Plan particulier pour la Creuse n° 2 2024-2026 : un pacte territorial pour bâtir la ruralité de demain

Auteur moral
République française
Auteur secondaire
Résumé
Le Plan Particulier pour la Creuse n°2 (2024-2026) vise à bâtir une ruralité innovante grâce à la transition écologique, l'amélioration des services publics, et un soutien accru à la jeunesse. Il propose la rénovation du bâti ancien, la préservation des ressources en eau, le développement de l'éco-construction et des solutions adaptées aux mobilités et aux inégalités d'accès.
Descripteur Urbamet
transition écologique ; service public ; jeune ; construction ; eau ; éco-construction ; mobilité ; accessibilité
Descripteur écoplanete
Thème
Aménagement rural
Texte intégral
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 Un pacte territorial pour bâtir la ruralité de demain 2024 ? 2026 SOMMAIRE Préambule ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 3 1. Bâtir un modèle de transition écologique pour l?hyper-ruralité ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 7 2. Faire de la vie en Creuse une chance, en offrant des services adaptés aux attentes des habitants ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 15 3. Bâtir un « département éducatif rural » qui mise sur sa jeunesse ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 23 Préambule Territoire emblématique de la France agricole et rurale, terre des maçons qui ont construit Pa- ris, la Creuse, département de la Nouvelle-Aqui- taine, a aujourd?hui vocation à incarner l?inven- tion d?un nouveau modèle de développement en hyper-ruralité, fondé sur la transition éco- logique et la reconnaissance des ressources propres aux territoires ruraux? Le premier « plan particulier pour la creuse » sur la période 2019-2021 a contribué à changer l?image de la Creuse, dans l?objectif d?inver- ser une tendance démographique à la baisse constante depuis la première Guerre mondiale? Il a offert à ce département vulnérable une forme de réparation et a permis l?émergence de projets structurants majeurs? Surtout, il a généré une dynamique positive en entraînant l?ensemble des acteurs, tant politiques que so- cio-économiques? La méthode et la démarche mises en oeuvres ont été reconnues et plébici- tées par la plupart des élus qui appellent au- jourd?hui à la poursuite du dispositif dans un nouveau contrat recentré sur quelques axes prioritaires? Ce nouveau plan particulier mise à nouveau sur une méthode participative. Plusieurs séminaires de travail, réunissant pour les derniers plus de 250 représentants des forces vives du territoire, ont permis d?identifier les défis majeurs que la Creuse devra relever d?ici 2030 : 1. Le défi de la transition écologique Dans le contexte du changement climatique, la Creuse fait face à une sécheresse désormais ré- currente, et dispose d?un bâti ancien parmi les plus énergivores de France? Il importe donc de sécuriser l?accès à la ressource en eau, et de ré- nover ce bâti ancien, de manière qualitative et adaptée aux nouveaux usages et aux nouvelles envies? Pour atteindre ces objectifs, la Creuse doit pla- nifier son développement dans un objectif de transition écologique en misant sur un modèle historique de solidarités et de sobriété rurales, et sur la feuille de route Néoterra 2, conduite par la Région Nouvelle-Aquitaine? 2. Le défi de l?accès aux services La Creuse a des atouts à faire valoir pour s?im- poser comme un territoire attractif pour ses habitants d?abord et pour de nouveaux arri- vants? Valoriser les aménités des territoires ru- raux reste la condition pour redonner vie aux PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 3 centres-villes et centres-bourgs qui exercent des fonctions de centralités pour les habitants? Dans un département marqué par la faible den- sité, il s?agit d?apporter des réponses aux pro- blématiques d?accès aux services essentiels: l?eau, la santé, le logement, l?éducation, le sport et la culture, les commerces, les mobilités? en adaptant les moyens d?intervention à la réali- té du territoire. La Creuse peut offrir à tous ses habitants un haut niveau de services, en s?ap- puyant sur la mise en réseau des acteurs et la multiplication des dispositifs d?«aller vers»? 3. Le défi de l?égalité des chances pour la jeunesse Un des départements les plus vieux d?Europe, la Creuse souhaite miser sur sa jeunesse, à qui il convient d?offrir les mêmes chances de réussite que dans les autres territoires? Il s?agit d?accompagner tous les Creusois de 0à25 ans, depuis la naissance jusqu?à l?inser- tion dans l?emploi? En s?appuyant sur les filières économiques qu?elle accueille historiquement et les struc- tures de formation associées qu?il convient de soutenir, la Creuse peut s?imposer comme terre d?innovation et former aux métiers de demain? La méthode à l?oeuvre pour conduire ce plan particulier s?appuiera sur un partenariat resser- ré entre l?État, la Région, le Département et le bloc communal? Comme l?a montré le premier plan particulier, c?est l?alliance de cette chaîne de responsabilité qui permet de faire émerger des projets structurants pour la Creuse? La gouvernance du plan se structurera ainsi au- tour des instances suivantes : ? une cellule de pilotage resserrée autour des représentants de l?État (corps préfectoral et directeurs de l?État, des parlementaires, des représentants des différents niveaux de col- lectivités et des consulaires) ; ? des arbitrages politiques réguliers au sein du comité local de cohésion des territoires (CLCT); ? un pilotage technique au sein du comité des financeurs qui réunit l?ensemble des parties prenantes pour le financement et l?accompa- gnement des projets; ? un rendu compte annuel à l?ensemble des représentants de la société civile et des élus sur le modèle des séminaires réunis pour l?élaboration du plan n°2; ? une série de groupes de travail thématiques sous la co-présidence de l?État, du Conseil ré- gional et du Conseil départemental? Ces instances seront en charge de l?évaluation régulière du pacte et des actions menées, sur la base des indicateurs de résultats et de réa- lisation? Une politique de communication sur les tra- vaux menés et les actions soutenues est prévue dès la signature du pacte, pour rendre compte de l?état d?avancement et des résultats générés par le pacte? PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°24 1 Bâtir un modèle de transition écologique pour l?hyper-ruralité Un modèle de transition écologique adapté à la ruralité reste à inventer. Il s?agit de reconnaître les services réels rendus par ces territoires, en termes de biodiversité ou de stockage de carbone par exemple. Il faut également construire des solutions pour pallier des fragilités et vulnérabilités réelles, afin de garantir aux habitants actuels ou à venir de ces territoires une réelle équité. La tradition de sobriété rurale de la Creuse doit lui permettre de devenir un département hyper-rural résilient, en capacité d?anticiper les changements, par l?adaptation de l?habitat ancien et la préservation de la ressource en eau. PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 5 Cet axe s?appuie sur les travaux initiés par la feuille de route régionale Néoterra et s?étayera en 2024 sur les travaux conduits dans le cadre de la planification écologique territoriale et des COP futures. La déclinaison opérationnelle de cet axe en sera d?autant renforcée. A. PARTAGER UNE RESSOURCE VITALE Compte tenu de sa géologie granitique ne per- mettant qu?un faible stockage d?eau, le dé- partement reste pleinement dépendant de la pluviométrie pour son alimentation en eau? Le changement climatique, et en particulier ses conséquences en termes de déficit pluviomé- trique, entraîne une accélération de la réduc- tion des ressources disponibles et surtout une modification de leur répartition sur le territoire? La situation en tête de bassin rend le départe- ment plus vulnérable aux effets de sécheresses récurrentes? Le vieillissement des infrastructures d?alimen- tation et de traitement (8 380 km de réseau) et leur mode de gestion très éparpillé à l?