Plan particulier pour la Creuse n° 2 2024-2026 : un pacte territorial pour bâtir la ruralité de demain
Auteur moral
République française
Auteur secondaire
Résumé
Le Plan Particulier pour la Creuse n°2 (2024-2026) vise à bâtir une ruralité innovante grâce à la transition écologique, l'amélioration des services publics, et un soutien accru à la jeunesse. Il propose la rénovation du bâti ancien, la préservation des ressources en eau, le développement de l'éco-construction et des solutions adaptées aux mobilités et aux inégalités d'accès.
Descripteur Urbamet
transition écologique
;service public
;jeune
;construction
;eau
;éco-construction
;mobilité
;accessibilité
Descripteur écoplanete
Thème
Aménagement rural
Texte intégral
PLAN PARTICULIER
POUR LA CREUSE N°2
Un pacte territorial
pour bâtir la ruralité
de demain
2024 ? 2026
SOMMAIRE
Préambule ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 3
1. Bâtir un modèle de transition écologique
pour l?hyper-ruralité ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 7
2. Faire de la vie en Creuse une chance,
en offrant des services adaptés
aux attentes des habitants ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 15
3. Bâtir un « département éducatif rural »
qui mise sur sa jeunesse ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? 23
Préambule
Territoire emblématique de la France agricole
et rurale, terre des maçons qui ont construit Pa-
ris, la Creuse, département de la Nouvelle-Aqui-
taine, a aujourd?hui vocation à incarner l?inven-
tion d?un nouveau modèle de développement
en hyper-ruralité, fondé sur la transition éco-
logique et la reconnaissance des ressources
propres aux territoires ruraux?
Le premier « plan particulier pour la creuse »
sur la période 2019-2021 a contribué à changer
l?image de la Creuse, dans l?objectif d?inver-
ser une tendance démographique à la baisse
constante depuis la première Guerre mondiale?
Il a offert à ce département vulnérable une
forme de réparation et a permis l?émergence
de projets structurants majeurs? Surtout, il a
généré une dynamique positive en entraînant
l?ensemble des acteurs, tant politiques que so-
cio-économiques? La méthode et la démarche
mises en oeuvres ont été reconnues et plébici-
tées par la plupart des élus qui appellent au-
jourd?hui à la poursuite du dispositif dans un
nouveau contrat recentré sur quelques axes
prioritaires?
Ce nouveau plan particulier mise à nouveau sur
une méthode participative.
Plusieurs séminaires de travail, réunissant pour
les derniers plus de 250 représentants des
forces vives du territoire, ont permis d?identifier
les défis majeurs que la Creuse devra relever
d?ici 2030 :
1. Le défi de la transition
écologique
Dans le contexte du changement climatique, la
Creuse fait face à une sécheresse désormais ré-
currente, et dispose d?un bâti ancien parmi les
plus énergivores de France? Il importe donc de
sécuriser l?accès à la ressource en eau, et de ré-
nover ce bâti ancien, de manière qualitative et
adaptée aux nouveaux usages et aux nouvelles
envies?
Pour atteindre ces objectifs, la Creuse doit pla-
nifier son développement dans un objectif de
transition écologique en misant sur un modèle
historique de solidarités et de sobriété rurales,
et sur la feuille de route Néoterra 2, conduite
par la Région Nouvelle-Aquitaine?
2. Le défi de l?accès aux services
La Creuse a des atouts à faire valoir pour s?im-
poser comme un territoire attractif pour ses
habitants d?abord et pour de nouveaux arri-
vants? Valoriser les aménités des territoires ru-
raux reste la condition pour redonner vie aux
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 3
centres-villes et centres-bourgs qui exercent
des fonctions de centralités pour les habitants?
Dans un département marqué par la faible den-
sité, il s?agit d?apporter des réponses aux pro-
blématiques d?accès aux services essentiels:
l?eau, la santé, le logement, l?éducation, le sport
et la culture, les commerces, les mobilités? en
adaptant les moyens d?intervention à la réali-
té du territoire. La Creuse peut offrir à tous ses
habitants un haut niveau de services, en s?ap-
puyant sur la mise en réseau des acteurs et la
multiplication des dispositifs d?«aller vers»?
3. Le défi de l?égalité des
chances pour la jeunesse
Un des départements les plus vieux d?Europe, la
Creuse souhaite miser sur sa jeunesse, à qui il
convient d?offrir les mêmes chances de réussite
que dans les autres territoires?
Il s?agit d?accompagner tous les Creusois de
0à25 ans, depuis la naissance jusqu?à l?inser-
tion dans l?emploi?
En s?appuyant sur les filières économiques
qu?elle accueille historiquement et les struc-
tures de formation associées qu?il convient de
soutenir, la Creuse peut s?imposer comme terre
d?innovation et former aux métiers de demain?
La méthode à l?oeuvre pour conduire ce plan
particulier s?appuiera sur un partenariat resser-
ré entre l?État, la Région, le Département et le
bloc communal? Comme l?a montré le premier
plan particulier, c?est l?alliance de cette chaîne
de responsabilité qui permet de faire émerger
des projets structurants pour la Creuse?
La gouvernance du plan se structurera ainsi au-
tour des instances suivantes :
? une cellule de pilotage resserrée autour des
représentants de l?État (corps préfectoral et
directeurs de l?État, des parlementaires, des
représentants des différents niveaux de col-
lectivités et des consulaires) ;
? des arbitrages politiques réguliers au sein
du comité local de cohésion des territoires
(CLCT);
? un pilotage technique au sein du comité des
financeurs qui réunit l?ensemble des parties
prenantes pour le financement et l?accompa-
gnement des projets;
? un rendu compte annuel à l?ensemble des
représentants de la société civile et des élus
sur le modèle des séminaires réunis pour
l?élaboration du plan n°2;
? une série de groupes de travail thématiques
sous la co-présidence de l?État, du Conseil ré-
gional et du Conseil départemental?
Ces instances seront en charge de l?évaluation
régulière du pacte et des actions menées, sur
la base des indicateurs de résultats et de réa-
lisation?
Une politique de communication sur les tra-
vaux menés et les actions soutenues est prévue
dès la signature du pacte, pour rendre compte
de l?état d?avancement et des résultats générés
par le pacte?
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°24
1
Bâtir un modèle
de transition écologique
pour l?hyper-ruralité
Un modèle de transition écologique adapté à la ruralité
reste à inventer. Il s?agit de reconnaître les services réels
rendus par ces territoires, en termes de biodiversité ou
de stockage de carbone par exemple. Il faut également
construire des solutions pour pallier des fragilités et
vulnérabilités réelles, afin de garantir aux habitants
actuels ou à venir de ces territoires une réelle équité.
La tradition de sobriété rurale de la Creuse doit lui permettre
de devenir un département hyper-rural résilient, en
capacité d?anticiper les changements, par l?adaptation de
l?habitat ancien et la préservation de la ressource en eau.
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 5
Cet axe s?appuie sur les travaux initiés par la feuille
de route régionale Néoterra et s?étayera en 2024 sur
les travaux conduits dans le cadre de la planification
écologique territoriale et des COP futures. La déclinaison
opérationnelle de cet axe en sera d?autant renforcée.
A. PARTAGER UNE RESSOURCE VITALE
Compte tenu de sa géologie granitique ne per-
mettant qu?un faible stockage d?eau, le dé-
partement reste pleinement dépendant de la
pluviométrie pour son alimentation en eau? Le
changement climatique, et en particulier ses
conséquences en termes de déficit pluviomé-
trique, entraîne une accélération de la réduc-
tion des ressources disponibles et surtout une
modification de leur répartition sur le territoire?
