Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
Auteur moral
République française
Auteur secondaire
Résumé
Face à l'intensification des incendies due au changement climatique, la stratégie nationale 2025 propose une approche globale de défense des forêts et surfaces non boisées. Elle mobilise tous les acteurs autour de principes d'anticipation, résilience et coordination. L'objectif est de réduire les feux, protéger les personnes et l'environnement, adapter les territoires et renforcer la culture du risque.
Descripteur Urbamet
forêt
;incendie
;prévention des risques
Descripteur écoplanete
Thème
Environnement - Nature
;Risques
Texte intégral
DES FORÊTS ET DES SURFACES
NON BOISÉES CONTRE LES INCENDIES
Stratégie nationale de défense
Édition 2025
1Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
Le changement climatique a un impact fort sur le risque
d?incendie de forêts et de surfaces non boisées . L?évolution
défavorable des conditions propices au développement des
feux concerne progressivement l?ensemble du territoire
national avec des périodes de plus en plus étendues
en amont et au-delà des mois d?été. Par ailleurs, les
phénomènes météorologiques extrêmes exacerbent la
vulnérabilité des forêts et des surfaces non boisées1,
augmentant la survenue potentielle d?incendies
hors normes.
Dans ce contexte, afin de préserver les enjeux
humains, environnementaux et économiques
exposés aux incendies et d?en limiter les
conséquences, les actions à engager
doivent nécessairement être conduites
de façon cohérente et dans un cadre
partagé. Ce document fixe la manière dont la défense des forêts et des surfaces non boisées1 face
aux incendies doit être appréhendée en France par l?ensemble des acteurs et aux différents échelons.
Les enjeux et la portée de cette stratégie appellent à une large mobilisation des services de l?État, des
collectivités et des opérateurs. Il ne s?agit pas pour autant d?un plan d?actions détaillant les opérations
à mener, leur priorisation ou leurs financements. La stratégie fixe les principes directeurs préalables
afin que les nécessaires déclinaisons territoriales de prévention, d?aménagement, de protection et de
lutte s?inscrivent dans une vision et une cohérence globale et qu?elles soient élaborées en concertation
avec l?ensemble des chaînes d?acteurs concernés.
Ce document structurant ne peut pas être évalué au gré de l?intensité des saisons. Ses modifications
devront être basées sur l?évolution des enjeux, des connaissances ou des moyens mais également sur
l?étude d?indicateurs élaborés par les ministères chargés de la sécurité civile, de la forêt, de l?urbanisme
et de la prévention des risques. Par ailleurs, il s?inscrit en cohérence avec les autres documents nationaux
existants, dédiés notamment au changement climatique (plan national d?adaptation au changement
climatique - PNACC), à la forêt (programme national de la forêt et du bois) et à l?environnement et
la biodiversité (stratégie nationale biodiversité - SNB, stratégie nationale pour les aires protégées -
SNAP).
Aussi, la mise à jour du document pourra être envisagée tous les 10 ans en s?appuyant sur des bilans
intermédiaires à mi-échéance.
En tenant compte des spécificités propres à ces territoires, la stratégie nationale s?applique également
aux territoires d?Outre-Mer.
Avant-propos
1 Pour la stratégie nationale, l?appellation ?forêts et surfaces non boisées? (article 1er de la loi n° 2023-580 du 10 juillet
2023 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l?intensification et l?extension du risque d?incendie) recouvre
la forêt et les surfaces boisées (friches), les surfaces non boisées, c?est-à-dire les espaces non artificialisés qu?ils
soient naturels (landes, maquis, garrigues,...) ou agricoles (champs, pâturages, vergers, vignes,...) à l?exclusion des
milieux anthropisés associés à l?urbanisation ( jardins, parcs, ...).
2 Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
La France est confrontée aux incendies de forêts et de surfaces non boisées1 depuis de nombreuses
années. Elle a acquis une expérience solide en matière de prévention et de lutte contre les incendies,
reconnue à l?échelle de l?Union européenne et dans le monde.
La France a conçu et mis en oeuvre une politique publique qui repose sur l?ensemble des acteurs
(État, opérateurs de l?État, collectivités territoriales, services de la sécurité civile, associations, acteurs
économiques) et, au-delà, l?ensemble des concitoyens, qui peuvent participer à la sécurité collective
en adoptant les bons réflexes face aux risques d?incendie.
L?un des documents structurants de l?approche stratégique de la France dans ce domaine résulte de
travaux menés dans les années 1990, qui ont conduit à l?élaboration, par le ministère chargé de la
sécurité civile, d?un « guide de stratégie générale de protection de la forêt contre l?incendie ».
Les principes inscrits dans ce guide, éprouvés par l?expérience acquise lors de la lutte contre les feux,
ont permis une réduction importante du nombre d?incendies ainsi que de leurs conséquences.
