activité (L') de la pétrochimie en France en 2024
LAUVERJAT, Jean
Auteur moral
France. Commissariat général au développement durable. Service des données et études statistiques
Auteur secondaire
Résumé
<p class="MsoNormal"><o:p></o:p>En France, en 2024, la pétrochimie consomme, en tant que matière première, environ 9 % de l'ensemble des produits pétroliers utilisés sur le territoire. Les consommations nettes de matières premières pétrolières de la pétrochimie baissent de 4 % par rapport à 2023. Elles restent ainsi à un niveau bas, soit 24 % de moins qu'en 2021</p>
Editeur
Ministères Aménagement du Territoire, Transition écologique
Descripteur Urbamet
énergie
;consommation
;donnée statistique
Descripteur écoplanete
Thème
Ressources - Nuisances
Texte intégral
L A BT AD A Essentiel
L?activité de la pétrochimie
enFrance en 2024
En France, en 2024, la pétrochimie consomme, en tant
que matière première, environ 9 % de l?ensemble
des produits pétroliers utilisés sur le territoire.
Les consommations nettes de matières premières
pétrolières de la pétrochimie baissent de 4% par rapport
à 2023. Elles restent ainsi à un niveau bas, soit 24% de
moins qu?en 2021.
CONSOMMATION DE BASES PÉTROLIÈRES
La pétrochimie, sous-secteur de la chimie organique, utilise
des produits pétroliers comme matière première pour
produire des composés chimiques, puis des matériaux
notamment plastiques et fibres synthétiques (polyester,
nylon). La pétrochimie de premier niveau désigne l?activité
des unités qui transforment des produits pétroliers
(principalement des vapocraqueurs, voir glossaire) et exclut
la transformation de produits chimiques issus de cette
première transformation. Les raffineries peuvent exercer une
activité pétrochimique de premier niveau lorsqu?elles
JUIN 2025
Source: SDES
Graphique 1: la pétrochimie de premier niveau
Raffineries Pétrochimie
desecond niveauVapocraqueurs
Pétrochimie
depremier niveau
Produits
pétrochimiques
primaires (éthylène,
propylène,
butène, essences
depyrolyse?)
Bases pétrolières
(naphta, propane,
gazole spécifique?)
Retours
enraffineries
Oléfines, reformat etautres bases pétrolières pour lapétrochimie
ÉNERGIE
produisent des produits chimiques destinés à la pétrochimie
de second niveau, tels que les oléfines et les bases
aromatiques (graphique1).
D?après les résultats de l?enquête annuelle sur l?activité
de la pétrochimie de premier niveau (voir méthodologie), les
quantités de matières premières pétrolières injectées dans la
pétrochimie, nettes des retours de produits en raffinerie
(bases pétrochimiques), s?établissent à 5,9millions de
tonnes(Mt). Elles régressent de 4% par rapport à 2023, et
restent à un niveau bas, inférieur de 24% à celui de 2021
(graphique2). Courant juin 2024, le vapocraqueur de Port-
Jérôme-Gravenchon a été mis à l?arrêt définitivement.
En2024, le facteur de service (voir glossaire) des cinq
vapocraqueurs encore en activité au 31décembre se monte
à environ 90%, après 78% en 2023, car l?activité a été
relativement soutenue dans ces installations.
Les consommations brutes de bases pétrolières par les
vapocraqueurs?recyclage inclus?s?élèvent à 6,7Mt
(tableau1), un niveau inférieur de 4% à celui de 2023.
La coupe pétrolière du naphta reste prépondérante dans
l?ensemble des bases pétrochimiques des vapocraqueurs,
MINISTÈRES
AMÉNAGEMENT
DU TERRITOIRE
TRANSITION
ÉCOLOGIQUE
L?activité de la pétrochimie en France en 2024
représentant 72% de la consommation totale avec 4,8Mt en
2024. Sa part augmente sensiblement par rapport à 2023 et
s?élève à 64%.
La part du propane dans la consommation totale se
maintient au niveau de 5% atteint en 2023.
La consommation de butane décline en 2024 (0,9Mt,
contre 1,1Mt en 2023). Elle représente 13% du total en 2024,
contre16% en 2023.