La situation en tête de bassin rend le départe-
ment plus vulnérable aux effets de sécheresses
récurrentes?
Le vieillissement des infrastructures d?alimen-
tation et de traitement (8 380 km de réseau) et
leur mode de gestion très éparpillé à l?échelle
creusoise, avec 77unités de gestion de l?eau,
rendent complexe mais nécessaire la mise en
oeuvre d?une structuration départementale?
Garantir l?accès à l?eau pour tous est un enjeu
majeur pour les années à venir?
L?objectif est donc pluriel: préserver la res-
source en eau, en s?assurant du bon état
de fonctionnement des écosystèmes aqua-
tiques, mais aussi accompagner l?adaptation
des usages, notamment par la réduction des
consommations, afin de garantir un partage
apaisé des ressources?
Connaître et préserver
la ressource en eau
Le grand cycle de l?eau au niveau des têtes de
bassin versant doit être pris en compte pour
préserver la ressource en eau? Le respect des
milieux naturels que sont les zones humides,
tourbières, haies et forêts est indispensable,
d?autant, par exemple, que 85% de l?eau po-
table du principal bassin de vie, l?Aggloméra-
tion du Grand Guéret provient notamment des
sources situées en forêt?
L?objectif est donc bien de travailler à la pré-
servation des stockages naturels d?eau (zones
humides, forêts?) comme des stockages d?eau
anthropiques existants que sont les barrages,
étangs, et quelques retenues collinaires? et qui
constituent l?identité du territoire?
La préservation et la restauration des zones hu-
mides est à amplifier, en s?appuyant sur l?éva-
luation des services écosystémiques rendus à
l?échelle des bassins versants?
La gestion durable et la plantation de haies et
de la ripisylve, en augmentant les zones tam-
pons en bordure des cours d?eau, doit être en-
couragée?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Mettre en place un plan de gestion
départemental des étangs
? Accompagner l?évolution des pratiques
forestières et agricoles sur les têtes de bassins.
Sécuriser la ressource
Afin d?assurer la qualité et la quantité de la res-
source en eau pour tous les usages, la mise en
oeuvre de la protection des captages est à amé-
liorer? L?assainissement en milieu rural faible-
ment peuplé doit être repensé, pour respecter
le niveau d?exigence des rejets dans le milieu
naturel, comme une optimisation financière et
technique des réseaux?
Par exemple, le département doit faire face
à des pollutions liées à la prolifération des
cyanobactéries ayant un impact sanitaire im-
portant?
Les zones de baignade sont régulièrement
confrontées à des fermetures pour risque sani-
taire, alors que le département axe son déve-
loppement touristique sur cette activité de loi-
sirs?
La sécurisation de la distribution en eau po-
table nécessitera des investissements sur les
ouvrages de stockage et les réseaux «fuyards»
vétustes?
L?interconnexion des réseaux permettra égale-
ment de mutualiser la ressource en eau plutôt
que d?être contraint à des mesures palliatives
d?urgence telles que l?approvisionnement des
châteaux d?eau par camion citerne?
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 7
Cette sécurisation de l?alimentation en eau
touche également le secteur économique? Le
département, terre d?élevage compte 420 000
bovins qu?il faut abreuver? Il faut trouver des
alternatives aux réseaux classiques de distribu-
tion d?eau potable pour répondre à ce besoin
et poursuivre le soutien aux investissements
permettant d?assurer l?autonomie en eau pour
l?abreuvement des animaux au pâturage et
dans les bâtiments?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Soutenir la mise en place du syndicat
créé et destiné à programmer des
investissements structurants
? Garantir la qualité sanitaire des
baignades en milieu naturel
? Dispositifs de soutien aux éleveurs
pour l?autonomie en eau.
Adapter et anticiper les usages
La prise en compte des impacts liés au change-
ment climatique implique une nécessaire adap-
tation des usages et pratiques, du citoyen mais
aussi des secteurs économiques, agricoles et
industrielles comme touristiques?
Repenser les usages de l?eau nécessite tout
d?abord une communication et une meilleure
connaissance des consommations puis un ac-
compagnement à la sobriété, à la réutilisation
des eaux pluviales, des eaux industrielles et le
recyclage des eaux usées?
Les documents de planification, tels que les
PLUI et SCOT, pourraient intégrer ces enjeux liés
à la ressource en eau?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Définir un modèle d?assainissement
adapté au milieu rural
? Étudier les usages résilients de
l?eau en milieu industriel
? Mener des campagnes d?information
et de sensibilisation.
B. RÉNOVER LE BÂTI EXISTANT
Le parc de logements en centre-bourg est le
deuxième parc le plus ancien de France, avec
50 % du bâti antérieur à 1945? Particulièrement
vétuste, il comprend de nombreuses passoires
énergétiques?
Les logements sont également peu adaptés aux
usages actuels et à venir? Ils ne prennent pas en
compte les nouvelles attentes et les contraintes
d?une population vieillissante, d?une population
à faibles revenus (jeunes actifs, retraités, de-
mandeurs d?emploi?), et d?une clientèle touris-
tique en recherche de bâti de caractère?
Créer les conditions pour
rénover le bâti ancien
L?ancienneté des logements, voire leur vétusté,
est souvent synonyme de précarité énergétique
dans ce département où les passoires énergé-
tiques sont les plus nombreuses?
Le frein principal à la rénovation du bâti ancien
est financier, dans un territoire dit « détendu »,
où les loyers sont peu élevés mais la rénova-
tion coûteuse, ce qui rend les opérations peu
rentables?
Il s?agit d?accompagner les propriétaires, les
communes, les intercommunalités, les bail-
leurs sociaux et les associations dans leur pro-
jet d?amélioration de l?habitat et notamment en
matière de rénovation énergétique?
Ce soutien peut intervenir à plusieurs niveaux,
à la fois pour mesurer la faisabilité des tra-
vaux au démarrage du projet, comme dans la
conduite des travaux à mener au sein du lo-
gement? La redécouverte des caractéristiques
spécifiques du bâti traditionnel creusois pour-
rait ainsi conduire à déroger à certaines normes
énergétiques trop standardisées et mal adap-
tées?
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°28
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Encourager le rachat et la rénovation du bâti
ancien, en s?appuyant sur diagnostic, conseils
et mobilisation des acteurs du bâtiment
? Créer un guichet unique « Maison de
l?habitat », avec observatoire
? Rénover et créer des logements communaux.
Réhabiliter de façon progressive
et cohérente les équipements
collectifs, les bâtiments
publics et scolaires
La vétusté patrimoniale d?un certain nombre
d?équipements, pourtant essentiels pour la
qualité de vie en Creuse, implique une réflexion
sur les usages actuels et à venir, sur leur fonc-
tionnement, afin de prioriser les rénovations,
de répartir de façon équitable et équilibrée les
équipements à l?échelle du département, et
d?encourager mutualisations et multiplicité des
usages?
La nécessité de définir une approche globale et
cohérente de l?aménagement au niveau du ter-
ritoire, du bassin de vie est un préalable pour
adapter les usages, voire les réinventer, au re-
gard des évolutions actuelles, et notamment
la nécessité d?un maillage de proximité de ser-
vices pour la vie quotidienne?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Élaborer un Schéma départemental des
équipements sportifs structurants
? Mettre en place des plans de rénovation:
écoles, bâtiments publics, églises.
Développer une filière
de l?éco-construction
Le département est très fortement marqué
par une tradition bâtisseuse, celle des maçons
creusois qui est à l?origine de la création au dé-
but du XXème siècle d?une école de formation à
Felletin, aujourd?hui Lycée des Métiers du Bâti-
ment de Felletin (LMB)?