S?il prévoyait déjà l?implication d?un large panel d?acteurs ainsi que la prise en compte du risque
d?incendie en amont des périodes les plus sensibles, ce guide était principalement adapté aux territoires
les plus exposés du pourtour méditerranéen et de la Nouvelle-Aquitaine. Il traitait majoritairement de
la conduite opérationnelle.
Or, sous l?effet du changement climatique, le risque d?incendie s?étend progressivement à de nouveaux
territoires, dont certains apparaissent particulièrement vulnérables, et ne concerne plus uniquement
la période estivale. Si les feux d?hivers sont connus et récurrents dans certains territoires, la période
jusqu?à présent plus épargnée entre ces feux hivernaux et la saison principale (estivale) risque de
diminuer voire de disparaître. Le changement climatique va également entraîner un dépérissement
des forêts, les rendant plus vulnérables aux feux. Dans les secteurs historiquement les plus concernés,
les saisons à risques vont être plus longues, avec des pics d?intensité plus importants, susceptibles
d?entraîner des feux de forêt de plus en plus puissants pouvant être à l?origine d?une aggravation des
dommages.
RENFORCER LA STRATÉGIE
DE LA FRANCE POUR L?ADAPTER
AU CHANGEMENT CLIMATIQUE
3Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
Le renforcement de la stratégie nationale est également justifié par l?expansion des zones urbanisées
en interface avec la forêt (due à la croissance de la population et à l?évolution de l?usage des sols). Cela
se traduit par une augmentation des activités humaines dans les zones à risque d?incendie, alors que
9 feux sur 10 sont d?origine humaine.
Dans ce contexte, les moyens de lutte, même lorsqu?ils sont engagés massivement, peuvent présenter
des limites.
L?approche mise en oeuvre par la France doit donc être renforcée, adaptée et étendue pour constituer
une stratégie nationale permettant de faire face à l?évolution prévisible du risque à court, moyen et
long termes du fait du changement climatique, en mobilisant l?ensemble des outils et moyens de la
prévention, de la lutte et de l?aménagement du territoire.
C?est pourquoi le législateur (article 1er de la loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023 visant à renforcer
la prévention et la lutte contre l?intensification et l?extension du risque d?incendie) a souhaité que
la France se dote d?une stratégie nationale formalisée dans un document rendu public, établi en
concertation avec les parties prenantes. La stratégie nationale est mentionnée dans le plan national
d?adaptation au changement climatique (PNACC), à la mesure 7 « se préparer à l?augmentation
attendue des incendies de forêt et de végétation », qui présente plusieurs actions pour intégrer l?effet
du changement climatique dans la connaissance et la cartographie du risque incendie, élaborer la
stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées, réviser dans les départements la
liste des massifs soumis aux obligations légales de débroussaillement, répondre à l?augmentation des
besoins en matière d?investissements dans les équipements de Défense des Forêts Contre les incendies,
accompagner les collectivités pour une meilleur préparation des territoires et une meilleure protection
des personnes, développer la culture du risque et accompagner les élus pour qu?ils sensibilisent leurs
concitoyens au risque d?incendie.
L?enjeu est de limiter l?intensification et l?extension du risque d?incendie et autant que possible, d?éviter
et de réduire ses conséquences dommageables pour les personnes, l?environnement, les animaux, les
biens et les activités économiques.
4 Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
FÉDÉRER L?ENSEMBLE DES
ACTEURS AUTOUR D?UNE VISION
PARTAGÉE DES OBJECTIFS
COMMUNS DE LA POLITIQUE
PUBLIQUE
Face au risque d?incendie et sur la base d?une vision commune et partagée, il s?agit de fédérer l?ensemble
des acteurs dans une approche collective cohérente, pour accroître les connaissances, améliorer la
coordination de l?action et développer des projets communs visant à :
mieux prévenir les incendies de forêts et de surfaces non boisées ;
réduire le nombre d?incendies ;
maîtriser les éclosions et limiter les superficies brûlées ;
mieux protéger les personnes, les biens et l?environnement face aux incendies ;
contenir l?impact des incendies sur les forêts et surfaces non boisées1, qui sont des ressources,
des puits de carbone, des réserves de biodiversité et ont un rôle social important ;
adapter l?approche et les moyens de prévention, de protection et de lutte face aux conséquences
prévisibles du changement climatique sur le risque d?incendie.
La réalisation de ces actions passe par des déclinaisons territoriales des objectifs de la stratégie et qui
doivent prendre en compte l?ensemble des spécificités locales.
Publics ou privés, les leviers de financement peuvent varier sensiblement d?un territoire à l?autre.
Cette diversité nécessite une analyse exhaustive ainsi qu?une gouvernance permettant une gestion
efficiente des ressources financières mobilisées.
Chaque déclinaison territoriale doit être inscrite dans la déclinaison par région de la programmation
européenne et les contrats de plan État-Régions-Départements, en particulier le FEADER (fonds
européen agricole pour le développement rural). De même, sa prise en compte à l?occasion de la
révision des documents de planification locale, tels que le schéma régional d?aménagement, de
développement durable et d?égalité des territoires (SRADDET ou SAR), le plan régional forêt bois
(PRFB) ou de planification écologique, permet d?assurer une mise en oeuvre coordonnée des objectifs
au plus près des réalités locales.