échelle creusoise, avec 77unités de gestion de l?eau, rendent complexe mais nécessaire la mise en oeuvre d?une structuration départementale? Garantir l?accès à l?eau pour tous est un enjeu majeur pour les années à venir? L?objectif est donc pluriel: préserver la res- source en eau, en s?assurant du bon état de fonctionnement des écosystèmes aqua- tiques, mais aussi accompagner l?adaptation des usages, notamment par la réduction des consommations, afin de garantir un partage apaisé des ressources? Connaître et préserver la ressource en eau Le grand cycle de l?eau au niveau des têtes de bassin versant doit être pris en compte pour préserver la ressource en eau? Le respect des milieux naturels que sont les zones humides, tourbières, haies et forêts est indispensable, d?autant, par exemple, que 85% de l?eau po- table du principal bassin de vie, l?Aggloméra- tion du Grand Guéret provient notamment des sources situées en forêt? L?objectif est donc bien de travailler à la pré- servation des stockages naturels d?eau (zones humides, forêts?) comme des stockages d?eau anthropiques existants que sont les barrages, étangs, et quelques retenues collinaires? et qui constituent l?identité du territoire? La préservation et la restauration des zones hu- mides est à amplifier, en s?appuyant sur l?éva- luation des services écosystémiques rendus à l?échelle des bassins versants? La gestion durable et la plantation de haies et de la ripisylve, en augmentant les zones tam- pons en bordure des cours d?eau, doit être en- couragée? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Mettre en place un plan de gestion départemental des étangs ? Accompagner l?évolution des pratiques forestières et agricoles sur les têtes de bassins. Sécuriser la ressource Afin d?assurer la qualité et la quantité de la res- source en eau pour tous les usages, la mise en oeuvre de la protection des captages est à amé- liorer? L?assainissement en milieu rural faible- ment peuplé doit être repensé, pour respecter le niveau d?exigence des rejets dans le milieu naturel, comme une optimisation financière et technique des réseaux? Par exemple, le département doit faire face à des pollutions liées à la prolifération des cyanobactéries ayant un impact sanitaire im- portant? Les zones de baignade sont régulièrement confrontées à des fermetures pour risque sani- taire, alors que le département axe son déve- loppement touristique sur cette activité de loi- sirs? La sécurisation de la distribution en eau po- table nécessitera des investissements sur les ouvrages de stockage et les réseaux «fuyards» vétustes? L?interconnexion des réseaux permettra égale- ment de mutualiser la ressource en eau plutôt que d?être contraint à des mesures palliatives d?urgence telles que l?approvisionnement des châteaux d?eau par camion citerne? PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 7 Cette sécurisation de l?alimentation en eau touche également le secteur économique? Le département, terre d?élevage compte 420 000 bovins qu?il faut abreuver? Il faut trouver des alternatives aux réseaux classiques de distribu- tion d?eau potable pour répondre à ce besoin et poursuivre le soutien aux investissements permettant d?assurer l?autonomie en eau pour l?abreuvement des animaux au pâturage et dans les bâtiments? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Soutenir la mise en place du syndicat créé et destiné à programmer des investissements structurants ? Garantir la qualité sanitaire des baignades en milieu naturel ? Dispositifs de soutien aux éleveurs pour l?autonomie en eau. Adapter et anticiper les usages La prise en compte des impacts liés au change- ment climatique implique une nécessaire adap- tation des usages et pratiques, du citoyen mais aussi des secteurs économiques, agricoles et industrielles comme touristiques? Repenser les usages de l?eau nécessite tout d?abord une communication et une meilleure connaissance des consommations puis un ac- compagnement à la sobriété, à la réutilisation des eaux pluviales, des eaux industrielles et le recyclage des eaux usées? Les documents de planification, tels que les PLUI et SCOT, pourraient intégrer ces enjeux liés à la ressource en eau? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Définir un modèle d?assainissement adapté au milieu rural ? Étudier les usages résilients de l?eau en milieu industriel ? Mener des campagnes d?information et de sensibilisation. B. RÉNOVER LE BÂTI EXISTANT Le parc de logements en centre-bourg est le deuxième parc le plus ancien de France, avec 50 % du bâti antérieur à 1945? Particulièrement vétuste, il comprend de nombreuses passoires énergétiques? Les logements sont également peu adaptés aux usages actuels et à venir? Ils ne prennent pas en compte les nouvelles attentes et les contraintes d?une population vieillissante, d?une population à faibles revenus (jeunes actifs, retraités, de- mandeurs d?emploi?), et d?une clientèle touris- tique en recherche de bâti de caractère? Créer les conditions pour rénover le bâti ancien L?ancienneté des logements, voire leur vétusté, est souvent synonyme de précarité énergétique dans ce département où les passoires énergé- tiques sont les plus nombreuses? Le frein principal à la rénovation du bâti ancien est financier, dans un territoire dit « détendu », où les loyers sont peu élevés mais la rénova- tion coûteuse, ce qui rend les opérations peu rentables? Il s?agit d?accompagner les propriétaires, les communes, les intercommunalités, les bail- leurs sociaux et les associations dans leur pro- jet d?amélioration de l?habitat et notamment en matière de rénovation énergétique? Ce soutien peut intervenir à plusieurs niveaux, à la fois pour mesurer la faisabilité des tra- vaux au démarrage du projet, comme dans la conduite des travaux à mener au sein du lo- gement? La redécouverte des caractéristiques spécifiques du bâti traditionnel creusois pour- rait ainsi conduire à déroger à certaines normes énergétiques trop standardisées et mal adap- tées? PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°28 EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Encourager le rachat et la rénovation du bâti ancien, en s?appuyant sur diagnostic, conseils et mobilisation des acteurs du bâtiment ? Créer un guichet unique « Maison de l?habitat », avec observatoire ? Rénover et créer des logements communaux. Réhabiliter de façon progressive et cohérente les équipements collectifs, les bâtiments publics et scolaires La vétusté patrimoniale d?un certain nombre d?équipements, pourtant essentiels pour la qualité de vie en Creuse, implique une réflexion sur les usages actuels et à venir, sur leur fonc- tionnement, afin de prioriser les rénovations, de répartir de façon équitable et équilibrée les équipements à l?échelle du département, et d?encourager mutualisations et multiplicité des usages? La nécessité de définir une approche globale et cohérente de l?aménagement au niveau du ter- ritoire, du bassin de vie est un préalable pour adapter les usages, voire les réinventer, au re- gard des évolutions actuelles, et notamment la nécessité d?un maillage de proximité de ser- vices pour la vie quotidienne? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Élaborer un Schéma départemental des équipements sportifs structurants ? Mettre en place des plans de rénovation: écoles, bâtiments publics, églises. Développer une filière de l?