De fait, le secteur de l?artisanat de la filière des
Bâtiments et Travaux Publics est très présent et
actif mais doit faire face à des défis majeurs :
le renouvellement des générations, le manque
d?attractivité de ces métiers, les difficultés de
recrutement, le maintien et le développement
des compétences dans un contexte de mutation
lié aux transitions énergétiques, climatiques et
numériques?
C?est dans ce contexte que la Région acadé-
mique de Nouvelle-Aquitaine et le Conseil
Régional ont souhaité unir leurs labels Cam-
pus des Métiers et des Qualifications (CMQ) et
Talents et Territoires de Nouvelle-Aquitaine
(TTNA) autour d?un projet commun le campus
régional du patrimoine bâti de la restauration à
l?éco-construction?
Ce campus, dont l?établissement support est le
lycée des Métiers du Bâtiment de Felletin, sur
lequel un investissement de 46 millions d?euros
est programmé par la Région Nouvelle-Aqui-
taine pour sa rénovation, est une mise en ré-
seau de l?ensemble des acteurs de la filière? Il
agit en faveur :
? de l?orientation professionnelle choisie, avec
des métiers du bâtiment en forte mutation et
plus attractifs dans une filière porteuse d?ave-
nir,
? du développement des parcours de formation
d?excellence en conciliant la transmission de
savoir-faire traditionnels et l?apprentissage
de nouveaux savoirs,
? de l?innovation dans le domaine des maté-
riaux de construction, avec le développement
des filières biosourcées, géosourcées, recy-
clées?
Il s?agit de renouer avec ce qui a fait autrefois la
réputation du LMB, à savoir former des profes-
sionnels bâtisseurs et développer la filière de
l?éco-construction au service de la construction
du patrimoine de demain comme de la réhabili-
tation du bâti ancien?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Soutenir la Manufacture de proximité
autour de l?éco-construction et soutien
recyclerie des matériaux du bâtiment
? Communiquer sur les métiers du bâtiment.
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 9
C. FAVORISER UN DÉVELOPPEMENT
ÉQUILIBRÉ DU TERRITOIRE
Avec des centre-bourgs en difficulté, en déprise
démographique et dans lesquels la vacance est
très marquée, le département s?est inscrit lar-
gement dans le programme de revitalisation
des petites centralités Petites villes de demain?
En parallèle, les objectifs de la loi Climat et ré-
silience invitent à mettre fin à l?étalement ur-
bain avec, pour objectif pour 2030, la réduction
de 50 % de la consommation des espaces natu-
rels, agricoles et forestiers?
Se doter d?une stratégie
partagée pour projeter le
développement de la Creuse
L?enjeu est de favoriser un développement
équilibré du territoire, un développement qui
ne se construit pas contre les espaces naturels
mais les prend en compte, pour une ruralité at-
tractive qui garde son identité?
Pour faire vivre ce modèle de développement,
l?absence de vision globale permettant de dé-
finir les perspectives d?aménagement est au-
jourd?hui pénalisante? Le département doit se
doter rapidement de documents d?urbanisme.
Ceux-ci représentent la traduction dans l?es-
pace et dans le temps des choix politiques de
développement territorial pour redynamiser
les centres-bourgs et penser l?habitat, accueil-
lir des activités économiques, préserver les es-
paces non artificialisés?
Apporter une réponse à
l?inadaptation des logements
Par ailleurs, l?offre de logement apparaît ina-
daptée aux attentes et aux parcours de vie?
Des populations nouvelles souhaitant s?instal-
ler sur le territoire ne trouvent pas à se loger,
compte tenu de la faiblesse d?un marché locatif
de qualité et de la pénurie de logements réno-
vés habitables immédiatement, malgré un taux
de vacances parmi les plus élevés de France, à
16 % en 2019?
Certaines offres d?habitat apparaissent particu-
lièrement manquantes, pour accueillir des po-
pulations dont le territoire a pourtant besoin:
apprentis, saisonniers, jeunes salariés, étu-
diants stagiaires en santé humaine et animale,
médecins, cadres? Des solutions d?habitat
temporaires ou transitoires pour les accueillir
peuvent être développées?
Pour rendre de l?attractivité aux centres-bourgs,
il importe d?encourager le renouvellement des
formes d?habitabilité et de remettre l?économie
et les services en coeur de bourg, notamment
face à l?inadéquation ou l?indisponibilité de
foncier adapté?
Enfin, l?aménagement des espaces publics est
une composante essentielle d?une qualité de
vie à la campagne? Vecteur de lien social, ces
espaces doivent intégrer les enjeux de transi-
tion écologique?
Des espaces publics plus agréables et accueil-
lants sont à la fois des marqueurs d?une iden-
tité locale et contribuent, par exemple, à l?at-
ténuation des bruits, à la réduction des effets
d?îlots de chaleur, à la régulation des eaux plu-
viales, à l?amélioration de la qualité de l?air et
l?augmentation de la biodiversité?
L?enjeu serait donc de développer des types
d?habitat adaptés aux attentes, dans des es-
paces publics repensés, tout en préservant la
qualité du rapport à la nature qui fait l?attrait
de la ruralité creusoise.
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Créer une foncière multi-thématiques
départementale pour la rénovation
en centres-bourgs
? Végétaliser les espaces en centres-bourgs
? Créer des logements transitoires ou espaces
de colocation en centres-bourgs pour
apprentis, saisonniers, étudiants, salariés?
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°210
Développer des solutions
innovantes pour la
mobilité en ruralité
La dispersion de l?habitat en zone rurale, la
localisation des activités économiques et le
maillage des transports en commun ont pous-
sé à une utilisation massive de la voiture indi-
viduelle, qui limite fortement les déplacements
de certains publics (jeunes, personnes âgées,
personnes précaires?), qui est néfaste au cli-
mat, et de plus en plus problématique au re-
gard du pouvoir d?achat des habitants?
Élaborer une politique de mobilité adaptée aux
besoins est un enjeu pour la ruralité quand on
constate qu?un Français surquatre a déjà re-
fusé un emploi faute de moyens de transport
(Source : Laboratoire de la Mobilité Inclusive)?
En Creuse, le lycée agricole d?Ahun comme celui
des métiers du bâtiment de Felletin au regard
de leur développement nécessitent un renfor-
cement de leur accessibilité en transport en
commun? Il est primordial d?envisager une di-
versité de solutions pour répondre aux multi-
ples usages et besoins?
Une étude sur les petites lignes de desserte
ferroviaire, à partir de la ligne Guéret-Felle-
tin, doit permettre une articulation avec les
grandes lignes ferroviaires existantes (POLT),
comme avec les solutions de mobilité du der-
nier kilomètre?
Une réflexion sur la multi-modalité des gares,
voire d?autres usages, doit être menée?
L?amélioration de la desserte des trains du quo-
tidien (TER) doit être un objectif et nécessite
une mobilisation de tous les acteurs : Région,
Département, collectivités territoriales et leurs
groupements?
La mise en place d?une offre de transports com-
plémentaires à l?automobile doit être une prio-
rité pour les territoires en s?appuyant sur :
? un usage alternatif de la voiture avec un co-
voiturage à adapter aux territoires en dé-
ployant un réseau d?aires de covoiturage bien
situées,
? la valorisation de la gare de la Souterraine,
porte d?entrée du département, qui doit de-
venir une plate-forme centrale dans l?organi-
sation des transports,
? la refondation d?un réseau de lignes d?auto-
cars efficace, desservant au plus près les prin-
cipaux pôles structurants du département, en
articulation avec les trains,
? la connexion aux grands pôles de référence,
notamment Limoges, et les relations interdé-
partementales vers Clermont-Ferrand, Mont-
luçon, Poitiers ou Ussel?
