405] 92 67 41 30
Éolienne terrestre [min;max] [1 121 ; 1 869] [1035 ; 1725] [776 ; 1294] 46 40 29 30
PV au sol [min;max] [430 ; 1 289] [343 ; 1030] [274 ; 823] 13 12 9 30
PV sur toiture [min;max] [1 227 ; 2 722] [997 ; 2205] [779 ; 1710] 23 23 17 30
Thermique biosourcée 1 509 1 370 1 250 26 26 26 30
Thermique biosourcée + capture CO2 1 448 1 428 1 480 28 29 29 30
Thermique gaz 621 642 662 188 185 178 30
Thermique gaz + capture CO2 1 023 1 140 1 233 40 39 39 30
Thermique nucléaire ancien 2 768 2 679 2 679 41 43 46 60
Thermique nucléaire nouveau 6 142 2 695 2 584 48 46 40 60
Géothermique 1 668 1 550 1 618 348 338 319 30
Thermique H2 721 721 721 53 51 52 30
Méthane Méthanation 540 405 225 27 22 11 30
Méthaniseur 897 863 725 20 18 16 30
Méthaniseur + capture CO2 1 306 1 272 1 134 83 81 79 30
Hydrogène Vaporeformage 944 944 944 47 42 40 25
Vaporeformage + capture CO2 1 744 1 412 1 328 52 42 40 25
Électrolyseur 1 150 958 863 35 29 26 25
Lecture : les CAPEX et OPEX sont exprimés en euros par kW amont, qu?on peut diviser par l?efficacité pour passer en
puissance aval. Par exemple, le CAPEX d?une centrale thermique à gaz est de 621 ¤/kW amont en 2020, ce qui correspond
à 621/0,6 = 1 035 ¤/kW électrique. Cette convention implique pour certaines technologies une hausse des CAPEX/OPEX
en puissance amont au cours du temps : il y a une amélioration de l?efficacité à CAPEX/OPEX constants en puissance
aval. Les technologies éoliennes et photovoltaïque sont déclinées en trois catégories chacune, à coûts croissants, pour
tenir compte de l?hétérogénéité des gisements (ex : coûts de raccordement variables, zones de vents ou ensoleillement
moins forts).
Sources : RTE ; base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; hypothèses CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
? 78 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 19 : efficacité des principales technologies de production énergétique
Energie produite Technologie Efficacité
2020 2050
Carburants Raffinage fossile aérien 0,97 0,97
Raffinage fossile terrestre 0,97 0,97
Bioraffinage aérien 0,55 0,7
Bioraffinage terrestre 0,55 0,8
Synthèse de carburant aérien 0,84 0,84
Synthèse de carburant terrestre 0,84 0,84
Chaleur de réseau Chaleur biosourcée 0,9 0,9
Chaleur biosourcée + capture CO2 0,75 0,75
Chaleur gaz 0,9 0,9
Chaleur gaz + capture CO2 0,75 0,75
Chaleur géothermique 1 1
Chaleur de réseau/électricité Cogénération biosourcée 0,65/0,25 0,68/0,26
Cogénération biosourcée + capture CO2 0,54/0,21 0,56/0,22
Cogénération gaz 0,59/0,32 0,62/0,33
Cogénération gaz + capture CO2 0,49/0,26 0,51/0,28
Électricité Éolienne en mer, flottante 1 1
Éolienne en mer, posée 1 1
Éolienne terrestre 1 1
PV au sol 1 1
PV sur toiture 1 1
Thermique biosourcée 0,46 0,49
Thermique biosourcée + capture CO2 0,32 0,39
Thermique gaz 0,6 0,64
Thermique gaz + capture CO2 0,44 0,53
Thermique nucléaire ancien 0,34 0,34
Thermique nucléaire nouveau 0,36 0,4
Géothermique 1 1
Thermique H2 0,57 0,57
Méthane Méthanation 0,78 0,78
Méthaniseur 0,6 0,6
Méthaniseur + capture CO2 0,6 0,6
Hydrogène Vaporeformage 0,76 0,76
Vaporeformage + capture CO2 0,69 0,69
Électrolyseur 0,6 0,64
Lecture : par convention l?efficacité des technologies de production à partir d?énergie primaire renouvelable est fixée à
1. Les deux efficacités pour les technologies de cogénération correspondent respectivement aux rapports de l?énergie
thermique utile et de l?énergie électrique produites sur l?énergie primaire consommée pour le total des deux productions
(leur somme correspond donc à l?efficacité totale du processus de cogénération).
Sources : base de données du modèles JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; RTE ; hypothèses CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 79 ?
Tableau 20 : paramètres technico-économiques des technologies de stockage énergétique
CAPEX
Technologie Unité CAPEX 2030 2050 Efficacité
(cycle complet) Durée de vie (ans)
Batteries ¤2023/kWh 316 213 0,85 12
Pompage STEP ¤2023/kW 932 932 0,81 50
Stockage H2 ¤2023/kW 9 177 4 669 1 40
Source : RTE ; base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; hypothèses CGDD
Figure 37 : facteur de charge quotidien sur l?année utilisée pour le calibrage (année 2019) pour
les technologies concernées
Lecture : le facteur de charge des technologies de production énergétique est supposé égal à 1, sauf pour les éoliennes,
le photovoltaïque, les centrales nucléaires et les barrages. Pour ces technologies, le facteur de charge est paramétré
heure par heure de l?année d?après l?année de référence (2019), puis moyenné sur chaque plage horaire utilisée dans la
modélisation du système électrique. Par exemple, si une seule plage horaire par jour (0h-24h) est utilisée, le facteur de
charge quotidien est la moyenne des facteurs de charge horaire paramétrés pour toutes les heures de la journée. Le
graphique décrit ce facteur de charge quotidien moyen. Si la modélisation est réalisée avec plusieurs plages horaires
(par exemple : 7h-10h ; 10h-19h ; 19h-21h ; 21h-7h), le facteur de charge pour chaque plage est la moyenne des facteurs
de charge horaire sur les heures composant la plage.
Sources : RTE ; www.renewables.ninja/
https://zenodo.org/records/3544900
https://www.renewables.ninja/
? 80 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 38 : facteur de charge horaire sur une journée-type estivale (25/08/2019)
Sources : RTE ; www.renewables.ninja/
Figure 39 : facteur de charge horaire sur une journée-type hivernale (23/01/2019)
Sources : RTE ; www.renewables.ninja
https://www.renewables.ninja/
http://www.renewables.ninja/
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 81 ?
Tableau 21 : paramètres technico-économiques des infrastructures de distribution d?énergie
Énergie distribuée
CAPEX
(M¤2023/MW)
OPEX
(M¤2023/MW)
Efficacité Durée de vie
(ans)
2020 2050
Électricité 1,2 0,05 0,92 0,94 60
Énergie distribuée Zone de densité Type de bâtiment CAPEX
(k¤2023/bâtiment raccordé)
OPEX
(k¤2023/bâtiment raccordé)
Efficacité Durée de vie
(ans)
2020 2050
Gaz de réseau urbaine MI 5,8 0,2
0,98 0,98 25
HC 11,5 0,5
HLM 28,8 1,2
Tertiaire 11,5 0,5
périurbaine MI 17,3 0,7
HC 34,5 1,4
HLM 86,3 3,5
Tertiaire 34,5 1,4
rurale MI 575,0 23,0
HC 1 150,0 46,0
HLM 2 875,0 115,0
Tertiaire 1 150,0 46,0
Gaz en vrac toutes MI 1,8
0,98 0,98 25
HC 3,0
HLM 3,6
Tertiaire 3,6
Chaleur moyenne
température
urbaine MI 16,3 0,1
0,83 0,83 25
HC 24,8 0,4
HLM 42,5 1,0
Tertiaire 25,7 0,4
périurbaine MI 39,1 0,1
HC 59,5 0,6
HLM 102,0 1,6
Tertiaire 61,7 0,6
rurale MI 391,3 1,0
HC 595,3 5,3
HLM 1 019,7 14,3
Tertiaire 617,1 5,8
Froid urbaine HLM 135,7 1,6
0,79 0,83 25
HC 72,0 0,6
MI 41,4 0,1
Tertiaire 75,3 0,6
périurbaine MI 414,4 14,3
HC 720,4 5,3
HLM 1 357,1 1,0
Tertiaire 753,1 5,8
rurale
MI 17,3 1,0
HC 30,0 0,4
HLM 56,5 0,1
Tertiaire 31,4 0,4
Lecture : le réseau électrique est compté de façon homogène, sans distinguer le transport de la distribution et sans
distinguer de zone de densité. Les réseaux de distribution de gaz, de chaleur et de froid vers les bâtiments résidentiels
et tertiaires sont comptés en nombre de bâtiments raccordés, et distingués par la zone de densité et le type de bâtiment
raccordé (MI : maison individuelle ; HC : habitat collectif de 10 logements ; HLM : habitat collectif de 30 logements). Les
réseaux desservant les infrastructures industrielles ne sont pas représentés (hors électricité).
Source : RTE ; hypothèses CGDD
? 82 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 40 : courbe de coût marginal de la biomasse primaire
En ¤2023/MWh et TWh d?énergie primaire/an
Lecture : les gisements de biomasse primaire sont considérés comme un réservoir homogène disponible pour tous les
usages énergétiques, à l?exception d?un petit volume disponible uniquement pour la méthanisation (19 TWh/an à
5,8 ¤2023/MWh) et d?un volume disponible uniquement pour le chauffage dans les maisons individuelles (59 TWh/an à
5,8 ¤2023/MWh).
Source : SDES pour les premières tranches (jusqu?à 180 TWh/an) ; stratégie nationale de mobilisation de la biomasse et
hypothèses CGDD pour les suivantes.
Paramétrage du secteur bâtiment
Tableau 22 : paramètres technico-économiques des bâtiments-types
Type de
bâtiment Description Nombre de
logements
Surface par
logement
(m² habitable)
CAPEX de
construction
(k¤2023/bâtiment)
Durée
d'amortissement des
travaux de
construction et
d'isolation (ans)
MI maison individuelle 1 1 134
30
HC habitat collectif, immeuble de taille
modérée
10 68 814
HLM
habitat collectif, immeuble de grande
taille 30 60 2 156
Tertiaire bâtiment tertiaire 1 665 797
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; calculs CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 83 ?
Tableau 23 : paramètres technico-économiques des équipements des bâtiments
Technologie Type de bâtiment CAPEX
(k¤2023/bâtiment équipé)
Efficacité
chauffage
Efficacité
climatisation
Efficacité ECS Durée de vie (ans)
Chauffage joule MI 2,6-5,4
1 15
HC 13,4-29,5
HLM 35,6-78,3
Tertiaire 13,7-30
Chaudière gaz MI 2,4-4,9
0,96 20
HC 12,3-27,2
HLM 32,8-72
Tertiaire 12,6-27,6
Chaudière bois MI 5,4-11,3
0,85 15
HC 28,1-61,8
HLM 74,5-163,7
Tertiaire 28,6-62,8
Chaleur de réseau MI 3-5,9
0,95 0,95 20
HC 17-33,4
HLM 43,5-87
Tertiaire 16-32,7
PAC air-air MI 10,1-20,9
3 3 20
HC 64,6-77
HLM 136-168,9
Tertiaire 64,8-77,4
PAC air-eau MI 19,1-37
2,4 2,4 15
HC 123,1-143,8
HLM 258,3-313
Tertiaire 121,9-142,9
PAC géothermique MI 17,9-34,7
3,8 3,8 20
HC 115,5-134,8
HLM 242,2-293,5
Tertiaire 114,3-134
Climatiseur MI 1,2-2,5
3 15
HC 6,4-14
HLM 16,9-37,3
Tertiaire 6,5-14,3
Froid de réseau MI 0,8-1,8
0,95 20
HC 4,5-10
HLM 12,1-26,6
Tertiaire 4,6-10,2
Chauffe-eau thermodynamique MI 2,4
2,4 15
HC 20,8
HLM 45,4
Tertiaire 13,2
Chauffe-eau joule MI 0,2
1 15
HC 1,9
HLM 4,1
Tertiaire 1,2
Chauffe-eau gaz MI 0,2
0,8 15
HC 2,1
HLM 4,7
Tertiaire 1,4
Lecture : les CAPEX des équipements sont déclinés par type de bâtiment équipé (MI : maison individuelle ; HC : habitat
collectif de 10 logements ; HLM : habitat collectif de 30 logements) et par classe d?isolation du logement (il faut un
équipement plus puissant et donc plus coûteux pour un logement moins bien isolé). Par exemple, une maison neuve
peut se chauffer avec une chaudière gaz ne coûtant que 2 400 ¤, tandis qu?une maison similaire mais de la pire classe
d?isolation devra s?équiper d?une chaudière gaz plus puissante coûtant 4 900 ¤.
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; hypothèses CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
? 84 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 24 : paramètres de coût des travaux d?isolation (CAPEX, k¤2023/bâtiment)
Type de bâtiment Classe après travaux Classe avant travaux
C' D' E' F' G'
MI
B' 25,4 27,3 29,7 34,4 40,9
C' 15,7 18,1 22,8 29,3
D' 11,3 16,0 22,5
E' 11,2 17,7
F' 12,9
HC
B' 186,3 199,4 214,3 242,5 294,4
C' 96,8 111,8 140,0 191,9
D' 61,2 89,4 141,2
E' 59,4 111,3
F' 83,2
HLM
B' 493,0 527,7 567,3 641,9 779,2
C' 256,4 296,0 370,5 507,8
D' 162,0 236,5 373,9
E' 157,3 294,7
F' 220,2
Tertiaire
B' 182,1 195,0 209,6 237,1 287,9
C' 94,7 109,3 136,9 187,6
D' 59,8 87,4 138,1
E' 58,1 108,9
F' 81,3
Lecture : les coûts des travaux dépendent des classes d?isolation avant et après travaux ainsi que du type de bâtiment
(MI : maison individuelle ; HC : habitat collectif de 10 logements ; HLM : habitat collectif de 30 logements).
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; calculs CGDD
Figure 41 : coût des travaux d?isolation des maisons individuelles
Lecture : les travaux d?isolation ont un coût croissant et convexe en le nombre de classe gagnées. De plus, il est toujours
plus coûteux d?atteindre une classe donnée en plusieurs étapes qu?en une seule.
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; calculs CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
https://zenodo.org/records/3544900
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 85 ?
Paramétrage du secteur transport
Tableau 25 : paramètres technico-économiques des véhicules de transport de passagers
Technologie Type de
distance
Classes de consommation 1-5 Classes de consommation 6-7
OPEX
(k¤2023/
véhicule)
Kilométrage
annuel
(km/véhicule/
an)
Taux de
remplissage
2019
(passager/
véhicule)
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
(kWh/100 km)
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
(kWh/100 km)
Durée de vie
(ans)
2030 2050
Énergie
principale
(électricité si
hybride)
2030 2050
Énergie principale
(électricité si
hybride)
Bus essence
CD
317 - 402 317 - 359 333 - 200 433 - 463 371 - 382 166 - 133 15,9
45 000 18,4
15
Bus électrique 369 - 468 333 - 377 115 - 99 504 - 540 389 - 402 95,8 - 92 12,7 15
Bus gaz 345 - 430 345 - 387 418,4 - 251 460 - 491 398 - 410 209 - 167 51,8 15
Bus hybride non
rechargeable
337 - 344 337 - 344 221- 198 347 - 352 347 - 352 191,4 - 184,4 16,9 15
Bus hybride
rechargeable 362 - 369 342 - 348
44,3 - 39,7
(92 - 79,7) 372 - 378 352 - 357
38,3 - 36,9
(76,7 - 73,6) 18,1 15
Bus pile H2 446 - 487 363 - 378 297 - 217 524 - 561 390 - 403 198 - 178,2 12,7 15
Métro 11 500 11 500 800 500 60 000 150 40
Train diesel 5 750 5 750 3195 250
65 000 130
30
Train électrique 8 049 8 049 1000 200 30
Tramway 2 300 2 300 400 100 45 000 30 40
2RM essence 6,9 6,9 40,2 0,3
5 000 1 10
2RM électrique 9,5 8,2 5,7 0,2
Vélo électrique 0,8 0,0 2 500 1 10
VP essence/diesel
CD et LD
23 - 27 23 - 27 56 - 34,1 57 - 102 57 - 102 30,1 - 26,1 1,2
CD : 11 870
LD : 14 525
1,62
15
VP électrique 27 - 30 24 - 27 15 - 13 71 - 148 64 - 134 12,5 - 12 0,9 15
VP gaz 24 - 27 24 - 27 59,2 - 35,5 59 - 122 59 - 122 29,6 - 23,7 3,7 15
VP pile H2 41 - 44 32 - 34 31,2 - 22,9 103 - 214 79 - 164 20,8 - 18,7 0,9 15
VP hybride non
rechargeable 25 - 30 25 - 30 84,9 - 51 54 - 81 54 - 81 42,5 - 34 1,3 15
VP hybride
rechargeable 41 - 44 32 - 34
CD : 8,5 ? 5,1
(12,0 ? 10,4)
103 - 214 79 - 164
CD : 4,2 ? 3,4
(10,0 ? 9,6)
0,8 15
LD : 34,0 ? 20,4
(3,0 ? 2,6)
LD : 17,0 ? 13,6
(2,5 ? 2,4)
Car essence
LD
339 - 429 339 - 390 240 - 144 491 - 552 420 - 450 120 - 96 17,0
34 000 18,4
15
Car électrique 458 - 579 376 - 433 115 - 99,7 663 - 746 466 - 499 95 - 92 13,6 15
Car gaz 345 - 430 345 - 387 418 - 251 460 - 491 398 - 410 209 - 167 51,8 15
Car hybride non
rechargeable 370 - 446 370 - 419 278 - 167 498 - 550 447 - 475 139 - 111 18,5 15
Car hybride
rechargeable
439 - 530 439 - 497 223 - 133
(23 - 19,9)
591 - 653 531 - 564 111,5 - 89,2
(19,2 - 18,4)
22,0 15
Car pile H2 hydrogène 479 - 565 389 - 424 219 - 161 646 - 728 456 - 489 146 - 131 13,6 15
TGV 31 260 31260 816 1359 295 000 350 25
Train grande ligne
diesel 9 797 9797 1938 490
70 000
30
Train grande ligne
électrique 9 797 9797 1209 392 150 30
Train pile H2 13 718 12 547 1214 392 30
Avion kérosène LD et
interna-
tional
125 502 ?
143 447
125 502 -
143 447
7 959 ? 6 172 149 991 -
166 772
149 057 -
154 667
5 774 - 5 376 5457
200 000 200
30
Avion H2 liquide
166 307 -
206 937
152 723 -
174 608
5 651 - 4 636
250 832 -
294 408
180 219 -
188 073
4 410 - 4 184 4365 30
Lecture : « CD » et « LD » signifient respectivement « courte distance » et « longue distance », « VP » signifie « véhicule particulier » et
désigne les voitures. La plupart des véhicules sont déclinés en plusieurs classes de consommation décroissante et de CAPEX croissant,
numérotées de 1 à 7. Les classes 1 à 5 correspondent à des niveaux d?efficacité correspondant aux technologies actuelles ou très
proches. Les classes 6 et 7 correspondent à des niveaux d?efficacité beaucoup plus élevés, associés à des coûts très élevés en début de
trajectoire et diminuant fortement au cours du temps. Quand ils sont déclinés par classe, les paramètres sont indiqués pour la classe 1
et 5, ou la classe 6 et 7, en étant séparés par un tiret. Par exemple, le CAPEX d?une voiture électrique en 2030 pour les classes 1 à 5 est
compris entre 27 k¤2023 (classe 1) et 30 k¤2023 (classe 5). Les voitures hybrides rechargeables ont des consommations différenciées
selon qu?elles réalisent des trajets courts ou longs.
Source : : paramétrage du secteur transport pour le "EU Reference Scenario 2020" de la Commission européenne
(www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en) ; hypothèses CGDD
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
? 86 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 26: paramètres technico-économiques des véhicules de fret et agricoles
Technologie Type de distance
Classes de consommation 1 à 5 Classes de consommation 6 à 7
OPEX
(k¤2023/véh
icule)
Kilométrage
annuel
(km/véhicule/
an)
Taux de
remplissage
2019
(tonne/véhicu
le)
Durée de vie
(ans)
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
2030 2050
Énergie principale
(Électricité si
hybride)
2030 2050
Énergie principale
(Électricité si
hybride)
Cyclomoteur essence
CD
2 2 26,5 0,1
5 000 0,023
15
Cyclomoteur gaz 2 2 29,2 0,3 15
Cyclomoteur hybride
non rechargeable 2 2 23,1 0,1 15
Cyclomoteur hybride
rechargeable
2 2 4,6
(3,6)
0,1 15
Cyclomoteur pile H2 3 2 14,9 0,1 15
Cyclomoteur
électrique
3 3 4,5 0,1 15
VUL essence/diesel
CD et LD
22 - 26 22 - 26 70,5 - 42,3 90 - 277 89 - 243 35,2 - 28,2 1,1
CD : 16 000
LD : 16 000 0,17
18
VUL gaz 22 - 27 22 - 27 77,7 - 46,6 48 - 92 48 - 92 38,9 - 31,1 3,4 18
VUL hybride non
rechargeable 24 - 60 24 - 60 61,5 - 36,9 141 - 223 141 - 223 30,7 - 24,6 1,3 18
VUL pile H2 38 - 43 30 - 32 34,4 - 24,6
(3 - 2,8)
164 - 426 121 - 234 4,9 - 19,7
(10,9 - 2,7)
0,9 18
VUL électrique 28 - 36 24 - 31 17 - 14,7 138 - 359 115 - 223 14,2 - 13,6 0,9 18
VUL hybride
rechargeable
26 - 28 24 - 26
CD : 12,3 ? 7,4
(13,6 ? 11,8) 30 - 71 27 - 68
CD : 6,1 ? 4,9
(11,3 ? 10,9) 1,6 18
LD : 49,2 ? 29,5
(3,4 ? 2,9)
LD : 24,6 ? 19,7
(2,8 ? 2,7)
Navire fluvial diesel
LD
8067 8067 6207,5 80,7
14 395 425
35
Navire fluvial gaz 12135 12135 85 121,4 35
Navire fluvial H2 18989 14809 3497 80,7 35
Poids lourd
essence/diesel
LD
119 - 190 119 - 181 241 - 144 244 - 298 229 - 277 120 - 96 6,0
100 000 8,29
20
Poids lourd gaz 155 - 225 155 - 217 212 ? 127 280 - 334 265 - 312 106 - 85 23,3 20
Poids lourd hybride
non rechargeable
130 - 155 126 - 150 229 ? 137 172 - 190 167 - 183 114 - 91 6,8 20
Poids lourd hybride
rechargeable 140 - 153 127 - 138
183 ? 110
(26,0 ? 22,5) 161 - 383 145 - 357
91,8 - 73,4
(21,7 ? 20,8) 8,3 20
Poids lourd
hydrogène
237 - 405 166 - 253 184 ? 135 520 - 636 320 - 386 123 - 110 4,8 20
Poids lourd électrique 209 - 333 166 - 252 130 - 112 428 - 523 318 - 385 108 - 104 4,8 20
Train grande ligne
diesel
LD
10120 10120 12654 101,2
70 000 468
35
Train grande ligne pile
H2
14757 13294 6844 101,2 35
Train grande ligne
électrique
10120 10120 4012 101,2 35
Navire maritime
diesel
International
24724 24724 196647 247
100 000
35
Navire maritime gaz 27601 27601 206413 276 10 000 35
Navire maritime H2 229 229 134059 247 35
Avion kérosène
LD
125502 -
143447
125502 -
143447
4345 ? 3369 149991 -
166772
149057 -
154667
3152 ? 2935 1 255
600 000 8,5
25
Avion hydrogène
166307 -
206937
152723 -
174608
3085 - 2531
250832 -
294408
180219 -
188073
2407 - 2284 1 255 25
Tracteur biodiesel
Agriculture
117 117 181 6,0
10 000 1
15
Tracteur diesel fossile 114 114 182 5,8 15
Lecture : « CD » et « LD » signifient respectivement « courte distance » et « longue distance », « VUL » signifie « véhicule utilitaire
léger ». La plupart des véhicules sont déclinés en plusieurs classes de consommation décroissante et de CAPEX croissant, numérotées
de 1 à 7. Les classes 1 à 5 correspondent à des niveaux d?efficacité correspondant aux technologies actuelles ou très proches. Les classes
6 et 7 correspondent à des niveaux d?efficacité beaucoup plus élevés, associés à des coûts très élevés en début de trajectoire et
diminuant fortement au cours du temps. Quand ils sont déclinés par classe, les paramètres sont indiqués pour la classe 1 et 5, ou la
classe 6 et 7, en étant séparés par un tiret. Par exemple, le CAPEX d?un VUL électrique en 2030 pour les classes 1 à 5 est compris entre
28 k¤2023 (classe 1) et 36 k¤2023 (classe 5). Les VUL hybrides rechargeables ont des consommations différenciées selon qu?ils réalisent
des trajets courts ou longs.