éco-construction Le département est très fortement marqué par une tradition bâtisseuse, celle des maçons creusois qui est à l?origine de la création au dé- but du XXème siècle d?une école de formation à Felletin, aujourd?hui Lycée des Métiers du Bâti- ment de Felletin (LMB)? De fait, le secteur de l?artisanat de la filière des Bâtiments et Travaux Publics est très présent et actif mais doit faire face à des défis majeurs : le renouvellement des générations, le manque d?attractivité de ces métiers, les difficultés de recrutement, le maintien et le développement des compétences dans un contexte de mutation lié aux transitions énergétiques, climatiques et numériques? C?est dans ce contexte que la Région acadé- mique de Nouvelle-Aquitaine et le Conseil Régional ont souhaité unir leurs labels Cam- pus des Métiers et des Qualifications (CMQ) et Talents et Territoires de Nouvelle-Aquitaine (TTNA) autour d?un projet commun le campus régional du patrimoine bâti de la restauration à l?éco-construction? Ce campus, dont l?établissement support est le lycée des Métiers du Bâtiment de Felletin, sur lequel un investissement de 46 millions d?euros est programmé par la Région Nouvelle-Aqui- taine pour sa rénovation, est une mise en ré- seau de l?ensemble des acteurs de la filière? Il agit en faveur : ? de l?orientation professionnelle choisie, avec des métiers du bâtiment en forte mutation et plus attractifs dans une filière porteuse d?ave- nir, ? du développement des parcours de formation d?excellence en conciliant la transmission de savoir-faire traditionnels et l?apprentissage de nouveaux savoirs, ? de l?innovation dans le domaine des maté- riaux de construction, avec le développement des filières biosourcées, géosourcées, recy- clées? Il s?agit de renouer avec ce qui a fait autrefois la réputation du LMB, à savoir former des profes- sionnels bâtisseurs et développer la filière de l?éco-construction au service de la construction du patrimoine de demain comme de la réhabili- tation du bâti ancien? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Soutenir la Manufacture de proximité autour de l?éco-construction et soutien recyclerie des matériaux du bâtiment ? Communiquer sur les métiers du bâtiment. PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 9 C. FAVORISER UN DÉVELOPPEMENT ÉQUILIBRÉ DU TERRITOIRE Avec des centre-bourgs en difficulté, en déprise démographique et dans lesquels la vacance est très marquée, le département s?est inscrit lar- gement dans le programme de revitalisation des petites centralités Petites villes de demain? En parallèle, les objectifs de la loi Climat et ré- silience invitent à mettre fin à l?étalement ur- bain avec, pour objectif pour 2030, la réduction de 50 % de la consommation des espaces natu- rels, agricoles et forestiers? Se doter d?une stratégie partagée pour projeter le développement de la Creuse L?enjeu est de favoriser un développement équilibré du territoire, un développement qui ne se construit pas contre les espaces naturels mais les prend en compte, pour une ruralité at- tractive qui garde son identité? Pour faire vivre ce modèle de développement, l?absence de vision globale permettant de dé- finir les perspectives d?aménagement est au- jourd?hui pénalisante? Le département doit se doter rapidement de documents d?urbanisme. Ceux-ci représentent la traduction dans l?es- pace et dans le temps des choix politiques de développement territorial pour redynamiser les centres-bourgs et penser l?habitat, accueil- lir des activités économiques, préserver les es- paces non artificialisés? Apporter une réponse à l?inadaptation des logements Par ailleurs, l?offre de logement apparaît ina- daptée aux attentes et aux parcours de vie? Des populations nouvelles souhaitant s?instal- ler sur le territoire ne trouvent pas à se loger, compte tenu de la faiblesse d?un marché locatif de qualité et de la pénurie de logements réno- vés habitables immédiatement, malgré un taux de vacances parmi les plus élevés de France, à 16 % en 2019? Certaines offres d?habitat apparaissent particu- lièrement manquantes, pour accueillir des po- pulations dont le territoire a pourtant besoin: apprentis, saisonniers, jeunes salariés, étu- diants stagiaires en santé humaine et animale, médecins, cadres? Des solutions d?habitat temporaires ou transitoires pour les accueillir peuvent être développées? Pour rendre de l?attractivité aux centres-bourgs, il importe d?encourager le renouvellement des formes d?habitabilité et de remettre l?économie et les services en coeur de bourg, notamment face à l?inadéquation ou l?indisponibilité de foncier adapté? Enfin, l?aménagement des espaces publics est une composante essentielle d?une qualité de vie à la campagne? Vecteur de lien social, ces espaces doivent intégrer les enjeux de transi- tion écologique? Des espaces publics plus agréables et accueil- lants sont à la fois des marqueurs d?une iden- tité locale et contribuent, par exemple, à l?at- ténuation des bruits, à la réduction des effets d?îlots de chaleur, à la régulation des eaux plu- viales, à l?amélioration de la qualité de l?air et l?augmentation de la biodiversité? L?enjeu serait donc de développer des types d?habitat adaptés aux attentes, dans des es- paces publics repensés, tout en préservant la qualité du rapport à la nature qui fait l?attrait de la ruralité creusoise. EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Créer une foncière multi-thématiques départementale pour la rénovation en centres-bourgs ? Végétaliser les espaces en centres-bourgs ? Créer des logements transitoires ou espaces de colocation en centres-bourgs pour apprentis, saisonniers, étudiants, salariés? PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°210 Développer des solutions innovantes pour la mobilité en ruralité La dispersion de l?habitat en zone rurale, la localisation des activités économiques et le maillage des transports en commun ont pous- sé à une utilisation massive de la voiture indi- viduelle, qui limite fortement les déplacements de certains publics (jeunes, personnes âgées, personnes précaires?), qui est néfaste au cli- mat, et de plus en plus problématique au re- gard du pouvoir d?achat des habitants? Élaborer une politique de mobilité adaptée aux besoins est un enjeu pour la ruralité quand on constate qu?un Français surquatre a déjà re- fusé un emploi faute de moyens de transport (Source : Laboratoire de la Mobilité Inclusive)? En Creuse, le lycée agricole d?Ahun comme celui des métiers du bâtiment de Felletin au regard de leur développement nécessitent un renfor- cement de leur accessibilité en transport en commun? Il est primordial d?envisager une di- versité de solutions pour répondre aux multi- ples usages et besoins? Une étude sur les petites lignes de desserte ferroviaire, à partir de la ligne Guéret-Felle- tin, doit permettre une articulation avec les grandes lignes ferroviaires existantes (POLT), comme avec les solutions de mobilité du der- nier kilomètre? Une réflexion sur la multi-modalité des gares, voire d?autres usages, doit être menée? L?amélioration de la desserte des trains du quo- tidien (TER) doit être un objectif et nécessite une mobilisation de tous les acteurs : Région, Département, collectivités territoriales et leurs groupements? La mise en place d?une offre de transports com- plémentaires à l?automobile doit être une prio- rité pour les territoires en s?appuyant sur : ? un usage alternatif de la voiture avec un co- voiturage à adapter aux territoires en dé- ployant un réseau d?aires de covoiturage bien situées, ? la valorisation de la gare de la Souterraine, porte d?entrée du département, qui doit de- venir une plate-forme centrale dans l?organi- sation des transports, ? la refondation d?un réseau de lignes d?auto- cars efficace, desservant au plus près les prin- cipaux pôles structurants du département, en articulation avec les trains, ? la connexion aux grands pôles de référence, notamment Limoges, et les relations interdé- partementales vers Clermont-Ferrand, Mont- luçon, Poitiers ou Ussel? Le partage des mobilités comme le dévelop- pement de voies douces sécurisées au niveau des principales agglomérations apparaissent également comme des perspectives d?avenir? La mise en place de corridors de covoiturage permettra de faire émerger des axes identifiés, susceptibles de jouer un rôle complémentaire aux transports en commun et une alternative à l?autosolisme? L?enjeu du transport de marchandises (pour le bois notamment, d?oeuvre ou le bois-énergie), est également un enjeu fort pour la Creuse? Des solutions comme le micro-fret sont des hypo- thèses à travailler, en prenant en compte les expérimentations déjà mises en oeuvre lors de la tempête de 1999? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Poursuivre l?étude sur la remise en service des petites lignes ferroviaires ? Mettre en place des lignes de covoiturage. PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 11 2 Faire de la vie en Creuse une chance, en offrant des services adaptés aux attentes des habitants Le département de la Creuse a pu souffrir d?un déficit de notoriété ou d?attractivité, et reste dans l?imaginaire collectif le symbole d?un territoire rural enclavé, dans lesquels les services ne seraient pas les mêmes que dans d?autres territoires, notamment plus urbains. Cette image doit aujourd?hui être inversée, en l?adaptant. PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 13 Pour modifier durablement cette perception, et dans la poursuite des travaux du premier Plan particulier pour la Creuse, il s?agit, en s?appuyant sur la marque territoriale « L?Esprit Creuse », désormais installée dans le paysage, de conforter et mieux faire connaître les potentialités du département aux habitants comme aux nouveaux arrivants. Malgré une desserte routière de bonne qualité, les contraintes, réelles, en termes d?accessibilité notamment, doivent également être prises en compte comme potentiels freins à une installation durable dans le département. Les services proposés en ruralité doivent être aménagés dans un esprit d?expérimentation, pour mieux répondre aux attentes des usagers et leur garantir un égal accès aux services. Il s?agit donc de s?adapter aux difficultés liées à un certain isolement ou enclavement et de lutter contre un sentiment d?abandon des pouvoirs publics par des solutions innovantes, qui rapprochent les services des habitants. Les coopérations entre les acteurs, qui ont déjà permis de développer des services diversifiés adaptés aux attentes des usagers, doivent être renforcées. Enfin, il convient de conforter les centralités existantes? bourgs et centres-bourgs ? qui constituent un maillage équilibré du département, contribuent à une offre de services qui est au bénéfice de tous, y compris des zones les moins denses. A. RAPPROCHER LES SERVICES DES HABITANTS Alors que la mobilité est une difficulté identi- fiée en hyper-ruralité, l?objectif est bien de rap- procher les services des habitants? Rendre les services accessibles grâce au numérique Avec le développement de la fibre et du haut débit, pour un déploiement en 2023 de 90 % sur Guéret et son agglomération et de 75 % sur le reste du territoire creusois, le numérique per- met de rapprocher le citoyen d?une offre de services, parfois nationale? Forte de cette cou- verture, la Creuse peut désormais mobiliser le numérique pour développer de nouveaux ser- vices aux habitants? La santé, à l?instar de l?ex- périence de télémédecine Tel-e-dent, se prête au déploiement d?une offre autour de la télé- médecine, en complément de l?offre existante, dans le cadre d?un parcours de soin global et coordonné? Après l?expérience de la crise sanitaire liée au covid, et dans un territoire où l?habitat est dis- persé et les temps de déplacement importants, les enseignements à distance peuvent s?articu- ler avec l?offre d?enseignement en présentiel, dans le cadre scolaire ou extra-scolaire? L?émer- gence d?un campus connecté creusois en est l?emblème, permettant de répondre aux problé- matiques d?auto-censure? Le numérique peut en ce sens transformer et enrichir l?ensemble des services publics comme privés dans notre territoire rural. Ainsi, dans le domaine culturel, l?expérience des Micro-folies en cours, qui atteste de l?intérêt de ces outils en complément des lieux physiques, a vocation à être confortée? Le « click and collect » peut être utilisé pour les bibliothèques, afin de conforter la pratique de la lecture? Le commerce « phy- sique » peut de la même manière être conforté avec le développement des « market place »? Les publics les plus fragiles méritent une at- tention particulière dans un des départements les plus pauvres de France et qui expérimente une nouvelle modalité d?accompagnement pour les bénéficiaires du revenu de solidarité active (rSa)? La lutte contre la fracture numérique et l?illec- tronisme reste une préoccupation forte et né- cessite des moyens? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Mettre en place un Campus connecté à l?échelle départementale ? Élaborer un plan d?action numérique au sein du Schéma d?accès aux services publics insistant sur l?accompagnement aux usages du numérique ? Poursuivre le déploiement du réseau public de fibre optique, construit par DORSAL, exploité et commercialisé par Nouvelle- Aquitaine Très Haut Débit (NATHD) ? Améliorer et poursuivre les expérimentations en télémédecine. Inventer des solutions d?« allervers » ou « du dernierkilomètre » En Creuse, le trajet moyen domicile/travail est de 20 km et se pratique majoritairement en véhicule individuel? Pourtant, beaucoup de personnes ne sont pas motorisées, pour des raisons financières ou en raison d?une perte d?autonomie, tout en habitant parfois loin des principales villes? Pour les publics les plus éloignés géographi- quement ou socialement, voire les publics em- pêchés, il s?agit d?inventer des solutions dites «d?aller vers» ou des solutions dites du dernier kilomètre pour une prise en charge au plus près des besoins? L?itinérance des services peut constituer une réponse adaptée, notamment dans le domaine de la santé, mais aussi dans le secteur des loi- sirs, de la formation et de l?emploi? Les bus ou cabinets médicaux mobiles? car- diobus, facilitybus, gynécobus, vaccinobus, mé- dicobus? ou la réutilisation des locaux publics existants pour des permanences ou antennes permettent un service en porte-à-porte dans l?accès aux soins? PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 15 Ce modèle peut être dupliqué dans le domaine culturel, sur le modèle du camion-podium de Musiques en Marche financé dans le cadre du Premier Plan particulier pour la Creuse, ou à travers des spectacles itinérants proposés dans les salles polyvalentes des communes? Le camion de la banque alimentaire apporte produits de première nécessité et conseils au- près des personnes en précarité? Les commerces itinérants doivent être sou- tenus, en termes d?investissement mais aussi pour compenser le surcoût d?un service mobile en termes de carburant? La perte d?autonomie en ruralité, en particulier dans un des départements les plus âgés d?Eu- rope, doit être accompagnée, à travers la pour- suite des politiques de maintien à domicile, sans négliger le soutien aux aidants ou l?ac- compagnement dans le parcours résidentiel de la personne âgée destinée à la rapprocher des services? Sur le plan touristique également, une partie de la clientèle n?est pas motorisée, et cette mobi- lité jusqu?aux sites de visites est également à prendre en compte? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Mettre en place la «Maison mobile23» des industries métallurgiques ? Soutenir l?itinérance de l?offre culturelle. B. DÉVELOPPER LES COOPÉRATIONS POUR DES SERVICES DIVERSIFIÉS La Creuse est un territoire rural qui a long- temps misé sur des solidarités traditionnelles dont des réminiscences sont encore percep- tibles? L?esprit des coopérateurs creusois du XIXème continue à imprégner le territoire et bon nombre de structures ou d?acteurs reven- diquent cet héritage? Ces solidarités existantes sont des atouts sur lesquels capitaliser et s?ap- puyer pour une mise en réseau des acteurs et une mutualisation des équipements et des ser- vices, indispensable dans un contexte de dissé- mination des acteurs? Une meilleure connaissance de l?offre existante, avec l?identification des manques et repérages des lacunes éventuelles, devra passer par l?éla- boration de cartographies et de schémas direc- teurs, pour mieux repérer ou anticiper de nou- veaux besoins et usages? EXEMPLE D?OPÉRATION ? Élaborer un Schéma des pratiques artistiques et culturelles. Mutualiser pour répondre aux attentes Des équipements et des services peuvent être mutualisés dans une logique d?efficience et de maillage? En fonction des diagnostics et états des lieux menés, une optimisation de l?utilisation des équipements existants ou la mise en commun de matériels peuvent être envisagées dans de nombreux domaines: éducation, santé, sports et culture, loisirs? Les places inoccupées en EHPAD pourraient être plus largement utilisées pour de l?accueil temporaire, en solution de répit? Les bâtiments publics, notamment scolaires (écoles, collèges, lycées), qui sont partielle- ment occupés peuvent être affectés à d?autres usages: associatifs, séminaires ou conférences, hébergements? Enfin, des services peuvent être mutualisés, pu- blics, ou publics-privés, ou privés? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Définir un schéma des itinérances touristiques ? Recenser l?offre disponible de locaux en EHPAD : hébergement temporaire, de répit ou centres de santé ? Mutualiser les équipements sportifs ? Créer des lieux innovants de services aux publics (commerces, santé...). PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°216 Mettre en réseau pour conforter les acteurs et mieux faire connaître les atouts du territoire La coopération des acteurs, souvent à l?échelle départementale ou a minima supra-commu- nautaire, est un gage de réussite des projets les plus structurants? Dans le domaine économique, la candidature de l?ensemble des EPCI creusois au disposi- tif Territoire d?industrie marque la volonté de constituer des synergies à l?échelle du départe- ment. Le bassin industriel creusois se caracté- rise par des entreprises disséminées sur le ter- ritoire, des activités variées, parfois de niche ou de pointe, en déficit d?image dans un territoire agricole? À partir des trois principales filières identifiées (métallurgie / bois / arts textiles-arts tissés), Territoire d?industrie doit permettre d?élargir à d?autres secteurs la dynamique de dévelop- pement, de renforcer la coopération entre les chefs d?entreprises, pour innover, accueillir et former des salariés? Dans cet esprit, le développement de groupe- ments d?employeurs permet en matière d?em- ploi la montée en compétence, la qualification des personnels et la consolidation des contrats (durée indéterminée, temps plein?) contribuant ainsi à redonner de l?attractivité à des secteurs en tension souffrant d?un déficit d?image? En matière culturelle et touristique, les acteurs seront plus forts et les sites plus attractifs s?ils sont mis en réseau, pour construire une desti- nation touristique départementale, autour de la Vallée de la Creuse, autour des peintres de la vallée, du patrimoine naturel, des sports de na- ture (cyclotourisme, vélo, tourisme halieutique) et des grandes itinérances? La mise en place d?une gouvernance à l?échelle départementale pour les grands sites touris- tiques et culturels, sera un gage pour la réus- site? Dans ce cadre, le territoire s?engagera dans la construction d?une candidature départemen- tale au label Pays d?art et d?histoire pour faire valoir l?intérêt patrimonial du département, as- sis en particulier sur les savoir-faire et les mé- tiers de la main de la vallée de la Creuse? En matière de santé, la coordination des ac- teurs offre des perspectives pour couvrir les be- soins? L?enjeu est de construire un parcours coordon- né de soins, fondé sur la bonne connaissance et la mobilisation de tous les acteurs de santé, afin de permettre une meilleure autonomie et implication du patient? Dans ce parcours, il importe de donner leur place à de nouvelles approches complémen- taires, comme, par exemple, la santé intégrative (des thérapies non médicamenteuses de type méditation pleine conscience), la Prescription d?Exercices Physiques pour la Santé (PEPS) ou la pair-aidance? L?hôpital reste un lieu de référence essentiel en milieu rural, à la fois pour les publics les plus vulnérables mais aussi de manière globale pour l?attractivité du territoire, car la plupart des spécialités y sont exercées? Les pistes de mutualisation entre établisse- ments publics et privés peuvent garantir le maintien d?une offre de soins technique de qualité sur le territoire? Toutefois, la prise en charge du patient doit être améliorée par une meilleure prise en compte globale, en amont et surtout en aval de l?hospitalisation? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Transformer en voie verte une ancienne ligne ferroviaire (PPC1) ? Créer un Label Pays art et histoire, à l?échelle du département ou de la vallée de la Creuse ? Promouvoir et développer le bassin industriel creusois (Territoire d?industrie) ? Soutenir des équipements sportifs ou culturels structurants. PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 17 C. CONFORTER LES CENTRES-BOURGS EN ENRICHISSANT LEUR OFFRE DE SERVICES AU BÉNÉFICE DE TOUT LE TERRITOIRE Organiser la proximité des services Les modes de consommation en proximité contribuent à relocaliser l?économie? Un travail important a d?ores et déjà été entrepris depuis 2019 avec la mise en oeuvre d?un projet alimen- taire territorial? La valorisation et la consommation des pro- duits agricoles du territoire est une attente forte des consommateurs, particuliers comme collectifs? La diversification agricole fait ainsi partie des solutions pour répondre aux nou- velles attentes? L?économie sociale et solidaire, particulière- ment développée en Creuse, avec 18% de la part des emplois, voire 30% sur le sud du dé- partement, est une partie intégrante de l?éco- nomie départementale mais également, à l?ins- tar de l?agriculture, le marqueur d?une identité affirmée? Elle tend à promouvoir un mode d?en- treprenariat en milieu rural fondé sur le lien so- cial? Le commerce et l?artisanat, dans un contexte de hausse des coûts des déplacements indivi- duels et de l?absence d?alternatives, sont des gisements potentiels d?emplois de proximité à accompagner? Les commerces de proximité sont des services essentiels pour les habitants comme pour les touristes? La question de la reprise et de la transmission de ces entreprises de proximité, artisanales, commerciales ou agricoles, est un enjeu fort? Le modèle des France Services, fondé sur une mutualisation de l?accueil pour les démarches administratives, se prête en Creuse à d?autres coopérations? Le modèle des tiers-lieux, constitués en réseau, est innovant et doit être soutenu? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Développer des solutions de commerce de proximité innovantes et soutenir les derniers commerces alimentaires de proximité ? Développer les circuits courts dans le cadre du Projet Alimentaire Territorial ? Renforcer la couverture en France Services et développer leur action ? Soutenir la mise en place d?un restaurant solidaire en Quartier Politique de la Ville. Donner de nouvelles fonctions aux centres-bourgs Si l?habitat est bien une fonction à replacer au coeur des centres-bourgs, c?est à travers l?inno- vation et l?hybridation des services que de nou- velles fonctions sont possibles pour réinventer les petites centralités? Le centre-bourg doit se réinscrire dans un par- cours résidentiel. Par exemple, les personnes âgées peuvent être accompagnées dans ce parcours, pour un main- tien à domicile au plus près des services? L?ha- bitat inclusif en coeur de bourg dans du bâti existant est à développer? L?identité patrimoniale des centres-bourgs est aussi en question? En effet, les centres-bourgs participent pleine- ment de l?attractivité touristique comme lieu de visites et de services? Par l?attention portée aux monuments historiques et patrimoine vernacu- laire, ils doivent prendre en compte et encoura- ger de manière plus importante la préservation et la valorisation d?un bâti traditionnel? Les espaces extérieurs en centres-bourgs sont également à réinventer, qu?ils soient privés, partagés ou publics? Ces derniers sont à se ré- approprier de manière collective, pour de nou- veaux usages et de nouveaux publics(équipe- PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°218 ments sportifs ou culturels, en particulier pour la jeunesse, lieux de rassemblement pour des festivités ou du commerce de plein air, lieu de production maraîchère collectif?)? Les centres-bourgs peuvent devenir de réelles plates-formes de mobilité pour les déplace- ments du quotidien ou touristiques, à la fois pour des espaces de covoiturage ou en lien avec la remise en service éventuelle des petites lignes ferroviaires? Des cheminements doux sé- curisés et agréables sont à recréer pour l?accès aux services? Les centres de santé sont des structures sani- taires de proximité, offrant des soins de pre- miers recours et, le cas échéant de second re- cours, et pratiquant à la fois les activités de prévention, de diagnostic, et de soins, au sein du centre, sans hébergement, ou au domicile du patient? Ils assurent, le cas échéant, une prise en charge pluriprofessionnelle associant des profession- nels médicaux et des auxiliaires médicaux? Dans les centres-bourgs, cette offre est complé- mentaire de celles des structures hospitalières ou cabinets libéraux, ou des cabines de télémé- decine en pharmacie, qui contribuent au mail- lage de l?offre de soins? Les tiers-lieux creusois établis en réseau constituent des portes d?entrées sur le terri- toire au coeur des bourgs. Lieux d?accueil, ce sont de véritables centres de ressources pour les nouveaux arrivants comme pour les habi- tants et les touristes? Ces lieux hybrides accueillent de nouvelles mo- dalités de travail: coworking, conciergerie, for- mations? et assument un rôle de lieu de socia- bilité multi-usages au coeur du village? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Mobiliser les programmes de revitalisation des centres-bourgs (Action coeur de ville, Petites villes de demain, villages d?avenir, AMI revitalisation centres-villes centres-bourgs porté par la Région Nouvelle-Aquitaine...) ? Mettre en place des actions collectives de proximité pour la redynamisation des centres-bourgs par l?économie ? Soutenir la rénovation des commerces, en particulier vitrines et terrasses ? Accompagner des lieux hybrides et tiers-lieux ? Accompagner le changement de logement des personnes âgées vers les centres-bourgs ? Poursuivre le maillage du territoire en structures de santé (Maisons de Santé Pluriprofessionnelles, centres de santé etc.). PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 19 3 Bâtir un « département éducatif rural » qui mise sur sa jeunesse Miser sur la jeunesse est le défi que souhaite relever la Creuse, un des départements les plus âgés d?Europe. Thématique absente du premier plan particulier, l?éducation est placée au coeur de ce nouveau pacte. La ruralité doit en effet garantir aux plus jeunes le meilleur accueil dans les premières années, et les meilleures chances de réussite. La Creuse a assurément les moyens de tisser un parcours global d?accompagnement de 0 à 25 ans, qui sera au demeurant gage d?attractivité pour de nouveaux arrivants. L?ambition à travers ce parcours est de couvrir les besoins en matière d?accueil pour la petite enfance, de garantir l?éducation et la formation de tous jusqu?à l?entrée dans la vie active, et d?encourager la responsabilisation et l?insertion de tous dans une vie professionnelle épanouissante. PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 21 A. OFFRIR DES SOLUTIONS D?ACCUEIL POUR LA PETITE ENFANCE La période des 1 000 premiers jours de l?enfant court de la grossesse jusqu?à l?entrée à l?école maternelle? Les connaissances scientifiques confirment combien cette période est cruciale pour répondre aux besoins essentiels de l?en- fant et prévenir des inégalités qui se forment dès le plus jeune âge? La qualité des modes de garde fait partie de cette lutte contre les inégalités dès le plus jeune âge. Pour les familles, la préoccupation majeure reste de trouver un mode de garde adapté et répondant à leurs besoins? De plus, certaines familles ont des besoins spécifiques: horaires atypiques, accueil d?enfants handicapés, etc? L?offre d?accueil proposée tend à diminuer compte tenu du vieillissement des profession- nels assistants maternels (19 % de plus de 60 ans)? Certains secteurs comme l?agglomération de Guéret connaissent des tensions croissantes en raison d?une offre insuffisante, ce qui peut être un frein à l?installation de nouvelles fa- milles? Une offre doit être développée, qu?elle soit col- lective ou individuelle, publique ou privée, pour répondre à ce besoin? Des tensions d?accueil existent donc sur le dé- partement, pénalisant le développement éco- nomique des entreprises comme les démarches d?insertion des familles? La pérennisation des places d?accueil existantes et le développement de nouvelles solutions d?accueil doivent prendre en compte ces diffi- cultés, dans un contexte de contraintes budgé- taires qui pèsent sur les collectivités? Développer des solutions alter- natives, parfois cousues main Pour couvrir le besoin de garde sur le territoire, il faut multiplier les solutions d?accueil, souvent à petite échelle et en proximité? Elles peuvent prendre différentes formes, col- lective comme la micro-crèche, la crèche fami- liale, la crèche parentale, ou multi-accueil, ou individuelle comme les assistants maternels, éventuellement regroupés en maison d?assis- tants maternels? Dans une volonté de mutualisation déjà évo- quée, il est imaginable d?accueillir ces services dans des structures existantes sous-utilisées comme les EHPAD ou bâtiments scolaires? Si les collectivités territoriales et leurs grou- pements sont les principaux financeurs, voire sont gestionnaires des structures collectives de garde, d?autres partenaires doivent être mobili- sés à leurs côtés, comme les entreprises ou col- lectif d?entreprises par exemple? Le développement de projets privés locaux est à étudier, mais reste conditionné à la quali- té du service et aux coûts d?aménagement des locaux dans le respect de la réglementation en vigueur? Les Maisons d?Assistants Maternels répondent aux besoins de proximité des familles et garan- tissent des modalités collectives d?un accueil individuel. Elles se sont développées rapidement sur le territoire, passant de 15 à 26 en 5ans, et sont bien identifiées par les collectivités comme un acteur prépondérant du secteur? Toutefois, leur pérennité repose sur la cohésion et l?adhésion des assistants maternels, ce qui en fait une so- lution fragile sur la durée, malgré l?important soutien public? De plus, les MAM sont peu intégrées aux exi- gences de qualité d?accueil et aux besoins des familles en insertion, pour lesquelles il existe un réel besoin, qui pourrait être satisfait dans le cadre de crèche à vocation d?insertion? PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 23 Travailler à l?attractivité du métier et former de nouveaux professionnels L?absence d?attractivité du secteur et l?absence de formations de proximité entraînent une pé- nurie de professionnels dans le secteur de la petite enfance? La mise en place de formations délocalisées d?