Le partage des mobilités comme le dévelop-
pement de voies douces sécurisées au niveau
des principales agglomérations apparaissent
également comme des perspectives d?avenir?
La mise en place de corridors de covoiturage
permettra de faire émerger des axes identifiés,
susceptibles de jouer un rôle complémentaire
aux transports en commun et une alternative à
l?autosolisme?
L?enjeu du transport de marchandises (pour le
bois notamment, d?oeuvre ou le bois-énergie),
est également un enjeu fort pour la Creuse? Des
solutions comme le micro-fret sont des hypo-
thèses à travailler, en prenant en compte les
expérimentations déjà mises en oeuvre lors de
la tempête de 1999?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Poursuivre l?étude sur la remise en
service des petites lignes ferroviaires
? Mettre en place des lignes de covoiturage.
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 11
2
Faire de la vie en Creuse
une chance, en offrant
des services adaptés aux
attentes des habitants
Le département de la Creuse a pu souffrir d?un déficit
de notoriété ou d?attractivité, et reste dans l?imaginaire
collectif le symbole d?un territoire rural enclavé, dans
lesquels les services ne seraient pas les mêmes que
dans d?autres territoires, notamment plus urbains.
Cette image doit aujourd?hui être inversée, en l?adaptant.
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 13
Pour modifier durablement cette perception, et dans la
poursuite des travaux du premier Plan particulier pour la
Creuse, il s?agit, en s?appuyant sur la marque territoriale
« L?Esprit Creuse », désormais installée dans le paysage,
de conforter et mieux faire connaître les potentialités du
département aux habitants comme aux nouveaux arrivants.
Malgré une desserte routière de bonne qualité, les contraintes,
réelles, en termes d?accessibilité notamment, doivent
également être prises en compte comme potentiels freins à
une installation durable dans le département. Les services
proposés en ruralité doivent être aménagés dans un esprit
d?expérimentation, pour mieux répondre aux attentes des
usagers et leur garantir un égal accès aux services.
Il s?agit donc de s?adapter aux difficultés liées à un
certain isolement ou enclavement et de lutter contre
un sentiment d?abandon des pouvoirs publics par des
solutions innovantes, qui rapprochent les services des
habitants. Les coopérations entre les acteurs, qui ont déjà
permis de développer des services diversifiés adaptés
aux attentes des usagers, doivent être renforcées. Enfin, il
convient de conforter les centralités existantes? bourgs et
centres-bourgs ? qui constituent un maillage équilibré du
département, contribuent à une offre de services qui est au
bénéfice de tous, y compris des zones les moins denses.
A. RAPPROCHER LES SERVICES DES HABITANTS
Alors que la mobilité est une difficulté identi-
fiée en hyper-ruralité, l?objectif est bien de rap-
procher les services des habitants?
Rendre les services accessibles
grâce au numérique
Avec le développement de la fibre et du haut
débit, pour un déploiement en 2023 de 90 % sur
Guéret et son agglomération et de 75 % sur le
reste du territoire creusois, le numérique per-
met de rapprocher le citoyen d?une offre de
services, parfois nationale? Forte de cette cou-
verture, la Creuse peut désormais mobiliser le
numérique pour développer de nouveaux ser-
vices aux habitants? La santé, à l?instar de l?ex-
périence de télémédecine Tel-e-dent, se prête
au déploiement d?une offre autour de la télé-
médecine, en complément de l?offre existante,
dans le cadre d?un parcours de soin global et
coordonné?
Après l?expérience de la crise sanitaire liée au
covid, et dans un territoire où l?habitat est dis-
persé et les temps de déplacement importants,
les enseignements à distance peuvent s?articu-
ler avec l?offre d?enseignement en présentiel,
dans le cadre scolaire ou extra-scolaire? L?émer-
gence d?un campus connecté creusois en est
l?emblème, permettant de répondre aux problé-
matiques d?auto-censure?
Le numérique peut en ce sens transformer et
enrichir l?ensemble des services publics comme
privés dans notre territoire rural. Ainsi, dans le
domaine culturel, l?expérience des Micro-folies
en cours, qui atteste de l?intérêt de ces outils en
complément des lieux physiques, a vocation à
être confortée? Le « click and collect » peut être
utilisé pour les bibliothèques, afin de conforter
la pratique de la lecture? Le commerce « phy-
sique » peut de la même manière être conforté
avec le développement des « market place »?
Les publics les plus fragiles méritent une at-
tention particulière dans un des départements
les plus pauvres de France et qui expérimente
une nouvelle modalité d?accompagnement pour
les bénéficiaires du revenu de solidarité active
(rSa)?
La lutte contre la fracture numérique et l?illec-
tronisme reste une préoccupation forte et né-
cessite des moyens?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Mettre en place un Campus connecté
à l?échelle départementale
? Élaborer un plan d?action numérique au sein du
Schéma d?accès aux services publics insistant sur
l?accompagnement aux usages du numérique
? Poursuivre le déploiement du réseau public
de fibre optique, construit par DORSAL,
exploité et commercialisé par Nouvelle-
Aquitaine Très Haut Débit (NATHD)
? Améliorer et poursuivre les
expérimentations en télémédecine.
Inventer des solutions
d?« allervers » ou « du
dernierkilomètre »
En Creuse, le trajet moyen domicile/travail
est de 20 km et se pratique majoritairement
en véhicule individuel? Pourtant, beaucoup de
personnes ne sont pas motorisées, pour des
raisons financières ou en raison d?une perte
d?autonomie, tout en habitant parfois loin des
principales villes?
Pour les publics les plus éloignés géographi-
quement ou socialement, voire les publics em-
pêchés, il s?agit d?inventer des solutions dites
«d?aller vers» ou des solutions dites du dernier
kilomètre pour une prise en charge au plus près
des besoins?
L?itinérance des services peut constituer une
réponse adaptée, notamment dans le domaine
de la santé, mais aussi dans le secteur des loi-
sirs, de la formation et de l?emploi?
Les bus ou cabinets médicaux mobiles? car-
diobus, facilitybus, gynécobus, vaccinobus, mé-
dicobus? ou la réutilisation des locaux publics
existants pour des permanences ou antennes
permettent un service en porte-à-porte dans
l?accès aux soins?
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 15
Ce modèle peut être dupliqué dans le domaine
culturel, sur le modèle du camion-podium de
Musiques en Marche financé dans le cadre du
Premier Plan particulier pour la Creuse, ou à
travers des spectacles itinérants proposés dans
les salles polyvalentes des communes?
Le camion de la banque alimentaire apporte
produits de première nécessité et conseils au-
près des personnes en précarité?
Les commerces itinérants doivent être sou-
tenus, en termes d?investissement mais aussi
pour compenser le surcoût d?un service mobile
en termes de carburant?
La perte d?autonomie en ruralité, en particulier
dans un des départements les plus âgés d?Eu-
rope, doit être accompagnée, à travers la pour-
suite des politiques de maintien à domicile,
sans négliger le soutien aux aidants ou l?ac-
compagnement dans le parcours résidentiel de
la personne âgée destinée à la rapprocher des
services?
Sur le plan touristique également, une partie de
la clientèle n?est pas motorisée, et cette mobi-
lité jusqu?aux sites de visites est également à
prendre en compte?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Mettre en place la «Maison mobile23»
des industries métallurgiques
? Soutenir l?itinérance de l?offre culturelle.