Source : paramétrage du secteur transport pour le "EU Reference Scenario 2020" de la Commission européenne
(www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en) ; hypothèses CGDD
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 87 ?
Tableau 27 : paramètres technico-économiques des infrastructures de transport
Infrastructure Unité
CAPEX
(k¤2023/unité)
OPEX
(k¤2023/an/unité)
Taux d'occupation
(106 véhicules.km/an/unité)
Bornes de recharge électrique CD
infrastructure
0,92 0,05 0,144
Bornes de recharge électrique LD 3,68 0,17 0,144
Station hydrogène CD 1 725 69 18,25
Station hydrogène LD 1 725 69 18,25
Aéroport intranational 460 000 3 450 1,3
Aéroport international 460 000 3 450 2,6
Port 172 500 115 0,8
Réseau métro
km
138 000 0,23 0,19
Réseau tramway 23 000 0,12 0,08
Réseau ferré grandes lignes 13 800 0,12 0,017
Réseau ferré LGV 23 000 0,12 0,077
Lecture : « CD » et « LD » signifient respectivement « courte distance » et « longue distance ».
Source : paramétrage du secteur transport pour le "EU Reference Scenario 2020" de la Commission européenne
(www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en) ; hypothèses CGDD
Paramétrage du secteur industrie
Tableau 28 : liste des usines-type et des briques technologiques de la filière sidérurgie
Type d?usine Étiquette
Four à arc électrique A
Haut fourneau F
Brique technologique Étiquette
Brûleurs oxyfuel pour le préchauffage des poches B
Brûleurs régénératifs C
Capture de CO2 D
Capture de CO2 sur laminage à chaud E
Conversion haut fourneau en four à arc - 100 % minerai de fer pré-réduit au gaz naturel G
Conversion haut fourneau en four à arc - 100 % minerai de fer pré-réduit à l?hydrogène H
Conversion haut fourneau en four à arc - 40 % ferrailles - 60 % minerai de fer pré-réduit au gaz naturel I
Conversion haut fourneau en four à arc - 40 % ferrailles - 60 % minerai de fer pré-réduit à l?hydrogène J
Électrolyse du fer K
Electrowinning L
Augmentation du taux de ferrailles dans le convertisseur à 30 % M
Fours à induction pour le réchauffage N
Combustion H2 pour le réchauffage O
Injection de gaz de cokerie dans haut fourneau P
Pompes à vide pour VOD (Vacuum Oxygen Decarburization) Q
TGR (Top Gas Recycling) sur haut fourneau avec capture de CO2 R
TGR (Top Gas Recycling) sur haut fourneau S
Lecture : les voies technologiques de la filière sidérurgie sont construites en combinant une usine-type (haut fourneau ou four à
arc) avec une ou plusieurs briques technologiques. Les briques peuvent affecter les coûts, la consommation énergétique, le
facteur d?émission de procédés et le taux de capture des émissions de CO2. Les briques ne sont disponibles qu?à partir d?une
certaine date, et certaines ne sont pas compatibles entre elles.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie de l'acier en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-
9791029722950.html) ; retraitement CGDD
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
? 88 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 29 : paramètres technico-économiques de la filière sidérurgie
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX
variable
(M¤2023/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé
brutes (tCO2e/t)
Taux de capture
des émissions de
procédé
Date
d'apparition
A 240 24 270 2,235 0,072 - 2000
A+B 246 25 270 1,920 0,066 - 2025
A+B+Q 257 26 270 1,880 0,064 - 2025
A+C 248 25 270 1,875 0,042 - 2025
A+C+Q 260 26 270 1,835 0,040 - 2025
A+K 799 80 120 4,477 0,072 - 2035
A+L 1 408 141 120 4,777 - - 2035
A+N 740 74 270 2,085 - - 2025
A+N+Q 751 75 270 2,045 - - 2025
A+O 270 27 270 2,235 - - 2025
A+O+Q 281 28 270 2,195 - - 2025
A+Q 251 25 270 2,195 0,070 - 2025
F 284 28 194 5,543 0,086 - 2000
F+E 300 30 194 5,584 - - 2035
F+E+M 319 32 207 4,829 - - 2035
F+G 888 89 285 4,216 0,803 - 2030
F+G+D 994 99 285 4,376 0,302 100 % 2035
F+H 857 86 262 6,808 0,127 - 2030
F+I 730 73 260 2,823 0,511 - 2030
F+I+D 791 79 260 2,914 0,227 100 % 2035
F+J 720 72 246 4,303 0,127 - 2030
F+M 303 30 207 4,788 0,088 - 2025
F+P 289 29 194 4,986 0,087 - 2025
F+P+E 305 30 194 5,028 - - 2035
F+P+E+M 324 32 207 4,347 - - 2035
F+P+M 308 31 207 4,305 0,089 - 2025
F+R 434 43 194 4,864 0,086 100 % 2035
F+R+E 450 45 194 4,906 - - 2035
F+R+E+M 469 47 207 4,150 - - 2035
F+R+M 453 45 207 4,109 0,088 100 % 2035
F+S 394 39 194 4,636 0,145 - 2025
F+S+E 410 41 194 4,678 0,043 - 2035
F+S+E+M 429 43 207 3,772 0,046 - 2035
F+S+M 413 41 207 3,730 0,149 - 2025
Lecture : les infrastructures de production industrielle sont comptées en capacités de production (Mt de produit fini/an). La
durée de vie de toutes les infrastructures sidérurgiques est de 20 ans. Les OPEX sont pour partie fixes (proportionnels aux
capacités installées), pour partie variables (proportionnels à la production). Les voies technologiques sont indiquées en
combinant les étiquettes d?une usine-type et d?une ou plusieurs briques technologiques. Par exemple, la voie « F+G+D » désigne
un haut fourneau converti en four à arc, utilisant du minerai de fer réduit au gaz naturel et couplé à de la capture de CO2.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie de l'acier en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-
9791029722950.html) ; retraitement CGDD
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 89 ?
Tableau 30 : liste des usines-type et des briques technologiques de la filière ciment
Type d?usine Étiquette
Cimenterie C
Brique technologique Étiquette
Baisse du taux de clinker par des argiles calcinées - 78 %-> 50 % A
Baisse du taux de clinker par du laitier de haut fourneau - 78 %-> 68 % B
Conversion en voie sèche avec précalcinateur D
Liant alcali activé au laitier E
Liant alcali activé aux argiles F
Air de combustion enrichi en oxygène G
Capture du CO2 postcombustion par boucle de calcium H
Capture du CO2 postcombustion par solvant MOA I
Substitution combustibles fossiles par biomasse ou CSR - 25 % J
Substitution combustibles fossiles par biomasse ou CSR - 40 % K
Substitution combustibles fossiles par biomasse ou CSR - 80 % L
Lecture : les voies technologiques de la filière sidérurgie sont construites en combinant une usine-type (cimenterie) avec une ou
plusieurs briques technologiques. Les briques peuvent affecter les coûts, la consommation énergétique, le facteur d?émission
de procédés et le taux de capture des émissions de CO2. Les briques ne sont disponibles qu?à partir d?une certaine date, et
certaines ne sont pas compatibles entre elles.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie cimentière en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-
9791029718212.html) ; retraitement CGDD
Tableau 31 : paramètres technico-économiques de la filière ciment
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX variable
(M¤/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé brutes
(tCO2e/t)
Taux de capture des
émissions de procédé Date d'apparition
C 160 16 14 1,250 0,410 - 2000
C+A 185 19 17 1,237 0,263 - 2030
C+B 161 16 20 1,165 0,357 - 2030
C+A+G 188 19 17 1,225 0,263 - 2030
C+B+G 164 16 20 1,154 0,357 - 2030
C+A+H 612 61 17 3,408 0,263 - 78 % 2035
C+B+H 588 59 20 3,336 0,357 - 57 % 2035
C+A+I 612 61 17 1,995 0,263 - 100 % 2035
C+A+G+H 616 62 17 3,395 0,263 - 78 % 2035
C+B+G+H 592 59 20 3,325 0,357 - 57 % 2035
C+A+G+I 616 62 17 1,982 0,263 - 100 % 2035
C+B+G+I 592 59 20 1,912 0,357 - 100 % 2035
C+B+I 588 59 20 1,923 0,357 - 100 % 2035
C+D 160 16 14 1,153 0,410 - 2000
C+D+A 185 19 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+A+G 188 19 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+A+G+H 616 62 17 3,301 0,263 - 78 % 2035
C+D+A+G+I 616 62 17 1,888 0,263 - 100 % 2035
C+D+A+H 612 61 17 3,311 0,263 - 78 % 2035
C+D+A+I 612 61 17 1,898 0,263 - 100 % 2035
C+D+B 161 16 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+B+G 164 16 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+B+G+H 592 59 20 3,236 0,357 - 57 % 2035
C+D+B+G+I 592 59 20 1,824 0,357 - 100 % 2035
C+D+B+H 588 59 20 3,245 0,357 - 57 % 2035
C+D+B+I 588 59 20 1,832 0,357 - 100 % 2035
C+D+G 163 16 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+G+H 591 59 14 3,313 0,410 - 50 % 2035
C+D+G+I 591 59 14 1,901 0,410 - 100 % 2035
C+D+H 587 59 14 3,323 0,410 - 50 % 2035
C+D+I 587 59 14 1,910 0,410 - 100 % 2035
C+D+J 168 17 14 1,153 0,410 - 2025
C+D+J+A 193 19 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+J+A+G 197 20 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+J+A+G+H 624 62 17 3,848 0,263 - 78 % 2035
C+D+J+A+G+I 624 62 17 2,049 0,263 - 100 % 2035
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
? 90 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX variable
(M¤/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé brutes
(tCO2e/t)
Taux de capture des
émissions de procédé
Date d'apparition
C+D+J+A+H 621 62 17 3,858 0,263 - 78 % 2035
C+D+J+A+I 621 62 17 2,059 0,263 - 100 % 2035
C+D+J+B 169 17 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+J+B+G 173 17 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+J+B+G+H 600 60 20 3,783 0,357 - 57 % 2035
C+D+J+B+G+I 600 60 20 1,985 0,357 - 100 % 2035
C+D+J+B+H 597 60 20 3,792 0,357 - 57 % 2035
C+D+J+B+I 597 60 20 1,993 0,357 - 100 % 2035
C+D+J+G 172 17 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+J+G+H 599 60 14 3,860 0,410 - 50 % 2035
C+D+J+G+I 599 60 14 2,061 0,410 - 100 % 2035
C+D+J+H 596 60 14 3,870 0,410 - 50 % 2035
C+D+J+I 596 60 14 2,071 0,410 - 100 % 2035
C+D+K 177 18 14 1,153 0,410 - 2025
C+D+K+A 202 20 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+K+A+G 205 21 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+K+A+G+H 632 63 17 4,176 0,263 - 78 % 2035
C+D+K+A+G+I 632 63 17 2,146 0,263 - 100 % 2035
C+D+K+A+H 629 63 17 4,186 0,263 - 78 % 2035
C+D+K+A+I 629 63 17 2,156 0,263 - 100 % 2035
C+D+K+B 178 18 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+K+B+G 181 18 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+K+B+G+H 608 61 20 4,111 0,357 - 57 % 2035
C+D+K+B+G+I 608 61 20 2,081 0,357 - 100 % 2035
C+D+K+B+H 605 61 20 4,120 0,357 - 57 % 2035
C+D+K+B+I 605 61 20 2,090 0,357 - 100 % 2035
C+D+K+G 180 18 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+K+G+H 607 61 14 4,188 0,410 - 50 % 2035
C+D+K+G+I 607 61 14 2,158 0,410 - 100 % 2035
C+D+K+H 604 60 14 4,198 0,410 - 50 % 2035
C+D+K+I 604 60 14 2,168 0,410 - 100 % 2035
C+D+L 185 19 14 1,153 0,410 - 2030
C+D+L+A 210 21 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+L+A+G 213 21 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+L+A+G+H 641 64 17 5,050 0,263 - 78 % 2035
C+D+L+A+G+I 641 64 17 2,403 0,263 - 100 % 2035
C+D+L+A+H 637 64 17 5,060 0,263 - 78 % 2035
C+D+L+A+I 637 64 17 2,413 0,263 - 100 % 2035
C+D+L+B 186 19 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+L+B+G 189 19 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+L+B+G+H 617 62 20 4,986 0,357 - 57 % 2035
C+D+L+B+G+I 617 62 20 2,338 0,357 - 100 % 2035
C+D+L+B+H 613 61 20 4,994 0,357 - 57 % 2035
C+D+L+B+I 613 61 20 2,347 0,357 - 100 % 2035
C+D+L+G 188 19 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+L+G+H 616 62 14 5,063 0,410 - 50 % 2035
C+D+L+G+I 616 62 14 2,415 0,410 - 100 % 2035
C+D+L+H 612 61 14 5,072 0,410 - 50 % 2035
C+D+L+I 612 61 14 2,425 0,410 - 100 % 2035
C+E 248 25 58 0,140 0,232 - 2025
C+F 248 25 31 0,140 0,316 - 2025
C+G 163 16 14 1,238 0,410 - 2030
C+G+H 591 59 14 3,408 0,410 - 50 % 2035
C+G+I 591 59 14 1,995 0,410 - 100 % 2035
C+H 587 59 14 3,421 0,410 - 50 % 2035
C+I 587 59 14 2,008 0,410 - 100 % 2035
C+J 168 17 14 1,250 0,410 - 2025
C+J+A 193 19 17 1,237 0,263 - 2030
C+J+A+G 197 20 17 1,225 0,263 - 2030
C+J+A+G+H 624 62 17 3,942 0,263 - 78 % 2035
C+J+A+G+I 624 62 17 2,143 0,263 - 100 % 2035
C+J+A+H 621 62 17 3,954 0,263 - 78 % 2035
C+J+A+I 621 62 17 2,156 0,263 - 100 % 2035
C+J+B 169 17 20 1,165 0,357 - 2030
C+J+B+G 173 17 20 1,154 0,357 - 2030
C+J+B+G+H 600 60 20 3,871 0,357 - 57 % 2035
C+J+B+G+I 600 60 20 2,073 0,357 - 100 % 2035
C+J+B+H 597 60 20 3,882 0,357 - 57 % 2035
C+J+B+I 597 60 20 2,084 0,357 - 100 % 2035
C+J+G 172 17 14 1,238 0,410 - 2030
C+J+G+H 599 60 14 3,955 0,410 - 50 % 2035
C+J+G+I 599 60 14 2,156 0,410 - 100 % 2035
C+J+H 596 60 14 3,967 0,410 - 50 % 2035
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 91 ?
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX variable
(M¤/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé brutes
(tCO2e/t)
Taux de capture des
émissions de procédé
Date d'apparition
C+J+I 596 60 14 2,169 0,410 - 100 % 2035
C+K 177 18 14 1,250 0,410 - 2025
C+K+A 202 20 17 1,237 0,263 - 2030
C+K+A+G 205 21 17 1,225 0,263 - 2030
C+K+A+G+H 632 63 17 4,270 0,263 - 78 % 2035
C+K+A+G+I 632 63 17 2,240 0,263 - 100 % 2035
C+K+A+H 629 63 17 4,282 0,263 - 78 % 2035
C+K+A+I 629 63 17 2,252 0,263 - 100 % 2035
C+K+B 178 18 20 1,165 0,357 - 2030
C+K+B+G 181 18 20 1,154 0,357 - 2030
C+K+B+G+H 608 61 20 4,199 0,357 - 57 % 2035
C+K+B+G+I 608 61 20 2,169 0,357 - 100 % 2035
C+K+B+H 605 61 20 4,210 0,357 - 57 % 2035
C+K+B+I 605 61 20 2,180 0,357 - 100 % 2035
C+K+G 180 18 14 1,238 0,410 - 2030
C+K+G+H 607 61 14 4,283 0,410 - 50 % 2035
C+K+G+I 607 61 14 2,253 0,410 - 100 % 2035
C+K+H 604 60 14 4,295 0,410 - 50 % 2035
C+K+I 604 60 14 2,265 0,410 - 100 % 2035
C+L 185 19 14 1,250 0,410 - 2030
C+L+A 210 21 17 1,237 0,263 - 2030
C+L+A+G 213 21 17 1,225 0,263 - 2030
C+L+A+G+H 641 64 17 5,145 0,263 - 78 % 2035
C+L+A+G+I 641 64 17 2,497 0,263 - 100 % 2035
C+L+A+H 637 64 17 5,157 0,263 - 78 % 2035
C+L+A+I 637 64 17 2,510 0,263 - 100 % 2035
C+L+B 186 19 20 1,165 0,357 - 2030
C+L+B+G 189 19 20 1,154 0,357 - 2030
C+L+B+G+H 617 62 20 5,074 0,357 - 57 % 2035
C+L+B+G+I 617 62 20 2,427 0,357 - 100 % 2035
C+L+B+H 613 61 20 5,085 0,357 - 57 % 2035
C+L+B+I 613 61 20 2,438 0,357 - 100 % 2035
C+L+G 188 19 14 1,238 0,410 - 2030
C+L+G+H 616 62 14 5,158 0,410 - 50 % 2035
C+L+G+I 616 62 14 2,510 0,410 - 100 % 2035
C+L+H 612 61 14 5,170 0,410 - 50 % 2035
C+L+I 612 61 14 2,523 0,410 - 100 % 2035
Lecture : les infrastructures de production industrielle sont comptées en capacités de production (Mt de produit fini/an). La
durée de vie de toutes les infrastructures cimentières est de 20 ans. Les OPEX sont pour partie fixes (proportionnels aux
capacités installées), pour partie variables (proportionnels à la production). Les voies technologiques sont indiquées en
combinant les étiquettes d?une usine-type et d?une ou plusieurs briques technologiques. Par exemple, la voie « C+A+G » désigne
une cimenterie utilisant un mélange dont le taux de clinker est abaissé de 78 % à 50 % grâce à l?incorporation d?argiles calcinées
et avec un air de combustion enrichi en oxygène.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie cimentière en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-
9791029718212.html) ; retraitement CGDD
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
? 92 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
ANNEXE 3 ?RÉSULTATS COMPLÉMENTAIRES
Figure 42 : production journalière d?électricité des capacités pilotables en 2020 et 2050
En GWh/jour
Lecture : les appels aux capacités électriques pilotables thermiques durent moins en 2050 qu?en 2020 (pics moins larges), mais
ils sont plus puissants (pics plus élevés), ce qui implique une plus grande puissance installée.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 93 ?
Tableau 32 : coût moyen de fourniture (production et distribution) des principales énergies
finales
En ¤2023/MWh
2020 2030 2040 2050 2060
Carburant aérien 76,5 95,6 107,6 84,9 92,2
Carburant terrestre 69,7 89,8 78,2 52,6 53,9
Chaleur de réseau (bâtiment) 102,6 121,2 148,4 170,8 188,5
Chaleur de réseau (industrie) 52,1 86,8 111,9 124,5 138,0
Charbon 8,6 12,8 13,4 15,1 15,9
Électricité 122,5 115,7 107,3 107,4 105,3
Gaz de réseau 31,7 66,8 67,3 71,1 109,3
Granulé 12,4 25,6 39,0 39,4 41,3
H2 190,1 161,9 138,8 127,8
Lecture : le coût de fourniture est calculé de façon analogue à un LCOE. Le coût de l?intrant CO2 dans les hydrocarbures
synthétiques n?est pas pris en compte. Les énergies finales « gaz de réseau », « carburant terrestre » et « carburant
aérien » sont des mélanges en proportions variables de précurseurs fossile, biosourcé et synthétique. Le coût élevé de
la chaleur de réseau s?explique par la mobilisation de technologies BECCS pour sa production, qui sont coûteuses mais
co-produisent des émissions négatives qui ont une grande valeur pour l?ensemble du système.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Tableau 33 : intensité carbone des énergies finales, nette du CCUS
En gCO2e/kWh
2020 2030 2040 2050 2060
Carburant aérien 293,7 270,7 184,6 61,9 61,9
Carburant terrestre 270,1 256,5 125,0 0 0
Chaleur de réseau (bâtiment) 94,7 - 4,8 - 40,2 - 100,2 - 87,6
Chaleur de réseau (industrie) 195,8 - 126,3 - 201,1 - 284,9 - 333,5
Charbon 374,0 374,0 374,0 374,0 374,0
Électricité 33,1 12,6 5,5 6,1 0,9
Gaz de réseau 232,6 222,0 214,4 197,2 53,5
Granulé 0 0 0 0 0
H2 0 0 0 0 0
Lecture : l?intensités carbone présentée est nette de la capture, du stockage et de l?utilisation du CO2 qui ont lieu
pendant la production. Par exemple, la chaleur de réseau pour l?industrie ou le bâtiment a une intensité carbone très
négative à partir de 2030 car elle est produite en très grande partie par des technologies BECCS.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 43 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie, par filière (1)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 94 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 44 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie, par filière (2)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 45 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie, par filière (3)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 95 ?
Figure 46 : production de ciment, par voie technologique
En Mt/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 47 : production d'acier, par voie technologique
En Mt/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 96 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
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Three-ME model: Multi-sector Macroeconomic Model for the Evaluation of Environmental
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? CRE. 2024. « Le captage et la chaîne de valeur du dioxyde de carbone ».