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5Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
APPLIQUER LES QUATRE
PRINCIPES FONDAMENTAUX
DE LA STRATÉGIE NATIONALE
Les politiques publiques inhérentes à la défense des forêts et des surfaces non boisées1 se conçoivent
de façon coordonnée et relèvent du domaine des ministères chargés de la sécurité civile, de la forêt,
de l?urbanisme et de la prévention des risques. La stratégie nationale vise une approche globale, qui
porte à la fois sur la préparation d?un territoire, son aménagement, le maintien d?une dynamique
économique adaptée au contexte du risque (sylviculture, pastoralisme, agriculture, activités nature),
et des mesures de prévention, intégrant le développement de la culture du risque. Tous ces leviers
sont mis en oeuvre préalablement au déploiement d?un dispositif de lutte.
La stratégie nationale repose ainsi sur quatre principes fondamentaux, dont découle l?élaboration
des mesures de défense des forêts et des surfaces non boisées1. Elle intègre à la fois la prévention, la
prévision, la protection et la lutte contre les incendies de forêts et de surfaces non boisées1.
6 Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
Principe d?approche globale d?une diversité
d?acteurs et de territoires
La stratégie nationale s?appuie sur le principe de continuum de la sécurité, de la prévention jusqu?à la
lutte. L?expérience montre que les mesures prises face aux incendies ne sont efficaces que lorsqu?elles
prennent en compte l?intégralité des aspects du triptyque « prévention ? prévision ? lutte ».
Quelle que soit l?échelle géographique, les mesures découlant de la stratégie doivent résulter d?une
approche et d?une conception globales et s?inscrire dans un projet commun, un cadre partagé et
cohérent fédérant l?ensemble des acteurs. Ce principe est d?autant plus essentiel que la stratégie
nationale repose sur une politique publique associant l?État, les collectivités territoriales et de
nombreux opérateurs locaux ou nationaux.
Toutefois, compte tenu de la diversité des territoires et prenant acte de ce qu?un modèle uniforme
d?approche n?est ni opportun ni souhaitable, la stratégie nationale fait le choix de mettre en valeur
des synergies à différents niveaux (commune, massif, département, région, zone de défense, national).
Pour ce qui concerne l?action de l?État, la politique publique étant par nature interministérielle, la
stratégie nationale doit pouvoir s?appuyer sur une gouvernance interministérielle et garante de la
cohérence des approches.
Par ailleurs, la mise en oeuvre dans les territoires de cette politique publique implique que l?ensemble
des chaînes d?acteurs concernés directement ou indirectement par les incendies et par leurs
conséquences soit associé. Ainsi, la responsabilité partagée de l?État avec les partenaires locaux doit
se traduire par une gouvernance intégrant de multiples acteurs à différents échelons : les régions,
les départements, les établissements publics de coopération intercommunale, les communes mais
également les services d?incendie et de secours (SIS), les propriétaires fonciers et leurs groupements,
les gestionnaires de milieux agricoles, naturels ou forestiers, les gestionnaires d?aires protégées, les
professionnels des filières agricoles et forêt-bois ainsi que leurs représentants (entreprises privées,
coopératives, experts forestiers), les associations de protection de l?environnement et d?usagers
(sportives, de chasse...), les bénévoles de réserves communales de sécurité civile, comités communaux
feux de forêt... D?autre part, la pérennité de l?engagement des acteurs historiques doit être recherchée
et les singularités de situations existantes prises en compte.
Dans ce cadre, les préfets sont les catalyseurs de la création des plans de protection des forêts contre
l?incendie. Les maires quant à eux jouent un rôle primordial s?agissant de la mise en oeuvre de la stratégie
au regard de leurs compétences : prévention du risque (information préventive à destination de leur
population, maîtrise de l?urbanisation entre autres), prise en compte du risque dans l?aménagement et
l?équipement du territoire (notamment création et entretien des équipements de défense des forêts
contre les incendies - DFCI), préparation à la gestion de crise (plans communaux et intercommunaux
de sauvegarde) pouvoir de police (article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales) et de
contrôle (notamment les OLD).
Cette gouvernance doit également permettre de maintenir la cohérence des actions entre les territoires
en s?assurant de l?harmonisation des méthodes d?évaluation de l?aléa et des enjeux ainsi que de la mise
en oeuvre des réponses qui y sont apportées. En tant que document de déclinaison de la stratégie
nationale, dans l?intérêt de la sécurité des personnes, des biens, des activités économiques et sociales
et des milieux naturels, les plans de protection des forêts contre l?incendie (PPFCI) et leurs déclinaisons
en plans de massif constituent une étape indispensable de prévention et de planification à l?échelle
d?un territoire. Pour être pleinement efficaces, les PPFCI doivent être progressivement pris en compte
dans les documents de gestion durable des forêts et des aires protégées (chartes, plans de gestion,
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7Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
documents d?objectifs, ...) et de sensibilisation des usagers des forêts et des surfaces non boisées1 et
de leurs interfaces. Les PPFCI intègrent les enjeux du territoire : enjeux humains, environnementaux
et forestiers. Ils doivent permettre d?établir une stratégie collective locale concertée associant les
parties prenantes, y compris les gestionnaires d?aires protégées.