B. DÉVELOPPER LES COOPÉRATIONS
POUR DES SERVICES DIVERSIFIÉS
La Creuse est un territoire rural qui a long-
temps misé sur des solidarités traditionnelles
dont des réminiscences sont encore percep-
tibles? L?esprit des coopérateurs creusois du
XIXème continue à imprégner le territoire et
bon nombre de structures ou d?acteurs reven-
diquent cet héritage? Ces solidarités existantes
sont des atouts sur lesquels capitaliser et s?ap-
puyer pour une mise en réseau des acteurs et
une mutualisation des équipements et des ser-
vices, indispensable dans un contexte de dissé-
mination des acteurs?
Une meilleure connaissance de l?offre existante,
avec l?identification des manques et repérages
des lacunes éventuelles, devra passer par l?éla-
boration de cartographies et de schémas direc-
teurs, pour mieux repérer ou anticiper de nou-
veaux besoins et usages?
EXEMPLE D?OPÉRATION
? Élaborer un Schéma des pratiques
artistiques et culturelles.
Mutualiser pour répondre
aux attentes
Des équipements et des services peuvent être
mutualisés dans une logique d?efficience et
de maillage? En fonction des diagnostics et
états des lieux menés, une optimisation de
l?utilisation des équipements existants ou la
mise en commun de matériels peuvent être
envisagées dans de nombreux domaines:
éducation, santé, sports et culture, loisirs?
Les places inoccupées en EHPAD pourraient
être plus largement utilisées pour de l?accueil
temporaire, en solution de répit?
Les bâtiments publics, notamment scolaires
(écoles, collèges, lycées), qui sont partielle-
ment occupés peuvent être affectés à d?autres
usages: associatifs, séminaires ou conférences,
hébergements?
Enfin, des services peuvent être mutualisés, pu-
blics, ou publics-privés, ou privés?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Définir un schéma des itinérances touristiques
? Recenser l?offre disponible de locaux
en EHPAD : hébergement temporaire,
de répit ou centres de santé
? Mutualiser les équipements sportifs
? Créer des lieux innovants de services
aux publics (commerces, santé...).
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°216
Mettre en réseau pour conforter
les acteurs et mieux faire
connaître les atouts du territoire
La coopération des acteurs, souvent à l?échelle
départementale ou a minima supra-commu-
nautaire, est un gage de réussite des projets les
plus structurants?
Dans le domaine économique, la candidature
de l?ensemble des EPCI creusois au disposi-
tif Territoire d?industrie marque la volonté de
constituer des synergies à l?échelle du départe-
ment. Le bassin industriel creusois se caracté-
rise par des entreprises disséminées sur le ter-
ritoire, des activités variées, parfois de niche ou
de pointe, en déficit d?image dans un territoire
agricole?
À partir des trois principales filières identifiées
(métallurgie / bois / arts textiles-arts tissés),
Territoire d?industrie doit permettre d?élargir
à d?autres secteurs la dynamique de dévelop-
pement, de renforcer la coopération entre les
chefs d?entreprises, pour innover, accueillir et
former des salariés?
Dans cet esprit, le développement de groupe-
ments d?employeurs permet en matière d?em-
ploi la montée en compétence, la qualification
des personnels et la consolidation des contrats
(durée indéterminée, temps plein?) contribuant
ainsi à redonner de l?attractivité à des secteurs
en tension souffrant d?un déficit d?image?
En matière culturelle et touristique, les acteurs
seront plus forts et les sites plus attractifs s?ils
sont mis en réseau, pour construire une desti-
nation touristique départementale, autour de
la Vallée de la Creuse, autour des peintres de la
vallée, du patrimoine naturel, des sports de na-
ture (cyclotourisme, vélo, tourisme halieutique)
et des grandes itinérances?
La mise en place d?une gouvernance à l?échelle
départementale pour les grands sites touris-
tiques et culturels, sera un gage pour la réus-
site?
Dans ce cadre, le territoire s?engagera dans la
construction d?une candidature départemen-
tale au label Pays d?art et d?histoire pour faire
valoir l?intérêt patrimonial du département, as-
sis en particulier sur les savoir-faire et les mé-
tiers de la main de la vallée de la Creuse?
En matière de santé, la coordination des ac-
teurs offre des perspectives pour couvrir les be-
soins?
L?enjeu est de construire un parcours coordon-
né de soins, fondé sur la bonne connaissance
et la mobilisation de tous les acteurs de santé,
afin de permettre une meilleure autonomie et
implication du patient?
Dans ce parcours, il importe de donner leur
place à de nouvelles approches complémen-
taires, comme, par exemple, la santé intégrative
(des thérapies non médicamenteuses de type
méditation pleine conscience), la Prescription
d?Exercices Physiques pour la Santé (PEPS) ou
la pair-aidance?
L?hôpital reste un lieu de référence essentiel en
milieu rural, à la fois pour les publics les plus
vulnérables mais aussi de manière globale pour
l?attractivité du territoire, car la plupart des
spécialités y sont exercées?
Les pistes de mutualisation entre établisse-
ments publics et privés peuvent garantir le
maintien d?une offre de soins technique de
qualité sur le territoire?
Toutefois, la prise en charge du patient doit
être améliorée par une meilleure prise en
compte globale, en amont et surtout en aval de
l?hospitalisation?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Transformer en voie verte une
ancienne ligne ferroviaire (PPC1)
? Créer un Label Pays art et histoire, à l?échelle
du département ou de la vallée de la Creuse
? Promouvoir et développer le bassin
industriel creusois (Territoire d?industrie)
? Soutenir des équipements sportifs
ou culturels structurants.
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 17
C. CONFORTER LES CENTRES-BOURGS EN
ENRICHISSANT LEUR OFFRE DE SERVICES
AU BÉNÉFICE DE TOUT LE TERRITOIRE
Organiser la proximité
des services
Les modes de consommation en proximité
contribuent à relocaliser l?économie? Un travail
important a d?ores et déjà été entrepris depuis
2019 avec la mise en oeuvre d?un projet alimen-
taire territorial?
La valorisation et la consommation des pro-
duits agricoles du territoire est une attente
forte des consommateurs, particuliers comme
collectifs? La diversification agricole fait ainsi
partie des solutions pour répondre aux nou-
velles attentes?
L?économie sociale et solidaire, particulière-
ment développée en Creuse, avec 18% de la
part des emplois, voire 30% sur le sud du dé-
partement, est une partie intégrante de l?éco-
nomie départementale mais également, à l?ins-
tar de l?agriculture, le marqueur d?une identité
affirmée? Elle tend à promouvoir un mode d?en-
treprenariat en milieu rural fondé sur le lien so-
cial?
Le commerce et l?artisanat, dans un contexte
de hausse des coûts des déplacements indivi-
duels et de l?absence d?alternatives, sont des
gisements potentiels d?emplois de proximité
à accompagner? Les commerces de proximité
sont des services essentiels pour les habitants
comme pour les touristes?
La question de la reprise et de la transmission
de ces entreprises de proximité, artisanales,
commerciales ou agricoles, est un enjeu fort?
Le modèle des France Services, fondé sur une
mutualisation de l?accueil pour les démarches
administratives, se prête en Creuse à d?autres
coopérations?
Le modèle des tiers-lieux, constitués en réseau,
est innovant et doit être soutenu?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Développer des solutions de commerce de
proximité innovantes et soutenir les derniers
commerces alimentaires de proximité
? Développer les circuits courts dans le
cadre du Projet Alimentaire Territorial
? Renforcer la couverture en France
Services et développer leur action
? Soutenir la mise en place d?un restaurant
solidaire en Quartier Politique de la Ville.