Les consommations de gazole spécifique baissent
nettement pour la septième année consécutive, pour
atteindre, en 2024, un niveau historiquement bas de
160kilotonnes(kt).
Enfin, les produits recyclés au sein de la pétrochimie (qui
représentent environ 5% de la consommation totale)
régressent de 10% par rapport à 2023 (385kt, contre 427kt).
PRODUCTION DES VAPOCRAQUEURS ET RETOURS
DE PRODUITS EN RAFFINERIE
La consommation de bases pétrolières dans les
vapocraqueurs génère deux types de production:
? la production de produits pétrochimiques primaires
(l?éthylène, le propylène, les coupes C4 telles que le butène
et enfin les essences de pyrolyse);
? la production de produits retournés en raffinerie (essences
de pyrolyse, fioul lourd, gaz ou hydrogène) qui, hormis
l?hydrogène et possiblement le gaz, sont destinés à être
raffinés.
La production totale des vapocraqueurs (hors pertes)
baisse de 4% par rapport à 2023.
Les productions d?éthylène et de propylène diminuent
de 5% par rapport à 2023.
Les quantités produites de coupes pétrolières C4
(nommées ainsi, car elles sont composées de 4atomes de
carbone par molécule) se maintiennent à 724kt en 2024,
contre 723kt en 2023.
La production globale d?essences de pyrolyse (y compris
recyclage) baisse de 2% en 2024 pour s?établir à 1,6Mt,
contre 1,7Mt en 2023.
Les volumes de gaz et hydrogène retournés en raffinerie
diminuent plus fortement et atteignent un point bas de 88kt
en 2024, contre 144kt en 2023, soit une baisse de 39%.
Globalement, les quantités de produits pétroliers
retournées en raffinerie sont relativement stables par rapport
à 2023, ne diminuant que de 2%. Les besoins des raffineries
résistent mieux que la consommation nette globale des
vapocraqueurs, en baisse de 4%.
EXPÉDITIONS AU DÉPART DES RAFFINERIES VERS
LA PÉTROCHIMIE DE SECOND NIVEAU
En 2024, l?activité globale de raffinage pétrolier est stable
avec près de 46,6Mt produites hors biocarburants, contre
46,7Mt en 2023 et 42,2Mt en 2022, soit une croissance de
10% en deux ans.
Toutefois, la production d?oléfines des raffineries diminue
nettement (-25%) pour atteindre 259kt en 2024, contre
346kt en 2023. Cela s?explique par une baisse très
prononcée dans les raffineries de Donges et de Port-
Jérôme-Gravenchon (cette dernière, contrairement au
vapocraqueur, n?a pas été fermée en cours d?année).
La quantité de reformat pour la pétrochimie (voir
glossaire), produite par le secteur du raffinage rebondit de
85% et atteint ainsi un niveau relativement élevé de 155kt,
contre 84kt en 2023, soit son niveau le plus élevé depuis
cinq ans.
Les autres bases pétrolières pour production
d?aromatiques issues des raffineries augmentent de 47%
en 2024, soit 63kt, contre 43kt en 2023, année marquée
par un niveau historiquement bas.
Note: à partir de 2017, les essences de pyrolyse figurent intégralement en retour vers les raffineries pour le vapocraqueur de Lavéra. Les bases pétrochimiques
correspondent aux consommations des vapocraqueurs ainsi qu?aux oléfines, reformats et autres bases pour la production d?aromatiques.