Principe de développement continu
et de partage coordonné des connaissances
Dans le contexte de changement climatique, qui nécessite d?anticiper les évolutions futures pour
s?y adapter, la stratégie nationale repose sur un principe de développement coordonné et continu
des connaissances scientifiques, techniques et opérationnelles. Elle repose aussi sur le partage des
connaissances avec l?ensemble des acteurs.
Ce principe conduit à ce que les résultats des travaux de recherche, les applications issues de nouvelles
technologies, les informations socles (référentiels techniques, bases documentaires, données, etc.),
ainsi que les enseignements tirés des retours d?expériences soient mis à la disposition de l?ensemble
des acteurs, quel que soit l?échelon de compétence ou le service de rattachement.
Sur la base d?un diagnostic partagé des vulnérabilités et des conséquences prévisibles du changement
climatique, ce principe doit bénéficier aux politiques de la prévention (développement de la culture
du risque), de l?aménagement du territoire et de la lutte afin de faire émerger des solutions concrètes
face au risque d?incendie. Il se traduit par l?organisation coordonnée de la formation des acteurs,
en l?adaptant au public visé (élus et leurs services, acteurs de la lutte, propriétaires forestiers,
professionnels de la filière forêt-bois et de l?agriculture, gestionnaires d?espaces naturels, entreprises
de travaux en particulier pour la réalisation des OLD, ...) et en favorisant les échanges transversaux
entre ces acteurs.
La rédaction de guides de référence à l?échelle nationale s?appuyant sur une synthèse des connaissances
et des bonnes pratiques mises en oeuvre localement bénéficie à l?ensemble des acteurs. De même, les
échanges européens et internationaux poursuivent le même objectif d?accroissement et de partage
des connaissances s?agissant de la prévention, de l?aménagement et de la lutte.
Dans l?objectif d?améliorer les connaissances opérationnelles et, plus généralement de suivre la
mise en oeuvre de ce principe et la réalisation des objectifs de cette stratégie, la création d?outils et
d?indicateurs de suivi doit permettre d?évaluer l?efficacité des mesures d?atténuation, d?adaptation
de la préparation des territoires ainsi que l?évolution du risque.
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8 Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
2 Rapport IGA-CGAAER-IGEDD : politique de prévention et de lutte contre les incendies dans un contexte d?extension
et d?intensification du risque dû au changement climatique ? Tome 2
Principe
d?anticipation
Le principe d?anticipation joue un rôle central et majeur dans la stratégie nationale. Il convient de
l?ériger en règle absolue. Quel que soit le domaine d?application (sensibilisation de la population,
prévention, protection, surveillance, aménagement du terrain ou lutte), il s?agit autant que possible
d?éviter et, a minima, de précéder les évènements à tous moments et en toutes circonstances. Ainsi,
la stratégie nationale vise à prendre en compte et à résoudre la problématique des incendies le plus
en amont possible des évènements, donnant à la prévention un rôle crucial.
Ce principe fondamental impose de se préparer et s?adapter aux situations à venir et d?agir à toutes
les échelles temporelles (court, moyen et long termes) en intégrant les enjeux et les risques futurs,
ainsi que leurs contraintes associées. Dans ce cadre, sur la base des derniers travaux2 adossés aux
projections de l?évolution du risque, trois types de territoires et les actions prioritaires associées ont
été définis :
les départements situés dans des zones historiquement exposées aux incendies et concernés par
une aggravation du danger ;
les « nouveaux territoires du feu », qui regroupent les départements au sein desquels le risque
d?incendie est constaté et dans lesquels la fréquence des feux va augmenter à moyen terme
entre 2035 et 2050 ;
les « territoires d?extension future, qui rassemblent les départements encore peu concernés
mais qui sont susceptibles d?être de plus en plus concernés par les incendies au regard des
projections concernant les indices météorologiques.