éducateurs de jeunes enfants ou d?auxiliaires de puériculture en Creuse pourrait contribuer à constituer un vivier de professionnels? La création d?allocations d?études pour les mé- tiers de la petite enfance par les structures sanitaires, avec engagement de retour sur le département, permettrait d?améliorer le fonc- tionnement de l?ensemble des structures d?ac- cueil? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Former des professionnels de la petite enfance sur le territoire ? Mailler le territoire avec des solutions de garde adaptées ? Créer des allocations d?étude pour les métiers de la petite enfance sur le territoire. B. CONSTRUIRE UN PARCOURS GLOBAL Pour favoriser l?épanouissement des jeunes Creusois, le développement d?un parcours glo- bal cohérent devra être orchestré autour des forces vives du territoire: associations, collec- tivités territoriales, institutions et partenaires publics? Réunir les conditions de la réussite pour les enfants creusois Les perspectives d?évolution des effectifs, ac- tuellement en baisse constante, ne peuvent être la seule clé de lecture pour la construction d?un projet éducatif pour la Creuse et rendent indispensables une réflexion poussée sur l?or- ganisation du réseau scolaire? Dans le primaire, les classes uniques, Regrou- pements Pédagogiques Intercommunaux ou autres regroupements multi-niveaux caracté- risent le département avec 72 % d?écoles à trois classes ou moins? L?isolement des enseignants comme des élèves dans le primaire est à prendre en compte? Dans le secondaire, les services partagés liés à la fai- blesse des effectifs peuvent être également une difficulté, pour la cohésion des équipes péda- gogiques des établissements et l?attractivité du métier en milieu rural? De plus, dans un contexte budgétaire tendu, l?organisation du réseau scolaire actuel a des conséquences financières mais aussi écolo- giques, pour les collectivités territoriales? Un équilibre doit être trouvé entre proximité du service public d?éducation et garantie de condi- tions d?enseignement cohérentes? Un travail de concertation associant État, élus, familles doit permettre de trouver l?organisa- tion la plus efficiente en hyper-ruralité, au bé- néfice des enfants et de leurs familles comme des professionnels? En hyper-ruralité, les durées de transport col- lectif des enfants, pour accéder à l?école ou activités ou équipements structurants (ciné- ma, piscine etc?) restent importantes et sont à prendre en compte? Des solutions en proximité sont donc à envisager dans le domaine culturel ou sportif? Toutefois, la mobilité, notamment sociale, se prépare sur le temps scolaire, à travers des séjours hors du département, à la journée ou dans le cadre de classes découvertes? La mutualisation des équipements concerne les établissements scolaires, le monde associatif et les collectivités territoriales? Chaque acteur doit pouvoir se projeter dans des bâtiments où la multi-fonction peut s?imposer, d?autant que les différentes crises (sanitaire et énergé- tique) ont renforcé les logiques d?optimisation des ressources en proximité? Cette mise en ré- seau doit permettre de nourrir des projets plus ambitieux, avec une ouverture sur le territoire, ses projets et ses pratiques pour être acteur ci- toyen (sports, culture, etc?)? PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°224 Par ailleurs, dans le cadre de la compétence « Orientation » partagée entre l?État et la Ré- gion, des actions de diffusion et de promotion de la connaissance des métiers, déjà existantes et mises en place, doivent être renforcées et couplées aux réseaux de professionnels volon- taires témoignant de leur parcours? Ces actions doivent permettre une orientation choisie en toute connaissance de cause, inci- ter à la persévérance scolaire et donner envie d?entrer dans des parcours professionnalisants? Une meilleure coordination de l?offre propo- sée est nécessaire, en s?appuyant sur les dyna- miques de coopération nées lors de la crise sa- nitaire et encore à l?oeuvre? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Déployer largement le Pass culture, avec une réflexion sur les freins à la mobilité ? Mutualiser les équipements entre les différents acteurs ? Proposer des solutions de répit pour parents d?enfants porteurs de handicap. Articuler coordination départementale et animation locale des différents acteurs du parcours éducatif à l?échelle de «Territoires Éducatifs Ruraux» (TER) Le dispositif «Territoire Éducatif Rural», qui prend en compte les différents temps de l?en- fant, doit permettre de recenser ces expertises ou ressources disponibles en proximité, au ser- vice des projets éducatifs? La coordination de l?offre d?activité éducative, culturelle, sportive doit permettre aux usagers d?accéder à une lecture globale des offres pou- vant être intégrées dans le parcours de l?en- fant et contribuant à sa réussite? Une attention particulière doit être portée à l?isolement des jeunes en milieu rural? Cette vision élargie doit être partagée par l?en- semble des acteurs afin que les professionnels ou bénévoles (enseignants, éducateurs, per- sonnels soignants, accompagnateurs) puissent contribuer à leur niveau à la construction d?un parcours adapté à chaque enfant? Une vision départementale est essentielle, à partir d?une coordination des éventuels Ter- ritoires Éducatifs Ruraux existants mais en prenant en compte les autres territoires, pour mettre en place une politique éducative glo- bale? Toutefois, une coordination à l?échelle dé- partementale des différentes politiques et dis- positifs est pertinente? Le recensement des ressources existantes passe par l?information et la communication auprès des acteurs, afin qu?ils puissent les prendre en compte dans leurs programmes? L?appel à des intervenants extérieurs, en ré- sidence sur le territoire ? par exemple, rési- dences d?artistes - enrichit les cursus proposés et contribue à une réelle ouverture? La santé est également un enjeu d?égalité des chances. La médecine scolaire en ruralité doit être une priorité car elle s?inscrit dans une logique de prévention, pour les enfants et adolescents d?un des territoires les pauvres de France, qui plus est, considéré comme un désert médical, où l?accès aux soins est particulièrement diffi- cile? Toutefois, l?attractivité de ces métiers doit être interrogée au vu des difficultés de recrute- ment? Avec 4,5% d?enfants bénéficiaires de l?Alloca- tion Éducation Enfants Handicapés (AEEH), à comparer avec la moyenne nationale de 3,2%, la Creuse doit prendre en compte les enfants en situation de handicap de manière renforcée, avec des dispositifs innovants dédiés? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Créer deux Territoires éducatifs ruraux (TER) ? Recruter un coordonnateur en charge d?une ingénierie éducative à l?échelle départementale. Travailler à l?attractivité du métier et formation de nouveaux professionnels Par ailleurs, dans le cadre de la compétence Orientation partagée avec l?