Donner de nouvelles fonctions
aux centres-bourgs
Si l?habitat est bien une fonction à replacer au
coeur des centres-bourgs, c?est à travers l?inno-
vation et l?hybridation des services que de nou-
velles fonctions sont possibles pour réinventer
les petites centralités?
Le centre-bourg doit se réinscrire dans un par-
cours résidentiel.
Par exemple, les personnes âgées peuvent être
accompagnées dans ce parcours, pour un main-
tien à domicile au plus près des services? L?ha-
bitat inclusif en coeur de bourg dans du bâti
existant est à développer?
L?identité patrimoniale des centres-bourgs est
aussi en question?
En effet, les centres-bourgs participent pleine-
ment de l?attractivité touristique comme lieu de
visites et de services? Par l?attention portée aux
monuments historiques et patrimoine vernacu-
laire, ils doivent prendre en compte et encoura-
ger de manière plus importante la préservation
et la valorisation d?un bâti traditionnel?
Les espaces extérieurs en centres-bourgs sont
également à réinventer, qu?ils soient privés,
partagés ou publics? Ces derniers sont à se ré-
approprier de manière collective, pour de nou-
veaux usages et de nouveaux publics(équipe-
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°218
ments sportifs ou culturels, en particulier pour
la jeunesse, lieux de rassemblement pour des
festivités ou du commerce de plein air, lieu de
production maraîchère collectif?)?
Les centres-bourgs peuvent devenir de réelles
plates-formes de mobilité pour les déplace-
ments du quotidien ou touristiques, à la fois
pour des espaces de covoiturage ou en lien
avec la remise en service éventuelle des petites
lignes ferroviaires? Des cheminements doux sé-
curisés et agréables sont à recréer pour l?accès
aux services?
Les centres de santé sont des structures sani-
taires de proximité, offrant des soins de pre-
miers recours et, le cas échéant de second re-
cours, et pratiquant à la fois les activités de
prévention, de diagnostic, et de soins, au sein
du centre, sans hébergement, ou au domicile
du patient?
Ils assurent, le cas échéant, une prise en charge
pluriprofessionnelle associant des profession-
nels médicaux et des auxiliaires médicaux?
Dans les centres-bourgs, cette offre est complé-
mentaire de celles des structures hospitalières
ou cabinets libéraux, ou des cabines de télémé-
decine en pharmacie, qui contribuent au mail-
lage de l?offre de soins?
Les tiers-lieux creusois établis en réseau
constituent des portes d?entrées sur le terri-
toire au coeur des bourgs. Lieux d?accueil, ce
sont de véritables centres de ressources pour
les nouveaux arrivants comme pour les habi-
tants et les touristes?
Ces lieux hybrides accueillent de nouvelles mo-
dalités de travail: coworking, conciergerie, for-
mations? et assument un rôle de lieu de socia-
bilité multi-usages au coeur du village?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Mobiliser les programmes de revitalisation
des centres-bourgs (Action coeur de ville,
Petites villes de demain, villages d?avenir, AMI
revitalisation centres-villes centres-bourgs
porté par la Région Nouvelle-Aquitaine...)
? Mettre en place des actions collectives
de proximité pour la redynamisation
des centres-bourgs par l?économie
? Soutenir la rénovation des commerces,
en particulier vitrines et terrasses
? Accompagner des lieux hybrides et tiers-lieux
? Accompagner le changement de logement des
personnes âgées vers les centres-bourgs
? Poursuivre le maillage du territoire en
structures de santé (Maisons de Santé
Pluriprofessionnelles, centres de santé etc.).
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 19
3
Bâtir un « département
éducatif rural » qui
mise sur sa jeunesse
Miser sur la jeunesse est le défi que souhaite relever la
Creuse, un des départements les plus âgés d?Europe.
Thématique absente du premier plan particulier, l?éducation
est placée au coeur de ce nouveau pacte. La ruralité doit en
effet garantir aux plus jeunes le meilleur accueil dans les
premières années, et les meilleures chances de réussite. La
Creuse a assurément les moyens de tisser un parcours global
d?accompagnement de 0 à 25 ans, qui sera au demeurant
gage d?attractivité pour de nouveaux arrivants. L?ambition
à travers ce parcours est de couvrir les besoins en matière
d?accueil pour la petite enfance, de garantir l?éducation
et la formation de tous jusqu?à l?entrée dans la vie active,
et d?encourager la responsabilisation et l?insertion de
tous dans une vie professionnelle épanouissante.
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 21
A. OFFRIR DES SOLUTIONS D?ACCUEIL
POUR LA PETITE ENFANCE
La période des 1 000 premiers jours de l?enfant
court de la grossesse jusqu?à l?entrée à l?école
maternelle? Les connaissances scientifiques
confirment combien cette période est cruciale
pour répondre aux besoins essentiels de l?en-
fant et prévenir des inégalités qui se forment
dès le plus jeune âge?
La qualité des modes de garde fait partie de
cette lutte contre les inégalités dès le plus
jeune âge.
Pour les familles, la préoccupation majeure
reste de trouver un mode de garde adapté et
répondant à leurs besoins? De plus, certaines
familles ont des besoins spécifiques: horaires
atypiques, accueil d?enfants handicapés, etc?
L?offre d?accueil proposée tend à diminuer
compte tenu du vieillissement des profession-
nels assistants maternels (19 % de plus de 60
ans)? Certains secteurs comme l?agglomération
de Guéret connaissent des tensions croissantes
en raison d?une offre insuffisante, ce qui peut
être un frein à l?installation de nouvelles fa-
milles?
Une offre doit être développée, qu?elle soit col-
lective ou individuelle, publique ou privée, pour
répondre à ce besoin?
Des tensions d?accueil existent donc sur le dé-
partement, pénalisant le développement éco-
nomique des entreprises comme les démarches
d?insertion des familles?
La pérennisation des places d?accueil existantes
et le développement de nouvelles solutions
d?accueil doivent prendre en compte ces diffi-
cultés, dans un contexte de contraintes budgé-
taires qui pèsent sur les collectivités?
Développer des solutions alter-
natives, parfois cousues main
Pour couvrir le besoin de garde sur le territoire,
il faut multiplier les solutions d?accueil, souvent
à petite échelle et en proximité?
Elles peuvent prendre différentes formes, col-
lective comme la micro-crèche, la crèche fami-
liale, la crèche parentale, ou multi-accueil, ou
individuelle comme les assistants maternels,
éventuellement regroupés en maison d?assis-
tants maternels?
Dans une volonté de mutualisation déjà évo-
quée, il est imaginable d?accueillir ces services
dans des structures existantes sous-utilisées
comme les EHPAD ou bâtiments scolaires?
Si les collectivités territoriales et leurs grou-
pements sont les principaux financeurs, voire
sont gestionnaires des structures collectives de
garde, d?autres partenaires doivent être mobili-
sés à leurs côtés, comme les entreprises ou col-
lectif d?entreprises par exemple?
Le développement de projets privés locaux est
à étudier, mais reste conditionné à la quali-
té du service et aux coûts d?aménagement des
locaux dans le respect de la réglementation en
vigueur?
Les Maisons d?Assistants Maternels répondent
aux besoins de proximité des familles et garan-
tissent des modalités collectives d?un accueil
individuel.