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Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 97 ?
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? 98 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Ademe Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
AIE Agence internationale de l?énergie
AME Avec mesures existantes
AMS Avec mesures supplémentaires
BECCS Bioénergie avec capture et stockage de carbone
CAMS Coût d?abattement marginal du système
CAPEX Coûts d?investissement
CCS Capture et stockage de carbone
CCUS Capture, stockage et utilisation du carbone
CET Chauffe-eau thermodynamique
CGDD Commissariat général au développement durable
DGEC Direction générale de l?énergie et du climat
ECS Eau chaude sanitaire
GES Gaz à effet de serre
IAA Industries agro-alimentaires
IGCE Industries grandes consommatrices d?énergies
OPEX Coûts d?opération
PAC Pompe à chaleur
PNIEC Plan national intégré énergie-climat
PTS Plans de transition sectoriels
SNBC Stratégie nationale bas-carbone
STEP Station de transfert d?énergie par pompage
UTCATF Utilisation des terres, changement d?affectation des terres et forêt
VAC Valeur de l?action pour le climat
ZEN Zéro émissions nettes
Sigles
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 99 ?
Table des matières
Introduction ............................................................................................................................................... 4
Partie 1 - Présentation du modèle TiTAN ............................................................................................ 7
1. TiTAN en bref ...................................................................................................................................... 8
A. Un modèle technico-économique d?optimisation du système énergétique ..................... 8
B. Le choix d?une approche strictement technico-économique .............................................. 9
C. Limites de TiTAN et complémentarité avec d?autres approches .......................................10
2. La structure générale de TiTAN ..................................................................................................... 11
A. Décomposition du système énergétique en secteurs ........................................................... 11
B. Traitement de la dimension temporelle ..................................................................................12
C. Traitement de la dimension spatiale et périmètre géographique ......................................12
D. Comptabilité des émissions .......................................................................................................12
E. Comptabilité des coûts ...............................................................................................................13
F. Comptabilité des stocks de capital ..........................................................................................15
3. Les secteurs modélisés dans TiTAN ............................................................................................. 16
A. Secteur énergie .............................................................................................................................16
B. Secteur transport .........................................................................................................................19
C. Secteur bâtiment ......................................................................................................................... 20
D. Secteur industrie .......................................................................................................................... 22
E. Secteur agriculture ...................................................................................................................... 24
4. La construction de scénarios avec TiTAN .................................................................................. 24
A. La démarche de scénarisation .................................................................................................. 24
B. Les éléments de contexte .......................................................................................................... 25
C. Les hypothèses sur le déploiement des technologies .......................................................... 25
D. Les projections de demande ..................................................................................................... 27
E. Les hypothèses sur les émissions hors périmètre et les puits de carbone ....................... 28
F. L?objectif de réduction des émissions de GES ....................................................................... 29
G. Les objectifs hors émissions de GES ........................................................................................ 30
Partie 2 - Une première application : la contribution de TiTAN à la révision de la valeur de
l?action pour le climat ............................................................................................................................ 31
1. Un cadrage des simulations cohérent avec la SNBC3 .............................................................. 32
A. Un objectif climatique cohérent avec la SNBC3, exprimé en budget pour assurer une
bonne répartition des efforts dans le temps .............................................................................. 33
B. Le cadrage du contexte socio-économique ........................................................................... 35
C. Des potentiels technologiques alignés sur la SNBC3 ........................................................... 39
? 100 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
2. La réduction des émissions de GES .............................................................................................. 40
A. Une réduction des émissions par plusieurs mécanismes ..................................................... 40
B. La trajectoire de réduction des émissions selon la forme de la contrainte carbone .... 42
C. Des réductions d?émissions importantes dans tous les secteurs ....................................... 43
3. Le coût d?abattement marginal du système, un indicateur de l?intensité des efforts de
décarbonation ...................................................................................................................................... 44
4. La sensibilité du coût d?abattement marginal aux hypothèses de contexte ...................... 47
A. La sensibilité aux hypothèses de prix des énergies fossiles ................................................ 47
B. La sensibilité aux hypothèses sur les puits de carbone........................................................ 49
C. La sensibilité aux hypothèses de sobriété ...............................................................................51
D. Synthèse des tests de sensibilité .............................................................................................. 52
5. Les coûts de la décarbonation ...................................................................................................... 53
A. Périmètre des coûts considérés et nécessité d?un contrefactuel ...................................... 53
B. Le coût de la décarbonation est modéré sous les hypothèses retenues. ........................ 53
C. La répartition des coûts de la décarbonation ....................................................................... 54
6. La transformation du système énergétique ............................................................................... 56
A. L?évolution de la consommation totale .................................................................................. 56
B. La transformation du secteur de production d?énergie ...................................................... 59
C. La transformation des secteurs consommateurs d?énergie ................................................ 62
Conclusion ................................................................................................................................................ 70
ANNEXES .................................................................................................................................................. 71
Annexe 1 ? Structure du modèle TiTAN .......................................................................................... 72
Annexe 2 ? Paramétrage ..................................................................................................................... 75
Paramétrage du secteur énergie ............................................................................................... 76
Paramétrage du secteur bâtiment ........................................................................................... 82
Paramétrage du secteur transport ........................................................................................... 85
Paramétrage du secteur industrie ............................................................................................ 87
Annexe 3 ? Résultats complémentaires .......................................................................................... 92
Bibliographie ............................................................................................................................................ 96
Sigles .......................................................................................................................................................... 98
Table des matières .................................................................................................................................. 99
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 101 ?
CGDD, juillet 2025
Coordination éditoriale : Laurianne Courtier
Commissariat général
au développement durable
Service de l?économie verte et solidaire (SEVS)
Sous-direction de l?économie et de l?évaluation
Tour Séquoia ? 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.ecologie.gouv.fr
mailto:diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
http://www.ecologie.gouv.fr/
Résumé
Sommaire
Introduction
Partie 1 Présentation du modèle TiTAN
Partie 2 Une première application :
la contribution de TiTAN à la révision de la
valeur de l?action pour le climat
Conclusion
<<
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/UKR <FEFF04120438043A043E0440043804410442043E043204430439044204350020044604560020043F043004400430043C043504420440043800200434043B044F0020044104420432043E04400435043D043D044F00200434043E043A0443043C0435043D044204560432002000410064006F006200650020005000440046002C0020043F044004380437043D043004470435043D0438044500200434043B044F0020043D0430043404560439043D043E0433043E0020043F0435044004350433043B044F04340443002004560020043404400443043A0443002004340456043B043E04320438044500200434043E043A0443043C0435043D044204560432002E0020042104420432043E04400435043D04560020005000440046002D0434043E043A0443043C0435043D044204380020043C043E0436043D04300020043204560434043A04400438043204300442043800200437043000200434043E043F043E043C043E0433043E044E0020043F0440043E043304400430043C04380020004100630072006F00620061007400200456002000410064006F00620065002000520065006100640065007200200036002E00300020044204300020043F04560437043D04560448043804450020043204350440044104560439002E>
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INVALIDE) (ATTENTION: OPTION tion de TiTAN est fixée de façon exogène comme
expliqué plus haut (de 70 MtCO2e/an en 2020 à 7 MtCO2e/an à partir de 2050), et
permet une réduction de 39 MtCO2e/an en 2050 par rapport à une évolution
tendancielle ;
? Une réduction exogène par la sobriété paramétrée : les leviers de sobriété,
intervenant dans les calculs de la demande présentés plus haut, permettent de
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 41 ?
réduire les émissions d?encore 46 MtCO2e/an à l?horizon 2050, en supposant ici qu?ils
peuvent se déployer indépendamment des investissements optimisés par ailleurs 30 ;
? Le déploiement endogène des technologies de décarbonation : pour respecter la
contrainte carbone et satisfaire la demande, TiTAN déploie la combinaison coût-
optimale des technologies de décarbonation (à hypothèses technologiques et de
demande données). Cette transformation du système énergétique permet en 2050
une réduction supplémentaire de 150 MtCO2e/an si l?objectif ZEN en 2050 est
imposé (approche flux), et de 123 MtCO2e/an si la contrainte carbone prend la forme
d?un budget équivalent sur un horizon plus étalé (approche budget).
Figure 13 : trajectoires d'émissions selon la contrainte carbone, les hypothèses de demande et
les hypothèses d?émissions hors périmètre
En MtCO2e/an
*Tendanciel : scénario sans contrainte carbone, à mode de vie inchangé et à trajectoire des émissions hors périmètre
TiTAN tendancielle (d?après scénario AME). La réduction des émissions sur le périmètre TiTAN correspond au potentiel
de réduction économiquement rentable sans contrainte carbone.
**Baseline : scénario sans contrainte carbone sur le périmètre TiTAN mais avec leviers de sobriété activés (évolution de
la demande cohérente à l?AMS) et réduction des émissions des émissions hors périmètre TiTAN.
Source : CGDD sur la base de données DGEC et des modélisations TiTAN
30 Les effets de la sobriété sur les investissements ne sont pris en compte que partiellement (par exemple, baisse des besoins
d?investissements sur les véhicules particuliers et sur les logements d?un côté et augmentation des besoins sur les infrastructures
de transport). De plus, la réduction des émissions induite par les leviers de sobriété telle que mesurée ici ne tient pas compte des
effets croisés avec les réductions permises par les investissements optimisés par TiTAN.
? 42 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
La trajectoire de réduction des émissions selon la forme de la contrainte carbone
La trajectoire d?émissions qui résulte de l?optimisation de la consommation du budget
carbone diffère légèrement de celle suivant les objectifs intermédiaires de la SNBC (en flux),
bien que les deux correspondent au même niveau d?émissions cumulées. La trajectoire sous
budget carbone apparaît plus ambitieuse à court terme et tend à reculer l?atteinte stricte de
la neutralité, avec néanmoins des émissions résiduelles faibles à l?horizon 2050 où 93 % des
émissions sont abattues par rapport à 2020 (figure 14). L?optimisation de la consommation du
budget carbone conduit ainsi à lisser les efforts dans le temps, en anticipant dès le départ le
coût très élevé des toutes dernières actions à mettre en oeuvre pour atteindre la neutralité
carbone, et dont la faisabilité reste encore incertaine. Ce décalage des efforts vers le court
terme est cependant réalisé sous des hypothèses relativement optimistes sur les capacités
d?ajustement du système énergétique, qui ne tiennent pas compte de toutes les barrières au
déploiement des solutions de décarbonation.
Figure 14 : trajectoire d'émissions dans les scénarios TiTAN en flux et en budget, périmètre
SNBC
En MtCO2e/an
Lecture : le graphique représente les niveaux d?émissions aux différentes dates : dans le scénario où la contrainte est
exprimée comme une trajectoire d?émissions a priori (en bleu, simulation en flux) et dans le scénario où la contrainte est
exprimée en budget (en orange). Dans ce dernier scénario, les niveaux d?émissions à chaque point résultent de
l?optimisation de la consommation du budget des points 2025 à 2060, et une contrainte de flux assure la neutralité des
émissions à partir du point 2065. Les émissions au périmètre TiTAN sont ensuite ajoutées aux hypothèses d?émissions
hors périmètre TiTAN pour obtenir la trajectoire d?émissions au périmètre SNBC. La SNBC3 n?étant pas encore
complètement établie à la date des simulations, la trajectoire d'émissions post-2035 avec contrainte en flux correspond
à une interpolation linéaire entre le point 2035 retenu dans le projet de SNBC3 et la neutralité en 2050.
Sources : CGDD, modèle TiTAN ; DGEC. Calculs CGDD
Par rapport à la trajectoire du scénario en flux, calée sur le projet de SNBC3, la consommation
optimale du budget carbone équivalent se traduit par une baisse des émissions plus rapide à
court terme et plus lente à long terme. Sur le périmètre TiTAN, l?abattement annuel moyen
de 2020 à 2030 est de 14 MtCO2e/an dans le scénario en budget, contre 12 MtCO2e/an dans
celui en flux. En revanche, l?abattement moyen de 2030 à 2050 est de 9 MtCO2e/an en budget
contre 11 MtCO2e/an en flux. Les émissions nationales sont encore de 27 MtCO2e/an en 2050,
dont 14 MtCO2e/an sur le périmètre TiTAN (figure 15).
Ces écarts de répartition des efforts dans les simulations ne signifient ni une remise en cause
des objectifs fixés dans la SNBC3, ni une incompatibilité stricte du scénario en budget avec
ces objectifs. En premier lieu, le modèle a tendance à sous-estimer les contraintes
d?ajustement à court terme et donc à surévaluer les possibilités de réduction des émissions à
court terme. Par conséquent, il tend aussi à surestimer les possibilités de report de la
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 43 ?
neutralité carbone. En second lieu, l?écart d?émissions en 2050 par rapport à l?objectif ZEN
reste délicat à évaluer compte tenu de l?ampleur des incertitudes sur le contexte économique,
social et technologique à cet horizon.
Figure 15 : trajectoires d?émissions de GES par périmètre, scénario en budget
En MtCO2e/an
Source : CGDD, simulations TiTAN et calculs sur données DGEC
Des réductions d?émissions importantes dans tous les secteurs
Sans surprise, le scénario TiTAN en budget montre que tous les secteurs doivent réduire
drastiquement leurs émissions pour atteindre les objectifs climatiques (figure 16). Le rythme
des efforts est relativement homogène entre les secteurs, avec néanmoins certaines
disparités. Ainsi, le secteur bâtiment abat ses émissions à un rythme très régulier (entre 6 %/an
et 8 %/an de 2025 à 2050), comme le secteur industrie (entre 6 %/an et 10 %/an). Le secteur
transport (passagers et fret, hors soutes internationales) est plus lent au démarrage (5,5 %/an
en moyenne jusqu?en 2030), avant d?accélérer fortement et d?être le premier secteur à
atteindre la quasi-neutralité, dès 2045. Quant aux soutes internationales, leurs émissions
stagnent jusqu?en 2035, avant de décroître rapidement grâce aux carburants synthétiques
décarbonés puis à l?avion à hydrogène.
Dans le scénario en budget, les émissions en 2050 s?élèvent encore à 27 MtCO2e/an, dont
14 MtCO2e/an sur le périmètre TiTAN. Elles se partagent entre le secteur du bâtiment
(9 MtCO2e/an), de l?industrie (6 MtCO2e/an), des soutes internationales (4 MtCO2e/an) et du
transport (1 MtCO2e/an). L?atteinte de la neutralité stricte est possible notamment grâce à un
déploiement important des puits technologiques, qui permet au système énergétique
d?afficher un bilan négatif et de de compenser les + 7 MtCO2e/an résiduelles hors périmètre
TiTAN.
? 44 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 16 : répartition sectorielle des émissions sur le périmètre TiTAN, scénario en budget
En MtCO2e/an
Lecture : les émissions liées à la production-distribution d?énergie sont ventilées sur les secteurs aval au prorata de leurs
consommations, le secteur énergie n?apparaît donc pas dans cette décomposition. Les émissions sont présentées nettes
de la CCS.
Source : CGDD, modèle TiTAN
3. LE COÛT D?ABATTEMENT MARGINAL DU SYSTÈME, UN
INDICATEUR DE L?INTENSITÉ DES EFFORTS DE
DÉCARBONATION
La résolution du problème d?optimisation par TiTAN renvoie une trajectoire de coût
d?abattement marginal du système (CAMS). Celui-ci est défini comme le coût pour le système
optimisé de la dernière tonne de carbone abattue 31 , c?est-à-dire le coût d?abattement
complet du levier mobilisé à la marge (en intégrant les « effets système », cf. encadré 9). On
peut aussi comprendre cette valeur comme le prix fictif (shadow price) des émissions, c?est à
dire le coût unitaire qu?il faudrait leur affecter dans une simulation sans contrainte carbone
pour retrouver le niveau d?abattement imposé par cette contrainte.
La CAMS correspond ainsi à la valeur de l?action pour le climat (VAC) dans le cadre de TiTAN.
Il ne constitue toutefois pas une VAC « clé en main » pour la commission Quinet III. Celle-ci
utilise une approche plus complète, combinant les enseignements de la théorie économique,
une interprétation raisonnée des résultats chiffrés des modèles, une prise en compte des
prospectives technologiques disponibles et d?éventuels éléments additionnels à prendre en
compte comme les cobénéfices.
31 Mathématiquement, il s?agit de la valeur de la variable duale associée à la contrainte carbone à l?optimum, ce qui revient à la
dérivée de la fonction objectif à l?optimum par rapport au niveau de la contrainte carbone.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 45 ?
Le CAMS renseigne également le modélisateur sur la tension du système pour respecter la
contrainte carbone dans une configuration donnée du problème. Par exemple, il peut arriver
que le modèle renvoie une solution du problème avec un CAMS très élevé (supérieur à
plusieurs milliers d?euros). Bien que le problème soit mathématiquement faisable, l?intensité
de l?effort requis est alors invraisemblable et invite à reconsidérer le réalisme de l?abattement
imposé vis-à-vis des hypothèses technologiques et socioéconomiques.
Dans le cas où la contrainte carbone exprimée en budget, la trajectoire de CAMS suit la règle
de Hotelling et croît au taux d?actualisation (figure 17). Elle part d?environ 260 ¤2023/tCO2e en
2025 pour atteindre près de 580 ¤2023/tCO2e en 2050 et jusqu?à 790 ¤2023/tCO2e en 2060.
Encadré 9 : coût d?abattement marginal du système
et coût d?abattement des technologies
Le coût d?abattement marginal du système (CAMS) issu de TiTAN ne peut pas être
directement comparé au coût d?abattement spécifique d?une technologie. La principale
raison est d?ordre méthodologique. Ce qu?on désigne usuellement par « coût d?abattement
d?une technologie » correspond à un coût d?abattement microfondé, c?est-à-dire calculé en
comparant un déploiement unitaire de la technologie à une situation de référence, sans
considérer les impacts sur le reste du système énergétique. Dans la réalité, le déploiement à
grande ampleur d?une technologie d?abattement peut avoir des répercussions sur
l?ensemble du système, notamment par l?ajustement des coûts des énergies. Par exemple, le
déploiement des voitures électriques cause un surcroît de demande d?électricité,
impliquant une augmentation de la production d?électricité et donc de son coût. Cela
provoque en retour des ajustements de la consommation dans tous les secteurs.
Ces « effets système » sont captés dans TiTAN grâce aux contraintes de bouclage offre-
demande et à la logique coût-efficacité : le CAMS correspond non seulement au
déploiement d?une technologie d?abattement, mais aussi à l?ajustement en conséquence de
la configuration optimale dans l?ensemble des secteurs.
En pratique, la portée de ces effets système varie d?une technologie à l?autre. Par exemple,
l?électrification d?un usage tend à affecter l?ensemble du système énergétique, tandis qu?un
changement de procédé industriel à consommation énergétique constante n?a aucune
répercussion sur le reste du système. La comparabilité du coût d?abattement marginal du
système issu de TiTAN et des coûts d?abattement microfondés doit donc être étudié au cas
par cas.
De façon plus générale, la comparabilité de deux coûts d?abattements dépend aussi de la
cohérence de leurs hypothèses paramétriques (CAPEX/OPEX des technologies, taux
d?actualisation, taxes et subventions, coût des énergies, etc.).
? 46 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 17 : coût d?abattement marginal du système optimisé, scénario TiTAN budget
En ¤2023/tCO2e
Lecture : le coût d?abattement marginal croît au taux d?actualisation du modèle (3,2 %) sur la période du budget
carbone, du point 2025 au point 2060. La valeur au point 2065 correspond à la valeur duale de la contrainte sur le flux
d?émissions en 2065, qui permet de maintenir la neutralité carbone après le budget.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Dans le scénario où la contrainte carbone est exprimée « en flux », la trajectoire de CAMS
diffère fortement de la trajectoire précédente (figure 18). Elle part cette fois d?une valeur
initiale faible et croît à un taux non constant et rapidement supérieur au taux d?actualisation
pour atteindre un niveau très élevé (proche de 1200 ¤2023/tCO2e) à l?approche de la neutralité
carbone. Cette forte pente traduit à la fois l?accélération nécessaire des efforts en fin de
période pour compenser des efforts initiaux plus progressifs et la plus grande difficulté à
atteindre la neutralité carbone plus tôt et donc avec des technologies moins matures et/ou
aux potentiels plus réduits32. Les coûts marginaux à l?atteinte de la neutralité carbone stricte
s?avèrent ainsi plus élevé dans la simulation en flux que dans la simulation en budget. Cette
trajectoire de CAMS fondée sur une contrainte carbone exprimée en flux se rapproche
fortement de celles produites, également sous contrainte de flux, par les modèles technico-
économiques TIMES-FR et POLES-Enerdata utilisés par la deuxième commission sur la VAC en
2019 (« commission Quinet II ») 33. Dans le cadre de l?élaboration de la valeur de l?action pour
le climat, la forte sensibilité du CAMS à la trajectoire de réduction des émissions que montre
la simulation en flux conduit à favoriser une approche budget, de sorte à aboutir à une
trajectoire qui n?incite pas au report de ces efforts.
32 Les possibilités technologiques de décarbonation sont améliorées au-delà de 2050 dans les simulations, principalement en
relevant les plafonds paramétrés sur les potentiels technologiques. Par exemple, la part de marché maximum des PAC est relevée
de 46 % en 2050 à 90 % en 2065.
33 France Stratégie (2019).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 47 ?
Figure 18 : émissions du périmètre TiTAN et coût d'abattement marginal du système (CAMS)
dans la variante en budget et la variante en flux
Émissions en MtCO2e/an et CAMS en ¤2023/tCO2e
Lecture : la série « CAMS, TiTAN flux » correspond à la valeur duale de la contrainte sur le flux d?émissions définie à
chaque point. Le scénario en flux n?est simulé que jusqu?en 2055.
Source : CGDD, modèle TiTAN
4. LA SENSIBILITÉ DU COÛT D?ABATTEMENT MARGINAL
AUX HYPOTHÈSES DE CONTEXTE
Cette section présente les analyses de sensibilité produites avec TiTAN dans le cadre de la
troisième commission sur la valeur de l?action pour le climat (VAC). Celles-ci ont été réalisées
en faisant varier un seul élément à la fois et en observant les effets sur le CAMS (la VAC au
sens de TiTAN, cf. supra). Le CAMS constitue un indicateur de la « tension » du système
énergétique pour respecter la contrainte carbone : plus il est élevé, plus la contrainte carbone
est difficile à respecter pour le modèle. Les effets sur les autres variables du modèle n?ont pas
été analysés.
Les variantes ont été concentrées sur les hypothèses les plus structurantes d?après la
littérature et l?expérience des modélisateurs. Elles portent sur le contexte international (prix
des énergies fossiles) ou le contexte national (potentiels d?absorption des puits naturels et
technologiques, sobriété). Elles ont été calibrées pour correspondre à des chocs importants
mais plausibles, en s?appuyant autant que possible sur les valeurs alternatives disponibles dans
des sources de référence. Par défauts d?éléments suffisamment robustes, les variantes n?ont
pas été probabilisées.