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9Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
4 Principe de résilience face aux conséquences
du changement climatique
Le changement climatique a pour conséquence de soumettre une part de plus en plus importante du
territoire au risque, d?aggraver la puissance des incendies et d?augmenter les dommages pour les biens,
les personnes et l?environnement. Dans le prolongement du principe d?anticipation, les territoires
doivent être en capacité de faire face au risque d?incendie à travers une gestion multi-acteurs robuste
notamment axée sur :
l?intégration et l?engagement de l?ensemble des acteurs locaux autour d?un projet commun
d?adaptation pour faire face à l?aggravation du risque et atténuer ses conséquences ;
une gestion dynamique des zones combustibles des forêts et des surfaces non boisées1 et
des interfaces avec les zones urbanisées3 visant à réduire leur vulnérabilité face au feu et au
changement climatique tout en favorisant la biodiversité par le biais de pratiques durables ;
le développement et le maintien d?une culture du risque d?incendie de l?ensemble des
publics (résidents, jeune public, propriétaires forestiers, exploitants, usagers et touristes
français comme étrangers), la formation des professionnels, la sensibilisation aux bons
comportements et la mise à disposition d?informations sur l?exposition au risque, notamment
au travers d?outils tels que le site Géorisques ou d?initiatives menées dans le cadre de la
Journée nationale de la résilience.
3 Dans ce document, les zones urbanisées recouvrent également les milieux associés ( jardins, parcs, bassins de
rétention, ...) et infrastructures
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10 Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
OBJECTIFS MAJEURS
DE LA STRATÉGIE NATIONALE
Afin de guider les politiques publiques et la mobilisation de moyens et de ressources quel que soit
le niveau décisionnel, la stratégie nationale s?appuie sur trois objectifs majeurs, dont l?atteinte doit
pouvoir être concrètement évaluée par le biais d?indicateurs. Certaines données (par exemple, le
nombre de PPFCI validés ou de plans de prévention des risques d?incendie de forêt) permettent déjà
de suivre la mise en oeuvre des politiques publiques. Elles seront progressivement complétées par des
indicateurs élaborés en lien avec les opérateurs de la recherche.
De façon à apprécier l?efficacité des mesures de prévention, d?aménagement et de lutte, la valeur du
sauvé devra être évaluée au travers de critères écologiques, sociétaux, économiques et paysagers.
11Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
Gérer les territoires de façon résiliente pour éviter
l?éclosion des feux
Il s?agit ? pour un territoire donné ? de réduire au maximum le nombre d?éclosions d?incendie
notamment par la connaissance du risque, par l?aménagement durable et résilient des territoires, par
le développement de la culture du risque et par la surveillance dissuasive.
L?atteinte de cet objectif devra être évaluée par le nombre d?incendies recensés sur un territoire, si
possible en tenant compte de la sensibilité de la végétation et de la variabilité météorologique.
Plusieurs axes sont pris en compte pour limiter le nombre d?incendies.
La connaissance du risque et du territoire
Systématiser les retours d?expériences annuels et consécutivement à un évènement exceptionnel
en associant l?ensemble des services et acteurs locaux puis assurer une large diffusion des
travaux.
Améliorer la caractérisation de l?aléa en renforçant l?alimentation et l?exploitation des bases de
données permettant l?évaluation de l?intensification et l?extension du risque et la connaissance
de leurs causes et circonstances.
Exploiter le potentiel des nouvelles technologies (intelligence artificielle, technique LIDAR (LIght
Detection And Ranging) haute définition, etc.), en développant plusieurs approches (déterministe
probabiliste) et en intégrant les effets du changement climatique et ses impacts sur la végétation.
Rationaliser et harmoniser les outils cartographiques sur la base d?un socle de données
homogènes, cohérentes et partagées.
L?aménagement et la gestion dynamique des espaces
Favoriser le mélange d?essences, en lien avec les conditions de sol, de relief et de climat
actuelles et futures, et travailler à la meilleure adaptation des forêts au changement climatique
pour réduire leur vulnérabilité.
Faire évoluer la structure des massifs, en utilisant notamment les outils de modélisation, afin de
limiter les risques d?éclosions et enrayer les propagations.
Limiter la déprise agricole dans les zones d?interface avec les massifs forestiers et coordonner
l?usage des cultures (traditionnelles et nouvelles).
Diversifier les moyens (exploitation agricole, gestion sylvicole, pastoralisme, brûlages dirigés?)
visant à réduire la masse de combustible en développant notamment une gestion proactive
des territoires et en insistant sur l?intérêt sociétal à agir (critères économiques, environnementaux,
paysagers, ...).
Valoriser les synergies et conciliations possibles avec les enjeux de régénération forestière, de
biodiversité et de paysage.
Déployer des stratégies de filières visant à dynamiser la gestion de la forêt privée et inciter à son
regroupement.
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12 Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
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La maîtrise de l?urbanisation et l?aménagement des interfaces
Une majorité de feux se déclenche à l?interface entre la zone urbanisée3 et les forêts et les surfaces non
boisées1. Ainsi, la maîtrise de l?urbanisation est un pilier majeur de la prévention du risque d?incendie.