État, la Région Nou- velle-Aquitaine concentre son action sur la dif- fusion et la promotion de la connaissance des métiers, pour une orientation choisie en toute connaissance de cause? PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 25 Elle a mis en place plusieurs outils et réseaux pour inciter les jeunes à la poursuite d?études et encourager la persévérance scolaire et don- ner envie aux jeunes de s?engager dans des parcours professionnalisants : avec les Olym- piades des Métiers et le réseau de 1 000 Am- bassadeurs Métiers, professionnels volontaires pour témoigner devant les jeunes de leur vo- cation et des réalités de leur profession? Ces Ambassadeurs sont mobilisés par des lycées ou des élèves eux-mêmes via une plate-forme de mise en contact? Miser sur l?orientation pour sortir de l?auto-censure La lutte contre toutes les formes d?auto-cen- sure est essentielle? Un accompagnement renforcé à l?orientation pourrait contribuer à réduire les freins suscep- tibles d?enrayer les vocations, de ralentir les initiatives individuelles de nos jeunes, en par- ticulier pour les familles les plus éloignées de l?institution scolaire? Les mobilités nationales, européennes, inter- nationales qui ne sont pas innées en ruralité doivent être encouragées? Le tutorat ou pair-aidance doit contribuer à donner des modèles de réussite ou d?insertion, ou faciliter les réseaux? Futurs ambassadeurs du territoire, les jeunes Creusois doivent en connaître les potentialités, les enjeux environnementaux, en particulier autour de l?eau et de la santé? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Valoriser le bassin industriel creusois (Territoire d?industrie) ? Fédérer les initiatives existantes dans le domaine de l?orientation ? Accompagner les stages de découverte de 3ème avec mobilité géographique ? Créer une école de la seconde chance. C. VALORISER LES FILIÈRES INNOVANTES ET IDENTITAIRES La poursuite d?études et l?insertion profession- nelle en milieu rural sont vécues comme com- pliquées, avec des offres limitées, des difficul- tés financières ou de mobilités réelles? Le parcours global doit permettre de gommer ou d?atténuer les contraintes liées à l?insertion professionnelle dans le département, voire de contribuer à lutter contre une forme d?au- to-censure? Au-delà de la formation initiale, dans le cadre de la formation professionnelle et continue, la diversification des modes d?enseignement doit contribuer à renforcer l?égalité des chances, dans une logique prospective et d?adaptation aux métiers de demain? Une offre de proximité, in situ ou qui repose sur les usages numériques, doit être accessible au plus grand nombre et encourager les ambi- tions, en lien avec les tensions sur certaines fi- lières (bois, énergie, eau)? Les filières innovantes ou plus identitaires comme le tourisme, l?industrie, l?agriculture et l?artisanat sont des secteurs sur lesquels la jeu- nesse peut s?investir? Conforter les filières qui peuvent faire rayonner la Creuse La Creuse attire déjà des étudiants sur des fi- lières spécifiques qui jouissent d?un réel succès ou d?une notoriété au-delà du département: design au Lycée Raymond Loewy à La Souter- raine, lycée agricole d?Ahun et Lycée des Mé- tiers du Bâtiment à Felletin? Ces investissements traduisent la volonté de la Région Nouvelle-Aquitaine, en lien avec les autorités académiques de maintenir des lycées de proximité, pour lutter contre le constat que PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°226 l?éloignement entre le lieu de logement et le lieu d?enseignement est un frein à la persévé- rance scolaire (équipement des lycées profes- sionnels au plus proche des territoires pour les maintenir, aide à l?acquisition de matériel de rentrée dans les filières techniques???)? Le renforcement de ces filières, voire la création de pôles d?excellence, contribue à l?attractivi- té du territoire et correspond à la volonté de la Région de faire de ses lycées, partout sur le territoire, des pôles dédiés à l?enseignement supérieur voire même de petites universités de proximité? Les filières « arts textiles-arts tissés » ou « bois » sont des marqueurs forts du dépar- tement? Dans le cadre du dispositif Territoire d?indus- trie, une réflexion est menée pour développer des actions contribuant à l?attractivité du bas- sin industriel creusois, qui permettra d?accueil- lir des personnels, ouvriers et cadres? Certains secteurs ciblés, en particulier les vé- térinaires et les médecins, sont en pénurie de professionnels et nécessitent des solutions expérimentales pour répondre aux probléma- tiques locales? Une offre spécifique de formations pourra, au-delà du réseau classique de l?enseigne- ment, explorer des formules novatrices et ou- vertes vers des usages moins conventionnels? Des passerelles doivent être développées entre formations et entreprises, voire avec les autres acteurs locaux (associatifs, culturels?), pour une découverte et une expérience du territoire, gage de fidélisation des salariés? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Accompagner la structuration des filières(poêlede masse, chauffage, design, noisette, bio compost, bois, industrie, arts textiles arts tissés?) ? Structurer une communication sur les « pôles d?excellence » en matière de formation. Soutenir le développement de l?agriculture et accompagner la structuration touristique Secteur emblématique, l?agriculture doit rele- ver le défi du renouvellement des générations? Avec 40 à 50% des petites entreprises agricoles qui seront à reprendre ou à céder dans les deux ans à venir, il s?agit de susciter des vocations? La diversification agricole est une nécessité pour s?adapter au changement climatique et à l?évolution des modes de consommation en particulier via le projet alimentaire territorial et doit prendre en compte une modification pro- fonde des pratiques agricoles? Au-delà de l?enjeu purement économique, ce sont les paysages creusois façonnés par l?agri- culture qui pourraient être altérés par la dé- prise agricole alors que ces paysages consti- tuent l?identité territoriale de la Creuse? Le tourisme souffre d?un déficit de structuration à l?échelle départementale? Les initiatives foi- sonnantes contribuent difficilement à l?identifi- cation d?une destination «Creuse»? Les marges de développement sont réelles pour constituer un secteur économique important? La qualification de l?offre, avec des produits dif- férenciés pour accueillir des clientèles diver- sifiées, doit s?accompagner d?une politique de professionnalisation des personnels, notam- ment dans les domaine de l?hébergement, de la restauration, de l?encadrement des activités et des sites? La vallée de la Creuse, entité géographique et culturelle, doit constituer l?axe structurant du développement culturel, économique et touris- tique du territoire? L?attractivité du Lac de Vassivière doit être renforcée et soutenue pour devenir une des- tination de tourisme de nature majeure, au- thentique et durable (mobilités douces et itiné- rance, activités de sport et de nature???)? EXEMPLES D?OPÉRATIONS ? Accompagner la diversification agricole (noisettes, maraîchage, plantes médicinales etc.) ? Valoriser l?image et les savoir-faire agricoles ? Promouvoir la destination touristique Creuse ou Vallée de la Creuse. ? Accompagner la création d?hébergements touristiques ? Développer l?attractivité du lac de Vassivière ? Valoriser les lieux patrimoniaux et culturels dans le cadre d?une stratégie touristique PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 27 Vous voulez savoir ce que change l?État près de chez vous ? Rendez-vous sur cequichangepourmoi.gouv.fr ou flashez le QR Code ci-contre !

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