La sensibilité aux hypothèses de prix des énergies fossiles
Les prix anticipés des énergies fossiles sont très liés au contexte international et au degré
d?ambition de réduction des émissions de GES dans les autres pays. De plus, ils ont un effet
direct sur la trajectoire optimale de décarbonation et son coût. Pour rendre compte de cet
effet, quatre variantes ont été produites : une variante analytique considérant une
multiplication par deux du prix des énergies fossiles par rapport aux hypothèses centrales
(cadrage de la Commission européenne) et trois variantes reprenant les projections des trois
? 48 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
scénarios-phares de l?AIE 34 (Stated Policies (STEP), Announced Pledges (APS), et Net Zero
Emissions by 2050 (NZE)). Ces trois scénarios présentent tous des trajectoires de prix des
énergies fossiles inférieures aux projections de la Commission européenne (figure 19).
Figure 19 : projection des prix d?approvisionnement en énergies fossiles pour l?Union
européenne, selon le cadrage de la Commission européenne et les différents scénarios de l'AIE
En ¤2023/MWh
Lecture : l?année 2020 du modèle est calibrée sur l?année observée 2019 pour éviter de capter l?effet de la crise du
Covid19. Les valeurs 2050 sont prolongées jusqu?en 2065.
Source : AIE, World Energy Outlook 2024, p.90
34IEA, World Energy Outlook 2024, octobre 2024, p.78.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 49 ?
Le CAMS est respectivement plus élevé de 19 %, 23 % et 28 % par rapport à la référence dans
les variantes alignées sur les scénarios STEP, APS et NZE (tableau 6). En effet, un prix plus bas
des énergies fossiles implique que la substitution des énergies fossiles par les renouvelables
permet moins d?économies sur les importations d?énergies, ce qui relève mécaniquement le
coût d?abattement marginal. Inversement, la variante où le prix des énergies fossiles est
multiplié par deux montre une réduction de 28 % du CAMS : plus les énergies fossiles sont
chères, moins il est coûteux de s?en passer.
Il est important de remarquer que s?il a bien un effet sur le CAMS, le prix des énergies fossiles
n?impacte pas nécessairement les décisions d?investissement du modèle. En effet, la neutralité
des émissions suppose une disparition quasi-complète des énergies fossiles dans le système
énergétique, en dehors des volumes qui peuvent éventuellement être compensés par les puits
naturels et technologiques. Puisque le potentiel de ces puits est limité, le modèle doit
déployer des technologies qui se passent des énergies fossiles, quel qu?en soit le coût.
Tableau 6 : sensibilité du CAMS aux hypothèse de prix des énergies fossiles
Scénario CAMS 2030 (¤2023/tCO2e) CAMS 2050 (¤2023/tCO2e) Écart à
Central (%)
Central 308 578 -
PrixFossilex2 222 416 - 28 %
AIE-STEP 367 690 + 19 %
AIE-APS 377 709 + 23 %
AIE-NZE 393 738 + 28 %
Lecture : dans la variante « PrixFossilex2 », le prix paramétré des énergies fossiles est multiplié par 2 par rapport à
l?hypothèse centrale. En réponse, le CAMS est abaissé de 28 % par rapport au scénario central, soit une valeur de
222 ¤2023/tCO2e en 2030 et de 416 ¤2023/tCO2e en 2050.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La sensibilité aux hypothèses sur les puits de carbone
L?atteinte de la neutralité implique par construction que les émissions brutes soient égales à
la capacité d?absorption des puits de carbone, naturels et artificiels. Dans ce cadre, on produit
deux jeux de variantes distincts, l?une portant sur les puits naturels, l?autre sur les puits
technologiques, car ces deux types de puits ne présentent pas les mêmes caractéristiques.
Les puits naturels ont un effet mécanique sur la contrainte carbone : renforcer les puits
naturels, hors périmètre TiTAN, relâche par construction la contrainte carbone sur les
émissions du périmètre TiTAN. De plus, ils sont sans coût pour le modèle. En revanche, les
puits technologiques ont un coût pour le modèle. Par conséquent, augmenter leur potentiel
ne signifie pas forcément qu?ils vont être mobilisés davantage, cela dépend de leurs coûts et
potentiels comparés aux autres options d?abattement.
Les chocs sur les puits naturels ont été calibrés arbitrairement pour les chocs intermédiaires,
et d?après une récente étude de l?IGN et de la FCBA 35 pour les chocs les plus extrêmes
(UTCATF+++ et UTCATF---). Les chocs sur les puits technologiques ont été calibrés pour
correspondre respectivement à de petites variations du potentiel de stockage, et à un choc
radical (aucun stockage).
35 IGN et FCBA (2024).
? 50 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 7 : sensibilité du CAMS aux hypothèses sur les puits naturels de carbone
Scénario
Choc sur la cible d'émissions 2050
(Choc sur le budget carbone 2025-
2060)
CAMS 2030
(¤2023/tCO2e)
CAMS 2050
(¤2023/tCO2e)
Écart à
Central (%)
Central - 308 578 -
UTCATF+ + 5 MtCO2e/an
(+ 2 %) 291 546 - 6 %
UTACTF++ + 10 MtCO2e/an
(+ 5 %) 270 507 - 12 %
UTCATF+++ + 15 MtCO2e/an
(+ 8 %) 260 488 - 15 %
UTCATF- - 5 MtCO2e/an
(- 2 %) 314 590 + 2 %
UTCATF-- - 5 MtCO2e/an
(- 5 %) 361 678 + 17 %
UTCATF--- - 22 MtCO2e/an
(- 13 %) Pas de solution
Lecture : dans la variante UTCATF-, les puits naturels sont affaiblis à partir de 2035 pour aboutir à un niveau de
- 30 MtCO2e/an en 2050 et au-delà, contre - 35 MtCO2e/an dans le scénario principal. À trajectoire d?émissions nettes
inchangée, cela se traduit par une réduction du budget carbone imposé au modèle de 2 %. Le CAMS s?en trouve relevé
de 2 %.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Une légère dégradation des puits naturels par rapport à l?hypothèse centrale (UTCATF-) ne
relève la trajectoire de de CAMS que de 2 % (tableau 7). En effet le budget d?émissions que
doit respecter le modèle n?est que faiblement réduit (- 2 %) par ce choc. Le choc symétrique,
correspondant à un léger renforcement des puits naturels, (UTCATF+) réduit le CAMS de 6 %,
soit un effet de sens inverse et de plus grande ampleur. Cela suggère que la courbe de coût
d?abattement marginal implicite de TiTAN 36 , bien que croissante, est localement non
convexe. Cela contredit les hypothèses usuelles sur les fonctions agrégées de coût
d?abattement, mais c?est une possibilité qu?autorisent les approches bottom-up.
Les variantes traduisant respectivement une dégradation modérée et un renforcement
modéré des puits naturels (UTCATF-- et UTCATF++) montrent des effets plus marqués sur le
CAMS, de respectivement + 17 % et - 12 %. De plus, on voit qu?à cette échelle le coût
d?abattement marginal est globalement convexe : l?effet d?une dégradation des puits (ie. un
resserrement du budget carbone) est plus fort que celui d?un renforcement symétrique.
Dans l?hypothèse la plus favorable sur un renforcement fort des puits (UTCATF+++), l?effet est
de - 15 %, soit assez proche de celui d?un choc moyen (UTCATF++), traduisant un coût
d?abattement marginal relativement « plat » à ce niveau d?effort. Enfin, dans l?hypothèse la
plus défavorable de forte dégradation des puits naturels (UTCATF---), le problème est
infaisable : l?objectif de réduction des émissions ne peut physiquement pas être atteint sous
les hypothèses technologiques et économiques retenues, même à des valeurs très élevées du
coût d?abattement marginal.
S?agissant des puits technologiques37 , trois tests de sensibilité ont été réalisés (tableau 8).
Dans les deux premiers tests, le plafond annuel sur le stockage géologique de CO2 a été
légèrement ajusté tout le long de la trajectoire, conduisant à un écart relativement modeste
sur la capacité de stockage cumulée (+/- 20 % de capacité cumulée sur 2025-2060). Dans le
troisième test, le plafond a été fixé à 0 tCO2/an sur toute la trajectoire, interdisant de fait le
stockage géologique du CO2.
36 Aucune courbe de coût d?abattement n?est paramétrée dans TiTAN, en revanche on peut révéler sa courbe de coût d?abattement
marginal implicite en resserrant progressivement l?objectif d?abattement au cours d?une série de simulations, à reste du paramétrage
identique.
37 Les puits technologiques intègrent les technologies de CCUS, de capture atmosphérique (DAC) ? contrainte à 5 MtCO2/an
maximum compte tenu de l?incertitude sur sa faisabilité ? et le stockage géologique.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 51 ?
Le CAMS réagit faiblement (- 3 %) à une légère augmentation des capacités des puits, et
beaucoup plus fortement (+ 11 %) à une légère diminution. La variante sans stockage
géologique de CO2 apparaît quant à elle infaisable pour le modèle.
Tableau 8 : sensibilité du CAMS aux hypothèses de potentiel de stockage de CO2
Scénario Choc sur la capacité de stockage
géologique en 2050
(Choc sur la capacité cumulée 2025-2060)
CAMS 2030
(¤2023/tCO2e)
CAMS 2050
(¤2023/tCO2e)
Écart à
Central (%)
Central - 308 578 -
Stockage+ + 5 MtCO2/an
(+ 20 %) 299 561 - 3 %
Stockage- - 5 MtCO2/an
(- 20 %) 342 642 + 11 %
Aucun stockage
- 29 MtCO2/an
(- 100 %) Pas de solution
Lecture : dans la variante Stockage+, la capacité de stockage géologique de CO2 est progressivement renforcée jusqu?à
aboutir à 34 MtCO2/an en 2050 et au-delà, contre 29 MtCO2/an dans le scénario Central. Cela correspond à un choc de
+ 20 % sur la capacité cumulée de stockage géologique. Le CAMS en est abaissé de ? 3 %.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La sensibilité aux hypothèses de sobriété
La demande en services énergétiques, exogène dans TiTAN, est alignée dans le scénario
central sur le scénario AMS de la SNBC3 (cf. supra). Un test de sensibilité a été réalisé en
construisant un jeu alternatif d?hypothèses de demande aligné tant que possible sur le
scénario AME 38 de la SNBC3, qui représente une évolution tendancielle de la demande en
services énergétiques (cf. annexe 5). Ce test, dit « sans sobriété », aboutit à un coût
d?abattement marginal accru de près de 35 % par rapport au scénario central (tableau 9).
L?effet de la sobriété est fort : en effet, elle réduit mécaniquement l?abattement à réaliser par
le système énergétique, et cela sans coût pour le modèle. Une sobriété forte permet donc
d?éliminer le recours aux technologies décarbonées les plus coûteuses, et abaisse in fine le
coût d?abattement marginal. Inversement, une sobriété faible augmente le coût
d?abattement marginal.
Tableau 9 : sensibilité du CAMS aux hypothèses de sobriété
Scénario Valeur 2030
(¤2023/tCO2e)
Valeur 2050
(¤2023/tCO2e)
Écart à
Central (%)
Central
(sobriété généralisée, alignée sur l?AMS) 308 578 -
Sans sobriété
(demande tendancielle, proche de l?AME) 413 775 + 34 %
Source : CGDD, modèle TiTAN
38 Voir Synthèse du scénario avec mesures existantes 2024, DGEC, octobre 2024.
? 52 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Synthèse des tests de sensibilité
Plusieurs enseignements peuvent être dégagés des tests de sensibilité réalisés (figure 20):
? Une sobriété généralisée à tous les secteurs réduit beaucoup l?intensité des efforts à
faire pour respecter les objectifs d?émissions, et soutient par là leur faisabilité.
? Les effets des puits de carbone, naturels et technologiques, sont importants et non-
linéaires : un affaiblissement des puits intensifie beaucoup les efforts à fournir, tandis
qu?un renforcement équivalent ne les soulage que faiblement.
? Compte tenu d?un niveau incompressible d?émissions brutes en l?état des
prospectives technologiques, les objectifs d?émissions ne sont pas atteignables sans
des puits naturels vigoureux et semblent difficilement atteignables sans puits
technologiques.
? Le prix des énergies fossiles a un impact fort sur l?intensité des efforts économiques
de décarbonation, même s?il ne change rien à sa faisabilité physique.
Figure 20 : trajectoires du CAMS dans l?ensemble des variantes réalisées
En ¤2023/tCO2e
Lecture : chaque courbe correspond à la trajectoire du CAMS dans un test de sensibilité. Le faisceau qui en résulte
correspond à la plage de CAMS qui a été explorée lors des tests. La variante PrixFossilesx2 a été écartée de cette synthèse
car elle a été produite avec un choc très invraisemblable pour des raisons purement analytiques.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Étant donné qu?on a réalisé les tests sur un seul paramètre à la fois et sans les probabiliser, ils
ne constituent qu?une première exploration des incertitudes sur l?intensité des efforts de
décarbonation, et sont un préalable à des analyses plus ciblées et approfondies. Celles-ci
pourront par exemple étudier les effets de chocs croisés sur les paramètres et analyser les
effets sur d?autres variables que le CAMS.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 53 ?
5. LES COÛTS DE LA DÉCARBONATION
Périmètre des coûts considérés et nécessité d?un contrefactuel
Plusieurs points doivent être précisés pour la bonne compréhension du coût de la
décarbonation évalué sur la base des simulations TiTAN :
? Le coût du système minimisé par TiTAN est un coût purement technique : il décrit la
dépense à injecter dans le système énergétique pour atteindre des objectifs donnés
de réduction des émissions et de satisfaction de la demande, calculée sans tenir
compte des effets macroéconomiques. D?autre part, il n?inclut ni les coûts de
l?adaptation au changement climatique, ni les cobénéfices de la décarbonation
(santé, biodiversité?), ni la variation de bien-être que peut impliquer l?évolution des
modes de vie. Enfin, ce coût est déterminé pour l?ensemble du système énergétique,
sans s?intéresser à sa répartition entre les différents agents économiques (État,
ménages, entreprises, collectivités?).
? Les coûts des réductions d?émissions hors périmètre TiTAN ne sont pas inclus. En
particulier, les coûts associés aux réductions des émissions énergétiques de
l?agriculture et au renforcement du puits UTCATF ne sont pas inclus.
? Le coût est évalué en écart à un scénario contrefactuel sans contrainte carbone. Il
correspond ainsi au surcoût du scénario de décarbonation net des coûts supportés
dans le scénario de référence. Cette évaluation se distingue donc fortement des
calculs de besoins d?investissements en comparaison à une année de référence
(approche retenue par exemple dans le rapport Pisani-Ferry-Mahfouz 39 ou par le
panorama des investissements climat d?I4CE 40).
En résumé, le coût de la décarbonation tel qu?il est évalué ici ne correspond pas au coût
complet de la transition bas-carbone. Il exclut notamment les coûts (positifs ou négatifs) liés
à la sobriété et aux réductions d?émissions hors périmètre TiTAN. Il constitue en revanche une
évaluation rigoureuse du surcoût « pur » qu?implique la décarbonation de l?ensemble du
système énergétique.
Le coût de la décarbonation est modéré sous les hypothèses retenues.
Afin de révéler le coût strictement associé à la contrainte carbone, le contrefactuel retenu
est un scénario où tous les paramètres sont identiques aux scénarios de décarbonation
(budget et flux), à l?exception de la contrainte carbone qui est désactivée. Ce contrefactuel
comprend donc les mêmes hypothèses de demandes (avec sobriété généralisée, cf. supra) et
les mêmes possibilités technologiques que les scénarios de décarbonation, mais en étant libre
sur le niveau de ses émissions. On appelle donc ce contrefactuel « scénario libre ». Même sans
contrainte carbone, le scénario libre montre un abattement important (- 267 MtCO2e de 2020
à 2050, cf. supra, figure 13), qui s?explique par les hypothèses de sobriété et par la minimisation
du coût du système dans un contexte de prix des énergies fossiles élevés. Sous les hypothèses
retenues, il existe donc un important potentiel d?abattement à coût négatif ou nul.
L?écart de coût entre le scénario en budget et le scénario libre fournit une estimation du coût
de la décarbonation du scénario en budget (figure 21). Ce coût est significatif tout au long de
la trajectoire, à court terme comme à long terme, bien qu?il reste relativement modéré (+ 12
à + 27 Md¤2023/an). Ce surcoût se compose principalement d?un surplus d?investissement
(CAPEX, + 18 Md¤2023/an en moyenne) important dès le début de la trajectoire, ainsi que d?un
39 Pisani-Ferry, Mahfouz, et France Stratégie (2023).
40 I4CE (2023).
? 54 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
surplus croissant de coûts d?opération hors énergie (OPEX, + 9 Md¤2023/an en moyenne). Des
économies croissantes sur les approvisionnements en énergie primaire, grâce à la réduction
des importations d?énergies fossiles (- 8 Md¤2023/an en moyenne), viennent réduire le surcoût
total sans le compenser.
Figure 21 : surcoût du scénario en budget par rapport à une variante sans contrainte carbone,
par type de coût
En Md¤2023/an
Lecture : les OPEX présentés correspondent à des coûts d?opération et de maintenance, hors coût des consommation
énergétiques.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La répartition des coûts de la décarbonation
Les besoins d?investissement supplémentaires se concentrent avant tout dans le secteur
énergie (respectivement + 7,4 Md¤/an et + 2,7 Md¤/an en moyenne pour la production et la
distribution d?énergie), puis dans le secteur bâtiment (respectivement + 3,5 Md¤/an et
+ 1,0 Md¤/an pour les équipements et la rénovation thermique) et enfin les transports
(+ 3,2 Md¤/an pour les véhicules) - (tableau 10). Les besoins d?investissement dans l?industrie
semblent très faibles au regard de l?abattement réalisé par le secteur. Ce paradoxe s?explique
notamment par le fait que l?abattement du secteur est en grande partie réalisé par des
substitutions entre énergies finales de mêmes natures, qui sont paramétrées comme peu
coûteuses en investissement (cf. supra), et par la baisse du contenu carbone des énergies
finales, dont le coût est supporté par le secteur énergie.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 55 ?
Tableau 10 : surplus d'investissement du scénario en budget par rapport au scénario libre
Secteur
Principaux postes
d?investissements (CAPEX)
Surplus moyen de CAPEX (Md¤2023/an)
2025-2030 2035-2050 2055-2065 2025-2065
Énergie
Capacités de production + 1,9 + 11,5 + 5,7 + 7,4
Réseaux + 1,6 + 5,6 -0,3 2,7
Stockage de l?énergie - - - -
Bâtiment
Isolation thermique + 4,6 - - + 1,0
Équipements de chauffage,
climatisation et ECS
+ 1,8 + 0,2 + 8,9 + 3,5
Transport Véhicules + 5,8 + 2,7 + 2,0 + 3,2
Industrie Capacités de production + 0,3 - + 0,2 + 0,1
Total + 16,0 + 16,0 + 20,0 + 16,5
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le surplus d?OPEX se concentre lui aussi dans le secteur énergie (tableau 11). Il correspond à
l?augmentation des coûts d?opération et de maintenance qu?implique l?extension du réseau
électrique (+ 2 Md¤/an en 2035 et + 5 Md¤/an à partir de 2045), mais aussi aux coûts de
maintenance et d?opération des capacités supplémentaires de production énergétique :
éolien et photovoltaïque principalement (+ 2,6 Md¤/an à partir de 2050), thermique
décarboné (+ 0,8 Md¤/an) et électrolyse (+ 0,4 Md¤/an). Enfin l?ensemble des activités de
capture, distribution et stockage de carbone contribuent de manière significative au surplus
d?OPEX du secteur énergie (environ + 1 Md¤/an à partir de 2050). Pour le secteur industrie, la
décarbonation n?implique qu?un léger surcoût d?OPEX (+ 0,4 Md¤/an en 2050), tandis qu?elle
est quasi-neutre dans le transport (- 0,1 Md¤/an en 2050).
Tableau 11 : surplus d'OPEX du scénario en budget par rapport au scénario libre
Secteur
Principaux postes de coûts
d?opération (OPEX)
Surplus moyen d?OPEX (Md¤2023/an)
2025-2030 2035-2050 2055-2065 2025-2065
Énergie
Capacités de production - 0,3 + 4,3 + 6,5 + 4,0
Réseaux + 0,3 + 4,3 + 6,0 + 4,0
Stockage du CO2 + 0,1 + 0,6 + 1,0 + 0,6
Stockage de l?énergie - - - -
Transport Véhicules + 0,8 + 0,1 - 0,9 - 0,1
Industrie Capacités de production + 0,1 + 0,2 + 0,4 + 0,3
Total + 1,0 + 9,5 + 13,0 + 8,8
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le scénario en budget réalise d?importantes économies sur les approvisionnements en
énergies primaires fossiles par rapport au scénario libre (tableau 12). Ces économies sont
particulièrement importantes sur les importations de gaz fossile (- 2,5 Md¤2023/an dès 2030, et
plus de - 12 Md¤2023/an à partir de 2050). Elles sont moins marquées pour les produits pétroliers
(- 2,4 Md¤2023/an en moyenne), qui représentent pourtant les trois quarts de la facture
d?importations de fossiles en 2020. En effet, la consommation de ces énergies baisse aussi
beaucoup dans le scénario libre du fait d?une électrification importante du parc de véhicules
roulants, qui s?avère optimale même sans objectif d?abattement sous les hypothèses
technologiques et de prix des fossiles retenues. La décarbonation du système énergétique
conduit in fine à se passer presque intégralement des énergies fossiles, la facture des
importations d?énergies fossiles de la France dans le scénario en budget passant ainsi de
40 Md¤2023 en 2020 à 3 Md¤2023 après l?atteinte de la neutralité carbone.
? 56 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
L?approvisionnement en biomasse, supposé réalisé uniquement à partir de la production
nationale sans recours aux importations, représente un surcoût croissant au cours de la
trajectoire (de + 2,1 Md¤2023/an sur 2025-2030 à + 6,2 Md¤2023/an sur 2055-2065), qui reflète la
mobilisation accrue de cette énergie.
Tableau 12 : surcoût d'approvisionnement en énergies primaires du scénario en budget par
rapport au scénario libre
Énergie primaire
Surcoût d'approvisionnement moyen (Md¤2023/an)
2025-2030 2035-2050 2055-2065 2025-2065
Biomasse + 2,1 + 5,2 + 6,2 + 4,8
Charbon - 0,7 - 1,1 - 1,3 - 1,0
Produits pétroliers - 2,8 - 3,4 - 0,8 - 2,4
Gaz fossile - 2,2 - 9,4 - 13,2 - 9,1
Uranium - 0,0 - 0,1 - 0,0 - 0,1
Total - 3,5 - 8,7 - 9,3 - 7,6
Source : CGDD, modèle TiTAN
6. LA TRANSFORMATION DU SYSTÈME ÉNERGÉTIQUE
Les résultats présentés dans cette section sont issus d?une modélisation simplifiée du système
énergétique, malgré son niveau de détail, et calculés selon une approche d?optimisation avec
anticipations parfaites. Par construction, ils sont donc optimistes sur les possibilités
d?ajustement du système énergétique et sur la faisabilité des différentes configurations
technologiques. De plus, ces résultats sont dépendants des hypothèses de coûts, de
potentiels, de demandes, qui font l?objet de nombreuses incertitudes. Enfin, ils sont
déterminés sans considérer les externalités hors changement climatique : salubrité des
logements, pollution de l?air, biodiversité? Pour toutes ces raisons, ils ne permettent pas à eux
seuls d?établir une prescription de politique énergétique, mais ils peuvent constituer des
éléments d?aide à la décision.