La stratégie nationale vise donc à consacrer l?importance de cette composante dans la politique
publique en se fixant un objectif de mieux réglementer les zones les plus exposées. Il s?agit donc de :
maîtriser l?urbanisation des secteurs à risque (actuels et futurs) par la généralisation des outils
dédiés tels que les plans de prévention des risques d?incendie, les zones de danger ou les porter
à-connaissance ;
avoir une attention soutenue à la gestion et à l?exploitation des milieux afin d?éviter l?abandon
de l?entretien de certains secteurs (friches) ;
assurer une application pleine et entière des obligations légales de débroussaillement, dans les
territoires où elles s?appliquent, en simplifiant leur mise en oeuvre en l?articulant avec la
protection de la faune et la flore sauvages et des paysages, en augmentant le contrôle de leur
mise en oeuvre et en évaluant leur niveau de réalisation au travers d?indicateurs (tels que le taux
de conformité dans les contrôles réalisés) ;
accroître la sensibilisation sur l?intérêt des OLD, notamment au travers de campagnes de
prévention, mise à disposition de documents pédagogiques ou d?outils tels que l?information
des acquéreurs et des locataires, etc. ;
favoriser l?aménagement des interfaces entre la zone urbanisée3 et les forêts et les surfaces non
boisées1 pour limiter les ignitions et les propagations, par le développement et le partage des
bonnes pratiques.
La réglementation et un usage coordonné des forêts et des surfaces non
boisées combustibles
La très grande majorité des incendies étant d?origine anthropique, il faut pouvoir agir sur les activités
génératrices d?incendies au sein des forêts et des surfaces non boisées1 plus particulièrement lors des
périodes au cours desquelles le risque est élevé.
Limiter, voire interdire, l?accès du public aux massifs forestiers à l?occasion des périodes à risque
et rendre l?information d?accès simple et rapide au grand public.
Gérer les activités (professionnelles et privées) génératrices d?incendies, en les limitant et au
besoin les interdisant lors des périodes à risques et en communiquant rapidement et efficacement
ces mesures.
Suivre et coordonner les travaux saisonniers (moissons) et travaux forestiers.
Assurer une cohérence nationale s?agissant des mesures de réglementation (notamment les
arrêtés préfectoraux réglementant l?emploi du feu et, lors des périodes à risque, les usages).
La surveillance et la dissuasion
Assurer une surveillance permettant la détection et la dissuasion au sein des massifs sensibles à
travers une présence coordonnée de l?ensemble des acteurs (en y intégrant les nouveaux
partenaires locaux intéressés) ainsi que de moyens matériels dédiés (y compris vidéosurveillance).
Réduire le seuil de tolérance face aux comportements à risque et au non-respect de la
réglementation, appliquer les sanctions prévues et les faire connaître.
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13Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
La réhabilitation des territoires post-incendie
Lors de la réhabilitation des espaces incendiés, il est impératif de réaménager le territoire en mettant
la prévention au coeur du projet pour répondre au principe de résilience face aux conséquences du
changement climatique et pour limiter et prévenir les risques futurs d?incendie. Une coordination des
partenaires territoriaux doit être recherchée afin de s?assurer de la cohérence des actions prévues,
dans le respect des enjeux de préservation de la biodiversité et des paysages.
Pallier les effets induits des incendies (érosion des sols, glissement de terrain, chutes de
blocs, etc.).
Prendre en compte la dynamique naturelle des milieux (notamment leur capacité de régénération
naturelle) et leur résilience dans la restauration tout en finançant les reboisements nécessaires.
Anticiper et favoriser l?adaptation au changement climatique et la résilience des territoires lors
des réhabilitations par l?introduction éventuelle d?essences plus adaptées, d?équipements
intégrés (tels que des points d?eau ou des pistes) et réévaluer la reconstruction des bâtis
endommagés ou détruits en fonction des risques.
Utiliser les outils de modélisation pour la restauration mais également l?aménagement des
massifs forestiers.
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14 Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
Réduire
les superficies brûlées
La résilience et la préparation d?un territoire ainsi que le niveau de la réponse opérationnelle doivent
pouvoir limiter les superficies brûlées.
L?atteinte de cet objectif peut être apprécié par la surface (moyenne/quantile) brûlée par incendie,
pour un territoire donné, en prenant en compte les conditions météorologiques et les caractéristiques
intrinsèques du territoire.
Plusieurs axes sont pris en compte pour réduire les superficies brûlées par les incendies.
Les outils de prévision/prédiction pour éviter l?éclosion et réduire les superficies
brûlées
À l?échelle nationale, établir une cartographie générale des grands principes influençant le
niveau de vulnérabilité et de risque des forêts et des surfaces non boisées1.
Faciliter l?identification commune de secteurs sensibles par le développement d?indicateurs
partagés prenant en compte la météorologie mais également la végétation.
Développer des outils partagés d?identification des couverts végétaux prenant en compte leur
saisonnalité pour affiner les outils de prévision du niveau de danger.
Développer des indicateurs chiffrés sur l?évolution du risque d?incendie prenant en compte la
variabilité météorologique ainsi que l?état (sanitaire et sécheresse) de la végétation.
Intégrer les nouvelles approches et nouveaux outils (probabiliste, intelligence artificielle)
comme moyens complémentaires de prévision du danger d?incendie et de prédiction d?éclosion
ou de propagation.