Elles se sont développées rapidement sur le
territoire, passant de 15 à 26 en 5ans, et sont
bien identifiées par les collectivités comme un
acteur prépondérant du secteur? Toutefois, leur
pérennité repose sur la cohésion et l?adhésion
des assistants maternels, ce qui en fait une so-
lution fragile sur la durée, malgré l?important
soutien public?
De plus, les MAM sont peu intégrées aux exi-
gences de qualité d?accueil et aux besoins des
familles en insertion, pour lesquelles il existe
un réel besoin, qui pourrait être satisfait dans
le cadre de crèche à vocation d?insertion?
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 23
Travailler à l?attractivité
du métier et former de
nouveaux professionnels
L?absence d?attractivité du secteur et l?absence
de formations de proximité entraînent une pé-
nurie de professionnels dans le secteur de la
petite enfance?
La mise en place de formations délocalisées
d?éducateurs de jeunes enfants ou d?auxiliaires
de puériculture en Creuse pourrait contribuer à
constituer un vivier de professionnels?
La création d?allocations d?études pour les mé-
tiers de la petite enfance par les structures
sanitaires, avec engagement de retour sur le
département, permettrait d?améliorer le fonc-
tionnement de l?ensemble des structures d?ac-
cueil?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Former des professionnels de la
petite enfance sur le territoire
? Mailler le territoire avec des
solutions de garde adaptées
? Créer des allocations d?étude pour les métiers
de la petite enfance sur le territoire.
B. CONSTRUIRE UN PARCOURS GLOBAL
Pour favoriser l?épanouissement des jeunes
Creusois, le développement d?un parcours glo-
bal cohérent devra être orchestré autour des
forces vives du territoire: associations, collec-
tivités territoriales, institutions et partenaires
publics?
Réunir les conditions
de la réussite pour les
enfants creusois
Les perspectives d?évolution des effectifs, ac-
tuellement en baisse constante, ne peuvent
être la seule clé de lecture pour la construction
d?un projet éducatif pour la Creuse et rendent
indispensables une réflexion poussée sur l?or-
ganisation du réseau scolaire?
Dans le primaire, les classes uniques, Regrou-
pements Pédagogiques Intercommunaux ou
autres regroupements multi-niveaux caracté-
risent le département avec 72 % d?écoles à trois
classes ou moins?
L?isolement des enseignants comme des élèves
dans le primaire est à prendre en compte? Dans
le secondaire, les services partagés liés à la fai-
blesse des effectifs peuvent être également une
difficulté, pour la cohésion des équipes péda-
gogiques des établissements et l?attractivité du
métier en milieu rural?
De plus, dans un contexte budgétaire tendu,
l?organisation du réseau scolaire actuel a des
conséquences financières mais aussi écolo-
giques, pour les collectivités territoriales?
Un équilibre doit être trouvé entre proximité du
service public d?éducation et garantie de condi-
tions d?enseignement cohérentes?
Un travail de concertation associant État, élus,
familles doit permettre de trouver l?organisa-
tion la plus efficiente en hyper-ruralité, au bé-
néfice des enfants et de leurs familles comme
des professionnels?
En hyper-ruralité, les durées de transport col-
lectif des enfants, pour accéder à l?école ou
activités ou équipements structurants (ciné-
ma, piscine etc?) restent importantes et sont à
prendre en compte? Des solutions en proximité
sont donc à envisager dans le domaine culturel
ou sportif?
Toutefois, la mobilité, notamment sociale, se
prépare sur le temps scolaire, à travers des
séjours hors du département, à la journée ou
dans le cadre de classes découvertes?
La mutualisation des équipements concerne les
établissements scolaires, le monde associatif
et les collectivités territoriales? Chaque acteur
doit pouvoir se projeter dans des bâtiments
où la multi-fonction peut s?imposer, d?autant
que les différentes crises (sanitaire et énergé-
tique) ont renforcé les logiques d?optimisation
des ressources en proximité? Cette mise en ré-
seau doit permettre de nourrir des projets plus
ambitieux, avec une ouverture sur le territoire,
ses projets et ses pratiques pour être acteur ci-
toyen (sports, culture, etc?)?
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°224
Par ailleurs, dans le cadre de la compétence
« Orientation » partagée entre l?État et la Ré-
gion, des actions de diffusion et de promotion
de la connaissance des métiers, déjà existantes
et mises en place, doivent être renforcées et
couplées aux réseaux de professionnels volon-
taires témoignant de leur parcours?
Ces actions doivent permettre une orientation
choisie en toute connaissance de cause, inci-
ter à la persévérance scolaire et donner envie
d?entrer dans des parcours professionnalisants?
Une meilleure coordination de l?offre propo-
sée est nécessaire, en s?appuyant sur les dyna-
miques de coopération nées lors de la crise sa-
nitaire et encore à l?oeuvre?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Déployer largement le Pass culture, avec
une réflexion sur les freins à la mobilité
? Mutualiser les équipements entre
les différents acteurs
? Proposer des solutions de répit pour
parents d?enfants porteurs de handicap.
Articuler coordination
départementale et animation
locale des différents acteurs
du parcours éducatif à
l?échelle de «Territoires
Éducatifs Ruraux» (TER)
Le dispositif «Territoire Éducatif Rural», qui
prend en compte les différents temps de l?en-
fant, doit permettre de recenser ces expertises
ou ressources disponibles en proximité, au ser-
vice des projets éducatifs?
La coordination de l?offre d?activité éducative,
culturelle, sportive doit permettre aux usagers
d?accéder à une lecture globale des offres pou-
vant être intégrées dans le parcours de l?en-
fant et contribuant à sa réussite? Une attention
particulière doit être portée à l?isolement des
jeunes en milieu rural?
Cette vision élargie doit être partagée par l?en-
semble des acteurs afin que les professionnels
ou bénévoles (enseignants, éducateurs, per-
sonnels soignants, accompagnateurs) puissent
contribuer à leur niveau à la construction d?un
parcours adapté à chaque enfant?
Une vision départementale est essentielle, à
partir d?une coordination des éventuels Ter-
ritoires Éducatifs Ruraux existants mais en
prenant en compte les autres territoires, pour
mettre en place une politique éducative glo-
bale? Toutefois, une coordination à l?échelle dé-
partementale des différentes politiques et dis-
positifs est pertinente?
Le recensement des ressources existantes
passe par l?information et la communication
auprès des acteurs, afin qu?ils puissent les
prendre en compte dans leurs programmes?
L?appel à des intervenants extérieurs, en ré-
sidence sur le territoire ? par exemple, rési-
dences d?artistes - enrichit les cursus proposés
et contribue à une réelle ouverture?
La santé est également un enjeu d?égalité des
chances.
La médecine scolaire en ruralité doit être une
priorité car elle s?inscrit dans une logique de
prévention, pour les enfants et adolescents
d?un des territoires les pauvres de France, qui
plus est, considéré comme un désert médical,
où l?accès aux soins est particulièrement diffi-
cile? Toutefois, l?attractivité de ces métiers doit
être interrogée au vu des difficultés de recrute-
ment?
Avec 4,5% d?enfants bénéficiaires de l?Alloca-
tion Éducation Enfants Handicapés (AEEH), à
comparer avec la moyenne nationale de 3,2%,
la Creuse doit prendre en compte les enfants
en situation de handicap de manière renforcée,
avec des dispositifs innovants dédiés?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Créer deux Territoires éducatifs ruraux (TER)
? Recruter un coordonnateur en charge d?une
ingénierie éducative à l?échelle départementale.
Travailler à l?attractivité
du métier et formation de
nouveaux professionnels
Par ailleurs, dans le cadre de la compétence
Orientation partagée avec l?État, la Région Nou-
velle-Aquitaine concentre son action sur la dif-
fusion et la promotion de la connaissance des
métiers, pour une orientation choisie en toute
connaissance de cause?