L?évolution de la consommation totale
La substitution quasi-complète des énergies fossiles est un des principaux traits de l?évolution
de la consommation finale totale dans le scénario en budget. La consommation primaire
(figure 22) de produits pétroliers et celle de charbon baissent dès 2025 et de façon continue,
jusqu?à un niveau quasi-nul à long terme (- 99 % de 2020 à 2050 pour les produits pétroliers et
- 98 % pour le charbon). Des consommations résiduelles subsistent cependant,
respectivement dans le transport aérien et l?industrie (10 TWh/an de pétrole et 2 TWh/an de
charbon en 2050). Le cas du gaz fossile est différent : sa consommation diminue moins
rapidement, et se maintient à un niveau important en 2050 (- 69 % de 2020 à 2050, soit
130 TWh/an résiduels). Elle baisse encore en 2060, à l?atteinte de la neutralité, tout en restant
significative (46 TWh/an résiduels en 2060).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 57 ?
Figure 22 : consommation d'énergie primaire
En TWh/an
Note : la consommation de chaleur de l?environnement n?est pas représentée.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La substitution des énergies fossiles dans la consommation finale est principalement réalisée
par l?électrification (figure 23). La part de l?électricité dans le mix énergétique final passe ainsi
de 25 % en 2020 à 56 % en 2050, et progresse même au-delà grâce à la baisse de la
consommation finale totale. Si la consommation d?électricité est en quasi-stagnation à court-
terme (croissance de + 0,3 %/an en jusqu?en 2030), elle connaît une croissance soutenue de
2030 à 2050 (+ 1,6 %/an en moyenne), avant de se stabiliser.
Figure 23 : consommation d'énergie finale
En TWh/an
Note : pour l?industrie, la consommation finale représentée est celle à usage énergétique seulement, à l?exception de la
filière sidérurgie et de la filière ammoniac pour lesquels la consommation à usage matière de charbon (coke) d?une part,
et celle de gaz naturel et d?hydrogène d?autre part sont prises en comptes.
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 58 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
D?autres vecteurs énergétiques viennent compléter la substitution des énergies fossiles,
notamment pour les usages difficiles à électrifier. Ainsi, la consommation de biocarburants
double presque de 2020 à 2045 (de 44 à 85 TWh/an), portée par tous les modes de transport,
avant de redescendre légèrement jusqu?en 2055 (75 TWh/an) pour rester concentrée dans
l?aérien, le transport maritime international et l?agriculture. La biomasse solide voit sa
consommation augmenter légèrement à court terme (de 85 TWh/an en 2020 à 98 TWh/an en
2030) pour l?industrie et le chauffage des bâtiments, puis diminuer (76 TWh/an en 2050) à
mesure que l?électrification de ces usages progresse et qu?elle est réaffectée vers d?autres
usages à plus haute valeur. Notamment, la production de chaleur de réseau haute
température biosourcée, couplée à de la CCS, permet de capturer du carbone biogénique
pour réaliser des émissions négatives nécessaires au respect de la contrainte carbone 41, tout
en se substituant aux énergies fossiles dans l?industrie et le chauffage des bâtiments. Le gaz
biosourcé reste quant à lui peu mobilisé : sa consommation stagne sur l?essentiel de la
trajectoire (de 9 TWh/an en 2020 à 11 TWh/an en 2050), avant d?augmenter légèrement à
l?atteinte de la neutralité pour se substituer en partie au gaz fossile (23 TWh/an en 2060).
Enfin, l?hydrogène et les carburants synthétiques dérivés émergent progressivement à partir
de 2035, jusqu?à constituer une part significative de la consommation totale (7 % du mix final
en 2050, soit 73 TWh/an, soit). L?hydrogène est d?abord consommé par l?industrie, puis
également par le transport aérien à partir de 2045 grâce à l?apparition de l?avion à hydrogène,
où il s?ajoute aux carburants synthétiques déjà en usage.
Tous vecteurs confondus, la consommation d?énergie finale diminue de façon rapide
(- 374 TWh/an de 2020 à 2030) et soutenue (- 675 TWh/an de 2020 à 2050). Cette réduction
résulte de trois leviers complémentaires : les hypothèses de sobriété sur la demande en
service énergétique, les efforts d?efficacité à vecteur énergétique constant 42 , et la
substitution des énergies fossiles par l?électricité, plus efficace 43. Une grande partie de cette
réduction est spontanée (- 445 TWh/an en 2050, figure 24) car considérée comme rentable
par le modèle, mais la sobriété y contribue également de façon significative (- 197 TWh/an en
2050). La consommation d?énergie primaire diminue également, mais proportionnellement
moins que la consommation finale (respectivement - 33 % et - 38 % de 2020 à 2050). En effet,
la baisse de la consommation primaire induite par l?efficacité énergétique et l?électrification
est mitigée par le déploiement de nouvelles chaînes énergétiques peu efficaces, mais
nécessaires pour la neutralité (notamment hydrogène, carburants synthétiques et carburants
biosourcés).
41 Le facteur d?émission retenu pour la biomasse est nul, ce qui permet d?obtenir des émissions négatives avec les technologies de
BECCS (bio-energy with carbon capture and storage). Cette convention comptable peut ne pas tenir si les prélèvements de
biomasse participent à la dégradation du puits UTCATF, notamment en ce qui concerne la forêt. Cependant, les interactions
entre prélèvement de biomasse et puits UTCATF ne sont pour l?instant pas modélisées dans TiTAN en raison de leur complexité et
du manque de consensus scientifique.
42 L?efficacité énergétique à vecteur énergétique constant correspond par exemple à l?isolation des bâtiments sans changement
d?équipement de chauffage, à la réduction de la consommation des véhicules à type de motorisation donnée et à la réduction de
la consommation d?énergie des équipements industriels à procédé et vecteur énergétique constant.
43 Pour un même usage, le rendement « énergie utile/énergie finale » des appareils électriques est souvent meilleur que celui de
leurs analogues thermiques. Par exemple, les véhicules électriques ont un rendement « de la charge aux roues » de l?ordre de 80-
95 %, contre 20-40 % pour les véhicules thermiques. De même, une chaudière à gaz a un rendement de l?ordre de 80-110 %, contre
près de 300 % pour une pompe à chaleur.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 59 ?
Figure 24 : consommation d'énergie finale selon les projections de demande et la contrainte
carbone
En TWh/an
*Tendanciel : scénario sans contrainte carbone, à mode de vie inchangée et à trajectoire des émissions hors périmètre
TiTAN tendancielle (d?après scénario AME). Étant donné que ce scénario est le résultat de l?optimisation libre du système
énergétique (sans contrainte sur les émissions ou la consommation d?énergie), la réduction de la consommation
correspond au potentiel d?économies d?énergies rentables.
**Baseline : scénario sans contrainte carbone mais avec leviers de sobriété actifs (évolution de la demande cohérente à
l?AMS). L?écart avec le scénario « tendanciel » correspond à l?effet de la sobriété.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La transformation du secteur de production d?énergie
L?évolution de la production d?énergie est en miroir de l?évolution de la consommation : elle
est marquée par une forte augmentation de la production électrique, la quasi-disparition des
énergies fossiles et une mobilisation accrue de la biomasse et des carburants décarbonés.
La production électrique (figure 25) est en quasi-stagnation de 2020 à 2030 (+ 13 TWh/an),
puis connaît un développement important de 2030 à 2050 (+ 294 TWh/an) avant une phase
de plateau. La part du nucléaire dans le mix passe de 72 % en 2020 à 33 % en 2050 et au-delà :
de nouvelles centrales nucléaires entrent en service à partir de 2040 (figure 26) mais sans aller
jusqu?à remplacer complètement le parc historique. Les énergies renouvelables assurent donc
à la fois le remplacement de la production nucléaire non renouvelée et la production
supplémentaire. L?éolien est le plus mobilisé, à la fois sur terre (+ 1,8 GW/an en moyenne de
2020 à 2050) et en mer (+ 1,7 GW/an en moyenne de 2025 à 2050), jusqu?à constituer plus de
40 % de la production en 2050. Le photovoltaïque est mobilisé plus tard (+ 5,3 GW/an de 2035
à 2050) et dans une moindre mesure (15 % de la production en 2050), du fait d?hypothèses
relativement plus pessimistes sur son potentiel 44 . Le reste du mix en 2050 et au-delà
correspond à l?hydroélectrique (7 % en 2050), qui se maintient à son niveau historique, ainsi
que de petites parts de gaz fossile (1,4 % en 2050) et de biogaz (1,0 % en 2050). L?intensité
carbone de l?électricité (cf. annexe 3), déjà très basse en 2020 (33 gCo2e/kWh), est donc
quasiment nulle à terme.
44 Il convient de rappeler que les potentiels des différents moyens de production sont plafonnés de façon étroite tout au long de
la trajectoire. Le mix qui en résulte n?est donc optimal qu?au sein d?un champ restreint des possibles.
? 60 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 25: production totale d'électricité par technologie
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
L?augmentation de la part des énergies renouvelables intermittentes dans le mix électrique a
pour corollaire d?augmenter les besoins de flexibilité. Étant donné que les flexibilités de la
demande ne sont pas modélisées (pas d?effacement, ni de smart-grid ni de vehicle-to-grid) et
que les capacités hydroélectriques et de STEP sont plafonnées à leur niveau historique, la
réponse du modèle est d?augmenter fortement les capacités de production pilotables (de
20 GWe en 2020 à 39 GWe en 2050, figure 26), principalement de thermique à gaz (+ 20 GWe)
et secondairement de thermique à hydrogène (+ 2 GWe). Aucun investissement dans les
batteries n?est réalisé, bien qu?il soit possible. Paradoxalement, la production annuelle des
capacités thermiques pilotables diminue de 2020 à 2050 (38 TWh/an à 16 TWh/an), en dépit
de l?augmentation des capacités. L?analyse de la production journalière indique que l?appel
des centrales thermiques est en effet moins fréquent, mais correspond à des pics de
puissance plus élevés (cf. annexe 3).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 61 ?
Figure 26 : capacités de production électrique
En GW électrique
Lecture : les valeurs correspondent aux capacités disponibles et non aux capacités effectivement en service. Par
exemple, des capacités de centrales au charbon et au fioul sont disponibles jusqu?en 2045, mais sont effectivement hors
service dès 2030 avec des productions inférieures à 0,1 TWh/an.
Source : CGDD, modèle TiTAN
La capture de CO2 (figure 27) représente des volumes importants dès 2030 (6 MtCO2/an), qui
augmentent rapidement jusqu?en 2050 (31 MtCO2/an). Le CO2 capté vient principalement de
la production d?énergie, en l?occurrence la méthanisation et la production de chaleur de
réseau de haute température biosourcée. La capture d?émissions de procédés industriels n?est
que très peu mobilisée, alors qu?elle est souvent présentée comme un levier pertinent pour la
réduction des émissions industrielles. Ce résultat contre-intuitif peut s?expliquer en
comparant la valeur de l?option « capture de CO2 biogénique dans le secteur énergie +
stockage géologique » à celle de l?option « capture d?émissions de procédés + stockage
géologique ». La première option co-produit de l?énergie et des émissions négatives 45 qui
peuvent annuler les émissions de procédés ; tandis que la deuxième option annule les
émissions de procédés mais sans co-production d?énergie, et semble donc moins intéressante.
Ce résultat peut cependant être interrogée en rappelant que la pertinence économique de la
chaîne CCUS dépend aussi de la dispersion géographique des productions ciblées et de la
taille des unités de production 46, des facteurs dont la modélisation ne tient pas compte ici.
La capture directe de carbone atmosphérique (DAC) est déployée à partir de 2040, jusqu?à
représenter des volumes significatifs en 2050 (7 MtCO2/an), et cela malgré sans coût
énergétique élevé (11 TWh/an de chaleur haute température et 3 TWh/an d?électricité en
2050).
Le CO2 capté est principalement destiné au stockage géologique, et son origine presque
entièrement biogénique ou atmosphérique permet d?obtenir d?importantes émissions
négatives. La consommation du CO2 capté ne représente qu?une part mineure du flux capté
et elle sert uniquement à produire du kérosène synthétique décarboné par combinaison avec
de l?hydrogène vert. Cet usage atteint un pic vers 2040, pour abattre les émissions de
l?aviation en attendant la montée en puissance de l?avion à hydrogène, et diminue ensuite.
45 Sous la convention comptable retenue, le facteur d?émission de la biomasse est nul et les technologies de bioénergie couplées à
la capture et au stockage de CO2 (BECCS) permettent d?obtenir des émissions négatives.
46 CRE (2024)
? 62 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 27 : volumes de CO2 capté et utilisé, par source et par usage
En MtCO2/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
La transformation des secteurs consommateurs d?énergie
Cette partie présente des résultats détaillés pour chaque secteur consommateur d?énergie :
évolution de la consommation d?énergie par usage, principales technologies de
décarbonation mobilisées, efforts d?efficacité énergétique?
Les bâtiments
La consommation d?énergie de chauffage des bâtiments résidentiels (figure 28) est dominée
en 2020 par le gaz fossile (119 TWh/an) et l?électricité (81 TWh/an), avec des parts significatives
de bois (72 TWh/an) et de fioul (44 TWh/an). La consommation de fioul décroît très
rapidement de 2020 à 2030 (- 34 TWh/an), mais ne disparaît qu?après 2040, le modèle
trouvant coût-efficace de maintenir quelques chauffages au fioul dans les logements les mieux
isolés. La consommation de gaz diminue rapidement de 2020 à 2030 (- 34 TWh/an), à la fois
grâce à sa substitution par les PAC et la chaleur de réseau (figure 29), et grâce à des travaux
d?isolation ciblant les logements les plus mal isolés. La consommation de gaz fossile continue
de diminuer (43 TWh/an en 2050) grâce au remplacement des chaudières gaz par des PAC et
par le chauffage urbain. La contrainte sur la part de marché maximum des PAC est levée de
2050 à 2060 sous hypothèse de progrès technologique et économique de la filière, le modèle
choisit alors de s?en servir pour remplacer complètement les dernières chaudières à gaz. Les
chauffages à électricité-joule sont remplacés par des PAC et des chauffages urbains dès 2030
(figure 29), et ont complètement disparu après 2050. La part des logements chauffés au bois
est relativement stable jusqu?en 2050, mais la consommation diminue sous les effets du
progrès technique des chaudières bois et de l?isolation des logements (20 TWh/an en 2050).
La consommation d?énergie de chauffage des bâtiments tertiaires connaît une trajectoire
assez semblable à celle des bâtiments résidentiels, avec une mobilisation légèrement plus
forte de la chaleur de réseau en raison d?un potentiel technico-économique supérieur (plus
grande taille des bâtiments et localisation plus concentrée dans les zones denses).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 63 ?
Figure 28 : consommation finale de chauffage des bâtiments résidentiels
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 29 : parc résidentiel par énergie de chauffage principale
En millions de logements
Lecture : l?énergie « Gaz » correspond ici à un mélange de gaz fossile et de gaz biosourcé.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Les parcs résidentiel et tertiaire connaissent une forte amélioration de leurs performances
énergétiques respectives au cours de la trajectoire (figure 30), mais ils restent relativement
hétérogènes et comportent encore des « passoires thermiques » (étiquettes énergie du DPE
en « F » ou « G ») à long terme. Le modèle choisit de réaliser des travaux d?isolation de 2020 à
2030, avec en moyenne respectivement 131 000 logements/an pour le résidentiel et
30 000 bâtiments/an pour le tertiaire. Ces volumes peuvent sembler modestes, mais du fait
de l?optimisation technico-économique leurs effets sont importants. Les travaux sont en effet
ciblés sur les classes d?isolation « F? » et « E? » 47 et correspondent à des rénovations plus
profondes que celles observées dans le passé (2,3 sauts de classe d?isolation TiTAN en
47 Le modèle distingue la classe d?isolation du bâtiment, indiquée par une lettre suivie d?un prime (X?), et la performance énergétique
globale du bâtiment qui inclut aussi la performance du système de chauffage et correspond au DPE. On approxime l?étiquette
énergie du DPE, avec un biais négatif, selon la règle suivante : on prend « étiquette énergie du DPE = classe d?isolation » pour tous
les systèmes de chauffage, à l?exception du chauffage électricité-Joule, pour lequel on dégrade la classe d?isolation de deux rangs.
Par exemple, un logement de classe d?isolation « C? » correspond à peu près à un logement d?étiquette énergie du DPE « C » lorsqu?il
est équipé d?une chaudière gaz, d?un poêle à bois ou d?une PAC et à un logement d?étiquette énergie du DPE « E » lorsqu?il est
équipé d?un chauffage électricité-joule.
? 64 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
moyenne sur 2020-2030, contre 1,3 en 2020). Les travaux d?isolation cessent complètement
après 2030, l?amélioration de la performance énergétique du parc est ensuite uniquement le
fait des changements d?équipements et du renouvellement des bâtiments par les
constructions et destructions. Ce dernier phénomène, sous l?hypothèse d?une destruction
systématique des bâtiments les plus mal isolés à raison de 1,2 % du parc par an 48, est un
puissant canal d?amélioration des performances thermiques, qui explique le maintien des
« passoires thermiques » dans le parc (figure 30). En effet, en considérant uniquement un
objectif de réduction des émissions, le modèle trouve peu efficace de payer les coûts de
l?isolation des bâtiments « passoires » alors qu?ils peuvent être détruits à terme et remplacés
par des bâtiments neufs très performants.
Figure 30 : composition des parcs résidentiel et tertiaire par étiquette énergie du DPE
(approximation conservative)
En %
Source : CGDD, modèle TiTAN
Les autres usages énergétiques du bâtiment sont déjà largement électrifiés en 2020 (figure 31),
une situation qui s?accentue jusqu?en 2050 (de 145 TWh/an à 160 TWh/an), où le gaz ne joue
plus qu?un rôle résiduel (13 TWh/an). La maîtrise de la demande et le passage à des
équipements plus efficaces (notamment PAC air-air réversibles et chauffe-eau
thermodynamiques (CET)) conduit à une baisse significative de la consommation totale (de
212 TWh/an en 2020 à 179 TWh/an en 2050), malgré l?augmentation de la consommation de
la climatisation.
L'eau chaude sanitaire (ECS) se débarrasse très vite du fioul et plus progressivement du gaz
fossile, au profit de l'électricité (22 TWh/an en 2050) et des réseaux de chaleur (4 TWh/an en
2050). La consommation totale pour l?ECS diminue légèrement grâce à la sobriété et à la
diffusion des CET. La consommation d?électricité pour la climatisation est influencée à la
hausse par la part croissante de logements équipés et la hausse des températures ; et à la
baisse par l?efficacité accrue des équipements (notamment des PAC air-air réversibles) et la
sobriété sur le confort d?été. La combinaison de ces facteurs conduit à une augmentation
plutôt modérée de la consommation de la climatisation, de 14 TWh/an en 2020 à 29 TWh/an
en 2050. La cuisson est quant à elle fortement électrifiée (28 TWh/an). Enfin, la consommation
d?électricité spécifique décroit significativement, de 107 TWh/an en 2020 à 81 TWh/an en
2050, sous l?hypothèse d?une modération des usages et de gains d?efficacité des appareils
électriques domestiques.
48 Cette hypothèse ne tient pas compte de l?impossibilité de destruction pour les bâtiments situés en zone patrimoniale.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 65 ?
Figure 31 : consommation finale des usages énergétiques des bâtiments hors chauffage
(résidentiel et tertiaire confondus)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le transport
La consommation d?énergie du transport de passagers (figure 32) est à terme massivement
électrifiée, les biocarburants jouant plutôt un rôle de transition. L?aérien est en 2050 le seul
poste important de consommation de biocarburants, d?hydrogène et de carburants
synthétiques. La substitution des véhicules thermiques par les électriques participe, avec
l?efficacité énergétique et la sobriété, à une réduction drastique de la consommation finale
du secteur (de 373 TWh/an en 2020 à 115 TWh/an en 2050).
Les voitures constituent de très loin le principal poste de consommation du transport de
passagers. En 2020, elles consomment 245 TWh/an de carburants fossiles, mais dès 2030
l'adoption de carburants biosourcés et de l'électricité s'accélère. En 2050, l'électricité domine
le mix (53 TWh/an), le fossile a disparu et les biocarburants ne font plus que l?appoint. Le
transport collectif routier connaît une trajectoire similaire : initialement très dépendant des
carburants fossiles (8 TWh/an en 2020), il adopte progressivement l'électricité et les
carburants biosourcés. En 2050, l'électricité est la composante principale de son mix
(4 TWh/an), avec le carburant biosourcé et l?hydrogène en appoints. Le transport collectif
ferroviaire est déjà largement électrifié en 2020 (5 TWh/an) et le reste (8 TWh/an en 2050).
Enfin, le transport aérien de passagers (dont international), le deuxième poste de
consommation du secteur, commence à intégrer des carburants biosourcés dès 2030
(6 TWh/an en 2030) et synthétiques à partir de 2040. Sous l?hypothèse de la disponibilité de
l?avion à hydrogène à partir de 2040, il commence à consommer cette énergie entre 2040 et
2050 (33 TWh/an), réduisant drastiquement sa consommation de carburants fossiles à terme
(87 TWh/an en 2020 versus 9 TWh/an en 2050).
? 66 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 32 : consommation finale du transport de passagers, par mode
En TWh/an
Lecture : « 2RM » signifie « deux-roues motorisés », « TC » signifie « transports en commun ».
Source : CGDD, modèle TiTAN
La consommation d?énergie du fret (figure 33) évolue vers un mix largement décarboné,
équilibré entre électricité et biocarburants, avec des situations contrastées selon les modes.
Le transport maritime maintient cependant une consommation significative de gaz fossile à
long terme. La substitution des véhicules thermiques par les électriques participe, avec
l?efficacité énergétique et la sobriété, à une réduction importante de la consommation finale
du secteur (de 248 TWh/an en 2020 à 116 TWh/an en 2050).
Les poids lourds, consommant presque exclusivement des carburants fossiles en 2020
(75 TWh/an), s'électrifient progressivement à partir de 2030 et jusqu?en 2050 (24 TWh/an).