Afin de guider les politiques de prévention, renforcer l?identification des causes et des
circonstances des incendies, systématiser les retours d?expérience et en diffuser largement les
conclusions.
Le déploiement préventif de moyens de lutte et d?intervention rapides
Il s?agit d?une stratégie offensive qui consiste à positionner au coeur des secteurs les plus à risque les
moyens nécessaires à une extinction sans délai d?un incendie avant qu?il ne se développe.
Renforcer et diversifier les moyens aéroterrestres destinés à densifier le maillage des secteurs à
risque et dédiés à l?attaque des feux naissants.
Accroître la mobilité/versatilité des dispositifs de lutte en prévention afin de pouvoir les
repositionner rapidement ou leur assigner de nouveaux objectifs opérationnels.
Intégrer les nouveaux outils (intelligence artificielle, approche probabiliste) pour identifier
quotidiennement les secteurs sensibles et les plus susceptibles d?être concernés par des feux et
contribuer au dimensionnement de la réponse opérationnelle en amont de l?évènement.
Étendre et renforcer le principe de solidarité nationale permettant la constitution de renforts
d?un territoire à l?autre.
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15Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
La détection précoce
Dans le contexte du changement climatique, le développement très rapide des incendies doit pouvoir
être empêché grâce à une détection dans les premiers instants de l?éclosion. Associée au déploiement
préventif, la détection précoce est un des principaux leviers de réduction des superficies brûlées.
Renforcer les effectifs dédiés à la surveillance dans les secteurs à risque.
Développer et diversifier les canaux de détection précoce des incendies et faciliter la diffusion
d?une alerte sans délai du public vers les services de lutte.
Dans les régions exposées, généraliser la télédétection (terrestre et aérienne) et l?associer à des
outils de traitement de données afin d?accroître la précision et la pertinence des relevés.
L?engagement massif et la diversification des modes d?action
Sauf enjeu de sécurité important, prioriser l?engagement de moyens de lutte sur les départs
d?incendie plutôt que sur les feux établis et surdimensionner l?attaque initiale aéroterrestre
(attaque massive des feux naissants).
Développer des outils prédictifs dédiés à la conduite opérationnelle pour appuyer et accroître la
rapidité des prises de décision qui s?appuient sur une connaissance fine des moyens et des
territoires (intégration de l?intelligence artificielle).
Intégrer les moyens et ressources d?un territoire (moyens agricoles et/ou forestiers) au
commencement des phases de lutte et sous coordination du Service d?Incendie et de Secours
par la mise en oeuvre de conventions locales et, au besoin, le développement de collaborations
transfrontalières.
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16 Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
Des espaces moins vulnérables grâce aux plans de massif forestier
Les moyens de lutte n?ayant qu?une efficacité limitée sur un territoire non préparé, il s?agit de l?aménager
afin d?accroître sa résistance au passage et à la propagation des incendies. Les aménagements et
leur positionnement intégreront les enjeux paysagers et environnementaux, dont la préservation
des espèces protégées. Dans les territoires, il conviendra de définir les structures porteuses de la
rédaction, de l?animation et de la mise en oeuvre de ces plans.
Intégrer les outils de modélisation de propagation comme aide à l?adaptation de la structure
d?un massif de forêts ou de surfaces non boisées1.
Travailler sur la structure des massifs forestiers pour limiter les risques de propagation en évitant
les continuums de végétation propices à la survenue de grands incendies.
Développer des outils d?aide au contrôle et à l?estimation des volumes combustibles pour étayer
les stratégies de plan de massifs face aux incendies.
Identifier, créer et entretenir des zones d?intérêt stratégique (par exemple, zones d?appui à la
lutte), et assurer leur suivi dans un cadre interservices.
Partager de façon coordonnée les bonnes pratiques en matière d?aménagement du terrain, de
mosaïque de peuplements (alternance) ou d?équipements de défense de la forêt contre les
incendies (DFCI) qui freinent les propagations.
Conditionner les aides au reboisement au respect des bonnes pratiques de la DFCI.
Le développement et la densification des équipements DFCI
Adopter une définition commune et normée (réglementaire) des aménagements liés à la DFCI et
évaluer leurs impacts sur les incendies et les opérations de lutte.
Positionner de manière stratégique les équipements de DFCI et d?appui à la lutte dans les massifs
soumis à un risque d?incendie et assurer les opérations d?entretien par une gouvernance locale
et coordonnée.
Développer un outil commun de recensement et de mise à jour des ressources hydriques
utilisables dans un contexte de raréfaction de la ressource.
Favoriser une gestion raisonnée de l?eau dans les massifs à risque.
Valoriser la multifonctionnalité des équipements (pistes DFCI et dessertes forestières, points
d?eau et mares accueillant de la biodiversité, zones de coupure de combustible et équipements
cynégétiques par exemple).
Sécuriser juridiquement leur installation et leur usage (maîtrise du foncier).