Source : SDES, enquête annuelle sur l?activité de la pétrochimie
Graphique 2: évolution du solde annuel de bases pétrochimiques injectées
En milliers de tonnes
12000
10000
8 000
6 000
4 000
2 000
0
2005
2006
2009
2010
2011
2012
2007
2008
2015
2016
2017
2018
2019
2020
2024
2023
2021
2022
2013
2014
L?activité de la pétrochimie en France en 2024
2021 2022 2023 2024
Consommation de bases pétrolières par les vapocraqueurs (A)
Éthane 3 0 6 3
Propane 276 130 348 349
Butane 1 242 983 1 130 880
Naphta 5 844 (r) 4 227 4 492 4 816
Gazole spécifique pour vapocraqueur 664 519 452 160
Condensats 0 0 0 0
Divers 213 (r) 117 152 107
Recyclage dont essences de pyrolyse (A1) 471 (r) 326 427 385
Total des consommations 8 713 6 302 7 007 6 700
Production des vapocraqueurs (B)
Éthylène 2 356 1 626 1 835 1 750
Propylène 1 447 1 016 1 186 1 128
Coupes C4 995 (r) 690 723 724
Essences de pyrolyse 2 065 1 495 1 661 1 625
dont essences de pyrolyse pour production d?aromatiques 772 457 591 587
dont essences de pyrolyse vendues en France ou exportées 143 (r) 61 94 89
dont essences de pyrolyse retournées en raffinerie (B1) 833 766 699 713
dont essences de pyrolyse recyclées 317 211 277 236
Fioul lourd recyclé non retourné en raffinerie (solde) 191 (r) 213 132 69
Fioul lourd1 et goudron2 retournés en raffinerie (B2) 37 (r) 40 40 61
Fioul lourd exporté1 30 3 25 27
Fioul lourd pour autres usages (utilities) - - 26 26
Gaz non retourné en raffinerie (solde du fuel gas) 1 401 993 1 063 1 070
Gaz et hydrogène retournés en raffinerie (B3) 93 120 144 88
Ratio production/consommation de bases dont recyclage (en %) 98,9 % 98,3 % 97,5 % 98,0 %
Pertes et ajustement 98 106 172 132
Total des productions + pertes et ajustement 8 713 6 302 7 007 6 700
Oléfines produites par les raffineries (C)
Oléfines (C1) 314 261 346 259
dont propylène pur 283 239 330 241
Matières premières pour production d?aromatiques (D)
Essences de pyrolyse des vapocraqueurs 772 457 591 587
Reformat pour pétrochimie en sortie des raffineries (D1) 129 94 84 155
Autres bases pétrolières pour la production d?aromatiques (D2) 47 53 43 63
Total de matières premières pour production d?aromatiques 948 604 718 805
Solde de bases pétrochimiques (E) 7 769 (r) 5 458 6 170 5 930
Taux de variation par rapport à l?année précédente (en %) 4,7 % - 29,7 % 13,0 % - 3,9 %
Tableau 1: activité pétrochimique
Première transformation des produits pétroliers (vapocraquage + ressources en oléfines + inventaire des matières pour
production d?aromatiques)
Le tableau ci-après se lit comme un bilan ressources-emplois. Les consommations nettes de bases pétrolières (solde de bases) se
distinguent des consommations brutes par la déduction des retours d?essence, de fioul et de gaz vers les raffineries. À ce premier niveau
de la pétrochimie, les ressources sont les matières premières pétrolières.
Unité = 1000 tonnes
(r)= données révisées.
1 Le fioul lourd retourné vers une raffinerie à l?étranger est comptabilisé dans le poste «Fioul lourd retourné en raffinerie».
2 Goudron retourné pour la centrale électrique d?une raffinerie.
Description du tableau:
(A) Quantités des différents produits pétroliers utilisés, sachant que des essences de pyrolyse recueillies en sortie des vapocraqueurs peuvent être recyclées
comme matière première.
(B) Description des quantités produites pour les différents produits en sortie.
(C) Production d?oléfines des raffineries.
(D) Constituées pour l?essentiel des essences de pyrolyse des vapocraqueurs, complétées par des sous-produits du raffinage.
(E) Ce solde correspond au montant net de matières premières pétrolières injectées dans la pétrochimie française. Il est donc calculé de la façon suivante:
somme des consommations de bases pétrolières des vapocraqueurs (hors recyclage) (A-A1) + consommation d?oléfines (déterminée par la production
d?oléfines des raffineries (C1)) + reformat pour pétrochimie en sortie des raffineries (D1) + autres bases pétrolières pour production d?aromatiques (D2)
- essence de pyrolyse retournée en raffinerie (B1) - fioul lourd retourné en raffinerie (B2) - gaz et hydrogène retournés en raffinerie (B3).