Leur consommation de biocarburants augmente légèrement jusqu?en 2040 (10 TWh/an), ce
qui permet d?abattre des émissions avant que l?électrification monte à pleine puissance. Cette
consommation redescend ensuite à un niveau modeste en 2050 (8 TWh/an), qui correspond
aux trajets longue distance pour lesquels l?autonomie des poids lourds électriques n?est pas
suffisante. Les véhicules utilitaires légers connaissent une évolution similaire, passant d?un mix
dominé par le fossile (98 TWh/an en 2020) à un mix très électrifié (26 TWh/an en 2050). Leur
électrification est plus profonde que celle des poids lourds, en raison de leur usage
préférentiel pour les trajets courte distance pour lesquels l?autonomie des batteries suffit. Le
transport fluvial et maritime (dont international) commence par substituer le gaz fossile au
fioul en 2030, avant d?adopter le carburant biosourcé et l?hydrogène à partir de 2040. Il
consomme encore une quantité importante de gaz fossile en 2050 (11 TWh/an). L?aérien
commence à adopter les carburants biosourcés dès 2030 (0,3 TWh/an), puis les carburants
synthétiques et l'hydrogène, réduisant progressivement la dépendance aux fossiles
(0,5 TWh/an en 2050). Enfin, les engins agricoles commencent à adopter les carburants
biosourcés dès 2030 (4 TWh/an), jusqu?à ne plus consommer que cette énergie en 2050
(25 TWh/an).
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 67 ?
Figure 33 : consommation finale du fret, par mode
En TWh/an
Lecture : « 2RM » signifie « deux-roues motorisés », « VUL » signifie « véhicules utilitaires légers ».
Source : CGDD, modèle TiTAN
L?industrie
La consommation finale49 de l?industrie est assez diversifiée en 2020 (figure 34) : gaz fossile
(129 TWh/an), électricité (118 TWh/an) et charbon (75 TWh/an) forment l?essentiel du mix, et
sont complémentés par le fioul (16 TWh/an), la chaleur de réseau (15 TWh/an) et la biomasse
solide (10 TWh/an). Le charbon, très émetteur de CO2, est principalement consommé par la
sidérurgie et les cimenteries. Il est fortement substitué dès 2030 (- 53 TWh/an), par l?électricité
et l?hydrogène dans la sidérurgie et par la biomasse dans les cimenteries. La sidérurgie en
particulier ne consomme plus de charbon en 2050, toute la production étant assurée par des
fours à arc électrique et avec des sources non fossiles de carbone matière. La consommation
totale de gaz fossile diminue fortement dès 2030 (- 34 TWh/an), substituée par la biomasse
solide et la chaleur de réseau ? et secondairement l?électricité ? dans de nombreuses filières,
notamment la pétrochimie (- 9 TWh/an) et autres chimies (- 6 TWh/an), les IAA (- 12 TWh/an)
et les papier-pâtes (- 4 TWh/an). La substitution du gaz fossile se poursuit dans toutes les
filières jusqu?en 2050 (38 TWh/an) et au-delà, en accordant une part de plus en plus
importante à l?électricité (213 TWh/an en 2050). L?hydrogène est consommé en grande
quantité à partir de 2040 (18 TWh/an), principalement par la sidérurgie pour la réduction
directe du minerai de fer, mais aussi par d?autres filières pour les besoins de haute
température (papier-pâtes, verres, etc.). Sa part dans le mix à long terme reste cependant
modeste (28 TWh/an en 2050, soit 8 % du mix).
49 On rappelle que la consommation d?énergie pour des usages non énergétiques n?est pas prise en compte, à l?exception de la
filière acier (consommation de charbon pour carbone matière et de gaz fossile ou hydrogène pour la réduction directe) et de la
filière ammoniac (consommation de gaz fossile ou d?hydrogène comme précurseurs de la molécule).
? 68 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 34 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Malgré les hausses de production qu?impliquent les hypothèses de réindustrialisation sur la
plupart des filières, la consommation finale totale de l?industrie est relativement stable à long
terme (de 367 TWh/an en 2020 à 374 TWh/an en 2050) grâce à des efforts d?efficacité
énergétique. En effet, toutes les filières réduisent significativement leur consommation finale
unitaire (tableau 13). Ces gains d?efficacité de 2020 à 2050 se situent entre 8 % et 11 % pour la
plupart des filières, et dépassent les 15 % dans la sidérurgie, le ciment et l?aluminium.
Tableau 13 : consommation finale unitaire par filière
En MWh/t de produit fini
Filière 2020 2030 2040 2050 2060 Écart 2020-2050
Pétrochimie 10,64 9,98 9,71 9,52 9,42 - 11 %
Aluminium 11,40 8,40 8,88 9,48 9,41 - 17 %
Ammoniac 5,02 5,69 5,23 4,55 4,49 - 10 %
Autres chimies 5,06 4,70 4,42 4,53 4,47 - 11 %
Chlore 4,17 4,70 4,15 3,77 3,72 - 10 %
Sidérurgie 4,56 3,38 3,46 3,65 3,52 - 20 %
Papier-pâtes 3,25 3,07 2,91 2,90 2,87 - 11 %
Verre 2,68 2,80 2,67 2,47 2,44 - 8 %
Équipement 2,52 2,10 2,14 2,27 2,24 - 10 %
Sucre 2,07 2,01 1,86 1,79 1,77 - 14 %
Autres non métalliques 1,36 1,29 1,21 1,24 1,23 - 9 %
Ciment 1,14 0,96 0,97 0,92 0,92 - 19 %
Autres autres (textiles, etc.) 1,04 0,99 0,94 0,93 0,92 - 10 %
Autres métaux primaires 1,06 0,95 0,89 0,95 0,94 - 10 %
Construction 0,74 0,70 0,66 0,67 0,66 - 10 %
Autres IAA 0,30 0,27 0,25 0,26 0,26 - 15 %
Source : CGDD, modèle TiTAN
La décarbonation des vecteurs énergétiques, l?efficacité énergétique et la réduction des
émissions de procédés conduisent à des réductions très importantes des facteurs d?émissions
pour toutes les filières de l?industrie (tableau 14). La décarbonation des vecteurs et l?efficacité
accomplissent la plus grande part de cet effort. Notamment, la chaleur de réseau haute
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 69 ?
température pour l?industrie est entièrement produites par BECCS, ce qui lui confère un
contenu carbone fortement négatif. De plus, les émissions de procédés ne représentent
qu?une faible part des émissions de l?industrie en 202050 (13 MtCO2e d?émissions de procédés
contre 67 MtCO2e d?émissions énergétiques), et sont relativement peu réduites en 2050
(9 MtCO2e/an). L?effort de réduction des émissions de procédés est principalement supporté
par les filières ciment, ammoniac et sidérurgie.
Tableau 14 : facteur d?émissions (énergie + procédés) par filière, nets de la CCS sur site et en
amont
En kgCO2e/t de produit
Filière 2020 2030 2040 2050 2060 Écart 2020-2050
Pétrochimie 2061 1030 337 115 - 152 - 94 %
Aluminium 1910 1233 233 252 112 - 87 %
Sidérurgie 1544 847 506 242 109 - 84 %
Ammoniac 1202 1255 1033 733 200 - 39 %
Autres chimies 1013 354 104 21 -142 - 98 %
Ciment 771 330 331 304 303 - 61 %
Verre 732 609 409 230 168 - 69 %
Sucre 526 188 95 65 12 -88 %
Autres non métalliques 454 361 289 283 217 - 38 %
Papier-pâtes 333 122 - 8 - 91 - 90 - 100 %
Équipement 313 168 64 - 40 - 96 - 100 %
Construction 170 101 59 28 17 - 84 %
Chlore 171 81 41 41 20 - 76 %
Autres autres (textiles, etc.) 149 72 13 - 51 - 70 -100 %
Autres métaux primaires 105 50 22 3 - 1 - 97 %
Autres IAA 40 18 - 3 - 18 - 17 - 100 %
Lecture : les facteurs d?émissions présentés sont nets de la capture et du stockage de carbone réalisés sur le site de
production et pendant la production de l?énergie consommée. L?écart 2020-2050 a été fixé à -100 % lorsque les
émissivités sont négatives en 2050.
Source : CGDD, modèle TiTAN
50 Ce volume d?émissions de procédés peut sembler faible au regard des inventaires nationaux (41 MtCO2e/an en 2018 selon le
CGDD : www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-empreinte-carbone-
ressources/article/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-du-secteur-de-l-industrie-manufacturiere). Le paramétrage du secteur
industrie de TiTAN s?améliorera au fur et à mesure de la publication des plans de transition sectoriels de l?Ademe et de leur
intégration dans le paramétrage.
https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-empreinte-carbone-ressources/article/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-du-secteur-de-l-industrie-manufacturiere
https://www.notre-environnement.gouv.fr/themes/climat/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-et-l-empreinte-carbone-ressources/article/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-du-secteur-de-l-industrie-manufacturiere
? 70 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Conclusion
Les simulations produites avec TiTAN pour la révision de la valeur de l?action pour le climat
montrent que l?atteinte de la neutralité nette des émissions française vers 2050 est
techniquement possible à des coûts raisonnables, sous les hypothèses combinées d?une
sobriété généralisée, d?un renforcement du puits UTCATF par rapport au présent et de la
disponibilité de certaines technologies de rupture (CCS, avion à hydrogène, etc. ). Toutefois,
les variantes produites en relâchant une de ces hypothèses toutes choses égales par ailleurs
montrent que l?atteinte de l?objectif de décarbonation y est très sensible : l?effort nécessaire
devient très intense sous l?hypothèse d?une évolution tendancielle des modes de vie, tandis
qu?une dégradation trop importante du puits UTCATF ou une indisponibilité du stockage
géologique de carbone empêchent le modèle de trouver une solution. Ces résultats
soulignent l?importance pour l?action publique de mobiliser l?ensemble des leviers disponibles
pour atteindre l?objectif de décarbonation que la France s?est fixée. Il s?agit notamment de
soutenir et d?inciter à des modes de vie plus sobres d?une part, ainsi qu?à soutenir le
développement des technologies de rupture, en particulier d?émissions négatives, d?autre
part. Plus généralement, l?optimisation des efforts de décarbonation montre l?importance
d?agir dès aujourd?hui et dans l?ensemble des secteurs, au risque, dans le cas contraire,
d?augmenter significativement le coût de la transition.
La version de TiTAN présentée dans ce document n?est pas définitive. Le modèle et ses
données d?entrée ont vocation à être améliorés en continu, sur des aspects déjà identifiés
comme perfectibles (paramétrage du secteur industrie, réseaux de CO2 et d?H2, flexibilité des
moyens de production, etc.), mais aussi pour répondre aux besoins rencontrés lors des
utilisations futures. Ce travail d?amélioration continue pourra être facilité par la mise en libre
accès intégrale du modèle (code, paramétrage, notices) courant 2025.
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 71 ?
ANNEXES
? 72 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
ANNEXE 1 ? STRUCTURE DU MODÈLE TITAN
Tableau 15 : listes des filières du secteur industrie de TiTAN et exemples de voies
technologiques
IGCE/diffus Filière Exemples de voies technologiques
IGCE
Acier
Haut fourneau + Injection de gaz de cokerie +
Augmentation du taux de ferrailles dans le
convertisseur à 30 %
Four à arc électrique + Brûleurs oxyfuel pour le
préchauffage des poches
Aluminium Usine d'aluminium primaire + Efficacité anodes
efficaces + Efficacité fonderie
Ammoniac Voie Haber-Bosch + Capture de carbone
Chlore Vapeur décarbonée
Ciment
Conversion en voie sèche avec précalcinateur + Baisse
du taux de clinker par des argiles calcinées
Papier-pâtes Voie (émissivité -/consommation +)
Pétrochimie Vapocraquage ; Vapocraquage + capture de CO2
Sucre Récupération biogaz
Verre Four électrique + recyclage
Diffus
Équipement Voie (émissivité +/consommation +)
Autres chimies Voie (émissivité -/consommation +)
Autres IAA Voie (émissivité +/consommation -)
Autres métaux primaires Voie (émissivité -/consommation -)
Autres non métalliques ??
Construction ??
Autres autres (textile, etc.) ??
Lecture : l?industrie est décomposée en 16 filières. La finesse du paramétrage varie selon la filière. Les industries grandes
consommatrices d?énergie (IGCE) sont les plus détaillées : pour les filières ciment, acier et aluminium, le paramétrage
inclut une liste de briques technologiques pouvant être combinées.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 73 ?
Figure 35 : schéma simplifié du secteur énergie
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 74 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 36 : schéma simplifié de la construction de la demande d'énergie de chauffage dans
TiTAN
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 75 ?
ANNEXE 2 ? PARAMÉTRAGE
Tableau 16 : panorama des hypothèses de sobriété dans les variantes produites pour la
révision de la valeur de l?action pour le climat
Secteur Champ Variante « avec sobriété » Variante « sans sobriété »
Bâtiment
Chauffage
Part croissante de ménages
« consciencieux » se chauffant moins que
la consigne générale
Part constante
Part décroissante de ménages précaires se
sous-chauffant
Part constante
Température de consigne générale
abaissée de 19 °C à 18,5 °C
Température de consigne
constante
Climatisation
Température de consigne relevée de 22 °C
à 26 °C
Température de consigne
constante
Autres usages
Baisse de la demande individuelle
d?énergie utile pour la cuisson, l?ECS,
l?électricité spécifique
Demande constante
Logement
Croissance ralentie de la part des maisons
individuelles
Croissance tendancielle
Baisse ralentie du nombre moyen
d'habitants par logement
Baisse tendancielle
Transport
Passagers
Report modal vers les mobilités douces et
les transports en commun
Parts modales constantes
Augmentation du taux de remplissage des
véhicules
Taux constant
Croissance modérée de la demande en
mobilité
Croissance forte
Fret
Croissance modérée de la demande en
fret
Croissance forte
Augmentation du taux de remplissage des
véhicules
Taux constant
Report modal des poids lourds vers le fret
ferroviaire et fluvial
Parts modales constantes
Industrie
Toutes filières Hypothèse de réindustrialisation forte idem
Pétrochimie,
aluminium, acier
Augmentation du taux d?incorporation de
matériaux recyclés
Taux constant
Source : CGDD d?après hypothèses de travail DGEC pour la SNBC3.
? 76 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Paramétrage du secteur énergie
Tableau 17 : facteurs d?émission des ressources primaires
Ressource primaire Facteur d?émission à la consommation (kgCO2/kWh)
Charbon 0,374
Pétrole 0,286
Gaz fossile 0,204
Électricité importée 0,325
Biomasse 0,00
Lecture : émissivités calculées avec analyse du cycle de vie (émissions comptées de l'extraction jusqu'à la combustion).
Dans les simulations présentées ici, les émissivités sont supposés fixes dans le temps et ne tiennent donc pas compte
des variations dues aux éventuels changements d?approvisionnements (par exemple : gaz de schiste versus gaz naturel
conventionnel).
Source : Ademe (www.bilans-ges.ademe.fr), calculs CGDD
https://bilans-ges.ademe.fr/
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 77 ?
Tableau 18 : paramètres économiques des principales technologies de production énergétique
Energie produite Technologie
OPEX fixes
(¤2023/MWh produit)
2020 2030 2050
Carburants Raffinage fossile aérien 33 33 33
Raffinage fossile terrestre 30 30 30
Energie produite Technologie
CAPEX
(¤2023/kW amont)
OPEX fixes
(¤2023/kW amont/an) Durée de vie
(en ans)
2020 2030 2050 2020 2030 2050
Carburants Bioraffinage aérien 330 248 248 17 17 17 20
Bioraffinage terrestre 153 129 129 8 8 8 20
Synthèse de carburant aérien 451 451 451 23 23 23 20
Synthèse de carburant terrestre 977 977 977 49 49 49 20
Chaleur de réseau Chaleur biosourcée 491 465 465 21 19 19 25
Chaleur biosourcée + capture CO2 1 258 1 237 1 237 320 312 297 25
Chaleur gaz 145 145 145 3 3 3 25
Chaleur gaz + capture CO2 970 970 970 163 159 152 25
Chaleur géothermique 1 553 1 553 1 553 104 104 104 25
Chaleur de réseau/
électricité
Cogénération biosourcée 2 350 1 898 1 953 47 41 39 30
Cogénération biosourcée + capture CO2 2 808 2 444 2515 346 334 317 30
Cogénération gaz 1 014 956 991 26 26 26 30
Cogénération gaz + capture CO2 1 695 1 662 1 722 186 182 175 30
Électricité Éolienne en mer, flottante [min;max] [4 290 ; 6 249] [3721 ; 5301] [3152 ; 4353] 127 92 58 30
Éolienne en mer, posée [min;max] [3 816 ; 5 459] [2963 ; 4037] [2584 ; 3405] 92 67 41 30
Éolienne terrestre [min;max] [1 121 ; 1 869] [1035 ; 1725] [776 ; 1294] 46 40 29 30
PV au sol [min;max] [430 ; 1 289] [343 ; 1030] [274 ; 823] 13 12 9 30
PV sur toiture [min;max] [1 227 ; 2 722] [997 ; 2205] [779 ; 1710] 23 23 17 30
Thermique biosourcée 1 509 1 370 1 250 26 26 26 30
Thermique biosourcée + capture CO2 1 448 1 428 1 480 28 29 29 30
Thermique gaz 621 642 662 188 185 178 30
Thermique gaz + capture CO2 1 023 1 140 1 233 40 39 39 30
Thermique nucléaire ancien 2 768 2 679 2 679 41 43 46 60
Thermique nucléaire nouveau 6 142 2 695 2 584 48 46 40 60
Géothermique 1 668 1 550 1 618 348 338 319 30
Thermique H2 721 721 721 53 51 52 30
Méthane Méthanation 540 405 225 27 22 11 30
Méthaniseur 897 863 725 20 18 16 30
Méthaniseur + capture CO2 1 306 1 272 1 134 83 81 79 30
Hydrogène Vaporeformage 944 944 944 47 42 40 25
Vaporeformage + capture CO2 1 744 1 412 1 328 52 42 40 25
Électrolyseur 1 150 958 863 35 29 26 25
Lecture : les CAPEX et OPEX sont exprimés en euros par kW amont, qu?on peut diviser par l?efficacité pour passer en
puissance aval. Par exemple, le CAPEX d?une centrale thermique à gaz est de 621 ¤/kW amont en 2020, ce qui correspond
à 621/0,6 = 1 035 ¤/kW électrique. Cette convention implique pour certaines technologies une hausse des CAPEX/OPEX
en puissance amont au cours du temps : il y a une amélioration de l?efficacité à CAPEX/OPEX constants en puissance
aval. Les technologies éoliennes et photovoltaïque sont déclinées en trois catégories chacune, à coûts croissants, pour
tenir compte de l?hétérogénéité des gisements (ex : coûts de raccordement variables, zones de vents ou ensoleillement
moins forts).
Sources : RTE ; base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; hypothèses CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
? 78 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 19 : efficacité des principales technologies de production énergétique
Energie produite Technologie Efficacité
2020 2050
Carburants Raffinage fossile aérien 0,97 0,97
Raffinage fossile terrestre 0,97 0,97
Bioraffinage aérien 0,55 0,7
Bioraffinage terrestre 0,55 0,8
Synthèse de carburant aérien 0,84 0,84
Synthèse de carburant terrestre 0,84 0,84
Chaleur de réseau Chaleur biosourcée 0,9 0,9
Chaleur biosourcée + capture CO2 0,75 0,75
Chaleur gaz 0,9 0,9
Chaleur gaz + capture CO2 0,75 0,75
Chaleur géothermique 1 1
Chaleur de réseau/électricité Cogénération biosourcée 0,65/0,25 0,68/0,26
Cogénération biosourcée + capture CO2 0,54/0,21 0,56/0,22
Cogénération gaz 0,59/0,32 0,62/0,33
Cogénération gaz + capture CO2 0,49/0,26 0,51/0,28
Électricité Éolienne en mer, flottante 1 1
Éolienne en mer, posée 1 1
Éolienne terrestre 1 1
PV au sol 1 1
PV sur toiture 1 1
Thermique biosourcée 0,46 0,49
Thermique biosourcée + capture CO2 0,32 0,39
Thermique gaz 0,6 0,64
Thermique gaz + capture CO2 0,44 0,53
Thermique nucléaire ancien 0,34 0,34
Thermique nucléaire nouveau 0,36 0,4
Géothermique 1 1
Thermique H2 0,57 0,57
Méthane Méthanation 0,78 0,78
Méthaniseur 0,6 0,6
Méthaniseur + capture CO2 0,6 0,6
Hydrogène Vaporeformage 0,76 0,76
Vaporeformage + capture CO2 0,69 0,69
Électrolyseur 0,6 0,64
Lecture : par convention l?efficacité des technologies de production à partir d?énergie primaire renouvelable est fixée à
1. Les deux efficacités pour les technologies de cogénération correspondent respectivement aux rapports de l?énergie
thermique utile et de l?énergie électrique produites sur l?énergie primaire consommée pour le total des deux productions
(leur somme correspond donc à l?efficacité totale du processus de cogénération).
Sources : base de données du modèles JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; RTE ; hypothèses CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 79 ?
Tableau 20 : paramètres technico-économiques des technologies de stockage énergétique
CAPEX
Technologie Unité CAPEX 2030 2050 Efficacité
(cycle complet) Durée de vie (ans)
Batteries ¤2023/kWh 316 213 0,85 12
Pompage STEP ¤2023/kW 932 932 0,81 50
Stockage H2 ¤2023/kW 9 177 4 669 1 40
Source : RTE ; base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; hypothèses CGDD
Figure 37 : facteur de charge quotidien sur l?année utilisée pour le calibrage (année 2019) pour
les technologies concernées
Lecture : le facteur de charge des technologies de production énergétique est supposé égal à 1, sauf pour les éoliennes,
le photovoltaïque, les centrales nucléaires et les barrages. Pour ces technologies, le facteur de charge est paramétré
heure par heure de l?année d?après l?année de référence (2019), puis moyenné sur chaque plage horaire utilisée dans la
modélisation du système électrique. Par exemple, si une seule plage horaire par jour (0h-24h) est utilisée, le facteur de
charge quotidien est la moyenne des facteurs de charge horaire paramétrés pour toutes les heures de la journée. Le
graphique décrit ce facteur de charge quotidien moyen. Si la modélisation est réalisée avec plusieurs plages horaires
(par exemple : 7h-10h ; 10h-19h ; 19h-21h ; 21h-7h), le facteur de charge pour chaque plage est la moyenne des facteurs
de charge horaire sur les heures composant la plage.
Sources : RTE ; www.renewables.ninja/
https://zenodo.org/records/3544900
https://www.renewables.ninja/
? 80 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 38 : facteur de charge horaire sur une journée-type estivale (25/08/2019)
Sources : RTE ; www.renewables.ninja/
Figure 39 : facteur de charge horaire sur une journée-type hivernale (23/01/2019)
Sources : RTE ; www.renewables.ninja
https://www.renewables.ninja/
http://www.renewables.ninja/
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 81 ?