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17Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
Limiter les conséquences humaines, matérielles,
environnementales et économiques
En cas d?incendie majeur qui n?aurait pas pu être rapidement maîtrisé, un territoire doit avoir été aménagé
et équipé pour y faire face afin d?en limiter les dommages humains, matériels, environnementaux et
économiques. Il s?agit ainsi d?accroître l?efficacité de la lutte, de la gestion de crise et de favoriser la
résilience d?un territoire.
C?est dans ce cadre que le principe de défendabilité trouve sa pertinence. Afin d?appuyer les politiques
d?aménagement d?un territoire soumis au risque d?incendie, il s?agit d?apprécier la capacité d?un enjeu
(bâti, massif forestier ou surfaces non boisées1) à résister au feu et à être défendu efficacement sans
exposer inconsidérément les moyens chargés de la lutte et des secours. Les mesures d?aménagement,
de gestion des espaces, d?urbanisme, de planification et de lutte contre les incendies doivent prendre
en compte les principaux facteurs influençant l?ignition, la propagation et la puissance des incendies
d?une part et la vulnérabilité des enjeux, l?acculturation au risque de la population et la capacité à agir
des moyens de lutte d?autre part.
L?atteinte de cet objectif de limitation des conséquences humaines, matérielles, environnementales
et économiques pourra s?appuyer sur l?évaluation des dommages causés par les incendies sur un
territoire mais également de l?efficacité des mesures de prévention, des équipements de DFCI ainsi
que des actions de lutte.
Plusieurs axes de travail doivent être pris en compte pour limiter les conséquences des incendies :
La planification urbaine pour limiter la vulnérabilité et l?éclosion des feux
Développer plusieurs approches (déterministe ou probabiliste) et explorer le potentiel
des nouvelles techniques afin d?évaluer la typologie et la cinétique des incendies et d?adapter
l?aménagement du territoire en conséquence ;
Favoriser la recherche et l?innovation afin de réduire la vulnérabilité des enjeux aux incendies,
notamment aux interfaces ;
Conditionner à un critère de défendabilité face aux incendies tout projet d?urbanisme ou de
gestion de la végétation, notamment à proximité des massifs forestiers ;
S?appuyer sur les orientations d?aménagement et de programmation des plans locaux d?urbanisme
pour définir les actions et les opérations nécessaires pour aménager et protéger les interfaces
entre les zones urbanisées3, d?une part, et les forêts, les surfaces non boisées1 et les couloirs de
végétation, d?autre part, en sorte de limiter les propagations d?incendies, notamment par les
règles d?implantation des constructions.
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18 Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
La préparation à une gestion de crise interservices
Dans le cadre de la lutte contre les incendies et plus particulièrement pour faire face aux feux hors
normes, développer une organisation et les procédures interservices dédiées à ce type
d?évènement afin d?assurer une gestion coordonnée des opérations.
Développer des supports juridiques et de communication, la recherche de moyens financiers
pour accompagner les décisions dans le cadre de la gestion d?un incendie (défendabilité,
évacuation, mises en sécurité, feux tactiques, opérations exceptionnelles comme les coupes
tactiques de grandes surfaces?).
La protection des populations et des enjeux
Dans les secteurs réglementés au titre de l?urbanisme (PPRIF), créer des zones refuges offrant
une résistance au feu, accessibles au public et facilement identifiables.
Intégrer aux plans communaux de sauvegarde des plans de mise en sécurité et/ou d?évacuation
des populations de secteurs menacés par les incendies.
La conduite des opérations
Sous l?autorité du préfet, faciliter l?intégration des ressources publiques, associatives et privées
dans la préparation et la conduite des opérations et former les commandants des opérations de
secours à leur prise en compte.
Éviter la dispersion des moyens de lutte par la concentration des efforts, par une hiérarchisation
des enjeux et par des objectifs partagés entre les services concourant à la lutte.
Diversifier les techniques de lutte et renforcer les moyens courants et leur efficacité.
Intégrer les nouveaux types d?enjeux et les contraintes associées à leur protection (photovoltaïque,
méthanisation, stockage de batteries).
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19Stratégie nationale de défense des forêts et des surfaces non boisées contre les incendies
Stratégie nationale de défense des forêts
et des surfaces non boisées contre les incendies
SIGNATURES
Agnès Pannier-Runacher,
ministre de la Transition écologique, de
la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et
de la Pêche
Bruno Retailleau,
ministre d?État, ministre de l?Intérieur
IS
BN
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1-
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Ju
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DGSCGC/Communication
Photos : Joachim Bertrand/Sécurité civile, Aurélien Charron/SDIS 41, Bastien Guerche/
Sécurité civile, Ivan Guilbert/Terra, Rémy Michelin, JC Milhet, ONF, Pompiers 13, Xavier
Remongin/agriculture.gouv.fr,SDIS 33, SDIS 83, Pascal Xicluna/agriculture.gouv.fr, DR
Graphisme : Bruno Lemaistre/Sécurité civile
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Stratégie nationale de défense
des forêts et des surfaces non boisées
contre les incendies