Note : données arrêtées en mai 2025.
Source : SDES, enquête annuelle sur l?activité de la pétrochimie
www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
Commissariat général au développement durable
Service des données et études statistiques (SDES)
Sous-direction des statistiques de l?énergie
Tour Séquoia - 92055 La Défense cedex
Courriel: diffusion.sdes.cgdd@developpement-durable.gouv.fr
Dépôt légal: juin 2025
ISSN: 2557-8510 (en ligne)
Directrice de publication: Béatrice Sédillot
Coordination éditoriale : Claude Baudu-Baret
Maquettage et réalisation: Agence Efil, Tours
MÉTHODOLOGIE
Deux enquêtes du service des données et études
statistiques (SDES) permettent de décrire l?activité de
consommation de produits pétroliers à des fins de
production de matières premières servant de base aux
industries du plastique ou du textile:
? L?enquête auprès des sixunités de vapocraquage en
France métropolitaine (il n?y a pas de vapocraqueurs dans
les DROM). Ces installations, rattachées à une raffinerie ou
à un site d?industrie de la chimie, «craquent» les molécules
d?hydrocarbures pour obtenir des molécules plus petites,
non saturées. Il en résulte des oléfines, principalement de
l?éthylène (C2H4) et du propylène (C3H6), qui serviront ensuite
de bases à la fabrication du polyéthylène, du polypropylène
et d?autres dérivés (dans des installations pétrochimiques
«de second niveau»). Des aromatiques sont également
obtenus par extraction de l?essence qui les contient, à savoir
du benzène, du toluène, du xylène, etc. Les activités de
transformation des aromatiques sont hors du champ de
l?enquête.
? L?enquête auprès des raffineries interroge celles disposant
d?un vapocraqueur sur leur production de produits de base
de la pétrochimie comme sous-produits du raffinage.
GLOSSAIRE
Aromatiques: hydrocarbures à structure cyclique analogue
à celle du benzène, du toluène ou des xylènes obtenus par
extraction dans diverses coupes pétrolières (surtout celle
du naphta).
Base pétrochimique: produits alimentant les vapocraqueurs
et produits des raffineries destinés à la pétrochimie de
second niveau (oléfines, reformat, autres bases
aromatiques).
Base pétrolière: matière première utilisée par la pétrochimie
de premier niveau.
Condensats: hydrocarbures liquides ultra-légers (proches
de la phase intermédiaire entre le liquide et le gaz).
Coupe pétrolière: produit séparé par distillation des autres
hydrocarbures composant le pétrole brut.
Facteur de service: le facteur de service d'un vapocraqueur
est le ratio entre les matières premières qu'il consomme sur
une période donnée et le montant de matières premières
qu'il aurait consommé durant cette période s?il avait
constamment fonctionné à puissance maximale.
Naphta: produit composé d?huiles de pétrole légères et
moyennes utilisées pour la production d?aromatiques.
Oléfines: hydrocarbures de formule générale CnH2n tels que
le propylène, appelés aussi alcènes ou carbures
éthyléniques.
Reformat pour la pétrochimie: sous-produit du reformage
des raffineries qui consiste à transformer une coupe
pétrolière par isomérisation d?alcanes linéaires en alcanes
ramifiés pour augmenter son indice d?octane (c?est-à-dire
la résistance à l?auto-inflammation).
Vapocraqueurs: installations rattachées soit à une raffinerie,
soit à un site d?industrie de la chimie. Elles «craquent» les
molécules d?hydrocarbures pour obtenir des molécules plus
petites, non saturées. Il en résulte ainsi des oléfines,
principalement de l?éthylène (C2H4) et du propylène (C3H6),
qui serviront ensuite de bases à la fabrication du
polyéthylène, du polypropylène et d?autres dérivés. Des
aromatiques sont également obtenus par extraction de
l?essence qui les contient, à savoir du benzène, du toluène,
du xylène, etc.
Jean LAUVERJAT, SDES
MINISTÈRES
AMÉNAGEMENT
DU TERRITOIRE
TRANSITION
ÉCOLOGIQUE