Tableau 21 : paramètres technico-économiques des infrastructures de distribution d?énergie
Énergie distribuée
CAPEX
(M¤2023/MW)
OPEX
(M¤2023/MW)
Efficacité Durée de vie
(ans)
2020 2050
Électricité 1,2 0,05 0,92 0,94 60
Énergie distribuée Zone de densité Type de bâtiment CAPEX
(k¤2023/bâtiment raccordé)
OPEX
(k¤2023/bâtiment raccordé)
Efficacité Durée de vie
(ans)
2020 2050
Gaz de réseau urbaine MI 5,8 0,2
0,98 0,98 25
HC 11,5 0,5
HLM 28,8 1,2
Tertiaire 11,5 0,5
périurbaine MI 17,3 0,7
HC 34,5 1,4
HLM 86,3 3,5
Tertiaire 34,5 1,4
rurale MI 575,0 23,0
HC 1 150,0 46,0
HLM 2 875,0 115,0
Tertiaire 1 150,0 46,0
Gaz en vrac toutes MI 1,8
0,98 0,98 25
HC 3,0
HLM 3,6
Tertiaire 3,6
Chaleur moyenne
température
urbaine MI 16,3 0,1
0,83 0,83 25
HC 24,8 0,4
HLM 42,5 1,0
Tertiaire 25,7 0,4
périurbaine MI 39,1 0,1
HC 59,5 0,6
HLM 102,0 1,6
Tertiaire 61,7 0,6
rurale MI 391,3 1,0
HC 595,3 5,3
HLM 1 019,7 14,3
Tertiaire 617,1 5,8
Froid urbaine HLM 135,7 1,6
0,79 0,83 25
HC 72,0 0,6
MI 41,4 0,1
Tertiaire 75,3 0,6
périurbaine MI 414,4 14,3
HC 720,4 5,3
HLM 1 357,1 1,0
Tertiaire 753,1 5,8
rurale
MI 17,3 1,0
HC 30,0 0,4
HLM 56,5 0,1
Tertiaire 31,4 0,4
Lecture : le réseau électrique est compté de façon homogène, sans distinguer le transport de la distribution et sans
distinguer de zone de densité. Les réseaux de distribution de gaz, de chaleur et de froid vers les bâtiments résidentiels
et tertiaires sont comptés en nombre de bâtiments raccordés, et distingués par la zone de densité et le type de bâtiment
raccordé (MI : maison individuelle ; HC : habitat collectif de 10 logements ; HLM : habitat collectif de 30 logements). Les
réseaux desservant les infrastructures industrielles ne sont pas représentés (hors électricité).
Source : RTE ; hypothèses CGDD
? 82 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 40 : courbe de coût marginal de la biomasse primaire
En ¤2023/MWh et TWh d?énergie primaire/an
Lecture : les gisements de biomasse primaire sont considérés comme un réservoir homogène disponible pour tous les
usages énergétiques, à l?exception d?un petit volume disponible uniquement pour la méthanisation (19 TWh/an à
5,8 ¤2023/MWh) et d?un volume disponible uniquement pour le chauffage dans les maisons individuelles (59 TWh/an à
5,8 ¤2023/MWh).
Source : SDES pour les premières tranches (jusqu?à 180 TWh/an) ; stratégie nationale de mobilisation de la biomasse et
hypothèses CGDD pour les suivantes.
Paramétrage du secteur bâtiment
Tableau 22 : paramètres technico-économiques des bâtiments-types
Type de
bâtiment Description Nombre de
logements
Surface par
logement
(m² habitable)
CAPEX de
construction
(k¤2023/bâtiment)
Durée
d'amortissement des
travaux de
construction et
d'isolation (ans)
MI maison individuelle 1 1 134
30
HC habitat collectif, immeuble de taille
modérée
10 68 814
HLM
habitat collectif, immeuble de grande
taille 30 60 2 156
Tertiaire bâtiment tertiaire 1 665 797
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; calculs CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 83 ?
Tableau 23 : paramètres technico-économiques des équipements des bâtiments
Technologie Type de bâtiment CAPEX
(k¤2023/bâtiment équipé)
Efficacité
chauffage
Efficacité
climatisation
Efficacité ECS Durée de vie (ans)
Chauffage joule MI 2,6-5,4
1 15
HC 13,4-29,5
HLM 35,6-78,3
Tertiaire 13,7-30
Chaudière gaz MI 2,4-4,9
0,96 20
HC 12,3-27,2
HLM 32,8-72
Tertiaire 12,6-27,6
Chaudière bois MI 5,4-11,3
0,85 15
HC 28,1-61,8
HLM 74,5-163,7
Tertiaire 28,6-62,8
Chaleur de réseau MI 3-5,9
0,95 0,95 20
HC 17-33,4
HLM 43,5-87
Tertiaire 16-32,7
PAC air-air MI 10,1-20,9
3 3 20
HC 64,6-77
HLM 136-168,9
Tertiaire 64,8-77,4
PAC air-eau MI 19,1-37
2,4 2,4 15
HC 123,1-143,8
HLM 258,3-313
Tertiaire 121,9-142,9
PAC géothermique MI 17,9-34,7
3,8 3,8 20
HC 115,5-134,8
HLM 242,2-293,5
Tertiaire 114,3-134
Climatiseur MI 1,2-2,5
3 15
HC 6,4-14
HLM 16,9-37,3
Tertiaire 6,5-14,3
Froid de réseau MI 0,8-1,8
0,95 20
HC 4,5-10
HLM 12,1-26,6
Tertiaire 4,6-10,2
Chauffe-eau thermodynamique MI 2,4
2,4 15
HC 20,8
HLM 45,4
Tertiaire 13,2
Chauffe-eau joule MI 0,2
1 15
HC 1,9
HLM 4,1
Tertiaire 1,2
Chauffe-eau gaz MI 0,2
0,8 15
HC 2,1
HLM 4,7
Tertiaire 1,4
Lecture : les CAPEX des équipements sont déclinés par type de bâtiment équipé (MI : maison individuelle ; HC : habitat
collectif de 10 logements ; HLM : habitat collectif de 30 logements) et par classe d?isolation du logement (il faut un
équipement plus puissant et donc plus coûteux pour un logement moins bien isolé). Par exemple, une maison neuve
peut se chauffer avec une chaudière gaz ne coûtant que 2 400 ¤, tandis qu?une maison similaire mais de la pire classe
d?isolation devra s?équiper d?une chaudière gaz plus puissante coûtant 4 900 ¤.
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; hypothèses CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
? 84 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 24 : paramètres de coût des travaux d?isolation (CAPEX, k¤2023/bâtiment)
Type de bâtiment Classe après travaux Classe avant travaux
C' D' E' F' G'
MI
B' 25,4 27,3 29,7 34,4 40,9
C' 15,7 18,1 22,8 29,3
D' 11,3 16,0 22,5
E' 11,2 17,7
F' 12,9
HC
B' 186,3 199,4 214,3 242,5 294,4
C' 96,8 111,8 140,0 191,9
D' 61,2 89,4 141,2
E' 59,4 111,3
F' 83,2
HLM
B' 493,0 527,7 567,3 641,9 779,2
C' 256,4 296,0 370,5 507,8
D' 162,0 236,5 373,9
E' 157,3 294,7
F' 220,2
Tertiaire
B' 182,1 195,0 209,6 237,1 287,9
C' 94,7 109,3 136,9 187,6
D' 59,8 87,4 138,1
E' 58,1 108,9
F' 81,3
Lecture : les coûts des travaux dépendent des classes d?isolation avant et après travaux ainsi que du type de bâtiment
(MI : maison individuelle ; HC : habitat collectif de 10 logements ; HLM : habitat collectif de 30 logements).
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; calculs CGDD
Figure 41 : coût des travaux d?isolation des maisons individuelles
Lecture : les travaux d?isolation ont un coût croissant et convexe en le nombre de classe gagnées. De plus, il est toujours
plus coûteux d?atteindre une classe donnée en plusieurs étapes qu?en une seule.
Source : base de données du modèle JRC-EU-TIMES (www.zenodo.org/records/3544900) ; calculs CGDD
https://zenodo.org/records/3544900
https://zenodo.org/records/3544900
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 85 ?
Paramétrage du secteur transport
Tableau 25 : paramètres technico-économiques des véhicules de transport de passagers
Technologie Type de
distance
Classes de consommation 1-5 Classes de consommation 6-7
OPEX
(k¤2023/
véhicule)
Kilométrage
annuel
(km/véhicule/
an)
Taux de
remplissage
2019
(passager/
véhicule)
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
(kWh/100 km)
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
(kWh/100 km)
Durée de vie
(ans)
2030 2050
Énergie
principale
(électricité si
hybride)
2030 2050
Énergie principale
(électricité si
hybride)
Bus essence
CD
317 - 402 317 - 359 333 - 200 433 - 463 371 - 382 166 - 133 15,9
45 000 18,4
15
Bus électrique 369 - 468 333 - 377 115 - 99 504 - 540 389 - 402 95,8 - 92 12,7 15
Bus gaz 345 - 430 345 - 387 418,4 - 251 460 - 491 398 - 410 209 - 167 51,8 15
Bus hybride non
rechargeable
337 - 344 337 - 344 221- 198 347 - 352 347 - 352 191,4 - 184,4 16,9 15
Bus hybride
rechargeable 362 - 369 342 - 348
44,3 - 39,7
(92 - 79,7) 372 - 378 352 - 357
38,3 - 36,9
(76,7 - 73,6) 18,1 15
Bus pile H2 446 - 487 363 - 378 297 - 217 524 - 561 390 - 403 198 - 178,2 12,7 15
Métro 11 500 11 500 800 500 60 000 150 40
Train diesel 5 750 5 750 3195 250
65 000 130
30
Train électrique 8 049 8 049 1000 200 30
Tramway 2 300 2 300 400 100 45 000 30 40
2RM essence 6,9 6,9 40,2 0,3
5 000 1 10
2RM électrique 9,5 8,2 5,7 0,2
Vélo électrique 0,8 0,0 2 500 1 10
VP essence/diesel
CD et LD
23 - 27 23 - 27 56 - 34,1 57 - 102 57 - 102 30,1 - 26,1 1,2
CD : 11 870
LD : 14 525
1,62
15
VP électrique 27 - 30 24 - 27 15 - 13 71 - 148 64 - 134 12,5 - 12 0,9 15
VP gaz 24 - 27 24 - 27 59,2 - 35,5 59 - 122 59 - 122 29,6 - 23,7 3,7 15
VP pile H2 41 - 44 32 - 34 31,2 - 22,9 103 - 214 79 - 164 20,8 - 18,7 0,9 15
VP hybride non
rechargeable 25 - 30 25 - 30 84,9 - 51 54 - 81 54 - 81 42,5 - 34 1,3 15
VP hybride
rechargeable 41 - 44 32 - 34
CD : 8,5 ? 5,1
(12,0 ? 10,4)
103 - 214 79 - 164
CD : 4,2 ? 3,4
(10,0 ? 9,6)
0,8 15
LD : 34,0 ? 20,4
(3,0 ? 2,6)
LD : 17,0 ? 13,6
(2,5 ? 2,4)
Car essence
LD
339 - 429 339 - 390 240 - 144 491 - 552 420 - 450 120 - 96 17,0
34 000 18,4
15
Car électrique 458 - 579 376 - 433 115 - 99,7 663 - 746 466 - 499 95 - 92 13,6 15
Car gaz 345 - 430 345 - 387 418 - 251 460 - 491 398 - 410 209 - 167 51,8 15
Car hybride non
rechargeable 370 - 446 370 - 419 278 - 167 498 - 550 447 - 475 139 - 111 18,5 15
Car hybride
rechargeable
439 - 530 439 - 497 223 - 133
(23 - 19,9)
591 - 653 531 - 564 111,5 - 89,2
(19,2 - 18,4)
22,0 15
Car pile H2 hydrogène 479 - 565 389 - 424 219 - 161 646 - 728 456 - 489 146 - 131 13,6 15
TGV 31 260 31260 816 1359 295 000 350 25
Train grande ligne
diesel 9 797 9797 1938 490
70 000
30
Train grande ligne
électrique 9 797 9797 1209 392 150 30
Train pile H2 13 718 12 547 1214 392 30
Avion kérosène LD et
interna-
tional
125 502 ?
143 447
125 502 -
143 447
7 959 ? 6 172 149 991 -
166 772
149 057 -
154 667
5 774 - 5 376 5457
200 000 200
30
Avion H2 liquide
166 307 -
206 937
152 723 -
174 608
5 651 - 4 636
250 832 -
294 408
180 219 -
188 073
4 410 - 4 184 4365 30
Lecture : « CD » et « LD » signifient respectivement « courte distance » et « longue distance », « VP » signifie « véhicule particulier » et
désigne les voitures. La plupart des véhicules sont déclinés en plusieurs classes de consommation décroissante et de CAPEX croissant,
numérotées de 1 à 7. Les classes 1 à 5 correspondent à des niveaux d?efficacité correspondant aux technologies actuelles ou très
proches. Les classes 6 et 7 correspondent à des niveaux d?efficacité beaucoup plus élevés, associés à des coûts très élevés en début de
trajectoire et diminuant fortement au cours du temps. Quand ils sont déclinés par classe, les paramètres sont indiqués pour la classe 1
et 5, ou la classe 6 et 7, en étant séparés par un tiret. Par exemple, le CAPEX d?une voiture électrique en 2030 pour les classes 1 à 5 est
compris entre 27 k¤2023 (classe 1) et 30 k¤2023 (classe 5). Les voitures hybrides rechargeables ont des consommations différenciées
selon qu?elles réalisent des trajets courts ou longs.
Source : : paramétrage du secteur transport pour le "EU Reference Scenario 2020" de la Commission européenne
(www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en) ; hypothèses CGDD
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
? 86 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 26: paramètres technico-économiques des véhicules de fret et agricoles
Technologie Type de distance
Classes de consommation 1 à 5 Classes de consommation 6 à 7
OPEX
(k¤2023/véh
icule)
Kilométrage
annuel
(km/véhicule/
an)
Taux de
remplissage
2019
(tonne/véhicu
le)
Durée de vie
(ans)
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
CAPEX
(k¤2023/véhicule)
Consommation
unitaire
2030 2050
Énergie principale
(Électricité si
hybride)
2030 2050
Énergie principale
(Électricité si
hybride)
Cyclomoteur essence
CD
2 2 26,5 0,1
5 000 0,023
15
Cyclomoteur gaz 2 2 29,2 0,3 15
Cyclomoteur hybride
non rechargeable 2 2 23,1 0,1 15
Cyclomoteur hybride
rechargeable
2 2 4,6
(3,6)
0,1 15
Cyclomoteur pile H2 3 2 14,9 0,1 15
Cyclomoteur
électrique
3 3 4,5 0,1 15
VUL essence/diesel
CD et LD
22 - 26 22 - 26 70,5 - 42,3 90 - 277 89 - 243 35,2 - 28,2 1,1
CD : 16 000
LD : 16 000 0,17
18
VUL gaz 22 - 27 22 - 27 77,7 - 46,6 48 - 92 48 - 92 38,9 - 31,1 3,4 18
VUL hybride non
rechargeable 24 - 60 24 - 60 61,5 - 36,9 141 - 223 141 - 223 30,7 - 24,6 1,3 18
VUL pile H2 38 - 43 30 - 32 34,4 - 24,6
(3 - 2,8)
164 - 426 121 - 234 4,9 - 19,7
(10,9 - 2,7)
0,9 18
VUL électrique 28 - 36 24 - 31 17 - 14,7 138 - 359 115 - 223 14,2 - 13,6 0,9 18
VUL hybride
rechargeable
26 - 28 24 - 26
CD : 12,3 ? 7,4
(13,6 ? 11,8) 30 - 71 27 - 68
CD : 6,1 ? 4,9
(11,3 ? 10,9) 1,6 18
LD : 49,2 ? 29,5
(3,4 ? 2,9)
LD : 24,6 ? 19,7
(2,8 ? 2,7)
Navire fluvial diesel
LD
8067 8067 6207,5 80,7
14 395 425
35
Navire fluvial gaz 12135 12135 85 121,4 35
Navire fluvial H2 18989 14809 3497 80,7 35
Poids lourd
essence/diesel
LD
119 - 190 119 - 181 241 - 144 244 - 298 229 - 277 120 - 96 6,0
100 000 8,29
20
Poids lourd gaz 155 - 225 155 - 217 212 ? 127 280 - 334 265 - 312 106 - 85 23,3 20
Poids lourd hybride
non rechargeable
130 - 155 126 - 150 229 ? 137 172 - 190 167 - 183 114 - 91 6,8 20
Poids lourd hybride
rechargeable 140 - 153 127 - 138
183 ? 110
(26,0 ? 22,5) 161 - 383 145 - 357
91,8 - 73,4
(21,7 ? 20,8) 8,3 20
Poids lourd
hydrogène
237 - 405 166 - 253 184 ? 135 520 - 636 320 - 386 123 - 110 4,8 20
Poids lourd électrique 209 - 333 166 - 252 130 - 112 428 - 523 318 - 385 108 - 104 4,8 20
Train grande ligne
diesel
LD
10120 10120 12654 101,2
70 000 468
35
Train grande ligne pile
H2
14757 13294 6844 101,2 35
Train grande ligne
électrique
10120 10120 4012 101,2 35
Navire maritime
diesel
International
24724 24724 196647 247
100 000
35
Navire maritime gaz 27601 27601 206413 276 10 000 35
Navire maritime H2 229 229 134059 247 35
Avion kérosène
LD
125502 -
143447
125502 -
143447
4345 ? 3369 149991 -
166772
149057 -
154667
3152 ? 2935 1 255
600 000 8,5
25
Avion hydrogène
166307 -
206937
152723 -
174608
3085 - 2531
250832 -
294408
180219 -
188073
2407 - 2284 1 255 25
Tracteur biodiesel
Agriculture
117 117 181 6,0
10 000 1
15
Tracteur diesel fossile 114 114 182 5,8 15
Lecture : « CD » et « LD » signifient respectivement « courte distance » et « longue distance », « VUL » signifie « véhicule utilitaire
léger ». La plupart des véhicules sont déclinés en plusieurs classes de consommation décroissante et de CAPEX croissant, numérotées
de 1 à 7. Les classes 1 à 5 correspondent à des niveaux d?efficacité correspondant aux technologies actuelles ou très proches. Les classes
6 et 7 correspondent à des niveaux d?efficacité beaucoup plus élevés, associés à des coûts très élevés en début de trajectoire et
diminuant fortement au cours du temps. Quand ils sont déclinés par classe, les paramètres sont indiqués pour la classe 1 et 5, ou la
classe 6 et 7, en étant séparés par un tiret. Par exemple, le CAPEX d?un VUL électrique en 2030 pour les classes 1 à 5 est compris entre
28 k¤2023 (classe 1) et 36 k¤2023 (classe 5). Les VUL hybrides rechargeables ont des consommations différenciées selon qu?ils réalisent
des trajets courts ou longs.
Source : paramétrage du secteur transport pour le "EU Reference Scenario 2020" de la Commission européenne
(www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en) ; hypothèses CGDD
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 87 ?
Tableau 27 : paramètres technico-économiques des infrastructures de transport
Infrastructure Unité
CAPEX
(k¤2023/unité)
OPEX
(k¤2023/an/unité)
Taux d'occupation
(106 véhicules.km/an/unité)
Bornes de recharge électrique CD
infrastructure
0,92 0,05 0,144
Bornes de recharge électrique LD 3,68 0,17 0,144
Station hydrogène CD 1 725 69 18,25
Station hydrogène LD 1 725 69 18,25
Aéroport intranational 460 000 3 450 1,3
Aéroport international 460 000 3 450 2,6
Port 172 500 115 0,8
Réseau métro
km
138 000 0,23 0,19
Réseau tramway 23 000 0,12 0,08
Réseau ferré grandes lignes 13 800 0,12 0,017
Réseau ferré LGV 23 000 0,12 0,077
Lecture : « CD » et « LD » signifient respectivement « courte distance » et « longue distance ».
Source : paramétrage du secteur transport pour le "EU Reference Scenario 2020" de la Commission européenne
(www.energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en) ; hypothèses CGDD
Paramétrage du secteur industrie
Tableau 28 : liste des usines-type et des briques technologiques de la filière sidérurgie
Type d?usine Étiquette
Four à arc électrique A
Haut fourneau F
Brique technologique Étiquette
Brûleurs oxyfuel pour le préchauffage des poches B
Brûleurs régénératifs C
Capture de CO2 D
Capture de CO2 sur laminage à chaud E
Conversion haut fourneau en four à arc - 100 % minerai de fer pré-réduit au gaz naturel G
Conversion haut fourneau en four à arc - 100 % minerai de fer pré-réduit à l?hydrogène H
Conversion haut fourneau en four à arc - 40 % ferrailles - 60 % minerai de fer pré-réduit au gaz naturel I
Conversion haut fourneau en four à arc - 40 % ferrailles - 60 % minerai de fer pré-réduit à l?hydrogène J
Électrolyse du fer K
Electrowinning L
Augmentation du taux de ferrailles dans le convertisseur à 30 % M
Fours à induction pour le réchauffage N
Combustion H2 pour le réchauffage O
Injection de gaz de cokerie dans haut fourneau P
Pompes à vide pour VOD (Vacuum Oxygen Decarburization) Q
TGR (Top Gas Recycling) sur haut fourneau avec capture de CO2 R
TGR (Top Gas Recycling) sur haut fourneau S
Lecture : les voies technologiques de la filière sidérurgie sont construites en combinant une usine-type (haut fourneau ou four à
arc) avec une ou plusieurs briques technologiques. Les briques peuvent affecter les coûts, la consommation énergétique, le
facteur d?émission de procédés et le taux de capture des émissions de CO2. Les briques ne sont disponibles qu?à partir d?une
certaine date, et certaines ne sont pas compatibles entre elles.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie de l'acier en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-
9791029722950.html) ; retraitement CGDD
https://energy.ec.europa.eu/data-and-analysis/energy-modelling/eu-reference-scenario-2020_en
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
? 88 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Tableau 29 : paramètres technico-économiques de la filière sidérurgie
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX
variable
(M¤2023/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé
brutes (tCO2e/t)
Taux de capture
des émissions de
procédé
Date
d'apparition
A 240 24 270 2,235 0,072 - 2000
A+B 246 25 270 1,920 0,066 - 2025
A+B+Q 257 26 270 1,880 0,064 - 2025
A+C 248 25 270 1,875 0,042 - 2025
A+C+Q 260 26 270 1,835 0,040 - 2025
A+K 799 80 120 4,477 0,072 - 2035
A+L 1 408 141 120 4,777 - - 2035
A+N 740 74 270 2,085 - - 2025
A+N+Q 751 75 270 2,045 - - 2025
A+O 270 27 270 2,235 - - 2025
A+O+Q 281 28 270 2,195 - - 2025
A+Q 251 25 270 2,195 0,070 - 2025
F 284 28 194 5,543 0,086 - 2000
F+E 300 30 194 5,584 - - 2035
F+E+M 319 32 207 4,829 - - 2035
F+G 888 89 285 4,216 0,803 - 2030
F+G+D 994 99 285 4,376 0,302 100 % 2035
F+H 857 86 262 6,808 0,127 - 2030
F+I 730 73 260 2,823 0,511 - 2030
F+I+D 791 79 260 2,914 0,227 100 % 2035
F+J 720 72 246 4,303 0,127 - 2030
F+M 303 30 207 4,788 0,088 - 2025
F+P 289 29 194 4,986 0,087 - 2025
F+P+E 305 30 194 5,028 - - 2035
F+P+E+M 324 32 207 4,347 - - 2035
F+P+M 308 31 207 4,305 0,089 - 2025
F+R 434 43 194 4,864 0,086 100 % 2035
F+R+E 450 45 194 4,906 - - 2035
F+R+E+M 469 47 207 4,150 - - 2035
F+R+M 453 45 207 4,109 0,088 100 % 2035
F+S 394 39 194 4,636 0,145 - 2025
F+S+E 410 41 194 4,678 0,043 - 2035
F+S+E+M 429 43 207 3,772 0,046 - 2035
F+S+M 413 41 207 3,730 0,149 - 2025
Lecture : les infrastructures de production industrielle sont comptées en capacités de production (Mt de produit fini/an). La
durée de vie de toutes les infrastructures sidérurgiques est de 20 ans. Les OPEX sont pour partie fixes (proportionnels aux
capacités installées), pour partie variables (proportionnels à la production). Les voies technologiques sont indiquées en
combinant les étiquettes d?une usine-type et d?une ou plusieurs briques technologiques. Par exemple, la voie « F+G+D » désigne
un haut fourneau converti en four à arc, utilisant du minerai de fer réduit au gaz naturel et couplé à de la capture de CO2.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie de l'acier en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-
9791029722950.html) ; retraitement CGDD
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/7151-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-de-l-acier-en-france-9791029722950.html
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 89 ?