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 25
Elle a mis en place plusieurs outils et réseaux
pour inciter les jeunes à la poursuite d?études
et encourager la persévérance scolaire et don-
ner envie aux jeunes de s?engager dans des
parcours professionnalisants : avec les Olym-
piades des Métiers et le réseau de 1 000 Am-
bassadeurs Métiers, professionnels volontaires
pour témoigner devant les jeunes de leur vo-
cation et des réalités de leur profession? Ces
Ambassadeurs sont mobilisés par des lycées ou
des élèves eux-mêmes via une plate-forme de
mise en contact?
Miser sur l?orientation pour
sortir de l?auto-censure
La lutte contre toutes les formes d?auto-cen-
sure est essentielle?
Un accompagnement renforcé à l?orientation
pourrait contribuer à réduire les freins suscep-
tibles d?enrayer les vocations, de ralentir les
initiatives individuelles de nos jeunes, en par-
ticulier pour les familles les plus éloignées de
l?institution scolaire?
Les mobilités nationales, européennes, inter-
nationales qui ne sont pas innées en ruralité
doivent être encouragées?
Le tutorat ou pair-aidance doit contribuer à
donner des modèles de réussite ou d?insertion,
ou faciliter les réseaux?
Futurs ambassadeurs du territoire, les jeunes
Creusois doivent en connaître les potentialités,
les enjeux environnementaux, en particulier
autour de l?eau et de la santé?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Valoriser le bassin industriel
creusois (Territoire d?industrie)
? Fédérer les initiatives existantes dans
le domaine de l?orientation
? Accompagner les stages de découverte
de 3ème avec mobilité géographique
? Créer une école de la seconde chance.
C. VALORISER LES FILIÈRES
INNOVANTES ET IDENTITAIRES
La poursuite d?études et l?insertion profession-
nelle en milieu rural sont vécues comme com-
pliquées, avec des offres limitées, des difficul-
tés financières ou de mobilités réelles?
Le parcours global doit permettre de gommer
ou d?atténuer les contraintes liées à l?insertion
professionnelle dans le département, voire
de contribuer à lutter contre une forme d?au-
to-censure?
Au-delà de la formation initiale, dans le cadre
de la formation professionnelle et continue, la
diversification des modes d?enseignement doit
contribuer à renforcer l?égalité des chances,
dans une logique prospective et d?adaptation
aux métiers de demain?
Une offre de proximité, in situ ou qui repose
sur les usages numériques, doit être accessible
au plus grand nombre et encourager les ambi-
tions, en lien avec les tensions sur certaines fi-
lières (bois, énergie, eau)?
Les filières innovantes ou plus identitaires
comme le tourisme, l?industrie, l?agriculture et
l?artisanat sont des secteurs sur lesquels la jeu-
nesse peut s?investir?
Conforter les filières qui peuvent
faire rayonner la Creuse
La Creuse attire déjà des étudiants sur des fi-
lières spécifiques qui jouissent d?un réel succès
ou d?une notoriété au-delà du département:
design au Lycée Raymond Loewy à La Souter-
raine, lycée agricole d?Ahun et Lycée des Mé-
tiers du Bâtiment à Felletin?
Ces investissements traduisent la volonté de
la Région Nouvelle-Aquitaine, en lien avec les
autorités académiques de maintenir des lycées
de proximité, pour lutter contre le constat que
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°226
l?éloignement entre le lieu de logement et le
lieu d?enseignement est un frein à la persévé-
rance scolaire (équipement des lycées profes-
sionnels au plus proche des territoires pour les
maintenir, aide à l?acquisition de matériel de
rentrée dans les filières techniques???)?
Le renforcement de ces filières, voire la création
de pôles d?excellence, contribue à l?attractivi-
té du territoire et correspond à la volonté de
la Région de faire de ses lycées, partout sur le
territoire, des pôles dédiés à l?enseignement
supérieur voire même de petites universités de
proximité? Les filières « arts textiles-arts tissés »
ou « bois » sont des marqueurs forts du dépar-
tement?
Dans le cadre du dispositif Territoire d?indus-
trie, une réflexion est menée pour développer
des actions contribuant à l?attractivité du bas-
sin industriel creusois, qui permettra d?accueil-
lir des personnels, ouvriers et cadres?
Certains secteurs ciblés, en particulier les vé-
térinaires et les médecins, sont en pénurie de
professionnels et nécessitent des solutions
expérimentales pour répondre aux probléma-
tiques locales?
Une offre spécifique de formations pourra,
au-delà du réseau classique de l?enseigne-
ment, explorer des formules novatrices et ou-
vertes vers des usages moins conventionnels?
Des passerelles doivent être développées entre
formations et entreprises, voire avec les autres
acteurs locaux (associatifs, culturels?), pour
une découverte et une expérience du territoire,
gage de fidélisation des salariés?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Accompagner la structuration des filières(poêlede
masse, chauffage, design, noisette, bio compost,
bois, industrie, arts textiles arts tissés?)
? Structurer une communication sur les « pôles
d?excellence » en matière de formation.
Soutenir le développement de
l?agriculture et accompagner
la structuration touristique
Secteur emblématique, l?agriculture doit rele-
ver le défi du renouvellement des générations?
Avec 40 à 50% des petites entreprises agricoles
qui seront à reprendre ou à céder dans les deux
ans à venir, il s?agit de susciter des vocations?
La diversification agricole est une nécessité
pour s?adapter au changement climatique et
à l?évolution des modes de consommation en
particulier via le projet alimentaire territorial et
doit prendre en compte une modification pro-
fonde des pratiques agricoles?
Au-delà de l?enjeu purement économique, ce
sont les paysages creusois façonnés par l?agri-
culture qui pourraient être altérés par la dé-
prise agricole alors que ces paysages consti-
tuent l?identité territoriale de la Creuse?
Le tourisme souffre d?un déficit de structuration
à l?échelle départementale? Les initiatives foi-
sonnantes contribuent difficilement à l?identifi-
cation d?une destination «Creuse»? Les marges
de développement sont réelles pour constituer
un secteur économique important?
La qualification de l?offre, avec des produits dif-
férenciés pour accueillir des clientèles diver-
sifiées, doit s?accompagner d?une politique de
professionnalisation des personnels, notam-
ment dans les domaine de l?hébergement, de la
restauration, de l?encadrement des activités et
des sites?
La vallée de la Creuse, entité géographique et
culturelle, doit constituer l?axe structurant du
développement culturel, économique et touris-
tique du territoire?
L?attractivité du Lac de Vassivière doit être
renforcée et soutenue pour devenir une des-
tination de tourisme de nature majeure, au-
thentique et durable (mobilités douces et itiné-
rance, activités de sport et de nature???)?
EXEMPLES D?OPÉRATIONS
? Accompagner la diversification agricole
(noisettes, maraîchage, plantes médicinales etc.)
? Valoriser l?image et les savoir-faire agricoles
? Promouvoir la destination touristique
Creuse ou Vallée de la Creuse.
? Accompagner la création
d?hébergements touristiques
? Développer l?attractivité du lac de Vassivière
? Valoriser les lieux patrimoniaux et culturels
dans le cadre d?une stratégie touristique
PLAN PARTICULIER POUR LA CREUSE N°2 27
Vous voulez savoir ce que change
l?État près de chez vous ?
Rendez-vous sur
cequichangepourmoi.gouv.fr
ou flashez le
QR Code ci-contre !