Tableau 30 : liste des usines-type et des briques technologiques de la filière ciment
Type d?usine Étiquette
Cimenterie C
Brique technologique Étiquette
Baisse du taux de clinker par des argiles calcinées - 78 %-> 50 % A
Baisse du taux de clinker par du laitier de haut fourneau - 78 %-> 68 % B
Conversion en voie sèche avec précalcinateur D
Liant alcali activé au laitier E
Liant alcali activé aux argiles F
Air de combustion enrichi en oxygène G
Capture du CO2 postcombustion par boucle de calcium H
Capture du CO2 postcombustion par solvant MOA I
Substitution combustibles fossiles par biomasse ou CSR - 25 % J
Substitution combustibles fossiles par biomasse ou CSR - 40 % K
Substitution combustibles fossiles par biomasse ou CSR - 80 % L
Lecture : les voies technologiques de la filière sidérurgie sont construites en combinant une usine-type (cimenterie) avec une ou
plusieurs briques technologiques. Les briques peuvent affecter les coûts, la consommation énergétique, le facteur d?émission
de procédés et le taux de capture des émissions de CO2. Les briques ne sont disponibles qu?à partir d?une certaine date, et
certaines ne sont pas compatibles entre elles.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie cimentière en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-
9791029718212.html) ; retraitement CGDD
Tableau 31 : paramètres technico-économiques de la filière ciment
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX variable
(M¤/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé brutes
(tCO2e/t)
Taux de capture des
émissions de procédé Date d'apparition
C 160 16 14 1,250 0,410 - 2000
C+A 185 19 17 1,237 0,263 - 2030
C+B 161 16 20 1,165 0,357 - 2030
C+A+G 188 19 17 1,225 0,263 - 2030
C+B+G 164 16 20 1,154 0,357 - 2030
C+A+H 612 61 17 3,408 0,263 - 78 % 2035
C+B+H 588 59 20 3,336 0,357 - 57 % 2035
C+A+I 612 61 17 1,995 0,263 - 100 % 2035
C+A+G+H 616 62 17 3,395 0,263 - 78 % 2035
C+B+G+H 592 59 20 3,325 0,357 - 57 % 2035
C+A+G+I 616 62 17 1,982 0,263 - 100 % 2035
C+B+G+I 592 59 20 1,912 0,357 - 100 % 2035
C+B+I 588 59 20 1,923 0,357 - 100 % 2035
C+D 160 16 14 1,153 0,410 - 2000
C+D+A 185 19 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+A+G 188 19 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+A+G+H 616 62 17 3,301 0,263 - 78 % 2035
C+D+A+G+I 616 62 17 1,888 0,263 - 100 % 2035
C+D+A+H 612 61 17 3,311 0,263 - 78 % 2035
C+D+A+I 612 61 17 1,898 0,263 - 100 % 2035
C+D+B 161 16 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+B+G 164 16 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+B+G+H 592 59 20 3,236 0,357 - 57 % 2035
C+D+B+G+I 592 59 20 1,824 0,357 - 100 % 2035
C+D+B+H 588 59 20 3,245 0,357 - 57 % 2035
C+D+B+I 588 59 20 1,832 0,357 - 100 % 2035
C+D+G 163 16 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+G+H 591 59 14 3,313 0,410 - 50 % 2035
C+D+G+I 591 59 14 1,901 0,410 - 100 % 2035
C+D+H 587 59 14 3,323 0,410 - 50 % 2035
C+D+I 587 59 14 1,910 0,410 - 100 % 2035
C+D+J 168 17 14 1,153 0,410 - 2025
C+D+J+A 193 19 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+J+A+G 197 20 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+J+A+G+H 624 62 17 3,848 0,263 - 78 % 2035
C+D+J+A+G+I 624 62 17 2,049 0,263 - 100 % 2035
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
? 90 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX variable
(M¤/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé brutes
(tCO2e/t)
Taux de capture des
émissions de procédé
Date d'apparition
C+D+J+A+H 621 62 17 3,858 0,263 - 78 % 2035
C+D+J+A+I 621 62 17 2,059 0,263 - 100 % 2035
C+D+J+B 169 17 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+J+B+G 173 17 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+J+B+G+H 600 60 20 3,783 0,357 - 57 % 2035
C+D+J+B+G+I 600 60 20 1,985 0,357 - 100 % 2035
C+D+J+B+H 597 60 20 3,792 0,357 - 57 % 2035
C+D+J+B+I 597 60 20 1,993 0,357 - 100 % 2035
C+D+J+G 172 17 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+J+G+H 599 60 14 3,860 0,410 - 50 % 2035
C+D+J+G+I 599 60 14 2,061 0,410 - 100 % 2035
C+D+J+H 596 60 14 3,870 0,410 - 50 % 2035
C+D+J+I 596 60 14 2,071 0,410 - 100 % 2035
C+D+K 177 18 14 1,153 0,410 - 2025
C+D+K+A 202 20 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+K+A+G 205 21 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+K+A+G+H 632 63 17 4,176 0,263 - 78 % 2035
C+D+K+A+G+I 632 63 17 2,146 0,263 - 100 % 2035
C+D+K+A+H 629 63 17 4,186 0,263 - 78 % 2035
C+D+K+A+I 629 63 17 2,156 0,263 - 100 % 2035
C+D+K+B 178 18 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+K+B+G 181 18 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+K+B+G+H 608 61 20 4,111 0,357 - 57 % 2035
C+D+K+B+G+I 608 61 20 2,081 0,357 - 100 % 2035
C+D+K+B+H 605 61 20 4,120 0,357 - 57 % 2035
C+D+K+B+I 605 61 20 2,090 0,357 - 100 % 2035
C+D+K+G 180 18 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+K+G+H 607 61 14 4,188 0,410 - 50 % 2035
C+D+K+G+I 607 61 14 2,158 0,410 - 100 % 2035
C+D+K+H 604 60 14 4,198 0,410 - 50 % 2035
C+D+K+I 604 60 14 2,168 0,410 - 100 % 2035
C+D+L 185 19 14 1,153 0,410 - 2030
C+D+L+A 210 21 17 1,140 0,263 - 2030
C+D+L+A+G 213 21 17 1,130 0,263 - 2030
C+D+L+A+G+H 641 64 17 5,050 0,263 - 78 % 2035
C+D+L+A+G+I 641 64 17 2,403 0,263 - 100 % 2035
C+D+L+A+H 637 64 17 5,060 0,263 - 78 % 2035
C+D+L+A+I 637 64 17 2,413 0,263 - 100 % 2035
C+D+L+B 186 19 20 1,074 0,357 - 2030
C+D+L+B+G 189 19 20 1,066 0,357 - 2030
C+D+L+B+G+H 617 62 20 4,986 0,357 - 57 % 2035
C+D+L+B+G+I 617 62 20 2,338 0,357 - 100 % 2035
C+D+L+B+H 613 61 20 4,994 0,357 - 57 % 2035
C+D+L+B+I 613 61 20 2,347 0,357 - 100 % 2035
C+D+L+G 188 19 14 1,143 0,410 - 2030
C+D+L+G+H 616 62 14 5,063 0,410 - 50 % 2035
C+D+L+G+I 616 62 14 2,415 0,410 - 100 % 2035
C+D+L+H 612 61 14 5,072 0,410 - 50 % 2035
C+D+L+I 612 61 14 2,425 0,410 - 100 % 2035
C+E 248 25 58 0,140 0,232 - 2025
C+F 248 25 31 0,140 0,316 - 2025
C+G 163 16 14 1,238 0,410 - 2030
C+G+H 591 59 14 3,408 0,410 - 50 % 2035
C+G+I 591 59 14 1,995 0,410 - 100 % 2035
C+H 587 59 14 3,421 0,410 - 50 % 2035
C+I 587 59 14 2,008 0,410 - 100 % 2035
C+J 168 17 14 1,250 0,410 - 2025
C+J+A 193 19 17 1,237 0,263 - 2030
C+J+A+G 197 20 17 1,225 0,263 - 2030
C+J+A+G+H 624 62 17 3,942 0,263 - 78 % 2035
C+J+A+G+I 624 62 17 2,143 0,263 - 100 % 2035
C+J+A+H 621 62 17 3,954 0,263 - 78 % 2035
C+J+A+I 621 62 17 2,156 0,263 - 100 % 2035
C+J+B 169 17 20 1,165 0,357 - 2030
C+J+B+G 173 17 20 1,154 0,357 - 2030
C+J+B+G+H 600 60 20 3,871 0,357 - 57 % 2035
C+J+B+G+I 600 60 20 2,073 0,357 - 100 % 2035
C+J+B+H 597 60 20 3,882 0,357 - 57 % 2035
C+J+B+I 597 60 20 2,084 0,357 - 100 % 2035
C+J+G 172 17 14 1,238 0,410 - 2030
C+J+G+H 599 60 14 3,955 0,410 - 50 % 2035
C+J+G+I 599 60 14 2,156 0,410 - 100 % 2035
C+J+H 596 60 14 3,967 0,410 - 50 % 2035
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 91 ?
Voie
technologique
CAPEX
(M¤2023/(Mt/an))
OPEX fixe
(M¤2023(Mt/an))
OPEX variable
(M¤/Mt)
Consommation
unitaire
(TWh final/Mt)
Facteur
d?émissions
de procédé brutes
(tCO2e/t)
Taux de capture des
émissions de procédé
Date d'apparition
C+J+I 596 60 14 2,169 0,410 - 100 % 2035
C+K 177 18 14 1,250 0,410 - 2025
C+K+A 202 20 17 1,237 0,263 - 2030
C+K+A+G 205 21 17 1,225 0,263 - 2030
C+K+A+G+H 632 63 17 4,270 0,263 - 78 % 2035
C+K+A+G+I 632 63 17 2,240 0,263 - 100 % 2035
C+K+A+H 629 63 17 4,282 0,263 - 78 % 2035
C+K+A+I 629 63 17 2,252 0,263 - 100 % 2035
C+K+B 178 18 20 1,165 0,357 - 2030
C+K+B+G 181 18 20 1,154 0,357 - 2030
C+K+B+G+H 608 61 20 4,199 0,357 - 57 % 2035
C+K+B+G+I 608 61 20 2,169 0,357 - 100 % 2035
C+K+B+H 605 61 20 4,210 0,357 - 57 % 2035
C+K+B+I 605 61 20 2,180 0,357 - 100 % 2035
C+K+G 180 18 14 1,238 0,410 - 2030
C+K+G+H 607 61 14 4,283 0,410 - 50 % 2035
C+K+G+I 607 61 14 2,253 0,410 - 100 % 2035
C+K+H 604 60 14 4,295 0,410 - 50 % 2035
C+K+I 604 60 14 2,265 0,410 - 100 % 2035
C+L 185 19 14 1,250 0,410 - 2030
C+L+A 210 21 17 1,237 0,263 - 2030
C+L+A+G 213 21 17 1,225 0,263 - 2030
C+L+A+G+H 641 64 17 5,145 0,263 - 78 % 2035
C+L+A+G+I 641 64 17 2,497 0,263 - 100 % 2035
C+L+A+H 637 64 17 5,157 0,263 - 78 % 2035
C+L+A+I 637 64 17 2,510 0,263 - 100 % 2035
C+L+B 186 19 20 1,165 0,357 - 2030
C+L+B+G 189 19 20 1,154 0,357 - 2030
C+L+B+G+H 617 62 20 5,074 0,357 - 57 % 2035
C+L+B+G+I 617 62 20 2,427 0,357 - 100 % 2035
C+L+B+H 613 61 20 5,085 0,357 - 57 % 2035
C+L+B+I 613 61 20 2,438 0,357 - 100 % 2035
C+L+G 188 19 14 1,238 0,410 - 2030
C+L+G+H 616 62 14 5,158 0,410 - 50 % 2035
C+L+G+I 616 62 14 2,510 0,410 - 100 % 2035
C+L+H 612 61 14 5,170 0,410 - 50 % 2035
C+L+I 612 61 14 2,523 0,410 - 100 % 2035
Lecture : les infrastructures de production industrielle sont comptées en capacités de production (Mt de produit fini/an). La
durée de vie de toutes les infrastructures cimentières est de 20 ans. Les OPEX sont pour partie fixes (proportionnels aux
capacités installées), pour partie variables (proportionnels à la production). Les voies technologiques sont indiquées en
combinant les étiquettes d?une usine-type et d?une ou plusieurs briques technologiques. Par exemple, la voie « C+A+G » désigne
une cimenterie utilisant un mélange dont le taux de clinker est abaissé de 78 % à 50 % grâce à l?incorporation d?argiles calcinées
et avec un air de combustion enrichi en oxygène.
Source : données sous-jacentes au plan de transition sectoriel de l'industrie cimentière en France de l?Ademe
(www.librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-
9791029718212.html) ; retraitement CGDD
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
https://librairie.ademe.fr/industrie-et-production-durable/5041-plan-de-transition-sectoriel-de-l-industrie-cimentiere-en-france-9791029718212.html
? 92 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
ANNEXE 3 ?RÉSULTATS COMPLÉMENTAIRES
Figure 42 : production journalière d?électricité des capacités pilotables en 2020 et 2050
En GWh/jour
Lecture : les appels aux capacités électriques pilotables thermiques durent moins en 2050 qu?en 2020 (pics moins larges), mais
ils sont plus puissants (pics plus élevés), ce qui implique une plus grande puissance installée.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 93 ?
Tableau 32 : coût moyen de fourniture (production et distribution) des principales énergies
finales
En ¤2023/MWh
2020 2030 2040 2050 2060
Carburant aérien 76,5 95,6 107,6 84,9 92,2
Carburant terrestre 69,7 89,8 78,2 52,6 53,9
Chaleur de réseau (bâtiment) 102,6 121,2 148,4 170,8 188,5
Chaleur de réseau (industrie) 52,1 86,8 111,9 124,5 138,0
Charbon 8,6 12,8 13,4 15,1 15,9
Électricité 122,5 115,7 107,3 107,4 105,3
Gaz de réseau 31,7 66,8 67,3 71,1 109,3
Granulé 12,4 25,6 39,0 39,4 41,3
H2 190,1 161,9 138,8 127,8
Lecture : le coût de fourniture est calculé de façon analogue à un LCOE. Le coût de l?intrant CO2 dans les hydrocarbures
synthétiques n?est pas pris en compte. Les énergies finales « gaz de réseau », « carburant terrestre » et « carburant
aérien » sont des mélanges en proportions variables de précurseurs fossile, biosourcé et synthétique. Le coût élevé de
la chaleur de réseau s?explique par la mobilisation de technologies BECCS pour sa production, qui sont coûteuses mais
co-produisent des émissions négatives qui ont une grande valeur pour l?ensemble du système.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Tableau 33 : intensité carbone des énergies finales, nette du CCUS
En gCO2e/kWh
2020 2030 2040 2050 2060
Carburant aérien 293,7 270,7 184,6 61,9 61,9
Carburant terrestre 270,1 256,5 125,0 0 0
Chaleur de réseau (bâtiment) 94,7 - 4,8 - 40,2 - 100,2 - 87,6
Chaleur de réseau (industrie) 195,8 - 126,3 - 201,1 - 284,9 - 333,5
Charbon 374,0 374,0 374,0 374,0 374,0
Électricité 33,1 12,6 5,5 6,1 0,9
Gaz de réseau 232,6 222,0 214,4 197,2 53,5
Granulé 0 0 0 0 0
H2 0 0 0 0 0
Lecture : l?intensités carbone présentée est nette de la capture, du stockage et de l?utilisation du CO2 qui ont lieu
pendant la production. Par exemple, la chaleur de réseau pour l?industrie ou le bâtiment a une intensité carbone très
négative à partir de 2030 car elle est produite en très grande partie par des technologies BECCS.
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 43 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie, par filière (1)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
? 94 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Figure 44 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie, par filière (2)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 45 : consommation finale à usage énergétique de l'industrie, par filière (3)
En TWh/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 95 ?
Figure 46 : production de ciment, par voie technologique
En Mt/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
Figure 47 : production d'acier, par voie technologique
En Mt/an
Source : CGDD, modèle TiTAN
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? 98 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
Ademe Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie
AIE Agence internationale de l?énergie
AME Avec mesures existantes
AMS Avec mesures supplémentaires
BECCS Bioénergie avec capture et stockage de carbone
CAMS Coût d?abattement marginal du système
CAPEX Coûts d?investissement
CCS Capture et stockage de carbone
CCUS Capture, stockage et utilisation du carbone
CET Chauffe-eau thermodynamique
CGDD Commissariat général au développement durable
DGEC Direction générale de l?énergie et du climat
ECS Eau chaude sanitaire
GES Gaz à effet de serre
IAA Industries agro-alimentaires
IGCE Industries grandes consommatrices d?énergies
OPEX Coûts d?opération
PAC Pompe à chaleur
PNIEC Plan national intégré énergie-climat
PTS Plans de transition sectoriels
SNBC Stratégie nationale bas-carbone
STEP Station de transfert d?énergie par pompage
UTCATF Utilisation des terres, changement d?affectation des terres et forêt
VAC Valeur de l?action pour le climat
ZEN Zéro émissions nettes
Sigles
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 99 ?
Table des matières
Introduction ............................................................................................................................................... 4
Partie 1 - Présentation du modèle TiTAN ............................................................................................ 7
1. TiTAN en bref ...................................................................................................................................... 8
A. Un modèle technico-économique d?optimisation du système énergétique ..................... 8
B. Le choix d?une approche strictement technico-économique .............................................. 9
C. Limites de TiTAN et complémentarité avec d?autres approches .......................................10
2. La structure générale de TiTAN ..................................................................................................... 11
A. Décomposition du système énergétique en secteurs ........................................................... 11
B. Traitement de la dimension temporelle ..................................................................................12
C. Traitement de la dimension spatiale et périmètre géographique ......................................12
D. Comptabilité des émissions .......................................................................................................12
E. Comptabilité des coûts ...............................................................................................................13
F. Comptabilité des stocks de capital ..........................................................................................15
3. Les secteurs modélisés dans TiTAN ............................................................................................. 16
A. Secteur énergie .............................................................................................................................16
B. Secteur transport .........................................................................................................................19
C. Secteur bâtiment ......................................................................................................................... 20
D. Secteur industrie .......................................................................................................................... 22
E. Secteur agriculture ...................................................................................................................... 24
4. La construction de scénarios avec TiTAN .................................................................................. 24
A. La démarche de scénarisation .................................................................................................. 24
B. Les éléments de contexte .......................................................................................................... 25
C. Les hypothèses sur le déploiement des technologies .......................................................... 25
D. Les projections de demande ..................................................................................................... 27
E. Les hypothèses sur les émissions hors périmètre et les puits de carbone ....................... 28
F. L?objectif de réduction des émissions de GES ....................................................................... 29
G. Les objectifs hors émissions de GES ........................................................................................ 30
Partie 2 - Une première application : la contribution de TiTAN à la révision de la valeur de
l?action pour le climat ............................................................................................................................ 31
1. Un cadrage des simulations cohérent avec la SNBC3 .............................................................. 32
A. Un objectif climatique cohérent avec la SNBC3, exprimé en budget pour assurer une
bonne répartition des efforts dans le temps .............................................................................. 33
B. Le cadrage du contexte socio-économique ........................................................................... 35
C. Des potentiels technologiques alignés sur la SNBC3 ........................................................... 39
? 100 - Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace
2. La réduction des émissions de GES .............................................................................................. 40
A. Une réduction des émissions par plusieurs mécanismes ..................................................... 40
B. La trajectoire de réduction des émissions selon la forme de la contrainte carbone .... 42
C. Des réductions d?émissions importantes dans tous les secteurs ....................................... 43
3. Le coût d?abattement marginal du système, un indicateur de l?intensité des efforts de
décarbonation ...................................................................................................................................... 44
4. La sensibilité du coût d?abattement marginal aux hypothèses de contexte ...................... 47
A. La sensibilité aux hypothèses de prix des énergies fossiles ................................................ 47
B. La sensibilité aux hypothèses sur les puits de carbone........................................................ 49
C. La sensibilité aux hypothèses de sobriété ...............................................................................51
D. Synthèse des tests de sensibilité .............................................................................................. 52
5. Les coûts de la décarbonation ...................................................................................................... 53
A. Périmètre des coûts considérés et nécessité d?un contrefactuel ...................................... 53
B. Le coût de la décarbonation est modéré sous les hypothèses retenues. ........................ 53
C. La répartition des coûts de la décarbonation ....................................................................... 54
6. La transformation du système énergétique ............................................................................... 56
A. L?évolution de la consommation totale .................................................................................. 56
B. La transformation du secteur de production d?énergie ...................................................... 59
C. La transformation des secteurs consommateurs d?énergie ................................................ 62
Conclusion ................................................................................................................................................ 70
ANNEXES .................................................................................................................................................. 71
Annexe 1 ? Structure du modèle TiTAN .......................................................................................... 72
Annexe 2 ? Paramétrage ..................................................................................................................... 75
Paramétrage du secteur énergie ............................................................................................... 76
Paramétrage du secteur bâtiment ........................................................................................... 82
Paramétrage du secteur transport ........................................................................................... 85
Paramétrage du secteur industrie ............................................................................................ 87
Annexe 3 ? Résultats complémentaires .......................................................................................... 92
Bibliographie ............................................................................................................................................ 96
Sigles .......................................................................................................................................................... 98
Table des matières .................................................................................................................................. 99
Le modèle technico-économique TiTAN : optimiser le système énergétique pour une transition bas-carbone efficace - 101 ?
CGDD, juillet 2025
Coordination éditoriale : Laurianne Courtier
Commissariat général
au développement durable
Service de l?économie verte et solidaire (SEVS)
Sous-direction de l?économie et de l?évaluation
Tour Séquoia ? 92055 La Défense cedex
Courriel : diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
www.ecologie.gouv.fr
mailto:diffusion.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
http://www.ecologie.gouv.fr/
Résumé
Sommaire
Introduction
Partie 1 Présentation du modèle TiTAN
Partie 2 Une première application :
la contribution de TiTAN à la révision de la
valeur de l?action pour le climat
Conclusion
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